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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 21:23

« Ces élections législatives ont fait de la majorité présidentielle la première force politique de l’Assemblée Nationale. Toutefois, et c’est un fait nouveau, et comme dans la plupart des démocraties occidentales, qu’il s’agisse de l’Allemagne, de l’Italie, et de beaucoup d’autres, aucune force politique ne peut aujourd’hui faire les lois seule. » (Emmanuel Macron, le 22 juin 2022).



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Après trois jours de consultation, le Président Emmanuel Macron s’est exprimé sur les élections législatives au cours d’une courte allocution télévisée (d’une durée de 9 minutes) ce mercredi 22 juin 2022 à 20 heures. Dire qu’il a été surpris est un euphémisme même s’il ne l’a pas dit explicitement.

La situation institutionnelle est inédite puisqu’il y a une double onction du suffrage universel : d’un côté, Emmanuel Macron a été réélu et sa légitimité populaire est incontestable ; d’un autre côté, l’absence de majorité claire à l’Assemblée Nationale rend la suite d’une manière plus confuse.

Dans un premier temps, Emmanuel Macron a voulu montrer qu’il avait entendu les électeurs. Et même les non électeurs : « Je ne peux d’abord ignorer la forte abstention qui nous oblige tous à redonner davantage de sens à nos actions collectives, de lisibilité aux grands rendez-vous démocratiques. ». Mais aussi la forte poussée des extrêmes : « Je ne peux pas davantage ignorer les fractures, les divisions profondes qui traversent notre pays, et se reflètent dans la composition de la nouvelle Assemblée. Elles expriment des inquiétudes, le sentiment d’avoir des vies bloquées, pas de perspectives dans nombre de nos quartiers populaires, comme dans nos villages. ».

Mais ce constat d’une France éclatée, était-ce juste un exercice obligé ? Toujours est-il qu’il a ensuite rappelé que la majorité présidentielle avait la majorité relative et qu’il entendait mener la politique proposée par son projet présidentiel. Plus étonnamment, Emmanuel Macron a précisé : « Il a manqué une trentaine de députés sur 577. ». C’est étonnant car l’alliance présidentielle Ensemble a recueilli 245 sièges sur 577, soit à 44 sièges de la majorité absolue qui est 289. Or, en disant "une trentaine", cela signifierait qu’il aurait déjà convaincu une quinzaine de députés non élus sous l’étiquette Ensemble de faire partie de la nouvelle majorité.

De deux choses l’une : soit finalement Emmanuel Macron réussit à rassembler une majorité absolue, sur la base d’un programme légèrement modifié (on peut penser à une majorité élargie à des députés LR ou PS), et alors on revient à la situation antérieure qui a toujours dominé en France depuis 1958 (sauf de 1988 à 1993), une majorité forte de coalition ; soit il ne l’a pas et il doit, texte par texte, trouver une majorité d’idée.

Évidemment, les Français souhaiteraient la seconde solution car cela obligerait à un véritable effort de concertation au Parlement : « Nous devons apprendre collectivement à gouverner et à légiférer différemment. Bâtir avec les formations politiques constituant la nouvelle Assemblée des compromis nouveaux dans le dialogue, l’écoute, le respect. C’est ce que vous avez souhaité et j’en prends acte. (…) Cela doit signifier des accords en prenant le temps de les faire, par le dialogue, le respect, l’exigence. ».

C’est du reste ce que souhaitait François Bayrou depuis longtemps. Invité de LCI le 22 juin 2022 au soir pour réagir à l’allocution présidentielle, le maire de Pau a redit ce qu’il avait déclaré le matin sur France Inter : le Président est fort politiquement (à la légitimité renouvelée), l’Assemblée Nationale est forte politiquement en raison de son absence de majorité (godillot). Et il a donc insisté pour que le gouvernement soit fort politiquement car il aura à gérer cette double légitimité et à faire des compromis entre le programme présidentiel et les demandes parlementaires, laissant entendre qu’il ne faut plus un gouvernement de techniciens, mais de politiques. François Bayrou a rappelé l’article 20 de la Constitution : « Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement. ». En revanche, François Bayrou a démenti qu’il voulait un changement de Premier Ministre. D’ailleurs, Élisabeth Borne semble s’accrocher très fortement à Matignon …et pourrait surprendre les observateurs politiques.

_yartiMacron2022062202

Dans tous les cas, l’avantage de cette situation difficile, c’est qu’on ne va pas légiférer à tout va. On va prendre le temps de construire la loi et on ne légiférera que lorsqu’il sera vraiment nécessaire de le faire. Ce sera peut-être un grand avantage pour les citoyens. De nombreuses personnalités politiques, comme l’ancien Président du Conseil Constitutionnel (et ancien Président de l’Assemblée Nationale) Jean-Louis Debré avait fustigé cette surenchère de lois qui rend notre édifice juridique illisible et compliqué, parfois contradictoire. S’il faut avoir tout un travail politique en amont pour faire la loi, cette énergie devra donc se focaliser sur l’essentiel, qui est notamment : le pouvoir d’achat, la santé (et l’épidémie de covid-19 qui n’a pas disparu), la loi de finances, le climat, l’emploi, l’éducation et la sécurité. En effet : « Beaucoup [de chefs de partis] ont (…) fait part de leur disponibilité pour avancer sur des sujets majeurs et urgents pour votre quotidien : le pouvoir d’achat, le travail, les moyens d’atteindre le plein emploi, la transition écologique, la sécurité. Je crois qu’il est donc possible, dans le moment crucial que nous vivons, de trouver une majorité plus large et plus claire pour agir. ».

Et la phrase la plus importante de l’allocution présidentielle est celle-ci : « Je souhaite donc, dans les prochaines semaines, que ce dépassement politique se poursuive avec clarté et responsabilité. ». La clarté, cela signifie avec la cohérence de son projet présidentiel : « Un projet responsable, c’est-à-dire crédible et financé. (…) Tous ces progrès ne sauraient être financés ni par plus d’impôts, ni par plus de dette budgétaire et écologique. C’est pourquoi notre pays, plus que jamais, a besoin de réformes ambitieuses pour continuer de créer plus de richesses, plus de travail et innover davantage. ». La responsabilité : « Pour cela, il faudra clarifier dans les prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l’Assemblée Nationale sont prêtres à prendre. Entrer dans une coalition de gouvernement et d’action. S’engager à voter simplement certains textes, notre budget. ».

