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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:15

Désigné à la tête de la Chine populaire il y a une quinzaine de mois, le Président chinois Xi Jinping termine sa visite d’État en France. Après avoir atterri à Lyon le 25 mars 2014, il était au château de Versailles dans la soirée du jeudi 27 mars 2014 pour un dîner avec François Hollande qui s’était rendu à Pékin les 25 et 26 avril 2013.



yartiXi01Ah… je sens que l’antisinisme va bientôt devenir à la mode. Ou la sinophobie ? Malheureusement. La germanophobie est un peu dépassée depuis De Gaulle et Adenauer. La polonophobie aussi : en France, on prend tous les plombiers qui se présentent chez soi, polonais ou pas (c’est si rare !). L’islamophobie qui est à prendre pour de l’arabophobie, on va vite voir que ça va être dépassé : l’Iran, l’Arabie saoudite… ? Mais c’est la même culture que l’Europe judéo-chrétienne : une culture monothéiste, berceau des civilisations.

Car maintenant, le nouveau bouc émissaire, cela va être "le" Chinois. Pas le paysan ni le travailleur chinois exploité. Mais le manager chinois, le nouveau riche chinois (on n’ose pas dire le gouvernement chinois car on a aussi des produits à lui vendre, pas seulement à lui acheter, pour 18 milliards d’euros de contrats le 26 mars 2014).

yartiXi02

Et dans les propos de comptoir, on peut déjà entendre certains parler (sans les connaître) des Chinois, des "méchants" qui délocalisent les emplois et retirent le beurre des épinards. Chômage, pauvreté, crise financière etc. sont les conséquences de ces "méchants" capitalistes communistes dont il serait bien difficile de définir exactement l’idéologie.

En clair, ce sont des capitalistes économiques et industriels (Deng Xiaoping avait conseillé à ses compatriotes de s’enrichir, quand même) mais aussi des collectivistes sur le plan intérieur, on va dire, sur le plan politique, c’est-à-dire que l’argent qu’ils gagnent, ils ne le redistribuent pas, ils le réinvestissent. Le marché chinois reste encore inexistant et la classe moyenne tarde à émerger.

Cette peur de la Chine va aller grandissante. La Chine est si loin que cela évitera les polémiques un peu contreproductives (électoralement) sur l’islamophilie/islamophobie et cela évitera tout problème ou toute référence avec l’Occupation et les camps.

Pourtant, il suffit de regarder l’étiquette d’un vêtement (ou sous-vêtement) que l’on porte ou d’un jouet que l’on offre à Noël pour être d’une grande mauvaise foi à la limite de la schizophrénie : si on veut "combattre" (économiquement) la Chine, la première chose à faire, c’est déjà de ne pas acheter chinois.

Car la Chine produit à bas prix. Faible coût de main d’œuvre, et finalement, elle permet d’exporter de chez elle beaucoup de produits dont ne disposeraient pas les consommateurs (que j’ajouterais "occidentaux" sans savoir ce que cela signifie vraiment) en raison de leur niveau de vie : le bas prix, c’est la gloire à la classe moyenne. C’est renforcer la classe moyenne. Justement ce que les Chinois se refusent encore chez eux.

Certes, les salaires en Chine augmentent de 30% chaque année et les entreprises chinoises commencent à délocaliser leur main d’œuvre au Vietnam, au Laos ou encore en Afrique.

Reprenons le cursus depuis une vingtaine d’années. Les Chinois produisent à bon marché. Donc, les usines s’installent en Chine. En Europe (entre autres), les usines ferment pour réapparaître en Chine. C’est moins cher. On délocalise à tout va. C’était le thème de la campagne présidentielle de 2012, initié par François Bayrou et repris par ses deux principaux concurrents au point que le vainqueur a créé tout spécialement un "Ministère du Redressement productif".

Pourtant, l’économie allemande se porte bien. Pourtant, certaines entreprises françaises qui ont délocalisé reviennent en France car les contrôles qualité sont médiocres et la délocalisation leur coûte finalement plus cher.

Parenthèse : attention cependant aux mauvaises conclusions, très populistes, de certains démagogues. Un rapport de 2006 concluait qu’avec la mondialisation, la France a plus gagné en emplois que perdu. Mais ce ne sont pas les mêmes emplois. Reste à savoir si en 2014, le bénéfice est dans le même sens.

Je reviens au processus : la Chine récupère toute la production mondiale, ou quasiment (les statistiques sont éloquentes…). La balance du commerce extérieur est endiablée (même si la crise s’est fait sentir au début des années 2010). Par conséquent, elle s’enrichit. Et elle investit.

Parallèlement, donc, des États comme la France s’appauvrissent ; chômage, précarité sociale, etc. si bien que les déficits publics croissent (et continuent de croître malgré les promesses gouvernementales) par un effet doublement mécanique : plus de prestations sociales à financer (indemnisation du chômage), moins de recettes fiscales et moins de cotisations sociales à encaisser.

Qui dit déficits publics dit dette publique. En France, on doit en être à environ 30 000 euros par personne, y compris les bébés. Proche des 2 000 milliards d’euros ! Et qui dit dettes dit intérêts à payer. Chaque année, c’est l’équivalent de l’impôt sur le revenu. Le premier poste budgétaire ! En gros (très gros),200 milliards d’euros par an. Je n’insisterais jamais trop en rappelant que c’était le candidat François Bayrou qui, dès la campagne présidentielle de 2002, avait mis en garde sur l’enjeu prioritaire de la dette publique.

Et encore, la France a été beaucoup aidée par l’euro fort. Elle n’a jamais eu des taux aussi bas pour emprunter que maintenant (certains taux sont même négatifs !), malgré la baisse de la note de solvabilité par les agences de notation.

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Mais en Grèce, en Irlande, au Portugal, ces taux sont montés car la confiance en ces États s’est effondrée. C’est un peu logique d’ailleurs pour la Grèce. Le gouvernement d’avant 2010 avait fourni de fausses statistiques, bref, avait menti sur l’état réel de ses finances. Cela a rompu l’équilibre de l’euro, plongeant la zone euro dans une crise de plusieurs années.

Pour faire le parallèle avec la vie d’un particulier, il suffit d’imaginer que l’on aille mentir à son banquier en falsifiant son bulletin de paie (un zéro de plus, par exemple) pour obtenir un nouveau prêt. D’imaginer ensuite la réaction dudit banquier lorsqu’il s’apercevrait de la supercherie. À la différence près qu’il n’y a pas de tribunal international pour régler ce différent : ceux qui ont prêté, ils l’ont fait par confiance. Mais il ne fallait pas faire confiance ! Le risque se monnaie.

C’est tout le problème actuel, depuis cinq ans, de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne. L’histoire est grave car c’est un jeu de dominos. Si l’Italie est atteinte, le suivant serait très certainement la France.

Bref, la situation est assez inquiétante.

À tel point que pour la France, le gouvernement français devra rendre des comptes à Bruxelles sur sa situation budgétaire. L’objectif des 3% du PIB de déficit public ne sera probablement pas atteint à la fin du quinquennat alors que pendant la campagne, il était question de …0% !

Depuis cinq ans, c’est alors qu’il y a cette petite musique d’Henri Salvador :
« Eh eh, Zorro est arrivé !
Sans s’presser.
Le grand Zorro, le beau Zorro,
Avec son ch’val et son grand chapeau. »

C’est vrai que pour le coup, le Zorro-là a plutôt son chapeau un peu pointu !

Car la Chine a proposé, la première semaine de janvier 2011, d’acheter une partie de la dette espagnole. Elle a déjà prévu d’acheter de la dette grecque et portugaise. C’est le Vice-Premier Ministre (en 2011) Li Keqiang (devenu le 15 mars 2013 Premier Ministre) qui l’a déclaré dans une tribune à "El Pais" : « Nous allons acheter davantage d’obligations espagnoles en fonction des conditions du marché. ».

La Chine est donc arrivée en sauveur des finances publiques européennes. Après tout, ce n’est que justice puisqu’elle en était jusqu’alors un peu le fossoyeur. La Chine a tout intérêt à garder intact le pouvoir d’achat de ses clients. Moralement, c’est le cercle qui se referme. Qui assume.

En début 2011, elle contrôlerait 7,3% de la dette publique totale des pays de la zone euro. Ce qui fait qu’elle posséderait selon certains spécialistes autant d’emprunts d’État européens que d’obligations d’État américaines.

Parlant d’indépendance et de souveraineté, l’économiste Antoine Brunet pose alors une bonne question : « Les Européens feraient bien de se demander quelle est la part de leur train de vie qui est financée par la Chine. ».

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Les Chinois sont devenus les plus grands créanciers de la Terre : une réserve de presque 3 000 milliards de dollars en devises dont un quart depuis 2008. Ils achètent des obligations d’État mais aussi des entreprises privées, des hôtels, des cliniques, des monuments historiques, des tableaux, des châteaux, des infrastructures (aéroports, ports) etc.

Fin octobre 2010, le Trésor américain a évalué à 907 milliards de dollars le stock de dettes publiques américaines détenues par la Chine. Et en avril 2010, le "Financial Times" a estimé à 630 milliards d’euros le stock chinois des dettes publiques de la zone euro. En tout, les experts évaluent à 40% la part en 2011 des réserves de change mondiales de la banque centrale de Chine.

La Chine représente maintenant 15% de l’économie mondiale et a conquis la deuxième place devant le Japon. D’ici 2020, il est fort probable que la Chine reprenne la première place. Une place qu’elle occupait il y a deux siècles.

Le Japon commence à s’allier avec sa rivale, la Corée du Sud, pour affronter leur géante voisine.

