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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 03:24

« À partir d’aujourd’hui, il n’y a plus que des radicaux sociaux, libéraux, humanistes, laïcs et européens. (…) C’est avec cet état d’esprit que nous allons bâtir une force politique de premier plan, car il est grand temps que les radicaux soient de retour. C’est mon ambition, c’est notre ambition ! Aujourd’hui, nous affirmons notre indépendance et notre liberté dans le chahut de la recomposition politique. » (Laurent Hénart, le 9 mars 2019 à Paris).


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Le premier congrès du Mouvement radical a eu lieu ce samedi 9 mars 2019 à Paris. Le Mouvement radical existe depuis sa fondation le 9 décembre 2017. Il est la continuation de l’historique Parti républicain, radical et radical-socialiste créé le 21 juin 1901 et qui a dominé la vie parlementaire française pendant la période entre les deux guerres. Ce congrès a mis fin à la période transitoire démarrée il y a quinze mois pour achever le processus de réunification des radicaux après leur séparation pendant près d’un demi-siècle, en 1972, entre radicaux valoisiens (majoritaires) et radicaux de gauche (minoritaires) qui avaient accepté des alliances avec les communistes au nom de l’union de la gauche.

Coprésident sortant (avec Sylvia Pinel qui a démissionné avec fracas le 6 février 2019), le maire de Nancy Laurent Hénart a été réélu président du Mouvement radical entre le 6 et le 8 mars 2019 avec 88,6% (il était le seul candidat ; il y a eu 11,4% de votes blancs) pour un mandat de trois ans, c’est-à-dire jusqu’à la veille de la prochaine élection présidentielle en 2022 : « Je suis immensément heureux et honoré d’être votre président. Je vous remercie pour votre confiance. Mes amis, je suis prêt à ferrailler dans toutes les assemblées, sur tous les plateaux, pour défendre nos valeurs,nos propositions, et poursuivre ce chemin que nous accomplissons ensemble ! ».

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Ce congrès marque donc la consécration d’une ambition, la "renaissance" (puisque ce mot est à la mode) du courant radical au sein de la République à un moment où ses valeurs sont toujours autant d’actualité : laïcité, liberté économique, justice sociale, construction européenne et décentralisation, auxquels est rajoutée la préoccupation écologique, six enjeux cruciaux pour les années à venir en France, en Europe et dans le monde.

La réussite de cette réunification, malgré quelques défections en cours de route, a pour raison le moment idéal pour se concrétiser : le PS est en état de décomposition avancée et Les Républicains sont en plein effondrement idéologique sinon électoral. Or, pendant près de cinquante ans, les radicaux ont été des alliés peu influents de ces deux partis de gouvernement dont l’arrogance, encore actuelle, les ramenait au rang de simples supplétifs (« cette dureté de nos partenaires, ce manque de respect de ce que nous sommes »).

L’éclatement du paysage politique a été l’occasion de cette prise d’indépendance des radicaux avec l’espoir de redevenir une force centrale majeure de la vie politique : « Cette réunification (…), nous y sommes arrivés à la force du courage. Il fallait du courage face à nos anciens partenaires, qui ont cherché à nous dissuader. (…) Oui, il faut courage et endurance pour s’affranchir des anciennes alliances, ne plus être des supplétifs, être des acteurs pleins et entiers de la construction d’une nouvelle offre politique. ».

Ce terrain est cependant aussi occupé par d’autres formations politiques, en particulier par l’UDI qui représente le centre droit, mais aussi par Agir, issu de LR et macroniste (sur sa droite) et par le MoDem (sur sa gauche). Évidemment, la formation qui aujourd’hui occupe la place centrale de la vie politique, tant dans la vie nationale que sur l’échiquier politique, c’est évidemment LREM avec sa majorité absolue à l’Assemblée Nationale.

Il serait très audacieux de vouloir placer LREM, le MoDem et le Mouvement radical sur une échelle gauche/droite car les trois sont à peu près au même niveau, soit "ni de gauche, ni de droite", soit "et de gauche, et de droite". Et pourtant, si le MoDem et LREM sont dans la majorité, le Mouvement radical, jusqu’à preuve du contraire, est (encore) dans l’opposition (même si Annick Girardin est ministre et radicale). Et une partie d’anciens ténors LR (qui sont maintenant à LREM ou Agir) sont aussi au gouvernement.

En fait, ce serait audacieux (et sans intérêt) car c’est surtout mission impossible : le clivage gauche/droite n’existe concrètement plus, ne signifie plus rien pour la très grande majorité des électeurs, et selon certains politologues biberonnés aux sondages, il ne serait plus imaginable que ce clivage revienne lors du second tour des prochaines élections présidentielles. C’est cet état de fait que les radicaux souhaitent prendre en compte pour s’adapter aux nouveaux enjeux.

Et le principal enjeu d’aujourd’hui, surtout à deux mois et demi des prochaines élections européennes, cruciales dans l’histoire de l’Europe en plein euroscepticisme renforcé par les populismes, c’est la construction européenne. Pour les radicaux, il est donc impensable de diviser le camp des partisans de la construction européenne qui aurait pour seule conséquence le renforcement électoral des eurosceptiques, et en premier lieu, celui du RN. En ce sens, c’est une critique à peine voilée de la stratégie de l’UDI, quasi-suicidaire, qui souhaite présenter sa liste aux européennes de manière autonome et qui ne parvient pas à sortir de son étiage autour de 2-3% d’intentions de vote dans les sondages.

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Au-delà de l’irréversibilité la réunification de la famille radicale, la décision importante du Mouvement radical prise au cours de ce congrès, ce fut le souhait de former une liste de rassemblement de tous les partisans de la construction européenne, et donc, de rejoindre la majorité présidentielle à condition que celle-ci ne soit pas arrogante et s’ouvre à d’autres formations politiques que celles qui la composent, à savoir LREM et le MoDem.

Dans son discours (dont on peut lire l’intégralité ici), Laurent Hénart a rappelé ainsi les principaux piliers des valeurs radicales (qui sont évidemment communes, parfois, à d’autres formations politiques). L’une des principales est la laïcité : « Pour nous, la loi de 1905 n’est pas négociable ! Depuis vingt ans, l’intégrisme islamiste s’est attaqué à ce pacte, faisant ressurgir la grande question laïque dans la France contemporaine. Je le redis ici : on ne peut pas mélanger le hijab et le serre-tête ! ».

Il a également évoqué les deux grands sujets d’actualité : le grand débat national consécutif à la crise des gilets jaunes et la campagne des élections européennes.

Pour Laurent Hénart, les radicaux souhaitent renforcer la démocratie : « Ce grand débat, en effet, doit permettre une transition vers un renouveau démocratique. Nos institutions doivent renouer avec une véritable expression populaire, notamment par un recours plus fréquent au référendum, auquel je suis favorable. La démocratie directe n’est pas l’ennemie des représentants du peuple. Notre démocratie a besoin régulièrement d’être regénérée et de s’adapter à son époque. Bien préparé par les débats, le référendum peut être un élément de regénération. ».

Sur l’Europe, Laurent Hénart a été alarmiste : « L’Europe est confrontée à un défi inédit depuis la chute du mur de Berlin. L’aventure européenne peut s’arrêter demain, parce que les populistes ont déclaré la guerre à l’Europe. (…) Quarante ans après la première session du Parlement Européen élu au suffrage universel, sous la Présidence de Simone Veil, il est évident que les élections de mai seront les plus dramatiques de notre histoire contemporaine. Oui, l’Europe peut mourir au printemps prochain et oui, la France peut tristement contribuer à cette rupture. ».

D’où la stratégie proposée : « C’est pour cela (…) que je défends la participation de tous les pro-européens à une liste de rassemblement qui dépasse nos divergences nationales. (…) Nous devons donc nous allier, pour cette élection, aux partis et aux sensibilités pro-européennes : à des sociaux-démocrates, à des écologistes indépendants, à la droite modérée et aussi bien sûr au MoDem et à LREM. ».

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En ce sens, la publication, le 5 mars 2019, de la lettre aux citoyens européens du Président Emmanuel Macron, juste avant ce congrès radical, est arrivée au bon moment pour prendre position sur la stratégie européenne à tenir : « Surtout, c’est le projet qui doit faire la liste et la tribune publiée par le Président de la République mardi peut en être le socle. (…) Nous ne pouvons que partager le diagnostic et les propositions qui sont dans ce texte du chef de l’État ! ».

Répondant aux critiques sur l’indépendance, le président du Mouvement radical a expliqué : « Pour moi, cette échéance européenne est une première étape où nous montrons que l’indépendance, c’est aussi la cohérence avec les convictions. Où nous montrons que l’indépendance ne peut pas, ne doit pas être une incantation qui conduit finalement à l’abstention. Où notre indépendance se concrétise en expression, en prise de position, en participation à chaque consultation démocratique. ».

Parmi les motions qui ont été adoptées par le congrès, l’une d’elle est assez claire dans le choix de la stratégie adoptée pour les européennes : « Devons-nous participer au combat européen à travers une entente regroupant des forces politiques avec lesquelles nous avons de profondes différences ? À cela, il nous faut répondre par l’affirmative : il en est désormais de notre responsabilité vis-à-vis de nos convictions fédéralistes. La bataille pour les européennes de 2019 doit se mener en fonction des enjeux européens et non pas nationaux. Cette évidence qui n’est restée jusqu’à présent qu’un vœu pieu doit désormais devenir une réalité. ».

Dans sa déclaration d’orientation politique, le Mouvement radical a précisé : « Cette liste ne devra pas être seulement celle de la majorité parlementaire et gouvernementale, mais bien celle du rassemblement de tous les partisans d’une Europe forte et intégrée. ».

Interviewé par "Le Figaro" du 7 mars 2019, Laurent Hénart avait confié l’une des motivations européennes de la future stratégie des radicaux : « Je refuse que l’élection du 26 mai soit dévoyée en élection nationale, pour refaire le match de 2017, ce que veulent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. ».

Il avait aussi donné une indication sur le futur paysage politique européen : « La recomposition politique va se poursuivre au niveau européen, car les groupes PPE ) droite et PSE à gauche sont confrontés respectivement à des divergences internes et à un déclin politique. Le Mouvement radical siège au groupe central de l’Alliance des libéraux et des démocrates européens (ALDE). Comme le MoDem et l’UDI d’ailleurs. Ce groupe devra sans doute s’élargir en rassemblant tous les fédéralistes européens. ».

Laissant de côté la défection de Sylvia Pinel et de plusieurs autres cadres du PRG opposés à une alliance avec LREM aux européennes, Laurent Hénart a conclu son interview en réaffirmant que, face à la perte de confiance populaire pour le PS et LR, et aux difficultés de l’exécutif qui profitent aux populistes de FI et du RN, il fallait une nouvelle offre : « Nous mouvement est une vigie de la République et une offre politique nouvelle, indépendante, qui défend la justice sociale, la transition écologique, la laïcité et les pouvoirs locaux. ».

C’est pourquoi cette refondation du plus vieux parti de France est une renaissance moderne des valeurs qui sont à l’origine de la tradition républicaine de la nation française depuis près d’un siècle et demi. Il ne reste qu’à convaincre les électeurs que cette offre est bien nouvelle et pleine d’avenir et qu’elle correspond aux aspirations profondes d’une grande partie d’électeurs déçus qui avaient préféré Emmanuel Macron à Marine Le Pen le 7 mai 2017.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 mars 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les Radicaux en marche vers l’Europe.
Discours de Laurent Hénart le 9 mars 2019 à Paris (texte intégral).
Laurent Hénart en 2019.
Le Manifeste européen du Mouvement radical adopté le 6 février 2019 (à télécharger).
L’unité des radicaux.
La famille centriste.
La défense de la laïcité.
Laurent Hénart en 2014.
Jean-Louis Borloo.
Programme de Sylvia Pinel.
Jean-Michel Baylet.
Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Françoise Giroud.
Robert Fabre.
Jean Moulin.
Maurice Faure.
Edgar Faure.
Édouard Herriot.
Pierre Mendès France.
Georges Clemenceau.
Jean Zay.
Jules Jeanneney.
René Cassin.
Joseph Caillaux.
Jean-François Hory.
Évelyne Baylet.
Yves Jégo.
Rama Yade.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190309-laurent-henart.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2019/03/19/37189501.html


 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 21:45

En 2001, la Commission Européenne a harmonisé les changements d'heure (heure d'été et heure d'hiver) dans toute l'Union Européenne. On peut lire le texte précis de cette nouvelle réglementation remise en cause par Jean-Claude Juncker le 12 septembre 2018.

Cliquer sur le lien pour télécharger la directive européenne (fichier .pdf) :
http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.developpement-durable.gouv.fr%2FIMG%2Fpdf%2Fdirective-heurete.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190306-changement-heure.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20010119-directive-changement-heure.html

 

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 03:27

« Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. » (Emmanuel Macron, Lettre aux citoyens européens du 4 mars 2019).


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C’est une initiative sans précédent dans l’histoire de l’Union Européenne qu’il faut saluer : le Président de la République française Emmanuel Macron a adressé ce lundi 4 mars 2019 une lettre à tous les citoyens européens (dont on peut lire le texte intégral ici). Pour être sûr d’être bien compris, il l’a même fait traduire dans les vingt-deux langues européennes (ici par exemple). Les commentateurs disent avec agacement ou satisfaction qu’avec cette lettre, Emmanuel Macron démarre la campagne pour les élections européennes du 26 mai 2019. C’est un peu vrai.

Il faut saluer l’initiative car c’est, à ma connaissance, la première fois qu’un chef d’État ou de gouvernement d’un État membre de l’Union Européenne ne s’adresse pas à ses homologues, mais directement aux citoyens européens, aux peuples européens. L’initiative est donc historique, et surtout cohérente. Il aura fallu attendre quarante ans, depuis qu’il existe des élections européennes (au suffrage universel direct donc), pour qu’enfin, on se décide à faire de ces élections un scrutin réellement européen et pas vingt-sept (ou vingt-huit ?) scrutins nationaux dont les thèmes intérieurs l’emporteraient sur le thème européen.

Sur la forme, c’est une lettre, qu’on peut lire et relire, les mots pesés, qu’on peut traduire et donc être compris de tous les peuples, Emmanuel Macron s’est adapté au mieux dans sa communication (un discours aurait été doublé, moins compréhensible).

C’est aussi habile et ingénieux puisque sur le fond, il ne pourra laisser personne indifférent car il n’hésite pas à cliver, à parler des progressistes (dont il est) et des nationalistes (qu’il combat) : « Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. ».

Par conséquent, l’indifférence sera une réponse difficile à tenir face à ce discours ouvertement partisan : dans chaque pays, les partis politiques intérieurs ne pourront pas ne pas réagir, soit qu’ils l’approuvent, soit qu’ils s’y opposent. En cela, Emmanuel Macron a fait beaucoup dans l’européanisation du scrutin. Tout le monde va parler de la lettre du Président français, et je ne dis pas cela pour glorifier son auteur (il n’a plus besoin de notoriété). Ce qui était nécessaire, c’est qu’au moins un dirigeant national le fasse pour faire monter la "mayonnaise".

Du reste, les ingérences systématiques des deux superministres italiens dans la vie politique française sont du même ressort : la rencontre de Luigi Di Maio le 6 février 2019 à Montargis avec des gilets jaunes et les déclarations permanentes contre Emmanuel Macron de Matteo Salvini ont aussi eu pour but de placer le débat politique à l’échelle européenne. C’est d’ailleurs incroyable (et salutaire) que l’un des leaders européens les plus antieuropéens ait fait autant pour l’européanisation du scrutin ! (Remarque en passant : le leader de la Ligue du Nord avait transmuté son parti en Ligue, prenant beaucoup de voix aux dernières élections dans le Sud de l’Italie, ce qui pourrait lui promettre quelques déconvenues électorales futures dans le Nord).

Sur le fond, qu’explique Emmanuel Macron ? Que l’Europe est en péril : « Ce combat, c’est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. ».

Il explique que le danger de mort guette l’Europe parce que ses défenseurs sont de moins en moins ardents et que ses contempteurs sont de plus en plus nombreux : « C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent. ».

Il rappelle ce qu’est l’Europe avant tout : « C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets au quotidien qui ont changé le visage de nos territoires. ».

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Cela exposé, Emmanuel Macron est conscient des carences de l’Europe : « Il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. (…) [L’Europe] est devenue aux yeux [des citoyens] un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. ».

Emmanuel Macron refuse le statu quo et veut faire progresser la construction européenne vers trois axes qui seront certainement des thèmes de campagne forts pour les élections européennes : « C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès. ».

C’est un véritable programme politique qu’il propose. Ainsi, il donne l’idée de créer « une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations ».

Il veut réformer l’Espace Schengen : « La frontière, c’est la liberté en sécurité. (…) Tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). (…) Je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières. ».

Il propose aussi un Conseil de sécurité européen (associant le Royaume-Uni), ainsi qu’une augmentation des dépenses militaires pour s’affranchir de la défense américaine. Pour cela, il veut un traité de défense et de sécurité.

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Les règles de concurrence doivent aussi mieux protéger l’Europe : « Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôts ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois. ».

Il souhaite aussi la convergence des droits sociaux avec l’instauration, pour chaque travailleur européenne d’un « bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement ».

La transition écologique est aussi dans les ambitions européennes d’Emmanuel Macron avec ces propositions : « Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… ».

Ambition technologique aussi : « Pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. (…) Elle doit non seulement réguler les géants du numérique (…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle. ».

Pour finir, Emmanuel Macron propose pour la fin de l’année une "Conférence pour l’Europe" associée à des panels de citoyens, afin de discuter et mettre en place ce programme, si besoin en révisant des traités : « Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin. ».

Comme je l’ai expliqué au début, cette initiative épistolaire est doublement audacieuse : sur la forme en s’adressant directement aux citoyens européens, sans autre intermédiaire, et sur le fond, en présentant un projet ambitieux pour rénover et améliorer l’Union Européenne, en reprenant l’idée de l’Europe à plusieurs vitesses : « Vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes en restant ouverte à tous ? ».

Une telle initiative a manqué depuis l’adoption du Traité de Lisbonne initié par Nicolas Sarkozy, élu en 2007 notamment sur ce thème de campagne d’en finir avec la paralysie institutionnelle créée par le "non" au TCE en 2005. Avec son dynamisme, Emmanuel Macron a pris les moyens de mettre toutes les forces politiques européennes au pied du mur : reculer ou avancer, mais il faudra choisir. Je préfère avancer, c’est pourquoi j’applaudis et soutiens les ambitions européennes du Président français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 mars 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Lettre du Président Emmanuel Macron aux citoyens européens le 4 mars 2019 (texte intégral).
Traductions européennes de la lettre du Président Emmanuel Macron aux citoyens européens le 4 mars 2019 (texte intégral).
Emmanuel Macron à la conquête des peuples européens.
Les risques d’un référendum couplé aux européennes.
Quatre idées reçues du Président Macron.
Enfin le retour aux listes nationales aux élections européennes (2 décembre 2017).
Alfred Grosser l'Européen.
Les Accords de Munich.
Lech Walesa l'Européen.
Le Manifeste européen du Mouvement radical adopté le 6 février 2019 (à télécharger).
Le testament européen de Jean-Claude Juncker (12 septembre 2018).
Le programme européen de la Commission Juncker (1er novembre 2014).
Le CETA.
Simone Veil l’Européenne.
Jean Seitlinger, fils spirituel de Robert Schuman.
Le Pacte Briand-Kellogg.
L’Union Européenne montre ses muscles à Trump.
Le mode de scrutin des élections européennes.
L’Europe de Pierre Milza.
L’Europe de Jean-Baptiste Duroselle.
Maurice Schumann l’Européen.
Clemenceau, Macron et la guerre civile européenne.
Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (discours à la Sorbonne le 26 septembre 2017).
Emmanuel Macron et la refondation de l’Europe (7 septembre 2017).
Emmanuel Macron à l’ONU, apôtre du multilatéralisme (19 septembre 2017).
Le dessein européen de Jean-Claude Juncker (13 septembre 2017).
Le Traité de Maastricht.
Le débat François Mitterrand vs Philippe Séguin le 3 septembre 1992.
Helmut Kohl, le grand Européen.
Le Traité de Rome.
Justin Trudeau à Strasbourg (16 février 2017).
Le pape François à Strasbourg (25 novembre 2014).
L’Europe n’est pas un marché.
Davos.
Le Traité de Vienne.
Fêter l’Europe.
Le projet Erasmus.
L’élection du Président du Parlement Européen le 17 janvier 2017.
La "déclaration d'amour" de Barack Obama à l'Europe.
La "déclaration d'amour" de Jean Gabin à l'Europe.
La "déclaration d'amour" de Winston Churchill à l’Europe.
José Manuel Barroso.
Le Brexit.
Le souverainisme, c’est le déclinisme !
Peuple et populismes.
Le défi des réfugiés.
Les Français sont-ils vraiment eurosceptiques ?
Le Traité Constitutionnel Européen.
Victor Hugo l’Européen.
La crise grecque.
Monde multipolaire.
Tournant historique pour l’euro.
La transition polonaise.
La libération d’une partie de l’Europe.
La parlementarisation des institutions européennes.
Le Traité de Lisbonne et la démocratie.
La France des Bisounours à l’assaut de l’Europe.
Faut-il avoir peur du Traité transatlantique ?
Le monde ne nous attend pas !
L’Europe des Vingt-huit.
La construction européenne.
L’Union Européenne, c’est la paix.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190304-macron-europe.html

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/emmanuel-macron-a-la-conquete-des-213211

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2019/03/05/37151539.html




 

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 22:08

(verbatim)


To more know :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190304-macron-europe.html

The Letter in French (la lettre en français) :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190304-macron-lettre-europe.html



Letter of French President Emmanuel Macron to Citizens of Europe on the 4th mars 2019


For European renewal

For European renewal

Citizens of Europe,

If I am taking the liberty of addressing you directly, it is not only in the name of the history and values that unite us. It is because time is of the essence. In a few weeks’ time, the European elections will be decisive for the future of our continent.

Never, since the Second World War, has Europe been as essential. Yet never has Europe been in so much danger.

Brexit stands as the symbol of that. It symbolises the crisis of Europe, which has failed to respond to its peoples’ needs for protection from the major shocks of the modern world. It also symbolises the European trap. The trap is not being part of the European Union. The trap is in the lie and the irresponsibility that can destroy it. Who told the British people the truth about their post-Brexit future? Who spoke to them about losing access to the European market? Who mentioned the risks to peace in Ireland of restoring the former border? Nationalist retrenchment offers nothing; it is rejection without an alternative. And this trap threatens the whole of Europe: the anger mongers, backed by fake news, promise anything and everything.

We have to stand firm, proud and lucid, in the face of this manipulation and say first of all what Europe is. It is a historic success: the reconciliation of a devastated continent in an unprecedented project of peace, prosperity and freedom. We should never forget that. And this project continues to protect us today. What country can act on its own in the face of aggressive strategies by the major powers? Who can claim to be sovereign, on their own, in the face of the digital giants? How would we resist the crises of financial capitalism without the euro, which is a force for the entire European Union? Europe is also those thousands of projects daily that have changed the face of our regions: the school refurbished, the road built, and the long-awaited arrival of high-speed Internet access. This struggle is a daily commitment, because Europe, like peace, can never be taken for granted. I tirelessly pursue it in the name of France to take Europe forward and defend its model. We have shown that what we were told was unattainable, the creation of a European defence capability and the protection of social rights, was in fact possible.

Yet we need to do more and sooner, because there is the other trap: the trap of the status quo and resignation. Faced with the major crises in the world, citizens so often ask us, “Where is Europe? What is Europe doing?” It has become a soulless market in their eyes. Yet Europe is not just a market. It is a project. A market is useful, but it should not detract from the need for borders that protect and values that unite. The nationalists are misguided when they claim to defend our identity by withdrawing from Europe, because it is the European civilisation that unites, frees and protects us. But those who would change nothing are also misguided, because they deny the fears felt by our peoples, the doubts that undermine our democracies. We are at a pivotal moment for our continent, a moment when together we need to politically and culturally reinvent the shape of our civilisation in a changing world. It is the moment for European renewal. Hence, resisting the temptation of isolation and divisions, I propose we build this renewal together around three ambitions: freedom, protection and progress.
 
Defend our freedom

The European model is based on the freedom of man and the diversity of opinions and creation. Our first freedom is democratic freedom: the freedom to choose our leaders as foreign powers seek to influence our vote at each election. I propose creating a European Agency for the Protection of Democracies, which will provide each Member State with European experts to protect their election process against cyber attacks and manipulation. In this same spirit of independence, we should also ban the funding of European political parties by foreign powers. We should have European rules banish all incitements to hate and violence from the Internet, since respect for the individual is the bedrock of our civilisation of dignity.
 
Protect our continent

Founded on internal reconciliation, the European Union has forgotten to look at the realities of the world. Yet no community can create a sense of belonging if it does not have bounds that it protects. The boundary is freedom in security. We therefore need to rethink the Schengen area: all those who want to be part of it should comply with obligations of responsibility (stringent border controls) and solidarity (one asylum policy with the same acceptance and refusal rules). We will need a common border force and a European asylum office, strict control obligations and European solidarity to which each country will contribute under the authority of a European Council for Internal Security. On the issue of migration, I believe in a Europe that protects both its values and its borders.

The same standards should apply to defence. Substantial progress has been made in the last two years, but we need to set a clear course: a treaty on defence and security should define our fundamental obligations in association with NATO and our European allies: increased defence spending, a truly operational mutual defence clause, and the European Security Council with the United Kingdom on board to prepare our collective decisions.

Our borders also need to guarantee fair competition. What power in the world would accept continued trade with those who respect none of their rules? We cannot suffer in silence. We need to reform our competition policy and reshape our trade policy with penalties or a ban in Europe on businesses that compromise our strategic interests and fundamental values such as environmental standards, data protection and fair payment of taxes; and the adoption of European preference in strategic industries and our public procurement, as our American and Chinese competitors do.
 
Recover the spirit of progress

Europe is not a second-rank power. Europe in its entirety is a vanguard: it has always defined the standards of progress. In this, it needs to drive forward a project of convergence rather than competition: Europe, where social security was created, needs to introduce a social shield for all workers, east to west and north to south, guaranteeing the same pay in the same workplace, and a minimum European wage appropriate to each country and discussed collectively every year.

Getting back on track with progress also concerns spearheading the ecological cause. Will we be able to look our children in the eye if we do not also clear our climate debt? The European Union needs to set its target – zero carbon by 2050 and pesticides halved by 2025 – and adapt its policies accordingly with such measures as a European Climate Bank to finance the ecological transition, a European food safety force to improve our food controls and, to counter the lobby threat, independent scientific assessment of substances hazardous to the environment and health. This imperative needs to guide all our action: from the Central Bank to the European Commission, from the European budget to the Investment Plan for Europe, all our institutions need to have the climate as their mandate.

Progress and freedom are about being able to live from your work: Europe needs to look ahead to create jobs. This is why it needs not only to regulate the digital giants by putting in place European supervision of the major platforms (prompt penalties for unfair competition, transparent algorithms, etc.), but also to finance innovation by giving the new European Innovation Council a budget on a par with the United States in order to spearhead new technological breakthroughs such as artificial intelligence.

A world-oriented Europe needs to look towards Africa, with which we should enter into a covenant for the future, taking the same road and ambitiously and non-defensively supporting African development with such measures as investment, academic partnerships and education for girls.

Freedom, protection and progress. We need to build European renewal on these pillars. We cannot let nationalists without solutions exploit the people’s anger. We cannot sleepwalk through a diminished Europe. We cannot become ensconced in business as usual and wishful thinking. European humanism demands action. And everywhere, the people are standing up to be part of that change. So by the end of the year, let’s set up, with the representatives of the European institutions and the Member States, a Conference for Europe in order to propose all the changes our political project needs, with an open mind, even to amending the treaties. This conference will need to engage with citizens’ panels and hear academics, business and labour representatives, and religious and spiritual leaders. It will define a roadmap for the European Union that translates these key priorities into concrete actions. There will be disagreement, but is it better to have a static Europe or a Europe that advances, sometimes at different paces, and that is open to all?

In this Europe, the peoples will really take back control of their future. In this Europe, the United Kingdom, I am sure, will find its true place.

Citizens of Europe, the Brexit impasse is a lesson for us all. We need to escape this trap and make the upcoming elections and our project meaningful. It is for you to decide whether Europe and the values of progress that it embodies are to be more than just a passing episode in history. This is the choice I propose: to chart together the road to European renewal.

Emmanuel Macron


Für einen Neubeginn in Europa

Bürgerinnen und Bürger Europas,

Wenn ich mir heute erlaube, mich direkt an Sie zu wenden, dann tue ich das nicht nur im Namen der Geschichte und der Werte, die uns einen, sondern weil dringend gehandelt werden muss. In wenigen Wochen wird die Europawahl über die Zukunft unseres Kontinents entscheiden.

Noch nie seit dem Zweiten Weltkrieg war Europa so wichtig. Und doch war Europa noch nie in so großer Gefahr.

Der Brexit ist dafür ein Symbol. Ein Symbol für die Krise in Europa, das nicht angemessen auf die Schutzbedürfnisse der Völker angesichts der Umwälzungen in der heutigen Welt reagiert hat. Aber auch ein Symbol für die Falle, in der sich Europa befindet. Die Falle ist nicht die Mitgliedschaft in der Europäischen Union, sondern die Lüge und die Verantwortungslosigkeit, die sie zerstören könnten. Wer hat den Briten die Wahrheit über ihre Zukunft nach dem Brexit gesagt? Wer hat ihnen gesagt, dass sie keinen Zugang mehr zum europäischen Markt haben werden? Wer hat die Gefahren für den Frieden in Irland durch die Rückkehr zu einstigen Grenzen angesprochen? Eine nationalistische Abschottung hat nichts anzubieten, sie bedeutet Ablehnung ohne jegliche Perspektive. Und diese Falle bedroht ganz Europa: Jene, die mittels falscher Behauptungen die Wut der Menschen ausnutzen, versprechen alles Mögliche und sein Gegenteil.

Gegen diese Manipulationen müssen wir uns zur Wehr setzen. Stolz und nüchtern. Wir müssen zuallererst betonen, dass das vereinte Europa ein historischer Erfolg ist – die Versöhnung eines zerstörten Kontinents durch ein einzigartiges Projekt für Frieden, Wohlstand und Freiheit. Das dürfen wir nie vergessen. Und dieses Projekt schützt uns auch heute noch. Welches Land kann sich allein der aggressiven Strategien der Großmächte erwehren? Wer kann allein seine Unabhängigkeit von den Internet-Giganten behaupten? Wie könnten wir ohne den Euro, der die gesamte EU stark macht, den Krisen des Finanzkapitalismus widerstehen? Europa, das sind auch tausende alltägliche Projekte, durch die sich das Bild unserer Landstriche geändert hat, ein renoviertes Gymnasium, eine neue Straße, ein schneller Zugang zum Internet, der endlich eingerichtet wird. Dieser Kampf muss tagtäglich geführt werden, denn weder Frieden noch Europa sind Selbstverständlichkeiten. Ich führe ihn im Namen Frankreichs ohne Unterlass, um Europa voranzubringen und sein Modell zu verteidigen. Wir haben bewiesen, dass auch als unerreichbar geltendes – eine gemeinsame europäische Verteidigung oder der Schutz sozialer Rechte – möglich ist.

Aber es muss mehr getan werden und schneller. Denn die andere Falle ist, dass wir uns mit dem Status quo abfinden und resignieren. Angesichts der globalen Umwälzungen sagen uns die Bürgerinnen und Bürger nur allzu oft: „Wo ist Europa? Was unternimmt die EU?“. Europa ist in ihren Augen ein seelenloser Markt geworden. Aber Europa ist nicht nur ein Markt, es ist ein Projekt. Ein Markt ist durchaus nützlich, aber er darf nicht die Notwendigkeit schützender Grenzen und einigender Werte vergessen machen. Die Nationalisten irren, wenn sie behaupten, sie schützten unsere Identität durch den Rückzug aus Europa. Denn es ist die europäische Zivilisation, die uns eint, uns frei macht und uns schützt. Aber all diejenigen, die nichts ändern wollen, irren ebenfalls, denn sie verleugnen die Ängste, die sich quer durch unsere Völker ziehen, die Zweifel, die unsere Demokratien aushöhlen. Unser Kontinent steht an einem Scheidepunkt, an dem wir gemeinsam in politischer und kultureller Hinsicht die Ausgestaltung unserer Zivilisation in einer sich verändernden Welt neu erfinden müssen. Das ist der Moment des Neubeginns in  Europa. Deshalb biete ich Ihnen als Maßnahme gegen Abschottung und Spaltung an, diesen Neubeginn gemeinsam anhand von drei Ambitionen zu gestalten – Freiheit, Schutz und Fortschritt.
 
Unsere Freiheit verteidigen

Das europäische Modell beruht auf der Freiheit des Menschen, auf der Vielfalt der Meinungen und des Schaffens. Unsere wichtigste Freiheit ist die demokratische Freiheit, unsere Volksvertreter zu wählen, während bei jeder Wahl fremde Mächte unser Wahlverhalten zu beeinflussen suchen. Ich schlage die Gründung einer europäischen Agentur für den Schutz der Demokratie vor, die in jeden Mitgliedstaat europäische Experten entsenden wird, um seine Wahlen vor Hackerangriffen und Manipulationen zu schützen. Im Sinne dieser Unabhängigkeit sollten wir auch die Finanzierung europäischer politischer Parteien durch fremde Mächte verbieten. Wir müssen durch EU-weite Regelungen Hass- und Gewaltkommentare aus dem Internet verbannen, denn die Achtung des Einzelnen ist die Grundlage unserer Kultur der Würde.
 
Unseren Kontinent schützen

Die Europäische Union wurde für die Aussöhnung innerhalb ihrer Grenzen geschaffen und hat darüber die Realitäten der Welt aus den Augen verloren. Aber ein Gefühl der Zugehörigkeit zu einer Gemeinschaft kann nur entstehen, wenn diese Grenzen hat, die sie beschützt. Eine Grenze bedeutet Freiheit in Sicherheit. Deshalb müssen wir den Schengen-Raum neu überdenken: Alle, die ihm angehören wollen, müssen Bedingungen für Verantwortung (strenge Grenzkontrollen) und Solidarität (gemeinsame Asylpolitik mit einheitlichen Regeln für Anerkennung und Ablehnung) erfüllen. Eine gemeinsame Grenzpolizei und eine europäische Asylbehörde, strenge Kontrollbedingungen, eine europäische Solidarität, zu der jedes Land seinen Teil beiträgt, unter der Aufsicht eines Europäischen Rats für innere Sicherheit. Ich glaube angesichts der Migration an ein Europa, das sowohl seine Werte als auch seine Grenzen beschützt.

Die gleichen Anforderungen müssen an die Verteidigung gestellt werden. Dort wurden seit zwei Jahren erhebliche Fortschritte gemacht, aber wir müssen ein klares Ziel setzen. Wir müssen unsere unentbehrlichen Verpflichtungen in einem Vertrag über Verteidigung und Sicherheit festlegen, im Einklang mit der NATO und unseren europäischen Verbündeten: Erhöhung der Militärausgaben, Anwendungsfähigkeit der Klausel über die gegenseitige Verteidigung,  Europäischer Sicherheitsrat unter Einbeziehung Großbritanniens zur Vorbereitung unserer gemeinsamen Entscheidungen.

Unsere Grenzen müssen auch einen gerechten Wettbewerb gewährleisten. Welche Macht der Welt nimmt es hin, weiter Handel mit denjenigen zu treiben, die keine ihrer Regeln einhalten? Wir können nicht alles hinnehmen, ohne zu reagieren. Wir müssen unsere Wettbewerbspolitik reformieren, unsere Handelspolitik neu ausrichten: in Europa Unternehmen bestrafen oder verbieten, die unsere strategischen Interessen und unsere wesentlichen Werte untergraben, wie Umweltstandards, Datenschutz und eine Entrichtung von Steuern in angemessener Höhe; und in strategischen Branchen und bei öffentlichen Aufträgen zu einer bevorzugten Behandlung europäischer Unternehmen stehen, wie es unsere Konkurrenten in den USA und in China tun.
 
Zum Geist des Fortschritts zurückkehren

Europa ist keine Macht zweiten Ranges. Europa als Ganzes spielt eine Vorreiterrolle, denn es hat von jeher die Maßstäbe für Fortschritt gesetzt. Dazu muss es ein Projekt anbieten, dass eher dem Zusammenwirken als der Konkurrenz dient: In Europa, wo die Sozialversicherung erfunden wurde, muss für alle Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer, von Ost nach West und von Nord nach Süd, eine soziale Grundsicherung eingeführt werden, die ihnen gleiche Bezahlung am gleichen Arbeitsplatz und einen an jedes Land angepassten und jedes Jahr gemeinsam neu verhandelten europaweiten Mindestlohn gewährleistet.

