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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 12:49

(verbatim)

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180326-arnaud-beltrame.html



Discours du Président Emmanuel Macron en hommage au colonel Arnaud Beltrame le 28 mars 2018 à Paris


Monsieur le Premier Ministre,
Madame et Messieurs les Premiers Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Officiers généraux,
Mesdames et Messieurs les Officiers, Sous-officiers, Gendarmes adjoints volontaires d’active ou de réserve, personnels civils de la Gendarmerie nationale,

Chère Madame BELTRAME,
Chère Madame NICOLIC-BELTRAME,
Chères familles,
Mesdames et Messieurs,

Il était environ onze heures ce vendredi 23 mars 2018, lorsque le lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME s’est présenté avec ses hommes devant la grande surface de Trèbes dans l’Aude.

Un quart d’heure seulement leur avait suffi pour être sur les lieux.

Que savait-il à ce moment-là du terroriste qui s’y était retranché ?

Il savait qu’il avait un peu plus tôt tué le passager d’un véhicule, Jean-Michel MAZIERES, et grièvement blessé son conducteur Renato GOMES DA SILVA.

Qu’il avait fait feu sur des CRS aux abords de leur caserne et blessé l’un d’entre eux à l’épaule, le brigadier Frédéric POIROT (phon).

Que dans ce commerce où il s’était retranché il avait abattu deux hommes à bout portant : Hervé SOSNA, un client, et Christian MEDVES, le chef boucher.

Nous pensons en cet instant à ces blessés, à ces morts, nos morts, et à leurs familles dans le recueillement.

Il savait aussi que le terroriste détenait une employée en otage. Qu’il se réclamait de cette hydre islamiste qui avait tant meurtri notre pays. Qu’avide de néant ce meurtrier cherchait la mort. Cherchait sa mort. Cette mort que d’autres avant lui avaient trouvée. Une mort qu’ils croyaient glorieuse, mais qui était abjecte : une mort qui serait pour longtemps la honte de sa famille, la honte des siens et de nombre de ses coreligionnaires ; une mort lâche, obtenue par l’assassinat d’innocents.

L’employée prise en otage était de ces innocents.

Pour le terroriste qui la tenait sous la menace de son arme, sa vie ne comptait pas, pas plus que celle des autres victimes.

Son sort sans doute allait être le même.

Mais cette vie comptait pour Arnaud BELTRAME. Elle comptait même plus que tout car elle était comme toute vie la source de sa vocation de servir.

Accepter de mourir pour que vivent des innocents, tel est le cœur de l’engagement du soldat. Être prêt à donner sa vie parce que rien n’est plus important que la vie d’un concitoyen, tel est le ressort intime de cette transcendance qui le portait. Là était cette grandeur qui a sidéré la France.

Le lieutenant-colonel BELTRAME avait démontré par son parcours exceptionnel que cette grandeur coulait dans ses veines. Elle irradiait de sa personne. Elle lui valait l’estime de ses chefs, l’amitié de ses collègues et l’admiration de ses hommes.

A cet instant toutefois d’autres, même parmi les braves, auraient peut-être transigé ou hésité. Mais le lieutenant-colonel BELTRAME s’est trouvé face à la part la plus profonde et peut-être la plus mystérieuse de son engagement.

Il a pris une décision qui n’était pas seulement celle du sacrifice, mais celle d’abord de la fidélité à soi-même, de la fidélité à ses valeurs, de la fidélité à tout ce qu’il avait toujours été et voulu être, à tout ce qui le tenait.

Ce choix lui ressemblait tellement que sa mère apprenant qu’un gendarme accomplissait ce geste a instinctivement, presque charnellement reconnu son fils. Elle a su que c’était lui avant même de savoir.

Lucide, déterminé, le lieutenant-colonel BELTRAME a pris auprès du terroriste la place de l’otage.

Il était un peu moins de midi.

Un soldat aussi aguerri, gendarme d’élite, cité au combat en Irak, sentait surement qu’il avait rendez-vous avec la mort ; mais il avait rendez-vous avant tout et plus encore avec sa vérité d’homme, de soldat, de chef.

Ce fut la source de son immense courage : pour ne pas manquer aux autres, il faut ne pas se manquer à soi-même. Le lieutenant-colonel BELTRAME a fait ce choix parce qu’il se serait éternellement reproché de ne pas l’avoir fait.

Je sais ce que peuvent ressentir ceux qui étaient à ses côtés ce jour là. Ils revoient s’écouler lentement les minutes qui ont conduit à cette décision, ils revoient le lieutenant-colonel BELTRAME déposer son arme, lever les bras et s’avancer, seul, vers le terroriste. Ils savent désormais que tout s’est joué là. Ils savent aussi qu’il n’aurait laissé sa place à personne car l’exemple vient du chef, et l’exemplarité était pour lui comme pour chacun d’entre vous une vertu cardinale.

Au cœur de tout vrai courage se trouve une grande force morale. Elle ne se discute pas, elle pousse à agir. Avant même ce 23 mars, le lieutenant-colonel BELTRAME était de ces fils que la France s’honore de compter dans ses rangs. L’hommage que la patrie lui rend en ce jour, nous le rendons aussi aux actions remarquables qui avaient jalonné sa carrière, comme elles jalonnent la vie de tant de ses camarades au sein de nos armées.

Dés sa sortie de l’école Saint-Cyr, il avait choisi la gendarmerie. Il en avait fait sa seconde famille, parce qu’elle était proche de la vie de ses concitoyens, et qu’elle exigeait de lui, chaque jour, l’excellence.

Une gendarmerie qui paie chaque année son tribut à la sécurité et à la protection des Français. Une gendarmerie qui, cette fois encore, s’est illustrée par sa maîtrise et sa force.

Et je rends ici hommage aux forces de gendarmerie de l’Aude, à leur chef, le colonel Sébastien GAY, au chef du GIGN de l’antenne de Toulouse et à ses hommes, dont deux ont été blessés en menant l’assaut. Tous sont durement éprouvés par la perte de leur camarade.

Je sais, et les Français savent qu’ils ont tout fait pour que le pire n’advienne pas, comme leurs camarades de la police et du renseignement et de tous les services de la préfecture.

Les Français n’oublient pas non plus le tribut payé par toutes nos forces de sécurité sur le sol national, et par nos armées sur les théâtres extérieurs. Tous ont droit à notre respect inconditionnel.

Et tous – je le sais – partagent la certitude profonde qui animait le lieutenant-colonel BELTRAME : celle que son destin ne lui appartenait pas tout à fait, qu’il avait partie liée avec quelque chose de plus élevé que lui-même. Car il était un engagé, et il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus haut.

Et cet idéal, c’était le service de la France.

Dès que nous eûmes appris son geste, à l’issue incertaine, nous tous, Français, avons tremblé d’un frisson singulier.

L’un d’entre nous venait de se dresser.

Droit, lucide, et brave, il faisait face à l’agression islamiste, face à la haine, face à la folie meurtrière, et avec lui surgissait du cœur du pays l’esprit français de résistance, par la bravoure d’un seul entraînant la Nation à sa suite.

Cette détermination inflexible face au nihilisme barbare convoqua aussitôt dans nos mémoires les hautes figures de Jean Moulin, de Pierre Brossolette, des Martyrs du Vercors et des combattants du maquis. Soudain se levèrent obscurément dans l’esprit de tous les Français, les ombres chevaleresques des cavaliers de Reims et de Patay, des héros anonymes de Verdun et des Justes, des compagnons de Jeanne et de ceux de Kieffer - enfin, de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, un jour, avaient décidé que la France, la liberté française, la fraternité française ne survivraient qu’au prix de leur vie, et que cela en valait la peine.

Car l’intolérable, jamais ne peut l’emporter.

Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté aujourd’hui à un obscurantisme barbare, qui n’a pour programme que l’élimination de nos libertés et de nos solidarités. Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité, et la négation même de l’esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes. Valeur niée par le meurtrier de Mireille KNOLL, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive, et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire.

Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme.

Il s’agit-là, et depuis plusieurs années, d’une nouvelle épreuve.

Mais notre peuple en a surmonté beaucoup d’autres. C’est pourquoi il surmontera celle-ci aussi, sans faiblesse, et sans emportement, avec lucidité et avec méthode. Nous l’emporterons grâce au calme et à la résilience des Français ; peuple rompu aux morsures de l’histoire, patient dans le combat, confiant dans le triomphe ultime du droit et de la justice, comme si souvent l’a montré notre longue et belle histoire.

Nous l’emporterons par la cohésion d’une Nation rassemblée.

Pendant ces heures interminables, s’achevant par la mort du terroriste et le transfert du lieutenant-colonel vers l’hôpital de Carcassonne, dans la salle de commandement du ministère de l’Intérieur, nous avons tous espéré.

Chef des armées, j’ai moi aussi, ô combien, espéré. Le petit matin, hélas, nous a porté la nouvelle de sa mort comme un coup au cœur.

Pourtant, malgré la tristesse, malgré le sentiment d’injustice, la lueur qu’il a allumée en nous ne s’est pas éteinte, elle s’est au contraire propagée.

Alors que le nom de son assassin déjà sombrait dans l’oubli, le nom d’Arnaud BELTRAME devenait celui de l’héroïsme français, porteur de cet esprit de résistance qui est l’affirmation suprême de ce que nous sommes, de ce pour quoi la France toujours s’est battue, de Jeanne d’Arc au Général De Gaulle : son indépendance, sa liberté, son esprit de tolérance et de paix contre toutes les hégémonies, tous les fanatismes, tous les totalitarismes.

Puisse son engagement nourrir la vocation de toute notre jeunesse, éveiller ce désir de servir à son tour cette France pour laquelle un de ses meilleurs enfants, après tant d’autres, vient de donner héroïquement sa vie, clamant à la face des assoupis, des sceptiques, des pessimistes :

Oui, la France mérite qu’on lui donne le meilleur de soi.

Oui, l’engagement de servir et de protéger peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

Oui, cela a du sens, et donne sens à notre vie.

Et je dis à cette jeunesse de France, qui cherche sa voie et sa place, qui redoute l’avenir, et se désespère de trouver en notre temps de quoi rassasier la faim d’absolu, qui est celle de toute jeunesse : l’absolu est là, devant nous.

Mais il n’est pas dans les errances fanatiques, où veulent vous entraîner des adeptes du néant, il n’est pas dans le relativisme morne que certains autres proposent. Il est dans le service, dans le don de soi, dans le secours porté aux autres, dans l’engagement pour autrui, qui rend utile, qui rend meilleur, qui fait grandir et avancer.

Telle est la voie montrée par Arnaud BELTRAME.

Cet engagement, je le retrouve chez nos militaires, nos pompiers, nos policiers, nos personnels soignants, nos professeurs, tous nos fonctionnaires engagés partout sur le terrain. Chaque étincelle en est précieuse en notre pays.

En sauvant cette jeune femme, le lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME a conjuré l’esprit de renoncement et d’indifférence qui parfois menace. Il a montré que le socle vivant de la République, c’est la force d’âme.

Je le dis à son épouse, à sa mère, à ses frères, la leçon qu’il nous a offerte est, je le sais, d’un prix inacceptable, même si c’est le prix que chaque soldat est prêt à payer.

La gratitude de la patrie et les honneurs rendus ne vous ramèneront pas l’être que vous aimiez tant et dont toute la France a découvert ces derniers jours, le goût du bonheur, l’amour qu’il portait à sa famille, le sens de l’amitié. Ce héros était un homme avec son histoire, ses liens, ses sentiments, ses questionnements et lui-même avait ses héros, qui étaient les grands soldats français.

Arnaud BELTRAME rejoint aujourd'hui le cortège valeureux des héros qu’il chérissait.

Il vivra en vous, par vous, dans votre souvenir, dans vos prières ; mais ce que nous vous devons, c’est qu’il ne soit pas mort en vain, que sa leçon demeure gravée dans le cœur des Français.

Sa mémoire vivra. Son exemple demeurera. J’y veillerai ; je vous le promets.

Votre sacrifice, Arnaud BELTRAME nous oblige

Il nous élève. Il dit comme aucun autre ce qu’est la France, ce qu’elle ne doit jamais cesser d’être et qu’elle ne cessera jamais d’être tant que des femmes et des hommes décideront de la servir avec le courage, le sens de l’honneur, l’amour de la patrie que vous avez démontrés.

A ces mots, vous avez donné l’épaisseur de votre vie et les traits de votre visage.

Au moment du dernier adieu, je vous apporte la reconnaissance, l’admiration et l’affection de la Nation toute entière.

Je vous fais Commandeur de la légion d’honneur.
Et je vous nomme colonel de gendarmerie.

Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le 28 mars 2018 dans la cour d'honneur des Invalides, à Paris.

Source : www.elysee.fr/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180328-discours-macron-invalides-beltrame.html





 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 21:57

Document : rapport de la compte des comptes CDBF du 7 février 2018 (à télécharger)

Chaque année, la Cour des Comptes publie son rapport annuel. Dans ce rapport, il y a une annexe qui est le rapport d'activité de la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF) annexée au rapport public annuel. Son édition 2018 a été publiée le 7 février 2018.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport CDBF 2018 (fichier .pdf) :
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-02/rapport-annuel-CDBF-2018.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190206-rapport-cour-comptes-radio-france.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180207-rapport-cour-comptes-cdbf-2018.html




 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 01:04

Les déclarations d'intérêts et de patrimoine des ministres ont été publiées par la HATVP le 15 décembre 2017. On peut les télécharger en cliquant sur chacun des liens correspondants aux ministres (sous format .pdf).

Déclarations d'intérêts et d'activités :

http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/philippe-edouard-di3214-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/collomb-gerard-di3204-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/hulot-nicolas-di3213-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/belloubet-nicole-di3197-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/le-drian-jean-yves-di3194-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/parly-florence-dim4273-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/mezard-jacques-di3205-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/buzyn-agnes-di3142-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/le-maire-bruno-di3199-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/nyssen-francoise-di3211-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/penicaud-muriel-di3195-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/blanquer-jean-michel-di3209-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/travert-stephane-di3413-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/darmanin-gerald-di3202-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/vidal-frederique-di3196-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/girardin-annick-di3201-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/flessel-laura-di3200-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/gourault-jacqueline-di3209-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/borne-elisabeth-di3513-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/loiseau-nathalie-di3198-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/castaner-christophe-di3192-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/schiappa-marlene-di3210-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/cluzel-sophie-di3193-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/mahjoubi-mounir-di3212-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/lecornu-sebastien-di3411-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/poirson-brune-di3410-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/lemoyne-jean-baptiste-di3223-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/darrieussecq-genevieve-di3414-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/denormandie-julien-di3409-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/dussopt-olivier-diam3737-depute-07.pdf

à venir :
http://www.hatvp.fr/fiche-nominative/?declarant=geny-stephann-delphine
http://www.hatvp.fr/fiche-nominative/?declarant=griveaux-benjamin


Déclarations de patrimoine :

http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/philippe-edouard-dsp4977-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/collomb-gerard-dspm4998-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/hulot-nicolas-dspm4989-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/belloubet-nicole-dspm4992-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/le-drian-jean-yves-dspm4985-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/parly-florence-dsp5010-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/mezard-jacques-dspm4981-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/buzyn-agnes-dspm5019-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/le-maire-bruno-dsp4974-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/nyssen-francoise-dspm4982-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/penicaud-muriel-di3195-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/blanquer-jean-michel-dspm4993-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/travert-stephane-dspm5007-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/darmanin-gerald-dsp4999-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/vidal-frederique-dsp4975-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/girardin-annick-dsp4990-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/flessel-laura-dsp4987-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/gourault-jacqueline-dsp4986-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/borne-elisabeth-dsp3516-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/loiseau-nathalie-dspm4979-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/castaner-christophe-dsp4976-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/schiappa-marlene-dspm5014-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/cluzel-sophie-dsp4973-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/mahjoubi-mounir-dspm5013-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/lecornu-sebastien-dsp5018-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/poirson-brune-dspm5017-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/lemoyne-jean-baptiste-dspm5009-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/darrieussecq-genevieve-dspm5001-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/denormandie-julien-dspm5003-gouvernement.pdf
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/griveaux-benjamin-dspm5005-gouvernement.pdf

à venir :
http://www.hatvp.fr/fiche-nominative/?declarant=dussopt-olivier#2
http://www.hatvp.fr/fiche-nominative/?declarant=geny-stephann-delphine

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171215-hatvp-patrimoine-ministres-2.html


 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 01:47

Le vendredi 15 décembre 2017, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a publié et mis en ligne les déclarations de patrimoine de tous les membres de l'actuel gouvernement (sauf ceux nommés le 24 novembre 2017 qui sont encore en vérification avant publication).

