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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 02:58

Né le 31 juillet 1914, Raymond Aubrac fut avec sa femme Lucie Aubrac un couple de résistants dans la région lyonnaise. Après la guerre, les deux se sont impliqués pour apporter leur témoignage auprès des plus jeunes. Née le 29 juin 1912, Lucie Aubrac est morte le 14 mars 2007.

SR

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 13:01

(vidéo)


Vidéo : Paul Quilès au congrès de Valence du PS le 23 octobre 1981

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:46

Jamais égalé, l’imitateur Thierry Le Luron déclencha quelques appréciables éclats de rire dans le paysage politique français au sein duquel il s’amusa furtivement, pendant une quinzaine d’années.


yartiLeLuron01Il y a quelques temps, je me remémorais le spectacle de Thierry Le Luron au Théâtre de Marigny (le 3 mai 1980)… et il y avait bien sûr ses inimitables imitations des hommes politiques de l’époque.

Dans un bonus du DVD, il y avait notamment un Thierry Le Luron interviewé qui expliquait (en 1982) qu’il n’imitait pas Michel Rocard parce qu’il n’était pas beaucoup présent dans la scène politique. Michel Rocard était pourtant à l’époque l’une des trois personnalités socialistes les plus populaires.

Laurent Delahousse a consacré un numéro de son émission "Un Jour, un destin", le 9 septembre 2011 sur France 2, aux derniers mois de l'artiste qui fut ceinture noire de judo.


Carrière fulgurante

Thierry Le Luron, un étoile filante de l’excellence de l’humour, né le 2 avril 1952 à Paris (à 4h45 du matin dans une clinique du boulevard Arago dans le 13e) et mort le 13 novembre 1986 (à 7h du matin) à l’hôtel de Crillon, dans une chambre qui donnait sur la place de la Concorde, d’une grave maladie, il y a exactement vingt-cinq ans ce dimanche.

Malade pendant plus d’une année, avec des périodes de haut et de bas, quelques mois avant sa mort, il expliquait qu’à l’hôpital, il avait eu, entre autres, Valéry Giscard d’Estaing qui s’inquiétait régulièrement de son état de santé. À tel point que l’ancien Président a eu des difficultés pour l’avoir au téléphone car au standard, on croyait que c’était un plaisantin qui imitait sa voix.

Valéry Giscard d’Estaing lui avait beaucoup pardonné car l’imitateur avait beaucoup plombé sa campagne électorale avec le fameux : « Bonjour Mes Diams, bonjour Messieurs » un an avant l’élection présidentielle.


Thierry Le Luron aurait maintenant 59 ans

On imagine aujourd’hui les ravages qu’aurait engendrés Thierry Le Luron avec ses excellentes imitations. De la même génération que Nicolas Sarkozy, aussi rapide que ce dernier pour commencer sa vie (il commença à 17 ans), Thierry Le Luron aurait pu saisir de nombreuses occasions cocasses s’il n’était pas parti prématurément : les trois cohabitations, celle froide de Jacques Chirac, celle obséquieuse d’Édouard Balladur et celle psychorigide de Lionel Jospin, la rivalité entre Édouard Balladur et Jacques Chirac, le désarçonnage de Michel Rocard en 1994, d’Alain Juppé en 1997 puis en 2004, la catastrophe démocratique de 2002, la dislocation des centristes en 2007, la campagne de Ségolène Royal, l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn et son corollaire, le sacre de François Hollande à l’autel de la primaire, les querelles d’ambition au sein de la majorité…


Des hommes politiques triés sur le volet

Thierry Le Luron avait commencé dans l’imitation politique avec Jacques Chaban-Delmas, à l’époque Premier Ministre (dans l’émission "Télé Dimanche", au "Jeu de la chance" le 15 février 1970), et avait réussi avec un rare talent à imiter des personnalités qu’il affectionnait beaucoup : Gaston Defferre, incompréhensible dans sa prononciation, Edgar Faure, avec un jovial cheveux sur la bouche, François Mitterrand, avec ce ton martial, hautain et quasi-messianique, Georges Marchais, à la voix et au souffle à peine exagérés par rapport à la réalité, Raymond Barre, et ses "rondements" de ton, et enfin, Jacques Chirac, à l’époque jeune premier au visage guerrier, "pyramidalisant" et "capitalisant" tout à son passage. Giscard, Chirac, Mitterrand, Marchais, c'était la "bande des quatre" tant décriée par Jean-Marie Le Pen, c'était la classe politique du début des années 1980.

yartiLeLuron02Comme je l’ai dit plus haut, Thierry Le Luron choisissait ses victimes avec beaucoup d’exigence et n’imitait pas ceux qu’il méprisait. C’était donc un honneur de faire partie du "portefeuille vocal" de l’artiste. C’était bien avant le "Bébête Show" et "Les Guignols de l’Info" et il n’y a eu quasiment aucun spectacle retransmis à la télévision, car en tant que persifleur, il s’en prenait en premier lieu au pouvoir politique qui avait la main mise sur tout l’audiovisuel.

Parmi ses meilleures performances, il y a assurément l’interview de Le Luron imitant le Président Giscard d’Estaing par le peu "assuré" Pierre Desproges le 15 mai 1977, puis, sous les gouvernements de la gauche, "Les fausses conférences de presse" de Thierry Le Luron en collaboration explosive avec le génial Bernard Mabille.

Preuve que Thierry Le Luron était une personnalité politiquement ouverte, c’est qu’il n’avait jamais caché sa proximité avec la droite française, affirmant qu’il était sûr que Jacques Chirac serait un jour Président de la République (huit ans et demi après sa mort !), alors que son condisciple Bernard Mabille (64 ans aujourd'hui) est très à gauche (il vient de déclarer qu’il soutiendrait Jean-Luc Mélenchon pour 2012).


Bernard Mabille, le complice de l'insolence et des bonnes blagues

Le "Journal du dimanche" a décrit comment Thierry Le Luron a rencontré Bernard Mabille, l'auteur fétiche d'Anne Roumanoff.

yartiMabille01Bernard Mabille avait d'abord travaillé chez Nestlé comme chef de projet auprès des collectivités, puis il est devenu journaliste au "Quotidien de Paris" où il a rédigé une critique "virulente" mais humoristique d'un spectacle de Thierry Le Luron. Bernard Mabille a raconté la réaction de l'imitateur : « Il m’a appelé pour me dire : "Si c’est si facile, tu n’as qu’à m’écrire des textes." ». Le prenant au mot, Bernard Mabille lui a alors soumis ses propres textes, ce qui le lança dans la collaboration avec les humoristes.

Il a évoqué ainsi ce travail à deux : « On formait un couple. Je réfléchissais pour lui, comme lui. Thierry aurait pu être son propre auteur, mais il était une star. Il se couchait à six heures du matin, se levait à midi, il était pété de thunes, il n’allait pas s’emm*rder à s’assoir à son bureau pour écrire. Mais il a refusé de me citer pendant cinq ans. J’en ai beaucoup souffert, même si je gagnais très bien ma vie. Durant son triomphe au Gymnase, en 1984, j’ai dû le menacer pour obtenir gain de cause : “Si demain tu ne me cites pas, je repars avec mes textes. Tu n’auras que deux choses à dire au public : bonjour et bonsoir !”. Le lendemain, il me présentait comme coauteur. ».

Provocateur, persifleur, Thierry Le Luron l’a été au moins deux fois de manière très redoutable.


Scandale chez Drucker

Une première fois le samedi 10 novembre 1984 où il fut, pour l’une des rares fois (après janvier 1983), l’invité d’une émission de variété, celle de Michel Drucker, "Champs-Élysées". Il avait obtenu auprès de l’animateur vedette carte blanche et il l’utilisa à la fin en direct devant un public composé en partie d’invités lillois de l’ancien Premier Ministre socialiste, Pierre Mauroy, à faire répéter par l’assistance une chanson de Gilbert Bécaud dont il avait réécrit les paroles en martelant malicieusement : « L’emm*rdant, c’est la rose ! ». Il y prédisait déjà des problèmes avec les dépenses publiques : « La France est au goutte-à-goutte, s'endettant coûte que coûte pour longtemps ; à ce rythme évidemment, c'est bientôt la banqueroute car c'est déjà la déroute. ». Un vrai message au locataire de l’Élysée après l’échec estival du référendum sur le référendum : « Je dédie au Président cette chanson, ce poème en forme de requiem ! » et en disant en aparté, vu l’adhésion de la salle : « ça remplace un référendum, ça ! ».

Une parodie d’une chanson de Serge Lama l’avait auparavant conduit à chanter « Le Pen attention danger ! » pour prévenir des dangers de l’extrême droite. L’année 1984 vit l’essor du FN aux européennes (du 17 juin 1984), la première "Heure de Vérité" avec Jean-Marie Le Pen le 13 février 1984 (et le 22 février 1984, l’émission spéciale "Vive la crise" avec Yves Montand). Après avoir rappelé quelques mauvais souvenirs : « Comme la gégène, ça me fait trembler. », Thierry Le Luron s’adressait directement au leader du FN : « Le Pen, je ne vois là que des êtres humains qui sont les Français de demain », pour réfuter sa position contre les immigrés : « Je ne veux pas de ta nation barbelée, souvenir attention danger ! », tout en égratignant au passage le gouvernement socialiste : « La proportionnelle bientôt légalisée fera de toi l’arbitre de l’Assemblée ; à ça, François Mitterrand n’est pas étranger. » [Le 16 mars 1986, Jean-Marie Le Pen arrive au Palais-Bourbon avec un bataillon de trente-six députés FN grâce au scrutin proportionnel]. Le leader du FN a intenté un procès au chanteur impertinent pour ces paroles graves.

Thierry Le Luron a aussi chanté une chanson de Jacques Brel en se moquant de Laurent Fabius, jeune nouveau Premier Ministre (37 ans), d’origine juive, avec presque un relent d’antisémitisme, « Chez ces gens-là » (« Chez les Fafa »), pour pourfendre la gauche caviar (on ne parlait pas encore de bobo) : « Faut pas jouer les pauvres quand on est plein de sous ! ». Histoire de fustiger la médiatisation de la 2 CV de Matignon pour faire modeste. Une chanson qui a été aussi reprise, entre autres, par le chanteur Abd Al Malik.

Bien entendu, Thierry Le Luron fut ensuite interdit totalement de télévision.


Glandu

Mais qu’importe, puisque tous les soirs, dans un rythme fou, il hantait en toute indépendance le Théâtre du Gymnase  pendant plus d’un an (à partir du 16 novembre 1984 jusqu’en mars 1986), où il commentait très librement l’actualité politique après une revue de presse très rigoureuse.

yartiLeLuron03C’était à ce moment-là que, devant les quatre cent mille spectateurs qui sont allés l’entendre, pour la commodité de son expression, il créa le personnage de Adolf Bénito Glandu, concierge, un citoyen franchouillard assez réac qui semblerait se calquer sur un militant du Front national et défini par son auteur ainsi : « Pétainiste sous Vichy, gaulliste sous le Général, et socialiste du 10 mai au 11 mai ».


