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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 05:59

« Bien accompagner les malades et les personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie, c’est aussi s’occuper de l’état physique et psychologique de leurs aidants. C’est une priorité absolue. Ce congé favorise une conciliation souple des temps d’aide et des temps de travail, au bénéfice des proches. » (Marisol Touraine, le 21 novembre 2016).


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À partir du 1er janvier 2017, tout salarié pourra prendre un congé de proche aidant. De quoi s’agit-il ? Lorsqu’un salarié accompagne une personne proche qui est en situation de handicap ou en situation de dépendance, il lui sera désormais possible de quitter son travail provisoirement pour accompagner à 100% la personne qu’il aide.

C’est le décret n°2016-1554 du 18 novembre 2016 relatif au congé de proche aidant qui permet juridiquement ce congé, en application de deux lois, la loi n°2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement et la loi n°2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, qui définit notamment les "congés d’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale".

Le salarié peut ainsi demander à prendre trois mois de congé pour cette aide à la dépendance, sans solde, et il est renouvelable jusqu’à un cumul d’une année pour toute la carrière. Il y a des conditions de délais pour préparer l’employeur à ce congé et il y a un possible retour à l’emploi avant la fin du congé déclaré. Il faut faire la demande au moins un mois avant le début effectif du congé (quinze jours en cas d’urgence) et la demande de renouvellement au moins quinze jours avant la fin de la première période.

La principale différence avec la situation précédente (le "congé de soutien familial"), c’est qu’il n’est plus nécessaire d’avoir un lien familial avec la personne aidée pour en bénéficier. Une autre différence, c’est qu’il suffit d’avoir une ancienneté dans son entreprise d’au moins un an (au lieu de deux ans précédemment).

Même si ce congé de proche aidant peut paraître une petite révolution, concrètement, peu de chose changeront réellement dans la prise en compte de la personne aidante auprès des personnes en situation de dépendance. Effectivement, le congé de proche aidant n’est pas rémunéré et par conséquent, est difficilement conciliable avec un faible niveau de vie.

Sur les environ 8,3 millions de personnes qui aident une personne en situation de handicap ou de dépendance en France, 47% sont (encore) en activité professionnelle. Cela donne la mesure de l’importance du sujet. Peu, donc, utiliseront ce nouveau droit car souvent, si la personne aidante continue sa vie professionnelle, c’est parce qu’il y a une nécessité financière à le faire. C’est néanmoins très difficile de concilier les deux activités, profession et accompagnement : 36% des personnes aidantes admettent un impact négatif sur leur vie professionnelle. 26% ont dû prendre des congés pour pouvoir aider, 15% ont aménagé leur temps de travail (un tiers l’a réduit).

En 2011, la répartition des personnes aidantes était la suivante : 44% étaient les conjoints, 13% les parents (12% la mère), 21% les enfants (14% les filles), 21% étaient des amis, voisins et autres qui n’avaient pas de liens familiaux. Si 24% des personnes aidantes avaient entre 60 et 75 ans et 10% plus de 75 ans, il reste que 66% avaient moins de 60 ans et devaient donc subvenir à leurs besoins (et à ceux de la personne aidée le cas échéant).

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Parmi les critiques que l’on pourrait faire de cette mesure, c’est d’une part de mélanger le handicap et le vieillissement qui sont sans doute deux sujets proches mais différents par leurs enjeux.

La personne en situation de handicap, parfois jeune, doit pouvoir vivre dans les meilleures conditions dans une société qui doit nécessairement s’adapter (ce qui nécessite une réglementation qui peut être très contraignante par exemple pour la construction des bâtiments). La personne qui vieillit et arrive en situation de dépendance n’a plus l’espoir de vivre dans de bonnes conditions d’autant plus que son état en principe évolue en empirant. L'accompagnement d'une personne atteinte d'une grave maladie peut être considéré dans l'un ou l'autre de ces deux situations.

Si l’on résume très grossièrement la différence des enjeux, la société doit s’ouvrir aux personnes en situation de handicap, qui doivent donc sortir des structures spécialisées pour vivre le plus "normalement" possible à l’extérieur, tandis que la société doit pouvoir trouver des moyens pour, au contraire, placer des personnes âgées en situation de dépendance dans des structures spécialisées (généralement, des EHPAD). Le financement reste encore à trouver malgré un rapport lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy et des propositions intéressantes comme celle de Nathalie Kosciusko-Morizet qui imaginait faire payer une taxe d’environ 10 à 30 euros par an aux familles pour l’assurance de leur responsabilité civile.

D’autre part, trois mois reconductibles seulement sur un an est une durée bien trop courte pour des parents qui doivent aider un enfant à situation de handicap ; son handicap ne dure pas quelques mois mais toute sa vie. Enfin, le principal reproche, qui ne trouvera probablement pas de réponse immédiate dans la situation budgétaire actuelle, c’est qu’un congé sans solde n’est une solution pour aucune personne aidante actuelle (sinon, elles ne travailleraient plus), mais imaginer un système d’indemnité journalière au même titre qu’un congé maladie risquerait de coûter très cher soit à l’État soit à l’employeur si l’on voulait faire reposer cet énorme effort financer sur les entreprises.

Malgré ces critiques, il reste que ce congé de proche aidant est un droit supplémentaire, qui coûte faiblement aux entreprises (seulement en termes d’organisation), et qui initie une véritable reconnaissance de la personne aidante, et cela sans liens familiaux nécessaires avec la personne aidée : « La publication de ce décret permet l’entrée en vigueur d’une avancée sociale majeure, notamment pour les personnes en situation de handicap et leurs proches aidants. Attendu depuis de nombreuses années, ce décret sera désormais une réalité au 1er janvier 2017. » (Ségolène Neuville, le 21 novembre 2016).

On attend toutefois la grande réforme de la dépendance, qu’avait envisagée Nicolas Sarkozy avant de se rétracter à cause de la crise de l’euro, qui devait constituer un nouveau pilier de notre modèle social…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 janvier 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le congé de proche aidant.
Documentation juridique et indicative.
Un "vieux" pas comme les autres…
Un arrière-goût d’inachevé.
Omnes vulnerant, ultima necat.
Fin de vie, nouvelle donne.
Proust au coin du miroir.
Dépendances.
Sans autonomie.
La dignité et le handicap.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161118-conge-proche-aidant.html

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-conge-de-proche-aidant-188102

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/01/03/34752266.html

 

 

 

 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 23:54

Le CNSA a rédigé un rapport statistique en 2016 sur la situation des personnes en perte d'autonomie et les personnes proches qui les aident. On peut le lire sur le site du CNSA.

Cliquer ce lien pour télécharger le rapport 2016 du CNSA (fichier .pdf) :
http://www.cnsa.fr/documentation/cnsa_chiffrescles2016-web.pdf

Le congé de proche aidant est régi par un décret et deux lois qu'on peut télécharger aux liens suivants.

JORF n°0269 du 19 novembre 2016.
Décret n° 2016-1554 du 18 novembre 2016 relatif au congé de proche aidant.
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/11/18/ETST1629097D/jo/texte

JORF n°0184 du 9 août 2016.
LOI n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels.
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032983213&dateTexte=&categorieLien=id

JORF n°0301 du 29 décembre 2015 page 24268.
LOI n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l'adaptation de la société au vieillissement.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031700731&dateTexte=&categorieLien=id

Pour en savoir plus, lire :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161118-conge-proche-aidant.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20161227-rapport-cnsa.html

 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 06:33

« C’est un meeting ou une déclaration de politique générale ? » (Guy Teissier, député LR, 13 décembre 2016 au Palais-Bourbon).


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Cette interrogation d’un député de l’opposition pourrait paraître polémique, mais elle est pourtant bien réelle et sincère. Le nouveau Premier Ministre Bernard Cazeneuve a voulu faire son baptême de feu malgré la grande brièveté de son mandat (cinq mois). Il a ainsi fait une déclaration de politique générale devant les députés, laissé venir le débat (essentiellement avec les présidents des groupes parlementaires), leur a répondu et a ensuite engagé la responsabilité de son gouvernement ce mardi 13 décembre 2016.

Ce fut peu avant 18 heures 30 que le résultat du vote fut annoncé, clair et sans ambiguïté : 305 députés ont voté pour la confiance, dont le groupe des frondeurs qui avaient refusé de voter la confiance au second gouvernement de Manuel Valls, et 239 députés (LR et UDI) ont voté contre.

Dernier grognard d’une Présidence à la dérive, Bernard Cazeneuve va peut-être devenir le bras armé qui donnera à la fin du mandat catastrophique de François Hollande un aspect un peu plus embelli. Dans la bataille de chiffonniers qui se préfigure pour savoir qui prendra l’appareil du PS à l’issue de la primaire socialiste de janvier 2017, Bernard Cazeneuve est là pour refaire l’histoire du quinquennat hollandien. Et ce n’est pas un hasard si c’est lui qui a été choisi, car c’est sans doute la meilleure personnalité qui a pu se révéler ces dernières années.

Car Bernard Cazeneuve est très ambivalent. Durant ses interventions au Palais-Bourbon du 13 décembre 2016, il a insisté en effet sur le respect qui devait régner dans les échanges politiques, sur le besoin d’éviter les vaines polémiques, les petites querelles qui exaspèrent les citoyens : « Je me présente (…) devant vous aujourd’hui avec un engagement (…), celui (…) de placer au cœur de mon action (…) la notion de respect : le respect qui proscrit le cynisme, qui proscrit le mensonge, qui proscrit les postures, la violence, les outrances ; le respect que l’on doit à l’enseignant, à l’infirmière, au policier, aux acteurs et aux serviteurs du bien commun ; le respect que l’on doit à l’ouvrier, à l’artisan, au commerçant, au paysan, à tous ceux qui produisent et qui entreprennent : le respect que l’on doit aussi (…) à ceux qui ne sont pas nés ici mais qui ont choisi la France, respectent ses lois et contribuent, par leur travail, par leur talent, à sa prospérité. » (cette dernière tirade faisant nettement allusion à Manuel Valls).

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Et de poursuivre : « L’engagement que je fais devant vous, c’est d’être à chaque instant dans le respect de l’opposition, de ne jamais chercher les vaines querelles, de ne jamais convoquer les basses polémiques, et d’être dans un comportement qui rehausse la politique, car les Français, qui nous voient, sont aussi les Français qui nous jugent. L’engagement que je prends, c’est de chercher à nous montrer chaque jour à la hauteur des ambitions de nos concitoyens, en s’adressant à leur intelligence, et non, comme vous le faites, mesdames et messieurs les députés de l’opposition, à leurs instincts, en leur proposant des débats dignes et des choix clairs. ».

Dans la même phrase, il dit vouloir respecter l’opposition et rejeter la vaine polémique et il accuse l’opposition de ne faire appel qu’aux bas instincts de leurs électeurs. Phrase oxymore, donc. Tout un art.

