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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:45

C'est aujourd'hui que peuvent se porter candidates les entreprises voulant devenir opérateurs des télécommunications pour la 4G. Un fonds de réserve de 2,5 milliards d'euros est demandé aux éventuels opérateurs. Les entreprises susceptibles de venir sur le marché seraient : France Telecom, SFR, Bouygues et Free.

 

SR

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 12:25

Le Fonds Monétaire International (FMI) annonce avoir retenu deux candidatures pour le poste de directeur général. Il s’agit de la Française Christine Lagarde, 55 ans et Ministre français de l’Économie et des Finances, et du Mexicain Augustin Carstens, 53 ans et gouverneur de la Banque du Mexique.  


SR



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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 05:26

Le 31 mai 1911, l'économiste et physicien de formation Maurice Allais naissait. Prix Nobel d'économie, médaille d'or du CNRS, il fut l'un des grands savants du XXe siècle. Il a disparu le 9 octobre 2010 à 99 ans et demi.

Sur la vie de Maurice Allais.

Fukushima expliqué par Maurice Allais.

SR

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 20:39

Tout savoir sur les statistiques des demandeurs d'emploi du Pôle Emploi (ex-ANPE/Assédic) au mois d'avril 2011. Légère baisse du chômage depuis plusieurs mois. 4 301 200 personnes sont inscrites à Pôle Emploi en avril 2011.

 

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport du Ministère du Travail (fichier .pdf) :

http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-_453fr79.pdf

 

Source : Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques. Demandeurs d'emploi inscrits et offres collectées par Pôle Emploi en avril 2011.

SR

 

 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 11:53

Au cours d'une conférence de presse à Bercy ce mercredi 25 mai 2011 à 11h52, la Ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde a annoncé qu'elle était candidate à la succession de Dominique Strauss-Kahn pour les fonctions de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Elle a déclaré avoir le soutien de Nicolas Sarkozy et de François Fillon et la plupart des dirigeants des principaux pays contributeurs ont fait part aussi de leur soutien : Etats-Unis, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne. La fin du dépôt des candidatures aura lieu le 10 juin 2011, jour également de la conclusion de l'enquête de la Cour de Justice de la République pour savoir s'il y a matière à poursuite dans le cadre de l'affaire Tapie. Six candidatures dont quatre émanant de pays émergents ont déjà été déposées.

 

SR

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 05:59

DSK vient de donner sa démission de ses fonctions de directeur général du Fonds monétaire internationale.

 

SR

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 03:29

LetDSK18mai2011

 

 

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 03:25

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Lettre de démission de Dominique Strauss-Kahn de la direction générale du FMI le 18 mai 2011.

 

« Ladies and Gentlemen of the Board,

C’est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd’hui de proposer au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général du FMI.

Je pense d’abord en ce moment à ma femme - que j’aime plus que tout - à mes enfants, à ma famille, à mes amis.

Je pense aussi aux collaborateurs du FMI avec lesquels nous avons accompli de si grandes choses depuis plus de trois ans.

A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché.

Je veux préserver cette institution que j’ai servie avec honneur et dévouement, et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence. »

Dominique Strauss-Kahn, 18 mai 2011

 

Copie de la lettre ici.

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 21:12

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La déclaration de fin de mission résume les constats préliminaires effectués par les représentants du FMI à l'issue de certaines missions (visites officielles, dans la plupart des cas dans les pays membres). Ces missions s'inscrivent dans le cadre des consultations périodiques (en général annuelles) au titre de l'Article IV des Statuts du FMI, ou sont organisées lorsqu'un pays demande à utiliser les ressources du FMI (à lui emprunter des fonds), ou encore dans le contexte des discussions sur les programmes suivis par le services du FMI, ou d'autres exercices de suivi de la situation économique.
 

France : Consultations de 2010 au titre de l'article IV

Conclusions de la mission du FMI
Paris, le 15 juin 2010

L’économie française a mieux résisté à la « Grande récession » que la plupart des économies comparables. Toutefois, dans un contexte européen instable, la reprise économique en France est menacée par les possibles retombées de la crise de la dette souveraine. La confiance des marchés et par conséquent la croissance bénéficieront des actions décisives pour renforcer les cadres des politiques domestiques et leur mise en œuvre. Dans le même temps, la France doit demeurer l’un des moteurs des réformes à l’échelle européenne.

Une reprise fragile

1. Des mesures appropriées ont permis à la France de sortir rapidement de la récession, mais la reprise est fragile et se trouve à présent confrontée à l’affaiblissement de la demande domestique et européenne. La croissance devrait être atone en 2010 et n’enregistrer qu’une légère reprise au cours de l’année 2011. Le taux de chômage élevé, le retrait progressif des mesures de relance et l’effort de consolidation des finances publiques, imminent en France comme chez ses partenaires commerciaux, vont peser sur la demande ; tandis que la dépréciation de l’euro aura des retombées positives. La croissance potentielle devrait rester faible, sous l’effet conjugué des tensions liées au vieillissement de la population et des retombées de la récession mondiale passée. Dans ce contexte, l’inflation devrait rester modérée.

