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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 06:43

Les chauffeurs de taxi vont être contents : le journaliste Laurent Joffrin leur propose une baisse de leur pouvoir d’achat dans une logique typiquement "française".


yartiTaxis01L’émission "Mots Croisés" animée par Yves Calvi le lundi 4 février 2013 sur France 2 était consacrée au chômage, un sujet essentiel qui mine la société française (et européenne) depuis au moins trois décennies et qui est devenue officiellement (et très théoriquement si l’on écoute le débat national actuel) la priorité numéro une du gouvernement socialiste.


Un débat droite/gauche assez stérile

Les deux principaux invités étaient deux poids lourds du PS et de l’UMP, le Ministre du Travail Michel Sapin (très proche ami de François Hollande) et l’ancienne Ministre du Budget Valérie Pécresse (nouvelle secrétaire générale déléguée de l’UMP).

Leurs propos restaient convenus en raison de leurs hautes responsabilités respectives dans la majorité ou dans l’opposition.

On pouvait même regretter le ton inutilement polémique adopté par Michel Sapin (d’habitude plus conciliant) sur un sujet pourtant consensuel, celui de la réforme de la formation professionnelle (l’idée acceptée de tous étant que l’énorme budget de la formation professionnelle devrait se focaliser principalement sur les demandeurs d’emploi et pas sur les salariés déjà en poste).

Deux autres invités (parmi d’autres) avaient une plus grande liberté de parole parce qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes : le journaliste Laurent Joffrin et l’ancien Ministre de l’Industrie Alain Madelin.


Réflexion et indépendance d’Alain Madelin

Bien qu’étiqueté par beaucoup de monde comme de "droite libérale" (qu’il revendique du reste), Alain Madelin a des propos loin d’être dogmatiques car il est un homme qui connaît bien les entreprises et l’industrie. Les incrustations de messages courts de Twitter au cours de l’émission montraient d’ailleurs le décalage entre son image et son discours (l’un deux s’étonnait d’entendre venant de lui un discours de gauche).

Pourtant, le discours d’Alain Madelin est très ancien et déjà en 2007, il avait pris fermement position contre le principe de la TVA sociale, considérant que cela ne résoudrait rien, puisque ce serait toujours le salarié qui payerait ses charges sociales, plus par l’intermédiaire de son employeur mais par l’intermédiaire de sa consommation. Qu’en d’autres termes, les employeurs pourraient être contents (moins de charges) mais cela ne résoudrait rien en ce qui concerne la compétitivité. Ce qui est d’ailleurs étonnant, c’est que ce principe de TVA sociale, rejeté par Nicolas Sarkozy en 2007 puis adopté par lui le 29 janvier 2012, avait été également rejeté par la gauche socialiste en début 2012 et finalement adopté par elle le 6 novembre 2012 à la suite du rapport Gallois.

Alain Madelin ne cesse d’ailleurs de dire que l’essentiel n’est pas dans la baisse des coûts salariaux (comme le réclame le Medef), car une activité pérenne doit bien payer ses coûts de production qui sont ce qu’ils sont, mais dans l’innovation pour conquérir de nouveaux marchés. L’encouragement à innovation fait d’ailleurs consensus, tant dans la majorité actuelle que dans la précédente.

La liberté de ton d’Alain Madelin, qui n’a pas hésité à s’opposer aussi à sa famille politique d’origine (Valérie Pécresse, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Henri Guaino etc.), n’est plus à démontrer et j’ai même l’impression qu’il "vieillit bien", se focalisant sur le cœur des enjeux économiques et devenu complètement étranger à la politique politicienne (il n’a plus de mandat parlementaire).


L’idée de Laurent Joffrin

Plus éclairante encore fut l’une des interventions du journaliste Laurent Joffrin. On imagine sans peine, mais peut-être suis-je mauvaise langue, qu’il a parfois attendu trop longtemps son taxi dans ses déplacements parisiens et qu’il avait sa petite idée comme on a un dada qu’on veut à tout prix placer.

Coupant la parole à l’un des autres invités, alors que l’émission se terminait, Laurent Joffrin a fait un peu de teasing pour obtenir le silence : il avait, lui, la solution pour réduire de …2 000 le nombre de chômeurs en France, sans que cela ne coûte un seul euro à l’État (on évitera d’ironiser sur l’impact pour les plus de trois millions de chômeurs).

Il a alors exprimé son idée supposée géniale : la profession de taxi est très réglementée en France et il y a un numerus clausus pour assurer un chiffre d’affaires minimum aux chauffeurs de taxi qui doivent d’abord investir beaucoup pour démarrer leur activité.

Son idée était donc d’augmenter très arbitrairement le numerus clausus, de deux mille taxis par exemple, ce qui ferait deux mille chômeurs en moins, en toute gratuité pour les budgets publics.


Les taxis, chasse gardée ou gisement d’emplois ?

Actuellement, il y a un peu plus de cinquante mille chauffeurs de taxis en France. La profession est régie par la loi n°95-66 du 20 janvier 1995 (ainsi que par le décret n°95-935 du 17 août 1995 et le protocole d’accord du 28 mai 2008). La première réglementation date de Léon Blum.

Certes, depuis longtemps, du Comité Rueff de 1959 à la Commission Gallois de 2012, de nombreuses missions avaient déjà proposé une plus grande ouverture de la profession, notamment pour supprimer les "situations acquises" qui se sont transformées en monopole.

