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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 16:15

« Je n’ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais je ne peux accepter d’être en dessous de celles-ci. » (Nicolas Sarkozy, le 20 mars 2014).



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L’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance, par la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, à trois ans de prison dont deux avec sursis pour fait de corruption. La peine est très lourde, car cela signifie un an de prison ferme, mais la nature de la condamnation, corruption, l’est également.

Ce qu’on lui a reproché ? Des communications sous écoute pour une autre affaire qui, elle, n’en finit pas de pédaler dans la semoule : l’argent supposé libyen dans la campagne de 2007. Une conversation qui mettrait en jeu l’avocat de Nicolas Sarkozy et un juge. Nicolas Sarkozy aurait voulu récupérer ses agendas pris lors de l’affaire Bettencourt et aurait proposé à un juge de l’aider à être promu à Monaco en échange d’information sur ces dits agendas. Rien n’est avéré : le juge en question n’a jamais été promu, Nicolas Sarkozy n’a jamais récupéré ses agendas. Ces bases-là, pour condamner à un an de prison ferme, c’est ténu.

Bref, je sais qu’une décision des juges s’impose, l’appel aura lieu dans tous les cas, mais rien n’interdit de s’interroger voire de s’inquiéter de cette manière de juger et qu’on ne peut pas ne pas relier à l’existence du mur des c@ns au siège de l’un des syndicats les plus influents des juges..

Dans une tribune dans le journal "Le Figaro", Nicolas Sarkozy était sorti du silence le 20 mars 2014 : « Voici que j’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois (…). Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui sont les destinataires ! (…) Je sais, la Ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le Ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on ? On pourrait en rire, s’il ne s’agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé. (…) J’accepte tous les combats à condition qu’ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu’aux coups tordus et aux manipulations grossières. ».

À l’époque, la Ministre de la Justice s’appelait Christiane Taubira et le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Ceux qui se sont toujours opposés à Nicolas Sarkozy pourraient voir dans cette décision de justice matière à sourire, à ricaner voire à applaudir. Ce serait une double erreur. La première, c’est que l’opposition à Nicolas Sarkozy, en 2021, est totalement inutile : depuis le 20 novembre 2016, Nicolas Sarkozy a dit adieu à tout espoir de retrouver un jour l’Élysée et n’est donc un danger politique pour personne, si ce n’est peut-être pour ses plus proches amis politiques. Cette opposition est donc anachronique. La seconde erreur, c’est de croire que c’est une décision qui vise un homme ou un parti en particulier.

À mon sens, c’est pire que cela. Ce n’est pas une décision politisée, c’est une décision institutionnalisée. Il ne s’agit pas ici de juges impartiaux qui s’en prendraient à un ancien Président de la République. Il ne s’agit pas non plus d’un juge qui voudrait "se payer" un ancien Président de la République. Il s’agirait plutôt que la Justice s’en prendrait ici à la Politique.

En créant ex nihilo le Parquet national financier (PNF), le Président François Hollande, voulant se montrer plus propre que propre après les effets catastrophiques de l’affaire Jérôme Cahuzac (son ministre anti-fraude !), a créé en fait, comme le docteur Frankenstein, une créature incontrôlable. Ce PNF est devenu une arme de destruction massive contre la classe politique dans son ensemble. François Hollande a accouché d’un monstre qui pourrait faire plonger les institutions françaises dans un marasme politique.

D’ailleurs, la réaction de la classe politique a été assez instructive. Sans surprise, les proches de Nicolas Sarkozy et son parti d’origine, Les Républicains, le soutiennent dans cette épreuve qui n’est drôle pour personne. Mais les plus intéressants à écouter, ce sont ses opposants de tout temps. Au RN, on est particulièrement attentif à ce verdict et l’on émet son incompréhension, lui-même ayant des affaires sur le feu qui pourraient éclater à la figure de Marine Le Pen en pleine campagne présidentielle prochaine. Qui, à ce propos, dirait aujourd’hui que cette affaire et ce verdict feraient le jeu du RN ? Plus personne !

À gauche aussi, on ferait bien d’être prudent. Je n’ai pas encore entendu la réaction de Jean-Luc Mélenchon mais on connaît déjà ses sentiments, ou plutôt, ses ressentiments sur les juges, capables de faire des perquisitions chez lui et de violer sa vie intime.

La célérité de la mise en examen de François Fillon quelques semaines avant la dernière élection présidentielle, quand d’autres affaires s’étendent en lenteur a de quoi poser de nombreuses questions. Et même la sévérité du récent jugement en appel de l’ancien ministre Georges Tron, qui avait été acquitté en première instance, et mis en prison en appel, avec le même dossier, a de quoi surprendre, même si ici, il ne s’agit pas de politique mais plutôt d’un contexte autre sur les agressions contre les femmes.

Évidemment que les responsables politiques doivent être des justiciables comme les autres, avec peut-être quelques protections pour éviter les abus (l’immunité parlementaire, etc.). Évidemment que s’ils ont commis des délits ou des crimes, il faut qu’ils soient condamnés et sanctionnés, en sachant que la première des sanctions est d’abord la sanction du peuple lors des élections. Évidemment que lorsqu’on est censé rédiger la loi ou la faire appliquer, on doit être encore plus exemplaire que les autres. Mais il faut arrêter de confondre justice et corporatisme.

