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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 03:02

Depuis le 30 mai 2016, la Seine et ses affluents ont engendré des inondations dans le bassin parisien. Je propose ici quelques documents intéressants sur les crues de la Seine à Paris, tant celle de janvier 1910 que celle de... juin 2016.

Cliquer sur chaque lien pour télécharger le document (en fichier .pdf) :

http://alpage.huma-num.fr/documents/pub/Crues_HN_SR_LM.pdf

http://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/content/download/3726/18168/file/prevenir_gerer_les_crues.pdf

Le rapport d'Alfred Picard du 30 juin 1910 :

http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_general_de_Mr_Picard_cle5d8c92.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_Boreux-Plan_des_surfaces_inondees_a_Paris_bis_cle761d8f.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Monographie-Donnees-Fonctionnement_de_l_annonce_de_crues_cle141e51.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Ponts_et_quais_de_Paris_cle079dd7.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Gestion_de_l_assainissement_et_des_dechets_cle7c69c3.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Fonctionnement_Metro-Tramways-Chemins_de_fer_cle5e3ec5.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Les_communications_cle5d71b4.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Distribution_Electricite_-_Gaz_d_eclairage_-_Air_comprime_cle23189f.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Les_communes_suburbaines_cle582158.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Carte_cle21c3c7.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Question_forestiere_cle07e418.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Travaux_preconises_par_la_commission_cle113e14.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160605-paris-crue-seine.html

Quelques documents intéressants pour ceux qui sont passionnés par l'histoire de Paris :
http://alpage.huma-num.fr/fr/ressources/donnees-sig

SR



 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 12:59

« [Le projet d’accord] confirme notre objectif : contenir l’augmentation de la température bien en deçà de 2°C et de s’efforcer de la maintenir à 1,5°C, ce qui permettrait de réduire significativement les risques et les impacts du réchauffement. » (Laurent Fabius, le 12 décembre 2015).



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Ce samedi 12 décembre 2015 à 19 heures 26, Laurent Fabius tape sur sa table avec le petit marteau vert ! L’accord de la COP21 a été signé. Un accord que beaucoup disent historique de 195 États sur des objectifs ambitieux pour (dit-on) "sauver la planète". Les accolades des négociateurs, les expressions de joie des intervenants paraissaient particulièrement sincères car l’issue n’avait rien d’automatique : « Ce texte contient les principales avancées, dont beaucoup d’entre nous pensaient qu’elles seraient impossibles à obtenir, il est juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant. » (Laurent Fabius, le 12 décembre 2015 au Bourget).

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Le Président de la République François Hollande, présent lors de l’annonce finale, tout comme l’ancien Vice-Président américain Al Gore, ne pouvait pas s’empêcher, bien sûr, de parader avec son ministre et Ban Ki-Moon, le Secrétaire Général de l’ONU, mais c’était justifié : « Ce texte sera le premier accord universel des négociations climatiques. Ce sera un acte majeur pour l’humanité. (…) L’accord ne sera parfait pour personne si chacun le lit à la lumière de ses intérêts. Mais il sera parfait pour tous s’il le lit à l’échelle de la planète. (…) Nous ne serons pas jugés sur un mot, mais sur un acte, pas sur un jour, mais sur un siècle. (…) Je suis fier que cet appel soit lancé de Paris. Paris a été meurtri il y a tout juste un mois. » et de conclure : « L’accord décisif pour la planète, c’est maintenant. Il est rare dans une vie d’avoir l’occasion de changer le monde. Vous l’avez ! » (12 décembre 2015).


Un accord peut-être utile

Sur le fond, l’accord porte sur la finalité de ne pas dépasser une augmentation de 1,5°C de la température moyenne de la planète d’ici 2100. Autant dire un objectif hyper-abstrait. Pratiquement tous les habitants de cette Terre l’auront quittée à cette date, sauf les plus jeunes et donc les moins impliqués aujourd’hui dans cet enjeu, et parler d’une température moyenne de la planète est également quelque chose de très abstrait, insaisissable même, tant dans les zones très froides que très chauds. Seules, les îles peuvent avoir une idée plus concrètes de ce que signifient les risques climatiques, comme les Maldives, et aussi des pays quasiment plus bas de le mer, comme les Pays-Bas et le Bangladesh, pour ne citer que quelques exemples.

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La décision de transférer une somme de 100 milliards d’euros par an des pays du Nord aux pays du Sud pour les aider à réaliser la transition énergétique paraît plutôt prometteuse mais là encore, 100 milliards semble être un nombre particulièrement abstrait et surtout, cette somme ne sera pas débloquée avant 2020. Il faudra regarder de très près qui paiera quoi exactement, quels projets, et quand.

Je reste plutôt sur la position de l’ancien Ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo qui aurait voulu du concret immédiatement et qui espérait qu’une somme de 5 milliards d’euros soit allouée chaque année dès maintenant au continent africain pour son électrification complète, condition initiale pour tout développement futur. C’est une somme relativement faible au niveau planétaire et elle serait d’un retour sur investissement colossal quand on sait que l’Afrique sera sans doute le continent qui a le plus de potentiel en énergies renouvelables. Cette électrification est urgente pour réduire les risque d’épidémies et de malnutrition.


Un accord certainement historique

L’avenir plutôt à long terme dira donc si cet accord est utile ou pas. Le fait qu’il soit historique paraît en revanche déjà acquis, même s’il faut éviter de tomber dans le triomphalisme assez facile du gouvernement français, surtout à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote pour le second tour des élections régionales.

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Sur la forme, en effet, cet accord est historique parce qu’il est dit "universel". C’est la première fois que la totalité des pays du monde s’est mise d’accord sur des objectifs ambitieux sur l’énergie. C’était quand même un pari assez fou de réunir entre autres les gros pollueurs du monde comme l’Europe, la Chine, l’Inde, les États-Unis mais aussi le Japon, le Canada, l’Australie, la Russie, le Brésil, etc. ainsi que des pays dont les énergies fossiles sont leur seul gagne-pain, comme l’Arabie Saoudite, sur cet objectif de réduire massivement les émissions de gaz carbonique.


Succès diplomatique incontestable pour la France

La France, qui a accueilli au Bourget cette conférence mondiale, environ 40 000 négociateurs entre le 30 novembre 2015 et le 12 décembre 2015, peut s’enorgueillir de plusieurs réussites. D’une part, elle est l’un des bons élèves du monde en ayant déjà atteint ses objectifs de 2020 pour les émissions carbone, et cela grâce à son large parc de centrales nucléaires qui, au contraire du charbon ou du gaz, évite des émissions massives de carbone pour sa production d’électricité.

Ensuite, la France a excellemment mené cette conférence. Ce n’est pas moi qui le dis, ni un proche du gouvernement qui aurait tout intérêt à embellir son action, mais l’ancien Ministre de l’Environnement Serge Lepeltier, ancien maire UDI de Bourges (et aussi ancien ambassadeur de la France chargé des négociations sur le changement climatique et président de l’Académie de l’eau depuis décembre 2013), qui a insisté à ce sujet. Lui a eu déjà l’expérience de ce type de négociations internationales où les politiques prenaient toujours du retard au cours de la conférence. Au contraire, au Bourget, la France a donné un agenda très strict et surtout, il a été respecté.

La méthode habituelle, c’est que la première semaine, ce sont les experts qui négocient et aboutissent à un premier texte (un draft), puis, la seconde semaine, ce sont les ministres qui négocient et c’est évidemment là que tout se corse. Or, souvent, les ministres qui devaient arriver le lundi de la seconde semaine arrivaient le mercredi, ce qui réduisaient d’autant le temps des négociations. Là, le draft a été présenté dès le samedi 5 décembre 2015, comme prévu, et la négociation politique a pu démarrer dès le début de la seconde semaine. Une journée supplémentaire avait été décidée, pour prolonger les négociations, mais s’il y a eu une dizaine d’heures de retard par rapport à l’agenda (l’accord final aurait dû aboutir à 9 heures et pas en début de soirée), cela reste cependant exemplaire sur la forme.

