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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 12:09

Présidente de Radio France depuis un an, Jacqueline Baudrier était le 6 janvier 1976 l'invitée de Jacques Chancel dans son émission "Radioscopie" diffusée sur France Inter. Elle a évoqué ses projets, son état d'esprit et son esprit de défi qu'elle a relevé en acceptant de diriger toues les radios de l'audiovisuel public après l'éclatement de l'ORTF. On peut écouter cette émission sur Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'émission (fichier .mp3) :
https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14328-18.08.2016-ITEMA_21053260-0.mp3

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220316-jacqueline-baudrier.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-19760106-radioscopie-jacqueline-baudrier.html



 

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 03:45

« J’en avais marre de râler tout seul devant ma télé, j’ai décidé de m’engager. » (Jean Roucas, le 15 septembre 2013 à Marseille).




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Si l’engagement peut être accompagné d’humour, généralement, la réciproque est plutôt fausse. L’humour est rarement compatible avec l’engagement politique. C’est ce qu’on a vu avec Dieudonné, qui a un réel talent comique mais qui s’est noyé dans le militantisme extrémiste dont la mauvaise foi, l’idéologie, la provocation ont pris le dessus sur l’humour et la plaisanterie, même si, chez lui, l’autodérision n’a pas totalement disparu. Il est vrai que faire de la politique est une chose sérieuse, les idées peuvent tuer, les non-idées aussi d’ailleurs, et s’accommode mal de la légèreté distrayante de l’humour. C’est la différence avec Pierre Desproges qui, lui, s’est simplement amusé et n’avait pas aucune prétention moralisatrice ou politique.

Pour l’humoriste à la retraite depuis trois ans, Jean Roucas, qui fête son 70e anniversaire ce mardi 1er février 2022, né un jour avant Christiane Taubira, je ne sais rien de son "idéologie" (il n’y a pas que l’idéologie qui motive un engagement politique, il y a aussi des convictions personnelles, des ambitions personnelles, une expérience, une amitié, une famille, une géographie, des intérêts divers et quelconques, etc.), mais il est clair que sa furtive escapade au Front national ne l’a pas aidé dans le déroulement de sa carrière artistique.

Né à Marseille (d’où son pseudonyme qui est le nom d’un quartier de la ville) et portant des petites lunettes rondes qui sont devenues sa marque de fabrique (pour cacher un strabisme, expliqua-t-il un jour), Jean Roucas est surtout connu pour avoir lancé, avec Jean Amadou et Stéphane Collaro, le fameux "Bébête Show". Humoriste et imitateur, il a participé à la première expérience de ce type en France : recréer le monde de la politique avec des personnages fictifs.

Dès 1978, il a travaillé avec Stéphane Collaro dans ses émissions d’humour populaire "grand public", d’abord sur Antenne 2 avec "Collaroshow" de 1978 à 1981, puis sur TF1 avec "Cocoboy" de 1982 à 1984 et "Cocoricocoboy" de 1984 à 1987.

"Le Bébête Show", dont la première diffusion a eu lieu à la rentrée 1982, s’est inscrit dans la longue tradition des chansonniers et était une parodie du célèbre "Muppet Show" de Jim Henson, une émission britannique à forte audience. À l’origine, le Bébête Show était une séquence incluse dans les émissions de Stéphane Collaro, mais quand cette émission s’est arrêtée (pour participer à l’aventure de La Cinq), la séquence d’imitation est finalement revenue en mars 1988 (en pleine campagne présidentielle) comme une émission à part entière, avec un rythme quotidien, en produit d’appel juste avant le journal de 20 heures de TF1 (à l’époque, une grand-messe).

Pour les voix, Jean Roucas et le génial Guy Montagné se partageaient la plupart des imitations. Le cadre était finalement assez proche du kiosque d’Anne-Marie Carrière dans l’émission "C’est pas sérieux". Jean Roucas se retrouvait derrière le comptoir d’un bistrot en forme de kiosque entouré des ses clients, les marionnettes politiques, pour faire la conversation.

Parmi les très nombreuses marionnettes, il y avait (en parodie avec le Muppet Show) François Mitterrand en Kermit la grenouille (Kermitterrand), appelé souvent "Dieu" (le vrai François Mitterrand adorait cette marionnette qui le confortait dans sa position de monarque républicain entouré de flagorneurs), Raymond Barre en Fozzie l’ours (Barzy), Valéry Giscard d’Estaing et Gaston Defferre en les deux vieux grincheux acariâtres du Muppet, Statler et Waldorf (Valy et Gaston), Jacques Chirac en Sam l’aigle (Black Jack) et Georges Marchais en Piggy la cochonne (Marchie).

D’autres personnages n’avaient pas leur équivalent du Muppet, comme Michel Rocard, un corbeau (Rocroa), Jacques Chaban-Delmas, un canard à la voix nasillarde (Bancha), Pierre Bérégovoy, un chien (Béréwawa), Édouard Balladur, un pélican (Ballacan le Pélimou), Charles Pasqua, un morse (Pas-de-quoi), Bernard Tapie, un taureau (Tapie volant), Jack Lang, une chèvre (Lang de Chèvre), Simone Veil, une chouette (Chouette Simone), Laurent Fabius, un écureuil (Fafa), Henri Krasucki, un crabe (Crabe-Zucki), Nicolas Sarkozy, un caniche (Sarcosette), etc.

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À chaque nouvelle actualité, de nouvelles marionnettes arrivaient avec son cortège de calembours. Figurer au Bébête Show était même une marque de notoriété et d’importance pour les personnalités politiques. Une petite exception dans la liberté de ton : au début, Jean-Marie Le Pen était "affublé" d’un casque à pointe prussien, de l’accent allemand et du nom de Frankenpen, sous la forme d’un vampire, et après ses vives protestations (judiciaires), sa marionnette s’est transformée de manière plus consensuelle en Bécassine la bretonne (Pencassine).

Deux exemples parmi d’autres.

Le 7 avril 1988 sur TF1 :
« Kermitterrand : Et je rétablis l’impôt sur les grosses fortunes.
Rocroa : Ha ben ça c’est bête.
Kermitterrand : Je sais, c’est ce que m’ont dit Laurent Fabius et RogerHanin mais après tout, ça développe le tourisme en Suisse. »

Le 28 avril 1988 sur TF1 (entre les deux tours de l’élection présidentielle) :
« Rocroa : Et n’oublie pas, ô luminaire céleste, qu’il a un jeu de jambe redoutable.
Kermitterrand : Hé ben moi aussi.
Rocroa : Mais sans vouloir te vexer, divinité éternelle, il est plus jeune que toi.
Kermitterrand : Ha non ! Tu vas pas t’y mettre toi aussi ! Dieu n’a pas d’âge, il ne me fera pas le coup du père François, c’est moi qui l’ai inventé ! Et puis je suis né à Jarnac. Dieu va lui filer une droite, il va tomber assis, il va comprendre ce que c’est que d’être assis à la droite de Dieu ! »

Jean Roucas est parti de l’émission en juin 1994 et l’émission elle-même a terminé son cycle en juin 1995, une saison plus tard, après des changements trop nombreux pour être soutenue pas un public passé à autre chose. "Le Bébête Show" est mort surtout de la concurrence frontale du "Les Guignols de l’Infos", émission arrivée sur le marché pourtant plus tard, à la rentrée 1988, mais qui était un peu plus subtile. Non seulement cette nouvelle émission était diffusée au même moment que le Bébête Show, juste avant 20 heures (sur Canal+), mais elle avait débauché le marionnettiste d’origine du Bébête Show et se permettait même, dans les années 1990, de se moquer du Bébête Show en faisant une parodie de parodie (Canal+ aimait à l’époque parler de l’audiovisuel, faisant souvent des mises en abyme). Il est vrai que l’humour du Bébête Show était lourdingue et les Guignols de l’Info s’était dégagé de l’inspiration du Muppet Show. L’un était typique des années 1970, l’autre dominait l’esprit bobo des années 1990.

Pendant cette période faste (années 1990), Jean Roucas animait également plusieurs émission de télévision ou de radio, notamment "Cadet Roucas" sur Antenne 2 en 1987-1988 et "Les Roucasseries" sur Europe 1 de 1986 à 1994 (en remplacement de Coluche après sa mort), et aussi sur La Cinq puis TF1. Les Roucasseries, c’est une succession de blagues ringardes et à peine drôles.

Un exemple (éd. Michel Lafon, 1992) :
« C’est un cannibale qui va à la mairie déclarer la naissance de sa petite fille. Alors l’employé lui fait :
– Comment vous voulez l’appeler ?
Il fait :
– Avec un couteau. »

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Si Jean Roucas a raté une carrière au cinéma (apparemment, il aurait été mal conseillé : d’après une rumeur, il aurait refusé un rôle important dans "Subway" de Luc Besson, pour tourner, très mal, un super-navet "Le Gaffeur" de Serge Pénard, dans le rôle du fils de Denise Grey et du curé Jean Lefebvre, avec Claude Gensac et Stéphane Collaro), il a poursuivi une seconde vie artistique de 1995 à 2015 au Théâtre des Deux Ânes à Paris, avec Jacques Mailhot et Jean Amadou, comme comédien dans des spectacles politiques qu’il a coécrits, comme : "Le Juppet-Show", "Le fabuleux destin de monsieur Raffarin", "Villepy et Sarkozin", "Ségolène et les Sept nains", "Pas nique au FMI !", "Flamby le Magnifique", etc.

