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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 01:52

« Trop loin, une île. Trop loin, une année, 1947. La terre rouge de l’île. Pour commencer, on dira que les faits ont réellement existé, que les sagaies ont volé, que les balles ont sifflé, que les cadavres ont jonché la terre. Rire. Des rires en masque de douleur. Des rires sur l’absurdité de ces lignes cherchant à comprendre pourquoi je devrais me justifier pour revendiquer ma mémoire. » (Jean-Luc Raharimanana, écrivain malgache, 2007).



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Depuis 1967, le 29 mars est un jour férié à Madagascar. Pourquoi ? Parce que le 29 mars 1947, il y a juste soixante-dix ans, a eu lieu le début d’une insurrection d’indépendantistes malgaches contre les Français. Madagascar a été une colonie française du 28 février 1897 au 28 septembre 1958 (l’indépendance de Madagascar a été proclamée le 26 juin 1960). 35 000 Français vivaient alors à Madagascar, pour une population d’environ 4 millions de Malgaches. La révolte a commencé au sud-est de la Grande île, là où des Malgaches étaient en "travail forcé" dans les grandes plantations de clous de girofle et de vanille.

Au début, les militaires français furent surpris et dépassés par cette révolte. Le 31 mars 1947, un camp militaire fut attaqué à Tananarive par les insurgés. D’autres camps et des fermes de colons furent attaqués. L’état de siège fut proclamé le 4 avril 1947. Cette insurrection très violente a été réprimée avec une violence encore plus effroyable. Le bilan de cette insurrection aurait été entre 8 000 et 100 000 morts, avec une imprécision telle qu’il se pose encore la question sur le nombre réel de victimes.

Pendant longtemps, ces "événements" qui se sont déroulés sur une période de vingt et mois, entre mars 1947 et décembre 1948, ont été passés au silence dans les livres d’histoire, tant par les autorités françaises que par les nouvelles autorités malgaches après la proclamation de la République de Madagascar le 14 octobre 1958. Maintenant que deux générations sont passées, les passions s’estompent et le travail d’historien peut commencer.

Les autorités françaises de l’époque, c’était le dernier gouvernement de la coalition tripartite regroupant les socialistes (SFIO), les communistes (PCF) et les démocrates-chrétiens (MRP). Une telle coalition, provenant de l’histoire de la Résistance, avait peu de chance de perdurer tant les différents politiques étaient nombreux. Les communistes avaient très mollement protesté pendant les premières semaines de la répression.

Le gouvernement, qui était le premier de la IVe République après l’installation de Vincent Auriol à l’Élysée, était dirigé par Paul Ramadier, du 22 janvier 1947 au 19 novembre 1947. Des grèves très dures commencèrent le 7 avril 1947. Les ministres communistes (Maurice Thorez, François Billoux, Charles Tillon et Georges Marrane), qui soutenaient ces grèves, furent renvoyés dès le 5 mai 1947, créant ainsi cette fameuse "troisième force" de centre gauche, réunissant SFIO, MRP et radicaux qu’aujourd’hui, le candidat Emmanuel Macron, avec l’aide du Président sortant François Hollande, tente de ressusciter en 2017. Les grèves en France furent durement réprimées un peu plus tard, par Jules Moch (socialiste), Ministre de l’Intérieur du 24 novembre 1947 au 7 février 1950.

Pour terminer avec le contexte historique, De Gaulle, qui avait quitté de lui-même le pouvoir quatorze mois auparavant pour s’opposer aux combinaisons politiciennes de la classe politique a créé le RPF (Rassemblement du peuple français) le 7 avril 1947, parti gaulliste qui gagna les élections municipales des 19 et 26 octobre 1947.

Des milliers de Français et de Malgaches employés par la France furent capturés et massacrés, torturés, mutilés, etc. par les insurgés malgaches qui ont rassemblé environ 20 000 personnes (2 000 au début). Environ 2 000 personnes des forces françaises furent tuées. Cependant, il est très difficile de séparer les cas très spécifiques des cas fréquents. Par exemple, le seul cas de mutilation vivante recensé concerna un chef de poste français dépecé vivant par un médecin dont le procès s’est conclu par un acquittement en juillet 1948. Il est donc fort probable que ces actes ne furent que des rumeurs pour polariser les populations.

Les troupes françaises, composées d’environ 30 000 personnes (8 000 au début), sont tombées alors dans une répression aussi sanglante qu’aveugle. Au bout de quelques semaines, en mai 1947, les troupes françaises reprirent le contrôle de certaines positions prises par les insurgés (notamment les grandes villes).

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La population civile paya un lourd tribut. En moins de deux ans, l’insurrection a été maîtrisée. Ce fut, pour le gouvernement français, comme une répétition avant l’Indochine et surtout, l’Algérie. Les autorités se livrèrent à des exactions scandaleuses, notamment pour terroriser les villageois. Certains faits furent cependant amplifiés alors qu’ils ne provenaient que d’un ou deux militaires "excités", comme ce futur héros de l’aviation en Indochine, qui s’était vanté d’avoir jeté des suspects vivants d’un avion (cela a fait la une des journaux parisiens, quelques jours plus tard, le 15 mai 1947, et ces assassinats sont hélas restés impunis).

Dans son journal "Combat" le 10 mai 1947, l’écrivain Albert Camus a fait un parallèle : « Nous faisons ce que nous avons reproché aux Allemands de faire. » et a ajouté : « Si, aujourd’hui, des Français apprennent sans révolte les méthodes que d’autres Français utilisent parfois envers des Algériens ou des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de manière inconsciente, sur la certitude que nous sommes supérieurs en quelque manière à ces peuples et que le choix des moyens propres à illustrer cette supériorité importe peu. ».

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Le philosophe Paul Ricœur a dénoncé dans un article le 20 septembre 1947 le racisme comme vice des Français aux colonies : « Le piège de l’esprit colonial est le racisme ; la base du droit des indigènes est l’universalisme. ». Il considérait que l’exigence de la liberté des peuples était supérieure moralement à toute œuvre civilisatrice des pays colonisateurs : « Le but de la colonisation est de se supprimer elle-même. Ceci ne sera jamais dit assez fortement. Le rythme et le procédé, selon lesquels la souveraineté de la France (…) devra céder le pas à la liberté politique des peuples est une question technique subordonnée qui exige de la compétence. Mais la plus belle œuvre civilisatrice est destinée à équiper, pour la liberté, des zones d’humanité toujours plus vastes. ».

Enfin, Paul Ricœur a fait, lui aussi, un parallèle, avec l’histoire française : « L’appétit forcené et souvent prématuré de liberté qui anime les mouvements séparatistes est la même passion qui est à l’origine de notre histoire de 1789 et de Valmy, de 1848 et de juin 1940, il ne sert à rien de dire que cet appétit est forcené et prématuré. La liberté est une passion amère et dangereuse qui compte bien des souffrances et des déceptions. Mais c’est ainsi que les peuples accèdent à leur propre existence : en faisant d’abord la catastrophique expérience de leur impuissance quand les maîtres pleins d’expérience s’en vont, emportant leur arbitrage avec leurs exactions. » ("La question coloniale").

Deux des trois jeunes députés malgaches élus à l’Assemblée Nationale française en 1946 (dont Joseph Ravoahangy), d’un parti indépendantiste pourtant non violent, qui avait, dès les débuts, appelé au calme, ont été arrêtés, torturés et condamnés à mort en juillet 1948, mais leur peine fut remplacée par la prison à perpétuité. Au-delà des exécutions sommaires, des bombardements, des massacres à la mitrailleuse, les tribunaux militaires et les cours criminelles ont prononcé 204 condamnations à mort dont 24, parmi les dirigeants du mouvement d’insurrection, aboutirent à une exécution. En 1957, la totalité des insurgés encore en prison furent libérés.

Partisan plus tard de l’Algérie française, François Mitterrand, qui fut Ministre de la France d’Outremer, déclara sans condamner la répression, en janvier 1951, que « l’avenir de Madagascar est indéfectiblement lié à la République française ». Le 10 juillet 1947, dans son journal, Vincent Auriol, Président de la République, constata assez froidement, à ce sujet : « Il y a eu évidemment des sévices et on a pris des sanctions. Il y a eu également des excès dans la répression. On a fusillé un peu à tort et à travers. ».

Une première mission d’information de l’Assemblée de l’Union française a proposé en fin 1948 un bilan de 89 000 morts, mais les autorités françaises ont officialisé en 1950 un bilan de "seulement" 11 342 morts. D’autres, au contraire, ont évoqué 100 000 voire 200 000 morts (surtout émanant des rangs communistes qui, pendant les années 1950, ont durci le trait pour compenser leur opposition très molle lorsqu’ils étaient au gouvernement). La question serait d’ailleurs de distinguer les "massacres" commis volontairement des morts par maladie, famine ou malnutrition qui furent très nombreuses pendant cette période, parfois dues aux insurgés eux-mêmes contre les populations civiles forcées de fuir les villages.

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L’historien Jean Fremigacci (maître de conférence à Paris-Sorbonne et à Tananarive) est revenu en 2003 sur le bilan comptable : « Un manichéisme de principe interdit d’analyser les éléments du drame et de le comprendre, et en particulier de distinguer entre répression militaire et répression policière. La première, après la série de crimes de guerre commis dans l’hystérie des six premières semaines (qui ont fait entre 1 000 et 2 000 morts) a été d’une relative modération, imposée par le Haut-commissaire De Coppet (et le général Garbay). La seconde, si elle n’a tué personne, a commis des excès indéniables qui ont aveuglé tant la justice et les historiens en instaurant dans des centres urbains restés calmes une peur sociale durable : celle-ci, avec le martèlement de la propagande communiste, est la véritable origine de la mémoire d’effroi qui s’est constituée à la suite de l’insurrection. ».

Cependant, le nombre importe moralement peu. Françoise Raison-Jourde, historienne également, a insisté le 29 mars 2007 : « Le nombre donné par l’historien Jean Fremigacci dans un numéro récent du magazine "L’Histoire" paraît correct à notre milieu de spécialistes : 30 000 à 40 000 morts au lieu des 89 000 annoncés à l‘époque par le Haut-commissaire de Madagascar. Ce chiffre avait l’avantage de terroriser les Malgaches. Aujourd’hui, les vieilles élites bourgeoises des Hautes Terres s’accrochent à ces chiffres. Mais que ce soit 40 000 ou 89 000 morts, cela change peu la force du traumatisme. » ("Le Monde").

Le massacre de 1947 a été incontestablement une véritable tache rouge indélébile dans l’histoire française du début de la IVe République. Est-ce que pour autant, comme le candidat Emmanuel Macron l’avait affirmé le 15 février 2017 en Algérie que la colonisation aurait été un « crime contre l’humanité » ? Je ne le crois pas. À Madagascar, comme un peu plus tard en Algérie, les atrocités commises par des militaires français n’étaient pas le fait de la "colonisation" en elle-même mais plutôt de gouvernements (faut-il préciser dirigé par des socialistes ?) qui n’avaient aucune conscience de l’humanité dans son cadre universel. Comme les Américains au Vietnam puis en Irak.

