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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 20:06

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210129-castex.html




À l'issue d conseil de défense présidé par le Président de la République, le Premier Ministre a présenté en conférence de presse, ce 29 janvier 2021, les nouvelles mesures prises contre le Covid-19 pour éviter un troisième confinement.




Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à  l'Élysée, sur la situation pandémique

Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens,
 
Le Président de la République a réuni aujourd’hui en fin d’après-midi un Conseil de défense, au cours duquel ont été examinés l’état de la situation sanitaire ainsi que les projections les plus récentes sur la diffusion du virus, production réalisée sous l’égide du Conseil scientifique. J’ai conduit, hier et avant-hier, des concertations avec les représentants des groupes parlementaires et politiques, des associations d’élus locaux et des partenaires sociaux. Il apparaît que si la situation sanitaire reste mieux maîtrisée en France que chez beaucoup de nos voisins, elle est cependant préoccupante. Près de 27 000 de nos compatriotes sont hospitalisés pour Covid. Plus de 3 000 personnes sont en réanimation. Et je veux saluer une nouvelle fois l’engagement de nos soignants. La progression des variants dits anglais et sud-africains fait peser un fort risque d’accélération de l’épidémie. La question d’un confinement se pose légitimement compte tenu de ces données, mais nous en connaissons l’impact très lourd pour les Français sur tous les plans. Ce soir, nous considérons, au regard des chiffres des derniers jours, que nous pouvons encore nous donner une chance de l’éviter.
 
C’est pourquoi, en complément des mesures de couvre-feu qui ont produit des effets réels mais insuffisants, nous avons décidé de prendre sans délai les mesures complémentaires suivantes. Toute entrée en France et toute sortie de notre territoire à destination ou en provenance d’un pays extérieur à l’Union européenne sera interdite sauf motif impérieux. Cela s’appliquera à partir de dimanche, 00h. Toute entrée en France à partir d’un pays de l’Union européenne sera conditionnée à la réalisation d’un test PCR, à l’exception des travailleurs transfrontaliers. Tous les déplacements en provenance et en direction de tous nos territoires ultramarins seront également soumis désormais à la production de motifs impérieux. À compter de ce dimanche, les centres commerciaux non alimentaires d’une surface supérieure à 20 000 mètres carrés, c'est-à-dire ceux qui favorisent le plus de brassage des populations, seront fermés. Dès lundi, les jauges seront renforcées dans toutes les grandes surfaces.
 
Le quoi qu'il en coûte, prêts garantis par l'État, fonds de solidarité, chômage partiel, s'appliquera bien sûr pour tous les salariés et les entreprises concernées. Dans toutes les entreprises où cela est possible, le recours effectif au télétravail devra être renforcé. A cet effet, une concertation sera conduite lundi avec les partenaires sociaux pour en définir les modalités. Ce principe s'appliquera de la même manière dans les administrations publiques. Les policiers et les gendarmes seront mobilisés pour contrôler le non-respect du couvre-feu, l'organisation des fêtes clandestines et l'ouverture illégale de restaurants dans des proportions renforcées. Les dérives de quelques-uns ne sauraient ruiner les efforts de tous. Une consigne de particulière fermeté sera donc appliquée pour ceux qui fraudent les règles en vigueur.
 
Enfin, dès la semaine prochaine, notre stratégie “tester, alerter, protéger” sera amplifiée. Mes chers concitoyens, plus que jamais, nous devons tout faire pour respecter ces règles et celles qui nous permettent, au jour le jour, de lutter contre cette pandémie : respect des gestes barrières, port du masque, se tester et s'isoler au moindre doute. Nous avons fait ensemble nos meilleurs efforts pour accélérer la vaccination et ce soir, près d'un million et demi de Français ont reçu leur première injection. Notre devoir est de tout mettre en œuvre pour éviter un nouveau confinement et les prochains jours seront déterminants. Soyons très vigilants, mais ayons confiance, car à chaque étape, les efforts collectifs et individuels que nous avons faits ont été payants, et du fond du cœur, je vous en remercie.

Jean Castex, le 29 janvier 2021 à l'Élysée, Paris.


Source : gouvernement.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210129-conference-presse-castex.html



 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 03:05

« Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister. Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible. » (Emmanuel Macron, le 31 décembre 2020).




