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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 14:22

(dépêche)


Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont voté dans le 16e arrondissement de Paris



http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2010-03-14/nicolas-et-carla-sarkozy-ont-vote-a-paris/917/0/433442
Publié le 14/03/2010 à 13:41 - Modifié le 14/03/2010 à 17:48 AFP

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont voté à Paris


Le président de la République, Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, a voté dimanche vers 12H45 au lycée Jean de la Fontaine, à Paris (XVIe arrondissement), pour le 1er tour des régionales.

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       Le président de la République Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy, ont voté dimanche vers 12H45 au lycée Jean de la Fontaine, à Paris (XVIe arrondissement), pour le 1er tour des régionales.

Le couple présidentiel, accueilli par le député-maire du XVIe, Claude Goasguen (UMP), a salué les personnes présentes dans le bureau de vote 44.

Ils sont sortis sans faire de déclaration.






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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 22:05

(dépêche)


Jean Ferrat aurait voté, selon Jean-François Kahn !

http://www.jeanfrancoiskahn.com/Pourquoi-il-faut-voter_a76.html

Pourquoi il faut voter



 (alainalele-flickr-cc) Il faut voter dimanche.
Et voter positivement puisque, ce qui est anti-démocratique, le vote blanc n’est pas pris en compte.
A la limite, je comprends un électeur de droite, déçu ou dégoûté, qui ne veut pas, pour autant, apporter sa voix au Front National. S’il n’y a pas de liste réellement gaulliste dans sa région (genre Dupont-Aignan en Ile-de-France), il se trouve, en effet, confronté à une équation complexe. Mais, les autres ont vraiment l’embarras du choix : deux extrême gauche, une gauche de gauche, une gauche et un centre-gauche écologiste, une social-démocrate et des sociaux libéraux, un centre gauche démocrate, des nonnistes et des ouiouistes, des anti-libéraux et des libéraux libertaires… presque toutes les nuances y sont.
Bien sûr, aucune liste ne peut refléter 100 % de ce que l’on pense. Et, dans ce cas, moi-même, je pourrais m’abstenir, aucune offre ne me satisfaisant totalement. Mais alors, la solution, c’est de voter pour soi-même (ce que j’ai fait au moins une fois !). C’est pourquoi j’estime que l’abstention est profondément narcissique : personne n’est digne de moi, aucune liste n’est capable d’exprimer ma merveilleuse et profonde complexité… Et des peuples se sont battus, ont versé leur sang pour en arriver là ?
A ce purisme qui revient à se couper les mains pour être sûr de ne pas avoir les mains sales?
Tout le monde sait que, dimanche, l’enjeu n’est pas seulement régional.
La question est : faut-il abandonner les contre-pouvoirs aux tenants de l’abus de pouvoir ? S’abstenir, c’est répondre : cela ne me concerne pas, je suis neutre. Se réfugier en Suisse à l’heure des grandes échéances, est-ce la bonne attitude ? Voter calmement et sans haine, c'est tout de même mieux que déverser sa haine et s'abstenir.
PS : à part ça, je joins à ce billet un premier élément qui doit nourrir le débat sur le « où faut-il aller et comment ? ».
PS 2 : une internaute a fait remarquer qu’au-delà de la centralité de l’humain, c’est la question du rapport à l’autre qui était essentielle. J’en suis absolument d’accord. Je signale que j'ai commis un ouvrage sur le sujet, une tentative de dépassement de l'autre comme enfer (Sartre) et de l'autre comme paradis (Lévinas). Le livre s'intitule Moi, l'autre et le loup (Fayard).


Pour Jean Ferrat
Jean Ferrat est mort. Je l'ai juste connu assez — et même débattu avec lui — pour être saisi par son humanité. Il y a trois choses dont je suis sûr : 1) Aragon lui doit autant que Beaumarchais à Rossini ou à Mozart. 2) La chanson lui doit autant que le roman à Zola. 3) Il aurait voté.


Aller vers où ?
D’abord restaurer la démocratie
La puissance destructrice et la brutalité régressive du bulldozer néo-libéral (et aussi les replis frileux et conservateurs que ce tsunami provoque) ont atteint, à l’échelle planétaire, une telle force, provoqué de tels dégâts, que les réformes voulues par les uns ou par les autres ne parviendront, au mieux, qu’à minimiser la casse ou à limiter les dégâts, sans une remise en cause plus fondamentale des conservatismes défensifs mais aussi de la logique qui justifient cette casse et provoquent ces dégâts. Je le répète, il s’agit de repenser et de reconstruire une société dont, ni l’Etat ni la bureaucratie d’un côté, ni le capital ou le profit de l’autre constituerait le centre, mais l’homme, l’homme dans toutes ses dimensions matérielles et spirituelles.
Pour autant, le terrain de l’action quotidienne – dont les élections constituent un moment essentiel – et celui des réformes, certaines radicales, certaines modérées, ne doivent pas être délaissés et sacrifiés à l’attente d’une recomposition générale et salvatrice. Les deux niveaux, celui des grands et vrais changements libérateurs et celui des nécessaires, utiles et parfois impératives améliorations réformatrices, doivent s’articuler.

I - Rétablir la démocratie
La restauration d’une démocratie effective et vivante constitue un préalable. Cela signifie, en particulier, que le Parlement, assemblée des élus du peuple, doit retrouver son rôle et redevenir représentatif du pays réel dans toute sa diversité. A peu près tout le monde, aujourd’hui, admet que la constitution de la Ve République, taillée, il y a près de cinquante ans, à la mesure d’un  seul homme, unique en son genre  dans l’Europe démocratique (seule la Russie de  Poutine est dotée d’institutions à  peu près comparables) et qui constitue un système ubuesque de double pouvoir, tantôt complémentaires, tantôt antagonistes, est devenu obsolète. Or, depuis près de deux ans, on n’a cessé de renforcer le caractère monarchique d’un pouvoir devenu de plus en plus personnel. La soi-disant réforme constitutionnelle n’y a rien changé. Au contraire. Nous préconisons l’évolution inverse : que le Président préside et, en conséquence, exerce sa fonction d’arbitre, le Premier ministre  assumant le pouvoir exécutif, sous le  contrôle d’un Parlement qui retrouverait son pouvoir législatif et, en partie au moins, l’initiative des lois. Le Président resterait le chef des Armées, mais c’est le Premier ministre qui représenterait la France  lors des réunions  internationales. Outre la possibilité de  déposer une mention de censure, les députés bénéficieraient d’un droit d’interpellation qui permettrait à 200 d’entre eux d’exiger un grand débat à partir d’un fait d’actualité. Il est inconcevable que les émeutes de banlieue n’aient, par exemple, donner lieu à aucun débat de ce genre.Le Parlement doit, de nouveau, représenter la Nation dans sa pluralité. Ce n’est pas le cas aujourd’hui puisque, non seulement l’extrême gauche, les Verts, la gauche républicaine (21 % des suffrages en 2002), ne disposent d’aucune représentation légale, mais, qu’en outre, le  Front National, dont le chef dépassa, en 2002, le représentant du Parti socialiste, n’a aucun élu alors, qu’en revanche, avec 33 % des suffrages – moins de 30 %, aujourd’hui -, un seul parti peut détenir plus de 65 % des sièges au Parlement.Résultat ? Les confrontations, qui n’ont  plus lieu au Parlement, se déroulent dans la rue. Ce ne sont pas les députés qui ont censuré la  loi  Savary sur l’école, le Smic jeune de Balladur, la loi Devaquet, la réforme Juppé ou le CPE, la réforme des programmes du lycée ou la loi sur les enseignants-chercheurs ; ce sont des manifestants. Il faut donc refaire du Parlement une institution vraiment représentative et délibératrice retrouvant son droit à l’initiative des lois. L’idéal serait de l’élire au scrutin proportionnel, sur une base régionale, avec une barre de 5 % en deçà de laquelle on serait éliminé et une prime accordée aux listes dépassant 30 % des suffrages afin d’assurer une majorité. Un moindre mal serait l’instauration d’un scrutin mixte à l’allemande (50 % des députés élus à la proportionnelle régionale, 50 % au scrutin majoritaire). Cela seul permettrait de faire accéder au  Parlement plus de femmes, de représentants des minorités (aujourd’hui le Parlement est blanc à 98%) et des symboles emblématiques de la société civile.Le Sénat, lui, institution devenue caricaturalement non démocratique, serait élu  directement par  les électeurs (et non plus par les seuls grands électeurs comme aujourd’hui) au scrutin majoritaire d’arrondissement, pour  représenter les terroirs et les territoires.Ces évolutions essentielles devraient être complétées par huit mesures :

• Le non-cumul des mandats : interdiction  d’être député ou sénateur et  maire d’une ville de plus de 30 000 habitants, président de conseil général ou régional, ce qui provoque  l’absentéisme (15 députés en séance pour des débats de première importance comme  la discussion de la loi de prévention de  la délinquance ! ).

• La possibilité de  provoquer des référendums d’initiative populaire, en recueillant à cet effet, par exemple, 2 millions de signatures vérifiables de citoyens à cet effet. (Aujourd’hui, il faut avoir, en plus, l’agrément soit de l’UMP, soit du PS).

• La prise en compte des votes blancs dans le décompte des suffrages exprimés. Mais en même temps, la possibilité de demander à tout justiciable de présenter sa carte d’électeur pour justifier de son  civisme, trois abstentions de suite jouant en sa défaveur, devant un tribunal, en cas de sanction.

• La délivrance réellement automatique d’une carte d’électeur à tous les citoyens à partir de 18 ans, carte que l’on peut obtenir  le jour  du scrutin sur simple présentation d’un document d’identité. Donc suppression des démarches d’inscription.

• Le droit de vote accordé, aux élections locales et régionales, aux immigrés en situation régulière domiciliés dans une commune depuis plus de cinq ans

• L’interdiction faite aux grands groupes capitalistes vivant en partie des commandes publiques de posséder des médias d’opinion ou d’information.

• L’obligation, dès lors qu’une loi est votée, de promulguer le décret d’application dans les trois mois, sous peine de sanctions administratives. En revanche, aucune loi ne pourra être votée sans qu’une commission ad hoc fasse la preuve de sa nécessité en présentant le bilan de l’application des lois antérieures que la nouvelle est censée remplacer et ne propose  la suppression de celles qui sont devenues obsolètes

• L’instauration d’un statut de l’élu permettant à un salarié non fonctionnaire de se  lancer dans  la  vie  politique sans hypothéquer sa carrière professionnelle.


II - Rendre la France à tous les Français
Il est  temps  de réduire concrètement l’hypertrophie de « l’ego » parisien que l’on qualifie, à tort, de « centralisation jacobine », alors qu’elle est  d’essence  monarchique. Les processus de décentralisation et des régionalisation doivent donc être  poursuivis et même accélérés, à condition, d’une part, que soient accordés aux régions à la fois plus de responsabilités, de pouvoirs et de ressources ; et que, d’autre part, le rôle de l’Etat arbitre soit renforcé. Edith Cresson, alors Première ministre de François Mitterrand, avait pris une initiative importante et courageuse en transférant une partie de l’ENA à Strasbourg. Il convient  d’aller plus  loin dans ce sens en installant, dans les régions, certains ministères (l’Agriculture ou les Anciens Combattants, par exemple), ainsi que certaines administrations et institutions : par exemple la  Cour des comptes, le Conseil d’état, le CSA, l’Inra, la Délégation à l’aménagement du territoire, certaines antennes du CNRS, etc. Il faut aujourd’hui entre une heure et deux heures en TGV pour se rendre à Lille ou à Rennes !
Parallèlement, devraient être prise des mesures incitatives à l’installation des sièges sociaux des grandes sociétés et autres multinationales en région. Aux grands musées nationaux installés à Paris seraient notifiée l’obligation de transférer leurs collections non exposées à des musées régionaux. Le ministère de la Culture devrait peu à peu céder ses pouvoirs, en particulier en matière de subventions aux instances culturelles dépendantes des assemblées régionales. Des remodelages territoriaux (redéfinition de la limite d’une région, par exemple) devraient pouvoir être effectués à l’issue de référendums locaux d’initiative populaire afin de  mieux faire coïncider ce niveau de pouvoir décentralisé avec le ressenti et l’inspiration des citoyens concernés.
Le rôle de l’Etat central devra, de plus en plus, être celui d’un juge de paix assurant, en particulier, une péréquation permettant de compenser les inégalités entre les territoires. Pour lutter contre les empilages  bureaucratiques, il convient de réduire le nombre d’étages administratifs (35.000 communes, communautés de commune, de pays ou de zones rurales, bassin d’emplois, départements, régions, Etat, zone défense, ressort des cours d’appel, rectorats, etc.). Une évolution concertée devra permettre de privilégier et de consolider trois étages  administratifs essentiels : la communauté de communes, la région et l’Etat (alors que la réforme Hortefeux privilégie le département et recentralise). Il convient sans doute de conserver, pour l’essentiel, le statut général de la fonction  publique qui est, in fine, très souple ; mais à condition de supprimer les quelque 1000 corps de  fonctionnaires qui  bloquent toute mobilité interne, et de les remplacer, par exemple, par la notion de « métier » rendant plus facile le passage d’un administrateur civil d’un ministère à un autre, ou celui d’un ingénieur du corps des Ponts à celui des Mines.