Son ami Coluche

L’autre provocation, qui touchait à l’homosexualité mais avait pour but de se moquer du mariage très médiatisé du journaliste Yves Mourousi (prévu le 28 septembre 1985 à Nîmes), c’était son mariage « pour le meilleur et pour le rire » avec Coluche le 25 septembre 1985 à Montmartre (et repas au Fouquet's).

yartiLeLuron04Le lendemain, l’épouse lançait sur Europe 1 les "Restos du Cœur" : « J’ai une petite idée comme ça, si des fois il y a des marques qui m’entendent, je ferai un peu de pub tous les jours. S’il y a  des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu’on pourrait commencer par faire à Paris. ». Il y a plus de vingt-six ans !

La disparition de Thierry Le Luron à 34 ans a d’autant plus touché les Français que l’autre membre de ce couple invraisemblable et détonant, Coluche, s’en était lui aussi allé cinq mois avant, le 19 juin 1986, sur une route des Alpes-Maritimes.

Après une messe de funérailles à la Madeleine, celui qui avait un patronyme très adapté à son existence fut enterré dans sa terre de Bretagne, à Ploumanac'h, tout près de Perros-Guirec. Son père était navigateur dans la marine marchande.

Pas sûr que ses héritiers actuels soient capables de l’égaler au sommet de son art. Il restera la nostalgie des années 1970 et 1980, fastes en essor des médias.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 novembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin (archives INA) :
Premier passage télévisé de Thierry Le Luron, "Le Barbier de Séville" de Rossini (4 janvier 1970).
Le Luron-VGE (27 juin 1974).
Entretien au coin du feu Desproges/Le Luron-VGE (15 mai 1977).
Débat Le Luron-Barre/Pierre Douglas-Marchais (1er octobre 1977).
L’Emm*rdant, c’est la rose (10 novembre 1984).
Le Pen attention danger (10 novembre 1984).
Mariage Coluche/Le Luron (25 septembre 1985).

yartiLeLuron05
 



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/thierry-le-luron-l-emm-rdant-c-est-104060

 

 

 

 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 08:25

Au-delà de ses activités de chanteur puis d’acteur reconnues très tôt dans sa (belle) carrière, Yves Montand, grand séducteur, avait montré quelques velléités d’engagement politique, en tant que représentant d’une étrange gauche reaganienne.



yartiMontand05Il est né neuf jours avant Georges Brassens et ce mercredi 9 novembre 2011, on fête le vingtième anniversaire de sa disparition : il ne s’agit pas de De Gaulle (mort un 9 novembre aussi), mais de… Yves Montand, chanteur, acteur et même …grenouille de la politique, celle qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf.

Je ne veux pas m’appesantir sur sa vie, son œuvre très importante tant dans la variété que dans le cinéma, ni sur ses relations avec Simone Signoret, mais plutôt sur son action politique. Car un peu malgré lui, Yves Montand a eu également une action politique en raison de sa très grande notoriété.


D’une tentation communiste…

Issu d’une famille communiste, il a été dans les années 1930 l’archétype de l’enfant immigré italien (Ivo Livi) qui a dû se coltiner avec la xénophobie de certains Français soi-disant patriotes pour qui l’apport extérieur ne pourrait jamais enrichir la culture nationale. Yves Montand a prouvé le contraire par son talent.

Après sa rencontre coup de foudre et son mariage avec Simone Signoret, Yves Montand a pris l’habitude de recevoir de nombreux "intellectuels de gauche" dans sa propriété normande, allant de Jorge Semprun à Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, et fut rapidement étiqueté communiste.

Ce qui est vrai, c’est qu’il n’annula pas sa tournée à Moscou juste au moment de la répression des manifestations de Budapest par les chars soviétiques en octobre 1956. Il y rencontra même Nikita Khrouchtchev (pour lui demander des explications) et continua sa tournée triomphale en 1957 dans les pays satellites de l’URSS.


…À un combat contre toutes les dictatures

yartiMontand02Son succès aux États-Unis et la déception de ce qu’il a pu observer comme application concrète du communisme dans les pays communistes, renforcée par l’écrasement du Printemps de Prague en 1968, l’ont rendu anticommuniste et en 1981, même partisan du syndicat polonais Solidarnosc.

Plus généralement, Yves Montand s’était senti engagé à lutter contre tous les totalitarismes, d’où qu’ils vinssent. Il l’a en particulier joué dans quelques films de Costa-Gavras très démonstratifs et politiques : dans "Z" (1969) contre la dictature des colonels grecs, dans "L’Aveu" (1970) contre la dictature communiste (il incarna Arthur London), dans "État de siège" (1973) où il jouait un agent américain conseillant des dictateurs militaires et enlevé par des communistes, et d’autres films comme "I comme Icare" (1979) d’Henri Verneuil où il se frotta à la fameuse expérience de Milgram.

D’abord cinématographiques, ses engagements politiques ont reçu un écho de plus en plus médiatique dans les années 1980.


Un "phare de la pensée contemporaine"

Ce qui étonna son public, c’est qu’à partir de 1983, Yves Montand est devenu au fil de ses apparitions médiatiques une sorte de nouveau Coluche, au sens personnalité du spectacle prenant part au débat public, cependant bien moins à gauche que l’humoriste puisqu’il n’a jamais accepté l’idée de la présence de ministres communistes au gouvernement et qu’il a soutenu l’installation des fusées Pershing en Allemagne de l’Ouest.

Il a même montré beaucoup d’intolérance en affirmant dans "Paris Match" du 2 mars 1984 : « Si un homme de plus de cinquante-cinq ans et encore membre du Parti communiste veut me rencontrer et me dire bonjour, je lui fous sur la gueule. » (Montand avait alors 62 ans).

Yves Montand, qui soutenait publiquement la politique culturelle de Jack Lang le 8 mars 1986 (à une semaine des élection législatives), a souvent utilisé le mot "racisme" à toutes les sauces, s’inquiétant du supposé "racisme anti-vieux" du chanteur Charlélie Couture (26 ans) le 3 mai 1982 sur Antenne 2 ou encore de l’hypothétique "racisme anti-saltimbanque" qui voudrait que les chanteurs ou acteurs n’aient pas le droit de s’exprimer comme les autres.

yartiMontand01Deux jours après sa participation à "Sept sur Sept" le 6 novembre 1983 sur TF1, il était l’invité du journal d’Antenne 2 et fut interviewé par Christine Ockrent qui n’hésita pas à sortir le grand jeu : « Alors, on va innover ce soir, on ne va pas parler de politique, Yves Montand, mais quand même, une question. Comment expliquez-vous que vous soyez devenu dans les médias en France et dans l’opinion, il faut bien le dire, un tel phare de la pensée contemporaine, ou disons, en tout cas, un tel point de repère ? Comment expliquez-vous ce phénomène ? ».

Et Yves Montand de lui répondre : « (…) Il y a des circonstances et des moments où je pense avoir dit certaines choses qui me semblaient, à moi en tout cas, élémentaires. Certains l’ont mal pris. Mais je ne retire pas un mot ni une virgule de ce que j’ai pu dire à l’émission de "Sept sur Sept". (…) Ils savent très bien que je ne le fais pas d’une façon intéressée. Je n’en tire ni gloire ni argent. Je ne brigue aucun poste officiel. Mais il y a des choses qui ne peuvent pas être acceptées si on triche, et quand on se veut de la famille de gauche, je pense qu’il faut appeler un chat un chat, et puis, dire, si on s’est trompé, qu’on s’est trompé et non pas faire toujours tomber la responsabilité sur les gens de droite, ce qui est un peu facile. » (8 novembre 1983, Antenne 2).

Entre 1983 et 1988, les interventions politiques d’Yves Montand se sont multipliées à la télévision, que ce soit par ses prises de position aux "Dossiers de l’écran" en janvier 1984, par sa présence à Jérusalem le 4 juin 1986 pour soutenir les réfugiés juifs russes en Israël et saluer Natan Sharansky, ancien déporté du Goulag (libéré le 11 février 1986 et futur ministre israélien de 1996 à 2005), ou encore par sa participation à "Apostrophe" du 24 avril 1987 pour commenter l’autobiographie de son ami Lech Walesa.


Vive la crise !

Le sommet de sa visibilité politique fut en 1984. Yves Montand a en effet été recruté comme une sorte de porte-parole pour transmettre un message clair, celui du « capitalisme libéral » de la « gauche tendance Reagan » professé par des intellectuels de la Fondation Saint-Simon, Michel Albert ("Le Pari français", 1982), Alain Minc ("L’Après-crise", 1982) et aussi des personnalités comme Serge July, Laurent Joffrin, voire François de Closets ("Toujours plus", 1982). Il a présenté l’émission "Vive la crise !" diffusée sur Antenne 2 le 22 février 1984 à 21h40.

À l'origine, c'était Bernard Pivot qui aurait dû présenter l'émission, mais après son refus, Jean-Jacques Guillebaud, le principal auteur de l'émission (avec Pascale Breugnot, la productrice de "Psy Show" et de "Gym Tonic"), a alors proposé le job à Yves Montand qui a tout de suite accepté, sans cachet, en une journée de tournage.


 


Le contexte était morose. Cela faisait près d’un an que le gouvernement Mauroy avait tenté de faire machine arrière à la « rupture du capitalisme » devant d’évidents défauts de gestion. Le chômage ne cessait de grimper (deux millions de chômeurs), la croissance était molle (0,8%) et si l’inflation commençait à ralentir, la balance du commerce extérieur était très déficitaire et les industries périclitaient (textile, sidérurgie lorraine) ou étaient sous respiration artificielle (Creusot-Loire). Le Ministre de l’Industrie de l’époque s’appelait d’ailleurs Laurent Fabius. C’était le temps où Henri Amouroux s’inquiétait dans ces termes : « À croissance molle, société dure ».

yartiMontand04L’émission a bénéficié d’un matraquage médiatique exceptionnel et fut confortée par un supplément spécial de "Libération". Son objectif affiché était pédagogique dans le but de vulgariser les nouveaux enjeux économiques de la France après les Trente Glorieuses.

Yves Montand était assez transparent dans le texte qu’il prononçait et avec lequel il était d’accord à 90%. Il expliquait dans "Libération" ceci : « La gauche est bien obligée de reprendre des positions sur l’économie qui étaient traditionnellement celles de la droite. L’ennui, c’est qu’elle a perdu trois ans. ».

L'émission a commencé avec un flash alarmiste de Christine Ockrent qui citait des mesures de remises en cause des acquis sociaux par Max Gallo, à l'époque porte-parole du gouvernement socialo-communiste dont le directeur de cabinet était... François Hollande.