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Il y a moins d'un mois, il avait parlé des réformes nombreuses du Président Valéry Giscard d’Estaing. Peut-être est-ce l’obsession du Président Emmanuel Macron qui aura vécu, dans son quinquennat, deux crises majeures longues, celle des gilets jaunes pendant un an, et celle du covid-19 pendant un an et demi voire deux ans : arrivera-t-il à réformer la France comme il s’y était engagé en 2017 ?

L’allocution télévisée traditionnelle pour les vœux 2021 a été marquée par cette obsession, mais elle pourrait se montrer décevante. La vraie pirouette, cela aurait de se dire qu’il aurait du temps, avec un second quinquennat, pour pouvoir assumer la crise sanitaire et remettre dans les rails de la prospérité un pays qui a tous les atouts pour être prospère : excellence intellectuelle, innovation, puissance industrielle, modèle social à haute ambition, exemple de stabilité institutionnelle et politique.

Comment aborder les vœux 2021 et donc, le bilan 2020 sans évoquer la pandémie de covid-19 ? Il l’a fait à mon avis par le bon bout, à double titre : en rendant hommage aux victimes, car ceux qui polémiquent et pérorent sur le sujet oublient que cette pandémie tue, et tue beaucoup, tant en France que dans le reste du monde, et aussi, en rendant hommage à tous les Français, ceux qui ont montré un esprit civique hors du commun, peu prévisible même quand on connaît l’esprit gaulois si râleur, et c’est grâce à ce civisme qu’on a limité les dégâts humains, même si ceux déjà faits sont déjà bien trop nombreux.

Le civisme : « J’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eu à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés. Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie. ». À ma connaissance, c’est assez rare que le Président de la République remercie ainsi les Français. Jean Castex l’a fait souvent, Emmanuel Macron assez peu, c’est une bonne chose.

Les victimes : « En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quittés ces derniers mois. Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble, nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris. J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore. ».

Rappelons que Valéry Giscard d’Estaing, Jean-Louis Servan-Schreiber et Robert Hossein, mort près de Nancy le lendemain de son anniversaire, comptent parmi les victimes rien que pour le dernier mois, et leur âge n’empêche pas qu’ils ne sont pas mort de leur âge mais bien du covid-19 (ceux qui pensent que c’est normal devraient définir l’âge auquel il serait "normal" de mourir). Sans ce virus, chacun d’eux aurait continué à vivre, à penser, à projeter, à rêver, à aimer.

Il a aussi eu beaucoup de reconnaissance envers des Français qui ont montré courage et inventivité dans ces temps difficiles. Il a énuméré neuf Français, au risque de lasser (et c’était malheureusement lassant), au risque d’être démagogique, mais imaginons-nous ceux qu’il a cités, la fierté qu’ils pourraient avoir d’être reconnus dans leur courage, leur inventivité : « [L’épidémie] a aussi, à mes yeux, révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir. Notre plus grande fierté, en effet, ce sont les Françaises et les Français. Vous ! ».

Par ailleurs, Emmanuel Macron a rappelé que le traitement économique et social de la crise sanitaire a été sans égal dans le monde et c’est une chance : « Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce "quoi qu’il en coûte", je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures. ». Ceux qui demain voudront critiquer le déficit budgétaire sont les mêmes qui aujourd’hui trouvent que les aides de l’État restent insuffisantes pour les blessés de la guerre sanitaire.

Actant le départ du Royaume-Uni de l’Union Européenne, le Président de la République a réaffirmé fermement ses convictions européennes : « Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux, moi, vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe. Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020. ».

Emmanuel Macron a donc tenté d’énumérer ses réformes de 2020. Ce n’est pas la réforme des retraites, comme il l’avait imaginé le 31 décembre 2019, mais il a considéré que la liste n’était pas vide : « Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe. ». Un peu plus tard, il a réinsisté : « Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies. ».

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Après le bilan, le futur. C’est le plus important pour Emmanuel Macron et pour tous les Français. Un avenir proche pas forcément gai ni rose : « En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises, sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique, qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps, l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays. ».

Mais au-delà de la crise sanitaire, et malgré le faible temps qu’il lui reste avant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron compte relever trois grands défis : la transition écologique et la protection de la biodiversité ; la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité ; enfin, la poursuite de son engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations. Sa détermination reste intacte : « Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en est rien. ». Un peu plus tard, il a renforcé cette idée : « C’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction. ».

