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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 07:48

En conclusion des nombreuses polémiques qui ont émaillé cette année sur France Inter, la chronique de Stéphane Guillon ne sera pas reconduite pour 2010-2011. Et tout le monde y gagne : l’humoriste qui était un peu trop à l’étroit, la station qui pourra se consacrer à des enjeux bien plus importants (le numérique par exemple), et enfin, les auditeurs, témoins impuissants d’une lutte interne qui ne les concernait pas.

 

 

yartiguillontroll04Il y a un véritable mystère autour de Stéphane Guillon et d’Internet. J’avais rédigé un article il y a plus de deux mois pour évoquer les conditions de départ de Stéphane Guillon de France Inter. À ma grande surprise, cet article a eu un très grand nombre de lecteurs, tant sur Agoravox que sur Le Post (qui a atteint il y a quelques jours les 37 000 lectures !).

Et je me pose donc la question : pourquoi tant d’internautes considèrent-ils Stéphane Guillon comme un personnage essentiel dans le paysage français ? paysage audiovisuel mais aussi politique ? que ce soit pour le soutenir ou pour le contester ?

Même les médias traditionnels en font un sujet d’information essentielle, tant "Le Nouvel Observateur" que "Le Monde", pour n’en citer que deux. Une information suivie minutes après minutes, aussi importante que l’attentat du 11 septembre 2001 ou qu’une guerre au Moyen-Orient. Si je rajoute les cris de basse-cour footballistique, j’ai vraiment l'impression que la hiérarchisation des informations en prend un coup, alors qu’au même moment, des meurtres sont perpétrés en grand nombre aux frontières très sensibles entre le Kirghizstan et l’Ouzbékistan, meurtres qui n’ont rien à voir avec un conflit ethnique mais qui pourraient dégénérer en nouvelle poudrière aux côté de l’Afghanistan et du Pakistan.

J’avoue qu’en écrivant (une fois encore) sur le sujet, je participe moi aussi, heureusement à une très modeste échelle, à cet échauffement déraisonnable.


L’humour ne fait pas un projet politique

Stéphane Guillon n’est qu’un humoriste. En mettant la négation "ne…que", on pourrait croire que je sous-estime son rôle, mais en fait, non, je pense qu’un humoriste, c’est généralement un personnage qui rend la démocratie plus saine. Mais je l’ai mise (la négation) car il n’est pas un homme politique, il n’est pas un philosophe, il n’est pas un penseur. Il n’a jamais prétendu l’être. Il est seulement un humoriste. Rien qu’un humoriste. Tout un humoriste. Généralement consciencieux : il fait bien sa revue de presse matinale, repère les "failles du système" et les emballe à sa sauce.

Bon, c’est vrai ensuite, on peut épiloguer sur son talent ou pas. J’ai rarement ri mais ce n’est pas le premier ni le dernier humoriste reconnu qui me laisse indifférent. C’est une question de saveur et il est clair qu’il a son public. En matière de goût humoristique, je ne suis de toute façon pas un référent.

Là où la colère pointe mon nez, c’est quand on hisse Stéphane Guillon à la cime de la liberté d’expression. Ou liberté de rire. Drôle de porte-drapeau. Lui-même n’a jamais prétendu n’être que lui-même mais en disant crûment des choses abominables qui, sous le coup de la provocation et de l’humour, peuvent passer un peu mieux, il s’est fait naturellement le porte-parole d’une certaine catégorie de personnes qui, elles, pensent réellement ce qu’il dit.

Il suffit de voir les réactions à sa chronique après la catastrophe de Smolensk et son "rêve" de la disparition accidentelle de Nicolas Sarkozy pour l’illustrer. J’imagine bien que Stéphane Guillon n’a jamais souhaité la mort du Président de la République, mais ceux qui l’applaudissent ?

C’est cela qui me fait un peu peur.

Sans doute on pourrait retrouver cette même ambiguïté avec les vieux sketchs de Coluche quand il traitait les arabes de fainéants par exemple : premier degré ? second degré ? lard ou cochon ? à chacun son interprétation, en sachant que l’ambiguïté peut soit rassembler soit au contraire repousser. Il y a toujours intérêt pour l’humoriste à laisser planer le doute. C’est pour cela d’ailleurs que Dieudonné n’est plus vraiment drôle : le doute n’est pas permis, avec lui.

Maintenant, nous arrivons à la fin d’une année pour une radio, France Inter.


Renouvellement sur fond de polémiques

Comme chaque année, la grille de l’année qui suit est renouvelée. C’est, pour les radios, un exercice très important et fort délicat. Les erreurs de programmation peuvent coûter cher à une station. On se souvient par exemple de l’éviction de Philippe Bouvard en septembre 2000 des "Grosses Têtes" et RTL a finalement dû le rappeler en catastrophe en février 2001 après une chute vertigineuse d’audience. Pour le directeur de France Inter, Philippe Val, c’était son épreuve du feu, la première grille sous son sceau.

Pendant la chronique de Stéphane Guillon, l’audience était au rendez-vous et était même exceptionnelle. Un peu trop forte même pour la station qui invitait ensuite les personnalités politiques brocardées. Mais paradoxalement (car une radio aime faire de l’audience), elle a mobilisé beaucoup trop les esprits en interne pour que ce fût constructif.

Il est bon de rétablir quelques éléments d’exactitude.


Droit du travail

Stéphane Guillon n’a jamais été licencié ni limogé par Radio France (Didier Porte non plus). Sa rémunération est par cachets et son contrat ne dure que le temps de la grille, comme la plupart des animateurs de radio. Par conséquent, son contrat finissait normalement ce 23 juin 2010, dernière chronique de l’année 2009-2010.

Le Code du travail est cependant assez ambigu pour ce genre de travail si le contrat est renouvelé souvent (voir l’émission de Philippe Bouvard, par exemple, sur RTL, qui dure depuis avril 1977). En effet, c’est en quelque sorte équivalent à un contrat à durée déterminée sans arrêt renouvelé, ce qui n’est pas vraiment acceptable du point de vue du droit, plaçant le "travailleur" dans une précarité permanente.

Cela dit, ces mêmes travailleurs ne sont pas vraiment à plaindre, les rémunérations sont plutôt élevées (il est vrai que celle de Stéphane Guillon est restée très "raisonnable") et la notoriété que leur confère l’antenne les aide à démarrer d’autres activités rémunératrices (spectacles, livres, disques, DVD, conférences etc.).
 
