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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 05:00

« La politique m’a pris sans que je la cherche. »



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L’ancien proche du Président Jacques Chirac et haut fonctionnaire Jérôme Monod est mort il y a un an, le 18 août 2016, pas loin de ses 86 ans (né le 7 septembre 1930). Sans avoir vraiment été un acteur de la vie politique sauf pendant trois ans, il a été l’éminence grise de l’un de ceux qui ont dominé la vie politique de la Ve République, et à ce titre, un témoin privilégié des praticiens de la politique.

Jacques Monod faisait partie d’une grande et ancienne famille protestante. Il fut un cousin éloigné du biologiste Jacques Monod (1910-1976), ancien résistant, Prix Nobel de Médecine 1965 et auteur du célèbre essai "Le Hasard ou la Nécessité" (1970), et de l’explorateur humaniste Théodore Monod (1902-2000), spécialiste des déserts et membre de l’Académie des sciences, ainsi que le cousin germain du cinéaste Jean-Luc Godard. À 33 ans, il a épousé la petite-fille de l’ancien Président du Conseil Henri Queuille, élu de la Corrèze, le futur département de Jacques Chirac (dont il présida plus tard le conseil général). Sa famille éloignée a été également liée à Albert Schweitzer, Jean-Paul Sartre et Jean-Marcel Jeanneney.

Après de brillantes études au lycée Henri-IV à Paris et à l’iEP Paris, il fut admis en 1955 à l’ENA après avoir poursuivi une année d’étude aux États-Unis et bien classé à la sortie, il a choisi la Cour des Comptes comme Jacques Chirac (qui intégra l’ENA deux ans plus tard). Il était de la même promotion que Pierre Verbrugghe, Édouard Balladur, Jacques Calvet et Jean Dromer.

Après son service militaire en Algérie, il fut conseiller technique dans le cabinet de Michel Debré à Matignon, de 1959 à 1962, puis directeur adjoint de cabinet du ministre Maurice Schumann de 1962 à 1963. Michel Debré a dit plus tard (dans les années 1980) tout le bien qu’il pensait de lui (témoignage de Michèle Cotta) : « Michel Debré m’a dit un jour que parmi tous les hauts fonctionnaires dont il admirait, alors qu’ils étaient encore jeunes, le discernement et le sens de l’État, il retenait deux noms : ceux [de Jean-Yves] Haberer et de Jérôme Monod. » (11 avril 1989).

En 1963, il travailla pour Olivier Guichard à la DATAR (aménagement du territoire) dont il est devenu le délégué adjoint en 1966, puis le délégué de 1968 à 1975. Il y a appris la nécessité de décentraliser les implantations industrielles sur tout le territoire national. Il a favorisé par exemple l’installation, annoncée le 26 août 1970, d’une usine Ford à Bordeaux, celle où travaille Philippe Poutou).

Jacques Monod était probablement plus intéressé par l’économie que par la politique. Proche de Jacques Chirac, il entra complètement dans la vie politique car nommé directeur de cabinet du Premier Ministre Jacques Chirac d’août 1975 à août 1976. Après la démission fracassante de Matignon de Jacques Chirac, il conseilla ce dernier lors de la fondation du RPR le 5 décembre 1976. S’exposant publiquement, il fut le premier secrétaire général du RPR (présidé par Jacques Chirac) de décembre 1976 à janvier 1979. « Comment résister à un tigre ? » expliquait Jérôme Monod à ses visiteurs pour justifier son engagement auprès de Jacques Chirac.

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Dans ses "Cahiers secrets", le 2 juin 1977, Michèle Cotta évoqua Jérôme Monod, « cet homme au parler sec, sans fioriture et sans sourire » dans sa fonction de secrétaire général du RPR, une « fonction purement politique qui ne lui va pas comme un gant ». Le 1er juin 2009, un autre journaliste François d’Orcival a noté : « protestant discret et austère, dur au travail, implacable et même rosse à ses heures ». Le 20 août 2016, Béatrice Gurrey l’a décrit ainsi : « Un petit homme sec, au regard bleu glaçant, qui maniait l’ironie comme une lame, son visage aquilin alors éclairé d’un mince sourire. Souvent drôle, mais la plupart du temps, incisif, autoritaire, doué d’une capacité d’organisation et de travail hors normes, il respectait ces deux qualités chez ses adversaires. » ("Le Monde").

Cette incursion dans la vie politique fut de courte durée. L’omniprésence de Marie-France Garaud et de Pierre Juillet auprès de Jacques Chirac l’a conduit à se retirer et à prendre les commandes d’une grande entreprise publique.

En octobre 1979, Jérôme Monod a en effet rejoint la Lyonnaise des Eaux et fut désigné président-directeur général de cette entreprise importante (très implantée sur tout le territoire et en lien direct avec les élus locaux) de 1980 à 1997. Parmi ses réalisations, il a internationalisé le groupe et l’acquisition de Dumez puis la fusion dans le groupe Suez (en 1997) en ont fait un groupe de dimension mondiale dont il présida le conseil de surveillance de 1997 à 2000.

Durant la présidence de la Lyonnaise des Eaux, Jérôme Monod fut confronté au scandale de l’affaire Alain Carignon en 1994 sur une accusation de corruption entre le maire RPR de Grenoble et le groupe industriel pour obtenir le marché municipal de l’eau. Jérôme Monod aurait en effet participé à un déjeuner le 3 octobre 1987 avec Alain Carignon (qui était également président du conseil général de l’Isère et ministre) qui aurait "formalisé" ce "pacte" illégal.

Néanmoins, Jérôme Monod ne fut jamais mis personnellement en cause par le juge Philippe Courroye et a compris que son groupe devait vite s’adapter pour éviter tout soupçon provenant de comportements politiques inadéquats. Il a fait adopter dès octobre 1994 au sein de son entreprise une charte d’éthique pour refuser tout financement politique, devançant la loi Balladur (loi n°95-65 du 19 janvier 1995 relative au financement de la vie politique) et cela en pleine préparation des élections municipales de juin 1995, Le gouvernement d’Édouard Balladur avait été très touché en 1994 par les "affaires politico-financières" qui ont conduit trois ministres à donner leur démission avant leur mise en examen.

Pendant cette période entrepreneuriale, Jérôme Monod est toujours resté proche de Jacques Chirac. À partir de début janvier 1994, alors que la plupart des leaders du RPR faisaient acte d’allégeance auprès d’Édouard Balladur, Jérôme Monod faisait partie du cercle très restreint des chiraquiens fidèles, aux côtés de Maurice Ulrich, Jean-Louis Debré, Alain Juppé, Jacques Toubon, François Baroin (ainsi que Philippe Séguin, Alain Madelin, Hervé de Charette et Charles Million), dans la perspective de l’élection présidentielle de 1995.

Dans la salle des Pas-Perdus, au Palais-Bourbon, le 12 novembre 1996, alors que le Premier Ministre Alain Juppé était très impopulaire et qu’on imaginait un nouveau Premier Ministre en janvier 1997 (les élections législatives étaient alors prévues pour mars 1998), Michèle Cotta testa le nom de Jérôme Monod auprès de Bernard Pons (alors ministre) qui lui répondit : « Ce serait bien, s’il n’avait pas, en ce moment, les casseroles de la Lyonnaise des Eaux. ».

Pour sa "retraite", Jérôme Monod a rejoint Jacques Chirac à l’Élysée, comme conseiller politique, de 2000 à 2007 (dans le prestigieux bureau où Napoléon Ier abdiqua et Félix Faure perdit sa "connaissance"), avec, pour mission, la préparation de l’élection présidentielle de 2002 et la fondation de l’UMP (fusion du RPR et de l’UDF). Le conseil qu’il a donné à Jacques Chirac à propos de l’UMP : « Ne donne jamais l’UMP à Sarkozy ! ».

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L’une des dernières missions de Jérôme Monod, confiée en 2002 par le Secrétaire Général de l’ONU Kofi Annan, sur proposition du Président Jacques Chirac, fut de contribuer à mettre en place un "pacte mondial" auquel les entreprises du monde entier pourraient volontairement adhérer sous réserve de s’engager sur dix principes essentiels concernant l’éthique d’entreprise (notamment pour agir contre la corruption sous toutes ses formes). En 2008, près de 6 000 entreprises dans 120 pays ont adhéré à ce pacte.

Par ailleurs, Jérôme Monod a créé le 14 avril 2004 la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), initialement proche de l’UMP (jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy présidât l’UMP), se revendiquant libérale, progressiste et européenne et ayant pour mission de participer à la réflexion politique et de prévoir les évolutions du monde de demain, dans quatre domaines en particulier : l’écologie, les valeurs, le numérique et surtout, la croissance économique.

Jérôme Monod en fut le premier président du conseil de surveillance jusqu’au 13 octobre 2004, laissant la place à Francis Mer. Depuis le 23 janvier 2009, l’actuel président est Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet du Premier Ministre Édouard Balladur, associé-gérant de la banque Rothschild & Cie et directeur général du Groupe Arnault. Son directeur général est le politologue Dominique Reynié depuis 2008. Laurence Parisot préside le conseil scientifique, dont sont membres notamment Alain-Gérard Slama, Stéphane Courtois, Pascal Perrineau, Emmanuel Goldstein, etc. Laure Darcos et Pierre Giacometti font notamment partie du conseil de surveillance. Parmi les anciens dirigeants ou membres du conseil de surveillance, on peut citer Jean-Claude Paye, Charles Beigbeder, Karl Lamers, Bronislaw Geremek, Jean de Boishue, etc.

Favorable à la construction européenne, Jérôme Monod a publié le 23 octobre 1999, en collaboration avec le psychanalyste Ali Lagoudi, un "Manifeste pour une Europe souveraine ou Comment les nations européennes retrouveront ensemble leur liberté" (éd. Odile Jacob). Quant à ses souvenirs sur la vie politique qu’il a pu observer pendant une cinquantaine d’années, il les a rassemblés le 29 avril 2009 dans ce livre "Les Vagues du temps" (éd. Fayard).

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Il y a brossé quelques portraits politiques savoureux. J’en cite quelques-uns. Alain Juppé : « Normalien, inspecteur des finances, très doué pour l’écriture, d’une intelligence qui lui faisait saisir la complexité des problèmes en un instant, intelligence beaucoup plus humaine et riche que l’ordinateur auquel certains le comparaient. Il cultivait l’humour, y compris à son endroit. Il supportait mal les échecs, mais savait rebondir. ». François Bayrou : « Il percevait clairement sa mission et son destin, les difficultés qu’il rencontrerait. Il pensait correspondre plus que les autres leaders aux besoins du pays tel qu’il le sentait. Il irait jusqu’au bout, même seul. ». Marielle de Sarnez : « D’une élégance fausse jeune, désinvolte et négligée, elle était chaussée de tongs, vêtue d’un blue-jeans et d’un tee-shirt fripé. Elle me surprit plus qu’elle ne me fit impression. ». Jean-François Copé : « Un homme de qualité, parfois déroutant, et irritant aux yeux de plus d’un. Mais quelle capacité de travail, quelle intelligence et quelle ambition ! ». Xavier Bertrand : « C’est un bourreau de travail. Il a beaucoup d’ambition, dont il modère l’expression extérieure. Il est compétent, fiable, fidèle à ses amis personnels, et de relation agréable. Il progresse méthodiquement, sans états d’âme, soucieux de dépasser peu à peu ses compagnons de route dans la marche vers le sommet. ». Enfin, Nathalie Kosciusko-Morizet, une valeure sûre : « Un peu narcissique, ambitieuse, sûre d’elle-même, brillante, politique avec une tendance marquée à l’opportunisme, bonne camarade pour qui fait partie de son clan, elle représente la compétence même, ce qui est agaçant pour les autres, mais précieux pour le pays. ».

Et puisqu’il parlait de concurrence entre responsables politiques, terminons avec sa définition très crûe de la politique : « La politique, c’est tout de même se frayer un chemin à coups de machette dans la jungle. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 août 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jérôme Monod.
Jacques Chirac.
Michel Debré.
Maurice Schumann.
Olivier Guichard.
Les animaux politiques.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160818-jerome-monod.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jerome-monod-l-ombre-de-jacques-195265

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/08/18/35492185.html


 

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 05:59

« En politique, le problème n’est pas de briller, mais de durer. » (JDD, le 25 juin 2017).



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Dans le "Journal du dimanche" du 25 juin 2017, le président du conseil régional des Hauts-de-France (c’est-à-dire du Nord-Pas-de-Calais-Picardie) Xavier Bertrand a annoncé qu’il ne se présenterait pas à la présidence de son parti Les Républicains (LR) dont l’élection interne est prévue en novembre 2017. On pourrait dire qu’il n’est pas "fou" car il a vu ce qu’avait donné l’élection interne de novembre 2012 à l’UMP.

Et justement, Xavier Bertrand semble renoncer systématiquement à toutes les batailles politiques à l’intérieur de son parti. Il était pourtant considéré comme premier-ministrable dès novembre 2010. Il a volontairement refusé toutes les batailles, et peut-être a-t-il eu raison puisqu’en définitive, ces batailles ont été perdues pour son parti.

Ainsi, il a refusé d’être candidat à l’élection du président de l’UMP en novembre 2012, laissant François Fillon et Jean-François Copé s’entre-déchirer. Jean-François Copé était son rival depuis longtemps : Xavier Bertrand "tenait la boutique" comme secrétaire général de l’UMP du 5 décembre 2008 au 17 novembre 2010, et à ce moment-là, Jean-François Copé avait lâché perfidement à Nicolas Sarkozy : « Tu as prévu de filer les clefs de l’UMP à Xavier Bertrand : tu devrais en garder un double. » (Prix Humour et Politique 2009).

En fait, cette remarque pouvait s’appliquer à Jean-François Copé lui-même qui lui a succédé comme secrétaire général de l’UMP du 17 novembre 2010 au 19 novembre 2012 puis comme président de l’UMP du 19 novembre 2012 au 10 juin 2014. Xavier Bertrand était plutôt enclin à soutenir François Fillon mais ce dernier l’a très mollement soutenu lors de l’élection du président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale le 20 juin 2012, face à Christian Jacob qui fut réélu (Christian Jacob, proche de Jean-François Copé, a obtenu 117 voix, Xavier Bertrand 63 voix et Hervé Gaymard 17 voix).

Les deux hommes, Xavier Bertrand et Jean-François Copé sont de la même génération, ont dix mois d’écart (le premier a 52 ans, le second 53 ans) et étaient en position de rivalité interne pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, Xavier Bertrand a toujours refusé la confrontation directe.

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Il a ainsi refusé de batailler lors du retour de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP en automne 2014 (au contraire des seuls Bruno Le Maire et Hervé Mariton), et a aussi refusé de se présenter à la "primaire de la droite et du centre" en novembre 2016 (contrairement à ses intentions de départ). Alors qu’il s’était dit non-aligné en 2012, Xavier Bertrand a failli soutenir Alain Juppé… mais s’est retrouvé prudemment absent du dernier meeting de premier tour à Lille le 18 novembre 2016, comprenant que François Fillon allait gagner.

Cependant, il fut également peu présent durant la campagne présidentielle, surtout à cause de l’affaire Fillon. En revanche, Xavier Bertrand s’est pleinement engagé avec François Baroin durant la campagne des élections législatives, sans être candidat lui-même, préférant rester au conseil régional.