Personne n’a vraiment répondu à cette suggestion car l’émission arrivait à son terme mais cette idée est très significative de l’incapacité de la classe politique à comprendre l’économie, qu’elle soit de droite ou de gauche.


Partager la pénurie ?…

Cette incompréhension s’est également retrouvée dans le Lundi de Pentecôte que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait voulu faire travailler pour trouver un financement supplémentaire. Elle part d’une logique qui ne fonctionne plus depuis quarante ans, depuis la fin des Trente Glorieuses : celle qui voudrait que plus on produit, plus on vend, plus on augmente son chiffre d’affaires (et plus on enrichit l’État). Mais, le problème du chômage provient justement du fait que cette équation est "cassée" !

Le problème n’est plus de produire, le problème est de trouver un marché. Le raisonnement tenait lorsque la classe moyenne devait encore se développer et acquérir les biens de consommation nécessaires. Maintenant que le seuil est atteint, c’est le contraire qu’il se passe : les entreprises produisent trop, doivent réduire leurs stocks (qui coûtent cher) etc. car ils n’ont plus assez de clients. Ce n’est donc pas en produisant plus qu’ils auront plus de richesse, puisqu’ils n’ont déjà pas assez de clients.

Ce n’est pas en faisant travailler le Lundi de Pentecôte que les entreprises vendront une journée de plus. De même, ce n’est pas vendant le dimanche que les commerçant vendront plus. Ils vendront seulement mieux, c’est-à-dire qu’ils vendront plus que leurs concurrents qui n’ouvrent pas le dimanche. Mais globalement, ils ne vendront pas plus.

Pour les taxis, c’est la même chose. Il n’y aurait pas plus de demandes parce qu’il y aurait plus de taxis. Il y a un besoin et la question est de savoir comment les taxis répondent à ce besoin. S’ils sont peu nombreux, les clients devront attendre un peu plus longtemps que s’ils étaient plus nombreux. Mais il n’y aurait pas plus de clients s’il y avait plus de chauffeurs de taxi ! En somme, mécaniquement, cela réduirait le chiffre d’affaires des taxis actuels (que je n’ai pas vocation à défendre du reste, ceux-ci étant très capables de faire pression sur le gouvernement depuis des décennies).

Or, la profession de taxi ne s’improvise pas. Elle nécessite aussi un investissement continu dans l’outil de travail, à savoir la voiture, et aussi la licence très chère (une "autorisation de stationnement" qui coûte aujourd’hui 240 000 euros). Réduire la part du marché des chauffeurs de taxi, c’est réduire leur capacité de renouveler leur véhicule. Globalement, le marché ne changerait pas, mais pour un même nombre de clients, il y aurait plus de frais initiaux pour la profession. Personne ni gagnerait.

C’est en somme le même principe que la réduction du temps de travail : partager le travail avec des demandeurs d’emploi. Ce principe aurait fonctionné en 1999-2000 si les salaires étaient partagés également, mais comme c’était à salaire constant (ce qui fut heureux pour les salariés, évidemment), ce n’était pas viable économiquement. Cela dit, depuis une décennie, les salaires ont été quasiment gelés pour cette raison.


…Ou créer de la richesse ?

On ne réussira pas à réduire le chômage si on ne comprend pas qu’il faut d’abord augmenter la richesse globale du pays. Et pour cela, le seul levier efficace, ce n’est pas un redéploiement des taxes ou impôts (globalement, rien n’y changerait) mais de tout faire pour renforcer les investissements : recapitalisation des entreprises et investissement dans de nouvelles activités. Est-ce un paradoxe ? La robotisation des usines a engendré bien plus d’emplois qu’elle n’en a supprimé. L’Allemagne et l’Italie l’ont mieux compris que la France.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 février 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
TVA sociale.
Le rapport Gallois sur la compétitivité.
Les investissements d’avenir.
Brevet unique européen.


(Première illustration : couverture de "Benoît Brisefer, les Taxis rouges" par Peyo, éd. Dupuis).


 
yartiTaxis02


http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/encore-des-yaka-pour-resorber-le-130155





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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 04:14

Une des applications des lois Auroux du début de la Présidence de François Mitterrand, l'obligation pour les entreprises de constituer un CHSCT a été un élément moteur dans la réduction des accidents du travail. Le CHSCT, comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, est composé de salariés élus et de représentants de l'employeur. Il veille à ce que le travail réalisé au sein de l'entreprise soit conforme aux lois et aussi aux conditions de sécurité.


SR

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:40

L’arbre qui cache la forêt. Un point de cristallisation pour masquer l’absence de politique efficace contre la pauvreté. Fustiger les riches n’a jamais rien fait pour redonner une existence digne aux plus pauvres.


yartiDepardieuG01Cela fait quelques jours que la polémique sur le départ vers la Belgique de l’acteur français Gérard Depardieu enfle dans les médias. Il y a une autre information qui rentre étrangement en résonance avec cette effervescence. Le Ministre du Travail l’a annoncé officiellement ce lundi 17 décembre 2012 dans la matinée : il n’y aura aucune hausse du salaire minimum (SMIC) pour le 1er janvier 2013, autrement que la strictement légale. Après la mini-hausse du 1er juillet 2012 (0,6%), le gouvernement socialiste semble plus se focaliser aujourd’hui sur la chasse aux riches plutôt que la lutte réelle contre la pauvreté et la précarité.