Et puis, stupeur dans le monde des plaisantins ! du 15 septembre 2013 au 27 octobre 2015, Jean Roucas s’est engagé au Front national aux côtés de Marine Le Pen, comme indiqué au début : « Je suis peut-être vieux jeu mais l’engagement citoyen, ce n’est pas une guignolerie. Le guignol, je le fais sur scène. » (15 septembre 2013 à Marseille).

Cela pourrait paraître étonnant puisqu’il avait fait du père de la candidate d’extrême droite un vampire dans le Bébête Show. Il faisait ainsi dire à Pencassine à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de 1988, le 1er mai 1988, habillé en Jeanne d’Arc : « J’entends tout plein de voix, 14% de moutons qui votent pour moi, bêêêê bêêê ! Venez mes petits, venez autour de moi, que je vous tonde ».

Révolté par ce ralliement, le journal communiste "L’Humanité", ciblant celui qu’il qualifiait de "has-been", a analysé ainsi le 19 septembre 2013 : « On sait que le déclassement et l’amertume sont des causes du vote FN ! ». Autre son de cloche, Jean-Baptiste Daoulas dans "Slate" a pensé au contraire, le 17 septembre 2013 : « Le ralliement est d’autant plus précieux qu’il s’inscrit harmonieusement dans la rhétorique "popu" du Front. ». Et de citer le professeur de communication politique Arnaud Mercier : « C’est la tradition des chansonniers, d’un humour qui prend pour cible la classe politique dans son ensemble, et qui peut être accusée de populisme et d’encourager le "tous pourris". (…) [Mais] l’influence politique et électorale de Jean Roucas est proche de zéro. ». Cela rappelle qu’il y a dix ans, Marine Le Pen faisait exactement comme Éric Zemmour aujourd’hui, des ralliements de personnalités connues.

Néanmoins, Jean Roucas s’est rapidement « [fait] plus discret, n’ayant pas anticipé le déferlement médiatique qui l’a tiré de sa retraite » (selon "L’Humanité"), et "Slate" a conclu : « Bien loin de ces considérations électorales, Jean Roucas semble un peu dépassé par l’instrumentalisation de son apparition marseillaise. Il l’a fait savoir à l’AFP : "À partir d’aujourd’hui, je refuse de faire la moindre interview, de participer à la moindre émission sur le thème du Front national". ». On pourrait mieux rêver comme soutien politique.

Cet engagement a fermé des portes à l’imitateur dans sa carrière artistique, il s’est posé en opprimé en disant qu’on n’acceptait pas que les artistes soient de droite dans un milieu si à gauche, avec des comparaisons un peu grossières (la subtilité n’a jamais semblé être son atout), et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est un tweet du 29 mars 2015 très insultant à l’égard de François Hollande alors Président de la République (il lui a fait le salut nazi), ce qui entraîna un désaveu de Jacques Mailhot, qui l’a remercié du Théâtre des Deux Ânes, et de Michel Drucker, qui voulait le recruter comme chroniquer.

Cette aventure d’engagement au FN ne semblait pas une provocation (ni narcissique ni politique) pour se victimiser et faire sa pub ou victimiser ce parti et le promouvoir, mais son comportement a montré, disons-le, plutôt de la maladresse, sinon une certaine bêtise, assez peu compréhensible pour un homme d’audiovisuel et de communication, au point que la lucidité l’a finalement conduit à s’éloigner définitivement du FN et de tout engagement politique.

Du reste, Jean Roucas n’a pas été le seul dans ce cas-là ; après un soutien à Nicolas Sarkozy en mai 2007 et à Jean-Luc Mélenchon en avril 2012, l’acteur Franck de Lapersonne s’est engagé derrière Marine Le Pen en février 2017, s’est même présenté (sans succès) aux législatives de juin 2017 dans une circonscription pourtant favorable au FN, avant de se séparer du FN en rejoignant Florian Philippot (il était vice-président de Les Patriotes), puis finalement de le quitter aussi en 2019 pour créer son propre parti. Avec cet engagement chaotique, il a eu beaucoup moins de propositions pour sa carrière artistique.

Jean Roucas, c’est un étrange épilogue politique pour la carrière très contrastée d’un contributeur d'une idée plutôt intéressante, originale et politiquement très novatrice (des caricatures politiques à la télévision et adaptée à la télévision), dont on aurait pu attendre quelques calembours et rires potaches aux derniers soubresauts de l’épopée de l’extrême droite avec le débauchage des amis (et peut-être nièce) de Marine Le Pen par Éric Zemmour.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean Roucas.
Jean Bertho.
Thierry Le Luron.
Jean Amadou.
Frédéric Fromet.
Daniel Prévost.
Coluche.
Sim.
Élie Kakou.
Pierre Desproges.
Pierre Dac.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220201-jean-roucas.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jean-roucas-et-la-faillite-de-l-239079

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/08/39296234.html









 

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 03:38

« On est une famille humaine, il faut mettre ça dans la tête des jeunes (…). Nous sommes une famille humaine riche de sa diversité, quelles que soient la couleur de peau, l’origine sociale ou la religion. » (Michel Jonasz, le 21 février 2019 sur Europe 1).



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Ce vendredi 21 janvier 2022, le chanteur Michel Jonasz fête son 75e anniversaire (quelques jours avant un collègue). J’adore Michel Jonasz, peut-être par nostalgie, mais il n’y a pas de nostalgie qui tienne avec Michel Jonasz malgré cet âge qui devient canonique, il est toujours en forme, dynamique et son dynamisme est toujours très impressionnant.

Il était encore en concert le 20 novembre 2021 à Marseille, les 4 et 5 décembre 2021 au Palais des Sports de Paris, le 16 décembre 2021 à Lille, le 15 janvier 2022 à Montpellier, etc. et il a un programme chargé d’au moins treize concerts jusqu’à la fin du mois de mai 2022.

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Depuis le début des années 1970, Michel Jonasz attire un public fidèle et toujours renouvelé au fil des générations. Sa voix est très reconnaissante et, poète aux textes travaillés, il apporte aussi une attention particulière à ses musiciens. Ses textes ont parfois des finalités éducatives ou civiques, ils parlent le plus souvent d’amour.

Entre autres activités artistiques, il est aussi compositeur, et il a composé entre autres le générique de l’émission "Zone interdite" sur M6, il est aussi l’auteur de la bande originale du film "Clara et les chics types" de Jacques Monnet (sorti le 14 janvier 1981).

Cinéma ? Michel Jonasz est également un comédien au théâtre et un acteur au cinéma et à la télévision, une seconde carrière qu’il a menée en parallèle surtout à partir du début des années 2000. Et toujours au présent de l’indicatif, puisque sa dernière participation, malgré la crise sanitaire, c’est dans un téléfilm de Frédéric Berthe plutôt bien mené, "À mon tour" diffusé sur France 2 le 5 janvier 2022, dans un remake du film "Le Zizanie" de Claude Zidi (sorti le 16 mars 1978), une comédie mettant en scène une couple, un industriel maire et son épouse qui veut se présenter aux municipales contre lui, avec ici le couple François-Xavier Demaison et Isabelle Gélinas qui remplace le fameux couple Louis de Funès et Annie Girardot (avec une version plutôt pourrie de l’industriel). Aux côtés de François Berléand, père cynique et corrompu (dans le téléfilm) de François-Xavier Demaison qui a fui dans une île paradisiaque, Michel Jonasz joue son contraire, comme père d’Isabelle Gélinas, un papi jovial et militant, probablement communiste, et très sympathique.

Né à Drancy, dans une ville très symbolique pour sa famille, Michel Jonasz est un "réfugié" miraculé… On ne peut pas dire cela vraiment car il est né après la guerre, mais on pourrait dire au fond qu’il a échappé à la "non-naissance" car sa mère, qui s’est mariée le 26 juillet 1941, a échappé de justesse à la déportation et à la Shoah. Ses deux parents étaient d’origine juive hongroise qui, tout jeunes, ont émigré en France, le père en 1925 à 5 ans et la mère en 1933 à 16 ans. Son grand-père paternel vivait à Budapest et était cordonnier, tandis que son grand-père maternel, d’origine polonaise et installé en Hongrie en 1911, ainsi que sa grand-mère maternelle ont péri dans les camps d’extermination, ainsi que d’autres membres de la famille.

Par cette histoire familiale, on peut comprendre que Michel Jonasz est charnellement "sensibilisé" par l’antisémitisme et le négationnisme. En 2017 au Théâtre du Gymnase, à Paris, il a joué dans une pièce écrite et mise en scène par Dominique Coubes, "Les Fantômes de la rue Papillon" où il se retrouve dans le rôle d’un Juif (étoilé) tué dans une rue de Paris.