2. Compte tenu des turbulences sur les marchés de la dette publique en Europe et d’un programme ambitieux de réformes domestiques, les perspectives économiques de la France sont très incertaines. Les inquiétudes persistantes sur les risques souverains dans la zone euro pèsent sur la confiance. Si ces craintes ne sont pas dissipées, elles continueront d’influer de manière négative sur l’activité, en contribuant à limiter l’accès au crédit bancaire et à affaiblir la demande en France et chez ses principaux partenaires commerciaux. Une consolidation importante des finances publiques dans l’ensemble de la zone euro pourrait (tout en renforçant la confiance) se traduire par des tensions supplémentaires à court terme sur la reprise. En parallèle, la dépréciation de l’euro pourrait avoir un effet plus important que prévu sur les exportations. Des progrès visibles dans la réalisation du programme de réformes structurelles et budgétaires alimenteraient la confiance et stimuleraient la demande.

3. Quelles sont les mesures à prendre ? Les politiques devront porter sur trois domaines prioritaires d’intervention :

en matière budgétaire, il conviendra de définir une stratégie de consolidation pluriannuelle crédible et fondée sur une réforme des retraites ;
dans le domaine financier, les mesures prises devront contribuer au rétablissement complet du système financier et renforcer encore la stabilité financière ;
L’« Objectif Croissance » requiert des progrès visibles et accélérés en matière de réformes structurelles.
La consolidation budgétaire pour une croissance durable à moyen terme

4. Les mesures de relance budgétaire ont été un succès, mais la volatilité des marchés et la forte augmentation de la dette publique imposent un programme de consolidation inscrit dans une stratégie tournée vers l'avenir. Les mesures de relance budgétaire mises en œuvre en 2009-2010, temporaires et bien ciblées, ont contribué à maintenir la demande intérieure et à éviter une récession plus marquée. Toutefois, l’accroissement rapide de la dette et les évolutions récentes en Europe du Sud exigent un réexamen des politiques budgétaires à l’échelle européenne. Pour la France (dans un contexte de perspectives de croissance encore faibles) il convient de trouver l’équilibre délicat entre d’une part, la soutenabilité budgétaire et les mesures propres à renforcer la confiance et, d’autre part, l’objectif de croissance.

5. La stratégie budgétaire devrait viser la soutenabilité à moyen terme des finances publiques tout en limitant au maximum les risques pour la reprise. Dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), les autorités se sont engagées à mettre en œuvre un processus de consolidation budgétaire ambitieux et intensif dans sa phase initiale, visant à ramener le déficit public du pays à 3 pour cent du PIB d’ici à 2013. Compte tenu des évolutions actuelles des marchés, cette trajectoire devrait être respectée de façon à ancrer les anticipations. Pour parvenir à la trajectoire de consolidation souhaitée, il conviendrait de concentrer les efforts d’ajustement sur des mesures propres à améliorer l’efficacité en limitant autant que possible les retombées négatives sur l’activité économique. D’importantes réformes de long terme (en particulier concernant les retraites et le système de santé), ne produiraient que des économies limitées dans l’immédiat, mais auront des effets positifs et significatifs en termes de crédibilité auprès des marchés financiers et sur la demande intérieure. La stratégie budgétaire devra également veiller de façon adaptée à limiter la hausse disproportionnée des dépenses des collectivités territoriales.

6. L'effort de consolidation devrait s’appuyer sur des hypothèses macroéconomiques réalistes. Alors même que l’ampleur des efforts budgétaires requis demeure incertaine, le fait que les autorités françaises retiennent des projections de croissance à moyen terme dans le haut des prévisions du consensus risque d’aboutir à une sous estimation significative de l’ampleur des efforts budgétaires requis. Afin d’éviter toute interruption prématurée du processus de consolidation et la perte d’élan qui s’ensuivrait, le programme d’ajustement budgétaire devrait reposer sur des prévisions macroéconomiques validées par un conseil indépendant. De plus, les autorités devraient préparer un ensemble de mesures contingentes prédéfinies susceptibles d’être mises en œuvre en cas de reprise plus lente que prévu.

7. La stratégie de consolidation budgétaire annoncée réunit un certain nombre d’éléments indispensables, mais la maîtrise des dépenses sociales est cruciale. Les mesures de rigueur prises par les administrations centrales, notamment la poursuite de la réduction des effectifs des fonctionnaires (avec le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux) et l’annonce récente des gels des dépenses publiques en valeur nominale, permettront de maîtriser la hausse des dépenses des administrations publiques. Pour réussir, la démarche de consolidation doit inclure un contrôle renforcé des transferts de ressources de l’État à la fois vers les administrations de sécurité sociale et vers les collectivités territoriales. La proposition d’interdire l’introduction de nouvelles dépenses fiscales et exonérations de cotisations de sécurité sociale (mesure appliquée de fait à compter de mi-2010 et destinée à être, inscrite par la suite dans la Constitution) constitue un progrès encourageant dans l’amélioration de la discipline budgétaire.

