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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 03:09

« Lorsque je lui confirme mon intention de rétablir au plus vite le scrutin majoritaire, François Mitterrand me précise qu’il n’entend pas s’y opposer, tout en feignant de s’étonner de ma précipitation : "Pourquoi êtes-vous si pressé ?" me demande-t-il. Je lui réponds qu’il s’agit d’un engagement pris devant les Français : "Si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais…". » (Jacques Chirac).



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Dans ce court extrait du premier tome des mémoires de l’ancien Président de la République ("Chaque pas doit être un but", éd. NiL, 2009), Jacques Chirac a évoqué son entretien à l’Élysée le 18 mars 1986, deux jours après sa victoire aux élections législatives, avec le Président François Mitterrand avec qui il s’apprêtait à "cohabiter". Et parmi les réformes urgentes, le rétablissement du scrutin majoritaire. François Mitterrand avait modifié le mode de scrutin au dernier moment, moins d’un an avant ces élections, pour des raisons politiciennes d’obscurs boutiquiers, afin d’empêcher l’opposition de reconquérir la majorité (ce fut un échec). Jacques Chirac, au-delà du temps très incertain de la première cohabitation, ne voulait pas attendre pour revenir au scrutin majoritaire, par simple morale : on ne change pas la règle du jeu au dernier moment.

C’est pourtant ce que ne semble pas avoir encore compris François Bayrou, maire de Pau, président du MoDem et Haut commissaire au Plan. On ne modifie pas la règle du jeu au dernier moment. Je ne peux pas dire que François Bayrou fait partie des personnalités politiques les moins responsables, je l’ai soutenu à trois reprises aux élections présidentielles et je ne le regrette pas. Cependant, son obsession du scrutin proportionnel me paraît particulièrement mal venue en ces temps de crise sanitaire qui s’accompagne de crise économique et sociale. Comme si la France pouvait se permettre de polariser pour ne pas dire de polluer le débat public sur le mode de scrutin !

C’est d’autant plus extravagant que le parti de François Bayrou n’aurait jamais pu atteindre en juin 2017 un groupe parlementaire aussi nombreux sans le scrutin majoritaire.

Je sais que le Bayrou-bashing est un sport national, c’est souvent le cas d’ailleurs des personnalités populaires, une sorte de jalousie diffuse, et encore récemment, les reproches qu’on pourrait faire à François Bayrou sont souvent infondés. Par exemple, on lui a reproché d’avoir été dans un aéroport sans porter de masque. Critique mal venue et hors contexte, de très mauvais goût aussi, puisqu’il prenait l’avion pour l’enterrement de sa près proche camarade politique Marielle de Sarnez. Il attendait dans la salle d’embarquement. Il en a profité pour prendre un café, ce qui se fait a priori sans masque, et la photographie a été prise juste avant qu’il ne remît son masque.

La critique fondée, c’est d’être hors sol quand il réclame la proportionnelle. Ce fut d’ailleurs l’un des points de divergence que j’ai avec lui depuis des décennies, et je pourrais même généraliser, que j’ai en général avec les centristes dans lesquels pourtant je me reconnais, mais pas sur le plan des institutions. François Bayrou l’a confirmé lorsqu’il a été l’invité de la matinale de France Inter le mardi 26 janvier 2021, il l’a répété encore dans l’émission "Grand Jury" sur LCI RTL "Le Figaro" du dimanche 7 février 2021 : François Bayrou veut la proportionnelle !

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La semaine suivante (14 février 2021), dans la même émission du "Grand Jury", le Ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a redit deux arguments sur le sujet : ce n’était pas un hasard si De Gaulle avait adopté le scrutin majoritaire en 1958 (c’est en fait un petit peu plus compliqué que cela, Michel Debré avait voulu un scrutin majoritaire à un tour, comme au Royaume-Uni, et les parlementaires de la commission chargée des institutions l’ont "retoqué"avec deux tours pour réduire les effets de la logique majoritaire) et il a proposé de regarder ce qui se passait actuellement en Israël et en Italie, j’ajouterai aussi en Allemagne voire en Espagne.

Ce que dit Éric Dupond-Moretti est du bon sens lorsqu’il dit qu’il ne faut pas réduire le pouvoir de l’exécutif en ces temps incertains de pandémie de covid-19. Comment pourrait-on imaginer la France d’aujourd’hui avec une assemblée de type Quatrième République, avec la durée d’un gouvernement qui ne dépasserait pas les quelques mois, à un moment crucial où tous les repères se sont effondrés sur eux-mêmes ? Les Français auraient-ils la mémoire si courte qu’ils auraient oublié les causes de l’effondrement de 1958 ?

On a critiqué l’économie française, on a critiqué l’administration, on a critiqué l’éducation, on a critiqué beaucoup de choses dans la France d’aujourd’hui, mais s’il y a bien une chose qui a fonctionné en France depuis plus de soixante ans, ce qui nous a d’ailleurs sauvés de crises encore plus effroyables, c’est que les institutions de la Cinquième République sont efficaces, qu’elles ont tenu le coup même quand le navire tanguait, que c’est probablement la chose excellente qu’il faut préserver au mieux dans ce qu’est la France. Vouloir les changer aujourd’hui, c’est un peu comme saborder le navire en pleine tempête.

Alors, rappelons à quoi sert une chambre législative : elle sert à faire la loi et à contrôler le gouvernement. Elle ne sert pas à faire ce que le Président Emmanuel Macron voulait faire avec le grand débat, des sortes d’assemblées citoyennes bien jolies, bien propres, mais qui n’aboutissent à rien. Ce n’est pas un panel mais une confrontation politique qui doit avoir lieu. Pour faire la loi, il faut une majorité, c’est le principe de la démocratie, on peut le regretter (le nombre n’est effectivement pas un critère de vérité), mais c’est un principe qui n’a, jusqu’à maintenant, pas eu de concurrence soutenable.

Alors, non, il ne faut pas modifier le scrutin des élections législatives aujourd’hui. Pour de nombreuses raisons.

Les circonstances ? Comme si on n’avait que cela à faire avec 400 à 500 décès dus au covid-19 chaque jour, un troisième confinement programmé pour le mois de mars, des variants qui voudraient nous aiguiller vers le scénario du pire cauchemar alors que les vaccins allaient enfin esquisser le bout du tunnel, sans compter la récession, le chômage, la pauvreté, les suicides qui augmentent… Pendant ce temps, pour simple convenance personnelle d’un groupe parlementaire qui, finalement, n’est pas si indispensable que cela, on veut modifier la règle du jeu qui n’aura évidemment aucune conséquence sur tous les problèmes que je viens d’énumérer. Imagine-t-on Clemenceau changer le mode de scrutin en pleine guerre ? Il y a des rendez-vous de l’histoire qui sont loupés, apparemment. (Pour info, Clemenceau a modifié le mode de scrutin, mais le 12 juillet 1919, après la fin de la guerre, et en plus pour mettre la proportionnele !).

Autre circonstance, évoquée aussi dans l’extrait proposé des mémoires de Jacques Chirac (« engagement pris devant les Français »), qu’a rappelée opportunément François Bayrou, la proportionnelle serait un engagement du Président de la République pendant la campagne présidentielle. Si on devait prendre toutes les promesses, faudrait-il toutes les appliquer ? La réforme des retraites par points par exemple ? Pourtant, elle était aussi un engagement du Président de la République.