J’ai entendu un responsable du PS en ruines sourire un peu dans sa barbe, tout en s’inquiétant quand même de l’absence d’intimité des conversations d’un avocat avec son client. Oui, aujourd’hui, on peut être jugé sur une simple conversation privée, écoutée de manière étonnante (je dirais par euphémisme), entre une personne mise en examen et son avocat. Tous les défenseurs d’une justice équitable auraient de quoi s’inquiéter. Plutôt que d’imaginer des zones de non droit (hallucinant !), la nouvelle défenseure des droits ferait mieux de s’inquiéter de cette décision de justice qui bafoue les droits de la défense les plus élémentaires.

On a vu avec Georges Tron comment l’appel peut renverser complètement le jugement de première instance. Nicolas Sarkozy peut donc espérer le même genre de retournement pour cette affaire pitoyable. À force d’avoir voulu l’indépendance de la justice, et il y a une cinquantaine d’années, c’était absolument nécessaire de la vouloir, on a créé des juges indépendants de tout, qui n’ont de comptes à rendre à personne, même quand ceux-ci font de graves erreurs. Au pire, un juge qui aura fait des erreurs désastreuses sera "promu" (cf affaire Grégory, affaire d’Outreau, etc.).

La machine infernale risque de ne jamais s’arrêter. Pour le bien de qui ? d’une corporation ? d’un syndicat ? d’un clan ? En tout cas, sûrement pas des Français ni de la France. C’est peut-être là le sujet prioritaire pour l’actuel Ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. Il n’y a qu’une personnalité de cet acabit qui pourrait prendre le taureau par les cornes…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er mars 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sarko et ses frères...
Nicolas Sarkozy à l’âge de la retraite.
Nicolas Sarkozy parle de littérature française.
L’échec à la primaire LR du 20 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy et la chasse aux centristes.
Nicolas Sarkozy, star de "L’émission politique".
Nicolas en Sarkini.
Une combativité intacte.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Les 60 ans de Nicolas Sarkozy.
Je suis Charlie.
Mathématiques militantes.
Le nouveau paradigme.
Le retour.
Bilan du quinquennat.
Sarkozy bashing.
Ligne Buisson ?
Stigmatisation.
Transgression.
Sarcologie et salpicon socialistes.

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https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/sarko-et-ses-freres-231296

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 03:42

« Le Président de la République a été diagnostiqué positif à la covid-19 ce jour. Ce diagnostic a été établi suite à un test RTPCR réalisé dès l’apparition de premiers symptômes. Conformément aux consignes sanitaires en vigueur applicables à tous, le Président de la République s’isolera pendant sept jours. Il continuera de travailler et d’assurer ses activités à distance. » (Communiqué de l’Élysée le jeudi 17 décembre 2020 peu avant 11 heures du matin).



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L’information principale de la journée de ce jeudi 17 décembre 2020 a été l’annonce de la maladie du Président Emmanuel Macron. Il est contaminé, il a le covid-19 et par conséquent, il doit s’isoler. J’espère bien évidemment son prompt rétablissement et je souhaite que sa santé retrouve sa solidité d’avant. Parce qu’il est jeune et parce qu’il était en bonne santé, Emmanuel Macron a toutes les chances qu’il ne développe pas la forme sévère de la maladie, tout le monde le lui souhaite. Mais même la forme "douce" est traumatisante. Elle laisse des séquelles plus ou moins durables. Le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire l’avait évoqué sur France Inter le 29 septembre 2020, lui-même atteint à l’époque et grand sportif, il déplorait son impossibilité de reprendre le jogging…

Pour le Président de la République, l’année 2020 était déjà pourrie : gérer une crise sanitaire d’une telle ampleur est le cauchemar de tous les dirigeants du monde. Il la finira pourrie. Son anniversaire, son 43e anniversaire le 21 décembre prochain ? Isolé ! Le 24 décembre ? Isolé, enfin, peut-être son dernier jour d’isolement.

À court terme, on recherche tous ses cas contacts. Et ils sont nombreux. Des déjeuners, des dîners… On apprend ainsi que Jean-Luc Mélenchon a dîné allègrement avec Emmanuel Macron cette semaine, dans la salle des fêtes du Palais de l’Élysée. Avec une cuillère suffisamment longue pour ne pas être considéré comme un cas contact. Mais beaucoup le sont néanmoins : le Premier Ministre Jean Castex, le Président de l’Assemblée Nationale Richard Ferrand, ce dernier comme un retour de manivelle après avoir voulu stupidement culpabiliser ceux qui ont été contaminés par manque de sens des responsabilités, François Bayrou aussi, etc.

Et comme les sept derniers jours d’Emmanuel Macron ont été très européens, le Premier Ministre espagnol s’est mis en isolement, le Premier Ministre du Portugal aussi, le Président du Conseil Européen, etc. La Présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen n’est pas considérée comme cas contact car elle a rencontré Emmanuel Macron il y a trop longtemps pour qu’il soit contagieux à l’époque.