Sur la forme également, on ne peut pas faire l’impasse sur la journée exceptionnelle du 30 novembre 2015 où cent cinquante chefs d’État et de gouvernement s’étaient réunis ensemble pour donner le coup d’envoi de la conférence et des négociations et apporter leur propre crédit et encouragements. Le nombre était si pléthorique que la photo s’en est trouvée dénaturée, tant les personnages sur la photo étaient minuscules pour tous les faire rentrer dans la case ! Exploit également des services d’ordre deux semaines après les terribles attentats du 13 novembre 2015.

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Enfin, c’est évidemment un vrai succès pour le Président de la République François Hollande (« Le monde a écrit une nouvelle page de son Histoire. ») et surtout pour son Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. La diplomatie française a été en effet unanimement saluée. J’imagine le bataille dans les antichambres du pouvoir pour avoir cette fonction de Président de la COP21 probablement jalousé par la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal. Mais il y a peu de doute que cela n’ait aucun impact sur le résultat des élections régionales.


Fabius consacré

Pour Laurent Fabius, c’est une vraie consécration politique, un bâton de maréchal. Lui qui était déjà ministre au printemps 1981, il y a presque trente-cinq ans ! Lui le plus jeune Premier Ministre donné à la France, à 37 ans ; lui, le jeune ambitieux qui ne pensait qu’à l’élection présidentielle depuis 1984 en se rasant et qui a dû mettre une croix dessus, tant en raison de l’affaire du sang contaminé que de l’échec à la primaire interne de 2006. Il a pratiquement reçu tous les honneurs de la République sauf le plus grand, l’Élysée. Au perchoir, à la tête de son parti, à des ministères essentiels (Budget, Finances, Affaires étrangères), allié à Dominique Strauss-Kahn en 2011, Laurent Fabius a réussi à s’imposer à François Hollande en 2012 alors qu’il ne représentait politiquement plus grand chose, grâce à son expérience gouvernementale qui était d’autant plus précieuse que François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’avaient jamais été ministres.

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On a comparé souvent Laurent Fabius à Alain Juppé, de la même génération, dans cette capacité à résister malgré tout aux tempêtes politiques mais dans l’incapacité de revenir sur le devant de la scène. Alain Juppé, ministre déjà en 1986 (et au même poste, au Budget), est aujourd’hui parmi les présidentiables les plus populaires et pourraient, au contraire de Laurent Fabius, gravir la première marche. Sans doute faudrait-il le comparer maintenant à Valéry Giscard d’Estaing, qui a fini sa carrière politique avec la Présidence de la Convention européenne qui a rédigé le TCE.

L’élément majeur de la carrière politique de Laurent Fabius sera probablement cet accord de la COP21. Évidemment, tout le monde se moque de la postérité de Laurent Fabius, mais tout le monde devrait être intéressé par l’avenir de l’accord de Paris signé ce 12 décembre 2015 à l’issue de la COP21. La France a voulu maintenir la pression en donnant un agenda de suivi. L’avenir dira si cet accord aura réellement jeté les bases d’une véritable prise de conscience mondiale et universelle.


La victoire la coopération mondiale

Comme je l’ai écrit, il faudra avoir un peu de recul pour faire la distinction entre la part de sérieux et la part de vitrine de cet accord, mais dans tous les cas, cela montre qu’il est possible à l’ensemble des pays du monde de se réunir sur des objectifs communs et cela pourrait s’avérer très utile si des scénarios catastrophes de mauvais films d’anticipation devaient devenir réalité, comme le risque d’une collision d’un astéroïde contre la Terre ou d’autres risques de dimension planétaire contre lesquels l’ensemble des nations devraient faire face solidairement et surtout, efficacement. C’est donc bien sûr aussi la victoire de l’ONU et de toutes les tentatives de fédérer les nations sur des objectifs majeurs.

_yartiCOP2105

On est loin du repli sur soi et de l’isolationnisme. L’époque se veut au contraire à la coopération internationale globale. Donc, rappelons une évidence : le globalisme, que certains appellent mondialisme surtout pour le contester, est un élément majeur contre le laisser-faire et donc, contre l’ultralibéralisme, la loi du plus fort, de celui qui pollue et qui se moque des conséquences. Jamais la coopération internationale n’a atteint, ce samedi 12 décembre 2015, un niveau aussi élevé, et malgré les guerres, les massacres qui sévissent encore un peu partout dans le monde, l’annonce de cet accord est donc très prometteuse sur les décennies à venir…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 décembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Laurent Fabius.
Valéry Giscard d’Estaing.
Alain Juppé.
Jean-Louis Borloo.
Ségolène Royal.
Nicolas Hulot.

 

_yartiCOP2108



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151212-fabius-cop21.html

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fabius-roi-planetaire-de-la-cop21-175371

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/12/13/33061885.html


 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:05

Depuis plusieurs jours, des portiques de l’écotaxe sont détruits en Bretagne. Malgré sa suspension (provisoire), l’écotaxe fait toujours débat. Retour sur cette mesure du Grenelle de l’Environnement.


yartiEcomouv01Le 30 octobre 2013, le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen (PS) a proposé de créer une commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’attribution du marché de l’écotaxe.

Revenons à cette écotaxe qui fait tant parler d’elle depuis une dizaine de jours. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a en effet suspendu le 29 octobre 2013 son application sur tout le territoire national après les violentes protestations en Bretagne du 26 octobre 2013, protestations qui n’ont pas été pour autant stoppées ce week-end où plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont marché sur Quimper le 2 novembre 2013 pendant que des portiques de contrôle ont été démontés, voire détruits, pour réclamer la suppression pure et simple de l’écotaxe.


Pourquoi la taxe ?

L’écotaxe est officiellement la "taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises" et a pour but de décourager les longs transports routiers en France (une véritable "plaie" sur les routes et autoroutes, facteur de nombreux accidents) en favorisant le ferroutage. L’objectif est donc de réduire la pollution.

Le système de télépéage déjà en application en Allemagne, en Autriche, en Slovénie et en République tchèque (et également en Suisse) dans les mêmes conditions techniques qu’en France : la directive européenne 2004/52/CE (JO L 166 du 30 avril 2004, p. 124) vise à réaliser l’interopérabilité des systèmes de télépéage routier dans l’Union Européenne.

Le principe de cette taxe a été adopté par le Parlement français dans le cadre du Grenelle de l’Environnement (loi n°2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement) et s’applique à tous les véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes circulant sur l’une des 15 000 routes de France. Cela concerne donc environ 800 000 camions français et étrangers. Sont exclus les cars, véhicules agricoles ou militaires, et d’autres cas particuliers (comme le transport de lait). Un réseau de 4 100 points de tarification a été défini.

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Théoriquement, jusqu’à la suspension sine die décidée par le gouvernement, cette taxe aurait dû être applicable au 1er janvier 2014 (initialement prévu au 1er juillet 2013 puis au 1er octobre 2013).


Coresponsabilité politique

Il faut donc bien comprendre que le gouvernement actuel n’est pas à l’origine de cette écotaxe, mais la majorité précédente, en particulier sous la houlette de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet, dans un esprit d’unanimité politique.

En revanche, le gouvernement actuel (qui a donc approuvé lorsqu’il était dans l’opposition) a confirmé cette politique et il était en mesure d’arrêter le processus, même au prix de grosses dépenses (voir plus loin), comme il a voulu arrêter la TVA sociale décidée avant l’élection présidentielle, ou encore d’autres mesures économiques comme la défiscalisation des heures supplémentaires.

