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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 07:11

Petite promenade dans l’une des villes nouvelles de l’agglomération parisienne.


yartiEvry01Je ne savais pas où se trouvait Évry. L’expérience était suffisamment rare pour que j’y prisse attention. Sollicité à la fin des années 1980 par le diocèse de Corbeil-Essonnes (j’étais à l’époque lorrain), j’ai répondu positivement à la souscription pour construire une nouvelle cathédrale : la cathédrale d’Évry !

J’ai dû envoyer cent ou deux cents francs pour cette œuvre de construction publique et j’ai reçu presque aussitôt… une attestation de bâtisseur de cathédrale. J’en étais très fier même si aujourd’hui, je serais bien incapable de la retrouver.

La cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien d’Évry est la seule cathédrale française bâtie au XXe siècle. Elle concerne le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (nouvelle appellation depuis 1989) et est située tout près du nouveau quartier, celui de l’Hôtel de Ville, de l’Université d’Évry et de la Chambre de commerce et d’industrie, en face d’un grand hôtel (le Mercure) et pas très loin de la gare RER et du grand centre commercial Évry-2 (Carrefour, Fnac etc.).

La cathédrale est constituée de briques rouges de Toulouse sous une forme cylindrique tronquée, ce qui est original et rompt le classique schéma en forme de croix. L’architecte, c’est Mario Botta qui a voulu faire un édifice sobre et circulaire inspiré des églises byzantines et romanes de Lombardie.

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Le toit est surmonté d’un petit jardin avec des arbres plantés (hélas, inaccessible au public). La salle est très spacieuse mais est souvent remplie le dimanche car la ville nouvelle est habitée par de nombreux fidèles… aux trois quarts d’origine d’Afrique subsaharienne d’ailleurs (ce qui a valu une mésaventure au maire).

À Pâques 1991, la première pierre fut posée, et son ouverture eut lieu le 11 avril 1995. Le pape Jean-Paul II vint le 22 août 1997. Consécration : la messe de Noël 2008 y fut retransmise par France 2 en direct.

J’ai toujours une petite tendresse pour cette cathédrale.

Elle est tout sauf la cathédrale habituelle. Elle est un monument qui s’insère bien dans le quartier plutôt d’affaires.

Pas loin de là, d’ailleurs, on peut voir un minaret. La mosquée d’Évry est dressée pas loin de la Chambre des métiers et du centre des impôts, seul le centre commercial sépare les deux lieux de culte. La mosquée a été inaugurée en 1994, un peu avant la cathédrale. Elle est parmi les plus grandes d’Europe après Londres et Rome et a été construite sur les plans de l’architecte Henri Baudot.

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C’est une mosquée assez fondamentaliste. Seuls les hommes (souvent barbus) y sont présents (j’y suis entré deux ou trois fois pour visiter) et on peut voir les femmes voilées attendant dans leur voiture, à la place du chauffeur, en train de lire ou pianotant sur leur téléphone mobile.

Ce qui sépare la mosquée et la cathédrale, ce sont aussi les Champs-Élysées. Et cela permet de faire ce genre de photo, totalement surréaliste, d’une boucherie halal aux Champs-Élysées. Oui, c’est possible ! Mais pas à Paris, un peu plus loin, à Évry.

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Toujours à Évry mais bien plus loin, le long de la route nationale 7, la pagode Khanh Anh sera achevée cette année 2010 pour les bouddhistes et fut déjà inaugurée par le Dalaï Lama le 12 août 2008 au moment où les Jeux Olympiques avaient lieu à Pékin.

Évry est donc un grand centre spirituel pour au moins trois religions.

Évry, c’est une ville moderne. On a créé le Génopole pour attirer les entreprises de hautes technologies dans le domaine des biotechnologies. Cela fonctionne à ceci près que les chercheurs étrangers préfèrent nettement travailler à l’Institut Pasteur en plein cœur de Paris qu’à Évry, excentré par rapport à la gare RER, et une gare RER qui trône dans un ensemble de HLM relativement insécurisé et très bétonné.

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Pourtant, j’aime bien cette ville. Je n’y suis jamais habité mais depuis une dizaine d’années, j’ai eu souvent affaire avec elle à des occasions diverses et variées. C’est peut-être le dernier centre urbain avant le début de la province réelle. Sur l’autoroute A6, c’est la jonction avec la Francilienne (N104). Dans le coin, il y a beaucoup d’hypercentres commerciaux, car Évry-2 n’est pas très loin ni de Villabé (Carrefour, Ikea etc.) ni de Carré-Sénart (Carrefour, complexe cinéma etc.).

