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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 03:34

« Monsieur Alain Carignon, élu du peuple depuis vingt ans, a bénéficié de la confiance d’une part, de ses concitoyens et d’autre part, des plus hautes autorités de l’État qui l’ont appelé, à deux reprises, à occuper des fonctions ministérielles (…). Les éminentes tâches, qui lui ont été ainsi dévolues, auraient dû le conduire à avoir un comportement au-dessus de tout soupçon (…). La gravité des faits, dont Monsieur Alain Carignon a été déclaré coupable, et la persistance de son comportement troublent encore l’ordre public fondé sur la confiance que chaque citoyen doit avoir envers les institutions, politiques et sociales qui, établies par la loi, régissent l’État, et les hommes qui ont reçu mandat d’en être les garants. » (Cour d’appel de Lyon, le 9 juillet 1996).



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Le jugement dans l’affaire Karachi, étrangement, n’a pas semblé faire les unes des journaux le 15 juin 2020, malgré la condamnation à de la prison ferme d’un ancien ministre. On a parlé aussi de la confirmation en appel, le 27 mai 2020, de la condamnation à cinq ans de prison dont quatre ferme de Patrick Balkany, et des journalistes à la mémoire défaillante ont laissé croire que c’était la condamnation la plus lourde prononcée contre une personnalité politique française. Rappelons que Patrick Balkany n’a jamais été ministre et qu’il y a déjà eu des anciens ministres en prison, dont Bernard Tapie, Jacques Médecin, Jean-Michel Boucheron (d’Angoulême), Dominique Strauss-Khan (lui aucune condamnation), etc.

Mais le recordman de longévité, c’est Alain Carignon qui est resté en prison pendant vingt-neuf mois, en deux séjours, entre le 12 octobre 1994 et le 5 mai 1998 (il est sorti après avoir purgé les deux tiers de sa peine) pour « corruption, recel d’abus de biens sociaux et subordination de témoins », avec la même peine que Patrick Balkany, cinq ans de prison dont quatre ferme (mais seulement cinq ans d’inéligibilité, au lieu de dix pour les Balkany), confirmée le 9 juillet 1996 par la cour d’appel de Lyon (en première instance, le 16 novembre 1995, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont seulement trois ferme).

Le 19 juin 2020, c’est un anniversaire noir pour Alain Carignon : cela fait vingt-cinq ans qu’il a quitté la mairie de Grenoble, déchu, même pas battu, car à l’époque en prison, après deux mandats municipaux de règne sans partage. Retour sur l’un des jeunes loups aux dents longues du RPR des années 1980, à l’ambition tellement dévorante qu’il se voyait déjà à l’Élysée. Il faut dire qu’il avait commencé rapidement et efficacement l’ascension des cimes institutionnelles. Comme pour faire écho à cette histoire ancienne, le voici septuagénaire, encore candidat au second tour des élections municipales le 28 juin 2020, avec un pronostic vital engagé (vital, je veux dire, pour sa vie politique, bien sûr, il paraît en pleine santé par ailleurs).

Les élections municipales de 1995 avaient lieu aussi en juin, repoussées en raison de la tenue de l’élection présidentielle en avril et mai 1995. Pendant cette campagne présidentielle, où la droite et le centre étaient plutôt favoris et se permettaient même une primaire RPR à ciel ouvert (entre Jacques Chirac et Édouard Balladur), aucun de ces deux candidats n’a osé faire campagne à Grenoble, l’une des grandes métropoles françaises, dont le vote n’était pourtant pas acquis puisque plutôt de centre gauche. Pourquoi cette absence, ce trou, cette impasse à l’examen électoral ? Parce que le maire, RPR, soutien et ancien ministre d’Édouard Balladur était alors en détention provisoire ! Du reste, son suppléant, le député Richard Cazenave était lui chiraquien. La gauche en a évidemment profité. Le résultat des élections municipales était sans appel : le perdant socialiste perpétuel Michel Destot, député, fut élu maire de Grenoble le 19 juin 1995. Il y est resté trois mandats, et son dauphin fut battu par un candidat écologiste en mars 2014. Ce dernier, Éric Priolle, premier maire écologiste d’une grande ville, est très bien placé pour gagner sa réélection dans une semaine.

Alain Carignon "le vieux" après avoir été "le très jeune". Car dès l’âge de 17 ans, Alain Carignon a fait partie des jeunes pousses de l’UJP (Union des jeunes pour le progrès, structure militante des jeunes de l’UDR). En mai 1968, il avait 19 ans, et au lieu d’être maoïste sur d’improbables barricades, il était stoïquement gaulliste.

Et s’il y a bien un trait qui le caractérise, qui l’a toujours caractérisé, c’est que c’est un champion de la communication. Il fait partie de ces personnes qui ont un très fort charisme, ce qui lui a ouvert de nombreuses portes. Je me souviens que même des habitants de Grenoble qui détestaient ses "combines" à Grenoble étaient fascinés voire attirés par lui lorsqu’ils se trouvaient en face de lui. C’est cette "qualité d’émission" dont parlait Yvon Gattaz qui a rendu Alain Carignon très sympathique. Même un quart de siècle après un séjour en prison.

Pierre Mendès France avait tenté de le convaincre de le rejoindre à gauche lorsque l’ancien Président du Conseil chercha à s’implanter électoralement à Grenoble, mais Alain Carignon refusa par gaullisme. Cette caractéristique de communication fait que même en 2020, il reste environ 20% de l’électorat grenoblois qui vote pour lui, c’est trop peu pour espérer gagner mais c’est beaucoup trop pour permettre à la droite et au centre à Grenoble de tourner la page. Il faut dire que pendant ses deux mandats, il a fait vivre des centaines voire des milliers de familles par clientélisme et autres attentions personnelles. Son influence était très grande au point que même en prison, il recevait des courriers amicaux. D’ailleurs, son génie en communication était tel qu’il répondait, de sa prison, sur du papier quadrillé, celui utilisé par les écoliers. Il aurait pu utiliser une feuille blanche classique, mais ce type de papier renforçait l’idée de promiscuité et de précarité et suscitait la pitié sinon la compassion, plus que la colère provoquée par les scandales financiers. En outre, il n’a jamais reconnu les faits malgré sa condamnation définitive (au contraire de Jérôme Cahuzac), si bien qu’il peut espérer garder la face en parlant de complot sinon d’injustice contre lui (un argument vaguement sérieux employé par François Fillon).

Mais revenons à ses débuts. Alain Carignon n’a jamais su faire que de la politique, et s’il a fait des études dans une école issue de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Grenoble, c’était plus pour une carte d’identité que par vocation. La CCI de Grenoble était d’ailleurs, au début des années 1970, la base arrière des gaullistes dans une terre de mission (même si les gaullistes avaient déjà eu "leur" maire à Grenoble, avec Albert Michallon entre 1959 et 1965). La CCI était en quelque sorte comme la Cour des Comptes à Paris lorsqu’un énarque sorti d’école voulait se consacrer à la politique.

La ville depuis 1965 était gérée par un homme d’une grande qualité, ingénieur du CEA, représentant de cette nouvelle gauche, celle de Michel Rocard et de Pierre Mendès France, mais Pierre Mauroy n’a pas réussi à le faire intégrer dans son gouvernement en 1981 comme Ministre du Logement. Les jeux olympiques de Grenoble en 1968 ont considérablement bouleversé la physionomie de la ville avec des quartiers comme la Villeneuve, le Village olympique, le centre commercial de Grand’ Place, qui furent, par la suite, des exemples à ne pas suivre… et aussi la Maison de la Culture inaugurée par André Malraux, plus réussie, etc.

Directeur général adjoint de la CCI de Grenoble, Alain Carignon a réussi l’exploit de se faire élire conseiller général d’un canton de Grenoble alors qu’il n’avait que 27 ans (en mars 1976), gagnant face à un conseiller général sortant ex-UDR passé au PS. Un peu avant, en mars 1973, il était candidat suppléant d’un député UDR sortant qui a été battu par Hubert Dubedout. Aux élections municipales de mars 1977, il fut candidat à Grenoble mais pas tête de liste car considéré trop jeune, la liste fut largement battue et le voici désormais le leader de l’opposition municipale.

Pendant toute une décennie, il fut soutenu largement par le parti gaulliste, voyant en lui un réel espoir de conquérir Grenoble par son bagou, son audace, sa capacité de travail, sa capacité à fédérer les énergies, à mobiliser les hommes. Alain Carignon travailla aux côté d'Aimé Paquet, qui fut Médiateur de la République de 1974 à 1980 (ancien député RI de l'Isère et ancien sous-ministre de Pierre Messmer). Il fut aussi dans le dispositif national du RPR, en travaillant auprès de son secrétaire général, Jérôme Monod, un proche de Jacques Chirac (son ancien directeur de cabinet à Matignon) et futur patron de la Lyonnaise des Eaux (entre 1978 et 2000).

Souvent perdant mais persévérant : aux élections législatives de mars 1978 et de juin 1981, il fut le candidat malheureux face à Hubert Dubedout, avec respectivement 44% et 38% des voix. En mars 1982, il s’est fait réélire conseiller général de Grenoble et un autre canton du centre de Grenoble (celui qui quartier Berriat) a basculé aussi à droite, ce qui lui donnait une lueur d’espoir pour l’année suivante.

Pourtant, la perspective des élections municipales à Grenoble en mars 1983 laissait peu de doute sur leur issue malgré une évidente impopularité des socialistes au pouvoir à Paris. D’une part, Hubert Dubedout ne pouvait pas être assimilé au gouvernement socialo-communiste, lui qui avait été rejeté par François Mitterrand (comme un autre maire socialiste "indépendantiste", George Frêche à Montpellier, lui complètement incontrôlable) ; d’autre part, il jouissait de l’excellente image de la ville de Grenoble, parmi les villes où il faisait "le mieux bon vivre". Pour le maire sortant, se reposant probablement sur ses lauriers, cette nouvelle élection ne serait qu’une formalité.

Entre 1981 et 1983, dopé par l’arrivée de la gauche au pouvoir, Alain Carignon a formé une équipe de jeunes personnes dynamiques prêtes à en découdre, des trentenaires efficaces qui ont bossé tous les dossiers de la ville de Grenoble, les soirs et les week-ends, et ont fait une excellente campagne. Par ailleurs, Alain Carignon n’est pas tombé dans le piège de l’enjeu municipal principal, le tramway, en bottant en touche et proposant un référendum pour ne pas en faire un sujet clivant dans sa campagne (le 22 juin 1983, une majorité s’est dégagée en faveur du projet alors que lui-même y était plutôt défavorable).