Par conséquent, si la majorité précédente est responsable de cette taxe, la majorité actuelle l’est tout aussi pleinement. Pour preuve, ce décret n°2013-618 signé le 11 juillet 2013 "relatif à la définition des véhicules assujettis à la taxe sur les véhicules de transport de marchandises", et également la définition des multiples taux de l’écotaxe présentée par le gouvernement en janvier 2013.


Comment ?

Pour éviter l’installation de milliers de postes de péages sur toutes les routes, qui auraient provoqué des embouteillages permanents un peu partout, le gouvernement a choisi le principe d’un télépéage obligatoire sans arrêt du véhicule nécessitant 173 portiques sur des routes deux fois deux voies et autoroutes non payantes et des milliers de bornes sur les routes à une seule voie.

Les véhicules concernés doivent s’équiper d’un petit boîtier GPS embarqué permettant sa géolocalisation satellitaire (ce boîtier est obligatoire). Les appareils installés sur les routes sont munis de trois capteurs : un laser pour déterminer si le véhicule entre ou pas dans l’application de l’écotaxe, un signal radio pour repérer le GPS du véhicule, et une caméra permettant de photographier les véhicules soumis à l’écotaxe non équipés du boîtier GPS (donc, en infraction, ce qui leur coûterait dans ce cas une amende de 750 euros).


Principales critiques

Si le principe de l’écotaxe est plutôt honorable, à savoir : réduire la pollution et faire payer la dégradation des infrastructures routières aux principaux responsables (y compris étrangers) et pas aux seuls contribuables nationaux, beaucoup de critiques ont été émises pour son application.

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La principale critique, à mon sens, c’est la capacité qu’auront l’État et la société concessionnaire du marché d’accumuler une masse énorme d’informations concernant non seulement la circulation des véhicules visés par l’écotaxe mais également de tous les autres, puisque toutes les plaques d’immatriculation seront lisibles par les milliers points du maillage national. Cela signifie que la liberté de circulation, l’une des plus grandes libertés dans une démocratie, sera désormais …surveillée. Aucune protection juridique durable n’est vraiment possible à partir du moment où la technique permet tout.

Par ailleurs, il est assez étonnant de vouloir décourager les transporteurs à prendre les routes quand il n’y a quasiment aucune offre de ferroutage performant. Vouloir investir la recette de l’écotaxe dans un réseau ferré de transport de marchandises est clairement s’y prendre à l’envers : pour donner le choix (donc, favoriser l’environnement), il faut que les transporteurs aient la possibilité de ne pas prendre la route.

D’autres critiques plus techniques sont également exprimées, notamment à l’occasion de la "révolte" des Bretons.

Ainsi, le cycle de production de certains produits alimentaires nécessite de nombreux allers et retours sur les routes, qui seront donc taxés plusieurs fois. À cela, on pourrait répondre qu’en limitant les délocalisations de certaines opérations, on limiterait également le paiement de l’écotaxe.

Autre point de contestation qui semble justifié, c’est la grande complexité du système, un peu dans la méthode Shadok (pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ?). On aurait pu imaginer par exemple de rajouter une taxe sur le gazole (certains y avaient pensé …en plus !) et de permettre aux véhicules légers diesel d’en être exonérés. A priori, la pollution est proportionnelle au nombre de litres de gazole consommés et (toujours a priori), le carburant est forcément acheté en France pour les longs trajets.

Concrètement, la survenue de cette écotaxe ne favorise évidemment pas l’économie nationale et l’handicape dans une conjoncture très morose à très faible croissance. La question est de savoir ce qui doit primer, l’emploi (comme le revendiquait le gouvernement) ou l’environnement, lorsque les deux volonté sont antagonistes : « Qu’il y ait à terme écotaxe ou pas, les incertitudes et les vicissitudes du dossier pèsent lourdement sur la vie des entreprises et pénalisent gravement leur économie. » (Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération national des transports routiers).

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De plus, c’est l’ensemble des consommateurs qui subira cette taxation puisque les transporteurs auront le droit de la reporter sur le prix de leurs prestations (principe voté par le Parlement le 24 avril 2013 et approuvé par le Conseil Constitutionnel le 23 mai 2013).


Quoi ?

Le montant de la taxe dépend de l’âge du véhicule, de son poids et de la distance parcourue. Entre 8,8 et 15,4 centimes d’euros seront ainsi prélevés chez le transporteur par kilomètre parcouru, avec des abattements prévus dans certaines régions (50% en Bretagne, 30% en Midi-Pyrénées et Aquitaine), qui répercuteront ce nouveau coût dans le prix de sa prestation (en moyenne, une majoration de 4,1% pour la part des coûts concernant le transport, soit environ 0,4% pour le produit final).


Que rapportera cette taxe et pour quel but ?

Selon les perspectives gouvernementales, elle devrait rapporter à l’État 1,15 milliard d’euros par an répartis ainsi : 150 millions d’euros reversés aux collectivités locales, 750 millions d’euros affectés à l’entretien du réseau routier et à la construction de voies ferrées et fluviales, et 250 millions d’euros comme redevance auprès de la société gérante des installations.


Qui ?

Les critères du choix de la société en charge de l’exploitation de l’écotaxe étaient la qualité technique du projet (pour 30%) et le coût global de l’offre (pour 25%), et le contrat sera applicable jusqu’en 2025.

C’est le 20 octobre 2011 que le marché de l’écotaxe a été officiellement confié à la société Écomouv qui a  été créée spécialement dans ce but. Elle était en concurrence avec la société Alvia qui commercialise les trains à grande vitesse en Espagne (dont celui qui a déraillé près de la gare de Saint-Jacques-de-Compostelle le 24 juillet 2013 provoquant 78 morts et plus de 140 blessés), en association avec Siemens, la Sanef et Atos.

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Écomouv est une joint-venture contrôlée à 70% par Autostrade per l’Italia, la répartition du reste des actionnaires de cette SAS étant Thalès (11%), la SNCF (10%), SFR (6%) et Steria (3%), partenaires arrivés après le dépôt de l’offre d’Écomouv.

Autostrade per l’Italia est une filiale d’Atlantia qui gère plus de cinq mille kilomètres d’autoroutes en Italie, en Autriche, en Pologne, en Inde, au Brésil et au Chili. Atlantia, qui était une société publique jusqu’en 1999, est le premier groupe européen de construction et gestion d’autoroutes qui a inventé le système de télépéage sur autoroute (péage sans arrêt) et cette société de 4 milliards d’euros de CA appartient au groupe Benetton par sa holding Edizione qui détient 66,40% de Sintonia (Goldman Sachs en détient 9,98%), elle-même propriétaire à 46,41% d’Atlantia.

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Écomouv a donc été chargée il y a deux ans de la fabrication et de la distribution des boîtiers GPS pour les camions, de la fabrication et de l’installation des portiques et des bornes, de la réalisation des programmes informatiques, ainsi que de la gestion du système pendant onze ans.

Pour cela, Écomouv recevra une redevance de l’État de 250 millions d’euros par an et en cas de rupture de contrat, elle recevra de l’État un dédommagement de 800 millions d’euros pour la rembourser des frais des installations.

Cela signifie simplement que si le gouvernement décidait de supprimer purement et simplement l’écotaxe, cela coûterait à l’État 800 millions d’euros.

C’est hélas le problème récurrent de ces partenariats publics/privés (précisément "contrats de partenariat") régis par les ordonnances n°2004-559 et n°2004-566 du 17 juin 2004 et par la loi n°2009-179 du 17 février 2009, c’est justement les clauses en cas de rupture unilatérale du contrat.


Quelques incertitudes sur le choix d’Écomouv

Écomouv a en effet été désignée pour ce marché le 8 février 2011 mais la justice a suspendu la signature du contrat le 8 mars 2011 par une ordonnance du tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Cependant, le Conseil d’État a annulé cette décision le 24 juin 2011, ce qui a abouti à la signature d’un contrat de partenariat le 20 octobre 2011 et à la composition du capital d’Écomouv le 28 octobre 2011.