Xavier Bertrand est un "rigolo", un vrai rigolo, à l’esprit potache, n’hésitant pas à faire des plaisanterie vaguement douteuse à ses camarades (comme appeler un collègue député UMP sur son smartphone quand ce dernier s’exprime à la tribune de l’Assemblée Nationale). Il aime bien le principe du bizutage pour ses nouveaux collègues.

Provenant de la "société civile", agent d’assurance, Xavier Bertrand a plongé très tôt dans la cuisine politique, dès 1981 au sein du RPR. Attaché parlementaire d’un sénateur RPR de 1987 à 1992, il est élu conseiller municipal de Saint-Quentin depuis mars 1989, adjoint au maire de Saint-Quentin de juin 1995 à octobre 2010, puis maire de Saint-Quentin d’octobre 2010 à janvier 2016, Il a franchi les étapes classiques pour se hisser à la politique nationale : conseiller général de l’Aisne de mars 1998 à juillet 2002, il fut élu député de l’Aisne à l’âge de 37 ans (gagnant contre une députée PS sortante) de juin 2002 à janvier 2016 (sauf quand il était ministre).

Très vite, son influence politique a dépassé l’Aisne car il fut chargé de l’explication de la réforme des retraites de 2003 (rapporteur du projet de loi porté par François Fillon). Fidèle à Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac, Xavier Bertrand fit son entrée au gouvernement à la suite des élections régionales de 2004 : Secrétaire d’État chargé de l’Assurance maladie de Jean-Pierre Raffarin du 31 mars 2004 au 31 mai 2005, puis Ministre de la Santé et des Solidarités de Dominique de Villepin du 2 juin 2005 au 26 mars 2007, puis Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité de François Fillon, du 18 mai 2007 au 19 janvier 2009 (avec la Famille à partir du 18 mars 2008), et enfin Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé toujours de François Fillon du 14 novembre 2010 au 10 mai 2012.

En mai 2005, il fit campagne en faveur du oui au référendum sur le TCE (alors qu’il avait fait la campagne du non au référendum sur le Traité de Maastricht en septembre 1992). En mars 2007, il a quitté le gouvernement pour se consacrer à la campagne présidentielle comme porte-parole de Nicolas Sarkozy. Enfin, en novembre 2010, lors de son retour au gouvernement, il aurait souhaité sans doute obtenir un ministère régalien (comme la Défense), après son passage à la tête de l’UMP. Ses fonctions ministérielles sont donc restées cantonnées aux relations sociales, travail, santé…

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Il a annoncé très tôt (dès 2012) son intention d’être candidat à la primaire LR de novembre 2016. Mais entre-temps, il s’est porté candidat à la tête de la nouvelle grande région Hauts-de-France en décembre 2015 et ce fut un épouvantable premier tour le 6 décembre 2015 : ses listes LR-UDI sont arrivées au deuxième rang avec seulement 25,0% face aux listes FN de Marine Le Pen qui ont obtenu 40,6%. Le retard a semblé irrattrapable et cela malgré le désistement des listes PS qui pouvaient se maintenir (à 18,1%), leur empêchant d’obtenir le moindre siège dans le futur conseil régional.

Ce fut sans doute cette date-là qui fut fondatrice pour Xavier Bertrand, autant que Christian Estrosi en Provence-Alpes-Côte-d’Azur où il fut confronté aux listes FN de Marion Maréchal-Le Pen. Le FN était favori dans ces deux grandes régions et leur basculement dans un exécutif d’extrême droite aurait été un sérieux handicap dans la campagne présidentielle de 2017. Xavier Bertrand a finalement réussi à gagner au second tour le 13 décembre 2015, avec 57,8% des voix, mais les listes FN ont réussi quand même à gagner plus de 100 000 voix par rapport au premier tour.

Ce fut comme une grâce, pour lui. Comme s’il venait de réchapper au malheur suprême. Ce fut pour cette raison qu’il renonça à sa candidature à la primaire LR (tout comme Christian Estrosi) et qu’il a voulu se consacrer totalement à sa grande région. C’est pour cette raison qu’il vient de renoncer à batailler pour la présidence de LR en novembre 2017 : « J’ai pris un engagement vis-à-vis des habitants des Hauts-de-France et j’ai l’intention de le tenir. ». Xavier Bertrand et Christian Estrosi furent des rescapés de la fin du clivage gauche/droite, élus par des voix de gauche contre l’extrême droite. Christian Estrosi, lui, a finalement quitté le conseil régional de PACA pour reprendre la mairie de Nice, trop contesté par les élus LR de la région pour sa proximité nouvelle avec LREM.

Xavier Bertrand a, par ailleurs, affirmé qu’il aurait été approché par des proches du Président Emmanuel Macron après le premier tour de l’élection présidentielle pour devenir son Premier Ministre. Il aurait alors refusé l’offre (au contraire de son proche collègue Édouard Philippe). Il a fait toute la campagne des élections législatives en fustigeant la hausse de la CSG que proposait LREM, ce qui réduirait le pouvoir d’achat des retraités.

Xavier Bertrand a refusé de faire partie des "constructifs" menés par Thierry Solère et qui devraient apporter un soutien mesuré au gouvernement actuel. Il est plutôt pour une opposition constructive et surtout, pour en finir avec la dérive droitière de LR amorcée avec Nicolas Sarkozy et confirmée avec Jean-François Copé, qui pourrait s’incarner aujourd’hui par Laurent Wauquiez : « Pour gagner, la droite et le centre doivent rassembler, et pas cliver, se réinventer, renouer avec la France populaire, parler à la fois à l’ouvrier et au chef d’entreprise, à l’infirmière et au chirurgien, à l’agriculteur et au fonctionnaire, au rural et à l’urbain. » (25 juin 2017), un objectif qu’a atteint Emmanuel Macron avec son mouvement En Marche.

Renonçant à s’opposer frontalement à Laurent Wauquiez (coqueluche des militants LR et des vieux caciques du sarkozysme comme Brice Hortefeux), Xavier Bertrand a passé le relais à sa collègue présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, qu’il soutiendrait si elle se présentait, mais rien n’indique que celle-ci souhaite plus que lui une confrontation somme toute perdue d’avance. Kamikaze, ça demande à en avoir la vocation !

D’ailleurs, Xavier Bertrand ne croit plus du tout à l’intérêt d’un parti comme LR, fondé sur des malentendus qui reposent sur trop de désaccords pour avoir un avenir durable : « En réalité, il n’y a plus grand-chose de commun entre nous. Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus. Et on n’a peut-être plus grand-chose à faire ensemble. » (25 juin 2017). Au moins, cela a le mérite d’être clair. Xavier Bertrand attend la défaite des "modérés" en novembre 2017 pour quitter (enfin) ce parti devenu la succursale des futurs ralliés au lepénisme qui se voudrait triomphant.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 juin 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Xavier Bertrand.
Élections régionales de décembre 2015.
Valérie Pécresse.
Laurent Wauquiez.
François Baroin.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Emmanuel Macron.
François de Rugy.
Jean-François Copé.
Nicolas Sarkozy.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170525-xavier-bertrand.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/xavier-bertrand-candidat-a-rien-194571

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/06/29/35429035.html

 

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 05:55

« Les premières semaines de l’alternance seront décisives. Il ne pourra y avoir la moindre place pour l’improvisation. Avec une équipe resserrée, il faudra engager un programme de réformes exigeant dès l’été (…). Après François Hollande, nous ne pouvons plus nous permettre un quinquennat pour rien. Nous voulons en face du nouveau Président, une nouvelle majorité pour la France. » (Programme LR-UDI, 10 mai 2017).



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Le sénateur-maire de Troyes, président de l’Association des maires de France, François Baroin se retrouve depuis quelques semaines dans une position très particulière. Au bureau politique de LR du 2 mai 2017, il a été désigné à l’unanimité "chef de file" de LR pour la campagne des élections législatives, ce qui est assez étrange pour un sénateur, de superviser l’élection des députés de son parti. C’est surtout une "fonction" qui n’a jamais existé et qui fait plutôt penser à la politique intérieure britannique ou allemande. Même Édouard Balladur n’avait pas été le "chef de file" aux élections législatives de mars 1993.

François Baroin a un parcours assez spécial. Il fut journaliste sur Europe 1 de 1988 à 1992 (recruté par Jean-Pierre Elkabbach) mais d’abord, il fut le fils de son père, et en ce sens, un "bébé Chirac". Dire qu’il fut un héritier n’a rien d’infamant quand c’est la réalité. L’essentiel est de savoir s’il a su saisir les opportunités, et ce fut le cas jusqu’à aujourd’hui concourir pour le poste le plus épuisant du pays, Premier Ministre (de cohabitation).

Son père, Michel Baroin, fut un homme très influent en France, plutôt considéré "de gauche". Grand ami de Jacques Chirac (né exactement deux ans après lui), il fut apprécié également de François Mitterrand qui le nomma en 1986 (en pleine cohabitation) président de la mission de l’imposante commémoration du Bicentenaire de la Révolution française.

IEP Paris et doctorat en science politique, Michel Baroin fut haut fonctionnaire, commissaire de police en Algérie et à Lille, puis agent des renseignements généraux, puis de la DST. Sous-préfet de Nogent-sur-Seine au début des années 1960 (il fut élu maire de la même ville en 1983), il fut chef de cabinet des présidents de l’Assemblée Nationale Achille Peretti et Edgar Faure au début des années 1970, grand maître du Grand Orient de France de 1977 à 1978, puis occupa des fonctions managériales : président des assurances GMF à partir de 1974 et président de la FNAC à partir de 1985, fonctions qu’il garda jusqu’à sa mort soudaine.

Michel Baroin fut en effet tué le 5 février 1987 à l’âge de 56 ans dans un accident d’avion au décollage de Brazzaville, après avoir rencontré le Président congolais Denis Sassou-Nguesso. Quelques heures auparavant, il avait présenté son projet de reprise de TF1 (en cours de privatisation) dans le journal "Le Monde" du 5 février 1987 (ce fut finalement Francis Bouygues qui emporta l’appel d’offre). Edgar Faure lui succéda à la tête de la mission sur le Bicentenaire, mais il est mort un an plus tard, fonction devenue malédiction jusqu’à la nomination de Jean-Noël Jeanneney.

En moins d’un an, François Baroin a perdu sa sœur et son père. Il est alors devenu le protégé de Jacques Chirac. Conseiller municipal de Nogent-sur-Seine en mars 1989, il fut élu député de l’Aube en mars 1993 (à l’âge de 27 ans) et maire de Troyes en juin 1995 en assurant la lourde succession de Roger Galley (il lui succéda aussi à la présidence de la communauté d’agglomération de Troyes, mais seulement à partir de mars 2001). Peu avant son élection à Troyes, il fut nommé à 29 ans membre du premier gouvernement d’Alain Juppé, comme porte-parole du gouvernement du 18 mai 1995 au 7 novembre 1995. Il faisait partie du cercle des rares fidèles chiraquiens en pleine Balladurie triomphante, et était, avec Philippe Séguin, au staff (clairsemé) de Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1995.

L’année 1995 fut donc le début d’une riche carrière politique, locale et nationale. S’il fut épaulé par Jacques Chirac, ce dernier ne s’opposa pas à son limogeage, aux côtés de huit "Juppettes" (des ministres femmes mises en devanture en mai mais remerciée dès novembre 1995) par Alain Juppé qui le trouvait incompétent (dans son rôle de porte-parole). Il faut bien noter que les deux hommes, François Baroin et Alain Juppé, ont été tous les deux des chiraquiens fidèles, hommes modérés, gaullistes, européens, et de génération différente (l’un étant vingt ans moins âgé que l’autre) ; ils avaient donc tout pour s’entendre. Cette éviction peu courtoise suscita finalement de la rancœur et de l'incompréhension entre les deux hommes. Jacques Chirac l’a "repêché" dans son cabinet à l’Élysée entre 1995 et 1997, le temps qu’il retrouvât son siège de député.

Localement, il fut élu également président de l’Association des maires de l’Aube en 1995 et président de l’influente Association des maires de France en novembre 2014. C’est à ce dernier titre qu’il préconisa le retrait des crèches dans les mairies au nom du principe de la laïcité, même si les décorations de Noël sont plus du ressort de la culture et de la tradition que de la religion à proprement parler.

Sur le plan national, François Baroin fut député RPR puis UMP de l’Aube de mars 1993 à septembre 2014, sauf pendant sa présence dans un gouvernement ou au cabinet du Président de la République. Après l’amère expérience sous le gouvernement d’Alain Juppé, François Baroin fut rappelé dix ans plus tard au gouvernement par le Premier Ministre Dominique de Villepin comme Ministre de l’Outre-Mer du 2 juin 2005 au 26 mars 2007. Il prit la succession de Nicolas Sarkozy, démissionnaire pour se consacrer totalement à sa campagne présidentielle, au Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire, du 26 mars 2007 au 15 mai 2007, un séjour Place Beauvau aussi bref que l’avant-dernier ministre, Matthias Fekl, du 21 mars 2017 au 10 mai 2017.

Écarté en mai 2007 du gouvernement par Nicolas Sarkozy, ce dernier l’appela néanmoins trois ans plus tard, ayant besoin d’un poids lourd supplémentaire au gouvernement au moment où il amorça sa réforme des retraites qu’il voulait confier à Éric Woerth (alors en charge du Budget). François Baroin fut alors nommé Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État du 22 mars 2010 au 29 juin 2011 dans les gouvernements de François Fillon, rajoutant la Fonction publique dans ses attributions à partir du 14 novembre 2010. Enfin, après la démission de Christine Lagarde nommée directrice générale du FMI (à la suite de la démission de Dominique Strauss-Kahn), François Baroin est parvenu à supplanter Bruno Le Maire, pourtant pressenti, pour devenir Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, du 29 juin 2011 au 15 mai 2012. En automne 2012, François Baroin a soutenu François Fillon contre Jean-François Copé au congrès suicidaire de l’UMP et a fait partie des députés UMP dissidents qui ont intégré le groupe R-UMP de François Fillon pendant sa brève existence.

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Revenons maintenant sur le passé récent. Nicolas Sarkozy, redevenu président de l’UMP, a décidé de se présenter à la primaire LR. Pour gommer sa réputation de droite dure, il a laissé entendre dès l’été 2016 que s’il était élu Président de la République en mai 2017, il nommerait le "modéré" François Baroin à Matignon. L’idée, pour l’ancien Président de la République, était de rassurer l’électorat LR modéré tenté par Alain Juppé voire par Emmanuel Macron.

Ce tandem, comme tous les tandems électoraux sous la Ve République, n’a pas fonctionné, sans doute par manque d’authenticité. La logique chiraquienne aurait voulu que François Baroin soutînt Alain Juppé. Après l’échec de Nicolas Sarkozy au premier tour, il a soutenu au contraire François Fillon au second tour, qui a gagné.

Dès les premiers jours de l’affaire Fillon (dès le 31 janvier 2017), le nom de François Baroin était cité comme possible "plan B" pour remplacer le candidat François Fillon au début de février 2017. Les sarkozystes avaient cité son nom pour éviter qu’Alain Juppé ne fût le candidat de remplacement (Nicolas Sarkozy avait beaucoup manœuvré en ce sens le 15 février 2017, ayant rencontré François Baroin après avoir déjeuné avec François Fillon).