Puis, a suivi une introduction "douche froide" :  « Nous avions des privilèges historiques. Or, c'est peut-être dur à admettre, mais à présent, cela est changé, comme est changée la carte du monde de fond en comble. La plupart de ces privilèges sont bel et bien perdus. C'est fini. Finie l'énergie bon marché (...). Finies les matières premières pour presque rien (...). Finie la jeunesse ; vous savez tous que la natalité, chez nous, s'est effondrée et que l'Europe devient un continent de vieux (...). Et enfin, finie la puissance militaire ; savez-vous que des petits pays comme la Syrie, Israël et le Vietnam ont davantage d'avions et de chars que la France ? ».

Dans l’émission, il récitait ainsi certaines prévisions "alarmistes" : « Le troisième choc pétrolier est inévitable. En l’an 2000, le baril atteindra sans doute 55 dollars contre 29 actuellement. ».

Ou encore : « Une chose qui est peut-être plus dangereuse que tout le reste, c'est le désordre monétaire international. Imaginez qu'un pays refuse de pays ses dettes... ».

Il a été le porte-voix de la gauche gestionnaire qui voulait arrimer la France à la solidarité européenne dans une crise qui se poursuit encore trente ans après. Sa prestation a été très apprécié de tous les dignitaires socialistes du moment : François Mitterrand (Président de la République), Jacques Delors (Ministre de l’Économie et des Finances), Michel Rocard (Ministre de l’Agriculture), Pierre Bérégovoy (Ministre des Affaires sociales) etc.


Transmettre le goût d’entreprendre

Yves Montand a par exemple présenté au cours de l’émission comme un jeune entrepreneur de 34 ans …l’ancien sous-préfet (et énarque) Philippe de Villiers pour son spectacle du Puy-du-Fou, ce qui lui donna une certaine notoriété et le propulsa dès deux ans après au sein même du gouvernement pour épauler un Ministre de la Culture (François Léotard) qui ne connaissait pas grand chose dans ce domaine.

Le but (très louable) de l’exercice était de donner aux Français l’envie d’entreprendre, mais un autre but (moins avouable) était de culpabiliser les "assistés" de l’État-providence : « Maintenant, il va falloir payer ! » pour finalement secouer les téléspectateurs, un peu sur le ton volontariste d’un Bernard Tapie : « C’est vous et vous seuls qui trouverez la solution. Y a pas de sauveur suprême. Y a pas de super-caïd. Y a pas de Superman. C’est vous ! Prenez-vous par la main. Sachez ce que vous voulez. Demandez-le. Voyons ce qu’on peut faire. Et avancez ! Alors, ou on aura la crise, ou on sortira de la crise. Et, dans les deux cas, on aura ce qu’on mérite ! ».

 


Tellement particulière, cette émission "Vive la crise !", qu’elle fut reprise et rediffusée dans certaines classes de lycée pour faire une analyse tant de l’économie que …de la communication politique.

 Encouragé par l’audience de sa première émission (vingt millions de téléspectateurs !), Yves Montand a présenté une seconde émission plus tournée vers la politique étrangère, la géopolitique et la défense avec la collaboration d’un jeune chercheur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Pierre Lellouche (33 ans), aujourd’hui ministre dans le gouvernement Fillon (Secrétaire d’État au Commerce extérieur).


Épilogue en queue de poisson

Fort du succès de ses deux émissions télévisées qui se voulaient didactiques, Yves Montand s’est transformé en candidat possible à l’élection présidentielle de 1988 (à 66 ans), au moment où l’incertitude de la candidature de François Mitterrand était encore élevée, la candidature de Jacques Chirac, Premier Ministre de la cohabitation, plombée par la mort de Malik Oussékine (le 6 décembre 1986), et la candidature de Raymond Barre de plus en plus incontournable.

L’idée de comparer sa trajectoire à celle d’un Ronald Reagan le hissait à l’avant-scène du paysage politique. Certes, lui n’était pas un acteur de série B, lui n’avait pas fait de la politique avant (aucun mandat électoral) mais souvent, les modes médiatiques viennent de comparaisons un peu superficielles, ou artificielles.

C’est donc dans l’émission "Questions à domicile" du 19 décembre 1987 sur TF1, qu’Yves Montand a attendu la fin de la dernière page de publicité pour annoncer à Anne Sinclair qu’il renonçait finalement à se présenter à l’élection présidentielle. Ce qui paraissait somme toute naturel pour un non politique qui aurait risqué de grossir comme la grenouille de la fable.

En fait, le suspens avait été artificiellement monté en sauce pour augmenter l’audience de l’émission et on apprit plus tard que, bon acteur, Yves Montand avait même reçu pour l’occasion un cachet de huit cent mille francs de la part de la chaîne de télévision qui venait d’être privatisée.

Yves Montand a été effectivement un très bon acteur, notamment lorsqu’il faisait de la politique.

« Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 novembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Milgram et "I comme Icare" revus à la sauce télévisuelle.
"Z", une autre vision de la Grèce.
Une émission de candidature.
Une émission de non-candidature.
On peut réécouter l'émission "La Marche de l'histoire" sur ce thème (France Inter, 4 novembre 2011).

Citations de l’émission reprises du journal "Le Monde diplomatique" (de février 1999, page 3).

yartiMontand03


http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/yves-montand-une-grenouille-de-la-103808




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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:10

Avons-nous vécu la naissance d’un nouveau monde ? Rappel de quelques dates singulières d’un profond bouleversement.



yartiNewWorld01Le
dixième anniversaire des attentats du World Trade Center et du Pentagone, par son matraquage médiatique et ses occasions complotistes, a un petit côté malsain.



Malaise


L’aspect symbolique (attaque contre la toute puissance américaine) et le nombre particulièrement élevé des victimes (près de trois mille) ont pris place dans l’histoire du monde, mais paradoxalement, on se demande pourquoi ne pas se recueillir non plus pour les nombreuses victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Haïti ou encore à celles du tsunami du 26 décembre 2003 à Sumatra etc.


Certains pourraient dire que le 11 septembre 2001, c’était un acte issu des humains contrairement à des catastrophes naturelles, et que les victimes des guerres sont elles aussi régulièrement saluées, particulièrement les 8 mai et 11 novembre. Soit.


Mais le revers malsain, c’est aussi de ressortir jusqu’à la nausée ces images des deux tours effondrées, celles qui passaient en boucle pendant une semaine à l’époque. Est-il utile de les repasser en boucle ? Dix ans ont passé et je connais par exemple une fillette en plein éveil qui va bientôt avoir douze ans et qui, elle, peut-être, découvre aujourd’hui ces images, et peut maintenant les comprendre. Après tout, la vie continue, la Terre tourne et les générations à venir doivent aussi être dans le souvenir des traumatismes.


En tout cas, j’ai la sensation d’avoir vécu, de vivre, des changements historiques profonds du monde. C’est un peu péremptoire d’affirmer cela (c’est un ressenti, donc je ne risque pas grand-chose dans cette phrase). C’est même un peu nombriliste d’imaginer que je suis né aux frontières de deux époques.



Découpages de l’histoire


Les historiens jouissent d’un bon recul avec le temps pour ensuite s’amuser à quadriller, structurer les époques avec des dates clefs. 21 avril 753 avant Jésus-Christ, début de la civilisation romaine (encore un 21 avril !) ; 4 septembre 476, chute de Rome et début du Moyen-Âge ; 19 mai 1453, chute de Constantinople et fin du Moyen-Âge, début de la Renaissance ; 4 août 1789, Révolution française et début de l’époque moderne ou contemporaine.


À partir de 1789, c’est un peu plus difficile de structurer le temps : essor industriel, croissance démographique, floraison des démocraties, individualisme primant sur le collectivisme, mise en place de la société libérale dans tous les sens du terme : économique, sociale, morale, fin du pouvoir temporel des religions etc.


Les historiens ne sont d’ailleurs pas tous d’accord. Par exemple, certains préfèrent situer la fin du Moyen-Âge au 12 octobre 1492 avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. À mon sens, ceux-là ont tort car la fin de l’Empire romain d’Orient est à mon sens un événement bien plus conséquent dans l’histoire de l’humanité.


Bien sûr, je n’ai pas parlé d’avant Rome (il y a les Grecs, les Égyptiens, les Babyloniens, etc.) ni d’ailleurs que du pôle méditerranéen (la civilisation chinoise est très ancienne etc.).



9-11 & 11-9


Il y a plus de vingt ans, il m’avait paru évident que la date de singularité de nos temps se situait au 9 novembre 1989 avec la chute du mur de Berlin et, par jeu de dominos, la chute de l’Union Soviétique le 25 décembre 1991. Un événement que je n’avais jamais imaginé vivre car je croyais la situation de guerre froide figée pour au-delà de ma propre disparition.


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9 novembre, 11 septembre ; deux dates un peu symétriques et qui vont probablement se concurrencer pour faire démarrer le "nouveau monde". J’opterais plutôt pour garder le 9 novembre 1989 comme date charnière afin de terminer une période qui a commencé le 2 septembre 1870 avec la débandade de Napoléon III (et l’unification allemande) ou le 18 juin 1914 avec le déclenchement de la Première guerre mondiale ou encore le 11 février 1945 avec le partage de l’Europe à Yalta.

En quelques sortes, le 11 septembre 2001 ne serait que la conséquence de la fin de l’antagonisme entre l’Est et l’Ouest au profit d’un antagonisme plus religieux qui pourrait être (pour certains fanatiques) entre l’Occident et le fondamentalisme islamique (qui remplacerait avec les mêmes réflexes de la pensée l’opposition entre l’impérialisme capitaliste et le communisme international).



Singularités économiques


Pourtant, il serait aussi concevable que la singularité soit ailleurs. La faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008 par exemple, qui a engendré une crise financière mondiale d’une ampleur inouïe, devrait remettre en cause tous les fondamentaux du capitalisme mondial instaurés depuis la première révolution industrielle.


Mais le 17 octobre 1973 et le 8 septembre 1978 (début de l’insurrection en Iran), les deux (premiers) chocs pétroliers apportaient également leurs premiers signes de tension à la fois sur l’économie mondiale et sur la consommation énergétique. À ce dernier propos, le 11 mars 2011 sera sans doute l’une de ces dates charnières sur la remise en cause de l’énergie nucléaire avec le terrible tsunami à Sendai et la catastrophe nucléaire de Fukushima.



2011, après l’Est, au tour du Sud


2011 pourrait encore être cette nouvelle année charnière qui ferait écho à 1453 et la victoire des Ottomans : les révolutions arabes avec la chute de Ben Ali (le 14 janvier), celle d’Hosni Moubarak (le 11 février), qui fêtera tristement (en prison/hôpital et diminué physiquement) dans un mois le trentième anniversaire de son accession au pouvoir, et enfin, la chute de Mouammar Kadhafi (le 23 août). Il restera encore la Syrie, le Yémen, l’Iran…



Un mort est un mort…


Au fait, j’ai évoqué le 11 septembre 2001, mais il y a eu un autre 11 septembre qui a entraîné des dizaines de milliers de victimes. Cela se passait au Chili en… 1973.


Paix à leurs âmes.