C’est pourquoi une information parlementaire sur le choix d’Écomouv peut être intéressante au regard des montants en jeu, d’autant plus que certains journaux commencent à s’interroger sur la pertinence du choix d’Écomouv, notamment en raison du rendement que la société Écomouv a obtenu, à savoir plus de 20% (250 millions sur 1,15 milliards d’euros de recettes) alors que les contrats de partenariat ne proposent en général qu’environ 3% de rendement ("Le Figaro" et "Le Parisien" du 2 novembre 2013).

Même le Ministre du Budget Bernard Cazeneuve parlait le 31 octobre 2013 d’un contrat « hasardeux » pour parler du contrat entre l’État et Écomouv signé le 20 octobre 2011 et qui avait obtenu l’accord de toute la classe politique, y compris le Parti socialiste, qui était au courant de ces "doutes" dès 2011 (le président de la Sanef, faisant partie du consortium non choisi, avait saisi dès 2011 le service central de prévention de la corruption du Ministère de la Justice).


En savoir plus …et décider !

Selon une source du journal "Le Parisien", si l’actuel gouvernement avait remis en cause le contrat dès 2012, le coût pour l’État n’aurait été que de 200 à 400 millions d’euros au lieu des 800 millions aujourd’hui, maintenant que l’ensemble du dispositif technique a été installé.

Voici donc une nouvelle occasion pour le Président de la République François Hollande de prendre une décision qui va demander de la subtilité technique et politique …dans un dossier où les électeurs, les contribuables et les consommateurs sont un peu atteints de tendance schizophrénique : en effet, le développement du commerce sur Internet a considérablement fait accroître la circulation des poids lourds, ainsi que la pollution qui en est la conséquence, ce qui inquiète les citoyens et sans doute les contribuables.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (4 novembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Cartographie de l’écotaxe (document à télécharger).
La politique de François Hollande.
La sécurité routière.
Communication gouvernementale sur l'écotaxe (site officiel).



yartiEcomouv05



http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/ecomouv-le-marche-de-l-ecotaxe-143172

 

 

 




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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 09:52

La cartographie de l'écotaxe : localisation des portiques et bornes sur les routes de France.

 

 

 yartiEcomouv03

 

Par ailleurs, deux documents intéressants sur l'écotaxe.

 

Brochure officielle de la société Atlantia.

http://www.atlantia.it/en/pdf/Brochure_Atlantia_2012_ENG.pdf

 

 


Décret no 2013-618 du 11 juillet 2013 relatif à la définition des véhicules assujettis à la taxe sur les véhicules de transport de marchandises.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027697244&dateTexte=&categorieLien=id



SR

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 07:20

L’étude des risques est l’une des disciplines essentielles dans la gestion de crise. Exemple appliqué à une catastrophe nucléaire majeure.



yartiTsunamiJ01À 01h23 du matin, les vannes d’alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui fait augmenter la pression dans le circuit primaire. Les générateurs diesel démarrent et atteignent leur puissance nominale. Pendant ce temps, l’alimentation des pompes se fait par les turbo-alternateurs. Le débit d’eau passant dans le réacteur décroît progressivement avec la baisse de puissance de ces alternateurs. Le liquide de refroidissement forme alors des bulles de gaz, faisant monter très rapidement en puissance le réacteur.

L’opérateur en chef ordonne alors l’arrêt d’urgence. Les barres de contrôle ne peuvent cependant pas être descendues assez profondément. La formation d’hydrogène au contact d’oxygène entraîne l’explosion des mille tonnes de la dalle en béton dont les morceaux endommagent irréversiblement le réacteur. Un grave incendie se déclare aussitôt et un rayonnement très lumineux sort de l'inquiétant trou. Ce n’est qu’à quatre heures que les pouvoirs publics sont informés...

Ce n’était pas dans la nuit du 11 au 12 mars 2011. Ce n’était pas à Fukushima.
C’était à Tchernobyl, en Ukraine, pas très loin de la frontière biélorusse.
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986.


Tchernobyl, un quart de siècle plus tard

Il y a juste vingt-cinq ans que la catastrophe nucléaire la plus dévastatrice humainement commençait, comme l’explique plus ou moins bien Wikipédia, avec une réelle inconscience des autorités politiques du pays. Gorbatchev a mis plus de vingt-quatre heures pour être informé de la catastrophe mais en a profité pour y appliquer la "glasnost" (transparence) qu’il avait lui-même imposée à ses collègues dirigeants du Parti communiste d’Union Soviétique le 6 mars 1986. Certains disent même que la catastrophe de Tchernobyl a contribué à la chute de l’empire soviétique.

Le Président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, sera présent ce mardi 26 avril 2011 à Tchernobyl après avoir décoré la veille certains des six à huit cent mille liquidateurs qui avaient courageusement travaillé à l'isolement du réacteur 4. Les rejets de substances radioactives dans toute l'Europe auraient pu être assimilés à ce qu'auraient produit deux cents bombes équivalentes à celle de Hiroshima.

Ce n’est que la semaine dernière, le 19 avril 2011, à Kiev, qu’un budget international de cinq cent cinquante millions d’euros vient d’être enfin débloqué pour la construction d’un nouveau sarcophage. La situation devenait très urgente. Une catastrophe nucléaire peut aider la précédente.

Personne n’a rien appris de Tchernobyl. On se disait que c’était une erreur humaine, que les Soviétiques avaient échoué dans un essai, qu’ils avaient négligé les problèmes de sécurité, en quelques sortes, qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la technologie, et finalement, c’en est resté là. Tchernobyl n’était qu’un symptôme de l’effondrement prochain de l’Union Soviétique.

Pourtant, il y aurait eu beaucoup à apprendre de Tchernobyl. Ne serait-ce que des procédures à imaginer en cas de catastrophe nucléaire majeure. Celle qui n’est pas imaginée justement.


Le nouveau paradigme japonais

Notre période "néo-contemporaine" aura un grand choix des dates pour la faire démarrer : la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 qui implique l’éclosion d’un monde multipolaire ? les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001 qui envisagent un monde clivé par l’islamisme ? le tsunami japonais du 11 mars 2011 qui ramènera peut-être les Terriens à plus de bon sens planétaire et environnemental ?

Le 11 mars 2011, ce n’est pas le tsunami malgré ses dizaines de milliers de tués qui serait à prendre en considération (le séisme du 26 décembre 2004 près de Sumatra de magnitude 9,3 a entraîné un tsunami bien plus grave avec des vagues de trente-cinq mètres de hauteur entraînant près de deux cent cinquante mille personnes dans une mort terrible) mais bien la catastrophe nucléaire majeure sur quatre réacteurs des deux centrales nucléaires de Fukushima, pas très loin de Sendai.

Un pays pourtant considéré comme étant à la pointe mondiale de la civilisation industrielle et technologique se retrouve depuis plus d’un mois dans une situation désastreuse où il aura beaucoup de mal à reconstruire, d’autant plus qu’un pays dont le bon vieil empereur un peu étriqué dans ses vêtements ne propose que la prière, c’est relativement angoissant (aux côtés d’un exploitant, la Tepco, qui a commis visiblement plusieurs fautes impardonnables, et d’un gouvernement plus opaque et dédramatisant qu’il ne l’aurait fallu dans une démocratie idéale).

Le 16 mars 2011 sur France Culture, Patrick Lagadec (62 ans), spécialiste du risque technologique majeur et de la gestion de crise, directeur yartiLagadec01de recherche au Laboratoire d’Économétrie de l’École Polytechnique, expliquait très justement que la tendance actuelle chez les scientifiques était de ne jamais intégrer dans leurs raisonnements des hypothèses extrêmes hautement improbables.