8. La réforme des retraites et du système de santé doivent constituer la pierre angulaire de la stratégie budgétaire de moyen terme. En 2009 et 2010, les déficits des administrations de sécurité sociale ont contribué au déficit public pour près de 1,5 pour cent du PIB par an. Le gouvernement accorde donc à juste titre une attention particulière à une réforme des retraites visant à repousser l’âge effectif de départ à la retraite, des mesures concrètes devant être dévoilées sous peu. Il est important qu’une consultation publique ait lieu sur une telle réforme décisive ; il convient toutefois de résister aux pressions qui conduiraient à ne pas corriger les déséquilibres fondamentaux et à s’appuyer démesurément sur des mesures d’accroissement des recettes. L’augmentation rapide de la dette du système français de santé et d’autres composantes du système de protection sociale appelle la mise en place urgente de mesures audacieuses visant à rééquilibrer les comptes du système de sécurité sociale.

9. Les efforts déjà mis en œuvre pour maîtriser les dépenses des collectivités territoriales doivent être poursuivis avec détermination sur le moyen terme. L’accroissement des dépenses publiques avant la crise est attribuable pour une grande part aux collectivités territoriales, dont la forte autonomie de décision en matière de dépenses complique le processus de consolidation. Cependant, la réforme récente de la taxe professionnelle et les efforts pour renforcer la transparence et l’obligation de rendre compte, y compris en liant les futures augmentations de la fiscalité locale des entreprises à celles appliquées aux ménages, constituent des initiatives bienvenues. La réforme prévue en matière de consolidation budgétaire au niveau des collectivités territoriales pourrait contribuer à promouvoir un comportement plus responsable en matière budgétaire. Le gel des transferts en valeur nominale de l’État vers les collectivités territoriales sur la période 2011-2013 favorisera les gains d’efficacité, notamment en réduisant la taille de chacun des quatre niveaux d’administration locale et en limitant les doublons.

10. Un cadre budgétaire davantage assis sur des règles contribuera à la consolidation et renforcera la crédibilité des réformes de gouvernance budgétaire engagées à l’échelle européenne. Les premières mesures adoptées allant dans la bonne direction comprennent la mise en œuvre réussie d’un cadre de programmation budgétaire pluriannuel ainsi que la limitation de la capacité du parlement à créer des dépenses en dehors de la procédure budgétaire formelle. Les mesures plus ambitieuses envisagées à ce stade comprennent l’adoption d’une règle budgétaire. Cette mesure constituerait une réforme significative, en particulier si elle était formulée en termes structurels en vue de garantir la poursuite des efforts budgétaires après la sortie de crise. Afin d’être parfaitement crédible, cette règle devra être inscrite au plus haut niveau de la hiérarchie des normes. Elle doit surtout englober les administrations centrales et le système de sécurité sociale et prévoir un dispositif efficace afin d’assurer un comportement responsable des collectivités territoriales. Une telle approche – déjà adoptée par d’autres pays européens – enverrait un signal important qui stimulerait la confiance. Pour qu’une règle budgétaire structurelle fonctionne correctement, les calculs de production potentielle devraient être préparés ou validés par une autorité indépendante.

Retrouver la vigueur du secteur financier dans un environnement bien réglementé

11. Les banques françaises ont comparativement bien résisté à la crise financière mais la faiblesse de la croissance et les inquiétudes sur la dette publique européenne sont porteuses de nouveaux risques. L’aide de l’Etat a soutenu efficacement les banques françaises durant la crise. Celles-ci ont nettement renforcé leurs ratios de fonds propres et sont progressivement sorties du dispositif d’aide publique. du fait de la récession essentiellement, les prêts non performants sont plus élevés – bien que leur augmentation plafonnerait– la faiblesse de la croissance pourrait de nouveau peser sur la qualité des prêts et nécessiter des provisions supplémentaires. En dépit d’une exposition aux risques diversifiée et gérable, les banques françaises pâtissent de la perception qu’ont les marchés de leur exposition au risque souverain et au risque pays en Europe du Sud, ce qui pourrait d’augmenter le coût de refinancement. Comme les autres banques européennes, les banques françaises, subissent une pression sur les liquidités en dollar de long terme.