Comme Emmanuel Macron part deux jours pour le Conseil Européen des 23 et 24 juin 2022 (très important puisqu’il s’agit de la candidature de l’Ukraine notamment), il a demandé aux formations parlementaires d’être au clair dans leurs relations avec le gouvernement : « Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire, en toute transparence, jusqu’où ils sont prêts à aller. (…) Dès mon retour, à la lumière des premiers choix, des premières expressions des groupes politiques de notre Assemblée Nationale, nous commencerons à bâtir cette méthode et cette configuration nouvelle. ».

C’est une démarche très étonnante qui semble avoir surtout pour but de gagner du temps. Car les groupes politiques, ils ont déjà exprimé leurs positions dans cette affaire. Emmanuel Macron veut prendre à témoins les Français et pense, sans doute avec raison, que les groupes excessivement de mauvaise volonté (comme le groupe FI) deviendront rapidement impopulaires. C’est paradoxalement la raison pour laquelle Marine Le Pen veut absolument montrer son respect scrupuleux aux institutions (qui se décline aussi par le port de la cravate pour les hommes) et sa volonté de ne pas faire d’obstruction. Se montrer responsable, se montrer respectable.

La configuration parlementaire est telle que durant cette législature, une révision de la Constitution est fortement improbable. On peut donc imaginer que revenir sur la limitation à deux mandats présidentiels successifs sera impossible. Cela signifie qu’Emmanuel Macron ne pourra pas être candidat à l’élection présidentielle de 2027. Ce qui ne peut que réjouir Marine Le Pen, candidate expérimentée avec un parti désormais financé à hauteur de 10 millions d’euros par an d’argent public jusqu’en 2027. Tant pis pour ses chats : nul doute qu’à l’heure actuelle, elle serait la favorite face à LR sans leader, à Ensemble bientôt sans leader, et à la Nupes sans leader.

Au-delà de gouverner, la mission du Président Emmanuel Macron dans ces cinq prochaines années, ce sera donc effectivement de mettre en place sa succession politique, concrètement, la personnalité prête à lui succéder en 2027 avec ses idées. Ce qui, à cause du jeu des ego, n’a jamais eu lieu avec ses sept prédécesseurs…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 juin 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron demande aux députés clarté, transparence et responsabilité.
Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
Jacques Julliard dans "Marianne" le 6 mai 2022 : "Oui à l’union, non à Mélenchon".
Allocution du Président Emmanuel Macron le 22 juin 2022 (texte intégral et vidéo).
Législatives 2022 (11) : la vie politique n’est pas un long fleuve tranquille.
La marque Le Pen fonctionne toujours aussi bien.
Législatives 2022 (10) : un train peut en cacher un autre.
Résultats du second tour des élections législatives du 19 juin 2022 (Ministère de l’Intérieur).
TVA : Mélenchon, champion du monde de la mauvaise foi.
Législatives 2022 (9) : procès d’intention, soupçons, fake-news, calomnie : le complotisme mélenchonien.
Législatives 2022 (8) : aucune voix ne doit manquer à la République !
Allocution du Président Emmanuel Macron le 14 juin 2022 à Orly (texte intégral et vidéo).
Législatives 2022 (7) : Liberté, Égalité, Choucroute.
Résultats du premier tour des élections législatives du 12 juin 2022 (Ministère de l’Intérieur).
Législatives 2022 (4) : sous la NUPES de Mélenchon.
Élysée 2022 (53) : la composition sans beaucoup de surprises du premier gouvernement d’Élisabeth Borne.
Pour Jean-Louis Bourlanges, c’est la capitulation et la bérézina !
Législatives 2022 (3) : Valérie Pécresse mènera-t-elle Les Républicains aux législatives ?
Législatives 2022 (2) : la mort du parti socialiste ?
Législatives 2022 (1) : le pari écolo-gauchiste de Julien Bayou.
Élysée 2022 (49) : vers une quatrième cohabitation ?
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !

_yartiLegislatives2022K02






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220622-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-demande-aux-242383

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 20:31

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220622-macron.html








Allocution du Président Emmanuel Macron le mercredi 22 juin 2022 à 20 heures

Adresse du Président de la République aux Français.





Françaises, Français, 
Mes chers compatriotes, 

Le 24 avril, vous m’avez renouvelé votre confiance en m’élisant Président de la République.  Vous l'avez fait sur le fondement d’un projet clair, et en me donnant une légitimité claire. Les  12 et 19 juin dernier, vous avez voté pour vos députés et élire notre Assemblée nationale. Je  veux ici féliciter les parlementaires ayant emporté vos suffrages, et j’ai aussi une pensée pour  les députés sortants battus. 

Je ne peux d’abord ignorer la forte abstention qui nous oblige tous à redonner davantage de  sens à nos actions collectives, de lisibilité aux grands rendez-vous démocratiques. Voter est  essentiel pour la vie de la nation, pour ses grands choix et très clairement, ce n'est plus ressenti  par tous. Je ne peux pas davantage ignorer les fractures, les divisions profondes qui traversent  notre pays, et se reflètent dans la composition de la nouvelle Assemblée. Elles expriment des  inquiétudes, le sentiment d'avoir des vies bloquées, pas de perspectives dans nombre de nos  quartiers populaires, comme dans nos villages. 

Ces élections législatives ont fait de la majorité présidentielle la première force politique de  l'Assemblée nationale. Toutefois, et c'est un fait nouveau, et comme dans la plupart des  démocraties occidentales, qu'il s'agisse de l'Allemagne, de l'Italie, et de beaucoup d'autres,  aucune force politique ne peut aujourd'hui faire les lois seule. 

Il a manqué une trentaine de députés sur 577, et la majorité présidentielle est en effet relative.  Sa responsabilité est donc de s'élargir, soit en bâtissant un contrat de coalition, soit en  construisant des majorités texte par texte. Oui, pour agir dans votre intérêt et dans celui de la  nation nous devons collectivement apprendre à gouverner et légiférer différemment. Bâtir avec  les formations politiques constituant la nouvelle assemblée des compromis nouveaux dans le  dialogue, l'écoute, le respect. C'est ce que vous avez souhaité et j'en prends acte. Cela ne doit  pas vouloir dire l'immobilisme. Cela doit signifier des accords en prenant le temps de les faire,  par le dialogue, le respect, l'exigence. 