Prenons maintenant quelques considérations.

Considérations politiques : Stéphane Guillon a-t-il été exclu de la nouvelle grille pour raison politique ? c’est-à-dire, pour l’empêcher de parler, d’apporter une opinion ?

Ceux qui le pensent évoquent même la procédure de nomination du président de Radio France. Que ce soit Jean-Luc Hees ou n’importe quelle autre personnalité (même dite de gauche), le président de Radio France (et bientôt celui de France Télévisions) aura toujours ce procès d’intention d’allégeance vis-à-vis de l’Élysée. Quand on lit les cahiers de Michèle Cotta, ancienne présidente de la Haute Autorité de l’audiovisuel en 1982 (et à ce titre, toute première patronne d’un organisme de régulation de l’audiovisuel prétendument indépendant), on voit bien que les liens entre le pouvoir exécutif et les médias ont toujours été hypocrites et les pressions ont toujours existé, aujourd’hui pas moins mais pas plus qu’avant, quelle que soit la procédure de nomination. De plus, Jean-Luc Hees étant un journaliste, son souci d’indépendance est à la mesure de son ego (ce qui est naturel et sain).

Autre argument : Stéphane Guillon s’en est pris au pouvoir exécutif, à des ministres (Éric Besson particulièrement) ou même à Nicolas Sarkozy. Mais il s’en est pris aussi à des leaders de l'opposition, Martine Aubry et à Dominique Strauss-Kahn, c’est d’ailleurs grâce à ce dernier qu’il s’est fait connaître et que l’audience de France Inter a fait un bond. Le fait que des humoristes s’en prennent aux personnalités politiques est plutôt de bonne guerre. Combien de personnes politiques rêveraient-elles de passer aux "Guignols de l’Info", gage de notoriété ? Lorsqu’on s’expose, il faut être beau joueur, c’est vrai. Pas dans n’importe quelle condition sans doute, pas quand la vie privée est atteinte par exemple (ce qui n’a rien à voir avec un discours politique).

Justement, si Stéphane Guillon devait avoir été privé de chronique pour raison politique, il l’aurait été depuis belle lurette : depuis les propos insultants et machistes contre Martine Aubry par exemple, qui en a été particulièrement affectée même si (contrairement à DSK), elle n’en a rien laissé paraître à l’antenne. Le fait que Jean-Luc Hees et Philippe Val aient renouvelé le contrat avec Stéphane Guillon pour 2009-2010 alors que Jean-Paul Cluzel pourrait imaginer n’avoir pas été reconduit à cause des polémiques suscitées par ses chroniques montre à l’évidence que l’enjeu n’a rien à voir avec une certaine expression politique.

Considérations internes à Radio France : Lorsque Jean-Luc Hees dit dans "Le Monde" du 24 juin 2010 que « l’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans », c’est justement pour dire que l’humour de Stéphane Guillon n’a aucune finalité politique ni idéologique (au contraire de Dieudonné, par exemple). Sa chronique semait une terreur déraisonnable non seulement dans la classe politique (en révélant de secrets de vie privée des personnes, notamment à propos d’Éric Besson) mais également chez son employeur (en le dénigrant systématiquement).

Car c’est là où les choses sont claires. Si le contrat n’a pas été renouvelé, ce n’est pas pour des raisons politiques (il suffit d’écouter quelques ténors de l’UMP pour comprendre que France Inter n’est pas une maison inféodée au pouvoir, et il suffit même d’aller demander aux journalistes qui contestent leur directeur Philippe Val), c’est tout simplement parce qu’à longueur de chroniques, Stéphane Guillon tapait sur ses supérieurs hiérarchiques.


Humour versus honneur

C’est en tout cas la raison officielle invoquée qui a le mérite d’être franche, car elle expose aussi publiquement un amour-propre pas forcément facile à étaler en public. Jean-Luc Hees y met même une question personnelle : « J’ai un certain sens de l’honneur et je ne peux accepter que l’on me crache dessus en direct ». En clair, il n’est pas masochiste : payer quelqu’un pour se faire déglinguer, ce n’est pas son truc, et c’est sans doute le truc de personne.

Stéphane Guillon fait partie de ces "travailleurs" privilégiés qui ont suffisamment d’aura pour être libres professionnellement. Libres d’aller voir ailleurs. Mais pourquoi serait-il traité différemment d’un autre travailleur ? La moindre des choses est de ménager ceux qui alimentent son compte à la fin du mois. C’est la première raison d’une rémunération, et c’est ordinaire lorsque c’est fait de façon transparente (de façon déclarée etc.).

Pourquoi donc serait-il défendu par ceux qu’il méprise dans certaines chroniques (comme celle concernant les singes vaccinés qui aurait été drôle si elle n’avait pas été prise au sérieux par de nombreux "incrédules" crédules) ?


The show must go on

Nul doute que ceux qui ont aimé Stéphane Guillon pourront le réécouter très prochainement. Il semblerait que quelques stations concurrentes seraient déjà prêtes à y mettre le prix pour le "récupérer" (je leur souhaite d’ailleurs bien du plaisir).

De grâce, ne disons pas que nous ne sommes pas en démocratie. Il fut un temps pas si éloigné où Thierry Le Luron fut réellement interdit d’antenne dans tous les médias après avoir "surpris" (avec un gros mot, le fameux « L’emm…dant, c’est la rose ») en direct dans une émission de Michel Drucker. À l’époque, François Mitterrand avait été intraitable et Thierry Le Luron n’avait pu bénéficier de la télévision que pour avoir un hommage… après sa mort. La démocratie a toujours progressé.

Stéphane Guillon sera toujours là, dans le paysage audiovisuel, et c’est tant mieux pour lui. Et c’est tant mieux pour Radio France que cette société publique puisse se focaliser sur des sujets autrement plus importants que quelques plaisanteries de potaches.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 juin 2010)


Pour aller plus loin :

Le crash de Stéphane Guillon.
Guillon heureux quitte enfin France Inter (par Olivier Bailly).
Jean-Luc Hees.
Philippe Val.
Les singes de Stéphane Guillon.
Un humoriste très troll.