Résultat, l’équipe d’Alain Carignon a conquis dès le premier tour la municipalité de Grenoble le 6 mars 1983 avec 54,0% des voix. Tremblement de terre en terre socialiste. Ce fut le véritable lancement de la carrière politique locale et nationale d’Alain Carignon. Pour les instances dirigeantes du RPR (je sais que c’est très politiquement incorrect de l’écrire), la ville de Grenoble allait devenir une véritable pompe à financement à une époque où il n’y avait pas encore de réglementation dans le financement des partis politiques. On ne s’étonna donc pas que l’une des critiques les plus virulentes contre la gestion municipale d’Alain Grenoble sur deux mandats (il fut réélu le 12 mars 1989 dès le premier tour aussi avec 53,2% face à Michel Destot) a été d’avoir concédé la gestion de l’eau à …la Lyonnaise des Eaux !

Pendant douze ans, Grenoble fut à la fois le lieu d’une gestion particulièrement critiquable (ce qui lui a valu plusieurs années de prison) mais aussi d’une ambition nationale très forte avec des projets grandioses dont le plus important fut sans doute le World Trade Center dans le nouveau quartier Europole, entre le centre-ville et le début du Polygone scientifique qui a reçu également le synchrotron (initialement prévu à Strasbourg). Ce serait abusé de la réécriture de l’histoire de dire que la construction du synchrotron à Grenoble serait attribuable à Alain Carignon. La réalité est souvent moins rose, enfin, presque moins rose.

Alors, prenons justement deux faits qui pourraient sembler indépendants : l’absence d’Hubert Dubedout au gouvernement de Pierre Mauroy en 1981 et la venue du synchrotron à Grenoble en 1984. Le point commun, comme tant d’autres décisions, c’était que ces décisions émanaient du Président François Mitterrand. Il fut fortement influencé par un vieux compère socialiste, compagnon de route de sa traversée du désert dans les années 1960, à savoir Louis Mermaz. Or, Louis Mermaz, député et même à l’époque Président de l’Assemblée Nationale, ministre furtif en mai 1981, maire de Vienne, était aussi le président du conseil général de l’Isère depuis mars 1976. Sa réélection en mars 1985 n’était pas gagnée, d’où cette faveur présidentielle (finalement inefficace) accordée à l’installation du synchrotron (précisons toutefois que l’arrivée du synchrotron à Grenoble, l’un des plus grandes pôles de recherche en physique après Paris-Saclay, avait sa pertinence scientifique).

Avant ces élections cantonales à fort enjeu (une défaite de Louis Mermaz aurait été considérée comme une défaite de François Mitterrand), il y a eu les élections européennes, et Alain Carignon a fait partie de ces jeunes maires de grandes villes élus en 1983 (comme Dominique Baudis) à se faire bombarder députés européens sur la liste UDF-RPR menée par Simone Veil le 17 juin 1984 (il était douzième de la liste et il n’y avait en fait pas autant de jeunes maires que cela).

Rendant hommage à Simone Veil le 1er juillet 2018, Alain Carignon indiquait qu’il avait appartenu à son fameux Club Vauban : « Elle portait (…) une certaine idée de l’Europe des fondateurs. Je participais activement au Club Vauban qu’animait officiellement Antoine Veil. J’étais le seul gaulliste de cet aréopage car si les uns et les autres l’avaient été à un moment ou à un autre de leur vie (…), ils répugnaient à cette part de bonapartisme qui est en nous, ne vibraient pas aux mêmes heures de l’histoire de France que nous et portaient au-dessus de tout cet idéal des nations qui se fondent dans les États-Unis d’Europe. J’ai en cet instant une pensée pour mes camarades disparus tels Dominique Baudis et Bernard Stasi, assidus aussi. ». Simone Veil et Alain Carignon, on imagine le tableau. Mais il n’y a jamais eu de photographies de ces petits-déjeuners de réflexion.

Alain Carignon avait donc un mandat national quand il a affronté Louis Mermaz. Remportant la majorité du conseil général d’un département généralement classé à gauche, Alain Carignon fut élu président du conseil général de l’Isère de mars 1985 à décembre 1997.

En mars 1986, il s’est fait élire député de l’Isère (à la proportionnelle) et n’hésitait pas, en tant que membre de l’opposition aux socialistes, à comptabiliser l’élection du FN Bruno Mégret (devenu député de l’Isère) parmi les membres de l’opposition (il suffit de retrouver les journaux de l’époque), discours qui a complètement changé au début des années 1990 quand il expliquait avec Michel Noir qu’il valait mieux perdre une élection que perdre son âme avec le FN (et préférer le PS au FN).

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Aidé par ses bons et loyaux services (financiers), Jacques Chirac, redevenu Premier Ministre lors de la première cohabitation, l’a fait nommer Ministre délégué à l’Environnement du 20 mars 1986 au 12 mai 1988. Alain Carignon était désormais dans la cour des grands. Il fut réélu député (au scrutin majoritaire cette fois-ci), mais abandonna son mandat (son suppléant Richard Cazenave reprit la circonscription) en raison du cumul : il fut le premier à avoir compris qu’il était plus intéressant de garder ses deux mandats exécutifs (mairie de Grenoble et présidence du conseil général) que renoncer à l’un deux pour siéger à l’Assemblée Nationale. Alain Carignon fut réélu député en mars 1993 mais comme en 1986, n’exerça pas ce mandat, à cause du cumul, mais surtout, de sa nouvelle nomination au gouvernement.

Il faut bien comprendre que Grenoble était restée une ville sociologiquement à gauche mais qui, par la personnalité et le talent d’Alain Carignon, s’est colorée en RPR. Alain Carignon, soucieux de sa réélection en mars 1989, avait même commencé des tractations pour faire partie des ministres d’ouverture de Michel Rocard en 1988. Il a même prévenu son suppléant que s’il était ainsi nommé, il ne devrait alors pas voter la censure ! Les négociations n’ont pas abouti, François Mitterrand ne lui avait réservé qu’un sous-ministère, insuffisant pour Alain Carignon (on ne trahit que si cela en vaut le coup).

Resté donc dans l’opposition, Alain Carignon fut néanmoins triomphalement réélu maire de Grenoble en mars 1989. Triomphalement, car il a eu à peu près le même score dès le premier tour qu’en mars 1983. On peut être élu par hasard des circonstances (mauvais adversaires, contexte national favorable, etc.) mais on n’est jamais réélu par hasard : si on est "mauvais", les électeurs n’en veulent plus !

Avril 1989 fut sans doute le sommet de l’influence d’Alain Carignon. Et de son ambition. L’Élysée, pourquoi pas ?! Pas étonnant que douze ambitieux se soient retrouvés pour virer les "vieux" (à savoir Jacques Chirac, président du RPR, et Valéry Giscard d’Estaing, président de l’UDF) dans la perspective de l’élection présidentielle de 1995, et l’échéance européenne de juin 1989, à la proportionnelle nationale, était une bonne occasion de tester le mouvement. Ce furent les Rénovateurs, ils étaient donc douze, les voici : six RPR (Philippe Séguin, Michel Noir, Alain Carignon, Étienne Pinte, François Fillon, Michel Barnier), trois UDF-CDS (François Bayrou, Dominique Baudis, Bernard Bosson, les "3 B"), et trois UDF-PR (Philippe de Villiers, François d’Aubert et Charles Millon). Il faut noter l’absence, pourtant de la même génération, des apparatchiks qui avaient déjà le pouvoir au RPR ou à l’UDF : Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Léotard, Gérard Longuet…

Finalement, l’aventure des rénovateurs ne dura que ce que durait le printemps. Alain Carignon continua à nourrir de grandes ambitions et il avait des vues sur la présidence du conseil régional de Rhône-Alpes pour les élections régionales de mars 1992, chasse gardée de l’UDF, le président sortant (qui fut réélu) n’était autre que Charles Millon, barriste très influent à l’époque, président du groupe UDF à l’Assemblée Nationale. Alain Carignon y renonça, faute d’appui RPR à Lyon.

À peine réélu député, il fut bombardé ministre plein le 30 mars 1993 par Édouard Balladur, à savoir Ministre de la Communication. Proche de Nicolas Sarkozy, il a fait partie de cette équipée balladurienne qui devait atteindre le sommet élyséen en 1995. Tout était donc permis.

Sauf que lorsqu’on est trop bien élu dans sa ville, on se risque à mettre des minorités agissantes dans son conseil municipal. En effet, lorsqu’une liste est majoritaire au premier tour, les listes qui ont entre 5% et 10% peuvent avoir une représentation au conseil municipal alors qu’elles ne pourraient pas participer à un second tour en cas de ballottage (sauf en cas de fusion de plusieurs listes). Ce fut le cas en 1989 puisqu’une liste écologiste a réussi à faire passer deux élus, dont Raymond Avrillier, qui a eu son heure de gloire puisqu’on peut dire qu’il a été le tombeur d’Alain Carignon. Sociologue très minutieux, il a dû passer son temps à lire tous les dossiers municipaux pour y voir des incohérences avec la loi…

Cela a abouti à la démission d’Alain Carignon de son ministère annoncée le 17 juillet 1994 (ce fut Nicolas Sarkozy qui a récupéré le portefeuille et pas Jacques Toubon, pourtant Ministre de la Culture) et il n’a pas fallu attendre longtemps pour la dégringolade : première mise en examen le 25 juillet 1994 et surtout emprisonnement le 12 octobre 1994. Entre-temps, le 21 septembre 1994, il avait quand même réussi à se faire investir comme candidat tête de liste UDF-RPR aux prochaines élections municipales en 1995.

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Évidemment, il renonça à la candidature car il était en prison. Richard Cazenave le remplaça mais dans un contexte politique très différent, car Édouard Balladur avait échoué à la présidentielle de 1995. Ce fut la liste socialiste qui gagna les municipales. Si en mars 2014, ce fut un écologiste qui a gagné les élections municipales (contre les socialistes), c’était sans doute en raison de l’aspiration écologique des habitants de la ville, mais pas seulement, je pense que l’action de Raymond Avrillier, écologiste d’opposition entre 1989 et 1995, a été aussi déterminante dans l’esprit des électeurs (ce dernier fut d’ailleurs élu deuxième adjoint au maire entre 1995 et 2001 et il quitta la vie municipale en 2008).