Patrick Lagadec est très connu à l'étranger. Il a beaucoup travaillé sur la réaction face aux crises (comme l'explosion d'AZF du 21 septembre 2001 ou encore l'épidémie de vaches folles). Il a incité EDF à observer comment ses homologues québécois avaient réagi après la grave tempête de verglas du 4 janvier 1998, ce qui a été très utile pour le rétablissement rapide des lignes électriques après la grande tempête du 26 décembre 1999 en France. Il le constatait il y a déjà plusieurs années : « Crises après crises, nous observons que nos systèmes sont aujourd’hui en limite de pertinence. Katrina, tsunami, canicules, 11 septembre, etc. ont clairement montré qu’il était urgent de repenser les paradigmes et principes opérationnels de la sécurité de nos systèmes. ».


Calcul des risques

Le calcul du risque se fait sur l’espérance mathématique : le produit de la probabilité pour qu’un événement survienne multipliée par les conséquences (nombre de morts, niveau de gravité, coûts etc.), produit qu’on somme pour tous les événements possibles. Or, dans les hypothèses extrêmes pour l’énergie nucléaire, la probabilité d’un accident est très faible (tend vers zéro) même si les conséquences sont énormes (tend vers l’infini).

Ainsi, le 11 mars 2011, il est clair que la probabilité de ce qu’il est arrivé était proche de zéro mais non nulle (la preuve). Déjà, la probabilité d’une catastrophe sur un réacteur nucléaire est extrêmement faible. Alors, sur quatre réacteurs nucléaires !

L’implantation des installations nucléaires près de l’océan n’est d’ailleurs pas anormale : le besoin en refroidissement est tel qu’il vaut mieux rapprocher ces installations de la mer ou de grands fleuves (c’est le cas notamment le long de la Loire ou du Rhône en France).

La marge de sécurité qui avait été prise en compte était un tsunami avec une vague de six mètres. Six mètres, c’est déjà très haut. Hélas, le 11 mars 2011, la vague a été jusqu’à quinze mètres. Au-delà de l’imaginable. Il est des moments où la réalité dépasse la fission (désolé pour ce mauvais jeu de mots peu original).


La vision éclairante de Maurice Allais

Maurice Allais, le Prix Nobel d’Économie qui a disparu le 9 octobre dernier, dont on fêtera le centième anniversaire de la naissance le 31 mai prochain, avait déjà donné son explication il y a un demi-siècle à partir de ses travaux sur la dynamique monétaire.

Il expliquait qu’une crise financière était inévitable car les spéculateurs et les banquiers ne prenaient jamais en compte dans leur raisonnement l’hypothèse ultime, l’hypothèse d’une situation singulière, l’unique cas qui irait à l’infini.

En effet, le calcul des risques financiers se fait par des valeurs moyennes, mais le problème, avec l’instantanéité des échanges, c’est qu’il faut désormais prendre en compte les valeurs instantanées à la seconde près, car il peut y avoir de grandes fluctuations qui, en moyenne, ne semblent pas évoluer mais qui peuvent pourtant faire la fortune ou la ruine de certains spéculateurs. Pour cela, il réclamait l’interdiction de la cotation boursière continue.

C’est en cela que la réflexion de Maurice Allais pourrait être très enrichissante dans le débat sur l’énergie nucléaire et dans le contexte de la sécurité des installations. Ce qui est valable pour les risques financiers pourrait être mis en parallèle avec les risques nucléaires.

Être capable de tenir compte, dans les raisonnements, de toutes les éventualités mêmes les plus invraisemblables : attentat terroriste, séisme, tsunami, collision avec un astre, et pourquoi pas ? invasion des Martiens !… J’exagère volontairement pour le dernier point mais qu’en serait-il si nous étions confrontés réellement à des envahisseurs extérieurs ? L’hypothèse est quasi-nulle et il y a fort à parier que nous serions capables de détecter leur présence bien avant leur arrivée, mais…

Tout cela signifierait évidemment un surcoût dans la construction d’une centrale nucléaire qui serait dimensionnée autrement, surcoût qu’il faudrait bien intégrer d’une manière ou d’une autre, soit dans le prix de l’énergie, soit dans les impôts.


La décision ne se porte pas forcément sur le choix du plus offrant

Dans les analyses de probabilités, Maurice Allais avait constaté aussi un autre phénomène pour les joueurs.

Entre deux solutions à choisir, la logique voudrait que l’on retienne celle à l’espérance mathématique la plus élevée, à savoir celle où le produit de la probabilité multipliée par le gain espéré (par exemple) est le plus grand.

Exemple. Entre une chance sur dix de gagner 10 000 euros et une chance sur mille de gagner 100 000 euros, j’aurais intérêt à prendre la première option. Pourtant, étrangement, c’est statistiquement le contraire qui se passe en général.

Les décisions concernant la sécurité nucléaire seraient-elles prises avec le même genre de paradoxe dans la réflexion ? Si oui, il s’agirait de revoir de fond en comble tous nos raisonnements.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 avril 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Maurice Allais, économiste et physicien.
Réunion à Kiev du 19 avril 2011 sur Tchernobyl.



yartiFukushima01 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/25-ans-apres-tchernobyl-fukushima-92732

 

http://fr.news.yahoo.com/13/20110426/tot-25-ans-aprs-tchernobyl-fukushima-exp-89f340e_1.html

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-288

 

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Environnement et énergie
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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:16

(dépêche)

 


François Fillon, nucléaire : des exigences de sureté les plus hautes
 

Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 11:57

François FILLON s'exprime au nom de la Présidence française du G8 à la conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.
 
Mesdames et messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de m’exprimer ici au nom de la Présidence française du G8, et je veux vous dire que je ressens parmi vous et avec vous, toute la gravité et la responsabilité qui s’attachent à notre rencontre.

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, je veux remercier le Président IANOUKOVITCH et les autorités ukrainiennes d’avoir organisé cette conférence. Les événements du Japon lui donnent une résonance et une signification particulièrement fortes.

Au bout d’un quart de siècle, le souvenir de Tchernobyl aurait pu s’estomper. Il n’en est rien. L’actualité le ravive au contraire et nous en rappelle les enjeux fondamentaux.

Nous n’avons pas le droit d’oublier. Nous n’avons pas le droit d’esquiver nos devoirs. Plus que jamais notre responsabilité est de joindre nos efforts pour limiter les conséquences de telles catastrophes et pour préparer l’avenir.

En ce moment de triste anniversaire, mes pensées vont au peuple ukrainien, si durement touché. Elles vont aux populations russe et biélorusse qui, dans les zones frontières proches de la centrale de Tchernobyl, ont subi les effets de la catastrophe. Elles vont à toutes les victimes de cette tragédie humaine. Elles vont aux héros qui se sont sacrifiés pour sauver des vies.

L’accident de Tchernobyl a contaminé de vastes zones où la vie est mise en péril pour une longue durée. Dès le lendemain, des hommes et des femmes ont dû quitter leur maison, leur terre, pour ne jamais y revenir.

Les citoyens japonais évacués des environs de la centrale de Fukushima font aujourd’hui face au même drame.

Tchernobyl a frappé l’opinion publique mondiale. Tchernobyl nous a aussi beaucoup appris.

Devant une telle catastrophe, les frontières qui séparaient à l’époque le monde occidental et le monde soviétique apparaissaient soudain dérisoires.

L’indifférence était impossible. La solidarité était notre premier devoir. Une catastrophe nucléaire ne concerne pas seulement le pays où elle survient, elle concerne la communauté internationale toute entière.

Celle-ci s’est rapidement mobilisée – et n’a d’ailleurs cessé de le faire depuis lors – pour tenter de comprendre l’accident et d’en évaluer toutes les conséquences.

Dès le mois d’août 86, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique organisait une première réunion d’analyse.

