Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 07:16

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués". Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. » (Albert Camus, "L’Étranger", 1942).


yartiCamus201301Vendredi dernier, c’était la Toussaint. La journée des morts samedi. Et ce jeudi, cela pourrait être un peu la Saint-Camus. Le 7 novembre 1913, c’était en effet la naissance d’Albert Camus. Cent ans. Et pourtant, disparu depuis très longtemps, en pleine époque des Trente Glorieuse, le 4 janvier 1960, à l’âge de 46 ans d’un banal accident de voiture. Une œuvre inachevée. Malheureusement inachevée.

Rapprocher Camus du temps de la Toussaint, cela peut avoir un sens. En y réfléchissant bien, c’est Camus qui m’a rejoint puis accompagné dans l’idée que je me faisais de la mort. Et par ricochet, de la vie. "Le Mythe de Sisyphe" est à cet égard essentiel dans la pensée humaine. Il fait même froid dans le dos. L’essai est clair, précis, incisif. Il vise en plein cœur, à l’essentiel.

Rejoint, parce que je l’ai lu assez tardivement dans mon apprentissage de la vie. J’ai pu le connaître en dehors de sa façade scolaire qui, de toute façon, ne me paraît pas très pertinente. La philosophie est un art qui s’apprivoise par sa propre volonté, sa propre expérience, sa propre curiosité, ses propres envies. Il ne faut pas l’imposer. En tout cas, pas oppresser les écoliers par des auteurs qu’ils risquent ensuite de rejeter pour une période longue.

Albert Camus a ainsi été mon prêtre répondant. Mon médecin de famille. Mon psychologue de service. Mon précepteur personnel. Mon conseiller ultime. Mon confident discret et toujours présent. Quand la vie s’endeuille. Quand la vie doute. Quand la vie inquiète.

Depuis Camus, j’aurais tendance à dire que la société de consommation l’a emporté sur la société de réflexion et de méditation. On le voit même pour l’information. La rapidité des échanges, grâce aux (nouvelles) technologies, grâce à Internet, aux chaînes d’information continue, à Twitter, à Facebook, encourage la réaction à court terme, à chaud, la sur-réaction de l’émotionnel sur la réflexion, la raison, la distance.

Ce n’est pas l’émotion ni la réaction qui empêchent la réflexion, mais la rapidité et surtout, le nombre. Il y a tant de stimuli à la pensée, des événements qui s’accumulent, se succèdent, s’enchaînent, s’interconnectent jusqu’à la "nausée" qu’il est bien difficile d’y déceler un sens, d’y mettre un sens.

On le voit chez les responsables politiques incapables d’engager le peuple dans une voie d’avenir, dans une vision, trop préoccupés par l’immédiat, pas seulement des préoccupations électorales, d’ailleurs, mais aussi des préoccupations techniques, nécessaires, des résolutions de multiples crises qui mangent énergie et ressources et entraînent cette incompréhension de l’ensemble, ce non-sens, ce no-futur qui paraît si présent aujourd’hui dans la société "postmoderne" blasée par tout. Croire que ses enfants auront une vie moins agréable que la sienne est un véritable échec moral de l’idée que je peux me faire du progrès humain.

Toute cette surenchère de communication, ces multiples polémiques inutiles, ces discussions stériles, ces échos futiles, ces matraquages commerciaux pour acheter le dernier bijou électronique en vogue, ce paroxysme du "Toujours plus" semblent aboutir à une sorte d’impasse sociétale qui aggrave la "fracture sociale" entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, entre ceux qui décident et ceux qui ne décident pas.

L’œuvre d’Albert Camus est somme toute à la fois légère et dense. Légère car inachevée, dense car chaque mot compte avec lui. Le style est court, élagué, efficace. La diversité de son expression, essais, romans, pièces de théâtre, lettres, donne aussi à sa pensée des perspectives multiples pour décrire l’essentiel.