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Emmanuel Macron supercontaminateur européen ? Mais qui dit que ce ne sont pas justement un homologue européen qui lui aurait refilé le virus ?

Concrètement, le pouvoir n’est pas aux abois et les moyens technologiques actuels permettent la continuité de l’action présidentielle et plus généralement, de la politique nationale de la France. Après tout, quatre ministres au moins ont déjà été contaminés, Franck Riester (à l’époque à la Culture), Brune Poirson, Emmanuelle Wargon et Bruno Le Maire.

On en est venu à parler de responsabilité et d’imprudence présidentielle. S’il y a bien un chef d’État à avoir été prudent avec les gestes barrières, avec le masque, avec les mains lavées au gel hydroalcoolique à la moindre occasion, c’est bien Emmanuel Macron. Au contraire de ses homologues Donald Trump, Jair Bolsonaro et même Boris Johnson, lui a toujours considéré avec sérieux la pandémie de covid-19 qui fait actuellement au moins 12 000 décès dans la seule journée du 17 décembre 2020, dont au moins 300 en France (plutôt 450 si l’on tient compte des décès en EHPAD).

Manque de prudence ? C’est ne rien comprendre au virus. Respecter les gestes barrières, c’est réduire les risques de contamination, pas les supprimer totalement, et d’ailleurs, rappelons inlassablement : mettre un masque, ce n’est pas se protéger soi-même, c’est protéger les autres. Il suffit qu’une personne qui l’a approché soit un peu "négligente" pour faciliter la contamination. Cela signifie surtout que le virus circule avec forte amplitude. Plus de 18 000 nouveaux cas dans la journée, il y a hélas une remontée incontestable de l’épidémie qui va se retrouver dans les services de réanimation dans quelques semaines.

La seule chose qu’on peut dire à ce stade de l’information, c’est qu’Emmanuel Macron est comme les autres, il retrouve le sort de millions de Français qui ont été contaminés avec cette inquiétude, probablement pas pour lui, mais pour son entourage, en particulier son épouse Brigitte Macron dont il s’est séparé pour sa période d’isolement. Celle-ci en effet peut faire partie des personnes vulnérables.

Cela montre aussi que le meilleur moyen de freiner la circulation, c’est de réduire ses contacts sociaux : moins on rencontre de personnes différentes dans la journée, plus faible est le risque de se faire contaminer. Évidemment, et là est la différence avec les citoyens ordinaires, il est normal qu’un Président de la République rencontre de nombreuses personnes dans son action. Personne n’accepterait qu’il reste cloîtrer dans un bunker en attendant que l’épidémie passe. C’est aussi cela le service des autres, prendre soi-même des risques pour assurer la continuité de l’État.

Les résultats probants du confinement vont dans le même sens : c’est la rencontre avec les personnes qui renforce la propagation du virus, ce qui est très logique d’ailleurs. Cela démontre aussi l’importance d’une solution vaccinale qui permettrait d’atteindre, en automne 2021, l’immunité collective si impossible d’atteindre actuellement (le taux de reproduction R0 est en train d’exploser après une forte baisse, probablement depuis la réouverture de magasins pour les achats de Noël).

Sur les plateaux de télévision, les journalistes et éditorialistes ne semblent toujours pas avoir compris les mécanismes de la contamination après onze mois de sévère pandémie et deux vagues. Quand Jean Castex explique qu’il vient de se faire tester négatif mais comme cas contact, il reste isolé et se refera tester dans une semaine, c’est effectivement sage, mais le premier test ne sert à rien. Aux premiers jours d’une contamination, on n’a pas de charge virale et donc, on ne peut pas détecter le virus. Ce qui est important, et c’est là la difficulté de ce virus sournois, qui a surpris en mars 2020, c’est que la charge virale ne croît qu’à partir du cinquième au dixième jour après la contamination. Il faut encore quelques jours pour ressentir les premiers symptômes de la maladie. Pendant deux ou trois jours, on peut donc contaminer son entourage sans savoir qu’on est contagieux parce qu’on se croit (encore) en parfaite santé.

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C’est ce mécanisme que le docteur Rémi Salomon, qui a reconnu avoir un peu exagéré en recommandant, il y a quelques jours, d’installer les grands-parents à la cuisine lors du repas de Noël et de couper la bûche en deux. C’était trop simpliste et trop infantilisant, mais pourtant, c’est bien là le problème.

Hélas, dans les hôpitaux, beaucoup de médecins ont pu constater un grand nombre de décès de personnes âgées à la suite d’un repas familial. Cette fête de Noël, c’est là l’enjeu sanitaire du pays, il est énorme, c’est que ce repas de Noël ne soit pas la dernière occasion de revoir ses grands-parents. Pour cela, il faut être d’une extrême vigilance.

Si l’on se fait faire un test de dépistage plus de 24 heures avant une rencontre familiale, cela n’empêchera pas forcément de contaminer sa famille car la charge virale peut exploser au bout de quelques jours. Pour être sûr de ne pas être contagieux, il faut faire un test moins de 24 heures avant le repas, ce qui signifie qu’il est techniquement impossible de le faire, de tester 67 millions de personnes en quelques heures. Cette idée du test qui veut rassurer donne une fausse idée de la réalité virale. Cela rassure faussement.