Pourtant, François Baroin n’avait aucune légitimité à devenir, au détour d’un conciliabule, le candidat "de la droite et du centre" car d’une part, il était imaginé plutôt pour Matignon, et d’autre part, il n’avait pas été candidat à la primaire, donc n’avait pas un programme propre à lui, n’avait pas fait campagne sur son nom. Il avait toutefois un atout, celui de l’âge et du renouvellement de la classe politique, à un moment de la campagne où Emmanuel Macron atteignait déjà les 20% dans les intentions de vote.

Le 1er mars 2017, quand la mise en examen de François Fillon devenait inéluctable, ce fut lui, François Baroin, qui empêcha l’éviction du candidat, en participant de façon très voyante, le 5 mars 2017, au meeting du Trocadéro, ce qui fit renoncer définitivement Alain Juppé le lendemain. François Baroin venait de devenir le Premier Ministre du Président François Fillon. En cas d’élection, bien sûr (au risque d’une overdose de François). Ce fut même confirmé par François Fillon le 3 avril 2017 sur RMC au micro de Jean-Jacques Bourdin.

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Le 15 février 2017, François Baroin avait aussi sorti un livre, à tout hasard : "Un Chemin français" (chez Jean-Claude Lattès) et avait montré son indéfectible loyauté dès les premiers jours de l’affaire, notamment en recevant François Fillon à Romilly puis à Troyes le 7 février 2017. Concrètement, François Baroin fut le meilleur soutien de François Fillon pendant la dernière partie de la campagne présidentielle (de mi-février à mi-avril 2017), et il s’est beaucoup dépensé, en multipliant les meetings de soutien, en particulier à Toulouse le 16 février 2017, à Angers le 6 avril 2017, à Limoges le 13 avril 2017, et même au Havre le 18 avril 2017.

Après l’échec de François Fillon dès le premier tour, François Baroin n’hésita pas une minute à appeler clairement à voter Emmanuel Macron pour s’opposer à Marine Le Pen au second tour, à l’instar de François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy eux-mêmes.

Très imprudemment entre les deux tours de l’élection présidentielle, François Baroin s’est imposé comme le leader LR pour les élections législatives. Dès le 26 avril 2017 sur CNews (ex-iTélé), François Baroin s’est déclaré prêt à devenir le Premier Ministre de cohabitation d’Emmanuel Macron (pas encore élu). Il fut officiellement désigné chef de file de l’alliance LR-UDI le 2 mai 2017 et a démarré la campagne LR le 20 mai 2017 au parc floral de Vincennes, après avoir présenté le programme LR-UDI pour les législatives au cours d’une conférence de presse le 10 mai 2017 (aux côtés d’Éric Woerth, responsable du projet politique de LR).

Malgré la multiplication des meetings, à Bordeaux le 18 mai 2017 avec Alain Juppé, à Limours le 22 mai 2017, à Jonage le 23 mai 2017 avec Laurent Wauquiez, Christian Jacob et Bernard Accoyer, à Annecy le 23 mai 2017, à Toulon le 24 mai 2017 avec Xavier Bertrand et Hubert Falco, la campagne reste poussive et les sondages donnent plus de 10% d’avance en intentions de vote à La République En Marche sur LR-UDI.

Comme on le voit, François Baroin a déjà eu une brillante carrière politique, très précoce (le plus jeune député, le plus jeune ministre, etc.), a eu la responsabilité gouvernementale des deux ministères clefs, l’Intérieur et les Finances. Son allure physique lui donne également un air d’éternelle jeunesse (le Harry Potter de la politique). Pourtant, il vieillit.

En effet, l’élection du Président Emmanuel Macron, 39 ans, l’a considérablement vieilli, notamment parce que François Baroin réagit encore avec les pratiques "anciennes". De "jeune" prétendant (dix ans de moins que les "leaders"), il a pris soudain treize ans de plus que la tête de l’Exécutif !

En quittant le Palais-Bourbon et en se faisant élire sénateur en septembre 2014, François Baroin a semblé abandonner toute ambition nationale si ce n’est de présider l’Association des maires de France. Selon certains, il n’aspirerait qu’à retrouver cette responsabilité qu’il a mise en veilleuse pour ne pas politiser l’association pendant cette période électorale. Il a d’ailleurs rappelé qu’il n’avait aucune ambition sur son parti, qu’il ne serait pas candidat à la présidence de LR comme certains le voudraient. Comme si le "jeune loup" aux dents longues s’était métamorphosé en vieux routard de la politique qui vivrait de ses acquis de jeunesse.

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François Baroin aura dans quelques jours 52 ans. C’est l’âge qu’avaient Raymond Barre ou Manuel Valls lorsqu’ils furent nommés à Matignon. L’âge qu’avait Alain Juppé lorsqu’il a quitté Matignon. François Baroin se retrouve pendant ces quelques semaines de campagne des législatives avec pour principal adversaire …Édouard Philippe, un ami du même parti, LR, juppéiste, et député-maire du Havre, en quelques sortes, un "jeune loup" comme lui, six ans plus jeune et l’ENA en plus.

Pour François Baroin, c’est très difficile d’expliquer qu’il faut voter contre le gouvernement actuel. Certes, en plus du Premier Ministre, il n’y a que deux membres LR, dans ce gouvernement, mais pas des moindres dans des responsabilités économiques et budgétaires essentielles : un jeune sarkozyste, là encore député-maire de grande ville, Tourcoing, Gérald Darmanin, proche aussi de Xavier Bertrand à la région, et Bruno Le Maire, qui réussit à se faire nommer par Emmanuel Macron à Bercy, là où il fut recalé par Nicolas Sarkozy six ans plus tôt.

La nomination du gouvernement a été effectivement ajustée pour démolir au maximum la solidarité au sein de LR. Même François Baroin peut avoir des failles. Par exemple, comment pourrait-il s’opposer au nouveau Ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, son ami de trente ans du Collège Stanislas qui resta très proche de lui, comme un frère. Jean-Michel Blanquer, IEP Paris, doctorat de droit et agrégé de droit, rédigea même une biographie de son père Michel Baroin en 1992.

Le 23 mai 2017 à Jonage, François Baroin s’est voulu mesuré et a dit qu’il ne souhaitait pas mettre toutes ses forces à s’opposer à Emmanuel Macron : « Le plus utile pour le pays, ce n’est pas un affrontement avec le Président de la République, que nous respectons. Nous saurons pouvoir travailler à ses côtés pour le bien de la France, mais nous saurons aussi mener à bien avec beaucoup de détermination la politique qui nous semble la mieux à même de redresser le pays. ».

En d’autres termes, Thierry Solère, qui s’est désolidarisé de François Fillon dès le 3 mars 2017, a résumé l’état d’esprit général chez LR le 25 mai 2017 sur Europe 1 : « Je ne suis pas En Marche, mais j’ai envie que ça marche dans le pays. », en ajoutant : « Si Les Républicains n’ont pas de majorité, il faut qu’on soit constructifs. (…) Je voterai toutes les mesures proposées, d’où qu’elles viennent, si c’est des baisses de charges, de la fluidité dans le marché du travail… Tout ce qui ira dans le bon sens, il faudra voter pour. (…) Moi, je préférerai toujours mon pays à mon parti. ». Cela a le mérite de la clarté.

Entre le Premier Ministre Édouard Philippe, qui a introduit le principe du "compromis historique" (alliance entre gaullistes et socialistes), et le futur candidat à la présidence de LR Laurent Wauquiez, qui veut maintenir une opposition ferme au Président Emmanuel Macron, François Baroin hésite sur la ligne à tenir, celle qui ne ferait pas exploser Les Républicains et qui penserait avant tout à l’intérêt du pays : mener à bien les réformes indispensables pour redresser la France, quitte à ce qu’ils n’en aient pas la totale maîtrise…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Baroin, Premier Ministre très très virtuel (mai 2017).
Programme LR-UDI pour les législatives présenté le 10 mai 2017 (à télécharger).
Enterrer la ligne Buisson (mai 2013).
Le petit-fils adoptif de Jacques Chirac (mars 2007).
Retour au gouvernement (mars 2010).
Colère à Bercy (juin 2011).
Roger Galley.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170524-baroin.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-baroin-premier-ministre-193532

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/26/35322107.html

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 06:46

« Aujourd’hui, nous sommes comme le sapeur Camember. Nous avons passé les bornes. Et quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites. Tout est possible. » (9 novembre 2016, sur France Info).


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Lors des élections présidentielles américaines du 8 novembre 2016, Hillary Clinton a devancé son concurrent républicain d’environ 200 000 voix mais c’est Donald Trump qui a été élu Président des États-Unis parce qu’il a fait élire 306 grands électeurs contre 232 pour sa rivale démocrate. L’élection du milliardaire et animateur de téléréalité a provoqué un véritable tremblement de terre dans le monde.

Ceux qui se réjouissent sont ceux qui veulent tout casser, mais personne ne peut vraiment dire quelle sera la politique de Donald Trump, intérieure et extérieure, puisqu’il n’a jamais rien dit que des tweets souvent outranciers en guise de programme. Il faudra donc le juger sur les actes. Barack Obama, soucieux du processus démocratique, a d’ailleurs invité son futur successeur à la Maison-Blanche dès ce jeudi 10 novembre 2016 pour « assurer une transition en douceur ».

Invité de la matinale de France Info ce mercredi 9 novembre 2016, l’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin a assisté en direct à la victoire de Donald Trump qu’il a eu l’occasion de rencontrer il y a longtemps, à l’époque où il vivait aux États-Unis (il avait alors rencontré le "magnat de l’immobilier"). Il était premier secrétaire à l’ambassade de France à Washington de 1984 à 1989.

Pour l’ancien Ministre des Affaires étrangères qui a dit non aux États-Unis, Donald Trump a une personnalité très complexe : « Il a trois visages. C’est à la fois l’anarchiste couronné, l’empereur fou, en même temps, c’est le clown, l’homme de spectacle qui séduit les médias. Il est capable de jouer avec le système politique. C’est aussi le winner, le gagnant, celui qui a de la chance, le milliardaire à qui tout réussit, tout sourit. Cette complexité-là fait qu’il prend la lumière plus que d’autres. (…) C’est quelqu’un dont la personnalité est assez différente de celle qu’il a montrée tout au long de la campagne. ».





Opposé à la politique agressive des États-Unis au Moyen-Orient depuis 2001, et plus particulièrement depuis les attentats du 13 novembre 2015, Dominique de Villepin reproche à la diplomatie française de trop coller à la diplomatie guerrière des États-Unis, notamment en Syrie.

L’ancien Premier Ministre craint un bouleversement des relations économiques internationales : « Ce qui est inquiétant, c’est ce qu’il va introduire dans le jeu économique international. Il veut en découdre avec la Chine, il veut en découdre sur le plan commercial et il veut que les Européens prennent leurs responsabilités en matière de défense. Cela, c’est une bonne chose ! Il est temps que nous ouvrions les yeux et que nous reprenions notre destin en main. ».

Dominique de Villepin a exprimé cependant son inquiétude sur la capacité des pays européens à réagir avec pertinence : « Peu de gens y étaient préparés. Certainement pas la diplomatie française, la plupart des chancelleries non plus, et pourtant, c’était malgré tout prévisible. ».

Son élection était-elle prévisible ? Peut-être pas, mais il y avait quelques petits signes avant-coureurs qui montraient à l’évidence qu’aucun courant favorable n’a porté la candidature d’Hillary Clinton. Dans les sondages du printemps 2016, elle perdait face à tous les candidats aux primaires républicaines excepté Donald Trump, et face à Bernie Sanders, ces candidats républicains avaient de moins bons résultats. Cela signifiait à l’évidence qu’Hillary Clinton n’était pas la représentante des Démocrates la plus efficace électoralement. Ni Donald Trump pour le camp républicain d’ailleurs.

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Au-delà de la politique intérieure américaine, Dominique de Villepin a insisté pour replacer ces élections dans un contexte historique plus global : « On sentait monter l’avertissement depuis maintenant plusieurs années. L’effondrement du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union Soviétique. Aujourd’hui, il y a le pendant, c’est l’effritement des démocraties classiques, libérales. La crise financière de 2008, le Brexit… et nous arrivons à cette dernière étape. ».

Et il a ajouté : « On sent poindre depuis des années la montée des populismes, du mécontentement, le vote antisystème. Cet avertissement, il faut être capable de l’entendre. C’est une épreuve pour la communauté internationale, pour l’unité des États-Unis, pour l’unité de la "famille occidentale". (…) Il y a une leçon en matière d’indépendance à tirer de cette élection. ».

Ce n’est donc pas tant la personnalité de Donald Trump qui inquiète Dominique de Villepin : « C’est un homme d’affaires, il sait composer avec la réalité. Il saura donc s’adapter, évoluer, tirer les leçons, changer. ». Mais les raisons très profondes et historiques de sa victoire électorale.

Et ces raisons sont présentes aussi en France : « Il y a une souffrance, un mécontentement qui monte dans notre pays. (…) Marine Le Pen peut gagner l’élection présidentielle parce que les passions politiques dans nos démocraties sont débridées. La peur et la colère sont les premiers acteurs de la démocratie. ».

Dominique de Villepin pense que cet électrochoc, qu’est l’élection de Donald Trump, va « [introduire] une dose de réalisme et de réalité dans la vie politique française, où la vie politique politicienne a occulté la réalité de ce que vivent les Français ».

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Alors qu’il va avoir 63 ans le 14 novembre 2016, Dominique de Villepin est-il prêt à relever le défi démocratique de 2017 ? Pas vraiment. Il n’a jamais été élu, jamais été candidat (il a tenté mais n’a pas obtenu les parrainages en 2012), et il ne semble pas en avoir vraiment envie. Il comptait surtout succéder à Jacques Chirac en 2007, avec Matignon pour tremplin mais il n’en a pas eu l’occasion.

Refusant de participer à la primaire LR qu’il considère comme contraire à l’esprit des institutions gaulliennes, il a refusé aussi de se prêter au jeu des soutiens. Bruno Le Maire, qui fut son directeur de cabinet lorsqu’il était à Matignon, aurait pu en bénéficier, tout comme Alain Juppé dont il a été jaloux de la proximité chiraquienne.

À quoi peut donc aujourd’hui servir Dominique de Villepin ? À rien si ce n’est à jouer les Cassandre, ce qui est, pour une personnalité aussi talentueuse et aussi éprise de culture littéraire et historique, un véritable gâchis…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Trump élu.
Cassandre ?
Mais où est donc Dominique de Villepin ?
Assurancetourix ?
République solidaire et le revenu universel.
Les moulins de l’UMP.
Le gaullisme politique.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161109-dominique-de-villepin.html

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http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/11/10/34546604.html

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 10:59

« Voici que se referment les portes de la gloire. Demain, j’entrerai dans les temps ordinaires. » (Yves Guéna parlant de la démission de De Gaulle en avril 1969).


