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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:49
Future dictature, hégémonie du grand parti godillot, pleins pouvoirs, Assemblée monolithique... Et si c'était les Français qui voulaient une cure de sarkozysme ?


L’entre deux tours d’élections législatives est toujours sujet à caution : pour les uns, le second tour confortera le premier et pour les autres, il le tempérera.

Dans tous les cas, il est désormais évident que l’UMP aura une large majorité à l’Assemblée Nationale le soir du 17 juin 2007, ce qui est cohérent avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.

Dans ces élections à campagne très courte, la majorité présidentielle a été le seul camp qui a présenté un message clair aux électeurs. Les autres partis sont restés nettement dans le flou programmatique.

D’un côté, le Modem semble entrer dans une grande confusion. Version centre gauche de l’UDF, le Modem n’a visiblement pas un discours clair au niveau national.

Si François Bayrou a refusé avec raison le dialogue avec Ségolène Royal afin de préserver son indépendance des deux côtés, et si la plupart de ses partisans ne donnent aucune consigne de vote (c’est cohérent, mais est-ce totalement responsable, quand on est engagé dans la vie politique, de ne jamais prendre position ?), plusieurs candidats du Modem battus au premier tour lancent pourtant des appels pour le moins incohérents, comme Azouz Begag à Lyon appelant à voter pour le candidat socialiste (alors qu’il avait fait partie du précédent gouvernement UMP) ou Thierry Cornillet à Montélimar pour le candidat UMP.

Le Modem risque bien de devenir l’auberge espagnole où chacun fait n’importe quoi. Le fait d’avoir présenté des candidats du Modem contre les députés UDF sortants a montré également une incohérence de fond, puisque ces députés sortants soutenaient les mêmes idées que le Modem. Sauf sa stratégie.

Ceux-ci pourront comme prévu former un groupe parlementaire qui sera pourtant indépendant du gouvernement et de l’UMP.

Malgré les nombreuses intoxications, comme le rappelait Maurice Leroy, aucun candidat du pseudo-Nouveau Centre n’a en effet signé une quelconque allégeance au nouveau pouvoir : aucun contrat obligeant à ne pas voter contre le budget, encore moins aucune démission antidatée…

Ce type de pratique serait non seulement anticonstitutionnelle (le député ne peut pas, comme aux États-Unis, avoir de mandat impératif) mais aussi inutile, puisque finalement, c’est le soutien politique qui compte (du gouvernement par le député ou du député par le parti majoritaire pour sa future réélection). C’est d’ailleurs sur ces mêmes bases que s’était constitué le groupe UDF sortant en juin 2002.

Seul Jean-Christophe Lagarde essaie encore de rester sur une position de type Modem-majorité présidentielle, restant d’accord sur le projet centriste mais désapprouvant le refus suicidaire des alliances.

De l’autre côté, le PS s’enfonce dans la plus grande incohérence stratégique, où l’on voit Ségolène Royal vouloir obtenir vainement à sa botte les candidats du Modem, François Hollande la contredire fermement, Dominique Strauss-Kahn, seul espoir réel de transformer en profondeur le PS pour en faire un parti social-démocrate classique, se gauchiser à outrance (refusant toute main tendue aux centristes) sans doute à cause du risque de son propre échec électoral (il a besoin de remobiliser la gauche à Sarcelles), Pierre Mauroy s'ulcérer que sa candidate protégée bafoue autant les règles de son parti fétiche, Laurent Fabius, le plus archaïque des éléphants, obtenir un beau score dans sa circonscription (ratant de 57 voix sa réélection dès le premier tour)…

Mais d’autres éléphanteaux sont là pour renforcer la confusion. Ainsi, l’efficace maire d’Évry Manuel Valls (jospiniste) ne cesse de marquer son territoire pour faire renvoyer François Hollande le plus tôt possible et mettre une nouvelle génération (en clair, lui) à la tête du PS.

Et pour ponctuer le tout, plusieurs des proches de Ségolène Royal (qui a pour objectif aussi de conquérir la tête du PS) sont en ballottage très défavorable : Jean-Louis Bianco, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Julien Dray, alors qu’elle semble encore très populaire parmi les militants du PS (c’est vrai qu’elle ne les a pas abandonnés malgré sa défaite à l’élection présidentielle).

Face à tout cela, l’UMP fait profil bas, Nicolas Sarkozy fait profil bas. Elle se permet même d’être généreuse, magnanime en aidant François Bayrou (alors qu’il n’en avait pas besoin) par le désistement du candidat UMP (ce dernier a donc obéi malgré sa grande amertume, mais dans ce cas, pourquoi avoir été candidat au premier tour ?) et en précisant bien, selon Jean-Claude Gaudin, qu’aucun accord n'avait été conclu avec le Modem, afin de ne pas mettre à mal la stratégie de François Bayrou (ce dernier le 12 juin 2007 s’est d’ailleurs montré très étonné).

Elle se permet même d’être honnête, d’envisager l’augmentation de la TVA de 5% pour 2009. Sans complexe. Juste annoncer la couleur malgré les cris de l’opposition (la TVA sociale n’est sans doute pas la mesure la mieux adaptée, mais c’est un autre sujet).

Certes, Nicolas Sarkozy a tout intérêt à avoir la plus large majorité parlementaire, pour des raisons financières (dans les deux sens : appauvrir l’opposition et enrichir l’UMP, lui donner des moyens matériels extraordinaires) et pour des raisons médiatiques (le temps de parole sera proportionnel aussi). Encore que Édouard Balladur et Jacques Chirac avaient constaté qu’il était plus facile de museler une majorité de quelques sièges (comme en 1986) qu’une trop large majorité (comme en 1993) où chaque député se permet de s’opposer en interne pour rester à l’écoute de ses électeurs.

Jamais un responsable politique n’avait reçu autant que Nicolas Sarkozy la confiance des Français depuis De Gaulle : 31% au premier tour, 53% au second tour, 46% pour son parti au premier tour des législatives. La pléthore de députés UMP n’est qu’un effet mécanique, mais ce qui est important, c’est d’observer le nombre de voix.

Nicolas Sarkozy a convaincu beaucoup de gens de gauche dans sa démarche, et c’est en cela qu’il est un rassembleur (je ne le dis que factuellement, on peut le regretter).

Les leaders de gauche s’aveuglent en parlant de future dictature, de mauvais mode de scrutin etc. mais c’est quand même bien le peuple qui s’est prononcé.

Et c’était loin d’être évident pour Nicolas Sarkozy, taxé (à juste titre) d’arriviste, d’ambitieux (voire de parvenu) et qui a connu des sommets d’impopularité entre 1995 et 2002, très contesté au sein de sa propre famille politique, le RPR, et plus généralement par l’opinion publique.

Il a combattu une femme très médiatique et populaire qui a réussi pourtant à casser les carcans habituels qui façonnent les leaderships politiques.

Mais ce n’est finalement qu’une conclusion logique : les trois principaux candidats Sarkozy, Royal et Bayrou avaient tous les trois la volonté de faire de nombreuses réformes.

Certes, il ne s’agit pas de réformer pour réformer, le tout est de savoir dans quel sens il faut changer. Mais tous les trois avaient diagnostiqué la nécessité vitale de transformer la société actuelle.

Or, sur le fond, l’UMP a présenté le projet le plus cohérent, le plus préparé, le plus structuré, et aussi, le plus lisible, face au projet léger et rempli de contradictions du PS et au projet encore en construction du Modem.

Les Français l’ont compris, ils vont donc essayer Sarkozy pendant cinq ans, et pour eux, pour leur pays, il y a intérêt à ce que ça marche !

Sylvain Rakotoarison


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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:47
(Dépêche)




PARIS (AP) - Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde, investi par le MoDem mais candidat sans étiquette pour les élections législatives en candidat libre, a expliqué lundi qu'il ne partageait "pas la stratégie" de François Bayrou et qu'il voulait "travailler avec la majorité présidentielle" tant qu'elle reste "ouverte".

Jean-Christophe Lagarde a déploré lors de l'émission "A sa place vous feriez quoi?" sur France-Info et i>télé "l'erreur stratégique" de François Bayrou. "Jusqu'au premier tour, on a expliqué qu'il fallait rassembler des gens au centre, des gens qui venaient de la droite et de la gauche. Et, entre les deux tours, François Bayrou a tiré un trait de plume sur ceux du centre droit."

Le score est "divisé par deux parce que ces deux centres qui s'étaient réunis au moment du premier tour de l'élection présidentielle on les a 'reséparés', ce que je trouve à la fois dommage et dramatique", a-t-il noté.

Selon lui, "l'élection présidentielle a montré qu'il y avait une envie de centre en France". "Les radicaux de gauche, les radicaux de droite, les gens du MoDem et les gens du Nouveau Centre derrière Hervé Morin pensent exactement la même chose et il faudra bien un jour qu'ils se réunissent."

Jean-Christophe Lagarde se dit prêt à "travailler avec cette majorité présidentielle tant que Nicolas Sarkozy dit qu'elle est ouverte". Toutefois, il veut "rester libre, libre de pouvoir dire ce qui (lui) paraît bon ou pas bon" car "un député ce n'est pas une machine à voter, il doit être capable de se prononcer en fonction de ce qu'on lui présente et non en fonction de telle ou telle majorité".

Il a reproché au président du MoDem d'avoir "fait la critique la règle et de la satisfaction l'exception. Moi je vois dans les débuts de Nicolas Sarkozy des choses qui correspondent à ce que nous défendions (...) reste à confirmer. Je trouve que Sarkozy démarre bien et franchement pour l'instant c'est plutôt une bonne chose".

"Je suis adhérent au MoDem, mais ça ne veux pas dire que je partage la stratégie", a conclu Jean-Christophe Lagarde. Il est en ballottage très favorable dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis.

Lundi 11 juin 2007, 21h39

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:47
(Dépêches)




Les 20 points chauds du second tour des législatives

PARIS (AFP) - Le second tour des législatives donnera lieu le 17 juin à des confrontations très serrées ou emblématiques. Voici 20 points chauds retenus par l'AFP:

Gironde (2e) : le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé est en ballottage incertain avec 43,73% des voix, face à la socialiste Michèle Delaunay (31,36%), dans une circonscription qui avait placé Ségolène Royal largement en tête le 6 mai. Le total des voix de gauche y atteint 43,69% mais les réserves du ministre d'Etat sont minces. En jeu pour l'ancien Premier ministre UMP: sa place dans le gouvernement et, au-delà, son rôle politique.

Paris (8e) : La circonscription la plus disputée de la capitale, déterminante pour les municipales de 2008. Dans la course à la succession de Jean de Gaulle (UMP), le médiatique avocat Arno Klarsfeld, ami de Nicolas Sarkozy, a devancé de cinq points la socialiste très implantée Sandrine Mazetier. Les électeurs du MoDem (12,3%) trancheront.

Paris (1e) : la sortante Martine Billard (Verts), a été devancée de 2,5 points par le maire UMP du Ier arrondissement, Jean-François Legaret. La répartition des 5.286 électeurs du jeune avocat bayrouiste Mario Stasi fera la différence.

Saône-et-Loire (6e) : le premier set du duel des deux Arnaud, le socialiste Montebourg et l'UMP Danjean, a tourné à l'avantage du second qui a environ 1 400 voix d'avance. Le porte-parole de Ségolène Royal doit batailler pour conserver sa circonscription bourguignonne.

Indre (1e) : le sortant UMP, Jean-Yves Hugon, a distancé de dix points le président socialiste de la région Centre, Michel Sapin, qui était défié par un dissident ex-PS (7,58%) et qui ambitionne de reconquérir le siège perdu par son parti en 2002.

Pyrénées-atlantiques (2e) : François Bayrou, fondateur du MoDem, arrivé en tête au premier tour avec 37,25% devrait conserver son siège face à la candidate socialiste Marie-Pierre Cabanne (23,32%). L'UMP a demandé à son candidat Jean-Pierre Mariné (25,92%), en mesure de se maintenir, de se retirer.

Pyrénées-atlantiques (4e) : le sortant Jean Lassalle, fidèle bayrouiste, rendu célèbre par sa grève de la faim au Palais-Bourbon, est en ballottage difficile, avec 29,54% au premier tour. Il est devancé par l'UMP Hervé Lucbereilh (31,36%), le PS Jean-Pierre Domecq pouvant se maintenir avec 19,86%.

Val-de-Marne (1e) : Jean-Marie Cavada, ancien patron de Radio France et eurodéputé, investi par le MoDem face à l'ancien ministre Henri Plagnol (UMP), a décroché son billet pour le second tour, mais avec un score deux fois moins élevé que son adversaire (22,27% contre 44,40%).

Alpes-de-Haute-Provence (1e) : co-directeur de campagne de Ségolène Royal, Jean-Louis Bianco, député sortant, est arrivé second du premier tour qui l'opposait à l'UMP, Eliane Barreille. Il devra mobiliser des réserves de voix PCF et Vertes pour l'emporter.

Seine-Saint-Denis (4e) : la sortante PCF Marie-George Buffet est devancée au premier tour par l'UMP Thierry Meignen, alors qu'elle était arrivée en tête du premier tour en 2002. La secrétaire nationale du PCF a totalisé 32,26% des suffrages exprimés, contre 34,35% à son adversaire.

Haute-Garonne (1e) : dans la circonscription des maires de Toulouse, où Philippe Douste-Blazy a renoncé à se présenter, son successeur au Capitole, le centriste Jean-Luc Moudenc est en péril face à la socialiste Catherine Lemorton. Il a recueilli 37,44% contre 31,53% à sa rivale.

Seine-et-Marne (2e) : briguant un onzième mandat, le sortant UMP Didier Julia, plus ancien élu de l'Assemblée, a devancé avec 35,04% des suffrages son challenger, le maire de Fontainebleau Frédéric Valletoux, suspendu de l'UMP (21,22%). PS et MoDem, qui ont réuni 18,23% et 8,76% des suffrages, n'ont pas donné de consigne de vote.

Pas-de-Calais (14e) : la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, espère bousculer le jeu dans cette circonscription où son père a fait un de ses meilleurs scores à la présidentielle. Mais avec 24,47% au 1er tour, elle ne devrait pas menacer le sortant socialiste Albert Facon, 64 ans, arrivé devant elle (28,24%).

Essonne (10e) : le porte-parole du PS, Julien Dray, député sortant, livre une bataille difficile face à la candidate UMP Laurence Gaudin qui l'a devancé au premier tour avec 36,12% contre 32,86%.

Val-d'Oise (8e) : autre ténor du PS en ballottage serré, Dominique Strauss-Kahn, a été devancé de 90 voix dans son fief par sa rivale UMP, Sylvie Noachovitch (37,37% des suffrages contre 37%). Un échec de cet "éléphant" socialiste handicaperait sérieusement ses volontés réformatrices au sein du PS.

Moselle (8e) : dans ce département de droite, la socialiste Aurélie Filippetti, fille d'un mineur de fond lorrain communiste, devra batailler ferme pour garder ce siège à son parti face à l'UMP Alain Missoffe, descendant des maîtres de forges de Wendel. Cinquante voix les ont séparés dimanche (30,36% contre 30,23%).

Bouches-du-Rhône (8e) : le sortant Christophe Masse, héritier d'une longue lignée de députés socialistes marseillais, est en position difficile avec 33,25% de suffrages, face à l'UMP Valérie Boyer (41,16%), ses réserves de voix à gauche paraissant limitées.

Seine-Maritime (1e) : dans cette circonscription qui recouvre la ville de Rouen, la gauche a non seulement résisté à la vague bleue mais pourrait créer la surprise. L'UMP Bruno Devaux, arrivé en tête avec 38,4% des suffrages, est talonné par la socialiste Valérie Fourneyron (35,1%). Un duel serré avec les municipales de 2008 en toile de fond.

Territoire de Belfort (2e) : Jean-Pierre Chevènement, arrivé en deuxième position derrière le député UMP sortant Michel Zumkeller, est de nouveau en difficulté dans son fief. Le président du MRC et maire de Belfort, n'a recueilli que 26,03% des voix, loin derrière son rival (43,15%).

Isère (1e) : Alain Carignon, l'ancien député-maire de Grenoble, est en danger. Avec 21,45%, le candidat UMP est largement derrière la socialiste Geneviève Fioraso (32,02%). Et il aura du mal à récupérer les voix du député sortant, Richard Cazenave (19,62%), entré en dissidence, et du MoDem, Philippe de Longevialle, dont le parti appelle à "faire battre tout candidat condamné par la justice".

Par Corinne Delpuech et Tristan Malle, le mardi 12 juin 2007, 18h44




Législatives : 933 candidats dans les 467 circonscriptions restant à pourvoir

PARIS (AFP) - Neuf cent trente-trois candidats, dont presque un tiers de femmes, sont encore en lice pour le second tour des élections législatives dimanche, qui sera marqué presque exclusivement par des duels gauche-droite et une seule triangulaire.

Deux députés sortants sont déjà assurés d'une réelection puisqu'ils sont sans concurrent en raison du retrait du candidat arrivé en deuxième position. Il s'agit du communiste Jean-Pierre Brard en Seine-St-Denis (7e, Montreuil), qui a benéficié du retrait de Mouna Viprey (PS), et du socialiste Patrick Roy dans le Nord (19e, Denain) après le retrait de Patrick Leroy (PCF).

La seule triangulaire se déroulera dans la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où se représente le député sortant Jean Lassalle (MoDem).

Ce fidèle de François Bayrou, rendu célèbre par sa grève de la faim au Palais-Bourbon et ses chants pyrénéens dans l'Hémicycle, est en ballottage difficile. Avec 29,54% au premier tour, il a été devancé par l'UMP Hervé Lucbereilh (31,36%), le PS Jean-Pierre Domecq pouvant se maintenir avec 19,86%.

Dans 11 autres circonscriptions, dont celle voisine de François Bayrou, où il y aurait pu avoir triangulaire au vu des résultats du premier tour, les candidats de gauche ou de droite dont le maintien aurait pu mettre en péril un autre candidat du même camp se sont retirés ou ont été priés de le faire.

Ce deuxième tour sera donc marqué par une très forte bipolarisation, liée notamment à la faiblesse du score du MoDem au premier tour et à l'effondrement du Front national.

Ce dernier parti avait été à l'origine de 9 triangulaires sur les 10 de 2002, et de 76 sur 79 en 1997.

Cette fois-ci, le FN ne sera présent au second tour que dans une circonscription, la 14e du Pas-de-Calais où la vice-présidente de ce parti, Marine Le Pen, a peu de chances face au sortant PS, Albert Facon. En 2002, le FN était présent dans 37 circonscriptions au 2e tour.

Pour les autres formations, en dehors du PS et de l'UMP et de leurs alliés respectifs, le nombre de candidats est aussi très limité. Le PCF est celui qui s'en tire le mieux avec 23 candidats en métropole, dont plus d'une moitié pourrait l'emporter. Le MoDem n'en a que six, et les Verts 4, dont 2 ou 3 en mesure de gagner dimanche.

L'UMP et ses alliés du Nouveau Centre qui ont déjà décroché 107 sièges sur 110 le 10 juin se taillent la part du lion avec respectivement 442 et 18 candidats, soit 460 au total.

Le PS en aura pour sa part 387, auxquels il faut ajouter 20 PRG et 5 MRC, soit 412 au total.

La plupart du temps, PS et UMP se retrouveront en face à face.

Dans deux circonscriptions (6e d'Ille-et-Vilaine et 1ère du Val de Marne) c'est un candidat du MoDem qui sera opposé à un UMP sortant. Dans quatre cas (8e des Alpes-Maritimes, 2e de Seine-et-Marne, 2e du Jura, 1e du Haut-Rhin) les candidats UMP officiels devront affronter un dissident de leur parti. Des duels opposeront des candidats DVD à l'UMP dans la 15e des Bouches-du-Rhône ou la 2e de la Manche, et des DVD au Nouveau Centre dans la 3e du Tarn et la 2e de Haute-Savoie.