Quant à la maladie d’Emmanuel Macron, il n’a pas fallu quelques heures pour que les complotistes, lâchement derrière leur écran sous un faux anonymat, émettent des doutes stupides sur sa réalité et affirment que c’est pour mieux convaincre de se faire vacciner. Le vaccin, ou plutôt, les vaccins seront de plus en plus acceptés au fur et à mesure que la campagne de vaccination se déroulera. Là n’est pas le problème et le gouvernement, en restant très prudent et vigilant, a d’ailleurs fait preuve d’une communication très efficace. Comme ses partenaires européens, la France devrait commencer sa campagne de vaccination le 27 décembre 2020, après une approbation des autorités de santé le 21 décembre 2020.

Ce qu’il faut bien comprendre, et Emmanuel Macron n’y est pour rien, malade ou pas malade, c’est que l’hécatombe va hélas continuer. Le seuil de 60 000 décès va hélas probablement être dépassé dès ce vendredi 18 décembre 2020. Des milliers voire dizaines de milliers de personnes encore vont perdre leur vie à cause de ce virus si agressif. Pas un seul jour de retard ne peut être toléré pour commencer une campagne de vaccination. Ce sera comme la sécurité routière, ceux qui resteront en vie ne sauront pas qu’ils ont été sauvés par ces mesures sanitaires et salutaires. Déjà plus d’un million de personnes sont touchées en France par la perte d’un être cher mort du covid-19. Il est temps que cela s’arrête.

Mille vœux de guérison à Emmanuel Macron, en guise d’anniversaire !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 décembre 2020)
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Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron : 43 ans en quarantaine.
Écologie : un référendum, pourquoi pas ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201217-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-43-ans-en-229585

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 03:25

« Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille, s’appelât travailler. » (La Bruyère, 1688).


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En vacances en Italie cet été, l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe fête son 50e anniversaire ce samedi 28 novembre 2020. Débarqué de Matignon le 3 juillet 2020 après trois ans d’exercice particulièrement chargé du mandat de chef de gouvernement en temps de crise (gilets jaunes, pandémie de covid-19, crise économique majeure, terrorisme islamiste, etc.), Édouard Philippe a été réélu maire du Havre le 5 juillet 2020, mandat qu’il avait quitté en arrivant à Matignon le 15 mai 2017 et qu’il avait obtenu pour la première fois le 24 octobre 2010 au cours de la succession organisée par Antoine Rufenacht (Édouard Philippe a aussi été élu président du Havre Seine Métropole le 15 juillet 2020).

On pourrait trouver très étonnant ce départ de Matignon en plein milieu d’une crise sanitaire majeure. Pour le Président Emmanuel Macron, plusieurs raisons ont dû l’avoir guidé.

D’une part, il a vite compris qu’il ne fallait pas garder un Premier Ministre pendant toute la durée d’un mandat présidentiel. Nicolas Sarkozy l’a fait avec François Fillon qui, à l’origine, aurait dû quitter Matignon en 2010. Encouragé par Édouard Balladur, François Fillon avait fait le forcing pour rester Premier Ministre. La complémentarité des deux hommes était finalement assez efficace, mais il a manqué un second souffle dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Cette complémentarité était un peu différente entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe car les deux hommes sont du même milieu, la haute fonction publique. Édouard Philippe, IEP Paris, ENA, Conseil d’État (dans la botte donc), a commencé son action politique dans la fascination des figures politiques de Michel Rocard et Pierre Mendès France, peu éloignées du centre gauche d’où provient politiquement Emmanuel Macron.

D’autre part, Emmanuel Macron avait cru imprudemment pouvoir tourner la page de la crise sanitaire pour consacrer les deux dernières années de son quinquennat à son plan de relance de 100 milliards d’euros. En somme, il voulait "effacer" la crise sanitaire par une sorte de mini-révolution de palais, j’y reviens par la suite. Le second tour des élections municipales était une bonne occasion de changer le gouvernement. À l’exception de deux fois dans l’histoire de la Cinquième République (Jacques Chaban-Delmas en 1972 et Michel Rocard en 1991), un changement de Premier Ministre est rarement fait à froid, sans "cause" politique importante (élections locales, référendum, nouveau mandat présidentiel, crise politique, etc.).

Enfin, plus terre-à-terre, la forte popularité qu’Édouard Philippe a acquise au cours de la gestion de la crise sanitaire (alors que son inflexibilité sur la réforme des retraites l’avait plongé dans l’impopularité) a pu susciter de la part de l’Élysée agacement et jalousie : le Premier Ministre est celui qui protège le Président de la République, notamment du point de vue de "l’opinion publique". Aujourd’hui, tout est rentré "dans l’ordre", Emmanuel Macron est remonté en popularité tandis que le nouveau Premier Ministre Jean Castex est descendu (ce qui est logique en début d’exercice, la nouveauté rend populaire, puis les premières illusions s’évaporent).

