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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 22:17

Né le 18 juillet 1925 à Munich, Friedrich Zimmermann fut un homme politique bavarois très précoce. Après quelques proximités avec la NSADP (entre 18 et 20 ans), il a rejoint la CSU (centre droit bavarois) à 23 ans et est devenu son secrétaire général en 1956 (à 31 ans). Fonctionnaire de Bavière puis avocat, il fut élu député au Bundestag de 1957 à 1990 et fit partie pendant de nombreuses années du staff de Franz Josef Strauf, le redoutable président de la CSU. Friedrich Zimmermann participa à la coalition CDU-CSU-FDP qui fit chuter Helmut Schmidt au profit d'Helmut Kohl. Il fut nommé Ministre de l'Intérieur du 4 octobre 1982 au 21 avril 1989 puis Ministre des Transports du 21 avril 1989 au 18 janvier 1991. Le 21 avril 1989, son successeur à l'Intérieur fut Wolfgang Schäuble, l'actuel Ministre des Finances d'Angela Merkel. Il ne s'était pas représenté aux élections législatives du 2 décembre 1990 (premières élections de la réunification) et quitta à la vie politique active lors de la formation du nouveau gouvernement le 18 janvier 1991.

SR

 

 

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 15:43

Né le 3 septembre 1931 dans le Hainaut (en Belgique), Guy Spitaels fut docteur en droit et professeur dans plusieurs établissements universitaires. Militant socialiste wallon, il fut un président du parti socialiste belge très influent de 1981 au 1992, amenant les socialistes à une vision gestionnaire du gouvernement. Il présida la région wallon (ministre-président) du 7 janvier 1992 au 25 janvier 1994. Il a dû renoncer à sa carrière politique à cause de son implication dans l'affaire Agusta. Il est mort tôt le matin du 21 août 2012 d'une tumeur au cerveau. Ses successeurs à la tête du parti socialiste belge furent Philippe Busquin et Elio Di Rupo, l'actuel Premier Ministre belge.

Sur la vie politique belge, lire :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-19908352.html


SR

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 07:27

Soutenu par une coalition historique (Nouvelle démocratie et Pasok), Antonis Samaras devient le 185e Premier Ministre de la Grèce à la suite d’une succession de gouvernements instables et peu démocratiques. L’avenir du pays n’est certes pas tout rose… mais il est moins noir que ce que l’Union Européenne craignait. Petit retour sur l’histoire politique récente de la Grèce.


yartiSamaras01L’un des événements clefs de ce mois, entre autres, ce sont les élections législatives en Grèce. Elles se sont déroulées le 17 juin 2012. En fait, les Grecs n’en finissent pas de voter. Il faut reprendre à il y a au moins trois ans. Ou un peu plus.

Le gouvernement grec était alors dirigé par Kostas Caramanlis, du centre droit (le parti "Nouvelle démocratie"), depuis le 10 mars 2004, après sa victoire aux élections législatives. Il avait gagné sur le Premier Ministre sortant, Kostas Simitis, socialiste du Pasok, au pouvoir depuis le 22 janvier 1996 (son parti au pouvoir depuis le 13 octobre 1993 avec le retour d’Andréas Papandréou, vieux et malade, qui a démissionné cinq mois avant de mourir).

Kostas Simitis était en particulier contesté au sein de son parti car son rival, Giorgios Papandréou (le fils d’Andréas et petit-fils d’un grand homme d’État de la Grèce moderne), qui a pris la tête du Pasok le 7 janvier 2004, mais a perdu les élections législatives deux mois plus tard. Giorgios Papandréou avait proposé un référendum pour ratifier le Traité de Lisbonne en juin 2008.

Neveu d’un autre acteur historique de l’après-guerre, Konstantin Caramanlis (qui fut Premier Ministre et Président de la République plusieurs fois), Kostas Caramanlis fut aussi le plus jeune à diriger un gouvernement grec, à 47 ans (en France, il y a eu Laurent Fabius, 37ans).

Kostas Caramanlis arriva au pouvoir juste avant les jeux olympiques d’Athènes dans un contexte économique déplorable (chômage à plus de 11%). Il fut réélu le 16 septembre 2007 à la suite d’élections anticipées (il a dissout le parlement le 16 août 2007 à la suite d’une série d’incendies meurtriers qui a profondément touché la population).

Malgré un retour à la croissance et une réduction des déficits publics, son gouvernement ne réforma pas suffisamment l’État. Le 6 décembre 2008, des émeutes se sont déclenchées après la mort d’un adolescent de 15 ans par un policier.

Le climat politique devenant très difficile avec un chômage des jeunes très élevé, et pour avoir les mains libres pour réformer le pays, Kostas Caramanlis anticipa de nouvelles élections législatives qui ont eu lieu le 4 octobre 2009. Ce fut l’échec pour Nouvelle démocratie avec seulement 33,5% des voix. Le nombre de sièges acquis par son parti s’effondra à 91 (-60).

Avec 43,9% des voix, le Pasok en sortit largement gagnant avec 160 sièges (+58) sur 300 et son nouveau leader Giorgios Papandréou prit la tête du gouvernement le 6 octobre 2009. Il avait déjà été ministre dès l’âge de 36 ans dans un gouvernement de son père.

Sa décision la plus marquante fut de rendre les comptes publics moins opaques en présentant les vrais résultats, masqués par les gouvernements précédents, et ils étaient catastrophiques : le déficit public a atteint 13% du PIB pour 2009. Ces nouvelles informations furent vérifiées et confirmées par la Commission européenne.

Giorgios Papandréou a donc dû renoncer au programme socialiste sur lequel il a été élu pour appliquer une politique très dure d’austérité et réduire le déficit abyssal : réduction de la rémunération des fonctionnaires, allongement de l’âge de la retraite à 65 ans, augmentation de la TVA, création de nouveaux impôts etc. avec pour but de ramener le déficit en dessous de 3% du PIB en 2014.

