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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 07:20

L’étude des risques est l’une des disciplines essentielles dans la gestion de crise. Exemple appliqué à une catastrophe nucléaire majeure.



yartiTsunamiJ01À 01h23 du matin, les vannes d’alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui fait augmenter la pression dans le circuit primaire. Les générateurs diesel démarrent et atteignent leur puissance nominale. Pendant ce temps, l’alimentation des pompes se fait par les turbo-alternateurs. Le débit d’eau passant dans le réacteur décroît progressivement avec la baisse de puissance de ces alternateurs. Le liquide de refroidissement forme alors des bulles de gaz, faisant monter très rapidement en puissance le réacteur.

L’opérateur en chef ordonne alors l’arrêt d’urgence. Les barres de contrôle ne peuvent cependant pas être descendues assez profondément. La formation d’hydrogène au contact d’oxygène entraîne l’explosion des mille tonnes de la dalle en béton dont les morceaux endommagent irréversiblement le réacteur. Un grave incendie se déclare aussitôt et un rayonnement très lumineux sort de l'inquiétant trou. Ce n’est qu’à quatre heures que les pouvoirs publics sont informés...

Ce n’était pas dans la nuit du 11 au 12 mars 2011. Ce n’était pas à Fukushima.
C’était à Tchernobyl, en Ukraine, pas très loin de la frontière biélorusse.
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986.


Tchernobyl, un quart de siècle plus tard

Il y a juste vingt-cinq ans que la catastrophe nucléaire la plus dévastatrice humainement commençait, comme l’explique plus ou moins bien Wikipédia, avec une réelle inconscience des autorités politiques du pays. Gorbatchev a mis plus de vingt-quatre heures pour être informé de la catastrophe mais en a profité pour y appliquer la "glasnost" (transparence) qu’il avait lui-même imposée à ses collègues dirigeants du Parti communiste d’Union Soviétique le 6 mars 1986. Certains disent même que la catastrophe de Tchernobyl a contribué à la chute de l’empire soviétique.

Le Président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, sera présent ce mardi 26 avril 2011 à Tchernobyl après avoir décoré la veille certains des six à huit cent mille liquidateurs qui avaient courageusement travaillé à l'isolement du réacteur 4. Les rejets de substances radioactives dans toute l'Europe auraient pu être assimilés à ce qu'auraient produit deux cents bombes équivalentes à celle de Hiroshima.

Ce n’est que la semaine dernière, le 19 avril 2011, à Kiev, qu’un budget international de cinq cent cinquante millions d’euros vient d’être enfin débloqué pour la construction d’un nouveau sarcophage. La situation devenait très urgente. Une catastrophe nucléaire peut aider la précédente.

Personne n’a rien appris de Tchernobyl. On se disait que c’était une erreur humaine, que les Soviétiques avaient échoué dans un essai, qu’ils avaient négligé les problèmes de sécurité, en quelques sortes, qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la technologie, et finalement, c’en est resté là. Tchernobyl n’était qu’un symptôme de l’effondrement prochain de l’Union Soviétique.

Pourtant, il y aurait eu beaucoup à apprendre de Tchernobyl. Ne serait-ce que des procédures à imaginer en cas de catastrophe nucléaire majeure. Celle qui n’est pas imaginée justement.


Le nouveau paradigme japonais

Notre période "néo-contemporaine" aura un grand choix des dates pour la faire démarrer : la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 qui implique l’éclosion d’un monde multipolaire ? les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001 qui envisagent un monde clivé par l’islamisme ? le tsunami japonais du 11 mars 2011 qui ramènera peut-être les Terriens à plus de bon sens planétaire et environnemental ?

Le 11 mars 2011, ce n’est pas le tsunami malgré ses dizaines de milliers de tués qui serait à prendre en considération (le séisme du 26 décembre 2004 près de Sumatra de magnitude 9,3 a entraîné un tsunami bien plus grave avec des vagues de trente-cinq mètres de hauteur entraînant près de deux cent cinquante mille personnes dans une mort terrible) mais bien la catastrophe nucléaire majeure sur quatre réacteurs des deux centrales nucléaires de Fukushima, pas très loin de Sendai.

Un pays pourtant considéré comme étant à la pointe mondiale de la civilisation industrielle et technologique se retrouve depuis plus d’un mois dans une situation désastreuse où il aura beaucoup de mal à reconstruire, d’autant plus qu’un pays dont le bon vieil empereur un peu étriqué dans ses vêtements ne propose que la prière, c’est relativement angoissant (aux côtés d’un exploitant, la Tepco, qui a commis visiblement plusieurs fautes impardonnables, et d’un gouvernement plus opaque et dédramatisant qu’il ne l’aurait fallu dans une démocratie idéale).

Le 16 mars 2011 sur France Culture, Patrick Lagadec (62 ans), spécialiste du risque technologique majeur et de la gestion de crise, directeur yartiLagadec01de recherche au Laboratoire d’Économétrie de l’École Polytechnique, expliquait très justement que la tendance actuelle chez les scientifiques était de ne jamais intégrer dans leurs raisonnements des hypothèses extrêmes hautement improbables.

Patrick Lagadec est très connu à l'étranger. Il a beaucoup travaillé sur la réaction face aux crises (comme l'explosion d'AZF du 21 septembre 2001 ou encore l'épidémie de vaches folles). Il a incité EDF à observer comment ses homologues québécois avaient réagi après la grave tempête de verglas du 4 janvier 1998, ce qui a été très utile pour le rétablissement rapide des lignes électriques après la grande tempête du 26 décembre 1999 en France. Il le constatait il y a déjà plusieurs années : « Crises après crises, nous observons que nos systèmes sont aujourd’hui en limite de pertinence. Katrina, tsunami, canicules, 11 septembre, etc. ont clairement montré qu’il était urgent de repenser les paradigmes et principes opérationnels de la sécurité de nos systèmes. ».


Calcul des risques

Le calcul du risque se fait sur l’espérance mathématique : le produit de la probabilité pour qu’un événement survienne multipliée par les conséquences (nombre de morts, niveau de gravité, coûts etc.), produit qu’on somme pour tous les événements possibles. Or, dans les hypothèses extrêmes pour l’énergie nucléaire, la probabilité d’un accident est très faible (tend vers zéro) même si les conséquences sont énormes (tend vers l’infini).

Ainsi, le 11 mars 2011, il est clair que la probabilité de ce qu’il est arrivé était proche de zéro mais non nulle (la preuve). Déjà, la probabilité d’une catastrophe sur un réacteur nucléaire est extrêmement faible. Alors, sur quatre réacteurs nucléaires !