J'entends et suis décidé à prendre en charge la volonté de changement que le pays a clairement  exprimé. Parce que c'est mon rôle comme garant de nos institutions, j'ai échangé hier et aujourd'hui avec les dirigeants de l'ensemble des formations politiques qui sont en capacité de  constituer un groupe à l'Assemblée nationale. Je crois retranscrire avec justesse la teneur de nos  entretiens en soulignant d'abord que tous ont fait part de leur respect pour nos institutions et de  leur volonté d'éviter un blocage pour notre pays. Je salue cet esprit de responsabilité et je  souhaite qu'il s'inscrive dans la durée. La plupart des dirigeants que j'ai reçus ont exclu  l'hypothèse d'un Gouvernement d'union nationale, laquelle d'ailleurs n'est à mes yeux pas  justifiée à ce jour. Beaucoup ont aussi fait part de leur disponibilité pour avancer sur des sujets  majeurs et urgents pour votre quotidien : le pouvoir d'achat, le travail, les moyens d'atteindre le  plein emploi, la transition écologique, la sécurité. Je crois qu'il est donc possible, dans le  moment crucial que nous vivons, de trouver une majorité plus large et plus claire pour agir. 

Vous le savez, je suis convaincu de la nécessité du dépassement politique depuis le premier  jour. Je l'ai largement pratiqué et y répond, je le sais, à l'aspiration de nombre d'entre vous de  sortir, au fond, des querelles et des postures politiciennes, de bâtir par le dialogue, le  compromis, le travail collectif. Je souhaite donc, dans les prochaines semaines, que ce  dépassement politique se poursuive avec clarté et responsabilité. 

D'abord, la clarté. Cela veut dire ne jamais perdre la cohérence du projet que vous avez choisi  en avril dernier. C'est un projet d'indépendance pour notre pays, la France et dans notre Europe  que nous devons rendre plus forte, qui passe par une défense forte et ambitieuse, une recherche  d'excellence, une industrie et une agriculture plus puissantes par des investissements d’avenir,  un projet de progrès sociaux, en particulier pour notre école et notre santé qu'il faut refonder,  sur lesquels nous devons réinvestir, un projet de progrès écologique par une planification et des  investissements assumés. Un projet de sécurité et de justice, mais aussi un projet responsable,  c'est-à-dire crédible et financé. 

Pour ce faire, dès cet été, il nous faudra prendre, nous le savons, des mesures d'urgence pour  répondre aux besoins du pays et de votre quotidien. Une loi pour le pouvoir d'achat et pour que  le travail paie mieux, des premières décisions pour aller vers le plein emploi, des choix forts  sur l'énergie et le climat, des mesures d'urgence pour notre santé, qu'il s'agisse de notre hôpital  ou de l'épidémie. Tous ces progrès ne sauraient-être financés ni par plus d'impôts, ni par plus  de dette budgétaire et écologique. C'est pourquoi notre pays, plus que jamais, a besoin de  réformes ambitieuses pour continuer de créer plus de richesses, plus de travail et innover  davantage. Ça c'est la clarté. 

La responsabilité ensuite. Il faudra bâtir, comme je l'expliquais, des compromis, des  enrichissements, des amendements, mais le faire en toute transparence, à ciel ouvert si je puis  dire, dans une volonté d'union et d'action pour la nation qui concerne toutes les forces politiques,  à commencer par la majorité présidentielle mais aussi toutes les autres, les forces vives, les  partenaires sociaux, les élus, les associations, nous tous. Pour cela, il faudra clarifier dans les  prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de  l'Assemblée nationale sont prêtes à prendre. Entrer dans une coalition de gouvernement et  d'action. S'engager à voter simplement certains textes, notre budget. 

Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire, en toute  transparence, jusqu'où ils sont prêts à aller. Demain et vendredi, je vous représenterai au Conseil  européen où nous allons examiner en particulier la question décisive de la candidature à  l'adhésion de l'Ukraine à notre Union européenne et du contexte géopolitique.

Dès mon retour, à la lumière des premiers choix, des premières expressions des groupes  politiques de notre Assemblée nationale, nous commencerons à bâtir cette méthode et cette  configuration nouvelle. 

Voilà, mes chers compatriotes, ce que ce soir, je voulais vous dire. J'ai confiance dans l'esprit  de responsabilité de tous. J'ai surtout confiance en vous, en nous. Vous avez, en avril et en juin,  fait deux choix clairs et j'en prends acte. Ma responsabilité, c'est de les faire vivre et de les faire  vivre à votre service pour que la France soit plus forte et que les réponses soient plus adaptées,  construites différemment, mais plus adaptées aux défis de votre quotidien et du pays. Je n'aurai  qu'une boussole, que nous avancions au service de l'intérêt général. Et j'ai confiance parce  qu'ensemble, nous avons traversé tant de crise, tant de difficultés ces dernières années, que je  sais que tous ensemble, nous trouverons le chemin de la réussite collective. Je vous remercie. 

Vive la République et vive la France !

Emmanuel Macron, le mercredi 22 juin 2022 au Palais de l'Élysée à Paris.

Source : www.elysee.fr

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220622-allocution-macron.html





 

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 18:29

« Dans ces temps troublés, le choix que vous aurez à faire ce dimanche 19 juin est plus crucial que jamais. (…) Nous avons besoin d’une majorité solide pour assurer l’ordre, à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières. Rien ne serait pire que d’ajouter un désordre français au désordre mondial. (…) Il nous faut défendre nos institutions face à tous ceux qui les contestent et les fragilisent. (…) J’en appelle donc à votre bon sens et au sursaut républicain. Ni abstention, ni confusion mais clarification : dimanche, aucune voix ne doit manquer à la République. » (Emmanuel Macron, le 14 juin 2022 à Orly).




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Enfin, le Président de la République Emmanuel Macron a réagi à la suite du premier tour des élections législatives. Laissant les Français derrière lui, il avait décidé de faire un déplacement crucial en Roumanie, en Moldavie et peut-être en Ukraine en pleine guerre entre les deux tours. Beaucoup de responsables de la majorité étaient agacés par cette légèreté présidentielle alors que le paysage politique est devenu dramatique.

