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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 23:26

La Cour des Comptes a publié le 9 décembre 2009 un rapport sur le nombre des fonctionnaires en France entre 1980 et 2008, concluant qu'il y a toujours eu un accroissement des trois fonctions publiques malgré tous les discours évoquant sa réduction. Le rapport est diponible sur Internet et j'en recommande la lecture.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport dans son intégralité (fichier .pdf) :

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/Rapport-effectifs-JO.pdf



SR

 

 

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:14

La note AAA de la France a été dégradée le vendredi 13 janvier 2012 en AA+ avec perspective négative par l'agence de notation Standard & Poors. Voici le communiqué exact qui argumente sur cette décision ainsi que les codes pour écouter la conférence téléphonique.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'explication officielle (fichier .pdf) :

http://www.standardandpoors.com/servlet/BlobServer?blobheadername3=MDT-Type&blobcol=urldata&blobtable=MungoBlobs&blobheadervalue2=inline%3B+filename%3DFrance_Abaissement+de+note_13-01-2012_VF.pdf&blobheadername2=Content-Disposition&blobheadervalue1=application%2Fpdf&blobkey=id&blobheadername1=content-type&blobwhere=1244056534875&blobheadervalue3=UTF-8

ou par ce minilien (identique) :
http://minilien.fr/a0mw4i


SR

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 13:09

Né le 15 décembre 1920, Guy Dejouany a suivi une formation à X (Polytechnique) et Ponts et Chaussées. Directeur général adjoint en 1965, puis directeur général en 1972, il a été le président-directeur général de la Compagnie Générale des Eaux de 1976 à 1996 (pendant vingt ans). Après avoir échappé de justesse en 1982 à sa nationalisation, la Générale des Eaux (fondée le 14 décembre 1853) s'est diversifiée dans l'audiovisuel avec la création de Canal Plus en 1984 et de SFR en 1986, puis Cegetel en 1996, et dans de nombreux autres secteurs (bâtiments, déchets, restauration collective, stationnement, transports etc.). Quand Guy Dejouany a quitté la présidence, la CGE était le groupe le plus consolidé au monde avec plus de deux mille filiales. Son successeur entre le 227 juin 1996 et juillet 2002 fut Jean-Marie Messier, ancien directeur de cabinet de Édouard Balladur à Matignon, qui transforma le groupe en Vivendi qui a été éclaté entre autres avec Vivendi, Vinci et Veolia Environnement. Très influent dans les cercles du pouvoir politique, Guy Dejouany s'est éteint le 14 novembre 2011.

SR

 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 07:45

Les débats intrasocialistes durant la campagne de la primaire m'ont appris qu’il s’agissait avant tout d’augmenter les prélèvements obligatoires. La situation de la dette publique et la crise violente économique expliquent cette ambition très comptable… mais ne justifient pas pour autant les errements économiques. Première partie sur la TVA sociale.


yartiTVAsociale01Bien ce soient les deux grands candidats à la primaire socialiste qui ont été qualifiés pour le second tour du 16 octobre 2011, il faut reconnaître que tout l’écho médiatique a bénéficié en premier lieu à deux "jeunes" loups du PS, Manuel Valls et Arnaud Montebourg, qui vont probablement structurer leurs courants au sein de leur parti pour la décennie qui commence.

Les deux, par leur talent personnel, leur ambition, leur dynamisme et leurs propositions originales, ont un peu cassé le ronron habituel des discours socialistes… et en laissant entendre qu’ils étaient en opposition idéologique, ils ont caché paradoxalement une même tendance, celle de posséder une compréhension incomplète de l’économie.

Parmi les taxes, cotisations, impôts supplémentaires ou augmentées proposés par les tous les candidats à la primaire, deux mesures se distinguent provenant de ces deux éléphanteaux, il y a en effet la TVA sociale de Manuel Valls, également soutenue par Jean-Louis Borloo en juin 2007, et la démondisalisation d’Arnaud Montebourg, autrement dit, le protectionnisme, promue aussi par Marine Le Pen.

Pourtant, ces deux mesures phares sont loin d’être en phase avec les intérêts économiques de la France. Prenons la première mesure.


