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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 22:27

Né le 19 octobre 1925 à Roczyny, Czeslaw Kiszczak fut militaire et homme politique. Engagé au parti communiste polonais dès 1945, il fut nommé général en 1954 et fut Ministre de la Défense. Il dirigea en même les services secrets. Il fut nommé Ministre de l'Intérieur du 31 juillet 1981 au 6 juillet 1990. C'est lui qui appliqua l'état de guerre le 13 décembre 1981 décidé par le général Jaruzelski et qui arrêta onze mille opposants politiques en 1985. Il fut aussi soupçonné d'avoir commandité l'assassinat du père Jerzy Popieluszko. Il fut le dernier Premier Ministre communiste de la Pologne.

Le 19 juillet 1989, le général Jaruzelski s’est fait élire Président de la République par 270 voix contre 230 et 34 abstentions (à quelques voix de la majorité), et ce dernier nomma le 2 août 1989 Czeslaw Kiszczak Président du Conseil des ministres pour former le nouveau gouvernement en remplacement de Mieczyslaw Rakowski (1926-2008) nommé secrétaire général du POUP le 29 juillet 1989. Le nouveau Premier Ministre pensa attribuer à Solidarnosc quelques ministères pour éviter toute contestation et légitimer le nouveau gouvernement, à partir d’un contrat de législature.

Mais les dirigeants de Solidarnosc ont été plus subtils et surtout politiquement plus habiles, car ils ont réussi à profiter au maximum des règles du jeu électorales pourtant biaisées. En effet, entre les deux tours, Solidarnosc avait soutenu un certain nombre de candidats des partis satellites au POUP pour le second tour afin d’éviter une majorité absolue communiste. Et après le second tour, les dirigeants de Solidarnosc ont réussi à constituer une véritable coalition majoritaire autour du premier parti d’opposition, empêchant la formation d’un gouvernement communiste.

Après l’échec des discussions, Czeslaw Kiszczak renonça à former un gouvernement et donna sa démission le 14 août 1989. Tadeusz Mazomiecki fut alors chargé de former le gouvernement le 19 août 1989 en réunissant autour de lui Solidarnosc, le Parti paysan et le Parti démocrate (à eux trois, ils avaient 264 sièges, soit la majorité absolue à la Diète sans le concours des communistes).

Finalement, Tadeusz Mazomiecki a obtenu le 24 août 1989 son investiture avec une large majorité, les députés communistes se ralliant au dernier moment à la coalition dirigée par Solidarnosc. Le 21 août 1989, le nouveau chef des communistes, Mieczslaw Rakowski avait téléphoné à Mikhaïl Gorbatchev qui avait encouragé les communistes polonais à rallier un tel gouvernement.

Czeslaw Kiszczak représenta donc les communistes au sein du gouvernement en restant Ministre de l’Intérieur (jusqu’au 6 juillet 1990) avec rang de Vice-Premier Ministre. Trois autres communistes furent également membre de ce gouvernement dont le général Florian Siwicki (mort le 11 mars 2013), qui resta Ministre de la Défense (du 22 novembre 1983 au 6 juillet 1990).

Pour en savoir plus la Pologne de 1989 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-123763006.html

SR


 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 22:30

Né le 4 janvier 1929 à Anklam, Günter Schabowski fut journaliste et membre du parti communiste est-allemand. Proche des partisans de la ligne douce lors des manifestations en été 1989, il fut nommé le 6 novembre 2015 secrétaire du comité central du SED pour l'information (équivalent à porte-parole). C'est lui qui annonça le 9 novembre 1989 la chute du mur de Berlin.

Le premier poste frontière a ouvert vers 23 heures, après les déclarations, trois heures avant, d’autorisation de sortie du territoire de Günter Schabowski, porte-parole du comité central du SED : « Les voyages à titre personnel vers l’étranger peuvent être entrepris sans condition (motif du voyage et condition de parenté). Les autorisations seront données dans de brefs délais. Les services compétents de la Police du peuple ont pour ordre d’accorder immédiatement les autorisations de quitter le territoire, même sans que les conditions pour une sortie du pays soient remplies. (…) Les sorties du pays sont possibles par tous les points de passage de la RDA vers la RFA comme vers Berlin-Ouest. (…) Pour autant que je sache, cela entre en vigueur… c’est maintenant, immédiatement. » (9 novembre 1989 à 19 heures 57, à Berlin-Est).
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Günter Schabowski fut expulsé du SED-PDS le 21 janvier 1990, n’avait plus de situation professionnelle, et fut condamné en août 1997 à trois ans de prison pour les meurtres commis au mur de Berlin (peine définitive le 8 novembre 1999). Schabowki purgea sa peine de prison de décembre 1999 à décembre 2000 et fut le seul dirigeant est-allemand à avoir assumé ses responsabilités en reconnaissant sa culpabilité indirecte. Il fut aussi le seul à avoir regretté que des citoyens est-allemands furent tués en franchissant le mur de Berlin. Il s'est éteint le matin du 1er novembre 2015 après une longue maladie chez lui à Berlin.

Pour en savoir plus sur l'Allemagne en 1989 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151003-reunification-allemagne.html

SR


 

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 06:28

« Plusieurs millions de citoyens français et d’amis venus des quatre coins du monde étaient rassemblés dimanche [11 janvier 2015] pour des marches silencieuses (…). Dans les rues et sur les places de Paris flottaient les drapeaux de nombreuses nations et toute la ville était bien, ce jour-là (…), "la capitale du monde". Tous ceux et celles qui ont manifesté en France, chez nous en Allemagne ou ailleurs, ont envoyé un message, ce message commun : nous nous mobilisons contre la haine et l’intolérance. Ensemble, nous défendons notre liberté. (…) Aujourd’hui, il est donc parfaitement clair qu’il y a un quart de siècle, nous n’étions nullement arrivés à la "fin de l’Histoire", ni en Allemagne, ni en Europe, ni même ailleurs dans le monde. Certes, la guerre froide était terminée et, partant, la confrontation entre des blocs militaires bien armés, mais notre univers devenait en revanche plus complexe, les menaces et les risques plus diffus. » (Joachim Gauck, le 15 janvier 2015 au château de Bellevue).



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Le Président de la République fédérale d’Allemagne Joachim Gauck a l’habitude des paroles de bon sens et de haute tenue politique. Il a ainsi prononcé un très beau discours (texte intégral ici) lors des cérémonies du vingt-cinquième anniversaire de la Réunification allemande le 3 octobre 2015 à Francfort (chaque année, une ville est chargée de la célébration).


Gauck ou l’exigence morale

Il faut avoir à l’esprit que le rôle du Président de la République fédérale d’Allemagne est honorifique et surtout, très symbolique, une sorte de reine d’Angleterre républicaine. Mais au-delà de la fonction institutionnelle, Joachim Gauck est aussi une personnalité très reconnue pour son sens moral, à l’instar d’un Vaclav Havel ou d’un Arpad Goncz, résistant contre la dictature communiste et démocrate dans un contexte courageux. Le premier personnage de l’État allemand est d’ailleurs très populaire dans son pays, beaucoup plus qu’au sein même de la classe politique.

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À 75 ans (né en pleine guerre), pasteur luthérien qui n’a jamais voulu de carrière politique (il a juste été élu député pour quelques mois, d’avril à octobre 1990), Joachim Gauck jouit de cette réputation d’exemplarité et malgré sa proximité avec le SPD, la CDU avait joint ses voix pour le faire élire à cette fonction le 18 mars 2012 avec 991 voix sur 1 124  dès le premier tour, après la démission mouvementée de son prédécesseur Christian Wulff (accusé de corruption mais la justice allemande l’a acquitté le 27 février 2014). Christian Wulff l’avait battu à l’élection présidentielle du 30 juin 2010 (la CDU avait proposé à Joachim Gauck son soutien à l’élection présidentielle du 23 mai 1999 mais il avait refusé et la CDU était minoritaire et n’était donc pas en position d’imposer son candidat et le 30 juin 2010, le SPD avait réussi à le convaincre de se porter candidat mais le SPD était redevenu minoritaire).

Une telle réputation n’est pas étonnante puisque Joachim Gauck était un Allemand de l’Est (comme Angela Merkel) et fut parmi ceux qui ont mené le mouvement de libération en 1989 et 1990 comme porte-parole du Nouveau forum. Sa probité l’avait mené dès la Réunification aux très stratégiques responsabilités de Commissaire fédéral pour la documentation de la Stasi de l’ex-RDA du 4 octobre 1990 au 11 octobre 2000, poste crucial où il a gagné une très honorable notoriété de défenseur des droits de l’Homme et de témoin de la période noire du communisme.


Les 25 ans de la chute du mur de Berlin

L’an dernier, pour le vingt-cinquième anniversaire de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 2014, avaient été invitées des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa et aussi Miklos Nemeth (67 ans), qui fut le dernier Premier Ministre communiste de Hongrie, gérant la transition démocratique du 24 novembre 1988 au 23 mai 1990, aux côtés du Ministre d’État Imre Pozsgay, qui avait compris que le grand frère soviétique ne bougerait pas le petit doigt si la Hongrie ouvrait ses frontières avec l’Autriche : « Nous avons commémoré [en 2014] le début de deux guerres mondiales horribles, et nous avons commémoré la révolution pacifique de 1989, ce triomphe de la liberté et du courage humain. (…) Nous, Allemands, n’avons pu recouvrer l’unité dans la liberté qu’avec l’aide de nos voisins et de nos partenaires, et non pas sans eux et pas contre eux. » (Joachim Gauck le 15 janvier 2015 à Berlin).


Le 3 octobre 2015 à Francfort

À la cérémonie du vingt-cinquième anniversaire de la Réunification, il y avait aussi de très nombreux invités aux côtés de la Chancelière allemande Angela Merkel, en particulier le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker et Bogdan Borusewicz (66 ans), résistant anticommuniste et membre de Solidarnosc, Président du Sénat polonais depuis le 20 octobre 2005. Je n’ai pas connaissance de la représentation diplomatique française mais apparemment, pas à un très haut niveau de l’État, ce qui est regrettable pour un partenaire et ami privilégié (à ma connaissance, aucun membre de l’Exécutif français).

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Le Président Joachim Gauck a rendu hommage, dans son discours dans l’ancien opéra (Alte Oper) de Francfort, aux militants des droits de l’Homme de l’ex-RDA : « L’unité est née de la révolution pacifique. (…) Ils avaient surmonté leurs peurs et vaincu leur oppresseurs dans un puissant mouvement populaire. Ils avaient conquis la liberté. (…) La révolution pacifique le montre : nous, Allemands, sommes capables de liberté. (…) L’Allemagne a trouvé son unité, politique, sociale, économique et, avec un retard compréhensible, mentale, dans la liberté. ».

Mais Joachim Gauck a plutôt voulu se tourner vers l’avenir. Comme en 1990, il n’y a pas de modèle historique pour l’arrivée massive des réfugiés syriens en Allemagne : « Comme en 1990, un défi nous attend qui va nous occuper sur plusieurs générations. ».

Il a ainsi félicité la solidarité active de ses compatriotes pour ces nouvelles personnes en détresse : « Dans les communes, les Länder, au niveau fédéral, des choses extraordinaires sont accomplies. Ce pays peut en être fier, et s’en réjouir. Et je le dis aujourd’hui : merci l’Allemagne ! ».

