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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 06:12

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. » (De Gaulle, 1954).


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Double anniversaire que le 18 juin 2015, la bataille de Waterloo, en 1815, et voici l’appel à la résistance des Français libres.


L’Appel du 18 Juin

Pour comprendre l’Appel du 18 Juin, il est intéressant de connaître la chronologie politique précise de mai et juin 1940 (je recommande "L’Histoire de la France au XXe siècle" de Serge Berstein et Pierre Milza). Paul Reynaud a été nommé Président du Conseil le 22 mars 1940, en succédant à Édouard Daladier. Dans son gouvernement, il avait entre autres nommé, outre Daladier, Camille Chautemps, Georges Mandel, Albert Sarrault, Henri Queuille, Anatole de Monzie, Louis Marin, Robert Schuman, Louis Jacquinot, Joseph Laniel, Auguste Champetier de Ribes, Paul Baudouin, Yvon Delbos. et Yves Bouthillier.

Le 10 mai 1940, les nazis ont commencé une offensive massive contre la France en envahissant la Belgique (contournant l’inutile ligne Maginot). Le 18 mai 1940, Reynaud se nomma à la Guerre et Philippe Pétain à la Vice-Présidence du Conseil. À partir de mai, les ministres furent très divisés sur les décisions à prendre, entre poursuivre les combats et négocier avec les nazis l’arrêt des combats. Reynaud, Mandel, Delbos, Louis Marin et De Gaulle étaient contre l’armistice, Pétain, Bouthillier, et quelques autres pour l’armistice. Le général Maxime Weygand, qui n’était pas au gouvernement mais placé à la tête des armées françaises depuis un mois, était lui aussi favorable à l’armistice.

Venant d’être promu général de brigade (le 25 mai 1940), Charles De Gaulle fut nommé par Paul Reynaud le 6 juin 1940 Sous-Secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale rapportant directement à Reynaud responsable aussi de la Guerre. Nommé malgré l’opposition de plusieurs ministres : De Gaulle était connu pour ses vues très modernes et la certitude qu’il fallait tout miser sur la motorisation, en particulier les blindés et l’aviation (thèse exposée dans son livre "Vers l’armée de métier" publié en 1934 chez Berger-Levrault). Beaucoup dans la classe politique, dont Léon Blum, voyaient dans cette proposition de créer un corps de manœuvre professionnel le moyen de faire un coup d’État. En mission à Londres le 9 juin 1940, De Gaulle y rencontra Winston Churchill pour la première fois. Il retourna ensuite à Paris.

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En raison de l’avance des nazis, le gouvernement de Paul Reynaud quitta Paris le 10 juin 1940 pour Orléans puis Tours. Churchill et Anthony Eden (son Ministre de la Guerre) rencontrèrent les membres du gouvernement français les 11 et 12 juin 1940 au château du Muguet, près de Briare (dans le Loiret), dans le cadre du conseil suprême interallié. Churchill a compris très vite que seul De Gaulle avait une vision plus large que les considérations franco-allemandes : « Notre conversation fortifia la confiance que j’avais dans sa volonté. Lui-même en retint sans doute que De Gaulle, bien que démuni, n’en était pas moins résolu. » (De Gaulle dans "Mémoires de guerre"). Churchill confirma aussi par la suite : « [De Gaulle] était jeune et énergique et m’avait fait une impression très favorable. Je croyais probable que si la ligne actuelle s’effondrait, Reynaud lui demanderait de prendre le commandement. ». Après une nouvelle réunion interalliée à Tours le 13 juin 1940, le gouvernement Reynaud se réfugia le soir à Bordeaux.

De ce gouvernement, seuls Reynaud, De Gaulle, Delbos, Mandel et Louis Marin étaient vraiment favorables à la poursuite des combats malgré l’avancée allemande. De Gaulle quitta Bordeaux pour Rennes le 15 juin 1940 (pour sonder les capacités de la Bretagne à résister aux nazis) puis arriva le soir à Brest pour traverser la Manche la nuit et déjeuner avec Churchill le 16 juin 1940 à Londres à propos d’un projet d’Union franco-britannique initié par Jean Monnet. Churchill avait donné son feu vert. De Gaulle téléphona alors à Paul Reynaud : « Je viens de voir Churchill. Il y a quelque chose d’énorme en préparation au point de vue entité entre les deux pays. Churchill propose la constitution d’une gouvernement unique franco-britannique et vous, Monsieur le Président, pouvez être Président du cabinet de Guerre franco-britannique. » (selon l’historien Jean-Pierre Guichard le 16 juin 2008). L’idée était surtout de garder la maîtrise de la flotte française, la seconde plus puissante d’Europe que les nazis ne devaient pas contrôler.

L’historien Jean-Baptiste Duroselle, qui commenta les "Mémoires de guerre" de De Gaulle, observa : « Signalons, à propos de cette courte et dramatique période, deux points essentiels : le sens de l’État que manifeste l’auteur lorsque, le 10 juin, Weygand lui dit : "Avez-vous quelques chose à proposer ? – Le Gouvernement, répondis-je, n’a pas de propositions à faire mais des ordres à donner. Je compte qu’il les donnera". Il y a là la clé de son action ultérieure. D’autre part, l’interprétation qu’il donne du projet d’Union franco-britannique du 16 juin, simple aliment destiné à ranimer les énergies des adversaires de l’armistice, plutôt que projet sérieux, vient confirmer des conclusions auxquelles nous étions déjà arrivés. » (1955).

Les nazis entrèrent dans Paris le 14 juin 1940. Reynaud n’a pas eu le courage de limoger Weygand. Finalement, en désaccord avec une supposée petite majorité des ministres qui souhaitaient l’armistice, Paul Reynaud démissionna le 16 juin 1940. Sur l’erreur d’appréciation de penser que la négociation avec Hitler serait un échec, le Président de la République Albert Lebrun nomma Philippe Pétain à la tête du gouvernement. Dans son gouvernement dans lequel participaient deux socialistes avec l’accord de Léon Blum, Pétain nomma Weygand Ministre de la Défense nationale (jusqu’au 6 septembre 1940), et François Darlan Ministre de la Marine. Il n’intégra Pierre Laval que le 23 juin 1940 comme Vice-Président du Conseil. Pétain fit immédiatement « don de [sa] personne à la France » et prépara aussitôt l’armistice : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. » (17 juin 1940). Celle-ci fut signée le 22 juin 1940 à Compiègne au même endroit que la capitulation allemande du 11 novembre 1918, en signe de revanche.

À Bordeaux le matin même et retourné à Londres le 17 juin 1940, De Gaulle a pu se mettre d’accord avec Churchill pour bénéficier de la BBC dès l’annonce de la "capitulation" française. Ce fut donc le 18 juin 1940 en fin d’après-midi que De Gaulle a répondu à Pétain : « (…) Rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire Britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. (…) Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général De Gaulle actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver avec leurs armes ou sans leurs armes (…), à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. » (Ce texte a été longuement discuté au conseil des ministres britannique, la plupart des ministres souhaitaient encore ménager Pétain mais Churchill a mis tout son poids politique pour soutenir De Gaulle).

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Le 20 juin 1940, plusieurs parlementaires et ministres embarquèrent au bord du Massilia pour atteindre Alger. Ils voulaient résister en Afrique du Nord mais furent arrêtés par les troupes françaises sous commandement de Pétain. Parmi eux, Jean Zay, Georges Mandel, Pierre Mendès France et Yvon Delbos, ministre de Reynaud mais aussi Ministre des Affaires étrangères de Léon Blum et candidat à l’élection présidentielle de décembre 1953.

Le 22 juin 1940, De Gaulle proclama à la BBC : « L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. ». Ces appels quotidiens furent à l’origine de sa condamnation à mort par contumace le 2 août 1940 par le tribunal militaire de la 13e Région à Clermont-Ferrand et de la déchéance de sa nationalité française le 8 décembre 1940 (par décret).

Le texte de l’appel du 18 Juin est un peu différent de celui de l’affiche qui fut diffusée en Grande-Bretagne quelques semaines plus tard avec cette fameuse phrase : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! » (3 août 1940).

Amoureux de la France comme Péguy, De Gaulle n’avait eu aucun souhait de représenter la France à Londres. Il avait été très déçu par la classe politique en général et à part Paul Reynaud qui était épuisé psychologiquement et blessé le 28 juin 1940 dans un accident de la route où sa fiancée fut tuée (il fut arrêté le 7 septembre 1940 et libéré seulement le 7 mai 1945), personne ne l’avait soutenu pour continuer les combats (il voulait prendre l’Afrique du Nord comme base arrière).

Résultat, ce n’était que lui, petit général de brigade à titre temporaire inconnu et sous-secrétaire d’État, pas même ministre, qui allait devoir négocier la France avec le chef du gouvernement britannique : « Quant à moi, qui prétendais gravir une pareille pente, je n’étais rien au départ. À mes côtés, pas l’ombre d’une force, ni d’une organisation. (…) Mais ce dénuement même me traçait ma ligne de conduite. C’est en épousant, sans ménager rien, la cause du salut national que je pourrais trouver l’autorité. (…) Bref, tout limité et solitaire que je fusse, et justement parce que je l‘étais, il me fallait gagner les sommets et n’en descendre jamais plus. » ou encore : « Je m’apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d’un océan qu’il prétendrait franchir à la nage. (…) Devant le vide effrayant du renoncement général, ma mission m’apparut, d’un seul coup, claire et terrible. En ce moment, le pire de son histoire, c’était à moi d’assumer la France. » ("Mémoires de guerre"). Cela expliqua aussi le dégoût que pouvait avoir De Gaulle vis-à-vis des partis politiques qui ont tous failli en juin 1940.

Il faut aussi lire l’excellente autobiographie de Daniel Cordier (94 ans), révolté à 17 ans par le discours de Pétain du 17 juin 1940 et qui a embarqué à Bayonne le 21 juin 1940 pour Londres, futur secrétaire de Jean Moulin ; il était pourtant maurassien, mais fut choqué que Charles Maurras prît le parti des occupants ("Alias Caracalla" publié le 15 mai 2009 chez Gallimard).

Pour complément, la première allocution de De Gaulle à la BBC, l’appel du 18 Juin, ne fut pas enregistré par la BBC car les techniciens de la BBC étaient surtout préoccupés par une allocution radiodiffusée de Churchill au peuple britannique qui lui promettait « du sang, de la sueur et des larmes ».

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C’était donc avec une grande émotion que je suis passé pour la première fois devant le 3 Carlton Gardens dans le quartier St. James à Londres, qui fut le quartier général de De Gaulle, devant sa statue, comme un témoignage historique du soutien indéfectible de Churchill à la France libre (le futur Napoléon III résida au 1 Carlton Gardens de 1840 à 1841).


Dans le prochain article, j’évoquerai les deux figures presque légendaires que furent Napoléon et De Gaulle.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le Congrès de Vienne.
Victor Hugo.
De Gaulle.
Les valeurs du gaullisme.
L’héritage du gaullisme.
Péguy.
Pétain.
Hitler.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150618-napoleon-de-gaulle-2.html

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 06:45

« Il fallut donc songer à établir un chef suprême qui fût l’enfant de la Révolution, un chef en qui la loi corrompue dans sa source, protégeât la corruption, et fît alliance avec elle.  Des magistrats intègres, fermes et courageux, des capitaines renommés par leur probité autant que pour leurs talents s’étaient formés au milieu de nos discordes ; mais on ne leur offrit point un pouvoir que leurs principes leur auraient défendu d’accepter. On désespéra de trouver parmi les Français un front qui osât porter la couronne de Louis XVI. Un étranger se présenta : il fut choisi. » (Chateaubriand, 1814).


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Ce jeudi 18 juin 2015 rappelle deux dates essentielles de l’Histoire de France. Il y a soixante-quinze ans, ce fut le fameux appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle au micro de la BBC à Londres qui encouragea tous les Français à poursuivre les combats contre les nazis. Mais aussi, il y a deux siècles exactement, a eu lieu la désastreuse bataille de Waterloo, dernière tentative de l’empereur Napoléon Ier à reprendre le dessus sur une Europe coalisée qui ne l’avait pas attendu pour se figer dans une posture contre-révolutionnaire.

Napoléon et De Gaulle. De Gaulle, selon le mot d’André Frossard, qui est « un Napoléon qui aurait fait carrière à l’envers à partir d’une île anglaise ».

C’est un hasard des dates mais cela permet d’amener le parallélisme entre deux géants qui ont façonné la France et l’Europe. De ces deux événements, l’un est venu en réaction contre la future politique de collaboration de Philippe Pétain, et c’est le début de la grande épopée gaullienne qui a fini le 28 avril 1969 dans le discrédit démocratique. L’autre a été la conséquence désolante de la volonté belliqueuse et mégalomaniaque du prince de l’île d’Elbe (il n‘était plus que cela), et c’est la fin de la grande épopée napoléonienne qui avait commencé le 2 mars 1796 avec son génie militaire dans la campagne d’Italie.


La bataille de Waterloo

Napoléon a réussi à reconquérir en vingt jours le pouvoir après être remonté de Golfe-Juan à Grenoble, puis jusqu’aux Tuileries à Paris. Le 20 mars 1815, il délogea le roi Louis XVIII en fuite à Gand et redevint empereur des Français pour les Cent-Jours. Son objectif, comme toujours, était à la fois personnel et mondial, ses intérêts et sa vision géostratégique. Ne pas rester sous-employé et surqualifié à l’île d’Elbe (et éviter une déportation plus lointaine) et ne pas faire perdre à la France les territoires qu’elle avait conquis pendant ses campagnes.

Avant d’être une gare TGV à Londres (!), Waterloo était d’abord une commune belge (jumelée maintenant avec Rambouillet, ville de Gérard Larcher) située quelques kilomètres au sud de Bruxelles. La bataille se déroula un peu plus loin, sur une « morne plaine » (selon Victor Hugo dans "L’Expiation", poème inclus dans "Les Châtiments" publié en 1853) et la bataille prit le nom de la commune parce que Wellington avait installé son quartier général dans la commune.

« Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
Ô Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas ! »

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Waterloo fut donc le dernier chant du cygne avant extinction napoléonienne. En face de l’armée française (72 000 hommes) commandée par Napoléon et le maréchal Ney, l’armée prussienne du maréchal Blücher (33 000 hommes) et les autres armées coalisées contre l’empereur (25 000 Britanniques,17 000  Néerlandais et 26 000 Allemands) commandées par Wellington, que certains historiens ont décrit comme un Churchill avant l’heure, militaire, politique et diplomate.

Préférant prendre l’initiative de l’affrontement, Napoléon s’avança en Belgique et voulait séparer Blücher et Wellington. Il parvint à prendre le dessus sur l’armée prussienne mais une erreur de Ney l’empêcha d’être définitivement victorieux sur les Prussiens. Après leur retraite, les Prussiens ont en effet pu rejoindre l’armée de Wellington sur la fameuse plaine devenue boueuse à cause de fortes pluies. Les renforts prussiens ont permis à Wellington de repousser l’offensive française. À la fin, ce fut un désastre pour l’armée française, une véritable débandade malgré sa légère supériorité (en canons notamment). La bataille coûta la vie à environ 10 000 hommes (plus 4 000 disparus), et les quatre jours de campagne de Belgique ont coûté au total la vie de 24 000 hommes (dont 12 000 soldats français).

La légende a voulu que Cambronne (1770-1842) fût commandant du dernier carré de la Vieille Garde et répondit à Colville, le général britannique qui le somma de se rendre : « La Garde meurt mais ne se rend pas ! » puis, après l’insistance du Britannique, ajouta son fameux mot. Néanmoins, cette double réplique fut contestée par Cambronne lui-même : « Je n’ai pas pu dire "la Garde meurt mais ne se rend pas", puisque je ne suis pas mort et que je me suis rendu ! ». C’est surtout Victor Hugo qui conforta cette rumeur : « Cambronne à Waterloo a enterré le Premier Empire dans un mot où est né le second. » et aussi dans "Les Misérables" : « Dire ce mot, et mourir ensuite. Quoi de plus grand ! car c’est mourir que de le vouloir, et ce n’est pas la faute de cet homme, si, mitraillé, il a  survécu. (…) L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne. Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre. » (30 mars 1862).

De nombreux écrivains et humoristes se sont emparé de cette (probablement fausse) anecdote et j’en citerai volontiers deux parmi eux, Tristan Bernard : « Cambronne, on y pense avec peine, Ne se montra pas bien français : Crier aux ennemis le mot qui porte veine, C’était fatalement assurer leur succès. » et Jean Yanne : « Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui. ».

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La conséquence immédiate fut l’abdication définitive de Napoléon Ier le 22 juin 1815 et sa déportation à l’île Sainte-Hélène. Quant aux frontières de la France, elles ont été revues à la baisse, mais le Congrès de Vienne n’avait pas attendu cette campagne de Belgique pour finaliser le partage de l’Europe puisque l’Acte final fut signé le 9 juin 1815. Le Traité de Paris signé le 20 novembre 1815 replaça la France dans ses frontières de 1790 (à l’exception de quelques anciennes enclaves).


Dans le prochain article, j’évoquerai l’appel du 18 Juin.


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Pour aller plus loin :
Le Congrès de Vienne.
Victor Hugo.
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L’héritage du gaullisme.
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Pétain.
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 00:03

L'acte final du Congrès de Vienne qui conclut neuf mois de conférence internationale mondaine et diplomatique à Vienne en 1814 et 1815 contient cent vingt et un articles. On peut les télécharger en deux fichiers.