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Le maire actuel est Manuel Valls. Il a été élu à 38 ans en mars 2001. Jeune, ambitieux, beau parleur, ancien conseiller en communication de Lionel Jospin à Matignon. Évry n’est qu’un tremplin. Cela aurait pu être Melun ou Créteil. Ou Meaux. Ce fut Évry. Manuel Valls a été candidat à la candidature des socialistes pour l’élection présidentielle de 2012. Il est maintenant Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Ayrault. Il a été réélu député à 65,6% le 17 juin 2012.

Juste à côté, sur la frontière sud, il y a Corbeil-Essonnes. Ville industrielle (entre autres, la SNECMA s’y dresse ainsi qu’Altis), ville longtemps communiste qui a été conquise de haute lutte en juin 1995 par Serge Dassault (après trois tentatives), devenu ensuite sénateur le 26 septembre 2004 (réélu à 86 ans pour six ans malgré son âge le 25 septembre 2011). Serge Dassault avait été battu par Manuel Valls aux législatives de juin 2002. Après deux réélections en mars 2001 et mars 2008, il fut invalidé le 8 juin 2009 (confirmé le 7 septembre 2009) et devint inéligible pendant un an pour un mandat municipal.

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Évry compte aussi quelques lycées dont un lycée professionnel à la pointe du progrès, tant pédagogique que technologique, le lycée Auguste Perret dirigé d’une main de fer par une femme énergique capable de maintenir une discipline parmi des élèves d’origines multiethniques appartenant pour certains à des "bandes" rivales (les Pyramides à Évry, les Tarterêts à Corbeil-Essonnes, La Grande Borne à Grigny etc.) pouvant faire de graves "dégâts" (mortels).

À vingt-cinq kilomètres de Paris, Évry est donc une ville particulière, préfecture d’un département assez riche, l’Essonne, pluriconfessionnelle, multiethnique, ayant un brassage social assez extravagant puisque sont mélangées des populations très peu aisées et des personnes cadres supérieurs et enseignants, chercheurs, de haute valeur ajoutée intellectuelle.

Le parc de Coquibus qui va de la cathédrale au Génopole permet d’aérer une zone urbaine très densifiée. C’est là que s’achève notre promenade.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 juin 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Manuel Valls et son ambition.
Manuel Valls et les institutions.
Manuel Valls et la primaire socialiste.
Manuel Valls et les centristes.
Manuel Valls et François Bayrou.
La gueule de l’emploi.

yartiEvry05 

 

  http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/evry-et-ses-nouvelles-cours-des-118756

 

 

 

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 13:42

(dépêche)

Joëlle Ceccaldi-Raynaud élue présidente de l'EPAD succédant à Patrick Devedjian

http://www.journaldunet.com/economie/actualite/depeche/afp/24/672177/deux_mois_apres_l_affaire_jean_sarkozy_joelle_ceccaldi-raynaud_elue_presidente_de_l_epad.shtml
Deux mois après "l'affaire Jean Sarkozy", Joëlle Ceccaldi-Raynaud élue présidente de l'Epad Suivante
 
 
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La députée-maire UMP de Puteaux (Hauts-de-Seine) Joëlle Ceccaldi-Raynaud le 4 décembre 2009 (Photo Patrick Kovarik/AFP)
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Vendredi 04 décembre 2009, 13h28
La députée-maire UMP de Puteaux (Hauts-de-Seine) Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été élue vendredi présidente de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense, poste auquel Jean Sarkozy avait renoncé fin octobre, a-t-on appris dans l'entourage d'un administrateur de l'Epad.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud, 58 ans, succède à à Patrick Devedjian, ministre de la Relance et actuel président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, qui était atteint par la limite d'âge.

Elle a recueilli les voix de 14 des 18 administrateurs de l'Epad, le maire PCF de Nanterre Patrick Jarry, seul autre candidat déclaré, en obtenant quatre, a-t-on précisé de même source.

M. Jarry a fait le plein des voix à gauche, Mme Ceccaldi-Raynaud réunissant sur son nom toutes celles des élus de droite (trois en plus de la sienne), des neuf représentants de l'Etat ainsi du membre de la chambre de commerce et d'industrie de Paris.

