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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 03:15

« La négociation est un euphémisme pour capitulation si l’ombre de la puissance n’est pas projetée sur la table des négociations. »


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Une telle citation est peu significative de l’homme d’ouverture et de modération. Elle fut prononcée à propos du conflit au Nicaragua. L’un des piliers du parti républicain aux États-Unis est mort ce samedi 6 février 2021 à Standford, en Californie. George P. Shultz, réputé homme modéré et républicain très influent encore en l’an 2000, venait d’avoir 100 ans quelques semaines plus tôt, le 13 décembre 2020 (né à New York).

À l’origine économiste, diplômé de la prestigieuse Université de Princeton et du non moins prestigieux Massachusetts Institute of Technology de Boston, il enseigna à Boston puis à Chicago. Ancien Marine qui a combattu le Japon de 1942 à 1945, conseiller du Président Dwight Eisenhower, George Shultz fut trois fois ministre auprès des Présidents Richard Nixon puis Ronald Reagan : Secrétaire au Travail (équivalent de Ministre du Travail) du 22 janvier 1969 au 1er juillet 1970, puis Secrétaire du Trésor (équivalent de Ministre des Finances) du 12 janvier 1972 au 8 mai 1974. Entre le 1er juillet 1970 et le 11 janvier 1972, il fut directeur du Budget, considéré aussi comme une fonction essentielle du gouvernement.

Quittant le navire en période de Watergate, George Shultz s’est "recyclé" en étant un des dirigeants du grand groupe de travaux publics Bechtel. Pourtant, le ministre appréciait le fin stratège qu’était Richard Nixon : « Nixon aimait penser de manière stratégique (…). Lorsqu’il était soumis à beaucoup de pression, il pouvait fixer une stratégie et la mettre en œuvre, et cela fonctionnait. ». C’est comme cela qu’il a réussi à "déségréger" plusieurs écoles dans des États du Sud. Cependant, il a su très vite que la postérité serait sans complaisance avec Nixon à cause du Watergate.

Mais "l’affaire de sa vie", ce fut sa nomination comme Secrétaire d’État (équivalent de Ministre des Affaires étrangères et troisième personnage de l’État après le Président et le Vice-Président) par le Président Ronald Reagan, du 16 juillet 1982 au 20 janvier 1989, jusqu’à la fin du second mandat de Ronald Reagan. Il fut parmi l’un des plus "longs" chefs de la diplomatie américaine et il le fut à une période clef des relations internationales avec la fin de la guerre froide qui préfigura la chute de l’URSS. George Shultz a succédé au général Alexander Haig, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe, considéré comme "faucon", et contraint à la démission le 24 juin 1982 après des désaccords avec les autres membres et conseillers du gouvernement Reagan.

Nouer des liens de confiance avec des dirigeants soviétiques n’était pas facile. George Shultz a expliqué dans le "Washington Post" du 11 décembre 2021 comment cela s’est passé : « Souvent, dans ma carrière, j’ai vu qu’une véritable empathie est essentielle pour établir des relations solides et confiantes. En 1973, alors que j’étais Secrétaire au Trésor, j’ai assisté à une cérémonie de dépôt de gerbes à un mémorial de la Seconde Guerre mondiale à Leningrad, avec le Ministre soviétique du Commerce extérieur Nikolaï Patolitchev. Pendant  que nous marchions, Patolitchev, un vieil homme rugueux, a décrit le bilan effroyable de la Bataille de Leningrad. Des larmes coulaient sur son visage et son interprète sanglotait. Quand nous étions sur le point de partir, j’ai dit à Patolitchev : "Moi aussi, j’ai combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, et j’ai eu des amis tués à mes côtés". En regardant le cimetière, j’ai ajouté : "Après tout, ce sont des soldats qui ont vaincu Hitler". Face aux morts, j’ai fait mon meilleur salut de Marine, et Patolitchev m’a remercié de la démonstration de mon respect. Plus tard, à ma grande surprise, j’ai découvert que j’avais gagné la confiance des dirigeants soviétiques grâce à cette visite. ».

George Shultz a encouragé un climat de détente Est-Ouest lors de l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en 1985, après des tensions perceptibles lors du premier mandat de Ronald Reagan (notamment avec la crise des missiles, les Américains installant des Pershing pour faire.face aux missiles soviétiques SS-20 braqués vers l’Europe de l’Ouest). George Shultz a fait la connaissance de Gorbatchev dès l’enterrement du prédécesseur, Konstantin Tchernenko, et a découvert un homme modéré avec qui l’on pouvait dialoguer. Shultz a dû vaincre le scepticisme et la méfiance de Caspar Weinberger (Ministre de la Défense) et Bill Casey (directeur de la CIA), mais a su convaincre Ronald Reagan des bienfaits de l’ouverture.

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George Shultz a effectivement adoré travailler avec Ronald Reagan qu’il avait conseillé sur son programme économique lors des primaires républicaines de 1980 : « C’était un plaisir de travailler avec Reagan. Il était très amusant. Lui et moi avons bien travaillé ensemble. ». Reagan voulait utiliser la fibre personnelle dans sa diplomatie, selon Shultz : « Il posait des questions sur les dirigeants chinois : comment sont-ils ? Il posait des questions sur les dirigeants soviétiques. Chaque fois qu’il rencontrait un dirigeant étranger, il se demandait toujours : de quel genre de personne s’agit-il ? Il voulait comprendre les gens avec qui il avait affaire. ».

Cela n’a pas empêché quelques tensions entre George Shultz et Ronald Reagan. Ainsi, dans un tweet du 7 février 2021 cité par "Le Monde", l’historien Michael Richard Beschloss, expert dans l’histoire des Présidents des États-Unis, a évoqué une scène que lui avait confiée Shultz profondément en colère contre Reagan qui était arrivé à un entretien avec Gorbatchev sans l’avoir préparé. Shultz l’a alors pris entre quatre yeux et l’a sermonné en disant qu’il ne faudrait plus jamais reproduire cette situation.

S’il a pris sa "retraite" politique à la fin de la Présidence de Ronald Reagan, George Shultz a néanmoins continué à garder une grande influence sur le parti républicain et a beaucoup conseillé George W. Bush (fils) en 2000 pour constituer son équipe. Membre du Hoover Institute, il a continué à rencontrer de nombreux dirigeants de son pays (en particulier Barack Obama, Hillary Clinton, etc.). Comme son successeur direct, James Backer, George Shultz soutenait la création d’une taxe carbone pour lutter contre les changements climatiques. Le Hoover Institute, dans le communiqué annonçant sa disparition, a rappelé : « Il est l’un des deux seuls Américains à avoir occupé quatre fonctions différentes au sein du gouvernement fédéral. ».