Au micro d’Anne Roumanoff, Michel Jonasz a d’ailleurs réagi très amèrement le 21 février 2019 sur Europe 1 face à l’augmentation très forte des actes antisémites (+74% en 2018) : « Ma mère a perdu ses parents et quatre de ses frères dans les fours crématoires d’Auschwitz. Donc, quand je vois des tags antisémites sur le portrait de Simone Veil, quand je vois marqué "juden" sur des vitrines ou quand je vois la mémoire d’Ilan Halimi souillée (…), ça me fait un truc. (…) Aujourd’hui, il y a des signes qui nous disent qu’il faut qu’on fasse attention. ». Mais il était également rassuré par la mobilisation du rassemblement contre l’antisémitisme le 19 février 2021 à Paris : « Heureusement, les gens se bougent et se lèvent contre ça ! ».

C’est pour la famille de sa mère que Michel Jonasz a écrit, mis en scène et joué son spectacle "Abraham", du prénom de son grand-père, au théâtre de 2009 à 2011 (un retour au théâtre après trente ans d’absence). Le 27 mars 2021, il expliquait d’ailleurs à "Tribune Juive" : « D’eux, il ne reste rien nulle part. Aucun nom sur un registre, aucun document, le néant absolu. C’est comme s’ils n’avaient jamais existé. Comme s’ils n’avaient jamais été autre chose que cette fumée s’échappant des crématoires. ».

En 2010, le chanteur s’était rendu à Auschwitz avec sa mère (née en 1917) pour « voir l’endroit où sa famille avait été décimée ». Quand il était enfant, il croisait parfois un camarade antisémite : « Je n’ose pas lui avouer que je suis Juif. Je sais que c’est être différent, très particulier. Que ça peut aussi être dangereux, même si au fond de moi j’en éprouve une certaine fierté. Durant mon enfance, j’entends souvent ma mère répéter : "Pourquoi suis-je encore vivante, pourquoi suis-je encore là ?" ». Pour résumer, Michel Jonasz, c’est aussi : « J’ai l’impression d’avoir toujours su ce qui s’était passé. ».

Mais saisissons l’occasion de son 75e anniversaire pour savourer à nouveau ses meilleures chansons, qui ont fait sa réputation et sa qualité… Quinze parmi beaucoup d’autres.



1. "Dites-moi" (1974)






2. "Super nana" (1974)

« Dix-huit grèves de poubelles
Que j’traîne dans l’quartier
Jamais vu plus belle qu’elle
Dans la cité (…)
Elle marche parmi les détritus
On dirait, comme sur les prospectus
Ces filles allongées à l’ombre des cactus ».






3. "Les vacances au bord de la mer" (1975)






4. "Je voulais te dire que je t’attends" (1976)






5. "Joueurs de blues" (1981)






6. "La boîte de jazz" (1984)









7. "Unis vers l’uni" (1985)






8. "La fabuleuse histoire de Mister Swing" (1988)






9. "L’air que l’on respire"

« L’air que l’on respire
C’est le même pour tous
De nos ancêtres du fond des âges
À nos p’tits bambins qui poussent
L’air que l’on partage ».






10. "Le boléro" (2000)

« Et je m’en vais l’âme en peine
Les jours se suivent et s’enchaînent
Comme les accords d’un piano
Vivre sans toi c’est attendre
Écouter le ciel se répandre
En pluie fine sur les carreaux ».






11. "Où vont les rêves ?" (2002)






12. "Tout pour la musique" en duo avec Marc Lavoine (le 7 décembre 2020)






13. "Groove !" (2019)






14. "La maison de retraite"(2019)

« Tu parlais de naufrage
D’un corps qui n’a plus d’âge
Et qui s’en va doucement
De la peur de vieillir et d’avoir à subir
L’impertinence du temps ».






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220121-michel-jonasz.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/michel-jonasz-je-mettrai-mon-coeur-238857

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/08/39296226.html








 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 03:44

« Je m’étais endormi. La cloche de cette putain d’église m’a réveillé. Les chiens dorment sur les fauteuils, la tête dans leurs couilles. Au chaud. » (Richard Bohringer, 1988, éd. Denoël).



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L’acteur Richard Bohringer fête son 80e anniversaire ce dimanche 16 janvier 2022. Fils d’un officier allemand prisonnier sur le front russe, qu’il n’a pas vu souvent, et d’une Française qui a connu son père pendant la guerre et qui est allée vivre en Allemagne, le futur acteur a été élevé par sa grand-mère maternelle dans la région parisienne. Est-ce à cause de ce contexte de l’enfance, difficile (mais heureux), qu’il a été tout de suite une "sacrée gueule" ?

En tout cas, même jeune, il est une personnalité assez impressionnante, un peu "gueule cassée", comme si la vie l’avait érodé dès la sortie de l’enfance. Cela lui a permis de prendre des rôles assez particuliers, au théâtre puis au cinéma au début des années 1970. Même au début de sa carrière et malgré sa jeunesse, Richard Bohringer n’a jamais été le jeune premier lisse. La vie l’a buriné et c’est ses blessures intérieures qui lui ont permis d’incarner des personnages avec une époustouflante humanité.

Ce côté "gueule cassée" a été racontée par lui-même dans une sorte d’autobiographie (fictive) qui a été très remarquée à sa sortie (pour son histoire mais aussi pour ses qualités littéraires), "C’est beau une ville la nuit", publiée en 1988 chez Denoël, qui évoque une période marquée par la dépression, l’alcool, les voyages, les femmes, etc. avec des mots crus que certains comparent avec Céline pour le style voire Camus pour l’atmosphère. Il en a d’ailleurs réalisé au cinéma l’adaptation (sortie le 8 novembre 2006) en jouant son propre rôle ainsi qu’en confiant le rôle de sa fille à …sa fille Romane Bohringer. De ce livre, il a sorti aussi un album de chansons en 2002 (car au-delà d’être acteur, le roi Richard est aussi écrivain, chanteur, réalisateur, metteur en scène).

Il a joué dans quelques films dans les années 1970 (premier rôle dans "L’Italien des Roses" de Charles Matton, sorti le 16 mai 1973, un rôle déjà près du vide, prêt au suicide), mais sa carrière cinématographique a véritablement "explosé" dans les années 1980 avec beaucoup de films majeurs, il était alors dans la force de l’âge, la quadragénaire. Il a tourné beaucoup avec de grands réalisateurs, ceux cités plus loin et en particulier Jean-Pierre Mocky, Jean-Loup Hubert, Michel Delville, etc.

On peut en effet citer plusieurs films qui ont fait sa notoriété. Ainsi, Richard Bohringer a joué dans sublime "Diva" (sorti le 11 mars 1981), le film très justement récompensé de Jean-Jacques Beineix (qui vient de tirer sa révérence il y a deux jours), avec Dominique Pinon et Gérard Darmon, aussi Gérard Chaillou ; dans "Les Babas-cool" de François Leterrier (sorti le 16 décembre 1981) avec Anémone, Philippe Léotard, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Catherine Frot, Martin Lamotte, etc. ; dans "L’Addition" de Denis Amar (sorti le 4 avril 1984) avec Richard Berry et Victoria Abril, pour lequel Richard Bohringer a reçu le César du meilleur second rôle en 1985 ; dans "Péril en la demeure" de Michel Deville (sorti le 13 février 1985), avec Michel Piccoli, Nicolas Garcia, Anémone, Christophe Malavoy, dans un rôle inquiétant, celui du tueur à gages un peu désorienté ; dans "Subway" de Luc Besson (sorti le 10 avril 1985) avec Christophe Lambert, Isabelle Adjani, Jean-Hugues Anglade, Michel Galabru, Jean-Pierre Bacri, Jean Bouise, etc. ; dans "Le Grand Chemin" de Jean-Loup Hubert (sorti le 25 mars 1987) avec Anémone, sa femme dans le film, avec Daniel Rialet et Jean-François Dérec pour des petits rôles (les deux principaux acteurs, Anémone et Richard Bohringer, ont eu pour l’occasion chacun le César du meilleur acteur en 1988) ; etc. Souvent, Richard Bohringer interprète des rôles tristes ou effrayants, ce qui lui convient effectivement.

Richard Bohringer a continué à beaucoup tourner dans les années 1990, et notamment dans "Une époque formidable" de Gérard Jugnot (sorti le 19 juin 1991), Gérard Jugnot, Richard Bohringer, Ticky Holgado et Chick Ortega incarnent une sorte de club des bras cassés, aux côtés de Victoria Abril et Roland Blanche ; dans "La Vérité si je mens !" de Thomas Gilou (sorti le 2 mai 1997), où il incarne un patron d’entreprise textile traditionnel, versus Richard Anconina, chômeur et futur patron moderne et malin (avec une distribution très flatteuse pour le film).

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Les relations de Richard Bohringer avec sa fille aînée, Romane, sont très fortes, Romane ayant épousé le même métier, actrice mais aussi réalisatrice. Ainsi, dans "L’Accompagnatrice" de Claude Miller (sorti le 11 novembre 1992), Richard y joue le premier rôle avec Romane et Elena Safonova (et une présence furtive de Claude Rich qui a coécrit le scénario avec le réalisateur et Luc Béraud).