La situation est morose. L’électorat se décompose en deux blocs, un qui a renoncé à voter, un autre qui s’est réparti sur trois pôles forts, dont deux extrémistes, d’extrême gauche et d’extrême droite. Si Ensemble, la coalition de la majorité présidentielle, arrive effectivement en tête (avec une très courte avance), il faut rappeler qu’il y a une minorité d’électeurs qui, au-delà, a apporté son suffrage à un parti gouvernemental en tant que tel (Ensemble ou LR), ce qui est inédit. Les autres pôles sont des populistes démagogues.

C’est le résultat de la campagne électorale bâclée du camp présidentiel : un début de campagne seulement quelques jours avant le premier tour, et pas même une allocution à l’Élysée, un soir (le lundi 13 soir par exemple), tranquillement, avec le temps qu’il faut pour argumenter sur ce besoin d’avoir cette majorité solide à l’Assemblée Nationale. Car l’enjeu est là : pas si Jean-Luc Mélenchon sera Premier Ministre ou pas, ce n’est pas le sujet, mais si Ensemble obtiendra au moins 289 sièges ou pas. Dans le cas où ce n’est pas le cas, où Ensemble obtiendrait moins de 289 sièges, alors l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé a déjà expliqué, sur France 5, le 15 juin 2022, qu’il encouragerait son parti LR à proposer un accord de gouvernement avec Ensemble pour compléter cette majorité. Mais beaucoup, dans son parti, ne semblent pas être sur la même longueur d’onde.

Les arguments rapidement développés par Emmanuel Macron sont connus et sont les suivants : le besoin de porter avec force devant la Russie nos valeurs, le besoin de réaffirmer avec force notre engagement européen, le besoin de renforcer l’économie pour obtenir le plein emploi et permettre la transition écologique, la transformation de nos productions d’énergie pour en finir avec l’énergie fossile au moyen de l’énergie renouvelable mais aussi de l’énergie nucléaire. Pour financer ces investissements, ni nouvel impôt, ni nouvel endettement, mais encourager la croissance et travailler plus.

En effet, le principe de ce quinquennat est le suivant : « Cette indépendance, nous ne la ferons pas par plus d’impôts, au contraire, nous continuerons de les baisser, ni par la dette, nous devons la réduire, ni par la décroissance, nous la combattons. Nous le ferons par le travail. Travailler tous en atteignant le plein emploi, qui est à portée de mains. Travailler mieux, en améliorant les rémunérations et les conditions de travail. Travailler plus pour gagner, par notre effort collectif, en force économique. ». Avec cette évidence : « Les grands choix ne se font jamais par l’abstention. ».

En fait, cela fait depuis le début de cette semaine d’entre les deux tours que les responsables politiques de la majorité attaquent enfin le programme de la Nupes, alors que Jean-Luc Mélenchon s’est permis de racoler les électeurs du RN le 13 avril 2022 sur France 2 en faisant appel aux « fachos pas fâchés » (Adrien Quatennens a admis le lendemain sur Franceinfo que son gourou voulait dire « fâchés pas fachos »). Néanmoins, c’est clair que le RN se retrouve étrangement dans une position d’arbitre dans un combat dont il a été dépossédé par les "insoumis". Marine Le Pen a prôné l’abstention dans un duel Ensemble vs Nupes.

Interrogée sur LCI le 13 juin 2022 dans la soirée, la ministre Amélie de Montchalin a rappelé l’importance de donner une majorité en faveur de la relance économique, seul moyen pour financer la transition écologique. Elle a considéré que Jean-Luc Mélenchon était un imposteur lorsqu’il annonce sa volonté de décarboner notre économie (impossible à faire sans énergie nucléaire), car se permettre de rejeter les traités européens, c’est autoriser plus tard les pays à l’Est de l’Europe de s’écarter des normes écologiques très fermes édictées par l’Europe contre le réchauffement climatique. Bref, c’est ouvrir la boîte de Pandore et sortir de l’Europe, ou du moins la faire imploser.

Même l’ancienne Ministre de la Culture Roselyne Bachelot, heureuse de retrouver sa liberté, est allée à la charge dans la matinale de LCI le 14 juin 2022. Pour elle, le programme de la Nupes, s’il était appliqué, serait une catastrophe économique, écologique, sociale, militaire : 300 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires, plus un choc fiscal de plus de 100 milliards d’euros (on a vu ce qu’avait entraîné le choc fiscal de François Hollande en 2012, pourtant de seulement 30 milliards d’euros), le SMIC à 1 500 euros, cela signifierait des milliers de faillites de petites entreprises qui seraient incapables de suivre, sans compter le communautarisme au lieu de la République universelle, la sortie effective de l’Europe, car on ne peut pas être à la fois dedans et dehors, et enfin, comment peut-on être aussi flou sur les relations avec la Russie et sur la défense en Europe alors que Vladimir Poutine cherche la moindre faiblesse pour annexer des territoires ? Roselyne Bachelot a insisté : « Brandir le danger mélenchoniste n’est pas caricatural, je n’ai pas d’antipathie pour les hommes, je regarde les programmes. ».

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Dans "Le Figaro" du 14 juin 2022, l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe s’est posé la question en cas de victoire de la Nupes : « Le désordre politique qui viendrait s’ajouter à l’instabilité et aux dangers du monde actuel serait une folie, une aventure dont je ne suis pas sûr que nous puissions nous remettre rapidement. Je pense que les Français ne veulent pas d’une France ingouvernable. ».

La ministre Agnès Pannier-Runacher, à la matinale d’Europe 1 le 14 juin 2022, a jugé la polémique sur le décompte des voix complètement dérisoire : « Mélenchon nous explique, alors que ce sont ses candidats qui remplissent le bulletin pour le Ministère de l’Intérieur qui indique s’ils sont Nupes ou pas Nupes, qu’on n’a pas comptabilisé ceux qui ne sont pas Nupes. C’est une plaisanterie. Mais cela ressemble au rapport à la vérité qu’a Jean-Luc Mélenchon : quand la réalité ne lui plaît pas, il la conteste. ». Cela fait depuis 2017 que Jean-Luc Mélenchon conteste les résultats officiels des élections, prétendant arriver en deuxième position en avril 2017 alors qu’il était en quatrième position ! Exactement cette "réalité alternative" utilisée par les complotistes. La réalité, c’est que la Nupes ne fait pas mieux que la gauche aux précédentes élections législatives du 11 juin 2017, et qu’elle fait 5 points de moins qu’au premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022.

