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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 01:18

(dépêche)



Pécresse voterait PS face au FN (E1)

Par Europe1.fr
Publié le 20 mars 2011 à 23h12
Mis à jour le 21 mars 2011 à 01h30
 
"Moi je considère que le PS, ça n'est pas mes idées, mais le FN ça n'est pas mes valeurs", a déclaré dimanche Valérie Pécresse, invitée sur Europe 1. "Si je me retrouve dans une situation avec un canton où il y a un candidat du FN face à un candidat de gauche modérée, je prends mes responsabilités et je fais battre le candidat du FN", a poursuivi la ministre de l'Enseignement supérieur alors que l'UMP n'a donné aucune consigne de vote en cas de duel PS-FN au second tour des élections cantonales dimanche prochain.

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:58

En proposant, le 24 février 2011, un revenu citoyen, Dominique de Villepin quitte la posture de rival de Nicolas Sarkozy et commence à construire un réel projet présidentiel. Analyse de ses atouts et handicaps.


yartiDDV02Dominique de Villepin serait-il le nouvel extraterrestre de la vie politique, après le mémorable Raymond Barre ?

On pourrait le croire même si, au contraire de Raymond Barre, il concentrait jusqu’à maintenant toute son énergie contre une seule cible, largement commune à la gauche et à l’extrême droite d’ailleurs, à savoir le Président de la République Nicolas Sarkozy.

La dernière révolte en cours, celle des diplomates, pourrait même provenir de son initiative, susurreraient des mauvaises langues qui, évidemment, diraient cela de manière totalement gratuite, si ce n’est pour rappeler que Dominique de Villepin est d’abord connu par son action diplomatique et son fameux discours à l’ONU contre la guerre en Irak. Un Ministre français des Affaires étrangères qui tient tête aux États-Unis constituait une performance qui avait de quoi réconforter à juste titre les élans patriotiques de ses compatriotes.

C’est une semaine de grande actualité pour Dominique de Villepin, 57 ans, qui a fondé un mouvement politique appelé "République solidaire" devant six mille personnes le 19 juin 2010 en pleine déroute française au football.

En effet, il a visité le Salon de l’Agriculture le 23 février 2011, le lendemain de la visite de Jacques Chirac. Il a rencontré le 24 février 2011 Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Et il a été l’invité du journal de 20 heures sur France 2.

L’information "majeure" a été communiquée peu avant sur le non renouvellement de son adhésion à l’UMP, une décision évidemment logique alors que l’été 2010 avait été troublé par sa double appartenance (comme Jean-Louis Borloo du reste).

L’objectif de Dominique de Villepin est ambitieux puisqu’il souhaiterait porter les idées du gaullisme à l’élection présidentielle de 2012, en d’autres termes, représenter ceux qui, à droite, ne veulent pas ou plus faire confiance à Nicolas Sarkozy.

C’est d’ailleurs assez étonnant qu’on dise qu’il est sur le même "marché" électoral que les centristes de François Bayrou quand on se rappelle à quel point Dominique de Villepin avait tout fait pour détruire l’UDF en avril 2002 et que François Bayrou avait voté une motion de censure contre son gouvernement le 16 mai 2006 à propos de l’affaire Clearstream.

Les sondages d’ailleurs n’accordent aujourd’hui pas beaucoup de crédit à l’avenir présidentiel ni de Dominique de Villepin ni de François Bayrou, stagnant chacun dans les 5 à 6%. Certes, les sondages peuvent évoluer très vite en ce moment et 2012 est encore loin, et les deux personnalités ont une stature reconnue pour "concourir".

Le but de cet article est donc d’énumérer les atouts et les handicaps de Dominique de Villepin dans la perspective d’une candidature à l’élection présidentielle en 2012.


Atouts

Son expérience d’homme d’État : Incontestablement, Dominique de Villepin a une expérience ministérielle suffisamment étendue pour être un homme de gouvernement reconnu. Il a gouverné pendant cinq ans, au cours du second mandat du Président Jacques Chirac dont yartiDDV01deux ans aux Affaires étrangères, un à l’Intérieur et deux à Matignon. Et pendant sept ans auparavant, en tant que Secrétaire général de l’Élysée, il est l’un de ceux qui connaissent le mieux les rouages du pouvoir (comme Édouard Balladur sous Pompidou). Après l’accident vasculaire cérébral de Jacques Chirac du 2 septembre 2005, Dominique de Villepin l’a magistralement remplacé notamment en présidant le Conseil des ministres du 7 septembre 2005 et en participant à la soixantième session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York le 13 septembre 2005.

Son discours historique à l’ONU : Dominique de Villepin a prononcé le 14 février 2003 au sein du Conseil de sécurité de l’ONU un discours qui a été très applaudi où il a personnifié la parole de la France contre la guerre en Irak très souhaitée par les États-Unis.

Son charisme : Sa personnalité exceptionnelle en fait un alchimiste ou un magicien particulier. Tous les sujets qu’il aborde deviennent passionnés et passionnants. Il est l’une des rares personnalités politiques capables, dans leurs discours, de faire rêver leurs auditeurs. Dans une campagne électorale, la part de rêve est toujours un avantage.

Sa vision historique : Parallèlement à son charisme, qui est sur la forme, Dominique de Villepin a une réelle vision du monde, originale, novatrice, indépendante des modes et de la conjoncture. Sans se départir du pragmatisme, il a un sens de l’histoire et un esprit volontariste qui le conduisent à l’intérêt général.

Son sens de l’intérêt général : De toutes les personnalités politiques capables d’être candidates à l’élection présidentielle de 2012, Dominique de Villepin est sans doute celui qui serait le plus apte à incarner la grandeur de la France, car il l’a déjà prouvé en 2003 sur la scène internationale. De plus, aucun soupçon de vénalité ou de "blingblinguerie" ne peut lui être reproché.

Son sens de l’écoute : Malgré certaines apparences, Dominique de Villepin a le sens de l’écoute. Il a en effet adopté une méthode très chiraquienne (entre 1993 et 1995) d’aller vers les Français, de se taire et de les écouter, discrètement, sans caméra ni discours public (Nicolas Sarkozy fait aussi actuellement la même chose). Ses venues en Seine-Saint-Denis ou à Lyon notamment ont été des succès avec des habitants qui l’ont ovationné, notamment parmi ceux qui vivent dans des banlieues difficiles. C’est certainement cette écoute qui l’a encouragé à proposer le 24 février 2011 sur France 2 un "revenu citoyen" de 850 euros par mois, une petite révolution qu’avait soutenue avec ferveur l’économiste Jacques Marseille.

Sa plume : Parfois grandiloquent, Dominique de Villepin a un style littéraire affirmé et une vraie passion pour l’écriture. Il a d’ailleurs rédigé plusieurs romans historiques et quelques essais (en tout, seize ouvrages). Son côté "technocrate" et "énarque" est "compensé" par son côté "poète" et "romanesque".


Handicaps

Son rapport avec le suffrage universel : Sans doute est-ce son plus grand handicap, Dominique de Villepin n’a jamais été confronté au suffrage universel. Jamais élu, c’est difficile pour lui de se prétendre candidat à la plus haute fonction alors qu’il y a un réel effet de la mécanique de campagne qui a déjà handicapé beaucoup de personnalités de premier plan dans le passé (Jacques Chaban-Delmas, Raymond Barre, Jacques Delors, Édouard Balladur, Lionel Jospin…).

Son isolement politique : Dominique de Villepin est peu apprécié des élus de "son camp", notamment peu apprécié des parlementaires UMP qu’il semblait plutôt mépriser lorsqu’il travaillait à l’Élysée. Or, pour une candidature nationale, il est indispensable d’avoir des relais locaux que les parlementaires sont les plus aptes à assurer. Seulement dix parlementaires ont adhéré à "République solidaire" dont l’ancien ministre François Goulard, député-maire de Vannes.

La dissolution de 1997 : Décidée et annoncée le 21 avril 1997 par le Président Jacques Chirac, la dissolution de l’Assemblée Nationale aurait été vivement recommandée par le Premier Ministre Alain Juppé et surtout par le Secrétaire général de l’Élysée Dominique de Villepin. À l’arrivée, d’une large majorité plutôt balladurienne, la chambre est devenue socialiste et a permis l’arrivée à Matignon de Lionel Jospin, rival de Jacques Chirac deux ans avant. Véritable faute politique, la dissolution aurait dû laisser place plutôt à l’accession de Philippe Séguin à Matignon.

Son "antisarkozysme primaire" : Comme François Bayrou, Marine Le Pen et beaucoup de leaders de gauche, Dominique de Villepin joue volontiers la partition de critique véhémente contre Nicolas Sarkozy au plus bas dans les sondages. L’antisarkozysme n’est cependant pas un projet présidentiel qui reste, pour lui, encore inconnu. De plus, ses critiques sont polluées par une détestation visiblement réciproque entre les deux hommes depuis 1995 (le soutien de Nicolas Sarkozy à la candidature d’Édouard Balladur) que l’affaire Clearstream et peut-être l’affaire Karachi ont exacerbée. L’affaire Clearstrem sera rejugée en appel du 2 au 26 mai 2011 (avec jugement attendu vers septembre 2011) et l’éventuel pourvoi en cassation ne sera pas examiné avant… l’été 2012, c’est-à-dire après l’élection présidentielle.

Son positionnement politique : La posture politique de Dominique de Villepin n’est pas claire. À la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’UMP pendant quatre ans (2007 à 2011), il tente d’exploiter un mouvement contestant le comportement présidentiel de Nicolas Sarkozy au sein de sa majorité, sans beaucoup de succès. Sur le fond, il y a peu de compréhension sur ses positions : gaullistes ? centristes ? libérales ? sociales ? Il n’a pas vraiment d’espace politique, le centre étant occupé par François Bayrou et l’UMP restant quasi-unanimement sarkozyste. Le seul élu qui a quitté l’UMP pour s’opposer à Nicolas Sarkozy, Nicolas Dupont-Aignan, a pris des positions en contradiction totale avec les options de Dominique de Villepin (notamment sur l’économie et l’Europe). Plus concrètement, Dominique de Villepin, absent de l’Assemblée Nationale, n’a pas réussi à former un groupe politique en septembre 2010 qu’on aurait pu qualifier de "villepino-bayroutiste" et qui aurait pu être un relais parlementaire intéressant. Avec qui pourrait-il gouverner en cas d’élection ?

Sa "pauvreté financière" : L’un des éléments clefs pour réussir une campagne présidentielle est (hélas) l’argent. Or, en quittant l’UMP, Dominique de Villepin ne bénéficie d’aucune structure permettant de recevoir de l’argent public (d’où l’intérêt d’avoir un groupe politique dans une assemblée), contrairement à François Bayrou. Ne dépendre que de la générosité des sympathisants n’est évidemment pas suffisant pour financer une campagne nationale audible.