Alain Carignon renonça à la candidature mais n’a jamais abandonné de lui-même ses mandats. Réélu président du conseil général de l’Isère en mars 1994, il le resta pendant tout le temps de l’instruction judiciaire de son affaire, même en prison, et il continuait à percevoir ses indemnités de représentations ! À l’époque, on disait même que des frais d’alimentation personnelle était encore payés sur le compte du conseil général (je n’ai pas vérifié). Je ne comprends d’ailleurs toujours pas comment il a pu tenir à cette présidence du conseil général jusqu’au 9 décembre 1997 alors que le 9 juillet 1996, la cour d’appel de Lyon avait confirmé sa peine de cinq ans d’emprisonnement (dont quatre ferme) et cinq ans d’inéligibilité (bon, si, il a fallu attendre l’arrêt de la Cour de Cassation avant d’appliquer la peine d’inéligibilité).

Le 5 mai 1998, Alain Carignon a quitté la prison après vingt-neuf mois de détention, et sa période d’inéligibilité s’est arrêtée en 2002. À ce moment de l’existence (en 1998, Alain Carignon avait 49 ans), on aurait pu imaginer une évolution de type Michel Noir, à savoir, refaire sa vie, faire bénéficier de ses talents (réels) de manager, dans un autre contexte, dans une grande entreprise par exemple (puisque son interdiction de gérer finissait avec son inéligibilité). Se faire tout petit, discret, et trouver un autre équilibre de vie. Ce qu’il a fait en partie : il était en 1999 consultant d’entreprises, il mettait en relations les entreprises les unes avec les autres.

Mais c’était sans compter qu’Alain Carignon ne s’est jamais épanoui qu’en faisant de la politique, et qu’à partir de 2002, l’influence politique de Nicolas Sarkozy allait devenir majeure. Il faut ajouter aussi que l’amour-propre impose un revanche.

Marcelo Wesfreid a précisé, dans "L’Express" le 15 mars 2007, la situation du RPR à l’époque : « Aucun leader ne s’est (…) imposé en son absence. Deux jeunes loups, sans grand pouvoir, Fabrice Marchiol et Matthieu Chamussy, sont juste chargés de faire table rase du passé. "On tourne une page, à vous de tout reconstruire", leur a demandé Nicolas Dupont-Aignan, à l’époque secrétaire général aux fédérations. Le parti déliquescent, ruiné, ne compte plus que 500 adhérents en Isère (contre 3 500, en 1989). »

Résultat, le voici qui a repris du service en 2002 au grand dam des élus et responsables de l’UMP de l’Isère. En six mois, Alain Carignon est parvenu à réunir 1 500 adhérents avant le 31 décembre 2002. Alain Juppé, président de l’UMP, a vu le coup venir, mais c’était trop tard. En avril 2003, il n’a pas perdu la main : le voici élu président de la fédération UMP de l’Isère ! En 2006, les anti-Carignon ont refusé de siéger pour le renouvellement des instances. Alain Carignon, proche de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux, a réussi aussi à faire des adhésions sur la première circonscription de l’Isère. Mécaniquement, 80% des militants ont approuvé sa candidature aux élections législatives de juin 2007 …contre le député UMP sortant, Richard Cazenave qui, ayant perdu l’investiture après des pressions quotidiennes à la commission nationale d’investiture, a décidé de rester quand même candidat en indépendant.

Au premier tour des élections législatives du 10 juin 2007, Alain Carignon a gagné son pari de passer devant Richard Cazenave : il a obtenu 21,45% des voix tandis que Richard Cazenave seulement 19,6%, et le candidat de l’UDF Philippe de Longevialle a obtenu 10,4%. Sans surprise, la candidate socialiste, par ailleurs première adjointe au maire, Geneviève Fioraso (qui fut plus tard ministre de François Hollande), a été élue au second tour du 17 juin 2007 avec 63,0% des voix face à Alain Carignon (elle avait eu 32,0% au premier tour, avec peu de réserve de voix puisqu’elle ne pouvait compter que sur les voix de la candidate écologiste, soit 6,5%). C’était une belle victoire pour les socialistes car c’était quand même une circonscription en or taillée par Charles Pasqua en 1986 spécifiquement pour Alain Carignon. Le candidat UMP sortant Richard Cazenave avait été réélu en juin 2002, avec 38,2% au premier tour et 54,2% au second tour (la candidate socialiste avait obtenu au premier tour à peu près comme Geneviève Fioraso en 2007, à savoir 31,1%). Cela montrait qu’il y avait un rejet personnel contre Alain Carignon provenant de son électorat traditionnel.

Cet échec l’a fait renoncer à être candidat tête de liste aux élections municipales de mars 2008. Il a promu un jeune, Fabien de Sans Nicolas, qui a obtenu 28,0% des voix au premier tour du 9 mars 2008 et seulement 29,5% au second tour du 16 mars 2008 (soit seulement environ 400 voix supplémentaires). Et si Alain Carignon a laissé le 19 janvier 2009 la présidence de fédération UMP de l’Isère à Michel Savin, l’un des anticarignonistes du département, il a gardé une très grande influence politique tant locale que nationale puisqu’il conseillait alors Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy. Alain Carignon a évité de rejouer sa crédibilité électorale aux élections législatives de juin 2012 qui a vu la réélection de Geneviève Fioraso avec 58,3% au second tour (au premier tour, parmi ses concurrents, l’écologiste Éric Piolle avec 7,7% et l’ex-UDF Philippe de Longevialle 2,7% qui, entre-temps, s’était allié au maire PS de Grenoble, et fut élu adjoint au maire).

Alain Carignon resta tenace. Si finalement, il n’a pas réussi à organiser une primaire pour les municipales de mars 2014 à Grenoble, il s’est retrouvé néanmoins présent dans la liste menée par Matthieu Chamussy, investi tête de liste le 8 octobre 2013 ; et ce dernier a placé Alain Carignon le 27 novembre 2013 en neuvième place. Finalement, l’échec de l’UMP aux municipales de mars 2014 a été tel que la liste n’a obtenu que sept sièges (dont Richard Cazenave) tandis que l’écologiste Éric Piolle se faisait élire avec 40,0% des voix dans une quadrangulaire au second tour du 30 mars 2014.

Ce nouvel échec, son absence aux élections régionales de décembre 2015 (c’était en fait son véritable objectif pour retrouver un mandat électoral depuis sa prison), ne l’ont pas découragé et il est resté très présent en Isère, faisant vivre son parti avec dynamisme (un parti qui a retrouvé Nicolas Sarkozy à sa présidence entre 2014 et 2016). Alain Carignon retourna cependant au conseil municipal en novembre 2019 après la démission de deux élus UMP (et par ailleurs, il avait annoncé sa candidature à la mairie de Grenoble le 16 septembre 2019).

Le voici donc tête de liste LR (vaguement "société civile") aux élections municipales de 2020, soutenu par son ancien complice puis rival, Richard Cazenave, par l’ancien ministre Luc Ferry, ainsi que par Jean-Pierre Barbier, élu président du conseil départemental de l’Isère en mars 2015 (député LR entre 2012 et 2017, ayant soutenu Nicolas Sarkozy en 2016).

Alain Carignon a rassemblé 19,8% des voix au premier tour du 15 mars 2020 et sera donc un adversaire au second tour du 28 juin 2020 du maire sortant Éric Piolle qui a eu 46,7% au premier tour. Comme on voit, c’est quasiment mission impossible, d’autant plus que la candidate LREM, la députée Émilie Chalas, avec 13,8%, et le candidat socialiste, 13,3%, pourrait former une quadrangulaire qui bénéficierait à l’écologiste. Il ne faut pas néanmoins négliger le fait qu’Alain Carignon se retrouvera élu au conseil municipal en 2020 comme chef de l’opposition cette fois-ci, et sera donc "le mieux" placé en mars 2026 pour enfin reprendre sa revanche… à 77 ans ! On peut alors comprendre ce qu’il disait le 15 novembre 2017 en évoquant De Gaulle : « En 1969, un homme de 79 ans portait la vision la plus moderne de la société face à ce refuge insipide de la dénonciation de l’âge. ».

Ah, je termine avec les résultats électoraux. Pour l’anecdote, en 2017, qui a été élu député de la première circonscription de l’Isère, celle d’Alain Carignon, de Richard Cazenave puis de Geneviève Fioraso ? L’actuel Ministre de la Santé, Olivier Véran, ancien socialiste, qui s’est présenté avec l’étiquette LREM, et qui a obtenu 47,2% au premier tour du 11 juin 2017, puis 68,1% au second tour du 18 juin 2018 face à un candidat UDI. LR n’était même plus représenté au premier tour…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 juin 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alain Carignon.
Jérôme Monod.
De Gaulle.
Nicolas Dupont-Aignan.
Luc Ferry.
Albin Chalandon.
Claude Malhuret.
Claude Goasguen.
Philippe Séguin.
Jacques Toubon.
Pierre-Christian Taittinger.
Jacques Chirac.
Christian Poncelet.
Patrick Devedjian.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200619-alain-carignon.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-impossible-retour-d-alain-225238

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/06/15/38372831.html



 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 04:12

« J’ai toujours dit que pour moi, Michel Noir est un ami, et je n’ai pas à renier cette amitié et ce n’est surtout pas au moment où un ami est en difficulté qu’il faut renier cette amitié. C’est dans ces périodes-là que l’on peut voir ses vrais amis. (…) J’ai le mérite d’être l’élu le plus contrôlé de France et les Lyonnais sauront me faire confiance car j’ai été passé à la lessiveuse comme aucun autre candidat. » ("Lyon People", le 29 août 2000).


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Ses dernières apparitions publiques avaient eu lieu le 25 septembre 2016 pendant la fête de rentrée des Républicains du Rhône à Rillieux-la-Pape en présence de Laurent Wauquiez et le 28 novembre 2016, au congrès de l’INTA (Association internationale pour le développement urbain) à Lisbonne où il avait pris la parole (comme président d’honneur) sur "la place de la culture dans la ville".

À Lyon, il y a juste un an, le 17 janvier 2017, a disparu Henry Chabert, à l’âge de 71 ans, des suites d’une saleté de maladie. Ses funérailles ont eu lieu le 23 janvier 2017 en la primatiale Saint-Jean de Lyon en présence de Michel Havard, Emmanuel Hamelin, Michel Terrot, Michel Forissier, Philippe Cochet, Georges Képénékian, Michel Noir, etc. Acteur de la vie économique et politique et engagé au sein du RPR, il a eu une passion, sa ville de Lyon, et un objectif rêvé mais manqué, de justesse en 1995 et encore en 2001 : devenir le maire de Lyon.