Autre enseignement de ce second tour, le nombre de femmes en lice sera nettement supérieur à celui de 2002. Elle seront en effet 305, soit 32,69%, contre 250 et 24% il y a cinq ans.

Avec 12 femmes déjà élues au premier tour, la parité devrait un peu progresser dans la nouvelle Assemblée. En 2002, il n'y avait eu que 71 élues à l'issue du deuxième tour, soit 12,30% de la représentation nationale.

Dans les 467 circonscriptions encore en jeu, l'issue du scrutin serait incertaine dans à peine 200, selon l'institut Ipsos, dont 85 "très serrées". Dans trente de ces circonscriptions, l'écart entre les deux candidats au 1er tour était au maximum de deux points. Dans les 55 autres, il variait entre deux et cinq points.

Les projections en sièges réalisés par les instituts de sondage depuis le 1er tour pronostiquent une écrasante victoire de la droite qui aurait entre 400 et 500 sièges. La gauche en aurait entre 69 et 174. Le MoDem en aurait entre un et quatre, les Verts entre zéro et trois, le PCF entre six et quinze, le Nouveau Centre entre 20 et 25.

Par Tristan Malle et Eric Bassi, le mercredi 13 juin 2007, 0h23




Les neuf triangulaires possibles du second tour le 17 juin

PARIS (AFP) - Neuf triangulaires sont possibles le 17 juin au second tour des législatives, un nombre restreint en raison de la faible participation, de l'effondrement du FN et de la forte bipolarisation UMP-PS.

Au vu des résultats notamment de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle, 476 triangulaires étaient théoriquement envisageables.

Il n'y a plus que 2 circonscriptions où un candidat du MoDem est en mesure de rester en compétition face à des candidats de l'UMP et du PS, dont celle de François Bayrou (2e des Pyrénées-Atlantiques) où le leader centriste est en tête.

Cependant, la direction de l'UMP a demandé mardi à son candidat de la 2e circonscription de ce département de se retirer du second tour pour "laisser la place libre" à François Bayrou, a annoncé mardi le président délégué de l'UMP Jean-Claude Gaudin.

Le député sortant Jean Lassalle, dans le même département (4e circonscription), arrive deuxième, devancé par le candidat UMP mais devant la candidate PS.

Les candidats MoDem ont pâti non seulement du score moyen de leur parti (7,6%) mais aussi de la forte abstention qui, mécaniquement a rehaussé le seuil de qualification au second tour à plus de 20% des suffrages exprimés.

Un phénomène qui a particulièrement touché le FN (4,29% seulement) qui n'a pu provoquer aucune triangulaire alors que c'était le cas dans 9 circonscriptions en 2002 et dans 75 en 1997.

Dans quatre circonscriptions, deux candidats de gauche sont en mesure de se maintenir face à un candidat de droite (UMP et alliés). C'est le cas dans la 11e des Hauts-de-Seine et la 10e du Val-de-Marne, où le candidat du PCF devance celui du PS ou du MRC, ainsi que dans la 4e circonscription de la Réunion et la 11e de Seine-Maritime, où c'est le socialiste qui est en tête.

Enfin trois circonscriptions pourraient proposer des duels à droite, avec comme arbitre un candidat de gauche. Il s'agit de la 1ere de Vendée, et les 8e et 10e de Seine-Saint-Denis.

Dans la 4e du Val-de-Marne, Marie-Carole Ciuntu, maire de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) et candidate dissidente de l'UMP (21,21% des suffrages) était face au député UMP sortant Jacques-Alain Bénisti. Mais Mme Ciuntu a confirmé mardi qu'elle se désistait pour le second tour, écartant ainsi une possible triangulaire.

Arrivé en tête avec 37,93% des voix, M. Bénisti sera opposé au second tour à Simonne (BIEN Simonne) Abraham-Thysse (PS), qui a obtenu 22,93% des suffrages.

M
ardi 12 juin 2007, 12h24



Sarkozy récuse l'idée qu'une majorité UMP nuise à la démocratie

VALDEBLORE, Alpes-Maritimes (Reuters) - Nicolas Sarkozy récuse l'idée que l'arrivée d'une majorité massive de députés de l'UMP à l'Assemblée nationale puisse remettre en cause le fonctionnement de la démocratie, comme le laisse entendre l'opposition.

"Quand il y a eu des élections régionales en 2004 et que la gauche a obtenu 20 régions sur 22 personne ne disait que la démocratie était alors en cause", a-t-il déclaré en marge de la visite d'un lycée dans la petite commune de Valdeblore, située à 1.000 m d'altitude dans l'arrière-pays niçois.

"Quand ils ont gagné les cantonales, ils ont pris la présidence des départements parce qu'ils avaient plus de départements, personne n'a dit que la démocratie était en cause", a ajouté le chef de l'Etat, dont c'était le premier commentaire public depuis le premier tour des élections législatives dimanche dernier.

"C'est une drôle d'idée : la démocratie serait en cause simplement si les Français ne votent pas à gauche ? Je respecte toutes les opinions et je n'ai pas à m'engager dans une bataille partisane mais, franchement, il faut respecter le vote des Français", a fait remarquer Nicolas Sarkozy.

Le président de la République n'en a pas moins de nouveau affirmé qu'il se battait pour avoir une majorité présidentielle à l'Assemblée nationale pour mettre en oeuvre son programme de réformes durant son quinquennat.

"Je dis à nos électeurs, je dis à tous ceux qui croient en nous et qui veulent me donner cette majorité, de rester mobilisés jusqu'à dimanche prochain", a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a, enfin, estimé qu'il fallait "une opposition qui soit respectée, des droits pour cette opposition" et "une démocratie qui fonctionne".

Mardi 12 juin 2007, 12h16




Sarkozy dans les Alpes-Maritimes : un air de campagne

NICE (AP) - Le thème était l'éducation, mais cela ressemblait fort à un déplacement de campagne. A cinq jours du second tour des élections législatives, Nicolas Sarkozy a invité ses partisans à rester "mobilisés" pour confirmer la vague bleue dimanche prochain lors d'une visite dans les Alpes-Maritimes. Le chef de l'Etat a assuré que la démocratie ne serait pas menacée par la probable victoire écrasante de l'UMP.

Un air de déjà vu. A Valdeblore, village de montagne du Mercantour dont il venait visiter le lycée, le président était attendu par plusieurs centaines de personnes, une fanfare et les enfants des écoles munis de drapeaux tricolores. Arrivé en hélicoptère en compagnie du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos et de son ami Christian Estrosi, réélu dimanche dès le premier tour dans cette circonscription, il a pris son premier bain de foule de la journée dans une ambiance bon enfant.

Avant d'entrer dans le lycée, M. Sarkozy a fait son premier commentaire public sur le premier tour des législatives. Malgré la confortable avance de l'UMP, il a affirmé que "rien n'est joué". "Je dis à nos électeurs, tous ceux qui croient en nous et qui veulent me donner cette majorité, de rester mobilisés jusqu'à dimanche prochain", a-t-il dit.

Le chef de l'Etat a récusé l'argument de la gauche sur le risque de lui confier tous les pouvoirs. "C'est une drôle d'idée. La démocratie serait en cause simplement si les Français ne votent pas à gauche?", a-t-il demandé. Il a rappelé le précédent les élections régionales de 2004, quand la gauche avait remporté 20 régions sur 22: "personne ne disait alors que la démocratie était en cause".

Nicolas Sarkozy a réitéré son engagement de poursuivre sur la voie de l'ouverture après le second tour et de respecter les droits de l'opposition pour "une démocratie qui fonctionne".

Le chef de l'Etat s'est ensuite consacré au thème de ce déplacement, l'éducation, en visitant le lycée de la montagne de Valdeblore, établissement-modèle qui prépare aux différents métiers de la montagne, puis le collège Port Lympia de Nice.

L'occasion de poursuivre son offensive de charme en direction des enseignants. Celui qui a donné satisfaction lundi aux syndicats en leur annonçant l'abrogation du décret Robien sur la suppression des heures de décharge a rappelé toutes ses promesses de candidat pour "une école républicaine de l'excellence". Il a notamment exprimé sa volonté de "répondre au malaise des enseignants" et insisté sur la nécessité de développer la place du sport et de l'enseignement artistique.

Durant sa visite, M. Sarkozy a soigneusement évité les sujets qui fâchent comme la suppression de la carte scolaire, les programmes ou les moyens de l'Education nationale. "On va proposer un certain nombre de réformes sans tabou", a simplement dit celui qui entend "s'engager très fortement pour faire bouger les choses".

Rebelote en début d'après-midi à Nice. Accueilli sur le port par des "Nicolas! Nicolas!" de plusieurs centaines de militants UMP, le chef de l'Etat a pris son second bain de foule de la journée sur le chemin du collège qu'il devait visiter.

Nicolas Sarkozy était en terrain conquis dans les Alpes-Maritimes, où il a obtenu 68% des voix le 6 mai. Sept députés sur neuf, tous estampillés majorité présidentielle, ont été élus dimanche dès le premier tour.

Un homme l'a suivi comme son ombre: Christian Estrosi. L'ancien ministre délégué à l'Aménagement du territoire est candidat à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale, un poste également convoité par Jean-François Copé. M. Estrosi pourrait se contenter d'un poste de secrétaire d'Etat. Les deux hommes en ont certainement parlé lors d'un déjeuner privé à la "Petite maison", une bonne table niçoise.

Mardi 12 juin 2007, 17h39




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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:46
(Dépêches)



L'UMP se retirera dans la circonscription de Bayrou, dit Gaudin

PARIS (Reuters) - L'UMP a demandé à son candidat dans la circonscription de François Bayrou de se désister en faveur du président du Mouvement démocrate en vue du second tour des législatives, annonce Jean-Claude Gaudin.

"Nous avons toujours eu cette politique de la main tendue - j'ai même dit quelquefois à François Bayrou 'il va me venir des crampes à force de tendre la main'. Nous allons encore le faire aujourd'hui", a déclaré sur France 2 le président délégué de l'UMP.

François Bayrou est en ballottage favorable dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où une triangulaire se profilait pour dimanche avec les candidats PS Marie-Pierre Cabanne et UMP Jean-Pierre Mariné.

"La direction de l'UMP demande à M. Mariné de ne pas redéposer sa candidature et nous voulons justement laisser la place libre à M. Bayrou", a dit Jean-Claude Gaudin.

"C'est un geste. Il n'y a pas de discussion, pas de compromission, il n'y a pas de négociation. C'est un geste que l'UMP souhaite faire à l'égard de François Bayrou", a ajouté le maire de Marseille, évoquant la "politique d'ouverture" voulue par le président Nicolas Sarkozy.

Invité sur RTL, François Bayrou s'est déclaré surpris par cette nouvelle.

"Etant donné l'ambiance de la campagne, je suis surpris", a déclaré l'ancien candidat de l'UDF à la présidentielle.

"Je n'ai demandé, ni recherché, un accord, un désistement, un retrait de personne", a-t-il ajouté.

"Je considère modestement que, dans ce petit coin de France qui est le mien, je dois faire la preuve qu'il existe un chemin politique capable de s'imposer face à l'UMP et face au PS."

Mardi 12 juin 2007, 8h58




Dans le fief de Bayrou, l'UMP demande à son candidat de se retirer

PARIS (AFP) - La direction de l'UMP a demandé à son candidat de la 2è circonscription des Pyrénées-Atlantiques de se retirer du second tour des législatives pour "laisser la place libre" à François Bayrou, leader du MoDem, a annoncé mardi le président délégué de l'UMP Jean-Claude Gaudin.

M. Gaudin a cependant estimé, plus tard dans la matinée, qu'à force de "tendre la main" à François Bayrou, l'UMP risquait d'avoir "des crampes".

"C'est un geste. Il n'y a pas de compromission, il n'y a pas de négociation. C'est un geste que l'UMP souhaite faire à l'égard de François Bayrou", a-t-il expliqué sur France 2.

"Nous voulons laisser la place libre à François Bayrou", a-t-il dit.

Interrogé de son côté sur RTL, le principal intéressé François Bayrou a prudemment indiqué qu'il allait "vérifier". "Etant donnée l'ambiance de la campagne, c'est une surprise", a-t-il commenté.

"Je n'ai demandé, ni recherché un accord, un désistement, un retrait de personne. Je considère que modestement dans ce petit coin de France, je peux montrer qu'il existe un chemin politique capable de s'imposer face à l'UMP et face au PS", a-t-il dit.

François Bayrou est arrivé en tête dimanche dans cette circonscription avec 37,25% des suffrages alors que l'UMP Jean-Pierre Mariné a obtenu 25,92%. Une triangulaire au second tour est possible, la candidate socialiste Marie-Pierre Cabanne (23,32% des voix) étant en mesure de se maintenir au second tour.

Mardi 12 juin 2007, 10h46




Législatives : l'UMP demande à son candidat de se retirer en faveur de François Bayrou, selon Jean-Claude Gaudin

PARIS (AP) - Le président délégué de l'UMP Jean-Claude Gaudin a annoncé mardi que son parti avait demandé à son candidat dans la circonscription de François Bayrou de se désister en faveur du président du Mouvement démocrate, en vue du second tour des législatives.

"Nous demandons, la direction de l'UMP, à M. Mariné (...) de ne pas redéposer sa candidature, nous voulons laisser la place libre à M. Bayrou", a-t-il déclaré sur France-2. "Il n'y a pas de discussion, il n'y a pas de compromission, il n'y a pas de négociation".

"C'est un geste que l'UMP souhaite faire à l'égard de François Bayrou", a expliqué le maire de Marseille. "Nous avons toujours eu cette politique de la main tendue -j'ai même dit quelquefois à François Bayrou 'il va me venir des crampes à force de tendre la main'. Nous allons encore le faire aujourd'hui".

Le président délégué de l'UMP a souligné que "c'est une politique d'ouverture" voulue par le président de la République qui "a souhaité ouvrir du côté de la gauche". "Nous voulons le faire à l'égard de M. Bayrou".

Par contre, après "examen à la commission nationale des investitures de l'UMP", il n'y aura pas d'autres désistements dans d'autres circonscriptions, a-t-il conclu.

Le président du MoDem est en ballottage favorable dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, avec 37,25% des suffrages exprimés, devant l'UMP Jean-Pierre Mariné (25,92%) et la socialiste Marie-Pierre Cabanne (23,32%).

Quant au cas de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, Jean-Claude Gaudin a noté que "nous savons que c'est le socialiste qui sera élu: nos électeurs se détermineront comme ils le souhaiteront avec l'esprit républicain".

Mardi 12 juin 2007, 9h32





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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:45
(Dépêches)



Nicolas Sarkozy fait carton plein aux législatives

PARIS (AFP) - La large victoire de l'UMP au premier tour des législatives a conforté la stratégie de Nicolas Sarkozy, parvenu à fragiliser le PS, siphonner le Front National, assécher le MoDem et attirer des socialistes dans son équipe gouvernementale.

Cinq semaines après son élection à l'Elysée, les Français étaient en passe de donner à M. Sarkozy la "large majorité" qu'il réclamait pour mener à bien ses réformes.

"Vague bleue", déferlante, tsunami : ces qualificatifs étaient le plus souvent employés par les commentateurs pour décrire la victoire de l'UMP qui préfigure une domination sans partage du parti présidentiel dans la future Assemblée.

"Nicolas Sarkozy aura réussi, ce qui est la combinaison gagnante dans tout scrutin, à incarner à la fois l’aspiration à la sécurité et le désir de changement", a estimé le politologue Philippe Braud.

Les politologues s'accordent sur un point : les législatives, venant dans la foulée de la présidentielle, sont devenues "des élections de confirmation et d'amplification du scrutin présidentiel".

Le succès de l'UMP s'explique d'abord par "la dynamique" créée "autour de la victoire de Nicolas Sarkozy qui fait qu'on vole au secours de la victoire", considère Jérôme Fourquet, de l'institut de sondages IFOP.

Il y a "un phénomène de cohérence politique qui fait qu'on souhaite donner la majorité au président élu pour qu'il puisse appliquer son programme", a-t-il ajouté, alors que M. Sarkozy a promis de mettre en oeuvre rapidement un ambitieux ensemble de réformes économiques, sociales, fiscales, environnementales et institutionnelles.

Dans les enquêtes d'opinion, les Français approuvent d'ailleurs largement les premiers pas du nouveau président de la République et de son gouvernement, "un sans-faute", selon M. Fourquet. Dans le baromètre IFOP/JDD, il obtient le deuxième meilleur score d'entrée en fonction depuis le premier mandat du général de Gaulle.

Mais, pour le politologue, c'est "surtout l'ouverture politique", avec l'entrée au gouvernement de personnalités du centre et de la gauche, qui a permis à la majorité de faire "coup double": "à la fois on déstabilise le parti socialiste et on dépouille François Bayrou d'une de ses idées-forces", celle de prendre les meilleurs talents, quelle que soit leur appartenance politique.

"Cela a coupé l'herbe sous le pied de la gauche et du MoDem qui avaient fourbi leurs arguments sur l'Etat UMP et la concentration des pouvoirs", estime-t-il.

Pour Philippe Braud, "la très grande habileté de sa stratégie politique aura été servie par les faiblesses de ses adversaires: le vieillissement du chef du FN, les divisions du PS".

Pour autant, si le chef de l'Etat et son gouvernement devaient avoir les mains libres, une majorité parlementaire écrasante n'augure pas forcément d'une plus grande capacité à faire accepter des réformes, dont certaines seront douloureuses.

"Le capital électoral s’érode avec le temps: c’est pourquoi Nicolas Sarkozy a tout intérêt à presser le rythme des réformes, sans donner toutefois l’impression de les imposer à la hussarde", souligne M. Braud.

Pour Jérôme Fourquet, la vague bleue à l'Assemblée "n'est pas obligatoirement le signe que toutes les réformes vont passer comme lettre à la poste". "Tout commence demain", a-t-il ajouté.

Par Michel Leclerq, le lundi 11 juin 2007, 18h36



A Nancy, François Fillon invite son camp à rester mobilisé

NANCY (Reuters) - François Fillon invite les électeurs de l'UMP à "rester mobilisés" et à amplifier dimanche prochain le succès obtenu par son camp au premier tour des élections législatives.

"A quelques jours du deuxième tour, ne laissez aucune place au doute, ne laissez aucune place non plus à l'excès de confiance, mobilisez-vous!", a-t-il lancé devant plus de 2.000 personnes réunies dans un hall du parc des expositions.

Le Premier ministre, qui animait à Nancy un meeting interrégional entouré des candidats élus ou en ballottage de Lorraine et d'Alsace, a battu en brèche les craintes manifestées par la gauche face à la perspective d'une trop large victoire de la droite.

"Nos adversaires agitent la menace d'une chambre bleue azur. C'est une étrange conception de la démocratie. L'ampleur de notre victoire ne retirera aucun droit à l'opposition", a assuré celui qui a lui-même été réélu dans la Sarthe.

"Mieux, l'ampleur de notre victoire nous permettra plus facilement de lui donner de nouveaux droits qu'elle nous a toujours refusés lorsque nous étions à sa place", a-t-il ironisé, en réitérant les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy.

L'opposition présidera la commission des finances de la future Assemblée, participera au processus de désignation des membres des autorités indépendantes et à celle des présidents des entreprises publiques, a assuré le Premier ministre.

"EN PANNE EN RASE CAMPAGNE"

Elle sera "respectée dans un parlement qui aura plus de droits et de pouvoirs de contrôle de l'exécutif", a-t-il ajouté sans autre précision.

Pour autant, le Premier ministre ne s'est pas privé de cogner sur une gauche déjà groggy, filant la métaphore ferroviaire deux jours après avoir inauguré à Strasbourg le TGV Est Européen.

"Ne savent-ils pas que la motrice de gauche est tombée en panne en rase campagne?", a-t-il lancé en évoquant les Français et leur vote de dimanche.