Par des mots simples, Camus fait mouche de façon quasi-universelle. Jean-Paul Sartre (dont le style est, lui aussi, très acéré) considérait que Camus était « l’héritier actuelle de cette longue lignée de moralistes » : « Son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel, livrait un combat douteux contre les événements massifs et difformes de ce temps. Mais inversement, par l’opiniâtreté de ses refus, il réaffirmait, au cœur de notre époque, contre les machiavélismes, contre le veau d’or du réalisme, l’existence du fait moral. » (réaction à la mort de Camus citée par Jean Daniel).

yartiCamus201305

Albert Camus est surtout un philosophe accessible à tout le monde, à tous les êtres humains. En peu de mots, de manière tranchante et dérangeante, il remet le monde à sa juste place, entre le futile et l’essentiel. Hiérarchise les réflexions, les enjeux.

« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l’esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux ; il faut d’abord répondre. Et s’il est vrai, comme le veut Nietzsche, qu’un philosophe, pour être estimable, doive prêcher d’exemple, on saisit l’importance de cette réponse puisqu’elle va précéder le geste définitif. Ce sont là des évidences sensibles au cœur, mais qu’il faut approfondir pour les rendre claires à l’esprit.

yartiCamus201306

Si je demande à quoi juger que telle question est plus pressante que telle autre, je réponds que c’est aux actions qu’elle engage. Je n’ai jamais vu personne mourir pour l’argument ontologique. Galilée, qui tenait une vérité scientifique d’importance, l’abjura le plus aisément du monde dès qu’elle mit sa vie en péril. Dans un certain sens, il fit bien. Cette vérité ne valait pas le bûcher. Qui de la Terre ou du Soleil tourne autour de l’autre, cela est profondément indifférent. Pour tout dire, c’est une question futile. En revanche, je vois que beaucoup de gens meurent parce qu’ils estiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. J’en vois d’autres qui se font paradoxalement tuer pour les idées ou les illusions qui leur donnent raison de vivre (ce qu’on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir ). Je juge donc que le sens de la vie est la plus pressante des questions. Comment y répondre ? Sur tous les problèmes essentiels, j’entends par là ceux qui risquent de faire mourir ou ceux qui décuplent la passion de vivre, il n’y a probablement que deux méthodes de pensée, celle de La Palisse et celle de Don Quichotte. C’est l’équilibre de l’évidence et du lyrisme qui peut seul nous permettre d’accéder en même temps à l’émotion et à la clarté. Dans un sujet à la fois si humble et si chargé de pathétique, la dialectique savante et classique doit donc céder la place, on le conçoit, à une attitude d’esprit plus modeste qui procède à la fois du bon sens et de la sympathie. »

(Albert Camus, "Le Mythe de Sisyphe", 1942)

Le début de cet essai sur l’absurde est clair et va droit au but : il replace l’homme dans son contexte humain, celui de sa vie, de la conscience de celle-ci et son intérêt ou pas à la vivre.

C’est sans doute pour cette raison qu’en perte d’identité et de repères, beaucoup de personnes doutent du sens qu’elles peuvent mettre à leur existence. Ce qui crée aujourd’hui un malaise social que la crise économique durable depuis trente ans a amplifié.

La conclusion du livre est tout autant incisive et dense en signification :

« Je laisse Sisyphe au bas de sa montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

(Albert Camus, "Le Mythe de Sisyphe", 1942)

Camus avait eu cette lucidité du perpétuel recommencement en déclarant, lorsqu’il reçut son Prix Nobel de Littérature (regrettant par ailleurs qu’André Malraux ne l’ai pas obtenu) : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. » (Stockholm le 10 décembre 1957).

yartiCamus201304

L’œuvre de Camus s’est articulée autour de trois thèmes majeurs donnant un cheminement philosophique à sa pensée : l’absurde, la révolte et l’amour. Sans doute le dernier thème, celui de l’espérance, aurait été développé avec plus de vigueur et de démonstration sans la survenue soudaine de son tragique accident.

« Alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir. »

(Albert Camus, "L’Homme révolté", 1951)


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 novembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Un homme libre.
La dépêche annonçant la mort d’Albert Camus.
Pas de Panthéon pour Albert Camus.

yartiCamus201302



http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/alors-nait-la-joie-etrange-qui-143101



 

 

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:06

L'acteur amérciain Burt Lancaster aurait 100 ans ce 2 novembre 2013. Né à Manhattan, il s'ouvrit à la gymnastique et les acrobaties avant de commencer une carrière d'acteur récompensée par un oscar en 1964. Il commença à jouer dans des films de cinéma à l'âge de 32 ans et participa à de nombreux monuments du cinéma mondial (avec des réalisateurs comme Robert Aldrich, Micheal Curtiz, Richard Brooks, Luchino Visconti, Louis Malle, Jules Dassin, John Cassavetes, Sydney Pollack). Il joua notamment avec Ava Gardner et Liz Taylor. Il fut également réalisateur. Il est mort le 20 octobre 1994 deux semaines avant ses 81 ans.

SR

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 23:56

Né le 15 avril 1930 à Bordeaux, Georges René Bergé, devenu Georges Descrières, fut un acteur de cinéma qui commença en 1954 (à 24 ans) avec Claude Autant-Lara. Il interpréta de nombreux rôles mais le plus connu fut celui d'Arsène Lupin pour une série télévisée sur Antenne 2 de 1971 à 1974. Comédien, il participa à de nombreuses pièces de théâtre. Il s'est éteint le matin du 19 octobre 2013 à son domicile de Cannes des suites d'un cancer.

SR

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 08:31

Né le 2 novembre 1944 à Lézigné, Patrice Chéreau a commencé à 22 ans comme directeur du théâtre de Sartrouville. Il dirigea ensuite un certain nombre de théâtres (Villeurbanne, Nanterre etc.).  Il a mis en scène de nombreuses pièces de théâtre et des opéras, a réalisé également plusieurs films de cinéma, dont "La Reine Margot" (1994). Il travailla notamment avec Pierre Boulez, Daniel Barenboïm, Georges Prêtre, Daniel Harding etc. Il est mort d'un cancer du poumon le 7 octobre 2013.

SR

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 07:49

« Bonheur perdu, bonheur enfui,
Toujours je pense à cette nuit
Et l’envie de sa peau me ronge.
Parfois je pleure et puis je songe
Que lorsqu’il était sur mon cœur,
J’aurais dû crier mon bonheur…
Mais je n’ai rien osé lui dire.
J’avais peur de le voir sourire ! »


yartiMome02Édith Piaf a terminé sa vie assez jeune et plutôt malade. Elle n’avait pas 48 ans (elle était née le 19 décembre 1915). Souffrant de polyarthrite, elle ne chantait qu’après avoir absorbé plein de morphine pour résister à la douleur. Ce qui lui a entraîné une insuffisance hépatique et a fait survenir une rupture d’anévrisme.

Le 10 octobre 1963 à treize heures dix, en périphérie de Grasse (Alpes-Maritimes), Édith Piaf mourut d’une hémorragie interne. Pour une raison que je ne connais pas, son corps fut transporté sans autorisation à Paris et sa disparition a été annoncée seulement le lendemain matin, 11 octobre 1963. Enfin, si, la raison, c’était que la chanteuse voulait mourir à Paris. On a donc tout fait pour se conformer à cette volonté.

Son ami de vingt-trois ans et correspondant assidu Jean Cocteau a appris la nouvelle le même jour alors qu’il avait fait déjà deux crises cardiaques quelques jours avant, et a lâché, très ému : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre. (…) Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l’or par les fenêtres. ». Il lui avait donné un grand rôle dans sa pièce qu’elle lui avait inspirée : "Le Bel Indifférent" (1940).

yartiMome01

Violette Morin a retrouvé cet autre témoignage de Cocteau : « Il y a quatre jours, elle m’avait téléphoné. On nous a coupés. Je ne savais pas où elle était, je n’ai pas pu la rappeler. La mort de Piaf a augmenté les étouffements. Je sens que c’est fini. ».