C’est ce que Jean Fremigacci a proposé : « Cette insurrection reste bien une page sombre de la colonisation française, mais c’est moins le procès des militaires qu’il faut faire que celui des politiques. Le drame aurait pu être évité si les responsables français à Paris avaient su négocier avec [Joseph] Ravoahangy en 1946, et lui éviter d’être débordé par les extrémistes. La véritable responsabilité de la République est bien là, dans son incapacité à négocier. ».

Et le 25 décembre 2004, Jean Fremigacci a répété ceci, avec des mots encore plus clairs : « Faut-il considérer tous ces morts comme victimes de "massacres colonialistes" ? À l’évidence, non. Pas plus que d’Oradour [malgache], il n’y a eu de "génocide oublié" à Madagascar. Mais la question peut être posée autrement : ces morts pouvaient-ils être évités ? Et là, la réponse est oui. Seulement, ce n’est pas du côté des militaires et à Madagascar qu’il faut chercher les responsables, mais à Paris, du côté des politiques incapables de négocier, et qui ont détourné l’attention en laissant faire le procès de la Grande Muette, quitte à faciliter l’extraordinaire succès d’une propagande qui domine encore la vision de l’événement majeur de l’histoire de Madagascar au XXe siècle. » ("Marianne" n°401).

Soixante-dix ans plus tard, l’heure n’est pas à la repentance mais avant tout, à l’étude historique pour connaître tous les faits et les faire connaître dans un souci de mémoire. Les Français de 2017 ne peuvent être tenus pour responsables des exactions meurtrières de "pacification" que leurs dirigeants, plus de deux tiers de siècle plus tôt, ont laissé faire sinon décidé.

« C’est peut-être trop tôt ? C’est peut-être à notre génération d’en parler ? En France comme à Madagascar ? Nos parents, des deux côtés, étaient peut-être trop touchés par cet événement pour en parler sereinement ? Je ne sais pas. En tout cas, les gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais manifesté le désir de transmettre la mémoire, aussi bien du côté de la France que de Madagascar. (…) Quels sont les officiers impliqués dans ces répressions ? Pourquoi n’ont-ils jamais parlé ? » (Jean-Luc Raharimanana, 49 ans).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
"L’anticolonialisme (cinquante ans après). Autour du Livre noir du colonialisme", Afrique & histoire, 1/2003 (vol. 1), p. 245-267.
"1947 : l’insurrection à Madgascar" par Jean Fremigacci ("Marianne" n°401, le 25 décembre 2004).
Le massacre de 1947.
Le pire n’est jamais sûr (28 janvier 2014).
Le gouvernement de Roger Kolo (18 avril 2014).
Discours d'investiture de Hery Rajaonarimampianina du 25 janvier 2014 (texte intégral).
Vidéo du discours d'investiture de Hery Rajaonarimampianina.
L'angoisse de la page blanche.
Résultats de la CENIT (3 janvier 2014).
Nuages noirs sur le processus électoral.
Le second tour de la présidentielle.
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170329-madagascar.html

http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/29-mars-1947-debut-de-massacre-a-191179

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/28/35101160.html

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 09:53

Le nouveau Premier Ministre malgache issu des élections législatives du 20 décembre 2013 est Roger Kolo. Il a été nommé le 11 avril 2014 par le nouveau Président de la République Hery Rajaonarimampianina élu le 20 décembre 2013. Après la passation de pouvoirs entre Jean Omer Bereziky et Roger Kolo le 16 avril 2014, la composition du nouveau gouvernement a été rendue publique le 18 avril 2014.

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-122284599.html


Roger Kolo : Premier Ministre

Rivo Rakotovao . Ministre d’Etat chargé des infrastructures, de l'équipement et de l’aménagement du territoire
Joeli Lalaharisaina Valérien  . Ministre auprès de la Présidence chargé des ressources stratégiques
Gal Jean Olivier Dominique Rakotozafy . Ministre de la Défense Nationale
Arisoa Lala Razafitrimo . Ministre des affaires étrangères
Noeline Ramanantenasoa . Ministre de la Justice, garde des Sceaux
Jean Razafindravonona . Ministre des Finances et du budget
Gal Herilanto Raveloharison . Ministre de l’Economie et de la planification
Olivier Mahafaly Solonandrasana . Ministre de l’Intérieur et de la décentralisation
Jules Etienne Rolland . Ministre de l’Industrie, du développement du secteur privé et des petites et moyennes entreprises
Roland Ravatomanga . Ministre de l’Agriculture et du développement rural
Kolo Roger (Premier Ministre) . Ministre de la Santé publique
Marie Monique Rasoazananera . Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Paul Rabary . Ministre de l’Education Nationale
Horace Gatien . Ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle
Roland Ratsiraka . Ministre des Travaux publics
Blaise Richard Randimbisoa . Ministre de la Sécurité publique
Anthelme Ramparany. Ministre de l’Environnement et de l’écologie et des forêts
Narson Rafidimanana . Ministre du Commerce et de la consommation
Fienena Richard . Ministre de l’Energie
Johanita Ndahimananjara . Ministre de l’Eau
Ahmad . Ministre de la Pêche et ressources halieutiques
Joseph Martin Randrimampionona . Ministre de l’Elevage et de la protéction animale
Jacques Ulrich Andriantiana . Ministre des transports et de la météorologie
Maharante Jean de Dieu . Ministre de la Fonction Publique et des lois sociales
Johasy Raharisoa Eleonore . Ministre de la Protection sociale et de la femme
Benjamina Ramanantsoa Ramarcel . Ministre du Tourisme
Neypatraiky André Rakotomamonjy . Ministre des Télécommunications, des postes et des nouvelles technologies
Cyrille Reboza Mahaforona . Ministre de la Communication et des relations avec les Institutions
Jean Anicet Andriamosarisoa . Ministre des Sports et de la jeunesse
Voanalaroy Randrianarisoa . Ministre de l'Artisanat, de la Culture et des patrimoines
Paza Didier Gérard . Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de la Défense Nationale chargé de la Gendarmerie

SR


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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 07:46

La vie politique malgache n’est pas un long fleuve tranquille. Pourtant, il semblerait qu’avec l’arrivée de Hery Rajaonarimampianina, une nouvelle période plus propice au développement s’ouvre enfin au peuple malgache.


yartiMada2014C01Un attentat a eu lieu à Anosikely juste à la fin de la cérémonie d’investiture du nouveau Président, lorsque la foule sortait du stade de Mahamasina le soir du 25 janvier 2014, entraînant la mort d’un enfant et cinquante-cinq blessés. L’auteur ou les auteurs voulaient tuer puisque la grenade qui a explosé a été jetée au milieu de la foule avec des débris de verre pour entraîner le plus de dégâts possible.

Les réactions ont été unanimes.
Hery Rajaonarimampianina (nouveau Président) : « Nous ne pouvons tolérer de tels actes de violence envers des personnes sans défense. Le nécessaire sera fait pour mener les coupables devant la justice. » et il a indiqué que l’État prendrait en charge tous les frais de soins et d’obsèques.
Jean-Louis Robinson (le candidat battu au second tour) : « Je condamne fermement l’acte terroriste qui s’est produit la nuit du 25 janvier 2014. Cet acte est d’autant plus inacceptable qu’il vise directement la population, dans des endroits fréquentés par de nombreux concitoyens innocents. Je présente mes condoléances à la famille des victime, en appelle à la sagesse de tous et en appelle au calme. » (26 janvier 2014).
Guy Rivo Randrianarisoa (porte-parole de l’ancien Président Marc Ravalomanana) : « Nous n’acceptons pas, et nous n’accepterons jamais les accès de violence. Le sang des Malgaches ne doit pas couler. » (26 janvier 2014).

Ce terrible attentat, qui a donc été condamné par toute la classe politique et considéré comme une provocation par celui qui prêtait serment, ne doit toutefois pas occulter l’étape décisive dans l’histoire politique de Madagascar.

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Le premier Président de la IVe République malgache, Hery Rajaonarimampianina a en effet prononcé le 25 janvier 2014 un discours d’investiture de haute tenue en appelant à la réconciliation nationale et au rassemblement (on peut le lire ici, ou l’écouter là).


Le plagiat sarkozyen

Certes, ce discours d’une trentaine de minutes a été entaché d’un extrait du discours d’investiture du candidat Nicolas Sarkozy lors du congrès de l’UMP du 14 janvier 2007. Dès qu’il l’a su, Hery Rajaonarimampianina a renvoyé le collaborateur qui l’avait aidé à rédiger ce discours.

Détaillons la copie.

Hery Rajaonarimampianina a déclaré le 25 janvier 2014 :
« Aujourd’hui, je voudrais remercier tous ceux et toutes celles qui m’ont accompagné lors de cette campagne présidentielle ; tous ceux qui m’ont aidé, tous ceux qui m’ont soutenu, tous ceux qui m’ont entouré. Sans vous, tout ceci n’aurait pas pu arriver. Mais aujourd’hui, je vais vous demander, à vous, ma famille politique et mes amis, de m’aider une fois encore pour favoriser le grand dessein d’Unité nationale qui est le mien. Je veux que vous compreniez que ce n’est pas de nous qu’il s’agit mais de Madagascar, de notre avenir politique, de notre place dans le monde. Je demande donc à mes amis de me laisser libre, libre d’aller vers les autres, libre d’aller vers celui qui n’a jamais été mon ami, qui n’a jamais appartenu à notre clan, à notre famille politique et, parfois même, qui nous a combattu.
Car lorsqu’il s’agit de Madagascar, il n’y a plus de camp. Je vous demanderai de comprendre que je ne serai pas le Président des partis ; que je ne serai pas le Président d’une Région mais que je suis le Président de tous les Malgaches. Et je demande, même à mes adversaires  politiques, de me faire le crédit de la bienveillance sans laquelle il n’y a pas de compréhension possible. »

Tandis que Nicolas Sarkozy avait déclaré le 14 janvier 2007 :
« Je demande à ma famille de m'aider. Je sais ce qu'elle a eu à souffrir.  Je veux qu'elle comprenne que ce n'est pas de moi qu'il s'agit mais de la France.

Je demande à mes amis qui m'ont accompagné jusqu'ici de me laisser libre, libre d'aller vers les autres, vers celui qui n'a jamais été mon ami, qui n'a jamais appartenu à notre camp, à notre famille politique  qui parfois nous a combattu. Parce que lorsqu'il s'agit de la France, il n'y a plus de camp.
Je demande à vous tous de comprendre que je ne serai pas que le candidat de l'UMP, qu'au moment même où vous m'avez choisi je dois me tourner vers tous les Français, quels que soient leur parcours, qu'ils soient de droite ou de gauche, de métropole ou d'Outre Mer, qu'ils vivent en France ou à l'étranger, que la France les ait ou non déçu pourvu qu'il l'aiment. Que je dois les rassembler, que je dois les convaincre qu'ensemble tout deviendra possible ! »

Comme on peut le constater, le plagiat est prouvé.

