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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 14:46

(dépêches)



La mort de René Monory, ancien président du Sénat

Samuel Potier (lefigaro.fr)

11/04/2009 | Mise à jour : 22:26 | Commentaires  76 | Ajouter à ma sélection

René Monory, ici en mars 2005 à Poitiers. (Derrick Ceyrac / AFP) Crédits photo : AFP

Le fondateur du Futuroscope de Poitiers est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 85 ans. Ministre centriste à plusieurs reprises, il avait présidé la Haute-Chambre de 1992 à 1998.
 
Affaibli par la maladie, René Monory est décédé dans la nuit de vendredi à samedi. Agé de 85 ans, il dirigea le Sénat de 1992 à 1998, devenant ainsi le deuxième personnage de l'Etat sous les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac.

Il s'était retiré de la politique en 2004, sa santé commençant alors à décliner. Cette année-là, le créateur du Futuroscope, deuxième parc d'attractions de France, qu'il a présidé de 1987 à 2000, ne s'était représenté ni aux cantonales de mars ni aux sénatoriales de septembre. Maire de Loudun, dans la Vienne, durant quarante ans (1959-99), il avait été réélu huit fois président (UDF) du Conseil général de la Vienne à partir de 1977.

«Le garagiste de Loudun»

Né le 6 juin 1923 à Loudun, René Monory est garagiste (on le surnommera «le garagiste de Loudun») lorsqu'il est élu maire de sa ville natale, début d'une carrière de notable dont il gravit sans hâte les degrés : conseiller général de la Vienne (1961), sénateur (1968), président du Conseil général en 1977. Cette même année, il entre dans le gouvernement de Raymond Barre, d'abord comme ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, puis comme ministre de l'Economie (1978-81).

Elu président du Conseil régional de Poitou-Charentes en 1985, il abandonne ce mandat l'année suivante pour participer au gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac. Cet autodidacte, qui répète volontiers n'avoir que son certificat d'études primaires (obtenu dans la petite ville de Thouars, dans les Deux-Sèvres), est alors nommé ministre de l'Education nationale, fonction qu'il occupe jusqu'en 1988.

Membre de l'UDF depuis sa fondation en 1978, il est premier vice-président du Centre des Démocrates sociaux (CDS) de 1984 à 1995. Longtemps sénateur de la Vienne (1968-77, 1981-86 et 1988-2004), René Monory succède donc en 1992 à Alain Poher à la présidence du Sénat. Mais en 1998, il est écarté au profit du RPR Christian Poncelet. L'année suivante, il abandonne la mairie de Loudun mais reste conseiller municipal. Marié et père d'une fille, René Monory, chevalier de la légion d'honneur, est l'auteur de «Combat pour le bon sens» (1983), «Des Clefs pour le futur» (1995) et «La volonté d'agir» (2004).

«Un homme attachant au profil exceptionnel»

Les réactions du monde politique après son décès sont unanimes, à droite comme à gauche. Le président Nicolas Sarkozy a salué son «humanisme» qui «s'exprima non seulement dans sa conception de l'homme qu'il plaçait au coeur de l'action publique, mais également dans sa conviction de la nécessité d'offrir à ses contemporains la possibilité d'accéder au plus vaste savoir». Quant au premier ministre, François Fillon, il a exprimé sa «très grande tristesse», saluant «le parcours exceptionnel d'un homme d'origine modeste», «exemple remarquable de réussite individuelle au service de la France», alors que le président du Sénat Gérard Larcher l'a qualifié de «visionnaire».

L'ex-président de la République Jacques Chirac a lui aussi salué avec «grande émotion» cette «figure» de la Ve République, tandis que Valéry Giscard d'Estaing a rendu hommage à «un homme attachant au profil exceptionnel». Christian Poncelet (UMP), qui avait battu René Monory en 1998 alors que ce dernier était candidat à sa reconduction à la présidence du Sénat, a rendu hommage à l'«homme de réformes» et à «l'enfant de la République». Le président du MoDem François Bayrou a pour sa part souligné sa «liberté de penser» et à gauche, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a salué la mémoire d'un «grand humaniste tourné vers l'avenir».



L'ancien président du Sénat René Monory est mort

LEMONDE.FR avec AFP et AP | 11.04.09 | 09h01  •  Mis à jour le 11.04.09 | 09h41

René Monory, ancien président du Sénat (1992-1998), est mort, samedi 11 avril dans la nuit, dans sa maison de famille près de Loudun, selon la préfecture de la Vienne. Il avait 86 ans. La santé de cet ancien ministre centriste s'était gravement détériorée depuis 2007. Il avait notamment été hospitalisé pour une occlusion intestinale, et, il y a un an, pour de graves problèmes respiratoires.

Né le 6 juin 1923 à Loudun (Vienne), cette figure du centre-droit a exercé, comme son père, le métier de garagiste, avant d'entrer en politique. En 1959, il s'empare de la mairie de Loudun, qu'il tiendra pendant 40 ans.

Cet autodidacte revendiqué a connu une ascension fulgurante : il est conseiller général de la Vienne en 1961, sénateur en 1968, ministre de l'industrie en 1977. Alors qu'il clame n'avoir jamais lu un livre d'économie, et prône le "bon sens" comme règle de vie, il devient ministre de l'économie de Raymond Barre en 1978, jusqu'en 1981.

L'HOMME DU FUTUROSCOPE

Le retour de la droite en 1986 ramène René Monory au gouvernement, avec le portefeuille de l'éducation nationale dans le gouvernement Chirac. Il tente une réforme des universités qui déclenche des protestations lycéennes et étudiantes dans tout le pays. Le mouvement se solde par le retrait du "plan Devaquet", du nom de son ministre délégué, après la mort de Malik Oussekine, un étudiant tué par la police en marge des manifestations.

En 1992, René Monory, unique candidat de l'UDF, prend la présidence du Sénat et devient le deuxième personnage de l'Etat. En 1998, à 75 ans, il est battu à ce poste, à la surprise générale, par le RPR Christian Poncelet, qui met fin à 30 années de présidence centriste de la Haute assemblée.

Très attaché à sa région d'origine, René Monory est resté jusqu'en 2004 sénateur de la Vienne.  Sa grande oeuvre, sur laquelle il se montrait intarissable, c'est le Futuroscope de Poitiers, parc scientifique de loisirs, dont les portes ouvrent en 1987. Depuis, le par a accueilli plus de 30 millions de visiteurs.

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"Un homme tourné vers l'avenir et les sciences"

Le président Nicolas Sarkozy a salué, samedi, la mémoire de l'ancien président du Sénat, soulignant que "sa carrière, à l'image de sa vie, s'était inscrite dans le respect intransigeant des valeurs humanistes". Pour le président de la République, René Monory "laissera, avant tout, le souvenir d'un homme tourné vers l'avenir et les sciences". (AFP)







René Monory rattrapé par son âge

LEMONDE.FR | 11.04.09 | 12h27  •  Mis à jour le 11.04.09 | 12h27

En octobre 1998, René Monory était battu à la présidence du Sénat par Christian Poncelet. Le Monde racontait alors comment l'ancien ministre de l'économie avait été trahi par les siens.

Article publié le 3 octobre 1998.

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Le 2 octobre 1992, 19 h 50 : proclamé président du Sénat, René Monory gravit les marches qui le conduisent au perchoir. Son ascension a débuté à l'aube des années 50, dans un garage de Loudun, lorsqu'il avait imposé à son père de lui céder la place. Elle ne s'est jamais interrompue depuis. Sûr de sa bonne étoile et de ses choix, qu'invariablement il présente frappés au coin du « bon sens », il a su déblayer le terrain autour de lui, dans la Vienne comme au Palais du Luxembourg. Devenu le « deuxième » personnage de l'Etat au second tour d'un scrutin tranquille, il est bien certain de pouvoir remplir la mission dont il se sait investi : secouer et moderniser une institution traumatisée par la fin de règne d'Alain Poher. N'a-t-il pas porté à bout de bras un Futuroscope que chacun croyait a priori dénué d'avenir ?

Chamboulant l'administration du Sénat comme il avait bousculé les fonctionnaires de la Rue de Rivoli lors de son passage au ministère des finances, de 1978 à 1981, ou ceux de la Rue de Grenelle lorsqu'il détenait le portefeuille de l'éducation nationale, de 1986 à 1988, René Monory bataille pour faire parler de la seconde Chambre du Parlement. Les efforts sont réels notamment en matière de modernisation des moyens de communication , la volonté sans doute intacte. Mais la politique est aussi affaire d'image, et celle que renvoie à ses pairs un président peu à peu rattrapé par son âge traduit la lassitude et l'inertie.

La première alerte trente-neuf voix de la droite évaporées dans la nature lors de sa réélection, le 2 octobre 1995 le cueille à froid. Deux ans et demi plus tard, l'affaire est, pour lui, oubliée : le Sénat est sur Internet, René Monory à nouveau candidat à sa succession. Sa reconduction ne faisant officiellement aucun doute, l'intéressé ne prend pas la peine de se déclarer auprès de ses collègues. Quant à dire qu'il fait campagne alors que fleurissent, au printemps, toute une série de documents à sa gloire et que son agenda du mois de septembre se remplit à vue d'oeil , ce serait alors commettre un crime de lèse-majesté. Dans les couloirs du Palais du Luxembourg, pourtant, on « s'interroge », comme l'on dit pudiquement.

Au printemps, tandis que le président du Sénat sollicite le soutien du chef de l'Etat pour répondre aux attaques du premier ministre, qui avait qualifié l'institution d'« anomalie parmi les démocraties », un mot revient dans la bouche de sénateurs de tous bords : la « pohérisation ». De mauvais, très mauvais souvenirs reviennent à l'esprit de ceux qui ne se pardonnent pas d'avoir, en 1989, offert un huitième mandat à un vieil homme de quatre-vingts ans, rapidement contraint par la maladie à déléguer l'essentiel de ses pouvoirs à son directeur de cabinet. Ironie de l'histoire, face à Alain Poher, très contesté sur les bancs de la majorité sénatoriale, René Monory avait alors fait un galop d'essai en se présentant au deuxième tour de scrutin. Jean Arthuis, lui, avait plus modestement pris date, en empochant 40 voix au premier tour. A la tête d'un groupe de « quadras » dans l'air du temps, le sénateur centriste de la Mayenne venait de cosigner avec Hubert Haenel (RPR), fin juin, une sorte de manifeste de la rénovation du Sénat.

Souvenirs contre souvenirs : le Petit Luxembourg s'inquiète, en mai, lorsque le même Jean Arthuis, cette fois « quinqua », obtient du président du groupe centriste, Maurice Blin, l'autorisation de prendre la tête d'un groupe de travail aux objectifs passablement flous. Officiellement, il s'agit d'élaborer « une charte du sénateur centriste » destinée à servir d'argumentaire aux candidats soumis à renouvellement. En pratique, le débat est plus ouvert : méthodes de fonctionnement du groupe, renforcement du rôle du Sénat, perception par l'opinion publique, etc. Le groupe doit se retrouver tous les mardis à 18 heures, salle Champetier-de-Ribes. Le 26 mai, à la fin de la première réunion, inévitablement, « la » question surgit, sur fond de spéculations sur l'état de santé du président. Dans les jours qui suivent, certains centristes envisagent d'aller en délégation interroger M. Monory sur ses intentions. Ils n'auront pas à se donner cette peine.

Le 2 juin à 18 heures, Jean Arthuis ouvre la deuxième séance de son groupe... en remerciant René Monory de l'intérêt qu'il manifeste, par sa présence, aux travaux du groupe. Car le président du Sénat est là, entouré de plusieurs membres de son cabinet, dont son directeur, Jean-Dominique Giuliani. L'ambassade de la présidence a décidé de prendre de court les « conspirateurs » en les mettant devant le fait accompli, et, au passage, de tester une stratégie qui pourra, le cas échéant, resservir. Quelques minutes plus tard, M. Monory demande la parole : « J'ai bien réfléchi depuis deux mois pour savoir si j'étais ``pohérisé`` ou non. Qu'est-ce que vous en pensez ? » (Le Monde du 31 juillet). Et l'auditoire, naturellement, de se récrier. Fin août, Jean Arthuis, qui vient de se voir interdire toute nouvelle réunion de son groupe en septembre, est invité à passer une journée à Loudun et à Poitiers. Fermez le ban.

FORT du succès tactique qu'il considère avoir obtenu ce 2 juin, le président du Sénat se décide, deux semaines plus tard, à employer la même méthode : le passage en force. « Tous les présidents de groupe de la majorité RPR-UDF m'ont demandé de me représenter », affirme-t-il, le 16 juin, sur France 3. Y aller au culot, toujours et encore, parier sur un silence contraint des intéressés qui, estime-t-il, n'oseront pas lui faire l'affront de démentir ses propos.

Mais, cette fois, il a poussé le bouchon un peu loin. Tout en se disant favorable à « un candidat d'union de la majorité sénatoriale », et en soulignant que M. Monory « n'a pas démérité », Josselin de Rohan, président du groupe RPR, s'empresse de faire savoir qu'il n'est pas possible de préjuger de la position des groupes à l'issue du renouvellement du 27 septembre. Quant au président des Républicains et Indépendants, Henri de Raincourt, il n'apprécie pas du tout. Le 23 juin, lors d'une réunion de son groupe, il enregistre, déjà, quelques démangeaisons de candidature. Les sénateurs RI décident toutefois de ne pas s'exprimer sur l'élection à la présidence avant les élections sénatoriales. Ce qui se traduit par un communiqué dont les premiers mots sont pesés au trébuchet : « Depuis plusieurs jours, des informations incertaines et contradictoires à l'origine mal identifiée circulent à propos de l'élection à la présidence du Sénat... »

Le 17 septembre, se sachant cette fois sérieusement menacé, le sénateur de la Vienne change de cible. Lors de la passation de pouvoir entre François Léotard et François Bayrou, nouveau président de l'UDF, M. Monory, qui venait de s'entretenir, comme tous les mois, avec le président de la République à l'Elysée, déclare à la presse : « Jacques Chirac m'a autorisé à dire ceci : "Je suis plus que jamais pour l'union (...). Au moment où il va y avoir une élection au Sénat et qu'il n'y a pas d'autres candidats UDF, je déplore et je regrette beaucoup qu'il y ait une autre candidature RPR, et je le dirai." » Quelques minutes plus tard, un communiqué de l'Elysée évoque les « liens anciens d'amitié et d'estime » du président de la République avec M. Monory, mais précise que M. Chirac ne souhaite « intervenir ni de près ni de loin dans l'élection du président du Sénat ». Une forme de démenti qui blesse M. Monory, inquiète ses amis et encourage ses adversaires.

Depuis plusieurs semaines, le sénateur RPR des Vosges, Christian Poncelet, multipliait les déplacements sur le terrain, allant soutenir ses collègues renouvelables, testant ses appuis au sein du groupe... Ce vendredi 4 septembre, il décide de se jeter à l'eau. Depuis Tokyo, où il conduit une délégation de la commission des finances, il affiche, en réponse aux questions du Monde, son intention d'être candidat à la présidence contre René Monory. Son slogan qui servira par la suite d'intitulé à une lettre-programme adressée à ses collègues est prêt : « Une présidence modeste pour un Sénat ambitieux. » Le sénateur des Vosges met l'accent sur la nécessité de renforcer le rôle du Sénat, en prenant soin de ne pas s'en prendre à M. Monory sauf pour souligner discrètement que celui-ci n'avait pas fait le plein des voix lors de sa réélection en 1995. Ses soixante-dix ans contre soixante-quinze à son rival ne font pas de lui l'archétype du renouvellement qu'il préconise, mais son profil, qui ne suscite guère d'animosité de la part de ses collègues, est dès le départ celui d'un outsider crédible. Une fois entré dans la course, il se fait plutôt discret, tout à sa volonté de ne pas heurter les soutiens non RPR dont il a besoin.