En fait, je sais que ce n’est pas politiquement correct d’écrire cela, mais je déteste qu’on ne s’en tienne qu’aux promesses préélectorales et jamais je n’ai voté en fonction des promesses ou non promesses. Cela demanderait sans doute un plus long développement, mais quand j’élis une personne pour occuper la Présidence de la République, je vote pour justement une personne et pas pour des promesses. Pourquoi ? Parce que personne n’est en connaissance de l’avenir. En 2017, personne n’était capable de dire que nous serions plongés en pleine pandémie trois ans plus tard. Les événements vont si vite dans tous les domaines qu’un programme proposé à un temps t n’a plus aucune pertinence deux ou trois ans plus tard. Que dire du mariage pour tous, engagement du candidat François Hollande qui a été élu simplement par défaut pour rejeter Nicolas Sarkozy ? Qui pourrait dire qu’on vote pour chacun des engagements d’un candidat lorsqu’on vote pour lui ? Heureusement que non, sinon, tout le monde serait abstentionniste.

Comme lorsqu’une entreprise recrute des nouveaux salariés, je vote pour une personne, pour sa personnalité, pour son caractère, pour sa capacité à réagir face à l’urgence, face à la surprise, face à l’adversité, sa capacité à négocier avec nos partenaires, etc. Heureusement qu’Emmanuel Macron est aux commandes, un homme jeune, dynamique et qui connaît les rouages de l’administration. Imaginons un incompétent un peu fatigué à cette fonction alors que tout est à réinventer ! On critique la gestion de la crise, on critique, on critique, mais les sondages de râleurs montrent aussi que, aussi critiquable qu’il soit, et il l’est sur bien des points, évidemment, selon les sondés depuis un an, aucune personnalité n’aurait été capable de faire mieux ! On ne vote donc pas pour un programme mais pour une personne, un caractère, une motivation, une aptitude, une intuition.

Mais revenons au fond, car la proportionnelle, c’est une Arlésienne, on la met dans la conversation comme si c’était l’alpha et l’oméga d’une meilleure prise en compte du peuple. Pourtant, ce ne sont pas les institutions, ni les règles du jeu qui sont importantes en politique. Ce sont les acteurs, les personnes qui les occupent, qui les appliquent. La preuve, c’est que, dans l’histoire du monde, des personnes se sont distinguées par leur aura, leur charisme, leur compétence, leur courage, leur intelligence, leur capacité à faire l’histoire en tout lieu et tout temps, avec des institutions très différentes, avec des règles très différentes, des cultures et des environnements très différents. Ce sont les hommes qui façonnent l’histoire, pas les structures. Ce que je viens d’écrire est évidemment discutable et pourrait valoir une réflexion plus développée qu’ici. Ce que je veux simplement dire ici, c’est que l’âme humaine transcende les institutions.

Mais déjà, au risque de décevoir, prenons comme postulat que la démocratie dans un pays de 67 millions de personnes ne peut se concevoir que comme une démocratie représentative et pas une démocratie directe réservée au mieux aux petits pays.

Et admettons que la représentativité démocratique de ses représentants, quelles qu’en soient les règles, sera toujours sujette à caution.

Faut-il qu’il y ait une représentativité des sexes ? Évidemment, scandale de n’avoir que des hommes dans une assemblée délibérative. Faut-il une représentativité socioprofessionnelle ? Ce serait pas mal, oui. Des ouvriers, pas seulement des profs et des avocats. Faut-il une représentativité ethnique ? Alors là, déjà, ça va mal aller, définition, discrimination, et au bout du bout, racisme d’État même positif. Une représentativité de la sexualité ? C’est-à-dire que l’assemblée soit aussi conforme que la population dans ses modes de sexualité ? Pas sûr que la sexualité des candidats doive s’afficher, pas sûr qu’un député vote en fonction de sa sexualité (sauf, évidemment, sur des sujets qui abordent ce domaine, mais ce domaine ne devrait rester que du ressort de l’intime, pas du législatif). Représentativité des âges ? Oui, ce serait pas mal non plus, mais l’âge des artères ou de l’esprit ? Bref, et c’est sans doute les biais dans les sondages, avoir une représentativité est toujours très relatif. On pourra toujours la critiquer. C’est bien pour cela que la Convention citoyenne pour le climat choisie comme on sélectionne un échantillon d’institut de sondage ne peut pas être une règle démocratique.

Au contraire, je considère que la démocratie doit aller bien plus loin qu’une simple représentativité : l’élu représente toute la population, pas seulement ses électeurs, pas seulement son groupe de clientèle. L’élection est un sacre et le représentant devient l’égal de toute la population, qu’importe ses caractéristiques, un homme peut protéger les droits des femmes, un hétérosexuel peut voter pour le mariage pour tous, un avocat défendre les intérêts des ouvriers, etc.

Mais je ne veux pas éluder les arguments qui seraient prétendument en faveur de l’instauration de la proportionnelle pour élire les députés.

Une petite question toute simple : connaissez-vous vos députés européens ? Je dis "vos" dans un sens très général : la liste étant nationale, "j’ai" 79 députés européens français. En connaissez-vous au moins un, ou deux ? Vous ont-ils rendu compte de leurs activités depuis deux ans ?

S’ils sont très peu connus de leurs électeurs, les députés européens, c’est en raison de la manière de les désigner. En effet, le scrutin proportionnel, loin de les rapprocher du peuple, éloigne les candidats et les élus du peuple et les rapproche surtout des états-majors de partis politiques. Avec ce scrutin, ce qui compte, ce n’est pas le mérite personnel, la capacité du candidat à convaincre voire séduire ses électeurs (sauf en cas de vote préférentiel), mais sa capacité à convaincre le parti politique de le mettre à une place suffisamment élevée pour qu’il puisse être élu, quel que soit le désir des électeurs. L’incertitude de l’élection concerne alors seulement les candidats situés sur la liste en deçà de la position dite éligible en fonction de la bonne ou mauvaise performance de la liste elle-même, c’est-à-dire du parti. L’élection devient impersonnelle alors que les fonctions doivent s’incarner par des personnes.

Les candidats à la proportionnelle sont des candidats hors sol qui n’ont pas besoin d’être appréciés du peuple, il suffit d’être appréciés de leur parti. Cela réduit en fait les capacités de renouvellement, un candidat indépendant n’aura plus aucune chance, avec la proportionnelle, car il ne sera pas dans la capacité de présenter des listes (ou alors, ce sera très artificiel, comme les listes de Nicolas Dupont-Aignan aux élections européennes).

C’est un scrutin qui, par la nature parcellaire actuelle du paysage politique, empêche toute clarté dans la construction d’une future majorité gouvernementale. Cela aboutit soit à l’immobilisme (absence de gouvernement ou crises institutionnelles multiples), soit à une sorte de "dictature" de la minorité.

Par essence, effectivement, la proportionnelle, contrairement à ce qu’on martèle, est un scrutin antidémocratique. La preuve par l’étranger où la proportionnelle est la règle.

Israël ? Depuis quelques années, les Israéliens ont dû voter déjà trois fois, bientôt quatre fois, sans pour autant être capables de dégager une coalition majoritaire. Résultat pendant ce temps : un gouvernement minoritaire, en attendant mieux.