Il faut noter qu’Emmanuel Macron n’a pas évoqué la réforme des retraites ni aucune réforme institutionnelle. S’il devait continuer à réformer, c’est à l’évidence sur le plan écologique et sur le plan régalien qu’il souhaite marquer son temps et son quinquennat. C’est, à mon sens, un bon choix, et surtout, un choix plus consensuel que celui des retraites ou des institutions, thèmes boîtes de Pandore qui ne provoqueraient que désunion et divisions.

Parlant d’avenir, il n’a évidemment pas oublié d’évoquer la vaccination contre le covid-19. Saluant la prouesse scientifique de mettre au point, par « le génie humain », un vaccin moins d’un an après la découverte du virus, il a voulu faire preuve de fermeté dans sa volonté d’aller vite avec la vaccination : « Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant pas ceux qui présentent le plus de risques. ».

Ce petit laïus, somme toute court par rapport à la longueur de l’allocution, est sans doute le plus important de la soirée. Les journalistes l’ont interprété comme un désengagement présidentiel de l’action du gouvernement et même un reproche sur la manière dont la vaccination est organisée. C’est bien sûr erroné : lorsque Emmanuel Macron s’en prend à « une lenteur injustifiée », cela signifie au contraire que celle d’aujourd’hui est "justifiée".

En effet, que dirait-on si on vaccinait à tour de bras sans s’assurer du "consentement éclairé" des résidents en EHPAD ? On criait au scandale ! Le choix de la France, qui me paraît pertinent, c’est de vacciner d’abord tous les résidents en EHPAD qui le voudraient. Pourquoi ? Parce qu’âgés, ils sont parmi les plus vulnérables, et que cette vulnérabilité est accrue avec le fait que c’est un établissement collectif. Lorsqu’il y a contamination, elle n’est jamais isolée, elle l’est par dizaines de résidents. Dans le nombre de décès, un tiers représente des résidents en EHPAD, voilà pourquoi il est urgent de les vacciner. Et martelons : il ne s’agit pas d’en faire des cobayes ! Le vaccin a été déjà testé, il a montré son efficacité et son innocuité, ce n’est plus une phase de test, juste de pharmacovigilance, ce qui est très différent. Et il suffit d’observer d’autres pays pour s’en rendre compte, puisqu’ils ont pris un peu d’avance.

Les autres candidats à la vaccination, ceux qui sont totalement autonomes, leur vaccination sera beaucoup plus rapide, le recueillement de leur consentement éclairé plus aisé à obtenir. Des centres de vaccination seront d’ailleurs installés un peu partout en France, selon la bonne volonté des élus locaux. Rappelons-le, ce vaccin de Biontech/Pfizer, le seul possible actuellement, le seul autorisé en France, doit être stocké dans des congélateurs qui tiennent –80°C. Pas dans un simple réfrigérateur.

Cessons une nouvelle fois de polémiquer après seulement un ou deux jours de vaccination. Il était essentiel pour l’Europe de commencer sa campagne de vaccination avant la fin de l’année, c’était symbolique, mais on sait très bien qu’entre Noël et le Nouvel An, jusqu’au lundi 4 janvier 2021, beaucoup de Français sont en vacances, sont absents, et les soignants tout autant que les autres, et eux ont besoin plus que les autres de ces congés pour reprendre des forces et faire face probablement à un hiver et à un printemps très difficiles sur le front sanitaire. Attendons donc quelques semaines avant de faire des comparaisons oiseuses. Non, il n’y a pas de problème de fourniture, début janvier 2021, la France devrait avoir plus d’un demi-million de doses en sa possession.

On peut faire un parallèle avec les tests PCR. On a beaucoup critiqué la France d’en avoir fait trop peu il y a quelques mois. Petite question intéressante : qui de la France (67 millions d’habitants) ou de l’Allemagne (83 millions d’habitants) en a fait le plus au 31 décembre 2020 ? La réponse peut surprendre : la France en a fait plus de 35,4 millions et l’Allemagne seulement 34,8 millions, pour une population plus importante. Rapporté à la population, cela donne 542 000 tests par million d’habitants en France (plus de 54% !), et seulement 415 000 tests par million d’habitants en Allemagne.

Lorsque certains pays (comme Israël) vont si vite qu’ils n’auront pas assez de "secondes" doses pour faire le rappel un mois après la première dose, ou lorsqu’on décide (au Royaume-Uni) de prolonger de un à trois mois le temps entre les deux doses à injecter, on se demande quel pays est le plus sérieux, celui qui s’assure que le vaccin sera le plus efficace possible ou celui qui vaccine de manière visible et massive mais sans s’assurer que les patients seront effectivement bien protégés ? Rendez-vous donc dans quelques mois avant de psychoter inutilement !

