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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 19:09

Né le 28 septembre 1926 à Paris, Michel Caldaguès fut élu député de Paris dans la circonscription d'Édouard Frédéric-Dupont du 30 juin 1968 au 1er avril 1973 puis fut élu sénateur RPR de Paris du 25 septembre 1977 au 30 septembre 2002. Maire du 1er arrondissement de Paris de 1983 à 2000, il fut auparavant élu président du conseil municipal de Paris de 1967 à 1968.

SR

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 22:28

Je viens d'apprendre que la candidate du MoDem de la 4e circonscription de l'Essonne a appelé à voter pour le candidat PS et contre Nathalie Kosciusko-Morizet. Je tiens à faire savoir qu'en ce qui me concerne et à titre personnel, je souhaite la victoire de NKM dimanche prochain et je lui apporte sans aucune réserve tout mon soutien. Une personnalité de son envergure a toute sa place à l'Assemblée Nationale et son échec serait non seulement une perte pour la vie parlementaire mais aussi une victoire personnelle de Marine Le Pen.

Je considère que c'est une profonde faute politique et morale de la part de la candidate MoDem, Brigitte Nguyen (1,86%), de donner cette consigne de vote contre l'ancienne ministre, cible déjà privilégiée du Front national. J'ai honte pour le MoDem.

Sylvain Rakotoarison (14 juin 2012)



Lire le tract du FN soutenant l'adversaire de NKM :

http://0z.fr/39mcg

 

 

Rajout du 15 juin 2012 :


La direction du MoDem soutient NKM - Figaro.fr (15 juin 2012)

La direction du MoDem a appelé aujourd'hui à voter pour Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) dans l'Essonne en raison de sa mise à l'index par le FN, alors que sa candidate locale s'était prononcée pour le PS et la fédération départementale pour le "ni-ni".

"Compte tenu du contexte local, de la façon dont NKM est traitée par le Front national, le MoDem appelle à voter pour elle, car nous n'acceptons pas la constitution de listes noires quelles qu'elles soient", a expliqué le secrétaire général du MoDem Marc Fesneau, reconnaissant un problème de communication de son parti dans cette circonscription.


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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:46

Né 11 janvier 1921 à Paris, Robert Galley fut d'abord un résistant avant d'avoir été ministre gaulliste pendant treize ans sans discontinuer de 1968 à 1981. Député-maire de Troyes, il s'est éteint à Troyes le 8 juin 2012 à 91 ans.

Lire (bientôt) :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-106627406.html


SR

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 11:24

Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) aurait annoncé ce mercredi 16 mai 2012 dans la matinée qu'elle avait l'intention d'être candidate à l'élection présidentielle de 2017. En revanche, elle ne chercherait pas à prendre la tête de l'UMP en congrès en automne 2012. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a lui aussi déjà fait part (depuis longtemps, avant 2007) de son intention d'être candidat à l'élection présidentielle de 2017. Pour le moment, son principal rival interne reste François Fillon qui est resté très populaire parmi les députés UMP. Alain Juppé pourrait cependant être une solution d'apaisement pour éviter une trop grande division de l'UMP. Jean-François Copé a prévu de faire une conférence de presse à 11h30 ce matin.

Sur NKM :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-61150805.html


Sur Jean-François Copé :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-52051832.html


SR




Note du 26 mai 2012 : cette indiscrétion a été démentie par l'intéressée.


NKM dément, Copé aquiesce
L'Express le 26 mai 2012


NKM a profité du comité stratégique et du bureau politique de l'UMP pour remettre les pendules à l'heure: démentir la rumeur de sa candidature à la présidentielle 2017 qu'a répandu Jean-François Copé. Le comité stratégique et le bureau politique de l'UMP ont été l'occasion d'une série de règlements de comptes, le 16 mai. Nathalie Kosciusko-Morizet a immédiatement pris la parole : "J'ai passé une partie de ma matinée à démentir" un écho paru le jour même dans Le Figaro. Celui-ci racontait un coup de fil qu'elle aurait passé à Jean-François Copé pour l'assurer de son intention d'être, "quoi qu'il en soit", candidate à la présidentielle de 2017.

"On a passé la campagne dans la tranchée, je comprends que je puisse prendre une balle dans le front de la part de mes adversaires, mais pas une balle dans le dos de mes soi-disant amis." "Tu as raison, Nathalie !" a répondu Jean-François Copé, qui était directement visé par la sortie de NKM...

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:19

(dépêche-blog)



Une autre stratégie était, et reste, possible à droite

Koztoujours, tu m'intéresses !
Posted: 11 May 2012 02:32 AM PDT


Le pistolet à un coup a encore tiré. En vain, par définition. L’échec à la présidentielle vient s’ajouter à la liste continue des échecs électoraux successifs de la droite depuis 2007.

Pas un seul scrutin remporté depuis lors et pourtant, aujourd’hui, les Buisson, les Peltier et leurs soutiens martèlent, avec fureur parfois, qu’il n’y a pas d’autre stratégie possible. Avouez qu’il y a de quoi rester perplexe.

En jeu ? Pas une petite revanche post-électorale mais l’orientation de l’UMP et d’une part de la société française. Pas un règlement de comptes mais une conception de la politique.
Une seule stratégie possible : celle qui conduit à l’échec ?