Wieder an die Idee des Fortschritts anzuknüpfen bedeutet auch, sich an die Spitze des Kampfes für unsere Umwelt zu stellen. Werden wir unseren Kindern in die Augen blicken können, wenn wir nicht auch unsere Klimaschuld begleichen? Die Europäische Union muss ihr Ziel festlegen – Reduzierung der CO2-Emissionen auf Null bis 2050, 50 Prozent weniger Pestizide bis 2025 – und ihre Politik diesem Ziel unterordnen: eine Europäische Klimabank für die Finanzierung des ökologischen Wandels, eine europäische Kontrolleinrichtung für einen wirksameren Schutz unserer Lebensmittel; eine vor der Bedrohung durch Lobbyismus schützende und unabhängige wissenschaftliche Bewertung von Umwelt und Gesundheit gefährdenden Substanzen usw. Dieser Imperativ muss all unserem Handeln zugrunde liegen: von der Zentralbank bis hin zur Europäischen Kommission, vom EU-Haushalt bis hin zum Investitionsplan für Europa – alle unsere Institutionen müssen den Schutz des Klimas zum Ziel haben.

Fortschritt und Freiheit, das bedeutet von seiner Arbeit leben zu können, und um Arbeitsplätze zu schaffen, muss Europa vorausplanen. Deshalb muss es nicht nur die Internet-Giganten durch die Schaffung einer europäischen Überwachung der großen Plattformen (schnellere Strafen bei Verstößen gegen Wettbewerbsregeln, Transparenz der Algorithmen usw.) regulieren, sondern auch die Innovation finanzieren, indem es den neuen Europäischen Innovationsrat mit einem Budget ausstattet, das mit dem in den USA vergleichbar ist, um sich an die Spitze der neuen technologischen Umwälzungen wie der Künstlichen Intelligenz zu stellen.

Ein weltoffenes Europa muss sich Afrika zuwenden, mit dem wir einen Pakt für die Zukunft schmieden müssen. Durch die Anerkennung eines gemeinsamen Schicksals, durch die Unterstützung seiner Entwicklung auf ambitionierte und nicht auf zurückhaltende Weise: Investitionen, Universitätspartnerschaften, Schulunterricht für Mädchen usw.

Freiheit, Schutz, Fortschritt. Auf diesen Säulen muss unser Neubeginn in Europa ruhen. Wir dürfen nicht zulassen, dass die Nationalisten, die keine Lösungen anzubieten haben, die Wut der Völker ausnutzen. Wir dürfen nicht Schlafwandler in einem erschlafften Europa sein. Wir dürfen nicht weitermachen wie bisher und uns auf Beschwörungsformeln beschränken. Der europäische Humanismus erfordert Handeln. Und überall möchten die Bürgerinnen und Bürger am Wandel teilhaben. Deshalb sollten wir noch vor Ende dieses Jahres mit den Vertretern der EU-Institutionen und der Staaten eine Europakonferenz ins Leben rufen, um alle für unser politisches Projekt erforderlichen Änderungen vorzuschlagen, ohne Tabus, einschließlich einer Überarbeitung der Verträge. Zu dieser Konferenz sollten Bürgerpanels hinzugezogen und Akademiker, Sozialpartner und Vertreter der Religionen gehört werden. Sie wird einen Fahrplan für die Europäische Union festlegen, indem sie die wichtigsten Prioritäten in konkrete Maßnahmen umsetzt. Wir werden uns nicht in allem einig sein, aber was ist besser: ein erstarrtes Europa oder ein Europa, das voranschreitet, zwar nicht immer im Gleichschritt, aber offen für alle?

In diesem Europa werden die Völker ihr Schicksal wieder wirklich in die Hand genommen haben; in diesem Europa wird Großbritannien, da bin ich sicher, einen vollwertigen Platz finden.

Bürgerinnen und Bürger Europas, die Sackgasse des Brexit ist eine Lehre für uns alle. Aus dieser Falle müssen wir uns befreien und der kommenden Wahl und unserem Projekt Sinn verleihen. Ihnen obliegt die Entscheidung, ob Europa und die Werte des Fortschritts, die es vertritt, mehr sein sollen als ein Intermezzo in der Geschichte. Das ist die Entscheidung, die ich Ihnen anbiete, damit wir gemeinsam den Weg eines Neubeginns in Europa betreten.

Emmanuel Macron
 


Por un Renacimiento Europeo

Ciudadanos de Europa:

Si me he tomado la libertad de dirigirme a ustedes directamente, no es solo en nombre de la historia y de los valores que nos unen, sino también porque hay urgencia. Dentro de unas semanas, las elecciones europeas serán decisivas para el futuro de nuestro continente.

Nunca antes, desde la Segunda Guerra Mundial, Europa ha sido tan necesaria. Y, sin embargo, nunca ha estado tan en peligro.

El Brexit es ejemplo de todo ello. Ejemplo de la crisis de una Europa que no ha sabido satisfacer las necesidades de protección de los pueblos frente a los grandes cambios del mundo contemporáneo. Ejemplo, también, de la trampa europea. La trampa no es pertenecer a la Unión Europea, sino la mentira y la irresponsabilidad que pueden destruirla. ¿Quién les ha contado a los británicos la verdad sobre su futuro tras el Brexit? ¿Quién les ha hablado de perder el acceso al mercado europeo? ¿Quién ha advertido de los peligros para la paz en Irlanda si se vuelve a la frontera del pasado? El repliegue nacionalista no tiene propuestas; es un «no» sin proyecto. Y esta trampa amenaza a toda Europa: los que explotan la rabia, ayudados por noticias falsas, prometen una cosa y la contraria.

Frente a estas manipulaciones, debemos mantenernos firmes. Orgullosos y lúcidos. Recordemos primero qué es Europa. Es un éxito histórico: la reconciliación de un continente devastado, plasmada en un proyecto inédito de paz, prosperidad y libertad. No lo olvidemos nunca. Hoy día, este proyecto nos sigue protegiendo. ¿Qué país puede actuar solo frente a las estrategias agresivas de las grandes potencias? ¿Quién puede pretender ser soberano, solo, frente a los gigantes digitales? ¿Cómo resistiríamos a las crisis del capitalismo financiero sin el euro, que es una baza para toda la Unión? Europa es también esos miles de proyectos cotidianos que han cambiado la faz de nuestros territorios: una escuela renovada aquí, una carretera asfaltada allá, un acceso rápido a Internet que está llegando al fin… Esta lucha es un compromiso diario, porque Europa, como la paz, no viene dada. En nombre de Francia, abandero esta lucha sin descanso para hacer avanzar a Europa y defender su modelo. Hemos demostrado que lo que nos dijeron que era inalcanzable –como la creación de una defensa europea o la protección de los derechos sociales– finalmente era posible.

Con todo, hay que hacer más y más rápido. Porque hay otra trampa: la del statu quo y la resignación. Frente a las grandes crisis mundiales, los ciudadanos nos dicen a menudo: «¿Dónde está Europa? ¿Qué está haciendo Europa?». Para ellos, se ha convertido en un mercado sin alma. Pero sabemos que no es solo un mercado, que es también un proyecto. El mercado es útil, pero no debe hacernos olvidar lo necesario de las fronteras que nos protegen y de los valores que nos unen. Los nacionalistas se equivocan cuando pretenden defender nuestra identidad apelando a la salida de Europa, porque es la civilización europea la que nos une, nos libera y nos protege. Pero los que no querrían cambiar nada también se equivocan, porque niegan los temores que atraviesan nuestros pueblos, las dudas que socavan nuestras democracias. Estamos en un momento decisivo para nuestro continente. Un momento en el que, colectivamente, debemos reinventar, política y culturalmente, las formas de nuestra civilización en un mundo cambiante. Es el momento para el Renacimiento Europeo. Así pues, resistiendo a las tentaciones del repliegue y la división, quiero proponer que, juntos, construyamos ese Renacimiento en torno a tres aspiraciones: la libertad, la protección y el progreso.
 
Defender nuestra libertad

El modelo europeo se basa en la libertad individual y la diversidad de opiniones y de creación. Nuestra libertad primera es la libertad democrática, la de elegir a nuestros gobernantes allí donde, en cada cita electoral, hay potencias extranjeras que intentan influir en nuestros votos. Propongo que se cree una Agencia Europea de Protección de las Democracias que aporte expertos europeos a cada Estado miembro para proteger sus procesos electorales de ciberataques y manipulaciones. En este espíritu de independencia, también debemos prohibir la financiación de partidos políticos europeos por parte de potencias extranjeras. Asimismo, a través de reglas europeas, debemos desterrar de Internet el discurso del odio y la violencia, porque el respeto al individuo es la base de nuestra civilización de la dignidad humana.
 
Proteger nuestro continente

Fundada en la reconciliación interna, la Unión Europea se ha olvidado de mirar a otras realidades en el mundo. Ahora bien, ninguna comunidad genera un sentimiento de pertenencia si no tiene límites que proteger. La frontera es la libertad en seguridad. En este sentido, debemos revisar el espacio Schengen: todos los que quieran participar en él deberán cumplir una serie de obligaciones de responsabilidad (control riguroso de fronteras) y solidaridad (una misma política de asilo con las mismas reglas de acogida y denegación). Una policía de fronteras común y una Oficina Europea de Asilo, estrictas obligaciones de control y una solidaridad europea a la que contribuyan todos los países bajo la autoridad de un Consejo Europeo de Seguridad Interior. Frente a las migraciones, creo en una Europa que protege a la vez sus valores y sus fronteras.

Estas mismas exigencias deben aplicarse a la defensa. Pese a que en los dos últimos años se han registrado avances significativos, debemos establecer un rumbo claro. Así, un tratado de defensa y seguridad deberá definir nuestras obligaciones ineludibles, en colaboración con la OTAN y nuestros aliados europeos: aumento del gasto militar, activación de la cláusula de defensa mutua y creación de un Consejo de Seguridad Europeo que incluya al Reino Unido para preparar nuestras decisiones colectivas.

Nuestras fronteras también deben garantizar una competencia leal. ¿Qué potencia acepta mantener sus intercambios con aquellos que no respetan ninguna de sus reglas? No podemos someternos sin decir nada. Tenemos que reformar nuestra política de competencia, refundar nuestra política comercial: sancionar o prohibir en Europa aquellas empresas que vulneren nuestros intereses estratégicos y valores fundamentales –como las normas medioambientales, la protección de datos o el pago justo de impuestos– y adoptar una preferencia europea en las industrias estratégicas y en nuestros mercados de contratación pública, al igual que nuestros competidores estadounidenses o chinos.
 
Recuperar el espíritu de progreso

Europa no es una potencia de segunda clase. Toda Europa está a la vanguardia: siempre ha sabido definir las normas del progreso y en esta línea debe ofrecer un proyecto de convergencia, más que de competencia. Europa, que creó la seguridad social, debe establecer para cada trabajador, de este a oeste y de norte a sur, un escudo social que le garantice la misma remuneración en el mismo lugar de trabajo, y un salario mínimo europeo adaptado a cada país y revisado anualmente de forma colectiva.

Retomar el hilo del progreso es también liderar la lucha contra el cambio climático. ¿Podremos mirar a nuestros hijos a los ojos si no logramos reducir nuestra deuda con el clima? La Unión Europea debe fijar sus ambiciones –cero carbono en 2050, reducción a la mitad de los pesticidas en 2025– y adaptar sus políticas a esta exigencia: Banco Europeo del Clima para financiar la transición ecológica, dispositivo sanitario europeo para reforzar el control de nuestros alimentos, y, frente a la amenaza de los lobbies, evaluación científica independiente de sustancias peligrosas para el medio ambiente y la salud, etc. Este imperativo debe guiar todas nuestras acciones. Del Banco Central Europeo a la Comisión Europea, pasando por el presupuesto europeo o el Plan de Inversiones para Europa, todas nuestras instituciones deben tener al clima como prioridad.

Progreso y libertad es poder vivir del trabajo y, para crear empleo, Europa debe ser previsora. Para ello, no solo debe regular a los gigantes del sector digital, creando una supervisión europea de grandes plataformas (sanciones aceleradas para las infracciones de las normas de la competencia, transparencia de algoritmos, etc.), sino también financiar la innovación asignando al nuevo Consejo Europeo de Innovación un presupuesto comparable al de Estados Unidos para liderar las nuevas rupturas tecnológicas como la inteligencia artificial.

Una Europa que se proyecta hacia el resto del mundo debe mirar a África, con quien debemos sellar un pacto de futuro, asumiendo un destino común y apoyando su desarrollo de forma ambiciosa y no defensiva con inversión, colaboración universitaria, educación y formación de las niñas, etc.

Libertad, protección, progreso. Sobre estos pilares debemos construir el Renacimiento Europeo. No podemos dejar que los nacionalistas sin propuestas exploten la rabia de los pueblos. No podemos ser los sonámbulos de una Europa lánguida. No podemos estancarnos en la rutina y el encantamiento. El humanismo europeo exige acción y por todas partes los ciudadanos están pidiendo participar en el cambio. Así pues, antes de finales de año, organicemos una Conferencia para Europa, junto a los representantes de las instituciones europeas y los Estados, con el fin de proponer todos los cambios necesarios para nuestro proyecto político, sin tabúes, ni siquiera revisar los tratados. Dicha conferencia deberá incluir a paneles de ciudadanos y dar voz a universitarios, interlocutores sociales y representantes religiosos y espirituales. En ella se definirá una hoja de ruta para la Unión Europea que traduzca estas grandes prioridades en acciones concretas. Tendremos discrepancias, pero ¿qué es mejor, una Europa estancada o una Europa que avanza a veces a ritmos diferentes, manteniéndose abierta al exterior?

En esta Europa, los pueblos habrán recuperado realmente el control de su destino. En esta Europa, estoy seguro de que el Reino Unido encontrará su lugar.

Ciudadanos de Europa: el impasse del Brexit nos sirve de lección a todos. Salgamos de esta trampa y démosle un sentido a las próximas elecciones y a nuestro proyecto. Ustedes deciden si Europa y los valores de progreso que representa deben ser algo más que un paréntesis en la historia. Esta es la propuesta que les hago para trazar juntos el camino del Renacimiento Europeo.

Emmanuel Macron


Per un Rinascimento europeo

Cittadini d’Europa,

Se prendo la libertà di rivolgermi direttamente a voi, non è solo in nome della storia e dei valori che ci riuniscono. È perché è urgente. Tra qualche settimana, le elezioni europee saranno decisive per il futuro del nostro continente.

Mai dalla Seconda Guerra mondiale, l’Europa è stata così necessaria. Eppure, mai l’Europa è stata tanto in pericolo.

La Brexit ne è l’emblema. Emblema della crisi dell’Europa, che non ha saputo rispondere alle esigenze di protezione dei popoli di fronte alle grandi crisi del mondo contemporaneo. Emblema, anche, dell’insidia europea. L’insidia non è l’appartenenza all’Unione europea ma sono la menzogna e l’irresponsabilità che possono distruggerla. Chi ha detto ai Britannici la verità sul loro futuro dopo la Brexit? Chi ha parlato loro di perdere l’accesso al mercato europeo? Chi ha evocato i rischi per la pace in Irlanda tornando alla frontiera del passato? Il ripiego nazionalista non propone nulla; è un rifiuto senza progetto. E questa insidia minaccia tutta l’Europa: coloro che sfruttano la collera, sostenuti dalle false informazioni, promettono tutto e il contrario di tutto.

Di fronte a queste manipolazioni, dobbiamo resistere. Fieri e lucidi. Dire innanzitutto cos’è l’Europa. È un successo storico: la riconciliazione di un continente devastato, in un inedito progetto di pace, di prosperità e di libertà. Non dimentichiamolo mai. E questo progetto continua a proteggerci oggi: quale paese può agire da solo di fronte alle aggressive strategie delle grandi potenze? Chi può pretendere di essere sovrano, da solo, di fronte ai giganti del digitale? Come resisteremmo alle crisi del capitalismo finanziario senza l’euro, che è una forza per tutta l’Unione? L’Europa, sono anche quelle migliaia di progetti quotidiani che hanno cambiato il volto dei nostri territori, quel liceo ristrutturato, quella strada costruita, l’accesso rapido a Internet che arriva, finalmente. Questa lotta è un impegno di ogni giorno perché l’Europa come la pace non sono mai acquisite. In nome della Francia, la porto avanti instancabilmente per far progredire l’Europa e difendere il suo modello. Abbiamo dimostrato che quanto ci dicevano inaccessibile, la creazione di una difesa europea o la tutela dei diritti sociali, era possibile.

Ma occorre fare di più, più rapidamente. Perché c’è l’altra insidia, quella dello status quo e della rassegnazione. Di fronte alle grandi crisi del mondo, i cittadini molto spesso ci dicono: “Dov’è l’Europa? Che fa l’Europa?”. È diventata ai loro occhi un mercato senz’anima. L’Europa invece non è solo un mercato, è un progetto. Un mercato è utile, ma non deve far dimenticare la necessità di frontiere che proteggono e di valori che uniscono. I nazionalisti sbagliano quando pretendono di difendere la nostra identità con il ritiro dall’Europa, perché è la civiltà europea che ci riunisce, ci libera e ci protegge. Ma anche coloro che non vorrebbero cambiare nulla sbagliano, perché negano le paure che attanagliano i nostri popoli, i dubbi che minano le nostre democrazie. Siamo in un momento decisivo per il nostro continente; un momento in cui, collettivamente, dobbiamo reinventare politicamente, culturalmente, le forme della nostra civiltà in un mondo che si trasforma. È il momento del Rinascimento europeo. Pertanto, resistendo alle tentazioni del ripiego e delle divisioni, vi propongo di costruire insieme questo Rinascimento su tre ambizioni: la libertà, la protezione e il progresso.
 
Difendere la nostra libertà

Il modello europeo si fonda sulla libertà dell’uomo, sulla diversità delle opinioni, della creazione. La nostra prima libertà è la libertà democratica, quella di scegliere i nostri governanti laddove, ad ogni scrutinio, alcune potenze straniere cercano di influenzare i nostri voti. Propongo che venga creata un’Agenzia europea di protezione delle democrazie che fornirà esperti europei ad ogni Stato membro per proteggere il proprio iter elettorale contro i cyberattacchi e le manipolazioni. In questo spirito di indipendenza, dobbiamo anche vietare il finanziamento dei partiti politici europei da parte delle potenze straniere. Dovremo bandire da Internet, con regole europee, tutti i discorsi di odio e di violenza, in quanto il rispetto dell’individuo è il fondamento della nostra civiltà di dignità.
 
Proteggere il nostro continente

Fondata sulla riconciliazione interna, l’Unione europea ha dimenticato di guardare le realtà del mondo, ma nessuna comunità crea un senso di appartenenza se non ha limiti che protegge. La frontiera, significa la libertà in sicurezza. Dobbiamo pertanto rivedere lo spazio Schengen: tutti coloro che vogliono parteciparvi devono rispettare obblighi di responsabilità (rigoroso controllo delle frontiere) e di solidarietà (una stessa politica di asilo, con le stesse regole di accoglienza e di rifiuto). Una polizia comune delle frontiere e un ufficio europeo dell’asilo, obblighi stringenti di controllo, una solidarietà europea a cui ogni paese contribuisce, sotto l’autorità di un Consiglio europeo di sicurezza interna: credo, di fronte alle migrazioni, in un’Europa che protegge al contempo i suoi valori e le sue frontiere. 

Le stesse esigenze devono applicarsi alla difesa. Da due anni sono stati realizzati importanti progressi, ma dobbiamo indicare una rotta chiara: un trattato di difesa e di sicurezza dovrà definire i nostri obblighi indispensabili, in collegamento con la NATO ed i nostri alleati europei: aumento delle spese militari, clausola di difesa reciproca resa operativa, Consiglio di sicurezza europeo che associa il Regno Unito per preparare le nostre decisioni collettive.

Le nostre frontiere devono anche garantire una giusta concorrenza. Quale potenza al mondo accetta di proseguire i propri scambi con coloro che non rispettano nessuna regola? Non possiamo subire senza proferir parola. Dobbiamo riformare la nostra politica della concorrenza, rifondare la nostra politica commerciale: punire o proibire in Europa le aziende che ledono i nostri interessi strategici ed i nostri valori essenziali, come le norme ambientali, la protezione dei dati ed il giusto pagamento delle tasse; e assumere, nelle industrie strategiche e nei nostri appalti pubblici, una preferenza europea come fanno i nostri concorrenti americani o cinesi.
 
Ritrovare lo spirito di progresso

L’Europa non è una potenza di secondo rango. L’Europa intera è un’avanguardia: ha sempre saputo definire le norme del progresso. Per questo, deve portare avanti un progetto di convergenza più che di concorrenza: l’Europa, in cui è stata creata la previdenza sociale, deve instaurare per ogni lavoratore, da Est a Ovest e dal Nord al Sud, uno scudo sociale che gli garantisca la stessa retribuzione sullo stesso luogo di lavoro, e un salario minimo europeo, adatto ad ogni paese e discusso ogni anno collettivamente.

Riannodare il filo del progresso significa anche prendere la guida della lotta ecologica. Guarderemo in faccia i nostri figli se non riassorbiamo anche il nostro debito climatico? L’Unione europea deve fissare la sua ambizione – 0 carbonio nel 2050, dimezzamento dei pesticidi nel 2025 – e adattare le sue politiche a questa esigenza: Banca europea per il clima per finanziare la transizione ecologica; forza sanitaria europea per rafforzare i controlli dei nostri alimenti; contro la minaccia delle lobby, valutazione scientifica indipendente delle sostanze pericolose per l’ambiente e la salute… Questo imperativo deve guidare tutta la nostra azione: dalla Banca centrale alla Commissione europea, dal budget europeo al piano di investimento per l’Europa, tutte le nostre istituzioni devono avere il clima per mandato.

Il progresso e la libertà significano poter vivere del proprio lavoro: per creare posti di lavoro, l’Europa deve anticipare.  È per questo che non solo deve regolamentare i giganti del digitale, creando una supervisione europea delle grandi piattaforme (sanzioni accelerate per le violazioni della concorrenza, trasparenza dei loro algoritmi…), ma deve anche finanziare l’innovazione dotando il nuovo Consiglio europeo dell’innovazione di un budget comparabile a quello degli Stati Uniti, per prendere la guida dei nuovi grandi cambiamenti tecnologici, come l’intelligenza artificiale.

Un’Europa che si proietta nel mondo deve essere volta verso l’Africa, con cui dobbiamo stringere un patto per il futuro. Assumendo un destino comune, sostenendo il suo sviluppo in modo ambizioso e non difensivo: investimenti, partenariati universitari, istruzione delle ragazze…

Libertà, protezione, progresso. Dobbiamo costruire su questi pilastri un Rinascimento europeo. Non possiamo lasciare i nazionalisti, senza soluzioni, sfruttare l’ira dei popoli. Non possiamo essere i sonnambuli di un’Europa rammollita. Non possiamo rimanere nella routine e nell’incantesimo. L’umanesimo europeo è un’esigenza di azione. Ed ovunque i cittadini chiedono di partecipare al cambiamento. Allora entro la fine dell’anno, con i rappresentanti delle istituzioni europee e degli Stati, instauriamo una Conferenza per l’Europa al fine di proporre tutti i cambiamenti necessari al nostro progetto politico, senza tabù, neanche quello della revisione dei trattati. Questa conferenza dovrà associare gruppi di cittadini, dare audizione a universitari, parti sociali, rappresentanti religiosi e spirituali. Definirà una roadmap per l’Unione europea trasformando in azioni concrete queste grandi priorità. Avremo dei disaccordi, ma è meglio un’Europa fossilizzata o un’Europa che progredisce, talvolta a ritmi diversi, rimanendo aperta a tutti?

In questa Europa, i popoli avranno veramente ripreso il controllo del loro destino; in questa Europa, il Regno Unito, ne sono certo, troverà pienamente il suo posto.

Cittadini d’Europa, l’impasse della Brexit è una lezione per tutti. Usciamo da questa insidia; diamo un senso alle prossime elezioni e al nostro progetto. Sta a voi decidere se l’Europa, i valori di progresso che porta avanti, debbano essere più di una parentesi nella storia. È la scelta che vi propongo, per tracciare insieme il cammino di un Rinascimento europeo.

Emmanuel Macron


Na rzecz europejskiego Odrodzenia

Obywatele Europy,

Jeśli pozwalam sobie zwrócić się do was bezpośrednio, to nie tylko w imieniu Historii i wartości, które nas jednoczą, ale dlatego, że istnieje pilna konieczność. Za kilka tygodni, wybory europejskie zadecydują o przyszłości naszego kontynentu.

Nigdy od czasów II Wojny Światowej, Europa nie była tak bardzo potrzebna. A jednocześnie, Europa nigdy nie była tak bardzo zagrożona.

Brexit jest tego symbolem. Symbolem kryzysu Europy, która nie była zdolna  odpowiedzieć  na potrzeby ochrony narodów w obliczu ogromnych wstrząsów współczesnego świata. Jest też symbolem pułapki europejskiej. Pułapką nie jest przynależność do Unii Europejskiej ; to kłamstwo i brak odpowiedzialności mogą ją zniszczyć. Kto powiedział Brytyjczykom prawdę o ich przyszłości po Brexit ?  Kto im mówił o utracie dostępu do rynku europejskiego ? Kto wspomniał o zagrożeniach dla pokoju w Irlandii po powrocie do granicy z przeszłości ? Nacjonalistyczne zamknięcie nie proponuje niczego ; to odrzucenie bez projektu. I ta pułapka zagraża całej Europie : ci, którzy wykorzystują gniew, wspierani przez fałszywe informacje, obiecują wszystko i nic.

W obliczu tych manipulacji musimy pozostać nieugięci. Dumni i przenikliwi. Przede wszystkim powiedzieć czym jest Europa. Jest to sukces historyczny : pojednanie zdewastowanego kontynentu w bezprecedensowym projekcie pokoju, dobrobytu i wolności. Nigdy tego nie zapomnijmy. I ten projekt, dzisiaj, nadal nas chroni : który kraj może działać sam w obliczu agresywnych strategii wielkich mocarstw ? Kto, może twierdzić, że jest suwerenny, będąc sam, w obliczu  cyfrowych gigantów ? W jaki sposób, bez euro, które jest siłą całej Unii,  moglibyśmy stawiać opór kryzysom kapitalizmu finansowego?

Europa, to są także te tysiące projektów życia codziennego, które zmieniły oblicze naszych terytoriów, te odnawiane licea, ta zbudowana droga, szybki dostęp do Internetu, nareszcie osiągalny. Ta walka jest codziennym zaangażowaniem, ponieważ ani Europa ani pokój nigdy nie są zdobyte na raz na zawsze. W imieniu Francji działam nieustannie dla rozwoju Europy i obrony jej modelu. Pokazaliśmy, że jest możliwe to, o czym mówiono nam, że jest nieosiągalne : stworzenie obrony europejskiej lub ochrona praw społecznych.

Ale trzeba zrobić więcej, szybciej. Istnieje bowiem  inna pułapka: status quo i rezygnacja. W obliczu wielkich wstrząsów na świecie, obywatele mówią nam bardzo często : « Gdzie jest Europa ? Co robi Europa ? » . Stała się ona, ich zdaniem, rynkiem bez duszy. Nie, Europa nie jest tylko rynkiem, jest ona  projektem. Rynek jest użyteczny, ale nie może nam pozwolić zapomnieć o konieczności granic, które chronią i wartości, które łączą. Nacjonaliści mylą się kiedy udają, że wycofaniem się z Europy,  bronią naszej tożsamości; ponieważ to właśnie cywilizacja europejska nas łączy, nas wyzwala, nas chroni. Ale ci, którzy nie chcieliby niczego zmienić też są w błędzie, ponieważ zaprzeczają lękom, które ogarniają nasze narody, wątpliwościom, które podważają nasze demokracje. Jesteśmy w  momencie decydującym dla naszego kontynentu ; momencie, w którym wspólnie, politycznie i kulturowo, musimy wymyśleć, formy naszej cywilizacji w zmieniającym się świecie. Jest to  czas europejskiego Odrodzenia. Dlatego też, odporny na pokusy zamknięcia się w sobie i pokusy podziałów, proponuję wspólną budowę tego  Odrodzenia wokół trzech ambicji : wolność, opieka i postęp.
 
Obrona naszej wolności

Model europejski opiera się na wolności człowieka, różnorodności opinii i tworzeniu. Naszą fundamentalną wolnością jest demokratyczna wolność wyboru naszych przywódców i to wtedy, podczas każdego głosowania, obce mocarstwa próbują wpływać na nasze głosy. Proponuję utworzenie Europejskiej Agencji Ochrony Demokracji, która zapewni każdemu Państwu członkowskiemu europejskich ekspertów dla ochrony procesu wyborczego przed cyberprzestępczością i manipulacjami. W tym duchu niezależności, musimy również zabronić finansowania europejskich partii politycznych przez obce mocarstwa. Musimy usunąć z Internetu, zgodnie z przepisami europejskimi,  wszelkie przejawy mowy nienawiści i przemocy, ponieważ poszanowanie jednostki jest podstawą naszej  cywilizacji godności.
 
Ochrona naszego kontynentu

Oparta na wewnętrznym pojednaniu, Unia europejska zapomniała przyglądać się realiom świata. Żadna wspólnota nie tworzy poczucia przynależności, jeśli nie ma granic, których broni. Granica to wolność w bezpieczeństwie. Dlatego musimy odnowić strefę Schengen : wszyscy ci, którzy chcą w niej uczestniczyć muszą wypełnić zobowiązania odpowiedzialności (ścisła kontrola granic) i solidarności (jednolita polityka azylowa, z jednakowymi zasadami  przyjmowania i odmowy ). Wspólna policja graniczna i Europejski Urząd ds. azylowych, ścisłe obowiazki kontroli, solidarność europejska do której przyczynia się każdy kraj, pod zwierzchnictwem Europejskiej Rady Bezpieczeństwa Wewnętrznego : w obliczu migracji, wierzę w Europę, która chroni zarówno swoje wartości jak i swoje granice.

Te same wymogi powinny mieć zastosowanie w odniesieniu  do obrony. W ciągu ostatnich dwóch lat zrobiono znaczne postępy, ale powinniśmy wskazać jasną orientację : traktat obrony i bezpieczeństwa powinien zdefiniować nasze niezbędne zobowiazania,  w porozumieniu z NATO i naszymi europejskimi sojusznikami : zwiększenie wydatków wojskowych, wprowadzenie w życie klauzuli wzajemnej obrony, Europejska Rada Bezpieczeństwa z udziałem Zjednoczonego Królestwa  w celu przygotowania naszych wspólnych decyzji.

Nasze granice muszą również zapewnić uczciwą konkurencję. Które mocarstwo na świecie wyraża zgodę na kontynuowanie handlu z tymi, którzy nie przestrzegają żadnej z jego reguł. Nie możemy poddać się nic nie mówiąc. Musimy zreformować naszą politykę konkurencji, zaktualizować naszą politykę handlową: karanie lub zakazanie w Europie przedsiębiorstw, które naruszają nasze strategiczne interesy i nasze fundamentalne wartości, takie jak normy środowiskowe, ochrona dannych i uczciwe płacenie podatków ; i zapewnić preferencję europejską w strategicznych gałęziach przemysłu i na rynkach publicznych, tak jak to robią nasi amerykańscy lub chińscy konkurenci.
 
Odnalezienie ducha postępu

Europa nie jest drugorzędnym mocarstwem. Cała Europa jest awangardą : zawsze potrafiła zdefiniować normy postępu. Dlatego powinna ona wnieść projekt,  raczej konwergencji niż konkurencji : Europa, gdzie zostało utworzone ubezpieczenie społeczne, powinna ustanowić dla każdego pracownika, ze Wschodu na Zachód i z Północy na Południe, osłonę społeczną gwarantującą mu takie samo wynagrodzenie w tym samym miejscu  pracy i europejskie wynagrodzenie minimalne, dostosowane do każdego kraju i omawiane zbiorowo każdego roku.

Pójść znowu drogą postępu, to też stanąć na czele walki ekologicznej. Czy będziemy mogli spojrzeć w oczy naszym dzieciom, jeśli nie zlikwidujemy naszego zadłużenia klimatycznego ? Unia europejska powinna określić swoje ambicje - 0 dwutlenku węgla w 2050 roku, zmniejszenie o połowę pestycydów w 2025 roku – i dostosować swoją politykę do tego wymogu: Europejski Bank klimatyczny w celu finansowania przemiany ekologicznej ; Europejska inspekcja sanitarna w celu wzmocnienia kontroli naszej żywności ; wobec gróźb ze strony środowisk lobbystycznych, niezależna ocena naukowa substancji niebezpiecznych dla środowiska i dla zdrowia...Ten imperatyw musi kierować całym naszym działaniem : klimat musi być mandatem dla wszystkich naszych instytucji, od Banku centralnego do Komisji europejskiej, od budżetu europejskiego do planu inwestycyjnego dla Europy.

Postęp i wolność, to możliwość życia z własnej  pracy : aby tworzyć miejsca pracy, Europa musi antycypować. Dlatego powinna ona nie tylko uregulować działalność gigantów cyfrowych, tworząc europejski nadzór nad dużymi platformami (przyspieszona sankcja za zakłócenie konkurencji, przejrzystość ich algorytmów...), ale także finansować innowacje, zapewniając nowej Europejskiej Radzie ds. Innowacji budżet porównywalny z budżetem Stanów Zjednoczonych, by osiągnąć wiodącą pozycję w dziedzinie nowych przełomów technologicznych, takich jak sztuczna inteligencja.

Europa, która zamierza odgrywać rolę światową musi być ukierunkowana na Afrykę, z którą powinniśmy zawrzeć pakt przyszłości. Przyjmując, że mamy wspólny los, wspierajmy jej rozwój w sposób ambitny i niedefensywny : inwestycje, partnerstwo między uniwersytetami, edukacja dziewcząt...

Wolność, ochrona, postęp. Na tych filarach musimy budować Odrodzenie europejskie. Nie możemy pozwolić nacjonalistom, nie mającym rozwiązania, wykorzystywać gniew narodów. Nie możemy być lunatykami w osłabionej Europie. Nie możemy poddawać się rutynie i czczym zaklęciom. Humanizm europejski to wymóg działania. I wszędzie obywatele proszą o uczestniczenie w przemianach. Do końca roku utwórzmy więc wspólnie z przedstawicielami instytucji europejskich  i Państw, Konferencję dla Europy, aby zaproponować  wszystkie zmiany niezbędne dla naszego politycznego projektu, bez tabu, nawet bez tabu rewizji traktatów. Konferencja ta powinna zaangażować panele obywatelskie, wysłuchiwać pracowników akademickich, partnerów społecznych, przedstawicieli religijnych i duchowych. Zdefiniuje ona harmonogram działań dla Unii europejskiej przekładając te główne priorytety na konkretne działania. Będą spory, ale czy lepsza jest skostniała Europa czy też Europa, która rozwija się czasami w różnym tempie, ale pozostaje otwarta dla wszystkich ?

W tej Europie, narody przejmą naprawdę kontrolę nad swoim losem ; jestem pewien, że w tej Europie, Zjednoczone Królestwo znajdzie swoje miejsce.

Obywatele Europy, impas Brexitu jest lekcją dla nas wszystkich. Wydostańmy sie z tej pułapki, nadajmy sens nadchodzącym wyborom i naszemu projektowi. Do was należy decyzja, czy Europa, wartości postępu, które niesie ona ze sobą, powinny być czymś więcej niż nawiasem w historii. Proponuję ten wybór, abyśmy razem utorowali drogę dla Odrodzenia europejskiego.

Emmanuel Macron


За Европейско Обновление

Граждани на Европа,

Ако си давам свободата да се обърна пряко към вас, то не е само в името на историята и на ценностите, които ни обединяват. А защото е неотложно. След няколко седмици, европейските избори ще бъдат решаващи за бъдещето на нашия континент.

Никога, от Втората Световна война насам, Европа не е била така необходима. И така застрашена.

Брексит е символ на това. Символ на кризата на Европа, която не съумя да отговори на потребността от закрила на народите, изправени пред тежкитге трусове на съвременния свят. Но и символ на европейската клопка. И не принадлежността към Европейския съюз е клопката, а лъжата и безотговорността, които могат да го разрушат. Кой каза на британците истината за бъдещето им след Брексит ? Кой им спомена, че ше загубят достъпа до европейския пазар ? Кой каза какви опасности за мира в Ирландия крие връщането към границата от миналото ? Самоизолацията, която проповядват националистите, не предлага нищо ; това е афект, но не и проект. Тази клопка застрашава цяла Европа : онези, които използат гнева за своя сметка, с подкрепата на невярна информация, обещават едно и точно обратното.

Пред подобни манипулации, ние трябва да останем прави. Горди и трезвомислещи. Първо да кажем  какво е Европа. Това е исторически успех : помирението на сринат до основи континент, в първи в историята проект за мир, благоденствие и свобода. Нека никога не забравяме това. Този проект ни закриля и днес : коя страна може да направи нещо сама срещу нападателните кроежи  на могъщи държави ? Кой може да твърди, че е суверенен, сам, срещу цифровите гиганти ? Как бихме устояли на кризите на финансовия капитализъм без еврото, което е сила за целия Съюз ? Европа, това са и онези хиляди проекти от ежедневието, които промениха облика на нашите територии, обновена гимназия, ремонтиран път, най-после - бърз достъп до Интернет. Тази битка е ежедневно усилие, защото Европа, както и мирът, винаги могат да ни се отнемат. Във и от  името на Франция, аз оглавявам  усилието неуморно, за да накарам Европа да върви напред и за да защитя нейния модел. Показахме, че онова, за което твърдяха, че е невъзможно, а именно създаването на европейска отбрана или защитата на социалните права, е възможно.