Plus clairement, pour des raisons purement électoralistes, Bernard Cazeneuve n’a pas cessé de faire de la vaine polémique. Il a ainsi rappelé une énième fois que la dette publique avait crû plus rapidement sous Nicolas Sarkozy que sous François Hollande, mais en oubliant, par mauvaise foi politicienne, qu’il y avait la crise financière de septembre 2008 et en oubliant surtout de remettre en perspective le contexte, de comparer la France avec d’autres pays de même poids, et là, la comparaison n’est plus vraiment flatteuse.

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Comme le député LR Guy Tessier laissait entendre, la déclaration de politique générale fut un long monologue pour fustiger le programme de François Fillon, un programme connu pourtant de longue date mais qui n’est devenu scandaleux que depuis sa désignation à la primaire LR.

Ainsi, les fonctionnaires : « Proposer de supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires en quelques mois, c’est remettre tout simplement en cause la capacité de l’État à assumer ses missions les plus élémentaires. Ce n’est pas moderniser le service public, c’est le condamner. ».

Le principal objectif de l’action de Bernard Cazeneuve va donc de donner des arguments à ses amis socialistes dans la bataille présidentielle qui démarre. De restaurer le clivage entre la gauche et la droite, d’insister sur les mesures du quinquennat sortant en faveur de la solidarité, en particulier le tiers payant généralisé pour les consultations médicales (applicable au 30 novembre 2017 !) et le compte de prévention de la pénibilité (une véritable usine à gaz qui se transforme en calvaire pour les petites entreprises) : « C’est là une avancée fondamentale pour ceux qui ont exercé les métiers les plus durs. ».

Cet objectif a été clairement affiché : « Notre majorité a des valeurs et un bilan. Elle croit au beau mot de solidarité. ». Le bilan de ce quinquennat est pour lui élogieux : « Depuis 2012, l’économie française se redresse. Nos entreprises sont plus compétitives. » ce qui a fait dire à un député de l’opposition : « Mais alors, pourquoi François Hollande ne se représente-t-il pas ? ».

Cette ambivalence, Bernard Cazeneuve sait donc en jouer à merveille, avec son air policé et courtois, posé, calme, d’honnête père de famille, loin de l’agitation quasi-agressive d’un Manuel Valls, mais cela n’en reste pas, sur le fond, l’un des derniers grognards du hollandisme finissant.

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Dans son tableau idyllique, oublié, le matraquage fiscal de 2012 et 2013, à une époque où, il faut le rappeler, il fut le Ministre du Budget (remplaçant au pied levé Jérôme Cahuzac) !

Au contraire, il a eu le toupet de dire : « Nous avons agi pour la justice sociale en baissant à quatre reprises les impôts des classes moyennes et des retraités modestes. En 2017, ce sont plus de 5 millions de ménages qui bénéficieront d’une baisse supplémentaire de 1 milliard d’euros de leur impôt sur le revenu, notamment les retraités les plus modestes. ». Quel hypocrisie pour celui qui a augmenté en 2013 de 30 milliards d’euros les impôts et taxes qui ont justement touché de plein fouet les classes moyennes ! C’est méthode Coué : je t’augmente de 30 milliards d’euros l’impôt et je te baisse cinq fois de 1 milliard d’euros, cherchez l’erreur !

C’est le même oubli qui fait qu’Emmanuel Macron conteste la politique économique qu’il avait lui-même définie à l’Élysée quand il était l’un des conseillers les plus écoutés du prince, puis l’un des ministres les plus médiatiques du gouvernement. Une véritable schizophrénie généralisée au PS, qui frappe également Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, deux autres anciens ministres de premier plan de François Hollande.

Bref, pendant ses cinq mois à Matignon, Bernard Cazeneuve va devenir le spécialiste de la thanatopraxie du quinquennat Hollande, à savoir, le spécialiste en "soins de conservation" …à usage des historiens, à défaut des électeurs.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Bernard Cazeneuve, le thanatopracteur du hollandisme.
Bernard Cazeneuve nommé Premier Ministre.
Bernard Cazeneuve et les valeurs chrétiennes de la France.
Discours de Bernard Cazeneuve le 3 octobre 2015 à Strasbourg (texte intégral).
Bernard Cazeneuve et la sécurité routière.
La loi sur le renseignement.
La suppression des professions de foi à l’élection présidentielle ?
Le fichier centralisé des 60 millions de visages des Français.
François Hollande.
Manuel Valls.
Emmanuel Macron.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161213-cazeneuve.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/bernard-cazeneuve-le-187502

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/14/34684682.html

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 06:21

« Je sais que ça dérange parce que justement, voilà un pays insulaire qui protège son patrimoine, qui interdit les prédateurs, qui a réussi aussi à faire en sorte qu’il y ait  une propreté, une sécurité vraiment remarquables, que l’on n’atteint pas dans beaucoup de pays qui donnent aujourd’hui des leçons de droits de l’Homme. » (3 décembre 2016, Cuba).


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Louer la sécurité dans un pays sans liberté de vote, sans liberté de manifestation, sans liberté d’expression, c’est un point de vue, en effet. Et mettre sur le même plan propreté et sécurité, les Niçois notamment apprécieront sans doute.

Quelle honte de savoir que la France, l’un des pays lumière des libertés et de la démocratie, a été représentée par la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal lors des funérailles de l’ancien dictateur cubain Fidel Castro ! La France de François Hollande est le seul pays européen, avec la Grèce d’Alexis Tsipras, à s’être fait représenter à cette cérémonie.

Ségolène Royal a fait des déclarations scandaleuses en défendant aveuglément le régime castriste, tellement scandaleuses que même Jack Lang a ironisé sur le rhum que la ministre avait dû boire un coup de trop.

De quoi s’agit-il ? Le 3 décembre 2016, Ségolène Royal a rendu hommage à Fidel Castro, au nom de la France (c’est cela qui est scandaleux, car sinon, tout citoyen a le droit de s’exprimer, et même d’exprimer des inepties). Et qu’a-t-elle osé dire ?

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Des paroles complètement irresponsables qui ont nié la réalité répressive du régime castriste : « Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la Terreur qu’il y a eue pendant la Révolution française. ». Il faudrait pouvoir ressusciter et interroger les nombreuses victimes de Fidel Castro et de Che Guevara pour leur demander ce qu’ils en penseraient, de ces propos odieux.

Il y a même eu des opposants politiques qui ont été arrêtés et emprisonnés le jour même de l’annonce de la mort de Fidel Castro car ils voulaient taguer un mur.

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Ségolène Royal a poursuivi : « Écoutez, il y a beaucoup de désinformation, ce que j’observe, c’est que jamais les relations diplomatiques n’ont été coupées avec Cuba, y compris de la part de certains responsables politiques qui me critiquent, qui critiquent la France, jamais. (…) Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’Homme alors qu’on sait qu’ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n’en a pas. Eh bien, fournissez-moi des listes de prisonniers politiques ! À ce moment-là, on pourra faire quelque chose. (…) Il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange. ».

Évidemment, le gouvernement cubain va rendre publique la liste des prisonniers politiques qui s’opposeraient à son pouvoir ! On est en plein délire.

De la part de Ségolène Royal, ce n’est pas nouveau. Il y a dix ans, pas comme représentante de la France (heureusement) mais comme candidate (sérieuse) à l’élection présidentielle (malheureusement), elle avait fait le même genre de réflexion avec la Chine.

Avant de relancer sa campagne présidentielle en France, elle avait voyagé en Chine. Au cours d’une conférence de presse le 9 janvier 2007, Ségolène Royal avait lâché aussi brutalement que naïvement : « J’ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu’en France. Vous voyez : avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours des éléments de comparaison. ». Déclaration faite quelques semaines avant l’inscription très symbolique dans la Constitution française de l’abolition de la peine de mort (loi constitutionnelle n°2007-239 du 23 février 2007), dernier acte magistralement vertueux du Président Jacques Chirac.

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Là aussi, tous les juristes s’étaient arrachés les cheveux. C’est justement ce qu’on pourrait reprocher à la justice chinoise : d’être un tantinet trop expéditive, qu’entre l’acte d’accusation et l’exécution, il y a un moment trop court et aucune garantie pour la défense. Rien qu’en 2003 (avant les déclarations de Ségolène Royal sur la justice chinoise), selon la déclaration d’un député chinois en mars 2004, il y aurait eu 10 000 exécutions en Chine !

On pourrait faire une collection comme avec les livres pour enfants de Martine : "Ségolène en Chine", "Ségolène à Cuba". J’attends avec impatience "Ségolène en Arabie Saoudite" et bien sûr, le clou de la série, "Ségolène en Corée du Nord". Elle aurait mieux fait de bosser sur le pic de pollution historique, au sujet duquel elle a mis sept jours à réagir !

Lors de la première séance de questions au gouvernement après les déclarations castrophiles de Ségolène Royal, ce mercredi 7 décembre 2016 à l’Assemblée Nationale, la ministre s’est une nouvelle fois enfoncée dans l’autojustification.

Le député Damien Abad (LR) avait adressé sa question au nouveau Premier Ministre Bernard Cazeneuve, qui avait réintégré Ségolène Royal dans son gouvernement, pour savoir s’il approuvait les propos tenus "au nom de la France" par sa ministre : « Les déclarations tragi-comiques sur Fidel Castro et le régime de Cuba de celle qui est désormais votre Ministre de l’Écologie sont le symbole de la déliquescence d’un pouvoir socialise à la dérive. (…) Au lieu de faire profil bas (…), vous avez encensé le régime de l’un des derniers dictateurs staliniens, contre toute évidence et en toute indécence. (…) Vous avez trahi la mémoire des victimes de l’oppression du régime cubain. Cette faute morale (…) est (…) une faute politique, parce que vous avez abaissé la parole de la France en tenant des propos complaisants sur cette dictature. ».

Damien Abad a ajouté : « Comment pouvez-vous prétendre qu’il y a de la désinformation sur la réalité des droits de l’Homme à Cuba, alors qu’y règnent la censure et la répression ? (…) Madame la Ministre, la castritude aiguë, ça se soigne ! Contrairement à ce que vous avez déclaré, ce n’est pas la polémique qui est déplacée, ce sont vos propos ! ».

Ségolène Royal a répondu devant la représentation nationale en s’enfonçant encore un peu plus dans l’outrance ou la candeur : « Je me suis exprimée sur la situation actuelle d’un pays magnifique et courageux qui est en train de s’ouvrir. Il reçoit 4 millions de visiteurs, de touristes, chaque année. Vous n’allez pas me dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature, Monsieur le Député, ce n’est pas vrai ! ».

