Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 05:40

Les animaux ? « Je préfère ça aux dames, héhé ! »
Est-ce que c'est comparable ? « Sûrement oui : c'est aussi capricieux, aussi élégant. »
(Interview sur RTS le 23 mai 1971).





_yartiDutroncJacques01

Le chanteur et acteur Jacques Dutronc fête son 80e anniversaire ce vendredi 28 avril 2023. Le (encore) mari de Françoise Hardy (ils s'étaient mariés il y a quarante-deux ans, treize ans après leur rencontre et huit ans après la naissance de leur fils Thomas) vit depuis plusieurs décennies en ermite dans leur résidence corse, loin des paillettes et du show business. Il a fait le double exploit d'être un chanteur majeur et un acteur majeur ; ils sont peu nombreux à l'avoir été (je n'ai pas d'exemple à part Yves Montand).

L'adolescent malade qu'il a été, enfermé de nombreux mois, a eu le temps d'apprendre tout seul à jouer de la guitare alors qu'il apprenait déjà le piano. Il fréquentait les mêmes lieux nocturnes que Johnny Hallyday et Eddy Mitchell (les trois se sont bien plus tard réunis dans Les Vieilles Canailles pour des concerts communs entre 2014 et 2017). Jacques Dutronc participait à un groupe (il était un guitariste d'Eddy Mitchell) et il composait des chansons pour Françoise Hardy.

Après le lancement de Johnny Hallyday, et le ratage d'un autre candidat star, Jacques Dutronc a montré qu'il était aussi capable de bien chanter. Il est devenu très vite, lui aussi, une star (dès 1966 à l'âge de 23 ans), interprétant principalement des textes de Jacques Lanzmann sur sa propre composition (sa première chanson qui ne lui était donc pas destinée est "Et moi, et moi et moi", devenue tube de l'été 1966). Parmi ses musiciens, un certain Alain Chamfort (par exemple qui a joué l'introduction de "J'aime les filles"). Le dessinateur Fred a écrit aussi quelques chansons pour Jacques Dutronc en 1970 (pour deux disques pour les enfants et pour "Le fond de l'air est frais"). Serge Gainsbourg, un ami, disait alors de lui : « C'est en France ce qu'il y a de plus intéressant, après moi !... » (Serge a écrit quelques chansons pour Jacques).

Jacques Dutronc chantait alors des chansons qu'il disait "dégagées" en opposition aux chansons "engagées" d'Antoine. Beaucoup plus tard, Jacques Dutronc a d'ailleurs admis (en octobre 2004), avec une pincée de mystère, qu'avec l'âge, il virait à droite mais en mettant le clignotant à gauche. S'il a soutenu, comme Françoise Hardy, la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007, il a soutenu Fabien Roussel en avril 2022 :
« J'ai fait une procuration mais je connais bien les gens là-bas et ils ne vont pas voter ce que j'ai demandé, c'est-à-dire le Roussellement. Ils vont mettre je sais qui... Si sur la procuration tu pouvais mettre pour qui tu votes ! Mais qui va vérifier comme c'est secret ? » (RTL).

C'est pendant ces premières années de stars qu'il a interprété ses plus grandes chansons (les écouter plus loin), dont celle que je considère comme la plus émouvante, la plus nostalgique de toutes, celle qu'un petit enfant provincial comme moi a associée très tôt à la ville de Paris et à laquelle il a repensé souvent lorsque, bien plus tard, il quittait Paris à l'aube, c'est "Il est cinq heures, Paris s'éveille", sorti en mars 1968, sur les paroles de lui-même, de Jacques Lanzmann et d'Anne Segalen (la femme du précédent à l'époque), et sur la musique de lui-même et Roger Bourdin (ce dernier, qui enregistrait chez Vogue un morceau de Bach dans le studio voisin, improvisa un solo de flûte du premier coup pour cette chanson afin de lui donner l'épaisseur qu'on connaît).

Ce n'était pas étonnant que cette chanson ait eu autant de succès car le "cinq heures du matin" était très authentique chez Jacques Dutronc qui allait confier le 23 mai 1971 sur RTS (dans l'émission "Chansons à aimer") : « Me coucher au petit jour ? Ah non, je préfère me lever au petit jour. (…) En principe, je préfère me lever très très tôt (…). D'ailleurs, quand j'étais au lycée, je ne travaillais jamais le soir, je me couchais très tôt et je me levais vers quatre heures, cinq heures, je travaillais le matin. Comme ça, ma mémoire restait fraîche. ». Et qu'importe s'il se couchait tard une fois devenu star.

_yartiDutroncJacques03

"Les Cactus" a bénéficié d'une promotion inédite : le Premier Ministre de l'époque Georges Pompidou en a fait une allusion au cours d'une intervention à l'Assemblée Nationale, pour évoquer la difficulté de n'avoir plus une majorité qu'à une voix près, après les élections législatives de mars 1967 :
« Comme dirait Jacques Dutronc, il y a des cactus ! ». Quant à "Fais pas ci, fais pas ça", la chanson a connu une nouvelle jeunesse à partir du 8 septembre 2007 en devenant la bande son du générique de l'excellente série télévisée du même nom.

Depuis cinquante-cinq ans, Jacques Dutronc a tenu des centaines de concerts, et il a fait des duos, en particulier avec Françoise Hardy et en 2022, il a fait une tournée avec son fils Thomas (il a arrêté en 2023). Cette carrière de chanteur a été très vite reconnue par le grand-public (il a vendu près de 5 millions de disques selon certaines sources) et par la profession avec l'attribution en 2022 d'une Victoire de la musique pour l'ensemble de son œuvre.

À partir de 1973, recruté par Jean-Marie Périer (pour "Antoine et Sébastien", sorti le 16 janvier 1974 dans un des deux rôles principaux avec François Périer), Jacques Dutronc est devenu également un acteur majeur du cinéma français, avec, à son actif, une cinquantaine de films faits entre autres par de grands réalisateurs comme Claude Lelouch, Jacques Rouffio, Francis Girod, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Mocky, Maurice Pialat, Michel Deville, Nicole Garcia, Claude Chabrol, Michel Blanc, Alain Corneau, etc.

On peut citer certains de ses films mémorables, en particulier "L'Important c'est d'aimer" d'Andrzej Zutawski (sorti le 12 février 1975) avec Romy Schneider, Fabio Testi, Klaus Kinski et Claude Dauphin ; "Malevil" de Christian de Chalonge (sorti le 13 mai 1981), inspiré du roman de Robert Merle, avec Michel Serrault, Jean-Louis Trintignant et Jacques Villeret ; "Van Gogh" de Maurice Pialat (sorti le 30 octobre 1991) où Jacques Dutronc est le grand peintre, aux côtés d'Alexandra London, Bernard Le Coq et Elsa Zylberstein ; "Place Vendôme" de Nicole Garcia (sorti le 7 octobre 1998) avec Catherine Deneuve, Jean-Pierre Bacri, Emmanuelle Seigner, Bernard Fresson et François Berléand ; "Merci pour le chocolat" de Claude Chabrol (sorti le 25 octobre 2000), il joue un inquiétant pianiste aux côtés d'Isabelle Huppert et Anna Mouglalis (avec Michel Robin) ; "Embrassez qui vous voudrez" de Michel Blanc (sorti le 9 octobre 2002) avec Charlotte Rampling, Karin Viard, Carole Bouquet, Michel Blanc, Denis Podalydès, Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Mélanie Laurent et Lou Doillon (Michel Blanc a fait une suite avec "Voyez comme on danse" sorti le 10 octobre 2018).

Dans ces deux derniers films ("Merci pour le chocolat" et "Embrassez qui vous voudrez"), Jacques Dutronc joue magistralement un grand bourgeois, souvent silencieux dans ses sentiments, avec une femme refuge aux sentiments ambigus et troublés, dans un conservatisme affiché.

Au cinéma aussi, Jacques Dutronc a eu beaucoup de succès tant du grand public que de la profession qui lui a attribué un César du meilleur acteur en 1991 pour "Van Gogh" et un César d'honneur en 2005 pour l'ensemble de sa carrière (par ailleurs, il a eu trois autres nomination aux Césars, deux du meilleur second rôle en 1977 et 1999 et un du meilleur acteur en 2002).

_yartiDutroncJacques04

Cheveux courts (ce qui le distinguait des jeunes de son époque), fils de bonne famille au look d'enfant sage, puis très vite fumeur de cigare (et buveur), Jacques Dutronc semble s'être protégé assez rapidement du star system et vit pleinement sa passion des animaux qu'il avait déjà gamin : il voulait devenir vétérinaire et avait accueilli cent vingt souris, des tortues (avec lesquelles il organisait des courses), des hamsters, des chiens. Il a eu aussi deux guépards au début des années 1970 (grâce à eux, ses interviews chez lui devenaient de plus en plus brèves !) et depuis son isolement dans la maison corse qui fait office de refuge, il vit avec plus d'une trentaine de chats (il a été jusqu'à cinquante) qu'il nourrit et soigne régulièrement.

Quatre-vingts ans mais malgré les fougues du temps, Jacques Dutronc semble n'avoir jamais changé. Retour sur quelques chansons à succès et quelques interviews...


1. "Et moi, et moi, et moi" (1966)






2. "Mini, Mini, Mini" (1966)






3. "Les Play Boys" (1966)






4. "Les Cactus" (1966)






5. "On nous cache tout, on nous dit rien" (1966)






6. "Les gens sont fous, les temps sont flous" (1966)






7. "J'aime les filles" (1967)






8. "La Fille du Père Noël" (1967)






9. "Il est cinq heures, Paris s'éveille" (1968)






10. "Fais pas ci, fais pas ça" (1968 et version série télévisée de 2007)









11. "L'opportuniste" (1969)






12. "L'Hôtesse de l'air" (1969)






13. "Le Petit Jardin" (1972)






14. Interview sur RTS le 23 mai 1971






15. Dutronc et ses (38) chats (2021)






16. Thierry Ardisson reçoit Jacques Dutronc (30 octobre 2004) et Françoise Hardy (12 novembre 2004) sur France 2









Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (23 avril 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jacques Dutronc.
Arielle Dombasle.
Richard Gotainer.
Pierre Perret.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Pierre Palmade.
Serge Lama.
Jane Birkin.
Patrick Bouchitey.

Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Laurent Gerra.
Desireless.
Robert Clary.
Olivia Newton-John.
Michel Berger.
France Gall.
Marilyn Monroe.
Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

_yartiDutroncJacques05





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230428-jacques-dutronc.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/hommage-a-jacques-dutronc-et-a-ses-247663

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/04/26/39890575.html







 

Partager cet article
Repost0
26 avril 2023 3 26 /04 /avril /2023 09:42

« Vous êtes sans doute la plus inattendue, la plus insaisissable, la plus libre, de nos icônes. Vous alliez la simplicité à la sophistication, la profondeur à la fantaisie, pour nous livrer un univers chaque fois différent, mais toujours emprunt de ce glamour et de cette audace qui sont vos plus beaux atours. » (Renaud Donnadieu de Vabres le 28 février 2007).