Encore en décembre 2020, peu avant son centenaire, George Shultz avait des mots assez désagréables pour le Président sortant Donald Trump qui refusait alors sa défaite face à Joe Biden. Pour Shultz, la politique extérieure des États-Unis pendant le mandat Trump était illisible, sans stratégie et incohérente. Il a regretté le déclin de la réputation de son pays à l’étranger et l’accroissement de la méfiance de ses alliés. Et il savait que cela mettrait beaucoup de temps pour retrouver un climat international serein.

D’ailleurs, il n’hésitait pas à enseigner sa règle numéro une de gouvernance, apprise très tôt au cours de sa longue carrière, qu’il a proposée dans la même tribune au "Washington Post" le 11 décembre 2020 : « Le 13 décembre marque mes 100 ans de jeunesse. J’ai beaucoup appris au cours de cette période, mais avec le recul, je suis frappé de constater qu’il y a une leçon que j’ai apprise tôt et que j’ai réapprise encore et encore : la confiance est la monnaie du royaume. Quand la confiance était dans la salle, quelle que soit la salle (famille, école, sport, bureau, gouvernement, armée), de bonnes choses se sont produites. Lorsque la confiance n’était pas au rendez-vous, aucune bonne chose ne se produisait. Le reste n’est que détail. ». Il utilisait souvent l’expression "It’s the coin of the realm" qu’on pourrait ici traduire littéralement sans faire de contresens.

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Pour lui, le meilleur moyen de résoudre des situations conflictuelles, c’est de nouer des relations personnelles avec les dirigeants des pays protagonistes afin de pouvoir parler des problèmes et de construire une certaine confiance. C’était son objectif pour les relations avec l’URSS et la Chine communiste dans les années 1980, notamment pour réduire l’arsenal nucléaire.

George Shultz confiait aussi la méthode de Reagan pour convaincre : « Un jour (…), j’ai apporté un projet de discours de politique étrangère au bureau ovale pour que Reagan l’examine. Il a lu le discours et a dit : "C’est très bien", puis il a commencé à l’annoter. Dans la marge d’une page, il a écrit "histoire". J’ai demandé ce que cela signifiait. "C’est le point le plus important, a-t-il déclaré. Ajouter une histoire pertinente engagera vos lecteurs. De cette façon, vous ferez appel non seulement à leur esprit, mais à leurs émotions". Il m’a fait comprendre que raconter une histoire aide à défendre votre cause d’une manière qu’aucune idée abstraite ne peut le faire : une histoire crée un lien émotionnel et des liens émotionnels construisent la confiance. ».

Usant d’un humour presque british, George Shultz est revenu encore et toujours à la confiance : « C’est la grande leçon que j’ai apprise ces cent premières années. J’ai hâte de voir quelle sera la grande leçon de mes cent prochaines années. Nous sommes à un moment charnière de l’histoire, et l’avenir ne sera pas comme le passé. Mais je sais que la confiance en fera partie. C’est la monnaie du royaume ! ». De ce second centenaire, il n’en a bu que quelques semaines…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Georges Shultz.
Dick Cheney.
Joe Biden : enfin la démocratie restaurée !
Capitole : Trump et la dictature du moi.
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
De la Démocratie en Amérique.
USA 2020 : and the Winner is Joe Biden !
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
USA 2020 : le suspense reste entier.
Bill Gates.
Albert Einstein.
Joe Biden.
Rosa Parks.
Jean-Michel Folon.
Henri Verneuil.
Benoît Mandelbrot.
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Bob Kennedy.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210206-george-shultz.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/george-shultz-le-fossoyeur-de-la-230819

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/02/08/38803646.html






 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 03:38

« Il faut savoir jouir de tout ce qui est permis sans scrupule, puis savoir s’en passer sans douleur. » (Christian de Suède, 1682).



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L’ancien Vice-Président des États-Unis Dick Cheney a eu 80 ans ce samedi 30 janvier 2021. Pour une personne qui a une insuffisance cardiaque depuis avant l’âge de 40 ans, cette longévité est remarquable, vu tous les ennuis cardiaques qu’il a eus entre-temps, au point qu’il avait peur, il y a quelques années, qu’on piratât son stimulateur cardiaque pour attenter à sa vie.

Dick Cheney a été à la fois un homme de l’etablishment, souvent qualifié de "faucon" en raison de positions particulièrement guerrières, mais en même temps, il a été un véritable extraterrestre de la vie politique américaine, même si, dans ce domaine, Donald Trump en est le champion. En tout cas, il est maintenant bien "établi", au point qu’il a participé, si j’ai bien remarqué, j’ai juste un petit doute car le port du masque n’aide pas forcément à l’identification dans des images furtives, mais je pense avoir vu Dick Cheney et sa femme Lynne (qui aussi aura 80 ans cet été) parmi les invités présents à l’investiture du nouveau Président Joe Biden, ce qui fait qu’il y a eu au moins trois représentants très honorables des républicains à cette cérémonie avec George W. Bush (ancien Président) et Mike Pence (Vice-Président sortant).

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Il est difficile, pour évoquer la trajectoire de Dick Cheney, de ne pas être influencé par l’excellent film d’Adam MacKay sorti le 25 décembre 2018 (en France le 13 février 2019), intitulé "Vice", pour une fois le même titre en anglais et en français avec la même ambiguïté, Vice pour Vice-Président et Vice pour l’opposé de la Vertu. Certes, ce film est largement partial, souvent à charge, souvent démonstratif comme le veut la tradition du cinéma américain (toujours très moralisateur). Mais il permet aussi de comprendre l’homme, de se mettre à sa place, avec un mélange de cynisme poussé à l’extrême mais aussi d’une certaine naïveté, celle d’un messianisme évident, assez courant aux États-Unis, mais pas seulement (c’était le défaut de la France lors de la colonisation au contraire des Anglo-Saxons beaucoup plus pragmatiques et commerciaux).

D’ailleurs, quels que soient les dégâts qu’il ait pu occasionner (et la comparaison avec Donald Trump peut l’exonérer de certaines critiques), il y a une chose dont on ne peut pas remettre en cause, c’est sa sincérité d’avoir agi pour l’intérêt des États-Unis et en ce sens, il est l’un des hommes d’État encore vivants de ce pays parmi les mieux représentatifs.

Le début de la vie de Dick Cheney pourrait s’apparenter à celle d’un délinquant de l’Amérique profonde, un voyou qui préférait tourner mal à suivre des études difficiles. Il a vécu de petits boulots comme celui d’installer des poteaux électriques (un métier très physique). Heureusement, sa femme l’a poussé à continuer les études et à être ambitieux (elle aussi rêvait d’ascension sociale). Il était déjà père de deux jeunes enfants quand il a obtenu son diplôme de sciences politiques à l’Université du Wyoming en 1966.