 
Jean Sarkozy à son arrivée le 23 octobre 2009 au conseil d'administration de l'Epad à Nanterre (Photo Lionel Bonaventure/AFP/Archives)
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Le fils cadet du chef de l'Etat Jean Sarkozy, 23 ans, élu récemment administrateur , avait annoncé en octobre qu'il comptait briguer la présidence de l'Epad, mais y avait renoncé après plus de deux semaines de polémique où les accusations de népotisme avaient fusé.

Un des neuf représentants de l'Etat a décroché vendredi la première vice-présidence de l'Etablissement public, tandis que Patrick Jarry, qui s'oppose a l'extension du quartier d'affaires sur sa commune, a obtenu un autre poste de vice-président, a-t-on encore indiqué.

La réunion du conseil d'administration se poursuivait en milieu de matinée
 


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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 10:31

(dépêche)


Un fils à papa peut cacher une fille à papa


http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/03/mme-ceccaldi-raynaud-maire-de-puteaux-est-candidate-a-la-presidence-de-l-epad_1275395_823448.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20091203-%5Bzonea%5D
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1275395,0.html
Mme Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, est candidate à la présidence de l’EPAD
LE MONDE | 03.12.09 | 10h40  •  Mis à jour le 03.12.09 | 11h15


e ne cherche rien, ni l'argent ni les honneurs. J'y vais très tranquillement. Mon mandat d'élu local a joué dans ma décision de me porter candidate." Dans son bureau qui embaume la bougie parfumée "à la rose de Puteaux", mercredi 2 décembre, Joëlle Ceccaldi-Raynaud savoure l'instant. La maire (UMP) de la ville la plus riche de France, grâce à la manne du quartier d'affaires, annonce qu'elle briguera, vendredi 4 décembre, la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD), poste convoité, un temps, par Jean Sarkozy, avant qu'il ne renonce, sur fond de polémique, le 22 octobre.

 
Elle sait qu'elle a toutes les chances de l'emporter : le conseil d'administration de l'EPAD, qui doit élire le président de l'établissement, compte quatre élus de droite, quatre de gauche, un représentant de la chambre de commerce et d'industrie de Paris et neuf fonctionnaires d'Etat nommés par plusieurs ministères. Ceux-ci auraient reçu pour consigne de leur autorité de tutelle de voter en faveur de Mme Ceccaldi-Raynaud. Patrick Jarry, le maire PCF de Nanterre qui s'est également porté candidat, n'a guère de chance d'obtenir une majorité

Du fait de son âge, 58 ans, Mme Ceccaldi était la seule élue de droite à pouvoir se présenter. La règle interdisant de présider l'EPAD au-delà de 65 ans, Patrick Devedjian a dû se résoudre, malgré lui, à céder son fauteuil cette année tout en restant administrateur. Le plus jeune, Jean Sarkozy, élu administrateur le 23 octobre n'est plus en lice. Quant au maire (UMP) de Courbevoie, Jacques Kossowski, il vient de fêter ses 69 ans.

Les ministères de tutelle avaient envisagé, un moment, de placer un fonctionnaire à la tête de l'EPAD. Patrick Devedjian avait été le premier à juger cette solution contraire à l'esprit des lois de la décentralisation. "L'Etat a géré l'EPAD avec une comptabilité d'épicier" remarquait le ministre de la relance le 23 octobre.

Jean Sarkozy a depuis plaidé, lui aussi, pour que ce soit un élu. "Ce serait envoyer le signe que les préoccupations des populations seront prises en compte", estime le président du groupe UMP-Nouveau Centre au conseil général des Hauts-de-Seine.

Soucieuse de ne pas apparaître comme nommée par l'Elysée, MmeCeccaldi-Raynaud précise qu'elle n'a pas "pris attache avec le président de la République. S'il avait trouvé à redire à ma candidature, je pense qu'il me l'aurait fait savoir et m'aurait appelée. J'espère qu'il me fait confiance. Nous avons un passé commun", rappelle-t-elle. Députée de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, MmeCeccaldi-Raynaud occupe le siège de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale. Elle a été longtemps conseillère générale des Hauts-de-Seine. Elle s'est en revanche assurée du soutien de M. Devdejian et du fils du président de la République.

Pour elle, aussi, l'EPAD est une affaire de famille. Son père, Charles Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux pendant trente-cinq ans, a présidé l'établissement de 1987 à 1989 puis de 1993 à 1998. "Je n'ai pas à porter un jugement sur ce qui a été fait à cette époque", se retranche Mme Ceccaldi-Raynaud. Entre elle et son père, les ponts sont coupés. Après lui avoir cédé la mairie en 2004, il a tenté de la lui reprendre en vain six mois plus tard. Il s'est ensuite présenté contre elle, en mars 2008, et a été battu.