L’Allemagne ? On parle de la très grande stabilité des gouvernements allemands, et c’est vrai. Mais ils ont bénéficié généralement d’une alliance entre un grand parti de gouvernement (SPD ou CDU-CSU) et un petit parti pivot de gouvernement (Verts, FDP, etc.). Or, le caractère très éclaté du paysage politique ne suffit plus. Si Angela Merkel a "duré" si longtemps (plus de quinze ans), c’est que trois fois sur quatre mandats, elle dirige un gouvernement de grande coalition, à savoir, de rassemblement des deux grands partis de gouvernement a priori adversaires, si bien qu’aucune politique claire et construite ne peut être menée puisque ce n’est que ménagement de la chèvre et du chou (il est là, le "centrisme mou", pas dans le centrisme conquérant et quasi bonapartiste d’Emmanuel Macron).

L’Italie ? C’est sans doute le pire exemple, car dans la même législature, depuis moins de trois ans, les Italiens auront tout eu : un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5E) de Luigi Di Maio et la Ligue (Lega) de Matteo Salvini, lui-même nommé Ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire un gouvernement d’union de la carpe et du lapin, avec un extrémiste à l’Intérieur et un modéré à la tête d’un gouvernement de tonalité antieuropéenne. Puis, une coalition de centre gauche proeuropéenne, avec le M5E (OVNI difficilement identifiable) et un parti démocrate qui était de l’ancienne majorité et qui avait été très copieusement désavoué par les électeurs. Et encore une troisième formule, très simple, on réunit tout le monde (Forza Italia de Silvio Berlusconi, Italia Viva de Matteo Renzi, Lega de Matteo Salvini, M5E de Luigi Di Maio, le parti démocrate) et l’on chapeaute le tout par l’ancien président de la Banque centrale européenne. Était-ce ce que voulaient les électeurs dans la même législature ? J’en doute !

Je passe aussi avec l’Espagne qui a connu un changement de Premier Ministre et de coalition sans élections (qui n’ont fait que confirmer, très vaguement, ce changement), et beaucoup d’autres parlements locaux qui sont souvent bloqués pour faire de grandes réformes. Les Français peuvent être fiers d’avoir leurs institutions qui leur permettent d’avoir un gouvernement fort capable d’aller clairement dans la voie voulue par la majorité des électeurs (c’est-à-dire par le plus grand nombre des électeurs).

En termes de représentativité, le scrutin majoritaire actuel est largement satisfaisant. En effet, les élections législatives de juin 2017 n’ont oublié aucune force politique parmi les élus. Contrairement à ce qu’on disait longtemps, le FN a su gagner des sièges malgré le scrutin majoritaire et je ne doute pas que si ce parti gagnait l’élection présidentielle, il saurait gagner également les élections législatives. La démonstration d’Emmanuel Macron est d’ailleurs assez claire : qui pouvait sérieusement imaginer qu’une fois élu, il n’aurait pas obtenu de majorité pour gouverner ? De même, bien qu’ultraminoritaire, France insoumise a su gagner des sièges également au scrutin majoritaire et même former un groupe politique.

Du reste, ce scrutin de 2017 a fait ses preuves sur le renouvellement : un parti tout récent, venu de nulle part, ayant juste un an d’ancienneté, a su conquérir la majorité des sièges, ce qui signifie que l’avenir n’est jamais bloqué avec le scrutin majoritaire au contraire du scrutin proportionnel qui favorise les grands partis déjà bien établis.

Effectivement, peut-on imaginer que, par exemple, l’UPR de François Asselineau puisse avoir des sièges avec le scrutin proportionnel ? La réponse est non et la raison est toute simple : il suffit de regarder son score aux dernières élections européennes de mai 2019 qui étaient à la proportionnelle intégrale nationale. Avec 265 469 électeurs (1,17% des suffrages exprimés), il ne faut pas trop espérer représenter quelque chose. Au contraire, l’UPR aurait sa chance avec le scrutin majoritaire car l’un de ses candidats pourrait quand même réussir à convaincre les électeurs d’une circonscription (100 ou 200 000 personnes), en tout cas, aurait plus de chance de remporter un siège au scrutin majoritaire qu’avec la proportionnelle. Les très petits partis n’ont aucune chance avec la proportionnelle.

La proportionnelle éliminera également tous les candidats farfelus, indépendants, étonnants, discordants, qui, pourtant, pourraient séduire localement des électeurs. La proportionnelle est la règle de l’uniformité. Enfin, le scrutin majoritaire n’empêche pas la représentativité de la population. En effet, la loi actuelle propose de revoir régulièrement le découpage électoral en fonction de la démographie et a réduit les écarts de représentation de la population d’une circonscription à l’autre. Écarts qui ne seraient pas supprimés avec par exemple une proportionnelle intégrale dans le cadre départemental car il existe des départements très peu peuplés.

Certes, l’argument principal pour le maintien du scrutin majoritaire, c’est le besoin, heureusement reconnu par tous les partis, de dégager une majorité parlementaire. C’est la raison pour laquelle ceux qui proposent le scrutin proportionnel ne propose qu’une "dose" de proportionnelle, comme si un mode de scrutin était une recette de cuisine avec différents ingrédients (cela donne une idée de la considération qu’on se fait des institutions).

C’est le cas de la proposition de loi n°3865 que Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l’Assemblée Nationale, a déposée le 9 février 2021 sur le bureau du Président de l’Assemblée Nationale. Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, cette proposition de loi fait référence ouvertement aux travaux de Terra Nova du 19 mars 2018.

J’ai pris connaissance de ces travaux et ils me paraissent remplis de biais historiques, institutionnels et politiques. Ils se basent sur des hypothèses totalement abstraites et je comprends bien que la proportionnelle agite les esprits des constitutionnalistes parce que cela nécessite un peu de réflexion intellectuelle, mais ils oublient des conditions de réalisme politique. En fait, Terra Nova propose des solutions totalement illisibles, compliquées, avec des calculs "additifs", "compensatoires" et "correctifs". Bientôt, pour être électeur, il va falloir passer l’agrégation de sciences politiques si ce n’est un doctorat de mathématiques !

Dans leurs hypothèses, dans le schéma où il y a le moins de proportionnelle, à savoir 25% des sièges, les travaux de Terra Nova reconnaissent que le parti majoritaire, LREM, n’aurait pas obtenu de majorité absolue à l’Assemblée Nationale en juin 2017, avec seulement 184 sièges sur 400. Dans le pire des cas (50% des sièges à la proportionnelle), LREM n’aurait obtenu que 151 sièges sur 400. Pas de quoi gouverner ! Bonjour la paralysie.

Si la proposition de loi de Patrick Mignola y fait référence, elle ne s’inspire cependant pas de ces travaux, heureusement. Elle évoque l’abstention comme conséquence du mode de scrutin, ce qui un contresens assez important : l’abstention tient au fait que ceux qui n’ont pas voté pour celui qui a été élu à l’élection présidentielle n’ont pas considéré comme souhaitable de voter contre lui aux législatives pour qu’il n’ait pas de majorité parlementaire. La concomitance des deux scrutins est la cause prépondérante de la forte abstention, la mobilisation électorale s’est faite exclusivement autour du scrutin présidentiel. Si le mode de scrutin était la cause de l’abstention, il y en aurait eu beaucoup moins aux élections européennes de mai 2019 qui étaient à la proportionnelle intégrale dans le cadre national (on ne peut pas faire plus proportionnel).

