Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 22:31

(verbatim)


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20181129-chirac.html


Allocution télévisée du Président de la République Jacques Chirac le dimanche 11 mars 2007 à 20 heures

Déclaration télévisée de M. Jacques CHIRAC, Président de la République.
Palais de l'Elysée, le dimanche 11 mars 2007

Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,
Ce soir, c'est avec au cœur l'amour et la fierté de la France que je me présente devant vous.
La France est une Nation ardente et indépendante. La France, c'est une Nation engagée pour la justice et pour la paix. C'est une voix qui s'élève au-dessus des intérêts particuliers.
La France, mes chers compatriotes, je l'aime passionnément. J'ai mis tout mon cœur, toute mon énergie, toute ma force, à son service, à votre service. Servir la France, servir la paix, c'est l'engagement de toute ma vie.
J'aurais voulu, bien sûr, bousculer davantage les conservatismes et les égoïsmes, pour répondre plus vite aux difficultés que connaissent certains d'entre vous. Mais je suis fier du travail que nous avons accompli ensemble. Fier d'avoir restauré avec vous des valeurs républicaines essentielles, comme le principe de laïcité. Fier d'avoir conduit des réformes importantes, pour garantir nos retraites ou mieux aider les personnes âgées dépendantes et les personnes handicapées. Fier d'avoir combattu sans relâche l'insécurité et fait reculer la délinquance. Fier de voir les Françaises et les Français engagés sur les chemins de l'innovation et de l'avenir. Fier surtout d'avoir montré que, contre le chômage, il n'y avait pas de fatalité. Même s'il faut aller beaucoup plus loin, le chômage est au plus bas depuis un quart de siècle. La France tient son rang. La France affirme sa place dans le monde.
Tout cela, c'est grâce à vous, grâce à votre talent, grâce à votre créativité. Grâce aussi, et je le mesure bien, aux efforts considérables que vous avez consentis.

Mes chers compatriotes,
Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement. Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat. D'une manière différente, mais avec un enthousiasme intact et la même passion d'agir pour vous, je continuerai à mener les combats qui sont les nôtres, les combats de toute ma vie, pour la justice, pour le progrès, pour la paix, pour la grandeur de la France.

S'agissant des échéances électorales, j'aurai l'occasion d'exprimer mes choix personnels. Mais ce soir, et au nom de la confiance que vous m'avez témoignée, je voudrais vous adresser plusieurs messages.
D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme.
Le vrai combat de la France, le beau combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens ! Oui, la France est riche de sa diversité ! Oui, l'honneur de la politique, c'est d'agir d'abord pour l'égalité des chances ! C'est de permettre à chacun, à chaque jeune, d'avoir sa chance. Ce combat, malgré tous les obstacles, et même si je mesure le chemin qui reste à parcourir, il est désormais bien engagé. Il doit nous unir dans la durée. C'est l'une des clés de notre avenir.
Mon deuxième message, c'est que vous devez toujours croire en vous et en la France. Nous avons tant d'atouts. Nous ne devons pas craindre les évolutions du monde. Ce nouveau monde, il faut le prendre à bras-le-corps. Il faut continuer à y imprimer notre marque. Et il faut le faire sans jamais brader notre modèle français. Ce modèle, il nous ressemble. Et surtout il est profondément adapté au monde d'aujourd'hui, si bien sûr, nous savons le moderniser en permanence.
Nous devons poursuivre résolument dans la voie de la réforme, en faisant toujours le choix du travail, de l'innovation et de l'esprit d'entreprise.
Mon troisième message c'est l'Europe.
Lors du référendum, vous avez exprimé vos doutes, vos inquiétudes, vos attentes. Il est vital de poursuivre la construction européenne. Les nationalismes qui ont fait tant de mal à notre continent peuvent renaître à tout moment. Et ce n'est pas seuls que nous ferons face aux bouleversements économiques du monde. La France doit affirmer l'exigence d'une Europe puissance. D'une Europe politique. D'une Europe qui garantisse notre modèle social. C'est notre avenir qui est en jeu. Portons toujours cet idéal et cette volonté.
Mon quatrième message, c'est que la France n'est pas un pays comme les autres. Elle a des responsabilités particulières, héritées de son histoire et des valeurs universelles qu'elle a contribué à forger. Ainsi, face au risque d'un choc des civilisations, face à la montée des extrémismes notamment religieux, la France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et entre les cultures. L'enjeu : c'est la paix, c'est la sécurité du monde.
De même, il serait immoral et dangereux de laisser, sous l'effet d'un libéralisme sans frein, se creuser le fossé entre une partie du monde de plus en plus riche et des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants abandonnés à la misère et au désespoir. Le devoir de la France, c'est de peser de tout son poids pour que l'économie mondiale intègre la nécessité du développement pour tous.
Enfin, il y a la révolution écologique qui s'engage. Si nous ne parvenons pas à concilier les besoins de croissance de l'humanité et la souffrance d'une planète à bout de souffle, nous courons à la catastrophe. C'est une révolution dans nos esprits tout autant qu'à l'échelle mondiale qu'il faut mener. Pour concevoir un nouveau mode de relation avec la nature et inventer une autre croissance. Avec sa recherche, avec ses entreprises, avec son agriculture, avec l'avance qu'elle a prise dans le nucléaire et les choix résolus qu'elle a faits dans les énergies renouvelables, la France a tous les atouts pour relever ce défi majeur du XXIe siècle.

Mes chers compatriotes,
Vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir. Pas un instant, vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime. Cette France riche de sa jeunesse, forte de son histoire, de sa diversité, assoiffée de justice et d'envie d'agir. Cette France qui, croyez-moi, n'a pas fini d'étonner le monde.
Vive la République ! Vive la France !