Il est possible de télécharger chaque déclaration de patrimoine en y indiquant le nom de la personne choisie au lien suivant :

http://www.hatvp.fr/consulter-les-declarations/

La liste des 15 000 personnes disponibles (loi n°2013-907 du 11 octobre 2013) est donnée à ce lien :

http://www.hatvp.fr/les-declarants-2/

Pour télécharger les fichiers .pdf, cliquer ici :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171215-hatvp-patrimoine-ministres-2.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171215-hatvp-patrimoine-ministres.html
 

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 13:40

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171209-johnny-hallyday.html


Hommage du Président Emmanuel Macron à Johnny Hallyday, le 9 décembre 2017 à la Madeleine, à Paris


Mes chers compatriotes,

Vous êtes là pour lui, pour Johnny HALLYDAY.

Près de 60 ans de carrière, 1.000 chansons, 50 albums. Et vous êtes là, encore là, toujours là.

Je sais que vous vous attendez à ce qu’il surgisse de quelque part. Il serait sur une moto, il avancerait vers vous. Il entamerait la première chanson et vous commenceriez à chanter avec lui.

Il y en a certaines qu’il vous laisserait chanter presque seuls. Vous guetteriez ses déhanchés, ses sourires. Il ferait semblant d’oublier une chanson et vous la réclameriez, alors il la chanterait.

Vers la fin, il présenterait ses musiciens et vous applaudiriez, vous applaudiriez plus encore pour que cela ne finisse jamais. Et dans un souffle, en n’osant pas vous l’exprimer trop fort, alors il vous dirait qu’il vous aime.

Alors oui, ce samedi de décembre est triste. Mais il fallait que vous soyez là pour Johnny parce que Johnny depuis le début était là pour vous.

Dans chacune de vos vies, il y a eu ce moment où l’une de ses chansons a traduit ce que vous aviez dans le cœur, ce que nous avions dans le cœur : une histoire d’amour, un deuil, une résistance, la naissance d’un enfant, une douleur.

Dans sa voix, dans ses chansons, dans son visage il y avait cette humanité indéfinissable qui vous perce à jour et qui fait qu’on se sent moins seul. C’est comme cela que Johnny est entré dans nos vies, par ce blues qui dit nos misères et nos bonheurs, par ce rock qui dit nos combats et nos désirs et pour beaucoup il est devenu une présence indispensable, un ami, un frère.

Et je sais que certains aujourd’hui ont le sentiment d’avoir perdu un membre de leur famille, je sais que beaucoup d’entre vous depuis quelques jours découvrent une solitude étrange.

Mais vous aussi, vous étiez dans sa vie. Vous l’avez vu heureux, vous l’avez vu souffrir. Vous avez vécu ses succès et ses échecs. Vous l’avez vu parcourir le moindre recoin du pays, passer près de chez vous, chanter dans les petites salles et dans les plus grands stades. Vous l’avez vu frôler la mort plusieurs fois et vous avez tremblé pour lui. Vous avez aimé ses amours, vous avez vécu ses ennuis et à chaque instant, vous l’avez aidé parce qu’il savait que vous étiez là pour lui.

Nous sommes là avec sa famille : avec Sylvie VARTAN, Nathalie BAYE, Laeticia HALLYDAY ; avec ses enfants David, Laura, Joy et Jade, avec ses petits enfants, Emma, Ilona, Cameron. Et je n’oublie pas que pour eux, c’est aussi un jour de souffrance intime. Nous vous avons si souvent volé votre mari, votre père, votre grand-père, aujourd’hui nous devons aussi vous le laisser un peu parce que ce deuil est d’abord le vôtre.

Nous sommes là avec sa marraine, avec ses musiciens, avec ses paroliers, ses équipes, ses amis, avec ses compagnons de route de toujours. Eux aussi sont déjà un peu plus seuls, ils chercheront cette énergie qui emportait tout sur scène. Ils devront désormais retenir les mots et les mélodies que personne d’autre ne pouvait chanter ; et ils attendront le copain, l’ami, celui dont ils aimaient les longs silences et l’œil qui à un moment sourit.

Mais tous, tous au fond d’eux-mêmes savent depuis longtemps que Johnny était à vous, Johnny était à son public, Johnny était au pays. Parce que Johnny était beaucoup plus qu’un chanteur, c’était la vie, la vie dans ce qu’elle a de souverain, d’éblouissant, de généreux et c’était une part de nous-mêmes, c’était une part de la France.

Que ce jeune belge décidant de prendre un nom de scène anglo-saxon soit allé chercher très loin le blues de l’âme noire américaine, le rock’n’roll de Nashville pour le faire aimer aux quatre coins du pays était hautement improbable. Et pourtant, c’est un destin français.

Dix fois, dix fois il s’est réinventé, changeant les textes, les musiques, s’entourant des meilleurs mais toujours il a été ce destin et toujours vous étiez au rendez-vous. Il a été ce que Victor HUGO appelait « une force qui va ».

Il a traversé à peu près tout sur son chemin, il a connu les épreuves, les échecs. Il a traversé le temps, les époques, les générations et tout ce qui divise la société. Et c’est aussi pour cela que nous sommes ensemble aujourd’hui, c’est aussi pour cela que je m’exprime devant vous. Parce que nous sommes une nation qui dit sa reconnaissance. Parce que nous sommes un peuple uni autour d’un de ses fils prodigues.

Et parce qu’il aimait la France, parce qu’il aimait son public, Johnny aurait aimé vous voir ici.

Il ne savait pas vraiment exprimer ce qu’il vivait, il préférait les silences. Alors il chantait les mots des autres, les chansons des autres. Il n’osait pas avouer ce qu’il ressentait, il aimait la pudeur.

Alors il se brûlait au contact du public, dans la ferveur de la scène et il s’offrait entièrement, terriblement, furieusement à vous.

Il aurait dû tomber 100 fois, mais ce qui l’a tenu, ce qui souvent l’a relevé c’est votre ferveur, c’est l’amour que vous lui portez. Et l’émotion qui nous réunit ici aujourd’hui lui ressemble. Elle ne triche pas. Elle ne pose pas. Elle emporte tout sur son passage. Elle est de ces énergies qui font un peuple parce que pour nous, il était invincible parce qu’il était une part de notre pays, parce qu’il était une part que l’on aime aimer.

Alors au moment de lui adresser un dernier salut, pour que demeure vivant l’esprit du rock’n’roll et du blues, pour que le feu ne s’éteigne pas, je vous propose où que vous soyez, qui que vous soyez pour lui dire merci, pour qu’il ne meure jamais d’applaudir monsieur Johnny HALLYDAY.

Emmanuel Macron, le 9 décembre 2017 à la Madeleine, à Paris.

Source : www.elysee.fr/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171209-discours-macron-johnny.html 




 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 13:04

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171205-jean-d-ormesson.html



Hommage du Président Emmanuel Macron à Jean d'Ormesson, le 8 décembre 2017 aux Invalides à Paris


Messieurs les présidents, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les académiciens, Mesdames et Messieurs les membres du corps préfectoral, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, chère Françoise d’ORMESSON, chère Héloïse d'ORMESSON, chers membres de la famille, chère Marie-Sarah, Mesdames et Messieurs.

« Si claire est l’eau de ces bassins, qu'il faut se pencher longtemps au dessus pour en comprendre la profondeur ». Ces mots sont ceux qu’André GIDE écrit dans son Journal à propos de la Bruyère.

Ils conviennent particulièrement à Jean d'ORMESSON.

Car plus qu'aucun autre il aima la clarté. Celle des eaux de la Méditerranée, dont il raffolait, celle du ciel d'Italie, celle des maisons blanches de Simi, cette île secrète des écrivains. Celle des pentes enneigées et éclatantes où il aimait à skier, comme celles des criques de la côte turque, inondées de soleil.

Ne fut-il pas lui-même un être de clarté ?

Il n’était pas un lieu, pas une discussion, pas une circonstance, que sa présence n'illuminât. Il semblait fait pour donner aux mélancoliques le goût de vivre et aux pessimistes celui de l'avenir.

Il était trop conscient des ruses de l'Histoire pour se navrer des temps présents, et sa conversation, elle-même, était si étincelante qu'elle nous consolait de tout ce que la vie, parfois, peut avoir d'amer.

Jean d’ORMESSON fut ainsi cet homme entouré d'amis, de camarades, offrant son amitié et son admiration avec enthousiasme, sans mesquinerie. Ce fut un égoïste passionné par les autres. Sans doute son bréviaire secret, était-il « Les Copains » de Jules Romains, auquel il avait succédé à l'Académie française. Berl, Caillois, Hersch, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Sureau, Rouart, Deniau, Fumaroli, Nourissier, Orsenna, Lambron ou Baer… je ne peux les citer tous, mais cette cohorte d'amis, ce furent des vacances, des poèmes récités, de la liberté partagée.

Pour ceux qu’il accompagna jusqu'au terme ultime, sa présence et sa parole furent des baumes incomparables. Comme son cher Chateaubriand le disait de Rancé, « on croyait ne pouvoir bien mourir qu’entre ses mains, comme d'autres y avaient voulu vivre ».

Cette grâce lumineuse, contagieuse, a conquis ses lecteurs qui voyaient en lui un antidote à la grisaille des jours. Paul Morand disait de lui qu'il était un « gracieux dévorant », rendant la vie intéressante à qui le croisait. C’est cette clarté qui d’abord nous manquera, et qui déjà nous manque en ce jour froid de décembre.

Jean d'ORMESSON fut ce long été, auquel, pendant des décennies, nous sommes chauffés avec gourmandise et gratitude. Cet été fut trop court, et déjà quelque chose en nous est assombri.

Mais celui que l'on voyait caracoler, doué comme il l’était pour l'existence et le plaisir, n'était pas le ludion auquel quelques esprits chagrins tentèrent, d'ailleurs en vain, de le réduire.

La France est ce pays complexe où la gaieté, la quête du bonheur, l'allégresse, qui furent un temps les atours de notre génie national, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés d'indignité. On y vit le signe d'une absence condamnable de sérieux ou d'une légèreté forcément coupable. Jean d’ORMESSON était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n’est pas le contraire de la profondeur, mais de la lourdeur.

Comme le disait Nietzsche de ces Grecs anciens, parmi lesquels Jean d’ORMESSON eût rêvé de vivre, il était « superficiel par profondeur ».

Lorsqu'on a reçu en partage les facilités de la lignée, du talent, du charme, on ne devient normalement pas écrivain, on ne se veut pas à toute force écrivain, sans quelques failles, sans quelques intranquillités secrètes et fécondes.

« J'écris parce que quelque chose ne va pas » disait-il, et lorsqu'on lui demandait quoi, il répondait : « je ne sais pas », ou, plus évasivement encore : « je ne m'en souviens plus ». Telle était son élégance dans l'inquiétude.

Et c’est là que l’eau claire du bassin soudain se trouble. C'est là que l'exquise transparence laisse paraître des ombres au fond du bleu cobalt. Un jour vint où Jean-qui-rit admit la présence tenaillante, irréfragable, d'un manque, d'une fêlure, et c'est alors qu'il devint écrivain.

Ses yeux aujourd'hui se sont fermés, le rire s’est tu, et nous voici, cher Jean, face à vous. C'est-à-dire face à vos livres. Tous ceux que vous aviez égarés par vos diversions, que vous aviez accablés de votre modestie, tous ceux à qui vous aviez assuré que vous ne dureriez pas plus qu'un déjeuner de soleil, sont face à cette évidence, dont beaucoup déjà avaient conscience, se repassant le mot comme un secret.

Cette évidence, c'est votre œuvre.

Je ne dis pas : vos livres, je ne dis pas : vos romans. Je dis : votre œuvre. Car ce que vous avez construit avec la nonchalance de qui semble ne pas y tenir, se tient devant nous, avec la force d'un édifice où tout est voulu et pensé, où l’on reconnaît à chaque page ce que les historiens de l'art appellent une palette, c'est-à-dire cette riche variété de couleurs que seule la singularité d'un regard unit.

La clarté était trompeuse, elle était un miroir où l'on se leurre, et le temps est venu pour vous de faire mentir votre cher Toulet. « Que mon linceul au moins me serve de mystère », écrivait-il. Votre linceul, lui, désormais vous révèle.

Nous devrons, pour vous entendre, à présent tendre l'oreille, et derrière les accords majeurs nous entendrons, comme chez Mozart, la nuance si profonde des accords mineurs.

Ce que votre politesse et votre pudeur tentaient de nous cacher, vous l'aviez mis dans vos livres. Et ce sont les demi-teintes, le « sfumato » subtil, qui vont à présent colorer la surface claire. Ce sont ces mille couleurs qui flottent comme sur de la « moire » précisément, dont Cocteau parlait en essayant de qualifier les blancs de Cézanne. Nous ne vous découvrirons ni triste, ni sombre, mais derrière votre ardeur nous saurons voir une fièvre, derrière vos plaisirs une insatisfaction, et derrière votre bonheur quelque chose d’éperdu, de haletant, qui nous touche en plein cœur.

Nous entrerons dans le secret de cette âme qui s’est si longtemps prétendue incrédule pour comprendre qu'elle ne cessa d'embrasser le monde avec une ferveur mystique, débusquant partout, au cœur de son ordre improbable et évident, ce Dieu, au fond si mal caché, dont vous espériez et redoutiez la présence et qui, peut-être, dans quelque empyrée, vous fit enfin : « la fête continue. »

Vous ne nous aviez pas si bien trompés, il est vrai. Nous savons que votre conversation la plus personnelle était réservée à ces écrivains que fascinèrent les mystères du monde, et d'abord l'insondable mystère du temps. Cheminer avec Saint-Augustin, Chateaubriand, Proust, c’est n’être point dupe des arcanes de la vie. S'entretenir par-delà la mort avec Caillois, Berl, ou votre père, c'est frayer dans des contrées parfois austères où vous alliez nourrir la force de vos livres. C'est dans ces confrontations intimes que vous alliez puiser cette énergie incomparable. Contrairement à Chateaubriand, encore lui, qui se désespérait de durer, vous avez cru qu'en plongeant au cœur des abîmes de la vie vous trouveriez la matière revigorante et universelle de livres où chacun reconnaîtrait sa condition, où chacun se consolerait de ses contradictions.