Cliquer sur le lien pour télécharger le Traité de Vienne de 1815 (fichiers .pdf) :
http://storage.canalblog.com/74/15/1344545/104636192.pdf
http://storage.canalblog.com/70/84/1344545/104636211.pdf

Sur le sujet, lire :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-124164448.html

SR


 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 06:40

« Ce n’est pas dans les aventures de caractère révolutionnaire qu’une amélioration peut être trouvée ; (…) il faut assurer la paix, établir la justice, servir le progrès social, préserver les institutions républicaines. » (Jean Zay, 1932).


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Quatre personnalités hors du commun viennent d’être célébrées, ce mardi 26 mai 2015, à la cour d’honneur de la Sorbonne, à Paris. Quel retour de l’histoire pour celui qui fut insulté par Céline dans son pamphlet antisémite "Bagatelles pour un massacre" : « Vous savez sans doute que sous le patronage du négrite juif Jean Zay, la Sorbonne n’est plus qu’un ghetto. Tout le monde le sait. Mais il existe encore un sous-ghetto (...), et qui s'intitule (pour les têtards assujettis) "L'École Pratique des Hautes Études". Une synagogue en surpression ! » (1937). Jean Zay avait déjà été honoré par la France dans le grand amphi de la Sorbonne le 27 juin 1947.

Ce mercredi 27 mai 2015, leurs cendres vont être transférées au Panthéon. On pourra toujours ironiser sur ce culte républicain de panthéonisation, à la fois arbitraire et religieux, dans la grande tradition catholique des canonisations. Néanmoins, en ces temps incertains où les mémoires sont de plus en plus courtes, il n’est pas inutile de rendre hommage à des grands personnages de la nation qui furent de grands patriotes et de grands républicains : Germaine Tillion (1907-2008), Geneviève Anthonioz-De Gaulle (1920-2002), Pierre Brossolette (1903-1944) et Jean Zay (1904-1944).

Je souhaite m’arrêter plus particulièrement sur Jean Zay qui, de ces quatre personnalités, est sans doute celle qui a eu, injustement, le moins de notoriété et j’applaudis la décision du Président François Hollande annoncée le 21 février 2015 d’honorer sa mémoire aux côtés des trois autres.

Il serait néanmoins inexact d’évoquer pour lui un acte de Résistance puisqu’il n’en a pas eu le temps. Revenons rapidement sur sa trajectoire.

Comme le montrent déjà les dates, il fut un précoce de la méritocratie républicaine telle que la IIIe République savait en former au début du siècle dernier. Né le 6 août 1904 à Orléans, Jean Zay fut le fils d’un radical d’origine juive alsacienne et d’une protestante. Pourquoi me suis-je senti obligé d’évoquer ses origines religieuses ? Parce que Jean Zay, élevé dans la religion protestante, a été avant tout un laïque, un libre penseur comme son père qui avait quitté le judaïsme, adhérent dès le lycée des Jeunesses laïques et républicaines, puis un peu plus tard, le 24 janvier 1926, initié au Grand Orient de France, et donc peu porté vers les religions. Pour les Juifs, cette caractéristique se transmet par la mère, mais comme pour de nombreuses personnes d’origine juive, ce furent les antisémites qui en ont "fait" des Juifs. Et la foi, de toute façon, ne s’impose jamais pas le sang ni la génétique.


Un parlementaire très actif

Brillant lycéen et étudiant en droit, il est devenu avocat à Orléans en 1928, à l’âge de 24 ans. Engagé politiquement trois ans auparavant au sein du Parti radical, le principal parti républicain à l’époque, celui d’Édouard Herriot, il fut élu député du Loiret en battant le député sortant, grand notable fortuné, issu de la démocratie chrétienne (PDP, ancêtre du MRP) le 8 mai 1932 avec 51,0% des voix, à l’âge de 27 ans. Il fit partie des jeunes députés pleins d’avenir et de talent élus en 1932, génération montante du Parti radical, favorable au fédéralisme européen et opposée au libéralisme économique, aux côtés de Pierre Mendès France (25 ans), ou de plus anciens comme Pierre Cot (1895-1977) ou encore d’essayistes comme Bertrand de Jouvenel (193-1987). C’est d’ailleurs Jean Zay qui défendit, comme rapporteur général au 32e Congrès du 24 au 27 octobre 1935 à Paris, l’adhésion du Parti radical au Front populaire, au point qu’il fut considéré parfois comme un sous-marin de Léon Blum chez les radicaux. Ce choix de l’aile gauche, c’était peut-être la conséquence de ses années où il fut étudiant et obligé en même temps de travailler pour se payer les études.

S’occupant beaucoup des affaires locales (aérodrome de Bricy, aide aux personnes licenciées de la Compagnie des tramways du Loiret, etc.), Jean Zay confirma son implantation locale en se faisant élire conseiller général du canton Orléans-Nord-Est le 14 mars 1937 puis réélu le 17 octobre 1937.

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À la Chambre des Députés, Jean Zay fut secrétaire par l’âge puis élu secrétaire le 8 janvier 1935 et réélu le 14 janvier 1936. Il fut membre de la commission du commerce et de l’industrie et de la commission de législation civile et criminelle (dont il fut secrétaire en 1935), ainsi que membre de la commission d’enquête chargée de rechercher les responsabilités encourues depuis l’origine de l’affaire Stavisky. Son activité parlementaire fut focalisée sur les enjeux économiques et sociaux et ses autres positions politiques s’entendaient également lors de chaque congrès du Parti radical (depuis celui de 1931) et dans ses articles à "La France du Centre".

En politique étrangère, Jean Zay fut favorable à une fédération des États européens (à l’instar de Victor Hugo puis d’Aristide Briand), critiqua ouvertement la non-intervention française dans la guerre civile espagnole, réprouva les visées colonialistes du duce italien Benito Mussolini en Éthiopie, et s’opposa aux accords de Munich.


Un ministre jeune et boulimique

Remarqué par Albert Sarraut, Président du Conseil, Jean Zay fut nommé, à 31 ans, Sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil du 24 janvier 1936 au 4 juin 1936 (avant le Front populaire), puis, réélu député du Loiret le 3 mai 1936 avec 54,4% des voix, il fut nommé par Léon Blum, nouveau chef du gouvernement, Ministre de l’Éducation nationale (en charge aussi des Beaux-arts), le 4 juin 1936 (à l’âge de 33 ans), poste qu’il occupa longtemps, jusqu’au 13 septembre 1939, dans les cinq gouvernements successifs (dirigés alternativement par Léon Blum, Camille Chautemps et Édouard Daladier).

Parmi les collaborateurs illustres de Jean Zay, il y a eu deux sous-secrétaire d'État, le Prix Nobel de Physique Jean Perrin, à la Recherche scientifique, et Léo Lagrange, à l'Organisation des Loisirs, chargé de mobiliser tout le tissu associatif pour développer les loisirs de masse, les auberges de jeunesse et ce qui sont devenues, sous André Malraux, les maisons de la culture et de la jeunesse (MJC).

Parmi les collaborateurs illustres de Jean Zay, il y a eu deux sous-secrétaire d'État, le Prix Nobel de Physique Jean Perrin, à la Recherche scientifique, et Léo Lagrange, à l'Organisation des Loisirs, chargé de mobiliser tout le tissu associatif pour développer les loisirs de masse, les auberges de jeunesse et ce qui sont devenues, sous André Malraux, les maisons de la culture et de la jeunesse (MJC).


Rue de Grenelle, travailleur acharné, Jean Zay a été un véritable réformateur, à l’instar de Jules Ferry au début de la IIIe République. Reprenant l’idée de Victor Hugo d’une école pour tous, y compris ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent, Jean Zay voulait que les citoyens fussent suffisamment instruits pour pouvoir prendre position de manière éclairée à chaque question nationale, et cela ne pouvait que passer par une meilleure éducation et culture pour tous. Parmi ses réalisations concrètes, l’obligation de scolarisation jusqu’à 14 ans (au lieu de 13 ans comme le proclamait la loi du 28 mars 1882) par la loi du 13 août 1936 (la première discussion générale a eu lieu dès le 26 juin 1936 !), et aussi l’introduction du sport dans les heures d’enseignement (arrêté ministériel du 23 mars 1938) et de la médecine préventive scolaire (décret-loi de 1939).

Jean Zay fut à l’origine de nombreux organismes aujourd’hui essentiels dans la vie intellectuelle, culturelle et scientifique du pays, en particulier du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), créé le 19 octobre 1939, des futurs CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) créés le 16 avril 1955, de l’École nationale d’administration (ENA) qui fut instituée à la Libération par Michel Debré par l’ordonnance n°45-2283 du 9 octobre 1945 (à partir du projet de loi adopté par les députés le 27 janvier 1938), et même du Festival de Cannes, dont le premier jour d’ouverture fut prévu le 1er septembre 1939 mais reporté au 20 septembre 1946 à cause de la guerre.

Jean Zay fut aussi à l'origine du Palais de la Découverte, ouvert à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937, devanture de la science en France mais aussi maison des vocations scientifiques. L'idée de Jean Perrin était de transmettre aux enfants et aux jeunes la passion de la science pour que la France formât de nombreux chercheurs.

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Jean Zay fut également très actif dans d’autres domaines culturels, pour les musées nationaux (en prenant en compte l’art populaire), les théâtres, mais aussi développa le tourisme populaire et le camping, encouragea les recherches archéologiques, réorganisa l’enseignement artistique, préleva en faveur du budget des Beaux-arts sur le produit des ressources provenant de la redevance sur les appareils récepteurs de la radiodiffusion (la redevance télévision a une longue tradition !), augmenta le budget pour de nouvelles constructions scolaires, etc.

Deux projets de Jean Zay notamment n’ont pas abouti, celui de 1938 sur les droits d’auteurs (il se heurta à une opposition frontale des éditeurs, menée par Bernard Grasset) et une réforme profonde déposée le 5 mars 1937 pour créer un enseignement primaire unique où il souhaitait élargir l’accès au secondaire avec une classe d’observation pour mieux orienter les élèves dans l’une des trois sections possibles, classique, moderne ou technique, avec un diplôme sanctionnant les quatre premières années d’études, futur brevet des collèges (là aussi, la réforme fut victime de l’opposition multiple des partisans du statu quo).


Zay bashing

Comme on le voit, Jean Zay a beaucoup agi dans ses attributions ministérielles mais son action a été peu connue dans la mythologie du Front populaire. Cependant, l’origine juive de Jean Zay a été un "filon" pour les adversaires du Front populaire et Jean Zay fut régulièrement insulté par la presse d’extrême droite dans années 1930. Celle-ci était parvenue à se procurer un poème écrit pour un jeu littéraire par Jean Zay le 9 mars 1924, en imitant Gustave Hervé, pour évoquer l’horreur de la Première Guerre mondiale. Cet écrit à l’âge de 19 ans resta collé à sa peau de parlementaire ou de ministre comme la preuve qu’il aurait été un représentant de l’anti-France. Une campagne pas plus digne que celle qui a tué le Ministre de l’Intérieur Roger Salengro.

Jeune parlementaire plein d’espoirs, Jean Zay avait surtout suscité les réactions classiques d’observateurs envieux, aigris ou dubitatifs (comme on le retrouve encore de nos jours pour de jeunes personnalités comme Emmanuel Macron).

Odette Panier écrivit ainsi, le 7 novembre 1935, peu avant la nomination de Jean Zay : « Jean Zay, c’est évidemment peu de chose, mais c’est, si l’on peut dire, un néant plein d’agitation, plein d’ambitions. (…) Il n’est pas de ces gens qui trahissent bêtement, gratuitement. Lui, quand il trahira, ce sera pour quelque chose qui en vaille la peine. Un portefeuille par exemple. » ("Candide"). On aurait pu décliner ce genre de propos pour le début de carrière de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius ou encore Jean-François Copé.

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Une fois nommé ministre à un poste très exposé, l’instruction de tous les jeunes Français, Jean Zay reçut des insultes très violentes qui n’hésitaient plus à sombrer dans l’antisémitisme.

Jamais en manque de passion, Charles Maurras ne mâchait pas ses mots le 5 juin 1936, au lendemain de sa nomination à l’Éducation nationale : « Mais ce polisson de Jean Zay ! Son avancement signifie que l’on a tenu à la qualité dans le pire. (…) Le Juif Jean Zay se prépare donc à "éduquer" la nation en lui inculquant que le drapeau est de la "race vile des torche-culs" [de l’expression de son poème polémique]. Nous ne brodons pas. (…) Voilà à qui est confiée l’Éducation nationale. Quelle outrance ! Quelle folie ! Quel défi à la patrie, à la mémoire de nos morts protecteurs et sauveurs ! En grimpant au sommet, la névrose juive s’étant déclarée, les imprudents ascensionnistes ont perdu la tête. » ("L’Action française"). Le journal royaliste de Montpellier "L’Éclair" avait le 13 mars 1937 son propre qualificatif : « Jean Zay le décivilisateur… » (étrangement, les mots perdurent dans l’outrance).

Évoquant le poème polémique comme un "erreur de jeunesse", certains n’en étaient pour autant pas plus bienveillants. Le député Xavier Vallat se scandalisa le 6 juin 1936 de sa nomination : « Je considère comme une provocation d’avoir confié à monsieur Jean Zay le soin de veiller à l’éducation de la jeunesse française. Je trouve insuffisant comme titre aux fonctions de grand maître de l’université [titre que recevaient les ministres de l’Éducation nationale] de s’être exercé à des pastiches littéraires du genre de celui qui a occupé la Chambre, il y a un mois. » (séance à la Chambre des Députés). Le sénateur Raymond Armbruster cria de son siège le 28 juillet 1936 à Jean Zay qui présenta sa réforme de prolongement à 14 ans de l’obligation scolaire : « Il faudra leur apprendre aussi ce qu’est le drapeau tricolore ! ».

Léon Daudet écrivit dans le même sens un peu plus tard, le 16 juillet 1939 : « En balayant de l’œil les honteuses inepties que le Juif Torche Zay a proférées au Concours général, je songeais que la décomposition du parlementarisme se mesure à l’avilissement de ses ministres et notamment de celui qu’on appelait naguère de l’Instruction publique. » (éditorial de "L’Action française").

J’ai cité "Bagatelles pour un massacre" de Céline, replongeons-nous dans cette puanteur antisémite : « Deux millions de boches campés sur notre territoire pourront jamais être pires, plus ravageurs, plus infamants que tous ces Juifs dont nous crevons. (…) Je préférerais douze Hitler plutôt qu’un Blum omnipotent. » (1937). Blum, Mendès France, Zay… tout était bon pour fustiger les gouvernements d’avant la guerre.

"L’Action française" en est même venu à se contredire le 19 novembre 1938 en traitant Jean Zay de… hitlérien ! « Émules d’Hitler, nos Juifs de gouvernement veulent guider les âmes et fabriquer en série des barbares mus par quelques idées fausses et quelques sales passions. ».

Pourtant, interpellé par le député Marcel Héraud dès sa nomination dans le gouvernement d’Albert Sarraut, Jean Zay avait définitivement répondu à ses détracteurs passés, présents et futurs, le 1er février 1936 : « Ce sera le sentiment du fils d’un ancien combattant, qui avait dix ans à la déclaration de guerre et qui demande à tous de penser qu’il est de la génération de ceux qui ont connu le foyer désert et qui pouvaient espérer trouver chez leurs aînés un accueil peut-être plus ouvert que celui que j’ai rencontré ici, d’un certain côté depuis deux jours. À la question posée, je réponds : si le texte qui a été produit était, et ce n’est pas le cas, l’expression d’une opinion sérieuse et réfléchie, l’homme que je suis le repousserait avec horreur et, ayant voté ici les crédits concernant la défense nationale, attesterait avec force, quels que puissent être les commentaires, la loyauté de son patriotisme. » (en séance).


La guerre puis l’internement et l’assassinat

Le 13 septembre 1939, Jean Zay démissionna du gouvernement et voulut participer aux combats de la Seconde Guerre mondiale rattaché à l’état-major de la 4e armée ; il fut un sous-lieutenant « volontaire pour les missions les plus périlleuses et les plus délicates ». Il quitta son armée avec l’accord de ses supérieurs pour rejoindre Bordeaux où se tenait la dernière session parlementaire le 19 juin 1940. Deux jours plus tard, en raison de l’avancée des Allemands, Jean Zay (son père Léon, sa femme et sa fille aînée), Pierre Mendès France, Georges Mandel, Édouard Daladier, Yvon Delbos, André Le Troquer, Edgard Pisani, Léandre Dupré, et d’autres parlementaires refusant l’armistice, ainsi que le physicien Jean Perrin, voulurent poursuivre la guerre en Afrique du Nord et embarquèrent au bord du "Massilia" pour transférer le siège du gouvernement français. Certains y renoncèrent finalement (comme Louis Marin) et les autres accostèrent le 24 juin 1940 à Casablanca où ils furent piégés et mis en résidence surveillée.

Pierre Mendès France, Jean Zay et deux autres parlementaires, Alex Wiltzer (1903-1982), oncle du futur ministre Pierre-André Wiltzer, et Pierre Viénot (1897-1944), furent arrêtés pour désertion en présence de l’ennemi dès le 15 août 1940 (les pleins pouvoirs à Philippe Pétain furent votés à Vichy le 10 juillet 1940). Pierre Mendès France fut condamné à six ans de prison tandis que Jean Zay fut condamné le 4 octobre 1940, par le tribunal militaire de la 13e division militaire à Clermont-Ferrand, à la déportation à vie et à la dégradation militaire. Sa peine fut finalement commuée en internement à vie : le 4 décembre 1940, Jean Zay fut incarcéré à Marseille, puis le 7 janvier 1941 à Riom. Durant sa captivité, Jean Zay a beaucoup écrit, en particulier des romans policiers (comme "La Bague sans doigt") et un témoignage poignant, "Souvenirs de solitude".