Dès 1969, pour un stage, Dick Cheney s’est trouvé projeté au sein des seins du pouvoir suprême, à la Maison-Blanche, au service d’un des collaborateurs du Président Richard Nixon, à savoir celui qui est resté son mentor en politique, Donald Rumsfeld, de huit ans son aîné.

Ce dernier, après le scandale du Watergate et la démission de Richard Nixon, a été nommé le 21 septembre 1974 chef de cabinet de la Maison-Blanche auprès du nouveau Président Gerald Ford. Il faut bien comprendre que ce poste est l’un des plus importants du dispositif de l’exécutif américain, une sorte de mélange entre Secrétaire Général de l’Élysée et de secrétaire général du gouvernement, certains font même le parallèle avec la fonction de Premier Ministre (en France) mais à mon sens, c’est peu pertinent car c’est une fonction technique et pas politique. Une fonction d’influence et pas de pouvoir.

Or, Dick Cheney, qui a toujours aspiré à une vie personnelle tranquille, a trouvé le bon équilibre : l’influence plus que le pouvoir, les coulisses plus que le devant de la scène. Il est difficile, ici, pour ce point précisément et à l’exclusion des autres aspects du personnage, de ne pas faire l’analogie avec Jean Monnet qui avait toujours refusé d’occuper une fonction politique, considérant qu’il aurait plus d’influence en conseiller discret qu’en chef d’exécutif dont l’instabilité empêcherait tout projet de long terme. Dick Cheney non plus ne voulait pas être sur le devant de la scène, bien briefé par Donald Rumsfeld.

Un autre aspect à prendre en compte fut le contexte politique très particulier : le Watergate a mis sur la touche de nombreux responsables du parti républicain, si bien qu’il y avait des places à prendre et une nouvelle génération à conquérir le pouvoir, déjà au sein du parti républicain. Lorsque Donald Rumsfeld fut nommé par Gerald Ford le plus jeune Ministre de la Défense (on dit Secrétaire à la Défense), du 20 novembre 1975 au 20 janvier 1977 (à l’investiture du nouveau Président Jimmy Carter), ce fut Dick Cheney qui lui succéda comme chef de cabinet de la Maison-Blanche. Le voici alors parmi les personnages les plus influents du pays. Cela lui a donné l’expérience et la connaissance de tous les rouages de la Présidence des États-Unis.

Rappelons rapidement que Donald Rumsfeld fut appelé le "JFK des républicains" car il avait conquis dans l’Illinois son mandat de représentant à 30 ans (en 1962) avec une ambition prometteuse et travailla pour la Maison-Blanche dès 1969 (en même temps donc que Dick Cheney son assistant et poulain). En 1972, il fut nommé ambassadeur des États-Unis à l’OTAN à Bruxelles pendant deux ans avant de rejoindre la tête de l’administration de Gerald Ford pendant un an et d’être nommé à l’âge de 43 ans, à la tête du Pentagone. Son rival au sein du parti républicain, lui, au même moment, fut nommé directeur de la CIA : George H. W. Bush (Bush père).

Il y avait cette prétention à vouloir diriger les affaires du monde de manière occulte, sous couvert d’être les plus proches collaborateurs du Président des États-Unis. Après l’échec des républicains aux élections de novembre 1976 (il a codirigé la campagne de réélection de Gerald Ford avec James Backer), Dick Cheney s’est fait élire six fois représentant dans le Wyoming de novembre 1978 à mars 1989, prenant systématiquement des positions très conservatrices (s’opposant à un jour férié pour Martin Luther King, considérant Nelson Mandela comme un terroriste, etc.).

La victoire de Ronald Reagan en novembre 1980 a esquissé une révolution conservatrice mais a aussi battu le clan Rumsfeld au sein du parti républicain. Néanmoins, Dick Cheney a pris beaucoup d’importance en dirigeant les députés républicains à la Chambre des représentants. Donald Rumsfeld avait de toute façon quitté la vie politique dès l’échec de Gerald Ford pour diriger une grande entreprise dans le domaine pharmaceutique, préférant assurer cette fonction à se porter candidat pour la succession de Ronald Reagan. En 1988, George W. H. Bush fut donc élu Président des États-Unis sans beaucoup de difficulté (malgré la bonne campagne de Micheal Dukakis). Après le refus du Sénat d’accepter John Tower à la Défense, Dick Cheney fut choisi comme le nouveau Ministre de la Défense du 20 mars 1989 au 20 janvier 1993 (à l’investiture du nouveau Président Bill Clinton).

Dick Cheney fut alors dans une position de pouvoir très importante. Il fut aux commandes lors de la première guerre du Golfe et de la reconquête du Koweït (opération Tempête du désert). Entre 1990 et 2000, Dick Cheney fut en même temps à la tête d’une multinationale dans le secteur parapétrolier qui a eu des contrats juteux en 2003 en Irak.

À la défaite de George H. W. Bush, Dick Cheney s’est éloigné de la vie politique pour se consacrer aux affaires (comme Donald Rumsfeld), tout en prenant part aux réseaux d’influence républicains néo-conservateurs. L’un des objectifs de ces groupes de pression, c’était de maintenir le leadership mondial des États-Unis pour le nouveau siècle. Il est très important de comprendre que c’est diamétralement le contraire de la politique isolationniste de Donald Trump dont la volonté était de se désengager des affaires du monde. Il est très étrange qu’au sein du même parti, en moins de vingt ans de "distance", un même parti ait apporté à tête de ce pays deux hommes d’État à la philosophie aussi contradictoire. Du reste, Dick Cheney ne se gêna pas pour critiquer ouvertement la politique de Donald Trump durant le mandat de celui-ci.

Après les deux mandats de Bill Clinton, George W. Bush, alors gouverneur du Texas et fils de George H. W. Bush, fut désigné en été 2000 comme le candidat des républicains à l’élection présidentielle. Complètement inexpérimenté sur les affaires du monde, il est venu chercher Dick Cheney qui n’avait pourtant pas l’intention de revenir dans la vie politique, menant une vie tranquille et prospère et étant gravement malade cardiaque (il bénéficia plus tard d’une transplantation cardiaque, du cœur d’un combattant américain en Afghanistan).