Devant une salle chauffée par des étudiants, il a dénoncé une gauche "sans couleur qui n'a désormais pour seul projet législatif que celui de freiner et d'enrayer une dynamique qui lui échappe".

"Cette gauche, vous l'avez prise à contre-pied le 6 mai et dimanche dernier en offrant aux Français la perspective d'une ligne droite novatrice et riche d'horizon nouveaux", a affirmé François Fillon avant de vanter l'ouverture et la parité mises en oeuvre par son gouvernement.

Le Premier ministre a passé en revue le programme de travail assigné à son gouvernement pour "restaurer la place et la présence de la France" dans le monde.

"Votre rôle à vous, chers amis nancéiens, c'est de ne pas baisser la garde. De ne pas vous imaginer qu'un tapis rouge vous mène inexorablement vers la victoire", a-t-il conclu.

Lundi 11 juin 2007, 23h16


Jospin espère que les Français se "dégriseront" d'ici dimanche

TOULOUSE, 12 juin (Reuter)- Lionel Jospin a souhaité mardi que les Français se "dégrisent" avant le second tour des élections législatives de dimanche, et dénoncé la politique "injuste et irresponsable" du gouvernement.

"Il faudrait que les Français soient un peu dégrisés pour ne pas aller donner dimanche prochain une majorité législative écrasante à ceux qui font pire en ce moment que depuis cinq ans", a déclaré près de Toulouse l'ancien premier ministre.

Venu soutenir trois députés socialistes sortants dans ce département dont il fut jadis député, Lionel Jospin a précisé devant un auditoire de sympathisants que "ce serait un paradoxe que cette majorité sortante ait un triomphe législatif sous prétexte d'une élection présidentielle".

"Ce qui se passe depuis cette élection présidentielle ressemble en pire à ce qu'ils ont fait déjà depuis 2002", a t-il martelé. "Ils sont en train de mener une politique injuste et irresponsable".

"A mon avis, on ne se prépare pas forcément à des lendemains souriants avec des gouvernants qui font des cadeaux à une minorité et font peser des menaces sur la majorité", a ajouté Lionel Jospin.

"La question de la prochaine majorité législative est réglée, certes, mais il faut savoir s'il s'agira d'une majorité écrasante ou bien si l'opposition sera représentée", a dit encore l'ancien premier ministre.

"47% des Français ont voté pour la candidate de gauche mais 25% seulement de sièges à l'Assemblée est pour moi une idée peu démocratique, une idée dangereuse même".

"Il faut donc vraiment se mobiliser pour le second tour. Les Français ont été déçus, mais s'ils ont envie d'une victoire, c'est possible encore".

Lionel Jospin a également critiqué le projet de "TVA sociale" du gouvernement de François Fillon.

"Il s'agit en fait de faire payer des cadeaux fiscaux accordées à une petite minorité par une majorité qui paiera à chaque fois qu'elle ira faire des courses", a-t-il estimé.

L'ancien responsable socialiste a refusé de commenter les dissensions internes au Parti socialiste, notamment sur un éventuel rapprochement avec le centre.

"Il faut pour l'instant que tout le monde se rassemble. Mes commentaires plus globaux, je les réserve pour plus tard", a-t-il dit.

Mardi 12 juin 2007, 20h29



Sarnez, éliminée à Paris : pas de consigne mais appel à défendre le pluralisme

PARIS (AFP) - Marielle de Sarnez, candidate du Mouvement Démocrate aux législatives, éliminée dimanche dans la 11ème circonscription de Paris, ne donnera "pas de consigne de vote" pour le second tour opposant un Vert à une UMP, mais invite ses électeurs à "la défense du pluralisme", dans un communiqué lundi.

"Les électeurs qui ont choisi les candidats du Mouvement Démocrate l'ont fait parce que nous étions indépendants et responsables. Je les considère, eux aussi, comme responsables et indépendants.

Je ne leur donnerai pas de consigne de vote pour le deuxième tour", a annoncé Mme de Sarnez, qui a recueilli 18,37% des voix au premier tour des législatives.

"Je sais qu'ils exerceront leur jugement pour choisir leur futur député en fonction des deux critères qui me paraissent les plus justes: la personnalité des candidats et la défense du pluralisme", a ajouté l'eurodéputée, bras droit du fondateur du MoDem François Bayrou.

Le député sortant Yves Cochet (Verts-PS) a recueilli dimanche 35,79% des voix, juste devant l'ancienne ministre Nicole Guedj (UMP) avec 34,03%.

Mme de Sarnez a jugé que "dans la 11ème circonscription, comme dans l'ensemble de la capitale, les résultats du Mouvement Démocrate sont très encourageants". Ils démontrent selon elle "qu'il existe à Paris une forte attente de la part de nos concitoyens d'une démarche politique nouvelle".

"Dans les mois qui viennent, nous nous attacherons à construire et développer cette force de renouveau, dans la capitale, comme en France", a ajouté la conseillère de Paris, présidente de la fédération UDF dans la capitale.

Remerciant les 7.148 électeurs qui lui ont apporté leur suffrage, Mme de Sarnez, qui a prévu il y a plusieurs mois d'être candidate à la mairie de Paris en 2008, indique qu'elle sera "présente et active tout au long des années qui viennent pour le service de notre ville et de nos quartiers".

Lundi 11 juin 2007, 15h16



En Poitou-Charentes, Ségolène Royal répond sur le MoDem et la TVA sociale

LEZAY (AFP) - Ségolène Royal a lancé mardi dans sa région de Poitou-Charentes un appel à la participation de l'électorat de gauche au second tour des législatives et s'est défendue d'avoir voulu semer le trouble au PS par son coup de téléphone à François Bayrou.

De Saint-Jean d'Angély (Charente-maritime) à Poitiers, en passant par Lezay (Deux-Sèvres) et Lusignan (Vienne), elle a apporté son soutien aux candidats qui ont de bonnes chances de l'emporter dimanche prochain, comme Catherine Quéré, Delphine Batho, qui veut reprendre sa circonscription, ou Catherine Coutelle.

"Nous avons à construire des digues contre le tsunami bleu qui s'annonce", a-t-elle lancé à Poitiers, avant de rentrer à Paris.

Partout, elle a été accueillie avec chaleur par la population qui l'attendait dans la rue ou, comme à Lezay, dans une salle communale où elle a tenu une réunion publique. "Tu nous donnes un sérieux coup de main", lui ont glissé des militants.

Notant qu'il manquait "sept millions d'électeurs" sur les 17 millions qui avaient voté pour elle le 6 mai dernier, elle a appelé ses partisans à "amplifier le travail de conviction pour assurer la victoire" et "empêcher la droite d'avoir tous les pouvoirs".

Devant la presse, elle est revenue sur son coup de téléphone au président de l'UDF, sa colère de la veille sur France 2 et aussi sur la TVA sociale.

A propos de son appel à François Bayrou, elle a indiqué qu'elle ne regrettait rien, ayant ainsi "mis les choses en mouvement". "Des candidats m'avaient demandé de le faire", confie-t-elle. Elle n'a pas semblée gênée par le fait qu'il ne lui ait pas répondu.

Elle a dit souhaiter que "la politique soit de temps en temps simple comme un coup de fil"."Je souhaite que la vie politique se modernise et qu'on puisse téléphoner à des personnalités avec qui on va peut-être demain construire des convergences nouvelles", a-t-elle souligné.

Elle s'est considérée comme "dans (son) rôle" d'ex-candidate, bien différent de celui de chef du parti. Elle a assuré d'ailleurs, corroborant des déclarations du premier secrétaire, que sa démarche ne créait "pas de divergence avec François Hollande".

Au sujet de la TVA sociale, elle a affirmé que le premier ministre François Fillon "a avoué que la TVA allait augmenter", et a demandé au président de la République de préciser le montant de cette hausse.

Pour les Français, a-t-elle déclaré, "c'est un impôt nouveau qu'ils vont découvrir après" et "une mauvaise action politique qui va enlever du pouvoir d'achat à ceux qui n'en ont pas beaucoup".

Interrogée par des journalistes, elle a évoqué sa colère de lundi soir sur France 2 après la diffusion notamment de deux reportages concernant les législatives.

"J'ai exercé ma liberté de parole sur le traitement de l'information", tout comme les journalistes "ont leur liberté", a-t-elle dit.

Pour elle, "c'est important qu'il y ait une garantie d'une information objective, et on ne doit pas s'offusquer qu'une responsable politique comme moi ne reste pas muette face à un reportage qui présente cinq candidats battus d'avance avant même que les gens aient voté".

Tout en rendant hommage au travail des journalistes, elle a dénoncé les liens entre "le système médiatique et les puissances d'argent", se disant favorable à des "comités d'éthique" tels que prévus par la loi.

Enfin elle a mis sur le compte de "l'amertume" les déclarations virulentes de Malek Boutih contre François Hollande, à qui il a reproché son échec en Charente.

Mardi 12 juin 2007, 23h02



Arlette Chabot défend un reportage critiqué par Ségolène Royal

PARIS (AFP) - Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, a estimé mardi qu'un reportage sur l'élection législative dans la 2e circonscription de Gironde, critiqué par Ségolène Royal, était "irréprochable" et respectait l'égalité entre les candidats.

"Le sujet (...) était parfaitement irréprochable. Il y avait une égalité de temps d'expression entre les deux candidats", a indiqué Arlette Chabot, interrogée par l'AFP.

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, qui était l'invitée de France 2 dans le cadre du journal de 20h00 lundi, avait mis en cause l'impartialité de la chaîne, en soulignant notamment que le nom d'Alain Juppé, candidat de l'UMP, était cité à plusieurs reprises dans ce reportage, alors que celui de la candidate socialiste n'avait pas été mentionné.

"Lorsqu'une personnalité nationale est en compétition, on s'intéresse d'abord à cette personnalité là, même si on donne aussi la parole à ses adversaires", a souligné Arlette Chabot, ajoutant que France 2 avait "le sentiment d'être irréprochable".

Quant au présentateur du journal, David Pujadas, il a réaffirmé à l'AFP, comme il l'avait fait à l'antenne, qu'il n'y avait "aucun parti pris" dans le reportage. David Pujadas a précisé qu'il ne l'avait pas vu avant sa diffusion pendant le journal. "On peut toujours discuter sur les modalités, mais l'essentiel était que Mme (Michèle) Delaunay ait la parole", a-t-il dit.

Le présentateur a souligné qu'il n'y avait, selon lui, "rien de désobligeant à dire que quelqu'un est en difficulté", un reproche également formulé par la responsable socialiste.

"Il est normal que les partis soient vigilants. Mais dans ce cas d'espèce, le terme de 'scandaleux' (ndlr : utilisé par Ségolène Royal) n'était pas correct, car le reportage était équitable", a-t-il estimé.

Dans une lettre ouverte à Mme Royal, la Société des Journalistes (SDJ) de France 2 a qualifié ses propos d'"attaque insultante". "Les reportages diffusés reflétaient une réalité politique au lendemain du premier tour des législatives", indique la SDJ.

"Même si la critique des médias devient une technique politique, sachez, madame, que la SDJ de France 2 s'est toujours défendue lorsqu'elle s'estime victime d'attaques injustes", écrit encore la Société.

Le Syndicat national des Journalistes (SNJ) de France 2 n'a pas souhaité commenter directement les reproches de Ségolène Royal, mais a fait valoir qu'il avait interrogé à plusieurs reprises la direction sur une "baisse" de la "crédibilité" de la rédaction pendant la campagne présidentielle, sans obtenir de réponse satisfaisante.

"Tout semble fait pour nous empêcher de poser des questions sur les manquements à la déontologie", notent les délégués du personnel SNJ et SNJ-CGT de France 2, dans une lettre adressée fin mai au président de France Télévisions, Patrick de Carolis.

Mardi 12 juin 2007, 18h23



François Fillon réunit les représentants de la majorité

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, François Fillon, a réuni mardi à Matignon des membres de son gouvernement et les responsables de la majorité pour marquer la mobilisation de l'UMP à six jours du second tour des élections législatives.

Au nombre des ministres figuraient Brice Hortefeux (Immigration), Hervé Morin (Défense), qui l'a emporté dans l'Eure, Roselyne Bachelot (Santé), en ballottage favorable dans le Maine-et-Loire, Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), élue dans la 2e circonscription des Yvelines, Christine Boutin (Logement), en ballottage favorable dans la 10e circonscription des Yvelines, et Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le parlement.

"On est concentrés pour dimanche prochain. Les résultats du premier tour sont très encourageants mais rien n'est joué, donc il faut que notre électorat reste mobilisé", a déclaré Luc Chatel, porte-parole de l'UMP, à l'issue de la réunion à laquelle participaient notamment Patrick Devedjian, Jean-Pierre Raffarin, Bernard Accoyer.

Selon le baromètre quotidien Ipsos/Dell pour SFR et Le Point, diffusé mardi, la majorité présidentielle obtiendrait entre 409 à 453 sièges et la gauche de 125 à 174 sièges lors du second tour des élections législatives dimanche.

Jean-Claude Gaudin, président délégué de l'UMP, a de nouveau justifié la main tendue au Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou comme le prolongement naturel de l'ouverture souhaitée par Nicolas Sarkozy.

PERSONNE N'EST PROPRIÉTAIRE DE SES VOIX

La direction de l'UMP a demandé à son candidat de la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, fief de François Bayrou, de se retirer au profit du président du MoDem.

François Bayrou est arrivé en tête dimanche dans cette circonscription avec 37,25% des suffrages alors que l'UMP Jean-Pierre Mariné a obtenu 25,92%. Une triangulaire au second tour est possible, la candidate socialiste Marie-Pierre Cabanne ayant recueilli 23,32% des voix.

C'est "un geste que nous faisons en guise d'ouverture sans aucune discussion avec qui que ce soit", a réaffirmé Jean-Claude Gaudin.

"Personne n'est propriétaire de ses voix", a-t-il souligné.

"Je dirai à M. François Bayrou qu'il se rappelle ce que nous apprenait, quand nous étions plus jeunes, Jean Lecanuet", a poursuivi Jean-Claude Gaudin, donnant une leçon d'histoire politique.

"Quand nous disions à Jean Lecanuet: 'comment ça se fait que le Mouvement républicain populaire, qui après la Libération a connu un engouement extraordinaire, n'a pas survécu?', Jean Lecanuet nous expliquait que les députés et ses militants le poussaient toujours à gauche pendant que leurs électeurs étaient de droite. Voilà ce qu'il faut démontrer", a-t-il conclu.

Fondé en 1944, le Mouvement républicain populaire (MRP), qui s'éteignit en 1967, se voulait une alternative centriste au traditionnel clivage droite-gauche.

Jean Lecanuet, président du Mouvement de 1963 à 1965, mit le général de Gaulle en ballottage à l'élection présidentielle de 1965 en recueillant 15,6% des voix, avant de fonder en 1966 le Centre démocrate.

Mardi 12 juin 2007, 11h07



Jean-Marie Cavada (MoDem) plaide pour "une dose de proportionnelle"

PARIS (AP) - Le député européen du MoDem Jean-Marie Cavada se prononce mardi pour "une dose de proportionnelle" afin d'éviter que le débat ait "lieu dans la rue".

Candidat en ballottage dans le Val-de-Marne, Jean-Marie Cavada juge dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France" qu'"il faut placer le curseur à un niveau raisonnable, qui permette à des formations importantes non représentées à l'Assemblée de l'être grâce à une dose de proportionnelle".

"S'il n'existe pas à l'Assemblée un vrai débat représentant exactement les aspirations de la société, il aura lieu dans la rue", prévient le député européen, citant les manifestations contre la réforme des retraites de 1995.

Le scrutin majoritaire "induit un décalage très important entre les aspirations de la société et leur représentation" car "avec une minorité de voix, vous obtenez une majorité de sièges", déplore-t-il.

De plus, "une voix à la campagne ne vaut pas la même chose qu'à la ville, d'où la nécessité de découper les circonscriptions de la façon la plus juste possible", explique l'ancien journaliste. Et "le scrutin amplifie énormément les mouvements électoraux, au point de devenir un miroir déformant".

"Les législatives sont désormais une sorte d'appendice de la présidentielle, une espèce de chariot qui accompagne le tracteur", ajoute-t-il. "Ce qui explique la forte proportion d'abstention".

Mardi 12 juin 2007, 8h30



Humilité et ouverture, mots d'ordre à l'UMP

PARIS (Reuters) - Humilité et ouverture : tels étaient lundi les mots d'ordre de l'UMP au lendemain d'un premier tour des élections législatives très favorable au camp du président Nicolas Sarkozy.

"On a déjà vu des deuxièmes tours qui démentaient le premier. Par conséquent, pour nous, la semaine qui vient c'est une semaine d'humilité et de travail", a déclaré Patrick Devedjian lors du point de presse hebdomadaire au siège du parti, rue de la Boëtie.

"Surtout pas de triomphalisme", a insisté le secrétaire général délégué de l'UMP, qui a dit craindre que les électeurs s'abstiennent à nouveau au second tour dimanche prochain.

"Je crains qu'il ne restent chez eux surtout à cause de l'attitude de la gauche, qui s'est présentée devant le corps électoral sans projet législatif", a-t-il dit.

"Ils se sont bornés à critiquer le projet de Nicolas Sarkozy qui avait pourtant été validé par le corps électoral donc ils étaient vraiment en porte-à-faux et cela a conduit à une démobilisation de leur électorat", a encore analysé Patrick Devedjian.

Le taux d'abstention a atteint dimanche 39,56%, un niveau record pour ce type d'élection sous la Ve République.

Lors du même point de presse, le porte-parole de l'UMP Luc Chatel a émis le souhait que certains "candidats emblématiques" de l'UMP soient élus comme Salem Kacet dans le Nord, Arno Klarsfeld dans le XIIe arrondissement de Paris, ou Marie-Constance Berthelon dans les Landes.

Patrick Devedjian s'est pour sa part dit certain que le n°2 du gouvernement, Alain Juppé, en ballottage dans la deuxième circonscription de Gironde, allait l'emporter.

"Alain Juppé a une cote personnelle à Bordeaux, des responsabilités au gouvernement, un succès qu'il a obtenu comme maire dans la politique de sa ville qu'il a profondément rénovée qui font que je ne suis vraiment pas inquiet pour sa réélection", a dit l'ancien ministre, qui est lui-même en ballottage favorable dans les Hauts-de-Seine.

L'OUVERTURE S'ADRESSE "À TOUS"

Alors que le parti majoritaire pourrait, selon les estimations, remporter plus de 400 sièges sur 577, l'UMP a renouvelé son appel à l'ouverture vers "ceux qui veulent soutenir le projet de redressement de Nicolas Sarkozy.

"L'ouverture pour nous ce n'est pas gadget électoral, ça n'a pas une vocation électorale. Nous avons besoin de toutes les forces vives de ce pays", a dit Patrick Devedjian.

"Tous ceux qui veulent s'associer au programme de redressement de la France engagé par Nicolas Sarkozy sont bienvenus dans la majorité présidentielle", a-t-il insisté, plaidant pour une "opposition constructive" autour d'un "même objectif : le bien de la France".

Il a dit espérer qu'il n'y aurait, par exemple, plus d'obstruction des travaux de l'Assemblée via le dépôt par l'opposition d'un très grand nombre d'amendements.

En réponse à une question d'un journaliste, Patrick Devedjian a précisé que la main tendue par l'UMP s'adressait "à tous", y compris au Mouvement démocrate de François Bayrou.

L'ancien ministre n'a cependant pas manqué d'égratigner le camp du député béarnais, qui pourrait ne compter que quatre députés au maximum dans la nouvelle assemblée.

"La stratégie du MoDem n'était pas compréhensible par son propre électorat", a analysé Patrick Devedjian.

"On peut dire tout ce qu'on veut sur la proportionnelle mais quand vous constatez que le MoDem a divisé son score par trois en un mois et demi.... Pour avoir des élus, il faut avoir des électeurs", a-t-il ironisé.