Je n’ai jamais vraiment apprécié Gérard Depardieu. Peut-être à cause de ce qui a fait son succès, à savoir son audace, sa brutalité, son extravagance même. Dans ses premiers films, je l’ai toujours trouvé comme le représentant d’une virilité dans laquelle je ne me retrouvais pas. Je l’ai apprécié comme Cyrano, bien sûr, mais moins dans d’autres films, lorsqu’il focalisait sur lui l’attention nombriliste. Sa réussite dans le cinéma français en a fait un monstre sacré, un symbole de la culture française. Alors, dans ces conditions, son départ de France a pu étonner et même mettre en colère.

yartiDepardieuG02Je ne dis pas que c’est louable de partir ainsi. Au contraire, c’est même moralement déplorable. À partir d’un certain nombre de zéros, il semble assez banal finalement d’imaginer la patriotisme personnel comme une religion honteuse où le seul dieu qui serait honoré s’appellerait argent.

Ce n’est pas louable, mais ce n’était pas non plus imprévisible. Au contraire, c’est dans l’ordre des choses, l’humain étant ce qu’il est, d’aller chercher les moyens de payer le moins possible et de gagner le plus possible. Tout le monde n’a pas la valeur argent en priorité mais un gouvernement doit quand même le prendre en considération.

Car finalement, que s’est-il passé ? Que pour se faire plaisir et chercher à faire plaisir à son électorat (celui-ci ne semble cependant pas vraiment dupe), le gouvernement socialiste cherche à stigmatiser les riches et la richesse. Ce n’est pas pour la première fois. François Hollande en 2007 déclarait détester les riches dont il plaçait le seuil à 4 000 euros par mois, seuil que lui même, depuis trente ans, avait largement franchi.

Il sait pourtant que ce n’est pas en appauvrissant les riches qu’on enrichira les pauvres (une simple règle de trois suffit à comprendre cela), mais cela frotte dans le sens du poil. Cela encourage des sentiments pas très sain comme la jalousie ou l’envie.

Revenons à ce que disait Michel Sapin, le Ministre du Travail et très proche ami du Président de la République, le 16 décembre 2012 sur Europe 1. Remarquant que Gérard Depardieu était né dans sa circonscription et regrettant son évolution alors qu’il l’avait beaucoup apprécié et rencontré, Michel Sapin en a profité pour s’autosatisfaire en disant que cette fuite à Varennes était la preuve que le gouvernement avait rendu juste la politique fiscale.

Pourtant, c’est justement le contraire qui se passe.

D’une part, l’absence de coup de pouce pour le SMIC (dont je ne critique d’ailleurs pas le principe) n’est pas vraiment un geste de grande attention pour les moins aisés, mesure que je mets en complément de la faible hausse du RSA (10% en 5 ans) et des autres mesures peu ambitieuses pour combattre la pauvreté. Cela ne montre pas une obsession folle de ce gouvernement à redonner de l’espoir à des personnes qui se sentent exclues de la société.

D’autre part, où se trouve la justice fiscale si tous les "riches" (disons, tous les gros contributeurs) s’en vont ? Le manque à gagner de l’État serait automatiquement refacturé aux moins riches, c’est un effet relativement mécanique (les finances publiques étant ce qu’elles sont et l’objectif de réduction du déficit public étant sans arrêt réaffirmé).

La taxe de 75% sur les gros revenus, l’imposition renforcée pour les plus-values d’entreprises (ce qui risque à terme de réduire la capacité d’innovation du pays), et surtout (car heureusement, ce gouvernement reste "modéré"), tous ces éléments de langage très irresponsables sur les "riches" sont des facteurs qui peuvent inciter des personnes très aisées à quitter la France alors que le pays devrait au contraire tout faire pour les attirer.

Gérard Depardieu cristallise ainsi cette haine totalement factice et les ministres en ont même rajouté dans le lynchage médiatique, ce qui est assez malsain. Je n’ai aucune envie de défendre l’acteur, car il est assez grand pour le faire et je ne suis pas vraiment de son monde, ni n’ai les mêmes valeurs, assurément, mais cette focalisation sur sa seule personnalité fait sens. Sur le patriotisme par exemple, les mêmes n’étaient pas trop gênés quand Yannick Noah envisageait de quitter la France en cas d’élection de Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, il est impossible de ne pas mettre en parallèle cette stigmatisation des riches et la stigmatisation contre les immigrés, contre les gens du voyage voire des étrangers ou des musulmans encouragée par certains élus de la majorité du quinquennat précédent. L’idée est toujours la même : caresser dans le sens de son électorat radicalisé en pointant du doigt des boucs émissaires comme supposées causes des problèmes économiques et sociaux de la France.

Le parallélisme est allé si loin qu’un député de l’actuelle majorité a même suggéré la déchéance de nationalité aux exilés fiscaux, proposition aussi stupide (et inapplicable) que la déchéance de la nationalité aux "nationaux immigrés" récidivistes proposée en été 2010.

Certains pourraient objecter que les choses sont différentes car d’un côté, il y a des personnes qui sont capables de s’en sortir (par leur richesse) et d’un autre côté, il y a des étrangers précaires qui, expulsés, ont encore tout à faire pour se construire (ou reconstruire) une existence digne. Sauf que les propos de stigmatisation et d’exclusion sont des facilités politiques qui sont toujours très dangereuses à manier et qui ont toujours mené dans des impasses parfois très noires.