Mais fallait-il le blâmer d’avoir repris finalement une tirade plutôt de bonne facture ? Je préfère qu’il l’ait plagié là-dessus à ce qu’il reprît le discours de Grenoble par exemple.


Réconciliation

Présent à la cérémonie, le rival malheureux Jean-Louis Robinson, qui a pris la tête le 25 janvier 20143 d’un Comité national de coordination de l’opposition légale (CNCOL), a, par sa présence, reconnu la légitimité constitutionnelle de Hery Rajaonarimampianina. C’est une avancée essentielle : aujourd’hui, plus personne ne conteste l’élection de Hery Rajaonarimampianina. La page électorale est donc tournée.

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L’appel à la réconciliation nationale a été clairement compris : « En tant que Président de tous les Malgaches, je dois être libre de toute idéologie, éviter tout esprit partisan pour incarner l’intérêt général. C’est cela ma référence ultime. En ce sens, je m’entourerai de compétences de tous bords pour renforcer l’Unité Nationale et créer un Madagascar de l’Excellence. (…) Le peuple malgache ne supporte plus l’incurie et attend de son personnel politique et des agents de l’État : compétence, probité et loyauté. Nous y veillerons, nous ferons table rase des pratiques du passé et viserons l’efficacité. (…) Madagascar va renaître grâce au travail de son peuple uni et soudé dans ce rêve de réussite collective. Je serai toujours à vos côtés pour vous donner les moyens de relancer la croissance économique de Madagascar. ».


Lutte contre la corruption

Pour le Président investi, trois piliers sont à bâtir pour le renouveau : la sécurité, la justice et la lutte contre la corruption : « Je suis conscient de la fragilité de la sécurité intérieure, et de la mise en coupe réglée de nos ressources naturelles et des potentialités économiques. ». Sur la corruption, il a été assez clair : « Je ne partirai pas dans une chasse aux sorcières du passé, mais je veux que ceux qui se reconnaissent dans cette description et ces propos [sur la corruption] sachent que le changement est en marche, que rien ne pourra l’arrêter et que je n’admettrai aucune dérive. ».

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Et d’ajouter : « La culture de l’impunité est révolue et je m’engage à organiser une lutte sans merci contre tous les détournements de biens et de deniers publics ; contre tout enrichissement illicite, tout racket ou encore toute utilisation abusive des biens publics. Le rétablissement de l’autorité de l’État conduira au retour de l’État de droit, mettra un terme définitif au cycle de crises et favorisera notre croissance économique. ».

Beaucoup d’observateurs insistent sur le fait que Hery Rajaonarimampianina s’est ainsi dégagé de la tutelle de son protecteur, Andry Rajoelina.

Ce que le nouveau Président, qui fut pourtant quatre années aux Finances pendant la longue période de Transition (2009-2014), a finalement décrit, c’est un pays sinistré par les querelles politiques et la corruption.

Ce discours peut donc être entendu presque comme un sévère réquisitoire contre l’action de l’ancien Président de la Transition, Andry Rajoelina, présent à la cérémonie : « Depuis trop longtemps, l’autorité de l’État est bafouée, sapée, privatisée au préjudice des plus vulnérables et des plus humbles ; (…) le peuple malgache a terriblement souffert et il veut voir ses conditions de vie s’améliorer (…) ; depuis bien trop longtemps, le peuple malgache a le sentiment de vivre dans un monde d’iniquité où les droits ne sont pas les mêmes pour tous. ».

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L’éditorial de "Madagascar Tribune" du 28 janvier 2014 est d’ailleurs très percutant, allant jusqu’à craindre pour la vie du nouveau Président : « Démocrates, on va peut-être être obligé de choisir le camp de Hery, parce que face à ces puissances financières et face à ces mafias organisées qui se sentent en plus certainement flouées, il va falloir que la coalition derrière le Président soit la plus solide possible pour espérer écarter la menace Rajoelina et sortir le pays des ténèbres. Au bénéfice du doute, mais a-t-on le temps de tergiverser ? D’autant qu’avec les fous furieux en face, un scénario à la Ratsimandrava n’est pas à exclure. ».

Richard Ratsimandrava (1931-1975) fut désigné un peu par hasard chef de l’État et du gouvernement le 5 février 1975, mais fut assassiné six jours plus tard à Tananarive. Il avait les pleins pouvoirs et souhaitait alors appliquer une politique originale basée sur une politique de décentralisation autour des villages et une politique économique plus équitable et juste en adaptant les nécessités rurales à l’économie de marché, plus urbaine. Au bout d’une courte période transitoire, le 12 juin 1975, Didier Ratsiraka a finalement pris le pouvoir (qu’il conserva jusqu’au 27 mars 1993 et fut également élu pour le réoccuper du 9 février 1997 au 5 juillet 2002).


L’initiative économique

Sur le développement économique, Hery Rajaonarimampianina n’a pas caché qu’il faut que tout le monde y mette du sien, il a demandé des efforts et des sacrifices à tout le monde : « Nous devrons tenter l’impossible, chaque semaine, chaque jour, chaque minute. (…) Que les systèmes de micro-finance soient crées pour favoriser l’accès de tous au crédit et développer notre entrepreunariat. Je tiens à ce que cette relance et ce progrès se fassent avec l’implication personnelle de chaque Malgache et doivent se faire par la valorisation du travail. (…) Cette croissance, nous allons la fabriquer avec nos talents, avec notre imagination, notre audace et notre courage. ».

Cela rappelle un peu l’esprit sarkozyen : « La croissance, j’irai la chercher avec les dents, s’il le faut ! » (Discours de Nicolas Sarkozy le 30 août 2007 à l’Université d’été du Medef).

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Il a aussi insisté sur l’attractivité financière du pays : « Nous devons aussi être attractifs aux investisseurs étrangers. (…) Nous devons leur donner envie de contribuer, en faisant preuve de créativité en matière juridique et fiscale, pour que Madagascar devienne, dans le respect des normes internationales, une place attractive et sûre. ».


Entre défaitisme et espoir

Refusant le fatalisme et le défaitisme, le nouveau Président a d’abord voulu voir les énormes ressources du peuple malgache : « [Les] cyniques ne peuvent pas comprendre que Madagascar a déjà changé. Notre population est jeune et dynamique, elle a soif de changement et de reconnaissance. Les arguments de politique politicienne auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps ne valent plus rien. Les défis face à nous sont immenses et les Malgaches ont en eux toutes les valeurs pour les affronter : le travail, l’honnêteté et le courage, et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme. Elles sont vraies et intimement liée à l’âme malgache. ».


Bon démarrage

Dans l’attente des résultats définitifs des élections législatives, Hery Rajaonarimampianina a demandé au Premier Ministre démissionnaire, Jean Omer Beriziky, d’assurer l’intérim jusqu’à la nomination du prochain gouvernement, qui sera une étape décisive pour transformer les paroles en actes.

Les premiers pas du Président Rajaonarimampianina sont pour l’instant très encourageants. Je l’écris d’autant plus facilement que sa candidature avait suscité en moi le doute et l’inquiétude. La fonction peut créer la personne.

yartiMada2014C07

Expert-comptable venu tard à la politique, Hery Rajaonarimampianina a peut-être compris que par son élection (très peu prévisible il y a encore six mois), il incarnerait désormais un pays et un peuple et que seul, l’intérêt général allait prévaloir.

Un pays parmi les plus pauvres du monde et qui, pourtant, a un extraordinaire potentiel. Réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs ont échoué depuis cinquante ans ? Je le souhaite. Aussi, évidemment, il sera jugé sur les actes et sur les résultats, plus sûrement que sur ses déclarations d’intention. Le fait que Jean-Louis Robinson ait accepté de jouer le jeu démocratique apporte déjà une partie de la réponse.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 janvier 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Discours d'investiture de Hery Rajaonarimampianina du 25 janvier 2014 (texte intégral).
Vidéo du discours d'investiture de Hery Rajaonarimampianina.
L'angoisse de la page blanche.
Résultats de la CENIT (3 janvier 2014).
Nuages noirs sur le processus électoral.
Le second tour de la présidentielle.
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.



(Photos de Harilala Randrianarison de madagate.com)








http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/madagascar-le-pire-n-est-jamais-147112

 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Madagascar
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:31

(vebatim)



Discours d'investiture de Hery Rajaonarimampianina, Président de la République malgache
Stade de Mahamasina, le 25 janvier 2014

« Messieurs les Présidents et Chefs d’Etat amis, et leur délégation respective,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Vice-ministres,
Messieurs les Représentants d’Etat et leur délégation,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Membres du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Institution, les Autorités civiles et militaires, les Chefs d’Eglise,
Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,

Dans ce moment si important pour Madagascar, si important pour l’avenir de nos familles, si important pour moi, le sentiment qui m’envahit est une émotion profonde. Cette émotion, je vous demande de la recevoir simplement comme un témoignage de ma sincérité, de ma vérité et de mon engagement. 2013 s’est terminé sur un magnifique espoir pour l’ensemble du peuple malgache : une élection démocratique a mis fin à un cycle de crise, avec le soutien de l’ensemble de la Communauté internationale. Cette unité, aux premières lueurs de 2014, est un bon présage pour notre Nation. Cette année sera celle de notre renouveau collectif, sous l’emblème de la Force nouvelle qui vient de s’insuffler à Madagascar. Je forme le vœu qu’ensemble nous libérions les énergies pour renverser la fatalité de la misère et de la maladie qui ont tant touché notre pays.

Mes Chers Compatriotes,
Nous avons réussi à mettre ensemble un terme à cette crise. Aussi, comme il est de tradition républicaine, à l’aube de l’année nouvelle, je présente mes vœux à la Nation, et souhaite que 2014 nous apporte la réussite de nos projets et que la solidarité soit, à nouveau, la marque de notre société. Je souhaite pour chaque citoyen, pour chaque foyer, une année de santé et de prospérité ; je souhaite qu’elle soit l’année de notre reprise économique et le tremplin de notre nouveau rêve ; qu’elle soit l’année où Madagascar redevient la Grande île de lumière et de prospérité.