_yartiDombasleArielle02

L'actrice, chanteuse, danseuse et réalisatrice Arielle Dombasle, au délicieux mélange de provocation et de tradition (elle est franco-américaine), fête son 70e anniversaire ce jeudi 27 avril 2023. Un anniversaire dont elle se serait passée, tant son âge a été longtemps l'un des mystères de cette sirène très particulière de la culture française.

Étrange dame touche-à-tout, qui est ainsi définie sur son site officiel (on n'est jamais mieux servi que par soi-même) : « Cantatrice, muse, actrice, cinéaste, réalisatrice de nombreux films et vidéo-clips, Arielle Dombasle est une artiste polyvalente. De parents français, née dans le Connecticut, aux États-Unis, elle grandit au Mexique. ». Elle a même été meneuse de revue, mannequin (égérie notamment de Jean-Paul Gaultier et Yves Saint-Laurent), deux fois présidente du jury pour l'élection de Miss France, en 2009 et en 2016, et aussi sociétaire des "Grosses têtes" (version Laurent Ruquier) sur RTL depuis 2022.

Son côté un peu grandiloquent, un ton souvent théâtral, pourrait agacer mais on sent aussi chez elle une certaine hauteur, ou plutôt, un certain recul qui fait penser à de l'autodérision. La femme n'hésite pas à utiliser tous ses atouts pour ne pas dire tous ses atours, au point qu'elle a tenté, sans trop de succès car il n'y a jamais de miracle dans ce domaine (les frères Bogdanoff le savaient bien), de résister aux évolutions du temps.

Lors de la remise des insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Arielle Dombasle le 28 février 2007, le Ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnadieu de Vabres (qui fut le directeur de cabinet de François Léotard lorsque ce dernier était Ministre de la Défense) l'a présentée comme « une artiste complète, une diva des temps modernes, et l’électron libre le plus glamour de notre scène artistique, qui sait déployer ses talents et sa grâce pétillante dans tous les domaines, parfois même les plus inattendus ».

Et de citer plusieurs Arielle Dombasle en une seule.

La première est la « grande actrice à la beauté renversante, aussi à l’aise en égérie rohmérienne qu’en Milady de Winter, sous la caméra de Josée Dayan. Aussi éblouissante dans l’univers baroque de Raoul Ruiz que dans les grandes comédies de Claude Zidi. Tour à tour, évanescente, intello, piquante, candide, charnelle, provocante, timide, vous crevez l’écran et fascinez votre public. ».

Il faut dire que sa carrière cinématographique est impressionnante depuis 1978, plus de quatre-vingts films au cinéma, comme "Pauline à la plage" d'Éric Rohmer (sorti le 23 mars 1983) qui l'a fait connaître du grand-public, mais aussi "Tess" de Roman Polanski (sorti le 31 octobre 1979) dans un rôle secondaire, avec Nastassja Kinski ; "La Belle Captive" d'Alain Robbe-Grillet (sorti le 16 février 1982) ; "L'Arbre, le Maire et la Médiathèque" d'Éric Rohmer (sorti le 10 février 1993) avec Fabrice Luchini et Pascal Greggory, "Un Indien dans la ville" d'Hervé Palud (sorti le 14 décembre 1994) qui fut un grand succès populaire, elle y joue la fiancée de Thierry Lhermitte, avec Patrick Timsit et Miou-Miou ; "Les cent et une nuits de Simon Cinéma" d'Agnès Varda (sorti le 25 janvier 1995) dans un petit rôle pour une histoire dominée par Michel Piccoli, Marcello Mastroianni, Henri Garcin, Julie Gayet, etc. ; "Astérix et Obélix contre César" de Claude Zidi (sorti le 3 février 1999) où elle joue à la perfection la femme d'Agecanonix (Sim) ; "Amazone" de Philippe de Broca (sorti le 19 juillet 2000), avec Jean-Paul Belmondo et Patrick Bouchitey ; "Les Âmes fortes" de Raoul Ruiz (sorti le 22 mai 2001), une adaptation du roman de Jean Giono, avec Laetitia Casta, John Malkovich, Frédéric Diefenthal et Charles Berling ; "Albert est méchant" d'Hervé Palud (sorti le 14 janvier 2004) avec Michel Serrault et Christian Clavier ; "Les Parisiens" de Claude Lelouch (sorti le 14 septembre 2004) avec Maïwenn, Mathilde Seigner, Michèle Bernier, etc. ; "Crédit pour tous" de Jean-Pierre Mocky (sorti le 30 mars 2011) où elle est la femme de Dominique Pinon, avec Michèle Bernier et Rufus.

_yartiDombasleArielle01

À ces films notables, on peut ajouter celui de son époux "Le Jour et la Nuit" (sorti le 12 février 1997), avec Alain Delon et Lauren Bacall, qui fut un bide commercial et considéré par certains critiques comme le plus mauvais film depuis 1945 ! Ah oui, précisons que depuis presque trente ans, Arielle Dombasle est mariée avec Bernard-Henri Lévy, ce qui lui a valu d'être régulièrement moquée dans les cérémonies des Gérard du cinéma, parodiant les Césars, comme la
« plus mauvaise actrice bénéficiant des réseaux de son mari ». La profession est cependant moins critique avec elle puisqu'elle a été nommée en 1999 au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour "L'Ennui" de Cédric Kahn (sorti le 16 décembre 1998) avec Charles Berling.

On peut aussi rappeler la participation d'Arielle Dombasle à un film érotique franco-japonais, "Les Fruits de la passion" de Shuji Terayama (sorti le 3 juin 1981), adaptation une suite à "Histoire d'O" avec Klaus Kinski et Isabelle Illiers (avec des scènes "crûes" !).

Pour être complet sur ses activités cinématographiques, il faut aussi évoquer les huit films qu'elle a réalisés et scénarisés (depuis 1982), dont les deux derniers : "Opium" (sorti le 2 octobre 2013), inspiré d'une œuvre de Jean Cocteau, et "Alien Crystal Palace" (sorti le 23 janvier 2019), avec Nicolas Ker (et la participation de Jean-Pierre Léaud), dont les critiques étaient plutôt négatives bien que bienveillantes ("Le Point" : « Cet OVNI pulvérise toutes les frontières de l'inexplicable. » ; "Le Monde" : « Procure un plaisir d'un autre temps et interpelle par ses airs d'innocente série Z qui n'a pas peur du ridicule. » ; "Le Figaro" : « Pour du kitsch, c'est du kitsch. Trônent Jean-Pierre Léaud en dieu égyptien, Michel Fau en savant fou. Après, musicien camé, réalisatrice folle de son corps, crimes et détective, ésotérisme à deux balles et coucheries artistiques pour magazine de luxe. Garanti tout en toc. »).

Arielle Dombasle a également tourné dans plus d'une cinquantaine d'œuvres de fiction pour la télévision, dont "Les Frangines" de Laurence Katrian (diffusé le 29 octobre 2003 sur TF1) qui la met en scène comme starlette de la jet-set face à une demi-sœur camionneuse jouée par Michèle Bernier (l'histoire se base sur le choc des cultures ; Guillaume Gallienne joue aussi dans ce téléfilm et Frédérique Bel y fait aussi une apparition comme autre camionneuse). L'actrice de films a aussi joué sur scène dans une dizaine de pièces de théâtre depuis 1979.

La deuxième Arielle Dombasle est la chanteuse étonnante, qui sort de nombreux disques depuis 2000 (plus de 25 singles et 10 albums) ; elle est, selon les mots du ministre, une « voix magnifique, que l’on connaissait vibrant sur le répertoire lyrique, et que l’on découvre glissant sur les plus grands succès latins, et ondulant sur les standards de l’Amérique de l’après-guerre. Entourée des meilleurs musiciens, sublimée par les orchestrations les plus travaillées, vous revisitez ces grands airs de votre charme mutin, avec le goût de la perfection, et l'intuition artistique que l'on vous connaît. ». En d'autres termes, elle est une "soprano dramatique", selon elle. Avec cet étonnement : « Vous êtes capable, dans le même laps de temps, d’interpréter Puccini et Judy Garland, lors d'un gala au profit de la lutte contre le cancer, à la Chapelle Royale du Château de Versailles, et de défrayer la chronique en vous faisant meneuse de revue au Crazy Horse, pour un numéro sublime, aussi lascif qu’élégant, où vous chantez quelques titres de votre nouvel album. ».

D'autres Arielle Dombasle coexistent dans ce corps, en particulier celle qui, dès l'âge de 20 ans, a adopté un régime végétarien pour défendre la vie des animaux (un peu à la manière de Brigitte Bardot). Une manière de vivre qui est allée jusqu'à l'engagement dans une campagne de promotion pour PETA où elle a posé nue en septembre 2016 pour convaincre les amateurs de viandes de croquer les fruits non défendus... Quatre ans plus tard, écolo bobo, elle a fait de la retape sur les réseaux sociaux avec JeSauveUneSirène, une manière de se mettre en scène (ou en Seine ?), pour encourager le ramassage des sacs en plastique dans la mer et sur les plages.

_yartiDombasleArielle05

Renaud Donnadieu de Vabres a eu des mots très doux pour cette sirène très mystérieuse : « Si quelqu’un vous exprime, à juste titre, son admiration face au rythme qui est le vôtre, il vous arrive de répondre que votre entraînement et votre discipline sont dignes de ceux d'un footballeur. Comparaison qui peut surprendre, dans la bouche de celle en qui l’on voit plutôt une sirène parée de toutes les séductions vantées par les contes et les mythes. Mais il faut en effet rendre hommage à votre engagement en faveur des arts que vous entendez servir, à votre exigence, et à cette curiosité qui vous incitent à explorer sans cesse de nouveaux domaines. ».

D'où cette conclusion au superlatif : « Permettez-moi de voir en vous l'essence très vive du charme et de l'esprit français. (…) Je rends aujourd’hui l’hommage de la France (…) à tous ces visages que vous avez bien voulu offrir à la Grâce, à la Beauté et au Talent. ».

Je terminerai ce petit tour d'Arielle Dombasle (qui est la moitié du patronyme de la famille de sa mère, dont le père fut un résistant de la première heure), sur une autre phrase prononcée au Ministère de la Culture (décidément, cette décoration aura permis de formuler la reconnaissance du pays pour cette exportatrice du talent français) : « Inclassable, hors norme, vous voulez aussi étonner et surprendre votre public, en apparaissant toujours là où l’on ne vous attend pas. ».

Et je veux donner un exemple de là où on ne l'attendait pas, qui m'a bien plu, dans une excellente fiction à la télévision créée par Anne Giafferi et Thierry Bizot, une série qui a été un grand succès d'audience, très mérité car le scénario, le rythme et surtout l'interprétation sont exceptionnels : "Fais pas ci, fais pas ça" dans l'épisode réalisé par Michel Leclerc et diffusé le 22 février 2017 sur France 2 (saison 9, épisode 5 ; l'avant-dernier épisode de la série).