Considéré comme un ennemi de la France (alors que ce furent plutôt les collaborationnistes qui faisaient le jeu de l’ennemi nazi), Jean Zay eut pour plus féroce détracteur l’odieux Philippe Henriot qui l’accusait de bellicisme au cours d’une campagne de presse de dénigrement : « À une des heures décisives de notre vie nationale, ce petite Juif se trouvait lancé dans la politique par l’aberration du suffrage universel. Il avait débuté dans la vie en s’essayant à salir le drapeau du pays qui l’avait accueilli… Ministre, on lui confie la jeunesse. Bonne affaire ! Par la jeunesse, on touche à la famille, cette autre force réactionnaire dont son coreligionnaire Blum s’est déjà occupé… Zay se met d’arrache-pied à l’ouvrage. Mais d’autres préoccupations s’ajoutent à celles de son département : la guerre rôde. Dès qu’il en flaire l’approche, il ne se tient plus de fièvre… Ceux qui croient encore que la France a été jetée dans cette sombre aventure par un sursaut spontané de son patriotisme n’auront qu’à parcourir ces pages [les supposées notes secrètes du ministres Jean Zay dont on n’a jamais retrouvé les originaux] pour constater que ce patriotisme a servi de paravent à des hommes qui, pour des fins politiques ou raciales, voulaient la guerre, après avoir tout fait pour désarmer leur pays moralement, matériellement et militairement. » (1942).

Avec un ordre de transfert pour Melun provenant de Joseph Darnand, trois miliciens sont venus chercher le 20 juin 1944 Jean Zay à sa prison, et l’ont assassiné dans un bois désert, au Puits du Diable, au lieu-dit Les Malavaux, près de Molles, dans l’Allier. Il avait 39 ans : « Ici, Jean Zay fut lâchement assassiné le 20 juin 1944 par les complices de l’ennemi. Il est mort en criant Vive la France ! ».


La réhabilitation

La cour d’appel de Riom a annulé le 5 juillet 1945 le premier jugement contre Jean Zay : « Les poursuites intentées contre le sous-lieutenant Jean Zay ne peuvent s’expliquer que par le désir qu’a eu le gouvernement d’atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui étaient opposées et qu’il importait de discréditer en raison de la haute autorité attachée à sa personnalité. ». Le corps de l’ancien ministre fut découvert par hasard le 22 septembre 1946 et inhumé dans la fosse commune de Cusset, puis solennellement le 15 mai 1948 à Orléans en présence d’Édouard Herriot.

Le milicien qui l’a tué, Charles Develle, a échappé à la condamnation à mort pour cet assassinat et fut condamné en février 1953 aux travaux forcés à perpétuité par le tribunal militaire de Lyon. Quant à Philippe Henriot, devenu le 6 janvier 1944 Secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande, il ne survécut que de quelques jours à Jean Zay puisqu’il fut "exécuté" par un groupe de résistants le 28 juin 1944 dans son bureau de ministre, ce qui aurait provoqué, entre autres, l’assassinat de Georges Mandel le 7 juillet 1944 à Fontainebleau, autre grande figure de la République et de la patrie française, sur qui Nicolas Sarkozy consacra un livre publié le 9 février 1994 chez Grasset (il était le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Paul Reynaud).

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Aujourd’hui, la République française consacre pleinement Jean Zay et son parcours le méritait. Toute la classe politique le célèbre dans un consensus républicain, lui au même titre que les trois autres personnalités qui l’accompagnent au Panthéon. De François Mitterrand qui était venu en juin 1994 à Orléans à François Fillon, qui avait honoré sa mémoire lors de son centenaire en 2004, en passant par Najat Vallaud-Belkacem, présente ce 26 mai 2015 dans la cour de la Sorbonne, c’est bien la France républicaine et patriote qui s’incline devant l’un des siens qui a fait beaucoup pour l’éducation, la science, la culture et le tourisme, et qui fut assassiné par la bêtise, l’antisémitisme, l’extrémisme et disons-le clairement, par l’antipatriotisme. Assassiné parce que étiqueté Juif par les antisémites. La France continue encore à mourir de l’intérieur par les étiquetages excessifs que les extrémistes projettent sur leurs supposés adversaires…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 mai 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pierre Mendès France.
Germaine Tillion.
Républicain et patriote.
Céline.
Pétain.
Le Panthéon…

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150527-jean-zay.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-zay-1904-1944-figure-de-l-167851

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:26

Deuxième partie : « Utopie, soit. Mais qu’on ne l’oublie pas, quand elles vont au même but que l’humanité (…), les utopies d’un siècle sont les faits du siècle suivant. » ("Le Rhin", 1842).


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Après avoir brossé très rapidement la trajectoire politique de Victor Hugo, je propose de m’arrêter sur un discours très important prononcé par Victor Hugo à l’Assemblée Nationale Législative.


Le discours du 19 octobre 1849

Revenons en effet à 1849. Le 30 juin 1849, les troupes françaises entrèrent dans Rome, et le 2 juillet 1849, la ville était aux mains de la papauté. Louis Napoléon Bonaparte a finalement aidé le pape à revenir à Rome. C’était Pie IX (1792-1878), béatifié en même temps que Jean XXIII le 3 septembre 2000 par Jean-Paul II non sans polémique. La France avait envoyé initialement ses troupes quelques semaines avant pour protéger la République romaine. L’expédition française commandée par le général Victor Oudinot a été votée par l’Assemblée Constituante le 16 avril 1849 et ce sujet fut l’un des thèmes électoraux des élections du 13 mai 1849.

Victor Hugo avait voté pour l’expédition : « [L’Assemblée Constituante] vota l’expédition de Rome dans ce but d’humanité et de liberté (…) ; elle vota l’expédition afin de mettre l’épée de la France là où allait tomber le sabre de l’Autriche ; (…) nous votâmes l’expédition romaine afin qu’il ne fût pas dit que la France était absente, quand, d’une part, l’intérêt de l’humanité, et, d’autre part, l’intérêt de sa grandeur l’appelaient afin d’abriter en un mot contre l’Autriche Rome et les hommes engagés dans la République romaine, contre l’Autriche qui, dans cette guerre qu’elle fait aux révolutions, a l’habitude de déshonorer toutes ses victoires (…) par d’inqualifiables indignités ! (…) Eh bien ! Je le déclare, et je voudrais que ma parole, en ce moment, empruntât à cette tribune un retentissement européen, les exactions, les extorsions d’argent, les spoliations, les fusillades, les exécutions en masse, la potence dressée pour des hommes héroïques, la bastonnade donnée à des femmes, toutes ces infamies mettent le gouvernement autrichien au pilori de l’Europe ! » (19 octobre 1849).

Mais il s’opposa au changement d’objectif : « Le 2 juillet [1849], l’armée est entrée dans Rome. Le pape a été restauré purement et simplement (…). Le gouvernement clérical a ressaisi Rome. (…) Dès ses premiers pas, l’autorité cléricale, acharnée aux réactions, animée du plus aveugle, du plus funeste et du plus ingrat esprit, blessa les cœurs généreux et les hommes sages, et alarma tous les amis intelligents du pape et de la papauté. (…) On se demanda si c’était pour cela que nous étions allés à Rome, si la France jouait là un rôle digne d’elle, et les regards irrités de l’opinion commencèrent à se tourner vers notre gouvernement. (…) Vous avez devant vous, d’un côté, le Président de la République réclamant la liberté du peuple romain [par sa lettre du 18 août 1849] au nom de la grande nation qui, depuis trois siècles, répand à flots la lumière et la pensée sur le monde civilisé ; vous avez, de l’autre, le cardinal Antonelli refusant [par le motu proprio du 12 septembre 1849] au nom du gouvernement clérical. Choisissez ! (…) Il est bon d’avoir à l’esprit que le motu proprio a paru peu libéral au cabinet autrichien lui-même (…) ! » (19 octobre 1849).

Victor Hugo avait applaudi le 16 juin 1846 l’élection de Pie IX, considéré comme le candidat des cardinaux progressistes au conclave mais qui s’avéra par la suite devenir très conservateur (son pontificat dura plus de trente et un ans et fut le plus long de l’histoire de la chrétienté après saint Pierre), et il en avait son éloge le 13 janvier 1848 à la Chambre des Pairs : « Cet homme qui tient dans ses mains les clefs de la pensée de tant d’hommes, il pouvait fermer les intelligences, il les a ouvertes. Il a posé l’idée d’émancipation et de liberté sur le plus haut sommet où l’homme puisse poser une lumière. (…) Pie IX enseigne la route bonne et sûre aux rois, aux peuples, aux hommes d’État, aux philosophes, à tous. » (en séance).

Mais quelques mois plus tard, Victor Hugo avait quelques inquiétudes sur la poursuite de ce pontificat : « Réconcilier Rome avec la papauté, faire rentrer, avec l’adhésion populaire, la papauté dans Rome, rendre cette grande âme à ce grand corps (…), ce doit être là désormais (…) l’œuvre de notre gouvernement (…). Mais pour cela, il faut que la papauté, de son côté, nous aide et s’aide elle-même. Voilà trop longtemps déjà qu’elle s’isole de la marche de l’esprit humain et de tous les progrès du continent. Il faut qu’elle comprenne son peuple et son siècle… (…) Deux censures pèsent sur la pensée, la censure politique et la censure cléricale ; l’une garrotte l’opinion, l’autre bâillonne la conscience. On vient de rétablir l’inquisition. Je sais bien qu’on me dira que l’inquisition n’est plus qu’un nom ; mais c’est un nom horrible et je m’en défie, car à l’ombre d’un mauvais nom, il ne peut y avoir que de mauvaises choses ! (…) Il faut (…) que [la papauté] se garde de son pire ennemi ; or, son pire ennemi, ce n’est pas l’esprit révolutionnaire, c’est l’esprit clérical. L’esprit révolutionnaire ne peut que la rudoyer, l’esprit clérical peut la tuer. (…) On pousse le pape dans une voie fatale ; on le conseille aveuglément pour le mal ; ne pouvons-nous le conseiller énergiquement pour le bien ? » (19 octobre 1849).

Ces arguments contre la papauté sont intéressants à lire avec plus de cent cinquante ans de recul. Certains sont toujours d’actualité, d’autres restent toujours aussi caricaturaux. On notera en tout cas le grand sens de la formule (très apprécié de ses collègues députés qui l’ont souvent applaudi), une expression exceptionnellement synthétique et percutante. On retrouve d’ailleurs le même état d’esprit que chez Voltaire.

Victor Hugo a montré avec ce discours un esprit vif et clair, capable de reformuler les enjeux majeurs, tout en évoquant un sujet qui est devenu, un siècle plus tard, la cause de la chute d’une future République : « Nous avons un intérêt à Rome, un intérêt sérieux, pressant, (…) c’est de nous en aller le plus tôt possible. Nous avons un intérêt immense à ce que Rome ne devienne pas pour la France une espèce d’Algérie, avec tous les inconvénients de l’Algérie sans la compensation d’être une conquête et un empire à nous (…). » (19 octobre 1849).

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Tout le discours de Victor Hugo fut à la fois incisif et subtil. Défendre le pape tout en fustigeant le gouvernement papal : « Pour pouvoir évacuer Rome, quelle est la première condition ? C’est d’être sûr que nous n’y laissons pas une révolution derrière nous. Qu’y a-t-il donc à faire pour ne pas laisser la révolution derrière nous ? C’est de la terminer pendant que nous y sommes. Or, comment termine-t-on une révolution ? (…) C’est en l’acceptant dans ce qu’elle a de vrai, en la satisfaisant dans ce qu’elle a de juste. Notre gouvernement l’a pensé, et je l’en loue (…). Le Saint-siège pense le contraire ; il veut, lui aussi, terminer la révolution, mais par un autre moyen, par la compression. (…) C’est à vous [députés] de voir s’il vous convient que la France soit au Capitole pour y recevoir la consigne du parti prêtre ! (…) Je ne veux ni de cette humiliation pour nos soldats, ni de cette ruine pour nos finances, ni de cet abaissement pour notre politique. Messieurs, deux systèmes sont en présence : le système des concessions sages, qui vous permet de quitter Rome ; le système de compression, qui vous condamne à y rester. Lequel préférez-vous ? » (19 octobre 1849).

Républicain et patriote, Victor Hugo l’a montré par la conclusion de ce grand discours du 19 octobre 1849 : « Ce qui n’est pas possible, c’est que cette France ait engagé une des choses les plus grandes et les plus sacrées qu’il y ait dans le monde, son drapeau ; c’est qu’elle ait engagé ce qui n’est pas moins grand ni moins sacré, sa responsabilité morale devant les nations ; c’est qu’elle ait prodigué son argent, l’argent du peuple qui souffre ; c‘est qu’elle ait versé, je le répète, le glorieux sang de ses soldats ; c’est qu’elle ait fait tout cela pour rien !… Je me trompe, pour de la honte ! Voilà ce qui n’est pas possible ! ». L’armée française resta à Rome jusqu’au 20 août 1870, date à laquelle elle fut mobilisée pour la guerre franco-allemande déclarée le 14 juillet 1870, ce qui a abouti à la prise de Rome le 20 septembre 1870 (et à la fin des États pontificaux). Quant au Second Empire, il se termina en déroute militaire le 4 septembre 1870 avec la proclamation de la République par Léon Gambetta.


L’éducation pour tous

Comme l’éducation est un sujet très actuel avec la réforme du collège, il est intéressant de voir quelles étaient les positions de Victor Hugo sur ce sujet essentiel. Comme pour les autres enjeux, Victor Hugo épluchait les arguments à la lame fine.

Devant les députés de l’Assemblée Nationale Législative, Victor Hugo a en effet proclamé le 15 janvier 1850 quelques principes qui furent repris par Jules Ferry : « Pour moi, l’idéal de cette question de l’enseignement, le voici. L’instruction gratuite et obligatoire. Obligatoire au premier degré seulement, gratuite à tous les degrés. L’instruction primaire obligatoire, c’est le droit de l’enfant, qui, ne vous y trompez pas, est plus sacré encore que le droit du père et qui se confond avec le droit de l’État. (…) Un grandiose enseignement public, donné et réglé par l’État, partant de l’école de village et montant de degré et degré jusqu’au collège de France, plus haut encore, jusqu’à l’Institut de France. Les portes de la science toutes grandes ouvertes à toutes les intelligences. Partout où il y a un champ, partout où il y a un esprit, qu’il y ait un livre. Pas une commune sans école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté. Un vaste ensemble, ou, pour mieux dire, un vaste réseau d’ateliers intellectuels, lycées, gymnases, collèges, chaires, bibliothèques, mêlant leur rayonnement sur la surface du pays, éveillant partout les aptitudes et échauffant partout les vocations. En un mot, l’échelle de la connaissance humaine dressée fermement par la main de l’État, posée dans l’ombre des masses les plus profondes et les plus obscures, et aboutissant à la lumière. Aucune solution de continuité. Le cœur du peuple mis en communication avec le cerveau de la France. Voilà comment je comprendrais l’éduction publique nationale. » (en séance).

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En énonçant cet idéal, Victor Hugo savait que ce n’était pas forcément réalisable, car cet idéal serait très coûteux pour les finances publiques, mais on ne peut rien réaliser si l’on n’a pas une vision vers où tendre son action. C’est assez frappant historiquement, c’est que c’est exactement l’idéal mis en œuvre par Jules Ferry quelques décennies plus tard, ce qui montre une vision exceptionnelle de l’avenir à long terme de la France où les utopies ne sont jamais …des folies !

Et l’autre utopie hugolienne très connue, ce fut bien sûr la construction européenne, objet du prochain et dernier article.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 mai 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Victor Hugo le politique.
Victor Hugo le républicain.
Victor Hugo l’Européen.
L’élection présidentielle de décembre 1848.
Napoléon III.
Pour l’abolition de la peine de mort.
L’Europe, c’était la guerre.
L’Europe, c’est maintenant la paix.
Jean Jaurès.
Actes du Colloque sur Victor Hugo au Sénat (15 et 16 novembre 2002).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150522-victor-hugo-2.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/victor-hugo-l-europeen-monument-de-167807

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 06:12

Première partie : « C’est ici le combat du jour et de la nuit… Je vois de la lumière noire. » (22 mai 1885, dernier mots attribués à l’écrivain avant de mourir).


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Il y a exactement cent trente ans, le 22 mai 1885, Victor Hugo s’est éteint à 83 ans dans la nuit à Paris, d’une congestion pulmonaire. Sa disparition a ému tout le pays comme la disparition de Newton a ému toute l’Angleterre le 31 mars 1727.

La IIIe République l’a honoré immédiatement par des funérailles nationales (décidées le 26 mai 1885 par 415 députés sur 418) et par son transfert au Panthéon le 1er juin 1885. Deux millions de personnes et deux mille délégations sont venus se recueillir dans le cortège en son hommage. Selon Maurice Barrès : « Derrière l’humble corbillard, marchaient des jardins de fleurs et les pouvoirs cabotinant de la Nation, et puis la Nation elle-même, orgueilleuse et naïve, touchante et ridicule, mais si sûre de servir l’idéal ! Notre fleuve français coula ainsi de midi à six heures, entre les berges immenses faites d’un peuple entassé depuis le trottoir, sur des tables, des échelles, des échafaudages, jusqu’aux toits. Qu’un tel phénomène d’union dans l’enthousiasme, puissant comme les plus grandes scènes de la nature, ait été déterminé pour remercier un poète-prophète, un vieil homme qui, par ses utopies, exaltait les cœurs, voilà qui doit susciter les plus ardentes espérances des amis de la France. (…) Gavroche, perché sur les réverbères, regardait passer la dépouille de son père indulgent et, par lui, s’élevait à une certaine notion du respect. » ("Les Déracinés", 1897). En quelques sortes, une autre marche du 11 janvier.