En entendant cette réponse, j’ai cru rêver ! ou plutôt cauchemarder. Le tourisme est-il en lien avec la nature démocratique du régime politique du pays visité ? Pas sûr.

J’avais porté attention, par exemple, sur les Maldives. En passant ses vacances aux Maldives, on encourageait un régime politique (islamiste) qui venait d’établir le principe de la peine de mort pour des enfants de 7 ans ! Est-ce pour autant qu’il y a moins de touristes ? Hélas, pas sûr.

L’argumentation de Ségolène Royal est parfaitement guignolesque quand il s’agit d’un régime répressif qui a exécuté de manière expéditive des milliers d’opposants politiques. C’est une véritable honte du gouvernement français d’être ainsi à la botte des régimes d’oppression.

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On comprend pourquoi, lorsqu’il a fait sa tournée d’adieu, le 16 novembre 2016, le Président américain Barack Obama s’est arrêté à Berlin, mais pas à Paris. Cela aurait été inconcevable avant 2012 !

La France est d’autant plus discréditée qu’elle s’est ridiculisée une fois de plus en confirmant au sein du nouveau gouvernement une ministre qui continue à s’enliser dans le déni de réalité. Honte à elle et à ceux qui la soutiennent, et hommage aux milliers de victimes de Fidel Castro !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Ségolène Royal, adepte de la castritude aiguë.
Fidel Castro.
Les Maldives, vraiment paradisiaques ?
Ségolène Royal et l’écotaxe.
Ségolène Royal avant la primaire socialiste de 2011.
Ségolène Royal et la démocratie participative.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161203-segolene-royal.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/segolene-royal-adepte-de-la-187348

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/10/34663766.html

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 06:31

« En sortant de l’Élysée [le 8 avril 2013], Michel Rocard résume d’une phrase la situation : "C’est effrayant !". Nous venons de passer deux heures avec le principal conseiller économique du Président de la République. Au terme de ces deux heures de travail en commun, Emmanuel Macron lâche : "J’ai l’impression qu’on fait une politique des années 1980. Une politique qui aurait pu marcher il y a trente ans". Et quand nous lui demandons pourquoi continuer cette politique, quand Michel Rocard, à trois reprises, propose que nous rencontrions ensemble François Hollande pour lui montrer qu’une autre stratégie est nécessaire et qu’elle est tout à fait crédible aussi bien économiquement et politiquement, Macron botte en touche et répond tristement : "On ne change pas un homme". » (Pierre Larrouturou, dans "La Grande Trahison", publié le 7 mai 2014).


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Ce que disait Michel Rocard il y a trois ans reste encore d’actualité. François Hollande n’a rien compris à l’économie du pays. La seule différence, c’est que son conseiller économique en question est maintenant le Ministre de l’Économie.

La France marche vraiment sur la tête ! Pénurie de carburant pour cause de blocage des raffineries, fermeture de centrales nucléaires, grèves illimitées à la SNCF, à la RATP, dans les aéroports, les ports, barrages de routiers, interruption de la diffusion de certains journaux quotidiens (sauf "L'Humanité" qui publie ce jeudi 26 mai 2016 une tribune de Philippe Martinez !), ce qui va accélérer la numérisation de la presse, etc. Le pays est en plein état d’urgence et en alerte maximale avec des risques énormes d’attentat depuis le 13 novembre 2015, le chômage est massif et touche une dizaine de millions de personnes, et on continue à se taper sur les pieds comme s’il n’y avait pas d’autres préoccupations.

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Le destin de Jean-Baptiste Lully est sans doute symptomatique du destin de la France. Compositeur de génie, surintendant de la musique de Louis XIV, Lully est mort à 54 ans le 22 mars 1687 d’une manière assez stupide. Il faisait répéter le "Te Deum" pour la guérison du roi mais comme il trouvait les musiciens peu satisfaisants, il a piqué une grosse colère et s’est blessé l’orteil avec son lourd bâton de direction qu’il a frappé contre son pied (une canne en fait). Son pied puis sa jambe se sont infectés, mais il refusa l’amputation car il se disait danseur et un danseur ne pouvait danser sur une seule jambe. La gangrène se diffusa progressivement dans tout le corps et il en est mort. Musicien génial, colérique, se tapant sur lui, entêté et finalement, se tuant lui-même involontairement…

On pourrait vraiment y voir un signe de la France et du peuple français.

La France est pourtant un pays d’excellence. Excellence scientifique, excellence technologique, mais aussi excellence philosophique. La France des Lumières et la France d’Airbus, du TGV, d’Ariane Espace… On ne voudrait montrer que le luxe et le tourisme. Les Français, malgré cette excellence qu’ils sous-estiment, ne croient pas en eux, ne croient pas en leurs capacités d’entrer dans la compétition mondiale par la grande porte.

On retrouve la même préoccupation dans la recherche scientifique : chercheurs de très haut niveau (parmi le début du classement en Prix Nobel), mais valorisation très faible, carence en brevets aussi. Le passage de la paillasse au projet d’entreprise est trop rare, trop mal intégré dans la culture nationale. C’est le véritable défaut de la France. Peut-être est-ce en rapport avec le tabou de l’argent ?

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Car en France, on raisonne encore comme au XIXe siècle, on pense l’économie comme si la production allait nécessairement entraîner des ventes et de l’emploi. On est encore keynésien. Alors que le problème, aujourd’hui, c’est qu’un jour d’activité en plus ne signifie pas un jour de chiffre d’affaire en plus. Au contraire, cela peut même être des frais supplémentaires, de stockage, de main d’œuvre etc. sans avoir plus de clients.

La France n’a pas la culture d’entreprise, la culture du risque, la culture de l’expérience. Car même une expérience ratée est une expérience qui sert pour la suite, qui apporte son lot d’enseignements pour faire mieux ensuite. Le perfectionnisme empêche toute initiative. Et la bureaucratie la noie quand elle est parvenue à se développer malgré tout. Or, on pense, dirigeants comme administrés (contribuables, électeurs, etc.) que l’entreprise est toute puissante et peut tout, a des fonds illimités et que la compétition internationale ne serait qu’une lubie de méchants patrons qui en voudraient à leurs employés.

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On marche sur la tête car le projet de loi El-Khomri, censé réformer le code du travail et devenu une "coquille vide", n’est plus qu’un signal, qu’une posture politique. On n’a jamais pris de décisions économiques raisonnablement. On a toujours pris des décisions politiciennes, des décisions à objectif purement électoraliste. Sans penser aux demandeurs d’emploi, sans penser aux personnes qui plongent dans la précarité, dans la pauvreté de plus en plus répandue.

Ce projet de loi vient d’être adopté sans discussion et sans vote en première lecture à l’Assemblée Nationale après l’utilisation du 49-3 annoncé le 10 mai 2016. La motion de censure déposée par l’opposition n’a recueilli le 12 mai 2016 que 246 votes sur les 288 nécessaires pour renverser le gouvernement. Les députés PS dits "frondeurs" sont autant frondeurs que moi, je suis la reine d’Angleterre, puisqu’ils ne voteraient jamais de motion de censure malgré leur opposition à la politique du gouvernement issu de leur propre parti (mais pourquoi restent-ils au PS ?).

Le gouvernement se frotte les mains. Les députés socialistes aussi. D’une part, ces derniers n’auront donc pas à justifier devant leurs électeurs un vote en faveur du projet, puisqu’il passe sans vote. D’autre part, le gouvernement attend avec délectation le projet retravaillé par le Sénat : l’opposition LR et UDI devrait en effet proposer un texte qui serait un peu moins "coquille vide".

Le 24 mai 2016 sur France Info, Bruno Le Roux a même annoncé clairement l’intention de François Hollande : montrer que le projet de l’opposition serait "pire" ("pire" dans quel sens ? dans le sens de faire redémarrer l’économie en France ou dans le sens de se faire aimer par une ultraminorité gauchiste qui refuse toute création de richesse et donc toute redistribution ultérieure ?), pire que le projet du gouvernement et dire que finalement, avec François Hollande, l’extrême gauche aurait moins à craindre qu’avec les autres. Bonjour la bassesse clientéliste : où est l’intérêt national dans cette affaire ? où est l’intérêt des demandeurs d’emploi ?

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Notons au passage que depuis quelques jours, Bruno Le Roux est officiellement président du groupe "socialiste, écologiste et républicain" à l’Assemblée Nationale. Vu le nouveau nom de l’UMP, on aurait tendance à penser, de l’extérieur, que le PS a la manière arrogante de regrouper toutes les tendances politiques du pays dans son seul groupe…

Donc, d’un côté, on a un syndicat, la CGT jusqu’au-boutiste, qui, pour palier son manque d’audience, a choisi la politique du pire (on en viendrait à regretter le fade Thierry Lepaon et son appartement dispendieux).

Et de l’autre, un gouvernement qui refuse absolument de reculer (tout en ayant abdiqué sur le front économique puisqu’il avait déjà reculé, inutilement, devant les députés socialistes). Le seul intérêt de ce projet de loi, justement, c'est d'introduire de la démocratie dans les entreprises en permettant des accords ratifiés par référendum. Quel parangon de la démocratie aurait-il le toupet de refuser que le salarié puisse être consulté ?

Mais tant qu’à avoir une telle mobilisation syndicale, j’aurais préféré l’avoir pour s’opposer à la déchéance de nationalité

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C’est à celui qui aura la plus grosse… L’entêtement de Manuel Valls ressemble à s’y méprendre à celui de Dominique de Villepin en mars 2006 pour le CPE. Cela s’est terminé par un désengagement du Président de la République.

L'argument avancé par Manuel Valls sur BFM-TV ce jeudi 26 mai 2016 était d'ailleurs très mauvais : s'il retirait ce projet, alors aucun gouvernement ne pourrait plus réformer en France, même ses successeurs. Quelle prétention et quelle vanité ! Pour l'instant, depuis le Japon où il était en déplacement, François Hollande l'a soutenu loyalement en disant que Manuel Vals avait « fait une intervention à la radio ce matin qui correspond exactement à ce que nous avions convenu avant notre départ. (...) Ce qu'a dit le Premier Ministre est ce qu'il fallait dire. » (26 mai 2016).

Avec une telle désorganisation économique (qui va avoir des conséquences très graves sur l’économie touristique pour cet été, déjà en difficulté avec les risques d’attentat), on se demande vraiment quelle en est l’utilité puisque le projet El-Khomri ne fera recruter aucune salarié avant au moins un ou deux ans.

Pire, certains économistes ont évalué à déjà 0,2% du PIB le coût économique de ces grèves mais aussi de l’attentisme bien logique des futurs employeurs à propos du projet du gouvernement (qui n’a cessé d’évoluer dans un sens ou dans un autre depuis le 17 février 2016). Quand on sait qu’une règle va changer, c’est la prudence d’attendre pour savoir dans quel sens elle va changer.