La crise de la dette souveraine a commencé en début mai 2010 et n’est toujours pas résolue. Pays de la zone euro, la Grèce, par son déficit et sa nécessité d’emprunter, mettait alors en péril la monnaie unique. C’est sous le gouvernement socialo-communiste de Lionel Jospin en France et social-démocrate de Gerhard Schröder en Allemagne que l’Union Européenne avait souhaité intégrer la Grèce dans la zone euro, pour des raisons plus politiques que financières. Aujourd’hui, la situation est ce qu’elle est, ce fut une erreur mais revenir en arrière ne résoudra rien.

Des centaines de milliards furent trouvés avec les partenaires européens au fils des sommets européens "de la dernière chance" pendant ces deux dernières années. Le 15 juin 2011, la population grecque manifesta en masse contre les mesures d’austérité et contre ce qu’elle appellait le diktat de la Commission européenne et du FMI.

Pourtant, au contraire, ce fut grâce à l’Europe et au FMI que la Grèce a évité (plusieurs fois) la cessation de paiement. Les responsables de ce désastre financier sont d’abord les gouvernements grecs successifs qui ont toujours refusé de voir la réalité et ont continué à recruter des fonctionnaires et à pratiquer à la fuite en avant des finances publiques par un surendettement excessif.

Giorgios Papandréou souhaita alors former un gouvernement de coalition en incluant aussi le centre droit de Nouvelle démocratie, mais ce dernier refusa de s’impliquer dans une politique très impopulaire. Le 17 juin 2011, Giorgios Papandréou lâcha le Ministre des Finances très contesté, Giorgos Papakonstantinou, et le remplaça par son principal et imposant rival, Evangelos Venizelos (qui lui avait disputé la direction du Pasok quelques années auparavant).

Mais tous les efforts de l’Eurogroupe qui était parvenu à un accord d’aide à la Grèce le 26 octobre 2011 furent consumés lorsque Giorgios Papandréou, sans avertir ses partenaires européens, décida d’organiser un référendum le 31 octobre 2011.  Le principe d’aller aux urnes était noble et démocratique mais très risqué d’un point de vue financier.

Giorgios Papandréou était dans une situation intenable : à la fois dépositaire d’un programme socialiste qui l’avait porté au pouvoir deux ans avant, comprenant les aspirations du peuple, et lucide sur la situation financière désastreuse et prenant ses responsabilités pour ne pas mettre son pays en faillite. Un grand écart dans l’impuissance.

Sous la pression de l’Union européenne, il renonça au référendum, obtint la confiance des parlementaires le 4 novembre 2011 et démissionna le 10 novembre 2011 au profit d’un gouvernement technique avec l’accord de l’opposition (dirigée par Antonis Samaras) et dirigé par l’universitaire Loukas Papadémos qui fut le gouverneur de la Banque de Grèce (1994-2002) puis le vice-président de la Banque centrale européenne (2002-2010).

Non seulement ce gouvernement fut composé de membres du Pasok et de Nouvelle démocratie, mais aussi d’autres partis du Parlement, notamment un d’extrême droite, l’Alliance populaire orthodoxe (15 sièges), ce qui fut sans précédent depuis la fin du régime des colonels.

Entre le 10 novembre 2011 et ce 20 juin 2012, le gouvernement grec n’a eu aucune légitimité démocratique. Ce changement aussi important de direction dans les affaires nationales s’est réalisé sans l’aval populaire. Ce fut le cas aussi quelques jours plus tard avec la nomination de l’universitaire et ancien commissaire européen Mario Monti à la tête du gouvernement italien le 16 novembre 2011 pour succéder à Silvio Berlusconi qui a dû démissionner à la suite d’une perte de confiance d’une partie de sa majorité.

Ce fut donc logique que le peuple grec se sentît à la fois frustré et trahi par les "gouvernants" devenus plus des "administrateurs" que des politiques pour leurs administrés.

Evangelos Venizelos quitta le Ministère des Finances trois jours après s’être emparé du leadership du Pasok le 18 mars 2012, afin de mener son parti à des élections législatives une nouvelle fois anticipées, mais pour cette fois, ces élections étaient absolument nécessaires en raison du grand écart pris avec la majorité socialiste.

Les élections du 6 mai 2012 furent un désastre électoral pour les deux partis de gouvernement. Le Pasok perdit 109 sièges avec 52 élus seulement (13,7% des voix) et se retrouva en troisième place. Si Nouvelle démocratie est parvenue à gagner 17 sièges avec 108 élus et s’est placée au premier rang électoral avec 36,0%, il lui fut impossible de constituer une majorité même en coalition avec le Pasok car celle-ci ne regrouperait que 149 députés sur 300.

Le vrai gagnant de ces élections fut le parti de la gauche radicale (Syriza) du jeune Alexis Tsipras (il aura bientôt 38 ans), le "Mélenchon grec", qui s’est hissé à la deuxième place avec 17,3% des voix et 52 sièges (soit un gain de 39 par rapport à 2009 où il avait recueilli 4,6% des voix).

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Le Pasok fut donc lourdement sanctionné mais l’Alliance populaire orthodoxe également qui a perdu tous ses sièges pour avoir participé au gouvernement Papadémos. Un parti ouvertement néo-nazi (son logo ne laisse aucun doute), Aube dorée, a même fait son entrée au Parlement avec 21 sièges et 7,0% des voix. Son président Nikolaos Michaloliakos n’a pas hésité à menacer : « L’heure de la peur a sonné pour les traîtres à la patrie. ».

Evangelos Venizelos, le leader du Pasok, fut d’abord chargé par le Président grec Karolos Papoulias de former un nouveau gouvernement. Après son échec, Alexis Tsipras fut lui aussi chargé de cette mission. En raison de l’émiettement des contestataires au sein du Parlement, il échoua également dans cette tentative et la dissolution fut prononcée.

En attendant, le président du Conseil d’État, Panagiotis Pikramménos, fut nommé Premier Ministre le 16 mai 2012 pour assurer les affaires courantes.

Les nouvelles élections législatives se sont déroulées le 17 juin 2012, le même jour que les élections législatives françaises et l’élection présidentielle égyptienne.