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Son premier refus de s’associer à George W. Bush pourrait être considéré sincère ou alors manipulateur. Ce dernier avait besoin de lui, de son expérience, de ses réseaux, de son influence au sein du parti républicain et du Congrès pour gagner la bataille contre le candidat de l’etablishment, Al Gore. En montrant ses réticences, Dick Cheney négociait un rapport de forces à son avantage, et le pacte fut scellé qui fit de George W. Bush une marionnette et qui donna à Dick Cheney, en cas de victoire, la réalité de beaucoup de pouvoirs présidentiels. Après une élection et des recomptages très serrés, les deux hommes furent élus à la tête des États-Unis en novembre 2000. Une autre interprétation, qui n’est pas incompatible, c’est que le choix de George W. Bush pour Dick Cheney a été fait pour s’opposer à son père et affirmer son autonomie politique.

Toujours est-il qu’entre le 20 janvier 2001 et le 20 janvier 2009 (car réélu en novembre 2004), Dick Cheney fut élu Vice-Président des États-Unis et probablement le Vice-Président qui a eu le plus de pouvoir de l’histoire des États-Unis. Dick Cheney avait pris en main de nombreuses administrations et a voulu augmenter les pouvoirs de l’exécutif (selon la "théorie de l’exécutif unitaire"). Il avait à la fois un bureau à la Maison-Blanche et un autre au Congrès (puisqu’il était constitutionnellement le Président du Sénat), maison qu’il connaissait bien et dont il voulait contrôler les travaux. Dick Cheney a su imposer le retour de son ancien mentor Donald Rumsfeld comme Ministre de la Défense (nommé le 20 janvier 2001, après avoir été le plus jeune, selon des journalistes, je n’ai pas vérifié, il fut le plus âgé à 68 ans).

Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont une vision à la fois messianique et économique du monde. La conquête des ressources du Moyen-Orient faisait donc partie de leurs objectifs, notamment par l’invasion de l’Irak. Il était d’ailleurs dit que George H. W. Bush (père), en refusant de foncer sur Bagdad après la libération du Koweït, a laissé un travail inachevé que son fils voulait achever. Les attentats du 11 septembre 2001, sept mois après le début du mandat, ont donné un prétexte inattaquable pour mettre en application les desseins néo-conservateurs : intervention en Afghanistan, puis guerre contre l’Irak, avec tout l’emballage cynique du début de cette guerre, l’intervention du général Colin Powell (Secrétaire d’État) devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, montrant une (fausse) fiole d’anthrax, les informations inexactes de la CIA sur la situation de l’armement en Irak, etc. De plus, Dick Cheney a fait une publicité déraisonnable en dénonçant Abou Moussab Al-Zarquaoui, premier dirigeant de Daech.

Après la réélection (très large) du ticket Bush-Cheney, les premières informations arrivèrent sur la réalité des fausses preuves pour déclarer la guerre en Irak, mais aussi sur la réalité de faits de torture sur les prisonniers de la prison d’Abou Ghraib à Bagdad. Très politique et voulant se sauver, il a lâché son ami Donald Rumsfeld peu après la victoire des élections à mi-mandat en novembre 2006 : Donald Rumsfeld démissionna le 18 décembre 2006 (annoncé le 8 novembre 2006 par la Maison-Blanche), remplacé par le directeur de la CIA (Robert Gates).

Le couple Cheney a deux filles. La plus jeune, Mary (51 ans) est homosexuelle (mariée à une femme et elle a eu un enfant) et fut toujours protégée par son père Dick Cheney, proche de lui et sa confidente, elle fut aussi partie prenante dans le dispositif de campagne pour la réélection du ticket Bush-Cheney en 2004. Toujours protégée ? Selon le film "Vice", Dick Cheney l’aurait "lâchée" en automne 2013 pour permettre à l’aînée, Liz (54 ans), beaucoup plus conservatrice (avocate, mariée et mère de quatre enfants), de se présenter aux élections sénatoriales dans le Wyoming et pouvoir être élue par un électorat conservateur en affirmant fermement son opposition au mariage homosexuel. Finalement, elle renonça à sa candidature en janvier 2014, après une polémique avec sa sœur et en raison de la forte adhésion de la base du parti républicain en faveur du sénateur républicain sortant Mike Enzi. Cependant, Liz Cheney entra quand même au Congrès car elle fut élue représentante au fauteuil (ancien) de son père en novembre 2016, réélue deux fois et toujours en fonction. Elle a succédé à la républicaine Cynthia Lummis qui, elle, a pris la succession de Mike Enzi en janvier 2021 à son siège de sénateur du Wyoming.

Le 20 janvier 2009, après la victoire très large de Barack Obama, Dick Cheney a fait la passation des pouvoirs comme Vice-Président des États-Unis à un certain …Joe Biden.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 janvier 2021)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Dick Cheney.
Joe Biden : enfin la démocratie restaurée !
Capitole : Trump et la dictature du moi.
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
De la Démocratie en Amérique.
USA 2020 : and the Winner is Joe Biden !
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
USA 2020 : le suspense reste entier.
Bill Gates.
Albert Einstein.
Joe Biden.
Rosa Parks.
Jean-Michel Folon.
Henri Verneuil.
Benoît Mandelbrot.
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Bob Kennedy.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210130-dick-cheney.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/dick-cheney-le-vrai-president-des-230634

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 03:15

« Nous n’allons pas diriger seulement par l’exemple de notre pouvoir, mais aussi par le pouvoir de l’exemple. » (Joe Biden, au Capitole de Washington, le 20 janvier 2021).


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C’est fait. Enfin fait : « La volonté du peuple a été entendue et la volonté du peuple a été respectée. ». La démocratie américaine a triomphé, « la démocratie l’a emporté ! », le peuple a été écouté, le candidat élu, et élu très largement, a été enfin investi 46e Président des États-Unis. Le "enfin" serait étonnant hors contexte puisque cela fait très longtemps que les Présidents élus sont investis un 20 janvier et donc, c’est une date normale. Mais depuis le début du mois de novembre 2020, campant dans un déni de réalité qui fera date dans les livres plus de psychologie que d’histoire, les adorateurs du gourou Donald Trump voulaient encore croire au tout dernier moment qu’il y aurait un coup d’État. Quinze jours plus tôt, il y a plutôt eu un coup d’éclat assez pitoyable, qui a fait la risée internationale des Américains qui, comme tout le monde, détestent une humiliation de cette ampleur, disqualifiant tous ces sauvageons trumpistes et les renvoyant dans un extrémisme heureusement peu représentatif de l’électorat même de Donald Trump.

Bref, Joe Biden est enfin reconnu par tous comme le Président des États-Unis et va pouvoir commencer à travailler dès ce 20 janvier 2021. Son premier tweet (de Potus) : « Il n’y a pas de temps à perdre quand il s’agit d’affronter les crises que nous traversons. C’est pourquoi, aujourd’hui, je me rends au bureau ovale pour me mettre au travail, lancer des actions audacieuses et soulager immédiatement les familles américaines. ». Des mesures sanitaires, des mesures sociales et des mesures diplomatiques.