Son entêtement pour le CPE : Annoncé le 16 janvier 2006, le contrat de première embauche qui prévoyait un période d’essai très longue a suscité de vives oppositions, de nombreuses manifestations d’étudiants et de lycéens ainsi que des grèves à partir du 7 février 2006 (jusqu’au 10 avril 2006), ce qui a conduit Jacques Chirac à la fois à promulguer la loi n°2006-396 du 31 mars 2006 et à demander à ne pas l’appliquer. La loi n°2006-457 du 21 avril 2006 est venue supprimer le dispositif du CPE. Dans ce dossier, Dominique de Villepin a voulu aller jusqu’au bout (en vain) sans même écouter certains leaders de l’UMP (dont Nicolas Sarkozy) qui lui conseillaient l’abandon d’une réforme qui était marquée du sceau d’ultralibéralisme.


Et l’avenir ?

Les chances d’une candidature de Dominique de Villepin, comme je viens de l’évaluer, ne sont donc pas nulles. Les sondages assez pessimistes ne doivent pas faire oublier qu’ils ne sont qu’une simple photographie très ponctuelle de l’opinion publique et qu’ils n’avaient pas prévu (à un an de l’élection de 2007) l’exceptionnelle montée en puissance de François Bayrou.

Sa malheureuse expérience du CPE lui a permis sans doute de se renforcer : il l’a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises, avec humilité, qu’il avait appris et qu’il ne commettrait donc plus ce genre d’erreur. Son entêtement avait aussi été une conséquence de sa rivalité avec Nicolas Sarkozy. C’est une considération très anglo-saxonne que de trouver dans ses errements du passé la force de l’expérience pour le futur. C’est pourtant la réalité : l’erreur a toujours été pédagogique.

Apparemment, Dominique de Villepin quitte progressivement son mode antisarkozyste pour présenter de réelles contributions politiques. Sa proposition d’hier de revenu citoyen est à cet égard très intéressante et surtout, très originale : si la mesure est préconisée depuis longtemps par certaines personnes, jamais une personnalité politique de premier plan ne l’avait encore soutenue.

Cela dit, la perspective du jugement en appel dans l’affaire Clearstream risque bien de polluer toute sa communication politique jusqu’au début de l’automne 2011, moment où sera alors connue l’identité du (mystérieux) candidat socialiste et où la campagne présidentielle démarrera vraiment.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 février 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Les moulins de Dominique de Villepin.
La diplomatie française en question.

Proposition du revenu citoyen de Dominique de Villepin.

Discours du 19 juin 2010.

Discours du 13 février 2003.


yartiDDV07


 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dominique-de-villepin-president-de-89507

 

http://fr.news.yahoo.com/13/20110225/tot-dominique-de-villepin-president-de-l-89f340e_1.html

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-260

 

 

 

 

 

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 22:54

(dépêche)

 

 

Dominique de Villepin invité du JT de 20 heures de France 2



Dominique de Villepin était, jeudi soir (24 février 2011), l’invité du JT de France 2 présenté par Marie Drucker.

Les principaux points de son intervention:

Sur la rencontre de jeudi matin avec Nicolas Sarkozy

« Depuis (le procès Clearstream), j’ai pour ma part tourné la page et je n’ai aucun ressentiment vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Donc nous n’étions par réunis pour nous regarder dans le blanc des yeux. Nous étions là pour parler des moyens de donner ou de redonner une voix forte à la France et une action forte de la France dans le monde, et pour prendre en compte, je l’espère, mieux la souffrance des Français à un moment où le monde change. »

Sur les propositions de Dominique de Villepin en matière de diplomatie

« D’abord, une diplomatie fidèle à ses principes et à ses convictions. Nous avons une chance formidable, nous Français. Nous avons des principes qui aujourd’hui sont victorieux dans le monde arabe: principes de paix, de liberté, de justice, principe d’indépendance. Aujourd’hui, le monde arabe se lève. Il veut accéder à la liberté et à la dignité et il le fait de façon non violente. Donc nous devons les encourager et nous devons être fiers de ce qui se passe là-bas.

Nous devons évidemment nous doter des outils et prendre les initiatives, parce que c’est ça, la France ! La France, c’est le pays dans le monde qui doit toujours prendre le risque de faire avancer les choses. Donc j’ai parlé avec le Président de la République et ma conviction, c’est qu’aujourd’hui, nous avons besoin d’une réunion exceptionnelle des chefs d’Etat et de gouvernement dans le cadre européen: un sommet extraordinaire européen sur la situation en Lybie et dans le monde arabe. Et de la même façon, nous avons besoin d’une réunion du Conseil de Sécurité au niveau ministériel. Ce sont les propositions que je lui ai faites.

Tout ça pour quoi? Pour que nous ayons des outils pour aider les Etats qui sont en transition démocratique et pour adresser un message très fort au monde arabe. Nous avons vu tout à l’heure les images du Colonel Kadhafi. Comment expliquer le revirement entre le discours d’hier et celui d’aujourd’hui? Le Colonel Kadhafi est un homme qui aujourd’hui a peur. Il a peur de la communauté internationale, comme il a eu peur en 1986 des bombardements américains. Il faut lui adresser un message extrêmement clair sur le prix qu’il va payer et qu’il sache que tout usage de ses avions, tout usage de la force contre son peuple, eh bien cela a un prix. Et à travers lui, c’est un message que nous adressons à tous les dirigeants arabes qui seraient tentés de prendre le même chemin. »

Sur la déclaration de Dominique de Villepin à la sortie de l’Elysée

« Vous me connaissez suffisamment, Marie Drucker, pour savoir que je ne retourne jamais ma veste. Je suis un homme de convictions et je suis convaincu que nous vivons des circonstances exceptionnelles. Ce qui se passe dans le monde arabe, eh bien, affecte l’ensemble du monde. Et nous voyons bien, la mondialisation fait que rien ne sera comme avant. Et c’est pour cela que j’ai eu à coeur de dire au Président de la République dans ces circonstances que nous avions besoin d’un Etat fort, d’un Etat respecté. (…) »

Nous n’étions pas là pour discuter de politique partisane et si j’ai rendu ma carte de l’UMP, c’est bien parce que je veux être indépendant et être capable de faire des propositions. Et j’imagine que si le Président de la République a demandé à m’entendre, c’est qu’il connaît ma liberté, ma liberté de ton, ma liberté de proposition. Et c’est dans cet esprit que je veux aborder la période qui s’ouvre, avec des propositions fortes pour le Français et le souci de faire avancer les choses, parce que nous ne pouvons pas jouer avec la souffrance et avec l’inquiétude des Français. »

Sur la candidature présidentielle de Dominique de Villepin

« D’abord définir un projet: c’est ce que je vais faire dans quelques semaines, autour d’idées fortes. Je ne me satisfais pas d’un débat droite-gauche sur des frontières idéologiques qui ne changeront rien à la situation de notre pays. (…)

Il y a un temps pour l’élection présidentielle. Les Français ne sont pas dans le temps de l’élection présidentielle et les photographies que l’on voit de l’opinion ne font que traduire une angoisse, une colère, un mécontentement. »

Sur les propositions de Dominique de Villepin

« Ce que je peux vous dire, c’est que je crois qu’il faut des propositions qui vont jusqu’à une refondation politique, une refondation économique et sociale. Je prends juste deux, trois exemples.

Je suis pour que l’on propose aux Français un revenu citoyen, qui sera proposé à tous ceux qui vivent dans la difficulté, au seuil de pauvreté, un revenu de 850 euros qui permettra justement, de façon dégressive, de garantir la dignité des Français.

De la même façon, je pense qu’il faut de nouveaux services publics en France: service public du logement, service public bancaire. (…) Une nouvelle répartition: en dehors du Tout-Etat et du Tout-Marché, il y a une voie.

Je pense qu’il faut également une co-gestion à la française. Il faut une représentation des salariés. Pourquoi pas avoir un tiers des salariés dans les conseils d’administration dans notre pays? Donc vous voyez qu’on peut faire des propositions fortes qui font bouger les choses. »

 

(Dominique de Villepin le 24 février 2011) 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 09:30

Jacques Chirac visite le Salon de l'Agriculture le 22 février 2011, deux semaines avant le début de son procès.

yartirakotoarison201102231chirac-salon-de-l-agriculture-l- 

 


– Comment ? La cour est dans le vrai ?

L'émission "L'Amour est dans le pré" propose le candidat Jacques :

Je m'appelle Jacques.
Je suis seul depuis quatre ans.
J'aime les vaches.
J'ai un chien un peu énervé.
Je serai peut-être bientôt en pension complète.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 février 2011)
http://www.rakotoarison.eu

 

 

 

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-259

 

 

 

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 15:12

L'ancien ministre gaulliste Jean Chamant est mort le 22 décembre 2010 à 97 ans (né le 23 novembre 1913). Il avait été un grand personnage politique tant dans sa région, département et ville (Avallon) que sur le plan national où il a été Vice-Président de l'Assemblée Nationale, de nombreuses années député puis sénateur et comme Ministre des Transports, a participé à la création d'Airbus, du Concorde et du TGV.

SR

 

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 10:10

(dépêches)

 

Mort de l'ancien sénateur PR de l'Isère Jean Boyer le 18 juillet 2010 à presque 87 ans

 

 

ttp://www.politiquemania.com/forum/modification-f14/deces-jean-boyer-ancien-depute-senateur-isere-t462.html
Décès de Jean Boyer, ancien député et sénateur de l'Isère
de vincent » Mer 21 Juil 2010 12:43

Jean Boyer, ancien parlementaire de l'Isère est décédé le 18 juillet 2010.

Il avait été élu à deux reprises député en 1968 puis en 1973. Il avait par la suite effectué deux mandatures au Sénat, élu en 1983 puis en 1992.

Au niveau local il avait également été conseiller général dans le canton de la Côte-Saint-André et maire de Gillonnay en Isère.

http://www.ump38.fr/2927/communique-de-presse-de-l%E2%80%99ump-38-deces-de-jean-boyer/
19 juillet 2010

Communiqué de presse de l’UMP 38 : Décès de Jean BOYER
Classé dans : 7ème circonscription, Communiqués de presse, Enjeux locaux, Fédération UMP Isère - Mots-clefs :canton, décès, festival Berlioz, Gillonnay, Isère, Jean BOYER, La Côte Saint André - par UMP 38 à 17 h 04 min
C’est avec une immense tristesse que la fédération UMP de l’Isère a appris le décès de Jean BOYER, sénateur honoraire de l’Isère, ancien maire de Gillonnay et ancien conseiller général du canton de La Côte-Saint-André. Ce gaulliste aura été un formidable porteur de projets pour le territoire de la Bièvre dont une des réalisations, le célèbre festival Berlioz de musique classique, fait désormais partie intégrante du patrimoine culturel du département de l’Isère.