Il faut bien admettre que la réaction de Gérard Depardieu était du même niveau que ses détracteurs, à savoir qu’il les aidait à mieux l’enfoncer, puisqu’en fin de compte, en voulant renier sa nationalité française (il parle de passeport alors qu’il faudrait plutôt parler de nationalité), il a donné raison à ce député ultra.

C’est vrai qu’il n’a jamais été dit qu’un acteur à succès devait produire une réflexion dense et intelligente. Son métier est d’interpréter des rôles et il semble que depuis "Les Valseuses", Gérard Depardieu a rempli sa mission. Ou plutôt, ses spectateurs, car finalement, s’il y a autant de monde qui est allé le voir au cinéma (l’acteur français le plus regardé après Louis de Funès, semble-t-il), c’est qu’il y a bien une raison.

yartiDepardieuG03

J’imagine que les mots les plus assassins proviennent de ceux qui l’ont adoré dans les années 1970, 1980 et 1990, à une époque où son jeu était exceptionnel. Ceux qui ont adoré Alain Delon jeune ne lui reprochent maintenant plus son évolution, ses tendances politiques, son intérêt pour la Suisse. La colère est à la hauteur de la déception.

Ce qui me trouble, c’est que même si cela semble manifestement transparent pour Gérard Depardieu, c’est son droit le plus absolu de vouloir habiter en Belgique. Ce n’est pas du tout illégal, et sur ce sujet, Gérard Depardieu a fait un petit pied de nez aux socialistes, il en profite pour se déclarer citoyen européen et citoyen du monde, et il a raison. Quoi de plus exaltant que savoir qu’on peut vivre n’importe où en Europe, sans contrainte à cette liberté fondamentale de circulation ? Ce n’était pas si évident que cela dans les troubles du siècle passé.

Gérard Depardieu a annoncé qu’il avait payé 145 millions d’euros d’impôts en 45 ans de carrière (j’imagine qu’il n’a pas compté la TVA !) et qu’il a donné du travail à 80 personnes. Il n’y a aucune raison de le mettre en victime mais non plus aucune de le lyncher sur la place publique. Il n’a commis aucun crime ni délit (pour ce qu’on lui reproche ici en tout cas, sa violence ayant déjà fait l’objet de plainte par ailleurs) et son "importance fiscale" montre à l’évidence que même en le taxant à 100%, il ne va pas résoudre à lui seul le problème de la pauvreté ni celui du déficit budgétaire.

Laissons donc tranquille Gérard Depardieu ! Un jour, c’est Gérard Depardieu, et puis, un autre jour, le boomerang reviendra sur Jérôme Cahuzac.

Cet acteur fait ce qu’il veut selon ce que la loi lui permet. Cela peut être regrettable mais cela reste respectable. Après tout, il n’a jamais été un modèle et le star system ne devrait pas hisser de simples acteurs, malgré leurs succès, dans les cimes de l’exemplarité. Ils ne sont pas élus Présidents de la République, ils n’ont jamais prétendu améliorer le monde, ils ont juste souhaité endosser des rôles qu’un réalisateur leur assignait. Ce n’est pas Gérard Depardieu la cause de la pauvreté, ce n’est pas par lui que passera une solution quelle qu’elle soit, mais par un gouvernement démocratique élu, comme celui d’aujourd’hui en panne d’imagination.

En définitive, ce que les détracteurs reprochent à Gérard Depardieu, c’est le trop peu d’Europe. Le trop peu de politique commune au sein de l’Union Européenne. La seule chose qui pourrait sortir de positif de toute cette polémique, ce serait justement de renforcer non pas une harmonisation fiscale entre la France et la Belgique (comme le gouvernement vient de le proposer) mais au sein même de la zone euro. Cela n’empêchera pas des exils fiscaux vers la Suisse mais cela rendra un peu plus logique la construction européenne. Le TSCG, à cet égard, a été une étape historique dans cette évolution. Critiquer l’exil fiscal et en même temps le TSCG (qui renforce l’union budgétaire) ne paraît donc pas vraiment cohérent.

En d’autres termes, je souhaite que ce gouvernement, au lieu de se faire plaisir sans efficacité en fustigeant un acteur au comportement certes déplorable, fasse des propositions concrètes et novatrices pour aller dans le sens d’une harmonisation européenne des fiscalités nationales.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 décembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Un sex symbol pourtant bien français.
Justice fiscale ?
La hyène et la limace.
Morale molle et ambitions dures.
François Hollande.
Lettre de réponse de Gérard Depardieu du 16 décembre 2012 (à télécharger).



yartiDepardieuG04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/gerard-depardieu-l-idiot-utile-du-127667

 





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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:37

Il devient urgent de sortir cet avocat nombriliste et carriériste de ce très stratégique ministère de l’industrie. L’image de la France auprès des investisseurs étrangers s’est effondrée depuis six mois. Il serait temps que le gouvernement socialiste comprenne qu’il n’y aura pas de salut sans apport de nouvelles activités dans l’économie nationale.


yartiFlorange01Lorsqu’il a composé son gouvernement, le Président de la République François Hollande a su manier son extrême habileté à la chose politique.

