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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:38

« Dès lors qu’il n’y a pas dans notre Constitution de pouvoir judiciaire, mais une autorité judiciaire, le souverain est et reste le peuple ! C’est bien en son nom que la loi est votée par ses représentants au Parlement. » (novembre 2008).


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Dernière petite réjouissance de retraité, Charles Pasqua s’était donné le malin plaisir, malgré son grand âge, d’assister au dernier congrès de l’UMP le samedi 30 mai 2015 qui a vu se transformer l’ancienne UDR, devenue RPR le 5 décembre 1976 par son doigté d’apparatchik au service à l’époque de Jacques Chirac, en "Les Républicains". À la manœuvre, ce n’était plus lui depuis longtemps mais celui qui fut pendant une quarantaine d’années à la fois un ami, un filleul, un héritier mais aussi un rival, Nicolas Sarkozy.

L’homme qui vient de mourir d’un accident cardiaque ce lundi 29 juin 2015 à l’âge de 88 ans n’était certainement pas l’incarnation de la morale en politique, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il est incontestable qu’il avait une réelle volonté de servir l’État, peut-être plus l’État que la France, d’ailleurs, avec ce qu’il y a de troublant dans les supposées "raisons d’État". Véritable colonne vertébrale de l’engagement politique au service d’idées et de fidélités.

Député de juillet 1968 à avril 1973, député européen de juillet 1999 à juillet 2004 et sénateur pendant plusieurs décennies (de septembre 1977 à septembre 2011 avec plusieurs interruptions), très influent président du groupe RPR au Sénat (de 1981 à 1993) au point d’avoir failli remporter la Présidence du Sénat le 2 octobre 1992 lors de la succession d’Alain Poher (René Monory gagna cependant la partie de quelques voix, mais ensuite, les gaullistes lui ont succédé avec Christian Poncelet et Gérard Larcher), Charles Pasqua était en 1974 l’indispensable "homme de main" et homme de nombreux réseaux de Jacques Chirac pour conquérir un parti de vieux barons, aux côtés du duo pompidolien formé par Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Charles Pasqua avait fait sa réputation dans des positions fermes (notamment sur l’immigration, avec ses réformes du droit d’asile et du code de la nationalité), avait voulu terroriser les terroristes, et avait martelé la tolérance zéro à la délinquance. Il fut en toute logique Ministre de l’Intérieur lors de la première cohabitation, entre le 20 mars 1986 et le 10 mai 1988, accepté par François Mitterrand qui avait pourtant mis quelques veto à la composition du gouvernement de Jacques Chirac (comme Jean Lecanuet au Quai d’Orsay). Pourquoi ce accord et même une certaine complicité ? Probablement en raison de son passé de résistant (à l’âge de 16 ans) qui faisait de lui un homme au-dessus de tout soupçon, et en tout cas, un homme de courage et d’engagement.

On a dit de lui qu’il était "l’extrémiste" du ce gouvernement, se taillant un visage intraitable de Ministre de l’Intérieur (posture reprise non seulement par Nicolas Sarkozy en mai 2002, mais aussi par Manuel Valls en mai 2012), prêt à tout pour rétablir l’ordre, mais il fut sans doute l’un des ministres les plus soucieux de ses responsabilités. Il a par exemple été parmi les premiers, au sein du gouvernement, à prôner l’abandon du projet de loi Devaquet en raison des manifestations qui risquaient de dégénérer (il y a eu un mort, Malik Oussékine), au contraire, d’ailleurs, du Ministre de l’Éducation nationale de l’époque, centriste, lui, René Monory.

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L’échec de Jacques Chirac à l’élection présidentielle du 8 mai 1988 a sonné le glas d’une longue complicité politique entre les deux hommes. Philippe Séguin, l’aile gauche, et Charles Pasqua, l’aile droite, ont formé dès 1990 un courant dissident au sein du RPR qui s’opposait à la ligne tenue à l’époque par Jacques Chirac, Édouard Balladur …et Alain Juppé, secrétaire général du RPR, ainsi que Nicolas Sarkozy, secrétaire général adjoint du RPR, ligne qu’il considérait trop centriste et trop pro-européenne : « Non, cher Jacques, cher Édouard, non, chez Alain et cher Nicolas, c’est à droite que la bataille se gagnera, et non au centre comme vous le soutenez. » (1988).

Le référendum de ratification du Traité de Maastricht le 20 septembre 1992 renforça l’axe Séguin-Pasqua et son éloignement de Jacques Chirac (il vota aussi contre le TCE le 29 mai 2005). La deuxième cohabitation distribua de nouvelles cartes où les adversaires d’hier devinrent des alliés (Balladur, Sarkozy) et réciproquement (Séguin qui soutenait la candidature de Jacques Chirac).

Le retour au pouvoir de l’alliance UDF-RPR entre le 29 mars 1993 et le 16 mai 1995 fut d’une autre nature qu’en 1986. Édouard Balladur, soucieux de mettre à contribution tous les hommes politiques ayant de l’influence, proposa de nouveau à Charles Pasqua Place Beauvau, ce qui l’a déçu car il aurait souhaité le Ministère de la Défense. Pour ne pas être étiqueté à vie de Ministre de l’Intérieur, il a imposé d’ajouter à son portefeuille l’Aménagement du Territoire ainsi que le titre honorifique de Ministre d’État, aux côtés de Simone Veil (Affaires sociales, Santé et Ville), Pierre Méhaignerie (Justice) et François Léotard (Défense). Son directeur de cabinet adjoint n’était autre que …Claude Guéant.

Mais revenons à 1983, dix ans auparavant. Nicolas Sarkozy se fit réélire conseiller municipal, au même titre que Charles Pasqua, de la commune de Neuilly-sur-Seine (il en était déjà un élu depuis mars 1977). Quelques jours plus tard, le maire, Achille Peretti, mourut (le 14 avril 1983) alors que Charles Pasqua était soigné dans un hôpital. Achille Peretti fut l’un des créateurs du Service d’action civique (SAC, organisation paramilitaire créée pour lutter contre l’OAS) avec Jacques Foccart et Charles Pasqua. Ne recevant pas le feu vert de Jacques Chirac mais pas non plus de feu rouge, Nicolas Sarkozy engagea une campagne interne au sein des conseillers de la majorité et le 29 avril 1983, il se fit élire à la surprise générale maire à 28 ans, prenant la mairie à la barbe de Charles Pasqua qui était pourtant son mentor politique et le témoin de son premier mariage (avec une nièce d’Achille Peretti).

À partir de là, Neuilly est devenue une base politique essentielle pour Nicolas Sarkozy qui fut à la fois le rival et l’héritier de Charles Pasqua. Héritier comme président du conseil général des Hauts-de-Seine bien plus tard (Pasqua le fut de mars 1988 à mars 2004), comme Ministre de l’Intérieur aussi, mais rival en d’autres circonstances, comme lorsqu’il s’est retrouvé tête de la liste RPR aux élections européennes du 13 juin 1999 après la défection de Philippe Séguin face… à une autre tête de liste, Charles Pasqua, qui mena une liste eurosceptique avec Philippe de Villiers qui a dépassé celle de Nicolas Sarkozy (avec 13,1% des voix).

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Le 13 mai 1993, la prise d’otage d’Érick Schmitt dans une classe de maternelle à Neuilly-sur-Seine a montré aussi une rivalité dans le traitement de l’affaire. Comme Ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua voulait la plus grande discrétion alors qu’au contraire, maire de la ville mais aussi Ministre du Budget du même gouvernement, Nicolas Sarkozy s’est impliqué personnellement dans cette affaire, prenant même des risques physiques que son collègue trouvait inconsidérés.

Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua, deux proches collaborateurs de Jacques Chirac, se sont pourtant retrouvés comme "complices" dans leur "trahison" en faveur de la candidature d’Édouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995. Nicolas Sarkozy lui avait susurré dans l’oreille qu’il serait alors appelé à Matignon en cas de victoire, et qu’ensuite, ce serait lui, Nicolas Sarkozy, qui lui succéderait. Édouard Balladur ne devint jamais Président de la République, Nicolas Sarkozy jamais Premier Ministre (c’était pourtant son tour en mai 2002) mais ce dernier fut élu à l’Élysée en mai 2007.