Pour le Pasok, ce fut la confirmation qu’il n’est plus le parti principal de la gauche en Grèce, perdant encore 8 sièges avec seulement 33 députés élus et 12,3% des voix. Le principal mouvement de gauche est désormais la coalition de la gauche radicale dirigée par Alexis Tsipras (Syriza) qui a progressé encore de 19 sièges avec 71 députés élus et surtout 26,9% des voix (il est passé ainsi en deux ans et demi de 4,6% à 26,9% et a laminé le parti communiste de Grèce qui s’est effondré de 8,5% à 4,5% en un mois !).

Aube dorée (parti néonazi) a confirmé son ancrage dans le paysage électoral grec avec 6,9% des voix et 18 sièges (il est le cinquième parti de Grèce).

Le véritable gagnant est Nouvelle démocratie qui a regagné petit à petit le terrain avec 29,7% des voix et 129 sièges (soit 21 de plus qu’en mai). Les 3% de différence avec Syriza lui a permis d'empocher la prime majoritaire (50 sièges). Ce fut donc très logique que le nouveau gouvernement soit maintenant dirigé par le centre droit.

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Le choix fut assez clair de privilégier la politique de rigueur et de maintien dans la zone euro par la mise en place d’une coalition composée de Nouvelle démocratie et du Pasok qui, à eux deux, détiennent 162 sièges, soit plus que la majorité absolue (151).

À 61 ans, Antonis Samaras, président de Nouvelle démocratie depuis le 30 novembre 2009, à la suite de l’échec électoral de Kostas Caramanlis et de sa victoire interne contre Dora Bakoyanni, a donc été nommé Premier Ministre ce 20 juin 2012 et a prêté serment devant le Président de la République.

La formation de son gouvernement, plus problématique qu’en France (Ayrault II a été nommé le 21 juin 2012), achève une période d’incertitude politique grave non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Union Européenne.

Elle termine aussi une violation manifeste de la conception démocratique d’un gouvernement qui n’avait pas fait ce pour quoi le Parlement avait été élu.

Partisan des eurobonds, Antonis Samaras avait été Ministre des Finances en 1989, puis des Affaires étrangères de 1990 à 1992 avant de revenir dans le gouvernement de Kostas Caramanlis en 2009 à la Culture. Entre temps, en dissension avec Nouvelle démocratie, il avait quitté ce parti, créé un autre et finalement, était revenu au bercail.

Interviewé par "Paris Match" le 21 juin 2012, Antonis Samaras, qui était paradoxalement plus ou moins soutenu par le Président François Hollande (« Sur les mesures sociales et économiques, je pense que mon programme et celui de M. Hollande sont assez proches. »), n’a pas hésité à exprimer sa confiance en la France : « La Grèce sait qu’elle peut compter sur le soutien de la France, notamment pour discuter de politique européenne. ».

Le nouveau Premier Ministre grec n’a pas caché non plus sa grande joie d’avoir été compris de ses concitoyens : « Ce vote historique marque une étape cruciale : le peuple grec a montré qu’il choisissait l’Europe, qu’il acceptait les efforts pour rester dans l’euro. C’est un acte d’adhésion à l’unité européenne et à la stabilité. C’est aussi le signe que les Grecs, malgré les problèmes, font face à leurs responsabilités. Le peuple souffre dans des proportions inimaginables. Notre élection montre aussi qu’il va y avoir une lumière au bout du tunnel. ».

À noter que le nouveau Ministre grec des Finances, nommé le 21 juin 2012, est un banquier proche du Pasok et s’appelle …Vassilis Rapanos.

L’épreuve du feu sera pour le prochain sommet européen, dans quelques jours.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 juin 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Mauvaise Grèce ?
La construction européenne.
La croissance selon la BCE.
Les eurobonds.
Les premières émeutes à Athènes, en décembre 2008.
La victoire du Pasok le 4 octobre 2009.
Chronologie de la crise grecque (mai 2010).
La nomination de Papadémos (10 novembre 2011).

(Schémas provenant de Wikipédia).

 
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http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/samaras-la-grece-gouvernee-enfin-118918

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 15:56

Coincé entre le 8 mai et la fête de l'abolition de l'esclavage le 10 mai, dans le plus grand silence médiatique, le 9 mai est pourtant la fête de l'Europe, 2012 est une année cruciale dans la construction européenne avec une crise qui n'en finit pas et qui pourrait voir la zone euro se découdre par le versant grec dont les élections législatives du 6 mai 2012 ont rendu encore plus compliqué tout accord. Trois jours après son élection, François Hollande est en train de préparer son quinquennat tandis que le gouvernement de François Fillon, nommé Premier Ministre il y a cinq ans (le plus long après Georges Pompidou), réuni en conseil des ministres ce mercredi 9 mai 2012 matin, démissionnera le 10 mai 2012.

SR

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 06:24

La coquille vide du "pacte de croissance" a fait son chemin en Europe. François Hollande pourrait s’en réjouir, mais il reste toujours une incompatibilité entre les objectifs budgétaires affichés et un croissance qui creuserait les déficits.


yartiDraghi01Tout n’est qu’une question de ressenti dans l’information. Celle sur le pacte de croissance proposé par François Hollande est éloquente.

Voici encore une démonstration que les médias français ont définitivement abandonné le Président sortant et s’en remettent désormais à leur allégeance pour son concurrent.

Pour preuve supplémentaire, le titre d’une dépêche de l’AFP reprise intégralement ou en substance par la plupart des journaux : « Draghi donne des arguments à Hollande en prônant un pacte de croissance ».

La dépêche faisait référence aux déclarations de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, le 25 avril 2012 lors d’une audition au Parlement européen à Bruxelles.

Il disait en particulier : « Nous avons un pacte budgétaire (…), nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance » et de détailler ce qu’il entendait par "pacte de croissance" : il faut « faciliter l’entreprenariat, l’établissement de nouvelles entreprises et la création d’emplois. Là, les gouvernements devraient être plus ambitieux. ».

Et il a ajouté : « Nous avons besoin de croissance, de croissance sous forme d’initiatives pérennes, pas juste de programmes de conjoncture, qui creuseraient encore la dette publique, mais de croissance, sous forme de réformes structurelles. ».