"J'ai la Défense au cœur, affirme Mme Ceccaldi-Raynaud. Tout ce qui est bon pour la Défense est bon pour Puteaux." Les deux tiers du territoire de la commune sont situés dans le périmètre de l'EPAD. "Je vous le dis, ajoute-t-elle, si je suis élue, c'est pour quelque temps. Je ne serais pas une présidente de transition."

Mme Ceccaldi-Raynaud veut batailler pour obtenir du gouvernement qu'il réécrive le décret qui doit fusionner l'EPAD et l'Etablissement public d'aménagement Seine-Archedans une nouvelle structure – Epadsa – qui travaillera aussi sur Nanterre. Dans le projet actuel, Nanterre disposerait de deux sièges au conseil d'administration, Puteaux, Courbevoie et La Garenne-Colombes d'un siège chacune. "Pourquoi donnerait-on deux voix à Nanterre? Je dis non. Une commune, une voix, cela a toujours été le principe", s'insurge-t-elle. Mme Ceccaldi-Raynaud se déclare prête à briguer la présidence du futur Epadsa quand celui-ci sera créé, "pas avant juin 2010", pense-t-elle.



Béatrice Jérôme
Article paru dans l'édition du 04.12.09



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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 08:18

Petite foire aux questions sur un organisme peu connu du grand public mais devenu en quelques semaines très célèbre : l’établissement public pour l’aménagement de la région de La Défense (EPAD).


Cela fait au moins trois semaines que la polémique a été vive à propos de l’élection du futur président de l’EPAD. Hélas, comme c’est le cas dans chaque polémique, il y a des vérités mais aussi beaucoup d’inexactitudes, diffusées parfois avec une ferme volonté de désinformer mais souvent lancées avec sincérité par manque d’information.

Pourtant, les moyens ne manquent pas pour avoir les informations précises, exactes et incontestables : il suffit de se renseigner à la source, c’est-à-dire auprès des organismes officiels qui mettent à disposition de la documentation "brut" qu’il faut bien sûr lire.

Ci-dessous, voici quelques réponses à des questions que l’on peut se poser à propos de l’EPAD et de l’élection de son prochain président le 4 décembre 2009.


1. Qui est actuellement le président de l’EPAD ?

Contrairement à ce qu’on lit ici ou là, l’actuel président de l’EPAD n’est plus Patrick Devedjian, ministre et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, mais Jean-Marc Michel, représentant du Ministre de l’Équipement, qui assure l’intérim en tant que premier vice-président.

En effet, depuis le 26 août 2009, Patrick Devedjian est atteint par la limite d’âge de 65 ans pour occuper cette fonction. Dans la presse, on a pu lire d’ailleurs que le Premier Ministre François Fillon aurait voulu signer en juillet dernier un décret permettant de supprimer cette limite mais que le Président Nicolas Sarkozy aurait arrêté le processus.

Je n’ai aucune certitude à propos de cette information (tout ce qui est intentionnel ne relève d’aucun fait, donc impossible à vérifier), mais c’est étrange de permettre désormais aux salariés de travailler jusqu’à 70 ans (au pire moment de la crise économique et du chômage) et de garder cette limite de 65 ans pour présider de tels organismes. Étonnement d’autant plus grand que l’EPAD et l’établissement pour l’aménagement de la région Seine-Arche (EPASA) vont fusionner en 2010 et l’établissement qui en résultera se dotera d’une nouvelle gouvernance.


2. Actuellement, quels sont les administrateurs de l’EPAD ?

Le conseil d’administration de l’EPAD est composé de dix-huit membres, neuf représentants de l’État et neuf représentants des collectivités locales qui y sont impliquées.

Concrètement, à ce jour, Jean-Marc Michel (*), Éliane Dutarte (*), Jean-Paul Ourliac et Jean-Claude Ruysschaert représentent le Ministère de l’Équipement (respectivement au titre de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire, du transport et du logement), Bruno Chauffert-Yvart représente le Ministère de la Culture et de la Communication, Noël de Saint-Pulgent, Laurent Machureau et Jean-Louis Rouquette (*) représentent le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie (respectivement au titre de l’industrie, du budget, et de l’économie et du trésor) et le Ministère de l’Intérieur n’a pas encore désigné son unique représentant.