La proposition de loi, qui comporte quatre articles, souhaiterait instaurer deux scrutins en un : pour les départements avec moins de douze circonscriptions, le maintien du scrutin majoritaire à deux tours par circonscription, pour les départements de douze circonscriptions ou plus, le passage au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel dans le cadre du département. Cela correspondrait à 22,5% des sièges pourvus à la proportionnelle.

Cette proposition pourrait sans doute ravir le MoDem et d’autres partis de moyenne catégorie comme EELV et le RN, mais ne permettrait pas à un petit parti d’avoir des sièges (pour un département avec 12 députés, il faut obtenir au moins 10% voire plus pour avoir un siège). En outre, la faible dose ne soulagerait pas les mécontents qui considéreraient qu’il n’y aurait toujours pas plus de représentativité, mais elle risquerait cependant d’empêcher la constitution de majorité gouvernementale stable. Bref, cette proposition de loi ne répondrait à aucun des objectifs parfois contradictoires qu’un mode de scrutin est censé fixer.

De plus, cette proposition créerait deux types de députés, des députés élus à la proportionnelle et des députés élus au scrutin majoritaire. Certes, cela existe déjà avec les sénateurs, à cela près que les députés ont le dernier mot dans le processus législatif, et sont élus par le peuple en entier, pas les grands électeurs, ce qui est un peu différent donc en termes d’équité entre les électeurs. On imaginerait facilement que les états-majors des grands partis réserveraient les premières places de leurs listes dans les grandes agglomérations pour leurs apparatchiks sans se soucier s’ils plairaient à leurs propres électeurs.

La proportionnelle tout comme plus généralement les institutions n’ont rien à voir avec le discrédit qui peut toucher la classe politique. Ce sont les personnes qui sont en cause, pas les structures. Depuis 2017, la classe politique s’est considérablement renouvelée (et rajeunie, et féminisée), de jeunes talents nouvellement élus ont pu se faire entendre depuis près de quatre ans au sein des principaux partis (LREM, LR, UDI, FI, RN), à l’exception peut-être du PS laminé aux dernières élections. C’est la pertinence de leurs discours qui fera que l’abstention s’aggravera ou pas. Le capacité à mobiliser, à redynamiser, à restaurer la grandeur du pays. Le mode de scrutin n’y est pour rien. En revanche, le mode de scrutin a une importance stratégique dans la constitution de majorité gouvernementale efficace et stable. Qu’on ne nous retire pas ce dispositif de scrutin majoritaire si nécessaire au peuple français laissé par De Gaulle !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La proportionnelle en 2021 ?
François Bayrou.
Marielle de Sarnez.
François Bayrou sera-t-il le Jean Monnet du XXIsiècle ?
Le scrutin proportionnel.
Vive la Cinquième République !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210216-proportionnelle.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/02/16/38820186.html




 

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 03:27

« En un mot, les États-Unis d’Europe. C’est là le but, c’est là le port. » (Victor Hugo, le 29 août 1876).



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Il y a deux ans, le samedi 1er septembre 2018 s’est éteint l’ancien député centriste Jean Seitlinger, à Rohrbach-lès-Bitche, dont il fut le maire pendant vingt-quatre ans. Il avait 93 ans (né le 16 novembre 1924 à Saint-Louis-lès-Bitche). Pour un Mosellan dont la langue maternelle était l’allemand (et donc bilingue dès l’enfance), né à dix-sept kilomètres de la frontière allemande à vol d’oiseau et onze mois exactement avant les Accords de Locarno qui scellaient l’amitié franco-allemande, Jean Seitlinger a consacré naturellement sa vie publique à promouvoir l’idée européenne après avoir lui-même combattu à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C’est dans ce cadre européen que j’ai eu la grande chance de le rencontrer plusieurs fois au début des années 1990, alors qu’il était encore député et adhérent du CDS. J’étais venu en voisin centriste (de Meurthe-et-Moselle). J’avais notamment visité avec lui le Centre d’études européennes de Scy-Chazelles, ville mosellane où a habité le père de l’Europe Robert Schuman(1886-1963) et là où il est enterré.

Issu d’une famille modeste dans une commune ouvrière, il fit ses études à Sarreguemines puis à Paris en lettres (licence) et en droit jusqu’au doctorat. À 18 ans (en 1943), il a rejoint le maquis des Glières en Haute-Savoie et s’est engagé volontaire en 1944-1945. Entre 1945 et 1949, il assura de l’enseignement, notamment en Autriche, et fut à cette occasion un délégué syndical de la CFTC : comme beaucoup de Mosellans de son époque, il était avant tout démocrate-chrétien.

Devenu avocat de Moselle en 1950, Jean Seitlinger sympathisa rapidement avec Robert Schuman dans les années 1950, figure forte de la vie politique locale. Lors de la dissolution soudaine de la Chambre des députés par Edgar Faure, Robert Schuman lui proposa d’être candidat sur sa liste (c’était un scrutin proportionnel avec apparentements), si bien que le 2 février 1956, Jean Seitlinger fut élu député centriste à l’âge de 31 ans, avec 91 637 voix (leur liste a obtenu quatre sièges). Ce fut le début d’une longue carrière politique, tant locale, nationale qu’européenne.

Jean Seitlinger fut élu et réélu député de Moselle (à partir de 1958 et sauf en 1986, dans la circonscription de Sarreguemines) de février 1956 à octobre 1962 (battu par le candidat gaulliste en 1962, 1967 et 1968), puis de mars 1973 à avril 1997 (d’abord MRP, puis CDP, enfin UDF-CDS). Il fut souvent membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale. Également conseiller général de Rohrbach-lès-Bitche de 1958 à 1964 et de 1976 à 1994, maire de Rohrbach-lès-Bitche de mars 1977 à mars 2001 (son petit-fils Vincent est l’actuel maire de la commune, réélu en mars 2020 avec 72,1% des voix), enfin, député européen de juin 1979 à juin 1984 sur la liste centriste et proeuropéenne de Simone Veil, cumulant avec sa fonction de parlementaire national. Il fut également conseiller régional de Lorraine.

Ce type de carrière, cumulant de multiples mandats sur une longue période (quarante-cinq ans) était très ordinaire en France parmi ses contemporains. En tant que parlementaire, il fut aussi membre de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe (qui n’est pas la même institution que l’Union Européenne), dont il fut le vice-président de la délégation française (1993 à 1997). En tant que parlementaire, il fut membre de la direction nationale du MRP, puis du CDS, ainsi que secrétaire général fondateur du Parti populaire européen (PPE), le parti des démocrates-chrétiens européens, de 1979 à 1982.

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Fondateur et, pendant longtemps, membre dirigeant de la Fondation Robert-Schuman (un think tank proeuropéen), Jean Seitlinger a rencontré de nombreuses personnalités européennes, même lorsqu’il était en retraite. Comme ce 30 septembre 2003 où il a reçu dans les locaux de l’Université Robert-Schuman de Strasbourg le Premier Ministre roumain Adrian Nastase ainsi que le Ministre roumain des Affaires étrangères Mircea Geoana à l’occasion de la parution de la traduction roumaine du livre "Pour l’Europe" de Robert Schuman (préfacée par Adrian Nastase).