Faisant état aussi des réserves que de nombreux Allemands ont face à ce nouveau défi, Joachim Gauck a rejoint Angela Merkel dans la nécessité d’une solution européenne : « Chacun ou presque sent l’inquiétude se mêler à cette joie, chacun sent le besoin humain d’aider les oppressés s’accompagner d’une crainte devant l’ampleur de la tâche. C’est notre dilemme. Nous voulons aider. Notre cœur est grand. Mais nos possibilités sont finies. (…) Il ne peut pas y avoir de solution à la crise migratoire, si ce n’est une solution européenne. ».

Et il a ajouté : « Nous ne pourrons pas réduire l’afflux des réfugiés, à moins que nous redoublons nos efforts ensemble pour soutenir les réfugiés dans les régions en crise et notamment pour lutter contre les causes de cette migration. Et nous devons aussi bien comprendre : nous ne pourrons pas rester ouverts comme aujourd’hui, si nous ne décidons pas tous ensemble d’améliorer la sécurité des frontières extérieures de l’Europe. ».

Cette solution européenne peine à se construire, comme l’a démontré le Conseil européen des 15 et 16 octobre 2015 à Bruxelles. Certes, une position commune a été adoptée vis-à-vis de la Turquie, avec la décision de lui accorder des fonds d’aide de 3 milliards d’euros (mais la Turquie en aurait besoin de 7) et la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs en Union Européenne (mais la Turquie voulait aussi l’amorçage des négociations d’adhésion !), la situation n’est pas encore très claire sur la manière d’assurer le contrôle des frontières, ni sur le financement par les États du fonds décidé.


Le 3 octobre 2013 à Stuttgart

Deux ans auparavant, lors des cérémonies du 3 octobre 2013 à Stuttgart, Joachim Gauck avait là aussi prononcé des mots plein de bon sens sur trois points : la baisse démographique (à l’époque, la question des réfugiés syriens n’était pas encore d’actualité), la révolution numérique qui aurait permis de mieux résister à l’oppression communiste dans les années 1980 mais qui met aussi en danger la vie privée, et enfin, la place dans le monde d’une Allemagne réconciliée avec elle-même.

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L’Allemagne, en effet, s’est réconciliée avec elle-même, pour Joachim Gauck : « Aujourd’hui, l’Allemagne unie est forte au plan économique, elle jouit d’une grande estime sur la scène mondiale où elle doit prendre ses responsabilités. Notre démocratie est vivante et stable. L’Allemagne a élaboré un modèle de société caractérisé par une forte adhésion des citoyens à leur pays. Nous jouons même un rôle d’exemple pour nombre de pays dans le monde, ce qui relève presque de l’inimaginable pour les hommes et les femmes de ma génération. Tout cela fait naître en nous un sentiment de reconnaissance et de joie. ».

Il avait toutefois pointé le handicap démographique de l’Allemagne : « Notre population est en train de vieillir à un rythme jusque-là encore inédit et, de plus, elle diminue. (…) Cela crée une situation précaire susceptible de contraindre nos enfants et nos petits-enfants à se restreindre considérablement. (…) Notre objectif doit être le suivant : n’abandonner personne, ni au début ni à la fin de la vie. Si nous l’acceptons et si nous le gérons, le changement démographique peut rendre notre société plus juste et plus solidaire mais aussi plus riche en facettes et plus mobile et lui permettre d’affronter l’avenir. ».

Il s’était aussi inquiété de la transformation de la société par Internet qui met en danger la vie privée des citoyens, lui qui a consacré dix ans de sa vie à organiser les archives de la Stasi : « Il n’y a guère de différence entre être à la merci et se livrer soi-même. Cette vie privée que nos ancêtres ont conquise de haute lutte contre l’État et que nous avons tenté de protéger avec opiniâtreté contre la mise au pas et le flicage des opinions dans les régimes totalitaires, tend à disparaître. Pour beaucoup, la publicité n’est plus perçue comme une menace mais comme une promesse d’être vu et reconnu. Ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre qu’ils participent ainsi à la construction d’un jumeau numérique qui révèle, ou pourrait révéler, non seulement leurs forces mais aussi leurs insuffisances. Un jumeau qui pourrait aussi dévoiler leurs échecs ou leurs faiblesses, ou encore des informations sensibles sur leurs maladies. Il rendrait l’individu transparent, prévisible et manipulable pour des services, pour la politique, le commerce et le marché de l’emploi. (…) Comme face à toute innovation, il ne faut pas céder à la peur mais agir en citoyen éclairé et autorisé. Aussi la protection des données pour la sauvegarde de la vie privée devrait-elle être aussi importante que la protection de l’environnement pour la sauvegarde des bases de l’existence. ».

À ceux qui demandaient une plus grande implication internationale de l’Allemagne dans les enjeux mondiaux, Joachim Gauck avait rappelé : « Notre engagement est-il à la mesure de l’importance de notre pays ? (…) L’une des forces de notre pays est d’avoir su gagner l’amitié de tous nos voisins et d’être devenu un partenaire fiable au sein des alliances internationales. Ainsi intégrée et acceptée, l’Allemagne a pu garantir la liberté, la paix et la prospérité. Préserver cet ordre politique et notre système de sécurité et les préparer pour l’avenir, surtout en période incertaine, tel est notre intérêt principal. ».


L’importance d’une mémoire réconciliée

Des paroles fortes de réconciliation, Joachim Gauck en a souvent dites. Ainsi, le 4 septembre 2013, au cours d’une visite d’État, il s’était recueilli aux côtés du Président de la République française François Hollande à Oradour-sur-Glane, tristement célèbre pour le massacre de sa population (642 morts) par une division SS le 10 juin 1944 (un parmi de nombreux massacres en 1944) : « Je ne cacherai pas [aux familles] mon état d’âme, je n’hésiterai pas, en pleine conscience politique, à dire que cette Allemagne que j’ai l’honneur de représenter est une Allemagne différente de celle qui hante leurs souvenirs. » en évoquant « la nouvelle Allemagne, pacifique et solidaire ».

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C’était la première fois qu’un dirigeant allemand se rendait sur les lieux du crime. Il avait parlé avec les familles des victimes de ces massacres et a même tenu la main de Robert Hébras (88 ans en 2013), l’un des trois survivants du massacre, avec François Hollande, image qui ne peut que rappeler celle de François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant par la main à l’ossuaire de Douaumont, près de Verdun le 22 septembre 1984.

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Joachim Gauck s’était rendu également le 7 mars 2014 à Liguiades, un village en Grèce qui connut un massacre de 90 personnes par les nazis le 3 octobre 1943 et Joachim Gauck avait demandé pardon au nom de l’Allemagne aux familles des victimes, devant le Président de la République de Grèce Karolos Papoulias. Joachim Gauck s’était aussi rendu à Lidice, en Bohème, près de Prague le 11 octobre 2012 avec le Président tchèque Vaclav Klaus, mais n’y avait pas seulement présenté ses excuses pour le massacre nazi du 10 juin 1942 (au moins 272 morts). Le quotidien tchèque "Lidove noviny" expliquait : « Gauck est allé plus loin. Il a évoqué sa profonde tristesse et sa honte. (…) C’est un homme régi par les émotions, mais aussi par des principaux moraux clairs. Le geste qu’il a fait à l’égard de la République tchèque, aucun haut représentant allemand n’avait encore été en mesure de le faire jusque-là. » (11 octobre 2012).

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Joachim Gauck avait aussi présenté les excuses de l’Allemagne devant le Président italien Giorgio Napolitano à Sant’Anna di Stazzema, en Toscane, le 24 mars 2013 pour le massacre de 570 villageois dont 107 enfants par les nazis le 12 août 1944.


Joachim Gauck, l’honneur de l’Allemagne et de l’Europe

Ce n'est pas anodin que les deux têtes de l'Exécutif allemand sont originaires de l'ex-RDA. En élisant il y a trois ans Joachim Gauck à la tête de la République fédérale d’Allemagne, les parlementaires allemands n’imaginaient pas qu’ils élisaient un Président si évident et si nécessaire.

Évident car le parcours de Joachim Gauck et son incessante volonté de se hisser à un haut niveau moral le mettait dans une situation naturelle à ce poste honorifique et symbolique. Surtout après ses deux prédécesseurs directs.

Nécessaire aussi, car les Allemands ont maintenant définitivement tourné la double page du nazisme et du communisme, ont fini avec leur sentiment de culpabilité et regardent avant tout vers l’avenir et leurs grands défis (notamment démographiques et aussi économiques), mais cette évolution ne pouvait se faire accepter que par la ferme expression d’un pardon authentique et sincère et une émotion qui lie la réconciliation d’hier et la solidarité d’aujourd’hui.

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Et Joachim Gauck est donc ce Président indispensable, complémentaire, la face morale en complément de la face politique de la diplomatie allemande, aux côtés d’une Chancelière qui a pris le virage historique et politiquement délicat de l’accueil massif des réfugiés syriens. C’est en ce sens qu’il incarne excellemment cette Allemagne moderne, patrie de Goethe, Beethoven et Dürer, qui cherche, dans un monde globalisé sujet à toutes les terreurs, le fragile équilibre entre la puissance économique sans arrogance et la solidarité internationale sans angélisme.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 octobre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Discours du Président Joachim Gauck le 3 octobre 2015 à Francfort (texte intégral).
Réunification allemande.
Valeurs républicaines.
Joachim Gauck.
Angela Merkel.
Helmut Kohl.
Martin Schulz.
Jean-Claude Juncker.
Angela Merkel et François Hollande à Strasbourg.
L’amitié franco-allemande.
Les risques de la germanophobie.
Le mur de Berlin.
La chute du mur de Berlin.
Les dettes de guerre.
L’Europe, c’est la paix.
Le nazisme.
La Shoah.
Les massacres nazis en France.
Le stalinisme.
Transition démocratique en Russie.
Transition démocratique en Pologne.
Transition démocratique en Hongrie.
Transition démocratique en Tchécoslovaquie.
Volkswagen.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151003-gauck.html

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/joachim-gauck-merci-l-allemagne-173070

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/10/19/32788135.html

 

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 06:18

Peu connu en France, il fut l’un des inspirateurs du vent de liberté qui souffla en Europe centrale et orientale en 1989. Son intégrité en a fait une grande figure de l’humanisme, des droits de l’Homme et de la démocratie.


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Alors que la Hongrie se trouve en ce moment dans l’œil du cyclone de la crise des réfugiés syriens, avec un Premier Ministre particulièrement "ferme" et "volontaire", le pays vient de perdre la semaine dernière, le 6 octobre 2015, l’homme du consensus et de la réconciliation nationale, Arpad Goncz, à 93 ans. Ancien opposant au régime pronazi, ancien dissident sous la dictature prosoviétique, il fut le premier Président de la République de Hongrie élu démocratiquement. Il était l’un des modèles appréciés de la démocratie et de la tolérance en Hongrie et plus généralement en Europe.

Certains ont considéré qu’au moment de la libéralisation politique de l’Europe centrale et orientale, le dramaturge humaniste tchèque Vaclav Havel avait éclipsé le dramaturge humaniste hongrois Arpad Goncz qui n’avait pas son charisme.

Le philosophe Gaspar Miklos Tamas décrivait ainsi Arpad Goncz : « Une parole savoureuse, un style qui rappelait le classique hongrois du XIXe siècle, de la retenue, de la sobriété, un culte pudique de la liberté. (…) [Il] était démocrate, et libéral, et antifasciste, (…) et anticommuniste (…). Il était l’allié de ceux, parmi les communistes et les anciens communistes (…), qui sont devenus les héros falsifiés et oubliés de 1956 ; mais surtout l’allié de ce peuple hongrois qui, en 1956, (…) [a] compris la bonne volonté qu’ont eue les socialistes réformistes durant les moments les plus troubles des années de transition. (…) [Il] était un homme calme, serein, équilibré, modéré et cultivé. Il était aussi un compagnon loyal et un authentique patriote. Il n’a évidemment jamais vraiment eu le pouvoir, mais son autorité était l’une des garanties de la République hongroise démocratique (…). » (6 octobre 2015).