Arielle Dombasle y joue son propre rôle, succulent. Nous sommes en 2027. Nicolas Hulot a été élu Président de la République. Il y a désormais quinze poubelles différentes de recyclage. Les drones livrent les colis. Et chez les Lepic, le petit dernier, Lucas (joué par Timothée Kempen Hamel) ne sort pas de la réalité virtuelle. Complotiste, il ne croit pas qu'on soit allé sur la Lune, et considère qu'Arielle Dombasle est un hologramme. Les parents (joués par Valérie Bonneton et Guillaume de Tonquédec) veulent alors le convaincre qu'il se trompe et qu'il faut vivre la vraie réalité : il font appel à Arielle Dombasle, qui joue donc son propre rôle, pour convaincre le petit dernier qu'elle est bien en chair et en os. À leur surprise, elle accepte et arrive habillée dans une combinaison tout en cuir. Mais c'est Lucas qui lui apprend ce qu'est la réalité virtuelle. Elle en profite pour lui apprendre autre chose...



Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (23 avril 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Arielle Dombasle.
Jacques Dutronc.

Richard Gotainer.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiDombasleArielle03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230427-arielle-dombasle.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/arielle-dombasle-la-sirene-247823

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/04/26/39890573.html






 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2023 5 31 /03 /mars /2023 21:22

« M'enfin, le pouvoir, il n'y a rien de plus séducteur pour une femme ! » (1981).




_yartiBouquetCaroleVGE02

Il y a trois ans, le 2 décembre 2020, l'ancien Président de la République Valéry Giscard d'Estaing est mort, l'une des très nombreuses victimes du covid-19. À deux ou trois semaines de la mise sur le marché français du vaccin contre le covid-19, il l'a raté de peu, hélas, alors qu'il était de constitution robuste et ce n'étaient pas ses presque 95 ans qui l'empêchaient de continuer à lire, à s'intéresser au monde, à académiser ou, le cas échéant, à intervenir dans les médias pour nous faire bénéficier de ses toujours brillantes analyses.

Probablement effondré par la perte récente d'une de ses filles, le chuintant homme politique a été enterré, avec son orgueil, dans la plus grande discrétion selon ses volontés, loin des hommages pompeux de la République et des discours pontifiants de la cour d'honneur des Invalides.

C'est parce qu'il est maintenant mort que l'actrice Carole Bouquet s'est permise de lâcher une vieille anecdote, une anecdote d'il y a une quarantaine d'années. Respecter les vivants, se taire par politesse, mais la mort délie les langues, lève les secrets. Invitée de Brigitte Boucher et Jean-Pierre Montanay dans l'émission gastronomique "Politiques, à table !" diffusée le 31 mars 2023 sur LCP, la grande actrice a donc confié une anecdote qui l'a fait plus sourire que s'indigner.

Ce se passait après la victoire de François Mitterrand, au début du mois de décembre 1981. Elle avait un bébé de trois semaines (son premier fils ; il s'agit du futur producteur Dimitri Rassam), et elle-même n'avait que 24 ans. Elle était chez elle et elle s'occupait du bébé quand on a sonné à la porte.


_yartiBouquetCaroleVGE01

Elle a alors raconté, avec sa voix amusée : « Sonne à ma porte un monsieur que je ne connais pas du tout mais que je reconnais en ouvrant. Je suis en robe de chambre, j'ai un enfant qui a trois semaines. Il me dit : "Bonsoir"... et je vois que c'est M. Giscard d'Estaing. Et il me dit : "Est-ce que je peux visiter la maison ? parce qu'elle appartenait à des amis à moi, qui habitent d'ailleurs au fond de la cour là-bas, et je voudrais voir ce que vous en avez fait". Je lui dis : "Je vous en prie". Donc très bien, je lui fais visiter la maison. Il voit même mon fils qui a trois semaines. Je suis toujours en robe de chambre bien évidemment, je lui offre même du champagne. Et puis il s'en va. ».


C'était sa première rencontre un peu insolite avec l'ancien Président de la République à Paris. La deuxième rencontre a eu lieu dans un cadre moins privé : « Vingt ans après, je le rencontre dans [un] dîner à l'AROP [Association pour le rayonnement de l'Opéra de Paris]. Je lui dis "Bonsoir monsieur le Président", étant bien élevé, et il me répond : "Ah !". Je dis : "Pourquoi vous me dites Ah ?". Il me dit : "Parce que vous me dites monsieur le Président". Je fais : "Oui, c'est normal". Il me fait : "Non, vous m'avez maltraité, la première fois où je vous ai vue". Je lui dis : "Comment ça, je vous ai maltraité ? Écoutez, la seule fois où on s'est vus, si mes souvenirs sont bons, vous êtes venu chez moi. Je vous ai ouvert la porte, je vous ai montré toute ma maison, je vous ai offert le champagne, j'avais un bébé que j'étais en train d'allaiter..." Il me dit : "Oui, mais vous n'avez pas été séduite". "Eh bien, non"... Je ne savais plus quoi... Du coup, on s'est assis et on a commencé à discuter. ».

La chute : « Il m'a dit : "Enfin, c'est impossible, le pouvoir, il n'y a rien de plus séducteur pour une femme". Je lui fais "Écoutez, vous tombez très mal, pas pour moi". Il était très bien élevé, mais il s'attendait au contraire à ce que je lui saute dessus ! ».

Elle aurait pu aussi lui répondre que le pouvoir, il venait justement de le perdre ! Du reste, son successeur, François Mitterrand, l'avait mise sous écoute de la cellule présidentielle du GIGN, ses deux lignes téléphoniques, en 1985, des écoutes qui visaient son compagnon, Jean-Pierre Rassam qui est mort la même année. La jeune actrice n'avait pas beaucoup de chance avec les Présidents de la République.

Mais c'est clair qu'à 24 ans, Carole Bouquet était déjà d'un caractère bien trempé. Ce qui est troublant, c'est qu'il ne considérait pas normal qu'elle ne lui cédât pas. En d'autres termes, beaucoup de jeunes demoiselles ont dû "succomber" dans ses bras. Certes, il n'a pas eu des gestes inconvenants, déplacés, il n'a violé personne et il n'a dragué que de manière indirecte, mais c'est toujours dans la position du roi avec ses favorites. C'était une toute autre génération, une toute autre époque. On comprend qu'il a fallu cette vague du MeToo et ces langues qui se sont déliées pour que les femmes soient respectées un peu mieux par certains hommes qui pensent toujours que l'argent ou le pouvoir peuvent appâter ...la beauté. Rideau !


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (02 décembre 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Carole Bouquet.
Giscard à Carole Bouquet : est-ce que je peux visiter la maison ?
Anne-Aymone Giscard d'Estaing.
François Léotard, l'enfant terrible de Giscard.
Valéry Giscard d’Estaing et son problème, le peuple !
Michel Poniatowski, le bras droit sacrifié de Giscard.
Valéry Giscard d’Estaing, le rêveur d’Europe.
Hommage européen à Valéry Giscard d’Estaing le 2 décembre 2021 au Parlement Européen à Strasbourg (texte intégral et vidéos).
VGE en mai (1968).
Michel Debré aurait-il pu succéder à VGE ?
Le fantôme du Louvre.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron d’hommage à VGE le 3 décembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le Destin de Giscard.
Giscard l’enchanteur.
Valéry Giscard d’Estaing et les diamants de Bokassa.
Valéry Giscard d’Estaing et sa pratique des institutions républicaines.
VGE, splendeur de l’excellence française.
Propositions de VGE pour l’Europe.
Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing (1).
Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing (2).
Loi n°73-7 du 3 janvier 1973.
La Cinquième République.
Bouleverser les institutions ?








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230331-carole-bouquet.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/12/02/40128392.html






 

Partager cet article
Repost0
29 mars 2023 3 29 /03 /mars /2023 05:40

« L'amour c'est juste un poil amer
C'est du bonbon acidulé »
("Trois vieux papis",
chanson de Richard Gotainer, 1982).





_yartiGotainerRichard01

Le chanteur français Richard Gotainer fête son 75e anniversaire ce jeudi 30 mars 2023 : « Le paradis me pend au nez (…) J'veux pas y'aller, au paradis (…) L'enfer, là, je suis sûr de retrouver tous mes copains ! » (chanson de 2018). Avec ses lunettes d'hypermétrope, après sa rencontre très fructueuse avec le précieux compositeur Claude Engel en 1976, il s'est révélé comme un petit génie de la poésie positive, avec un esprit fantaisiste propre à se faire apprécier des plus jeunes dans un esprit mélangé de Gotlib et de Desproges. Gotlib était d'ailleurs un ami avec qui il avait collaboré pour un album de bande dessinée (voir la vidéo de présentation de l'exposition Gotlib au Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris en 2015).

Inventif, Gotainer est un esprit complètement barjot, prêt à la démesure dans la rigolade, à la fois kitsch et rigoureux, de mille couleurs vives dans ses clips. À l'origine, ce gai luron débordant d'imagination a fait dans la publicité. Mais il était trop créatif pour ses employeurs (la première agence de pub mondiale), si bien qu'il a été licencié et en a profité pour créer sa propre agence et ce fut le succès. La publicité de Belle des champs, Banga, Danette, Apéricube (« Tu me montres ton cube ! »), etc., c'était lui : plus qud des messages publicitaires, c'étaient d'abord des chansons, souvent loufoques, amusantes, dingo et mémorables. Il en a fait rapidement son métier ; de la publicité, il est passé à la variété pour tous. Un parcours très rare ! Sa publicité pour Infinitif a été modifiée pour faire le tube "Primitif" (généralement, la publicité est plutôt la variation d'une création existante).

Probablement le sommet de sa notoriété a eu lieu avec son spectacle à l'Olympia en 1983. Pendant les années 1980, il a donc multiplié les tubes au point de marquer cette décennie par ces chansons totalement déjantées. Certains aujourd'hui regrettent que de nouvelles créations ne dérident pas de nos jours le pays et les gens en proie à la morosité. Et la plupart ont été profondément fascinés par ces chansons drôles, rythmées et créatives écoutées pendant leur enfance. De la tendresse pour se réveiller dans la fantaisie, la bonne humeur, et une star qui ne s'est jamais prise au sérieux. Des textes humoristiques jonglant avec les mots, un peu comme Pierre Perret (sans le côté amer plus récent).

_yartiGotainerRichard02

Toutefois, Gotainer a eu des ratés, comme ce film "Rendez-vous au tas de sable" (sorti le 31 janvier 1990), qu'il a préparé pendant cinq années sans rien faire d'autre (il a regretté de ne pas avoir enregistré d'autres disques pendant la période) et qui fut un grand bide (il a corédigé le scénario et était l'un des acteurs principaux), mais est devenu au fil des années un film culte en raison du succès du chanteur qui propose de DVD sur son site Internet qu'il gère tous les jours.