Dans sa conclusion, Emmanuel Macron n’a pas hésité à donner un horizon lointain, ce que son prédécesseur direct a toujours été incapable de faire : « En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap. Alors, ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne ! ».

Et, disons-le, j’ai beaucoup apprécié sa presque dernière phrase car c’est la phrase d’un patriote, d’un Français qui aime son pays, sa Nation et son peuple, qui les aime vraiment, j’insiste, au contraire de beaucoup de ses contradicteurs qui ont été particulièrement pitoyables pendant cette crise sanitaire : « Soyons fiers ! Fiers d’être "nous", les Français, la France ! ».

Certains divisent les Français en opposant "moi" à "eux", Emmanuel Macron, lui, est pour l’unité, il dit "nous" sans condition d’appartenance. C’est cela l’esprit républicain. C’est cela l’esprit national. C’est aussi cela l’esprit de responsabilité. Français, si vous aimez votre pays, ne tombez pas dans l’aigrissement, ne crachez pas dans la soupe, ne dénigrez pas votre pays ; au contraire, soyez fiers, soyez positifs, soyez optimistes, soyez constructifs, et aidez à son amélioration, à sa progression ! Soyez la France de demain et pas celle d’hier !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron sera-t-il un Président réformateur ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron pour les vœux 2021, le 31 décembre 2020 à Paris (texte intégral et vidéo).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron en hommage à Valéry Giscard d’Estaing, le 3 décembre 2020 à Paris (texte intégral et vidéo).
Discours du Président Emmanuel Macron sur la lutte contre le séparatisme, le 2 octobre 2020 aux Mureaux (texte intégral).
Emmanuel Macron : 43 ans en quarantaine.
Écologie : un référendum, pourquoi pas ?
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.

 _yartiMacron2020123103



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201231-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-sera-t-il-un-229893

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/12/19/38714857.html







 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 19:10

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201231-macron.html







Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron pour les vœux 2021, le 31 décembre 2020 à 20 heures


Françaises, Français,
Mes chers compatriotes de l’hexagone, d’outre-mer et de l’étranger,

Ce soir, nous ne vivons pas un 31 décembre comme les autres.

Là où, dans nos villes et nos villages, l’heure est d’habitude aux grands rassemblements, ils sont cette année interdits par l’épidémie : les places de nos communes sont éteintes, nos foyers moins joyeux qu’à l’accoutumée.

L’année 2020 s’achève donc comme elle s’est déroulée : par des efforts et des restrictions. Et j’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eu à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés.

Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie.

En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quittés ces derniers mois.

Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris.

J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore.

Je veux dire notre reconnaissance à ceux qui se sont mobilisés pour soigner, nourrir, éduquer, protéger, à tous ceux qui par leur travail, leur engagement nous ont permis de tenir debout et ensemble durant ces mois difficiles. Et qui ce soir encore, le font pour la Nation.

A nos concitoyens œuvrant dans les secteurs de la culture, du sport, de la restauration, de l’hôtellerie, du tourisme, ou de l’évènementiel, aux étudiants qui ont souffert et souffrent encore davantage que les autres, je veux leur redire que nous serons là.

Evidemment pour réussir à sortir au plus vite de cette situation.

Et pour leur permettre de tenir dans cette période si dure et injuste pour eux où nous leur demandons de travailler autrement, et parfois même de renoncer à leur activité.

Cette épreuve historique a aussi révélé la solidité de notre Nation.

Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe.

Nos soignants ont non seulement tenu mais nous avons engagé une transformation en profondeur et des investissements historiques pour notre santé, dont les prochaines années révéleront la pertinence.

Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce « quoi qu’il en coûte », je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures.

Ce soir pour la première fois un pays, le Royaume-Uni, quittera l’Union Européenne. Nous avons scellé il y a quelques jours un accord pour organiser nos relations futures avec lui en défendant nos intérêts, nos industriels, nos pêcheurs et notre unité européenne. Le Royaume Uni demeure notre voisin mais aussi notre ami et notre allié. Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux moi vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe.

Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020.