Enfin, le Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, qui était au début de la semaine sur BFM-TV et qui était l’invité de la matinale de LCI le 15 juin 2022, a redit également son inquiétude sur la place de la France dans l’Europe, sur la pérennité des entreprises, sur les impôts, sur le nucléaire, sur le communautarisme, sur les positions pro-Poutine de Jean-Luc Mélenchon : « Il ne faut jamais faire peur aux électeurs, mais il faut prendre conscience de la gravité de cette élection. ». Il a d’ailleurs eu cette formule qui sera certainement reprise : « À chaque fois qu’une usine ferme, une permanence du Rassemblement national s’ouvre. ».

Bruno Le Maire a également dénoncé les méthodes indignes de Jean-Luc Mélenchon qui utilise la calomnie contre la majorité en l’accusant de vouloir augmenter la TVA pour avoir 80 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Accusation totalement gratuite et mensongère. En charge du Budget, Bruno Le Maire s’engage à ne pas augmenter les impôts, ni à augmenter l’endettement, le seul moyen pour débloquer des fonds pour faire la transformation écologique, c’est la croissance de la richesse et celle des entreprises. Il a dénoncé la manipulation de Jean-Luc Mélenchon, propre au complotisme qui est de susciter le soupçon et la calomnie : « Il y a beaucoup de choses décalées et indignes dans la fin de campagne de Jean-Luc Mélenchon (…). [Il] a de l’amertume, de l’aigreur, il utilise les méthodes des complotistes. ».

Pendant toute cette semaine, les responsables d’Ensemble dramatisent donc la situation politique. Ils n’ont pas tort. On ne gagne jamais des élections sans faire campagne. La majorité s’y met enfin et cela portera sans doute ses fruits. Le clivage est simple : c’est l’ordre ou le désordre ? À la veille des vacances estivales, les citoyens sauront prendre la bonne direction.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 juin 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Législatives 2022 (8) : aucune voix ne doit manquer à la République !
Allocution du Président Emmanuel Macron le 14 juin 2022 à Orly (texte intégral et vidéo).
Législatives 2022 (7) : Liberté, Égalité, Choucroute.
Résultats du premier tour des élections législatives du 12 juin 2022 (Ministère de l’Intérieur).
Législatives 2022 (4) : sous la NUPES de Mélenchon.
Élysée 2022 (53) : la composition sans beaucoup de surprises du premier gouvernement d’Élisabeth Borne.
Pour Jean-Louis Bourlanges, c’est la capitulation et la bérézina !
Législatives 2022 (3) : Valérie Pécresse mènera-t-elle Les Républicains aux législatives ?
Législatives 2022 (2) : la mort du parti socialiste ?
Législatives 2022 (1) : le pari écolo-gauchiste de Julien Bayou.
Élysée 2022 (49) : vers une quatrième cohabitation ?
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !

_yartiLegislatives2022G04





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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 18:51

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220609-macron-melenchon.html







Discours du Président Emmanuel Macron le jeudi 9 juin 2022 à Puycelsi


Emmanuel MACRON
Bonjour Mesdames, Messieurs.
Je suis très heureux d’être parmi vous. Et après, je prendrai le temps de serrer les mains que je n’ai pas encore pu serrer. Avec Monsieur le ministre de l’Intérieur qui m’accompagne avec un parlementaire, Madame la députée que je salue et les parlementaires et élus du département. Plusieurs maires sont ici présents. Monsieur le maire, on veut d’abord vous remercier ainsi que notre préfet de nous accueillir dans la commune.

Monsieur le Maire
Avec plaisir.

Emmanuel MACRON
Je suis très heureux d'être parmi vous et je voudrais, je crois, que son épouse est là, je l'ai saluée il y a quelques instants en commençant avoir un mot pour rendre hommage à votre ancien maire, Claude LABRANQUE, décédé en décembre dernier. Cet ancien militaire de carrière était de ces hommes qui s'engagent pour leur commune. Élu conseiller municipal en 2008, puis maire de Puycelsi 6 ans plus tard, il a, je le sais, marqué cette commune et ses habitants par son action et par son courage jusqu'au dernier instant. En ayant le bonheur et le privilège d'être parmi vous aujourd'hui et avec l'accord de Monsieur le maire que je remercie pour son engagement maintenant, je voulais avoir un mot pour lui, pour lui rendre hommage. Et à travers lui, je veux rendre hommage à tous nos élus de la République : nos maires, nos équipes municipales, les conseillers qui sont là, à nos côtés et en particulier dans la ruralité, on le sait, ce sont des jours, des nuits qu'on consacre à l'action publique, de dévouement complet, de bénévolat. Et il faut toujours le rappeler, parce que beaucoup de nos compatriotes souvent l'oublient, et dans cette espèce de séparation qui s'est installée entre l'action publique et le reste de la vie de la société, je veux ici redire qu'une nation se tient aussi par celles et ceux qui s'engagent pour elle, qui donnent de leur temps, qui accomplissent une mission et pas simplement un travail pour que le bien commun puisse se faire. Donc je remercie vraiment tous nos élus de la République.

Si je tenais à venir sur ces belles terres du Tarn, que je suis heureux de fouler en tant que Président de la République, j'étais venu il y a un peu plus de 5 ans, à quelques kilomètres d'ici, mais comme candidat à l’époque, c'est d'abord pour justement soutenir aussi ceux qui s'engagent et nous protègent : nos forces de sécurité intérieure et en particulier nos gendarmes avec qui j'ai pu échanger ce matin à Gaillac avec les parlementaires, Madame la maire et notre ministre, comme le directeur général de la Gendarmerie nationale. Nos gendarmes, en effet, ne comptent ni leurs heures, ni leur engagement, ni leur courage pour faire reculer la délinquance. Grâce à leur action d'ailleurs, les résultats sont là. On a pu faire reculer en particulier les cambriolages et les vols. Mais on le voit bien, cette période de sortie de la COVID a fait remonter beaucoup de formes de violences : violences sur les personnes, ce que l'on appelle les violences intrafamiliales, qui sont souvent les violences faites contre les femmes dans notre société et dans la famille et les trafics de stupéfiants. Les défis sont là, nous les connaissons et nos gendarmes luttent pied à pied partout sur le territoire, comme nos policiers, pour les combattre. Et cet hommage, cette reconnaissance, je la rends ici, dans une région qui porte, encore, le souvenir du colonel Arnaud BELTRAME, tombé à Trèbes en 2018. Je n'oublie rien de ces moments que j’ai vécus avec vous, rien de cet engagement et de ce que cela représente encore pour tout notre pays, pour cette région, pour toute la gendarmerie nationale. Oui, nos gendarmes font preuve d'un professionnalisme, d'une exemplarité, d'une déontologie de chaque instant. C'est pourquoi, quand j'entends des voix qui s'élèvent, et dans ces périodes électorales, il est normal que des sensibilités s'expriment, que la vie démocratique vive, qu'on puisse exprimer des convictions différentes pour que les citoyens puissent faire leur choix. Mais il y a des choses que de là où je suis, je ne peux pas accepter, c’est qu'on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre.