Richard Gotainer a fait effectivement quelques incursions comme acteur au cinéma et à la télévision, la première dans "Le Maître d'école" de Claude Berri (sorti le 28 octobre 1981) avec Coluche (la bande originale "Le Sampa" a été un grand succès de Gotainer et a été vendue à 500 000 exemplaires), et quelques autres films et téléfilms, dont plusieurs de Jean-Pierre Mocky.

Depuis le début de l'automne 2022, le chanteur ne chante plus lorsqu'il est sur scène mais lit, une nouvelle manière de continuer à se produire. D'octobre à décembre 2022, en effet, Richard Gotainer a proposé un spectacle un peu particulier qui lui changeait de ses concerts habituels : il lisait ses textes au Théâtre Lucernaire à Paris, avec l'accompagnement de son guitariste Brice Delage ("Gotainer ramène sa phrase").

Sans jamais avoir composé une seule note de musique, mais en écrivant les paroles, en chantant et aussi en dansant (comme un cabri), Richard Gotainer a laissé des années 1980 de grands nostalgiques de ses créations. Je propose un petit pot pourri des meilleurs succès de Richard Gotainer, comme une récréation artistique à goûter avec saveur et retenue.


1. "Le Moustique" (1977)






2. "Sacré Déconneur" (1977)






3. "Polochon blues" (1977)






4. "Le taquin et la grognon" (1977)






5. "Confetti" (1977)






6. "Tout Foufou" (1979)






7. "Primitif" (1980)






8. "Chipie" (1981)






9. "Poil au tableau" (1981)






10. "Le Sampa" (1981)






11. "Le Mambo du décalco" (1982)






12. "Trois vieux papis" (1982)






13. "Le Youki" (1984)






14. "La gaudriole" (1987)






15. "Caféine" (1988)






16. "J'veux pas aller au Paradis" (2018)






17. "Un chat, un chat" (2018)






18. Compilation des publicités (1985)






19. L'affaire Gotainer racontée par Guy Montagné (1982 sur Antenne 2)






20. Exposition Gotlib à Paris (2015)





21. Le Youki raconté par André Manoukian (2022)






22. Chez Thierry Ardisson (2021)






Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (26 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Richard Gotainer.
Pierre Perret.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Pierre Palmade.
Serge Lama.
Jane Birkin.
Patrick Bouchitey.

Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Laurent Gerra.
Desireless.
Robert Clary.
Olivia Newton-John.
Michel Berger.
France Gall.
Marilyn Monroe.
Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

_yartiGotainerRichard03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230330-richard-gotainer.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/richard-gotainer-ne-chante-plus-247295

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/27/39858738.html






 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2023 7 26 /03 /mars /2023 05:26

« Je suis si mince, si maigre, que quand il pleut je passe entre les gouttes ! » (Sarah Bernhardt).



_yartiBernhardtSarah07

Considérée comme l'une des plus grandes tragédiennes, l'actrice française Sarah Bernhardt est morte à Paris il y a cent ans, le 26 mars 1923 à Paris. Elle avait alors 78 ans, née également à Paris le 22 octobre 1844 (date officielle, probablement réelle si l'on en juge par une copie datant de 1857 de l'extrait de l'acte de naissance qui a été détruit un peu plus tard par un incendie à l'hôtel de ville de Paris). Elle est morte d'une insuffisance rénale aiguë pendant qu'elle tournait pour un film de Sacha Guitry. Elle est enterrée au Père-Lachaise. Quelques années auparavant, en 1915, on lui avait amputé une jambe atteinte de gangrène (provenant d'une blessure de 1887 mal soignée et d'une tuberculose osseuse), mais elle continuait quand même à jouer sur scène, assise (sans jambe de bois). "Quand même" était d'ailleurs sa devise durant toute son existence exceptionnelle, celle de l'audace !

D'un caractère d'acier et créant sa propre légende (notamment en publiant ses mémoires en 1907, "Ma double vie"), Sarah Bernhardt a été la première véritable star de la scène, au théâtre mais aussi au cinéma (elle a tourné quelques films à partir de 1900). Elle était considérée comme un "monstre sacré", une expression pour la première fois employée par Cocteau à son propos, assez tardivement.

Sarah Bernhardt se décrivait comme Française, fière de l'être et patriote, mais elle devait parfois se justifier, comme par cette lettre au critique dramatique Benoît Jouvin, l'un de ses plus ardents détracteurs, qui insinuait qu'elle était d'origine allemande dans son article sur la reprise de "Dalila" le 28 mars 1873 à la Comédie-Française (elle avait le rôle de Léonora) : « Je suis Française, Monsieur, absolument Française. Je l'ai prouvé pendant le siège de Paris, et la Société d'encouragement au bien m'a décerné une médaille d'honneur. L'eût-elle fait à une Allemande ? Toute ma famille est originaire de la Hollande [Sa mère était originaire des Pays-Bas]. Amsterdam est le berceau de mes modestes aïeux. Si j'ai de l'accent, Monsieur (et je le regrette beaucoup), mon accent est cosmopolite, et non tudesque. Je suis une fille de la grande race juive, et mon langage un peu rude se ressent de nos pérégrinations forcées. Enfin, Monsieur, je réclame de votre justice la rectification d'une erreur préjudiciable à l'avenir de mon fils et douloureuse à mon cœur de Française ». Bref, on l'a compris, elle n'était pas une Allemande. Elle n'aura pas été la dernière à devoir justifier son amour de la France en raison de ses origines...

_yartiBernhardtSarah03

De la prestation de la divine actrice comme Léonora, le très influent critique dramatique Francisque Sarcey indiquait assez crûment : « Il lui manque de l'ampleur, la force et l'autorité. Admirable dans les personnages tendres, son insuffisance éclate quand on charge ses frêles épaules d'un rôle qui porte tout le drame. (…) Mlle Sarah Bernhardt n'a guère excité qu'une curiosité bienveillante. Mauvaise, elle ne saurait l'être, car elle est artiste dans l'âme et jusqu'au bout des ongles. Sa voix manque de mordant, d'ironie ; elle est dure et martelée. Elle-même est raide dans tout l'ensemble de sa personne. Elle n'a rien de la pieuvre, elle est rude plutôt que sèche et sèche plutôt que féline. ».

Francisque Sarcey fut, quelques mois plus tard, beaucoup plus élogieux, lorsque Sarah Bernhardt joua Aricie de "Phèdre" le 17 septembre 1873 : « Toutes les mauvaises humeurs qu'avait éveillées sa fortune ont dû céder devant l'évidence. Mlle Sarah Bernhardt a ravi tout le public. On n'a jamais mieux dit les jolis vers du rôle d'Aricie. C'est proprement une musique que la voix de cette femme. Un frémissement ininterrompu de plaisir a passé dans tout l'auditoire. ».

Cette voix, peut-être qu'aujourd'hui, Sarah Bernhardt serait peu appréciée. Wikipédia écrit sommairement que sa performance théâtrale est « empathique tant dans la pantomine que dans la déclamation. Les modulations de la voix s'éloignent délibérément du naturel ; les émotions sont rendues, tant par le geste que par l'intonation, plus grand que nature. Ce style hérité de la déclamation baroque se démode avant la fin de sa carrière. ».

Un exemple avec "Prière pour nos ennemies" interprétée en 1903 (du Fonds Jean-Marie Poilvé, à la Médiatèque Musicale de Paris).


 




_yartiBernhardtSarah06

De condition modeste, Sarah Bernhardt a commencé à gagner sa vie de manière "galante". Dans sa rapide présentation, Jean-Claude Yon, spécialiste de l'historie des spectacles, l'écrit délicatement : « La jeune femme, mince et rousse, doit mener une vie de femme galante pour subsister. ». Parmi ses clients (en 1874), un certain... Léon Gambetta !

Maigrichonne, elle l'était assurément, comme le montrent les caricatures de l'époque, ou cette description de cet autre critique littéraire Auguste Vitu : « Mlle Sarah Bernhardt est charmante dans sa robe de gaze lamée d'or. On dirait d'une aiguille tirée à quatre épingle. Elle avait pourtant plu dans l'acte de la loge, mais elle a paru faible et dépourvue de grâce aristocratiques dans les scènes poignantes de l'avant-dernier tableau. De la sorcière aux philtres enivrants, elle n'a que la baguette, et la baguette, c'est elle-même. ». Toujours à propos de sa prestation dans le rôle de Léonora.

_yartiBernhardtSarah10

Théâtre, escrime, sculpture, peinture... Sarah Bernhardt s'est révélée comme une artiste hors pair et généraliste. Dès 1869, Sara Bernhardt a rayonné de son aura de comédienne. Elle a été découverte au grand public avec une pièce de François Coppée ("Le Passant") après trois ans de représentation à l'Odéon. Son interprétation magistrale de "Ruy Blas" en 1872 (juste après la guerre) lui a valu de se faire appeler "Voix d'or" par son célèbre auteur, Victor Hugo, et d'intégrer la Comédie-Française (dont elle avait été virée en 1866), mais, nommée sociétaire en 1875, elle n'y resta que jusqu'en 1880, jamais vraiment acceptée dans cet enceinte trop académique et préférant reprendre sa liberté (pendant ces années, elle jouait du classique comme "Phèdre" en 1874, du romantique comme "Hernani" en 1877 et du contemporain). Octave Feuillet, Oscar Wilde, Victorien Sardou et Edmond Rostand allaient devenir ses auteurs fétiches.

Sarah Bernhardt a créé sa propre troupe et a accumulé les succès en France et sur les cinq continents (où elle a exporté l'excellence française pour « planter le verbe français au cœur de la littérature étrangère »), et comme elle voulait contrôler toute la chaîne, elle a pris par la suite également la direction des théâtres où elle officiait (puis la laissait à son fils Maurice). Elle a même fait appel au peintre tchèque Alphonse Mucha pour confectionner ses affiches de spectacle. Elle a aussi utilisée son image très connue à des fins publicitaires (comme quoi, la notoriété paie depuis plus d'un siècle).

_yartiBernhardtSarah09

La liberté, c'était en effet aussi de faire des tours du monde. Première star internationale, elle a fait plusieurs tournées triomphales, dont une aux États-Unis en 1880-1881, jouant 156 fois dans 50 villes, puis en Europe en 1881-1882, jouant 186 fois (jusqu'en Russie où elle envoûta Tchekhov). Elle allait revenir plusieurs fois en Amérique tout au long de sa carrière. Elle hantait les trains qui était son moyen de transport habituel... et moderne (il n'existait pas encore de ligne aérienne !).