 

 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/stephane-guillon-sens-de-l-humour-77417

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-189

 

 

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 09:32

(dépêche)

 

Ce mardi 23 juin 2010, c'était la dernière chronique de Stéphane Guillon sur France Inter

 


http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/06/23/jean-luc-hees-annonce-le-retrait-de-stephane-guillon-de-l-antenne-de-france-inter_1377223_3236.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3236,50-1377223,0.html
Jean-Luc Hees annonce le retrait de Stéphane Guillon de l'antenne de France Inter
LE MONDE pour Le Monde.fr | 23.06.10 | 09h10  •  Mis à jour le 23.06.10 | 09h18


Un peu plus d'un an après son arrivée à la tête de Radio France, en mai 2010, Jean-Luc Hees dresse un premier bilan de son action. Le PDG, âgé de 58 ans, connaît bien Radio France où il est entré en 1972 du temps de l'ORTF. Longtemps correspondant de France Inter aux Etats-Unis, il anima ensuite plusieurs émissions culturelles sur la radio publique avant d'en être nommé directeur en 1997. Il avait été "remercié" en 2004 par son prédécesseur, Jean-Paul Cluzel, après la nomination de ce dernier à la tête de la Maison Ronde. A la veille de la présentation des grilles de rentrée, il revient sur les tensions récentes qui sont apparues à France Inter.


 
France Inter connaît de sérieuses turbulences depuis l'arrivée de Philippe Val. Reconnaissez-vous avoir commis des erreurs ?

C'est vrai qu'il y a eu parfois des maladresses. Qui n'en commet pas ? Mais, dans un an, Val n'agira pas de la même façon. Il a atterri dans une grosse structure et mon erreur a été de le laisser y aller seul. Depuis, quelques semaines, il travaille avec Laurence Bloch comme adjointe qui connaît parfaitement la maison. Il ne s'agit pas d'un recadrage de Val, mais d'un renforcement.

Cela n'a pas empêché la rédaction de voter la semaine dernière une motion contre Philippe Val à propos de la grille de rentrée...

Oui mais cette inquiétude ne correspond pas à la réalité. Il n'y a pas de grands chambardements à France Inter. La mécanique d'une grille est très compliquée. Il faut bouger car il y a des émissions qui ne marchent pas bien. Val, qui a un projet éditorial et culturel, essaie de trouver des solutions de remplacement pour les journalistes ou animateurs dont les émissions seront supprimées. On ne laisse jamais les gens au bord de la route. Je connais beaucoup de journalistes à l'extérieur qui aimeraient vivre le malaise de France Inter.

La saison de France Inter a été ponctuée par les polémiques autour des chroniques de Stéphane Guillon et dernièrement de Didier Porte. Les auditeurs d'Inter les retrouveront-ils dans la nouvelle matinale de septembre ?

Non, car je ne m'appelle pas Raymond Domenech. J'ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi. Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner. J'ai un certain sens de l'honneur et je ne peux accepter que l'on me crache dessus en direct.

L'humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans. Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m'appuyant sur des valeurs minimales d'éducation et de service public. Je considère que cette tranche d'humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle dont je ne m'accommode pas. Il n'y aura pas de changement d'horaire ni de remplaçants. Ce qui ne fait pas rire à 7 h 55 ne me fera pas plus rire à 3heures du matin. Je sais qu'en prenant cette décision, il y a un risque. Mais j'assume !

Lire l'intégralité de l'interview de Jean-Luc Hees dans Le Monde du 24 juin



Propos recueillis par Daniel Psenny



 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 10:10

Cette nuit, j’ai rêvé que Stéphane Guillon allait être viré…

 

yartiguillon08La chronique de Stéphane Guillon du 13 avril 2010 a montré explicitement que l’humoristique souhaitait quitter France Inter, mais dans les meilleures conditions, comme un martyr de la liberté d’expression.
 
En parodiant la tragédie polonaise de Smolensk où le Président polonais Lech Kaczynski et près d’une centaine d’autres passagers ont péri dans un terrible accident d’avion, Stéphane Guillon a franchi une nouvelle étape dans son humour caustique.
 
 
Un affreux rêve
 
 En effet, il dit avoir rêvé d’un accident similaire qui aurait fait perdre la vie du Président Nicolas Sarkozy et de la plupart des ministres du gouvernement français. Si l’humour est noir, glauque et douteux, tant pour les familles des victimes polonaises que pour celle de Nicolas Sarkozy (entre autres), il répond cependant à la règle classique du saltimbanque : je raconte des blagues pour amuser la galerie.
 
Étrangement, c’était déjà ce genre de "rêve" qu’on pouvait lire dès l’annonce du crash du 10 avril 2010 dans beaucoup de forums sur Internet. Des réflexions très antisarkozystes primaires et toujours anonymes du genre : "dommage que cela ne soit pas tombé chez nous".
 
Il est vrai qu’il y a une marge entre le souhait réel de la mort de Nicolas Sarkozy et cet humour finalement potache bien que politiquement incorrect de Stéphane Guillon. Je note d’ailleurs que l’idée lui est peut-être venue en observant les réactions de ces internautes puisque son "rêve" a mis un certain temps avant d’éclore.
 
Pourquoi pas ? L’humour de mauvais goût a son public et visiblement, il est apprécié.
 
 
Un scud au patron
 
Ce qui est plus choquant, en revanche, c’est qu’au milieu de sa chronique, il glisse un nouveau scud contre son patron, Jean-Luc Hees, le président de Radio France. En décrivant la réaction des gens face à son "rêve", il décrit (par imitation de présentateur interposée) ainsi son employeur : « Très affecté également, le président de Radio France, Jean-Luc Hees, déclarait à notre micro il y a quelques minutes avoir perdu son deuxième papa. ».
 
 
Un rappel de la fouine
 
Toujours dans son matraquage contre Éric Besson qui aurait péri aussi dans son "rêve", Stéphane Guillon poursuit ainsi : « À l’heure où nous parlons, la dépouille de monsieur Besson se trouve toujours à Bruxelles car ni sa famille, ni l’UMP, ni évidemment le Parti socialiste ne souhaitent la récupérer. Ah ! Vincent, Vincent ! On me souffle dans mon oreillette que l’ADF, l’association de défense des fouines serait prête à accueillir la dépouille du ministre. Très beau geste s’il en est. ».
 
 
Humour ?
 
Un peu plus loin encore, Stéphane Guillon évoque un cercueil d’enfant pour Nicolas Sarkozy et laisse paraître sa déception que Frédéric Lefebvre n’ait pas été présent dans l’avion… (« Quel dommage qu’il n’ait pas été à bord »).
 