La TVA sociale

Le principe est assez facile à comprendre : au lieu de faire porter sur les salaires les cotisations sociales, on en reporterait une partie sur la consommation, ce qui désavantagerait les produits d’importation et ce qui avantagerait les entreprises française à forte masse salariale. En clair, cette mesure aurait pour conséquence de favoriser l’emploi en France.

Oui… mais en fait, en grattant bien, la réalité serait bien moins évidente que cela.

D’abord, en parallèle à l’augmentation de la TVA, il faudrait que les prix hors taxes soient plus faibles, à proportion de la baisse des charges pour les produits français. Ainsi, en prenant une hausse de 2% de la TVA (passage à 21,6%), cela aboutirait à un gain de 13 milliards d’euros. Ce qui correspondrait à environ 6% de la totalité des charges patronales, soit environ à 1,75% de la masse salariale des entreprises en France.


Équivalence vaseuse surplus de TVA/réduction de charges

Contrairement à ce que laisse croire le schéma ci-dessous réalisé par l’AFP le 12 juin 2007 (lors d’un débat entre Laurent Fabius et Jean-Louis Borloo entre les deux tours des élections législatives), il serait faux de croire que le prix HT baisserait (par la réduction de charges) d’autant que la TVA monterait.

yartiTVAsociale02

Pour un produit dont le coût de revient contient 20% de main d’œuvre, cela signifierait une baisse réelle du prix HT de 0,35% (en allégeant les charges sociales équivalente à l’augmentation de la TVA). Pas de quoi augmenter la compétitivité à l’étranger.

Mais sur le marché intérieur, il faut rajouter les 2% de TVA en plus ! En clair, cette mesure avantagerait très faiblement les produits français, d’un côté, le prix réel augmenterait de +2% pour les produits étrangers et de l’autre, de +1,6% pour les produits français (2% – 0,35%).

Cette variation (0,4%) serait très négligeable par rapport par exemple aux fluctuations du cours du dollar par rapport à l’euro, qui peuvent faire varier d’une dizaine de pourcents en un mois et qui ont des répercussions évidentes dans le coût de revient.


Aucun intérêt pour l’équilibre des comptes publics

De plus, si le produit supplémentaire de la TVA était affecté à cette réduction des charges sociales, cela signifierait que les 2% de TVA en plus ne ferait rien gagner à l’État et donc, ne réduirait pas, malgré tout, les déficits publics.

Dans son blog, l’ancien Ministre de l’Industrie Alain Madelin ne s’y trompe pas et remarque d’ailleurs qu’en voulant « frapper les produits d’importation socialement irresponsables » comme le propose Manuel Valls, il ne s’agirait qu’à faire payer en fait… les consommateurs français. Le "blogueur" assidu du libre échange en vient même à citer un vieux proverbe fiscal : « Si vous mettez un impôt sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paieront les impôts. ».


Les Français resteraient les payeurs, d’une manière ou d’une autre

En clair, cela veut dire que l’instauration de cette "TVA sociale" payée par les consommateurs français ne ferait que transvaser le financement des charges sociales mais ce seraient toujours des Français (comme acheteurs ou comme salariés) qui payeraient le budget social et en rien les entreprises chinoises (puisqu’il s’agit essentiellement de produits chinois).

D’ailleurs, ce ne serait pas non plus très pertinent de vouloir handicaper l’accès des produits chinois par ce surplus de TVA puisqu’il y aurait dans ce cas une baisse des importations, ce qui pourraient elles aussi conduire la demande étrangère à réduire la part de marché des entreprises françaises.

Alain Madelin évoque par exemple le Ministre chinois du Commerce extérieur qui a l’habitude d’expliquer que la Chine est bien obligée de nous vendre des millions de vêtements si elle veut avoir la capacité de nous acheter des Airbus ou des centrales nucléaires. Le commerce, globalement, c’est toujours du gagnant gagnant.


Détermination du prix HT

Enfin, la dernière erreur serait de croire à une équivalence mathématique entre augmentation de la TVA et réduction du prix HT. Or, la détermination du prix d’un produit, bien sûr, doit se baser sur les coûts pour le fabriquer (la vente à perte est même interdite) mais elle s’élabore aussi sur le prix que les éventuels acheteurs seraient prêt à payer.