Parmi ce qu’il restera de Charles Pasqua au niveau local, la création d’une université privée (l’Université Léonard-de-Vinci). Et au niveau politique, c’est lui qui initia le concept du "souverainisme" pour s’opposer à l’Europe.

À l’évidence, Charles Pasqua a détenu beaucoup de secrets de la face obscure de la Ve République depuis le début des années 1970. Des affaires judiciaires l’ont parfois condamné définitivement il y a quelques années, mais il n’a jamais rien révélé de ce qu’il savait. Le secret faisait partie intégrante de son sens de l’État.

Cela ne l’a pas empêché d’avoir toujours gardé son indépendance d’esprit, capable de dire crûment ce qu’il pensait quitte à déplaire même ses amis, et il l’exprimait avec une certaine bonhomie dans ses convictions, associée à une grande capacité d’écoute et d’attention auprès des personnes qui le contactaient, et même avec un grand sens de l’humour.

Je ne partageais pas ses idées sur bien des sujets, et en particulier sur la construction européenne, mais il a montré avec force qu’il avait le sens de l’État et qu’il défendait les principes républicains.

Et finalement, aujourd’hui, agir avec le sens de l’État, au-delà des intérêts clientélistes et électoraliste, c’est plutôt rare… Raison de plus pour saluer, comme toute la classe politique, y compris ses anciens adversaires politique qu’il n’avait pas ménagés, la mémoire de Charles Pasqua, du moins sa face apparente à défaut de sa face obscure, celle du républicain conscient de ses responsabilités pour défendre l’État.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (30 juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La mémoire explosive de Charles Pasqua.
Pasqua, ange et démon.
Nicolas Sarkozy.
Jacques Chirac.
Philippe Séguin.
Édouard Balladur.
Alain Juppé.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150629-pasqua.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pasqua-le-grognard-eprouve-du-169166

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/06/30/32290843.html

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:52

L'ancien Ministre de l'Intérieur de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995, Charles Pasqua, est mort ce lundi 29 juin 2015 à 88 ans.

Sur Charles Pasqua :

http://rakotoarison.over-blog.com/article-7237631.html

http://rakotoarison.over-blog.com/article-24949132.html

http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150629-pasqua.html
 

SR

 

 

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:11

Petits extraits des discours des trois principaux responsables de l’UMP devenue "Les Républicains" au cours d’un congrès qui a consacré magistralement le retour politique de l’ancien Président de la République. Seconde partie.


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Après avoir évoqué le discours très percutant de Nicolas Sarkozy, président des "Républicains", au congrès fondateur du 30 mai 2015 à la Grande Halle de la Villette, voici ceux de François Fillon et d’Alain Juppé.


François Fillon et l’horizon 2027

La petite phrase qui est restée a été sur le ripolinage : « Voilà les circonstances qui entourent notre congrès qui ne peut être un ripolinage du passé, mais bien un nouveau départ. ».

Mais les médias auraient dû plutôt insister sur le fait que François Fillon a prononcé un discours très solide et cohérent qui a montré que depuis deux ans (février 2013), avec son club Force républicaine (il avait déjà choisi "républicain" bien avant les autres), il réfléchit activement à son projet présidentiel.

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Il a rappelé les combats passés de la France pour les replacer au présent : « Notre France assume le combat pour la dignité de l’Homme : autrefois, pour l’universalité de ses droits, aujourd’hui contre le drapeau noir de ceux qui égorgent des chrétiens, abattent des caricaturistes, martyrisent les femmes et les âmes. Notre credo ? C’est la liberté. La liberté pour vivre debout. C’est la patrie pour rassembler. C’est l’Europe pour la civilisation. ».

La profondeur du message de François Fillon a été de donner une porte de sortie à l’enlisement moral dont pâtit la France : « L’Histoire n’est pas finie. La France peut être en moins de dix ans la première puissance européenne. Ce n’est pas un rêve mais c’est le défi que nous devons relever. Nous avons tant d’atouts pour cela : la démographie, la technologie, la science, la culture, la productivité, l’influence diplomatique et militaire. (…) On les dit découragés, abattus, blasés mais ils sont des millions, ces Français dévoués et ingénieux, prêts à se retrousser les manches. Je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté, ni résignation, mais bien une force qui attend son heure. Cette force peut être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits. Jamais je n’ai senti autant de lucidité et d’exaspération face aux blocages. ».

François Fillon a porté un ton résolument rassembleur : « La politique est l’art d’unir toutes les bonnes volontés, elle est l’art de réveiller en chaque être humain cette part de lumière qui ne demande qu’à briller. (…) Je n’ai jamais cru à un "peuple de gauche" dressé contre un "peuple de droite" : ce n’est pas dans les simplifications idéologiques ou dans le trait des caricatures que s’incarne l’intérêt général. ».

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Habile dans la métaphore automobile, l’amateur des voitures de course a ajouté, à l’attention de ses deux rivaux Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, mais aussi du FN : « Certains pensent que l’on convaincra les Français en prenant tous les virages en serrant vers la droite, d’autres en conduisant au milieu de la route, sans parler des démagogues qui disent qu’on peut lâcher le volant et regarder derrière soi. Moi, je ne veux pas découper la France en tranches, je la prends comme un bloc, avec amour, avec la conviction qu’il faut se réinventer ensemble pour espérer, proposer et agir. ».


Alain Juppé et la Nation

Adressant ses "affectueuses pensées" à Jacques Chirac, Alain Juppé aussi a dû justifier sa présence dans la compétition. Presque heureux d’avoir été hué, mais soucieux d’être dans l’union, il a néanmoins décoché quelques flèches à qui de droit : « On ne fait rien de bon dans la division, ni dans la recherche méthodique du clivage. Certes, parfois, du conflit peuvent naître des solutions nouvelles. Mais les conflits viennent tout naturellement dans notre pays, grand amateur de polémiques et d’affrontements. Le rôle d’un dirigeant n’est pas de les susciter ni de les attiser mais de les apaiser. Notre société a besoin d’apaisement, pas de revanche. ».

Ce que les journalistes ont gardé, c’était sa riposte aux sifflets : « Certains d’entre vous me sifflent. Ca me fait de la peine mais cela ne change pas ma détermination, vous êtes ma famille. ».

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Parmi les réflexions majeures, celle-ci : « Il ne s’agit plus de sortir de la crise comme on le répète depuis des années. Le véritable enjeu, désormais, c’est d’entrer dans le monde nouveau qui se construit autour de nous. ».

Le diagnostic d’Alain Juppé a été très sévère contre le gouvernement actuel : « Malgré une conjoncture européenne et mondiale exceptionnellement favorable, pétrole bon marché, taux d’intérêt historiquement bas, euro proche de la parité avec le dollar, notre économie reste à la traîne : le chômage ne diminue pas, les déficits publics restent supérieurs à l’objectif que nous avons nous-mêmes fixé avec nos partenaires européens, dés lors, la dette s’alourdit… et la pauvreté progresse. Nous savons bien pourquoi nous échouons : nos entreprises étouffent dans un carcan fiscal et normatif qui plombe leur compétitivité ; et surtout, elles ont été déboussolées par une politique économique qui a changé de cap tous les six mois ou presque ; par une inflation désordonnée de textes brouillons, souvent rétroactifs qui ont miné la confiance. ».

Alain Juppé a aussi tiré sur François Fillon qui disait dans son discours : « On m’accuse parfois d’avoir le langage "du sang et des larmes". ». Il lui a répondu quelques minutes plus tard : « On ne remet pas un peuple en mouvement en se contentant de lui annoncer la réforme pour la réforme, ni même en lui promettant "du sang, de la sueur, et des larmes" ! Il faut donner un sens aux réformes (…). Et pour cela, il faut remplir deux conditions : rassembler, et rassembler autour d’un projet qui recueille l’adhésion. ».

Et au lieu de s’appesantir sur l’esprit républicain, comme c’était le thème du congrès, Alain Juppé a préféré misé sur le sentiment national en évoquant, lui aussi, la confiance : « La Nation m’apparaît comme le lien de confiance que nous recherchons : comme le sentiment qui peut le mieux dissiper nos doutes et nous remettre sur le chemin du vivre ensemble dont nous sommes en train de nous écarter. ».

Expliquant que les réformes « ne réussiront pas si on ne donne pas au projet collectif du pays un supplément d’âme », Alain Juppé a repris la définition de Renan : « Une Nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. ».