La Ve République avait célébré avec faste le centenaire de sa disparition en 1985 ainsi qu’en 2002, les deux cents ans de sa naissance le 26 février 1802.

Victor Hugo est bien sûr un énorme monument, l’un des hommes français qui ont le plus compté au XIXe siècle, égalant presque un Napoléon, qui commença son siècle (« Ce siècle avait deux ans ! »). On pourrait d’ailleurs vraiment qualifier ce siècle de "Siècle de Victor Hugo" comme le XVIIIe siècle fut le "Siècle de Voltaire". Il est un monument non seulement en littérature mais également en politique et plus généralement, dans la pensée nationale.

Il serait donc très difficile pour moi de faire un tour exhaustif du glorieux personnage, membre de l’Académie Française depuis le 7 janvier 1841, qui a en particulier écrit "Les Misérables" (1862) qui est sans doute l’histoire la plus émouvante de la littérature française et qui a passionné des générations d’enfants ou adolescents mais également de cinéastes, tout comme "Notre-Dame de Paris" (1831).

Ce n’est pas mon intention. Au contraire, je vais rester sur quelques aspects de sa pensée politique et de ses engagements. Je n’évoquerai donc pas l’écrivain connu par le plus grand nombre, tant le romancier que le poète, l’essayiste, ou même le dramaturge, ou encore l’historien avec "Choses vues" (1887).


Engagement politique

Ses engagements politiques, c’était déjà sa participation au jeu électoral dès la IIe République : il a été élu cinq fois, le 24 mai 1848 (à l’Assemblée Constituante), le 13 mai 1849, le 7 février 1871 le 30 janvier 1876 et le 8 janvier 1882, ce qui lui a donné une carrière de parlementaire pas très longue : député de la Seine du 4 juin 1848 au 2 décembre 1851 (dans le groupe des conservateurs), puis du 8 février 1871 au 1er mars 1871 (dans un groupe progressiste situé à gauche) puis sénateur de la Seine du 30 janvier 1876 au 22 mai 1885 (dans un groupe situé à la gauche de l’échiquier politique).

Le 1er mars 1871, au cours d’un débat parlementaire enflammé, excédé, Victor Hugo a démissionné pour protester contre l’invalidation de Giuseppe Garibaldi (1807-1882), qui avait défendu la République romaine en 1849 et était venu en renfort pour la France : « De toutes ces puissances européennes, aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l’Europe… ; pas un roi, pas un État, personne ! Un seul homme excepté… (…) un homme est intervenu, et cet homme est une puissance. ». Victor Hugo parlait de Garibaldi, qui avait été élu dans plusieurs circonscriptions en France sans avoir été candidat, mais sa nationalité italienne rendait impossible son élection.

Et à l’élection législative partielle du 7 janvier 1872, Victor Hugo fut battu par un républicain modéré, son profil ayant eu une image trop radicale dans une France encore trop conservatrice.

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Mais avant toutes ces élections, il fut légitimiste, soutenant Charles X, puis fut désigné pair de France de 1845 à 1848, nommé par le roi Louis-Philippe et nommé maire du 8e arrondissement de Paris le 25 février 1848 par Lamartine (comme maire, il commanda les troupes qui massacrèrent à son grand regret les manifestants lors des émeutes du 26 juin 1848). Le 24 février 1848, à l’abdication de Louis-Philippe, Victor Hugo avait même voulu proclamer la régence place Royale puis place de la Bastille (sans succès). La République fut finalement proclamée le 24 février 1848 par Alphonse de Lamartine.

L’évolution politique de Victor Hugo a été intéressante (de la droite vers la gauche, de monarchiste à républicain) et a accusé un trou géant dans son existence politique, à cause du Second Empire et de son exil en Belgique puis à Jersey et Guernesey du 14 décembre 1851 au 17 septembre 1870 pour s’opposer au coup d’État du 2 décembre 1851 et plus précisément à Napoléon III.

La forte opposition à Napoléon III a été au fondement de son comportement politique. Sans faire de comparaison sur les personnes et leurs œuvres, très différentes, la détestation de François Bayrou contre Nicolas Sarkozy pourrait s’apparentait à celle de Victor Hugo contre Napoléon III. Dès le 12 août 1852, Victor Hugo a publié en exil un brûlot pamphlétaire avec "Napoléon le Petit" où il a traité le futur nouvel empereur de tous les noms ("voleur", "filou", "dernier des hommes", "criminel", etc.).

Pourtant, il n’a pas toujours eu cette détestation. Au contraire, prônant avant même la Révolution de 1848 le retour en France de la famille Bonaparte (bannie), il a soutenu la candidature de Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) à l’élection présidentielle du 10 décembre 1848 (la première au suffrage universel direct). Louis Napoléon Bonaparte était venu lui-même le rencontrer le 25 octobre 1848 pour obtenir son soutien.

La rupture politique entre les deux hommes n’a eu lieu qu’en automne 1849, quand le futur empereur avait finalement préféré le pape aux républicains romains. J’y reviendrai en reprenant le discours du 19 octobre 1849. Le coup d’État du 2 décembre 1851 avait achevé de le convaincre dans son opposition.

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Victor Hugo a eu très vite des détracteurs politiques. Le plus cruel fut sans doute Anatole France quelques années après sa mort : « Certaines illusions se dissipent. On croyait qu’un si grand poète avait pensé davantage. Il faut bien reconnaître qu’il a remué plus de mots que d’idées. C’est une souffrance que de découvrir qu’il donna pour la plus haute philosophie un amas de rêveries banales et incohérentes. » ("La Vie littéraire, Sur le Quai Malaquais", 1888). C’est évidemment très injuste et très violent, mais l’époque s’y prêtait. Sous la IIe République, il n’était pas rare que les députés s’empoignassent physiquement autour de la tribune de l’Assemblée.

L’un des plus grands thèmes des critiques fut sa sincérité politique, puisqu’il a évolué du conservatisme vers le socialisme. Ainsi le comte Alfred de Falloux (1811-1886), député du Maine-et-Loire, qui fut Ministre de l’Instruction publique et des Cultes du 20 décembre 1848 au 14 septembre 1849 et qui donna son nom à la loi du 15 mai 1850, n’hésitait pas à faire rire sur sa droite le 17 juillet 1851 : « Lorsque Monsieur Victor Hugo parlait de la Restauration, comment comprimer le souvenir présent à tout le monde, présent pour sa gloire, s’il eût su la garder, qu’il avait été le plus pindarique des royalistes ? » (en séance).

Peu après sa première élection, Victor Hugo se faisait déjà houspiller par "Le National" le 21 juin 1848 : « Le suffrage universel a fait du noble pair un représentant du peuple ; mais du creuset populaire, il n’est sorti qu’un démocrate bâtard sous l’écorce duquel on aperçoit toujours le courtisan de toutes les dynasties qui ont régné sur la France. ».

C’était aussi la critique de son ancien ami politique Jules-Louis-Pierre, marquis de Montalembert le 23 mai 1850 : « Vous trouverez dans son langage toujours les mêmes formules, mais adressées toujours à des objets différents. C’est ainsi qu’il vous parlait avant-hier de sacrer l’ouvrier, de sacrer le simple citoyen ! C’est bien le poète qui chantait hier le sacré Charles X : il lui faut toujours quelque puissance à sacrer ou quelque idée à adorer. » (en séance). La veille, un parlementaire dont le nom n’a pas été annoté dans le compte-rendu avait dit de même en séance : « Un républicain du surlendemain, réactionnaire du lendemain, pair de France de la veille, monsieur le vicomte Victor Hugo. » (22 mai 1850).

Sans doute que la détestation de Victor Hugo pour "Napoléon le Petit" fut causée par une déception personnelle. Certains ont affirmé que Victor Hugo s’était imaginé devenir un ministre de Louis Napoléon Bonaparte une fois élu, mais Victor Hugo avait pourtant refusé d’entrer au gouvernement le 25 février 1848 à la demande de Lamartine qui voulait en faire le Ministre de l’Instruction publique. Hippolyte Castille l’a écrit assez explicitement : « La maladie intellectuelle dont il est atteint depuis le 2 décembre n’a pas d’autre cause que le renversement de ses folles espérances. » ("Portraits politiques du XIXe siècle, Victor Hugo", 1857).

Dans le prochain article, je reprendrai un discours important de Victor Hugo sur l’une des affaires diplomatiques les plus graves de la IIe République.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 mai 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Victor Hugo le politique.
Victor Hugo le républicain.
Victor Hugo l’Européen.
L’élection présidentielle de décembre 1848.
Napoléon III.
Pour l’abolition de la peine de mort.
L’Europe, c’était la guerre.
L’Europe, c’est maintenant la paix.
Jean Jaurès.
Actes du Colloque sur Victor Hugo au Sénat (15 et 16 novembre 2002).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150522-victor-hugo-1.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/victor-hugo-l-europeen-monument-de-167678

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/05/22/32096395.html

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 07:54

« Il est démocratiquement impensable qu’en République, il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout… ».



yartiDac01Les temps sont durs, votez MOU ! En cette période électorale (les élections départementales du 22 et 29 mars 2015) et de mandat hollandien, voilà un slogan qui pourrait être d’actualité. Mais il ne faut pas se méprendre : MOU, c’est le Mouvement ondulatoire unifié. C’est le parti créé le 11 février 1965 (il y a cinquante ans) par …Pierre Dac. Eh oui, Pierre Dac, qui est mort il y a tout juste quarante ans ce lundi 9 février 2015 (à 81 ans), n’était pas seulement un humoriste loufoque, il était aussi un ondulatoire unifié confirmé.

Ancien fondateur, avec Francis Blanche, du Parti d’en rire, né d’une ambition sans Borne : « Nous avons placé nos idéaux bien plus haut que les plus hauts des idéaux », il savait concocter de précieux programmes électoraux : « Nos buts sont déjà fixés : réconcilier les œufs brouillés ; (…) apprendre aux chandelles à se coucher ; (…) exiger que tous les volcans soient ramonés une fois par an (…). ».


Prince des apophtegmes

Pierre Dac, le prince des apophtegmes de campagne électorale, le marquis des formules creuses et loufoques, excellait dans le discours politique enfumeur de préaux d’école ; il pouvait se hisser très haut dans la prétention de la langue de bois et de la pirouette en zigzag.

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On lui doit ainsi cette phrase choc : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir. », ou encore celle-ci : « Rien de ce qui est fini n’est jamais complètement achevé tant que tout ce qui est commencé n’est pas totalement terminé. ».

Pierre Dac a présenté sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel direct au cours d’une conférence de presse le 11 février 1965 à l’Élysée-Matignon où les journalistes et photographes sont venus très nombreux l’écouter. Encadré par de robustes gardes du corps, Pierre Dac a fait son entrée solennelle dans la salle avec beaucoup de grandiloquence, accompagné d’un cardinal et d’un cheikh arabe (l’émir Crado). À cette occasion, il a lu son bulletin de santé : « À part quelques troubles glandulaires et une légère ptôse stomacale, je me porte bien ! ».


Une campagne dense (avec les loups)

Face au Général De Gaulle, il avait déjà tout prévu, nommer Jacques Martin à Matignon, et ses ministres auraient été entre autres Jean Yanne et René Goscinny qui collaboraient avec lui dans "L’Os à Moelle". Sa politique européenne aurait été très dynamique : ainsi, il a proposé la création d’un territoire suisse dans chaque pays européen. Par ailleurs, sa politique étrangère aurait favorisé la détente (le monde était en pleine guerre froide), en affirmant qu’il était en excellents termes avec tous les chefs d’État étrangers : « Étant donné que nous ne nous sommes jamais rencontrés, nos opinions sont en parfait état de concorde ! ». Grand psychologue, il avait compris tout de suite le pourquoi du comment des phobiques : « C’est par peur de la trouille que le monde est dans la crainte du pire. ».

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Une fois lancée sa candidature, Pierre Dac publiait ses discours grandiloquents dans son journal bien connu, "L’Os à Moelle". Chaque éditorial dans cette publication qu’il dirigeait (et qu’il avait créé le 13 mai 1938) était une partie de son programme présidentiel qui devait le conduire directement, sinon à la Présidence de la République, du moins « à la station de métro la plus proche de l’Élysée ». Ne protestant pas contre ses propres qualités d’ethno-œnologue, il apportait au peuple la transcendance de sa foi : « Quand le Calvin est tiré, il faut le croire. ».

Il avait ainsi imaginé un Ministère de la Fatalité pour suppléer aux autres ministères incompétents, avait composé une "Sonate au clair de l’urne" pour bugle et harmonica. Il proposait une réforme fiscale qui aurait tout bouleversé en décidant que chaque contribuable paierait les impôts de celui qui se trouvait à l’échelon inférieur. Il annonçait le dépôt de l’épineux dossier de la circulation routière chez maître Legrand-Schlem, notaire à Issoubly-sous-l’Huy. Il soutenait contre vents et marées une politique du salsifis frit. Il informait ses lecteurs de son colloque au sommet Mao-MOU, et de son voyage en Indre. Parmi les autres cordes de son programme, il défendait le "droit d’être pauvre", voulait réviser la Constitution pour exiger que le président du groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale dirige lui-même l’orchestre de la garde républicaine, etc.

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Il avait même dénoncé la corruption et les abus de bien sociaux : « Bien mal acquis ne profite jamais qu’à ceux qui sont assez malins pour ne pas se faire épingler. », ce qui ne l’a pas empêché de publier cette petite annonce : « À vendre jolie collection de pots de vin ». Sensible au climat de gravité qui régnait à l’époque, il décrivait merveilleusement l’atmosphère : « C’est quand les accents graves tournent à l’aigu que les sourcils sont en accents circonflexes. ». Cela l’avait conduit à prôner l’unité nationale : « C’est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différends. ».

Mais les plaisanteries ont toujours une faim et malgré l’appétit de Pierre Dac, il a finalement renoncé à son canular assez rapidement pour éviter de polluer la vraie campagne présidentielle qui se dessinait. Ancien résistant qui avait rejoint De Gaulle le 31 octobre 1943 et qui était l’un des orateurs français de la BBC, Pierre Dac a en effet reçu en septembre 1965 un appel téléphonique d’un conseiller de De Gaulle qui lui demanda se retirer, ce qu’il fit magistralement par fidélité et par sagesse en prenant un prétexte quelconque : « Je viens de constater que Jean-Louis Tixier-Vignancour briguait lui aussi, mais au nom de l’extrême droite, la magistrature suprême. Il y a désormais, dans cette bataille, plus loufoque que moi. Je n’ai aucune chance et préfère renoncer. » (septembre 1965).

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Ce qui était assez proche de la réplique qu’avait balancée Pierre Dac à son juge qui avait prêté serment à Pétain lorsqu’il s’était fait pincer dans les Pyrénées pour rejoindre Londres (il a mis trois ans pour le voyage après deux évasions) : « En France, il y avait deux personnages célèbres, le Maréchal Pétain et moi. La Nation ayant choisi le premier, je n’ai plus rien à faire ici. ».


Coluche, le successeur

Le 30 octobre 1980 au Théâtre du Gymnase, celui qui a repris dans un célèbre sketch la fameuse invention de Pierre Dac, le Schmilblick, c’est-à-dire Coluche, a, lui aussi, cherché à se présenter à l’élection présidentielle au cours d’une conférence de presse mémorable : « J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s’inscrire dans leur mairie et à colporter la nouvelle. ». Son slogan : « Avant moi, la France était coupée en deux. Maintenant, elle sera pliée en quatre ! ».

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Là aussi, la population a réagi favorablement au point d’avoir été crédité jusqu’à 10 à 12% dans les sondages d’intention de vote (devant Jacques Chirac !) et d’avoir reçu le soutien de quelques intellectuels de renom comme Gilles Deleuze, Pierre Bourdieu, etc. et aussi de François Cavanna et l’équipe de "Charlie Hebdo" (auquel Coluche contribua). Là encore, un émissaire de l’Élysée (Jean-Pierre Soisson) a discrètement suggéré au comique troupier d’en arrêter là, tout comme deux émissaires du candidat François Mitterrand (dont Jean Glavany). Ce que Coluche fit le 16 mars 1981 après d’autres pressions : « Je préfère que ma candidature s’arrête parce qu’elle commence à me gonfler ! » (En fait, il n’avait recueilli qu’une seule des cinq cents signatures de parrainage nécessaires pour se présenter).

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Pierre Dac et Coluche, deux comiques qui se sont immiscés dans la vie politique. S’ils avaient vécu un peu plus longtemps, on aurait pu penser également que deux passionnés de la vie politique comme Thierry Le Luron et Pierre Desproges auraient pu aussi avoir cette idée de déstabiliser le petit jeu présidentiel. Et aujourd’hui, il n’y a plus grand monde à vouloir jouer avec humour sans se prendre au sérieux…

Et pour terminer, voici le discours que Pierre Dac a prononcé le 24 septembre 1972 à Meulan (je n'évoque pas la manière dont il a voulu honorer ses hôtes), un discours particulièrement pratique, puisqu’il pouvait être prononcé en toute circonstance (à apprendre par tous, donc !).

« Mesdames, Messieurs,

Les circonstances qui nous réunissent aujourd’hui sont de celles dont la gravité ne peut échapper qu’à ceux dont la légèreté et l’incompréhension constituent un conglomérat d’ignorance que nous voulons croire indépendant de leurs justes sentiments. L’exemple glorieux de ceux qui nous ont précédés dans le passé doit être unanimement suivi par ceux qui constitueront dans un proche et lumineux avenir, un présent chargé de promesses que glaneront les générations futures délivrées à jamais des nuées obscures qu’auront en pure perte essayé de semer sous leurs pas les mauvais bergers que la constance et la foi du peuple en ses destinées rendront vaines et illusoires.