Ainsi, malgré les baisses de charges patronales, rien ne garantirait que les vendeurs baisseraient leur prix HT pour renforcer leurs marges, ce qui pourrait aboutir à une augmentation de l’inflation (il y a aujourd’hui par ailleurs un risque important de tomber dans la spirale de l’inflation). On a pu constater que les restaurateurs n’ont répercuté que très faiblement auprès de leurs clients la réduction de la TVA sur leurs prix TTC.


Bref, l’instauration d’une TVA pour protéger les entreprises françaises de la concurrence internationale est un leurre qui semble bien fonctionner. Cela ne signifie pas qu’il ne faudra pas quand même augmenter la TVA pour réduire les déficits publics, mais en aucun cas elle ne pourra être dite "sociale".

Dans le second article, j’évoquerai la démondialisation, autre fausse "bonne idée".


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 octobre 2011)
h
ttp://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Empapaoutage de citoyens ?
Manuel Valls.
La démondialisation sur les pas du lepénisme…
Billet d’Alain Madelin sur la TVA sociale.

yartiTVAsociale04
 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-tva-sociale-les-hernies-102521

 

 

 

 

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 07:49

L'ancien patron et fondateur d'Apple Steve Jobs est mort dans la soirée du 5 octobre 2011 des suites de son cancer.

 

SR

 

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 23:52

(Video)

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 19:32

Né en 1940 à Paramé, en Bretagne, Bernard Brunhes était un ancien élève de Polytechnique (X1958), de l'IEP de Paris et de l'École nationale de la statistiques et de l'administration économique (ENSAE 1963). Il est devenu l'expert reconnu en politique sociale et en management des ressources humaines. Conseiller de Pierre Mauroy à Matignon de 1981 à 1983, il a soutenu très activement la candidature de Raymond Barre en 1988. Il fut médiateur du Ministre du Travail Michel Delebarre lors du conflit avec la RATP en 1988, du Ministre des Affaires sociales Jean-Louis Bianco lors de la grève de la faim des demandeurs d'asile en 1991, et du Premier Ministre Dominique de Villepin lors du conflit de la RTM (Régie des transports de Marseille) en octobre 2005. S'investissant dans diverses organismes et entreprises (Emmaüs Habitat, France Initiative, L'Express, BVA), créateur de son propre cabinet de conseil (absorbé par BPI), Bernard Brunhes fut l'auteur d'une dizaine de livres et chroniqueur à "La Croix" et "Liaisons sociales magazine". Il est mort le 5 septembre 2011.

SR

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 06:33

Le rapport parlementaire du 29 juin 2011 évalue les pertes sociales des fraudes (entreprises et particuliers).


Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (en fichier .pdf) :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i3603.pdf

 

SR

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:39

J’aurais oublié de parler d’une loi parmi les milliers de lois qu’a promulguées Georges Pompidou pendant ses presque cinq ans de Présidence ou qu’il a signées pendant ses six ans de Matignon. Alors, parlons-en…



yarti197301Parlons de cette loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France…

Depuis trois à quatre années au moins, un certain nombre d’internautes ont trouvé ce qu’ils croient être une pépite, enfin, une sorte de Graal négatif, la raison de tous nos soucis. Et particulièrement, la raison de l’existence d’un grand déficit et d’une dette publique monstrueuse qui se monte à près de 1 700 milliards d’euros, soit plus de 25 000 euros par Français, bébés compris ! La charge de la dette est le deuxième poste budgétaire.

Et le problème, c’est que cette dette ne finance pas des investissements pour l’avenir qui pourraient être profitables à long terme mais simplement les frais de fonctionnement de l’État. Par conséquent, au contraire du grand emprunt de 2009 (35 milliards d’euros vont être investis de 2011 à 2013 dans des projets d’avenir, recherche, innovation, formation professionnelle), les déficits chaque année sont la caractéristique plus d’une mauvaise gestion budgétaire que d’un pari sur le futur.


Une aubaine de campagne

Jamais les derniers à reprendre à leur compte la démagogie ambiante, certains futurs candidats à l’élection présidentielle de 2012 cherchent à se différencier en portant ce Graal négatif sur la place publique, comme s’ils venaient enfin de découvrir les fondements de la finance internationale (soit dit en passant, les marchés financiers, ce sont aussi les petits porteurs de livret d'épargne).