Le Mouvement Populaire salue le dévouement et la capacité d’action d’un homme au service du développement de son territoire qui font aujourd’hui honneur à la fonction d’élu de la République. Jean BOYER aura incontestablement marqué l’histoire moderne de notre département.

 

 

http://www.citoyens2008.com/2010/07/is%C3%A8re-d%C3%A9c%C3%A8s-du-s%C3%A9nateur-jean-boyer.html
19 juillet 2010
Isère : décès du Sénateur Jean Boyer
C'est avec beaucoup de tristesse que les nombreux amis de Jean Boyer ont appris son décès dans la journée d'hier. Pendant des décennies, il a incarné la droiture dans l'engagement public.

De très nombreux moments me reviennent à l'esprit. Les plus forts sont ceux de la campagne de mars 1985 qui devait se terminer par la victoire sur la majorité départementale conduite par Louis Mermaz. Ce fut probablement le choc le plus sportif connu en Isère avec une issue longtemps très incertaine. Le mercredi 23 janvier, François Mitterrand était même venu en Isère pour aider son ami Louis Mermaz. Depuis plusieurs semaines déjà son opposition locale menait campagne.
Le lundi 18 mars vers 12 heures 45, Marcel Pauly, alors responsable du service protocole de la Ville de Grenoble, amène quelques modestes plateaux repas dans le bureau du Maire de Grenoble. Généralement, ces plateaux plastiques abritent un peu de salade, de la viande froide et une part de tarte aux pommes. Jean Boyer est là, présent aux côtés de Guy Cabanel notamment. L'opposition départementale vient de gagner la majorité et de belle façon avec une marge sécurisée imprévue à l'exemple de la victoire de Michèle Bacci à Villefontaine.

Il dit à Alain Carignon au sujet de la présidence départementale à quelques mots près : "il faut bien réfléchir mais cette victoire, c'est d'abord la tienne et il faut toujours respecter le message du peuple".  Et Jean Boyer de se lancer dans la présentation des dernières réunions qui avaient rassemblé une foule sans précédent : mardi 19 février, des centaines de personnes à Monestier de Clermont pour soutenir Luc Chabuel, le 15 février à Villefontaine, et cette journée du 4 mars où il a fallu l'agileté de Marcel Chion, chauffeur du Maire de Grenoble, pour éviter une avalanche dans le Canton de Corps quadrillé par Alain Carignon et Jean Boyer venus soutenir M. Sénac. Jean Boyer montrant la bosse au front qu'il portait encore lorsqu'il avait dû quitter la voiture de toute urgence...

Toute la droiture de Jean Boyer était dans cette scène. Il pouvait prétendre à la présidence mais il cherchait d'abord à interpréter le sens du score des urnes pour le respecter avant tout !

C'est avec beaucoup de tristesse que j'adresse à son épouse, à sa famille et à tous leurs proches mes sincères condoléances et mes amitiés les plus fidèles.

Denis Bonzy
Publié dans Actualité | Lien permanent

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 22:25

(verbatim)

 

Discours de Dominique de Villepin à la fondation de "République solidaire" le 19 juin 2010

 

LA HALLE FREYSSINET – SAMEDI 19 JUIN 2010


Merci d’être là. Merci d’être venus si nombreux. Quel formidable engagement pour fonder tous ensemble notre mouvement : République Solidaire.

Je sais que vous êtes venus de loin, de partout en France, de métropole et de l’Outre-mer, comme d’ailleurs.

En ce 19 juin, vous marquez, par votre présence, une conviction qui est celle de tous les hommes libres : notre destin est entre nos mains. Oui, dans la longue histoire de notre pays, c’est toujours du rassemblement qu’est né le changement.

C’est une poignée de citoyens qui en juin 1789 donnèrent la force aux Etats Généraux de résister face à l’absolutisme.

Ce sont des artisans et des ouvriers qui se levèrent  en 1830, pour défendre la liberté de la presse.

Ce sont des républicains de tous les horizons qui, en juin 1881, enracinèrent la République par l’école gratuite et la liberté de réunion.

Ce sont des hommes de cœur de tous bords qui se dressèrent contre l’injustice faite à un petit capitaine de l’armée française parce qu’il était juif.

Alors, que tous ceux qui, dans notre pays, pourraient se laisser gagner par le fatalisme, par le cynisme ou l’indifférence, puissent en nous regardant ici, cet après-midi, se convaincre que quelque chose se lève à nouveau en France, quelque chose qui ne cessera, au fil des mois, de grandir.

Car au cœur de notre histoire, il y a une ambition plus forte que la politique, il y a l’amour de la France.

Car même dans l’épreuve, la France est toujours capable de se redresser. N’oublions pas qu’il y a soixante-dix ans, en 1940, des hommes, des femmes, jeunes ou moins jeunes, répondaient à l’appel d’un général inconnu, prêts à tout abandonner, leur foyer, leur terre, pour reconquérir l’essentiel.

Reprenons aujourd’hui ce flambeau de la fidélité républicaine. Reprenons ce flambeau de justice et de liberté, reprenons ce flambeau d’un rêve toujours vivant. La France, aujourd’hui encore, nous rappelle à notre devoir.

Nous, citoyens rassemblés, de toutes origines, de toutes conditions, pour dire une seule chose : nous voulons vivre ensemble, rebâtir une nation et incarner une certaine idée de la France.

Nous, citoyens debout, attachés à notre différence, sans place réservée dans la République. Nous, libres, égaux, même si parfois orphelins de la République, chaque fois qu’un de ses enfants est privé d’une chance, privé d’un emploi, d’un regard, parce qu’il n’a pas le nom ou la couleur de peau qu’il faut.

Nous, irréductibles, insoumis parce que nous croyons en la République.

Parce que nous pensons qu’une alternative est possible, qu’une autre voie est possible. Grâce à vous.

Mais, pour cela, chers amis, nous devons dire la vérité aux Français.

Pour cela, j’ai voulu aller à la rencontre des Français, à Bergerac, à Bondy, à Mantes la Jolie, en Bourgogne ou dans le Finistère, à Lille, à Strasbourg, à Toulouse, Bordeaux ou Marseille.

Et j’ai vu l’humiliation d’ouvriers qui ont construit une vie de travail et qui du jour au lendemain sont expulsés de leur usine, comme s’ils avaient moins de prix que les machines et les stocks.

J’ai vu l’angoisse de mères seules qui n’arrivent plus à faire face à toutes leurs tâches pour donner un avenir à leurs enfants.

J’ai vu le désespoir d’agriculteurs condamnés à travailler toujours plus, pour presque rien.

J’ai vu, à l’heure de la valse des milliards pour sauver les banques, la colère de tous ceux qui ont le sentiment de devoir payer pour une crise dont les responsables se tirent toujours à bon compte.

Comment les Français ne seraient-ils pas déboussolés, fatigués, exaspérés, sous la pression du chômage, sous la pression de la peur du déclassement et de la baisse du pouvoir d’achat ?

Aujourd’hui, tous les repères se brouillent. La crise a ruiné des Etats, des entreprises, des pans entiers de nos vieilles économies. Elle menace notre monnaie.

On voulait croire le marché infaillible, il ne l’est pas.

On voulait croire que les Etats ne feraient pas banqueroute. Ils le peuvent.

On voulait croire que le progrès règlerait tous nos problèmes. Hélas, l’état de notre planète, le réchauffement climatique, les marées noires,  montrent qu’il n’en est rien.

On voulait croire que nous dominions la nature. Les tempêtes et leurs dégâts nous montrent qu’il n’en est rien. Et je voudrais que nous ayons ensemble une pensée fraternelle pour les victimes des inondations dans le Var.

Si nous n’y prenons garde, l’impatience deviendra colère et la colère violence.

Le désespoir des ouvriers grandit par flambées soudaines lors des séquestrations de patrons, lors de menaces désespérées de destruction de leurs propres machines.

La fatigue et le stress au travail épuisent, sous l’effet d’une course au profit toujours plus grande.

Les écarts de salaire se creusent. Et aux injustices sociales s’ajoute l’injustice morale quand ce sont toujours les mêmes – ouvriers de l’industrie, agriculteurs, salariés précaires, les jeunes et les classes moyennes- qui payent un si lourd tribut à la crise.

La vérité, c’est que nous sommes à un tournant de l’histoire. Rien ne sera jamais plus comme avant.

Le monde change. Je l’ai vu de New York à Shanghai, de New Delhi à Casablanca. La mondialisation est une véritable révolution économique à l’échelle de la planète.

Un nouveau monde apparaît sous nos yeux. Un  nouveau monde d’où émergent de nouvelles puissances, la Chine l’Inde, le Brésil. Des pays qui consomment, qui produisent, qui financent nos déficits.

Un nouveau monde du numérique qui modifie en profondeur les façons de produire, de consommer, de créer, de vivre.

Un nouveau monde de la rareté où tout peut devenir source de conflit, si on ne fait pas l’effort de la régulation concertée qu’il s’agisse de l’eau, de l’énergie ou des matières premières.

Ce monde est un monde dangereux de déséquilibres de croissance, de déséquilibres démographiques, de déséquilibres financiers.

Entre des puissances émergentes qui accumulent le capital et nous qui le dilapidons.

Entre des banques qui risquent  des montants considérables et des Etats qui payent pour leurs excès.

Dire la vérité, c’est assumer des choix.

C’est reconnaître qu’il faut regarder les choses en face. Oui, il y  a un risque sérieux que la zone euro se disloque.

C’est reconnaître que nous sommes en train de décrocher irrémédiablement par rapport à l’Allemagne, sur les exportations comme sur les finances publiques et sur le modèle économique même. Ce qui pourrait briser l’unité européenne source de paix et de prospérité depuis cinquante ans.

C’est reconnaître qu’il ne sert à rien de mener les combats d’hier dans le monde d’aujourd’hui. Il faudra opérer des reconversions indispensables pour transformer notre modèle économique et mettre en valeur nos savoir-faire.

Dire la vérité, c’est dire que la France risque de n’être plus qu’une puissance secondaire et fragile si nous cédons au renoncement.

Dire la vérité, c’est dire que notre système politique, économique et social est à bout de souffle.

Dire la vérité, c’est dire qu’il faudra dix ans d’effort pour nous redresser.

Reprenons en main notre destin

Car nous sommes confrontés à un déni de réalité, avec un écart toujours plus grand entre le discours et les actes, entre ce que vivent les Français et ce que disent nos dirigeants.

La récession ? Mais quelle récession ? Que penser d’une politique qui semble nier l’évidence que les Français vivent au quotidien, entre chômage, précarité et fins de mois difficiles ?

La rigueur ? Mais quelle rigueur ? Que penser d’une politique qui refuse les mots qui fâchent et qui tient sur la ligne Maginot des promesses de 2007 : pas plus d’impôts, pas plus d’impôts.