Vendredi 12 Mars 2010
Jean François Kahn





Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent


446.Posté par libre le 14/03/2010 11:42



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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:32

Bien que non candidats, Martine Aubry et François Fillon sont devenus les deux poids lourds de la campagne des élections régionales. Un double leadership qui pourrait avoir de sérieuses conséquences pour 2012.


yartiRegionalesPremierTour01La chaîne de télévision "Public Sénat" retransmettait en différé ou en direct l’intégralité des derniers meetings du premier tour des élections régionales. Voici un petit aperçu de ce qui a été vu ces derniers jours.
 
 
Meeting des Verts au Cirque d’hiver de Paris du 10 mars 2010
 
La salle est grande, circulaire et la tribune est au centre, avec des personnes entourant l’orateur. Un fond vert pomme est visible juste derrière l’orateur.
 
Je vois d’abord passer Daniel Cohn-Bendit, avec ses petites lunettes, sans note. Il est très à l’aise, comme toujours.
 
Pas de doute, c’est un bon orateur mais il fait dans la facilité, parfois dans la démagogie. En fait, il utilise toujours les mêmes procédés verbaux. Il s’écoute parler à tel point qu’il en perd parfois le fil. C’est un show. Il a cependant une acuité politique très forte pour faire des Verts une force politique majeure : l’union durable avec José Bové par exemple a été un tour de force. Et une négociation ferme avec le PS entre les deux tours. Il compte arriver devant le PS en Alsace.
 
Ensuite, c’est le discours de Cécile Duflot. Elle est beaucoup moins bonne oratrice surtout à cause de sa voix assez faible. Mais elle a quelques idées et tient bien la route devant son auditoire. Elle explique aussi quelques procédures internes, ce qui n’est pas une mince affaire chez les Verts. Elle est jeune (née après la candidature de René Dumont). Elle représente nul doute la relève face aux vieux écolos. Elle rappelle comment une doctorante est devenue députée européenne en 2009 alors qu’il s’agissait déjà de faire élire Éva Joly en tête de la liste.
 
Les derniers sondages donnent un saut de 4% à 18% pour les Verts en Île-de-France.
 
 
Meeting du PS au Cirque d’hiver de Paris du 11 mars 2010
 
C’est la même salle que celle des Verts la veille. Les socialistes sont réunis en grande famille avec du beau monde. L’orateur est entouré de personnes et derrière lui se dresse un panneau blanc avec des logos du PS comme s’il en pleuvait.
 
Le discours de Jean-Paul Huchon, président sortant du Conseil régional d’Île-de-France et candidat pour un troisième mandat, est assez terne. Il n’est pas un grand orateur et sa voix est monocorde. C’est un notable qui semble cependant avoir un ton qui rassure.
 
Ensuite, arrive le discours de Martine Aubry, première secrétaire du PS. C’est un grand discours, long et excellent.
 
Martine Aubry est souvent contrastée. Médiocre interviewée sur France 2 le 8 mars 2010, elle montre à ce meeting du Cirque d’hiver d’excellentes qualités d’oratrice.
 
Peu de notes, les mains accompagnant avec fluidité sa parole, Martine Aubry quitte vite le contexte régional pour se hisser au national. Elle se montre une véritable chef de l’opposition, s’en prenant systématiquement à Nicolas Sarkozy, ne lui trouvant rien de positif. L’antisarkozysme primaire fait encore recette auprès des militants.
 
Elle fait sans doute aussi dans la facilité, les discours de fin de campagne sont forcément démagogues. Sa voix assez grave l’aide à imposer sa crédibilité politique (au contraire d’une voix trop aiguë qui peut stresser l’auditeur, comme c’est le cas avec Ségolène Royal).
 
Elle donne tous les arguments possibles pour faire voter socialistes. Elle démonte certains arguments de l’UMP. Elle revient assez souvent aux déclarations de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP (voir son débat avec lui).
 
Son discours est rapide, alerte, vif, et parfois humoristique.
 
Le plus important à noter reste que Martine Aubry n’a pas évoqué une seule fois les Verts avec qui il faudra bien qu’elle s’entende pour le second tour des régionales.
 
C’est clair que si le PS obtenait des bons résultats, Martine Aubry serait la mieux placée pour prétendre à 2012. Mais elle préfère rester sur du court terme. Après une année un peu maladroite à la tête du PS, elle a réussi enfin à préserver l’unité du PS et à s’affirmer sans complexe comme chef d’orchestre.
 
Reste enfin à savoir si la supposée euphorie régionale de 2010 ne renouvellerait pas celle de 2004, à savoir qu’elle déboucherait finalement sur un nouvel échec présidentiel pour cause de querelle d’écuries.
 
 
Meeting de l’UMP au Parc des expositions de la Beaujoire à Nantes du 11 mars 2010
 
Christophe Béchu et François Fillon tenaient en haleine une salle comble à Nantes. Derrière la tribune, il y a aussi beaucoup de participants.
 
À peine plus âgé que Cécile Duflot, Christophe Béchu, élu député européen en 2009, est l’un des jeunes espoirs de l’UMP, élu à 29 ans président du Conseil général du Maine-et-Loire.
 
Le discours de Christophe Béchu est très décevant. Il parle lentement, il est ennuyeux, il évoque dans une longue liste sans intérêt tous les lieux qu’il a visités pendant la campagne. Surtout, il se prend beaucoup trop au sérieux. Il n’esquisse aucun sourire, ne quitte pas ses notes. Il a encore quelques progrès à faire pour devenir un bon orateur. Il n’inspire pas confiance.
 
Le suit le Premier Ministre François Fillon. Au début, il est aussi ennuyeux que son prédécesseur à la tribune. Il parle du contexte régional des Pays de la Loire, évoque sa propre présidence du Conseil régional et parle aussi de son prédécesseur, Olivier Guichard.
 
Heureusement, François Fillon quitte le terrain régional pour se hisser, lui aussi, sur le terrain national. Il semble répondre à Martine Aubry en reprenant beaucoup de ses arguments. C’est amusant : Martine Aubry parle sans cesse de Nicolas Sarkozy. François Fillon fait sans cesse référence à Martine Aubry.
 
Il est nettement plus consistant et intéressant sur la politique économique, et surtout, plus crédible que Martine Aubry. Cette dernière le critique sur la politique industrielle ? Il la justifie au contraire et rappelle que Lionel Jospin avait laissé faire les délocalisations de Renault entre autres. Le gouvernement ne fait pas assez pour la moralisation de la finance ? Laurent Fabius avait réduit la fiscalité des stock-options.
 
François Fillon jouit d’une période particulière. L’homme est absolument nécessaire à Nicolas Sarkozy pour engager la réforme des retraites. Il devient un présidentiable dans les médias et serait même le meilleur présidentiable de l’UMP. De quoi un petit peu agacer Nicolas Sarkozy évidemment.
 
C’est en quelque sorte un discours présidentiel que cette envolée de Nantes.
 
Entouré de Philippe de Villiers, de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Christine Boutin, François Fillon alterne soigneusement le "je" et le "nous", un "nous" signifiant parfois "le Président et moi" et d’autres fois, "le gouvernement".
 
En dressant un bilan impressionnant, il laisse comprendre qu’il est incontestablement un capitaine solide de la machinerie gouvernementale, solide psychologiquement aussi tant la vie de Matignon est difficile, sous Nicolas Sarkozy comme sous n’importe quel autre prédécesseur d’ailleurs.
 
Fidèle de Philippe Séguin, François Fillon a toujours avancé doucement, avec flegme et discrétion. Et pourtant, en être à sa troisième année à Matignon relève d’une réelle ambition politique. On peut dire qu’il étonnera sans doute car il étonne déjà maintenant par sa longévité.
 
 
Meeting du MoDem à la Bellevilloise à Paris du 11 mars 2010
 
La Bellevilloise fut cette salle choisie par Daniel Cohn-Bendit pour fêter le soir du 7 juin 2009 les 16,3% des Verts aux élections européennes.
 
Malheureusement, la retransmission ne concerne que le discours de François Bayrou. La tête de liste en Île-de-France Alain Dolium n’aura pas eu droit aux honneurs de la retransmission (au contraire de Christophe Béchu, Cécile Duflot ou Jean-Paul Huchon).
 
Le cadre est glacial. C’est la comparaison avec les deux grands meetings précédents, ceux du PS et de l’UMP, qui montre à l’évidence que le MoDem n’est pas dans la même catégorie. Si la salle est remplie, elle est nettement plus petite, on dirait presque une salle d’hôtel pour conférence de presse.
 
Aucune personne d’autre que l’orateur n’est visible à la tribune derrière laquelle se dresse un horrible rideau jaune à reflets oranges. Parmi les participants, la venue du fameux Chevalier orange avait été annoncée.
 
Bref, la discours de François Bayrou ressemble plus à une conférence de presse bon enfant dans un salle de classe qu’à un grand meeting de fin de campagne. Le Zénith est loin (c’était il y a trois ans).
 
J’ai droit surtout à une sorte de chroniqueur. Chroniqueur fatigué. Les traits sont tirés mais le président du MoDem essaie de faire bonne mesure, sourit souvent malgré les yeux couverts de cernes, et laisse poindre une espérance que les sondages refusent à admettre.
 
Dans ses propos, il ne cesse de citer Marielle de Sarnez et Bernard Lehideux. Comme s’il n’y avait que trois adhérents au MoDem.
 
Non, un peu plus. Il commence en racontant sa première rencontre avec Alain Dolium. J’ai l’impression une fois encore que la tendance messianique de François Bayrou est très affirmée : dès le premier entretien, il voit en Alain Dolium le leader du MoDem en Île-de-France. Et il explique alors que non seulement il est intelligent mais il a des valeurs. On peut espérer que c’est le cas de tous les candidats.
 
Le laïus de François Bayrou pour défendre la tête de liste des deux premières régions de France, Alain Dolium en Île-de-France et Azouz Begag en Rhône-Alpes, est convaincant. Il se sert d’ailleurs de la récente déclaration de Gérard Longuet contre l’éventuelle désignation de Malek Boutih à la présidence de la HALDE pour montrer à quel point la France est un pays qui étiquette trop facilement selon des considérations dont ne sont pas responsables les personnes, comme leur origine, au contraire de la Grande-Bretagne par exemple. Sans l’évoquer, il prend la même argumentation que Barack Obama.
 
Ensuite, il parle des 1750 candidats du MoDem partout en France, et glisse subtilement que l’absence de liste dans le Languedoc-Roussillon est due à de "basses manœuvres".
 
Et il embraie vite sur le plan national. Mais loin de faire un grand discours, comme Martine Aubry ou François Fillon, il ne fait qu’un pâle éditorial, reprenant le blog de Jacques Attali qu’il commente ou un passage du journal télévisé de France 2. À cet égard, il veut faire peur et pense que la situation grecque pourrait être celle de la France bientôt, rappelant que le déficit budgétaire a augmenté de 350% en trois ans (pourquoi a-t-il eu besoin de retraduire tout en francs, lui, l’Européen convaincu ?).
 
Enfin, il renouvelle ses propos anti-journalistes et anti-sondages (les journalistes ne m’interrogent pas sur les vrais problèmes) et nie le caractère national des élections régionales. Il est parfois applaudi, mais aucune ovation.
 
 
Fin de campagne
 
On pourra s’étonner qu’il n’y ait pas eu de retransmission d’un meeting du Front national ou du NPA, ou encore de très petites listes. S’il y en a eu, elle m’aura alors échappé.
 
Ces meetings sont, à eux quatre, très symboliques de cette campagne des élections régionales : un PS en position de force, une UMP qui essaie de résister par le bilan de son gouvernement et ses projets nationaux, des Verts qui ont le vent en poupe et qui rêvent aux plus hautes destinées, et un MoDem qui n’est plus qu’une maison abandonnée de plus en plus en ruine.
 
Les images sont frappantes. Les Verts jouent le grand jeu à égalité avec le PS : les deux meetings ont réuni chacun 1700 personnes au Cirque d’hiver à Paris. L’UMP a rassemblé 1200 personnes à Nantes. Le MoDem a attiré 400 personnes.
 
À la veille du premier tour des élections régionales, qui ont pris une importance nationale, le Premier Ministre François Fillon et la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry ont bel et bien acquis un poids politique supplémentaire dans ce qui pourrait être la future période pré-présidentielle.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (12 mars 2010)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 01:13

(dépêches)


Fin de campagne du 1er tour des régionales



http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Duel-televise-Bertrand-Aubry-a-trois-jours-du-prem.htm?&rub=8&xml=newsmlmmd.80943959ba27425b624509fd0f62fd39.671.xml
Duel télévisé Bertrand/Aubry à trois jours du premier tour des régionales
PARIS (AFP) - 11.03.2010 20:39
Martine Aubry et Xavier Bertrand se sont affrontés jeudi soir sur TF1 à trois jours du 1er tour des régionales, la première défendant la gestion socialiste des régions, "boucliers" face à la crise et aux "injustices" de la politique de Nicolas Sarkozy, le second lui opposant "l'unité" de la majorité sur un programme qui "ne changera pas".