Et pour cela vous avez inventé, presque sans la chercher, cette forme nouvelle tenant de l’essai, de l'entretien, de la confession et du récit, une conversation tantôt profonde, tantôt légère, un art libertin et métaphysique. C'est ainsi que vous avez noué avec les Français, et avec vos lecteurs dans tant de pays, une relation particulière, une proximité en humanité qui n’était qu’à vous.

Le courage de l'absolu dans la politesse d'un sourire.

C'est cela votre œuvre, elle vous lie à Montaigne, à Diderot, à La Fontaine et Chateaubriand, à Pascal et Proust, elle vous lie à la France, à ce que la France a de plus beau et de plus durable : sa littérature.

C’est le moment de dire, comme Mireille à l'enterrement de Verlaine : « regarde, tous tes amis sont là. » Oui, nous sommes là, divers par l’âge, par la condition, par le métier, par les opinions politiques, et pourtant profondément unis par ce qui est l'essence même de la France : l'amour de la littérature et l'amitié pour les écrivains. Et ce grand mouvement qu’a provoqué votre mort, cette masse d'émotion, derrière nous, derrière ces murs, autour de nous et dans le pays tout entier, n’a pas d'autres causes. A travers vous la France rend hommage à ce que Rinaldi appelait « la seule chose sérieuse en France, si l'on raisonne à l'échelle des siècles ».

Evoquant, dans un livre d'entretien, votre enterrement, vous aviez écrit : « à l'enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de Defferre c'était un chapeau, moi je voudrais un crayon, un crayon à papier, les mêmes que dans notre enfance. Ni épée, ni Légion d’honneur, un simple crayon à papier. »

Nous vous demandons pardon, Monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté, pardon pour cette pompe qui n'ajoute rien à votre gloire. Avec un sourire auriez-vous pu dire peut-être que nous cherchions là à vous attraper par la vanité et peut-être même que cela pourrait marcher.

Non, cette cérémonie, Monsieur, nous permet de manifester notre reconnaissance et donc nous rassure un peu. Du moins puis-je, au nom de tous, vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous allez et ce que vous aviez voulu y voir, un crayon, un simple crayon, le crayon des enchantements, qu’il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude et celui du souvenir.

Je vous remercie.

Emmanuel Macron, le 8 novembre 2017 aux Invalides, à Paris.

Source : www.elysee.fr/

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171208-discours-macron-d-ormesson.html

 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 20:00

Comme prévu, devenu délégué général de LREM, Christophe Castaner, qui garde les Relations avec le Parlement, laisse la fonction de porte-parole du gouvernement à Benjamin Griveaux.

Delphine Gény-Stephann remplace Benjamin Griveaux comme Secrétaire d'État auprès de Bruno Le Maire.

Enfin Olivier Dussopt, ancien jeune député-maire d'Annonay, membre du PS et ancien proche de Martine Aubry en 2012, porte-parole du candidat Manuel Valls à la primaire PS de janvier 2017, est nommé Secrétaire d'État auprès de Gérald Darmanin chargé de la Fonction publique. Il venait de voter contre le projet de loi de finance 2018.

En tout, "l'équipe resserrée" du gouvernement est désormais composée de 32 membres.

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170621-gouvernement-edouard-philippe-ii.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20171124-remaniement.html

 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 22:57

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171123-macron.html


Discours du Président Emmanuel Macron au 100e Congrès des maires de France le 23 novembre 2017 à Paris


Monsieur le Président du Sénat,
Madame, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental,
Messieurs et Mesdames les Députés et Sénateurs,
Monsieur le Président de l’Association des maires de France, cher François BAROIN,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’association d’élus locaux,
Madame le Maire de Paris, chère Anne HIDALGO,
Mesdames et Messieurs les Maires et Présidents d’intercommunalité,
Mesdames et Messieurs les Élus,
Mesdames, Messieurs,

J’ai bien entendu votre défi, Monsieur le Président, qui consiste à ne pas m’arrêter tant que je n’ai pas convaincu. Pour ceux qui ont eu à subir précédemment mes discours, je pense que vous prenez un risque certain parce qu’il paraît qu’ils peuvent durer longtemps et, en quelque sorte, vous m’infligez le supplice de Shéhérazade consistant à parler pour ne pas être exécuté mais je peux tout à fait être Shéhérazade.

Plus sérieusement, « nous sommes enserrés dans les règlements rédigés par les bureaux des ministères. Règlements uniformes pour toute la France qui ne tiennent compte ni des usages locaux ni des règles déjà appliquées ni de la situation géographique et topographique des villes ». Ce n’est pas de moi, ça pourrait être de vous et nous pourrions largement partager ce que je viens de vous lire.

Non, ces mots, ce sont ceux prononcés précisément en 1907 par Paul-Émile SARRADIN, maire de Nantes et fondateur de votre association cette même année. Et ce qui est cruel dans la lecture de ces quelques mots, c’est que je pense que vous auriez pu, il y a quelques instants, les dire à peu près exactement.

Sans doute l’Histoire bégaie-t-elle et sans doute ce bégaiement est-il à l’origine du doute qui s’installe, de la fatigue, du fait qu’on ne croit pas en la parole dite ou en l’action dans laquelle on s’engage. C’est le défi qui est aujourd’hui le mien qui est celui du Premier ministre et de son gouvernement et vous l’avez rappelé.

On hérite d’une Histoire mais c’est ainsi. Mais accordez-moi une chose, vous l’avez rappelé il y a un instant, j’ai pris des engagements, j’ai dit des choses durant la campagne présidentielle. J’ai une caractéristique, c’est qu’il m’est arrivé de dire des choses qui ne plaisaient pas ; j’en ai une autre, c’est qu’immanquablement, je les applique.

Donc, ce que je vais vous dire aujourd’hui, a vocation non pas à vous satisfaire automatiquement, non pas toujours à vous contenter, parfois à répondre à des inquiétudes que je considère comme légitimes ou des reproches que je sais reconnaître comme étant justes, mais cela a vocation en tout cas à être appliqué.

Parce que vous l’avez très bien dit tous les trois, il y a dans la relation entre l’État et les communes quelque chose qui relève d’un compagnonnage républicain. La République, elle n’est pas détenue par quelques-uns, ni par le président de la République ni par le gouvernement ni par celles et ceux qui incarnent l’État sur le territoire. C’est faux ! Elle est en partage avec ses représentants de la République élus que sont les maires.

La République, cette chose publique, cette chose commune qui nous unit, ce qui chaque instant tient notre pays, c’est ce que nous avons en partage. Alors il y a des moments d’incompréhension, parfois de division, il y a immanquablement – il y en a parfois au sein de l’État – des désaccords, mais il y a une chose plus forte, plus importante que nous qui nous oblige, c’est le fait que notre République tient dans et par cette relation.

Nous avons par conséquent le devoir de réussir ensemble pour la France et pour nos concitoyens et pour ma part, je ne crois pas une seule seconde que l’État puisse réussir sans les communes ni que les communes puissent avoir un avenir meilleur parce qu’elles auraient gagné contre l’État ou l’auraient emporté malgré lui.

C’est pour cela que je suis devant vous aujourd’hui, parce que nous avons cette République en partage et que c’est toujours pour en retrouver le sel profond, une République des engagés. Vous êtes des engagés. Vous avez rappelé que l’écrasante majorité des maires, des conseils municipaux sont des bénévoles et je ne le mésestime pas. Je le sais, je le vois et, chaque fois sur le terrain, je le mesure.

Cette République des engagés, mais que vous avez en partage avec les parlementaires, avec les autres élus locaux, avec aussi les fonctionnaires de l’État et de la fonction publique hospitalière et territoriale dont je veux ici reconnaître tous les mérites, c’est celle qui fait que lorsqu’un drame arrive, lorsqu’un de nos concitoyens se trouve totalement démuni, il se retourne vers l’un de celles ou ceux qui représentent la République, qui la portent, qui la font vivre, qui la tiennent.

Dans ces moments que nous vivons, faits de division parfois profonde, de doutes, de drames, mais aussi d’ambition indispensable pour que notre pays puisse redevenir conquérant dans ce siècle qui s’ouvre, j’ai besoin de vous. Je n’ai pas besoin de vous pour venir vous dire ce qui vous plaît ou venir, comme disaient certains dans les heures ou les jours qui précédaient cet échange, vous faire plaisir ou avoir une forme, en quelque sorte, d’accord tacite qui consisterait à céder à qui ou à quoi.

Non, du tout ! J’ai besoin de vous en ce que vous portez dans la République parce que vous avez décidé de vous engager ! Vous l’avez fait en prenant sur vos vies, votre temps, vos familles et de cela, je vous en remercie.

Mais j’ai besoin de vous parce que le pays ne se redressera pas avec quelques décisions, quelques lois, quelques règlements ou l’action de quelques-uns. Il ne réussira que parce que partout sur le territoire, il y a les engagés et les convaincus que vous êtes.

Rien ne sera possible sans cette relation de confiance et de responsabilité. C’est pour cela que j’ai souhaité, dès le début de mon mandat, vous adresser ces messages de considération, d’attention, de profond respect en étant, bien entendu, à chaque fois aux côtés des maires dans les moments difficiles comme dans les moments de joie, pour aller gagner des compétitions internationales, Madame le Maire, et nous continuerons à être à vos côtés, dans les moments de tristesse, à Paris ou à Nice, au cœur du drame, dans les communes de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy, vous l’avez justement rappelé.

J’ai vu à chaque fois dans mes déplacements les maires se battre avec vigueur, s’emportant légitimement parfois contre le président de la République qui devient le dernier ressort lorsque tel ou tel accident industriel survient ou qu’un malentendu s’est installé parce que c’est à chaque fois la traduction de cet engagement.

Cette considération, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai souhaité lancer dès le début de mon mandat la conférence nationale des territoires. Vous l’avez dit et je l’ai dit alors, c’était une de vos propositions – on vit paraît-il plus vieux lorsqu’on cite ses sources – afin de faire qu’aucune décision concernant les collectivités territoriales ne soit prise sans leur association préalable. Et sur ce point, vous avez raison, l’été n’a pas été à la hauteur de cet engagement.

Pourquoi ? Parce que des habitudes se sont installées dans les fonctionnements politiques, administratifs et ces habitudes d’ailleurs parfois, elles sont de votre côté aussi. On s’habitue à toujours reprocher à l’État les vicissitudes qui nous tombent dessus et c’est difficile de revenir sur des habitudes. Et donc il est vrai que des mesures prises durant l’été qui touchaient les collectivités n’ont pas été dument concertées, présentées alors même que cette conférence était lancée, je le reconnais parfaitement.

Ce que je veux maintenant, c’est qu’elle vive pleinement et donc qu’elle soit, de manière très régulière, réunie par le Premier ministre et les ministres, que les ministres – et je sais leur engagement et je veux les en remercier –, ils n’ont pas ménagé leur peine et ils continueront – réunissent et concertent dans le cadre de cette conférence à chaque fois que des mesures touchent les collectivités.

Ces derniers mois ont fait naître aussi plusieurs exercices qui vous impliquent directement et j’y reviendrai sur l’agriculture, sur la mobilité dans nos territoires et c’est aussi dans cet esprit que je veux poursuivre le travail.

Mais le gouvernement aurait pu en quelque sorte continuer comme avant, comme durant les sept années que vous venez d’évoquer. Il aurait pu continuer à imposer des ajustements de manière unilatérale sur le plan budgétaire, à dire : on va baisser les dotations parce qu’il le faut. Bruxelles est là et notre situation financière, la dette pour nos enfants, notre responsabilité collective, c’est précisément de continuer à baisser les dotations que donne l’État.

Comme je m’y étais engagé devant vous en mars dernier, cela n’a pas été fait. Non pas parce que le gouvernement et moi-même, nous craignions une grogne. Je n’ai pas peur de les affronter lorsque l’action publique l’exige. Non, parce qu’en effet, ça n’est pas la bonne méthode et parce que, vous l’avez parfaitement dit, vous êtes arrivés au bout de cette méthode. Parce que ces baisses de dotations ont touché toutes les collectivités pendant sept années durant. Elles ont non seulement atteint parfois la capacité même à rendre le service public, mais aussi les capacités d’investissement. Or, c’est bien ce service public et cet investissement qui sont au cœur de votre action.

J’aurais pu aussi vous dire que tout va bien, que l’État prendra seul la charge, que nos finances publiques ne sont plus un problème, que finalement, nous pouvons laisser la dette qui est la nôtre à nos enfants, que le déficit public courant peut continuer à filer, que ça ne serait le problème que d’une partie de la dépense publique, mais je ne serais pas responsable parce que c’est faux ! Parce que nous avons cette dépense publique en partage, l’État, les collectivités publiques territoriales et les administrations sociales.

Parfois, les mêmes qui reprochent qu’on puisse partager cet effort entre ces trois types de collectivités sont les mêmes qui, le jour d’après, reprochent à l’État la moindre de ces économies. « Ne touchez pas à l’armée, diable ! Ne touchez pas à telle prestation ou à telle autre ! » Au fond, notre pays – et pardonnez cette facétie, vous l’avez un peu illustrée sur votre propos sur la taxe d’habitation – aime la finance magique. Il aime cette finance où on peut baisser les impôts sans que jamais la dépense publique quant à elle ne baisse. Il veut que l’économie soit toujours le problème de l’autre mais à la fin, nous nous y retrouvons et ma fonction m’oblige à une chose, la cohérence, à la responsabilité devant tous les Français et à la responsabilité devant tous nos partenaires devant des engagements que nous avons librement consentis.

Quelle crédibilité aurait la France si elle ne tenait pas ses engagements vis-à-vis de ses propres concitoyens ? Quelle serait notre crédibilité pour bouger une Europe qui va à tâtons si nous ne respectons pas nous-mêmes nos propres engagements ? Et donc, oui, il fallait bien aller vers ce discours de vérité et de responsabilité partagée.

Aussi ce sur quoi je souhaite que nous engagions l’action commune durant les cinq années qui viennent, c’est autour de trois combats, trois combats communs. Le premier combat, c’est celui de la préservation de vos moyens financiers. Le deuxième combat, c’est celui d’une plus grande autonomie parce que nous ne pouvons plus vivre dans un schéma, en effet, centralisateur et parisien et je veux sur ce point partager quelques convictions. Et le troisième combat, c’est celui qui fait que l’État doit pleinement vous accompagner dans les grandes transitions que vous avez à conduire sur le logement, le numérique, l’environnement, les accès des territoires. Autant de combats qui font l’entrée dans ce siècle qui advient et pour lesquels les communes sont un acteur essentiel et pour lesquels les maires sont en effet ces premiers de cordée que vous avez évoqués.