C’est pourquoi je lève mon verre en formant le vœu sincère et légitime de voir bientôt se lever le froment de la bonne graine sur les champs arrosés de la promesse formelle enfouie au plus profond de la terre nourricière, reflet intégral d’un idéal et d’une mystique dont la liberté et l’égalité sont les quatre points cardinaux en face d’une fraternité massive, indéfectible, imputrescible et légendaire. »

(Pierre Dac)


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 février 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Thierry Le Luron.
De Gaulle.

(Source principale : Jérôme Garcin dans "L’Express" du 9 février 1995).




http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/les-temps-sont-durs-votez-mou-163271

 

 

 

 

 

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 07:16

De Dominique Baudis à Edouard Chevardnadze, du général Jaruzelski à Ariel Sharon, de Jacques Barrot à André Bergeron, de Jacques Friedel à Chu Teh-Chun, de Lorin Maazel à Lauren Bacall, de Jean-Luc Dehaene à Adolfo Suarez… une année de disparitions.


yarti201403Chaque année, des millions d’êtres humains meurent quelque part dans le monde, et chacun est égal en dignité et en respect. C’est donc un exercice essentiellement injuste et impossible que de choisir d’évoquer seulement certaines de ces très nombreuses disparitions qui ont endeuillé l’année 2014. Le choix est donc par définition arbitraire, conditionné par l’environnement, tributaire de mes propres centres d’intérêt, voire carrément personnel.


Personnalités politiques françaises

20 janvier : Bernard Fragneau (62 ans), ancien préfet de la région Centre désavoué par Nicolas Sarkozy pour avoir expulsé une étudiante en situation irrégulière qui était allée déposer plainte dans un commissariat victime de violences (s’est suicidé).
8 février : Michel Alliot (89 ans), universitaire spécialiste de l’anthropologie du droit, ancien directeur de cabinet d’Edgar Faure, ancien mari de Michèle Alliot-Marie.
13 février : René Teulade (82 ans), sénateur socialiste, ancien président de la Mutualité française, ancien ministre.
17 février : Jean-Marie Caro (84 ans), ancien député centriste du Bas-Rhin, très actif pour promouvoir la construction européenne.
19 février : Jean Charbonnel (86 ans), ancien ministre gaulliste, dépositaire d'un secret dans l'affaire Robert Boulin.
20 février : Antoinette Fouque (77 ans), féministe et essayiste.
22 février : Alphonze Arzel (86 ans), ancien sénateur centriste du Finistère, ancien maire de Ploudalmézeau quand l’Amoco Cadiz a fait naufrage le 16 mars 1978 sur l’une de ses plages.
27 février : Marcel Carton (90 ans), diplomate français, ancien otage à Beyrouth.
6 mars : Maurice Faure (92 ans), ancien ministre radical, l’un des signataires français du Traité de Rome.
6 mars : Jean-Pierre Dintilhac (70 ans), magistrat, ancien procureur de la République de Paris, ancien directeur de cabinet d’Henri Nallet.
16 mars : Marc Blondel (75 ans), ancien secrétaire général de Force ouvrière.
26 mars : Jean-Claude Colliard (68 ans), juriste, ancien membre du Conseil Constitutionnel.
27 mars : Michel Mosser (83 ans), ancien préfet, ancien chef de cabinet du Président Valéry Giscard d’Estaing.
29 mars : Michel Dinet (65 ans), président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, ancien député socialiste.
7 avril : Philippe Dechartre (95 ans), ancien ministre gaulliste.
10 avril : Dominique Baudis (66 ans), ancien parlementaire centriste, Défenseur des droits.
12 juin : Jean-François Probst (65 ans), conseiller politique gaulliste auprès de Pierre Messmer, Jacques Chirac, Jérôme Monod, Jean François-Poncet, Charles Pasqua, Jean-Claude Decaux, Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé, Christian Poncelet et Jean Tiberi (en 2007, il a soutenu la candidature de François Bayrou).
31 juillet : Paul Jean-Ortiz (57 ans), conseiller diplomatique du Président François Hollande.
3 août : Christian Frémont (72 ans), ancien directeur de cabinet du Président Nicolas Sarkozy.
13 août : Émile Capgras (88 ans), ancien président du Conseil régional de Martinique, l’un des successeurs de l’écrivain Aimé Césaire.
17 août : Pierre Lagaillarde (83 ans), ancien député et cofondateur de l’OAS.
19 août : Michel Bongrand (92 ans), ancien conseiller en communication politique de Jean Lecanuet, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre, etc.
23 août : Marcel Rigout (86 ans), ancien ministre communiste.
26 août : Christian Bourquin (59 ans), président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, successeur de Georges Frêche.
8 septembre : Roger Auque (58 ans), journaliste et ancien ambassadeur en Érythrée, ancien otage à Beyrouth (serait le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen).
14 septembre : Constantin Melnik (86 ans), ancien directeur des services secrets, ancien conseiller de Michel Debré, écrivain.
19 septembre : André Bergeron (92 ans), ancien secrétaire général de Force ouvrière.
27 septembre : Danièle Breem (93 ans), journaliste politique spécialiste de l’actualité parlementaire.
19 octobre : Étienne Mourrut (74 ans), ancien député gaulliste battu par Gilbert Collard.
30 octobre : Xavier de Villepin (88 ans), ancien sénateur centriste, ancien président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, père de Dominique de Villepin.
1er novembre : Guy Fischer (70 ans), ancien sénateur communiste.
6 novembre : Évelyne Baylet (101 ans), ancienne présidente de "La Dépêche du Midi" et ancien présidente du Conseil général du Tarn-et-Garonne (première femme), mère de Jean-Michel Baylet.
2 décembre : Jean-Marc Lech (70 ans), journaliste, président de l’institut de sondages Ipsos.
3 décembre : Jacques Barrot (77 ans), ancien ministre centriste, membre du Conseil Constitutionnel.
17 décembre : Maurice Duverger (97 ans), constitutionnaliste et auteur du concept de régime semi-présidentiel.
31 décembre : Robert Chambeiron (99 ans), ancien député radical des Vosges, proche de Jean Moulin, dernier survivant du Conseil national de la Résistance (CNR), président du comité de soutien à la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2007, qui finalement y a renoncé.


Personnalités politiques internationales (hors France)

1er janvier : Jamal al-Jamal (56 ans), ambassadeur palestinien à Prague, assassiné.
5 janvier : Philippe d’Araucanie (86 ans), prétendant au trône d’Araucanie et de Patagonie.
10 janvier : Zbigniew Messner (84 ans), ancien Premier Ministre de Pologne.
11 janvier : Ariel Sharon (85 ans), ancien Premier Ministre d’Israël.
31 janvier : Abdirizak Haji Hussein (89 ans), ancien Premier Ministre de Somalie.
1er février : Vassili Petrov (97 ans), maréchal de l’Union Soviétique.
3 février : Joan Mondale (83 ans), femme de Walter Mondale, ancien Vice-Président des États-Unis.
28 février : James T. Tague (77 ans), l’un des témoins (et blessés) de l’assassinat de John F. Kennedy le 22 novembre 1963.
9 mars : Mohammed Qasim Fahim Khan (56 ans), maréchal afghan, premier Vice-Président de la République d’Afghanistan.
13 mars : Ahmad Tejan Kabbah (82 ans), ancien Président de la République du Sierra Leone.
14 mars : Cao Shunli (52 ans), avocate et dissidente chinoise arrêtée et battue à mort.
18 mars : Dokou Oumarov (49 ans), émir de "l’Émirat du Caucase", ancien Président de la "République tchétchène d’Ichkérie", tué par un opération militaire russe.
23 mars : Adolfo Suarez (81 ans), ancien Premier Ministre d’Espagne.
4 avril : Kumba Iala (61 ans), ancien Président de la République de Guinée-Bissau.
9 avril : Arthur Robinson (87 ans), ancien Président de la République du Trinidad.
10 avril : Jim Flaherty (64 ans), ancien ministre canadien.
16 avril : Gyude Bryant (65 ans), ancien Président de la République du Liberia.
15 mai : Jean-Luc Dehaene (73 ans), ancien Premier Ministre de Belgique.
18 mai : Dobrica Cosic (92 ans), ancien Président de la République de Yougoslavie.
21 mai : Jaime Lusinchi (89 ans), ancien Président de la République du Venezuela.
25 mai : Wojciech Jaruzelski (90 ans), ancien Président de la République de Pologne.
31 mai : Mary Churchill (91 ans), fille de Winston Churchill, écrivaine britannique.
21 juin : Walter Kieber (83 ans), ancien Premier Ministre du Liechtenstein.
24 juin : Ramon José Velasquez (97 ans), ancien Président de la République du Venezuela.
26 juin : Howard H. Baker (88 ans), ancien sénateur américain, ancien directeur de cabinet du Président Ronald Reagan.
27 juin : Rachid Solh (88 ans), ancien Premier Ministre du Liban.
27 juin : Leslie Manigat (83 ans), ancien Président de la République de Haïti.
30 juin : Zeljko Sturanovic (54 ans), ancien Premier Ministre du Monténégro.
1er juillet : Gérard Ouédraogo (88 ans), ancien Premier Ministre du Burkina Faso.
7 juillet : Edouard Chevardnadze (86 ans), ancien Président de la République de Géorgie.
12 juillet : Valéria Novodvorskaïa (64 ans), journaliste russe d’opposition.
21 août : Albert Reynolds (81 ans), ancien Premier Ministre d’Irlande.
12 septembre : Atef Ebeid (82 ans), ancien Premier Ministre de l’Égypte.
15 septembre : Nicolas Romanovitch de Russie (91 ans), prétendant au trône impérial de Russie.
15 septembre : Yitzhak Hofi (87 ans), ancien directeur du Mossad.
20 septembre : Antoine-Gunther d’Oldenbourg (91 ans), prétendant au trône d’Oldenbourg.
4 octobre : Jean-Claude Duvalier (63 ans), ancien dictateur de Haïti.
14 octobre : Dugan Gures (88 ans), ancien chef d’état-major des armées turques.
21 octobre : Gough Whitlam (98 ans), ancien Premier Ministre de l’Australie.
21 octobre : Mohammad Reza Madhavi-Kani (83 ans), Président de l’Assemblée des experts, ancien Premier Ministre d’Iran.
28 octobre : Michael Sata (77 ans), Président de la République de Zambie.
14 novembre : Jane Margaret Byrne (81 ans), ancienne maire de Chicago (première femme).
5 décembre : Fabiola de Mora y Aragon (86 ans), ancienne reine des Belges, femme de Baudouin, roi des Belges.
9 décembre : Jean-Marie Léyé (82 ans), ancien Président de la République du Vanuatu.
10 décembre : Ziad Abou Eïn (55 ans), ministre palestinien assassiné.
22 décembre : Abdel Aziz Mohammad Hejazi (91 ans), ancien Premier Ministre de l’Égypte.
26 décembre : Leo Tindemans (92 ans), ancien Premier Ministre de Belgique, auteur d’un rapport qui préfigura l’actuelle Union Européenne.


Religieux

1er janvier : Higashifushimi Kunihide (103 ans), moine japonais et oncle de l’empereur Akihito.
14 janvier : Gustave Martelet (97 ans), prêtre et théologien, spécialiste de Teilhard de Chardin et de Vatican II.
28 janvier : Georges Morand (84 ans), prêtre et essayiste.
12 mars : José da Cruz Policarpo (78 ans), cardinal portugais et patriarche émérite de Lisbonne.
16 mars : Joseph Fan Zhongliang (95 ans), ancien évêque (clandestin) de Shanghai.
21 mars : Ignace Zakka Ier Iwas (81 ans), patriarche d’Antioche, ancien archevêque de Mossoul puis de Bagdad.
8 avril : Emmanuel III Karim Delly (86 ans), cardinal irakien, primat émérite de l’Église chaldéenne.
12 mai : Marco Cé (88 ans), cardinal italien.
26 mai : Baselios Marthoma Didymos Ier (93 ans), primat de l’Église malankare orthodoxe.
2 juin : Duraisamy Simon Lourdusamy (90 ans), cardinal indien.
9 juin : Bernard Agré (88 ans), cardinal ivoirien, archevêque émérite d’Abidjan.
5 juillet : Vladimir Sabodan (78 ans), primat ukrainien de l’Église orthodoxe.
27 juillet : Francesco Marchisano (85 ans), cardinal italien.
3 août : Edward Bede Clancy (90 ans), cardinal australien.
20 août : Edmund Casimir Szoka (86 ans), cardinal américain, ancien gouverneur de l’État du Vatican.
20 août : Maurice Cordier (93 ans), résistante et prêtre français (a prononcé l’homélie de l’enterrement de De Gaulle).
25 août : Joseph Wu Shizhen (93 ans), archevêque émérite de Nanchang.
1er septembre : Sœur Mary T. Clark (100 ans), philosophe américaine.
14 novembre : Henri Brincard (74 ans), évêque du Puy.
22 novembre : Fiorenzo Angelini (98 ans), cardinal italien.
9 décembre : Jorge Maria Majia (91 ans), cardinal argentin, ancien archiviste du Vatican.
11 décembre : Georges Lagrande (85 ans), ancien évêque de Gap.
18 décembre : Claude Frikart (92 ans), évêque auxiliaire émérite de Paris.


Scientifiques, innovateurs, astronautes et industriels

14 janvier : Jacques Arsac (84 ans), universitaire français et informaticien, créateur du langage Exel.
15 janvier : John Dobson (98 ans), vulgarisateur américain, inventeur du télescope Dobson.
7 février : Mohamed Guessous (76 ans), sociologue marocain.
19 février : Valeri Koubassov (79 ans), cosmonaute soviétique.
19 février : Dale A. Gardner (65 ans), astronaute américain.
4 mars : Bill Pogue (84 ans), astronaute américain.
9 mars : William Clay Ford Sr (88 ans), industriel américain, petit-fils de Henry Ford.
17 mars : Antoni Opolski (100 ans), astronome polonais de Wroclaw.
23 mars : François de Tricornot de Rose (103 ans), ancien ambassadeur de France au Portugal puis à l’OTAN, a participé à la création du CERN de Genève dont il fut le président du conseil d’administration.
24 mars : Jean-François Mattéi (73 ans), philosophe français, à ne pas confondre avec l’ancien ministre et ancien député Jean-François Mattei (71 ans), généticien et professeur de médecine et membre de l’Académie de médecine.
26 mars : Guy Lazorthes (103 ans), neurochirurgien et universitaire français de Toulouse.
1er avril : Jacques Le Goff (90 ans), historien français spécialiste du Moyen-Âge.
16 avril : Jacques Servier (92 ans), pharmacien et milliardaire français, un des leaders de l’industrie pharmaceutique française et mis en examen dans l’affaire du Médiator.
22 avril : George Harry Heilmeier (77 ans), ingénieur américain et co-inventeur de l’affichage à cristaux liquides.
24 avril : Jacques Nimier (84 ans), psychologue français spécialiste de la pédagogie et de la docimologie, ancien enseignant des mathématiques.
17 mai : Gerald Edelman (84 ans), neurologue américain, Prix Nobel de Médecine 1972.
18 mai : Wubbo Ockels (68 ans), spationaute néerlandais.
28 mai : Maurice Agulhon (87 ans), historien français spécialiste du pouvoir républicain.
13 juin : Mahdi Elmandjra (81 ans), essayiste et futurologue marocain.
22 juin : Bruno Zumino (91 ans), physicien italien à l’origine du modèle de Wess-Zumino, auteur de théories sur la supergravité et la supersymétrie.
16 juillet : Heinz Zemanek (94 ans), informaticien autrichien, inventeur de l’un des premiers ordinateurs à transistor.
17 juillet : Henry Hartsfield (80 ans), astronaute américain.
9 août : Raymond Berthillon (90 ans), glacier français, à l’origine des fameuses glaces Berthillon à Paris.
12 août : Jean Favier (82 ans), historien français spécialiste du Moyen-Âge.
21 août : Steven R. Nagel (67 ans), astronaute américain.
27 août : Jacques Friedel (93 ans), physicien français (l’un des plus grands), spécialiste de la physique du solide et des dislocations, médaille d’or du CNRS et ancien président de l’Académie des sciences.
20 septembre : Anatoli Berezovoi (72 ans), cosmonaute soviétique.
30 septembre : Martin Lewis Pert (87 ans), physicien américain, Prix Nobel de Physique 1995.
20 octobre : Christophe de Margerie (63 ans), industriel français, président de Total.
4 novembre : Stanley Donald Stookey (99 ans), physicien américain spécialiste du verre, chercheur à Corning ayant déposé 60 brevets, inventeur de la vitrocéramique.
13 novembre : Alexandre Grothendieck (86 ans), mathématicien français, Médaille Fields 1966.
14 novembre : Marc Vénard (85 ans), historien français spécialiste du christianisme.
16 novembre : Serge Moscovici (89 ans), psychologue social épistémologue français, théoricien de l’écologie politique, père de Pierre Moscovici.
22 novembre : Émile Poulat (94 ans), sociologue et historien français.
24 novembre : Jean-Paul Béchat (72 ans), industriel français, ancien président de la SNECMA.
25 novembre : Denham Harman (98 ans), gérontologue américain.
3 décembre : Luc Oursel (55 ans), industriel français, ancien président d’Areva.
6 décembre : Ralph Baer (92 ans), ingénieur américain, concepteur de la première console de jeu vidéo (la Magnavox Odyssey).
9 décembre : Karl Otto Pöhl (85 ans), économiste allemand.
25 décembre : Louis Boutet de Monvel (73 ans), mathématicien français spécialiste de l’analyse fonctionnelle, ancien doctorant de Laurent Schwartz, dont les travaux ont porté sur les opérateurs pseudodifférentiels et les opérateurs de Toeplitz.