En nommant le représentant de la démondialisation (un terme qui ne signifie rien), Arnaud Montebourg, qui avait réuni 17% des sympathisants socialistes lors de la primaire d’octobre 2011, au poste crucial de "Ministre du Redressement productif", une appellation sans origine contrôlée, François Hollande comptait l’obliger à soit transiger soit s’évanouir dans le paysage socialiste. Il l’avait aussi astucieusement fait pour le Quai d’Orsay, en nommant deux contempteurs du Traité constitutionnel européen en mai 2005, Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve, aux postes stratégiques pour l’Europe, respectivement aux Affaires étrangères et aux Affaires européennes.

Cela avait deux objectifs pour François Hollande : d’une part, récupérer à son profit l’aile gauche du PS et son idéologie anti-européenne en l’impliquant dans les décisions gouvernementales ; d’autre part, intégrer une "forte gueule" qu’il valait mieux avoir au sein du gouvernement que contre lui, maintenant également la pression sur un autre grand espoir du PS, Manuel Valls.

Si l’on peut applaudir ces subtilités politiciennes présidentielles, il faut hélas reconnaître que l’intérêt de la France n’y a pas trouvé son compte. Alors que la politique fiscale a déjà écorné de manière très forte l’attrait de la France auprès de ceux, entrepreneurs étrangers, qui pourraient songer à y apporter leurs talents et leur créativité, le ministre Arnaud Montebourg n’a cessé de ridiculiser la parole de la France dans sa stratégie industrielle, ou plutôt, dans son absence de stratégie industrielle.


PSA et Mittal, deux malheureux épisodes

L’épisode de la fermeture de l’usine de Peugeot à Aulnay-sous-Bois avait déjà marqué les limites du verbe montebourgeois : on stigmatise ostensiblement ceux qui détiennent les richesses industrielles de la France (discours en direction des employés par simple clientélisme électoral, une façon de faire déjà connue sous Nicolas Sarkozy), et ensuite, rétropédalage, en se soumet totalement aux diktats du capitalisme sans même rien tenter de la part de l’État.

L’épisode de Florange, qui risque bien de finir comme celui de Gandrange, est, à mon sens, d’une portée bien plus désastreuse que celui de PSA car la communication est devenue internationale.

yartiFlorange04

Traiter sans ménagement le patron d’une entreprise qui compte plus de vingt mille salariés français était déjà faire preuve de très peu de responsabilité par rapport aux impératifs économiques : si les méthodes de Mittal sont évidemment troublantes et même choquantes, il faut quand même bien admettre qu’un investisseur étranger qui serait intéressé à s’implanter en France ne serait jamais un philanthrope et viendrait en France parce qu’il y trouverait un avantage financier d’une manière ou d’une autre dans sa propre stratégie de développement international. En clair, les seuls qui seraient susceptibles d’investir en France seraient des "gros" qui manieraient naturellement leur "cynisme". Reste donc à ce que leur stratégie soit également compatible avec l’intérêt de l’économie de la France et de celui de ses citoyens et salariés.


Comment se débarrasser des investisseurs ?

Le sommet du masochisme gouvernemental a sans doute été atteint lorsqu’il a été question de nationaliser (même provisoirement !) le site de Florange. De quoi se frapper la tête contre un mur. Avec un tel discours, quel investisseur étranger serait-il assez masochiste pour envisager une seconde de s’implanter encore en France ? Comment faire confiance à un gouvernement qui manierait avec tant de célérité et de légèreté cette arme de dissuasion industrielle ? D’autant plus que la présence sur le marché européen pourrait se faire à partir d’un autre pays bien plus porteur (Allemagne, Grande-Bretagne par exemple).

Heureusement, face à un Président de la République visiblement hésitant et indécis, souhaitant louvoyer autour de tous ses alliés, et à un ministre uniquement du verbe industriel, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a su garder le cap du pragmatisme et rappeler l’essentiel dans sa déclaration du 30 novembre 2012 à Matignon : « Le gouvernement n’a pas retenu l’hypothèse d’une nationalisation transitoire, qui a pu être évoquée ces derniers jours. (…) La nationalisation (…) n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité. ».

yartiFlorange03

Heureusement, il a compris que l’État ne trouverait pas mieux des clients qu’une entreprise privée, qu’il ne réduirait pas mieux les coûts ou ne serait pas plus compétitif qu’une entreprise privée. En revanche, cette pagaille verbale a miné l’attrait industriel de la France, elle a assombri toutes les perspectives d’investissements étrangers sur territoire national. Car il a immiscé le doute, l’inquiétude, la peur d’une politique incohérente, sans vision, sans ligne directrice.

Pire : pour éviter la démission du ministre Arnaud Montebourg (démission peu probable car il n’aurait plus aucun parachute politique et serait vite isolé dans le paysage politique), Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont laissé entendre, le 1er décembre 2012, que l’évocation d’une nationalisation n’avait qu’un seul but, celui de faire pression sur Mittal pour mieux négocier : « C’est une menace dont on savait qu’elle était très difficile à utiliser mais qu’il fallait brandir et donc étayer. » (François Hollande dans le "Journal du dimanche").

Mais de deux choses l’une, ou Mittal y a cru sérieusement, et dans ce cas, les éventuels investisseurs étrangers y croiront tout autant sérieusement, ou Mittal n’y a jamais cru et a noué son accord avec le gouvernement de manière très légère, à savoir, sans envisager de le respecter.