Le premier combat, je l’ai dit, c’est celui de la préservation de vos moyens financiers. Si nous avons des collectivités territoriales, c’est pour qu’elles disposent de réelles marges de manœuvre. Elles ne peuvent être réduites à une fonction de guichet pour délivrer des prestations. C’est pourquoi j’ai décidé – et je m’y étais engagé –, pour la première fois depuis sept ans, la stabilité des concours financiers aux collectivités territoriales. Dans un contexte de baisse continue des concours de l’État, c’est historique.

Là aussi, j’entends que ce n’est pas cru. J’invite – et je crois que ce matin, les ministres présents ont pu vous le dire – à lire les textes qui ont été votés, à consulter les parlementaires ici présents. Les chiffres sont là mais la réalité sera là demain. Le Premier ministre vous l’a détaillé avant-hier et je vous le redis aujourd’hui, nous nous engageons à une stabilité des concours financiers aux collectivités territoriales.

Vous avez ensuite évoqué une contrepartie, et je veux répondre aux points de votre résolution et à vos discours. D’abord avec une remarque de principe.

J’entends cette idée qu’en quelque sorte il y aurait une intangibilité des finances des communes. En quelque sorte il serait impossible de négocier quelques modifications que ce soit. Je vous invite à regarder le fonctionnement des communes et à vous regarder vous tous ; parce que cette grande concorde ne vit que par une solidarité organisée par l’Etat et ses dotations.

Les communes ne sont pas des corps séparés qui vivent de manière totalement autonome. Elles ne vivent en permanence que par des transferts qui sont d’ailleurs le fruit de tant d’ajustements mais qui marquent aussi une solidarité nationale indispensable et qui continuera à persister. Et quand bien même on dirait « on ne touche plus à rien, la responsabilité complète que vous demandez on vous la donne, vous voulez l’autonomie, elle sera totale », là commencera le drame de l’AMF, je vous le dis. Les divisions seront incessantes entre les communes rurales et les communes urbaines, et pour qui vit les débats budgétaires chaque année qui concernent les solidarités au sein de la région Ile-de-France ou les solidarités entre tel et tel type de communes, c’est une toute petite illustration de ce qui adviendrait si l’Etat n’avait pas ce rôle légitime qui consiste justement à préserver la solidarité entre les différentes communes, et la cohérence du territoire.

Ensuite, dire qu’on donne la stabilité à ces dotations suppose en effet une responsabilité. Mais pour qui ? Non pas comme c’était le cas lorsqu’on baissait les dotations de manière brutale, une année pour l’année suivante, qui concernait toutes les communes. Non ! C’est un peu plus de 300 communes, 300 collectivités – pardon- qui sont concernées. Les régions, les départements et les plus grosses intercommunalités et communes. Evidemment les métropoles agglomérations.

Pourquoi ? Parce que comme cela a été dit c’est là que se concentre le plus gros de la dépense publique. A ces collectivités, qu’est-ce qu’il est demandé ? De contractualiser mais dans le cadre d’un dialogue où les ministres prendront leur part. Non pas un dialogue qui serait une convocation déjà prédéterminée mais je veux ici le dire très clairement avec un objectif qui faut partie du texte financier, une augmentation de 1,2 % par an – certains disent que c’est inatteignable, d’autres ont montré que non – mais surtout avec un taux qui sera adapté pour tenir compte des éventuelles difficultés économiques et sociales du territoire, pour tenir aussi compte des efforts faits précédemment parce que vous n’êtes pas tous égaux devant ces efforts à venir même parmi ces 319 collectivités concernées par la contractualisation.

Je sais combien certains ont déjà agi pour maitriser les recettes et les dépenses ces dernières années ; et donc cette contractualisation, c’est précisément pour cela que nous n’avons pas retenu une mesure uniforme à vocation à être intelligente, nourrie par un échange des projets de territoire et la prise en compte des réalités du terrain.

Au-delà, l’Etat a demandé à ce que les collectivités territoriales s’engagent sur une trajectoire de désendettement.

Sur ce point j’ai entendu vos remarques. Et je propose que la trajectoire de désendettement soit également adaptée aux situations spécifiques sans devenir ce que vous appelez « la double règle d’or ». Il est vrai que la loi prévoit d’ores et déjà des encadrements, il est vrai que si l’on veut avoir un vrai dialogue constructif il est important d’en parler de l’inclure dans le cadre de cette contractualisation ; il est donc nécessaire que ce dispositif puisse être dument discuté lors de la conférence nationale des territoires de décembre.

Notre objectif commun c’est de poursuivre cet effort de maitrise des dépenses sur le quinquennat simplement en s’inscrivant justement dans une logique de contractualisation que je crois possible et pour éviter le caractère aveugle de baisse de dotations ou de mesures unilatérales.

Mais je veux ici souligner un point essentiel, plus de 99 % des communes ne sont pas visées par cette contractualisation. Plus de 99 % des communes auront simplement la préservation des dotations, une pleine visibilité et une préservation inédite de leurs moyens financiers pour faire. C’est aussi la réalité qu’il ne faut pas masquer.

Cela signifie que pour l’immense majorité d’entre vous, la situation est simple : les concours financiers de l’Etat à votre commune seront maintenus et l’Etat ne vous demandera aucune contrepartie.

C’est une approche différenciée, assumée, reposant sur la réalité des situations des collectivités territoriales. Et c’est au cœur de l’esprit que je veux ici porter, celui d’un pragmatisme qui reconnait la différence des situations sur le terrain.

C’est dans cette perspective qu’il convient de comprendre la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables. J’ai entendu sur ce point évidemment vos inquiétudes, vos propos, je veux apporter ici quelques clarifications et prendre un engagement

D’abord je veux vous dire ce que j’évoquais tout à l’heure, on peut baisser des impôts en faisant des économies, c’est même comme ça qu’il faut baisser des impôts et c’est même comme ça que l’Etat va le faire.

Cette réforme elle coûte 10 milliards sur trois ans, ces 10 milliards sur trois ans c’est dans la Loi de Finances pluriannuelle, ils sont financés comment ? Non pas par de la dette, par des économies faites par l’Etat. Ça a été travaillé par le gouvernement, travaillé par les parlementaires et voté en première lecture ; la discussion se poursuit.

C’est financé par ces économies, donc c'est une mesure aussi simple en terme de financement que si on avait décidé de baisser de 10 milliards l’impôt sur le revenu.

Ensuite pourquoi la taxe d'habitation ? Moi j'entends tous ceux qui voudraient la défendre, c'est tous ceux qui aujourd'hui la dénonçaient ! A peu près tous ceux qui aujourd'hui font l’apologie de la taxe d’habitation sont ceux qui depuis des décennies disent « il faut réviser les valeurs locatives ». Ça ne marche plus, les valeurs sont obsolètes, et qui ont à chaque fois renoncé à le faire. Ça fait plus de 40 ans dans notre pays qu'on dit « cet impôt est injuste, il faut en revoir les bases, la grammaire, l’architecture et à chaque fois on renonce ». Et qui est la victime de cette affaire ? Je vais vous le dire : les territoires les plus modestes et les classes moyennes.

Les territoires les plus modestes pourquoi ? Parce que c'est un impôt qui est injuste territorialement. Madame la maire, pardonnez-moi de prendre cet exemple mais le montant moyen pour un couple avec deux enfants est à Paris de 481 euros – c’est une très bonne chose, la taxe est basse – mais il est de 1207 euros à Saint-Denis de la Réunion, il est de 1440 euros à Argenteuil. Mais pourquoi ? Parce qu'il y a moins d'entreprises, parce qu'il y a moins de ressources par ailleurs et donc on taxe qui ? Un peu davantage les classes moyennes !! Donc c’est un impôt qui est injuste territorialement. Et il touche qui ? Les communes les plus rurales, les communes périphériques où les classes moyennes vont loger parce qu'elles ne peuvent plus habiter dans l'agglomération et la métropole. Il touche qui ? Le centre-bourg qui a les charges de centralité et qui doit fiancer les équipements pour les voisins et donc qui monte la taxe d’habitation. C’est profondément injuste cet impôt !! Alors pourquoi le défendre ?

Il est injuste socialement. Il est injuste socialement parce qu'il est aveugle sur la capacité contributive, parce que pour une même surface, dans les trois exemples que j'ai donnés, on peut gagner deux SMIC ou cinq SMIC et en payer la même taxe d'habitation. Ça n'est pas juste ! Et d’ailleurs nos concitoyens qui le vivent ne considèrent pas que ce soit juste. Mais ce n’est pas juste pour les classes moyennes, parce que d’ores et déjà c’est un impôt dont 20 % est payé par l'Etat. Donc ne découvrons pas les choses !

Pour les classes populaires cet impôt il a déjà payé par l’Etat, donc vous-mêmes lorsque vous protestez contre ce remboursement par l’Etat de 80 % vous semblez oublier que 20 % est d’ores et déjà payés par l’Etat ! Parce que des mesures de justice ont auparavant été prises.

Mais qui aujourd’hui est la victime de cet impôt ? Les classes moyennes françaises. C’est ça la réalité. C’est les classes moyennes, comme souvent.

Donc pour toutes ces raisons, je l’assume totalement, et le gouvernement l’applique strictement, sur trois années la taxe d’habitation sera supprimée en trois tranches pour 80 % de la population française.

Alors pour cela, vous pouvez être en désaccord, j'ai toujours - vous savez j'ai fait campagne, il y a beaucoup de candidats pendant la campagne présidentielle qui aimaient faire siffler les autres candidats, je pense avoir été abondamment sifflé, peut-être l’un des plus sifflé, donc les sifflets en m’ont jamais beaucoup étourdi ; mais j’ai toujours demandé aux gens dans mes meetings de ne pas siffler, c’était des militants. Je peux demander la même chose aux maires -

Alors ensuite votre angoisse légitime c'est de dire qui va payer puisque 80 % d'ici trois ans ne paieront plus. L'Etat, comme je l’ai dit, sur ses économies, en procédant par dégrèvement, c'est-à-dire que l'Etat prendra en charge la part non payée par le contribuable local. Cela n’enlèvera donc aucun centime aux collectivités puisque vous serez compensés en montant mais aussi en base. C’est le principe même du dégrèvement. Et ce sera discuté lors des conférences nationales territoriales dans un dialogue d'ailleurs que je veux contradictoire pour qu'il n'y a aucune ambiguïté, et instruit par les Chambres régionales des comptes et la Cour des Comptes sur les trois années durant lesquelles justement cette disposition se développera. Très concrètement, cela veut dire que vous serez intégralement compensés.

Mais, là aussi je vous ai entendus, et si vous m’avez entendu en juillet dernier j'ai d'ores et déjà à ce moment-là ouvert une piste, une réflexion. J’ai dit ce que je crois véritable, si cet impôt est mauvais pour 80 % des citoyens français il y a peu de chance qu’il soit bon pour les 20 % restants.

Vous avez raison, vous dites « le président de la République s'engage à ce qu'on soit remboursé au centime durant les trois années qui viennent », faites-moi la grâce de me croire, je suis devant vous et sauf contre ordre j’ai vocation à être là durant les trois années qui viennent, et donc à pouvoir m’en porter garant, mais vous vous dites « on la connait cette musique ; dans quatre ans, dans cinq ans, huit ans, c’est l’Etat qui payera, donc il reprendra ». Ça aussi je l’entends.

Donc, pour toutes ces raisons je pense que cette réforme ne doit être qu’un début. Un début nécessaire et juste parce qu’il enclenche quelque chose qu’on a refusé de faire depuis quarante ans dont les victimes étaient les Français.

Mais je souhaite en effet que nous allions plus loin. Je veux garantir pleinement votre autonomie financière et fiscale. Et donc je veux, qu’à l’issue de la réforme que nous aurons à conduire, les collectivités territoriales et en particulier les mairies, aient retrouvé leur autonomie fiscale pleine et entière. Et je veux que vous puissiez avoir sur ce point une pleine visibilité.

C’est pourquoi c’est une refonte en profondeur de la fiscalité locale et en particulier communale que nous allons engager. Je veux un impôt cohérent avec vos missions et avec les missions de chacune des collectivités territoriales.

Aujourd'hui, on le sait bien, la fiscalité locale est par trop illisible, la dynamique même de la base fiscale ne correspond pas aux missions des collectivités, les départements et les régions le savent parfaitement, et la dynamique amorcée avec le transfert d’un point de TVA aux régions va dans ce sens.

Nous devons aller plus loin. Aussi, la mission confiée à Alain RICHARD et à Dominique BUR, les travaux des deux assemblées sous la conduite des rapporteurs généraux, messieurs GIRAUD et De MONTGOLFIER, mais également les réflexions du comité des finances locales, cher André LAIGNEL, permettront d’alimenter nos travaux dont les conclusions seront très largement débattues dans le cadre de la Conférence nationale des territoires.

Ils doivent remettre leurs conclusions courant 2018 et nous prendrons la décision en 2019. Je veux que pour les textes budgétaires de 2020 et des années suivantes soit mise en œuvre une refonte en profondeur de la fiscalité locale qu’il s’agisse des communes, des départements comme des régions. C’est une vraie refonte qu’il nous mener et ces missions devront également se saisir de l’enjeu de la péréquation verticale comme horizontale pour garantir à toutes les collectivités des ressources suffisantes pour faire face à leurs enjeux.

Je pense notamment à la réflexion qui doit être reprise sur la répartition de la dotation globale de fonctionnement mais aussi aux nombreux fonds de péréquation existants qui permettent de mieux répartir la richesse sur notre territoire. Nous devons notamment assurer aux collectivités territoriales les plus pauvres, souvent dans les territoires les plus en difficulté, les moyens de mieux accomplir leurs missions.

Au total, vous l’avez compris, je veux une réforme ambitieuse, cohérente dont la taxe d’habitation n’est que le premier acte. Et j’attends sur ce sujet beaucoup de vous puisque je souhaite que cette réforme soit pleinement débattue et instruite dans le cadre de la Conférence nationale des territoires.
 

Je pense aussi lorsqu’on évoque les sujets financiers à la profusion des normes. Vous l’avez évoqué dans votre résolution, il y a un coût caché comme un transfert non dit, c’est celui que l’Etat crée lorsqu’il augmente les normes qui sont à la charge des communes. Et là-dessus je veux prendre quelques engagements simples mais aussi peut-être leur donner une crédibilité à la lumière de ce que nous avons conduit depuis quelques mois.

En juillet dernier, une circulaire a été prise par le premier ministre, toute simple, qui impose pour chaque norme créée la suppression de deux normes existantes. Cette circulaire est prise, on n’en a pas beaucoup parlé, pas assez à mon goût, mais c’était un engagement que j’avais pris durant la campagne et je l’avais pris d’ailleurs devant vous au mois de mars dernier et elle touche évidemment les ministères, les services de l’Etat. Mais je peux vous donner sur les quelques premiers mois d’application, au fond septembre, octobre, novembre, il y avait auparavant cinq à six décrets créant une nouvelle obligation par mois, cinq à six par mois ! Depuis cette toute petite circulaire il n’y a eu aucun décret, aucun. Qui conduisent à l’augmentation justement de ces transferts de normes parce que c’est très compliqué surtout pour un même ministère, qui vient rajouter une norme, d’en supprimer deux.

Je souhaite que cette vigilance renforcée de l’Etat se poursuive notamment en veillant à l’équilibre financier entre les normes ajoutées et retranchées car l’objectif n’est pas tant le nombre de normes que leur impact sur votre quotidien et les finances de vos collectivités.