12. La croissance des prêts bancaires est redevenue positive mais reste faible. Afin d’éviter un resserrement du crédit pendant la crise, les autorités ont mis en œuvre plusieurs mesures destinées à soutenir l’activité de prêt. Ces mesures comprenaient l’obligation pour les banques bénéficiant de l’aide de l’Etat de s’engager à augmenter leurs encours de crédit de 3 à 4% et la création du  « Médiateur du crédit » chargé de garantir le traitement équitable des emprunteurs potentiels. En partie grâce à ces efforts, la croissance des encours de crédit pendant la récession n’a pas diminué autant que la moyenne de la zone euro. Cependant, la progression globale du crédit reflète, dans une certaine mesure, l’augmentation des prêts accordés aux ménages, y compris les prêts immobiliers. La raison fondamentale de la faiblesse des prêts octroyés aux entreprises reste difficile à déterminer mais des indicateurs tirés d’études montrent que les banques françaises ont assoupli leurs conditions de crédit et que la faiblesse de la demande constitue un facteur plus important. Les autorités demeurent néanmoins vigilantes et restent préoccupées par le fait que l’incertitude réglementaire (voir aussi ci-après) pourrait bientôt exercer une pression à la baisse sur le crédit.

13. La réforme des dispositifs de surveillance financière a bien progressé et les risques systémiques sont mieux contrôlés. La récente fusion des organismes de contrôle et de régulation des banques et des assurances au sein de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) constitue une étape importante. La nouvelle institution assure une surveillance mieux intégrée et contribue à réduire le risque systémique. La coordination de la surveillance macroprudentielle avec la Banque de France est essentielle pour aborder les liens macro-financiers. Compte tenu des liens forts qui existent avec les autres pays européens, il est à présent important de mettre en place le Conseil national de régulation financière et du risque systémique afin de permettre une coordination et une coopération étroites avec le Comité européen du risque systémique devant être mis en place par la BCE.

14. Une plus grande transparence et une meilleure communication pourraient faciliter l’évaluation du système financier français par les marchés. Dans le contexte de la crise de la dette souveraine, les demandes déjà exprimées par le passé en faveur d’une meilleure information sur les banques européennes, y compris françaises, ont resurgi. Les autorités et les acteurs du marché sont préoccupés à raison par le fait que certains stress– en particulier ceux concernant le risque souverain - pourraient contribuer à aggraver la crise. Cependant (alors que les stress tests coordonnés par le Comité européen des contrôleurs bancaires sont en bonne voie) il pourrait être utile de réexaminer la nature des informations susceptibles d’être communiquées. De même, une communication appropriée et coordonnée quant à l’exposition aux principaux risques, de préférence dans un contexte européen, pourrait fournir des orientations plus pertinentes aux marchés que celles des données publiques parfois trompeuses. Les superviseurs pourraient appuyer les efforts des banques en communiquant plus fréquemment (chaque trimestre par exemple) les données sur les principaux indicateurs relatifs à la stabilité financière dans le nouveau supplément au Rapport thématique sur la stabilité financière.

15. La France s’est montrée active dans la réforme de la réglementation internationale, mais les autorités tout comme les acteurs du marché remettent en question certains aspects des projets de réglementation actuels. La crise financière a encouragé les efforts pour une meilleure gestion des principaux risques des marchés financiers. Comme d’autres pays du G20, la France s’est totalement impliquée dans ces efforts et a participé à tous les forums appropriés. Si un consensus a été trouvé concernant un ensemble clé d’étapes nécessaires, d’aucuns craignent que certaines dispositions des dispositifs Bâle III et Solvabilité II de dimension macroéconomique, n’imposent (dans leur version actuelle) une hausse disproportionnée des coûts pour des systèmes avec des caractéristiques telles que celles observées en France. Les efforts sont encore en cours et il est important que la France continue à participer au processus; dans l’idéal, en trouvant un accord à l’échelle européenne de manière à progresser dès que possible sur les points les plus consensuels tout en s’assurant, pour les autres aspects, de la réalisation d’un calibrage attentif et d’une évaluation rigoureuse de leur impact sur l’économie réelle à travers des études supplémentaires.

Un programme accéléré de réformes structurelles visant à améliorer la croissance potentielle

16. Une économie plus orientée vers la croissance et la compétitivité est essentielle pour compenser les pertes de production potentielle liées à la récession. Une comparaison avec d’autres pays européens montre qu’en France le marché du travail et le marché des produits se caractérisent par d’importantes restrictions ainsi qu’un taux d’emploi relativement faible. De nouvelles réformes des marchés du travail et des produits, qui permettraient à la France d’adopter les meilleures pratiques existantes en Europe, pourraient améliorer le taux de croissance annuel du pays de plus de 0,75 pour cent.

17. La France est plus compétitive que de nombreux pays de la zone euro, mais l’écart de compétitivité vis-à-vis des pays les plus performants de la région s’accroît. Pour maintenir la position qu’elle occupe au sein de l’union monétaire, et afin que la zone euro dans son ensemble conserve sa place sur les marchés mondiaux, la France devra rattraper les pays les plus compétitifs de la zone euro. Au-delà des mesures à prendre concernant les marchés du travail et des produits (voir ci-après), il est impératif d’accorder plus d’importance à la recherche, au développement et à l’innovation. les efforts significatifs (35 milliards d’euros) engagés dans le cadre du « grand emprunt », vont dans la bonne direction, mais un suivi étroit de sa mise en œuvre sera nécessaire pour maximiser les bénéfices de cette opération.