Saisissant au bond, le candidat socialiste François Hollande en a profité pour saluer ces déclarations dans sa conférence de presse du 25 avril 2012 : le fait que « le pacte budgétaire devait être complété par un pacte de croissance » et que Mario Draghi « a ajouté même qu’il serait utile de revenir en arrière et de donner la priorité à l’éducation, la recherche, les grandes infrastructures ».

Pourtant, la dépêche de l’AFP était assez claire : « Les effets néfastes sur la croissance ont ravivé en Europe le débat sur le bien-fondé de l’austérité mais M. Draghi a justifié les sacrifices de court terme par l’objectif d’arriver à une économie plus compétitive. ».

Or, cette réflexion était exactement le discours de François Bayrou, celui de dire que tant qu’il n’y a pas eu d’assainissement des comptes publics, il n’y aura aucune possibilité de croissance durable. Et ce n’est pas du tout le discours que tient François Hollande qui sombre dans les vieilles ficelles de la relance par la demande, or, la demande ne pourrait que doper la consommation et donc creuser le déficit du commerce extérieur si la gouvernement ne s’attaquait pas à réimplanter la production en France.

Visiblement, l’expression "pacte de croissance" est une belle vitrine qui ne signifie rien si l’on ne pose pas clairement ce qu’on veut y mettre.

Dans sa chronique du 26 avril 2012, le journaliste Daniel Schneidermann l’a bien remarqué : « Bombe de gauche, bombe de droite ? Parce qu’il y a deux recettes de croissance possibles. Recette de gauche (investissements publics, relance, ou même, soyons fous, création monétaire) et recette de droite (flexibilité, exercice de yoga, ou Dieu sait comment on l’appelle, du marché du travail). Qu’a voulu dire Draghi ? Personne ne sait. (…) Ni ce qu’il a voulu dire, ni pourquoi il l’a dit maintenant (coup de pouce anticipé de bienvenue à Hollande ? Situation de l’Espagne ? Crise gouvernementale aux Pays-Bas ?) ».

Pourtant, l’idée est très claire puisque Mario Draghi a parlé de renforcer la compétitivité des entreprises européennes.

D’ailleurs, François Hollande a bien été obligé de reconnaître le 26 avril 2012 sur France Info que les mesures prônées par Mario Draghi n’étaient pas les siennes même si le fait de vouloir accompagner la rigueur budgétaire par des mesures pour favoriser la croissance correspondait à ce qu’il clamait depuis plusieurs semaines.

Et finalement, bien que pas encore élu (peut-être jamais bien que favori), François Hollande peut se satisfaire d’avoir fait bouger les lignes en Europe.

En effet, au cours d’un colloque de chefs d’entreprise à Bruxelles, Mario Monti, le chef du gouvernement italien, en a clairement accepté l’idée le 26 avril 2012 : « Sans demande, la croissance ne se matérialisera pas. Toutes les réformes que nous mettons actuellement en place sont déflationnistes. ».

Le même jour, c’est Elio Di Rupo, le Premier Ministre belge, qui l’a également affirmé : « Je plaide pour un pacte européen sur la croissance. ».

Même Hermann Van Rompuy, récemment reconduit à la Présidence du Conseil européen, a admis que la croissance était « la première priorité des dirigeants européens » et voudrait même planifier une réunion informelle sur le sujet d’ici deux mois, selon l’agence Reuters.

Mais tout cela n’est que jeu de mots, car Mario Monti et Hermann Van Rompuy ont rejeté, comme Mario Draghi, toute relance classique. Mario Monti : « Nous rejetons les vieilles politiques consistant à fabriquer de la croissance en creusant les déficits (…) et des croissances sans lendemain. » ce que propose justement François Hollande avec le recrutement de 60 000 fonctionnaires par exemple ; Hermann Van Rompuy : « Les réformes structurelles (…) feront la différence avec le temps. (…) Nous devons dire la vérité. Il n’y a pas de formule magique, les réformes prennent du temps et il en est de même pour leur impact sur l’emploi et la croissance. ».

Qu’en penser de tout cela ?

Que les évidences s’énoncent avec une connotation électorale particulière en France. C’est évident que la croissance est l’objectif de tout gouvernement responsable, mais un croissance saine qui ne joue pas sur le surendettement des États.

L’Allemagne, la plus orthodoxe des Européens, refusent toute relance qui affolerait les marchés et ferait renaître la crise des dettes souveraines.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui soutenait les propos de Mario Draghi, a d’ailleurs précisé : « Les charges salariales ne doivent pas être trop élevées, les barrières sur le marché du travail doivent être basses, afin que chacun puisse trouver un emploi. ». Ce qui serait le chemin inverse si François Hollande venait au pouvoir et remettrait en cause la réforme des retraites, ce qui nécessiterait une augmentation mécanique des charges salariales et il y aurait de nombreuses concessions aux partisans communistes de Jean-Luc Mélenchon.

Il est clair que toutes ces déclarations européennes ne visent pas à conforter François Hollande mais surtout à anticiper son éventuelle élection pour éviter toute paralysie dans les instances européennes.

François Hollande peut donc être content d’avoir fait bouger quelques lignes, mais sur le fond, son programme économique va à l’encontre de ce qui est prôné par la plupart des chefs de gouvernement de la zone euro : pas de croissance qui creuserait les déficits !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 avril 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’euro.
Herman Van Rompuy.
L’Europe.
Les propositions sur la croissance de l'Institut Montaigne (document intégral).

yartiDraghi02

 

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/la-draghi-haute-tenue-aux-115611

 

 

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 07:09

Défrichant un nouveau poste, sans envergure personnelle mais avec une solide dose d’écoute et de consensus, Herman Van Rompuy a fait ses preuves dans la gestion de la crise financière depuis deux ans. Il est pourtant le symbole du terrible déficit démocratique des institutions européennes. Bien malgré lui.


yartiHVR01« L’immobilisme est en marche, rien ne pourra l’arrêter ! ». Cette formule d’Edgar Faure lancée à propos du radical corrézien Henri Queuille (chef du gouvernement sous la IVe République), dont s’est réclamé le candidat François Hollande le 27 février 2012 sur TF1, pourrait aller parfaitement à Herman Van Rompuy.