Né le 3 octobre 1945 à Saint-Étienne, diplômé de Sup. de Co de Lyon et de l’Institut des hautes finances (créé par Georges Pompidou en 1972 dans le cadre de l’Université Paris-X Nanterre), Henry Chabert commença sa vie professionnelle dans la création d’entreprise avant d’être recruté par le groupe BSN comme dirigeant d’une filiale.


Entre 1969 et 1989

De manière assez innovante pour l’époque, Intergestion, l’entreprise qu’il avait créée et dirigée de 1969 à 1979, proposait aux entreprises de l’assistance à la gestion financière : « J’avais mis au point une sorte de programme qui s’appuyait sur la théorie des systèmes appliquée à la gestion financière. » ("Lyon People", le 29 août 2000). Il a ensuite franchi "l’autre côté du miroir" : de conseiller, il est passé opérationnel.

Ce fut Antoine Riboud qui lui proposa de diriger sa filiale Grand Traiteur : « Pour vendre [l’affaire de produits alimentaires de mon ex-beau-père], j’ai donc rencontré les grands de la distribution de l’époque qui étaient Unilever, Nestlé et BSN. (…) C’est par mes activités de conseil que je me suis mis en relation avec BSN et que BSN m’a dit "on achète sous réserve que vous soyez directeur" et moi j’ai dit "très bien, banco, ça me permet de passer de l’autre côté de la barrière". » ("Lyon People", le 29 août 2000). Résultat, entre 1979 et 1989, la filiale est passée de 30 millions de francs de CA avec 70 salariés à 450 millions de francs de CA avec 420 salariés.

Comme on le voit, au contraire de bien des responsables politiques, il a eu une grande expérience de la vie économique. Son engagement politique s’est amorcé très tôt, en 1962, en militant auprès de Lucien Neuwirth (1924-2013), député UDR de Saint-Étienne (de novembre 1958 à juin 1981), puis sénateur de la Loire (septembre 1983 à septembre 2001), président du conseil général de la Loire (de mars 1979 à mars 1994). Lucien Neuwirth fut à l’origine de la loi sur la contraception (loi du 29 décembre 1967). Au début des années 1970, Henry Chabert a aussi travaillé avec Jacques Delors, alors conseiller du Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, lorsqu’il était rapporteur de l’UJP (jeunes de l’UDR) à Royan sur les problèmes de la culture.

Pour ses études puis sa vie professionnelle, Henry Chabert a rapidement quitté Saint-Étienne pour Lyon où il s’est implanté politiquement sous l’étiquette du RPR. Il fut élu conseiller municipal de Lyon en mars 1983 sur les listes conduites par Michel Noir, alors jeune député RPR depuis mars 1978 (successeur de Jacques Soustelle dans l’ancienne 3e circonscription).


Entre 1989 et 1995

Pendant douze ans, la vie politique d’Henry Chabert s’est un peu confondue avec celle de son ami Michel Noir. À 38 ans, très ambitieux, Michel Noir a en effet lancé ses listes dissidentes contre le maire centriste sortant, Francisque Collomb (1910-2009), sénateur (septembre 1968 à septembre 1995) et maire de Lyon (décembre 1976 à mars 1989). Si l’initiative de Michel Noir (vaguement contestée par Jacques Chirac, président du RPR, qui officiellement a soutenu Francisque Collomb) a échoué, ce fut de justesse et il a ébranlé durablement la vie politique lyonnaise, très particulière et fermée.

Aux élections municipales suivantes, en mars 1989, ce fut un raz-de-marée pour les listes dissidentes de Michel Noir qui ont largement battu les listes du maire sortant Francisque Collomb (Michel Noir a remporté les neuf arrondissements lyonnais). Même Raymond Barre (1924-2007), député et ancien Premier Ministre, qui avait accepté d’être colistier de Francisque Collomb à sa demande, a été battu ! Entre-temps, Michel Noir avait été nommé Ministre du Commerce extérieur du gouvernement Chirac du 20 mars 1986 au 10 mai 1988.

Combattant du Front national (en publiant une tribune dans "Le Monde" le 15 mai 1987 : « Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme. »), Michel Noir est donc parvenu à se faire élire maire de Lyon du 24 mars 1989 au 18 juin 1995. Henry Chabert fut alors élu premier adjoint au maire chargé de l’urbanisme et vice-président de la Communauté urbaine de Lyon (la Courly) présidée par Michel Noir qui a placé dans ses exécutifs des élus UDF et des élus RPR. À la Courly, Henry Chabert était chargé de l’aménagement et du développement urbains.

Michel Noir avait de très hautes ambitions personnelles, celles à terme d’être candidat à l’élection présidentielle : il fut en avril 1989 aux côtés notamment de Dominique Baudis, François Bayrou, Philippe Séguin, Charles Millon, Bernard Bosson et François Fillon, dans l’aventure des Douze "rénovateurs", ces quadragénaires qui voulaient renverser l’hégémonie au centre droit des "vieux" leaders qu’étaient Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing.

Michel Noir a ensuite quitté le RPR en décembre 1990 après avoir cofondé "Force unie" le 5 mars 1990 avec Michèle Barzach, François Léotard, Claude Malhuret, Patrick Devedjian, Gérard Longuet, Jean-Louis Bourlanges et Pierre-André Wiltzer, devenus des "néo-rénovateurs" de l’opposition, ce qui n’a abouti à aucune démarche concrète. Michel Noir, Michèle Barzach et Jean-Michel Dubernard démissionnèrent de leur mandat de député le 12 décembre 1990 pour se faire réélire le 3 février 1991 (seule Michèle Barzach a échoué dans cette opération et a quitté la vie politique).

Rattrapé par les affaires judiciaires, Michel Noir fut mis en examen en mars 1993 et condamné en appel le 10 janvier 1996 à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq d’inéligibilité pour recel d’abus de biens sociaux. Réélu le 28 mars 1993 (face au RPR Alain Mérieux), il a dû démissionner de son mandat de député le 6 février 1997 et a quitté définitivement la vie politique, se reconvertissant dans la création d’une start-up et dans la préparation d’un doctorat en sciences de l’éducation.


Entre 1995 et 2001

Pour les élections de juin 1995, à Lyon, la situation était donc très "dégagée" : Michel Noir ne pouvait pas se représenter à la mairie en raison de son implication judiciaire et Francisque Collomb a pris sa retraite (il quitta son mandat de sénateur en septembre 1995 à l’âge de 85 ans).

Henry Chabert, premier adjoint de Michel Noir, a pris très logiquement la tête des listes noiristes et a donc été candidat à la mairie de Lyon au premier tour des élections municipales du 11 juin 1995. Dans ses listes, on y trouvait Michel Noir candidat à un poste de simple conseiller municipal (en prévision d’un non-lieu et d’un rebondissement municipal qui n’ont jamais eu lieu).

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L’alliance UDF-RPR était divisée à cause des listes noiristes depuis 1983. Finalement, ce fut Raymond Barre, par son prestige personnel et moral, qui fut le candidat UDF-RPR à la mairie de Lyon (après s’être fait prier). Il faut se rappeler que si le maire de Lyon (Michel Noir) était "juste" mis en examen, le maire de Grenoble (Alain Carignon), lui, était déjà en prison (provisoire avant procès) pour une autre affaire judiciaire et ne pouvait pas non plus se représenter aux municipales à Grenoble, ce qui donnait un climat politique assez particulier dans la région.

L’avocat André Soulier, ancien premier adjoint de Francisque Collomb entre 1983 et 1989 (adjoint depuis 1977), député européen (d’août 1992 à juin 1999) et vice-président du conseil régional (de 1983 à 1986), aurait pu aussi se présenter, souvent présenté comme le dauphin de Francisque Collomb. Il fut candidat dans les listes de Raymond Barre.

Au premier tour, les listes de Raymond Barre ont pris un léger ascendant sur les listes concurrentes au centre droit, celles d’Henry Chabert (qui suivaient de peu). Henry Chabert a donc perdu de justesse la mairie. Les listes de Raymond Barre et celles d’Henry Chabert ont fusionné pour le second tour le 18 juin 1995. Résultat, les barristes ont obtenu 26 élus, les noiristes 18 élus (ce qui n’était pas évident en début de campagne), et les socialistes de Gérard Collomb 27 élus.

Pour prendre la tête de la Courly le 11 septembre 1995, Raymond Barre a fait du Emmanuel Macron avant l’heure et a distribué 37 vice-présidences : 17 à l’UDF, 8 au RPR, 1 aux noiristes (Henry Chabert), 8 aux socialistes, 1 aux divers gauche et 2 sans étiquette). Malgré sa victoire, Raymond Barre a perdu deux arrondissements gagnés par la gauche (Gérard Collomb fut élu maire du 9e arrondissement) et deux candidats FN furent élus au conseil municipal de Lyon (ce qui était sans précédent).

Henry Chabert, loyal avec le nouveau maire Raymond Barre, fut reconduit le 25 juin 1995 dans ses fonctions d’adjoint au maire  chargé de l’urbanisme (deuxième adjoint) et de deuxième vice-président de la Courly chargé de l’aménagement et du développement urbains, mais le courant n’est jamais passé franchement entre Henry Chabert et Raymond Barre (qui se méfiait beaucoup des noiristes et des élus RPR).

Voici ce que disait Henry Chabert de Raymond Barre : « Les relations sont complexes. J’admets ses grandes qualités sur un certain nombre de sujets et je peux dire que j’ai toujours obtenu son soutien dans un certain nombre d’actions qui n’étaient pas simples. Alors, il y a ce côté-là qui est très positif. À côté de cela, je l’irrite, je l’agace, j’ai le sentiment de lui hérisser le poil parfois. (…) Je suis un vilain petit canard, je suis d’une indépendance farouche, je dis ce que je pense avec un maximum de courtoisie mais sans détour. (…) [Raymond Barre] a cru bon de s’appuyer sur une espèce de majorité qui n’en était pas une. C’était vraiment une armée mexicaine sans capacité d’agir avec des déséquilibres politiques, et les actions n’ont pas été aussi fortes que celles attendues. C’est un peu ça qui fait la difficulté de nos relations. (…) C’est un nounours, un gros chat. Il a ce caractère félin et il appartient à la fois à l’ours et au beau chat. » ("Lyon People", le 29 août 2000).

De son côté, André Soulier fut désigné adjoint au maire chargé du tourisme et du rayonnement international (un domaine sur lequel Raymond Barre avait travaillé entre 1989 et 1995 à la demande du maire Michel Noir). Universitaire (ancien professeur de droit de François Fillon), Christian Philip fut élu premier adjoint de Raymond Barre entre 1995 et 2001 (plus tard, il fut élu député de la 4e circonscription du Rhône, succédant à Raymond Barre comme député entre 2002 et 2007).