Il y a une sorte de "ouf" de soulagement. Comme un retour de la raison et de l’ordre après quatre années cacophoniques d’un mandat de Donald Trump pourtant contrasté et qui a eu pourtant, malgré tout, quelques aspects positifs. Mais la fin du mandat, l’entre élection et investiture, a été tellement pénible, tellement scandaleux, tellement ridicule, que l’histoire perdra ces points positifs et ne sauvegardera des oubliettes de l’histoire que cette journée de honte nationale que fut le 6 janvier 2021.

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Jamais je n’avais douté du légitimisme constitutionnel et patriotique des citoyens américains. Pour preuve, à cette cérémonie très sobre d’investiture, ont été présents, très dignement, le Vice-Président sortant Mike Pence, résolument dans le camp des loyalistes, ainsi que l’ancien Président républicain George W. Bush et son Vice-Président Dick Cheney. Également les anciens Présidents démocrates Barack Obama et Bill Clinton (venu avec sa femme Hillary Clinton qui doit se dire que décidément, c’était bien elle que les Américains ne voulaient pas). Quant à Jimmy Carter, qui a plus de 96 ans, il n’a pas pu faire le déplacement mais il a parlé avec Joe Biden la veille, le cœur y était.

Donald Trump a refusé d’être présent à la cérémonie d’investiture. Cela ne s’était pas passé depuis le 4 mars 1869 (le Président sortant Andrew Johnson avait refusé d’assister à l’investiture de son successeur Ulysses Grant qui ne voulait pas être accompagné dans la même calèche que lui, comme c’était alors la tradition). On n’a pas eu besoin de le déloger de la Maison-Blanche, il a finalement pris l’avion pour aller dans son golf de Floride. La veille, il avait diffusé un très beau discours d’unité nationale et s’est montré (enfin) sport, en souhaitant à Joe Biden bonne chance ! Il était temps mais il vaut toujours mieux tard que jamais. Que l’histoire retiendra-t-elle de ce mandat ? La journée du 6 janvier 2021 …ou le fait qu’il a été l’un des rares derniers Présidents des États-Unis à n’avoir déclaré aucune nouvelle guerre, comme il s’en est, avec raison, glorifié le 19 janvier 2021 ? Ou encore un de ses derniers actes, la grâce présidentielle totale ou partielle pour 143 délinquants parmi ses proches ?

L’heure n’est pas au bilan mais à l’action. Il y a comme un arrière-goût que toutes les choses à l’envers sont en train d’être remises à l’endroit, comme si un cataclysme institutionnel avait balayé la raison et la courtoisie et qu’on commence à y remettre bon ordre. Ainsi, ce n’est pas anodin que dès le premier jour de pouvoir, Joe Biden a remis les États-Unis dans l’Accord de Paris, geste essentiel pour le monde. Le Président Emmanuel Macron l’a immédiatement salué par un tweet : « Je salue le retour des États-Unis au sein de l’Accord de Paris pour le climat : Welcome back ! ». Joe Biden a aussi demandé une minute de silence pour les 400 000 victimes de la pandémie de covid-19 et a averti que l’avenir proche serait encore plus dur avec le virus (« la phase la plus dure et la plus mortelle »).

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La cérémonie d’investiture était étrangement vide. Pour cause de pandémie, le grand public ne pouvait pas être présent, au contraire de la tradition. Tous les invités institutionnels étaient masqués, et les masques noirs donnent un parfum de pompes funèbres. Lady Gaga et Jennifer Lopez y ont chanté pour Joe Biden et Kamala Harris.

Joe Biden est le Président des États-Unis le plus âgé de tous les temps. Il commence son mandat à 78 ans, ce qui fait 82 ans à la fin de celui-ci. C’est exceptionnel. Autre fait exceptionnel mais pas sans précédent : il est catholique, comme l’était John Kennedy (mais n'est pas Kennedy qui veut dans la formulation des discours, voir au chapeau). Le pape François l’a d’ailleurs félicité sur Twitter en ces termes : « À l’heure où les graves crises auxquelles est confrontée notre famille humaine, elles appellent des réponses clairvoyantes et unies, je prie pour que vos décisions soient guidées par un souci de construire une société marquée par une justice et une liberté authentique, ainsi qu’un respect sans faille pour les droits et la dignité de chaque personne, en particulier des pauvres, des personnes vulnérables et de celles qui n’ont pas de voix. ».

Bien sûr, l’âge importe moins qu’un véritable fait historique : Kamala Harris (56 ans) est la première femme à être investie Vice-Présidente des États-Unis, et cela compte d’autant plus que l’âge du Président est très élevé. Il y a déjà eu des femmes candidates à la Vice-Présidence (Geraldine Ferraro, Sarah Palin) et même à la Présidence (Hillary Clinton) mais aucune n’avait encore gagné une élection présidentielle.

Cependant, il faut rester très prudent tant sur l’influence réelle de Kamala Harris pendant ce mandat Biden que sur son avenir politique. À l’exception peut-être de la Présidence Barack Obama, qui avait délégué beaucoup de pouvoir en politique étrangère à son très expérimenté Vice-Président Joe Biden, et un peu de la Présidence Bill Clinton qui avait délégué à Al Gore les négociations pour créer une véritable diplomatie écologique (le Protocole de Kyoto, signé le 11 décembre 1997), la plupart des Vice-Présidents ont joué un rôle très mineur dans le gouvernement américain et leur avenir politique a été rarement une évidence : beaucoup d’anciens Vice-Présidents ont échoué à l’élection présidentielle.

Le retournement de balancier politique n’est pas nouveau aux États-Unis et il est un peu le même aussi en France depuis le milieu des années 1970 et la fin des Trente Glorieuses (chocs pétroliers, début du chômage de masse, développement de la mondialisation, etc.). En effet, à l’exception de 1988 et de l’élection du Vice-Président sortant George H. W. Bush, il y a eu sans arrêt un changement de majorité à la Maison-Blanche (c’est encore plus complexe au Congrès où les renouvellements sont deux fois plus fréquents). En effet, après Gerald Ford seul Président non élu après la démission de Richard Nixon, Jimmy Carter lui a succédé, lui-même emporté par la prise des otages américains à Téhéran, mettant au pouvoir Ronald Reagan (et Bush père). Mais malgré le succès de la guerre au Koweït, George H. W. Bush a été battu par un jeune démocrate peu connu Bill Clinton, George W. Bush le fils l’a ensuite emporté sur Al Gore en 2000 (dans un scrutin historiquement serré, rien à voir avec celui de 2020), ensuite Barack Obama démocrate sur le républicain John MacCain, puis retour de balancier Donald Trump et enfin Joe Biden.