Parmi ses premières contributions parlementaires, Jean Seitlinger fut l’auteur d’une loi proposant une rente pour les enfants conçus et nés après l’accident de leur père (proposition de loi déposée le 19 juillet 1957). Comme il était un spécialiste des affaires européennes, Jacques Chirac avait prévu de le nommer Ministre délégué aux Affaires européennes dans son gouvernement le 20 mars 1986 lors de la première cohabitation.

Mais des parlementaires RPR l’en dissuadèrent (car Jean Seitlinger avait été un très proche de Robert Schuman) si bien qu’avec plusieurs mois de retard, le 19 août 1986, Jacques Chirac a finalement nommé à ce poste Bernard Bosson (1948-2017), jeune maire d’Annecy et Secrétaire d’État aux Collectivités locales. Onze ans plus tard, Jean Seitlinger a eu cependant "affaire" avec Jacques Chirac lorsque celui-ci fut Président de la République et organisa le deuxième Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe les 10 et 11 septembre 1997 à Strasbourg.

Je termine par des mots de Jean Seitlinger qui montraient que, s’il étudiait beaucoup les dossiers internationaux et réfléchissait dans une dimension européenne, il n’en était pas moins un élu local bien implanté et qui savait promouvoir le terroir. La citation qui suit date d’avril 1987 lorsque Jean Seitlinger était encore le député-maire de Rohrbach-lès-Bitche et qu’il était présent lors du congrès des arboriculteurs. Elle a été publiée par Serge Haehnel, qui fut président du syndicat des arboriculteurs de Rohrbach-lès-Bitche entre avril 2007 et avril 2010, dans son blog sur le verger.

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En voici la teneur : « Chaque fois que nous nous rencontrons, lors de vos congrès, nous en arrivons, bien sûr, à discuter du problème des bouilleurs de cru. La presse en fait largement état dans ses comptes-rendus, si bien que d’aucuns s’imaginent que distiller est votre seul but ! Croire cela n’est que méconnaissance totale de votre art. ».

Et de remercier les arboriculteurs de sa commune pour tous les bienfaits qu’ils accomplissaient : « Pour tous ces arbres que vous plantez et élevez avec amour dans nos campagnes et nos cités, merci ! Pour cet écrin de fleurs qu’à la saison nouvelle vous mettez autour de nos villages, merci ! Pour les cerises que, gamins, nous allions chaparder pour en faire des boucles d’oreilles aux filles, merci ! Pour l’ombre bienfaisante dispensée par vos vertes frondaisons, à la saison chaude, merci ! Pour les beaux fruits qu’à l’automne vous mettez sur nos tables, merci ! Pour les bonnes tartes aux mirabelles et aux quetsches que nous dévorions de préférence encore chaudes, merci ! Pour les noix que nous grignotons au long des soirées d’hiver, merci ! Pour toute cette écologie que vous pratiquez depuis toujours, sans faire grand tintamarre, merci ! Et alors, pourquoi pas… Pour le petit schnaps, à la fin des bons repas de fêtes de famille, merci ! ». Un élu qui remercie autant ses électeurs producteurs, c’était au moins une marque de reconnaissance qui fait peut-être un peu défaut maintenant…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 août 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean Seitlinger.
Le CDS.
Simone Veil.
Nicole Fontaine.
Henry Jean-Baptiste.
Loïc Bouvard.
Bernard Bosson.
Bernard Stasi.
Dominique Baudis.
Jacques Barrot.
Adrien Zeller.
Alain Poher.
Jean Lecanuet.
René Monory.
Raymond Barre.
Charles Choné.
Bernard Bosson.
La construction européenne.
Marie-Jeanne Bleuzet-Julbin.
Olivier Lejeune.
Roger Mari.

_yartiSeitlingerJean01




http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200901-jean-seitlinger.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-seitlinger-le-fils-spirituel-207356

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2019/01/01/36674894.html



 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 02:34

« L’équipe est au complet. Avec eux, et pour vous, chacun des 600 prochains jours devra être utile au pays et à la hauteur de ses défis. C’est au plus près des Français que nous leur trouverons des solutions : nous irons à votre rencontre, partout sur le territoire. » (Jean Castex, Twitter le 26 juillet 2020).



_yartiGvtCastexSE03

On aurait voulu la faire plus discrète, on n’aurait pas pu : le dimanche soir, en fin juillet, en plein été, dans la torpeur du soleil qui se couche. La nomination des onze secrétaire d’État a eu lieu ce dimanche 26 juillet 2020. Elle était attendue depuis la nomination du gouvernement de Jean Castex le 6 juillet 2020. Pourquoi autant de temps entre les deux ? On a dit que Jean Castex voulait attendre son vote de confiance pour être sûr que tous les députés de la majorité la votent et leur laisser l’improbable espoir d’une nomination au gouvernement.

La nouvelle équipe se réunira au complet à l’Élysée au prochain conseil des ministres du 29 juillet 2020 à 10 heures, avec les distances de sécurité. Seuls, ensuite, les ministres pleins assisteront à tous les conseils des ministres, et les "sous-ministres" n’y participeront que lorsqu’ils auront une communication à y faire. Gouvernement pléthorique plus que resserré : avec seize ministres, quatorze ministres délégués et douze secrétaires d’État, il y a donc quarante-trois membres du gouvernement, ce qui est beaucoup, frôlant le record du gouvernement de Michel Rocard. Point positif (à mon sens), pour la première fois de l’histoire politique, il y a un peu plus de femmes que d’hommes dans le gouvernement français.

On peut lire le décret présidentiel ici pour avoir le détail de la totalité des nouveaux membres du gouvernement. Six nouveaux membres du gouvernement ont été nommés le 26 juillet 2020, cinq députés et un membre du cabinet présidentiel. Quant à ceux qui sortent, ils sont seulement quatre secrétaires d’État (dont Sibeth Ndiaye, chargée maintenant à LREM de dénicher de nouveaux talents pour l’avenir…).

Je propose ici de saluer l’arrivée de deux nouvelles secrétaires d’État, Sarah El Haïry et Olivia Grégoire, deux jeunes députées énergiques et combattives, et je regrette le départ de deux secrétaires d’État sortantes du gouvernement précédent dirigé par Édouard Philippe, qui n’avaient pas démérité, à savoir Brune Poirson et Christelle Dubos.


Brune Poirson (37 ans)

À 37 ans, Brune Poirson a déjà un long parcours tant dans la vie professionnelle que dans la vie politique. Née à Washington et franco-américaine, diplômée notamment de l’IEP d’Aix-en-Provence et de Harvard, elle a eu l’occasion de travailler à l’étranger à de nombreuses reprises, et s’est intéressée au développement durable. Elle a participé notamment à des projets en Inde et à Boston. Soutenant la campagne présidentielle du futur Président Emmanuel Macron, elle fut recommandée par Hubert Védrine auprès de Jean-Paul Delevoye pour obtenir l’investiture LREM aux élections législatives.

_yartiGvtCastexSE04

Élue députée du Vaucluse d’où sa famille est originaire le 18 juin 2017 (dans la circonscription de Marion Maréchal, elle a battu un candidat du FN avec 50,7% des voix), elle fut nommée dans la foulée, le 21 juin 2017, Secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire jusqu’au 3 juillet 2020, auprès des ministres Nicolas Hulot, François de Rugy puis Élisabeth Borne, plus particulièrement chargée de la biodiversité, de la mer et des océans, ainsi que de la plupart des projets européens.