Les années Chabert

Pendant presque onze ans (entre mars 1989 et février 2000), Henry Chabert fut le responsable urbain de Lyon, ville intra muros et agglomération du Grand Lyon. Ce fut lui qui lança de nombreux projets, la Cité internationale, le métro lyonnais, la réhabilitation de la rue de la République, la rénovation de la place des Terreaux, de la place des Célestins et de la place de la Bourse, le réaménagement de la Presqu’île, Lyon Confluence, la Porte des Alpes, le parc de Gerland, parc de la Fourvière, etc., il a mis de l’art dans les parkings.

Il a fait construire ou réaménager des centaines de parcs ou jardins publics, a lancé un programme de logements avec au moins 20% de logements sociaux, bien avant que ne l’imposât l’article 55 de la future loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU). Il fut aussi à l’origine de l’inscription de Lyon au patrimoine mondial de l’Unesco (en 1998) et de la Fête des Lumières le 8 décembre à partir de 1998. Il fut également président de l’Agence d’urbanisme de Lyon de 1995 à 2001 et président de l’Association internationale pour le développement urbain (INTA) de 1999 à 2002.

Grâce à lui, Lyon, renfermée sur elle-même pendant de nombreuses décennies, s’est ouverte à l’international : « Lyon est devenue un exemple. Des délégations sont venues du monde entier pour visiter cette ville. » (Jean-Pierre Charbonneau, urbaniste et conseiller technique de 1989 à 2001, dans "Le Progrès" le 25 janvier 2017).

Partisan convaincu de la construction européenne (je me souviens d’avoir assisté à une réunion avec lui sur ce thème près de Grenoble dans les années 1990), Henry Chabert fut élu député européen de juin 1989 à juin 1994, siégeant à la commission des relations extérieures (à un moment historique : la Réunification allemande et l’effondrement de l’URSS ; il a exposé des crèches de Cracovie sur la place Bellecour), puis, prenant la succession de Michel Noir dans la 2e circonscription du Rhône (à la Croix-Rousse), il fut élu député de Lyon le 1er juin 1997 (jusqu’au 18 juin 2002) et siégea à la commission des finances.

Sa victoire aux législatives de 1997 fut personnelle car il s’était lancé sans l’investiture du RPR qui avait investi le candidat Marc Fraysse, député sortant de la 6e circonscription, soutenu également par le maire Raymond Barre et le premier adjoint Christian Philip.


Les élections de 2001 et 2002

Alors qu’il fut épargné par l’affaire Noir-Botton, Henry Chabert fut mis en examen le 1er février 2000 pour une affaire concernant les travaux de sa résidence secondaire. Raymond Barre l’a déchargé le jour même de ses responsabilités municipales et son ascension lyonnaise fut brutalement interrompue alors qu’il comptait se présenter de nouveau à la mairie de Lyon (les sondages le donnaient même favori pour la succession de Raymond Barre).

Henry Chabert a évoqué une tentative de déstabilisation : « L’ensemble de ce qui était contenu dans les lettres anonymes s’est progressivement dégonflé et aujourd’hui, puisque l’instruction est bouclée depuis le 29 juin [2000], vous avez pu voir que toute cette description qui a été faite me concernant à propos de relations ou autres s’est totalement dégonflée. Rien, dans l’ensemble de l’instruction, n’a été de nature à démontrer quoi que ce soit qui soit négatif dans ma responsabilité d’élu. Il reste une bataille d’experts sur la maison, ce qui n’est nullement fondé en droit, ce qui m’a fait naturellement déposer un mémoire en non-lieu. Et c’est tout. Il ne reste que cette affaire. Imaginez, on nous avait promis l’Himalaya et on se retrouve en train de grimper sur le gros caillou de la Croix-Rousse. » ("Lyon People", le 29 août 2000).

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Le 19 janvier 2001, Henry Chabert a quand même inauguré sa permanence de campagne "Réussir Lyon" pour mener une liste "dissidente", mais la plupart de ses amis politiques ne l’ont pas suivi à cause de sa mise en examen : « Je pense qu’avec beaucoup de mes amis, quoi qu’il arrive, l’amitié ne disparaîtra pas ! » ("Lyon People" le 22 janvier 2001). Finalement, le tribunal de grande instance de Lyon l’a condamné en première instance le 2 février 2001 à un an de prison avec sursis, 100 000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour recel d’abus de biens sociaux. Il fut condamné le 23 janvier 2002 par la cour d’appel de Lyon à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité, mais déjà sa condamnation en première instance rendait politiquement intenable sa candidature aux municipales de 2001.

Devant s’éclipser de la vie politique, Henry Chabert a laissé son suppléant (entre 1997 et 2002) Emmanuel Hamelin (conseiller régional de Rhône-Alpes entre mars 1998 et mars 2010), qu’il a "lancé" en politique, se présenter et lui succéder comme député de la 2e circonscription du Rhône entre juin 2002 et juin 2007 (battu ensuite par le PS).


Lyon sans Henry Chabert

Aux élections municipales de mars 2001, la division à droite était encore très forte mais il n’y avait plus de "noirisme". Ne se représentant pas aux municipales (comme prévu lors de son élection), Raymond Barre, à 76 ans, a pris progressivement sa retraite politique (il quitta le Palais-Bourbon en juin 2002).

L’ancien Ministre de la Défense Charles Millon, député de l’Ain, maire de Belley et surtout, ancien président du conseil régional de Rhône-Alpes (1988 à 1999), a décidé de se lancer à la conquête de la mairie de Lyon. Très contesté pour avoir été réélu le 20 mars 1998 à la tête de la région grâce aux voix des 35 conseillers FN, et déboulonné le 3 janvier 1999 par le Conseil d’État (dans le passé, il avait pourtant rejeté toute accord avec FN en déclarantnotamment dans "Le Point" le 25 janvier 1992 : « Le silence sur le FN est une complicité (…). L’alliance avec lui est collaboration. »). Après sa rupture avec l’UDF pour cause d’alliance avec le FN, Charles Millon s’est "enfoncé" dans l’ultra-droite catholique traditionnelle, très présente à Lyon (celle de la "Manif pour tous"). Dans cette démarche, il fut soutenu entre autres par Chantal Mérieux, Monique Raimond et Gérard Pélisson (cofondateur du groupe Accor).

Face à Charles Millon, en dehors du sénateur socialiste Gérard Collomb, perpétuel candidat depuis 1989, qui a réussi à obtenir avec lui l’union de la gauche plurielle (PS, PCF, écologistes), le centriste Michel Mercier, sénateur et président du conseil général du Rhône (futur Ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy), fut investi comme le candidat UDF-RPR à la mairie de Lyon en 2001.

Mais au premier tour, le 11 mars 2001, les listes de Charles Millon ont fait un très bon score, dépassant même Michel Mercier dans le 5e arrondissement où il s’était présenté. Désavoué par les électeurs, Michel Mercier renonça à poursuivre le combat électoral entre les deux tours, et laissa le député RPR et chirurgien Jean-Marie Dubernard, adjoint au maire sortant, reprendre le leadership de l’alliance UDF-RPR. Les listes millonistes et UDF-RPR ont fusionné pour le second tour le 18 mars 2001, avec une grande majorité de candidats millonistes. Finalement, Gérard Collomb fut élu maire de Lyon et commença son premier mandat (il en était à son troisième lorsqu’il fut nommé Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur).


Les élections de 2007 et 2008

Henry Chabert a tenté de revenir dans le jeu politique lyonnais en se présentant aux élections législatives de juin 2007 dans la 6e circonscription du Rhône (à savoir, la commune de Villeurbanne). S’il a fait un beau score au premier tour du 10 juin 2007, avec 36,8% face à sa concurrente socialiste Pascale Crozon (alors adjointe au maire de Villeurbanne et conseillère régionale de Rhône-Alpes) avec 25,8%, cette dernière l’a largement emportée au second tour du 17 juin 2007 avec 53,8% contre 46,2% à Henry Chabert (sans beaucoup de surprise, Villeurbanne, la ville de Charles Hernu, étant considérée plutôt comme une terre de centre gauche, la circonscription a été gagnée en juin 2017 par un candidat LREM, entrepreneur connu).

Henry Chabert a fait une dernière incursion électorale aux élections municipales de mars 2008. Comme Lyon fut réservé à l’ancien Ministre de la Justice Dominique Perben (candidat à la mairie de Lyon dès 2003), il a dû se "contenter" de la (grande) ville limitrophe, Villeurbanne, comme candidat UMP à la mairie face au maire sortant Jean-Paul Bret, député socialiste (son prédécesseur Gilbert Chabroux est mort le 1er décembre 2017 à 83 ans).

Au premier tour du 9 mars 2008, la liste de Jean-Paul Bret est arrivée largement en tête avec 46,6%, distançant celle d’Henry Chabert avec seulement 23,8% et celle du MoDem menée par Richard Moarales avec 14,6% qui s’est maintenue au second tour. Avec un tel rapport de forces, il était impossible à Henry Chabert de remporter la victoire le 16 mars 2008 : il n’a obtenu que 27,5%, devançant la liste MoDem avec 16,0%, toutes les deux battues par celle de Jean-Paul Bret avec 56,5%. Élu conseiller municipal de Villeurbanne, Henry Chabert a pu cependant se faire élire conseiller communautaire à la Courly pour le mandat entre 2008 et 2014. Quant à Lyon, Dominique Perben échoua même dans le 3e arrondissement où il s’est présenté, dès le premier tour, ce qui a permis la réélection de Gérard Collomb avec une solide avance.


Tourné vers l’international

Après cet échec d’il y a dix ans, Henry Chabert quitta la vie politique lyonnaise définitivement et se consacra à un métier de consultant en affaires urbaines, spécialisé dans le développement culturel et économique et aussi dans l’éclairage urbain, en particulier à Marrakech.

Dans les salons dorés du Quai d’Orsay, le 11 octobre 2011, il a reçu, très ému, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur par le ministre des lieux, Alain Juppé.