Et donc oui, pour qu'une nation soit unie, et que la République soit debout, nous devons absolument défendre nos gendarmes comme nos policiers, et je voulais, aujourd'hui, avec vous, assurer les gendarmes du Tarn, mon colonel, mon général, et à travers eux, l'ensemble des forces de sécurité et intérieure de ma fidèle reconnaissance et de celle de toute la nation. Leur dire aussi la volonté du Gouvernement, ministre de l'Intérieur au premier chef et la mienne, de renforcer leurs moyens d'action durant les 5 années à venir, avec aussi une exigence de chaque instant, qui est normale, du respect des règles déontologiques et de l'engagement. Alors, cela s'illustrera de manière très concrète, dans un département comme le vôtre et une commune comme la vôtre monsieur le maire. Ici dans le Tarn, nous avons déjà, grâce à l'engagement de monsieur le préfet, réactiver la BAC de Castres qui va de 8 à 10 fonctionnaires de police. Nous avons décidé la construction d'un nouveau commissariat à Carmaux, ce qui sera un engagement fort de l'Etat, plus de 2,5 millions d'euros. Merci, Monsieur le ministre, d'avoir porté ces projets.

Et pour ce qui est de notre gendarmerie, là où sur votre territoire, dans la période 2007-2017, 8 brigades avaient été fermées. Nous avons d'ores et déjà ces dernières années, pas simplement stabilisé, mais redonné des moyens. Nous allons créer 3 brigades de proximité dans les prochaines semaines, dont une se déploiera particulièrement dans le secteur des bastides, et donc dans cette commune de Puycelsi.

Il y aura une trentaine de gendarmes en plus sur le département, et il y aura surtout la poursuite du travail que nous voulons conduire avec notre gendarmerie pour mieux lutter contre toutes les formes de délinquance et, au fond, prévenir au plus près du terrain. Et donc, je le disais, avec de nouvelles brigades, de nouvelles installations immobilières, avec nos élus, qui vont être le fruit aussi d'une concertation, et le déploiement de ces brigades mobiles qui vont permettre de se projeter partout à travers le territoire, en particulier dans ces bastides si magnifiques, mais qui sont un vrai défi pour l'organisation de nos forces de sécurité et pour la lutte contre la délinquance, nous en parlions tout à l'heure avec nos viticulteurs quand on était à Gaillac. C’est à peu près les mêmes défis. En leur permettant d’être mieux équipés, mieux organisés et d’amener la sécurité au plus près de nos concitoyens et sur le terrain, avec des équipements nouveaux, avec plus de gendarmes, avec aussi grâce à la technologie contemporaine, les moyens d'identifier là où la délinquance se situe et de pouvoir mettre les amendes forfaitaires, mener les procédures et protéger au plus près du terrain. C’est trois brigades qui seront déployées, décidées complètement dans les prochaines semaines, et qui seront une réalité dans les prochains mois. C'est au cœur du programme que nous voulons pour la gendarmerie partout en France. 200 brigades de gendarmerie seront ainsi déployées. C'est le choix, l'engagement que j'ai pris au niveau national. Elles seront là pour garantir le droit à la vie tranquille de tous nos concitoyens vivants, en particulier dans les territoires ruraux et périurbains. Et conformément aux engagements pris durant la campagne présidentielle, ce déploiement de notre gendarmerie, participera de l'engagement que j'ai pris de doubler d'ici la fin de la décennie la présence de nos forces de l'ordre sur la voie publique, ce qui est une petite révolution. Doubler, c'est-à-dire mettre plus de policiers et de gendarmes sur le terrain au plus près de vous pour lutter contre la délinquance et la prévenir, permettre d'éradiquer ces violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes, permettre de lutter encore plus efficacement contre les trafics de stupéfiants qui sont au cœur de ces insécurités, et ceci, en le faisant, si je devais synthétiser le travail qui a été conduit par le ministre de l'Intérieur et qui sera porté devant le Parlement dans les mois qui viennent à travers une loi d'orientation. C'est d'abord doubler la réserve et permettre à nos policiers et nos gendarmes, d'avoir recours à des femmes et des hommes, nous en avons l'habitude avec nos pompiers, d'avoir recours à des femmes et des hommes réservistes pour leurs missions. Je sais que le colonel et le préfet ici ont décidé d'en mobiliser plusieurs et je les en remercie, qui sont là aujourd'hui et demain ils reposeront l'uniforme pour reprendre des habits civils. C'est ensuite permettre de rénover complètement les cycles horaires. Des négociations sont conduites par le ministre pour qu'il y ait plus de temps sur le terrain et une vraie réforme de l'encadrement.