À celles de toutes les victimes de l’idiotie humaine des temps passés, présents… et futurs.



Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (11 septembre 2011)

http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Qu’aviez-vous fait le 11 septembre 2001 ?

Incompréhensions américaines.

11 septembre, complot ?



 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouveau-monde-100531

 

 

 



 

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 00:34

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LOI
Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France

Article 1 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France est l'institution qui, dans le cadre de la politique économique et financière de la nation reçoit de l'Etat la mission générale de veiller sur la monnaie et le crédit. A ce titre, elle veille au bon fonctionnement du système bancaire.


Le capital de la Banque de France appartient à l'Etat.


Article 2 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France est seule habilitée à émettre des billets qui sont reçus comme monnaie légale sur le territoire de la France métropolitaine.


Elle assure, par l'intermédiaire des comptes ouverts dans ses écritures, les règlements et mouvements de fonds entre les établissements bancaires et financiers.


Article 3 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Pour le compte de l'Etat et dans le cadre des instructions générales du ministre de l'économie et des finances, la Banque de France régularise les rapports entre le franc et les devises étrangères et gère les réserves publiques de change.


Elle peut participer, avec l'autorisation du ministre de l'économie et des finances, à des accords monétaires internationaux.


Article 4 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France est habilitée à donner des avis sur toutes questions relatives à la monnaie.


Elle contribue à la préparation et participe à la mise en oeuvre de la politique monétaire arrêtée par le Gouvernement et, avec le concours, dans le cadre de sa compétence, du Conseil national du crédit. Elle intervient notamment par les concours qu'elle accorde dans les conditions prévues au titre II ci-après.


Elle fait respecter les règles et les orientations relatives au volume et à la nature des emplois du système bancaire.


Article 5 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France est habilitée à se faire communiquer par les établissements bancaires et financiers tous documents et renseignements qui lui sont nécessaires pour exercer ses fonctions. Elle peut, par ailleurs, entrer directement en relation avec les entreprises et groupements professionnels qui seraient disposés à participer à ses enquêtes. Elle effectue toutes études et analyses utiles à son information et à celle des pouvoirs publics ou à l'amélioration du fonctionnement du système monétaire.



Article 6 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France assume au bénéfice du Trésor les charges particulières énumérées aux articles 17 à 19 et 35 de la présente loi.



Titre Ier : Organisation de la Banque de France
Section I : Direction et administration de la Banque de France.
Article 7 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La direction et l'administration de la Banque sont confiées à un gouverneur. Celui-ci exerce tous les pouvoirs qui ne sont pas dévolus au conseil général.



Article 8 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le gouverneur préside le conseil général et fixe l'ordre du jour de ses travaux ; nulle décision du conseil général ne peut être exécutée si elle n'est pas revêtue de sa signature.


Il fait exécuter les dispositions légales et réglementaires relatives à la Banque, ainsi que les décisions du conseil général.


Il représente la Banque vis-à-vis des tiers ; il signe seul au nom de la Banque, tous traités et conventions.


Il présente au Président de la République, au nom du conseil général, quand il le juge nécessaire et au moins une fois par an, le compte rendu des opérations de la Banque.


Il nomme à tous les emplois de la Banque sous réserve des dispositions de l'article 32.


Article 9 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le gouverneur est assisté d'un premier et d'un second sous-gouverneurs. Les sous-gouverneurs exercent les fonctions qui leur sont déléguées par le gouverneur.



Article 10 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le gouverneur et les sous-gouverneurs sont nommés par décret en conseil des ministres. Le gouverneur prête serment, entre les mains du Président de la République, de bien et fidèlement diriger la Banque conformément aux lois et règlements.



Article 11 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les fonctions du gouverneur et des sous-gouverneurs sont exclusives de tout concours, rémunéré ou non, à l'activité d'une entreprise privée ou publique, à l'exception, le cas échéant, des organismes internationaux.



Article 12 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le gouverneur et les sous-gouverneurs qui cessent leurs fonctions continuent à recevoir leur traitement d'activité pendant trois ans.


Au cours de cette période il leur est interdit, sauf autorisation du ministre de l'économie et des finances, de prêter leurs concours à toute entreprise publique ou privée et de recevoir d'elle des rémunérations pour conseil ou travail. La décision du ministre de l'économie et des finances au cas prévu ci-dessus déterminera les conditions dans lesquelles tout ou partie de leur traitement continuera à être perçu.


Si une fonction publique leur est confiée au cours de la même période, une décision du ministre de l'économie et des finances pourra déterminer, le cas échéant, les conditions dans lesquelles les émoluments y afférents seront complétés par une indemnité destinée à maintenir la rémunération visée à l'alinéa 1er du présent article.


Section II : Conseil général de la Banque.
Article 13 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le conseil général comprend le gouverneur, les sous-gouverneurs et dix conseillers, tous de nationalité française. Un censeur et son suppléant assistent aux séances du conseil général ; ils sont nommés par le ministre de l'économie et des finances.



Article 14 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

I - Les conseillers sont désignés dans les conditions suivantes :


Neuf conseillers sont nommés par décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre de l'économie et des finances parmi les personnalités ayant une compétence monétaire, financière ou économique ;


Un conseiller est élu par le personnel de la Banque parmi ses membres et au scrutin secret.


II - Les conseillers sont désignés pour six ans. Lorsqu'un conseiller nommé n'exerce pas son mandat jusqu'à son terme, son successeur est désigné pour la durée de ce mandat restant à courir. Les conseillers nommés sont renouvelés par tiers tous les deux ans, la limite d'âge pour l'exercice des fonctions de conseiller est fixée à soixante-cinq ans.


Article 15 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le conseil général délibère des questions générales relatives à l'administration de la Banque et à l'emploi des fonds propres ; il établit les budgets prévisionnels et rectificatifs de dépenses, arrête le bilan et les comptes de la Banque, ainsi que le projet d'affectation du bénéfice et de fixation du dividende revenant à l'Etat.


Il fixe les conditions générales des opérations de la Banque et approuve les traités et conventions conclus avec des établissements bancaires ou financiers étrangers ou internationaux.


Il peut consentir au gouverneur des délégations de pouvoirs notamment en ce qui concerne les modalités d'interventions sur le marché et la fixation des taux. Il exerce les attributions prévues à l'article 19.


Il délibère des statuts du personnel. Ces statuts sont présentés, par le gouverneur, à l'agrément du ministre de l'économie et des finances.


Article 16 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La validité des délibérations est subordonnée à la présence d'au moins sept membres.


Les décisions se prennent à la majorité des membres présents. En cas de partage la voix du président est prépondérante.


La décision est définitive à moins que le censeur n'y ait fait opposition. Dans ce dernier cas, le gouverneur provoque en temps utile une nouvelle délibération.


Titre II : Opérations de la Banque de France
Section I : Concours de la Banque à l'Etat.
Article 17 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque tient gratuitement dans ses écritures le compte courant du Trésor public. La nature et les modalités des opérations enregistrées à ce compte sont définies par des conventions entre le ministre de l'économie et des finances et la Banque.


La Banque participe gratuitement à l'émission des rentes et valeurs du Trésor ainsi qu'au paiement des arrérages y afférents.


Article 18 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque assure la gestion et la mobilisation des effets souscrits à l'ordre des comptables publics par les redevables d'impôts, de taxes et de droits.


Le montant des effets mobilisés en exécution du présent article peut être limité par des conventions entre le ministre de l'économie et des finances et le gouverneur de la Banque de France passées et approuvées comme il est dit à l'article 19 ci-après.


Article 19 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les conditions dans lesquelles l'Etat peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l'économie et des finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement.



Titre II : Opérations de la Banque
Section II : Opérations sur or et devises étrangères.
Article 20 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France peut faire, pour son propre compte et pour le compte de tiers, toutes opérations sur or, moyens de paiement et titres libellés en monnaies étrangères, ou définis par un poids d'or. La Banque de France peut prêter ou emprunter des sommes en francs à des banques étrangères, institutions ou organismes monétaires étrangers ou internationaux.


A l'occasion de ces opérations, la Banque de France demande ou octroie les garanties qui lui paraissent appropriées.


Article 21 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France gère tout organisme créé par la loi ou les règlements à l'effet d'assurer la régularisation des rapports entre le franc et les devises étrangères.


Les disponibilités en francs de tout organisme de cette catégorie sont déposées exclusivement à la Banque de France. Celle-ci lui fournit les francs dont il a besoin au moyen d'avances sans intérêt.


Article 22 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France peut ouvrir dans ses écritures des comptes rémunérés ou non au nom de toutes banques centrales ou organismes internationaux.



Article 23 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France participe à la surveillance des relations financières et notamment des opérations bancaires avec l'étranger.



Section III : Autres opérations.
Article 24 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque de France peut escompter, acquérir, vendre ou prendre en gage des créances sur l'Etat, les entreprises et les particuliers dans les conditions qu'elle juge nécessaires pour atteindre les objectifs de la politique monétaire, et en tenant compte de la situation particulière des demandeurs et des présentateurs.



Article 25 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France.



Article 26 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le taux des escomptes de la Banque, ainsi que la durée, l'objet ou la forme de ces opérations et, de manière générale, toutes les conditions qui les régissent, sont fixées par le conseil général.



Article 27 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque peut acheter, vendre ou prendre en pension les effets ou les valeurs dont la liste est arrêtée par le conseil général.



Article 28 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les opérations sur le marché sont effectuées à l'initiative du gouverneur dans les conditions fixées par le conseil général.



Article 28 bis (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Modifié par Loi n°85-595 du 11 juin 1985 - art. 47 JORF 14 juin 1985
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque est habilitée à consentir à l'institut d'émission des départements d'outre-mer et à l'institut d'émission d'outre-mer les avances nécessaires à la mise en circulation par ceux-ci des billets ayant cours légal et pouvoir libératoire sur le territoire de la France métropolitaine.


Ces avances ne portent pas intérêt. Les conditions dans lesquelles elles sont consenties sont fixées par des conventions passées entre la banque et l'institut d'émission des départements d'outre-mer ou l'institut d'émission des départements d'outre-mer, selon le cas.


Ces conventions sont approuvées par le ministre de l'économie, des finances et du budget.


Titre III : Dispositions diverses.
Article 29 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les opérations de la Banque sont régies par la législation commerciale.



Article 30 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La juridiction administrative connaît des contestations relatives à l'administration intérieure de la Banque ainsi que des litiges entre la Banque et les membres de son conseil général ou ses agents et prononce en cette matière toute condamnation civile, y compris dommages et intérêts, et même la cessation de fonction.


Toutes autres questions sont portées devant les tribunaux qui doivent en connaître.


Article 31 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les comptes arrêtés par le conseil général sont soumis à l'approbation du ministre de l'économie et des finances. Ils sont tenus et présentés dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.



Article 32 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les succursales ou bureaux dont dispose la Banque de France en dehors de son siège sont établis ou supprimés par décret pris après avis du conseil général.