Évidemment, tout cela est de l’humour et est faux (comme l’histoire des singes vaccinés). Évidemment qu’avec un peu de recul, on peut presque en rire.
 
Mais il y a un véritable problème qui met mal à l’aise.
 
Rire de Nicolas Sarkozy est finalement le propre d’un leader politique, et a fortiori du Président de la République. Il semble que ce dernier a été particulièrement bien servi depuis 2002 mais peut-être n’est-ce le résultat que de son propre comportement. C’est la règle du jeu pour tout acteur public. Il faut savoir l’accepter quand on s’expose.
 
L’insistance contre Éric Besson peut apparaître, elle, comme un véritable harcèlement personnel, mais comme Nicolas Sarkozy, Éric Besson est un personnage public et est forcément soumis à toute sorte de jugements, négatifs ou positifs. À lui de l’assumer.
 
 
Provocations
 
Ce qui est moins normal, en revanche, c’est qu’une fois de plus, Stéphane Guillon règle ses comptes avec Jean-Luc Hees, son employeur.
 
Le 1er avril 2010, le président de Radio France avait fait publier dans "Le Monde" une tribune où il essayait de faire comprendre que la liberté d’expression n’était pas en cause mais qu’il devait y avoir des limites, notamment lorsqu’on parle de "fouine" qui était un vocabulaire utilisé dans première moitié du siècle dernier avec une certaine connotation.
 
Jean-Luc Hees expliquait ainsi : « Il se trouve que l’humoriste n’a que deux limites : celle de l’acceptabilité des citoyens (dont il est le premier juge). Et puis celle des grandes valeurs morales qui scellent le pacte républicain. C’est là que le bât blesse. » poursuivant ensuite : « Nous avons une histoire. Qui nous enseigne que l’attaque personnelle, fondée sur le physique de la personne, fait partie de ces valeurs infranchissables. Les années sombres, les références tellement amusantes aux yeux de fouine, au nez et aux doigts crochus, sont là pour nous le rappeler. Là, la plaisanterie doit s’arrêter. L’humour a ses frontières qui sont celles de la morale républicaine. ».
 
L’avertissement était très clair. Et Stéphane Guillon s’assoit dessus tellement lourdement qu’il en rajoute encore avec les fouines et avec une prétendue allégeance de Jean-Luc Hees (qui a été nommé par Nicolas Sarkozy seulement en raison de la réforme de l’audiovisuel, contestée par certains parlementaires de la majorité, si bien que n’importe quel président de Radio France aurait ce même procès de dépendance, puisqu’elle a été institutionnalisée).
 
 
Partir, mais… bien !
 
L’affaire est donc entendue. Stéphane Guillon n’a plus envie de rester sur France Inter. Sa chronique lui a apporté une très belle caisse de résonance. Ses spectacles (qui, apparemment, sont fort intéressants) et ses autres activités audiovisuelles lui occupent sans doute plus l’esprit et il sait de toute façon qu’il n’aura aucun mal à demander un droit d’asile à sur RTL ou sur Europe 1 dans la mesure où c’est lui qui mène l’audience de sa tranche horaire le matin.
 
Ce qui est plus sournois, c’est qu’au lieu de partir comme n’importe quel démissionnaire, il cherche, subtilement (peut-on lui reprocher son humour au second degré, puisqu’il s’agit d’un "rêve" ?), à monnayer ce départ par une sorte de victimisation.
 
Dans son article du 14 avril 2010 dans "France Soir", Dominique de Montvalon craint le surrégime pour Stéphane Guillon et pense que « le film est écrit » : « Jean-Luc Hees va finir par lui dire gentiment que son contrat à France Inter ne sera pas renouvelé. Mais partir comme ça, non ! Alors, au micro, Guillon fait monter les enchères, multiplie les "provocs" et attend qu’on se décide à lui indiquer la porte. Au lieu de n’être pas reconduit, il serait alors martyr, ce statut convoité. Quelle époque ! ».
 
Car pour Dominique de Montvalon, « s’agissant de Guillon, la moindre critique, la moindre prise de distance, le moindre bémol sont aussitôt pointés d’un doigt vengeur : censure, attentat contre la liberté d’expression ».
 
Des mots peu éloignés de ceux de Jean-Luc Hees qui contestait à Stéphane Guillon le fait « qu’en s’autoproclamant génial et intouchable, on s’assure un droit inaliénable de propriété d’un bien public, alors que tant d’autres doivent, chaque jour que Dieu fait, montrer la preuve de leur talent ».
 
 
Fin de contrat exposée
 
Heureusement que tous les salariés qui se séparent de leur employeur n’adoptent pas l’attitude de Stéphane Guillon qui instrumentalise l’humour politique à des fins purement personnelles. Il se moque bien des auditeurs : depuis plusieurs mois, Stéphane Guillon négocie sa fin de contrat. En les prenant un peu trop à témoins.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (16 avril 2010)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
yartiguillon12
 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-crash-de-stephane-guillon-73533

http://www.lepost.fr/article/2010/04/16/2035366_le-crash-de-stephane-guillon.html

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-177

http://www.centpapiers.com/le-crash-de-stephane-guillon/12497/


 

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 23:46

(dépêches)

 

L'inconnu Michaël Vendetta gagne à "La Ferme des célébrités"

 


http://www.20minutes.fr/article/396928/Television-Michael-Vendetta-remporte-la-Ferme-Celebrites.php
Michaël Vendetta remporte la «Ferme Célébrités»
Créé le 10.04.10 à 09h31
Mis à jour le 10.04.10 à 09h31  | 109 commentaires Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer | Recommandez cet article Envoyer par mail | Partager sur Facebook Tweetez cet article Buzzer sur Yahoo! Buzz
Benjamin Castaldi (G) et Jean-Pierre Foucault (D) présentent la «Ferme Célébrités» dont l'édition "africaine" a été lancée le 29 janvier 2010 sur TF1/SUREAU / DE KERMADEC / TF1A lire aussi
Audiences : La Ferme, pourquoi ça n'a pas marché?
TELEVISION - Il a permis au Secours Populaire de remporter 110.000 euros...

Il a gagné. Michaël Vendetta, 22 ans, a remporté vendredi soir la Ferme Célébrités en Afrique, jeu de télé-réalité de TF1, qui s'est déroulé pendant dix semaines dans une réserve sud-africaine.