Martine Aubry (G) et Xavier Bertrand (D) sont sur le plateau du journal télévisé de TF1, présenté par Laurence Ferrari le 11 mars 2010
Martine Aubry et Xavier Bertrand se sont affrontés jeudi soir sur TF1 à trois jours du 1er tour des régionales, la première défendant la gestion socialiste des régions, "boucliers" face à la crise et aux "injustices" de la politique de Nicolas Sarkozy, le second lui opposant "l'unité" de la majorité sur un programme qui "ne changera pas".

AFP - Lionel Bonaventure
Martine Aubry et Xavier Bertrand se sont affrontés jeudi soir sur TF1 à trois jours du 1er tour des régionales, la première défendant la gestion socialiste des régions, "boucliers" face à la crise et aux "injustices" de la politique de Nicolas Sarkozy, le second lui opposant "l'unité" de la majorité sur un programme qui "ne changera pas".

Durant un quart d'heure, le secrétaire général de l'UMP et la première secrétaire du PS se sont renvoyé mutuellement, le premier, le bilan des régions en terme de fiscalité -"+35% en moyenne"-, la seconde, le bilan de la politique du gouvernement (hausse des taxes, du prix du gaz, déremboursement des médicaments, baisse des impôts pour les plus riches).

"Nous voulons des régions fortes, pas des régions contre, mais des régions qui ont des pouvoirs", a déclaré Mme Aubry, en dépeignant les régions présidées par le PS comme des "boucliers" face à la crise. "Pourquoi concentrez-vous toutes vos attaques contre le Parti socialiste? Parce que c'est le seul parti capable d'arrêter les injustices de Nicolas Sarkozy", a-t-elle dit.

"Nous sommes unis, nos équipes ne changeront pas, notre programme ne changera pas", a insisté M. Bertrand, en faisant valoir qu'entre les deux tours le PS devra "échanger des pans entiers de son programme contre des places" à donner à ses alliés écologistes notamment.

Les deux adversaires, tous deux anciens ministres en charge de l'emploi, ont ferraillé sur ce sujet dont ils ont fait l'un et l'autre une priorité de leur campagne.

M. Bertrand s'est félicité d'avoir "sorti la France du carcan des 35 heures", assurant que cette disposition mise en place par Mme Aubry avait abouti à la destruction de "500.000 emplois".

Mme Aubry s'est inscrite en faux contre cette affirmation, observant que la France avait une meilleure productivité que ses partenaires de l'UE. Elle a regretté que le gouvernement n'ait pas mis "autant d'énergie à combattre le chômage que la crise des banques".

"Si le gouvernement n'avait pas pris toutes les mesures, notamment l'activité partielle, le chômage serait à 12% et pas à 10%", a-t-il répondu, évoquant une "situation difficile".

Mme Aubry a fait remarquer qu'au sein de l'UE, seul "le Royaume Uni" faisait moins bien que la France dans ce domaine.

Les deux responsables politiques se sont affrontés également sur la sécurité, M. Bertrand accusant le PS d'être "incompétent" dans ce domaine tandis que Mme Aubry a reproché au gouvernement d'avoir supprimé la police de proximité.

© 2010 AFP

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Regionales-la-gauche-creditee-de-49-des-voix-la-dr.htm?&rub=8&xml=newsmlmmd.73a5e9a69c45ed806a794a51cd886517.901.xml
Régionales: la gauche créditée de 49% des voix, la droite de 31%
PARIS (AFP) - 11.03.2010 18:19
La gauche (Front de gauche-PS-Europe Ecologie, DVG) totaliserait 49% des intentions de vote et la droite (UMP, alliés et DVD) 31% au premier tour des élections régionales qui aura lieu dimanche, selon le Baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro, LCI et RTL publié jeudi.


Des panneaux électoraux pour les régionales, le 9 mars 2010 à Paris.
La gauche (Front de gauche-PS-Europe Ecologie, DVG) totaliserait 49% des intentions de vote et la droite (UMP, alliés et DVD) 31% au premier tour des élections régionales qui aura lieu dimanche, selon le Baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro, LCI et RTL publié jeudi.

AFP - Jacques Demarthon
La gauche (Front de gauche-PS-Europe Ecologie, DVG) totaliserait 49% des intentions de vote et la droite (UMP, alliés et DVD) 31% au premier tour des élections régionales qui aura lieu dimanche, selon le Baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro, LCI et RTL publié jeudi.

Selon ce sondage, l'ensemble de la gauche gagne ainsi un point par rapport au précédent baromètre publié le 5 mars, tandis que la droite cède un point.

L'UMP et ses alliés obtiendraient 29,5% des suffrages (-1,5 point par rapport au 5 mars), le PS et ses alliés 27% (inchangé).

Europe Ecologie est stable à 13% des intentions de vote, comme le Front national (9%).

Le Front de gauche gagne un point, à 7%, le MoDem est inchangé à 5%.

Viennent ensuite les listes NPA (2%, -1), LO (2%, +1), DVG (2%, =), DVD (1,5%, +0,5), Alliance écologiste indépendante et autres listes étant créditées de 1% des intentions de vote (=).

15% des personnes interrogées n'expriment pas d'intention de vote, contre 14% le 5 mars.

Par ailleurs, 67% (+4) des électeurs affirment qu'ils se prononceront en fonction des enjeux spécifiques à leur région, contre 32% (-3) pour des enjeux nationaux (1% ne se prononcent pas).

Etude réalisée les 9 et 10 mars en ligne (système Cawi) auprès d'un échantillon de 1.009 personnes représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas). Notice consultable auprès de la commission nationale des sondages.

© 2010 AFP




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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 10:12

(dépêche)


Mort de l'ancien ministre Robert Pandraud à 81 ans ce 18 février 2010



http://www.rtl.fr/fiche/5933190986/l-ancien-ministre-robert-pandraud-est-mort.html
RTL info
18 févr. 2010
Màj 10h02
L'ancien ministre Robert Pandraud est mortRTL vous l'annonçait dès 8h30. Robert Pandraud s'est éteint à l'âge de 81 ans à l'hôpital Foch de Suresnes, tôt jeudi matin. Il avait été secrétaire d'Etat à la Sécurité publique lorsque Charles Pasqua était ministre de l'Intérieur. Il souffrait depuis plusieurs années d'un cancer.tous les sonsLa Rédaction de RTL
18 févr. 2010
Celui qui fut secrétaire d'Etat à la Sécurité publique de Charles Pasqua, s'est éteint à l'âge de 81 ansL'ancien ministre de la Sécurité publique est décédé à 6 heures à l'hôpital Foch de Suresnes, où avait été transféré en urgence.

A l'annonce de la disparition de ce chiraquien, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a fait part de son émotion et salué en lui "un homme de cœur", "un grand serviteur de la cause politique".

Robert Pandraud présidait depuis 2005 la commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales de l'UMP.

Devenu ministre de la Sécurité, il avait dû affronter en 1986, avec son ministre de tutelle Charles Pasqua, la vague d'attentats commis à Paris, ainsi que les grandes manifestations lycéennes et étudiantes marquées par la mort du jeune Malik Oussekine. Il avait alors eu cette phrase malheureuse : "Si j'avais un fils sous dialyse, je l'empêcherais de faire le con la nuit".

Auteur : La rédaction de RTL



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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:00

(dépêches)


Les sondages donnent un avantage à la gauche aux élections régionales



http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/02/04/01011-20100204FILWWW00607-le-modem-nuance-les-sondages.php
Le MoDem nuance les sondages
AFP
04/02/2010 | Mise à jour : 14:19 | Ajouter à ma sélection
Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem, a estimé nécessaire "d'analyser les sondages sur les moyennes de plusieurs instituts" et fait valoir que la campagne des régionales n'avait pas encore commencé, après un sondage TNS-Sofres créditant le parti démocrate de 4%. "J'analyse les sondages sur les moyennes de plusieurs instituts", a expliqué à l'AFP l'eurodéputé en rappelant que plusieurs sondages créditaient il y a encore dix jours le MoDem de scores allant de 7 à 9%.

"Je considère que la campagne n'a pas encore commencé. Les Français ont bien d'autres soucis sociaux et financiers en ce moment que de s'intéresser aux élections régionales", a ajouté l'élu démocrate. "On a une situation de désabusement jamais atteint. C'est au Mouvement démocrate, avec François Bayrou, d'expliquer qu'il est indispensable dans notre pays d'ouvrir une troisième voie qui dépasse le cadre historique des deux vieux partis politique du vingtième siècle", a-t-il fait valoir.

Commentant les tendances exprimées par le sondage TNS-Sofres, M. Bennahmias a jugé "normal que le parti du président de la République, qui détient tous les pouvoirs et a éliminé, ou presque, tous ses concurrents à droite, fasse 30%".


http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/02/04/les-onze-regions-qui-focalisent-l-attention-des-partis-avant-le-scrutin-des-14-et-21-mars_1300856_1293905.html#ens_id=1234897&xtor=AL-32280151
Les onze régions qui focalisent l’attention des partis avant le scrutin des 14 et 21 mars
LE MONDE | 04.02.10 | 13h04  •  Mis à jour le 04.02.10 | 14h53   Réagissez (1)  Recommandez  Classez Partagez  
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Actuellement 20 régions métropolitaines sur 22 sont présidées par le PS, la droite ne dirigeant que l'Alsace et la Corse. Le scrutin des 14 et 21 mars comporte des enjeux politiques importants dans onze régions.

Alsace. Souvent considérée comme la région la plus à droite, l'Alsace pourrait, pour la première fois, basculer à gauche. Selon un sondage IFOP publié jeudi 4février, la dynamique est du côté d'Europe écologie qui, plus que le PS, pourrait menacer l'UMP. Le jeu apparaît encore très ouvert.


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 La gauche part favorite dans la campagne des élections régionales
Les faits Régionales en Ile-de-France : Pécresse en tête au premier tour, selon l'IFOP

Les faits Régionales : deux sondages donnent l'UMP perdante en Ile-de-France
Corse. En 2004, la Corse était l'une des deux seules régions à avoir résisté à la vague rose. La droite avait totalisé moins de voix que la gauche, mais un accord avec les nationalistes lui avait permis de l'emporter. Cette fois encore, le scrutin s'annonce serré: le tandem sortant de droite (Ange Santini et Camille de Rocca-Serra) souffre de sa mésentente et d'un bilan contesté. La gauche de son côté part divisée, avec notamment deux listes radicales socialistes (Emile Zuccarelli et Paul Giacobbi). Les nationalistes joueront à nouveau les arbitres.

Centre. Le président sortant, François Bonneau (PS), qui a succédé à Michel Sapin en cours de mandat, est handicapé par son manque de notoriété face au secrétaire d'Etat au commerce Hervé Novelli (UMP). La droite espère l'emporte.

Ile-de-France. Si Valérie Pécresse (UMP) réussit à arracher la première région de France à Jean-Paul Huchon (PS), le trophée fera oublier toutes les autres défaites régionales de la droite. Mais le PS tient la majorité des départements franciliens, dont Paris, qui veut à tout prix se préserver d'une cohabitation avec une région bleue.
Le scrutin comporte aussi un enjeu interne à la gauche: les écologistes, emmenés par Cécile Duflot, la patronne des Verts, espèrent talonner le PS.

Champagne-Ardenne. La baisse probable du Front national, qui avait obtenu près de 20% des voix il y a six ans, peut faire le jeu de la liste de droite, emmenée par Jean-Luc Warsmann. En 2004, Champagne-Ardenne était la région où la gauche l'avait emporté avec le moins de marge

Pays de la Loire. Christophe Béchu, l'une des figures montantes de l'UMP, mène la liste de la majorité dans cette région symbolique, qui fut celle du premier ministre François Fillon. Jacques Auxiette, le président socialiste sortant, reste cependant favori.

Franche-Comté. L'UMP compte sur le secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet, pour tenter d'emporter la région. La présidente sortante, Marie-Guite Dufay (PS), qui a remplacé en cours de mandat Raymond Forni, mort en janvier2008, manque de notoriété. Alain Joyandet est cependant affaibli par la menace d'une liste de droite dissidente menée par l'ancien président du conseil régional, Jean-François Humbert.

Basse-Normandie. L'UMP mise sur Jean-François Le Grand désigné tête de liste à l'issue d'une bataille acharnée pour tenter de gagner la région conduite par le socialiste Laurent Beauvais.

Lorraine. L'UMP espère reconquérir l'un de ses bastions qui avait basculé à gauche en 2004. Laurent Hénart (Parti radical), qui mène la liste de la majorité, souffre cependant de sa faible implantation en Moselle, le département-clé.