Le chômage ? Cela ira mieux ! c’est certain, nous dit-on. C’est facile quand on a pour toute politique de mettre un cierge à une croissance miraculeuse.

Les déficits publics ? Peut-on vraiment se satisfaire de comptes virtuels qui veulent nous faire croire que tout sera réglé demain ?

La dette de la France ? Pourquoi s’inquiéter pour quelques centaines de milliards de plus ?

En réalité il y a là un abandon, une défaite de la politique.

Comment pourrions-nous accepter une telle défaite ?

Nous n’acceptons pas que soit démonté brique à brique ce qui fonde notre République Démocratique et Sociale, née dans l’épreuve au sein du Conseil National de la Résistance.

Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement laisse filer les déficits et la dette au prix de graves inégalités. En cinq ans, la France sera mise à la merci de ses créanciers.

Nous n’acceptons pas que l’Etat puisse se mettre au service de l’intérêt particulier et que l’argent puisse prendre le pas sur l’intérêt général.

Nous n’acceptons pas  qu’on touche à l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN.

Quand la France se renie, ce n’est pas la France.

Nous n’acceptons pas la logique des boucs-émissaires, les dérives du débat sur l’identité nationale, quand tout devient prétexte à dénoncer, montrer du doigt, stigmatiser.

Nous n’acceptons pas les clivages diabolisants et les petits jeux tactiques de l’ouverture qui abaissent la politique.

Quand la France se divise, ce n’est pas la France.

Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement instrumentalise la peur de l’autre, la peur de l’immigré, la peur de l’étranger, la peur de l’islam, dans le déni de la vocation de la France.

Non, nous n’acceptons pas qu’un gouvernement se lance dans une fuite en avant sécuritaire et que le karcher tienne lieu de politique dans le déni des réalités économique et sociale.

Quand la France a peur, ce n’est pas la France.

Je me suis déjà élevé contre cet engrenage de la peur qui a conduit l’administration BUSH à la guerre en Irak après le Onze Septembre.

C’est la même logique de la peur qui règne aujourd’hui au Proche Orient.

C’est la même logique de la peur qui dissout l’Union Européenne.

Aujourd’hui, nous refusons de n’être plus que l’ombre d’un peuple. Nous refusons de devenir des étrangers les uns pour les autres.

Oui, j’entends la frustration et je sais l’inquiétude :

De ceux qui ont choisi le vote extrême le 21 avril 2002.

De ceux qui ont dit non à l’Europe libérale et lointaine lors du référendum de 2005.

De ceux qui se sentent exclus de la République et dont on ne se souvient qu’à l’occasion de violences, comme en 2005 dans les banlieues.

Le rendez-vous présidentiel de 2007 a été une occasion perdue de dénouer le drame des divisions françaises. Au lieu d’être ressoudée, la France est plus divisée que jamais.

Non, ce n’est pas ça la France.

Dans les moments difficiles, les Français se sont toujours réunis pour défendre leurs principes.

A la Révolution, la France a proclamé la liberté, l’égalité et l’aspiration à la fraternité.

Avec la République, elle a enraciné partout la solidarité.

A la Libération, elle a affirmé la dignité de l’homme, avec le droit au travail, le droit au logement et à l’éducation.

Tous les cinquante ans, la France a rendez-vous avec son histoire pour accomplir sa promesse.

Les Français disposent de créativité et d’intelligence pour relever les défis du monde.

Des ingénieurs et des chercheurs qui sont parmi les meilleurs.

Des professeurs et des médecins qui contribuent à notre rayonnement.

Des écrivains, des cinéastes, des artistes qui rencontrent le succès.

Des artisans qui ont acquis les meilleurs savoir-faire.

Tous les Français que j’ai rencontrés veulent aller de l’avant.

Des policiers, des infirmiers, des enseignants qui ne demandent qu’à remplir leurs missions.

Des agriculteurs qui veulent vivre de ce qu’ils produisent.

Des entrepreneurs et des salariés qui veulent sortir de l’ornière.

Des jeunes des banlieues et d’ailleurs qui veulent être respectés et exprimer leurs talents.

Aujourd’hui, il n’y a plus de temps à perdre pour redonner un avenir aux Français, à tous les Français. Notre feuille de route est là.

Avant tout, faisons tous ensemble le choix de la réconciliation.

Jamais les fossés entre les Français ne se sont autant creusés.

On les dresse les uns contre les autres – le privé contre le public, les précaires contre les emplois stables, les actifs contre les retraités.

D’un côté, il y a ceux qui ont des relations, ceux qui connaissent les ficelles, ceux qui s’en sortent toujours. Et, de l’autre côté, il y a ceux qui doivent attendre, ceux qui ne choisissent pas – ni leur école, ni leur hôpital, ni leur lieu de travail. Nous sommes entrés sans le dire dans un nouvel Ancien Régime.

Combien de nouvelles Bastilles à renverser ?

Les Bastilles de l’argent, d’abord. Des agriculteurs qui subissent la loi des grandes enseignes. Des écarts de salaires qui deviennent autant d’insultes pour les mal-payés. Nous voulons une Charte des salaires qui fixerait au sein de chaque entreprise l’écart acceptable entre le salaire moyen et le salaire le plus élevé.

Les Bastilles du pouvoir sont aussi dangereuses, quand ressurgit l’esprit de cour, le « deux poids deux mesures » et l’impunité ; quand les nominations procèdent plus de la faveur que du mérite. La politique ne doit pas devenir un métier d’argent. La politique n’est pas un métier, la politique c’est un engagement. Ce n’est ni le cumul des salaires, ni le cumul des mandats.

Enfin, il y a les Bastilles des discriminations. Celles qui ferment les portes de l’emploi ou du logement au gré de la couleur de peau, celles qui condamnent les femmes à la précarité, aux bas salaires, aux carrières discontinues. Il appartient aux entreprises de donner aux femmes la place qui leur revient, fût-ce au moyen d’une sanction fiscale.

Ces Bastilles, elles ne tomberont pas toutes seules. Mais nous savons, qu’une fois la première pierre tombée, les autres suivront.

Pour réconcilier les Français entre eux, nous devons réconcilier aussi les mémoires.

Mémoires d’immigrés, de pieds-noirs, d’anciens-combattant, de harkis. Mémoires blessées, à vif, prêtes à s’enflammer à nouveau à la moindre occasion. Mémoires de l’esclavage. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans le silence, comme chargés d’un secret de famille qui nous ronge. On voudrait sommer la France de choisir entre son honneur et la repentance, mais c’est un faux choix. C’est de reconnaissance qu’il s’agit.

Il faut regarder notre passé en face si l’on veut se tourner vers l‘avenir et vers le monde.

Jacques CHIRAC a su le faire avec courage dans le discours du Vel d’Hiv vis-à-vis des Juifs de France. Il a su le faire avec la commémoration de l’esclavage. Et c’est ce qu’il a tenté de faire encore en proposant le traité d’amitié avec l’Algérie. J’étais avec lui à Oran et à Alger et j’ai pu mesurer alors combien l’attente de nos deux peuples était grande.

Nous devons le faire vis-à-vis de notre histoire coloniale, et chaque fois que nous avons manqué aux valeurs et aux principes mêmes qui étaient les nôtres.

La reconnaissance oui, celle du respect, celle de l’égalité, celle de la dignité, sachant que les principes et les messages de la France ne se sont pas éteints parce que toujours, des Français se sont levés pour les faire entendre.

Et n’oublions pas, parmi les enfants de notre pays, les fils et petit-fils d’immigrés. On voudrait qu’ils renoncent à une partie d’eux-mêmes, comme expulsés de leur propre vie. Mais ce serait réduire leur identité, alors qu’ils peuvent être fiers de ces histoires, de cette histoire qu’ils portent en eux. Là encore, c’est d’abord de reconnaissance qu’il s’agit. Reconnaissance de leur existence et du lien si personnel qui les attache à la France.

Alors ouvrons nos mémoires, car les mémoires de la France sont les mémoires du monde entier.

Notre mémoire ne se résume pas à nos ancêtres les Gaulois. Quelle que soit la durée de notre histoire commune, nous sommes liés par les mêmes valeurs et le même destin qui a fait de nous par l’humanisme, les Lumières, la Révolution et la République un pionnier du monde libre.

Un quart des Français ont un de leurs grands-parents né à l’étranger. Dans nos mémoires, il y a aussi le souvenir d’Abd el Kader, de Massinissa, de l’empire du Mali ; il y a Toussaint Louverture ; il y a Félix Eboué, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.

Et souvenons-nous que parmi les combattants de la France Libre qui firent le sacrifice de leur vie, la moitié étaient venus du Maghreb et d’Afrique, beaucoup étaient venus d’ailleurs, d’Europe et du monde.

Notre unité est faite de mots, de gestes, de célébrations qui fondent notre vie ensemble et notre espoir pour demain. Je n’ai pas oublié la victoire de 1998, lors de la coupe du monde de football, car elle nous disait quelque chose sur la France, elle faisait ressentir ce que c’est que d’être Français.

Choisir ensemble la réconciliation, c’est vouloir la République

Qui ne voit aujourd’hui que nos principes sont bafoués ?

L’égalité des chances recule quand pour de nombreux enfants les jeux sont faits dès le CP, quand l’école fait disparaître chaque année l‘équivalent de la population de  Nevers ou de Sète dans un trou noir d’élèves sans diplôme, sans qualification et sans avenir.

Les libertés reculent, quand trop de gardes-à-vue sont injustifiées, quand on retient des gamins pendant 96 heures, comme des terroristes. Quand on arrête des parents clandestins devant l’école de leurs enfants comme des malfaiteurs. Quand les fichiers et les officines prolifèrent, quand la surveillance par internet ou par les caméras menace la vie privée de chacun.

La dignité recule au royaume des prébendes et des petits plaçous, quand la menace et l’insulte s’installent au cœur du pouvoir.

La République semble avoir rendu les armes.

Que fait l’Etat ? L’Etat est affaibli, méprisé.

Les fonctionnaires en souffrent, face à une politique du rabot aveugle qui les démotive et les empêche de remplir leur mission.

Les citoyens en souffrent lorsqu’ils sont privés d’un accès équitable à la justice, à la police, aux hôpitaux.

Et que fait la Loi ? La Loi est bradée, bafouée par ceux-là même qui ont vocation de la faire respecter. Que la loi sur la burqa ne soit pas conforme à la constitution ? Qui s’en soucie ? Que la loi soit soumise à l’émotion et à la surenchère partisane, c’est inacceptable et dangereux. Une loi ne peut pas être de circonstance.  Elle doit rester la règle de notre vie commune.

Revenons donc à ce qui fait l’essence de la République.