Quand je dis que la droite n’a pas remporté un seul scrutin depuis 2007, j’omets une élection : les européennes. Les européennes, le seul scrutin qui ne se soit pas déroulé sur fond de polémique sur l’identité nationale, les minarets, la burqa ou la laïcité. Au lieu de cela, ce scrutin s’est déroulé sur la base de l’incontestable réussite de la présidence de l’Union Européenne et il a été mené, en première ligne, par Michel Barnier, un homme politique aux antipodes des personnalités clivantes chéries par l’ »école Buissonnière ». 2009, c’était aussi l’époque où, après la crise financière, on entendait Barnier et Fillon parler d’une économie de la sobriété… Et c’est, répétons-le, l’unique scrutin qui a été remporté par la droite. Les municipales ont été perdues, les régionales ont été perdues, les cantonales ont été perdues, les sénatoriales ont été perdues. Et l’homme qui aurait pensé la « stratégie », avec une telle constance dans l’échec que ce mot fait tristement sourire, explique sans ciller qu’il n’y en avait pas d’autre possible. Il n’y a qu’une stratégie possible, elle ne mène qu’à l’échec. Alors, dira-t-on, quitte à perdre, autant que ce soit sur nos idées, non ? Comme l’a déclaré Jean-René Lecerf, trop tôt peut-être,

    « Si c’est pour perdre il vaut mieux perdre les armes à la main. J’aurais préféré que le combat se fasse sur les valeurs qui sont les nôtres. »

Mais à ma droite, on persiste, pensez donc : l’occasion est unique de droitiser définitivement l’UMP. Alors, on poursuit la politique sondagière, et la relecture à base de graphiques d’apparence rigoureuse.
La stratégie Buissonière a plombé Sarko pendant cinq ans

De façon symptomatique et révélatrice, le si Buissonnier Salon Beige m’interpelle. Son attention pour l’avenir de l’UMP est touchante, lui qui diffuse habituellement plutôt les bulletins de santé de Bruno Mégret, Carl Lang ou Bruno Gollnisch… Le Salon Beige produit un graphique. A l’école de Peltier et de Buisson, les voilà analystes de l’opinion. Il faudrait comprendre en somme que Nicolas Sarkozy a perdu du terrain chaque fois qu’il s’est écartée de leur ligne. En premier lieu, l’épisode du Traité de Lisbonne serait responsable de la plongée de Nicolas Sarkozy dans la tourmente. Il est possible qu’il ait eu un impact. Mais les rédacteurs oublient opportunément le « bouclier fiscal », instauré par la loi TEPA adoptée le 21 août 2007. Il est trop facile d’attribuer une évolution à un fait unique. Mais il ne sera pas dit que nous ne sommes pas joueurs. L’examen de l’évolution de la cote de confiance (Sofres, mais les autres instituts ne montrent pas une évolution différente) de Nicolas Sarkozy depuis 2007 illustre qu’après ce premier et impressionnant décroché, il s’en produit un autre.

Entre octobre 2009 et avril 2010, Nicolas Sarkozy perd pas moins de 9 points. 39% de Français lui faisaient confiance en octobre 2009, ils ne sont plus que 29% en avril 2010. Que s’est-il passé à cette époque ? C’est le dramatique épisodedu si mal mené débat sur l’identité nationale. Discuté dès le mois d’octobre, il s’ouvre en novembre, se clôt en avril… Débat sur l’identité nationale : -9.

Le mois de mai 2010 dessine une légère embellie. Pensez donc : la cote de confiance passe à 30%. C’est l’éclate, 30%. Las, elle rechute immédiatement de 4  points et s’établit à 26% en juillet 2010. Mai, juin, juillet 2010 ? C’est le débat sur la burqa. Au mois de mai 2010, l’Assemblée vote la résolution sur la burqa. En juillet 2010, elle vote la loi d’interdiction.  Juin 2010, c’est aussi l’affaire du saucisson-pinard… Débat sur la burqa : – 4.

Un autre exemple ? En avril 2011, l’UMP tient un débat sur la laïcité que d’aucuns qualifient de débat sur l’islam. En avril, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy est à 23%. En mai, elle est à 20%. Au plus bas de tout le quinquennat… Débat sur la laïcité : -3.

Il est trop facile d’attribuer une évolution à un fait unique, disais-je. Mais la répétition interpelle. On comprend à tout le moins que les bénéfices de la stratégie droitière sont au minimum incertains.

A l’inverse, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy bondit de 10 points en juin 2009. Effet du succès des européennes, probablement. La seule élection qui ne se soit pas jouée sur fond de dénonciation de l’islam.

Et lorsqu’elle bondit encore de 6 points, en novembre 2011, ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a lancé quelque débat sur la taille des babouches, mais très vraisemblablement pour son rôle international dans la tourmente des finances publiques.

Les Buissoniers oublient aussi que la ligne droitière compte pour beaucoup dans l’antisarkozysme, et que ce dernier a servi de ciment à la campagne de Hollande. À force de vouloir être clivant, il a suffi à François Hollande de jouer les passe-murailles. Démonstration vivante qu’une présidentielle ne se joue pas nécessairement sur le clivage, les Français ont élu un candidat pour lequel la transparence a tenu lieu de stratégie. Depuis dimanche, Nicolas Sarkozy fournit un contre-exemple de ce qu’on lui a reproché : il affiche sérénité, panache, stature et capacité de rassemblement. Vrai ou faux, combien de fois ai-je lu et entendu, depuis dimanche, par certains de ses détracteurs que les choses auraient pu être différentes s’il avait plus souvent montré ce visage-là ? On me dira que la popularité ne fait pas un vote, mais l’impopularité non plus.

L’efficacité même de la stratégie droitière sur les reports de voix entre les deux tours est douteuse, comme le relève Dominique Reynié sur France Culture, alors pourtant que Nicolas Sarkozy n’a pas laissé l’ambiguïté planer.
Une seule stratégie peut-être… quand on a carbonisé toutes les autres

Alors non, décidément non, il n’y a pas qu’une seule stratégie possible pour la droite. Ou alors une seule stratégie possible pour Nicolas Sarkozy, après ce quinquennat.

Une fois encore : le « curseur » ne s’est pas déplacé, on l’a déplacé. L’électorat ne s’est pas droitisé, on l’a droitisé.