Un intellectuel antinazi devenu un manuel anticommuniste

Né le 10 février 1922 à Budapest, Arpad Goncz (je ne retranscrirai pas les accents dans les noms hongrois) a fait des études de droit jusqu’au doctorat et curieusement a également suivi des études d’agronomie. Pendant la Seconde Guerre mondiale où la Hongrie étant en guerre contre l’Union Soviétique depuis le 27 juin 1941 et fut occupée par l’Allemagne nazie à partir du 19 mars 1944, il refusa d’être enrôlé en décembre 1944 en Allemagne et s’engagea dans la Résistance jusqu’à la fin de la guerre où il adhéra au Parti paysan indépendant pour promouvoir la réforme agraire (ce qui expliquait sa poursuite d’études en agronomie).

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Ce parti fut cependant englouti dans le dictature communiste de Matyas Rakosi (1892-1971), "le meilleur élève hongrois de Staline", secrétaire général du Parti des travailleurs hongrois (communiste prosoviétique) du 12 juin 1948 au 18 juillet 1956 et Premier Ministre du 14 août 1952 au 4 juillet 1953. Arpad Goncz a renoncé à la vie politique et a même été détenu trois semaines fin 1946. Il s’est ensuite retrouvé ouvrier métallurgiste puis ingénieur agronome.


Le soulèvement de 1956

Arpad Goncz fut parmi ceux qui se révoltèrent en 1956 et il contribua à la diffusion en Europe occidentale d’un manuscrit ("A magyar nep vedelmeben") d’Imre Nagy (1896-1958), Premier Ministre du 4 juillet 1953 au 18 avril 1955 et du 24 octobre 1956 au 4 novembre 1956. Il envoya aussi des messages radio sollicitant l’aide de l’ONU face à l’invasion des chars soviétiques à Budapest demandée par Janos Kadar (1912-1989). La répression soviétique dura du 4 au 15 novembre 1956 et tua environ trois mille personnes. Janos Kadar devint Premier Ministre prosoviétique (du 4 novembre 1956 au 28 janvier 1958 et du 13 septembre 1961 au 30 juin 1965), mais surtout le premier secrétaire (puis avec le titre de secrétaire général) du Parti socialiste ouvrier hongrois (MSzMP, communiste au pouvoir) du 25 octobre 1956 au 27 mai 1988. Imre Nagy fut exécuté après un procès sommaire le 16 juin 1958 par pendaison à Budapest.

Imre Nagy fut réhabilité le jour même de la mort de Janos Kadar, le 6 juillet 1989 après avoir été réinhumé avec des obsèques nationales le 16 juin 1989, notamment à la demande du chef des étudiants de Budapest, Viktor Orban. Pour Arpad Goncz, c’était le moment le plus important de l’histoire moderne de la Hongrie, retransmis à la télévision : « C’était remarquable quand Imre Mecs a demandé aux trois cent mille personnes présentes de se tenir la main. Nous nous sommes assis les uns à côté des autres, et avons pleuré comme des enfants, parce que tout cela était incroyable. ». Imre Mecs (aujourd’hui 82 ans), fut condamné à mort après la répression de 1956 mais sa peine fut commuée en détention à vie puis il fut libéré en 1963 et a été élu parlementaire dans le même parti qu’Arpad Goncz.

Arrêté lui aussi, le 28 mai 1957, Arpad Goncz fut condamné le 2 août 1958 à la prison à perpétuité sans possibilité de recours (le procureur avait requis la peine de mort en disant que Goncz était le genre de traître qui méritait d’être pendu deux fois). Son plus jeune enfant n’avait que 18 mois et il n’a pu voir sa famille que pendant dix minutes lors de sa première année d’incarcération.


Dramaturge et dissident

Il fut détenu de 1957 à 1963 et pour préserver ses capacités intellectuelles, il apprit en prison l’anglais et s’imprégna de littérature américaine. Il fut libéré en juillet 1963 par le gouvernement de Janos Kadar à la suite d’une loi d’amnistie politique. Il changea complètement de métier en devenant, pour gagner sa vie, traducteur en hongrois de littérature américaine et anglaise, notamment des auteurs comme Huxley, Faulkner, Tolkien (en particulier, "Le Seigneur des Anneaux"), Hemingway, etc., mais il fut aussi écrivain (plusieurs romans, pièces de théâtre, essais) et auteur d’une anthologie reprenant des récits en langue anglaise qui retracent les épisodes mouvementés de l’histoire du XXe siècle en Hongrie. Il se retrouva ainsi à l’Union des écrivains hongrois (qu’il présida juste après la libéralisation de l’Europe centrale et orientale).

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Parallèlement à son activité d’auteur, il continua ses activités de dissident, présida la Ligue des droits de l’Homme en Hongrie, et cofonda l’Alliance des démocrates libres (SzDSz, centre gauche), le 13 novembre 1988, parti opposé aux communistes au pouvoir, favorable à la libéralisation du régime, à la défense du droit des femmes, des homosexuels, etc. Ce parti, essentiellement composé d’intellectuels dissidents, fut le pivot central de la transition démocratique après la dictature communiste mais disparut le 30 octobre 2013 après des échecs électoraux (en 2009 et 2010) et des difficultés financières.


La transition démocratique (1988 à 1990)

Des premiers signes de libéralisation ont vu le jour sous le gouvernement de Karoly Grosz (1930-1996) au pouvoir du 25 juin 1987 au 24 novembre 1988 (Karoly Grosz fut aussi le successeur de Janos Kadar à la tête du parti communiste), notamment avec la fin du rôle dirigeant du parti communiste adoptée le 18 octobre 1988.

L’un des principaux leaders des réformistes, opposant à Janos Kadar et ancien Ministre de la Culture (1976 à 1980) et de l’Éducation (27 juin 1980 au 25 juin 1982), Imre Pozsgay (aujourd’hui presque 82 ans et conseiller de Viktor Orban) fut nommé Ministre d’État après le départ de Janos Kadar en mai 1988 et testa la réaction de Mikhaïl Gorbatchev en octobre 1988 avec des déclarations sur le Rideau de fer et sur le soulèvement de 1956. Il comprit alors que les réformateurs avaient le champ libre. Les premiers barbelés frontaliers furent démantelés le 2 mai 1989. Imre Pozsgay co-organisa avec Otto de Habsbourg-Lorraine (1912-2011) le fameux pique-nique paneuropéen du 19 août 1989 qui accueillit six cents Allemands de l’Est à Sopronkohida, à la frontière austro-hongroise, après avoir invité les Allemands de l’Est à prendre leurs vacances en Hongrie et en leur assurant qu’ils ne seraient pas inquiétés à la frontière. Imre Pozsgay fut l’invité exceptionnel de l’émission "L’heure de vérité" le 4 décembre 1989 sur Antenne 2, en France (je me souviens de cette émission surréaliste à une époque).

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En 1989, la Hongrie fut parmi les pays du bloc soviétique les plus audacieux avec l’ouverture de sa frontière avec l’Autriche dès mai 1989, ce qui précipita la chute du mur de Berlin et la Réunification allemande (les Allemand de l’Est transitant par la Hongrie et l’Autriche pour gagner l’Allemagne de l’Ouest). Le 7 octobre 1989, le parti communiste (MSzMP) s’est autodissous et éclata en deux formations dont une qui renonça à toute référence au communisme. Dans les discussions entre communistes et opposants pour instaurer le multipartisme, le Président de l’Assemblée Nationale Matyas Szuros (aujourd’hui 82 ans), qui le fut du 10 mars 1989 au 2 mai 1990, membre de l’Alliance des démocrates libres, fut désigné Président provisoire de la République de Hongrie du 23 octobre 1989 au 2 mai 1990, le temps d’organiser les premières élections législatives libres.


Les premières élections libres en 1990

Ces élections ont eu lieu le 25 mars 1990 (pour le premier tour) et le 8 avril 1990 (pour le second tour) et désignèrent 386 députés parmi les candidats de 48 partis en concurrence (12 partis au niveau national) à l’issue d’une campagne électorale calme mais avec un mode de scrutin assez compliqué. Le Forum démocratique hongrois (MDF, de centre droit) mené par Jozsef Antall gagna les élections avec 42,7% des voix et 164 sièges tandis que son rival, l’Alliance des démocrates libres n’obtint que 92 sièges avec 23,8% (ce dernier parti se plaça dans l’opposition).

Jozsef Antall (1932-1993) fut désigné Premier Ministre, le premier désigné démocratiquement depuis la guerre, le 16 mai 1990 (investi le 23 mai 1990 par le Parlement hongrois) jusqu’à sa mort des conséquences d’un cancer le 12 décembre 1993. Le gouvernement de Jozsef Antall était composé essentiellement d’intellectuels (d’enseignants surtout). Joszef Antall fut remplacé à sa mort par son Ministre de l’Intérieur Peter Boross (aujourd’hui 87 ans) dont le gouvernement (investi le 21 décembre 1993) fut durement sanctionné quelques mois plus tard lors des élections suivantes, en particulier pour son autoritarisme.

Arpad Goncz, élu député le 8 avril 1990, fut élu Président de l’Assemblée Nationale le 2 mai 1990 à la suite d’un accord entre le Forum démocratique et l’Alliance des démocrates libres, et à ce titre, comme son prédécesseur direct (Matyas Szuros), il a assuré l’intérim de la Présidence de la République dans l’attente de définir un mode de désignation définitif.

Le pacte entre Jozsef Antall et l’opposition libérale prévoyait que cette dernière voterait certains amendements constitutionnels et en contrepartie, la majorité élirait Arpad Goncz pourtant dans l’opposition. Les positions très modérées et la faible notoriété d’Arpad Goncz, ainsi que son anticommunisme reconnu, faisaient de lui le candidat idéal, qui évitait à Jozsef Antall soit un candidat de l’opposition libérale moins consensuel et capable de trop s’opposer à son gouvernement, soit un candidat de son propre parti qui aurait pu lui faire de l’ombre et créer un second pôle de pouvoir face au gouvernement.

À la demande des anciens communistes qui souhaitaient préserver leurs chances avec un scrutin au suffrage universel direct, un référendum fut organisé le 29 juillet 1990 sur la désignation du Président de la République, mais ce fut un désastre complet pour les anciens communistes puisque le taux d’abstention dépassa 80% et le référendum fut annulé, laissant donc la désignation au Parlement hongrois.


Goncz à la tête de l’État

Ce fut donc assez logique qu’Arpad Goncz, qui assurait la fonction depuis trois mois, fût élu officiellement Président de la République de Hongrie le 3 août 1990, par 295 voix contre 13. Il est à ce titre le premier chef d’État hongrois élu démocratiquement depuis la fin de la guerre. Bénéficiant d’une aura d’homme intègre en raison de son passé irréprochable (aucune compromission avec la dictature communiste ni avec le régime fasciste de Miklos Horthy), Arpad Goncz fut réélu le 19 juin 1995 par 259 voix contre 76 pour Ferenc Madl (soutenu par le Forum démocratique) pour un second mandat présidentiel qui se termina le 4 août 2000 (son premier mandat a débuté officiellement le 4 août 1990).