Languedoc-Roussillon. Sur le papier, Georges Frêche était jusqu'alors assuré de gagner. Sa mise au ban par les socialistes, intervenue mardi, peut changer la donne. L'UMP se met à rêver d'une triangulaire l'opposant à deux listes de gauche: l'une conduite par Georges Frêche, l'autre par la maire PS de Montpellier, Hélène Mandroux.

Rhône-Alpes. Le score d'Europe écologie, emmené par le pédagogue Philippe Mérieux, constitue, le principal enjeu du scrutin. La droite ne semble pas en mesure de menacer le président sortant, le socialiste Jean-Jack Queyranne.

Service France
Article paru dans l'édition du 05.02.10

http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/01/13/regionales-en-ile-de-france-pecresse-en-tete-au-premier-tour-selon-l-ifop_1291400_1293905.html#ens_id=1234897
Régionales en Ile-de-France : Pécresse en tête au premier tour, selon l'IFOP
LEMONDE.FR avec AFP | 13.01.10 | 21h40  •  Mis à jour le 04.02.10 | 13h13   Réagissez (14)  Classez Partagez  
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Valérie Pécresse, chef de file de l'UMP en Ile-de-France, arriverait en tête au premier tour des régionales, le 14 mars, avec 32 % des voix. Mais le total des voix de gauche au premier tour dépasserait nettement celui de la droite, selon un sondage IFOP pour Valeurs actuelles rendu public mercredi.


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Les faits Régionales : deux sondages donnent l'UMP perdante en Ile-de-France
La liste PS de Jean-Paul Huchon, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région, obtiendrait 24 % au premier tour, devançant de sept points la liste Verts-Europe Ecologie conduite par Cécile Duflot, créditée de 17 %. L'IFOP n'a pas fait de scénario de second tour. Dans une enquête précédente, réalisée du 8 au 10 décembre, l'institut de sondage créditait l'UMP de 34 % au premier tour, le PS de 23 % et les Verts de 16 %.

La liste du Front de gauche, conduite par Pierre Laurent et soutenue par le Parti communiste et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait 6 %, et le NPA d'Olivier Besancenot 4%. La liste de l'Alliance écologiste indépendante de Jean-Marc Governatori est créditée de de 1,5 % et celle du MoDem d'Alain Dolium de 5 %.

A droite, la liste Front national de Marie-Christine Arnautu obtiendrait 8 %, soit 1,5 point de plus que dans l'enquête réalisée par l'IFOP en décembre ; et la liste Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan obtiendrait 2,5 %. 16 % des sondés ne se prononcent pas.




http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/10/deux-sondages-donnent-l-ump-perdante-en-ile-de-france_1279039_823448.html#ens_id=1234897
Régionales : deux sondages donnent l'UMP perdante en Ile-de-France
LEMONDE.FR avec AFP | 10.12.09 | 20h17  •  Mis à jour le 01.02.10 | 15h10   Réagissez (45)  Classez  Imprimez  Envoyez Partagez  
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Valérie Pécresse, chef de file de l'UMP en Ile-de-France, est donnée battue au second tour des régionales par le socialiste sortant, Jean-Paul Huchon, comme par la leader des Verts, Cécile Duflot, selon deux sondages publiés jeudi 10 décembre.


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Les faits Régionales en Ile-de-France : Pécresse en tête au premier tour, selon l'IFOP
Les deux études divergent toutefois sur l'ampleur de la défaite de la ministre de l'enseignement supérieur : OpinionWay-Fiducial la donne battue sévèrement (57 % contre 43 %). IFOP-Maximal montre un écart plus faible : 52 %-48 %. Mais les deux instituts sont d'accord pour donner l'alliance gauche-Verts gagnante au second tour, quel que soit son leader.

OpinionWay-Fiducial dessine une lutte serrée entre M. Huchon, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région, et Mme Duflot, secrétaire nationale des Verts, qui espère rafler la mise pour son coup d'essai. Selon ce sondage, le duel de premier tour serait remporté par Mme Pécresse avec 30 %, et seuls 3 points sépareraient PS (24 %) et Verts-Europe Ecologie (21 %). Mais si Mme Duflot devait inverser la vapeur et virer en tête au premier tour, les taux sont inchangés au second tour 57 %-43 %.

IFOP-Maximal décrit un scénario moins décourageant pour la ministre UMP. Au premier tour, elle atteindrait un score remarquable de 34 % des voix. Il lui est indispensable, juge un spécialiste UMP de l'Ile-de-France, de dépasser nettement 30 % le 14 mars pour espérer avoir une chance au tour décisif. M. Huchon distancerait sans appel Mme Duflot par 23 % contre 16 %.

Le Front de gauche (PCF-FG) est crédité de 7 % par les deux instituts, le Front national va de 5 % (OpinionWay-Fiducial) à 6,5 % (IFOP-maximal). Le MoDem, qui présente un nouveau venu en politique, Alain Dolium, d'origine antillaise, récolterait 6 % (OpinionWay) ou 5 % (IFOP). Les intentions de vote sont décevantes pour Olivier Besancenot, allant de 2 à 3,5 %.



http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/02/04/le-nouveau-centre-bien-loti-dans-les-listes-regionales-reve-d-emancipation-et-pense-a-2012_1301073_1293905.html
Le Nouveau Centre, bien loti dans les listes régionales, rêve d'émancipation et pense à 2012
LE MONDE | 04.02.10 | 14h47  •  Mis à jour le 04.02.10 | 14h47   Réagissez   Recommandez  Classez Partagez  
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Alors que la grogne des élus de l'UMP ne se tarit pas, le Nouveau Centre savoure sa bonne fortune. Le parti fondé par les anciens amis de François Bayrou, après l'élection présidentielle de 2007, sort gagnant des négociations pour la composition des listes des candidats aux élections régionales. Ses dirigeants ont obtenu a minima une centaine d'élus, soit le "stock" dont l'UDF disposait à l'issue des précédentes élections régionales de 2004. Les négociations ont été rudes. Les derniers ajustements sont en cours, mais le Nouveau Centre devrait totaliser 20 % des places éligibles, autant que l'ensemble des autres alliés de la majorité, chasseurs, villiéristes, Gauche moderne, progressistes, courant de Christine Boutin.


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 Les faits
 Guerre de clochers et mise en demeure autour du sigle UDF
 Edition abonnés Archive : Les centristes de la majorité veulent profiter du virage à droite de l'UMP
Lors du conseil national de l'UMP, samedi 30 janvier, censé lancer la campagne, les cadres de l'UMP avaient ostensiblement fait part de leur mauvaise humeur, s'estimant lésés par ces négociations avec les différentes composantes de la majorité.

Deux ans après sa création, le Nouveau Centre estime avoir réussi sa première étape : reconstituer à l'abri de l'UMP, dont il est "un parti associé", son maillage territorial et le vivier des élus de l'UDF. Déjà lors des européennes de juin 2009, le parti avait habilement négocié en obtenant trois députés européens. La seconde étape s'ouvrira aux lendemains des régionales. Il s'agira, pour ce parti mal identifié d'incarner le centre, encore largement représenté par M. Bayrou et son mouvement le MoDem. Le Nouveau Centre parie sur l'échec de ce dernier au scrutin régional pour reprendre définitivement le flambeau.

Un satellite

Pour l'heure, le parti n'est qu'un satellite de l'UMP, représenté dans le gouvernement par son président, Hervé Morin, le ministre de la défense, Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée des technologies vertes et Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur. Le mouvement n'a pas réussi à exister sur le plan des idées, ni des valeurs. Tout juste a-t-il pu se faire entendre en septembre 2008, lors de la polémique sur l'institution du fichier (ONG) , préparé par la ministre de l'intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie. Pour sortir de l'anonymat, le Nouveau Centre est obligé de se réapproprier l'étiquette UDF, dont la propriété intellectuelle est juridiquement discutée entre les anciens fondateurs du parti centriste.

L'échéance présidentielle de 2012 pourrait constituer l'étape d'émancipation. "Sept électeurs sur dix de François Bayrou en 2007 se sont réfugiés dans l'abstention. Ils ne voteront pas pour Nicolas Sarkozy au premier tour de 2012, c'est à nous d'aller les chercher, d'incarner l'offre centriste qu'ils recherchent", plaide un responsable du parti. A travers les élections régionales, les responsables du Nouveau Centre espèrent démontrer à leurs alliés de l'UMP que l'union dès le premier tour n'est pas la martingale imaginée par le chef de l'Etat et que la droite unie ne dispose plus de réserve de voix pour le second tour.

Sophie Landrin
Article paru dans l'édition du 05.02.10

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/11/guerre-de-clochers-et-mise-en-demeure-autour-de-sigle-udf_1279591_823448.html#ens_id=1274605
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1279591,0.html
Guerre de clochers et mise en demeure autour du sigle UDF
LEMONDE.FR avec AFP | 11.12.09 | 19h44  •  Mis à jour le 11.12.09 | 19h57


'association UDF, contrôlée par François Bayrou, président du MoDem, a annoncé vendredi 11 décembre avoir "mis en demeure" Hervé Morin, président du Nouveau Centre (NC), de ne plus utiliser son sigle et de le retirer de tous les supports où il l'utilise actuellement, comme sur son site Internet.

 
"Vous avez multiplié, ces derniers jours, les déclarations indiquant que vous alliez proposer à votre mouvement politique de 'reprendre' le sigle UDF", écrit l'association UDF dans un courrier signé par 19 des 24 membres de son bureau, dont François Bayrou et Marielle de Sarnez, du MoDem, et le sénateur Jean Arthuis, de l'Alliance centriste. "Vous avez également cru bon de faire suivre sur votre matériel militant et sur la page de garde de votre site le nom de ce mouvement, le 'Nouveau centre', du slogan 'l'UDF d'aujourd'hui'", constatent également les signataires dans ce courrier adressé dans la soirée à Hervé Morin, et au député Hervé de Charette (ex-UMP passé au NC), qui a été le premier à déposer la marque "UDF" à l'Institut national de la propriété industrielle.

"Comme vous ne l'ignorez pas, vous n'avez aucun droit à l'utilisation de ce sigle", explique le bureau de l'UDF qui met en demeure le NC de retirer "immédiatement la mention du nom de l'UDF de tout support ainsi que de [son] site Internet". "Si vous ne le faisiez pas, les tribunaux seraient saisis pour faire respecter la loi et les droits légitimes des adhérents de l'Union pour la démocratie francaise", préviennent les signataires.

Qualifiant par ailleurs le dépôt en 2004 par Hervé de Charette de la marque UDF à l'INPI de "manifestement frauduleux", le bureau de l'UDF met également en demeure l'ancien ministre des affaires étrangères d'Alain Juppé "de transmettre la propriété de cette marque à ses légitimes ayants droit". "Nous vous prions, au vu de ce qui précède, de prendre toute disposition utile pour faire cesser cet abus de droit, d'autant plus grave qu'il est le fait d'un ministre de la République, et de bien vouloir nous informer des décisions que vous aurez arrêtées. Faute de décisions suffisantes pour mettre fin à ces abus, nous saisirons immédiatement les tribunaux compétents", conclut le bureau de l'association UDF.


http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/11/les-centristes-de-la-majorite-veulent-profiter-du-virage-a-droite-de-l-ump_1279241_823448.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1279241,0.html
Les centristes de la majorité veulent profiter du virage à droite de l'UMP
LE MONDE | 11.12.09 | 14h12  •  Mis à jour le 11.12.09 | 19h59


entonner des airs bien à droite, l'UMP n'est-elle pas en train de ranimer les cendres de l'UDF ? En choisissant de mettre en avant les thèmes de l'identité nationale, de l'immigration et de la sécurité, Nicolas Sarkozy a donné une tribune aux centristes de sa majorité, qui font entendre leurs différences. Qu'ils soient membres du Nouveau Centre, le parti satellite de l'UMP, ou directement adhérents du parti du chef de l'Etat.

 
"Pour moi, le débat sur l'identité nationale se fait au risque de stigmatiser une partie de la population française", assure ainsi Hervé Morin, le patron du Nouveau Centre, qui tient un conseil national samedi 12 décembre. Lors de cette réunion, il mettra en scène ses nouvelles recrues, le député du Maine-et-Loire Hervé de Charette, qui quitte l'UMP en disant que le parti est "trop à droite", et la secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur, Anne-Marie Idrac.

Deux prises symboliques : M. de Charette est un giscardien historique, qui fut le président délégué de l'UDF de 1998 à 2002 ; Mme Idrac fut secrétaire générale de l'UDF de 2001 à 2002. En sus, M. de Charette arrive avec, dans ses bagages, les droits sur la marque UDF, que le Nouveau Centre envisage de faire revivre, pour s'assurer la notoriété qui lui fait encore défaut. Seuls 35 % des Français identifient aujourd'hui ce parti.