Les directeurs de succursales sont nommés par arrêté publié au Journal officiel de la République française, pris par le ministre de l'économie et des finances sur proposition du gouverneur.


Article 33 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Le cours légal d'un type déterminé de billet peut, après délibération du conseil général, être supprimé par décret, la Banque restant toujours tenue d'en assurer, sans condition ni limitation, l'échange à ses guichets contre d'autres types de billets ayant cours légal.



Article 34 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les dispositions légales relatives aux titres au porteur perdus ou volés ne sont pas applicables aux billets de la Banque de France.



Article 35 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque doit verser à l'Etat le solde non présenté à ses guichets de types de billets retirés de la circulation.



Article 36 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Pour l'exécution des missions qui lui incombent en vertu de la présente loi, la Banque de France peut ouvrir, dans ses écritures, des comptes qui ne peuvent pas présenter un solde débiteur non garanti.



Article 37 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

La Banque peut subordonner ses concours à la remise de tous documents dont il lui apparaît nécessaire de prendre connaissance. Elle peut, le cas échéant, exiger la constitution de toutes garanties réelles ou personnelles.



Article 38 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Modifié par Loi n°88-70 du 22 janvier 1988 - art. 25 (Ab) JORF 23 janvier 1988
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Faute, par un emprunteur, de satisfaire aux engagements qu'il a souscrits, la Banque a le droit de faire vendre à la bourse, par le ministère d'une société de bourse, tout ou partie des titres qui lui ont été remis en garantie, trois jours après une simple mise en demeure par acte extrajudiciaire.


La Banque se rembourse sur le produit net de la vente du montant de ses avances en capital, intérêts et frais. Le surplus éventuel est remis à l'emprunteur.


Article 39 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Modifié par Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 - art. 333 (V) JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les agents de la Banque de France sont tenus au secret professionnel sous les peines [*sanctions*] fixées par l'article 226-13 du code pénal.



Article 39 En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973

Les agents de la Banque de France sont tenus au secret professionnel sous les peines [*sanctions*] de l'article 378 du code pénal.



Article 40 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Les agents de la Banque de France ne peuvent prendre ou recevoir une participation ou quelque intérêt ou rémunération que ce soit par travail ou conseil, dans une entreprise publique ou privée, industrielle, commerciale ou financière, sauf dérogation accordée par le gouverneur. Ces dispositions ne s'appliquent pas à la production des oeuvres scientifiques, littéraires ou artistiques.



Article 41 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Des décrets en Conseil d'Etat fixent les modalités d'application de la présente loi.



Article 42 (abrogé au 1 janvier 1994) En savoir plus sur cet article...
Créé par Loi 73-7 1973-01-03 JORF 4 janvier 1973 rectificatif JORF 6 janvier 1973
Abrogé par Loi n°93-980 du 4 août 1993 - art. 35 (V) JORF 6 août 1993 en vigueur le 1er janvier 1994

Sont abrogées toutes les dispositions contraires à celles de la présente loi et notamment :
Loi du 24 germinal, an XI ;
Décret impérial du 16 janvier 1808 arrêtant les statuts fondamentaux de la Banque sauf l'article 23 ;
Loi du 17 mai 1834 relative à la législation qui régit la Banque de France ;
Décret du 17 juin 1938 relatif à l'extension des attributions de la Banque de France.


Par le Président de la République :
GEORGES POMPIDOU.

Le Premier ministre,
PIERRE MESSMER.

Le ministre de l'économie et des finances,
VALERY GISCARD-D'ESTAING.


Travaux préparatoires : Loi 73-7.

Sénat :
Projet de loi n° 3 (1972-1973) ;
Rapport de M. Coudé du Foresto, au nom de la commission des finances, n° 36 (1972-1973) ;
Discussion et adoption le 2 novembre 1972.

Assemblée nationale :
Projet de loi, adopté par le Sénat, n° 2612 ;
Rapport de M. Sabatier, au nom de la commission des finances (n° 2680) ;
Discussion et adoption le 28 novembre 1972.

Sénat :
Projet de loi, modifié par l'Assemblée nationale, n° 85 (1972-1973) ;
Rapport de M. Coudé du Foresto, au nom de la commission des finances, n° 119 (1972-1973) ;
Discussion et adoption le 14 décembre 1972.

Assemblée nationale :
Projet de loi, modifié par le Sénat, n° 2778 ;
Discussion et adoption le 18 décembre 1972.

Sénat :
Projet de loi, modifié par l'Assemblée nationale, n° 166 (1972-1973) ;
Rapport de M. Coudé du Foresto, au nom de la commission des finances, n° 167 (1972-1973) ;
Discussion et adoption le 18 décembre 1972.

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 21:11

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Colloque célébrant le centenaire de la naissance de Georges Pompidou - discours de MM. Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur Colloque célébrant le centenaire de la naissance de Georges Pompidou - discours de MM. Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur 



DISCOURS de Monsieur Édouard BALLADUR

Mercredi 22 juin 2011 - Palais de l'Elysée


Monsieur le Président,

Au nom de l'Association Georges Pompidou, je tiens à vous remercier. Vous avez souhaité que la
commémoration du centenaire de la naissance du Président disparu fût célébrée avec éclat et y procéder vousmême.

Nous vous en sommes très reconnaissants.

L'action de Georges Pompidou au service de notre pays, comme principal collaborateur du Général de
Gaulle, comme Premier Ministre, comme Président de la République, a marqué l'Histoire : il a enraciné dans notre tradition politique des institutions qu'on croyait seulement taillées à la mesure d'un homme
d'exception ; donné à la France une force économique qu'elle n'avait jamais eue, incitant à la création de
grands groupes industriels ; développé son influence dans le monde en affirmant à la fois son indépendance et sa volonté de coopération pacifique grâce notamment à la francophonie ; favorisé une politique sociale marquée par la participation, l'actionnariat des salariés et la mensualisation ; joué un rôle décisif dans l'élargissement de l'Europe, tout en posant les fondements d'une union économique et monétaire et en faisant accepter par nos partenaires la réunion régulière des chefs de gouvernements, anticipation du Conseil européen. Ce fut pour la France une période heureuse, et ressentie comme telle.
Pourquoi le succès de cette politique ? Parce qu'elle était à la fois novatrice et équilibrée. Georges
Pompidou avait le talent de marier les contraires, non pas dans un esprit de compromis, mais dans un souci de réalisme. Il était ambitieux pour la France, mais à ses yeux cette ambition ne devait pas conduire à la démesure, à l'excès, à l'oubli des intérêts légitimes de chacun, mais prendre en compte de façon intelligente toutes les sensibilités. Vertu politique qui était la condition du succès.

En mai 1968 son action en fut le modèle ; à la volonté de maintenir l'ordre se mêlait celle de
comprendre l'origine des troubles, les besoins nouveaux de la société. Il en était convaincu, quiconque détient le pouvoir ne doit pas abuser de la force momentanée que peut lui donner l'événement, mais au contraire veiller à ce qu'un remède durable soit apporté au désordre.

Oeuvre exceptionnellement féconde à laquelle il n'est pas toujours rendu justice. Peut-être en est-il
quelque peu responsable : il pratiquait un réalisme provocant, presque agressif, se méfiait des excès verbaux, des envolées incontrôlées d'une éloquence qui ne reposerait pas sur la réalité. Il refusait de recourir aux facilités de la démagogie. Et cependant, combien grande était sa capacité de prévoir l'avenir lorsqu'il appelait à une régénération du système monétaire international pour éviter les désordres d'une mondialisation qui s'annonçait ; lorsqu'il incitait l'Europe à s'organiser mieux grâce à une coopération économique renforcée entre les États ; lorsqu'il voyait dans une politique sociale nouvelle le contrepoids indispensable du progrès économique ; lorsque, imprégné de classicisme, il avait la volonté que notre esprit national s'enrichisse, que notre culture s'ouvre à l'art moderne. Mais, toujours, il refusait de théoriser, de dogmatiser, il voulait rester un esprit libre, ouvert à toutes les évolutions, pour mieux prévoir l'avenir.

Homme difficile à classer sauf à recourir aux facilités de la caricature. Libéral quand il le fallait, étatiste
quand c'était nécessaire, attaché aux traditions, mais nullement conservateur et ouvert à toutes les
innovations, percevant les difficultés nouvelles dans lesquelles la France entrait au début des années 70, et
dont elle peine à sortir, soucieux de la réaction de beaucoup de nos compatriotes qui se refermaient sur euxmêmes en refusant l'ouverture à un monde nouveau qu'il ne fallait pas, selon lui, condamner, mais
comprendre. C'était un esprit original et profond, un grand esprit dont l'envergure était volontairement dissimulée par une affectation de bon sens prosaïque. Personnalité exceptionnelle, d'une grande densité, il fut toujours, sans se forcer, à la mesure de son destin, professeur, bras droit du Général de Gaulle, chef d'entreprise, Premier Ministre, Président de la République ; c'était comme s'il était naturellement de plain-pied avec toutes les missions.

Chacun se rappelle ce que fut sa force d'âme lorsque vint la fin et qu'atteint par un destin injuste, il
maintint le cap alors que le monde entier entrait dans une période plus difficile, et affirma sa volonté
d'assumer sa mission jusqu'au bout de ses forces. Frappé par la fatalité, il ne récriminait pas, témoignant de la grandeur de son caractère. Imprégné du souci de sa responsabilité, attaché à son devoir, il manifesta une abnégation, une sorte d'indifférence à son propre sort. Ce destin jusqu'alors toujours heureux prit fin dans la tragédie.

Les Français ne l'ont pas oublié, ils manifestent leur attachement à cet homme qui avait de leurs réactions une perception naturelle, intime, qui leur ressemblait tellement, qui les représentait au sens meilleur du terme. Grâce à vous, Monsieur le Président, c'est la France qui, aujourd'hui, lui rend hommage. Soyez-en à nouveau remercié.

Edouard BALLADUR






ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
À l'occasion de la réception en l'honneur de l'association Georges POMPIDOU

Palais de l'Elysée -- Mercredi 22 juin 2011

« Georges POMPIDOU et l'Europe »


Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Messieurs les Ministres
Mesdames et Messieurs,
Cher Édouard,

Crises et conflits au Moyen-Orient,
Une Europe menacée dans sa cohésion,
Du désordre monétaire et des déséquilibres financiers partout,
La flambée des prix de l'énergie, de très graves incertitudes géopolitiques.
Enfin, des Français habitués à être protégés mais inquiets de l'avenir.

Non, ne craignez rien, je n'ai pas interverti mon intervention prévue demain devant le Conseil européen avec celle que je viens aujourd'hui prononcer devant vous. C'est bien de Georges POMPIDOU, de son ambition et de ses réalisations européennes que je suis venu parler et cela à l'heureuse initiative d'Edouard BALLADUR, que je remercie de m'y avoir associé.