Prenons d’ailleurs le nouveau gouvernement. Jean Castex est le double d’Édouard Philippe, mais en plus technocratique. Son mandat de maire de Prades et celui de conseiller départemental des Pyrénées-Orientales ne doivent pas cacher le fait que Jean Castex a toujours été, avant tout, un haut fonctionnaire très performant dans ses différentes missions, et sa dernière a d’ailleurs été l’organisation du (premier) déconfinement. Jean Castex a été "vendu" (par les médias) comme un proche des élus locaux, un proche de la France territoriale, mais le président de l’Association des maires de France, François Baroin, a bien compris que ce n’était qu’un emballage.

Jean Castex, plus qu’Édouard Philippe qui pourrait être comparé à un baron politique local "classique" (dans son fief du Havre), est le représentant par excellence de l’étatisme français, de la haute technocratie française, cela dit sans connotation péjorative, car c’était justement sur elle que De Gaulle s’était reposé lors de ses mandats à l’Élysée dans les années 1960 et cela a permis le lancement de nombreux projets industriels de grande envergure. Néanmoins, Jean Castex a beaucoup moins l’esprit politique ou l’esprit de finesse dans son expression publique qu’Édouard Philippe et fait un peu l’impression d’être un bulldozer qui avance coûte que coûte.

En revanche, le gouvernement de Jean Castex, comme je l’avais fait remarquer à sa nomination, semble être plus professionnel, d’un point de vue politique, que celui de son prédécesseur. Ainsi, au-delà du maintien des poids lourds Jean-Michel Blanquer, Olivier Véran et Bruno Le Maire dont la présence reste essentielle, la nomination de Gérald Darmanin à l’Intérieur et de l’avocat Éric Dupond-Moretti à la Justice ont redonné des maillons forts dans le régalien du gouvernement en comparaison avec Bruno Castaner et Nicole Belloubet. Idemavec Roselyne Bachelot à la Culture. De plus, certains "anciens apolitiques" ont pris du poids politique et ont bien appris, c’est le cas notamment des ministres Amélie de Montchalin, Marlène Schiappa et Agnès Pannier-Runacher. C’est le cas aussi de Marc Fesneau (qui n’a jamais été un "apolitique") et de nouveaux sous-ministres très politiques comme Olivia Grégoire. Le seul maillon faible reste encore l’Écologie

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Malgré tout, je reste assez convaincu que la seconde vague de l’épidémie en France aurait été mieux anticipée si Édouard Philippe était resté aux commandes. En effet, Olivier Véran a dû attendre la fin de l’été pour que le gouvernement prît la mesure de la gravité de la situation sanitaire et remettre la santé en priorité sur l’économie. Probablement que cela n’aurait pas changé grand-chose de l’agressivité de cette seconde vague qui a déferlé à la fin de septembre, si ce n’est dans la psychologie collective et l’acceptabilité sociale des nouvelles mesures restrictives (fermeture des restaurants, couvre-feu, reconfinement). C’est d’ailleurs le stress majeur du gouvernement actuel pour le début de l’année 2021, déconfiner prudemment en évitant une troisième vague.

Revenons à Édouard Philippe. Avec 1 145 jours d’exercice à Matignon, il fait partie des sept Premiers Ministres les plus "longs" de la Cinquième République, derrière Georges Pompidou, François Fillon, Lionel Jospin, Raymond Barre, Michel Debré et Pierre Mauroy. Sur vingt-quatre Premiers Ministres. Derrière des personnalités qui ont beaucoup compté pour lui : Jacques Chaban-Delmas, Michel Rocard, Alain Juppé (son mentor à l’UMP puis LR), et, si on s’échappe de la Cinquième, de Pierre Mendès France.

Par ailleurs, Édouard Philippe fait partie des rares Premiers Ministres à avoir été nommés sans avoir occupé aucune fonction ministérielle auparavant. Avec lui, ils sont cinq : Georges Pompidou, Pierre Mauroy, Jean-Marc Ayrault …et Jean Castex. Trois étaient des "barons locaux" à leur nomination (Le Havre, Lille, Nantes). Un est devenu Président de la République, un autre "sage", un autre aussi discrédité que le Président qui l’a nommé, enfin, le dernier est en fonction.

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Le voici donc à 50 ans en position de vieux sage, ce qui, dans sa personnalité, peut être un peu à contre-emploi. Jean-Pierre Raffarin se sert de ce "statut" pour influencer dans un sens ou dans un autre. Édouard Philippe, lui, ne se permettrait pas de dire ce qu’il pense de la gouvernance actuelle, et il a raison. Son intérêt est de rester silencieux, replié en Normandie, et laisser juste parler de lui.

Il y a quelques jours, le 18 novembre 2020, il a fait l’actualité pendant une journée (le quart d’heure de gloire !) lorsqu’il a été annoncé que son roman d’anticipation politique (un thriller) "Dans l’ombre", qu’il a coécrit avec son ancien directeur de cabinet et actuel député européen Gilles Boyer, serait adapté dans une production (un téléfilm), un peu à la manière de "Borgen". Édouard Philippe quitterait-il la vie politique pour la vie artistique ? C’est impossible, car il a le virus de la politique et il n’aurait pas bataillé pour redevenir maire du Havre (dont la victoire, certes large, 58,8% au second tour, l’a été beaucoup moins qu’en mars 2014 où il avait été réélu dès le premier tour avec 52,0%).