Le MoDem a recueilli 7,6% des voix dimanche, alors que François Bayrou avait rassemblé 18,6% des électeurs sous son nom lors du premier tour de la présidentielle.

Lundi 11 juin 2007, 14h18



Législatives : les Verts appellent à voter pour le candidat de gauche au second tour, pas pour le MoDem

PARIS (AP) - Le collège exécutif des Verts a appelé lundi les électeurs des candidats écologistes à soutenir au second tour des législatives "le candidat de gauche le mieux placé", sans appeler en revanche ouvertement à soutenir les candidat de François Bayrou en cas de duel MoDem-UMP.

Selon leur communiqué, en cas de duel UMP-MoDem au second tour, "les Verts n'appellent pas à voter pour l'un des candidats" mais "appellent à battre les candidats soutenant la majorité présidentielle" et se disent "favorables au pluralisme de représentation à l'Assemblée Nationale".

Les écologistes font "confiance à leurs électrices et électeurs pour effectuer le choix qui leur paraîtra le plus judicieux en accord avec ces principes".

Lundi 11 juin 2007, 18h18


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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 10:45
(Dépêches)




PARIS (AP) - Ségolène Royal a réitéré lundi soir son appel à François Bayrou en vue du second tour des législatives. "J'ai laissé un message" sur le téléphone portable du président du MoDem "qui n'attendait pas de conversation particulière".

"C'est un message en direction des électeurs du MoDem pour dire à François Bayrou que j'appréciais cette vision du pluralisme. Je crois que c'est une bonne façon de faire de sa part, c'est-à-dire le respect des électeurs d'un côté et l'appel au pluralisme de l'autre", a précisé l'ancien candidate à la présidentielle.

Lors du point presse hebdomadaire lundi matin rue de Solférino, le Premier secrétaire, hostile à un accord avec le président du MoDem, a tenu à souligner que "chacun peut appeler qui il veut, heureusement dans une démocratie téléphonique".

Ségolène Royal a répondu à cette attaque de son compagnon en précisant que le "Parti socialiste" avait également lancé un appel à François Bayrou. Selon elle, "il n'y a pas de conflit sur cette question" avec François Hollande.

"J'ai un contact personnel depuis l'élection présidentielle avec François Bayrou et il m'a semblé tout fait normal de lui laisser un message", a-t-elle mis en avant.

Par ailleurs, Manuel Valls, député de l'Essonne en ballottage défavorable qui ne cache pas ses intentions de succéder à François Hollande, avait fermement précisé dimanche soir: "j'en ai assez que la vie politique et notamment celle de mon parti tourne autour de la vie d'un couple", en référence à celui formé par Ségolène Royal et François Hollande.

"Je ne vais pas commenter des propos déplacés", a répondu Ségolène Royal à ces accusations. "Chacun sait que depuis les quinze années et même les vingt années que nous sommes engagés en politique que nous avons chacun notre autonomie politique, nos engagements politiques comme tout responsable politique avec nos différences" et "nos sensibilités".

Lundi 11 juin 2007, 21h25






PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a récusé tout conflit avec le Premier secrétaire du PS sur son appel au MoDem de François Bayrou à se soutenir mutuellement au second tour des élections législatives.

"Il n'y a pas de conflit sur cette question, puisque François Hollande a dit lui-même que là où les candidats du MoDem étaient en situation d'être élus, il fallait aussi que les électeurs socialistes comprennent", a déclaré lundi soir l'ex-candidate socialiste à la présidentielle sur France 2.

Ségolène Royal a justifié son message téléphonique à François Bayrou par le fait qu'elle avait "un contact personnel" avec l'ex-candidat centriste à l'Elysée depuis l'élection présidentielle.

"J'ai laissé un message qui n'attendait pas de conversation particulière. C'est un message en direction des électeurs du MoDem pour dire à François Bayrou que j'appréciais cette vision du pluralisme", a-t-elle expliqué.

Le Premier secrétaire du PS a pris lundi ses distances avec le message téléphonique de Ségolène Royal.

La présidente de la région Poitou-Charentes s'est déployée lundi à Paris, apportant successivement son soutien à Yves Cochet, député Verts en ballottage favorable dans le XIVe arrondissement, et à Sandrine Mazetier, devancée de quelque mille voix par l'UMP Arno Klarsfeld dans le XIIe arrondissement.

Devant les caméras, dans ces deux circonscriptions où le MoDem arrive en troisième position, elle a persisté dans sa stratégie d'ouverture malgré les réticences d'une partie de l'appareil socialiste.

Ségolène Royal sera mardi en campagne dans son fief régional. Mercredi, elle se rendra à Bordeaux pour soutenir Michèle Delaunay, largement devancée par Alain Juppé, avant de reprendre la tournée de ses proches.

Avant le premier tour, Ségolène Royal avait volé au secours d'anciens collaborateurs finalement fragilisés dimanche, comme Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne, devancé de 800 voix dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Selon François Hollande, "on ne peut pas tirer d'enseignement des scores des lieutenants" des uns ou des autres. Mais les résultats des "ségolénistes" compliquent la tâche de celle qui ne cache plus son ambition de prendre la tête du parti, au sein duquel elle ne dispose d'aucun courant.

Un grand nombre de députés acquis à sa cause lui aurait permis à elle, qui ne siègera pas dans la future Assemblée, d'avoir la main haute sur le groupe parlementaire du PS.

A Châteauroux, elle s'affichera donc mercredi aux côtés de son ami Michel Sapin, président de la région Centre et distancé par l'UMP Jean-Yves Hugon.

En fin de journée, elle doit se rendre en Saône-et-Loire, où son ancien porte-parole à la présidentielle, Arnaud Montebourg, a été mis en ballottage par un jeune candidat UMP, Arnaud Danjean.

Le député sortant dispose de moins de 5% de réserve de voix à gauche et lorgne sur les 4,58% du candidat du MoDem, Eric Michoux, arrivé en troisième position dimanche soir.

Jeudi, Ségolène Royal sera dans la matinée à Toulouse puis en baie de Somme dans l'après-midi, à la rescousse de Vincent Peillon, distancé de plus de dix points par son adversaire UMP.

Lundi 11 juin 2007, 23h21




PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn a indiqué mardi qu'il n'était "pas favorable à une alliance de parti" avec les centristes de François Bayrou, proposant plutôt "des débats" permettant "d'avancer sur des positions communes" et d'avoir pour des "élections futures des plates-formes communes".

"Je ne suis pas favorable à un mariage, une alliance de partis" avec François Bayrou, a déclaré l'ancien ministre socialiste des Finances sur Europe 1 en prônant plutôt de "réfléchir à des débats qui permettent d'avancer sur des positions communes et lors d'élections futures d'avoir des plates-formes communes".

"Il faut être ouvert à tout", a-t-il dit, en soulignant qu'il s'agissait "d'attirer les électeurs vers la gauche".

Comme le leader du MoDem avait fait part de son estime pour lui, M. Strauss-Kahn a expliqué qu'il considérait "que l'on peut avoir des positions sur de nombreux points qui sont divergentes et avoir néanmoins de l'estime réciproque". "La politique, ce n'est pas un combat de chats qui s'envoient des injures à la figure. Je trouve respectable la façon qu'a François Bayrou de s'exprimer", a-t-il ajouté en faisant part de son "estime" pour le leader centriste.

Mardi 12 juin 2007, 9h57





PARIS (AP) - Le député socialiste sortant de l'Essonne Julien Dray a regretté mardi que François Bayrou ne donne pas de consigne de vote et a prévenu qu'il devra "trouver des alliés" pour exercer le pouvoir.

"S'il est possible dans un certain nombre de circonscriptions où les députés socialistes ne sont plus en lice de permettre cette diversité, nous le ferons et je pense que la réciproque devrait être vraie", a-t-il expliqué sur France Info. Mais "Il faut qu'il y ait un peu de cohérence".

"A partir du moment où François Bayrou souhaite, comme nous, qu'il y ait un contrepoids démocratique à l'Assemblée nationale, un pluralisme qui s'exerce, une vigilance démocratique, il faut des députés", a noté Julien Dray. "Si on souhaite cela, il faut permettre à un certain nombre de députés de gauche, mais aussi quelques-uns du MoDem, de pouvoir siéger à l'Assemblée".

Ce proche de Ségolène Royal a avancé que "le problème de François Bayrou, c'est qu'il n'a toujours pas tranché une question, il faudra bien qu'il le fasse: s'il est candidat à exercer des responsabilités dans le pays, il faudra bien qu'il trouve des alliés, il faudra bien qu'il exerce le pouvoir avec quelqu'un", a-t-il lancé. "Il ne peut pas être dans un splendide isolement et attendre que tout le monde vienne à lui", a analysé le député socialiste de l'Essonne.

Quant à la proportionnelle, Julien Dray a estimé qu'"il faudra changer le mode de scrutin" pour que "le pluralisme puisse s'exprimer et que toutes les forces politiques démocratiques puissent siéger à l'Assemblée nationale".

Mardi 12 juin 2007, 10h35



Strauss-Kahn : "le Parti socialiste tire à hue et à dia"

PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn a déploré mardi sur Europe 1 que le "Parti socialiste tire à hue et à dia" en jugeant nécessaire de "refonder" le parti.

Comme on lui demandait si Ségolène Royal engageait le PS en téléphonant la veille au président du MoDem, François Bayrou, l'ancien ministre socialiste a répondu: "elle engageait elle-même, mais il faut cesser les mascarades".

"Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, le Parti socialiste tire à hue et à dia, et donc personne n'engage véritablement le Parti socialiste plus qu'un autre".

"Les décisions ne sont malheureusement plus collectives, c'est pour cela qu'il faut refonder le Parti socialiste, recréer l'unité", a ajouté M. Strauss-Kahn.

Invité à dire si Mme Royal était le véritable patron du PS, M. Strauss-Kahn a répliqué que la question n'était "pas gentille pour François Hollande" et souligné que le PS avait "besoin de tourner les pages".

Pour lui, "si les socialistes veulent reconquérir une audience dans le pays, il faut être capable de s'adapter à un monde qui a changé". "Le pire, a-t-il dit, serait qu'on s'endorme dans un petit réduit. Il faut être capable de débattre entre nous".

M. Strauss-Kahn a expliqué qu'il fallait "commencer par les idées et ensuite les hommes". S'agissant des hommes, il a jugé qu'il "fallait faire monter" la génération "des 30-35 ans" qui sera "capable de s'opposer aux équipes de Nicolas Sarkozy dans cinq ans".

Concernant les idées, il a estimé que le PS devait "trancher les questions". "Le problème, c'est qu'on se contente de dire que le monde ne nous plaît pas comme ça mais qu'on ne dit pas comment nous voudrions que le monde soit", a-t-il dit.

Il a cité le dossier des retraites, reprochant au PS de ne pas avoir "proposé sa propre réforme des retraites".

Dans une critique voilée du numéro un du PS, il a dénoncé la recherche "d'équilibres instables". "Il faut ne pas avoir peur parfois de faire apparaître une majorité et une minorité au sein du Parti socialiste et avancer", a-t-il recommandé.

François Hollande s'est vu souvent reprocher de rechercher le consensus à tout prix pour ne pas avoir à trancher.

Mardi 12 juin 2007, 12h31




PARIS (AP) - Critiquée en interne après son coup de téléphone à François Bayrou en vue du second tour des législatives, Ségolène Royal a essuyé mardi un camouflet avec le refus du fondateur du MoDem de donner suite à son appel. Si certains au PS y voient l'échec de la main tendue au centre, les "ségolénistes" persistent.

Oublié le "bout de chemin" qu'ils voulaient faire ensemble. Très attaché à son indépendance, François Bayrou a rejeté l'appel de son ex-rivale et ne l'a pas recontactée pour éviter "toute ambiguïté". "Il n'y a pas besoin de négociation avec le PS, avec l'UMP", a-t-il justifié mardi. "Je ne donnerai pas de consigne de vote".

Le leader du MoDem n'entend pas se faire satelliser par le PS, et encore moins se faire instrumentaliser par une adversaire potentielle pour la présidentielle 2012. Il a déjà payé le prix fort -avec la scission de l'UDF- pour avoir débattu avec Ségolène Royal entre les deux tours de la présidentielle, et pour avoir appelé à ne pas voter Sarkozy.

Pour certains au PS, ce refus consacre l'échec de la main tendue au centre et les idées de coalition "arc-en-ciel" de Ségolène Royal, qui n'avait pas exclu des ministres UDF. Et ce d'autant que les législatives sont marquées par une nette rebipolarisation.

"Je savais qu'il n'y avait pas de négociation à ouvrir avec le parti de M. Bayrou (...) Il n'y a pas de surprise", a commenté, un rien donneur de leçons, François Hollande, qui a exclu tout accord ou désistement. Ségolène Royal, elle, s'est défendue en expliquant que son "message" s'adressait surtout aux "électeurs du MoDem".

"Apparemment, Bayrou ne veut pas se marier", ironisait un élu socialiste sous couvert d'anonymat. "Quand on se fait répondre deux fois non, je suggère de ne pas insister", conseillait Benoît Hamon, porte-parole du PS.

"Il n'y a pas lieu d'avoir de combinaison" entre "les responsables" et "les appareils", a tancé l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. "C'est aux électrices et aux électeurs de décider".

D'autres invitaient Ségolène Royal à tirer les leçons de ce refus et à cesser de jouer les francs-tireuses. "Personne n'engage plus le PS qu'un autre", a grondé Dominique Strauss-Kahn, hostile à tout "mariage" ou "partenariat" avec le MoDem. "Le PS tire à hue et à dia", s'est-il désolé, "les décisions ne sont plus collectives".

Mais DSK, à qui François Bayrou a redit mardi son "estime", n'a pas fermé la porte à des "débats" avec le MoDem pour aller vers des "plates-formes communes" lors "d'élections futures".

Les "ségolénistes", eux, ne désarment pas. "Le problème de François Bayrou, c'est qu'il n'a toujours pas tranché une question (...) S'il est candidat à exercer des responsabilités dans le pays, il faudra bien qu'il trouve des alliés", a souligné Julien Dray. Le PS doit soutenir "clairement" les candidats MoDem face à l'UMP car "l'heure n'est pas à jouer la citadelle assiégée et la défense de concepts politiques dépassés", a lâché Malek Boutih, jugeant "les bases d'une nouvelle alliance politique réunies".

En déplacement électoral à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime), Mme Royal a défendu son geste. "Moi, je souhaite vraiment que la vie politique se modernise, devienne plus simple et qu'on puisse téléphoner à des personnalités politiques avec lesquelles on essayera demain peut-être de construire des convergences nouvelles". Et d'ironiser: "Ca serait bien que, de temps en temps, la politique soit simple comme un coup de fil (...) Il n'y a vraiment qu'en France où la politique est tellement rigide qu'un coup de téléphone défraie la chronique et fait la une des journaux".

Mardi 12 juin 2007, 18h38




PARIS (AFP) - Le Bureau national du PS, "unanime", a refusé mardi la stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou proposée la veille par Ségolène Royal, a affirmé un porte-parole du parti, Benoît Hamon.

"Le Bureau national a été unanime sur la question des rapports avec le MoDem: on n'est pas dans une discussion d'appareil", a déclaré le secrétaire national.

Ségolène Royal avait contacté lundi François Bayrou, fondateur du MoDem, pour explorer les possibilités d'accords locaux de désistements entre le PS et le parti centriste en vue du second tour des élections législatives, dimanche prochain.

François Bayrou n'avait pas donné suite, ne répondant pas au message téléphonique que lui avait adressé l'ex-candidate à la présidentielle. Il a déclaré mardi qu'il ne donnait "pas de consigne de vote" pour le second tour là où les candidats du MoDem sont absents du second tour.

La réunion hebdomadaire du Bureau national a été marquée, selon plusieurs participants, par "une intervention solennelle" de Pierre Mauroy. L'ancien Premier ministre a déclaré devant ses camarades que la stratégie des alliances du PS relevait "des instances du parti et du premier secrétaire, et de personne d'autre", a rapporté Benoît Hamon.

Mardi 12 juin 2007, 20h17




PARIS (Reuters) - Le Bureau national du Parti socialiste a rejeté mardi soir la nouvelle ouverture au centre tentée par Ségolène Royal avant le deuxième tour des législatives.

A l'unanimité, l'instance a rappelé la position officielle consistant à se maintenir partout où le candidat PS est qualifié pour dimanche prochain et à recommander aux électeurs de favoriser le pluralisme dans les autres cas, a expliqué Benoît Hamon lors d'un point de presse à l'issue de la réunion désertée par de nombreux responsables, en campagne sur le terrain.

Dans la matinée, afin "d'éviter toute ambiguité", François Bayrou avait expliqué qu'il ne rappellerait pas l'ex-candidate à l'Elysée qui lui avait laissé un message la veille. Dans la foulée, le fondateur du MoDem a annoncé ne donnerait aucune consigne de vote.

François Hollande dit ne pas être étonné de la décision de François Bayrou, rappelant sa compagne à l'ordre indirectement.

"Je savais qu'il n'y avait pas de négociation à ouvrir avec le parti de M. Bayrou (...) parce que M. Bayrou lui-même est dans une stratégie (...) qui est de ne pas faire d'alliance ni avec l'UMP ni avec le Parti socialiste", a expliqué le premier secrétaire sur LCI.

"Il n'y a pas lieu d'avoir de combinaisons sur ce point entre les responsables, entre les appareils", a renchéri Laurent Fabius lors du point presse de campagne quotidien du PS. "Nous nous sommes adressés de façon suffisamment claire aux électeurs pour qu'ils puissent trancher", a souligné l'ancien Premier ministre.

Bien que quasi-unanime, cette levée de boucliers internes a inspiré un commentaire en forme de pirouette à la présidente de Poitou-Charentes, en campagne mardi dans sa région pour soutenir des candidats aux législatives.

"Ce serait bien que, de temps en temps, la politique soit simple comme un coup de fil", a-t-elle plaisanté, défendant de nouveau son cavalier seul.

"Moi, je souhaite vraiment que la vie politique se modernise, devienne plus simple et qu'on puisse téléphoner à des personnalités politiques avec lesquelles on essayera demain peut-être de construire des convergences nouvelles", a expliqué Ségolène Royal.

PARTI A DEUX TETES

Son "conseiller spécial" dans la course à la présidentielle, Julien Dray, a été l'un des seuls responsables socialistes à regretter le geste du fondateur du MoDem, semblant poser du même coup des jalons pour l'avenir.

"Il faudra bien qu'il trouve des alliés. Il faudra bien qu'il exerce le pouvoir avec quelqu'un. Il ne peut pas être dans un splendide isolement et attendre que tout le monde vienne à lui", a expliqué le député sortant de l'Essonne sur France Info.

Lundi, l'initiative de Ségolène Royal, qui rejouait là sa stratégie de l'entre-deux tours présidentiels, avait donné l'impression d'un parti à deux têtes: ex-candidate d'un côté et premier secrétaire contraint à faire de la pédagogie a posteriori sur la ligne officielle du parti.

Un sentiment conforté mardi soir par un lapsus de Patrick Bloche, premier secrétaire fédéral de Paris. "François Hollande a rappelé sa position... enfin, la position du PS", a-t-il déclaré devant les grilles de la rue de Solférino.

Forte de ses 17 millions de voix au soir du 6 mai, Ségolène Royal "garde une forme de légitimité mais en ce qui concerne la ligne du parti, c'est le premier secrétaire", a prévenu de son côté Pierre Mauroy à son arrivée au Bureau national.

Devant ses pairs, l'ancien Premier ministre a persisté. "Les questions de stratégie sont débattues dans les instances du PS", a-t-il martelé.

"Et pas sur les plateaux de télévision ou sur la scène publique pour faire entendre un son de cloche personnel", complète un responsable socialiste au sortir de la réunion, prédisant une "grande explication" avec l'ex-candidate présidentielle au lendemain des législatives.