Si je pose ce cadre, au-delà de toutes ressemblances et des redondances de l'Histoire, c'est parce que j'ai souhaité évoquer, ici, aujourd'hui devant vous les rapports de Georges POMPIDOU à l'Europe.
Je l'ai souhaité pour comprendre quelle était sa vision de la construction européenne,

Je l'ai souhaité pour évaluer à sa juste mesure ce que l'Europe lui doit,

Je l'ai souhaité, non seulement pour rendre hommage à son action mais pour dire, une nouvelle fois, combien la politique de Georges POMPIDOU fut moderne et combien elle fait encore aujourd'hui écho à notre propre avenir.

Aussi permettez-moi de rappeler à grands traits ce qu'était le monde alors.

En juin 1969, l'Europe des Six a à peine plus de dix ans. Pour l'essentiel, elle recouvre le marché commun industriel, avec l'Union douanière réalisée en juillet 1968, et une politique agricole encore adolescente.
Cette Europe, pourtant en pleine croissance, est paralysée par le veto français à la candidature britannique. Veto qui, depuis 1963, bloque le renforcement de la construction européenne, car nos cinq partenaires refusent que le Royaume-Uni soit laissé à l'écart.

Le cadre géopolitique mondial est celui de la domination, alors à son sommet, des deux superpuissances, les Etats-Unis et l'Union Soviétique. Pour l'Europe, cet enracinement des deux « blocs » dans la « détente » porte en lui le risque d'une marginalisation durable.

Dans le même temps, c'est l'époque des turbulences et des désordres monétaires, avec entre 1969 et 1974 des dévaluations ou des réévaluations à répétition des principales monnaies européennes, et l'agonie du système monétaire international édifié à Bretton Woods.

C'est enfin, après plus de deux décennies d'une croissance vigoureuse, un horizon économique qui s'assombrit. Les « Trente Glorieuses » jettent en France leurs derniers feux mais les Français ne le savent pas et notre pays vit une de ces périodes d'euphorie et d'insouciance dont il a parfois le secret.
Pourtant, avec l'aggravation des déséquilibres américains, le premier choc pétrolier consécutif à la guerre de Kippour, le début du décollage asiatique dans le sillage du Japon et les prémices d'une révolution technologique dans le secteur des télécommunications et de l'électronique, c'est tout l'équilibre d'un monde hérité de la Deuxième Guerre Mondiale qui va changer.

C'est à l'aune de ces enjeux de l'époque, et à la lumière de chacun de ses défis, qu'il faut évaluer l'action européenne de Georges POMPIDOU.

Entre les crises spectaculaires de l'époque du général de GAULLE et les décisions symboliques fortes du septennat de Valéry GISCARD D'ESTAING, l'importance de l'œuvre européenne de Georges POMPIDOU n'a pas toujours été mesurée à sa juste place.

Pourtant, son œuvre européenne a été essentielle pour la suite de notre Histoire commune.

D'abord, l'élargissement, qui fut son défi européen le plus visible. L'élargissement, à ce moment de la construction européenne, c'est avant tout la question de l'adhésion du Royaume-Uni, à laquelle le général de GAULLE s'était opposé par deux fois.

Pendant la campagne électorale, en mai 1969, Georges POMPIDOU a le courage d'affirmer qu'il serait « dramatique de laisser l'Angleterre hors de l'Europe ». Georges POMPIDOU est convaincu en effet que la Grande-Bretagne a besoin de l'Europe et que l'Europe a besoin de cette Grande-Bretagne, qui a tant fait non seulement pour l'esprit, mais aussi pour la liberté de l'Europe. Cette entente avec la Grande-Bretagne, qui ne saurait être opposée à l'indispensable moteur franco-allemand, Georges POMPIDOU est bien décidé à la relancer.

C'est, là encore, une leçon pour aujourd'hui : l'entente franco-britannique est l'autre grand axe européen. Une entente indispensable à l'Europe, dans le domaine de la défense où nos deux pays assument un rôle irremplaçable.

C'est pour renforcer cette coopération que j'ai signé avec David CAMERON le traité de Lancaster House. Et c'est grâce à cette coopération, que l'Europe joue aujourd'hui un rôle leader en Libye, pour protéger le peuple libyen des exactions de Kadhafi et cela conformément aux résolutions des Nations Unies.

L'élargissement de 1972, accepté par les Français lors d'un référendum, a tracé la voie des élargissements futurs. Ils sont toujours difficiles, tant il est vrai qu'il est évidemment plus simple de travailler à 6 qu'à 27 ; mais ils sont indispensables. D'abord parce qu'ils permettent de réunir la grande famille des peuples européens.

En effet, qui peut prétendre que l'Espagne en 1986, l'Autriche en 1995 ou la Pologne en 2004, pour ne prendre que ces quelques exemples, n'ont pas contribué à l'Histoire de l'Europe, qu'ils ne sont pas l'Europe ? Il en va de même, demain, pour la Croatie et après-demain pour la Serbie.

Ensuite, parce que l'Union est plus forte : de 160 millions d'habitants en 1969, elle est passée à plus de 500 millions aujourd'hui, devant les États-Unis, loin devant la Russie, qui naguère la dépassaient de beaucoup !

Cet élargissement aux Nations européennes, que Georges POMPIDOU assuma en 1969, il nous appartient de l'assumer à notre tour. Nous le faisons puisque, demain, au Conseil européen, nous conclurons la négociation ouverte en 2005 avec la Croatie, qui deviendra ainsi bientôt le 28e membre de l'UE.

Ensuite, nous devons à Georges POMPIDOU le renforcement des institutions européennes.

Georges POMPIDOU a l'intuition que seule l'implication personnelle des chefs d'État et de gouvernement permettra de relancer la construction européenne et de la doter d'une véritable direction politique.
Il prend l'initiative, comme vous venez à l'instant de le rappeler, monsieur le Premier ministre, cher Édouard, de réunions régulières de sommets européens.

Ces sommets deviendront, en 1975, les Conseils européens que nous connaissons aujourd'hui et que le traité de Lisbonne a enfin doté d'une présidence stable. C'est donc à la prémonition de Georges POMPIDOU que nous devons ce Conseil européen auquel je vais me rendre demain.

On a parfois reproché à Georges POMPIDOU sa méfiance instinctive, à l'égard de structures trop distendues dans lesquelles les États viendraient se perdre. Mais n'oublions pas que c'est une Europe encore au début de sa construction, une dizaine d'années seulement après l'entrée en vigueur du traité de Rome, dont nous parlons ici !

Pour autant, POMPIDOU lui-même n'excluait pas, à terme, des institutions intégrées. Mais cela, disait-il en janvier 1971, « c'est pour plus tard, c'est-à-dire qu'un jour, il y aura un gouvernement européen avec des attributions que les gouvernements lui auront transférées.

Ce sera le stade final : un gouvernement européen avec également un Parlement européen, [car] il faudra bien qu'un gouvernement européen se dégage des responsabilités nationales et assume ses responsabilités européennes ».

Ces propos préfigurent très largement le gouvernement économique que nous sommes aujourd'hui en train de mettre en place, notamment grâce aux décisions que nous adopterons demain à Bruxelles au Conseil européen.

Ces propos sont ceux d'un visionnaire pragmatique. Voilà un oxymore qui correspond bien, je crois, à la personnalité politique de Georges POMPIDOU.

C'est également Georges POMPIDOU qui a jeté les premières fondations d'une Europe politique. L'Europe, pour le Président POMPIDOU, c'est avant tout la possibilité pour la France de rester un acteur de l'Histoire. « La France ne peut garder voire accroître son rôle dans le monde qu'en s'unissant aux autres nations européennes », confiait t-il aux Français avec ce bon sens politique qui fait souvent les meilleurs stratèges.
A ce moment précis de notre Histoire, le moyen de continuer à défendre nos intérêts face à l'Amérique de NIXON et de KISSINGER. Une Amérique qui cherche en permanence à obtenir l'alignement des Européens sur ses choix monétaires, économiques et politiques. C'était aussi le moyen de continuer à tenir bon face à l'Union soviétique de BREJNEV, notamment pour déjouer la manœuvre soviétique, qui espère instrumentaliser l' « Ostpolitik » du Chancelier BRANDT pour diviser les Européens.

Pour le Président POMPIDOU, l'Europe est le moyen de démultiplier une puissance française qu'il qualifiait alors lui-même de « moyenne ».

Georges POMPIDOU est un réaliste. Oui, la France est déjà, ce qu'il est convenu d'appeler une puissance moyenne. L'Empire qu'elle avait conquis au nom des principes de la République est mort de cette seule incohérence. Sa richesse accumulée par des siècles d'efforts et d'épargne est depuis longtemps concurrencée par l'essor de nouvelles économies.

Pour autant la France demeure une puissance politique car sa voix sait se faire entendre et cela grâce à sa place et à son rôle en Europe.

L'Histoire a confié à la France une mission majeure, celle de s'engager pour le respect du droit, des peuples, des Nations et de la liberté.

La France, permettez-moi de le réaffirmer ici devant vous, n'est jamais une puissance moyenne lorsqu'elle reste fidèle à son destin.

La France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle assume sa mission historique.

Parmi les hommes d'Etat français, Georges POMPIDOU est donc l'un des premiers à penser l'Europe autrement que comme la simple addition des nations qui la composent.

On lui doit l'adoption de l'expression « identité européenne » lors de la conférence de Copenhague en 1973, et avant cela, dès 1969, la perspective d'une « Union européenne » annoncée pour 1980. Une « Union Européenne», ces mots furent choisis et imposés par lui, qui engloberait les activités communautaires mais aussi la coopération politique. C'est ce que nous avons réalisé avec le traité de Lisbonne.

Nous devons enfin à Georges POMPIDOU d'avoir été l'un des premiers à se fixer l'objectif d'une « union monétaire ». Avec « l'achèvement » du marché commun, dans ses dimensions industrielle et agricole, il estimait que l'intégration économique toujours plus poussée, qui était aussi pour lui l'instrument de la modernisation de l'économie française, exigeait d'abord le resserrement des parités entre les monnaies et la coordination des politiques monétaires. La création du « serpent monétaire », c'était aussi, après la crise du dollar et que l'Amérique se fût dérobée à ses responsabilités, le moyen de constituer une zone de stabilité et de coopération monétaire qui permettrait à l'Europe de peser sur la réforme du système monétaire international.

C'est sous Georges POMPIDOU, grâce à son impulsion personnelle, que va commencer la longue marche des Européens vers l'euro.

Parce qu'il a compris le coût et les dangers de la rivalité des monnaies et des dévaluations compétitives dans un marché commun, Georges POMPIDOU est convaincu qu'il faut se donner pour objectif l'Union monétaire. Cette grande ambition ne sera réalisée que près de vingt ans plus tard, avec le traité de Maastricht.

Aujourd'hui, il appartient à notre génération de défendre cet héritage et de travailler à le renforcer en complétant l'Union monétaire par une véritable Union économique, fondée sur la solidarité et la convergence. C'est à cela que nous travaillons étroitement avec la Chancelière Angela MERKEL.

