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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 20:02
Le Dauphiné Libéré publie ce mardi 5 juin 2007 un sondage sur la 1e circonscription de l'Isère.
 
Dans ce sondage, il s'avère que les 2 candidats UMP (en primaire) seraient battus au second tour face à Geneviève Fioraso (PS).

Malgré 11% d'intentions de vote au 1er tour, Philippe de Longevialle, candidat du Modem, pense que rien n'est joué car d'une part le Modem serait  sous-estimé dans les sondages (correctif appliqué) et d'autre part la perspective d'une défaite des 2 candidats UMP peut provoquer un électrochoc dans l'opinion et faire évoluer des votes.

D'autant qu'avec 40% de notoriété (contre 23% en février), P. de Longevialle a encore une marge de progression dans les prochains jours. Son taux de popularité est bon (40% d'opinion favorable, 16% d'opinion défavorable et 44% ne se prononcent pas) ce qui permet d'envisager une progression en fin de campagne.

Les résultats du sondage BVA - Dauphiné Libéré sont les suivants :
 
Au premier tour, G. Fioraso rassemblerait 35% des suffrages, devant le député sortant Richard Cazenave (20%), Alain Carignon (19%) et Philippe de Longevialle (11%).

La candidate des Verts, Marie-Odile Novelli, obtiendrait 5% des voix, Hugues Petit (FN) serait crédité de 4%, le PCF de 2%. Les autres candidats obtiendraient entre 0,5% et 1% des voix.

En cas de triangulaire au 2e tour, les scores seraient les suivants :
G.Fioraso rassemblerait 50% des voix si elle était opposée à A. Carignon, 22% et Richard Cazenave  28%.

9% des personnes sondées n'ont pas exprimé une intention de vote.

En cas de triangulaire avec le candidat MoDem, Philippe de Longevialle, G.Fioraso est créditée de 46% contre 30% à A. Carignon et 24% à Philippe de Longevialle.

Dans l'autre hypothèse, G. Fioraso est respectivement créditée de 45% contre 37% à R. Cazenave et 18% à Philippe de Longevialle.
 
Le sondage indique que dans le cas d'un duel Fioraso-Carignon, l'ancien maire de Grenoble serait largement distancé 62% contre 38%.

Pour un duel Fioraso - Cazenave, elle l'emporterait facilement avec 53% contre 47%.
 
Sondage réalisé par téléphone les 31 mai, 1er et 2 juin auprès de 604
personnes, constituant un échantillon représentatif de la population de la
1e circonscription de l'Isère âgées de 18 ans et plus et inscrites sur les
listes électorales. Les intentions de vote ont été établies en tenant compte
de l'intention d'aller voter, de la certitude du choix et du vote antérieur.

LÉGISLATIVES-SONDAGE - 04/06/2007 19h58 - AFP

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 01:58
(Dépêches)




François Bayrou reconnaît que la bataille législative sera rude

PARIS (Reuters) - Au lendemain de la création d'un parti concurrent par ses anciens amis centristes, François Bayrou a reconnu que le combat des élections législatives ne serait "pas facile" pour le Mouvement démocrate (MoDem) qu'il a lancé il y a vingt jours et préside.

A dix jours du premier tour, l'ancien candidat à la présidentielle a dénoncé sur RTL une loi électorale "absolument injuste", tout en se refusant à tout pronostic chiffré.

Reprenant son idée de défendre les Français face au pouvoir UMP, il a fustigé le Nouveau Centre, courant lancé la veille par le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale devenu ministre de la Défense du gouvernement Fillon, Hervé Morin, et qui fera concurrence au MoDem les 10 et 17 juin.

"Il y a dans cette appellation deux abus de langage. Ce n'est pas nouveau parce que se rallier au pouvoir alors qu'il vient d'être élu, alors qu'on le critiquait la veille en des termes extrêmement virulents, c'est très ancien, hélas même un peu archaïque", a estimé François Bayrou.

Malgré un score de 18,6% au premier tour de la présidentielle, le 22 avril, l'élu béarnais n'a pas empêché l'éclatement de son camp et le ralliement à Nicolas Sarkozy des trois-quarts des députés UDF sortants. Ses détracteurs lui ont notamment reproché d'avoir agi avec le seul souci de se présenter à nouveau à la présidentielle en 2012.

Aujourd'hui, les uns et les autres se disputent la paternité du centre véritable.

Le Nouveau Centre "ce n'est pas le centre, parce que la définition du centre c'est qu'il est indépendant et capable de travailler avec des autres grands courants démocratiques du pays. Donc, un centre qui n'est que d'un seul côté, ce n'est pas un centre", a plaidé François Bayrou sur RTL.

"Nous ne sommes pas des dissidents. Nous sommes l'UDF", assurait la veille André Santini, député UDF des Hauts-de-Seine ayant rejoint la candidat de l'UMP avant le premier tour de l'élection présidentielle.

PLUS DE 80 CANIDDATS DU NOUVEAU CENTRE

Le Nouveau Centre présentera plus de 80 candidats aux législatives, avec l'espoir affiché d'obtenir 25 élus au Palais-Bourbon. Certains parlementaires ont incité des proches à se présenter afin d'atteindre la barre des 50 candidats en métropole nécessaire pour l'ouverture des droits au financement public.

Créé le 10 mai, le MoDem a annoncé pour sa part 535 candidats (dont 220 femmes) dans les 577 circonscriptions, un record depuis la création de l'UDF en 1978. En 2002, l'UDF, qui avait des accords avec l'UMP, avait présenté 217 candidats.

Lors d'un meeting au Zénith la semaine dernière, François Bayrou a fait savoir que 73.000 sympathisants avaient adhéré au MoDem, signe à ses yeux du début d'une "longue marche" vers une "démocratie nouvelle".

Pour l'heure, les sondages accordent au MoDem entre 0 et 10 sièges, sous la barre des 20 élus nécessaires pour constituer un groupe à l'Assemblée nationale.

Dans la liste de 2007 figurent une quarantaine de personnes venues des Verts et de Cap 21, le parti écologiste de l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage.

François Bayrou se représente dans les Pyrénées-Atlantiques, où il sera notamment confronté à un autre ex-candidat à la présidentielle, Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et tradition).

Son ancienne directrice de campagne, la députée européenne Marielle de Sarnez, se présente dans le XIVe arrondissement de Paris, où elle sera notamment confrontée au député Verts sortant Yves Cochet et à l'UMP Nicole Guedj.

L'ancien président de Radio France Jean-Marie Cavada, député européen UDF, défendra les couleurs du Mouvement démocrate à Saint-Maur, dans la première circonscription du Val-de-Marne.

L'ancien ministre Azouz Begag est candidat dans le Rhône et l'ex-judoka Djamel Bouras en Seine-Saint-Denis.

Mercredi 30 mai 2007, 16h21




François Fillon en quête de "légitimité" dans son fief sarthois

LE MANS, Sarthe (Reuters) - "J'ai besoin de votre aide et de votre confiance". Convaincu que la légitimité de l'élection prime celle de la nomination, le Premier ministre, François Fillon, s'engage à plein dans la campagne pour les législatives dans la quatrième circonscription de la Sarthe, où il est candidat avec succès depuis 1981.

En 2002, les électeurs avaient voté à 55,21% au premier tour en faveur de François Fillon. Mais la quatrième circonscription de la Sarthe n'a accordé que 50,4% des suffrages à Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle.

Le Premier ministre y affrontera cette année le directeur de cabinet du premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, Stéphane le Foll, un enfant du pays, dans l'un des duels emblématiques des législatives des 10 et 17 juin.

S'il est élu, François Fillon, qui a prévenu que tout ministre battu serait contraint de quitter le gouvernement, confiera les tâches parlementaires à son suppléant Marc Joulaud.

"Nous formons une équipe unie", explique-t-il à ceux qui lui reprochent de se présenter alors qu'il ne pourra assumer son rôle de député.

Au fil des réunions, dans cette circonscription partagée entre Maine rural et cantons du Mans, il répète aussi ce credo : "J'ai besoin de votre aide et de votre confiance". Tout en rappelant que la Sarthe est "la terre où je suis né" et où vit sa famille.

Jeudi, François Fillon s'est rendu au Mans à l'occasion de l'assemblée générale des fermiers de Loué, qui regroupe plus de 1.000 éleveurs de volailles de la région.

Saluant une "filière exemplaire" qui a renouvelé "ses objectifs, ses méthodes" sans "renoncer à ses ambitions", il a rendu hommage à des éleveurs qui "rejettent le fatalisme et l'impuissance".

"Ce que vous avez fait tous les jours, c'est ce que je veux faire pour la France", a-t-il dit, avant de serrer brièvement la main de son rival Stéphane Le Foll.

Quasiment assuré de la victoire, le Premier ministre peut s'appuyer sur le dynamisme économique du canton de Sablé-sur-Sarthe et des communes alentour devenues "pôle d'excellence rurale" et percevant à ce titre des subventions européennes.

"TOUT EST JOUABLE"

Dans un département où prédominent les industries automobile et agroalimentaire, Sablé-sur-Sarthe, avec l'implantation de la fromagerie Bel ou de la société d'abattage Sabim, est devenu le second centre économique du département après Le Mans.

"Il y a à Sablé 11.000 emplois privés pour 12.000 habitants", précise Pierre Molager, conseiller du Premier ministre pour les affaires locales, qui estime que cette circonscription est la plus dynamique de la Sarthe - qu'il s'agisse d'économie, de démographie ou d'équipements.

Dans les vertes campagnes du sud-ouest du département, on trouve aussi bien un fabricant de fenêtres à Brulon que des équipementiers du secteur automobile à La Suze-sur-Sarthe.

A Loué, 2.000 habitants, qui a donné son nom à la coopérative d'élevage de poulets fermiers, se mélangent des emplois liés à l'industrie automobile comme à la filière avicole.

Face à ce dynamisme et à la popularité locale de François Fillon, la principale question de ces législatives reste la capacité du Premier ministre à renouveler sa performance de 2002, au vu du score de Nicolas Sarkozy le 6 mai.

Envers saisissant de la ruralité sarthoise de cette quatrième circonscription, les zones urbanisées de Le Mans-Ouest ou d'Allonnes, vaste cité-dortoir qui affiche le plus fort taux de chômage du département (environ 15%), ont largement accordé leur préférence à Ségolène Royal au second tour de la présidentielle.

Les habitants du Mans s'éloignant du centre-ville pour la périphérie, la ville de la Suze-sur-Sarthe, en voie d'urbanisation galopante, a elle aussi porté ses voix (55,4%) sur la candidate socialiste.

Ces scores peuvent laisser prévoir un rééquilibrage des forces en présence.

"Je n'ai pas de doute, ni d'angoisse particulière, au second tour, tout est jouable", veut croire Stéphane Le Foll, qui se dit "entêté" et fait sa campagne "sans états d'âme".

Après encore quelques rendez-vous locaux, le Premier ministre tiendra sa dernière réunion publique avant le premier tour des législatives le 6 juin au Parc des expositions du Mans avec les autres candidats de la majorité présidentielle du département.

Jeudi 31 mai 2007, 15h35




Onze ministres-candidats mettent en jeu leur portefeuille

PARIS (AFP) - Onze ministres, François Fillon en tête, se présentent aux législatives, mettant en jeu leur portefeuille selon la règle édictée par le chef du gouvernement, mais pour la grande majorité, le risque est faible.

Alain Juppé est le seul à se présenter dans une circonscription qui, le 6 mai, a préféré, et largement, Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy.

Le 22 mai, le Premier ministre a prévenu que tout membre de son gouvernement, lui-même compris, battu aux législatives devrait abandonner son poste. Du coup, l'enjeu devient crucial pour les ministres-candidats. Mais la plupart ont une implantation telle qu'ils peuvent aborder l'épreuve avec sérénité.

C'est le cas du Premier ministre dans la quatrième circonscription de la Sarthe, toujours à droite depuis 1958. En 2002, elle l'avait réélu au premier tour (55,21%), laissant à distance Stéphane Le Foll (PS), collaborateur de François Hollande et de nouveau son adversaire en 2007. Cependant, au deuxième tour présidentiel, Nicolas Sarkozy n'y a réuni que 50,34%, presque trois points sous son score national.

Le ministre d'Etat Alain Juppé (Ecologie), qui veut retrouver son siège girondin après sa parenthèse québecoise, est dans une situation plus compliquée. Au second tour de 2002, dans la 2ème circonscription de Gironde, qui est traditionnellement celle des maires de Bordeaux, il avait obtenu 55,49%. Deux ans plus tard, son successeur, Hugues Martin, avait, lors d'une législative partielle, enregistré quatre points de moins.

Surtout, la candidate socialiste à l'Elysée est arrivée première dans cette circonscription, au premier tour (32,92%) comme au second (54,66%). Un écart que relativisent des politologues, en relevant, comme Gérard Le Gall ou Jean-Luc Parodi, la prime dont bénéficient les personnalités implantées. Ainsi, à l'automne 2006, la liste conduite par Alain Juppé pour la mairie de Bordeaux, l'avait emporté largement.

Les neuf autres ministres-candidats peuvent être optimistes.

La benjamine Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), n'a rien à craindre dans la deuxième des Yvelines, qui lui a donné 65,11% de ses suffrages en 2002, et 61,62% à M. Sarkozy le 6 mai.

Idem pour Eric Woerth (Budget) dans la quatrième de l'Oise: 64,14% pour lui en 2002, 64,91% pour Sarkozy au deuxième tour présidentiel. Ou pour Dominique Bussereau (Transports) dans la quatrième des Charentes-Maritimes (62,31% en 2002) et Christine Boutin (Logement) dans la 10ème des Yvelines.

Jean-Louis Borloo (Economie), élu depuis 1993 dans la 21ème du Nord, y a obtenu en 2002 63,88%.

Aux dernières législatives, Michèle Alliot-Marie (Intérieur) avait failli être élue au premier tour dans la 6ème des Pyrénées-Atlantiques, pour rafler au second 60,88% des suffrages. Cependant dans cette circonscription, la domination de Nicolas Sarkozy le 6 mai a été moins large: 52,88%.

Seul ministre centriste, Hervé Morin (Défense) ne craint rien a priori dans la troisième de l'Eure (61,85% aux dernières élections, 56,83% à Sarkozy).

Roselyne Bachelot (Santé) n'est pas sortante dans la première du Maine-et-Loire, ayant choisi le Parlement européen en 2004. Mais elle espère retrouver le siège qui fut aussi celui de son père, forte de ses 58,27% de 2002 (52,39% pour Sarkozy le 6 mai).