Но трябва да се направи повече, и по-бързо. Защото има и друга клопка, клопката на статуквото и на примирението. И когато наблюдават тежкитге трусове, които люлеят света, грежданите много често ни казват : „Къде е Европа ? Какво прави Европа ?”. В техните очи тя се е превърнала в бездущен пазар. А Европа не е само пазар, тя е проект. Пазарът е нещо полезно, но не бива да ни кара да забравяме, че са необходими граници, които пазят, и ценности, които обединяват. Националистите се заблуждават, когато твърдят, че защитават нашата идентичност, оттегляйки се от Европа ; просто защото нас ни обединява, освобождава и защитава европейската цивилизация. Онези, които не желаят каквато и да било промяна също се заблуждават, защото отказват да видят страховете, които народите ни изпитват, съмненията, които подронват устоите на демокрацията в страните ни. Намираме се в решителен момент за континента ни ; момент когато, заедно, трябва да пресътворим, и политически, и културно, формите на нашата цивилизация в един променящ се свят. Това е моментът на Европейското Обновление. Ето защо, възставайки срещу затварянето в себе си и срещу разделенията, ви предлагам заедно да извършим това Обновление, около три цели на амбициите ни : свобода, защита и напредък.
 
За защитата на свободата

Европейският модел се основава на свободата на човека, разнообразието на мненията и на творчеството. Първата ни свобода е демократичната свобода, свободата да избираме правителствата си, тогава когато, на всички избори, чужди сили се опитват да наклонят везната на нашия вот. Предлагам създаването на Европейска агенция за защита на демокрацията, която да предоставя европейски експерти на всяка страна-член, за да защити тя собствения си избирателен процес срещу кибератаки и манипулации. И в същия дух на независимост, трябва да забраним финансирането на европейски политически партии от чужди сили. Трябва да прокудим от Интернет, чрез европейски правила, всяко изразяване на омраза и насилие, защото уважението към индивида е темел на нащата цивилизация на достойнството.
 
За защитата на нашия континент

Основавайки се върху вътрещното помирение, Европейският съюз забравя да обърне

поглед към действителността по света. А нито една общност не създава усещане за  принадлежност, ако няма граници, които да защитава. Границата, това е свобода с чувство за сигурност. Това ни налага да преосмислим изцяло Шенгенското пространство : всички онези, които желаят да участвет в него, трябва да изпълняват задължения за отговорност (строг граничен контрол), и за солидарност (една и съща политика за убежище, и еднакви правила за прием и за отказ). Една обща Гранична полиция и европейска служба за убежище, строги задължения за контрол, европейска солидарност, към която всяка страна допринася, подчинена на Европейски съвет за вътрешна сигурност : пред лицето на преселенията, аз вярвам в една Европа, която защитава своите граници и отстоява своите ценности.

Същите изисквания трабва да се приложат и към отбраната. От две години насам се постигна значителен напредък, но ние трябва да посочим ясна посока : един договор за отбрана и сигурност трябва да определи нащите необходими задължения, при връзка с НАТО и европейските ни съюзници : увеличение на военните разходи, клауза за взаимна защита, която да бъде оперативна, Европейски съвет за сигурност, към който да бъде асоциирано и Обединеното кралство с цел подготовка на колективните ни решения.

Границите ни трябва да подсигуряват и честна конкуренция. Коя световна сила допуска обменът да продължи с онези, които не спазват нито едно от нейните правила ? Не можем да търпим и да мълчим. Трябва да направим реформа на политиката ни в областта на конкуренцията, да положим нови основи на търговската ни политика : да налагаме санкции или да забраним в Европа предприятия, които извърщват посегагелство спрямо нашите стратегически интереси и изконни ценности, като екологични стандарти, защита на данни или справедливо плашане на данъци ; и да заявим, при стратегическите производства и обществени поръчки, европейска преференция, както правят нашите американски и китайски конкуренти.
 
Да си възвърнем духа на прогреса

Европа не е второразрядна сила. Цяла Европа е един авангард : тя винаги е могла д а определи нормите на прогреса. За целта, тя трябва да изведе на преден план проект за конвергенция, а не за конкуренция : Европа, където е създадено социалното осигуряване, трябва да постави, за всеки работник, от Изтока до Запад, и от Севера до Юг, социален щит, който да му осигурява еднакво заплащане на едно и също работно

място, и минимална европейска заплата, съобразена с всяка страна и договаряна колективно всяка година.

Да подхванем отново нишката на прогреса, означава и да застанем начело на битката за природата. Ще гледаме ли децата си в очите, ако не изплатим  и дълга си към климата ? Европейският съюз трябва да си постави като амбиция – 0 въглерод 2050 г., намаление на половина на пестицидите 2025 г. – и да съобрази своята политика във всяка област с това изискване : Европейска банка за климата, за финансиране на екологичния преход ; Европейска санитарна сила, за засилване на контрола върху храните ни, срещу заплахата от лобитата ; независима научна оценка на опасните за околната среда и за здравето вещества ... Тази неотложна необходимост трябва да направлява всяко наше действие : от Централната банка до Европейската комисия, от европейския бюджет до инвестиционния план за Европа, климатът трябва да бъде правомощие на всяка наща институция.

Напредък и свобода, това е да можеш да живееш от труда си : за да се създават работни места, Европа трябва да действа изпреварващо. За това тя трябва не само да регулира гигантите в цифровия свят, създавайки европейски надзор над големите платформи (ускорено санкциониране на нарушенията на конкуренцията, прозрачност на алгоритмите им ...), но и като финансира новостите, предоставайки на Новия европейски съвет за иновации бюджет, сравним с бюджета на Съединените щати, за да застане начело на всеки технологичен пробив, като изкуствения интелект ...

Европа, която вижда мястото си в света, трябва да бъде обърната към Африка, с която трябва да сключим пакт за бъдеще. Осигурявайки обща съдба, подкрепяйки  нейното развитие  с амбиция, а не в отбрана : инвестиции, партньорство между университети, образование за момичетата ...

Свобода, защита, напредък. Върху тези стълбове трябва да изградим Европейското обновление. Не можем да оставим националисти без решение да си служат с гнева на народите. Не можем да бъдем сомнамбулите на омърлушена Европа. Не можем да се оставим на рутината и да си опяваме все едно и също. Европейският хуманизъм е строго изискване за действие. Навсякъде гражданите настояват да участват в промяната. Нека създадем за целта, до края на тази тодина, с представители на европейските институции и на държавите, Конференция за Европа и там да бъдат предложени всички необходими промени в политическия ни проект, без забранени теми, пък било то и темата за преразглеждане на договорите. Тя трябва да привлече
 
групи от граждани, за изслущва представители на академичните среди, на духовните общности. Тя ще определи пътна карта за Европейския съюз, като преведе в конкретни действия тези основни приоритети. Между нас ще има разногласия, но по-добре ли е застинала, неподвижна Европа от Европа, която панякога напредва с различен ритъм, но остава отворена към всички ?
В такава Европа народите отново, същински, ще поемат контрола върху съдбините си ; в такава Европа, сигурен съм в това, Обединеното кралство, ще намери своето подобаващо място.

Граждани на Европа, безизходицата на Брексит е урок за всички. Да излезем от тази клопка, да дадем смисъла на наближаващите избори и на нашия проект. Вие сте тези, които ще рещат дали Европа, ценностите на напредък, чиито носител е тя, трябва да бъде нещо повече от затворена в скоби част от историята. Това е изборът, който ви предлагам, за да очертаем заедно пътя към Европейско обновление.

Emmanuel Macron


Za evropskou obrodu

Občané Evropy,

Pokud si dnes dovoluji obrátit se přímo k vám, nečiním tak pouze ve jménu dějin a hodnot, které nás spojují. Ale proto, že situace je naléhavá. Za několik týdnů proběhnou evropské volby, které budou rozhodující pro budoucnost našeho světadílu.

Ještě nikdy od druhé světové války nebyla Evropa tak potřebná. A přitom ještě nikdy nebyla Evropa v takovém ohrožení.

Jeho symbolem se stal brexit. Symbolem krize Evropy, která nedokázala reagovat na potřebu národů domoci se ochrany ve vztahu k velkým  otřesům současného světa. A také symbolem evropské pasti. Pastí není příšlušnost k Evropské unii; ale je to lež a neodpovědnost, které ji mohou zničit. Kdo řekl Britům pravdu o jejich budoucnosti po brexitu? Kdo s nimi hovořil o ztrátě přístupu k evropskému trhu? Kdo připomněl rizika pro mír v Irsku po návratu k hranicím minulosti? Uzavírat se do nacionalismu nic nepřináší; znamená to odmítat to, co existuje, ale nic jiného nenabízet. A tato past ohrožuje celou Evropu: ti, kdo využívají zloby, dávají za pomoci nepravdivých informací zcela protikladné sliby.

Tváří v tvář těmto manipulacím musíme zůstat neohvějní. Hrdí a jasnozřiví. V prvé řadě musíme říci, co je to Evropa. Jde o historický úspěch: usmíření zpustošeného světadílu díky nevídanému projektu míru, prosperity a svobody. A tento projekt nás dodnes nadále chrání: která země může jednat sama tváří v tvář agresivním strategiím velmocí? Kdo může tvrdit, že je sám svrchovaný vůči gigantům v oboru digitálních technologií? Jak bychom odolávali krizím finančního kapitalismu bez eura, které dává sílu celé Unii? Evropa, to jsou také tisíce každodenních projektů, které změnily tvář našeho území, je to zmodernizované gymnázium, postavená silnice, rychlý přístup k internetu, kterého jsme se konečně dočkali. Tento boj je každodenním závazkem, protože Evropa stejně jako mír nejsou nikdy dosaženy s konečnou platností. Tento boj vedu jménem Francie a bez ustání, abych pomohl Evropě na cestě vpřed a hájil její model. Prokázali jsme, že to, o čem nám tvrdili, že je to nedostižné, vytvoření evropské obrany nebo ochrana sociálních práv, jsou reálnou možností.

Ale je třeba udělat ještě více a rychleji. Existuje i jiná past, a tou je status quo a rezignace. Tváří v tvář velkým otřesům světa nám občané velmi často říkají : „Kde je Evropa? Co dělá Evropa?“ V jejich očích se stala trhem bez duše. Evropa však není jen trh, je to projekt. Trh je užitečný, ale nesmíme kvůli němu zapomenout na nezbytnost hranic, které chrání, a hodnot, které sjednocují. Nacionalisté se mýlí, když tvrdí, že hájí naši identitu odchodem z Evropy; neboť je to evropská civilizace, která nás spojuje, osvobozuje a chrání. Ovšem ti, kdo by nechtěli nic měnit, se také mýlí, neboť popírají strach, který se šíří mezi našimi národy, pochybnosti, které podrývají naše demokratické režimy. Nacházíme se v rozhodujícím okamžiku pro náš světadíl; v okamžiku, kdy musíme kolektivně vytvářet novou politiku, kulturu, tvářnost naší civilizace v měnícím se světě. Je to okamžik evropské obrody. Odolejme pokušení dát se ústup a nechat se rozdělit; navrhuji vám, abychom společně zakotvili obrodu na třech ambicích, kterými jsou svoboda, ochrana a pokrok.
 
Hájit naši svobodu

Evropský model spočívá na lidské svobodě, názorové různorodosti, tvůrčím přístupu. Naší první svobodou je svoboda demokratická, svoboda zvolit si ty, kdo nám budou vládnout, a učinit tak ve volbách v nichž zahraniční mocnosti pravidelně usilují o získání vlivu na naše hlasování. Navrhuji vytvořit Evropskou agenturu pro ochranu demokracie, jež by každému členskému státu dala k dispozici evropské odborníky, kteří by jejich volební proces chránili proti kybernetickým útokům a manipulacím. Ve stejném duchu nezávislosti  musíme také zakázat financování evropských politických stran cizími mocnostmi. Na základě evropských pravidel nesmíme připustit jakékoli projevy nenávisti a násilí na internetu, neboť úcta k jednotlivci je základem naší civilizace založené na důstojnosti.
 
Chránit náš světadíl

Evropská unie, založená na vnitřním smíru, zapomněla sledovat realitu tohoto světa. Žádné společenství však nevytvoří pocit sounáležitosti, pokud nevymezí prostor, v němž poskytuje ochranu. Hranice představují svobodu postavenou na bezpečnosti. Proto musíme přehodnotit schengenský prostor: všichni, kdo se na něm chtějí podílet, musí splnit podmínku odpovědnosti (důsledná kontrola hranic) a solidarity (stejná azylová politika, stejná pravidla pro přijímání a odmítání žádatelů). Společná pohraniční policie a evropský azylový úřad, přísné kontrolní povinnosti, evropská solidarita, k níž přispívá každá země pod dohledem Evropské rady pro vnitřní bezpečnost: tváří v tvář migracím věřím v Evropu, která chrání jak své hodnoty, tak své hranice.

Stejné požadavky se musí uplatnit na obranu. V posledních dvou letech bylo dosaženo výrazného pokroku, ale je třeba udat jasný směr; naše nezbytné povinnosti by měla stanovit smlouva o obraně a bezpečnosti, ve spojení s NATO a našimi evropskými spojenci: zvýšení vojenských výdajů, aktivovaná doložka o společné obraně, Rada evropské bezpečnosti, do které by při přípravě našich kolektivních rozhodnutí bylo zapojeno Spojené království.

Naše hranice musí také zajistit spravedlivou hospodářskou soutěž. Která velmoc na světě by byla ochotna pokračovat v obchodování s těmi, kdo nerespketují žádné z jejích pravidel? Nemůžeme si nechat všechno líbit a mlčet. Musíme reformovat naši politiku hospodářské soutěže, na nových základech postavit naši obchodní politiku: postihovat nebo zakázat v Evropě činnost podniků, které narušují naše strategické zájmy a naše hlavní hodnoty, jako jsou normy pro životní prostředí či ochranu údajů, a spravedlivé daňové odvody; a také zajistit, že v oblasti průmyslu a při veřejných zakázkách bude dodržována evropská preference, jako to dělají naši američtí nebo čínští konkurenti.
 
Navázat opět na ducha pokroku

Evropa není druhořadá mocnost. Celá Evropa je předvojem, vždy dokázala definovat normy pokroku. Proto se musí  zaměřit spíše na projekt konvergence než konkurence: Evropa, kde vzniklo sociální zabezpečení, musí pro všechny pracovníky, od východu na západ, ze severu na jih, vytvořit sociální štít, který jim zaručí stejnou odměnu na jednom pracovišti a evropskou minimální mzdu, přizpůsobenou situaci každé země a každoročně kolektivně vyjednávanou.

Znovu nalézt ducha pokroku také znamená postavit se do čela ekologického boje. Budeme se moci podívat našim dětem do očí, pokud se nám nepodaří vypořádat náš klimatický dluh? Evropská unie musí stanovit, jaké jsou její ambice - bezuhlíkové technologie v roce 2050, o polovinu snížené používání pesticidů v roce 2025 – a svou politiku přizpůsobit tomuto požadavku: Evropská banka pro klima umožňující financovat ekologický přechod; evropská jednotka pro hygienickou bezpečnost pro posílení kontroly našich potravin; nezávislé vědecké hodnocení látek nebezpečných pro životní prostředí a zdraví proti hrozbě lobbování... Tímto zásadním požadavkem se musí řídit veškeré naše počínání: od Centrální banky po Evropskou komisi, od evropského rozpočtu po investiční plán pro Evropu, všechny naše instituce se musí ve své činnosti zabývat otázkou klimatu.

Pokrok a svoboda znamenají moci žít z plodů své práce: Evropa musí předjímat, aby mohla vytvářet pracovní místa. Proto musí nejen regulovat gigantické digitální firmy tím, že zavede evropský dohled nad velkými platformami (urychlené postihy narušení hospodářské soutěže, transparentnost jejich algoritmů...), ale také financovat inovace díky tomu, že nová Evropská rada pro inovace bude obhospodařovat rozpočet srovnatelný s rozpočtem Spojených států, aby se postavila do čela nových průlomových technologií, k nimž patří třeba umělá inteligence..

Evropa, která si dělá plány na své budoucí místo v Evropě, se musí obrátit k Africe, s níž musíme uzavřít pakt o budoucnosti. Potvrdit společný osud, podporovat její rozvoj ambiciózně, ale nikoli defenzivně: investice, partnerské vztahy mezi vysokými školami, vzdělávání mladých dívek…

Svoboda, ochrana, pokrok. To jsou pilíře, na kterých musíme vybudovat evropskou obrodu. Nemůžeme dovolit nacionalistům, kteří nenabízejí žádné řešení, aby využili zloby národů. Nemůžeme být náměsíčníky ochablé Evropy. Nemůžeme zůstat u rutiny a zaříkávání. Evropský humanismus vyžaduje konkrétní kroky. Všude se občané domáhají možnosti podílet se na změnách. Uspořádejme před koncem tohoto roku spolu s představiteli evropských orgánů a států Konferenci pro Evropu s cílem navrhnout veškeré nezbytné změny našeho politického projektu, a to bez jakýchkoli tabu, i za cenu změny smluv. Této konference by se nutně účastnily panely občanů, probíhala by slyšení akademiků, sociálních partnerů, představitelů náboženských a duchovních institucí. Určila by se na ní cestovní mapa pro Evropskou unii, která by tyto významné priority přetavila do konkrétních kroků. Nebudeme spolu vždy souhlasit, je však lepší strnulá Evropa anebo Evropa, která občas nepostupuje kupředu stejným tempem, a přitom zůstává otevřená pro všechny?

V takové Evropě se národy skutečně znovu ujmou vlády nad svým osudem; v takové Evropě, tím jsem si jist, nalezne své jasné místo Spojené království.

Občané Evropy, slepá ulička brexitu je poučením pro všechny. Vymaňme se z této pasti, dejme smysl nadcházejícím volbám a našemu projektu. Je na vás, abyste rozhodli, zda Evropa a hodnoty pokroku, které v sobě nese, mají být něčím víc než jen odbočkou v dějinách. To je volba, kterou vám nabízím, abychom společně narýsovali cestu evropské obrody.

Emmanuel Macron


For en europæisk Renæssance

Borgere i Europa,

Når jeg henvender mig direkte til jer, så er det ikke kun af hensyn til historien og de værdier, der binder os sammen. Det er fordi, vi står i en hastesituation. Om få uger vil valget til Europa-Parlamentet spille en afgørende rolle for vores kontinents fremtid.

Aldrig siden anden verdenskrig har vi haft så meget brug for Europa. Og alligevel har Europa aldrig tidligere været så meget fare i.

Brexit er et symbol herpå. Et symbol på krisen i Europa, som ikke har været i stand til at imødekomme befolkningernes behov for beskyttelse mod den moderne verdens kraftige rystelser. Det er også et symbol på den europæiske fælde. Fælden er ikke medlemskabet af Den Europæiske Union men tværtimod de løgne og den uansvarlighed, som kan ødelægge den. Hvem har fortalt sandheden til briterne om, hvilken fremtid der venter dem efter Brexit? Hvem har fortalt dem om tabet af adgang til det europæiske marked? Hvem har nævnt truslen mod freden i Irland, når fortidens grænse skal genoprettes? Nationalistisk forskansning tilbyder intet. Det er en afvisning uden projekt. Og denne fælde truer hele Europa: Dem der udnytter vreden i befolkningen understøtter den med forkerte oplysninger og lover hvad som helst.

Det er vigtigt, at vi siger fra over for sådanne metoder. Med stolthed og løftet pande. Vi skal først fortælle, hvad Europa er. Europa er en succeshistorie: forsoningen af et ødelagt kontinent, et helt nyt projekt for fred, velstand og frihed.  Det må vi aldrig glemme. Og dette projekt fortsætter med at beskytte os den dag i dag. Hvilket land kan stå imod stormagternes aggressive strategier alene? Hvem kan hævde at være suveræn, alene, over for giganterne fra den digitale verden? Hvordan modstår vi den finansielle kapitalismes kriser uden euroen, som er en styrke for hele unionen? Europa, det er også de tusindvis af projekter i hverdagen, som har været med til at ændre vores territorier i form af et renoveret gymnasium, en helt ny vej, den hurtige adgang til internettet, der var så længe ventet. Denne kamp kræver engagement hver dag, for ligesom freden, så er Europa aldrig en selvfølge. På Frankrigs vegne fører jeg ufortrødent kampen videre for at videreudvikle Europa og forsvare dets model. Vi har vist, at det som mange troede var uopnåeligt, såsom at skabe et europæisk forsvar eller beskytte de sociale rettigheder, faktisk var muligt.

Men vi skal videre, hurtigere! For der er en anden fælde, nemlig status quo og resignation. Når vi står over for globale konflikter, siger borgerne ofte til os: ”Hvor er Europa? ”Hvad gør Europa?”  I deres øjne er Europa et marked uden ånd. Men det er mere end blot et marked, det er et projekt. Et marked er nyttigt, men det skal ikke få os til at glemme behovet for grænser, der beskytter os og værdier, der binder os sammen. Nationalisterne tager fejl, når de hævder at forsvare vores identitet ved at trække os ud af Europa; for det er den europæiske civilisation, der binder os sammen, som frigør os og som beskytter os. Men dem som ikke vil ændre noget tager også fejl, for de benægter den frygt, der går gennem befolkningerne, den tvivl der underminerer vores demokratier. Vi befinder os i en afgørende fase for vores kontinent, en fase hvor vi politisk og kulturelt skal genskabe rammerne for vores civilisation i en verden i forandring. Tiden er nu inde til den europæiske Renæssance. Derfor foreslår jeg, at vi skal stå imod fristelsen for tilbagetrækning og deling, og i stedet opbygge denne Renæssance sammen omkring tre ambitioner: frihed, beskyttelse og fremskridt.
 
Forsvare vores frihed

Den europæiske model bygger på menneskets frihed, meningsmangfoldighed, skabelse. Vores grundlæggende frihed er den demokratiske frihed, friheden til at vælge vores ledere, dér hvor fremmede magter ved hvert valg forsøger at påvirke vores stemmer. Jeg foreslår, at der bliver oprettet et Europæisk agentur for beskyttelse af demokratierne, der skal levere europæiske eksperter til den enkelte medlemsstat for at beskytte deres valgproces mod cyberangreb og manipulationer. Det er i den uafhængighedstankegang, at vi skal forbyde fremmede magters finansiering af europæiske politiske partier. Vi skal forbyde hadefulde og voldelige ytringer på internettet gennem EU-regler, fordi respekten for den enkelte er grundlaget for vores civilisation, der også bygger på værdighed.
 
Beskytte vores kontinent

EU er bygget på intern forsoning men har glemt at kigge på den virkelige verden. Intet samfund er imidlertid i stand til at skabe en følelse af tilhørsforhold, hvis det ikke har grænser, det skal beskytte. En grænse det er frihed i sikkerhed. Vi skal også gennemføre en gennemgribende revision af Schengenområdet: Alle dem der vil deltage skal opfylde forpligtelser om ansvar (streng grænsekontrol) og solidaritet (samme asylpolitik med de samme modtagelses- og afvisningsregler). Et fælles grænsepoliti og et europæisk asylkontor, strenge kontrolforpligtelser, en europæisk solidaritet, som hvert land bidrager til, under myndighed af et Europæisk råd for indre sikkerhed. Jeg tror på et Europa, der, i lyset af migration, beskytter sine værdier og sine grænser.

De samme krav skal gælde for forsvaret. Der er sket betydelige fremskridt inden for de sidste to år, men vi skal vise en klar kurs. En forsvars- og sikkerhedstraktat skal fastlægge vores nødvendige forpligtelser i forbindelse med NATO og vores europæiske allierede: forhøjelse af forsvarsudgifterne, den gensidige forsvarsklausul skal gøres operationel, et europæisk sikkerhedsråd, som inddrager Storbritannien, skal forberede de fælles beslutninger.

Vores grænser skal også sikre en fair konkurrence. Hvilket land i verden accepterer at fortsætte med at udveksle med dem, der ikke respekterer nogen af dets regler? Vi kan ikke uden videre underkaste os. Vi skal reformere vores konkurrencepolitik, omstrukturere vores handelspolitik: straffe eller forbyde de virksomheder i Europa, der undergraver vores strategiske interesser og grundlæggende værdier, såsom miljøstandarder, databeskyttelse og retfærdig skattebetaling, og påtage en præference for det europæiske, inden for strategiske erhverv og vores offentlige markeder, som vores amerikanske og kinesiske konkurrenter gør.
 
Genfinde lysten til fremskridt

Europa er ikke en andenrangsmagt. Europa er avantgardistisk: Det har altid været i stand til at fastsætte normerne for fremskridt. Derfor skal Europa hellere følge en konvergenspolitik frem for en konkurrencepolitik: Europa, hvor begrebet socialsikring blev skabt, skal indføre et socialt skjold, for hver arbejder fra øst mod vest og fra nord mod syd, der garanterer den samme løn på den samme arbejdsplads og en europæisk mindsteløn, der er tilpasset hvert land, og som forhandles kollektivt hvert år.

Hvis vi kan skabe fornyet fremskridt, så kan vi også føre an i miljøkampen. Vil vi kunne se vores børn i øjnene, hvis vi ikke betaler vores klimagæld tilbage? EU skal fastlægge sin ambition – ingen CO2-udledning i 2050, halvering af pesticidforbruget i 2025 – og tilpasse sine politikker til disse krav: En europæisk klimabank skal finansiere den økologiske omstilling; en europæisk sundhedsstyrke skal styrke kontrollen af vores fødevarer; mod truslen fra lobbyer, en uafhængig videnskabelig vurdering af stoffer, der er skadelige for miljøet og sundheden ... Denne indsats skal fungere som ledetråd for alle vores tiltag: fra Den Europæiske Centralbank til Europa-Kommissionen, fra EU's budget til investeringsplanen for Europa - alle vores institutioner skal have miljøet som mandat.

Fremskridt og frihed er at kunne leve af sit arbejde: Europa skal være på forkant for at kunne skabe beskæftigelse. Derfor skal EU ikke kun regulere giganterne fra den digitale verden ved at skabe et europæisk tilsyn af de store digitale platforme (hurtigere sanktioner mod konkurrenceforvridninger, gennemsigtighed i deres algoritmer osv.), men også ved at finansiere innovation ved at give det nye europæiske innovationsråd tilstrækkelige midler på højde med det, der gives i USA, så vi kan stå i spidsen for nye teknologiske frembrud, såsom kunstig intelligens.

Et Europa, der ser sig selv i verden, skal være rettet mod Afrika, som vi skal indgå en fremtidspagt med. Dette gør vi ved at påtage os en fælles skæbne, ved at støtte kontinentets udvikling på en ambitiøs og ikke-defensiv måde: investering, partnerskaber mellem højere læreanstalter, uddannelse af piger osv.

Frihed, beskyttelse og fremskridt. Vi skal bygge en europæisk Renæssance på disse søjler. Vi må ikke lade nationalisterne uden løsning udnytte befolkningens vrede. Vi må ikke være søvngængere i et blødt Europa. Vi skal ikke blive i rutinen fyldt med besværgelser. Den europæiske humanisme kræver handling. Og overalt beder borgerne om at være med i forandringen. Så jeg foreslår, at vi sammen med repræsentanterne fra de europæiske institutioner og stater gennemfører en konference for Europa, hvor vi kan foreslå alle de forandringer, der er nødvendige for vores politiske projekt, uden tabu, og endda uden revision af traktaterne. Denne konference skal inddrage borgerpaneler, arrangere høringer af akademikere, arbejdsmarkedets partnere, religiøse og kirkelige repræsentanter. Den fastlægger en køreplan for EU, der omsætter disse nøgleprioriteter til konkrete handlinger. Vi kommer til at være uenige, men er det bedre med et Europa, der står i stampe, frem for et Europa, der udvikler sig, til tider i forskellige hastigheder, men hvor der er plads til alle?

I dette Europa har befolkningen virkelig taget skæbnen i egen hånd; i dette Europa er jeg ikke i tvivl om, at der også er plads til Storbritannien.

Borgere i Europa, Brexits blindgyde en lærestreg for alle. Lad os komme ud af fælden, lad os gøre det kommende valg og vores projekt meningsfuldt. Det er op til dig at beslutte, om Europa, med de værdier om fremskridt, som det står for, skal være mere end blot en parentes i historien. Det er det valg, jeg vil foreslå dig, at du træffer for sammen at skabe en europæisk Renæssance.

Emmanuel Macron


Για μια ευρωπαϊκή Αναγέννηση

Πολίτες της Ευρώπης,

Αν παίρνω την ελευθερία να απευθυνθώ απευθείας σε σας, δεν είναι μόνο στο όνομα της ιστορίας και των αξιών που μας ενώνουν. Είναι γιατί είναι απόλυτη ανάγκη. Σε μερικές εβδομάδες, οι ευρωπαϊκές εκλογές θα είναι αποφασιστικές για το μέλλον της ηπείρου μας.

Ποτέ, από τον Β΄ Παγκόσμιο Πόλεμο δεν είχαμε τόσο ανάγκη την Ευρώπη. Παρόλα αυτά, ποτέ η Ευρώπη δεν βρέθηκε μπροστά σε έναν τόσο μεγάλο κίνδυνο.

Το Brexit είναι το σύμβολο του κινδύνου αυτού. Το σύμβολο της κρίσης της Ευρώπης που δεν κατάφερε να ανταποκριθεί στις ανάγκες προστασίας των λαών απέναντι στις μεγάλες ανακατατάξεις του σύγχρονου κόσμου. Καθώς επίσης και το σύμβολο της ευρωπαϊκής παγίδας. Η παγίδα όμως δεν είναι το γεγονός ότι ανήκουμε στην  Ευρωπαϊκή Ένωση• είναι το ψέμα και η ανευθυνότητα που μπορούν να την καταστρέψουν. Ποιος είπε στους Βρετανούς την αλήθεια για το μέλλον τους μετά το Brexit; Ποιος τους μίλησε για το ότι δεν θα έχουν πλέον πρόσβαση στην ευρωπαϊκή αγορά; Ποιος ανέφερε τους κινδύνους για την ειρήνη στην Ιρλανδία με την επιστροφή των συνόρων του παρελθόντος; Η εθνικιστική αναδίπλωση δεν προτείνει τίποτα. Είναι μια στάση απορριπτική χωρίς προοπτική. Και η παγίδα αυτή απειλεί όλη την Ευρώπη: αυτοί που εκμεταλλεύονται την οργή και στηρίζονται από τις ψευδείς ειδήσεις, υπόσχονται ανενόχλητοι τα πάντα στους πάντες.

Μπροστά στη χειραγώγηση αυτή, πρέπει να υψώσουμε ανάστημα. Με περηφάνεια και οξυδέρκεια. Να πούμε καταρχήν τι είναι η Ευρώπη. Είναι μια ιστορική επιτυχία: η συμφιλίωση μιας ρημαγμένης ηπείρου, μέσα από ένα πρωτοφανές οικοδόμημα ειρήνης, ευημερίας και ελευθερίας. Αυτό δεν πρέπει να το ξεχνάμε ποτέ. Και το οικοδόμημα αυτό εξακολουθεί να μας προστατεύει και σήμερα: ποια χώρα μπορεί να αναλάβει δράση μόνη της απέναντι στις επιθετικές στρατηγικές των μεγάλων δυνάμεων; Ποιος μπορεί να ισχυριστεί ότι είναι κυρίαρχος, μόνος, απέναντι στους γίγαντες της πληροφορικής; Πώς θα αντιστεκόμασταν στις κρίσεις του χρηματοοικονομικού καπιταλισμού χωρίς το ευρώ, που είναι ένα δυνατό στοιχείο για όλη την Ένωση; Η Ευρώπη, είναι επίσης και τα χιλιάδες σχέδια της καθημερινότητας που άλλαξαν την όψη του χώρου που ζούμε, το λύκειο που ανακαινίστηκε, ο δρόμος που κατασκευάστηκε, το γρήγορο ίντερνετ που γίνεται επιτέλους πραγματικότητα. Ο αγώνας αυτός αποτελεί καθημερινή δέσμευση, γιατί η Ευρώπη και η ειρήνη δεν αποτελούν σε καμία περίπτωση αυτονόητα κεκτημένα. Στο όνομα της Γαλλίας, ξεκίνησα έναν αγώνα για την Ευρώπη και την προάσπιση του μοντέλου της. Αποδείξαμε ότι αυτό που μας έλεγαν πως ήταν αδύνατο, η δημιουργία μιας ευρωπαϊκής άμυνας ή η προστασία των κοινωνικών δικαιωμάτων, ήταν εφικτό

Πρέπει όμως να κάνουμε περισσότερα και με ταχύτερους ρυθμούς. Γιατί υπάρχει και η άλλη παγίδα, η παγίδα του status quo  και της αδράνειας. Μπροστά στα μεγάλα σοκ του κόσμου, οι πολίτες μάς λένε πολύ συχνά: «Πού είναι η Ευρώπη; Τι κάνει η Ευρώπη». Η Ευρώπη αντιπροσωπεύει γι’ αυτούς μια άψυχη αγορά. Η Ευρώπη όμως δεν είναι μόνο αγορά, είναι ένα σχέδιο. Η αγορά έχει τη χρησιμότητά της, αλλά δεν πρέπει να μας κάνει να ξεχνάμε την ανάγκη των συνόρων που προστατεύουν και των αξιών που ενώνουν. Οι εθνικιστές κάνουν λάθος όταν ισχυρίζονται ότι υπερασπίζονται την ταυτότητά μας απομακρυνόμενοι από την Ευρώπη• γιατί εκείνο που μας ενώνει, μας απελευθερώνει και μας προστατεύει είναι ο ευρωπαϊκός πολιτισμός. Αλλά και εκείνοι που δεν θέλουν καμία αλλαγή κάνουν επίσης λάθος, γιατί αγνοούν τους φόβους που διατρέχουν τους λαούς μας και τις αμφιβολίες που ναρκοθετούν τις δημοκρατίες μας. Βρισκόμαστε σε μια αποφασιστική στιγμή για την ευρωπαϊκή μας ήπειρο• μια χρονική στιγμή κατά την οποία πρέπει να επινοήσουμε μία ακόμη φορά, συλλογικά, σε πολιτικό αλλά και πολιτιστικό επίπεδο, τις μορφές του πολιτισμού μας σε έναν κόσμο που μεταβάλλεται. Ήρθε η στιγμή για την ευρωπαϊκή Αναγέννηση.  Γι’ αυτό, μακριά από τον πειρασμό της αναδίπλωσης και του διχασμού, σας προτείνω να οικοδομήσουμε μαζί την Αναγέννηση αυτή γύρω από τρεις φιλόδοξους άξονες: την ελευθερία, την προστασία και την πρόοδο.
 
Η προάσπιση της ελευθερίας μας

Το ευρωπαϊκό μοντέλο στηρίζεται στην ελευθερία του ατόμου, την ποικιλότητα των απόψεων, την δημιουργία. Η πρώτη ελευθερία, την οποία εξασφαλίζει ο θεσμός της δημοκρατίας, είναι η ελεύθερη επιλογή των κυβερνώντων, κάθε φορά που σε μια ψηφοφορία ξένες δυνάμεις προσπαθούν να επηρεάσουν την ψήφο μας. Προτείνω τη δημιουργία ενός Ευρωπαϊκού Οργανισμού Προστασίας των Δημοκρατιών που θα παρέχει ευρωπαίους εμπειρογνώμονες σε κάθε κράτος μέλος για την προστασία των εκλογικών του διαδικασιών από τις κυβερνοεπιθέσεις  και την χειραγώγηση των συμπεριφορών. Στο πλαίσιο αυτού του πνεύματος ανεξαρτησίας, πρέπει επίσης να απαγορέψουμε τη χρηματοδότηση των ευρωπαϊκών πολιτικών κομμάτων από ξένες δυνάμεις. Πρέπει να απαλλάξουμε το ίντερνετ, μέσα από ευρωπαϊκούς κανόνες, από κάθε ρητορική μίσους και βίας, γιατί ο σεβασμός του ατόμου είναι και η βάση του πολιτισμού αξιοπρέπειας που πρεσβεύουμε.
 
Η προστασία της ηπείρου μας

Θεμελιωμένη στην εσωτερική συμφιλίωση, η Ευρωπαϊκή Ένωση ξέχασε να κοιτάξει τον κόσμο όπως είναι. Όμως, καμία κοινότητα δεν δημιουργεί στα μέλη που την απαρτίζουν την αίσθηση ότι ανήκουν σε αυτή αν δεν διαθέτει όρια τα οποία προστατεύει. Τα σύνορα, είναι η ελευθερία με ασφάλεια. Πρέπει επίσης να επανεξετάσουμε τη ζώνη Σένγκεν: όλοι αυτοί που επιθυμούν να λάβουν μέρος πρέπει να ανταποκρίνονται σε υποχρεώσεις ευθύνης (αυστηρός έλεγχος των συνόρων) και αλληλεγγύης (ενιαία πολιτική ασύλου, με τους ίδιους κανόνες υποδοχής και άρνησης χορήγησης). Μία κοινή αστυνομία συνόρων και μια ευρωπαϊκή υπηρεσία ασύλου, αυστηρές υποχρεώσεις ελέγχου, ευρωπαϊκή αλληλεγγύη στην οποία συμβάλλει κάθε χώρα, υπό την αιγίδα ενός Ευρωπαϊκού Συμβουλίου Εσωτερικής Ασφάλειας: όσον αφορά στο μεταναστευτικό, πιστεύω σε μια Ευρώπη που μπορεί να προστατεύσει και τις αξίες της και τα σύνορά της.