Vous pouvez déjà le constater dans votre entourage. Pour un peu plus de sérieux, vous vous reporterez à ce débat sur France Culture, repris par Mediapart ((vous connaissez l’expression : « ce n’est pas parce que Mediapart dit que le ciel est bleu que je vais dire le contraire »)) : les politologues Nonna Meyer et Stéphane Rozès le soulignent. Ce dernier signale même le changement d’attitude des électeurs UMP à l’égard du FN, directement induit par le discours de Grenoble :

    « Avant le discours de Grenoble, un tiers d’entre eux voulaient une alliance avec le FN. Entre le discours de Grenoble et la présidentielle, environ la moitié, au moment du premier tour jusque 60 %, et aujourd’hui 66 %. »

L’électorat de droite n’est pas plus moutonnier qu’un autre, mais on le mène où l’on veut, lui aussi. Et on en subit les conséquences. Car, comme le souligne cet autre politologue, Pierre Martin, Nicolas Sarkozy s’est « enfermé dans un piège« . Il s’est mis lui-même dans un corner. Toujours contraint de surenchérir, parce que l’électeur s’habitue à tout, il s’est placé d’office dans l’incapacité de parler à un autre électorat que l’électorat FN. A supposer qu’il n’y ait plus eu qu’une stratégie possible, ce n’est pas en raison d’une quelconque fatalité, mais parce qu’ils ont saboté toutes les autres.

S’il ne pouvait plus parler qu’à l’extrême-droite, c’est qu’il s’était lui-même irrémédiablement coupé de tout espace au centre.
Pas de fatalité pour la droite

Il n’y a pas de fatalité, pas de destin. L’UMP – la droite – n’est pas condamnée à aller chercher ses thématiques dans le programme du FN. Cela ne signifie pas non plus qu’elle devrait ignorer les questions d’immigration et de sécurité. Gare au piège rhétorique grossier de ceux qui vous répondent : « Donc, on ne parle plus d’immigration ? D’insécurité ? ». On peut traiter un sujet sans en faire son horizon.

Il ne doit pas y avoir de fascination non plus. A titre d’exemple, lorsque Jean-Paul Garraud déclare, dans un propos teinté de défaitisme et de soumission,  que « la dynamique est sur le FN depuis 2002« , il ne s’agit pas d’une donnée factuelle mais d’un souhait personnel d’alliance. Il n’y a aucune illusion à avoir sur les raisons qui poussent les uns et les autres, sous couvert de sondages et de courbes de popularité, à prôner une stratégie droitière. Ils ne font que valider leur pente de toujours.

Comme illustré précédemment, on peut faire dire aux chiffres une chose et son contraire.

Restent les convictions, et la conception que l’on se fait de la politique : faut-il suivre les tendances ou les imprimer ?

Koztoujours, le 11 mai 2012


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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 05:41

Petit historique du quinquennat de Nicolas Sarkozy sur son impopularité et les "élections intermédiaires".


yartiSarkoImpo01À la veille du second tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy ne semble pas le favori des sondages. Bien pire pour lui, il paraît avoir concentré contre lui une certaine détestation de la personne qui vont bien au-delà des clivages politiques.

Pourtant, l’impopularité qu’il subit n’était pas inéluctable. Rappelez-vous, lors de son élection, quasiment tous les médias avaient fait allégeance au nouveau Président de la République et même si la première critique d’un pouvoir monarchique avait été timidement émise par Laurent Joffrin lors de vœux présidentiels en janvier 2008, il n’y a pas eu beaucoup de journaux qui excellaient dans la contestation. Au contraire de maintenant, où, depuis plusieurs mois, les médias ont "acté" qu’il valait mieux changer de lumière et s’en remettre à François Hollande, même David Pujadas le 26 avril 2012 était prêt à mettre Nicolas Sarkozy le nez dans le déni de réalité, ce qui fut chose assez étonnante.

Ce phénomène médiatique est bien connue. En fait, les médias ne suivent que les courbes de popularité qu’ils croient parallèle à l’audience que pourraient avoir leurs journaux. En clair, ils ne songent pas électeurs mais lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Ce n’est pas nouveau, et on peut se rappeler à quel point les médias étaient pour Édouard Balladur entre 1993 et 1995 et à quel point… ils s’étaient finalement trompés.

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait pourtant mal débuté. Une soirée provocante au Fouquet’s, une "retraite" qui n’était pas en Chartreuse mais sur le yacht d’un ami industriel au large de Malte, cela donnait déjà le ton de cette droite décomplexée, américanisée, fière de sa réussite sociale (alors qu’il a reçu un mandat du peuple). Insolente insouciance de communication renforcée par l’apathie des médias. Pas question pour eux de guerroyer pendant cinq ans contre le pouvoir en place qui intimidait.

Quelques mois plus tard, c’était un Président qui adoptait le langage de charretier, tant auprès des pêcheurs qu’au Salon de l’Agriculture qui commença à perturber la bienveillance d’origine des médias. Il faut dire aussi que les nouveaux moyens de communication (smartphones qui peuvent filmer à l’improviste, facebook, twitter etc.) sont des relais redoutables et exigeants qui nécessitent la plus grande vigilance (celle de François Fillon par exemple).

On a dit que l’UMP, le parti présidentiel, avait perdu toutes les élections intermédiaires entre 2007 et 2012, mais c’est complètement faux.

Revenons aux cinq élections au suffrage universel direct dont quatre furent des élections locales et donc dépendantes aussi des contextes locaux et personnels particuliers.

Il y a d’abord eu les municipales des 9 et 16 mars 2008 où l’UMP et ses alliés ont fait 44,4% des voix au premier tour et 40,7% aux cantonales le même jour, ce qui est plutôt honorable (le 11 mars 2001, c’était aussi 40,7%) même si cela s’est traduit par la perte de six présidences de conseils généraux.