Au-delà, j’ai demandé à chaque ministre d’établir un coût national complet pour chaque norme proposée et de procéder à une concertation préalable avec les associations d’élus locaux avant de prendre tout texte impactant les collectivités territoriales.

Je considère par ailleurs que le Conseil national d'évaluation des normes dans lequel vous êtes représentés doit voir ses missions renforcées tant dans l'amont de l’édiction de la norme que dans le cadre de la procédure parlementaire qu’en aval par le renforcement de ces capacités d’évaluation des normes. Je fais confiance au président du CNEN pour proposer des dispositions en ce sens qui seront prises dans les prochaines semaines et je sais combien sur ce sujet, Monsieur le Président du Sénat, vous êtes engagé.

J’ai par ailleurs demandé à Jean-Claude BOULARD, maire du Mans, de passer en revue le stock des normes qui pèsent sur votre quotidien, travail qui sera là aussi débattu dans le cadre de la Conférence des territoires.

Enfin, les préfets seront chargés de veiller à une application facilitatrice des normes et je souhaite qu'un dialogue soit entretenu avec les collectivités territoriales dans un esprit positif, une meilleure résolution des problèmes socio-économiques des territoires en privilégiant l’esprit des textes plutôt qu’une application tatillonne et j’y reviendrai dans quelques instants en vous parlant de la réforme de l'Etat indispensable pour vous accompagner.

Vous savez faire des économies d’abord parce que vous en avez souvent fait, que vous avez envie d’en faire pour porter des projets dans vos communes et parce que beaucoup d’entre vous ont des vies à côté où ils en font, j'ai besoin de vous pour que nous soyons plus efficaces. C'est donc dans cet esprit de partenariat que sur ce combat j'entends avec vous en prenant les engagements que je viens de tenir continuer à avancer avec pragmatisme, responsabilité et transparence.

Le deuxième combat c’est précisément celui de l'autonomie des territoires, de l'organisation territoriale, de ce qu'évoquait Paul-Emile SARRADIN que je faisais parler il y a quelques instants. Là-dessus vous m’avez posé quelques questions franches, je vais donc y répondre clairement. D'abord quelle organisation pour nos territoires, quelle carte territoriale, quelle structuration et quelle vision des choses ? Ce que je vous dois légitimement c'est de vous donner une vision claire pour que l'organisation qui en découlera le soit.

Là-dessus je serai également conforme aux engagements que j’avais pris en mars devant vous, il n'y aura pas une nouvelle grande transformation institutionnelle pour les collectivités territoriales. Je le dis pour l'ensemble de celles-ci, est-ce que les cartes territoriales sont parfaites ? Sans doute pas, parfois vous avez à vivre avec, mais je pense que nous perdrions du temps et de l'énergie à les revoir et donc c'est la stabilité institutionnelle des collectivités territoriales qui sera retenue et je veux ici vous le garantir.

Je veux aussi vous garantir que l’Etat ne forcera pas à des regroupements de communes ni à des modifications de la carte intercommunale. C'était là aussi un des engagements, il sera tenu. Pourquoi ? Parce que là aussi c'est du pragmatisme, il y a deux raisons simples, la première c’est que vous savez mieux que moi où sont les bons regroupements, donc mieux faire confiance à ceux qui savent qu’à ceux qui le définiraient d’en haut avec une doctrine préétablie.

La deuxième instruite par l’expérience, c’est que si d'aventure j'étais tenté de le faire quand on observe la situation sur le terrain ça marche mieux quand vous l'avez voulu que lorsque cela vous a été imposé. Et donc l’Etat, et là-dessus le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur y tient beaucoup, le ministre de la Cohésion des territoires aussi, l’Etat vous accompagnera pour que les solutions pragmatiques sur le terrain puissent être facilitées. Nous jouerons un rôle de facilitateur dans le cadre des coopérations volontaires, dans les créations de nouvelles communes, dans les regroupements intercommunaux souhaités pour engager les mutualisations voulues entre le niveau communal et intercommunal parce que parfois certaines compétences gagnent à l'être et sur ce point je souhaite qu'il n'y ait aucun a priori. Nous serons aux côtés avec souplesse de toutes celles et ceux qui veulent évoluer.

C’est tout le sens d’ailleurs de la souplesse qui a été apportée par les parlementaires pour le développement des communes nouvelles dans le projet de loi de finances en cours de débat. L'Etat est aussi dans son rôle lorsqu'il construit avec les acteurs locaux l'organisation territoriale qui permettra à notre pays de tenir son rang dans la compétition mondiale. Et donc à côté de cette liberté préservée de territoires qu’on accompagne j’avais aussi pris un engagement qui était de simplifier la carte entre les métropoles et les départements. Et là-dessus je tiendrai l'engagement pris y compris devant les départements de France, Cher Dominique BUSSEREAU, avec pragmatisme.

Il y a une vingtaine de métropoles, sont-elles toutes de rang européen, international ? Non, on ne va pas se mentir, je sais tous les débats parlementaires qui ont alimenté la volonté d'obtenir le statut de métropole, ils étaient légitimes, il y a une considération, il y a un statut. Mais si je vous disais que Clermont-Ferrand sera fusionnée avec le Puy-de-Dôme je susciterais des inquiétudes légitimes. Ça n’est pas le souhait ni de Clermont-Ferrand ni du Puy-de-Dôme et ça n’aurait pas beaucoup de sens.

Par contre, il y a entre cinq et huit métropoles qui sont d'ambition européenne et mondiale, qui ont une vraie volonté de rayonner et qui rayonnent déjà, dont les interlocuteurs sont d'autres grandes métropoles du reste du monde, qui ont une place éminente dans les départements, il y a même des départements où il ne reste plus qu'une vingtaine de communes hors de la métropole ! Il nous faudra là en organisant les discussions avec toutes les communes et toutes les collectivités concernées procéder à un rapprochement bien légitime dans la concertation et qui nécessitera peut-être si ces dernières le souhaitent un texte législatif et le gouvernement les accompagnera dans ce cadre si c'est leur souhait !

Il faudra aussi quand je parle de métropole donner plus de dynamique, de clarté et de volontarisme au projet du Grand Paris, c’est un beau projet auquel je crois. Le Grand Paris c'est l'ambition de notre métropole capitale et de toute la région qui l'accompagne. A-t-on ces dernières années, je vous parle très franchement, mis toutes les chances de notre côté pour faire réussir la métropole du Grand Paris ? Je n’en suis pas persuadé. Nous avons aujourd’hui six niveaux, une grande complexité, cela a été mené, Cher Patrick OLLIER, avec beaucoup de talent et je veux saluer tous les élus qui sont impliqués dans celle-ci, mais par le travail de concertation et de consultation mené par le préfet de région nous devons arriver à un schéma plus simple, plus volontariste, plus efficace et là aussi il nous faudra peut-être l’accompagner d'une loi.

Pour tout le reste, vous l’avez compris, c’est le pragmatisme, c’est la dynamique locale qui sera encouragée et un Etat à vos côtés. Et je serai attentif aux demandes de certains territoires de pouvoir s'organiser différemment là par fusion de départements entre eux lorsqu'ils sont voulus, ailleurs par la constitution d’une collectivité unique, je pense ici à la Corse, et l’Etat sera toujours là pour adapter les organisations.

Cette énergie que je veux rendre aux territoires implique aussi que nous acceptions de rompre avec une forme d’uniformité de traitement. L’égalité républicaine est un de nos grands principes mais elle ne doit pas se traduire en une uniformité de la norme parce que les territoires ne sont pas plongés dans les mêmes situations. Nous avons donc besoin d’adapter aujourd’hui les normes, les capacités normatives pour répondre aux défis de nos territoires.

Qu’y a-t-il de commun entre un centre-bourg, une métropole, une commune qui relève de la loi Montagne ou celle qui relève toute entière de la loi Littoral de manière parfois totalement inadaptée ? Des rigidités pensées pour parfois toute une catégorie alors que ça ne correspond pas à la réalité locale ! Des spécificités qui parfois créent d’autres contraintes, cela aussi, nous devons le changer.

Ce qui n’a pas été fait depuis plus d’un siècle le sera sous ce quinquennat avec une modification de la Constitution. J’ai pris devant le Congrès en juillet dernier un engagement, celui de réviser notre Constitution. Je souhaite donc que dans ce cadre – les travaux se poursuivront avec le Gouvernement, les présidents des Assemblées – l’article 72 puisse être modifié pour permettre aux collectivités de pérenniser une expérimentation réussie, sans que celle-ci ait vocation à être généralisée au plan national.

Ce qui aujourd’hui vous paralyse, c’est qu’on vous dit « vous pouvez expérimenter, allez-y » ! Mais une expérimentation, de par notre Constitution, c’est quelque chose qui a vocation à être généralisé à tous si ça réussit. Donc, assez légitimement, on expérimente peu. Mais je vous ai entendus, vous, hier encore dans les discussions informelles que nous avions, vous ne demandez qu’une chose, vous ne demandez d’ailleurs pas tant que l’Etat accorde telle ou telle chose, vous voulez la possibilité de faire le droit, la volonté d’innover.

Les communes les plus rurales, elles demandent bien souvent qu’on adapte la règle à leurs réalités de terrain. Qui en matière agricole, qui en matière d’aménagement, elles veulent de la liberté, parce qu’elles sont innovantes. Parce que l’Etat ne doit pas les regarder comme des collectivités en difficulté à qui on devrait verser une obole ou une dotation. Elles ont envie de faire, de réussir, de porter un projet !

Donc, c’est cela ce que je veux qu’ensemble nous inventions. Conférer aux collectivités une capacité inédite de différenciation, une faculté d’adaptation des règles aux territoires et pouvoir, le cas échéant, aboutir aussi à des transferts aux collectivités pour une répartition plus efficace.

Il y a des régions, Monsieur le Président, cher Hervé MORIN, vous le savez bien, où, par exemple, la compétence transport n’était pas adaptée, on l’a fait pour toutes les régions, il y en a d’autres pour lesquelles c’est très pertinent. Il y a des compétences que détient l’Etat dans certaines matières, que certaines régions ont envie de prendre et le feraient mieux. D’autres n’ont pas envie ou ne sont pas encore équipées.

Plutôt que d’avoir des débats théoriques pour savoir comment on traite tout le pays de la même façon, ayons une approche pragmatique, différenciée. Permettons de faire. Laissons les maires innover. C’est cela l’esprit de la réforme qu’avec vous, je veux porter.

Derrière, c’est aussi notre relation, c’est cela la relation de confiance. Hier, la maire de Piana me disait : « Moi, ma commune tout entière est dans la loi Littorale. Comme j’ai des calanques, je suis pour partie dans la loi Montagne et j’ai la moitié de la commune qui n’est concernée au fond, ni pas l’un, ni par l’autre. Ce sont des contraintes partout. Cela coûte cher, cela empêche des projets de développement. »

Donc, quel est le seul moyen ensuite de l’aider ? De verser des dotations, de demander donc des transferts financiers. Là où si nous étions plus pragmatiques, si nous laissions plus de possibilités de faire et d’innover, tout le monde serait gagnant.

C’est donc dans cet esprit, Mesdames et Messieurs, que je souhaite que nous avancions, avec l’engagement de réformer la Constitution, avec l’engagement de prendre aussi les textes de loi qui permettront d’accompagner cela. C’est la reconnaissance institutionnelle attendue depuis longtemps, nécessaire, validée par l’expérience que la vérité se trouve plus près du terrain et non dans les rouages des administrations centrales, quel que soit leur talent, non dans les discussions générales que nous pouvons parfois avoir.

Les Outre-Mer disposent déjà dans cet esprit de dispositions de l’article 73 qui ouvrent parfois la possibilité d’adaptations législatives. Mais la procédure d’adaptation est longue, complexe, du coup, peu utilisée. Là aussi, Mesdames et Messieurs les Maires, je veux que nous puissions simplifier les choses. Les Assises de l’Outre-Mer, qui se concluront au printemps prochain, devront nous permettre d’identifier, collectivité par collectivité, les compétences qui sont voulues, pour permettre de prendre une loi unique et simple qui le permettra.

Je souhaite également que nous puissions reconnaitre effectivement un pouvoir règlementaire aux collectivités territoriales et laisser les acteurs locaux adapter la loi à leurs réalités locales, afin de mettre fin parfois à des rigidités inexplicables.

Pour accompagner tout cela, je veux aussi un dialogue renouvelé avec l’Etat. Bien souvent, qu’est-ce qui se passe ? Je l’évoquais en creux tout à l’heure. La loi est prise, le décret derrière, les circulaires ensuite et le préfet se trouve sur le terrain, ligoté par une norme qui ne souffre pas la même application d’un endroit à l’autre du territoire. Le dialogue est quasi impossible. Alors, qu’est-ce qui se passe ? Le préfet vous dit « je vais le faire remonter à Paris » ou le service déconcentré de l’Etat auquel vous avez à faire face. Et vous attendez parfois six mois, huit mois, un an.

Les parlementaires arrivent, sollicités par les maires que vous êtes, avec un amendement pour régler le problème. C’est pour ça qu’on a ensuite des lois si bavardes. J’y ai amplement contribué, portant beaucoup d’amendements de ce genre. Mais le problème se règle dans le Cantal, mais il ressurvient en Lozère ou à Strasbourg d’une autre façon. Parce que ce qu’il manque et qui est l’indispensable corrélat de cette plus grande décentralisation que je suis prêt à accorder sur le plan normatif, c’est une vraie déconcentration de l’Etat.

Nous devons redonner davantage de responsabilités aux fonctionnaires de terrain, aux préfets, aux services déconcentrés, pour que dans un dialogue intelligent et constructif avec leurs élus, ils puissent adapter les choses, apporter de manière rapide une réponse pragmatique.

Cela, c’est ce que nous voulons, c’est ce que nous ferons. Une administration plus déconcentrée, avec plus de responsabilités, resserrée et unifiée autour des préfets, avec un Etat partenaire et un droit à l’erreur reconnu.

Lundi prochain, au Conseil des ministres, ce droit à l’erreur sera inclus dans un texte qui sera soumis au Conseil pour restaurer justement une action de l’Etat dans une société de confiance.

Mon objectif est clair : fixer le cap de la libre administration du 21ème siècle. Une libre administration qui garantisse aux collectivités territoriales les capacités juridiques et les moyens d’agir et un Etat adapté à ce défi qui les accompagne, qui les aide, qui facilite.

La relation de confiance que je souhaite nouer avec vous doit aussi se traduire par plus d’autonomie et de liberté dans la gestion de vos personnels. Je l’avais esquissé, ce sujet, lors de notre échange du mois de mars dernier. Je sais que vous avez besoin de cette capacité d’adaptation pour répondre aux échanges avec vos concitoyens et à leurs légitimes attentes, pour adapter les services publics et disposer des compétences nouvelles.

Cela passe donc aussi par une fonction publique territoriale modernisée. Quelles sont les souplesses de gestion pertinentes ? Faut-il aller vers une différenciation des différentes fonctions publiques qui conduirait à ce que l’augmentation du point, décidée pour la Fonction publique hospitalière et la Fonction publique d’Etat, ne soit pas automatiquement applicable à toute la fonction publique territoriale, conduisant à un milliard de transferts financiers ? Faut-il élargir les possibilités de recrutements hors statut ? Faut-il des souplesses de gestion propres aux défis qui sont les vôtres ? Ces sujets sont sensibles et nécessitent d’être débattus avec les syndicats de fonctionnaires et les élus locaux.