Οι ίδιες απαιτήσεις πρέπει να εφαρμοστούν και για την άμυνα. Τα δύο τελευταία χρόνια σημειώθηκε σημαντική πρόοδος, αλλά η γραμμή που καλούμαστε να χαράξουμε πρέπει να είναι σαφής: μια συνθήκη άμυνας και ασφάλειας πρέπει να καθορίζει τις αναγκαίες υποχρεώσεις μας, σε σχέση με το ΝΑΤΟ και τους ευρωπαίους συμμάχους μας: αύξηση των στρατιωτικών δαπανών, ρήτρα αμοιβαίας άμυνας με διασφαλισμένη αποτελεσματικότητα, ένα Ευρωπαϊκό Συμβούλιο Ασφαλείας στο οποίο θα συμμετέχει και το Ηνωμένο-Βασίλειο για την προετοιμασία των συλλογικών μας αποφάσεων.

Τα σύνορά μας πρέπει επίσης να διασφαλίζουν έναν δίκαιο ανταγωνισμό. Ποια δύναμη στον κόσμο θα δεχόταν να εξακολουθεί να συναλλάσσεται με εκείνους που δεν σέβονται κανένα κανόνα της; Δεν μπορούμε να υπομένουμε αγόγγυστα. Πρέπει να μεταρρυθμίσουμε την πολιτική ανταγωνισμού που εφαρμόζουμε, να αναμορφώσουμε την εμπορική πολιτική μας: τιμωρώντας ή απαγορεύοντας στην Ευρώπη τις επιχειρήσεις που θίγουν τα στρατηγικά μας συμφέροντα και τις θεμελιώδεις αξίες μας, όπως τα περιβαλλοντικά πρότυπα, την προστασία των δεδομένων και την δίκαιη πληρωμή των φόρων• και να αποδεχθούμε συνειδητά, για τις στρατηγικές βιομηχανίες και τις δημόσιες προμήθειές μας, την προτίμηση των ευρωπαϊκών επιχειρήσεων, όπως κάνουν οι Αμερικανοί και οι Κινέζοι ανταγωνιστές μας.
 
Η επάνοδος στο πνεύμα προόδου

Η Ευρώπη δεν είναι δύναμη δεύτερης κατηγορίας. Η Ευρώπη πρωτοπορεί σε όλη της την επικράτεια: είναι ο γεωγραφικός εκείνος χώρος που όριζε πάντοτε τους κανόνες της προόδου. Αυτός είναι και ο λόγος που το σχέδιο που θα κληθεί να εφαρμόσει πρέπει να είναι σχέδιο σύγκλισης και όχι ανταγωνισμού: η Ευρώπη, στην οποία γεννήθηκε η κοινωνική πρόνοια, πρέπει να δημιουργήσει για κάθε εργαζόμενο, από την Ανατολή έως τη Δύση και από τον Βορρά έως το Νότο, μια κοινωνική ασπίδα που θα εγγυάται την ίδια αμοιβή στον ίδιο χώρο εργασίας, και έναν ελάχιστο ευρωπαϊκό μισθό που θα προσαρμόζεται σε κάθε χώρα και θα αποτελεί αντικείμενο συλλογικής συζήτησης σε ετήσια βάση.

Η επάνοδος στο πνεύμα της προόδου, σημαίνει επίσης ότι θα πρωτοστατήσουμε και στον οικολογικό αγώνα. Θα μπορέσουμε να κοιτάξουμε τα παιδιά μας κατάματα αν δεν καταφέρουμε να απορροφήσουμε το κλιματικό «παθητικό» μας; Η Ευρωπαϊκή Ένωση πρέπει να καθορίσει τις φιλοδοξίες της – μηδέν άνθρακα το 2050, μείωση των φυτοφαρμάκων στο μισό το 2025 – και να προσαρμόσει τις πολιτικές της στην απαίτηση αυτή: Ευρωπαϊκή Τράπεζα Κλίματος για τη χρηματοδότηση της οικολογικής μετάβασης• Ευρωπαϊκή Υγειονομική Δύναμη για την ενίσχυση των  ελέγχων στα τρόφιμα• ενάντια στην απειλή που αποτελούν οι ομάδες πίεσης, ανεξάρτητη επιστημονική αξιολόγηση των ουσιών που είναι επικίνδυνες για το περιβάλλον και την υγεία ... Η επιτακτική αυτή ανάγκη πρέπει να καθοδηγεί όλες μας τις δράσεις: από την Κεντρική Τράπεζα έως την Ευρωπαϊκή Επιτροπή, από τον ευρωπαϊκό προϋπολογισμό έως το Επενδυτικό Σχέδιο για την Ευρώπη, η δέσμευση για το κλίμα πρέπει να είναι υπόθεση όλων των θεσμών.

Πρόοδος και  ελευθερία σημαίνει να μπορεί κανείς να εξασφαλίζει τα προς το ζην από την εργασία του: για να δημιουργήσει θέσεις εργασίας, η Ευρώπη πρέπει να προεξοφλήσει το μέλλον. Γι’ αυτό πρέπει όχι μόνο να προχωρήσει σε ρυθμίσεις για τους γίγαντες της πληροφορικής με τη δημιουργία ευρωπαϊκής εποπτείας για τις μεγάλες πλατφόρμες (επιταχυνόμενες κυρώσεις για προσβολή του ανταγωνισμού, διαφάνεια των αλγορίθμων τους…), αλλά και σε χρηματοδοτήσεις της καινοτομίας εξασφαλίζοντας στο νέο Ευρωπαϊκό Συμβούλιο Καινοτομίας έναν προϋπολογισμό συγκρίσιμο με τον προϋπολογισμό που οι ΗΠΑ αφιερώνουν στον συγκεκριμένο τομέα, προκειμένου να πάρει τα ηνία των νέων τεχνολογικών ρήξεων, όπως η τεχνητή νοημοσύνη.

Μία Ευρώπη που φιλοδοξεί να διαδραματίσει σημαντικό ρόλο σε παγκόσμιο επίπεδο, πρέπει να στραφεί προς την Αφρική, με την οποία πρέπει να συνάψουμε ένα σύμφωνο για το μέλλον, αποδεχόμενοι συνειδητά ένα κοινό πεπρωμένο και στηρίζοντας την ανάπτυξή της με φιλόδοξο και μη αμυντικό τρόπο: επενδύσεις, πανεπιστημιακές συμπράξεις, διαπαιδαγώγηση των νεαρών κοριτσιών…

Ελευθερία, προστασία, πρόοδος. Στα θεμέλια αυτά πρέπει να οικοδομήσουμε την ευρωπαϊκή Αναγέννηση. Δεν μπορούμε να αφήσουμε την εκμετάλλευση της οργής των λαών σε εθνικιστές που δεν έχουν να προτείνουν καμία λύση. Δεν μπορούμε να είμαστε οι υπνοβάτες μιας αποχαυνωμένης Ευρώπης. Δεν μπορούμε να παραμείνουμε βυθισμένοι στη ρουτίνα και την μαγγανεία. Ο ευρωπαϊκός ουμανισμός απαιτεί δράση. Παντού οι πολίτες ζητούν να λάβουν μέρος στην αλλαγή. Γι’ αυτό λοιπόν, μέχρι το τέλος του έτους, με τους εκπροσώπους των ευρωπαϊκών θεσμών και των κρατών, ας διοργανώσουμε μια Συνδιάσκεψη για την Ευρώπη για να προτείνουμε όλες τις αλλαγές που είναι αναγκαίες στο πολιτικό μας σχέδιο, χωρίς ταμπού, ακόμα και για την αναθεώρηση των συνθηκών. Στη συνδιάσκεψη αυτή θα πρέπει να λάβουν μέρος και πάνελ πολιτών, να υποβληθούν σε ακρόαση πανεπιστημιακοί παράγοντες, κοινωνικοί εταίροι, θρησκευτικοί και πνευματικοί εκπρόσωποι. Έτσι θα εκπονηθεί το φύλλο πορείας της Ευρωπαϊκής Ένωσης που θα μεταφράσει σε συγκεκριμένες δράσεις τις μεγάλες αυτές προτεραιότητες. Δεν θα συμφωνήσουμε σε όλα, αλλά τι είναι προτιμότερο, μια μαρμαρωμένη Ευρώπη ή μια Ευρώπη που πάει μπροστά, έστω και με ρυθμό που διαφέρει, παραμένοντας ανοιχτή σε όλους;

Σε μία τέτοια Ευρώπη, οι λαοί θα ξαναπάρουν πραγματικά τον έλεγχο του πεπρωμένου τους• στην Ευρώπη αυτή, το Ηνωμένο Βασίλειο, είμαι σίγουρος, θα βρει τη θέση του.

Πολίτες της Ευρώπης, το αδιέξοδο του Brexit είναι ένα μάθημα για όλους μας. Ας βγούμε από αυτή την παγίδα. Στις εκλογές που έρχονται και στο σχέδιο μας, ας δώσουμε ένα νόημα. Εσείς είστε εκείνοι που θα αποφασίσετε αν η Ευρώπη, και οι προοδευτικές αξίες που πρεσβεύει, θα είναι κάτι παραπάνω από μια απλή παρένθεση στην ιστορία. Είναι η επιλογή που σας προτείνω, για να χαράξουμε μαζί το δρόμο της ευρωπαϊκής Αναγέννησης.

Emmanuel Macron



Euroopa taassünni nimel

Euroopa kodanikud

Võttes endale vabaduse otse teie poole pöörduda, ei tee ma seda mitte ainult meid ühendava ajaloo ja väärtuste nimel. Teen seda, kuna viivitada ei tohi. Paari nädala pärast toimuvad Euroopa Parlamendi valimised on Euroopa tuleviku jaoks otsustavad.

Pärast teist maailmasõda pole Euroopa olnud kunagi vajalikum kui praegu. Samas pole ka Euroopa olnud kunagi samavõrd ohustatud.

Seda sümboliseerib Brexit. See sümboliseerib kriisi Euroopas, mis pole osanud leida vastuseid olukorras, kus rahvad tunnevad, et vajavad kaitset praegusaja maailma suurte vapustuste ajal. See sümboliseerib ka lõksu, millesse Euroopa on sattunud. Lõks ei ole mitte kuulumine Euroopa Liitu, vaid valed ja vastutustundetus, mis võivad selle hävitada. Kas keegi rääkis brittidele tõtt selle kohta, mis neid pärast Brexitit ootab? Kas keegi rääkis sellest, et nad kaotavad juurdepääsu Euroopa turule? Kas keegi rääkis sellest, et mineviku piiride juurde tagasi minnes satub ohtu rahu Iirimaal? Rahvaste enesessetõmbumisega lahendusi ei leita, see on lihtsalt ilma proovimata loobumine. Ning see lõks ähvardab kogu Euroopat: vihatunde ärakasutajad, toetudes väärinfole, lubavad maad ja ilmad kokku. 

Niisugustele manipulatsioonidele tuleb otsustavalt vastu astuda. Uhkelt ja läbinägelikult. Öeldes esmalt, mis üldse on Euroopa. See on ajaloo edulugu: laastatud kontinendi leppimine seninägematu rahu, õitsengu ja vabaduse ülesehitamise projektis. Ärgem seda kunagi unustagem. See projekt kaitseb meid endiselt ka täna: missugune riik suudaks tegutseda üksi suurvõimude agressiivsete strateegiate vastu? Kes võiks väita, et on suveräänne, kui ta on üksi digimaailma hiiglaste vastu? Kuidas paneksime vastu finantskapitalismi kriisidele ilma eurota, mis on kogu Euroopa Liidu tugevus? Euroopa on ka need tuhanded igapäevased projektid, mis on muutnud meie piirkondade nägu – renoveeritud gümnaasiumihoone, uus tee, lõpuks saabuv ligipääs kiirele internetiühendusele. See võitlus tähendab igapäevast pühendumist, kuna Euroopa, nii nagu rahugi, ei ole kunagi lõplik. Mina pean katkematult seda võitlust Prantsusmaa nimel, et Euroopat edasi viia ja selle mudelit kaitsta. Näitasime, et asjad, mida peeti saavutamatuks, nagu Euroopa kaitsesüsteemi loomine või sotsiaalõiguste kaitse, olid võimalikud.

Ent teha on tarvis rohkem ning kiiremini. Sest on ka teine lõks – status quo ja resigneerumine. Suurte ülemaailmsete vapustuste valguses küsivad kodanikud meilt tihti: „Kus on Euroopa? Mida Euroopa teeb?“. Nende silmis on Euroopast saanud hingetu turg. Euroopa aga on midagi rohkemat kui turg, see on projekt. Turg on küll kasulik, kuid see ei tohiks panna unustama vajadust piiride järele, mis kaitsevad, ja väärtuste järele, mis ühendavad. Natsionalistid eksivad, väites, et Euroopast lahkumisega kaitsevad nad meie identiteeti, sest just Euroopa tsivilisatsioon ühendab, vabastab ja kaitseb meid. Ent eksivad ka need, kes ei taha midagi muuta, kuna nad eitavad meie rahvaste hirme ning meie demokraatiaid õõnestavaid kahtlusi. Praegu on meie kontinendi jaoks otsustav hetk, mil peame ühiselt nii poliitilises kui ka kultuuri mõttes mõtestama ümber oma tsivilisatsiooni eri vormid muutuvas maailmas. See on Euroopa taassünni hetk. Seega, osutades vastupanu enesessetõmbumise ja lõhestamise püüetele, teen teile ettepaneku ehitada see taassünd üles kolme püüdluse põhjal: vabadus, kaitse ja progress.
 
Vabaduse kaitsel

Euroopa mudel rajaneb inimese vabadusel, arvamuste ning loomingu paljususel. Meie esmane vabadus on demokraatlik vabadus valida oma juhte olukorras, kus igal valimisel püüavad võõrad suurvõimud meie hääli mõjutada. Teen ettepaneku luua Demokraatiate kaitse Euroopa amet, mis pakuks Euroopa eksperte kõigile liikmesriikidele valimisprotsessi kaitseks küberrünnakute ja manipulatsioonide eest. Samasuguses sõltumatuse vaimus peame ka keelustama Euroopa poliitiliste parteide rahastamise võõrriikide poolt. Peame üleeuroopaliste reeglite abil internetist kõrvaldama igasuguse viha ja vägivalda õhutava kõne, kuna üksikisiku austamine on meie väärika tsivilisatsiooni alus.
 
Euroopa kontinendi kaitsel

Euroopa Liit, mille aluseks oli rahvaste leppimine, on jätnud mujal maailmas toimuva märkamata. Ükski kogukond aga ei suuda luua kuuluvustunnet, kui tal pole piire, mida ta kaitseb. Piir tähendab turvalist vabadust. Seega peame kõik Schengeni ala põhimõtted uuesti läbi vaatama: need, kes soovivad selles osaleda, peavad täitma neile pandud vastutuse (range piirikontroll) ja solidaarsuse (sama asüülipoliitika, samad vastuvõtu- ja vastuvõtust keeldumise reeglid) kohustusi. Ühised politseijõud piiridel ja Euroopa varjupaigaamet, ranged ja kohustuslikud kontrollimeetmed, üleeuroopaline solidaarsus, millesse kõik riigid Euroopa sisejulgeoleku nõukogu juhtimisel panustavad – rändega toime tulemiseks usun mina, et me vajame Euroopat, mis kaitseb ühtaegu nii oma väärtusi kui ka piire.

Samad põhimõtted peavad kehtima ka kaitsevaldkonnas. Viimasel kahel aastal on palju edusamme tehtud, ent me peame seadma selged sihid: kaitse- ja julgeolekuleppega peaks määratlema meie möödapääsmatud kohustused NATO ja Euroopa liitlaste ees: kaitsekulutuste suurendamine, toimiv vastastikuse kaitse klausel, ühiste otsuste ettevalmistamiseks loodav Euroopa julgeolekunõukogu, kuhu oleks kaasatud ka Ühendkuningriik.

Piirid peavad meile ka kindlustama õiglase konkurentsi. Missugune maailma riik nõustuks jätkama kaubavahetust riikidega, kes ei pea kinni ühestki tema reeglist? Meiegi ei tohiks sellega niisama vaikides leppida. Peame reformima oma konkurentsipoliitikat, kujundama ümber oma kaubanduspoliitika, see tähendab karistama või keelama Euroopas niisuguseid ettevõtteid, mis kahjustavad meie strateegilisi huve ja meie alusväärtusi nagu keskkonnanormid, andmekaitse ja õiglane maksude tasumine, ning asuma strateegilistes tööstusharudes ja avalikes hangetes eelistama Euroopa ettevõtteid, nagu teevad seda meie Ameerika ja Hiina konkurendid.
 
Progressi vaimu taasleides

Euroopa ei ole teisejärguline tegija. Euroopa on tervikuna avangardistlik – ta on alati osanud progressi mõõtu määratleda. Seetõttu peabki ta keskenduma enam üksteisele lähenemisele kui konkurentsile – Euroopa, kus loodi sotsiaalkindlustus, peab looma iga töötaja jaoks, olgu ta idast või läänest, põhjast või lõunast, sotsiaalse kaitsekilbi, mis tagab talle samal töökohal sama palga, ning üleeuroopalise, igale riigile kohandatud miinimumpalga, milles igal aastal ühiselt kokku lepitakse.

Progressi teel jätkates tuleb ka keskkonna vallas juhtpositsioonile asuda. Kas saame oma lastele silma vaadata, kui jätame tasumata oma kliimavõla? Euroopa Liit peab panema paika eesmärgid – süsinikuneutraalsuse saavutamine aastaks 2050, pestitsiidide kasutamise vähendamine poole võrra aastaks 2025 – ning oma poliitika nendega kooskõlla viima: Euroopa Kliimapank rahastamaks üleminekut keskkonnasäästlikule majandusele, Euroopa sanitaarkontrolli üksus tugevdamaks meie toiduainete kontrolli, lobirühmade vastu aga keskkonnaohtlike ja tervist kahjustavate ainete sõltumatu teaduslik hindamine. See kindel siht peab suunama kõiki meie tegevusi: alates Euroopa Keskpangast kuni Euroopa Komisjonini, alates Euroopa Liidu eelarvest kuni Euroopa investeerimiskavani peavad kõik institutsioonid võtma kliimaküsimused oma töö keskmesse.

Progress ja vabadus tähendab ka võimalust elatuda oma tööst: töökohtade loomiseks peab Euroopa kaugemale tulevikku vaatama. Just seetõttu peab ühelt poolt reguleerima internetihiidude tegevust, luues üleeuroopalise suurte veebiplatvormide järelevalvesüsteemi (konkurentsiolukorra kahjustamisel kiiremad karistused, algoritmide läbipaistvus jne), kuid lisaks sellele rahastama innovatsiooni, andes uuele Euroopa Innovatsiooninõukogule USA vastava valdkonnaga võrreldava eelarve, et haarata juhtroll niisuguste uute tehnoloogiliste murrangute vallas nagu tehisintellekt.

Globaalsel tasandil mõtlev Euroopa peaks ka vaatama Aafrika poole, kellega tuleks sõlmida tuleviku pakt. Tõdedes, et meie saatused on ühendatud, toetades Aafrika arengut ambitsioonikalt ja mitte kaitsepositsioonilt, see tähendab läbi investeeringute, tudengite ja õppejõudude vahetuste, tütarlaste hariduse jne.

Vabadus, kaitse, progress. Nendele sammastele peame ehitama Euroopa taassünni. Me ei tohi lasta natsionalistidel, kes mingeid lahendusi ei paku, kasutada ära rahvaste pahameelt. Me ei tohi olla rammetu Euroopa tahtetud masinad. Me ei tohi jääda kinni rutiini ja soovmõtlemisse. Euroopa humanism nõuab tegutsemist. Kodanikudki nõuavad kõikjal, et saaksid muutustes osaleda. Sellele tuginedes loomegi enne käesoleva aasta lõppu koos Euroopa institutsioonide ja liikmesriikide esindajatega Euroopa Kongressi, et selle kaudu teha kõik vajalikke poliitikamuutusi puudutavad ettepanekud, ilma tabudeta ning ilma aluslepinguid muutmata. See kongress kaasab kodanike kolleegiume, konsulteerib akadeemiliste ringkondade esindajate, sotsiaalpartnerite, usu- ja vaimsete juhtidega. Kongress määratleb Euroopa Liidu teekaardi, millega pannakse prioriteetide põhjal paika konkreetsed tegevused. Tõenäoliselt tuleb meil lahkarvamusi, aga kumb on siis parem, kas paigal seisev Euroopa või Euroopa, mis liigub edasi, vahel küll eri tempos, kuid jäädes siiski kõigile avatuks?

Selles Euroopas ongi rahvad oma saatuse üle päriselt uuesti kontrolli võtnud, selles Euroopas, olen ma kindel, leiab ka Ühendkuningriik oma õige koha.

Euroopa kodanikud, Brexiti ummikseis on õppetund kõigi jaoks. Väljugem sellest lõksust, andkem tulevastele valimistele ja kogu meie projektile uue mõtte. Teie otsustate selle üle, kas Euroopa, tema progressiväärtused, on midagi rohkemat kui lihtsalt vahepala ajaloos. See ongi valik, mida teile pakun, et kujundada ühiselt Euroopa taassünni tee.

Emmanuel Macron



Euroopan uudistuminen

Euroopan kansalaiset,

Haluan osoittaa sanani suoraan teille, yhteisen historiamme ja meitä yhdistävien arvojen nimissä, mutta myös siksi, että asiallani on kiire. Muutaman viikon kuluttua pidettävät europarlamenttivaalit ovat mantereemme tulevaisuuden kannalta ratkaisevat.

Koskaan toisen maailmansodan jälkeen ei Eurooppa ole ollut yhtä tarpeellinen. Mutta se on myös suuremmassa vaarassa kuin koskaan aiemmin.

Tuon vaaran symboli on Brexit. Se kertoo kriisistä Euroopassa, joka ei ole osannut vastata kansalaistensa suojeluntarpeisiin nykymaailman haasteiden keskellä. Brexit kuvastaa myös Eurooppaan liittyvää riskiä. Riski ei ole kuuluminen Euroopan unioniin, vaan sitä uhkaavat valheet ja vastuuttomuus. Kertoiko joku briteille totuuden Brexitin jälkeisestä tulevaisuudesta? Puhuiko joku heille sisämarkkinoiden menetyksestä? Mainittiinko Irlannin rauhaan kohdistuvat riskit, jos entiset rajat palautetaan? Itseensä käpertyvä kansallismielisyys ei ehdota mitään; se torjuu, muttei tarjoa mitään tilalle. Koko Eurooppaa uhkaavat ihmisten suuttumuksen hyödyntäjät, jotka antavat katteettomia lupauksia tukeutuen väärään informaatioon.

Tämän manipulaation keskellä meidän on pidettävä päämme pystyssä, oltava ylpeitä ja tarkkanäköisiä. On muistettava, mikä Eurooppa on - historiallinen menestystarina, jossa sodan runtelema maanosa yhdisti voimansa ainutlaatuisen rauhan, vaurauden ja vapauden projektin ympärille. Sitä emme saa milloinkaan unohtaa. Ja sama projekti on edelleen turvanamme. Mikä maa voi yksin vastata suurvaltojen aggressiivisiin strategioihin? Kuka voi väittää selviytyvänsä yksin internetjättiläisiä vastaan? Miten selviäisimme finanssikriiseistä ilman euroa, joka on voimavara koko unionille? Eurooppa merkitsee myös tuhansia arkeemme liittyviä projekteja, jotka ovat muuttaneet alueidemme ilmettä - remontoitu lukio, uusi tie tai toimiva nopea internetyhteys. Taistelu Euroopan puolesta vaatii jokapäiväistä sitoutumista, mikään ei ole koskaan lopullisesti saavutettua, ei edes rauha. Ranskan nimissä käyn herkeämättä tuota taistelua viedäkseni Eurooppaa eteenpäin ja puolustaakseni sen mallia. Olemme osoittaneet, että saavuttamattomina pidetyt asiat, kuten eurooppalaisen puolustuksen luominen tai sosiaalisten oikeuksien suojelu, olivatkin mahdollisia.

Mutta meidän on tehtävä enemmän ja nopeammin, sillä myös paikoilleen jääminen ja lannistuminen ovat uhka. Huolestuttavien maailmantapahtumien keskellä kansalaiset kysyvät usein: "Mikä on Euroopan vastaus? Eikö Eurooppa reagoi?" Euroopasta on tullut heille vain sieluton markkina-alue. Kyse ei kuitenkaan ole pelkistä markkinoista, vaan Eurooppa on projekti. Markkinoiden hyödyllisyydestä huolimatta ei pidä unohtaa, että tarvitaan myös suojaavia rajoja ja yhdistäviä arvoja. Nationalistit erehtyvät väittäessään puolustavansa identiteettiämme vetäytymällä Euroopasta, sillä juuri eurooppalainen sivilisaatio yhdistää, tuo vapautta ja suojelee meitä. Mutta myös ne, jotka eivät haluaisi muuttaa mitään, erehtyvät jättäessään ottamatta huomioon kansalaisten pelot ja demokratiaa murentavat epäilykset. Elämme maanosamme kannalta ratkaisevia hetkiä; meidän on yhdessä luotava sivilisaatiollemme sekä poliittisesti että kulttuurillisesti uusia muotoja muuttuvassa maailmassa. On Euroopan uudistumisen aika. Torjukaamme kiusaus käpertyä itseemme tai jakautua ja toteuttakaamme yhdessä tuo uudistuminen keskittyen kolmeen tavoitteeseen, vapauteen, suojeluun ja kehitykseen.
 
Vapautemme puolustaminen

Eurooppalaisen mallin perustana on ihmisen vapaus, mielipiteiden, luovuuden moninaisuus. Ensisijainen vapautemme on demokraattinen: meillä on vapaus valita vallanpitäjämme, vaikka ulkovallat pyrkivät vaikuttamaan vaaleihimme. Ehdotan, että perustamme eurooppalaisen viraston demokratian suojelemiseksi; viraston eurooppalaisilta erityisasiantuntijoilta jäsenmaat saavat apua vaaliprosessiensa suojaamiseen kyberhyökkäyksiltä ja manipuloinnilta. Samassa itsenäisyyden hengessä meidän tulee myös kieltää Euroopan poliittisten puolueiden rahoitus ulkovaltojen taholta. Meidän on torjuttava eurooppalaisella lainsäädännöllä internetin viha- ja väkivaltapuheet, sillä yksilön kunnioitus ja arvokkuus ovat koko sivilisaatiomme perusta.
 
Maanosamme suojelu

Sisäiseen yhdistymiseen perustunut Euroopan unioni ei ole seurannut maailman realiteetteja. Mutta yksikään yhteisö ei voi luoda yhteenkuuluvuuden tunnetta, jollei sillä ole rajoja, joita se suojelee. Rajat tuovat vapauteen turvaa. Siksi meidän on uudistettava perusteellisesti Schengen-aluetta. Kaikkien mukaan haluavien maiden on kannettava osuutensa vastuusta (tiukka kontrolli rajoilla) ja solidaarisuudesta (yhdenmukainen turvapaikkapolitiikka sekä yhdenmukaiset myöntämistä ja hylkäämistä koskevat säännöt). Tarvitaan yhteinen rajapoliisi ja Euroopan turvapaikkavirasto, tiukkoja kontrollivelvoitteita sekä eurooppalaista solidaarisuutta, johon kaikki maat osallistuvat, Euroopan sisäisen turvallisuuden neuvoston alaisuudessa. Muuttoliikkeiden tuomien haasteiden edessä uskon Eurooppaan, joka suojelee sekä arvojaan että rajojaan.

Samat vaatimukset on kohdistettava puolustukseen. Viimeisten kahden vuoden aikana on tapahtunut huomattavaa edistystä, mutta tarvitsemme selkeän toimintalinjan, puolustus- ja turvallisuussopimuksen, joka määrittelee NATOa ja eurooppalaisia liittolaisiamme koskevat keskeiset velvoitteet: sotilaallisten menojen kasvattaminen, turvatakuulausekkeen täytäntöönpanokelpoisuus sekä Euroopan turvallisuusneuvosto, jossa myös Yhdistynyt kuningaskunta on mukana ja joka valmistelee yhteiset päätöksemme.

Rajojemme on myös taattava oikeudenmukainen kilpailu. Mikä mahti maailmassa suostuisi jatkamaan kaupankäyntiä kumppanien kanssa, jotka eivät kunnioita sen sääntöjä? Emme voi vain hiljaa alistua. Meidän on uudistettava kilpailupolitiikkaamme ja luotava uusi pohja kauppapolitiikallemme. Yrityksille, jotka rikkovat strategisia intressejämme ja keskeisiä arvojamme - kuten ympäristönormeja, tietosuojaa ja oikeudenmukaista verotusta - vastaan, on määrättävä sanktioita tai ne on kiellettävä Euroopassa. Strategisen teollisuuden ja julkisten hankintojen osalta on suosittava eurooppalaisuutta, kuten amerikkalaiset ja kiinalaiset kilpailijammekin tahollaan tekevät.
 
Uusi kehityksen henki

Eurooppa ei ole kakkosluokan mahti. Eurooppa kokonaisuudessaan on edelläkävijä, joka on aina ollut määräämässä kehityksen suuntaa. Siihen kyetäksemme meidän on pyrittävä lähentymiseen, ei kilpailemaan toistemme kanssa. Euroopan - sosiaaliturvan kehittäjän - on tarjottava kaikille työntekijöille, ovat he sitten idässä tai lännessä, pohjoisessa tai etelässä, sosiaalinen suojakilpi, joka takaa heille saman korvauksen samassa työpaikassa, sekä eurooppalainen minimipalkka, joka sopeutetaan kunkin maan tilanteeseen ja jota tarkistetaan vuosittain kollektiivisesti.

Kehityksen vauhtiin pääseminen vaatii johtopaikkaa myös ekologisessa taistelussa. Voimmeko katsoa lapsiamme silmiin, jollemme huolehdi myös ilmastovelastamme? Euroopan unionin on määriteltävä tavoitteensa - nollapäästöt vuoteen 2050 mennessä sekä torjunta-aineiden puolittaminen vuoteen 2025 mennessä - ja sopeutettava politiikkaansa niiden mukaisesti. Tarvitaan Euroopan ilmastopankki rahoittamaan ekologista käännettä, eurooppalainen terveysviranomainen vahvistamaan elintarvikkeidemme valvontaa, lobbauksen vastavoimaksi riippumaton tieteellinen arviointi ympäristön ja terveyden kannalta haitallisille aineille jne. Ilmastotavoitteen on oltava ohjenuorana kaikelle toiminnallemme - on sitten kyse Euroopan keskuspankista, komissiosta, EU-budjetista tai Euroopan investointisuunnitelmasta, kaikkien instituutioidemme on otettava ilmastoasiat agendaansa.

Kehitys ja vapaus edellyttävät, että ihmisten on voitava elää työllään, ja työpaikkojen luominen vaatii Euroopalta ennakointia. Siksi on tärkeää sekä säännellä internetjättien toimintaa perustamalla suurten alustataloustoimijoiden eurooppalainen valvontaelin (nopeutetut sanktiot kilpailusääntöjen rikkomisesta, algoritmien läpinäkyvyys jne.) että rahoittaa innovaatiota myöntämällä uudelle Euroopan innovaationeuvostolle Yhdysvaltojen vastaavaan verrattava budjetti, niin että Eurooppa voi saavuttaa johtoaseman uusien teknologisten läpimurtojen, kuten esimerkiksi tekoälyn, alalla.

Euroopan on oltava avoin muulle maailmalle ja suuntauduttava Afrikkaan, jonka kanssa on solmittava tulevaisuussopimus. Meidän on ymmärrettävä tulevaisuutemme yhteneväisyys ja tuettava Afrikan kehitystä kunnianhimoisesti, ei vain auttavasti - tarvitaan investointeja, yliopistojen yhteistyötä, tytöille suunnattua koulutusta jne.

Vapaus, suojelu, kehitys. Näiden pilareiden varaan meidän tulee rakentaa Euroopan uudistuminen. Emme voi sallia, että nationalistit, joilla ei ole mitään tarjottavanaan, käyttävät kansalaisten suuttumusta hyväkseen. Emme saa olla veltostuneen Euroopan unissakävelijöitä. Emme voi jäädä rutiinin tai tyhjien puheiden vangiksi. Eurooppalainen humanismi velvoittaa toimimaan. Kansalaiset kaikkialla haluavat osallistua muutokseen. Ehdotan siis, että tämän vuoden loppuun mennessä toteutamme yhteistyössä EU:n toimielinten ja valtioiden edustajien kanssa Eurooppa-konferenssin, jossa käydään läpi kaikki poliittisen projektimme vaatimat muutokset, ilman tabuja edes perussopimusten osalta. Konferenssiin liittyen on järjestettävä kansalaispaneeleita ja kuultava yliopistojen edustajia, työmarkkinaosapuolia sekä uskontokuntien ja hengellisten suuntausten edustajia. Konferenssissa laaditaan Euroopan unionille tiekartta, jossa nämä keskeiset tavoitteet on muokattu konkreettisiksi toimiksi. Erimielisyyksiltä emme välty, mutta kumpi on parempi, paikoilleen jähmettynyt Eurooppa vai Eurooppa, joka menee eteenpäin toisinaan eri tahtiin, mutta kaikille avoimena?

Uudistuneessa Euroopassa kansoilla on jälleen valta päättää kohtalostaan. Olen varma, että tässä Euroopassa myös Yhdistynyt kuningaskunta löytää oman paikkansa.

Euroopan kansalaiset, Brexit-umpikuja on läksy meille kaikille. Mutta me voimme mennä eteenpäin ja tehdä tulevista vaaleista ja yhteisestä projektistamme merkityksellisiä. On teidän päätettävissänne, tuleeko Euroopasta ja sen kantamista edistyksen arvoista enemmän kuin vain lyhyt jakso historiassa. Se on vaihtoehto, jota tarjoan teille viedäksemme yhdessä Euroopan kohti uudistumista.

Emmanuel Macron



Zajedničkim snagama

Europski građani,

Slobodan sam obratiti vam se izravno, ne samo u ime povijesti i vrijednosti koje nas spajaju, nego i zato što za to postoji nužnost. Predstojeći europski izbori bit će presudni za budućnost našeg kontinenta.

Nikada poslije Drugog svjetskog rata Europa nije bila toliko potrebna. Pa ipak, Europa nikada nije bila u tolikoj opasnosti.

Brexit je samo simbol toga. Simbol krize Europe, koja svojim narodima nije bila u stanju pružiti zaštitu  pred velikim šokovima suvremenog svijeta. Brexit je i simbol europske zamke. Ne,  zamka nije pripadnost europskoj uniji; zamka leži u laži i neodgovornosti koje je mogu uništiti. Tko je Britancima rekao istinu o njihovoj budućnosti nakon Brexita? Tko im je govorio o gubitku pristupa europskom tržištu? Tko je govorio o rizicima za mir u Irskoj povratkom na granicu iz prošlosti? Nacionalističko uzmicanje ne nudi ništa; to je odbacivanje bez projekta. I ta zamka prijeti cijeloj Europi: izrabljivači gnjeva, podržani lažnim informacijama, obećavaju sve i svašta.

Suočeni s tim manipulacijama, moramo ustati. Ponosni i zdravog razuma. Reći najprije što je Europa. To je povijesni uspjeh: pomirenje  opustošenog kontinenta, u novom projektu mira, napretka i slobode. Nemojmo to nikada zaboraviti. I taj nas projekt i danas štiti: koja zemlja može djelovati sama protiv agresivnih strategija velikih sila? Tko može tvrditi da je suveren, sam, suočen s digitalnim divovima?

Kako bismo se oduprli krizama financijskog kapitalizma bez eura, koji je snaga čitave Unije? Europa je ujedno i tisuće svakodnevnih projekata koji su promijenili izgled naših prostora, neka obnovljena srednja škola,  neka izgrađena  cesta, brzi pristup Internetu koji napokon postaje realnost.  Ta borba je svakodnevna obveza, jer se ni Europa  ni mir nikada ne smiju uzeti zdravo za gotovo.  I zato se ja, u ime Francuske, neumorno  borim za daljnji razvoj Europe i za obranu njenog modela. Pokazali smo da je moguće ono za što nam je bilo rečeno da je nedostupno: stvaranje europske obrane ili zaštita socijalnih prava.

Ali moramo učiniti više, brže. Jer postoji druga zamka, zamka tapkanja u mjestu i ravnodušnosti. Suočeni s velikim šokovima u današnjem svijetu, građani nam često govore: "Gdje je Europa? Što radi Europa? ”. Ona je u njihovim očima postala bezdušno tržište. Ali Europa nije samo tržište, ona  je i projekt. Tržište je korisno, ali ne smije zasjeniti potrebu za granicama koje štite i za vrijednostima koje ujedinjuju. Nacionalisti griješe tvrdeći da naš identitet brane izdvajanjem iz Europe; jer upravo nas europska civilizacija ujedinjuje, oslobađa i štiti.  Ali varaju se i oni koji ne žele ništa promijeniti, jer poriču strahove koje narodi proživljavaju, poriču sumnje koje podrivaju naše demokracije. Ovo je odlučujuća prekretnica za naš kontinent; trenutak u kome zajednički moramo, i politički i kulturno, ponovno osmisliti oblike naše civilizacije u svijetu koji se mijenja. Ovo je trenutak europske Obnove. Stoga, odupirući se iskušenjima povlačenja i podjela, predlažem da  zajedno pokrenemo Obnovu Europe kroz tri strateške vizije: slobode, zaštite i napretka.
 