Autre film intéressant, "L’Amour flou" (sorti le 22 août 2018) réalisé par Romane Bohringer et Philippe Rebbot, tous les deux vivant dans le même appartement à Montreuil, mais séparés, avec leurs deux enfants. Ce film de "séparation cohabitante" est basé sur leur expérience réelle, où les réalisateurs jouent leur propre personnage, ainsi que Richard le père de Romane et Lou Bohringer sa jeune sœur (Astrid, la mère de Lou, joue la mère de Romane). On y trouve aussi dans la casting l’actuelle députée FI Clémentine Autain qui joue brièvement son propre rôle (les deux femmes se connaissent bien ; Romane Bohringer a pris la parole au meeting de Clémentine Autain, tête de liste, le 13 juin 2021 pour les élections régionales). Ce film a été nommé pour le César du premier film, et a eu une suite à la télévision avec une série en 2021.

Richard Bohringer a aussi beaucoup tourné pour la télévision, des fictions, et en plus des deux Césars au cinéma, il a été récompensé par un Sept d’or du meilleur comédien en 1997 pour "Un homme en colère" (1997-2002), une série où sont présents en particulier Philippe Magnan, Annie Grégorio et Julien Cafaro.

Richard Bohringer a aussi participé et même animé des émissions de radio et de télévision. Auteur d’une dizaine d’ouvrages dont des pièces de théâtre, une qu’il a mise en scène, il écrit beaucoup pour crier son amour de la vie, au-delà de sa désespérance récurrente et de sa confrontation avec la maladie.

Ainsi dans "C’est beau une ville la nuit" : « Elle porte au coin des yeux le gai du triste, comme étonnée que les oiseaux s’envolent. ». Dans "L’Ultime Conviction du désir" (éd. Flammarion, 2005) : « Mais toi, aime-la, cette vie. Casse-lui la gueule. Bouleverse-toi d’elle. Elle te donnera des ailes. Et tu voleras comme le cormoran argenté. ». Dans "Les Nouveaux Contes de la cité perdue" (éd. Flammarion, 2011) : « L’écriture lui permettait de réinventer un monde meilleur. Réinventer le fracas de l’âme. ». Dans "Quinze Rounds" (éd. Flammarion, 2016) : « Vivre la route. Ne jamais quitter la route. Toujours plus loin, toujours en exil. Ne plus vivre l’idée du temps, n’avoir aucune horloge, que des couchers de soleil à l’horizon qui ne cesse de reculer plus on avance. ». Dans "Traîne pas trop sous la pluie" (éd. Flammarion, 2009) : « La terre tremble et engloutit par centaines des milliers d’humains. Alors il faut faire pousser des fleurs sur sa merde. ». Dans "Bouts lambeaux" (éd. Arthaud, 2008) : « Alors j’ai fracassé la vie. Je voulais le jus. Le jus divin. Celui qui donne des ailes aux mots. C’est trop beau les mots. C’est trop fou. ». Dans "Le Bord intime des rivières" (éd. Denoël, 1994) : « Si le cœur est bien là. Faut se garder. C’est du bon kif d’humain. Dès que c’est coupé, faut en replanter. C’est mon idée. Faut se garder. Faut savoir qu’on est des milliers. Comme des champs de blé. Des milliers à s’aimer. Des milliards à pas le savoir. ».

L’acteur a tellement aimé le Sénégal où il est allé souvent, consacrant un livre à ses voyages, qu’il a même acquis la nationalité sénégalaise en 2002. Enfin, parmi ses engagements, il a souvent soutenu les footballeurs nancéiens de l’ASNL, l’Association sportive Nancy-Lorraine et aux dernières élections présidentielles, il a soutenu François Bayrou en 2007 et Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017. Bon anniversaire, Richard !


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Sylvain Rakotoarison (15 janvier 2022)
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Richard Bohringer.
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Jean Amadou.
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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 20:57

« Je veux le redire avec beaucoup de force et de conviction : la vaccination est notre plus sûr atout. Elle réduit fortement la transmission, elle divise par dix le nombre des formes graves. (…) J’en appelle aux 5 millions de non-vaccinés. Faites ce geste simple. » (Emmanuel Macron, le 31 décembre 2021).



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Hélas, Igor Bogdanoff est mort à l’âge de 72 ans ce lundi 3 janvier 2022 à l’hôpital Georges-Pompidou de Paris. Son frère jumeau Grichka l’avait précédé de six jours. Alors que Grichka était célibataire, Igor a été marié et a eu des enfants.

Je ne reviendrai pas sur ces deux frères vedettes de la télévision française et de la vulgarisation scientifique. Ils étaient presque devenus, avec la transformation de leur visage, des phénomènes de foire, mais ils n’étaient pas cela, ils étaient des explicateurs de science pour les profanes, des animateurs du savoir et de la science fiction. J’ai déjà exprimé ma réticence sur leur reconnaissance scientifique, qui ne doit être admise que par leurs supposés pairs, c’est-à-dire des mathématiciens (pour Grichka) et des physicien (pour Igor). Mais laissons cela de côté car ils étaient très doués pour mettre en musique la science.

Sur la chaîne C8, le 3 janvier 2022, le professer Enrique Casalino, chef du service des urgences de l’hôpital Bichat, qui ne les connaissait pas personnellement et de ce qu’il a compris, a estimé, ému, que les deux frères avaient commis deux erreurs que beaucoup de ses patients en réanimation ont commises : la première, c’était de ne pas se faire vacciner et la seconde, c’était d’être arrivés à l’hôpital trop tard, beaucoup tard.

En effet, les capacités respiratoires des deux frères étaient déjà très détériorées quand ils ont été pris en charge à l’hôpital, et cela laissait peu d’issues favorables. La notoriété des Bogdanoff fait vendre, même de la manière la plus odieuse. Ainsi, j’ai aperçu sur Internet un titre dans agrégateur d’actualités, provenant de ces revues trashs, celles qu’on voit lorsqu’il y a une grosse une de couverture posée au milieu du trottoir pas loin d’un marchand de presse, avant la disparition d’Igor, qui disait en substance : "Igor n’est pas au courant de la mort de son frère", comme si on lui avait caché l’information. Le sensationnel ne cesse de prendre des parts de marché sur l’information. Effectivement, Igor Bogdanoff était dans le coma, il ne pouvait donc pas savoir ce qu’est devenu son frère.

D’après ce qu’a expliqué Cédric André, l’attaché de presse des frères Bogdanoff, notamment celui qui, pendant une dizaine d’années, les a conduits d’une émission de télévision à l’autre (je ne connais aucun scientifique reconnu qui bénéficie d’un attaché de presse), les deux frères avaient malheureusement refusé de se faire vacciner contre le covid-19, parce qu’ils se sentaient en bonne santé, en grande forme et qu’ils pensaient qu’ils avaient assez de défenses immunitaires pour combattre tout seuls ce mal.

En revanche, ils n’auraient pas été "antivax". Au contraire, puisque leur entourage était vacciné et qu’ils l’avaient même encouragé à se faire vacciner. Il y a un mystère dans ces non-vaccinations, pour des esprits curieux et amateurs d’innovations, d’autant plus avec le vaccin à ARN messager.

L’autre erreur proposée par le professeur Casalino, c’était d’être allés aux urgences beaucoup trop tard. Ils ne s’étaient pas soignés car ils pensaient qu’ils pourraient s’en tirer avec leur seule bonne santé, sans aide médicale ni hospitalière. Là encore, il existe des moyens simples et peu coûteux pour mesurer la saturation en oxygène dans le sang, ce qu’une infirmière met immédiatement sur un doigt lorsqu’on entre aux urgences pour n’importe quelle raison (parce qu’être capable de transmettre l’oxygène dans son sang est d’une urgence vitale). On voit alors si on est proche du seuil fatal.

Il est triste que les deux soient partis ainsi, l’un après l’autre, avec juste un semblant de trop grande assurance sur leur capacité à subir cette s@loperie de coronavirus. Mardi 28 décembre, au-delà de Grichka, j’avais une pensée pour Igor qui luttait encore pour survivre, et hélas, il a suivi son frère dans ce curieux chemin fait d’étoiles interstellaires et de paillettes de célébrité. J’imagine la douleur des proches, comme celle des 124 000 familles endeuillées depuis deux ans par cette pandémie de covid-19, car tous sont égaux face à la maladie.

La mémoire télévisuelle retiendra ces deux frères sympathiques et un peu bluffeurs sur les bords avec les enregistrements de l’INA, et pour que leur notoriété serve encore à titre posthume, qu’ils puissent être les garde-fous de la folie complotiste qui influence encore beaucoup trop certaines personnes qui refusent d'être vaccinées. C’est la véritable arme dont on dispose pour lutter efficacement contre les formes graves, et les formes graves se développent comme une loterie : personne n’est à l’abri, regarder les statistiques est stupide quand on s’occupe d’une seule destinée singulière. Coïncidence, cette disparition a eu lieu le jour même du débat en première lecture à l’Assemblée Nationale du projet de loi instaurant le passe vaccinal pour permettre justement de sauver des vies.

Vaccinez-vous ! Pas parce que le gouvernement vous le demande, mais parce que la situation épidémique est très préoccupante ; plus de 1,1 million de personnes ont été contaminées dans les sept derniers jours, soit 131% de plus que la semaine précédente, et encore une part important de variant delta. Il sera difficile aux personnes non-vaccinées d’y échapper pendant ces quelques semaines terribles du mois de janvier 2022.