Le prix des logements s’est enflammé en Chine en 2010 : +37,1% à Pékin, +47,1% à Hangzhou, +37,9% à Chongqing, des données qui n’ont rien à voir avec les prix publiés par le gouvernement qui préfère minimiser ce phénomène de bulle spéculative (son éclatement ferait autant de dégâts que les subprimes américaines).

La Chine est déjà beaucoup plus présente en Afrique depuis quelques années que l’Europe en cinquante ans.

"L’Art de la guerre" de Suntzuii enseigne ce que la Chine aujourd’hui pratique efficacement : « L’excellence ultime ne consiste pas à gagner une bataille mais à défaire l’ennemi sans livrer combat. ».

C’est Lénine qui disait : « Les capitalistes sont tellement bêtes qu’ils finiront par nous vendre la corde pour les pendre. ». Maintenant, la Chine fabrique la corde. Et le pendu bouge encore…

Épilogue : s’il faut être lucide avec la réalité économique mondiale, il ne faut pas non plus paniquer. La Chine fait partie d’un tout et sans client, il n’y a plus d’avenir pour le producteur. Les affaires devraient faire progresser la paix : c’est ce qui a été fait depuis près d’un siècle avec le développement économique des États-Unis. Il est fort probable que cela continue sous la houlette désormais de la Chine. Et pourquoi pas ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 mars 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Bilan du décennat de Hu Jintao (2002-2012).
Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine.
Xi Jinping, chef du parti.
La Chine me fascine.
La Chine et le Tibet.
Les J.O. de Pékin.
Qui dirige la Chine populaire ?
La justice chinoise.

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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/chine-de-l-emergence-a-l-149956




 

 

 

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 18:58

Mao Tsé-toung est né le 26 décembre 1893 et est mort le 9 septembre 1976.
En 1972, le Président des  États-Unis Richard Nixon s'est rendu à Pékin pour rencontre Mao.
Quelques jours avant, il se fait brifer par André Malraux, ancien Ministre de la Culture de De Gaulle.
Ce qui vaut un dessin succulent de Jijé, "French Connection", paru le 23 mars 1972.
(Cliquer pour agrandir).

SR


blogMaoJije19720323




 

 

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 12:24

Ce vendredi, un nouveau Premier Ministre chinois a été élu par les députés à Pékin.


yartiChine18F05Après la consécration officielle hier de Xi Jinping comme nouveau chef tout puissant de la Chine populaire, l’Assemblée Populaire Nationale a élu ce vendredi 15 mars 2013, en fin de matinée, Li Keqiang (57 ans) comme Président du Conseil des Affaires d’État de la République populaire de Chine, autrement dit, chef du gouvernement central chinois.


Des séries d’élections automatisées

C’était évidemment sans surprise, élu dans un scrutin avec un seul candidat, prévu depuis au moins novembre 2012. Il avait été auparavant Vice-Premier Ministre à partir du 17 mars 2008 et était parvenu à monter jusqu’au cœur du pouvoir suprême dès novembre 2007, au sein du comité permanent du bureau politique du comité central du parti communiste chinois.

Formellement, c’est le Président Xi Jinping, deux heures avant le vote, qui a proposé Li Keqiang candidat soumis au vote des parlementaires. Li Keqiang est devenu le septième Premier Ministre chinois depuis 1949, succédant à Wen Jiabao (70 ans) en poste depuis le mars 2003. Il avait obtenu à l’Université de Pékin une licence de droit et un doctorat en économie.

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Le tandem Xi Jinping et Li Keqiang va donc gouverner la Chine pour les cinq prochaines années et probablement les dix à venir. Il s’était installé à la tête du parti communiste chinois le 14 novembre 2012 au cours du XVIIIe congrès de leur parti.

Au cours de cette cinquième réunion plénière de la première session de la douzième Assemblée Populaire Nationale, ce vendredi, d’autres hauts dignitaires du régime ont été également désignés. Cao Jianming (57 ans) a été confirmé comme procureur général du Parquet populaire suprême de Chine (déjà en poste depuis mars 2008). Zhou Qiang (53 ans) a été élu président de la Cour populaire suprême.

Fan Changlong (65 ans) et Xu Qiliang (63 ans) ont été élus vice-présidents de la Commission militaire centrale de Chine, dont le président n’est autre que Xi Jinping, commission essentielle dans le contrôle des forces armées. Les deux généraux étaient déjà vice-présidents de la Commission militaire centrale du parti (en fait, c’est la même commission) depuis novembre 2012, et membre du bureau politique du parti. Les autres membres de la commission militaire élus ce vendredi matin sont : Chang Wanquan, Fang Fenghui, Zhang Yang, Zhao Keshi, Zhang Youxia, Wu Shengli, Ma Xiaotian et Wei Fenghe.


La démocratie au sens chinois…

Précisons une nouvelle fois, et avec insistance, que les mot "populaire" et "élection" n’ont pas le même sens en Chine et dans les démocraties dignes de ce nom. Si dans la réalité apparente, tout semble procéder de manière démocratique (une assemblée parlementaire qui élit tous les hauts responsables de l’État tous les cinq ans), ces cérémonies plénières sont réglées comme sur du papier à musique, d’ailleurs, une musique accompagne les votes pour accroître l’aspect solennel de la situation.

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(XVIIIe congrès du parti communiste chinois le 14 novembre 2012).


Les presque trois mille députés chinois, eux-mêmes élus dans un système à candidature unique, n’ont que le choix d’approuver ou de refuser les noms qu’on leur a soumis, sans choisir personnellement les personnalités qu’ils verraient aux différents postes. Le "on" étant ici Xi Jinping lui-même comme le prévoit la Constitution.

En France aussi, c’est le Président de la République qui nomme le Premier Ministre, investi par les députés, mais ces derniers sont élus de manière totalement libre et pluraliste, à tel point que la France a connu neuf alternances parlementaires depuis 1949 tandis que la Chine populaire …aucune (en soixante-quatre ans) !


Dix ans de "société harmonieuse"

Ces festivités concluent le décennat précédent, à savoir, la gestion de la Chine par le Président sortant Hu Jintao et le Premier Ministre sortant Wen Jiabao qui ont été au pouvoir entre 2003 et 2013 (les vraies dates à retenir sont cependant 2002 et 2012, dates de leurs responsabilités au sein du parti communiste chinois).

Il ne s’agit évidemment pas de faire un bilan très détaillé de cette période très particulière de la Chine mais juste d’esquisser quelques tendances.

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Sur le plan économique, la Chine s’est en effet hissée au deuxième rang mondial pour la création de richesses. Ce n’est plus un pays émergent, mais un pays émargeant. Le commerce extérieur est très positif, puisqu’en quelques sortes, la Chine est devenue l’usine du monde. Pourtant, la tendance a été un peu freinée depuis la crise financière de 2008 et la baisse de la demande étrangère a réduit sa croissance.


Une croissance économique exceptionnelle

Les statistiques sont assez éloquentes. Entre 2002 et 2012, le PIB est passé de 10 500 à 51 900 milliards de yuans. Le PIB par habitant a plus que quintuplé en montant jusqu’à 6 100 dollars/hab. L’excédent commercial annuel a été presque multiplié par huit, de 30 à 231 milliards de dollars. La banque centrale de Chine a engrangé de nombreux milliards de dollars, avec une réserve de change de 3 311 milliards de dollars. En dix ans, le yuan s’est apprécié de 31% par rapport au dollar, même si beaucoup considèrent que le yuan est encore bien trop sous-évalué (c’est la principale revendication des interlocuteurs commerciaux de la Chine).

La Chine a atteint son point de maturité en terme d’innovation et commence à investir massivement dans les énergies renouvelables et dans la construction de voitures électriques. Après des décennies de réticence, elle commence même à accepter le principe des brevets, voyant qu’elle aurait désormais à y gagner pour protéger ses propres innovations (d’où l’importance stratégique du brevet unique européen).

Pourtant, tout n’est pas si rose d’un point de vue économique. L’enrichissement du pays ne profite pas à toute la population. Pays devenu majoritairement urbain (52% des habitants vivent désormais en ville au lieu de 39% il y a dix ans), les habitants des villes ne gagnent en moyenne que 3 900 dollars/an et ceux des campagnes que 1 250 dollars/an, même si cela représente pour les deux catégories un quadruplement en dix ans. De plus, l’État est lui aussi en déficit, près de 150 milliards d’euros pour cette année. Il reste encore beaucoup d’infrastructures à construire pour désenclaver les populations rurales.


Aucune ouverture politique

Parallèlement à cette croissance économique extraordinaire, le bilan des dix dernières années ne brille pas pour l’ouverture politique et le respect des droits de l’Homme, en particulier les libertés publiques. Pourtant considéré comme "réformateur", le Président Hu Jintao a surtout brillé par son caractère mou qui semble avoir été assez critiqué par ses collègues eux-mêmes, notamment sur le plan international. Les déclarations du Wen Jiabao durant tout le temps où il était au pouvoir étaient pourtant très encourageantes pour les défenseurs de la démocratie.

Malheureusement, les beaux discours n’ont jamais été suivis des faits et depuis le massacre de Tian Anmen, le 4 juin 1989, les dirigeants communistes chinois, sous l’impulsion de Jiang Zemin, ont une crainte terrible du dérapage conflictuel. C’est pourquoi aucune contestation publique n’est acceptée, que les mouvements autonomistes ont été sévèrement réprimés, en particulier au Tibet, au Xinjiang et en Mongolie intérieure. Les discours les plus modérés prononcés à l’étranger parlent d’envisager une étape politique seulement après l’étape économique, en disant que la société chinoise doit d’abord s’enrichir avant de goûter aux délices de la liberté d’expression. En cela, les dirigeants ne veulent absolument pas suivre l’exemple de la Russie qui s’est écartée de la dictature communiste avant de développer son économie.