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La différence peut-être, c’est que Joe Biden, loin d’être un "communiste" (comme des sauvageons trumpistes le qualifiaient !), est plutôt un "centriste" et un "modéré". Il serait certainement plus proche de certains élus républicains que de Bernie Sanders, par exemple. Ce qui est d’ailleurs une nécessité avec un Sénat exactement à parité politique 50 républicains et 50 démocrates, et son Président, qui n’est autre, constitutionnellement, que la Vice-Présidente, avec une voix prépondérante.

C’était tout le sens de son discours d’une vingtaine de minutes devant le Capitole, de nouveau occupé comme le voulaient la démocratie et les institutions. Joe Biden a énuméré toutes les crises et tous les enjeux : pandémie de covid-19, sécurité, justice ethnique, racisme, suprémacisme, précarité, chômage, pauvreté, bouleversements climatiques, etc. et a appelé tous les Américains à l’unité, seule moyen pour réussir : « Nous allons restaurer l’âme de l’Amérique. Et pour cela, nous avons besoin d’unité. (…) Aujourd’hui, j’ai comme objectif d’unir tous les Américains. Nous devons nous unir contre l’inégalité, le désespoir, la violence. Nous allons surmonter les épreuves. (…) Je vous le promets, je serai un Président pour tous les Américains, je me battrai autant pour ceux qui m’ont défendu que pour ceux qui m’ont combattu. ». C’est un discours, certes traditionnel lors d’une investiture, mais qui est très attendu par le peuple américain.





Voici quelques citations de son discours.

Sur l’assaut du Capitole : « Nous avons découvert que notre démocratie était fragile, mais la démocratie a gagné. ».

Sur le suprémacisme : « On voit surgir aujourd’hui l’extrémisme politique, le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur. Nous devons les affronter et nous allons les vaincre. ».

Sur la raison et la science : « Nous devons être meilleurs, nous devons bannir la suspicion, croire dans les faits et la science. ».

Parmi ses derniers propos, il y a ce côté arrogant de "maîtres du monde" qui donne toujours ce goût amer qui nourrit l’antiaméricanisme primaire : « Je vous donne ma parole de défendre la Constitution, la démocratie, tous les Américains. Nous allons écrire une histoire ensemble, de dignité, de grandeur, d’espoir et de justice. Ces valeurs ne sont pas mortes. L’Amérique doit demeurer un phare pour le monde. ». À mettre en parallèle avec cette phrase, quelques minutes auparavant : « Le monde nous regarde aujourd’hui. Je lui dis que nous allons redevenir un exemple. Nous serons un partenaire de confiance pour la paix mondiale. ».

Depuis le 3 novembre 2020, celui qu’on appelait souvent le sénateur gaffeur (il fut sénateur pendant trente-six ans, de 1973 à 2009) a fait un sans-faute, refusant de se laisser en emporter par l’hystérie trumpienne et appelant sans relâche à l’unité et à la raison. Joe Biden, au-delà d’avoir gagné l’élection américaine (ceux qui refusent sa légitimité sont pourtant pour la concurrence mais refusent le jeu réel de la concurrence, ils sont pour une concurrence faussée par des menteurs), a mérité la Maison-Blanche car les Américains avaient besoin plus que jamais d’un patriarche bienveillant pour remettre de l’ordre dans le pays et surtout, redonner la fierté du peuple américain passablement humilié ces derniers jours. Il n’a plus besoin de prouver qu’il est un homme d’État.

Il se dit lui-même pape de transition, mais l’avenir n’est jamais écrit…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 janvier 2021)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Joe Biden : enfin la démocratie restaurée !
Capitole : Trump et la dictature du moi.
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
De la Démocratie en Amérique.
USA 2020 : and the Winner is Joe Biden !
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
USA 2020 : le suspense reste entier.
Bill Gates.
Albert Einstein.
Joe Biden.
Rosa Parks.
Jean-Michel Folon.
Henri Verneuil.
Benoît Mandelbrot.
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Bob Kennedy.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210120-biden.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/joe-biden-enfin-la-democratie-230351

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/01/20/38770895.html




 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 03:16

« Fort d’un appui que n’avaient point ses prédécesseurs, il foule aux pieds ses ennemis personnels partout où il les trouve, avec une facilité qu’aucun Président n’a rencontrée ; il prend sous sa responsabilité des mesures que nul n’aurait jamais avant lui osé prendre ; il lui arrive même de traiter la représentation nationale avec une sorte de dédain presque insultant. » (Tocqueville, 1840).



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Dans sa description du Président Andrew Jackson dans "De la Démocratie en Amérique", Tocqueville esquissait presque la personnalité de …Donald Trump !

Donald Trump, Président pour encore une semaine, va justement prendre la parole dans la journée du 12 janvier 2021, la première fois depuis le 6 janvier 2021.

Je reviens sur cet assaut contre le Capitole à Washington par une horde de trumpistes extrémistes. On aurait tendance à dire aujourd’hui : Sale temps pour Trump. Mais aussi pour les États-Unis. La honte mondiale. Le Président iranien en est même venu à fanfaronner et à faire la leçon à la démocratie américaine, un comble ! Mais pourquoi s’en priverait-il ? La tentation était trop grande. Les Américains se souviendront longtemps de cette honte, bien plus longtemps que l’humiliation de la prise d'otages américains à Téhéran en 1979 qui a coûté la réélection de Jimmy Carter. Donald Trump, en exhortant les futurs émeutiers à marcher sur le Capitole quelques heures auparavant, est en partie responsable de cet acte à la fois violent et antidémocratique, qu’on pourrait qualifier de barbare.

Dans le parc The Ellipse, près de la Maison-Blanche, à deux kilomètres du Capitole, à Washington, Donald Trump, Président sortant des États-Unis, a appelé ses militants à s’opposer à la loi et à la Constitution, lui qui s’était engagé sur la Bible à la défendre loyalement le 20 janvier 2017 : « Vous ne reprendrez jamais notre pays avec faiblesse. Vous devez faire preuve de force et vous devez être forts. Vous devez vous battre comme des diables. Nous en sommes venus à exiger que le Congrès fasse ce qu’il faut et ne compte que les électeurs qui ont été légalement désignés. Je sais que tout le monde ici se dirigera bientôt vers le bâtiment du Capitole pour, pacifiquement et patriotiquement, faire entendre votre voix aujourd’hui. ». Il n’y a eu ni pacifisme, ni patriotisme dans cet assaut !