Reconduction

Nommé le 19 novembre 2009 par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne pour inaugurer la nouvelle fonction de Président du Conseil européen (issue du Traité de Lisbonne), l’ancien Premier Ministre belge Herman Van Rompuy (64 ans) vient d’être reconduit pour un second mandat de deux ans et demi. : « C’est un privilège de servir l’Europe dans des périodes si décisives. C’est aussi une grande responsabilité. ».

La décision a été prise dès le début du nouveau Sommet de Bruxelles, ce jeudi 1er mars 2012 dans la soirée avant de s’attaquer à la signature du nouveau Traité européen.

Herman Van Rompuy a été par ailleurs désigné pour présider toutes les réunions du groupe de la zone euro (dix-sept des vingt-huit pays de l’Union Européenne). En principe, il y a quatre sommets européens et deux sommets de la zone euro par an mais les derniers mois ont montré une accélération des "sommets de crise" et "sommets de la dernière chance".


Un drôle de bonhomme

Lorsqu’il s’occupait de la vie politique belge, Herman Van Rompuy était régulièrement caricaturé en professeur Tournesol. Un savant capable de sourire de lui-même, grand amateur de haïkus : « La concision du haïku m’offre l’opportunité d’en revenir à l’essentiel de la parole en disant bien des choses en si peu d’espace. ». Comme cette autodérision toute personnelle qui pourrait s’appliquer à beaucoup de monde : « Cheveux dans le vent, le vent rattrape les années, partis les cheveux… ».

Au prix d’une crise politique en Belgique qui a surpassé le record mondial, la France et l’Allemagne s’étaient mis d’accord pour nommer cette personnalité peu médiatique, peu connue du grand public, sans leadership, et donc, ne faisant de l’ombre à aucun chef d’État ou de gouvernement, mais rompu à la diplomatie et aux discussions les plus difficiles. Parmi les personnalités écartées, il y a eu le Premier Ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker ainsi que l’ancien Premier Ministre britannique Tony Blair, tous les deux des personnalités un peu trop encombrantes.

L’air à la fois austère et distrait, vivant probablement sur une autre planète, tout en mystère, il a montré pourtant des qualités exceptionnelles de négociateur et de stratège pour faire aboutir des projets bien concrets : « J’ai utilisé les qualités dont dispose un homme politique belge : la capacité d’écoute, le respect de l’autre et le sens du compromis. ». Une culture du consensus qui manque beaucoup à la classe politique française.


Un élaborateur de solutions collectives

Alors, immobilisme ? Peut-être pas, donc, mais plutôt continuité dans la discrétion d’un travail consciencieux.

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la crise des dettes souveraines qui a ballotté l’Union Européenne et la Grèce depuis mai 2010 (quasiment depuis le début de son mandat) a d’abord été gérée par lui et pas par le couple franco-allemand. Au contraire, c’est lui qui a cherché à réconcilier Angela Merkel et Nicolas Sarkozy dont les relations étaient à l’origine très tendues. C’est lui aussi qui a dû faire accepter aux autres pays ce nouveau leadership franco-allemand.


Faisons le pari de la démocratie européenne

Que dire de cette reconduction ? Une reconduction sans discussion, presque allant d’office. Aucun autre candidat à la succession. C’est de cela que pâtit d’abord la construction européenne : la manque flagrant de démocratie. Herman Van Rompuy n’a jamais voulu égaler les chefs d’État, il ne veut qu’être un animateur, un modérateur, un coordinateur entre les différents partenaires européens. Son humilité le place plus dans le rôle d’un super-fonctionnaire que d’un homme politique.

Pourtant, avec la création de sa fonction, l’institution est née et elle sera utile pour rendre l’Europe plus démocratique. Il suffit simplement de rendre le pouvoir aux citoyens, de faire élire le prochain Président du Conseil européen au suffrage universel. Pour juin 2014. En même temps que les élections européennes.

Faudra-t-il que ce soit avec un suffrage direct au risque de tomber dans la perversité people de l’élection présidentielle française ? ou s’en remettre à des représentants dûment choisis par les citoyens européens, soit les députés européens actuels, soit des délégués spécifiquement élus à cette occasion, avec une représentativité savamment étudiée des pays, des populations et des territoires, un peu à l’instar de l’élection présidentielle américaine ?

Puisque le débat est désormais européen, puisque la souveraineté est nécessairement européenne, avec l’évidence d’une gouvernance européenne pour rendre cohérente la politique monétaire, allons jusqu’au bout, rendons le pouvoir aux citoyens européens, laissons-les choisir réellement les plus hauts responsables européens.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 mars 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Herman Van Rompuy désigné à la tête de l’Europe le 19 novembre 2009.
Vous avez dit Europe ?
L’amitié franco-allemande.
Jean-Claude Juncker.
Crise belge.
Crise européenne.
 

yartiHVR02 

 

  http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/la-reconduction-administrative-du-111637

 

 

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 06:03

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Qui a voté pour, qui a voté contre le Mécanisme Européen de Stabilité à l'Assemblée Nationale le 21 février 2012 ?



Analyse du scrutin n° 861 - Première séance du 21/02/2012

Scrutin public sur
l'ensemble du projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité.

Nombre de votants : 438
Nombre de suffrages exprimés : 305
Majorité absolue : 153
Pour l'adoption : 261
Contre : 44

L'Assemblée nationale a adopté.