Lors de son premier discours en tant que Président de la République, Arpad Goncz déclara : « Je ne suis pas, je ne peux pas être au service d’un parti, des intérêts d’un parti. Toute ma vie, dans un parti ou en dehors, j’ai servi et je servirai pour l’indépendance nationale, la liberté de pensée, la foi en une patrie libre, la justice sociale, les droits de l’Homme sans discrimination et sans exclusion. (…) Je voudrais servir les personnes qui ne sont pas protégées, qui sont vulnérables, ceux qui ne sont pas protégés à la fois de la Hongrie de Miklos Horthy et de la dictature communiste. ».

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Arpad Concz fut un grand partisan de l’alignement de la Hongrie à l’Ouest, de l’adhésion de son pays à l’Union Européenne et à l’Alliance atlantique. Il l’a exprimé en particulier quand Margaret Thatcher est venue en Hongrie en 1990, puis la reine Élisabeth II en mai 1993 (premier souverain britannique depuis Richard Cœur de Lion !) ou quand le pape Jean-Paul II est venu en août 1991 et en septembre 1996. Il apprécia beaucoup également le Président américain Bill Clinton qui fut un grand "partenaire de paix" en Europe centrale. Au titre de vouloir européaniser la Hongrie, il fut récompensé par le prix "Vision for Europe Award" qu’il a reçu à Luxembourg en 2000 et qui a récompensé notamment Jacques Santer (1995), Jean-Luc Dehaene (1996), Helmut Kohl (1997), Jean-Claude Juncker (1998), Guy Verhofstadt (2002) et Angela Merkel (2006).

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Malgré leur pacte, de fortes tensions ont eu lieu entre Jozsef Antall et Arpad Goncz, dans leur "cohabitation", notamment à propos de la loi qui punissait les crimes commis au nom du communisme, des privatisations, de la répression contre les chauffeurs de taxi en grève, de l’éviction du directeur de la radio publique, des secondes funérailles le 4 septembre 1993 de Miklos Horthy (1868-1957), régent de Hongrie du 1er mars 1920 au 16 octobre 1944 ("régent d’un royaume sans roi" qui instaura une régime autocratique et proche du fascisme italien et qui s’exila après la guerre au Portugal), et aussi à propos de questions protocolaires (Antall considérant que Goncz outrepassait ses pouvoirs tandis que Goncz voulait utiliser au mieux toutes ses prérogatives constitutionnelles pour faire pression contre toutes les formes d’intolérance même issues du gouvernement).


Les nombreuses alternances d’un pays libre

Au cours du premier mandat, le 29 mai 1994, l’opposition a très largement gagné les élections législatives : les anciens communistes du Parti socialiste hongrois ont remporté 209 sièges sur 386, l’Alliance des démocrates libres 70 sièges, et s’est formé, dans une coalition entre l’Alliance des démocrates libres et le Parti socialiste hongrois, le gouvernement de Gyula Horn (1932-2013) au pouvoir du 15 juillet 1994 au 6 juillet 1998. Se voulant l’héritier d’Imre Nagy, Gyula Horn fut Ministre des Affaires étrangères du 10 mai 1989 au 23 mai 1990, celui qui a "déchiré" le Rideau de fer le 27 juin 1989 en coupant des barbelés avec Alois Mock (aujourd’hui 81 ans), le Ministre autrichien des Affaires étrangères (entre 1987 et 1995), et annonça le 11 septembre 1989 la libre circulation des Allemands de l’Est vers l’Autriche, ce qui lui fit obtenir le Prix Charlemagne 1990, puis il fonda et présida le Parti socialiste hongrois du 27 mai 1990 au 5 septembre 1998.

Au cours du second mandat d’Arpad Goncz, les Hongrois ont approuvé leur adhésion à l’OTAN par 85% des voix lors du référendum du 16 novembre 1997, ratifiant l’accord au Sommet de l’OTAN à Madrid le 9 juillet 1997 qui avait prévu l’adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque à l’OTAN (l’adhésion fut effective le 12 mars 1999). Le Hongrie comme la plupart des anciens pays du bloc soviétique ont adhéré officiellement à l’Union Européenne bien plus tard, le 1er mai 2004.

Retour du balancier politique, les élections législatives du 24 mai 1998 ont consacré la victoire de la Fédération des jeunes démocrates-Parti civique hongrois (Fidesz-MPP) conduite par Viktor Orban (aujourd’hui 52 ans) avec 149 sièges sur 386 face au Parti socialiste hongrois de Gyula Horn qui n’a obtenu que 133 sièges. Le 18 juin 1998, Arpad Goncz chargea Viktor Orban (il avait alors 35 ans) de former un nouveau gouvernement, ce qu’il a réussi à faire après avoir négocié un accord de coalition avec le Parti des petits propriétaires qui avait obtenu 48 sièges. Son gouvernement a été investi le 6 juillet 1998 et en fonction jusqu’au 27 mai 2002 (Viktor Orban fut battu aux élections législatives du 21 avril 2002 et du 23 avril 2006 mais retourna au pouvoir après ses victoires du 25 avril 2010 et du 6 avril 2014, de nouveau Premier Ministre depuis le 29 mai 2010).

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Le 6 juin 2000, Ferenc Madl (1931-2011), docteur en droit, membre de l’Académie des sciences et ancien Ministre de la Culture et de l’Éducation du 22 février 1993 au 15 juillet 1994, candidat malheureux en 1995, fut finalement élu Président de la République par les parlementaires comme candidat du consensus, soutenu à la fois par la majorité et par l’opposition, sauf par l’extrême droite. Arpad Goncz (il avait alors 78 ans) lui céda donc son fauteuil le 4 août 2000 après dix ans de mandat essentiellement honorifique. Ferenc Madl ne fit qu’un seul mandat, jusqu’au 5 août 2005.

La fille d’Arpad Goncz, Kinga Goncz, membre du Parti socialiste hongrois, fut Ministre de la Jeunesse et de la Famille de 2004 à 2006 et Ministre des Affaires étrangères du 9 juin 2006 au 14 avril 2009 de manière totalement indépendante de son père.


Le fossé entre le climat politique violent et la consensus autour de Goncz

Lorsque la nouvelle de la mort d’Arpad Goncz fut connue, l’Assemblée Nationale a immédiatement salué sa mémoire par une minute de silence, montrant à quel point cette personnalité atypique du centre gauche fut appréciée de l’ensemble du paysage politique, y compris d’une assemblée à large majorité à droite. Toute la classe politique lui a rendu hommage, à commencer par le Premier Ministre Viktor Orban qui a évoqué le « participant actif et important des années pendant lesquelles la Hongrie a commencé à marcher sur la route de la dictature à la démocratie ».

Beaucoup espèrent maintenant en Hongrie que ce petit moment d’unanimité nationale soit mis à profit pour tempérer le débat public actuellement très violent, notamment en raison de l’arrivée massive des réfugiés syriens.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 octobre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vaclav Havel.
La Pologne.
L’Union Soviétique.
L’Allemagne réunifiée.
Jean-Paul II.
Helmut Kohl.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151006-arpad-goncz.html

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/arpad-goncz-le-reconciliateur-de-172919

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/10/13/32767276.html

 

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 13:41

Né le 20 décembre 1926 à Port Talbot (en Écosse), Geoffrey Howe a fait des études de droit à Cambridge où il rencontra Michael Heseltine et Michael Howard. Engagé au sein du Parti conservateur, il fut élu député du 15 octobre 1964 au 31 mars 1966 puis du 18 juin 1970 au 9 avril 1992. Avocat général pour l'Angleterre et le Pays de Galles (solicitor general) du 23 juin 1970 au 5 novembre 1972, il fut Ministre du Commerce et de la Consommation d'Edward Heath du 5 novembre 1972 au 4 mars 1974, puis l'un des plus proches collaborateurs de Margaret Thatcher tant dans l'opposition (comme responsable des Finances dans le shadow cabinet du 11 février 1975 au 4 mai 1979) qu'au pouvoir en tant que Chancelier de l'Échiquier (Ministre des Finaces) de Margaret Thatcher du 4 mai 1979 au 11 juin 1983, puis Secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonweakth du 11 juin 1983 au 24 juillet 1989 (son successeur à ce poste fut John Major) puis Vice-Premier Ministre du 24 juillet 1989 au 1er novembre 1990 (son successeur à ce poste fut Michael Heseltine). Sa démission en 1990 à la suite de sa déclaration aux Communes a été un réquisitoire sévère contre la position eurosceptique de Margaret Thatcher lors du Conseil européen de Rome, ce qui a provoqué le renversement de celle-ci par l'action de Michael Heseltine (pro-européen qui avait démissionné en 1986 du Ministère de la Défense) et John Major. Le Daily Mail avait alors titré : "Sir Geofrey, l'assassin" mais le 8 avril 2013, quelques jours après la mort de Margaret Thatcher, il réfuta le caractère d'attaque personnelle de son discours de 1990. Geoffrey Howe a été nommé à vie à la Chambre des Lords en 1992.

SR



 

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 06:36

« Il n’y a pas d’autre solution qu’une Europe forte pour garantir notre propre souveraineté. » (François Hollande, Strasbourg le 7 octobre 2015).



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Cela devait être une séance historique au Parlement Européen à Strasbourg. Le Président de la République française François Hollande et la Chancelière allemande Angela Merkel sont venus prononcer un discours ce mercredi 7 octobre 2015 à 15 heures devant les députés européens sur la situation européenne. Reçus par le Président du Parlement Européen Martin Schulz et par le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, les deux chefs de l’exécutif des deux plus grands pays de l’Union Européenne ont mobilisé les médias pour un exercice peu ordinaire.

J’avais cru, en entendant l’annonce, le 21 septembre 2015, de cette double prestation, qu’il y aurait eu une initiative européenne très forte qui ferait naître un nouveau projet. En fait d’initiative, il n’y a eu que cette image symbolique de deux personnalités européennes affichant d’autant plus ouvertement leur partenariat que tout les sépare.


Deux discours surtout destinés à leurs compatriotes respectifs

Paradoxalement, Angela Merkel avait autant besoin du soutien de François Hollande que ce dernier du soutien de la première. Pour leur "opinion publique" …nationale.

C’est sûr que l’image était forte et assez rare. Déjà, le discours d’une personnalité mondiale au sein du Parlement Européen est un grand événement. Il y a eu par exemple la venue du pape François le 25 novembre 2014. François Hollande s’y était lui-même déjà rendu, seul, le 5 février 2013.

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Mais un discours en binôme, c’est quasiment sans précédent. Quasiment car ce 7 octobre 2015 était un "remake". C’était une imitation. Leurs prédécesseurs François Mitterrand et Helmut Kohl s’étaient prêté au même exercice le 22 novembre 1989, quelques jours après la chute du mur de Berlin qui allait entraîner deux événements majeurs pour le continent européen : la Réunification allemande (le 3 octobre 1990) et le Traité de Maastricht (donc la monnaie unique européenne, approuvée par le peuple français le 20 septembre 1992, rappelons-le).

Les deux discours ont été très différents l’un de l’autre.

François Hollande a parlé trente minutes et s’il a évoqué tous les sujets brûlants européens, comme la Syrie, les réfugiés, la crise grecque, la crise ukrainienne, et même le traité transatlantique, son objectif était de dire que la construction européenne était indispensable à la survie des nations européennes. Tandis que Angela Merkel, qui n’a parlé que vingt minutes, a surtout enfoncé le clou de l’accueil des réfugiés, considérant que les valeurs européennes trouvaient là une occasion d’être mises en pratique.