Aux yeux de ce "quadra", la main tendue au MoDem par Ségolène Royal est un "coup de billard à quinze bandes pour plus tard", la présidente de Poitou-Charentes ne faisant pas mystère de ses ambitions à la tête du PS.

Mardi 12 juin 2007, 21h10




PARIS (AFP) - Le Bureau national du PS, "unanime", a refusé mardi la stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou proposée la veille par Ségolène Royal, a affirmé un porte-parole du parti, Benoît Hamon.

"Le Bureau national a été unanime sur la question des rapports avec le MoDem: on n'est pas dans une discussion d'appareil", a déclaré le secrétaire national.

Ségolène Royal a affirmé mercredi qu'elle n'était pas "dans des stratégies d'alliance" avec le MoDem mais simplement dans "des logiques de simplicité des relations humaines dans la politique". (...) Il n'y a pas de négociation entre appareils et de désistement organisé", a déclaré l'ex-candidate à la présidentielle sur RMC et BFM TV.

Alors que son initiative d'appeler lundi François Bayrou pour évoquer le second tour des législatives a été désavouée mardi par le Bureau national du PS, Mme Royal a déploré "une tempête dans un verre d'eau", "une affaire disproportionnée par rapport à la réalité". "Il faut en finir avec ces petites zizanies, parce que cela dessert nos candidats sur le terrain", a-t-elle ajouté.

Mme Royal a justifié son coup de téléphone au leader centriste. "Quand je vais dans les circonscriptions, je lance un appel aux électeurs du MoDem, c'était la moindre des choses que je prenne contact avec François Bayrou", a-t-elle expliqué. Ségolène Royal avait contacté lundi François Bayrou, fondateur du MoDem, pour explorer les possibilités d'accords locaux de désistements entre le PS et le parti centriste en vue du second tour des élections législatives, dimanche prochain, et poursuivre la recherche de "convergences" pour l'avenir.

François Bayrou n'avait pas donné suite, ne répondant pas au message téléphonique que lui avait adressé l'ex-candidate à la présidentielle. Il a déclaré mardi qu'il ne donnait "pas de consigne de vote" pour le second tour là où les candidats du MoDem sont absents du second tour.

Selon Benoît Hamon, l'instance dirigeante du parti, dont c'était la réunion hebdomadaire, a approuvé la position du premier secrétaire qui avait invité les électeurs socialistes à "favoriser le pluralisme" - autrement dit à voter MoDem - dans les quatre circonscriptions où le choix du second tour se limite à la présence d'un candidat UMP et d'un candidat MoDem. "La position du PS ne dépasse pas cet encouragement", a ajouté le porte-parole.

La réunion du Bureau national a été marquée, selon plusieurs participants, par "une intervention solennelle" de Pierre Mauroy, qui avait été un soutien précoce de Ségolène Royal, officialisant son soutien à sa candidature à l'investiture socialiste à la fin septembre 2006. L'ancien Premier ministre a déclaré devant ses camarades que la stratégie des alliances du PS relevait "des instances du parti et du premier secrétaire, et de personne d'autre", a rapporté Benoît Hamon. Il a aussi fait valoir que "l'élection qui se joue dimanche n'est pas celle d'une personne".

Outre le numéro un du parti François Hollande, Bruno Le Roux et Louis Mermaz, autres amis de Mme Royal, sont allés dans le même sens que l'ex-maire de Lille. Selon M. Mermaz, un mitterrandiste historique cité par Benoît Hamon, "il faut cesser de croire qu'on vit une expérience politique originale". Il a rappelé que le leader centriste des années 60 Jean Lecanuet avait dit partager une même conception des institutions que François Mitterrand, tout en ayant été un adversaire constant des socialistes.

La réunion du Bureau national s'est déroulée d'autant plus calmement qu'aucune voix ne s'est fait entendre pour s'exprimer dans le sens contraire. Les plus proches de Ségolène Royal, comme François Rebsamen et Julien Dray, étaient absents. Ont également pris part à la discussion, entre autres, Claude Bartolone (courant Fabius), Michèle Sabban (Strauss-Kahn), Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, figures de la gauche du PS.

Selon Benoît Hamon, la position du Bureau national "est la seule qui vaille". "Le fait de l'avoir exprimée est utile, après les hésitations de lundi".

Mercredi 13 juin 2007, 9h09





PARIS (Reuters) - Ségolène Royal affirme qu'elle n'est pas "dans des stratégies d'alliance" avec le MoDem, estimant que les remous internes provoqués au Parti socialiste par son appel à François Bayrou sont une "tempête dans un verre d'eau".

"Je crois que c'est tempête dans un verre d'eau que cette histoire", a déclaré l'ex-candidate socialiste à la présidentielle sur RMC au lendemain du rappel à l'ordre du Bureau national du PS qui a réaffirmé la ligne "pas d'accord, pas de désistement" en faveur du MoDem entre les deux tours des législatives.

"Cette affaire est disproportionnée par rapport aux choses plus graves qui se passent dans notre pays (...) Il faut en finir avec ces petites zizanies parce que cela dessert nos candidats sur le terrain le PS », a-t-elle ajouté.

"Je ne suis pas dans des stratégies d'alliance. Je suis dans des logiques tout simplement de simplicité des relations humaines dans la politique (...) Il n'y a pas de négociation entre appareils et de désistement organisé", a fait valoir la présidente de Poitou-Charentes.

Elle a justifié le message téléphonique qu'elle avait laissé au fondateur du MoDem par "correction humaine".

"Je considère et je continuerai à la faire que lorsque je vais dans un territoire faire un appel aux électeurs du MoDem, la moindre des choses par correction humaine c'est de prendre un contact avec François Bayrou".

Mercredi 13 juin 2007, 10h21





PARIS (AFP) - Le socialiste Manuel Valls a estimé mercredi qu'il n'est "pas concevable" que François Hollande reste premier secrétaire jusqu'au congrès du PS prévu à l'automne 2008.

Le député sortant de l'Essonne a souhaité sur RTL que François Hollande s'efface après les législatives pour "mettre en place une direction collégiale". Qu'il reste numéro un du parti "ne me paraît pas concevable", a-t-il dit.

Interrogé sur le rôle futur de Ségolène Royal, Manuel Valls a estimé qu'"aujourd'hui, il n'y a pas un leader qui s'impose" au PS. "On ne s'autoproclame pas leader. Un leadeship, cela se construit. Un parti, cela se respecte", a-t-il poursuivi.

Le maire d'Evry avait déclaré dimanche soir "en avoir assez que la vie de son parti tourne autour de la vie" du couple Hollande-Royal. Il a estimé mercredi que ce "coup de gueule ne semble pas avoir été démenti par les faits, ni entendu", dans une allusion aux divergences entre le premier secrétaire et l'ex-candidate à la présidentielle sur l'attitude à avoir face au MoDem. "Cela perturbe beaucoup de nos candidats", a-t-il ajouté, en évoquant de "la colère" parmi ces derniers ainsi que chez les militants.

Manuel Valls a plaidé pour "une vraie collégialité" au sein du PS. "Il faut retrouver les formes de travail collectif qui n'existent plus au Parti socialiste, dépasser ces clans, ces courants, ces écuries présidentielles", a-t-il dit. Selon lui, le PS est face à "une triple crise" : "crise de projet, crise de stratégie, d'alliance, mais aussi crise de leadership".

Mercredi 13 juin 2007, 8h59

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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 10:25
Comme c’était à craindre, le Modem s’est effondré tant en voix qu’en sièges à l’occasion du premier tour des élections législatives du 10 juin 2007. L’expression du visage de François Bayrou le soir du 10 juin 2007 était assez transparente pour voir que l’échec a été plus prononcé que prévu.

Certes, nouveau parti, revendiquant 80 000 adhésions, le Modem n’a obtenu aucun élu au premier tour et seuls six candidats centristes peuvent se maintenir au second tour, avec deux ballottages favorables : François Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean-Christophe Lagarde à Bobigny, Jean Lassalle aussi dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Cavada à Saint-Maur les Fossés, Élisabeth Doineau en Mayenne, et Thierry Benoît en Ille-et-Vilaine.

Il est pourtant arrivé en troisième position en voix au niveau national, récoltant 7,6% (soit presque deux fois plus qu’en 2002) et près de deux millions de voix.

Dans beaucoup de circonscriptions, le candidat du Modem se trouve entre 10 et 16%, ce qui parfois est un beau score (notamment au sud Seine-et-Marne et en Isère), mais insuffisant pour rester au second tour (notamment Marielle de Sarnez qui lui a manqué quelques centaines de voix pour se maintenir).

Mais contrairement à ce qu’imaginait François Bayrou au soir du premier tour de l’élection présidentielle, cinq de ses sept millions d’électeurs ne lui ont pas renouvelé leur confiance sur ce nouveau terrain électoral.

Selon un sondage, un tiers des électeurs de Bayrou se seraient abstenus, un peu plus d’un cinquième auraient choisi un candidat du Modem, une quinzaine de pourcents un candidat de la majorité présidentielle et un peu moins un candidat socialiste.

Je me propose d’analyser les causes ou plutôt, les mauvaises causes évoquées depuis le soir du 10 juin 2007, de l’échec électoral (prévisible) du Modem.

Le mode de scrutin

Certains ont évoqué à de nombreuses reprises que le scrutin majoritaire uninominal à deux tours était un élément majeur d’empêcher le Centre de tourner en rond.

Certes, un effet mécanique avantage les grands partis bien implantés et ayant beaucoup de moyens sur le terrain face à des partis qui réussissent parfois à avoir une forte audience au niveau national mais sans structure élaborée au niveau local : ainsi le Front National fait systématiquement moins de voix que dans les scrutins proportionnels ou présidentiels, alors que le PCF, au contraire, bien structuré, en fait plus.

Et pourtant, ce sont les électeurs qui votent et l’effet mécanique non négligeable n’est pas la cause de tout. En effet, en juin 1997, le Front National avait réussi à se maintenir au second tour dans de nombreuses circonscriptions, engendrant des triangulaires qui ont souvent favorisé le candidat socialiste face au candidat chiraquien.

Or, c’était justement sur cette capacité sinon de nuisance du moins d’existence que François Bayrou comptait pour imposer son idée d’un grand Centre autonome. Mais à condition que les sept millions d’électeurs du 22 avril le suivissent dans ses circonvolutions : débat télévisé inédit avec Ségolène Royal alors qu’il ne pouvait plus se maintenir au second tour, et refus total d’alliance pour les élections législatives.

Le calendrier électoral inversé

Encore des propos qui n’ont pas beaucoup de sens. Certains ont dit en effet que le calendrier a été inversé et qu’il faudrait le remettre à l’endroit : les élections législatives avant l’élection présidentielle.

Certes, ce débat peut être intéressant, mais dans l’histoire de la Ve République, jamais des élections législatives n’ont précédé de quelques semaines une élection présidentielle. Par conséquent, le calendrier n’a jamais été ‘à l’envers’ mais n’est que dans l’ordre logique de l’esprit de la constitution.

Le problème était que la Constitution prévoyait que dans tous les cas, les députés devaient être renouvelés au mois de mars, même si, comme en 1997, ils avaient été élus en juin cinq années avant.

Cette modification mineure ne faisait en fait que conforter une pratique déjà bien ancrée depuis François Mitterrand : des élections législatives succédant immédiatement à l’élection présidentielle afin d’apporter au Président élu une majorité présidentielle. Ce fut le cas en juin 1981, en juin 1988, et, suite à la réforme, en juin 2002. Pour les deux premiers cas, il a fallu une dissolution de l’Assemblée Nationale pour permettre ce calendrier.

En instituant le quinquennat (contre lequel j’avais voté en septembre 2000), il était logique, à partir du moment où on ne modifiait pas la durée d’une législature, de faire précéder l’élection présidentielle des élections législatives.

Ce calendrier a-t-il été la cause d’une abstention massive pour ce premier tour, et donc à des manques de voix pour les candidats du Modem ?

À mon sens, les électeurs ont surtout estimé que les jeux étaient déjà faits dès le 6 mai 2007, et ils ont donc montré leur acceptation pleine et entière du principe de la Ve République qui a presque toujours placé le Président de la République en clef de voûte de l’action gouvernementale (sauf en cas de cohabitation).

La bipolarisation artificielle

Le mode de scrutin majoritaire engendrerait une bipolarisation que les électeurs refuseraient. Cet argument souvent employé par François Bayrou ne me paraît pas convaincant non plus.

En effet, rien n’empêchait les électeurs de refuser cette bipolarisation en refusant de voter UMP et PS à ce premier tour. Ils ne l’ont pas fait. En fait, ce sont surtout les électeurs qui ont décidé de cet état du paysage politique, pas la bipolarisation des institutions. Ce paysage avait été beaucoup plus morcelé, notamment en juin 1988 où aucune majorité absolue n’avait été atteinte, ce qui a permis d’ailleurs à François Mitterrand de gouverner avec encore moins de concertation avec le PS.


Les principales raisons de l’échec législatif du Modem, à savoir, de l’incapacité du Modem à rassembler le maximum de voix qui s’étaient porté sur la candidature de François Bayrou, sont à mon avis doubles.

Le discours du Modem

Les arguments de campagne avancés par le Modem ont été souvent l’autonomie qu’auront les futurs députés du Modem : votant oui si le projet de loi est bien, disant non si le projet de loi n’est pas bien. Certes, c’est ce qu’on demande en général d’un parlementaire, mais cette pratique est rare en raison de l’absence d’autonomie du député : soit godillot dans la majorité, soit en obstruction systématique dans l’opposition.

Mais ce n’était pas suffisant pour voter pour ce parti. En effet, comme le PS qui argumentait aussi sur le risque (plus que réel) de trop grande hégémonie de l’UMP, cela ne dit absolument pas aux électeurs quel est son projet gouvernemental.

La raison est assez simple, puisque la victoire de l’UMP était déjà acquise par tous les partis avant le premier tour. Donc réexposer, après la campagne présidentielle, un projet pouvait sembler inutile.

Mais c’est normal qu’un tel discours n’attire pas les électeurs qui sont surtout dans du concret, or pendant cette campagne des législatives, seul l’UMP a avancé des propositions concrète, reprenant évidemment celles du candidat Nicolas Sarkozy.

Les propos de François Bayrou renforcent cette impression messianique : selon lui, seul le Modem aurait la Vérité, et qu’il vaut mieux perdre les élections et rester fidèle à ses idées. Bien sûr que c’est vaillant et courageux, une telle approche, mais c’est une approche intellectuelle et pour le moins très peu politique, ce qui est étonnant de la part d’un leader qui baigne dans la politique depuis trente ans.

Ce que les électeurs peuvent lui reprocher, c’est que ‘ses idées’, sur un projet gouvernemental, elles ont été peu audibles pendant la campagne des législatives.

L’indépendance totale du Modem

L’absence de discours sur un vrai programme de gouvernement s’est couplé d’une stratégie qui, je l’avais dit, a amené le Modem dans le mur. Stratégie qui, sur le papier, était intéressante seulement en position de force : absence totale de dépendance vis-à-vis d’un autre parti, UMP ou PS.

Cette stratégie suicidaire, la plupart des députés UDF sortants l’avaient refusée en fondant un pseudo-parti (le PSLE devenu Nouveau Centre) afin de conserver la stratégie qui avait toujours été la leur, à savoir rester des alliés, exigeants, de l’UMP. Leur électorat était d’ailleurs de cet avis puisque ceux-ci ont été réélus (pour six d’entre eux) au premier tour ou vont sans doute l’être au second tour (et cela malgré la présence systématique de candidats du Modem contre eux).

Maurice Leroy, qui regrettait l’impasse dans laquelle s’est placé son ancien ami François Bayrou, expliquait que c’était de la folie de refuser des alliances électorales. Que le système actuel le nécessitait et que cela n’enlevait rien à l’autonomie d’un parti, prenant pour exemple le PCF qui, malgré le très faible score de Marie-George Buffet (un dixième de celui de François Bayrou), devrait avoir près de cinq fois plus de députés.

Maurice Leroy expliquait aussi que les députés UDF sortants pourraient ainsi former un groupe à l’Assemblée Nationale et garderaient une vision autonome face au gouvernement de François Fillon. Leur influence au cours de la législature qui s’annonce sera nettement plus efficace que celle du Modem (je rappelle que les idées politiques des deux, leur vision politique sur le fond sont similaires, puisque largement unis au cours de la campagne présidentielle).

Et puis, je ne m’explique toujours pas cette incohérence de vouloir rassembler le plus grand nombre et de refuser toute alliance politique. C’est désormais factuel : le Modem ne sera pas la grande formation qui rénovera la vie politique. Les électeurs en ont décidé autrement : c’est l’UMP et Nicolas Sarkozy qui, pendant cinq ans, vont réformer profondément la société.

Qu’on le veuille ou pas. Mais l’accepter, c’est respecter la démocratie.

Sylvain Rakotoarison

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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 10:25
Inscrits : 43 888 779
Votants : 26 524983 (60,44%)
Exprimés : 26 023 052 (59,29%)
Abstention : 17 363 796 (39,56%)
Blancs et nuls : 501 931 soit 1,14% des inscrits

EXG (Extrême gauche) : 887 887 (3,41%)
PCF (Communiste) : 1 115 719 (4,29%)
PS (Socialiste) : 6 436 156 (24,73%)
PRG (Radical de Gauche) : 343 580 (1,32%)
DVG (Divers Gauche) : 513 457 (1,97%)
V (Verts) : 845 884 (3,25%)

ECO (Ecologistes) : 208 465 (0,80%)
REG (Régionalistes) : 131 585 (0,51%)
CPNT (Chasse Pêche Nature Traditions) : 213 448 (0,82%)
DIV (Divers) :  267 987 (1,03%)
Modem (UDF-Mouvement Démocrate) : 1 981 121 (7,61%)

MAJ (Majorité Présidentielle) :  616 443 (2.37%)
UMP (Union pour un Mouvement Populaire) : 10 289 028 3(9,59%)
MPF (Mouvement Pour la France) : 312 587 (1,20%)
DVD (Divers Droites) : 641 600 (2,47%)
FN (Front National) : 1 116 005 (4,29%)
EXD (Extrême Droite) : 102 100 (0,39%)







(Dépêches)


Nombre record d'élus "majorité présidentielle" au premier tour

PARIS (Reuters) - Un nombre record de candidats à l'élection législative a été élu ou réélu dès le premier tour, dimanche.

Au total, 110 candidats ont été élus à l'Assemblée nationale ou ont conservé leur siège de député, et non pas 105 comme l'avait annoncé le ministère de l'Intérieur dans la nuit de dimanche à lundi dans son tableau "résultats définitifs".

Un seul socialiste a été réélu, Michel Lefait, dans la 8e circonscription du Pas-de-Calais.

A droite, 99 UMP ont été élus ou réélus, de même que le divers droite Nicolas Dupont-Aignan ("souverainiste"), deux Mouvement pour la France (MPF de Philippe de Villiers) et sept du Nouveau Centre, ex-UDF, dont son chef de file, Hervé Morin, ancien président du groupe UDF au Palais-Bourbon et maintenant ministre de la Défense.

Sur ces 110 élus du premier tour, précisent les services de l'Assemblée, on compte 93 députés sortants - dont 11 femmes -, cinq députés élus pour la première fois et douze anciens députés dont une femme.

Sur les 11 membres du gouvernement qui étaient en lice, sept ont été élus ou réélus dont François Fillon, le Premier ministre. Quatre ministres sont en ballottage, dont Alain Juppé, le numéro deux du gouvernement, en Gironde.

Lundi 11 juin 2007, 11h28





Le maire de Toulouse en ballotage favorable dans sa ville

TOULOUSE (Reuters) - Le maire apparenté UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a recueilli dimanche soir 38% des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives sur la première circonscription de la Haute Garonne.

Succédant à ce siège à l'ancien ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, Jean-Luc Moudenc était opposé pour ce scrutin à une candidate socialiste, Catherine Lemorton, pharmacienne dans le centre ville de Toulouse, qui a recueilli de son côté 32% des suffrages.