Groupe Union pour un Mouvement Populaire (305)

Pour: 250

MM. Yves Albarello, Alfred Almont, Jean-Paul Anciaux, Mme Edwige Antier, M. Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre-Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mmes Brigitte Barèges, Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jacques Alain Bénisti, Éric Berdoati, Jean-Louis Bernard, Jean-Yves Besselat, Jérôme Bignon, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Émile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Joseph Bossé, Jean-Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Bruno Bourg-Broc, Mme Chantal Bourragué, M. Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, M. Xavier Breton, Mme Françoise Briand, MM. Philippe Briand, Yves Bur, Dominique Bussereau, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, Bernard Carayon, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud, MM. Yves Censi, Gérard Cherpion, Jean-Louis Christ, Dino Cinieri, Éric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean-François Copé, Alain Cousin, Jean-Yves Cousin, Jean-Michel Couve, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Rémi Delatte, Richard Dell'Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Éric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Mme Cécile Dumoulin, MM. Jean-Pierre Dupont, Paul Durieu, Christian Estrosi, Gilles d' Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Jean-Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean-Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie-Louise Fort, MM. Jean-Michel Fourgous, Marc Francina, Yves Fromion, Sauveur Gandolfi-Scheit, Jean-Paul Garraud, Gérard Gaudron, Jean-Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Jean-Pierre Giran, Didier Gonzales, Jean-Pierre Gorges, François Goulard, Michel Grall, Jean Grenet, Mme Anne Grommerch, M. Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Jean-Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Yves Jego, Mme Maryse Joissains-Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Patrick Labaune, Mme Fabienne Labrette-Ménager, M. Jacques Lamblin, Mme Marguerite Lamour, MM. Jean-François Lamour, Raymond Lancelin, Pierre Lang, Mme Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Jean-Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean-Louis Léonard, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, M. Gérard Lorgeoux, Mme Gabrielle Louis-Carabin, MM. Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean-François Mancel, Mme Christine Marin, MM. Hervé Mariton, Alain Marleix, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jean-Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Gérard Menuel, Damien Meslot, Philippe Meunier, Jean-Claude Mignon, Pierre Morange, Pierre Morel-A-L'Huissier, Philippe Morenvillier, Jean-Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne-Bressand, Renaud Muselier, Jean-Marc Nesme, Jean-Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Hervé Novelli, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Riester, Arnaud Robinet, Camille de Rocca Serra, Marie-Josée Roig, Jean-Marie Rolland, Michel Rossi, Mme Valérie Rosso-Debord, MM. Jean-Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint-Léger, Paul Salen, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean-Pierre Schosteck, Jean-Marie Sermier, Fernand Siré, Jean-Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean-Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy-Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul Victoria, Philippe Vitel, Gérard Voisin, Michel Voisin, Eric Woerth, Gaël Yanno et Michel Zumkeller.

Abstention: 2

MM. Jacques Myard et Lionel Tardy.

Non-votants: 2

MM. Bernard Accoyer (Président de l'Assemblée nationale) et Louis Giscard d'Estaing (Président de séance).

Groupe Socialiste, Radical, Citoyen et divers Gauche (197)

Contre: 20

Mme Gisèle Biémouret, MM. Christophe Bouillon, Julien Dray, Olivier Dussopt, Henri Emmanuelli, Mme Martine Faure, MM. Hervé Feron, Pierre Forgues, Mmes Pascale Got, Sandrine Hurel, MM. Régis Juanico, Gilbert Le Bris, Kléber Mesquida, Mmes Catherine Quéré, Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, Odile Saugues, MM. Pascal Terrasse, Philippe Tourtelier et Jacques Valax.

Abstention: 130

MM. Jean-Marc Ayrault, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Mmes Delphine Batho, Marie-Noelle Battistel, Chantal Berthelot, MM. Jean-Louis Bianco, Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Jean-Michel Boucheron, Marie-Odile Bouillé, Mme Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. François Brottes, Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean-Christophe Cambadélis, Thierry Carcenac, Christophe Caresche, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Jean-Paul Chanteguet, Gérard Charasse, Alain Claeys, Mme Marie-Françoise Clergeau, MM. Pierre Cohen, Catherine Coutelle, Mme Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Pascal Deguilhem, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Tony Dreyfus, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Christian Eckert, Mme Corinne Erhel, MM. Laurent Fabius, Albert Facon, Mmes Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, M. Jean-Louis Gagnaire, Mme Geneviève Gaillard, MM. Jean Gaubert, Paul Giacobbi, Jean-Patrick Gille, Jean Glavany, Daniel Goldberg, Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman-Rispal, M. François Hollande, Mmes Monique Iborra, Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Mme Marietta Karamanli, MM. Jean-Pierre Kucheida, Jérôme Lambert, Mme Colette Langlade, MM. Jean Launay, Jean-Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Patrick Lebreton, Jean-Yves Le Déaut, Michel Lefait, Jean-Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, M. Patrick Lemasle, Mmes Catherine Lemorton, Annick Lepetit, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Apeleto Albert Likuvalu, François Loncle, Victorin Lurel, Jean Mallot, Louis-Joseph Manscour, Mmes Jacqueline Maquet, Marie-Lou Marcel, Marie-Claude Marchand, MM. Jean-René Marsac, Philippe Martin, Mme Frédérique Massat, M. Gilbert Mathon, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Henri Nayrou, Mmes Marie-Renée Oget, Dominique Orliac, MM. Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Perat, Mmes Marie-Françoise Pérol-Dumont, Sylvia Pinel, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, Dominique Raimbourg, Simon Renucci, Marcel Rogemont, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Manuel Valls, Michel Vauzelle, André Vézinhet, Alain Vidalies et Philippe Vuilque.

Groupe Nouveau Centre (24)

Pour: 11

MM. Jean-Pierre Abelin, Thierry Benoit, Christian Blanc, Charles de Courson, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Jean-Luc Préel, André Santini et Francis Vercamer.

Groupe Gauche Démocrate et Républicaine (20)

Contre: 18

Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mme Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Marc Dolez, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Jean-Paul Lecoq, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Non inscrits (13)

Contre: 6

Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont-Aignan, Noël Mamère, Anny Poursinoff, François de Rugy et Dominique Souchet.

Abstention: 1

M. Daniel Garrigue.



MISES AU POINT AU SUJET DU PRÉSENT SCRUTIN (N° 861)

(Sous réserve des dispositions de l'article 68, alinéa 4, du Règlement de l'Assemblée nationale)

Mme Gisèle Biémouret, M. Hervé Feron, Mme Odile Saugues, M. Philippe Tourtelier qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu "s'abstenir volontairement".


