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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 12:46
 

 

 

Les nouveaux sous-ministres du gouvernement de François Fillon

 

 

Un secrétaire d’État s’en va, Christian Estrosi, et six secrétaires d’État arrivent : Christian Blanc, Hubert Falco, Anne-Marie Idrac, Yves Jégo, Alain Joyandet et Nadine Morano.


Le mini-remaniement ministériel du 18 mars 2008 aura été avant tout la victoire de François Fillon sur Nicolas Sarkozy dans les discussions au plus haut sommet de l’État.


Entre Sarkozy et Fillon

Début janvier 2008, Nicolas Sarkozy envisageait un profond changement dans le gouvernement, ou, du moins, le disait pour faire pression sur les ministres. Il envisageait aussi une politisation à outrance des élections municipales.

Mais l’effondrement de la popularité présidentielle, et surtout, la popularité naissante du Premier Ministre François Fillon ont inversé la donne.

François Fillon avait réussi à reprendre la main, déjà lorsqu’il a mis en place un système d’évaluation de ses ministres (Nicolas Sarkozy aurait été agacé par cette initiative de Matignon), et son implication systématique dans la campagne électorale de mars 2008 l’a enfin placé comme le chef reconnu de la majorité parlementaire, faisant le lien entre les directives élyséennes et les doléances des députés UMP qui n’ont pas réussi, entre autres, à avaler la couleuvre du rapport de Jacques Attali.


Sursis pour certains

De fait, le maintien de tous les ministres, ceux dont on annonçait depuis six mois le départ (Hervé Morin, Christine Lagarde, Christine Boutin, Christine Albanel, Hervé Novelli etc.) et ceux qui ont échoué aux municipales (Christine Lagarde, Christine Albanel, Xavier Darcos, Rama Yade), reporte à au-delà du 31 décembre 2008 (fin de la présidence française de l’Union Européenne) le grand chambardement ministériel… ou alors, à après les élections européennes de juin 2009.

Ah non, un secrétaire d’État s’en va : Christian Estrosi, devenu maire de Nice. Il me semble qu’il ait été piégé entre les deux tours par Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, lui-même piégé par une question sur le cumul des mandats de Jean-Michel Aphatie sur RTL, en lui demandant de quitter le gouvernement en cas d’élection. Piège pourtant pas refermé ni par Nicolas Sarkozy ni par François Fillon qui n’ont pas hésité à faire revenir au gouvernement le maire de Toulon.

Dans les derniers jours, la lenteur des décisions laissaient entendre quelques hésitations, et certains se mirent à espérer, à l’instar du nouveau maire d’Agen, le député NC Jean Dionis du Séjour (ex-bayrouiste), du sénateur MoDem de Lyon, Michel Mercier (surtout préoccupé par sa réélection à la tête du Conseil général du Rhône), ou du secrétaire général adjoint de l’UMP, Dominique Paillé (ex-UDF).


Retour au professionnalisme politique

Ce remaniement est finalement le retour à la politique traditionnelle et la fin des originalités sarkozyennes.

Dans les changements, les deux sous-ministres conquérants d’une ville, Laurent Wauquiez et Luc Chatel, sont promus, et Alain Marleix, l’expert élections de l’UMP, va commencer, auprès de Michèle Alliot-Marie, le si attendu mais si explosif projet de redécoupage électoral.

Mais le principal enseignement de ces changements, c’est que Xavier Bertrand n’obtient pas la responsabilité de l’Emploi qu’il voulait compléter avec le Travail et au contraire, Christine Lagarde, qui en avait la charge, s’étoffe d’un secrétariat d’État (confié au jeune espoir Laurent Wauquiez qui sera présent à chaque Conseil des ministres). Une marque de François Fillon qui était contre tout renforcement des responsabilités de Xavier Bertrand (qui s’étoffe malgré tout d’un secrétariat à la Famille).

Dans les arrivées, trois personnalités, très fidèles à Nicolas Sarkozy dès 2002, dont deux porte-parole de l’UMP, sont enfin nommées, alors qu’elles étaient attendues dès juin 2007 : Nadine Morano (malgré son échec assumé à Toul), Yves Jégo (qui sera aussi présent à chaque Conseil des ministres) et Alain Joyandet (moins connu).


Voici donc les six nouveaux secrétaires d’État.


Christian Blanc chargé du Grand Paris

65 ans, député depuis 2002, ancien président de la RATP et d’Air France.

Christian Blanc est avant tout un rocardien qui a su mener à bien la réconciliation en Nouvelle-Calédonie avec les Accords de Matignon en 1988.

Démarrant une carrière de haut fonctionnaire (il est préfet de Seine-et-Marne en 1985), il se voit confier la RATP en 1989 puis Air France en 1993, deux postes dont il a démissionné à la suite de désaccords avec le gouvernement. Il poursuit son chemin de manière très diverses (notamment avec des start up et une banque).

Il entre dans le monde politique en 2002 lors de l’élection partielle consécutive à la démission d’Anne-Marie Idrac. La troisième circonscription des Yvelines est UDF, mais l’UMP cherchant à la conquérir, François Bayrou réussit à convaincre Christian Blanc de se présenter et est finalement élu député contre le candidat UMP, renforçant le sentiment d’existence de l’UDF malgré la transhumance des parlementaires provoquée par la création de l’UMP.

En 2006, il demande audacieusement la démission de Jacques Chirac pour stopper l’immobilisme et lance un comité d’action pour la modernisation de la France avec Alain Lambert et Jean-Marie Bockel (maintenant, son collègue au gouvernement), insistant notamment sur péril de l’importante dette publique comme l’a si souvent martelé François Bayrou dans sa campagne présidentielle.

Pourtant, en 2007, comme André Santini, Christian Blanc soutient dès le premier tour de la présidentielle Nicolas Sarkozy puis se fait réélire député sous l’étiquette NC.

Christian Blanc a beaucoup réfléchi sur l’indispensable redynamisation de l’économie française et fut à l’origine de la création des pôles de compétitivité mis en place par Jean-Pierre Raffarin.


Hubert Falco chargé de l’Aménagement du Territoire

60 ans, maire de Toulon depuis 2001.

Hubert Falco est une vieux routier de la politique varoise et après les baronnies de Maurice Arreckx et de François Trucy, il est devenu le maître du Var lorsqu’il a repris au FN Jean-Marie Chevallier la mairie de Toulon.

Loin du sérail politique, Hubert Falco assume ses origines modestes et son absence de diplôme due à la mort de son père et à la reprise de l’entreprise familiale.

Élu député en 1988, puis 1993, élu sénateur en 1995, Hubert Falco devient président du Conseil général du Var en 1994 (à la suite de l’échec de Maurice Arreckx battu par un FN), qu’il abandonne en 2001 pour cause de cumul de mandats. Il devient Secrétaire d’État aux Personnes âgées entre 2002 et 2004.

Hubert Falco est en quelques sortes le nettoyeur du système Arreckx dans le Var et a misé sur sa volonté de rendre plus transparente la vie politique varoise.


Anne-Marie Idrac chargée du Commerce extérieur

56 ans, ancienne présidente de la RATP et de la SNCF.

Anne-Marie Idrac est née dans la politique, fille d’André Colin, ancien résistant et un des leaders de la démocratie chrétienne bretonne, membre MRP de sept gouvernements entre 1946 et 1958.

D’abord ‘technocrate’ et énarque, épouse de préfet, elle entre dans les deux gouvernements Juppé comme Secrétaire d’État aux Transports (1995-1997) puis s’investit à l’UDF, devenant une jeune espoir de François Bayrou qui la bombarde secrétaire générale de l’UDF et lui donne une investiture dans la 3e circonscription des Yvelines.

Élue députée en 1997 puis 2002, elle s’éloigne de la politique pour prendre en charge la RATP en 2002 puis la SNCF en 2006 (pour succéder à Louis Gallois nommé à EADS) dont elle ne voit pas le renouvellement de mandat en février 2008.

Son retour en politique en fait une nouvelle ‘centriste sarkozyste’ (dont je ne connais pas l’étiquette officielle) au sein du gouvernement au même titre que Christian Blanc.


Yves Jégo chargé de l’Outre-Mer

46 ans, maire de Montereau depuis 1995, député de Seine-et-Marne depuis 2002.

En politique depuis presque trente ans, il est fonctionnaire territorial depuis 1986. Gaulliste social, il a exprimé des idées progressistes sur la politique de la ville, l’intégration (sa ville s’y prête bien), l’entrée de la Turquie à l’Union Européenne…

Certains pensent que sa grande fidélité à Nicolas Sarkozy auraient dissuadé Jean-Pierre Raffarin puis Dominique de Villepin de le nommer dans leur équipe gouvernementale en avril 2004 puis en juin 2005.

Chargé des nouveaux adhérents UMP, Yves Jégo souhaiterait se présenter à la présidence du Conseil régional d’Île-de-France en 2010 (convoitée aussi par un autre secrétaire d’État, Roger Karoutchi).

Dans son blog ce 19 mars 2008, Yves Jégo s’engage ainsi dans ses nouvelles responsabilités : « Je m’emploierai à démontrer que l’Outre-Mer, fort de son métissage et de sa jeunesse, est une chance pour la France ».

La nomination d’Yves Jégo va sans doute rééquilibrer la situation au sein de l’UMP de Seine-et-Marne, dominée par les anciens ministres Jean-François Copé (député-maire de Meaux et président du groupe des députés UMP) et Christian Jacob (député-maire de Provins et président de l’UMP de Seine-et-Marne).


Alain Joyandet chargé de la Coopération et de la Francophonie

54 ans, maire de Vesoul depuis 1995.

Ancien journaliste, il fonde un groupe de presse locale (Franche-Comté). Sénateur de 1995 à 2002 et député depuis 2002.

Ami d’Alain Juppé, puis proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a conforté par un déplacement à Vesoul à trois jours du premier tour des municipales, Alain Joyandet est secrétaire national de l’UMP chargé des fédérations et a échoué face à Jean-François Copé pour diriger le groupe des députés UMP.

Dans son blog ce 19 mars 2008, il ne cache pas sa joie d’être nommé au gouvernement.


Nadine Morano chargée de la Famille

44 ans, députée de Toul depuis juin 2002 et porte-parole de l’UMP.

J’aurais plus de mal à l’objectivité avec Nadine Morano car je la connais depuis 1988 à Nancy. C’est une jeune femme qui n’a pas sa langue dans sa poche et sa franchise, que j’ai vu œuvrer auprès de tous (contre tous ?!), y compris les plus grands, est très rafraîchissante et part du principe que chacun est égal et que les titres et fonctions ne font pas d’une personne un surhomme infaillible.

Son rôle de porte-parole de l’UMP en a fait un ‘roquet’ désagréable allant parfois à faire des déclarations très excessives et totalement infondées (notamment sur la rétention de sûreté).

J’espère que cette nouvelle fonction permettra à Nadine Morano de donner toute sa mesure dans des sujets où elle a des idées très peu orthodoxes (notamment sur l’homosexualité ou sur l’euthanasie).


Un peu plus de politique, un peu moins de paillettes

Un petit tour de vis très politique, replié sur l’UMP, sans ouverture socialiste ni débauchage centriste (ni Jean-Marie Cavada ni Michel Mercier ne font leur entrée au gouvernement).

Bref, une opération chirurgicale pour mieux professionnaliser l’action gouvernemental.

François Fillon a de quoi pavoiser.

Enfin, sauf pour les 63% qui jugent aujourd’hui inefficace l’action économique de son gouvernement.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 mars 2008)



Pour aller plus loin :

Changements dans la composition gouvernementale.

Communiqué de l’Élysée du 18 mars 2008 à 20h03.


Composition actualisée du 2
e gouvernement de François Fillon.

Les modifications à l’Élysée.

  

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37646

http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080319/tot-les-nouveaux-sous-ministres-du-gouve-89f340e.html

http://www.centpapiers.com/France-les-nouveaux-sous-ministres,3353

http://www.lepost.fr/article/2008/03/19/1167718_les-nouveaux-sous-ministres-du-gouvernement-de-francois-fillon.html


http://www.francedemocrate.info/spip.php?article464


Le mini-remaniement ministériel du 18 mars 2008 aura été avant tout la victoire de François Fillon sur Nicolas Sarkozy dans les discussions au plus haut sommet de l’État.

 

 

.Entre Sarkozy et Fillon

 

Début janvier 2008, Nicolas Sarkozy envisageait un profond changement dans le gouvernement, ou, du moins, le disait pour faire pression sur les ministres. Il envisageait aussi une politisation à outrance des élections municipales.

 

Mais l’effondrement de la popularité présidentielle, et surtout, la popularité naissante du Premier Ministre François Fillon ont inversé la donne.

 

François Fillon avait réussi à reprendre la main, déjà lorsqu’il a mis en place un système d’évaluation de ses ministres (Nicolas Sarkozy aurait été agacé par cette initiative de Matignon), et son implication systématique dans la campagne électorale de mars 2008 l’a enfin placé comme le chef reconnu de la majorité parlementaire, faisant le lien entre les directives élyséennes et les doléances des députés UMP qui n’ont pas réussi, entre autres, à avaler la couleuvre du rapport de Jacques Attali.

 

 

.Sursis pour certains

 

De fait, le maintien de tous les ministres, ceux dont on annonçait depuis six mois le départ (Hervé Morin, Christine Lagarde, Christine Boutin, Christine Albanel, Hervé Novelli etc.) et ceux qui ont échoué aux municipales (Christine Lagarde, Christine Albanel, Xavier Darcos, Rama Yade), reporte à au-delà du 31 décembre 2008 (fin de la présidence française de l’Union Européenne) le grand chambardement ministériel… ou alors, à après les élections européennes de juin 2009.

 

dont on annonçait

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17685001.html

 

Ah non, un secrétaire d’État s’en va : Christian Estrosi, devenu maire de Nice. Il me semble qu’il ait été piégé entre les deux tours par Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, lui-même piégé par une question sur le cumul des mandats de Jean-Michel Aphatie sur RTL, en lui demandant de quitter le gouvernement en cas d’élection. Piège pourtant pas refermé ni par Nicolas Sarkozy ni par François Fillon qui n’ont pas hésité à faire revenir au gouvernement le maire de Toulon.

 

Dans les derniers jours, la lenteur des décisions laissaient entendre quelques hésitations, et certains se mirent à espérer, à l’instar du nouveau maire d’Agen, le député NC Jean Dionis du Séjour (ex-bayrouiste), du sénateur MoDem de Lyon, Michel Mercier (surtout préoccupé par sa réélection à la tête du Conseil général du Rhône), ou du secrétaire général adjoint de l’UMP, Dominique Paillé (ex-UDF).

 

quelques hésitations

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Fran%C3%A7ois_Fillon_%282%29

 

à l’instar du nouveau agen

http://www.lepost.fr/article/2008/03/18/1163992_agen-et-si-le-nouveau-maire-devenait-secretaire-d-etat.html

 

mercier

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080318/tpl-gouvernement-remaniement-fillon-cfb2994.html

 

Dominique Paillé

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080317/tpl-sarkozy-gouvernement-elysee-cfb2994_2.html

 

 

.Retour au professionnalisme politique

 

Ce remaniement est finalement le retour à la politique traditionnelle et la fin des originalités sarkozyennes.

 

Dans les changements, les deux sous-ministres conquérants d’une ville, Laurent Wauquiez et Luc Chatel, sont promus, et Alain Marleix, l’expert élections de l’UMP, va commencer, auprès de Michèle Alliot-Marie, le si attendu mais si explosif projet de redécoupage électoral.

 

Mais le principal enseignement de ces changements, c’est que Xavier Bertrand n’obtient pas la responsabilité de l’Emploi qu’il voulait compléter avec le Travail et au contraire, Christine Lagarde, qui en avait la charge, s’étoffe d’un secrétariat d’État (confié au jeune espoir Laurent Wauquiez qui sera présent à chaque Conseil des ministres). Une marque de François Fillon qui était contre tout renforcement des responsabilités de Xavier Bertrand (qui s’étoffe malgré tout d’un secrétariat à la Famille).

 

Dans les arrivées, trois personnalités, très fidèles à Nicolas Sarkozy dès 2002, dont deux porte-parole de l’UMP, sont enfin nommées, alors qu’elles étaient attendues dès juin 2007 : Nadine Morano (malgré son échec assumé à Toul), Yves Jégo (qui sera aussi présent à chaque Conseil des ministres) et Alain Joyandet (moins connu).