Enfin, Xavier Bertrand (Travail) élu pour la première fois en 2002 avec 56,96% dans la deuxième de l'Aisne, peut être serein (57% pour Sarkozy le 6 mai).

Le score des candidats aspirant à faire partie du gouvernement sera aussi déterminant (comme Arno Klarsfeld à Paris ou André Santini à Issy).

Par Eric Bassi et Corinne Delpuech, le jeudi 31 mai 2007, 12h26



François Fillon à Nice pour soutenir les candidats UMP

NICE, Alpes-Maritimes (Reuters) - François Fillon, venu à Nice soutenir les candidats de l'UMP aux législatives dans les Alpes-Maritimes, a développé l'un des grands thèmes de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, la continuité du service public en cas de grève.

"La majorité silencieuse exige que l'intérêt général ne soit plus l'otage des intérêts corporatistes", a dit le Premier ministre devant 1.500 à 2.000 personnes, dans ce département où Nicolas Sarkozy a réalisé ses meilleurs scores les 22 avril et 6 mai derniers.

"Elle demande que le droit légitime de faire grève n'ignore pas le droit tout aussi légitime de bénéficier de la continuité du service public. Les députés qui seront élus dans quelques jours voteront au mois de juillet une loi cadre sur le service minimum, en particulier dans les transports", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a par ailleurs confirmé qu'il voulait dès cet été permettre la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, et que cette déduction s'applique même aux emprunts en cours.

"Nous supprimerons aussi les droits de succession", a-t-il précisé, "parce qu'il est moral que chaque famille au seuil de sa vie puisse transmettre le fruit de ses efforts sans être lourdement taxée".

Sur le thème de la rupture cher à Nicolas Sarkozy, François Fillon a dit être à la tête d'un gouvernement dont le style et les méthodes de travail sont radicalement nouveaux.

"Il n'y a plus d'un côté un président de la République qui ne s'exprime que le 14 juillet et le 31 décembre et un Premier ministre qui gouverne au jour le jour", a-t-il dit. "Il y a désormais un patron qui, avec son Premier ministre, s'engage et assume la direction du pays."

"Entre Nicolas Sarkozy et moi-même, la complicité est totale", a-t-il poursuivi, "nous ne courons pas seulement ensemble, nous agissons ensemble avec la volonté de transformer le pays. C'est un nouveau style, et les huissiers de la présidence de la République, quand ils m'ont vu arriver en short la semaine dernière, ne s'en sont pas encore remis".

Mardi 29 mai 2007, 23h32




En campagne sur ses terres, François Bayrou va chercher les voix une par une

PAU (AFP) - En campagne dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou va, de village en village, chercher les voix une par une, même s'il est arrivé largement en tête dans la plupart de ces communes au premier tour de la présidentielle.

"Une élection, c'est une élection. Les voix, il faut aller les chercher", explique le "troisième homme" de la présidentielle qui, ce jeudi matin, a inscrit à son agenda sept communes rurales de l'est de Pau.

D'ici au 10 juin, le fondateur du Mouvement démocrate (MoDem) se sera ainsi rendu dans les 92 communes de sa circonscription pour défendre son siège de député, "clocher par clocher, village par village, mairie par mairie".

"Ce périple, c'est une manière de rendre hommage aux gens, d'aller les voir chez eux, même si, comme ce sont des heures pas pratiques, ils viennent pas aux réunions", ajoute M. Bayrou. "Mais ils savent qu'on est là, le maire est là, l'adjoint est là, et on peut ainsi faire le point de la réalité de leurs vies".

La tournée a commencé peu après 8H00 par la mairie d'Espoey, 900 habitants: devant six personnes, M. Bayrou explique le besoin de ne pas laisser tous les pouvoirs à un seul parti après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Il exprime ses inquiétudes concernant la franchise médicale future et la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, qui "selon les experts va faire monter les prix et constituera en fait un avantage pour les vendeurs".

Puis, la conversation porte sur des sujets locaux.

Souvent, seul le maire ou ses adjoints ont répondu à l'invitation.

"On est agriculteurs. Il faut ensiler quand le temps le permet", déclare, à Aast, Edmonde Pucheu-Hourcade, première adjointe, avant de servir café et gâteau béarnais.

Après une rapide visite de l'église, le "périple" continue sur les petites routes du Béarn pour M. Bayrou et son suppléant, Pierre Menjucq.

A Ponson-Dessus, 247 habitants, le maire, Bernard Lacabanne, et son premier adjoint Jean-Jacques Lalanne reviennent sur la présidentielle. "Vous avez pas fait une erreur d'avoir ce débat avec Ségolène Royal?", demande le premier.

"J'ai pas trop compris votre position entre les deux tours", renchérit le second.

Certaines communes ont également reçu la visite de la candidate socialiste, Marie-Pierre Cabanne.

Le candidat UMP, Jean-Pierre Mariné, lui, "ne fait que les chefs-lieu. Il ne va pas dans la France profonde", remarque M. Menjucq.

Car M. Bayrou aura cette fois à affronter un candidat UMP. Rançon de "l'indépendance" qu'il revendique, face aux députés UDF qui, dans leur grande majorité, se sont ralliés à Nicolas Sarkozy.

"Je sais depuis longtemps ce qu'est la faiblesse de la nature humaine, je l'ai déjà vécue", souligne M. Bayrou en allusion à 2002 où le gros des élus UDF avait rejoint l'UMP.

Il compare l'attrait du pouvoir à "une de ces lampes autour desquelles viennent voleter les papillons, pour se brûler les ailes".

"Je sais que les citoyens ont besoin d'avoir des élus fiables, des élus qui ont un cap, et c'est à cela que je me tiens", dit-il.

Face à la "volonté (de l'UMP) de liquider tout ce qui est différent", il affirme, bravache: "ils essaieront, et ils n'y arriveront pas. Les citoyens imposeront sans aucun doute le pluralisme".

Vers 15H00 chaque jour, le député retrouve sa casquette de chef de parti, sautant dans un avion pour aller soutenir les candidats du MoDem dans le reste de la France. Ce jeudi, il rejoignait à Saint-Etienne pour une réunion publique l'un des rares députés qui lui soient restés fidèles, Gilles Artigues (Loire).

Par Pascale Juilliard, le jeudi 31 mai 2007, 19h04
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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 11:33
(Dépêches)



A Drancy, les ambiguïtés de Jean-Christophe Lagarde

Mais quel jeu étrange joue donc Jean-Christophe Lagarde, maire (UDF) de Drancy ? Officiellement, le député de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis concourt pour sa réélection sous les couleurs de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem). Il s'est toutefois déclaré sous l'étiquette "Bobigny-Drancy". "Mon premier parti, c'est Bobigny et Drancy", les deux villes composant sa circonscription, explique-t-il dans le journal adressé aux électeurs de sa commune.

Jeudi 24 mai, quand François Bayrou a lancé la campagne des candidats du MoDem, au Zénith de Paris, il a préféré rester à Drancy. Deux jours plus tôt, en revanche, il était à Matignon quand le premier ministre, François Fillon, a donné le coup d'envoi de la campagne des candidats de la majorité. Alors, dedans ou dehors ? Le jeune élu cultive à dessein l'ambiguïté, multipliant les déclarations de bienveillance à l'égard du nouveau président de la République. "Travailler avec la nouvelle majorité ne me posera (...) aucun problème", dit-il dans un entretien à La Croix du 24 mai. Ce faisant, il n'ignore pas que l'objectif premier de M. Sarkozy est d'"assécher" les - maigres - réserves parlementaires de M. Bayrou.

Après avoir réussi à "capturer" Hervé Morin, nommé ministre de la défense, et débauché pas moins de vingt-deux députés sortants de l'UDF sur vingt-neuf, les hommes du président continuent de "travailler" ceux qui restent, en espérant rayer du paysage politique l'ancien candidat centriste. Il ne fait nul doute que M. Lagarde, élu d'un département qui, d'une certaine manière, symbolise le divorce entre l'ancien ministre de l'intérieur et la banlieue, constituerait une prise de choix. Dans la Seine-Saint-Denis, M. Lagarde s'est efforcé, surtout, de ménager ses chances de réélection en évitant d'avoir à affronter une candidature de l'UMP. Lui qui avait été un des porte-parole de la campagne de M. Bayrou s'est fait extrêmement discret au lendemain du premier tour de la présidentielle. Il a pris langue avec Eric Raoult, maire (UMP) du Raincy et député de la 12e circonscription de la Seine-Saint-Denis, pour parvenir à une répartition des rôles.

C'est ainsi que, si M. Lagarde a poussé la candidature de l'ex-judoka Djamel Bouras dans la 2e circonscription, face au sortant (PCF) Patrick Braouezec, il devait empêcher qu'un candidat de l'UDF-MoDem se présente face à M. Raoult, de même que dans d'autres circonscriptions sensibles. En contrepartie, lui-même était épargné par l'UMP. Dans les 4e, 8e, 10e et 13e circonscriptions de la Seine-Saint-Denis, les candidats pressentis à l'investiture de l'UDF-MoDem ont ainsi été dissuadés de se présenter. En dépit de cet arrangement, Ahmed Khalifi a néanmoins déposé in extremis sa candidature au nom de l'UDF-MoDem dans la circonscription de M. Raoult. Au grand dam de ce dernier, qui accuse M. Lagarde de "déloyauté".

Pour l'heure, le maire du Drancy se concentre sur un second tour qui est loin d'être gagné dans une circonscription qui a voté à 66,8 % à Bobigny et à 52,6 % à Drancy pour Ségolène Royal à la présidentielle. Quant à ce qu'il fera après, s'il est élu, M. Lagarde, là aussi, entretient le doute : "On verra si nous avons ou non un groupe parlementaire", se contente-t-il de répondre.

Patrick Roger (Le Monde),  le 28 mai 2007, 14h39





Disputés ou emblématiques, 20 points chauds des législatives

Le premier tour des législatives donnera lieu à des confrontations très disputées ou très emblématiques dans vingt circonscriptions de métropole et d'Outre-mer sur les 577 en jeu le 10 juin.

Gironde (2e) : de retour à la mairie de Bordeaux, Alain Juppé part à la reconquête de son ancien siège avec une épée de Damoclès: Ségolène Royal a dominé la circonscription le 6 mai (54,66%), qui fut celle de Chaban-Delmas. En jeu, son avenir au gouvernement, voire politique.

Paris (12e) : La plus disputée de la capitale, déterminante pour les municipales de 2008. L'avocat médiatique Arno Klarsfeld, ami de Nicolas Sarkozy, investi après la présidentielle, affronte la socialiste Sandrine Mazetier, très implantée.

Sarthe (4e) : A priori François Fillon ne craint rien, réélu au 1er tour en 2002 avec 55% des voix. Mais Sarkozy n'y a fait que 50,3% le 6 mai. Le Premier ministre affronte à nouveau Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande.

Paris (21e) : Bataille entre socialistes dans une des circonscriptions les plus à gauche de Paris. Le maire et député sortant Michel Charzat, exclu du PS, se maintient face à George Pau-Langevin, proche de Delanoë.

Saône-et-Loire (6e) : Duel d'Arnaud: Montebourg, pour le PS, Danjean, pour l'UMP. Le premier, largement réélu en 2002, veut sauver son siège, conquis en 1997. Le second rêve d'une victoire symbolique contre un proche de Royal.

Eure (1re) : l'ex-bras droit de Dominique de Villepin, Bruno Le Maire, parachuté dans ce fief de Jean-Louis Debré (61,73% en 2002) fait face à la fronde de l'ancien dirigeant de l'UMP locale, Louis Petiet.

Isère (1re) : Alain Carignon, ex-maire de Grenoble, veut revenir en politique après son passage en prison pour «corruption» mais se heurte à une dissidence du sortant de la majorité, Richard Cazenave. Sa personnalité controversée pourrait offrir une chance à la candidate PS.

Paris (1re) : Martine Billard, une des trois Verts sortants, est en situation délicate dans le cœur historique de Paris qu'elle a conquis en 2002 et où elle affronte à nouveau le maire UMP du 1er Jean-François Legaret.

Indre (1re) : Le président socialiste de la région Centre, Michel Sapin, veut reconquérir, avec de bonnes chances, le siège perdu par le PS en 2002, détenu par l'UMP Jean-Yves Hugon. Mais il doit faire face à la dissidence d'un ex-socialiste.

Alpes de Haute-Provence (1re) : Co-directeur de campagne de Ségolène Royal, le maire de Digne Jean-Louis Bianco doit batailler ferme pour conserver un siège conquis en 1997. Dan sa circonscription, le 6 mai, la candidate socialiste a été minoritaire.

Val-d'Oise (5e) : Sur la dalle d'Argenteuil qui résonne encore de la formule de Nicolas Sarkozy sur «les racailles», l'UMP Georges Mothron, vainqueur surprise à 220 voix du numéro un communiste Robert Hue en 2002, aura du mal à préserver son siège face au candidat PS «de la diversité» Faouzi Lamdaoui.

Val-de-Marne (10e) : Dernière circonscription communiste du département, l'ex-fief de Maurice Thorez, pourrait tomber dans l'escarcelle du MRC Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre. Le maire communiste d'Ivry, Pierre Gosnat, fils d'un ancien haut dirigeant du PCF, tente de résister.

Rhône (1re) : La députée UDF Anne-Marie Comparini, une des rares à être restée fidèle à François Bayrou n'a pas la tâche facile face au jeune secrétaire départemental UMP Michal Havard. Ce qui, conjugué à une dissidence UMP, nourrit les espoirs du PRG Thierry Braillard, adjoint au maire de Lyon.

Guyane (1re) : Facilement réélue en 2002 (65,27%), la PRG Christiane Taubira est fortement menacée, Ségolène Royal n'ayant drainé que 45,53% le 6 mai. Outre son vieil adversaire UMP Rémy-Louis Budoc, elle a sur sa route le président du Conseil régional, Antoine Karam (Parti socialiste guyanais).

Corrèze (3e) : Dans l'ancienne circonscription de Jacques Chirac, le sortant UMP Jean-Pierre Dupont, presque 74 ans, fait face à la montée en puissance de la gauche: 51,9% pour Ségolène Royal le 6 mai. Après 40 ans d'hégémonie chiraquienne (Bernadette Chirac est toujours élue à Sarran), la socialiste Martine Leclerc pourrait l'emporter.