Ce serait plutôt cette seconde hypothèse qui pourrait être prise en compte. Jacques Attali a même déclaré qu’il ne fallait pas lui faire confiance puisqu’il n’a jamais honoré ses anciens engagements. L’arrêt prochain des deux hauts-fourneaux à Florange (prévu vers avril 2013) signerait la fin définitive de la "filière chaude". Dans ces conditions, comment ne pas envisager qu’à terme, un plan social ne soit pas un jour ou l’autre décidé ? C’est comme arrêter de fumer ; le fait de promettre de ne pas faire de plan social ne dure qu’un temps. Mais dans six mois ? Serait-ce comme la non-augmentation de la TVA et de la CSG durant tout le quinquennat ?


Entre canards boiteux et filières d’avenir

Comme pour le secteur automobile, la question est finalement de savoir quel est l’avenir du secteur de l’acier en France. Il n’y a sans doute pas de réponse très claire sur le sujet mais la réflexion mérite de déboucher sur des choix courageux et sur cette question : le gouvernement doit-il systématiquement, pour des raisons de clientélisme électoral, d’absence de vision à long terme et d’incapacité profonde, engager des milliards d’euros dans des secteurs qui, d’une manière ou d’une autre, ne renaîtraient jamais ou faudrait-il plutôt tout miser sur de nouvelles activités, encourager les initiatives, débloquer la créativité et l’esprit entrepreneurial des Français ?

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L’effondrement de pans entiers de l’industrie française depuis trente ans est un désastre social (qu’il faut traiter également au niveau social), mais ces "morts", aussi malheureuses soient-elles, sont normales dans la vie, dans l’économie, il y a des cycles de produits, des activités qui arrivent à terme, des écrans plats qui remplacent les écrans cathodiques etc. et il faudrait plutôt anticiper les fins de cycles et surtout encourager à démarrer de nouveaux cycles industriels, à lancer de nouvelles filières, et à les accompagner de formation continue pour les reclassements.


Imaginer de nouvelles sources de richesse

C’est peut-être la différence avec les pays anglo-saxons ; au lieu de miser l’argent public pour relancer la machine économique par de nouvelles activités, la France cherche avant tout à s’accrocher à des activités qui ne seront de toute manière plus pérennes. Le chômage n’est pas grave s’il ne dure que quelques mois. Le système français sécrète du chômage de longue durée par une méconnaissance de l’économie de ses gouvernants.

Car ce qu’il faut, justement, c’est de la flexibilité, de pouvoir changer de filière, laisser celles qui vont mourir et relancer les prochaines qui vont s’épanouir. Une flexibilité qui ne doit évidemment pas se faire sur le dos des salariés (c’est avec le système actuel qu’on crée la précarité et une véritable fracture sociale entre ceux qui ont un emploi et ceux qui en cherchent).

Aux États-Unis, une faillite est considérée comme une expérience et valorisable tandis qu’en France, c’est synonyme de honte sociale, si bien que peu de personnes prennent le risque d’échouer alors qu’entreprendre, c’est pouvoir échouer. Les souhaits des étudiants se retrouvent essentiellement dans les emplois de fonctionnaires aujourd’hui. Pourtant, seule la création de valeur, donc, la prise individuelle de risque peut enrichir notre pays, lui faire retrouver la croissance, réduire les déficits et la dette, et garantir la protection sociale.

En ne prenant pas conscience du principe de vie et de mort des activités, de cette respiration inévitable, les gouvernements français, depuis plusieurs décennies, ne sont plus que des greffiers qui notent amèrement les actes de décès (avec des emballages politiques plus ou moins chatoyants) sans savoir susciter les actes de naissances. À l’État justement de favoriser ces naissances et ces redynamisations de l’économie par un assouplissement en faveur des entreprises et une meilleure prise en compte de la sécurité des salariés dont la probabilité de réaliser toute leur carrière dans la même entreprise (ou dans la même filière) est de plus en plus faible.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (4 décembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


NB.

La fange, c'est le chômage, c'est le désert industriel, c'est repousser toutes les possibilités ultérieures de nouvelles activités par le chiffon rouge qu'on secoue par électoralisme intérieur et qui va faire fuir les rares investisseurs étrangers intéressés par la France.

Montebourg ne protège aucun ouvrier, il les instrumentalise (voir l'épisode PSA), il ne fait que des gesticulations à but narcissique et électoraliste dont l'efficacité industrielle est nulle. (Par ailleurs, il faut noter que ni Arcelor avant ni maintenant Mittal ne sont français).

Dans le dispositif de duplicité hollandienne, Arnaud Montebourg est une pièce maîtresse mais c'est comme un pistolet à un coup, son petit jeu ne peut fonctionner qu'une fois (les salariés en péril ne sont pas dupes).