Car aujourd’hui, loin d’améliorer le marché du travail, ce projet l’alourdit encore par un nouveau matraquage fiscal, la taxation supplémentaire des CDD. Comme si en taxant les CDD, le gouvernement croyait que les entreprises embaucheraient alors des CDI ! Visiblement, tout le monde ici se fiche du monde ou ne comprend rien à l’économie réelle !

Mais l’idée de François Hollande est peut-être tout autre… Son projet El-Khomri, ce serait juste un "marqueur". Celui d’avoir essayé de réformer le pays. Si le pays va trop mal avant le début de l’été, il pourrait alors tenter un coup politique. Enfin, s’il va trop mal malgré le "ça-va-mieux", bien sûr !

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Or, le seul coup politique qu’il puisse faire sans danger (ce qui exclut dissolution et référendum), c’est de changer de Premier Ministre. En éliminant Manuel Valls, carbonisé par Matignon, François Hollande se redonnerait une nouvelle virginité politique à quelques mois de l’élection présidentielle.

Et qui à Matignon ? Eh bien, le seigneur des sondages, pardi ! Emmanuel Macron serait une excellente aubaine. Il éliminerait ainsi tout danger venant de son Ministre de l’Économie un peu indiscipliné et il marcherait alors allègrement sur le platebandes de ses concurrents les plus rudes, Les Républicains, pour l’instant enlisés par leur primaire et dont le favori, Alain Juppé, se verrait prendre ses principaux thèmes de campagne…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 mai 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Manuel Valls.
François Hollande.
Myriam El Khomri.
Emmanuel Macron.
Carburant.
Nucléaire.
La France archaïque.
La grève et la colère silencieuse des citoyens.
Le brevet européen.
Le keynésianisme.
Volkswagen.
Le 49 alinéa 3.
La loi Macron.
L’unité nationale.
La réforme de la société anonyme.
L’investissement productif en France.
Une chef d’entreprise…
Le chômage.
La France est-elle un pays libéral ?
Le travail le dimanche.
Le secteur de l’énergie.
Le secteur des taxis.

_yartiFranceArchaique08



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160526-france-archaique.html

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-france-archaique-181302

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/05/27/33869587.html


 

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 23:58

La réforme de l'orthographe a été publié dans le Journal Officiel le 6 décembre 1990. Cliquer sur les différents liens pour télécharger les fichiers .pdf.

Rapport officiel de la réforme de l'orthographe du 6 décembre 1990 :
http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications_1990.pdf

Bulletin officiel du 26 novembre 2015 :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/MEN_SPE_11/67/3/2015_programmes_cycles234_4_12_ok_508673.pdf

Bulletin officiel du 19 juin 2008 :
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2008/hs3/hs3.pdf

Guides de la réforme de l'orthographe :
http://www.cahiers-pedagogiques.com/IMG/pdf/GuidePratiqueOrthographeRectifie_e-2-09-2011.pdf
http://www.vjf.cnrs.fr/orthographe/PDF/JODA.pdf
http://www.orthographe-recommandee.info/miniguide.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160204-orthographe.html

SR



 

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 06:34

« Ce livret retracera l’histoire de tous ses engagements, chaque action y sera consignée. » (François Hollande, 11 janvier 2016).



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Dans la soirée du lundi 11 janvier 2016, le Président de la République François Hollande s’était rendu au grand auditorium de la Maison de la Radio, à Paris, pour adresser ses vœux "à la jeunesse et aux forces de l’engagement" (discours complet ici). À cette occasion, il a redit son attachement au service civique pour tous les jeunes de 18 à 25 ans, en indiquant sa volonté de généralisation mais sur la seule base du volontariat, sans vouloir l’imposer à cette classe d’âge.

Actuellement, il y a moins de 70 000 volontaires et l’objectif présidentiel est d’atteindre 700 000 dans trois ans ! Pour cette généralisation du  service civique, déjà annoncée l’an dernier, à une précédente cérémonie des vœux le 20 janvier 2015, un milliard d’euros seront débloqués pour l’année 2018. Ce qui est très nettement insuffisant, puisque la rémunération d’un jeune en service civique est au minimum de 570 euros par mois, soit au moins 3 milliards d’euros par an pour l’objectif fixé ! C’est toujours la même duplicité toute hollandienne, annonce jamais suivie des actes. François Hollande a également souhaité rallonger jusqu’à une semaine la Journée Défense et Citoyenneté (l’équivalent des trois jours à l’époque du service militaire).

Mon propos ici n’est pas de reparler du service civique, une mesure qui serait intéressante s’il était obligatoire à toute une classe d’âge (des deux sexes), et limité à quelques mois, trois mois par exemple, ce qui aurait des effets bénéfiques d’un point de vue social, comme on pouvait voir l’intérêt de la mixité sociale lors du service militaire lorsque celui-ci était obligatoire.

Je souhaite plutôt évoquer le "livret citoyen" que François Hollande voudrait introduire pour accompagner ces mesures sur l’engagement civique des jeunes. Je passe sur la forme sémantique incorrecte de l’utilisation du nom "citoyen" en adjectif, alors que le mot "civique" existe et exprime la même chose.

Voici exactement les mots du Président de la République : « Le parcours citoyen se poursuivra en dehors de l’école. À compter de la rentrée 2016, chaque jeune se verra confier un livret citoyen qui lui appartiendra en propre. Il le recevra le jour de ses 16 ans. Ce livret retracera l’histoire de tous ses engagements, chaque action y sera consignée, valorisée, chacun pourra donc revendiquer ses droits à mesure qu’il avancera dans la vie mais rappellera aussi les devoirs qu’il a accomplis. Chaque jeune sera donc inscrit dans ce parcours depuis l’école jusqu’à l’âge de 25 ans, permettant de valider plusieurs temps ou formes d’engagement. Les associations, et je salue ici leurs représentants, seront forcément associées à ce parcours. » (11 janvier 2016).

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À ma connaissance, peu de monde a grincé des dents en écoutant ces paroles présidentielles, et je ne doute pas de la sincérité-la-main-sur-le-cœur de François Hollande. Mais à moins que j’en aie raté une, j’ai bien l’impression que c’est la première "bêtise" de l’année exprimée par le Président de la République.

Je ne sais pas si c’est son entourage à l’Élysée qui lui a susurré ce genre de très mauvaise idée ou si c’est une idée personnelle, mais il faut constater que François Hollande, décidément, lui qui avait mis sa campagne présidentielle de 2012 sous le signe de l’attention portée à la jeunesse, n’a rien compris aux jeunes, et les citoyens français, médusés, s’en étaient déjà rendu compte lorsqu’il avait proposé à Leonarda, l’adolescente qui avait été expulsée en pleine activité scolaire, de revenir en France …sans ses parents !

Reprenons l’intention présidentielle louable et tout à fait dans le style socialiste : ce livret serait la preuve que le jeune a accompli ses devoirs voire qu’il a fait même plus, qu’il a sauvé des gens de la noyade, ou qu’il s’est engagé pour aider les gens qui avaient faim, ou qui cherchent à loger, ou… tout cela pour pouvoir "revendiquer ses droits" ! Mais de quels droits parle-t-il ? Le droit de vote serait-il conditionné au service civique ? Bien sûr que non. Y aurait-il des points retraite supplémentaires grâce aux actions d’engagement ? J’imagine mal avec les déficits actuels. Il n’y a aucun autre droit que la reconnaissance d’être un bon citoyen, mais faut-il un livret pour cela ?

Car des défauts, pour ce livret, j’en vois mille. Ce livret va durer dix ans, jusqu’à 25 ans. En clair, le risque est d’avoir une traçabilité de l’engagement politique et syndical de chaque jeune Français. La plupart des élus étaient des engagés politiques et associatifs lorsqu’ils avaient une vingtaine d’années. 25 ans, c’est très vieux en terme d’activité militante. À 25 ans, certains sont déjà députés (Marion Maréchal-Le Pen). C’est une véritable atteinte à la liberté d’expression et d’association. Les jeunes militants écologistes à Notre-Dame-des-Landes seront alors fichés tout autant que les jeunes grévistes, les jeunes militants de parti politique, de syndicat...

Que faisait François Hollande à 25 ans ? Bonne question. Il terminait sa scolarité à l’ENA (promotion Voltaire) où il est sorti septième et ce classement lui a permis de choisir la Cour des Comptes, un poste qui ne nécessite pas beaucoup d’assiduité, ce qui lui a permis de se consacrer à la politique …sans problème alimentaire. Comme Jacques Chirac. Il avait auparavant obtenu une licence de droit, le diplôme de HEC et le diplôme de l’IEP de Paris, et avait milité quelques années dans le syndicat étudiant l’UNEF proche des communistes (président de la section de l’IEP), adhérent du Parti socialiste, et avait fait son service militaire à l’École d’application du génie à Angers (classes comme élève officier de réserve à Coëtquidan avec Michel Sapin et Jean-Pierre Jouyet).

En clair, à 25 ans, François Hollande était déjà haut fonctionnaire et nourrissait déjà de hautes ambitions politiques. Deux ans plus tard, il fut recruté par le Président François Mitterrand pour travailler dans son staff à l’Élysée comme chargé de mission et deux ans plus tard comme directeur de cabinet des ministres Max Gallo et Roland Dumas. Et trente-cinq ans plus tard, l’ancien jeune voudrait infantiliser les jeunes Français, en clair, faire du jeunisme, en voulant contrôler la totalité de leurs engagements personnels, en clair, de leurs faits et gestes, pendant une dizaine d’années de leur existence, celle qui, sans doute, sera la plus idéaliste, la plus sincère et la plus authentique, sans doute aussi la plus "radicale".

Après avoir promulgué la loi sur le renseignement qui légalise le contrôle policier de tous les échanges privés de tous les citoyens par les méthodes les plus intrusives, après avoir prolongé l’état d’urgence jusqu’au 26 février 2016 et vouloir le prolonger encore au moins trois mois (resterons-nous encore en état d’urgence pendant la campagne de l’élection présidentielle ?), François Hollande veut maintenant surveiller et tracer tous les engagements personnels des jeunes gens de 16 à 25 ans. Big Brother n’était qu’une petite plaisanterie par rapport à ce qui se préfigure dans les années à venir…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 janvier 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Discours de François Hollande le 11 janvier 2016 à la Maison de la Radio, à Paris.
François Hollande.
Maison de la Radio.
Loi sur le renseignement.
État d’urgence et déchéance.


_yartiFH2016011102b


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160111-livret-citoyen.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-livret-citoyen-un-nouvel-outil-176905

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/01/25/33269735.html

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 23:50

(verbatim)
 

Discours du Président de la République François Hollande le 11 janvier 2016 à la Maison de la Radio.


Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Défenseur des Droits,
Monsieur le Président de RADIO FRANCE,

Je vous remercie de nous accueillir ici, dans ce lieu magnifique, pour revenir sur des événements dramatiques et en même temps, donner de l’espérance notamment à cette génération qui est là, qui veut prendre sa place, qui intervient et qui s’engage.

Il y a un an, jour pour jour, nous défilions. Nous étions des millions partout en France pour manifester notre attachement à la liberté, à la République et montrer notre volonté de vivre ensemble, tous ensemble.

Ces pas que vous avez faits, vous les jeunes de France, étaient parfois les premiers d’un engagement. C’était la première fois que vous alliez dans les rues de Paris ensemble, avec d’autres, pour vous opposer au fanatisme. Vous vouliez aussi, d’une certaine façon, dire ce que vous voulez pour votre pays. Un pays aimé du monde entier pour ses valeurs, pour sa culture, pour ses idéaux ; un pays qui parfois doute de lui-même mais qui sait se lever d’un bond chaque fois que l’essentiel est en jeu. Alors, vous avez défilé.

Il y a toujours un moment dans une génération, dans une vie, où des événements décident pour vous-même, où il faut choisir, où il faut s’engager. Pour votre génération, c’est venu avec des drames, avec des épreuves, avec des tragédies ; d’abord au mois de janvier, quand des journalistes ont été assassinés parce qu’ils étaient libres, quand des policiers ont été tués parce qu’ils avaient l’uniforme de la République, et quand des juifs ont été tués parce qu’ils étaient juifs.

Puis, il y a eu d’autres drames, d’autres tragédies au mois de novembre, où des Français ont été tués parce qu’ils étaient Français. Il n’y avait plus de distinction d’origine, de parcours, de couleur ; il y avait simplement l’horreur. Alors là-aussi, d’une autre façon, vous vous êtes levés pour dire que vous vouliez être solidaires des familles des victimes, leur faire l’hommage qui était attendu, celui de la Nation et en même temps vous engager encore, toujours, pour que nous puissions faire bloc, non pas pour nous défendre simplement, pour nous protéger, ce qui est nécessaire mais pour nous projeter, pour être une Nation qui continue d’avancer ; qui sait ce qu’elle est, ce qu’elle a été, son histoire, et en même temps ce qu’elle doit être. Vous en avez tiré une conclusion, de manière très différente les uns et les autres, c’est qu’il fallait être ensemble. Un engagement peut être individuel mais il n’a de sens que s’il est partagé.

Je parle aujourd'hui… Il y a eu la disparition de David BOWIE qui, pour ma génération, a pu représenter aussi un moment, une évocation de ce que pouvait être la liberté, au moins sur le plan musical. Il avait eu cette formule, en disant que chacun, à un moment dans sa vie, pouvait être un héros, un héros d’un seul jour mais un héros. Il ne s’agit pas de demander à tous les jeunes citoyens d’être des héros, mais tout simplement de prendre leur part à l’acte que nous posons ensemble aujourd'hui : celui de s’engager.

L’année 2015, elle a été bouleversante ; mais elle a été aussi déterminante pour votre génération et pour la France. Elle nous a éprouvés mais elle nous a renforcés. Dans ce moment difficile, nous avons vu qu’il n’y avait pas de Nation sans la participation des citoyens, sans leur engagement.

S’engager, c’est être utile deux fois, pour soi et pour les autres.

S’engager, c’est une volonté, plus qu’un devoir, c’est une décision plus qu’une obligation, c’est une fierté plus qu’une nécessité.

Ce n’est pas la première fois que notre pays fait face à une tragédie, à une épreuve, à une agression. Victor HUGO avait écrit dans Les Misérables  des mots tellement justes qu’ils résonnent jusqu’ici : « Tenter, braver, persister, persévérer, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tenir bon ». Ce message-là n’a rien perdu de sa force. Il doit nous inspirer aujourd'hui.

Alors, il faudra nous rassembler pour être à la hauteur face aux guerres, aux intolérances, à ce qu’elles provoquent de drames – je pense aux réfugiés – face aux défis climatiques, aux catastrophes, à la pauvreté, à la solitude, au désespoir. A un moment ou à un autre, il faut prendre ses responsabilités. D’abord bien sûr ceux qui ont vocation à diriger les pays et donc le monde ; c’est aux responsables politiques d’être les premiers à prendre les bonnes décisions. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi que les uns et les autres, les citoyens, prennent leur destin en main. Le monde de demain sera celui que vous ferez. En quittant 2015, nous n’entrons pas simplement dans une autre année, nous basculons dans un monde nouveau. Et les choix que nous devons faire aujourd'hui ne sont pas simplement des décisions pour les deux-trois ans qui viennent, non, ce sont des choix qui vont durer, sans doute pour les décennies à venir.

Ce combat, c’est le vôtre, jeunes de France, quand certains attirent par le sang et la haine et n’offrent comme idéal que celui de mourir au nom d’un dieu trahi. Vous, vous devez préférer la fureur de vivre pour cette Nation, votre Nation, qui vous a vu naître ou que vous avez choisie. Vous êtes des militants de la citoyenneté ; une citoyenneté exigeante et conquérante.

C’est la raison pour laquelle, j’ai fait de la jeunesse la priorité de mon quinquennat. Depuis maintenant plus de trois ans, avec le Gouvernement, nous avons fait du budget de l’Education nationale le premier de l’Etat. Nous avons multiplié les emplois d’avenir, introduit la garantie jeune, facilité l’accès au logement, permis également de construire pour les étudiants, des moyens pour poursuivre leur formation, augmenté les bourses, facilité l’accès à ERASMUS pour les jeunes apprentis et pour que la mobilité soit une chance. Mais cela ne suffit pas. Nous devons continuer, poursuivre et faire de l’éducation la première volonté d’une Nation. C’est notre devoir – et je salue ici les enseignants et les élèves qui sont rassemblés pour cette soirée de l’engagement.

La France est singulière par son Histoire, par sa culture mais elle l’est aussi par sa démographie. L’Europe vieillit à une exception près : la France. La France connaît une vitalité ; la jeunesse de France est nombreuse.

Notre premier devoir donc, c’est de lui faire confiance et de lui faire la place qu’elle attend. Nous, nous croyons parce que c’est aussi notre tradition et aussi notre obligation, au progrès, c'est-à-dire à l’idée que chaque génération va pouvoir vivre mieux que la précédente. Alors que, je le sais, le sentiment d’une partie de la jeunesse, c’est d’être sacrifiée et ce sentiment nous est insupportable. Nous devons prendre des décisions dans l’intérêt des générations futures, refuser de transmettre le fardeau de la dette, investir massivement dans la connaissance, engager la transition énergétique, écologique, voilà les choix qui ont été faits.

Faire confiance à la jeunesse, c'est aussi lui permettre de s’engager. De s’engager pour elle-même, pour le pays et pour l’idéal que nous portons.

A tous ceux qui souhaitent s’engager, je veux donc, avec le Gouvernement, leur offrir cette possibilité. Je dis bien à tous.

L’engagement, c’est un chantier présidentiel que je souhaite aussi durable qu’une construction d’acier et de verre parce que ce monument est fait de matériaux humains – de générosité, de solidarité, et parce que sa hauteur n’a d’autre limite que celle que nous lui fixerons. Ce monument a vocation à résister au scepticisme, au fatalisme, au défaitisme, contre tous ceux qui usent la volonté humaine avant même qu’elle ne soit mise en mouvement.

Ensemble, nous allons donc bâtir une citoyenneté vivante. Il vaut mieux commencer tôt. Nous allons donc mettre en place un parcours citoyens généralisé. La ministre de l’Education a déjà pris un certain nombre de décisions. Ce parcours commencera dès l’élémentaire jusqu’à la terminale, avec un objectif : transmettre aux élèves les valeurs de la République et les moyens de s’accomplir dans le respect des autres. Tout élève suivra 300 heures d’enseignement moral et civique sur l’ensemble de la scolarité pour développer l’esprit critique – il y en a besoin même si certains l’ont déjà libéré !, donner des outils pour qu’il puisse y avoir une analyse de l’information, une compréhension de la société et nous aurons également la volonté de développer des stages, ces fameux stages de fin de 3ème que les élèves de collège connaissent bien et qui devront être ouverts aussi bien aux associations qu’aux entreprises.

Je constate d’ailleurs qu’il est de plus en plus difficile même pour des élèves de trouver des stages en entreprise en fin de 3ème ; alors, ils les trouveront aussi largement que possible dans les associations. Ce parcours citoyen au collège sera une composante du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et il fera l’objet d’une validation à l’occasion de l’examen national du brevet.

Le parcours citoyen se poursuivra en dehors de l’école. A compter de la rentrée 2016, chaque jeune se verra confier un livret citoyen qui lui appartiendra en propre. Il le recevra le jour de ses 16 ans. Ce livret retracera l’histoire de tous ses engagements, chaque action y sera consignée, valorisée, chacun pourra donc revendiquer ses droits à mesure qu’il avancera dans la vie mais rappellera aussi les devoirs qu’il a accomplis. Chaque jeune sera donc inscrit dans ce parcours depuis l’école jusqu’à l’âge de 25 ans permettant de valider plusieurs temps ou formes d’engagement. Les associations -et je salue ici leurs responsables- seront forcément associées à ce parcours.

Il y a un moment dans la vie de chaque citoyen aujourd’hui : la journée de défense et de citoyenneté. Elle permet à toute classe d’âge, donc à l’ensemble d’une génération, de se retrouver pour des formations à la citoyenneté. J’ai demandé au gouvernement d’améliorer encore le contenu de ce rendez-vous et d’étudier s’il peut aller, pour l’enrichir, vers une durée plus longue, jusqu’à une semaine. Cette étape doit contribuer à orienter les jeunes vers toutes les formes d’engagement et notamment vers le Service Civique.

Le Service Civique, concernait il y a cinq ans seulement 3 000 jeunes en France. Il n’y avait pas de budget, pas de statut et donc pas de candidat. Une loi de 2010 à l’initiative de Martin HIRSCH a permis de lui donner un nouvel élan, et j’ai voulu, dès 2012, amplifier tout ce qui pouvait être fait pour accueillir le plus de jeunes possible.

Il mobilise aujourd’hui néanmoins, j’allais dire, à peine 70 000 jeunes de 16 à 25 ans. Nous en avons entendu plusieurs ici s’exprimer, ils ont effectué pour l’essentiel des missions auprès d’associations ou de grands services publics. Ils ne se sont substitués à personne, à aucun emploi public, à aucun fonctionnaire, ils se sont ajoutés à tous. Ils ont donné du mieux, pas forcément du plus, tout simplement du mieux.