Georges POMPIDOU était un « réaliste », ce qui, pour un chef d'Etat contraint de faire avec le monde tel qu'il est, est une qualité primordiale. L'Histoire a démontré que les chefs d'Etats « idéalistes » plongeaient plus souvent les peuples dont ils avaient la charge dans les affres du chaos que dans les délices de la félicité !
Mais dire, comme l'ont prétendu certains, qu'il aurait manqué de vision est faux et injuste. Ce n'est d'ailleurs pas la seule injustice dont Georges POMPIDOU aura été, au cours de sa vie, la victime...

Georges POMPIDOU estimait qu'il fallait faire l'Europe plutôt que d'en parler. « L'Europe se fait en marchant » disait-il. Il l'a faite avec méthode, avec le souci d'avancer qui impliquait aussi de rassurer ses partenaires, avec l'Allemagne comme partenaire privilégié mais sans exclure la Grande-Bretagne.

C'est parce qu'il était profondément réaliste qu'il a été profondément ambitieux pour l'Europe, car l'intégration européenne était alors et demeure aujourd'hui la condition de la prospérité et du rayonnement de la France. Elle était aussi et surtout la condition même de la paix. Cette évidence le Président Georges Pompidou l'exprimera avec la force de l'homme d'État le talent de l'homme de lettre, en 1972, devant les élèves de Sciences Po: « notre foi nationale ne nous empêchera pas -disait-il- de poursuivre avec obstination l'œuvre de regroupement de vieux peuples qui furent, chacun à leur tour, les premiers du monde et que leurs déchirements conduisirent, l'un après l'autre, au bord du néant. »

L'Europe comme condition de la paix et de la prospérité. Elle l'était hier dans un univers bipolaire elle le reste plus encore de nos jours dans un monde où émergent de nouveaux pôles de puissance.

Au fond, le Président POMPIDOU a eu la grande intelligence de faire la politique européenne qu'exigeait son époque, quand l'Europe était encore un effort très loin d'être une évidence. Si les résultats n'ont pas toujours été à la hauteur de ses ambitions, si des espoirs ont été déçus, si l'Europe n'a pas réalisé son union monétaire et politique aussi vite qu'il l'aurait souhaité, c'est finalement à son initiative ou sous son impulsion qu'ont été jetées les fondations sur lesquelles repose l'Europe d'aujourd'hui. Avec une modestie paysanne qui lui était naturelle, Georges POMPIDOU a laissé à ses successeurs le soin de récolter ce qu'il avait lui-même semé.

Il serait tout aussi juste de dire qu'il en est de même pour la France. C'est lui qui a mis notre pays sur les rails du XXIe siècle.

Je compte bien le rappeler avec force à tous les Français le 5 juillet prochain à Montboudif à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance. Nous ne devons pas laisser cette part de notre Histoire dans l'ombre au prétexte que celui qui l'incarne n'aimait pas la lumière.

Certains par calcul politique ou aveuglement idéologique ont, dès le lendemain de sa mort, traité par l'oubli voire le mépris, l'héritage politique de Georges Pompidou.
Mal leur en a pris car l'Histoire lui a déjà rendu hommage et les Français, eux, n'on jamais cessé de l'aimer.

Cela aussi je tenais à vous le dire, à vous qui êtes les amis de Georges POMPIDOU et qui contribuez avec intelligence et passion à entretenir son souvenir.

Je vous remercie.

Nicolas SARKOZY

 

Source : Elysée.

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 01:15

Mort de l'ancien député Robert Pesquet, compromis dans l'affaire de l'Observatoire, à 93 ans le 11 décembre 2010.

 

Biographies des députés de la IVe République > Robert PESQUET

Robert PESQUET
PESQUET (Robert, Paul)

Né le 9 avril 1917 à Port-Lyautey (Maroc)
Mort le 11 décembre 2010.

Député du Loir-et-Cher de 1956 à 1958


Robert Pesquet est né le 9 avril 1917 à Port-Lyautey, au Maroc. Licencié en droit et diplômé de l'Ecole Libre des sciences politiques, il dirige au lendemain de la guerre une entreprise de menuiserie située à Mondeville, dans le Calvados.

C'est aux côtés des gaullistes que Robert Pesquet fait son entrée en politique. Secrétaire administratif du groupe gaulliste à l'Assemblée Nationale d'octobre 1954 à février 1955, il entre en octobre 1955 au cabinet de Raymond Triboulet, ministre des Anciens combattants et des victimes de guerre dans le second Cabinet Faure.

Président de la fédération départementale des Républicains sociaux, Robert Pesquet est candidat aux élections législatives du 2 janvier 1956 dans le Loir-et-Cher, à la tête d'une liste dite d' "Union et de Salut Public" ; malgré un score relativement modeste de 14 947 voix sur 125 284 suffrages exprimés, et grâce à l'éparpillement des votes, celle-ci emporte l'un des quatre sièges à pourvoir. Les autres sièges reviennent au communiste Bernard Paumier, au socialiste Kléber Loustau et à l'Indépendant Robert Bruyneel.

Robert Pesquet est nommé membre de la Commission des pensions et de la Commission de la presse. Très vite après son élection, il prend ses distances avec les gaullistes ; il cesse d'appartenir au groupe des Républicains Sociaux le 1er décembre 1956, siège un temps parmi les non-inscrits avant de s'apparenter au groupe poujadiste. Son activité parlementaire au cours de cette législature écourtée porte la marque de convictions nationalistes très arrêtées. Le 25 octobre 1956, Robert Pesquet intervient au cours d'une discussion consacrée à la politique générale du gouvernement, pour appeler à une révision radicale de la politique menée par la France au Maroc et en Tunisie, trop portée au compromis à ses yeux : " nous espérons que le gouvernement mettra désormais un terme aux campagnes de trahison qui s'efforcent de ruiner notre présence en Algérie et qu'il fera toute la lumière sur toutes les compromissions avec le Front de Libération Nationale de certains Français, si haut placés soient-ils. Nous espérons que le gouvernement signifiera aux dirigeants du Maroc et de la Tunisie que la France, à laquelle ils doivent tant, n'entend plus se laisser bafouer, et qu'elle protégera, par la force, la vie et les biens de nos compatriotes ".

Quelques semaines plus tard, il est l'un des parlementaires les plus virulents pour dénoncer l'intervention soviétique à Budapest, allant jusqu'à réclamer, le 21 décembre 1956, la dissolution du Parti Communiste Français dans une "demande d'interpellation sur les mesures que le gouvernement compte prendre pour garantir la sécurité de la défense nationale et protéger le moral de la nation et de l'Union française contre les entreprises du Parti communiste".

Robert Pesquet intervient aussi longuement, le 4 juillet 1957, au cours de la discussion du projet de loi portant ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom. Il s'y montre un détracteur farouche de la construction européenne, dans laquelle il voit le ferment de la renaissance de la puissance allemande : " Pour la France, l'Italie, la Belgique les Pays-Bas et le Luxembourg, le traité de marché commun est définitif et illimité. Toutefois, il ne l'est pas pour l'Allemagne qui conserve le droit de se retirer lors de sa réunification. Cette date étant nécessairement inconnue, il plane une incertitude permanente sur la durée du traité de marché commun. L'Allemagne peut ou rester dans le marché commun, ou en sortir, donc rendre caduc le traité en fonction de son seul intérêt. Par le traité ratifié par le Parlement français, on lui a laissé expressément le pouvoir de se retirer du marché commun. Or, comme, en définitive, la ratification de l'Allemagne dépend uniquement de la décision de la Russie, le Kremlin aura la possibilité de faire éclater le marché commun alors que l'exécution partielle du traité aura déjà entraîné des troubles d'adaptation plus ou moins graves dans l'économie des divers pays membres et notamment en France. Ainsi, nous refusons cette petite Europe des six qui conduit à la grande Allemagne ".

Robert Pesquet est battu aux élections législatives de novembre 1958 dans la 3ème circonscription du Loir-et-Cher, recueillant 9 003 voix contre 9 800 au socialiste Gérard Yvon et 14 811 voix au démocrate-chrétien Pierre Mahias. Il se trouve quelques mois plus tard au cœur d'une des affaires les plus fameuses de la Vème République : l' " affaire de l'Observatoire ". C'est lui qui convainc François Mitterrand de relancer une carrière politique déclinante en acceptant d'être la cible d'un attentat monté de toutes pièces ; c'est aussi lui qui, quelques jours après les faits, révèle à la presse les dessous d'une affaire qui compromet gravement l'honneur et la crédibilité de celui qui se veut le premier des opposants au général de Gaulle. Ce coup d'éclat marque la fin de la courte carrière politique de Robert Pesquet ; celui-ci se reconvertit alors dans les assurances en prenant la tête de l'agence caennaise du groupe d'assurances Drouot. Il en sera écarté sans ménagement quelques années plus tard, pour des indélicatesses que la justice sanctionnera. Force est d'ailleurs de constater que le parcours de Robert Pesquet sous la Vème République relève, non plus de l'histoire politique, mais bel et bien de la chronique judiciaire.

L'ancien député du Loir-et-Cher opère néanmoins une rentrée politique remarquée au début de l'année 2003, lorsqu'il est nommé, à quatre-vingt six ans passés, à la tête de la fédération de la Manche du Mouvement National Républicain, petit parti politique d'extrême-droite créé par Bruno Mégret à la suite d'une scission du Front National.


(Documentation de l'Assemblée Nationale) 

 









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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 06:57

Il y a 30 ans, François Mitterrand était investi comme nouveau Président de la République en succédant à Valéry Giscard d'Estaing qu'il avait battu à l'élection présidentielle du 10 mai 1981. Le 21 mai 1981, Pierre Mauroy accompagnait François Mitterrand dans la voiture remontant les Champs-Elysées. Ensuite, sous les notes de la 9e Symphonie de Beethoven, François Mitterrand déposait au Panthéon une rose sur trois tombes : Victor Schoelcher, Jean Jaurès et Jean Moulin (n'ayant bizarrement qu'une seule rose chaque fois dans ses mains). Il refusa à Mauroy la dévaluation du franc, considérant que ce jour devait être la fête et pas le retour aux réalités économiques.

 

SR

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Histoire politique
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 07:42

Il faut avoir plus de trente ans pour avoir connu cette période-là, celle d’une droite qui se déchirait au point d’offrir à la France un gouvernement "socialo-communiste". Retour sur une aventure personnelle… et collective.


yartiMitterrand1981B51Le dimanche 10 mai 1981 à vingt heures, l’événement impensable, si redouté pour les uns, tant attendu pour les autres, arrive. Le visage de François Mitterrand apparaît sur les écrans d’Antenne 2 en même temps qu’une voix fluette qui annonce les résultats du second tour de l’élection présidentielle. « François Mitterrand est élu Président de la République » répète Jean-Pierre Elkabbach, symbole médiatique de l’État giscardien et première tête désignée par la nouvelle majorité présidentielle…

Beaucoup d’élus, dans la majorité sortante, qui prédisaient des chars soviétiques sous la Tour Eiffel, misaient sur une démission rapide de François Mitterrand, incapable de gouverner ou alimentaient les rumeurs (que l’on sait maintenant exactes) du cancer présidentiel en novembre et décembre 1981, en oubliant le principe même de ces institutions qui permettent au pouvoir exécutif de durer.