Obranimo našu slobodu

Europski model temelji se na slobodi čovjeka, raznolikosti mišljenja i stvaralaštva. Naša prvotna sloboda je demokratska sloboda, ona koja nam omogućuje odabir  naše vladajuće strukture, dok prilikom svakih izbora, strane sile pokušavaju utjecati na naše glasove. Predlažem stvaranje Europske agencije za zaštitu demokracija koja će u svaku državu članicu uputiti europske stručnjake za zaštitu njenog izbornog postupka od cyber napada i manipulacija. U tom duhu neovisnosti moramo također zabraniti strano financiranje europskih političkih stranaka.  Moramo, putem europskih propisa, stati na kraj govoru mržnje i nasilja na Internetu, jer je poštivanje pojedinca temelj naše civilizacije ljudskog dostojanstva.
 
Zaštitimo naš kontinent

Osnovana na temelju unutarnjeg pomirenja, Europska unija zaboravila je obratiti pozornost na svjetsku stvarnost. Ipak, niti jedna zajednica ne pruža osjećaj pripadnosti ukoliko  nema okvire koje će štititi. Granica, to je sloboda u sigurnosti. Moramo preispitati Schengenski prostor: svi koji u njemu žele imati udjela moraju preuzeti odgovornost ispunjavanja svojih obveza (stroga kontrola granica) i solidarnosti (ista politika azila, ista pravila prihvata i odbijanja). Zajednička granična policija i europski ured za azil, stroge obveze nadzora, europska solidarnost kojoj, pod vodstvom Vijeća Europe za unutarnju sigurnost, svaka zemlja daje svoj doprinos: vjerujem, suočeni s postojećim izazovima migracija, u Europu koja istovremeno štiti i svoje vrijednosti i svoje granice.

Isti uvjeti moraju se primijeniti i na obranu. U posljednje dvije godine postignuti su značajni napretci, ali moramo dati jasne smjernice: obrambeno-sigurnosni sporazum morat će utvrditi naše neophodne obveze, u odnosu na NATO i naše europske saveznike: povećanje vojnih izdataka, operativnost klauzule o uzajamnoj obrani, pridruženje Ujedinjene Kraljevine Europskom vijeću za sigurnost radi pripreme naših zajedničkih odluka.

Naše granice također moraju osigurati i pošteno tržišno natjecanje. Koja svjetska sila prihvaća nastaviti trgovinsku razmjenu s onima koji ne poštuju niti jedno od njenih pravila? Ne možemo šutke trpjeti. Moramo reformirati sustav tržišnog natjecanja, unaprijediti našu trgovinsku politiku: kazniti ili zabraniti u Europi tvrtke koje ugrožavaju naše strateške interese i naše temeljne vrijednosti, a to su ekološki standardi, zaštita podataka i pravično plaćanje poreza, a  u strateškim industrijama i našim javnim nabavama usuditi se dati prednost  europskim ponuditeljima, kako to u svojim zemljama čine naši američki ili kineski suparnici.
 
Oporavimo duh napretka

Europa nije drugorazredna sila. Europa je u cjelini avangarda: uvijek je bila u stanju odrediti norme napretka. Zbog toga se projekt Europe mora daleko više temeljiti na usmjeravanju prema zajedničkim ciljevima, a ne na suparništvu: Europa, u kojoj je stvorena socijalna sigurnost, mora za svakog radnika, od istoka do zapada i od sjevera do juga, uspostaviti socijalni štit koji mu jamči istu zaradu na jednakom radnom mjestu i svakoj zemlji prilagođenu minimalnu europsku plaću, koja bi se kolektivno revidirala jednom godišnje.

Ali obnova napretka podrazumijeva i našu obvezu da budemo predvodnici u borbi za ekološku održivost. Hoćemo li sutra vlastitu djecu moći pogledati u oči ako ne smanjimo svoj ekološki dug? Europska unija mora sebi postaviti jasne ciljeve  – postići ugljičnu neutralnost do 2050. godine, prepoloviti primjenu pesticida do 2025. godine - i prilagoditi svoje politike realizaciji tog projekta: osnovati Europsku klimatsku banku za financiranje ekološke tranzicije; europsko sanitarno tijelo  za jačanje nadzora nad hranom;  oduprijeti se prijetnjama lobija, omogućiti neovisnu znanstvenu procjenu tvari opasnih za okoliš i zdravlje ... Sva naša djelovanja moramo usmjeriti prema provedbi tih neizbježnih ciljeva: od Središnje banke do Europske komisije, od europskog proračuna do plana ulaganja za Europu, sve naše institucije moraju kroz svoja djelovanja voditi računa o klimatskim promjenama.

Napredak i sloboda - to znači moći živjeti od svoga rada: za stvaranje radnih mjesta, Europa treba povećati svoju sposobnost predviđanja. Stoga, uspostavom europskog nadzora velikih platformi (brže  sankcioniranje povreda tržišnog natjecanja, transparentnost njihovih algoritama ...), Europa ne samo da mora digitalne divove podrediti zakonskim okvirima, nego i poticati financiranje inovacija dodjeljivanjem novom Europskom vijeću za inovacije proračun za preuzimanje vodstva u novim, takozvanim disruptivnim tehnologijama kao što je umjetna inteligencija, usporediv s proračunom Sjedinjenih Američkih Država.

Europa koja razmišlja u svjetskim okvirima, mora se okrenuti prema Africi, s kojom moramo izgraditi pakt o budućnosti. Preuzimanjem zajedničke sudbine, podupiranjem njenog razvoja ambicioznim, a ne obrambenim planovima: investicijama, sveučilišnim partnerstvima, obrazovanjem mladih djevojaka ...

Sloboda, zaštita, napredak. To su temelji na kojima moramo obnoviti Europu. Ne smijemo dopustiti da nacionalisti koji nemaju rješenja iskoriste gnjev naroda. Ne možemo u dubokom snu hodati oslabljenom  Europom. Ne smijemo postati robovi rutine i iluzije. Europski humanizam  od nas zahtjeva da djelujemo. Građani posvuda traže veće sudjelovanje u promjenama. Zato predlažem da do kraja godine, s predstavnicima europskih institucija i država, organiziramo Konferenciju za Europu, koja će predložiti sve potrebne promjene za naš politički projekt, bez ikakvih tabua, uključujući i reviziju samih Ugovorâ. Ova konferencija će uključivati ​​panele građana, uzimajući u obzir mišljenja sveučilišnih stručnjaka, socijalnih partnera, vjerskih i duhovnih predstavnika. Definirat će plan za Europsku uniju kojim  će se predložiti konkretne akcije za provođenje svih glavnih prioriteta. Nesuglasice će postojati, ali je li bolje imati zamrznutu Europu ili Europu koja napreduje iako različitim brzinama, ostajući otvorena za sve?

U toj Europi narodi će stvarno preuzeti kontrolu nad svojom sudbinom; u toj će Europi, siguran sam, i Ujedinjena Kraljevina naći svoje mjesto.

Građani Europe, Brexit je slijepa ulica i pouka za sve nas. Oslobodimo se te zamke, dajmo smisao nadolazećim izborima i našem projektu. O vašoj odluci ovisi može li Europa sa svojim vrijednostima napretka koje utjelovljuje, biti više od jedne povijesne epizode. To je izbor koji vam predlažem, kako bismo zajedno zacrtali put prema europskoj Obnovi.

Emmanuel Macron




Az európai újjászületésért

Tisztelt Európai Polgárok!

Nem csak a történelem és a minket összekötő értékek nevében fordulok közvetlenül Önökhöz. Hanem azért, mert ég a ház. A néhány héten belül sorra kerülő európai parlamenti választások sorsdöntőek lesznek kontinensünk jövőjére nézve.

A II. világháború óta soha  nem volt ennyire szükség Európára, mint most. Európa azóta sem volt akkora veszélyben, mint most.

Ezt jelképezi a Brexit. A Brexit annak a válságban lévő Európának a jelképe, amely nem tudta megvédeni a népeket korunk nagy megrázkódtatásaival szemben. A Brexit jelképe az európai csapdának is. De ez a csapda nem az Európai Unióhoz való tartozásban, hanem a hazugságban és a felelőtlenségben rejlik, amelyek lerombolhatják az Európai Uniót. Ki mondta meg a briteknek az igazat a Brexit utáni jövőjükről ? Ki beszélt nekik az európai piachoz való hozzáférés elvesztéséröl? Ki emlékeztetett azokra a kockázatokra, amelyek az írországi békét fenyegetik, ha a régi határokat visszaállítanák? A nacionalista elfordulás nem kínál megoldást ; az csak egy program nélküli elutasítás. Ez a csapda egész Európát fenyegeti: azok, akik kihasználják az emberek haragját, hamis információkra támaszkodnak, mindent ígérnek, meg annak az ellenkezőjét is.

Büszkén és tudatosan kell szembeszállnunk ezekkel a manipulációkkal. Először is meg kell mondanunk, mit jelent Európa. Történelmi sikert: egy letarolt kontinens megbékélését egy eladdig nem látott, új béke-, jóléti- és szabadságterv szellemében. Ezt soha se felejtsük el ! Ez a terv a mai napig is véd bennünket: melyik ország képes egyedül cselekedni a nagyhatalmak agresszív stratégiáival szemben? Ki állíthatja magáról, hogy megálljt parancsolhat a digitális óriásoknak ?  Hogy tudnánk szembeszegülni a kapitalizmus pénzügyi válságaival az euro nélkül, ami egész Európa erőssége? És Európa van jelen a hétköznapok sok ezernyi projektjében is, ami megváltoztatta régióink arculatát:  a felújított gimnázium, a megépített út, a végre elérhető gyors Internetes hozzáférés. Ez egy mindennapi küzdelemmel teli harc, mivel, mint ahogyan a békét sem, úgy Európát sem tekinthetjük örökre befejezett ténynek. Franciaország élén szüntelenül azért küzdök, hogy előrébb vigyem Európát és megvédjem az európai modellt. Bebizonyítottuk, hogy amiről azt állították, hogy elérhetetlen - az európai védelem vagy a szociális jogok védelme – megvalósítható.

De többet, gyorsabban kell tennünk. Mert itt les ránk a másik csapda, a status quo, azaz, hogy minden marad a régiben és az abba való beletörődés. Szemben a világ nagy megrázkódtatásaival, az állampolgárok gyakran kérdik tőlünk: « Hol van ilyenkor Európa ? Mit tesz Európa ? » Úgy látják, hogy Európa egy lélektelen piaccá vált. Márpedig, Európa nem pusztán piac, hanem program. A piac hasznos, de feledtetheti a védelmet adó határok és az összetartozást jelentő értékek szükségességét. A nacionalisták tévednek, amikor azt állítják, hogy identitásunkat védik az  Európából való kivonulással ; merthogy bennünket az európai civilizáció köt össze, szabadít fel és véd meg. De azok is tévednek, akik semmit sem akarnak változtatni, mert tagadják, hogy népeinket félelmek, a demokráciáinkat aláásó kételyek hatják át. Kontinensünk döntő állomásához értünk; az átalakuló világban most kell közösen kitalálnunk ‑ politikailag és kulturális szempontból - civilizációnk új formáit. Ez az európai Újjászületés pillanata. Ezért a visszavonulás és megosztottság kisértésének ellenállva, azt javaslom Önöknek, hogy építsük közösen ezt az európai Újjászületést három ambíció köré: szabadság, védelem és haladás.
 
Szabadságunk védelme

Az európai modell az ember szabadságán nyugszik, a vélemények, az alkotás sokféleségén. Elsődleges szabadságunk a demokratikus szabadságjog, miszerint kormányainkat mi választjuk meg, miközben külföldi hatalmak azt lesik, miként befolyásolhatnák a választások kimenetelét. Javaslom, hogy hozzuk létre a Demokráciavédelmi Európai Ügynökséget, ami európai szakértőket bocsátana minden tagállam rendelkezésére, hogy megvédje a választási eljárást a kibertámadásokkal és a manipulációkkal szemben.  A függetlenség szellemében meg kell tiltanunk, hogy külföldi hatalmak finanszírozzák az európai politikai pártokat. Európai szabályok segítségével, le kell tiltanunk az Interneten bárminemű gyűlöletkeltésre és erőszakra szító diszkurzust, mert az emberi méltóságra épülő civilizációnk alapja az egyén tiszteletben tartása.
 
Kontinensünk védelme

A belső megbékélésen alapuló Európai Unió megfeledkezett a világ realitásairól. Márpedig egyetlen közösségben sem alakul ki az összetartozás érzése, ha nincsenek határai, amiket védelmez. A határ:  a határon belüli szabadságot jelenti, biztonságban. Ezért felül kell vizsgálnunk a schengeni térséget: akik részt akarnak benne venni, azoknak eleget kell tenniük felelősségvállalásuk kötelezettségének (a határok szigorú ellenőrzése) és a szolidaritás kötelezettségének (azonos menekültügyi politika azonos befogadási vagy elutasítási szabályokkal). Közös határrendészet és európai menekültügyi hivatal, szigorú ellenőrzési kötelezettségek, európai szolidaritás, amihez minden ország hozzájárul, a Belbiztonsági európai tanács fennhatósága alatt: hiszek abban az Európában, amelyik - szemben a migrációkkal – egyszerre védi meg értékeit és határait.

Ugyanezeknek a követelményeknek kell érvényesülniük a védelemmel kapcsolatban is. Jelentős előrelépések történtek az elmúlt két év alatt, de világosan kell a célt kitűzni: védelmi és biztonsági szerződésben kell rögzíteni vitathatatlan kötelezettségeinket a NATO-val és európai szövetségeseinkkel: katonai kiadások növelése, életbe léptetett közös védelmi záradék, Európai biztonsági tanács az Egyesült Királyság bevonásával a közös döntéseink előkészítése érdekében.

Határainknak igazságos versenyt is kell biztosítaniuk. A világnak melyik az a hatalma, amelyik elfogadja, hogy olyanokkal kereskedjenek, amelyek egyetlen szabályt sem tartanak be? Ezt nem tűrhetjük szó nélkül. Versenypolitikánkat meg kell reformálni, kereskedelmi politikánkat új alapokra kell fektetni: szankcionálni kell vagy be kell tiltani azokat a vállalatokat Európában, amelyek sértik stratégiai érdekeinket és olyan elemi értékeinket, mint például a környezetvédelmi szabványok, az adatvédelem és a méltányos adó megfizetése ; stratégiai ágazatokban és közbeszerzésinknél fel kell vállalni az európai preferenciát, ahogyan amerikai vagy kínai versenytársaink is teszik.
 
A haladás szellemének helyreállítása

Európa nem másodrangú hatalom. Európa előőrs: mindig is meg tudta határozni a haladás fogalmait. Sokkal inkább konvergencia programot kell megvalósítania, mint versenyprogramot: Európának, ahol megteremtették a szociális biztonságot, minden dolgozó számára, Kelettől Nyugatig, Északtól Délig, be kell vezetnie a szociális pajzsot, ami biztosítja, hogy ugyanazon a munkahelyen ugyanolyan díjazás érvényesül, és országspecifikus minimális európai bért garantál, amit minden évben kollektívan vitatnak meg.

Ha újra a fejlődés útjára akarunk lépni, akkor az ökológiai küzdelemben is az élre kell jutni. Tudunk-e majd gyermekeink szemébe nézni, ha nem számoljuk fel a klímaváltozásbeli adósságunkat sem?  Az Európai Uniónak rögzítenie kell törekvéseit – 2050-re 0 CO2-kibocsátás, 2025-re pedig felére kell csökkenteni a rovarirtó szerek használatát – és ehhez a követelményhez kell igazítania politikáit: Európai Klímabank az ökológiai átmenet finanszírozására; európai egészségvédelmi erő élelmiszereink ellenőrzésének megerősítésére; az ellenérdekelt lobbi törekvésekkel szemben a környezetre és az egészségre veszélyes anyagok független tudományos felmérése… Ez a követelmény kell, hogy vezérelje cselekedetünket: A Központi Banktól az Európai Bizottságig, az európai költségvetéstől az Európát szolgáló beruházási tervig, a klímavédelem minden intézményünk feladata kell legyen.

A haladás és a szabadság azt jelenti, hogy mindenkinek meg kell tudnia élni munkájából: Európának fel kell készülnie: új munkahelyek létrehozására. Ennek érdekében nem csak szabályoznia kell a digitális óriásokat a nagy platformok európai felügyeletének létrehozatalával (gyorsított szankciók a verseny torzítása és algoritmusaik áttekinthetetlenségének esetén …), valamint az innováció finanszírozásával úgy, hogy az Egyesült Államokéhoz hasonlóan költségvetést biztosít az új Európai innovációs tanácsnak azért, hogy az új technológiai áttörések terén élvonalban legyünk, például a mesterséges intelligencia esetében.

Európának, a világban elfoglalt jövőbeli helyének a tervezésekor, Afrika felé kell fordulnia. Afrikával kell a jövő paktumát megkötnünk. A közös sors felvállalásával, fejlődésének ambiciózus és nem defenzív támogatásával: beruházások, partnerkapcsolatok, egyetemek, fiatal lányok oktatása …
 
Szabadság, védelem, haladás. Ezekre a pillérekre kell az európai Újjászületést építeni. Nem hagyhatjuk, hogy a megoldást nem kínáló nacionalisták kihasználják a népek haragját. Nem lehetünk egy elpuhult Európa alvajárói. Nem folytathatjuk tovább a megszokott rutint és finomkodást. Az európai humanizmus a cselekvés követelményét állítja elénk. Az  állampolgárok mindenütt részt akarnak venni a változásban. Nos, akkor még az év vége előtt, az európai intézmények és az államok képviselőivel szervezzünk Konferenciát Európáért, aminek keretében javaslatot teszünk politikai projektünk szükségszerű változtatásaira, tabu nélkül, ahol a szerződések felülvizsgálata sem tabu. Állampolgárok paneljeit kell bevonni ebbe a konferenciába, meg kell hallgatni az egyetemi köröket, a szociális partnereket, vallási és szellemi képviselőket. A konferencia meg fogja határozni az Európai Unió számára a fő prioritásokat, és ezek megvalósításának ütemtervét. Lesznek olyan kérdések, amikben nem fogunk egyetérteni, de mi a jobb: egy megmerevedett vagy egy idönként eltérő ritmusban haladó, de mindenkire nyitott Európa?

Ebben az Európában, a népek tényleg át fogják venni a sorsuk feletti ellenőrzést; biztos vagyok benne, hogy ebben az Európában az Egyesült Királyság is meg fogja találni a helyét.

Európai Polgárok ! A Brexit-zsákutca lecke mindannyiunk számára. Lépjünk ki ebből a csapdából, töltsük meg értelemmel a közelgő választásokat. Önök döntenek arról, hogy az Európa által képviselt progresszív értékek többet jelentenek-e, mint egy zárójeles mondat a történelemben. Ennek eldöntését javaslom Önöknek, azért, hogy együtt kövessük az európai Újjászületés útját.

Emmanuel Macron



Dėl Europos Atgimimo

Europos piliečiai,

Jeigu šiandien aš kreipiuosi tiesiogiai į jus, tai ne tik istorijos ir mus vienijančių vertybių vardan. Tai yra dėl to, kad tai neatidėliotinai būtina. Po kelių savaičių įvyksiantys Europos rinkimai bus lemiami mūsų žemyno ateičiai.

Niekada nuo Antrojo Pasaulinio karo laikų Europa nebuvo tokia reikalinga. Tačiau Europa dar niekada nebuvo tokiame pavojuje.

,,Brexit’’ yra to simbolis. Europos krizės simbolis, Europos, kuri nesugebėjo patenkinti tautų apsaugos poreikių, susidūrus su dideliais šiuolaikinio pasaulio sukrėtimais. Tai yra ir Europos spąstų simbolis. Priklausyti Europos Sąjungai nėra spąstai;  tai yra melas ir neatsakingumas,  kurie gali ją sunaikinti. Kas pasakė britams tiesą apie jų ateitį po ,,Brexit’’ ? Kas jiems kalbėjo apie tai, kad bus prarastas prieinamumas prie Europos rinkos ? Kas užsiminė apie riziką taikai Airijoje, sugrįžus prie buvusios praeityje sienos ? Nacionalistinis pasitraukimas nesiūlo nieko; tai yra atmetimas be projekto. Ir šie spąstai kelia grėsmę visai Europai : veikėjai, pilni pykčio, remdamiesi melaginga informacija, žada bet ką.

Šių manipuliacijų akivaizdoje turime išlikti tvirti. Išdidūs ir įžvalgūs. Ir pirmiausiai pasakyti tai, kas yra Europa. Tai istorinė sėkmė : nuniokoto žemyno susitaikymas lig šiol neregėtame taikos, gerovės ir laisvės projekte. Niekada to nepamirškime. Ir šis projektas mus tebesaugo šiandien : kuri šalis gali veikti viena prieš agresyvias galingųjų strategijas ? Kas gali teigti esantis suverenus, vienas susidūręs su skaitmeninės rinkos gigantais ? Kaip atlaikytume finansinio kapitalizmo krizes be euro, kuris yra visos Europos Sąjungos jėga ? Europa- tai ir galybė kasdieninio gyvenimo projektų, kurie pakeitė mūsų teritorijų paveikslą, šis atnaujintas licėjus, šis pastatytas kelias, greitas internetinis ryšys, kuris ateina, pagaliau. Ši kova yra kiekvienos dienos uždavinys, nes Europa kaip ir taika niekada nėra įgyta. Prancūzijos vardu aš nenuilstamai kovoju už tai, kad Europa žengtų pažangos keliu ir kad būtų ginamas jos modelis. Mums buvo teigiama, kad Europos gynybos sistemos sukūrimas ar socialinių teisių apsauga  yra nepasiekiama, bet mes įrodėme, kad tai įmanoma.

Bet reikia veikti daug , daug greičiau. Kadangi yra kiti spąstai, būtent statu quo ir rezignacijos spąstai. Didžiųjų pasaulinių sukrėtimų akivaizdoje piliečiai mums gana dažnai sako « Kur yra Europa ? Ką veikia Europa ?». Jų akyse ji tapo besiele rinka. Tačiau Europa nėra tik rinka, bet ir projektas. Rinka yra naudinga, bet ji neturi užgožti sienų, kurios saugo,  ir vertybių, kurios mus vienija, būtinybės. Nacionalistai klysta teigdami, jog jie gina mūsų identiškumą, siekdami pasitraukimo iš Europos ; juk mus jungia, mus išlaisvina ir mus saugo būtent Europos civilizacija. Bet ir tie, kurie nieko nenori keisti, taip pat klysta, kadangi jie neigia baimes, persmelkiančias mūsų tautas,  abejones, kenkiančias mūsų demokratijoms. Dabar yra lemiamas mūsų žemynui momentas; momentas, kuomet mes, kolektyviai, privalome naujai išrasti -tiek politiniame, tiek kultūriniame lygmenyse- mūsų civilizacijos formas šiame besikeičiančiame pasaulyje. Tai Europos Atgimimo momentas. Todėl aš, nepasiduodamas pasitraukimo ir susiskaldymo gundymams, kviečiu jus kartu kurti šį Atgimimą, paremtą trimis ambicijomis : laisvė, apsauga, pažanga.
 
Ginti mūsų laisvę

Europos modelis grindžiamas žmogaus laisve, nuomonių skirtumu, kūryba. Pirmutinė laisvė yra demokratijos laisvė, tai laisvė išsirinkti mūsų valstybių vadovus,  ir būtent čia, kiekvienų rinkimų metu, užsienio jėgos ieško, kaip paveikti mūsų balsus. Aš siūlau įsteigti Europos demokratijų apsaugos Agentūrą, kuri nusiųstų Europos ekspertus į kiekvieną Valstybę narę, kad jos rinkimų procesas  būtų apsaugotas nuo kibernetinių atakų ir manipuliacijų.  Siekdami išlikti nepriklausomi,  mes turime taip pat uždrausti Europos politinių partijų finansavimą iš užsienio valstybių. Mes turime uždrausti, Europos taisyklėmis, bet kokias neapykatos ar smurto apraiškas Internete, kadangi pagarba asmeniui yra mūsų orumo civilizacijos pagrindas.
 
Apsaugoti mūsų žemyną

Įkurta vidinio susitaikymo pagrindu, Europos Sąjunga užmiršo pažvelgti į pasaulio realijas. Tačiau nei viena bendruomenė neišsiugdo priklausymo jausmo, jeigu ji neturi ribų, kurias ji gina. Siena – tai saugi laisvė. Mes taip pat turime pradėti viską iš pradžių  Šengeno erdvės klausimu: visi, norintys joje dalyvauti, privalo vykdyti atsakomybės (griežta sienų kontrolė) ir solidarumo (viena ir ta pati  prieglobsčio politika, taikant tas pačias prieglobsčio suteikimo ir atmetimo  taisykles)  įsipareigojimus. Bendra pasienio policija ir Europos prieglobsčio paramos biuras, griežti kontrolės įsipareigojimai , Europos solidarumas, prie kurio prisideda kiekviena šalis, vadovaujant Europos vidaus saugumo Tarybai : migracijos akivaizdoje, aš tikiu Europa, kuri vienu metu gina savo vertybes ir savo sienas.

Tie patys reikalavimai turi būti taikomi ir gynybai. Per pastaruosius dvejus metus buvo padaryta svarbi pažanga, tačiau mes turime aiškiai nurodyti kryptį : gynybos ir saugumo sutartis turės nubrėžti būtinus įsipareigojimus, susijusius su NATO ir mūsų Europos sąjungininkais :  išlaidų karinėms reikmėms didinimas, papildomo savitarpio susitarimo gynybos klausimais įgyvendinimas, Europos saugumo Taryba, prijungianti Jungtinę Karalystę kolektyvinių sprendimų paruošimui.

Mūsų sienos taip pat privalo užtikrinti sąžiningą konkurenciją. Kokia šalis pasaulyje sutinka tęsti mainus su tais, kurie nesilaiko nei vienos iš jos taisyklių ? Mes negalime kentėti tylėdami. Mes privalome reformuoti mūsų konkurencijos politiką, persvarstyti mūsų komercinę politiką : sankcionuoti arba uždrausti Europoje įmones, kurios kenkia mūsų strateginiams interesams ir mūsų pagrindinėms vertybėms, tokioms kaip aplinkos apsaugos normos, duomenų apsauga ir sąžiningas mokesčių mokėjimas ; ir įsipareigoti teikti pirmenybę Europai strateginėse industrijose ir mūsų viešuosiuose pirkimuose, kaip tai daro mūsų konkurentai amerikiečiai ar kinai.
 
Atgaivinti pažangos dvasią

Europa nėra antraeilė valstybė. Visa Europa – tai avangardas : ji visada sugebėjo nustatyti pažangos standartus. Šiuo tikslu ji turi vykdyti daugiau konvergencijos nei konkurencijos projektą : Europa, kurioje buvo sukurta socialinė apsauga, turi nustatyti kiekvienam darbo žmogui, nuo Rytų lig Vakarų, nuo Šiaurės lig Pietų, socialinį skydą, kuris garantuotų tą patį apmokėjimą toje pačioje darbo vietoje, o taip pat Europos minimalų atlyginimą, pritaikytą kiekvienai šaliai ir kiekvienais metais kolektyviai aptariamą.

Žygiuoti pažangos keliu- tai ir būti lyderiu ekologinėje kovoje. Ar galėsime žiūrėti mūsų vaikams į akis, jeigu nerezorbuosime mūsų skolos klimatui ?  Europos Sąjunga privalo nubrėžti savo siekius  - 0 karbonato 2050 metais, pesticidų sumažinimas pusiau 2025 metais  -  ir savo politiką adaptuoti pagal šį poreikį : Europos klimato bankas, kuris finansuotų  perėjimą prie ekologinės ekonomikos ;  Europos sveikatos saugos pajėgos, kurios sustiprintų maisto produktų kontrolę ; o kovai prieš lobby grėsmę - pavojingų aplinkai ir sveikatai medžiagų įvertinimas nepriklausomų mokslinių tyrimų institucijų… Visi mūsų veiksmai turi vadovautis šiuo imperatyvu : nuo Centrinio Banko iki Europos Komisijos, nuo Europos biudžeto iki investicijų plano Europai, klimato klausimas turi būti įpareigojimas visoms mūsų institucijoms.

Pažanga ir laisvė- tai  galėjimas pragyventi iš savo darbo : Europa  turi numatyti darbo vietų kūrimą. Ir šiuo tikslu ji privalo ne tik sureguliuoti skaitmeninės rinkos gigantų veiklą, įkurdama Europos pagrindinių platformų priežiūros sistemą (pagreitintos sankcijos pasikėsinimo į konkurenciją atveju, jų algoritmų skaidrumas…), bet taip pat finansuoti inovacijas, skiriant  naujajai Europos inovacijų Tarybai biudžetą, kurį galima būtų palyginti su Jungtinių Amerikos Valstijų biudžetu, kad būtume naujausių griaunamų technologijų, kaip pvz. dirbtinis intelektas, priešakyje.

Europa, kuri žvelgia į pasaulį, turi būti atsigręžusi į Afriką, su kuria turime sudaryti ateities paktą.  Prisiimant bendrą likimą, palaikant jos didelių užmojų, o ne gynybinę, plėtrą : investavimas, universitetų bendradarbiavimas, mergaičių auklėjimas…

Laisvė, aspauga, pažanga. Ant šių pamatų turime statyti Europos Atgimimą. Mes turime rasti sprendimą, kad neleistume nacionalistams naudotis tautų pykčiu.  Mes neturime būti suminkštėjusios Europos somnambulais. Mes negalime pasilikti rutinoje ir tuščiažodžiavime. Europos humanizmas – tai veiksmo poreikis. Ir visur piliečiai pageidauja dalyvauti pokyčiuose. Tad iki šių metų pabaigos kartu su Europos institucijų ir valstybių atstovais surengsime Konferenciją Europos klausimais, kad pasiūlytume mūsų politiniam projektui visus būtinus pokyčius be jokių tabu, netgi sutarčių peržiūrėjimą. Šios konferencijos tikslas bus sujungti piliečių grupes, išklausyti universitetų dėstytojus, socialinius partnerius, religinius ir dvasinius atstovus. Ji apibrėš veiksmų  planą Europos Sąjungai, kuriame didieji prioritetai bus išreikšti konkrečiais veiksmais. Bus ir nesutarimų, bet ar geriau sustingusi Europa, ar Europa, kuri daro pažangą kartais skirtingu ritmu, tuo pačiu išlikdama visiems atvira ?

Šioje Europoje pačios tautos iš tiesų perims savo likimo kontroliavimą; šioje Europoje, esu tuo tikras, Jungtinė Karalystė ras sau deramą vietą.

Europos piliečiai, ,,Brexit’’ aklavietė tebus pamoka mums visiems. Išsivaduokime iš šių spąstų, suteikime reikšmę ateinantiems rinkimams ir mūsų projektui. Jūs turite nuspręsti, ar Europa, jos skleidžiamos pažangos vertybės turi būti kažkas daugiau negu tik pastraipa istorijoje. Tai pasirinkimas, kurį jums siūlau, kad kartu nutiestume Europos Atgimimo kelią.

Emmanuel Macron




Eiropas Atdzimšanai

Eiropas pilsoņi,

Ļaujiet man vērsties  pie  jums, ne tikai  vēstures un to vērtību vārdā, kas mūs vieno. Pēc dažām nedēļām Eiropas vēlēšanas kļūs izšķirošas, arī skatoties uz mūsu kontinenta nākotni.

Kopš Otrā Pasaules kara  Eiropa nekad nav bijusi tik nepieciešama. Un tomēr, nekad Eiropa nav bijusi tādās briesmās.

Brexit tam ir simbols. Eiropas krīzes simbols, -  Eiropas, kas nav spējusi aizsargāt tautas pret mūsdienu pasaules  lielajiem satricinājumiem. Arī Eiropas - slazda simbols. Slazds nav piederība  Eiropas  Savienībai; tie ir meli un bezatbildība, kas var to sagraut.  Kurš ir izstāstījis  britiem patiesību par viņu nākotni pēc Brexit? Kurš viņiem ir stāstījis par iespēju zaudēt pieeju Eiropas tirgum? Kurš ir atsaucis atmiņā faktorus, kas apdraud  Īrijas brīvību, atskatoties uz pagātnes notikumiem? Nacionālistu atkāpšanās nepiedāvā neko; tā ir noraidīšana nepiedāvājot risinājumu. Un šis slazds draud visai  Eiropai: naida kurinātāji -  kas balstoties uz nepatiesu informāciju, ir gatavi apsolīt vienu dienu vienu un nākamajā dienā pretējo.

Redzot šīs manipulācijas, - mums ir jābūt modriem.  Lepniem un ar skaidru prātu. Vispirms, lai pateiktu,  kas ir Eiropa. Tas ir vēsturisks  panākums: izpostīta kontinenta savstarpēja samierināšana-, vienojoties projektā, kas balstās uz  mieru, labklājību un brīvību. Nekad to neaizmirsīsim. Un šis projekts mūs turpina aizsargāt arī šodien: kura valsts spētu viena stāvēt pretim  lielvaru agresīvajām stratēģijām? Kurš varētu apgalvot, ka viens un neatkarīgs pretstāvēs skaitliskam pārspēkam? Kā mēs pretosimies kapitālisma  finanšu  krīzēm bez eiro, kas ir visas Savienības spēks? Eiropa, tā ir  arī tūkstošiem  ikdienas  projektu, kas ir mainījuši mūsu teritoriju vizuālo izskatu:, gan  atjaunota skola, gan uzcelts ceļš, un visbeidzot piekļuve ātrgaitas  internetam. Šī cīņa ir katras dienas uzdevums, jo Eiropa,  tāpat kā miers, nekad  nav sasniegti. Francijas vārdā, es to katru dienu daru nenoguris, lai  Eiropa  attīstītos un varētu aizsargāt tās standartus. Mēs esam parādījuši, ka eiropeiskās drošības sistēmas izveide vai sociālo tiesību aizsardzība ir bijusi iespējama, neskatoties uz to, ka daudzi apgalvo pretējo.

Bet vajag darīt vēl vairāk, rīkoties vēl ātrāk. Jo ir cits slazds, respektīvi, -  statu quo un samierināšanās. Vērojot  lielos satricinājumus pasaulē, pilsoņi mums bieži saka:  „Kur ir Eiropa?  Ko dara Eiropa?”  Viņuprāt, tā ir kļuvusi par tirgu bez dvēseles. Taču Eiropa nav tikai tirgus, tā ir projekts. Tirgus ir noderīgs, bet nedrīkst  aizmirst par nepieciešamību  pēc robežām, kas aizsargā, un vērtībām,  kas vieno. Nacionālisti kļūdās, pieļaujot  pat  domu, ka varētu aizsargāt  mūsu identitāti, Eiropu šķirot,; jo tā ir eiropeiskā civilizācija, kas mūs apvieno, mūs atbrīvo un mūs aizsargā. Bet tie, kas nevēlēsies neko mainīt, arī kļūdās, jo  viņi noliedz bailes, kas žņaudz mūsu tautas, neatdzīst  šaubas, kas novājina mūsu demokātijas. Mēs esam izšķirošā brīdī, kas mainīs mūsu kontinentu,  brīdī, kad visiem kopā  ir politiski  un  kulturāli  jārada  no jauna  mūsu civilizācija pasaulē, kura  mainās. Tas ir eiropeiskās Atdzimšanas brīdis. Arī  stāvot pretī  spiedienam uz atkāpšanās pozīciju un šķelšanos, es jums piedāvāju celt kopā šo Atdzimšanu, bastoties uz trim augstiem mērķiem: brīvība, aizsardzība un progress.
 
Aizsargāt mūsu brīvību

Eiropeiskais modelis balstās uz cilvēka brīvību, viedokļu dažādību un radīšanu. Mūsu brīvības pamatā ir demokrātiska brīvība, kas ļauj izvēlēties savus varasvīrus brīdī, kad katrās vēlēšanās svešzemju lielvaras meklē iespēju ietekmēt mūsu balsojumu. Es piedāvāju izveidot - Eiropas demokrātiju aizsardzības Aģentūru, kas dod iespēju nosūtīt Eiropas ekspertus katrai dalībvalstij, ar mērķi aizsargāt vēlēšanu procesu pret kiberuzbrukumiem un manipulācijām. Šīs brīvības ietvaros mums vajag arī aizliegt svešzemju lielvarām Eiropas politisko partiju finansēšanu. Balstoties uz Eiropas likumiem, mums ir jāpanāk , lai Internetā tiktu izdzēstas jebkuras naidu un vardarbību kurinošas sarunas, jo indivīda respektēšana ir mūsu civilizācijas cieņas pamatā.
 