J’ai annoncé, à l’occasion des vœux aux Français le 31 décembre, la généralisation du Service Civique car je veux permettre à tous les jeunes de faire cette expérience. D’ici trois ans, il devra accueillir la moitié d’une classe d’âge, soit près de 350 000 jeunes par an au lieu d’à peu près 120 000 cette année. Pour aller étape par étape vers la généralisation effective au-delà de 2020, c’est-à-dire qu’à ce moment-là, toute une génération aura pu faire un Service Civique.

Pour y parvenir, plusieurs évolutions seront nécessaires. C’est un grand défi. Je veux ici saluer François CHEREQUE qui se dévoue pour l’agence du Service Civique avec toute son équipe, une petite équipe, une équipe vaillante, une équipe jeune, une équipe dévouée mais une petite équipe, avec un petit budget et de petits locaux pour faire de grands services civiques, voilà la prouesse !

Il va donc falloir changer de dimension, augmenter d’abord le budget. Il passera de 300 millions d’euros aujourd’hui à un peu plus d’un milliard en 2018. C’est la condition pour que nous puissions proposer des missions autant qu’il est possible.

Ensuite, renforcer l’Agence du Service Civique qui deviendra un Haut-Commissariat à l’Engagement placé directement auprès du Premier ministre, parce que nous pensons que c’est le bon niveau pour qu’il y ait la mobilisation du gouvernement dans son ensemble, des ministères - et tous sont concernés - et de l’ensemble des administrations déconcentrées et notamment des préfets.

Ce Haut-Commissariat placé auprès du Premier ministre aura toute l'autorité nécessaire pour faire du Service Civique une obligation, mais une obligation d'abord pour les administrations, pour les ministères, pour les collectivités, de façon à ce que des quotas soient décidés par ministère, par département, que des missions puissent être multipliées. C’est ainsi que nous obtiendrons la généralisation et que tout jeune qui en fera la demande pourra faire dans un délai rapide le Service Civique, son Service Civique.

Les grandes entreprises publiques – pourquoi pas Radio France ?, pourront également être mobilisées et les grandes agences de l'Etat auront leurs propres obligations, c'est la condition là aussi pour que se développe le Service Civique. Je veux cependant aller plus loin. Les hôpitaux, les maisons de retraite, les établissements pour personnes handicapées et aussi l'ensemble des établissements qui reçoivent du public, tout ce qui peut faciliter un certain nombre de démarches, tout ce qui peut accompagner le plus fragile, le plus faible, le plus vulnérable. Il y a autant de besoins qu'il est possible d'imaginer et on ne me fera pas croire qu'il n'y a pas de missions à offrir dans tous les niveaux d'administration et dans le monde associatif qui regorge de besoins qui ne sont pas satisfaits.

Souvent, ce sont dans les collectivités où les élus sont les plus prompts à demander même le rétablissement du service national que l'on trouve le moins de Service Civique. Chacun devra se mobiliser.

Afin que tous les jeunes qui le souhaitent puissent effectuer une forme de Service Civique - car il faut être souple - et qu'ils puissent poursuivre parallèlement leurs études, d'autres modalités devront être encouragées.

Ainsi pour tous les diplômés du supérieur, pour tous les établissements qui doivent valider ces formes de réussite, il doit y avoir la réalisation d'un certain nombre d'heures d'engagement citoyen qui vaudront Service Civique.

De la même manière pour les écoles de la fonction publique, réaliser un Service Civique sous une forme ou sous une autre sera un devoir, un élément du parcours, du cursus.

Je pense aussi à toutes les formations en alternance, y compris pour l'apprentissage qui peut s'exercer aussi dans le cadre d'un Service Civique.

Que les choses soient en revanche bien claires : il ne s'agit pas de stage et encore moins d'emploi. Les entreprises privées ne pourront donc pas accueillir de Service Civique, ce serait dénaturer l'esprit même de cette grande ambition.

Les entreprises ont cependant aussi un rôle à jouer. D’abord, elles peuvent participer au financement du Service Civique et être également volontaires, je les encourage à le faire. Puis, lorsque les chefs d’entreprise cherchent des candidats sur un certain nombre de postes ou d’emplois, qu’ils pensent aux plus éloignés, ceux qui sont loin du marché du travail, les plus fragiles, mais aussi – souvent, ça peut être les mêmes – à ceux qui ont fait l’effort de s’engager, d’être dans un Service Civique, parce que ce parcours qu’ils auront fait pour les autres, ils seront capables de le mettre aussi au service de l’entreprise qui les recrutera.

Voilà ce que je voulais vous proposer, un livret, que chacun puisse avoir au cours de sa vie - nous avons bien un carnet de santé - nous devons avoir aussi un carnet de citoyen, où nous pouvons montrer, valider, enrichir le parcours d’une vie. Le Service Civique, d’abord pour une moitié d’une classe d’âge d’ici 2018, puis une généralisation au-delà de 2020.

L’engagement n’est pas simplement l’apanage de la jeunesse. Pourquoi seuls les jeunes devraient montrer l’exemple ?

C’est toute la société qui doit se mettre en mouvement. J’ai donc voulu, avec le Premier ministre, Manuel VALLS, créer une Réserve citoyenne. La Réserve est, si je puis dire, une armée de citoyens, sans arme, prêts, quelques heures par semaine, ponctuellement, lors de crises majeures, d’évènements, à venir en aide à une administration, une association, une collectivité, là aussi de manière bénévole et désintéressée.

Ces réservistes existent déjà pour la Défense nationale. On va créer une forme de Garde nationale. Cette Réserve existe aussi, dans l’Education nationale, où nous en avons eu une belle illustration, ou dans les services de santé. Lorsqu’il y a eu les attentats, les actes de guerre, au mois de novembre, beaucoup de médecins sont venus spontanément dans les hôpitaux. Ils n’étaient pas obligés de le faire, ils n’étaient pas de service mais ils sont venus parce qu’ils se sont sentis membres de cette Réserve citoyenne, au service des autres. Ces réservistes devront être demain présents dans des secteurs comme l’environnement, l’encadrement des jeunes, l’accompagnement des personnes âgées.

J’ai également ouvert il y a dix-huit mois, un chantier, là aussi qui n’appelait pas de construction, si ce n’est un appel à bâtir un monde d’engagement. L’idée de ce chantier, « La France s’engage », c’est de lancer un appel à toutes les initiatives qui existent, de détecter toutes les bonnes idées, de les labelliser, d’aider leur développement de façon à ce que chacune de ces initiatives, partout en France, puisse avoir un sens, être généralisable et s’inscrire dans une démarche collective.

C’est ce que nous avons voulu faire avec « La France s’engage » – je remercie ici tous ceux qui y ont contribué – pour fédérer, mobiliser, valoriser le dynamisme extraordinaire, la vitalité qui existe dans la société française dans tous les domaines. Nous en avons eu un exemple pour l’accueil des réfugiés. Nous pourrions en avoir d’autres, pour l’accompagnement des chômeurs, pour l’accès de tous à la culture, pour la sensibilisation à l’environnement, pour la lutte contre l’échec scolaire dans le cadre de l’Education nationale, pour l’insertion des personnes handicapées.

Il y a donc plein d’initiatives qui naissent, mais qui parfois ne sont pas connues. Le rôle de cette initiative est de les faire reconnaitre, de leur donner un soutien financier et surtout de les mettre en réseau. La technologie nous y aide, nous avons besoin de réseaux, nous avons besoin de partager les idées et de montrer que c’est possible, qu’il y a des choses dont nous avons rêvé et qu’il est possible de réaliser.

En dix-huit mois, nous avons reçu plusieurs milliers de candidatures. Nous avons retenu 60 lauréats. Cela ne veut pas dire que pour les autres, il n’y ait pas eu de possibilité de faire connaitre leurs résultats et de mobiliser d’autres volontaires.

Nous allons alors changer d’échelle. Il y aura à la fin du mois de janvier, un grand forum de l’engagement qui sera ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans ce mouvement : les associations, les fondations, les initiatives citoyennes. Nous allons travailler à lever les freins, à aider toutes les initiatives, à diffuser largement les bonnes idées, car la force d’une idée, c’est qu’elle n’est la propriété de personne. Une idée appartient à tous. C’est pourquoi il faut ne jamais capter, capturer et garder entre soi les idées qui peuvent être utiles.

C’est l’immense force que constitue le monde associatif, des millions de bénévoles, nous ne savons d'ailleurs pas les compter, tant il y a d'associations et de membres en France. Nous avons un million d'associations en France. Il s’en crée 70 000 chaque année. Elles emploient deux millions de personnes, 10 % des emplois salariés. C'est un beau visage de la France, visage du dévouement, de la gratuité, de la solidarité, de la générosité. Je veux reconnaître ce mouvement à travers les initiatives que nous allons lancer.

Dans l'engagement, nous ne manquons ni de missions, ni de besoins, ni de vocations, ni de volontaires. Chaque fois qu’un défi nous est lancé, à la France en particulier, il y a toujours au fond de notre peuple cette idée que nous pouvons inventer. Nous avons quelques prétentions qui parfois peuvent énerver un certain nombre de nos partenaires. Parce que nous pensons toujours que nous avons les idées avant les autres. Mais nous ne savons pas toujours les traduire comme les autres.

Nous devons faire en sorte que, face à des besoins qui sont immenses, nous puissions donner la chance à l'engagement. Parce que l'engagement est une chance et que tout ne se réduit pas simplement à des produits échangés sur les marchés, qu'il y a quelque chose qui ne se mesure pas et qui est justement le partage, la solidarité et l'engagement.

J'ai beaucoup parlé de Patrie, non pas pour faire surgir je ne sais quel sentiment où l’on devrait se regrouper ensemble et avoir peur des autres, non la Patrie telle que nous la concevons est une ouverture, un idéal que nous partageons. Ce sont des principes et des valeurs, ces valeurs mêmes que vous avez illustrées dans vos timbres : Liberté, Egalité, Fraternité. La patrie, c'est être capable de donner un moment à ce que nous avons choisi, une part de notre vie, de notre temps et peut-être même un moment de ce qui fait l'essentiel d'une existence.

Nous sommes capables de donner parfois plus à notre patrie qu'à notre famille, car il y a quelque chose qui nous dépasse. C'est ce que je veux installer ici, la belle idée de la Patrie au service du monde. C’est ce que la France a toujours proclamé. La France n'est pas une Nation comme les autres. C'est une Nation universelle. La France est celle qui est capable de donner ce qu'elle a construit pour elle-même, non pas comme un modèle, mais comme un don, comme une langue que l'on offre en partage.

L’engagement, c'est ce que j'étais venu ici vous dire, est ce qui fonde le contrat social, c'est-à-dire l'idée que nous sommes dans la même société. C'est ce qui donne du sens à la cohésion nationale et ce qui fait le mouvement qui permet le progrès.