Deux ans plus tard, alors que le monde était encore divisé en deux blocs, les autorités soviétiques et l’AIEA unissaient leurs efforts pour organiser ici même, à Kiev, en mai 88, une conférence scientifique visant à examiner les conséquences radiologiques et les aspects médicaux de la catastrophe.

Ensuite, au début des années 1990, des initiatives sont nées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies.

A la demande du gouvernement soviétique, le projet international pour Tchernobyl a pu être lancé, avec l’ambition de traiter quatre grandes questions : l’étendue de la contamination des régions habitées, les prévisions en termes de radio-exposition de la population, les effets sanitaires observés et potentiels, et enfin, l’efficacité des mesures prises pour protéger le public.

Mais il fallait aller plus loin.

La nécessité de construire un nouveau sarcophage est vite apparue, pour remplacer celui qui avait été bâti dans l’urgence en 1986. C’est un chantier considérable et il était impossible de faire peser une telle responsabilité sur la seule Ukraine qui venait tout juste d’accéder à l’indépendance. L’engagement politique et financier de la communauté internationale toute entière était indispensable.

Le G7 et l’Union européenne ont joué un rôle clé dans cette prise de conscience.

Ils ont signé en 95 un premier protocole d’accord avec l’Ukraine.

En 97, un fonds géré par la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement a été mis en place pour financer les travaux de confinement de l’ancien réacteur. Une première conférence des donateurs s’est tenue en 97 à New York, puis une autre à Berlin en 2000.

Il a fallu des années de recherche pour que les ingénieurs conçoivent une arche de confinement inédite, techniquement révolutionnaire. Mais ils y sont parvenus. En 2006, les travaux de terrassement ont pu commencer.

Entre le premier appel aux dons en 1997 et la fin de l’année 2010, 990 millions d’euros ont été versés à la BERD, dont plus de 721 millions l’ont été par les membres du G7 et par l’Union européenne.

En conviant la Présidence française du G8 à co-présider cette conférence des donateurs, l’Ukraine marque sa reconnaissance pour les investissements réalisés par cette institution, et je veux en remercier l’Ukraine.

Grâce à tous les efforts réalisés, nous entrevoyons enfin l’achèvement des travaux, prévu pour la fin de l’année 2015. Au regard des contraintes existantes, c’est un exploit technologique.

Mais pour aboutir, nous avons besoin de financements supplémentaires, de l’ordre de 740 millions d’euros. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui !

La France est depuis toujours impliquée dans ce processus.

Nous voulons que ce chantier essentiel aboutisse avec succès, et je m’engage aujourd’hui, devant vous, à ce que mon pays contribue à hauteur de 47 millions d’euros aux projets en cours. La France aura ainsi contribué pour un total de plus de 160 millions d’euros aux travaux sur le site de Tchernobyl.

Longtemps, nous avons recherché les solutions techniques aux problèmes que posaient les installations de la centrale.

Maintenant que nous les avons trouvées, maintenant que la ligne d’arrivée est en vue, nous devons aller au bout de notre effort, et nous devons saisir cette occasion historique de terminer ces travaux, nous devons ensemble solder ce douloureux héritage.

C’est ce message de mobilisation que je veux adresser à nos partenaires du G8, à nos partenaires européens et à tous nos autres partenaires.

Jamais la catastrophe de Tchernobyl ne sera oubliée, mais faisons en sorte que jamais non plus ne soit oublié l’engagement résolu de tous les Etats à la réparer ensemble.

La France et le G8 ont pris leurs responsabilités.

A nos amis ukrainiens et à la BERD, je veux dire que c’est en vous que nous plaçons désormais notre confiance pour que ces projets se concrétisent au plus vite et que la sécurité de tous soit assurée.

Ainsi, nous aurons ensemble soulagé et traité les blessures du passé. Nous aurons, en un mot, assumé nos responsabilités.

François Fillon, 19 avril 2011

 

 

François FILLON conclut la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs,

En ouvrant tout à l’heure cette conférence au nom de la Présidence française du G8, je disais que la catastrophe de Tchernobyl n’engage pas la seule responsabilité du pays où elle s’est produite, mais celle de toute la communauté internationale. Et c’est notre devoir, à nous qui sommes rassemblés aujourd’hui, d’aider l’Ukraine à en surmonter les conséquences.

Je crois que nous pouvons être fiers de l’engagement collectif que nous avons scellé ce matin. 25 ans après Tchernobyl, au moment où le Japon doit faire face à un terrible accident nucléaire, le rendez-vous de ce matin à Kiev était un véritable test pour la communauté internationale : est-ce que nous serions capables en s’engageant sur des moyens très importants de montrer notre volonté de faire aboutir les travaux sur le site de Tchernobyl, et en particulier la nouvelle arche de confinement.

Tandis que nous pouvons apercevoir dans un horizon proche le terme de ce chantier gigantesque, qui aurait compris que nous prenions le risque de retarder une échéance aussi essentielle ?

Quel message aurions-nous adressé au monde et à nos amis japonais, si nous nous étions montrés désunis face aux conséquences de Tchernobyl, alors que l’accident nucléaire de Fukushima nous bouleverse à son tour ?

Nous avons su nous montrer à peu près à la hauteur de l’enjeu. La crise financière a bien entendu laissé des traces sur chacune de nos économies, et rares sont les pays qui échappent aux contraintes budgétaires.

Malgré cela, les engagements que nous avons pris ensemble aujourd’hui représentent une somme considérable de 575 millions d’euros [550 millions après re-calcul et correction, ndlr]. Je veux dire qu’il ne s’agit que d’un montant minimal, plusieurs pays ont affirmé leur engagement en faveur de l’achèvement du chantier, sans toutefois être en mesure d’annoncer un chiffre aujourd’hui.

C’est le cas notamment du Japon pour des raisons que chacun peut bien comprendre, c’est le cas aussi du Canada en période d’élection pour des raisons constitutionnelles, c’est le cas également notamment de l’Italie.

Je suis confiant dans le fait que les contributions déjà annoncées – et celles qui le seront dans les prochaines semaines – permettront à la BERD d’achever le tour de table financier, de telle manière que tous les travaux soient terminés en 2015, selon le calendrier que nous avons fixé ensemble.

Nous avons montré que la volonté politique et la solidarité internationale restent des valeurs indéfectibles, quelles que soient les difficultés conjoncturelles.

Aux efforts consentis par les donateurs historiques se sont ajoutés ceux des nouveaux Etats – européens et non-européens – et je veux les en remercier au nom de la France et au nom de l’ensemble des pays du G8.

Nos amis ukrainiens, en plus d’avoir organisé cette conférence et d’être depuis des années présents sur le terrain dans des conditions difficiles, ont annoncé aujourd’hui un engagement financier supplémentaire. Qu’il leur soit rendu hommage pour leur détermination, pour leur sens des responsabilités face à cette tragédie inouïe qui les a frappés il y a 25 ans.

L’Union européenne a décidé d’apporter 110 millions d’euros, elle aura ainsi contribué à l’ensemble de ce projet pour un montant de 385 millions d’euros. Je veux souligner l’ampleur exceptionnelle de cette mobilisation.

Quant à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, non seulement elle gère depuis plus d’une décennie ces projets avec un soin et une rigueur remarquable, mais son Président vient aussi de proposer un geste financier important et je veux l’en remercier en votre nom à tous.

Réunir ces moyens considérables, c’est évidemment une étape décisive, mais le travail n’est pas terminé. Ce travail, il repose maintenant sur des entreprises, sur des ouvriers, sur des techniciens, sur des ingénieurs qui vont pouvoir poursuivre leur action sur le site de Tchernobyl jusqu’en 2015. Leur mission exige un degré exceptionnel de courage et de compétences, et je crois que nous devons tout particulièrement leur exprimer notre gratitude et notre confiance.