Aizsargāt mūsu kontinentu

Dibināta, balstoties uz iekšēju samierināšanos, Eiropas Savienība ir aizmirsusi saskatīt pasaules realitātes.Tomēr neviena savienība - nevar radīt piederības sajūtu, ja tai nav robežas, ko tā aizsargā. Robeža – tā ir brīvība drošībā. Mums ir jāpārskata Šengenas zonas pamatpricips: visiem tiem, kas vēlas tajā piedalīties ir  jāpilda atbildības (stingra robežu kontrole) un solidaritātes (tāda pati patvēruma politika, ar vienādiem uzņemšanas un atteikuma noteikumiem)  saistības. Vienota robežu kontrole un vienots Eiropas patvēruma birojs, noteikti kontroles noteikumi, vienota Eiropas solidaritāte, ko labvēlīgi ietekmē katra valsts, ko pārvalda  Eiropas iekšējās drošības Padome: es ticu Eiropai, kas vienlaicīgi aizsargā gan savas vērtības, gan arī robežas migrācijas kontekstā.

Tās pašas prasības ir jāattiecina uz aizsardzību. Svarīgs progress tika sasniegts  divu  gadu laikā, bet mums vajag nospraust skaidru kursu: drošības un aizsardzības līgumam ir jādefinē mūsu nepieciešamos pienākumus sadarbībā ar NATO un mūsu Eiropas sabiedrotajiem: militārā budžeta palielināšana, dzīvē ieviest savstarpējās aizsardzības klauzulu, Eiropas drošības padome, kas pieaicinot kā partneri Apvienoto Karalisti,  sagatavotu mūsu kopīgos lēmumus.

Mūsu robežām ir jānodrošina arī taisnīgu konkurenci. Kura lielvara pasaulē vēlēsies sadarboties ar tiem, kas nerespektē nekādus noteikumus? Mēs nevaram ciest, neko nesakot. Mums ir jāveic reformas mūsu konkurences politikā, jāizstrādā jauna tirdzniecības politika: ieviest sankcijas jeb aizliegt Eiropā uzņēmumus, kuri ir apdraudējums mūsu stratēģiskajām interesēm un mūsu pamatvērtībām, runājot par vides normām, datu aizsardzību un precīziem nodokļu maksājumiem; kā arī uzņemties dot eiropeisku priekšroku mūsu tirgum un stratēģiskajām  industrijām, kā to dara mūsu amerikāņu vai ķīniešu konkurenti.
 
Atrast no jauna progresa vēsmu

Eiropa nav otrās šķiras spēks. Visa Eiropa ir avangards: tā vienmēr ir spējusi definēt progresa normas. Un tāpēc tai ir jābalstās uz konverģences projektu vairāk nekā uz konkurences projektu,: Eiropai, kurā tika radīta sociālā apdrošināšana, ir jādibina sociālais vairogs katram strādniekam no Austrumiem līdz  Rietumiem; un; no Ziemeļiem līdz Dienvidiem, kas garantētu vienlīdzīgu darba atalgojumu, katrai valstij adaptētu Eiropas algas mimimumu, ko katru gadu varētu kolektīvi apspriest.

Atjaunot  progresa gaitu, nozīmē  uzņemties cīņu par ekoloģiju. Vai mēs varēsim skatīties acīs  saviem bērniem, ja mēs nenovērsīsim mūsu parādu klimata izmaiņām?  Eiropas Savienībai ir jānosaka  augsti mērķi – 0 oglekļa 2050. gadā, divreiz samazināt  pesticīdus 2025. gadā  - un pielāgot šīs politiskās institūcijas sekojošām vajadzībām: Eiropas klimata banka finansēs ekoloģiskās pārmaiņas: Eiropas sanitārais Spēks nostiprinās mūsu pārtikas kontroli pret lobija draudiem, tāpat ir nepieciešama arī neatkarīga zinātniska novērtēšana bīstamām vielām, kas var ietekmēt apkārtējo vidi un veselību... Šim imperatīvam ir jānosaka jebkura mūsu darbība: no Centrālās bankas līdz Eiropas Komisijai, Eiropas budžets Eiropas investīciju plānā, visām mūsu institūcijām klimatam ir jābūt kā mandātam.

Progress un brīvība, balstās iespējā dzīvot no sava darba augļiem, tādēļ Eiropai ir jāaizsteidzas citiem priekšā, lai radītu jaunas darba vietas. Un tāpēc tai ir netikai jāregulē

datu milži, izveidojot lielo Eiropas platformu pārraudzību (paātrinātas sankcijas konkurencei, to algoritmu caurspīdīgums...), bet arī jāfinansē  inovācijas, dotējot jauno Eiropas  inovācijas Padomi ar budžetu, kas ir līdzvērtīgs Amerikas Savienoto valstu budžetam, lai kļūtu par līderi tādam jaunam tehnoloģiju izrāvienam, kā, piemēram, mākslīgais intelekts.

Eiropai, kas ir pasaules daļa, ir jābūt vērstai uz Āfriku, ar kuru mums ir jāizveido nākotnes līgums. Uzņemoties kopīgu likteni, atbalstot tās attīstību uz augstu mērķu pamata : investīcijas, partnerattiecības ar universitētēm,  jaunu meiteņu izglītošana...

Brīvība, aizsardzība, progress. Uz šiem pamatiem mums ir jāceļ Eiropas Atdzimšana. Mēs nevaram ļaut nacionālistiem bez risinājuma izmantot tautas dusmas.

Mēs nevaram būt mēnessērdzīgi atslābušas Eiropas dēļ. Mēs nevaram ieslīgt rutīnā un palikt apvārdoti. Eiropas humānisms ir prasība rīkoties. Un it visur pilsoņi pieprasa līdzdarboties pārmaiņās. Kopā ar Eiropas institūciju pārstāvjiem un valstīm gada beigas izveidosim  Konferenci Eiropai, lai piedāvātu nepieciešamās izmaiņas mūsu politiskajam projektam, bez tabū, pat bez līgumu pārskatīšanas. Šai konferencei būs jāapvieno pilsoņu grupas,  jāuzklausa universitāšu pārstāvji, sociālos partneri, garīgie un reliģiskie pārstāvji. Tā noteiks ceļazīmi visai Eiropas Savienībai, pārtulkojot konkrētās darbībās tās lielās prioritātes. Mums būs nesaskaņas, bet vai tad labāk ir sastingusi Eiropa, vai arī tomēr Eiropa, kas dažreiz progresē dažādos ritmos, paliekot atvēta visiem?

Šajā Eiropā tautas patiešām pārņems kontroli pār savu likteni; šajā Eiropā Apvienotā Karaliste atradīs savu vietu, es par to esmu pārliecināts.

Eiropas pilsoņi, Brexit strupceļš ir mācībstunda mums visiem. Iziesim no šī slazda, dosim vēlēšanām un mūsu projektam jēgu. Jums būs jāizlemj vai Eiropa, kas sevī iemieso progresa vērtības, kļūs kaut kas vairāk  par  atkāpi vēsturē. Tā ir izvēle, kuru es jums piedāvāju, lai kopā iezīmētu Eiropas Atdzimšanas ceļu.

Emmanuel Macron




Voor de Vernieuwing van Europa

Burgers van Europa,

Het is niet slechts in naam van onze gedeelde geschiedenis en waarden dat ik de vrijheid neem me rechtstreeks tot u te wenden, maar vooral omdat hiervoor een dringende reden bestaat. Over enkele weken zullen de Europese verkiezingen beslissend zijn voor de toekomst van ons continent.

Nooit eerder sinds de Tweede Wereldoorlog is Europa zo noodzakelijk geweest. En toch was Europa nog nooit zo in gevaar.

De Brexit is hiervan het symbool. Symbool van de crisis in Europa, dat er niet in is geslaagd goed te reageren op de behoefte aan bescherming van de volken tegen de grote schokken in de wereld van vandaag. De Brexit staat ook symbool voor de Europese valstrik. Het al dan niet deel uitmaken van de Europese Unie is niet de valstrik, maar de leugens en de onverantwoordelijkheid die haar te gronde kunnen richten. Wie heeft de Britten de waarheid verteld over hun toekomst na de Brexit? Wie heeft met hen gesproken over het verliezen van toegang tot de Europese markt? Wie heeft het over het risico voor de vrede in Ierland gehad, als de voormalige grenzen weer worden hersteld? Het nationalistische isolationisme heeft niets te bieden; het is een afwijzing zonder alternatief. En deze valstrik is een dreiging voor geheel Europa: ondersteund door onjuiste informatie beloven profiteurs van de woede werkelijk van alles en nog wat.

Tegenover deze manipulaties moeten wij standhouden. Trots en helder van geest. Laten we eerst eens zeggen wat Europa is. Het is een historisch succes: de verzoening van een verwoest continent, met ongeëvenaarde plannen voor vrede, voorspoed en vrijheid. Laten we dat nooit vergeten. En deze plannen beschermen ons ook vandaag de dag nog: welk land kan er nu in zijn eentje opboksen tegen de agressieve strategieën van de grootmachten? Wie kan pretenderen soeverein te zijn, alleen tegenover de techreuzen? Hou zouden we de crises van het financiële kapitalisme kunnen weerstaan zonder de euro, die de gehele Unie sterk maakt? Europa, dat is ook de duizenden alledaagse projecten die het aanzicht van onze regio's hebben veranderd, een school die is gerenoveerd, een weg die is aangelegd, het snelle internet dat er eindelijk aan komt. Deze strijd vereist een voortdurend commitment, want zowel Europa als de vrede zijn nooit gewonnen. In naam van Frankrijk lever ik deze strijd onophoudelijk, om Europa vooruitgang te laten boeken en het model ervan te verdedigen. Wij hebben aangetoond dat wat men onbereikbaar noemde, te weten het creëren van een Europese defensie en het beschermen van sociale rechten, mogelijk was.

Maar er moet meer gebeuren en het moet sneller. Er is namelijk nog een valstrik, die van status-quo en berusting. Geconfronteerd met de grote schokken in de wereld zeggen de burgers ons regelmatig: ‘Waar is Europa? Wat doet Europa?’ In hun ogen is het een zielloze markt geworden. Europa is echter niet slechts een markt, het is een project. Een markt is nuttig, maar moet ons niet de noodzaak laten vergeten van grenzen die beschermen en waarden die verbinden. De nationalisten vergissen zich als ze pretenderen onze identiteit te verdedigen door zich terug te trekken uit Europa; want het is de Europese beschaving die ons verbindt, ons bevrijdt en ons beschermt. Degenen die niets willen veranderen, vergissen zich echter ook, want die negeren de angsten van onze volken, de twijfels die onze democratieën ondermijnen. Wij bevinden ons op een voor ons continent beslissend moment; een moment waarop we collectief de vormen van onze beschaving in een politiek, cultureel veranderende wereld opnieuw moeten uitvinden. Dit is het moment van de Vernieuwing van Europa. Daarom stel ik u voor de verlokkingen van het ons isoleren en verdelen te weerstaan en samen te bouwen aan deze Vernieuwing rond drie ambities: vrijheid, bescherming en vooruitgang.
 
Onze vrijheid verdedigen

Het Europese model berust op de vrijheid van de mens, de verscheidenheid van meningen en de scheppende kracht. Onze belangrijkste vrijheid is de democratie, de vrijheid om onze leiders te kiezen, terwijl bij elke stemming buitenlandse mogendheden onze stemmen trachten te beïnvloeden. Ik stel voor een Europees Agentschap ter bescherming van de democratieën op te richten, dat Europese deskundigen ter beschikking stelt aan alle lidstaten om hun verkiezingen te beschermen tegen cyberaanvallen en manipulaties. In deze geest van onafhankelijkheid past ook een verbod op financiering van Europese politieke partijen door buitenlandse mogendheden. Via Europese regelgeving moeten we alle haatdragende en gewelddadige uitlatingen van het internet bannen, want respect voor het individu is het fundament van een menswaardige beschaving.
 
Ons continent beschermen

De Europese Unie, die is gestoeld op interne verzoening, is de mondiale realiteit uit het oog verloren. Geen enkele gemeenschap kan echter een gevoel van saamhorigheid scheppen, als ze haar eigen grenzen niet bewaakt. Grenzen stellen is het veiligstellen van de vrijheid. Daarom moeten we de Schengenruimte grondig herzien: iedereen die daarvan deel uit wil maken, dient te voldoen aan verplichtingen inzake verantwoordelijkheid (strikte grenscontroles) en solidariteit (één asielbeleid, met gelijke regels voor opvang en afwijzing). Een gemeenschappelijke grenspolitie en een Europees asielagentschap, strikte controleverplichtingen, een Europese solidariteit waaraan alle landen bijdragen, onder toezicht van een Europese raad voor interne veiligheid: ten aanzien van de migratiestromen geloof ik in een Europa dat zowel zijn waarden als zijn grenzen bewaakt.

Op het gebied van defensie moeten dezelfde eisen worden gesteld. Sinds twee jaar is belangrijke voortgang geboekt, maar we moeten een duidelijke koers aangeven: er zal een defensie- en veiligheidsverdrag moeten komen waarin onze essentiële verplichtingen worden vastgelegd, in overleg met de NAVO en onze Europese bondgenoten: verhoging van de defensie-uitgaven, operationalisering van de clausule voor een gemeenschappelijk defensie en ter voorbereiding van onze gemeenschappelijk te nemen besluiten een Europese veiligheidsraad, waarbij het Verenigd Koninkrijk wordt betrokken.

Onze grenzen moeten ook voor eerlijke concurrentie zorgen. Welke mogendheid in de wereld is bereid zaken te blijven doen met diegenen die alle regels aan hun laars lappen? Wij kunnen dat niet zwijgend ondergaan. We zullen ons concurrentiebeleid moeten hervormen, ons handelsbeleid herzien: sancties opleggen aan of verbieden van bedrijven die afbreuk doen aan onze strategische belangen en onze basiswaarden, zoals milieunormen, gegevensbescherming en eerlijke belastingbetaling; en gaan staan voor een Europees voorkeursrecht inzake strategische industrieën en overheidsopdrachten, in navolging van onze Amerikaanse en Chinese concurrenten.
 
Onze vooruitgangsgedachte hervinden

Europa is geen tweederangs mogendheid. Heel Europa vormt een voorhoede: het heeft altijd de normen van de vooruitgang weten te bepalen. Daartoe dient het meer te streven naar convergentie dan naar concurrentie: Europa, waar de sociale zekerheid is ontstaan, dient voor elke werknemer, van oost tot west en van noord tot zuid, een sociaal vangnet in te voeren dat gelijke beloning op dezelfde werkplek garandeert en een Europees minimumloon dat is afgestemd op elk land en jaarlijks collectief wordt vastgesteld.

De vooruitgangsgedachte weer opvatten, betekent ook voorop lopen bij het milieudebat. Kunnen wij straks onze kinderen nog recht in de ogen kijken, als we niet ook onze klimaatschuld inlossen? De Europese Unie moet zijn ambities vaststellen – koolstofvrij in 2050, halvering van de pesticiden in 2025 – en het beleid afstemmen op deze eisen: een Europese klimaatbank om de ecologische transitie te financieren; een Europese gezondheidsautoriteit om onze voedselveiligheid te versterken; een onafhankelijke wetenschappelijke toetsing van stoffen die gevaarlijk zijn voor gezondheid en milieu om de lobbydreiging tegen te gaan, enz. Dit belang dient al onze acties richting te geven: van de Centrale bank tot de Europese Commissie, van de Europese begroting tot het investeringsplan voor Europa, bij al onze instellingen moet het klimaat hoog op de agenda staan.

Vooruitgang en vrijheid, dat is kunnen leven van je werk: Europa moet anticiperen om werkgelegenheid te kunnen scheppen. Om die reden moet het niet alleen de techreuzen reguleren door te zorgen voor Europese supervisie op grote platforms (versnelde sanctieprocedure voor overtreding van concurrentieregels, transparantie van hun algoritmes, enz.) maar ook innovatie financieren door de nieuwe Europese innovatieraad een budget toe te wijzen dat vergelijkbaar is met dat van de Verenigde Staten, om het voortouw te nemen met betrekking tot nieuwe doorslaggevende technologische ontwikkelingen als kunstmatige intelligentie.

Een Europa dat meedenkt over de toekomst van de wereld moet gericht zijn op Afrika, waarmee daartoe een pact dient te worden gesloten. Door zich in te zetten voor een gemeenschappelijke toekomst, door ondersteuning van de ontwikkeling van dat continent op ambitieuze en niet defensieve wijze: investeringen, universitaire samenwerking, onderwijs voor meisjes, enz.

Vrijheid, bescherming, vooruitgang. Op deze pijlers wordt de Vernieuwing van Europa gebouwd. Wij mogen nationalisten zonder oplossingen geen misbruik laten maken van de woede van de volken. Wij mogen geen slaapwandelaars zijn in een ingedut Europa. Wij mogen niet blijven hangen in traditionalisme en bezweringen. Het Europese humanisme eist van ons dat we in actie komen. En overal willen de burgers graag een bijdrage leven aan de verandering. Laten we daarom vóór het einde van het jaar samen met vertegenwoordigers van de Europese instellingen en de landen een Conferentie voor Europa beleggen om alle veranderingen die noodzakelijk zijn voor onze beleidsplannen te bespreken, waar niets taboe is, zelfs niet herziening van de verdragen. Deze conferentie moet gebruikmaken van burgerraadpleging, en ook academici, sociale partners, vertegenwoordigers van godsdiensten en andere geestelijke stromingen moeten worden gehoord. Tijdens de conferentie zal een stappenplan worden vastgesteld voor de Europese Unie om deze hoge prioriteiten te vertalen in concrete acties. We zullen het oneens zijn, maar wat is nu beter, een vastgeroest Europa of een Europa dat zich ontwikkelt – al is het soms in een verschillend tempo –, terwijl het ontvankelijk blijft voor ieders mening?

In dit Europa zullen de volken hun lot weer werkelijk in handen hebben; in dit Europa heeft ook het Verenigd Koninkrijk een rol te spelen, daarvan ben ik overtuigd.

Burgers van Europa, de impasse van de Brexit is een les voor ons allen. Laten we ons uit deze valstrik bevrijden, laten we betekenis geven aan de komende verkiezen en aan ons project. Het is aan u om te beslissen of Europa en de vooruitgangswaarden die het in zich draagt, meer moeten zijn dan een voetnoot in de geschiedenis. Dat is de keuze die ik aan u voorleg, om samen de weg te bereiden naar de Vernieuwing van Europa.

Emmanuel Macron



 

Por um Renascimento europeu

Cidadãos da Europa,

Se tomo a liberdade de dirigir-me diretamente a vós, não é tão-somente em nome da história e dos valores que nos unem. É porque a situação é de urgência. Dentro de algumas semanas, as eleições europeias serão decisivas para o futuro do nosso continente.

Jamais desde a Segunda Guerra mundial afigurou-se tão necessária a Europa. Contudo, jamais a Europa esteve em situação tão perigosa.

O Brexit é o símbolo desse perigo. Símbolo da crise da Europa, que não soube atender as necessidades de proteção dos povos face aos grandes choques do mundo contemporâneo. Símbolo, também, da armadilha europeia. Não é a pertença à União europeia a armadilha; são a mentira e a irresponsabilidade que a podem destruir. Quem disse a verdade aos Britânicos sobre o seu futuro após o Brexit? Que lhes falou da perda do acesso ao mercado europeu? Quem evocou os riscos para a paz na Irlanda com a volta à fronteira do passado? O recuo nacionalista nada propõe; apenas rejeita, não projeta. E esta armadilha ameaça toda a Europa: os exploradores da ira, sustentados pelas falsas informações, prometem mundos e fundos.

Face a essas manipulações, devemos manter-nos em pé. Orgulhosos e lúcidos. Dizer antes de mais o que é a Europa. É um sucesso histórico: a reconciliação de um continente devastado, num projeto inédito de paz, de prosperidade e de liberdade. Jamais o esqueçamos. E esse projeto continua a nos proteger hoje : que país pode enfrentar, sozinho, as estratégias agressivas de grandes potências? Quem pode almejar ser soberano, sozinho, perante os gigantes do setor digital? Como resistiríamos às crises do capitalismo financeiro sem o euro, que é uma força para toda a União? A Europa significa também milhares de projetos do quotidiano que transformaram a face dos nossos territórios, este liceu renovado, aquela estrada construída, o acesso rápido à Internet a chegar, por fim. Este combate exige um compromisso a cada dia, pois a Europa e a paz não são dados adquiridos. Em nome da França, travo este combate sem descanso para fazer progredir a Europa e defender o seu modelo. Mostrámos que aquilo que era considerado inalcançável, a criação de uma defesa europeia ou a proteção dos direitos sociais, era possível.

Mas é preciso fazer mais, mais depressa. Pois existe a outra armadilha, a do status quo e da resignação. Perante os grandes choques do mundo, os cidadãos tantas vezes nos dizem: “Onde está a Europa? O que faz a Europa?”. Para eles, ela se transformou num mercado sem alma. Ora, a Europa não é meramente um mercado, é um projeto. Um mercado é útil, mas não deve fazer esquecer a necessidade de fronteiras que protegem e de valores que unem. Os nacionalistas enganam-se quando afirmam defender a nossa identidade com o recuo da Europa; pois é a civilização europeia que nos reúne, nos liberta e nos protege. Contudo, aqueles que não querem que nada mude também se enganam, pois negam os temores que os nossos povos sentem, as dúvidas que solapam as nossas democracias. Estamos a viver um momento decisivo para o nosso continente; um momento em que, coletivamente, devemos reinventar política e culturalmente as formas da nossa civilização num mundo em transformação. Chegou a hora do Renascimento europeu. Por isso, resistindo às tentações do recuo e das divisões, proponho-vos construirmos junto este Renascimento em torno de três ambições: a liberdade, a proteção e o progresso.
 
Defender a nossa liberdade

O modelo europeu assenta na liberdade humana, na diversidade das opiniões, da criação. A nossa liberdade primeira é a liberdade democrática, a de escolher os nossos dirigentes apesar de potências estrangeiras procurarem, a cada eleição, influenciar os nossos votos. Proponho a criação de uma Agência europeia de proteção das democracias que providenciará peritos europeus para cada Estado membro para proteger o seu processo eleitoral contra os ciberataques e as manipulações. Neste espírito de independência, também devemos proibir o financiamento dos partidos políticos europeus por potências estrangeiras. Devemos banir da Internet, com regras europeias, todos os discursos de ódio e de violência, pois o respeito pelo indivíduo é o alicerce da nossa civilização de dignidade.
 
Proteger o nosso continente

Fundada com base na reconciliação interna, a União europeia esqueceu-se de olhar para as realidades do mundo. Nenhuma comunidade é capaz de suscitar um sentimento de pertença se não possuir limites que ela protege. A fronteira representa a liberdade com segurança. Logo, devemos repensar o espaço Schengen : todos os que querem ser parte desse espaço devem cumprir obrigações de responsabilidade (controlo rigoroso das fronteiras) e de solidariedade (a mesma política de asilo, com as mesmas regras de acolhimento e de recusa). Uma polícia de fronteiras comum e um serviço europeu de asilo, estritas obrigações de controlo, uma solidariedade europeia para a qual contribui cada país, sob a autoridade de um Conselho europeu de segurança interna: acredito, face às migrações, numa Europa que protege ao mesmo tempo os seus valores e as suas fronteiras.

As mesmas exigências devem-se aplicar à defesa. Foram realizados importantes progressos nos últimos dois anos, mas precisamos de um rumo claro: um tratado de defesa e de segurança deverá definir as nossas obrigações indispensáveis, em cooperação com a OTAN e os nossos aliados europeus: aumento das despesas militares, cláusula de defesa mútua operacionalizada, Conselho de segurança europeu associando o Reino Unido para preparar as nossas decisões coletivas.

As nossas fronteiras também devem garantir uma concorrência equitativa. Que potência no mundo aceita continuar as suas trocas com quem não respeita nenhuma das suas regras? Não podemos suportar sem nada dizer. Devemos reformar a nossa política de concorrência, repensar a nossa política comercial: punir ou proibir na Europa as empresas que prejudicam os nossos interesses estratégicos e os nossos valores essenciais, como as normas ambientais, a proteção dos dados e o justo pagamento do imposto; e assumir, nas indústrias estratégicas e nos nossos concursos públicos, uma preferência europeia, tal como o fazem os nossos concorrentes americanos ou chineses.
 
Resgatar o espírito de progresso

A Europa não é uma potência de segunda categoria. A Europa toda é uma vanguarda: sempre soube definir as normas do progresso. Por isso, ela deve propugnar um projeto de convergência mais do que de concorrência: a Europa, onde foi criada a segurança social, deve construir para cada trabalhador, de Leste a Oeste e de Norte a Sul, um escudo social que garanta a mesma remuneração no mesmo local de trabalho e um salário mínimo europeu, adaptado a cada país e discutido coletivamente a cada ano.

Resgatar o progresso significa também liderar o combate ecológico. Como poderemos encarar os nossos filhos se não reduzirmos também a nossa dívida climática? A União europeia deve determinar a sua ambição – 0 carbono em 2050, reduzir pela metade os pesticidas em 2025 – e adaptar as suas políticas a essa exigência: um Banco europeu do clima para financiar a transição ecológica; uma força sanitária europeia para reforçar os controlos dos nossos alimentos; contra a ameaça dos lobbies, uma avaliação científica independente das substâncias perigosas para o ambiente e a saúde... Esse imperativo deve nortear toda a nossa ação; desde o Banco central até a Comissão europeia, desde o orçamento europeu até o plano de investimento para a Europa, todas as nossas instituições devem inserir o clima no âmago do seu mandato.

O progresso e a liberdade significam poder viver dos proventos do seu trabalho : para criar empregos, a Europa deve antecipar. Por isso é que ela deve não apenas regulamentar os gigantes do setor digital, com a criação de uma supervisão europeia das grandes plataformas (sanções aceleradas em caso de violação da concorrência, transparência dos seus algoritmos...), mas também financiar a inovação dotando o novo Conselho europeu da inovação com um orçamento comparável àquele dos Estados Unidos, para conduzir as novas ruturas tecnológicas, como a inteligência artificial.

Uma Europa que se projeta no mundo deve estar voltada para África, com a qual devemos formar um pacto de futuro. Assumindo um destino comum, apoiando o seu desenvolvimento de maneira ambiciosa e não defensiva: investimento, parcerias universitárias, educação das raparigas...

Liberdade, proteção, progresso. Devemos construir sobre esses alicerces um Renascimento europeu. Não podemos deixar os nacionalistas sem solução explorar a ira dos povos. Não podemos ser os sonâmbulos de uma Europa amolecida. Não podemos permanecer na rotina e nas proclamações. O humanismo europeu é uma exigência de ação. E por toda parte os cidadãos exigem participar na mudança. Até ao fim do ano, com os representantes das instituições europeias e dos Estados, organizemos uma Conferência para a Europa a fim de propor todas as mudanças necessárias para o nosso projeto político, sem tabu, nem mesmo a revisão dos tratados. Esta Conferência deverá associar painéis de cidadãos, auscultar os académicos, os parceiros sociais, os representantes religiosos e espirituais. Definirá um roteiro para a União europeia traduzindo em ações concretas essas grandes prioridades. Haverá divergências, mas será melhor uma Europa parada ou uma Europa que progride por vezes em ritmos diferentes, mas permanecendo aberta a todos?

Nesta Europa, os povos reassumirão verdadeiramente o controlo do seu destino; nesta Europa, o Reino Unido, tenho certeza, encontrará o seu devido lugar.

Cidadãos da Europa, o impasse do Brexit é uma lição para todos. Devemos sair dessa armadilha, e dar um sentido às eleições vindouras e ao nosso projeto. Cabe a vós decidirem se a Europa, os seus valores de progresso, devem ser mais do que um parêntese na história. Eis a escolha que vos proponho, para traçarmos juntos o caminho rumo a um Renascimento europeu.

Emmanuel Macron




Pentru o Renaștere europeană

Cetățeni ai Europei,

Îmi permit astăzi să mă adresez direct vouă, nu doar în numele istoriei și al valorilor care ne unesc, ci și pentru că este urgent. Peste doar câteva săptămâni vor avea loc alegerile europene, decisive pentru continentul nostru. 

Nicicând nu a fost Europa mai necesară de la cel de-al doilea Război Mondial până astăzi, și totuși niciodată nu s-a aflat ea într-un mai mare pericol decât acum.

Brexit-ul este simbolul acestui pericol. Simbol al crizei Europei, care nu a știut să răspundă nevoilor de protecție a popoarelor în fața marilor șocuri care au zdruncinat lumea contemporană. Totodată este un simbol al riscului european. Riscul nu este apartenența la Uniunea Europeană, ci minciunile și iresponsabilitatea care pot să o distrugă.  Cine le-a spus britanicilor adevărul despre viitorul lor după Brexit ? Cine le-a vorbit despre pierderea accesului la piața europeană? Cine a evocat riscurile la care se expune pacea din Irlanda dacă se revine la granițele din trecut? Închiderea în sine naționalistă nu propune nimic; este o reacție de respingere fără proiect. Iar această capcană amenință întreaga Europă: cei care exploatează furia oamenilor răspândesc știri false și fac promisiuni deșarte.

În fața acestor manipulări, noi trebuie să rămânem fermi. Mândri și lucizi. Să spunem mai întâi ce este Europa. E un succes istoric: reconcilierea unui continent devastat, într-un proiect inedit de pace, de prosperitate și de libertate. Să nu uităm niciodată acest lucru. Un proiect care și astăzi ne protejează în continuare: ce țară ar putea acționa singură în fața strategiilor agresive ale marilor puteri? Cine ar putea pretinde că este suveran, de unul singur, în fața giganților din domeniul digital? Cum am putea noi rezista la crizele capitalismului financiar fără moneda euro, care este o forță pentru întreaga Uniune? Europa mai înseamnă și miile de proiecte care au schimbat, în viața cotidiană, chipul teritoriilor noastre, o școală renovată aici, o șosea construită acolo, ori accesul la Internet în bandă largă care se extinde și dincolo. Este o luptă și un angajament de zi cu zi, deoarece atât Europa, cât și pacea, nu sunt un dat imuabil. În numele Franței, eu duc neîncetat această luptă pentru progresul Europei și pentru apărarea modelului european. Noi am arătat că ceea ce ni se spunea că e inaccesibil, și anume crearea unei apărări europene sau protecția drepturilor sociale, este posibil.

Însă trebuie să facem mai mult, și mai repede. Deoarece mai există o capcană, a statu quo-ului și a resemnării. În fața marilor șocuri ale lumii, cetățenii ne întreabă adesea: „Unde e Europa? Ce face Europa?”. Au început să o vadă ca pe o piață fără suflet. Or Europa nu e doar o piață, ea este un proiect. O piață e ceva util, dar nu trebuie să ne facă să uităm necesitatea frontierelor care protejează și a valorilor care unesc. Naționaliștii se înșeală atunci când pretind că ne apără identitatea retrăgându-ne din Europa; căci ceea ce ne reunește, ne eliberează și ne protejează este civilizația europeană. Dar se înșeală și cei care ar vrea să nu se schimbe nimic, pentru că nu țin seama de temerile care ne străbat popoarele, de îndoielile care ne subminează democrațiile. Ne aflăm la un moment decisiv de răscruce pentru continentul nostru; un moment în care, colectiv, va trebui să reinventăm, politic și cultural, formele civilizației noastre într-o lume care se transformă. Este momentul Renașterii europene. De aceea, rezistând tentațiilor de închidere în sine și de dezbinare, vă propun să construim împreună această Renaștere în jurul a trei mari ambiții: libertatea, protecția și progresul.
 
Apărarea libertății noastre

Modelul european are la bază libertatea omului, diversitatea opiniilor și a creației. Libertatea noastră cea dintâi este libertatea democratică, aceea de a ne alege guvernanții în vreme ce, la fiecare scrutin, puteri străine caută să ne influențeze voturile. Propun să se creeze o Agenție europeană de protecție a democrațiilor care va furniza tuturor Statelor membre experți pentru a proteja procesul electoral împotriva atacurilor cibernetice și a manipulărilor. În acest spirit de independență, va trebui de asemenea să interzicem finanțarea partidelor politice europene de către puterile străine. Trebuie să interzicem, prin reguli europene, orice discurs de ură și de violență pe Internet, deoarece respectul persoanei umane este fundamentul civilizație noastre de demnitate.
 
Protejarea continentului nostru

Având drept fundament reconcilierea internă, Uniunea Europeană a uitat să se aplece asupra realităților din lumea contemporană. Or nicio comunitate nu crează un sentiment de apartenență dacă nu are limite pe care să le protejeze. O frontieră înseamnă libertate în securitate. Noi trebuie să revizuim din temelii spațiul Schengen: toți cei care vor să participe la această reorganizare trebuie să îndeplinească anumite obligații de responsabilitate (controlul riguros la frontiere) și de solidaritate (o politică unică de azil, cu aceleași reguli de primire și de refuz peste tot). O poliție de frontieră comună și un oficiu european de azil, obligații stricte de control, o solidaritate europeană la care să contribuie fiecare țară, sub autoritatea unui Consiliu european de securitate internă: în fața migrațiilor, eu cred într-o Europă care își protejează atât valorile, cât și frontierele.

Aceleași exigențe trebuie să se aplice și la apărare. În ultimii doi ani s-au realizat progrese importante, însă noi trebuie să dăm o orientare clară: un tratat de apărare și de securitate va trebui să definească obligațiile indispensabile ale fiecăruia, în acord cu NATO și cu aliații noștri europeni: creșterea cheltuielilor militare, clauza operațională de apărare reciprocă, Consiliul de securitate european în asociere cu Regatul Unit pentru a pregăti deciziile noastre colective.

Frontierele noastre trebuie de asemenea să asigure o justă concurență. Care putere din lume acceptă să continue schimburile cu cei care nu-i respectă niciuna din regulile sale? Noi nu putem să suportăm fără să spunem nimic. Trebuie să ne reformăm politica de concurență, să ne refondăm politica comercială: să sancționăm sau să interzicem în Europa întreprinderile care aduc atingere intereselor noastre strategice și valorilor noastre esențiale, cum sunt normele de mediu, protecția datelor și plata corectă a impozitelor; și să ne asumăm, în cadrul industriilor strategice și a piețelor noastre publice, o preferință europeană așa cum o fac și concurenții noștri americani sau chinezi.
 
Regăsirea spiritului de progres

Europa nu este doar o putere de rang secund. Întreaga Europă este o  avangardă: ea a știut întotdeauna să definească normele progresului. Pentru aceasta, ea trebuie să susțină un proiect de convergență mai degrabă decât unul de concurență: Europa, locul în care s-a creat securitatea socială, trebuie să instaureze pentru fiecare lucrător, de la Est la Vest și de la Nord la Sud, un scut social  care să-i garanteze aceeași remunerație la același loc de muncă și un salariu minim european, adaptat la fiecare țară și discutat în fiecare an în mod colectiv.

Reașezarea pe calea progresului înseamnă de asemenea să preluăm inițiativa în lupta pentru mediu. Ne vom putea oare privi în ochi copiii dacă nu ne îndeplinim obligațiile climatice? Uniunea europeană trebuie să-și fixeze ambiția – 0 carbon până în 2050, înjumătățirea pesticidelor până în 2025 – și să-și adapteze politicile la această exigență: o Bancă europeană a climatului pentru finanțarea tranziției ecologice; o forță sanitară europeană pentru a reîntări controlul alimentelor noastre; împotriva amenințării lobby-urilor, evaluarea științifică independentă a substanțelor periculoase pentru mediu și sănătate... Acest imperativ trebuie să ne ghideze toate acțiunile: de la Banca Centrală la Comisia europeană, de la bugetul european la planul de investiții pentru Europa, toate instituțiile noastre trebuie să aibă ca mandat climatul.

Progres și libertate înseamnă să poți trăi din munca ta: pentru a crea locuri de muncă, Europa trebuie să anticipeze. De aceea ea trebuie nu doar să reglementeze giganții din sectorul digital, prin crearea unei supravegheri europene a marilor platforme (sancționarea mai rapidă a nerespectării dreptului concurenței, transparența algoritmilor lor…), dar și prin finanțarea inovației prin dotarea noului Consiliu European al inovației cu un buget comparabil cu cel din Statele Unite, pentru a deveni vârful de lance al noilor revoluții tehnologice, cum ar fi inteligența artificială.

O Europă care se proiectează în lume trebuie să privească și către Africa, cu care trebuie să inițiem un pact pentru viitor. Asumându-ne un destin comun, susținându-i dezvoltarea în mod ambițios și nu defensiv: investiții, partenariate universitare, educație pentru fete…

Libertate, protecție, progres. Pe acești piloni noi trebuie să construim Renașterea europeană. Nu îi putem lăsa pe naționaliști, care nu au soluții, să exploateze furia popoarelor. Nu avem dreptul să fim somnambulii dintr-o Europă vlăguită. Nu ne mai putem complace în rutină și în invocații. Umanismul european înseamnă o exigență de acțiune. Iar cetățenii, peste tot, cer să ia parte și ei la schimbare. Vă invit să instaurăm, înainte de finele acestui an, o Conferință pentru Europa pentru a propune toate schimbările de care proiectul nostru politic are nevoie, fără niciun tabu, nici măcar revizuirea tratatelor. Această conferință va trebui să asocieze paneluri de cetățeni, să discute cu universitarii, cu partenerii sociali, cu reprezentanții religioși și spirituali. Ea va defini o foaie de parcurs pentru Uniunea Europeană care să traducă aceste mari priorități în acțiuni concrete. Vom avea dezacorduri, dar e mai bine oare o Europă încremenită sau o Europă care merge înainte, fie și în ritmuri diferite uneori, și care rămâne deschisă tuturor?