_yartiBernhardtSarah04

Comme on peut le comprendre à la lecture d'un album de Luky Luke (dessin de Morris, scénario de Xavier Fauche et Jean Léturgie), bande dessinée sortie en 1982 chez Dargaud, Sarah Bernhardt ne laissait jamais personne indifférent, ou elle était admirée pour ne pas dire adulée, ou elle faisait des mécontents, notamment auprès des milieux conservateurs qui critiquaient la femme émancipée qu'elle était (d'autant plus qu'elle n'hésitait pas à prendre des rôles masculins).

N'hésitant pas à choquer, elle se faisait prendre en photo dormant dans un cercueil, pour montrer sa santé fragile, faisant référence à la tuberculose, qui avait déjà emporté sa sœur. Bien que transgressive et ne cherchant pas à ne pas se montrer telle qu'elle était, Sarah Bernhardt fut paradoxalement l'une des premières personnalités à s'être fait un "lifting" en 1912, prémices d'une industrie très fructueuse de la chirurgie esthétique qui allait conquérir un très large marché.

_yartiBernhardtSarah02

La journée du 9 décembre 1896 a été peut-être le sommet de la gloire de Sarah Bernhardt avec un déjeuner en son honneur où le Tout-Paris, tout ce qui comptait des arts et de la culture, se pressait pour honorer la grande actrice.

_yartiBernhardtSarah08

Profitant de sa grande popularité, elle n'hésitait pas à prendre des positions très clivantes à l'époque, comme sa lettre de soutien à Émile Zola après son réquisitoire "J'accuse", son soutien à Louise Michel et son opposition à la peine de mort (au début du XXe siècle, les parlementaires français n'étaient d'ailleurs pas loin d'abolir la peine de mort ; ils ne l'ont pas fait à cause d'un fait-divers qui a profondément ému la population et la presse très influente et a rendu impossible l'absence de punition capitale).


Dans la préface de la biographie de Sarah Bernhardt par Jules Huret (publiée en 1899 aux éditions F. Juven, à Paris), Edmond Rostand écrivait : « Et quelle façon elle a d'être légendaire et moderne ! C'est au Contes de fées qu'elle se rattache par sa chevelure de belle aux cheveux d'or ; ne deviennent-elles pas perles et diamants, les paroles, sur ses lèvres ? N'a-t-elle pas porté les robes couleur du temps ? N'est-ce pas, dans sa voix, l'immortel Oiseau bleu qui chante ? (…) L'existence de Mme Sarah Bernhardt constituera peut-être le merveilleux du XIXe siècle. Elle deviendra de la Fable. Ah ! Lorsqu'on écrira le poème de ces Tours du Monde, pour en dire tous les décors, tous les personnages, les beautés et les cocasseries, pour faire dialoguer les locomotives et les paquebots, pour faire onduler tant de mers et tant de robes, pour faire parler, chanter et hurler des chœurs et de sauvages, de rois et d'animaux exotiques, il faudra je ne sais quel Homère composé d'un Théophile Gautier, d'un Jules Verne et d'un Ruydard Kipling ! ».

Et de terminer sa préface par une énumération à la Prévert de la folle vie de l'actrice : « (…) Donne une audition en faisant des bouquets ; se fait lire cent lettres, s'attendrit à des demandes... ouvre souvent le petit sac tintant où il y a de tout ; confère avec un perruquier anglais ; retourne sur la scène pour régler l'éclairage d'un décor, injurie les appareils, met l'électricien sur les dents ; se souvient, en voyant passer un accessoiriste, d'une faute qu'il commit la veille, et le foudroie de son indignation ; rentre dans sa loge pour dîner ; s'attable, magnifiquement blême de fatigue, en faisant des projets ; mange, avec des rires bohémiens ; n'a pas le temps de finir ; s'habille pour la représentation du soir, pendant qu'à travers un rideau le régisseur lui raconte des choses ; joue éperdûment ; traite mille affaires pendant les entr'actes ; reste au théâtre, le spectacle terminé, pour prendre des décisions jusqu'à trois heures du matin ; ne se résigne à partir qu'en voyant tout le personnel dormir respectueusement debout ; remonte dans son cab ; s'étire dans ses fourrures en pensant à la volupté de s'étendre, de se reposer enfin ; pouffe de rire en se rappelant qu'on l'attend chez elle pour lui lire une pièce en cinq actes ; rentre, écoute la pièce, s'emballe, pleure, la reçoit, ne peut plus dormir, en profite pour étudier un rôle... (…) Voilà la Sarah que j'ai connue. Je n'ai pas connu l'autre, celle des cercueils et des alligators. Je n'ai pas connu d'autre Sarah que celle-là. C'est la Sarah qui travaille. C'est la plus grande. » (Source : gallica.bnf.fr / BnF).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sarah Bernhardt.
Marion Game.
Isabelle Huppert.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiBernhardtSarah05






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230326-sarah-bernhardt.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/sarah-bernhardt-premiere-star-247336

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/25/39856947.html







 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2023 6 25 /03 /mars /2023 04:56

« L'exactitude est la politesse des montres. » (Jean Dutourd).




_yartiMacronMontre01

Il y aurait de quoi sourire si on n'envisageait pas qu'il s'agit ici d'un stigmate grave de l'état calamiteux de la classe politique en général, et des oppositions en particulier, parce que la démocratie est saine quand l'opposition fait vraiment son travail d'opposant politique. On en vient maintenant à évoquer la montre de monsieur Macron !

Qu'on ne trouve comme seul argument pour critiquer une intervention de trente-cinq minutes du Président de la République, où il ne disait pas seulement des choses consensuelles politiquement, que la présence ou l'absence de sa montre au poignet, c'est absolument ahurissant.

C'est vrai, la France est un pays de râlerie et de jalousie, et surtout, on ne supporte pas les riches parce qu'on ne supporte pas les plus riches que soi (encore faut-il avoir des niveaux de comparaison valables). L'un des signes extérieurs de richesse, après la bagnole, c'est la montre (et plus généralement, ce qu'on porte, les costumes, les chemises, les chaussures). La montre a même obtenu un brevet de symbolisme politique aigu après la sortie du communicant Jacques Séguéla qui estimait, selon la compréhension populaire, que si tu n'avais pas une Rolex au poignet à 50 ans, alors tu serais un pauvre type. Un objet qui devrait faire dans les 50 000 euros.

Personnellement, j'avoue bien sûr ne pas avoir la collection de Julien Dray, et que, aussi riche pourrais-je être, jamais je ne mettrais autour de mon poignet un machin qui vaut autant pour rendre un si petit service. D'ailleurs, j'avoue humblement que je ne porte plus du tout de montre depuis plusieurs années, c'est ma meilleure excuse quand je suis en retard ! En revanche, je conçois que lorsqu'on est en représentation, il faut un minimum de représentation et la montre en fait partie. L'image de la France se fait aussi par l'image de son premier représentant.

De fins observateurs de la vie politique ont donc vu que le Président de la République portait sa montre au début de son interview du 22 mars 2023, et... ô surprise, au bout de plusieurs minutes, ils se sont aperçus qu'il ne la portait plus.

_yartiMacronMontre02

En repassant la bande, enfin, façon de parler (désolé, je suis né dans une société avec encore de grosses cassettes à bande magnétique), en revoyant avec attention l'interview, on s'aperçoit effectivement qu'à un moment donné, le chef de l'État a plongé ses deux mains sous la table (ce qui ne se fait pas, on me l'a appris quand j'étais gosse) et après quelques secondes, les a ressorties avec les deux poignets nus. Où est donc passée la montre ? Mystère, peut-être entre les deux jambes.

Ce qu'il ne faut pas faire quand on est Président de la République. Certains, d'ailleurs, se sont interrogés sur la sincérité d'Emmanuel Macron lorsqu'il parlait tout en retirant sa montre (c'est le "en même temps" décliné dans un registre particulier) ; mais tout le monde fait cela quand on rentre à la maison et qu'on s'adresse à un membre de la famille, on retire son bonnet, ses chaussures, son manteau tout en parlant et il n'y a là ni insincérité ni exceptionnel don de faire plusieurs choses à la fois. C'est sûr, comme pour tout responsable politique, on peut toujours s'interroger sur la sincérité de leurs convictions et surtout, de leurs paroles, mais peut-être faut-il prendre comme indices d'autres éléments que le port d'une simple montre ?

_yartiMacronMontre03

Donc, oui, c'est très factuel, Emmanuel Macron a retiré sa montre en plein milieu de son interview. Très bien observé ! Cela a alors donné lieu à n'importe quoi ! Ainsi, la députée FI Clémence Guetté a tweeté le 23 mars 2023 : « C'est finalement l'image de cette interview. Au moment de parler des "smicards" qui n'ont "jamais autant gagné de pouvoir d'achat", il retire discrètement sa jolie montre de luxe, sous la table. Cet homme est une farce. ». On se demande qui est le plus farceur.

Si je note que la députée de l'opposition ne contredit pas le fait que les salariés payés au SMIC n'ont effectivement jamais autant gagné de pouvoir d'achat (elle devrait s'en réjouir, si elle soutenait vraiment ces travailleurs comme elle le prétend), l'idée de mélanger les choses, d'amalgamer, est assez risible. Si le Président de la République ne voulait pas montrer sa montre, il ne l'aurait pas mise dès le début de l'interview. Ou alors, quel amateurisme !

C'est vrai, et j'ai moi-même tiqué quand je l'ai entendu, parler de "smicards" est une réelle maladresse du chef de l'État, on avait l'impression de se retrouver dans les années 1970, à l'époque des chefs du personnel et pas des directeurs des ressources humaines, mais Emmanuel Macron a un langage souvent crû, il dirait disruptif, mais qui me paraît inutilement déplaisant. On pourra toujours parler d'euphémisme ou d'hypocrisie, un demandeur d'emploi sera toujours plus digne qu'un chômeur. Chacun a sa dignité et il faut la respecter par les mots de vocabulaire qu'on emploie, aussi transgressif soit-on.

Dans le flot des réseaux sociaux, la rumeur dit même que la montre coûterait 80 000 euros ! Alors, on est là dans le simple mensonge : proclamez n'importe quoi, il en restera toujours quelque chose. Il faut bien alimenter la colère du peuple.

L'Élysée (contacté par L'Indépendant) a immédiatement apporté quelques précisions pour comprendre pourquoi le Président avait enlevé sa montre en cours de route : « Le Président n'enlève pas sa montre par souci de la dissimuler, mais parce qu'il venait de la taper brutalement contre la table. Le bruit est clairement audible quelques secondes seulement avant la vidéo partagée sur les réseaux sociaux. ». J'avais effectivement entendu ce bruit : comme Emmanuel Macron aime bien s'exprimer avec les mains et les bras, il devait être convaincu qu'il heurterait encore la table avec sa montre ultérieurement.