(Suivis d’un astérisque les administrateurs représentant de l’État également dans l’autre établissement de La Défense, EPASA).

Concernant les collectivités locales, Claude Leroi représente la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Patrick Devedjian (*) et Jean Sarkozy représentent le Conseil général des Hauts-de-Seine (Jean Sarkozy vient d’être élu à ce poste le 23 octobre 2009 avec 30 voix contre 15 voix pour la conseillère générale communiste Nadine Garcia), Marie-Laure Meyer représente le Conseil régional d’Île-de-France, Serge Mery représente le syndicat des transports d’Île-de-France (STIF), et enfin, Jacques Kossowski, Patrick Jarry (*), Joëlle Ceccaldi-Raynaud et Pierre Mansat représentent les communes impliquées, respectivement Courbevoie, Nanterre, Puteaux et Paris.

(Suivis d’un astérisque les administrateurs représentant des collectivités locales également dans l’autre établissement de La Défense, EPASA).


3. Comment se déroule l’élection du président de l’EPAD ?

Le déroulement de l’élection du président de l’EPAD se fait de façon très classique comme dans tout conseil d’administration. Le décret n°58-815 du 9 septembre 1958 est à cet égard assez clair.

Son article 4 stipule : « Le président du conseil d’administration est élu par le conseil d’administration. Le président est élu pour la durée de son mandat d’administrateur. Il est rééligible. ».

L’article 5 précise : « La durée des fonctions des administrateurs est de trois ans » (ou moins quand les mandats électifs des représentants des élus prennent fin). « Le mandat d’administrateur est renouvelable ». Il est aussi rappelé que ce mandat ne peut donner lieu à rémunération.

Enfin, l’article 7 apporte un éclaircissement sur le déroulement des réunions du conseil d’administration : « Les décisions sont prises à la majorité absolue des membres présents, la décision n’étant valable que si les deux tiers des membres au moins participent à la séance ou sont représentés ».

Ce qui signifie concrètement que les neuf représentants de l’État ne peuvent pas tous ne pas prendre part au vote (qu’ils soient présents ou représentés). En effet, deux tiers signifient douze membres sur les dix-huit, soit au minimum trois membres représentant la tutelle publique.


4. Les représentants pourraient-ils vraiment ne pas participer à l’élection du président de l’EPAD ?

Cette solution de ne pas faire participer les représentants de l’État, envisagée à l’improviste par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel face à une proposition du député socialiste Gaëtan Gorse (légèrement différente), n’est donc pas vraiment astucieuse en raison de ce quorum.

Par ailleurs, on se demanderait bien à quoi servirait la présence d’administrateurs représentant l’État, et donc, principalement l’ensemble des contribuables français (et plus généralement les citoyens français), si c’était pour ne rien décider par eux-mêmes (alors qu’ils resteraient cependant responsables : « Les membres du conseil d’administration sont responsables de leurs actes, dans les mêmes conditions que les administrateurs de sociétés anonymes, pour toutes les questions qui relèvent de leurs pouvoirs. » dit l’article 5).

Certes, il existerait toujours une solution de repli en cas de non-atteinte du quorum : « Au cas où le quorum des deux tiers n’est pas atteint, les décisions sur les questions portées à l’ordre du jour de la séance peuvent être prises, après convocation régulière à la séance suivante, à la majorité absolue des membres présents ». Or, la convocation régulière doit suivre aussi cette obligation de délai : « L’ordre du jour des délibérations doit être porté à la connaissance des membres du conseil au moins dix jours à l’avance. ».

Cela signifie que sans quorum atteint, la décision est reportée au plus tôt dix jours après la première réunion. Pour une réunion visant à désigner le président de l’EPAD le 4 décembre prochain qui sera forcément très médiatisée, il serait pour le coup très malhabile et très maladroit de reporter de plusieurs jours cette désignation parce que les représentants de l’État n’auraient pas fait leur boulot. Cette hypothèse de non-implication des représentants de l’État dans le choix de leur président est donc heureusement très peu crédible.


5. Quels sont les pouvoirs du président de l’EPAD ?

Selon l’un de ses anciens présidents, l’ancien maire de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud interrogé le 13 octobre 2009 par "Le Parisien", « C’est un poste auquel n’est attaché aucun pouvoir. À La Défense, tous les pouvoirs sont entre les mains du directeur général. ». Le directeur général (actuellement Philippe Chaix) est nommé par l’État et présente aujourd’hui la particularité d’être un sous-préfet alors que d’habitude, c’est un inspecteur général des Finances ou un haut fonctionnaire de l’Équipement.