Dans ses fonctions ministérielles, Brune Poirson s’est particulièrement préoccupée du projet de loi contre le gaspillage, qui est devenue la loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Cette loi a pour objectif de réduire l’obsolescence des biens de consommation, prolonger la vie des produits, réduire les emballages, pour protéger le consommateur et responsabiliser le producteur, améliorer le tri des déchets et leur recyclage. Un titre est consacré à la lutte contre les dépôts sauvages.

Elle a fait partie des membres du gouvernement qui ont souvent bataillé au Parlement, faisant preuve de combativité et de sens politique. Pour exemple, elle n’a pas hésité à polémiquer en répondant à deux questions d’opposants pour tourner en ridicule ses contradicteurs qui l’empêchaient de répondre. C’était une belle révélation du gouvernement, avec Julien Denormandie (aujourd’hui Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation), elle fait de la politique, arrive à suivre son fil malgré le brouhaha, etc.

Lors de la séance à l’Assemblée Nationale du 12 juin 2018, présidée par François de Rugy, elle déclarait effectivement, pantalon rose et veste noire : « Nous entendons donc trouver des solutions compatibles avec les règles du commerce mondial ! »

Puis elle s’est interrompue, sous les applaudissements des députés de la majorité et sous les huées des députés LR. Pas intimidée, elle ajouta : « Vous savez, mesdames et messieurs les députés de droite, je suis mère d’une petite fille de trois ans : sincèrement, vos réactions sont du même niveau que les siennes. C’est la réalité, vraiment ! Je doute, d’ailleurs, que vos électeurs soient très contents de vous voir vous comporter ainsi, désolée de le dire. Bref ! ». Remarque qui n’a fait qu’exacerber l’agitation des députés. Le champ parlementaire est un jeu de rôle et Bruce Poirson a su s’intégrer dans ce théâtre si particulier.

Un moment pressentie pour mener la liste LREM aux élections municipales à Avignon, Bruce Poirson fut élue vice-présidente de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE) le 20 mars 2019 pour un mandat de deux ans. Exclue du nouveau gouvernement, elle retrouvera son siège de députée au mois d’août 2020.


Christelle Dubos (44 ans)

Spécialiste des affaires sociales à l’échelon communal et intercommunal, Christelle Dubos, à 44 ans, quitte le gouvernement après avoir été nommée Secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé du 16 octobre 2018 au 3 juillet 2020, auprès des ministres Agnès Buzyn puis Olivier Véran, chargée plus particulièrement des politiques sociales et familiales. De centre gauche, Christelle Dubos fut élue adjointe au maire de Sadirac, une commune de 4 000 habitants en Gironde, chargée des affaires sociales, du logement et des solidarités, de mars 2014 à juillet 2017.

_yartiGvtCastexSE05

Rejoignant la campagne d’Emmanuel Macron, elle fut investie par LREM et élue députée de Gironde le 18 juin 2017 avec 56,7% face à un candidat FI. À l’Assemblée Nationale, elle consacra son action au logement, à la cohésion des territoires et à l’insertion professionnelle. Elle a corapporté la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (dite loi ELAN), sur les parties logement et mixité sociale.

Au gouvernement, Christelle Dubos a été chargée d’organiser la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté proposée par Emmanuel Macron le 13 septembre 2018. Elle a aussi travaillé sur le service public de versement des pensions alimentaires en incluant les CAF comme intermédiaires entre conjoints, et a étudié la mise en place d’une refonte de toutes les aides sociales et d’un revenu universel d’activité. Elle a également mis en place de deux plans d’urgence d’aide alimentaire, un de 39 millions d’euros puis un autre de 55 millions d’euros pour soutenir les associations en pleine crise sanitaire.

Certains ont reproché sa trop grande rareté médiatique pendant la pandémie de covid-19, en particulier son absence de décision concernant les EHPAD qui relevaient de ses attributions, probable explication de son éviction du nouveau gouvernement.


Sarah El Haïry (31 ans)

Au contraire de Christelle Dubos, elle est très présente dans les médias. Beaucoup de gens ont pu voir Sarah El Haïry et sa combativité dans de nombreux débats télévisés, n’hésitant pas, sur les plateaux, non seulement à défendre la politique du gouvernement mais aussi, en même temps, à donner franchement ses points de vue, montrant ainsi une femme de caractère et une femme qui a une vision politique.

_yartiGvtCastexSE02

C’est probablement l’une des meilleures nominations dans ce nouveau gouvernement. Nommée à 31 ans, le 26 juillet 2020, Secrétaire d’État auprès de Jean-Michel Blanquer, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry est montée très vite en responsabilité au sein du MoDem à Nantes où elle a été élue conseillère municipale le 28 juin 2020 (elle avait été numéro deux de la liste MoDem en mars 2014, mais ne fut pas élue à l’époque ; elle fut opposée à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes).

D’origine franco-marocaine, née à Romorantin-Lanthenay, ayant passé une partie de son enfance à Metz et à Casablanca, elle a fait ses études à Nantes puis a eu une expérience internationale, notamment au Canada. Représentante du MoDem, elle participa à la liste de Bruno Retailleau (sénateur LR) aux élections régionales de décembre 2015 pour les Pays de la Loire, et fut désignée présidente du MoDem de Loire-Atlantique à partir février 2016 (porte-parole nationale à partir de février 2018).

Investie par le MoDem et soutenue par LREM, Sarah El Haïry fut élue députée de Nantes le 18 juin 2017 avec 61,0% des voix contre le député socialiste sortant. Membre de la commission des finances, elle a rendu un rapport le 9 juin 220 au Premier Ministre Édouard Philippe sur la philanthropie à encourager en France.


Olivia Grégoire (41 ans)

Licence d’histoire à Nanterre, IEP Paris (communication) et master en marketing à l’ESSEC pour Olivia Grégoire qui a commencé sa carrière professionnelle dans une agence de publicité puis dans un grand groupe privé avant de créer son propre cabinet de consultante.

Proche des idées libérales d’Alain Madelin, Olivia Grégoire a travaillé dans les cabinets du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin entre 2002 et 2005 puis du Ministre de la Santé Xavier Bertrand e 2005 à 2007. Responsable des questions de santé pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, elle fut investie par LREM et fut élue députée dans la douzième circonscription de Paris, battant le 18 juin 2017 le député LR sortant Philippe Goujon avec 56,4% des voix.

Une fois élue députée, Olivia Grégoire a été très active, tant dans son travail de parlementaire (vice-présidente de la commission des finances, présidente de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi Pacte), que dans son influence politique au sein du groupe LREM dont elle fut la porte-parole. Elle a soutenu en septembre 2018 la candidature de Gilles Le Gendre à la présidence du groupe LREM, pour remplacer Richard Ferrand élu au perchoir, et elle aurait pu lui succéder en septembre 2020 si elle n’avait pas été nommée au gouvernement.

Elle a été aussi engagée pleinement dans la bataille des municipales à Paris, comme responsable de communication de Benjamin Griveaux qui a cependant été amené à démissionner quelques semaines avant les élections.

N’hésitant pas à nourrir la polémique, Olivia Grégoire était l’une des rares membres du groupe LREM à savoir ce qu’être député de la majorité, à savoir batailler contre l’opposition, répondre aux arguments, les combattre au besoin, multiplier les interventions dans les médias pour porter la parole gouvernementale. Bref, être un "second couteau" capable de soutenir le gouvernement lorsqu’il y a la tempête.