Tout le monde pense évidemment à l’élection présidentielle. C’est simple, quand on entre à Matignon, depuis 1959, aucun locataire ne peut pas ne pas penser à entrer un jour à l’Élysée (comme locataire des lieux). Édouard Philippe serait l’homme idéal à la fois pour Les Républicains, son ancienne famille politique, et pour LREM, sa pseudo-nouvelle (il est resté hors parti depuis 2017), dans un cas de non confrontation avec Emmanuel Macron évidemment.

Emmanuel Macron voudrait d’ailleurs qu’Édouard Philippe "réorganise la majorité" mais c’est une tâche ingrate généralement dévolue au Premier Ministre. Il a refusé de répondre à cette proposition assez vague. Gilles Boyer a en tout cas démenti toute rumeur sur une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022 : « Il aura à cœur d’être dans le débat public, à sa manière. L’idée qu’il soit absent de la scène nationale est incongrue. Le fait d’être réélu au Havre était le signal qu’il veut continuer la politique (…). Édouard Philippe ne sera pas candidat contre Emmanuel Macron à la présidentielle. ».

C’est clair et net, et il y a peu de probabilité pour qu’Emmanuel Macron fasse comme François Hollande, à savoir n’ose pas se représenter. Au contraire, Emmanuel Macron, à l’instar des grands "animaux politiques" comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, adore être en campagne électorale et se plaira à rencontrer à nouveau les citoyens à cette occasion.

Édouard Philippe peut donc être "pensé" comme un recours, recours pour l’après-Macron, recours pour 2027 mais c’est tellement loin, cette date, alors qu’on n’est même pas capable encore de dire quand auront lieu les prochaines élections régionales et départementales de l’année prochaine (en principe prévues en mars 2021).

Dans tous les cas de figure, Édouard Philippe, qui a intégré le 27 octobre 2020 le conseil d’administration du groupe Atos (dont Thierry Breton fut longtemps le président avant d’être nommé commissaire européen), a plusieurs cordes à son arc professionnel. Il pourrait en effet, par exemple, se recycler en imitateur professionnel. Jugez-en par vous-mêmes, son imitation à la voix chevrotante de Valéry Giscard d’Estaing est extraordinairement ressemblante, lors qu'une interview le 13 novembre 2013 sur Europe 1.





Il me semble qu’il avait aussi imité la voix de Jacques Chirac dans l’excellent documentaire réalisé par Laurent Cibien : "Édouard, mon pote de droite", dont le premier épisode (sur la mairie du Havre et les élections municipales de 2014) a été diffusé sur France 3 le 10 août 2016 et le deuxième épisode (sur la primaire LR de 2016) diffusé sur France 3 le 15 mai 2018. J’attends avec impatience le troisième épisode sur sa présence à Matignon. S’il est diffusé avant l’élection présidentielle de 2022, ce sera alors un exploit, plus politique que artistique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Édouard Philippe.
Emmanuel Macron.
Jean Castex.
Antoine Rufenacht.
Alain Juppé.
Le grand atout d’Emmanuel Macron.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201128-edouard-philippe.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/que-va-faire-edouard-philippe-229045

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/24/38670685.html






 

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 03:22

« Le Sénat ne dit jamais oui par discipline et non par dogmatisme. » (Gérard Larcher).



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Évaporé définitivement le rêve de conquérir le Sénat par les troupes LREM du Président Emmanuel Macron. En fait, on le savait depuis trois ans mais ce nouveau renouvellement du Sénat qui a eu lieu le dimanche 27 septembre 2020 en a apporté une nouvelle démonstration éclatante.

En effet, le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans si bien que ce Sénat "complet", au soir du 27 septembre 2020, a été complètement renouvelé par rapport à celui d’avant l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Les enjeux étaient assez faibles et très tournés vers l’intérieur du Sénat, à savoir la possibilité d’une recréation d’un groupe écologiste, le maintien du groupe communiste (dont certains membres, entre 2017 et 2020, étaient écologistes), le maintien du nouveau groupe des sénateurs ex-LR proches d’Emmanuel Macron, dirigé par Claude Malhuret (Les Indépendants, République et Territoires).

Et aussi le maintien du groupe historique RDSE, ancienne "Gauche démocratique" renommée "Rassemblement démocratique, social et européen", composé essentiellement de sénateurs radicaux (de gauche comme de droite) et donc, groupe unique où cohabitaient (avant 2017) des sénateurs de la majorité présidentielle et des sénateurs de l’opposition.

J’écris "avant 2017" car avec la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, il est beaucoup plus difficile de savoir ce que signifie la majorité présidentielle au Sénat de nos jours, car le (grand) groupe Union centriste (lui aussi historique) rassemble tant des sénateurs UDI (plutôt de l’opposition) que des sénateurs MoDem (assurément de la majorité, puisque le MoDem est au gouvernement).