Le jeune homme à la personnalité mégalomane assumée a été rendu célèbre par Internet comme adepte de la «bogosse-attitude», sans autre activité artistique connue.

Le jeu a démarré le 29 janvier sur un principe simple: «coupées du monde» des personnalités plus ou moins has been sont filmées 24h/24 par 60 caméras, en leur imposant les contraintes d'une vie à la ferme sous 40° de moyenne, en les poussant au ridicule et en organisant des éliminations décidées par les téléspectateurs.

110.000 euros pour le Secours Populaire
Chaque candidat, par ailleurs rémunéré, jouait pour une association de bienfaisance en fonction de leurs semaines de présence. Michaël Vendetta a permis au Secours populaire de recueillir 110.000 euros.

Lancé en 2004, le concept avait été mis en jachère dès la seconde édition, après un essoufflement de l'audience qui s'est confirmé: l'ennui a gagné à la fois les téléspectateurs et les concurrents malgré de vives tensions. Le programme a été rapidement relégué en deuxième partie de soirée, mais la quotidienne a conservé une audience stable.

>> Et vous, avez-vous regardé la finale vendredi soir? Pensez-vous que Michaël Vendetta a mérité sa victoire? Dites-le-nous dans les commentaires ci-dessous.

B.D. avec agence

http://www.20minutes.fr/article/396874/Television-La-Ferme-pourquoi-ca-n-a-pas-marche.php

La Ferme, pourquoi ça n'a pas marché?
Créé le 09.04.10 à 16h44
Mis à jour le 09.04.10 à 16h58  | 71 commentaires Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer | Recommandez cet article Envoyer par mail | Partager sur Facebook Tweetez cet article Buzzer sur Yahoo! Buzz
Benjamin Castaldi (G) et Jean-Pierre Foucault (D) présentent la «Ferme Célébrités» dont l'édition "africaine" a été lancée le 29 janvier 2010 sur TF1/SUREAU / DE KERMADEC / TF1A lire aussi
Article : Michaël Vendetta remporte la «Ferme Célébrités»
TELE- Le huis clos de la Ferme des célébrités prend fin vendredi. Retour un énorme ratage...

Pour TF1, la Ferme des célébrités est «tout sauf un échec», et certainement pas un «accident industriel.» Et pourtant la défaite est patente, et elle est immense.

Audience
Le premier soir, fin du mois de janvier dernier, tout le monde pouvait y croire. L’émission arrivait en tête des programmes (près de 7 millions de téléspectateurs) et raflait 31% de part d’audience. Et puis dès le deuxième prime, plus que 5 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie. La série NCIS, diffusée sur M6 à la même heure reprenait ses droits en revenant en première place, et bientôt TF1 décidait de décaler La Ferme en deuxième partie de soirée.

Le Casting raté
Dès le début, le choix des protagonistes était contestable: surtout des stars que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (les plus de 20 ans pas toujours non plus) et de mauvais caractères. Qui a envie de voir des gens se disputer en permanence dans une mauvaise ambiance? Vous aviez d'ailleurs manqué d'enthousiasme dès la première diffusion. Michael Vendetta est le symbole de ce ratage, celui qui a le mieux contribué à alimenter les clans, les clashs et les tensions. Il est la figure de l’échec de la ferme. Et ça ne l'a pas empêché de rester jusqu'au bout.

A sa sortie, Claudette Dion (soeur de Céline) avait par exemple confié son soulagement («Je suis avant tout contente d'être rentrée à la maison») et Karine Dupray décrété à sa sortie: «Au bout du compte, je ne leur en veux pas, on ne peut pas en vouloir à des manipulateurs ou à des hypocrites.»

Les acteurs, qui avaient peu de choses à faire, se sont ennuyés. Pas évident d'être diverti par l'ennui. Et quelle idée bizarre d'aller situer ça en Afrique?

Le factice
Personne ne s’attend, en regardant la télé-réalité, à voir la réalité à la télé. Mais le choix de cette édition de la Ferme de tout couper, de ne pas liver 24 heures sur 24, laisse vraiment les spectateurs sur leur faim, et prive des moments qui pourraient sortir l'émission de la torpeur. A tel point que lorsque l'une des candidates, Adeline Blondieau est sortie de la Ferme avec le bras en écharpe, Endemol a bienexpliqué qu'elle s'était battue avec Farid Khider, autre membre de la Ferme, mais sans montrer d’images. De quoi alimenter tous les fantasmes.

C'est peut-être la télé-réalité en général qui s'essoufle. Mais l'échec de La Ferme est le plus cuisant de tous.

>>Et vous qu'en pensez-vous? Avez-vous regardé La Ferme des célébrités. Dites-le nous dans les commentaires.

Charlotte Pudlowski

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 01:06

(dépêche)

 

Jean-Luc Hees réplique à Stéphane Guillon

 

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/01/je-persiste-et-signe-l-humour-a-ses-frontieres-par-jean-luc-hees_1327424_3232.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1327424,0.html
Point de vue
Je persiste et signe : l'humour a ses frontières, par Jean-Luc Hees
LE MONDE | 01.04.10 | 13h49  •  Mis à jour le 01.04.10 | 16h55


'ai patiemment attendu que la poussière retombe dans le bac à sable, histoire de voir jusqu'où l'élégance et l'humour pouvaient cohabiter dans les années 2010. Je n'ai pas été déçu. Il me faut donc revenir sur un épisode de notre vie publique. C'est vrai : c'est un épisode qui ne relève pas de l'anecdote, et peut-être même pas de l'humour. A moins que l'humour soit devenu le cache-sexe du vide cérébral, ce que je me refuse à croire.

 
Le 22 mars, un humoriste dressait à l'antenne de France Inter le portrait d'Eric Besson. Il décrivait notamment "les yeux de fouine d'Eric Besson, et son menton fuyant". Faut-il s'excuser d'être profondément choqué de ce qu'on entend sur une station dont on est responsable ? Oui. J'ai présenté des excuses publiques. Me voilà donc, en bonne logique, traité de "liberticide". Rien que cela ! Ainsi va l'analyse, dans sa profondeur et son honnêteté.

Pour tout dire, l'affaire me paraît sérieuse. Il ne s'agit pas de moi. Je pratique le journalisme depuis quarante ans, avec diverses fortunes, et je crois avoir montré mon penchant profond pour la liberté, notamment sur les antennes du service public. Des gens comme Guy Bedos (au hasard) peuvent en témoigner. S'il me faut revenir sur le sujet qui nous occupe réellement, c'est que la polémique, qu'on peut après tout regarder avec légèreté, met en cause, si on me permet un peu d'emphase, des principes fondamentaux pour la République et la démocratie.