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Coïncidence ? Alors que Pierre Messmer, disparu le 29 août 2007, sera honoré par les gaullistes dans quelques jours, le 20 mars 2016 à l’occasion du centenaire de sa naissance, l’un de ses ministres les plus fidèles au gaullisme, Yves Guéna, s’est éteint à l’âge de 93 ans, ce jeudi 3 mars 2016 à Paris.

Avoir 17 ans au début de la guerre (né le 6 juillet 1922 à Brest), et s’engager sans hésitation dans la Résistance (comme Daniel Cordier), c’est ce type d’acte héroïque, un acte fondateur d’une vie au service de son pays, auquel s’est livré le jeune Yves Guéna. Dès le 19 juin 1940, il quitta sa ville de Brest pour se rendre en Angleterre et ce fut le 1er juillet 1940 qu’il s’est engagé dans les Forces Françaises Libres (FFL) pour toute la durée de la guerre. Sa première rencontre avec De Gaulle a eu lieu le 6 juillet 1940 à l’Olympia Hall à Londres.


Jeunes technocrates au service de la politique gaulliste

Sorti de l’ENA en 1947, il fut haut fonctionnaire. Contrôleur civil au Maroc en 1947 puis maître de requêtes au Conseil d’État en 1957 (conseiller d’État en 1972), il fut le directeur de cabinet de Michel Debré, alors Ministre de la Justice en 1958 et 1959 (il fut l’un des rédacteurs officieux du projet de nouvelle Constitution entre le 4 juin 1958 et le 14 juillet 1958), puis directeur de cabinet adjoint de Michel Debré à Matignon en 1959. Ambassadeur en Côte d’Ivoire le 8 août 1960, il s’engagea dans la vie politique, naturellement sous l’étiquette gaulliste, en 1962.

Il a fait partie de ces jeunes gaullistes qui sont allés aux législatives en terre de mission au centre de la France, lui en Dordogne en 1962 comme Jacques Charbonnel en Corrèze en 1962 et Jacques Chirac aussi en Corrèze en 1967.

Député de la Dordogne de novembre 1962 à mai 1981 et de mars 1986 à mai 1988, sénateur de la Dordogne de septembre 1989 à janvier 1997, maire de Périgueux de mars 1971 à janvier 1997, Yves Guéna fut Ministre des Postes et Télécommunications du 7 avril 1967 au 31 mai 1968 et du 12 juillet 1968 au 29 juin 1969, Ministre de l’Information du 31 mai 1968 au 10 juillet 1968, Ministre des Transports du 5 avril 1973 au 27 février 1974, Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat du 1er mars 1974 au 27 mai 1974. Il fut aussi conseiller général de la Dordogne de 1970 à 1989. Secrétaire général de l’UDR en 1976 (juste avant la création du RPR), il fut également vice-président du Sénat de 1992 à 1997. Il a "offert" sur un plateau d’argent la mairie de Périgueux à Xavier Darcos qui l’a "perdue" en mars 2008.

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Il commença à être connu alors qu’il était ministre lors de la crise de mai 1968. Le Premier Ministre Georges Pompidou lui avait demandé de menacer les radios périphériques de retirer leur autorisation d’émettre si elles continuaient à parler trop favorablement des étudiants en révolte. Dans ses "Cahiers secrets de la Ve République", Michèle Cotta l’a ainsi décrit : « Il était apparu, sinistre, juste avant la grève de l’ORTF. Il n’avait franchement pas l’air d’être un gai luron. Héros de la guerre, c’est un gaulliste de la toute première heure, qui est tout sauf un extraverti. Excepté, paraît-il, à Périgueux, où il est le maître des lieux et des cérémonies. Son allure n’est pas celle du laisser-aller, certes, mais il s’exprime avec une décontraction qui me surprend, venant de sa part. » (20 février 1975).


Parmi les barons du gaullisme

Ministre sous deux Présidents de la République, Yves Guéna a pu pressentir la fin de leurs mandats. Il a raconté à Michèle Cotta en novembre 1978 l’engrenage de la défaite du référendum du 27 avril 1969 : « Ma première réunion de campagne, je l’ai faite à Mompon, près de chez moi. Il y avait peu de monde, je n’ai pas réussi à faire bouger les assistants. En sortant, je me suis dit que j’avais fait un bide. En fait, ce n’était pas moi qui en faisais un, mais le référendum ! Notre campagne était molle, même chez les militants, tandis que celle des notables contre nous était très bien faite. Quant aux milieux patronaux, ils nous ont laissés tomber ; la droite n’avait plus la trouille parce que les élections législatives [de mai 1968] s’étaient bien passées pour elle et que le recours existait : c’était Pompidou. ».

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Yves Guéna avait pris quelques notes en conseil des ministres. Lors du dernier conseil des ministres le 23 avril 1969, De Gaulle, sans illusion, avait conclu auprès de ses ministres : « En principe, à mercredi prochain. Peut-être, s’il n’en était pas ainsi, un chapitre de l’histoire de France serait terminé, mais nous avons espoir ! ».

Et de dire que la déclaration de Rome (Georges Pompidou qui a déclaré le 17 janvier 1969 à Rome : « Ce n’est, je crois, un mystère pour personne que je serai candidat à une élection à la Présidence de la République quand il y en aura une, mais je ne suis pas du tout pressé ! ») n’était pas en concertation avec De Gaulle comme Olivier Guichard voulait l’affirmer : « Je suis sûr que c’est faux ; que Pompidou a voulu provoquer le Général, au contraire. Ce vieux renard savait bien l’importance de la moindre déclaration. Peut-être que Balladur a été le premier étonné, mais , ce dont je suis certain, c’est que la déclaration a été concoctée avec Pierre Juillet… ».

À la fin du dernier conseil des ministres présidé par le Président Georges Pompidou le 27 mars 1974, Yves Guéna avait confié au journaliste Pierre-Marie de la Gorce : « Le Président va mourir cette semaine. » (cité par Michèle Cotta).

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Au milieu des années 1970, Yves Guéna avait pris une importance politique non négligeable mais restait assez hésitant sur le soutien à apporter à Jacques Chirac. Pierre Juillet et Marie-France Garaud s’amusaient à le décrire comme l’homme aux deux parapluies : « Celui qu’il porte et celui qu’il a avalé ! ».

Le 7 avril 1976, Jacques Chirac, Premier Ministre et secrétaire général de l’UDR, nouvellement nommé par Valéry Giscard d’Estaing "coordinateur de la majorité", a voulu quitter la tête de l’UDR. Il a alors convoqué à Matignon Yves Guéna, l’un des secrétaires généraux adjoints, pour lui dire qu’il avait pensé laisser la direction de l’UDR… à Albin Chalandon (voulu par Marie-France Garaud). Réaction très verte d’Yves Guéna : « Je ne lui ai pas caché que je trouvais que ce poste, d’ailleurs délicat, me revenait de droit. » (confidence lâchée le 20 avril 1976 à Michèle Cotta qui a ainsi commenté : « Cela ne m’étonne pas du tout de Guéna : derrière son franc-parler d’autant plus inattendu que son apparence physique est raide, il a une assez haute idée de lui-même, qu’il cache le plus souvent, mais qui m’a néanmoins toujours paru évidente. »). Le surlendemain, après une réunion avec Roger Frey et Olivier Guichard très réticents, Jacques Chirac convoqua de nouveau Yves Guéna et lui déclara : « Tu m’as convaincu. Ok, tu seras secrétaire général de l’UDR. ».

La suite de l’histoire, c’est que quelques mois plus tard, Jacques Chirac démissionna avec grand fracas de Matignon et le 5 décembre 1976, transforma l’UDR en RPR dont il a pris la présidence. Voici Jacques Chirac en piste pour les quatre élections présidentielles suivantes…


Commandeur des croyants

La carrière politique d’Yves Guéna, tant locale (à Périgueux) que nationale (comme parlementaire et ministre), a toujours été sous le sceau de son engagement gaulliste de la première heure. Surnommé le "commandeur des croyants" par ses amis de Dordogne, il était le prophète du Dieu De Gaullle : « Pour moi, dans l’Histoire de France, il y a Clovis, Charlemagne, Philippe Auguste, Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV, Napoléon et De Gaulle. Ils sont au même niveau. ».

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Yves Guéna a atteint le plus haut sommet de l’État le 3 janvier 1997 avec sa nomination, par René Monory, alors Président du Sénat, comme membre du Conseil Constitutionnel pour succéder à Étienne Dailly décédé le 24 décembre 1996 (nommé le 8 mars 1995). Il a prêté serment le 20 janvier 1997 et fut nommé Président du Conseil Constitutionnel le 1er mars 2000 par Jacques Chirac après la démission de Roland Dumas. Assurant l’intérim pendant un an (Roland Dumas s’était mis en congé en raison de ses tracas judiciaires), il présida en pratique la plus haute juridiction de la République du 24 mars 1999 au 9 mars 2004. C’est la première fois (et seule fois) que le Conseil Constitutionnel a été présidé par un membre qui n’a pas été nommé par le Président de la République.

Il continua ses engagements comme président de l’Institut du monde arabe (IMA) de 2004 à 2007 (avant Dominique Baudis), président de l’Institut Charles-De Gaulle de 2000 à 2006, de la Fondation Charles-De Gaulle de 2001 à 2006, de la Fondation de la France libre de 2007 à 2011 (après Pierre Messmer), etc.


Mémoire d’Outre-Gaulle

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, tant des essais que du théâtre ou des romans, Yves Guéna écrivit notamment la biographie du Baron Louis (publiée le 19 octobre 1999) qui lui valut le prix Jacques de Fouchier de l’Académie française en 2000. Il avait aussi envisagé les cent premiers jours du retour de la droite au pouvoir au printemps 1986 (dans un ouvrage collectif publié en 1985).

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Son dernier livre était ses "Mémoires d’Outre-Gaulle" (livre sorti le 21 avril 2010). Yves Guéna n’a pu s’empêcher de se poser la question sur ce qu’aurait pensé De Gaulle sur les événements qui ont ponctué les quarante dernières années : « Qu’est-ce que vous voulez ? Lorsque vous entendiez le Général De Gaulle, il fallait quand même que ça rentre dans votre tête et que ça y reste ! Quand j’étais au gouvernement, je notais toutes ses déclarations en conseil des ministres. En principe, ce n’est pas autorisé, mais j’ai continué avec Pompidou. Mine de rien, je prenais des petites notes et je les rédigeais dès que je rentrais à mon ministère. » ("Sud Ouest", le 28 avril 2010).

Capable de parler des nombreux acteurs qui ont jalonné la vie politique française, comme Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac (« J’ai une très grande admiration, une très grande amitié pour Chirac. C’est un grand bonhomme. »), François Mitterrand (« Il était intelligent et habile mais il n’a rien apporté à la France. »), Yves Guéna s’était bien gardé de donner une opinion sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy qu’il avait soutenu en 2007 : « Mon livre s’arrête en 2007, vous savez. En 2007, j’ai soutenu Sarkozy sans aucune restriction. Et vous avez remarqué que j’attends d’avoir un certain recul pour parler des choses ! ». On ne saura donc rien sur ce qu’il pensait des gaullistes d’aujourd’hui


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 mars 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qu’aurait pensé le Général De Gaulle ?
De Gaulle en 1940.
De Gaulle en 1965.
Georges Pompidou.
Le gaullisme politique.
Edmond Michelet.
Pierre Messmer.
Robert Boulin.
Jacques Chaban-Delmas.
Valéry Giscard d’Estaing.
Jacques Chirac.
Raymond Barre.
Edgar Faure.
Maurice Faure.
René Monory.
Jean Lecanuet.
Jean Foyer.
Michel Debré.
Jean-Marcel Jeanneney.
Olivier Guichard.
Alain Peyrefitte.
Roger Galley.
Jean Charbonnel.
Pierre Bas.
Philippe Séguin.
Jacques Toubon.
Daniel Cordier.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160303-yves-guena.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/yves-guena-l-un-des-derniers-178415

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/03/03/33458989.html


 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 06:03

« Depuis 1974, il y a eu en France trois exécutions capitales, alors que plus de cinq mille crimes, susceptibles juridiquement d’amener les criminels à l’échafaud, avaient été commis. L’affaire est entendue, la peine de mort est à l’agonie, elle est même sans doute déjà morte. Il ne manque plus que le constat officiel du décès. (…) S’il est un homme en France pour affirmer, et démontrer à l’évidence, que trois têtes coupées en cinq ans ont changé quoi que ce soit à la délinquance et à la criminalité, mon combat perd une part de son sens. Mais nul ne fera cette démonstration impossible. Tout homme de bonne foi doit se poser cette question. Et la résoudre : ces trois têtes, oui, en quoi ont-elles servi la France ? » ("Par ordre du Sultan, une tête…" publié le 24 mai 1979).


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Je voudrais rendre hommage ici à l’ancien député Pierre Bas, qui est mort à 90 ans, le mois dernier, le 18 novembre 2015, à Paris. Un hommage religieux a eu lieu le 26 novembre 2015 en l’église Saint-Germain-des-Prés, et le conseil de Paris l’a également célébré lors de sa séance du 14 décembre 2015.

En dehors du fait qu’il fut parmi les très rares élus RPR à avoir soutenu (dès 1983) la candidature de Raymond Barre à l’élection présidentielle du 24 avril 1988 (ce qui lui a fait perdre son investiture aux législatives en juin 1988 et son mandat du conseil de Paris en mars 1989), Pierre Bas fut le premier parlementaire, après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, à avoir imposé à l’Assemblée Nationale un débat sur l’abolition de la peine de mort grâce à un artifice de procédure dans la discussion sur un projet de loi de finances : il avait simplement proposé un amendement qui supprimait le salaire du bourreau !


D’abord l’Afrique…

Né le 28 juillet 1925 à Besançon d’une famille modeste, il fut résistant alors qu’il n’était qu’élève du Lycée Louis-le-Grand. Licencié en droit et en lettres, diplômé de l’École nationale de la France d’Outre-mer, Pierre Bas fut à partir de 1949 un haut fonctionnaire et administrateur civil de la France d’Outre-mer en Afrique Équatoriale française, notamment au Tchad de 1952 à 1957, au Cameroun de 1957 à 1958, sous l’autorité de Pierre Messmer, alors gouverneur général de l’Afrique occidentale.

Il travailla aussi pour le gouvernement français, comme membre du cabinet de Maurice Bayrou, Secrétaire d’État à la France d’Outre-mer du 1er mars 1955 au 6 octobre 1955 (sans rapport familial avec François Bayrou), puis à l’Élysée par l’entremise de Pierre Messmer, sous la Présidence de De Gaulle, auprès du Secrétaire Général de la Présidence de la République entre janvier 1959 et novembre 1962, après avoir accompagné De Gaulle en août 1958 dans un grand voyage en Afrique, en tant que spécialiste de l’Afrique aux côtés de Jacques Foccart.

Pierre Bas fut d’ailleurs l’un des spécialistes des civilisations préhistoriques de l’Afrique noire. Ce qui l’amena en 1983 à se faire élire membre titulaire de la première section de l’Académie des sciences d’Outre-mer, spécialisé dans différents champs de compétence : politique, Afrique centrale, équatoriale et sahélienne, christianisme, géographie, voyages et explorations,


Engagement politique chez les gaullistes

Conseiller référendaire à la Cour des Comptes en 1962, il sauta le pas de l’engagement politique (UNR, UDR puis RPR) à l’âge de 37 ans en se faisant élire député de Paris en novembre 1962. Il fut réélu député de Paris sans discontinuité du 25 novembre 1962 au 1er avril 1986, date à laquelle sa conscription fut supprimée comme toutes les autres par le scrutin proportionnel imposé par François Mitterrand.