În această Europă, popoarele își vor recăpăta controlul asupra propriului destin; în această Europă, Regatul Unit, sunt sigur de aceasta, își va regăsi pe deplin un loc.

Cetățeni ai Europei, impasul Brexit-ului este o lecție pentru noi toți. Haideți să ieșim din această capcană, haideți să dăm un sens alegerilor care se apropie și o lecție tuturor. Voi veți decide dacă Europa și valorile ei de progres trebuie să rămână mai mult decât o paranteză în istorie. Este alegerea pe care v-o propun, pentru ca împreună să trasăm calea Renașterii europene.

Emmanuel Macron




Pre európsku obnovu

Občania Európy,

Dovoľujem si obrátiť sa priamo na vás, nerobím to však len v mene histórie a hodnôt, ktoré nás spájajú. Robím tak preto, lebo situácia je naliehavá. O niekoľko týždňov sa uskutočnia európske voľby, ktoré budú rozhodujúce pre budúcnosť nášho kontinentu.

Ešte nikdy od konca 2. svetovej vojny sme nepotrebovali Európu tak ako dnes. Európa zároveň nebola nikdy tak ohrozená ako teraz.

Symbolom toho je Brexit. Je symbolom krízy Európy, ktorá nedokázala reagovať na potrebu chrániť ľudí čeliacich veľkým šokom súčasného sveta. Je i symbolom európskej pasce. Pascou však nie je príslušnosť k Európskej únii, je ňou klamstvo a nezodpovednosť, ktoré ju môžu zničiť. Kto povedal občanom Spojeného kráľovstva pravdu o ich budúcnosti po Brexite? Kto im povedal, že stratia prístup na európsky trh ? Kto hovoril o ohrození mieru v Írsku, keď sa obnovia staré hranice? Nationalistická zahľadenosť do seba neponúka nič, je to len zamietavý postoj bez riešenia. Do tejto pasce môže padnúť celá Európa: tí, ktorí ťažia z rozhorčenia a nepravdivých informácií, sľubujú všetko a nič.

Voči takýmto manipuláciám, musíme byť neoblomní. Hrdí a prezieraví. A hovoriť predovšetkým o tom, čím Európa je. Európa je historický úspech: je zmierením zdevastovaného kontinentu vďaka nevídanému projektu mieru, prosperity a slobody. Nikdy na to nezabudnime.  Tento projekt nás neustále chráni: ktorá krajina obstojí sama voči agresívnym stratégiám veľkých mocností? Kto môže o sebe tvrdiť, že ako zvrchovaný štát dokáže čeliť sám digitálnym gigantom? Ako odoláme krízam finančného kapitalizmu bez eura, ktoré je silou celej Únie? Európa, to sú tiež tisícky projektov každodenného života, ktoré zmenili tvár nášho kraja: zrenovované gymnázium neďaleko nás, novopostanená cesta, rýchlejší internet. Tento boj nás zaväzuje každým dňom, pretože Európa rovnako ako mier, nie sú získané raz a navždy. V mene Francúzska vediem tento boj neúnavne, aby sa Európa posúvala vpred, aby som hájil jej model. Ukázali sme, že to, čo podaktorí považovali za nedostupné, či už vytvorenie európskej obrany alebo zabezpečenie sociálnych práv, sa dá dosiahnuť.

Treba však urobiť viac a konať rýchlejšie. Pretože je tu ďalšia pasca: status quo a rezignácia. Občania zaskočení šokujúcimi zmenami sa často pýtajú: « Kde je Európa? Čo Európa robí? ». V ich očiach sa stala trhom bez duše. Európa však nie je len trhom, je to projekt. Spoločný trh je užitočný, nesmie sa však pritom zabúdať na nutnosť hraníc, ktoré chránia a hodnôt, ktoré zjednocujú. Nacionalisti sa mýlia, keď tvrdia, že vystúpením z Európy obhajujú našu identitu; to, čo nás spája, robí slobodnými a chráni, je európska civilizácia. Tí, ktorí by najradšej nič nemenili, sa však rovnako mýlia, pretože ignorujú obavy, ktoré sa zmocňujú našich občanov, či pochybnosti, ktoré podkopávajú naše demokracie. Dospeli sme k rozhodujúcemu momentu pre náš kontinent; k momentu, keď musíme po politickej i kultúrnej stránke kolektívne nanovo zadefinovať formy našej civilizácie vo svete, ktorý sa mení. Je to čas európskej obnovy. Odolajme teda pokušeniu uzavrieť sa do seba a rozdeľovať. Navrhujem vám, aby sme sa spoločne pustili do tejto obnovy so zreteľom na tri ambície: slobodu, ochranu a pokrok.
 
Brániť našu slobodu

Európsky model je založený na ľudskej slobode, rozmanitosti názorov, tvorivosti. Našou základnou slobodou je demokratická sloboda, teda slobodná voľba našich vedúcich predstaviteľov, i vtedy keď sa zahraničné mocnosti pri každom volebnom kole snažia ovplyvniť naše hlasovanie. Navrhujem, aby bola vytvorená  Európska agentúra na ochranu demokracie, ktorá bude každému členskému štátu poskytovať európskych expertov na ochranu volebného procesu pred kybernetickými útokmi a manipuláciami. V tomto duchu nezávislosti musíme tiež zakázať financovanie európskych politických strán zahraničnými mocnosťami. Na základe európskych predpisov musíme odstrániť z internetových stránok všetky prejavy nenávisti a násilia, pretože rešpektovanie jednotlivca je základom našej civilizácie dôstojnosti.
 
Chrániť náš kontinent

Európska únia založená na vnútornom zmierení si pozabudla všímať realitu sveta. Žiadne spoločenstvo však nedáva pocit spolupatričnosti, ak nemá hranice, ktoré si chráni. Hranica, to je sloboda v bezpečí. Musíme teda pristúpiť k zásadnej reorganizácii Schengenského priestoru: všetci, ktorí sa na ňom chcú podieľať, si musia plniť povinnosť zodpovednosti (prísna kontrola hraníc) a solidarity (rovnaká azylová politika, s rovnakými pravidlami prijímania a zamietnutia žiadateľov). Spoločná pohraničná polícia a európsky azylový úrad, prísne povinnosti kontroly, európska solidarita, ku ktorej prispieva každá krajina pod dohľadom Európskej rady pre vnútornú bezpečnosť: v situácii, kedy čelíme migrácii, verím v Európu, ktorá chráni svoje hodnoty, ako i svoje hranice.

Rovnaké požiadavky sa musia vzťahovať aj na obranu. V posledných dvoch rokoch sme dospeli k významnému pokroku, musíme mať však pred sebou jasné smerovanie: zmluvu o obrane a bezpečnosti, ktorá bude definovať naše nevyhnutné záväzky v súvislosti s NATO a našimi európskymi spojencami: zvýšenie vojenských výdavkov, doložku o vzájomnej obrane, ktorá bude operatívna, Európsku bezpečnostnú radu s účasťou Spojeného kráľovstva na prípravu našich kolektívnych rozhodnutí. 

Naše hranice musia zabezpečiť aj spravodlivú hospodársku sútaž. Ktorá svetová mocnosť akceptuje naďalej obchodnú výmenu s tými, ktorí nerešpektujú ani jedno z jej pravidiel? Nemôžeme len znášať príkoria a mlčať. Musíme zreformovať našu politiku hospodárskej súťaže, prepracovať našu obchodnú politiku: uvaliť sankcie alebo zakázať v Európe podniky, ktoré ohrozujú naše strategické záujmy a základné hodnoty, ako environmentálne normy, ochrana údajov a spravodlivé platenie daní; a v strategických priemyselných odvetviach a verejných zákazkách uprednostniť európske podniky, ako to robia naši americkí či čínski konkurenti.
 
Oživiť ducha pokroku

Európa nie je druhoradou mocnosťou. Európa je avantgardou, vždy bola schopná nastaviť štandardy pokroku. Preto musí jej projekt viesť skôr k zbližovaniu než ku konkurencii: Európa, v ktorej bolo vytvorené sociálne zabezpečenie, musí pre každého zamestnanca, od východu po západ a od severu po juh, zabezpečiť sociálnu ochranu zaručujúcu rovnaké odmeňovanie na rovnakom pracovisku a minimálnu európsku mzdu prispôsobenú každej krajine a každý rok kolektívne prerokovanú. 

Obnoviť pokrok znamená tiež postaviť sa na čelo ekologického boja. Ako sa budeme môcť dívať našim deťom do očí, ak nesplatíme svoj klimatický dlh? Európska únia si musí stanoviť ambiciózny cieľ – nulové emisie uhlíka v r. 2050, zníženie pesticídov o polovicu v r. 2025 – a prispôsobiť tomu svoju politiku: Európska klimatická banka na financovanie prechodu na ekologické zdroje energie; európska jednotka pre zdravotnú bezpečnosť na posilnenie potravinových kontrol; nezávislé vedecké hodnotenie látok nebezpečných pre životné prostredie a zdravie na boj proti lobbistickým skupinám... Táto naliehavá potreba musí riadiť všetky naše kroky : počnúc Centrálnou bankou až po Európsku komisiu, európskym rozpočtom až po investičný plán pre Európu, všetky naše inštitúcie musia konať v prospech ochrany klímy.

Pokrok a sloboda znamená žiť z výsledkov svojej práce: pri tvorbe pracovných miest musí Európa anticipovať. Práve preto musí nielen zabezpečiť reguláciu digitálnych gigantov vytvorením európskeho dohľadu nad veľkými digitálnymi platformami (zrýchlenie sankcií za porušenie hospodárskej súťaže, transparentnosť ich algoritmov...), ale aj financovať inovácie pridelením zdrojov novej Európskej rade pre inovácie, ktorej rozpočet bude porovnateľný s rozpočtom Spojených štátov. Len tak sa dostaneme do čela nových technologických prevratov, ako je umelá inteligencia.

Európa, ktorá zohráva svoju úlohu vo svete, musí upriamiť pozornosť na Afriku a vytvoriť s ňou pakt o budúcnosti. Zodpovedným prístupom k spoločnej budúcnosti, podporovaním jej rozvoja ambicióznym,  nedefenzívnym spôsobom: investíciami, univerzitnými partnerstvami, vzdelávaním mladých dievčat...

Sloboda, ochrana, pokrok. Na týchto pilieroch musíme vybudovať európsku obnovu. Nemôžeme sa len prizerať, ako nacionalisti bez riešenia zneužívajú rozhorčenie ľudí. Nemôžeme byť námesačnými obyvateľmi malátnej Európy. Nemôžeme zostať pri starom živote a vyriekať zaklínacie formulky. Európsky humanizmus si vyžaduje akčnosť. Všade v Európe občania žiadajú, aby sa mohli podieľať na zmenách. Vytvorme teda ešte tento rok spolu so zástupcami európskych inštitúcií a štátov Konferenciu pre Európu a navrhnime tak všetky zmeny potrebné pre náš politický projekt. Bez tabu, dokonca bez revízie európskych zmluv. Táto konferencia bude zahŕňať občianske diskusné panely, vypočutia členov akademickej obce, sociálnych partnerov, náboženských a duchovných predstaviteľov. Stanoví cestovnú mapu pre Európsku úniu pretavením hlavných priorít do konkrétnych krokov. Budeme mať medzi sebou nezhody, je však lepšie žiť v strnulej Európe alebo v Európe, ktorá napreduje niekedy rôznymi rýchlosťami, a pritom zostáva otvorená pre všetkých?

V takejto Európe ľudia naozaj prevezmú osud do svojich rúk; v tejto Európe si Spojené kráľovstvo nájde svoje miesto, som o tom presvedčený.

Občania Európy, patová situácia Brexitu je poučením pre nás všetkých. Vymaňme sa z tejto pasce, urobme nadchádzajúce voľby a náš projekt zmysluplným. Je na vás, aby ste rozhodli, či Európa a pokrokové hodnoty, ktoré stelesňuje, sú viac ako akési intermezzo v dejinách ľudstva. Toto je voľba, ktorú vám ponúkam s cieľom spoločne vytýčiť cestu európskej obnovy.

Emmanuel Macron




Za evropski preporod

Državljani Evrope,

Na vas se obračam neposredno, ne samo zato, ker nas povezujejo skupna zgodovina in vrednote, temveč predvsem zato, ker je to nujno. Evropske volitve čez nekaj tednov bodo namreč odločilne za prihodnost naše celine.

Od druge svetovne vojne dalje Evrope še nikoli nismo tako potrebovali kot jo danes. Istočasno pa Evropa še nikoli ni bila tako ogrožena.

Brexit je simbol te grožnje. Je simbol krize Evrope, ki se ni znala odzvati na potrebe narodov po varnosti spričo velikih pretresov sodobnega sveta, s katerimi se soočajo. Je pa tudi simbol pasti, in te ne gre iskati v pripadnosti Evropski Uniji, temveč v laži in neodgovornosti, ki jo lahko uničita. Kdo je Britancem povedal resnico o tem, kakšna bo njihova prihodnost po brexitu? Kdo jim je govoril o tem, da bodo izgubili dostop do skupnega evropskega trga? Kdo jim je povedal, da bo povratek na meje iz preteklosti ogrozil mir na Irskem? Nacionalistična zaprtost vase ne ponuja nobenih predlogov; je zgolj zavračanje brez načrta. Ta past grozi celi Evropi: tisti, ki izkoriščajo jezo, s pomočjo lažnih informacij vsevprek obljubljajo vse in nič.

Ob teh manipulacijah moramo ostati pokončni. Ponosni in lucidni. Evropa je zgodovinski uspeh, je sprava opustošene celine skozi edinstveni projekt miru, blaginje in svobode. Tega nikoli ne pozabimo. Ta projekt nas še danes ščiti: katera država se lahko sama zoperstavi agresivnim velesilam? Kdo si more domišljati, da lahko ostane suveren v odnosu do digitalnih velikanov? Kako se bomo spopadli s krizami finančnega kapitalizma brez evra, ki daje moč celotni Evropi? Evropo najdemo tudi v neštetih vsakodnevnih projektih, ki so spremenili podobo naših pokrajin: tu obnovljena šola, tam nova cesta, končno dostop do hitrega interneta,. Ta boj je stvar vsakodnevnih prizadevanj, kajti niti Evropa niti mir nista samoumevna. V imenu Francije si neprestano prizadevam, da bi Evropo gradili naprej in ohranili njen model. Pokazali smo, da lahko dosežemo tudi to, za kar so nam ves čas govorili, da ni mogoče: gradimo evropsko obrambo ali zaščitimo socialne pravice.

Treba pa je narediti še več in ukrepati hitreje. Druga past sta namreč status quo in vdanost v usodo. Spričo velikih svetovnih pretresov nam državljani pogosto očitajo: « Kje je Evropa? Kaj Evropa počne?« V njihovih očeh je Evropa le še trg brez duše. Vendar pa Evropa ni le trg, Evropa je projekt. Trg je koristen, vendar pa ob tem ne smemo pozabiti na meje, ki nas varujejo, in vrednote, ki nas združujejo. Nacionalisti se motijo, ko trdijo, da je našo identiteto moč ubraniti samo, če se odvrnemo od Evrope; evropska civilizacija nas namreč združuje, osvobaja in ščiti. Motijo pa se tudi tisti, ki ničesar ne bi spreminjali, saj zanikajo strahove, s katerimi se spopadajo naši narodi, in dvome, ki spodkopavajo naše demokracije. Smo v odločilnem trenutku za našo celino; čas je, da tako na politični kot kulturni ravni skupaj ponovno zasnujemo našo civilizacijo v spreminjajočem se svetu. Napočil je trenutek evropskega preporoda.  

Nasprotujem zaprtosti vase in razdeljenosti, zato vam predlagam, da ta preporod uresničimo skupaj, in to na osnovi treh ambicij: svobode, zaščite in napredka.
 
Ubranimo našo svobodo

Evropski model temelji na človekovi svobodi, na raznolikosti mnenj in na ustvarjalnosti. Naša glavna svoboda je demokratična svoboda, da prosto izvolimo svoje zastopnike. Ob vsakih volitvah pa smo priča poskusom tujih sil, da bi posegle v izide naših volitev. Predlagam, da se ustanovi Evropsko agencijo za zaščito demokracij, ki bo vsaki državi članici dala na voljo strokovnjake, ki ji bodo pomagali zavarovati volitve pred kibernetskimi vdori in manipulacijami. V istem duhu neodvisnosti moramo prav tako prepovedati možnost, da bi tuje sile financirale evropske politične stranke. Na evropski ravni moramo prepovedati vse oblike sovražnega in nasilnega govora na internetu, kajti spoštovanje posameznika je temelj naše civilizacije dostojanstva.
 
Zaščitimo našo celino

Evropsko unijo smo izgradili na notranji spravi, ob tem pa pozabili na realnosti tega sveta. Nobena skupnost ne more ustvariti občutka pripadnosti, če nima meja, ki bi jih varovala. Meja pomeni tako svobodo kot varnost. Prenoviti moramo Schengenski prostor: vsi tisti, ki želijo v njem sodelovati, morajo izpolniti obveznost glede odgovornosti (strog nadzor meja) in solidarnosti (ista azilna politika z istimi pravili za sprejem ali zavrnitev). Skupna mejna policija in evropski urad za azil, stroge obveznosti nadzora, evropska solidarnost, h kateri prispevajo vse države pod okriljem Evropskega sveta za notranjo varnost:  kar zadeva migracije, verjamem v Evropo, ki varuje tako svoje meje kot svoje vrednote.

Iste zahteve morajo veljati tudi za področje obrambe. V dveh letih smo dosegli že precej, vendar pa potrebujemo jasno usmeritev. Pogodba o obrambi in varnosti mora opredeliti naše neobhodne obveznosti, in sicer v povezavi z Natom in v sodelovanju z našimi evropskimi zavezniki: povišanje sredstev za vojaške izdatke,  operativna klavzula o vzajemni obrambi in Evropski varnostni svet, v katerega bo vključeno tudi Združeno kraljestvo in v okviru katerega bomo oblikovali svoje kolektivne odločitve.

Naše meje morajo zagotoviti tudi pravično konkurenco. Katera svetovna sila bi sprejela trgovanje z državami, ki ne spoštujejo nobenega od njenih pravil? Tega ne moremo vdano in brez besed sprejemati. Reformirati moramo našo politiko konkurence in preoblikovati trgovinsko politiko. V Evropi moramo kaznovati ali prepovedati podjetja, ki škodijo našim strateškim interesom in ogrožajo naše temeljne vrednote, kot so okoljski standardi, varstvo podatkov in pravično plačevanje davkov. Za našo strateško industrijo in pri naših javnih naročilih moramo uvesti evropsko preferenco, kot to počnejo naši ameriški in kitajski konkurenti.
 
Obnovimo duh napredka

Evropa ni drugorazredna sila. Celotna Evropa je avantgarda, ki je vedno določala standarde napredka. Prav iz tega razloga mora dati prednost projektu konvergenčnosti pred konkurenčnostjo. Evropa je zibelka socialnega varstva in mora za vsakega delavca, na vzhodu ali zahodu, vzpostaviti socialni ščit, ki mu bo omogočil enako plačilo za delo na enakem delovnem mestu, in minimalno evropsko plačo, ki bo prilagojena posamezni državi in vsako leto kolektivno določena. 

Oživiti napredek pomeni tudi prevzeti vodilno vlogo v boju za okolje. Bomo lahko pogledali v oči našim otrokom, če ne bomo poravnali svojega podnebnega dolga? Evropska unija si mora določiti cilje – 0 ogljika do leta 2050, razpolovitev uporabe pesticidov do leta 2025 – in temu prilagoditi svoje politike. S tem so povezane Evropska podnebna banka za financiranje ekološkega prehoda,  evropska sanitarna enota za okrepitev nadzora naših živil, od lobijev neodvisna znanstvena ocena snovi, ki ogrožajo okolje in zdravje... Podnebje je vodilo, ki mora biti nujno vključeno v vsa naša prizadevanja. Vse naše institucije, od Centralne banke do Evropske komisije, od evropskega proračuna do naložbenega načrta za Evropo, morajo pred očmi imeti okoljske cilje.

Napredek in svoboda pomenita, da lahko živimo od sadov svojega dela. Evropa mora gledati naprej, da bo lahko ustvarjala delovna mesta. Regulirati mora digitalne velikane z vzpostavitvijo evropskega nadzora velikih platform (pospešeni sankcijski postopki v primerih kršenja konkurence, preglednost njihovih algoritmov...), vendar pa to ni dovolj. Financirati mora tudi inovacije, in sicer tako, da novemu Evropskemu svetu za inovacije nameni proračun, primerljiv ameriškemu, če naj Evropa postane vodilna na področju tehnoloških prebojev, kot je na primer umetna inteligenca. 

Evropa, ki želi odigrati svojo vlogo na svetovnem prizorišču, mora svojo pozornost usmeriti v Afriko, s katero moramo skleniti pakt za prihodnost. Sprejeti moramo našo skupno usodo in razvoj Afrike podpreti na ambiciozen in proaktiven način: z naložbami, partnerstvi med univerzami, šolanjem deklet...

Svoboda, varstvo, napredek. Na teh stebrih moramo zgraditi evropski preporod. Ne smemo dopustiti, da bi nacionalisti, ki nimajo rešitev, izkoriščali jezo ljudi. Ne smemo biti mesečniki oslabljene Evrope. Ne smemo se prepustiti rutini in govoričenju. Evropski humanizem zahteva dejanja in državljani povsod želijo sodelovati pri spremembah. Predlagam, da do konca leta skupaj z zastopniki evropskih institucij in držav organiziramo Konferenco za Evropo, kjer bomo lahko brez tabujev in tudi brez revizije pogodb predlagali vse spremembe, ki jih naš politični projekt potrebuje. Ta konferenca bi morala vključiti tudi panele državljanov, akademike, socialne partnerje ter predstavnike verskih in duhovnih skupnosti. Konferenca bo nato izpostavljene prioritete prevedla v konkretne ukrepe in tako oblikovala akcijski načrt za Evropsko unijo. Gotovo se glede vsega ne bomo strinjali, ampak kaj je bolje: da imamo okostenelo Evropo ali Evropo, ki napreduje, včasih z različnimi hitrostmi, a ostaja odprta za vse?

V tej Evropi bodo narodi resnično prevzeli nadzor nad lastno usodo; v tej Evropi bo Združeno kraljestvo našlo svoje mesto, v to sem prepričan.

Državljani Evrope, slepa ulica, v katero nas je privedel brexit, je nauk za nas vse. Stopimo iz te pasti, dajmo smisel prihajajočim volitvam in našemu projektu. Vi boste odločili, ali bodo Evropa in vrednote napredka, ki jih predstavlja, več kot samo nek obrobni dogodek v zgodovini. To je izbira, ki vam jo predlagam, če želimo skupaj začrtati pot evropskega preporoda.

Emmanuel Macron
 



För en Förnyelse av Europa

Medborgare i Europa,

Om jag tar mig friheten att vända mig direkt till er, är det inte bara med anledning av vår gemensamma historia och våra värderingar. Det beror på att läget är akut. EU-valen, som hålls om några veckor, blir avgörande för Europas framtid.

Sedan det andra världskriget har Europa aldrig behövts så mycket. Ändå har Europa aldrig varit i lika stor fara.

Brexit är en symbol för detta. En symbol för krisen i Europa, som inte har kunnat uppfylla folkens behov av skydd i samtida krissituationer. Men också en symbol för den europeiska fällan. Fällan är inte att höra till Europeiska unionen; fällan är de lögner och den ansvarslöshet som kan förstöra unionen. Vem sade sanningen åt britterna om deras framtid efter Brexit? Vem sade att de skulle förlora tillgången till den europeiska marknaden? Vem talade om riskerna för freden i Irland om man återgick till den forna gränsen? Ett nationalistiskt tillbakadragande innebär att  förkasta utan att erbjuda en lösning. Och denna fälla hotar hela Europa: de som utnyttjar missnöjet, och får hjälp av falsk information, lovar allt och dess motsats.

Inför dessa manipulationer måste vi stå starka. Vara stolta och klarsynta. Förklara vad Europa är. Nämligen en historisk framgång: en ödelagd kontinent som försonades i ett aldrig tidigare skådat projekt för fred, välstånd och frihet. Det får vi aldrig glömma. Detta projekt fortsätter att skydda oss idag: vilket land kan klara sig allena mot stormakternas aggressiva strategier? Vem kan ensam säga sig vara oberoende gentemot de digitala jättarna? Hur skulle vi kunna stå emot den finansiella kapitalismens kriser utan euron, som är en styrka för hela unionen? Europa är också tusentals projekt som förändrat så mycket i våra territorier, en skola som renoverats, en väg som byggts, en snabb internetanslutning som äntligen kommit. Denna kamp kräver ett dagligt engagemang, för både Europa och freden kan aldrig uppnås för gott. I Frankrikes namn för jag oavlåtligen denna kamp för att utveckla Europa och försvara denna modell. Vi har visat att det som sades vara ouppnåeligt, alltså att skapa ett europeiskt försvar eller skydda sociala rättigheter, var möjligt.

Men mera måste göras, och snabbare. För det finns en annan fälla, nämligen status quo och resignation. Vid stora kriser i världen får vi ofta frågan: ”Var är Europa? Vad gör Europa?”. De som frågar ser Europa som en marknad utan själ. Men Europa är inte bara en marknad, utan även ett projekt. En marknad är nyttig, men detta får inte överskugga behovet av skyddande gränser och gemensamma värderingar. Nationalisterna tar fel när de säger sig försvara vår identitet genom att minska EU:s inflytande; det är den europeiska civilisationen som förenar oss, som ger oss frihet och skydd. Men de som inte vill ändra någonting misstar sig också, de förnekar rädslorna bland våra folk, tvivlen som försvagar våra demokratier. Vi har nu nått en tidpunkt som är avgörande för vår kontinent, när vi tillsammans måste både politiskt och kulturellt skapa formerna för vår civilisation på nytt i en föränderlig värld. Det är dags för en Förnyelse av Europa. I stället för att vända oss inåt och splittras, föreslår jag att vi tillsammans bygger upp denna Förnyelse kring tre  ambitioner: frihet, skydd och framsteg.
 
Försvara vår frihet

Den europeiska modellen baserar sig på individens frihet, en mångfald av åsikter och kreativitet. Vår främsta frihet är den demokratiska friheten att välja våra ledare genom val vid vilka främmande makter varje gång försöker påverka medborgarnas valbeteende. Jag föreslår inrättande av en europeisk byrå för skydd av demokratierna, som tillhandahåller alla medlemsstater europeiska experter, vars uppgift är att skydda staternas valprocess mot cyberattacker och manipulationer. För att slå vakt om vår självständighet borde vi också förbjuda att politiska partier i Europa finansieras av främmande makter. Vi borde genom europeiska riktlinjer förbjuda alla hat- och våldsbejakande inlägg på internet, eftersom respekt för individen är själva grundvalen för vår civilisation.
 
Skydda vår kontinent

Europeiska unionen, som byggdes på en intern försoning, har glömt att se realistiskt på världen. Ingen gemenskap kan skapa en tillhörighetskänsla, om den inte har gränser som den skyddar. En gräns innebär frihet i säkerhet. Därför måste vi omstrukturera Schengenområdet: alla som vill vara med måste uppfylla skyldigheter relaterade till ansvar (noggrann kontroll vid gränserna) och solidaritet (identisk asylpolitik, med samma regler för mottagande och avvisning). En gemensam gränspolis och en europeisk asylbyrå, stränga kontrollskyldigheter, en europeisk solidaritet som alla länder bidrar till under överinseende av det  Europeiska rådet för inre säkerhet. Inför migrationen tror jag på ett Europa som skyddar både sina värderingar och sina gränser.

Samma krav ska gälla för försvaret. Betydande framsteg har gjorts de två senaste åren, men vi måste ha tydliga riktlinjer i form av ett försvars- och säkerhetsfördrag som definierar våra absolut nödvändiga åligganden, i samarbete med NATO och våra europeiska allierade: ökade militärkostnader, en fungerande  ömsesidig försvarsklausul, och ett Europeiskt säkerhetsråd som förbereder våra kollektiva beslut tillsammans med Storbritannien.

Våra gränser ska också säkerställa en rättvis konkurrens. Vilken makt i världen skulle acceptera att genomföra handelsutbyten med någon som inte respekterar några regler? Vi kan inte bara tiga och ta emot. Vi måste reformera vår konkurrenspolitik och omarbeta vår handelspolitik: vidta sanktioner mot eller förbjuda de företag i Europa som skadar våra strategiska intressen och våra grundläggande värderingar, som exempelvis miljöstandarder, dataskydd och ett rättvist skattesystem; gå in för en europeisk preferens i strategiska industrier och offentliga upphandlingar, som våra amerikanska och kinesiska konkurrenter gör.
 
Hitta tillbaka till framstegsandan

Europa är inte en andra rangens makt. Hela Europa står i främsta ledet och har alltid definierat standarderna för framsteg. Därför ska det europeiska projektet grunda sig mer på konvergens än på konkurrens: Europa, där den sociala tryggheten skapades, borde införa för alla arbetstagare, från öst till väst och från norr till söder, ett socialskydd som garanterar dem samma lön på en och samma arbetsplats, och en europeisk minimilön, som anpassas till varje land och diskuteras kollektivt varje år.

Att återknyta till framstegsandan innebär dessutom att ta upp kampen för miljön. Hur kan vi se våra barn i ansiktet, om vi inte minskar vår klimatpåverkan? Europeiska unionen måste ställa upp sitt mål – noll kol år 2050, hälften mindre pesticider år 2025 – och anpassa sin politik till detta krav genom en europeisk klimatbank för att finansiera den ekologiska omställningen, ett europeiskt hälsovårdsorgan för att förstärka kontrollerna av våra livsmedel, och mot hotet från lobbygrupper en oberoende vetenskaplig utvärdering av ämnen som är farliga för hälsan och miljön... Detta krav ska styra våra handlingar: både Centralbanken och EU-kommissionen, samt EU-budgeten och investeringsplanen för Europa, alla våra institutioner ska ta hänsyn till klimatfrågan.

Framsteg och frihet innebär att kunna leva av sitt arbete: Europa måste vara förutseende för att kunna skapa sysselsättning. Därför är det nödvändigt att inte bara reglera de digitala jättarna genom att skapa en europeisk övervakning av de stora plattformarna (snabba sanktioner mot konkurrensbrott, transparenta algoritmer…), men även finansiera innovation genom att ge det nya Europeiska  innovationsrådet en budget i klass med motsvarande amerikanska budget, för att gå i spetsen för de nya teknologiska omvälvningarna, som till exempel artificiell intelligens.

Ett Europa som blickar ut i världen ska vara vänt mot Afrika, som vi bör ingå en framtidspakt med. Genom att acceptera ett gemensamt öde, stödja Afrikas utveckling ambitiöst och inte defensivt: med investeringar, partnerskap på universitetsnivå, utbildning för flickor…

Frihet, skydd, framsteg. På dessa grundpelare ska vi bygga en Förnyelse av Europa. Vi kan inte låta nationalister, som inte har någon lösning att erbjuda, utnyttja missnöjet bland våra folk. Vi kan inte vara sömngångare i ett kraftlöst Europa. Vi kan inte nöja oss med rutiner och magiska formler. Den europeiska humanismen kräver handling. Överallt vill medborgarna delta i förändringen. Därför ska vi innan slutet av året, tillsammans med representanter för europeiska institutioner och stater, inrätta en Konferens för Europa för att framlägga alla förändringar som är nödvändiga för vårt politiska projekt, utan tabu, utan att ens revidera fördragen. Denna konferens skulle ta med medborgarpaneler, höra  universitetslärare, arbetsmarknadsparter, representanter för religiösa och andliga samfund. Den skulle utarbeta en färdplan för Europeiska unionen och omsätta de viktigaste prioriteterna i konkreta handlingar. Det skulle leda till en del motsättningar, men är det bättre med ett Europa som står stilla eller ett Europa som går framåt, ibland i olika takt, men öppet för alla?

I detta Europa kommer folken verkligen att ha tagit kontrollen över sin framtid; i detta Europa är jag säker på att Storbritannien har sin plats.

Medborgare i Europa, Brexit-dödläget är en läxa för oss alla. Men vi kan gå vidare och ge de kommande valen och vårt projekt en mening. Det är ni som får avgöra om Europa och därtill hörande framstegsidéer blir något mer än en historisk parentes. Det är det val jag förordar, för att tillsammans lägga ut kursen för en Förnyelse av Europa.

Emmanuel Macron


Emmanuel Macron, French President, on the 4th mars 2019.

Source : www.elysee.fr/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190304-macron-letter-citizens-europe.html

 

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 21:34

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190304-macron-europe.html

(La lettre dans toutes les langues de l'Union Européenne)
Letter of French President Emmanuel Macron to Citizens of Europe "For European renewal" :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190304-macron-letter-citizens-europe.html




Lettre du Président Emmanuel Macron aux citoyens européens sur l'Europe, le 4 mars 2019 à Paris


Pour une Renaissance européenne

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.
 
Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.
 
Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.
 
Retrouver l’esprit de progrès

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

Emmanuel Macron, le 4 mars 2019, à Paris.

Source : www.elysee.fr/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190304-macron-lettre-europe.html
 

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 21:48

Le comité national du Mouvement radical a adopté le 6 février 2019 son Manifeste européen intitulé : "Construire la souveraineté européenne, relevons ensemble les défis de la mondialisation". On peut le lire sur Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le texte (fichier .pdf) :
https://mvtradical.sharepoint.com/Documents%20partages/Forms/AllItems.aspx?id=%2FDocuments%20partages%2FEnvois%20mail%2FBase%20g%C3%A9n%C3%A9rale%2F2019%2F02%2FManifeste%20DEF%20du%20Mouvement%20Radical%20pour%20les%20%C3%A9lections%20europ%C3%A9ennes%2Epdf&parent=%2FDocuments%20partages%2FEnvois%20mail%2FBase%20g%C3%A9n%C3%A9rale%2F2019%2F02&p=true

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190306-mouvement-radical.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190206-radical-manifeste-europeen.html


 

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 03:39

« Peut-être faudrait-il tirer d’emblée les conséquences des constats importants de deux philosophes. Dans "Totalité et infini", Emmanuel Levinas écrit : "L’identité de l’individu ne consiste pas à être pareil à lui-même et à se laisser identifier du ‘dehors’ par l’index qui le désigne, mais à être le ‘même’, à être soi-même, à s’identifier de l’intérieur". L’enquêteur ne doit pas oublier qu’en étant simplement ce doigt, la vérité de la personne lui échappe pour une bonne part, de même que chacun devrait toujours prendre conscience qu’il n’est jamais pleinement déterminé par ses appartenances, par les étiquettes que les autres lui imposent ou derrière lesquelles il se retranche. Pour cela, il peut prendre pour base de réflexion la définition que Voltaire a donnée de l’identité dans le "Dictionnaire philosophique" : "Le terme ne signifie que ‘même chose’, il pourrait être rendu en français par  mêmeté… Ce n’est donc que la mémoire qui établit l’identité, la mêmeté de la personne". » (Alfred Grosser, "Du bon usage de la mémoire", Le Seuil, revue "Le Genre humain" 1994/1 n°28).


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Ce vendredi 1er février 2019, le "savant" Alfred Grosser fête son 94e anniversaire. Expert des relations internationales et plus particulièrement des relations franco-allemandes, à la fois politologue, historien et sociologue, il n’a jamais vraiment arrêté, malgré son âge, ses activités à la fois d’intellectuel, d’observateur et de communiquant puisqu’il continue toujours à publier des livres et à tenir des conférences (déjà en août 1949, Alfred Grosser faisait des conférences, en particulier à Düsseldorf).

Parmi l’une des dernières conférences, le 20 septembre 2018 à Paris, il dissertait avec l’ancienne Présidente du Bundestag (chambre basse de l’Allemagne fédérale) Rita Süssmuth, sur le thème très actuel : "L’Europe existe-t-elle encore ?" à l’occasion de l’inauguration de la Salle Alfred Grosser de la Maison Heinrich Heine, à la Cité internationale universitaire de Paris au boulevard Jourdan, dans le 14e arrondissement. Il est peut-être aujourd’hui plus connu ou plus médiatisé en Allemagne qu’en France, au point que le 1er juillet 1999, il a « eu l’honneur de prononcer le dernier discours tenu à la tribune du Bundestag à Bonn », avant son déménagement et retour à Berlin (il avait alors expliqué que la Réunification allemande n’avait pas changé fondamentalement les bases de l’amitié franco-allemande).

J’avais eu la chance d’assister à l’une de ses conférences dans les années 1990 (je ne me souviens plus de l’année exacte, probablement vers 1996-1997) à l’Institut d’études politiques de Grenoble (il en a tenu d’autres dans ce même lieu par la suite, notamment en 2009), et j’avais été fasciné par sa clarté, sa subtilité et son bon sens. Évidemment, l’amphithéâtre était plein à craquer, pour la plupart d’étudiants (mais pas seulement). Il faut dire qu’Alfred Grosser est un "penseur" d’un gros calibre et il n’en existe plus beaucoup, encore vivants, d’une telle envergure intellectuelle.