Quant à la montre, elle ne coûterait pas 80 000 euros mais autour de 2 000 euros, ce qui, disons-le clairement, reste beaucoup pour un "smicard", mais qui est plus raisonnable quand même, bien loin des "montres de luxe" évoquées par Jacques Séguéla. C'est un modèle BRV192 de Bell & Ross personnalisé aux armoiries de la Présidence de la République, qu'Emmanuel Macron porte régulièrement depuis plus d'un an et demi. Voudrait-on s'étonner que le Président d'un grand pays comme la France ne porte pas une montre en plastique à trois balles ? Polémique à trois balles, donc.

Des excités de la Nupes ne sont pas les seuls à avoir critiqué Emmanuel Macron sur sa montre, d'autres enragés, plutôt de l'autre côté de l'échiquier politique, ont glosé sur la montre, comme l'ancien numéro deux du FN Florian Philippot, actuellement en plein isolement de la lumière médiatique parce qu'il ne représente plus rien politiquement et qui tente très maladroitement, par démagogie et transgression, de faire parler de lui à propos de tout et n'importe quoi.

C'est vrai que pour un maître des horloges, le choix d'une montre n'est pas anodin. (Au fait, n'oubliez pas, c'est la nuit du 25 au 26 mars 2023 qu'on passe à l'heure d'été). Que les opposants à Emmanuel Macron comprennent bien que si leur opposition se restreint à ne critiquer que la couleur de la montre, il a encore de beaux jours devant lui pour continuer à servir le pays !....


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La montre de monsieur Macron.
Emmanuel Macron : "J'assume ce moment !"
L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
Le 60e anniversaire du Traité de l'Élysée le 22 janvier 2023.
Vœux présidentiels : un éditorialiste gagne 1 point Godwin sur le climat !
Vœux 2023 d’Emmanuel Macron : l'impératif d'unité de la Nation.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2022 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron a 45 ans.
Emmanuel Macron aux États-Unis : vers des relations apaisées ?
Emmanuel Macron : climat, industrie et souveraineté ...et colère contre le cynisme de l'ultragauche.

Emmanuel Macron s'exprime sur l'Ukraine et sur la pénurie d'essence : nous devons nous serrer les coudes !
Emmanuel Macron et la menace de la dissolution.
Le point chaud de la rentrée d’Emmanuel Macron : l’énergie.

_yartiMacron2023032203






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230322-macron-montre.html

https://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/la-montre-de-monsieur-macron-247476

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/25/39856563.html








 

Partager cet article
Repost0
24 mars 2023 5 24 /03 /mars /2023 15:53

« C’est dans la tendresse et l’affection des siens qu’elle est partie rejoindre les étoiles. » (Communiqué à l'AFP de la famille de Marion Game, le 24 mars 2023).



_yartiGameMarion01

Ancienne star des années 1970, elle est devenue une grand-mère familière de nombreux téléspectateurs depuis une dizaine d'années. Marion Game est partie sans crier gare à Paris ce jeudi 23 mars 2023 à l'âge de 84 ans (elle est née à Casablanca le 31 juillet 1938).

Elle était devenue familière car elle s'invitait à l'heure du dîner tous les jours sur la chaîne M6 dans la mini-série "Scènes de ménages" depuis le 9 novembre 2009. Cette série met en scène plusieurs couples, et Marion Game, dans le rôle de Huguette (Guéguette), formait avec Gérard Hernandez (Raymond) un couple longue durée, le couple le plus âgé (et le plus peau d'vache). Des retraités qui s'ennuient, dont le but ultime est d'empapaouter tout leur entourage, progéniture comprise. Et eux-mêmes aussi, mutuellement.

Il y a une discontinuité entre le caractère jovial des deux personnages et leur méchanceté intrinsèque, on pourra parler de méchanceté tendre. Leur relation amoureuse consistait à s'envoyer des vacheries l'un à l'autre. Tous les thèmes étaient abordés, dont celui de la mort de leurs amis (qui ont le même âge), et l'ouverture à la modernité venait d'une étudiante qui logeait chez eux et d'un neveu pas franchement intelligent qui venait les voir de temps en temps. Malgré leur âge, il leur arrive encore de faire crac-crac mais avec les moyens du bord (il est des gestes plus difficiles à faire que d'autres à cet âge). Alors que Raymond animait le front de libération des vieux (que des bras cassés !), Huguette, elle, gérait son club de fans de Michaël François, chanteur démodé et sans public, probablement l'unique club de l'unique fan !

Avec une diction impeccable, Marion Game a séduit de nombreux téléspectateurs accrocs à "Scènes de ménages". La série était déjà endeuillée quelques mois auparavant avec la mort de l'actrice Andrée Damant le 6 décembre 2022 à l'âge de 93 ans, qui campait un personnage secondaire, Tata Odette, la tante de Liliane, toujours en rivalité avec le mari de celle-ci, José (par ailleurs maire).

Marion Game n'était pas apparue lors du tournage du dernier prime time en janvier 2023, on la disait très fatiguée pour expliquer son absence. Certaines rumeurs ont parlé d'une maladie (qui touche à la mémoire), démenties par son partenaire de Scènes. Malade ou pas malade, le grand public s'en moque (pas les vendeurs d'infos frelatées) ; la santé est une affaire privée et le secret médical valable même pour les gens célèbres. Et même après la mort.

Pour Marion Game, jeune octogénaire, c'était une seconde jeunesse car dans les années 1970, elle était une véritable star du cinéma français, jouant des seconds rôles notamment dans des films d'Édouard Molinaro, Michel Audiard, Jean-Pierre Mocky, Claude Zidi, Jacques Besnard, Luc Béraud, Jacques Demy, etc. En tout, plus d'une vingtaine de films dans les années 1970 et 1980.

_yartiGameMarion02

Aux cheveux roux et au franc-parler qui a fait sa réputation, la jeune comédienne avait suivi le cours Simon après son divorce et son départ du Maroc (où elle était né d'un père entrepreneur). Elle a dû quitter le Maroc à cause de l'hostilité croissante des habitants contre les Pieds-noirs.

Sa principale activité fut le théâtre, elle a joué de nombreuses pièces entre 1966 et 2019, en particulier beaucoup de représentations retransmises à la télévision dans les années 1970 ("Au théâtre ce soir"). La télévision fut aussi son terrain de jeu, de façon ponctuelle, puis de façon plus récurrente à partir des années 1990. Elle était Simone Rivière, greffière, dans la moitié des épisodes de la série policière "Boulevard du Palais" entre 1998 et 2008, et enfin, l'apothéose de la notoriété, la femme souriante mais entêtée, dans "Scènes de ménages" depuis 2009.

Avec toutes ces interprétations, elle a eu une vie enrichie des nombreuses rencontres dans le domaine du cinéma et plus généralement de la culture. Elle a même été la compagne de l'animateur de télévision Jacques Martin entre 1968 et 1972 (entre deux mariages, mariages qui lui ont apporté trois enfants, dont l'aînée Virginie Ledieu, également actrice ; deux petits-fils, les enfants de Virginie, sont également comédiens).

Marion Game a eu aussi une activité très dense dans le doublage de personnages au cinéma, y compris dans des dessins animés, et à la télévision. En particulier, elle a doublé le personnage de Cindy Walsh dans la série "Beverly Hills 90210" de 1990 à 1998 (147 épisodes), celui de Joan Cummings dans la série "Sunset Beach" de 1997 à 1999 (208 épisodes), celui de Loïs dans la série "Malcolm" de 2000 à 2006 (146 épisodes) et celui de Phyllis Van de Kamp dans la série "Desperate Housewives" de 2006 à 2007 (5 épisodes). Sa fille Virginie Ledieu s'est, elle aussi, concentrée sur le doublage, en particulier de plusieurs actrices américaines comme Alyson Hannigan, Anne Heche, Meg Ryan, etc.

Gérard Hernandez, qui venait de fêter ses 90 ans, est désormais veuf à la télévision, et il ne manquait pourtant pas d'énergie pour continuer à tourner. Mais Marion Game est irremplaçable...


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Marion Game.
Isabelle Huppert.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiHernandezGerard03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230323-marion-game.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/au-revoir-marion-game-247515

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/24/39856077.html






 

Partager cet article
Repost0
23 mars 2023 4 23 /03 /mars /2023 04:48

« Pauvre Paris devenue si cracra
On sait bien qui t'a fait ça
C'est les crânes de piafs dégourdis
Qui bouffent des graines à la mairie
(…)
Dans Paris, Paris dégoûtant
Oui seuls les rats sont contents
Et le Paris du Grand Charles outragé
C'est un Paris saccagé »
(Pierre Perret, "Paris saccagé", 2023).





_yartiPerretPierre01

Grand buzz d'un chanteur dinosaure. Pierre Perret aura 89 ans dans trois mois et il a l'air encore en grande forme. La forme olympique, même, pour fustiger le Paris de l'actuelle maire Anne Hidalgo : certes, la grève des éboueurs renforce ce sentiment de "Paris dépotoir", mais il y a le "Paris désordre" des violences après manifs et surtout, les travaux d'avant Jeux Olympiques, les dealers, les bouchons à cause de la politique de circulation de la ville, les chiens toujours aussi propres sur les trottoirs, etc.

Bref, le chanteur, que beaucoup des plus de 50 ans ont connu lorsqu'ils étaient petits (ou jeunes), notamment avec la chanson phare "Le Zizi" enregistrée en novembre 1974, un chanson gentillette, adorable, tendre, pour parler d'éducation sexuelle à l'école, est toujours en composition, toujours en activité (pour lui, ce n'est pas encore la retraite).

Comme Michel Sardou, Pierre Perret a l'habitude d'écrire et d'interpréter des chansons sinon engagées du moins prenant le fil de l'actualité, pour coller au mieux avec les enjeux et les préoccupations du moment.

Vieille bouille de tendre garçon, au risque d'être pris pour un ringard réactionnaire rabougri, l'ami Pierrot a sorti sur son compte Youtube le 17 mars 2023 une chanson et un clip qu'il a appelés "Paris saccagé". Il finit en évoquant De Gaulle, qui, à l'époque, l'avait pourtant pas mal censuré à la radio ! Mais il est commun de nos jours d'être gaulliste même quand on ne l'était pas auparavant (on aime tellement mieux les macchabées).

Les mots sont durs, les images parlantes : il évoque les rats, les immondices, les détritus, les tags, les seringues, la pollution, etc. Des mots très durs contre la responsable de toute cette désastreuse évolution, Anne Hidalgo. Mais un peu caricaturale quand même puisqu'il ne montre que les horreurs esthétiques (à peine humaines) de la capitale. Et rien de sa beauté, qui existe encore, évidemment (j'aime la ville, il ne faut pas exagérer, mais je n'apprécie pas sa politique anti-banlieusards).

Exemple de Pierrot le tendre : « Les déjections qui fleurissent les trottoirs/ Décorent ce grand dépotoir ». Autre exemple : « Et dans les squares où plus un enfant joue/ Y a que les seringues et plus de nounous ». Un pamphlet anti-écolo, qui fustige le tout-vélo : « Les plastocs, les affreux bitoniaux/ Qui bornent les pistes à vélo » ou encore : « Te voilà fringuer Waterloo/ Par nos gentils écolos ». Il chantait pourtant "Vert de colère" en 1998, il y a vingt-cinq ans.