Haute-Garonne (1re) : Dans la circonscription des maires de Toulouse, où Philippe Douste-Blazy (50,84% en 2002) a renoncé à se présenter, son successeur au Capitole, le centriste Jean-Luc Moudenc est en péril face à la socialiste Catherine Lemorton.

Seine-et-Marne (2e) : Briguant un onzième mandat, le sortant UMP Didier Julia, plus ancien élu de l'Assemblée, est défié par le jeune maire UMP de Fontainebleau Frédéric Valletoux. En embuscade le bayroutiste Charles Napoléon.

Seine-Saint-Denis (4e) : Dans sa circonscription, Marie-George Buffet, députée sortante, a fini 5e le 22 avril (7,36%). A l'image de presque tous ses sortants dans ce département qui fut le joyau de la couronne rouge, la numéro un du PCF est en difficulté.

Pas-de-Calais (14e) : La vice-présidente du Front national Marine Le Pen espère bousculer le jeu dans cette circonscription où son père a fait un de ses meilleurs scores à la présidentielle: près de 19%. Le sortant socialiste Albert Facon, 64 ans, ne croit pas son siège menacé.

Finistère (3e) : Le maire de Brest François Cuillandre espère surfer sur la vague rose qui a touché la Bretagne le 6 mai pour redonner à la gauche le siège pris par Marguerite Lamour en 2002. L'ancien préfet maritime de Brest Laurent Mérer défend les couleurs du MoDem.

20 Minutes avec AFP, le 31 mai 2007, 21h16



Aurélie Filippetti, retour à la mine

Elle fut une des conseillères de Ségolène Royal. La transfuge venue des Verts capable d'une adhésion sans faille à la première dame socialiste. Aurélie Filippetti est aujourd'hui la candidate du PS, partie rejouer la "guerre de classe", dans la 8e circonscription de la Moselle, au coeur de sa Lorraine ouvrière d'origine. Une guerre qu'elle veut faire au nom du père, mineur immigré italien, face à l'héritier des Wendel, maîtres des forges. Un combat de principe et de "mémoire" qu'elle mène sans imaginer que, sur ces anciennes terres minières, l'identification avec une intello très parisienne du 5e arrondissement de Paris ne se fasse pas aussi facilement.

Opposée à Alain Missoffe (UMP), fils d'un ancien ministre du général de Gaulle, frère de Françoise de Panafieu, gendre du baron Seillière, la jeune femme est persuadée qu'elle peut gagner cette bagarre électorale. Alors, "comme (son) père", dit-elle, elle fait la sortie des usines, celle de Mittal à Rombas ou Richemont, ou de TRW à Bouzonville. Elle arpente les marchés de Falck ou Creutzwald pour faire sa propagande "comme l'enfant du pays".

De ces terres industrielles, elle connaît surtout celles des cités voisines de la 7e circonscription de Longwy. C'est là qu'elle a grandi, à Audun-le-Tiche, en face d'une usine de sidérurgie. Non loin de la mine où son père, délégué CGT et militant communiste, descendait tous les jours avant d'aller haranguer ses camarades. La jeune femme rêvait de s'y présenter, mais le PS local s'y est opposé, lui préférant un candidat du cru. Alors elle s'est contentée d'un retour "juste à côté".

Partie à Paris, à 20 ans, pour entrer à Normale Sup et sortir agrégée de lettres classiques, elle refuse de se laisser appeler "la parachutée". "Je ne vais quand même pas m'excuser d'avoir pu intégrer une grande école à Paris, s'écrie-t-elle. Mon père trouvait normal que les ouvriers aient accès aux belles choses."

ENTRE-DEUX

Il y a pourtant sous la mèche brune qui encadre son long visage un peu de cette peur d'avoir trahi ses origines, ce qu'elle a toujours cherché à repousser avec ses choix. D'abord en acceptant les postes de professeure remplaçante dans des collèges de banlieue où elle a du mal à trouver sa place. Puis en écrivant ce livre si autobiographique, Les Derniers Jours de la classe ouvrière (Stock 2005), où elle raconte joliment les années de déclin de la Lorraine ouvrière et solidaire à travers une histoire familiale romancée.

Elle est dans le même entre-deux, aujourd'hui encore, quand elle cite, en jean dernier cri et chemisier blanc classique, L'Etabli, de Daniel Linhart, comme "livre fondateur" au côté de Dos Passos et son Amérique prolétaire ou qu'elle écoute Green Day, un groupe post-grunge dont le dernier tube est une reprise du Working Class Hero de John Lennon.

C'est un peu sa faille. Etre si fière de ses racines, de l'histoire du grand-père résistant communiste déporté, de ses origines de cette France de l'Est où on parle encore allemand. Mais sans parvenir à l'incarner. Elle, la "bobo-prolo", comme la surnomme Yves Cochet. Elle qui est partie pour réussir et vivre dans un bel appartement du coeur de Paris, le bourgeois 5e.

C'est dans ce fief de la Chiraquie qu'elle découvre la politique, adhère aux Verts après la campagne menée par Daniel Cohn-Bendit lors des européennes de 1999. Vive, jolie et directe, elle est repérée par Yves Cochet, alors ministre de l'environnement succédant à Dominique Voynet à l'été 2001. Aurélie Filippetti y devient "conseillère technique à la pensée". Ce titre lui va comme un gant, elle qui se reconnaît comme "un peu trop intello". Lors de sa première réunion interministérielle, alors qu'elle vient de faire son introduction sur le développement durable avec force citations de Robert Castel ou Stéphane Beau, un conseiller de Bercy l'interrompt : "Tu ne vas pas citer Bourdieu, non plus !"

En 2000, lors de la préparation des municipales, elle se bat pour la parité des têtes de listes et rafle celle du 5e. Elle passe bien dans les médias, mène une campagne tambour battant contre le "système Tiberi", cornaquée par le secrétaire départemental de Paris, Jean-Marc Brulé, et se fait élire conseillère municipale au côté de Lyne Cohen-Solal. "Elle était très présente, pas langue de bois. Elle aime qu'on la voie, parfois jusqu'à l'excès. Un peu comme Voynet il y a vingt ans !", décrit Yves Cochet, député de Paris. Un excès qui lui joue parfois des tours.

PLUME

Comme en 2003, quand, au lendemain d'une agression antisémite, alors porte-parole des Verts Paris, elle se déclare "sioniste propalestinienne" et appelle à défiler avec les drapeaux palestiniens et israéliens mêlés lors d'une manifestation contre la guerre en Irak. Ses ennemis chez les Verts, qui la trouvent déjà "trop paillettes", se déchaînent. Elle ne comprend pas, s'éloigne un peu et parle de son "lent désamour".

Mais ces inimitiés la suivront jusqu'à l'automne 2006, où elle tente de revenir en postulant pour la circonscription de Longwy. Elle dit vouloir se battre pour cette région "encore sinistrée". Les Verts lui refusent l'investiture. C'est le rejet de trop : elle quitte le parti écologiste, dénonçant "la confiscation du pouvoir par un quarteron d'apparatchiks". "Elle n'a pas compris que chez les Verts il n'y a pas de place pour des gens qui veulent aller vite", explique Sergio Coronado, ancien porte-parole. "C'est un peu triste, elle aurait dû croire en son enracinement dans le 5e arrondissement, mais elle est attirée par les étoiles", corrige un autre dirigeant. La jeune femme n'a pas tardé, en effet, à retomber sur ses pieds.

Quinze jours après sa démission fracassante, Patrick Mennucci, proche de Ségolène Royal, la contacte et lui propose de rejoindre l'équipe de campagne. En avril 2006, elle avait pris les devants en envoyant une note sur la Lorraine à la candidate socialiste, alors en déplacement dans la région. Elle la revoit pendant l'été, à Mougins. "Aurélie avait envie d'une voie réformiste", raconte M. Mennucci. Elle sera donc une des plumes de la candidate, écrivant notes et argumentaires et organisant des rencontres avec les intellectuels et artistes. Malgré quelques couacs, comme l'exigence du chant de La Marseillaise, la jeune femme est encore emballée par la campagne. "C'était une PME face à une machine de guerre, mais Ségolène était excellente", assure-t-elle.

Alors, continuer au PS ? "Forcément avec elle, car elle a commencé à construire un renouveau à gauche", martèle sa voix douce. Elle veut y contribuer et "travailler sur le fond, l'analyse du monde", pour être "prêts la prochaine fois". En attendant, elle prend le train vers la Moselle. Loin de ce Paris qu'elle a appris à goûter.

Sylvia Zappi (Le Monde), le 1er juin 2007, 14h56



A Melle, parachutage d'une jeune socialiste sur les traces de Ségolène Royal

























MELLE (AFP) - Près de 20 ans après le parachutage de Ségolène Royal dans les Deux-Sèvres, une jeune socialiste arrivée dans les mêmes conditions, Delphine Batho, va tenter de conserver la circonscription de Melle laissée vacante par l'ex-candidate à la présidentielle.

Réélue régulièrement depuis 1988, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a en effet décidé de ne pas se représenter pour "respecter la règle socialiste du non-cumul des mandats".

Delphine Batho, secrétaire national du PS chargée de la sécurité, a été nommée par le bureau national du Parti socialiste, à l'initiative de Mme Royal. Elle débarque dans la deuxième circonscription des Deux-Sèvres à 34 ans, le même âge que l'actuelle députée il y a dix-neuf ans.

"C'est une responsabilité supplémentaire de se présenter dans cette circonscription. Il faut être à la hauteur, faire ses preuves", reconnaît la candidate.

"Mais c'est également une chance de s'impliquer sur ce territoire pour continuer le travail effectué depuis 19 ans par Ségolène Royal", précise-t-elle.

Comme l'actuelle députée, la jeune candidate affiche une grande détermination et un moral à toute épreuve.

Cela lui a été bien utile pour faire face à la fronde d'Eric Gauthier (PS), le suppléant de Mme Royal, qui voulait se présenter et contestait sa légitimité puisqu'elle n'avait pas été élue par les militants. Il a fallu l'intervention de Ségolène Royal et une primaire remportée par Delphine Batho pour clarifier la situation à quelques heures de la clôture des inscriptions.

Depuis, la candidate PS, "confortée et renforcée par la confiance des militants", a obtenu le soutien du Parti radical de gauche et du mouvement républicain et citoyen.

Delphine Batho a l'avantage de se lancer dans une circonscription qui a confirmé son ancrage à gauche à l'élection présidentielle en votant à 58,41% pour Ségolène Royal au second tour.

Mais la candidate du Mouvement démocrate, Simone Gendreau-Donnefort, 65 ans, maire de Saint-Martin-d'Entraigues, espère tirer profit des tensions apparues dans le camp socialiste.

"Nous sommes sur un socle radical", souligne cette candidate qui "connaît bien cette circonscription" pour avoir été présidente du Pays Mellois, et qui "souhaite apporter une autre vision politique que celle des Parisiens".

Après avoir tenté un parachutage en 2002, l'UMP a préféré faire confiance à un homme du cru, Jean-Pierre Griffault, 60 ans, conseiller général et maire de Salles.

"La campagne sera difficile, mais nous sommes habitués. On ne changera pas de route", avertit celui qui avait infligé une défaite à Ségolène Royal en l'écartant du conseil général en 1998.

Les trois principaux candidats se présentent pour la première fois aux élections législatives, tout comme Jean-Romée Charbonneau, conseiller régional et secrétaire départemental du Front national. Cinq autres femmes et un homme sont en lice.

Par Didier Beynac, le dimanche 27 mai 2007, 13h58





Législatives : duel fratricide entre socialistes dans la 21e de Paris

PARIS (AFP) - Fief de gauche, la 21e circonscription de Paris est l'enjeu d'un duel fratricide entre socialistes avec la justice en arbitre pour compter les points, entre Michel Charzat, maire du XXe arrondissement et député sortant, exclu pour dissidence, et la candidate officielle, George Pau-Langevin.

Si les deux candidats s'évitent, leurs avocats se sont croisés devant le tribunal de grande instance. Mercredi, c'est M. Charzat qui était sur la défensive, accusé d'avoir détourné le blog de sa concurrente sur internet. "Une gaminerie de militant un peu fougueux", minimisait son entourage.
Une "gaminerie" qui lui a cependant valu d'être condamné jeudi à 1.500 euros de réparation ainsi qu'aux dépens.

Dès le prononcé de ce jugement, M. Charzat a contre-attaqué, demandant à son avocat "d’introduire sans délai une procédure de référé afin qu’il soit mis fin aux affichages sauvages organisés par Mme Pau-Langevin" avec ses affiches officielles, "un délit puni d’une amende de 9.000 euros".

Plus tôt dans la journée, le député-maire avait affirmé avoir de multiples "munitions" contre sa concurrente sur le terrain judiciaire.

Ce duel fratricide fait suite à la décision du parti d'investir Mme Pau-Langevin, dans cette circonscription réservée pour une femme, et ce sans vote des militants locaux. Un cas unique, accuse Michel Charzat, qui soutenait la candidature de Sophia Chikirou, 28 ans, son attachée parlementaire.

"Totalement faux", rétorque Bruno Le Roux, secrétaire national du PS aux élections: "Cela a été le
cas dans 22 ou 23 circonscriptions", dit-il, justifiant le "gel" de ces circonscriptions par la volonté du PS de pousser à l'Assemblée des personnalités symboliques.

Pour M. Charzat, fabiusien, la nomination de Mme Pau-Langevin, 59 ans, Guadeloupéenne et membre du cabinet du maire de Paris Bertrand Delanoë, est un exemple de "dévolution bureaucratique des mandats". Une manoeuvre décidée par "un lâche", François Hollande, pour éliminer "une minorité politique".

Et Mme Chikirou, sa suppléante, d'enfoncer le clou: sur le marché Belgrand, dans le XXe arrondissement, elle parle de "la terreur rose à Paris imposée par Delanoë". Pour elle, Mme Pau-Langevin doit sa désignation à sa seule "couleur de peau".

"Moi, on m'a fait comprendre que je n'étais qu'une beurette", explique cette Kabyle d'origine, accusant le PS d'avoir mis en oeuvre des "quotas ethniques".

Dans sa permanence au coeur du XXe arrondissement, la candidate officielle du PS réfute l'étiquette de parachutée. Et souligne que M. Charzat vit dans le XVIe arrondissement, contrairement à elle.