Rien n'est plus important, pour un républicain, pour un démocrate, que l'attachement à la liberté d'opinion et d'expression. C'est la vertu cardinale, sur laquelle repose tout notre système politique. J'aimerais citer ici l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi." Nous sommes donc tous d'accord : les libertés d'opinion, d'expression, d'association, de manifestation sont les piliers de notre socle démocratique.

Comme citoyen, je suis l'héritier, fier de l'être, de cette tradition démocratique française. Comme responsable d'un grand média, je suis dépositaire du devoir impérieux de la mettre en oeuvre en permanence. C'est mon honneur, et c'est ma conviction. Et puis, il y a l'humour. L'humour a tous les droits, et d'abord ceux de l'outrance, de la caricature et même de la méchanceté. Il se trouve que l'humoriste n'a que deux limites : celle de l'acceptabilité des citoyens (dont il est le premier juge). Et puis celle des grandes valeurs morales qui scellent le pacte républicain. C'est là que le bât blesse.

Face à un principe fondamental, il faut aussi savoir défendre les limites de ce principe. Les seules limites sont précisément celles de l'autre, de l'autre individu, qui, lui aussi, a droit à la protection de sa liberté. Enfin, il y a la limite du pacte républicain, qui unit tous les citoyens.

Or, à cet égard, nous avons une histoire. Qui nous enseigne que l'attaque personnelle, fondée sur le physique de la personne, fait partie de ces valeurs infranchissables. Les années sombres, les références tellement amusantes aux yeux de fouine, au nez et aux doigts crochus, sont là pour nous le rappeler. Là, la plaisanterie doit s'arrêter. L'humour a ses frontières qui sont celles de la morale républicaine. Il n'est pas interdit, même à un humoriste, de s'interroger sur sa responsabilité morale, citoyenne. Osons le mot : sur sa responsabilité politique, au sens noble du mot. L'attaque sur les aspects physiques d'une personne est intolérable. Le simple bon sens encourage à penser que s'élever contre les attaques "au faciès" ne constitue ni une posture de droite ni une posture de gauche.

Je suis président d'un média de service public. Et si ce qui précède ne suffisait pas, cela me confère tout particulièrement un rôle de vigilance sur les principes que je rappelle. Qu'on relise les phrases de notre "humoriste" à propos du ministre Besson. Qu'on relise ces impayables vannes sur l'apparence physique de Martine Aubry... J'ai présenté des excuses. Figurez-vous qu'il m'arrive dans la vie de présenter des excuses lorsque j'estime nécessaire de le faire. J'en conseille vivement la pratique dans une société qui se réclame de la tolérance, du progrès, voire de la justice. Et j'invite à y réfléchir ceux qui osent parler d'atteinte à la liberté. De qui se moque-t-on ?

Qui ne dit mot consent. C'est vrai, il est plus confortable de se boucher les oreilles, les yeux, voire les narines, que d'exprimer, tranquillement, ses convictions lorsqu'on se trouve dans le champ de la vie publique. On devient alors "malin". J'ai entendu un certain nombre de "malins" ces derniers jours. Je ne compte pas, pour ma part, entamer une carrière de "malin". Je ne suis pas censeur. Quelle sottise ! Mais, j'ai toujours préféré la violence d'un Lenny Bruce ou d'un Desproges (que l'on met aujourd'hui, hélas ! à toutes les sauces) à la tranquille certitude d'autres amuseurs. C'est mon droit. Continuons donc à rigoler, même si, par nature, je ne ris pas au coup de sifflet, et encore moins au coup de fouet.

Un mot encore : ce n'est pas la peine de crier avant d'avoir mal. L'escalade délibérée est puérile, et je n'emploie pas le mot tout à fait au hasard. France Inter, et cette séquence le prouve à l'envi, est chimiquement pure sur le chapitre des libertés. Sauf à considérer qu'en s'autoproclamant génial et intouchable, on s'assure un droit inaliénable de propriété d'un bien public, alors que tant d'autres doivent, chaque jour que Dieu fait, montrer la preuve de leur talent.

Veillons donc jalousement à la liberté. Cela dit, j'essaye toujours de comprendre pourquoi, président de Radio France, je n'ai pas le droit de ne pas rire aux injonctions d'un membre du personnel. Pour le coup, je me marre.


--------------------------------------------------------------------------------
Jean Luc Hees est président de Radio France.
 



Article paru dans l'édition du 02.04.10

 

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 08:06

Nouvelle polémique Éric Besson vs Stéphane Guillon. À qui profite cette nouvelle mousse médiatique ?


yartiguillontroll04Depuis un peu plus d’un an, il y a une personne qui s’amuse franchement, c’est Stéphane Guillon. Un humoriste.
 
Enfin, une personne qui cherche à faire de l’humour.
 
Personnellement, je souris rarement à l’écoute de ses chroniques sur France Inter. Je trouve souvent ses blagues de mauvais goût. Il est très apprécié.
 
Il gagne sa vie à faire dans le caustique, sur scène, sur Canal+ et sur France Inter où il officie trois jours par semaine avant l’interview de l’invité de Nicolas Demorand. Inutile de dire que sa chronique est l’émission la plus écoutée de France Inter. Et la tranche horaire au top par rapport à la concurrence.
 
En février 2009, il avait déjà fait une grosse boulette avec les histoires d’alcôves de Dominique Strauss-Kahn. Puis avec la plastique de Martine Aubry. Plusieurs mois plus tard, le 25 novembre 2009, il avait été assez méchant avec Éric Besson, en mêlant sa jeune compagne au thème du mariage gris. Et lundi, il a récidivé.
 
Bon, Stéphane Guillon n’est qu’un provocateur. Il écoute bien l’actualité (il le faut) et il cogne. Il cogne gratuitement. Enfin, pour l’audience. Dans les ficelles de la provocation, le politiquement incorrect, et donc, forcément, le sexisme, le racisme, le jeunisme, le complotisme etc. Plus il provoque, plus il a de réactions et plus il "buzze". Il a même dû être épaté du succès de sa chronique sur les faux singes vaccinés.
 