Un parti gangrené par la corruption

Plus grave pour le parti communiste chinois, parce que le mal attaque au cœur du pouvoir, c’est la corruption et les scandales politico-financiers qui pleuvent chaque jour et donne une image déplorable des responsables politiques locaux. L’un des grands favoris parmi les hauts dignitaires, Bo Xilai, a même été complètement disgracié depuis mars 2012 en raison d’affaires financières et criminelles particulièrement louches (son successeur local, à Chongqing, Zhang Dejiang, a été élu jeudi 14 mars Président de l’Assemblée Populaire Nationale).

Ce n’est pas pour rien que Xi Jinping veut avant tout lutter contre la corruption à l’intérieur du parti et demander à réduire le train de vie des caciques : il a besoin de renforcer dans le pays l’image du parti pour être sûr de son pouvoir. La popularité aide toujours plus facilement à asseoir complètement un pouvoir pour l’instant fragile car seulement par délégation au sein des factions du parti.


La normalitude, normale attitude, l’humilité comme nouvelle base de la popularité

Réduire le train de vie. Cela sonne comme un étrange écho avec le nouveau pape François, qui a voulu garder son appartement de cardinal et prendre le même bus que ses pairs pour s’y rendre depuis son élection. Nul doute que l’heure n’est plus au bling bling mais bien à une certaine retenue dans le luxe. La crise financière est passée par là et les nombreux laissés pour compte sur la planète doivent au moins être respectés.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 mars 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine.
Xi Jinping, chef du parti.
La Chine me fascine.
La Chine et le Tibet.
Les J.O. de Pékin.
Qui dirige la Chine populaire ?


yartiChine18F04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/chine-le-bilan-du-decennat-hu-132436



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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 10:40

Comme prévu depuis le 18e congrès du parti communiste chinois, Li Keqiang a été officiellement élu Président du Conseil des Affaire de l'État, à savoir le poste de chef du gouvernement, par l'Assemblée Nationale Populaire de la République populaire de Chine. Il succède à Wen Jiabao qui a dirigé le gouvernement chinois depuis mars 2003.


SR

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 13:27

Un nouveau Président chinois a été désigné ce jeudi matin. Fin de la transition cette semaine avec l’équipe sortante. Après la "société harmonieuse" de Hu Jintao, place au "rêve chinois" de Xi Jinping : « Je crois que le plus grand rêve des Chinois, c’est la renaissance de leur nation dans les temps modernes. ». Serait-ce une nouvelle ère pour la Chine ? Pas forcément.


yartiChine18E01Le conclave a à peine fini d’élire à la surprise générale le pape François que la quatrième réunion plénière de la première session de la douzième Assemblée Populaire Nationale a élu ce jeudi 14 mars 2013 Xi Jinping Président de la République populaire de Chine. Au contraire du Vatican, cette élection n’était qu’une formalité prévue depuis plusieurs années puisque Xi Jinping, choisi secrétaire général du parti communiste chinois le 14 novembre 2012 au cours du XVIIIe congrès, était déjà Vice-Président de la République depuis cinq ans (depuis le 15 mars 2008).


Un cumul de type communiste

Depuis une vingtaine d'années, la transition au pouvoir suprême se fait toujours en deux temps : une étape (l'essentielle) en automne pour une nouvelle direction du parti communiste chinois, et une étape (opérationnelle) au début du printemps suivant pour la nouvelle direction à la tête de l'État chinois.

Comme dans la plupart des dictatures communistes, les liens entre le parti et l'État sont très forts, à tel point qu'en Chine, le pouvoir suprême réside avant tout à la présidence de la commission de la Défense qui est à la fois celle du parti et celle de la République populaire de Chine, seul poste vraiment important qu'avait occupé Deng Xiaoping.

Depuis une vingtaine d'années, justement, ce poste est détenu par le chef du parti qui est désormais aussi chef de l'État (Président de la République), ce qui simplifie les choses par la confusion des fonctions en brouillant la part d'influence du parti sur l'État et réciproquement (Gorbatchev avait également entamé cette évolution plus ou moins adoptée de manière temporaire par certains de ces prédécesseurs à la tête de l'URSS).


La Chine populaire est-elle démocratique ?

S'il y avait des élections libres et pluralistes et si le parti était moins omniprésent dans la vie publique, les structures politiques actuelles de la Chine populaire pourraient presque devenir une démocratie moderne, avec notamment la limitation à deux mandats de cinq ans (mesure prise aussi en France par Nicolas Sarkozy le 23 juillet 2008 et supprimée au Venezuela par Hugo Chavez le 15 février 2009).

Mais ce n’est pas le cas en Chine : il n’y a qu’un parti-État et un seul candidat à l’élection du Président par des parlementaires élus, eux aussi, avec des candidatures uniques, ce qui limite les surprises et les polémiques. Certains citoyens chinois, sans doute de bonne foi, ont déjà soutenu que ce système était le meilleur car il permettait de sélectionner les meilleurs dirigeants pour gouverner. Le problème, c’est qu’il faut bien un critère de sélection, une définition de "meilleur", et un juge qui chapeaute le tout. En ce sens, la République populaire n’a rien de populaire puisque ce n’est pas le peuple qui est souverain, et a tout du despotisme, plus ou moins éclairé.

La liberté politique a cette chance de donner le pouvoir au peuple, et ce revers de la médaille, c’est que ce ne sont pas forcément les plus intelligents ni les meilleurs qui sont choisis pour gouverner. C’est le propre de l’imperfection, laisser à tous le soin de choisir, c’est laisser l’éventualité de désigner des mauvais. C’est aussi permettre l’opposition, et par son action, réguler, temporiser, brider, contenir le gouvernement.


Les sept dirigeants suprêmes

Depuis le 14 novembre 2012, l’équipe dirigeante de la Chine populaire est composée de sept personnalités, seules membres du "comité permanent du bureau politique du comité central du parti communiste chinois", la véritable instance dirigeante politique en Chine : Xi Jinping (59 ans), Li Keqiang (57 ans), Wang Qishan (64 ans), Liu Yunshan (65 ans), Yu Zhengsheng (67 ans), Zhang Gaoli (66 ans) et Zhang Dejiang (66 ans). C’est l’ultime sommet d’une structure pyramidale pour diriger les 80 millions de membres du parti communiste chinois et le milliard et demi d’habitants.

Toutes ces personnalités (notons qu’il n’y a aucune femme) sont en train, cette semaine, de se répartir les responsabilités les plus importantes au sein de l’État.


Xi Jinping Ier

Xi Jinping a donc été élu ce jeudi matin Président de la République ainsi que Président du Commission militaire centrale de Chine, et succède à ces deux fonctions à Hu Jintao (70 ans), au pouvoir depuis dix ans. Cette élection a mis fin à la rivalité entre ses deux prédécesseurs, Hu Jintao et Jiang Zemin, qui prennent aujourd’hui leur retraite. S’il doit sa brillante ascension au sein du parti à Jiang Zemin, Xi Jinping a aussi été très soutenu au début par Hu Yaobang dont Hu Jintao s’est revendiqué l’héritier.

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C’est Liu Yunshan, qui présidait la séance retransmise en direct à la télévision, qui a annoncé cette élection : « J’annonce maintenant que le camarade Xi Jinping est choisi comme Président de la République populaire de Chine. ». Élu à la quasi-unanimité des 2 956 députés (il y a eu un vote d’opposition et trois abstentions). Quand ils choisissent leurs responsables, les députés chinois n’ont qu’à dire oui ou non aux candidats qu’on leur soumet.


Un "réformateur" ou un "conservateur" ?

Comme avec les cardinaux dans la recherche d’un pape, la classification entre "conservateurs" et "réformateurs" ne semble pas vraiment pertinente et surtout, dépend de la perspective politique dans laquelle on se place.

Plutôt considéré comme un "conservateur", Xi Jinping a montré par sa personnalité depuis quatre mois qu’il est au pouvoir une certaine décontraction et proximité conviviale avec les gens (des paysans pauvres, des ouvriers). Défendant l’État de droit le 4 décembre 2012, il avait osé dire : « Un pays régi par la loi doit l’être en premier lieu par la Constitution, et une gouvernance respectueuse des lois doit s’appuyer sur la Constitution. ».

Il a mis comme priorité la lutte contre la corruption au sein du parti et a même demandé de diminuer le train de vie de ses apparatchiks (mesure très populaire). De plus, son épouse Peng Liyuan, chanteuse et égérie très populaire de l’armée, ne manquera pas de participer à la légende.

Reste à savoir si cette proximité est réelle ou feinte, car c’est une propagande habituelle de montrer les dirigeants au contact avec la population, d’autant plus que le 7 décembre 2012, Xi Jinping avait insisté à Shenzhen sur son refus de toute ouverture politique et n’avait pas hésité à appliquer la censure en début janvier contre des journalistes qui nuançaient leur soutien à sa politique. Pire, en voulant renouer avec le nationalisme, Xi Jinping souhaite redynamiser la diplomatie chinoise après dix ans assez mous.

Il faut avant tout juger sur les actes, et en particulier, sur la capacité de faire émerger une classe moyenne (pour l’instant, il y a un fossé qui s’accroît entre une classe de millionnaires de plus en plus nombreuse et la grande partie de la population qui reste dans le plus grand dénuement), ce qui pourrait d’ailleurs pérenniser l’empire industriel en se tournant sur le marché intérieur, et bien sûr, sur la capacité à garantir les libertés publiques, notamment liberté d’expression, de réunion et de manifestation et tous les droits de l’Homme en général.