Le respect des droits et des devoirs, le respect de l’autre. C’est ce qui nous rassemble. Regardons dans les salles de professeurs des lycées, regardons parmi les forces de l’ordre, regardons dans les laboratoires et dans les hôpitaux et nous les verrons, les preuves de l’intégration. La discrimination et l’injustice sociale sont des réalités à combattre, mais la vérité, c’est qu’à conditions sociales égales, les enfants d’immigrés réussissent aussi bien que les enfants de parents français.

Alors, reprenons notre bien commun, notre promesse républicaine.

Pour la porter partout sur notre territoire.

Dans les campagnes. Par l’accès de tous aux services publics, par le soutien à l’installation, nous aurons plus d’échanges entre villes et campagnes, plus de peuplement, plus d’activités. Car nos campagnes ne demandent qu’à revivre. Elles nous donnent l’exemple de la solidarité au quotidien, comme dans les temps exceptionnels, face aux tempêtes, dans les Landes, en Charente-Maritime, en Vendée ou dans le Var. Elles nous donnent l’exemple de l’inventivité quand on sait les défis que nos territoires ruraux ont du relever depuis la guerre, quand on sait l’enjeu d’équilibre qu’ils représentent pour notre pays tout entier.

Dans les banlieues. Sortons d’une politique condescendante, d’une politique encore empreinte de réminiscences coloniales. Reconnaissons des citoyens de plein droit ; donnons le pouvoir du changement aux quartiers, par des projets territoriaux financés par l’Etat mais élaborés et pilotés par des Conseils de quartier – comme dans la capitale. Des conseils de quartier élus au suffrage universel, travaillant en liaison avec les élus locaux, avec les associations, avec les entreprises. Reconnaissons les énergies et fédérons-les avec l’appui d’une Agence de Développement Economique, quand on sait que tant de projets ne demandent qu’à être encouragés.

Reprenons la promesse républicaine et portons-la partout dans nos écoles. Demain, l’école doit être capable de faire vivre ses principes, capable de donner à chacun sa chance, à chacun sa place, à travers une refonte de l’éducation prioritaire, en conférant aux élèves qui en ont le plus besoin un droit personnalisé, en créant un corps spécialisé d’enseignants expérimentés pour les établissements difficiles.

Ainsi, avec une République forte, nous pourrons retrouver la voix de la France.

Ainsi nous pourrons assumer notre indépendance.

Peut-on admettre que la France se courbe devant quelque président que ce soit, fût-ce le Président de la Chine ?

Peut-on admettre que la France avec les autres Etats européens suspende sa politique au verdict de la Bourse et des agences de notation ?

Peut-on admettre que la France laisse mourir ses soldats en Afghanistan dans une guerre dont elle n’a pas le courage de se retirer ?

Nous pourrons à nouveau agir avec le monde.

Cela implique d’assumer notre devoir de paix et de justice.  C’est vrai en matière de sécurité, c’est vrai pour le règlement des crises.

Au Proche-Orient, en Irak, en Iran ou ailleurs, où sont les propositions françaises ? Quel est notre engagement face au conflit israélo-palestinien devant ce drame d’un peuple palestinien sans terre et sans avenir. Oui Israël a droit à la sécurité. Oui le peuple palestinien a droit à un Etat.  Oui Israël et la Palestine peuvent vivre en paix côte à côte.

Où est notre politique africaine au-delà des élucubrations sur l’homme africain qui ne serait pas entré dans l’histoire, quand on sait les liens qui nous rattachent à ce continent si proche ; quand on sait l’enjeu que représente l’Afrique en matière politique, économique, culturelle ?

La vocation de la France c’est d’être un trait d’union entre l’est et l’ouest, le nord et le sud, c’est d’apporter son expérience et sa vision, c’est d’être fidèle à ses valeurs, soucieuse de faire progresser partout les droits de l’homme.

Agir, c’est aussi défendre notre ambition. Partout, je rencontre nos entrepreneurs. Je sais leur énergie, leur ténacité pour développer des marchés, pour prendre des initiatives ou innover. Mais il leur faut plus de soutien de la part de l’Etat, pour accompagner les filières d’excellence, pour développer les pôles de compétitivité, pour faciliter les financements.

Agir c’est valoriser tous nos atouts.

Mesurons bien ce que l’Outre-Mer apporte à la France de passion, de richesse, d’influence du Pacifique aux Caraïbes, de l’Océan Indien à l’Atlantique Nord.

C’est cette richesse qui fait de notre pays un pays-monde.

C’est cette richesse qui fait de la France sur les cinq continents un pays à la fois singulier et universel.

Prenons également conscience de l’importance de la francophonie, qui est un outil de dialogue, de paix et de prospérité à travers le monde, montrant qu’il n’y a jamais de fatalité au choc des civilisations.

Agir, c’est enfin relancer une Europe affaiblie et désunie.

Une Europe entraînée par la France et l’Allemagne qui doivent être capables de surmonter leurs divisions. Sans eux rien ne se fera.

Une Europe qui doit s’affirmer pionnière de la régulation, soucieuse de sa gouvernance économique, renouant avec de grands projets au service des citoyens, notamment en matière de défense.

Pour peser sur ces choix, nous avons un devoir d’engagement.

Pour réhabiliter la politique, il faut imaginer un mouvement neuf.

Un mouvement indépendant. Non pas un parti de plus, mais un mouvement de mission. Un mouvement qui ira à la rencontre des Français et en particulier de tous ceux qui sont orphelins de la République.

Tous les Français qui, élection après élection, ne votent plus. Une moitié de la France.

Tous les Français qui ne se sentent plus représentés par les partis politiques et qui veulent retrouver tout leur rôle et toute leur place.

Tous les Français qui ont le sentiment que leur parole a été confisquée et qui veulent se faire entendre.

Un mouvement de rassemblement, au-dessus des partis, ouvert à tous, quelques que soient nos origines, quelles que soient nos croyances, quels que soient nos engagements. Certains d’entre vous viennent d’horizons très différents, droite, centre ou gauche : gaullistes, libéraux, centristes, socialistes, communistes.

Enfin, un mouvement d’alternative.

Une alternative est nécessaire, car tout le monde voit que la politique menée aujourd’hui ne donne pas les résultats espérés.

Je suis issu de la majorité. Mais, comme une majorité de Français, je ne me reconnais pas dans le discours, je ne me reconnais pas dans les décisions prises aujourd’hui par le gouvernement.

Notre mouvement veut offrir cette alternative. Il se veut une force d’action et de proposition.

Une alternative est indispensable, car les Français voient bien, d’une alternance à l’autre, l’épuisement des jeux politiciens. Ils veulent sortir de l’impasse :

Quand les socialistes refusent de voir la réalité en face, refusent d’assumer les réformes indispensables en s’en remettant aux vieilles recettes et avec pour seul projet une société de l’impôt et de l’assistance, alors que les Français veulent construire une société de l’autonomie.

Oui, je veux croire aujourd’hui que la France est prête à s’éveiller.

Je veux croire que notre mouvement incarnera cette aspiration, cette ambition.

Ce mouvement j’en prends la présidence. J’en mesure toute l’audace, toute la gravité.

Mais à 56 ans, je ne m’engage pas par ambition, encore moins par opposition à qui que ce soit. J’ai écarté toute rancune. Je m’engage parce que je pense que les Français ont besoin d’une autre voix.

Je m’engage riche d’une expérience auprès de Jacques CHIRAC, dont le combat a été de tracer une voie d’équilibre et d’intérêt général. Jacques CHIRAC dont l’action politique s’est toujours nourrie de volonté, de générosité et d’humanité.

Je m’engage fidèle à mes choix de toujours et par passion du service de la France que j’ai eu l’honneur de défendre sur la scène internationale, partout sur le terrain des crises, en Afrique, au Moyen Orient, jusqu’à la tribune de l’ONU en 2003.

Je m’engage fier de mon bilan comme chef du gouvernement entre 2005 et 2007 :

En deux ans, avec Jean-Louis BORLOO et Gérard LARCHER, nous avons conduit la bataille pour l’emploi et réussi à réduire de 600 000 le nombre des chômeurs et à obtenir le taux de chômage le plus bas depuis vingt ans.

En deux ans, avec Thierry BRETON et Jean-François COPE, nous avons réussi à réduire nos déficits de 20 milliards d’euros et amorcé une baisse historique de l’endettement public.

Je m’engage en en connaissant le prix, l’échec, avec le CPE – et j’en ai tiré les leçons : il ne suffit pas de croire qu’une idée est juste ; il ne suffit pas de vouloir d’en haut pour qu’une idée chemine- le prix c’est aussi la calomnie que j’ai affrontée avec Clearstream.

Mais ma détermination est

Renforcée par mes rencontres avec les Français aux quatre coins de la France.

Renforcée par le courage de nos amis parlementaires et élus,  et de Brigitte GIRARDIN, qui a accepté de devenir secrétaire générale de notre nouveau mouvement. De Marie-Anne MONTCHAMP, notre porte parole.

Plus que tout, ma détermination est renforcée par votre enthousiasme et votre mobilisation.

J’ai besoin de vous.

J’ai besoin de votre force pour porter notre espérance commune.

J’ai besoin de votre courage pour changer le cours des choses.

J’ai besoin de votre passion pour engager le  sursaut de la France.

Car nous croyons au destin de la France.

Nous sommes dans le temps de l’urgence, du courage et des choix refondateurs.

Face à la défiance généralisée qui paralyse notre pays, nous devons restaurer la confiance. Confiance dans nos institutions, confiance dans l’avenir, confiance dans notre modèle économique social. Face à la défiance, nous avons un devoir de propositions :

D’abord, et comme en d’autres temps de notre histoire, la France doit retrouver une vraie capacité de décision. Et pour cela la première réponse doit être institutionnelle. Notre système est devenu inefficace, sens dessus dessous. Regardez la concentration et la confusion des pouvoirs. Elles nous condamnent à la demi-mesure et à la demi-réforme.

Nous avons besoin – j’en ai acquis la conviction – de responsabilité :

Un président au-dessus de la mêlée qui assume pleinement son rôle de guide, de garant et d’arbitre, qui s’engage dans la durée sur les priorités essentielles au service de l’intérêt général.

Un premier ministre qui doit affirmer son rôle d’impulsion, de coordination du gouvernement et de l’administration.

Des ministres réellement patrons de leurs administrations, chargés de mettre en œuvre les réformes et qui ne soient pas aux ordres de conseillers politique de l’Elysée sans légitimité politique.

Un Parlement pleinement souverain avec une Assemblée Nationale dégageant des majorités fortes et un Sénat élu à la proportionnelle sur une base régionale.

Un Conseil Economique et Social qui remet la société civile au cœur de l’Etat et qui doit devenir la grande assemblée du dialogue social, chargée d’éclairer et de se prononcer avant toute réforme de notre droit social.

Nous avons également besoin d’indépendance.

Il n’est que temps, pour redonner aux Français confiance et foi dans leur justice, il n’est que temps de rompre le lien hiérarchique entre le Parquet et le pouvoir politique.