18. Le renforcement de la concurrence intérieure permettrait d’accroître l’efficacité de l’économie. Le lancement, en 2009, d’une autorité unique en matière de concurrence a été une étape importante et des progrès ont été réalisés pour offrir plus de flexibilité aux distributeurs dans le secteur du commerce de détail. Cependant des barrières réglementaires à l’entrée subsistent dans des secteurs potentiellement concurrentiels, des restrictions à la concurrence en par les prix dans certains segments du secteur de la distribution, et des limites portant sur les horaires d’ouverture ou les périodes de soldes perdurent et devraient être supprimées. Dans le secteur des services, il conviendrait de mettre en œuvre les dispositions de la directive services européenne afin de parvenir à une plus grande libéralisation, notamment dans les services aux entreprises et les services de santé.

19. La forte hausse du chômage liée à la crise, requiert des mesures destinées à favoriser la création d’emplois et à renforcer les politiques d’activation. Les dispositifs temporaires de soutien à l’emploi, adoptés dans le cadre du plan de relance, doivent prendre fin à la date prévue afin d’éviter tout préjudice durable aux incitations à travailler et à l’efficacité économique. En parallèle, des mesures en faveur de la création d’emplois, telles que des incitations temporaires à l’embauche de catégories de personnes vulnérables, peuvent être envisagées. Pôle Emploi, acteur unique au service des demandeurs d’emploi, doit accompagner ces derniers dans leur recherche, y compris en leur proposant des formations, tout en faisant respecter les exigences en matière de recherche d'emploi. De plus, des mesures visant à réduire la dualité entre les CDD et les CDI permettraient de renforcer à la fois la motivation à travailler et l’équité sociale.

20. Au-delà des facteurs conjoncturels, il conviendra également de mettre l’accent sur le relèvement du taux d’emploi, trop faible en France à ce jour, en particulier chez les jeunes et les seniors. La modération du salaire minimum (SMIC) en l’absence de « coup de pouce » devrait être poursuivie, afin de rétablir progressivement une échelle des salaires incitative pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés. Pour soutenir l’emploi des seniors, le gouvernement a réduit les obstacles financiers pour qu’il soit plus facile de percevoir à la fois un revenu de travail et une pension de retraite tandis que la mise à la retraite obligatoire a été abolie. Les mesures destinées à augmenter les incitations à travailler, telle que la mise en œuvre effective d’exigences en matière de recherche d'emploi, doivent être poursuivies. Le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, inclus dans la réforme des retraites annoncée, constitue un facteur décisif de l’accroissement du taux d’emploi des seniors.

DÉPARTEMENT DES RELATIONS EXTÉRIEURES DU FMI

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 01:10

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Trois chroniques intéressantes d'Alain Madelin, ancien Ministre des Finances en 1995 et ancien candidat à l'élection présidentielle en 2002.
 


La mondialisation, vous dis-je !

4 avril 2011   Alain Madelin   12 commentaires
 
Au chevet de nos maladies économiques et sociales, nos modernes médecins politiques, de gauche comme de droite, ne connaissent, tels ceux de Molière, qu’un seul diagnostic : «Un manque d’État, vous dis-je.» Malheureusement, après tant d’échecs de cette médecine officielle, d’autant plus inefficace qu’elle est aujourd’hui sans le sou, la tentation est grande de faire appel aux rebouteux. Nos populaires rebouteux cependant n’ont guère d’imagination, ils ne font que promettre d’augmenter la dose du «toujours plus d’Etat».

Le Front national, qui affole aujourd’hui les baromètres politiques, a désigné la cause de tous nos maux. C’est la «mondialisation ultralibérale imposée par les Etats-Unis et la finance internationale». Son remède, c’est la reprise du contrôle de l’économie et de nos frontières par le politique. Sa promesse, c’est celle d’un Etat fort pour mettre en oeuvre «un protectionnisme social et territorial». En fait, le refus de la mondialisation libérale et la condamnation des excès de la finance internationale sont des discours convenus, à gauche comme à droite.

Tout comme la volonté de protéger les Français contre tous les soi-disant dumpings fiscaux, sociaux, environnementaux. Après tout, la «préférence communautaire» – c’est-à-dire la version européenne de la préférence nationale – est une proposition de l’actuel président de la république. Tout comme la TVA sociale qui prétend faire contribuer les produits étrangers au financement de notre protection sociale ou la taxe carbone sur les produits importés. Et les propositions les plus radicales du Front national sur la rupture européenne ne font que suivre celles des souverainistes de gauche et de droite. En fait, le Front national ne fait le plus souvent que surenchérir dans des propositions puisées chez ses adversaires. Du maintien exigeant des services publics jusqu’aux nationalisations sanctions pour les banques !