Or, l’époque actuelle remettrait la nation au-devant de la scène : « Plus la globalisation avance et plus les hommes et les femmes du XXIe siècle sont à la recherche de leurs racines, de leur terre, de leur communauté. On a même parlé de retribalisation du monde. ». Son projet : « Faire de la France une Nation d’autant plus bienveillante envers les autres qu’elle est confiante en elle-même : ce sera un beau projet. ».

Parmi les idées, Alain Juppé a proposé ceci : « La France est un pays d’entrepreneurs et de créateurs. Pour leur ouvrir le champ le plus libre possible, ne faudrait-il pas "revisiter" le principe de précaution et en tout cas, lui adjoindre un principe d’innovation ? ».

Le discours d’Alain Juppé fut donc très bien construit mais semblait manquer de souffle face à la pugnacité de Nicolas Sarkozy.


Autres orateurs

De nombreux autres responsables de l’ex-UMP ont pris la parole. Les discours de Bruno Le Maire et de Laurent Wauquiez ont été beaucoup applaudis (ils ont été particulièrement combatifs contre l’action du gouvernement). Xavier Bertrand a également fait part de son ambition en insistant sur la valeur du travail.

Seul centriste présent au congrès, l’ancien ministre UDI Maurice Leroy s’est déclaré (comme Hervé Morin) favorable à la participation de l’UDI à la primaire des "Républicains" de 2016 ainsi qu’à une alliance dès le premier tour de Chantal Jouanno et de Valérie Pécresse aux régionales en Île-de-France : « Bien entendu, quelques centristes sauteront sur leur chaise comme un cabri en disant "Indépendance, indépendance". À ceux-là, je dis que le centrisme n’est pas l’égocentrisme. ». Précisons que Hervé Morin, représenté par Maurice Leroy, négocie actuellement pour être la tête de liste d’union aux régionales en Normandie, ce qui peut faire comprendre quelques élans "unionistes" qui, électoralement, seront certainement payants.

Quant à l’économiste Christian Saint-Étienne qui fut UDI, il a rejoint "Les Républicains" tandis que Claude Allège, l’ancien ministre proche de Lionel Jospin, a adressé un message de sympathie : « Longue vie aux Républicains ! ».


« Ce jour est un jour de renouveau, de renaissance. »

Après cette prestation très réussie de Nicolas Sarkozy, une fois encore, le savoir-faire politique pourrait réussir : faire croire à un électorat très majoritairement hostile à sa candidature qu’il serait le symbole du renouveau de la politique française dans deux ans.

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C’est la magie de la vie politique française, encourager les jeunes générations mais se croire indispensable à la Nation. Mais vous, électeurs, voudriez-vous encore une fois une élection autour de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen ? Les candidatures des deux derniers paraissent déjà acquises. Le seul moyen de quitter 2012, c’est de prendre part à la primaire de novembre 2016. Les détails de son organisation vont se préciser dans les semaines à venir. Alain Juppé a déjà prévenu ce 31 mai 2015 que si la primaire n’était pas ouverte au centre, il ne se prêterait pas à un jeu considéré comme gagné d’avance… La course à l’échalote n’est pas un long fleuve tranquille.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
François Fillon.
Bruno Le Maire.
Dans deux ans.
Changement de paradigme.
Piège républicain.
Être républicain.
Tout est possible en 2017.
Mathématiques militantes.
Discours de Nicolas Sarkozy du 30 mai 2015.
Discours d’Alain Juppé du 30 mai 2015.
Discours de François Fillon du 30 mai 2015.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150601-lesrep2015B.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-renaissance-de-nicolas-sarkozy-168056

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/06/02/32148379.html

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 06:39

Petits extraits des discours des trois principaux responsables de l’UMP devenue "Les Républicains" au cours d’un congrès qui a consacré magistralement le retour politique de l’ancien Président de la République. Première partie.


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Ce samedi 30 mai 2015 se tenait le congrès fondateur du nouveau parti "Les Républicains" qui est la nouvelle appellation de l’UMP. Durant cinq heures, une soixantaine d’orateurs sont venus parler aux quelques huit mille militants UMP présents à la Grande Halle de la Villette, dans le nord de Paris.

La salle était entièrement acquise à Nicolas Sarkozy, le nouveau président des "Républicains" et ce congrès semble être le point de départ d’une véritable volonté de reconquête, honorée même par la présence vidéo de la Chancelière allemande Angela Merkel.

Le parti (qui est loin d’être nouveau, donc) possède une grande puissance de frappe : 199 députés (sur 577), 144 sénateurs (sur 348), 19 députés européens (sur 74), 44 présidents de conseils départementaux (sur 98), 4 présidents de conseils régionaux (sur 27), 35 maires de ville de plus de 70 000 habitants (sur 67) et revendique même 298 935 conseillers municipaux (sur 526 341). Son premier objectif est électoral avec les élections régionales de décembre 2015.


"Les Républicains"

Revenons très rapidement sur la nouvelle appellation "Les Républicains" dont le dépôt de marque à l’INPI a été publié le 5 décembre 2014 (BOPI 2014-49). Elle m’a paru assez peu pertinente pour un nom de parti politique à la fois par le côté générique du terme (la République appartient à tous) et par la morphologie (ce terme est un oxymore : "Les Républicains" ne désignent pas un parti mais les membres de ce parti).

Néanmoins, libre à chaque parti de s’appeler comme il le désire, et c’est ce qu’il s’est produit lors d’une consultation le 28 mai 2015 : 83,28% ont approuvé la nouvelle appellation (ce qui n’était pas gagné d’avance) même si seulement 45,74% des adhérents ont voté, soit 97 440 votants. À noter (en terme de mathématiques militantes) que Jean-Christophe Cambadélis a mobilisé, lui, le même jour, près de 50% des adhérents du PS (soit environ 60 000 adhérents) qui lui ont accordé la confiance comme premier secrétaire du PS pour "plus de 70%" d’entre eux (je n’ai pas de résultats plus précis).

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Par ailleurs, la décision de justice du 26 mai 2015 qui a donné tort à ceux qui contestaient devant la justice cette nouvelle appellation me paraît logique et même rassurante d’un point de vue de la démocratie et des libertés politiques.

Après tout, le mouvement gaulliste s’était bien appelé au début Union pour la nouvelle République (UNR) sans qu’on lui ait reproché de vouloir s’approprier la Nouvelle République ; tout comme le Parti républicain (PR) que Valéry Giscard d’Estaing a modernisé sur les bases des Républicains indépendants (RI) n’a pas été taxé d’hégémonisme dans la défense de la République ; tout comme Force démocrate (FD), créée à partir du Centre des démocrates sociaux (CDS) de François Bayrou, n’a pas eu ce procès de monopolisation de la démocratie. Enfin, on concède leur nom au Parti socialiste (PS) et à Europe Écologie Les Verts (EELV) sans pour autant les imaginer préempter l’exclusivité du socialisme ou de l’écologisme. Et pour finir, qui a cru que la désormais ancienne Union pour un mouvement populaire (UMP) avait pris en otage le terme de "populaire" dont le sens politique ne se conçoit qu’à l’échelle européenne avec le Parti populaire européen (PPE) ?

Dans tous les cas, ça n’empêchera pas le Front national de continuer à croire à la collusion, l’UMPS s’est transformée en mauvais herpès par un tweet de Florian Philippot : « Bienvenue à l’RPS ! Ca gratte, ça démange, c’est mauvais pour la France ! » (30 mai 2015).


Nicolas Sarkozy, grand gagnant, grand revenant de ce congrès

J’exclus de mon analyse les huées contre Alain Juppé et François Fillon voire les micros subitement tombés en panne lors de certains discours (comme celui de Bruno Le Maire) car un congrès et une salle, ça se prépare et nul doute qu’une très large majorité des participants à ce congrès étaient des militants sarkozystes acquis.

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J’évoque seulement les interventions, et il est clair que le discours de Nicolas Sarkozy de ce samedi 30 mai 2015 a été excellent, peut-être l’un de ses meilleurs discours dans sa vie politique. Certains présents se croyaient même revenus neuf ans en arrière, à l’époque où Nicolas Sarkozy s’engageait dans sa première campagne présidentielle.