Il avait alors commencé sa conférence à la manière des conférenciers américains, en parlant de lui pour aboutir à sa question. Il est né Allemand le 1er février 1925 à Francfort de parents allemands. C’était en pleine République de Weimar et son père Paul (1880-1934) était social-démocrate, la tendance politique la plus "répandue" en Allemagne à l’époque, jusqu’à la crise économique du début des années 1930.

Lorsque Hitler a pris le pouvoir en 1933, la famille d’origine juive a compris ce qui allait se passer et a quitté l’Allemagne pour la France, réfugiée dans la région parisienne. Alfred Grosser avait 8 ans et ne connaissait pas un seul mot de français : « Lorsque, plus tard, je me suis surpris pour la première fois à dire à mes étudiants "En 1914, nous avons…", ce "nous" désignant bien entendu les soldats français, alors que mon père avait, pendant quatre ans, servi comme officier-médecin dans l’armée allemande, j’ai pensé, tout en continuant à parler : "Assimilation pleinement réussie. Jeanne d‘Arc est bien mon arrière-grand-mère, Napoléon mon grand-père et Gœthe un grand écrivain étranger". La mémoire transmise renforce ou même crée les sentiments d’appartenance parfois autant, parfois même davantage que l’insertion à un groupe social, religieux, national. Avec, le plus souvent, des tentations de considérer son groupe comme victime, sans compréhension pour les autres, surtout s’ils avaient été victimes de crimes commis par le groupe d’appartenance. » ("Du bon usage de la mémoire", 1994).

Son père est mort en 1934 et sa mère a décidé de rester définitivement en France. Voilà Alfred Grosser devenu définitivement Français.

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Rien que cette introduction sur ses premières années de vie (qu’il n’a évidemment pas choisies, ballottées par l’histoire) lui a fait se demander qui il était : était-il un Allemand ? était-il un Français ? Beaucoup le qualifient de "Franco-allemand" mais lui-même préfère se qualifier, avec une pointe de malice, de "Französisch" ! Il ne va pas renier son sang 100% allemand, mais encore moins renier son éducation française, son enfance et sa jeunesse françaises, ses études françaises, sa carrière française.

Et quelle carrière ! Agrégé d’allemand, Alfred Grosser a préparé une thèse de doctorat en science politique et poursuivi une carrière d’universitaire prestigieuse, directeur de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et à HEC, et également dans des universités étrangères, à Baltimore, à Tokyo, à Singapour, etc. Son activité de recherches l’a amené à publier de nombreux essais de référence (plus d’une vingtaine) principalement sur l’Allemagne, les relations entre la France et l’Allemagne et la construction européenne. Son premier livre est sorti en 1953 ("L’Allemagne de l’Occident", éd. Gallimard), il avait alors 28 ans.

Parallèlement à cette carrière d’intellectuel, Alfred Grosser a fait beaucoup de vulgarisation et de communication pour le grand public, notamment dans la presse d’actualité, il a ainsi publié régulièrement des chroniques sur les relations internationales dans "Le Monde", "La Croix" et "Ouest France", et aussi dans d’autres journaux plus confidentiels (comme "France Forum"). Il est par ailleurs considéré comme un pionnier de la coopération franco-allemande.

Mais revenons à cette conférence sur l’identité (en 1996, il a publié "Les Identités difficiles" dans les Presses de Sciences Po). Alfred Grosser a posé ainsi une première difficulté dans la définition de sa propre identité nationale. Il est à la fois Allemand et Français. On peut donc imaginer son malaise lors d’une guerre entre la France et l’Allemagne mais on comprend aussi pourquoi, après la guerre, il n’a cessé (encore aujourd’hui) de militer pour renouer les liens entre les deux pays par des coopérations culturelles, intellectuelles et évidemment, politiques, dont le sommet fut la rencontre entre De Gaulle et Adenauer qui a marqué la réconciliation entre la France et l’Allemagne après un siècle de conflits.

Et évidemment aussi, on peut imaginer quelle fut son émotion lorsqu’il a appris la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Il était alors en train de faire cours à des étudiants de Science Po Paris (dans le célèbre amphi Boutmy) et le directeur de l’IEP, Alain Lancelot, est venu le voir dans l’amphi pour lui annoncer la nouvelle qui l’a fait pleurer de joie. C’est d’ailleurs pour son projet européen qu’Alfred Grosser a appelé à voter Emmanuel Macron dès le premier tour en 2017 (et a publié une tribune collective entre les deux tours, le 26 avril 2017 dans "Le Monde" pour faire élire l’actuel Président de la République).

Mais on ne se réduit pas qu’à une nationalité ou à l’appartenance à une ou plusieurs nations. Dans cette conférence grenobloise, Alfred Grosser a ainsi parlé non pas d’une identité, mais de plusieurs identités. Le mathématicien dirait que c’est un espace vectoriel à de nombreuses dimensions, et pas seulement une ou deux. Car chacun est pluriel.

L’identité sexuelle peut être facilement évacuée : homme ou femme, mais pas pour tout le monde, certains sont entre les deux, même si cette identité, on peut probablement la plus facilement se l’approprier pour la grande majorité des gens. L’identité sur l’orientation sexuelle est déjà plus difficile à en définir les contours et faut-il même la revendiquer publiquement ? Il y a aussi l’identité religieuse. Alfred Grosser est athée, donc cela pourrait être assez simple pour lui, mais non, en fait, car sa famille est d’origine juive, et sans cette origine, il ne se serait pas exilé en France. Surtout, son identité est aussi un effet miroir, une projection de ce que les autres lui collent comme identité, par exemple, pour les nazis, il était un Juif. Parmi les identités, il y a aussi l’âge, mais il ne fait que varier. Aussi le métier, mais les métiers peuvent aussi évoluer. Ou encore les grades, les diplômes, les médailles, etc. Aussi sa situation familiale, on peut être un fils, un mari, un père, tout à la fois, etc.

Bref, ce qu’a tenté d’expliquer Alfred Grosser avec sa clarté magistrale, c’est qu’on n’est pas une seule identité, mais des identités multiples et que ces identités, toutes complémentaires, se construisent progressivement au fil de la vie, peuvent évoluer, peuvent changer radicalement même, et peuvent être imposées par le regard des autres. Les identités font séparer le monde en deux catégories, "nous" et "eux", moyen classique que les populistes utilisent pour simplifier les enjeux, pour caricaturer les sujets généralement compliqués parce que l’humain est toujours compliqué à comprendre.

Pour Alfred Grosser, il est essentiel de bien réfléchir sur ses propres identités pour comprendre celles des autres. Comprendre les souffrances éventuellement des autres et prendre du recul par rapport à ses propres identités, par rapport à ses propres appartenances. Ces deux faits sont indispensables dans une approche de réconciliation telle que la réconciliation franco-allemande, mais aussi la réconciliation entre l’Allemagne et la Pologne.

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Alfred Grosser a souligné le 1er mai 2009 que l’appartenance à l’Allemagne fédérale n’était pas forcément nationale mais aussi politique et même éthique : « La légitimité de la République fédérale est simplement fondée sur le fait qu’elle a été établie sur la liberté et la RDA non. Il en est résulté qu’elle est le seul État européen à ne pas avoir fait référence, à sa création, à l’idée de nation, mais à une éthique politique, celle du double rejet du nazisme dans son passé et du stalinisme dans son voisinage. Cette conception s’est maintenue après la réunification. ». Il a cité ainsi le Ministre allemand de la Défense Volker Rühe qui, en parlant des soldats qui faisaient leur service militaire, affirmait le 9 octobre 1995 à Erfurt, sans citer les mots nation et patrie : « Tous sont là pour défendre notre Constitution démocratique et assument une coresponsabilité pour la liberté et la dignité humaine d’autrui. » ("Regard sur l’économie allemande", Bulletin économique du CIRAC n°91/2009).

Cette manière de remplacer la nation par l’éthique politique a permis la réconciliation allemande. Alfred Grosser a rappelé en hiver 2012 (Centre international de formation européenne, 2012/4 n°366) que l’amitié franco-allemande a été rendue possible grâce à deux "sources" : « La première est présente dans le Préambule de la Constitution française de 1946, préambule repris dans notre Constitution actuelle. Il commence en effet ainsi : "Au lendemain de la victoire des peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine…". Les régimes et non les nations ou les peuples. La seconde guerre mondiale n’a pas été franco-allemande, mais anti-hitlérienne. (…) Les premiers échanges franco-allemands ont été conduits par de résistants des deux pays appartenant à des générations différentes. (…) La seconde source, c’est la révolution diplomatique du 9 mai 1950. ». Cette date, ce fut la déclaration de Robert Schuman qui jeta les bases de la construction européenne.

Je poursuis par cette réflexion d’Alfred Grosser, toujours sur la méthode pour se réconcilier : « Deux histoires juives me paraissent dire clairement quelle est l’attitude la meilleure pour créer la paix future. La première : on demande à un rabbin : "En hébreu, la cigogne est appelée ‘hassida’, l’affectueuse, parce qu’elle aime les siens et pourtant, elle est rangée parmi les animaux impurs. Pourquoi ?". Et le rabbin de répondre : "Précisément, parce qu’elle n’aime que les siens". La seconde : deux frères cheminent côte à côte. Le  premier demande : "M’aimes-tu ? – Bien sûr que je t’aime. – Sais-tu ce qui me fait souffrir ? – Comment le saurais-je ? – Comment peux-tu dire que tu m’aimes si tu ne sais pas ce qui me fait souffrir ?". Les premières rencontres franco-allemandes organisées à partir de 1946 allaient dans ce sens. Oui, il fallait faire comprendre aux jeunes Allemands la dimension de l’horreur et aussi ce qu’avait été l’Occupation allemande en France. Mais à condition d’accepter d’apprendre puis de répercuter en France ce qu’avaient été les souffrances des citadins allemands sous les bombes alliées ou celles des Allemands de l’Est expulsés par millions de leur terre natale. » ("Du bon usage de la mémoire", 1994).

Et je termine par le constat très sévère d’Alfred Grosser sur la situation mauvaise des relations franco-allemandes avec le Président français François Hollande et le Chancelière allemande Angela Merkel, en 2013 : « On patauge dans la contradiction. D’un côté, nous assistons au maintien et au développement du mythe du Traité de l’Élysée. (…) De l’autre, une situation qualifiée de crise. La Chancelière et le Président nouvellement élu s’affronteraient durement. (…) Les tensions naissent des deux côtés. Ces Allemands outrecuidants qui osent dire à la France ce qu’elle devrait faire, ces Français arrogants qui veulent contraindre la puissante République fédérale à aller où elle ne veut pas : il est plus simple de parler de mauvaise foi partagée. Paris réclame plus de pouvoir économique commun, mais quelle proposition absurde que celle d’un commissaire européen chargé de contrôler les budgets nationaux ! Berlin favorise la marche vers plus de contrôle des banques. Mais pas pour les allemandes. » ("Visions franco-allemandes" n°21, janvier 2013).

Avec le Traité d’Aix-la-Chapelle du 22 janvier 2019, Emmanuel Macron et Angela Merkel veulent désormais dépasser cette période de doute et de suspicion des relations franco-allemandes, mais qu’en dira Alfred Grosser ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 janvier 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alfred Grosser.
Raymond Aron.
René Rémond.
Jean d’Ormesson.
Pierre Miza.
Jean-Baptiste Duroselle.
Georges Duby.
Hannah Arendt et la doxa.
Max Gallo.
François de Closets.
Michèle Cotta.
Philippe Alexandre.
Elie Wiesel.
Henri Amouroux.
Jean Lacouture.
Édouard Bonnefous.
Alain Decaux.
Gonzague Saint Bris.
Claude Estier.
Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Jean-François Deniau.
Jean Boissonnat.
Étienne Borne.
Pierre-Luc Séguillon.
Françoise Giroud.
André Glucksmann.
Noël Copin.
Maurice Duverger.
Bernard Pivot.
Michel Polac.
Georges Suffert.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190201-alfred-grosser.html

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/alfred-grosser-et-la-notion-212202

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2019/01/24/37046225.html






 

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 03:05

« J’ai cru pendant quelques mois au national-socialisme : je pensais qu’il était une fièvre nécessaire et je voyais y participer certains hommes qui sont parmi les plus remarquables et les plus sages de l’Allemagne. Mais ceux-là, un à un, il les écarte ou les exécute : Papen, Schleicher, Neurath… Et même Blomberg. Il ne reste maintenant que des aventuriers en chemise. » (Guillaume II, le 30 septembre 1938).



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Il y a cent soixante ans, le 27 janvier 1859, à Berlin, est né Frédéric Guillaume Victor Albert de Hohenzollern, plus connu sous le nom de Guillaume II, fils et petit-fils des deux premiers empereurs de l’Allemagne unifiée par Bismarck. Comme le tsar Nicolas II, son cousin, il était le petit-fils de la reine britannique Victoria.

Guillaume II a succédé à son père Frédéric III (1831-1888), à la mort de celui-ci, le 15 juin 1888, à la fois comme roi de Prusse et empereur de l’Allemagne. Atteint d’un cancer du larynx et incapable de parler (il ne pouvait communiquer que par écrit), Frédéric III, considéré par le Premier Ministre britannique de l’époque comme le "Barberousse du libéralisme allemand", avait donné beaucoup d’espoirs aux libéraux allemands, mais il n’a régné que quatre-vingt-dix-neuf jours, car son père, en revanche très conservateur, Guillaume Ier (1797-1888), premier empereur allemand proclamé le 17 janvier 1871 à la galerie des glaces du château de Versailles, a vécu et régné longtemps, jusqu’au 9 mars 1888, quelques jours avant ses 91 ans.

Le règne de Guillaume II fut très long, puisqu’il est devenu empereur à l’âge de 29 ans. Il a duré plus de trente ans, mais si l’histoire ne s’était pas précipitée, il aurait pu régner cinquante-trois ans ! De Bismarck à Hitler.

En effet, lors de son avènement, Bismarck était encore Chancelier (chef du gouvernement), il l’était depuis la proclamation de l’Empire allemand (et même avant uniquement en Prusse), mais les deux hommes n’avaient pas la même conception de la société industrielle qui naissait. Bismarck a dû quitter le pouvoir 20 mars 1890 en raison de ses lois antisociales tandis que Guillaume II a accordé la journée de huit heures de travail dans les mines.

Chose intéressante à noter, Guillaume II a voulu étendre cette mesure à tous les pays européens pour ne pas handicaper l’industrie allemande. L’idée d’une coopération européenne dans le domaine économique était déjà en germe à une époque où Victor Hugo (déjà décédé) avait auparavant appelé de ses vœux la création des États-Unis d’Europe.

Cette ouverture sociale avait le but de développer l’industrie allemande, mais aussi l’Empire allemand en général, tant son économie que sa culture, son éducation, ses universités, sa recherche scientifique et aussi son armée. Il a aussi engagé l’Allemagne dans une politique colonialiste (l’Allemagne était en retard par rapport aux autres pays européens) en développant la marine allemande.

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Cette politique a eu des avantages, renforcement de l’innovation, du progrès technologique, etc., mais son objectif n’était pas forcément heureux, puisqu’il s’agissait de renforcer le nationalisme allemand. En ce sens, contrairement à d’autres empereurs européens, François-Joseph Ier d’Autriche (1830-1916) et Nicolas II de Russie (1868-1918), Guillaume II fut un empereur "moderne". Mais en même temps, il concentra un très fort pouvoir personnel. Il pourrait être considéré comme un "despote éclairé". Ou à moitié "éclairé", car son comportement et ses grandes responsabilités dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale sont encore un sujet d’études pour les historiens.

En effet, après l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, Guillaume II a plutôt encouragé l’Autriche-Hongrie à déclarer la guerre à la Serbie, poussant toutes les nations européennes dans une guerre terrible pendant quatre ans, alors que personne ne pensait qu’elle durerait plus que quelques mois.

Les défaites de l’armée allemande en été et automne 1918 ont mis Guillaume II en grande difficulté politique. Le 3 octobre 1918, il nomma Max de Bade (1867-1929), grand aristocrate libéral, Chancelier de l’Empire allemand, dans le but de négocier la paix avec les Alliés de la France. Parallèlement, des mutineries dans l’armée et la révolution à Berlin se préparaient.

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Max de Bade, pour désamorcer les risques de révolution (et éviter que l’Allemagne tournât comme la Russie bolchevik), imposa à Guillaume II son abdication le 9 novembre 1918, il y a un siècle, ainsi que celle de son fils aîné qui aurait été Guillaume III (1882-1951), le (dernier) Kronprinz (prince héritier) de l’Empire allemand.

Max de Bade démissionna le même jour du gouvernement, se retira de la vie politique et laissa au social-démocrate Friedrich Ebert (1871-1925) la tête du pays. Friedrich Ebert fut Chancelier du Reich du 9 novembre 1918 au 13 février 1919 puis premier Président de la République de Weimar (Président du Reich) du 11 février 1919 à sa mort, le 25 février 1925 (élu par les parlementaires allemands). La Constitution de la République de Weimar fut promulguée le 11 août 1919 après une violente répression contre les révolutionnaires communistes.

Le successeur de Friedrich Ebert fut le vieux maréchal Paul von Hindenburg (1847-1934), élu le 26 avril 1925 et réélu le 10 avril 1932, qui fut le chef d’état-major des armées allemandes du 29 août 1916 au 3 juillet 1919 et gouvernait l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale avec le général Erich Ludendorff (1865-1937). Hitler fut l’adversaire malheureux de Hindenburg lors de l’élection présidentielle des 13 mars et 10 avril 1932, mais à la mort du militaire, le 2 août 1934, le chef nazi fusionna les deux fonctions exécutives, Chancelier et Président en une seule, Führer du Reich. Entre temps, Hindenburg avait été contraint de le nommer Chancelier le 30 janvier 1933.

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Quant à Guillaume II, craignant qu’un retour à Berlin, après son abdication, contribuât à mettre en danger sa vie et celle de sa famille (le précédent des Romanov l’avait traumatisé et certains responsables politiques parmi les pays vainqueurs voulaient même le pendre en tant que premier responsable de la guerre), il se réfugia à Doorn, ville des Pays-Bas, près d’Utrecht, où il vécut encore vingt et un ans. Son exil fut une nouvelle vie à cause du suicide d’un de ses enfants, Joachim (1890-1920) le 18 juillet 1920, et surtout de la mort de son épouse Augusta-Victoria (1858-1921) le 11 avril 1921 (il se remaria le 9 novembre 1922 avec la princesse Hermine Reusse zu Greiz).

Interrogé par le journaliste W. Burckhardt, dans l’hebdomadaire français "Voilà" n°393 du 30 septembre 1938, au moment des Accords de Munich, l’empereur déchu fut très sévère contre Hitler et même contre sa politique antisémite (alors qu’il avait lui-même une tendance à être antisémite). Il méprisait beaucoup Hitler et sa bande et n’avait jamais reçu que Goering, parce qu’il lui avait remis une médaille militaire le 2 juin 1918.

Guillaume II fustigeait le comportement personnel de Hitler : « Tout repose sur lui.. Tout est clair… Alors qu’en 1914, tout reposait sur une douzaine d’hommes, et que la confusion était telle qu’on ne peut déterminer, même aujourd’hui, la part de chacun. ». Cette dernière phrase montre que la recherche de la responsabilité du déclenchement de la Première Guerre mondiale restera difficile à mener car l’ancien empereur convenait de cette confusion de responsabilité entre lui-même et les hauts gradés militaires.

Il fustigeait aussi la politique du nazi : « Cet homme pourrait apporter chaque année des victoires à notre peuple, sans lui apporter ni la grandeur ni l’apaisement. Et de notre Allemagne qui était une nation de poètes, de musiciens, d’artistes et de soldats, il a fait une nation d’inquiets et de solitaires noyés dans une foule et menée par mille déments ou illuminés… ».

Ce dégoût pour les nazis (il fut même honteux d’être un Allemand après la Nuit de Cristal le 10 novembre 1938) peut expliquer pourquoi il n’y a eu aucune relation entre Hitler et Guillaume II. On aurait pu penser, par exemple, que le dictateur nazi aurait voulu récupérer la grandeur impériale et nationaliste représentée par l’ancien empereur qu’il aurait pu réhabiliter et restaurer après la mort du maréchal Hindenburg. C’est oublier aussi que le pouvoir absolu ne se partage jamais.

À sa mort le 4 juin 1941, à l’âge de 82 ans, le Kaiser fut enterré dans sa ville néerlandaise, Doorn, et contrairement à ses dernières volontés, des croix gammées furent portées par les délégués nazis qui se rendirent à son enterrement. Malgré cette anecdote, Guillaume II a gardé cet honneur de s’être opposé (très passivement) aux nazis et cela montre notamment que la Seconde Guerre mondiale était d’une nature totalement différente de la Première Guerre mondiale : d’une guerre de nationalismes, les nations européennes sont passées à une guerre d’idéologies.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 janvier 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Un site intéressant d’archives sur Guillaume II : kaiser-wilhem-ii.over-blog.com/.
Guillaume II.
10 et 11 novembre 2018 : la paix, cent ans plus tard.
La Grande Guerre, cent ans plus tard.
L’attentat de Sarajevo.
Clemenceau en 1917.
Maréchal, vous revoilà !
Bismarck.
Nicolas II.
Rosa Luxemburg.
La Révolution russe.
Hitler.
Les Accords de Munich.
Le patriotisme.
Les valeurs républicaines.
L’Europe à la Sorbonne.
L’Union Européenne, c’est la paix.

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ttp://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190127-empereur-guillaume-ii.html

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/de-bismarck-a-hitler-guillaume-ii-212055

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2019/01/24/37046220.html


 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 21:55

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190122-macron-merkel-aachen.html



Nouveau Traité franco-allemand signé à Aachen (Aix-la-Chapelle) le 22 janvier 2019


Traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération et l’intégration franco-allemandes

La République française et la République fédérale d’Allemagne,

Reconnaissant le succès historique de la réconciliation entre les peuples français et allemand à laquelle le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande a apporté une contribution exceptionnelle et dont est né un réseau sans précédent de relations bilatérales entre leurs sociétés civiles et leurs pouvoirs publics à tous les niveaux,

Convaincues que le temps est venu d’élever leurs relations bilatérales à un niveau supérieur et de se préparer aux défis auxquels les deux États et l’Europe sont confrontés au XXIe siècle, et souhaitant faire converger leurs économies et leurs modèles sociaux, favoriser la diversité culturelle et rapprocher leurs sociétés et leurs citoyens,

Convaincues que l’amitié étroite entre la France et l’Allemagne a été déterminante et demeure un élément indispensable d’une Union européenne unie, efficace, souveraine et forte,

Attachées à approfondir leur coopération en matière de politique européenne afin de favoriser l’unité, l’efficacité et la cohésion de l’Europe, tout en maintenant cette coopération ouverte à tous les États membres de l’Union européenne,

Attachées aux principes fondateurs, droits, libertés et valeurs de l’Union européenne, qui défendent l’État de droit partout dans l’Union européenne et le promeuvent à l’extérieur,

Attachées à œuvrer en vue d’une convergence sociale et économique ascendante au sein de l’Union européenne, à renforcer la solidarité mutuelle et à favoriser l’amélioration constante des conditions de vie et de travail conformément aux principes du socle européen des droits sociaux, notamment en accordant une attention particulière à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des sexes,

Réaffirmant l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un marché mondial ouvert, équitable et fondé sur des règles, dont l’accès repose sur la réciprocité et la non-discrimination et qui est régi par des normes environnementales et sociales élevées,

Conscientes de leurs droits et obligations en vertu de la Charte des Nations Unies,

Fermement attachées à un ordre international fondé sur des règles et sur le multilatéralisme, dont les Nations Unies constituent l’élément central,

Convaincues que la prospérité et la sécurité ne pourront être assurées qu’en agissant d’urgence afin de protéger le climat et de préserver la biodiversité et les écosystèmes,

Agissant conformément à leurs règles constitutionnelles et juridiques nationales respectives et dans le cadre juridique de l’Union européenne,

Reconnaissant le rôle fondamental de la coopération décentralisée des communes, des départements, des régions, des Länder, du Sénat et du Bundesrat, ainsi que celui de la coopération entre le Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne chargé des Affaires culturelles dans le cadre du Traité sur la coopération franco-allemande et les ministres français compétents,

Reconnaissant le rôle essentiel de la coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag, en particulier dans le cadre d’un accord interparlementaire, qui constitue une dimension importante des liens étroits entre les deux pays,

Sont convenues de ce qui suit :

 
Chapitre premier
Affaires européennes


Article 1er

Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique européenne. Ils agissent en faveur d’une politique étrangère et de sécurité commune efficace et forte, et renforcent et approfondissent l’Union économique et monétaire. Ils s’efforcent de mener à bien l’achèvement du Marché unique et s’emploient à bâtir une Union compétitive, reposant sur une base industrielle forte, qui serve de base à la prospérité, promouvant la convergence économique, fiscale et sociale ainsi que la durabilité dans toutes ses dimensions.

Article 2

Les deux États se consultent régulièrement à tous les niveaux avant les grandes échéances européennes, en cherchant à établir des positions communes et à convenir de prises de parole coordonnées de leurs ministres. Ils se coordonnent sur la transposition du droit européen dans leur droit national.

 
Chapitre 2
Paix, sécurité et développement


Article 3

Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique étrangère, de défense, de sécurité extérieure et intérieure et de développement tout en s’efforçant de renforcer la capacité d’action autonome de l’Europe. Ils se consultent afin de définir des positions communes sur toute décision importante touchant leurs intérêts communs et d’agir conjointement dans tous les cas où ce sera possible.

Article 4

(1) Du fait des engagements qui les lient en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949 et de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne du 7 février 1992, modifié par le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 modifiant le Traité sur l’Union européenne et le Traité instituant la Communauté européenne, les deux États, convaincus du caractère indissociable de leurs intérêts de sécurité, font converger de plus en plus leurs objectifs et politiques de sécurité et de défense, renforçant par là-même les systèmes de sécurité collective dont ils font partie. Ils se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires. Le champ d’application territorial de la deuxième phrase du présent paragraphe correspond à celui de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne.

(2) Les deux États agissent conjointement dans tous les cas où ce sera possible, conformément à leurs règles nationales respectives, en vue de maintenir la paix et la sécurité. Ils continuent de développer l’efficacité, la cohérence et la crédibilité de l’Europe dans le domaine militaire. Ce faisant, ils s’engagent à renforcer la capacité d’action de l’Europe et à investir conjointement pour combler ses lacunes capacitaires, renforçant ainsi l’Union européenne et l’Alliance nord-atlantique.

(3) Les deux États s’engagent à renforcer encore la coopération entre leurs forces armées en vue d’instaurer une culture commune et d’opérer des déploiements conjoints. Ils intensifient l’élaboration de programmes de défense communs et leur élargissement à des partenaires. Ce faisant, ils entendent favoriser la compétitivité et la consolidation de la base industrielle et technologique de défense européenne. Ils sont en faveur de la coopération la plus étroite possible entre leurs industries de défense, sur la base de leur confiance mutuelle. Les deux États élaboreront une approche commune en matière d’exportation d’armements en ce qui concerne les projets conjoints.

(4) Les deux États instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité comme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Ce Conseil se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

Article 5

Les deux États étendent la coopération entre leurs ministères des affaires étrangères, y compris leurs missions diplomatiques et consulaires. Ils procéderont à des échanges de personnels de haut rang. Ils établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité, leurs représentations permanentes auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et leurs représentations permanentes auprès de l’Union européenne, ainsi qu’entre les organismes des deux États chargés de coordonner l’action européenne.

Article 6

Dans le domaine de la sécurité intérieure, les gouvernements des deux États renforcent encore leur coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que leur coopération dans le domaine judiciaire et en matière de renseignement et de police. Ils mettent en œuvre des mesures communes de formation et de déploiement et créent une unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers.

Article 7

Les deux États s’engagent à établir un partenariat de plus en plus étroit entre l’Europe et l’Afrique en renforçant leur coopération en matière de développement du secteur privé, d’intégration régionale, d’enseignement et de formation professionnelle, d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, dans le but d’améliorer les perspectives socio-économiques, la viabilité, la bonne gouvernance ainsi que la prévention des conflits, la résolution des crises, notamment dans le cadre du maintien de la paix, et la gestion des situations d’après-conflit. Les deux États instituent un dialogue annuel au niveau politique en matière de politique internationale de développement afin d’intensifier la coordination de la planification et de la mise en œuvre de leurs politiques.

Article 8

(1) Dans le cadre de la Charte des Nations Unies, les deux États coopéreront étroitement au sein de tous les organes de l’Organisation des Nations Unies. Ils coordonneront étroitement leurs positions, dans le cadre d’un effort plus large de concertation entre les États membres de l’Union européenne siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unies et dans le respect des positions et des intérêts de l’Union européenne. Ils agiront de concert afin de promouvoir aux Nations Unies les positions et les engagements de l’Union européenne face aux défis et menaces de portée mondiale. Ils mettront tout en œuvre pour aboutir à une position unifiée de l’Union européenne au sein des organes appropriés des Nations Unies.

(2) Les deux États s’engagent à poursuivre leurs efforts pour mener à terme des négociations intergouvernementales concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’admission de la République fédérale d’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande.

 
Chapitre 3
Culture, enseignement, recherche et mobilité

 
Article 9

Les deux États reconnaissent le rôle décisif que jouent la culture et les médias dans le renforcement de l’amitié franco-allemande. En conséquence, ils sont résolus à créer pour leurs peuples un espace partagé de liberté et de possibilités, ainsi qu’un espace culturel et médiatique commun. Ils développent la mobilité et les programmes d’échanges entre leurs pays, en particulier à l’intention des jeunes dans le cadre de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, et définissent des objectifs chiffrés dans ces domaines. Afin de favoriser des liens toujours plus étroits dans tous les domaines de l’expression culturelle, notamment au moyen d’instituts culturels intégrés, ils mettent en place des programmes spécifiques et une plate-forme numérique destinés en particulier aux jeunes.

Article 10

Les deux États rapprochent leurs systèmes éducatifs grâce au développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre, à l’adoption, conformément à leur organisation constitutionnelle, de stratégies visant à accroître le nombre d’élèves étudiant la langue du partenaire, à une action en faveur de la reconnaissance mutuelle des diplômes et à la mise en place d’outils d’excellence franco-allemands pour la recherche, la formation et l’enseignement professionnels, ainsi que de doubles programmes franco-allemands intégrés relevant de l’enseignement supérieur.

Article 11

Les deux États favorisent la mise en réseau de leurs systèmes d’enseignement et de recherche ainsi que de leurs structures de financement. Ils poursuivent le développement de l’Université franco-allemande et encouragent les universités françaises et allemandes à participer à des réseaux d’universités européennes.

Article 12

Les deux États instituent un Fonds citoyen commun destiné à encourager et à soutenir les initiatives de citoyens et les jumelages entre villes dans le but de rapprocher encore leurs deux peuples.

 
Chapitre 4
Coopération régionale et transfrontalière

 
Article 13

(1) Les deux États reconnaissent l’importance que revêt la coopération transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne pour resserrer les liens entre les citoyens et les entreprises de part et d’autre de la frontière, notamment le rôle essentiel des collectivités territoriales et autres acteurs locaux à cet égard. Ils entendent faciliter l’élimination des obstacles dans les territoires frontaliers afin de mettre en œuvre des projets transfrontaliers et de faciliter la vie quotidienne des habitants de ces territoires.

(2) À cet effet, dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux États et dans les limites du droit de l’Union européenne, les deux États dotent les collectivités territoriales des  territoires frontaliers et les entités transfrontalières comme les eurodistricts de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées permettant de surmonter les  obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports. Si aucun autre moyen ne leur permet de surmonter ces obstacles, des dispositions juridiques et administratives adaptées, notamment des dérogations, peuvent également être accordées. Dans ce cas, il revient aux deux États d’adopter la législation appropriée.

(3) Les deux États demeurent attachés à la préservation de normes strictes dans les domaines du droit du travail, de la protection sociale, de la santé et de la sécurité, ainsi que de la protection de l’environnement.

Article 14

Les deux États instituent un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes telles que l’État et les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les eurodistricts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées. Ce comité est chargé de coordonner tous les aspects de l’observation territoriale transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne, de définir une stratégie commune de choix de projets prioritaires, d’assurer le suivi des difficultés rencontrées dans les territoires frontaliers et d’émettre des propositions en vue d’y remédier, ainsi que d’analyser l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers.

Article 15

Les deux États sont attachés à l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers et accordent leur soutien aux collectivités frontalières afin d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies appropriées.

Article 16

Les deux États faciliteront la mobilité transfrontalière en améliorant l’interconnexion des réseaux numériques et physiques entre eux, notamment les liaisons ferroviaires et routières. Ils agiront en étroite collaboration dans le domaine de la mobilité innovante, durable et accessible à tous afin d’élaborer des approches ou des normes communes aux deux États.

Article 17

Les deux États encouragent la coopération décentralisée entre les collectivités des territoires non frontaliers. Ils s’engagent à soutenir les initiatives lancées par ces collectivités qui sont mises en œuvre dans ces territoires.

 
Chapitre 5
Développement durable, climat, environnement et affaires économiques

 
Article 18

Les deux États s’emploient à renforcer le processus de mise en œuvre des instruments multilatéraux relatifs au développement durable, à la santé mondiale et à la protection de l’environnement et du climat, en particulier l’Accord de Paris du 12 décembre 2015 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. À cet effet, ils agissent en rapport étroit afin de formuler des approches et des politiques communes, notamment en mettant en place des dispositifs en vue de la transformation de leurs économies et en favorisant des actions ambitieuses de lutte contre les changements climatiques. Ils garantissent l’intégration de la protection du climat dans toutes les politiques, notamment par des échanges transversaux réguliers entre les gouvernements dans des secteurs clés.

Article 19

Les deux États feront progresser la transition énergétique dans tous les secteurs appropriés et, à cet effet, développent leur coopération et renforcent le cadre institutionnel de financement, d’élaboration et de mise en œuvre de projets conjoints, en particulier dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Article 20

(1) Les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies.

(2) Les deux États instituent un « Conseil franco-allemand d’experts économiques » composé de dix experts indépendants afin de présenter aux deux gouvernements des recommandations sur leur action économique.

Article 21

Les deux États intensifient leur coopération dans le domaine de la recherche et de la transformation numérique, notamment en matière d’intelligence artificielle et d’innovations de rupture. Ils promouvront à l’échelle internationale des directives sur l’éthique des technologies nouvelles. Ils mettent en place, afin de promouvoir l’innovation, des initiatives franco-allemandes qui sont ouvertes à la coopération au niveau européen. Les deux États mettront en place un processus de coordination et un financement commun afin de soutenir des programmes conjoints de recherche et d’innovation.

Article 22

Les parties prenantes et les acteurs intéressés des deux États sont réunis au sein d’un Forum pour l’avenir franco-allemand afin de travailler sur les processus de transformation de leurs sociétés.

 
Chapitre 6
Organisation

 
Article 23

Des réunions entre les gouvernements des deux États ont lieu au moins une fois par an, alternativement en République française et en République fédérale d’Allemagne. Après l’entrée en vigueur du présent Traité, le Conseil des ministres franco-allemand adopte un programme pluriannuel de projets de coopération franco-allemande. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande chargés de préparer ces réunions assurent le suivi de la mise en œuvre de ce programme et en font rapport au Conseil des ministres.

Article 24

Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État.

Article 25

Les conseils, structures et instruments de la coopération franco-allemande font l’objet d’un examen périodique et sont, en cas de nécessité, adaptés sans retard aux objectifs fixés d’un commun accord. Le premier de ces examens devrait avoir lieu dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du présent Traité et proposer les adaptations nécessaires. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande évaluent régulièrement les progrès accomplis. Ils informent les parlements et le Conseil des ministres franco-allemand de l’état général d’avancement de la coopération franco-allemande.

Article 26

Des représentants des régions et des Länder, ainsi que du comité de coopération transfrontalière, peuvent être invités à participer au Conseil des ministres franco-allemand.

 
Chapitre 7
Dispositions finales

 
Article 27

Le présent Traité complète le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande au sens du paragraphe 4 des Dispositions finales de ce Traité.

Article 28

Les deux États s’informent mutuellement, par la voie diplomatique, de l’accomplissement des procédures nationales requises pour l’entrée en vigueur du présent Traité. Le présent Traité entre en vigueur à la date de réception de la dernière notification.

Emmanuel Macron et Angela Merkel


Source : www.elysee.fr

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190122-traite-franco-allemand-aix-la-chapelle-aachen.html
 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 21:22

(vidéo)

En marge de la signature du Traité d'Aix-la-Chapelle, le Président français Emmanuel Macron et la Chancelière allemande Angela Merkel ont participé à un débat citoyen (Bürgerdialog) avec des étudiants le mardi 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle (Aachen) pendant une heure. Cette rencontre peut être revue en vidéo ici.

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190122-macron-merkel-aachen.html

Le texte du Traité d'Aix-la-Chapelle (Aachen) signé le 22 janvier 2019 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190122-traite-franco-allemand-aix-la-chapelle-aachen.html







SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190122-video-macron-merkel-aachen.html








 

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