Mais je suis déterminé à mener cette réforme à son terme, après la réflexion et le travail indispensable qui doit être conduit dans les prochains mois.

Je ne saurai terminer ces propos sans vous parler aussi de vous et vous m’avez interpellé sur ce point. Je veux d’abord dissiper un malentendu, celui sur la réduction du nombre d’élus. Mécaniquement, le nombre d’élus va diminuer à travers les rapprochements, les fusions et à travers certains rapprochements et je sais que les régions y sont prêtes, il y aura une réduction.

A travers les rapprochements que j’évoquais tout à l’heure et les fusions, il faut qu’il y en ait pour plus d’efficacité, mais en respectant la bonne représentation de tous les territoires et les équilibres. Mais ensuite, vous ne m’avez jamais entendu parler d’une réduction des conseils municipaux. Quel intérêt ? Quelle pertinence ? Je l’ai rappelé tout à l’heure, vous êtes des bénévoles, ils sont des bénévoles. Donc cette réduction, c’est celle logique qui tire la conséquence de réorganisation voulue dans des contextes où c’est pertinent, pas pour tout le reste et pas pour vous qui êtes des engagés, pas pour les conseils qui sont largement, on le sait, des bénévoles.

Je souhaite par ailleurs que soit engagée avec vous la réflexion indispensable sur le statut de l’élu local pour apporter des réponses concrètes à vos questionnements légitimes sur la responsabilité pénale, sur les protections qui doivent être associées à vos mandats particulièrement exposés. Cela – et ces problématiques sont propres aux maires mais aussi aux exécutifs de toutes les collectivités aujourd’hui –, la loi est arrivée à des aberrations qui, sur le plan financier ou des responsabilités, ne permettront plus demain d’attirer tous les talents et tous les engagés à ces fonctions.

Nous devons l’ouvrir de manière apaisée, responsable, en construisant l’avenir et en ayant une volonté, attirer des gens de talent qui ont envie de servir la République. Nous le ferons dans le cadre de la conférence.

La vitalité démocratique dans notre pays nécessite enfin collectivement que nous engagions en effet un travail pour les mandats nationaux et locaux et une limitation du cumul dans le temps. Vous m’avez mis en porte-à-faux, Monsieur le Président, parce que vous avez dû vous-même, en tant que parlementaire, voter des réformes qui ont conduit à des limitations de mandat dans le temps. Alors ça me met en porte-à-faux parce que ça concerne le président de la République. Et beaucoup qui protestent aujourd’hui – peut-être même, Monsieur le Président du Sénat, que vous avez trempé dans cette affaire –, beaucoup de ceux qui disent : « Un élu, il ne faut pas le limiter dans le temps, ce sont les électeurs qui décideront », eh bien ils étaient d’accord pour limiter celui du Président !

Alors je vous rassure, je ne vais pas ici vous annoncer la fin de la limitation à deux mandats pour le président de la République, ce serait discourtois de ma part et sans doute trop à rebrousse-poil de l’esprit du temps, même si ce n’est pas ce qui, forcément, m’inquiète. Non, l’engagement que j’ai pris durant ma campagne est clair et il a d’ailleurs été déjà traduit dans un texte de loi porté par le garde des Sceaux de l’époque, cher François BAYROU, dans une réforme ambitieuse conduite par la garde des Sceaux actuelle qui vous a succédé mais qui est simple, écrit : « Une limitation du cumul à trois mandats consécutifs pour les maires, les présidents d’intercommunalité, de département et de région. »
 

Cette limitation s’appliquera à compter du prochain renouvellement des mandats, c’est-à-dire sans tenir compte des mandats précédemment effectués. Toutefois, afin de tenir compte de la spécificité des petites communes, comme c’est inscrit dans le texte et dans l’ensemble des textes constitutionnels organiques et législatifs qui sont passés au Conseil des ministres du mois de juillet dernier, cette réforme ne touche pas les mandats pour les communes de moins de 3 500 habitants. Et donc je suis content d’être applaudi pour une loi qui est déjà passée devant le Conseil des ministres mais il y en aura d’autres qui iront dans ce sens.

Ça veut dire que 90 % des communes de France seront exonérées de cette disposition, que cette disposition, qui est saine pour la vie démocratique, pour les plus importants des exécutifs, commence à partir du moment où elle sera votée, ce qui est bien légitime. Et là aussi, il nous faut agir avec pragmatisme en tenant compte de la diversité des situations locales. La liberté donnée aux acteurs locaux est importante, vous l’avez compris, et c’est cet esprit-là que je veux favoriser.

Enfin, Mesdames et Messieurs les Maires, le troisième combat que j’évoquais, que nous allons mener ensemble, c’est celui des grandes transitions dans lesquelles nous entrons et qui sont l’indispensable condition du succès.

La cohésion territoriale, ce n’est pas rétablir une égalité factice entre tous les territoires qui, chaque jour, sont confrontés à des réalités différentes, Monsieur le Ministre, vous le savez bien, mais c’est avoir des politiques publiques qui permettent justement en même temps la réussite et la solidarité, en même temps la liberté et la protection. Et pour atteindre ces objectifs, je prône une transformation de la relation entre l’Etat et les territoires à travers des grandes politiques publiques que nous devons conduire.

Je me suis exprimé il y a quelques jours à Tourcoing sur la politique de la ville et les ambitions que nous devons porter. C’est la même ambition que nous porterons aussi sur les ruralités – parce qu’il n’y en a pas qu’une – et les défis de l’ensemble des collectivités soumises aux contraintes que vous connaissez bien. Mais pour faire face à cela, nous devons prendre quelques engagements fermes.

Le premier, c’est que l’État doit parler d’une voix et d’une voix cohérente dans le montage de vos projets, que vous n’ayez pas affaire à des guichets avec chacun sa lecture du sujet et je souhaite que les administrations et les opérateurs de l’État, comme de la Caisse des dépôts et consignations, soient mis au service des projets des territoires de manière cohérente. Je veux un Etat facilitateur de vos projets.

C’est précisément le rôle que je veux assigner à l’Agence nationale de la cohésion des territoires dont j’ai annoncé la création lors de la conférence nationale des territoires, reprenant une de vos propositions, être un outil de mobilisation des ressources, de savoir-faire facilitant vos projets. Ça veut dire que l’Etat, tout en gardant les responsabilités ministérielles légitimes, aura une agence unique qui permettra d’ailleurs de simplifier beaucoup les choses et de supprimer beaucoup d’agences ministérielles qui se sont parfois multipliées, dans laquelle on gère ensemble les grandes politiques d’aménagement du territoire pour réduire la fracture numérique, pour réduire les déserts médicaux, pour lutter justement contre les fractures territoriales, pour apporter les garanties ou les prêts qui sont gérés du côté de la Caisse des dépôts et consignations.

Cette action publique aujourd’hui est éclatée entre des guichets et des acteurs divers. Nous avons parfois recréé encore récemment des administrations centrales pour les gérer. Il faut une simplification de l’État à sa tête pour avoir une agence unique. Chaque ministre y portera sa voix, les crédits qu’il y a développés, défendus à l’Assemblée et la cohérence de sa politique, mais cette agence unique permettra une grande simplicité, avec sur le terrain un interlocuteur, le préfet de région et le préfet de département qui, dans l’esprit que j’évoquais à l’instant, aura la responsabilité, un interlocuteur unique du côté central et évitera de passer un temps fou à vous expliquer que telle direction l’a renvoyé à telle autre, telle autre l’a renvoyé à tel autre ministère, ce qui, malheureusement, je le crains, arrive encore.

Sur l’ensemble de ces sujets, il y aura donc une simplification profonde, un engagement profond et une clarté des crédits alloués et une simplification radicale du côté de l’État. Cette agence aura aussi pour vocation d’apporter des compétences en ingénierie territoriale qui seront envoyées sur le terrain là où c’est nécessaire. Vous parliez à juste titre de nos collectivités ultramarines à qui je rendais hommage il y a un instant. J’étais il y a quelques semaines avec plusieurs d’entre vous en Guyane. La grande difficulté pour porter certains projets, c’est l’ingénierie sur place. Cette agence doit les apporter en soutien aux collectivités.

L’Etat doit pouvoir ensuite se consacrer aux territoires les plus en difficultés, comme ceux touchés par la désindustrialisation, avec des stratégies ad hoc pour les centres-villes des villes moyennes, pour résorber les zones blanches, pour justement porter, à travers cette agence unique et cette simplification, des politiques volontaristes.

L’Etat doit aussi être au rendez-vous de vos attentes sur les grandes politiques publiques. Les ministres ont été durant ces derniers jours à vos côtés et je les en remercie parce qu’ils portent, en partenariat avec vous, plusieurs des politiques indispensables de votre quotidien.

Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur vous a expliqué l’engagement en termes de moyens de l’État sur la sécurité avec les créations de postes, mais surtout l’esprit dans lequel la police de sécurité du quotidien sera conduite, en partenariat avec les polices municipales et la sécurité privée parce que c’est la condition d’une réussite et donc en concertation étroite avec vous. Je sais les initiatives prises par beaucoup pour sécuriser l’espace public dans le cadre de la prévention du terrorisme ou à l’occasion des grands rassemblements, et là aussi, l’État doit continuer à être à vos côtés et il le sera.

C’est le cas aussi de la politique volontariste que nous menons en matière de lutte contre le réchauffement climatique et le ministre d’État, Nicolas HULOT, était à vos côtés pour expliquer la déclinaison du Plan Climat sur le territoire, l’accompagnement de l’État dans des projets concrets que cette agence viendra accompagner pour mettre justement tous les financements, y compris ceux de la Caisse des dépôts et consignations, à votre disposition le plus rapidement possible en fonction des projets portés.

Le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques MÉZARD, et son secrétaire d’État vous ont présenté l’engagement pris pour résorber la fracture numérique. Je sais combien vous êtes attendus sur ce point, combien nous sommes attendus et je vais être très clair, les engagements qui seront conclus avec les opérateurs d’ici à la fin de l’année seront contraignants, traduits de manière législative et donneront lieu à des sanctions pécuniaires et à la possibilité pour l’État de se substituer à ces opérateurs qui ne joueront pas le jeu.

J’ai pris un engagement en juillet dernier : le bon débit pour tous d’ici mi-2020 et le très haut débit pour tous d’ici mi-2022. Nous pouvons le tenir, nous le tiendrons, mais ça supposer d’aller vers un peu plus de contraintes pour ce sujet.

Pour ce qui est de la politique de l’eau, je n’ignore rien de vos attentes, j’ai entendu plusieurs voix et demandes et là-dessus, je sais combien le problème est complexe. Alors, cher André LAIGNEL, vous avez raison, la carte des nappes phréatiques ne correspond pas à la carte des intercommunalités, c’est vrai. Dans le même temps, l’honnêteté m’oblige à vous dire qu’elle ne correspond pas davantage à la carte communale. Ça l’est tout autant. Ça ne correspond pas davantage à la carte parfois de quatre morceaux dans la même commune. Donc c’est peut-être plus compliqué que ce qu’on croit.

Le Premier ministre vous a présenté une option, celle, comme cela a été fait pour l’urbanisme, de donner la possibilité justement pour une minorité de blocage, de sortir et de revenir à la compétence communale, les 25 %. Et je remercie la ministre GOURAULT d’avoir fait ce travail qui a permis ces concertations et cette voie de sortie. Mais j’entends certains autres qui me disent : « Chez moi, ce n’est pas une bonne idée parce que ce n’est pas au niveau des communes qu’il faut le remettre, c’est au niveau du département déjà ou du bassin d’eau. »

Donc ce sujet nécessite d’être travaillé lors de la conférence nationale des territoires et de trouver, territoire par territoire, la bonne option. Il y a une option de liberté qui est donnée, mais peut-être faut-il non pas revenir à la commune dans certains endroits, mais aller au département, encourager certains regroupements qui étaient déjà en cours, avoir un pragmatisme qui permettra quoi ? De répondre au vrai besoin qui est un besoin d’investissements, mais en tous les cas, de ne pas priver de manière brutale, unilatérale certaines communes pour qui c’est légitime, qui veulent le garder et pour qui c’est l’espace pertinent.

Vous avez ensuite prononcé une ode aux agences de l’eau. Je l’ai entendu et je sais aussi le combat que mène le ministre d’État pour défendre la pertinence de leur mission. Je ne la conteste pas, pas plus que le ministre de l’Action et des Comptes publics qui est ancien de vos collègues à l’esprit pragmatique. Mais qui a-t-on prélevé ? Les agences de l’eau qui n’utilisaient pas tellement l’argent dont elles disposaient pour faire des grands investissements sur les réseaux, mais qui ont aussi avec le temps pour certaines accumulé des bas de laine et des fonds de roulement qui ne se justifiaient parfois plus tellement et qu’il était légitime de remettre au pot commun.

Parce que, qu’est-ce que nous devons faire sur l’eau ? Deux choses simples : remettre à la discussion avec les territoires l’organisation et les compétences juridiques lors de la conférence de décembre ; et la deuxième chose, c’est que nous devons lancer pour l’eau des assises qui permettront justement de regarder, cher Jean LAUNAY, dans le détail comment financer les indispensables investissements sur nos réseaux.

C’est un problème dont on parle trop tôt, mais la vraie crise qu’il y a sur l’eau, c’est la vétusté des réseaux ! C’est la vétusté de certains réseaux qu’on n’arrive pas à remplacer. C’est l’incapacité de certaines communes ou certains territoires à investir. Ce sont les risques sanitaires auxquels nous aurons à faire face demain. C’est le gâchis lié justement aux fuites massives qui existent sur des réseaux devenus trop vétustes. Et donc nous avons sur l’eau le même problème que sur les infrastructures, c’est que nous ne finançons plus les réseaux.

Ces Assises de l’eau, qui seront lancées dans les prochaines semaines et conduites par le ministre d’État, ministre de la Transition, auront pour vocation de répondre de manière interministérielle à ce défi.

J’ai également entendu vos inquiétudes sur le logement. Elles sont légitimes mais le choix du Premier ministre, du ministre de l’Action et des Comptes publics et du ministre de la Cohésion des Territoires l’était tout autant. Ça fait des années, pour ne pas dire des décennies, qu’on dit que la politique du logement fonctionne mal en France. Les mêmes qui aujourd’hui d’ailleurs la défendent sont là aussi ceux qui l’ont souvent dénoncée. Nous dépensons 40 milliards d’euros dans la politique du logement pour avoir 4 millions de mal-logés. Et là aussi, le système fonctionne mal !

Est-ce que tout est parfait dans la réforme lancée par le gouvernement ? Non, moi, j’entends les protestations et il est vrai qu’il y avait d’ailleurs des choses qui devaient être corrigées. Le Premier ministre a engagé un travail important de conciliation qui a justement permis de commencer à corriger certains points, d’améliorer certains éléments et de répondre aux premières préoccupations. Mais il y a aujourd’hui plus de 750 acteurs et les organismes que vous défendez sont d’ores et déjà ceux parfois qui ne peuvent plus construire, là où d’autres ont accumulé également des réserves qu’ils n’utilisent depuis des années absolument pas pour financer de nouveaux logements. Ces inégalités viennent généralement accroître des inégalités territoriales qui existent.