Li Yuanchao, victoire de Xi sur la vieille garde

Ce jeudi matin aussi, Li Yuanchao (62 ans), soutenu par Xi Jinping, a été élu Vice-Président de la République. C’est une mini-révolution puisqu’il y a eu deux candidats. Li Yuanchao n’avait été écarté du comité permanent en novembre dernier et c’était Liu Yunshan qui avait pris son siège. Petite revanche à la fin de l’hiver.

En effet, ce membre du bureau politique de Shanghai, mathématicien de formation, ancien directeur général du parti (sorte de service du personnel interne), et considéré comme "réformateur", a raflé le siège avec 80 voix de refus face au favori, Liu Yunshan, considéré comme "conservateur", soutenu par Jiang Zemin et responsable depuis dix ans de l’idéologie.

D’après certains analystes, ce serait une petite victoire de Xi Jinping pour mettre ses hommes et se libérer de l’emprise de ses six autres collègues dirigeants. C’est aussi un gage de réforme dans les domaines de la culture et de l’environnement.


D’autres désignations pendant la même session

Le même jour, Zhang Dejiang a été élu Président du Comité permanent de la 12e Assemblée Populaire Nationale (succédant à Wu Bangguo). Treize vice-présidents de cette assemblée ont également été élus. Il y a eu 174 candidats pour 161 sièges au sein du Comité permanent de l’Assemblée Populaire Nationale (on parle alors de 8% de "marge d’élimination" plutôt que des résultats en voix).

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Demain, vendredi 15 mars 2013, Li Keqiang succédera à Wen Jiabao (70 ans) comme Président du Conseil des Affaires d’État, à savoir comme chef du gouvernement central chinois, et les autres membres du gouvernement seront nommés samedi. Considéré comme "réformateur" et brillant économiste, Li Keqiang pourra peut-être susciter quelques espoirs pour transformer la performance économique en progrès social.

Les autorités chinoises viennent d’ailleurs de réduire le nombre de ministères (25 au lieu de 27) et restructurer en particulier l’instance dirigeante des chemins de fer par une division en deux entités, une réforme administrative de grande ampleur qui a pour objectif de réduire le pouvoir de potentats locaux dans les administrations.


Futur proche…

Dimanche 17 mars 2013, le Président Xi Jinping prononcera un important discours donnant la vision de son action pour l’ensemble de son mandat de cinq ans, probablement renouvelé en mars 2018.

Son premier voyage officiel sera, la semaine prochaine, une visite à Moscou où il rencontrera Vladimir Poutine, le Président de la Fédération de Russie, puis en fin mars en Afrique, à Durban pour le sommet des pays émergents des BRICS, l’Afrique étant un continent auquel les Chinois portent une attention très soutenue.


Dans un prochain article, je tenterai de faire un rapide bilan de l’équipe sortante.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (14 mars 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Bilan du précédent décennat.
Xi Jinping, chef du parti.
La Chine me fascine.
La Chine et le Tibet.
Les J.O. de Pékin.
Qui dirige la Chine populaire ?


yartiChine18E04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-sacre-de-xi-jinping-nouveau-132394

 






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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 11:10

Après avoir été élu secrétaire général du comité central du parti communiste chinois en novembre 2012, Xi Jinping (59 ans) remplace définitivement son prédécesseur Hu Jintao (70 ans) à la tête de la Chine populaire en se faisant élire officiellement Président de la République populaire de Chine par l'Assemblée Nationale Populaire.

SR

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:12

Pas de révolution populaire dans la Chine populaire : le congrès du parti communiste chinois s’est tenu à la place Tiananmen sans effusion grâce à une mobilisation massive des forces de l’ordre. Hu Jintao quitte le pouvoir après dix ans de règne qui a mis la Chine parmi les puissances économiques majeures de ce nouveau monde.


yartiChine18C10Le Président chinois Hu Jintao vient de clore ce mercredi 14 novembre 2012 le XVIIIe congrès du parti communiste chinois : « Je déclare maintenant que le dix-huitième congrès du parti communiste chinois s’est achevé victorieusement. ». J’en avais déjà parlé lors de son ouverture le 7 novembre 2012.

Les membres du comité central ont été choisis (victorieusement) et c’est ce jeudi 15 novembre 2012 que le nouveau secrétaire général du parti communiste chinois est désigné : Xi Jinping succède à Hu Jintao pour "au moins" cinq ans.

En effet, le comité central vient de se choisir (ce jeudi matin) un comité permanent du bureau politique restreint à sept hauts dirigeants (au lieu de neuf d'habitude) et qui comprend : Xi Jinping, Li Keqiang, Wang Qishan, financier, Zhang Dejiang, économiste (futur Président de l'Assemblée nationale populaire), Yu Zhengsheng (chef du parti à Shanghai), Liu Yunshan, considéré comme "conservateur" comme les deux précédents, Zhang Gaoli (chef du parti à Tianjin). Wang Yang, chef du parti à Canton, considéré comme "réformiste" n'a en revanche pas été désigné au comité permanent. Xi Jinping a relevé dans son discours deux enjeux importants pour les années à venir : la corruption et l'éloignement avec le peuple.

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Il faut sans doute comprendre le mot "victorieusement" ainsi : aucun incident n’est à déplorer malgré un peuple bâillonné en attente de libertés publiques. Il faut dire que cet événement qui ponctue la République populaire de Chine tous les cinq ans s’est déroulé dans le Grand Palais du peuple donnant sur la fameuse place Tiananmen à Pékin.

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S’il est un petit peu difficile de bien appréhender les enjeux de ce changement de direction (dans quelques mois, il y aura aussi un nouveau Premier Ministre), il est quand même pertinent de présenter très grossièrement le contexte.

Deng Xiaoping, l’un de trois grands leaders historiques de la Chine communiste (avec Mao et Chou En-Lai), a quitté le pouvoir au début des années 1990 mais il a influencé la vie politique jusqu’à sa mort en 1997.

Deng était un "pragmatique". C’est pour cela qu’il fut disgracié par Mao lui-même à l’époque de la révolution culturelle, mais réhabilité par lui dès que la situation a trop débordé. Lorsqu’il a repris du poids après la mort de Mao en 1976, Deng a été un "dictateur" bien étrange car il n’avait aucune fonction officielle si ce n’est… la présidence de la commission militaire centrale qui a pouvoir de commandement sur l’armée et la police du pays.

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Au printemps 1989, il avait beaucoup hésité face aux jeunes manifestants de la place centrale de Pékin. Il y avait le chef du parti, Zhao Ziyang qui était un "modéré" (je mets entre guillemets). Il avait remplacé deux ans avant Hu Yaobang, lui aussi un "modéré" dont les funérailles enflammèrent les étudiants à Pékin pendant ce printemps. En face de Zhao, il y a eu la vieille garde : un président quasi-nonagénaire, Yang Shangkun, et surtout, le Premier Ministre Li Peng. Ces deux-là étaient partisans de la méthode "forte", à savoir, la répression à tout va.

Finalement, Deng s’est laissé convaincre par les "ultras" que l’État devait être respecté et donc, la place Tiananmen vidée par la force. Le massacre fut sanglant (comme tous les massacres d’ailleurs). Zhao fut remplacé par Jiang Zemin, lui aussi partisan de la force.

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Jiang Zemin a réussi petit à petit à récupérer le pouvoir complet : le parti dès juin 1989 et la présidence chinoise en mars 1993. Il est le représentant de la faction de Shanghai, qui est une aile très "dure" politiquement. Li Peng en fait aussi partie. Pendant presque quatorze ans, Jiang Zemin a imposé son pouvoir au parti.

Finalement, il laissa en fin 2002 début 2003 son leadership à Hu Jintao qui est un "modéré", à savoir, quelqu’un plutôt proche de l’ouverture, des idées de Zhao dont il était proche. Je dois bien sûr mettre des guillemets puisqu’au début des années 1990, il avait réprimé dans le sang les "troubles" au Tibet. Mais la répression à tout va ne semblait pas son truc et il était plus disposé à favoriser l’essor économique du pays (en ce sens, en dix ans, il a réussi à monter son pays en puissance). Il nomma un Premier Ministre très réformiste (mais apparemment "corrompu") Wen Jiabao qui achève son mandat au printemps 2013.

Wen Jiabao voudrait que la Chine atteigne un certain seuil de richesse avant d’entamer les réformes politiques. À Taiwan, des Chinois (vingt-trois millions) sont pourtant déjà habitués à choisir leurs dirigeants démocratiquement : le Président actuel, Ma Ying-Jeou, a été élu le 22 mars 2008 avec 58,5% et réélu le 14 janvier 2012 avec 51,6%. Ce dernier est d’ailleurs l’artisan du rapprochement avec la Chine communiste au contraire du candidat de l’opposition.

Face aux deux factions ("réformiste" représentée par Zhao, Hu, Wen et "dure" représentée par Jiang Zemin et Li Peng), il y a Xi Jinping. Lui, il fait partie de ce qu’on appelle la faction des "princes rouges" qui sont en fait les enfants de grands héros révolutionnaires. Ils sont nostalgiques de l’ordre passé. Ce sont des "néo-maoïstes" prêts à accomplir des actes symboliques pour le retour de l’époque Mao et qui ont approuvé, eux aussi, le massacre de juin 1989.