L’implantation des installations nucléaires près de l’océan n’est d’ailleurs pas anormale : le besoin en refroidissement est tel qu’il vaut mieux rapprocher ces installations de la mer ou de grands fleuves (c’est le cas notamment le long de la Loire ou du Rhône en France).

La marge de sécurité qui avait été prise en compte était un tsunami avec une vague de six mètres. Six mètres, c’est déjà très haut. Hélas, le 11 mars 2011, la vague a été jusqu’à quinze mètres. Au-delà de l’imaginable. Il est des moments où la réalité dépasse la fission (désolé pour ce mauvais jeu de mots peu original).


La vision éclairante de Maurice Allais

Maurice Allais, le Prix Nobel d’Économie qui a disparu le 9 octobre dernier, dont on fêtera le centième anniversaire de la naissance le 31 mai prochain, avait déjà donné son explication il y a un demi-siècle à partir de ses travaux sur la dynamique monétaire.

Il expliquait qu’une crise financière était inévitable car les spéculateurs et les banquiers ne prenaient jamais en compte dans leur raisonnement l’hypothèse ultime, l’hypothèse d’une situation singulière, l’unique cas qui irait à l’infini.

En effet, le calcul des risques financiers se fait par des valeurs moyennes, mais le problème, avec l’instantanéité des échanges, c’est qu’il faut désormais prendre en compte les valeurs instantanées à la seconde près, car il peut y avoir de grandes fluctuations qui, en moyenne, ne semblent pas évoluer mais qui peuvent pourtant faire la fortune ou la ruine de certains spéculateurs. Pour cela, il réclamait l’interdiction de la cotation boursière continue.

C’est en cela que la réflexion de Maurice Allais pourrait être très enrichissante dans le débat sur l’énergie nucléaire et dans le contexte de la sécurité des installations. Ce qui est valable pour les risques financiers pourrait être mis en parallèle avec les risques nucléaires.

Être capable de tenir compte, dans les raisonnements, de toutes les éventualités mêmes les plus invraisemblables : attentat terroriste, séisme, tsunami, collision avec un astre, et pourquoi pas ? invasion des Martiens !… J’exagère volontairement pour le dernier point mais qu’en serait-il si nous étions confrontés réellement à des envahisseurs extérieurs ? L’hypothèse est quasi-nulle et il y a fort à parier que nous serions capables de détecter leur présence bien avant leur arrivée, mais…

Tout cela signifierait évidemment un surcoût dans la construction d’une centrale nucléaire qui serait dimensionnée autrement, surcoût qu’il faudrait bien intégrer d’une manière ou d’une autre, soit dans le prix de l’énergie, soit dans les impôts.


La décision ne se porte pas forcément sur le choix du plus offrant

Dans les analyses de probabilités, Maurice Allais avait constaté aussi un autre phénomène pour les joueurs.

Entre deux solutions à choisir, la logique voudrait que l’on retienne celle à l’espérance mathématique la plus élevée, à savoir celle où le produit de la probabilité multipliée par le gain espéré (par exemple) est le plus grand.

Exemple. Entre une chance sur dix de gagner 10 000 euros et une chance sur mille de gagner 100 000 euros, j’aurais intérêt à prendre la première option. Pourtant, étrangement, c’est statistiquement le contraire qui se passe en général.

Les décisions concernant la sécurité nucléaire seraient-elles prises avec le même genre de paradoxe dans la réflexion ? Si oui, il s’agirait de revoir de fond en comble tous nos raisonnements.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 avril 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Maurice Allais, économiste et physicien.
Réunion à Kiev du 19 avril 2011 sur Tchernobyl.



yartiFukushima01 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/25-ans-apres-tchernobyl-fukushima-92732

 

http://fr.news.yahoo.com/13/20110426/tot-25-ans-aprs-tchernobyl-fukushima-exp-89f340e_1.html

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-288

 

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:16

(dépêche)

 


François Fillon, nucléaire : des exigences de sureté les plus hautes
 

Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 11:57

François FILLON s'exprime au nom de la Présidence française du G8 à la conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.
 
Mesdames et messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de m’exprimer ici au nom de la Présidence française du G8, et je veux vous dire que je ressens parmi vous et avec vous, toute la gravité et la responsabilité qui s’attachent à notre rencontre.

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, je veux remercier le Président IANOUKOVITCH et les autorités ukrainiennes d’avoir organisé cette conférence. Les événements du Japon lui donnent une résonance et une signification particulièrement fortes.

Au bout d’un quart de siècle, le souvenir de Tchernobyl aurait pu s’estomper. Il n’en est rien. L’actualité le ravive au contraire et nous en rappelle les enjeux fondamentaux.

Nous n’avons pas le droit d’oublier. Nous n’avons pas le droit d’esquiver nos devoirs. Plus que jamais notre responsabilité est de joindre nos efforts pour limiter les conséquences de telles catastrophes et pour préparer l’avenir.

En ce moment de triste anniversaire, mes pensées vont au peuple ukrainien, si durement touché. Elles vont aux populations russe et biélorusse qui, dans les zones frontières proches de la centrale de Tchernobyl, ont subi les effets de la catastrophe. Elles vont à toutes les victimes de cette tragédie humaine. Elles vont aux héros qui se sont sacrifiés pour sauver des vies.

L’accident de Tchernobyl a contaminé de vastes zones où la vie est mise en péril pour une longue durée. Dès le lendemain, des hommes et des femmes ont dû quitter leur maison, leur terre, pour ne jamais y revenir.

Les citoyens japonais évacués des environs de la centrale de Fukushima font aujourd’hui face au même drame.

Tchernobyl a frappé l’opinion publique mondiale. Tchernobyl nous a aussi beaucoup appris.

Devant une telle catastrophe, les frontières qui séparaient à l’époque le monde occidental et le monde soviétique apparaissaient soudain dérisoires.

L’indifférence était impossible. La solidarité était notre premier devoir. Une catastrophe nucléaire ne concerne pas seulement le pays où elle survient, elle concerne la communauté internationale toute entière.

Celle-ci s’est rapidement mobilisée – et n’a d’ailleurs cessé de le faire depuis lors – pour tenter de comprendre l’accident et d’en évaluer toutes les conséquences.

Dès le mois d’août 86, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique organisait une première réunion d’analyse.