Nommée à 41 ans, le 26 juillet 2020, Secrétaire d’État auprès de Bruno Le Maire, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire a obtenu de façon méritée un strapontin ministériel sur un sujet qui lui tenait à cœur. Elle fait partie, avec Amélie de Montchalin, des "révélations" des députés LREM.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 juillet 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Secrétaires d’État du gouvernement Castex : des nouveaux et des partants.
Nomination des secrétaires d’État du gouvernement Castex I.
Gérald Darmanin, cible des hypocrisies ambiantes.
Relance européenne : le 21 juillet 2020, une étape historique !
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 16 juillet 2020 au Sénat (texte intégral).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 15 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale (texte intégral).
La déclaration de politique générale de Jean Castex le 15 juillet 2020.
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 juillet 2020 par Léa Salamé et Gilles Bouleau (retranscription intégrale).
Emmanuel Macron face aux passions tristes.
Gérald Darmanin, l'enfant terrible de la Macronie.
Composition du gouvernement Castex I.
Le gouvernement Castex I nommé le 6 juillet 2020.
Jean Castex, le Premier Ministre du déconfinement d’Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le climat le 29 juin 2020 à l’Élysée (texte intégral).
Après-covid-19 : écologie citoyenne, retraites, PMA, assurance-chômage ?
Édouard Philippe, le grand atout d’Emmanuel Macron.
Municipales 2020 (5) : la prime aux… écolos ?
Convention citoyenne pour le climat : le danger du tirage au sort.
Les vrais patriotes français sont fiers de leur pays, la France !
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
Retraites : Discours de la non-méthode.
La réforme de l’assurance-chômage.
Emmanuel Macron explique sa transition écologique.

_yartiGvtCastexSE06



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200726-olivia-gregoire.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/07/28/38453061.html




 

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 02:31

« L’équipe est au complet. Avec eux, et pour vous, chacun des 600 prochains jours devra être utile au pays et à la hauteur de ses défis. C’est au plus près des Français que nous leur trouverons des solutions : nous irons à votre rencontre, partout sur le territoire. » (Jean Castex, Twitter le 26 juillet 2020).



_yartiGvtCastexSE02

On aurait voulu la faire plus discrète, on n’aurait pas pu : le dimanche soir, en fin juillet, en plein été, dans la torpeur du soleil qui se couche. La nomination des onze secrétaire d’État a eu lieu ce dimanche 26 juillet 2020. Elle était attendue depuis la nomination du gouvernement de Jean Castex le 6 juillet 2020. Pourquoi autant de temps entre les deux ? On a dit que Jean Castex voulait attendre son vote de confiance pour être sûr que tous les députés de la majorité la votent et leur laisser l’improbable espoir d’une nomination au gouvernement.

La nouvelle équipe se réunira au complet à l’Élysée au prochain conseil des ministres du 29 juillet 2020 à 10 heures, avec les distances de sécurité. Seuls, ensuite, les ministres pleins assisteront à tous les conseils des ministres, et les "sous-ministres" n’y participeront que lorsqu’ils auront une communication à y faire. Gouvernement pléthorique plus que resserré : avec seize ministres, quatorze ministres délégués et douze secrétaires d’État, il y a donc quarante-trois membres du gouvernement, ce qui est beaucoup, frôlant le record du gouvernement de Michel Rocard. Point positif (à mon sens), pour la première fois de l’histoire politique, il y a un peu plus de femmes que d’hommes dans le gouvernement français.

On peut lire le décret présidentiel ici pour avoir le détail de la totalité des nouveaux membres du gouvernement. Six nouveaux membres du gouvernement ont été nommés le 26 juillet 2020, cinq députés et un membre du cabinet présidentiel. Quant à ceux qui sortent, ils sont seulement quatre secrétaires d’État (dont Sibeth Ndiaye, chargée maintenant à LREM de dénicher de nouveaux talents pour l’avenir…).

Je propose ici de saluer l’arrivée de deux nouvelles secrétaires d’État, Sarah El Haïry et Olivia Grégoire, deux jeunes députées énergiques et combattives, et je regrette le départ de deux secrétaires d’État sortantes du gouvernement précédent dirigé par Édouard Philippe, qui n’avaient pas démérité, à savoir Brune Poirson et Christelle Dubos.


Brune Poirson (37 ans)

À 37 ans, Brune Poirson a déjà un long parcours tant dans la vie professionnelle que dans la vie politique. Née à Washington et franco-américaine, diplômée notamment de l’IEP d’Aix-en-Provence et de Harvard, elle a eu l’occasion de travailler à l’étranger à de nombreuses reprises, et s’est intéressée au développement durable. Elle a participé notamment à des projets en Inde et à Boston. Soutenant la campagne présidentielle du futur Président Emmanuel Macron, elle fut recommandée par Hubert Védrine auprès de Jean-Paul Delevoye pour obtenir l’investiture LREM aux élections législatives.

_yartiGvtCastexSE04

Élue députée du Vaucluse d’où sa famille est originaire le 18 juin 2017 (dans la circonscription de Marion Maréchal, elle a battu un candidat du FN avec 50,7% des voix), elle fut nommée dans la foulée, le 21 juin 2017, Secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire jusqu’au 3 juillet 2020, auprès des ministres Nicolas Hulot, François de Rugy puis Élisabeth Borne, plus particulièrement chargée de la biodiversité, de la mer et des océans, ainsi que de la plupart des projets européens.

Dans ses fonctions ministérielles, Brune Poirson s’est particulièrement préoccupée du projet de loi contre le gaspillage, qui est devenue la loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Cette loi a pour objectif de réduire l’obsolescence des biens de consommation, prolonger la vie des produits, réduire les emballages, pour protéger le consommateur et responsabiliser le producteur, améliorer le tri des déchets et leur recyclage. Un titre est consacré à la lutte contre les dépôts sauvages.

Elle a fait partie des membres du gouvernement qui ont souvent bataillé au Parlement, faisant preuve de combativité et de sens politique. Pour exemple, elle n’a pas hésité à polémiquer en répondant à deux questions d’opposants pour tourner en ridicule ses contradicteurs qui l’empêchaient de répondre. C’était une belle révélation du gouvernement, avec Julien Denormandie (aujourd’hui Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation), elle fait de la politique, arrive à suivre son fil malgré le brouhaha, etc.

Lors de la séance à l’Assemblée Nationale du 12 juin 2018, présidée par François de Rugy, elle déclarait effectivement, pantalon rose et veste noire : « Nous entendons donc trouver des solutions compatibles avec les règles du commerce mondial ! »

Puis elle s’est interrompue, sous les applaudissements des députés de la majorité et sous les huées des députés LR. Pas intimidée, elle ajouta : « Vous savez, mesdames et messieurs les députés de droite, je suis mère d’une petite fille de trois ans : sincèrement, vos réactions sont du même niveau que les siennes. C’est la réalité, vraiment ! Je doute, d’ailleurs, que vos électeurs soient très contents de vous voir vous comporter ainsi, désolée de le dire. Bref ! ». Remarque qui n’a fait qu’exacerber l’agitation des députés. Le champ parlementaire est un jeu de rôle et Bruce Poirson a su s’intégrer dans ce théâtre si particulier.