Jeudi 10 décembre, M. Morin a, autre symbole, rencontré Valéry Giscard d'Estaing, le fondateur de l'UDF, pour s'assurer de son patronage. La rencontre, selon le président du Nouveau Centre, s'est tenue à "l'initiative de l'ancien président" et fut des plus amicales : "Il estime que reprendre le nom de l'UDF serait la meilleure nouvelle qui soit." Et d'affirmer : "Nous partageons le point de vue qu'il faut mener une politique qui doit permettre une société apaisée."

La veille, ce sont d'autres anciens de l'UDF, restés, eux, à l'UMP, qui ont décidé d'affirmer une part d'autonomie, sans quitter le navire. Une trentaine de députés et de sénateurs se sont constitués en un groupe des "parlementaires centristes de l'UMP". Pour faire entendre leur musique sur des thèmes qui leur sont chers : la réduction rapide des déficits et la réforme des retraites.

Eux aussi se démarquent du virage à droite de l'UMP. "Quelle que soit la pertinence du débat sur l'identité nationale, nous ne pouvons pas en maîtriser les effets. Je constate que le Front national revient sur toutes les antennes de télévision", regrette ainsi le député d'Ille-et-Vilaine Pierre Méhaignerie, l'un des leaders de ce groupe, avec le député du Nord Marc-Philippe Daubresse et la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller. Dans un texte commun, les "parlementaires centristes" notent que "pour 2010, le débat ne doit pas se limiter aux seuls thèmes de la sécurité, l'immigration et le pacte national".

"Un espace existe"

Pour M. Méhaignerie, lorsque l'UMP a été créé en 2002, ce mouvement "devait être une cathédrale, avec des courants en son sein. Mais si c'est bien une cathédrale, des chapelles se sont finalement construites autour. Ce n'était pas le contrat." Dans le viseur, notamment, le Nouveau Centre...

Car, si volontaire qu'elle soit à s'affirmer, l'ex-famille de l'UDF restée à droite n'est pas réconciliée. Né, en 2007, de la défection d'une partie des troupes de François Bayrou, le parti d'Hervé Morin a rogné sur l'espace de ceux arrivés dès 2002 au sein de l'UMP. Qui se trouvent désormais moins bien servis, lors de la composition des listes électorales de la majorité.

Autre ancienne de l'UDF, qui a fondé, associé à l'UMP, le Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin est, elle aussi, monté au créneau, dans Le Figaro de vendredi 11 décembre. Si sa formation n'obtient pas 20 candidats sur les listes de la majorité aux régionales, elle mènera, dit-elle, sa "liste dans la région Pays de la Loire".

Un nouvel essor du centre droit est-il possible, alors que le MoDem a faibli ? "Un espace existe, qui peut devenir béant", estime le sondeur Frédéric Dabi, de l'IFOP. Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, fait mine de s'en réjouir, sans s'attarder sur les désaccords : "Cela fait longtemps que nous voulons que le centre de la majorité passe à la vitesse supérieure", estime-t-il, expliquant que "l'électorat de François Bayrou est à prendre".



Pierre Jaxel-Truer

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Chronologie

1978, la création de l'UDF. Le parti centriste a été créé par Valéry Giscard d'Estaing, qui souhaitait s'appuyer sur un parti réunissant les différentes familles centristes et de droite non-gaulliste.

2002, une partie de l'UDF se fond dans l'UMP. Lorsque Jacques Chirac a décidé de rassembler les forces de droite, il a été rallié par nombre d'élus du centre, sensibles à l'idée de créer un grand parti sur le modèle de la CDU allemande.

2007, l'UDF disparaît. Après l'élection présidentielle, François Bayrou, alors à la tête de l'UDF, décide de créer le MoDem. Une grande partie de ses troupes rejoint alors la majorité en créant le Nouveau Centre. Qui désire aujourd'hui faire renaître l'UDF.




Article paru dans l'édition du 12.12.09





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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:39

(dépêches)


Dominique de Villepin innocenté dans l'affaire Clearstream le jour des 55 ans de Nicolas Sarkozy

http://fr.news.yahoo.com/4/20100128/tts-france-justice-clearstream-jugement-ca02f96.html

Dominique de Villepin relaxé dans l'affaire Clearstream
il y a 56 min

 Thierry Lévêque             Buzzer ! Imprimer Dominique de Villepin a été relaxé jeudi dans le procès de la manipulation menée en 2004 avec de fausses listes de comptes bancaires de la société Clearstream et censée avoir visé Nicolas Sarkozy. Lire la suite l'article
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Contre l'avis du parquet, qui avait requis une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 45.000 euros, le tribunal correctionnel a estimé impossible d'imputer une infraction pénale à l'ancien Premier ministre.

"Après plusieurs années d'épreuve mon innocence a été reconnue", s'est réjoui Dominique de Villepin.

"Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique. Je suis fier d'être le citoyen d'un pays, la France, où l'esprit d'indépendance reste vivant", a-t-il ajouté devant les caméras.

Le tribunal estime qu'il n'existe pas de preuve qu'il ait donné d'instruction pour que les fausses listes soient transmises à la justice. Il n'est pas non plus possible de le déclarer coupable en raison de sa supposée inaction, comme le demandait le parquet, ajoutent les juges.

Rien ne permet en effet de démontrer qu'il ait été de mauvaise foi et ait eu connaissance du fait que les listes étaient fausses avant la date d'octobre 2004, au moment où le complot était consommé, estime le tribunal.

Dominique de Villepin se voit toutefois légèrement égratigné par un attendu du jugement, qui souligne qu'il "pressentait l'avantage politique qu'il pouvait tirer de ces révélations dans un contexte de rivalité notoire".

Les juges pensent aussi que Dominique de Villepin n'a pas toujours donné des explications exactes sur l'affaire, mais sans dire explicitement qu'il a menti.

DÉFAITE MAIS EURO SYMBOLIQUE POUR SARKOZY

C'est une défaite pour Nicolas Sarkozy, dont l'avocat Thierry Herzog avait plaidé durant quatre heures au procès pour tenter d'obtenir que l'ancien Premier ministre soit désigné comme l'instigateur du complot.

Le tribunal concède une maigre contrepartie en déclarant régulière la constitution de partie civile du chef de l'Etat, que Dominique de Villepin contestait. Il obtient l'euro symbolique à payer solidairement par les condamnés.

Ce jugement pourrait être lourd de conséquences pour la politique française, car l'ancien Premier ministre, âgé de 56 ans, pourrait s'affirmer à droite, en vue de la présidentielle de 2012, comme un opposant au président Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin a dit vouloir désormais se "tourner vers l'avenir pour servir les Français et continuer dans un esprit de rassemblement au redressement de la France".

Nicolas Sarkozy s'est refusé à tout commentaire sur ce jugement avant d'en connaître les "éléments".

Les juges ont en revanche condamné pour "dénonciation calomnieuse" l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin à trois ans de prison dont 15 mois ferme et l'ancien cadre de cette société aéronautique, le Franco-Libanais Imad Lahoud à trois ans de prison dont 18 mois ferme.

Ils sont sanctionnés aussi de 40.000 euros d'amende chacun. Ils ne partiront pas en détention immédiatement, car ils devraient déposer un appel suspensif.

Un protagoniste subalterne de l'affaire, le consultant Florian Bourges est condamné à quatre mois de prison avec sursis. Le journaliste Denis Robert est relaxé.

Le dossier vise un supposé complot mené en 2004 avec des fausses listes de comptes bancaires, censé avoir eu pour but d'éliminer Nicolas Sarkozy de la présidentielle de 2007.

Les fausses listes de comptes de la société financière luxembourgeoise imputant à des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, la détention d'argent sale à l'étranger, ont été fabriquées fin 2003.

Imad Lahoud les a remises à Jean-Louis Gergorin, alors vice-président d'EADS qui les a fait connaître à son ami Dominique de Villepin.

Ce sont les manoeuvres imputées à ce dernier lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères (2002-2004) puis de l'Intérieur (2004-2005), en particulier les enquêtes demandées au général Rondot et les services spéciaux, qui étaient l'objet du procès.

Edité par Yves Clarisse

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/clearstream-villepin-relaxe_844979.html#xtor=AL-447
Justice
Clearstream: Villepin relaxé
Par Emmanuelle Defaud, publié le 28/01/2010 à 10:15 - mis à jour le 28/01/2010 à 14:03

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REUTERS/Gonzalo Fuentes

Dominique de Villepin devant la presse, à l'ouverture du procès Clearstream.

Le jugement du procès Clearstream a été rendu ce jeudi matin.

C'est un jugement de 326 pages qu'a lu pendant deux heures dans une salle glaciale le président du tribunal, relayé par son assesseur, ce jeudi matin en épilogue de l'affaire Clearstream. Le jugement, rendu le jour de l'anniversaire de Nicolas Sarkozy, partie civile dans le procès, est le suivant:

Dominique de Villepin :

Relaxe pour l'ancien Premier ministre pour tous les chefs d'accusation. Du délit de complicité de dénonciation calomieuse, au recel. Au cours d'une lecture interminable des attendus, le tribunal a été tenté de requalifier les faits de complicité par abstention et non par instruction. "En ne faisant rien, DDV a-t-il permis à la dénonciation de continuer?", demande le président. "On vient de créer le délit de ne rien faire", a commenté Me Metzner, l'avocat de Villepin pendant la lecture des attendus. "Cette affaire est montée à l'envers. On part du mobile pour arriver aux faits." Mais le tribunal n'aura finalement pas condamné Villepin. A la lecture du jugement, on applaudit dans la grande salle. A sa sortie, l'ex-Premier ministre est ovationné par ses fans et se lance dans un discours.

Une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 45.000 euros avait été requis à l'encontre de l'ancien Premier ministre, soupçonné de "complicité par abstention de dénonciation calomnieuse" pour ne pas avoir prévenu Nicolas Sarkozy que son nom figurait sur de faux listings de comptes à l'étranger.

Jean-Louis Gergorin:

Au cours d'une lecture très sévère des attendus contre lui, il est décrit comme "de mauvaise foi", "pas crédible": "Gergorin n'a rien fait pour arrêter la dénonciation dont il était l'auteur". Il est déclaré coupable du délit de dénonciation calomnieuse. Il a été relaxé pour le délit de faux mais coupable d'usage de faux et de recel.

Peine: 3 ans dont 21 mois avec sursis, amende de 40000 euros. Le procureur avait requis le 20 octobre 2009 3 ans de prison, dont la moitié ferme. Il fait appel.

Imad Lahoud : Il a fourni "une aide déterminante" au délit de dénonciation calomnieuse, établit le jugement. Le falsificateur des listings c'est lui. Il est déclaré coupable de complicité de dénonciation calomnieuse.

Peine: 3 ans dont 18 mois avec sursis, 40000 euros d'amende. Le procureur de Paris avait requis deux ans de prison dont 18 mois ferme. Il fait appel.

Florian Bourges est reconnu coupable du délit d'abus de confiance.

Peine: 4 mois de prison avec sursis.

Le journaliste Denis Robert est relaxé.

Alors que Thierry Herzog, l'avocat du Président a quitté le palais de justice sans un mot, Dominique de Villepin est ovationné par ses partisans.



http://fr.news.yahoo.com/78/20100128/tpl-villepin-sous-contrle-34cdeee.html
Villepin sous contrôle
il y a 29 min

 LEXPRESS.fr             Buzzer ! Imprimer L'ancien Premier ministre s'est préparé minutieusement pour maîtriser son image lors du procès Clearstream. Lire la suite l'article
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Dominique de Villepin a raconté à des élus la manière dont il s'était préparé au procès Clearstream, où l'ancien Premier ministre a été relaxé jeudi. Non seulement avait-il intensifié ses activités sportives, mais il avait étudié la mise en scène au tribunal dans ses moindres détails. L'ancien Premier ministre veillait à ce que son visage, scruté en permanence par les observateurs, ne laisse jamais apparaître le moindre signe.

http://fr.news.yahoo.com/64/20100128/tfr-villepin-sarkozy-le-jour-d-aprs-a2f96e4.html
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/28/villepin-sarkozy-le-jour-d-apres_1298060_3224.html#xtor=AL-32280184
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/28/villepin-sarkozy-le-jour-d-apres_1298060_3224.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1298060,0.html
Enquête
Villepin/Sarkozy : le jour d'après
LE MONDE | 28.01.10 | 13h58  •  Mis à jour le 28.01.10 | 13h58


l est passé par tous les stades. L'angoisse face aux rumeurs qui n'ont pas cessé depuis la fin du procès Clearstream : "Sarkozy veut me déchiqueter !" L'orgueil insensé parce que, dans la rue, dix personnes l'avaient applaudi: "Cela ne changera rien à mon avenir politique !" L'humiliation aussi, au souvenir de sa femme Marie-Laure prenant le bras d'un ami en suppliant : "Je vous en prie, sortez-le de là !"

 
Mardi 26 janvier, lorsqu'il a fallu préparer ses mots avec ses avocats, Dominique de Villepin a soigneusement tout pesé. La relaxe. La condamnation. L'entre-deux. Le mercredi, il a laissé décanter. Puis il a prévenu ses supporters qu'il enjamberait son jugement, jeudi 28 janvier, pour ne penser aussitôt qu'au jour d'après : "Quoi qu'il arrive, je continue. Je n'ai pas le choix."