Enfin nous avons besoin d’une information libre, nous avons besoin de journalistes qui alertent, à l’heure où les médias font l’objet de tant d’attentions et de convoitises. Plus de connivence, plus de conflits d’intérêts : il faut interdire aux groupes dépendant étroitement de la commande ou de la régulation publique de posséder directement ou indirectement des médias.

Nous devons assumer une rigueur juste et partagée pour retrouver notre souveraineté.

Un effort à la hauteur de nos déficits à travers une baisse ciblée des dépenses, bien sûr, mais aussi une augmentation de la fiscalité.

Un effort crédible suppose une vision à l’horizon 2020. Disons-le clairement, nous avons besoin de temps. Nous avons besoin de dix ans. C’est le délai nécessaire pour effectuer les réformes sans brutalité et avec justice. Nous avons besoin d’un calendrier contraignant. Cet engagement sera d’autant plus crédible qu’il aura été inscrit dans la constitution une bonne fois pour toutes et pas par un bail renouvelable tous les cinq ans.

C’est enfin un effort partagé équitablement et socialement acceptable. Chacun contribuera, mais au niveau de sa capacité.

Les plus riches devront faire un effort particulier ce qui suppose une réforme fiscale d’envergure qui préserve le travail et garantisse la progressivité : augmentation de l’imposition des grosses successions, création d’une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu pour les plus riches, en contrepartie de la suppression de l’ISF, surcote de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises épargnées par la crise et suppression du bouclier fiscal. C’est comme cela que nous enverrons un signal clair à tous les Français.

Tous les Français devront apporter leur contribution. La plus juste socialement et la plus efficace économiquement passera par une augmentation de la durée légale du travail. Nous devons revenir, ce qui n’a jamais été fait, sur la loi des 35 heures, mais cela suppose une autre conception du travail, associant plus de souplesse, plus de liberté, plus de garanties. Parce que le travail aujourd’hui, c’est au-delà du temps de travail effectif, un temps nécessaire de formation et un meilleur équilibre au sein du travail comme avec la vie privée. Parce que le travail aujourd’hui doit davantage prendre en compte préventivement la pénibilité, l’usure physique et psychique, en particulier pour ceux qui sont en travail de force, en travail posté ou en travail de nuit.

Cette rigueur, si nous voulons qu’elle porte ses fruits, doit s’inscrire dans une démarche européenne, à l’heure où l’Europe traverse une de ses crises les plus graves.

Elle a besoin d’une vision. Aujourd’hui l’Europe n’a plus de boussole. Aujourd’hui l’Europe donne le sentiment que la préservation des intérêts des peuples d’Europe passe souvent derrière la défense de dogmes ultralibéraux : politique de la concurrence, démantèlement de nos monopoles de services publics, dérégulation du marché agricole. Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est changer radicalement d’orientation avec nos amis allemands.

Nous avons besoin d’un véritable patriotisme économique européen qui défende les intérêts de nos entreprises et de nos salariés.

Enfin, sur des sujets aussi stratégiques pour la France que l’énergie ou l’agriculture, l’Europe doit aujourd’hui mieux prendre en compte nos spécificités. Dans ces domaines vitaux, nous nous faisons imposer des mesures contraires à l’intérêt national. Nous devons être sans concessions pour défendre notre souveraineté.

L’Europe a besoin d’un centre, elle a besoin d’un moteur. Ce doit être un couple franco-allemand rénové. Français et Allemands, nous devons aller plus loin dans un esprit d’égalité. Nous devons assumer toutes nos responsabilités, ce qui veut dire plus de coordination des politiques économiques et budgétaires, plus d’harmonisation sociale et fiscale.

Mais, la principale bataille aujourd’hui est, plus que jamais, la bataille de l’emploi, face à un chômage qui frappe durement les Français.

La croissance, c’est l’emploi. C’est pourquoi, dans ces dix années, nous devons stimuler la croissance par tous les moyens.

Il n’y aura pas de croissance sans investissements productifs pour développer la qualité de nos infrastructures et notre attractivité.

Il n’y aura pas de croissance sans innovation et pas d’innovation sans éducation. Soyons clairs, les économies qui seront à faire ne devront pas toucher à ce domaine stratégique. Prenons un engagement pour les dix prochaines années et sanctuarisons le budget de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche avec une loi pluriannuelle.

Il n’y aura pas de croissance sans une industrie forte. Or il y a de grands  secteurs, où nous avons la capacité d’être leaders, l’énergie, le secteur des technologies de l’information et de la communication, sans parler des industries culturelles et du tourisme.

L’emploi, c’est baisser le coût du travail, ce qui suppose une réforme du financement de la protection  sociale, qui pèse lourdement sur les salaires aujourd’hui. Transférons massivement les charges sociales des cotisations vers d’autres sources de financement : prélèvements directs sur les revenus, taxation spéciale des revenus du capital.

L’emploi, c’est enfin un véritable droit à l’emploi à travers une sécurisation des parcours professionnels offrant à chacun formation, accompagnement vers la qualification et indemnisation en cas de chômage.

Je vous l’ai dit, j’ai tiré les leçons du CPE. Mais je ne me suis jamais résolu à baisser les bras devant le chômage des jeunes. Cela reste l’injustice la plus criante dans notre société. C’est la cause principale de la perte de confiance des Français dans l’avenir. N’y allons pas par quatre chemins et proposons une mesure simple : dans chaque entreprise de plus de 500 salariés, nous devons avoir un pourcentage minimum de jeunes de moins de 25 ans au travail. Cela permettra à des jeunes, y compris en formation, en apprentissage, de surmonter cette barrière infranchissable, du premier emploi.

Nous avons aussi le devoir d’agir pour préserver notre modèle social, ciment de notre communauté nationale. Il est aujourd’hui menacé par la crise et par le vieillissement de notre population.

Il y a bien sûr la question des retraites.

Une réforme est nécessaire. Allonger la durée de temps de travail, on ne peut pas faire autrement quand l’espérance de vie s’est tant allongée. Aligner public et privé, c’est une mesure d’équité dans notre pays.

Mais je regrette vivement que la réforme n’aille pas assez loin dans la justice, concernant les carrières longues, les carrières discontinues et la garantie des petites retraites avec une sollicitation réelle des hauts revenus et de ceux du capital.

Je regrette que le gouvernement ne privilégie pas l’allongement de la durée des cotisations sur le report de l’âge légal de départ à la retraite.

Je regrette surtout qu’on s’arrête au milieu du chemin et qu’on ne sécurise pas durablement et complètement les retraites à l’horizon de 20 ans. En l’état du projet, une nouvelle réforme sera nécessaire en 2020.

J’en ai la conviction, c’est seulement par le courage et la justice que nous pourrons conduire dans le rassemblement les réformes sociales dont le pays à besoin.

Nous proposons d’avancer vers un régime unique pour tous les Français, y compris les fonctionnaires, un régime par points, où chacun pourra se constituer ses droits à la retraite et avoir accès à une retraite à la carte.

Nous proposons que la réforme s’inscrive dans un véritable projet de société portant sur l’emploi des jeunes, des femmes, des seniors, ceux-là même qui souhaiteraient travailler plus longtemps.

Plus encore que sur les retraites, il y a urgence à agir pour sauver l’assurance maladie. Je dénonce cette loi du silence qui conduit à accepter des déficits abyssaux et à renvoyer à l’après 2012 des réformes qui risquent de devenir impossibles. Nous ne voulons pas d’une médecine à deux vitesses. Cela suppose des économies bien sûr, mais, il faut avoir le courage de le dire, des financements nouveaux.

Enfin, face à la crise de civilisation dont nous prenons tous conscience avec le réchauffement climatique, nous devons enclencher un profond changement de mode de vie et de modèle économique.

Cela suppose une démarche de rassemblement, comme dans l’esprit originel du Grenelle de l’Environnement. Cela suppose de réconcilier écologie et progrès, pas seulement le progrès économique, pas seulement le progrès technologique, mais au premier rang le progrès social.

La France est aujourd’hui un champion dans le domaine de l’énergie, disposant de quatre fleurons mondiaux. Nous avons tous les moyens pour être les leaders mondiaux du nucléaire. Favorisons aussi l’émergence d’un cinquième géant mondial dans le secteur des énergies renouvelables. Développons nos atouts dans les solutions technologiques environnementales.

C’est de mode de vie qu’il s’agit. Allons vers des villes durables, en développant des modes de transport collectifs. J’ai une conviction, c’est que nos moyens de circulation ne seront pas les mêmes dans dix ans que ceux d’aujourd’hui. Misons largement sur les transports collectifs et les voitures propres.

***
Mes chers amis,

Nous sommes, c’est vrai, dans un temps d’incertitude, de difficulté, mais c’est aussi un temps d’espoir.

Nous sommes dans un temps de faiblesse du pouvoir, de faiblesse de l’Europe, mais c’est aussi le temps du sursaut.

C’est dans cet esprit que je propose à tous les républicains un engagement solidaire pour la France des dix prochaines années qui pourrait rassembler une large majorité de Français pour redresser l’Etat, pour raffermir la République, pour relever la Nation.

Alors oui, ensemble, relevons le défi d’une politique aux couleurs de la France, une politique qui rassemble, qui redresse et dont nous soyons fiers.

Ensemble, retrouvons le véritable horizon de la République, celui de l’égalité, de la liberté, de la fraternité pour chaque citoyen.

Ensemble relevons l’esprit de la France, d’une République sans murs, sans fossés, sans oubliés, d’une République qui tend les mains, d’une République qui donne des chances, qui donne une voix, qui donne un espoir à ceux qui n’en ont pas.

Ensemble bâtissons une République pour tous, une République solidaire, dans l’honneur et dans l’espoir.

Vive la République.

Vive la France.

Dominique de Villepin

 

 

 

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 08:19

Nouvelle étape dans la carrière politique de Jean-François Copé, une émission politique de grande audience qui vise à le hisser parmi les "grands" de la vie politique française. Une allure à la fois décontractée et solide, qui ne manque cependant pas de faire apparaître une certaine fragilité. Une homme de plus en plus incontournable.

 

yartiCope03On dira ce qu’on voudra de Jean-François Copé, dents longues jusqu’au plancher, langue de bois un peu plus subtile que la moyenne, moi, je l’apprécie car il est à la fois transparent, presque fragile dans sa trajectoire, tout en étant dense intellectuellement et imposant politiquement.


Grande émission télévisée

Jean-François Copé était l’invité de l’émission politique (la seule du PAF ?) d’Arlette Chabot "À vous de juger" ce jeudi 10 juin 2010 sur France 2. Malgré ses nombreuses prestations télévisées depuis une quinzaine d’années, c’était sa première grande émission et il l’a préparée consciencieusement comme un futur bachelier à l’oral du bac.