Et je veux dire que nous saurons trouver prochainement, avec l’ensemble de nos partenaires, les contributions additionnelles nécessaires pour que l’Ukraine et les pays voisins soient durablement mis à l’abri des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

François Fillon, 19 avril 2011

 

François Fillon s'exprime à la conférence de presse conjointe de la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.


Mesdames et Messieurs,

Cette conférence des donateurs est un moment très important puisque, dans un contexte économique difficile, au moment où beaucoup de pays sont tenus de faire des efforts budgétaires très importants, trente pays – plus d’une trentaine de pays réunis aujourd'hui à Kiev – ont affirmé leur engagement en faveur du nécessaire achèvement des travaux de sécurisation de Tchernobyl et leur solidarité envers l’Ukraine.

C’est un résultat qui illustre le sens des responsabilités de l’ensemble de la communauté internationale.

Quelques pays aujourd'hui, pour des raisons légitimes, ne sont pas en mesure d’annoncer une contribution, mais ils ont toutefois réaffirmé leur détermination à participer à l’achèvement de ces projets.

Les contributions annoncées ce matin permettent de réunir le montant remarquable, après re-calcul et correction, de 550 millions d’euros. C’est un montant minimal.

Je me félicite de cette dynamique et je veux dire que je suis confiant dans le fait que les pays qui n’ont pas pu annoncer un chiffre aujourd'hui seront en mesure de prendre une décision très prochainement et, naturellement, nous allons continuer à travailler étroitement avec eux.

Ainsi avec la contribution supplémentaire de la BERD, je tiens à exprimer ma confiance dans notre capacité à boucler ensemble le tour de table financier, et donc à achever le chantier qui est actuellement en cours à Tchernobyl avant 2015 comme prévu. Il en va de notre responsabilité collective. 

François Fillon, 19 avril 2011 

 

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:20

(dépêche)



Tepco n'a pas tenu compte de mises en garde sur Fukushima
29 mars 2011, il y a 22 min

Kevin Krolicki, Scott DiSavino et Taro Fuse (Reuters)

Un ingénieur haut placé chez Tokyo Electric Power (Tepco) avait envisagé en 2007 qu'un tsunami excède les capacités de résistance de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi mais l'opérateur n'a pas retenu ses conclusions.


L'ingénieur chargé de la sécurité des installations estimait à 10% la probabilité qu'une vague sismique dépassant les six mètres, limite maximale retenue pour la sécurité du site, frappe la centrale dans un délai de cinquante ans.

Le 11 mars, la vague qui s'est écrasée sur Fukushima-Daiichi était haute de 14 mètres.

Au-delà de cette étude, plusieurs éléments et témoignages attestent que l'opérateur de la centrale n'a pas tenu compte de nombreux avertissements sur ses failles de sécurité et que les régulateurs du nucléaire japonais n'ont jamais contraint les entreprises à adapter les règles de sécurité de leurs centrales.

"Du fait des incertitudes qui entourent le phénomène des tsunamis, la probabilité existe toujours que l'amplitude d'un tsunami excède la hauteur retenue pour la conception (de la centrale)", peut-on lire dans le rapport présenté une première fois en juillet 2007, lors d'une conférence à Miami.

En d'autres termes, l'équipe de l'ingénieur Toshiaki Sakai a déterminé qu'il y avait un risque sur dix qu'une vague géante passe au-dessus des murs d'enceinte de la centrale.

Tepco n'en a pas tenu compte.

RISQUE

Sakae Muto, vice-président de Tepco, a assuré que les protections de la centrale avaient été conçues "avec une marge d'erreur" basée sur les précédents tsunamis ayant frappé la région. En 1960, une vague de près de six mètres avait déferlé sur les côtes japonaises après un puissant séisme au Chili.

"Certains avaient relevé la possibilité d'un tsunami plus important que ce sur quoi nous nous étions fondés, mais de ce que je sais, cela ne faisait pas consensus parmi les experts", a dit à Reuters le vice-président de Tepco.

L'étude représentait plusieurs années d'un travail entamé par les ingénieurs en sécurité de Tepco après le séisme de 2004 au large de Sumatra. Un tsunami a inondé une centrale nucléaire indienne et éveillé les craintes d'un événement similaire au Japon, où plusieurs centrales sont situées près des côtes.

Fukushima-Daiichi, centrale vieille de 40 ans, est de plus construite près d'une zone sismique du Pacifique qui, selon l'étude, a produit, en 400 ans, quatre tremblements de terre d'une magnitude égale ou supérieure à 8.

Bien que n'ayant pas suivi les recommandations de ses propres ingénieurs, Tepco n'a pas contrevenu aux règles de sûreté nucléaire en vigueur au Japon. "Il n'y a pas d'obligation légale de réévaluer les mesures (de sécurité) relatives au site de façon périodique", a souligné le gouvernement en réponse à l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) en 2008.

Ces vingt dernières années, les trois organismes de sûreté nucléaire au Japon n'ont jamais écarté le risque d'un accident grave qui mettrait à l'épreuve les standards de sécurité, tant loués par ailleurs, des 55 centrales japonaises.

Mais ils ont toujours laissé à Tepco et aux autres opérateurs la responsabilité d'éviter ces scénarios.

AÉRATION

Depuis l'accident de Tchernobyl, il y a 25 ans, les opérateurs et régulateurs de l'industrie nucléaire, en Europe et aux Etats-Unis, ont commencé à examiner les scénarios du pire plutôt que d'adapter leur défense contre les incidents.

Le Japon ne l'a pas fait, préférant insister sur la maintenance régulière et la correction des défauts de ses vieilles centrales.

Tepco a ainsi obtenu que le réacteur n°1 de Fukushima-Daiichi - où le risque d'une explosion de vapeur est aujourd'hui le plus fort - soit prolongé de dix ans en présentant un projet de maintenance.

L'autre point faible des centrales japonaises réside dans leurs systèmes d'aération. Après l'accident nucléaire de Three Mile Island, en 1979 aux Etats-Unis, les opérateurs de centrales américaines ont renforcé leurs systèmes. La Commission japonaise de sûreté nucléaire a jugé qu'il n'était pas nécessaire de l'imposer.

L'aération d'une centrale nucléaire est l'un des derniers moyens d'empêcher la pression de faire exploser l'enceinte d'un réacteur et de laisser échapper des particules radioactives.

Dans la crise actuelle, la faillite de ces conduits d'aération est peut-être à l'origine des explosions d'hydrogène survenues après le tsunami dans les réacteurs 1 et 3.

Henri-Pierre André et Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 20:42

Risques très graves pour le réacteur 3 de Fukushima : possible fusion du cœur à base de plutonium.

 

Dernier communiqué du samedi 26 mars 2011 à 10h00 de l'IRSN (à télécharger au format .pdf) :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-26032011-10h.pdf

 

Pour se tenir informer au jour le jour de la manière la plus précise en langue française, le site de l'IRSN :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/201103_situation_au_japon.aspx#1

 

SR

 

 

Le communiqué de l'ASN du 25 mars 2011 est le suivant :

 

Communiqué de presse de l'ASN n°20 du 25 mars 2011 à 10h00
25/03/2011 10:46
 
Séisme au Japon - L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et sur la situation des masses d’air en France : Aucune radioactivité anormale n’a été décelée à ce jour et aucun impact sanitaire n’est attendu en France. Les travaux en vue d’alimenter les installations en électricité se poursuivent. .

I. Situation des masses d’air en France

La radioactivité émise par la centrale de Fukushima au Japon s’est répandue et s’est diluée dans la plus grande partie de l’hémisphère nord.