Deux ans plus tard, alors que le monde était encore divisé en deux blocs, les autorités soviétiques et l’AIEA unissaient leurs efforts pour organiser ici même, à Kiev, en mai 88, une conférence scientifique visant à examiner les conséquences radiologiques et les aspects médicaux de la catastrophe.

Ensuite, au début des années 1990, des initiatives sont nées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies.

A la demande du gouvernement soviétique, le projet international pour Tchernobyl a pu être lancé, avec l’ambition de traiter quatre grandes questions : l’étendue de la contamination des régions habitées, les prévisions en termes de radio-exposition de la population, les effets sanitaires observés et potentiels, et enfin, l’efficacité des mesures prises pour protéger le public.

Mais il fallait aller plus loin.

La nécessité de construire un nouveau sarcophage est vite apparue, pour remplacer celui qui avait été bâti dans l’urgence en 1986. C’est un chantier considérable et il était impossible de faire peser une telle responsabilité sur la seule Ukraine qui venait tout juste d’accéder à l’indépendance. L’engagement politique et financier de la communauté internationale toute entière était indispensable.

Le G7 et l’Union européenne ont joué un rôle clé dans cette prise de conscience.

Ils ont signé en 95 un premier protocole d’accord avec l’Ukraine.

En 97, un fonds géré par la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement a été mis en place pour financer les travaux de confinement de l’ancien réacteur. Une première conférence des donateurs s’est tenue en 97 à New York, puis une autre à Berlin en 2000.

Il a fallu des années de recherche pour que les ingénieurs conçoivent une arche de confinement inédite, techniquement révolutionnaire. Mais ils y sont parvenus. En 2006, les travaux de terrassement ont pu commencer.

Entre le premier appel aux dons en 1997 et la fin de l’année 2010, 990 millions d’euros ont été versés à la BERD, dont plus de 721 millions l’ont été par les membres du G7 et par l’Union européenne.

En conviant la Présidence française du G8 à co-présider cette conférence des donateurs, l’Ukraine marque sa reconnaissance pour les investissements réalisés par cette institution, et je veux en remercier l’Ukraine.

Grâce à tous les efforts réalisés, nous entrevoyons enfin l’achèvement des travaux, prévu pour la fin de l’année 2015. Au regard des contraintes existantes, c’est un exploit technologique.

Mais pour aboutir, nous avons besoin de financements supplémentaires, de l’ordre de 740 millions d’euros. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui !

La France est depuis toujours impliquée dans ce processus.

Nous voulons que ce chantier essentiel aboutisse avec succès, et je m’engage aujourd’hui, devant vous, à ce que mon pays contribue à hauteur de 47 millions d’euros aux projets en cours. La France aura ainsi contribué pour un total de plus de 160 millions d’euros aux travaux sur le site de Tchernobyl.

Longtemps, nous avons recherché les solutions techniques aux problèmes que posaient les installations de la centrale.

Maintenant que nous les avons trouvées, maintenant que la ligne d’arrivée est en vue, nous devons aller au bout de notre effort, et nous devons saisir cette occasion historique de terminer ces travaux, nous devons ensemble solder ce douloureux héritage.

C’est ce message de mobilisation que je veux adresser à nos partenaires du G8, à nos partenaires européens et à tous nos autres partenaires.

Jamais la catastrophe de Tchernobyl ne sera oubliée, mais faisons en sorte que jamais non plus ne soit oublié l’engagement résolu de tous les Etats à la réparer ensemble.

La France et le G8 ont pris leurs responsabilités.

A nos amis ukrainiens et à la BERD, je veux dire que c’est en vous que nous plaçons désormais notre confiance pour que ces projets se concrétisent au plus vite et que la sécurité de tous soit assurée.

Ainsi, nous aurons ensemble soulagé et traité les blessures du passé. Nous aurons, en un mot, assumé nos responsabilités.

François Fillon, 19 avril 2011

 

 

François FILLON conclut la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs,

En ouvrant tout à l’heure cette conférence au nom de la Présidence française du G8, je disais que la catastrophe de Tchernobyl n’engage pas la seule responsabilité du pays où elle s’est produite, mais celle de toute la communauté internationale. Et c’est notre devoir, à nous qui sommes rassemblés aujourd’hui, d’aider l’Ukraine à en surmonter les conséquences.

Je crois que nous pouvons être fiers de l’engagement collectif que nous avons scellé ce matin. 25 ans après Tchernobyl, au moment où le Japon doit faire face à un terrible accident nucléaire, le rendez-vous de ce matin à Kiev était un véritable test pour la communauté internationale : est-ce que nous serions capables en s’engageant sur des moyens très importants de montrer notre volonté de faire aboutir les travaux sur le site de Tchernobyl, et en particulier la nouvelle arche de confinement.

Tandis que nous pouvons apercevoir dans un horizon proche le terme de ce chantier gigantesque, qui aurait compris que nous prenions le risque de retarder une échéance aussi essentielle ?

Quel message aurions-nous adressé au monde et à nos amis japonais, si nous nous étions montrés désunis face aux conséquences de Tchernobyl, alors que l’accident nucléaire de Fukushima nous bouleverse à son tour ?

Nous avons su nous montrer à peu près à la hauteur de l’enjeu. La crise financière a bien entendu laissé des traces sur chacune de nos économies, et rares sont les pays qui échappent aux contraintes budgétaires.

Malgré cela, les engagements que nous avons pris ensemble aujourd’hui représentent une somme considérable de 575 millions d’euros [550 millions après re-calcul et correction, ndlr]. Je veux dire qu’il ne s’agit que d’un montant minimal, plusieurs pays ont affirmé leur engagement en faveur de l’achèvement du chantier, sans toutefois être en mesure d’annoncer un chiffre aujourd’hui.

C’est le cas notamment du Japon pour des raisons que chacun peut bien comprendre, c’est le cas aussi du Canada en période d’élection pour des raisons constitutionnelles, c’est le cas également notamment de l’Italie.

Je suis confiant dans le fait que les contributions déjà annoncées – et celles qui le seront dans les prochaines semaines – permettront à la BERD d’achever le tour de table financier, de telle manière que tous les travaux soient terminés en 2015, selon le calendrier que nous avons fixé ensemble.

Nous avons montré que la volonté politique et la solidarité internationale restent des valeurs indéfectibles, quelles que soient les difficultés conjoncturelles.

Aux efforts consentis par les donateurs historiques se sont ajoutés ceux des nouveaux Etats – européens et non-européens – et je veux les en remercier au nom de la France et au nom de l’ensemble des pays du G8.