Parce que nous avons su conduire les transformations nécessaires et renforcer notre crédibilité, nous avons su convaincre l’Allemagne puis les autres membres de l’Union Européenne de concevoir un plan de relance unique et massif et de décider d’un endettement commun et solidaire pour mieux préparer notre avenir en nous engageant dans la transition écologique et numérique et en créant autant d’emplois que nous le pouvons pour notre jeunesse.

Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies.

Elle a aussi à mes yeux révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir.

Notre plus grande fierté en effet ce sont les Françaises et les Français. Vous.

***

Marie-Corentine a 24 ans. Au printemps dernier, cette infirmière fraîchement diplômée originaire de Limoges n’a pas hésité à tout quitter pour prêter main forte aux équipes de l’hôpital de Créteil débordées par l’afflux des malades du virus.

Jean-Luc est chauffeur-éboueur en Guyane. Avec ses collègues Anthony et Maxime, ils n’ont jamais cessé de travailler depuis le début de la pandémie. Au plus fort du confinement, ils constituaient cette « deuxième ligne » qui a permis au pays de continuer à vivre, et à la vie de continuer.

Gérald est entrepreneur près d’Angers. Pour faire face à la demande de masques, il a, avec ses salariés, réussi la prouesse d’ouvrir ses usines 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et, plus récemment, d’en installer une autre en un temps record.

Lucas a 11 ans et habite Béthune. Lorsqu’il a découvert la situation d’isolement des personnes âgées atteintes de la COVID-19 dans l’hôpital de sa ville, il n’a pas hésité une seconde et a fait don de sa tablette pour leur permettre de communiquer avec leurs proches et de retrouver le sourire. Il a été suivi par de nombreux autres.

Rosalie est libraire à Bagnolet en Seine-Saint Denis. Comme tous ses confrères, elle a beaucoup souffert de la fermeture des commerces, malgré les aides, elle a su innover. Mettre en place un site internet pour permettre la vente à emporter lors des semaines les plus dures. Et les clients, à Noël, ont répondu présents.

Romain est gendarme à Tende, dans les Alpes-Maritimes. La nuit du 2 au 3 octobre, des inondations menacent d’emporter une maison de retraite. Au péril de sa vie, il parvient à évacuer plus de 70 résidents, leur sauvant la vie. Avec les policiers de Nice, qui ont mis fin à l’attentat de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption, avec Arno, Cyrille et Rémi, gendarmes tués alors qu’ils portaient secours à une femme battue dans le Puy de Dôme, avec Tanerii, Dorian et Quentin, militaires morts lundi dernier en opération au Mali, ils sont des héros de la Nation.

Medhi est professeur de sciences économiques et sociales dans les quartiers Nord de Marseille. Comme des milliers d’enseignants, il a eu, quelques jours après l’assassinat de Samuel PATY, à organiser un cours sur la laïcité. Pour cela, il a pris le temps de se former auprès d’autres professeurs et d’inspecteurs d’académie. Avec courage, il est alors revenu auprès de ses élèves sur nos valeurs, leur histoire. Assumant cette haute mission de notre école, de nos enseignants : faire des républicains.

Wendie est footballeuse. Comme tous les sportifs amateurs et professionnels, elle a vécu une saison difficile avec des entraînements impossibles, des compétitions décalées, des matchs sans public. Pourtant, elle a puisé en elle la force d’âme d’aller remporter avec son club de toujours une 7ème Ligue des champions, un record, et de nous faire rêver dans cette période grise.

Mauricette a 78 ans. Elle réside dans une maison de retraite de Sevran et il y a quelques jours, vous l’avez tous vu, comme moi, elle a été la première française à se vacciner contre la COVID 19, envoyant, contre l’obscurantisme et le complotisme, un magnifique message d’espoir pour l’année qui s’ouvre.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de votre sœur, de votre voisin, de vos amis, de ces milliers d’anonymes qui, engagés et solidaires, ont tenu notre pays dans l’épreuve.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de l’espérance. Ceux de France.

***

Mes chers compatriotes,

Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister.

Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible.

En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises – sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique – qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays.

En 2021, quoi qu’il arrive, parce que nous nous y sommes préparés, nous saurons aussi relever les défis à venir :
- la transition écologique et la protection de la biodiversité, avec la mise en œuvre des propositions de la convention citoyenne, et d’autres réformes.
- la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité.
- la poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations.

Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en n’est rien.

L’espoir est là dans ce vaccin que le génie humain a fait advenir en un an seulement. C’était impensable il y a encore quelques mois. Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant par ceux qui présentent le plus de risques.