Certes, sur la difficile question de l’immigration, le Front national, d’un point de vue populaire, bénéficie d’un avantage comparatif. Mais celui-ci tient davantage à la posture, volontairement provocatrice, qu’aux propositions – d’autant plus radicales qu’elles n’ont pas à être mises en oeuvre – qui appartiennent au même registre sécuritaire que celui de la majorité au pouvoir. Quant à «l’islamisation» absurde des problèmes de l’immigration, qui complaît assurément à une part de l’opinion, elle se voit dangereusement accompagnée par l’UMP au risque de transformer les militants du Front national en militants laïques ! Ce faisant, on oublie que les quartiers difficiles ne sont que le miroir grossissant des échecs de l’Etat, la remise en cause des mécanismes de notre État providence et le recentrage de l’Etat sur ses vrais métiers sont nécessaires.

Au fond, dans le méchant procès fait par le Front national à l’UMP et au PS, il serait bien difficile de trouver quelques preuves de convictions mondialistes ultralibérales. En revanche, il existe assurément un décalage entre leurs promesses protectrices et les résultats. A gauche, c’est le constat désabusé d’un Lionel Jospin découvrant que «l’Etat ne peut pas tout». A droite, c’est le décalage entre le très volontariste «tout est possible» de l’actuel président de la république et la réalité. Entre l’annonce du grand «retour de l’Etat» pour discipliner des marchés financiers irresponsables et la réalité d’un retour des marchés financiers pour discipliner les États irresponsables.

Un tel décalage, contrairement aux affirmations du Front national, ne provient pas d’une insuffisance d’Etat et de volontarisme politique. Il est trop facile de dire : les lois de l’économie dérangent, il suffit d’en voter d’autres. Nos souffrances viennent de l’euro, revenons au franc. La mondialisation opprime, sortons de la mondialisation.

La société de la connaissance et de la créativité remet justement en cause cette prétention à commander l’ensemble de la société depuis l’Etat. C’est ce que le philosophe autrichien, prix Nobel d’économie, Friedrich Hayek, a appelé la «présomption fatale».

Les échanges d’informations de techniques de capitaux de compétences se font à l’échelle de la planète. L’éclatement du savoir entraîne l’éclatement du pouvoir. Les marchés s’affranchissent des gouvernements et des États perdent leur pouvoir absolu. C’est pourquoi partout dans le monde aujourd’hui, le recentrage de l’Etat et la redistribution du pouvoir au profit des consommateurs et des entreprises sont à l’ordre du jour.

C’est là une tendance lourde de la société qui dépasse les clivages politiques. Or la quasi-totalité de la classe politique s’inscrit à contre-courant de ce mouvement. Elle attise les peurs du nouveau monde. Pire, elle les instrumentalise, parce que ces peurs engendrent un besoin de sécurité qui permet à notre État providence désargenté de jouer les prolongations sécuritaires.

En fait, dans son combat contre la «mondialisation ultralibérale», le Front national n’a pas de vrais adversaires. Ceux qui lui font face sont piégés. Négliger les peurs qu’exploite le Front national, c’est lui laisser le terrain libre. Y répondre par des politiques dirigistes, c’est prendre le risque de l’impuissance publique et frayer le chemin de la surenchère. Car le Front national sera toujours mieux-disant social, protectionniste et sécuritaire. En revanche, il lui serait difficile d’être mieux-disant libéral !

Alain Madelin
Source La Tribune

 

Ce mauvais procès que l’on fait au libre-échange 

Par Alain Madelin, ancien ministre   /la tribune

Dans le procès contre la « mondialisation libérale » instruit par la quasi-totalité de la classe politique, les frères dumping sont au premier rang du box des accusés.

Ils sont trois : dumping social, dumping fiscal, dumping écologique. Avec quasiment les mêmes mots, tous dénoncent leurs méfaits. Et chacun de proposer ses mesures protectionnistes : préférence communautaire ou nationale, TVA sociale ou anti-délocalisation, taxe carbone sur les importations, écluses douanières aux frontières, harmonisation fiscale… Tous ces remèdes sont illusoires et tout est faux dans ce procès.

À commencer par l’usage du mot « dumping » qui n’est applicable qu’à des comportements potentiellement répréhensibles de vente à des prix inférieurs à ceux du marché national. Le protectionnisme repose sur une illusion d’optique. Ce que l’on voit, c’est une entreprise contrainte sous la pression de la concurrence de fermer ses portes ou de délocaliser. Mais le consommateur qui, en achetant par exemple une paire de chaussures importée 110 euros au lieu de 200, a gagné un pouvoir d’achat supplémentaire de 90 euros. Ce que l’on ne voit pas derrière la perte du producteur national, c’est le profit de cet autre producteur qui bénéficiera de ces 90 euros. Ce que l’on voit encore moins c’est que les 110 euros touchés par le producteur étranger reviendront inéluctablement, directement ou indirectement, sous forme d’achat de bien ou de services dans notre économie au profit d’un autre producteur. Ceci revient à dire que tout avantage obtenu par le producteur d’une activité protégée se fait nécessairement aux dépens du consommateur et de deux autres producteurs selon la règle « un profit, deux pertes » que les manuels d’économie enseignaient naguère.