Des témoignages unanimes

À la nouvelle de la disparition d’Henry Chabert, toute la classe politique lyonnaise, y compris ses opposants politiques comme le maire de Lyon (à l’époque) Gérard Collomb et la Ministre de l’Éducation nationale (à l’époque) Najat Vallaud-Belkacem (qui fut une élue lyonnaise), ont rejoint sa famille et amis dans la tristesse. Voici quelques réactions à chaud…

Michel Noir (qui avait milité à l’UJP, jeune de l’UDR, avec lui dès 1967) : « [Il] a su irriguer de sa fibre humaniste toutes les vies qui ont été les siennes. Celle de l’homme d’entreprise qui croyait au dialogue social et à la participation. Celle de l’homme politique soucieux de bâtir un espace urbain fait de mixité sociale et de partage culturel. Celle du croyant attaché aux valeurs familiales et à la primauté de la personne. (…) Sa conviction européenne traduisait sa conviction que l’ouverture au monde et non le repli sur soi était la peule politique utile à notre pays. » ("Le Progrès", le 18 janvier 2017).

Michel Havard, candidat UMP à la mairie de Lyon en 2014, ancien député de Lyon (2007-2012) et ancien assistant parlementaire d’Henry Chabert (1997-2001) : « Je voudrais ici parler de l’homme que j’ai connu et que j’avais l’habitude de présenter comme mon père politique. Je l’ai connu alors qu’il était député européen. J’étais alors étudiant en droit et militant associatif pro-européen. J’ai très vite compris que son engagement politique était tourné vers l’homme. Henry Chabert était un humaniste par nature. Par son caractère et sa sensibilité, il était étranger à tout sectarisme. Il n’aimait pas les positions extrêmes, les attitudes de rejet et plaidait la tolérance, l’échange et l’écoute dans tous les cercles qu’il côtoyait. Son ouverture au monde, acquise lors des voyages qu’il effectuait sous ses différentes casquettes, renforçait cette conviction profonde chez lui que l’humain était ce qui devait nous guider dans nos décisions et que l’urbain était un moyen et pas une finalité. (…) Il était aussi un homme de culture (…). Pour lui, elle était essentielle à l’équilibre des hommes, au vivre ensemble et à la réussite des projets urbains. (…) Je peux même témoigner qu’en 1995, après l’élection de Raymond Barre à mairie, il avait hésité à lui proposer d’occuper le poste d’adjoint à la culture à ses côtés. » (Conseil municipal de Lyon, séance du 27 mars 2017).

Gérard Collomb : « Nous partagions un même attachement à la construction de notre ville, une même volonté d’en accroître la beauté par la même exigence sur les formes architecturales, la qualité des espaces publics, l’élégance de la mise en lumière de nos bâtiments. » (19 janvier 2017).

Maurice Charrier, ancien maire communiste de Vaulx-en-Velin (1985-2009) et vice-président du Grand Lyon (2004-2014) : « Je garde en mémoire l’éloquence, l’élégance de la pensée et surtout l’humanisme exprimé. Je garde aussi en mémoire sa fidélité à ses engagements mais aussi son ouverture au dialogue. (…) Nous avons partagé bien des audaces et même des utopies pour faire face à des moments difficiles. Un de ses traits de personnalité était la fraternité, cette valeur qui permet au-delà des différences, qui nous marquent tous, de vivre ensemble et de partager. ».

Ariella Masboungi, architecte-urbaniste en chef de l’État, Grand prix de l’Urbanisme 2016 : « Nourri des leçons de l’excellence barcelonaise, il a inventé le modèle lyonnais de métamorphose de l’espace public, en appui sur ses services qu’il a su structurer et réorganiser, mais aussi en faisant appel à des concepteurs remarquables [Michel Corajoud, Renzo Piano, Michel Desvigne, Alain Marguerit, Alexandre Chemetoff, etc.] (…). Un grand projet fait de multiples démarches, avec le souci d’un passage à l’acte à la hauteur de ses ambitions pour la métropole. Sa disparition prématurée le prive d’un Grand prix de l’Urbanisme qui aurait dû lui revenir, depuis que sa carrière l’a réorienté sur le conseil en France et à l’international faisant bénéficier d’autres territoires de son talent et de sa capacité visionnaire. C’est une grande perte pour le monde de l’urbanisme et un exemple à méditer à l’heure où le courage d’entreprendre semble moins à l’ordre du jour. » (La revue "Urbanisme" n°403).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 janvier 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Interview de "Lyon People" publiée le 29 août 2000.
Henry Chabert.
Raymond Barre.
Lucien Neuwirth.
Édouard Herriot.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170117-henry-chabert.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/henry-chabert-la-passion-de-lyon-200730

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/01/17/36056669.html


 

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 23:12

Né le 20 juillet 1934 à Montferrat, Gilbert Biessy fut technicien et engagé au parti communiste. Il fut élu au conseil municipal d'Échirolles, dans l'agglomération grenobloise, à partir du 14 mars 1971. Il fut élu maire d'Échirolles le 30 novembre 1981 pour succéder à Georges Kioulou (1916-2000), maire PCF depuis mai 1945. Gilbert Biessy fut constamment réélu jusqu'au 2 décembre 1999 où il céda la place à son dauphin Renzo Sulli. Grâce à l'effondrement du parti socialiste et du candidat socialiste sortant Jean-Pierre Luppi, Gilbert Biessy fut élu député communiste en mars 1993 (dans une circonscription regroupant les deux grandes villes communistes Échirolles et Saint-Martin-d'Hères). Il fut constamment réélu député jusqu'au 19 juin 2007. Il avait même été réélu en juin 1997 avec 100% des voix au second en raison du désistement de la candidate socialiste arrivée en deuxième place. Il ne se représenta pas aux législatives de juin 2007 et a soutenu son poulain Renzo Sulli contre le maire PCF de Saint-Martin-d'Hères René Proby (c'est le maire PS de Glières, Michel Issindou, qui fut finalement élu, et réélu en juin 2012). Il fut élu par ailleurs conseiller général de l'Isère du 22 mars 1982 au 17 avril 1993, vice-président du conseil général de l'Isère du 22 mars 1982 au 18 mars 1985 (sous la présidence de Louis Mermaz) et également président du syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération grenobloise de 1977 à 1985 et de 1995 à 2001.

SR


 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 16:03

Né en 1973, petit-fils de mineurs de La Mure, Fabrice Marchiol s'est engagé au RPR très tôt et a été élu conseiller municipal de La Mure, en Isère dans le Trièves.  Il a ensuite été élu maire de La Mure en mars 2001 (le plus jeune maire d'une ville de plus de 5 000 habitants), réélu en mars 2008 et en mars 2014 (avec 100% des voix), puis président de la Communauté de communes de la Matheysine, du Pays-de-Corps et des Vallées du Valbonnais. Il fut élu conseiller régional de Rhône-Alpes en mars 2004 et mars 2010 où il fut tête de la liste UMP en Isère. Depuis le 24 octobre 2014, il présidé le groupe de l'Union de la droite, du centre, et apparentés au Conseil régional de Rhône-Alpes. Il était candidat aux élections départementales comme suppléant. Il fut aussi vice-président de la Fédération hospitalière de France, porte-parole des arbitres de football en Rhône-Alpes, et est considéré comme un proche du Président du Sénat Gérard Larcher. Fabrice Marchiol s'est donné la mort le jeudi 5 mars 2015 matin chez sa mère à Ponsonnas, peu de temps après la mort de son père après une longue maladie. Le suicide a été confirmé le lendemain par le parquet de Grenoble. Il avait organisé une fête de Napoléon pour le 7 mars 2015. Il sera enterré le 12 mars 2015.

SR
 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 20:32

(dépêches)


La triple succession de Didier Migaud (PS) à Grenoble



http://www.grenews.com/article.jspz?article=18360&xtor=RSS-166
Migaud: "Difficile de succéder à Philippe Séguin" (+ réactions)
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Par Agence France Presse | le 23/02/10 à 14h04    

 
Le président PS de la commission des Finances Didier Migaud, le le 15 avril 2009, à l'Hôtel de Lassay à Paris
 
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"Je mesure l'honneur qui m'est fait ainsi que l'importance et la sensibilité de cette fonction. La Cour des comptes est une institution ancienne aussi prestigieuse qu'indispensable dans notre République", a aussi affirmé le futur-ex président de la Métro et député de l'Isère, cité dans un communiqué de la Cour des comptes.
Depuis le décès du gaulliste Philippe Séguin le 7 janvier dernier, la question de sa succession alimentait les rumeurs. "Comme lui, j'entends exercer cette fonction avec le souci de respecter et faire respecter les compétences et le rôle de la Cour des comptes", a souligné Migaud, qui a présidé pendant près de trois ans la prestigieuse commission des Finances.
En tant que Premier président, il va prendre la présidence du conseil supérieur de la Cour des comptes, du conseil supérieur des chambres régionales des comptes, de la Cour de discipline budgétaire et financière, du conseil des prélèvements obligatoires et du comité d'enquête sur le coût et le rendement des services publics, rappelle la Cour des comptes. Il prend également la responsabilité des 11 mandats de commissaire aux comptes d'organisations internationales, parmi lesquels l'Onu, l'Unesco, l'OMC, l'OCDE, et Interpol, précise le communiqué.
"Son installation en audience solennelle de la Cour des comptes aura lieu à une date ultérieure, qui sera communiquée prochainement", indique l'institution.

Trois questions à... Didier Migaud
A quelques semaines des élections régionales, qui s'annoncent difficiles pour l'UMP, votre nomination ne permet-elle pas au président Nicolas Sarkozy d'afficher l'ouverture, certains parlant même d'une prise de guerre?
"Je ne raisonne pas comme ça. C'est vrai que c'est de la part du président de la République une décision forte. Mais c'est une fonction de magistrat indépendant et inamovible. Je pense que le président le sait. Je suis sensible à la confiance qu'il exprime dans ma capacité à exercer cette fonction indépendante. C'est totalement différent des ministres d'ouverture. Ça n'a rien à voir. Une fois la personnalité nommée à la Cour des comptes, elle est indépendante et ne peut pas être renvoyée".
La Cour des comptes contrôle désormais le budget de l'Elysée, avec les polémiques que cela peut entraîner. Ne pourra-t-on pas vous accuser d'agir de façon partiale, en tant que socialiste?
"Ma fonction de premier président de la Cour des comptes implique pour moi de renoncer à tout engagement électif et partisan, qu'il s'agisse de mon mandat de maire ou de membre du parti socialiste. Je pense que je vais me mettre en retrait. Déontologiquement, je le conçois comme ça. Ceci étant, mon prédécesseur Philippe Séguin a été président du RPR. Et je reste un citoyen avec mes convictions, le président de la République le sait. Mais mes convictions n'ont pas à transparaître dans les fonctions que je suis amené à exercer".
Allez-vous continuer, dans vos nouvelles fonctions, à traquer les niches fiscales et les paradis fiscaux?¶
"Je suis dans une fonction différente. Cela dit, la Cour des comptes a pour mission de contrôler, de contribuer à la transparence et à l'amélioration de la gestion publique. Elle a également pour mission d'évaluer les politiques publiques. Ce sont des sujets sur lesquels la Cour s'exprime de façon indépendante, comme a pu le démontrer d'ailleurs Philippe Séguin, d'autant que les missions de la Cour des comptes ont été renforcées par la Lolf (nouvelle architecture des lois de finances, ndlr) et la révision constitutionnelle".