L’espoir est là, et l’espoir grandit chaque jour dans cette relance qui déjà frémit en France plus qu’ailleurs et qui va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante, plus respectueuse du climat et de la biodiversité et plus solidaire. Et je sais le Premier ministre et le gouvernement pleinement mobilisés.

L’espoir vit dans la liberté que nous retrouverons, dans la force de notre culture, de notre art de vivre à la française, dans les leçons aussi que nous saurons tirer de cette crise pour plus de simplicité, d’efficacité, et parfois tout simplement, de bon sens.

L’espoir vit dans notre jeunesse. Nous lui avons tant demandé : des sacrifices, de renoncer aux rencontres qui sont à cet âge plus qu’à d’autres le sel de la vie. Nous lui avons tant demandé pour sauver des vies en particulier celles des plus fragiles de nos aînés. Nous sommes donc ses débiteurs pour nos choix à venir et je m’y engage : c’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction.

En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap.

Alors ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne.

Restons ce peuple uni, solidaire, fier de son histoire, de ses valeurs, de sa culture, confiant dans l’avenir et le progrès, sûr de son talent et de son énergie et ambitieux pour lui-même. Quoi qu’il arrive.

Soyons fiers. Fiers d’être « nous », les Français, la France.

Voilà mes chers compatriotes.
Bonne année à tous.

Que 2021 soit une année heureuse pour chacune et chacun et une année utile pour notre pays.

Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le 31 décembre 2020 à Paris.


Source : www.elysee.fr/

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201231-allocution-macron.html


 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 03:17

« Cendre de lune, petite bulle d’écume
Poussée par le vent, je brûle et je m’enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C’est nue que j’apprends la vertu. »
("Libertine" chanté par Mylène Farmer, 1986).



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Déjà la fin de l’année 2020 ! Terrible, nous entrons en 2021 avec la torpeur d’un virus de 2019. Jamais on ne saurait mieux souhaiter la bonne année et surtout la bonne santé qu’à ce nouvel an 2021 : la pandémie de covid-19 est là pour le rappeler. Plus de 1,8 million de décès dans le monde, dont 64 381 en France, plus de 14 000 décès dans le monde rien que pour la journée de ce mercredi 30 décembre 2020, bref, la crise est majeure, mondiale, durable, de quoi cauchemarder encore de nombreuses nuits d’hiver.

Paradoxalement, cette année 2020 qui vient de s’écouler a été l’occasion, à chaque occasion, pas seulement au nouvel an, de prendre réellement soin de ses proches. Même les formules de politesse ont changé avec "Prenez soin de vous" à côté d’un "Cordialement" ou d’un "À bientôt". Au-delà des formules de politesse, c’est bien les relations sociales qui ont été bouleversées par ce satané coronavirus SARS-CoV-2 avec les gestes barrières : finies les pudiques bisous à l’exaltante assistante du troisième, finies les poignées de main très fermes avec l’interlocuteur viril, finies les embrassades, finies les tapes à l’épaule, les gestes qui consolent, et l’amour qui commence, insouciant. À cause du sida, les années 80 avaient vu une remise en cause des relations sexuelles libérées la décennie précédente ; les années 20 voient un éloignement physique, une distanciation physique qui va nous rendre tous anglo-saxons ou nordiques ou même asiatiques…

Inutile de réfléchir très longtemps pour savoir comment résumer en un seul mot l’année 2020. Un résumé dans toutes les langues, mondial, globalisé : covid-19. Nom de code complètement inconnu il y a seulement un an. Le virus existait déjà, et certains médecins chinois avaient osé le signaler, mais l’annonce officielle du gouvernement chinois a été beaucoup plus tardive, encore deux ou trois semaines. En quelques semaines, comme un feu de paille, la planète s’est embrasée dans la maladie mortelle pour de nombreuses personnes.

Faisons un petit détour en France et sur le quinquennat du Président Emmanuel Macron. Franchement, qui veut gouverner la France aujourd’hui ? Quel niveau de masochisme doit-on avoir pour vouloir gérer une crise sanitaire et économique d’une telle nature ? Emmanuel Macron aurait-il été candidat s’il avait su, lui qui avait du temps, par son jeune âge, pour attendre son tour ? Mais a contrario, Alain Juppé aurait-il été à la hauteur ? François Fillon ? François Bayrou ? et les autres, tous plus nuls les uns que les autres ?