Nos amis ukrainiens, en plus d’avoir organisé cette conférence et d’être depuis des années présents sur le terrain dans des conditions difficiles, ont annoncé aujourd’hui un engagement financier supplémentaire. Qu’il leur soit rendu hommage pour leur détermination, pour leur sens des responsabilités face à cette tragédie inouïe qui les a frappés il y a 25 ans.

L’Union européenne a décidé d’apporter 110 millions d’euros, elle aura ainsi contribué à l’ensemble de ce projet pour un montant de 385 millions d’euros. Je veux souligner l’ampleur exceptionnelle de cette mobilisation.

Quant à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, non seulement elle gère depuis plus d’une décennie ces projets avec un soin et une rigueur remarquable, mais son Président vient aussi de proposer un geste financier important et je veux l’en remercier en votre nom à tous.

Réunir ces moyens considérables, c’est évidemment une étape décisive, mais le travail n’est pas terminé. Ce travail, il repose maintenant sur des entreprises, sur des ouvriers, sur des techniciens, sur des ingénieurs qui vont pouvoir poursuivre leur action sur le site de Tchernobyl jusqu’en 2015. Leur mission exige un degré exceptionnel de courage et de compétences, et je crois que nous devons tout particulièrement leur exprimer notre gratitude et notre confiance.

Et je veux dire que nous saurons trouver prochainement, avec l’ensemble de nos partenaires, les contributions additionnelles nécessaires pour que l’Ukraine et les pays voisins soient durablement mis à l’abri des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

François Fillon, 19 avril 2011

 

François Fillon s'exprime à la conférence de presse conjointe de la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.


Mesdames et Messieurs,

Cette conférence des donateurs est un moment très important puisque, dans un contexte économique difficile, au moment où beaucoup de pays sont tenus de faire des efforts budgétaires très importants, trente pays – plus d’une trentaine de pays réunis aujourd'hui à Kiev – ont affirmé leur engagement en faveur du nécessaire achèvement des travaux de sécurisation de Tchernobyl et leur solidarité envers l’Ukraine.

C’est un résultat qui illustre le sens des responsabilités de l’ensemble de la communauté internationale.

Quelques pays aujourd'hui, pour des raisons légitimes, ne sont pas en mesure d’annoncer une contribution, mais ils ont toutefois réaffirmé leur détermination à participer à l’achèvement de ces projets.

Les contributions annoncées ce matin permettent de réunir le montant remarquable, après re-calcul et correction, de 550 millions d’euros. C’est un montant minimal.

Je me félicite de cette dynamique et je veux dire que je suis confiant dans le fait que les pays qui n’ont pas pu annoncer un chiffre aujourd'hui seront en mesure de prendre une décision très prochainement et, naturellement, nous allons continuer à travailler étroitement avec eux.

Ainsi avec la contribution supplémentaire de la BERD, je tiens à exprimer ma confiance dans notre capacité à boucler ensemble le tour de table financier, et donc à achever le chantier qui est actuellement en cours à Tchernobyl avant 2015 comme prévu. Il en va de notre responsabilité collective. 

François Fillon, 19 avril 2011 

 

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:20

(dépêche)



Tepco n'a pas tenu compte de mises en garde sur Fukushima
29 mars 2011, il y a 22 min

Kevin Krolicki, Scott DiSavino et Taro Fuse (Reuters)

Un ingénieur haut placé chez Tokyo Electric Power (Tepco) avait envisagé en 2007 qu'un tsunami excède les capacités de résistance de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi mais l'opérateur n'a pas retenu ses conclusions.


L'ingénieur chargé de la sécurité des installations estimait à 10% la probabilité qu'une vague sismique dépassant les six mètres, limite maximale retenue pour la sécurité du site, frappe la centrale dans un délai de cinquante ans.

Le 11 mars, la vague qui s'est écrasée sur Fukushima-Daiichi était haute de 14 mètres.

Au-delà de cette étude, plusieurs éléments et témoignages attestent que l'opérateur de la centrale n'a pas tenu compte de nombreux avertissements sur ses failles de sécurité et que les régulateurs du nucléaire japonais n'ont jamais contraint les entreprises à adapter les règles de sécurité de leurs centrales.

"Du fait des incertitudes qui entourent le phénomène des tsunamis, la probabilité existe toujours que l'amplitude d'un tsunami excède la hauteur retenue pour la conception (de la centrale)", peut-on lire dans le rapport présenté une première fois en juillet 2007, lors d'une conférence à Miami.

En d'autres termes, l'équipe de l'ingénieur Toshiaki Sakai a déterminé qu'il y avait un risque sur dix qu'une vague géante passe au-dessus des murs d'enceinte de la centrale.

Tepco n'en a pas tenu compte.

RISQUE

Sakae Muto, vice-président de Tepco, a assuré que les protections de la centrale avaient été conçues "avec une marge d'erreur" basée sur les précédents tsunamis ayant frappé la région. En 1960, une vague de près de six mètres avait déferlé sur les côtes japonaises après un puissant séisme au Chili.

"Certains avaient relevé la possibilité d'un tsunami plus important que ce sur quoi nous nous étions fondés, mais de ce que je sais, cela ne faisait pas consensus parmi les experts", a dit à Reuters le vice-président de Tepco.

L'étude représentait plusieurs années d'un travail entamé par les ingénieurs en sécurité de Tepco après le séisme de 2004 au large de Sumatra. Un tsunami a inondé une centrale nucléaire indienne et éveillé les craintes d'un événement similaire au Japon, où plusieurs centrales sont situées près des côtes.

Fukushima-Daiichi, centrale vieille de 40 ans, est de plus construite près d'une zone sismique du Pacifique qui, selon l'étude, a produit, en 400 ans, quatre tremblements de terre d'une magnitude égale ou supérieure à 8.

Bien que n'ayant pas suivi les recommandations de ses propres ingénieurs, Tepco n'a pas contrevenu aux règles de sûreté nucléaire en vigueur au Japon. "Il n'y a pas d'obligation légale de réévaluer les mesures (de sécurité) relatives au site de façon périodique", a souligné le gouvernement en réponse à l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) en 2008.

Ces vingt dernières années, les trois organismes de sûreté nucléaire au Japon n'ont jamais écarté le risque d'un accident grave qui mettrait à l'épreuve les standards de sécurité, tant loués par ailleurs, des 55 centrales japonaises.

Mais ils ont toujours laissé à Tepco et aux autres opérateurs la responsabilité d'éviter ces scénarios.