Jacques Chirac, le 11 mars 2007 à Paris.


Source : www.elysee.fr
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20070311-allocution-chirac.html

Partager cet article
Repost0
10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 17:20

Dans Le Monde du 8 mars 2006 (4), en page débat, deux juristes de renom, Guy Carcassonne (1), ancien conseiller de Michel Rocard, et Olivier Duhamel (2), ancien député européen socialiste, tous les deux professeurs de droit constitutionnel, l’un à Nanterre (3) et l’autre à Science-Po Paris, s’inquiètent de la multiplicité de candidatures à droite comme à gauche, parmi les partis dits gouvernementaux.

À droite, les potentiels candidats sont entre autres : Nicolas Sarkozy, François Bayrou (déclaré), Dominique de Villepin, Alain Juppé (qui n’est plus inéligible et va bientôt faire sa rentrée politique), Philippe de Villiers (qui se désaxe considérablement de son électorat en adoptant les thèmes du FN), Christine Boutin... Jacques Chirac aussi pourrait figurer sur la liste, même s’il a pris un coup de vieux.

À gauche, la situation est encore plus chaotique : Ségolène Royal (reine des sondages mais haïe de ses contemporains apparatchiks), François Hollande, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Martine Aubry, Henri Emmanuelli, Arnaud Montebourg... en oubliant le retour du revenant Lionel Jospin et sans prendre en compte les alliés des socialistes tels que les Verts (Yves Cochet, Dominique Voynet, Noël Mamère, Daniel Cohn-Bendit...).

Bref, au total, il y a un gros risque que face à ces ambitions plurielles et à l’absence de personnalités qui se dégagent, il y ait deux candidats UMP (exemple : Sarkozy et De Villepin) comme ce fut le cas en 1995 (Balladur et Chirac) et deux candidats PS (exemple : Royal et Fabius).

Le risque ? oui, un gros risque pour la démocratie. Nos deux constitutionnalistes estiment en effet que le phénomène du 21 avril 2002 se renouvellerait avec plus de certitude en raison de deux risques : celui de voir arriver au second tour deux candidats ayant rassemblé leurs extrêmes (exemple : Le Pen et José Bové pour l’extrême-gauche), ou, comme en 2002, un candidat d’extrême-droite (Le Pen) et un autre candidat d’un parti gouvernemental (UMP ou PS) qui aurait un score très proche du candidat de l’autre parti gouvernemental mais arrivé seulement en troisième position.

Cette perspective, plus que probable si la disciple d’une candidature unique ne jouait ni à droite ni à gauche, aurait de quoi inquiéter, car elle mettrait en valeur les arguments démagogiques.

Au moment de la rédaction de l’actuelle Constitution, le Garde des Sceaux de l’époque, Michel Debré (père de l’actuel président de l’Assemblée Nationale) avait déjà fait la proposition (en été 1958) d’une élection à un tour, faisant élire député le candidat arrivé en tête dès le premier tour. Cette méthode appliquée à l’élection présidentielle serait désormais désastreuse, d’une part en raison du manque de légitimité (Chirac, en tête du premier tour de 2002, n’a obtenu qu’à peine 20%) et d’autre part, ce candidat en tête pourrait bien être Le Pen (qui pourrait garder son capital de 17% alors que les autres candidats se situeraient bien en dessous de 15%).

Guy Carcassonne et Olivier Duhamel ont donc trouvé une solution. Hélas, qui relève plus de l’usine à gaz très peu lisible par les gens que d’une saine réflexion sur la représentation politique.

Ils proposent en effet que si au moins deux candidats n’obtenaient pas au moins 20% des voix au premier tour, alors, il y aurait un nouveau tour électoral avec pour candidats les quatre candidats arrivés en tête, puis, un troisième tour avec les deux arrivés en tête du second tour. Ainsi, ils remettraient dans la compétition uniquement les grosses pointures sans perte de voix provenant des petits candidats (fort nombreux en 2002).

Application.

Le cas s’est produit trois fois sous la Ve République (aucun ou un seul candidat avec plus de 20% des voix).

En 2002, un nouveau tour entre Chirac, Le Pen, Jospin et Bayrou, et les deux candidats finalistes auraient été sans doute Chirac contre Jospin qui aurait alors pu gagner.

En 1995, un nouveau tour entre Chirac, Balladur, Jospin, Le Pen, et là, tout aurait été possible pour les deux finalistes, puis le finaliste.

En 1988, un nouveau tour entre Chirac, Mitterrand, Barre et Le Pen, et là, Raymond Barre pouvait reprendre un avantage sur Chirac et avoir une plus grande probabilité de battre Mitterrand.

Quand nous regardons ce dernier exemple, on comprend alors un peu le pourquoi d'une telle proposition : conseiller proche de Michel Rocard, Carcassonne s’amuse à refaire l’élection fatale de 1988. Quant à Olivier Duhamel, qui avait soutenu Jospin, ce système aurait sans doute bien aidé Jospin en 2002.

Un peu simpliste dans les arrière-pensées ? sans doute le suis-je, puisque ces deux juristes semblent regarder plutôt vers l’avenir proche : 2007.

Mais à changer sans arrêt les règles, on ne peut qu’agacer les citoyens et renforcer les extrêmes, ceux justement contre lesquels ils proposent le changement de règles.




======

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Carcassonne
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Duhamel
(3) http://www.u-paris10.fr/78196432/0/fiche___pagelibre/
(4) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-748326,0.html

Partager cet article
Repost0

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
Print


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).