Cette relative discrétion, tout comme la volonté de M. Poncelet d'afficher une candidature personnelle en ne sollicitant pas l'investiture du mouvement gaulliste, est appréciée, sinon voulue par le chef de l'Etat. Il reste que l'embarras de l'Elysée est à la mesure des sollicitations pressantes dont il est l'objet et de la multiplicité des paramètres à prendre en compte : les bonnes et très anciennes relations liant MM. Monory et Chirac, gages d'une bonne coordination avec le dernier bastion de droite que représente le Sénat, le souci de ne pas se mettre à dos les centristes pouvaient faire pencher la balance en faveur du sénateur de la Vienne, en dépit d'une image qui ne collait guère avec le souci de modernisation voulue par Jacques Chirac. Mais comment l'ancien président du mouvement gaulliste pouvait-il se dresser sur la route de l'un des siens ?

Décidant d'afficher sa neutralité, le président de la République veille scrupuleusement à ce que ce message soit entendu : présent, le 9 septembre, à l'inauguration de l'exposition Média Sénat, au Musée du Luxembourg, après avoir été accueilli par René Monory, il prend soin de saluer M. Poncelet d'un « Christian, tu vas bien ? ». Dans son compte rendu de l'inauguration, l'Agence France-Presse fait savoir que le sénateur des Vosges sera reçu le lendemain à l'Elysée. Un partout. La balle au centre... ou au RPR ? Dans les jours qui suivent, l'entourage de Jacques Chirac se charge d'entretenir la confusion, en laissant filtrer des indications contradictoires sur les dispositions d'esprit du chef de l'Etat. Tant et si bien que les partisans de M. Monory misent encore, peu avant le scrutin, sur des messages de l'Elysée susceptibles de provoquer quelques défections côté gaulliste.

Faute de pouvoir revendiquer le soutien du chef de l'Etat, on se prévaut, chez M. Monory, de celui de son épouse. Dimanche 27 septembre, lors de la soirée électorale organisée au Palais du Luxembourg, on répète à qui veut l'entendre que Bernadette Chirac, avec laquelle M. Monory vient de s'entretenir quelques instants au téléphone, ne se fait « pas de souci » pour le président sortant et que « toute la Corrèze le soutient ». Et comme rien ne saurait être négligé, on fait savoir, au cours de la même soirée, que M. Monory recevra à dîner, le lendemain soir, Valéry Giscard d'Estaing.

Le mutisme officiel de l'Elysée renforçant l'incertitude du scrutin, ce qui devait rester l'« affaire des sénateurs », selon M. de Rohan, est devenu peu à peu une bataille d'états-majors. Oubliée, la fausse assurance du sénateur de la Vienne, qui faisait part de son « dévouement » en ces termes, le 25 juin : « Si je partais aujourd'hui, ce serait un symbole d'abandon, de désertion. » A la mi-septembre, l'heure n'est plus aux faux-semblants et le péril justifie qu'au nom de l'UDF François Bayrou et Philippe Douste-Blazy donnent de la voix. Pour le RPR, Nicolas Sarkozy esquive, Philippe Séguin fixe rendez-vous à ses partenaires de L'Alliance après le premier tour. Libéraux et centristes, qui craignent désormais de perdre leur fief du Palais du Luxembourg, ne peuvent plus se permettre de laisser René Monory gérer seul cette affaire de famille. Les menaces grondent sur L'Alliance, on promet des mesures de rétorsion contre le parti gaulliste et on va même jusqu'à agiter le chiffon rouge de l'échec de la liste commune aux élections européennes.

Rien n'y fait. René Monory, qui fut le véritable « patron » des centristes, qui se voulait plus jeune que les jeunes, qui recevait au Sénat Helmut Kohl et Bill Gates, est rattrapé par son âge. Le vieillissement est inscrit sur son visage, dans son élocution sa difficulté à prononcer l'éloge funèbre de Maurice Schumann a provoqué dans l'hémicycle un malaise durable , dans sa démarche. Lui qui se vante de n'avoir jamais perdu une élection n'a pas vu venir cet ennemi-là, principal allié, jamais nommé à visage découvert, de ses hypocrites adversaires.

Jean-Baptise de Montvalon
Article paru dans l'édition du 03.10.98



Décès de Monory: le Futuroscope rend hommage à son "illustre fondateur"

12 avril 2009 - Il y a 2 jours

POITIERS (AFP) — La direction du Futuroscope, parc de loisirs situé près de Poitiers et fondé par l'ancien président du Sénat René Monory, décédé samedi, a salué la disparition de l'homme ayant "eu l'idée géniale de +faire pousser le futur dans un champ+".

"C'est avec une profonde tristesse et particulière émotion que les personnels du parc du Futuroscope viennent d'apprendre la disparition de René Monory", "illustre fondateur" de ce parc à thèmes, déclare la direction, dans un communiqué.

Les salariés "garderont le souvenir d'un homme respectueux des autres, soucieux de l'intérêt général, très présent pendant toutes ces années où il était aux commandes du parc" (1997-2000) et "qui a eu l'idée géniale de +faire pousser le futur dans un champ+ comme il aimait à répéter", poursuit le communiqué.

"Tout René Monory se résume dans sa capacité de surprendre et de frapper fort. Bref, d'avoir toujours un temps d'avance", ajoute Dominique Hummel, actuel président du directoire du parc.

Un message devait être lu en soirée par la direction du parc devant le public avant un spectacle nocturne, "avec une demande d'applaudissements pour geste de reconnaissance pour l'oeuvre accomplie" par M. Monory, précise la direction.

Situé à Jaunay-Clan, près de Poitiers, le Futuroscope a accueilli plus de 35 millions de visiteurs depuis sa création en 1987.


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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 21:44

(dépêches)



René Monory rattrapé par son âge

LEMONDE.FR | 11.04.09 | 12h27  •  Mis à jour le 11.04.09 | 12h27

En octobre 1998, René Monory était battu à la présidence du Sénat par Christian Poncelet. Le Monde racontait alors comment l'ancien ministre de l'économie avait été trahi par les siens.

Article publié le 3 octobre 1998.

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Le 2 octobre 1992, 19 h 50 : proclamé président du Sénat, René Monory gravit les marches qui le conduisent au perchoir. Son ascension a débuté à l'aube des années 50, dans un garage de Loudun, lorsqu'il avait imposé à son père de lui céder la place. Elle ne s'est jamais interrompue depuis. Sûr de sa bonne étoile et de ses choix, qu'invariablement il présente frappés au coin du « bon sens », il a su déblayer le terrain autour de lui, dans la Vienne comme au Palais du Luxembourg. Devenu le « deuxième » personnage de l'Etat au second tour d'un scrutin tranquille, il est bien certain de pouvoir remplir la mission dont il se sait investi : secouer et moderniser une institution traumatisée par la fin de règne d'Alain Poher. N'a-t-il pas porté à bout de bras un Futuroscope que chacun croyait a priori dénué d'avenir ?

Chamboulant l'administration du Sénat comme il avait bousculé les fonctionnaires de la Rue de Rivoli lors de son passage au ministère des finances, de 1978 à 1981, ou ceux de la Rue de Grenelle lorsqu'il détenait le portefeuille de l'éducation nationale, de 1986 à 1988, René Monory bataille pour faire parler de la seconde Chambre du Parlement. Les efforts sont réels notamment en matière de modernisation des moyens de communication , la volonté sans doute intacte. Mais la politique est aussi affaire d'image, et celle que renvoie à ses pairs un président peu à peu rattrapé par son âge traduit la lassitude et l'inertie.

La première alerte trente-neuf voix de la droite évaporées dans la nature lors de sa réélection, le 2 octobre 1995 le cueille à froid. Deux ans et demi plus tard, l'affaire est, pour lui, oubliée : le Sénat est sur Internet, René Monory à nouveau candidat à sa succession. Sa reconduction ne faisant officiellement aucun doute, l'intéressé ne prend pas la peine de se déclarer auprès de ses collègues. Quant à dire qu'il fait campagne alors que fleurissent, au printemps, toute une série de documents à sa gloire et que son agenda du mois de septembre se remplit à vue d'oeil , ce serait alors commettre un crime de lèse-majesté. Dans les couloirs du Palais du Luxembourg, pourtant, on « s'interroge », comme l'on dit pudiquement.

Au printemps, tandis que le président du Sénat sollicite le soutien du chef de l'Etat pour répondre aux attaques du premier ministre, qui avait qualifié l'institution d'« anomalie parmi les démocraties », un mot revient dans la bouche de sénateurs de tous bords : la « pohérisation ». De mauvais, très mauvais souvenirs reviennent à l'esprit de ceux qui ne se pardonnent pas d'avoir, en 1989, offert un huitième mandat à un vieil homme de quatre-vingts ans, rapidement contraint par la maladie à déléguer l'essentiel de ses pouvoirs à son directeur de cabinet. Ironie de l'histoire, face à Alain Poher, très contesté sur les bancs de la majorité sénatoriale, René Monory avait alors fait un galop d'essai en se présentant au deuxième tour de scrutin. Jean Arthuis, lui, avait plus modestement pris date, en empochant 40 voix au premier tour. A la tête d'un groupe de « quadras » dans l'air du temps, le sénateur centriste de la Mayenne venait de cosigner avec Hubert Haenel (RPR), fin juin, une sorte de manifeste de la rénovation du Sénat.

Souvenirs contre souvenirs : le Petit Luxembourg s'inquiète, en mai, lorsque le même Jean Arthuis, cette fois « quinqua », obtient du président du groupe centriste, Maurice Blin, l'autorisation de prendre la tête d'un groupe de travail aux objectifs passablement flous. Officiellement, il s'agit d'élaborer « une charte du sénateur centriste » destinée à servir d'argumentaire aux candidats soumis à renouvellement. En pratique, le débat est plus ouvert : méthodes de fonctionnement du groupe, renforcement du rôle du Sénat, perception par l'opinion publique, etc. Le groupe doit se retrouver tous les mardis à 18 heures, salle Champetier-de-Ribes. Le 26 mai, à la fin de la première réunion, inévitablement, « la » question surgit, sur fond de spéculations sur l'état de santé du président. Dans les jours qui suivent, certains centristes envisagent d'aller en délégation interroger M. Monory sur ses intentions. Ils n'auront pas à se donner cette peine.

Le 2 juin à 18 heures, Jean Arthuis ouvre la deuxième séance de son groupe... en remerciant René Monory de l'intérêt qu'il manifeste, par sa présence, aux travaux du groupe. Car le président du Sénat est là, entouré de plusieurs membres de son cabinet, dont son directeur, Jean-Dominique Giuliani. L'ambassade de la présidence a décidé de prendre de court les « conspirateurs » en les mettant devant le fait accompli, et, au passage, de tester une stratégie qui pourra, le cas échéant, resservir. Quelques minutes plus tard, M. Monory demande la parole : « J'ai bien réfléchi depuis deux mois pour savoir si j'étais ``pohérisé`` ou non. Qu'est-ce que vous en pensez ? » (Le Monde du 31 juillet). Et l'auditoire, naturellement, de se récrier. Fin août, Jean Arthuis, qui vient de se voir interdire toute nouvelle réunion de son groupe en septembre, est invité à passer une journée à Loudun et à Poitiers. Fermez le ban.

FORT du succès tactique qu'il considère avoir obtenu ce 2 juin, le président du Sénat se décide, deux semaines plus tard, à employer la même méthode : le passage en force. « Tous les présidents de groupe de la majorité RPR-UDF m'ont demandé de me représenter », affirme-t-il, le 16 juin, sur France 3. Y aller au culot, toujours et encore, parier sur un silence contraint des intéressés qui, estime-t-il, n'oseront pas lui faire l'affront de démentir ses propos.

Mais, cette fois, il a poussé le bouchon un peu loin. Tout en se disant favorable à « un candidat d'union de la majorité sénatoriale », et en soulignant que M. Monory « n'a pas démérité », Josselin de Rohan, président du groupe RPR, s'empresse de faire savoir qu'il n'est pas possible de préjuger de la position des groupes à l'issue du renouvellement du 27 septembre. Quant au président des Républicains et Indépendants, Henri de Raincourt, il n'apprécie pas du tout. Le 23 juin, lors d'une réunion de son groupe, il enregistre, déjà, quelques démangeaisons de candidature. Les sénateurs RI décident toutefois de ne pas s'exprimer sur l'élection à la présidence avant les élections sénatoriales. Ce qui se traduit par un communiqué dont les premiers mots sont pesés au trébuchet : « Depuis plusieurs jours, des informations incertaines et contradictoires à l'origine mal identifiée circulent à propos de l'élection à la présidence du Sénat... »

Le 17 septembre, se sachant cette fois sérieusement menacé, le sénateur de la Vienne change de cible. Lors de la passation de pouvoir entre François Léotard et François Bayrou, nouveau président de l'UDF, M. Monory, qui venait de s'entretenir, comme tous les mois, avec le président de la République à l'Elysée, déclare à la presse : « Jacques Chirac m'a autorisé à dire ceci : "Je suis plus que jamais pour l'union (...). Au moment où il va y avoir une élection au Sénat et qu'il n'y a pas d'autres candidats UDF, je déplore et je regrette beaucoup qu'il y ait une autre candidature RPR, et je le dirai." » Quelques minutes plus tard, un communiqué de l'Elysée évoque les « liens anciens d'amitié et d'estime » du président de la République avec M. Monory, mais précise que M. Chirac ne souhaite « intervenir ni de près ni de loin dans l'élection du président du Sénat ». Une forme de démenti qui blesse M. Monory, inquiète ses amis et encourage ses adversaires.

Depuis plusieurs semaines, le sénateur RPR des Vosges, Christian Poncelet, multipliait les déplacements sur le terrain, allant soutenir ses collègues renouvelables, testant ses appuis au sein du groupe... Ce vendredi 4 septembre, il décide de se jeter à l'eau. Depuis Tokyo, où il conduit une délégation de la commission des finances, il affiche, en réponse aux questions du Monde, son intention d'être candidat à la présidence contre René Monory. Son slogan qui servira par la suite d'intitulé à une lettre-programme adressée à ses collègues est prêt : « Une présidence modeste pour un Sénat ambitieux. » Le sénateur des Vosges met l'accent sur la nécessité de renforcer le rôle du Sénat, en prenant soin de ne pas s'en prendre à M. Monory sauf pour souligner discrètement que celui-ci n'avait pas fait le plein des voix lors de sa réélection en 1995. Ses soixante-dix ans contre soixante-quinze à son rival ne font pas de lui l'archétype du renouvellement qu'il préconise, mais son profil, qui ne suscite guère d'animosité de la part de ses collègues, est dès le départ celui d'un outsider crédible. Une fois entré dans la course, il se fait plutôt discret, tout à sa volonté de ne pas heurter les soutiens non RPR dont il a besoin.