Le candidat MoDem sur cette circonscription du centre-ville, traditionnellement réservée aux maires de Toulouse, a obtenu pour sa part 9,3% des suffrages.

La circonscription était l'apanage de la famille Baudis depuis 1973, le fils, Dominique, ayant succédé à son père, Pierre, avant que Philippe Douste-Blazy n'hérite de ce fauteuil en 2002.

"J'arrive en tête au soir de ce premier tour mais ce n'était pas du tout évident. C'est donc une bonne surprise pour moi", a déclaré à Reuters Jean-Luc Moudenc.

"Rien n'est joué pour le second tour, et j'aurai besoin des voix de l'ensemble de la majorité. Mais le vote de ce soir a prouvé, déjà, que les Toulousains ont compris que leur maire allait les défendre à et qu'il y a une nécessité pour eux à avoir un maire à Paris".

Le candidat MoDem sur cette circonscription emblématique de la Haute-Garonne, Me Jean-Luc Forget, ancien bâtonnier du barreau de Toulouse, ne se faisait "aucune illusion" à la veille de ce premier tour, précisant que "dans ce métier, la politique, c'est la fidélité qui peut dresser un vrai chemin".

Lundi 11 juin 2007, 8h11




Azouz Begag ne jouera pas les arbitres à Lyon

LYON (Reuters) - Azouz Begag, qui voulait être "le premier député issue de l'immigration élu à l'Assemblée nationale", a raté son pari dimanche.

Candidat de l'UDF-Modem dans la troisième circonscription de Lyon, il n'aura finalement pas réussi à jouer les arbitres au sein du traditionnel duel droite-gauche incarné par deux professeurs de médecine réputés, le député UMP sortant Jean-Michel Dubernard et son challenger socialiste le professeur Jean-Louis Touraine, adjoint au maire de Lyon.

Avec 14,7% des suffrages, l'ancien ministre de la Promotion de l'égalité des chances du gouvernement de Villepin est arrivé en troisième position sans avoir la possibilité de se maintenir.

Dimanche soir, celui qui nourrit, depuis son arrivée au gouvernement, une profonde inimitié envers Nicolas Sarkozy, a appelé à voter en faveur du candidat socialiste. "J'appelle à voter pour un médecin qui ne s'appelle pas Dubernard", a-t-il lancé sous forme de boutade. "Ça ne sert à rien de voter Dubernard", a-t-il poursuivi, "à rien du tout, il n'est jamais là, il est toujours à Paris".

Avec 40% au premier tour, même si sa réélection n'est pas franchement menacée, le professeur Dubernard, élu depuis 21 ans dans cette circonscription, voit d'un mauvais oeil ce soutien centriste en faveur de son adversaire.

Après les résultats du premier tour, il a appelé ses électeurs à soutenir par leur vote, l'action du gouvernement. "Ce soutien va d'abord au projet et à l'action du président de la République, qui annoncent les changements souhaités par les Français et les françaises » a déclaré le député sortant.

Azouz Begag, qui a soutenu activement la campagne présidentielle de François Bayrou, dit regarder aujourd'hui l'horizon 2012. "Ce qui est important, c'est de porter nos valeurs jusqu'aux prochaines élections", considère-t-il.

Il a également commenté les résultats au niveau national en raillant la victoire annoncée de l'UMP. "Dans les pays qui sont véritablement victimes de tsunamis, les gens s'enfuient, à commencer par les éléphants qui sentent bien venir les choses".

Lundi 11 juin 2007, 8h05


Arrivée à l'Assemblée des députés élus au premier tour

PARIS (Reuters) - Les premiers des 110 élus du premier tour de l'élection législative sont arrivés à l'Assemblée nationale pour procéder à leur enregistrement.

L'UMP Bernard Gérard, élu pour la première fois à la députation, s'est présenté le premier vers 09h30, une demi-heure après l'ouverture du service d'accueil mis en place pour les recevoir. Elu dans la 9e circonscription du Nord, il remplace l'UMP Patrick Delnatte qui ne se représentait pas.

Est arrivé ensuite Bernard Accoyer, président du groupe UMP, réélu en Haute-Savoie, qui brigue la présidence de l'Assemblée.

Les élus du premier tour doivent d'abord passer sous une tente installée pour l'occasion dans la Cour d'honneur où ils devaient décliner leur identité.

Les nouveaux élus, c'était le cas de Bernard Gérard, doivent ensuite se rendre à la bibliothèque, les autres, ceux qui ont été réélus, bénéficiant d'une procédure simplifiée.

Des tables ont été installées pour eux dans des salles proches de l'hémicycle où il leur faut remplir des formulaires, dont une déclaration de patrimoine.

Puis tous sont invités à aller dans un bureau transformé pour l'occasion en studio photo pour y subir une séance de photographies d'identité destinées à l'établissement de leurs documents officiels.

Les députés se voient ensuite remettre la fameuse mallette de cuir contenant la panoplie du représentant du peuple : écharpe, cocarde et insigne - le "barométre" - tricolores, le règlement de l'Assemblée, un vade-mecum du député et des agendas.

Les divers documents encombrants ont été remplacés par une clé USB.

Au lendemain du second tour, le 17 juin, lorsque les 577 sièges de députés auront été pourvus, les groupes se réuniront pour procéder à l'élection de leur président et de leur bureau.

C'est le mardi 26 juin, jour de l'ouverture de la XIIIe législature, que les députés procéderont à l'élection de leur président en séance dans un hémicycle qui a été rénové.

Le nombre de députés élus ou réélus au premier tour n'est pas de 105 comme l'avait annoncé le ministère de l'Intérieur dans la nuit de dimanche à lundi mais de 110.

Un socialiste a été réélu, Michel Lefait, ainsi que 99 UMP, un divers droite (Nicolas Dupont-Aignan), deux Mouvement pour la France (MPF de Philippe de Villiers) et sept ex-UDF qui ont créé le Nouveau Centre, dont Hervé Morin, ministre de la Défense.

Lundi 11 juin 2007, 11h48


Sarkozy en passe de réussir son pari de "large majorité" à l'Assemblée

PARIS (AFP) - Cinq semaines après son élection à l'Elysée, Nicolas Sarkozy était en passe dimanche de réussir son pari d'obtenir "une large majorité" pour mener à bien ses réformes, puisque l'UMP devrait remporter une écrasante victoire à l'Assemblée.

Au soir du premier tour des élections législatives, l'Union pour un mouvement populaire et ses alliés obtiendraient une très large victoire, avec 383 à 501 des 577 sièges de l'Assemblée, le PS et ses alliés étant crédités de seulement 60 à 185 sièges, selon les projections des instituts de sondages.

Si ces résultats se confirmaient dimanche prochain, au soir du second tour, l'UMP, que M. Sarkozy avait présidé de novembre 2004 à mai 2007, obtiendrait encore plus de sièges que lors de la législature précédente (364 députés).

Ces élections sont d'autant plus cruciales pour Nicolas Sarkozy qu'il a promis aux Français un ambitieux programme de réformes, économiques, sociales, fiscales, environnementales, institutionnelles...

"Parce que les changements seront forts, j'ai besoin d'une large majorité", avait expliqué il y a quelques jours le chef de l'Etat.

Preuve de l'importance que revêt pour lui ce scrutin: le 29 mai, fait rare pour un président de la République, il s'était impliqué personnellement dans la campagne en animant une "réunion républicaine" au Havre. Il avait alors lancé cet appel: "Françaises, Français, je vous demande de me donner la majorité dont j'ai besoin pour gouverner et pour tenir tous les engagements que j'ai pris devant le peuple de France".

M. Sarkozy a également promis d'approfondir "l'ouverture" après les législatives, ce qui pourrait se traduire par la nomination au gouvernement de nouveaux membres du centre et/ou de gauche.

Cette "ouverture", l'UMP la promettait aussi dimanche soir. "Je souhaite que l'UMP soit représentative de la diversité de la société française dans sa composition et ses territoires", a déclaré Patrick Devedjian, son secrétaire général délégué.

Autres motifs de satisfaction pour la droite: sept ministres, dont le premier d'entre eux, sur les onze candidats à ces législatives, ont été élus dès le premier tour: outre François Fillon, Xavier Bertrand (Travail, relations sociales, Solidarité), Hervé Morin (Défense), Jean-Louis Borloo (Economie, Finances, emploi), Eric Woerth (Budget, Comptes publics, Fonction publique), Valérie Pécresse (Enseignement supérieur, Recherche) et Dominique Bussereau (secrétaire d'Etat aux Transports).

Michèle Alliot-Marie (Intérieur) est en ballottage très favorable, ainsi que Roselyne Bachelot (Santé, Sports) et Christine Boutin (logement et Ville). Alain Juppé (Ecologie) est lui aussi en ballottage.

Le Premier ministre avait prévenu que tout ministre battu devrait quitter le gouvernement.

Tout en manifestant sa satisfaction au soir de ce premier tour, M. Fillon n'en a pas moins demandé aux Français de lui assurer dimanche prochain "une majorité pour agir".

"Ce soir, une partie du chemin est fait mais tout se décidera vraiment dimanche prochain, c'est pourquoi il faudra que tous les Français se rendent aux urnes", a-t-il affirmé.

Pour les adversaires de la majorité présidentielle, la pilule est dure à avaler. "Ce déséquilibre de la représentation nationale, un jour ou l'autre, la France le regrettera", a lancé François Bayrou, fondateur du MoDem, crédité de quatre sièges au mieux.

Quant à François Hollande, premier secrétaire du PS, il a lancé "un appel" à la "mobilisation de la gauche" au second tour pour assurer un "équilibre".

Par Nadège Puljak, le lundi 11 juin 2007, 1h44



Législatives : les personnalités élues et battues au premier tour

PARIS (AP) - Les personnalités élues et battues dimanche au premier tour des élections législatives, selon la liste communiquée par le ministère de l'Intérieur:

ELUS:

François Fillon (UMP), Premier ministre, 4e circ. Sarthe

Jean-Louis Borloo (UMP), ministre de l'Economie, 21e circ. Nord

Xavier Bertrand (UMP), ministre des Relations sociales, 2e circ. Aisne

Eric Woerth (UMP), ministre du Budget, 4e circ. Oise

Dominique Bussereau (UMP), ministre des Transports, 4e circ. Charente-Maritime

Valérie Pécresse (UMP), ministre de l'Enseignement supérieur, 2e circ. Yvelines

Hervé Morin (Nouveau Centre), ministre de la Défense, 3e circ. Eure

Bernard Accoyer (UMP), 1e circ. Haute-Savoie

Patrick Ollier (UMP), 7e circ. Hauts-de-Seine

Christian Estrosi (UMP), 5e circ. Alpes-Maritimes

Pierre Lellouche (UMP), 4e circ. Paris

François de Panafieu (UMP), 16e circ. Paris

Bernard Debré (UMP), 15e circ. Paris

Claude Goasguen (UMP), 14e circ. Paris

Camille de Rocca Serra (UMP), 2e circ. Corse du Sud

Pierre Méhaignerie (UMP), 5e circonscription Ille-et-Vilaine

Christian Blanc (UMP), 3e circ. Yvelines

Nicolas Dupont-Aignan (La France Debout, DVD), 8e circ. Essonne

Michel Lefay (PS), 8e circ. Pas-de-Calais

BATTUS:

Jacques Lafleur (UMP), 1e circ. Nouvelle-Calédonie

Anne-Marie Comparini (MoDem), 1e circ. Rhône

Stéphane Le Foll (PS), 4e circ. Sarthe

Bernard Lehideux (MoDem), 8e circ. Hauts-de-Seine

Alain Lipietz (Verts), 11e circ. Val-de-Marne

Bruno Gollnisch (FN), 13e circ. Rhône

Carl Lang (FN), 23e circ. Nord

Francis Lalanne (Mouv. écologiste ind.), 2e circ. Bas-Rhin

Lundi 11 juin 2007, 1h27




La garde rapprochée de Ségolène Royal en difficulté

PARIS (AFP) - La plupart des lieutenants de Ségolène Royal pour la campagne présidentielle se trouvaient dimanche en difficulté à l'issue du premier tour des législatives, une situation qui pourrait peser sur les ambitions de la candidate socialiste à l'intérieur du PS.

L'ancien directeur de la campagne de la candidate socialiste, Jean-Louis Bianco, les deux porte-parole Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, le secrétaire national à l'économie Michel Sapin, le porte-parole du PS Julien Dray, ainsi que le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, étaient en ballottage défavorable.

L'ancien président de SOS Racisme, Malek Boutih, n'a pas réussi son parachutage dans la 4e circonscription de Charente où il a été éliminé dès le premier tour, ne totalisant que 15,66% des voix face à une candidate dissidente du PS.

Seule Delphine Batho, qui se présentait dans l'ancienne circonscription de Ségolène Royal, à Melle dans les Deux-Sèvres, se trouvait en bonne position pour être élue.

La jeune secrétaire nationale du PS à la sécurité, 34 ans, a obtenu 44,55% au premier tour, contre 34,73% au candidat UMP Jean-Pierre Griffault, dans une 2e circonscription des Deux-Sèvres qui avait plébiscité Ségolène Royal (58,41%) lors du second tour de la présidentielle.

Co-directeur de la campagne Royal, avec le maire de Dijon François Rebsamen, qui lui ne se présentait pas, Jean-Louis Bianco (36,4%) est devancé par la candidate de l'UMP Eliane Barreille (38,6%) dans la 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Le second tour s'annonce difficile pour le député PS sortant dans une circonscription où Nicolas Sarkozy a devancé Ségolène Royal de 2.400 voix le 6 mai.

De son côté, Arnaud Montebourg, député sortant de la 6e circonscription de Saône-et-Loire, a obtenu 41,37% des suffrages, derrière le candidat de l'UMP Arnaud Danjean (43,95%).

Le second tour sera d'autant plus serré dans cette circonscription qui a placé Nicolas Sarkozy en tête au second tour de la présidentielle avec près de 54%. M. Montebourg est député de cette circonscription depuis 1997 et il l'avait emporté en 2002 avec plus de 55% des voix au second tour.

Co-fondateur avec Arnaud Montebourg du Nouveau Parti socialiste, Vincent Peillon aura la tâche encore plus rude dans la 3e de la Somme où le député UMP sortant Jérôme Bignon est arrivé largement en tête avec 40,65% contre 29,56% pour le candidat PS.

Julien Dray, député sortant de la 10e circonscription de l'Essonne, doit se contenter de 32,86% des suffrages, derrière l'UMP Laurence Gaudin (36,12%).

Président socialiste de la région Centre, Michel Sapin est en ballottage serré dans la 1ère circonscription de l'Indre face au député sortant UMP Jean-Yves Hugon.

L'ancien ministre socialiste a recueilli 31,71% des suffrages, soit près de dix points de moins que M. Hugon (41,15%) dans cette circonscription qui avait voté à 53% pour Ségolène Royal le 6 mai.

Jean-Pierre Chevènement, qui s'était beaucoup investi dans la campagne Royal, a pour sa part été largement distancé par le député sortant UMP Michel Zumkeller (43,15% contre 26,03%) dans la 2e circonscription du Territoire de Belfort.

Par David Arrode et Eric Lagneau, le lundi 11 juin 2007, 1h14



Législatives : Mme Alliot-Marie prévoit un "faible nombre de triangulaires" au second tour

PARIS (AP) - Les résultats du premier tour des élections législatives, marqués par le fort score de l'UMP et la relative stabilité du PS par rapport à 2002, "auront pour conséquence naturelle un faible nombre de triangulaires pour le second tour", a prédit dimanche soir la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.

"L'UMP arrive en tête avec 39,56% des voix, soit un score supérieur d'environ six points à celui de 2002. Le Parti socialiste est quasi stable à 24,92%", a-t-elle précisé dans une courte intervention devant la presse.

Parmi les enseignements de ce premier tour, la ministre de l'Intérieur constate une "nette bipolarisation" et, comme lors de la présidentielle, un "fort recul des extrêmes", avec une extrême gauche à 3,40 et un Front national à 4,33%.

Evoquant un taux de participation plus faible qu'en 2002 à 60,83%, elle a enfin précisé qu'à l'heure où elle s'exprimait "53 candidats, tous issus de la majorité présientielle" avaient été élus dès le premier tour.

Dimanche 10 juin 2007, 22h01


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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 10:23

François Bayrou : Un déséquilibre qu'un jour ou l’autre la France regrettera
François Bayrou 2007


François Bayrou : Un déséquilibre qu'un jour ou l’autre la France regrettera

« Nationalement, nous avons assisté à une vague dont tout le monde connaît l’ampleur. Cette vague, elle est le prolongement et l’amplification du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cela crée un déséquilibre dans la représentation à l’Assemblée nationale. Un déséquilibre terriblement marqué. Et ce déséquilibre, un jour ou l’autre, la France le regrettera. Il n’est pas sain d’avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges jamais atteint probablement jusqu’à maintenant, et n’offre aux autres qu’une représentation minorée, trop faible naturellement pour que l’équilibre soit réalisé à l’Assemblée nationale.

Je veux saluer tous les candidats et candidates du Mouvement Démocrate qui se sont vaillamment battus en France bien que pour la plupart d’entre eux, cette élection ait été leur baptême du feu. Ils se sont battus avec courage dans une période trop courte naturellement pour s’imposer et se faire entendre. Mais, je veux les saluer parce qu’ils représentent pour moi un très grand espoir.

A partir de maintenant, nous avons deux objectifs : le premier objectif, c’est que dimanche prochain, on trouve en France, le meilleur équilibre possible. Le déséquilibre le moins marqué possible bien que les résultats d’aujourd’hui laissent présager naturellement que ce déséquilibre sera fort. Je veux dire que l’UMP a des devoirs particuliers avec le résultat qui est le sien, c’est de réaliser les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Pour nous, à l’Assemblée nationale, ceux d’entre nous qui seront élus, nous serons vigilants - constructifs et vigilants. Nous serons là pour soutenir ce qui va dans le bon sens et pour dire les yeux dans les yeux, ce qui ne va pas, le jour où nous aurons le sentiment que les décisions prises vont dans un sens inquiétant.

Et puis, notre deuxième objectif, au-delà de ces élections législatives, ce sera de préparer l’avenir. Préparer l’avenir de deux manières possibles : préparer l’avenir en faisant naître des générations nouvelles de responsables politiques. Et parmi les dizaines de milliers de Français qui ont rejoint le MoDem, le Mouvement Démocrate, il y a une infinie ressource pour offrir à la France, une génération politique nouvelle. Et nous avons aussi à préparer des idées neuves, ne serait-ce que pour le fonctionnement de la démocratie française comme on le voit ce soir. Et puis aussi pour que nous portions un projet de société qui corresponde à l’attente des Français et aux exigences du temps.

Alors c’est au nom de cet avenir-là que je voulais, mesdames et messieurs, vous saluer, vous dire merci, habitants des Pyrénées-Atlantiques et citoyens français qui pensez qu’un jour il va falloir en effet que la politique française trouve un cours nouveau.

Je vous remercie »

François Bayrou, 10 juin 2007.


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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 10:22
(Dépêches)



Bayrou : la douche froide

PARIS (AP) - Avec quelque 7,4% des voix, c'est une douche froide électorale qu'a subie dimanche soir le MoDem de François Bayrou au premier tour des législatives: il ne devrait obtenir qu'entre 0 et 4 sièges selon les projections.

Dénonçant depuis Pau un "un déséquilibre terriblement marqué" de la représentation à l'Assemblée nationale après la "vague" UMP, le fondateur du MoDem a prévenu: "ce déséquilibre, un jour ou l'autre, la France le regrettera". Car "il n'est pas sain d'avoir des institutions qui, ainsi, portent les uns à un nombre de sièges jamais atteint probablement jusqu'à maintenant et n'offrent aux autres qu'une représentation minorée".

Il devrait donc y avoir une triangulaire au second tour.