À ce jour, l’appui technique de l’ASN, l’IRSN, a procédé à l’analyse de prélèvements dans l’environnement en France métropolitaine (notamment dans des eaux de pluie, de l’herbe, différents types de laits) qui ne mettent en évidence aucune valeur anormale. Comme anticipé, les balises radiamétriques Téléray n’ont pas détecté de hausse de la radioactivité par rapport à la normale, tant en métropole qu’outre-mer.

En complément des mesures de débit de dose réalisées par ce réseau de balises, des analyses plus fines sur les poussières présentes dans l’atmosphère, faisant appel à des dispositifs plus sophistiqués et nécessitant des temps d’analyse supérieurs, sont en cours de réalisation. Les résultats seront disponibles dans quelques jours sur le site Internet www.mesure-radioactive.fr. Des explications sur la mesure de la radioactivité dans l’environnement sont également accessibles sur ce site.

Tous les résultats déjà disponibles des analyses menées notamment aux États-Unis et dans le nord de l’Europe permettent de confirmer que ces masses d’air sont sans aucune conséquence sur la santé des personnes.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

Afin de répondre aux questions du public sur les enjeux sanitaires et la circulation des masses d’air, l’ASN a ouvert une rubrique Questions fréquentes sur son site www.asn.fr. Elle a également mis en place un centre d’information accessible de 8 h - 22 h au 08 05 33 34 35 (appel non surtaxé depuis une ligne fixe).

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux, y compris au-delà de la zone d’évacuation (20 km) et de mise à l’abri (30 km). Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en iode 131 et en césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La balise Téléray installée au niveau de l’Ambassade de France au Japon indique que la radioactivité ambiante dans la région de Tokyo n’a pas sensiblement augmenté depuis le 21 mars et demeure faible. Des valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie le 22 mars et restent à présent stables.

Par ailleurs, des mesures dans l’eau de consommation de la ville de Tokyo ayant mis en évidence une concentration en iode supérieure aux normes maximales admissibles pour les nourrissons, le gouvernement japonais avait restreint l’usage de cette eau pour les jeunes enfants le 23 mars. La diminution de ces valeurs de contamination ont conduit les autorités japonaises à lever ces mesures de précaution.

Des prélèvements d’eau de mer supplémentaires sont prévus dans les prochains jours.

III. Situation de la centrale de Fukushima

La situation reste précaire.

Le raccordement des alimentations électriques se poursuit. Les réacteurs n° 5 et 6 sont alimentés par le réseau électrique.

Des progrès ont été constatés sur le refroidissement de la piscine n°4. L’exploitant TEPCO a indiqué que la réalimentation électrique a permis de récupérer le système de refroidissement de la piscine commune.

Dans le réacteur n°1, les mesures disponibles indiquent une diminution de la température et de pression à la suite des opérations de renforcement du refroidissement engagées. Toutefois, la fiabilité de ces mesures n’est pas confirmée.

L’exploitant poursuit par ailleurs l’injection d’eau de mer pour refroidir les réacteurs n°1, 2 et 3. Une tentative d’alimentation du réacteur n°3 en eau douce a échoué, vraisemblablement en raison des conditions radiologiques d’intervention.

 

 

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Environnement et énergie
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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:35

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Communiqué de presse de l'ASB n°18 du mercredi 23 mars 2011 à 10h00
23/03/2011 11:09
 
Séisme au Japon
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et sur le passage des masses d’air en France.
Aucun impact sanitaire attendu en France.
Les travaux en vue d’alimenter les installations en électricité se poursuivent.

I. Passage des masses d’air en France

Des masses d’air très faiblement contaminées devraient atteindre aujourd’hui la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes. La radioactivité ne devrait d’ailleurs pas être détectable par les balises du réseau Téléray de surveillance français de la radioactivité ambiante. Le système de surveillance géré par l’IRSN permettant de détecter instantanément l’augmentation de la radioactivité dans l’air est consultable sur le site internet de l’IRSN www.irsn.fr. Afin de compléter ces informations et de répondre aux interrogations du public, l’ASN ouvrira une nouvelle rubrique sur son site www.asn.fr. Enfin, des éléments de compréhension sur la mesure de la radioactivité dans l’environnement sont également disponibles sur le site conjoint de l’ASN et de l’IRSN www.mesure-radioactivite.fr.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux dans la région. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en Iode 131 et en Césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La radioactivité ambiante relevée le 23 mars, à 13 h (heure locale) par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. Les valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie des 21 et 22 mars.

Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 m de la berge, les résultats montrent des niveaux en Iode 131, de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise fixée à 0,04 Bq/cm3.

III. Situation de la centrale de Fukushima
La situation des réacteurs 1 et 2 reste globalement stable. L’injection d’eau de mer se poursuit, mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais TEPCO n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours.

Une fumée noire a été émise par le réacteur n°3 à 16h40 (heure locale). L’ASN est en attente d’information concernant l’origine et les conséquences de cet événement.

TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. A la date du 23 mars, tous les réacteurs sont raccordés électriquement au réseau électrique externe.

Le réacteur n°5 serait raccordé et alimenté électriquement par le réseau externe de même que les salles de commande et l’instrumentation des réacteurs 1 et 3.

(ASN.fr)




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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 01:21

(verbatim)


Communiqué de presse de l'ASN n°17 du mardi 22 mars 2011 à 10h00
22/03/2011 10:27
 
Séisme au Japon
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi :
Les travaux en vue de rétablir l’alimentation électrique se poursuivent mais la mise sous tension n’est pas réalisée.

I. Situation de la centrale de Fukushima

Le maintien d’un niveau minimum d’eau dans les piscines reste une priorité. Les piscines des réacteurs n°3 et 4 font l’objet de manière intermittente d’aspersion massive d’eau de mer à l’aide d’un canon à eau.

La situation des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit, mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais TEPCO n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours.

TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. Le 22 mars, les réacteurs n°1, 2, 5 et 6 ont été connectés au réseau électrique externe. Les réacteurs n°5 et 6 sont sous tension. Des vérifications (pompes, tableaux électriques,…) sont en cours pour les réacteurs n°1 et 2 avant la mise sous tension. Le réacteur n°4 aurait été relié au réseau électrique externe à midi, heure locale. TEPCO estime pouvoir relier également le réacteur n°3 au réseau aujourd’hui.

De la fumée blanche s’est échappée du réacteur n°2 le 21 mars en fin d’après-midi (heure locale). Ce dégagement a coïncidé avec une hausse de la mesure de radioactivité située à l’entrée du site. De la fumée noire puis grisâtre s’est également échappée pendant quelques heures du réacteur n°3. Le personnel se trouvant à proximité a été évacué. Des fumées blanches seraient toujours visibles le 22 mars, à 9h30, heure locale, mais l’origine de ces dégagements de fumée est inconnue. Le personnel a été autorisé à revenir sur le site depuis 14h (heure locale).

II. Conséquences radiologiques de l’accident

Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 m de la berge, les résultats montrent des niveaux en iode 131, de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise fixée à 0,04 Bq/cm3.

Les rejets ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux dans la région de Fukushima. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en Iode 131 et en césium de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. La présence d’iode 131 a été mise en évidence dans le réseau d’eau potable de la région de Tokyo, mais avec une très faible concentration ne présentant pas de risque pour la santé.

Les masses d’air très faiblement contaminées, avec des niveaux de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois inférieurs à ceux relevés suite à l’accident de Tchernobyl, devraient atteindre mercredi la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes. La radioactivité ne devrait d’ailleurs pas être détectable par les balises du réseau Téléray de surveillance français de la radioactivité ambiante. Le système de surveillance géré par l’IRSN permettant de détecter instantanément l’augmentation de la radioactivité dans l’air est consultable sur le site internet de l’IRSN www.irsn.fr.

Le contrôle des produits frais (fraîchement emballés) en provenance du Japon est opérationnel, mais les flux de ces marchandises en provenance du Japon (fruits, légumes, algues) sont interrompus, pour le moment.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

 



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