Cette relative discrétion, tout comme la volonté de M. Poncelet d'afficher une candidature personnelle en ne sollicitant pas l'investiture du mouvement gaulliste, est appréciée, sinon voulue par le chef de l'Etat. Il reste que l'embarras de l'Elysée est à la mesure des sollicitations pressantes dont il est l'objet et de la multiplicité des paramètres à prendre en compte : les bonnes et très anciennes relations liant MM. Monory et Chirac, gages d'une bonne coordination avec le dernier bastion de droite que représente le Sénat, le souci de ne pas se mettre à dos les centristes pouvaient faire pencher la balance en faveur du sénateur de la Vienne, en dépit d'une image qui ne collait guère avec le souci de modernisation voulue par Jacques Chirac. Mais comment l'ancien président du mouvement gaulliste pouvait-il se dresser sur la route de l'un des siens ?

Décidant d'afficher sa neutralité, le président de la République veille scrupuleusement à ce que ce message soit entendu : présent, le 9 septembre, à l'inauguration de l'exposition Média Sénat, au Musée du Luxembourg, après avoir été accueilli par René Monory, il prend soin de saluer M. Poncelet d'un « Christian, tu vas bien ? ». Dans son compte rendu de l'inauguration, l'Agence France-Presse fait savoir que le sénateur des Vosges sera reçu le lendemain à l'Elysée. Un partout. La balle au centre... ou au RPR ? Dans les jours qui suivent, l'entourage de Jacques Chirac se charge d'entretenir la confusion, en laissant filtrer des indications contradictoires sur les dispositions d'esprit du chef de l'Etat. Tant et si bien que les partisans de M. Monory misent encore, peu avant le scrutin, sur des messages de l'Elysée susceptibles de provoquer quelques défections côté gaulliste.

Faute de pouvoir revendiquer le soutien du chef de l'Etat, on se prévaut, chez M. Monory, de celui de son épouse. Dimanche 27 septembre, lors de la soirée électorale organisée au Palais du Luxembourg, on répète à qui veut l'entendre que Bernadette Chirac, avec laquelle M. Monory vient de s'entretenir quelques instants au téléphone, ne se fait « pas de souci » pour le président sortant et que « toute la Corrèze le soutient ». Et comme rien ne saurait être négligé, on fait savoir, au cours de la même soirée, que M. Monory recevra à dîner, le lendemain soir, Valéry Giscard d'Estaing.

Le mutisme officiel de l'Elysée renforçant l'incertitude du scrutin, ce qui devait rester l'« affaire des sénateurs », selon M. de Rohan, est devenu peu à peu une bataille d'états-majors. Oubliée, la fausse assurance du sénateur de la Vienne, qui faisait part de son « dévouement » en ces termes, le 25 juin : « Si je partais aujourd'hui, ce serait un symbole d'abandon, de désertion. » A la mi-septembre, l'heure n'est plus aux faux-semblants et le péril justifie qu'au nom de l'UDF François Bayrou et Philippe Douste-Blazy donnent de la voix. Pour le RPR, Nicolas Sarkozy esquive, Philippe Séguin fixe rendez-vous à ses partenaires de L'Alliance après le premier tour. Libéraux et centristes, qui craignent désormais de perdre leur fief du Palais du Luxembourg, ne peuvent plus se permettre de laisser René Monory gérer seul cette affaire de famille. Les menaces grondent sur L'Alliance, on promet des mesures de rétorsion contre le parti gaulliste et on va même jusqu'à agiter le chiffon rouge de l'échec de la liste commune aux élections européennes.

Rien n'y fait. René Monory, qui fut le véritable « patron » des centristes, qui se voulait plus jeune que les jeunes, qui recevait au Sénat Helmut Kohl et Bill Gates, est rattrapé par son âge. Le vieillissement est inscrit sur son visage, dans son élocution sa difficulté à prononcer l'éloge funèbre de Maurice Schumann a provoqué dans l'hémicycle un malaise durable , dans sa démarche. Lui qui se vante de n'avoir jamais perdu une élection n'a pas vu venir cet ennemi-là, principal allié, jamais nommé à visage découvert, de ses hypocrites adversaires.

Jean-Baptise de Montvalon
Article paru dans l'édition du 03.10.98



Poncelet pousse Monory à la retraite. Le challenger RPR a ravi la présidence à son aîné centriste.

Politiques 02/10/1998 à 13h10
BRESSON GillesGUIRAL AntoineSCHNEIDER Vanessa

L'humiliation. René Monory, 75 ans, président sortant du Sénat, s'est fait sortir, hier, dès le premier tour de la course. C'est Christian Poncelet, son rival RPR, qui a été élu au troisième tour, tôt ce matin, après de nombreuses tractations de couloir. Il l'emporte par 189 voix contre 93 pour le socialiste Claude Estier et 37 bulletins blancs. Pour la première fois, un gaulliste s'empare du Sénat. Un échec cinglant pour les libéraux-centristes, qui risque de provoquer de sérieux remous dans l'Alliance. Majoritaires sur le papier, ils s'étaient mis d'accord pour présenter au deuxième tour Daniel Hoeffel (centriste, Bas-Rhin). En vain. Le sénateur alsacien, avec 109 voix contre 125, n'a pas fait le plein dans son camp. Il a dû se désister en faveur de Poncelet. Récit d'une journée de dupes.

Buvette. 15 heures 30: Les deux candidats entrent en scène. Ils se croisent, se frôlent, jouent à touche-touche sans jamais se saluer, se regarder. C'est le dernier ballet, les dernières louches à serrer. Christian Poncelet, entouré de ses partisans et des caméras de télévision, plastronne. Aux sénateurs qui viennent le saluer, il lance, rigolard: «Je n'ai plus d'argent, j'ai tout donné.» René Monory la joue profil bas. Dans un coin, il promet des invitations pour le Futuroscope à des sénateurs.

Les autres piétinent depuis une bonne demi-heure dans la salle des Conférences. Le directeur de cabinet de René Monory, Jean-Dominique Giuliani, qui, il y a quelques jours encore, donnait le sortant réélu dès le premier tour, fait les cent pas, tendu: «Je ne dis plus rien.» Charles Pasqua est nettement plus relax: «Je trouve très amusant tous ces gens qui ont des illusions.» Il sait de quoi il parle: il s'en était fait en 1992 en se présentant contre René Monory. Jean-Claude Gaudin (Républicains et Indépendants, Bouches-du-Rhône) en fait des tonnes: «Dans une période où la droite a subi de nombreux revers, il ne manquerait plus que l'on donne le sentiment que nous nous divisons. Nous devons tous soutenir Monory.» Et de plaisanter sur le Viagra avec le centriste Marcel Lesbros (Hautes-Alpes), qui jure: «Ma femme m'a dit que je n'en avais pas besoin.» Les pronostics vont bon train. Les socialistes goûtent le spectacle. Ils sont hors jeu, comme les communistes, même si plusieurs de leurs voix s'égareront dans l'escarcelle de Poncelet.

Nécrologie. 16 heures. Le doyen Kleber Malécot (UC, Loiret), 83 ans, condamné l'année dernière pour avoir fait le corbeau dans son village contre des militants écologistes, vacille entre deux questeurs. Il ouvre la séance par la rubrique nécrologique: quatre morts. Il constate: «C'est la première et la dernière fois que je suis à cette place.» Il vante la «modernité» du Sénat, explique: «Je me suis senti trop âgé pour m'initier au maniement de l'ordinateur.» Avec difficulté, il tire la lettre «u». Le vote peut commencer. Honneur à Maurice Ulrich (RPR, Paris), conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée. Charles Pasqua fait le môme. Il pique les bulletins de ses collègues: «Le tien est prêt? Je te le change et je te le redonne, et c'est comme ça qu'un type est élu à une voix près.» Monory déambule encore. Il s'assoit finalement sur un banc. A sa gauche, sa fille; à sa droite, sa petite-fille. Il se relève, direction la buvette, où Pasqua et Gaudin s'entretiennent, il revient vers l'hémicycle: «Pour l'instant, je ne suis pas très inquiet, je le serai peut-être plus tard.»

Il prend un méchant coup sur la tête lorsque les résultats tombent. Il obtient 102 voix, contre 118 à Poncelet, qui a grappillé 19 suffrages de plus que le nombre de sénateurs du groupe RPR. Avec 72 voix, Claude Estier en troisième position ne fait pas le plein des 79 socialistes. Hélène Luc, avec 17 voix, en gagne une. Il y a 10 bulletins blancs.

«Grand monsieur». Monory, choqué, attend les résultats dans la salle des Départs. Jean-Pierre Raffarin lui donne le score: «Il a pris ça comme un grand monsieur. Il a dit: "J'ai fait ce que j'avais à faire. Il a levé la tête, s'est levé. Et il a emmené ses collaborateurs boire le champagne. Ceux qui l'avaient trouvé très courbé auraient vu là un homme droit.» «C'est une forme d'assassinat. S'il avait eu de vrais amis, ils lui auraient évité cette humiliation», commente Michel Charasse. Pour Marcel Debarge (PS, Seine-Saint-Denis), «la messe est dite». Maintenant, place aux messes basses.

Les centristes se glissent sans un mot dans leur antre. Les RI, idem. Les RPR, eux, n'en reviennent pas. Poncelet, la voix étranglée, les remercie. Une question fuse. Quid maintenant? Serge Vinçon (Cher) répond: «Nous avons redéposé la candidature de Christian Poncelet.» Il arrive du bureau du président du groupe gaulliste, Josselin de Rohan, où vient de débarquer Philippe Séguin. Charles Pasqua occupe la buvette: «Si Monory ne se désiste pas, nous en tirerons les conséquences.» L'éjecté a depuis belle lurette jeté l'éponge. Pas les centristes, rejoints par le président de l'UDF François Bayrou, ni les RI, toujours en conclave pour sortir de leur chapeau un troisième homme. Les RPR attendent dans l'hémicycle, avec en face les sénateurs de gauche. Ça dure. A 19 heures, les centristes et les RI demandent une nouvelle suspension jusqu'à 21 h 30. Les libéraux, dont une partie a voté Poncelet pour évincer Monory, ont beau jeu de proposer un candidat issu de leurs rangs qui barrerait la route au RPR.

Rajeunissement. Les trois composantes non gaullistes décident d'organiser des primaires, après avoir fait leur tri interne. Mais ça prend du temps. Jean Faure (UC, Isère) demande «avec beaucoup d'humilité et de courage» une nouvelle suspension de séance. Des cris fusent sur les bancs de gauche: «Vive l'Alliance!» A 10 heures, sortent du lot: Daniel Hoeffel, 69 ans (Bas-Rhin), pour les centristes, Henri de Raincourt (RI, Yonne) et Paul Girot (RDSE, Aisne). L'Alsacien remporte la mise avec 51 voix contre 49 à Raincourt. En dix heures, les centristes ont rajeuni leur candidat de six ans. «Ils sont dans la merde, nos amis», note Pasqua. C'est le cas. A 23 h 15, Hoeffel perd face à Poncelet et se désiste. Le tombeur de Monory a la voie libre. «C'est un coup de canif dans l'Alliance. Si l'Alliance, c'est le RPR, il faut le dire», grommelle Jean-Pierre Raffarin. Un peu tard. Le RPR a pris le Sénat.



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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 21:12

(communiqué)



COMMUNIQUE DE DOMINIQUE BAUDIS PRESIDENT DE L'INSTITUT DU MONDE ARABE 

05 avril 2009
 
Communiqué de Dominique Baudis, ce jour :

« Depuis quelques jours, je suis la cible d’une nouvelle campagne de calomnies. Hélas, j’ai l’habitude. Comme vous le savez, j’ai été victime dans un passé récent d’accusations délirantes. La justice a reconnu mon innocence et condamné à des peines de prisons les personnes qui m’avaient accusé.

Aujourd’hui, une nouvelle fois, certains cherchent à propager des calomnies et des mensonges pour tenter de me nuire.

Ainsi, comme président de l’Institut du monde arabe (IMA), on fait état de plusieurs cartes de crédits dont je disposerais. C’est faux.

On fait état d’un déplacement de mon épouse en Egypte en omettant de préciser qu’elle était invitée par l’union des écrivains arabes qui a remboursé à l’IMA le montant de ce voyage.

On me reproche une facture dans un restaurant asiatique où j’avais tout simplement invité le Président et la Direction générale de France télévisions pour les remercier d’avoir organisé à l’Institut du monde arabe l’émission Des racines et des ailes. Quoi de plus normal ?

On conteste des déplacements à Toulouse en oubliant que l’Institut du monde arabe y a organisé au printemps dernier une exposition présentée pendant trois mois au Musée des Jacobins et que j’ai inaugurée avec le député-maire.

Tout est à l’avenant.

On amalgame dans les dépenses critiquées, les salaires et les déplacements des employés de l’IMA qui travaillent avec moi. On met en cause le montant de mon salaire sans indiquer qu’il a été fixé et financé par l’Etat, validé par un comité de rémunération et adopté à l’unanimité par le Conseil d’Administration de l’IMA.

On omet surtout de citer l’augmentation des recettes, cent fois plus importante que celle des dépenses. Les mécénats et partenariats ont progressé de 400 % en deux ans. Cette progression n’a été possible que grâce à des déplacements fréquents dans les Etats membres de l’IMA.

Afin qu’aucun doute ne subsiste, je demande aux pouvoirs publics à ce qu’il soit procédé, en toute indépendance, à une nouvelle vérification complète.

Enfin, chacun peut imaginer les visées politiques de telles accusations au moment où je suis tête de liste UMP-Majorité présidentielle aux élections européennes dans le Sud-ouest. »

Dominique Baudis

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 00:22

(dépêches)



Otan: Villepin fait salle comble à l'Assemblée et parle... d'élection

Politique
Publié le 01/04/2009 à 21:14 - Modifié le 01/04/2009 à 21:51 AFP

Dominique de Villepin a fait salle comble mercredi pour son retour dans l'enceinte de l'Assemblée -une première depuis son départ de Matignon- où il était invité par ses partisans à parler de l'Otan, critiquant au passage Nicolas

Dominique de Villepin a fait salle comble mercredi pour son retour dans l'enceinte de l'Assemblée -une première depuis son départ de Matignon- où il était invité par ses partisans à parler de l'Otan, en profitant au passage pour brocarder Nicolas Sarkozy et parler... d'élection.

Plus de 300 personnes avaient pris place dans la salle Victor Hugo pour écouter l'ancien Premier ministre regretter le retour complet de la France au sein de l'Alliance atlantique.

Outre les six députés classés villepinistes -François Goulard, Jacques Le Guen, Jean-Pierre Grand, Guy Geoffroy, Georges Tron et Hervé Mariton- qui entouraient leur mentor à la tribune, figuraient les ex-ministres chiraquiens Henri Cuq, Brigitte Girardin et Nelly Olin, le président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan, le député UMP Yves Censi, proche de Jean-François Copé, et l'ex-président du Conseil constitutionnel, Yves Guéna.

"Dans la vie, nos actes nous suivent. Le retour dans l'Otan, voilà un acte qui suivra le président de la République. Il est comptable des paris qu'il fait (...) Les Français pourront juger", a-t-il dit.

Faisant allusion à la menace de M. Sarkozy de quitter la table des négociations du G20, il a déclaré : "j'espère que la France continuera d'être entendue haut et fort et pas dans des stratégies d'ultimatum ou de la chaise vide".

Evoquant son "émotion" à s'exprimer au Palais-Bourbon, M. de Villepin a déclaré : "une chose que personne, jamais, ne m'enlèvera, c'est l'amour de mon pays".

"Beaucoup ont ricané sur le fait qu'il y avait 1, 2, 3, 4, 5 parlementaires" villepinistes. "J'en connais d'autres qui, dans d'autres endroits, ont commencé avec moins que ça", a-t-il dit en référence à Jacques Chirac qui, trois mois avant d'être élu en 1995, avait été abandonné par une très grande majorité de cadres du RPR.