Mais ce flou ne concerne pas seulement les sénateurs centristes. Ainsi, dans l’Eure, l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe a soutenu l’actuel Ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, tête d’une liste vaguement LR-LREM (officiellement "divers droite" ou plutôt "divers centre"). Sébastien Lecornu, ex-LR, est effectivement LREM, tandis que ses suivants de liste, sénateurs sortants, sont de LR : Nicole Duranton en deuxième position, et, placé en cinquième et dernière place (et donc prêt à quitter en fait le Sénat), Ladislas Poniatowski, proche de Bruno Le Maire.

Au contraire, le Président du Sénat sortant, Gérard Larcher, a fait campagne pour une autre liste, ayant reçu l’investiture de LR et de l’UDI, menée par un autre sénateur sortant, centriste cette fois-ci, Hervé Maurey (ancien président du groupe Union centriste), composée ensuite par différents maires du département, UDI et LR. Malgré le grand réseau local de Sébastien Lecornu, qui fut président du conseil départemental de l’Eure de 2015 à 2017, et la présence des sénateurs LR sortants sur sa liste, il n’a obtenu que 30,8% et un seul siège, tandis que la liste d’Hervé Maurey a "raflé" les deux sièges restants (sur les trois au total) avec 49,8%, presque la majorité absolue.

Il n’y avait pas, d’ailleurs, beaucoup d’incertitude sur l’évolution du groupe LREM, provenant principalement de sénateurs socialistes et de quelques sénateurs radicaux de gauche (hors les deux membres du gouvernement d’origine LR et candidats à ce scrutin). Son président, François Patriat, en difficulté dans son département de Côte-d’Or pour sa réélection, a finalement pu être réélu grâce à son réseau local, mais dans son ensemble, le groupe, qui comptait 23 sièges avant le scrutin de 2020 et dont 10 sièges étaient renouvelables, se retrouve après le scrutin avec seulement 20 sièges. Les trois candidats les plus "visibles" de LREM ont, en revanche, étaient élus ou réélus, à savoir, comme dit précédemment, Sébastien Lecornu et François Patriat, ainsi que le ministre Jean-Baptiste Lemoyne (ex-LR) dans l’Yonne, ce qui n’est pas étonnant : ce n’est pas le parti mais l’aura de ces personnalités qui les a servis, ou qui a compensé un préjugé négatif sur les candidats LREM des élus locaux.

Les écologistes d’EELV peuvent être heureux puisque, avec la conquête de plusieurs grandes villes en juin dernier, mécaniquement, ils ont obtenu six sièges : Guy Benarroche dans les Bouches-du-Rhône, Monique de Marco en Gironde, Daniel Salmon en Ille-et-Vilaine, Jacques Fernique dans le Bas-Rhin, enfin deux sièges dans le Rhône, Thomas Dossus et Raymond Poncet. Les autres grandes villes conquises ou conservée (Grenoble) par les écologistes n’ont pas eu d’effet sur le scrutin des sénatoriales cette année car ces villes sont dans des départements non renouvelables (comme à Tours, Grenoble, etc.). Il faudra donc attendre 2023 pour en voir les effets. Ce gain de 6 sièges va permettre, avec les 5 des départements non renouvelables, de créer à nouveau le groupe écologiste existant entre 2012 et 2017, et la sénatrice de Paris Esther Benbassa a d’ores et déjà proposé d’en être la présidente.

Cela dit, cette renaissance reste à la marge et ne modifie pas les équilibres politiques du Sénat, d’autant plus que ce gain de 6 sénateurs écologistes s’est fait principalement au détriment de leurs alliés naturels, les socialistes, qui ont perdu 5 sièges, passant de 71 à 66 sièges. Il faut noter l’échec, dans le Finistère, de l’ancien Ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, ancien président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale, qui était prévisible dans la mesure où il n’était placé qu’à la troisième place de la liste socialiste.

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La vraie et seule caractéristique de ce scrutin sénatorial, c’est la large victoire de la majorité sénatoriale sortante, c’est-à-dire de la droite et du centre, plus exactement de LR et de l’UDI dont la plupart des listes étaient communes. En effet, le premier groupe du Sénat, LR, passe de 144 à 148 membres (gain de 4 sièges) et le groupe UC (Union centriste) de 51 à 53 (gain de 2 sièges), à eux deux seuls, ils rassemblent donc 201 sièges sur 348, soit largement plus que la majorité absolue. De quoi réjouir l’actuel Président du Sénat Gérard Larcher qui devrait, dans quelques jours, être réélu au Plateau sans beaucoup de suspense et avec une majorité confortable, d’autant plus qu’il est apprécié bien au-delà de sa majorité sénatoriale.

Non seulement c’est la principale leçon des élections sénatoriales de 2020, mais cela aurait dû être aussi la principale leçon des élections municipales de 2020, puisque les délégués des élus municipaux impactent pour 95% sur le résultat des sénatoriales : on ne l’a pas dit suffisamment en s’arrêtant un peu trop vite sur la victoire (exceptionnelle certes) de grandes villes par les écologistes vaguement de gauche ou par une gauche vaguement écologiste. Ces conquêtes, très médiatisées, ont caché en fait les véritables vainqueurs des dernières élections municipales qui étaient LR et l’UDI, d’autant plus que leur victoire avait eu lieu souvent dès le premier tour du 15 mars 2020, une époque où l’on ne parlait que du confinement sans qu’aucune analyse du scrutin du premier tour n’ait réellement imprimé dans la mémoire collective.