Pour Mme Pau-Langevin, avocate de formation et ancienne présidente du MRAP, la décision de M. Charzat est "une réaction d'enfant gâté qui trépigne parce qu'on lui a pris son jouet". Selon elle, Michel Charzat, député depuis 1981 --excepté une parenthèse de 1993 à 1999-- et maire du XXe depuis 1995, fait passer "son amour-propre avant l'intérêt du peuple de gauche".

Quant à l'idée d'un "désistement républicain" en faveur du candidat socialiste le mieux placé au soir du premier tour, elle refuse de l'évoquer. Estimant peu crédible la promesse de M. Charzat sur ce point.

De quoi doper les deux principaux candidats de droite dans la circonscription, qui rêvent d'une triangulaire. Avec en ligne de mire pour Didier Bariani (MoDem) ou Raoul Delamare (UMP) une victoire inespérée, dans une circonscription où Ségolène Royal a fait près de 62% le 6 mai.

Par Olivier Lucazeau, le jeudi 31 mai 2007, 23h05


Législatives : Ségolène Royal soutient Malek Boutih (PS) en Charente

ANGOULÊME (AFP) - Ségolène Royal, présidente (PS) de la région Poitou-Charentes, a apporté mercredi à Angoulême son soutien à Malek Boutih, candidat investi par le PS dans le 4e circonscription de Charente, menacé par une candidature dissidente socialiste.

"Cette circonscription a donné un joli score lors du scrutin présidentiel. Je demande à tous les électeurs qui m'ont fait confiance de reporter cette confiance sur Malek Boutih. Je crois que le défi qu'il se lance aujourd'hui est une chance pour ce territoire", a déclaré Mme Royal lors de sa visite d'une vingtaine de minutes à la permanence électorale de M. Boutih.

"Il faut absolument qu'il soit élu. Il le sera", a-t-elle ajouté devant une vingtaine de militants.

"C'est la victoire qui va refaire l'union", a-t-elle répondu à la presse au sujet de l'existence d'une candidature dissidente, celle de Martine Pinville, qui avait été désignée par un vote des militants locaux en juin 2006 avant que le PS n'investisse M. Boutih.

M. Boutih a pour sa part reconnu que la visite de Mme Royal était "le meilleur soutien qu'il pouvait attendre", se félicitant d'allier "plaisir, adéquation politique et efficacité".

Même s'il s'est refusé à se projeter sur l'après-législatives, le secrétaire national PS aux questions de société a évoqué l'avenir du parti socialiste en s'adressant à Mme Royal: "On a besoin de toi. On a un atout maître avec toi". "Avec le travail qu'elle a fait, elle jouera un rôle majeur", a-t-il ajouté.

Dans cette circonscription, le député PS sortant, Jean-Claude Beauchaud, a choisi d'être suppléant de la dissidente, Martine Pinville. "Ségolène Royal est dans une logique de parti", a-t-il indiqué à l'AFP. "Mais, en ce qui me concerne, elle n'est pas dans une logique affective. En 1993, nous étions, elle et moi, les deux seuls députés PS de Poitou-Charentes. On a toujours été dans la même tendance. Je comprends sa venue, mais je ne l'apprécie pas."

Mme Royal a ensuite rencontré dans l'après-midi le candidat PS dans la 1ère circonscription, Jean-Claude Viollet, et la candidate socialiste dans la 2e, Marie-Line Reynaud.

Par ailleurs, Ségolène Royal a assuré mercredi devant la presse à Jarnac, où est enterré François Mitterrand, avoir "beaucoup appris" auprès de l'ancien président de la République et notamment que "la politique, c'est un effort au long cours".

S'exprimant lors d'un déplacement de soutien à Marie-Line Reynaud, candidate PS aux législatives dans la 2e circonscription de Charente, Mme Royal a affirmé avoir "beaucoup appris (...) pendant sept ans" au côté de l'ancien président.

"J'ai appris une chose de lui : il a mis plusieurs fois pour être élu président de la République. La politique, c'est un effort au long cours. Il ne faut jamais se laisser abattre par des moments qui sont moins gratifiants que d'autres", a poursuivi la candidate malheureuse du PS aux présidentielles.

Plus tôt dans la journée, revenant sur le meeting du PS mardi à Paris, Mme Royal avait dit avoir retenu les "Merci Ségolène" scandés par les militants: "Ca fait quand même plaisir après cette longue campagne."

Lors de ce meeting, "j'ai senti que l'énergie était toujours là, la mobilisation populaire aussi. Ca prouve que l'élection présidentielle est une étape, vers autre chose, et c'est ça qui est important", avait-elle affirmé.

Interrogée sur les mesures fiscales annoncées par le président de la République Nicolas Sarkozy sur les emprunts immobiliers, Mme Royal a chiffré ces mesures "aux alentours de 5 milliards d'euros" et demandé des "précisions, des explications et surtout des mesures d'accompagnement pour éviter que ces mesures fiscales n'entraînent une hausse non maîtrisée du prix des logements".

Evoquant "ceux qui s'inquiètent parce qu'ils n'auront jamais les moyens d'accéder à la propriété", Mme Royal a estimé: "Il faut aussi des mesures sur le logement locatif, avec un contrôle du prix des loyers, rattraper le retard dans le domaine des logements sociaux et il faut développer l'accès des prêts à taux zéro pour les gens qui n'ont pas le capital de départ".

Avant de conclure à Jarnac sa tournée charentaise de soutien aux candidats PS, la présidente de la région Poitou-Charentes a déjeuné dans un hôpital psychiatrique à La Couronne, près d'Angoulême, avec des membres du personnel.

Une "visite de travail" conclue par ce message: "Aujourd'hui, il y a un manque criant de moyens dans l'hôpital. Le président de la République est allé visiter un hôpital. On attend que les visites se transforment en actes. Et je crois que pour donner des moyens nouveaux à l'hôpital, il n'y a pas besoin de session parlementaire".

Mercredi 30 mai 2007, 19h53




La droite aborde divisée la succession de Jean-Louis Debré dans l'Eure

EVREUX (AFP) - La droite aborde divisée la succession de Jean-Louis Debré dans la 1ère circonscription de l'Eure (Evreux-sud) où s'opposent Bruno Le Maire, ex-directeur de cabinet de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, et Louis Petiet, ex-dirigeant local de l'UMP.

La nomination en février à la présidence du Conseil constitutionnel de Jean-Louis Debré, alors président de l'Assemblée nationale, a précipité sa succession à Evreux où il avait concentré tous les pouvoirs depuis les années 80. En partant, il a imposé à la mairie son bras droit Jean-Pierre Nicolas et dans sa circonscription Bruno Le Maire, 39 ans, directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon.

Le passage de témoin s'est effectué sans coup férir dans le premier cas mais pas dans le second. Avec l'appui d'une partie de la base hostile à ce "parachutage", le conseiller général de Verneuil-sur-Avre Louis Petiet, 49 ans, qui était alors président de la Fédération de l'Eure de l'UMP, a déposé sa candidature contre Bruno Le Maire. "Nous sommes dans un vieux pays normand où les parachutages ne passent pas, surtout quand il s'agit d'un technocrate qui n'a jamais été élu et n'a connu que les moquettes des ministères", assène-t-il en assurant que sa famille est implantée dans l'Eure "depuis 500 ans".

Bruno Le Maire balaye cette argumentation. "Ce n'est pas parce qu'on n'est pas implanté depuis des décennies sur un territoire qu'on ne peut pas y apporter son énergie, sa jeunesse et son dynamisme", assure-t-il. Il estime que Louis Petiet, qui a été exclu de l'UMP, fait "le jeu de la gauche" et n'aurait de surcroît pas été "qualifié" pour représenter sa formation alors qu'il a perdu la mairie de Verneuil-sur-Avre en 2001. Cette pique fait bondir Louis Petiet: "j'ai en réalité été victime d'un vote sanction de l'extrême droite".

Ces passes d'armes se déroulent sous le regard amusé de la conseillère générale d'Evreux-sud Anne Mansouret, candidate du PRG et du PS, qui estime que le départ de Jean-Louis Debré a été "un traumatisme" pour la droite. "Il est facile d'être dauphin quand le roi est mort mais pas quand il a abdiqué", ironise-t-elle. Bien que regroupée derrière Anne Mansouret, la gauche non communiste n'est pas en meilleure situation. Appartenant au PS, cette élue a dû, pour être candidate, rejoindre le PRG auquel cette circonscription était réservée dans le cadre de l'accord national entre ces deux formations.

Le premier secrétaire de la Fédération de l'Eure du PS, Michel Ranger, admet que ce transfert de dernière minute est "difficilement lisible par l'électeur".

Malgré sa division, la droite reste très largement favorite pour conserver cette circonscription qui rassemble les quartiers populaires d'Evreux et la campagne du sud de l'Eure. Jean-Louis Debré avait gagné ici les législatives de 2002 avec 61,7% des suffrages et Nicolas Sarkozy a réuni 60,1% au second tour de la présidentielle.

Par Dominique Aubin, le
jeudi 31 mai 2007, 11h50


"Loup solitaire", Indien des Vosges, candidat à plumes aux législatives

NEUFCHÂTEAU (AFP) - Il porte un chapeau à plumes, vit dans un tipi sans eau courante ni électricité et roule en Cherokee: "Loup solitaire", François Grossi pour les intimes, se veut le candidat aux élections législatives le plus atypique de tout l'Hexagone.

Dans sa circonscription de Neufchâteau, la quatrième des Vosges, aucun de ses adversaires ne lui ressemble, même de loin. "Il n'y en a pas d'autres comme moi", remarque-t-il, un grand sourire aux lèvres, tout en s'éventant avec une plume d'aigle.

Ses affiches, où il apparaît en guerrier, tenue de daim "faite sur mesure au Maroc" avec fourrure et franges, chapeau à plumes rouges, noires et blanches sur le chef, devant une verte prairie, le distinguent substantiellement des autres candidats.

Le slogan de sa campagne ne jure pas avec le reste. "L'homme de la Plaine (vosgienne): combattre l'injustice, c'est sa seule raison d'être", lit le citoyen stupéfait sur les panneaux électoraux, croyant voir l'affiche d'un bon vieux western.

"Je suis 'Loup solitaire' et je suis le justicier, explique-t-il calmement dans son bureau, où une image du légendaire Sitting-Bull est punaisée à hauteur d'épaule. J'aime aider mon prochain. On m'a mis sur terre pour faire le bien. Je ne connais pas le mal. Je ne sais pas faire le mal."

François Grossi n'a pas toujours été Indien. Né il y a 61 ans dans les Vosges, il n'apprend qu'à 23 ans que son vrai père est un GI américain, qui courtisa sa mère à la fin de la deuxième guerre mondiale.

"Il était noir de peau. Je suppose qu'il était noir-rouge. J'ai ça dans le sang. Je le ressens. Il devait être un Cherokee ou un Kiowas et devait vivre dans l'Oklahoma", raconte-t-il, un brin mystique.

Pendant longtemps, François Grossi délaisse pourtant le totem. Mais en 1994, en proie à des difficultés personnelles, il décide d'emprunter le nom de son héros de bande dessinée, "+le Loup solitaire+, qui était toujours vainqueur".

Sa vie n'est dès lors qu'une suite de réussite. Titulaire d'un certificat d'études, l'Indien, qui a débuté comme laveur de fromage en laiterie, ouvre une agence immobilière à Neufchâteau.

Cherchant à savoir "jusqu'où (il peut) aller", il est candidat une première fois aux législatives dans son canton en 2002 et obtient 2% des voix "devant le MNR et les écologistes", se félicite-t-il.

Cette année, ce sarkoziste convaincu concourant sans étiquette, dont la "squaw" Roselyne, dite "Roseau sauvage", 62 ans, est la suppléante, est plus ambitieux.

Sa technique, faire une campagne "à l'Américaine", innovante. Samedi soir, "Loup solitaire", en costume d'apparat, a fait le tour des boîtes de nuit vosgiennes, entouré de gardes du corps "pour ne pas que les gens touchent (ma) coiffe" et "parce qu'(il) aime bien ça".

"Si je suis élu, je me mettrais au dernier rang de l'Assemblée (nationale), pour ne pas gêner les autres élus avec mes plumes", rêve-t-il tout haut à quelques jours du premier tour.

Par Joris Fioriti, le mardi 29 mai 2007, 9h08




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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 12:22
(Dépêches)




Un jeune MoDem espère faire trébucher Méhaignerie en Ille-et-Vilaine

VITRÉ (AFP) - Un jeune candidat du Mouvement Démocrate, Pierre-Yves Martin, espère faire trébucher Pierre Méhaignerie, figure emblématique du centrisme à l'UMP depuis 2002, dans son fief de Vitré où François Bayrou a obtenu 26% des voix au 1er tour de la présidentielle.

Depuis sa première victoire en 1973, Pierre Méhaignerie a été réélu à huit reprises, toujours dès le premier tour, dans sa circonscription d'Ille-et-Vilaine. En 2002, il avait obtenu près de 60% des voix. Mais sur ces terres démocrate-chrétiennes, l'ancien président du Centre des démocrates sociaux (CDS) n'a jamais affronté la concurrence d'un autre centriste.

A 68 ans, il doit cette fois lutter contre un jeune candidat UDF-MoDem de 33 ans, Pierre-Yves Martin, en plus de la candidate socialiste Clotilde Tascon-Mennetrier qu'il a déjà battue en 1997 et 2002. Cette candidature supplémentaire pourrait le contraindre à un deuxième tour inédit et incertain même si la circonscription a voté Nicolas Sarkozy à 53% au second tour de la présidentielle.

Depuis un an et demi, le jeune candidat UDF est omniprésent sur les marchés. Il tente de convaincre un par un les anciens électeurs de Méhaignerie de la nécessité d'un changement. "C'est gagnable, affirme-t-il. Les gens se sentent trahis par le départ de Méhaignerie à l'UMP en 2002". Il dit constater "une sorte d'énervement" chez les partisans de son adversaire et y voit "un bon signe".

"Les gens me disent qu'ils n'ont jamais vu Méhaignerie faire une campagne. Ils sont très contents qu'il puisse y avoir un jeu démocratique", poursuit le jeune candidat, consultant de profession.

Pierre-Yves Martin a pour particularité d'être le gendre de Jean Arthuis, sénateur centriste de la Mayenne voisine, qui connaît très bien Pierre Méhaignerie. Mais il affirme qu'il n'y a aucun lien avec sa candidature. "On discute très peu de politique. Je ne lui ai jamais rien demandé. Mon mentor, c'est François Bayrou". "J'ai un lien de confiance avec Bayrou, on s'apprécie. Il est ravi de voir les jeunes candidats concrétiser la démarche politique qu'il a proposée".