Reprenons les "nouvels ans" de son quinquennat. 2018 ? C’était encore l’état de grâce. La réforme du code du travail passée comme une formalité devant la sidération des syndicats (je n’ai pas compris pourquoi ce fut si simple, Jean-Luc Mélenchon non plus, lui qui rêve tous les quarts d’heure du grand soir). 2019 ? C’était fini. En pleine crise des gilets jaunes. Réformes déjà enrayées. L’affaire Benalla pour corser le tout (après tout, quel Président n’aurait-il pas eu d’affaire ?). 2020 ? Idem. En pleine crise, mais pas la même. Les gilets jaunes ? Résolu avec le grand débat. Et les élections européennes ont montré que les gilets jaunes, décidément, n’étaient pas faits pour la politique (on ne peut pas vouloir plus de services de l’État et moins d’impôts et de taxes). Non, la crise-là était plus traditionnelle, sociale, grandes manifestations et grèves contre la réforme des retraites. J’ai déjà dit ce que j’en pensais. Nous étions encore dans un autre monde. Alors, 2021 ? Rien de tout cela. Comme si le destin s’amusait sans arrêt à zapper et à changer de film. Pandémie de covid-19. Production en mondovision, avec son armada de complotistes

Alors, terminons-en très rapidement sur le plan politique. La prochaine élection présidentielle a lieu au printemps 2022. Autant dire demain. Tout le monde espère qu’elle aura lieu ou plutôt, que la pandémie permettra le déroulement régulier de la campagne électorale. Cela signifie que 2021 est l’année des candidatures. Nécessairement. Déjà, c’est bien tard. Aucun candidat à une élection présidentielle n’était inconnu quinze mois avant une élection présidentielle. Cela veut dire que tous les acteurs de 2022 seraient en principe déjà en place. Pour info, le record, à mon sens, dans l’histoire, c’était Emmanuel Macron, en piste dès mars 2015, soit deux ans avant l’élection. Certains candidats étaient en piste pendant trente ans, chez nous. Mais tout s’accélère…

Sur le plan européen, 2020 était un peu comme la succession de confinement/déconfinement, en gros, un jour sans fin ou une année sans fin : après avoir adopté l’accord sur le Brexit en janvier 2020, voici in extremis l’accord de partenariat entre Union Européenne et Royaume-Uni ratifié ce 30 décembre 2020. Il fallait finaliser avant le 31 décembre 2020, c’était moins une.

Revenons à l’origine, à l’idée principale. 2021, le seul souhait que tout le monde émet, c’est évidemment la santé, la résolution de la pandémie. Manifestement, complotistes et mandarins égocentriques ont dit n’importe quoi pendant un an. Ils continueront à dire n’importe quoi dans l’année qui vient, évidemment, puisque plus on s’enfonce intellectuellement, plus on y prend goût.

On peut critiquer le gouvernement, mais le gouvernement français est comme les autres gouvernements étrangers : le coronavirus était inconnu il y a un an. On ne savait rien ! On ne l’imaginait même pas ! L’impréparation, les responsables, c’étaient les gouvernements antérieurs, pas actuels ! Jean Castex a dit deux ou trois fois une chose à la fois étonnante de bon sens et pourtant, qu’il faut marteler : l’ennemi, ce n’est pas le gouvernement, c’est le virus ! Tout monde veut contrôler l’épidémie, mais le virus a ses propres lois dont on en ignore quelques-unes encore.

Entre faire et ne pas faire, et quoi faire si faire, il y a toujours sujet à critique. Pas de masque ? On critique. Trop de masques ? On critique. Pas de test PCR ? On critique. Trop de tests PCR ? On critique. Et on aura la même chose avec les vaccins. Trop lent. Trop rapide. Jamais comme il faut, toujours mieux chez les voisins, l’herbe y est toujours plus verte… que de dépréciation antipatriotique chez les Français !

Pourtant, chez les voisins, cette seconde vague, ce n’est pas fameux. La France fait partie de ceux qui s’en tirent le mieux, ou plutôt, le moins mal. Allemagne ce 30 décembre 2020 : +752 décès ; Royaume-Uni : +981 décès ; Italie : +545 ; France : +303. Ce ne sont pas des moyennes (surtout à l’époque de Noël, il faut faire des moyennes sur une semaine), mais ces données sont assez représentatives depuis plusieurs semaines. La France a confiné plus tôt que ses voisins, résultat : les voisins ont dû reconfiner brutalement juste avant Noël. La France a su préserver la fête de Noël. Qui remerciera le gouvernement français pour ce Noël sauvé ? Sûrement pas les Français. En revanche, en Allemagne en décembre, on ne cessait de dire depuis des semaines : il faut faire comme la France, il faut reconfiner !