Il y a ensuite eu les européennes du 7 juin 2009 qui furent un grand succès électoral pour l’UMP (eh oui) malgré une abstention record (59,4%) avec 27,9% (+11,2% par rapport au 12  juin 2004 !), gagnant 12 sièges (de 17 à 29) tandis que le PS a sombré à 16,5% (perdant 17 sièges), rejoints par Europe Écologie qui, avec 16,3%, ont obtenu le même nombre de sièges que leur partenaire socialiste. Le FN a lui été très médiocre avec 6,3% avec seulement 3 sièges rescapés (sur les 7 sortants). Il faut rappeler qu’entre 2004 et 2009, il y a eu 6 sièges en moins dans le nombre total de sièges réservés à la France (78 à 72).

Tout s’est véritablement gâté à partir de l’été 2009. Il y a d’abord l’effet de la crise financière de septembre 2008 avec ses conséquences terribles sur l’économie, sur le chômage et la précarité. À partir de cette époque, la plupart des dirigeants européens ont échoué dans leur réélection.

Mais il y a aussi des causes intérieures très franco-française.

Il y a eu l’affaire Polanski en septembre 2009 qui s’est enlisée en affaire Frédéric Mitterrand en faisant resurgir le dernier livre du Ministre de la Culture vieux de plusieurs années où il a reconnu son attirance pour les jeunes hommes.

Il y a eu quelques semaines après cette première polémique l’affaire de Jean Sarkozy, fils du Président, qui voulait devenir président de l’EPAD (l’établissement de La Défense) en tant que conseiller général de Neuilly (élu en mars 2008) qui a considérablement choqué les "honnêtes gens" ainsi que les postulants surdiplômés à des emplois à responsabilités bien plus réduites.

Les élections régionales des 14 et 21 mars 2010 ont été un calvaire pour l’UMP dont l’étiquette est devenue contreproductive (encore aujourd’hui). L’UMP et ses alliés n’ont réussi à reconquérir aucune région et n’ont totalisé que 27,2% (avec 53,7% d’abstention), soit le plus mauvais score depuis le début de la Ve République et une baisse de 6,5% par rapport au 21 mars 2004. Europe Écologie a perdu des plumes avec 12,2% et le FN a été en progression avec 11,4%.

À l’issue de ces élections, le processus de la réforme des retraites a été enclenchée sous la houlette du nouveau Ministre du Travail, Éric Woerth, ancien Ministre du Budget, et très vite, l’affaire Bettencourt éclatait puis de nombreuses manifestations obscurcirent le ciel de l’automne 2010, ce qui allait le conduire à démissionner après la mise en place de la réforme, en mars 2011, et l’affaire Bettencourt mine toujours l’entourage présidentiel.

Les élections cantonales des 20 et 27 mars 2011 ont été un désastre pour l’UMP et ses alliés avec seulement 31,7% au premier tour et une forte fièvre du FN monté à 15,1%, profitant d’une abstention massive (55,7%) et même si l’UMP et ses alliés n’avaient guère fait pire que le 21 mars 2004, où ils avaient obtenu 32,4%, cela s’est traduit par la perte de trois présidences supplémentaires de conseils généraux.

Peu après, une nouvelle bombe est survenue avec l’affaire Karachi et de possibles financements occultes de la campagne d’Édouard Balladur en 1995 puis de celle de Nicolas Sarkozy en 2007 dont les retombées sont encore très mal appréciées actuellement.

Finalement, il est clair que les seulement 500 000 voix d’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sont presque un exploit pour le Président sortant avec une telle désolation tant médiatique qu’électorale dans la dernière moitié de son quinquennat.

Le tout est de savoir comment les électeurs hésitants du second tour de l’élection présidentielle vont interpréter la forte hausse du chômage, l’aggravation de la dette de l’État et le déficit monstrueux de la balance commerciale : comme la simple conséquence d’une politique inapproprié du Président Nicolas Sarkozy… ou comme la conséquence directe des crises mondiales qui secouent la France depuis quatre ans et dont le Président Nicolas Sarkozy a tenté tant bien que mal à amoindrir les effets néfastes ?

La réponse va vite arriver.

Et il est probable que, quel que soit l’élu du 6 mai 2012, il sera impopulaire dès la fin de l’année. Et qu’il y aura autant de déçus qu’avant l’élection. Un bon terreau pour un certain parti


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 avril 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le bilan Sarkozy.
Élections municipales 2008.
Élections européennes 2009.
Élections régionales 2010.
Élections cantonales 2011.
Premier tour de l’élection présidentielle 2012.

yartiSarko2012042201


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-impopularite-du-president-115804

 

 

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 06:51

Parmi les candidats qui ont réussi à réunir les cinq cents parrainages pour participer à l’élection présidentielle, il y a Nicolas Dupont-Aignan depuis le 13 mars 2012.


yartiNDA03Voici un homme politique classique et modéré qui paraît très sympathique.

Un look d'enfant de chœur, pourtant, Nicolas Dupont-Aignan n'a pas hésité à confier au "Figaro Magazine" du 10 mars 2012 qu'il pourrait prendre Marine Le Pen comme Premier Ministre s'il était élu, ou encore, à "Libération" le 12 mars 2012, qu'il pourrait nommer Arnaud Montebourg à Matignon. Il s'en est expliqué dans cette interview publiée le 13 mars 2012 : « Pour redresser la France, il faut rassembler tous les patriotes qui ont voté "non" en 2005. C'est la clé. La question qui se pose, et ce n'est qu'un début, c'est de savoir si ces patriotes se rassembleront autour d'un patriotisme de repli et d'exclusion, nourri par la faillite de la pensée unique, ou si on arrivera à bâtir un patriotisme républicain serein et de rassemblement. Tout mon combat depuis quinze ans, avec Philippe Séguin et d'une certaine manière avec Jean-Pierre Chevènement, a consisté à dire aux partis existant qu'il sont en train de plonger la France dans une régression sociale qui va alimenter des tentations de rejet et de nationalisme. ».

À peine adolescent, Nicolas Dupont-Aignan s’était passionné pour la vie politique. On a ça dans la peau ou pas. D’autres, c’est le football ou les chanteurs à voix de casseroles. Lui, la politique. Jacques Chaban-Delmas même. Sa première campagne date donc de l’âge de 13 ans.