C’est troisièmement, une vraie révolution du numérique pour permettre d'avoir moins de paperasse chez nos policiers, nos gendarmes comme nos magistrats, et d'être davantage sur le terrain et en action. Et puis, c'est une simplification profonde des procédures, de nos procédures administratives, de nos procédures pénales, des tâches indues pour que nos policiers, nos gendarmes soient à vos côtés, pour pouvoir là aussi prévenir et agir. C'est tout cela qui nous permettra de doubler cette présence de nos forces de sécurité. Cet engagement, nous allons l'accompagner pour parler de la sécurité du quotidien, un engagement en parallèle pour notre justice. Dans quelques jours me seront remis le fruit d'un travail que j'avais lancé sur les états généraux de la justice. Là aussi, nous devons conduire une révolution pour permettre à nos magistrats d'accompagner l’évolution de la délinquance et de pouvoir mieux faire leur travail, ce qui est leur souhait le plus profond, mais ils manquaient de moyens, les procédures étaient parfois trop lourdes et il y a aussi des réformes institutionnelles, organisationnelles à conduire pour la vie de notre démocratie. Mais au cœur de ces réformes que nous conduirons, il y aura aussi un engagement de la nation. Nous allons créer 8 500 postes de magistrats et d'auxiliaires de justice. Sur la partie régalienne, sécurité et justice, voilà ce que je veux pouvoir conduire pour vous à vos côtés dans les années qui viennent : c'est la mise en œuvre du projet que j'ai défendu durant la campagne présidentielle et qui nécessite, comme le commandent nos institutions, une majorité forte et claire à l'Assemblée nationale, majorité qui doit refléter parfois des différences, mais qui doit permettre au pays que ce projet soit mis en œuvre. C'est pourquoi, en m’adressant aujourd'hui devant vous, en parlant d'abord de sécurité et en rendant hommage à l'engagement de nos élus, je veux alerter aussi les Françaises et les Français sur l'importance du choix qu'ils ont devant eux dès le 12 juin prochain. Si l'élection du Président de la République est cruciale, l'élection des députés est décisive. Et des équilibres qui se dessineront à l'Assemblée nationale, le Sénat, lui, ne bougeant pas, ayant déjà ses équilibres et sa majorité, et n’aura des évolutions que dans son propre cycle, mais des équilibres qui se dessineront à l'Assemblée nationale dépendent aussi le destin de la France et des vies quotidiennes de chacun. Les semaines qui viennent sont un instant grave que nous traversons et qui n'a rien à voir avec des temps ordinaires qui pourraient en quelque sorte justifier une forme d'indifférence, de relativisme, oserais-je dire d'aquabonisme, comme j’entends parfois. Parce que le moment que nous vivons est un moment crucial. Et ces derniers mois ont profondément accéléré les choses. Au fond, notre pays, notre société, vit un moment de grand désordre :

    Désordres géopolitiques avec le retour de la guerre en Europe qui est le réveil des empires. Depuis la guerre en Yougoslavie, notre continent n'avait plus connu la guerre, mais nous n'avions jamais connu une guerre de haute intensité sur notre sol, impliquant une puissance dotée de l'arme nucléaire. C'est ce qui se passe aujourd'hui avec le choix fait par la Russie d'agresser l'Ukraine et son peuple. Désordre du vivant avec le retour des grandes pandémies, le recul de la biodiversité.
    Désordre climatique avec la multiplication des catastrophes naturelles. Et je parle là devant plusieurs d'entre vous qui ont sans doute eu à subir ces dernières années les conséquences directes de ces dérèglements et à nos agriculteurs à qui je veux rendre hommage, qui en vivent, eux, entrepreneurs du vivant à ciel ouvert, les conséquences concrètes chaque année, de la sécheresse, à la grêle et au gel. C'est pourquoi, d'ailleurs, nous avons mis en place un système d'assurance récolte inédit pour commencer à y répondre. Mais il faut poursuivre.
    Désordre social avec le retour de la violence. Désordre des valeurs avec l'affaiblissement des démocraties partout dans le monde occidental, sous le joug des manipulations de l'information, d'une remise en cause permanente de ce qu’est la vérité, même scientifique, nous l’avons tous vécu ensemble pendant la période de pandémie. Tout se passe comme si l'ordre dans lequel nous vivions, que tout cet ordre progressivement se délitait. C'est ce qui donne le sentiment à nos compatriotes de perdre le contrôle de leur vie, de leur quotidien et d'avoir ce sentiment de vulnérabilité, de fragilité, parfois de grande bascule.