Le 11 janvier dernier, il y a un an, vous marchiez. Des citoyens s’étaient eux aussi mis en mouvement pour dire ce qu'ils ne voulaient pas. Aujourd'hui, un an après, nous devons avancer pour décider de la France que nous voulons faire et réaliser la République de demain. Aujourd'hui, c'est vous qui allez avancer, c'est vous qui allez continuer sur le chemin, c'est votre génération, celle qui a été attaquée, sur ces terrasses, dans ces lieux de culture, près d'un stade à Saint-Denis. C'est vous qui étiez visés, vous, la génération, vous, la France, vous, l'idéal que nous avons aujourd'hui transmis et qui est entre vos mains.

Alors, avancez, marchez, allez aussi loin que possible et je ne vous souhaite pas ici simplement une bonne année, je vous souhaite une belle vie, une vie à la hauteur de la France et de la République !

Merci.

François Hollande, Paris le 11 janvier 2016.

 

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20160111-discours-hollande-radio-france.html

 

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 23:53

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Discours de Manuel Valls le 9 janvier 2016 au CRIF.


Monsieur le président du CRIF,
Monsieur le président du Consistoire,
Monsieur le Grand Rabbin de France,
Mesdames, messieurs,
Ces bougies que nous venons d’allumer, cette Marseillaise que nous venons de chanter, au fond, disent tout : la flamme du judaïsme et l’âme de la République, côte à côte, fraternelles, comme elles le sont depuis près de deux siècles.
Ce soir, côte à côte, tous réunis, nous nous souvenons.
Nous nous souvenons de ce 9 janvier.
Il y a un an, vous l’avez rappelé, au lendemain de l’horreur, nous étions ici, j’étais ici parmi vous, dans la compassion et le recueillement, portant le deuil de Yoav HATTAB, Yohan COHEN, Philippe BRAHAM et François-Michel SAADA.
Comme ce soir, la foule était immense. Et je me souviens de l’effroi, de l’angoisse et de la peur.
Comment pouvait-il en être autrement ?
Car à quelques mètres d’ici, une fois de plus, on venait de tuer des Juifs parce qu’ils étaient juifs. On venait de les exécuter alors qu’ils faisaient leurs courses avant de célébrer en famille le shabbat. On venait de briser quatre destins, s’ajoutant aux 13 victimes de Charlie Hebdo et de Montrouge les deux jours précédents.
La Nation comprenait aussi que l’on venait, au fond, de tuer une part d’elle-même.
Je me souviens des larmes, des regards interrogateurs, de ces regards qui transpercent les coeurs et que personne ne pourra oublier. Je me souviens de cette colère, de votre colère et aussi de ce désarroi immense. Nous nous tenions par la main, par les épaules. Des prières ont été récitées ; ce soutien, cet hommage à la France et à la République, La Marseillaise, a été chantée. Je me souviens de tout cela.
Toutes ces images étaient là, sont là, ancrées dans nos esprits ; ancrées dans mon esprit quand, trois jours après, je me suis exprimé devant la représentation nationale pour appeler notre pays à être uni face à la menace terroriste et pour dire aussi que nous devions nous ressaisir, que nous ne pouvions plus laisser les Français juifs vivre ainsi la peur au ventre.
Comment la France, patrie de l’émancipation des Juifs, comment la Nation où l’on s’est battu pour la défense du capitaine DREYFUS, comment la France, qui avait reconnu sa responsabilité – à travers les mots forts du président de la République, Jacques CHIRAC – des crimes odieux perpétrés entre 1940 et 1944, pourrait-elle laisser ses compatriotes juifs vivre dans la peur, douter un seul instant que c’est ici chez eux ?
Voir des Français juifs quitter de plus en plus nombreux leur pays, parce qu’ils ne se sentent plus en sécurité, mais aussi parce qu’ils ne se sentent plus compris, parce qu’ils ne se sentent plus à leur place, aurait dû être depuis longtemps, pour nous tous Français, une idée insupportable. Je l’ai dit ici même avec mes mots, avec mon coeur, avec mes tripes ; je n’ai cessé de le répéter et je ne cesserai de le répéter, parce que c’est une conviction profonde : sans les Juifs de France, la France ne serait pas la France.
Chacun d’entre nous doit le répéter inlassablement !
Et je crois que ce 9 janvier, tout le monde en a enfin pris la pleine mesure.
Ce 9 janvier, la Nation a bien compris. Ce 9 janvier, après Ilan HALIMI, après Toulouse, après Jonathan SANDLER, ses enfants Arie et Gabriel, après Myriam MONSONEGO, après l’agression de Créteil, après tous ces faits qui, au fond, n’ont pas suffisamment mobilisé et indigné la Nation, enfin la France a pleinement ouvert les yeux sur ce que ressentaient, au fond d’eux-mêmes, sans être suffisamment entendus, les Juifs de France. Et quand la France ne comprend pas les Juifs de France, elle ne se comprend pas elle-même, elle ne prend pas suffisamment en considération son propre destin.
Cette angoisse, cette angoisse immense, cette angoisse légitime ne doit plus jamais être sousestimée.
Et nous devons, ensemble, lui apporter une réponse.
Cette réponse, après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, a été bien sûr immédiate, comme elle l’avait été après les attentats de Toulouse et de Montauban.
Oui : honneur – Anne HIDALGO avait raison de le rappeler – à nos forces de l’ordre, à nos policiers, à nos troupes d’élite, à nos gendarmes.
Oui : honneur à nos militaires qui, chaque jour, font rempart, protègent nos synagogues, les écoles et les bâtiments de la communauté juive. Les drapeaux que nos soldats, nos policiers, nos gendarmes ont sur leur uniforme disent que la France ne baissera jamais la garde, qu’elle se dressera toujours contre ceux qui veulent s’en prendre aux Français juifs – et donc aux Français.
L’ennemi, car nous sommes en guerre, c’est le terrorisme islamiste, c’est le djihadisme. Le 13 novembre, l’ampleur de la menace, sa soif barbare de mort, sa haine totalitaire de ce que nous sommes, de nos valeurs, de notre idéal de liberté, de tolérance, de laïcité, ont surgi dans les rues de Paris et à Saint-Denis avec une violence absolue.
Pour ces ennemis qui s’en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille ; car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser.
Rien ne peut expliquer que l’on tue à des terrasses et à des cafés !
Rien ne peut expliquer que l’on tue des journalistes, des caricaturistes qui expriment leur liberté et que l’on tue des policiers qui sont là pour nous protéger.
Et rien ne peut expliquer que l’on tue des Juifs.
Rien ne pourra jamais expliquer ! Nous avons subi un acte de guerre. C’est une véritable guerre qui nous a été déclarée et nous devons l’affronter et la gagner.
Ce soir, un an après, notre douleur, votre douleur est tout aussi intense ; mais tout aussi intense est notre détermination.
Détermination à lutter contre le terrorisme, ici et partout où nos armées sont engagées.
Détermination à ne jamais céder face aux menaces. Détermination à continuer de vivre et à continuer de vivre ensemble – c’est le symbole de ces bougies, allumées par les représentants des différents cultes et par les représentants des formations politiques de notre pays.
Détermination également à lutter contre l’antisémitisme. Il est là, toujours là, virulent, charrié à longueur d’écrits, de déclarations, de ces manifestations – alors qu’au coeur de Paris, capitale de la liberté, il y a quelques mois, on a crié de nouveau : « mort aux Juifs » ! –, de prétendus spectacles par des négationnistes en tous genres. Je les ai combattus, nous les avons combattus, et nous continuerons à le faire : il y va de l’honneur de la République ! Il est là, sur les réseaux sociaux, il est là, dans les paroles et dans les actes et dans cette détestation compulsive de l’Etat d’Israël. Comment pouvons-nous accepter qu’il y ait des campagnes de boycott ? Comment pouvons-nous accepter que face à l’Opéra de Paris, il y ait des manifestations pour qu’on interdise des ballets d’Israël ? Comment peut-on accepter que dans le pays de la liberté, dans ce pays des valeurs universelles, on cherche à nier la culture, la culture qui est là précisément pour rapprocher les peuples et pour la paix ? Non, cela est inacceptable ! L’antisémitisme, qu’il vienne de l’extrême-droite ou de l’extrême-gauche, qu’il vienne du fond des âges ou aujourd'hui d’une partie de la jeunesse de nos quartiers, doit être combattu avec la même détermination, parce qu’il y va de la République et parce qu’il y va de nos valeurs.
Un an après, cet Hyper Cacher de la porte de Vincennes est devenu un symbole.
Le symbole du courage, car il faut des symboles : celui de Lassana BATHILY, venu en aide à des femmes et des hommes menacés de mort… Oui ! Cher Lassana BATHILY, alors que parfois il y a des débats dans notre société, moi je suis fier que vous soyez devenu français, naturalisé français ! C’est cela, la France d’aujourd'hui et de demain ! Courage aussi des otages, et je veux leur dire, à ces otages qui ont passé des moments d’horreur, ici, dans cet Hyper Cacher, je veux leur dire leur courage… qu’ils en soient persuadés : par leur courage, ils ont aussi sauvé des vies !
Le symbole d’un pays qui ne se perd pas dans la haine de l’autre, mais qui trouve en lui la force d’être ce peuple fier de ce qu’il est, qui dit non au racisme, non à l’antisémitisme, non au rejet et au repli.
Etre français, ce n’est pas renoncer à ses origines, ce n’est pas renoncer à son identité, c’est les verser au pot commun. C’est une citoyenneté qui n’est pas petite, qui n’est pas réduite à l’origine de chacun, du sang, du sol ou par naturalisation, mais qui est grande, ouverte, fondée sur la volonté de construire l’avenir ensemble ! C’est ce nouveau patriotisme que j’appelle de mes voeux ! C’est ce patriotisme que, toujours, les Juifs de France ont porté !
Oui, cet Hyper Cacher, c’est le symbole d’un pays qui trouve en lui-même la force de vivre et qui, avec tous les Juifs de France, est pleinement ce pays que nous aimons !
Vive la République ! Vive la France !

Manuel Valls, Paris le 9 janvier 2016.


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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 06:19

« Les programmes de la scolarité obligatoire repose sur une conception nouvelle. Ils ne sont plus la simple juxtaposition de programmes disciplinaires annuels imposant aux professeurs les contenues, les démarches, les méthodes et les progressions, visant un élève abstrait. Ils s’inscrivent dans un projet global, s’adressant à tous les élèves, plus attentif à la totalité de leur expérience d’apprentissage et faisant davantage confiance à la professionnalité des professeurs. » (Conseil supérieur des programmes).


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Après une première version présentée en avril 2015, le Conseil supérieur des programmes a publié sa seconde (et dernière) version ce vendredi 18 septembre 2015. Une actualité que n’a pas manqué de saluer la Ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem qui en a assuré le service après-vente : la matinale sur Europe 1 le 18 septembre 2015 et une tribune dans le journal "Le Monde" du 18 septembre 2015.