Incontesté dans son fief depuis 34 ans, le député sortant UMP reste cependant favori et affiche sa sérénité. "La concurrence fait partie de la vie. L'émulation est saine", affirme celui qui fut trois fois ministre. A ceux qui s'interrogent sur son engagement à l'UMP, il martèle qu'il a "plus d'influence en défendant les positions du centre à l'intérieur du mouvement qu'en dehors". Il dénonce par ailleurs la mainmise de François Bayrou sur l'UDF: "il y a un vrai pouvoir personnel à l'UDF, très personnel, que nous avons subis".

Localement, il peut faire valoir un bilan sans tache dans cette circonscription à la fois urbaine et rurale, plutôt prospère et au faible taux de chômage. Mais l'extension des villes, notamment proches de Rennes, attire de nouvelles populations qui peuvent contribuer à chambouler le contexte politique traditionnel.

Par Daniel Aronssohn, le jeudi 31 mai 2007, 12h34



Simone Veil : Bayrou a créé le Modem pour son ambition présidentielle

SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS (AFP) - L'ancienne ministre centriste Simone Veil, venue soutenir jeudi Henri Plagnol, candidat UMP dans la 1ère circonscription du Val-de-Marne, a accusé François Bayrou d'avoir créé le MoDem en ne pensant qu'à la prochaine présidentielle.

"Ne me parlez pas du Modem", a lancé Mme Veil devant la presse, en affirmant que pendant cinq ans, François Bayrou "ne va penser qu'à la présidentielle".

Mme Veil a ajouté qu'elle avait "toujours été présente" dans le rassemblement centriste. "Il n'y avait pas d'ambiguïté. L'UDF dans sa diversité était toujours en alliance avec la droite", a-t-elle dit.

"Très sollicitée" dans le cadre de la campagne pour les législatives, Simone Veil a expliqué qu'elle était venue à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour l'un de ses premiers et rares déplacements parce qu'Henri Plagnol "est un vieil ami". "Je tenais à venir le soutenir", a-t-elle dit, mais cette visite est aussi un "soutien" à la majorité présidentielle.

Interrogée sur la candidature de l'ancien président de Radio France Jean-Marie Cavada, investi par le MoDem dans cette circonscription de droite, Simone Veil a refusé de parler de "querelle de famille". "J'aime beaucoup M. Cavada. Il ne se trompe pas de combat, il se trompe de personne", a-t-elle ajouté.

Elu député UDF dans cette circonscription en 1997, avec déjà le soutien de Simone Veil, Henri Plagnol, ancien secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat dans le gouvernement Raffarin, avait été réélu en 2002 sous l'étiquette UMP, qu'il avait rejointe dès sa création, une défection que l'UDF ne lui a pas pardonnée.

Jeudi 31 mai 2007, 13h58





Dans le 93, le PS pourrait mettre à mal l'un des derniers bastions du PCF

BOBIGNY (AFP) - Avec quatre députés bien partis pour être réélus et des candidats menaçants dans plusieurs circonscriptions où Ségolène Royal a raflé les suffrages, le Parti socialiste affiche en Seine-Saint-Denis de grandes ambitions, dont le PCF pourrait être la principale victime.

Le Parti communiste joue une grande partie de sa survie au plan national en Seine-Saint-Denis où il compte actuellement cinq députés (dont un apparenté). Pour conserver son groupe à l'assemblée, il doit y sauver ses circonscriptions.

Les bons scores de Ségolène Royal à la présidentielle (56,54% au second tour, 34,13% au premier, soit dix fois plus que la candidate PCF Marie-Georges Buffet, 3,54%) ont mis du baume au coeur du PS, qui tente depuis de capitaliser le vote anti-Sarkozy.

"Ces résultats nous rendent plutôt sereins pour la réélection des sortants (Claude Bartolone, Elisabeth Guigou, Bruno Le Roux et Michel Pajon) et paradoxalement, alors que nous venons de subir une défaite au plan national, les socialistes vont gagner des sièges", a déclaré à l'AFP le chef de file socialiste Pascal Popelin.

Sur la droite tout d'abord. Dans la 10e circonscription (Aulnay-sous-Bois, les Pavillons-sous-Bois), où l'UMP est divisée (un candidat investi, un candidat dissident), "on a de bonnes chances", affirme M. Popelin. Candidat lui-même dans la 12e circonscription, où le scrutin s'annonce serré, il espère être en mesure de battre le député UMP Eric Raoult.

Pour le socialiste, deux circonscriptions sont également "gagnables" sur le PCF: Montreuil, fief de Jean-Pierre Brard (app-PCF) et surtout la 3e circonscription (Aubervilliers, Le Bourget, la Courneuve) où le scrutin n'a jamais été aussi ouvert.

En 2002, le socialiste Daniel Goldberg, 41 ans, donné parmi les favoris, avait dû s'effacer dès le premier tour au bénéfice de la communiste Muguette Jacquaint en vertu d'un accord national PS-PCF. En 2007, alors que Mme Jacquaint ne se représente pas, cet élu de La Courneuve entend, sans état d'âme, faire tomber le bastion PCF.

Les appétits déclarés du PS fâchent les communistes, dont les appels au "rassemblement" sont restés vains et qui accusent leurs anciens alliés de se "tromper d'adversaire".

Gilles Poux, maire PCF de La Courneuve, a récemment dénoncé "l'agressivité" de son challenger Daniel Goldberg. Et les propos critiques du député PS Claude Bartolone, sur la gouvernance communiste du département, ont déclenché les foudres d'Hervé Bramy, président PCF du Conseil général, et de Jean-Marie Doussin, patron de la fédération communiste. Ce dernier a évoqué des paroles "malvenues, hors de propos et contre-productives".

"Il n'y a pas d'agressivité particulière de notre part", se défend Claude Bartolone, député sortant de la 6e circonscription (Bagnolet, Pantin, Le-Pré-Saint-Gervais, Les Lilas). "Le PCF nous fait le coup de la citadelle assiégée". "Il s'agit d'une concurrence loyale au premier tour, d'un retour à la normale", lâche Pascal Popelin.

Par Sylvie Husson, le mercredi 30 mai 2007, 10h03



Djamel Bouras, candidat MoDem mais pas modèle

Un candidat people loin d’être consensuel. Face au député sortant communiste Patrick Braouezec dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis, le MoDem de François Bayrou a dégainé la candidature de l’ancien judoka Djamel Bouras. «Les gens se disent qu’avec lui, non-professionnel de la politique investi dans des associations de jeunesses en banlieue, il peut y avoir un vrai changement», explique Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDF de Drancy et «ami» du sportif. «Je l’avais rencontré une première fois durant les émeutes de l’automne 2005. Il a été reçu par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle mais c’est François Bayrou qu’il a décidé finalement de soutenir», explique l’élu.
 
«Compagnon de route de forces radicales»
 
«On ne présente pas à l’Assemblée nationale des gens structurés par le ressentiment, Djamel Bouras est un compagnon de route de forces radicales» réagit pourtant Patrick Klugman, vice-président de SOS Racisme. Lequel énumère les précédents engagements du candidat : soutien à Dieudonné, à la chaîne du Hezbollah Al Manar, en décembre 2004 ou encore manifestation contre la loi sur la laïcité à l’école, en janvier 2004, aux côtés du groupuscule radical du Parti des Musulmans de France (PMF)», confie-t-il. Mais s’il est «très choqué», c’est bien davantage par l’investiture du MoDem que par le parcours de l’ancien champion olympique. «Bayrou a beau jeu de critiquer le communautarisme, il présente de nombreuses candidatures ethniques en banlieues».
 
«Des positions que je n’ai pas envie d’avoir»
 
Même réaction chez Corinne Lepage, elle-même soutien du MoDem : «Je regrette profondément cette candidature surprenante décidée à la dernière minute mais personne n’a sollicité mon avis. Les positions de Djamel Bouras ne sont pas celles que j’ai envie d’avoir, notamment sur la laïcité». Et la dirigeante de Cap 21 de promettre «de clarifier cette question» très vite au sein du mouvement centriste.
 
«Ne pas le réduire à cela»
 
«Cette description de Djamel n’a rien à voir avec celui que je connais», répond Lagarde qui dit ne pas avoir eu connaissance des engagements passés de son collègue. «Il ne fait que se positionner sur le créneau de l’islamophobie et du ressentiment à l’égard des musulmans depuis le 11 septembre 2001». Mais concède qu’il «est possible que Djamel ait été piégé par le passé. La connaissance des mouvements intégristes n’est pas la chose la mieux partagée du monde. Mais on ne peut le réduire à ça». Sollicité par 20 Minutes depuis lundi, Djamel Bouras n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.
 
Alexandre Sulzer (20Minutes), le 23 mai 2007, 18h14




Incertitude dans la Somme où Gremetz affronte 16 candidats dont un PCF

AMIENS (AFP) - Le bouillant député communiste Maxime Gremetz, en conflit avec sa fédération, affronte dans la Somme 16 candidats, dont celui désigné par le PCF, une situation inédite qui rend incertaine l'issue de cette législative même si l'élu sortant semble conserver un fort ancrage populaire.

Elu dans la 1ère circonscription (Amiens-Nord-Picquigny) avec 60,65% des suffrages en 1997, réélu en 2002 avec 54,77% des voix, le trublion de l'Assemblée nationale, âgé de 67 ans, se présente pour la première fois sans l'investiture du PCF.

Alors que M. Gremetz, en désaccord avec la direction nationale, n'a pas répondu à l'appel à candidatures lancé par sa fédération, les communistes ont désigné candidat à "une écrasante majorité" (96%) Jean-Claude Renaux, maire de Camon.

"Cela n'a été une décision facile" pour les militants, souligne Joël Carliez, premier secrétaire de la Somme. "On était acculés (...) Si on ne faisait rien, la circonscription était perdue" car M. Gremetz, du fait de "son attitude d'agression, de division permanente", "n'est plus en capacité de rassembler la gauche" au second tour, renchérit M. Renaux.

Las des facéties de M. Gremetz, les communistes ont été choqués par son élection en 2005 à la présidence de l'Agence régionale de l'hospitalisation avec, selon eux, les voix du FN, et son comportement de "patron voyou" vis-à-vis de trois de ses collaborateurs qu'il a licenciés.

Dans cette circonscription "très abstentionniste", ce duel fratricide, associé à la multitude de candidatures tant à droite qu'à gauche - qui induit un "risque de dispersion de voix" - fait peser "une très grande incertitude" sur l'issue du scrutin, souligne Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques à Amiens.

"Le risque pour le PCF, c'est que l'électorat se divise en deux et que le PS - qui était pourtant relativement loin derrière - passe devant", ajoute-t-il, en évoquant cependant une autre incertitude: la capacité à mobiliser de la socialiste Farida Andasmas, une "quasi inconnue".

Mais ces réflexions laissent M. Gremetz de marbre. "Je n'ai jamais été aussi tranquille à la veille d'une élection importante. Je vais faire le meilleur résultat que j'ai jamais fait", sourit-il.

S'ennorgueillissant de son statut de "deuxième meilleur député de France", établi sur la base du nombre de ses interventions ou propositions de loi à l'Assemblée, il répète à l'envi qu'"il n'est pas en campagne", étant constamment sur "le terrain".

De toutes les inaugurations ou conflits sociaux, "Maxime" multiplie ce jour-là les poignées de main sur le marché d'Amiens-Nord. Beaucoup lui apportent spontanément leur soutien, saluant cet élu qui "arrive immédiatement quand on l'appelle".

Principal candidat de droite, Jean-Yves Bourgois (Nouveau Centre), soutenu par le maire d'Amiens Gilles de Robien, est convaincu de l'affronter, comme en 2002, au second tour. Et cette fois de le battre dans cette circonscription traditionnellement à gauche et qui a voté à 57% pour Ségolène Royal. Selon lui, M. Gremetz fait certes "du volume", mais "au bout de 40 ans, il a un bilan qui ne permet de rien sortir de concret".

Par Céline Cornu, le mercredi 30 mai 2007, 9h56
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 12:21
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Royal, Hollande, DSK, Fabius et Delanoë côte à côte au Zénith

PARIS (AFP) - Ségolène Royal, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et le maire de Paris Bertrand Delanoë se sont affichés côte à côte mardi soir au Zénith devant quelque 5.000 personnes, selon les journalistes sur place.

C'est la première fois depuis le début de la campagne des présidentielles puis des législatives que les principaux dirigeants socialistes font meeting ensemble, cette réunion donnant le coup d'envoi de la campagne du PS pour le scrutin des 10 et 17 juin.

Les cinq ont fait leur entrée ensemble, Ségolène Royal, vêtue d'une veste rose vif et d'une jupe noire, en tête devant Bertrand Delanoë. Ils se sont avancés sur la scène, côte à côte, frappant dans les mains tandis que résonnait le chant des partisans italiens, "Bella Ciao".

Ces cinq leaders socialistes se sont passés symboliquement le relais pour marquer leur unité, une rose, couleur rose pâle, circulant de main en main, de François Hollande à droite jusqu'à Bertrand Delanoë à gauche.

Derrière eux, un immense panneau rouge où s'inscrivait le slogan de la campagne du PS "la gauche qui agit, la gauche qui protège".

"Je viens apporter un message essentiel de mobilisation, de participation", a indiqué Ségolène Royal à la presse en préambule au meeting. "Les socialistes doivent être plus unis que jamais", car "c'est une étape très importante, la dernière élection nationale avant cinq ans".

Elle a souligné qu'il fallait que l'opposition "propose", pour mettre Nicolas Sarkozy "devant les engagements qu'il a pris en fin de campagne et qu'aujourd'hui on ne voit pas venir".

Commentant la participation de Nicolas Sarkozy le même soir au Havre à un meeting de l'UMP, en prévision des législatives, Mme Royal a estimé que l'on ne pouvait à la fois "aller chercher des personnalités de gauche, prétendre avoir fait l'ouverture" et "se présenter comme le président de tous les Français", et de l'autre "s'impliquer comme chef de l'UMP".

"Les choses sont claires", a-t-elle dit. Il a parlé de "droite décomplexée", "on a un président de la République UMP, de droite", a-t-elle martelé. "Sans esprit de revanche, je lance un appel pour que l'opposition soit présente, soit forte, afin d'empêcher l'extrême concentration du pouvoir", a-t-elle dit.