Oui, ce sentiment de ne rien maîtriser, de ne rien contrôler, de devoir faire d’immenses concessions, les réformes mais aussi l’économie, pour sauver des vies, pour sauver NOS vies, oui, nos vies, aujourd’hui 300 à 400 décès par jour en France, il faut le répéter, chaque jour qui passe, ce sont des centaines d’êtres chers qui disparaissent avec cette saleté de maladie. Ce n’est pas un rhume. Cela continue à tuer. Sans arrêt. 14 000 hier, comme je l’ai indiqué plus haut.

Pourquoi faut-il pourtant être optimiste ? Parce que les vaccins sont déjà là, et c’est unique dans l’histoire des sciences. Jamais on est allé aussi vite. C’est une incroyable lueur dans le cauchemar des deuils et du chômage. Il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de soigner cette maladie. Elle est très contagieuse (beaucoup plus que la grippe), ce qui nécessite effectivement des mesures drastiques de restriction sanitaire. Mais le meilleur moyen d’en venir à bout, ce sont les vaccins.

Or, le vaccin à ARN messager non seulement est prometteur, mais il est là, déjà là ! Décembre 2020 aura été le mois de la vaccination. Là encore, on pourra toujours critiquer le gouvernement français pour sa timidité, son enthousiaste pour le moins fade, mais la France aura autant de vaccins que les autres pays européens, en proportion de la population. Comme dans tout acte d’innovation, il y a les avant-gardistes et les suiveurs. Qu’importe le doute : les suiveurs suivront, ils verront bien, en juin 2021, lorsque les premières personnes vaccinées auront déjà un an d’ancienneté (et même plus, les premiers tests sur l’humain ont eu lieu le 24 avril 2020).

C’est le vaccin qui est la perspective la plus optimiste. Les complotistes pourront toujours rouspéter, ils s’enferreront dans leurs contradictions. Comment ? Les gouvernements auraient créé une pandémie pour ruiner les peuples ? (pourquoi ? quel intérêt ? je l’ignore). Et maintenant, ils vaccinent. Pourtant, en vaccinant, ils vont justement mettre fin à la pandémie. Pourquoi l’auraient-ils créée pour y mettre fin ? Bref, chaque élucubration de complotiste est une incohérence majeure, est un défi à la raison, est une insulte à la science.

Non seulement je me réjouis du début des campagnes de vaccination, mais je considère qu’elle est un point d’inflexion dans l’histoire des sciences. Le vaccin à ARN messager a un avantage majeur que les complotistes anti-vaccin (que je ne convaincrais pas puisqu’ils sont du registre de la secte) n’ont pas bien considéré : il n’a aucun moyen d’être combattu avec les arguments classiques. Pas d’adjuvant. Pas de virus inactif, donc pas de risque d’avoir la maladie. Le seul pitoyable argument, c’est l’ignorance de ce qu’est l’ARN messager, une molécule instable qui se détruit après avoir fait ce qu’on lui a demandé de faire, sans aucune possibilité de modifier l’ADN de l’humain parce qu’elle est incapable d’entrer dans le noyau de la cellule.

La vaccination par l’exemple ? Des centaines de maires ont proposé de se faire vacciner pour participer à l’acceptabilité. C’est une erreur, à mon sens, qu’il n’y a pas de volonté d’exemplarité au plus haut niveau de l’État, sous prétexte de préserver la hiérarchie des priorités. Personne ne dira qu’être gouvernant ne demande pas d’être protéger de tout événement mettant en danger la santé. À l’étranger, beaucoup de dirigeants se sont faits vacciner, notamment Joe Biden et Mike Pence.

Toujours est-il que cette année 2020, avec la pandémie, on a pu voir l’humanisme ou la manque d’humanisme de certains. Ce fut très instructif. Cela permet, parfois, d’en dire beaucoup sur les personnes. Espérons que 2021 sera l’année du triomphe de la raison et de la science, que les nombreux échos sur Internet ont salies massivement cette année.

Et puis, puisqu’il est l’heure : bonne année et bonne santé à tous pour 2021 !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2020)
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210101-nouvel-an.html

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/2021-bonne-sante-a-tous-229855

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