 

échec assumé à Toul

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080319/tpl-gouvernement-remaniement-morano-cfb2994.html

 

 

Voici donc les six nouveaux secrétaires d’État.

 

 

.Christian Blanc chargé du Grand Paris

 

65 ans, député depuis 2002, ancien président de la RATP et d’Air France.

 

Christian Blanc est avant tout un rocardien qui a su mener à bien la réconciliation en Nouvelle-Calédonie avec les Accords de Matignon en 1988.

 

Démarrant une carrière de haut fonctionnaire (il est préfet de Seine-et-Marne en 1985), il se voit confier la RATP en 1989 puis Air France en 1993, deux postes dont il a démissionné à la suite de désaccords avec le gouvernement. Il poursuit son chemin de manière très diverses (notamment avec des start up et une banque).

 

Il entre dans le monde politique en 2002 lors de l’élection partielle consécutive à la démission d’Anne-Marie Idrac. La troisième circonscription des Yvelines est UDF, mais l’UMP cherchant à la conquérir, François Bayrou réussit à convaincre Christian Blanc de se présenter et est finalement élu député contre le candidat UMP, renforçant le sentiment d’existence de l’UDF malgré la transhumance des parlementaires provoquée par la création de l’UMP.

 

En 2006, il demande audacieusement la démission de Jacques Chirac pour stopper l’immobilisme et lance un comité d’action pour la modernisation de la France avec Alain Lambert et Jean-Marie Bockel (maintenant, son collègue au gouvernement), insistant notamment sur péril de l’importante dette publique comme l’a si souvent martelé François Bayrou dans sa campagne présidentielle.

 

Pourtant, en 2007, comme André Santini, Christian Blanc soutient dès le premier tour de la présidentielle Nicolas Sarkozy puis se fait réélire député sous l’étiquette NC.

 

Christian Blanc a beaucoup réfléchi sur l’indispensable redynamisation de l’économie française et fut à l’origine de la création des pôles de compétitivité mis en place par Jean-Pierre Raffarin.

 

 

.Hubert Falco chargé de l’Aménagement du Territoire

 

60 ans, maire de Toulon depuis 2001.

 

Hubert Falco est une vieux routier de la politique varoise et après les baronnies de Maurice Arreckx et de François Trucy, il est devenu le maître du Var lorsqu’il a repris au FN Jean-Marie Chevallier la mairie de Toulon.

 

Loin du sérail politique, Hubert Falco assume ses origines modestes et son absence de diplôme due à la mort de son père et à la reprise de l’entreprise familiale.

 

loin du sérail politique

http://www.nouveleconomiste.fr/Portraits/1227-Falco.html

 

Élu député en 1988, puis 1993, élu sénateur en 1995, Hubert Falco devient président du Conseil général du Var en 1994 (à la suite de l’échec de Maurice Arreckx battu par un FN), qu’il abandonne en 2001 pour cause de cumul de mandats. Il devient Secrétaire d’État aux Personnes âgées entre 2002 et 2004.

 

Hubert Falco est en quelques sortes le nettoyeur du système Arreckx dans le Var et a misé sur sa volonté de rendre plus transparente la vie politique varoise.

 

 

.Anne-Marie Idrac chargée du Commerce extérieur

 

56 ans, ancienne présidente de la RATP et de la SNCF.

 

Anne-Marie Idrac est née dans la politique, fille d’André Colin, ancien résistant et un des leaders de la démocratie chrétienne bretonne, membre MRP de sept gouvernements entre 1946 et 1958.

 

D’abord ‘technocrate’ et énarque, épouse de préfet, elle entre dans les deux gouvernements Juppé comme Secrétaire d’État aux Transports (1995-1997) puis s’investit à l’UDF, devenant une jeune espoir de François Bayrou qui la bombarde secrétaire générale de l’UDF et lui donne une investiture dans la 3e circonscription des Yvelines.

 

Élue députée en 1997 puis 2002, elle s’éloigne de la politique pour prendre en charge la RATP en 2002 puis la SNCF en 2006 (pour succéder à Louis Gallois nommé à EADS) dont elle ne voit pas le renouvellement de mandat en février 2008.

 

Son retour en politique en fait une nouvelle ‘centriste sarkozyste’ (dont je ne connais pas l’étiquette officielle) au sein du gouvernement au même titre que Christian Blanc.

 

 

.Yves Jégo chargé de l’Outre-Mer

 

46 ans, maire de Montereau depuis 1995, député de Seine-et-Marne depuis 2002.

 

En politique depuis presque trente ans, il est fonctionnaire territorial depuis 1986. Gaulliste social, il a exprimé des idées progressistes sur la politique de la ville, l’intégration (sa ville s’y prête bien), l’entrée de la Turquie à l’Union Européenne…

 

Certains pensent que sa grande fidélité à Nicolas Sarkozy auraient dissuadé Jean-Pierre Raffarin puis Dominique de Villepin de le nommer dans leur équipe gouvernementale en avril 2004 puis en juin 2005.

 

Chargé des nouveaux adhérents UMP, Yves Jégo souhaiterait se présenter à la présidence du Conseil régional d’Île-de-France en 2010 (convoitée aussi par un autre secrétaire d’État, Roger Karoutchi).

 

Dans son blog ce 19 mars 2008, Yves Jégo s’engage ainsi dans ses nouvelles responsabilités : « Je m’emploierai à démontrer que l’Outre-Mer, fort de son métissage et de sa jeunesse, est une chance pour la France ».

 

dans son blog

http://yvesjego.typepad.com/blog/2008/03/message-de-resp.html

 

La nomination d’Yves Jégo va sans doute rééquilibrer la situation au sein de l’UMP de Seine-et-Marne, dominée par les anciens ministres Jean-François Copé (député-maire de Meaux et président du groupe des députés UMP) et Christian Jacob (député-maire de Provins et président de l’UMP de Seine-et-Marne).

 

 

.Alain Joyandet chargé de la Coopération et de la Francophonie

 

54 ans, maire de Vesoul depuis 1995.

 

Ancien journaliste, il fonde un groupe de presse locale (Franche-Comté). Sénateur de 1995 à 2002 et député depuis 2002.

 

Ami d’Alain Juppé, puis proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a conforté par un déplacement à Vesoul à trois jours du premier tour des municipales, Alain Joyandet est secrétaire national de l’UMP chargé des fédérations et a échoué face à Jean-François Copé pour diriger le groupe des députés UMP.

 

Dans son blog ce 19 mars 2008, il ne cache pas sa joie d’être nommé au gouvernement.

 

dans son blog

http://www.joyandet.fr/site/index.php?2008/03/19/263-nomme-au-secretaire-d-etat-a-la-cooperation-et-a-la-francophonie

 

 

.Nadine Morano chargée de la Famille

 

44 ans, députée de Toul depuis juin 2002 et porte-parole de l’UMP.

 

J’aurais plus de mal à l’objectivité avec Nadine Morano car je la connais depuis 1988 à Nancy. C’est une femme qui n’a pas sa langue dans sa poche et sa franchise, que j’ai vu œuvrer auprès de tous (contre tous ?!), y compris les plus grands, est très rafraîchissante et part du principe que chacun est égal et que les titres et fonctions ne font pas d’une personne un surhomme infaillible.

 

Son rôle de porte-parole de l’UMP en a fait un ‘roquet’ désagréable allant parfois à faire des déclarations très excessives et totalement infondées (notamment sur la rétention de sûreté).

 

J’espère que cette nouvelle fonction permettra à Nadine Morano de donner toute sa mesure dans des sujets où elle a des idées très peu orthodoxes (notamment sur l’homosexualité ou sur l’euthanasie).

 

idées très progressistes

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080319/tpl-gouvernement-social-famille-euthanas-ee974b3.html

 

 

.Un peu plus de politique, un peu moins de paillettes

 

Un tour de vis très politique, replié sur l’UMP, sans ouverture socialiste ni débauchage centriste (ni Jean-Marie Cavada ni Michel Mercier ne font leur entrée au gouvernement).

 

Bref, une opération chirurgicale pour mieux professionnaliser l’action gouvernemental.

 

François Fillon a de quoi pavoiser.

 

Enfin, sauf pour les 63% qui jugent aujourd’hui inefficace l’action économique de son gouvernement.

 

63% jugent

http://www.lexpress.fr/inof/quotidien/actu.asp?id=468532&xtor=RSS-96

 

 

 

Aussi sur le blog.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17870198.html

 

 

Sylvain Rakotoarison (19 mars 2008)

http://www.rakotoarison.eu

 

 

Pour aller plus loin :

 

Changements dans la composition gouvernementale.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17863346.html

 

Communiqué de l’Élysée du 18 mars 2008 à 20h03.

http://elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&mode=view&cat_id=1&press_id=1178

 

Composition actualisée du 2e gouvernement de François Fillon.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Fran%C3%A7ois_Fillon_%282%29

 

Les modifications à l’Élysée.

http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200811/sarkozy-dans-les-pas-de-mitterrand_103293.html

 

 

http://ann.over-blog.com/ajout-trackback.php?ref=562534&ref_article= 17870198

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 09:27

Sur la proposition du Premier ministre, le Président de la République a nommé :

 

- M. Jean-Louis BORLOO, ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire ;

 

- Mme Christine LAGARDE, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi ;

 

- M. Brice HORTEFEUX, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire ;

 

- M. Xavier BERTRAND, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;

 

- Mme Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative ;

 

- M. Laurent WAUQUIEZ, secrétaire d’Etat chargé de l’emploi, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi ;

 

- M. Luc CHATEL, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. M. CHATEL exerce en outre les fonctions de porte-parole du Gouvernement ;

 

- M. Eric BESSON, secrétaire d’Etat chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique, auprès du Premier ministre ;

 

- M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants, auprès du ministre de la défense ;

 

- M. Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi ;

 

- M.  Alain MARLEIX, secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités territoriales, auprès de la ministre de l’intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales ;

 

- M. Bernard LAPORTE, secrétaire d’Etat chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative, auprès de la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative ;

 

- M. Christian BLANC, secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale, auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire ;

 

- M. Hubert FALCO, secrétaire d’Etat chargé de l’aménagement du territoire, auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire ;

 

- Mme Anne-Marie IDRAC, secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi ;

 

- M.  Yves JÉGO, secrétaire d’Etat chargé de l’outre-mer, auprès de la ministre de l’intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales, en remplacement de M. Christian ESTROSI, dont la démission est acceptée ;

 

- M. Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes ;

 

- Mme Nadine MORANO, secrétaire d’Etat chargée de la famille, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.

 

 

Parmi les secrétaires d’Etat nouvellement nommés, MM. Luc CHATEL et Yves JEGO participent à tous les Conseils des ministres.

 

L’intitulé des fonctions des autres membres du Gouvernement n’est pas modifié.

 

 

Le Président de la République réunira le Conseil des ministres, avec l’ensemble des membres du Gouvernement, demain, mercredi 19 mars 2008, à 10 heures.


Publié le 18-03-08 à 20:03


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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 09:25
Voici les modifications intervenues lors du remaniement "technique" du gouvernement, ce mardi.

Les ministres et secrétaire d'Etat dont l'intitulé de la fonction a été modifié:
- Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire
- Christine Lagarde, ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
- Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire
- Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité
- Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative
- Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique, auprès du Premier ministre
- Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative, auprès de la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative

Les mouvements:
- Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
- Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'industrie et de la consommation, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi. Porte-parole du Gouvernement
- Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, auprès du ministre de la défense
- Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
- Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités territoriales, auprès de la ministre de l'intérieur, de l'outre mer et des collectivités territoriales

Les nouveaux entrants:
- Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire
- Hubert Falco, secrétaire d'Etat chargé de l'aménagement du territoire, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire
- Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
- Yves Jégo, secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer, auprès de la ministre de l'intérieur, de l'outre mer et des collectivités territoriales, en remplacement de M. Christian ESTROSI, dont la démission est acceptée
- Alain Joyandet, secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes
- Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la famille, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.









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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:45

MoDem : François Bayrou dans le Pau-tage ?

 

 

Ce 16 mars 2008, François Bayrou a raté la mairie de Pau de 343 voix sur 36 874 votants, soit moins de 1%.



Qu’allait-il faire dans cette galère ?

C’est un peu ce qu’on aurait envie de dire à propos de l’aventure électorale paloise de François Bayrou, président du MoDem et ancien candidat à l’élection présidentielle qui a rassemblé plus de sept millions d’électeurs.


Aucune raison réelle d’aller se mouiller

François Bayrou avait en effet tout à y perdre, de se présenter aux municipales de Pau :

1. Il se mettait un boulet personnel au moment où sa présence nationale était indispensable pour arbitrer les nombreux conflits entre les différentes tendances antagonistes du MoDem, notamment à Lyon, à Strasbourg, à Nancy, à Marseille, en Seine-et-Marne…

2. Il risquait sa crédibilité personnelle en se mettant en jeu dans un scrutin très local qui n’avait rien à voir avec ses ambitions nationales.

3. Il risquait également une forte perte de crédibilité au regard de ses principes contre le cumul des mandats. Même si, dans le cas d’une élection à la mairie de Pau, il démissionnait de son siège de député (ce qui aurait été loin d’être sûr et ce qui aurait été, à mon sens, une erreur, erreur commise par Ségolène Royal en 2007, car la vie politique se concentre malgré tout à l’Assemblée Nationale, notamment dans les prises de positions des parlementaires), il serait resté, de toutes façons, président national d’un (grand) parti.

4. Plus généralement, la focalisation des résultats sur Pau, ville moyenne et pas centre du monde, a pollué considérablement les résultats, parfois décevants, parfois encourageants, du MoDem au niveau national. Et a sûrement marqué une empreinte plus droitiste du MoDem qu’il ne l’aurait voulu (François Bayrou soutenu par Alain Juppé, la bête noire de la gauche en 1995, et affrontant la « coalition socialo-communiste »).


Motivé par un courage aveugle

Dans les motivations, on peut en citer quelques unes probables :

1. Le rêve de devenir un jour maire de Pau. François Bayrou est longtemps resté conseiller municipal d’opposition face au maire socialiste historique Alain Labarrère disparu le 16 mai 2006 (le Clemenceau de Pau, si on en juge par le changement de nom d’une place paloise le 15 novembre 2007).

2. La volonté sincère de gérer au mieux Pau, pour en faire un laboratoire municipal du MoDem, et montrer qu’il est possible d’administrer une collectivité locale avec une large ouverture politique. Il avait pourtant déjà géré le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques dans le passé.

3. Le courage quasi-téméraire et sûrement entêté d’un homme qui a voulu montrer l’exemple à ses troupes en allant au turbin comme elles.

4.
 Le désir de victimisation afin de démontrer, en cas d’échec, la « stérilité » de nos institutions qui empêchent l’éclosion d’une nouvelle force politique centrale.

5. Le souhait de convaincre l’ensemble des Français qu’il est très attaché à sa région, à sa province, contrairement à ses deux principaux concurrents de 2007 (et peut-être de 2012) : Nicolas Sarkozy venant de Neuilly-sur-Seine et Ségolène Royal dont la fonction de présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes cache mal le parisianisme des beaux quartiers.


Une affaire suivie de près à l’Élysée

Le combat palois avait évidemment plusieurs ressorts de politique national. Déjà par la personnalité même de François Bayrou, et ensuite par la volonté du Président de la République Nicolas Sarkozy d’en profiter pour en découdre avec lui.

Le Monde daté du 18 mars 2008 revient plus précisément sur les conditions de la bataille présidentielle.

Selon lui, Nicolas Sarkozy aurait décidé de ‘faire la peau’ à François Bayrou l’automne 2007, en présence d’Alain Marleix, le spécialiste électoral de l’UMP et membre du gouvernement (aux Anciens Combattants), en décidant d’investir le maire sortant PS (fabiusien) Yves Urieta qui n’avait pas été investi par le PS.

Une stratégie qui avait déjà été gagnante en mars 1971 lorsque l’UDR avait provoqué une triangulaire pour faire battre le centriste Louis Sallenave et installer pour plus de 35 ans le socialiste Alain Labarrère.