Voici quelques réactions "nationales"...

Christine Lagarde, ministre de l'Economie: "C'est un choix qui honore l'ouverture préconisée et démontrée par le président de la République. C'est formidable. C'est le choix de l'intelligence".
Jean-Marc Ayrault (président du groupe PS à l'Assemblée nationale) : "Après Pierre Joxe, Philippe Séguin, le président de la République n'avait pas de choix que de nommer une autre personnalité de haut niveau... Il a choisi une personnalité qui a fait les preuves de sa compétence et de son esprit d'indépendance. C'est une décision qui honore Didier Migaud et qui nous honore aussi".
François Sauvadet (président du groupe Nouveau centre à l'Assemblée) : "Didier Migaud, c'est la compétence, c'est le sérieux, c'est le respect. C'est un homme qui a des convictions et c'est une garantie du chef de l'Etat qu'il souhaite une démocratie apaisée, c'est-à-dire des postes de responsabilité qui soient confiés à des membres éminents de l'opposition".
Roland Muzeau (porte-parole des députés PCF) : "C'est la confirmation que Didier Migaud est un bon technicien mais c'est aussi la confirmation que le président de la République a décidé de semer le trouble dans le jeu politique en nommant quelqu'un qui est dans l'opposition".
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP : "La nomination d'un socialiste à la tête de la Cour des comptes, alors même que le président de la République a souhaité renforcer les pouvoirs de cette institution, en lui permettant notamment de contrôler les comptes de l'Elysée, est un nouveau signal donné à la volonté d'ouverture et de démocratie exemplaire voulue par l'exécutif. Contrairement à beaucoup, le président de la République met en concordance ses actes et ses paroles".
Jean-François Copé (patron des députés UMP): "J'en prends acte et évidemment, je lui adresse tous nos voeux de succès dans cette nouvelle mission". "C'est difficile pour moi de qualifier de bonne ou de mauvaise nouvelle les nominations. Il faut juger en fonction de l'action telle qu'elle sera conduite. J'ai beaucoup de respect et d'estime pour Didier Migaud, que je connais depuis longtemps".
Jean-Jack Queyranne (député, président PS de la région Rhône-Alpes): "Alors que notre pays connaît une flambée de ses déficits et une dégradation de ses comptes publics, il saura, par ses conseils et ses jugements, proposer les voies d'un redressement national".
Jean-Christophe Lagarde (député, président exécutif du Nouveau Centre): 'En nommant M. Migaud à la tête de l'institution de contrôle des comptes publics, le président de la République nous fait franchir un pas de plus vers une démocratie réelle, loin de ce que depuis 1958 certains ont pu appeler à juste titre la République des copains et des coquins".
Gérard Larcher (président UMP du Sénat): Didier Migaud "est un des plus fins connaisseurs des finances publiques". Il est "d'une réputation et d'une compétence incontestables". "Le choix du président de la République est un bon choix et procède d'une volonté républicaine que je soutiens".
Arnaud Montebourg (député PS): Didier Migaud, qui "a un parcours exemplaire de républicain passionné", est "l'homme de la situation que la République exige".
Benoît Hamon (porte-parole du PS): "Il s'agit de la nomination d'un homme indépendant et compétent" mais "la Cour des comptes n'est pas une institution politique et cette nomination ne vient modifier en rien notre détermination à rappeler que par ailleurs le Conseil constitutionnel devrait être composé de façon pluraliste".
Henri Emmanuelli (député PS): "La politique dite d'ouverture n'a qu'un seul objectif: brouiller les cartes et troubler l'électorat de gauche. C'est d'autant plus vrai que le président de la République et l'UMP paraissent être dans une mauvaise passe électorale (...) En revanche, de cette prétendue ouverture, on ne trouve jamais la moindre trace lorsqu'il s'agit des décisions politiques effectives. C'est pourquoi je regrette la décision de mon ami Didier Migaud d'avoir accepté cette nomination. Je le lui ai dit lorsqu'il m'en a informé une demi-heure avant qu'elle ne soit publique".
Jacques Le Guen (UMP, villepiniste), en référence à la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy : "A force d'ouvrir les fenêtres, on va attraper des courants d'air".
Michel Bouvard (UMP, vice-président de la commission des Finances): "La nomination d'un élu du suffrage universel, spécialiste des finances publiques, marque la volonté du président de la République et du Premier ministre de conforter l'action engagée par Philippe Séguin en faveur d'une Cour des comptes présente dans la vie publique dans le respect de l'équidistance entre les pouvoirs exécutif et législatif".
François Goulard (UMP, villepiniste) : "Le problème est de nommer à la tête d'une juridiction un homme politique. Séguin, lui, était issu de la cour des comptes". M. Goulard craint une "manoeuvre politique" telles les nominations au gouvernement des socialistes Jean-Marie Bockel et Eric Besson et donc une "instrumentalisation" de la Cour des comptes.
Yves Jégo, vice-président du Parti Radical, député: c'est "un signe de plus que sarkozysme ne rime vraiment pas avec sectarisme". "Nommer un socialiste président de la Cour des comptes, c'est-à-dire contrôleur général de l'utilisation des impôts des Français, n'est pas seulement un signe d'ouverture mais plus fondamentalement l'incarnation d'une volonté de construire une République équilibrée".
Aurélie Filipetti, députée PS de Moselle: "Je suis très heureuse de la nomination de mon ami Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes. Ses compétences et son souci de justice seront un atout pour notre pays aujourd'hui dirigé par des clans et miné par les déficits publics". Didier Migaud "est sans conteste l'homme de la situation. Grand député, président de la commission des finances incontesté, il sera un remarquable président de la cour des comptes".


...et quelques réactions locales

Geneviève Fioraso, Michel Destot, François Brottes et Michel Issindou (communiqué): "Cette nomination particulièrement méritée est la juste reconnaissance des très grandes compétences de Didier Migaud. Rapporteur général du budget entre 1997 et 2002, père de la Loi Organique relative aux lois de Finances (LOLF) qui a révolutionné l'instruction budgétaire du Projet de Loi de Finances, Didier Migaud aura été depuis 2007 un Président de la Commission des Finances indépendant et respecté sur l'ensemble des bancs de l'Assemblée nationale. Nous sommes convaincus qu'il aura à coeur de mettre ses compétences, à la suite de ses prédécesseurs Pierre Joxe et Philippe Séguin, prématurément disparu, au service de cette mission d'analyse et de contrôle de l'utilisation des fonds publics, dont la pérennité et l'indépendance sont garanties par le caractère inamovible attaché à sa fonction. Nous tenons évidemment à rendre également hommage à l'action qu'il aura conduite en Isère, à Seyssins, dans l'agglomération grenobloise et dans la 4ème circonscription".
Erwann Binet, premier secrétaire du PS isérois (communiqué): "La nomination de Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes est un choix judicieux car il s’agit d’un homme dont la compétence est unanimement reconnue dans le domaine des finances publiques. Les socialistes de l’Isère qui ont longtemps accompagnés Didier Migaud dans son action à Seyssins, à la Métro et dans sa circonscription, lui souhaite plein de succès dans ses nouvelles fonctions. Pour nous, le combat politique continue et en Isère et comme dans toute la France, les socialistes vont continuer à s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement et à préparer une alternative crédible pour 2012".
Bernard Soulage, conseiller régionale, tête de liste en Isère (communiqué): "La nomination de Didier Migaud souligne l’itinéraire d’un homme au service de l’intérêt général et du parti socialiste. Son nouveau statut de Haut Magistrat dans un organe indépendant lui permettra d’exprimer pleinement ses qualités et ses connaissances en matière de finances publiques. Il est certainement le mieux placé pour prendre consciences des enjeux nationaux mais aussi des collectivités locales en termes de gestion des finances publiques et d’évaluation des politiques publiques. En témoigne son travail d’élu local avec la région Rhône-Alpes pendant lequel il a toujours apporté un soutien sans faille".


http://www.grenews.com/didier-migaud-devient-president-de-la-cour-des-comptes-@/article.jspz?article=18350
Didier Migaud devient président de la Cour des comptes
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Par Agence France Presse ,  La Rédaction de Grenews | le 22/02/10 à 23h29    

 
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Le nom du nouveau premier président de la Cour des Comptes a été annoncé mardi à l'issue du Conseil des ministres, par la ministre de l'Economie Christine Lagarde. C'est par un décret du chef de l'Etat qu'a été nommé le successeur de Philippe Séguin. Et comme prévu ces dernières heures, et comme chuchotté dès lundi sur Grenews.com, c'est le président PS à la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud qui a été désigné.
Outre la situation de Migaud, cette décision va bien faire bouger les choses en Isère. Qui deviendra président de la Métro? Député de la 4e circonscription? Maire de Seyssins?


http://www.grenews.com/apres-migaud-quel-nouveau-president-pour-la-metro--@/article.jspz?article=18359
Après Didier Migaud, quel nouveau président pour la Métro ?
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Par Stephane ECHINARD | le 23/02/10 à 15h27    

 
Didier Migaud et Michel Destot
 
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0 commentaire La nomination de Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes, officielle depuis ce mardi matin, va sacrément redistribuer les cartes en Isère, puisque celui qui succède à Philippe Séguin devra abandonner ses mandats. Trois questions se posent alors, auxquelles le PS local aura à répondre à court terme, bien occupé qu'il est déjà avec les régionales: qui va devenir président de la Métro? Qui sera maire de Seyssins? Qui "récupérera" le fauteuil de député de la 4e circonscription?
Voici un peu de politique fiction. 

Pour la députation, jusqu'ici, la suppléante de Migaud était Marie-Noëlle Battistel, par ailleurs maire de La Salle-en-Beaumont et deuxième sur la liste du PS en Isère pour les régionales. Il y aura, on le sait, une législative partielle, mais on voit mal comment Battistel pourrait ne pas être la candidate socialiste. C'est en tout cas ce qu'on nous murmure, ici ou là. "Mais n'oubliez pas Christophe Ferrari, le jeune maire de Pont-de-Claix", ajoute au téléphone un fin connaisseur du PS dans l'agglo. Avant de convenir, quelques secondes plus tard, que c'est "avantage Battistel. Parce qu'il faut que ça se fasse dans la sérénité". Comprendre: le PS veut éviter la guerre interne sur la 4e, lui qui devra livrer bataille contre la droite (Fabrice Marchiol? Plus sûrement Frédérique Puissat?), à l'appétit aiguisé par le départ de l'invincible Migaud. 