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Sylvain Rakotoarison (03 janvier 2022)
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Pour aller plus loin :
Igor Bogdanoff.
Grichka Bogdanoff.
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Le Petit Prince de l’humour vache.
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Combien valez-vous ?
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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 17:41

Six jours après son frère jumeau Grichka, Igor Bogdanoff est mort du covid-19 à l'âge de 72 ans ce lundi 3 janvier 2022, tous les deux avaient été admis au service de réanimation de l'hôpital Georges-Pompidou de Paris le 15 décembre 2021. Ils avaient refusé de se faire vacciner.

Sur Grichka Bogdanoff :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211228-grichka-bogdanoff.html

SR (03 janvier 2022)
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220103-igor-bogdanoff.html

 

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 03:18

« Entouré de l’amour de sa famille et des siens, Grichka Bogdanoff s’est éteint paisiblement, le 28 décembre 2021, pour rejoindre les étoiles. » (AFP par la famille, 28 décembre 2021).



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Une telle information annoncée par la famille est une tragédie : Grichka Bogdanoff est mort ce mardi 28 décembre 2021 à l’âge de 72 ans (il est né le 29 août 1949). Évoquer Grichka sans Igor n’a évidemment aucun sens, ils étaient des jumeaux et leur existence ne comptait jamais l’un sans l’autre.

D’origine russe et autrichienne, Grichka Bogdanoff était l’intello de la fratrie, et aussi le plus jeune (de quelques minutes !), il était diplômé de l’IEP Paris. À la fin des années 2000, j’habitais dans leur quartier à Paris et il m’arrivait de les croiser, souvent discrètement dans une rue, en général seulement l’un d’eux, et j’avoue que je n’étais pas capable de reconnaître l’un de l’autre, d’autant plus qu’il me semblait qu’ils "s’échangeaient" leur coiffure pourtant différente. Je les ai vus aussi quelques fois au Salon du Livre de Paris, et ils faisaient plus l’impression d’être une "attraction" que des auteurs avec leur cortège de lecteurs (le Salon du Livre de Paris est un bon moyen de connaître objectivement la popularité réelle d’un écrivain, en dehors de la mousse médiatique qu’il est capable de semer à tout vent).

Bien entendu, j’ai fait partie de cette génération d’enfants qui a été biberonnée par "Temps X" et si cette émission sur TF1 (entre 1979 et 1987) ne m’a pas donné la passion des sciences (parce que je l’avais déjà, cette passion), elle m’avait intéressé autant qu’intrigué, et à ses débuts, j’essayais de n’en rater aucun numéro. Dans cette émission, les frères recevaient de nombreux invités, notamment le musicien Jean-Michel Jarre, et même Frédéric Beigbeder à 13 ans (déjà féru de télévision). Mais ils avaient commencé déjà avant, en particulier par la sortie d’un premier livre en 1976 préfacé par Roland Barthes.

Mon petit problème avec eux, c’est qu’ils ont voulu sortir de leur cadre. Certes, sortir du cadre, refuser de se laisser enfermer dans des tiroirs, c’est toujours très louable. Ils étaient des vulgarisateurs passionnants, je mets à l’imparfait surtout parce que je ne sais pas s’ils l’étaient encore récemment et c’est difficile de parler d’une fratrie dont il ne reste plus qu’un membre. De très bons producteurs et animateurs de télévision, capables de captiver un public plutôt jeune avec des méthodes de marketing plutôt novatrices et avec l’idée de transmettre leur passion. J’ai été passionné par les sciences en visitant la salle ronde où sont inscrites les décimales du nombre pi au Palais de la Découverte, dans une annexe du Petit Palais, à Paris, mais je conçois tout à fait que certains aient eu le déclic scientifique grâce à "Temps X" et à ses deux créateurs de frères. Dans cette activité de vulgarisateurs, ils proposaient, souvent avant Noël, de très beaux livres avec de belles photos, à offrir. Je trouvais ces ouvrages sans intérêt scientifique et coûteux, mais je n’en étais pas choqué, à chacun son business, et Bogdanoff, c’est d’abord une marque car c’est une notoriété.

La notoriété n’est pas volée (obtenue par "Temps X") et la marque m’indifférait, mais je considérais que leur problème, c’était qu’ils ne se satisfaisaient pas de cela, ils voulaient être reconnus comme de véritables scientifiques. En 1987, avec la privatisation de TF1, "Temps X" a sauté et les Bogdanoff se sont effacés du paysage audiovisuel. Ils avaient un projet très ambitieux, surtout pour des quadragénaires voire quinquagénaires : ils ont suivi tout le cursus pour obtenir un doctorat scientifique. Je le répète, c’était ambitieux et très volontariste, ce n’était pas donné à tout le monde de refaire des études, en particulier de sciences dont les notions sont à la fois compliquées (c’est plus aisé de les appréhender jeune) et barbantes pour la plupart.

Je ne m’étendrais pas là-dessus car beaucoup a déjà été dit et que l’heure n’est pas à la polémique, mais disons simplement que la notoriété télévisuelle des deux frères a eu un impact très fort pour convaincre des scientifiques certainement compétents et méritants mais qui ont probablement trouvé dans cette notoriété un argument d’autorité. Le doctorat est un diplôme de reconnaissance : l’apprenti chercheur est accepté au sein de la communauté scientifique.

J’ai lu les deux thèses (elles sont publiques), celle de Grichka a été obtenue en 1999, un doctorat en mathématiques, et l’autre, Igor, pour un sujet d’étude identique mais d’un point de vue topologique, avec un retard de trois ans pour obtenir le diplôme tant convoité. L’objet d’étude est évidemment passionnant et ambitieux, puisqu’en gros, ils essayaient de savoir ce qu’il s’est passé aux premiers temps du Big Bang, voire avant le Big Bang, et tous les astrophysiciens vous diront qu’étant donné la forte densité de la matière, plus aucune loi connue ne s’y applique.

Les frères Bogdanoff auraient utilisé des équations et des notions mathématiques apparemment mal assimilées, si on en croyait des experts du CNRS, ce qui donne des mémoires de thèse abscons peu compréhensibles pour le profane, c’est normal puisqu’il s’adresse au moins à des docteurs en science, mais aussi incompris des scientifiques confirmés, avec des erreurs factuelles (qui ont été corrigées par la suite), au point que le CNRS a demandé en 2003 à des experts d’évaluer leurs travaux pour en conclure qu’ils n’étaient pas des contributions scientifiques (les frères Bogdanoff ont gagné leur procès en diffamation contre "Marianne" qui avait publié le rapport du CNRS en 2010, mais ont perdu leur procès administratif contre le CNRS sur la légalité de ce rapport).

Pour se convaincre qu’ils ne ressemblent pas à de véritables scientifiques, il suffit de connaître la vie des physiciens qui passent tout leur temps soit dans leurs laboratoires, soit dans les séminaires internationaux rassemblant leurs semblables, mais certainement pas en participant de manière régulière à des émissions comme "Fort Boyard" ou "Touche pas à mon poste". Leur atout, probablement, au-delà de leur grande notoriété, c’est aussi qu’ils inspirent de la sympathie et sont très "proches" de ceux qui les apprécient (j’insiste, on pouvait les rencontrer à chaque Salon du Livre de Paris et ils restaient toute la durée du Salon, ce qui est assez rare pour des auteurs et encore plus pour des scientifiques).

Le troisième sujet de notoriété, après leur bon travail de vulgarisation et leur très incertaine reconnaissance scientifique, sujette à controverses, c’était leur apparence physique qui, petit à petit, s’est transformée. Ils ont refusé d’en donner une explication et je trouve normal de respecter ce mystère, que ce soit d’un accident ou d’une volonté en pleine conscience, ou des deux à la fois, et cela a contribué aussi à leur légende, comme des êtres venus de l’Espace, qui ne vieillissaient pas.

Je m’aperçois en écrivant ces lignes que la pandémie de covid-19 a généralisé un phénomène que les frères Bogdanoff avaient mis en lumière : une excellente communication ne signifie pas une excellence du contenu de la communication. C’est assez banal, surtout dans le champ de la communication politique, mais dans le domaine scientifique, c’est assez inédit et la crise sanitaire a révélé que tous les scientifiques sont d’abord des humains, avec leur faille autant qu’avec leur excellence (on le voit avec la crise sanitaire, des chercheurs de renom peuvent dire n’importe quoi).

Et terminons enfin par un mot de la crise sanitaire. Selon le journal "Le Monde", Grichka et Igor Bogdanoff n’auraient pas été pas vaccinés et auraient contracté le covid-19 au début du mois, les deux auraient été hospitalisés le 15 décembre 2021 au service de réanimation de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, et Grichka en serait mort. La famille n’a pas voulu confirmer ni infirmer, leur représentant a dit dans un tweet le même jour : « La famille ne souhaite pas communiquer au-delà du texte transmis à l’AFP. Le temps est à présent au recueillement pour nous tous. Merci. ».

Oui, il y a un temps pour le recueillement. Mais il y a une urgence pour des centaines de milliers de personnes fragiles qui ne sont pas encore vaccinées alors qu’on est en pleine vague du variant omicron (179 807 nouveaux cas le 28 décembre 2021). Pas la peine d’insister sur l’importance de la vaccination contre le covid-19, en particulier pour les personnes fragiles. Grichka n’est pas la seule personnalité connue et appréciée au monde à quitter celui-ci par cette s@loperie qu’est le covid-19.