François Hollande

Sur le conflit de souveraineté en Ukraine, François Hollande a surtout insisté sur l’unité : « Les Européens ont fait preuve d’unité dans la mise en œuvre de sanctions. » et s’est réjoui de la réussite du cessez-le-feu et d’une amélioration de la situation. Un sommet s’était réuni à l’Élysée le 2 octobre 2015, avec François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko, le Président élu de l’Ukraine. Il a considéré que le report des élections locales de l’Est de l’Ukraine était une victoire sur la paix.

Sur la Syrie, il a reconnu les torts de l’Europe à ne pas avoir pris pleinement la mesure des enjeux : « Ce drame nous concerne tous (…). Nous sommes maintenant prêts à faire preuve de détermination (…). Si nous laissons la crise syrienne escalader, nous ne serons pas protégés (…). Il faut agir pour éviter une guerre totale dans la région. (…) Si nous laissons les affrontements religieux s’amplifier, ne pensons pas que nous serons à l’abri : ce sera la guerre totale (…). Nous devons construire en Syrie, avec tous ceux qui peuvent y contribuer, un avenir politique qui donne à la population syrienne une autre alternative que Bachar El-Assad ou Daech. ».

Rappelant que la Turquie accueille deux millions de réfugiés syriens, parfois dans des conditions dramatiques, François Hollande a déclaré : « Nous devons apporter une aide à la Turquie. » en faisant amende honorable : « L’Europe a été lente à comprendre que la crise dans le Moyen-Orient et en Afrique a des conséquences pour l’Union Européenne (…). Nous devons répartir les réfugiés entre les États membres. ». Il a par ailleurs souhaité « établir un régime commun d’asile ». Commun à toute l’Union Européenne.

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Les phrases marquantes ont été plutôt à la fin du discours où François Hollande, contrairement à sa réputation, s’est montré très incisif sur la construction européenne. Pour lui, l’enjeu, est clair : « Le débat n'est pas entre plus d'Europe et moins d'Europe, mais entre l'affirmation de l'Europe et la fin de l'Europe. ». Le retour aux frontières nationales serait selon lui désastreux pour tous les pays.

Il a également mis en balance le souverainisme et la souveraineté : « Il n’y a pas d’autre solution qu’une Europe forte pour garantir notre propre souveraineté. ».

Reprenant la fameuse formule de François Mitterrand prononcée devant les députés européens le 17 janvier 1995 à Strasbourg (« Le nationalisme, c’est la guerre ! »), François Hollande a donné une variante des temps actuels : « Le souverainisme, c’est le déclinisme ! », fustigeant ainsi « un repli national sans avenir » : « Il y a tentation de repli national chaque fois qu’il y a une épreuve. ».

Pour résumer, François Hollande a confirmé son engagement européen (sans pour autant avancer de projet nouveau) : « Voulons-nous revenir à l’ordre ancien ou vivre dans un ensemble cohérent et volontaire ? Moi, j’ai fait mon choix, c’est celui de l’Europe. ».


Angela Merkel

La Chancelière Angela Merkel a rappelé qu’il fallait considérer les réfugiés syriens pas comme une masse mais comme des personnes humaines qui ont droit au même respect que toute autre personne : « L'Europe est une communauté de valeurs, de droits et de responsabilités. ».

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Elle a martelé que si nous méprisions ces valeurs humanistes, nous nous mépriserions nous-mêmes. Elle a avancé par ailleurs que les chances étaient plus importantes que les risques.

Elle est revenue aussi sur la crise grecque en confirmant que la résolution a pu se faire grâce à un effort franco-allemand. Elle a insisté sur la nécessité d'agir toujours dans l'unité : « Nous ne devons pas être tentés d’agir à l’échelle des États-nations. C’est précisément maintenant qu’il nous faut plus d’Europe. ».


L'épisode déplorable

L'interpellation de Marine Le Pen a été particulièrement pitoyable pour plusieurs raisons. D'une part, traiter le Président de la République française ainsi : « Merci, Madame Merkel, de venir avec votre Vice-Chancelier administrateur de la province France ! » est un manque de respect évident pour la fonction présidentielle à laquelle pourtant elle semblerait prétendre pour 2017. D'autre part, c'est vraiment ne pas faire preuve d'un patriotisme français très développé que de jouer dans une enceinte internationale la division entre Français avec des propos politiciens sans intérêt. On imagine mal qu'un député européen allemand puisse apostropher de la sorte Angela Merkel hors du territoire allemand. Cela montre le vrai visage de Marine Le Pen, une carriériste qui est en fait ultra-européenne car son mandat européen est son gagne-pain et son fonds de commerce depuis onze ans, qui n'aime pas vraiment son pays car elle contribue à l'affaiblissement de la France devant ses partenaires européens. Bonjour l'humiliation, bonjour le patriotisme !

Mais la réponse improvisée de François Hollande a été, elle aussi, pitoyable et affligeante : « La seule voie pour ceux qui ne sont pas convaincus de l’Europe, c’est de sortir de l’Europe. (…). La souveraineté n’a rien à voir avec le souverainisme. La souveraineté européenne, c’est être capable de décider pour nous-même, et éviter que cela ne soit le retour aux nationalismes, aux populismes, aux extrémismes qui nous imposent aujourd’hui d’aller dans un chemin que nous n’avons pas voulu. ». Tout en ajoutant : « La seule voie possible pour celles et ceux qui ne sont pas convaincus de l'Europe c'est de sortir de l'Europe, (…) de l'euro, de Schengen, et même si vous pouvez, de sortir de la démocratie. »

D'une part, fallait-il répondre à une aboyeuse sans projet constructif ? François Hollande a fait comme avec Leonarda ; il s'est abaissé à se mettre au même niveau qu'elle, c'est-à-dire d'aboyeur sans projet, lui aussi. Et sa réponse a pollué son propre discours (les journaux du soir n'ont gardé que sa joute stérile avec elle, son discours est passé à la trappe médiatique). D'autre part, sur le fond, c'est encore plus affligeant. En laissant penser qu'en voulant quitter l'Europe, les populistes voudraient aussi quitter la démocratie, il fait un amalgame foireux qui ne sert absolument pas la cause européenne car l'arrogance et l'insignifiance ont toujours été contreproductives. Ces deux personnages ont déshonoré la France dans une enceinte internationale, c'est particulièrement déplorable.


Plus symbolique d’historique

Si aucune initiative vraiment historique n’a été proposée au cours de ces deux discours (ce qui est très décevant), le fait même que François Hollande et Angela Merkel se soient affichés ensemble et aient cru nécessaire de réaffirmer leur supposée entente dans la plupart des grands dossiers européens montre que les temps sont mouvementés, que l’arrivée massive des réfugiés syriens n’est pas anodine et qu’elle va durablement transformer l’Europe, exactement comme la fin du Rideau de fer et la réunification complète du continent européen (commencée par la libéralisation de la Pologne et terminée par la chute de l’Union Soviétique).

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L’Europe doit effectivement être forte pour qu’elle survive et pour que la souveraineté de ses États membres puisse s’exercer dans un monde globalisé constitué désormais de grands ensembles économiques. Mais ce qui lui fait le plus défaut, à cette Europe, c’est l’absence de leader de dimension mondiale, l’absence de personnalité qui puisse redonner un horizon aux citoyens européens, une vision d’avenir et de construction qui lui entrouvrait un nouvel optimisme. Exactement comme en novembre 1989…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (8 octobre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


(Les citations des discours sont sous réserve des retranscriptions sur les sites institutionnels qui ne sont pas encore mises en ligne).

Pour aller plus loin :
François Hollande.
Angela Merkel.
Le pape François à Strasbourg.
Martin Schulz.
Jean-Claude Juncker.
L’Europe, c’est la paix.
La Réunification allemande.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151007-hollande-merkel.html

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-souverainisme-c-est-le-172715

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/10/08/32743723.html

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 13:39

Né le 30 août 1917 à Mottingham, après de brillantes études à Oxford, Denis Healey, réputé pour sa grande culture, s'intéressa au marxisme et devint secrétaire général du Socialiste Information and Liaison Office (les relations internationales du Parti travailliste au Royaume-Uni), où il passa évolua d'un certain communisme vers un véritable atlantisme qui l'a positionné au centre droit. Il fut élu député du 14 février 1952 au 9 avril 1992 puis fut membre de la chambre des Lords à partir de 1992. Critiquant l'intervention franco-britannique sur le canal de Suez en 1956, il fut l'un des opposants au Traité de Rome et à la construction européenne. Harold Wilson le nomma Secrétaire d'État à la Défense du 16 octobre 1964 àau 19 juin 1970, dans une position où Denis Healey aurait pu vite devenir Premier Ministre s'il s'était entendu avec Harold Wilson. Il revint au pouvoir comme Chancelier de l'Échiquier (Ministre des Finances) du 5 mars 1974 au 4 mai 1979 en période de forte crise économique (l'inflation était à presque 30% en 1976 !) et prit quelques mesures radicales dont la diminution des dépenses militaires. Après la victoire de Margaret Thatcher, il échoua dans sa conquête du Parti travailliste (il n'en fut que le vice-président du 4 novembre 1980 au 2 octobre 1983) et fut le leader de l'opposition parlementaire en 1981. Il redevint auprès de Michael Foot puis Neil Keinnock responsable des Affaires étrangères dans le shadow cabinet du 8 décmebre 1980 au 13 juillet 1987 (il le fut déjà du 11 octobre 1959 au 2 novembre 1961 et du 20 juin 1970 au 19 avril 1972 comme il fut responsable des Finances dans le shadow cabinet du 19 avril 1972 au 4 mars 1974 et du 4 mai 1979 au 8 décembre 1980 et responsable de la Défense dans le shadow cabinet du 1er avril 1964 au 16 octobre 1964). Il fut par la suite profondément opposé aux interventions militaires en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et en Irak.

SR

 

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 23:29

Le Président de la République fédérale d'Allemagne Joaquim Gauck a prononcé un grand discours à l'occasion de la célébration du v ingt-cinquième anniversaire de la Réunification de l'Allemagne le 3 octobre 2015 à Francfort.

Cliquer sur le lien pour télécharger le discours en allemand (fichier .pdf) :
http://www.bundespraesident.de/SharedDocs/Downloads/DE/Reden/2015/10/151003-Festakt-Deutsche-Einheit.pdf?__blob=publicationFile

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151003-gauck.html

SR
 

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 06:43

« Les voyages à titre personnel vers l’étranger peuvent être entrepris sans condition (motif du voyage et condition de parenté). Les autorisations seront données dans de brefs délais. Les services compétents de la Police du peuple ont pour ordre d’accorder immédiatement les autorisations de quitter le territoire, même sans que les conditions pour une sortie du pays soient remplies. (…) Les sorties du pays sont possibles par tous les points de passage de la RDA vers la RFA comme vers Berlin-Ouest. (…) Pour autant que je sache, cela entre en vigueur… c’est maintenant, immédiatement. » (Günter Schabowski, porte-parole du comité central du SED, 9 novembre 1989 à 19 heures 57, à Berlin-Est).




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C’est toujours intéressant de revoir l’histoire pour comprendre le présent et même imaginer le futur. Il y a exactement vingt-cinq ans, le 3 octobre 1990 à zéro heure, l’Allemagne a été réunifiée, ou plus précisément, la République démocratique d’Allemagne a accédé à la zone de validité de la Loi fondamentale (Constitution) de la République fédérale d’Allemagne (Beitriitt der DDR zum Geltungsbereich des Grundgesetzes der BRD).