En général, si ses textes sont souvent méchants, peu approfondis, peu subtils sauf quelquefois, cela reste quand même bien senti. C’est léger. C’est une caricature. C’est sain. Bref, c’est de l’humour qui ne prête pas à conséquence. Et finalement, "on" ne lui demande que cela. Le but, c’est de dérider le pauvre automobiliste coincé dans son bouchon sur le périphérique pour aller à son travail.
 
Il n’est que lui. Il n’a aucune fonction politique ni sociale. Il est là pour s’amuser. Pour se moquer. Ce sont les autres qui le prennent pour ce qu’il n’est pas, à savoir, quelqu’un d’important, une voix qui compte dans la société.
 
Lundi 22 mars 2010, c’était Éric Besson qui était l’invité.
 
Vous vous rendez compte ? Il n’a peur de rien, celui-là ! Il est à peu près la cause à lui tout seul de la remontée du FN aux régionales, il est détesté par la plupart des parlementaires de la majorité et quelques heures après, Nicolas Sarkozy va faire un remaniement. Moi, à sa place, je me serais fait tout petit. J’aurais au moins attendu que le remaniement passât. Et si je restais, j’aurais paradé après, pas avant.
 
Lui aussi, c’est un provocateur, il n’y a pas de doute.
 
Alors, évidemment, c’était trop tentant pour Stéphane Guillon. Il a imaginé qu’Éric Besson était un agent du FN. Envoyé au PS pour couler Ségolène Royal puis à l’UMP pour couler Nicolas Sarkozy. Enfin, pour placer Marine Le Pen à l’Élysée et lui à Matignon. Et Éric Zemmour à la Culture. Ce n’est pas vraiment rigolo, mais c’est quand même bien vu. Une caricature. Comme Plantu avec son crayon.
 
Éric Besson arrive donc dans le studio sans avoir écouté la chronique de Stéphane Guillon. Mais son téléphone bruisse de sms de ses amis qui lui disent de réagir. Que les propos ont été racistes.
 
À sa place, j’aurais passé sous silence. Je n’aurais pas combattu dans la même catégorie. Faire rire sans chercher à proposer, construire, c’est plus facile que de faire de la politique, surtout avec ses retournements de veste opérés (ce n’est pas facile).
 
Ben non ! Sans avoir entendu les paroles, Éric Besson lâche sa colère. Et ça commence à faire brouhaha. Et patata et patati. On est à la limite de l’insurrection populaire, mais on papote du dernier pet mondain.
 
Éric Besson est conscient de sa réaction : « Lorsque je parle comme je suis en train de le faire, je sais très bien que je lui fais de la publicité, je sais très bien qu’on va considérer que c’est un martyr et qu’au nom de l’humour, il a droit de tout dire. ».
 
Mais ce dont Éric Besson ne se doutait pas, c’est que Stéphane Guillon, fort opportunément, en profite pour gagner un cran dans son rapport de forces avec son employeur.
 
Le lendemain, Jean-Luc Hees, le président de Radio France, se sent obligé de présenter ses excuses au ministre. En revanche, Nicolas Demorand défend Stéphane Guillon qui ne rate pas Éric Besson ce mardi matin dans sa chronique en comparant la démarche ministérielle à l’immaturité colérique et sanguine de sa fille Violette qui a trois ans.
 
Mais surtout, il lance une nouvelle pique contre le directeur de France Inter, Philippe Val, en prédisant : « Si jamais [Philippe Val] avait envie de me virer en juin, maintenant, il ne peut plus. Il est coincé. On dira qu’il obéit à Éric Besson. Heureusement qu’on s’apprécie beaucoup, ce n’est pas d’actualité. ».
 
Stéphane Guillon se sait un peu condamné dans la grille. Jean-Luc Hees ne voudrait pas vivre la fin du mandat de son prédécesseur Jean-Paul Cluzel.
 
En fait, Stéphane Guillon s’en moque. Il sait qu’il rapporte plus à France Inter que France Inter ne lui rapporte. Il est aussi sur Canal+, ses livres se vendent bien (reprise de ses chroniques), ses spectacles sont un succès, et il sort même un nouveau film en faisant l’acteur. Un travail qui n’a rien à voir et qui le met dans les traces d’un Coluche par exemple. Ou d’un Guy Bedos.
 
Grâce à ses victimes, il se fait de plus en plus connaître, de plus en plus apprécier. C’est cela, le rôle du provocateur. Et ses chroniques sont autogénérées : il parle de la chronique d’avant etc. Très égocentré. Très égo-bobo.
 
Éric Besson aussi a tout intérêt. Certes, il peut montrer un manque de sens de l’humour (on peut se rappeler que François Léotard avait écrit un article dans "Le Monde" contre les Guignols de l’Info), mais il fait avant tout parler de lui. Il en a tellement envie.
 
Bref, ce non-événement est devenu un événement médiatique qui, bien que dérisoire, occulte les vrais événements. Petite société médiatique qui tourne en rond et qui se complaît dans le dérisoire.
 
Finalement, Stéphane Guillon pourrait être ce qu’on appelle un troll : un type qui n’a pas de responsabilité ("on" ne lui demande pas d’en avoir), qui provoque, et qui réussit à susciter polémiques et discussions à n’en plus finir.
 
Car, c’est bien de cela qu’il s’agit, des discussions inutiles puisque Stéphane Guillon ne pense pas un mot de ce qu’il raconte, il se marre, c’est tout.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (25 mars 2010)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 17:15

(dépêches)



Mort de la transsexuelle Miss Julie (candidate de "Tout pour plaire", téléréalité sur W9)


http://www.dontmiss.fr/img201003/missjulie.jpg


http://www.rtlinfo.be/info/people/star/315293/miss-julie-succombe-a-une-overdose-de-medicaments-et-alcool
La transsexuelle Miss Julie décède d'une overdose
Le corps sans vie de Miss Julie, âgée de 24 ans, connue du monde de la nuit en région liégeoise, a été retrouvé samedi en fin d'après-midi dans une habitation de Flémalle.
 
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People - Star dim 21 mar, 15:41

La jeune transsexuelle qui porte toujours son prénom de naissance à l'état civil (Julien) a été retrouvée au domicile de sa soeur. Le médecin légiste délégué sur place par le parquet a conclu que la victime était décédée d'une overdose après avoir pris des médicaments et de l'alcool.