François Mitterrand, collègue député, il l’a giflé pour avoir été calomnié par lui (François Mitterrand avait été son ministre de tutelle à la France d’Outre-mer et avait prétendu l’avoir sanctionné, ce qui était faux). Pierre Bas n’a pas été sanctionné pour sa gifle car la calomnie avait été reconnue.


Des réalisations pour Paris

Il a beaucoup agi comme élu parisien pour Paris et la région parisienne. Il fut élu conseiller de Paris de 1965 à 1989, premier adjoint au maire de Paris chargé de la culture de mars 1977 à mars 1983 (il travailla avec le compositeur Marcel Landowski), maire du 6e arrondissement de mars 1983 à mars 1989 et avait présidé le district de la Région parisienne de 1970 à 1971 avant la mise en place des conseillers régionaux. Il fut président de commission du district de la Région parisienne entre 1967 et 1976 (d’abord celle des finances puis celle des transports),et enfin vice-président du conseil régional d’Île-de-France de 1976 à 1983, sous la présidence de Michel Giraud.

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Les parisiens et les franciliens lui doivent entre autres la ligne B du RER, la prolongation des lignes de métros vers la Petite couronne, le tronçon de la ligne de métro Auber-Nation, l’appellation de l’aéroport Charles De Gaulle à Roissy, de la Place du Général De Gaulle à l’Étoile, et avait guerroyé contre Valéry Giscard d’Estaing et son candidat Michel d’Ornano à la première élection du maire de Paris, en mars 1977 en le faisant contester le 15 novembre 1976 par le groupe gaulliste qu’il présidait (contre toute attente, Jacques Chirac décida finalement de se présenter et fut élu maire de Paris de mars 1977 à juin 1995).


Un parlementaire présent sur de nombreux fronts

Ce sont ses réalisations comme député qui furent les plus intéressantes. Il a laissé son nom avec son collègue Marc Lauriol à la loi n°75-1349 du 31 décembre 1975 relative à l’emploi de la langue française qui rendait notamment obligatoire l’emploi de la langue française dans les messages publicitaires et qui fut complétée par la loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française (présentée par le Ministre de la Culture et de la Francophonie Jacques Toubon).

Parmi les plus autres centres d’intérêt du député Pierre Bas, il y a eu le Festival international de la danse de Paris qu’il présida de 1978 à 1990, le Vietnam, pour lequel il présida le Comité français de soutien pour un Vietnam libre de 1983 à 1989, et il présida également l’Union des conseillers généraux et des maires de France pour la défense de la vie de 1973 à 1986. Ce sont ses convictions en faveur de la défense de la vie qui l’ont conduit à être le premier parlementaire abolitionniste depuis la Première Guerre mondiale, bien avant François Mitterrand et Robert Badinter.


Le débat sur l’abolition de la peine de mort

L’hommage que je souhaite lui rendre porte effectivement sur la peine de mort. Président du comité parlementaire pour l’abolition de la peine de mort de 1978 à 1986, parlementaire chevronné, humaniste et catholique, il avait trouvé le moyen d’en finir concrètement avec la peine de mort sans avoir à en formaliser l’abolition complète (très impopulaire dans "l’opinion publique").

Pendant soixante-dix ans, aucun débat parlementaire sur l’abolition de la peine de mort n’avait eu lieu en France. La majorité progressiste élue à la Chambre des députés le 20 mai 1906, avec radicaux, républicains modérés et radicaux-socialistes (335 sièges sur 585), était prête à voter pour l’abolition de la peine de mort. Joseph Reinach a alors déposé une proposition de loi en ce sens le 10 juillet 1906, et finalement, Aristide Briand, le Ministre de la Justice dans le gouvernement de Georges Clemenceau, reprit le 3 juillet 1908 le projet de loi déposé par le gouvernement le 5 novembre 1906 et soutenu activement par Jean Jaurès.

Mais entre temps, un fait divers particulièrement sordide a traumatisé la population le 31 janvier 1907. Condamné à mort le 23 juillet 1907, le meurtrier fut gracié par le Président Fallières le 13 septembre 1907, ce qui scandalisa "l’opinion publique" et allait faire échouer la tentative d’abolition. Le rapporteur du texte, abolitionniste, a en effet été évincé au profit d’un anti-abolitionniste. Les débats ont commencé le 3 juillet 1908 et le 8 décembre 1908, 330 députés votèrent finalement pour le maintien de la peine de mort contre 201 en faveur de son abolition, sur 531 votants.

Il a fallu donc attendre le 24 octobre 1978 pour que la peine de mort soit redevenue un sujet de débat, grâce à l’ingéniosité de Pierre Bas. Et encore, par la petite porte !

En effet, Pierre Bas avait initialement déposé le 8 mai 1978 à l’Assemblée Nationale une proposition de loi tendant à abolir la peine de mort en France (n°215). Ce texte, cosigné également par Philippe Séguin, Bernard Stasi et Adrien Zeller, reprenait la proposition de loi présentée le 27 juillet 1962 par le député centriste Eugène Claudius-Petit (n°1890) que Pierre Bas avait lui aussi cosignée et qu’Eugène Claudius-Petit avait redéposée à chaque début de nouvelle législature.

Comme le gouvernement et la conférence des présidents (chargée de définir l’ordre du jour parlementaire) ont obstinément refusé de mettre à l’ordre du jour sa proposition de loi, Pierre Bas a adopté la même tactique parlementaire qu’en 1906 où le député Jean Cruppi (futur ministre …et grand-père de Marcel Landowski) avait réussi à faire adopter par la commission du budget la suppression immédiate des crédits pour le salaire du bourreau. Cette disposition avait été alors rejetée avec une très faible majorité avec l’appui de l’abolitionniste Joseph Reinach qui considérait « qu’une pareille réforme, une si grande réforme ne devait pas entrer dans la loi par la petite porte et qu’elle devait être discutée devant une assemblée comme la nôtre dans un esprit à la fois philosophique et politique » (séance du 3 juillet 1908).

Comme Alain Peyrefitte, Ministre de la Justice du 31 mars 1977 au 14 mai 1981, refusait tout débat, Pierre Bas a donc adopté la tactique de la petite porte : à l’occasion de l’examen des crédits de la justice en première lecture du projet de loi de finances pour 1979 (n°560), Pierre Bas présenta le 24 octobre 1978 son amendement n°1 pour l’État B – titre III visant à supprimer les crédits du bourreau.

Philippe Séguin, jeune député (c’était sa première discussion budgétaire, sa première élection a eu lieu en mars 1978), était l’un des meilleurs défenseurs de cet amendement : « En suivant notre collègue Pierre Bas, Monsieur le Garde des Sceaux, nous n’avons pas cherché, par des moyens subreptices ou clandestins, à abolir la peine de mort ; nous avons simplement souhaité en faire suspendre l’application aussi longtemps que le gouvernement n’aura pas accepté que se tienne dans cette enceinte le débat que nous attendons. » (séance du 24 octobre 1978).

Raymond Forni, député socialiste qui fut le rapporteur de la future loi sur l’abolition de la peine de mort (rapport n°316 du 10 septembre 1981), au cours de la même séance, interpella le Ministre de la Justice dans le même sens : « La question est posée de savoir si vous serez moins courageux que les jurés de la cour d’assises de l’Aube qui ont refusé de condamner Patrick Henry. La question est de savoir si vous cautionnerez les erreurs commises en notre nom à tous lorsque les jurés condamneront d’autres Christian Ranucci. » (24 octobre 1978).

Finalement, craignant qu’une majorité à l’Assemblée Nationale fût favorable à l’amendement de Pierre Bas, le gouvernement a alors préféré imposer la procédure du vote bloqué (article 44 alinéa 3 de la Constitution) pour empêcher son adoption. Les crédits de la justice furent ainsi adoptés par 271 voix contre 210.

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Persévérant, Pierre Bas déposa le 15 mars 1979 une nouvelle proposition de loi créant une peine de remplacement de la peine de mort (n°914) et a fermement protesté le 20 juin 1979 à l’occasion d’un rappel au règlement contre l’obstruction du gouvernement et de la conférence des présidents de toute inscription à l’ordre du jour des propositions abolitionnistes. Quelques jours auparavant, le 14 juin 1979, la commission des lois de l’Assemblée Nationale avait adopté le rapport de Philippe Séguin proposant l’abolition de la peine de mort.

Il faut rappeler que le gouvernement avait un contrôle total de l’ordre du jour parlementaire jusqu’à la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 voulue par Nicolas Sarkozy qui accorde désormais lors de chaque session, à chaque groupe politique, des journées consacrées à l’examen de leurs propres propositions de loi.

Lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1980 (n°1290), Pierre Bas a de nouveau protesté le 16 novembre 1979 contre l’hypocrisie du gouvernement décidé « à ne faire aucun obstacle à l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée du débat sur les propositions de lois demandant l’abolition de la peine de mort » tout en verrouillant la conférence des présidents pour empêcher cette inscription à l’ordre du jour. Si bien que Pierre Bas a soutenu le même amendement que l’année précédente, supprimant les crédits du bourreau (n°3), et l’amendement fut rejeté en scrutin public avec une procédure de vote assez contestable, par 272 voix contre 215.

En janvier 1980, répondant à une question écrite de Philippe Séguin, le Ministre de la Justice Alain Peyrefitte confirma l’attentisme du gouvernement : « Pour que ses intentions soient pleinement comprises dans le pays et que sa discussion se déroule dans la sérénité souhaitable, le choix du moment est essentiel. Le gouvernement considère que de récents crimes en série, qui ont profondément ému l’esprit public, rendent inopportun dans l’immédiat le dépôt de ce texte. » ("ce texte" :  « un projet de loi sur l’échelle des peines criminelles », donc même pas l’abolition pure et simple de la peine de mort).

À l’occasion de la discussion générale en première lecture du projet de loi Sécurité et liberté (n°1681), Pierre Bas a évoqué le 12 juin 1980 une nouvelle fois la nécessité d’abolir la peine de mort, rappelant l’attitude abolitionniste de la Cour de cassation et le vœu de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que l’isolement de la France en Europe sur cette question, et il a présenté l’amendement n°19 à rédiger avant l’article 7 du projet de loi, établissement l’abolition de la peine de mort. Cet amendement fut rejeté par 252 voix contre 102.

Pour la troisième fois consécutive, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances pour 1981 (n°1933), Pierre Bas a présenté le 5 novembre 1980 l’amendement n°1 visant à supprimer les crédits relatifs aux exécutions capitales. Le refus du gouvernement fut de nouveau exprimé par Alain Peyrefitte : « Le gouvernement estime que le préalable absolu est rétablissement en France d’un climat de sécurité. ». Autant dire jamais, dans ces conditions ! L’amendement de Pierre Bas fut une nouvelle fois repoussé en scrutin public par 252 voix contre 203.

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La persévérance de Pierre Bas fut sans succès durant le septennat de Valéry Giscard d’Estaing dont le refus d’abolir la peine de mort est sans doute la principale faute politique, lui qui avait su moderniser la société française par ailleurs et surtout, qui n’était pas contre le principe de l’abolition. Un abolitionniste non pratiquant.

La victoire de François Mitterrand du 10 mai 1981 et sa promesse d’abolir la peine de mort changea complètement la perspective des abolitionnistes. Comme au début du septennat de son lointain prédécesseur Armand Fallières (Président de la République de 1906 à 1913, qui, après sa grâce très impopulaire du 13 septembre 1907, laissa finalement exécuter sept condamnés en 1908, sept en 1909, onze en 1910), François Mitterrand gracia systématiquement tous les condamnés à mort et chargea Robert Badinter le 23 juin 1981 d’abolir la peine de mort. Ce qui est moins connu, c’est qu’à l’origine, François Mitterrand avait chargé le radical Maurice Faure de cette mission, nommé Ministre de la Justice dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy qui ne dura qu’un mois (du 22 mai 1981 au 23 juin 1981) mais en bon dilettante, Maurice Faure avait renoncé à la charge trop contraignante de ministre.

Pierre Bas déposa alors le 8 juillet 1981 deux propositions de loi visant à l’abolition de la peine de mort (N°40 et n°41). Ce n’est pas son texte qui servit de base au projet du gouvernement mais Pierre Bas participa activement à la discussion générale le 17 septembre 1981 en brossant un historique des tentatives pour abolir et en rappelant le retard de la France en la matière. L’abolition de la peine de mort fut définitivement instituée avec la promulgation de la loi n°81-908 du 9 octobre 1981.


Pierre Bas, à l’avant-garde de l’abolition de la peine de mort

Pierre Bas a publié plusieurs essais dont un pamphlet le 24 mai 1979 sur la peine de mort "Par ordre du Sultan, une tête…" (209 pages, éd. Hachette) et le dernier, le 25 mars 2012, ses mémoires, "Secrets, manœuvres, chocs et volte-face de Charles De Gaulle à Nicolas Sarkozy" (603 pages, éd. Alexandra de Saint-Prix).

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Comme je viens de l’expliquer, l’abolition de la peine de mort n’était pas issue d’un clivage politique partisan mais de considérations morales. Et les premiers à se battre pour l’abolition de la peine de mort, sous la Ve République, paradoxalement, n’étaient pas des socialistes mais des centristes (Eugène Claudius-Petit) et des gaullistes (Pierre Bas et Philippe Séguin). Le 18 septembre 1981, Jacques Chirac vota, lui aussi, la loi sur l’abolition de la peine de mort, quelques mois après son échec à l’élection présidentielle, sans que ce soutien fût considéré comme une collusion avec le nouveau pouvoir socialo-communiste.

Pierre Bas, qui a sacrifié une carrière politique, qui aurait pu être brillante, au profit de ses convictions les plus profondes, aurait pu reprendre à son compte cette belle réflexion de Bernard Stasi : « Pour nous, il n’y a pas de politique sans morale. Quand on fait de la politique, bien entendu, c’est pour gagner, mais pas à n’importe quel prix. » (6 septembre 1983). Hommage lui soit rendu.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 décembre 2015)
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Pour aller plus loin :
Pierre Bas.
De Gaulle.
Jacques Chirac.
Raymond Barre.
Alain Peyrefitte.
Valéry Giscard d’Estaing.
Pierre Messmer.
Aristide Briand.
François Mitterrand et la peine de mort.
Raymond Forni.
Maurice Faure.
Robert Badinter.
Philippe Séguin.
Bernard Stasi.
Encore la peine de mort.
Chaque vie compte.
Serge Atlaoui.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 06:14

« Il faut dire les choses franchement. Oui, vous avez perdu confiance dans les politiques. C’est pourquoi chaque candidat de ma liste a signé une charte d’éthique et pris des engagements fermes pour la moralisation de la gestion régionale. » (Valérie Pécresse, novembre 2015).