Helmut Kohl a eu la clairvoyance qu’il était possible, après la chute du mur de Berlin, de réunifier les deux Allemagne. Pour cela, il fallait faire vite et accepter quelques sacrifices financiers, en particulier la parité des deux marks. Comme avec De Gaulle dans les années 1960, le politique a largement prévalu sur les considérations économiques et financières avec la Réunification. Et pourtant, étrangement, c’est quand il y a cette volonté politique forte que l’économie se porte bien. En revanche, sans volonté politique, ou plutôt, en absence de vision à long terme, avec seulement des considérations comptables de boutiquiers, l’économie ne tient pas la route. En échange de la Réunification et du maintien des frontières extérieures à l’Allemagne, il y a eu le Traité de Maastricht et l’Union Monétaire Européenne, en d’autres termes, l’abandon du Deutsch Mark et l’installation de la Banque centrale européenne à Francfort.


La chute du mur de Berlin

Cette réunification a été une accélération dans l’histoire européenne ("die Wende", le tournant). Cela a commencé le 2 mai 1989 quand la Hongrie a accepté de laisser partir en Autriche des Allemand de l’Est venus rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. La Hongrie et l’Autriche, centres névralgiques de l’Europe par où toutes les migrations passent.

Le 11 juin 1989, alors que les Polonais allaient élire une nouvelle Diète pour la première fois (vraiment) démocratiquement dans un État satellite de l’Union Soviétique, le Chancelier ouest-allemand Helmut Kohl confiait que les chances d’une réunification étaient très faibles. Il a cependant dit à Mikhaïl Gorbatchev le 14 juin 1989 : « Regardez ce fleuve qui coule. Il symbolise l’histoire, elle n’est pas statique. Vous pouvez canaliser ce fleuve, c’est techniquement possible. Mais s’il déborde, il va rencontrer d’autres rivages et prendre d’autres voies pour atteindre la mer. C’est ce qui se passera avec l’unité allemande. ».

Quant au vieux potentat est-allemand, Erich Honecker (1912-1994), secrétaire général du Parti communiste est-allemand (le SED), il promettait encore cent ans de mur de Berlin : « Le mur existera encore dans cinquante et même cent ans si les causes de son existence ne sont pas encore éliminées. » (19 janvier 1989 à Berlin). Petit bémol pour qui observait bien : Mikhaïl Gorbatchev, chef de l’URSS, avait annoncé que les Soviétiques n’interviendraient pas en Allemagne de l’Est, laissant ainsi supposer que les révoltes populaires ne se termineraient pas dans un bain de sang comme ce fut le cas à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

La fin de l’été 1989 était de plus en plus contestataire. Des manifestations le 4 septembre 1989 à Leipzig amorcèrent le mouvement qui n’allait pas s’arrêter, chaque lundi. Le 9 octobre 1989, 70 000 personnes manifestèrent à Leipzig. Le 16 octobre 1989, ce furent 120 000 manifestants, le 23 octobre 1989, 320 000. Le 30 octobre 1989, il y a eu un demi-million de manifestants à Berlin-Est. Ordre avait été donné par Egon Krenz (78 ans aujourd’hui), pourtant réputé comme un dur, aux forces de l’ordre de ne pas intervenir, ce qui a encouragé les manifestants. Lors du quarantième anniversaire de la RDA, le 18 octobre 1989, Erich Honecker fut limogé sur pression du Président du Conseil des ministres Willy Stoph (1914-1999) et remplacé par Egon Krenz. Le 7 novembre 1989, le gouvernement est-allemand de Willy Stoph démissionna à son tour. Le 8 novembre 1989, le Politburo du comité central du SED démissionna aussi. Il n’y avait plus de pouvoir.

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C’est désormais dans les livres d’histoire : dans la soirée du 9 novembre 1989, les soldats est-allemands laissèrent passer à Berlin les manifestants qui voulaient se rendre à l’Ouest. Le premier poste frontière a ouvert vers 23 heures, après les déclarations, trois heures avant, d’autorisation de sortie du territoire de Günter Schabowski (86 ans aujourd’hui), porte-parole du comité central du SED. Le mur de Berlin s’effondra de lui-même. L’indécision, les hésitations, le conservatisme, et probablement l’incompétence du pouvoir communiste dépassé, lâché par le grand frère de Moscou, permirent une issue pacifique exceptionnellement joyeuse de l’Allemagne de l’Est. Au Bundestag, à Bonn, alors en séance, émus par ces événements inespérés, les députés se sont levés pour chanter l’hymne national.


La transition Modrow

La gestion de l’après-chute du mur de Berlin fut laissée au seul pouvoir est-allemand, Gorbatchev ayant renoncé à tout interventionnisme. Il faut bien se rappeler aussi que le 24 août 1989, le premier gouvernement non communiste dans un pays communiste avait été investi, celui de Tadeusz Mazowiecki en Pologne, y compris par les communistes, malgré un scrutin électoral qui avantageait encore les communistes.

Le 13 novembre 1989, Hans Modrow (87 ans aujourd’hui) fut nommé Président du Conseil des ministres de l’Allemagne de l’Est (le titre exact était Ministre-Président). Considéré comme "réformateur", il était membre du comité central du SED et chef du SED de Dresde où il avait dialogué avec les manifestants. Parmi les membres de son gouvernement nommés le 18 novembre 1989, Lothar de Maizière (voir plus loin), chargé des questions religieuses avec le titre de Vice-Ministre-Président.

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Son programme se résuma à l’organisation d’élections libres et à organiser des tables rondes avec les différentes "forces vives" du pays (opposition et Églises). Il supprima le rôle moteur du SED de la Constitution est-allemande, assurant ainsi le pluralisme politique. Le 3 décembre 1989, Egon Krenz fut également poussé à la démission. Ce fut Manfred Gerlach (1928-2011) qui lui succéda comme Président du Conseil d’État, l’équivalent de chef de l’État. Le 9 décembre 1989, Gregor Gysi, un communiste réformateur de 43 ans qui avait fait preuve d’une grande éloquence devant les 500 000 manifestants du 4 novembre 1989, a été désigné à la tête du SED qui fut dissous le 16 décembre 1989 et remplacé par le SED-PDS puis par le PDS le 4 février 1990. Hans Modrow a nommé le 5 février 1990 au sein de son gouvernement huit ministres sans portefeuille représentant l’ensemble de l’opposition.

Au Conseil européen de Strasbourg des 8 et 9 décembre 1989, les États membres de la CEE ont approuvé la possibilité d’une Réunification allemande à la condition qu’elle s’effectuât de manière démocratique. Le Conseil européen de Dublin des 28 et 29 avril 1990 confirma que l’intégration de la RDA dans la CEE serait effective avec la Réunification sans avoir besoin de réviser les traités européens.

Diplomatiquement, François Mitterrand était plutôt agacé par l’accélération des événements encouragée par Helmut Kohl. La Réunification allait changer l’équilibre européen. Néanmoins, la France ne pouvait refuser ce qu’elle avait espéré depuis quarante ans, et insista en échange sur le maintien des frontières actuelles de l’Allemagne. La monnaie unique européenne fut également dans la dot du mariage.


Les dernières élections en RDA, mais les premières pluralistes

La chambre fut dissoute après l’adoption de la nouvelle loi électorale du 20 février 1990. Il pouvait désormais y avoir plusieurs listes concurrentes (auparavant, le pouvoir dressait des listes uniques de candidats et les électeurs devaient les approuver, ou pas).

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Le 18 mars 1990 furent en effet organisées les premières élections législatives pluralistes en RDA (avec concurrence des candidats). Ces élections furent très prisées avec un taux de participation de 93,4%. Les démocrates-chrétiens et leurs alliés ont largement gagné le scrutin avec 48,0% des voix et 192 sièges sur 400. Les sociaux-démocrates du SPD menés par Ibrahim Böhme (1944-1999) ont obtenu 21,9% des voix et 88 sièges. Les anciens communistes menés par Gregor Gysi (67 ans aujourd’hui) et regroupés au sein du PDS, ultra-majoritaires dans la précédente chambre élue le 8 juin 1986 (ils menaient une coalition ayant 500 sièges sur 500), ne sont arrivés qu’en troisième position avec 16,4% des voix et 66 sièges. D’autres formations ont obtenu des sièges comme les libéraux (23 sièges avec 5,7% des voix), les écologistes (20 sièges avec 4,9% des voix) et le Parti paysan (9 sièges avec 2,2% des voix).

La surprise du scrutin, alors que le SPD était donné favori, ce fut la grande victoire de la CDU. Cela a indiqué que les électeurs est-allemands étaient favorables à la réunification rapide de leur pays, thème de campagne de la CDU.

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Lothar de Maizière (75 ans aujourd’hui), lointain descendant d’un huguenot réfugié à Berlin après la révocation de l’Édit de Nantes, accéda à la Présidence du Conseil des ministres du 12 avril 1990 au 2 octobre 1990 (il cumula avec le poste de Ministre des Affaires étrangères à partir du 22 août 1990) tandis que Sabine Bergmann-Pohl (44 ans à l’époque), médecin pneumologue élue députée CDU, est devenue chef de l’État du 5 avril au 2 octobre 1990 (succédant à Manfred Gerlach et à ce titre première et unique femme), en tant que Présidente de la Chambre du peuple. Le dernier gouvernement est-allemand fut composé de ministres CDU, le SPD (initialement réticent à y participer) et le BFD (libéraux).


La Réunification

Les démarches pour aboutir à la Réunification sont allés très rapidement. En six mois, tout était juridiquement, politiquement et diplomatiquement bouclé.

Le 8 mai 1990 fut signé un premier traité entre la RDA et la CEE (future Union Européenne) sur le commerce et la coopération commerciale et économique.

Les députés est-allemands ont rétabli les cinq Länder est-allemands qui avaient été supprimés en 1952 au profit de quinze districts. Cette renaissance des Länder était nécessaire pour entamer le processus de réunification.

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La RFA et la RDA ont signé le Traité d’union économique, monétaire et social à Bonn le 18 mai 1990 (Staatsvertrag). Il aboutit notamment à l’adoption le 1er juillet 1990 du Deutsche Mark comme monnaie pour la RDA avec une parité égale avec l’ancienne monnaie est-allemande. Dans une allocution télévisée célébrant cette union monétaire, Helmut Kohl déclara : « Grâce à nos efforts communs, nous allons réussir à ce que le Mecklenburg-Poméranie-Occidentale, la Saxe-Anhalt, le Brandebourg, la Saxe et la Thuringe se transforment bientôt en paysages fleuris où il fera bon vivre et travailler. » (1er juillet 1990).

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Dans la nuit du 22 au 23 août 1990, le Chambre du peuple vota la déclaration d’adhésion de la RDA à la RFA par l’utilisation de l’article 23 de la Loi fondamentale de la RFA qui permet à un Land allemand de faire une déclaration unilatérale d’adhésion au domaine d’application de la Loi fondamentale si celui-ci n’était pas en vigueur lors de son adoption le 8 mai 1949.

Wolfgang Schäuble, Ministre de l’Intérieur de la RFA à l’époque (l’actuel Ministre des Finances), et Günther Krause (62 ans aujourd’hui), Sous-Secrétaire d’État auprès de Lothar de Maizière pour la RDA, ont négocié le Traité d’unité des deux États allemands (Einigungsvertrag) qui fut signé le 31 août 1990. Le Bundestag de la RFA (442 pour, 47 contre, 3 abstentions) et la Chambre du peuple de la RDA (299 pour, 80 contre, 1 abstention) ont ratifié le Traité le 20 septembre 1990, avec effet au 29 septembre 1990. Dans ce traité fut décidés l’intégration des cinq Länder est-allemands à la RFA, le statut de Berlin unifié et reconnu comme unique capitale de la RFA (à la place de Bonn) et quelques modifications juridiques. Sans que cela ne fût explicitement évoqué, ce traité signifiait également que la RDA intégrait l’Union Européenne (à l’époque, CEE).