Le journal évoque ainsi de nombreuses actions sur le terrain visant à discréditer François Bayrou, attaquant par tracts anonymes les colistiers du leader du MoDem et glorifiant la gestion d’Yves Urieta.

Le but présidentiel était évidemment d’écraser au maximum François Bayrou, seul présidentiable capable de le battre sur le terrain national.

La venue de Nicolas Sarkozy à Pau, qui a été déjà longuement commentée, a montré l’intérêt présidentiel de cette élection.

Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a été très agacé par les offres d’alliance avec le MoDem de Patrick Devedjian et de Jean-Pierre Raffarin car il préférait largement l’échec de quelques maires sortants UMP (comme à Quimper, Saint-Étienne, Metz…) : « À ses yeux, la défaite de M. Bayrou valait bien le sacrifice de quelques villes ».

Selon toujours le quotidien qui en aurait eu la confirmation, le secrétaire départemental de l’UMP, Jean Goujy, aurait encouragé ses militants à faire voter pour la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou (députée)… un peu comme Charles Pasqua qui faisait allègrement voter pour François Mitterrand le 10 mai 1981 afin d’en finir avec Valéry Giscard d’Estaing et de faire de Jacques Chirac le seul leader de l’opposition.


Vers de nouvelles victoires ?

Les militants palois du MoDem ont eu évidemment le cœur très amer de cet échec : « On avait un maire incompétent et bête comme ses pieds [Yves Urieta], maintenant, on va avoir l’union de la gauche avec le Parti communiste ! », disent certains.

La ville de Pau aurait-elle donc été sacrifiée pour raison nationale ?

Faisant ce qu’il pouvait pour réconforter ses troupes, François Bayrou a cependant fini simplement la soirée du 16 mars 2008 par ces quelques mots : « Il y aura d’autres batailles, d’autres combats et, je vous le promets, d’autres victoires. ».

Un peu à l’instar de ce que disait Ségolène Royal au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2007, battue mais prête à de « nouvelles victoires ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 mars 2008)


NB :

Les résultats de l’élection à Pau sont disponibles à ce lien et les noms des élus accessibles en cliquant sur les listes.



http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37571.php3?id_article=61


http://www.centpapiers.com/MoDem-en-France-Francois-Bayrou,3335

http://www.lepost.fr/article/2008/03/18/1166882_modem-francois-bayrou-dans-le-pau-tage.html

Qu’allait-il faire dans cette galère ?

 

C’est un peu ce qu’on aurait envie de dire à propos de l’aventure électorale paloise de François Bayrou, président du MoDem et ancien candidat à l’élection présidentielle qui a rassemblé plus de sept millions d’électeurs.

 

 

.Aucune raison réelle d’aller se mouiller

 

François Bayrou avait en effet tout à y perdre, de se présenter aux municipales de Pau :

 

1. Il se mettait un boulet personnel au moment où sa présence nationale était indispensable pour arbitrer les nombreux conflits entre les différentes tendances antagonistes du MoDem, notamment à Lyon, à Strasbourg, à Nancy, à Marseille, en Seine-et-Marne…

 

2. Il risquait sa crédibilité personnelle en se mettant en jeu dans un scrutin très local qui n’avait rien à voir avec ses ambitions nationales.

 

3. Il risquait également une forte perte de crédibilité au regard de ses principes contre le cumul des mandats. Même si, dans le cas d’une élection à la mairie de Pau, il démissionnait de son siège de député (ce qui aurait été loin d’être sûr et ce qui aurait été, à mon sens, une erreur, erreur commise par Ségolène Royal en 2007, car la vie politique se concentre malgré tout à l’Assemblée Nationale, notamment dans les prises de positions des parlementaires), il serait resté, de toutes façons, président national d’un (grand) parti.

 

4. Plus généralement, la focalisation des résultats sur Pau, ville moyenne et pas centre du monde, a pollué considérablement les résultats, parfois décevants, parfois encourageants, du MoDem au niveau national. Et a sûrement marqué une empreinte plus droitiste du MoDem qu’il ne l’aurait voulu (François Bayrou soutenu par Alain Juppé, la bête noire de la gauche en 1995, et affrontant la « coalition socialo-communiste »).

 

 

.Motivé par un courage aveugle

 

Dans les motivations, on peut en citer quelques unes probables :

 

1. Le rêve de devenir un jour maire de Pau. François Bayrou est longtemps resté conseiller municipal d’opposition face au maire socialiste historique Alain Labarrère disparu le 16 mai 2006 (le Clemenceau de Pau, si on en juge par le changement de nom d’une place paloise le 15 novembre 2007).

 

changement de nom d’une place paloise

http://www.alternatives-paloises.com/article.php3?id_article=794

 

2. La volonté sincère de gérer au mieux Pau, pour en faire un laboratoire municipal du MoDem, et montrer qu’il est possible d’administrer une collectivité locale avec une large ouverture politique. Il avait pourtant déjà géré le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques dans le passé.

 

3. Le courage quasi-téméraire et sûrement entêté d’un homme qui a voulu montrer l’exemple à ses troupes en allant au turbin comme elles.

 

4. La volonté de victimisation afin de démontrer, en cas d’échec, la « stérilité » de nos institutions qui empêchent l’éclosion d’une nouvelle force politique centrale.

 

5. Le souhait de convaincre l’ensemble des Français qu’il est très attaché à sa région, à sa province, contrairement à ses deux principaux concurrents de 2007 (et peut-être de 2012) : Nicolas Sarkozy venant de Neuilly-sur-Seine et Ségolène Royal dont la fonction de présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes cache mal le parisianisme des beaux quartiers.

 

 

.Une affaire suivie de près à l’Élysée

 

Le combat palois avait évidemment plusieurs ressorts de politique national. Déjà par la personnalité même de François Bayrou, et ensuite par la volonté du Président de la République Nicolas Sarkozy d’en profiter pour en découdre avec lui.

 

Le Monde daté du 18 mars 2008 revient plus précisément sur les conditions de la bataille présidentielle.

 

le monde du

http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/03/17/le-stratageme-elyseen-pour-pieger-le-leader-centriste_1023745_987706.html

 

Selon lui, Nicolas Sarkozy aurait décidé de ‘faire la peau’ à François Bayrou l’automne 2007, en présence d’Alain Marleix, le spécialiste électoral de l’UMP et membre du gouvernement (aux Anciens Combattants), en décidant d’investir le maire sortant PS (fabiusien) Yves Urieta qui n’avait pas été investi par le PS.

 

Une stratégie qui avait déjà été gagnante en mars 1971 lorsque l’UDR avait provoqué une triangulaire pour faire battre le centriste Louis Sallenave et installer pour plus de 35 ans le socialiste Alain Labarrère.

 

Le journal évoque ainsi de nombreuses actions sur le terrain visant à discréditer François Bayrou, attaquant par tracts anonymes les colistiers du leader du MoDem et glorifiant la gestion d’Yves Urieta.

 

Le but présidentiel était évidemment d’écraser au maximum François Bayrou, seul présidentiable capable de le battre sur le terrain national.

 

La venue de Nicolas Sarkozy à Pau, qui a été déjà longuement commentée, a montré l’intérêt présidentiel de cette élection.

 

Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a été très agacé par les offres d’alliance avec le MoDem de Patrick Devedjian et de Jean-Pierre Raffarin car il préférait largement l’échec de quelques maires sortants UMP (comme à Quimper, Saint-Étienne, Metz…) : « À ses yeux, la défaite de M. Bayrou valait bien le sacrifice de quelques villes ».

 

Selon toujours le quotidien qui en aurait eu la confirmation, le secrétaire départemental de l’UMP, Jean Goujy, aurait encouragé ses militants à faire voter pour la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou (députée)… un peu comme Charles Pasqua qui faisait allègrement voter pour François Mitterrand le 10 mai 1981 afin d’en finir avec Valéry Giscard d’Estaing et de faire de Jacques Chirac le seul leader de l’opposition.

 

 

.Vers de nouvelles victoires ?

 

Les militants palois du MoDem ont eu évidemment le cœur très amer de cet échec : « On avait un maire incompétent et bête comme ses pieds [Yves Urieta], maintenant, on va avoir l’union de la gauche avec le Parti communiste ! », disent certains.

 

La ville de Pau aurait-elle donc été sacrifiée pour raison nationale ?

 

Faisant ce qu’il pouvait pour réconforter ses troupes, François Bayrou a cependant fini simplement la soirée du 16 mars 2008 par ces quelques mots : « Il y aura d’autres batailles, d’autres combats et, je vous le promets, d’autres victoires. ».

 

Un peu à l’instar de ce que disait Ségolène Royal au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2007, battue mais prête à de « nouvelles victoires ».

 

 

Aussi sur le blog.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17826850.html

 

 

Sylvain Rakotoarison (18 mars 2008)

http://www.rakotoarison.eu

 

 

NB :

 

Les résultats de l’élection à Pau sont disponibles à ce lien et les noms des élus accessibles en cliquant sur les listes.

 

à ce lien

http://elections.lefigaro.fr/resultats/elections-municipales-2008/2eme-tour/pyrenees-atlantiques/64000/pau/

 

 

http://ann.over-blog.com/ajout-trackback.php?ref=562534&ref_article=17826850

http://adminv1.over-blog.com/trackback.php?Id=17826850

 

 

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 09:07

16 mars 2008 : à tous les coups, on perd !

 

 

L’édition 2008 des élections municipales et cantonales est un véritable retour sur la terre ferme pour la classe politique.


Le soir d’une élection, les seconds (ou premiers) couteaux de la politique française se retrouvent habituellement dans les studios de télévision et s’évertuent à affirmer que leur parti, leurs idées, leurs candidats ont finalement gagné les élections, ou, du moins, s’en sont bien tirés.

Et puis ensuite, ils cherchent à trouver une sorte d’interprétation psychanalytique du souhait des électeurs qui, plus terre à terre, n’ont émis qu’un vote individuel sur des motivations très personnelles (avec des critères parfois très arbitraires et qui n’ont rien de politique), et réussir à dégager de la somme de tous ces votes une philosophie générale relève d’un exercice de style fort élégant mais un peu vain.

À côté du second tour des élections municipales, ce 16 mars 2008, au taux d’abstention assez élevé pour une telle élection, se tenait également le second tour des élections cantonales qui, dans les communes qui avaient déjà choisi leur maire le 9 mars 2008, ont connu un taux de participation dramatiquement bas.

Et pourtant, les conseillers généraux ont un rôle de plus en plus accru depuis les lois Defferre de 1982 sur la décentralisation. Les Conseils généraux poursuivent ainsi leur renouvellement (par moitié) dans la complète indifférence des électeurs.

Mais que disent les principaux partis politiques ?


L’UMP

L’UMP et ses alliés ont perdu de nombreuses villes, c’est indéniable : Périgueux, Reims, Metz, Amiens, Angoulême, Toulouse, Blois, Noyon, Strasbourg, Roanne, Brive, Thionville, Colombes, Asnières, Caen, Quimper, Saint-Étienne, Valence… sans compter celles perdues au premier tour : Chalon-sur-Saône, Dieppe, Vierzon, Rouen, Rodez, Alençon, Bourg-en-Bresse…

Le succès in extremis de Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier à Marseille, la victoire prévisible de Christian Estrosi à Nice, la résistance face à Jean Glavany à Tarbes, celle d’Antoine Rufenacht au Havre, celle de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, celle de Gérard Millet à Melun, celle d’Orléans contre le retour de Jean-Pierre Sueur… n’enlèvent rien au court échec à Angers ni à l’incapacité patente à reprendre Paris, Lyon, Dijon perdues par inadvertance en 2001 et désormais sous bon contrôle socialiste en 2008, ni au ton résolument rose de la soirée.

Pourtant, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian, Roger Karoutchi, Valérie Pécresse, Rama Yade, Roselyne Bachelot, Christine Albanel… tous ont martelé la même chose.

D’une part, il y a rééquilibrage par rapport aux élections municipales de mars 2001, ce qui est évidemment faux pour Paris, Lyon et Dijon par exemple. Un argument qui était déjà dans les studios dès 19 heures hier soir.

D’autre part, ce ne sont que des élections locales, à caractère local, à enjeu local. Ce qui, pour le second tour, est moins évident quand (comme l’ont si bien rappelé des socialistes) un Premier Ministre et un ancien Premier Ministre font un meeting commun à Périgueux pour sauver le Ministre de l’Éducation nationale.

D’ailleurs, le cas de Xavier Darcos, qui est l’un des ministres qui tient le mieux la route au gouvernement, est un peu navrant, car il n’était justement pas de ces maires sortants qui voulaient s’accrocher à leur mandat jusqu’à leur mort. Il ne voulait pas vraiment aller à la bataille mais on l’a encouragé car il était le seul, par sa stature nationale, capable de ne pas perdre Périgueux qui est sociologiquement moitié à droite moitié à gauche.

L’argument du caractère local est d’ailleurs très vite oublié quand il s’agit ensuite d’interpréter le vote. En gros, selon les orateurs de l’UMP, les électeurs ont toujours confiance dans la politique du gouvernement, mais il faut aller plus loin, faire plus de réformes (« faire des réformes » ne signifie strictement rien : de quelles réformes parle-t-on ?) et avoir des résultats.

Or, c’est une interprétation d’incidence nationale et pas locale. Comment peut-on interpréter ainsi ? Comme il n’existe pas monsieur électeur moyen pour confirmer ou infirmer, toutes les interprétations sont donc bonnes à dire… sans risque de démenti.

En gros, pour l’UMP, ces élections sont donc un grand encouragement pour approfondir la politique gouvernementale. Très fort.


Le PCF

Le Parti communiste français avait vécu un véritable effondrement de son électorat à l’élection présidentielle d’avril 2007, mais déjà en juin 2007, il avait réussi à sauver valeureusement les meubles en préservant son groupe à l’Assemblée Nationale.

Hier soir, pas de Calais ni de Corbeil-Essonnes, mais Dieppe, Vierzon… bref, quelques succès et de nombreuses réélections de maires communistes qui montrent une nouvelle fois l’excellent ancrage local et la bonne implantation des communistes.

Pourtant, ils doivent la plupart de ces réussites à l’archaïque union de la gauche (qui date de 1971 !!!) avec les socialistes et les radicaux de gauche (parfois les écologistes).

Et quand leurs partenaires veulent reprendre l’avantage sur eux… ils réussissent parfois.

L’exemple le plus frappant est en Seine-Saint-Denis où Claude Bartolone a affirmé que le Conseil général serait désormais majoritairement socialiste et qu’il serait probablement son président.

Ou à Montreuil où Dominique Voynet réussit avec 55% à déloger les communistes.

Le Parti communiste a finalement une évolution typique des radicaux si importants entre les deux guerres mais en lent déclin national : une forte implantation locale, de nombreux élus, mais une baisse d’audience nationale évidente et… définitive (forcément depuis la chute du Mur de Berlin).


Les Verts

Chez les Verts, on se réjouit de quelques beaux scores, comme à Grenoble… et puis de la victoire symptomatique de Dominique Voynet à Montreuil.

Mais concrètement, les Verts ne représentent plus beaucoup de poids politique au niveau national et ne servent que de caution environnementale aux socialistes.

Ainsi, à Paris où ils passent de 12% environ en 2001 à 6% au premier tour, les Verts vont étrangement rester dans la municipalité de Bertrand Delanoë alors qu’ils sont avant tout quasi-totalitaires sur les questions de circulation et de stationnement.

Sans assistance respiratoire des socialistes, les Verts ne valent plus beaucoup… mais réussissent concrètement mieux que le MoDem à Paris malgré un électorat nettement plus réduit grâce à l’inévitable jeu des alliances auquel n’a pas pu accéder le MoDem.


Le MoDem

Au premier tour, il y avait de nombreuses villes qui affichaient des scores attrayants pour le MoDem.

Hélas, les seconds tours sont rarement positifs pour le MoDem depuis l’élection présidentielle de 2007.

Certains maires sortants ont réussi, certes, à se faire réélire : Biarritz (Didier Borotra), Saint-Brieuc (Bruno Joncour), Massy (Vincent Delahaye), Fleury-lès-Aubrais (Pierre Bauchet). La victoire prévisible de François de Maizières à Versailles est intéressante aussi.

Mais parmi les deux villes symboles, il y a deux échecs.