Drôle de bonhomme qu'on a connu farceur et tendre, joueur avec les mots, toujours grand sourire, mais qui, ici, attaque froidement la politique municipale complètement démente d'Anne Hidalgo (moins de stationnement, moins de voies de circulation et donc, évidemment, plus de pollution, parce que complètement nulle en mécanique des fluides !).

Pierre Perret ne s'attendait probablement pas à ce grand buzz de fin d'hiver (sa vidéo sur Youtube a eu 1,4 million de vues et elle sature les réseaux sociaux) et exprime un ressentiment bien reconnu non seulement des habitants parisiens mais aussi des touristes venus dans la capitale pour l'art, la beauté et l'amour et se retrouvent surpris et floués. Le roi Charles III, qui vient en France le 28 mars 2023, risque d'être surpris !

Si l'on croit qu'à près de 89 ans, Pierre Perret a gardé la forme olympique en traversant Paris en vélo de long en large, on se trompe un peu, d'autant plus qu'il est difficile de bien comprendre le trajet parcouru avec cette vidéo. En fait, il l'a fait sur un vélo d'appartement avec un grand fond vert au mur, ce fond utilisé par les présentateurs de la météo pour y glisser une carte avec les soleils ou les nuages. Effectivement, Pierre Perret n'a fait que du surplace (on s'en doutait bien avant la fin de la vidéo, à partir du moment où il lâchait le guidon et n'avait pourtant aucun déséquilibre), et le film projeté servait donc de décor.





Bien entendu, pour le chanteur, ce succès est une bonne préparation des esprits à la sortie de son nouvel album, "Ma vieille carcasse" (avec cette chanson sur Paris), prévue le 14 avril 2023. Un teasing finalement très bien fait, aidé par les éboueurs en grève (d'autres ont aussi surfé sur les poubelles de Paris, comme Carla Bruni).

Pierre Perret n'en est pas à son premier titre polémique. Après le premier confinement, il avait sorti un clip sur la pandémie de covid-19 le 7 juin 2020 (la vidéo sur Youtube en est à 3,8 millions de vues), où il jouait aussi sur les mots, ne serait-ce le titre, "Les confinis". Pourtant pas très inspiré, un peu à l'instar de Laurent Ruquier, le chanteur se moquait des médecins qui étaient sur les plateaux de télévision au lieu d'officier à l'hôpital complètement saturé de malades : « Les cherchez pas pour soigner les malades/ Tous les docteurs étaient à la télé ».

Reprenant le vieux truc des complotistes (la séparation entre "nous" et "eux" sans préciser qui sont "eux" ou "ils"), Pierre Perret fustigeait à la fois les informations contradictoires (car on ne connaissait pas la maladie) et le confinement : « Disant l'contraire de c'qu'ils disaient la veille/ Quand cette grippette les faisait bien marrer/ D'un air savant y v'naient faire des tirades/ Remplis d'avis et d'conseils ampoulés ».

D'autres politiques (qu'Anne Hidalgo) étaient alors visés, comme : « La porte-parole elle s'appelle Sibeth/ Y'en a qui pensent qu'elle porte bien son nom/ On sent bien qu'la moindre idée qui se pointe/ Lui déclenche un ouragan dans l'citron ».





Le presque nonagénaire, qui a soutenu le mouvement des gilets jaunes, était mieux inspiré lorsqu'il chantait "Lily" en 1977 ou "La bête est revenue" en 1998. Bah, l'essentiel, c'est qu'il a traversé la crise sanitaire et a pu en réchapper. Beaucoup de ses contemporains n'ont pas eu la même chance (je rappelle, à ce jour, 166 000 morts en France, près de 7 millions déclarés dans le monde, probablement pas loin des 20 millions dans la réalité).


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (18 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pierre Perret.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Pierre Palmade.
Serge Lama.
Jane Birkin.
Patrick Bouchitey.

Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Laurent Gerra.
Desireless.
Robert Clary.
Olivia Newton-John.
Michel Berger.
France Gall.
Marilyn Monroe.
Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

_yartiPerretPierre03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230317-pierre-perret.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/poubelles-a-paris-pierre-perret-247419

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/23/39855018.html






 

Partager cet article
Repost0
16 mars 2023 4 16 /03 /mars /2023 04:13

« Isabelle Huppert est un génie du jeu, avec une intelligence du texte et de la situation, de la profondeur des sentiments, de leur complexité. Isabelle Huppert, c'est une épiphanie par plan. » (Laurent Rivière, réalisateur, 2022).




_yartiHuppertIsabelle04

L'actrice française Isabelle Huppert fête ses 70 ans ce jeudi 16 mars 2023. Née à Paris, dans une fratrie qui, "malgré" des diplômes comme HEC et l'ENA, s'est retrouvée pour la plupart à faire du cinéma aussi, elle est l'une des plus grandes actrices actuelles, non seulement françaises mais internationales aussi (le "New York Times" l'a consacrée le 25 novembre 2020 "meilleure actrice du XXIsiècle"). Elle parle couramment l'anglais, le russe (qu'elle a appris aux Langues O'), l'italien, ce qui lui a permis de jouer dans de nombreuses productions internationales.

Ce qui étonne chez elle, c'est à la fois la qualité et la quantité, et aussi la diversité. Elle a su à la fois tourner dans du cinéma d'auteur (Claude Chabrol, Michael Haneke, etc.) et dans une cinéma plus grand public (comme "Mon pire cauchemar"), dans des rôles parfois très différents, là où l'on ne l'attendait pas. Quant à la quantité, elle est impressionnante d'énergie, en un peu plus de cinquante ans de carrière, elle a tourné dans près de cent trente films au cinéma (plus une vingtaine à la télévision) et a joué près d'une quarantaine de pièces de théâtre ou fait des lectures publique sur scène (avec des représentations jusqu'au Japon !).

Qualité car souvent du cinéma d'auteur, et vite récompensée par de nombreux prix et récompenses nationales ou internationales. Sa première nomination au César date de 1976 (pour "Aloïse"), elle a reçu deux Césars de la meilleure actrice en 1996 et 2017 (pour 16 nominations !), une nomination pour un Oscar en 2017, deux prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1978 et 2001, trois prix à la Mostra de Venise, en 1988 et 1995 (meilleure actrice) et en 2005 (Lion d'or spécial), deux prix à la Berlinale, en 2002, et en 2022 (Ours d'or d'honneur), deux prix au Festival international du film de Moscou en 1991 et 2008, et plein d'autres prix importants nationaux et étrangers. Pour le théâtre, elle a aussi été nommée neuf fois pour un Molière dont une seule fois attribué, un Molière d'honneur en 2017.

La liste est longue des films majeurs où Isabelle Huppert est rayonnante. Je propose une petite sélection, sans être du tout exhaustif, avec ces films-ci "rangés" par décennies.

_yartiHuppertIsabelle02

Décennie 1970 : "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset (sorti le 26 février 1975), un petit rôle, celui de la victime, avec Jean Carmet, Pierre Tornade, Jean-Pierre Marielle, Victor Lanoux et Jean Bouise ; "La Dentellière" de Claude Goretta (sorti le 27 mai 1977), où elle a le rôle principal, le film qui l'a fait découvrir ; "Violette Nozière" de Claude Chabrol (sorti le 24 mai 1978) avec Stéphane Audran, Jean Carmet et Bernadette Lafont.

Décennie 1980 : "Loulou" de Maurice Pialat (sorti le 3 septembre 1980) avec Gérard Depardieu et Guy Marchand ; "La Porte du paradis" de Michael Cimino (sorti le 19 novembre 1980) ; "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier (sorti le 4 novembre 1981) avec Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Eddy Mitchell, Stéphane Audran et Guy Marchand ; "L'Histoire de Piera" de Marco Ferreri (sorti le 2 février 1983) avec Marcello Mastroianni ; "Les Possédés" d'Andrzej Wajda (sorti le 16 février 1988) avec Bernard Blier, Philippine Leroy-Beaulieu et Jutta Lampe ; "Une affaire de femmes" de Claude Chabrol (sorti le 21 septembre 1988) avec François Cluzet et Marie Trintignant.

Décennie 1990 : "Madame Bovary" de Claude Chabrol (sorti le 3 avril 1991), une adaptation remarquée de Flaubert, avec Jean-François Balmer, Christophe Malavoy, Jean Yann et François Périer ; "La Cérémonie" de Claude Chabrol (sorti le 30 août 1995) avec Sandrine Bonnaire, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen et Jean-Pierre Cassel ; "Pas de scandale" de Benoît Jacquot (sorti le 20 octobre 1999) avec Fabrice Luchini et Vincent Lindon.

Décennie 2000 : "Merci pour le chocolat" de Claude Chabrol (sorti le 25 octobre 2000) avec Jacques Dutronc, Anna Mouglalis et Michel Robin ; "Le Pianiste" de Michael Haneke (sorti le 5 septembre 2001) avec Annie Girardot, Benoît Magimel et Anna Sigalevitch ; "Huit femmes" de François Ozon (sorti le 6 février 2002) avec Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Danielle Darrieux, Firmine Richard, Emmanuelle Béart, Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier ; "Gabrielle" de Patrice Chéreau (sorti le 28 septembre 2005) avec Pascal Greggory ; "L'Ivresse du pouvoir" de Claude Chabrol (sorti le 22 février 2006) avec Patrick Bruel, François Berléand, Marilyne Canto, Robin Renucci, Jean-François Balmer, Pierre Vernier, Thomas Chabrol, Jacques Boudet, Roger Dumas, etc.


_yartiHuppertIsabelle01

Décennie 2010 : "My Little Princess" d'Eva Ionesco (sorti le 29 juin 2011) ; "Mon pire cauchemar" d'Anne Fontaine (sorti le 9 novembre 2011) avec André Dussollier, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Philippe Magnan et Bruno Podalydès ; "Amour" de Michael Haneke (sorti le 24 octobre 2012) avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Alexandre Tharaud ; "Elle" de Paul Verhoeven (sorti le 25 mai 2016) avec Virginie Efira, Anne Consigny, Laurent Lafitte et Charles Berling ; "Frankie" d'Ira Sachs (sorti le 28 août 2019).

Décennie 2020 : "La Daronne" de Jean-Paul Salomé (sorti le 9 septembre 2020) avec Hippolyte Girardot ; "Les Promesses" de Thomas Kruithof (sorti le 26 janvier 2022) avec Reda Kateb ; "À propos de Joan" de Laurent Rivière (sorti le 31 août 2022) ; "La Syndicaliste" de Jean-Paul Salomé (sorti le 1er mars 2023) avec Grégory Gadebois, Marina Foïs, Yvan Attal et François-Xavier Demaison. À ceux-là, j'ajouterais sa voix française dans l'excellent film d'animation américain "L'île aux chiens" de Wes Anderson (sorti le 11 avril 2018).