Artistes, peintres, musiciens, écrivains, acteurs…

1er janvier : Milan Horvat (95 ans), chef d’orchestre croate.
4 janvier : Eva Ganizate (28 ans), soprano lyrique française, renversée par une voiture dans l’Yonne alors qu’elle faisait du vélo.
8 janvier : Madeleine Malraux (99 ans), pianiste française renommée et ancienne épouse d’André Malraux.
20 janvier : Claudio Abbado (80 ans), chef d’orchestre italien.
29 janvier : François Cavanna (90 ans), écrivain et essayiste français.
30 janvier : Jean Babilée (90 ans), chorégraphe, danseur et comédien français.
23 février : Alice Sommer Herz (110 ans), pianiste tchèque et rescapée la plus âgée de la Shoah.
1er mars : Alain Resnais (91 ans), cinéaste français.
6 mars : Christian Casadesus (101 ans), comédien français et frère de Gisèle Casadesus, comédienne centenaire.
6 mars : René Borg (80 ans), cinéaste français spécialisé dans le dessin animé, réalisateur de la 1e saison de la série "Les Shadoks" avec l’animographe développé sous la direction de Pierre Schaeffer.
21 mars : André Lavagne (100 ans), compositeur français.
25 mars : Chu Teh-Chun (93 ans), peintre franco-chinois spécialiste du paysagisme abstrait, de la même génération que Zao Wou Ki (1920-2013). Une rétrospective venait de lui être consacré par la Pinacothèque de Paris à la Madeleine (exposition du 11 octobre 2013 au 16 mars 2014).
3 avril : Régine Deforges (78 ans), romancière française.
7 avril : Peaches Geldof (25 ans), mannequin et journaliste britannique, fille du chanteur Bob Geldof, morte d’une overdose.
13 avril : Claude Weisbuch (87 ans), peintre et graveur français.
13 avril : Mohamed Fraj Chedly (86 ans), romancier et ancien ministre tunisien.
17 avril : Gabriel Garcia Marquez (87 ans), écrivain colombien, Prix Nobel de Littérature 1982.
24 avril : Michel Lang (74 ans), cinéaste français, réalisateur de "À nous les petites Anglaises" et "L’hôtel de la plage".
27 avril : Micheline Dax (90 ans), comédienne française.
7 juin : Jacques Herlin (86 ans), acteur français.
13 juillet : Lorin Maazel (84 ans), chef d’orchestre et compositeur américain.
13 juillet : Nadine Gordimer (90 ans), écrivaine sud-africaine, Prix Nobel de Littérature 1991.
16 juillet : Hervé Cristiani (66 ans), chanteur français.
19 juillet : Souleymane Keita (67 ans), peintre sénégalais.
28 juillet : Yvette Lebon (103 ans), actrice française.
2 août : Jacques Merlet (82 ans), musicologue et producteur de radio français spécialiste de la musique baroque.
11 août : Robin Williams (63 ans), acteur américain (se suicide).
12 août : Lauren Bacall (89 ans), actrice américaine.
17 août : Pierre Vassiliu (76 ans), chanteur français.
24 août : Richard Attenborought (90 ans), acteur et cinéaste britannique.
25 août : Jean-Pierre Vergne (68 ans), cinéaste français.
11 septembre : Antoine Duhamel (89 ans), compositeur français.
12 septembre : Joe Sample (75 ans), compositeur de jazz américain.
15 septembre : François Wahl (89 ans), philosophe et éditeur français.
19 septembre : Audrey Long (92 ans), actrice américaine.
27 septembre : Jean-Jacques Pauvert (88 ans), éditeur français.
15 octobre : Marie Dubois (77 ans), actrice française.
20 octobre : Oscar de la Renta (82 ans), styliste dominicain.
20 octobre : Nicolas Skorsky (62 ans), compositeur français.
27 octobre : Daniel Boulanger (92 ans), écrivain français.
2 novembre : Pierre Daix (92 ans), journaliste et écrivain français.
5 novembre : Manitas de Plata (93 ans), guitariste gitan.
5 novembre : Jean-Jacques Rousseau (67 ans), cinéaste belge de l’absurde, assassiné.
17 novembre : Fred Personne (82 ans), acteur français.
19 novembre : Mike Nichols (83 ans), cinéaste américain, réalisateur de "Qui a peur de Virginia Woolf ?", "Le lauréat" et "Primary colors".
23 novembre : Hélène Duc (97 ans), actrice française.
27 novembre : Phyllis Dorothy James (94 ans), romancière britannique.
27 novembre : Célia Bertin (94 ans), romancière française.
21 décembre : Joe Cocker (70 ans), chanteur britannique.
23 décembre : Jacques Chancel (86 ans), journaliste et présentateur de radio télévision français.


Société

1er mai : Josette Alia (84 ans), journaliste française.
12 mai : Camille Lepage (26 ans), journaliste française assassinée en République centrafricaine.
4 juillet : Benoît Duquesne (56 ans), journaliste français.
16 août : Ménie Grégoire (95 ans), animatrice de radio et écrivaine française.
19 août : James Foley (40 ans), journaliste américain sauvagement assassiné par le Daech.
2 septembre : Steven Sotloff (31 ans), journaliste américain sauvagement assassiné par le Daech.
13 septembre : David Haines (44 ans), travailleur humanitaire britannique sauvagement assassiné par le Daech.
15 septembre : Elle (98 ans) quatorze ans et demi après lui, d'une insuffisance respiratoire.
24 septembre : Hervé Gourdel (55 ans), alpiniste français sauvagement assassiné par des islamistes algériens.
29 septembre : Yves Marchesseau (62 ans), animateur de jeu télévisé français.
3 octobre : Alan Henning (47 ans), travailleur humanitaire britannique sauvagement assassiné par le Daech.
25 décembre : Christiane Lecoq (103 ans), cofondatrice (avec son mari Albert) du mouvement naturiste français.
27 décembre : Un homme de 29 ans, "sans domicile fixe", mort de froid près d’une école de Douai. Six personnes au moins sont mortes de froid dans les rues les trois derniers jours de l’année 2014.


Quelques noms au milieu de la nuit

S’il ne fallait en retenir que quelques-unes, j’indiquerais principalement les destinées de Dominique Baudis, Jacques Barrot, Maurice Faure, Jean Charbonnel, André Bergeron, Philippe Dechartre, Marc Blondel et Maurice Duverger pour les politiques français ; du général Jaruzelski, Ariel Sharon, Adolfo Suarez, Jean-Luc Dehaene, Leo Tindemans, Albert Reynolds, Edouard Chevardnadze, Leslie Manigat, Jean-Claude Duvalier et Gough Whitlam pour les politiques internationaux ; de Jacques Le Goff et Jean Favier pour les historiens français ; de Christophe de Margerie, Luc Oursel, Jean-Paul Béchat et Jacques Servier pour les industriels français ; de Jacques Friedel et Donald Stookey pour les physiciens ; de Madeleine Malraux, Lorin Maazel et Claudio Abbado pour les musiciens ; de Gabriel Garcia Marquez, François Cavanna et Régine Deforges pour les écrivains ; de Lauren Bacall, Alain Resnais, Robin Williams et Richard Attenborought pour le cinéma ; de Chu Teh-Chun pour la peinture ; de Hervé Cristiani et Pierre Vassiliu pour les chanteurs français ; de Danièle Breem, Jacques Chancel, Benoît Duquesne et Ménie Grégoire pour les journalistes français ; sans oublier toutes les victimes des guerres, des attentats terroristes, des catastrophes naturelles, de la famine et des épidémies.

Et je profite de ce "rétroviseur" pour remettre mes projecteurs vers l’avant et souhaiter à tous mes meilleurs vœux de bonne santé pour la nouvelle année 2015, qu’elle soit symbole de vie, de raison, de foi, de paix et de pardon.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (2 janvier 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rétroviseur 2014 : les événements du monde.

yarti201402



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/retroviseur-2014-les-disparitions-161411

 

 




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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 07:11

Voici l’année 2014 en quelques événements arbitrairement choisis.


yarti201401S’il fallait réduire à un seul événement cette année internationale 2014, je choisirais sans hésitation la grave crise en Ukraine et la guerre civile au Donbass qui fait se cliver de manière très artificielle (culturellement et historiquement) deux pays en tuant des milliers de personnes. Ce nouveau foyer très inquiétant de conflit au frontières de l’Europe montre à l’évidence que la construction européenne n’a jamais été un vain mot et son premier objectif, la paix sur son territoire, une réalité qui ne va jamais de soi.


Europe sauf politique française

1er janvier : L’euro devient la monnaie officielle de la Lettonie, dix-huitième pays de la zone euro (la Lituanie fera de même le 1er janvier 2015).
22 janvier : Plusieurs morts dans les mouvements de contestation à Kiev. Le Premier Ministre ukrainien Mykola Azarov démissionne le 28 janvier.
7 au 23 février : 22e Jeux olympiques d’hiver à Sotchi.
9 février : Référendum contre l’immigration adopté à 50,3% en Suisse (d’initiative populaire) remettant en cause des accords de libre circulation des personnes de l’Union Européenne signés le 21 juin 1999.
13 février : Les parlementaires belges étendent aux mineurs l’autorisation de l’euthanasie active (sans condition d’âge).
17 février : Matteo Renzi nommé Président du Conseil italien après la démission d’Enrico Letta (le 14 février).
21 février : Accord entre Viktor Ianoukovitch et l’opposition pour organiser une élection présidentielle anticipée.
22 février : Libération de Ioulia Tymochenko et destitution du Président ukrainien Viktor Ianoukovitch par le Parlement, après sa fuite en Russie. Il est remplacé par Oleksandr Tourtchynov.
26 février au 28 mars : Crise en Crimée avec deux référendums séparatistes illégaux (16 et 27 mars).
27 février : Arseni Iatseniouk devient Premier Ministre ukrainien.
18 mars : Annexion de la Crimée par la Russie.
21 mars : Signature du volet politique du partenariat entre l’Ukraine et l’Union Européenne.
29 mars : Victoire d’Andrej Kriska au second tour de l’élection présidentielle en Slovaquie.
6 avril : Victoire de Viktor Orban aux élections législatives en Hongrie.
7 avril : Début de la guerre civile dans le Donbass (entre Ukrainiens et séparatistes pro-russes de Sloviansk, Donetsk, Kramatorsk, Droujkivka, Horlivka, Lougansk, Kostiantynivka, Semionovka, Marioupol, Amvrossiivka, Artemovsk, Siversk, Lyssytchansk, Goukovo, Avdiivka, Yassynouvata, Marinka, Krasnyi Loutch, Vougleguirsk, Pervomaïsk, Kalynove, Kamychevakha, Novoazovsk, Telmanovo, Snijne…) qui a provoqué déjà plus de 4 000 morts, avec l’implication de plusieurs milliers de militaires envoyés par la Fédération de Russie selon Alexandre Zakhartchenko (chef séparatiste de Donetsk, Premier Ministre depuis le 7 août et Président depuis le 4 novembre) lors d’une interview télévisée le 28 août.
24 mai : Attentat au Musée juif de Belgique provoquant 4 morts à Bruxelles (Mehdi Nemmouche arrêté à Marseille le 1er juin).
25 mai : Victoire du PPE mené par Jean-Claude Juncker sur les sociaux-démocrates menés par Martin Schulz aux élections européennes (forte montée des extrémismes et populismes).
25 mai : Victoire de Petro Porochenko à l’élection présidentielle en Ukraine.
25 mai : Élections législatives en Belgique.
6 juin : François Hollande commémore avec de nombreux chefs d’État le 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.
7 juin : Investiture de Petro Porochenko.
19 juin : Abdication de Juan Carlos Ier et avènement de Felipe VI comme roi d’Espagne.
27 juin : Accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne.
28 juin : Centenaire de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo qui déclencha la Première Guerre mondiale.
6 août : Gueorgui Bliznachki est désigné Premier Ministre de Bulgarie par intérim après la démission du gouvernement à la suite de la faillite d’une des principales banques du pays.
7 août : Embargo russe sur les produits alimentaires européens.
18 septembre : Victoire du non avec 55,4% au référendum sur l’indépendance de l’Écosse.
18 septembre : Miro Cerar devient Président du gouvernement de Slovénie après les élections législatives du 13 juillet provoquées par la démission d’Alenka Bratusek le 5 mai.
22 septembre : Ewa Kopacz succède à Donald Tusk à la tête du gouvernement polonais.
4 octobre : Élections législatives en Lettonie.
5 octobre : Élections législatives en Bulgarie.
11 octobre : Investiture de Charles Michel (38 ans) comme Premier Ministre de Belgique à la tête d’une coalition de libéraux (Open VLD), démocrates-chrétiens flamands (CD&V) et nationalistes flamands (N-VA), succédant à Elio Di Rupo.
26 octobre : Élections législatives en Ukraine.
1er novembre : Investiture de Jean-Claude Juncker comme Président de la Commission Européenne, ratifié par le Parlement Européen le 15 juillet (succède à José Manuel Barroso).
1er novembre : Arrêt de l’Opération Mare Nostrum par l’Italie.
7 novembre : Boïko Borissov redevient Premier Ministre bulgare après l’avoir été du 28 juillet 2009 au 13 mars 2013.
9 novembre : Référendum illégal sur l’indépendance de la Catalogne.
16 novembre : Élection de Klaus Iohannis au second tour de l’élection présidentielle en Roumanie. Il est investi le 21 décembre (succède à Traian Basescu).
30 novembre : Élections législatives en Moldavie. Nouvelle victoire des partis pro-européens.
1er décembre : Investiture de Donald Tusk comme Président du Conseil Européen, choisi le 30 août (succède à Herman Van Rompuy).
10 décembre : Naissance de Gabriella et de Jacques (Grimaldi) de Monaco, enfants de Charlène Wittstock et Albert II de Monaco.
27 décembre : Andrei Kobiakov devient Premier Ministre de Biélorussie, nommé par le Président Alexandre Loukachenko, à la suite de la crise du rouble russe.
28 décembre : Premier tour de l’élection présidentielle en Croatie. Le second tour aura lieu le 11 janvier 2015 dans une confrontation entre le Président sortant Ivo Josipovic (38,5%) et l’ancienne ministre Kolinda Grabar-Kitarovic (37,2%).
29 décembre : Échec du candidat Stavros Dimas au troisième tour de l’élection présidentielle en Grèce, ce qui a conduit à la dissolution du Parlement grec et à des élections législatives anticipées prévues en 2015 (la bourse d’Athènes s’effondre).


Politique française

10 janvier : La vitesse sur le boulevard périphérique parisien est désormais limitée à 70 km/h (au lieu de 80).
13 janvier : "Closer" révèle que François Hollande entretient une relation avec l’actrice Julie Gayet.
14 janvier : 3e conférence de presse de François Hollande (propose le pacte de responsabilité).
21 janvier : Les députés suppriment la mention "que son état place dans une situation de détresse" dans l’article 4 de la loi n°75-17 du 17 janvier 1975 autorisant l’avortement (loi Veil) : « La femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. » (Art. L.162-1) dans la discussion de la loi n°2014-873 du 4 août 2014 (loi Vallaud-Belkacem).
12 février : Adoption définitive de la loi reconnaissant le vote blanc (proposée par l’UDI).
22 février : 60 000 personnes manifestent à Nantes contre le projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes.
27 février : Début de l’Affaire Bygmalion révélée par "Le Point" (début judiciaire le 27 juin).
4 mars : Début de l’Affaire Patrick Buisson qui aurait enregistré toutes ses conversations privées avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée entre 2007 et 2012.
17 mars : Première application de la circulation alternée en Île-de-France à cause de la pollution.
23 et 30 mars : Élections municipales. Défaite du PS, grande victoire de l’UMP et de l’UDI, gain de dix municipalités par le FN (dont un secteur à Marseille et Fréjus).
27 mars : Rencontre entre Xi Jinping et François Hollande au château de Versailles.
31 mars : Manuel Valls nommé Premier Ministre à la place de Jean-Marc Ayrault.
2 avril : Nomination du premier gouvernement de Manuel Valls.
6 avril : Retrait de Jean-Louis Borloo de la vie politique pour raison de santé.
8 avril : Vote de confiance pour Manuel Valls (306 voix contre 239).
29 avril : 41 députés "frondeurs" du PS s’abstiennent sur le plan d’économie de 50 milliards d’euros.
25 mai : Élections européennes. Le FN obtient 24 sièges. Effondrement du PS. Les listes centristes obtiennent 10% des voix.
26 mai : Déclarations de Jérôme Lavrilleux sur l’Affaire Bygmalion (protège Jean-François Copé et charge Nicolas Sarkozy).
6 juin : Nouvelle polémique suscitée par Jean-Marie Le Pen avec la "fournée".
11 juin : Jacques Toubon est nommé Défenseur des droits en remplacement de Dominique Baudis. Il prend ses fonctions le 17 juillet.
15 juin : Démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP (annoncée le 27 mai).
22 juin : Élection de Laurent Hénart à la présidence du Parti radical (contre Rama Yade).
24 juin : Le Conseil d’État autorise l’euthanasie active de Vincent Lambert, mais la décision n’est pas applicable tant que la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas rendu son avis.
28 juin : Inauguration de la cinquième ligne de tramway à Grenoble.
30 juillet : Naissance de Louise-Marguerite d’Orléans, à Poissy, troisième enfant du Prince Jean d’Orléans (né le 19 mai 1965), duc de Vendôme et fils "aîné" de Henri VII d’Orléans (né le 14 juin 1933), prétendant au Trône de France depuis le 19 juin 1999.
25 août : Démission du premier gouvernement de Manuel Valls.
26 août : Nomination du second gouvernement de Manuel Valls. Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti sont remerciés. Emmanuel Macron à l’Économie.
4 septembre : Publication du livre "Merci pour le moment" de Valérie Trierweiler, ancienne compagne de François Hollande (séparée officiellement le 25 janvier).
4 septembre : Démission du sous-ministre Thomas Thévenoud pour "indélicatesse" avec le fisc.
16 septembre : Vote de confiance pour Manuel Valls (269 voix contre 244).
18 septembre : 4e conférence de presse de François Hollande (au plus bas dans les sondages, ne parvient pas à rétablir la confiance).
19 septembre : Retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique.
24 septembre : Assassinat d’Hervé Gourdel en Algérie.
28 septembre : Élections sénatoriales. Défaite de la gauche, victoire de l’UMP et de l’UDI. Le FN remporte deux sièges.
30 septembre : Création du part naturel régional du Golfe du Morbihan.
1er octobre : Gérard Larcher redevient Président du Sénat.
2 octobre : En haut dans les sondages, Alain Juppé exprime son envie de présidentielle sur France 2 ("Des paroles et des actes").
26 octobre : Mort de Rémi Fresse, tué par une grenade lors d’une manifestation contre le projet de barrage de Sivens.
13 novembre : Élection de Jean-Christophe Lagarde à la présidence de l’UDI (contre Hervé Morin).
21 novembre : Démission du sous-ministre Kader Arif en raison d’une affaire judiciaire.
29 novembre : Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP (contre Bruno Le Maire).
30 novembre : Réélection de Marine Le Pen à la présidence du FN avec 100% des voix.
8 décembre : Lionel Jospin est nommé membre du Conseil Constitutionnel par Claude Bartolone en remplacement de Jacques Barrot.
13 décembre : Mise en service de la ligne 6 du tramway d’Île-de-France (entre Viroflay et Châtillon-Montrouge).
17 décembre : Adoption définitive de la réforme territoriale bouleversant les frontières des régions.