Il avait écrit dans "La Difficulté d’être" (1947) : « Vivre me déroute plus que mourir. ». Considéré comme le continuateur spirituel de Guillaume Apollinaire (1880-1918), mort de la grippe espagnole deux jours avant la fin de la Grande guerre et dont les œuvres viennent juste d’entrer dans le domaine public (depuis le 29 septembre 2013), privilège des morts pour la France pour les droits d’auteur (« Parce que l’encre qui tremblait au bout de sa plume tombait sur la page blanche et l’étoilait, Apollinaire devint constellation. », 5 juin 1956), Jean Cocteau fut l’un des "artistes" novateurs et géniaux du XXe siècle, à la fois écrivain, dramaturge, cinéaste, dessinateur, peintre, décorateur …et académicien (élu à l’Académie française le 3 mars 1955 dans le fauteuil qui fut ensuite occupé par Jacques Rueff et Jean Dutourd).

yartiMome04

Dans un entretien avec Roger Stéphane (publié en 1964), le poète avait également déclaré : « Je ne redoute pas la mort. Elle est comme une naissance à l’envers. ».

Jean Cocteau s’éteignit lui-même ce jour-là, quelques heures plus tard, à 74 ans (il était né le 5 juillet 1889), d’un infarctus chez lui à Milly-la-Forêt. Il n’avait pas eu la force de rédiger un hommage à son amie chanteuse commandé par "Paris Match" pour le lendemain.

yartiMome05

Son compagnon, l’acteur Jean Marais, a tenu dès le lendemain à démentir la rumeur selon laquelle Cocteau serait mort de chagrin en apprenant la funeste nouvelle : « Il est mort d’un œdème du poumon, son cœur a flanché. Il aimait beaucoup Édith mais je ne pense pas que ce soit la mort d’Édith qui ait provoqué la mort de Jean. » (d’autant plus que son aide ménagère, la personne qui lui a annoncé cette disparition, a attendu plusieurs heures afin de le ménager).

 



Le numéro du "Parisien Libéré" du 12 octobre 1963 publia alors ce titre un peu trash : « La mort d’Édith Piaf a tué Jean Cocteau ».

Alors qu’Édith Piaf fut enterrée au Père Lachaise le 14 octobre avec une foule de plusieurs dizaines de milliers d’admirateurs, personnalités publiques et anonymes, Jean Cocteau fut plus discrètement inhumé dans sa ville de Milly-la-Forêt (Essonne), où est exposée la fameuse toile provocatrice "Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique" (8 mars 1910) réalisée par un âne (à l’Espace culturel Paul Bédu).

Sur sa tombe dans la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples qu’il avait lui-même décorée en 1960, le poète semblait encore parler à la chanteuse avec cette inscription pleine d’espérance : « Je reste avec vous. ».

yartiMome03

« Les gondoles frémissent en se heurtant les unes contre les autres selon un rythme doux. Une détonation lointaine et inexplicable fait s’enfuir du portique un pigeon qui pointe sur Saint-Marc son vol lourd et peureux. » ("Le Pigeon", nouvelle de Cocteau).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 octobre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Sources :
-" Piaf-Cocteau : la Môme et le poète" de Bernard Lonjon (mai 2013) .
- L’historien Pierre Le Blavec.

Pour aller plus loin :
André Gide.
Jacques Rueff.
Jean Dutourd.


Mon Légionnaire (Édith Piaf).
Jean Marais le 12 octobre 1963 (INA).






http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/je-reste-avec-vous-mome-et-141984

 

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 00:03

Né le 10 octobre 1913 à Tananarive, à Madagascar, Claude Simon, orphelin de père dès août 1914 (victime à Verdun), fut également orphelin de mère à l'âge de 10 ans. Il passa son enfance à Perpignan, puis à Paris. Il fit son service militaire de 1934 à 1935 à Lunéville puis commença à faire des voyages, en Espagne (chez les républicains) puis en Allemagne, en Pologne et en Union Soviétique. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier par les Allemands puis réussit à s'évader et s'engagea dans la Résistance. Il publia vingt-sept ouvrages, essentiellement des romans, après la guerre, obtenant quelques récompenses comme le prix Médicis pour "Histoire" (1967). Peu promue par la presse, l'œuvre de Claude Simon fut réellement consacrée lors de l'attribution de son prix Nobel de Littérature en 1985 voulant honorer sa modernité littéraire, et celui qui « combine la créativité du poète et du peintre avec une conscience profonde du temps dans la représentation de la condition humaine ».