A l'Elysée, on a connu pendant des mois les mêmes montagnes russes. A la Toussaint, l'avocat du chef de l'Etat, Thierry Herzog, avait croisé à La Baule l'un des quatre défenseurs de Villepin, Luc Brossolet. Après un café, ils ont avoué la même certitude : "C'est cinquante/cinquante." Les amis du chef de l'Etat ont donc alterné les humeurs. Cru à coup sûr que Villepin serait condamné, comme un cadeau offert à Nicolas Sarkozy le jour de ses 55 ans : "Bon anniversaire, mister président !" Imaginé avec inquiétude une relaxe dont ils rendaient déjà responsable le procureur Jean-Claude Marin autant que le président du tribunal, Dominique Pauthe. Ils ont fini par se rassurer en évoquant le jour d'après : "Villepin ? C'est du bruit médiatique, assure Franck Louvrier, conseiller en communication de l'Elysée. Il n'a pas de parti, pas d'argent, pratiquement pas de parlementaires. Personne ne le suivra !"

Ce lendemain domine tout, tant, au fond, l'affrontement entre les deux hommes est devenu boursouflé, irrationnel et parfois même ridicule. Une affaire de mots et de poses. Mais qui peut avoir de l'impact. Même s'il ne reste à Dominique de Villepin que son verbe, celui-ci peut faire perdre à Nicolas Sarkozy les quelques points nécessaires, à droite, pour une éventuelle réélection.

Pour le reste, les troupes sont minces. L'été 2099, lorsque l'ancien premier ministre a demandé à Brigitte Girardin de monter des clubs en son nom, les premiers supporters se sont réunis pendant des mois dans une cave voûtée, certes classée, mais humide et sombre, du quartier du Marais. La première réunion publique, le 27 octobre 2009, a été lancée à l'économie. 10 000 euros pour louer la Maison de l'Amérique latine, un éclairage catastrophique et 1 300 fans, dont une douzaine de parlementaires. Depuis un mois, les Clubs Villepin ont trouvé refuge dans un petit appartement de la place Henri-Bergson tout près de l'église Saint-Augustin, au coeur de Paris. Mais les bienfaiteurs sont encore rares. Suspendus jusqu'ici au jugement Clearstream.

Villepin lui-même est hésitant. Son métier d'avocat-conseil auprès de quelques entreprises comme Veolia ou du gouvernement bulgare, ses conférences à l'étranger lui rapportent de quoi vivre confortablement et rémunérer ses avocats. Lors du procès, il a déclaré 29 000 euros d'honoraires par mois. Le coût global de sa défense est évalué autour de 70 000 euros. Mais, dans ces tâches-là, il n'a pas le sentiment d'exister. Il a cependant décidé de prendre ses propres bureaux dans un hôtel particulier et d'abandonner ceux prêtés par son ami, l'avocat d'affaires Serge-Antoine Tchekhoff, avenue Foch. Il a passé ses vacances de Noël à Gstaad, où se trouvaient certains de ses clients.

Il reste pour autant profondément ambivalent sur les rituels de la bourgeoisie. Les amis qu'il a dans les milieux littéraires ou artistiques n'ont jamais cru qu'il puisse s'abîmer dans un milieu politique qu'il méprise. Les quelques élus qui lui sont fidèles, eux, ont compris le contraire. François Goulard raconte volontiers que lorsqu'il a affirmé en souriant à Villepin : "Je suis certain que tu seras candidat en 2012. Et tout aussi certain que s'il n'y avait pas eu le procès, tu ne l'aurais pas été", Villepin a souri franchement : "Tu as tout compris." Devant la journaliste Anna Cabana, qui l'a vu régulièrement ces derniers mois pour écrire son livre La Verticale du fou (Flammarion), il a éructé : "Je ne suis pas mort !" avant de se comparer à un "chef de réseau entre 1940 et 1944". Nicolas Sarkozy, quoi qu'il en soit, prend au sérieux sa capacité de nuisance médiatique. Politiquement, il le sait dépouillé de presque tout. Dans les Clubs Villepin, on évite de parler par téléphone, convaincu d'être écouté par des oreilles indiscrètes. Mais il n'est pas rare que les réunions prennent l'allure d'une amicale où chacun raconte le blocage supposé de sa carrière par les sarkozystes.

Brigitte Girardin, ancienne ministre de l'outre-mer et présidente des Clubs, affirme ainsi que la seule proposition qui lui a été faite, "contre les usages du milieu politique", souligne-t-elle, a été sa réintégration au Quai d'Orsay à son indice de début de carrière. Au ministère des DOM-TOM, sur le mur où sont exposées les photos des anciens ministres, elle certifie que son portrait a été enlevé.

Le conseiller d'Etat Philippe Mettoux, ex-conseiller justice à Matignon sous Villepin et coordinateur de sa défense dans Clearstream, a vu à deux reprises ses propositions de rejoindre une entreprise privée s'évanouir en fumée, du fait, jure-t-il, de sa proximité avec l'ancien premier ministre. L'historien Benoît Yvert, ami cher et ancien directeur du livre au ministère de la culture, se souvient encore de la visite d'Emmanuelle Mignon, alors conseillère du président de la République, chargée de le sonder sur une éventuelle promotion en même temps que sur la persistance de son amitié pour Villepin.

Le député du Finistère, Jacques Le Guen, a été écarté de la tête de liste aux régionales en Bretagne au profit de Bernadette Malgorn, ex-secrétaire générale du ministère de l'intérieur. Marie-Anne Montchamp, députée du Val-de-Marne, a vu sa circonscription disparaître dans le redécoupage électoral. Et Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault, assure que les sarkozystes ont juré d'avoir sa peau aux législatives de 2012. Dominique de Villepin lui-même fustige "les médias du groupe Lagardère ou TF1, qui mènent campagne dans une stratégie faite pour (l')éliminer".

Cela pourrait suffire à dissuader n'importe qui. Mais voilà, répètent Nicolas Sarkozy et ses amis, "Villepin est fou" ! Dans leur esprit, cela suppose qu'il ne convient pas seulement de le gérer en stratège rationnel, les yeux braqués sur ses maigres troupes. Combien de fois ont-ils explosé devant des journalistes qui persistaient à interroger l'ancien premier ministre : "Evidemment, vous le trouvez beau !" Comme s'il s'agissait d'abord de contrer une image... Ou un style.

Villepin a des audaces qui n'appartiennent qu'à lui seul et une détermination effectivement au-delà de la raison. Imprévisible, en un mot. L'Elysée a longtemps cru que la perspective du jugement Clearstream paralyserait sa parole publique. Erreur psychologique. "Il n'a demandé l'avis de personne pour repartir en politique", reconnaît Philippe Mettoux. Et s'est vite autodésigné comme "le meilleur opposant au président".

Face à la justice, il n'a cessé de souligner volontairement ce qu'il considère comme des humiliations inutiles. Soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit de rencontrer Jacques Chirac, il a croisé celui-ci à plusieurs reprises. La dernière fois, quai Malaquais, leurs voitures se sont retrouvées côte à côte. Les chauffeurs ont pilé net. L'ancien président et son ancien premier ministre sont sortis pour s'embrasser sous les yeux des badauds prenant des photos. Dans l'heure, Dominique de Villepin a appelé ses juges pour souligner lui-même son infraction à la règle qui lui avait été imposée.

Luc Brossolet, Olivier d'Antin, Olivier Metzner et Henri Leclerc, les avocats de l'ancien premier ministre, ont appris à connaître son caractère. Ils en sourient parfois lorsque Me d'Anin se lance dans une imitation parfaite de leur client. Combien de fois ont-ils vu Dominique de Villepin se lever d'un jet, remonter sa ceinture comme on ajuste une armure et partir dans une diatribe : "Je vais leur dire qui est vraiment Nicolas Sarkozy, je vais leur dire qui est ce type !" Souvent, ils ont pensé alors : "On court vers l'abîme !" Puis Dominique de Villepin se rasseyait en souriant: "C'était juste un test..." Depuis, ils ont abandonné l'idée de lui donner le moindre conseil sur sa conduite politique. Il ne le suivrait pas.

Jusqu'à la dernière minute, ils n'ont pas su si Villepin ferait appel en cas de condamnation. Quelques jours avant le jugement, l'ancien premier ministre assurait, vaguement las : "Il n'y a pas de fatalité à se laisser guider par la haine ou à persévérer dans la bêtise." Avant de prévoir avec ses amis politiques, comme si de rien n'était, un déplacement dans le Finistère, le 15 février. Lorsqu'on lui demande s'il fera tout pour contrer Nicolas Sarkozy en 2012, il assure : "Je n'ai pas le goût de l'Apocalypse." Dans la minute qui suit, le voilà remonté sur ses grands chevaux : "Je ne suis pas intimidable ! Je ne céderai rien !" Avant de soupirer ces quelques mots, qui signent son contentement d'être le seul partenaire valable d'un duel présidentiel : "Le vrai problème de Sarkozy, au fond, c'est qu'il m'aime trop..."



Raphaëlle Bacqué
Article paru dans l'édition du 29.01.10

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/28/clearstream-un-enjeu-pour-la-fonction-presidentielle_1298021_3224.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1298021,0.html
Clearstream, un enjeu pour la fonction présidentielle
LE MONDE | 28.01.10 | 13h58  •  Mis à jour le 28.01.10 | 13h58


ue la justice fasse son travail et dise ce qu'elle pense", a répondu Nicolas Sarkozy, interrogé sur l'issue du procès Clearstream, lundi 25 janvier, avant sa rencontre télévisée avec des Français sur TF1. Ce serait donc si simple. A l'heure où ces lignes sont écrites, la justice - en l'occurrence les trois juges du tribunal correctionnel de Paris - n'a pas encore dit ce qu'elle pense des responsabilités des cinq prévenus renvoyés devant elle. Mais, quelle que soit l'issue de cette affaire d'Etat, elle ouvre un débat sur la conception que Nicolas Sarkozy a de sa fonction présidentielle et de son rapport avec la justice.

 
Il s'est engagé dans les jours qui ont suivi son élection. En mai 2007, le tout nouveau président de la République s'est enquis auprès de son avocat, Me Thierry Herzog, de l'affaire Clearstream. Partie civile il était depuis janvier 2006, partie civile, il a, à cet instant, décidé de demeurer.

Le reste est connu. Après quatre ans d'instruction, deux juges ont renvoyé Dominique de Villepin pour complicité de dénonciation calomnieuse devant le tribunal correctionnel, soit pour une infraction souvent examinée par les juridictions mais qui donne lieu à peu de condamnations tant elle est difficile à prouver. Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, est venu à l'audience soutenir en personne une accusation dont il avait d'abord estimé qu'elle ne tenait pas. Fait exceptionnel, il est même allé sur les ondes d'Europe 1, avant l'ouverture du procès, justifier le contenu de son réquisitoire. Et pendant quatre semaines, du lundi 21 septembre au vendredi 23 octobre, un ancien premier ministre a comparu face à un président de la République partie civile.

Pour Nicolas Sarkozy, une relaxe de Dominique de Villepin, même au bénéfice du doute, même avec des attendus sévères sur son attitude dans cette affaire, serait un terrible soufflet. Sa condamnation, une victoire. Mais dans les deux cas, le président de la République et la fonction présidentielle sont perdants.

Egalité des armes

Dans une affaire reposant sur une infraction aussi difficile à établir en droit, et qui laisse donc aux juges une marge d'interprétation juridique et politique, comment une décision de condamnation, ne serait-elle pas entachée par la qualité du plaignant, impliqué si fortement dans le dossier ? Comment à l'inverse une décision de relaxe de l'un des principaux adversaires politiques du chef de l'Etat ne serait-elle pas perçue comme un camouflet pour lui ? Elle ne prouverait pas tant l'indépendance des juges par rapport au pouvoir politique que la démonstration par l'évidence que le président de la République ne peut pas s'engager dans une affaire qu'il est susceptible de perdre.

La Constitution fait du chef de l'Etat le garant de l'indépendance de la justice - il est président de droit du Conseil supérieur de la magistrature. Elle lui confère un rôle majeur dans l'organisation du système judiciaire et la nomination des magistrats. Elle lui accorde une immunité pénale et civile pendant toute la durée de ses fonctions. Sa place au banc des parties civiles, a fortiori contre un rival politique - et contrairement à cette tradition non écrite respectée par ses prédécesseurs de ne pas agir en justice - ne peut que mettre en péril ce fragile échafaudage.

Se souvient-on que lors du procès de Maxime Brunerie, le jeune militant d'extrême droite qui avait tenté de tuer Jacques Chirac le 14 juillet 2002, l'ancien président de la République ne s'était pas constitué partie civile ? "Cette volonté laisse l'espace judiciaire entièrement ouvert. Il n'y a pas de pression", avait ainsi observé l'avocat général Philippe Bilger dans son réquisitoire.