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Après la victoire de ses listes avec 60 148 voix d’avance (soit 43,80% des suffrages exprimés), Valérie Pécresse sera élue présidente du conseil régional d’Île-de-France ce vendredi 18 décembre 2015. Sa majorité bénéficie d’une large assise : le conseil régional est composé en effet de 121 conseillers de l’alliance LR-UDI-MoDem, 66 conseillers du PS et alliés, et de 22 conseillers du FN. Cette élection tourne la page de plus de dix-sept ans de gestion socialo-écolo-communiste sous la houlette de Jean-Paul Huchon.

Pour se consacrer à 100% à la région, après avoir démissionné de la haute fonction publique, elle démissionne de son mandat de députée des Yvelines devançant ainsi l’obligation légale fixée à 2017. Si Xavier Bertrand l’imite (démission de la mairie de Saint-Quentin et du mandat de député), ses collègues présidents Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau gardent leur mandat de parlementaire ainsi que leurs responsabilités partisanes… et Jean-Yves Le Drian ses fonctions de Ministre de la Défense.

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Au premier tour, la région Île-de-France n’a pas suivi le mouvement général du pays. Les électeurs franciliens y avaient moins voté (seulement 45,90% des 7 087 089 électeurs franciliens avaient pris part au vote) et le FN n’était pas au niveau national même s’il a doublé quand même son score entre 2010 et 2015. La grande gagnante du premier tour du 6 décembre 2015 a été Valérie Pécresse (LR-UDI-MoDem) qui est arrivée largement en tête avec 30,51% des voix, suivie de Claude Bartolone (PS) avec 25,19%, soit un retard de plus de 5% et Wallerand de Saint Just (FN) avec 18,41%. Ces trois listes s’étaient maintenues au second tour.


Vieilles lunes socialo-écolo-communistes

Au lendemain du premier tour, le spectacle était surréaliste : Claude Bartolone, très laborieusement, lisait sa joie de fusionner avec les communistes de Pierre Laurent (au silence d’enfant de chœur) et avec les écologistes d’Emmanuelle Cosse. Pourtant, rien ne les réunit puisque cela fait plus d’un an qu’ils ne cessent de se critiquer les uns et les autres.

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Comment pourrait-on imaginer que, face aux défis majeurs que représentent les attentats de Paris ou encore la vague nationale du FN qui pourrait dévaster tout le paysage politique dans un futur proche, comment pourrait-on encore imaginer que l’alliance avec les archéo-communistes fût une réponse rassurante pour les électeurs ? Claude Bartolone a eu, à l’évidence, quarante ans de retard. Il s’est cru encore du temps du programme commun. Et comment les écologistes auraient-ils pu faire confiance au bétonneur qu’il fut à la tête de la Seine-Saint-Denis ?

Notons au passage que l’écologiste Jean-Vincent Placé, démissionnaire de son parti EELV, sénateur car élu comme premier de la liste du PS dans l’Essonne le 25 septembre 2011, deuxième vice-président du conseil régional chargé des transports à l’issue des élections régionales de mars 2010, n’était pas présent au premier tour sur la liste EELV mais sur la liste PS et a pu être élu au second tour malgré l’échec socialiste.


Absence de projet régional au PS malgré 17 ans aux commandes

L’absence de leadership assumé, disputé initialement par Jean-Paul Huchon (président sortant), Marie-Pierre de La Gontrie (première vice-présidente sortante) et Benoît Hamon (ancien ministre), a vidé de tout contenu la campagne des socialistes.

Le PS en Île-de-France tablait sur une logique arithmétique, additionner des serviettes et des torchons, en comptabilisant les 6,63% du PCF et les 8,03% de EELV, ce qui aurait donné un total supérieur à l’ensemble des électeurs de Valérie Pécresse et éventuellement de Nicolas Dupont-Aignan (qui, sagement, n’avait donné aucune consigne de vote). Mais les électeurs n’appartiennent pas aux états-majors des apparatchiks et ont démenti ces calculs d’apothicaires : et si la logique arithmétique s’appliquait aux élections, ça se saurait !

La vérité, c’est que Claude Bartolone, arrivé comme un cheveu sur la soupe régionale très récemment (ce serait difficile de parler de parachutage pour l’Île-de-France !), n’avait aucun programme et ne pouvait pas en avoir un cohérent avec cette fusion qui faisait l’alliance de la chèvre et du chou dont le seul objectif était de sauver des postes ! Le seul projet politique cohérent et rationnel a été porté par Valérie Pécresse. Cela fait plusieurs années qu’elle l’a travaillé, qu’elle l’a peaufiné, qu’elle était désormais prête.

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Une femme, jeune, dynamique, intelligente, expérimentée, grande connaisseuse des finances publiques et de l’excellence universitaire, avec une équipe tout aussi dynamique et compétente va tourner avec avantage la page de la gestion de copinage de Jean-Paul Huchon que Claude Bartolone voudrait faire perdurer dans une région où le nombre de demandeurs d’emploi franciliens a crû de 188 000 en cinq ans.

Alors, maintenant qu’elle est élue, intéressons-nous à Valérie Pécresse, son parcours et son programme, car rappelons-le aussi : en Île-de-France, ce fut la seule candidate qui a parlé de son programme régional et uniquement de son programme régional, sans se dissiper dans des considérations nationales voire internationales. Et une femme présidente de région, finalement, cela reste encore très rare (seulement trois femmes sur les treize grandes régions, aucune en outremer) dans cette France de 2015 qui se veut ouverte à la parité et aux femmes mais qui, dans les faits, est archaïque (les femmes n’ont eu le droit de voter qu’en 1945, un siècle et demi après la Révolution !).


Une personnalité brillante et dynamique

À 48 ans, Valérie Pécresse s’est totalement débridée pendant cette campagne des régionales. Elle considère qu’elle est "assez grande" pour dire crûment ce qu’elle pense sans se lier avec les supposés irremplaçables éléments de langage. Spécialiste des questions familiales et très attentive au sort des réfugiés syriens, elle avait déjà lancé un cri d’alarme dès juillet 2014 pour demander d’aider les chrétiens d’Orient qui étaient massacrés en Syrie et en Irak. C’est dans la capacité à anticiper les grands problèmes d’une époque qu’un homme ou une femme d’État peut s’affirmer. Catholique pratiquante, elle a défendu très tôt la laïcité, seule méthode possible du vivre ensemble, au point de venir soutenir le 27 octobre 2014 la crèche Baby Loup en difficultés financières.

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Elle a donné aussi des preuves de son authenticité entre ses discours et ses actes : auditrice au Conseil d’État en 1992 après un brillant parcours, elle a démissionné de la haute fonction publique en novembre 2015 pour se consacrer totalement et sans filet à la vie politique, et donc sans parachute doré (elle est l’une des très rares à l’avoir fait, avec Bruno Le Maire).


Hyper-diplômée au service de ses convictions

Très brillante élève (au point d’apprendre le russe à 15 ans dans un camp de jeunes en Crimée ; elle parle aussi le japonais), elle a fait la prépa Ginette à Versailles puis est diplômée de HEC et de l’ENA (HEC ENA, comme François Hollande !). Elle est sortie de l’ENA vice-major. Mariée et mère de trois enfants, elle a intégré le prestigieux Conseil d’État et a donné des cours de droit constitutionnel à l’IEP Paris et à HEC.

Considérée politiquement comme une "bébé Chirac" parce qu’elle est devenue conseillère à l’Élysée de juillet 1998 à juin 2002 (elle avait aussi été sollicitée dans le camp d’en face, à Matignon, par Lionel Jospin). Sa famille était liée à celle de Jacques Chirac en raison des graves problèmes de santé d’une fille du Président. Succédant au député RPR sortant Franck Borotra, Valérie Pécresse a été élue députée des Yvelines en juin 2002, réélue en juin 2007 (dès le premier tour) et en juin 2012 (en 2002, elle avait aussi pour adversaire le général Philippe Morillon, proche de François Bayrou). Elle fut élue conseillère régionale d’Île-de-France en mars 2004 sur la liste de Jean-François Copé, puis, comme tête de liste, réélue en mars 2010 et présidente du groupe de l’opposition pendant cinq ans.

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Son activité parlementaire a été tellement efficace qu’Alain Juppé, alors président de l’UMP, déclara à son propos dès 2002 : « Elle a vocation à entrer dans un gouvernement. ». Ce qui fut fait durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy (après avoir attendu son tour lors de la nomination du dernier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et de celui de Dominique de Villepin) : elle fut Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du 18 mai 2007 au 29 juin 2011, c’est elle qui lança le plan Campus de 5 milliards d’euros pour développer dix pôles universitaires majeurs en France, puis Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État ainsi que porte-parole du gouvernement du 29 juin 2011 au 10 mai 2012.

Didier Migaud, Premier Président de la Cour des Comptes (et ancien député PS) a reconnu le 23 avril 2014 que l’année 2011 avait été la meilleure année de maîtrise de la dépense publique depuis vingt ans. C’était aussi le thème régional de prédilection de Valérie Pécresse pour ces élections régionales : ne pas augmenter les impôts  mais financer la réforme du Pass Navigo (qui coûte dans les 400 millions d’euros non financés par le conseil régional sortant) par des réductions de dépenses dans le train de vie du conseil régional.


Parmi les personnalités qui comptent réellement dans la vie politique

Sacrée par ces élections régionales, Valérie Pécresse fait donc maintenant partie des rares personnes à très grand potentiel pour les prochaines années, d’autant plus qu’elle fut l’une des rares ministres à avoir réalisé avec succès la réforme des universités (loi n°2007-1199 du 10 août 2007), l’idée étant de les rendre plus autonomes et de leur permettre d’avoir d’autres fonds que publics, en particulier par des collaborations avec des grandes entreprises et par la défiscalisation des dons. Une grande partie des universitaires était initialement très opposée pour des raisons idéologiques mais tout le monde a aujourd’hui largement accepté cette réforme qui offre un grand développement et une valorisation des atouts d’enseignement et de recherche. Le succès de cette réforme, l’une des plus réussies et abouties des réformes du quinquennat de Nicolas Sarkozy, est surtout le résultat de la détermination et ténacité de Valérie Pécresse face à la contestation.

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Lors de la bataille entre François Fillon et Jean-François Copé à la tête de l’UMP en novembre 2012, Valérie Pécresse avait soutenu ardemment le premier et était, à ce titre, candidate au poste de secrétaire générale. Elle reste toujours proche de François Fillon (c’est un autre filloniste, Jérôme Chartier, qui a été en charge du projet régional) et elle a réussi le tour de force (unique) de réunir le dimanche 27 septembre 2015, au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne, tous les leaders de la droite et du centre dans un meeting commun : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Jean-Christophe Lagarde, Marielle de Sarnez, Bruno Le Maire, etc. après avoir fédéré autour de son leadership l’ensemble des formations de l’opposition parlementaire.


Programme régional

S’il y a eu un élément terriblement escamoté dans ces élections, c’est la campagne électorale, interrompue après les attentats de Paris et l’état d’urgence, et polluée par des considérations nationales (en particulier sur les réfugiés et sur la sécurité) qui ne correspondaient pas aux attributions des régions (au sens de la loi n°2015-29 du 16 janvier 2015).

Pourtant, Valérie Pécresse fait partie des rares candidats, en Île-de-France, à n’avoir parlé que de ses projets pour la région. Et ses idées sont nombreuses. L’idée, ici, n’est pas de toutes les énumérer mais d’indiquer quelques points forts de ce programme qui me paraissent intéressants.

1. L’emploi

Beaucoup de mesures proposées ont montré que la nouvelle présidente comprend très bien les enjeux économiques, comme le fait de régler dès réception les factures dues par la région aux PME ; de faciliter la trésorerie des PME ; d’accompagner les chefs d’entreprise pour leur transmission ; de renforcer l’aide à la formation des demandeurs d’emploi en investissement massivement pour pourvoir aux 100 000 emplois non pourvus ; de créer un contrat d’apprentissage pour les "seniors" ; de doubler l’aide régionale aux apprentis ; de favoriser le télétravail ; et de lancer un plan 100 000 stages pour les jeunes Franciliens dans les entreprises qui ont des aides ou un marché régionaux.

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2. L’éthique

Aucune augmentation d’impôt ne devrait être subie par les Franciliens. Pour financer son programme, Valérie Pécresse veut réduire les dépenses inutiles de fonctionnement : déménager dans des locaux moins coûteux en Seine-Saint-Denis ; réduire des deux tiers le parc automobile des élus ; supprimer l’impression papier du journal de la région (aujourd’hui à 3,5 millions d’exemplaires) au bénéfice de sa version numérique ; supprimer les postes de complaisance au siège régional ; lutter plus efficacement contre la fraude dans les transports publics qui coûte 200 millions d’euros chaque année ; instaurer une taxe pour les poids lourds en transit en Île-de-France ; et aider les communes à nettoyer les dépôts d’ordures sauvages.

Le programme s’est engagé également sur l’exemplarité : « Nous interdirons aux élus de recruter les membres de leur famille au conseil régional et de les loger dans un logement social de la région. (…) Chaque élu remplira une déclaration d’intérêts consultable par tout Francilien et ses indemnités seront réduites à due concurrence de ses absences du conseil régional. ».

3. La richesse des personnes

Valérie Pécresse a proposé que la région finance des chaires d’excellence pour attirer les plus grands chercheurs du monde ainsi que des contrats de retour en France des postdoctorants pour éviter qu’ils restent expatrié ; renforce les programmes sur fonds européens trop peu exploités par l’exécutif sortant ; ouvre les établissements scolaires le soir et les jours non travaillés pour du soutien scolaire ou des activités culturelles et sportives ; construise 25 000 logements étudiants et 3 000 places d’internat (notamment d’excellence avec un retour des bourses régionales au mérite) ; soutienne enfin le plan Campus pour hisser Saclay et Condorcet (Aubervilliers) au rang mondial ; protège les enfants en situation de handicap par un accompagnement personnalisé à chaque rentrée et fasse de 2016 l’année de la cause de l’emploi des personnes en situation de handicap ; soutienne les aidants familiaux qui accompagnent les personnes dépendantes ; investisse dans de nouvelles crèches ; combatte vraiment la drogue et l’alcool dans les lycées ; et augmente de 20% le budget culturel.

4. La sécurité

Thème que Valérie Pécresse a adapté à la suite des attentats du 13 novembre 2015, la sécurité a pris beaucoup d’importance dans ce programme malgré la faiblesse des leviers régionaux : vidéoprotection dans tous les trains et les bus ; 250 agents de police régionale supplémentaires dans les transports ; éclairage et vidéoprotection du parcours entre lycée et transports publics ; descente des bus entre deux arrêts la nuit ; et clôture de sécurité dans tous les lycées.

5. Les transports

Le programme des transports a été lui aussi très ambitieux : automatisation des lignes des métros 4, 11 et 13, et des tronçons parisiens de tous les RER ; liaison ferroviaire directe entre Paris et les aéroports (il serait temps !) ; 1 000 bus supplémentaires pour la grande couronne ajustés aux horaires des trains ; 10 000 nouvelles places de parking près des gares en grande couronne ; investissements massifs pour renforcer l’infrastructure routière aujourd’hui saturée et réduire la pollution automobile ; renforcement de l’offre en transports publics la nuit et le week-end ; maintien du Pass Navigo unique à 70 euros avec tarif spécial notamment pour les familles ; un seul ticket pour tous les modes de transports (métro, train, tramway et bus) sur le même trajet ; construction de murs anti-bruit ; et construction de pistes cyclables le long de toutes les berges franciliennes. En ce sens, elle relancera le Grand Paris.