Un de ses admirateurs, Frank Tapiro, publicitaire qui a travaillé autant pour François Mitterrand que pour Nicolas Sarkozy, a regretté et s’est étonné que les frères Bogdanoff, pourtant si capables d’anticiper l’évolution des sciences, si fascinés par ses innovations, ne se soient pas fait vacciner alors que le vaccin à ARN messager était une petite pépite extraordinaire de la science moderne. Cela restera un mystère.

Mais en plus de cette disparition tragique de Grichka Bogdanoff, j'ai aussi une pensée à son frère Igor qui lutte encore pour sa survie et qui, dans tous les cas, se retrouvera seul s’il en réchappe. Ouvrez les yeux, les 8% restants de personnes non-vaccinées, le covid-19 n’est pas une grippette ni un rhume, et l’énorme chance, c’est qu’on dispose d’un vaccin efficace et accessible. Profitons-en : protégeons-nous !


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Sylvain Rakotoarison (28 décembre 2021)
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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 03:30

« Tout le monde dit que je suis gentille, brave, c’est pas vrai. J’ai passé ma vie à faire des choses uniquement pour qu’on m’aime. » (Jane Birkin).



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Au moins, ça a marché, qu’on l’aime, quand on devient l’égérie d’un pays entier pendant si longtemps ! Eh oui, les années passent, comme on dirait dans un troquet du coin, et la toute jeune fille est devenue une femme un peu plus mûre mais toujours envoûtante et impressionnante. Jane Birkin a 75 ans ce mardi 14 décembre 2021. Pour beaucoup de Français, elle est l’Anglaise qui a choisi la France depuis une cinquantaine d’années et ils s’en réjouissent.

Elle est impressionnante pour son histoire et son talent. Son couple avec Serge Gainsbourg est aussi légendaire que le couple Simone Signoret et Yves Montand. Avec lui, la jeune actrice était aussi une jeune chanteuse. Elle transformait tout en or à l’époque. Gainsbourg aussi. Et un or à odeur de scandale.

La chanson "Je t’aime moi non plus" (le Vatican a trouvée la chanson obscène) mais aussi le film du même nom en 1976 (de Serge Gainsbourg) qui était sexuellement très ambigu, elle a joué l’amoureuse de Brigitte Bardot dans "Don Juan_73" en 1973 (de Roger Vadim)… Elle s’était fait connaître au cinéma anglais pour avoir joué une scène d’une femme entièrement déshabillée de force, ce qui était une première, dans le film "Blow-Up" en 1967 (de Michelangelo Antonioni).

Sur cette lancée, elle est devenue la fille un peu légère, belle et un peu stupide. Mais elle valait plus que cela, et si elle a eu beaucoup de succès dans des comédies françaises dans les années 1970, notamment de Claude Zidi, en duo avec Pierre Richard (on retiendra "La moutarde me monte au nez" en 1974 et "La course à l’échalote" en 1975), elle a eu aussi la chance de rencontrer des réalisateurs qui l’ont regardée autrement que sous l’angle de la légèreté et la beauté, le premier sans doute était Michel Deville pour "Le mouton enragé" en 1974, puis Jacques Doillon, qu’elle a épousé par la suite, lui a confié plusieurs rôles dans des films dits intellectuels (en 1984, le réalisateur l’a fait jouer avec son frère, également acteur, Andrew Birkin, dans "Le Pirate"). Et cela a marché ! Elle n’était plus seulement une "ravissante idiote" mais désormais une égérie du "cinéma d’auteur".

Ce qui est impressionnant, c’est le nombre de réalisateurs et d’acteurs avec qui elle a joué pendant une trentaine d’années dont l’énumération deviendrait un catalogue du cinéma français (et pas seulement français). Le sujet des films peut être aussi parfois étonnant, et c’est cette diversité qui est également impressionnante. Juste un exemple, en 1980, elle joue la maîtresse du peintre Egon Schiele dans un film biographique franco-germano-autrichien consacré à l’artiste.

Même au théâtre, elle a pu jouer entre autres avec Fanny Ardant ou Michel Piccoli. Elle a aussi réalisé et scénarisés deux ou trois films (d’inspiration autobiographique), puis conçu leur adaptation au théâtre… Et cela sans oublier, bien sûr, l’autre branche de son talent, la musique. Initialement interprète, elle s’est mise aussi à écrire ses chansons et a fait de nombreux concerts, accompagnée parfois d’un orchestre symphonique, et son travail de chanteuse a toujours su se compléter avec de nombreuses collaborations, là aussi leur énumération serait un annuaire de la chanson française.

Reconnaissance de la profession, certainement, avec deux Victoires de la musique, une de la meilleure interprète féminine de l’année 1992 et l’autre, une Victoire d’honneur attribuée cette année en hommage à sa carrière. En revanche, le cinéma et le théâtre n’ont fait que la nommer, trois fois pour les Césars (en 1984, en 1986 et en 1992), et une fois pour les Molières (en 1990).

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Elle a eu trois filles, la photographe Kate Barry (1967-2013), et les actrices et chanteuses Charlotte Gainsbourg (qui a eu 50 ans cette année) et Lou Doillon (qui aura 40 ans l’année prochaine). En mars 1991, Jane Birkin a appris en quelques jours d’intervalle la mort de Serge Gainsbourg et celle de son père malade qui, pendant la guerre, aidait la Résistance française en transportant clandestinement des résistants dans son camion, et François Mitterrand aurait même bénéficié d’un de ses convois. Jane Birkin a parcouru son chemin artistique de manière très personnelle. Ses derniers albums sont sortis en 2017 et 2020.

Voici sa chanson mémorable, avec Serge Gainsbourg, qui a fait tant couler d’encre.





Quant au cinéma, je citerai quatre films qui m’ont particulièrement marqué, pas forcément dans le rôle principal.

1. "La Piscine" de Jacques Deray (1969) : Jane Birkin joue la petite fille sage d’un père odieux (Maurice Ronet) qui s’invite chez son ami Alain Delon en présence de la compagne de celui-ci (Romy Schneider). Un jeu à quatre avec d’effroyables conséquences.

2. "Sept morts sur ordonnance" de Jacques Rouffio (sorti le 3 décembre 1975) : Jane Birkin joue l’épouse très bourgeoise d’un chirurgien arrogant Gérard Depardieu amené par son patron de clinique, l’horrible Charles Vanel, vers un destin tragique, histoire parallèle d’un autre chirurgien, Michel Piccoli.

3. "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette (sorti le 4 septembre 1991) : Jane Birkin est la femme d’un grand peintre (Michel Piccoli) qui rencontre la très sensuelle Emmanuelle Béart qui accepte d’être son nouveau modèle pour achever un vieux tableau dont sa femme était le modèle.

4. "Quai d’Orsay" de Bertrand Tavernier (sorti le 6 novembre 2013) : Jane Birkin y fait une brève apparition en tant que Prix Nobel de Littérature (étrangère) reçue par Dominique de Villepin (Thierry Lhermitte) pour un déjeuner au ministère. Un peu étonnée, elle ne peut pas placer un mot, noyée par le bavardage du ministre qui aligne des lieux communs, muni de sa petite fiche de renseignements sur l’illustre et silencieuse écrivaine.

Jane Birkin a fait de nombreuses tournées, encore en 2019, et elle s’est produite en 2021 aux Francofolies de La Rochelle. À la fin de l’été 2021, elle a eu un pépin de santé et elle a mis trois mois à s’en remettre, avec de la chance car sans séquelle. Elle s’est confiée dans l’émission "Laissez-vous tenter" sur RTL le 8 décembre 2021 où elle a raconté son "petit" AVC : « Moi, j’étais avec ma copine qui a trouvé que je parlais bizarrement. Elle a vu tout de suite que quelque chose n’allait pas. ». Elle a ainsi pu être prise en charge immédiatement. Je lui souhaite donc, avant l’heure, et pour un long temps encore, une très bonne santé !


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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 03:04

« Est-ce que je me préfère aujourd’hui ? (…) Oui, je me préfère aujourd’hui peut-être parce que j’ai un meilleur regard sur moi. (...) Je me fais plus confiance. Donc je suis beaucoup plus sereine. Enfin, en général. » (Patricia Kaas, le 20 novembre 2016 sur France 2).



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Ce dimanche 5 décembre 2021, la chanteuse Patricia Kaas fête son 55e anniversaire. J’aime particulièrement sa voix et ses prestations, une femme sensible, sentimentale, n’ayant pas trop le melon, toujours respectueuse de ses origines modestes.

Cela n’a l’air de rien, les origines géographiques, et pourtant, le petit lien commun avec moi est la Lorraine. Certes, ce n’est pas la même Lorraine, mais c’est quand même la Lorraine qui fait apprendre naturellement l’allemand en première langue vivante dans les écoles. Elle, Patricia, c’est "pire" (si j’ose écrire), puisque, de mère allemande, elle ne parlait pas français petite mais un dialecte allemand, car née et vivant près de la frontière allemande, du côté de Forbach (là où Florian Philippot a tenté sa chance). À ses débuts, son accent allemand à Paris était un handicap dans les milieux culturels. Cela contribuait à son manque de confiance en elle.