Révolutions arabes et Afrique du Nord

15 janvier : Adoption de la nouvelle Constitution égyptienne par référendum à la suite du coup d’État du 3 juillet 2013.
26 janvier : Adoption de la nouvelle Constitution tunisienne par l’Assemblée constituante tunisienne.
20 février : Élection de l’Assemblée constituante libyenne.
24 mars : Après un procès expéditif de deux jours seulement, un tribunal égyptien condamne à mort collectivement 529 partisans du Président destitué Mohamed Morsi dont 376 par contumace.
17 avril : Réélection du Président algérien Abdelaziz Bouteflika (77 ans) pour un quatrième mandat (première élection le 15 avril 1999).
16 mai : Début de la guerre civile en Libye qui a provoqué déjà plus de 2 500 morts.
28 mai : Victoire du maréchal Abdel Fattah al-Sissi à l’élection présidentielle en Égypte (avec 96,9% des voix). Investi le 8 juin.
26 octobre : Élections législatives en Tunisie. Ennahdha en deuxième place avec 27,8% derrière Nidaa Tounes 37,6%.
29 novembre : Acquittement d’Hosni Moubarak après avoir été condamné le 2 juin 2012 à la prison à perpétuité.
21 décembre : Élection de Béji Caïd Essebsi (88 ans) à la Présidence de la République de Tunisie, au second tour avec 55,7% contre Moncef Marzouki, Président provisoire depuis le 13 décembre 2011.


Reste de l’Afrique

17 janvier : Hery Rajaonarimampianina est déclaré élu Président de la République malgache au second tour de l’élection présidentielle du 20 décembre 2013 (face à Jean-Louis Robinson). Il est investi les 24 et 25 janvier.
20 janvier : Catherine Samba-Panza élue Présidente de la transition en République centrafricaine.
11 avril : Roger Kolo est nommé Premier Ministre de Madagascar (son gouvernement est nommé le 18 avril).
7 mai : Élections législatives en Afrique du Sud et nouvelle victoire de Jacob Zumba (réélu Président de la République sud-africaine le 21 mai).
21 juin : Réélection de Mohamed Ould Abdel Aziz à l’élection présidentielle en Mauritanie.
31 octobre : Démission de Blaise Compaoré de la Présidence de la République du Burkina Faso. Isaac Zida prend le pouvoir le 1er novembre et le transmet à Michel Kafando Président de la transition le 21 novembre.


Asie, Océan indien, Proche-Orient et Moyen-Orient

1er mars : Attentat islamiste à la gare de Kunming, en Chine (29 morts).
9 mars : Élections législatives en Corée du Nord. Tous les candidats (uniques) obtiennent 100% des suffrages.
27 avril : Aux Maldives, la peine de mort est désormais possible pour les enfants de 7 ans.
2 mai : Glissements de terrain d’Aab Bareek, en Afghanistan (environ 2 700 morts).
12 mai : Victoire du BJP aux élections législatives indiennes (échec de Rahul Gandhi).
20 mai : Narenda Modi devient Premier Ministre indien.
22 mai : Coup d’État militaire en Thaïlande.
22 mai : Attentat à Urumqi, en Chine (43 morts).
14 juin : Victoire d’Ashraf Ghani au second tour de l’élection présidentielle en Afghanistan (annoncée le 21 septembre, face à Abdullah Abdullah).
29 juin : Proclamation du califat par le Daech. Abou Bakr al-Baghdadi se revendique calife.
8 juillet au 26 août : Opération Bordure protectrice lancée par Israël sur la Bande de Gaza (plus de 2 200 morts).
9 juillet : Victoire de Joko Widodo à l’élection présidentielle indonésienne (investi le 20 octobre).
24 juillet : Shimon Peres (presque 91 ans) transmet la Présidence de l’État d’Israël à Reuven Rivlin (élu le 10 juin).
24 juillet : Victoire de Fouad Massoum à l’élection présidentielle en Irak.
1er au 17 août : Massacres de Ghraneidj et d’al-Keshkeyyi (Syrie) commis par le Daech (environ 1 000 morts).
7 août : Condamnation à la prison à vie pour crime contre l’humanité, crime de guerre et génocide de Nuon Chea (88 ans) et Khieu Samphan (83 ans), les deux derniers dirigeants khmers rouges survivants.
8 août : Début de la guerre contre le Daech (et assassinats de plusieurs otages à partir du 19 août).
10 août : Élection de Recep Tayyip Erdogan à la Présidence de la République de Turquie dès le premier tour avec 51,8%, après plus de dix ans à la tête du gouvernement turc (du 14 mars 2003 au 28 août 2014). Investi le 28 août.
11 août : Haïder al-Abadi devient Premier Ministre irakien (approuvé le 8 septembre).
27 septembre au 15 décembre : Manifestations d’environ un million de personnes pour la démocratie à Hong Kong ("Révolution des parapluies"). Aucun mort.
29 septembre : Investiture d’Ashraf Ghani.
24 octobre au 2 novembre : Massacres de Zaouïat Albou Nimr (Irak) commis par le Daech (500 morts).
30 novembre : Au 15e Sommet de la Francophonie à Dakar, la Canadienne Michaëlle Jean est désignée pour succéder le 1er janvier 2015 à Abdou Diouf au Secrétariat général de l’Organisation internationale de la francophonie.
14 décembre : Élections législatives au Japon. Nouvelle victoire du Parti libéral-démocrate du Premier Ministre Shinzo Abe (depuis le 26 décembre 2012).
16 décembre : Attentat islamiste à Peshawar (149 morts). En réaction, le gouvernement pakistanais lève le moratoire sur la peine de mort (17 décembre) et recommence les exécutions par pendaisons (19 décembre).
23 décembre : Massacres de Kokrajhar et Sonitpur (nord-est de l’Inde) commis par des séparatistes du Front démocratique national de Bodoland (68 morts).
Janvier à décembre : Plusieurs dizaines de massacres au nord du Nigeria commis par la rébellion islamiste (10 000 morts depuis le 26 juillet 2009 ; 95 massacres ayant tué 2 053 personnes pour les six premiers mois de 2014). Également au Sud-Soudan (10 000 morts depuis le 14 décembre 2013, 500 000 personnes déplacées).


Amérique du Nord

1er janvier : Application de l’Obamacare (assurances sociales).
22 octobre : Le centre-ville d’Ottawa est verrouillé en raison d’un tueur introduit au Parlement canadien.
4 novembre : Élections législatives et sénatoriales aux États-Unis. Défaite du Parti démocrate.
9 décembre : Publication d’une partie du rapport sénatorial sur la torture de la CIA.
16 décembre : Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride, frère de George W. Bush, fils de George W. H. Bush, se présente aux primaires républicaines pour l'élection présidentielle de novembre 2016. Il sera peut-être opposé à Hillary Clinton, épouse de Bille Clinton.
17 décembre : Rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba (discours simultané de Barack Obama et de Raul Castro qui remercient le pape François pour sa contribution).


Amérique latine

4 février : Début des manifestations contre le pouvoir au Venezuela (42 morts).
11 mars : Élue le 15 décembre 2013, Michelle Bachelet redevient Présidente de la République du Chili, fonctions qu’elle avait déjà assurées du 11 mars 2006 au 11 mars 2010, élue le 15 janvier 2006.
12 octobre : Réélection d’Evo Morales à la Présidence de la République de Bolivie.
26 octobre : Réélection de Dilma Rousseff à la Présidence de la République du Brésil.
30 novembre : Victoire de Tabare Vazquez au second tour de l’élection présidentielle en Uruguay, déjà Président de la République de l’Uruguay du 1er mars 2005 au 1er mars 2010, élu le 31 octobre 2004. Investiture prévue le 1er mars 2015.
21 décembre : Florence Duperval Guillaume devient Premier Ministre de Haïti par intérim après la démission de Laurent Lamothe (le 14 décembre) provoquée par une longue période de manifestations.


Catastrophes et épidémies

8 mars : Disparition du Boeing 777-2H6ER du vol MH370 de Malaysia Airlines (Kuala Lumpur vers Pékin), dans l’Océan indien (239 personnes à bord).
16 avril : Naufrage du ferry sud-coréen Sewol au large de l’île de Jindo (306 morts).
22 avril : Accident ferroviaire de Kamina, dans le Katanga, au sud de la République démocratique du Congo (74 morts).
17 juillet : Crash du Boeing 777-200ER du vol MH17 de Malaysia Airlines (Amsterdam vers Kuala Lumpur), abattu à Chakhtarsk, au-dessus du conflit ukrainien (298 morts).
23 juillet : Crash de l’avion ATR72 du vol 222 de TransAsia Airways (Kaohsiung vers Magong), près de Taiwan (48 morts). Le Président chinois Xi Jinping adresse ses condoléances et propose l’aide de la Chine que Taiwan refuse.
24 juillet : Crash de l’avion McDonnel Douglas MD-83 du vol AH5017 de Air Algérie (Ouagadougou vers Alger) au Mali (116 morts).
3 août : Séisme dans le Yunnan (729 morts et 229 700 personnes évacuées).
10 août : Crash de l’Antonov An-140 du vol 5915 de Sepahan Airlines (Mehrabad vers Tabas) au décollage à Téhéran (39 morts).
9 décembre : Marée noire à la baie du Bengale, au Bangladesh, dans une zone où règne l'une des plus grandes diversités biologiques au monde.
28 décembre : Disparition de l’Airbus A320-300 du vol QZ8501 d’AirAsia (Surabaya vers Singapour), sur la mer de Java (162 personnes à bord).
Toute l’année 2014 : La première personne morte du virus Ebola est un enfant de deux ans le 28 décembre 2013 à Méliandou, au sud-est de la Guinée. Au 27 décembre 2014, le virus a infecté 20 081 personnes dont 7 842 sont mortes. Les pays les plus touchés sont le Liberia, le Sierra Leone et la Guinée.


Religions

24 janvier : Visite officielle de François Hollande et de Manuel Valls au Vatican. Entrevue avec le pape François.
27 avril : Canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II par le pape François en présence de Benoît XVI place Saint-Pierre de Rome.
13 juin : Le pape François indique qu’il renoncera à ses fonctions comme Benoît XVI lorsqu’il ne se sentira plus en état de les assurer.
5 au 19 octobre : 3e assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques sur la famille au Vatican.
19 octobre : Béatification de Paul VI.
25 novembre : Visite historique du pape François à Strasbourg devant le Parlement Européen puis devant le Conseil de l’Europe.
28 au 30 novembre : Visite apostolique du pape François en Turquie et rencontre avec le patriarche Bartholomée.
20 décembre : Le cardinal français Jean-Louis Tauran devient camerlingue de la Sainte Église romaine (et président du conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux depuis le 25 juin 2007).
22 décembre : Discours très sévère du pape François à la curie romaine dans la salle Clémentine au Vatican contre les quinze maladies qui rongent le haut clergé et la curie. Ce sont le fantasme de l’immortalité, l’hyperactivité, la "fossilisation mentale et spirituelle", la "planification d’expert-comptable", le travail confus et sans coordination, "l’Alzheimer spirituel", le goût de la rivalité ou de la vantardise, la "schizophrénie existentielle", le "terrorisme des bavardages", le carriérisme et l’opportunisme, l’indifférence aux autres, la "tête d’enterrement", "l’exhibitionnisme mondain", les "cercles fermés" se prétendant plus forts que les autres et la recherche du prestige.


Science

21 janvier : Premier faisceau d’antihydrogène réalisé au CERN de Genève (premier antiatome produit en 1995).
30 janvier : Une découverte exceptionnelle dans le domaine des cellules souches rend inutile l’expérimentation sur des embryons humains.
3 mars : Découverte du virus géant Pithovirus sibericum dans le pergélisol de Sibérie datant de 30 000 ans (1,5 micron de longueur et 0,5 micron de diamètre).
12 novembre : "Atterrissage" du module Philae de la sonde européenne Rosetta lancée le 2 mars 2004 sur la comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko. Belle illustration de l’excellence de l’Europe lorsqu’elle est unie.
5 décembre : Premier vol sans équipage du vaisseau spatial américain Orion.


Art et culture

6 janvier : Interdiction d’un spectacle de Dieudonné par Manuel Valls.
27 février : Le CSA désigne Mathieu Gallet (37 ans) à la présidence de Radio France pour la succession de Jean-Luc Hees.
10 avril : Alain Finkielkraut est élu à l’Académie française.
10 avril : Conchita Wurst (pour l’Autriche) gagne l’Eurovision à Copenhague avec "Rise Like a Phoenix".
12 avril : Réouverture du zoo de Vincennes.
22 mai : Michael Edwards (élu le 21 février 2013) est reçu par Frédéric Vitoux à l’Académie française.
30 mai : Inauguration du Musée Soulages à Rodez.
14 juin : La comédienne Gisèle Casadesus fête ses 100 ans.
26 juin : Marc Lambron est élu à l’Académie française.
14 juillet : Gotlib a 80 ans.
5 septembre : Centenaire de la mort de Charles Péguy.
9 octobre : Patrick Modiano devient Prix Nobel de Littérature (reçu le 7 décembre à Stockholm).
20 octobre : Inauguration de la Fondation Louis-Vuitton au bois de Boulogne.
23 octobre : Dominique Bona (élu le 18 avril 2013) est reçu par Jean-Christophe Ruffin à l’Académie française.
25 octobre : Réouverture du Musée Picasso à Paris.
14 novembre : Inauguration du Grand Auditorium de la Maison de la Radio.
15 décembre : Inauguration de la Musée de l’histoire de l’immigration (ouvert depuis le 19 octobre 2007).
19 décembre : Inauguration du nouveau Musée des Confluences à Lyon.
Xavier Darcos (élu le 13 juin 2013) et Dany Laferrière (élu le 12 décembre 2013) n’ont toujours pas été reçus par l’Académie française.


Dans le prochain article, j’évoquerai les principales disparitions qui ont endeuillé l’année 2014.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 décembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rétroviseur 2014 : les disparitions.

yarti201404


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/retroviseur-2014-les-evenements-du-161320

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 07:40

La frontière entre la gauche et la droite est un mur de verre installé par l’anachronique union de la gauche en 1972 et renforcé par l’élection présidentielle au suffrage universel direct que les citoyens plébiscitent et qui coupe la France en deux camps. Certaines personnalités politiques cherchent pourtant à l’abattre, mais les occasions se font de plus en plus rares.


yartiBayrouDelorsBosson01Il y a exactement vingt ans, le dimanche 11 décembre 1994, deux événements politiques ont marqué la vie politique française, et leurs conséquences s’en font ressentir encore d’aujourd’hui : le congrès d’un parti politique et une émission de télévision.

Mais avant d’en parler, resituons la situation de l’époque.


Contexte politique de la fin 1994

Décembre 1994, c’était quelques mois avant l’élection présidentielle de 1995. Depuis un an et demi, après la victoire de la coalition UDF/RPR, Édouard Balladur dirigeait le gouvernement d’une main de fer aux côtés d’un Président de la République François Mitterrand vieillissant et malade, et même, depuis septembre 1994, presque agonisant. Beaucoup de rumeurs circulaient sur l’état de santé réel du Président, son incapacité à assumer ses fonctions, sa présence quasi-cadavérique aux conseils des ministres, et la préparation de René Monory, Président du Sénat, à assurer prochainement l’intérim présidentiel.

Édouard Balladur, qui avait été placé à Matignon par Jacques Chirac, président du RPR, le parti le plus important (mais l’UDF faisait presque jeu égal dans l’hémicycle depuis 1993), parce qu’il avait compris que Matignon était un handicap pour l’élection présidentielle, était très populaire, par sa manière consensuelle (et immobiliste) de gouverner. Malgré sa promesse de ne pas se présenter à l’élection présidentielle, il ne faisait aucun doute qu’il serait candidat, soutenu par la moitié du RPR et la grande majorité de l’UDF, et surtout, par la plupart des élus de la majorité qui voyaient en lui une belle locomotive. Toute la vie politique était focalisée sur la rivalité présidentielle entre Édouard Balladur et Jacques Chirac.