C’est pourquoi globalement le libre-échange est toujours gagnant-gagnant.

Certes, si le dynamisme entrepreunarial est insuffisant et l’économie peu compétitive, les nouveaux emplois de substitution ne verront pas le jour. Mais est-ce là la faute du libre-échange ? D’autant que l’argent, les talents immobilisés dans les secteurs protégés du passé font défaut pour préparer l’avenir.

Le libre-échange n’exige ni la réciprocité, ni l’égalité des conditions de concurrence. S’il est toujours souhaitable de faire pression pour l’ouverture des marchés, un échange fut-il avec un pays protectionniste reste par nature bénéfique. En protégeant durablement un secteur, ce qui détruit les signaux des prix qui permettent l’adaptation, un pays se pénalise lui-même. Quant à l’idée d’égalité des conditions de concurrence, si elle est excellente pour une régate, elle n’a pas de sens pour le transport maritime. L’économie n’est pas un jeu, et la recherche de l’efficacité doit primer. Le climat, les aptitudes, la législation économique, les charges publiques, les salaires, l’abondance du capital, l’accès à des réserves de matières premières sont autant d’inégalités de conditions de concurrence qui, grâce à l’échange, vont créer de la valeur. Il n’y a pas de différence entre la concurrence d’une main-d’oeuvre étrangère bon marché et celle d’une machine qui économise le travail humain et fait baisser les prix. D’ailleurs voudrait-on égaliser les conditions de concurrence, qu’il faudrait dire lesquelles et jusqu’où ? Le temps de travail ? Les impôts ? Les salaires ? Et si oui, faut-il le faire par le haut, par le bas, par la moyenne ? Et les conditions naturelles ? Faudrait-il harmoniser les jours de soleil pour préserver l’égalité des conditions de concurrence dans le tourisme ?

Dumping fiscal ? Assurément, beaucoup de pays ont des impôts inférieurs aux nôtres : un faible impôt sur les sociétés en Irlande, un impôt au taux unique d’environ 20 % dans les pays Baltes, pas d’ISF en Allemagne… Mais cela correspond à une dépense publique inférieure. Qui doit se rapprocher de qui ? Baisser l’ISF, copier la flat tax… L’Irlande ne pourrait-elle pas reprocher à la France la concurrence déloyale de ses exonérations de charges ?

Dumping social ? Il faudrait soustraire nos producteurs nationaux à la concurrence d’exportateurs en provenance de pays aux droits syndicaux trop faibles et aux salaires trop bas. Il y a là beaucoup d’hypocrisie. Qu’on ne dise pas que l’on défend les droits fondamentaux quand on les réduit aux droits syndicaux. Quant aux salaires, s’ils sont bien entendu plus faibles dans les pays pauvres que dans les pays riches, c’est que la productivité globale y est aussi beaucoup plus faible.

Dumping écologique ? Nos contraintes environnementales sont loin d’être partagées par tous. En fait, la valeur de l’air, de l’eau ou d’un paysage, n’est pas la même dans un pays riche et dans un pays émergent confronté à la famine, aux épidémies et à la pauvreté. Et il n’est guère réaliste d’imaginer une taxe frappant les produits importés des pays qui ne pratiquent pas les mêmes limitations de rejets de CO2 que nous. Pourquoi pas une taxe frappant les exportations des pays riches en raison de leurs rejets passés dans l’atmosphère ?

D’autant que la plupart des produits aujourd’hui sont le résultat d’assemblages extrêmement complexes à l’échelle de la planète. Une étude récente a montré toute la complexité de l’assemblage international des pièces composant un iPhone importé de Chine. Pour une valeur d’importation de 179 dollars, la part chinoise n’est que 6,50 dollars. Le libre-échange a aujourd’hui atteint un point de non-retour. Tous les discours protectionnistes n’y changeront rien.

Alain Madelin – 23/04/2011, /la Tribune



L’effet catastrophe : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas

28 mars 2011   Alain Madelin   1 commentaire
 
C’était inévitable. Il s’est trouvé de bons esprits pour expliquer que les catastrophes subies par le Japon allaient doper sa croissance. Et pas des moindres, à commencer par Larry Summers, ancien secrétaire américain au Trésor sous Clinton et ex-directeur du Conseil économique national auprès d’Obama. Fichtre donc. Un bon tremblement de terre, un bon tsunami et pourquoi pas une bonne guerre, rien de tel pour stimuler la croissance ! Après la destruction vient la reconstruction. Keynes ne disait-il pas dans sa «Théorie générale» que «les tremblements de terre et jusque même les guerres» – qui sont autant d’occasions de dépenses publiques – «peuvent contribuer à augmenter la richesse».