À Paris, devenues nues, les listes du MoDem (trois au second tour) ont à peu près préservé leur bons scores du premier tour malgré le principe du vote utile, mais à cause du mode de scrutin, elles ne sont parvenues à n’obtenir qu’uns seule élue, Marielle de Sarnez.

Et puis l’autre ville phare, c’est Pau où François Bayrou qui a raté de peu l’élection. Le maintien du candidat UMP a permis à la candidate socialiste de gagner avec trois cents voix d’avance. François Bayrou avait le ton blafard des mauvais jours.

Il a eu beau dire, hier soir, que tous ces résultats montrent qu’il y a une forte instabilité de l’électorat, il y a dix mois très majoritairement pour l’UMP, aujourd’hui, pour les socialistes qui n’ont pourtant pas changé, n’ayant toujours pas ni projet ni leader, et que cela nécessite, pour réduire cette ‘stérilité’ des institutions, l’existence d’un Centre fort pour stabiliser l’électorat.

Étrangement, il reparlait de centrisme alors qu’il voulait uniquement se faire appeler ‘démocrate’.

Certes, le MoDem est un projet de longue haleine, et a montré sa grande capacité à nuire : à Saint-Étienne avec le maintien de Gilles Artigues, à Quimper avec le maintien d’Isabelle Le Bal, sans doute la cause réelle de l’échec palois de François Bayrou, car ces maintiens au second tour a fait maintenir le candidat de l’UMP à Pau.

Julien Dray faisait remarquer que là où le MoDem était allié avec l’UMP, il échouait (comme à Pau, Toulouse, Colombes, etc.) et là où il était allié avec le PS, il réussissait (Lille, Lyon, Grenoble, Dijon, etc.). Ce qui est évidemment une lecture tronquée de la réalité car Marseille et Melun, par exemple, ont échoué pour le MoDem. Cette observation n’est que le corollaire d’une vague réelle qui a favorisé la gauche (l’électorat de la majorité présidentielle s’étant peu mobilisé pour ces élections).

L’échec de François Bayrou pourrait cependant le ramener à s’occuper un peu plus d’autre chose que de Paris et Pau seulement. La situation du MoDem à Strasbourg ou à Lyon, par exemple, plongée dans une inextricable confusion, a montré de façon éclairante que François Bayrou s’est peu préoccupé de la situation nationale pour ces élections (le plus frappant fut sa déclaration télévisée du 9 mars 2008, au soir du premier tour, où il n’évoquait que son cas égocentré de Pau alors qu’il est un leader national).

Il reste que le MoDem a maintenant deux années électorales qui pourraient lui être très profitables : les européennes de juin 2009 et les régionales de 2010 car le mode de scrutin proportionnel pourrait redonner au MoDem des élus plus à la hauteur de son audience réelle dans le pays.

À lui de bien les préparer.


Le Parti socialiste

François Hollande, à la diction lente et très hésitante hier soir à Tulle, a voulu faire cocorico : tous ces villes acquises à la gauche et plus particulièrement aux socialistes, et aussi, sept à neuf présidences de Conseils généraux gagnées en plus de 51 déjà sortantes. Il s’y croyait déjà. Il se voyait déjà Président d’une République parallèle, envoyant ses ordres aux élus locaux sur les politique à suivre (mais dans quel État vit-on ?).

C’est incontestablement un succès quantitatif qui pourrait même faire gagner au PS entre dix et trente sièges lors du renouvellement du Sénat en septembre 2008 sans toutefois que cela soit suffisant pour renverser la majorité sénatoriale.

Mais à bien écouter les différents intervenants socialistes, hier soir, qui ont au moins réussi à ne pas évoquer l’avenir du PS, y compris Ségolène Royal (mais pourquoi l’invitait-on alors qu’elle n’était ni candidate ni responsable du PS ?) qui semble avoir encore une forte cote chez les sympathisants socialistes, on imagine bien que cette victoire locale de 2008, au même titre que la victoire des régionales puis des européennes de 2004, ne sont pas forcément un atout pour les élections nationales.

Et cette victoire objective est même un véritable piège pour le PS, un piège qui va le convaincre de rester au statu quo.

Absence de rénovation

Le PS est encore une machine qui fonctionne, à quoi bon la restructurer pour en sortir la réelle substance ? Car un tel débat interne ne pourrait que diviser en deux ce parti. On l’a observé en 2005 sur l’Europe, la confusion est restée totale pour le Traité de Lisbonne en février 2008.

Il y a deux socialismes : le réaliste derrière Dominique Strauss-Kahn par exemple (qui rêverait d’avoir la même destinée qu’un de ses prédécesseurs à la direction générale du FMI, Horst Köhler, actuel Président de la République Fédérale d’Allemagne, comme quoi, rien n’est impossible), et l’idéaliste altermondialiste d’un Jean-Luc Mélenchon par exemple.

François Hollande, qui est le Guy Mollet du PS depuis plus de dix ans, n’a cessé, très habilement d’ailleurs, de tournoyer autour de cette question.

À mon sens, tant qu’une voie n’est pas clairement posée (entre ces deux tendances), le PS n’arrivera jamais à reprendre le pouvoir au niveau national.

Absence de leader incontestable

Si en fait ! La seule possibilité pour reprendre le pouvoir sans afficher une cohérence idéologique, c’est d’avoir un leader qui transcende toutes les factions. Comme François Mitterrand ou même Lionel Jospin.

Mais il n’y en a plus aujourd’hui.

Au contraire, le succès très relatif de Bertrand Delanoë (il n’a gagné aucun nouvel arrondissement et reste dans une archaïque union de la gauche en se mettant tous les centristes à dos, chose peu raisonnable pour un éventuel second tour d’élection présidentielle) ne renforce pas nécessairement Ségolène Royal qui est toujours aussi creuse dans ses discours.

Le très grand succès lillois de Martine Aubry, qui a tout fait pour éviter de citer Ségolène Royal, la remet évidemment en scelle dans le ‘débat collectif’ au sein du PS.

Et d’autres leaders, plus ou moins nationaux, sont là à guetter pour avoir la part du gâteau socialiste : Laurent Fabius, très offensif mais souvent de mauvaise foi, Jack Lang, Manuel Valls, Pierre Moscovici, au nouveau look de barbu séguinien, Julien Dray, Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis…

Bref, le PS est loin de revenir au pouvoir. Il s’aveugle de sa victoire de 2008, pourrait encore s’aveugler aux européennes de 2009 et aux régionales de 2010, mais que compte-t-il faire donc pour préparer 2012 ?

Aujourd’hui, je ne vois rien se profiler en dehors du sourire autosatisfait de François Hollande.


Tout le monde a gagné ?

Je n’ai pas évoqué d’autres partis aux marges, comme la LCR qui a parfois obtenu quelques beaux scores (Clermont-Ferrand notamment) ni le FN qui aura quelques élus à Marseille et qui a aussi un peu résisté dans le Nord mais qui n’a plus d’audience nationale (faute aussi de candidats).

Dans ces élections locales, loin de gagner, la plupart des appareils politiques ont en fait perdu.

Il n’y a que les électeurs qui ont gagné.

Forcément. Démocratie oblige.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 mars 2008)


NB : Si l’UMP est cohérente dans son interprétation ‘locale’ des élections, il ne devrait y avoir qu’un mini-remaniement technique. Si c’était différent, cela voudrait dire qu’il y aurait une interprétation ‘nationale’.


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37509

http://www.centpapiers.com/16-mars-2008-en-France-a-tous-les,3324

http://www.lepost.fr/article/2008/03/17/1162455_16-mars-2008-a-tous-les-coups-on-perd.html

http://www.francedemocrate.info/spip.php?article460


Le soir d’une élection, les seconds (ou premiers) couteaux de la politique française se retrouvent habituellement dans les studios de télévision et s’évertuent à affirmer que leur parti, leurs idées, leurs candidats ont finalement gagné les élections, ou, du moins, s’en sont bien tirés.

 

Et puis ensuite, ils cherchent à trouver une sorte d’interprétation psychanalytique du souhait des électeurs qui, plus terre à terre, n’ont émis qu’un vote individuel sur des motivations très personnelles (avec des critères parfois très arbitraires et qui n’ont rien de politique), et réussir à dégager de la somme de tous ces votes une philosophie générale relève d’un exercice de style fort élégant mais un peu vain.

 

À côté du second tour des élections municipales, ce 16 mars 2008, au taux d’abstention assez élevé pour une telle élection, se tenait également le second tour des élections cantonales qui, dans les communes qui avaient déjà choisi leur maire le 9 mars 2008, ont connu un taux de participation dramatiquement bas.

 

Et pourtant, les conseillers généraux ont un rôle de plus en plus accru depuis les lois Defferre de 1982 sur la décentralisation. Les Conseils généraux poursuivent ainsi leur renouvellement (par moitié) dans la complète indifférence des électeurs.

 

 

Mais que disent les principaux partis politiques ?

 

 

.L’UMP

 

L’UMP et ses alliés ont perdu de nombreuses villes, c’est indéniable : Périgueux, Reims, Metz, Amiens, Angoulême, Toulouse, Blois, Noyon, Strasbourg, Roanne, Brive, Thionville, Colombes, Asnières, Caen, Quimper, Saint-Étienne, Valence… sans compter celles perdues au premier tour : Chalon-sur-Saône, Dieppe, Vierzon, Rouen, Rodez, Alençon, Bourg-en-Bresse…

 

perdu de nombreuses villes

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17776419.html

 

Le succès in extremis de Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier à Marseille, la victoire prévisible de Christian Estrosi à Nice, la résistance face à Jean Glavany à Tarbes, celle d’Antoine Rufenacht au Havre, celle de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, celle de Gérard Millet à Melun, celle d’Orléans contre le retour de Jean-Pierre Sueur… n’enlèvent rien au court échec à Angers ni à l’incapacité patente à reprendre Paris, Lyon, Dijon perdues par inadvertance en 2001 et désormais sous bon contrôle socialiste en 2008, ni au ton résolument rose de la soirée.

 

Pourtant, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian, Roger Karoutchi, Valérie Pécresse, Rama Yade, Roselyne Bachelot, Christine Albanel… tous ont martelé la même chose.

 

D’une part, il y a rééquilibrage par rapport aux élections municipales de mars 2001, ce qui est évidemment faux pour Paris, Lyon et Dijon par exemple. Un argument qui était déjà dans les studios dès 19 heures hier soir.

 

D’autre part, ce ne sont que des élections locales, à caractère local, à enjeu local. Ce qui, pour le second tour, est moins évident quand (comme l’ont si bien rappelé des socialistes) un Premier Ministre et un ancien Premier Ministre font un meeting commun à Périgueux pour sauver le Ministre de l’Éducation nationale.

 

D’ailleurs, le cas de Xavier Darcos, qui est l’un des ministres qui tient le mieux la route au gouvernement, est un peu navrant, car il n’était justement pas de ces maires sortants qui voulaient s’accrocher à leur mandat jusqu’à leur mort. Il ne voulait pas vraiment aller à la bataille mais on l’a encouragé car il était le seul, par sa stature nationale, capable de ne pas perdre Périgueux qui est sociologiquement moitié à droite moitié à gauche.

 

L’argument du caractère local est d’ailleurs très vite oublié quand il s’agit ensuite d’interpréter le vote. En gros, selon les orateurs de l’UMP, les électeurs ont toujours confiance dans la politique du gouvernement, mais il faut aller plus loin, faire plus de réformes (« faire des réformes » ne signifie strictement rien : de quelles réformes parle-t-on ?) et avoir des résultats.

 

Or, c’est une interprétation d’incidence nationale et pas locale. Comment peut-on interpréter ainsi ? Comme il n’existe pas monsieur électeur moyen pour confirmer ou infirmer, toutes les interprétations sont donc bonnes à dire… sans risque de démenti.

 

En gros, pour l’UMP, ces élections sont donc un grand encouragement pour approfondir la politique gouvernementale. Très fort.

 

 

.Le PCF

 

Le Parti communiste français avait vécu un véritable effondrement de son électorat à l’élection présidentielle d’avril 2007, mais déjà en juin 2007, il avait réussi à sauver valeureusement les meubles en préservant son groupe à l’Assemblée Nationale.

 

Hier soir, pas de Calais ni de Corbeil-Essonnes, mais Dieppe, Vierzon… bref, quelques succès et de nombreuses réélections de maires communistes qui montrent une nouvelle fois l’excellent ancrage local et la bonne implantation des communistes.

 

Pourtant, ils doivent la plupart de ces réussites à l’archaïque union de la gauche (qui date de 1971 !!!) avec les socialistes et les radicaux de gauche (parfois les écologistes).

 

Et quand leurs partenaires veulent reprendre l’avantage sur eux… ils réussissent parfois.

 

L’exemple le plus frappant est en Seine-Saint-Denis où Claude Bartolone a affirmé que le Conseil général serait désormais majoritairement socialiste et qu’il serait probablement son président.

 

Ou à Montreuil où Dominique Voynet réussit avec 55% à déloger les communistes.

 

Le Parti communiste a finalement une évolution typique des radicaux si importants entre les deux guerres mais en lent déclin national : une forte implantation locale, de nombreux élus, mais une baisse d’audience nationale évidente et… définitive (forcément depuis la chute du Mur de Berlin).

 

 

.Les Verts

 

On se réjouit de quelques beaux scores, comme à Grenoble… et puis de la victoire symptomatique de Dominique Voynet à Montreuil.

 

Mais concrètement, les Verts ne représentent plus beaucoup de poids politique au niveau national et ne servent que de caution environnementale aux socialistes.

 

Ainsi, à Paris où ils passent de 12% environ en 2001 à 6% au premier tour, les Verts vont étrangement rester dans la municipalité de Bertrand Delanoë alors qu’ils sont avant tout quasi-totalitaires sur les questions de circulation et de stationnement.

 

Sans assistance respiratoire des socialistes, les Verts ne valent plus beaucoup… mais réussissent concrètement mieux que le MoDem à Paris malgré un électorat nettement plus réduit grâce à l’inévitable jeu des alliances auquel n’a pas pu accéder le MoDem.

 

 

.Le MoDem

 

Au premier tour, il y avait de nombreuses villes qui affichaient des scores attrayants pour le MoDem.

 

Hélas, les seconds tours sont rarement positifs pour le MoDem depuis l’élection présidentielle de 2007.

 

Certains maires sortants ont réussi, certes, à se faire réélire : Biarritz (Didier Borotra), Saint-Brieuc (Bruno Joncour), Massy (Vincent Delahaye), Fleury-lès-Aubrais (Pierre Bauchet). La victoire prévisible de François de Maizières à Versailles est intéressante aussi.

 

Mais parmi les deux villes symboles, il y a deux échecs.

 

À Paris, devenues nues, les listes du MoDem (trois au second tour) ont à peu près préservé leur bons scores du premier tour malgré le principe du vote utile, mais à cause du mode de scrutin, elles ne sont parvenues à n’obtenir qu’uns seule élue, Marielle de Sarnez.

 

Et puis l’autre ville phare, c’est Pau où François Bayrou qui a raté de peu l’élection. Le maintien du candidat UMP a permis à la candidate socialiste de gagner avec trois cents voix d’avance. François Bayrou avait le ton blafard des mauvais jours.

 

Il a eu beau dire, hier soir, que tous ces résultats montrent qu’il y a une forte instabilité de l’électorat, il y a dix mois très majoritairement pour l’UMP, aujourd’hui, pour les socialistes qui n’ont pourtant pas changé, n’ayant toujours pas ni projet ni leader, et que cela nécessite, pour réduire cette ‘stérilité’ des institutions l’existence d’un Centre fort pour stabiliser l’électorat.

 

Étrangement, il reparlait de centrisme alors qu’il voulait uniquement se faire appeler ‘démocrate’.

 

Certes, le MoDem est un projet de longue haleine, et a montré sa grande capacité à nuire : à Saint-Étienne avec le maintien de Gilles Artigues, à Quimper avec le maintien d’Isabelle Le Bal, sans doute la cause réelle de l’échec palois de François Bayrou, car ces maintiens au second tour a fait maintenir le candidat de l’UMP à Pau.