"Il faut avoir en politique, chevillée au corps et à l'esprit, une très forte détermination (...) (Mon) combat est non pas contre quiconque mais pour la France, parce que je pense qu'il y a des dangers", a poursuivi M. de Villepin.

Celui qui ne s'est jamais frotté au suffrage universel est même allé plus loin en laissant entendre, à l'issue de la rencontre, qu'il pourrait être candidat: "l'élection, ce sont des circonstances qui font qu'elle devient naturelle. Croyez bien, je serai à ce rendez-vous".

Un peu plus tôt, une étudiante de Sciences-Po lui avait lancé: "je ne sais pas si vous avez une activité cérébrale très intense en vous rasant le matin mais, en 2012, je voterai pour la première fois aux élections présidentielles et si je pouvais voter pour vous...".

"J'étais à Egletons en 1976. Aujourd'hui, je suis salle Victor Hugo...", a commenté M. Grand, en allusion à "l'appel d'Egletons" lancé par Jacques Chirac deux mois avant la création du RPR.

Dans un communiqué, le député UMP Christian Estrosi, proche de M. Sarkozy, a accusé M. de Villepin de jouer "l'inspecteur des travaux finis", déplorant en outre que "certains députés du groupe UMP cautionnent ces critiques systématiques" du chef de l'Etat.



Bayrou: le pouvoir a "fait des inégalités son axe pour la société française"

Politique
Publié le 02/04/2009 à 12:53 - Modifié le 02/04/2009 à 12:59 AFP

Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou a accusé jeudi le pouvoir d'avoir "choisi de faire des inégalités son axe pour la société française".

Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou a accusé jeudi le pouvoir d'avoir "choisi de faire des inégalités son axe pour la société française".

"Je suis très inquiet du modèle de société qu'on est en train de nous imposer, je suis très inquiet d'une société d'inégalités de plus en plus frappantes", a déclaré M. Bayrou sur France 2.

Selon lui, il faut "traiter par une loi" et non par décret, comme a choisi de le faire le gouvernement, la question de la rémunération des dirigeants de grandes entreprises aidées par l'Etat.

"Un gouvernement, un pouvoir comme celui-ci qui a choisi de faire des inégalités son axe pour la société française fait beaucoup de mal au pays", a accusé le député des Pyrénées-Atlantiques.

Concernant la menace d'un départ du président Nicolas Sarkozy du sommet du G20 à défaut de résultats suffisants, M. Bayrou a estimé qu'"il ne faut pas s'arrêter aux mots", mais "regarder les actes".

"Les déclarations, les affirmations, les postures" sont à ses yeux "la surface des choses". "On verra ce soir" lors de la clôture du sommet de Londres si "ce genre de manifestation était justifiée".


INFO LEPOINT.FR - Rama Yade s'engage dans la bataille des régionales

Politique
Publié le 30/03/2009 à 18:19 Le Point.fr

En tête depuis deux mois du palmarès Ipsos-Le Point des leaders politiques , Rama Yade participera à la campagne des régionales en Île-de-France. La secrétaire d'État aux droits de l'homme sera en effet la porte-parole de Valérie Pécresse, la tête de liste UMP. Son rival malheureux, le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, sera en deuxième position sur la liste.



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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:08

(dépêches)




http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/22/regionales-pecresse-bat-karoutchi-pour-l-investiture-ump-en-ile-de-france_1171242_823448.html#ens_id=1170797
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1171242,0.html
Régionales : Pécresse bat Karoutchi pour l'investiture UMP en Ile-de-France
LEMONDE.FR avec AFP | 22.03.09 | 16h06  •  Mis à jour le 22.03.09 | 18h50


Valérie Pécresse a remporté la primaire UMP en Ile-de-France pour la tête de liste aux élections régionales de 2010 face à son collègue du gouvernement, Roger Karoutchi, selon plusieurs sources anonymes au sein du parti citées par l'AFP. Mme Pécresse a remporté le scrutin interne avec 59,9 % des voix contre 40,1 % pour M. Karoutchi au terme d'une campagne particulièrement intense. Soit un écart de "6 000 voix" entre les deux rivaux, selon ces sources, pour une participation de 48,8 % dans la région.

Mme Pécresse, favorite des sondages dans la dernière ligne droite, avait promis le renouvellement des générations avant les élections présidentielle et législatives qui se dérouleront en 2012. M. Karoutchi, chef de l'opposition au Conseil régional d'Ile-de-France depuis 1998 et élu régional depuis 1992, s'était beaucoup investi dans cette campagne, à tel point qu'il disait que c'était "le combat de [sa] vie".

"RECONQUÊTE"

"Ce soir, nous lançons la reconquête de l'Ile-de-France dans l'unité et la volonté de changement", a déclaré la nouvelle tête de liste UMP pour l'Ile-de-France, appellant son ancien rival à se joindre à elle pendant la campagne. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui avait apporté son soutien à Mme Pécresse, a aussitôt salué sa "victoire exemplaire" et annoncé qu'il présiderait "son comité de soutien".

Les primaires en Ile-de-France ont focalisé toute l'attention de cet exercice de démocratie interne décidé par l'UMP pour désigner ses chefs de file au scrutin régional. Parmi les autres vainqueur de ce scrutin interne, on retrouve le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, qui a gagné dans le Centre, Brigitte Barèges victorieuse en Midi-Pyrénées, Alain Lambert en Basse-Normandie, Alain Suguenot en Bourgogne, Thierry Lazaro dans le Nord/Pas-de-Calais ou Raymond Couderc en Languedoc-Roussillon.

Désormais en ordre de marche, l'UMP espère effacer sa défaite lors du scrutin de 2004. Depuis, la droite ne contrôle plus que l'Alsace et la Corse, deux régions où les sortants étaient dispensés de primaires.
 




 




http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/01/23/pecresse-et-karoutchi-du-duel-au-tandem_1145878_823448.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1145878,0.html
Pécresse et Karoutchi, du duel au "tandem"
LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 23.01.09 | 14h31  •  Mis à jour le 20.03.09 | 17h47


l s'agit du mal des primaires. Peu de partis démocratiques parviennent à en masquer les symptômes : déchirures multiples et malaises internes chroniques. En novembre dernier, c'est le PS qui exposait ses stigmates en plein congrès de Reims. L'UMP ne manquait alors pas d'ironiser sur les luttes fratricides de l'opposition. Aujourd'hui, c'est au tour de la majorité présidentielle de tenter de tamiser la lumière médiatique du duel à fleurets non mouchetés que se livrent Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Tous deux sont candidats à la candidature pour conduire l'UMP francilienne aux prochaines élections régionales.

 
Nicolas Sarkozy a beau multiplier les rappels à l'ordre, ses deux ministres accumulent crocs-en-jambe ou petites phrases, tout en menant une chasse active aux soutiens. Hier soir, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, devait s'afficher avec Roger Karoutchi lors d'une réunion publique dans le 12e arrondissement de Paris. La semaine dernière, c'est Alain Juppé qui répondait à une invitation de Valérie Pécresse, à Vélizy-Villacoublay (Essonne). Mais la course aux soutiens ne se fait pas sans tête-à-queue. En octobre 2008, alors que la ministre de la Justice, Rachida Dati, est chahutée par la magistrature et que son aura médiatique pâlit, Roger Karoutchi vient à sa rescousse et déclare dans Le Monde : "Il n'y a pas de problème Dati. La garde des Sceaux a fait un travail remarquable." Un mois plus tard, l'élue de Paris invite Roger Karoutchi dans le 7e arrondissement et lui déclare publiquement son soutien. Le 11 janvier, c'est au tour de Valérie Pécresse de venir au secours de la garde des Sceaux, à la suite d'une polémique sur son retour anticipé aux affaires après son accouchement. "J'aurais fait la même chose", déclare sa collègue ministre et mère de trois enfants. Quatre jours plus tard, c'est à Valérie Pécresse que Rachida Dati apporte son soutien, entraînant un coup de sang de son rival.

"ILS SONT ALLÉS TROP LOIN"

Pourtant, depuis six mois, plusieurs signaux rouges sont apparus dans la campagne de Roger Karoutchi, chef de l'opposition régionale et candidat "naturel" de l'UMP. Déjà, la seule candidature de Valérie Pécresse déclarée en août, est inimaginable sans l'accord tacite du président de la République. Ensuite, en octobre, un sondage réalisé par l'Ifop, pour un proche de Nicolas Sarkozy, souligne le déficit de notoriété de Roger Karoutchi. Et le couvert est resservi, le 8 janvier, quand Le Figaro publie un sondage Opinion-Way qui désigne Valérie Pécresse comme "meilleure candidate" avec 20 points d'avance sur l'élu des Hauts-de-Seine. Coup de colère de Karoutchi qui crie au scandale et déclare qu'il saisit la Commission des sondages.

Jean-François Copé, président du groupe majoritaire à l'Assemblée et maire de Meaux, a suggéré la création d'un "tandem" par les deux ministres. "Trop tard, soupire Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris. "Ils sont allés trop loin", estime le député de Paris qui souhaite que le "débat politique" prenne le pas sur la foire d'empoigne. Valérie Pécresse assure qu'il n'y a "aucun problème avec Roger". "Il a toute légitimité pour être tête de liste dans les Hauts-de-Seine", précise la ministre, sûre de représenter le renouvellement. "Certains veulent priver les militants de l'UMP de leur choix. La question est de savoir qui a intérêt à se passer de leur vote", souligne, pour sa part, Roger Karoutchi, certain de son implantation locale. Une place de numéro deux serait difficile a accepter pour Karoutchi. En 2004 déjà, il s'était fait rafler la place de tête de liste pour la région par… Jean-François Copé. Le très actif président du comité de soutien à Copé était alors… Nicolas Sarkozy.



Eric Nunès


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 10:13

(dépêche)



Les députés UMP face à "une opinion publique inquiète et parfois hostile"

LE MONDE | 11.02.09 | 15h44  •  Mis à jour le 11.02.09 | 15h44

Ambiance des mauvais jours, mardi 10 février, chez les députés de l'UMP. Les remontées du week-end, après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, ne sont pas bonnes. "Le Sarkozy libéral, ça ne marchait pas. Le Sarkozy social, ça ne prend pas plus, résume Marie-Anne Montchamp (Val-de-Marne). Le groupe mesure à quel point il va falloir s'habituer à vivre avec une opinion publique inquiète, et parfois hostile." Avant de partir en tournée dans le Golfe, le chef de l'Etat a fait passer le message aux dirigeants de la majorité : "Il va falloir se serrer les coudes."

11 h 30, salle Colbert, où se réunit le groupe UMP. Par quoi commencer ?, les sujets de crispation sont tellement nombreux... Jean-François Copé, le président du groupe, prend les devants : il annonce que la question de l'OTAN et de la défense européenne, qui divise fortement l'UMP, fera l'objet d'une réunion spéciale, mardi prochain.

Roselyne Bachelot intervient sur l'hôpital et la santé. Le projet du gouvernement suscite beaucoup d'interrogations. "Nous avons besoin de continuer à discuter", convient M. Copé. L'examen du texte commence dans l'après-midi.

Place aux universités et au statut des enseignants-chercheurs. Les élus s'interrogent sur l'objet de la mission de médiation annoncée la veille par la ministre, Valérie Pécresse. "Chez moi, tout le monde est contre la réforme, s'insurge Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais), doyen de la faculté de droit de l'université du Littoral-Côte-d'Opale. Elle n'a aucune chance de réussir si elle n'est pas portée par le monde universitaire."

Pas question de lâcher, répliquent Claude Goasguen (Paris) et Benoist Apparu (Marne), pour qui "un recul serait pire que tout". Le "patron" des députés UMP annonce qu'"un groupe de travail va travailler au côté de la ministre". En attendant, la consigne est donnée : "soutien total à Valérie Pécresse". Interpellée à deux reprises, l'après-midi, lors de la séance des questions au gouvernement, celle-ci va recevoir une ovation debout de la part des députés de la majorité.

Sujet suivant, la Guadeloupe. Pas le temps d'en débattre. Le premier ministre, François Fillon, et le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Yves Jégo, doivent filer à Matignon pour une réunion interministérielle. M. Copé, qui s'est entretenu la veille avec le secrétaire d'Etat, tient à lui manifester son soutien. "C'est quand on est dans la difficulté qu'on doit pouvoir compter sur ses amis", glisse-t-il. Il n'ignore pas que M. Jégo a été rappelé à Paris contre son gré, et qu'il se plaint amèrement de n'avoir reçu, tout au long de ces quinze derniers jours, aucun signe de M. Sarkozy.

Mais le sujet qui mécontente tout le monde ou presque, ce sont les annonces sur la fiscalité faites par M. Sarkozy. Le chef de l'Etat veut supprimer la taxe professionnelle dès 2010, et a mis en discussion avec les partenaires sociaux la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu (IR).

Les élus de la majorité sont vent debout. "Il dit qu'il supprime, mais il ne dit pas par quoi il remplace", regrette M. Apparu. Beaucoup estiment par ailleurs qu'il n'est pas opportun de toucher à l'impôt sur le revenu alors qu'un contribuable sur deux en est déjà exonéré. "Nous n'avons pas été associés au préalable", déplore M. Copé.

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 12.02.09



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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 00:35

(dépêche)



Yazid Sabeg, le Robin des beurs

15 déc 2008 - il y a 1 heure 23 min - LeMonde.fr 

Mon premier choisit la finance. Mon deuxième navigue dans le pétrole. Mon troisième fait fortune dans les matériels de sécurité militaires et civils. Mon quatrième déteste l'Angola. Mon cinquième adore Obama, la banlieue et la discrimination positive. Mon sixième est le roi du couscous aux cardons. Stop ! Mon tout n'en finit pas... "Yazid est dur à suivre. Dans tous les sens du terme", concède l'une des personnes qui le connaît le mieux, son épouse. La grande et blonde Ingrid Sabeg, née Larsen, est elle-même d'ascendance en partie étrangère, puisque de père danois et de mère française.

Yazid Sabeg, l'insaisissable ? Ce disciple de Raymond Barre - "ni de gauche ni de droite", dit-il - devenu un riche homme d'affaires, n'en finit pas de fuir les étiquettes, autant que la pauvreté dont il a la hantise.

Nommé, il y a quelques mois, à la tête de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), le voilà qui critique, l'ingrat, l'absence de politique gouvernementale vis-à-vis des quartiers sensibles. "Le plan de Fadela Amara ne répond ni aux enjeux de l'heure ni aux ambitions qu'on doit avoir", explique ce patron atypique, aîné des treize enfants d'une famille algérienne émigrée à Lille dans les années 1950. Le 10 décembre, sur la chaîne de télévision LCI, le président de l'ANRU a rappelé qu'il y avait en Ile-de-France environ 350 000 demandes de logements sociaux en souffrance. "Si on ne fait rien, ça va péter. On est assis sur un volcan", ajoute-t-il en sortant de l'émission.

Dans son "Manifeste pour l'égalité réelle", lancé le 8 novembre, il demande, entre autres, de "systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires". Lui-même habite aujourd'hui un vaste appartement plein de peintures flamandes et de meubles cossus, dans le 16e arrondissement de Paris. Mais il a grandi, à Lille, dans un quartier ouvrier, Les quatre cents maisons, où il est arrivé à l'âge de 2 ans.