Voici ce qu’elle a dit dans "Le Monde" : elle veut une « maîtrise des fondamentaux, consolidation des apprentissages, pédagogie de l’entraînement quotidien et de la répétition. Nombreuses sont les recherches démontrant l’impact des exercices fréquents pour fixer les fondamentaux, qui consolident les savoirs les plus simples avant de développer les plus complexes. (…) C’est aussi la raison des entraînements quotidiens à l’écriture, à la lecture, au calcul mental, que les nouveaux programmes rendent obligatoires. (…) Car, oui, la pratique répétée de la lecture et de l’écriture, la discipline exigée par des dictées quotidiennes sont indispensables, comme dorénavant le travail sur le langage oral, essentiel pour la compréhension de la lecture et la capacité à présenter de façon claire et ordonnée une pensée. » (18 septembre 2015).

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J’ai eu souvent l’occasion de critiquer ce gouvernement, notamment en matière d’éducation, et plus précisément contre cette réforme stupide du collège qui va ruiner la culture latine, grecque et même historique dans les  prochaines décennies, pour me permettre de saluer les bonnes décisions prises par la Ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. Je ne doute pas que dans cette mesure, il y a une dose d’habileté politique visant à faire diversion et à enfumer. Mais bon, comme c’est une bonne mesure, il faut avoir l’honnêteté de le dire.

Quelle est-elle ? Celle de rétablir, je dis bien rétablir puisque j’ai eu la chance d’être biberonné avec cela, la dictée, le calcul mental, la lecture et l’écriture en classes de l’école primaire. En fait, cela me paraît toujours étonnant de parler de "rétablir" parce que cela signifie que ces exercices avaient été supprimés. Comment un gamin peut-il réussir sans faire ces gammes ? Je me demande franchement quels ministres ont eu la stupidité de supprimer la dictée, le calcul mental et la lecture des classes de primaires alors que cela fait des décennies qu’on s’aperçoit que les écoliers sont incapables de lire correctement, d’écrire correctement et de calculer correctement lorsqu’ils arrivent en classe de sixième. À moins que ceci n’explique cela.

Alors que la société historiquement est passée de l’oral à l’écrit, notamment par les premières civilisations de l’écriture (Babylone, Égypte, Phénicie, etc.), que les traditions orales furent ensuite gravées sur des supports écrits (comme Homère et la Bible), avec le développement extraordinaire de l’écrit grâce à Gutenberg, l’oral était redevenu la norme au XXe siècle grâce au développement du téléphone, d’abord fixe puis mobile, et à celui de la radio et de la télévision.

Paradoxalement, le développement du smartphone depuis une quinzaine d’années, parallèlement à celui de l’ordinateur individuel et surtout de l’Internet, a remis en valeur l’écrit par l’envoi de SMS, d’emails ou encore par la participation à des sites web intéractifs où chaque lecteur (internaute) a la possibilité d’exprimer son point de vue… par écrit.

Or, il est maintenant clair que la maîtrise de la langue écrite laisse de plus en plus à désirer. Ou, plus exactement, les carences sont de plus en plus visible du fait d’Internet. Au milieu des années 1980 (ce n’est pas nouveau), j’avais demandé au directeur d’une école d’ingénieur pourquoi il avait supprimé dans son concours d’entrée l’épreuve de français. Il m’avait répondu que cette épreuve n’était pas en mesure de discriminer les candidats car ils étaient tous nuls dans cette matière et cette épreuve était donc aussi inutile que coûteuse à l’école.

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Il faut bien le reconnaître. J’ai connu plusieurs ouvriers qui sont de la génération qui a maintenant dans les 75 ans, qui n’ont pas eu l’occasion de faire des études très poussées mais qui savaient parfaitement écrire, qui connaissaient parfaitement l’orthographe et la grammaire, qui connaissaient les départements, le nom des préfectures (il faut se dépêcher avant de les supprimer), le nom des fleuves, de leurs affluents, qui savaient faire du calcul mental, etc. Aujourd’hui, je n’ose pas dénombrer le nombre d’ingénieurs voire de personnes de niveau doctorat incapables d’écrire trois lignes sans aucune faute ou de faire des additions sans calculatrice. Le pire, c’est qu’aujourd’hui, je lis régulièrement des fautes de français assez graves sur des messages publicitaires (bonjour l’image de l’entreprise !), et même sur les titres qui se faufilent sur les chaînes d’information continue (peut-être choisir un peu mieux ses pigistes ?).

Car il y a là un véritable défi. On se dit, avec la technologie, qu’il devient inutile de savoir puisque la machine est capable de compenser. Pourquoi savoir calculer si les calculatrices sont capables de le faire à sa place, souvent plus rapidement ? Pourquoi connaître l’orthographe des mots alors que la plupart des traitements de texte ont un correcteur orthographique qui fait le travail à sa place ?

Oui, mais le problème, si l’on ne sait pas ce que fait la machine (pour la calculatrice, c’est assez sioux d’ailleurs, puisque souvent, elles donnent des résultats de développements limités), on n’est plus autonome intellectuellement. Pire, on est assisté, et rien de pire d’être assisté par une machine, car la machine ne pense pas et ne s’émeut pas (quoi qu’on en dise et malgré les derniers développements de l’intelligence artificielle). Car évidemment, personne n’est à l’abri d’une erreur de frappe, par exemple, et proposer un pot de yaourt pour le prix d’un million de francs (comme cela s’est vu dans des copies au baccalauréat), c’est quand même faire preuve d’un peu trop de mansuétude et d’un peu trop de confiance en la machine.

Même si l’informatique réussit à faire gagner beaucoup de temps et de commodité (notamment pour les vues en trois dimensions), les logiciels de CAO, CFAO, DAO etc. ne remplaceront jamais la connaissance élémentaire du dessin industriel par l’utilisation basique d’une table à dessin et d’un rotring. Tout comme l’apprentissage de l’alphabet se fera toujours avec un crayon et du papier (ou une ardoise) et pas avec un clavier ni une tablette (les régions du cerveau sollicitées ne sont pas les mêmes).

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On peut se permettre d’accélérer seulement quand on sait déjà rouler au pas. Le vélo est un bon moyen d’apprendre le code de la route et on imagine mal un pilote d’avion ne sachant pas conduire une automobile sur la terre ferme.

Bref, le retour au basique, même si ce n’est pas trop sexy, même si c’est rébarbatif (quel musicien a-t-il vraiment réussi sans avoir appris le solfège ? Certes, cela peut exister, mais c’est très rare), est une nécessité aussi utile que l’entraînement sportif pour les athlètes.

Au-delà du modernisme, il y a eu aussi un courant contre un certain élitisme qui rendrait inégalitaire la société coupée entre ceux qui savent l’orthographe et les autres. Mais la discrimination se fait naturellement. Et elle ne sépare pas une société entre riches et pauvres, entre élite et soi-disant "plèbe", mais plutôt entre méritants et paresseux.

Car je suis bien désolé de constater que l’orthographe, c’est juste une question d’effort et de travail. Soit par la lecture de livres, soit par la consultation de dictionnaires (un gros mot pour certains), l’orthographe des mots n’est jamais connue à la naissance. Il faut donc l’acquérir. Comme je le disais plus haut, ce n’est pas forcément les plus hauts diplômés qui ont la meilleure orthographe. Ce sont les plus exigeants avec eux-mêmes. Eux-mêmes et respectueux éventuellement de leurs lecteurs.

Car quoi de pire que de lire un texte pourri de fautes en tout genre ? Son message est illisible. On a beau être indulgent (ne serait-ce que parce qu'on peut faire soi-même des fautes, nul n'est à l'abri d'une faute d'inattention), quand un texte est trop mal écrit, on abandonne rapidement sa lecture et tant pis pour le message. La discrimination est là. Que ce soit une lettre accompagnant un CV ou un texte de pétition, etc. Les règles classiques de l’écriture (orthographe, grammaire, conjugaison, etc.) sont comme le code de la route, c’est le moyen de permettre à un ensemble de personnes, dans une société, de se comprendre le plus précisément possible.

J’ajoute, en ces temps mouvementés intellectuellement, que les diatribes supposées nationalistes qui veulent défendre la France et les Français, en rejetant les autres, les étrangers, l’anglais, etc. et qui sont bourrées de fautes de français, me font un peu sourire. Car le meilleur patriotisme français, ce serait d’abord de savoir correctement écrire le français avant de s’en prendre aux autres. D’autant plus que j’ai l’expérience que c’est souvent les étrangers qui rehaussent le niveau de la langue française car ils l’ont apprise de façon traditionnelle et classique (c’est le cas de nombreux Africains, mais pas seulement).

Alors, oui, je ne peux être que d’accord avec une mesure de bon sens qui rappelle qu’aucun résultat ne peut être obtenu, aussi talentueux soit-on, sans un minimum d’effort. Rétablir la dictée, le calcul mental, la lecture et l’écriture en classe, c’est une bonne idée et il faut surtout la soutenir pour nos générations futures.

Mais que l’on soit bien clair : cela ne retire rien à l’opposition qu’il convient de dresser contre la réforme lamentable du collège qui devrait être appliquée pour la rentrée 2016. Une réforme qui empêchera l’acquisition du latin et du grec pour les élèves les plus capables.

D’ailleurs, le Conseil supérieur des programmes s’est étonné lui-même de la manière dont la ministre a communiqué, considérant que le retour de la dictée, du calcul mental, de la lecture et de l’écriture à l’école n’était pas l’élément essentiel de leurs travaux.

L’élément essentiel, c’est la logique par cycles et par compétences. C’est notamment la fin des objectifs pédagogiques sur une année scolaire rapportés à un cycle de trois années : le cycle 2 (CP, CE1 et CE2), le cycle 3 (CM1, CM2 et 6e) et le cycle 4 (5e, 4e et 3e). Ce partage en cycles casse définitivement le découpage entre école primaire et collège, ce qui reste très incohérent lorsqu’on sait que l’élève ne suivra probablement pas la même équipe pédagogique tout au long du cycle 3.

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Si le langage ésotérique des sciences de l’éducation semble avoir été supprimé (en fait, pas vraiment), il n’en reste pas moins que les enseignants et les parents qui voudraient vraiment consulter ce nouveau document (téléchargeable ici) devront quand même se farcir pas moins de …375 pages ! Autant dire que l’étude approfondie de ce document n’est réservée qu’à une infime proportion de la population concernée.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 septembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
À télécharger, les nouveaux programmes scolaires (18 septembre 2015).
Réforme du collège.
La langue française.
Najat Vallaud-Belkacem.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20150921-dictee.html

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-dictee-le-calcul-mental-la-172088

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2015/09/21/32657541.html


 

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