Alors, je ne vais pas vous donner satisfaction en vous disant « on ne va rien faire ». Parce que si je disais ça je trahirais l’engagement que j’ai pris devant nos concitoyens et je pense que nous serions comptables d’une forme de lâcheté. Par contre, nous pouvons rendre cette réforme plus intelligente, plus efficace parce que les bailleurs sociaux sont des partenaires indispensables de l’ambition que nous avons aussi bien pour la ruralité que justement pour la politique des villes et parce que nous avons besoin de restaurer la confiance.

Aussi, j'ai fait mienne la proposition du président du Sénat de réunir une Conférence du consensus sur le logement. Cette concertation devra associer étroitement les collectivités territoriales, monsieur le président du Sénat et les acteurs du logement pour permettre de finaliser un projet de loi sur le logement dès le début de l’année prochaine qui permettra de répondre justement de manière équitable à ce défi. Le ministre en charge des Relations avec le Parlement a longuement travaillé avec les parlementaires sur ce sujet et je l'en remercie, je pense que nous pouvons améliorer les choses et la Conférence nationale des territoires sera aussi une enceinte privilégiée dans ce cadre.

Je souhaite que nous trouvions les bons équilibres entre les économies légitimes et les éléments de taxation, que nous puissions construire des économies là où elles puissent être faites mais en s’engageant à recapitaliser certains bailleurs sociaux avec un engagement de l’Etat ou de la Caisse des dépôts et consignations. Et je veux que cette Conférence de consensus puisse aussi être le lieu de certaines améliorations attendues dans le monde rural, par exemple pour simplifier la loi ALUR qui a conduit à des contraintes sans doute inattendues, en tout cas peu identifiées au départ, et qui empêchent certains élus de construire là où ils le voudraient alors que ça n’a rien à voir avec l’objectif de la loi.

Durant le premier semestre 2018 nous aurons à présenter un texte, Messieurs les Ministres, ambitieux qui conduira à un choc de simplification pour la politique du logement là aussi en simplifiant radicalement les contraintes d'urbanisme, les recours inutiles qui bloquent aujourd’hui la construction et surtout qui en accroissent le coût pour les opérateurs privés comme les opérateurs publics ! Ce projet de loi sera soumis au Parlement au premier semestre prochain suite à cette concertation.

Voilà, Mesdames et Messieurs les Maires, ce que je voulais vous dire, j’avais encore d’autres choses mais je crains que le défi de Shéhérazade ne se trouve confronté au défi de la SNCF et des horaires légitimes de retour vers vos communes et souhaitant éviter de jouer la symphonie des Adieux je préfère ici conclure en vous disant quelque chose simple ?

La première c’est que j’ai décidé d’être un président de la République engagé, vous avez un Premier ministre engagé, vous avez des ministres engagés pas simplement pour venir à des réunions, pour faire.

Le ministre de l’Intérieur quelles que soient ses contraintes par ailleurs, et je l’en remercie, n’a pas compté ses heures et son énergie à chaque fois pour passer du temps avec vous et il continuera à le faire. Parce que nous voulons transformer le pays et nous ne sommes pas là pour faire plaisir en renonçant à faire et donc vous n’aurez jamais dans mes discours des discours de renonciation par complaisance mais vous aurez toujours de la considération et du respect quand il y a des erreurs qui sont faites, quand il y a parfois des choses inachevées, quand il y a parfois des oublis. Parce que je sais que vous aussi vous êtes des élus engagés et j’en ai besoin.

Moi j’attends de vous que vous continuiez à entreprendre, à faire, à innover, à tester, que vous ne cédiez en rien à la morosité ambiante ni à l’esprit de défaite parce que ce qui nous tient là c’est l’esprit de conquête, ce qui vous a conduit à obtenir la confiance de vos concitoyens. Ça n’est pas de dire que tout était fichu, que les contraintes étaient au-delà du raisonnable, c’est parce que vous y croyiez à ce moment-là, c’est parce qu’ils ont cru en vous, c’est parce qu’à un moment ils ont senti cette volonté, cette envie farouche de faire, c’est cette envie farouche de faire que je veux pas simplement récompenser, accompagner, laisser libre parce que c'est cela aussi ce que j'attends du Premier ministre et du gouvernement.

Cet engagement conjoint c’est notre responsabilité commune pour notre pays parce que nous partageons cette responsabilité du moment présent. Ne vous trompez pas, nous ne sommes pas dans des temps normaux, ne vous trompez pas, nous ne reviendrons pas à avant 2010 et il ne faut pas chercher un retour à une normalité qui n’a jamais existé ! Non, nous entrons dans une ère nouvelle où nous voulons garder nos racines, ce qui fait notre force, ce qui tient la France et la République, mais nous voulons le faire en inventant ce siècle nouveau pour pouvoir en décider, pour pouvoir en choisir les règles, pour pouvoir y porter notre ambition et nos valeurs.

Ce combat conjoint c’est le nôtre, Mesdames, Messieurs, c’est celui pour lequel vous me trouverez toujours à vos côtés. Aussi, si vous l’acceptez, Monsieur le Président, Cher François BAROIN, je suis venu à ce centième anniversaire, il est peu probable que je vienne au cent-dixième, au cent-vingtième ou au cent-trentième mais je m’engage à une chose si vous l’acceptez, c’est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre parce que c'est cela l'esprit de responsabilité dans la République.

Voilà ce que je voulais vous dire, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, merci pour votre engagement de chaque jour, merci pour votre détermination, merci pour vos colères, merci pour vos indignations parce que je sais que vous ne répercutez parfois qu'un peu de celles que vous subissez, merci pour votre engagement pour la République.

Vive la République et vive la France !

Emmanuel Macron, le 23 novembre 2017 à la Porte de Versailles, à Paris.

Source : www.elysee.fr/


 

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 04:56

« Nous sommes dans un pays qui s’est construit par la norme, par la langue, par l’État, par l’impôt, il faut bien le dire aussi, par son administration, et dont les grands vecteurs en quelques sortes d’homogénéité ont été imposés d’en haut. Or, notre pays est fait de géographies multiples, nous restons éminemment un pays de terroirs et de géographes, et dans une mondialisation qui tend à tout homogénéiser, l’attachement de nos concitoyens à leur quotidien, à la réalité de leur territoire est encore plus grand chaque jour. » (17 juillet 2017 au Sénat).


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Le centième Congrès des maires de France s’est ouvert ce mardi 21 novembre 2017 à la Porte de Versailles de Paris, par un discours du Premier Ministre Édouard Philippe écouté poliment. Le Président Emmanuel Macron aurait un problème avec les "territoires", autrement dit, avec les "collectivités locales". Il y a juste un an, il se faisait siffler au même Congrès des maires car il avait proposé la suppression de la taxe d’habitation.

À l’époque, le candidat cherchait à trouver une mesure allant dans le sens du poil du pouvoir d’achat. Ne connaissant pas beaucoup les affaires territoriales, alors que les collectivités locales sont impliquées dans les trois quarts de l’investissement en France (pour construire ou rénover des espaces et bâtiments publics), cette proposition avait mis le feu aux poudres et suscité la colère des maires.

En effet, si, d’un point de vue du contribuable et de l’habitant, la suppression de la taxe d’habitation pourrait être considérée comme une bonne chose (un peu moins si l’on la laissait à 20% de la population, cela signifierait que dans certaines communes, parfois, un seul contribuable devrait payer), pour les communes, ce serait une catastrophe financière et politique.

Financière : car même si le gouvernement promet aux communes une dotation équivalente au manque à gagner, on sait que celle-ci, comme les autres, sera à terme réduite et ne suffira plus à compenser la perte des recettes fiscales associées.

Mais surtout politique : car la taxe d’habitation est l’un des leviers de gestion des municipalités. Il y a même des classements de villes sur le taux de cette taxe, montrant ainsi la bonne ou la mauvaise gestion des municipalités. Or, ce levier est le garant de l’autonomie des collectivités locales.

En réduisant le nombre de leviers, nécessairement, on ferait porter à d’autres taxes, principalement la taxe foncière, déjà lourde elle aussi, le poids de la fiscalité locale. On comprendrait ainsi, et d’autres signes le montrent, que le gouvernement actuel ferait la chasse aux propriétaires immobiliers : « Nous le savons bien, les politiques qui consistent à inciter à la construction de logements partout sur le territoire avec des outils fiscaux extrêmement chers ne fonctionnent plus. » (Emmanuel Macron le 17 juillet 2017).

Les territoires sont une cause de discorde : même le ministère en question, créé pour l’occasion, un grand "Ministère de la Cohésion des territoires" (comprenant Logement, Aménagement du territoire, Ville, Collectivités locales, etc.) a été instable. Ainsi, son premier locataire Richard Ferrand a dû le quitter après seulement un mois d’exercice, et son successeur, le radical de gauche Jacques Mézard, est souvent critiqué pour son invisibilité médiatique sinon politique…

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Lors du congrès des régions, également ouvert par Édouard Philippe, le 28 septembre 2017 à Orléans, les présidents des conseils régionaux avaient violemment critiqué la politique du gouvernement à cause de la réduction des dotations de l’État et avaient quitté cette grande manifestation. C’était quelques jours après les élections sénatoriales du 24 septembre 2017 qui ont montré que le parti présidentiel (LREM) manquait terriblement d’implantation locale (ce qui est logique vu son caractère récent).

S’il y a un domaine où Emmanuel Macron semblerait moins "libéral", moins "centriste", moins "décentralisateur", ce serait sur cette question de l’organisation territoriale. J’ai eu l’impression qu’il était avant tout (en raison de sa formation ? de l’absence d’expérience d’élu local sur le terrain ?) porté vers une sorte d’étatisme avec une vison assez ancienne, celle des années 1960 et 1970, les années "volontaristes". Une vision qu’il semblerait également avoir pour l’indemnisation chômage avec sa volonté d’étatiser l’URSSAF et aussi celle de redonner la main à l’État pour le financement du RSA (actuellement compétence des départements).

Certes, le discours présidentiel du 17 juillet 2017 pourrait amorcer une petite révolution : « Je crois profondément que dans la très grande majorité des cas, les territoires, en réalité, savent mieux l’organisation qui est la plus pertinente pour eux. Il faut donc construire ce pacte girondin (…) qui, sans briser l’unité nationale, redonnera aux territoires les moyens d’agir dans une responsabilité partagée. ».

Donc, rien n’est perdu pour lui avec les élus locaux ! D’une part, dans leur grande majorité, comme la population française en général, ils restent relativement confiants en l’action du nouveau Président de la République. D’autre part, Emmanuel Macron, qui apprend vite, a bien compris que ce sujet devait être traité avec écoute et subtilité.

Il avait même réussi à satisfaire ses auditeurs lors de son discours à la première Conférence des territoires qui a eu lieu le 17 juillet 2017 au Sénat, une conférence qu’il voudrait renouveler tous les six mois, comme instance de consultation et d’échanges. Dans ce discours (dont on peut lire l’intégralité ici), il s'est adressé aux élus locaux, et en particulier au Président du Sénat Gérard Larcher et au président de l'Association des maires de France François Baroin, C'est ce discours sur lequel je souhaite revenir dans cet article.

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Emmanuel Macron a rassuré les élus locaux déjà en leur montrant qu’il avait compris quel était le principal enjeu d’aujourd’hui : « Le défi (…), c’est de conjuguer l’unité de la République qui nous a faits, cette mondialisation qui parfois bouscule des grands équilibres et dans laquelle nous avons à avancer, et la diversité de ces territoires qui est constitutif de nos identités, de notre identité profonde. (…) Cette pluralité de situations, nos concitoyens la vivent dans leur quotidien. ».

Il a notamment proposé la création d’une agence nationale de la cohésion des territoires qui aurait vocation à aider administrativement tous les porteurs de projet visant à redynamiser des territoires, avec une priorité donnée aux villes moyennes et à leur centre-ville en passe de désertification économique. Une agence pour ceux « qui se trouvent confrontés aujourd’hui à notre propre complexité administrative, à la multiplication des guichets, (…) à nos propres incohérences ».

Le Président Macron a voulu aussi en finir avec les délais administratifs dans les territoires et avec l’inflation législative qui est, selon lui, une « chorégraphie qui conduit à un balbutiement certain » : « Je veux que nous sortions de cette fascination de la politique de la circulaire pour avoir une politique de la stratégie au niveau central. Quand les stratégies sont claires, elles n’ont pas besoin de regarder le moindre tour de vis dans chaque département de notre pays. ».

Mais le plus important, pour les élus locaux, malmenés depuis une dizaine d’années avec des réformes territoriales (trois sous le quinquennat de François Hollande !), c’était sur la stabilité des structures : « Il ne s’agit pas pour moi de refaire un grand soir institutionnel. Nous perdrions du temps, de l’énergie, et j’ai peur qu’en la matière, d’ailleurs, le schéma parfait n’existe pas vraiment. Cela signifie qu’il n’y aura pas de nouvelles grandes réformes des institutions ou des collectivités et des niveaux de collectivités. Mais je suis ouvert aux adaptations législatives qui permettront de corriger les éléments d’aberration qui remontent du terrain, sur l’eau, je vous ai entendus, sur les transports scolaires, j’ai cru entendre certains d’entre vous. Sur tous ces sujets, nous procéderons de manière pragmatique aux adaptations nécessaires. ».

Pas de réforme venue d’en haut, mais pas d’immobilisme non plus : « Là où des collectivités territoriales le souhaiteront et si les regroupements sont conformes à l’intérêt général, nous les accompagnerons. Nous n’imposerons pas, mais nous offrirons des libertés, je pense notamment à la création, si c’est souhaité, de communes nouvelles, aux regroupements qui sont portés par les collectivités, aux volontés de rapprochement de certains départements, s’ils sont souhaités par ces derniers, avec cette conviction, c’est que quand la logique est portée par les territoires et qu’elle correspond à la simplification de l’organisation territoriale, aux dynamiques de bassins de vie, d’emploi, de bassins économiques, elle est pertinente. (…) Vous l’avez compris, je souhaite accompagner, encourager les initiatives, supprimer les verrous encore trop nombreux qui contraignent les territoires dans leur souhait de s’organiser mieux, en vue d’une action publique plus efficace. (…) Le droit à l’expérimentation, à ce titre, sera simplifié. (…) Si c’est nécessaire, sur ce sujet, je suis prêt à proposer (…) une révision de la Constitution pour faciliter ces évolutions et libérer les énergies. ».

Proposant de réduire le nombre d’élus locaux (alors que la plupart, dans les petites communes, exercent leur mandat bénévolement !), Emmanuel Macron a repris un argument démagogique de sa campagne présidentielle : « Moins d’élus, mais des élus plus protégés, mieux rémunérés et plus libres de leur action. ». Le statut de l’élu, c’est une Arlésienne, une sorte de tarte à la crème qui revient régulièrement depuis une quarantaine d’années.