"J'ai le souvenir d'un gosse frêle, timide, craintif, qui me tenait la main et ne la lâchait pas", raconte son ami Bernard Toulemonde. Ce brillant retraité, aujourd'hui inspecteur général honoraire de l'éducation nationale, était, dans les années 1960, étudiant à la faculté de droit de Lille et, à ses heures perdues, enseignant bénévole pour enfants d'immigrés. C'est ainsi, lors de séances de soutien scolaire, que l'instituteur improvisé et le petit Yazid se sont rencontrés et plus jamais perdus de vue.

Est-ce à cette époque, fréquentant le lycée Faidherbe (tenu par les jésuites) et les scouts catholiques, que le futur industriel comprend l'importance des relations sociales et du sacro-saint carnet d'adresses, sans lesquels le plus habile des caméléons et la plus docile des girouettes ne peuvent atteindre la notoriété ?

Son appartenance à la franc-maçonnerie - "J'y compte beaucoup d'amis", admet-il - n'est sans doute pas totalement étrangère à son exceptionnelle ascension. Sa société, Communication et Systèmes, est à la pointe de l'industrie des matériels de surveillance et de télécommunication. Mais son appartenance maçonnique ne l'a pas empêché de trébucher. Mis en examen, en mai 2002, pour "exportation sans déclaration de marchandises prohibées" vers l'Angola, il a dû attendre deux longues années avant qu'un non-lieu soit prononcé. Meurtri par l'épreuve, Yazid Sabeg n'en laisse rien paraître. Ce n'est pas le premier choc qu'il surmonte. Celui qu'un quotidien avait comparé, au début des années 1980, à "un Tapie beur", a appris au fil des années à ne plus s'émouvoir des identités et des rôles qu'on lui prête. Son masque, c'est son sourire.

Quand il était enfant, à Lille, son nom totem chez les scouts était "Lapin agile". Mais la France des années 1960 n'était pas seulement celle des Bernard Toulemonde. On lui a servi aussi, dans les rues, comme à ses frères et soeurs, du "bougnoule" et du "bicot" ad nauseam. Dans ces années-là, la guerre d'Algérie est partout. Son père, Khemissi Sabeg, originaire des Aurès, a fait partie des manifestants de Guelma, le 8 mai 1945 : ici, comme à Sétif, les nationalistes algériens, qui réclamaient le respect et l'égalité, ont fait l'objet d'une répression terrible. Fonctionnaire dans l'armée française, Khemissi Sabeg en est éjecté illico. Il est mis au cachot. Ce qui ne l'empêche pas, une fois sorti de prison, de se faire recruter par la police coloniale.

Ami du dirigeant politique Fehrat Abbas, le père de Yazid Sabeg devient un militant de l'assimilation. C'est son épouse, Mouni, une native de Bougie (aujourd'hui Bejaia), qui le convainc de prendre, en 1952, la route de l'exil. Grâce à l'un de ses frères, déjà installé à Lille, le père de la future famille nombreuse trouve un emploi de manutentionnaire. Pour le petit Yazid, les dés sont jetés.

"Le regard des autres lui a imposé d'être arabe", commente un de ses amis, un ancien du lycée Faidherbe, le diplomate Jean-Pierre Guinhut, qui a son bureau place Beauvau. "Etre républicain et musulman : c'est son obsession, sa quête", ajoute l'historien Benjamin Stora, qui a rencontré Yazid Sabeg à Guelma, lors d'une des cérémonies annuelles organisées en hommage aux morts du printemps 1945. "Les massacres d'Algériens, aujourd'hui, tout le monde s'en fout, y compris les Algériens. J'ai été surpris de voir cet homme, un patron, un type riche, qui vit en France de surcroît, faire le voyage de Guelma par respect pour ces morts", insiste l'auteur des Guerres sans fin (Stock).

Fidèle à sa famille, Yazid Sabeg l'est aussi à ses amis, comme en témoigne Luc-Alexandre Ménard, directeur des affaires publiques chez Renault, qui a connu le futur patron de Communication et Systèmes à la Délégation à l'aménagement du territoire (Datar), où tous deux travaillaient, dans les années 1970. "Si vous êtes en difficulté, il vous tend la main. Moi, en tout cas, il me l'a tendue. Il fait partie des gens bien que j'aurai connus dans ma vie", note ce haut cadre de l'automobile.

Homme de réseaux ou homme de convictions ? "Cela dépend du moment", s'amuse un de ses proches. "C'est un social libéral, fidèle à ses racines. Son combat contre les exclusions participe d'une vraie conviction. Il aime aussi être partout", observe l'ancien ministre Pierre Méhaignerie, qui loue surtout chez ce fils d'émigré docteur es sciences économiques un pragmatisme à toute épreuve.

Qu'il ait "le goût de l'argent" ne diminue en rien sa sincérité, insiste Luc-Alexandre Ménard : "Quand il parle des banlieues, des discriminations ou de l'Algérie, il le fait toujours avec coeur." Même s'il y a, là aussi, une part de calcul ? "Il calcule très bien et très vite !", répond son ancien collègue de la Datar. A bon entendeur...


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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 02:37

(dépêche)


Villepin, la chute du hussard de la chiraquie

Bruno Jeudy
19/11/2008 | Mise à jour : 22:27 | Commentaires  134 | Ajouter à ma sélection .

Avec la décision des magistrats, Dominique de Villepin (ici en 2007) entre dans un tunnel judiciaire qui durera au minimum un an.

Renvoyé en correctionnelle, l'ancien premier ministre voit son avenir politique obscurci pour longtemps.
 
«Personne n'arrivera à me mettre entre parenthèses !» Il faut avoir la foi du charbonnier ou s'appeler Dominique de Villepin pour répéter en boucle cette phrase. Obstiné, l'ancien premier ministre veut croire qu'il a ou fait comme s'il avait encore un avenir politique, malgré le coup de massue qu'il vient de recevoir. Quoi qu'il en dise, l'ex-chef du gouvernement entre dans un tunnel judiciaire d'au moins un ou deux ans.

Une première pas très glorieuse pour un ancien hôte de Matignon. Qu'il le veuille ou non, Villepin ne pourra plus s'exprimer sans qu'on le renvoie sans cesse à l'affaire Clearstream, qui lui vaut d'être renvoyé en correctionnelle pour «complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance». La litanie des reproches relevés par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons est lourde. Aussi lourde que la chute du hussard de la chiraquie.

Avant l'été, Villepin espérait encore éviter l'infamant procès. Confiant, il pensait être sorti gagnant d'une année et demie de guérilla avec les deux juges. «Il n'y a rien dans ce dossier. Aucune preuve !», clamait-il dans son bureau d'avocat près des Champs-Élysées. Fin août, il avait surpris en se montrant très aimable avec Nicolas Sarkozy, lors du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI. «Nous avons de l'estime l'un pour l'autre», confiait-il alors, comme rassuré par un récent entretien dans le bureau du président de la République. Oubliées, les attaques en rafale de Villepin contre Sarkozy depuis le début du quinquennat. Dépassés, ses commentaires acides sur son rival de toujours. «Quand je le regarde, c'est lui qui baisse les yeux», dit-il avec ce sentiment de supériorité si caractéristique chez lui, comme l'écrit Hubert Coudurier dans Amours, ruptures et trahisons.

Son erreur fut donc de croire à un armistice dans la guerre sans merci que se sont livrée les deux frères ennemis de la droite. Ses proches ont même cru que «Dominique» allait entrer au gouvernement ou prendre la tête de liste UMP aux élections européennes en Ile-de-France ! Erreur. Double erreur. «Dominique a lâché la proie pour l'ombre», regrette son ami le député UMP de l'Essonne, Georges Tron.

Finir sur un «croc de boucher»

Cela n'a jamais traversé l'esprit de Nicolas Sarkozy. «Il n'a jamais été question qu'il jette la rancune à la rivière», avertit Brice Hortefeux, le plus fidèle des sarkozystes et pas forcément le plus antivillepi­niste. Ceux qui ont entendu le chef de l'État évoquer un jour devant eux l'affaire Clearstream savent ce qu'il en coûte de se faire l'avocat du diable. Sarkozy n'a pas bougé d'un iota : il avait promis que le ou les manipulateur(s) des fichiers Cleastream finirai(en)t sur un «croc de boucher». Avec le renvoi en correctionnelle de Villepin, qu'il tient pour être l'un des premiers protagonistes de cette machination, Sarkozy a gagné la première manche.

Villepin, lui, n'est pas au bout de ses peines. Bien sûr, il est présumé innocent et il appartiendra au tribunal d'établir si les preuves sont suffisantes pour le condamner. Ce qui n'est pas gagné. On se souvient encore du précédent de Dominique Strauss-Kahn, qui sortit blanchi du procès de la Mnef. Villepin rêve sans doute d'un pareil retournement mais, pour l'instant, il broie du noir.

En attendant, ses rares amis politiques continuent de dénoncer une «nouvelle affaire Dreyfus». «On le traite comme un dissident soviétique», tonne le député UMP Jean-Pierre Grand. Son ex-directeur de cabinet, Bruno Le Maire, veut croire que son ancien patron aura «la force de caractère pour affronter cette épreuve». Devenu député de l'Eure, Bruno Le Maire est aujourd'hui courtisé par l'Élysée. S'il décidait de nommer ministre ce proche de l'ex-premier ministre, Sarkozy ferait d'une pierre deux coups : isoler encore un peu davantage Villepin et montrer qu'il n'est pas dans une vendetta contre les villepinistes.



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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 01:46

(dépêches)


Mais que sait donc Rachida Dati ?

HAUTS-DE-SEINE
NOUVELOBS.COM | 12.12.2008 | 15:18
134 réactions

C'est l'article qui fait jaser tout Paris : l'hebdomadaire Le Point laisse entendre que Rachida Dati connaîtrait "les histoires de famille du département des Hauts-de-Seine (...) et saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur".

C'est l'article qui fait parler le tout Paris journalistique.

Dans Le Point de cette semaine, Denis Demonpion conclut une longue enquête, intitulée "L'extravagante Mme Dati", sur ces deux paragraphes : "Elle confie volontiers qu'après son accouchement une nouvelle vie s'offrira à elle. Elle afficherait, dit-elle, le père de son enfant avec qui elle pourrait partir vivre à l'étranger. (...) Des âmes charitables affirment qu'à l'heure de la curée, Rachida Dati, qui connaît les histoires de famille du département des Hauts-de-Seine pour s'être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur".

Sarkozy furieux

Rachida Dati a effectivement été directrice générale adjointe en charge des marchés publics, des affaires juridiques et des affaires foncières et immobilières au conseil général des Hauts-de-Seine, de 2004 à 2005, à l'époque où Nicolas Sarkozy en était président, et elle travaille aux côtés de celui-ci depuis 2002.

Quant à savoir qui est ce père qui vivrait à l'étranger et quels sont les secrets qui pourraient embarrasser le chef de l'Etat, Le Point n'en dit pas plus.

Joint par nouvelobs.com, Denis Demonpion ne "retire pas une ligne" à ses écrits et ajoute : "Rachida Dati n'a pas démenti et ne démentira pas".

Nouvelobs.com a tenté, en vain jusqu'ici, de joindre le porte-parole du ministère de la Justice.
Enfin, selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy serait furieux de la "chute" (la fin ndlr) de l'article.



L'extravagante Mme Dati

Publié le 11/12/2008 - Modifié le 12/12/2008 N°1891 Le Point
Denis Demonpion

A force de fantaisies, de maladresses et de désinvolture, la garde des Sceaux est plus que jamais contestée. Coulisses d’un parcours aussi spectaculaire que chaotique.

Rachida Dati n’en fait qu’à sa tête. Et Nicolas Sarkozy en a soupé. Leurs relations, qui, ces derniers temps déjà, n’étaient pas fameuses, se sont brusquement gâtées le 20 octobre. Ce lundi-là, la ministre, qui avait invité les représentants des trois syndicats de surveillants de prison (Ufap, FO, CGT) à la rencontrer au ministère pour discuter doléances et conditions de travail, leur a fait faux bond. Prétextant d’un « agenda chargé » , Mme la ministre s’est fait excuser par son directeur de cabinet, préposé à la corvée. Il avait pourtant essayé de la convaincre de venir leur parler, ne serait-ce que quelques minutes. Faisant fi des risques d’une éventuelle épreuve de force, elle n’a rien voulu savoir, car, à côté, dans un autre salon lambrissé de la chancellerie, un petit déjeuner l’attendait avec le prince Albert de Monaco. Coutumière de ce type de rencontre au sommet avec les people du show-biz et de la télévision, la ministre avait elle-même organisé l’entrevue princière. La discrétion, jusque-là, a été totale.

Pas un mot n’a filtré sur ce tête-à-tête « privé », ni sur la teneur des propos échangés. Afin de recevoir son altesse sérénissime avec les honneurs dus à son rang, Rachida Dati avait exigé qu’il soit fait place nette dans la cour du ministère. Les voitures qui y sont habituellement garées avaient été retirées et les gendarmes priés de revêtir exceptionnellement le grand uniforme avec fourragère. Aucune trace du rendez-vous ne figurait sur l’agenda prévisionnel de la ministre diffusé juste avant le week-end à la presse. C’est pourquoi les représentants des surveillants de prison n’en ont rien su. Arrivés à pied avec leur plate-forme revendicative, ils l’ont eu mauvaise et sont ressortis furieux du ministère. Faute d’avoir obtenu le moindre engagement de la part de la ministre, un appel a été lancé aux personnels afin qu’ils « déposent les clés » . Le blocage, pour le coup, était assuré. Le mot d’ordre devait prendre effet le 13 novembre. « Madame Dati, en lieu et place de ne communiquer qu’avec le grand public, les hauts fonctionnaires, le show-biz et compagnie, écoutez ceux qui tiennent les prisons françaises, ingérables de par votre politique spectacle ! » ont tonné les syndicats dans une unité pas vue depuis plus de quinze ans.

« Elle ne regarde pas à la dépense. »

C’est ainsi que Rachida Dati, embarquée dans un autre conflit à Metz, cette fois avec les magistrats, s’est retrouvée, débordée, sur deux fronts à la fois. Devant la gravité de la situation, l’Elysée a, une fois de plus, pris les choses en main. Coups de téléphone comminatoires, branle-bas de combat, réunions de crise se sont enchaînés. « C’est là qu’entre Sarkozy et elle tout a basculé » , témoigne un conseiller de cette folle journée. Sommée de faire retomber la tension, la ministre a, le jour même, écrit aux responsables syndicaux pour leur dire qu’elle s’engageait à « créer un bureau d’aide sociale » au sein de la pénitentiaire et à réaliser un audit dans chacun des établissements sur « les postes de travail » . Rendez-vous leur était donné pour le 7 novembre. Mais, devant la colère de la base et le risque de mouvements de protestation incontrôlés, Rachida Dati, mise au pied du mur, a été contrainte de presser le pas. L’alerte était chaude. « Je n’ai que faire des robes, des bagues et des magazines, ce qui m’intéresse, c’est la souffrance des personnels » , a grondé Jean-François Forget, de l’Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap, majoritaire). Le jour suivant, sur le coup de 23 heures, la ministre décrochait son téléphone pour convier personnellement « en urgence » les trois secrétaires généraux des organisations pénitentiaires à des discussions. La réunion a eu lieu le lendemain matin à 8 h 30. « Elle était stressée » , rapporte Christophe Marques, de FO Pénitentiaire. Ordre lui avait été donné de désamorcer la crise, et ce avant le conseil des ministres.