 

Julien Dray faisait remarquer que là où le MoDem était allié avec l’UMP, il échouait (comme à Pau, Toulouse, Colombes, etc.) et là où il était allié avec le PS, il réussissait (Lille, Lyon, Grenoble, Dijon, etc.). Ce qui est évidemment une lecture tronquée de la réalité car Marseille et Melun, par exemple, ont échoué pour le MoDem. Cette observation n’est que le corollaire d’une vague réelle qui a favorisé la gauche (l’électorat de la majorité présidentielle s’étant peu mobilisé pour ces élections).

 

L’échec de François Bayrou pourrait cependant le ramener à s’occuper un peu plus d’autre chose que de Paris et Pau seulement. La situation du MoDem à Strasbourg ou à Lyon, par exemple, plongée dans une inextricable confusion, a montré de façon éclairante que François Bayrou s’est peu préoccupé de la situation nationale pour ces élections (le plus frappant fut sa déclaration télévisée du 9 mars 2008, au soir du premier tour, où il n’évoquait que son cas égocentré de Pau alors qu’il est un leader national).

 

Il reste que le MoDem a maintenant deux années électorales qui pourraient lui être très profitables : les européennes de juin 2009 et les régionales de 2010 car le mode de scrutin proportionnel pourrait redonner au MoDem des élus plus à la hauteur de son audience réelle dans le pays. À lui de bien les préparer.

 

 

.Le Parti socialiste

 

François Hollande, à la diction lente et très hésitante hier soir à Tulle, a voulu faire cocorico : tous ces villes acquises à la gauche et plus particulièrement aux socialistes, et aussi, sept à neuf présidences de Conseils généraux gagnées en plus de 51 déjà sortantes. Il s’y croyait déjà. Il se voyait déjà Président d’une République parallèle, envoyant ses ordres aux élus locaux sur les politique à suivre (mais dans quel État vit-on ?).

 

C’est incontestablement un succès quantitatif qui pourrait même faire gagner au PS entre dix et trente sièges lors du renouvellement du Sénat en septembre 2008 sans toutefois que cela soit suffisant pour renverser la majorité sénatoriale.

 

renouvellement du Sénat

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17646656.html

 

Mais à bien écouter les différents intervenants socialistes, hier soir, qui ont au moins réussi à ne pas évoquer l’avenir du PS, y compris Ségolène Royal (mais pourquoi l’invitait-on alors qu’elle n’était ni candidate ni responsable du PS ?) qui semble avoir encore une forte cote chez les sympathisants socialistes, on imagine bien que cette victoire locale de 2008, au même titre que la victoire des régionales puis des européennes de 2004, ne sont pas forcément un atout pour les élections nationales.

 

Et cette victoire objective est même un véritable piège pour le PS, un piège qui va le convaincre de rester au statu quo.

 

..Absence de rénovation

 

Le PS est encore une machine qui fonctionne, à quoi bon la restructurer pour en sortir la réelle substance ? Car un tel débat interne ne pourrait que diviser en deux ce parti. On l’a observé en 2005 sur l’Europe, la confusion est restée totale pour le Traité de Lisbonne en février 2008.

 

Il y a deux socialismes : le réaliste derrière Dominique Strauss-Kahn par exemple (qui rêverait d’avoir la même destinée qu’un de ses prédécesseurs à la direction générale du FMI, Horst Köhler, actuel Président de la République Fédérale d’Allemagne, comme quoi, rien n’est impossible), et l’idéaliste altermondialiste d’un Jean-Luc Mélenchon par exemple.

 

Horst Kler

http://fr.wikipedia.org/wiki/Horst_K%C3%B6hler

 

François Hollande, qui est le Guy Mollet du PS depuis plus de dix ans, n’a cessé, très habilement d’ailleurs, de tournoyer autour de cette question.

 

À mon sens, tant qu’une voie n’est pas clairement posée (entre ces deux tendances), le PS n’arrivera jamais à reprendre le pouvoir au niveau national.

 

 

...Absence de leader incontestable

 

Si en fait ! La seule possibilité pour reprendre le pouvoir sans afficher une cohérence idéologique, c’est d’avoir un leader qui transcende toutes les factions. Comme François Mitterrand ou même Lionel Jospin.

 

Mais il n’y en a plus aujourd’hui.

 

Au contraire, le succès très relatif de Bertrand Delanoë (il n’a gagné aucun nouvel arrondissement et reste dans une archaïque union de la gauche en se mettant tous les centristes à dos, chose peu raisonnable pour un éventuel second tour d’élection présidentielle) ne renforce pas nécessairement Ségolène Royal qui est toujours aussi creuse dans ses discours.

 

Le très grand succès lillois de Martine Aubry, qui a tout fait pour éviter de citer Ségolène Royal, la remet évidemment en scelle dans le ‘débat collectif’ au sein du PS.

 

Et d’autres leaders, plus ou moins nationaux, sont là à guetter pour avoir la part du gâteau socialiste : Laurent Fabius, très offensif mais souvent de mauvaise foi, Jack Lang, Manuel Valls, Pierre Moscovici, au nouveau look de barbu séguinien, Julien Dray, Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis…

 

Bref, le PS est loin de revenir au pouvoir. Il s’aveugle de sa victoire de 2008, pourrait encore s’aveugler aux européennes de 2009 et aux régionales de 2010, mais que compte-t-il faire donc pour préparer 2012 ?

 

Aujourd’hui, je ne vois rien se profiler en dehors du sourire autosatisfait de François Hollande.

 

 

.Tout le monde a gagné ?

 

Je n’ai pas évoqué d’autres partis aux marges, comme la LCR qui a parfois obtenu quelques beaux scores (Clermont-Ferrand notamment) ni le FN qui aura quelques élus à Marseille et qui a aussi un peu résisté dans le Nord mais qui n’a plus d’audience nationale (faute aussi de candidats).

 

Dans ces élections locales, loin de gagner, la plupart des appareils politiques ont en fait perdu.

 

Il n’y a que les électeurs qui ont gagné.

 

Forcément. Démocratie oblige.

 

 

 

Aussi sur le blog.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17784186.html

 

 

Sylvain Rakotoarison (17 mars 2008)

http://www.rakotoarison.eu

 

 

NB : Si l’UMP est cohérente dans son interprétation ‘locale’ des élections, il ne devrait y avoir qu’un mini-remaniement technique. Si c’était différent, cela voudrait dire qu’il y aurait une interprétation ‘nationale’.

 

 

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 22:36
Beaucoup de villes ont été conquises ou conservées avec un très faible écart

- Périgueux : Xavier Darcos échoue avec 49,5% avec 113 voix d'écart sur 18 500.
- Pau : François Bayrou échoue avec 38,9% (contre 39,9%).
- Angers : la gauche garde la mairie avec très peu d'avance (50,6%).
- Marseille : Jean-Claude Gaudin reste maire de Marseille avec une faible majorité.
- Saint-Max (banlieue de Nancy) : Eric Pensalfini (UMP) a gagné avec 40,4% contre le maire sortant UMP Gérard Stoerkel 39,0%.
- Aulnay-sous-bois : Gérard Gaudron a été battu avec 49,9% par le socialiste. La campagne injustifiée contre lui à propos de sa situation aux Assédic a sans doute joué un rôle très négatif.
- Vannes : François Goulard gagne avec 51,4%.
- Mulhouse : Jean-Marie Bockel réélu avec 43,1% contre PS 42,3%.
- Melun : Gérard Miller (UMP) réélu maire avec 51,8% malgré la fusion d'Aude Luquet (MoDem) avec la liste PS.
- Vandoeuvre-lès-Nancy : Françoise Nicolas (UMP) échoue face à Hoblot (PS) avec 52%.
- Paris 5e : Jean Tibéri réélu avec 45,0% face au PS 44,5% (Philippe Meyer, du MoDem, fait moins qu'au premier tour).
- Toulouse : Jean-Luc Moudenc, malgré sa fusion avec le MoDem, échoue avec 49,1%.
- Asnières : Manuel Aeschlimann tombe avec 48% contre une liste de rassemblement droite-gauche.
- Valence : Patrick Labaune n'est pas réélu face au PS qui obtient 51,7%.
- Orléans : Serge Grouard réélu avec 51,3% contre Jean-Pierre Sueur (ancien maire PS).
- Thionville : Jean-Marie Demange échoue avec 48,9%.
- Briançon : Alain Bayrou réélu avec 52%.
- Vitrolles : PS élu avec 51%.
- Corbeil-Essonnes : Serge Dassault 82 ans réélu avec 200 voix d'avance sur 14 000 votants. La MoDem-UDF Nathalie Boulay sera première adjointe.

Pas mal de villes ont été perdues par l'UMP à cause du maintien du candidat MoDem

- Quimper : Bernard Poignant (PS) retrouve sa mairie avec 55,7% en raison du maintien de Isabelle Le Bal (MoDem) qui fait 11%.
- Saint-Etienne : Michel Thiollière échoue (41,4% contre 46,0%) en raison du maintien de Gilles Artigues (MoDem) qui diminue son score avec 12,6%.

Inversement, le maintien du candidat UMP Urieta à Pau a fait perdre l'élection à François Bayrou.



De gros retournements en faveur de la gauche 

Périgueux (cf plus haut), Caen, Reims (dû à la division Catherine Vautrin contre Renaud Dutreuil), Metz (Rausch a plus de 21% de retard face à Dominique Gros PS 48%), Amiens (De Robien échoue avec 44%), Blois (échec de Nicolas Perruchot avec 10% d'écart), Noyon (échec de François-Michel Gonnot), Angoulême (échec de Philippe Mottet face au PS 52,3%), Strasbourg (Fabienne Keller battue avec 42,8% face l'ancien maire PS Roland Ries avec 57,2%), Colombes (le PS gagne 54% contre le liste où se trouvait Rama Yade), Valence (cf plus haut), Evreux (contre J.P. Nicolas), Roanne (Yves Nicolin échoue avec 47,9%), Brive, Thionville.


Quelques observations 

Lille : Martine Aubry qui a fusionné avec le MoDem Jacques Richir obtient 66,6% et revient dans le débat national du PS. Quand elle parle à la télévision, derrière dans la foule, un militant du MoDem agite sans cesse une écharpe orange.

Quelques autres résultats notables

- Roubaix : le maire PS (ex-UDF) a été réélu avec 54%.
- Laxou (banlieur de Nancy) : brillante élection de Laurent Garcia avec 67% (ayant battu au premier tour le maire sortant UMP Claude Guillerme).
- François de Maizière élu à Versailles.
- Fromantin élu à Neuilly-sur-Seine.
- Bauchet (MoDem) réélu à Fleury-lès-Aubray avec 53%.
- Bruno Joncour (MoDem) réélu à Saint-Brieuc avec 60%.
- René Couanau (UMP) réélu à Saint-Malo avec 47,8%.
- Didier Borotra (MoDem) réélu à Biarritz avec 43,3%.
- Rachida Dati élu à Paris 7e avec 57,6%.
- Bruno Bourg-Broc a été réélu à Châlons-en-Champagne avec 52,5%.
- Toul : Nicole Feidt (PS) réélue avec 43,6% face à Jacques Gossot (ancien maire) avec 30%, Nadine Morano (députée UMP) est très largement distancée.
- Chatellerault : Jean-Pierre Abelin réélu 
- Boulogne-Billancourt : Pierre-Christophe Baguet (député NC) gagne avec 44% face à Jean-Pierre Fourcarde avec 34%.
- Tarbes : Jean Glavany perd contre le maire sortant UMP Trémège qui fait 54,3%.
- Pierre-André Périssol réélu à Moulin avec 46%.
- Meylan : la maire UMP Tardy réélue avec 52,6%.
- Le Havre : Antoine Rufenacht réélu avec 54,7%.
- Saint-Nazaire : Bateux PS réélu avec 45,5% contre MoDem 20,7%.
- Paris 8e : François Lebel est réélu face à Pierre Lellouche.
- Massy : Vincent Delahaye (MoDem) réélu avec 57%.
- Agen : Jean Dionis (NC) gagne avec 55%.
- Nancy : André Rossinot réélu avec 50,7% face à Nicolas Creusot 40,5% et Françoise Hervé 8,8%.
- Mont-de-Morsan : la MoDem Darrieussecq réélue avec 52%.
- Aubagne : Fontaine PCF réélu avec 53%.
- Fontainebleau : Frédéric Valletoux réélu avec 47,3% contre Bruno Grandjean avec 31,51% et R. Sarkissian avec 21,19%.
- Montreuil : Dominique Voynet conquiert la mairie avec 55% contre le PCF.


63 UMP à Paris, dixit Legaret y compris Alphand (Paris 16e).
Une élue MoDem à Paris : Marielle de Sarnez.
Agde, un F.mur (MoDem) battu avec 46,2 % contre un UMP : un rapport avec le Génie des Alpages ?
Claude Bartolone gagne la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

Ce que dit Bayrou 

Il y a une vague de gauche, selon Bayrou, et ça renforce l'instabilité électorale après seulement 10 mois d'une grande victoire de l'UMP alors que le PS n'a pas changé et n'a pas de nouveau projet. Cette stérélité des institutions par des retournements électoraux incessants empêchant toute réforme sur le long terme renforce le besoin d'un Centre fort pour stabiliser ces mouvements de balancier.

Les prochaines élections pour le MoDem seront plus faciles avec les européennes en juin 2009 et les régionales en mars 2010.

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 22:30

Dans les supputations du week-end, il s'agirait d'un très petit remaniement ministériel, sans doute encouragé par un bon score de la gauche (un grand remaniement renforcerait une interprétation "nationale" des résultats), on parlerait beaucoup d'un nouveai Secrétaire d'Etat au Grand Paris (ou Grands Travaux).

Si c'était le cas, il serait possible que ce poste pourrait échoir à Anne-Marie Idrac, ancienne Secrétaire d'Etat UDF aux transports, ancienne Présidente de la RATP et qui va quitter la Présidence de la SNCF.

Ou Yves Jégo.

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 11:40

Y aura-t-il un remaniement après les municipales ? Si oui, de quelle ampleur ?


La question d’un remaniement ministériel se pose généralement dès l’annonce de la composition d’un nouveau gouvernement. Des rumeurs alimentées par la rancœur des recalés, des oubliés et des renvoyés et par les ambitions des jeunes espoirs permettent ainsi de consacrer quelques pages ou minutes dans les journaux de temps en temps.

Ces rumeurs avaient cours dès le 18 septembre 2007, puis le 3 janvier 2008. Avec les élections municipales et cantonales, elles s’amplifient naturellement.


Conséquences politiques des municipales

Historiquement, sous la Ve République, il y a eu très peu de changements de gouvernement à la suite des élections municipales ou cantonales.

Ni en mars 2001 en fin de cohabitation jospino-chiraquienne, ni en juin 1995 au tout début de la présidence de Jacques Chirac, ni même en mars 1989, à l’époque bénie du rocardisme triomphant. Ni non plus en 1971 à l’époque dorée du chabanisme, ni en 1965 en fin de mandat gaullien, ni en 1959 en début gaullien.

En revanche, les municipales de mars 1983 et celle de mars 1977 furent l’occasion de nommer un nouveau gouvernement avec un même Premier Ministre (respectivement Pierre Mauroy III le 23 mars 1983 et Raymond Barre II le 29 mars 1977) avec de profonds changements.


Pas de grands changements

Selon Nicolas Sarkozy lui-même, il n’y aura pas de grands bouleversements, car il faut des ministres expérimentés pour aborder la Présidence française de l’Union Européenne le 1er juillet 2008.

C’est étrange, puisque c’est en contradiction avec la doctrine originelle de Nicolas Sarkozy qui estimait, au début de son mandat, qu’un ministre, c’était fait pour avoir des résultats et que cela devait donc se remplacer à tout moment.

Mais bon, ça veut dire aussi qu’il confirme qu’il y aura des changements dans quelques jours. Avant le prochain Conseil des ministres (du 19 mars 2008), selon certains.

Malgré tout, de son côté, répétant encore à Tarbes le 12 mars 2008, puis le lendemain à la radio, François Fillon ne voit pas l’intérêt d’un remaniement.