Je l’écris d’autant plus volontiers que ma préférence intellectuelle se porte plutôt vers Alain Juppé dont la sagesse raisonnable me paraît la seule option possible pour le salut du pays. Mais c’est un fait : Nicolas Sarkozy a dépassé largement dans les mots ses deux seuls réels concurrents dans la primaire qui se profile en novembre 2016, à savoir François Fillon et Alain Juppé.

Sur la forme, il s’est montré très à l’aise, très différent du Nicolas Sarkozy de ses nombreux meetings vespéraux des mois précédents (depuis septembre 2014) où l’on l’imaginait se faire plaisir dans des one-man-shows de commentaires de l’actualité (comme le fit Thierry Le Luron au Théâtre du Gymnase, mais en moins rigolo).

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le regrette, le fait est là : Nicolas Sarkozy est un grand "animal politique" et un grand communicant ; ce samedi, il a montré qu’il avait un talent que peu de monde est capable d’égaler. Sans doute au sein de sa formation, Jean-François Copé pourrait avoir son aisance mais son destin à court terme paraît assez compromis avec l’affaire Bygmalion. Ce discours de Nicolas Sarkozy m’a paru l’équivalent du très efficace discours du Bourget de François Hollande le 22 janvier 2012.

D’ailleurs, si la volonté d’en découdre à l’élection présidentielle et même de prendre sa revanche sur 2012 n’est pas un secret, rien n’indique que Nicolas Sarkozy sera effectivement candidat à la primaire de 2016, lui-même ne doit pas le savoir car il ne maîtrise pas forcément un calendrier judiciaire qui, d’ailleurs, resterait dans tous les cas une épée de Damoclès peu heureuse pour ses amis politiques.

Si bien que Nicolas Sarkozy s’est évertué à rassembler rassembler rassembler, son camp, en disant à quel point chaque personnalité est indispensable, en convaincant qu’on ne peut rassembler les Français si on divise son parti (l’argument de diviser son camp est très connu chez les gaullistes, déjà utilisé par Jacques Chirac pour discréditer Raymond Barre en 1985), et son discours fut truffé de clins d’œil aux différents responsables de son parti, en fonction des thèmes abordés : "cher Jean-Pierre", "cher Bruno", "cher Nathalie", "cher Gérard", "cher Laurent", "cher Alain"… jusqu’à faire ovationner Éric Woerth doublement relaxé le 28 mai 2015 par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans l’affaire Bettencourt : « Les droits de chacun seront respectés à la différence de ce qu’a vécu Éric Woerth après cinq années d’insultes et d’injures médiatiques. Nous sommes heureux d’accueillir un très honnête homme et un républicain ! ». Un savoir-faire de manager capable de valoriser ses collaborateurs… (Éric Woerth avait confié quelques heures avant : « Merci pour votre force, de ne pas avoir douté, merci pour votre confiance, merci du fond de mon cœur ! »).

Cela peut paraître étonnant voire aberrant, puisque dans les sondages, plus des trois quarts des sondés disent régulièrement qu’ils ne veulent pas comme candidats à l’élection présidentielle ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande, mais la probabilité d’être présents dans la course reste néanmoins encore très forte aujourd’hui. On sait d’ailleurs ce que valent les sondages et les cimetières politiques sont jonchés de présidentiables très populaires, de Jacques Chaban-Delmas à Raymond Barre, d’Édouard Balladur à Lionel Jospin, de Jacques Delors à Dominique Strauss-Khan

Dans la forme, il n’y avait pas photo.

D’un côté, un homme qui a repris la totale maîtrise d’un appareil, et on sait ce que cela signifie dans une perspective présidentielle : total contrôle des fédérations (les secrétaires départementaux sont désignés par le président), des finances, du programme politique, etc., un homme qui est en bonne forme personnelle, avec du dynamisme, de la combativité, de la pugnacité et une capacité évidente de rassembler son camp.

D’un autre côté, deux anciens Premiers Ministres très valables, aux compétences reconnues, à l’expérience gouvernementale impressionnante et incontestable, mais qui ont visiblement eu du mal à trouver leur souffle durant ce congrès. Leurs discours laissaient entendre une démarche isolée, solitaire, avec souvent un "je" face au "vous" qui correspondait aux militants réunis, tandis que Nicolas Sarkozy usait allègrement du "nous" en se mettant pleinement dans le groupe.

Même dans l’allure générale du corps, l’un était ouvert et les deux autres prenaient plutôt des positions fermées, et se tenaient essentiellement sur la défensive.

On pourra toujours s’étonner que ce ne sont pas les plus intellectuels qui gagnent les élections mais même François Bayrou avait compris en mars 2007 qu’une élection se gagnait aussi physiquement, à la sueur du front. D’ailleurs, le 5 novembre 2013, la chaîne Direct 8 avait diffusé un documentaire ("Campagne intime") qui avait montré des images inédites de Nicolas Sarkozy après son dernier grand meeting avant le second tour, le 1er mai 2012 au Trocadéro, on le voyait habillé décontracté, en jogging, visiblement aussi éprouvé que dans une épreuve sportive de haute compétition.

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Dans le fond aussi, malgré la richesse des autres discours, le point était acquis à Nicolas Sarkozy qui, loin d’être consensuel, n’a fait que balancer des scuds contre ses deux adversaires du moment, le pouvoir socialiste d’un côté, et il avait de nombreux arguments pour le faire (l’école, l’emploi, le logement, l’Europe, etc.) mais aussi, contre la "famille Le Pen" de l’autre côté : « Je déteste les extrêmes parce que je refuse les impasses. ». Tandis que ses deux rivaux potentiels restaient encore dans une optique interne, tout en présentant leur vision en politique générale mais de façon très peu combative.

Parmi les critiques contre le gouvernement, la réforme du collège : « Nous serons les Républicains avec toutes celles et tous ceux pour lesquels l’héritage des Lumières n’est pas une option ! ». Mais aussi l’absence de la France aux cérémonies du 9 mai 2015 à Moscou : « Quel Français aimant passionnément son pays n’a pas éprouvé un sentiment mêlé de honte et de tristesse à voir les plus hautes autorités françaises préférer aller serrer la main de Fidel Castro au lieu d’aller rendre hommage au peuple russe pour les terribles épreuves qu’il a endurées lors de la Seconde Guerre mondiale et dont le courage a joué un si grand rôle dans la défaite du nazisme ? On doit pas confondre notre amitié avec le peuple russe avec les divergences légitimes avec son gouvernement. ».

Nicolas Sarkozy a longuement accusé les socialistes de ne pas avoir protégé la République : « La gauche ne respecte pas la République, elle la trahit par des coups de force permanents. » ou encore : « À ceux qui nous accusent de vouloir confisquer la République, nous répondons que s’ils ne l’avaient pas trahie, s’ils ne l’avaient pas abandonnée, s’ils ne l’avaient pas abaissée, nous n’aurions pas besoin de la relever, cette République. ». Les mots sont excessivement durs ("trahir"), ce qui nuit aux propos, mais l’observateur avisé aura noté un clin d’œil au "Coup d’État permanent", livre publié en 1964 par …François Mitterrand.

Son thème central, au-delà de sa défense des "Républicains" et de la République, c’est redonner la confiance : « Je vous propose de construire la République de la confiance. » en précisant : « La République de la confiance sera la République où il n’y aura plus de boucs émissaires livrés en pâture à l’actualité du jour. ».

Et de décliner, parfois de manière assez simplifiée : « [La République de la confiance] apprend aux enfants que la réussite est la récompense du travail et de l’effort. Elle dit au voyou : "Tu seras puni". Elle dit au délinquant : "Tu n’as pas d’excuse". Elle dit au citoyen : "Pour avoir des droits, il faut remplir ses devoirs". Elle dit aux religions : "La République vous respecte mais vous devez respecter la République. Ce n’est pas à la République de s’adapter à vous mais à vous de vous adapter à elle". ».

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Est-ce suffisant qu’on parle de confiance pour retrouver la confiance ? En tout cas, le diagnostic est valable : sans confiance envers les gouvernants, aucune réforme ne peut durablement aboutir sans qu’il y ait à un moment une explosion et un point de non retour. Mais inspirer la confiance, cela reste à inventer de nos jours.