Les surveillants n’ont rien contre la personne de Rachida Dati. Ils la trouvent même mieux que son prédécesseur, Pascal Clément. Elle n’ignore pas le climat délétère qui règne dans les prisons. Dès le lendemain de sa nomination, son premier déplacement fut pour le Centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis (Essonne). Les surveillants lui en savent encore gré, même s’ils notent qu’elle avait pris soin de s’y rendre aux environs de 22 heures, afin de montrer qu’en cette heure tardive elle était capable d’être sur le pont et qu’elle s’était assurée de la présence des caméras de télévision.

Les visites, ensuite, se sont multipliées, au point de donner le tournis, à se demander aussi quand la ministre trouve le temps d’étudier les dossiers. Un jour, elle va à l’Ecole nationale des greffes à Dijon, un autre à l’inauguration du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan, un troisième à un débat sur « l’accompagnement judiciaire des entreprises en difficulté » à Avignon. Rachida Dati a la bougeotte. Effectuer trois déplacements dans une même journée ne lui fait pas peur. Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque, mue par une sorte de mouvement perpétuel, elle exige, pour un oui, pour un non, d’emprunter les avions de l’Escadron de transport, d’entraînement et de calibration (Etec), l’unité de l’armée de l’air réservée au transport du chef de l’Etat et des membres du gouvernement. Les appareils aux couleurs de la République française ont de 8 à 12 places, mais voyagent pratiquement à vide, la ministre ne tolérant auprès d’elle que son chef de cabinet, qui tient l’agenda, et un chargé de communication. Or un vol de Villacoublay, la base aérienne de la flotte, revient en moyenne de 15 000 à 20 000 euros. « Rachida Dati ne regarde pas à la dépense » , fait-on remarquer dans les préfectures. D’autant que, chaque fois, tenus d’arriver avant elle pour préparer le déplacement, conseillers, directeurs de l’administration centrale, membres de l’équipe vidéo qui la suit en permanence, et sa photographe sont obligés de prendre un avion de ligne ou le TGV, à l’aube de préférence. Tant pis si, sur place, les préfets doivent organiser aux frais de la princesse deux convois sous escorte. Ce déploiement logistique n’empêche pas Rachida Dati de se plaindre dans les gazettes d’être « régulièrement victime » de manquements au protocole républicain, laissant entendre que préfets et chefs de cour renâcleraient à s’acquitter de leur mission. Se poser en victime est devenu un mode de gestion politique de Rachida Dati, qui, à la moindre critique, oppose à la fois ses origines arabes et le fait d’être une femme.

Racisme

Qu’on exprime un désaccord sur ses options ou remette en question ses déclarations, on est aussitôt taxé de racisme ou de machisme. Ce fut le cas des représentants de l’Union syndicale des magistrats (USM), mis en cause par voie de presse pour lui avoir reproché d’avoir lancé une réforme de la carte judiciaire sans y mettre les moyens financiers. « Nous lui avons demandé de la manière la plus ferme de démentir ses propos. Elle a refusé. La réunion a été extrêmement tendue », rapporte Bruno Thouzellier, ancien président de l’USM devenu associé du cabinet d’avocats international Sarrau Thomas Couderc.

Persuadée qu’elle a l’opinion pour elle, Rachida Dati n’hésite pas à malmener les magistrats, qui n’ont pas apprécié qu’à la suite du suicide d’un mineur à la maison de Metz-Queuleu elle diligente en pleine nuit une enquête de l’Inspection des services judiciaires. Devant le tollé provoqué par son initiative, la ministre a tenté dans un premier temps de faire porter le chapeau à son directeur de cabinet. Puis ce fut au tour du directeur de l’Inspection, André Ride, un ancien procureur général, d’en être réduit, à 58 ans, à avaler son hermine. Cherchant à s’assurer que l’indépendance des magistrats de Metz n’avait pas été bafouée, le Conseil supérieur de la magistrature, l’autorité suprême du corps, a voulu entendre André Ride. La ministre s’y est opposée. Les magistrats ont manifesté sur les marches du palais. Le malaise grandissait. C’est alors que Nicolas Sarkozy a joué les pompiers de service. Les représentants de l’USM ont été invités à le rencontrer. L’entretien s’est déroulé en deux temps, en l’absence de la ministre d’abord, puis en sa présence, selon le bon vouloir du chef de l’Etat, signe patent d’un désaveu pour Rachida Dati, condamnée à faire antichambre. « Quand elle est entrée, elle n’en menait pas large » , relève Christophe Régnard, le président en exercice de l’USM. Afin de ne pas perdre la face, elle s’est arrangée pour confier que, retenue par son homologue serbe, elle aussi enceinte, les deux femmes avaient papoté. D’où un retard prétendu. Fariboles. La ministre était en avance. Plusieurs témoins, dont les journalistes accrédités au palais présidentiel, l’ont vue grimper le perron de l’Elysée bien avant l’heure. « Son truc, c’est de forcer les portes » , relève un conseiller.

Rachida Dati aime plaire et supporte si peu la contradiction que de crainte d’affronter les sifflets elle a, cette année, renoncé au dernier moment à se rendre au congrès annuel de l’USM. Elle a également boudé la rentrée solennelle des avocats du barreau de Paris, qui s’annonçait houleuse, leur préférant les assises plus tranquilles des commissaires aux comptes. Mais, pour redorer son image auprès de professionnels malmenés, la ministre a entrepris de les cajoler, une opération séduction qui s’apparente à un sauve-qui-peut. Depuis une quinzaine de jours, régulièrement, des tablées de trente-cinq couverts sont dressées pour les magistrats, sous le plafond en stuc de la galerie Peyronnet, la plus vaste du ministère. Tantôt pour des petits déjeuners, tantôt pour des déjeuners aux allures de banquet. Traités par fournée de vingt-de préférence le vendredi soir-, procureurs et chefs de cour sont priés de battre le rappel de « gens raisonnables » . Les magistrats qui viennent de province ont l’assurance que leur billet de train sera remboursé. Chaque fois, la ministre discourt. « Elle refait l’Histoire » , souligne un participant. Un jour, en fin de repas, Rachida Dati a tellement mobilisé la parole que, de peur de l’interrompre d’un cliquetis de petites cuillères, les convives sous hypnose ont préféré boire leur café froid. Avocats de renom et bâtonniers ont eux aussi été reçus pour un petit déjeuner, la veille de la rentrée solennelle du barreau, pour l’entendre leur annoncer qu’elle n’en serait pas. Ce que la ministre apprécie, en revanche, c’est se produire devant un public qui lui est acquis sur le mode « vu à la télé ». Pour remplir les salles, un chargé de mission ministériel en appelle aux associations. C’est le cas le 1er décembre à Montpellier, où Dati vient signer une convention sur les mariages forcés. Des femmes, dont plusieurs voilées, ont été réquisitionnées. « Elle se croit encore porte-parole de la campagne de Sarkozy. Le principe, c’est de ratisser large » , observe un acteur de l’opération.

Dans l’entourage du président de la République, les foucades de Rachida Dati lassent les personnes les mieux disposées à son égard. A l’exception de Catherine Pégard, la conseillère spéciale en « calinothérapie », et Claude Guéant, l’imperturbable secrétaire général de l’Elysée, missionné pour faire tourner la maison coûte que coûte. Le conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, quant à lui, en a assez des récriminations des ambassades et du Quai d’Orsay, qui se plaignent des extravagances de la ministre. Lors de ses déplacements à l’étranger, y compris privés, comme ce fut le cas au Qatar-un endroit où, pour de mystérieuses raisons, Rachida Dati se rend régulièrement-, elle exige que l’ambassadeur l’accueille à sa descente d’avion, même à 2 heures du matin. Et puis, il y eut cet incident avec la ministre de la Justice de Suède, qu’elle n’avait tout simplement pas envie de rencontrer.

« Blaireau. »

C’était un mercredi matin, jour de conseil des ministres. « Vous direz que je suis retenue à l’Elysée par le président de la République » , avait-elle commandé à son cabinet. Aussi, quelle ne fut pas la désagréable surprise de la délégation suédoise de voir Rachida Dati regagner son ministère sans daigner venir à sa rencontre. Au lendemain de l’élection de Barack Obama, la ministre a remué ciel et terre pour obtenir le numéro de portable du nouveau président des Etats-Unis. Le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade de France à Washington ont été sollicités, jusqu’à l’Elysée, qui l’a sommée de se calmer. « Elle estime que son rang, ce sont les chefs d’Etat et les Premiers ministres » , déplore un diplomate, légèrement agacé.

Grisée par les attraits du pouvoir, Rachida Dati, qui a le fâcheux travers de confondre autorité et autoritarisme, aurait-elle soudain pris la grosse tête ? Sa nomination Place Vendôme avait pourtant été accueillie avec bienveillance. Avocats, magistrats, surveillants, jugeant plutôt astucieux de la part de Sarkozy, d’avoir promu sa protégée à un poste régalien, lui ont fait crédit. La presse n’était pas en reste. Même après le premier couac occasionné, six semaines après son entrée en fonctions, par la démission fracassante de son directeur de cabinet, Michel Dobkine, un juriste éminent, aujourd’hui secrétaire général d’Havas, chez Vincent Bolloré. Il avait été choisi par l’Elysée pour pallier l’inexpérience de la jeune ministre. Mais c’était compter sans le caractère éruptif de Rachida Dati, une femme nature, qui n’hésite pas à user, sous les ors des palais de la République, d’un langage qui n’est pas sans rappeler celui de la racaille des banlieues. « Blaireau », « connard », « j’vais te casser » font partie du vocabulaire ordinaire de la ministre, qui, quand elle est en colère, n’hésite pas à menacer un conseiller. « J’ai le président avec moi » , se targue-t-elle souvent dans un claquement de doigts. « Elle parle directement aux gens, oui, bien sûr. On n’est pas là pour parler un langage de duchesse » , admet son directeur de cabinet démissionnaire, Patrick Gérard. La ministre sait aussi se montrer vindicative. L’ancien Premier ministre Edouard Balladur ayant jugé qu’elle n’était pas « à la hauteur » pour défendre la réforme des institutions, elle s’est abstenue de prononcer son nom lors d’un discours à la Sorbonne sur ce thème.

Départs en série

En dix-huit mois, à l’exception de deux conseillers, tous les autres ont été renouvelés, et certains parfois plusieurs fois. Soit ils ont jeté l’éponge, soit ils ont craqué, soit ils ont été congédiés. « Elle a une façon de pourrir les gens qui n’est humainement pas tenable » , rapporte une de ses victimes.

Même l’Elysée n’en peut mais. Eminence grise du président de la République pour tout ce qui touche aux questions de justice-nominations et dossiers sensibles-, Patrick Ouart, le « ministre de l’ombre », a renoncé à la « gérer ». Il n’a pas digéré qu’elle réussisse l’exploit, début novembre, de mettre son directeur de cabinet, Patrick Gérard, sur le flanc. L’homme, qui fut président des Jeunes giscardiens et maire centriste de Vincennes, avait de la rondeur et de l’endurance. A force de tout prendre sur lui, les nerfs ont lâché. « Ce sont des choses qui arrivent à tous les directeurs de cabinet » , commente, philosophe, Patrick Gérard, en convalescence en Normandie, dans l’attente de ses nouvelles fonctions comme recteur de l’Académie de Paris, le 15 décembre. Il fallait lui trouver un successeur. Le secrétaire général de l’Elysée a fini par convaincre François Seners, un conseiller d’Etat réputé pour son calme, de reprendre le flambeau. Surnommé le « mandataire liquidateur » , il lui aurait été promis une belle promotion à la sortie. Signe des temps, le chef de l’Etat a demandé à Ouart, en vacance de LVMH, où il était conseiller juridique du groupe, de rester sinon un an de plus, du moins jusqu’en septembre 2009. Dans l’attente, le poste a été gelé.

L’Elysée a dressé une sorte de cordon sanitaire autour de Rachida Dati. De méchantes langues parlent de garrot. Interdite de médias par le président lui-même, la ministre a été flanquée d’un nouveau chargé de communication, Pierre-Yves Bournazel, qu’elle appelle « l’espion » , parce que c’est un protégé de Pierre Charon, le conseiller ès divertissements du chef de l’Etat et le factotum de Carla Bruni-Sarkozy. Telle une assiégée, Rachida Dati s’est alors tournée vers les créatifs d’Euro RSCG, la multinationale de publicité et communication, pour glaner des conseils en stratégie. Comme si son destin-sa survie ?-en dépendait. « Il est normal qu’elle s’ouvre à d’autres gens, qu’elle ne s’enferme pas dans son cabinet » , souligne Pierre-Yves Bournazel, son chargé de communication.

Partir à l’étranger

Convaincue que jamais le président de la République ne la laissera tomber, la ministre rebelle tient tête, quitte à enfreindre les interdits. Le temps de donner une interview au Figaro ou de juger, avant même d’en avoir référé à Matignon ou à l’Elysée, que le projet visant à permettre l’emprisonnement des enfants de 12 ans relevait du « bon sens ». Une déclaration qui lui a valu de se faire sèchement rappeler à l’ordre par le Premier ministre, François Fillon.

De tout cela, Nicolas Sarkozy en a pris son parti. Quand, après une bourde ou un dérapage, invitée à venir s’expliquer, elle se défausse sur un conseiller, le président de la République fait la sourde oreille. Il préfère, dans un air de résignation, lever les yeux au ciel et passer à autre chose. Alors, les jours de la ministre à la chancellerie sont-ils comptés ? Pas si simple. Elle confie volontiers à des proches qu’après son accouchement, une nouvelle vie s’offrira à elle. Elle afficherait, dit-elle, le père de son enfant avec qui elle pourrait partir vivre à l’étranger. Peut-on la croire ? Des âmes charitables affirment qu’à l’heure de la curée Rachida Dati, qui connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur

Ceux qui la soutiennent

Jean-Pierre Raffarin Ancien Premier ministre et sénateur.

Sur Europe 1 : « C’est une fille exceptionnelle. On l’a envoyée au feu pour mener des réformes très importantes. On s’attaque plus à sa personne qu’à sa politique. »

Roger Karoutchi Secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

« Il n’y a pas à sauver ou à ne pas sauver » Rachida Dati. « Il y a à reconnaître le boulot qui a été fait. Et, a-t-il ajouté sur France Inter, elle fait un boulot formidable. »

Nathalie Kosciusko-Morizet Secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

Avec Dati, elle a effectué un tour de France des quartiers populaires. « C’est notre G2 » a ironisé la secrétaire d’Etat à Royan, dans un clin d’oeil au G7 de Sarkozy, ce cénacle de sept ministres choisis pour relayer sa politique auprès de l’opinion.

Ceux qui la dénigrent

Rama Yade Secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme.

Elle ne rate pas une occasion d’asticoter sa collègue. A une réception à la Maison-Blanche, en novembre 2007, Rachida Dati se faufile par l’entrée principale, juste derrière le président. « On prétend à l’Elysée qu’elle a fait exprès d’être en retard pour ne pas arriver avec les autres ministres », lâche-t-elle, venimeuse.

Edouard Balladur Ancien Premier ministre.

Chargé de présider la commission sur la réforme des institutions, présentée comme le projet phare du quinquennat, le mentor de Sarkozy n’a pas souhaité que la ministre de la Justice défende le texte de loi devant les parlementaires. Il ne la jugeait pas « à la hauteur ».

Brice Hortefeux Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale.

Trop habile pour avoir jamais prononcé en public un mot contre elle, ce fidèle de Sarkozy n’a jamais apprécié la montée au firmament de Rachida Dati auprès de son ami Nicolas. Cette ascension, appuyée par Cécilia, s’est faite à son détriment pendant la campagne.