Les avocats de Dominique de Villepin, comme, avant eux, ceux des prévenus dans une affaire d'escroquerie aux comptes bancaires dont M. Sarkozy a été victime, ont soulevé cette difficulté au nom de l'atteinte au principe de l'égalité des armes. A Nanterre en première instance puis à Versailles en appel, des juges ont dû répondre à cette interpellation. Les premiers ont ouvert une porte en considérant que "le lien entre le président de la République et les magistrats peut laisser croire aux justiciables qu'ils ne bénéficieraient pas d'un tribunal indépendant et impartial", conformément à l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les seconds l'ont refermée en estimant que, en l'état actuel du droit, la constitution de partie civile de M. Sarkozy ne pouvait être contestée. Mais ils ont pris soin de préciser qu'"à supposer que l'organisation judiciaire française et la Convention européenne soient incompatibles, seule la réforme de la Constitution serait en mesure de résoudre cette contradiction", renvoyant la responsabilité de trancher au législateur.

Le sort judiciaire de M. de Villepin importe peu au regard de cette question de principe à laquelle il faudra apporter une réponse, soit juridique - par la Cour de cassation, voire la Cour européenne des droits de l'homme - ou politique, via le Parlement et le Conseil constitutionnel : le président est-il un justiciable comme un autre ?



Pascale Robert-Diard

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Chronologie

9 janvier 2004. Le nom de Nicolas Sarkozy est cité à propos de listings de personnalités censées détenir un compte à l'étranger lors d'une réunion organisée au Quai d'Orsay en présence du ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, de l'industriel Jean-Louis Gergorin et du général Philippe Rondot.

Septembre 2005. Une instruction est ouverte pour "dénonciation calomnieuse".

Janvier 2006. M. Sarkozy se porte partie civile dans le dossier.

4 juillet 2008. M. de Villepin est mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse".

21 septembre 2009. Ouverture du procès Clearstream.




Article paru dans l'édition du 29.01.10


http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/01/28/dominique-de-villepin-a-salue-le-courage-du-tribunal_1297989_823448.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1297989,0.html
Clearstream : Villepin salue "le courage du tribunal"
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 28.01.10 | 13h37  •  Mis à jour le 28.01.10 | 14h15


ominique de Villepin a salué, jeudi, juste après avoir eu connaissance de sa relaxe dans le procès Clearstream,  le "courage" du tribunal correctionnel de Paris. Dans une courte déclaration à la presse à sa sortie de la salle d'audience, l'ancien premier ministre a expliqué qu'il souhaitait désormais se "tourner vers l'avenir pour servir les Français".

 
"Après plusieurs années d'épreuve, mon innocence a été reconnue", s'est réjoui M. de Villepin, qui était accusé de complicité de dénonciation calomnieuse. "Je salue le courage du tribunal, qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique. Je suis fier d'être le citoyen d'un pays, la France, où l'esprit d'indépendance reste vivant. Je n'ai aucune rancœur, aucune rancune", a-t-il dit devant les caméras. "J'ai été blessé par l'image que l'on a voulu donner de la politique, de l'engagement qui a été le mien pendant trente ans, et c'est vers l'avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, au redressement de la France", a ajouté l'ex-chef de gouvernement, qui depuis quelques mois ne cache plus ses ambitions présidentielles pour 2012.

Son avocat, Me Olivier Metzner, a déclaré à l'issue de la relaxe de son client : "Je me réjouis que la justice l'ait emporté, qu'on ait enfin reconnu l'innocence de Dominique de Villepin, innocence longtemps bafouée par la plus haute autorité de l'Etat. Ce jugement a démonté toute hypothèse possible, il a tout envisagé et à l'issue de cette longue démonstration, le tribunal reconnaît qu'il n'existe aucun élément, quel qu'il soit, contre Dominique de Villepin, que Dominique de Villepin a rempli la mission qui lui était alors confiée comme ministre. Voilà un homme qui, malheureusement, a été précondamné pour être aujourd'hui innocenté. Je ne redoute rien dans la mesure où le jugement qui a été rendu est un jugement extrêmement clair, extrêmement limpide et écarte toute hypothèse de culpabilité quelle qu'elle soit et donc la Cour d'appel ne pourrait faire que la même chose que le tribunal, donc peut importe un appel éventuel."

Nicolas Sarkozy s'est refusé à commenter la relaxe de Dominique de Villepin, par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès Clearstream, estimant qu'il fallait "attendre les éléments avant de les commenter". "Je pensais que vous preniez la parole pour me souhaiter un bon anniversaire, ça ne m'étonne pas de vous, je vous en remercie infiniment", a répondu M. Sarkozy à l'interpellation d'un journaliste après son allocution concluant la conférence sur les déficits. "Pour le reste, attendons de connaître les éléments avant de les commenter. Merci", a ajouté le chef de l'Etat, qui fête jeudi ses 55 ans. Nicolas Sarkozy était partie civile dans ce procès.

Jean-Louis Gergorin, condamné à quinze mois de prison ferme notamment pour dénonciation calomnieuse, a annoncé qu'il faisait appel de sa condamnation, ouvrant la voie à un second procès. "J'ai décidé de faire appel car je suis innocent et me battrai de toutes mes forces pour que mon innocence soit reconnue", a déclaré l'ancien vice-président exécutif d'EADS, considéré par le tribunal correctionnel de Paris comme le "cerveau" de la manipulation visant à faire croire que des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes à l'étranger. "J'ai servi mon pays pendant trente-quatre ans, douze ans au service de l'Etat et vingt-deux ans au développement de son industrie aéronautique et aérospatiale. Je ne suis pas le personnage qui est décrit par ce jugement", a affirmé M. Gergorin. "J'ai cru à l'authencitié des listings Clearstream transmis en 2003 et 2004, je n'ai pas commis les délits qui me sont reprochés", a-t-il martelé.

Me Paul-Albert Iweins, son avocat s'est déclaré "surpris par la sévérité de cette décision, le tribunal considère, contrairement à ce que pensait le parquet, que M. Gergorin n'est pas le manipulateur de M. Lahoud mais qu'au contraire M. Gergorin a été manipulé par M. Lahoud et le tribunal n'en tire pas toutes les conséquences, même si la peine qu'il inflige à M. Gergorin est inférieure à celle qu'il inflige à M. Lahoud. Bien que le tribunal dise lui-même que M. Gergorin s'est peut-être laissé aveugler par certaines obsessions, je pense que le tribunal a considéré qu'il est trop intelligent pour ne pas avoir su. Etre condamné pour être trop intelligent pour ne pas avoir su, c'est le genre de compliment dont on peut se passer".

L'avocat du journaliste Denis Robert, Me Hervé Témime, s'est félicité de la relaxe de son client : "Denis Robert n'a agi qu'en qualité de journaliste. C'est une très bonne décision, en particulier du fait que le tribunal a considéré que Denis Robert était protégé par des principes supérieurs qui sont ceux de la liberté de la presse, de la liberté d'information, de la liberté d'expression. Dans ce cadre il ne pouvait être condamné."

Me Olivier Pardo, avocat d'Imad Lahoud, a déclaré au sujet du jugement de son client : "On s'attendait à beaucoup de choses, on avait même préparé le pire, le risque de mandat d'arrêt à l'audience, car on connaît la tradition judiciaire qui est vieille comme la République où dans des affaires de ce type, ce sont souvent les lampistes, les plus faibles, qui ont les peines les plus fortes."


http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/28/clearstream-dominique-de-villepin-relaxe_1297985_3224.html

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1297985,0.html
Clearstream : Dominique de Villepin relaxé
LEMONDE.FR | 28.01.10 | 13h18


'ancien premier ministre Dominique de Villepin a été relaxé du chef de complicité de dénonciation calomnieuse pour lequel il était renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire Clearstream. L'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin a été déclaré "coupable de dénonciation calomnieuse", le mathématicien Imad Lahoud "coupable de complicité de dénonciation calomnieuse" et l'ex-auditeur Florian Bourges "coupable d'abus de confiance".

 
Pour le tribunal, il est cependant "établi" que Dominique de Villepin "s'est prévalu de propos du président de la République", Jacques Chirac, et que "le nom de Nicolas Sarkozy a été évoqué à plusieurs reprises" lors de la réunion du 9 janvier 2004 dans le bureau du ministre des affaires étrangères.

Il relève également que, contrairement à ce qu'il a soutenu, M. de Villepin est bien intervenu pour faire libérer Imad Lahoud de garde à vue en février 2004.

Mais sur le sujet essentiel de l'existence d'une "instruction" donnée par M. de Villepin de saisir un juge d'instruction pour mettre au jour l'affaire, le tribunal estime qu'elle n'est pas prouvée. Il n'est pas davantage démontré que M. de Villepin avait connaissance de la fausseté des listings dès avril 2004. La complicité de dénonciation calomnieuse par instruction n'est donc pas retenue.

Sur la complicité par abstention, retenue par le parquet, le tribunal affirme que l'ancien premier ministre a conservé "des doutes sur la véracité des listings jusqu'au 4 octobre 2004". Sa complicité par abstention ne peut donc pas être retenue. Il est donc relaxé aussi pour ce motif. "Jean-Louis Gergorin a intrumentalisé seul la justice", considère le jugement.

Ce fut le seul moment où la tension qui avait dominé les quatre semaines de procès, à l'automne 2009, a repris possession de la salle. L'audience s'était ouverte à 10 h 30, devant la 1re chambre civile du Palais de justice de Paris, dans une atmosphère étonnamment calme.

La voix du président, Dominique Pauthe, est tranquille, assurée : Je voudrais donner une première idée du sens et de la portée de la décision du tribunal." Il répond sur la question de la recevabilité de la partie civile du chef de l'Etat. Le tribunal estime que, dans cette affaire, le pouvoir de nomination dont dispose le président de la République ne saurait le priver de faire valoir ses droits en justice, "en dépit des déclarations que la partie civile a faites" pendant le procès.

Le tribunal observe que la "nature de la partie civile est susceptible de créer un déséquilibre entre les parties" mais que le déroulement des débats a montré que chacun a pu présenter librement ses arguments à l'audience. Il relève qu'il n'appartient pas de toute façon à un tribunal de "trancher la question d'une éventuelle inconstitutionnalité" de la norme française par rapport à la norme internationale.

Sur Florian Bourges, le tribunal estime que le stagiaire auditeur chez Clearstream, qui est à l'origine de la sortie des listings, "ne pouvait pas ignorer le caractère confidentiel des informations extraites du système", contrairement à ce qu'il a soutenu. Il est donc reconnu coupable d'abus de confiance et non de vol.

Conformément aux réquisitions du parquet, le journaliste Denis Robert est relaxé. Les juges estiment que, depuis l'origine, il a utilisé les listings "dans le cadre de son travail journalistique" et qu'il doit donc bénéficier de la protection que lui accorde le principe de la liberté d'expression, reconnu par la Cour européenne des droits de l'homme.

Jean-Louis Gergorin est "l'auteur matériel" de la dénonciation. Le tribunal constate qu'il "ne peut se targuer de bonne foi et de crédibilité alors que toute sa carrière est marquée par une ancienne et permanente défiance".

Son "expérience dans le renseignement" aurait dû l'inciter "sinon à prendre ses distances avec Imad Lahoud, du moins à la prudence à son égard afin de prévenir tout risque de manipulation". Il s'est "délibérément affranchi de ces règles" de prudence et il n'a "rien fait pour mettre un terme aux effets dévastateurs de la dénonciation dont il a été l'initiateur".

Pour le tribunal, il a "maîtrisé de bout en bout l'ensemble du processus de dénonciation". Il est donc reconnu coupable de dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d'abus de confiance.

Quant à Imad Lahoud, il a "alimenté de façon récurrente Jean-Louis Gergorin et le général Rondot, il a fourni une aide déterminante dans la commission du délit de dénonciation", considère le tribunal.

Il a requalifié les poursuites en estimant qu'il n'était pas coupable de dénonciation calomnieuse mais seulement de complicité de ce délit, ainsi que de faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.



Pascale Robert-Diard

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M. Sarkozy : "attendons avant de commenter"
Nicolas Sarkozy en marge de la conférence sur les déficits, interrogé sur le jugement dans l'affaire Clearstream, a déclaré : "Je pensais que vous preniez la parole pour me souhaiter un bon anniversaire. Attendons de connaître les éléments avant de le commenter".

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/28/clearstream-ce-qu-ils-risquent_1297766_3224.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1297766,0.html
Clearstream : ce qu'ils risquent
LE MONDE | 28.01.10 | 08h42  •  Mis à jour le 28.01.10 | 10h00


ardi 20 octobre 2009, le procureur de la République Jean-Claude Marin et le vice-procureur Romain Victor avaient prononcé leurs réquisitions contre les cinq prévenus de l'affaire Clearstream. Ils avaient demandé quatre condamnations, dont celle de l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, et la relaxe du journaliste Denis Robert.