Il aurait pu être le Dupont-Lajoie de la politique, mais pas du tout. À bientôt 51 ans, l’homme est au contraire très lisse. Maire de Yerres depuis dix-sept ans, parlementaire depuis quinze ans, il a conquis la mairie à un socialiste et la circonscription à un président de Conseil général socialiste au moment de la dernière victoire nationale des socialistes (en 1997). C’est sans doute l’un des rares gains de son parti à cette époque très dissolue. Depuis ces conquêtes, il a toujours été réélu largement dès le premier tour.

Bref, il est un conquérant et pas un héritier. On ne lui a pas mâché le travail. Pourtant, il aurait pu faire dans la facilité.

yartiNDA01Il a fêté le Bicentenaire de la Révolution avec en poche le diplôme de la plus haute école de la République, aux côtés de quelques futurs ministres comme Jean-François Copé et Renaud Dutreil. Rang de sous-préfet de Paris. Il a d’ailleurs travaillé dans des cabinets avec des supérieurs très diversifiés politiquement : un futur ministre socialiste d’abord (préfet de la région parisienne) puis à l’Éducation nationale avec François Bayrou, et enfin, à l’Environnement avec Michel Barnier.

Son premier acte fondateur, c’est le 3 février 1999. Tout en restant au RPR, il a créé Debout la République, un mouvement assez hétéroclite qui a d’abord refusé le Traité d’Amsterdam, puis, par la suite, le TCE. Il est donc devenu l’un des mouvements politiques qui revendique l’héritage gaulliste.

Pendant trois ans, ses approches ont été un peu confuses : d’abord auprès de Charles Pasqua, puis de Philippe Séguin, il fut séduit par la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Le choc du 21 avril 2002 l’a ramené à l’UMP dont il fut candidat à la présidence le 17 novembre 2002 contre Alain Juppé (15%) et le 28 novembre 2004 contre Nicolas Sarkozy (10%). Ce qui ne manquait ni de panache ni de courage.

Le 13 janvier 2007, c’est-à-dire la veille du "sacre" de Nicolas Sarkozy par l’UMP, il a quitté officiellement l’UMP dans la perspective de se présenter à l’élection présidentielle. Il n’a pas eu assez de signatures et resta très discret sur sa position en 2007 même s’il est réélu député sans concurrent interne dès le premier tour (comme en 2002).

Il se lança ensuite dans l’aventure électorale solitaire en juin 2009 aux européennes (2%) et en mars 2010 aux régionales (4% en Île-de-France).

Depuis lors, il veut se distinguer complètement de la majorité actuelle et travaille pour avoir cette fois-ci ses signatures (annonce du 21 novembre 2010). Il veut incarner le courant gaulliste social et souverainiste sans avoir un seul soupçon d’extrémisme xénophobe.

En ce sens, il est très différent du schisme de Philippe de Villiers et également de celui de Charles Pasqua (et bien sûr des théories fumeuses de Marine Le Pen). Il est un souverainiste soft, gentillet.

Certes, depuis plusieurs mois, il lâche dans les médias ses arguments qui n’en sont pas vraiment. Il fait dans le "populisme" poli, reprenant à son compte les humeurs d’Internet. Sans beaucoup de logique ni de cohérence intellectuelle, ce qui est dommage car il paraît à la fois intelligent et convivial. Il mériterait mieux que le rôle d’amuseur public.

yartiNDA02Il souhaite la création d’un eurofranc, qui serait le retour du franc sans supprimer l’euro. Pas très bien compris l’intérêt ni en quoi cela va réindustrialiser le pays. Il s’oppose à la construction européenne, jusqu’à prôner une sorte de protectionnisme antiéconomique.

Invité de "On n’est pas couché", l’émission de Laurent Ruquier, sur France 2 le 21 janvier 2012, NDA (comme on l’appelle) a rejeté les sondages lui donnant à peine un demi pourcent en demandant si Jeanne d’Arc (oui oui, Jeanne d’Arc) ou De Gaulle auraient écouté les sondages avant de partir à l’aventure.

Il n’a pas tort, les sondages ne font que suivre alors que le politique devrait au contraire initier, tirer, amener, conduire.

Mais a-t-il vraiment raison lorsqu’il dit, à la fin, comme un sursaut de dégoût de sa propre caste : « Ils ne veulent plus de cette bande de nuls, c’est la vérité. » ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 mars 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jacques Chaban-Delmas.
François Bayrou.
Philippe Séguin.
Nicolas Sarkozy.
Charles Pasqua.
Attention aux thèmes protectionnistes…
La construction européenne.

yartiNDA04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nicolas-dupont-aignan-le-candidat-112304

 




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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 06:50

La candidature de Dominique de Villepin à l’élection présidentielle est-elle encore viable ? Malgré l’acharnement thérapeutique, de nombreux soutiens l’ont déjà abandonné pour rejoindre François Bayrou.


yartiDDV201201Après la retrait de trois "petits candidats" depuis le début du mois, Jean-Pierre Chevènement, Christine Boutin et Hervé Morin, il reste encore en piste (entre autres) un indépendant irréductible qui entend aller jusqu’au bout de son combat, Dominique de Villepin.

Cet acharnement serait dû aux relations conflictuelles qu’il entretiendrait avec le Président de la République. Le 29 janvier 2010, il avait été très loin sur RMC : « Nicolas Sarkozy préfère persévérer dans son acharnement et sa haine plutôt que d’assumer sa fonction. », en réagissant à l’appel décidé par le procureur Jean-Claude Marin alors que la justice l’avait relaxé la veille dans l’affaire Clearstream.