Lors de sa remise du Nobel, Claude Simon utilisa l'expression "vieille Europe" reprise en 2003 à l'ONU par Dominique de Villepin : « Je suis maintenant un vieil homme, et, comme beaucoup d'habitants de notre vieille Europe, la première partie de ma vie a été assez mouvementée : j'ai été témoin d'une révolution, j'ai fait la guerre dans des conditions particulièrement meurtrières (j'appartenais à l'un de ces régiments que les états-majors sacrifient froidement à l'avance et dont, en huit jours, il n'est pratiquement rien resté), j'ai été fait prisonnier, j'ai connu la faim, le travail physique jusqu'à l'épuisement, je me suis évadé, j'ai été gravement malade, plusieurs fois au bord de la mort, violente ou naturelle, j'ai côtoyé les gens les plus divers, aussi bien des prêtres que des incendiaires d'églises, de paisibles bourgeois que des anarchistes, des philosophes que des illettrés, j'ai partagé mon pain avec des truands, enfin j'ai voyagé un peu partout dans le monde ...et cependant, je n'ai jamais encore, à 72 ans, découvert aucun sens à tout cela, si ce n'est comme l'a dit, je crois, Barthes après Shakespeare, que "si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien", sauf qu'il est. ». Le "vieil homme" survécut une vingtaine d'années encore à son Nobel et s'est éteint à 91 ans le 16 juillet 2005 à Paris.

SR


Partager cet article
Repost0
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 20:01

Le début du livre "Piaf-Cocteau : la Môme et le poète" de Bernard Lonjon publié par les éditions Archipel en mai 2013 est accessible gratuitement sur la site de l'éditeur.


Cliquer sur le lien pour télécharger l'extrait du livre (fichier .pdf) :

http://www.editionsarchipel.com/sites/default/files/internet_lonjon_piaf_cocteau.indd_.pdf


SR

Partager cet article
Repost0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 00:40

Né le 5 octobre 1713 à Langres, Denis Diderot aurait eu 300 ans ce samedi. Il fut l'un des grands écrivains français du XVIIIe siècle, du Siècle des Lumières. Philosophe comme Voltaire, Rousseau et Montesquieu, il a écrit plusieurs oeuvres majeures de divers types (roman, essai, théâtre) et a été avant tout celui qui rédigea la l'Encyclopédie afin de faire bénéficier le plus nombre de son érudition. Il est mort à 70 ans le 31 juillet 1784 à Paris.

SR

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:43

L'écrivain et académicien Félicien Marceau est né il y a exactement 100 ans, le 16 septembre 1913 en Belgique sous le nom de Louis Carette. Après la guerre et une courte expérience à la radio, il s'exila en Italie puis en France où De Gaulle lui a obtenu la nationalité française. Il est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre, de romans et d'essais qui lui valurent d'être élu à l'Académie française le 27 novembre 1975, dont il fut le doyen de la mort de Jacqueline de Romilly le 18 décembre 2010 à sa propre mort, le 7 mars 2012 à 98 ans. Son fauteuil est vacant encore à ce jour.


SR


Partager cet article
Repost0
25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 17:06

C'est avec émotion que j'apprends la mort de l'actrice Bernardette Lafont ce jeudi à Nîmes, selon "Le Figaro", à la suite d'un malaise lundi à Grau-du-roi. Née le 28 octobre 1938 à Nîmes, Bernardette Lafont a commencé sa carrière de comédienne à 18 ans dans un court-métrage réalisé par François Truffaut. Très vite, elle est devenue le symbole de la "Nouvelle Vague" avec Claude Chabrol. Entre 1957 et 2013, en 55 ans d'activités, elle a multiplié ses rôles tant au cinéma, à la télévision qu'au théâtre. Elle a reçu un César en 1986 pour "L'Effrontée". J'admirais sa simplicité et sa spontanéité.

SR

Partager cet article
Repost0

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
Print


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).