Xi Jinping a eu des soucis avec les autorités quand il a été jeune. Il a même été emprisonné car il ne voulait pas rester dans sa campagne d’origine. En fait, son père a été ministre important dans les années soixante mais il fut disgracié par Mao. Réhabilité par Deng. Il est mort il y a dix ans à 98 ans. Xi Jinping représente donc cette tendance "radicale" qui veut un retour vers le passé. Cette faction est alliée à celle de Shanghai, autrement dit, elle est sous influence de Jiang Zemin.

Son proche Bo Xilai, ancien ministre et de la même génération que lui, est lui aussi un "prince rouge". Il était jusqu’à très récemment à la tête de la plus grande agglomération urbaine regroupant trente millions d’habitants. Bo est également le fils d’un combattant historique, ministre, victime de la révolution culturelle, réhabilité par Deng et soutenant les massacres de juin 1989 (mort lui aussi à 98 ans il y a cinq ans). Bo Xilai avait un grand avenir politique mais il a été disgracié en mars dernier pour corruption et parce que sa femme avait assassiné un homme d’affaires britannique pourtant ami du couple.

La révolution culturelle fut initiée par Mao… puis réprimée par Mao car il ne la contrôlait plus. À la mort de ce dernier, la "bande des quatre" fut sévèrement jugée pour les centaines de milliers d’assassinats commis durant cette période. Parmi les deux condamnés à mort, la dernière femme de Mao.

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Le fait que ce soit Xi Jinping qui devienne le numéro un du parti communiste chinois n’est donc pas une chose très réjouissante pour ceux qui espèrent une ouverture politique, un peu de démocratie et surtout de la liberté d’expression.

Cependant, il faut pondérer cette crainte : le prochain Premier Ministre qui prendra ses fonctions le 15 mars 2013 devrait s’appeler Li Keqiang. Lui est un proche de Hu Jintao et serait un "réformiste". Le fait qu’aucune faction n’a le monopole du pouvoir montre que les luttes intestines ne sont pas finies (en clair, entre Hu et Jiang). Elles durent en fait depuis la mort de Deng. Li Keqiang vient effectivement de se hisser à la deuxième place du comité permanent du bureau politique du parti ce 15 novembre 2012.

Heureusement, rien n’est encore écrit.
L’espoir fait vivre !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 novembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

La Chine me fascine.
La Chine et le Tibet.
Les J.O. de Pékin.
Qui dirige la Chine populaire ?

yartiChine18C07


 http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/xi-jinping-devient-le-premier-des-125844 

 

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 06:49

Luttes d’influence entre Hu Jintao et Jiang Zemin, entre "réformistes" et "conservateurs", peur maladive de toute manifestation de la liberté chez le peuple, scandales criminels, sexuels et financiers, toute une génération de hauts dignitaires du régime communiste va passer la main dans quelques jours. Très modeste guide de compréhension pour savoir qui commande en République populaire de Chine.


yartiChine18C01Cette semaine, il y a un événement bien plus important que les élections américaines. Ce jeudi 8 novembre 2012 s’ouvre en effet le XVIIIe congrès du parti communiste chinois.

Deux nuits blanches pour cause de décalages horaires opposés : ceux qui, en Europe, ont passé la nuit blanche du 6 au 7 novembre à attendre les résultats des élections présidentielles américaines auront pu passer une autre nuit blanche du 7 au 8 novembre à assister sur Radio Chine International à la cérémonie d’ouverture de ce dix-huitième congrès à une heure quarante du matin (heure de Paris).

Seulement dix-huitième, ce qui signifie que c’est assez rare et important. Le précédent a eu lieu il y a cinq ans, en octobre 2007.


Rapide bilan de l’ère Hu Jintao (2002-2012)

L’heure du bilan sonne pour le Président Hu Jintao et son Premier Ministre Wen Jiabao. Au pouvoir depuis dix ans, les faits sont remarquables. La croissance de la Chine a été exceptionnelle et le PIB a multiplié par trois. Les capacités de consommation des habitants sont maintenant supérieures à celles de l’Ukraine ou de l’Algérie. Celles de production sont montées en flèche et la Chine s’est montrée leader dans le domaine des énergies renouvelables, comme les éoliennes, les panneaux solaires et les voitures électriques.

Mais deux points noirs viennent obscurcir ce bilan flatteur. Les inégalités sociales s’accroissent, tant dans la population que sur le territoire. Un paysan du Guizhou a une vie comparable à celle d’un Vietnamien alors que la richesse de Shanghai atteint le niveau de l’Estonie. Et la richesse de Hong-Kong dépasse de plus d’un tiers celle de …la France.

L’autre point noir, c’est évidemment l’absence totale de réformes institutionnelles, au lieu de libéraliser le régime (sur trois points : démocratie, liberté d’expression, réduction des exécutions), les dirigeants, pourtant étiquetés "réformistes", n’ont pas hésité à réprimer lors de mouvements autonomistes, non seulement au Tibet mais aussi en Mongolie intérieure et au Xinjiang. Cette répression est aussi parfois accompagnée d’opérations d’aménagements brutaux du territoire comme l’installation de barrages (Les Trois-Gorges en 2009, Sichuan, Tibet en 2014 etc.) qui peuvent mettre en grand danger l’environnement.

Tout cela sur fond de scandales politico-financiers où la moralité de la classe dirigeante est largement remise en cause par l’opinion publique. La "société harmonieuse" chère à Hu Jintao est donc loin d’avoir atteint ses buts théoriques.


La cinquième génération

Ce XVIIIe congrès est celui du changement des dirigeants. Une nouvelle génération va arriver au pouvoir, qui a entre 55 et 65 ans environ. Il y a de fortes tensions au sein de l’appareil du pouvoir. Certains responsables considérés comme de futurs hauts dirigeants ont été exclus du parti il y a quelques mois. Une lutte entre proches de Hu Jintao et proches de Jiang Zemin continue depuis plus de dix ans à faire rage. La fortune de certains hauts dirigeants commencent à poser des problèmes.

Mais au fait, reprenons depuis le début. Qui détient le pouvoir en Chine ? La question mérite d’être posée car les choses restent relativement floues. Opaques.

Comme dans tout régime communiste, celui qui détient le pouvoir est celui qui détient le parti unique. Le parti unique, c’est le P.C .C., parti communiste chinois. Le leader véritable, c’est donc le secrétaire général du comité central du P.C.C. Et en particulier, les plus hauts dirigeants sont les neuf membres du Comité permanent du bureau politique du comité central du P.C.C.

En fait, c’est sans doute un peu plus compliqué que cela et le poste majeur reste la présidence de la Commission militaire centrale (confondu pour le parti et pour l’État) qui fut occupée par Mao Tsé Toung de 193è à 1976, puis par Hua Guofeng de 1976 à 1981 et par Deng Xiaoping de 1981 à 1989. Majeur car il supervise les forces armées et policières chinoises. Après 1989, ce poste est cumulé avec celui de secrétaire général et de chef de l’État.


Les dirigeants actuels de la Chine communiste

Actuellement, celui qui a le pouvoir en Chine est Hu Jintao. Il a 69 ans (bientôt 70) et il est le secrétaire général depuis le XVIe congrès, le 15 novembre 2002 ; il a été "réélu" le 22 octobre 2007. Il fait plutôt figure de modéré même si son credo de "société harmonieuse" n’a pas su lutter vraiment contre la fracture sociale qui ne cesse de s’accroître. Depuis son prédécesseur (j’en parle juste après), il cumule ses fonctions avec les fonctions de chef de l’État, à savoir, depuis le 15 mars 2003, il est le Président de la République populaire de Chine. Également en mandats de cinq ans et "réélu" le 15 mars 2008. Ainsi que président de la Commission militaire centrale.

Il est considéré en 2010 comme la personne la plus influente au monde, selon Forbes. Il fut un poulain de Zhao Ziyang (1919-2005) et de Deng Xiaoping qui vit en lui un espoir de futur dirigeant dès 1992.

Rappelons qui est Zhao Ziyang. Il fut Premier Ministre du 10 septembre 1980 au 24 novembre 1987 puis le secrétaire général du P.C.C. du 2 novembre 1987 au 23 juin 1988. Il fut évincé par les "durs" du régime après le massacre de Tian Anmen du 4 juin 1989 perpétré par Li Peng (84 ans) entre autres, son successeur au poste de Premier Ministre du 24 novembre 1987 au 17 mars 1998. C’était une époque où Deng Xiaoping (1904-1997) avait encore beaucoup d’influence.

Zhao Ziyang nomma Hu Jintao à la tête du Tibet entre décembre 1988 et novembre 1992 où il réprima durement les manifestations d’autonomistes. Hu Jintao a même été surnommé le "boucher de Lhassa" pour avoir tué près d’un demi millier de Tibétains les 5 et 6 mars 1989. Rappelons aussi que les manifestations étudiantes du printemps 1989 ont débuté à l’occasion de la mort de Hu Yaobang (1915-1989), le 15 avril 1989 et de ses funérailles nationales le 22 avril. Hu Yaobang était populaire parmi les étudiants. Il était le prédécesseur de Zhao Ziyang, à la tête du P.C.C. du 11 septembre 1982 au 15 janvier 1987 et il était considéré comme un "réformateur", évincé du pouvoir à cause des manifestations étudiantes de fin 1986.

L’ascension de Hu Jintao au sommet de l’État n’était pas forcément évidente.

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Lors des événements de Tian Anmen, les "durs" ont eu gain de cause auprès de Deng Xiaoping. Si bien que Jiang Zemin (86 ans aujourd’hui) a succédé à Zhao Ziyang à la tête du P.C.C. le 24 juin 1989. Il le resta jusqu’au 15 novembre 2002 et cumula avec les fonctions de Président de la République populaire de Chine du 27 mars 1993 au 15 mars 2003. Jiang Zemin était maire de Shanghai de 1985 à 1987 et était partisan de la solution forte contre les manifestants étudiants.