François Fillon soutient même le principe de la stabilité gouvernementale, en faisant référence aux autres pays européens :

« La France est le seul pays en Europe qui change plusieurs fois de gouvernement entre deux élections législatives. (…) Tous les grands pays modernes choisissent une équipe de gouvernement, choisissent un projet politique et le mettent en oeuvre pendant 4 ou 5 ans. C'est le rythme de la démocratie. (…) C'est justement parce que la France, depuis très longtemps, depuis près de 20 ans, s'est ingéniée à changer de projet politique en permanence que finalement elle n'en a eu aucun et qu'elle n'a pas été à même de réaliser les réformes qui étaient nécessaires. »

(Notons qu’entre 1997 à 2002, Lionel Jospin a dirigé un seul gouvernement pendant toute la législature, cohabitation oblige).

Depuis le début mars donc, certains ministres sembleraient rassurés

ou pas. Car il n’y a pas de rumeurs sans feu. Les bruits qui circulent sont autant de sondes laissées à l’appréciation des récepteurs.

Un remaniement, même technique et minime, semblerait pourtant indispensable.


Sur quelle base ?

Pas sur la base d’échec ou de réussite aux municipales, selon Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, qui a dit le 5 mars 2008 : « Les deux sont indépendants. ». (La plupart des ministres actuels, hormis Paris et Périgueux, s’en sont de toutes façons très bien sortis au premier tour).

Contrairement à l’issue des élections législatives de juin 2007 où l’échec d’Alain Juppé le faisait sortir opportunément du gouvernement.

François Fillon avait alors déclaré le 23 mai 2007, avant les législatives : « La logique, quand on est battu, cela veut dire qu’on n’a pas le soutien du peuple, on ne peut pas rester au gouvernement ».

Même si Christian Estrosi a annoncé sa démission en cas d’éventuelle (mais probable) élection à la mairie de Nice (demandée par Patrick Devedjian mais pas du tout imposée par Nicolas Sarkozy qui a affirmé qu’il respecterait son choix), François Fillon avait cependant déclaré, ce même 23 mai 2007, que ce n’était pas gênant, au contraire : « Les ministres qui ont des responsabilités locales pourront les conserver ».


Jeu gratuit

Alors, jouons (puisque c’est un jeu) aux chaises musicales. C’est un jeu qui pourrait être risqué pour l’auteur (on verra vite ce qu’il va se passer) mais soyons sincère, pas si risqué que cela, puisque le but du jeu est de mettre tout au conditionnel, de ne colporter que des rumeurs journalistiques et de n’être l’auteur d’aucune supposition.

D’ailleurs, avec des suppositions à propositions multiples, il n’y a pas beaucoup de risque de ne pas se tromper (et réciproquement !).

Reconnaissons aussi qu’il fut très difficile d’imaginer la composition surprenante des deux premiers gouvernements de François Fillon, dont la composition, marquée de l’empreinte de Nicolas Sarkozy, fut extrêmement habile au printemps 2007.

Parlons d’abord gros calibres.


L’Élysée ?

Y aurait-il des remaniements parmi les proches de Nicolas Sarkozy ?

L’idée de remplacer au secrétariat général de l’Élysée Claude Guéant (dont le fils François a été battu aux cantonales de La Gacilly, Morbihan) par Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur à Matignon, bras droit de Bernard Arnault et ami de Nicolas Sarkozy (il fut l’un de ses témoins lors de son mariage avec Carla Bruni) aurait de quoi réjouir les députés UMP. Et François Fillon.

Mais Nicolas Sarkozy peut-il se déconsidérer autant en moins d’un an ? Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Qu'il y ait eu quelques erreurs, c'est certain. Je note qu'elles n'ont pas été commises par Claude Guéant. Il a toute ma confiance et mon amitié. ».

L’hebdomadaire Marianne n°567, qui continue son racolage commercial avec le titre "Demain, le putsch de Fillon", va même jusqu’à évoquer le départ d’Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans un poste au Ministère des Finances, celui de Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, vers la télévision publique, et même de David Martinon, le rejeté de Neuilly, porte-parole de l’Élysée, qui deviendrait ambassadeur.

Évidemment, ces suppositions sont très improbables, mais elles vont très loin puisqu’elles évoquent même Claude Guéant devenant ministre, aux Finances par exemple (ou à l’Intérieur) pour bien encadrer François Fillon, ou même à Matignon, lui qui avait évoqué le 13 décembre 2007 le nouveau concept de "ministres missionnaires".

Mais Édouard Balladur pense alors qu’il aurait fallu qu’il ait été élu pour être un Premier Ministre ancien secrétaire général de l’Élysée crédible (comme lui-même et pas comme Dominique de Villepin… ou Georges Pompidou en mars 1962, mais ce dernier n'a été que directeur de cabinet !).


Matignon ?

François Fillon est continuellement confirmé malgré une odieuse crise de croissance médiatique que lui-même s’explique mal. Mais des successeurs putatifs, il n’en manquent guère.

Au début du mandat, on envisageait aisément une promotion prochaine de Rachida Dati, dont les difficultés au sein même de son propre cabinet a enlevé un peu de sa magie.

Mais d’autres pourraient se sentir investis de cette mission nouvelle : Xavier Bertrand dont le professionnalisme, l’habileté posée et précautionneuse et l’art de négocier avec les syndicats en font un ministre apprécié et plein d’avenir.

Il est peu probable également qu’un second Premier Ministre soit une grosse pointure d’avant l’élection de 2007, du genre Jean-Louis Borloo (qui a beaucoup irrité Nicolas Sarkozy dans ses velléités d’indépendance radicale) ou Michèle Alliot-Marie (dont l’action à l’Intérieur est moins appréciée qu’à la Défense).

Qui reste-t-il d’autres ? Un peu difficile en effet, d’autant plus que la popularité de Fillon compense finalement bien l’impopularité présidentielle et permet de justifier de la poursuite de l’action gouvernementale actuelle.


Qui quitteraient le gouvernement ?

Prenons quelques ministres du gouvernement actuel.

Par exemple, Bernard Kouchner. Il est très populaire encore (je ne sais toujours pas pourquoi). Alors, aucune raison de s’en séparer. Sauf que Nicolas Sarkozy a choisi aussi Christine Ockrent comme directrice générale de France Monde dont le ministère de tutelle est justement sous la responsabilité de son mari et que Bernard Kouchner a déclaré qu’il démissionnerait si c’était nécessaire pour la carrière de son épouse.

Hervé Morin, à la Défense, Michèle Alliot-Marie, à l’Intérieur, Christine Albanel, à la Culture, André Santini, à la Fonction Publique, Christine Lagarde, aux Finances, Christine Boutin, au Logement, Michel Barnier, à l’Agriculture, sont régulièrement cités comme partants.

Christian Estrosi devrait quitter le gouvernement en cas d’élection à Nice.

Hervé Novelli quitterait aussi le gouvernement, souvent considéré comme un initiateur d’idées mais pas comme un gestionnaire.


L’ouverture encore en vogue ?

Il y a l’ancienne et la nouvelle ouverture. Les anciennes rumeurs et les nouvelles.

Dans les anciennes idées désormais improbables, il y avait Manuel Valls ou Julien Dray à l’Intérieur, de gros poissons qui préfèrent conquérir le PS plutôt que de gagner un portefeuille. Il y avait aussi Malek Boutih qui avait refusé. Jack Lang qui aurait bien aimé la Justice ou les Affaires Étrangères mais qui va encore y résister. Ou encore Hubert Védrine et Jacques Attali.

Le cas de Claude Allègre est particulier : il pourrait devenir un grand Ministre de l’Industrie, de la Recherche et des Universités mais personne n’en voudrait, ni les parlementaires UMP, ni surtout François Fillon qui ne voudrait pas risquer de nouveaux mouvements sociaux (les méthodes de Claude Allègre étant peu propices à la négociation).

François Zimeray, pourtant fabiusien, président de la communauté d’agglomération de Rouen (fonction qu’il va laisser à Laurent Fabius, sans suspens depuis l’échec de Pierre Albertini dès le 1er tour à Rouen), pourrait faire la surprise par une entrée au gouvernement alors que des proches de Nicolas Sarkozy sont en contact avec lui.

Du côté des centristes, l’idée de nommer à la Culture Jean-Marie Cavada dont le score désolant dans le 12e arrondissement de Paris ou encore Michel Mercier (à la Défense) ne paraît plus utile : l’un à Paris, l’autre à Lyon ont tous les deux cassé une éventuelle dynamique municipale du MoDem, mais c’est désormais du passé.


Qui d’autres entreraient ?

Parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, on citerait volontiers Yves Jégo, brillamment réélu à Montereau, qui pourrait avoir le Logement, Nadine Morano dont le probable échec à Toul (arrivée en 3e position le 9 mars 2008) hypothéquerait cependant les chances.

Patrick Devedjian pourrait revenir au gouvernement, à la Défense ou à la Justice. Un bon moyen de l’écarter de la direction de l’UMP contestée par Patrick Balkany, un autre proche de Nicolas Sarkozy. Mais Patrick Devedjian ne partirait pas avec une popularité folle.

Jean-François Copé serait sans doute candidat à un grand ministère. Il avait raté d’être sur la liste en 2007.

François Baroin, bref successeur de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur entre le 26 mars et le 15 mai 2007, qui a sans doute montré trop de fidélité à Jacques Chirac, pourrait peut-être revenir en grâce depuis sa brillante réélection à Troyes.

Parmi les proches de Nicolas Sarkozy, certains verraient Thierry Lefebvre (député et ancien attaché parlementaire de Nicolas Sarkozy) à des questions économiques, et Thierry Solère aux nouvelles technologies.

Enfin, Anne-Marie Idrac, qui va quitter la présidence de la SNCF, ancienne ministre UDF, « trouverait à excercer ses talents avec des responsabilités que nous allons lui confier » dixit Nicolas Sarkoyzy.


Qui n’entreraient pas au gouvernement ?

Le retour d’Alain Juppé, brillamment réélu à Bordeaux, est vigoureusement démenti par l’intéressé, même si ce dernier ne pourrait refuser d’être de nouveau utile sur le plan national.

Le retour de Philippe de Villiers paraîtrait aberrant depuis qu’il s’est enfoncé, depuis six ans, dans une islamophobie répugnante.

Celui de Jean-Claude Gaudin, à l’Intérieur par exemple, ne serait pas non plus pensable avec sa situation délicate du premier tour à Marseille ou ses ambitions sénatoriales (il est renouvelable en septembre).

Marie-Jo Zimmermann (députée) serait aussi dans les noms qui circulaient pour faire son entrée au gouvernement. Représentante de la droite ‘musclée’, elle a cependant fait un très mauvais score au premier tour à Metz et s’est alliée avec le MoDem pour battre le maire sortant Jean-Marie Rausch investi au second tour par l’UMP, ce qui probablement fera basculer la mairie à gauche.


Les changements possibles

Valérie Pécresse, très brillante Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, a été, avec François Fillon entre autres, l’une des ministres qui s’est le plus investie dans la campagne de l’UMP. Elle est assurée de rester au gouvernement et si elle devait céder son actuel ministère, elle serait sans doute nommée à la Santé.

Xavier Bertrand agrandirait sans doute son influence en intégrant l’Emploi au Travail, mais certains le verraient même aux Finances (en juin 2007, on disait que c’était encore trop tôt pour lui).

Jean-Louis Borloo serait tenté de revenir aux Affaires Sociales, mais il reste assez populaire grâce à son impulsion du Grenelle de l’Environnement.

Roselyne Bachelot, protégée de François Fillon, pourrait se retrouver à la Culture.

Laurent Wauquiez et Luc Chatel, qui ont réussi dès le premier tour à conquérir des mairies socialistes (respectivement au Puy-en-Velay et à Chaumont), devraient voir leurs attributions élargies. Également Rama Yade, en situation moins confortable à Colombes.

Quant à Rachida Dati, elle raterait son transfert à l’Intérieur.


À l’UMP aussi ?

La contestation du leadership de Patrick Devedjian, véritable chef exécutif de l’UMP depuis les nouveaux statuts comportant une direction collégiale (avec trois vice-présidents : Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie), donne des idées à bien des élus UMP.

Patrick Balkany évoque pour le remplacer Roger Karoutchi ou Brice Hortefeux mais d’autres insistent plutôt sur Yves Jego qui pourrait relancer l’UMP avec plus de dynamisme et de bouillonnements.

Jean-François Copé, brillamment réélu à Meaux, pourrait aussi être ce sergent-chef qu’il sait si bien faire en présidant le groupe des députés UMP depuis juin 2007, mais son ‘juppéisme’, et surtout, son ambition présidentielle affichée avec une insolence tout sarkozienne le desserviraient.

Mais Christian Estrosi, qui voulait déjà devenir le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, pourrait aussi se proposer à cette fonction de direction de l’UMP, surtout s’il était élu maire de Nice et se retrouvait hors du gouvernement.


Rien n’est joué !

Le sort de quelques hommes politiques va sans doute se nouer ou se dénouer entre le 16 et le 19 mars 2008. Nicolas Sarkozy en seul maître à bord. Et sans doute, un peu François Fillon en inspirateur des décisions : le Président nomme, le Premier Ministre propose, selon la Constitution.

Mais rien n’est sûr, et l’absence de remaniement ministériel serait tout autant le résultat de la lecture qu’aurait faite Nicolas Sarkozy des résultats des élections municipales et cantonales que la victoire finalement de son Premier Ministre François Fillon.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 mars 2008)


L’article qui apporte sans doute le plus de ‘rumeurs’ :

Ghislaine Ottenheimer à Challenges du 12 mars 2008.

 

  

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37423



http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080314/tot-remaniement-ministeriel-rumeurs-de-c-89f340e.html

http://www.centpapiers.com/Remaniement-ministeriel-en-France,3298

http://www.lepost.fr/article/2008/03/14/1149156_remaniement-ministeriel-rumeurs-de-chaises-musicales_1_0_1.html
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 10:42

En septembre 2008, le tiers du Sénat sera renouvelé à la suite des élections locales. Christian Poncelet ne devrait pas se représenter à la Présidence du Sénat.



Enjeu secondaire mais cependant important, les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008 renouvelleront de facto 96% du corps électoral pour élire les sénateurs.


Le scrutin de 2008 triplement modifié

Les prochaines élections sénatoriales ont lieu en septembre 2008 (probablement le 28). Cette année est particulière puisque les conditions de ces élections ont été triplement modifiées.

Modification de 2003

D’une part, la loi organique 2003-696 du 30 juillet 2003 a réformé profondément le Sénat.

Jusque là, les sénateurs étaient élus pour 9 ans, devaient avoir plus de 35 ans et le Sénat était renouvelé tous les trois ans par tiers.

Maintenant, ils sont élus pour 6 ans, doivent avoir plus de 30 ans, ce qui fait que le Sénat reste renouvelé tous les trois ans, mais par moitié.

Des dispositions transitoires permettent le passage de 9 à 6 ans avec le partage de trois séries (A, B et C) en deux séries (1 et 2) et finaliseront la réforme en 2014.

En effet, s’il est possible par une loi organique de s’autoprolonger d’un an un mandat (local ou parlementaire), il est politiquement rare de pouvoir le réduire, puisque cela reviendrait à modifier rétroactivement ce mandat.

Ainsi, la série C (départements 67 à 95), qui était renouvelable le 26 septembre 2004 et pour laquelle s’est appliquée cette réforme, a été divisée en deux sous-séries dans le but de se regrouper avec les deux précédentes séries pour n’en faire plus que deux. Par tirage au sort, ce sont les départements provinciaux qui ont gardé, pour la dernière fois, le mandat de 9 ans, et les départements franciliens et d’outre-mer qui inaugurent les premiers le mandat de 6 ans.

De plus, afin d’actualiser la répartition des sénateurs avec la démographie, il a été prévu une augmentation progressive du nombre de sénateurs de 331 (actuellement) à 348 (en en 2011, y compris avec la modification de 2007).

Modification de 2005

D’autre part, la loi organique 2005-1562 du 15 décembre 2005 a prolongé d’un an tous les mandats des sénateurs afin de faire suivre et pas précéder les élections sénatoriales des élections municipales et cantonales de mars 2008, elles-mêmes retardées d’un an par la loi 2005-1563 du 15 décembre 2005 en raison de l’élection présidentielle et des élections législatives prévues au printemps 2007.

Modification de 2007

Enfin, la création de deux nouvelles collectivités d’outre-mer (îles de Saint-Barthélemy et îles de Saint-Martin indépendantes de la Guadeloupe) par la loi 2007-224 du 21 février 2007 a rendu nécessaire la création de deux nouveaux sièges de sénateurs rendue effective par la loi organique 2007-223 du 21 février 2007.