Il a aussi évoqué le rassemblement : « Le redressement, on ne le fait pas seul ! » mais on peut se demander avec qui il voudrait le faire, alors qu’il a pilonné la majorité et que les centristes n’ont pas été particulièrement honorés face à des militants qui n’hésitaient jamais à huer le nom de François Bayrou (lâché à la salle par un ancien centriste, Marc-Philippe Daubresse). Un thème qui aurait été important pour les centristes, l’Europe, qui reste encore vague dans la bouche de Nicolas Sarkozy : « J’ai envie de crier à cette Europe que j’aime tant : réveille-toi ! (…) Il faut refonder l’Europe dont le monde a un grand besoin. ».

Nicolas Sarkozy a aussi évoqué le "grand effondrement" qui semblerait faire écho au "grand remplacement" dont parlent de plus en plus les militants d’extrême droite, comme il a cité le "N’ayez pas peur !" du pape Jean-Paul II, qui avait été aussi cité par Jean-Marie Le Pen avant le second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Dans son vocabulaire, il a utilisé des dizaines de fois "civilisation", aux côtés de "confiance" et de "République". Au final, un texte peut-être pas très constructif d’un point de vue programmatique mais très porteur politiquement. C’est la différence entre le politique et l’intellectuel : il faut une incarnation de la parole et de la pensée, et Nicolas Sarkozy excelle dans cet exercice.

Dans le second article, j’évoquerai les discours de François Fillon et d’Alain Juppé.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
François Fillon.
Bruno Le Maire.
Dans deux ans.
Changement de paradigme.
Piège républicain.
Être républicain.
Tout est possible en 2017.
Mathématiques militantes.
Discours de Nicolas Sarkozy du 30 mai 2015.
Discours d’Alain Juppé du 30 mai 2015.
Discours de François Fillon du 30 mai 2015.


_yartiLesRep2015A07
 


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150601-lesrep2015A.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-renaissance-de-nicolas-sarkozy-168041

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/06/01/32148230.html
 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:53

(verbatim)

Au cours du congrès fondateur du parti "Les Républicains" issu de l'UMP, candidat à la primaire de 2016, François Fillon a prononcé un discours le 30 mai 2015 à la Porte de la Villette à Paris.

Discours de François Fillon.

Nicolas, compagnons et amis,
 
Nous sommes les héritiers d’une histoire immense, et chacun sait ici qu’il fallut bien des héros et des bâtisseurs pour nous donner le privilège de dire cette phrase belle et simple : «je suis Français».
Aux jeunes « républicains » et toujours « populaires » je dis qu’il n’y a pas de bonheur sans conquête !
Pour se hisser au rang des nations développées, la France a travaillé dur et les Français eurent le courage de revendiquer un destin.
Il fallut et il faudra encore produire, inventer, créer des richesses pour rester une flamme dans le monde.
La France que nous aimons, c’est la France des marins de l’île de Sein qui choisirent la liberté et l’honneur. Ces deux valeurs ont toujours 20 ans.
Une fois les armes posées, ils réconcilièrent l’Europe. Nous devons être fidèles à leur sagesse.
Notre France assume le combat pour la dignité de l’Homme : autrefois, pour l’universalité de ses droits, aujourd’hui contre le drapeau noir de ceux qui égorgent des chrétiens, abattent des caricaturistes, martyrisent les femmes et les âmes.
Notre credo ?
C’est la liberté. La liberté pour vivre debout.
C’est la patrie pour rassembler.
C’est l’Europe pour civilisation.
 
Les temps changent, mais notre ambition reste intacte : il s’agit de hisser la nation vers le meilleur d’elle-même.
Les obstacles sont innombrables, mais la France possède toutes les qualités pour se reprendre et surprendre le monde.
Rappelons-nous : la nuit du 4 aout 1789, l’alliance des monarchies européennes assiste, pétrifiée, à l’abolition des privilèges : ce jour la, l’Assemblée avait choisi de tout abattre pour tout reconstruire.
En 1958, la France est en crise et se demande comment «boucler les fins de mois».
Dès les premiers jours, le Général de Gaulle prend parti pour la modernisation sans laquelle, ce sont ses mots, «nous resterons un pays à la traîne». Le reste est connu : c’est la réforme, c’est l’expansion et les 30 glorieuses.
Ces tranches d’histoire prouvent que tout est possible à une France décidée et rénovée.
 
L’Histoire n’est pas finie.
La France peut être en moins de dix ans la première puissance européenne.
Ce n’est pas un rêve mais c’est le défi que nous devons relever.
Nous avons tant d’atouts pour cela : la démographie, la technologie, la science, la culture, la productivité, l’influence diplomatique et militaire.
Non le génie français n’est pas mort, c’est notre système qui est usé et un système ça se change !
On les dit découragés, abattus, blasés mais ils sont des millions, ces Français dévoués et ingénieux, prêts à se retrousser les manches. Je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté, ni résignation, mais bien une force qui attend son heure.
Cette force peut être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits. Jamais je n’ai senti autant de lucidité et d’exaspération face aux blocages.
Mais cette force peut être destructrice si nous nous contentons d’exercer le pouvoir comme une fin en soi. Trop de promesses déçues, trop de souffrances sociales : la politique est en état d’urgence.
Le chômage s’étend, les milliards de dette nous étouffent, la tentation communautariste et les votes extrémistes gangrènent notre société. Le parti des désespérés et celui des abstentionnistes sont devenus les  premiers de France.
Et au-delà de nos frontières, pas de répit !
C’est l’Europe tiraillée entre la faillite grecque et le divorce britannique, c‘est la fronde des Syriza, Podemos, nationalistes écossais et autres partis radicaux qui bousculent les vieux échiquiers, tandis qu’en méditerranée les flottilles de réfugiés font route vers nous, fuyant le chaos et la menace djihadiste.
Le monde est en surchauffe et notre démocratie en dépression.
Voilà les circonstances qui entourent notre Congrès qui ne peut être un ripolinage du passé, mais bien un nouveau départ.
 
Nous avons décidé de nous intituler «Les Républicains» : ce choix nous oblige plus que tout autre car lorsqu’on prend la République comme étendard il ne nous est pas permis de décevoir.
Et puisque l’exemple doit venir de nous-mêmes, faisons de la liberté, de l’égalité et de la fraternité la devise vivante des Républicains.
 
La liberté permet de repousser tout ce qui nivelle, uniformise, enrégimente. Elle est l’oxygène dont la France a besoin.
Chez nous, Républicains, tous les débats sont ouverts, toutes les compétitions possibles dès lors que le respect prévaut.
Comment pourrions-nous inviter les Français à aimer davantage la Liberté, si nous ne sommes pas le mouvement où chacun peut aller au bout de ses mérites et de ses convictions ?
 
L’égalité est promise à tous les Français, non seulement pour avoir des droits équivalents, mais avec l’obligation de répondre à leurs devoirs.
L’Etat ne peut pas tout. Il faut refonder la société républicaine en commençant par le début, et je dirais l’essentiel, l’esprit citoyen.
Sont citoyens et dignes de leurs devoirs, ceux qui se lèvent et s’interposent lorsque une femme est agressée dans le métro.
Le sont aussi, tous ces parents qui, avant de tout exiger de l’Ecole, transmettent à leurs propres enfants culture et civisme.
Sont dignes de leurs devoirs, ceux qui font des heures supplémentaires, ceux qui n’attendent pas le dernier mois de leurs allocations pour trouver un emploi, ceux qui n’empochent pas leur parachute doré lorsque leur bilan ne le justifie pas…
Comment demander aux Français d’être vigilants sur leurs devoirs si nous, les Républicains, n’exigeons pas plus de nous-mêmes ? Sincères, honnêtes, dévoués à la France, nous devons l’être plus que jamais.
 
Et la fraternité, c’est l’oubliée de notre devise !
Elle est pourtant le fil qui relie tous les cœurs.
Dans nos écoles, notre récit national est tout juste chuchoté alors que la fierté collective est la source de notre union; dans nos cités, voyous et intégristes veulent fixer leurs règles ; la confiance mutuelle devient peur réciproque; on ne se parle plus, tout se juge aux apparences, et les écouteurs sur les oreilles certains n’entendent plus l’enfant qui rit dans la rue…
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Non, les Français ont le cœur serré mais ils sont généreux ! Ils militent par milliers dans des associations, n’oublient jamais de participer aux actions humanitaires, n’hésitent pas à travailler le dimanche si nécessaire.
La politique est l’art d’unir toutes les bonnes volontés, elle est l’art de réveiller en chaque être humain cette part de lumière qui ne demande qu’à briller.
Ni la lutte des classes ni celle des races, ni celle des religions ne sont républicaines.
Je n’ai jamais cru à un «peuple de gauche» dressé contre un «peuple de droite» : ce n’est pas dans les simplifications idéologiques ou dans le trait des caricatures que s’incarne l’intérêt général.
 