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Parallèlement à ce traité fut signé le 12 septembre 1990 le Traité de Moscou qui établissait les relations entre, d’une part, les deux Allemagne (représentées par Hans-Dietrich Genscher et Lothar de Maizière, les Ministres des Affaires étrangères respectifs), et d’autre part, les quatre Alliés présents militairement en Allemagne à la fin de la guerre, à savoir les États-Unis (James Baker), l’Union Soviétique (Edouard Chevardnadze), la France (Roland Dumas) et le Royaume-Uni (Douglas Hurd). Ce traité a rétabli la pleine souveraineté de l’ensemble de l’Allemagne, a figé les frontières de l’Allemagne sur celles fixées en 1945, ce qui empêcherait toute revendication territoriale ultérieure auprès de la Pologne (Silésie, Prusse orientale, Poméranie orientale, etc.), a obligé l’Allemagne à rendre constitutionnel son caractère pacifique, et à ne pas détenir ni fabriquer d’armes de destruction massive. D’autres points pratiques ont été évoqués, comme le départ des troupes du Pacte de Varsovie avant décembre 1994.

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La Réunification allemande a eu lieu officiellement à minuit dans la nuit du 2 au 3 octobre 1990. Helmut Kohl a réussi son pari de réunifier l’Allemagne moins de onze mois après la chute du mur de Berlin. À la Porte de Brandebourg, à Berlin, ce fut une nuit de fête et d’émotion : « Pour moi, c’était un rêve devenu réalité, quand, au son de l’hymne national allemand, le drapeau noir rouge or s’est dressé devant le Reichstag dans la nuit du 2 au 3 octobre 1990. » (Helmut Kohl dans "Je voulais l’Unité allemande", 1996).

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L’Allemagne est donc devenue un pays de 82 millions d’habitants, le plus peuplé d’Europe (hors Russie), et avec une superficie de 356 910 kilomètres carré, le cinquième pays le plus étendu d’Europe (hors Russie), après l’Ukraine, la France, l’Espagne et la Suède.


Les élections fédérales du 2 décembre 1990

144 membres de la Chambre du peuple de la RDA élus le 18 mars 1990 ont siégé au Bundestag comme observateurs jusqu’aux élections législatives du 2 décembre 1990.

Une campagne électorale et un nouveau Bundestag sont venus appuyés naturellement la Réunification. Ce fut sans surprise que la coalition CDU/CSU-FDP menée par Helmut Kohl fut reconduite avec une large victoire, 319 sièges sur 662 (soit +96) avec 48,2% des voix, tandis que le SPD remporta 239 sièges (+53) avec 36,1% des voix, les libéraux du FDP 79 sièges (+33) avec 11,9% des voix, les anciens communistes du PDS 17 sièges (+17) avec 2,6% des voix. 165 nouveaux sièges avaient été créés pour accueillir la représentation est-allemande. Les grands perdants furent les Verts qui ont perdu 34 sièges.

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Helmut Kohl a été réélu Chancelier d’Allemagne le 17 janvier 1991 par 378 voix contre 257 et disposa d’une majorité de 398 sièges sur 662. Il a formé ainsi son quatrième gouvernement le 18 janvier 1991, en y nommant notamment une jeune Est-allemande de 36 ans, docteur en chimie quantique, qui fut porte-parole du gouvernement Lothar de Maizière puis élue députée CDU au Bundestag en décembre 1990 : une certaine Angela Merkel, au poste de Ministre des Femmes et de la Jeunesse (puis, du 17 novembre 1994 au 27 octobre 1998, au poste de Ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et de la sûreté nucléaire).

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La coalition CDU/CSU-FDP gagna encore les élections suivantes, du 16 octobre 1994 mais avec une plus courte majorité en raison des difficultés économiques et sociales engendrées par la Réunification.


Épilogue sur les principaux acteurs

La Stasi (police politique à ne pas confondre avec cette remarquable personnalité) qui persécuta des milliers de citoyens est-allemands fut dissoute le 2 octobre 1990 en même temps que la RDA.

Erich Honecker fut exclu du SED le 3 décembre 1989, et arrêté quelques jours en janvier 1990. Il a ensuite fui à Moscou le 13 mars 1991 puis à l’ambassade du Chili à Moscou jusqu’à son arrestation le 29 juillet 1992. Son procès sur les 68 morts par répression commença le 12 novembre 1992 à Berlin. Le 3 décembre 1992, il justifia le mur de Berlin et ne regretta rien. Grâce à ses avocats, il sortit de prison le 13 janvier 1993 libéré des procédures judiciaire en raison de son cancer (ce qui choqua les familles des nombreuses victimes). Il gagna Santiago du Chili où vivait sa fille (mariée à un Chilien) pour y trouver asile politique et y mourut le 29 mai 1994.

Son épouse Margot Honecker (88 ans aujourd’hui) avait rejoint le Chili dès 1992. Ministre de l’Éducation (je devrais dire de l’Idéologie communiste) pendant un quart de siècle, de 1963 à 1989, Margot Honecker était très crainte, surnommée la Sorcière violette et Miss Bildung (Missbildung veut dire malformation, et Bildung éducation, le nom de son ministère), considérée comme une ultra du régime communiste, prête à défendre encore aujourd’hui la répression de la Stasi, les morts du mur de Berlin, la séparation d’enfants de leurs parents opposants pour faire des adoptions au sein de familles idéologiquement sûres, et l’enseignement du maniement des armes à des enfants qu’elle avait introduit dans les programmes scolaires (au grand dam des parents, des Églises, etc.).

Willy Stoph fut en prison du 3 décembre 1989 à février 1990 puis de mai 1991 au 14 août 1992, et en raison de son incapacité à se défendre, le tribunal de grande instance de Berlin renonça à le poursuivre en juin 1993 à propos des victimes du mur de Berlin. Egon Krenz fut condamné en août 1997 à six ans de prison pour meurtre, responsable de la mort de quatre personnes qui voulaient franchir le mur de Berlin. Günter Schabowski fut expulsé du SED-PDS le 21 janvier 1990, n’avait plus de situation professionnelle, et fut condamné en août 1997 à trois ans de prison pour les meurtres commis au mur de Berlin (peine définitive le 8 novembre 1999). Schabowki purgea sa peine de prison de décembre 1999 à décembre 2000 et fut le seul dirigeant est-allemand à avoir assumé ses responsabilités en reconnaissant sa culpabilité indirecte.

Manfred Gerlach adhéra au FPD (libéraux démocrates) en décembre 1990 mais en fut exclu le 23 novembre 1993 en raison de sa collaboration avec l’Union Soviétique. Hans Modrow est devenu président d’honneur du PDS et a été élu en décembre 1990 député au Bundestag.

Lothar de Maizière est devenu ministre spécial du gouvernement d’Helmut Kohl du 3 octobre 1990 au 19 décembre 1990. Il a dû abandonner son action politique une fois accusé d’avoir collaboré avec la Stasi. Son cousin Thomas de Maizière, lui aussi CDU, est l'actuel Ministre de l'Intérieur d'Angela Merkel, du 28 octobre 2009 au 2 mars 2011 et depuis le 17 décembre 2013 (il fut aussi Ministre de la Défense du 3 mars 2011 au 17 décembre 2013 et ministre spécial du 22 novembre 2005 au 28 octobre 2009).

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Sabine Bergmann-Pohl fut elle aussi ministre spéciale du gouvernement d’Helmut Kohl du 3 octobre 1990 au 18 janvier 1991. Elle fut élue députée CDU au Bundestag de décembre 1990 à septembre 2002. Elle fut ensuite nommée Sous-Secrétaire d’État à la Santé du 18 janvier 1991 au 26 octobre 1998 jusqu’à la défaite de la CDU aux élections législatives du 27 septembre 1998. Günther Krause est lui aussi devenu ministre spécial du 3 octobre 1990 au 18 janvier 1991 puis Ministre des Transports du 18 janvier 1991 au 6 mai 1993, date à laquelle il démissionna en raison de certaines affaires financières le concernant.

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Deux autres personnalités est-allemandes furent intégrées au gouvernement fédéral le 3 octobre 1990 comme ministres spéciaux, à savoir le président du Parti libéral démocrate est-allemand et docteur en mathématiques Rainer Ortleb (71 ans aujourd’hui), nommé ensuite Ministre de l’Éducation et de la Science du 18 janvier 1991 au 3 février 1994, et le président de l’Union sociale allemande (DSU, faisant partie de la coalition du gouvernement Lothar de Maizière, équivalente est-allemande de la CSU), lui aussi docteur en mathématiques, Hansjoachim Walther (1939-2005) qui quitta le gouvernement après l’échec cinglant de son parti aux élections fédérales du 2 décembre 1990.


De nouveaux murs…

La République démocratique d’Allemagne n’a été qu’un régime fantôme basé sur le mensonge et la dictature. Elle a été le symbole du Rideau de fer, avec le mur de Berlin qui a coupé l’Europe en deux blocs. Aujourd’hui, d’autres murs s’érigent dans des pays au centre de l’Europe.

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Le 21 septembre 2015 a été annoncée pour le 7 octobre 2015 une intervention commune au Parlement Européen du Président français François Hollande et de la Chancelière allemande Angela Merkel à propos des réfugiés du Proche-Orient.

La dernière intervention commune à Strasbourg des deux têtes de l’Exécutif de la France et de l’Allemagne remonte au 22 novembre 1989, avec François Mitterrand, Président en exercice du Conseil Européen, et Helmut Kohl, Chancelier allemand, en présence de Jacques Delors, Président de la Commission Européenne, et de Valéry Giscard d’Estaing, président du groupe ADLE au Parlement Européen. C’était deux semaines après la chute du mur de Berlin. À l’époque, justement, il s’agissait d’évoquer la Réunification allemande


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (2 octobre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La Réunification allemande.
Un homme qui a façonné l'histoire.
L’amitié franco-allemande.
Le symbole de Verdun.
Les risques de la germanophobie.
Angela Merkel.
L’industrie allemande est-elle honnête ?
Le mur de Berlin.
La chute du mur de Berlin.
Les dettes de guerre.
La Pologne en 1989.
La chute de l’empire soviétique.
Le Traité de Maasticht.
L’Europe, c’est la paix.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151003-reunification-allemagne.html

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-allemagne-nouvelle-puissance-172184

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/10/02/32671256.html


 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 06:57

« Les 430 000 personnes qui ont traversé la Méditerranée (…) et les près de 3 000 qui y ont péri ou disparu, (…) nous interrogent sur la cohérence des réponses politiques avec les institutions fondatrices de l’Europe. » (Dominique Greiner dans son éditorial, "La Croix" du 14 septembre 2015).


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Le jeudi 10 septembre 2015 à Strasbourg, le Parlement Européen (la seule instance démocratique de l’Europe) a apporté un soutien très large au plan Juncker qui a proposé une clef de répartition équitable et obligatoire entre les États membres pour l’accueil des réfugiés, par 432 voix pour, 142 contre et 57 abstentions. Le parti majoritaire (PPE) a été uni dans ce vote, y compris les députés européens des pays d’Europe centrale et orientale. Mais la réunion des Ministres de l'Intérieur de l'Union Européenne du 14 septembre 2015 n'a pas abouti et aucun texte ne sera adopté avant le 8 octobre 2015.