En particulier, Marine Le Pen (très à la pointe pour repêcher toutes les sauces d’Internet, elle en a parlé dès le 3 décembre 2010 sur BFM), Jean-Luc Mélenchon qui a pourtant voté oui à Maastricht, Nicolas Dupont-Aignan dont le médiocre suivisme actuel pourrait beaucoup décevoir ceux qui avaient cru en son dynamisme et son talent, et plus anecdotiquement, Jacques Cheminade, qui fut déjà candidat en 1995 (HEC, ENA, et secrétaire général du Parti ouvrier européen devenu Solidarité et progrès, branche européenne d’un mouvement considéré par certains comme sectaire et proche des milieux d’extrême droite américaine).


La réforme de 1973

De quoi s’agit-il ? De la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 qui réforme le statut de la Banque de France.

Il faut replacer dans le contexte historique : le dollar ne peut plus être convertible en or depuis la décision unilatérale du Président américain Richard Nixon le 15 août 1971. Après une période de deux ans où les taux entre les monnaies de dix pays (USA, CEE, Canada, Japon, Suède) restaient en principe fixes mais dans les faits, de plus en plus fluctuants (en raison de réajustements permanents), il a été décidé le 19 mars 1973 l’abandon total des taux fixes et leurs "changes flottants". Cet état de fait a eu un effet mécaniquement inflationniste.

La réforme de la Banque de France de 1973 rendait nécessaire l’appel au marché pour emprunter de l’argent. Son article 25 dit : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. ». Cette loi a donc effectivement favorisé l’essor d’un marché privé ou public d’obligations.

Par ailleurs, le Trésor public peut toujours recourir à la Banque de France, exceptionnellement. L’article 19 de la loi (qu’on se garde bien de rappeler) le dit clairement : « Les conditions dans lesquelles l’État peut obtenir de la Banque de France des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le Ministre de l’Économie et des Finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général [de la Banque de France, l’instance décisionnelle, NDLA]. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement. ».


I have a dream…

Ceux qui contestent (avec trente-cinq ans de retard !) cette loi (dont le principe n’a jamais été remis en cause par aucune majorité, malgré les nombreuses alternances durant cette période) auraient voulu en fait que l’État puisse emprunter de l’argent à taux nul ou quasi-nul (ce qui reviendrait presque au même). C’est certes louable et gentil pour les deniers publics, donc, pour mon argent de contribuable. Mais en gros, cela revient à croire au Père Noël, laisser croire que l’argent n’a pas de coût ; ce qui est économiquement faux. Car le rêve pourrait devenir rapidement un cauchemar.

La conséquence de ce qui est préconisé, c’est qu’avec la dette actuelle, cela aurait abouti à une montée en flèche (en flamme) de l’inflation. Qui pourrait aisément se calculer à partir du taux d’intérêt des marchés. La différence deviendrait de la création monétaire, à savoir une baisse de la valeur de la monnaie et par conséquent, une augmentation du prix des produits de grande consommation, et donc baisse énorme du pouvoir d’achat.

Paradoxalement, c’est le gouvernement socialo-communiste (comme on disait à l’époque) qui, en mars 1983, a compris le danger d’une trop forte inflation, à l'instar de Raymond Barre. En restant dans le Système monétaire européen, François Mitterrand a résolument opté (heureusement) pour une politique qui a limité fortement l’inflation (ce fut une réussite à saluer), qui protège la monnaie et qu’il insère la France au cœur de la future Union Européenne créée à Maastricht avec l’euro.


Combattre l’inflation

Que reproche-t-on à cette loi de 1973 (qui a été complètement abrogée, soit dit en passant, par la loi n°93-980 du 4 août 1993 qui a rendu indépendante la Banque de France dans l’objectif de Maastricht et de l’euro), si ce n’est son principe de réalité ?

Il n’y a pas vraiment de surprise : tous les emprunts d’État émis en dessous des taux d’intérêt du marché (qui est international et donc difficilement maîtrisable) auraient entraîné de la création monétaire et donc un affaiblissement de la monnaie, et une poussée inflationniste qu’il faut au contraire juguler (elle a même atteint 14% dans les années 1970).