AÉRATION

Depuis l'accident de Tchernobyl, il y a 25 ans, les opérateurs et régulateurs de l'industrie nucléaire, en Europe et aux Etats-Unis, ont commencé à examiner les scénarios du pire plutôt que d'adapter leur défense contre les incidents.

Le Japon ne l'a pas fait, préférant insister sur la maintenance régulière et la correction des défauts de ses vieilles centrales.

Tepco a ainsi obtenu que le réacteur n°1 de Fukushima-Daiichi - où le risque d'une explosion de vapeur est aujourd'hui le plus fort - soit prolongé de dix ans en présentant un projet de maintenance.

L'autre point faible des centrales japonaises réside dans leurs systèmes d'aération. Après l'accident nucléaire de Three Mile Island, en 1979 aux Etats-Unis, les opérateurs de centrales américaines ont renforcé leurs systèmes. La Commission japonaise de sûreté nucléaire a jugé qu'il n'était pas nécessaire de l'imposer.

L'aération d'une centrale nucléaire est l'un des derniers moyens d'empêcher la pression de faire exploser l'enceinte d'un réacteur et de laisser échapper des particules radioactives.

Dans la crise actuelle, la faillite de ces conduits d'aération est peut-être à l'origine des explosions d'hydrogène survenues après le tsunami dans les réacteurs 1 et 3.

Henri-Pierre André et Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 20:42

Risques très graves pour le réacteur 3 de Fukushima : possible fusion du cœur à base de plutonium.

 

Dernier communiqué du samedi 26 mars 2011 à 10h00 de l'IRSN (à télécharger au format .pdf) :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-26032011-10h.pdf

 

Pour se tenir informer au jour le jour de la manière la plus précise en langue française, le site de l'IRSN :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/201103_situation_au_japon.aspx#1

 

SR

 

 

Le communiqué de l'ASN du 25 mars 2011 est le suivant :

 

Communiqué de presse de l'ASN n°20 du 25 mars 2011 à 10h00
25/03/2011 10:46
 
Séisme au Japon - L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et sur la situation des masses d’air en France : Aucune radioactivité anormale n’a été décelée à ce jour et aucun impact sanitaire n’est attendu en France. Les travaux en vue d’alimenter les installations en électricité se poursuivent. .

I. Situation des masses d’air en France

La radioactivité émise par la centrale de Fukushima au Japon s’est répandue et s’est diluée dans la plus grande partie de l’hémisphère nord.

À ce jour, l’appui technique de l’ASN, l’IRSN, a procédé à l’analyse de prélèvements dans l’environnement en France métropolitaine (notamment dans des eaux de pluie, de l’herbe, différents types de laits) qui ne mettent en évidence aucune valeur anormale. Comme anticipé, les balises radiamétriques Téléray n’ont pas détecté de hausse de la radioactivité par rapport à la normale, tant en métropole qu’outre-mer.

En complément des mesures de débit de dose réalisées par ce réseau de balises, des analyses plus fines sur les poussières présentes dans l’atmosphère, faisant appel à des dispositifs plus sophistiqués et nécessitant des temps d’analyse supérieurs, sont en cours de réalisation. Les résultats seront disponibles dans quelques jours sur le site Internet www.mesure-radioactive.fr. Des explications sur la mesure de la radioactivité dans l’environnement sont également accessibles sur ce site.

Tous les résultats déjà disponibles des analyses menées notamment aux États-Unis et dans le nord de l’Europe permettent de confirmer que ces masses d’air sont sans aucune conséquence sur la santé des personnes.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

Afin de répondre aux questions du public sur les enjeux sanitaires et la circulation des masses d’air, l’ASN a ouvert une rubrique Questions fréquentes sur son site www.asn.fr. Elle a également mis en place un centre d’information accessible de 8 h - 22 h au 08 05 33 34 35 (appel non surtaxé depuis une ligne fixe).

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux, y compris au-delà de la zone d’évacuation (20 km) et de mise à l’abri (30 km). Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en iode 131 et en césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La balise Téléray installée au niveau de l’Ambassade de France au Japon indique que la radioactivité ambiante dans la région de Tokyo n’a pas sensiblement augmenté depuis le 21 mars et demeure faible. Des valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie le 22 mars et restent à présent stables.

Par ailleurs, des mesures dans l’eau de consommation de la ville de Tokyo ayant mis en évidence une concentration en iode supérieure aux normes maximales admissibles pour les nourrissons, le gouvernement japonais avait restreint l’usage de cette eau pour les jeunes enfants le 23 mars. La diminution de ces valeurs de contamination ont conduit les autorités japonaises à lever ces mesures de précaution.

Des prélèvements d’eau de mer supplémentaires sont prévus dans les prochains jours.

III. Situation de la centrale de Fukushima

La situation reste précaire.

Le raccordement des alimentations électriques se poursuit. Les réacteurs n° 5 et 6 sont alimentés par le réseau électrique.

Des progrès ont été constatés sur le refroidissement de la piscine n°4. L’exploitant TEPCO a indiqué que la réalimentation électrique a permis de récupérer le système de refroidissement de la piscine commune.

Dans le réacteur n°1, les mesures disponibles indiquent une diminution de la température et de pression à la suite des opérations de renforcement du refroidissement engagées. Toutefois, la fiabilité de ces mesures n’est pas confirmée.

L’exploitant poursuit par ailleurs l’injection d’eau de mer pour refroidir les réacteurs n°1, 2 et 3. Une tentative d’alimentation du réacteur n°3 en eau douce a échoué, vraisemblablement en raison des conditions radiologiques d’intervention.

 

 

 

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:35

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Communiqué de presse de l'ASB n°18 du mercredi 23 mars 2011 à 10h00
23/03/2011 11:09
 
Séisme au Japon
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et sur le passage des masses d’air en France.
Aucun impact sanitaire attendu en France.
Les travaux en vue d’alimenter les installations en électricité se poursuivent.

I. Passage des masses d’air en France

Des masses d’air très faiblement contaminées devraient atteindre aujourd’hui la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes. La radioactivité ne devrait d’ailleurs pas être détectable par les balises du réseau Téléray de surveillance français de la radioactivité ambiante. Le système de surveillance géré par l’IRSN permettant de détecter instantanément l’augmentation de la radioactivité dans l’air est consultable sur le site internet de l’IRSN www.irsn.fr. Afin de compléter ces informations et de répondre aux interrogations du public, l’ASN ouvrira une nouvelle rubrique sur son site www.asn.fr. Enfin, des éléments de compréhension sur la mesure de la radioactivité dans l’environnement sont également disponibles sur le site conjoint de l’ASN et de l’IRSN www.mesure-radioactivite.fr.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux dans la région. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en Iode 131 et en Césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La radioactivité ambiante relevée le 23 mars, à 13 h (heure locale) par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. Les valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie des 21 et 22 mars.

Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 m de la berge, les résultats montrent des niveaux en Iode 131, de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise fixée à 0,04 Bq/cm3.

III. Situation de la centrale de Fukushima
La situation des réacteurs 1 et 2 reste globalement stable. L’injection d’eau de mer se poursuit, mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais TEPCO n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours.

Une fumée noire a été émise par le réacteur n°3 à 16h40 (heure locale). L’ASN est en attente d’information concernant l’origine et les conséquences de cet événement.

TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. A la date du 23 mars, tous les réacteurs sont raccordés électriquement au réseau électrique externe.

Le réacteur n°5 serait raccordé et alimenté électriquement par le réseau externe de même que les salles de commande et l’instrumentation des réacteurs 1 et 3.

(ASN.fr)




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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 01:21

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Communiqué de presse de l'ASN n°17 du mardi 22 mars 2011 à 10h00
22/03/2011 10:27
 
Séisme au Japon
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi :
Les travaux en vue de rétablir l’alimentation électrique se poursuivent mais la mise sous tension n’est pas réalisée.

I. Situation de la centrale de Fukushima

Le maintien d’un niveau minimum d’eau dans les piscines reste une priorité. Les piscines des réacteurs n°3 et 4 font l’objet de manière intermittente d’aspersion massive d’eau de mer à l’aide d’un canon à eau.

La situation des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit, mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais TEPCO n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours.

TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. Le 22 mars, les réacteurs n°1, 2, 5 et 6 ont été connectés au réseau électrique externe. Les réacteurs n°5 et 6 sont sous tension. Des vérifications (pompes, tableaux électriques,…) sont en cours pour les réacteurs n°1 et 2 avant la mise sous tension. Le réacteur n°4 aurait été relié au réseau électrique externe à midi, heure locale. TEPCO estime pouvoir relier également le réacteur n°3 au réseau aujourd’hui.

De la fumée blanche s’est échappée du réacteur n°2 le 21 mars en fin d’après-midi (heure locale). Ce dégagement a coïncidé avec une hausse de la mesure de radioactivité située à l’entrée du site. De la fumée noire puis grisâtre s’est également échappée pendant quelques heures du réacteur n°3. Le personnel se trouvant à proximité a été évacué. Des fumées blanches seraient toujours visibles le 22 mars, à 9h30, heure locale, mais l’origine de ces dégagements de fumée est inconnue. Le personnel a été autorisé à revenir sur le site depuis 14h (heure locale).

II. Conséquences radiologiques de l’accident

Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 m de la berge, les résultats montrent des niveaux en iode 131, de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise fixée à 0,04 Bq/cm3.

Les rejets ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux dans la région de Fukushima. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en Iode 131 et en césium de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.

La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. La présence d’iode 131 a été mise en évidence dans le réseau d’eau potable de la région de Tokyo, mais avec une très faible concentration ne présentant pas de risque pour la santé.

Les masses d’air très faiblement contaminées, avec des niveaux de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois inférieurs à ceux relevés suite à l’accident de Tchernobyl, devraient atteindre mercredi la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes. La radioactivité ne devrait d’ailleurs pas être détectable par les balises du réseau Téléray de surveillance français de la radioactivité ambiante. Le système de surveillance géré par l’IRSN permettant de détecter instantanément l’augmentation de la radioactivité dans l’air est consultable sur le site internet de l’IRSN www.irsn.fr.

Le contrôle des produits frais (fraîchement emballés) en provenance du Japon est opérationnel, mais les flux de ces marchandises en provenance du Japon (fruits, légumes, algues) sont interrompus, pour le moment.

Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

 



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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 09:12

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Communiqué de presse de l'ASN n°15 du lundi 21 mars 2011 à 9h00
21/03/2011 09:22
 
Séisme au Japon
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi :
L’exploitant poursuit ses efforts pour maintenir des moyens provisoires de refroidissement et rétablir l’alimentation électrique du site.
L’évolution de la situation demeure incertaine..

I. Situation de la centrale de Fukushima

Le maintien d’un niveau minimum d’eau dans les piscines reste une priorité. Les piscines des réacteurs n°3 et 4 font l’objet de manière intermittente d’aspersion massive d’eau de mer à l’aide d’un canon à eau. La piscine du réacteur n°2 aurait également été refroidie ponctuellement par injection d’eau de mer.

La situation des coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. De nouvelles décompressions volontaires des enceintes de confinement conduisant à des rejets radioactifs sont toujours envisagées.

L’exploitant TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. Une ligne électrique à haute tension a pu être posée jusqu’à la centrale. Les réacteurs n°1, n°2, n°5 et n°6 ont pu être connectés au réseau, mais les équipements électriques doivent faire l’objet de vérifications avant d’envisager leur branchement. Ces vérifications pourraient prendre plusieurs jours.

Les conditions de travail demeurent difficiles du fait du niveau de rayonnement sur le site. Ainsi, à 500 mètres du réacteur n°3, les débits d’équivalents de dose évoluent peu, restant supérieurs à 2 mSv/h, obligeant les opérateurs à limiter au maximum leur présence.

II. Conséquences radiologiques de l’accident

Les rejets ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises dans la région de Fukushima indiquent une contamination en Iode 131 et en césium de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par laréglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards. L’importance et la localisation des zones concernées par ces contaminations ne sont pas encore connues.

Le 16 mars, l’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale a été mise en oeuvre et les autorités japonaises ont maintenu la demande de mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Pour rappel, le survol de cette zone avait été interdit le 15 mars.

La météo indique que les vents s’orientent désormais vers les terres. La pluie annoncée peut conduire à concentrer localement les dépôts de radioactivité au sol.

Les rejets radioactifs se poursuivent. Quelle que soit l’évolution de la situation, le Japon aura à gérer, dans la durée, les dépôts de radioactivité consécutifs à ces rejets.

La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. La présence d’iode 131 a été mise en évidence dans le réseau d’eau potable de la région de Tokyo, mais avec une très faible concentration ne présentant pas de risque pour la santé.