Mardi 29 mai 2007, 20h39



Unis pour la photo, les socialistes sonnent la charge

PARIS (AP) - Tous unis, mais la campagne a laissé des traces. Réunis sur la même estrade pour la première fois depuis la présidentielle, Ségolène Royal -championne à l'applaudimètre-, François Hollande, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn -cible de huées- et Bertrand Delanoë ont sonné la charge mardi soir à Paris contre "la présidence absolue" de Nicolas Sarkozy.

Pour leur premier grand meeting des législatives, les socialistes avaient mis leurs querelles en sourdine. Mais c'était sans compter sur le chaudron du Zénith, où 6.000 personnes ont ovationné l'ancienne candidate aux cris de "Ségolène merci" et adressé quelques sifflets à Lionel Jospin -dont un message a été lu- et DSK. Un contraste saisissant avec la réunion qui s'était tenue dans la même salle le 26 octobre lors de la primaire du PS, où Ségolène Royal avait essuyé sifflets et huées.

Vedette à l'applaudimètre, l'ancienne candidate a sonné la charge contre Nicolas Sarkozy, qui tenait meeting au même moment au Havre. Il "ne peut pas se présenter comme le président de tous les Français" et "s'impliquer de façon partisane" dans la campagne, a-t-elle sermonné. "Au moins, les choses sont claires. On a un président de la République UMP". "Cela prouve que la majorité qu'il veut à l'Assemblée nationale, c'est une majorité qui lui permette de mettre en place son programme de droite".

La candidate malheureuse à l'Elysée a donc appelé les Français à la "mobilisation" et les socialistes à être "plus unis que jamais", se défendant de jouer perso mais tenant un point de presse en solo avant le meeting. "Ce que la droite attend, c'est un pouvoir hégémonique, un rouleau compresseur devant lequel plus rien ne se dresse", a-t-elle tempêté.

Relayant le message de sa compagne, François Hollande a appelé les Français à porter à l'Assemblée une "gauche coriace" face à un "pouvoir vorace" et une "présidentialisation poussée jusqu'à son paroxysme". "Nicolas Sarkozy a lancé au Havre son appel: il veut une majorité à sa main pour mener sa politique à sa guise. Eh bien nous, nous lançons notre appel ici de Paris: nous voulons une majorité de gauche pour prêter main forte aux Français", a exhorté le Premier secrétaire du PS.

"S'il n'y a pas, c'est là où interviennent les élections législatives, un holà mis sur certaines pratiques, de même que dans le passé il y a eu une monarchie absolue, nous risquons d'avoir une présidence absolue", a renchéri Laurent Fabius. Il y a "un pouvoir qu'ils n'ont pas encore conquis, c'est l'Assemblée nationale. Ils ne doivent pas passer en nombre, il faut que nous soyons suffisamment nombreux pour résister, pour agir et pour défendre", a alerté l'ancien Premier ministre.

Bon camarade, le député PS de Seine-Maritime a rendu hommage à "notre amie Ségolène Royal". Et appelé le PS à rester soudé avant le scrutin des 10 et 17 juin. "Combativité et unité! La gauche le mérite, la France le mérite, la République le mérite!"

La soirée a eu un goût un peu plus amer pour Dominique Strauss-Kahn, victime de quelques sifflets au début de son discours. "Nous ne nous laisserons pas faire", a-t-il néanmoins assuré, appelant les Français à élire "le groupe socialiste le plus large possible" pour "combattre, pour amender, pour alerter". L'occasion, aussi, d'épingler les anciens camarades entrés au gouvernement: "Le socialisme, ce n'est pas soluble dans le sarkozysme".

Lionel Jospin, absent, avait adressé un message. "Les résultats du 6 mai offrent une possibilité de succès", "gardons-nous des illusions, ne cédons pas à la résignation, battons-nous", a plaidé l'ancien Premier ministre dans une lettre lue par le leader du PS parisien Patrick Bloche, qui a dû s'y reprendre à deux fois face aux huées d'une partie de la salle.

Après plus de deux heures de meeting, les ténors du PS ont achevé la soirée ensemble sur scène, avec lâcher de ballons, sauf DSK parti pour une autre réunion publique. "Le rassemblement de ce soir, nous le devons aux Français", avait intimé le maire de Paris Bertrand Delanoë en ouverture. "Nous ne savons rien faire seuls, mais nous pouvons tout faire quand nous sommes tous ensemble".

Mardi 29 mai 2007, 23h24


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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 14:49
(Dépêches)




En campagne à la campagne, François Fillon endosse l'habit d'élu local

LA SUZE (AFP) - En campagne samedi dans son fief de la Sarthe, le Premier ministre François Fillon a soigné son image d'élu local venant, presque comme les autres, à la rencontre de ses électeurs.

"Une campagne, ça se fait sérieusement", lâche-t-il à son arrivée à la gare du Mans aux quelques journalistes qui l'attendent sur le quai, mêlés à une présence policière très discrète.

Il y a une semaine, il avait réservé à son fief de Sablé-sur-Sarthe son premier déplacement en province en tant que Premier ministre. Mercredi 30 mai, il sera en réunion publique à Loué, au nord de la circonscription, et d'autres déplacements sarthois sont à prévoir d'ici au 1er tour le 10 juin.

Débarquant, en veste sport et sans cravate, de sa voiture au port fluvial de plaisance de La Suze, il suit les élus locaux pour une visite à pied des emplacements sur lesquels vont être construits une médiathèque et des logements.

"Je n'ai pas encore l'habitude de vous appeler Monsieur le Premier ministre", dit en s'excusant presque Jean-Luc Godefroy, le maire (non-inscrit) de La Suze. La réplique fuse : "Ah non, pas de ça!"

Le Premier ministre se veut ici, plus encore que le candidat, l'élu local implanté depuis 26 ans. Il est dans la petite ville (3.600 habitants) pour "rencontrer les gens" et "dialoguer avec eux".

"Ici, je connais tout le monde", insiste-t-il en rappelant être devenu le député de la circonscription en 1981, à l'âge de 27 ans.

François Fillon fait dans les rues une campagne de terrain très classique. A sa manière sobre, sans tambours ni trompettes, il embrasse les enfants, serre des mains, écoute les doléances des uns et des autres. Un signe trahit son nouveau statut national: on lui fait signer des autographes.

Devant le "pot de l'amitié", une heure plus tard, il défendra une commune voulant allier "les charmes du territoire rural et les atouts du territoire urbain" à 20 kilomètres du Mans, la puissante préfecture détenue par le PS Jean-Claude Boulard.

De l'enjeu national des législatives, il sera peu question. "Aujourd'hui, le gouvernement peut gérer les affaires courantes, mais pas engager les réformes" et c'est pourquoi il faut "une majorité à l'Assemblée nationale", résume en quelques mots François Fillon.

Le député UMP sortant Marc Joulaud était son suppléant en 2002 et l'est à nouveau. Malgré sa grande taille, il se fait discret, parle peu.

La 4e circonscription, à cheval sur le Maine rural et des cantons de l'Ouest du Mans, n'a accordé que 50,4% des voix à Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle et la gauche y progresse régulièrement. A La Suze, Ségolène Royal avait obtenu 55,4% des suffrages le 6 mai.

Le Premier ministre est toutefois largement favori face au socialiste Stéphane Le Foll, un enfant du pays pourtant, qui est aussi le directeur de cabinet du patron du PS François Hollande.

M. Fillon et son suppléant visent-ils une réélection au 2e tour, comme en 1997 et en 2002 ?

"On ne dit pas cela", répond prudemment Marc Joulaud, concédant seulement que "des électeurs l'évoquent quand on les rencontre".

Par Christophe Schmidt, le samedi 26 mai 2007, 19h01






Corrèze : la 3e circonscription s'émancipe de la "Chiraquie"

USSEL (AFP) - L'adieu au pouvoir suprême de Jacques Chirac a scellé l'acte d'émancipation de la 3e circonscription de la Corrèze, fief sur lequel il a imposé sa tutelle directe ou indirecte pendant quarante ans au point que ce petit bout de France était surnommé la "Chiraquie".

Cet état de fait a brutalement pris fin le 11 mars, quand l'ancien président de la République a officiellement renoncé à solliciter un troisième mandat.

Son électorat traditionnel s'est soudain retrouvé orphelin et, phénomène admis tant à droite qu'à gauche, a "retrouvé ses réflexes radical-socialistes" pour voter majoritairement (51,97%) en faveur de Ségolène Royal au deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai.

Les projections pour les élections législatives passent par ce prisme. Le député sortant, Jean-Pierre Dupont (UMP), suppléant de Jacques Chirac avant de lui succéder, en 1995, admet que cette campagne "mobilise un peu plus les militants que les précédentes".

Ce septuagénaire, président du Conseil général de la Corrèze, où siège encore Bernadette Chirac, indique que "Sarkozy n'est pas, ici, superposable à Chirac". "Seule la couleur politique les unit. Mais les hommes sont très différents", analyse l'ancien vétérinaire.

M. Dupont se déclare convaincu que "le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy a peu de poids chez nous". Aussi cultive-t-il le mythe de celui qui l'a adoubé. Il ne manque jamais, par exemple, de rappeler qu'il est président de la Fondation Jacques Chirac.

La socialiste Martine Leclerc, vice-présidente du Conseil régional du Limousin, émerge du lot des douze autres candidats à la députation. Fait original, elle propose un tandem avec Sophie Dessus, maire d'Uzerche, à l'extrême nord d'une circonscription qui s'étend sur plus de la moitié du département.

Ces deux jeunes femmes surfent sur la vague des succès politiques. La candidate a emporté, en 2004, le canton de droite réputé imprenable d'Ussel-ouest. Sa suppléante a, pour sa part, ravi son siège de conseiller général (2000) puis son poste de maire (2001) à un ancien vice-président RPR du Conseil général de la Corrèze, Valentin Larrivière.

Sage femme en activité, Mme Leclerc retient que "la population rejette la succession de Chirac". "Les gens me disent spontanément qu'ils ont voté Chirac parce qu'il était sensible à la chose sociale mais que Sarkozy leur fait peur", dit-elle.

"Sans l'effet Chirac, le scrutin est très ouvert et M. Dupont ne peut plus espérer rallier 57% des suffrages, comme la dernière fois. Des gens qui ont voté en majorité pour Ségolène Royal à la présidentielle ne vont pas voter à droite aux législatives", estime-t-elle. Elle croit "sincèrement en (ses) chances de l'emporter" en proposant "un tandem dynamique, une équipe qui gagne et veut faire progresser la Corrèze".

Par Patrick Babielle, le
vendredi 25 mai 2007, 13h34



Mme Buffet confie qu'elle a pris "le coup sur la tête" à la présidentielle

PARIS (AFP) - La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a confié lundi sur France Inter qu'elle a pris "le coup sur la tête" à l'élection présidentielle, et a confirmé qu'elle passera probablement la main fin 2008.

"Je suis fatiguée, j'ai mené plusieurs campagne d'affilée. J'ai pris comme beaucoup de camarades le coup sur la tête, puis ensuite la victoire de la droite, tout ça bien sûr secoue (...) Mais je retrouve le moral", a déclaré Mme Buffet, interrogée sur son score au premier tour de la présidentielle (1,93%) et l'avenir du PCF.

"Nous allons tenir un congrès extraordinaire en décembre", qui sera précédé d'un grand débat populaire, a ajouté Mme Buffet, avant de rappeler qu'il y aura aussi un congrès ordinaire, fin 2008.
"Il était prévu, j'avais dit qu'il faudrait un jour me remplacer. J'avais prévu que ce soit au congrès ordinaire, ce sera certainement le cas. Mais il n'y a pas de panique à bord", a-t-elle précisé.

Lundi 28 mai 2007, 12h17
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 14:19
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 11:06
(Dépêches)



Bayrou donne le coup d'envoi de la campagne législative du MoDem

PARIS (AFP) - François Bayrou, "troisième homme" de la récente présidentielle, devait donner le coup d'envoi de la campagne législative du Mouvement démocrate (MoDem), son nouveau parti du centre "indépendant", lors d'une réunion publique jeudi soir au Zénith à Paris.

Lâché par la grande majorité des députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, l'ex-candidat à la présidentielle sera entouré des rares parlementaires centristes qui lui sont restés fidèles, de Corinne Lepage, présidente du mouvement écologiste Cap 21, et surtout de nouveaux visages.

Dans cette salle pouvant accueillir jusqu'à 6 400 personnes, nouveaux adhérents et candidats du MoDem prendront la parole en début de soirée, avant le discours de M. Bayrou.
Dès le soir du 6 mai, le leader centriste avait souligné la nécessité de construire un "contre-pouvoir" à l'Assemblée nationale, pour éviter de laisser le "pouvoir absolu" au nouveau président de la République.

Le "troisième homme" de la présidentielle sait que cette nouvelle bataille sera "rude". Mais il se félicite de s'être clairement "émancipé" de l'UMP et de pouvoir construire sur du neuf, portant ses espoirs notamment sur les municipales de 2008, selon un de ses proches.

Le MoDem, qui revendique "70 000 adhérents" et présente 535 candidats aux législatives, est crédité d'un score de 8,5% au premier tour, selon un sondage Ipsos publié mercredi.
Mais en l'absence d'alliance avec l'UMP ou avec le PS, les projections en sièges effectuées par d'autres instituts (BVA et TNS Sofres) ne lui donnent qu'entre zéro et dix députés, pas assez pour constituer un groupe parlementaire.

Une nouvelle traversée du désert pourrait donc s'ouvrir pour M. Bayrou, qui a pourtant réalisé un score de 18,57% au premier tour de la présidentielle.

"En 1951, De Gaulle avait fait élire près de 120 députés, un an après il ne lui en restait plus un", rappelle un proche.

A partir de la semaine prochaine, le député des Pyrénées-Atlantiques sera chaque jour dans sa circonscription, avant d'aller, dans l'après-midi et en soirée, soutenir les autres candidats du MoDem.

Ceux-ci sont pour la plupart des inconnus au niveau national, à l'exception de sept députés sortants (5 investis, 2 soutenus), de six députés européens comme Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF, et de quelques personnalités comme l'ancien ministre Azouz Begag et l'ex-judoka Djamel Bouras.