Depuis ce temps-là, il aurait toutefois repris ses entretiens avec l’Élysée mais cela ne l’empêche pas de continuer son opposition frontale : « C’est dommage qu’un Président sortant n’ait pas plus d’idées que d’aller sur le plateau de TF1, à vingt heures. (…) Nous aimerions que la France soit forte. Le malheur, c’est qu’elle ne l’est pas. (…) La France a été trop docile et absente. (…) S’il y a un reproche à faire au Président sortant, c’est la division française. » (France 2, 15 février 2012).

Selon l’excellente journaliste Raphaëlle Bacqué (France 5 le 14 février 2012), Dominique de Villepin ne chercherait même pas ses parrainages pour lui permettre de participer à l’élection présidentielle. Pas par refus suicidaire ni par paresse, mais par impossibilité matérielle, car il n’a pas de structure militante répartie sur tout le territoire. Il faut avoir une bonne organisation pour récolter les signatures et même Hervé Morin, qui bénéficiait pourtant d’un appareil très efficace avec plusieurs milliers d’élus locaux, n’avait réussi à rassembler que deux cent quatre-vingts signatures.

Il se voit donc élu presque sans structure intermédiaire.

Presque, parce que tout, chez lui, n’est que roman, épopée, aventure, vision hautaine, horizons lointains. Tout est si haut, si élevé, qu’il n’y a plus personne à ses côtés.

Il faut dire que dans un sondage, il avait pourtant recueilli il y a quelques jours 22% des personnes interrogées. Hélas pour lui, le sondge avait été réalisé pour la Saint-Valentin et correspondait à la question (très curieuse) : "Quel candidat trouvez-vous le plus sexy ?". Dominique de Villepin était parvenu en première position devant la jeune candidate trotskiste Nathalie Arthaud (9%).

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Ses faits d’armes compensent mal le discours historique à l’ONU : dissolution de l’Assemblée Nationale en 1997, obstination quasi-narcissique sur le CPE (contrat premier emploi) en début 2006, mépris régulier vis-à-vis des parlementaires (son père a pourtant été un sénateur très actif, président de la prestigieuse Commission des Affaires étrangères jusqu’à ce que lui-même accède au Quai d’Orsay).

Pour faire campagne, il faut un écho médiatique et une équipe. L’écho, il l’a, il l’a même bien plus que ce qu’il ne pèse, entre 1% et 3% dans les sondages, ce n’est pas très lourd alors qu’il avait grimpé jusqu’à 10% tantôt.

L’équipe, là, il faut accepter qu’il joue des tours de magie.

Ainsi, le lundi 16 janvier 2012, il a dû rendre publique son équipe de campagne. Il fallait bien. C’est sûr, s’il n’y a personne pour coller les affiches et organiser les meetings, ce n’est même pas la peine de commencer. Il a donc annoncé que son ami Jean-Claude Carrière, oui, l’écrivain, 80 ans, était son directeur de campagne. Voilà un beau ralliement. Il est chargé de faire la coordination du projet présidentiel.

L’homme était effectivement venu au quartier général du grand maître, mais il n’était pas du tout au courant de sa promotion comme commandant en chef de la campagne. Le pauvre, il était un peu gêné, car l’amitié, ça compte tout de même, mais il a avoué qu’il ne savait même pas s’il voterait pour lui… « C’est absurde ! Je ne suis pas un homme politique. Comment peut-on imaginer que je puisse coordonner un projet ? ».

Dominique de Villepin l’a "un peu" confirmé vendredi 20 janvier 2012 sur une station publique : « J’ai sollicité Jean-Claude Carrière car c’est un ami de longue date. (…) Il a accepté de m’accompagner dans cette réflexion. Je ne demande pas aux gens qui m’entourent un brevet partisan. Ce n’est pas l’esprit de la maison. ».

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Apparemment, l’homme providentiel a eu beaucoup de mal à rechercher dans son carnet d’adresses quelques noms à figurer sur son organigramme de campagne. Il faut dire que tous ses amis le fuient, maintenant que les choses sérieuses ont commencé. Et ils soutiennent désormais la candidature de François Bayrou pour ouvrir une succursale gaulliste à la grande maison commune du centre.

Ses détracteurs, eux, sourient et ne le craignent pas. Un proche de l'Élysée expliquait il y a quelques années :  Dominique de « Villepin, c'est le gorille du Rwanda. Il fait houba ! houba ! en se frappant le torse. Il est impressionnant ! Mais c'est un herbivore, il n'a jamais mangé personne... » ("Le Parisien" du 13 octobre 2009) [L'analogie ne paraît pas convaincante car le gorille peut tuer s'il se sent agressé].

Un ancien ministre de gauche avait même eu la formule très acide :  « Il porte un nom de cheval de course, mais il n'a jamais couru. » (François Loncle, 2005). Ces deux citations proviennent du "Petit dictionnaire des injures politiques" (dirigé par Bruno Fuligni, éd. L'Éditeur).

Qu'importe l'inexpérience électorale, Dominique de Villepin confirme qu’il irait jusqu’au bout et que la nation a besoin de lui. Il l’a encore réaffirmé dans le journal de vingt heures sur France 2 le mercredi 15 février 2012 : « J’irai jusqu’au bout. C’est une candidature de devoir. ».

Ses meilleurs amis lèvent les yeux au ciel, mais que peuvent-ils donc dire à celui qui se croit… l'homme providentiel ?

C’est effectivement un exemple convaincant d’autisme en milieu politique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 février 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les moulins de Dominique de Villepin.
Don Quichotte de Villepin.
L’État impartial ?
La course des grands.
Le centre éparpillé façon puzzle.

 
yartiDDV201204

 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/et-pendant-ce-temps-dominique-de-110564

 

 

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 08:46

Après l’éclosion des petites candidatures en fin 2011, c’est maintenant la saison de leur abandon. C’est au tour de Christine Boutin de jeter l’éponge. 2012 ne sera décidément pas 2002.


yartiBoutin01À un mois du dépôt des candidatures, elle n’avait obtenu que trois cents des cinq cents précieux parrainages d’élus indispensables pour se présenter à l’élection présidentielle.