 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:09

Né le 9 septembre 1918 à Novare, Oscar Luigi Scalfaro fut un homme politique italien qui s'est engagé dans la démocratie-chrétienne. Député de Turin à partir de 1948, il fut nommé au gouvernement en avril 1959 pour son premier poste ministériel. Il occupa entre autres les Transports en 1966, puis l'Instruction publique en 1972, puis l'Intérieur en 1983.

Le 24 avril1 1992, il fut élu Président de la Chambre des députés mais la démission me 28 avril 1992 du Président italien Francesco Cossiga (élu le 24 juin 1985 et disparu le 17 août 2010), partisan d'un pouvoir exécutif fort, a provoqué une grave crise politique. Le 23 mai 1992, à l'issue du 15e tour, Oscar Luigi Scalfaro est élu Président de la République italienne, en raison de sa réputation d'homme intègre. Il fut investi le 28 mai 1992 et exerça son mandat jusqu'au 15 mai 1999, devançant de peu la fin institutionnelle du mandat.

Durant sa Présidence, il dut faire face aux scandales touchant Bettino Craxi ainsi qu'à l'élection de Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien.

Son successeur fut Carlo Azeglio Ciampi (né le 9 décembre 1920), ancien Président du Conseil, élu le 13 mai 1999, puis Giorio Napolitano (né le 29 juin 1925), élu le 10 mai 2006, qui fut également le successeur d'Oscar Luigi Scalfaro à la Présidence de la Chambre des députés du 3 juin 1992 au 14 avril 1994.

Oscar Luigi Scalfaro est mort chez lui à Rome le dimanche 29 janvier 2012.

SR

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 19:00

Peut-on être intellectuel et dirigeant politique ? Vaclav Havel a fait l’une des plus frappantes démonstrations. Quasiment unique dans l’histoire des démocraties.


yartiHavel01Quelques jours à Prague pour le Nouvel an 1995. J’arrive à la place Venceslas noire de monde. Il y a déjà des MacDo pas loin, des gens de toutes parts. Un pays comme un autre. Libre. Au fond, un gros bâtiment noir très laid qui casse l’harmonie architecturale des lieux, le siège de l’ancien parti communiste tchécoslovaque. Dernier résidu des années terribles ?

Je m’avance et je me recueille devant la tombe de Jan Palach. Une sorte de soldat inconnu de la liberté dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Jan Palach ? Il était un simple étudiant en économie de vingt ans qui, le 16 janvier 1969, s’était immolé à cet endroit précis pour protester contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques le 21 août 1968. Il s’éteignit trois jours plus tard. Deux autres étudiants firent de même les 25 février et 9 avril 1969 (Jan Zajic et Evzen Plocek). Symboles de la résistance contre l’oppression communiste.

L’invasion soviétique ? Le but, écraser le Printemps de Prague. En 2011, on parle de Printemps arabe. À l’époque, il y a eu des printemps qui sont vite devenus des hivers.

Il a commencé le 5 janvier 1968 par la nomination d’Alexander Dubcek (1921-1992) à la tête du parti communiste tchécoslovaque à la place d’Antonin Novotny (1903-1975), leader au pouvoir depuis plus de dix ans et très contesté en interne et lâché par Brejnev. Le 30 mars 1968, Dubcek fit élire à la Présidence de la République un héros militaire, Ludvik Svoboda (1895-1979) qui fut confirmé après la normalisation puis limogé le 29 mai 1975.

Dubcek lança alors cette expression presque naïve : le "socialisme à visage humain". Et proposa des tas de réformes, la libéralisation du régime, la liberté d’expression… époque typiquement 1968. Mais les Soviétiques s’en inquiétèrent et réprima dans le sang cette velléité de révolution (provoquant une centaine de morts).

Après avoir temporisé (et découragé la poursuite de la résistance), Dubcek fut limogé le 17 avril 1969 au profit de Gutav Husak (1913-1991) et quitta la vie politique pendant une vingtaine d’années. Un retrait à la Nikita Khrouchtchev.

Husak récupéra la totalité du pouvoir le 29 mai 1975 en reprenant aussi le poste de Svoboda. Symbole éculé de la "normalisation" tchécoslovaque.

Le Printemps de Prague avait commencé pour les vingt ans du coup de Prague qui, entre le 17 et le 25 février 1948, marqua la Tchécoslovaquie d’Edvard Benes (1884-1948) par la prise de pouvoir des communistes aidés par les Soviétiques.

La Révolution de velours, elle, qui fut l’une des révolutions de 1989 (avec la Pologne, l’Allemagne de l’Est et la Roumanie), avait commencé avec les vingt ans du sacrifice de Jan Palach.

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 précipita les événements.

Le 16 novembre, des étudiants slovaques manifestèrent à Bratislava puis, le 17 novembre, des étudiants à Prague. Chaque jour, des manifestations de plus en plus nombreuses inondèrent le pays, jusqu’à un demi million de manifestants le 20 novembre. Le 28 novembre, c’était plié : le pouvoir communiste renonça à son hégémonie politique. Gorbatchev avait renoncé à utiliser la force en RDA et dans tous les autres pays satellites.

Husak lâcha prise le 7 décembre 1989. Marian Calfa (né en 1946) succéda à la tête du gouvernement tchécoslovaque à Ladislav Adamec (1926-2007). Il fut confirmé jusqu’au 2 juillet 1992 et abandonna ensuite la vie politique. Calfa assura aussi l’intérim présidentiel du 10 au 29 décembre 1989.

Durant les derniers jours de décembre 1989, il y a vingt-deux ans, Alexander Dubcek refit son apparition. L’homme historique du Printemps de Prague aurait dû devenir le Président de la Tchécoslovaquie. Il fut écarté probablement parce qu’il était slovaque et pas tchèque et on lui préféra un brillant intellectuel, écrivain et dissident, Vaclav Havel, élu Président de la République tchécoslovaque le 29 décembre 1989.

Alexander Dubcek a dû se contenter de la Présidence de l’Assemblée fédérale le 28 décembre 1989 jusqu’à sa mort accidentelle le 7 novembre 1992 (comme Borislaw Geremek le 13 juillet 2008, un simple accident de la route, à un passage à niveau, il me semble), en pleine dissolution de l’État tchécoslovaque.