Quand Dati met le feu

Les petites phrases de Rachida Dati qui ont soulevé tollés et désaveux, y compris dans la majorité.

« Dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble correspondre au bon sens. » « Les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d’une palette de réponses adaptées qui vont jusqu’à l’incarcération. »

Le 3 décembre, lors de la remise du rapport de la commission Varinard sur la réforme de la justice des mineurs.

« Le juge d’instruction prend son mandat d’amener dans le cadre d’une procédure tout à fait régulière avec des outils juridiques tout à fait autorisés par la loi. »

Le 1er décembre, au Sénat, à propos de l’interpellation de l’ancien directeur de « Libération », Vittorio de Filippis.

« Un malaise ? Quel malaise ? »

Le 22 octobre, à Metz, où les magistrats, ulcérés que la ministre ait demandé des comptes après le suicide d’un mineur, boycottent sa visite. « On avait pourtant dit : pas la presse ! » ajoute-t-elle.

« Le fait d’annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille a souhaité également se séparer assez rapidement. »

Le 31 mai, à la suite de l’annulation d’un mariage à Lille au motif que l’épouse avait menti sur sa virginité.

A Paris, Rachida Dati « s'implique »

N’en déplaise aux mauvaises langues, Rachida Dati, élue maire du 7e arrondissement aux dernières municipales, « s’implique ». C’est ce que martèle Pierre-Yves Bournazel, l’envoyé spécial de l’Elysée mandaté pour cadrer sa communication. Malgré ses activités de ministre qui l’accaparent, la garde des Sceaux consacre une partie de ses vendredis à sa mairie, ainsi que les week-ends. Transports, sécurité, vie de quartier, Grand Paris, elle aurait l’oeil à tout. Elle rencontre aussi des élus, le b.a.-ba de la fonction, et il lui arrive de célébrer des mariages, elle qui avait pourtant délégué cette mission à un adjoint le jour des noces de la fille de son (ex) grande amie Cécilia. Le couple Sarkozy venait, il est vrai, de divorcer et il lui fallait choisir.

L’ayant rencontrée pour discuter du budget de l’arrondissement, Anne Hidalgo, l’adjointe de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, l’avait trouvée sinon amateur, du moins un peu besogneuse dans ses explications.

Au lendemain de son élection, remportée au second tour avec 57,69 % des suffrages, Rachida Dati, alors étoile montante de la sarkozie, s’était imaginé un destin Capitale. Philippe Goujon ayant fait part de son intention de quitter la présidence de la fédération UMP de Paris, elle s’était portée candidate. Face à l’appétit de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, pour le poste, et devant le risque de division au sein de la droite, elles ont finalement toutes deux été priées de revoir leurs ambitions.

Interview Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'assemblée

Le Point : Rachida Dati est-elle une bonne ministre ?

Jean-François Copé : C’est une ministre courageuse. Les chantiers difficiles, elle les a ouverts et menés avec ténacité : carte judiciaire, mineurs délinquants, multirécidivistes... Elle applique à la lettre le programme sur lequel nous avons été élus et qui nous engage tous.

Comprenez-vous les reproches qui lui sont faits ?

C’est inhérent à la fonction. Garde des Sceaux, c’est un métier très difficile et très exposé.

Ses relations exécrables avec les magistrats sont-elles compatibles avec son maintien au gouvernement ?

Il faut remettre les choses dans l’ordre. Qui choisit les ministres ? Le président de la République ! Sinon, ce serait le monde à l’envers ! Que dire de Xavier Darcos avec les syndicats d’enseignants et de Xavier Bertrand avec les partenaires sociaux ?

Quelle est, selon vous, sa principale qualité ? Son plus gros défaut ?

Sa principale qualité : je ne l’ai jamais vue avoir froid aux yeux. Son principal défaut : quand elle n’aime pas quelqu’un, cela se voit tout de suite sur son visage. Je vous avoue avoir le même défaut qu’elle !

Vous êtes un des rares ténors de la majorité à accepter encore de la défendre. Comment votre relation amicale s’est-elle nouée ?

Pendant la campagne présidentielle, j’avais proposé à Nicolas Sarkozy de tenir un meeting dans un quartier sensible de Meaux. L’ensem-ble de son équipe d’alors me pilonnait. Elle a été la seule à penser que le défi méritait d’être relevé. Je ne l’ai jamais oublié.

Quoi qu’il arrive, restera-t-elle votre amie ?

Drôle de question ! Heureusement que l’amitié dépasse les modes !




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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 02:48

(dépêches)




Droits de l'homme: créer un secrétariat d'Etat était une erreur, estime Kouchner

politique
PARIS (AFP) - 09/12/08 21:44

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé que son idée de créer un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme était une "erreur", dans un entretien au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France à paraître mercredi.
 
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le 3 novembre 2008 à Marseille.

"Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France", affirme M. Kouchner.

Le chef de la diplomatie française a estimé que Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, "a fait, avec talent, ce qu'elle a pu". "Vous ne pouvez pas tout faire respecter, et par conséquent vous êtes attaqués en permanence. Même quand vous agissez", ajoute-t-il.

M. Kouchner précise toutefois que ces propos visent "la structure, pas des personnalités".

"Il est important que Rama Yade s'occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace", poursuit-il.

Pour M. Kouchner, "on ne peut pas diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des droits de l'homme. Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme".




Une très longue journée pour Rama Yade

Polémique
Par LEXPRESS.fr, publié le 10/12/2008 12:47 - mis à jour le 10/12/2008 13:16
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Après son refus de quitter le gouvernement pour mener une liste UMP aux prochaines élections européennes, la secrétaire d'Etat Rama Yade est rappelée à l'ordre par l'Elysée et destabilisée par un croche-pied de Bernard Kouchner. Le jour même où l'on célèbre le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme...
La journée du mercredi 10 décembre sera sans doute l'une des plus longues dans la jeune carrière politique de Rama Yade. Alors qu'on célèbre en ce jour le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, la secrétaire d'Etat se retrouve sous le feu nourri des critiques pour avoir annoncé dimanche sur RTL qu'elle refusait de quitter le gouvernement pour conduire la liste UMP en Île-de-France aux européennes de juin 2009.

Feu sur Rama Yade

Dans le Canard enchaîné de cette semaine, un écho fait état d'un Nicolas Sarkozy, "l'air très faché" déclarant aux responsables de la majorité: "Il faut savoir jouer le jeu collectif pour son parti et son pays et ne pas jouer perso."

Une ligne reprise mercredi matin par le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement Roger Karoutchi. "Lorsqu'on fait partie de l'équipe du président de la République, lorsqu'on a été choisie par le président de la République, si dans la stratégie politique pour conduire des batailles on a besoin de vous, il faut y aller", a-t-il déclaré sur i-Télé.

"Si le président de la République le lui demande vraiment, à mon sens il faut qu'elle accepte d'y aller", a-t-il ajouté.

Dans l'édition du Parisien de ce mercredi, Rama Yade a également dû encaisser un désaveu de son ministre de tutelle, Bernard Kouchner.

"Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'Homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France", explique le ministre des Affaires étrangères.

"Amende honorable" de Kouchner

"C'est aujourd'hui le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme" et pour Rama Yade, "ce n'est pas, je dirais, un très agréable cadeau d'anniversaire que la déclaration du ministre" des Affaires étrangères, a affirmé le socialiste Robert Badinter sur France Info.

A la sortie du conseil des ministres -auquel ne participait pas la secrétaire d'Etat, Bernard Kouchner a d'ailleurs fait marche arrière.

"J'ai simplement dit mon opinion, et surtout mon opinion favorable à l'action de Rama Yade, encore la semaine prochaine sur la violence faite aux femmes, sur les enfants soldats, sur beaucoup de choses", a-t-il déclaré. "Simplement c'est ambigu, c'est tout. Et comme c'est moi qui l'ai proposé, je fais amende honorable sur le fond, pas sur Rama Yade, que j'aime et que je respecte et dont je respecte le travail", a-t-il conclu.

Dans une interview accordée au quotidien gratuit Metro de ce jour, Rama Yade défend d'ailleurs son bilan.

"En dix-huit mois, j'ai fait beaucoup de choses, explique Rama Yade. J'ai par exemple fait adopter par l'Union européenne un projet de lignes directrices contre les violences faites aux femmes. J'ai également fait rallier dix-sept pays à la cause des enfants soldats pour que des mesures concrètes y soient prises contre leur recrutement. A la fin du mois, je vais lancer à l'ONU un appel universel pour la dépénalisation de l'homosexualité. Une soixantaine d'Etats vont nous rejoindre. »

"Tous ces chantiers en si peu de temps ont permis à la France de montrer son rôle leader sur la question des droits de l'Homme et d'être suivie par d'autres Etats", a-t-elle dit.

Le reste de sa journée devrait d'ailleurs être consacrée aux célébrations du 60e anniversaire de la déclaration universelle. Entre la remise du prix des droits de l'homme de l'Unesco à l'ancien ambassadeur Stéphane Hessel et une réception au Sénat en l'honneur du corps diplomatique, Rama Yade sera l'invitée du Talk Orange-Le Figaro à 18 heures.

Nul doute qu'elle y sera de nouveau interrogée sur une possible tête de liste UMP aux prochaînes européennes... Sa position aura-t-elle évolué au cours de cette longue journée?


Rama Yade contre-attaque

Politiques 10 déc. 15h45 (mise à jour à 16h06)

«Vous en trouverez toujours pour renoncer à ce beau combat» des Droits de l’homme a lancé la secrétaire d’Etat. Plus tôt, Bernard Kouchner remettait en cause l'existence de ce poste ministériel.

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FRANÇOIS VIGNAL

Rama Yade, en janvier dernier, à New Delhi. 

Attaquée ce matin dans la presse par son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, Rama Yade se défend. Elle a profité d’un discours au Quai d’Orsay pour la remise du Prix des droits de l’Homme de la République française – attribué à cinq femmes – pour répondre, entre les lignes, au ministre des Affaires étrangères, qui «pense» avoir «eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme. C’est une erreur».

«Vous en trouverez toujours pour renoncer à ce beau combat», a lancé Rama Yade, sans citer une seule fois Kouchner dans un discours retouché à la dernière minute et commencé avec une demi-heure de retard. «Ceux-là ont le droit d'être dans le renoncement, je suis prête avec vous à reprendre le flambeau», avertit-elle, tout en rappelant ses «70 déplacements faits à travers le monde», pour mieux souligner le travail accompli.

Aux premières phrases de son discours, la secrétaire d’Etat ne semble pas dans son meilleur jour. Elle bute sur les mots à plusieurs reprises. Son ton est empreint d’une certaine tension, voire d’émotion, avant de se reprendre. Car c’est peut-être sa place au sein du gouvernement et l’existence de son secrétariat d'Etat qui est en jeu.

Utilisant un vocabulaire presque guerrier, Rama Yade affirme que «le combat n’est pas terminé, et que la lutte (pour les droits de l'homme) continue». Si elle reconnaît que «c’est difficile certes», et que «personne n'est assez naïf pour croire que la politique étrangère se construit uniquement sur des valeurs», elle prévient : «En politique, comme en diplomatie, on n’accomplit rien sans ferveur ni conviction», «on ne construit jamais rien sur le renoncement»...

Et ajoute, «pour moi, et pour le Président de la République (…) la France n’est pas la France sans les valeurs». Manière de mettre Sarkozy devant ses contradictions, s’il supprime son secrétariat d’Etat. «Les droits de l'homme font partie de l'identité profonde de la France. Le président Sarkozy l'a rappelé avec force et conviction hier à l'Elysée [lors de la remise d'un rapport sur la crise au Zimbabwe]», a judicieusement souligné Rama Yade. Et de s'en remettre à sa décision. «C’est le Président qui en décidera», précise-t-on d’ailleurs du côté du Quai d’Orsay.

Elle prend également les Français à témoin : «[Ils] savent que les Droits de l’homme servent à quelque chose.» Mais si Rama Yade rappelle aussi que «l’art diplomatique n’est pas seulement celui de régler des rapports de forces ou d’intérêts», la politique – et son avenir au sein du gouvernement – n’y coupera pas.



Sarkozy punit Rama Yade


Politiques 9 déc. 1008 - 14h06

L'Elysée «exclut» de nommer Rama Yade au poste de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Dimanche, elle avait déclaré ne pas être intéressée par un mandat de député européen; une déclaration qui a déplu...

386 réactions
J.Q. et R.P.
 
Rama Yade à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2008.

Décidément, la pilule passe mal. A l’Elysée, on est furieux de la décision de Rama Yade de ne pas conduire la liste francilienne de l’UMP aux prochaines élections européennes, déclinant ainsi les demandes de Nicolas Sarkozy et des instances du parti majoritaire. «Je suis très honorée de cette proposition, mais je suis davantage motivée par un mandat national (…). Je veux aller où je suis utile. Je ne veux pas être là juste pour occuper une fonction…», a déclaré dimanche soir sur RTL la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme.

Une déclaration qui a pris le chef d’Etat de court, celui-ci n’ayant pas été mis au courant de l’initiative de Yade alors que beaucoup tenaient sa candidature pour acquise.

La sanction, immédiate, est venue ce mardi de l’Elysée où l’on «s’étonne qu’au XXIe siècle, on ne soit pas intéressé par les affaires européennes». La jeune ministre se voit ainsi «exclue» du poste de secrétariat d’Etat aux Affaires européennes. Jusqu'ici, Rama Yade était en position de favorite pour hériter de ce poste, libéré le 15 décembre par Jean-Pierre Jouyet, lui-même en partance pour la présidence de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

C’est désormais le député UMP Bruno Lemaire qui est en pôle position. Agé de 39 ans, cet énarque est aussi agrégé de lettres: il fut le directeur de cabinet de Dominique de Villepin et à écrit un livre sur ses années à Matignon. Un plus qui plaide en sa faveur: il est germaniste et parle couramment l’allemand et l’anglais.


Kouchner: le secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme, «une erreur»

Monde 10 déc. 2008 - 8h49

Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, n'a pas encore réagi à ces propos mais estime dans un entretien à Metro qu'elle a fait «beaucoup de choses en dix-huit mois».

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Rama Yade et Bernard Kouchner.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, estime que son idée de créer un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme était une «erreur», dans un entretien au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui.

«Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'Homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France», affirme Kouchner.

Le chef de la diplomatie française a estimé que Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, «a fait, avec talent, ce qu'elle a pu». «Vous ne pouvez pas tout faire respecter, et par conséquent vous êtes attaqués en permanence. Même quand vous agissez», ajoute-t-il.

«Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme»

Kouchner précise toutefois que ses propos visent «la structure, pas des personnalités». «Il est important que Rama Yade s'occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace», poursuit-il.

Pour Kouchner, «on ne peut pas diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des droits de l'Homme. Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme».

«La France a montré son rôle leader sur les droits de l’Homme»

Rama Yade n’a pas encore répondu à ces propos mais dans un entretien accordé au quotidien Metro de ce mercredi, elle estime qu’«en dix-huit mois, [elle a] fait beaucoup de choses». «J’ai par exemple fait adopter par l’Union européenne un projet de lignes directrices contre les violences faites aux femmes. J’ai également fait rallier dix-sept pays à la cause des enfants soldats pour que des mesures concrètes y soient prises contre leur recrutement», dit-elle.

La secrétaire d’Etat ajoute qu’elle va lancer à la fin du mois «à l’ONU un appel universel pour la dépénalisation de l’homosexualité. Une soixantaine d’Etats vont nous rejoindre.» Elle juge que «tous ces chantiers en si peu de temps ont permis à la France de montrer son rôle leader sur la question des droits de l’Homme et d’être suivie par d’autres Etats.»