Les quelque sept millions d'électeurs qui avaient accordé à François Bayrou 18,57% des voix au premier tour de la présidentielle se sont en grande partie démobilisés. Le tout jeune Mouvement démocrate voit son score fondre en un mois et demi, même s'il fait mieux qu'aux législatives de 2002. Au premier tour, l'UDF avait alors obtenu 4,8% des suffrages.

Selon l'Ipsos, 33% des électeurs de François Bayrou du 22 avril se sont abstenus, 24% ont voté MoDem, 22% pour la droite et 18% pour la gauche.

En 2002, les 4,8% de l'UDF lui avait permis d'obtenir 29 sièges à l'Assemblée nationale. Cela ne sera pas le cas cette fois-ci: le MoDem ne devrait obtenir qu'entre 0 et quatre sièges, selon les différentes projections.

Avec quelque 2% des voix, le Nouveau centre, composé des députés UDF sortants ralliés à l'UMP, devrait en revanche pouvoir constituer un groupe parlementaire, avec une vingtaine de sièges. Avec 50,05% des voix, leur chef de file Hervé Morin, ministre de la Défense, a été réélu dès le premier tour dans sa 3ème circonscription de l'Eure.

La disparition de son groupe parlementaire se confirme en revanche pour François Bayrou, qui entame donc une nouvelle traversée du désert -médiatique et financière- jusqu'à la présidentielle de 2012.

Ces résultats "ne sont "pas une bonne chose pour le pluralisme" et donc pour "la démocratie", a déploré Marielle de Sarnez (MoDem). "Ce n'était pas un suspense qu'il y aurait une vague bleue. A ce point-là, c'est beaucoup (...) Est-ce que c'est une bonne chose? Moi, je ne crois pas", a-t-elle dit.

"Les Français ont validé ce soir l'ouverture" du gouvernement de Nicolas Sarkozy, a estimé de son côté Maurice Leroy, ancien "bayrouiste" rallié à l'UMP. "On voit où mène ce soir (la) stratégie" du Béarnais.

Pour la ministre UMP Valérie Pécresse, François Bayrou "a brouillé son image entre les deux tours" de la présidentielle, "en appelant à ne pas voter Sarkozy". Et "les Français lui font payer ce brouillage d'image".

Les responsables du MoDem vont désormais étudier attentivement les résultats dans chaque circonscription. "J'ai tout à fait l'attention de regarder demain au cas par cas, circonscription par circonscription, quelle est la situation", a confirmé François Bayrou sur France-2. Le fondateur du MoDem n'avait pas fermé la porte à des alliances locales, y compris avec la gauche, en fonction des résultats du premier tour.

Le député-maire socialiste d'Evry (Essonne) Manuel Valls a appelé les électeurs de François Bayrou à faire "le choix de la diversité et donc de la gauche au deuxième tour de l'élection législatives".

Après l'exaltation du premier tour de la présidentielle, la chute est brutale pour François Bayrou, qui se tourne désormais vers les prochaines élections municipales, régionales et européennes, et surtout vers la présidentielle de 2012. Dimanche, il s'est d'ores et déjà fixé pour "objectif" de faire "naître des générations nouvelles de responsables politiques" et de "préparer des idées neuves".

Dimanche 10 juin 2007, 23h26




Vague bleue en vue à l'Assemblée nationale

PARIS (Reuters) - Une vague bleue UMP s'annonce à l'Assemblée nationale après le premier tour des élections législatives, un scénario attendu qui accentue l'affaiblissement de la gauche et relègue le Mouvement démocrate de François Bayrou et le Front national à un score symbolique.

Au vu des projections pour la droite - 383 à 470 sièges -, le président Nicolas Sarkozy devrait disposer le 17 juin de la large majorité qu'il appelait de ses voeux pour mettre en oeuvre son programme de "rupture". Ce serait la première fois depuis 1978 qu'une majorité serait reconduite à l'Assemblée (46,7% pour la droite à l'époque).

Selon les estimations des instituts de sondage, la gauche, avec 36,4% à 38,9%, réalise un meilleur score en voix qu'aux législatives de 2002 (35%), mais la logique du scrutin uninominal à deux tours est sans appel pour le Parti socialiste et ses alliés, crédités de 69 à 185 sièges.

Organisé cinq semaines après le second tour de l'élection présidentielle, le scrutin a été marqué par une désaffection sans précédent de l'électorat depuis 1958 avec une abstention de 37% à 39,5%. Cette faible participation devrait limiter les triangulaires. La participation avait avoisiné les 85% lors de la présidentielle.

La gauche a lancé un appel à la mobilisation pour le 17 juin afin de limiter les dégâts, l'oeil rivé sur la centaine de circonscriptions où l'écart droite-gauche est inférieur sur le papier à cinq points.

Comme la présidentielle l'avait préfiguré, les législatives confirment un retour de la bipolarisation droite-gauche au détriment des formations minoritaires.

CONTRE-PERFORMANCE DU MODEM

Le centre ne peut prétendre au statut de troisième force, écartelé entre le Nouveau Centre des ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, qui tirent leur épingle du jeu, et le MoDem de François Bayrou, qui n'a pu capitaliser sur son score du premier tour de la présidentielle (18,6%).

Le Mouvement Démocrate dépasserait de peu les 7% avec des projections de zéro à quatre sièges.

Le scrutin confirme le recul du vote d'extrême droite, désormais majoritairement acquis à l'UMP. Le Front national oscille entre 4,5% et 5%, son plus mauvais score depuis son apparition sur l'échiquier politique dans les années 80.

Onze ministres avaient mis leur destin gouvernemental entre les mains des électeurs.

Le Premier ministre, François Fillon, a été élu dès le premier tour dans la 4e circonscription de la Sarthe avec 53,4% des inscrits (55% en 2002), selon le ministère de l'Intérieur.

Hervé Morin (Eure, 3e), Jean-Louis Borloo (Nord, 21e), Xavier Bertrand (Aisne, 2e), Dominique Bussereau (Charente-Maritime, 4e), Eric Woerth (Oise, 4e), Valérie Pécresse (Yvelines, 2e) sont aussi élus au premier tour.

Le ministre de l'Ecologie Alain Juppé, qui affrontait la partie la plus serrée dans la 2e circonscription de Gironde, est en ballottage favorable avec 43,73%. Christine Boutin, Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie sont également en ballottage favorable.

François Fillon, qui avait réuni à Matignon les représentants de la majorité et plusieurs membres du gouvernement, a appelé de ses voeux "une majorité pour agir", se projetant déjà dans l'après-second tour.

LE PEN PLACE SES ESPOIRS EN MARINE

"L'élan est là. Mais il ne peut être concrétisé qu'avec une majorité présidentielle large, cohérente et bien décidée d'aller de l'avant", a souligné le Premier ministre.

Le nouvel exécutif entend faire voter dès le mois de juillet, à la faveur d'une session parlementaire extraordinaire, son premier train de réformes : "paquet" fiscal, autonomie des universités, lois contre la multirécidive et la délinquance des mineurs, service minimum.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a lancé un appel à "tous les républicains" pour faire barrage à une droite "absolue".

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a exhorté ses électeurs, jeunes et classes populaires, à revenir vers les urnes "pour la République, la France, la justice sociale".

"Allons-y, mobilisons-nous, il nous reste encore quelques jours pour faire un beau vote", a lancé la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet.

"Il y a une démoralisation électorale qui a joué", a jugé pour sa part le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, qui a invité à faire "barrage" à la droite.

Les Verts appellent à voter au second tour pour le candidat de gauche le mieux placé mais ne promettent pas de "désistement systématique".

"On n'arrivera pas réellement à empêcher une vague bleue, on peut en revanche empêcher un tsunami bleu", a dit Dominique Voynet.

François Bayrou a mis en garde contre "un déséquilibre terriblement marqué" à l'Assemblée que "la France regrettera".

Le président du MoDem est en ballottage favorable avec 24,56% des inscrits (37,25% des suffrages exprimés) dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où les candidats UMP et PS sont en mesure de se maintenir au second tour.

Le député-maire socialiste d'Evry (Essonne) Manuel Valls a appelé les électeurs de François Bayrou à faire le choix de la diversité en votant à gauche au second tour.

Quant à Jean-Marie Le Pen, il a prédit que Nicolas Sarkozy "l'illusionniste" descendrait "de scène à un moment donné". Le dirigeant du FN place ses espoirs dans sa fille Marine, deuxième dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais derrière le candidat socialiste Albert Facon.

Dimanche 10 juin 2007, 23h33




Le PCF évite la débâcle, espère sauver son groupe à l'Assemblée

PARIS (Reuters) - Bien qu'ébranlé par son échec à la présidentielle, le Parti communiste fait mieux que résister au premier tour des élections législatives mais il aura beaucoup de mal à conserver un groupe à l'Assemblée nationale.

Selon les projections des instituts de sondage, le PCF est crédité de 4 à 5% des voix, soit le niveau de 2002 (4,82%) et pourrait obtenir de 6 à 15 députés. Il en faut 20 pour former un groupe.

"Si ces indications se confirment, cela marquerait un redressement significatif par rapport à celui de la présidentielle", a déclaré Patrice Cohen-Seat, directeur de la communication du PCF.

"Il pourrait même atteindre ou dépasser celui de 2002 qui nous avait permis de conserver un groupe à l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté.

Fort de ce résultat, le PCF a appelé à "un désistement républicain général, loyal et déterminé", pour "élire le plus grand nombre de députés de gauche" au second tour.

La secrétaire nationale, Marie-George Buffet, a invité tous les électeurs de gauche à se mobiliser pour le second tour, affirmant que le Parti communiste n'était pas mort.

"La dernière fois, on nous prédisait entre 10 à 12 députés et on a fini à 21", a-t-elle lancé. "Les premiers résultats de cette élection (...) me donnent à penser que nous serons bien au-delà de ces chiffres pour les députés."

Pour le Parti communiste, garder le maximum de députés est une question de survie politique et financière.

Après le score désastreux de Marie-George Buffet à la présidentielle (1,93%), le PCF veut croire à un large rassemblement autour de ses candidats encore en lice pour le second tour.

Depuis 1958, le PCF a toujours eu un groupe à l'Assemblée nationale, obtenant son meilleur résultat en 1978 avec 86 députés. Il présentait 558 candidats, dont 15 sortants sur 21.

Cette fois, le PCF devait non seulement résister à la vague bleue mais à son allié d'hier, le Parti socialiste, notamment dans l'ex-ceinture rouge parisienne, où se trouvent nombre de ses derniers bastions.

Marie-George Buffet a bon espoir d'être réélue dans la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis où elle arrive en tête avec plus de 30% des voix dans un ballotage favorable face à la droite. "Elle a fait six points de plus qu'en 2002", a-t-on souligné dans son entourage.

Dimanche 10 juin 2007, 23h25



Les socialistes perdent le pari de la mobilisation

PARIS (Reuters) - Après une campagne axée sur des appels à la participation, le Parti socialiste a perdu son pari de faire revenir vers les urnes les 17 millions d'électeurs qui avaient voté pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle.

Les dirigeants du PS ont appelé au sursaut le 17 juin pour contrer une droite "absolue" après le premier tour des élections législatives marqué par une abstention record.

Selon les instituts de sondages, le PS et ses alliés oscillaient dimanche entre 27,2% et 28,6% des voix, en progression par rapport à 2002. S'il se confirme, ce score serait supérieur à celui obtenu par Ségolène Royal au premier tour de la présidentielle le 22 avril (25,87%).

En revanche, les estimations en nombre de sièges varient presque du simple au triple, de 60 à 170, contre 142 dans l'Assemblée sortante. En 1993, le PS avait été laminé, ne sauvant que 53 sièges - une débâcle à laquelle aucun "éléphant" ne voulait croire dimanche.

Pour favoriser ce "sursaut démocratique", le PS organisera deux grands meetings avant le second tour le 17 juin, l'un mardi soir en région parisienne et l'autre jeudi.

Misant une fois encore sur les reports de voix des centristes - une stratégie qui avait pourtant échoué lors de la présidentielle - François Hollande s'est tourné vers "tous les républicains" pour faire barrage à la vague bleue.

Pour construire une "gauche neuve (...) qui se préparera aux victoires de demain", Ségolène Royal s'est tournée en particulier vers les jeunes qui sont selon elle "les plus menacés" par une vague bleue. "D'autres urnes peuvent parler dimanche prochain", a assuré l'ancienne candidate à l'Elysée.

"LES BANLIEUES N'ONT PLUS PEUR DE SARKOZY"

Pour Claude Bartolone, "il est très difficile ce soir d'avoir une idée de la configuration du groupe et c'est pourquoi il faut une mobilisation totale de tous les électeurs du 6 mai". "Le pari que nous avons perdu, c'est de transformer les électeurs anti-Sarkozy en électeurs socialistes", a déclaré à Reuters le député sortant de Seine-Saint-Denis.

La participation en berne au niveau national a baissé encore plus nettement dans les quartiers populaires, qui avaient offert à Ségolène Royal ses meilleurs scores le 6 mai.

"Les banlieues n'ont plus peur de Sarkozy, c'est l'effet Rachida Dati", dit un proche de Dominique Strauss-Kahn en allusion à la ministre de la Justice, issue de l'immigration.

L'étalage de divisions internes a également joué, estiment nombre de socialistes. Pour Julien Dray, la droite "a mieux tiré la leçon" de l'unité que les socialistes. "Il faut cesser les divisions, cesser les querelles, se mettre à travailler sérieusement, observer, ne pas faire de l'obstruction systématique".

SEGOLENISTES EN DIFFICULTE

Comme une bande annonce de la bataille qui s'annonce au sein du PS, François Hollande, qui quittera son poste lors du prochain congrès, et Ségolène Royal, qui ne cache plus son ambition de lui succéder, se sont exprimés derrière le même pupitre, rue de Solférino, à quinze minutes d'intervalle.

Les deux dirigeants semblaient s'être répartis les rôles. Le premier secrétaire, visage fermé, a mis en garde contre les "majorités écrasantes qui écrasent". Comme au soir de sa défaite face à Nicolas Sarkozy le 6 mai, sa compagne, tout sourire, a appelé à construire "d'autres victoires".

Le message de Ségolène Royal est simple, c'est "séchez vos larmes, soyez debout, la politique est un long combat", a décrypté Julien Dray, proche de l'ancienne postulante à l'Elysée.

La plupart des socialistes ne croient cependant pas à un départ précipité du premier secrétaire en cas de débâcle, espérant une remise en cause collective - à l'inverse de la stratégie adoptée par Ségolène Royal dès le 6 mai au soir.

Dimanche prochain, "si la claque est trop grande, cela voudra dire qu'il n'y a pas d'effet Royal et que l'élection présidentielle, Sarkozy l'a faite en pour et en contre", estime un ancien ministre.

Dans toutes les écuries socialistes, l'heure est à l'étude minutieuse des résultats - les "quadras" à la recherche de signes de renouvellement générationnel, les "éléphants" espérant consolider leur courant interne.

Au cours des dix derniers jours, Ségolène Royal a surtout volé à la rescousse de ses proches en campagne afin d'assurer leur entrée à l'Assemblée, où elle ne siègera pas, et donc leur poids au sein du futur groupe parlementaire.

Plusieurs de ses anciens collaborateurs de campagne présidentielle sont en difficulté, comme Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence ou Arnaud Montebourg en Haute-Saône, tous deux en ballottage défavorable face à l'UMP.

Dimanche 10 juin 2007, 23h40




L'UMP conforte sa domination cinq ans après sa création

PARIS (Reuters) - Cinq ans après sa création sous la houlette du président Jacques Chirac, l'UMP a conforté sa position dominante sur la scène politique française, lors du premier tour des élections législatives.

Selon les estimations des instituts de sondage, le parti majoritaire dans l'Assemblée nationale sortante a nettement amélioré son score par rapport aux législatives de 2002, dans la foulée de l'élection du président Nicolas Sarkozy le 6 mai.

L'UMP obtiendrait plus de 40% des suffrages (jusqu'à 45,8% avec ses alliés divers droite et du Nouveau Centre). Le 9 juin 2002, l'Union pour la majorité présidentielle, premier avatar de l'UMP, avait obtenu 33,3% des suffrages exprimés.

A 21h30, l'UMP comptait déjà 52 élus dès le premier tour, dont le Premier ministre, François Fillon, et les ministres de l'Economie et du Travail, Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand, Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, ainsi que leur collègue de la Défense Hervé Morin, venu de l'UDF.

Le ministre de l'Ecologie, Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, et ses collègues de l'Intérieur et de la Santé, Michèle Alliot-Marie et Roselyne Bachelot, étaient pour leur part en ballottage favorable.

François Fillon a jugé qu'une "partie du chemin" était faite vers une "majorité présidentielle large" et "cohérente" pour "agir". Mais au vu des premiers chiffres, cela relevait surtout de la précaution de langage.

Le second tour, la 17 juin, devrait confirmer cette "vague bleue" - dont la seule inconnue est l'ampleur - et l'efficacité du rouleau compresseur électoral qu'est devenue l'UMP sous la direction de Nicolas Sarkozy depuis fin 2004.

Au 9 juin 2007, le groupe UMP comptait 359 membres (dont neuf apparentés). Selon les instituts de sondage, il pourrait en avoir plus de 400, voire 420 à 470 dans la prochaine assemblée.

A ces députés s'ajouteraient ceux du Nouveau Centre formé par les élus UDF qui ont rejoint Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle et crédité de 20 à 25 sièges.

Le nouveau président devrait ainsi obtenir sans surprise la majorité présidentielle confortable qu'il souhaitait pour mettre en oeuvre les réformes promises pendant sa campagne.

Pour Patrick Devedjian, fidèle du chef de l'Etat et secrétaire général de l'UMP, ce résultat "valide totalement la politique d'ouverture" de Nicolas Sarkozy, qui a nommé quatre personnalités venues de la gauche dans son gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

"DEVOIR D'OUVERTURE"

L'expérience du passé a cependant montré qu'une large majorité n'était pas nécessairement de tout repos. Elle peut constituer un terrain propice aux rivalités de personnes ou aux turbulences en tous genres. Au moins trois batailles internes s'annoncent ainsi pour l'après-second tour des législatives.

La bataille de la présidence de l'Assemblée nationale oppose déjà le président sortant Patrick Ollier et le chef de file des députés UMP sortants, Bernard Accoyer. Avec en outsiders l'ancien ministre de l'Intérieur François Baroin et le président sortant de la commission des Finances, Pierre Méhaignerie.

La bataille pour la présidence du futur groupe UMP ne s'annonce pas moins vive, entre l'ex-ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, son collègue à l'Aménagement du territoire, Christian Estrosi, fidèle de Nicolas Sarkozy, et le député libéral Marc Laffineur, jusqu'ici vice-président du groupe.

Patrick Devedjian s'oppose enfin à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur la réforme des statuts du parti.

Dans une interview publiée jeudi par Le Figaro, le chef de l'Etat a renvoyé tout le monde dos à dos.

"Le président de la République peut dire à ses amis, avant de vous concurrencer pour savoir qui présidera quoi, peut-être serait-il plus judicieux de conquérir d'abord la majorité", a-t-il dit à propos des présidences de l'Assemblée et du groupe.

Quant à la controverse entre Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin, il a affirmé que, n'étant plus président de l'UMP, il n'avait pas à "avoir d'opinion sur le sujet".

"Il n'est pas absurde qu'une formation politique modifie son organisation dès lors que le président de la République est issu de ses rangs", a-t-il ajouté. "Mais cette affaire de statuts n'intéresse pas les Français, ni le président de la République."

Plus la victoire de l'UMP sera large, plus Nicolas Sarkozy risque d'avoir du mal à convaincre ses amis du bien-fondé de sa promesse de confier la présidence de la commission des finances à l'opposition et d'aller plus loin dans "l'ouverture".

"Mon devoir de président c'est de rassembler une majorité et le devoir de la majorité c'est de s'ouvrir", disait-il dans Le Figaro. "Si l'opportunité se présente, je proposerai à d'autres personnalités de gauche et du centre de nous rejoindre."