Et encore, trois députés sortants mènent leur campagne en solo. "Je ne suis pas aux ordres d'un mouvement politique, quel qu'il soit", a ainsi déclaré à La Croix le député de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde, précisant qu'il n'ira pas au Zénith et que "travailler avec la nouvelle majorité ne lui posera aucun problème".

De leur côté, les 22 députés sortants ralliés à Nicolas Sarkozy, emmenés par le nouveau ministre de la Défense Hervé Morin, se présenteront en juin sous le label "majorité présidentielle".

Ils ont annoncé la future création d'un nouveau parti de centre-droit - qualifié de "succursale de l'UMP" par les proches de M. Bayrou - qui aura plus de 80 candidats aux législatives, inscrits sous l'étiquette PSLE (parti social libéral européen).

"Personne n'est dupe de toutes ces manoeuvres" et "pratiques politiques du passé", seulement "destinées à recueillir un financement public", a affirmé jeudi le député Gilles Artigues, candidat du MoDem, alors que plusieurs membres de la famille et collaborateurs de M. Morin sont candidats PSLE.

Par Pascale Juilliard, le jeudi 24 mai 2007, 16h22


François Bayrou lance sa "longue marche" vers 2012

PARIS (AP) - Abandonné par la quasi-totalité de ses députés sortants, à quelques semaines de législatives qui s'annoncent "rudes" pour le MoDem, François Bayrou a engagé jeudi ses partisans réunis au Zénith dans une "longue marche" qui, l'espère-t-il, le conduira jusqu'à la présidentielle de 2012.

D'ici là, le candidat UDF à la présidentielle risque de trébucher sur les législatives des 10 et 17 juin, à l'issue desquelles il n'est guère crédité pour l'heure que de dix députés au mieux.

Devant quelque 5 000 de ses partisans, François Bayrou, lui-même candidat aux législatives dans le Béarn, s'est donc déjà projeté vers les municipales de 2008, puis vers les régionales et les européennes. Les 535 candidats UDF-MoDem aux législatives "livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce combat sera suivi de bien d'autres, plus faciles, plus encourageants", a-t-il assuré.

"Nous avons commencé une longue marche", et "ce que nous allons commencer à ces élections législatives, nous allons le couronner aux élections municipales, régionales et européennes", a-t-il affirmé.

Dans les prochaines années, François Bayrou entend "défendre les Français", "face à cette immense entreprise de communication" qu'est selon lui la présidence de Nicolas Sarkozy. "Qui leur dira la vérité?", a-t-il lancé. Car "l'UMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités, toutes les situations d'influence".

François Bayrou a ainsi dénoncé "la nomination à la tête de TF1, annoncée par l'Elysée et non pas par l'entreprise, de l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy".

S'il a approuvé la proposition de "traité simplifié" défendu par Nicolas Sarkozy pour sortir de l'impasse institutionnelle européenne, il a en revanche déjà évoqué "deux motifs d'inquiétude", dont le projet de franchise sur les soins médicaux, non remboursée par la Sécu, qui attendrait 75 euros. "Il y a beaucoup de familles pour qui 75 euros, c'est beaucoup d'argent", a-t-il rappelé. Le béarnais a aussi jugé "dangereux d'avoir annoncé hier qu'on allait mettre désormais entre parenthèses la lutte contre les déficits et la dette".

Quant à la politique de "ralliement" de Nicolas Sarkozy, avec l'entrée au gouvernement de ministres UDF ou socialistes-, c'est "exactement le contraire" de son projet de "rassemblement" droite-gauche, a-t-il assuré. "Derrière le ralliement, il y a le désenchantement et puis l'effacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès".

Evoquant le départ de 22 de ses 29 députés sortants, ralliés à la majorité, il a reconnu que, "affectivement comme politiquement, ces moments n'ont pas été des moments faciles". Mais "les changements de camp préparent toujours des déceptions d'abord et des disparitions ensuite", a-t-il prévenu. Il a tout de même souhaité que le futur MoDem se dote d'une "charte éthique" contre les "changements de camp".

Face à la perte annoncée de ses députés, François Bayrou compte sur ses quelque 7 millions d'électeurs du premier tour de la présidentielle, le 22 avril, et sur les 75.000 nouveaux adhérents que revendique le MoDem. "Ce n'est pas une oeuvre solitaire qui commence", a-t-il assuré alors que ses détracteurs l'accusent d'être surtout préoccupé par ses ambitions présidentielles. "J'ai voulu ce nouveau mouvement, mais il n'est pas le mien. Je le porterai avec une équipe", a promis François Bayrou. Il a annoncé des "grandes assises de la démocratie" qui se tiendront "probablement la dernière semaine du mois d'août" pour définir les statuts du MoDem.

Et il s'est pris à rêver: "en 1951, De Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire fort de plus de 100 députés" et "en quelques mois (...) presque tous ses députés ont rejoint le pouvoir de l'époque", a-t-il rappelé. Le général De Gaulle était finalement arrivé au pouvoir en 1958, à l'occasion de la crise algérienne.

François Bayrou s'apprête à lancer sa "longue marche" par un marathon: d'ici le 10 juin, il compte faire campagne tous les jours dans sa circonscription, puis consacrer l'après-midi et la soirée au soutien aux autres candidats MoDem.

Jeudi 24 mai 2007, 22h57
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 10:04
(Dépêches)



Le centre part divisé à la bataille des législatives

PARIS (AFP) - Avec la création du Mouvement démocrate (MoDem) par François Bayrou et d'un autre parti par les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, emmenés par le nouveau ministre de la Défense Hervé Morin, le centre part divisé à la bataille des législatives.

La scission de l'UDF, redoutée par des parlementaires centristes au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy, est en train de se concrétiser: après le MoDem lancé le 10 mai par François Bayrou, les députés UDF ayant rejoint la majorité présidentielle ont à leur tour annoncé dimanche la création d'un nouveau parti, qui présentera "une centaine" de candidats aux législatives.

Ils espèrent entraîner avec eux "de nombreux militants et sympathisants UDF qui ne se reconnaissent pas dans la démarche de François Bayrou", selon le député de Côte d'Or François Sauvadet, ex-porte-parole de l'UDF.

Le parti centriste comptait 31 000 adhérents au congrès de janvier 2006.

"Dans la perspective des municipales et cantonales de 2008, de nombreux élus locaux UDF nous rejoindront", affirme un autre parlementaire.

Les candidats aux législatives qui se présenteront sous le label "majorité présidentielle" se sont inscrits dans les préfectures sous l'appellation Parti social libéral européen (PSLE) en attendant que le parti se baptise, le "Nouveau centre" faisant partie des pistes à l'étude. Ses fondateurs doivent tenir une conférence de presse vers le 29 mai.

Le MoDem, parti du centre "indépendant", revendique "70.000 adhérents" et présentera 535 candidats aux législatives. Il lancera sa campagne jeudi, lors d'une réunion publique au Zénith à Paris.

Mais alors que les UDF de la majorité présidentielle, forts de leur accord avec l'UMP, comptent obtenir une "trentaine" de sièges à l'Assemblée, ce qui leur permettrait de constituer un groupe parlementaire (20 minimum), le MoDem n'est crédité par les sondages que de 2 à 10 sièges (TNS Sofres), voire 0 à 4 (BVA), malgré un score de premier tour entre 12% et 15%.

Et ceci alors que son fondateur a réalisé un score de 18,57% au premier tour de la présidentielle. Pour M. Bayrou, qui réclame depuis longtemps l'introduction de la proportionnelle aux législatives, ce "scandale démocratique" découle du fait que le MoDem refuse de "faire allégeance à un camp ou à l'autre", refusant ainsi les précieuses alliances nécessaires dans le mode de scrutin actuel.

Mettant en avant la nécessité de bâtir "un contre-pouvoir" à la majorité de Nicolas Sarkozy, M. Bayrou a fustigé dimanche soir sur France 3 ses anciens amis: les citoyens doivent avoir "des avocats à la tribune, et pas seulement des béni-oui-oui qui vont ratifier une décision prise ailleurs", a-t-il lancé.

Le député Gilles Artigues, l'un des rares à lui être resté fidèle, a pour sa part qualifié ce nouveau parti de "satellite de l'UMP".

Soulignant qu'en comptant les UMP et les UDF ralliés, la majorité présidentielle pourrait compter quelque 390 députés (sur 577), le député européen Bernard Lehideux, candidat du MoDem dans les Hauts-de-Seine, espère pour sa part que les Français percevront le besoin de députés exerçant un rôle de "vigie, d'alerte".

De leur côté, les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy mettent en avant leur volonté de s'inscrire "dans l'action". "Nous voulons être acteurs, pas spectateurs", dit le député du Loir-et-Cher Nicolas Perruchot, tandis que Rudy Salles (Alpes-Maritimes) assure que les futurs députés ne seront "pas aux ordres" mais constitueront "une force de propositions".

Par Pascale Juilliard, le lundi 21 mai 2007, 17h28




MoDem contre PSLE, la guerre des centres est déclarée

Face aux amis de Bayrou, ceux d'Hervé Morin s'organisent.

« J'aime tellement le centre que je suis ravi qu'il y en ait deux », pourrait-on dire, en paraphrasant la formule de François Mauriac à propos de l'Allemagne. Entre le MoDem, le Mouvement démocrate de François Bayrou, et le Parti social libéral et européen (PSLE) des UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, la compétition risque en tout cas d'être rude aux législatives des 10 et 17 juin. Avec, à la clé, un enjeu de taille, la constitution d'un ou de deux groupes à l'As semblée nationale, l'un s'inscrivant dans la majorité présidentielle, l'autre affichant sa volonté d'être « un contre-pouvoir », dans le droit-fil de la campagne présidentielle de Bayrou.

Dans cette compétition, le PSLE part avec une longueur d'avance. La quasi-totalité des députés sortants - 22 sur 29 - seront candidats sous cette étiquette, avec de grandes chances de succès. Le 23e, Gérard Vignoble (Nord), ne se représente pas et soutient le candidat UMP. François Bayrou ne peut donc compter que sur lui-même et cinq sortants, tous en position difficile : Anne-Marie Comparini, Jean Lassalle, Gilles Artigues, Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde. Celui-ci, député maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), se fait très discret et n'a pas d'adversaire UMP, contrairement aux autres, Bayrou en tête.

« Le PSLE, satellite de l'UMP »

Le MoDem présente 535 candidats, un chiffre jamais atteint par l'UDF, qui appliquait depuis longtemps une stratégie de candidatures uniques avec le RPR, puis l'UMP, avec désistement réciproque au second tour. La constitution des listes n'a pas été chose facile, en raison de défections de dernière minute. Les pro-Bayrou l'affirment, « ce sont les élus qui sont partis, pas les militants, ni les électeurs ». Ils en veulent pour preuve les quelque 70 000 adhésions enregistrées par ce parti en gestation, alors que l'UDF totalisait 31 000 adhérents au congrès de janvier 2006. Jeudi, Bayrou lancera la campagne des candidats orange au cours d'une soirée qui se veut festive, au Zénith à Paris.

De leur côté, les députés ralliés à Nicolas Sarkozy, derrière le nouveau ministre de la Défense, Hervé Morin, ont annoncé dimanche leur volonté de créer un nouveau parti du centre, résolument ancré dans la majorité. Le nom de ce mouvement politique, qu'ils présenteront à la presse la semaine prochaine, sans doute le 29 mai, n'est pas encore choisi. Ce pourrait être « le Nouveau centre ». En attendant le congrès constitutif, les députés sortants partiront à la bataille législative sous l'appellation PSLE. Au total, selon François Sauvadet, député UDF de Côte-d'Or, il y aura une centaine de candidats, ce qui ouvre droit au financement public.

« Bayrou a choisi de se situer dans l'opposition, voire dans la résistance. Nous, nous nous engageons courageusement et loyalement dans la majorité élargie voulue par le président de la Ré pu blique », explique Sauvadet. Selon lui, c'est la phrase de Bayrou annonçant, entre les deux tours, qu'il ne voterait pas pour Sarkozy, qui est la cause du divorce. « Nous voulons répondre aux attentes des électeurs et des militants qui ont été désorientés par ce choix », affirme l'élu de la Côte-d'Or.

Autre rallié à Nicolas Sarkozy, Rudy Salles confirme que la prise de position de François Bayrou a dérouté « les électeurs de centre droit ». Toutefois, le député de Nice « refuse toute attitude belliqueuse » envers le MoDem. « Nous avons fait des choix politiques différents. Il faut l'assumer sans drame, cela ne remet pas en cause ce que nous avons vécu ensemble », dit-il, en soulignant ses liens d'amitié avec le président de l'UDF.

Les uns et les autres affûtent leurs arguments. Fidèle à François Bayrou, Gilles Artigues ne voit dans le parti que vont créer les ralliés qu'« un satellite de l'UMP » qui « ne repose sur aucune légitimité, ni militante ni électorale ». « Nous voulons être acteurs et pas spectateurs », réplique le député maire de Blois, Nicolas Perruchot.

Philippe Goulliaud (Le Figaro), le 22 mai 2007, 10h28





Bayrou renouvelle ses cadres

Les candidats du MoDem qui le pourront se maintiendront au second tour des législatives.

Baptême du feu pour le MoDem, le Mouvement démocrate, appelé à dépasser l'UDF. François Bayrou donnera le coup d'envoi de la campagne au cours d'une réunion publique au Zénith de Paris, jeudi. Fort de ses 18,57 % du 22 avril, il devrait être très présent sur le terrain pour tenter d'enrayer le déclin annoncé. Notre sondage TNS Sofres crédite le MoDem d'un score honorable de 15 % des intentions de vote, qui ne lui permettrait d'obtenir qu'entre deux et dix élus.

Au total, l'UDF MoDem présentera 200 femmes et 355 hommes, soit 535 candidats. Beaucoup plus que les 217 de 2002. Traditionnellement, les candidats UDF respectaient les accords de désistement avec le RPR, puis avec l'UMP, en se retirant systématiquement lorsqu'ils étaient devancés. Même s'ils étaient arrivés seconds Désormais, changement de stratégie, les démocrates se maintiendront au second tour dès qu'ils seront en situation de le faire.

François Bayrou aborde cette bataille législative dans des conditions difficiles. Presque seul. À l'exception d'Anne-Marie Comparini (Rhône), Gilles Artigues (Loire), Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis) et Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques), tous les autres sortants UDF l'ont lâché. Ils se présenteront sous l'étiquette Parti social libéral européen (PLSE), avant de constituer un parti du Nouveau centre, ancré dans la majorité. Sans Bayrou.