Derrière de telles affirmations qui font bon marché de la vie humaine, il y a un raisonnement qui se veut économique. Une ville détruite, c’est une ville à reconstruire. Il va falloir investir. Les constructions de logements, de bâtiments publics, vont faire travailler des entreprises, créer des emplois, entraîner la production d’autres biens dans de nombreux secteurs. Les ménages devront à nouveau s’équiper, racheter des réfrigérateurs, des téléviseurs, des automobiles, des machines à laver, des ordinateurs, ce qui relancera le secteur des biens de consommation durable !

Il y a là tout le début d’une célèbre page de l’économiste français Frédéric Bastiat (1801-1850) : «la Vitre cassée». Résumons. Un jeune vaurien brise une vitre. La foule s’amasse et se réjouit «à quelque chose malheur est bon, voilà qui va donner du travail au vitrier». Le vitrier touchera une certaine somme d’argent. Celle-ci sera dépensée chez quelques marchands qui la redépenseront chez d’autres et ainsi de suite. Certes, dit Bastiat, c’est là «ce qu’on voit». Mais conclure que casser une vitre est bon pour l’industrie ou pour l’emploi serait absurde. Car il y a aussi «ce qu’on ne voit pas». L’argent dépensé pour remplacer la vitre ne servira pas à autre chose comme, par exemple, acheter une paire de chaussures. Du point de vue de la richesse, à l’origine de l’histoire, le propriétaire avait une vitre. Il l’a maintenant à nouveau, mais il a perdu le prix d’une paire de chaussures.

Ainsi les reconstructions d’après-catastrophes ne font que déplacer la demande. Et quand bien même pour diverses raisons (utilisation de capacités de production sous-employées, mobilisation patriotique…) y aurait-il un effet sur la croissance, celui-ci ne serait qu’illusion : un surplus de croissance ne signifie pas automatiquement un surcroît de richesse. Un pays où 10% des gens seraient rétribués à creuser des trous et 10% à les reboucher aurait le même PIB qu’un pays où 20% seraient payés à construire de nouvelles maisons.

Avec cette «vitre cassée», Bastiat, pourra-t-on penser, ne fait qu’illustrer une évidence. Mais celle-ci est essentielle à une bonne compréhension de l’économie. «Entre un mauvais et un bon économiste, voilà toute la différence ; l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir», dira Bastiat. C’est d’ailleurs pour cela que le sophisme de la vitre cassée a souvent servi de première leçon dans de célèbres manuels d’économie. Elle nous rappelle que l’économie est avant tout une branche de la logique. Dans toute son oeuvre, Bastiat d’ailleurs excellera dans cette dénonciation logique, rigoureuse, implacable mais toujours plaisante et stimulante de tous les sophismes économiques de son époque… Une oeuvre toujours actuelle d’ailleurs tant il est vrai que, chaque jour, des chefs d’entreprise, des hommes politiques, des journalistes refont à peu près les mêmes faux raisonnements.

Dans la foulée de «la vitre cassée», Bastiat s’attachera à montrer la part d’illusion des dépenses publiques : «l’Etat ouvre un chemin, construit un bâtiment public, redresse une rue, perce un canal ; par là, il donne du travail à certains ouvriers, c’est ce qu’on voit, mais il prive de travail d’autres ouvriers, c’est ce qu’on ne voit pas.» Aujourd’hui, le même raisonnement s’applique assurément aux généreux plans de relance des États. Il est d’ailleurs plaisant de constater que leurs thuriféraires néokeynésiens leur attribuent les vertus qu’ils prêtent par ailleurs aux catastrophes naturelles !

Rien de plus actuel aussi que le Bastiat qui démonte toutes les doctrines protectionnistes. Faire obstacle à l’importation d’un produit moins cher entraîne assurément un profit pour un producteur national ainsi protégé de la concurrence. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est la perte d’un autre producteur qui aurait bénéficié du pouvoir d’achat gagné par le consommateur du produit importé. La perte aussi d’un autre producteur de biens ou de services qui aurait bénéficié du retour des devises gagnées par l’exportateur étranger. Derrière la subvention accordée à une entreprise pour créer ou sauver des emplois, ce que voit l’opinion ce sont les emplois sauvés ou créés pour le plus grand profit du politique qui distribue la subvention.

Mais derrière la main qui donne, ce que voit l’économiste, c’est la main qui prend et le fait que l’argent prélevé sur un producteur ou un consommateur eût été autrement employé ailleurs, sans doute souvent plus utilement. Voilà qui explique pourquoi la politique ne fait pas bon ménage avec l’économie. L’enchaînement économique invisible des faits, leurs conséquences dans le temps s’effacent devant l’exigence politique de l’immédiat et du présentable aux médias. Le montrable est plus important que le démontrable. Bref, la politique est l’art de ce qui se voit quand l’économie est la science de ce qui ne se voit pas.

Alain Madelin
Source La Tribune

 

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