En parlant de "diable", Donald Trump a, sans le savoir, repris Léon Bloy. Le pape François a dit le 6 janvier 2021 (voir plus loin) : « L’être humain a besoin, oui, d’adorer, mais il risque de se tromper d’objectif ; en effet, s’il n’adore pas Dieu, il adorera des idoles, il n’y a pas de demi-mesure, ou Dieu ou les idoles, ou pour prendre une expression d’un écrivain français, Léon Bloy : "Celui qui n’adore pas Dieu, adore le diable", et au lieu d’être croyant, il deviendra idolâtre. ».

Non, ce n’est pas le peuple américain qui a envahi par la force le Congrès américain, temple de la démocratie américaine. Non, ce n’est pas le peuple américain qui a saccagé les bureaux des parlementaires, qui a volé les ordinateurs. Non, ce ne sont même pas les électeurs de Donald Trump, dont beaucoup regrettent le choix aujourd’hui. Ce ne sont que quelques centaines, peut-être quelques milliers d’extrémistes qui ne représentent ni le peuple, ni l’électorat de Donald Trump (les sondages sont assez clairs à ce sujet), ce sont des extrémistes même particulièrement lourds. Certains arboraient des tee-shirts noirs, certains avec l’inscription "Auschwitz", d’autres avec celle-ci, encore plus claire : "6MWE". Ah, que veut dire 6MWE ? Six Million Wasn’t Enough. Six millions, ce n’est pas assez…

Extrémistes et violents. Cinq personnes sont mortes dans ce stupide assaut. Un policier et quatre émeutiers, dont une femme à l’intérieur du Capitole, blessée mortellement par un policier a eu peur. Cinquante-six autres personnes ont été blessées. On pourrait même dire, au pays de la gâchette facile ou plutôt, de la détente sensible, que c’est un exploit qu’il n’y ait pas eu plus de victimes. Quand on voit le comportement habituel des forces de l’ordre (George Floyd, par exemple), on peut s’étonner de la facilité de pénétration des émeutiers extrémistes. Il semblerait que la police ne fût pas armée.

Des armes provenant des émeutiers ont été retrouvés dans les bureaux du Congrès. Notamment un engin explosif a été retrouvé dans les "décombres". Certains voulaient même pendre immédiatement le Vice-Président Mike Pence, qui présidait la séance de certification au Congrès, pour traîtrise. On voit l’esprit démocrate de ces trumpistes. Retour à la Terreur toute …française !

Refuser le verdict électoral, ce n’est pas soutenir le peuple, c’est l’assassiner. Donald Trump a pourtant bénéficié de la démocratie en 2016 en se faisant élire Président des États-Unis alors que lui-même ne s’y était pas préparé. Personne ne s’est opposé à cette réalité. Refuser le peuple, refuser le choix du peuple, et vouloir faire un retournement sémantique est une sorte de folie qui a, je le rappelle, coûté la vie à cinq personnes.

Michel Scott, journaliste qui connaît bien la vie politique américaine, expliquait le 8 janvier 2021 que Donald Trump, appelé "l’homme aux 20 000 mensonges" (qui ont été répertoriés depuis le début de son mandat), tordait la réalité, au moins deux fois : sur les résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre 2020, en refusant d’admettre sa défaite pourtant très large aux voix (peuple et grands électeurs), cela n’a rien à voir avec le scrutin serré entre George W. Bush et Al Gore, et aussi, bien sûr, sur la pandémie de covid-19, en ne prenant pas en compte la réalité sanitaire de son pays. D’ailleurs, comme je l’avais évoqué il y a quelque temps, les meetings électoraux de Donald Trump ont eu lieu sans port du masque, ce qui aurait provoqué, selon certains décomptes, plus de 30 000 contaminations et plus de 700 décès, dont celui du puissant homme d’affaires Herman Cain le 30 juillet 2020…

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Le Vice-Président Mike Pence, au contraire de "son" Président, a montré un grand sens des responsabilités et de l’État et nul doute que ce n’est pas gratuit. Il vise évidemment l’élection de 2024 et pour l’instant, il serait le mieux placé chez les républicains, à cela près qu’il ne rassemblera certainement plus la frange extrémiste du trumpisme, mais se débarrasser de cette frange, ne plus en être l’otage est certainement un avantage.

Très logiquement, risquant une inculpation pour sédition, Donald Trump se retrouve maintenant très isolé. La plupart de ses (derniers) collaborateurs ont démissionné depuis le 6 janvier 2021 (Stephanie Grisham, Mick Mulvaney, Rickie Niceta, Sarah Matthews, Tyler Goodspeed, Matthew Pottinger, etc.) ainsi que trois ministres (Elaine Chao, Betsy DeVos, Chad Wolf)… Tous ont maintenant peur d’être considérés comme complices de cette insurrection.

C’est la débandade chez les trumpistes, non seulement des personnes mais aussi des idées. Avec ce fait d’armes, il y aura un argument majeur de plus pour enfin réglementer la vente et la possession d’armes à feu. Le risque est maintenant grand que des individus soient en capacité de terroriser, d’agresser des représentants du peuple.

Ce lundi 11 janvier 2021, les représentants démocrates ont entamé une procédure d’impeachment pour destituer Donald Trump dont le mandat finit le 20 janvier 2021. Pourquoi faire alors qu’il ne reste plus que quelques jours ? Peut-être pour éviter de nouvelles "bêtises" trumpiennes (qui sait quelle est sa capacité de nuisance contre sa nation et son peuple ?). Aussi pour le symbole, pour que Donald Trump soit définitivement rayé de la respectabilité institutionnelle.

Et parallèlement, Donald Trump s’est finalement avoué vaincu en reconnaissant enfin la victoire de Joe Biden et en assurant que la transition se ferait pacifiquement (ce qui est déjà trop tard : cinq morts, je le rappelle !). Il était temps qu’il reconnaisse sa (large) défaite. Elle n’est pas seulement électorale, elle est maintenant politique et surtout morale.

Je reviendrai plus tard sur la suppression du compte Twitter de Donald Trump et sur la suspension longue de son compte FaceBook et d’autres réseaux sociaux (Youtube, etc.). Contrairement à ce qu’une très large majorité proclame, il ne s’agit pas ici d’un problème de censure ou de liberté d’expression mais je ne suis pas naïf non plus et c’est plutôt une décision hypocrite prise par les GAFAM qui ont beaucoup profité des messages de Donald Trump pendant de longues années avant de vouloir se refaire une virginité devant le nouveau Président Joe Biden.

Dans l’analyse de cette insurrection, on a cherché un certain nombre d’analogies et probablement que l’un des points forts de Donald Trump, c’est qu’il est inimitable, c’est qu’il est incomparable. Mais essayons de reprendre deux analogies entendues ici ou là. Elles sont toutes les deux européennes : 1934 et 1981.