Pour aller plus loin :
Discours de Jean-Marc Ayrault sur Florange du 29 novembre 2012 (texte intégral).
Un clown à l’Élysée.
La conférence du rétropédalage.
Bilan du précédent quinquennat.
Arnaud Montebourg contre les moulins marseillais.
Montebourg en primaire.
Vous avez dit démondialisation ?

yartiFlorange05


http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/florange-avec-son-arme-de-126975

 

 



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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 15:44

Commandé le 11 juillet 2012 par le Premier Minsitre Jean-Marc Ayrault, le rapport de Louis Gallois remis à Matignon le 5 novembre 2012 a pour but de redonner à la France les moyens de redresser son industrie par une baisse massive des coûts de productions de 30 milliards d'euros.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport Gallois (fichier .pdf) :
http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/rapport_de_louis_gallois_sur_la_competitivite_0.pdf



SR

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 16:29

Né le 26 novembre 1926 à Landernau, issu d'une famille bourgeoise nombreuse, Édouard Leclerc fut scolarisé au séminaire de Neussargues, dans le Cantal, avant d'aller à Viry-Châtillon. Après la guerre, il continua ses études de philosophie et de religion à Uriage. Finalement, il renonça à être prêtre et c'est en décembre 1949 qu'il ouvrit une petite épicerie à Landernau qui ne proposait au début que des biscuits. Il les vendit moins cher que la concurrence et gagna très rapidement des bénéfices. En 1953, il a dû s'agrandir. Les concurrents ont cherché à faire pression sur les producteurs pour éviter qu'ils fussent fournisseurs d'Édouard Leclerc mais le Ministre des Finances de l'époque, Edgar Faure, conscient qu'une centre de distribution moins cher allait réduire l'inflation, fit voter une loi pour interdire le refus de vente. En 1955, un deuxième centre Leclerc ouvrait et très rapidement, la formule se multiplia (en 1957, neuf centres Leclerc). Il milita ensuite contre la loi Royer de 1973 puis laissa en 2005 lui succéder seul son fils Michel-Édouard Leclerc, né le 23 mai 1952 (il a maintenant 60 ans). Il s'est éteint dans son manoir près de Landernau.

Son fils, formé également au séminaire à Viry-Châtillon, n'était pas prédestiné à poursuivre l'activité de son père et Michel-Édouard Leclerc fit des études d'économies (il soutint une thèse de doctorat sous la direction de Raymond Barre) et de philosophie. Finalement, le 7 mai 1979, il entra dans le groupe de son père et commença à en assurer la coprésidence à partir de 1988.

SR

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 16:24

Né le 28 novembre 1937, Jacques Dermagne fut avant tout un chef d'entreprise qui s'est beaucoup investi dans son secteur (aménagement et décoration de la maison) et dans les organisations professionnelles. Cela l'a conduit à entrer au Conseil national du commerce (ex-Conseil du commerce de France) en 1968 puis à en devenir le président de 1981 à 1999. Il fut élu vice-président du CNPF (ex-Medef) de 1980 à 1989, succédant à Jean-Francis Pécresse, président de 1971 à 1981. Membre du Conseil économique et social puis Conseil économique social et environnemental de 1989 à 2010, élu président de septembre 1999 à novembre 2010, laissant la présidence le 17 novembre 2010 à Jean-Paul Delevoye, ancien ministre et ancien Médiateur de la République. Jacques Dermagne a succédé dans cette fonction à d'illustres personnalités comme Jean Mattéoli (1987-1999), Gabriel Ventejol (1974-1987) et Léon Jouhaux (1925-1945). Jacques Dermagne est mot le 3 juillet 2012 à quelques mois de ses 75 ans.

SR

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:28

Le gouvernement Ayrault vient d’abroger le 31 mai 2012 la fameuse circulaire Guéant sur les étudiants étrangers et les conditions de leur recrutement en France.


yartiGueant01Un an après, jour pour jour, le nouveau gouvernement défait ce que le précédent avait fait. Pour le coup, même si ce jeu de va-et-vient à répétition peut paraître un peu stérile, là, c’était salutaire. Cela concernait une circulaire, ce qui n’est même pas un décret, encore moins une loi. Il faut maintenant changer le chef suprême des armées pour changer une petite circulaire ministérielle.

C’est la nouvelle Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, première adjointe au maire de Grenoble, qui a pris cette décision d’abroger.

La circulaire avait fait grand bruit bien après sa signature le 31 mai 2011 : elle a été paraphée par Claude Guéant, le prédécesseur de Manuel Valls au Ministère de l’Intérieur, et a considérablement restreint les conditions de recrutement des étudiants étrangers diplômés en France.

Son but, c’était de réduire encore un peu plus l’immigration légale professionnelle (qui correspond à une part faible de l’immigration légale, à peine 20%). Or, cette immigration professionnelle provient en partie du changement de statut de certains des soixante mille étudiants étrangers devenus diplômés et salariés. La circulaire renforçait donc la réticence à délivrer un permis de travail aux étudiants étrangers en imposant à l’employeur de justifier la nécessité de recourir à une main d’œuvre étrangère.

C’est surtout par le biais des directions des ressources humaines que les premiers hiatus se sont fait connaître. Effectivement, lorsqu’une entreprise a recruté un stagiaire étudiant, et qu’il a bien travaillé, par exemple, sur un logiciel pour une application particulière, il était normal qu’à la fin de cette période de stage, l’entreprise le recrutât. Sauf que, avec cette circulaire Guéant, il devenait quasiment impossible de le faire si cet étudiant était étranger. Pourtant, c’était le seul capable d’être opérationnel dans ce poste puisque c’était le seul à connaître l’application qu’il avait lui-même confectionnée.

Plus généralement, la circulaire a été une erreur complète.
Une incongruité même.