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Sur le plan financier, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de baisser les dépenses publiques, et a demandé que les collectivités territoriales y contribuent à hauteur de 13 milliards d’euros sur son quinquennat, mais il ne veut pas le faire de manière aveugle : « Comme disait le philosophe Levinas, la confiance, c’est le  problème de l’autre. Moi, je vous fais confiance. La logique budgétaire, c’est de couper les dotations en 2018, nous ne le ferons pas, mais avec un pari, c’est que les collectivités locales dans toutes leurs composantes sauront prendre pour 2018 la part de ce qui leur revient en baisse des dépenses de fonctionnement et d’investissement bien comprises sans que nous ayons à passer par les dotations. ».

La confiance en 2018, mais une possible correction en 2019 : « Moi, je veux sortir de ce jeu de dupes qui nous unit dans une espèce de tango infernal qui nous mènera ensemble au sinistre ! [En revanche], pour celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, il y aura un mécanisme de correction l’année d’après, je vous le dis tout de suite parce que sinon, ce serait un jeu qui favorise le passager clandestin. Mais je crois à la logique de confiance ; je crois donc à la capacité que nous avons à procéder à ces économies intelligentes. ».

Ce qu’il en ressort de ce discours "fondateur" sur les territoires du 17 juillet 2017, c’est qu’Emmanuel Macron croit en un État fort qui conserve les principes de sa politique nationale (comme la baisse de la dépense publique), mais qui, dans la méthode, propose un pacte avec les collectivités locales pour qu’elles mettent en œuvre elles-mêmes leur transformation, tant budgétaire qu’organisationnelle : « Chacun des défis que vous portez, c’est un bout du mien. Je ne me défausserai jamais sur vous (…). Nous sommes tous et toutes dans la même galère pour nos concitoyens, nous réussissons ou pas, et donc, vos problèmes, ce sont les miens à chaque instant, mais croyez bien que mes problèmes, ce sont un peu des vôtres aussi ! ».

C’est un vrai pari qu’il fait, un pari de l’intelligence, celui de la confiance et de l’efficacité. Le discours attendu d’Emmanuel Macron ce jeudi 23 novembre 2017 au Congrès des maires à Paris devrait donc confirmer ce pari. Et chercher à convaincre les maires que c’est la meilleure méthode par la France.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La XVe législature de la Ve République.
Emmanuel Macron sous le sceau de l’histoire.
Emmanuel Macron et l’armée (19 juillet 2017).
Discours d’Emmanuel Macron le 13 juillet 2017 à l’Hôtel de Brienne, à Paris (texte intégral).
Discours d’Emmanuel Macron le 20 juillet 2017 à Istres.
Emmanuel Macron et les Territoires (17 juillet 2017).
Discours d’Emmanuel Macron le 17 juillet 2017 au Sénat sur les Territoires (texte intégral).
Emmanuel Macron et le Vel d’Hiv (16 juillet 2017).
Hommage d’Emmanuel Macron à Simone Veil le 5 juillet 2017 aux Invalides.
Hommage d’Emmanuel Macron à Helmut Kohl le 1er juillet 2017 à Strasbourg.
Discours de politique générale d’Édouard Philippe le 4 juillet 2017.
Discours d’Emmanuel Macron au Congrès de Versailles le 3 juillet 2017.
Audit de la Cour des Comptes du quinquennat Hollande (29 juin 2017).
Portrait officiel du maître des horloges.
François de Rugy au perchoir.
François Bayrou sycophanté.
Édouard Macron II : bientôt la fin de l’indétermination quantique.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.
La campagne des élections législatives de juin 2017.
Loi de moralisation de la vie politique (1er juin 2017).
Emmanuel Macron et la fierté nouvelle d’être Français ?
Richard Ferrand, comme les autres ?
Édouard Macron : d’abord l’Europe !
Édouard Philippe, nouveau Premier Ministre.
L’investiture d’Emmanuel Macron (14 mai 2017).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
L’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.
Macronités.
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.

_yartiMacron2017071705


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170717-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/territoires-emmanuel-macron-et-le-198936

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/11/22/35499270.html


 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 04:52

« Parmi les sources qui fondent la légitimité de notre assemblée dans la Ve République, on peut citer ces mots prononcés par Charles De Gaulle lors de son discours de Bayeux : "Il faut donc attribuer à une deuxième assemblée, élue et composée d’une autre manière, la fonction d’examiner publiquement ce que la première a pris en considération, de formuler des amendements, de proposer des projets. Or, si les grands courants de politique générale sont naturellement reproduits dans le sein de la Chambre des Députés, la vie locale, elle aussi, a ses tendances et ses droits". » (Gérard Larcher, le 2 octobre 2017 au Palais du Luxembourg).


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On ne pouvait pas dire qu’il y aurait une surprise à l’issue des élections sénatoriales du 24 septembre 2017, puisque le groupe majoritaire s’était renforcé, celui de Les Républicains. Le Président du Sénat sortant, Gérard Larcher (LR), n’avait donc pas beaucoup d’inquiétude pour reprendre un nouveau mandat de trois ans à la tête du Sénat, comme deuxième homme de l’État dans l’ordre protocolaire (même si ce n’est pas lui mais le Président de l’Assemblée Nationale qui préside le Parlement réuni en Congrès à Versailles). En outre, il a la fonction d’assumer l’intérim de la Présidence de la République en cas de vacance ou d’empêchement (seul Alain Poher a eu cette charge, à deux reprises en 1969 et en 1974).

Lors de la désignation du Président du Sénat, ce lundi 2 octobre 2017, ce fut donc "la" journée de Gérard Larcher. Il a en effet été élu dès le premier tour avec une large majorité, 223 voix sur 317 suffrages exprimés. 79 voix se sont portées sur la candidature de Didier Guillaume, président du groupe socialiste, et 15 voix sur Éliane Assassi, présidente du groupe communiste. Ces deux dernières candidatures ont rassemblé les seules voix de leur groupe. Le petit groupe sénatorial macroniste (LREM) a préféré, quant à lui, voté blanc ou nul (26 sénateurs ont choisi ce mode de suffrage). Il faut dire que la très grande majorité du groupe LREM faisait partie (pour les sortants) du groupe socialiste, mais ils ne pouvaient politiquement pas voter pour un parti dit d’opposition (que ce soit PS ou LR) et ne voulaient pas se compter (trop peu nombreux).

Qu’importe. Gérard Larcher, en rassemblant sept dixième des sénateurs dès le premier tour, a montré sa grande habilité et aussi sa capacité à rassembler, son sens du consensus et probablement, aujourd’hui, une véritable reconnaissance de ses qualités d’arbitre dans une atmosphère d’apaisement. Son vrai succès a été de réussir à éviter une candidature centriste, au contraire des précédents scrutins, en 2014, 2011, 2008, etc.

Rappelons que la Présidence du Sénat, jusqu’en 1998, était traditionnellement "réservée" à un centriste car le Sénat, bien avant Emmanuel Macron, n’a jamais voulu se diviser dans un clivage droite/gauche réducteur et il subsiste encore un petit groupe qui rassemble encore le centre droit et le centre gauche, le RDSE (Rassemblement démocratique social et européen qui était auparavant connu sous l’appellation de Gauche démocratique). En 1989, Charles Pasqua avait réussi à faire réélire Alain Poher (80 ans) contre un candidat centriste de renouveau, l’ancien ministre Jean Arthuis (45 ans), en attendant un renforcement de son propre groupe (RPR). Dix ans plus tard, la prédominance des gaullistes du RPR en 1998 avait permis à Christian Poncelet de remporter l’élection sur le sortant René Monory (75 ans).

Gérard Larcher a rassemblé sept dixième des sénateurs, mais on pourrait presque dire que l’unanimité est réellement en sa faveur : tous les sénateurs l’apprécient car il refuse toute posture partisane et il est avant tout le défenseur du Sénat et du bicamérisme, cette capacité essentielle de permettre à une seconde chambre d’améliorer, de perfectionner, de replacer dans la durée et dans l’histoire, les textes des députés souvent passionnels et à court terme. La nécessité de s’entendre avec les députés oblige les sénateurs à s’opposer, le cas échéant, avec modération, puisque, au final, l’Assemblée Nationale a le dernier mot (sauf pour les révisions constitutionnelles).

C’était tout le sens de l’allocution très consensuelle de Gérard Larcher à l’issue de sa réélection qui fut saluée par tous les sénateurs (enfin presque tous, car j’imagine, mais ce n’est qu’une supposition, que les deux sénateurs FN ne se sont pas levés). En tout cas, pas de sénateur France insoumise et donc, consensus plus fort autour de cette réélection : au-delà des sénateurs qui ont voté pour Gérard Larcher (LR, UDI, RDSE), même des sénateurs socialistes et communistes se sont levés pour applaudir le nouveau réélu.

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Le doyen des sénateurs qui a présidé la première séance (inaugurale) du nouveau Sénat (fortement renouvelé) était un socialiste, Philippe Madrelle dont la carrière politique ne pourra plus être imitée par ses successeurs en raison des nouvelles lois sur le cumul. À 80 ans, Philippe Madrelle, sénateur depuis octobre 1980 (élu cinq fois et son actuel mandat se termine en octobre 2020) fut élu président du conseil général de la Gironde de mars 1976 à avril 2015 sauf de mars 1985 à octobre 1988 (conseiller général de mars 1976 à avril 2015), président du conseil régional d’Aquitaine de 1981 à 1985, député de novembre 1968 à septembre 1980 et maire d’une petite commune de mars 1976 à mars 2001.

Un exemple typique de cumulard ! Quarante-neuf ans parlementaire, sans compter les autres mandats dont quarante ans à la tête d’un exécutif territorial très important (en terme budgétaire). Après avoir rappelé son long parcours, le doyen, qui est « entré très tôt dans la vie politique, où [l’]ont entraîné tant [ses] inclinations personnelles qu’une solide tradition de militantisme familial », a donc observé très lucidement : « Un tel parcours ne sera bientôt plus possible. Nous nous trouvons en effet aujourd’hui dans une période charnière et nous abordons une nouvelle époque de la vie politique. Le Sénat, comme les autres institutions, entre dans l’ère du non-cumul. Les nouvelles limitations apportées au cumul des mandats ne permettront plus d’exercer concomitamment plusieurs responsabilités comme je l’ai fait. ».

On comprend alors pourquoi Gérard Larcher a déclaré ceci : « La fin du cumul des mandats, monsieur le doyen, est un défi. Par construction, elle fragilise le lien qui unissait le sénateur aux élus locaux. C’est ce lien direct qui contribuait d’ailleurs à en faire un législateur avisé et un contrôleur vigilant. Je le dis très clairement, le sénateur d’octobre 2017 n’est plus le sénateur de juin 2017. Il va donc nous falloir exercer notre fonction de manière différente, pour prendre en compte les attentes des élus locaux avant comme après le vote de la loi et consolider le lien de proximité, les consulter davantage et, pour ce faire, mettre en place ici un outil numérique de consultation permanente des élus locaux. ».

Dans cette allocution, Gérard Larcher a expliqué de nouveau la fonction du Sénat : « Le bicamérisme est un atout pour notre démocratie (…). Le projet que je vous ai proposé repose sur deux principes qui me paraissent devoir structurer notre rôle : être garants de l’équilibre des pouvoirs, être garants de l’équilibre des territoires. ».

Et de poursuivre sur l’équilibre des institutions : « "L’horloge démocratique" de nos institutions ne peut être réduite à l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, que suit l’élection des députés, laquelle n’est, depuis la réforme du quinquennat, que la "réplique sismique" de l’élection présidentielle. L’équilibre des pouvoirs, indispensable au fonctionnement démocratique de la République, a besoin d’une voix différente : celle du Sénat. (…) Le Sénat est, à mes yeux, le stabilisateur institutionnel indispensable à une démocratie apaisée. Il protège les citoyens des lois de pulsion votées dans la précipitation, sous la pression populaire ou médiatique du moment, des excès éventuels de l’exécutif influencé par la proximité d’élections nationales ou par sa chute dans les enquêtes d’opinion. ».

Gérard Larcher a défini l’influence du Sénat ainsi : « C’est ce contre-pouvoir qu’incarne le Sénat. Un contre-pouvoir exigeant, qui n’est jamais un anti-pouvoir et qui sait s’opposer avec discernement, sans les excès des postures partisanes, qui n’ont jamais été dans sa nature. Notre ambition, ce doit être l’intérêt de la France. La force du Sénat est aussi de savoir résister aux artifices temporaires de communication ou aux effets de mode qui parfois caricaturent le passé, idéalisent le présent et feraient croire qu’on passe soit de "l’ombre à la lumière", soit de "l’ancien monde au nouveau monde" ! ».

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Sur les élus locaux, les sénateurs se sentent investis d’être leurs représentants auprès du gouvernement : « Il faut rétablir une relation de confiance entre l’exécutif et les élus locaux. C’est indispensable pour redresser notre pays. Le Sénat doit être un facilitateur, un pont, pour que confiance et respect, ce sont les mots que j’employais le 17 juillet dernier, nous permettent d’instaurer des relations apaisées, positives. ».

Mais la phrase la plus importante et la plus attendue du discours de Gérard Larcher, ce fut son attitude vis-à-vis de la réforme des institutions que voudrait faire Emmanuel Macron. Pour réussir une telle réforme, il faut l’accord du Sénat puis des trois cinquièmes des parlementaires, ou, dans le cas d’un référendum, de la majorité des suffrages exprimés.

Toujours dans son style consensuel, Gérard Larcher s’est bien gardé d’ouvrir les hostilités, au contraire, il a redit sa volonté de coopérer avec le gouvernement avec la meilleure bonne volonté, mais en imposant une condition, que le Sénat soit écouté : « En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, qui est pour nous une responsabilité majeure, je vous proposerai d’en examiner le contenue sans parti pris ni arrière-pensées, mais, je le dis clairement, le Sénat comptera dans cette révision ! » (2 octobre 2017).

Lorsqu’il avait gagné la "primaire" sur l’ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, médiatiquement beaucoup plus connu, en 2008, il n’avait l’air de rien. Ministre secondaire (mais qui avait montré déjà ses talents de négociateur avec les syndicats), Gérard Larcher est hors du sérail politique habituel (il n’est pas énarque mais vétérinaire pour chevaux), et incarne à merveille, avec la corpulence tout sénatoriale, le bon sens rural et (en même temps) la finesse urbaine.

D’une fidélité à toute épreuve (notamment fidélité à François Fillon lors de l’élection présidentielle), il est sans doute l’interlocuteur le plus redoutable que Les Républicains pouvaient espérer imposer au Président Emmanuel Macron, tout en douceur mais avec une fermeté et une solidité politiques qui ont déjà étonné.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 octobre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Résultat de l’élection du Président du Sénat le 2 octobre 2017.
Allocution du Président du Sénat du 2 octobre 2017.
Édouard Philippe.
La relance de l’Europe à la Sorbonne.
Gérard Larcher.
Élection du nouveau Président du Sénat (le 2 octobre 2017).
Résultats des élections sénatoriales du 24 septembre 2017.
Sénatoriales 2017 : état des lieux.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.
La campagne des élections législatives de juin 2017.
Élections sénatoriales du 28 septembre 2014.
Emmanuel Macron.
Jean-Pierre Bel.
Christian Poncelet.
René Monory.
Alain Poher.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171002-gerard-larcher.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/gerard-larcher-consacre-sans-197605

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/10/12/35757806.html



 

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