Ces deux nouveaux sénateurs seront élus en septembre 2008.


Qui votera en septembre 2008 ?

Le collège électoral rassemblement les ‘grands électeurs’ chargés d’élire les sénateurs est composé de l’ensemble des députés (577, le site du Sénat indique 579 mais il ne me semble pas qu’il y ait eu création de deux sièges depuis juin 2007), de l’ensemble des conseillers régionaux (environ 1 870), de l’ensemble des conseillers généraux (environ 4 000) et de l’ensemble des délégués des conseils municipaux (environ 142 000).

Les délégués des municipalités sont l’ensemble des conseillers municipaux pour les communes de plus de 9 000 habitants, une partie seulement pour les plus petites communes, et des délégués supplémentaires par tranche de 1 000 habitants pour les communes de plus de 30 000 habitants.

Ce qui donne un nombre approximatif de 150 000 grands électeurs. Bien sûr, seulement un tiers de ceux-là seront appelés en 2008 pour le renouvellement du Sénat.

À noter que la seule fonction élective nationale qui ne permet pas d’être grand électeur est le Président de la République.


Le Sénat, une assemblée de vieux ?

L’image du Sénat est très souvent mauvaise, et parfois, cette mauvaise réputation n’est pas injustifiée.

Un mandat très long (9 ans !), des grands électeurs très peu nombreux (mille à deux mille)… Un élu dans l’exécutif départemental (mieux, le président du Conseil général) avait ainsi la possibilité de faire une carrière confortable : les subventions qu’il attribuait aux communes du département lui assurait une élection et une réélection quasi-systématique, avec une petite campagne de six mois tous les neufs ans, si bien qu’une longue carrière sénatoriales de près de 50 ans pouvait aisément s’envisager avec seulement cinq ou six élections.

L’augmentation du nombre de grands électeurs et surtout, la réduction à 6 ans du mandat sénatorial, va un peu diminuer ces effets de carrière.

Mais si certains sénateurs (hélas) peuvent ne pas beaucoup agir (plus focalisés par leurs enjeux locaux) et ne le sont que pour une rente de situation (disons-le clairement), d’autres profitent de ne pas être exposés aux alea de l’opinion publique pour faire un véritable travail de fond.

Ainsi, la plupart des grandes lois sociétales ont été élaborées au Sénat, comme par exemple les lois sur la bioéthique (Claude Huriet, entre autres, ancien sénateur de Nancy).

La sagesse du Sénat n’est pas vaine. C’est le Sénat qui a limité par exemple la portée de la loi Hortefeux qui instaurait des tests ADN pour les candidats au regroupement familial.

Déconnecté des urgences gouvernementales, le Sénat peut alors réfléchir en amont, organiser de nombreux colloques et, étrangement, semble plus à l’écoute des forces vives de la nation que l’Assemblée Nationale.

Il suffit de voir notamment des manifestations annuelles comme Tremplin Entreprises (première rencontre française de capital-investisseurs), Tremplin Recherches etc. qui ont été mises en place par Christian Poncelet.

La moitié des sénateurs ont fait des stages en entreprises pendant six mois pour prendre conscience et connaissance des problèmes de la ‘vraie’ vie économique (l’origine professionnelle des élus étant souvent fonctionnaires, professions libérales ou retraités, un salarié du privé a plus de mal de risquer son CDI sur une hypothétique réélection).

Allez rue de Vaugirard et retirez les simples visiteurs et touristes, vous verrez que le Sénat ne dort pas.

Pendant assez longtemps, le Sénat était même une caisse de résonance de l’opposition au pouvoir exécutif. Cela l’a aidé à l’époque où les sénateurs combattaient vigoureusement Charles De Gaulle (notamment l’élection présidentielle au suffrage direct et la réforme de 1969). Il a poursuivi comme chambre d’opposition lors de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et notamment en faisant capoter en été 1984 son référendum sur le référendum à la suite du retrait du projet Savary sur l’enseignement laïc.

Son mode de désignation (assoupli depuis que la proportionnelle a été adoptée pour les départements de plus de 3 sénateurs) reste cependant très particulier.


Le Président du Sénat

Deuxième personnage de l’État

Le Président du Sénat, élu pour 3 ans, a, en plus de présider les travaux du Sénat, quelques fonctions constitutionnelles très importantes.

La première est d’être celui qui est chargé d’assurer l’intérim de la Présidence de la République en cas de vacances. Vacance, cela signifie aussi bien démission que disparition. Alain Poher a ainsi assuré deux fois l’intérim, pour les deux raisons, en avril 1969 et en avril 1974.

Charles De Gaulle voulait confier cette mission au Premier Ministre (en principe choisi par le Président de la République) mais sa réforme n’a pas pu aboutir en raison de l’échec du référendum du 27 avril 1969.

Une de ses autres fonctions constitutionnelles est aussi de nommer tous les trois ans un membre du Conseil Constitutionnel, soit le tiers (cette instance est essentielle puisqu’elle est le garant des principes républicains).

Personnage médiatiquement effacé

Sans remonter jusqu’à Jules Jeanneney (père de Jean-Marcel et grand-père de Jean-Noël, Président du Sénat en 1940 qui a fait capoter, avec Édouard Herriot, Président de l’Assemblée Nationale en 1940, le projet insensé de Pierre Laval de restaurer la IIIe République en 1944), la longévité et le grand âge de ses successeurs ont plaidé contre la cause du Sénat (ou du Conseil de la République sous la IVe République).

Gaston Monnerville, 21 ans de présidence (élu à 50 ans, parti à 71 ans).
Alain Poher, 24 ans de présidence (élu à 59 ans, parti à 83 ans).
René Monory, 6 ans de présidence (élu à 69 ans, parti à 75 ans).
Christian Poncelet, 10 ans de présidence (élu à 70 ans, parti à 80 ans).

Le Président du Sénat est en général très discret en France.

Sans doute par habitude de la longue présidence d’Alain Poher dans le caractère effacé puis la fragile santé le tenaient loin des médias).

Même si Christian Poncelet, par exemple, semble répondre favorablement aux peu nombreuses sollicitations des médias (voir l’article de Jean-Michel Aphatie à ce sujet).


Le Président sortant, Christian Poncelet

Le 24 mars prochain, Christian Poncelet va fêter son 80e anniversaire.

Il va probablement annoncer qu’il ne sera pas candidat à sa réélection. En se faisant réélire en 2004, il avait oublié qu’il s’était engagé à ne faire que deux mandats de 3 ans lorsqu’il avait battu René Monory en 1998 (qui lui-même avait été élu face à Charles Pasqua en 1992). Il n’a pu s’empêcher d’en faire un troisième.

Il restera sénateur jusqu’en 2014 pour terminer un mandat exceptionnellement long de 10 ans (dernier de 9 ans + 1 an de report) et surtout, il se représente au Conseil général des Vosges et à sa présidence qu’il détient depuis le 28 mars 1976 (32 ans).

Ayant débuté sa carrière aux PTT et dans des responsabilités au sein de la CFTC, Christian Poncelet a consacré l’essentiel de sa vie à la politique.

Député gaulliste des Vosges de 1962 à 1973, Poncelet a été nommé Secrétaire d’État sans discontinuer du 6 juillet 1972 au 26 septembre 1977 dans les gouvernements de Pierre Messmer, de Jacques Chirac et de Raymond Barre, en charge des Affaires sociales, de l’Emploi, de la Fonction publique, du Budget et enfin des Relations avec le Parlement. Depuis 1977, il est sénateur et a cumulé pendant un an le mandat de député européen en 1979.

Localement, il a été élu au conseil municipal de Remiremont en 1965 puis maire de 1983 à 2001, conseiller régional de Lorraine de 1977 à 1992, et il est conseiller général de Remiremont depuis 1963.

Par son département (effondrement du secteur textile et papeterie) et son origine professionnelle, Poncelet a une bonne connaissance des difficultés économiques rencontrées par les entreprises et a cherché pendant sa présidence à faire rencontrer les deux mondes, celui des (petits) entrepreneurs et celui des hommes politiques. Avec succès et efficacité.

Certaines affaires politico-financières sont plus ou moins sorties en 2007 à son encontre, et la justice a même été saisie, sans pour autant, à ce jour, démontrer une quelconque culpabilité et Christian Poncelet a démenti toute malversation.

Christian Poncelet tient fermement à terminer son mandat par la modernisation du Parlement issue des travaux du Comité Balladur, à laquelle il croit beaucoup.


Un Sénat 2008 encore de droite et du centre ?

Le Sénat sortant, issu des élections du septembre 2004, comporte 331 membres répartis ainsi : 159 pour l’UMP, 96 socialistes, 30 MoDem-UDF (seule institution où trône encore le label UDF), 23 communistes, 16 RDSE (ancienne Gauche démocratique composée de radicaux et majoritairement alliée à la droite parlementaire) et enfin 6 non-inscrits (également souvent divers droite).

Le total fait 330 en raison du non-remplacement du sénateur Jacques Pelletier, renouvelable en 2008 et disparu le 3 septembre 2007.

En clair, 165 à droite, 119 à gauche, et 46 au centre (MoDem + RDSE) pour une majorité absolue à 166 et qui passera en septembre 2008 à 172.

114 sénateurs seront élus en septembre 2008 : 102 sortants (y compris le siège de Jacques Pelletier) des départements 01 à 36, 10 sièges créés par la loi de 2003, et 2 créé par la loi de 2007.

Comme seulement un tiers est renouvelé, et sauf très grande différence dans la compositions des conseils municipaux, il est probable que l’équilibre aura peu évolué (sans doute avec un avantage supplémentaire au Parti socialiste au détriment du MoDem et de l’UMP).

Cela dit, si tout reste ouvert (évidemment), l’enjeu pour l’élection du successeur de Christian Poncelet semble quand même résider au sein de l’actuel principal groupe, l’UMP.

Ou, comme certains journalistes l’affirment, dans les 132 sénateurs francs-maçons qui auraient été comptabilisés à ce jour.


Qui sera élu Président du Sénat le 1er octobre 2008 ?

Il serait en tout cas sain que le prochain Président du Sénat soit une personnalité jeune (50-60 ans et pas 70-80 ans) et puisse donner une autre image que celle de l’éternelle maison de retraites colportée souvent.

Des candidats déclarés ou pas sont donc en attente des élections municipales et cantonales, prêts à la manœuvre.

Le premier à s’être déclaré, depuis près d’une dizaine d’années, est Jean-Pierre Raffarin (60 ans en août), premier vice-président de l’UMP. Il n’en a jamais fait mystère et semble déterminé dans cette élection. Il veut donner un coup de jeune à l’institution en usant de sa savoir-faire marketing. L’impossibilité à unifier la majorité présidentielle à Poitiers (qui vit la victoire du socialiste Alain Claeys dès le premier tour le 9 mars 2008) et le risque de perdre la majorité au Conseil général de la Vienne pourraient nuire à Jean-Pierre Raffarin dans cette bataille essentiellement de représentants des collectivités locales.

Mais il n’est pas seul déterminé dans la course puisque Gérard Larcher (59 ans en septembre), sénateur de Rambouillet (depuis 1986, le benjamin du Sénat à l’époque) et ancien Ministre du Travail de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin (2004-2007), a refusé l’Agriculture dans le gouvernement de François Fillon pour se consacrer aussi à cette élection. Il pourrait être le ‘favori’ de l’Élysée.

Il y a aussi Alain Lambert (62 ans en juillet), sénateur d’Alençon et ancien Ministre délégué au Budget, qui avait postulé au sein des primaires UMP en 2004 face à Christian Poncelet (il avait réuni autour de lui une cinquantaine de sénateurs UMP). Mais l’échec dès le premier tour le 9 mars 2008 de son ‘poulain’ Marc Le Picard, candidat à la mairie d’Alençon, est loin de renforcer son assise au Sénat.

Jean-Claude Gaudin (69 ans le 8 octobre), sénateur renouvelable, deuxième vice-président de l’UMP, serait bien tenté aussi par la Présidence du Sénat, même si pour l’instant, il est très préoccupé à se faire réélire à la mairie de Marseille où sa situation est très délicate face à Jean-Noël Guérini. Il était contre le report d’un an des élections sénatoriales. Il serait le ‘favori’ de Nicolas Sarkozy (préféré à Gérard Larcher) en raison de sa fidélité et de sa discrétion.

Certains pensent même que Charles Pasqua serait candidat (avec peu de chances de succès aujourd’hui). Ce qui expliquerait sa position très modérée contre les tests ADN lors de la discussion de la loi Hortefeux alors qu’il fut l’un des Ministres de l’Intérieur les plus répressifs en matière d’immigration.

Ou pourquoi pas Pierre Méhaignerie (69 ans en mai) ? Le troisième vice-président de l’UMP pourrait se faire élire sénateur en septembre prochain (son département, l’Ille-et-Vilaine, est renouvelable), lui qui a beaucoup d’amertume d’avoir rejoint l’UMP en 2002, puis Nicolas Sarkozy en 2004.

Du côté du Modem, on peut envisager la candidature de Jean Arthuis (63 ans), déjà candidat pour la succession d’Alain Poher.

Quant aux socialistes et communistes, il est probable que ce soit leur président de groupe qui se présentent : Jean-Pierre Bel (56 ans), renouvelable, et Nicole Borvo (62 ans).


Nul doute que dès le lendemain du second tour des élections municipales et cantonales, la question de la succession de Christian Poncelet va échauffer bien des esprits.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 mars 2008)


Pour approfondir :

Le Sénat selon Wikipédia.



http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37373


http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080314/tot-octobre-2008-qui-succedera-christian-89f340e.html

http://www.centpapiers.com/Octobre-2008-qui-succedera-a,3297

http://www.lepost.fr/article/2008/03/14/1148724_octobre-2008-qui-succedera-a-christian-poncelet-a-la-presidence-du-senat.html

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 08:43

Malgré l’implosion lyonnaise, les échecs parisiens et marseillais, et les incertitudes paloises, le MoDem a finalement atteint ses objectifs : rendre le MoDem incontournable.


_ydesarnezbayrou609685038-le-modem-pour-un-partenariat-sans-soumission.jpgLe premier tour des élections municipales et cantonales du 9 mars 2008 a donné incontestablement un avantage à la gauche, sans pour autant donner une trop rude leçon à la majorité présidentielle qui parfois conquiert certaines villes (Le Puy, Chaumont), mais en perd aussi dès le premier tour (Rouen, Bourg-en-Bresse, Dieppe, Vierzon, Alençon, Chalon-sur-Saône, Rodez) et risque d’en perdre encore beaucoup au second tour (Angoulême, Amiens, Blois, Orléans, Corbeil-Essonnes, voire Strasbourg, Toulouse, Périgueux et même Marseille, ces quatre dernières étant très incertaines).


La grande diversité des situations locales

Il reste en effet que, comme l’a expliqué au soir des élections une Roselyne Bachelot avec son ton habituel, ces élections sont d’abord le résultat d’enjeux très locaux avec des situations très différentes et il serait bien difficile de trouver un ‘sens’ national unique.

La très grande prime au sortant, quelle que soit son étiquette, a montré d’ailleurs que le bilan du maire et les projets de ses concurrents étaient sans doute l’élément clef, ou, si on reste au niveau des personnalités, la forte notoriété de certains candidats et leur ancrage dans leur commune ont joué un rôle prédominant.


Une stratégie pragmatique

Lors de la préparation des élections législatives de juin 2007, j’avais critiqué assez fortement le MoDem pour n’avoir pas pris en compte, dans sa stratégie, l’implacable scrutin majoritaire uninominal à deux tour (combattu peut-être mais qui existe bel et bien). Son jusqu’auboutisme indépendantiste ne pouvait que déboucher sur un échec très regrettable en nombre d’élus à l’Assemblée Nationale (trois) alors que François Bayrou représentait, quelques semaines auparavant, 18% des électeurs.

Je dois dire que pour ces élections municipales (je n’évoque pas les cantonales), j’ai plus apprécié la stratégie du MoDem même si elle peut être difficilement défendable sur le plan national. Et même si elle apparaît un peu désordonnée.