Djamel Bouras à Saint-Denis

Le MoDem ne leur opposera généralement pas d'adversaire. À quelques exceptions près, notamment dans les Hauts-de-Seine, contre André Santini à Issy-les-Moulineaux, où Bayrou mise sur un jeune chef d'entreprise, Christophe Ginisty. Le nouveau ministre de la Défense, Her­vé Morin, devrait également avoir un adversaire MoDem.

Bayrou a été contraint de renouveler les cadres. Les députés européens mouillent leur chemise : Marielle de Sarnez et Claire Gibault à Paris, Bernard Lehideux à Meudon (Hauts-de-Seine), Jean-Marie Cavada à Saint-Maur (Val-de-Marne), Anne Laperrouze dans le Tarn, Thierry Cornillet dans la Drôme.

Le MoDem donne leur chance aux représentants de la diversité. L'ancien ministre Azouz Begag se présente à Lyon, Aziz Senni à Mantes-la-Jolie (Yvelines), Slimane Azzoug, figure emblématique de la communauté maghrébine, dans les quartiers Nord de Marseille. Sans oublier le judoka Djamel Bouras, champion olympique en 1996, candidat à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Des militants écolos de Cap 21, le mouvement de Corinne Lepage, et des Verts en rupture de parti sont également sur les rangs. À Paris, Danielle Auffray, adjointe de Bertrand Delanoë, et deux Verts, Olivier Pagès et Violette Baranda, se présentent sous les couleurs du MoDem.

Philippe Goulliaud (Le Figaro), le 21 mai 2007, 10h31





Les députés UDF ralliés à Sarkozy veulent fonder leur propre parti au centre

Les députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy vont créer un nouveau parti centriste au sein de la majorité présidentielle. Une initiative qui vient contrer le lancement du Mouvement Démocrate (MoDem), le nouveau parti de François Bayrou.

"Pour répondre aux attentes des nombreux militants et sympathisants UDF qui ne se reconnaissent pas dans la démarche de François Bayrou et de son Mouvement démocrate, nous avons décidé de lancer un nouveau parti politique", a déclaré, hier dimanche, le député de Côte d'Or François Sauvadet.

Ce parti, dont le nom est en discussions, sera lancé officiellement dans les tout prochains jours, lors d'une conférence de presse. Il présentera "une centaine de candidats" aux législatives de juin, d'après Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher.

Cette décision a été prise lors d'une réunion d'une quinzaine de députés UDF autour d'Hervé Morin, nouveau ministre de la Défense et ex-président du groupe UDF à l'Assemblée. Ils représentaient les 22 députés UDF ayant pris l'engagement de se situer dans la majorité présidentielle, tout en conservant leur "autonomie au Parlement".

Dans le même temps, François Bayrou, le président de l'UDF, a annoncé que son nouveau parti, le Mouvement Démocrate (MoDem) présentera 535 candidats aux élections législatives, dont la campagne officielle débute ce lundi. Seuls cinq députés UDF sortants ont rejoint les rangs du MoDem, les autres se sont ralliés à Nicolas Sarkozy.

La Tribune, le lundi 21 mai, 6h08




Législatives : François Bayrou réaffirme son indépendance

PARIS (Reuters) - François Bayrou réaffirme son refus d'être "inféodé" à un camp politique et avisera en toute indépendance au soir du premier tour des élections législatives, le 10 juin.

"Nous voterons en fonction de ce qui nous paraîtra dans l'intérêt du pays, pas en fonction des ordres qu'on nous donnera", a dit l'ancien candidat centriste à la présidentielle interrogé sur France 3, dans l'émission "France Europe Express".

En présentant 535 candidats sous l'étiquette UDF-Mouvement démocrate (MoDem), Français Bayrou a souligné la nécessité d'un contre-pouvoir face à "la puissance" de l'UMP à l'Assemblée nationale". "Nous avons besoin d'avoir du pluralisme", a-t-il dit.

François Bayrou a réaffirmé que sa famille politique était le centre et milité pour une "alliance et non un ralliement" à d'autres partis.

"Je serai très vigilant sur la manière dont nous allons maintenir le lien social en France", a prévenu François Bayrou, en dénonçant "la sensibilité" du président Nicolas Sarkozy pour "la société anglo-saxonne".

Evoquant le Parti socialiste, il a estimé que celui-ci était face à "une crise très lourde". "Viendra le jour où l'UMP devra elle aussi réfléchir à ses choix", a-t-il prédit.

Lundi 21 mai 2007, 7h52




Législatives : trois élus venus des Verts dans la liste MoDem de Paris

PARIS (AFP) - Trois élus venus des Verts, dont une adjointe de Bertrand Delanoë, Danièle Auffray, figurent parmi les candidats du Mouvement Démocrate (MoDem) à Paris, selon la liste rendue publique jeudi soir par Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou.

Cette liste comprend aussi l'eurodéputée et chef d'orchestre Claire Gibault, qui se présente dans la 4ème circonscription (VIII et IXe arrondissements).

Mme de Sarnez, conseillère de Paris, élue du XIVe, ex-directrice de campagne de M. Bayrou, est candidate dans la 11ème (ouest du XIVe arrondissement), face au sortant Vert Yves Cochet et à l'ex-ministre UMP Nicole Guedj.

Il y a 12 femmes parmi les 21 candidats MoDem à Paris.

Parmi les 9 hommes figure l'économiste Christian Saint-Etienne, membre du conseil d'orientation des finances publiques, qui avait collaboré à l'élaboration du programme du président de l'UDF pour l'élection présidentielle. Il se présente contre Jean Tiberi dans le Quartier latin (2e circ).

Outre Mme Auffray, deux autres conseillers de Paris élus en 2001 sur les listes des Verts ont rejoint le Mouvement Démocrate : Olivier Pagès, qui se présente dans la 6e circ (XIe arrdt) et Violette Baranda (20e circ, XIXe arrdt).

Mmes Auffray et Baranda avaient annoncé dès la fin mars qu'elles quittaient le groupe municipal écologiste pour siéger comme non inscrite.

Beaucoup sont des nouveaux venus dans la liste bayroutiste, mais il y a aussi quelques vétérans : Jean-François Pernin, ex-maire UDF du XIIe arrondissement (8e circ) et Didier Bariani (21e circ), vice-président de l'UDF.

Le candidat de la 1e circ (I, II, III, IV) est l'avocat Mario Stasi.

Jeudi 17 mai 2007, 21h24


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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 10:03
(Dépêches)



Législatives : le plan de bataille de l'UMP

Le "groupe de pilotage" mis en place hier sous la direction du premier ministre doit se retrouver ce soir à l'Élysée autour de Nicolas Sarkozy.

Pourquoi changer une équipe et une méthode qui gagnent ? L'état-major de la campagne présidentielle s'est réuni hier à Matignon autour de François Fillon pour dresser son plan de bataille pour les législatives. Les « visuels » sont prêts. Le publicitaire François de La Brosse, l'ami du couple présidentiel, a réalisé un jeu d'affiches dont la charte graphique copie celle qui a été mise au point pour le candidat Sarkozy.

Les 577 candidats et apparentés figureront sur un fond de ciel bleu et paysage verdoyant, agrémenté du slogan « Ensemble, pour la majorité présidentielle ». On ne verra nulle part le visage de Nicolas Sarkozy, pour garder à la campagne un caractère de « proximité ». Ni celui de François Fillon, qui pourtant entend bien « s'impliquer » dans ces élections législatives en tant que chef de la majorité. Tout comme le Président de la République, qui participera aussi à la campagne. Un meeting est même annoncé la semaine prochaine dans un lieu non encore arrêté.

« Rien n'est joué d'avance »

Le premier ministre a formé un « groupe de pilotage » de la campagne qui comprend cinq membres : le vice-président de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, l'actuel secrétaire général, Pierre Méhaignerie, le possible futur secrétaire général, Patrick Devedjian, le président des députés UMP sortants, Bernard Accoyer, et Éric Cesari, directeur de cabinet de Sarkozy au conseil général des Hauts-de-Seine, qui vient d'être nommé directeur général du parti. Ce groupe se réunira tous les mardis, avec les principaux responsables politiques de la campagne présidentielle. Il sera également en contact régulier avec le chef de l'État. La première rencontre doit avoir lieu ce soir à l'Élysée.

La stratégie est, elle aussi, à peu près arrêtée. L'UMP est sûre de sa victoire, même si son porte-parole Luc Chatel a affirmé hier que « rien n'est joué d'avance ». Selon Patrick Devedjian, le message consiste à répéter sans relâche que « les socialistes n'ont pas de projets de remplacement à offrir aux Français » et qu'ils « n'ont plus d'équipe dirigeante, et donc pas les moyens de former un gouvernement ». François Fillon a insisté sur la nécessité de continuer à « expliquer l'ouverture », qui n'a pas fini de déstabiliser le PS.

L'autre grande question qui a occupé la réunion d'hier, c'est l'organisation de la future majorité en général, et de l'UMP en particulier. Jean-Pierre Raffarin, chargé par Nicolas Sarkozy d'un rapport sur le sujet, a amorcé le débat en exprimant « courtoi-sement mais fermement », selon son entourage, son « inquiétude quant au respect de l'équilibre et de la diversité des instances dirigeantes de l'UMP ». L'ancien premier ministre s'est étonné de la rapidité avec laquelle Patrick Devedjian a été désigné pour remplacer Brice Hortefeux. Il aurait préféré que les nominations interviennent après l'examen de son projet de réforme des statuts, qu'il vient juste d'adresser à Jean-Claude Gaudin.

Pierre Méhaignerie a de son côté plaidé pour que les prochains statuts du parti organisent mieux l'expression de la diversité à l'UMP. Avec en ligne de mire, déjà, la présidence de l'Assemblée nationale. « Si le président de la République, le premier ministre, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, le président du groupe sont tous des anciens du RPR, cela pose peut-être un problème », explique l'entourage du centriste, en constatant que les ralliés UDF de la dernière heure, tel Hervé Morin, ont été mieux servis que les centristes ayant fait le choix de l'UMP dès 2002.

Charles Jaigu et Judith Waintraub (Le Figaro), le 22 mai 2007, 10h33



Onze ministres repartent en campagne

Alain Juppé est le seul parmi les ministres à être candidat dans une circonscription où Ségolène Royal est arrivée en tête.

« Je veux que mon gouvernement aille devant le peuple pour lui demander sa confiance. » Chef d'orchestre de la campagne des législatives, François Fillon a vivement encouragé ses ministres à se lancer dans la bataille. Résultat : onze d'entre eux se représentent dans leurs circonscriptions. Le nouveau secrétaire et ex-député PS de la Drôme, Éric Besson, a renoncé à se représenter. Sollicitée, Rachida Dati préfère se concentrer sur sa mission de garde des Sceaux.

Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'une « promenade de santé », estime un dirigeant de l'UMP. Candidat dans la 4e circonscription de la Sarthe, François Fillon devrait être réélu pour la sixième fois, peut-être dès le premier tour comme en 2002. Michèle Alliot-Marie, candidate chez elle à Saint-Jean-de-Luz, tout comme Jean-Louis Borloo à Valenciennes, deux des ténors gouvernementaux, ne devraient pas connaître de souci.

À l'inverse, Alain Juppé se retrouve dans une situation plus délicate à Bordeaux. Ségolène Royal est arrivée en tête dans la ville et sa propre circonscription. La candidate PS y a recueilli 54,66 % des suffrages. Il est le seul des ministres engagés dans les législatives à être confronté à une situation aussi défavorable sur le pa pier. Juppé battu à Bordeaux ? Cela aurait l'effet d'un coup de tonnerre. En courant ce risque, l'actuel maire de Bordeaux compte sur son équation personnelle pour renverser la vapeur.

À un degré moindre, Roselyne Bachelot, candidate à sa réélection dans le Maine-et-Loire, devra se méfier. Si Sarkozy est arrivé en tête à la présidentielle (52,39 %), l'élue d'Angers est confrontée au secrétaire de la section PS de la ville (Luc Belot) mais surtout à des candidatures de droite(le madeliniste et neveu de son ex-mari Louis-Marie Bachelot) et du centre (Patrice Mangeard).

Les autres membres du gouvernement devraient passer sans péripéties cette épreuve électorale : Valérie Pécresse à Versailles, Éric Woerth à Chantilly, Dominique Bussereau à Royan et Christine Boutin à Rambouillet.

L'unique ministre UDF du gouvernement, Hervé Morin, se représente dans la 3e circonscription de l'Eure où Sarkozy a réuni 56,83 % des voix. Même la présence d'un candidat bayrouiste ne devrait pas gêner la réélection du nouveau ministre de la Défense.

À l'Élysée, on rappelait hier la règle selon laquelle un ministre battu ne peut pas rester au gouvernement.

Bruno Jeudy (Le Figaro), le 22 mai 2007, 10h28




Battu aux législatives, François Fillon quitterait son poste

PARIS (AP) - Le Premier ministre François Fillon a annoncé qu'il quitterait Matignon s'il était battu dans sa circonscription de la Sarthe où il se présente pour les législatives car il n'aurait "pas la légitimité pour diriger le gouvernement".

"La logique, quand on est battu, cela veut dire qu'on n'a pas le soutien du peuple, on ne peut pas rester au gouvernement: c'est une règle que je m'appliquerai à moi-même puisque j'ai décidé d'être candidat à l'élection législative", a-t-il expliqué sur Europe-1.

S'il était battu par le socialiste Sébastien Le Foll dans son fief de la Sarthe, François Fillon démissionnerait de Matignon car "il n'aurait pas la légitimité suffisante pour diriger le gouvernement de la France s'il n'avait pas le soutien de (s)es propres électeurs".

Quant au cumul des mandats, le nouveau Premier ministre a réaffirmé son opposition au principe instauré sous Lionel Jospin jugeant qu'il est "hypocrite". "Du temps de Lionel Jospin ou de Jacques Chirac, les ministres démissionnaient de leur poste de maire et se faisaient élire premier adjoint".

"En réalité, c'est eux qui gouvernaient leur ville par intermédiaire ce qui n'est pas conformer à la vision que j'ai de la démocratie et de la clarté", a-t-il expliqué. Donc "les ministres qui ont des responsabilités locales pourront les conserver".

"C'est très important parce que cela les ramène aux réalités, on a besoin de sortir de la bulle dans laquelle il sont dans leur ministère", a-t-il conclu.

Mercredi 23 mai 2007, 10h28





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