Le vétéran de la fonction poursuivit sur le rôle du président de l’EPAD ainsi : « Il n’aura pas plus de pouvoir que sa parole. Il ne représente aucun danger. ». Il évoquait bien sûr (avec le "il") Jean Sarkozy et il va même plus loin en déclarant crûment : « Il y a déjà une mainmise de l’État. Que le fils du Président devienne président de l’EPAD ne confère aucun pouvoir de plus. C’est une illusion. ».

En clair, le gouvernement fait déjà ce qu’il veut pour influer sur les décisions de l’EPAD et n’a pas besoin d’y mettre une personne "plus sûre", ce qui est évident, puisque nous venons de voir que l’État détenait la majorité des sièges du conseil d’administration (neuf sur dix-huit).


6. La fonction de président de l’EPAD est-elle politique ?

En cet automne 2009, la réponse est clairement oui pour la simple raison que Jean Sarkozy avait voulu occuper la fonction et que cela a engendré une polémique politique de grande ampleur.

Mais en général, c’était plutôt un haut fonctionnaire (parmi les administrateurs de l’État) qui occupait la fonction.

La fonction fut politisée avec les trois mandatures exercées par Charles Ceccaldi-Raynaud de 1987 à 1989 et de 1993 à 1998. Nicolas Sarkozy, devenu en mars 2004 président du Conseil général des Hauts-de-Seine, a également pris la présidence de l’EPAD de 2005 à 2007.

Enfin, Patrick Devedjian, successeur de Nicolas Sarkozy à la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine, a été président de l’EPAD du 27 septembre 2007 au 26 août 2009.


7. Quels sont les candidats actuels et potentiels à la présidence de l’EPAD ?

À ma connaissance, une seule personne a fait officiellement acte de candidature pour être président de l’EPAD : le maire communiste de Nanterre, Pascal Jarry, également conseiller général des Hauts-de-Seine et surtout président du conseil d’administration de l’EPASA (Seine-Arche), l’autre établissement qui fusionnera avec l’EPAD.

Cette hypothèse aurait le mérite de mettre une cohérence dans la fusion des deux établissements, mais ne paraît pas probable pour des raisons politiques évidentes.

Parmi les rumeurs (donc, ce n’est pas de l’information), le journal "Le Parisien" du 23 octobre 2009 évoquait la possibilité d’une candidature de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée-maire de Puteaux (fille de son père Charles cité plus haut), qui serait, selon le quotidien, la seule candidature politique possible issue de l’UMP. En effet, le député-maire de Courbevoie Jacques Kossowski et le président de la CCI de Paris Claure Leroi (ancien conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine) sont eux aussi atteints par la limite d’âge, ayant tous les deux 70 ans.

Cette hypothèse serait "cocasse" pour beaucoup d’observateurs puisque Joëlle Ceccaldi-Raynaud (qui n'a jamais affirmé son intention de se porter candidate) serait autant la "fille de son père" que Jean Sarkozy était le "fils de son père", les deux pères ayant assumé pendant quelques années cette fonction de président de l’EPAD.

La solution donc la plus probable est que cette fonction revienne à un haut fonctionnaire, ce qui avantagerait tous les camps, dépassionnerait l’enjeu et dépolitiserait une fonction très provisoire puisque l’organisme sera dans quelques mois intégré dans un grand établissement rassemblant l’EPAD et l’EPASA.


Je reviendrai un peu plus tard sur la polémique à propos de Jean Sarkozy et les arguments qui ont été développés.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 octobre 2009)


Pour aller plus loin :

Documentation sur l’EPAD.

Décret n°58-815 du 9 septembre 1958.

À propos de la polémique sur Jean Sarkozy et l’EPAD. (bientôt en ligne)

Jean Sarkozy élu membre du conseil d’administration de l’EPAD.

Rapport sénatorial de Jean Arthuis sur les comptes de l’EPAD (3 octobre 2007).



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/de-la-presidence-de-l-epad-faq-63901

http://www.lepost.fr/article/2009/10/27/1761636_de-la-presidence-de-l-epad-faq.html

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-85

http://www.centpapiers.com/de-la-presidence-de-lepad-faq/10307/









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