Rassembler ! S’il est bien un objectif qui doit être le nôtre, c’est celui-ci puisque la République que nous prenons en mains doit être partout.
A tous, jeunes ou vieux, hommes et femmes, fortunés ou modestes, nous devons donner le goût d’être ensemble, d’agir ensemble.
Si les Républicains n’étaient qu’une machine électorale, une caserne où les adhérents viendraient chercher les ordres; si nous n’étions pas cette famille où le débat fraternel est à chaque étage; si nous n’étions que conflits et invectives à l’égard de ceux qui pensent ou agissent autrement ; si nous n’étions pas l’interprète de toutes les sensibilités françaises … alors la République ne serait pas en nous !
 
Certains pensent que l’on convaincra les Français en prenant tous les virages en serrant vers la droite, d’autres en conduisant au milieu de la route, sans parler des démagogues qui disent qu’on peut lâcher le volant et regarder derrière soi.
Moi, je ne veux pas découper la France en tranches, je la prends comme un bloc, avec amour, avec la conviction qu’il faut se réinventer ensemble pour espérer, proposer et agir.
 
Municipales, départementales, et bientôt élections régionales, nous regagnons du terrain. Bravo à nos candidats, bravo à nos militants !
Mais gare au vertige ; n’ayons pas le réflexe de penser que le balancier électoral jouera mécaniquement en notre faveur. Parier sur le pendule, miser sur le rejet de la gauche: non, nous n’avons pas le droit d’être aussi peu ambitieux !
A lire les sondages, tout le monde semble capable, de renvoyer François Hollande à sa normalité. Mais la question centrale à laquelle il nous faut répondre : c’est pour quoi faire et comment le faire ?
Si l’alternance n’est qu’une alternance parmi tant d’autres, cela ne servira à rien. La France s’enfoncera et la colère grandira. Et elle explosera un jour, parce que nous aurons, par faiblesse, par commodité électorale, laissé déposséder le pays de ce qu’il tient pour sacré : sa souveraineté nationale.
Il n’y a pas de souveraineté sans puissance ! Si le pays s’appauvrit, si le peuple doit s’en remettre à Bruxelles pour connaitre son sort, s’il devait être l’otage du FMI, alors à quoi bon la démocratie ?
Non avons un défi.
Battre la gauche et l’extrême droite, non par défaut, mais par adhésion des Français à un projet précis et puissant, appuyé sur un mode d’exécution sans faille.
 
La République est une révolte.
Elle est « révolutionnaire » là où les bastilles doivent tomber.
Et elles doivent tomber, là où la rigidité du code du travail exclut ceux qui cherchent un travail ; là où l’excès de fiscalité décourage les talents ; là où la barrière des réglementations bloque l’innovation ; là où l’opium des déficits nous endort ; là où le nivellement par le bas noie le mérite de ceux qui n’ont, dans leurs mains, que leur audace.
On m’accuse parfois d’avoir le langage du «sang et des larmes».
Mais le sang et les larmes, c’est aujourd’hui pour les 6 millions de français sans emploi, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les deux millions de jeunes français qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni dans l’emploi.
Le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les travailleurs pauvres, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les artisans ou les agriculteurs qui ne peuvent plus se verser un euro de salaire, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les retraités qui ne font qu’un repas par jour.
Contre le sang et les larmes, je choisis la vérité, l’action et la liberté.
Contre les conservatismes qui nous étouffent, oui la liberté est le meilleur logiciel pour déclencher le progrès économique, technologique et social.
 
Et puis, il y a l’unité nationale.
65 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants. Plutôt que dire « et moi, et moi et moi», il faut dire nous !
La France n’est pas un puzzle, une juxtaposition de clans, de ghettos, de communautés affichant leurs règles au-dessus des règles de la République.
Nous sommes une nation de citoyens, où, transcendant les origines et les croyances, seuls doivent compter l’amour du pays et le respect de la loi.
Partout où l’autorité de l’Etat est bafouée, Les Républicains seront là. Partout où la laïcité est défiée, nous serons là. Partout où l’identité de la France est déracinée, nous serons là.
Pas de compromis avec le racisme, l’antisémitisme, la haine de la France. Face à eux, nous serons implacables !
 
Mon plus jeune fils a 13 ans.
Je le regarde et je regarde la France.
Je veux qu’il grandisse dans un pays où le dépassement de soi est encore possible. Où le goût de la liberté est plus fort que la peur de l’échec. Où justice serait rendue aux êtres courageux et bons.
Je veux qu’il soit fier d’être français et fier d’être en même temps citoyen d’une Europe brillante et protectrice.
Pour cet avenir que je voudrais lui promettre, il va falloir combattre, bâtir rassembler. Il va falloir être des Républicains.

François Fillon, 30 mai 2015


Source :
http://www.blog-fillon.com/2015/05/les-republicains-ce-choix-nous-oblige-plus-que-tout-autre.html



 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:51

Candidat à la primaire en 2016, Alain Juppé a prononcé un discours sur l'apaisement et la nation lors du congrès fondateur du nouveau parti "Les Républicains" issu de l'UMP le 30 mai 2015 à la Porte de la Villette à Paris.

Cliquer sur le lien pour télécharger le discours d'Alain Juppé (fichier .pdf) :
http://storage.canalblog.com/01/05/1344545/104458658.pdf

SR
 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:12

Né le 17 juin 1918 à Toulouse, Bernard Marie fut résistant pendant la guerre (plusieurs fois prisonnier) et fut ensuite chef de service à la Banque de France. Il fut arbitre de rugby international de 1959 à 1967, ce qui lui valut de s'engager en politique, sollicité par des ministres gaullistes (Roger Frey et Christian Fouchet). Il fut élu député UDR puis RPR des Pyrénées-Atlantiques du 3 avril 1967 au 22 mai 1981, et maire de Biarritz du 20 mars 1977 au 19 mars 1989. Il fut le père de la future ministre et députée Michèle Alliot-Marie. Le 8 février 2014, a disparu également l'ancien mari de cette dernière, Michel Alliot.

Sur Michèle Alliot-Marie :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-22072003.html


SR

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 07:14

Les marges de manœuvre du nouveau sexagénaire demeurent très restreintes, peut-être trop pour imaginer retrouver un jour …le Graal de la politique française.


yartiSarko2015A01Après François Fillon, après Angela Merkel, après François Hollande et après Jean-Claude Juncker en 2014, l’ancien Président de la République et actuel président de l’UMP Nicolas Sarkozy fête son soixantième anniversaire ce mercredi 28 janvier 2015. L’occasion, pour moi, de revenir sur son retour dans la jeu politique intérieur.

Jusqu’aux attentats contre "Charlie Hebdo", Nicolas Sarkozy avait réussi un début de parcours sans faute à la tête de l’UMP. Élu président de l’UMP le 29 novembre 2014, reprenant la fonction formellement le 2 décembre 2014, Nicolas Sarkozy avait tout fait pour remettre en marche un parti très divisé depuis deux ans, traumatisé par la rivalité entre Jean-François Copé et François Fillon. Son action a d’ailleurs été clairement de rétablir l’unité au sein d’une famille qui s’était émiettée au fil des ambitions personnelles.

Son acte le plus symbolique est d’avoir donné à Bruno Le Maire, le seul qui a osé le défier au sein d’un scrutin, la reconnaissance politique qu’il méritait désormais, notamment en le faisant représenter l’UMP au congrès du PPE et au congrès de la CDU.

La configuration de la direction de l’UMP est elle-même un savant équilibre entre une aile que j’appellerais humaniste avec Nathalie Kosciusko-Morizet en numéro deux, vice-présidente déléguée, et une aile plus "dure", sécuritaire et souverainiste, avec Laurent Wauquiez, en numéro trois, secrétaire général, qui continue toujours à se revendiquer d’une "droite sociale" dont le "social" n’est qu’une vitrine pour fustiger ce qu’il appelle régulièrement l’assistanat.

yartiSarko2015A05

Nicolas Sarkozy a peut-être compris ce que certains barons de l’UMP ne voudraient pas comprendre : qu’à partir de 2017, c’est forcément une autre génération qui prendra le relais politique. Certes, les présidentiables restent encore des poids lourds, politiquement, et la grande popularité du maire de Bordeaux Alain Juppé ou même la sympathie parlementaire dont bénéficie François Fillon vont probablement déterminer l’issue de la compétition à droite.