C’est l’émission qui veut cela, puisqu’elle commence par un portrait relativement flatteur de l’invité, mais on peut être en effet subjugué par le garçon de 8 ans qui placardait des affiches de Georges Pompidou dans sa chambre. Une situation loin d’être exceptionnelle quand on connaît l’enfance d’un Dominique Baudis ou encore d’un Nicolas Dupont-Aignan. La plupart des personnalités politiques sont des passionnées de la vie politique dès leur plus "tendre enfance". L’argument de vente du jeune Copé pour draguer les filles était son obsessionnel : "je serai Président de la République", un argument qu’il a reconnu peu efficace auprès de ses "cibles".

Trente-huit ans plus tard, à 46 ans, le petit garçon est devenu l’un des personnages-clefs de la majorité présidentielle, nageant désormais dans la cour des grands, avec derrière lui déjà quinze ans de responsabilités nationales.


Un parcours remarquable

Élu maire de Meaux en juin 1995, à 31 ans, devenu député au même moment par la magie de la suppléance de Guy Drut nommé ministre (le plus jeune député à l’époque), Jean-François Copé, qui a fait Science Po et l’ENA, a connu l’échec très tôt puisqu’il est une des nombreuses victimes de la dissolution de 1997 (dans une triangulaire fatale avec le FN au second tour). Il doit attendre juin 2002 pour retrouver son siège de député, après un quinquennat de "traversée du désert" qu’il effectue pas loin de… Nicolas Sarkozy (en disgrâce de Chiraquie), et qu’il met à profit en s’infiltrant (le mot n’est peut-être pas bien choisi) au sein du RPR puis de l’UMP. À l’époque, il était une force de proposition proche du Premier Ministre Alain Juppé.

C’est donc la différence avec les autres jeunes grands ambitieux de la vie politique française dont l’objectif était l’Élysée depuis leur jeunesse : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Lui, Copé, il a connu l’échec électoral à 33 ans.

À la différence aussi des personnalités citées, il n’a pas évolué que dans le monde politique et connaît assez bien le monde économique en commençant sa carrière de haut fonctionnaire à la Caisse des dépôts et consignations, à Dexia Crédit local et à l’Institut des managers du développement local. Pur "produit" de l’immigration (d’origine roumaine, algérienne et tunisienne), il est confronté à Meaux aux enjeux de l’intégration.

C’est à la réélection de Jacques Chirac que Jean-François Copé commence à se faire connaître nationalement par son entrée au gouvernement à 38 ans où il siège de 2002 à 2007 : Secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement (il avait été directeur du cabinet de Roger Romani dans ce même ministère), puis, après une brève période au Ministère de l’Intérieur (auprès de Dominique de Villepin entre mars et novembre 2004), il est nommé au Budget jusqu’à la fin du quinquennat. Pendant ces cinq années, Jean-François Copé est aussi un très médiatique porte-parole du gouvernement.

En mars 2004, il s’impose aussi comme le leader de l’UMP aux élections régionales en Île-de-France (sans succès) après les ennuis judiciaires de Pierre Bédier initialement pressenti.

yartiCope05Soutenant (par défaut) la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007, Jean-François Copé n’obtient aucun ministère mais réussit à rebondir avec la présidence du groupe UMP à l’Assemblée Nationale qui devient une position centrale dans la vie de la majorité présidentielle, renforcée par la réforme des institutions au point que certains ont trouvé qu’il avait plus d’influence que le Président de l’Assemblée Nationale lui-même, Bernard Accoyer.  Jean-François Copé a pris personnellement une part décisive aux discussions sur la réforme de l'audiovisuel public, sur la loi contre la burqa, sur la réforme des retraites, sur cette réforme des institutions et sur beaucoup d'autres sujets.



« Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, du travail, des larmes et de la sueur » (Churchill)

Sur France 2 face à Arlette Chabot, Jean-François Copé a développé des idées relativement graves : le recul de l’âge légal de la retraite à 63 ans au lieu de 60 ans pour 2020 et la réduction des dépenses de l’État et des niches fiscales « au rabot », souhaitant que chaque ministère fasse 10% d’économie, en expliquant que l’Allemagne, qui a une situation budgétaire assez proche de celle de la France, fait beaucoup plus d’efforts pour réduire les déficits publics.

Malgré ces mesures peu enthousiasmantes, Jean-François Copé a montré tout au long de l’émission un véritable optimisme et une foi en l’avenir, décrivant les services publics comme parmi les meilleurs du monde et insistant énormément pour faire apprendre l’anglais massivement aux Français, considérant que la France doit se faire entendre dans le monde et pour cela, il faut savoir parler anglais (il a lui-même été scolarisé dans un établissement bilingue, à Jeannine-Manuel).


Parlez anglais !

En effet, contrairement à ce que les défenseurs inefficaces de la francophonie peuvent imaginer, c’est l’anglais qui est le meilleur vecteur de propagation de la culture et des valeurs françaises dans le monde, parce que l’anglais est la langue des échanges internationaux d’aujourd’hui, qu’on le regrette ou pas, c’est une réalité humaine qu’on ne peut pas nier (mais qui peut évoluer). La ratification de l’Accord de Londres par la France (en 2008) sur les brevets européens est allée dans ce sens.


Duel Copé vs Duflot

L’émission s’est terminée avec un duel entre Cécile Duflot, la leader des Verts, et Jean-François Copé. Il n’y a pas de doute que Jean-François Copé est un excellent débatteur à la télévision et il avait largement pris l’ascendant par exemple lors d’un débat avec François Bayrou le 11 décembre 2008 dans la même émission.

Cécile Duflot est, elle aussi, une excellente débattrice mais elle avait en face d’elle un interlocuteur assez coriace qui a montré qu’elle n’était plus la jeune femme de 35 ans naïve et entrée par hasard en politique mais qu’elle s’était, elle aussi, comme lui, beaucoup préparée à l’émission (heureusement du reste).

Jean-François Copé a l’art de renvoyer les balles (ou les scuds).

À propos par exemple du sourire du responsable UMP qui met mal à l’aise Cécile Duflot car elle ne sait plus où est la sincérité affichée et où est la langue de bois (« Même quand vous dites des choses graves, vous avez un petit sourire parce que vous êtres content d’être là »). Jean-François Copé a su rattraper la remarque en pointant du doigt le sourire de son interlocutrice quand elle parlait de la pollution de l’eau dans l’Ouest (un sourire qui montre un peu trop toutes les dents). Après cette réplique, Cécile Duflot n’a plus osé sourire.

Ou encore à propos des relations avec leurs proches "camarades" (ou rivaux) de parti. Cécile Duflot s’est amusée ainsi à évoquer les propos de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, ce qui a encouragé Jean-François Copé à lui lancer à la figure les récents propos de Daniel Cohn-Bendit (à ce petit jeu, rien de constructif n’est offert aux téléspectateurs citoyens).

Au final, la joute aura sans doute profité aux deux protagonistes, à Jean-François Copé qui confirme (mais qui en doutait ?) qu’il est un talentueux débatteur et à Cécile Duflot hissée elle aussi dans la cour des grands.


Candidatures élyséennes

La véritable cour des grands, c’est évidemment le cercle des candidats à l’élection présidentielle de 2012. Potentiels, virtuels, ou même déjà déclarés.

Cécile Duflot n’y songe pas encore mais sa candidature est forcément dans sa logique (elle souhaite ardemment une candidate écologiste en 2012 et qui mieux d’autre qu’elle pourrait représenter Europe Écologie après ses deux succès de juin 2009 et mars 2010 ?).

yartiCope04La position de Jean-François Copé est plus complexe. Lui est très clair sur son soutien plein et entier à la candidature de Nicolas Sarkozy, qu’il souhaite absolument, considérant qu’il faut autant défendre son bilan (donc avoir agi) que présenter un projet pour l’avenir. Dominique de Villepin ne représente donc pas, selon lui, le meilleur candidat.

C’est peut-être la première personnalité politique qui calcule si loin à l’avance, qui projette si longtemps en avance les campagnes présidentielles. Comme Nicolas Sarkozy ne pourra pas se représenter en 2017 depuis la réforme des institutions, cibler l’échéance de 2017 permet à Jean-François Copé de ne pas avoir, pour l’instant, de rival déclaré et il sait très bien qu’en politique, la méthode Coué est très efficace (Nicolas Sarkozy n’avait-il pas fait la même chose entre 2002 et 2007 ?), surtout auprès des barons du parti dont il aura besoin le soutien le moment venu.

Jacques Chirac, contre les conseils de quelques gaullistes comme Alain Peyrefitte, n’aura pas voulu attendre si longtemps et préféra tenter sa chance dès 1981 (à l’âge de 48 ans, même âge que Valéry Giscard d’Estaing en 1974). Jean-François Copé aura 53 ans pour la campagne présidentielle de 2017, soit presque le même âge que Nicolas Sarkozy (52 ans) en 2007.


Avant l’Élysée, Matignon ?

Mais avant cela, Jean-François Copé a besoin de franchir une étape supplémentaire pour être crédible. Une étape qui a d’ailleurs manqué à François Bayrou et à Ségolène Royal en 2007 : celle de gouverner au plus haut niveau.

Il a l’intention de participer pleinement à la conception du projet présidentiel de l’UMP en 2012 à l’aide de son club de réflexions "Génération France" qu’il a fondé en 2006 pour lui servir de réservoir à idées. Son objectif est de présenter des propositions dès le début de l’année 2011.

Et en cas de succès électoral en 2012, qui mieux que Jean-François Copé à Matignon pourrait mettre en œuvre un tel projet ?

C’est encore très loin dans les esprits.

À trop se focaliser sur des échéances encore très virtuelles pour les Français, Jean-François Copé risque cependant de rester un peu trop longtemps à découvert.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 juin 2010)


Pour aller plus loin :

Vidéo "À vous de juger" du 10 juin 2010 sur France 2.
Dépêches sur la prestation de Jean-François Copé.
Cécile Duflot et 2012.
Site officiel de Jean-François Copé.
Site de son club de réflexion Génération France.

yartiCope08

 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/objectifs-cope-matignon-2012-et-76284

 

http://www.lepost.fr/article/2010/06/12/2110717_objectifs-cope-matignon-2012-et-elysee-2017.html

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-188

 

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 16:34

(verbatim)




La démission de Philippe Séguin de la présidence du RPR

Le 16 Avril 1999 

Voici le texte intégral de la lettre manuscrite de Philippe Séguin dans laquelle il annonce son double retrait. Le président démissionnaire du RPR reproche à certains membres du parti gaulliste, à commencer par Bernard Pons, de ne pas clairement soutenir la liste RPR aux européennes. Les griefs s'étendent même à l'Elysée...
  