Patricia Kaas représentait bien les jeunes femmes de Lorraine, à la silhouette avenante, longiligne, à la voix un peu rude, grave, regard timide et réfléchi, et au sourire glacé du soleil d’hiver (et je peux mettre au présent car 55 ans, c’est encore jeune, bien sûr ! et elle se dit d’ailleurs que son âge sentimental est 37 ans). C’est sa voix grave, puissante, qui a évidemment mené sa vie dès le plus jeune âge, vers les 6 ans. À partir de 8 ans, elle chantait dans certaines occasions, et à partir de 13 ans, elle était déjà au niveau professionnel, chantant tous les samedis soirs dans un cabaret de Sarrebruck (de 1979 à 1986).

Au milieu des années 1980, elle faisait partie de mes coups de cœur (de toute façon, quand on habite les années 1980, on y reste). Sa mère l’avait élevée ainsi que toute sa fratrie : ils étaient une fratrie de sept, elle la dernière, "accident" au départ, mais désiré une fois "en route", probablement avec un peu le privilège de la dernière.

Son père était mineur, c’était un métier difficile, très physique, mais, ceux qui ne sont pas de la région pourraient avoir du mal à comprendre, de la région et de l’époque, car il n’y a plus rien maintenant, le métier de mineur était noble, la chose que voulait un mineur, c’était que son fils le devînt aussi. Patricia Kaas a vécu des moments difficiles, sa mère malade est morte jeune au début de sa carrière musicale et elle a fait sa première tournée avec le deuil en bandoulière. Elle a vécu aussi la mort de son père et d’un frère.

L’ayant découverte par hasard, c’est Gérard Depardieu qui a financé son premier disque au printemps 1985, un 45 tours (c’était du temps du vinyle !), avec sa chanson "Jalouse" qui fut remarquée mais ce ne fut pas un succès.

En revanche, Gérard Depardieu lui a fait découvrir François Bernheim, un producteur de musique, qui lui a proposé d’interpréter une chanson écrite par Didier Barbelivien dont personne ne voulait, quatre l’avaient déjà refusée dont Nicoletta : "Mademoiselle chante le blues" en avril 1987 fut un véritable tube et le démarrage de la belle carrière de Patricia Kaas. Pour elle, la vie parisienne était difficile car elle était la jeune fille de province qui n’avait aucun code de ce milieu et lorsque son premier disque a été un échec, elle en était presque soulagée car elle ne voyait pas comment intégrer une vie sociale aussi différente que la sienne.

Au fil de ses interprétations, Patricia Kaas a travaillé notamment avec François Bernheim, Didier Barbelivien, Michel Legrand, Jean-Jacques Goldman, Renaud, Francis Cabrel, Marc Lavoine, Zazie, Pascal Obispo, Étienne Roda-Gil, etc.

Avec son tube, elle était désormais au Top 50, et même Top 10, elle a fait sa première scène à l’Olympia le jour de ses 21 ans en décembre 1987 et son premier album 33 tours a été produit en novembre 1988. Sa mère, qui est morte en mai 1989, a vécu les premiers succès de sa fille qu’elle avait toujours soutenue dans sa passion.

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À partir de cette époque, elle est devenue la star… la star française, mais aussi la star internationale. Quand dans les années 2000, vous alliez dans un supermarché à Moscou, nécessairement, vous entendiez au moins une chanson de Patricia Kaas dans les haut-parleurs. Les Russes adorent Patricia Kaas et aussi l’une de ces prédécesseures, dans le genre chanteuse des milieux populaires comme elle : Édith Piaf à qui elle a rendu hommage en produisant un disque en novembre 2012, à l’occasion des 50 ans de sa disparition.

Pourquoi les Russes, et plus généralement, les populations de l’Est de l’Europe l’aiment-elles autant ? Peut-être parce qu’elle se disait être une fille de l’Est (mais de la France) ? Ou qu’elle représente une certaine idée du romantisme français, faite de mélancolie, de nostalgie (ce qui est très slave) ? Elle est aussi très appréciée en Asie du Sud-Est.

En trente-cinq ans de carrière de star (elle continue à produire des disques et à faire des tournées), elle a déjà vendu 18 millions d’exemplaires de ses disques et a cumulé de nombreux prix, le premier fut le Prix Charles Cros pour son premier succès en 1987, puis six Victoires de la musique (1988 révélation de l’année, 1989 meilleures ventes à l’étranger, 1991 meilleure interprète féminine et meilleures ventes à l’étranger, 1992 meilleures ventes à l’étranger, 1995 meilleures ventes à l’étranger), et bien d’autres récompenses. Entre autres décorations, elle a reçu la croix d’officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne en 2003 en raison de ses efforts pour favoriser l’amitié franco-allemande. Le 16 mai 2009 à Moscou, elle a aussi représenté la France avec "Et s’il fallait le faire" au concours Eurovision, une prestation qui fut un grand succès mais elle n’a pas remporté le concours (classée 8e sur 25).

Je propose ici les principaux succès du début de carrière de Patricia Kaas ainsi qu’une interview récente (il y a cinq ans) de Patricia Kaas répondant aux questions de Catherine Ceylac à "Thé ou Café" le 20 novembre 2016 sur France 2, elle allait atteindre son 50e anniversaire.



1. "Jalouse"






2. "Mademoiselle chante le blues"






3. "D’Allemagne"






4. "Mon mec à moi"






5. "Quand Jimmy dit"






6. "Les hommes qui passent"






7. "Les mannequins d’osier"






8. "Regarde les riches"






9. "Une dernière semaine à New York"






10. "Vénus des abribus"






11. "Il me dit que je suis belle"






12. Best of






13. Concert à Bâle en 2002






14. "Thé ou café" animé par Catherine Ceylac, le 20 novembre 2016 sur France 2






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Patricia Kaas.
Joséphine Baker.
Thierry Le Luron.
Jean Amadou.
Frédéric Fromet.
Sim.
Georges Brassens.
Yves Montand.
Nicole Croisille.
Philippe Léotard.
Jean-Jacques Goldman.
Marthe Mercadier.
Mylène Farmer.
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211205-patricia-kaas.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/patricia-kaas-l-enchanteresse-de-l-237676

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/11/28/39239251.html







 

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 03:16

« Je ne pensais pas du tout faire du cinéma. Toute notre génération, je pense que tous… j’entends Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Belmondo, tout ça… on a eu envie d’être comédiens à travers le cinéma, curieusement. Mais aucun d’entre nous, nous ne pensions faire du cinéma. Aucun. Pour nous, être acteur, c’était être dans une troupe ou ailleurs, et puis, jouer tous les soirs. Et si on gagnait notre vie comme ça, c’était très bien. Et alors, le cinéma est venu, plus ou moins tôt, plus ou moins tard selon les uns les autres, nous demander. » (Philippe Noiret, 2011).




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Une voix inimitable faite pour rassurer. L’acteur français Philippe Noiret est mort il y a quinze ans, le 23 novembre 2006, d’un cancer qui l’a terrassé. Très populaire à 76 ans (il est né le 1er octobre 1930), il laissait derrière lui de nombreux films "cultes" très représentatifs du cinéma français, et plus largement, de la culture française. Ses compères Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, qui l’appréciaient tant, n’ont pas eu le courage d’assister à son enterrement quatre jours plus tard au cimetière du Montparnasse, inhumé, pour ne pas dire installé, juste en face de Jean Poiret.

Philippe Noiret a commencé plutôt mal son existence. Certes, il est né plutôt dans une "bonne" famille, mais il était "cancre", il n’était pas doué pour les études, et son corps encombrant l’inquiétait. C’est pour produire quelque chose de positif qu’à la fin de son adolescence, il s’est engagé dans une chorale jusqu’à enregistrer un disque et chanter à Saint-Pierre de Rome ! Un de ses professeurs, également prêtre (au collège de Juilly, près de Mitry-Mory, sous la tutelle des oratoriens), lui a trouvé des talents de comédien. Et pourtant, cette éducation catholique n’a pas dû l’encourager à croire si l’on en juge par sa tombe qui ne revêt aucune croix, aucune considération religieuse.

Il a même eu de la chance car il a eu l’occasion de faire une représentation devant Julien Green et Marcel Jouhandeau qui l’ont encouragé dans cette voie. Il a donc pris des cours d’art dramatique où il a rencontre Jean-Pierre Darras avec qui il a fait des spectacles, notamment au début des années 1960 où ils faisaient des sketchs humoristiques sur l’actualité, se moquant de De Gaulle ou de Michel Debré, au pouvoir à l’époque.

Philippe Noiret a démarré au théâtre en 1953 et pendant près d’une dizaine d’années, il faisait partie d’une troupe qui lui a fait rencontrer entre autres Gérard Philippe, Jeanne Moreau, etc. Parallèlement, il faisait des petits rôles au cinéma. Il y a deux sortes d’acteurs : ceux qui ont tout de suite les premiers rôles (comme Alain Delon), et ceux qui sont plus laborieux, dont l’évidence est moins forte et qui, par l’intérêt et l’attention portés dans les films qui les rendent sympathiques, progressent lentement vers les premiers rôles. Philippe Noiret est de cette deuxième catégorie.