L’irresponsabilité des gouvernements à accepter le principe même du déficit en période ordinaire (qui peut se concevoir en cas de crise non planifiée) est ainsi bridée par l’existence de ces taux d’intérêt. Si les taux étaient quasi-nuls, les gouvernements auraient eu recours à plus de dettes pour renforcer leurs tentations clientélistes. C’est un peu ce qu’il s’est passé en Grèce lorsque le pays a adopté l’euro, réduisant leurs taux d’intérêt sur leurs dettes d’environ 15% à 5%. Au lieu d’en profiter pour assainir leurs finances, les gouvernements grecs en ont profité pour emprunter encore plus jusqu’à la crise de 2010.

Valéry Giscard d’Estaing s’en est expliqué sur son propre blog le 25 juillet 2008. Il était à l’époque le Ministre des Finances : « La réforme des statuts de la Banque de France (…) est une réforme moderne qui a transposé en France la pratique en vigueur dans tous les grands pays : il s’agissait à l’époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu’il soit émis par une entité privée ou publique. ».

Il a ajouté la raison essentielle : « La possibilité de prêt direct de la Banque de France au Trésor public a généré partout où il fut appliqué une situation d’inflation monétaire permanente. ».


Copier-coller de Wikipédia

Or, cette seconde phrase n’est jamais citée par ces internautes que j’ai évoqués au début de l’article, qui ne se contentent que de recopier une page Wikipédia qui ne manque pas de lacunes (comme souvent) et qui a l’audace d’embrayer (sans logique apparente) sur l’Emprunt Giscard : « Valéry Giscard d’Estaing met en place l’Emprunt Giscard, emprunt national à un taux de 7% qui sera particulièrement coûteux pour la France puisque pour 7,5 milliards de francs empruntés pour 15 ans, l’État dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs. » (je cite Wikipédia tout en corrigeant quand même les fautes d’orthographe).

Sous réserve que ces propres informations soient exactes, elles sont présentées de façon particulièrement de mauvaise foi puisque toute personne qui a contracté un prêt immobilier par exemple, ou un autre type de prêt à long terme, sait très bien que les intérêts sont toujours très coûteux et peuvent facilement multiplier le montant du capital. L’indexation sur le cours de l’or qui, en 1973, avait une croissance moindre que l’inflation et qui a grimpé plus vite à la fin des années 1970 n’a contribué que pour 20% au coût final de l’emprunt.

Là où la mauvaise foi est patente, c’est que le taux de 7% fut finalement assez faible quand l’inflation a atteint, pendant cette période de quinze ans, jusqu’à 14% ! En clair, ceux qui ont prêté l’argent ont perdu le différentiel ! Cette condition était donc, bien au contraire, un bon paramètre pour l’État, et par ricochet, pour les contribuables français.

De toute façon, la décision d’un grand emprunt est toujours politique et volontariste. Il a pour but de relancer certains secteurs.


Tirs groupés contre une loi

Reprenons l’ensemble donc : on conteste cette loi devenue la SEULE explication des déficits publics actuels. Pourtant, comme dans chaque ménage, il y avait une solution très simple pour éviter de payer tant d’intérêts : c’est de ne pas faire de déficits publics, sauf temps de crise. Or, crise ou prospérité, les déficits n’ont cessé de croître comme solution de facilité (j’y reviendrai) alors que le sens des responsabilités pour les générations futures imposait de s’occuper de ce problème crucial le plus rapidement possible (le candidat François Bayrou en 2007 avait insisté sur ce sujet, qui, évidemment, ne fait pas rêver les foules).

C’est un peu comme si l'on condamnait des médicaments contre le cancer parce qui ne guérissent pas le cancer alors qu’au minimum, ils l’accompagnent et en réduisent les effets.


Tirs groupés contre deux grands hommes d’État

Depuis qu’ils ont "découvert" cette loi du 3 janvier 1973 (notons qu’aucune loi n’a jamais été cachée et est dans le domaine public dès yarti197307sa parution au Journal officiel), certains internautes pour qui il faut un coupable s’acharnent un peu sottement sur les personnes signataires de cette loi, à savoir le Président Georges Pompidou et son successeur, le Président Giscard d’Estaing (en omettant d’ailleurs le Premier Ministre Pierre Messmer).