Enfin, des modélisations ont été faites par l’IRSN sur la diffusion du panache radioactif dans l’hémisphère nord. Selon l’IRSN, les retombées radioactives sur l’ensemble du territoire français seront sans conséquences sanitaires et environnementales.

 

(www.asn.fr)

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 15:08

(dépêche)

 

JAPON : LE CHEF DE L';AIEA APPELLE LES AUTORITÉS À FOURNIR PLUS D';INFORMATIONS
New York, Mar 18 2011  6:50PM

En visite à Tokyo au Japon, le Directeur de l';Agence internationale de l';énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a appelé les dirigeants japonais à fournir davantage d';informations sur la situation des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima Daiichi endommagés par le tremblement de terre puis un tsunami sans précédent le 11 mars dernier.

Yukiya Amano a souligné « l';importance de fournir rapidement de plus amples informations sur la situation des réacteurs nucléaires notamment à la communauté internationale », a fait savoir le Conseil spécial des affaires techniques et scientifiques de l';AIEA, Graham Andrew.

Le Directeur de l';AIEA a rencontré le Premier ministre japonais, Naoto Kan, et d';autres ministres du gouvernement ainsi que des responsables de la compagnie japonaise d';électricité, TEPCO, afin de discuter des moyens pour limiter la crise due à la perte du système de refroidissement de la centrale.

Il a également souligné l';importance de travailler de près avec la communauté internationale pour résoudre la crise, a ajouté Graham Andrew.

De retour du Japon, M. Amano va faire lundi un exposé devant le Conseil des gouverneurs de l';AIEA, au siège de l';agence onusienne à Vienne, en Autriche.

De son côté, l';Organisation mondiale de la santé (OMS) déconseille aux personnes inquiètes du risque de radiation au Japon de s';automédiquer avec de l';iodure de potassium ou d';autres produits contenant de l';iode. Cet avis fait suite aux rapports indiquant que des personnes prennent ces substances après les fuites radioactives de centrales nucléaires au Japon. L';iodure de potassium ne devrait être administré que s';il y a eu une recommandation claire de la santé publique en ce sens.

Selon l';OMS, les mesures proposées par les autorités japonaises sont conformes aux recommandations existantes, établies par des experts de la santé publique. Le gouvernement a demandé aux personnes vivant à moins de 20 km de la centrale nucléaire Daiichi de Fukushima d';évacuer et à ceux qui sont entre 20 et 30 km de rester confinés à l';intérieur de locaux non ventilés. Les personnes habitant plus loin sont exposées à un risque plus faible que celles qui vivent à proximité, a souligné l';OMS.

Toutefois, les conséquences sanitaires dépendront de l';exposition qui, elle, est fonction des quantités de radiations émises par le réacteur, des conditions météorologiques, comme les vents et la pluie au moment de l';explosion, de la distance avec la centrale et du temps passé en zone irradiée, a expliqué l';OMS.
 
Alors que les Nations Unies continuent de soutenir sans relâche les autorités japonaises afin de venir en aide aux 390.000 sans-abris abrités dans 2.400 centres d';évacuation suite au tremblement de terre et au tsunami qui ont frappé le Japon la semaine dernière.

« La principale inquiétude est que les conditions de vie des Japonais se détériorent à cause du manque d';eau, de médicament et de chauffage. Les équipes de secouristes sont confrontées à d';énormes défis logistiques car il y a une pénurie d';essence ce qui rend complexe l';acheminement de l';aide dans les centres d';évacuation », a indiqué une porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Genève, Elisabeth Byrs.  

L';essence est devenue la priorité des autorités qui sont en train de déployer 700 camions transportant plus de 40.000 litres d';essence.

« Actuellement 637 secouristes sont en train d';assister les autorités japonaises à l';aide de 29 chiens. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques continuent de ralentir les opérations ainsi que les problèmes de télécommunications, les débris sur les routes et les pénuries d';essence. Néanmoins, 26.722 personnes ont été secourues jusqu';à maintenant », a ajouté Elisabeth Byrs.

Mar 18 2011  6:50PM

 

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 11:23

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Le point officiel par les autorités nucléaires françaises du 18 mars 2011 sur la catastrophe nucléaire de Fukushima

 

 

Communiqué de presse n°12 du vendredi 18 mars 2011 à 09h00
18/03/2011 09:32
 
Séisme au Japon

L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
L’ébullition de l’eau des piscines se poursuit.
De nouveaux moyens pour refroidir le combustible sont envisagés.

L’exploitant TEPCO et les autorités japonaises poursuivent leurs efforts pour rétablir le refroidissement du combustible nucléaire, en se concentrant en priorité sur les cœurs des réacteurs n°1, 2 et 3 et sur les piscines des réacteurs n°3 et 4.

Un largage d’eau par hélicoptère a été mis en œuvre à 4 reprises au-dessus du réacteur n°3. Une intervention par camions équipés de canons à eau a permis de projeter 30 tonnes d’eau. Une deuxième intervention avec des moyens de plus grande puissance est actuellement en cours de mise en œuvre.

L’exploitant TEPCO a par ailleurs annoncé qu’une ligne électrique à haute tension avait pu être posée jusqu’à la centrale et que sa connexion pourrait intervenir d’ici samedi.

Les opérations de décompression volontaire des enceintes conduisent toujours à des rejets radioactifs. 

I – Protection de la population et des travailleurs

Les actions de protection des travailleurs et de la population sont de la responsabilité de l’exploitant TEPCO et des autorités japonaises.

Le 16 mars, l’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale a été mise en œuvre et les autorités japonaises ont maintenu la demande de mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Pour rappel, le survol de cette zone avait été interdit le 15 mars.

La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations.

L’exposition aux rayonnements des travailleurs sur le site reste préoccupante au vu des mesures de radioactivité relevées sur le site. 

II – Point de la situation sur les piscines d’entreposage du combustible

Un phénomène d’ébullition est en cours dans les piscines des réacteurs n°2, 3 et 4. Le survol des réacteurs a permis de confirmer que le niveau d’eau dans les piscines des réacteurs n°3 et 4 avait atteint un seuil bas. Un appoint d’eau par hélicoptère a été effectué à 4 reprises, suivi par une projection d’eau depuis des camions.

Une intervention par camion citerne équipé de canons à haute puissance est envisagée pour reprendre et poursuivre le refroidissement du combustible. Ce refroidissement est nécessaire pour préserver l’intégrité des gaines du combustible.