La journée d’émeute du 6 février 1934 qui a abouti à la démission du gouvernement du radical Édouard Daladier et qui a durablement alourdi la mémoire collective d la Troisième République finissante, en plein contexte d’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne. Elle a été provoquée très précisément par l’affaire Stavisky (excellemment retracée au cinéma dans un film d’Alain Resnais sorti le 15 mai 1974 avec Jean-Paul Belmondo, François Périer, Anny Duperey, Michael Lonsdale, Claude Rich, Pierre Vernier, etc., et même Gérard Depardieu et Niels Arestrup à leurs débuts).

La grande différence, c’était que les émeutiers ne faisaient pas partie du pouvoir mais de l’opposition, à l’instar du colonel de La Rocque qui a finalement refusé de marcher sur l’Élysée (ce que l’histoire retiendra). Au contraire, le colonel de La Rocque, dont les Croix-de-feu avaient atteint l’esplanade des Invalides, a refusé d’occuper le Palais-Bourbon puis de marcher vers l’Élysée, et a même réussi assez vite à disperser ses troupes. Il était beaucoup plus responsable que Donald Trump en 2021. Néanmoins, une partie des émeutiers s’est rejointe place de la Concorde et ce fut la confrontation avec la police. Au bilan, une trentaine de morts et plus de deux mille blessés.

L’autre analogie est espagnole. Le 23 février 1981, le Congrès des députés à Madrid fut envahi et occupé par des militaires franquistes, pour empêcher l’élection de Leopoldo Calvo-Sotelo à la Présidence du gouvernement espagnol. Le putsch a échoué grâce au sang-froid du jeune roi mis en place par Franco pour sa succession, Juan Carlos Ier qui a osé s’opposer aux putschistes à la télévision. Il n’y a pas eu de victimes. Les militaires putschistes ont tous été arrêtés et la démocratie s’est installée en Espagne, ainsi que la monarchie grâce à l’autorité conquise par le roi.

L’analogie ne tiendrait que si Joe Biden était Juan Carlos, mais certainement pas Donald Trump qui, lui, serait du côté des putschistes. Là aussi, des parlementaires ont été bafoués par des extrémistes.

Honte nationale, honte internationale.

Dans les suites plus politiciennes en France de cet assaut du Capitole, on peut noter deux critiques périphériques. Des opposants au Président français Emmanuel Macron lui ont stupidement reproché d’avoir pris la parole avec un drapeau américain dans son dos, comme s’il s’était pris pour le Président des États-Unis. C’était encore ne rien comprendre à la diplomatie.

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D’abord, il n’avait pas que le drapeau américain mais aussi le drapeau français et européen. Ensuite, à chaque rencontre bilatérale, il est de coutume, lors des conférences de presse des représentants des deux pays, que le fond soit doté des couleurs nationales des deux pays. Dans une rencontre franco-allemande, les deux drapeaux sont présents, comme dans une rencontre franco-américaine. Il n’y a donc rien d’extraordinaire à ce qu’un Président français, par solidarité avec la démocratie américaine, s’exprimât devant les drapeaux américain, français et européen. C’est au contraire une fierté française que la France se soit positionnée du côté de la démocratie, du droit, de l’ordre et du peuple face aux séditieux et aux émeutiers. Emmanuel Macron ne l’aurait pas fait qu’on le lui aurait reproché, peut-être les mêmes qui lui reprochent aujourd’hui cette allocution.

Néanmoins, les macronistes ne sont pas en reste et ils ont raison. Ils ont ainsi largement repris les appels à la révolte de certains responsables politiques ces dernières années qui ne valaient pas mieux que ceux de Donald Trump, et qui pourraient donc aussi aboutir à un 6 janvier 2021 à la sauce française.

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J’en a noté trois sur Twitter. Contre Marine Le Pen : « Trump dit à ses troupes d’aller au Capitole… Comme Marine Le Pen a dit à ses gilets jaunes d’aller sur les Champs-Élysées en octobre 2018… ». Contre Jean-Luc Melenchon : « "Je vous encourage à vous rebeller (…). Il faut chasser Macron, les macronistes et tous ceux qui y ressemblent de près ou de loin qui ont collaboré à cette horreur du pouvoir". Jean-Luc Mélenchon : vous n’êtes pas un rempart, vous êtes le danger populiste. ». Contre FI : « Pour rappel, c’était le 20 janvier 2020 : Raquel Garrido, chroniqueuse et compagne du député France Insoumise Alexis Corbière, déclarait : "Louis XVI, on l’a décapité, Macron, on peut recommencer". ». Éloquents de violence.

L’assaut du Capitole est un nouvel exemple de ce que le philosophe Henri Bergson a appelé "l’imprévisibilité fondamentale du réel". Celui-ci était évitable, selon le terme d’une ministre démissionnaire, et provient en particulier de l’ego bien trop développé de Donald Trump pour imaginer l’intérêt général.

Terminons avec la très rafraîchissante homélie du pape François au Vatican le même jour, le 6 janvier 2021, jour de l’Épiphanie pour les chrétiens. Le pape a évoqué à la basilique Saint-Pierre l’Évangile selon saint Matthieu. Il a notamment commenté l’expression "lever les yeux" : « C’est une invitation à mettre de côté la fatigue et les plaintes, à sortir des exiguïtés d’une vision étroite, à se libérer de la dictature du moi, toujours enclin à se replier sur soi-même et sur ses propres préoccupations. (…) "Lever les yeux" : ne pas se laisser emprisonner par les fantasmes intérieurs qui éteignent l’espérance, et ne pas faire des problèmes et des difficultés le centre de l’existence. Cela ne veut pas dire nier la réalité, en faisant semblant ou en croyant que tout va bien. Non, il s’agit au contraire de regarder d’une manière nouvelle les problèmes et les angoisses, en sachant que le Seigneur connaît nos situations difficiles, écoute attentivement nos invocations et n’est pas indifférent aux larmes que nous versons. ».

Le pape n’était pas encore au courant de cet assaut à Washington qui a eu lieu quelques heures plus tard, mais on pourrait y entendre un petit clin d’œil à Donald Trump : libère-toi de la dictature du moi !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 janvier 2021)
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Pour aller plus loin :
Capitole : Trump et la dictature du moi.
Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
De la Démocratie en Amérique.
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Il y a 20 ans : George W. Bush vs Al Gore.
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Bill Gates.
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Joe Biden.
Rosa Parks.
Jean-Michel Folon.
Henri Verneuil.
Benoît Mandelbrot.
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Bob Kennedy.

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