Ce dimanche 13 septembre 2015, Angela Merkel a dû rétablir provisoirement des contrôles à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche (la route de Salzbourg) en raison du trop grand nombre de réfugiés arrivant à Munich (plusieurs milliers par jour, 63 000 depuis deux semaines, dont 12 200 pour la seule journée du 12 septembre 2015), auquel la municipalité ne peut plus faire face dans des conditions correctes. Quant à la Hongrie, elle a fermé ce lundi 14 septembre 2015 sa frontière avec la Serbie par un épais mur de barbelés qui ressemble étrangement à un nouveau Rideau de fer.

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Cette mesure très temporaire a été prise pour des raisons pratiques (peut-être aussi politique pour convaincre les partenaires européens de l’Allemagne d’accepter une juste répartition de l’accueil), mais ne remet en cause ni la politique d’accueil de l’Allemagne, ni les accords de Schengen (qui auraient cependant certainement besoin d’un ajustement), ni évidemment l’Union Européenne (rappelons que Schengen n’est qu’un accord multilatéral qui n’a rien à voir avec les institutions de l’Union Européenne).

Revenons plutôt sur cette politique de l’accueil et sur quelques différences entre la France et l’Allemagne. La position très humaniste d’Angela Merkel, qui peut se comprendre d’un point de vue politique (changer l’image d’arrogance acquise lors de la crise grecque) et d’un point de vue économique (compenser la démographie défaillante de l’Allemagne), n’est pas le résultat d’un coup marketing de la Chancelière qui ne fait plutôt que suivre son "opinion publique". C’est peut-être pour cela qu’elle est populaire dans son pays, elle représente au mieux son peuple dans ses positions.


Une force économique

L’économiste Nicolas Bouzou rappelle par exemple que l’immigration "classique" (c’est-à-dire avant l’arrivée massive des réfugiés comme actuellement) n’a jamais eu d’effet notable sur l’économie nationale des pays d’accueil (ce que les immigrés apportent équivaut à peu près à ce qu’ils coûtent). En revanche, lorsqu’il y a un afflux massif d’immigrés, historiquement, l’économie du pays d’accueil, loin de s’effondrer comme voudraient le faire croire un grand nombre de leaders d’opinion en France, est au contraire largement boostée et favorisée. Il suffit de se rappeler par exemple les conséquences de la révocation de l’Édit de Nantes (j’y reviendrai un peu plus tard) où les réfugiés français protestants ont dopé l’économie des Pays-Bas, des pays allemands, et même, plus tard, des États-Unis et de l’Afrique du Sud en menant la révolution industrielle …hors du territoire français.

C’est sûr que ces vérités historiques ont du mal à être présentées dans une France frileuse et inquiète, surtout à quelques mois d’élections régionales dont le Front national voudrait faire un test préprésidentiel. Il a fallu l’audace et le courage humaniste d’Angela Merkel pour que François Hollande commençât timidement à esquisser une petite réaction face à la détresse de tous ces réfugiés. Au point de singer la Chancelière allemande.

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Angela Merkel était en effet allée le 10 septembre 2015 à la rencontre des réfugiés arrivés en Allemagne. Elle fut acclamée par la plupart des réfugiés qui l’ont appelée (comme la presse allemande depuis plusieurs années) "Mama Merkel" ! La spontanéité du peuple allemand, venu leur offrir des cadeaux, les accueillant avec une grande chaleur humaine, rappelait l’arrivée des Allemands de l’Est pouvant enfin se rendre à l’Ouest. Une génération est passée, pas la générosité.

C’est dans ce même esprit que François Hollande s’est senti obligé d’aller, lui aussi, à la rencontre des réfugiés en région parisienne ce samedi 12 septembre 2015. L’absence de communication de l’Élysée a empêché la presse d’y être présente (peur d’avoir des incidents ?) mais les images que la Présidence de la République a fournies ont montré évidemment beaucoup moins de ferveur et d’enthousiasme.


Pas de "grand remplacement"

Ce fut le 9 septembre 2015 que les premiers réfugiés syriens sont arrivés en France. Ils avaient été pris en charge à Munich dans des cars affrétés par la France. Or, les témoignages ont afflué pour expliquer que les réfugiés n’avaient pas du tout l’intention de venir en France et préféraient rester en Allemagne, nouvel eldorado économique sur le continent. Car les réfugiés ne sont plus des entités abstraites dont on pourrait parler sans connaissance de cause. Ils sont maintenant près des rédactions des journaux et ceux-ci ne se privent pas de les interroger, de comprendre leurs motivations, leurs sentiments.

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Un jeune homme de 23 ans a même lâché : « Nos parents ont été choqués de savoir qu’on était en France. ». C’est clair, s’ils avaient le choix, la plupart des réfugiés ne voudraient pas aller en France mais rester en Allemagne ou traverser la Manche pour atteindre la Grande-Bretagne (d’où le camp de rétention à Calais). C’est presque une gifle pour la France. Certains sont évidemment plus pragmatiques et se disent en substance : nous voulions l’Allemagne et puis, finalement, c’est la France, pourquoi pas ?

Cet état d’esprit très majoritaire montre à l’évidence que toutes les Cassandre de malheur qui ont le toupet de parler en France de "grand remplacement" ou même d’une "invasion" à propos de l’arrivée massive de ces réfugiés se trompent complètement. Non, la France n’est pas attractive …même pour les réfugiés ! Ils ne cherchent pas à bénéficier de la sécurité sociale, de la CMU et d’autres prestations sociales. Non, ils ne veulent pas aller en France ! Ils veulent juste sauver leur peau et celle de leurs proches !

La xénophobie amplifiée ces derniers jours, qui dit bien ce qu’elle dit, à savoir (en grec), la PEUR des étrangers, est totalement déraisonnable et ne se fie à aucune réalité. Seulement un mythe de croire que la France ne sera plus la France. Mais justement, la France ne sera plus la France si elle est égoïste, indifférente à la détresse du monde, refusant d’aider quand elle le peut, repliée sur elle-même, aigrie, réduite à se refermer.

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C’est pour cela que le dessin de Plantu paru dans "Le Monde" le 9 septembre 2015 m’a semblé excellent. Il met en action des salariés visiblement syndiqués qui s’accrochent à un code du travail manifestement trop lourd pour permettre des embauches massives lorsque des secteurs économiques le permettent, tout en regardant d’un œil plein de réticence des réfugiés arriver sans revendication sociale, si ce n’est de pouvoir encore vivre, ce qu’ils ne peuvent plus faire dans leur pays.


De nouveaux ambassadeurs de la France et de l’Europe ?

L’intérêt de la France, c’est évidemment de les accueillir, et de les accueillir chaleureusement. Comment imaginer le sentiment d’un réfugié qui arrive dans un pays qui l’accueille ? Le premier pays, on lui offre des petits cadeaux, de grandes banderoles honorent sa venue. Il a envie d’être reconnaissant, il sera prêt à travailler pour ce pays, à l’aider même s’il retourne dans son pays d’origine une fois que la stabilité politique y est retrouvée. Et puis comparons avec le second pays, qui a mis du temps à comprendre l’urgence humanitaire, qui va l’accueillir sur le bout des lèvres, parfois avec des actes xénophobes (exemple flagrant en Hongrie) et qui va se sentir intrus, gêné, rejeté. Quelle va être son impression ? Une rancœur, et en tout cas, aucune volonté de sentir son destin associé à celui de ce pays.

Cela explique que la France ne doit pas hésiter. Les réfugiés sont là, de toute façon. Ils continueront à arriver quelles que soient les décisions en Europe parce qu’ils se font massacrer dans leur pays. Il n’y aura pas d’appel d’air, les turbulences sont déjà là. Il faut donc les accueillir pour que, d’une véritable catastrophe humanitaire, cela devienne un atout humain et économique historique. C’est cela qu’Angela Merkel a compris, comme Helmut Kohl avait compris qu’il faillait faire très rapidement la Réunification sous peine de rater cette petite fenêtre de l’Histoire qui s’ouvrait, pas seulement politiquement mais aussi économiquement avec la parité du mark.

Invité de France Inter le 11 septembre 2015, l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, universitaire français d’origine égyptienne spécialiste des troubles des personnes déracinées, expliquait que le modèle d’assimilation ne fonctionnait plus et remontait à la IIIe République pour intégrer dans la communauté nationale des "étrangers de l’intérieur" comme les Bretons. D’une part, parce que l’assimilation n’est que superficielle. Par exemple, un vieil homme qui a eu un accident vasculaire cérébral, s’est réveillé incapable de parler français et ne parlait plus que son breton d’origine. D’autre part, parce que les réfugiés d’aujourd’hui (sans différence sur l’économique ou le politique, on ne quitte pas son pays sans raison vitale) ne sont plus coupés de leur pays d’origine, comme au début du XXe siècle, grâce à Internet, au téléphone, aux moyens de transports.

Pour Tobie Nathan, la meilleure approche de considération des réfugiés, c’est d’en faire des ambassadeurs. Il a cité en exemple un balayeur sénégalais qui était venu en France avec son fils. Il est devenu balayeur mais il était le fils du chef de son village d’origine royale, il était lui-même futur roi, tandis que les gens autour de lui ne voyaient en lui qu’un pauvre balayeur…


Accueillir aujourd’hui, c’est fleurir demain

En France, très divisée et devenue de plus en plus binaire (entre les "bons" et les "mauvais", chaque camp plaçant l’autre dans les "mauvais"), il a été difficile de prendre la mesure de cette chance historique. Alors répétons-le : les réfugiés se moquent de nos prestations sociales car ils ne voulaient pas, à l’origine, venir en France. Non, les réfugiés ne sont pas un fardeau si l’on est capable de comprendre qu’ils ont, eux aussi, des compétences, de l’expérience, du talent qu’ils seront d’autant plus heureux d’apporter à la France que la France les aura accueillis avec respect et honneur.

Si l’accueil des réfugiés est un devoir humanitaire qui se suffit à lui-même, il est aussi de l’intérêt de l’Europe de montrer d’une part, qu’il n’existe pas de choc de civilisation et que des pays chrétiens peuvent venir en aide à des musulmans opprimés, d’autre part, que ces réfugiés pourraient jouer un rôle moteur dans la renaissance d’une Europe tellement vieillissante que beaucoup de ses citoyens ne croient plus en leur identité ni en leur avenir.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 septembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Fausses peurs et vrais défis.
La révocation de l’Édit de Nantes.
Angela Merkel.
François Hollande.
Jean-Claude Juncker.
Le coq devenu hérisson ?
Sauvez l’âme française (Koztoujours, le 3 septembre 2015).
Que sommes-nous devenus ? (Christian Schoettl, le 31 août 2015).
L'humanité échouée.
L'exemple allemand.
Aylan invité au Conseil de sécurité de l'ONU.
Lettre de Mgr Saliège le 23 août 1942 sur la personne humaine (texte intégral).
Les Français sont-ils vraiment eurosceptiques ?
Chaque vie humaine compte.
Rouge de honte.
Les drames de Lampedusa.
L’Europe doit faire quelque chose.
L’humain d’abord.
L’immigration en Hollandie.
Une chance pour l‘Europe.
Les valeurs de la République.
Le gaullisme, c’est d’abord des valeurs.
Valeurs républicaines et patriotisme.

_yartiRefugies2015D04


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150915-refugies-2015D.html

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/fausses-peurs-et-vrais-defis-171817

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/09/15/32626467.html


 

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