La "dézéminisation" du régime (ou plutôt "déjiangisation")

Parmi les proches de Jiang Zemin, issus de son réseau de Shanghai, il y a Zeng Qinghong et Wu Bangguo qui ont eu des rôles importants au sein de l’appareil politique.

Zeng Qinghong (73 ans) fut le "nettoyeur" de Jiang Zemin, notamment en éloignant du pouvoir des éventuels rivaux comme le vieux général Yang Shangkun (1907-1998), qui fut Président de la République populaire de Chine du 8 avril 1988 au 27 mars 1993, ou le protégé de Deng Xiaoping, Chen Xitong (82 ans), très influent maire de Pékin entre 1983 et 1993 (ce dernier fut arrêté pour corruption en 1995 et condamné en 1998 à seize ans de prison). Zeng Qinghong fut dans une position de dauphin de Jiang Zemin mais ce dernier choisit cependant Hu Jintao pour lui succéder. Zeng Qinghong devint alors Vice-Président de la République populaire de Chine de mars 2003 à mars 2008, et permis à Jiang Zemin de garder son influence dans le bureau politique du P.C.C. malgré son retrait.

Lorsque Jiang Zemin démissionna de la présidence de la Commission militaire centrale le 19 septembre 2004, Hu Jintao, vice-président, lui succéda et ce ne fut pas Zeng Qinghong qui succéda à Hu Jintao comme un des vice-présidents des forces armées mais le général Xu Caihou (69 ans). Le général Guo Boxiong (70 ans) était également un autre vice-président de cette instance. Finalement, Hu Jintao l’écarta définitivement du pouvoir le 21 octobre 2007, réduisant ainsi l’influence de Jiang Zemin. En mars 2008, Zeng Qinghong a dû ainsi laisser la Vice-Présidence de la République à Xi Jinping (59 ans) sur lequel je reviendrai plus loin.

Wu Guanzheng (74 ans), ancien maire de Wuhan et proche de Jiang Zemin, et Luo Gan (77 ans), ancien responsable des répressions contre les autonomistes et responsable de la hausse des exécutions dans les années 2000, proche de Li Peng et de Jiang Zemin, furent eux aussi écartés du comité central du P.C.C. le 21 octobre 2007 par Hu Jintao. De même, un proche de Jiang Zemin, Chen Liangyu (66 ans), concurrent redoutable de Hu Jintao, maire de Shanghai de 2002 à 2006, fut brutalement disgracié le 25 septembre 2006 pour scandale de corruption et de prostitution et fut condamné à dix-huit ans de prison le 26 mars 2008.

Un autre proche de Jiang Zemin disparut par maladie (cancer) le 2 juin 2007 : Huang Ju (1938-2007) fut un haut dirigeant très influent au sein du Comité permanent du bureau politique, maire de Shanghai de 1991 à 2002 et Vice-Premier Ministre de mars 2003 à mars 2007. Huang Ju fut le premier membre du bureau politique à mourir en fonction après Mao Tsé Toung le 9 septembre 1976.

L’autre proche de Jiang Zemin encore au pouvoir, c’est Wu Bangguo (71 ans), qui est l’actuel président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (en quelques sortes, le président de l’assemblée) depuis mars 2003 (il a succédé à Li Peng lui-même à ce poste de 1998 à 2003). Il fut Vice-Premier Ministre de 1995 à 2002. Des relations conflictuelles avec Zhu Rongji (84 ans), Premier Ministre du 17 mars 1998 au 15 mars 2003 et maire de Shanghai de 1987 à 1991, ne lui permirent pas de succéder à ce dernier à la tête du gouvernement en 2003. Il est probable que Wu Bangguo va être évincé du pouvoir en 2012-2013.


À la tête du gouvernement

L’actuel Premier Ministre nommé depuis le 16 mars 2003 est Wen Jiabao (70 ans). Géologue de profession, il était déjà Vice-Premier Ministre de 1998 à 2002. Wen Jiabao est un "réformiste" sensible aux principes de la démocratie. Dans un discours en février 2007, il a cependant expliqué que la démocratie ne pouvait pas se construire avant un certain seuil de prospérité économique et de niveau d’éducation. Il a également proposé le 21 août 2010 d’en finir avec « la concentration excessive du pouvoir » et de « créer des conditions permettant au peuple de critiquer et de contrôler le gouvernement ».

Alors que le Prix Nobel de la paix fut attribué le 8 octobre 2010 à l’universitaire dissident Liu Xiaobo (56 ans), Wen Jiabao ne serait pas opposé à une ouverture du régime (mais a violemment protesté contre l’attribution du Prix Nobel). Bien que Wen Jiabao fût soupçonné par un journal américain d’avoir enrichi sa famille de plusieurs milliards de dollars (enrichissement démenti par l’intéressé), le politologue français Jean-Luc Domenach a affirmé en mars 2010 qu’il serait « probablement le meilleur [Premier Ministre] au monde ». La fortune de Wen Jiabao pourrait provenir de proches de Bo Xilai (voir plus loin).

Le 14 mars 2012, Wen Jiabao réaffirmait une nouvelle fois (mais seulement verbalement) sa conception "libérale" de la politique : « Sans réforme politique, les réformes économiques ne peuvent être couronnées de succès. Les résultats que nous avons atteints pourraient être perdus. (…) Je suis persuadé que la démocratie à la chinoise va continuer à progresser, au rythme du développement du pays. C’est un processus qu’on ne peut stopper. ». Probablement que lui aussi cédera le pouvoir au cours de ce XVIIIe congrès.


Qui seraient amenés à prendre la relève en fin 2012 et début 2013 ?

Deux étapes de succession vont avoir lieu : d’abord novembre 2012 pour la direction du P.C.C. et en mars 2013 pour la direction de l’État (chef de l’État, gouvernement etc.).

Le poste central reste évidemment celui de secrétaire général du P.C.C.

L’un des possibles héritiers aurait pu être Bo Xilai (63 ans), fils de Bo Yibo (1908-2007), un des proches compagnon de route de Deng Xiaoping et ancien Vice-Premier Ministre. Bo Xilai fut de décembre 2007 à mars 2012 le très influent maire de Chongqing, l’une des plus grandes agglomérations urbaines de la Chine (environ trente millions d’habitants !). Il était Ministre du Commerce dans le gouvernement chinois de février 2004 à novembre 2007. Au fil de son ascension, Bo Xilai est devenu très populaire pour avoir lutté efficacement contre le crime organisé à Chongqing et pour avoir favorisé la très forte croissance économique de sa région. Avide de pouvoir, il aurait souhaité intégrer la direction du P.C.C. pour ce XVIIIe congrès (à savoir, faire partie des neuf membres très importants du Comité permanent du bureau politique du P.C.C.).

Mais en mars 2012, la trajectoire de Bo Xilai s’effondra : un de ses proches (le vice-maire Wang Lijun) a avoué le 6 février 2012 que l’épouse de Bo Xilai, la femme d’affaires Gu Kailai (bientôt 54 ans), aurait assassiné par empoisonnement le 14 novembre 2011 l’homme d’affaire britannique, Neil Heywood (1970-2011) que le couple connaissait bien depuis plusieurs années. Ayant reconnu les faits, Gu Kailai, inculpée le 26 juillet 2012, a été jugée très rapidement (une seule audience, le 9 août) et condamnée à mort le 20 août 2012 (avec sursis) tandis que Bo Xilai a été démis de toutes ses fonctions dès le 8 mars puis le 10 avril 2012 (il est aussi accusé d’avoir mis sur écoute des hauts dirigeants du P.C.C. dont Hu Jintao). Le 8 mars 2012, un Vice-Premier Ministre Zhang Dejiang (66 ans), un proche de Jiang Zemin et considéré comme "conservateur", fut désigné maire de Chongqing pour le remplacer. Bo Xilai était considéré comme un partisan du retour aux "fondamentaux du maoïsme".

En fait, la principale personnalité politique chinoise qui fait figure d’héritier et peut-être dans quelques jours, de futur maître de la Chine, est un allié idéologique de Bo Xilai, à savoir Xi Jinping (59 ans) qui est, comme je l’indiquais précédemment, le Vice-Président de la République depuis le 15 mars 2008 et un des trois vice-présidents de la Commission militaire centrale depuis le 18 octobre 2010. Lui aussi serait très fortuné, selon un journal américain, comme l’actuel Premier Ministre et il ferait partie d’un clan contre l’actuel Président Hu Jintao. Xi Jinping ne serait pas très éloigné de Jiang Zemin et de son réseau de Shanghai. Il a été chef du P.C.C. de Shanghai en 2007. Xi Jinping a mystérieusement disparu de l’espace public pendant deux semaines en début septembre 2012 mais est réapparu ensuite.

Parmi les autres postulants, Li Keqiang (57 ans), proche de Hu Jintao, serait appelé à devenir Premier Ministre en mars 2013. Vice-Premier Ministre depuis mars 2008, il est en effet le successeur le plus légitime de Wen Jiabao. Li Keqiang connaît bien les dossiers économiques et financiers.