Mais la réalité est que Nicolas Sarkozy semble avoir pris conscience que la génération des quadras et des quinquas doit être prête à l’affrontement face à une gauche qui, forcément, parce qu’elle n’a personne d’autre (pas même Arnaud Montebourg qui a déserté le terrain en découvrant, un peu tardivement pour un ancien Ministre de l’Économie, les joies de l’entreprenariat), personne d’autre que l’actuel et redoutable Premier Ministre Manuel Valls à proposer pour les dix à vingt prochaines années.

La dignité de Nicolas Sarkozy à la suite des attentats du 7 au 9 janvier 2015 est également à mettre à son crédit. Chef du plus grand parti de l’opposition, c’était la première personnalité à permettre l’unité nationale. Dommage d’ailleurs que François Hollande n’ait pas voulu le mettre à ses côtés lors de la marche républicaine du 11 janvier, la photographie aurait eu un impact important et l’image de rassembleur de François Hollande aurait même été plus grande. Qu’importe la photo, qu’importe même les mesquineries pour gagner ou pas un rang ou deux, l’essentiel est ailleurs.

yartiSarko2015A04

D’un point de vue intérieur, c’est-à-dire, au sein de l’UMP, Nicolas Sarkozy a donc su regagner une légitimité et aussi une autorité (pas seulement auprès des militants mais aussi auprès des élus). Cette unité, il la doit essentiellement à son acceptation d’organiser une primaire ouverte pour désigner, comme les socialistes en octobre 2011, le candidat de l’UMP à la prochaine élection présidentielle. À part le calendrier qui n’est pas encore fixé (normalement, prévu avant l’été 2016), il y a peu de sujets de division interne au sein de l’UMP. Mais cela ne reste qu’à l’intérieur. À l’extérieur, sa situation est nettement moins facile.

Ainsi, son projet de fonder un grand rassemblement allant de l’UMP aux centristes semble assez utopique : quel serait l’intérêt de l’UDI, qui vient à peine de s’émanciper et qui aura l’occasion, après des performances remarquables en 2014 (municipales, européennes et sénatoriales, meilleure progression au Sénat), de se compter aux élections départementales de mars 2015 et aux élections régionales de décembre 2015, de reperdre sa liberté d’action ?

L’une des décisions-clefs que le nouveau président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, devra d’ailleurs prendre (soumise au vote des militants, a-t-il promis), c’est la participation ou pas des centristes à la primaire de l’UMP. Pour l’UMP, ce serait un moyen formidable d’éviter une candidature centriste à l’élection de 2017. Pour l’UDI, ce serait un moyen non négligeable d’influer sur le choix du candidat de l’UMP dans le sens voulu, mais au risque de ne plus exister politiquement par la suite.

Dans tous les cas, il paraîtrait insensé que l’UDI ne prenne pas la même décision que le MoDem vis-à-vis de cette primaire de l’UMP. À quoi servirait une UDI qui s’annihilerait à la primaire UMP sans empêcher la candidature d’un candidat du MoDem ? La chance de l’UMP, c’est que François Bayrou serait susceptible de soutenir dès maintenant la candidature d’Alain Juppé. Mais est-ce le souhait de Nicolas Sarkozy ?

yartiSarko2015A03

Plus ouvertement, Nicolas Sarkozy se retrouve en difficulté après le sursaut (historique) de popularité dont bénéficie actuellement l’exécutif pour sa très bonne "gestion" de l’après-attentats. Les mesures de lutte contre le terrorisme présentées par Manuel Valls le 21 janvier 2015 ne donnent pas beaucoup de champ de différenciation à un Nicolas Sarkozy qui fait plus figure d’ancien combattant que d’homme d’avenir.

Évidemment, la question qui reste, c’est son éventuelle candidature à la primaire ou pas. Et si ce n’était pas son intention ? Après tout, Valéry Giscard d’Estaing, qui a repris la présidence de l’UDF du 30 juin 1988 au 31 mars 1996, n’est jamais redevenu candidat à une élection présidentielle. Et il était encore plus jeune que Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat...

En plus de son image qu’il n’a pas réussi à renouveler depuis son retour du 19 septembre 2014, Nicolas Sarkozy a également une épée de Damoclès (multiple) avec les affaires judiciaires en cours. Et la seule vraiment sérieuse, c’est l’affaire Bygmalion qui pourrait cependant le placer plus dans le rôle de la victime que du fauteur.

yartiSarko2015A06

Au moment de souffler ses bougies, l’ancien Président devra de toute façon repenser complètement sa stratégie : les attentats contre "Charlie Hebdo" ont profondément bouleversé le paysage politique au même titre que l’affaire DSK le 15 mai 2011, et François Hollande pourrait bien, contre toute prévision, tirer son épingle du jeu. C’est pour cela qu’il sera intéressant de l’écouter lors de sa cinquième conférence de presse solennelle fixée le jeudi 5 février 2015 à 11 heures. Rien n’est jamais écrit… et comme le candidat de 2007 le répétait, tout devient possible…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 janvier 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Je suis Charlie.
Mathématiques militantes.
Le nouveau paradigme.
Le retour.
Bilan du quinquennat.
Sarkozy bashing.
Ligne Buisson ?
Stigmatisation.
Transgression.
Sarcologie et salpicon socialistes.

yartiSarko2015A02


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-ameres-bougies-de-nicolas-162834


 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 23:23

Née le 15 juin 1927 à Paris, Hélène Missoffe fut la fille d'Emmanuel de Mitry et de Marguerite de Wendel. Elle a épousé François Missoffe (1919-2003), ancien résistant et plusieurs fois ministre gaulliste, et a eu huit enfants dont leur fille aînée Françoise de Panafieu née le 12 décembre 1948 (députée et ancienne Secrétaire d'État du premier gouvernement d'Alain Juppé). Hélène Missoffe fut parlementaire gaulliste pendant longtemps : députée de Paris (puis du Val-d'Oise) du 24 juillet 1974 au 1er mai 1977 puis du 3 avril 1978 au 30 septembre 1986, enfin sénatrice du Val-d'Oise du 28 septembre 1986 au 1er octobre 1995. Elle était devenue députée car suppléante de son mari député François Missoffe qui a démissionné en raison d'une mission parlementaire qui s'était prolongée. Elle fut nommée Secrétaire d'État à la Santé et à la Sécurité sociale du 29 mars 1977 au 31 mars 1978  dans le deuxième gouvernement de Raymond Barre. Elle fut également conseillère de Paris de 1977 à 1979, date à laquelle elle a laissé son siège à sa fille François de Panafieu, et conseillère régionale d'Île-de-France de 1981 à 1986, vice-présidente du Conseil régional en 1982. Elle était la cousine d'Ernest-Antoine Seillères et son mari était le beau-frère de Jean François-Poncet.

SR


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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 07:24

L’UMP va bientôt laisser place à un nouveau parti pour la France. Nicolas Sarkozy sera-t-il suivi par des militants de plus en plus dubitatifs ?


yartiUMP2014C01Ce n’est pas un 18 brumaire ni un 2 décembre, mais la date n’en est pas loin : le 29 novembre, c’était l’anniversaire de Jacques Chirac, 82 ans exactement, et une sortie récente pour sa Fondation, honoré par son successeur corrézien, François Hollande, et son fidèle proche, Alain Juppé.


Une mécanique anti-FN ?

Jacques Chirac a été aussi l’inspirateur sinon le fondateur de l’UMP le 23 avril 2002. Profitant du tremblement de terre qu’a constitué la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, il avait réussi à piéger une grande partie des élus centristes de l’UDF dans la nasse d’un RPR relooké en "Union pour la majorité présidentielle" puis en "Union pour un mouvement populaire", le "populaire" n’ayant qu’un rapport européen pour se référer au PPE, Parti populaire européen (centre droit), dont l’UMP est membre sur la scène européenne. D’ailleurs, qui sait, en France, que le président actuel du PPE est un Français, Joseph Daul ?