La mairie de Seyssins maintenant. Deux noms reviennent en coulisses pour prendre la suite de celui qui était maire depuis 1995. Le premier adjoint historique Michel Baffet et aussi, et peut-être surtout, celui qui est présenté comme l'héritier, en charge des plus gros dossiers (Urbanisme et environnement, vie des quartiers et déplacement): Fabrice Hugelé.

Pour la Métro, depuis quelques heures, le nom de Destot circule...


Reste la Métro. Où ça s'agite déjà, dans les communes, dans les couloirs et dans les bureaux. Avec, a priori, quatre candidats potentiels. Peut-être cinq même, en ajoutant la première vice-présidente, la Grenobloise Geneviève Fioraso. Elle aime la Métro. Mais elle n'est pas maire. "Or philosophiquement, à la Métro, c'est rédhibitoire", nous confient deux bons spécialistes du dossier "agglo", qui pensent que "les maires ne voteront jamais pour une adjointe". Passons.
 
Du coup, on a cherché du côté des maires de l'agglo. Et des socialistes, forcément. Et on a rapidement trouvé quatre noms sortant plus ou moins du chapeau.
Christophe Ferrari, jeune, ambitieux, non-cumulard, pourrait-il être tenté, au moins, de prendre date? Grenews.com l'a appelé. Il n'a pas dit oui, il n'a pas dit non. En fait, il n'a pas dit grand-chose: "La nomination de Didier Migaud n'est officielle que depuis peu. Nous sommes tous potentiellement candidats, donc il faut regarder, faire le point", mais "c'est sûr, le poste est sympa". Pas facile malgré tout de marcher jusqu'à la présidence avec un petit caillou dans la chaussure: le fait d'avoir "piqué" aux communistes la mairie de Pont-de-Claix.

Du non-cumulard, on passe au super-cumulard Marc Baïetto, qui pourrait succéder au super-super cumulard Migaud. Baïetto, maire d'Eybens, président du SMTC, "monsieur" déplacements et transports au conseil général et à la Métro, nous avait dit "pourquoi pas?" quand on avait évoqué les prochaines sénatoriales. Mais maintenant que l'agglo lui tend les bras... Son point fort? Une légitimité difficilement contestable. Son Point faible? Baïetto président, ce serait reparti pour une grosse redistribution des cartes. "Je pense que ce sera lui", nous dit un opposant écologiste. "Je mets une pièce sur Baïetto", nous écrit un opposant de droite. "Possible, mais compliqué", glisse-t-on dans la majorité.

Sur la voie du milieu, Michel Issindou, député-maire de Gières, vice-président de la Métro et très proche de Migaud, peut très bien mettre tout le monde d'accord. Issindou qui, lorsque Grenews.com l'avait interviewé il y a quelques mois, avait avoué son intérêt pour la place. "La Métro, c'est un très beau mandat. Je soutiens Migaud tant qu'il sera là, mais s'il y avait eu une opportunité (...) Mais la question ne se pose pas. Migaud est là jusqu'en 2014", disait-il alors. Nous sommes en 2010 et Migaud n'est plus là... "La première des choses est évidemment de féliciter Didier Migaud, ce que je viens de faire à l'instant. J'ai évidemment aussi un peu de peine de le voir quitter l'Isère". Oui, ok, très bien, mais la présidence? "C'est trop tôt pour en parler... Disons que oui, je vous répète ce que je vous avais dit la dernière fois. Je fais peut-être partie de ceux qui... Oui, je suis dans ces eaux-là... Mais je vais en rester là, sinon, je vous dirais des conneries". Une connerie du genre annoncer précipitamment qu'il est candidat? Par exemple...

Et Grenoble dans tout ça? Et pourquoi pas Michel Destot? Le nom du député-maire de Grenoble revient avec insistance depuis quelques heures. "Il a des soutiens", nous dit l'un. "Il n'ira que s'il est sûr de gagner", nous dit l'autre. "En tout cas, il aura son mot à dire", parce que maire de la ville-centre qui pèse seize conseillers communautaires, 40% de la population, 40% du budget... Lui aussi devra composer avec le cumul des mandats... Sachant que succéder à Migaud serait, aussi, une façon de passer le témoin, en douceur, à son premier adjoint grenoblois Jérôme Safar.
Dans l'après-midi, on apprenait que Destot avait proposé à Michel Issindou et à Marc Baïetto une rencontre d'ici la fin de semaine. Une manière de dire que Destot, on l'a écrit plus haut, aura son mot à dire dans le processus de désignation du successeur de Migaud. Ce qui reste à savoir, c'est s'il à vraiment envie d'y aller, lui. Selon nos informations, il ne serait pas contre. Traduction: il en aurait plutôt très envie.



A lire également :


http://www.paperblog.fr/2862308/andre-vallini-en-nouvel-homme-fort-de-l-isere/
POLITIQUE, SOCIÉTÉ

André Vallini en nouvel homme fort de l'Isère
Publié le 23 février 2010 par Jonathan Bonzy
La nomination de Didier Migaud à la tête de la Cour des Comptes change la donne en Isère. La nomination de Didier Migaud ouvre la tenue d'une élection législative partielle dans les prochaines semaines. Cette élection marquera le début probable d'une vaste réorganisation. La première va concerner la Métro. Le nom de Geneviève Fioraso est le plus prononcé pour accéder à la Présidence de la Métro. Cette situation renforcerait considérablement la position de la Députée de Grenoble-Meylan qui s'est déjà distinguée dans la conduite de la politique économique. La seconde succession importante, outre la Mairie de Seyssins, concerne la circonscription. Le PS peut compter sur plusieurs candidats légitimes car il compte de nombreux Conseillers Généraux et des élus municipaux dans cette géographie. Il est possible d'imaginer que la suppléante de Didier Migaud devienne candidate titulaire. Brigitte Périllié, élue cantonale du plus peuplé canton de la circonscription, peut également prétendre à cette élection. Il est aussi question de M. Pichoud du Canton de l'Oisans. Plusieurs maires dont celui de Pont de Claix peuvent également être des candidats performants. A droite, dans de telles circonstances, les usages veulent d'ordinaire que la candidature du dernier opposant soit retenue à savoir Yann Casavecchia. Cette circonscription compte également d'autres profils qu'il s'agisse d'élus locaux ou d'élus de partis. L'enjeu résidera dans la détermination des conditions de l'union. En réalité, plus fondamentalement, c'est le début de la bataille de l'héritage qui va s'ouvrir au sein du PS Isérois. Le plus jeune des leaders PS André Vallini n'est pas concerné. Il est désormais l'homme fort du département. Pour Grenoble et son agglomération, c'est le début de la nouvelle donne qui doit s'engager de façon accélérée. Il reste au PS à trouver une relève aussi talentueuse. Ce n'est pas un mince défi. Dans cette nouvelle donne, André Vallini s'installe désormais comme l'homme fort du PS sur l'ensemble du Département de l'Isère. Il incarne un socialisme réformateur, soucieux de principes forts mais aussi admirateur reconnu d'un gaullisme social et institutionnel.




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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 18:31

(dépêche)


Les obsèques de Collomb mercredi à St Jean       

Écrit par Gérald Bouchon   sur LYON PREMIERE
http://www.lyonpremiere.info/site/index.php?option=com_content&view=article&id=1515:les-obseques-de-collomb-mercredi-a-st-jean&catid=7:lactualite&Itemid=15

Samedi, 25 Juillet 2009 00:26 

Francisque Collomb, maire de Lyon (app-UDF) de 1976 à 1989, jusqu'à ce que Michel Noir le batte, et sénateur pendant 27 ans, est décédé vendredi à l'âge de 98 ans.

"J’ai eu plaisir, après lui avoir succédé, par profond respect de sa personne, à l’associer aux évènements de la cité et à le consulter", a réagi Michel Noir, "tombeur" de Francisque Collomb, aux élections municipales de 1989: un duel fratricide entre le "jeune" et l'"ainé".

"Profondément respectueux des personnes, à commencer par les membres de son opposition, qualités remarquables dans l’univers politique, il n’était pas homme calculateur mais direct et loyal", commente encore le Grand (surnom de Michel Noir).

"Son action aura marqué l'histoire de Lyon", a affirmé pour sa part Gérard Collomb: l'actuel maire PS qui n'a aucun lien de parenté avec son homonyme, a cité sur l'antenne de Lyon 1ère, parmi ses réalisations la Gare de la Part-Dieu, l'achèvement des lignes A et B du métro en 1978, ainsi que le lancement de la Cité Internationale.

"Son influence a facilité l'implantation à Lyon du siège d'Interpol", renchérit G. Collomb.

Dans une émission spéciale réalisée sur Lyon 1ère en janvier 2006, Francisque avait raconté comment il avait convaincu Raymond Kendall, le secrètaire général d'Interpol à l'époque, d'installer Interpol à Lyon.

Oouvrier chez un vitrier, F. Collomb monte peu à peu l'échelle sociale à force de ténacité, tout en étudiant le soir la comptabilité.

Il finit par devenir chef d'entreprise dans les années 1940 avant de se lancer dans la politique en mars 1959, lors des élections municipales.

Elu conseiller municipal sur la liste d'un opposant à Louis Pradel, successeur d'Edouard Herriot à l'Hôtel de ville, il finit par lui succéder à la mairie en 1976.

Marié et père de trois enfants, officier de la Légion d'honneur, il a aussi été élu sénateur du Rhône de 1968 à 1995 et a a été député européen en 1979 pour un seul mandat.

A 98 printemps, il était toujours PDG de sa société CHIMICOLOR, dans laquelle il passait tous les jours, comme il se rendait toutes les semaines dans son bureau de "Maire Honoraire" à l'Hotel de Ville de Lyon, allant jusqu'à se faire remettre les derniers dossiers, dans le feu de l'actualité...

Ses obsèques sont prévues mercredi matin à Lyon, à la Primatiale Saint-Jean. La Ville de Lyon met ses drapeaux en berne et met à disposition des Lyonnais un Livre d'Or pour qu'ils puissent hommage à celui qui n'est parvenu à battre le record de longévité d'Antoine PINAY (102 ans), challenge qu'il avait pourtant lancé sur Lyon 1ère en 2006...
 



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