Miss Julie avait notamment pris part en 2008 à l'émission de télé-réalité "Tout pour plaire" sur la chirurgie esthétique, diffusée par RTL-TVi.

http://www.rtlinfo.be/info/news/news_image_thickbox/315293/737145/
http://www.rtlinfo.be/info/news/news_image_thickbox/315293/737145/

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La transsexuelle Miss Julie décède d'une overdose

http://www.purepeople.com/article/miss-julie-la-jeune-transexuelle-de-24-ans-revelee-par-la-tele-realite-a-ete-retrouvee-morte_a52451/1
Miss Julie : La jeune transexuelle de 24 ans, révélée par la télé-réalité, a été retrouvée morte !
News publiée Hier, Le Lundi 22 Mars 2010 à 18:30 3 commentaires1 photos0 vidéos

8 clics

Voir la photo
Samedi, une jeune candidate de la télé-réalité a été retrouvée morte à son domicile... En effet, Miss Julie avait été révélée dans l'émission Tout pour plaire et vient de nous quitter, à peine âgée de 24 ans. C'est lors d'un épisode de l'émission sur la chirurgie esthétique, diffusée en 2008, que la jolie blonde avait marqué les esprits. Jeune transexuelle, Julie portait encore son prénom de naissance à l'état civil : Julien.

Retrouvée décédée au domicile de sa soeur dans l'après-midi de samedi dans une habitation de Flémalle en Belgique. Miss Julie était célèbre dans le monde de la nuit de la région liégeoise.

Le médecin légiste aurait conclu que la victime était décédée des suites d'une overdose après avoir consommé des médicaments et de l'alcool.

RIP



http://www.dontmiss.fr/n27129-1/miss-julie-lex-candidate-de-tout-pour-plaire-retrouvee-morte-chez-sa-soeur.html


Mardi 23 Mars 2010 à 15:59   1183 VUES   people
 
Miss Julie : l'ex candidate de "Tout pour plaire" retrouvée morte chez sa soeur !




Miss Julie  qui avait participé en 2008 à l'émission de télé-réalité "Tout pour plaire" sur la chirurgie esthétique, sur W9 a été retrouvée morte au domicile de sa soeur.

Les amateurs de l'émission se souviennent de cette jeune transsexuelle qui portait toujours son prénom de naissance à l'état civil, Julien.

Selon les premières informations, le médecin légiste délégué sur place par le parquet a conclu que la victime était décédée d'une overdose après avoir pris des médicaments et de l'alcool.

Le producteur de l'émission, Xavier Debatty, a confié : "Elle assumait sa participation à l'émission et cherchait la célébrité .Durant les tournages, c'était toujours quelqu'un qui respirait la joie de vivre."

Plus d'infos très vite.
 
 
 
1 Commentaire

lamissdu13 - Mardi 23 Mars 2010 à 16:41 
 
Sur les sites belges, ils disent que c'est les lourds traitements hormonaux qu'il/elle prenait pour sa transformation sexuelle qui a causait sa mort.
En gros son coeur n'aurait pas tenu le choc 
 

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 18:39

(vidéo)


Pour voir ou revoir le documentaire "Le jeu de la mort" diffusé sur France 2 le 17 mars 2010


Cliquez sur le lien suivant (la vidéo est disponible à partir du 19 mars 2010 à 18h00) :

http://0z.fr/k4g2F



SR



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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 00:09

(dépêche)

Mort de l'acteur Peter Graves alias Jim Phelps dans "Mission Impossible" à 83 ans le 14 mars 2010


http://fr.news.yahoo.com/57/20100315/ted-peter-graves-monsieur-mission-imposs-628e9f6.html
Peter Graves, monsieur Mission Impossible, n'est plus
il y a 10 heures 27 min

 fluctuat             Buzzer ! Imprimer Peter Graves, l'éternel Jim Phelps de Mission Impossible, est mort hier à son domicile de Los Angeles, à l'âge respectable de 83 ans. Lire la suite l'article
Photos/Vidéos liées Agrandir la photo D'abord acteur de cinéma, dans des films d'aventure et des westerns, Peter Graves devient célèbre grâce au petit écran lorsqu'il est choisi pour incarner l'agent secret de la série Mission Impossible, de 1967 à 1973. Après l'arrêt de la série, il ne retrouvera pas de rôle marquant à sa mesure. Ce n'est qu'en 1980 qu'il refait une apparition remarquée dans les films des Zucker/Abrahams/ZuckerY a-t-il un pilote dans l'avion ? et sa suite. Il y incarne le commandement de bord, obsédé par les messieurs tout nus et les gladiateurs, rôle que notre génération retiendra sans doute plus que celui de l'agent Phelps




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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 19:08

(dépêche)


Marie Drucker et Gad Elmaleh, crac-crac


http://www.purepeople.com/media/marie-drucker-et-gad-elmaleh-lors-de_m376692

http://www.purepeople.com/article/marie-drucker-et-gad-elmaleh-officialisent-leur-amour_a51523/1
Marie Drucker et Gad Elmaleh officialisent leur amour !
News publiée Hier, Le Mardi 9 Mars 2010 à 10:10 15 commentaires6 photos1 vidéos

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Marie Drucker et Gad Elmaleh, lors de l'avant-première de La Rafle, qui s'est tenue au Gaumont Champs-Elysées, à Paris, le 8 mars 2010.
Dans cette photo : Gad Elmaleh Hier soir, les cinéphiles parisiens avaient le choix entre l'avant-première de Pièce Montée au Gaumont Opéra, celle de Sans laisser de traces à l'UGC Ciné-Cité de Bercy, mais celle qui a eu le plus de succès est indéniablement celle de La Rafle, qui s'est déroulée au Gaumont des Champs-Elysées devant un parterre de stars.

Parmi elles, un couple a particulièrement attiré l'attention : l'une des vedettes du film - Gad Elmaleh - est effectivement apparu au bras de sa compagne - la charmante et brillante journaliste Marie Drucker -, officialisant leur romance à cette occasion.

Très élégant et en valeur tous les deux, le jeune couple affichait une complicité et une tendresse des plus remarquées lors de la soirée promotionnelle de ce film de Roselyne Bosch qui compte également à son casting Jean Reno, Mélanie Laurent et Sylvie Testud.

L'histoire ? 1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine...
Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère.
Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge.
Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule...
Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré.
De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui.
De ceux qui se sont opposés.
Tous les personnages du film ont existé.
Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

Un film à découvrir demain dans toutes vos salles et dont Purepeople.com vous propose la bande-annonce ci-dessus.

A.I.


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