En oubliant que ces personnalités ont, comme leur illustre prédécesseur et leurs moins exceptionnels successeurs, apporté une pierre décisive dans la construction européenne qui a fini par créer la monnaie unique et surtout, qui a permis d’obtenir pour nos dettes souveraines un taux d’intérêt bien plus faible que celui qu’on aurait obtenu hors de la zone euro. D’ailleurs, Pompidou voyait la monnaie unique comme l’aboutissement logique et à long terme de la Communauté économique européenne et Giscard d’Estaing a créé le Système monétaire européen pour réduire les fluctuations entre les monnaies européennes dans l’optique d’une stabilité des taux de change.


Toujours les mêmes rengaines !

Évidemment, en se focalisant sur cette loi, qui n’est qu’une réforme du fonctionnement de la Banque de France (celle de 1993 est d’une envergure bien plus grande), on se permet de dénoncer pêle-mêle les banquiers (rappelons que Pompidou a commencé à servir De Gaulle dix ans AVANT son court passage chez Rothschild), la construction européenne (qui, au contraire, a atténué de façon exemplaire la crise de 2008), le "lobby de la finance internationale", et plus généralement, avec un vocabulaire très célinien, les banksters… Rien de nouveau depuis 1938 ! On applique en fait tranquillement la théorie du complot (c’est Rothschild qui tirerait les ficelles !).

Alors, que répondre à ceux qui voient rouge avec près de quarante ans de retard ? J'aimerais bien savoir comment ils feraient pour proposer des budgets qui ne soient pas déficitaires. Comme le disait récemment François Fillon, le meilleur moyen de combattre les taux d’intérêt, c’est de ne pas emprunter.


Père Noël et cauchemar

En résumé, il est stupide d’attaquer la loi de 1973 qui a de toute façon été abrogée depuis près de vingt ans ! (la loi de 1973 n’est donc plus applicable). Cette loi n’interdisait pas le recours à l’emprunt auprès de la Banque de France (voir l’article 19) mais encadrait plus sérieusement les conditions en favorisant le développement d’un marché obligataire qui avait un intérêt économique par la mise en concurrence. Cette loi, adoptée quelques mois avant le premier choc pétrolier, a évité une envolée de l’inflation (déjà élevée) en en compensant les effets.

Rappelez-vous : la crise de 1929 a engendré beaucoup d’inflation qui n’a finalement abouti qu’à exacerber les sentiments les plus vils de repli sur soi. Ceux qui soufflent sur les braises ne font que renforcer cette tendance (d’ailleurs, est-ce vraiment un hasard si ceux qui pourchassent a priori les étrangers et insufflent la xénophobie sont pour le rasage gratis ?).

Évitons de croire au Père Noël : les consommateurs français payeraient bien plus cher avec l’inflation l’irresponsabilité de ceux qui veulent des taux nuls pour les dettes de l’État.

Mais c’est le ressort de toute démagogie de vouloir faire des voix sur des idées un peu trop… simplistes.

Heureusement, elles sont encore loin d’être majoritaires et n'ont jamais représenté plus d'un quart de l'électorat, exactement : 20,3% le 22 avril 2007 (présidentielle), 13,6% le 10 juin 2007 (législatives), 25,5% le 7 juin 2009 (européennes) et 21,6% le 20 mars 2010 (régionales) si on totalise l'ensemble des formations dont les leaders rabâchent cette démagogie à longueur de tribunes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 juillet 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Georges Pompidou.
Les EuroBonds.

Démagogie 2.0.

Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 (texte intégral).

Blog de Valéry Giscard d’Estaing.

La dette dans les rêves…



yarti197305




http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/loi-du-3-janvier-1973-on-rase-97138

 

 








 

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:43

Le Président de la République Nicolas Sarkozy a décidé de ne pas reconduire pour un troisième mandat Anne Lauvergeon, ancienne collaboratrice du Président François Mitterrand, comme présidente-directrice générale d'Areva (ex-Framatome) qu'elle dirige depuis plus de dix ans. Elle est remplacée par le numéro deux d'Areva, Luc Oursel, directeur général délégué.

SR

 

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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