Un générateur électrique du réacteur n°6 a pu être préservé à la suite du tsunami. Celui-ci permet de maintenir jusqu’à présent le refroidissement des piscines des réacteurs n°5 et 6. Une légère augmentation de la température de l’eau des piscines entreposant le combustible est observée.

III – Point de la situation des réacteurs n°1, 2, 3

Le combustible des réacteurs n°1, 2 et 3 a en partie fondu. Le refroidissement de chacun des réacteurs par injection d’eau de mer se poursuit.

L’enceinte de confinement du réacteur n°1 est restée intègre après l’explosion survenue sur ce réacteur. Les enceintes de confinement des réacteurs n°2 et 3 sont potentiellement endommagées.

Les réacteurs n°1, 2 et 3 avaient été automatiquement mis à l’arrêt lors du séisme. 

IV – Point de la situation des réacteurs n°4, 5, 6

Les réacteurs n°4, 5, et 6 étaient à l’arrêt lors du séisme. À la différence des réacteurs du réacteur n°4, les réacteurs n°5 et 6 comportaient du combustible dans leur cœur lors du séisme.

La pression dans les réacteurs n°5 et 6 est en augmentation. Le générateur électrique du réacteur n°6 permet néanmoins d’assurer jusqu’à présent le refroidissement de ces deux réacteurs.

 






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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 14:16

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Informations officielles des autorités nucléaires françaises sur la situation dans la centrale de Fukushima au Japon.

 

Communiqué de l'Agence française de sûreté nucléaire :

Evolution préoccupante de la piscine de stockage du combustible usé du réacteur n°4 et de la sûreté du réacteur n°3.

Le 15 mars les mesures d’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale ont été pratiquement achevées et les autorités japonaises ont demandé la mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Le survol de cette zone est désormais interdit.

Les opérations de décompression volontaire des enceintes conduisent à des rejets radioactifs. Les balises de mesure de villes localisées entre la centrale et Tokyo, le long des cotes, relèvent une élévation des débits de dose. De même pour les balises situées à proximité de l’agglomération de Tokyo. Toutefois, à Tokyo, cette élévation de radioactivité reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations.

La radioprotection des travailleurs sur le site est très préoccupante notamment en ce qui concerne le niveau de rayonnement en salles de commande. Une élévation provisoire du niveau de radioactivité pendant environ une heure a conduit à une évacuation provisoire de la centrale. La piscine de stockage du combustible usé du réacteur n°4 constitue la principale préoccupation.

I – Point de la situation sur la piscine de stockage du combustible du réacteur n°4

Un incendie s’est déclaré au niveau de la piscine d’entreposage du combustible usé du réacteur n°4 le mardi 15 mars 2011 aux alentours de 09h30 (heure locale); l’état du combustible stocké dans cette piscine, potentiellement affecté par l’incendie, n’est pas déterminé. Le feu a été éteint vers 12h00 (heure locale). Un deuxième incendie s’est déclaré le 16 mars 2011 à 5h45 (heure locale). Cet incendie est éteint. L’ossature du bâtiment est fortement endommagée.

La vaporisation de l’eau de la piscine se poursuit. Une partie des assemblages de combustible stockés serait désormais découverte. Le dénoyage du combustible peut conduire à un éclatement des gaines du combustible. Les autorités japonaises ont par conséquent indiqué que des rejets radioactifs sont susceptibles d’être émis directement dans l’atmosphère.

L’exploitant Tepco et les autorités japonaises recherchent des moyens d’appoint pour reconstituer le remplissage de la piscine. Ce réacteur était à l’arrêt pour maintenance lors du séisme depuis novembre 2010.

II – Point de la situation sur le réacteur n°2

La fusion partielle du cœur est confirmée à hauteur de 33% environ, l’exploitant poursuit l’opération de refroidissement du cœur par injection d’eau de mer autant que possible. Deux explosions successives, à 06h10 et 10h (heure locale) le 15 mars, ont probablement entraîné une dégradation de l’enceinte de confinement en sa partie inférieure. Cette perte de l’intégrité de l’enceinte serait à l’origine de l’augmentation significative des rejets radioactifs détectés de manière ponctuelle en limite du site. Le réacteur n°2 avait été automatiquement mis à l’arrêt lors du séisme.

III – Point de la situation des réacteurs n°1 et 3

La fusion partielle du cœur du réacteur n°1 est confirmée à hauteur de 70 % environ. La fusion partielle du cœur du réacteur n°3 est également confirmée. Le refroidissement de chacun des réacteurs par injection d’eau de mer se poursuit autant que possible. Chaque enceinte de confinement est restée intègre après les explosions survenues sur ces réacteurs. Les efforts de l’exploitant pour alimenter le réacteur n°3 en eau ne suffirait plus à maintenir le niveau d’eau en son sein. L’enceinte de confinement pourrait avoir été endommagée, selon le gouvernement.

IV - Point de la situation sur les réacteurs n°5 et 6 –

Elévation de la température des piscines Les réacteurs n°5 et 6 étaient à l’arrêt pour maintenance lors du séisme. Le refroidissement des réacteurs était assuré par la circulation d’eau. Un générateur électrique du réacteur n°6 a pu être préservé à la suite du tsunami. Celui-ci permet une certaine alimentation en eau des deux réacteurs en vue du maintient de leur refroidissement. Une augmentation de la température de l’eau des piscines stockant le combustible est observée.»

Communiqué de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire :

La piscine du réacteur N°4 est en ébullition. A défaut d’appoint d’eau, un début de dénoyage des assemblages combustibles interviendra sous quelques jours. L’assèchement de la piscine conduirait à terme à la fusion du combustible présent. Dans un tel cas, les rejets radioactifs correspondants seraient bien supérieurs aux rejets survenus jusqu’à présent. Vers 6h00 (heure locale) le 16 mars 2011 (22h00 heure de Paris le 15 mars 2011), les intervenants n’ont pas pu s’approcher de la piscine compte tenu d’un débit de dose ambiant trop important (de l’ordre 400 mSv/h).» (ce débit de dose explique peut-être le recours à des hélicoptères, voire leur demi-tour lors d'une tentative ce matin.

(...) Les températures des piscines des réacteurs n°5 et n°6 augmentent lentement. Sans refroidissement, ces piscines pourraient entrer en ébullition sous quelques jours. Selon des informations à confirmer, des groupes électrogènes diesels supplémentaires seraient mis en place afin d’assurer le refroidissement de ces piscines.

(...) La radioactivité ambiante dans les environs de Tokyo reste à des niveaux non significatifs en termes d’impact radiologique.

 

 



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