L’état de l’opposition était aussi cadavérique que son grand chef : le PS avait été laminé aux élections législatives de mars 1993 (la coalition UDF/RPR avait remporté 472 sièges sur 577 !), le Premier Ministre sortant Pierre Bérégovoy en était même tombé en dépression jusqu’au suicide le 1er mai 1993 (enfin, dans la version actuelle), et aucun candidat sérieux au PS n’était envisageable pour gagner l’élection présidentielle, Laurent Fabius avait été mis (injustement) hors jeu à cause de l’affaire du sang contaminé, Pierre Mauroy n’avait jamais eu d’ambition présidentielle, et Lionel Jospin (qui vient d’être nommé le 8 décembre 2014 par Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, à la succession de Jacques Barrot au Conseil Constitutionnel) avait échoué dans sa circonscription aux législatives et voulait retourner dans son administration d’origine, le Quai d’Orsay (son ministre, Alain Juppé a dû se mordre les doigts de ne pas lui avoir proposé une belle ambassade). Quant à Michel Rocard, il avait été lessivé par Bernard Tapie aux élections européennes du 12 juin 1994.

Aucun candidat sérieux… sauf Jacques Delors. Président de la Commission Européenne pour encore quelques semaines (il finissait son second mandat de cinq ans), Jacques Delors jouissait d’une éclatante popularité, de compétences reconnues dans le domaine économique, social et européen, mais n’était pas excessivement apprécié de ses camarades socialistes, y compris de Michel Rocard alors qu’il pouvait prétendre appartenir à l’esprit de cette Deuxième gauche, la gauche moderne qu’on pourrait qualifier actuellement de sociale-libérale et que peuvent aujourd’hui représenter le Premier Ministre actuel Manuel Valls et son Ministre de l’Économie Emmanuel Macron.

Donc, en début décembre 1994, le débat public était dominé par la dispute entre Édouard Balladur et Jacques Chirac, au point que certains sondages les donnaient même s’affrontant au second tour de la présidentielle, et un PS mordant la poussière, simplement prêt à poser une candidature de témoignage (Robert Badinter ou Pierre Joxe pouvaient ainsi faire l’affaire)… sauf dans le cas où, hésitant, Jacques Delors se déciderait à entrer dans l’arène. Car s’il était candidat, les sondages l’auraient placé en très bonne position. Ce qui montre bien que l’élection présidentielle obéit plus à la nature des personnalités candidates qu’aux programmes politiques qu’elles pourraient défendre.

Justement, le soir de ce dimanche 11 décembre 1994, Jacques Delors était l’invité d’Anne Sinclair, dans son émission "Sept sur sept" sur TF1, et devait annoncer sa décision sur son éventuelle candidature. Il venait de sortir un livre sur le programme politique qu’il aurait pu défendre au cours de son éventuelle campagne.


Congrès du CDS à Vincennes

Le même week-end, se tenait à Vincennes le congrès du Centre des démocrates sociaux (CDS). Congrès à enjeu très fort, puisque son président depuis plus de douze ans, Pierre Méhaignerie, allait s’éclipser pour laisser la place à la nouvelle génération. Le renouvellement aurait dû avoir lieu en avril 1994, mais pour ne pas interférer avec la campagne des élections européennes, les questions de personnes avaient été reportées de six mois.

Hervé Torchet a très bien décrit le contexte politique de ce congrès sur son blog (et il me semble même que la photo de 1993 qui y est incluse a été prise par moi).

Les centristes du CDS étaient partie prenante de la majorité dans le gouvernement d’Édouard Balladur, avec de beaux ministères : la Justice pour Pierre Méhaignerie (avec rang de Ministre d’État aux côtés de Simone Veil, Charles Pasqua et François Léotard), l’Éducation nationale pour François Bayrou, l’Économie pour Edmond Alphandéry, l’Équipement, les Transports et le Tourisme pour Bernard Bosson, la Santé pour Philippe Douste-Blazy et enfin l’Aménagement du territoire et les Collectivités locales pour Daniel Hoeffel.

Alors que René Monory (CDS) se préparait à une candidature de témoignage, la plupart des ministres centristes étaient balladuriens, en particulier Bernard Bosson, secrétaire général du CDS depuis octobre 1991 (succédant à Jacques Barrot) et héritier plus ou moins admis par tous pour la présidence du CDS. Bernard Bosson expliquait depuis avril 1989 que le centre devait rester uni avec la droite gaulliste car la plupart des positions sur l’Europe, sur l’économie, sur la justice étaient similaires grâce à la conversion proeuropéenne de Jacques Chirac qui avait soutenu le Traité de Maastricht (sur fortes recommandations d’Édouard Balladur).

Aux élections européennes du 12 juin 1994, la liste d’union UDF/RPR conduite par le centriste Dominique Baudis (sa campagne a été dirigée par Jean-Pierre Raffarin) avait atteint le premier rang, avec 25,6%, ce qui était néanmoins une victoire en demi-teinte en raison de la grande dispersion des voix.

Finalement, François Bayrou, secrétaire général de l’UDF à l’époque, et donc proche de Valéry Giscard d’Estaing, décida de se présenter également à la présidence du CDS, ce qui apporta une concurrence qui n’exista pas depuis le congrès de Versailles du 31 mai 1982 avec le duel entre Bernard Stasi et Pierre Méhaignerie pour la succession de Jean Lecanuet. Loin de devenir un congrès consensuel pour la succession de Pierre Méhaignerie, Vincennes fut le théâtre d’une rivalité redoutable entre Bernard Bosson et François Bayrou.

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Contrairement à Hervé Torchet, je n’avais pas vraiment perçu, à l’époque, le clivage stratégique entre un Bernard Bosson complètement ancré dans une alliance à droite et un François Bayrou susceptible de créer un espace plus d’autonome pour le centre. En revanche, j’avais bien pressenti la différence d’ambition : Bernard Bosson était prêt à continuer à gérer la "boutique" comme les prédécesseurs, s’assurant que le CDS pût "profiter" au mieux d’une alliance dont il n’aurait jamais le leadership, alors que l’ambition présidentielle de François Bayrou était déjà connue et qu’il voulait se hisser dans la cour des grands (ce qu’il parvint à faire en 2007), et son parti avec lui (la réussite fut moins convaincante sur ce plan-là).

Finalement, le 11 décembre 1994, ce fut l’ambition qui gagna sur la stratégie du faire-valoir, après bien des spéculations dans les jours qui ont précédé le vote (le comptage et recomptage de mandats). François Bayrou fut élu président du CDS avec 665 mandats contre 490 mandats en faveur de Bernard Bosson. Chaque fédération départementale avait un nombre de mandats correspondant au nombre d’adhérents.

Concrètement, les centristes s’étaient en quelque sorte réveillés : ils avaient osé l’aventure vers la plus haute ambition au détriment de la gestion tranquille d’un petit capital politique. Peu de journalistes ont, semble-t-il, compris ce qu’il venait de se nouer : la multicandidature présidentielle de François Bayrou, l’autonomie du centre, et la capacité à proposer une alternative au bipolarisme qui réduit l’offre politique à une caricature très stérile par son manichéisme.


Sept sur sept sur TF1

Quelques heures après la victoire de François Bayrou à Vincennes, Jacques Delors était dans les studios de TF1 pour répondre aux questions d’Anne Sinclair. L’émission politique a commencé à 19 heures et il a fallu attendre près de trois quarts d’heure pour avoir la réponse à la seule question qui était sur les lèvres de la (déjà) épouse de DSK : sera-t-il ou pas candidat à l’élection présidentielle ? Pourquoi autant de temps avant de répondre ? Pour optimiser l’audience des deux ou trois pages de publicité ? Ou pour pouvoir être écouté sur ce que disait Jacques Delors de sa vision de l’avenir sans être pollué par les considérations de politique politicienne ?

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Qu’importe, puisque cette attente n’était pas l’essentiel. Il n’était pas candidat à l’élection présidentielle, pour des raisons très institutionnelles. Sa phrase, quasiment lue comme au temps de la radio sous la IVe République, avait été mûrement préparée : « L’absence d’une majorité pour soutenir une telle politique quelles que soient les mesures prises après l’élection, ne me permettrait pas de mettre mes solutions en œuvre. » ; c’est-à-dire qu’on lui refuserait « la possibilité et les moyens politiques de mener à bien ces réformes indispensables ».

En plus de la réflexion d’un homme qu n’avait rien compris aux institutions de la Ve République (comme Pierre Mendès France), Jacques Delors avait mis en avant son âge (69 ans) pour renoncer, sans évoquer non plus quelques problèmes de santé qui auraient rendu une campagne présidentielle très pénible. Certains affirment par ailleurs qu’il aurait voulu laisser le champ libre à sa fille Martine Aubry.

Les sondeurs s’attendaient à un second tour entre Édouard Balladur et Jacques Delors, et finalement, le duel au sommet aura été entre Jacques Chirac et Lionel Jospin.

Pourtant, Jacques Delors avait de quoi faire exploser le paysage politique français. Je peux confirmer que toute la base du CDS, par exemple, l’aurait soutenu sans hésitation, même si les élus, dépendant du RPR, auraient haussé les épaules avec réticence. Jacques Delors aurait été un candidat d’enthousiasme pour les centristes parce qu’il défendait les mêmes principes qu’eux : la construction européenne, l’efficacité économique et la justice sociale.


Le ticket proeuropéen Delors/Bayrou

Le livre "Bayrou l’obstiné" de Rodolphe Geisler (éd. Plon) publié le 1er mars 2012 a révélé un épisode intéressant de cette "non candidature". Quelques semaines avant cette émission télévisée, Jacques Delors avait demandé à rencontrer François Bayrou dans la plus grande discrétion. Il lui a alors posé très crûment la question : « Si je suis candidat, est-ce que vous me soutiendrez ? ». Et François Bayrou de répondre par la négative : « Monsieur, je suis ministre du gouvernement Balladur. Je ne pourrai pas vous soutenir au premier tour. En revanche, au second tour, si vous êtes face à Jacques Chirac, alors je vous soutiendrai. ».

Ce refus poli reste aujourd’hui difficilement compréhensible quand on connaît la trajectoire de François Bayrou qui est allé jusqu’à annoncer qu’il voterait pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle, en se souvenant sans doute que François Hollande avait été le premier des députés deloristes à la fin des années 1980, président de Témoin de 1993 à 1997, le club de réflexion de Jacques Delors (on dirait aujourd’hui think tank) et avait eu un regard plus ou moins bienveillant vis-à-vis des Gracques en avril 2007.

Le Bayrou autonome n’avait pas encore pris son indépendance complète, il lui a fallu une première candidature en 2002, le vote d’une motion de censure contre le gouvernement de Dominique de Villepin et enfin, ses 18,6% le 22 avril 2007 au premier tour de l’élection présidentielle sur le thème d’une majorité « de Balladur à Delors ».

Dans le livre de Rodolphe Geisler, justement, François Bayrou a reconnu qu’il avait beaucoup regretté son refus : « C’était un moment très émouvant pour moi, car j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour cet homme. Chaque fois, dans ma vie, que j’ai entendu un discours de lui, j’étais d’accord avec ce qu’il disait. Pour moi, Jacques Delors, c’est l’homme de la deuxième gauche dont j’ai toujours pensé qu’elle devait faire partie intégrante de la majorité centrale. ». Il voyait en lui un ami commun de l’idéal européen et de l’ingénierie sociale.

François Bayrou a expliqué que le balladurisme du CDS était une réaction antichiraquienne de base : « Pour moi, la candidature d’Édouard Balladur, c’était l’occasion de prendre le pas sur le RPR, façon Jacques Chirac. Mon parti était balladurien, moi-même j’étais ministre d’Édouard Balladur. Et j’estimais qu’on ne quitte pas le navire en pleine traversée. ».

Un peu plus tard, le Chancelier allemand Helmut Kohl aurait confié à son ami François Bayrou qu’il l’aurait bien vu créer un parti avec Jacques Delors, ce dernier en numéro un et François Bayrou en numéro deux. Mais Jacques Delors n’avait pas donné suite cette proposition kohlienne assez farfelue tandis que François Bayrou avait dû se voir déjà numéro un.

Pour François Bayrou, 1995, ou plutôt, 1994, c’était un grand acte manqué, celui d’en finir avec le bipartisme et de rassembler des responsables politiques qui ont la même vision sociale, démocrate et européenne de la nation : « C’est probablement le rendez-vous manqué qui a été pour moi le plus triste. Au fond, si je réfléchis à ce que je crois de plus profond en politique, Jacques Delors en aura été ces dernières décennies la plus parfaite expression. (…) Jacques Delors croit à la société autant qu’à la nation. Il pense qu’on peut faire confiance aux gens à condition qu’il y ait des règles. Enfin, il aime la liberté et les communautés humaines avec ce qu’elles ont d’histoires et de légitimités. ».


D’autres rendez-vous manqués avec l’histoire

Si Jacques Delors a raté ce rendez-vous historique de 1995 pour rassembler deux Français sur trois, il n’a pas été le seul à l’avoir raté en d’autres occasions. Le premier qui a échoué, et qui, lui, était en situation, ce fut Valéry Giscard d’Estaing qui s’est heurté au mur de l’union de la gauche érigé imperturbablement par François Mitterrand qui aurait pourtant pu comprendre l’idée puisque lui-même venait du centre droit (les plus récents sont souvent les plus zélés). Cette volonté de rassembler les Français autour d’idées communes l’amena à publier son fameux livre "Deux Français sur trois" (éd. Flammarion) le 29 février 1984.

Le Président Jacques Chirac avait été, lui aussi, en situation de réaliser cette synthèse nationale, en ayant réuni derrière son nom, le 5 mai 2002, l’ensemble de la France républicaine, qu’elle soit de droite, du centre ou de gauche. François Bayrou n’a pas été tendre avec lui, en disant en face de lui : « Tout le centre et toute la gauche vont te suivre alors qu’ils ont beaucoup de réserves sur ton action. Il faut qu’ils aient leur part de cette victoire que tu devras à leur vote. Tu dois faire un gouvernement qui représente cette union des républicains. ». Au lieu de cela, Jacques Chirac a voulu supprimer le parti centriste en le fondant dans un parti unique, l’UMP.

En 2007, douze ans après sa première élection à la tête du parti centriste, François Bayrou s’est retrouvé électoralement en position de pouvoir réaliser ce rassemblement des républicains démocrates et sociaux. Mais il n’a pas su atteindre le second tour et l’histoire s’est faite sans lui.

En 2012, c’était François Hollande, l’un des héritiers politiques de Jacques Delors, qui aurait pu amorcer cette recomposition du paysage politique. Il avait toutes les cartes en main : il était donné gagnant (et il a gagné), et François Bayrou l’avait soutenu au second tour. Au lieu de lui tendre la main, il a refusé obstinément toute alliance sur sa droite tandis qu’il cherche encore aujourd’hui, désespérément, une alliance sur sa gauche. Même ses anciens ministres montrent leurs dents contre cet hollandisme sans fondement politique (Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Delphine Batho et même Aurélie Filippetti à Florange).

Pourtant, toute sa politique aurait pu se prêter à une alliance vers le centre droit pour redresser l’économie française. Cela aurait même permis de diviser l’UMP, de le radicaliser, et de lui enlever toute capacité d’alliance coincée entre le FN et les centristes. C’est étonnant de la part d’un homme qui connaît très bien l’histoire politique et les stratégies politiques, mais François Hollande a un train de retard, ou même quarante ans de retard et reste encore à singer François Mitterrand qui avait toujours cru qu’une élection se gagnait sur sa gauche et pas sur le centre.


Et demain ?

Il paraît assez évident que François Hollande a peu d’espoir de redresser son image personnelle aux yeux des Français tant il s’est discrédité dans un sens ou dans un autre (on lui reproche trop ou pas assez de réformes de structure). Il a pourtant une pièce maîtresse, son Premier Ministre Manuel Valls, encore relativement apprécié des Français, qui a confirmé sur France 2 le dimanche 7 décembre 2014 qu’il resterait à Matignon jusqu’à la fin du quinquennat (depuis quand un Premier Ministre s’autoqualifie dans son mandat ?).

Or, Manuel Valls a toujours été bayrou-compatible. Ce n’est pas un hasard si Manuel Valls voudrait le changement de nom du Parti socialiste, une sorte de rassemblement social-démocrate. L’aile gauche le pousserait plutôt vers la sortie mais conserver le PS originel, c’est conserver la force de frappe financière, les aides de l’État, la structure militante, les fédérations, etc., donc, ce serait évidemment un suicide pour le couple de l’Exécutif de créer ex nihilo un nouveau parti.

Pour François Bayrou, de toute façon, cela semble trop tard. Il a renoncé à cette alliance à gauche qui lui avait été refusée, et est revenu dans une alliance plus classique avec des personnalités raisonnables de l’UMP et de l’UDI.

Et finalement, peut-être que celui qui sera en situation de rassembler les Français en dehors du clivage droite/gauche très artificiel serait celui qui avait fondé le parti unique tant reproché en 2002 : Alain Juppé, par ses opinions très modérées et responsables sur l’immigration, a d’ores et déjà intégré le fait que s’il devait être élu à l’Élysée en 2017, ce serait par sa gauche et pas par sa droite.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 décembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Bayrou.
Jacques Delors.
Bernard Bosson.
L’unité nationale.
Jacques Chirac.
François Hollande.
Manuel Valls.
La famille centriste.
Le Centre aujourd’hui.
Mathématiques militantes.

yartiBayrouDelorsBosson04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/bayrou-et-delors-l-acte-manque-160620



 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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