Cette victoire de LR-UDI est confirmée également lors du second tour des six élections législatives partielles qui ont eu lieu ce dimanche 27 septembre 2020 qui s’est soldé, pour cette alliance, par le gain de 1 siège supplémentaire à l’Assemblée Nationale (après le désastre électoral du premier tour, le 20 septembre 2020, pour LREM), des résultats obtenus avec une très forte abstention (aucune médiatisation et sujets autres très prenants : attentat terroriste, crise du covid-19, etc.).

Quant aux autres "petits" enjeux, indiquons que le groupe communiste a gagné 1 siège ce qui lui donne 17 membres, mais il faut lui retrancher les 5 membres actuels qui iront probablement dans le groupe écologiste, si bien que le groupe survivra avec 12 sièges (il en faut au moins 10). Le groupe RDSE, lui aussi dont l’existence était incertaine, est parvenu tant bien que mal à conserver 5 sièges sur les 14 renouvelables, ce qui donne un total de 15 sièges. De même, le groupe LIRT (Les Indépendants, République et Territoires) de Claude Malhuret, lui-même réélu, maintient son existence malgré la perte de 3 sièges avec 13 sièges au total.

Terminons sur les "non inscrits", ces sénateurs trop peu nombreux pour créer un groupe politique homogène, ils sont passés de 6 à 4, avec la perte de 2 sièges qui sont celui de Philippe Adnot, qui ne se représentait pas, et de la successeure du sénateur RN David Rachline qui a préféré la mairie de Fréjus en 2017. Je l’ai évoqué dans mon précédent article, cette sénatrice a été exclue de RN pour propos extrémistes (!), candidate soutenue par Nicolas Dupont-Aignan sans aucune chance de conserver son siège.

Restons avec le RN pour aller dans les Bouches-du-Rhône. Contrairement à certaines prévisions, mais que je trouvais farfelues, Stéphane Ravier, l’unique sénateur RN, a été réélu à Marseille, ce qui ne m’étonne pas car il fait son travail de sénateur et les grands électeurs non RN qu’il avait réussi à convaincre en 2014 ont maintenu leur vote en sa faveur. Sa liste a en effet obtenu 10,0% des voix dans le département, ce qui lui donne 1 siège.

À noter que Jean-Noël Guérini a réussi à se faire réélire, en recueillant quand même 15,6% des voix, tandis que la liste de gauche rassemblant socialistes, écologistes et communistes a obtenu 3 sièges avec 28,7% des voix, dont l’ancienne ministre socialiste Marie-Arlette Carlotti. Enfin, la liste LR-UDI est la grande gagnante avec 36,1% des voix, mais n’obtient pas plus de sièges, 3 seulement, dont la députée de Marseille Valérie Boyer qui a pu sentir sa circonscription fragilisée avec la victoire de Michèle Rubirola à la mairie de Marseille dans l’optique des élections législatives de 2022. À noter aussi que parmi les candidats de cette liste, on peut citer en fin de liste Renaud Muselier, l’actuel président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que Martine Vassal, l’actuelle présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, tous les deux LR.

Enfin, en plus des élus ou réélus cités, précisons notamment l’élection ou la réélection (avec *) des personnalités suivantes : Philippe Tabarot, Dominique Estrosi Sassone*, Alain Houpert*, Alain Cadec, Nathalie Delattre*, Alain Cazabonne*, Jean-Pierre Grand*, Étienne Blanc, François-Noël Buffet*, Alain Joyander*, Cédric Vial, Loïc Hervé*, Catherine Morin-Desailly*, Stéphane Demilly, Philipp Folliot, Alain Milon*, Bruno Retailleau*, Jean Hingray et Daniel Gremillet*.

À l’issue de ce scrutin des élections sénatoriales du 27 septembre 2020, ce qu’il en ressort, c’est donc le renforcement du poids politique de Gérard Larcher, Président du Sénat, dans un paysage politique français particulièrement éclaté. Une conclusion qui pourrait lui donner quelques …"envies" !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sénatoriales 2020 (2) : large victoire de la droite et du centre.
Les enjeux des élections sénatoriales du 27 septembre 2020.
Christian Poncelet.
Résultats des élections municipales de 2020.
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
80 km/h : le recul irresponsable adopté par les sénateurs.
Affaire Benalla : l’attaque frontale des sénateurs.
Benalla vs Sénat : 1 partout.
Gérard Larcher.
Élection du nouveau Président du Sénat (le 2 octobre 2017).
Résultats des élections sénatoriales du 24 septembre 2017.
Sénatoriales 2017 : état des lieux.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.
La campagne des élections législatives de juin 2017.
Élections sénatoriales du 28 septembre 2014.
Jean-Pierre Bel.
René Monory.
Alain Poher.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200927-senatoriales-2020b.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/senatoriales-2020-2-large-victoire-227408

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/20/38544217.html








 

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