Car c’est un atout pour le rayonnement intellectuel de la France que des étrangers choisissent notre pays pour faire leurs études. Alors, vouloir réduire ce flux de nouveauté culturelle et universitaire n’est pas associé à un sens très affirmé de la pertinence.

Mais refuser en plus que ces étudiants étrangers, formés à grands frais par la République, puissent participer à l’effort national en leur mettant les bâtons dans les roues dans leur éventuelle embauche, c’est encore plus stupide puisque la France s’interdit alors tout retour sur investissement dans la formation de ces étudiants.

Louis Vogel, qui préside la Conférence des présidents d’université, suggère cependant de ne pas se contenter de la voie réglementaire et de légiférer sur le sujet : « Si on abroge les deux circulaires Guéant, celle de mai et la complémentaire de janvier, il faut bâtir un statut stable de l’étudiant et du diplômé étranger en France, au final, cela passera par une loi et non [par] une simple circulaire. ».

Mille cent soixante-quatre cas ont été identifiés où des jeunes diplômés se sont retrouvés sans-papiers et parfois, pour certains recrutés dans des entreprises françaises, licenciés par obligation légale (malgré la volonté de ces entreprises).

yartiGueant03

L’un des cas les plus emblématiques concerne Nabil Sebti, jeune diplômé de HEC, qui a dû fermer l’entreprise qu’il avait montée faute de papiers en toute légalité et qui l’a recréée …dans son pays d’origine.

Ces situations ubuesques, dignes des Shadoks, n’est pas sans rappeler non plus les grandes difficultés, pour certains nationaux français ayant eu la grave erreur d’être nés à l’étranger (de parents français), d’être nés en France dans un territoire qui était français à cette époque mais devenu par la suite indépendant, ou encore d’avoir un parent ou deux parents étrangers etc., d’obtenir le renouvellement (le renouvellement !) de leur carte nationale d’identité, les obligeant à prouver leur nationalité française (dont l’État avait déjà certifié la réalité puisqu’ils étaient déjà possesseurs d’une carte nationale d’identité !) jusqu’à la quatrième ou cinquième génération (alors que le droit du sol suffirait pour les nationaux nés en France de parents étrangers et le droit du sang aussi pour les nationaux nés hors de France d’un parent au moins français).

Tous ces tracas administratifs, insensés dans un monde en pleine ouverture où les frontières deviennent caduques par les seuls effets des nouvelles technologies, sont évidemment le résultat d’une politique clientéliste à visée de simple récupération électorale.

Comme je l’exprimais également pour la mise en place d’un récépissé de contrôle d’identité, l’arrivée au pouvoir du Président François Hollande aura au moins cet intérêt pour la nation, celle de redonner corps au creuset républicain, dans une nation où ses membres ne doivent pas se distinguer par leurs origines mais par leur seul mérite.

Goûtons cela à sa juste saveur avant que les nuages n’arrivent (immanquablement) sur le front économique et financier…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 juin 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Elle est chouette, ma gueule !
Stigmatisation…
François Hollande.
Jean-Marc Ayrault.
Manuel Valls.
Texte de la circulaire Guéant du 31 mai 2011.

yartiGueant02
 

 



http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/gueant-la-circulaire-dans-le-117896

 

 




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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 18:35

L'Institut Montaigne s'est penché sur les méthodes pour relancer la croissance en France. Il les développe dans un document disponible ce 26 avril 2012.

"L’élection présidentielle et les élections législatives de 2012 interviennent dans un contexte exceptionnel de crise. Comment faire de ce moment si difficile une opportunité pour réformer la France ?

Face à l’urgence, le prochain gouvernement devra se fixer quatre grandes priorités, essentielles pour que notre pays renoue avec la croissance :

- la maîtrise de nos comptes publics, grâce à une action résolue sur les dépenses de l’Etat et des collectivités locales ;
- la réforme de notre système éducatif, particulièrement de l’école primaire ;
- la reconstruction de notre compétitivité, qui prendra appui sur un allègement des charges qui pèsent sur les entreprises et le soutien au développement des PME comme des ETI ;
- le renforcement de notre cohésion sociale face à un chômage qui touche 10% de la population active."

"Depuis dix ans, l’Institut Montaigne a formulé près de 1 000 propositions concrètes et originales. Nombreuses sont celles qui ont été suivies d’effet : la moitié de ces recommandations a été discutée et a fait l’objet d’une prise de position des décideurs publics, un quart d’entre-elles a déjà été mis en œuvre.

Dans la perspective du quinquennat à venir, l’Institut Montaigne a rassemblé dans Objectif Croissance l’ensemble des propositions qu’il entend porter. Véritable feuille de route pour le prochain gouvernement, cet ouvrage contextualise et présente les propositions de l’Institut Montaigne pour renforcer conjointement la cohésion sociale et la compétitivité de la France."

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (fichier .pdf) :
http://www.institutmontaigne.org/medias/documents/vademecum_2012_2017_objectif_croissance.pdf



SR

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 00:19

Initialement interdit de publication par une commission de l'Assemblée Nationale, le rapport du député-maire de Blois Nicolas Perruchot (NC) présente les différents modes de financement des syndicats en France. Il est finalement publié par le journal "Le Point".

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport Perruchot (fichier .pdf) :
http://www.lepoint2.com/pdf/rapport-perruchot.pdf


SR

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
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au 07 février 2012.


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