Douze ans et demi plus tard, la probabilité pour que le FN soit au second tour de la prochaine élection présidentielle est très forte, et la plupart des centristes (de Jean-Louis Borloo à Pierre Méhaignerie, de Philippe Douste-Blazy à André Rossinot, etc.) se sont retirés plus ou moins discrètement d’un parti devenu de plus en plus droitier et décomplexé.

Cette droitisation avait été opérée il y a dix ans, le 28 novembre 2004, lorsque, pressé de quitter la scène politique pour des raisons judiciaires, Alain Juppé avait dû laisser l’UMP à Nicolas Sarkozy qui en avait fait un parti de masse, véritable machine électorale. Depuis son échec du 6 mai 2012, l’UMP était en jachère, ruinée et engluée dans des divisions internes que la droite et le centre ont bien connues depuis au moins une quarantaine d’années.


100 159 sarkozystes

C’était donc sans surprise que Nicolas Sarkozy a été élu président de l’UMP ce samedi 29 novembre 2014 par 100 159 adhérents.

La surprise, soulignée par tous les médias, c’est son très faible score : 64,5%, ce n’était même pas deux adhérents sur trois, et encore, en ne comptant que les suffrages exprimés, car si l’on comptait en nombre total d’encartés, on s’écroulerait à 37% de soutien actif, ce qui est très loin du score de 85,1% de 2004.

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Paradoxalement, le vainqueur médiatique est l’un des perdants, Bruno Le Maire, qui a réuni près de 30% des votants (les résultats complets ici). Il réussit ainsi une performance qu’on pourrait mettre en parallèle avec les 17% obtenus par Arnaud Montebourg à la primaire socialiste du 9 octobre 2011.

On peut donc imaginer sans trop de difficulté que Bruno Le Maire va être incontournable dans le cas où l’UMP reviendrait au pouvoir prochainement, et il pourra toujours se prévaloir du courage, du renouveau et du poids électoral qu’il représente désormais par rapport à d’autres leaders qui n’auront pas été jusqu’au bout, que ce soit Jean-François Copé, François Fillon, ou François Baroin, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, etc.

Pour l’UMP, le médiocre score de Nicolas Sarkozy ne sera qu’une péripétie vite oubliée. L’essentiel pour lui, c’est qu’il dirige de nouveau l’UMP, devenant lui aussi incontournable dans le débat politique, malgré une grande partie de sympathisants sondés qui préféreraient son silence postélectoral. On voit d’ailleurs arriver quelques allégeances nouvelles qui ne manqueront pas de se multiplier au fil des mois et au fur et à mesure que la présence médiatique de Nicolas Sarkozy sera banalisée.

Pour autant, la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2017 est-elle inéluctable ? Bien sûr que non. D’une part, les sondages sont encore beaucoup trop négatifs pour espérer amorcer une dynamique, même si à trente mois de l’élection, tout peut évoluer. D’autre part, les incertitudes judiciaires vont rendre la tâche difficile sinon impossible pour délivrer des messages politiques sans générer de pollution médiatique sur son propre passé.


VGE aussi a aussi présidé un grand parti après l’Élysée

Le parallèle avec Valéry Giscard d’Estaing reste toujours tentant. Comme VGE, Nicolas Sarkozy a été élu assez jeune Président de la République. Et dès la première candidature, au contraire de ses deux prédécesseur. Et comme lui, il a quitté l’Élysée (après un échec) assez jeune, à 55 ans pour VGE en 1981 et à 57 ans pour Nicolas Sarkozy en 2012.

Comme on le sait, Valéry Giscard d’Estaing n’a jamais pu reconquérir le cœur des Français parce qu’il n’avait jamais pu se retrouver en position d’être candidat à l’élection présidentielle, tant en 1988 à cause de la forte popularité de Raymond Barre qu’en 1995 à cause de la rivalité entre Édouard Balladur et Jacques Chirac qui occupait tout l’espace politique.

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Pourtant, bien avant Nicolas Sarkozy, Valéry Giscard d’Estaing avait cru utile de redevenir chef de parti, en se faisant élire président de l’UDF lors du conseil national de l’UDF réuni le 30 juin 1988. À l’époque, Jean Lecanuet dirigeait l’UDF et après l’échec de Raymond Barre et l’échec aux élections législatives de juin 1988, il avait accepté de démissionner. Valéry Giscard d’Estaing fut donc élu président de l’UDF à l’unanimité, par acclamation, plébiscité par toutes les composantes de l’UDF, en particulier par Pierre Méhaignerie (président du Centre des démocrates sociaux), François Léotard (président du Parti républicain) et André Rossinot (président du Parti radical).

À l’époque, l’UDF comptait 131 députés et 70 sénateurs. Valéry Giscard d’Estaing avait alors l’ambition d’en faire une force majeure de l’opposition après la réélection de François Mitterrand. Aux élections législatives de mars 1993, il était presque parvenu à son objectif en faisant élire 215 députés (le RPR 252), ce qui a hissé l’UDF au rang de deuxième formation politique de France, à son plus haut niveau historique.

Malgré ce succès électoral, Valéry Giscard d’Estaing, non seulement n’a jamais réussi à redevenir un candidat crédible à l’élection présidentielle, mais a rendu très difficile toute nouvelle candidature présidentielle issue de l’UDF, que ce soit celle de François Léotard, François Bayrou ou encore Alain Madelin (30,2%) dont il a soutenu la candidature à la présidence de l’UDF face à François Léotard (57,4%) le 31 mars 1996. Pour l’unique fois de l’histoire de la Ve République, aucun candidat centriste n’était présent au premier tour de l’élection présidentielle de 1995.


L’habile comité Théodule des ex

Le retour de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP aura-t-elle les mêmes déconvenues ? Peut-être. Dans un entretien au journal de 20 heures sur TF1 ce dimanche 30 novembre 2014, Nicolas Sarkozy a insisté sur sa volonté de jouer collectif : « Je n’ai pas l’intention de conduire cette formation seul. » en annonçant habilement à Claire Chazal un nouvel organe consultatif : « Je créerai un conseil des anciens Premiers Ministres, Dominique de Villepin a accepté d’en faire partie. ». C’est d’autant plus habile que Bruno Le Maire (qu’il verra dès lundi 9 heures) a été le directeur de cabinet de Dominique de Villepin quand ce dernier était à Matignon.

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La question sera de savoir si Alain Juppé et François Fillon, également anciens Premiers Ministres, en feront partie. Pour Édouard Balladur et Jean-Pierre Raffarin (qui déjeunera le 1er décembre 2014 avec Nicolas Sarkozy), la question ne se posera sans doute pas car la réponse paraît assez évidente. Édouard Philippe, député-maire du Havre et proche d’Alain Juppé, a déjà annoncé que l’essentiel serait de savoir ce qu’il s’était exactement passé en 2012 à l’UMP, sur son organisation interne et sur ses finances.


Changer… au profit de quel projet d’avenir ?

Pendant ce temps, Marine Le Pen a fait le plein chez ses militants, en se faisant comme prévu réélire présidente du Front national le 29 novembre 2014 lors de son congrès à Lyon, avec un score défiant toute concurrence : 100% ! L’élément plus intéressant, c’était que Marion Maréchal-Le Pen va devenir une députée de plus en plus encombrante pour sa tante, plébiscitée par les militants du FN, et devançant largement le penseur idéologique de Marine Le Pen, à savoir l’ancien chevènementiste et énarque Florian Philippot.

Dans le même week-end, deux partis qui se disputent le leadership de l’opposition à François Hollande et Manuel Valls se sont dotés d’une nouvelle direction pour aborder les élections départementales et régionales de 2015, mais aussi …les élections présidentielle et législatives de 2017. Mais l’UDI pourrait présenter une "alternative" à ce jeu de muscles.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er décembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vers la resarkozysation de l'UMP ?
Résultat du vote UMP du 29 novembre 2014.
Valéry Giscard d'Estaing.
Jean Lecauet, la fin des illusions.
La France est-elle libérale ?
La lepénisation des esprits.
L’UMP.
François Hollande.
Nicolas Sarkozy.
Bruno Le Maire.
François Fillon.
Alain Juppé.
Jean-François Copé.
Jacques Chirac.
François Baroin.

yartiUMP2014C04

  http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/retour-a-la-presidence-160176 

 

 

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