Mes Chers Compatriotes,
Je suis, ici, devant vous, empli d’un sentiment d’humilité, face à la tâche nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m’avez témoigné, et conscient des sacrifices que nous aurions à consentir pour restaurer la pleine harmonie de notre société. En ce jour historique, je ressens le poids de la responsabilité de la fonction présidentielle, mais je m’y suis préparé. Le Président de la République est l’ultime recours vers lequel vous êtes en droit de vous tourner. Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute. La responsabilité du Président de la République ne ressemble à aucune autre. Elle est exclusivement construite sur les exigences : l’exigence de rassembler les Malgaches. Notre pays ne sera fort qu’en étant uni. Il doit être fort pour relever le défi auquel nous sommes confrontés ; l’exigence aussi de respecter son engagement, car la confiance en la parole présidentielle est la base indispensable du renouveau de la Nation ; l’exigence aussi de vertu morale car la crise des valeurs n’a jamais été aussi profonde. La crédibilité de notre lutte contre la corruption sera jugée à l’aune de notre exemplarité ; l’exigence de sécurité et de protection, car le peuple malgache n’a jamais été aussi démuni ; l’exigence d’ordre et d’autorité, car depuis trop longtemps, l’autorité de l’Etat est bafouée, sapée, privatisée au préjudice des plus vulnérables et des plus humbles ; l’exigence de résultats, car le peuple malgache a terriblement souffert et il veut voir ses conditions de vie s’améliorer pour, enfin, croire dans son futur ; l’exigence de justice, car depuis bien trop longtemps, le peuple malgache a le sentiment de vivre dans un monde d’iniquité où les droits ne sont pas les mêmes pour tous ; l’exigence de rendre au travail sa valeur morale et sa capacité d’émancipation.

Nous devrons tenter l’impossible, chaque semaine, chaque jour, chaque minute. Je sais que vous n’accepterez aucune hypocrisie, aucune lâcheté, aucun calcul dans l’exercice du pouvoir que vous m’avez confié. Vous attendez de moi le respect de mes engagements. Je sais l’importance symbolique de la parole présidentielle : se voir la nécessité qu’elle rassemble parce que le Président incarne l’Unité de la Nation. En tant que Président de tous les Malgaches, je dois être libre de toute idéologie, éviter tout esprit partisan pour incarner l’intérêt général. C’est cela ma référence ultime. En ce sens, je m’entourerai de compétences de tous bords pour renforcer l’Unité Nationale et créer un Madagascar de l’Excellence.

Mes Chers Compatriotes,
La voix du peuple a choisi. Il convient, maintenant de le servir. Chacun a sa place et dans le respect des institutions. Il nous appartient, à nous tous, élus de la Nation, de travailler au bien commun. Au gouvernement comme au Parlement, dans la majorité ou dans l’opposition. Il de notre devoir de faire honneur au mandat que le peuple nous a confié. Le peuple malgache ne supporte plus l’incurie et attend de son personnel politique et des agents de l’Etat : compétence, probité et loyauté. Nous y veillerons, nous ferons table rase des pratiques du passé et viserons l’efficacité.

Mes Chers Compatriotes,
Je vais construire les conditions du Renouveau et d’un Progrès partager par tous. Nous allons rétablir la confiance dans l’Etat, qui passe par la restauration de l’autorité de l’Etat. Elle s’appuiera sur un socle fondamental constitué des trois piliers de notre programme : la Sécurité, la Justice et la Lutte contre la Corruption. Notre Etat est garant des libertés individuelles et doit être capable de protéger tous nos concitoyens. Rétablir la confiance de l’Etat c’est aussi assurer la sécurité des personnes er des biens en toutes circonstances. En ville comme à la campagne, de jour comme de nuit. Cela signifie que nos compatriotes auront droit à une vie paisible, sans agression, pour vivre de leur propriété sans crainte d’être volés ou spoliés.

J’ai une vision claire de la défense de l’intégrité territoriale de Madagascar, pour que le pays soit un territoire sécurisé, dans un climat propice aux activités de développement. A cet effet, la politique de la Défense et de la Sécurité nationales sera résolument centrée sur la Sécurité intérieure, sans minimiser la sécurité des ressources stratégiques et vitales, tout en respectant les engagements internationaux. Je suis conscient de la fragilité de la Sécurité intérieure, et de la mise en coupe réglée de nos ressources naturelles et des potentialités économiques. C’est pourquoi je veux un Etat qui protège nos frontières aériennes et nos 5.000 kilomètres de côte ; je veux un Etat qui protège nos zones de pêche et nos richesses naturelles ; je veux un Etat qui assure notre Défense nationale contre la piraterie, contre les trafics en tous genres et grâce à la neutralité et à l’engagement de nos Forces armées, de la Gendarmerie et de la Police nationale.

Je veux aussi une démocratie apaisée pour mettre en place un programme de décentralisation effectif qui répond mieux aux besoins de la population. Je veux donner aux élus les responsabilités qu’ils attendent. Madagascar a besoin d’une politique de décentralisation réussie pour accélérer ce développement. Il s’agit de construire un cadre pérenne et durable de l’action publique dans son ensemble. Un cadre qui correspond aux aspirations locales et qui permet à l’action publique de gagner en efficacité, en réactivité et en proximité. Rétablir la confiance de l’Etat, c’est aussi réformer la Justice de l’Etat. La Justice devrait être accessible à tous et égales pour tous. Nous devrons lutter contre l’impunité et restaurer la confiance des Malgaches et des Etrangers dans notre Justice.

Des pratiques rénovés vont recréer la confiance dans les Institutions de notre pays pour que les investisseurs internationaux puissent venir investir à Madagascar sans crainte ni retenue et, ainsi, contribuer à notre développement et à notre progrès dans le cadre d’une croissance qui profite à tous. Rétablir la confiance dans l’Etat par ceci : par la Lutte contre la Corruption. Lutte contre la Corruption sera une de mes principales priorités. La corruption devient l’un des obstacles majeurs du développement général. La corruption fausse la concurrence, entraine la mauvaise utilisation des fonds publics. Je ne partirai pas dans une chasse aux sorcières du passé (2 fois) mais je veux que ceux qui se reconnaissent dans cette description et ces propos sachent que le changement est en marche, que rien ne pourra l’arrêter et que je n’admettrai aucune dérive.

La culture de l’impunité est révolue et je m’engage à organiser une lutte sans merci contre tous les détournements de biens et de deniers publics ; contre tout enrichissement illicite, tout racket ou encore toute utilisation abusive des biens publics. Le rétablissement de l’autorité de l’Etat conduira au retour de l’Etat de droit et mettra un terme définitif au cycle de crises et favorisera notre croissance économique.

Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
Nul n’ignore que nous sommes au milieu d’une crise importante tant nationale qu’internationale. Il nous faut, désormais, construire des conditions d’un Progrès partagé par tous. Nous devons nous donner les moyens de notre croissance en développant nos infrastructures, celle de tous les transports mais aussi les infrastructures électriques, car l’électricité pour tous, est le moyen d’offrir à Madagascar les moyens de ressources de la modernité. Mais nous devons aussi être attractifs aux investisseurs étrangers. Notre réforme de la Justice confortera leur confiance dans notre Etat de droit. Nous devons leur donner envie de contribuer, en faisant preuve de créativité en matière juridique et fiscale, pour que Madagascar devienne, dans le respect des normes internationales, une place attractive et sûre. Nous devons créer un développement des affaires favorables à l’initiative économique mise en place. Je veux que le marché intérieur soit organisé pour permettre aux producteurs de valoriser leurs produits, afin de soutenir nos agriculteurs et nos artisans. Que des systèmes de micro-finance soient créés pour favoriser l’accès de tous au crédit et développer notre entrepreunariat. Je tiens à ce que cette relance et ce progrès se fassent avec l’implication personnelle de chaque Malgache et doivent se faire par la valorisation du travail.

Madagascar va renaître grâce au travail de son peuple uni et soudé dans ce rêve de réussite collective. Je serais toujours à vos côtés pour vous donner les moyens de relancer la croissance économique de Madagascar. Cette croissance, nous allons la fabriquer avec nos talents, avec notre imagination, notre audace et notre courage. Je vais mettre en œuvre une politique globale en agissant sur tous les leviers, aussi bien en direction des entrepreneurs, que des ménages, que des entreprises et des administrations. Je veux aussi que ce progrès se traduise en termes de Santé publique. Dans cette matière, nous sommes face à des enjeux terribles et protéiformes. Nous les affronterons avec détermination.

Le progrès de Madagascar ne sera durable que s’il permet l’Education de ses enfants. Il passera par la restauration de notre niveau d’enseignement, tant en ville que dans mes campagnes, pour que les enfants d’aujourd’hui, aient, au moins, le même niveau d’instruction que leurs grands-parents et par la constitution de pôles d’enseignement d’excellence. C’est par l’enseignement professionnel que nous adopterons les compétences des travailleurs malgaches aux besoins du marché. Mais l’Education doit conduire à apporter une attention particulière au Sport. Il est porteur de valeurs fondamentales tels que l’effort, le respect et le courage qui sont des exemples pour notre jeunesse. Je veux que nous retrouvions notre Communion nationale. Cette Communion nationale au travail du Sport qui transcende tous les clivages et nous rassemblent avec fierté derrière nos équipes nationales et nos athlètes.

Mes Chers Compatriotes,
Par cette élection, vous avez voulu tourner la page de la division et de la discorde. Vous avez manifesté au monde votre désir de rétablir l’équilibre de notre société dans une démocratie apaisée. Notre société a besoin de sécurité, de justice et de croissance. Mais elle a aussi besoin d’harmonie. Nous devons retrouver le respect de l’autre et garantir aux femmes l’égalité des droits. Madagascar a besoin de tous les talents qui nous allons favoriser la promotion des femmes et veilleront à leur représentativité à tous les niveaux. Nous devons aussi retrouver le respect de l’Ecologie pour protéger notre patrimoine naturel qui est l’un des plus riches de l’Humanité. Tout cela passera par un état des lieux, par un programme qui va être basé sur le reboisement, par la suspension temporaire de l’exploitation des forêts et par un acte citoyen de la plantation par chaque enfant malgache d’un arbre tous les ans.

Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
Il y aura toujours des gens pour s’interroger sur l’ampleur de nos ambitions et suggérer que notre système n’est pas capable de faire face à ces changements, que notre société est trop figée. Ces cyniques ne peuvent pas comprendre que Madagascar a déjà changé. Notre population est jeune et dynamique, elle a soif de changement et de reconnaissance. Les arguments de politique politicienne auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps ne valent plus rien. Les défis face à nous sont immenses et les Malgaches ont en eux toutes les valeurs pour les affronter : le travail, l’honnêteté et le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme. Elles sont vraies et intimement lié à l’âme malgache.

Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
Ce qui est requis, aujourd’hui, c’est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé, maintenant, c’est une nouvelle ère de responsabilité, une renaissance. Aujourd’hui, je voudrais remercier tous ceux et toutes celles qui m’ont accompagné lors de cette campagne présidentielle ; tous ceux qui m’ont aidé, tous ceux qui m’ont soutenu, tous ceux qui m’ont entouré. Sans vous, tout ceci n’aurait pas pu arriver. Mais aujourd’hui, je vais vous demander, à vous, ma famille politique et mes amis, de m’aider une fois encore pour favoriser le grand dessein d’Unité nationale qui est le mien. Je veux que vous compreniez que ce n’est pas de nous qu’il s’agit mais de Madagascar, de notre avenir politique, de notre place dans le monde. Je demande donc à mes amis de me laisser libre, libre d’aller vers les autres, libre d’aller vers celui qui n’a jamais été mon ami, qui n’a jamais appartenu à notre clan, à notre famille politique et, parfois même, qui nous a combattu.

Car lorsqu’il s’agit de Madagascar, il n’y a plus de camp. Je vous demanderai de comprendre que je ne serai pas le Président des partis ; que je ne serai pas le Président d’une Région mais que je suis le Président de tous les Malgaches. Et je demande, même à mes adversaires politiques, de me faire le crédit de la bienveillance sans laquelle il n’y a pas de compréhension possible. Je leur demande, enfin, de respecter les règles démocratiques et de ne viser, dans leurs actions, que le bien commun.

Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
Au moment où le peuple malgache m’a choisi au suffrage universel, je veux convaincre chaque Malgache que son pays a besoin de lui, de son énergie et de son soutien et qu’il réside à Madagascar ou fasse partie de la Diaspora. Les défis auxquels nous avons à faire face sont importants et nombreux mais nous les relèverons ensemble en constituant un gouvernement d’unité et d’action pour que tous les Malgaches voient rapidement dans leur vie quotidienne, les effets de la politique de ceux qu’ils viennent d’élire.

Je voudrais aussi dire à nos amis dans le monde que nous aurons besoin de leur aide et de leur soutien, pour que cette immense espérance qui s’est levée ne soit pas déçue. Madagascar est aussi fière d’appartenir aux communautés de l’Afrique australe et de l’océan Indien, et je lance un très fraternel salut à nos amis et nos voisins. Depuis la Grande île, je leur dis que nous comptons sur eux pour venir soutenir nos efforts de développement car nous partageons une Communauté de destin.

Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
Ensemble, par notre travail, et avec le soutien de nos amis, nous relèverons tous les défis.
Ensemble, nous porterons Madagascar sur les plus hautes marches de la croissance.
Et c’est Ensemble que nous pourrons être fiers d’être Malgaches, en regardant le chemin parcouru.
Vive la République, vive Madagascar !
Je vous remercie, Mesdames et Messieurs. »

Hery Rajaonarimampianina, le 25 janvier 2014 au Stade de Mahamasina


(Transcription du prononcé du discours : Jeannot Ramambazafy pour www.madagate.com)



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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 21:41

(video)



Hery Rajaonarimampianina a prononcé le 25 janvier 2014
son discours d'investiture comme Président élu de la République malgache.

 

 




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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 07:00

Dans quelques heures, le peuple malgache va tourner une nouvelle page de son histoire après cinq années de transition désastreuse pour le pays. Tout l’avenir du pays repose désormais sur Hery Rajaonarimampianina, déclaré le 17 janvier 2014 définitivement élu Président de la République.


yartiMada2014B01Les cérémonies se feront sur deux journées. Ce vendredi 24 janvier 2014 au Palais d’État d’Iavoloha est prévue la passation des pouvoirs entre le Président de la Haute autorité de transition Andry Rajoelina et le Président élu Hery Rajaonarimampianina (qu’il avait soutenu) et ce samedi 25 janvier 2014 au stade de Mahamsina aura lieu l’investiture du premier Président du la IVe République malgache en présence de quelques dirigeants étrangers et de l’ensemble de la classe politique.

Un membre du comité d’organisation, Norbert Lala Ratsirahonana, a confié que tous les candidats à l’élection présidentielle de 2013 ont été invités ainsi que Lalao Ravalomanana, l’épouse de l’ancien Président. Les personnes qui assisteront à la cérémonie seront fouillées à l’entrée par les forces de l’ordre pour éviter tout incident.

Quelques dirigeants étrangers, cela signifie que ne sont pour l’instant attendus que quatre chefs d’État, à savoir James Michel (Président de la République des Seychelles), Hifikepunye Pohamba (Président de la République de Namibie et Président de la Troïka de la SADC), Kailash Purryag (Président de la République de Maurice) et Ikililou Dhoinine (Président de l’Union des Comores).

La France, elle, ne s’honore pas beaucoup en ayant décidé le 21 janvier 2014 de n’envoyer qu’une simple sous-ministre sans éclat, la (très incompétente) Ministre déléguée chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, dont la venue a déjà suscité l’ironie dans des forums malgaches (par exemple, ce type de réflexion : « La bobo socialo de service ! Franchement ! Ça montre le peu de considération de Guimauve le conquérant envers Madagascar ! Pourquoi pas Nicolas Bedos ou Ruquier pendant qu’il y est ? (…) Dans la hiérarchie protocolaire, c’est pas top-top. Il aurait dû envoyer Julie Gayet… Là on aurait su qu’il prenait Madagascar au sérieux ! »). Initialement, c’était le Ministre écologiste délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, qui avait été attendu.

Parmi les autres délégations étrangères, le Japon sera représenté par Ishihara Hirotaka, vice-Ministre japonais des Affaires étrangères.


Revenons à la chronologie de ces derniers jours

Le 3 janvier 2014, la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) avait proclamé Hery Rajaonarimampianina élu avec 53,50% à l’élection présidentielle dont le second tour s’était tenu le 20 décembre 2013. Son rival malheureux Jean-Louis Robinson avait fortement contesté ces résultats en parlant de fraude massive et estimait dès le lendemain qu’il avait les preuves que les résultats étaient inversés, en revendiquant 52,87% des suffrages à son profit.

Cependant, ce fut sans surprise que la Cour électorale spéciale (CES), plus haute instance officielle, a rejeté les supposées preuves présentées par ce candidat et a confirmé définitivement le 17 janvier 2014 vers onze heures l’élection de Hery Rajaonarimampianina en lui retirant néanmoins 0,01% des suffrages proclamés deux semaines avant.


Les résultats définitifs

Les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle du 20 décembre 2013 sont donc les suivants.

Inscrits : 7 971 790 électeurs.
Votants : 4 043 246 inscrits (50,72%).
Blancs et nuls : 191 786.
Suffrages exprimés : 3 851 460.
Hery Rajaonarimampianina : 2 060124 voix (53,49%) élu.
Jean-Louis Robinson : 1 791 336 voix (46,61%) battu.

La participation, si elle est plus de 10% plus faible qu’au premier tour, elle reste cependant élevée compte tenu de l’histoire malgache (les précédentes élections) et de sa géographie au moment de la saison des pluies (dans certaines zones très reculées), et compte tenu aussi que le duel final n’avait pas enthousiasmé beaucoup les foules puisque cela revenait à un duel par procuration entre Marc Ravalomanana (le Président destitué) et Andry Rajoelina (l’auteur du putsch du 17 mars 2009).

yartiMada2014A05

L’écart entre les deux candidats reste d’ailleurs faible (moins de 270 000 voix) quand on regarde l’historique électoral de Madagascar. Que ce scrutin avec ces résultats définitifs soit sincère ou pas, il sera toujours très difficile de l’apprécier. Dans tous les cas, la page est maintenant tournée.


Une élection reconnue à l’intérieur…

Le fait est que non seulement Hery Rajaonarimampianina a été déclaré officiellement élu par une instance qui était reconnue de tous les candidats, mais la plupart des anciens candidats du premier tour ont également reconnu cette élection, ainsi que la plupart des pays étrangers.

Ainsi, les réactions de reconnaissance sont très nombreuses. Le Premier Ministre malgache, Jean Omer Beriziky, en déplacement à Genève le 18 janvier 2014, a exhorté le peuple malgache de garder son calme, d’avoir confiance et d’accepter le résultat de la CES.

Le parti écologistes de Sarah Georget (qui fut candidate au premier tour de la présidentielle et qui a soutenu au second tour Jean-Louis Robinson) a reconnu l’élection en saluant le 20 janvier 2014 « sincèrement et respectueusement le nouveau Président de la République Malagasy ».

Un autre parti qui avait soutenu Jean-Louis Robinson, Hrad Iloafo, a également reconnu l’élection de Hery Rajaonarimampianina le 21 janvier 2014.


Et à l’extérieur

Du côté français, l’ambassadeur de France à Madagascar, François Goldblatt, a déclaré : « Ce verdict consacre l’aboutissement du processus de restauration de la démocratie que le peuple malgache attendait depuis si longtemps. » (17 janvier 2014). Dans la soirée, c’est le Ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a confirmé : « (…) La France adresse ses félicitations et ses vœux de réussite au Président élu, Hery Rajaonarimampianina. Cette élection (…) doit marquer pour Madagascar un nouveau départ après la longue crise politique et institutionnelle que le pays a connu. La France rend hommage aux partenaires de la communauté internationale qui ont permis la tenue de cette élection. » (17 janvier 2014).

Les félicitations du Président français François Hollande ne sont parvenus que le lendemain par une lettre à Hery Rajaonarimampianina : « Ces élections viennent clore près de cinq années de crise politique et institutionnelle. Votre élection, au terme d’un processus électoral dont la crédibilité a été saluée par l’ensemble des observateurs ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de Madagascar. » (rendue publique le 19 janvier 2014).

L’ambassadeur de l’Union Européenne, Leondias Tzapisdis était également sur la même longueur d’onde : « Je ne peux que saluer cette nouvelle et très importante étape. » (17 janvier 2014). La Haute représentante des affaires étrangères de l’Union Européenne, Catherine Ashton, a invité le 20 janvier 2014 « le Président élu et toutes les parties prenantes au processus électoral à la retenue et au respect des procédures juridiques établies dans le cadre de ce processus » et les a encouragés « à faire preuve d’esprit d’ouverture et de réconciliation dans la mise en place des nouvelles institutions issues des élections qui consacrera le retour de Madagascar à l’ordre constitutionnel, permettant ainsi la normalisation de ses relations avec l’Union Européenne ».

Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon « appelle le nouveau gouvernement à tendre la main à l’opposition et à diriger le pays dans l’intérêt de tous ses citoyens. Il encourage les dirigeants politiques et les institutions étatiques à travailler ensemble pour arriver à une véritable réconciliation, à l’approfondissement de la gouvernance démocratique et à la reprise économique. Les Nations Unies continueront leur soutien au développement et au progrès démocratique à Madagascar. » (19 janvier 2014).

La Commission de l’Océan Indien (COI), qui sera présidée par Madagascar en début avril 2014 (la décision a été prise le 21 janvier 2014), a elle aussi été soulagée : « Cette investiture sera une bouffée d’oxygène pour tous les Malgaches et pour toute l’Indianocéanie. » (17 janvier 2014). Tout comme la Présidente de la Commission de l’Union africaine Dlamini-Zuma qui a encouragé les Malgaches a gardé leur sens des responsabilités pour consolider les progrès remarquables qui ont été accomplis et qui a demandé aux partenaires financiers internationaux d’accompagner le pays dans son effort de relance économique (19 janvier 2014).