Tensions politiques internes à l’aube du XVIIIe congrès

Les membres actuels du Comité permanent du bureau politique du comité central du P.C.C. (l’instance décisionnelle en Chine populaire) sont : Hu Jintao, Wu Bangguo, Wen Jiabao, Xi Jinping, Li Keqiang, déjà cités, et également : Zhou Yongkang (70 ans), géologue et ancien Ministre de la Sécurité publique de 2002 à 2007 ; Jia Qinglin (72 ans), ancien maire de Pékin en 2002 et proche de Jiang Zemin ; Li Changchun (68 ans), ancien maire de Shenyang, proche de Jiang Zemin, et favorable au renforcement de la répression au Tibet ; et He Guoqiang (69 ans), ancien chef du P.C.C. de Chongqing de 1999 à 2002.

Le 1er novembre 2012 s’est tenu un plenum du comité central du P.C.C. pour finaliser la passation des  pouvoirs entre Hu Jintao et Xi Jinping, pour approuver l’éviction définitive de Bo Xilai et pour confirmer l’accusation de corruption de Liu Zhijun (59 ans), ministre de mars 2003 à février 2011.

Le climat au début de ce XVIIIe congrès est très malsain. Les forces de l’ordre sont nombreuses pour éviter toutes manifestations populaires, les couteaux ont été retirés à la vente dans les magasins, les fenêtres des taxis verrouillées pour rester fermées. La population est assez mécontente et a déjà manifesté contre la pollution, les expropriations et la corruption. De plus, un conseiller très proche de Hu Jintao a récemment démissionné après la mort accidentelle de son fils et de deux jeunes filles nues qui roulaient dans une Ferrari.

Les informations sur la fortune de Wen Jiabao pourraient provenir de proches de Xi Jinping et Bo Xilai qui sont eux-mêmes affaiblis par les scandales (Bo Xilai vient de perdre aussi son immunité parlementaire, ce qui va ouvrir la voie à son procès). Wen Jiabao, politiquement devenu beaucoup trop libéral, pourrait devenir le véritable "ennemi" de ce congrès.

Tous ces scandales et rumeurs sont en partie le résultat de la lutte d’influence entre le clan de Jiang Zemin et celui de Hu Jintao, qui date de plus de dix ans, comme je l’ai indiqué plus haut.

La succession de Hu Jintao et de Wen Jiabao est un événement politique mondial majeur. Depuis le massacre de Tian Anmen, les nouveaux hauts dirigeants chinois sont traditionnellement désignés pour dix ans en deux mandats de cinq ans. Xi Jinping et Li Keqiang seront probablement consacrés durant ce congrès puis lors de la nouvelle assemblée populaire en mars 2013. L’un fait partie plutôt des "conservateurs" tandis que l’autre est plutôt "réformateur".

Le risque de retour au "maoïsme historique" ainsi que les éventuelles manifestations de mécontentement du peuple en raison des inégalités économiques sans cesse croissantes pourraient empêcher l’indispensable réforme politique du régime. Ou la précipiter ? L’avenir le dira.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (8 novembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Excellent article sur la situation ("Le Monde" du 16 juin 2011, sauf sur Bo Xilai disgracié entre temps).
La Chine me fascine.
La Chine et le Tibet.
Les J.O. de Pékin.
Obama réélu.

yartiChine18C03 


 http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/qui-dirigent-la-chine-populaire-125468 

 






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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:56

(dépêche)

 

 

ASIE/CHINE - « La Béatification de notre bien-aimé Pape Jean-Paul II représente une espérance et une bénédiction pour l’Eglise en Chine et pour nous, catholiques chinois » : témoignages de fidèles

Pékin (Agence Fides) – « La Béatification de notre bien-aimé Pape Jean-Paul II représente une espérance et une bénédiction pour l’Eglise en Chine et pour nous, catholiques chinois » ; « c’est une opportunité pour prier pour l’unité de l’Eglise et la paix dans le monde » ; « le plus grand engagement possible en ce qui concerne l’évangélisation est la meilleure réponse à cette grâce que le Seigneur a accordé à l’Eglise » : tels sont quelques-uns des commentaires faits par des prêtres et des fidèles catholiques chinois et recueillis par l’Agence Fides à l’occasion de la Béatification du Pape Jean Paul II, Béatification qu’ils ont suivi en communion avec l’Eglise universelle.

L’Evêque du Diocèse de Feng Xiang, âgé de 90 ans, a conduit une procession portant l’image du Papa Wojtyla, peu de temps avant qu’à Rome ne commence la Messe de Béatification, invitant ensuite les fidèles à suivre la cérémonie pontificale sachant que très nombreux ont été les fidèles qui sont restés devant la télévision satellitaire et les ordinateurs afin de suivre la Messe de Benoît XVI. D’innombrables initiatives ont été organisées par les Paroisses et les Diocèses ainsi que par les media catholiques. Le plus important site catholique, Faith, a dédié de nombreuses pages à la Béatification, organisant par ailleurs un concours sur le thème : « Moi et le Pape Jean Paul II ». On notera également que le moteur de recherche chinois non catholique http://baike.xinde.org/index.php?doc-view-452.html a réalisé une présentation détaillée du Pape Wojtyla.

Les catholiques chinois ont vécu avec une grande émotion et une grande participation ce moment ainsi que l’indique un certain nombre de témoignages directs recueillis par l’Agence Fides. Dans un article intitulé « Applaudissons et exultons pour sa Béatification », un prêtre de grande expérience pastorale n’a pas caché son enthousiasme pour ce Pape qui « non seulement est sorti du Vatican mais surtout a cheminé vers le monde et a influencé de la sorte le monde entier ». Le Père Giuseppe, un prêtre âgé de Chine occidentale, qui a eu l’honneur de rencontrer le Pape Wojtyla en personne, a déclaré que « son humilité et sa miséricorde est mon exemple excellent en ce qui concerne la pastorale et la vie. Je rends grâce au Seigneur pour sa béatification ! ». Un prêtre du centre considère le Pape Wojtyla comme « un trésor inestimable pour l’humanité tout entière. Sa franchise et son courage vis-à-vis de l’histoire, sa dévotion à Notre-Dame , ont donné un élan décisif à mon sacerdoce ». Le Père Paolo, prêtre âgé du nord-ouest, a indiqué : « c’est mon exemple à 360°. J’ai prié pour sa béatification et sanctification depuis le jour de son retour dans la maison du Père. Pour nos fidèles, il est déjà Saint ».

Sœur Agnese, une religieuse du sud, déclare avec une grande émotion que Jean Paul II « par son action concrète nous a enseigné la foi catholique ». Le Père Antonio, du sud-ouest, est resté sous le charme du Pape Wojtyla. Il ne se permet pas de juger un Géant de la foi comme Lui mais cite un chercheur anti-catholique qui a affirmé : « dans cet homme, il n’existe pas même un défaut qui permette de l’attaquer ». Un laïc de l’ouest a écrit que « sa Béatification a créé pour l’Eglise une nouvelle opportunité d’évangélisation à l’époque actuelle ». Un intellectuel catholique du nord a résumé ainsi les trois points fondamentaux de la vie du Pape Wojtyla : « La foi déterminée, le pardon sincère et radical et le grand amour pour l’Eglise en Chine ». Un catholique qui avait invoqué sa canonisation immédiatement après sa mort en 2005 a indiqué : « le plus grand engagement possible en ce qui concerne l’évangélisation est la meilleu re réponse à cette grâce que le Seigneur a accordé à l’Eglise ». (NZ)

(Agence Fides 02/05/2011)

 

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 21:48

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190216-li-rui.html


Lettre ouverte aux dirigeants communistes chinois

Dear members of the standing committee of the National People's Congress:

Article 35 of China's constitution as adopted in 1982 clearly states that: "Citizens of the People's Republic of China enjoy freedom of speech, of the press, of assembly, of association, of procession and of demonstration." For 28 years this article has stood unrealised, having been negated by detailed rules and regulations for "implementation". This false democracy of formal avowal and concrete denial has become a scandalous mark on the history of world democracy.

On 26 February 2003, at a meeting of democratic consultation between the standing committee of the political bureau of the central committee of the Chinese Communist party and democratic parties, not long after President Hu Jintao assumed office, he stated clearly: "The removal of restrictions on the press, and the opening up of public opinion positions, is a mainstream view and demand held by society; it is natural, and should be resolved through the legislative process. If the Communist party does not reform itself, if it does not transform, it will lose its vitality and move toward natural and inevitable extinction."

On 3 October, America's Cable News Network (CNN) aired an interview with Chinese Premier Wen Jiabao by anchor Fareed Zakaria. Responding to the journalist's questions, Wen said: "Freedom of speech is indispensable for any nation; China's constitution endows the people with freedom of speech; the demands of the people for democracy cannot be resisted."

In accord with China's constitution, and in the spirit of the remarks made by Hu and Wen, we hereupon represent the following concerning the materialisation of the constitutional rights to freedom of speech and of the press.
Concerning the current state of freedom of speech and press in our country

We have for 61 years "served as master" in the name of the citizens of the People's Republic of China. But the freedom of speech and of the press we now enjoy is inferior even to that of Hong Kong before its return to Chinese sovereignty, to that entrusted to the residents of a colony.

Before the handover, Hong Kong was a British colony, governed by those appointed by the Queen's government. But the freedom of speech and freedom of the press given to residents of Hong Kong by the British authorities there was not empty, appearing only on paper. It was enacted and realised.

When our country was founded in 1949, our people cried that they had been liberated, that they were not their own masters. Mao Zedong said that "from this moment, the people of China have stood". But even today, 61 years after the founding of our nation, after 30 years of opening and reform, we have not yet attained freedom of speech and freedom of the press to the degree enjoyed by the people of Hong Kong under colonial rule. Even now, many books discussing political and current affairs must be published in Hong Kong. This is not something that dates from the [territory's] return, but is merely an old tactic familiar under colonial rule. The "master" status of the people of China's mainland is so inferior. For our nation to advertise itself as having "socialist democracy" with Chinese characteristics is such an embarrassment.