 
Dominique de Villepin, 56 ans, est renvoyé devant le tribunal pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel d'abus de confiance et recel de vol". Le parquet n'a pas suivi les deux juges d'instruction qui ont considéré, au terme de quatre ans d'enquête, que l'ancien premier ministre était celui qui avait donné "instruction" à Jean-Louis Gergorin de transmettre au juge Renaud Van Ruymbeke des listings qu'il savait falsifiés.

Pour Jean-Claude Marin, cette preuve n'était pas rapportée "avec certitude". Il a distingué une première phase, de janvier à juillet 2004, où l'adversaire de Nicolas Sarkozy, informé de ces fichiers, profite d'un "effet d'aubaine", d'une seconde phase, à compter de juillet 2004, où celui-ci se rend coupable de "complicité par abstention".

Pour le parquet, M. de Villepin devient "complice" de la dénonciation calomnieuse en "cautionnant par son silence" les agissements de l'ancien numéro trois d'EADS "alors qu'il avait la faculté, mais aussi le devoir, d'en interrompre le cours".

"Ponce Pilate ne peut pas rester impuni !", avait lancé M. Marin. Soulignant que la responsabilité de M. de Villepin dans cette affaire "se mesure à l'aune des fonctions qu'il exerçait", il avait requis contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende. Il n'a pas demandé la peine complémentaire d'inéligibilité qui peut être envisagée pour ce délit.

Cette argumentation juridique a minima du parquet – qui avait d'abord envisagé de requérir un non-lieu à la fin de l'instruction – a été perçue, par la principale partie civile, Nicolas Sarkozy, comme un affaiblissement du dossier d'accusation. Elle a été raillée par la défense de M. de Villepin. "Il est donc receleur par procuration, dénonciateur par esprit! Jamais, en France, on a condamné quelqu'un pour n'avoir rien fait !", avait lancé Me Olivier Metzner en demandant la relaxe de son client.

Jean-Louis Gergorin, 63 ans, est renvoyé pour "dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux, recel d'abus de confiance et recel de vol". Il a reconnu être le corbeau qui a adressé les listings au juge, mais il assure avoir cru jusqu'au bout à leur véracité.

Pour le parquet, qui a requis contre lui 3ans de prison dont 18 mois ferme, et 45 000 euros d'amende, l'ancien numéro trois d'EADS, diplômé de Polytechnique et de l'ENA, est un "grand stratège".

"Son comportement ne doit rien au hasard, sa capacité d'analyse est hors du commun, ses actes ne sont pas manqués", avait observé le vice-procureur Romain Victor, en réfutant la thèse soutenue par M. Gergorin, selon laquelle il a été trompé par M. Lahoud.

Imad Lahoud, 42 ans, est renvoyé pour les mêmes délits que M. Gergorin. Il a reconnu avoir introduit les patronymes de Nagy et Bocsa dans les listings et affirme l'avoir fait "sur ordre" de M. Gergorin. Le parquet a requis contre lui 2ans de prison, dont 6mois avec sursis, et 45 000 euros d'amende.


"Triste et sombre figure que celle de cet escroc, dont la propension au mensonge est considérable. Il ment sur tout. Il est désormais condamné à faire rire. Son crédit est nul", avait déclaré Romain Victor, en ajoutant : "Il est le point d'entrée de listings intègres et le point de sortie de listings falsifiés. Il n'y a aucune raison de penser qu'il a introduit les seuls noms de Nagy et Bocsa."

Florian Bourges, 31 ans, est renvoyé pour "abus de confiance et vol". Contre l'ex-stagiaire auditeur en mission chez Clearstream qui a extrait les fichiers de la chambre de compensation luxembourgeoise et les a transmis au journaliste Denis Robert, le parquet a requis 4mois avec sursis. Il n'a retenu contre lui que l'abus de confiance, en concédant une "excuse d'immaturité" à celui qui était âgé de 23 ans au moment des faits.


Denis Robert, 51 ans, est renvoyé pour "recel d'abus de confiance et recel de vol". Le parquet a requis la relaxe du journaliste, auteur de plusieurs ouvrages sur Clearstream, qui a transmis les fichiers à Imad Lahoud.

Tout en soulignant qu'il avait "singulièrement manqué de prudence", le vice-procureur avait admis, conformément à ce que soutenait la défense de Denis Robert, que celui-ci devait bénéficier de la protection liée à la liberté d'expression qui est attachée à l'exercice de son métier de journaliste et d'écrivain.



Pascale Robert-Diard
Article paru dans l'édition du 29.01.10





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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 10:07

(dépêche)


Les premiers cours de mathématiques du nouvel agrégé... Imad Lahoud


http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1297371,0.html
Portrait
Imad Lahoud, échecs et maths
LE MONDE | 27.01.10 | 13h56  •  Mis à jour le 28.01.10 | 08h06


Pull standard, jean, casque de scooter écaillé. L'Imad Lahoud de janvier 2010 ne ressemble plus au prévenu qui siégeait aux côtés de Dominique de Villepin à l'automne 2009 dans le procès Clearstream. Celui qui attend le jugement du tribunal, rendu jeudi 28 janvier, n'a plus rien en commun avec l'agent de renseignement qu'il fut, brièvement, en 2003, avant d'être congédié par la DGSE. Ni avec le trader qu'il avait été auparavant. Dans la vie de M. Lahoud, il y a plusieurs vies.

 
Cette fois, il est passé de la fréquentation des politiques et des décideurs à celle des lycéens. Aux dires de ses élèves du lycée Racine à Paris, où il assure les huit heures de son service d'enseignant stagiaire, l'homme de Clearstream serait un "excellent prof". "Le meilleur", selon Raphaële (1re S). "Je suis passée d'une moyenne de 3 à 14", n'en finit pas de s'étonner Mathilde (1re L). Avec ses élèves, il a cette connivence un rien démago qui lui fait noter, façon chevalier Jedi dans Star Wars - "Que la force soit avec toi" - sur les copies.

Si l'oeuvre de George Lucas côtoie les plus grands mathématiciens dans le Panthéon lahoudien, l'homme estime surtout "qu'il faut de la force pour faire des maths". De l'énergie et une approche. Or, avec M. Lahoud, on fait des exposés. Après "Mathématiques et musique" viendra "Maths et cryptologie". Cela s'invente d'autant moins que c'est pour une histoire de listings que l'homme est poursuivi dans l'affaire Clearstream. "Pour nous intéresser au maniement d'Excel, il nous a rappelé que c'était l'objet du délit", s'amuse une de ses élèves.

Les commentaires de l'inspecteur qui a visité le jeune enseignant sont eux aussi élogieux. Son rapport d'inspection, que Le Monde a consulté, conclut à une "excellente maîtrise de la discipline enseignée", note que "le programme est bien avancé et que les notions sont introduites et travaillées avec pertinence". Seul bémol, le prof de maths est prié "de prendre en compte les difficultés des élèves plus discrets ou plus lents".

On ne se refait pas. Imad Lahoud est élitiste dans l'âme. Il a fréquenté les têtes bien faites de la politique et du renseignement, épousé une énarque de bonne famille, Anne-Gabrielle Heilbronner. Il n'est jamais autant dans son élément que lorsqu'il "colle", quelques heures par semaine, les futurs normaliens ou polytechniciens des lycées Louis-le-Grand ou Claude-Bernard, à Paris, où il assure aussi quelques heures de travaux pratiques en informatique.

A Racine, il a proposé au proviseur de préparer les meilleurs élèves au concours général et aux Olympiades de mathématiques. Bénévolement. Mais l'excès de zèle indispose ses confrères. Même si le motus et bouche cousue est de mise sur ce collègue au passé sulfureux et à l'avenir en point d'interrogation, des petits signes ne trompent guère. "Au conseil de classe, une prof lui a dit sur un ton hautain : "Jeune professeur, on viendra prendre des cours dans votre classe"", rapporte un membre de cette instance. Côté parents, certains se sont agacés qu'on confie leurs enfants à un prévenu - présomption d'innocence ou non -, mais, foi de lycéens, leurs appréciations auraient rapidement tu les critiques.

Comment cet homme en quête de reconnaissance a-t-il bifurqué vers l'aridité des mathématiques ? Pourquoi a-t-il choisi ce chemin trop austère pour les faux-semblants et cet espace où le mensonge s'écroule plus vite que dans le renseignement ? Le tout pour gagner 1 540 euros de salaire de base (auxquels s'ajoutent ses vacations en classes préparatoires). "Une porte était restée entrouverte chez moi pour cette discipline que j'aimais bien, où j'ai toujours réussi", explique-t-il. Lycéen moyen chez les jésuites, maths sup et spé en semi-dilettante à Janson-de-Sailly, ratage méthodique de tous les concours des grandes écoles - alors que son frère intègre l'X - , il avait sans doute une revanche à prendre pour exister vraiment.

C'est en 2006 qu'a lieu la conversion. A l'époque, il vient d'être viré d'EADS. Il s'inscrit à la préparation haut de gamme de Paris-VII, un peu comme on entre au couvent. La première année, une dépression le tient loin des cours. Il rempile et prend en pleine figure la violence de cette discipline ardue, ces lois mathématiques aux antipodes des entourloupes et de la mystification. Entre les auditions de l'affaire Clearstream, il campe à la bibliothèque. Thérapie par le travail ? Certains préfèrent l'idée "d'une rédemption par les maths".

Celui que le vice-procureur Romain Victor qualifia en octobre 2009 d'"escroc dont la propension au mensonge est incomparable" anticipe son rachat à coups de démonstrations. "Il nous offre au moins un exemple de quadragénaire courageux, patient, qui bosse pour se reconvertir. Un être humain au pied du mur qui travaille à un âge mûr sans certitude du lendemain", précise un de ses compagnons de galère sur le site de l'agrégation de maths (Mathematiques.net).

Aux devoirs blancs du samedi, il cartonne dès le début. Le 15 décembre 2007, il est classé premier de sa promo, avec 13,6 sur 20 en mathématiques générales. Un peu avant, il décroche un 15,9. Armé pour "l'agreg", il la rate en beauté. "Refus d'obstacle", dit-on. Le meilleur de cette prépa d'élite n'est même pas admissible. Mais ce concours qui couronne les têtes bien faites, il le veut. Revanche sociale oblige pour celui qui a grandi au Liban et a débarqué en France à l'adolescence. Alors, Sisyphe des maths, il recommence. Et à l'été 2009, à la veille de son procès, il est admis. Reçu 196e sur 253, le voilà détenteur de ce titre prestigieux, lui qui n'avait que deux DEA et avait fait croire qu'il était normalien. Ironie du sort, sa plus mauvaise note, celle qui l'enfonce au classement sous le rang des 100 premiers, est celle de l'épreuve d'informatique.

Reconnaissant, il écrit à un des responsables chargés de la préparation. "C'est grâce à une super-équipe de Paris-VII que j'ai réussi à tenir l'épreuve difficile de l'instruction." Ce à quoi le mathématicien lui répond : "Si nous vous avons aidé, il est clair pour moi que vous nous avez aussi aidés, en jouant ce rôle si utile de coach ou de grand frère auprès de nos jeunes."

Cette vocation tardive est-elle soluble dans le jugement du 28 janvier ? Résistera-t-elle aux dix-huit mois de prison ferme et 45 000 euros d'amende requis contre lui ? "Hors privation des droits civiques, une condamnation n'entraîne pas de radiation automatique du statut de fonctionnaire", précise-on aux affaires juridiques de l'éducation nationale. L'affaire se complique un peu du fait que le fonctionnaire incriminé est encore stagiaire, mais l'appel de l'une ou l'autre des parties pourrait changer la donne.

En attendant, une de ses élèves a ouvert sur Facebook un groupe, intitulé "Pour tous ceux qui soutiennent M. Lahoud", où on lit : "Parce que Imad Lahoud est un professeur génial ! Parce que si on a notre bac, ce sera en grande (très grande !) partie grâce à lui. Parce qu'on veut Lahoud avec nous toute l'année." Lorsqu'il se dit "plus doué pour l'enseignement que pour les affaires", le prof de mathématiques dit peut-être bien la vérité.



Maryline Baumard

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Parcours

1967
Naissance à Beyrouth (Liban).

1990-1991
Obtient deux DEA, en physique et en mathématiques.

2003
Début et fin de la collaboration avec la DGSE.

2004
Recrutement à EADS.

2009
Agrégation de mathématiques.

28 janvier 2010
Jugement en première instance au procès Clearstream. La peine requise est de dix-huit mois d'emprisonnement ferme et de 45 000 euros d'amende.




Article paru dans l'édition du 28.01.10

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 11:02

Sondage à télécharger sur Martine Aubry

Le sondage d'OpinionWay LCI Figaro du 14 janvier 2010 qui place Martine Aubry à la tête de l'opposition est consultable dans son intégralité sur ce fichier .pdf à télécharger :

http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/opinionway13jnavier.pdf


SR






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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 09:20

(vidéo)


Le chroniqueur Didier Porte ce 14 janvier 2010 sur France Inter à propos de Jean-François Copé et la burqa



Burqacophonie



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