Une région réconciliée

Valérie Pécresse avait conçu un programme solide et réaliste pour rendre la région Île-de-France plus forte et plus armée face à la crise économique. Son credo devrait être celui de tous les responsables politiques : « C’est cette ambition d’une région conquérante, exemplaire et réconciliée, qui fait respecter la loi partout, récompense le travail et l’effort, protège les plus fragiles, que je vous propose de partager. ».

Elle a maintenant les moyens d’agir avec efficacité. Je lui souhaite bonne chance dans cette ambitieuse entreprise, dans l’intérêt de tous les Franciliens.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 décembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le Grand Paris.
Régionales 2015 : sursaut ou sursis ?
Les enjeux du second tour des régionales de 2015.
Valérie Pécresse.
Claude Bartolone.
Résultats des élections régionales de décembre 2015.
Le premier tour des régionales du 6 décembre 2015.
Les enjeux des élections régionales de décembre 2015.
Réforme territoriale.
La réforme des scrutins locaux du 17 avril 2013.
Le référendum alsacien.
Élections municipales des 23 et 30 mars 2014.
Élections européennes du 25 mai 2014.
Élections sénatoriales du 28 septembre 2014.
Élections départementales des 22 et 29 mars 2015.
Les dernières élections régionales des 14 et 21 mars 2010.
Le ni-ni Doubs.
La poussée annoncée du FN.
Le vote électronique, pour ou contre ?
Le Patriot Act à la française.
Changement de paradigme.
Mathématiques militantes.
2017, tout est possible...

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151216-pecresse.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/valerie-pecresse-nouvelle-175473

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/12/17/33074506.html


 

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 06:02

« Il faut dire les choses franchement. Oui, vous avez perdu confiance dans les politiques. C’est pourquoi chaque candidat de ma liste a signé une charte d’éthique et pris des engagements fermes pour la moralisation de la gestion régionale. » (Valérie Pécresse, novembre 2015).


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On a dit souvent que les candidats n'auraient pas grand chose à proposer et penseraient plus à la répartition de leurs postes qu'à leurs électeurs et aux habitants de leur région. Il est quand même des exceptions notables.

La région Île-de-France n’a pas suivi le mouvement général du pays. Les électeurs y ont moins voté (seulement 45,90% des 7 087 089 électeurs franciliens ont pris part au vote) et le FN n’est pas au niveau national même s’il double quand même son score entre 2010 et 2015. La grande gagnante du premier tour du 6 décembre 2015 est Valérie Pécresse (LR-UDI-MoDem) qui est arrivée largement en tête avec 30,51% des voix, suivie de Claude Bartolone (PS) avec 25,19%, soit un retard de plus de 5% et Wallerand de Saint Just (FN) avec 18,41%. Ces trois listes se maintiennent donc au second tour.

La probabilité de voir la région parisienne gérée par le FN est donc quasi-nulle (j’écris "quasi" car tant que les électeurs ne se sont pas encore prononcés, tout reste toujours possible). Le débat est donc de savoir s’il y aura renouveau ou non de la région, la plus importante de l’Europe, après dix-sept années de gestion socialiste.


Vieilles lunes socialo-écolo-communistes

Au lendemain du premier tour, le spectacle était surréaliste : Claude Bartolone, à la communication digne d’un Brejnev en fin de carrière, lisait sa joie de fusionner avec les communistes de Pierre Laurent (au silence d’enfant de chœur) et les écologistes d’Emmanuelle Cosse. Pourtant, rien ne les réunit puisque cela fait plus d’un an qu’ils ne cessent de se critiquer les uns et les autres.

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Comment peut-on imaginer que, face aux défis majeurs que représentent les attentats de Paris ou encore la vague nationale du FN qui pourrait dévaster tout le paysage politique, comment peut-on encore imaginer que l’alliance avec les archéo-communistes soit une réponse rassurante pour les électeurs ? Claude Bartolone a, à l’évidence, quarante ans de retard. Il se crois encore du temps du programme commun. Et comment les écologistes peuvent-ils faire confiance au bétonneur qu’il fut à la tête de la Seine-Saint-Denis ?

Notons au passage que l’écologiste Jean-Vincent Placé, démissionnaire de son parti EELV, sénateur car élu comme premier de la liste du PS dans l’Essonne le 25 septembre 2011, deuxième vice-président du conseil régional chargé des transports à l’issue des élections régionales de mars 2010, n’était pas présent au premier tour sur la liste EELV mais sur la liste PS en position éligible même en cas d’échec.


Absence de projet régional au PS malgré 17 ans aux commandes

L’absence de leadership assumé, disputé initialement par Jean-Paul Huchon, Marie-Pierre de La Gontrie et Benoît Hamon, a vidé de tout contenu la campagne des socialistes.

Le PS en Île-de-France table sur une logique arithmétique, additionner des serviettes et des torchons, en comptabilisant les 6,63% du PCF et les 8,03% de EELV, ce qui donnerait un total supérieur à l’ensemble des électeurs de Valérie Pécresse et éventuellement de Nicolas Dupont-Aignan (qui, prudemment, n’a donné aucune consigne de vote). Mais les électeurs n’appartiennent pas aux états-majors des apparatchiks, et si la logique arithmétique s’appliquait aux élections, ça se saurait ! Et l’issue du second tour dans la PACA ou du Nord-Pas-de-Calais-Picardie ne serait d’aucun suspens dramatique non plus (même si certains sondages semblent calmer le "jeu").

La vérité, c’est que Claude Bartolone, arrivé comme un cheveu sur la soupe régionale très récemment (ce serait difficile de parler de parachutage pour l’Île-de-France !), n’a aucun programme et ne peut pas en avoir un cohérent avec cette fusion qui fait l’alliance de la chèvre et du chou dont le seul objectif est de sauver des postes ! Le seul projet politique cohérent et rationnel est porté par Valérie Pécresse. Cela fait plusieurs années qu’elle l’a travaillé, qu’elle l’a peaufiné, qu’elle est prête.

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Une femme, jeune, dynamique, intelligente, expérimentée, grande connaisseuse des finances publiques et de l’excellence universitaire, avec une équipe tout aussi dynamique et compétente tournera avec avantage la page de la gestion de copinage de Jean-Paul Huchon que Claude Bartolone voudrait faire perdurer. Toute voix qui n’irait pas sur ses listes, c’est-à-dire, toute voix perdue dans l’abstention ou le vote blanc, ou toute voix pour les listes du FN qui ne sont pas en mesure de gagner dans cette région, est une voix qui renforce le maintien de cette gestion socialiste qui a fait augmenter le nombre de demandeurs d’emploi franciliens de 188 000 en cinq ans.

Alors, intéressons-nous à Valérie Pécresse, son parcours et son programme, car rappelons-le aussi : en Île-de-France, ce fut la seule candidate qui a parlé de son programme régional et uniquement de son programme régional, sans se dissiper dans des considérations nationales voire internationales. Et une femme présidente de région, finalement, cela reste encore très rare dans cette France de 2015 qui se veut ouverte à la parité et aux femmes mais qui, dans les faits, est archaïque (les femmes n’ont eu le droit de voter qu’en 1945, un siècle et demi après la Révolution !).


Une personnalité brillante et dynamique

À 48 ans, Valérie Pécresse s’est totalement débridée pendant cette campagne des régionales. Elle considère qu’elle est "assez grande" pour dire crûment ce qu’elle pense sans se lier avec la supposée irremplaçable langue de bois. Spécialiste des questions familiales et des problèmes que rencontrent les réfugiés syriens, elle avait déjà lancé un cri d’alarme dès juillet 2014 pour aider les chrétiens d’Orient qui étaient massacrés en Syrie et en Irak. C’est dans la capacité à anticiper les grands problèmes d’une époque qu’un homme ou une femme d’État peut s’affirmer. Catholique pratiquante, elle a défendu très tôt la laïcité, seule méthode possible du vivre ensemble, au point de venir soutenir le 27 octobre 2014 la crèche Baby Loup en difficulté financière.

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Elle a donné aussi des preuves de son authenticité : auditrice au Conseil d’État en 1992, elle a démissionné de la haute fonction publique en novembre 2015 pour se consacrer à la vie politique sans parachute doré (elle est l’une des très rares à l’avoir fait, avec Bruno Le Maire). Elle démissionnera de son mandat de députée des Yvelines dès son élection à la présidence du conseil régional, devançant ainsi l’obligation légale repoussée à 2017. Il est bon de rappeler, pour la comparaison, que Claude Bartolone est aussi député et même Président de l’Assemblée Nationale et que s’il était élu à la région, il n’aurait pas du tout l’intention de démissionner de son mandat de député, même s'il a dû concéder le 9 décembre 2015 qu'il devrait quand même quitter le perchoir (Jean-Marc Ayrault piaffe d'impatience). Comprenne qui pourra.


Hyper-diplômée et au service de ses convictions

Très brillante élève (au point d’apprendre le russe à 15 ans dans un camp de jeunes en Crimée ; elle parle aussi le japonais), elle a fait la prépa Ginette à Versailles puis est diplômée de HEC et de l’ENA (HEC ENA, comme François Hollande !). Elle est sortie de l’ENA vice-major. Mariée et mère de trois enfants, elle a intégré le prestigieux Conseil d’État et a donné des cours de droit constitutionnel à l’IEP Paris et à HEC.

Considérée politiquement comme une "bébé Chirac" parce qu’elle est devenue conseillère à l’Élysée de juillet 1998 à juin 2002 (elle avait aussi été sollicitée dans le camp d’en face, à Matignon, par Lionel Jospin). Sa famille était liée à celle de Jacques Chirac en raison des graves problèmes de santé d’une fille du Président. Succédant au député RPR sortant Franck Borotra, Valérie Pécresse a été élue députée des Yvelines en juin 2002, réélue en juin 2007 (dès le premier tour) et en juin 2012 (en 2002, elle avait aussi pour adversaire le général Philippe Morillon, proche de François Bayrou). Elle fut élue conseillère régionale d’Île-de-France en mars 2004 sur la liste de Jean-François Copé, puis, comme tête de liste, réélue en mars 2010 et présidente du groupe de l’opposition pendant cinq ans.

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Son activité parlementaire a été tellement efficace qu’Alain Juppé, alors président de l’UMP, déclara à son propos dès 2002 : « Elle a vocation à entrer dans un gouvernement. ». Ce qui fut fait durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy (après avoir attendu pour le dernier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et celui de Dominique de Villepin) : elle fut Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du 18 mai 2007 au 29 juin 2011, c’est elle qui lança le plan Campus de 5 milliards d’euros pour développer dix pôles universitaires majeurs en France, puis Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État ainsi que porte-parole du gouvernement du 29 juin 2011 au 10 mai 2012.

Didier Migaud, Premier Président de la Cour des Comptes (et ancien député PS) a reconnu le 23 avril 2014 que l’année 2011 avait été la meilleure année de maîtrise de la dépense publique depuis vingt ans. C’est aussi le thème régional de prédilection de Valérie Pécresse pour ces élections régionales : ne pas augmenter les impôts  mais financer la réforme du Pass Navigo (qui coûte dans les 400 millions d’euros non financés par le conseil régional sortant) par des réductions de dépenses dans le train de vie du conseil régional.


Parmi les femmes qui comptent réellement dans la vie politique

Valérie Pécresse fait donc maintenant partie des personnes à très grand potentiel pour les prochaines années, d’autant plus qu’elle fut l’une des rares ministres à avoir réalisé avec succès la réforme des universités (loi n°2007-1199 du 10 août 2007), l’idée étant de les rendre plus autonomes et de leur permettre d’avoir d’autres fonds que publics, en particulier par des collaborations avec des grandes entreprises et par la défiscalisation des dons. Une grande partie des universitaires était initialement très opposée pour des raisons idéologiques mais tout le monde a aujourd’hui largement accepté cette réforme qui offre un grand développement et une valorisation des atouts d’enseignement et de recherche. Le succès de cette réforme, l’une des plus réussies et abouties des réformes du quinquennat de Nicolas Sarkozy, est surtout le résultat de la détermination et ténacité de Valérie Pécresse face à la contestation.

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Lors de la bataille entre François Fillon et Jean-François Copé à la tête de l’UMP en novembre 2012, Valérie Pécresse avait soutenu ardemment le premier et était, à ce titre, candidate au poste de secrétaire générale. Elle reste toujours proche de François Fillon (c’est un autre filloniste, Jérôme Chartier, qui est aujourd’hui en charge du projet régional) et elle a réussi le tour de force (unique) de réunir le dimanche 27 septembre 2015, au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne, tous les leaders de la droite et du centre dans un meeting commun : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Jean-Christophe Lagarde, Marielle de Sarnez, Bruno Le Maire, etc. après avoir fédéré autour de son leadership l’ensemble des formations de l’opposition parlementaire.


Programme régional

S’il y a bien un élément escamoté terriblement dans ces élections, c’est la campagne électorale, interrompue après les attentats de Paris et l’état d’urgence, et polluée par des considérations nationales (en particulier sur les réfugiés et sur la sécurité) qui ne correspondent pas aux attributions des régions (au sens de la loi n°2015-29 du 16 janvier 2015).

Pourtant, Valérie Pécresse fait partie des rares candidats, en Île-de-France, à n’avoir parlé que de ses projets pour la région. Et ils sont nombreux. L’idée, ici, n’est pas de tous les énumérer mais d’indiquer quelques points forts de ce programme qui me paraissent intéressants.

1. L’emploi

Beaucoup de mesures proposées montrent que la candidate comprend très bien les enjeux économiques, comme le fait de régler dès réception les factures dues par la région aux PME ; de faciliter la trésorerie des PME ; d’accompagner les chefs d’entreprise pour leur transmission ; de renforcer l’aide à la formation des demandeurs d’emploi en investissement massivement pour pourvoir aux 100 000 emplois non pourvus ; de créer un contrat d’apprentissage pour les "seniors" ; de doubler l’aide régionale aux apprentis ; de favoriser le télétravail ; et de lancer un plan 100 000 stages pour les jeunes Franciliens dans les entreprises qui ont des aides ou un marché régionaux.

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2. L’éthique

Aucune augmentation d’impôt ne sera subie par les Franciliens. Pour financer son programme, Valérie Pécresse veut réduire les dépenses inutiles de fonctionnement : déménager dans des locaux moins coûteux en Seine-Saint-Denis ; réduire des deux tiers le parc automobile des élus ; supprimer l’impression papier du journal de la région (aujourd’hui à 3,5 millions d’exemplaires) au bénéfice de sa version numérique ; supprimer les postes de complaisance au siège régional ; lutter plus efficacement contre la fraude dans les transports publics qui coûte 200 millions d’euros chaque année ; instaurer une taxe pour les poids lourds en transit en Île-de-France ; et aider les communes à nettoyer les dépôts d’ordures sauvages.

Le programme s’engage également sur l’exemplarité : « Nous interdirons aux élus de recruter les membres de leur famille au conseil régional et de les loger dans un logement social de la région. (…) Chaque élu remplira une déclaration d’intérêts consultable par tout Francilien et ses indemnités seront réduites à due concurrence de ses absences du conseil régional. ».