Un moment pressentie pour mener la liste LREM aux élections municipales à Avignon, Bruce Poirson fut élue vice-présidente de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE) le 20 mars 2019 pour un mandat de deux ans. Exclue du nouveau gouvernement, elle retrouvera son siège de députée au mois d’août 2020.


Christelle Dubos (44 ans)

Spécialiste des affaires sociales à l’échelon communal et intercommunal, Christelle Dubos, à 44 ans, quitte le gouvernement après avoir été nommée Secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé du 16 octobre 2018 au 3 juillet 2020, auprès des ministres Agnès Buzyn puis Olivier Véran, chargée plus particulièrement des politiques sociales et familiales. De centre gauche, Christelle Dubos fut élue adjointe au maire de Sadirac, une commune de 4 000 habitants en Gironde, chargée des affaires sociales, du logement et des solidarités, de mars 2014 à juillet 2017.

_yartiGvtCastexSE05

Rejoignant la campagne d’Emmanuel Macron, elle fut investie par LREM et élue députée de Gironde le 18 juin 2017 avec 56,7% face à un candidat FI. À l’Assemblée Nationale, elle consacra son action au logement, à la cohésion des territoires et à l’insertion professionnelle. Elle a corapporté la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (dite loi ELAN), sur les parties logement et mixité sociale.

Au gouvernement, Christelle Dubos a été chargée d’organiser la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté proposée par Emmanuel Macron le 13 septembre 2018. Elle a aussi travaillé sur le service public de versement des pensions alimentaires en incluant les CAF comme intermédiaires entre conjoints, et a étudié la mise en place d’une refonte de toutes les aides sociales et d’un revenu universel d’activité. Elle a également mis en place de deux plans d’urgence d’aide alimentaire, un de 39 millions d’euros puis un autre de 55 millions d’euros pour soutenir les associations en pleine crise sanitaire.

Certains ont reproché sa trop grande rareté médiatique pendant la pandémie de covid-19, en particulier son absence de décision concernant les EHPAD qui relevaient de ses attributions, probable explication de son éviction du nouveau gouvernement.


Sarah El Haïry (31 ans)

Au contraire de Christelle Dubos, elle est très présente dans les médias. Beaucoup de gens ont pu voir Sarah El Haïry et sa combativité dans de nombreux débats télévisés, n’hésitant pas, sur les plateaux, non seulement à défendre la politique du gouvernement mais aussi, en même temps, à donner franchement ses points de vue, montrant ainsi une femme de caractère et une femme qui a une vision politique.

C’est probablement l’une des meilleures nominations dans ce nouveau gouvernement. Nommée à 31 ans, le 26 juillet 2020, Secrétaire d’État auprès de Jean-Michel Blanquer, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry est montée très vite en responsabilité au sein du MoDem à Nantes où elle a été élue conseillère municipale le 28 juin 2020 (elle avait été numéro deux de la liste MoDem en mars 2014, mais ne fut pas élue à l’époque ; elle fut opposée à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes).

D’origine franco-marocaine, née à Romorantin-Lanthenay, ayant passé une partie de son enfance à Metz et à Casablanca, elle a fait ses études à Nantes puis a eu une expérience internationale, notamment au Canada. Représentante du MoDem, elle participa à la liste de Bruno Retailleau (sénateur LR) aux élections régionales de décembre 2015 pour les Pays de la Loire, et fut désignée présidente du MoDem de Loire-Atlantique à partir février 2016 (porte-parole nationale à partir de février 2018).

Investie par le MoDem et soutenue par LREM, Sarah El Haïry fut élue députée de Nantes le 18 juin 2017 avec 61,0% des voix contre le député socialiste sortant. Membre de la commission des finances, elle a rendu un rapport le 9 juin 220 au Premier Ministre Édouard Philippe sur la philanthropie à encourager en France.


Olivia Grégoire (41 ans)

Licence d’histoire à Nanterre, IEP Paris (communication) et master en marketing à l’ESSEC pour Olivia Grégoire qui a commencé sa carrière professionnelle dans une agence de publicité puis dans un grand groupe privé avant de créer son propre cabinet de consultante.

_yartiGvtCastexSE03

Proche des idées libérales d’Alain Madelin, Olivia Grégoire a travaillé dans les cabinets du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin entre 2002 et 2005 puis du Ministre de la Santé Xavier Bertrand e 2005 à 2007. Responsable des questions de santé pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, elle fut investie par LREM et fut élue députée dans la douzième circonscription de Paris, battant le 18 juin 2017 le député LR sortant Philippe Goujon avec 56,4% des voix.

Une fois élue députée, Olivia Grégoire a été très active, tant dans son travail de parlementaire (vice-présidente de la commission des finances, présidente de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi Pacte), que dans son influence politique au sein du groupe LREM dont elle fut la porte-parole. Elle a soutenu en septembre 2018 la candidature de Gilles Le Gendre à la présidence du groupe LREM, pour remplacer Richard Ferrand élu au perchoir, et elle aurait pu lui succéder en septembre 2020 si elle n’avait pas été nommée au gouvernement.

Elle a été aussi engagée pleinement dans la bataille des municipales à Paris, comme responsable de communication de Benjamin Griveaux qui a cependant été amené à démissionner quelques semaines avant les élections.

N’hésitant pas à nourrir la polémique, Olivia Grégoire était l’une des rares membres du groupe LREM à savoir ce qu’être député de la majorité, à savoir batailler contre l’opposition, répondre aux arguments, les combattre au besoin, multiplier les interventions dans les médias pour porter la parole gouvernementale. Bref, être un "second couteau" capable de soutenir le gouvernement lorsqu’il y a la tempête.

Nommée à 41 ans, le 26 juillet 2020, Secrétaire d’État auprès de Bruno Le Maire, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire a obtenu de façon méritée un strapontin ministériel sur un sujet qui lui tenait à cœur. Elle fait partie, avec Amélie de Montchalin, des "révélations" des députés LREM.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 juillet 2020)
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Pour aller plus loin :
Secrétaires d’État du gouvernement Castex : des nouveaux et des partants.
Nomination des secrétaires d’État du gouvernement Castex I.
Gérald Darmanin, cible des hypocrisies ambiantes.
Relance européenne : le 21 juillet 2020, une étape historique !
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 16 juillet 2020 au Sénat (texte intégral).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 15 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale (texte intégral).
La déclaration de politique générale de Jean Castex le 15 juillet 2020.
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 juillet 2020 par Léa Salamé et Gilles Bouleau (retranscription intégrale).
Emmanuel Macron face aux passions tristes.
Gérald Darmanin, l'enfant terrible de la Macronie.
Composition du gouvernement Castex I.
Le gouvernement Castex I nommé le 6 juillet 2020.
Jean Castex, le Premier Ministre du déconfinement d’Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le climat le 29 juin 2020 à l’Élysée (texte intégral).
Après-covid-19 : écologie citoyenne, retraites, PMA, assurance-chômage ?
Édouard Philippe, le grand atout d’Emmanuel Macron.
Municipales 2020 (5) : la prime aux… écolos ?
Convention citoyenne pour le climat : le danger du tirage au sort.
Les vrais patriotes français sont fiers de leur pays, la France !
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
Retraites : Discours de la non-méthode.
La réforme de l’assurance-chômage.
Emmanuel Macron explique sa transition écologique.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200726-sarah-el-hairy.html

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