Invitée du journal de vingt heures de TF1 ce lundi 13 février 2012, Christine Boutin (68 ans) a annoncé son retrait de la course et son soutien à la très prochaine candidature de Nicolas Sarkozy : « [Il] rejoint les valeurs que je porte depuis plus de trente ans dans la vie politique française. ».

Pourtant, rien des dernières positions présidentielles, à part le refus du mariage homosexuel et de l’euthanasie active (l’euthanasie passive est déjà admise par la loi Léonetti du 22 avril 2005), n’est conforme aux valeurs chrétiennes dont l’ancienne ministre se sent dépositaire.

Revenons sur son itinéraire personnel.


Passionnée par la politique

La vie politique, elle s’y est passionnée très vite. Son père l’a amenée à la Salle des Quatre Colonnes à l’âge de 6 ans. C’était son lieu de travail, comme journaliste parlementaire. Elle s’est vraiment engagée avec la loi Veil, pour la combattre.

À 36 ans, elle fut élue maire d’Auffargis, une commune de deux mille habitants en bordure de la forêt de Rambouillet, puis conseillère générale (depuis trente ans), et adjointe au maire de Rambouillet sous trois mandats (auprès du futur ex-Président du Sénat Gérard Larcher).

Un après son élection de maire, ce fut le choc du 10 mai 1981 : « J’étais persuadée que les chars russes allaient arriver en France ! ».

À 42 ans, elle fut propulsée députée. C’était à la proportionnelle le 16 mars 1986 et elle a fait partie du quota barriste. Raymond Barre avait trois personnes qu’il voulait absolument placer en tête de liste en France : François Bayrou, Bruno Durieux, qui deviendra ministre de Michel Rocard, et Christine Boutin ; vu les faibles prétentions de Raymond Barre (il y a cinq cent soixante-dix-sept sièges), Jacques Chirac les accepta toutes les trois.

Elle fut réélue constamment députée jusqu’à sa nomination de ministre le 17 mai 2007. Elle fut chargée par Nicolas Sarkozy du Logement jusqu’au 23 juin 2009 où elle a été évincée sans élégance. Elle entretenait des relations exécrables avec sa sous-ministre Fadela Amara. Elle a été très déstabilisée par cette disgrâce : « J’ai fait les frais d’un jeu de chaises musicales. Quand Nicolas Sarkozy m’a reçue, il m’a juste dit : "Il faut que ça tourne !" Eh bien, c’est fait, j’ai tourné la page. ».

Ce n’est pas la première fois qu’elle a annoncé une candidature à l’élection présidentielle puisqu’elle a concouru déjà le 22 avril 2002. Elle est arrivée avant-dernière avec 1,2% des voix. Près de trois cent quarante mille voix.

Jusqu’à sa déclaration de candidature, en décembre 2001, elle était à l’UDF qui l’a exclue parce qu’elle se présentait contre un autre candidat de l’UDF (son président François Bayrou).

Qu’importe ! Elle avait déjà fondé son propre parti en mars 2001, le Forum des républicains sociaux, membre à part entière de l’UMP dès 2002 (comme au début le Parti radical) et qui s’est transformé le 20 juin 2009 en Parti chrétien-démocrate. Son objectif principal : « respecter la dignité de toute personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle, avec la préoccupation prioritaire de la défense du plus faible ».


Conservatrice mais sociale

Souvent, on la place très à droite, ce qui n’est pas forcément très pertinent. Car elle a rédigé un rapport sur les prisons où au contraire, elle s’est montrée très sociale, à la limite du "gauchisme".

Elle a voté non au référendum européen du 29 mai 2005 car elle trouvait le traité trop libéral, ce qui pouvait selon elle renforcer la fracture sociale.

Sur la pauvreté, elle ne supportait pas, ministre du secteur, que certains citoyens n’eussent pas de toit et en mourussent de froid. Elle aurait été prête à les obliger d’accepter de se rendre dans des hébergements publics. Et elle a mis en œuvre le droit opposable au logement (raison de sa nomination par Nicolas Sarkozy ; elle était l’auteure d’une proposition de loi de ce type le 28 septembre 2005 et la rapporteure de la loi n°2007-290 du 5 mars 2007 dite loi DALO).

De plus, elle a proposé dans son ex-campagne de 2012 un revenu universel pour éviter les risques de sombrer dans la grande pauvreté.

Enfin, elle est favorable à la licence globale et rejette les lois répressives sur Internet.


Une fausse Bible contre le PACS

On la met très à droite parce qu’elle a brandi la Bible lors d’une séance mémorable à l’Assemblée Nationale. C’était le 3 novembre 1998 et elle avait prononcé un discours pendant cinq heures et demi à la tribune pour s’opposer au PACS. En fait, c’était le règlement de l’assemblée qu’elle avait sorti. Qu’importe ! La célébrité lui fut acquise.

À la séance des questions au gouvernement du 2 décembre 1998 présidée par Laurent Fabius, un incident l’opposa au chef du gouvernement, Lionel Jospin, qui l’a attaquée durement avec une expression tranchée et humiliante : « C’est le choix de confier la vision de ce problème à une députée marginale sur ces questions et outrancières dans ses propos qui a créé des problèmes. Il y a deux façons d’agir : il y a celui qui dit "Je suis droit dans mes bottes", et il y a celui qui préfère ajuster, reprendre et qui préfère dire : "Je suis souple dans mes baskets" ! ».

Cette déclaration contre cette « obstination dans l’obstruction » l’a plongée dans les pleurs. Oui, elle est très émotive. Quelques minutes après, elle a reçu un énigmatique bouquet de fleurs. Il paraît qu’il provenait d’une personnalité de gauche (on cite généralement Jack Lang).

Voir la vidéo très vaudevillesque de l’INA ici.