L’ambassadeur des États-Unis à Madagascar a également salué le 19 janvier 2014 la proclamation des résultats définitifs et a félicité les autorités pour l’organisation du scrutin. Le même jour, le Ministre japonais des Affaires étrangères faisait part de la même impression : « Le Japon souhaite vivement que ces résultats seront acceptés par toutes les parties prenantes malgaches et l’ensemble de la communauté internationale, et que l’instauration de l’ordre constitutionnel sera pacifiquement réalisée dans les meilleurs délai.s » (19 janvier 2014).

Le Président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh, a émis « le vœu d’un prompt retour à la croissance économique » à Madagascar (20 janvier 2014). Le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré de son côté : « La Chine espère que cette élection permettra à Madagascar de mettre fin à la crise politique actuelle et que le pays pourra maintenir la stabilité et le développement. » et a précisé : « La sortie de crise de Madagascar créera des conditions favorables à l’élargissement de la coopération entre nos deux pays dans divers domaines. (…) [La Chine] entend travailler de concert avec [Madagascar] pour promouvoir le développement des relations d’amitié et de coopération pour le grand bénéfice des deux peuples. » (20 janvier 2014).

Le Secrétaire Général de la Francophonie, Abdou Diouf, s’est déclaré confiant le 22 janvier 2014 sur le sens des responsabilités de l’ensemble de la classe politique malgache pour reconnaître la souveraineté de l’expression du suffrage par le peuple.

Enfin, le Centre Carter, qui a été observateur durant le processus électoral, a insisté sur l’importance d’une réconciliation nationale, dans un communiqué le 22 janvier 2014 : « Le Centre invite toutes les parties prenantes à dépasser l’histoire politique du pays définie par la domination omnipotente du gagnant. ».


Rajaonarimampianina

Les premières déclarations de Hery Rajaonarimampianina sont assez encourageantes même si seuls les actes vont compter : « J’appelle à l’entraide et à la solidarité de tous pour reconstruire le pays. » (il a ainsi reconnu que le pays était détruit par la transition) et il a annoncé « travailler à l’amélioration des conditions sociales de la populaire, restaurer l’État de droit, et bien sûr la relance économique » (17 janvier 2014).

Lors d’un déplacement dans le district d’Avaradrano le 20 janvier 2014, il a réaffirmé que ses priorités seraient la reconstruction, la réconciliation et l’unité nationale, et a laissé entendre qu’il pourrait réaliser une "ouverture" politique avec l’ensemble des forces politiques du pays.

yartiMada2014A04

Dans une interview à RFI le 22 janvier 2014, Hery Rajaonarimampianina a affirmé vouloir rétablir la confiance entre la population et ses dirigeants : « C’est ça qui manquait, donc moi, je pense que c’est le socle de toute chose. Dès que l’État de droit sera mis en place, je suis tout à fait convaincu que ces genres de phénomène [comme les trafics de bois de rose] vont vite se dissiper. ».


Robinson

Son concurrent Jean-Louis Robinson, lui, a continué à contester ces résultats : « J’ai respecté toutes les règles, les textes en vigueur, toutes les instances, la Feuille de route, et mon adversaire. Aujourd’hui, la Cour électorale spéciale vient de piétiner la démocratie. Mais je ne baisserai pas les bras pour autant. » (17 janvier 2014 sur sa page Facebook), en précisant : « Nous contestons ces résultats car aucune de nos requêtes n’a été reçue. La Cour a avancé qu’il n’y avait pas eu de preuves pour nos requêtes en ce qui concerne les irrégularités dans l’organisation des élections alors qu’effectivement nous en avions fourni. ».

Le samedi 18 janvier 2014, Jean-Louis Robinson a organisé un rassemblement au Magro à Behoririka où il y a eu très peu de violence et au cours duquel il a déclaré : « Ce n’est pas encore le moment de descendre dans les rues. ». Il a en effet soupçonné l’entrisme de quelques mercenaires pour décrédibiliser le mouvement de contestation.

Le 22 janvier 2014 les rumeurs d’un retour de l’ancien Président Marc Ravalomanana à Madagascar le 25 janvier 2014 ont été immédiatement démenties par ses proches : « Un tel projet ne figure pas à l’ordre du jour » (Guy Rivo Randrianarisoa) et les partisans de Marc Ravalomanana ont fait savoir que son retour ne pourrait se faire que dans la légalité et dans le cadre de la Feuille de route.


Quel sera le nouveau Premier Ministre ?

Comme l’ont insisté surtout les représentants de l’Union Européenne, le processus électoral n’est pas encore terminé à Madagascar car il faut encore attendre que la CES proclame les résultats définitifs des élections législatives qui avaient eu lieu en même temps que le second tour de l’élection présidentielle le 20 décembre 2013. Cette proclamation devrait se tenir avant le 10 février 2014. Par ailleurs, des élections communales auront lieu le 15 avril 2014.

La CENIT avait déjà proclamé le 10 janvier 2014 les résultats provisoires des élections législatives. 2054 candidats aux législatives étaient en lice pour l’élection des 151 députés. D’après ces résultats, le mouvement émanant d’Andry Rajoelina (le MAPAR) obtiendrait la majorité relative avec 51 à 53 sièges (soit seulement un tiers de la chambre) suivi d’un groupe d’indépendants, puis, seulement en troisième position, de la mouvance Ravalomanana (les résultats affichés par la CENIT le 10 janvier 2014 sont peu exploitables).

yartiMada2014A02

Cela signifie que selon la procédure constitutionnelle (article 54 de la Constitution), ce sera le mouvement d’Andry Rajoelina qui proposera le nom du futur Premier Ministre nommé par Hery Rajaonarimampianina. Dans tous les cas, la mouvance Ravalomanana est la grande perdante de ces élections. Lors de l’inauguration de l’Hôpitaly manara-penitra à Andohatapenaka, le 22 janvier 2014, Andry Rajoelina expliquait doctement : « Si le nouveau Président me sollicite, je suis prêt à collaborer avec lui, si l’on ne veut pas de mes services, j’ai déjà d’autres projets. ».

Si jamais Andry Rajoelina, dans un scénario à la russe, était nommé Premier Ministre, ce serait une grave erreur et tous les espoirs de réconciliation nationale partiraient en fumée.

Hery Rajaonarimampianina a dit à ce sujet le 22 janvier 2014 sur RFI : « La publication définitive des membres qui seront élus n’est pas encore faite, jusqu’à aujourd’hui. Donc, moi, je préfère vraiment attendre cette publication définitive par la Cour électorale spéciale et à ce moment-là, on verra la configuration des rapports de force. (…) On peut tout imaginer, mais c’est le Président qui décide. Je vais décider pour le bien du pays. ».


Tout repose sur un seul homme

Visiblement, le mouvement de contestation électorale ne semble pas soutenu par la population qui préfère la mise en place rapide d’un pouvoir enfin stable et reconnu par les instances internationales pour pouvoir recommencer à obtenir des aides financières et faire redémarrer l’économie du pays.

yartiMada2013F02

C’est ce qui distingue cette situation de la situation du premier semstre 2002 où le différend électoral entre Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana s’était terminé dans un bain de sang et six mois de paralysie généralisée du pays.

Aujourd’hui, Hery Rajaonarimampianina jouit d’un état de grâce exceptionnel pour prendre les décisions utiles à son pays afin de se réconcilier et dépasser les mésententes du passé. Pour cela, seul un gouvernement d’union nationale donnera cette cohérence et ce crédit de ne pas chercher à gouverner avec un esprit partisan. La fenêtre des possibles est courte. Espérons qu’elle sera utilisée à bon escient.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 janvier 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Résultats de la CENIT (3 janvier 2014).
Nuages noirs sur le processus électoral.
Le second tour de la présidentielle.
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.

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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/madagascar-l-angoisse-de-la-page-146846

 

 

 

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 11:20

Andry Rajoelina est en passe de gagner son pari, celui d’éliminer électoralement toutes les velléités de retour de son prédécesseur, Marc Ravalomanana.


yartiMada2014A01La Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) vient de proclamer ce vendredi 3 janvier 2014 peu avant 11 heures du matin (heure malgache) les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle malgache du 20 décembre 2013. Résultats provisoires mais officiels de l’ensemble des 20 001 bureaux de vote, qui ne seront définitifs que lorsque la Cour électorale spéciale (CES) aura rendu son verdict sur les différents recours et contestations.

Le lent décompte du dépouillement avait donné la tendance dès les premières heures suivant la clôture du scrutin : une participation en berne (environ 50% au lieu des 61,9% du premier tour) et la victoire de Hery Rajaonarimampianina qui distançait très légèrement son concurrent Jean-Louis Robinson de seulement quelques pourcents.

Les pourcentages officiels sont donc les suivants, après l'annulation de vingt-deux bureaux de vote dont le nombre de votants était supérieur au nombre des inscrits, ou qui n'avaient pas fait parvenir leurs résultats.

Inscrits total : 7 969 119.
Inscrits pris en compte : 7 968 321.
Participation : 4 044 391 votants (50,67%).
Blanc et nuls : 182 166.
Suffrages exprimés : 3 862 225 voix.

Hery Rajaonarimampianina : 2 066 103 voix (53,50%).
Jean-Louis Robinson : 1 796 122 voix (46,50%).

yartiMada2014A05

Le problème, c’est que ces résultats sont contestés par l’équipe du candidat ayant perdu.

Dès le 30 décembre 2013, dans une conférence de presse, Jean-Louis Robinson a expliqué qu’il possédait des preuves de fraudes massives, sous forme de documents sonores, de photos, de vidéos et de données informatiques : « Le pouvoir ne se prend pas par la force. Nous demandons à ce que les voix soient recomptées. ».

L’ancienne candidate écologiste du premier tour Sarah Georget, qui soutient Jean-Louis Robinson, a à cette occasion exprimé ses grandes réserves sur la constitution de la liste électorale avec le rajout de plus d’une centaine de milliers de nouveaux inscrits entre les deux tours.

Au final, les avocats de Jean-Louis Robinson ont déposé environ trois cents requêtes à la CES pour contester les résultats dans trois cents bureaux de vote (sur 20 001) qui auraient fait l’objet de fraudes électorales portant sur plus de 300 000 voix. Or, ce nombre de voix correspond à peu près à l’écart de voix entre les deux candidats du second tour. De plus, Jean-Louis Robinson avait même contesté le 23 décembre 2013 l’impartialité de la présidente de la CENIT, Béatrice Atallah qui aurait été collaboratrice de Hery Rajaonarimampianina auparavant.