3. La richesse des personnes

Valérie Pécresse propose que la région finance des chaires d’excellence pour attirer les plus grands chercheurs du monde ainsi que des contrats de retour en France des postdoctorants pour éviter qu’ils restent expatrié ; renforce les programmes sur fonds européens trop peu exploités par l’exécutif sortant ; ouvre les établissements scolaires le soir et les jours non travaillés pour du soutien scolaire ou des activités culturelles et sportives ; construise 25 000 logements étudiants et 3 000 places d’internat (notamment d’excellence avec un retour des bourses régionales au mérite) ; soutienne enfin le plan Campus pour hisser Saclay et Condorcet (Aubervilliers) au rang mondial ; protège les enfants en situation de handicap par un accompagnement personnalisé à chaque rentrée et fasse de 2016 l’année de la cause de l’emploi des personnes en situation de handicap ; soutienne les aidants familiaux qui accompagnent les personnes dépendantes ; investisse dans de nouvelles crèches ; combatte vraiment la drogue et l’alcool dans les lycées ; et augmente de 20% le budget culturel.

4. La sécurité

Thème que Valérie Pécresse a adapté à la suite des attentats du 13 novembre 2015, au contraire de Claude Bartolone qui n’a pas bougé d’un iota sa position malgré les 130 victimes assassinées, la sécurité a pris beaucoup d’importance dans ce programme malgré la faiblesse des leviers régionaux : vidéoprotection dans tous les trains et les bus ; 250 agents de police régionale supplémentaires dans les transports ; éclairage et vidéoprotection du parcours entre lycée et transports publics ; descente des bus entre deux arrêts la nuit ; et clôture de sécurité dans tous les lycées.

5. Les transports

Le programme des transports est très ambitieux : automatisation des lignes des métros 4, 11 et 13, et des tronçons parisiens de tous les RER ; liaison ferroviaire directe entre Paris et les aéroports (il serait temps !) ; 1 000 bus supplémentaires pour la grande couronne ajustés aux horaires des trains ; 10 000 nouvelles places de parking près des gares en grande couronne ; investissements massifs pour renforcer l’infrastructure routière aujourd’hui saturée et réduire la pollution automobile ; renforcement de l’offre en transports publics la nuit et le week-end ; maintien du Pass Navigo unique à 70 euros avec tarif spécial notamment pour les familles ; un seul ticket pour tous les modes de transports (métro, train, tramway et bus) sur le même trajet ; construction de murs anti-bruit ; et construction de pistes cyclables le long de toutes les berges franciliennes.


Une région réconciliée

Valérie Pécresse a conçu un programme solide et réaliste pour rendre la région Île-de-France plus forte et plus armée face à la crise économique. Son credo devrait être celui de tous les responsables politiques : « C’est cette ambition d’une région conquérante, exemplaire et réconciliée, qui fait respecter la loi partout, récompense le travail et l’effort, protège les plus fragiles, que je vous propose de partager. ».

Franchement, qui, mieux qu’elle, dans l’offre électorale du 13 décembre 2015 en Île-de-France, saurait réussir dans cette ambitieuse entreprise ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 décembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Valérie Pécresse.
Claude Bartolone.
Résultats des élections régionales de décembre 2015.
Le premier tour des régionales du 6 décembre 2015.
Les enjeux des élections régionales de décembre 2015.
Réforme territoriale.
La réforme des scrutins locaux du 17 avril 2013.
Le référendum alsacien.
Élections municipales des 23 et 30 mars 2014.
Élections européennes du 25 mai 2014.
Élections sénatoriales du 28 septembre 2014.
Élections départementales des 22 et 29 mars 2015.
Les dernières élections régionales des 14 et 21 mars 2010.
Le ni-ni Doubs.
La poussée annoncée du FN.
Le vote électronique, pour ou contre ?
Le Patriot Act à la française.
Changement de paradigme.
Mathématiques militantes.
2017, tout est possible...

_yartiPecresse08


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151210-valerie-pecresse.html

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/valerie-pecresse-une-presidente-175246

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/12/10/33074625.html


 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 06:00

« Est-ce que votre méthode de gouvernement est désormais la godille, l’improvisation et le zigzag permanent ? » (Guillaume Larrivé, 4 novembre 2015 au Palais-Bourbon).


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Le gouvernement de Manuel Valls ne rate aucune occasion de réduire les dépenses de l’État ou d’augmenter les recette de l’État, ce qui, sur le principe, va dans le sens d’un assainissement des finances publiques que le début du quinquennat de François Hollande a particulièrement mises à mal. Cela n’empêche pas le pouvoir, à la fin de ce quinquennat, de plaider l’héritage du sarkozysme, héritage qui, pourtant, a laissé des finances publiques, compte tenu de la grave crise de septembre 2008, dans un état qui a reçu le "quitus" de bonne gestion de la part de la Cour des Comptes présidée par le socialiste Didier Migaud dans son rapport publié le 2 juillet 2012 commandé par Jean-Marc Ayrault.

Le tout, c’est de prendre ces mesures impopulaires dans la plus grande discrétion possible. Hélas pour ce gouvernement, parfois, ébruitées par des parlementaires pointilleux, elles génèrent une telle mousse médiatique qu’il lui faut alors faire machine arrière et trouver d’autres moyens de réduire le déficit public. Augmentation de la TVA sur les serviettes hygiéniques, réduction (scandaleuse) de l’allocation adulte handicapé (AAH), maintien pour la troisième année de la suppression de la demi-part des veuves (décidée sous la quinquennat précédent mais découverte semble-t-il seulement trois ans et demi après être arrivé au pouvoir), augmentation de la taxe diesel qui va reprendre dans une poche ce que l’impôt sur le revenu aurait généreusement laissé dans l’autre poche, réduction des dotations des collectivités locales, etc.

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Pour exprimer un tel mécontentement, la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale était sans doute la plus indiquée, parce qu’elle est la plus médiatique des séances. Un député de l’opposition a donc pris la parole pour ironiser sur cette politique fiscale incohérente, sans vision, sans horizon, sans préparation. Il faut bien admettre que ses tirades n’auront eu aucun effet, qu’elles ne sont pas très constructives, que c’était un simple jeu de rôle, mais il a pris date, il a pris marque et il a pris marque avec brio. Il s’agit du député LR de l’Yonne, Guillaume Larrivé (38 ans) qui est, à n’en pas douter, d’un grand potentiel, une graine de ministre. Une sorte d’Emmanuel Macron de l’opposition. Le député Dominique Dord s’était prêté à ce même exercice il y a deux ans et demi, le 28 mai 2013.

Présentons rapidement la personnalité : IEP, ESSEC et ENA, maître de requêtes au Conseil d’État, avocat, conseiller du ministre Nicolas Sarkozy à l’Intérieur de 2005 à 2007 puis conseiller du ministre Brice Hortefeux de 2007 à 2011, puis conseiller à l’Élysée de 2011 à 2012. Il a été élu conseiller régional de Bourgogne en mars 2010 et député de l’Yonne en juin 2012 (succédant à l’historique Jean-Pierre Soisson dont il était le suppléant) et a déjà beaucoup travaillé en multipliant les rapports parlementaires, notamment sur l’islamisme radical en prison et sur la lutte contre le cyber-djihadisme. Il a été nommé par Nicolas Sarkozy en décembre 2014 secrétaire national de l’UMP puis LR chargé de la réforme des institutions. En mars 2014, il a raté de peu (48,9%) les élections municipales à Auxerre face au maire socialiste sortant qu’il avait battu aux législatives de 2012.

Dans la séance de questions au gouvernement du 4 novembre 2015, Guillaume Larrivé s’est donc adressé directement au Premier Ministre Manuel Valls : « Permettez-moi une confidence : il est parfois assez difficile de comprendre quelle est la logique , la cohérence de votre politique économique, budgétaire et fiscale. Il y a quelques jours, vous avez vous-même déclaré que François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient, au début du quinquennat, provoqué des dégâts considérables. Merci de cet aveu et de ce premier éclair de lucidité. Mais depuis que vous êtes Premier Ministre, cela continue : 14 milliards d’euros d’impôts supplémentaires ont été prélevés sur les ménages en 2014 et en 2015 ; le bombardement fiscal affaiblit la France, tue les entreprises et appauvrit les classes moyennes. ».

Puis, de pointer du doigt les incohérences gouvernementales : « Nous assistons à un véritable festival budgétaire et fiscal, avec chaque jour des épisodes de plus en plus originaux. Ainsi, le Secrétaire d’État au budget, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, demande à certains contribuables de ne pas payer les impôts qu’il a lui-même fait voter. La Ministre des Collectivités locales demande aux députés de rejeter la réforme de la dotation globale de fonctionnement qu’elle a elle-même présentée. Et, ce matin, le porte-parole du gouvernement demande que le Parlement rejette la réforme de l’allocation adulte handicapé que vous-même proposez. La vérité, monsieur le Premier Ministre, c’est que nous assistons, éberlués, à une sorte de happening permanent où ce qui est annoncé le matin est contredit l’après-midi avant d’être démenti le soir. ».

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Sa question fut donc très polémique : « Y a-t-il un pilote dans l’avion à l’Élysée ou à Matignon, ou bien est-ce que votre méthode de gouvernement est désormais la godille, l’improvisation et le zigzag permanent ? ».

Comme dans son habitude, Manuel Valls ne s’est pas dérobé et a répondu lui-même en revenant encore une fois sur le bilan du quinquennat précédent (en omettant les conséquences budgétaires de la crise de 2008) alors que les gens veulent avant tout avoir une visibilité de leur avenir, pas d’un passé impossible de toute façon à modifier. Ce passéisme est d’ailleurs très significatif de ce gouvernement aux abois, l’argument de mauvaise foi quand on n’a rien à dire sur la cohérence de sa propre politique budgétaire, sur sa propre vision du futur.

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Pour justifier ses nombreuses reculades, Manuel Valls a parlé d’écoute de la société : « Réformer n’est pas à confondre avec vitesse et précipitation ; c’est savoir écouter, et corriger si nécessaire. Nous dialoguons avec la société, avec les partenaires sociaux, avec le Parlement. (…) Notre responsabilité, celle du gouvernement et de la majorité, c’est de prendre de bonnes décisions pour préparer l’avenir du pays, et parfois pour réparer les choix politiques du passé. ». C’est à ce moment-là qu’un député LR (Michel Herbillon) lui a lancé : « Personne ne vous croit ! ».

Manuel Valls a terminé son intervention comme un écolier d’école primaire en disant en gros "c’est celui qui dit qui est" : « Ceux qui sont les amateurs l’ont prouvé quand ils gouvernaient ; ceux qui trompent et qui mentent aux Français, c’est vous, parce que vous ne leur dites pas la vérité sur votre projet. ».

On dirait que Manuel Valls a déjà pris acte qu’il serait dans l’opposition, puisqu’il apporte plus d’importance au projet de l’opposition à son propre projet de loi de finances, et considère déjà que la droite et le centre seraient au pouvoir dans un bref temps. C’est peut-être sa seule vision à peu près cohérente de l’avenir du pays…

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Dans la même séance dans l’hémicycle, Rémi Delatte (59 ans), agriculteur et député LR de la Côte-d’Or depuis juin 2007, a enfoncé le clou sur la politique fiscale : « Votre politique fiscale, faite d’un matraquage permanent et de rétropédalages récurrents n’apporte aucun résultat tangible en matière de croissance. Pire, elle ne réduit que de très peu les inégalités entre nos concitoyens, alors que c’est votre mantra, votre prétexte pour assommer toujours plus les classes moyennes. Tout cela, nous vous le disons depuis plus de trois ans, et vous le balayez d’un revers de la main. ».

Rémi Delatte a voulu lui aussi assommer avec les statistiques de l’iNSEE (publiées la veille, le 3 novembre 2015) : « D’une part, les hausses massives d’impôts que vous avez décidées depuis 2012 plombent le niveau de vie des ménages. En effet, pour 4,8 millions de ménages que vous présentez comme gagnants, ce sont 19 millions de foyers qui sont perdants. D’autre part, votre politique dite de justice sociale ne fait plus illusion : hausse de l’impôt sur le revenu et des cotisations retraite, fiscalisation des mutuelles et majoration de 10% pour charges de famille. Toutes ces attaques contre le pouvoir d’achat des ménages amplifient la colère sociale sans réduire significativement l’écart de niveau de vie entre nos compatriotes. ».

Et de décrire et fustiger l’angle de défense du gouvernement : « Face à cela, vous avez toujours la même parade, l’héritage de vos prédécesseurs. L’épisode de la découverte, en plein débat budgétaire, de milliers de petits retraités soumis aux impôts locaux en est le dernier exemple. La faute à l’ancienne majorité ? Mais qui, sinon vous, a augmenté les impôts de 50 milliards d’euros depuis 2012 ? Ces augmentations sont bien de votre fait, elles sont de votre responsabilité. (…) Quand allez-vous avoir une vision juste et cohérente de la politique fiscale dans notre pays ? ».

À ce député, c’est Christian Eckert, Secrétaire d’État chargé du Budget, qui a répondu très mollement : « Oui, des questions peuvent se poser sur les efforts qui ont pu être demandés par les uns et par les autres, nous avons souvent ce type de débats. Ce que j’observe, c’est que, depuis deux ans, nous sommes passés à une phase non pas de stabilisation de l’impôt sur le revenu, mais de redistribution (…). ».

Ce n’est pas un hasard si le Front national bénéficie aujourd’hui d’intentions de vote très flatteuses aux élections régionales dans un mois (le FN se retrouverait au premier rang dans le Nord-Picardie et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne au premier tour). À force de prendre les contribuables français pour des vaches à lait, les électeurs français se rebiffent…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 novembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Dominique Dord.
Nicolas Sarkozy.
Manuel Valls.
François Hollande.
Fais-moi peur !
Bilan du quinquennat Sarkozy.
Le monde des bisounours.
Tout est possible en 2017…
Mathématiques militantes.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151104-guillaume-larrive.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/guillaume-larrive-y-a-t-il-un-173847

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/11/09/32900930.html

 

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 09:37

Né le 20 mai 1942 à Pompey, près de Nancy, Hubert Haenel fut issu d'une famille nombreuse modeste, catholique et ancien scout (Sanglier fonceur). En faisant des petits boulots, il a réussi à entrer à l'École nationale de la magistrature et en sortit major/ Il fut magistrat, colonel de réserve dans la gendarmerie, administrateur de la SNCF. Il est l'auteur d'une douzaine de livres sur la justice, l'armée, la décentralisation, les transports, l'Europe, etc. Engagé dans la vie politique alsacienne, il fut élu maire de Lapoutroie de 1977 à 2001 et sénateur du Haut-Rhin de 1986 à 2010, inscrit au groupe RPR puis UMP. Favorable à la décentralisation et à la construction européenne, il fut membre de la Convention européenne présidée par Valéry Giscard d'Estaing et présida la commission des affaires européennes du Sénat de 2008 à 2010. Le 24 février 2010, il fut nommé membre du Conseil Constitutionnel, par Gérard Larcher, Président du Sénat, au même moment que Jacques Barrot.

SR
 

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