De fait, François Mitterrand a battu tous les records de longévité d’un Président de la République, en assumant quatorze ans de mandats. Le premier à avoir été deux fois élus au suffrage universel direct et à terminer son second mandat, et le seul à avoir exercer deux septennats. Le précédent record hors République est tenu par Napoléon III, vingt et un ans au pouvoir, de 1848 à 1870. Avec la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, aucun de ses successeurs ne pourra le supplanter en longévité à cause de la limitation à deux quinquennats successifs.


Continuité institutionnelle

Trente ans ont passé. L’événement a été important, certes, mais s’est placé dans une continuité républicaine d’autant plus volontaire que ses deux successeurs, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont restés complètement fascinés par la personnalité de François Mitterrand. Le droit d’inventaire qu’avait ostensiblement manié Lionel Jospin avant la fin du second septennat cassait définitivement le mythe du seul socialiste élu à la magistrature suprême au suffrage universel direct.

S’inscrivant dans la continuité historique de Jean Jaurès, Léon Blum et Pierre Mendès France, François Mitterrand voulait retracer une aventure politique enivrante de la gauche enfin au pouvoir, rejetant une moitié du pays se croyant au pouvoir par presque droit divin. Exorcisme d’une gauche toujours dans l’opposition, et aussi, exorcisme des fameuses "expériences socialistes" basées sur des gouvernements éphémères.

En ce sens, cette rupture du 10 mai 1981 a été essentielle dans la pérennité des institutions de la Ve République : celle qui a montré sa souplesse, tant par l’alternance que par la cohabitation. Le 10 mai 1981 commençait en fait une série d’alternances successives de majorités parlementaires entre 1981 et 2002. Les élections législatives de juin 2007 ont été les premières élections législatives à conserver la majorité parlementaire sortante depuis… mars 1978 !

L’ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon (1981-1982), Robert Lion, devenu conseiller régional écologiste depuis mars 2010, insistait d’ailleurs le 6 mai 2011 sur la continuité du Général De Gaulle dans l’exercice de la fonction présidentielle, François Mitterrand incarnant à sa manière la nation dans sa diversité et sa complexité.

Quant aux cohabitations, elles ont éprouvé les institutions et ont montré que l’initiative resterait dans tous les cas au pouvoir exécutif, que ce soit à l’Élysée ou à Matignon.

Auteur du fameux pamphlet "Le Coup d’État permanent" (publié en 1964 avant l’élection présidentielle de décembre 1965), François Mitterrand a au contraire renforcé le principe de monarchie républicaine qu’il avait tant critiqué chez De Gaulle puis chez Valéry Giscard d’Estaing. On ne mobilise pas quarante millions de citoyens pour seulement faire inaugurer des chrysanthèmes.


Face obscure et face lumineuse

Il y a bien sûr l’homme et les actes. L’homme a été aimé ou détesté, parfois les deux, dans un sens ou dans un autre, mais c’était au moins la marque d’un esprit fort et d’une personnalité riche, ambiguë, contrastée, romanesque se plaît-on à dire souvent.

Comme tout n’est jamais blanc ou noir, je me propose de relever certains actes commis durement ses deux septennats qu’on pourrait mettre à son actif ou à son passif. Le choix est bien entendu associé aux propres choix politiques des observateurs.

Je n’évoquerai donc pas la grande part d’ambition, d’habileté politique, de cynisme et de machiavélisme, visant tant à diviser ses adversaires (malgré la maladie, il en a éprouvé un évident plaisir entre 1993 et 1995) qu’à empêcher l’émergence de tout réel héritier (en alimentant la rivalité entre Laurent Fabius et Lionel Jospin). L’habileté politique était en fait très relative puisque finalement, de toutes les incertitudes qui planaient sur ses décisions, François Mitterrand optait toujours pour les plus probables (comme la nomination sans tergiverser de Jacques Chirac à Matignon le 17 mars 1986 ; la décision d’instituer un scrutin proportionnel départemental au conseil des ministres du 3 avril 1985 ; sa nouvelle candidature à l’élection présidentielle le 22 mars 1988, etc.).

Le cynisme se déclinait par exemple par une déclaration de foi en faveur de la transparence et, dans les coulisses, aux mêmes manœuvres de pressions et de rapports de force avec deux exemples éloquents, la communication sur son état de santé (mauvais dès le départ et donc masqué) et ses liens avec l’audiovisuel public.

Il y a deux décisions de François Mitterrand qui, à mon sens, sont ce qu’il restera de plus positif dans son bilan politique, un décision symbolique (car elle n’a eu concrètement que très peu de conséquences) mais qui a redonné à la France la place morale qu’elle devait avoir, et une décision politique cruciale qui, elle, a eu beaucoup d’influence économique, sociale et diplomatique.


L’abolition de la peine de mort

La première décision était l’abolition de la peine de mort. Une décision rapidement mise en œuvre puisque la loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort a été promulguée dès le 9 octobre 1981 après le vote des députés le 18 septembre 1981 (par 363 voix contre 117) et celui des sénateurs le 30 septembre 1981. En moins de cinq mois, tout était plié, avec pour architecte Robert Badinter.

Son successeur, Jacques Chirac, qui avait voté en faveur de l’abolition comme Philippe Séguin au sein du RPR, est allé ensuite bien plus loin puisqu’il l’a "constitutionnalisée" dans la loi constitutionnelle du 23 février 2007, à la fin de son second mandat, rendant son éventuelle remise en cause bien plus compliquée juridiquement (indépendamment de toute convention internationale).


Le cap résolument européen

La deuxième décision a été beaucoup moins "évidente" aux yeux de François Mitterrand. Elle date du 22 mars 1983 et a fait suite à une semaine pleine de doutes et d’incertitudes qui suivait le second tour des élections municipales du 13 mars 1983 qui fut un désastre pour la gauche (l’un des symboles en fut Alain Carignon, 34 ans, qui a conquis dès le premier tour la ville de Grenoble à un maire apprécié et reconnu).

À l’époque, la situation économique étant en mauvaise passe (forte inflation, chômage croissant), François Mitterrand, convaincu par Jean-Pierre Chevènement, voulait faire sortir le franc du système monétaire européen (SME), l’ancêtre de l’euro. Il était question de changer de Premier Ministre et les noms de Jacques Delors, Pierre Bérégovoy, Laurent Fabius, Louis Mermaz… étaient à l’esprit.

Le favori, Jacques Delors, avait au contraire refusé tout signal qui casserait la construction européenne. Pierre Mauroy était également de cet avis, considérant qu’un isolement de la France rendrait le redressement économique bien plus difficile. Laurent Fabius, qui était plutôt pour la sortie du SME, après un état des lieux des réserves (il était au Budget), a rejoint les partisans du maintien dans le SME sans lequel la politique d’austérité aurait dû être encore plus dure. Pierre Mauroy vient de témoigner très précisément de ces journées historiques dans un colloque au Sénat le 6 mai 2011.

Finalement, François Mitterrand s’est rangé aux idées européennes, a reconduit Pierre Mauroy à Matignon, a maintenu le franc au sein du SME et a suivi Jacques Delors, resté à l’Économie et aux Finances, dans le choix d’une politique de rigueur.

Il s’entendit avec le Chancelier allemand Helmut Kohl pour nommer Jacques Delors à la Présidence de la Commission européenne (du 6 janvier 1985 au 22 janvier 1995) qui a relancé de façon décisive la construction européenne avec trois traités essentiels : l’Acte unique européen (signé les 17 et 28 février 1986) qui assure la liberté des échanges intracommunautaires, la Convention de Schengen (signée le 14 juin 1985) qui assure la libre circulation des personnes, et le Traité de Maastricht (signé le 7 février 1992).

À partir de 1983, malgré ses "visiteurs du soir", François Mitterrand continua à toujours choisir la préférence européenne, notamment à Évian le 3 juin 1988 où il réussit à convaincre Helmut Kohl d’abandonner le deutsche mark et de faire l’euro, la monnaie unique européenne, une réalisation qui fut retardée par la chute du mur de Berlin et la réunification allemande et qui a dû attendre la ratification du Traité de Maastricht (l’euro est finalement né le 1er janvier 1999 et la monnaie papier opérationnelle le 1er janvier 2002).


Actif et passif

Il y a eu d’autres faits à noter à son actif, comme la résolution du conflit en Nouvelle-Calédonie (Accord de Matignon du 26 juin 1988) qui serait plutôt à mettre sur le bilan de Michel Rocard, ou encore des mesures sociales comme les lois Auroux (4 août, 28 octobre, 13 novembre et 23 décembre 1982), rédigées principalement par Martine Aubry, qui ont donné aux salariés une protection probablement inégalée dans le reste du monde, des grands travaux qui ont embelli Paris, ou enfin la réaffirmation très ferme de l’alliance atlantique et de l’amitié franco-américaine notamment à l’époque de l’installation des fusées Pershing sur territoire ouest-allemand qui a permis un rapport de force défavorable à l’Union Soviétique.

Plus politiquement, au même titre qu’il a pérennisé les institutions de la Ve République, François Mitterrand fut à l’origine du déclin électoral (mais pas parlementaire) du Parti communiste français et (revers de la médaille) probablement le principal artisan du développement électoral du Front national en imposant les présidents de chaîne de télévision à inviter régulièrement Jean-Marie Le Pen à partir de début 1984 (à l’époque où le FN ne pesait pas lourd sur la balance électorale).

Je pourrais aussi m’arrêter sur les nombreux actes à mettre au passif du bilan, sur la politique de yoyo des nationalisations (loi du 13 février 1982), des privatisations, de la politique du ni-ni et plus généralement, sur l’incompréhension volontaire de François Mitterrand concernant le fonctionnement de l’économie, sur l’absence de vision industrielle qui a fait commettre des dégâts irréparables (comme Creusot-Loire, la sidérurgie lorraine etc.), sur des retards à l’innovation et aux nouvelles technologies (en particulier, l’informatique et les télécommunications) ou encore sur sa difficulté à saisir l’Histoire en marche avec la Réunification allemande (3 octobre 1990) et la chute de l’Union Soviétique (25 décembre 1991)…


Mais ce qu’il reste, c’est ce qui dure, ce qui perdure au-delà de ses septennats, de sa personne.

En ce sens, l’abolition de la peine de mort et la construction européenne me paraissent les éléments majeurs de progrès pour la France, qu’a apportés François Mitterrand et que ses deux successeurs ont même confortés dans leur pérennité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 mai 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Mitterrand et la peine de mort.
Mitterrand et l’hypocrisie permanente.

Le congrès qui a fait gagner François Mitterrand.



yartiMitterrand1981B52


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/10-mai-1981-que-reste-t-il-des-93534

 



 

 

 

 

 

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