"Avec une telle majorité", a confirmé dimanche Jean-Pierre Raffarin, "c'est un devoir d'ouverture, de poursuite de l'ouverture qui s'impose à nous."

Dimanche 10 juin 2007, 22h35



Le Front national KO debout se raccroche à Marine Le Pen

PARIS (Reuters) - Dans le fil du revers de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle, le Front national a enregistré son plus mauvais score aux élections législatives depuis le début des années 80 et passe sous la barre des 5% des voix.

Ce résultat, qui conforte la stratégie de Nicolas Sarkozy, prive l'extrême droite de tout pouvoir de nuisance même si le FN peut se consoler avec la qualification de Marine Le Pen pour le second tour dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais.

"Nous serons là demain", a cependant promis Jean-Marie Le Pen en qualifiant le chef de l'Etat "d'illusionniste" qui va devoir "descendre de scène" lorsque les Français se rendront compte que ses promesses ne sont pas tenues.

Le président du FN avait demandé à ses électeurs traditionnels de "ne pas se livrer pieds et poings liés" au nouveau président de la République.

Mais le FN est crédité au premier tour des législatives de 4,2 à 4,6% par les instituts de sondage, loin des 11,34% obtenus en 2002, un score qui lui avait permis d'obtenir un financement public conséquent.

En 1997, le FN avait imposé 75 triangulaires, contribuant à la défaite de la droite. En 2002, en dépit de la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle, il n'était plus présent que dans 37 circonscriptions.

Cette fois, en dehors de la qualification de la vice-présidente du FN, le parti d'extrême droite ne devrait être présent dans aucune autre circonscription au second tour, disait-on en milieu de soirée à la direction du FN.

"Nous avons enregistré un revers. Nous le savions, nous le prévoyions un peu (...) Mais le Front national n'est pas mort", a néanmoins déclaré Marine Le Pen, pour qui le FN a au contraire "un grand espoir dans l'avenir" parce que "Nicolas Sarkozy décevra quoi qu'il arrive".

GOLLNISCH "TRES CONFIANT"

"Je suis très confiant pour l'avenir du FN", a renchéri la délégué général Bruno Gollnisch, soulignant que le parti d'extrême droite avait déjà subi des reculs sévères dans le passé, notamment en 1988, avant de rebondir.

Tenue par une frange du FN pour responsable de l'échec de son père (10,41%) dont elle dirigeait la campagne à la présidentielle, Marine Le Pen a redoré son blason face à son rival Bruno Gollnisch.

De son côté, le délégué général du FN doit assumer la contre-performance des législatives, puisqu'il dirigeait la campagne.

Pour couper court à toute fronde parmi les cadres qui souhaiteraient lui voir passer la main, Jean-Marie Le Pen, qui aura 79 ans à la fin du mois, a répété à plusieurs reprises qu'il serait candidat à sa propre succession lors du congrès prévu en novembre prochain.

Mais l'idée d'une refondation, voire d'un "Epinay de la droite nationale", fait son chemin au sein de l'extrême droite où des militants redoutent de ne plus retrouver avant longtemps un espace politique important.

En mobilisant les électeurs contre l'immigration et pour la défense de l'identité nationale, Nicolas Sarkozy a en effet réussi à "siphonner" dès le premier tour de la présidentielle près d'un million de voix du Front national.

Dimanche 10 juin 2007, 22h25



Sarkozy conforté, malgré une abstention record

PARIS (AFP) - Les Français ont marqué dimanche, au premier tour des législatives, leur volonté de donner à Nicolas Sarkozy la "large" majorité qu'il leur avait demandée, une adhésion cependant ternie par un taux de participation historiquement bas.

Victoire ample ou écrasante ? Les instituts de sondage hésitaient dimanche en milieu de soirée sur le nombre de sièges promis le 17 juin à l'UMP, allant de moins de 400 à plus de 500 sur les 577 de l'hémicycle.

En se rendant peu nombreux aux urnes - l'abstention, entre 37 et 40%, battant les records de premier tour - les Français ont, à l'issue d'une campagne sans intensité, semblé considérer que les jeux étaient faits après la nette victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai.

Forte de 359 députés sur 577 dans l'assemblée sortante, l'UMP, autour de 40% de suffrages, va sans nul doute se renforcer dans la 13è législature de la Vè République.
Les Français resteront ainsi fidèles à leur choix constant: accorder au président nouvellement élu une majorité parlementaire comme ils l'ont fait en 1981, 1988 et 2002.

L'Union pour un Mouvement Populaire et ses alliés sont crédités de plus de 40% des suffrages, environ 10 points au-dessus des voix obtenues par Nicolas Sarkozy le 22 avril.

Le chef de l'Etat (53% le 6 mai) et son Premier ministre François Fillon, qui a mené la campagne législative et a été élu dès dimanche dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, avaient demandé une majorité "large" pour engager des changements "forts".

Les socialistes et leurs alliés avaient plaidé sans relâche contre une concentration des pouvoirs entre les mains d'un seul parti et d'un seul homme. Aux alentours de 25%, le score du PS serait comparable à celui de sa candidate à l'Elysée Ségolène Royal le 22 avril et à celui du premier tour des législatives de 2002.

Une performance "honorable", a jugé le numéro un du PS François Hollande. Cependant, la mécanique du scrutin majoritaire à deux tours devrait amplifier la traduction en sièges des scores en voix.

Les socialistes étaient 149 dans l'Assemblée sortante. Selon les projections, les estimations divergeaient du simple au triple (de 60 à 170) sur la composition de leur futur groupe.

Avec quelque 7% de voix, le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou est très loin des 18,57% obtenus par le candidat centriste le 22 avril. Il perd à coup sûr l'espoir de constituer un groupe à l'Assemblée, même si son chef de file se retrouve dans son Béarn en ballottage favorable mais dans une triangulaire.

Au contraire, ses anciens amis ralliés à Nicolas Sarkozy et réunis au sein du Nouveau Centre autour d'Hervé Morin, seul ministre issu de l'UDF, devraient franchir la barre des 20 élus nécessaire pour former un groupe parlementaire.

Fait sans précédent, l'Assemblée nationale qui se profile ne devrait compter que trois groupes.

En effet, pour la première fois, le PCF qui fut après 1945 la première force politique française et domina des décennies la gauche, risque fort d'être privé de groupe. Ce qui réduirait considérablement son expression et son audience (temps de parole dans l'hémicycle, moyens logistiques...).

La bipolarisation a donc joué à plein, d'autant que l'abstention historiquement forte a quasiment bloqué la possibilité de triangulaires : dans cette configuration, pour franchir le seuil des 12,5% d'inscrits qui barre l'accès au second tour, il fallait réunir 21% des suffrages.

Face à un second tour qui s'annonce des plus compliqués pour eux, PS et MoDem ont repris leurs arguments de campagne : attention à une démocratie entravée par une UMP obèse, danger d'une domination sans partage du parti présidentiel, risque pour l'impartialité de l'Etat.

"La démocratie a besoin de respirer", a résumé Ségolène Royal, qui, bien que non candidate à sa réélection comme député, entend peser sur l'avenir du PS.

Si elle se confirme, cette nouvelle donne électorale devrait accélérer les aspirations à la rénovation de la gauche. Dès dimanche, Dominique Voynet a demandé à la gauche de "se remettre en cause profondément".

Quant au FN, qui n'avait pas de sortant, il recule par rapport aux 10,44% de son chef Jean-Marie Le Pen. Une consolation pour ce parti: la qualification de Marine Le Pen pour le 17 juin dans le Pas-de-Calais.

Par Corinne Delpuech et Dominique Brule, le dimanche 10 juin 2007, 22h01



Déroute pour le Modem de Bayrou, le Nouveau centre sauvé grâce à l'UMP

PARIS (AFP) - François Bayrou a échoué dimanche à transformer son essai de la présidentielle avec son nouveau parti, le Mouvement Démocrate (MoDem), qui ne devrait pas pouvoir constituer un groupe à l'Assemblée, au contraire du Nouveau centre, rescapé grâce à l'UMP.

Le Nouveau Centre, formé par les députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, devrait, grâce à son alliance avec le parti majoritaire, avoir une vingtaine de députés.

Quant au MoDem, son score de 7,61% marque un progrès par rapport à celui réalisé par l'UDF au premier tour des législatives de 2002 (4,85%).

Mais il est largement inférieur aux 18,57% de voix recueillis par M. Bayrou le 22 avril, qui lui avait donné la troisième place au premier tour de la présidentielle.

Il est également inférieur aux prévisions des sondages, qui lui accordaient entre 8% et 10% ces derniers jours.

Le MoDem devrait obtenir au mieux quatre sièges à l'issue du second tour, selon les projections. Le taux record d'abstention a réduit le nombre de triangulaires possibles, qui auraient pu donner une chance à certains des 535 candidats du MoDem.

M. Bayrou lui-même devrait sauver son siège dans les Pyrénées-Atlantiques, à l'issue d'une triangulaire. Mais en l'absence de groupe parlementaire, il sera marginalisé et confronté à la tâche difficile de faire vivre un parti revendiquant 80.000 demandes d'adhésion, mais n'ayant que peu d'élus à l'Assemblée.

Depuis Morlaas (Pyrénées-Atlantiques), M. Bayrou a déploré dimanche soir le futur "déséquilibre marqué dans la représentation à l'Assemblée nationale".

Interrogé sur d'éventuels désistements en cas de triangulaire, il a indiqué qu'il examinerait lundi "les résultats circonscription par circonscription".

Prévoyant qu'"il faudra que les deux à quatre députés (MoDem) se battent comme des lions", il a jugé que "c'est le commencement d'un centre indépendant en France qui se fait dans la difficulté, le choc".

Le leader centriste a obtenu 37,25% dans sa circonscription, devant l'UMP Jean-Pierre Mariné (25,92%) et la candidate PS Marie-Pierre Cabanne (23,32%).

En 2002, il était arrivé en tête au premier tour avec 41,8% des voix, mais il n'avait pas alors de candidat UMP en face de lui.

Un fidèle de M. Bayrou, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle, se maintient également pour le second tour en triangulaire, mais est devancé par le candidat UMP.

D'autres proches, les députés Gilles Artigues (Loire) et Anne-Marie Comparini (Rhône), ainsi que l'eurodéputée Marielle de Sarnez, qui se présentait à Paris, ont été battus. Tout comme l'ancien ministre Azouz Begag dans le Rhône, qui a appelé à voter pour l'adjoint au maire socialiste de Lyon Jean-Louis Touraine.

En Seine-Saint-Denis, le sortant Jean-Christophe Lagarde, investi par le MoDem mais qui a fait campagne en candidat libre, est en ballottage très favorable.

Elisabeth Doineau (Mayenne) et Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) se maintiennent au second tour.

De son côté le Nouveau Centre, qui présentait 80 candidats, n'a obtenu qu'autour de 2% des voix. Mais, fort de son accord avec l'UMP, il devrait obtenir de 20 à 25 sièges.

Le ministre de la Défense Hervé Morin, chef de file de ce nouveau parti formé par 18 députés UDF voulant rester dans la majorité présidentielle, a été réélu au premier tour dans l'Eure (50,05%).

Quatre autres représentants du Nouveau Centre, François sauvadet (Côte d'Or), Charles de Courson (Marne), Philippe Vigier (Eure-et-Loir) et Francis Hillmeyer (Haut-Rhin), ont également été élus.

Par Pascale Juilliard, le lundi 11 juin 2007, 1h17


Le MoDem ou les lendemains qui déchantent

PARIS (Reuters) - Noyé par la vague bleue annoncée, crédité de 7,3% à 7,5% des voix selon les estimations, l'UDF-Mouvement Démocrate a échoué à traduire aux élections législatives la percée de François Bayrou à la présidentielle.

Malgré 535 candidats, le parti créé le 10 mai pourrait n'obtenir qu'au maximum quatre sièges dans la nouvelle assemblée, selon les projections. Loin des 20 députés nécessaires pour créer un groupe.

La vague UMP "dont tout le monde connaît l'ampleur" va créer "dans la représentation de l'Assemblée nationale un déséquilibre terriblement marqué", a estimé François Bayrou après l'annonce des estimations qui accordent entre 440 et 470 des 577 sièges de l'Assemblée nationale au camp du président Nicolas Sarkozy.

"Ce déséquilibre, un jour ou l'autre, la France le regrettera", a prédit le député béarnais sortant, qui avait fait campagne sur le thème du pluralisme et du droit des citoyens à avoir un débat au Palais-Bourbon.

Aux yeux de l'ancien ministre, qui réclame le retour de la proportionnelle aux législatives, "il n'est pas sain d'avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges probablement jamais atteint jusqu'à maintenant et n'offre aux autres qu'une représentation minorée".

La députée européenne Marielle de Sarnez, candidate du MoDem dans le XIVe arrondissement de Paris, y voit un danger pour la démocratie.

"Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour le pluralisme, et si ce n'est pas une bonne chose pour le pluralisme (...) ce ne sera pas une bonne chose pour la démocratie", a-t-elle déclaré sur TF1.

François Bayrou a précisé que d'éventuels accords pour le second tour, dimanche prochain, se feraient "au cas par cas, circonscription par circonscription".

Dans sa deuxième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le leader centriste est en ballottage favorable, avec 37,2% des voix, devant l'UMP Jean-Pierre Marine (25,9%) et la candidate socialiste Marie-Pierre Cabanne (23,3%). Il devrait donc y avoir une triangulaire au second tour.

NOUVELLE TRAVERSÉE DU DÉSERT

Outre François Bayrou, seuls Anne-Marie Comparini (en difficulté dans le Rhône, selon les premières estimations), Jean Lassalle (en ballottage dans les Pyrénées-Atlantiques où il a recueilli 29,5% des voix) et Gilles Artigues (Loire) étaient restés fidèles au MoDem parmi les députés sortants.

Jean-Christophe Lagarde s'était présenté sans étiquette en Seine-Saint-Denis.

Ce scrutin législatif devrait marquer le début d'une traversée du désert pour François Bayrou, lâché par les trois quarts des 29 députés UDF sortants malgré un score de 18,6% et sept millions de voix engrangés le 22 avril.

Avec 21 et 24 sièges annoncés selon les projections, le Nouveau Centre (ou Parti social libéral européen PSLE), créé par des élus centristes ralliés à l'UMP, devrait quant à lui être en mesure de constituer un groupe à l'Assemblée.

Son chef de file, le ministre de la Défense Hervé Morin, a été réélu dès le premier tour dans la troisième circonscription de l'Eure.

Pour préparer l'avenir - à commencer par les municipales de 2008 et en attendant la présidentielle de 2012 -, François Bayrou veut compter sur les ressources des militants du MoDem.

Fort de quelque 78.000 adhérents attirés en moins d'un mois, plus jeunes et plus urbains que ne l'étaient ceux de l'UDF historique, le jeune courant est en mesure de faire naître "une génération nouvelle de responsables politiques", a assuré le député béarnais dimanche soir sur France 2.

"Nous avons aussi à préparer des idées neuves ne serait-ce que pour le fonctionnement de la démocratie française et pour que nous portions un projet de société qui corresponde à l'attente des Français et aux exigences du temps", a-t-il dit.

Dimanche 10 juin 2007, 22h44



L'UMP doit "tendre la main" à François Bayrou, selon Jean-Pierre Raffarin

PARIS (AP) - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a souhaité lundi que l'UMP "tende la main" au président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou pour remporter "un certain nombre de duels difficiles" contre la gauche.

"Nous allons en discuter. Il faut, vis-à-vis du centre, avoir une attitude positive. Si ce n'était que moi, nous en discuterions tous ensemble", a déclaré Jean-Pierre Raffarin sur France-2. "Il faut tendre la main au centre puisqu'il faut s'élargir, c'est notre éthique politique".

"François Bayrou a eu des choix stratégiques qui n'étaient pas les bons, mais je suis toujours pour qu'on tende la main. Quand on gagne, on tend la main", a-t-il plaidé. "Nous avons un certain nombre de duels difficiles à gagner".

Le sénateur UMP de la Vienne a expliqué qu'"il faut nous mobiliser pour gagner ces duels. Je pense que nous devons battre Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire" et le candidat socialiste dans la Vienne.

"Nous avons une série de circonscriptions dans lesquelles nous appelons nos électeurs à se mobiliser, pas simplement pour gagner à l'UMP mais aussi pour faire en sorte que l'UMP soit représentative de cette France qui veut bouger", a-t-il ajouté.

L'ancien Premier ministre a prévenu que son parti ne doit pas "se replier sur lui-même", doit éviter "tout verrouillage et égoïsme" car il doit être "moteur de l'ouverture". "L'UMP doit engager sa mutation, assumer ses nouvelles responsabilités, qui ne sont pas minces, l'UMP doit ouvrir ses fenêtres, et rassembler davantage les Françaises et les Français".

"Nous devons être le parti qui accompagne le président de la République et le Premier ministre dans sa mutation, sa volonté de réforme", a-t-il observé. "Il faut faire pour l'UMP ce que Nicolas Sarkozy a fait pour la France".

Lundi 11 juin 2007, 10h38



Ségolène Royal va contacter François Bayrou avant le 2e tour

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal annonce qu'elle souhaite rencontrer François Bayrou pour favoriser un rassemblement des électeurs centristes sur les candidats du Parti socialiste au second tour des élections législatives.

"A partir du moment où l'enjeu de ces élections législatives c'est d'empêcher la concentration excessive des pouvoirs entre les mains du même parti, ce que François Bayrou a d'ailleurs souligné hier, (…) il est évident que les électeurs du Modem doivent rejoindre les candidats du PS", a expliqué l'ex-candidate présidentielle du PS sur RTL.

Elle a précisé qu'elle ne souhaitait pas le faire "pour des raisons électoralistes" mais pour contrer "une majorité écrasante" de l'UMP.

Priée de dire si elle allait prendre contact avec François Bayrou, elle a répondu : "oui je vais le faire".

Lundi 11 juin 2007, 8h51



François Hollande en appelle aux électeurs du MoDem

PARIS (AP) - Le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a appelé lundi "les candidats et électeurs du MoDem" de François Bayrou à voter pour les candidats socialistes "pour qu'il puisse y avoir un équilibre au sein de l'Assemblée nationale".

"Je lance un appel aux électeurs du Modem, (même si) beaucoup ne sont pas de gauche (...), à faire le choix qui permet d'équilibrer, de maîtriser une Assemblée qui aurait une majorité dominante et ne serait pas le lieu du débat, de l'expression, du compromis", a-t-il lancé sur France Info.

"Si on veut éviter qu'il y ait une majorité écrasante et qui écrasera, il faut que notamment candidats et électeurs du MoDem fassent en sorte qu'il puisse y avoir un équilibre au sein de l'Assemblée nationale", a expliqué François Hollande. "Il est normal d'appeler tous ceux qui ont concouru au suffrage pour qu'ils fassent le choix du pluralisme".

Interrogé sur de possibles désistements de socialistes en faveur de candidats du Mouvement démocrate, le No1 du PS a souligné que "dans la quasi totalité des circonscriptions encore en lice, c'est un socialiste ou une socialiste face à un candidat de l'UMP: il faut que chacun prenne sa responsabilité".

Quant aux deux cas des circonscriptions de François Bayrou et Jean Lassalle, il a estimé que "le candidat socialiste ne pourra même pas rester au second tour". Mais "à chaque fois que nous sommes en situation d'être au second tour, nous resterons au second tour".

"S'il peut rester au second tour, il restera, s'il ne le peut pas il fera en sorte que le pluralisme sera respecté", a-t-il ajouté.

Quant au fait que Ségolène Royal prenne directement contact avec François Bayrou, François Hollande a rétorqué qu'il "n'empêche personne de parler avec qui que ce soit". "Ils se sont déjà parlé notamment entre les deux tours de l'élection présidentielle".

Lundi 11 juin 2007, 9h26



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