La CES a quinze jours à partir de la proclamation des résultats d'aujourd'hui pour statuer sur ces requêtes. Jean-Louis Robinson hésite sur le fait de faire pression sur la CES par des manifestations dans les rues. Le candidat déclaré élu Hery Rajaonarimampianina a, quant à lui, appelé au calme : « C'est tout à fait normal s'il y a des requêtes après constat d'anomalies. (...) Je pense qu'il y a lieu d'être positif, nous avons confiance au jugement de la Cour électorale spéciale, attendons calmement les résultats définitifs. ».

C'est aussi ce qu'implore l'un des représentants de la communauté internationale dans le processus électoral malgache, Joaquim Chissano : « Le rapport a été bien fait. On attend la décision de la CES pour voir si cela correspond au résultat final. Il faut rester calme et attendre les résultats définitifs de la CES. J'invite le peuple malgache à aider les institutions à adopter un bon jugement et à accepter le verdict des urnes. ».

Le Premier Ministre malgache, Jean Omer Beriziky, a tenu également ce 3 janvier 2014 le même discours : « Les candidats, ainsi que leurs partisans, ont pleinement le droit de contester le résultat provisoire de la CENIT, mais ils doivent toutefois se ranger à la décision de la seule institution habilitée à étudier leurs requêtes, c'est-à-dire, la CES. ».

Gino Razafindrabe, chargé de communication du Socle (Suivi et observation citoyenne pour la limpidité des élections, organisation non gouvernementale qui a déployé mille deux cents observateurs dans près de trois mille bureaux de vote) a admis le 30 décembre 2013 sur RFI : « À Antananarivo, à peu près un tiers des plis n’étaient pas scellés. Nos observateurs ont aussi pu constater que dans la région Diana [dans le Nord], il n’y avait pas de matériel pour sceller les colis. Les fraudes sont possibles, et on traite ça encore jusqu’à maintenant. ».

Jean-Louis Robinson était arrivé en tête au premier tour le 25 octobre 2013 avec 21,1% des voix, soit une avance de 5,2% par rapport à son concurrent. Soutenu par l’ancien Président Marc Ravalomanana qui avait été destitué à la suite du coup d’État du 17 mars 2009 et qui était parti en exil à Johannesburg, Jean-Louis Robinson (61 ans) avait réussi à rassembler pour le second tour beaucoup de personnalités marquantes, en particulier l’ancien Premier Ministre Camille Vital (également candidat au premier tour) et Sarah Georget.

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Hery Rajaonarimampianina (55 ans), au contraire, est soutenu par le pouvoir en place depuis cinq ans, et en particulier par le Président de la Transition Andry Rajoelina. À l’origine expert-comptable diplômé de Tananarive et du Québec, il a créé son propre cabinet à la tête d’une cinquantaine de collaborateurs présents sur tout Madagascar tout en enseignant à Tananarive mais aussi à Metz, en Lorraine.

Ministre des Finances et du Budget de ce pouvoir issu du putsch, de 2009 à 2013 et président du conseil d’administration d’Air Madagascar depuis juillet 2011, Hery Rajaonarimampianina n’était pas parvenu à convaincre les propres troupes d’Andry Rajoelina au cours d’une primaire au sein du parti présidentiel (TGV) mais avait finalement était candidat au dernier moment par un artifice procédural (certaines candidatures ayant été déclarées irrecevables par la CES, les candidats invalidés pouvaient désigner un autre candidat pour les représenter, c’est ce qu’il s’est passé pour Étienne Jules et Roger Kolo qui l’ont désigné comme remplaçant le 20 août 2013).

yartiMada2014A04

Au cours de sa campagne assez courte, Hery Rajaonarimampianina n’avait pas lésiné sur les moyens pour assurer sa présence au second tour, bénéficiant de l’absence de réglementation en cette matière (il n’existe pas de plafond des dépenses de campagne et c’est la principale mesure qui est aujourd’hui proposée par les délégations étrangères).

Les observateurs étrangers avaient donné globalement un "quitus" sur le déroulement des opérations de vote lors des deux tours de l’élection présidentielle. Un moyen surtout d’accélérer la transition et de tourner la page d’une période qui était sortie trop longtemps du cadre constitutionnel de Madagascar.

Pour autant, le faible écart de voix entre les deux candidats, la contestation de l’un et les constats de fraudes dans certains bureaux de vote laissent un goût amer sur ce scrutin qui pourrait tourner comme en 2002, où la moitié du pays était assiégée par l’autre. La différence notable est que les deux rivaux sont plus ou moins originaires des hauts plateaux et qu’il n’y aura donc pas d’opposition ethnique entre les merinas et les côtiers.

Par ailleurs, l’enjeu n’était pas seulement sur l’identité du Président de la République. Le scrutin du 20 décembre 2013 a également permis d’élire les députés qui reprendront la place parlementaire qui leur revient selon la Constitution du 11 décembre 2011. Le Président Andry Rajoelina avait mis beaucoup d’espoir pour s’assurer une majorité au sein de ce nouveau parlement, s’imaginant devenir Premier Ministre dans un scénario à la Poutine.

yartiMada2014A03

La CENIT devrait proclamer les résultats des élections législatives le 10 janvier 2014 et la nouvelle Assemblée prendra ses fonctions dès la constitution de son bureau, qui aura lieu parallèlement à la dissolution du Conseil supérieur de la Transition (CST) et du Congrès de la Transition, les deux chambres mises en place sous la Transition, conformément à une décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC) prise le 28 décembre 2013.

Tant que le candidat déclaré officiellement élu n’est pas reconnu par tous les protagonistes, la crise politique continuera...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 janvier 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nuages noirs sur le processus électoral.
Le second tour de la présidentielle.
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.


yartiMada2014A06 



http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/madagascar-hery-145739

 




 

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 12:40

Les opérations électorales du scrutin du 20 décembre 2013 se sont déroulées dans le calme et la sérénité. Cependant, l’issue de l’élection présidentielle risque d’être contestée : chacun des deux candidats finalistes revendique effectivement la victoire.


yartiMada2013F05Le second tour de l’élection présidentielle à Madagascar qui a eu lieu le vendredi 20 décembre 2013 se serait déroulé dans les meilleures conditions possibles, selon les observateurs.

Dès le matin, les électeurs sont arrivés avec affluence, certains bureaux de vote avaient même une file d’attente dès 5 heures 30 du matin alors qu’ils ouvraient à 6 heures, et en milieu de journée, dans certaines villes, la moitié des électeurs s’étaient déjà déplacés.

Toutefois, la participation, au final, devrait être autour de 50%, soit très en dessous de 62% de la participation au premier tour, le 25 octobre 2013. Il faut dire qu’une vingtaine de candidats n’avaient pas pris position pour le second tour, entre Jean-Louis Robinson, soutenu par l’ancien Président Marc Ravalomanana et l’ancien Premier Ministre Camille Vital, et Hery Rajaonarimampianina, soutenu par le Président Andry Rajoelina ainsi que Roland Ratsiraka, le neveu de l’ancien Président.


Les "lacunes" du second tour

Certains observateurs internationaux avaient relevé quelques "lacunes" dans le processus, en particulier dans des retards de livraison du matériel électoral mais qu’elles n’étaient pas généralisées et n’auraient pas de conséquence sur les résultats.

yartiMada2013F01

Le 22 décembre 2013, la Mission d’observation électorale de l’Union Africaine notait une amélioration de la formation des agents électoraux par rapport au premier tour et un meilleur dispositif pour collecter les résultats (hélicoptères pour acheminer les urnes etc.).

Le 23 décembre 2013, la Mission d’observation électorale de l’Union Européenne a constaté, quant à elle, de fortes disparités de moyens financiers entre les candidats, et a souligné la nécessité de réglementer les dépenses de campagne. Actuellement, aucun plafond n’a été établi, si bien que le candidat Hery Rajaonarimampianina n’a pas lésiné sur les moyens pour faire sa campagne.

Les deux missions d’observation ont par ailleurs condamné la signature du décret n°2013-593 du 6 août 2013 qui allait à l’encontre des dispositions de la feuille de route adoptée en automne 2011 : ce décret permettait aux chefs des institutions de faire librement campagne sans toutefois prendre la parole dans les meetings, ce qui violait la neutralité indispensable des représentants de l’État.

Ce décret avait été abrogé à la fin de la campagne par la Cour électorale spéciale (CES), le soir du mercredi 18 décembre 2013 (la campagne se terminait à 6 heures du matin le 19 décembre) et cette annulation aurait un effet rétroactif (le décret étant considéré comme n’ayant jamais eu lieu).


Frêle avantage pour Rajaonarimampianina

Les premiers résultats, dès les premières heures après la clôture du scrutin, ont montré la pire des configurations, à savoir que les deux candidats étaient au coude à coude, avec une légère avance en faveur de Hery Rajaonarimampianina.

yartiMada2013F02

À 15 heures (heure malgache), ce lundi 23 décembre 2013, la tendance après recomptage de 6 351 bureaux sur les 20 001 au total donnait Hery Rajaonarimampianina avec 52,3% et Jean-Louis Robinson avec 47,7%. Vu les grandes différences entre les tendances et la fin du recomptage (parfois avec une évolution de 9% de l’électorat), il est assez probable que dans tous les cas, les résultats ne seraient pas massifs pour l’un ou l’autre des candidats.

En fait, la contestation a eu lieu dès la fin des opérations électorales car, dès 19 heures le 20 décembre 2013, chaque candidat avait revendiqué sa victoire.


Contestations du processus

Celui qui accuse actuellement un retard, Jean-Louis Robinson, a contesté le processus dès le 22 décembre 2013 et a déclaré : « Nous demandons l’arrêt de la publication des résultats de l’élection et voulons revoir toutes les urnes pour vérifier les bulletins pré-cochés dans les urnes. ». Et Hery Rajaonarimampianina a répondu le même jour aux accusations de fraudes de son concurrent : « Je suis désolé de le dire, mais c’est l’argument des mauvais perdants. ».

yartiMada2013F03

Dans sa conférence de presse du lundi 23 décembre 2013, Jean-Louis Robinson a violemment attaqué la CENIT (Commission électorale nationale indépendante pour la transition) en mettant en cause sa présidente Béatrice Atallah dont il a exigé la démission car elle fut précédemment une ancienne conseillère de Hery Rajaonarimampianina. Mais surtout, Jean-Louis Robinson a répété ses accusations de fraudes électorales en affirmant que son équipe avait les preuves de fraudes massives et en demandant l’arrêt de la publication des résultats partiels : « Je ne crois pas à ces résultats relatés sur la [télévision] et la [radio]. ».