 


En tout cas, à la fin des débats (la loi a été promulguée le 13 octobre 1999), la Garde des Sceaux, Élisabeth Guigou, lui a quand même rendu hommage pour rattraper l’incident : « Vous m’avez émue par votre courage et surtout, par la netteté de votre propos et sa sincérité. ».

En fait, ce n’est pas dans le clivage droite/gauche qu’il faut mettre le curseur pour la comprendre mais dans sa foi catholique qui se traduit par un engagement politique très fort.


Engagement catholique

Ainsi, elle considère l’homosexualité comme un problème. Elle est contre l’avortement, contre l’euthanasie mais pour le renforcement des soins palliatifs, et favorable à l’inscription de la reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe dans les traités européens.

Son principe contre l’avortement et l’euthanasie est très logique : « À partir du moment où on manipule le début de la vie, on fragilise l’ensemble de la chaîne humaine. ».

Elle n’a pas toujours été une catholique fervente. Au contraire, après une hésitation à devenir religieuse au début de sa vie, elle s’est vite éloignée de la religion encouragée par son mari : « Je me demandais comment une assemblée composée d’hommes pouvait parler de contraception ! ».

Devenue députée, elle s’est surtout intéressée aux questions de bioéthique, et c’est là que le déclic a eu lieu : « Je suis tombée sur le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ils arrivaient aux mêmes conclusions que moi ! ».

Elle explique ainsi sa proximité avec l’Église : « Ma foi est fondée sur une expertise en humanité qu’a l’Église et que je vérifie au quotidien. » en rappelant qu’elle a été élevée dans une famille recomposée (sa mère étant morte quand elle avait 5 ans) et que quelqu’un de son entourage proche a connu les problèmes de la stérilité.


Émotive et indépendante

Très contente de sa notoriété avec le débat du PACS, elle fut très choquée par la marionnette que lui ont faite les Guignols de l’Info sur Canal Plus : une truie. Alors, elle décida de changer de look, en faisant un régime, en coupant ses cheveux courts et en leur redonnant leur couleur naturelle.

Elle a très mal vécu son départ du gouvernement en été 2009 et pour rester indépendante, elle a renoncé à reprendre son mandat de député et a refusé le prestigieux poste d’ambassadeur au Vatican qu’on lui a proposé.

Elle accepta cependant une mission dans le cadre du G20 sur les conséquences sociales de la mondialisation qui a abouti au scandale de sa rémunération révélée par le Canard Enchaîné du 9 juin 2010. La polémique a eu pour conséquence que les ministres ne pouvaient plus cumuler leur retraite de parlementaires avec leurs rémunérations (ce qui était vraiment scandaleux).


L’aventure de 2012

À Montfermeil, elle a annoncé le 23 juin 2011 sa candidature à l’élection présidentielle mais elle a menacé en décembre de faire exploser une bombe nucléaire si elle n’obtenait pas ses parrainages. La bombe en question, cela aurait été de soutenir François Bayrou au premier tour, qui a cependant dit qu’il ne voulait pas vraiment de son soutien. Finalement, elle vient de rejoindre Nicolas Sarkozy comme en 2007.

Fin 2010, elle disait à l’AFP de sa candidature : « Si j’ai fait 1,19% la dernière fois, honnêtement, cette fois-ci, je ferai plus. J’ai une notoriété plus importante. Et si je fais 2 ou 3%, mes suffrages seront indispensables pour gagner. ».

C’est peut-être cela, la foi qui habite l’âme et anime l’esprit, une capacité très solide à s’engager en toute autonomie et à mener un combat qui serait (de toute façon) perdu d’avance, en entraînant avec elle plus d’une dizaine de milliers d’affidés.

Parmi ses inattendus admirateurs, il y a eu le chanteur Francis Lalanne qui parle d’elle d’une manière très passionnelle : « [Elle] est de cette fibre que d’aucuns voudraient bien aujourd’hui déraciner, mais qui renaîtra toujours sa sève versée, parce qu’elle est le ferment du grand arbre de France. ».


Place aux candidatures sérieuses ?

Elle aurait aujourd’hui obtenu de Nicolas Sarkozy la possibilité, pour son petit parti, de se présenter dans une centaine de circonscriptions aux législatives de juin 2012. Son objectif, que n’avait pas atteint le Nouveau centre en juin 2007, c’est de remplir les conditions pour être financé publiquement proportionnellement au nombre de voix (il faut recueillir au moins 1% des voix dans cinquante circonscriptions réparties sur le territoire national).

S’éclipsant de la campagne présidentielle 2012 après Jean-Pierre Chevènement et probablement un peu avant Hervé Morin et Dominique de Villepin, Christine Boutin aura néanmoins réussi pendant quelques mois à bénéficier d’un peu d’écho médiatique.

La "vraie" campagne va bientôt commencer…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 février 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les petits candidats.
Vidéo INA du 2 décembre 1998.
"La Croix" du 11 décembre 2009 (article de Marianne Gomez).

yartiBoutin02
 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/christine-boutin-le-cadeau-de-la-110262





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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 01:52

Né le 5 novembre 1925 à Saint-Jean-Pied-de-Port (64), Michel Inchaupsé fut banquier (il fonda sa banque en 1970) et fils de Louis Inchausé (mort le 10 août 1960), président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques de mai 1949 au 10 août 1960. Conseiller général gaulliste de 1960 à 2004, il fut élu député UDR puis RPR de 1967 à 2002, à l'exception de 1986 à 1988 et fu nommé Secrétaire d'État auprès du Premier Ministre dans le gouvernement Couve de Murville du 10 juillet 1968 au 16 juin 1969. Il est mort à Saint-Jean-Pied-de-Port dans la nuit du 25 au 26 octobre 2011 à dix jours de son 86e anniversaire. Louis et son fils Michel Inchaupsé auront occupé sans discontinuer le siège de conseiller général du canton de Saint-Jean-Pied-de-Port de mai 1922 à mars 2004, soit pendant quatre-vingt-deux ans !

SR

 

 

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