(Source AFP)



Droits de l'homme, l'interview choc de Kouchner

Grand entretien
BERNARD KOUCHNER, ministre des Affaires étrangèresPropos recueillis par Henri Vernet, Dominique de Montvalon et Charles de Saint Sauveur | 10.12.2008, 07h00 

LA DÉCLARATION UNIVERSELLE des droits de l’homme, signée par 58 pays le 10 décembre 1948 à Paris, a 60 ans. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a depuis inventé le « droit d’ingérence », en fait le bilan. Globalement positif, à ses yeux. Il n’y a pas recul, martèle-t-il mais, au total, un maximum d’avancées.

Copé prend la défense de Rama Yade
Sarkozy est déçu par Rama Yade

En soixante ans, les droits de l’homme ont-ils progressé ou reculé ?

Bernard Kouchner. Ils ont progressé inégalement. Autrefois les droits de l’homme n’existaient même pas en politique ! Pendant ces soixante années, on a assisté certes à des violations, à d’énormes difficultés, mais à un vrai progrès. Il y a deux sortes de droits de l’homme : la Déclaration universelle des droits de l’homme, écrite en particulier par mon maître René Cassin, concernait surtout les droits politiques. Ces droits sont entrés dans les traités, dans les relations entre les Etats, inégalement je le répète. Les droits économiques la deuxième « corbeille » se heurtent à beaucoup d’obstacles. Dans le domaine de la pauvreté, du partage inégal, les choses, c’est vrai, devraient aller plus vite.

Que répondez-vous aux pays qui trouvent que les droits de l’homme répondent à une vision occidentale du monde ?

Ceux qui disent cela ont en général bien des choses à se reprocher. La Déclaration des droits de l’homme est une déclaration universelle, née après un combat meurtrier contre la barbarie. La grande majorité des pays y a adhéré, à l’époque, et pas seulement en Occident. Parmi les rédacteurs de la déclaration se trouvaient un Chinois, M. Chang, un Libanais, M. Malik, un Chilien, M. Santa Cruz. Elle est donc d’inspiration multiculturelle. L’application en est malheureusement plus occidentale. C’est une déclaration des Nations unies, c’est aux Nations unies de faire appliquer les droits de l’homme. Certains reprochent une forme d’arrogance et pensent qu’il y a deux poids deux mesures. C’est en partie vrai, il faut l’avouer et il faut le corriger. En ce moment, de toutes les manières, nous vivons, hélas, une période de régression.

« Le dalaï-lama n’a jamais demandé l’indépendance du Tibet. Nous non plus , bien sûr »

Pourquoi dites-vous « régression » ?

Avant, c’était plus commode, il y avait le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest. En gros, les droits de l’homme étaient plus appliqués à l’Ouest qu’à l’Est. Maintenant, ce n’est plus aussi simple. On assiste au retour des nationalismes, au retour des violences et des revendications de frontières. Mais c’est aussi une période de progrès. Prenez l’exemple de la Birmanie. Qui défend la Birmanie ? Personne. Certes les Chinois, qui sont ses voisins, ou les Indiens et l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) nous disent : Attention, il faut respecter les souverainetés. Mais tout le monde aurait voulu, au moment des inondations en Birmanie, pouvoir accéder aux victimes. Hélas, cela n’a pas été fait et la résolution de l’ONU sur la responsabilité de protéger n’a pas été mise en oeuvre. Mais ce n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, c’est la défense désespérée d’un régime dictatorial.

En République démocratique du Congo non plus, on n’a pas accès aux victimes…

Nous, les french doctors , avons fait voter par les Nations unies le droit d’ingérence, que nous avons initié dans plusieurs résolutions. Cela se nomme la « responsabilité de protéger ». L’ensemble des pays a accepté le droit d’accès aux victimes. Cela a permis des progrès considérables. Mais, depuis, il y a eu des régressions. Le Zimbabwe, c’est une régression. Le Congo, ce n’est certainement pas un triomphe, même si beaucoup d’ONG y travaillent. Ajoutez la Somalie, le Darfour, la Birmanie… Que les Africains veuillent protéger eux-mêmes les Africains, en théorie c’est un progrès important. Mais ils ne le font pas. Et lorsqu’on a voulu intervenir parce que les massacres continuaient, au Darfour par exemple, nous nous sommes heurtés à cette exigence africaine de le faire eux-mêmes et pas les Occidentaux.

Il y a donc des carences…

Il y a des carences préoccupantes et il y a des progrès formidables. Par exemple, la majorité des pays sont désormais contre la peine de mort. Un certain nombre d’autres, dont les Etats-Unis et la Chine, continuent de l’appliquer. Donc nous protestons, non pas contre la Chine mais contre l’ensemble des Etats favorables à la peine de mort. Ce n’est pas du deux poids, deux mesures, puisque nous protestons aussi contre ce qui se passe aux Etats-Unis.

Comment analysez-vous la situation au Tibet ?

Il y a eu des incidents violents et condamnables. Il y a des protestations émises par l’ensemble des pays pour rappeler qu’il existe une culture tibétaine comme le demande le dalaï-lama qui doit être protégée. Nous l’avons dit aux Chinois. Eux nous répondent qu’ils sont pour l’intégrité territoriale. Nous aussi ! C’est un dialogue de sourds. Nous n’avons jamais dit qu’il fallait que le Tibet se détache de la Chine. Le dalaï-lama ne le dit pas non plus. Il s’est toujours affirmé comme le dirigeant historique de la fraction pacifiste. Il n’a jamais demandé l’indépendance. Nous non plus, bien sûr.

« J’espère que les égoïsmes ne vont pas l’emporter »

Comment progresser sur ce dossier ?

Nous avons encouragé le dialogue. Les Tibétains se plaignent qu’on ne progresse pas sur le fond. Ils voudraient évoquer les modalités de leur autonomie. Nous continuerons à adresser à nos amis chinois, des messages en faveur de la poursuite du dialogue.

L’élection de Barack Obama donne-t-elle un motif d’optimisme ?

Je l’espère. Je veux en être sûr. Il a dit vouloir s’occuper des pays en développement. Toute sa démarche politique, tout son engagement moral le tournent vers l’Afrique. Mais, il va avoir tellement à faire comme président américain. Je pense que ce sera plus facile avec lui mais il ne va pas inventer l’argent. J’espère que les égoïsmes ne vont pas l’emporter.

La France est-elle exempte de tout reproche en matière de droits de l’homme ? Quand on songe à l’arrestation de l’ex-directeur du journal « Libération »…

L’arrêter comme cela, dans ces conditions, c’est honteux. Et pour une affaire qui n’avait pas une telle importance… Et on donne des leçons ! Heureusement le président de la République a fort bien réagi. Bien sûr qu’il y a des problèmes en France. Je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France. Cette contradiction peut être féconde mais fallait-il lui donner un caractère gouvernemental en créant ce secrétariat d’Etat ? Je ne le crois plus et c’est une erreur de ma part de l’avoir proposé au président. J’avais refusé ce ministère dans le premier gouvernement de Michel Rocard ! Cela dit Rama Yade a fait, avec talent, ce qu’elle a pu.

Pourquoi ?

Parce que vous ne pouvez pas tout faire respecter, et que par conséquent vous êtes attaqué en permanence. Même quand vous agissez. L’essentiel est d’écouter les ONG.

«Le président Sarkozy ne m’a jamais demandé d’être d’accord sur tout »

Il faut donc supprimer le secrétariat d’Etat de Rama Yade ?

Attention, je parle de la structure bien sûr, pas des personnalités. L’important c’est d’agir. J’ai signé le bannissement, l’arrêt de la fabrication et la destruction des armes à sous-munitions. Je l’ai fait accepter par l’armée française et par mon ami Hervé Morin, nous avons signé le traité à Oslo dans la salle des prix Nobel. J’ai fait cela avec Handicap international et cinq autres ONG. Quand les acteurs de l’humanitaire comprennent qu’on n’est pas toujours ennemis, voilà le résultat. Certes le Brésil, les Etats-Unis et la Chine n’ont pas encore signé, mais 102 pays l’ont fait ! Voilà une avancée concrète sur les droits de l’homme. De même, il est important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace. On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme.

Vous êtes un ministre en colère ou heureux ?

Je suis très heureux… Ça ne m’empêche pas d’être en colère. Le jour où je ne le serai plus, je serai mort.

Comment sont vos relations avec le président Sarkozy ?

Excellentes. Très amicales et respectueuses. Le président Sarkozy ne m’a jamais demandé d’être d’accord sur tout, jamais demandé de prendre ma carte de l’UMP. Je dis ce que je pense et bien sûr le président décide.

Les sondages vous sont favorables : cela vous aide-t-il ?

C’est un atout. Je ne vais pas me plaindre, d’autant que cela dure depuis des années. Les gens savent que je ne suis pas un politique professionnel, cela donne un ton différent, je suis peut-être plus proche de leur réalité.

Le Parisien


Avis de tempête pour Rama Yade

GOUVERNEMENT.
Le jour du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, Bernard Kouchner a semé le trouble en déclarant que la création du secrétariat d’Etat de Rama Yade était « une erreur ».Nathalie Schuck et Henri Vernet | 11.12.2008, 07h00 

LES JOURS de Rama Yade au gouvernement sont-ils comptés ? La secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, benjamine du gouvernement 31 ans a essuyé coup sur coup deux salves très violentes. La première en provenance de l’Elysée, où Nicolas Sarkozy ne décolère pas après le refus de celle qui passe pourtant pour sa protégée qu’il n’hésitait pas avant à comparer à l’Américaine Condoleezza Rice de mener le combat aux élections européennes de juin 2009 à la tête d’une liste UMP en Ile-de-France.

D’abord à l’occasion de confidences à quelques journalistes mardi, puis hier en pleine séance du Conseil des ministres, le chef de l’Etat a vitupéré contre le « manque de sens politique » et le « manque de sens de l’engagement » dont ferait preuve sa ministre. Selon un participant au Conseil, Sarkozy aurait même lancé, féroce : « Un ministre n’est pas là seulement pour les petits-fours, mais pour faire des sacrifices personnels. »

« Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme »

Seconde salve hier, jour du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la part de Bernard Kouchner, ministre de tutelle de Yade. Dans une interview à notre journal, le chef du Quai d’Orsay a estimé que la création d’un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme dont il revendique la paternité était une « erreur ». La question est de savoir si Kouchner, qui ouvre ainsi la voie à une disparition de ce portefeuille à la faveur d’un prochain remaniement, agit en service commandé de l’Elysée ? Dans l’entourage de Rama Yade, certains le redoutent, relevant qu’entre ces deux-là, le courant n’est jamais passé. Kouchner a eu beau proclamer hier à Yade « toute son affection », alors qu’ils célébraient côte à côte au Trocadéro le 60 e anniversaire, des proches de la ministre assurent que l’ex-« french doctor », 69 ans, ancien ministre de gauche, supporte mal de voir sa jeune secrétaire d’Etat investir un terrain qui a longtemps été le sien. D’autant que, depuis sa célèbre sortie contre le Libyen Kadhafi il y a un an, Yade a gagné une popularité solide. « Au Quai d’Orsay, Kouchner s’est converti à la realpolitik, estime un diplomate. Et comme tous les nouveaux convertis, il en fait trop. » « Bernard Kouchner n’est plus Bernard Kouchner », lâchait hier Martine Aubry, première secrétaire du PS. De fait, l’intéressé n’a-t-il pas reconnu lui-même qu’à ce poste il lui est arrivé plus d’une fois de « manger son chapeau » ? Hier, dans nos colonnes, il confirmait : « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme »…

Pour autant, une disparition de Rama Yade de l’organigramme gouvernemental à court terme est peu probable. Sacrifier un tel symbole de la diversité, en plein « effet Obama » et au moment où la cote de Rachida Dati est aussi à la baisse, serait hasardeux. Et, de toute façon, les prochains changements dans l’équipe Fillon se borneront à des remplacements : notamment celui dès demain de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Justement le poste que Sarkozy aurait proposé à Yade.

La scène, selon un proche de l’intéressée, a eu lieu samedi dans l’avion présidentiel qui ramenait de Pologne Sarkozy et sa délégation dont Rama Yade. Pour la convaincre de s’engager dans les européennes (alors qu’elle préfererait attendre 2012 pour tenter un mandat de député), le président lui aurait dit : « Tu te présentes en juin, et en attendant tu prends le poste de Jean-Pierre. » Mais voilà, Yade, têtue, aurait dit oui pour les Affaires européennes mais toujours non à l’aventure électorale. Résultat, elle est désormais une secrétaire d’Etat très fragilisée.

Le Parisien


Travail dominical, élections européennes : les mises au point de Sarkozy

LEMONDE.FR | 10.12.08 | 18h12  •  Mis à jour le 10.12.08 | 18h20

Nicolas Sarkozy, qui recevait, mercredi 10 décembre, les députés UMP, a tancé les parlementaires qui s'opposent à la proposition de loi Maillé sur le travail le dimanche. "J'ai été élu sur le travail. C'était dans le programme présidentiel. Vous me reprochez d'être trop libéral mais, en septembre, vous disiez que j'étais trop social avec le RSA (revenu de solidarité active) ! Je ferai la réforme. Qui s'excuse s'accuse." En attendant, aucune date n'a été retenue pour l'examen de la proposition de loi.

La colère de Nicolas Sarkozy contre Rama Yade n'est pas, elle aussi, retombée. Avant la rencontre avec les parlementaires, le président de la République a fait une ferme mise au point en conseil des ministres : "Le devoir des ministres est de s'engager. Je leur demande aussi de s'engager aux élections. Leur position ne leur appartient pas. Il est très difficile de monter, plus facile de redescendre."

La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme n'assistait pas au conseil mais ses oreilles ont dû siffler. Depuis dimanche, lorsqu'elle a publiquement annoncé qu'elle n'était pas intéressée par les élections européennes et qu'elle ne voulait pas être candidate en Ile-de-France comme l'y pressait Nicolas Sarkozy, beaucoup, dans la majorité, se demandent comment elle va pouvoir retrouver les bonnes grâces du président.

Jean-Pierre Jouyet n'a pas ce genre de soucis. Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes qui s'apprête à quitter ses fonctions pour prendre la présidence de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a, lui, parfaitement réussi sa sortie. En conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "sa compétence, son efficacité et sa discrétion". Il a ensuite été applaudi, ce qui est très rare dans une telle enceinte.

Françoise Fressoz

 

Copé prend la défense de Rama Yade

Politique  
10.12.2008, 11h31 

Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a pris ce matin la défense de Rama Yade en affirmant que, contrairement à ce qu'affirme Bernard Kouchner dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France, «un secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, c'est utile».

«Personne n'a jamais pensé que nommer un secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme règlerait le problème des droits de l'Homme sur la planète.

En même temps, je pense qu'un secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, c'est utile», a déclaré Jean-François Copé sur LCI.

«C'est une manière d'exprimer parfois une voix différente, certes au sein d'une équipe gouvernementale, mais je trouve que cette musique-là, il est toujours important de l'entendre dans un grand pays comme le nôtre», a-t-il ajouté.

«Donc je ne partage pas ce diagnostic», a dit M. Copé après les déclarations du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, estimant qu'un secrétariat des droits de l'Homme était «une erreur».

Interrogé sur les prises de position parfois à contre-courant de Mme Yade, M. Copé a jugé que «de ce point de vue elle a fait son travail».

leparisien.fr


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