En clair, l’idée était de prendre en compte la situation de la commune. De faire une liste autonome du MoDem en principe (comme pour les autres élections) mais de s’allier parfois au premier tour, parfois au second tour, avec les forces qui proposent un projet municipal que le MoDem approuve, indépendamment de l’étiquette politique.


Opportunisme ?

Bien sûr, on peut aisément imaginer qu’une telle stratégie a pour conséquence de se rassembler avec les listes susceptibles de gagner, par pur opportunisme (comme à Lyon, à Montpellier ou à Dijon) afin de rafler le maximum d’élus. En ce qui me concerne, j’aurais bien du mal à faire ce reproche d’électoralisme, sans savoir au fond s’il est justifié ou pas, puisque j’ai toujours pensé qu’un parti politique était fait pour avoir des élus, sans évidemment renier ses principes (l’autonomie n’est pas un principe mais une stratégie).


Ou choix des meilleurs ?

L’alliance avec Alain Juppé à Bordeaux (qui n’était pas donné gagnant et était plutôt dans une sorte de spirale de l’échec après les législatives de juin 2007), celle avec Xavier Darcos à Périgueux (en situation délicate), celle avec Philippe Mottet à Angoulême (en ballottage défavorable), ou même la liste de François Bayrou à Pau ont montré que cette stratégie pouvait être courageuse et pas seulement fondée sur le pragmatisme.

François Bayrou avait tout à perdre à s’impliquer personnellement dans cette élection plutôt difficile alors que Ségolène Royal (qui avait échoué, il y a quelques temps, dans son objectif de devenir maire de Niort contre un socialiste), si elle a beaucoup participé à la campagne des socialiste, elle n’a pris aucun risque personnel.

Le sort très incertain de Marseille montre en tout cas que cette stratégie d’alliance (ici avec le socialiste Jean-Noël Guérini) n’est pas sans risque. Sans doute les décisions d’alliances dépendent beaucoup de la personnalité de la tête de liste : on ne pouvait imaginer un ralliement de Jean-Luc Bennahmias à Gaudin, mais si le choix du candidat MoDem s’était porté sur Jacques Rocca-Serra (devenu candidat UMP qui a échoué dans le 2e
secteur), une alliance au second tour avec Jean-Claude Gaudin aurait été très probable.

Même réflexion sur l’alliance du MoDem au second tour avec l’UMP à Toulouse que Jean-Luc Moudenc peut pourtant perdre (le premier tour totalise plus de voix à gauche qu’à droite et au centre).


Des alliances regrettables ?

On peut évidemment critiquer des alliances au premier tour parfois contre nature, comme à Grenoble où le MoDem de Philippe de Longevialle s’est rallié à la liste du maire PS sortant Michel Destot comprenant des communistes dès le premier tour (contrairement à Dijon) et qui pourrait reprendre ensuite dans sa majorité des écologistes d’extrême gauche peu en phase avec les idées du MoDem (je ne sais pas s’il y aura fusion des listes PS et Verts, mais sûrement un accord de gestion après).

On peut aussi regretter la constitution de listes MoDem contre des maires sortant issus de l’UDF-bayrouiste (c’est-à-dire, qui n’ont pas rallié l’UMP en 2002), comme Jean-Christophe Lagarde (député NC) brillamment réélu à Drancy (au long passé communiste) avec 69,5% (mieux que Jean-François Copé à Meaux !), ou encore Nicolas Perruchot, à Blois.


Résultats décevants dans des grandes villes

La situation dans les très grandes villes est plutôt décevante pour le MoDem, souvent très en dessous des 10% fatidiques pour pouvoir se maintenir au second tour ou négocier fermement avec d’autres listes : 5,5% à Marseille ; 5,7% à Strasbourg (victime des profondes divisions centristes comme à Lyon) ; 5,9% à Toulouse (où la liste de Jean-Luc Forget était la poursuite d’une rivalité ancestrale avec le maire sortant Jean-Luc Moudenc, tous les deux anciens centristes du CDS) ; 14,7% à Nancy (alors que la tête de liste Françoise Hervé avait déjà atteint les 20% et est reconnue par tous comme une très bonne connaisseuse des dossiers de sa ville) ; 7,8% à Lille (où Jacques Richir était parfois contesté) ; 7,5% à Caen (où la liste de Philippe Lailler, MoDem, était en concurrence avec une liste du Nouveau Centre).


De beaux scores en Seine-en-Marne

Mais dans d’autres villes, le MoDem a fait de très beaux scores et est souvent incontournable dans les préparatifs du second tour.

Notamment en Seine-et-Marne.

Je cite, entre autres, Aude Luquet qui a réalisé 15,5% à Melun, mettant en ballottage le maire UMP sortant Gérard Millet ; Charles Napoléon qui, avec ses 21,2% à Nemours, fait jeu égal avec le maire socialiste sortant Jean-Pierre Béranger (21 voix d’écart) mais qui n’est qu’en troisième position (et les cinq listes présentes au premier tour peuvent toutes se représenter au second tour !) ; Bruno Grandjean avec 31,3% à Fontainebleau, il menait une liste divers droite soutenue par le MoDem contre le maire UMP sortant Frédéric Valletoux (qui a obtenu 45,9%) ; Patrick Septiers qui a été réélu avec 76,0% à Moret-sur-Loing ; Dominique Maillard avec 17,0% à Roissy-en-Brie.

L’échec d’Ange Anziani à Meaux (6,7% contre maire UMP sortant réélu Jean-François Copé) et de Jean-Michel Scharr (11,3% contre le maire UMP sortant réélu Jean-Pierre Le Poulain) sont le résultat de candidatures contestées en interne (Ange Anziani, ancien premier adjoint de Jean-François Copé, étant considéré comme un ancien RPR et Jean-Michel Scharr s’étant présenté aussi sur le canton de Fontainebleau contre la candidate officiellement investie par le MoDem Armelle Magnan de Bornier, ce qui a empêché la présence d’un candidat du MoDem sur ce canton au second tour).


De beaux scores dans quelques villes importantes

Quelques belles réussites aussi nationalement avec le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe réélu à Arras avec 51,2% et Hervé Chevreau réélu à Épinay-sur-Seine à 60,4%).

D'autres réélections dès le premier tour :
Luc Binsinger avec 53,0% à Saint-Nicolas-de-Port ; Jeran-Michel Tobie avec 60,5% à Ancenis ; Jean-Jacques Jégou avec 53,9% au Plessis-Trévisé ; Rodolphe Thomas avec 53,0% à Hérouville-Saint-Clair ; Olivier Henno avec 64,7% à Saint-André-Lez-Lille ; Denis Badré avec 52,7% à Ville-d’Avray.

Et d’autres listes MoDem dont le comportement pour le second tour va être décisif : François-Xavier de Péretti avec 20,2% à Aix-en-Provence (il devrait fusionner avec une liste de gauche) ; Christophe Grudler avec 16,9% à Belfort (il se maintient au second tour, faisant le jeu du maire sortant chevènementiste) ; Jean-François Mortelette avec 16,2% à Blois (contre le maire sortant Nicolas Perruchot pourtant bayrouiste à l’élection présidentielle et qui a 13% de retard avec la liste de gauche) ; Nathalie Griesbeck (députée européenne) avec 14,7% à Metz (contre le maire sortant Jean-Marie Rausch, en situation critique, dont elle fut la première adjointe ; elle devrait fusionner avec la liste UMP de Marie-Jo Zimmermann qui a obtenu 16,7%) ; Isabelle Le Bal avec 11,6% à Quimper (dont le retrait pourrait rendre difficile l'élection du socialiste Bernard Poignant) ; Gilles Artigues (un des rares députés UDF qui a préféré être au MoDem et ne pas être réélu en juin 2007) avec 20,2% à Saint-Étienne (contre le maire sortant Michel Thollière qui n’a obtenu que 37,9% et dont il a été l’adjoint) ; Christian Leblond avec 12,3% à Asnières (il fusionnera avec toutes les autres listes présentes au premier tour pour battre le maire sortant UMP Manuel Aeschlimann qui n’a obtenu que 41,6%), Éric Chevée avec 13,7% à Chartres (qui fusionnerait avec la liste socialiste contre le maire sortant UMP Jean-Pierre Georges) ; Alcino Alves Pires avec 10,4% à Évreux (où le maire sortant UMP Jean-Pierre Nicolas, successeur récent de Jean-Louis Debré, est en ballottage très légèrement favorable).

Et aussi :
Marc Saint-Denis (conseiller général) avec 19,9% à Vandœuvre-lès-Nancy (face à la maire UMP sortante Françoise Nicolas) ; Kévin Izorce avec 18,7% à Saint-Nazaire (où il arrive devant l’UMP face au maire PS sortant Joël Batteux) ; Xavier Coiffard avec 17,8% à Cholet ; Pierre Bauchet (maire sortant) avec 48,0% à Fleury-lès-Aubrais ; Didier Borotra (maire sortant) avec 41,8% à Biarritz ; Maurice Pollet avec 24,5% à Savigny-le-Temple ; Jean-Marie Borderies avec 16,8% à Lieusaint ; Jean-Yves Jourdain avec 33,6% à Avallon ; Pierre Creuzet avec 20,5% à Nanterre ; Christophe Grébert avec 22,4% à Puteaux (où sévissait la rivalité entre le père et sa fille) ; Vincent Delahaye (maire sortant) avec 49,9% à Massy ; Stéphane Cochepain à 11,0% à Clichy ; Philippe Laurent (maire sortant) avec 40,8% à Sceaux ; Michel Fanget avec 16,0% à Clermont-Ferrand ; Richard Bertrand avec 26,9% à Poissy ; François de Maizières (divers droite soutenu par le MoDem malgré un candidat se revendiquant du MoDem, Stéphane Fillette) avec 39,0% à Versailles contre le candidat UMP Bertrand Devys (24,0%) choisi par le maire UMP sortant Étienne Pinte (tous les deux étaient des adjoints de ce dernier).


16% de moyenne dans les villes où le MoDem est présent et déjà plus de 550 élus

Les résultats complets sont publiés sur
le site du MoDem.

En tout, selon Éric Azière, 554 conseillers municipaux MoDem auraient été élus au 1
er tour et dans les 350 communes environ où le MoDem présentait des listes autonomes, celui-ci recueillerait en moyenne 15,9% des voix (les 3 à 4% indiqués par le Ministère de l’Intérieur étant la moyenne sur l’ensemble des 36 000 communes).


Situation parisienne dramatique et hypocrisies socialistes

La situation à Paris est, en revanche, plutôt pitoyable.

Le MoDem n’a jamais caché qu’il ne soutiendrait pas la démarche (vouée à l’échec) de Françoise de Panafieu au second tour, mais la réaction du maire sortant Bertrand Delanoë, qui n’a besoin plus de personne (ni des Verts, ni du MoDem) pour se faire réélire au second tour, est désolante et se moque beaucoup du MoDem.

En effet, Bertrand Delanoë, voulant ratisser large, essaie de ne pas donner flanc aux accusations de centrisme que lui lancent ses amis de gauche, et a adopté une attitude pour le moins ambiguë : il refuse toute fusion de listes avec le MoDem pour le second tour, mais laisse entendre qu’il pourrait impliquer les élus MoDem dans sa gestion, sans d’ailleurs forcément leur donner des responsabilités.

Proposition très hypocrite puisque cela signifie en gros la mort du MoDem à Paris.

16 listes MoDem pourraient fusionner pour le second tour (soit dans la totalité des arrondissements encore en lice), mais seulement trois peuvent se maintenir au second tour : Marielle de Sarnez dans le 14e (13,9%), Philippe Meyer dans le 5e (14,3%) et Véronique Delvové-Rosset dans le 7e (15,7%). Dans une telle configuration (maintien des listes au second tour), le MoDem aurait bénéficié plutôt d’une élection du maire d’arrondissement dès le premier tour, surtout dans les arrondissements qui l’ont ratée de peu : 4e, 9e, 10e, 13e (ce qui élimine Éric Azière, conseiller de Paris sortant), et 19e
. Concrètement, il y aura donc très peu d’élus parisiens du MoDem.

La décision de Bertrand Delanoë s’explique pourtant facilement : en compétition interne avec Ségolène Royal pour conquérir l’appareil du Parti socialiste, Delanoë suit un vieux précepte mitterrandien qui veut que le PS ne se gagne que sur sa gauche (ce précepte n’avait pas vraiment réussi à Laurent Fabius).

Or aujourd’hui, Ségolène Royal prône une alliance franche et systématique du PS avec le MoDem (que ce dernier ne veut pas, d’ailleurs), agaçant sans aucun doute la plupart des hiérarques socialistes (à commencer par François Hollande).

En maintenant l’archaïque alliance de gauche (PS-PCF-Verts), Bertrand Delanoë montre à l’évidence qu’il ne rénovera jamais le PS. Les Verts et les communistes ne représentent plus grand chose, même si le PCF fait preuve d’un incroyable sursaut grâce à sa très bonne implantation locale, alors que le MoDem serait indispensable au candidat socialiste pour le second tour d’une élection présidentielle… dans le cas, bien sûr, où le candidat du MoDem ne serait pas, lui-même, au second tour.


Un parti très sollicité

Du côté de l’UMP, Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin voulaient contracter un accord national avec le MoDem qui a poliment refusé. L’objectif de Patrick Devedjian était notamment de retirer la liste d’Yves Urieta, maire sortant de Pau, socialiste dissident soutenu par l’UMP pour faciliter l’élection très difficile de François Bayrou en contrepartie d’un retrait de Gilles Artigues à Saint-Étienne pour ne pas mettre en danger la réélection de Michel Thollière (Gilles Artigues devrait se maintenir au second tour).


Des comportements très "centristes" mais peu cohérents

La liste MoDem de François Hervé se maintient à Nancy, assurant la 5
e élection d'André Rossinot pour le second tour.

Se maintiennent aussi les listes MoDem à Saint-Étienne (handicapant le maire sortant Michel Thiollière), à Clermont-Ferrand et à Aix-en-Provence et à Quimper (favorisant le PS Bernard Poignant, ancien maire).

La liste MoDem de Colombes a fusionné avec la liste de la maire UMP sortante incluant Rama Yade. À Toulouse aussi, le MoDem fusionne avec l'UMP pour permettre à Jean-Luc Moudenc de sauver sa mairie.

La liste MoDem de Aude Luquet (15,5%) a fusionné avec la liste de gauche(36,3%) à Melun (avec la possibilité de battre le maire UMP sortant Gérard Millet qui n’a eu que 48,%). Même situation à Poissy où la gauche et le MoDem totalisent au premier tour 54%. À Lille aussi, fusion avec la liste de Martine Aubry (qui n'en avait pas besoin). Idem à Marseille où la décision de Jean-Luc Bennahmias de fusionner avec Jean-Noël Guérini est très constestée au sein du MoDem.

La liste MoDem de Blois s'est retirée pour aider la réélection de Nicolas Perruchot.

Le comportement de beaucoup de listes MoDem entre les deux tours, très désordonné et visiblement, s’offrant au mieux offrant sans considération de projet municipal, est déplorable et donne une très mauvaise image du MoDem comparée avec raison aux délices et poisons de la IV
e République.

À tel point que François Bayrou a même dû intervenir pour condamner l’alliance du MoDem avec la liste communiste à Aubagne. Sans pourtant s’opposer à des fusions avec des listes composées en partie de candidats communistes.


Enfin, précisons une évidence : les candidats ne sont pas propriétaires de leurs voix et les consignes de vote ne sont pas toujours suivies dans les urnes, d'autant plus qu'il faut prendre en compte aussi la réserve des abstentionnistes.


Le MoDem existe donc bel et bien dans ce paysage municipal très diversifié, et c’est sain pour le pays.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (11 mars 2008)


NB : Les résultats ainsi que la composition complète des listes sont accessibles de façon pratique sur le site du Figaro.




     Article paru sur Agoravox.

 





http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080312/tot-municipales-2008-mission-accomplie-p-89f340e.html

http://www.centpapiers.com/Municipales-francaises-2008,3288

http://www.lepost.fr/article/2008/03/12/1144383_municipales-2008-mission-accomplie-pour-le-modem.html

http://www.francedemocrate.info/spip.php?article454


http://lesjeuneslibres.hautetfort.com/archive/2008/03/11/precisions-sur-le-score-des-municipales-au-1er-tour-du-mouve.html#comments
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