Autre fait troublant, l’ancien Premier Ministre Camille Vital, candidat du premier tour qui avait apporté son soutien à Jean-Louis Robinson, a été arrêté le 21 décembre 2013 ; il a été interdit de sortir du territoire alors qu’il voulait se rendre à l’Île Maurice. Cette interdiction émanait de la Présidence de la Transition mais le 22 décembre, le directeur général de la police nationale, Désiré Johnson Rakotondratsima affirmait ne pas avoir reçu de mandat d’arrêt contre Camille Vital et le 23 décembre, le Premier Ministre Jean Omer Beriziky lui-même considérait comme illégale cette interdiction de sortie du territoire.


Risque d’enlisement à court terme

Inquiète, l’ambassade américaine à Tananarive a déjà appelé ce 23 décembre les différentes parties à tout faire pour rétablir l’État de droit et garantir les droits fondamentaux dans un esprit de réconciliation.

L’écart actuellement très faible entre les deux candidats après le dépouillement de près de 32% des bureaux de vote, l’abrogation rétroactive du décret autorisant des responsables institutionnels à prendre partie, et la contestation pour fraudes massives du candidat donné actuellement perdant n’augurent rien de bon pour les jours et semaines à venir. Il fallait un Président de la République élu de manière impartiale et dont l’élection soit reconnue de tous. À ce jour, on ne s’achemine malheureusement pas vers cela.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 décembre 2013)
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Pour aller plus loin :
Le second tour de la présidentielle.
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.


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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/presidentielle-malgache-nuages-145418

 

 

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 07:15

Deux candidats, soutenus par les deux rivaux qui ont paralysé le pays depuis près de cinq ans, sont en compétition pour le poste suprême. À la clef, l’issue concrète d’une très longue période de transition.


yartiMada2013E01Alors que la peste refait son apparition à Madagascar (déjà plusieurs dizaines de morts et la maladie semble se rapprocher de la capitale), certains pensent que le choix est entre la peste et le choléra (Ikotozafy ihany no Lekisisy). Le peuple malgache est en effet appelé à élire son prochain Président de la République ce vendredi 20 décembre 2013. Le second tour de la présidentielle s’y déroule ainsi que les élections législatives dont l’enjeu est aussi important, voire plus important.

La démocratie malgache arrive à la dernière marche de l’épreuve finale. Après tant de vicissitudes malheureuses qui ont retardé ces scrutins, voici l’ultime étape pour mettre en place les institutions de la 4e République promulguée le 11 décembre 2011, il y a juste deux ans.


Le scrutin du 20 décembre 2013

Si le premier tour du 25 octobre 2013 a eu quelques contestations, c’était avant tout par l’interdiction d’y faire participer les principaux acteurs de la crise, à savoir le Président de la Transition Andry Rajoelina, son prédécesseur renversé Marc Ravalomanana (exilé à Johannesburg) ou son épouse Lalao, ainsi que le prédécesseur de ce dernier, Didier Ratsiraka. À eux trois, ils formaient l’origine des crises malgaches depuis douze ans. Toutefois, les deux candidats finalistes reprennent par procuration le duel Rajoelina vs Ravalomanana.

Dans l’ensemble, même s’il y a eu quelques incidents dans la tenue des bureaux de vote (je ne parle pas de l’assassinat d’un chef de région qui avait une origine crapuleuse et pas politique, mais des irrégularités au code électoral), la journée du premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles, sous la surveillance de milliers d’observateurs étrangers, avec une participation plus que remarquable, soit 62% des inscrits.

Certes, des erreurs et des omissions sur les listes électorales ont finalement abouti au rajout, pour le second tour, d’un peu plus de 142 000 nouveaux inscrits sur les 7,8 millions d’électeurs déjà enregistrés. Souvent, il s’agit de citoyens qui avaient volontairement boycotté les inscriptions car leur "mentor" ne pouvait pas se présenter.

Enfin, les lenteurs dans le recomptage et la centralisation des voix par la CENIT (Commission électorale nationale indépendante pour la transition) avaient suscité bien des critiques puisqu’il a fallu attendre le 8 novembre 2013 pour proclamer les résultats officiels (provisoires), soit deux semaines au lieu des dix jours que précise le code électoral.

La CENIT a déjà fait savoir que malgré la période de fin d’année, les résultats devraient être connus avant le 7 janvier 2014. Elle a toutefois augmenté ses ressources pour remplir cet objectif avec une rallonge de 2,2 millions de dollars financés par la SADC pour mobiliser plus d’hélicoptères dans l’acheminement du matériel électoral et des résultats du vote. Le dépouillement pour les législatives risque d’être particulièrement laborieux avec près de deux mille candidats pour 150 sièges.

Trois grands débats (face-à-face) ont eu lieu en direct à la télévision les 4, 11 et 18 décembre 2013 respectivement sur la situation économique et sociale, sur la politique étrangère (en français) et sur la politique intérieure et la réconciliation (ce dernier débat de deux heures a été un peu plus tendu que les deux précédents).

La campagne électorale a été close le jeudi 18 décembre 2013 à 6h00, soit vingt-quatre heures avant l’ouverture des bureaux de vote.


Quelles sont les chances des deux candidats ?

Au premier tour, les deux candidats n’ont cumulé que 37% des suffrages exprimés, soit un peu plus qu’un tiers des électeurs. Cela signifie que le jeu reste très ouvert.

yartiMada2013E02

Jean-Louis Robinson, officiellement soutenu par Marc Ravalomanana, semble partir avec une petite longueur d’avance, déjà parce qu’il était arrivé en tête au premier tour avec 21,1%, et ensuite, parce qu’il a reçu quelques soutiens décisifs, comme celui du candidat Camille Vital (6,9%).

Si l’on tenait un raisonnement purement arithmétique (mais les comportements électoraux sont tout autres), Jean-Louis Robinson pourrait se fonder sur une base initiale d’environ 45% du corps électoral en comptabilisant l’ensemble des voix recueillies par les petits candidats du premier tour qui le soutiennent au second tour.

yartiMada2013E03

Quant à Hery Rajaonarimampianina, arrivé en deuxième position avec 15,9% malgré des moyens financiers colossaux et le soutien très clair d’Andry Rajoelina au premier tour, il n’a pu bénéficier que d’un seul soutien parmi les autres candidats du premier tour, à savoir celui de Roland Ratsiraka (le neveu de l’ancien Président-amiral) qui avait obtenu 9,0%, ce qui donnerait à l’ancien Ministre des Finances une base pour le second tour de seulement environ 25% même s’il est probable qu’il puisse compter sur les électeurs d’Edgard Razafindravahy (4,3%).

La plupart des (petits) candidats du premier tour sont restés très prudents sur leur soutien au second tour, renvoyant dos à dos les deux finalistes, et misent plutôt sur les législatives, espérant se retrouver à la tête d’un groupe assez puissant pour avoir de l’influence dans la prochaine assemblée.

Même Hery Rajaonarimampianina a préféré rester absent le 2 décembre 2013 lors de la présentation des candidats aux législatives soutenus par Andry Rajoelina au Coliséum Antsonjombe tandis que Roland Ratsiraka avait indiqué que s’il lui apportait son soutien, il n’avait pas l’intention de s’engager dans sa campagne.

Le candidat placé en troisième position au premier tour avec 10,5%, Hajo Andrianainarivelo, très courtisé, n’a pas donné de consigne de vote même si pour les législatives, son parti s’est allié avec les forces d’Andry Rajoelina.


Quelle majorité à l’Assemblée nationale ?

L’enjeu du scrutin du 20 décembre 2013 sera aussi le poste de Premier Ministre pour succéder à Jean Omer Beriziky. Le 28 novembre 2013, le conseil des ministres avait rappelé la règle du jeu : selon l’article 54-1 de la Constitution du 11 décembre 2011, « le Président de la République nomme le Premier Ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale ».

Donc le Premier Ministre ne sera pas élu par les députés mais le résultat de la création d’une majorité constituée de partis qui doivent être déclarés comme tels avant le scrutin. En quelques sortes, une nouvelle version de la loi sur les apparentements de 1956 en France !

Des députés indépendants ne pourront donc pas participer aux négociations, ce qui avantagera les grandes formations. La coalition de la mouvance Ravalomanana sera très handicapée par cette règle, en raison de ses divisions structurelles lors des candidatures, ce qui empêchera ses composantes de se regrouper après le scrutin pour former une majorité.

Nul doute que cette disposition (qui empêche de constituer une alliance parlementaire après le scrutin si elle n’a pas été déclarée comme telle avant le scrutin) est la dernière manœuvre d’Andry Rajoelina pour éviter la formation d’un gouvernement qui lui serait hostile et pourrait bien envisager son procès.


Déchiffrer les résultats…

L’issue de ce double scrutin du 20 décembre 2013 va donc marquer Madagascar pour les cinq prochaines années. Il sera donc très difficile de tirer avec rapidité les principales leçons du corps électoral.

D’une part, il faudra espérer que l’écart entre les deux finalistes, Jean-Louis Robinson et Hery Rajaonarimampianina, soit suffisamment large pour que l’élection de l’un soit incontestable et reconnue par l’autre.

D’autre part, il faudra suivre avec minutie la répartition des différents groupes politiques au sein de la nouvelle chambre car elle déterminera le nom du futur Premier Ministre et du prochain gouvernement.

Toute la question sera de savoir si la démocratie malgache a atteint son stade de maturité après ses périodes troubles de la puberté. Pour penser enfin à l’intérêt du pays, à savoir, principalement, son développement économique et social (accès à tous de l’eau courante et de l’électricité, scolarisation de tous les enfants, aide aux soins pour tous, encouragement aux initiatives économiques, etc.).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 décembre 2013)
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Pour aller plus loin :
Duel Robinson vs Rajaonarimampianina.
Les résultats officiels du 1er tour de la présidentielle malgache (à télécharger).
Victoire du processus électoral malgache.
Jour J de la démocratie malgache : présentation des candidats.
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.

yartiMada2013E04





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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 00:48

(dépêche)


Date : 13/12/2013 à 09h00>PESTE : 86 personnes ont attrapé la peste à Madagascar. 39 décès dus à la maladie ont été enregistrés depuis septembre. L'épidémie concerne 5 districts sur 119.



Date : 12/12/2013 à 18h30>PESTE : La ville de Mahajanga met son avant-garde pour éviter la peste. Le chef de la région Boeny, le chef de district de Mahajanga I, le Président de la délégation spéciale de la ville et la direction régionale de la Santé publique se sont réunis hier pour dresser un plan de dératisation et de désinsectisation dont principalement les puces.



Date : 12/12/2013 à 09h30>PESTE : la saleté ambiante fait craindre que la peste fasse des victimes dans la ville d'Antananarivo. En effet, depuis quelques semaines, les ordures ménagères abondent dans tous les coins de rue, la Commune n'assurant pas le ramassage compte tenu de ses problèmes financiers.



Date : 11/12/2013 à 15h00>PESTE : 9 personnes sont mortes de la peste à Soanierana Ivongo. 9 autres personnes y suivent actuellement un traitement médical à cause de la maladie.

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