Je voudrais m'arrêter sur l'actualité cinématographique d'Isabelle Huppert : elle a tourné dans six films qui sont sortis en 2022 et dans au moins trois films qui seront sortis en 2023 (deux sont déjà sortis en mars). Interrogée par Léa Salama au micro de France Inter le 12 septembre 2022 à l'occasion de la sortie de "À propos de Joan", Isabelle Huppert se disait plutôt sûre de son jeu dans ce film qu'elle trouvait insolite : « Je ne suis pas dure avec moi, je suis dure avec le metteur en scène. Parce que je pense quand même que le metteur en scène reste la pièce maîtresse, le maître d'œuvre, et si je suis plus ou moins bien dans un film, c'est quand même que le film est plus ou moins bien. ».





L'un de ses derniers films (le dernier est "Mon Crime" de François Ozon sorti le 8 mars 2023), est "La Syndicaliste" où Isabelle Huppert s'est métamorphosée en une lanceuse d'alerte réelle, Maureen Kearney, responsable syndicale chez Areva qui a été agressée et même violée pour avoir dénoncé un accord secret de transferts de technologie entre Areva, EDF et l'opérateur nucléaire chinois. Au lieu d'être soutenue par la justice, elle a été au contraire accusée de dénonciation calomnieuse et même condamnée en première instance, passant du statut de victime à celui de coupable.





Non seulement Isabelle Huppert et le film de Jean-Paul Salomé ont permis de mettre la lumière sur cette terrible affaire de 2012-2013 (où il est plus facile de discréditer la parole des femmes et de les détruire par des actes de barbarie), affaire déjà révélée dans un livre d'investigation de la journaliste Caroline Michel-Aguirre (sorti en 2019 chez Stock), mais une nouvelle affaire similaire est sortie dans "L'Obs" le 28 février 2023 (par une enquête de la même journaliste) avec la femme d'un salarié d'un grand groupe qui avait dénoncé par écrit à un juge un fait de corruption en 2006 et cette femme, Marie-Lorraine Boquet-Petit, a subi le même genre d'agression et de viol que Maureen Kearney.

En prenant ce rôle de Maureen Kearney, Isabelle Huppert, non seulement fait du cinéma, mais en quelque sorte, s'engage pour certaines causes, et pas seulement celle de l'honnêteté économique, de la transparence, aussi celle des femmes et de leur paroles. En ce sens, on ne sait jamais vraiment quel genre de personnage elle incarnera dans ses prochains films. Chaque fois, c'est une fascination. La surprise fait partie de la séduction.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (12 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Isabelle Huppert.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiHuppertIsabelle03





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230316-isabelle-huppert.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-polyactrice-isabelle-huppert-247294

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/12/39842738.html







 

Partager cet article
Repost0
28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 04:54

« Moi qui étais perturbé, qui gambergeais, étais plein d’ambition, mais manquais de confiance en moi, le théâtre m’a sauvé. Il m’a grandi. J’y ai utilisé tout mon vécu, le grand matériau des acteurs. » (Gérard Darmon, "Le Monde" du 4 décembre 2022).




_yartiDarmonGerard01

L'acteur Gérard Darmon fête son 75e anniversaire ce mardi 28 février 2023... ou, non, plutôt, ce mercredi 29 février 2023... mais en fait, non... cette journée n'existe pas... C'est dans un an qu'il fêtera son ...19e anniversaire, en fait, un grand jeune homme (et jeune père). C'est le lot de tous ceux qui sont nés un 29 février, et ils sont nombreux, il y a une chance sur 1 461 de naître un 29 février, ce qui fait qu'il y a 46 000 Français dans ce cas, et 5,5 millions de personnes dans ce cas dans le monde (si on considère par ailleurs que naître un 29 février n'apporte pas plus de chance ou de malchance dans la vie, la santé, etc.).

19 ans. C'est d'ailleurs peut-être ce qu'on peut comprendre de la carrière de Gérard Darmon : en pleine évolution de maturité. Incontestablement, il n'est pas inconnu, il a ce qu'on appelle une gueule, un visage, une voix aussi, très reconnaissables, presque caricaturaux. Il a joué dans près d'une centaine de films et de téléfilms, souvent dans des seconds rôles. Il fait partie du paysage national, du paysage culturel du cinéma français. Il a joué aussi dans plus d'une vingtaine de pièces de théâtre qui était sa passion première. Il a même enregistré des disques sur le tard, dans les années 2000 (trois disques, le dernier en collaboration notamment avec Marc Esposito, Marc Lavoine et Pierre Palmade). Il s'est d'ailleurs produit à l'Olympia.

Même s'il a joué des rôles qui l'ont fait remarquer (comme dans "Le Grand Pardon" d'Alexandre Arcady, sorti le 27 janvier 1982), il lui manque sans doute "le" grand rôle de sa vie, qui transcenderait sa carrière. Avec son excellente prestation dans "Astérix : mission Cléopâtre" d'Alain Chabat (sorti le 30 janvier 2002), la seule adaptation au cinéma de la bande dessinée vraiment valable, où il joue Amonbofis, le "méchant" architecte qui veut l'échec de son rival Numérobis aidé des Gaulois, il a été nommé en 2003 pour le César du acteur dans un meilleur second rôle, sa seconde nomination après celle en 1987 pour "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix (sorti le 9 avril 1986).

Revers de médaille du succès dans le comique, il n'a quasiment plus été sollicité que dans des comédies françaises au cinéma, souvent des "demi-navets" (pour ne pas dire navets) comme "Bienvenue à bord" d'Éric Lavaine (sorti le 5 octobre 2011), une comédie où il partage l'un des rôles principaux avec Valérie Lemercier et Franck Dubosc, qui se passe au cours d'une croisière (il est le patron du personnel), si bien qu'il a aussi voulu renouer avec le dramatique à la télévision (comme commissaire de police dans "Duel au soleil", mais l'expérience n'a pas duré très longtemps).

Comme beaucoup d'artistes parisiens, Gérard Darmon est "de gauche" : il a soutenu Bertrand Delanoë aux municipales de Paris en 2008, a soutenu François Mitterrand en 1988 et François Hollande en 2012 (il était même, comme de nombreux autres acteurs, présent au discours du Bourget le 22 janvier 2012). Il a soutenu Emmanuel Macron en 2022. Mais il a décidé de tenter de ne plus faire de déclarations politiques qui ont parfois provoqué des polémiques inutiles.

_yartiDarmonGerard02

À l'évidence, Gérard Darmon a été marqué par son père, plutôt du genre voyou. Juif algérien, son père a été chef de famille à 11 ans, a cherché à rapporter de l'argent pour la famille et est arrivé à l'âge de 22 ans à Paris en 1932. Il a refusé le port de l'étoile jaune, mais dénoncé, il a été arrêté par la Gestapo, torturé, puis emmené au camp de Drancy. Il a réussi à s'évader grâce à une connaissance qui s'était enrôlé à la Gestapo. Il a ensuite été résistant. Gérard Darmon, interrogé par Denis Cosnard dans "Le Monde" du 4 décembre 2022, a raconté : « Après la guerre, [mon père] m’a raconté qu’il avait retrouvé l’homme qui l’avait torturé. "Et alors, qu’as-tu fait, papa ?", lui ai-je demandé. Il est resté évasif : "C’était la guerre…". Pour moi, c’est clair : il l’a tué. ».


Et sa mère, également algérienne ? Pas vraiment bien assortie : « Elle avait abandonné son pays, sa famille, pour un type assez cavaleur dont elle n’a jamais été amoureuse. Elle a très vite été enceinte de moi. Je suis resté fils unique. Sans moi, elle serait partie dix fois, malheureuse, déprimée comme elle l’était. Mais j’étais là, c’était une génération où on ne divorçait pas, et ils sont restés cinquante ans ensemble. L’homme de sa vie, en réalité, c’était moi. Tout convergeait vers moi, toute son attention, tout son amour. Alors que mon père était absent et silencieux, elle rattrapait ça, elle parlait parfaitement français, arabe, espagnol et ladino, cette langue des juifs séfarades. Elle faisait tout pour moi. Vous imaginez cette surcharge affective, où tout baigne dans le miel… Au fil des ans, tandis que mon père, reconverti en marchand de vins et spiritueux, se voyait décliner, ma mère, entrée chez Viniprix tout en bas de l’échelle, progressait dans sa carrière, jusqu’à devenir cadre supérieure. ».

Ce n'est pas un hasard si Gérard Darmon a justement en préparation un spectacle personnel (un one-man-show) sur ses parents. Le théâtre, finalement, reste sa raison d'être. Petit, il a voulu faire de la scène, fasciné par Brassens, Léo Ferré, Henri Salvador, Barbara, etc. Au début des années 1970, il a rencontré Jean-Michel Ribes qui l'a recruté dans sa troupe de théâtre. Il a alors joué du café-théâtre et du classique (il y a rencontré Jean-Pierre Bacri), jusqu'au jour on lui a proposé un petit rôle (trois jours de tournage) dans "Les Aventures de Rabbi Jacob" de Gérard Oury (sorti le 18 octobre 1973). Dans la scène de l'usine à chewing-gum, on avait utilisé un colorant qui provoquait des conjonctivites. Dans "VSD" le 13 janvier 2009, Gérard Darmon a évoqué sa relation avec Louis de Funès : « La seule discussion que j’ai eue avec lui, c’était au sujet de l’ophtalmo qui nous avait prescrit le même traitement. » (propos recueillis par Laurence Durieu).

A alors commencé sa carrière au cinéma, et pourtant : « Je n’avais pas vraiment envie du cinéma. Ce que j’aimais, c’était entrer en scène, bondir… Cela rend si euphorique, la scène ! » ("Le Monde"). Elle a en fait vraiment démarré quand il a remplacé un acteur dans le premier long-métrage de Jean-Jacques Beineix, "Diva" (sorti le 11 mars 1981) : « Le rôle était déjà pris. En sortant, j’ai dit à Beineix, en riant : "Vous allez voir, le comédien prévu va se casser la jambe". Quatre jours plus tard, c’est ce qui est arrivé ! Et je l’ai remplacé… ».

Dans ses projets, au-delà de son one-man-show futur, il travaille sur un quatrième disque ; en avril, il va tourner dans un nouveau film de Lucien Jean-Baptiste, et il continue à jouer au théâtre "Une situation délicate" (d'Alan Ayckbourn) avec Clotilde Courau, Max Boublil et Élodie Navarre, par exemple, au Zénith de Pau le 5 avril 2023.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (25 février 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiDarmonGerard03

 



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230228-gerard-darmon.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-belle-gueule-de-gerard-darmon-246747

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/02/25/39826798.html
 






 

Partager cet article
Repost0


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).