Je note au passage que les changements de dirigeants se sont réalisés sans élection populaire, montrant à quel point la nomenklatura communiste, même pour abandonner son pouvoir, se comportait de manière très antidémocratique. Vaclav Havel fut confirmé par de nouveaux parlementaires démocratiquement élus en juillet1990.

yartiHavel02Vaclav Havel, lui, symbolisait une extraordinaire espérance, beaucoup plus fine que Lech Walesa en Pologne (qui a dû attendre un an avant de remplacer Jaruzelski). Il avait été arrêté le 16 février 1989 pour avoir posé une gerbe sur la tombe de Jan Palach et fut condamné quatre jours plus tard à neuf mois de prison ferme.

Il avait déjà passé cinq années en prison pour avoir été le symbole de la dissidence politique face à un pouvoir communiste sans concession, dramaturge célèbre et co-auteur de la courageuse Charte 77, une pétition revendiquant les droits de l’Homme en décembre 1976 qui se transforma en mouvement des intellectuels contre la dictature communiste.

Samuel Beckett, qui disparut le 22 décembre 1989 (une semaine avant l’élection de Vaclav Havel), lui avait dédié en 1982 une de ses œuvres, la pièce "Catastrophe".

Havel est le premier (et le seul) exemple d’un intellectuel au pouvoir sans désastre humain. Car mettre des idéalistes au pouvoir, c’est risquer le bain de sang, forcément. Diriger un pays, de si nombreuses âmes, c’est être pragmatique, accepter que tous ne soient pas dans le même moule. Un intellectuel, c’est plutôt un métier pour dire ce qui serait parfait. Un dirigeant politique agit plus dans le réalisable, dans l’équilibre fragile entre le souhaitable et les possibles.

Le 20 juillet 1992, Vaclav Havel lâcha lui aussi prise, refusant la perte de l’unité tchécoslovaque. La Tchécoslovaquie s’est décomposée. Le 1er janvier 2003, deux nouveaux États se créèrent sans effusion de sang, la République tchèque et la Slovaquie.

Le 26 janvier 2003, toujours par les parlementaires (les deux chambres), Vaclav Havel fut élu le premier Président de la République tchèque. Il fut réélu le 26 janvier 1998, toujours pour cinq ans avec l’interdiction d’assurer plus de deux mandats. Il a exercé ses fonctions du 3 février 1993 au 3 février 2003.

Il a fallu un mois pour lui trouver un successeur et ce fut finalement le très clivant Vaclav Haus qui lui succéda le 28 février 2003 (investi le 7 mars 2003) et qui fut réélu le 15 février 2008 pour un mandat qui se finira en février 2013.

Vaclav Klaus, nationaliste qui s’opposa frontalement à Vaclav Havel, encouragea activement la scission de la Tchécoslovaquie et fut le premier Premier Ministre tchèque du 1er janvier 1993 au 17 décembre 1997. Il perdit les élections législatives au profit de Milos Zeman, social-démocrate, mais est parvenu quand même à se faire élire Président de la Chambre des députés du 17 juillet 1998 au 20 juin 2002 en raison d’un accord entre opposition et majorité (qui n’avait pas la majorité absolue).

En février 2003, après plusieurs tours sans majorité, Vaclav Klaus a réussi à obtenir une alliance avec les communistes pour l’emporter face à candidat social-démocrate (le "camp" social-démocrate était pourtant majoritaire mais profondément divisé).

Quant à Vaclav Havel, de santé défaillante, il reçut d’un peu partout honneurs et récompenses. Notamment en devenant en 2009 doctor honoris causa de Science Po Paris, au même titre que Lula (en 2011), Boutros Ghali (en 1993) …et Mario Monti (en 2005), devenu très récemment chef du gouvernement italien, et il continua son combat pour les libertés, en particulier en Biélorussie, à Cuba, et en Russie.

Ce dimanche 18 décembre 2011, dans la matinée, il dormait quand il est parti à 75 ans (né le 5 octobre 1936 à Prague) dans sa maison de campagne à Hradecek, à cent cinquante kilomètres de Prague. Depuis très longtemps malade des poumons (pneumonie et cancer), Vaclav Havel s’en est allé comme un ange silencieux. Discrètement. Une semaine après sa rencontre avec le Dalaï Lama (Prix Nobel de la Paix 1989).

Dans une allocution télévisée, Vaclav Klaus a rendu hommage à son rival : « Vaclav Havel est devenu un symbole de l’État tchèque moderne. Sa personnalité, son nom et son œuvre ont largement contribué à ce que la République tchèque devienne partie intégrante de la communauté des pays libres et démocratiques. ».

Le Premier Ministre tchèque Petr Necas a de son côté affirmé : « Vaclav Havel a été le symbole des événements survenus en 1989, symbole du retour de notre pays à la démocratie. » …et aussi de l’adhésion de la République tchèque à l’Union Européenne (1er mai 2004).

Et j’ai un regret. Qu’en 1990, on ait préféré Gorbatchev à Vaclav Havel pour le Prix Nobel de la Paix. Quelques jours après la remise de son Prix Nobel, le 11 janvier 1991, Mikhaïl Gorbatchev avait envoyé ses troupes à Vilnius, tuant quatorze indépendantistes en Lituanie (proclamée indépendante le 11 mars 1990) alors qu’avec Havel, c’était une révolution douce et pacifique qui aurait été promue. Un peu à l’instar des révolutions arabes si les dirigeants n’avaient pas été aussi… sanguinaires.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 décembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le mur de Berlin.
La Russie postsoviétique.
La formidable Europe.

 yartiHavel03




http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/vaclav-havel-le-pouvoir-politique-106456

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 13:33

Mort de Vaclav Havel, ancien Président de la République tchèque, à 75 ans.

 

L'ancien Président tchécoslovaque Vaclav Havel est mort des suites de complications de ses différentes maladies, a annoncé aujourd'hui la télévision tchèque.

Une pneumonie mal soignée en prison, au début des années 1980, et un cancer du poumon sont notamment à l'origine des problèmes de santé récurrents

 

SR

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


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