  
"Lorsque le Président de l'Association des Amis de Jacques Chirac peut, sans être démenti, proclamer que voter pour la liste Séguin-Madelin ou pour la liste Pasqua-Villiers, marque une même volonté d'adhérer à la Majorité présidentielle, lorsque le même fait publiquement la promotion de la liste fédéraliste, avant que le chef de l'Etat, quelques heures plus tard, ne reçoive son animateur, il est clair que je n'ai plus rien à faire à la présidence du Rassemblement pour la République ni, a fortiori, à la tête d'une liste européenne censée défendre la politique du Président de la République.

"Ma démission de mes fonctions et le retrait de ma candidature à ces élections prennent effet immédiatement. "Conformément à nos statuts, le Secrétaire général du RPR assurera mon intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président. "Je dis mes regrets aux adhérents et militants du Rassemblement.

"Vingt et un mois durant, avec l'aide et le soutien d'un grand nombre d'entre eux, au mépris de ma vie personnelle, de mes propres engagements et de ma réputation, je me suis efforcé d'assumer les conséquences des errements du passé, de maintenir l'unité du Mouvement en dépit des tendances centrifuges qui l'affectaient, d'y colmater jour après jour des brèches béantes, comme à Paris, de m'en tenir à une ligne d'opposition malgré les tentations d'une cohabitation émolliente, de lutter contre de nouvelles stratégies suicidaires inspirées aux entourages par des sondages de popularité trompeurs.

"Je constate que je suis aujourd'hui privé des moyens nécessaires pour conduire mon action et que j'évolue dans un contexte où la loyauté, la clarté et la transparence ne sont pas des vertus cardinales. J'en tire donc les conséquences."


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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 20:44

(dépêches)


Xavier Bertrand veut une primaire à l'UMP pour 2012




http://fr.news.yahoo.com/4/20100329/tts-france-ump-primaires-ca02f96.html
Xavier Bertrand juge des primaires UMP indispensables pour 2012
il y a 1 heure 50 min

             Buzzer ! Imprimer Tous les candidats de l'UMP à l'élection présidentielle de 2012, y compris Nicolas Sarkozy s'il se représente, devront se soumettre à des primaires, a déclaré Xavier Bertrand, secrétaire général du parti. Lire la suite l'article
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L'ex-Premier ministre Alain Juppé a indiqué dimanche qu'il envisageait de participer à des primaires, mais uniquement si Nicolas Sarkozy, qualifié de "candidat naturel" par le Premier ministre François Fillon, renonçait à briguer un second mandat.

Xavier Bertrand a expliqué sur Europe 1 que l'objectif des primaires était d'éviter les divisions à droite, une doctrine qui a permis selon lui au chef de l'Etat de l'emporter en 2007.

"Si vous ne rassemblez pas votre famille politique, ce n'est pas la peine de penser pouvoir rassembler les Français", a-t-il dit.

"Il a toujours été dit que pour 2012 le candidat à la présidentielle serait choisi par les militants et quel que soit le statut du candidat, qu'il soit ancien président ou pas, il passera par le vote des militants", a ajouté Xavier Bertrand.

Cette mise au point est susceptible d'embarrasser l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, qui doit lancer le 19 juin un mouvement "libre et indépendant" et n'exclut pas, lui aussi, de se lancer dans la course à l'Elysée.

Xavier Bertrand l'a sommé la semaine dernière de dire s'il voulait lancer un mouvement associé à l'UMP ou au contraire concurrent.

"Une chose est certaine, c'est que nos militants, nos électeurs veulent de l'union, du rassemblement", avait-il dit sur LCI.

SERRER LES RANGS

Depuis la déroute de la droite aux élections régionales, Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages.

Une partie de la base UMP semble le rendre directement responsable de cet échec et les Français, à en croire deux sondages, vont jusqu'à voir en François Fillon un meilleur candidat pour 2012 que l'actuel chef de l'Etat.

Mais, tout au long du week-end, François Fillon, Xavier Bertrand et même le président du groupe UMP Jean-François Copé, soupçonné d'entretenir l'esprit frondeur des députés, ont appelé le parti majoritaire à serrer les rangs.

Jean-François Copé avait réclamé la semaine dernière un "nouveau pacte majoritaire", tandis que Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, et l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin appelaient à un vote de confiance.

Dans un entretien au Journal du dimanche, François Fillon leur a opposé une fin de non-recevoir.

"On ne change pas une politique engagée depuis trois ans, qui commence à peine à produire ses effets, au risque de rater le train de la croissance qui repart", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait qu'il n'y avait aucun changement de cap politique, "ni de doute sur le soutien de la majorité" à Nicolas Sarkozy.

Le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, ne doute pas pour sa part de la candidature de Nicolas Sarkozy à sa propre succession en 2012.

"Sous la Ve République, dès lors que l'âge ne joue pas ou la maladie comme (pour) le président Pompidou, les présidents en place se sont toujours représentés. Donc je n'imagine pas à cet instant que Nicolas Sarkozy, qui est dans la force de l'âge, puisse ne pas se représenter", a-t-il déclaré sur Canal +.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

http://fr.news.yahoo.com/4/20100328/tts-france-droite-sarkozy-ca02f96.html

La droite fait la chasse aux divisions, soutient Nicolas Sarkozy
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Les anciens Premiers ministres Dominique de Villepin et Alain Juppé n'excluent pas de se présenter à la présidentielle - ce dernier si le chef de l'Etat renonçait - et le Nouveau Centre a ouvert une brèche dans l'unité de la majorité.

Dans deux sondages parus ce week-end, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est à son plus bas depuis l'élection de 2007, contrairement à celle, intacte, de François Fillon.

Selon plusieurs instituts, une majorité de Français préfèrerait le Premier ministre au chef de l'Etat pour mener la droite au prochain scrutin présidentiel.

Pas question, répondent en choeur plusieurs personnalités de droite, à commencer par François Fillon. "Nicolas Sarkozy est le candidat naturel de la majorité en 2012", a-t-il déclaré au Journal du dimanche.

Les chefs de file des parlementaires UMP, prompts à dénoncer certaines réformes avant les régionales perdues par la majorité, semblent s'être rangés derrière le chef de l'Etat après un remaniement qui a fait la part belle aux esprits critiques.

"Pour ce qui me concerne il n'y a pas de doute", a assuré Jean-François Copé dimanche sur Europe 1. "Je l'ai dit, il peut m'arriver parfois d'exprimer des différences, mais que les choses soient claires: je suis engagé à fond aux côtés de Nicolas Sarkozy pour sa réélection en 2012."

LES DIVISIONS, "MACHINE À PERDRE"

Le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, juge que Nicolas Sarkozy aura l'avantage de ne pas se battre "dans le brouillard, mais contre des candidats, projet contre projet. Et là c'est jouable, car il est le meilleur sur ce terrain."

Pour autant, "la première élection que doit affronter le chef de l'Etat, et la seule qui compte, c'est sa propre réélection", dit-il dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Nicolas Sarkozy "a beaucoup, beaucoup d'atouts entre les mains" si le programme choisi en 2007 est appliqué, a renchéri le ministre de l'Immigration Eric Besson sur Radio J.

Les divisions internes et la concurrence d'autres droites affaibliraient inévitablement le chef de l'Etat, a jugé le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand.

"Ce qui peut être une machine à perdre, c'est quand il y a des divisions", a-t-il insisté sur France 5. "Tous ceux qui voudraient revenir en arrière se trompent", a-t-il ajouté à l'adresse de Dominique de Villepin et du Nouveau Centre.

Les responsables centristes ont dit leur intention de présenter un candidat au premier tour de la prochaine présidentielle et l'ancien Premier ministre a annoncé le lancement de son propre mouvement politique, qui pourrait raboter l'électorat de Nicolas Sarkozy.

Alain Juppé, autre ancien Premier ministre, a également annoncé sur RMC et BFM TV qu'il n'excluait pas d'être candidat à des primaires si Nicolas Sarkozy ne l'était pas lui-même.

Autre signe du tangage au sein de la majorité, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, "désespérée" par le report sine die de la taxe carbone, a été rappelée à l'ordre par ses collègues.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a jugé qu'elle devait tenir compte du devoir de solidarité gouvernementale, tout en saluant ses convictions.

"On n'est pas seul au gouvernement. On fait partie d'une équipe", a-t-il dit lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

La secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a néanmoins dit sur France 2 éprouver "une grande solidarité" avec Chantal Jouanno, qui l'avait précédée à l'Ecologie, après avoir connu "ce genre de situation au moment des OGM" (organismes génétiquement modifiés).

Clément Guillou, édité par Gérard Bon

http://fr.news.yahoo.com/4/20100328/tts-france-gauche-sondage-ca02f96.html

La gauche donnée gagnante en 2012 dans un sondage Viavoice
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             Buzzer ! Imprimer Signe du regain de la gauche, 52% des Français souhaitent qu'elle gagne la prochaine élection présidentielle, seuls 36% exprimant l'avis inverse, selon un sondage Viavoice à paraître lundi dans Libération. Lire la suite l'article
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Parmi les personnalités de gauche, Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, progresse de deux points à 49% mais reste en troisième position derrière Bertrand Delanoë (53%) et le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn (55%).

Pour Viavoice, la dynamique d'opinion en faveur de la gauche n'est pas imputable à sa victoire aux élections régionales, mais repose sur trois facteurs : "un record d'impopularité de l'exécutif, un crédit croissant en faveur des présidentiables socialistes, et une dynamique écologiste."

Ainsi, en termes de pronostic, 59% % des Français estiment que la gauche gagnerait une élection présidentielle si elle avait lieu aujourd'hui, et seuls 33 % expriment un avis contraire.

Ce pronostic marque une "progression très forte" par rapport aux réponses enregistrées à la même question lors des sondages antérieurs, souligne l'institut de sondage.

Dans cette perspective présidentielle pour la gauche, l'hypothèse novatrice d'une candidature unique socialiste et écologiste est particulièrement appréciée par l'opinion.

Concrètement, 53% des Français souhaitent que les socialistes et les écologistes "présentent un candidat unique à la prochaine élection présidentielle" et ce souhait est partagé largement par 69% des sympathisants de gauche, 78% des socialistes et 63 % des écologistes.

Pour Viavoice, la crédibilité de l'alternance présidentielle repose également sur le crédit croissant accordé aux leaders de la gauche, Martine Aubry et Ségolène Royal, considérées comme victorieuses lors des régionales, bénéficiant de soutiens nouveaux.

Martine Aubry voit sa popularité s'établir à 49 % (+2), consacrant notamment le succès obtenu par les listes socialistes au second tour des élections régionales, le refus du triomphalisme et l'implication au service des Français.

Ségolène Royal voit sa popularité s'établir à 38 % (+5), score le plus élevé obtenu par la candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 depuis la création de ce baromètre en juillet dernier.

Ce sondage a été effectué les 25 et 26 mars auprès d'un échantillon de 1.010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Gérard Bon, édité par Pascal Liétout

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