Not only the average citizen, but even the most senior leaders of the Communist party have no freedom of speech or press. Recently, Li Rui met with the following circumstance. Not long ago, the Collected Works in Memory of Zhou Xiaozhou were published, and it originally included an essay commemorating Zhou that Li had written for the People's Daily in 1981. Zhou's wife phoned Li to explain the situation: "Beijing has sent out a notice. Li Rui's writings cannot be published." What incredible folly it is that an old piece of writing from a party newspaper cannot be included in a volume of collected works! Li said: "What kind of country is this?! I want to cry it out: the press must be free! Such strangling of the people's freedom of expression is entirely illegal!"

It's not even just high-level leaders – even the premier of our country does not have freedom of speech or of the press. On 21 August 2010, Wen gave a speech in Shenzhen called, "Only by pushing ahead with reforms can our nation have bright prospects." He said: "We must not only push economic reforms, but also promote political reforms. Without the protection afforded by political reforms, the gains we have made from economic reforms will be lost, and our goal of modernisation cannot be realised." Xinhua news agency's official news release on 21 August, "Building a beautiful future for the special economic zone", omitted the content in Wen's speech dealing with political reform.

On 22 September, Wen held a dialogue in New York with American Chinese media and media from Hong Kong and Macao, and again emphasised the importance of "political system reforms". Wen said: "Concerning political reforms, I have said previously that if economic reforms are without the protection to be gained by political reforms, then we cannot be entirely successful, and even perhaps the gains of our progress so far will be lost." Shortly after, Wen addressed the 65th session of the United Nations general assembly, giving a speech called "Recognising a true China", in which he spoke again about political reform. Late on 23 September, these events were reported on China Central Television's Xinwen Lianbo and in an official news release from Xinhua news agency. They reported only Wen's remarks on the circumstances facing overseas Chinese, and on the importance of overseas Chinese media. His mentions of political reform were all removed.

For these matters, if we endeavour to find those responsible, we are utterly incapable of putting our finger on a specific person. This is the work of invisible hands. For their own reasons, they violate our constitution, often ordering by telephone that the works of such and such a person cannot be published, or that such and such an event cannot be reported in the media. The officials who make the call do not leave their names, and the secrecy of the agents is protected, but you must heed their phone instructions. These invisible hands are our central propaganda department. Right now the department is placed above the central committee of the Communist party, and above the state council. We would ask, what right does the central propaganda department have to muzzle the speech of the premier? What right does it have to rob the people of our nation of their right to know what the premier has said?

Our core demand is that the system of censorship be dismantled in favour of a system of legal responsibility.

The rights to freedom of speech and the press guaranteed in article 35 of our constitution are turned into mere adornments for the walls by means of concrete implementation rules such as the "ordinance on publishing control". These implementation rules are, broadly speaking, a system of censorship and approvals. There are countless numbers of commandments and taboos restricting freedom of speech and freedom of the press. The creation of a press law and the abolishment of the censorship system has already become an urgent task before us.

We recommend that the National People's Congress work immediately toward the creation of a press law, and that the ordinance on publishing control and local restrictions on news and publishing be annulled. Institutionally speaking, the realisation of freedom of speech and freedom of the press as guaranteed in the constitution means making media independent of the party and government organs that presently control them, thereby transforming "party mouthpieces" into "public instruments."

Therefore, the foundation of the creation of a press law must be the enacting of a system of [post facto] legal responsibility [determined according to fair laws]. We cannot again strengthen the censorship system in the name of "strengthening the leadership of the party". The so-called censorship system is the system by which prior to publication one must receive the approval of party organs, allowing for publication only after approval and designating all unapproved published materials as illegal. The so-called system of legal responsibility means that published materials need not pass through approval by party or government organs, but may be published as soon as the editor-in-chief deems fit. If there are unfavourable outcomes or disputes following publication, the government would be able to intervene and determine according to the law whether there are cases of wrongdoing.

In countries around the world, the development of rule of law in news and publishing has followed this path, making a transition from systems of censorship to systems of legal responsibility. There is little doubt that systems of legal responsibility mark progress over systems of censorship, and this is greatly in the favour of the development of the humanities and natural sciences, and in promoting social harmony and historical progress. England did away with censorship in 1695. France abolished its censorship system in 1881, and the publication of newspapers and periodicals thereafter required only a simple declaration, which was signed by the representatives of the publication and mailed to the office of the procurator of the republic. Our present system of censorship leaves news and book publishing in our country 315 years behind England and 129 years behind France.
Our specific demands are as follows:

1. Abolish sponsoring institutions of [Chinese] media, allowing publishing institutions to operate independently; and truly implement a system in which directors and editors-in-chief are responsible for their publication units.

2. Respect journalists and make them strong. Journalists should be the "uncrowned kings". The reporting of mass incidents and exposing of official corruption are noble missions on behalf of the people, and this work should be protected and supported. Immediately put a stop to the unconstitutional behaviour of various local governments and police in arresting journalists. Look into the circumstances behind the case of writer Xie Chaoping. Liang Fengmin, the party secretary of Weinan city [involved in the Xie Chaoping case] must face party discipline as a warning to others.

3. Abolish restrictions on extra-territorial supervision by public opinion by the media, ensuring the right of journalists to carry out reporting freely throughout the country.

4. The internet is an important discussion platform for information in our society and citizens' views. Aside from information that truly concerns our national secrets and speech that violates a citizen's right to privacy, internet regulatory bodies must not arbitrarily delete online posts and online comments. Online spies must be abolished, the "fifty-cent party" must be abolished, and restrictions on anti-censorship technologies must be abolished.

5. There are no more taboos concerning our party's history. Chinese citizens have a right to know the errors of the ruling party.

6. Southern Weekly and Yanhuang Chunqiu should be permitted to restructure as privately operated pilot programmes in the independent media. The privatisation of newspapers and periodicals is the natural direction of political reforms. History teaches us: when rulers and deliberators are highly unified, when the government and the media are both surnamed "party", and when the party sings for its own pleasure, it is difficult to connect with the will of the people and attain true leadership. From the time of the great leap forward to the time of the cultural revolution, newspapers, magazines, television and radio in the mainland have never truly reflected the will of the people. Party and government leaders have been insensible to dissenting voices, so they have had difficulty in recognising and correcting wholesale errors. For a ruling party and government to use the tax money of the people to run media that sing their own praises is something not permitted in democratic nations.

7. Permit the free circulation within the mainland of books and periodicals from Hong Kong and Macao. Our country has joined the World Trade Organisation, and economically we have already integrated with the world – attempting to remain closed culturally goes against the course already plotted for opening and reform. Hong Kong and Macao offer advanced culture right at our nation's door, and the books and periodicals of Hong Kong and Macao are welcomed and trusted by the people.

8. Transform the functions of various propaganda organs, so that they are transformed from agencies setting down so many "taboos" to agencies protecting the accuracy, timeliness and unimpeded flow of information; from agencies that assist corrupt officials in suppressing and controlling stories that reveal the truth to agencies that support the media in monitoring party and government organs; from agencies that close publications, fire editors and arrest journalists to agencies that oppose power and protect media and journalists. Our propaganda organs have a horrid reputation within the party and in society. They must work for good in order to regain their reputations. At the appropriate time, we can consider renaming these propaganda organs to suit global trends.

We represent ourselves, hoping for your utmost attention.

Signed:

Li Rui, former standing vice minister of the organisation department of the CCP central committee, member of the 12th central committee of the CCP

Hu Jiwei, former director of People's Daily, standing committee member to the 7th National People's Congress, director of the Federation of Chinese Communication Institutes

Jiang Ping, former head of the China University of Political Science and Law, tenured professor, standing committee member to the 7th National People's Congress, deputy director of the executive law committee of the NPC

Li Pu, former deputy director of Xinhua news agency

Zhou Shaoming, former deputy director of the political department of the Guangzhou military area command

Zhong Peizhang, former head of the news office of the central propaganda department

Wang Yongcheng, professor at Shanghai Jiaotong University

Zhang Zhongpei, researcher at the Imperial Palace museum, chairman of the China Archaeological Society

Du Guang, former professor at the Central Party School

Guo Daojun, former editor-in-chief of China Legal Science

Xiao Mo, former head of the Architecture Research Centre of the Chinese National Academy of Arts

Zhuang Puming, former deputy director of People's Press

Hu Fuchen, former director and editor-in-chief at China Worker's Publishing House

Zhang Ding, former director of the China Social Sciences Press at the Chinese Academy of Social Sciences

Yu You, former editor-in-chief of China Daily

Ouyang Jin, former editor-in-chief of Hong Kong's Pacific magazine

Yu Haocheng, former director of Masses Publishing House

Zhang Qing, former director of China Cinema Publishing House

Yu Yueting, former director of Fujian Television, veteran journalist

Sha Yexin, former head of the Shanghai People's Art and Drama Academy, now an independent writer of the Hui ethnic minority

Sun Xupei, former director of the News Research Institute at the Chinese Academy of Social Sciences

Xin Ziling, former director of the editorial desk at China National Defence University

Tie Liu, editor-in-chief of Wangshi Weihen magazine (Scars of the Past).

Legal Counsel:

Song Yue, Chinese citizen, practicing lawyer in the State of New York, US

This translation was made by the University of Hong Kong's China Media Project and was first posted here.
http://chinamediaproject.org/2010/10/13/8035/





Source : www.theguardian.com/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20101013-lettre-ouverte-chine.html

 

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