À partir de 1955, Philippe Noiret a enchaîné de nombreux films et il a tourné avec les plus grands réalisateurs (Agnès Varda, Louis Malle, Abel Gance, Peter Ustinov, René Clair, Jean Delannoy, Jean-Paul Rappeneau, Jean Decker, Pierre Granier-Deferre, Claude Chabrol, etc.), et les plus grands acteurs (Jean Gabin, Suzanne Flon, Bourvil, Jean Marais, Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo, etc.). C’est inutile de tous les citer et ce qui est notable, c’est qu’il était tellement sollicité qu’il a abandonné le théâtre au milieu des années 1960 et il l’a repris plus tard, dans la dernière décennie de son existence, quand les rôles au cinéma se faisaient plus rares.

Alors, voici une petite sélection très subjective de la filmographie de Philippe Noiret, que j’ai tentée de mettre par ordre chronologique, plus commode que l’ordre de préférence. Treize rôles majeurs, parmi les nombreux autres.

1. "Alexandre le bienheureux" réalisé par Yves Robert (sorti le 9 février 1968), dans le rôle principal (pour la première fois) avec Marlène Jobert, Françoise Brion, Tsilla Chelton, Pierre Richard (première fois qu’il tourne pour le cinéma et son talent comique est déjà à l’œuvre), Jean Carmet, Paul Le Person et Jean Saudray. C’est un film vraiment important d’un point de vue sociologique qui a été tourné et diffusé avant mai 68 et qui est devenu un peu un modèle, une sorte d’hymne à la paresse et à la candeur, préfigurant la création du Ministère du Temps libre par François Mitterrand. Philippe Noiret joue le rôle d’un agriculteur épuisé qui est sans arrêt pressé par sa femme pour faire tous les travaux de la ferme, et après la mort accidentelle de celle-ci, il décide de se reposer définitivement, au grand dam des villageois. Ceux-là n’ont pas d’argument à faire valoir pour faire reprendre le travail par le "bienheureux" car il fait ce qu’il veut, ils n’ont que des arguments moraux (le travail, c’est la santé ; ça ne se fait pas de ne rien faire) qui n’ont pas prise si ce n’est qu’il donne un mauvais exemple aux autres. L’aspect matériel n’est cependant pas vraiment abordé (seuls, les rentiers peuvent ne rien faire).

2. "L’Étau" réalisé par Alfred Hitchcock (sorti le 19 décembre 1969), film américain d’espionnage où participent plusieurs acteurs français dont Michel Piccoli, Claude Jade, etc. et aussi Philippe Noiret qu’on voit avec une béquille : ce n’était pas prévu dans le scénario mais l’acteur s’était cassé la jambe dans un accident de cheval juste avant de tourner et Hitchcock a attendu qu’il puisse remarcher pour tourner car il tenait à le garder dans la distribution.

3. "L’Horloger de Saint-Paul" réalisé par Bertrand Tavernier (sorti le 16 janvier 1974), adapté d’un roman de Georges Simenon, avec Jean Rochefort et Jacques Denis. Le film, tourné à Lyon, a reçu notamment le Prix Louis-Delluc.

4. "Le Vieux Fusil" réalisé par Robert Enrico (sorti le 20 août 1975), avec Romy Schneider et Jean Bouise, inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane (10 juin 1944). Ce film, que je pense pour adultes, est à mon avis le meilleur de la filmographie de Philippe Noiret et probablement l’un des meilleurs du cinéma français. Tout en subtilité, il raconte le cheminement d’un homme qui ne pense qu’à venger sa femme et son enfant et qui devient aussi salaud et cruel que leurs assassins. La scène du lance-flammes avec miroir interposé est particulièrement émouvante sinon éprouvante. Philippe Noiret pour le rôle principal était un second choix, Robert Enrico s’était d’abord porté sur Lino Ventura qui a décliné l’offre.

5. "Tendre Poulet" réalisé par Philippe de Broca (sorti le 18 janvier 1978), avec Annie Girardot, Hubert Deschamps, Roger Dumas, Paulette Dubost, Guy Marchand, Catherine Alric et Georges Wilson. Un duo savoureux entre Annie Girardot et Philippe Noiret, l’une policière (commissaire), l’autre enseignant aux sentiments anti-police, et avec un mystérieux meurtrier joué par un acteur peu habitué au rôle du tueur. Ce film qui a connu un grand succès a eu une suite avec "On a volé la cuisse de Jupiter" (sorti le 6 février 1980) avec les mêmes acteurs et aussi Francis Perrin.

6. "L’Africain" réalisé par Philippe de Broca (sorti le 2 mars 1983), avec Catherine Deneuve, Jean-François Balmer, Jacques François et Jean Benguigui. Une distribution attrayante pour une histoire invraisemblable : un couple séparé se retrouve par hasard en Afrique (l’une voyageant pour le travail, l’autre établi pour une nouvelle vie), sur fond de trafic d’ivoire (Jean Benguigui le trafiquant).

7. "Fort Saganne" réalisé par Alain Corneau (sorti le 11 mai 1984), avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Sophie Marceau, Michel Duchaussoy, Roger Dumas, Robin Renucci, Piere Tornade, Florent Pagny, etc.

8. "Les Ripoux" réalisé par Claude Zidi (sorti le 19 septembre 1984), avec Thierry Lhermitte, Julien Guiomar, Régine, Grace de Capitani et Ticky Holgado. Un vieux flic introduit une jeune recrue dans le métier où quelques arrangements avec la loi sont faits pour son confort et sa tranquillité. Ce film a eu deux suites avec les mêmes acteurs, "Ripoux contre ripoux" (sorti le 7 février 1990) avec aussi Guy Marchand, Jean-Pierre Castaldi, Michel Aumont (qui remplace Julien Guiomar), Line Renaud (qui remplace Régine), Jean Benguigui et Jean-Claude Brialy, et "Ripoux 3" (sorti le 10 décembre 2003) avec Lorant Deutsch, Jean-Luc Bideau (qui remplace Michel Aumont), Chloé Flipo, Bernadette Lafont et Jean-François Balmer.

9. "La Fille de d’Artagnan" réalisé par Bertrand Tavernier (sorti le 24 août 1994) avec Sophie Marceau, Claude Rich, Jean-Luc Bideau, Samy Frey et Charlotte Kady, dans une adaptation fantaisiste du roman d’Alexandre Dumas.

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10. "Les Grands Ducs" réalisé par Patrice Leconte (sorti le 21 février 1996) avec Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Blanc (le producteur), Catherine Jacob et Clotilde Courau. Une histoire très fine, trois comédiens ratés (les trois compères) qui tentent de sauver leur carrière et un producteur véreux qui veut frauder à l’assurance. Ce film a été un échec commercial mais il est celui qui réunit le mieux les trois acteurs fétiches du cinéma français (Jean Rochefort, Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle), la précédente réunion de ce trio a eu lieu vingt-deux ans auparavant dans "Que.la fête commence" de Bertrand Tavernier (sorti le 23 mars 1975) avec Marina Vlady et Nicole Garcia (et Michel Blanc, Christian Clavier et Thierry Lhermitte y jouent des petits rôles).

11. "Fantôme avec chauffeur" réalisé par Gérard Oury (sorti le 20 mars 1996), avec Gérard Jugnot, Jean-Luc Bideau, Charlotte Kady, Sophie Desmarets et Daniel Gélin. Un excellent film qui imagine un patron (Noiret) et son chauffeur (Jugnot) en deux rescapés de la vie et de la mort, ils sont coincés entre les deux, et évidemment, les rôles sociaux ne changent pas, enfin, presque pas.

12. "Les Palmes de monsieur Schutz" réalisé par Claude Pinoteau (sorti le 9 avril 1997), avec Charles Berling et Isabelle Huppert, jouant Pierre et Marie Curie, et Philippe Noiret joue le rôle du directeur de l’école "Physique Chimie" où furent découverts le polonium et le radium. Assez insolite, les physiciens Pierre-Gille de Gennes (ancien directeur de Physique Chimie) et Georges Charpak, tous les deux Prix Nobel, apparaissent furtivement dans le film.

13. "Père et Fils" réalisé par Michel Boujenah (sorti le 20 août 2003) avec Charles Berling, Pascal Elbé et Jacques Boudet. Un père souhaitant revoir ses enfants s’invente une grave maladie.

Monstre sacré du cinéma français, comme on le dit trop souvent pour que cela a encore un sens, Philippe Noiret a été souvent récompensé par la profession et en particulier il a été couronné avec deux Césars du meilleur acteur en 1976 ("Le Vieux Fusil") et en 1990 ("La Vie et rien d’autre"), et a eu trois autres nominations pour cette récompense suprême en 1981 ("Pile ou face"), en 1982 ("Coup de torchon") et en 1985 ("Les Ripoux"). Les acteurs ont cette chance de voir leurs prestations définitivement gravées dans le marbre des temps, si bien qu’on pourra prendre plaisir encore longtemps à entendre cette voix grave et cette silhouette épaisse dominer de son jeu les nombreux films que Philippe Noiret a hantés.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 novembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211123-philippe-noiret.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/philippe-noiret-l-elegance-du-237404

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