Alors, je vais être clair avec vous. Face à ce contexte hanté par l'incertitude, les extrêmes, aujourd'hui, proposent d'ajouter la crise à la crise en revenant sur les grands choix historiques de notre Nation. Revenir sur les alliances qui comme l’OTAN assurent la sécurité collective et protègent les peuples, en proposant, de quelques extrêmes qu’il s’agisse, de mener des alliances, je dois le confier, quelque peu baroques dans le moment où je parle, avec la Russie qui massacre les civils en Ukraine. Remettre en cause l’Europe, elle, qui nous a protégé pendant la COVID. L’Europe, sans laquelle, nous n’aurions pas eu de vaccins, nous qui n’en produisions pas alors sur notre sol. Notre Europe, qui assure la paix dans cette partie du continent, qui contribue à nous protéger dans ce grand dérèglement. Les extrêmes proposent quoi ? Pour les uns, de ne plus appliquer les traités et donc de considérer que ce serait en quelque sorte une association dans laquelle on choisit ses règles. Pour les autres, de ne plus en payer les cotisations. Et ce serait un syndic de copropriété. On ne paie plus les charges communes. Dans les deux cas, c'est une sortie de l'Europe. Ils proposent, les uns et les autres, les deux extrêmes, de remettre en cause nos institutions qui, face à la COVID comme face à la guerre, ont démontré leur efficacité. Ils proposent, les uns et les autres, de fragiliser l'unité du pays qui nous a permis de faire face aux crises et nous permettra de tenir. Il faudrait préférer ou l'affrontement classe contre classe ou religion contre religion ou origine contre origine, alors que la force de notre pays, c'est celle de la République. Citoyennes, citoyens, avec des différences d'origines, de classes, de philosophie, certains qui y croient et d'autres qui ne croient pas, mais des droits et des devoirs à tenir et un commun qui nous lie. Et les mêmes, les deux extrêmes, dans une confusion inédite dans notre histoire politique, remettent en cause la liberté d'entreprendre, le soutien à l'investissement, la compétitivité et l'attractivité, au fond, le choix même de notre indépendance agricole, économique et énergétique, quand on parle du renoncement des uns au nucléaire ou de la sortie complète des renouvelables chez les autres. Or nous l’avons vu dans la période que nous avons parcourue, notre pays a besoin d’être fort, il a besoin d’une liberté d’entreprendre, il a besoin de réformes profondes pour qu’on puisse embaucher plus facilement — nous connaissons aujourd’hui encore des difficultés — et d’un Etat qui sait accompagner dans les moments difficiles pour protéger, comme pendant la période COVID, pour relancer comme nous l’avons fait avec France Relance au plus près des territoires, en adaptant ces instruments aux réalités du terrain, à la ruralité et aux métropoles. Il y a besoin d’un pays attractif où les investissements du monde entier peuvent venir chez nous pour aider à créer de l’emploi. Faire le choix de tourner le dos à la mondialisation, d’expliquer que le repli nationaliste serait une solution ou faire le choix d’interdire et de remettre en cause la liberté d’entreprendre ou d’innover dans notre pays dans un projet qui est fait essentiellement d’interdictions et de taxations, c’est faire le choix de nous affaiblir. On peut avoir des différences sur les rythmes de telle ou telle réforme, sur telle ou telle chose, mais j’insiste ici sur ce point : tout ce qui affaiblit notre capacité à embaucher, à produire, à créer de la richesse et de la valeur affaiblit le pays mais affaiblit aussi la capacité à financer un modèle que ceux qui sont en train de proposer de l’affaiblir, défendent. A l’extrême droite, on nous explique qu’il faut financer davantage pour la sécurité. Les chiffres que j’évoquais tout à l’heure vont au-delà de tous les programmes que l’extrême droite a pu porter. Nous sommes plus ambitieux. Mais comment financer, ce que j’expliquais pour notre gendarmerie, notre magistrature ou autre, si nous ne créons pas de la richesse ? Et comment ceux-là qui nous expliquent qu’il faudrait dépenser plus pour la sécurité créent une richesse en fermant le pays, en opposant Françaises et Français en fonction de leur origine, en expliquant que l’international n’est pas le bienvenu et qu’il faudrait sortir de l’Europe. Et de l’autre côté, en interdisant la liberté d’entreprendre, en taxant ceux qui investissent sur notre sol, en rendant l’embauche quasiment impossible, comment financer un modèle social ? Nous avons le modèle social le plus ambitieux d’Europe. Nous sommes le pays qui a le plus protégé pendant la crise COVID, de nos artistes à nos artisans et commerçants, à nos personnes les plus vulnérables mais nous pouvons le faire que parce que nous produisons. Et donc il faut avoir aussi le courage de porter ces équilibres qui sont ceux de la Nation : le projet d’égalité, le modèle social n’est finançable que parce qu’il y a aussi un projet productif et une capacité à créer, à avancer. Au fond, ce que propose l’extrême droite comme l’extrême gauche, c’est de revenir sur tout ce qui a permis à la France d’être plus forte et de tenir face aux crises passées. Revenir sur tout en étant souvent contre tout. Vous l’avez vécu parfois sur vos territoires. Nous pouvons, oui, mener des projets, produire, innover, oser tout en respectant les équilibres de paysage, les équilibres de la nature. Là aussi, il nous faut innover, organiser différemment. Mais lutter contre tout, empêcher tout projet, c’est simplement décider d’affaiblir la République, de l'affaiblir dans ses ambitions, de l'affaiblir dans sa capacité à porter sa propre solidarité, parce qu'il n'y a pas de progrès social que nous ne finançons par la richesse créée, il n'y en a pas. Ce sont des mirages ou des mensonges. Un progrès social qu'on ne sait pas financer, c'est un progrès social qu'on financera par un impôt caché ou une dette que nous laisserons à nos enfants. Pour cela, il nous faut tenir le projet de la Nation comme un tout. C'est pourquoi je crois, dans le moment où nous parlons, que rien ne serait plus dangereux que d'ajouter au désordre mondial, un désordre français que proposent les extrêmes. Non. Dans cette période délicate, il faut à la France non pas des alliances de circonstance sur des places, des idées sacrifiées pour des postes, non pas des postures de désinvolture comme aventure, mais de la cohérence, de la compétence et de la confiance. De la cohérence dans la défense des valeurs républicaines. On peut avoir des différences de sensibilités politiques, c'est une richesse de la démocratie. Mais je ne transigerai jamais avec celles et ceux qui remettent en cause, comme je l'ai évoqué tout à l'heure, les valeurs fondamentales de la République. Et c'est une cohérence. On ne peut pas proposer un projet d'avenir à nos compatriotes en remettant en cause le principe d'égalité. On ne peut pas proposer un projet à nos compatriotes en bafouant la fraternité. On ne peut pas proposer un projet d'avenir en remettant en cause la liberté. On ne peut pas proposer un projet d'avenir en bafouant la laïcité. Non, cette cohérence, c'est celle qu’ont porté tous mes prédécesseurs quelles que soient leurs différences de sensibilités politiques durant la Cinquième République. Et c'est ce qui fait notre force. La compétence, c'est celle de ministres, de parlementaires dont l'expérience sera essentielle pour protéger les Français face aux crises et projeter le pays vers l'avenir, comme la compétence de notre administration, de nos élus de terrain, de l'ensemble de nos élus est indispensable. La confiance, car mieux vaut, dans le contexte d'instabilité géopolitique, de risques inflationnistes, une France crédible vis-à-vis de ses partenaires internationaux comme des marchés financiers qu'un grand bouleversement qui se traduirait inévitablement par un rendez-vous en terre inconnue. La confiance, c'est celle qu'on doit avoir au sein d'une nation entre nous, mais c'est celle aussi que nous devons inspirer à nos voisins, nos alliés, nos partenaires, celles et ceux qui nous aident à être plus forts et à avancer. Cohérence, compétence et confiance plutôt que posture, désinvolture et aventure, voilà le premier enjeu à mes yeux du 12 juin à venir. Il s'agit pour le pays de se choisir des représentants capables de faire bloc avec le Président de la République, le Gouvernement, pour affronter dans l'unité les crises à venir et relever les défis du temps. Il s'agit de préférer toujours l'indépendance, l'ordre, l'unité à la soumission, au désordre, à la vision, de choisir un projet d'avenir, et les solutions du passé, de choisir ce projet de solidité, non pas pour préserver les choses comme elles sont, mais pour enclencher un mouvement de création juste, celui qu'avec vous je veux pouvoir porter dans les années qui viennent, car ils sont nombreux, et je veux que nous puissions agir dès les prochaines semaines sur la base de cette confiance que j'appelle de mes vœux des Françaises et des Français. L'urgence, vous le vivez toutes et tous, c'est l'inflation, le pouvoir d'achat. Je le dis ici avec beaucoup de gravité et de considération parce que les vies sont difficiles pour beaucoup de nos retraités qui, après une vie de labeur, voient aujourd'hui des fins de mois de plus en plus difficiles, pour évidemment beaucoup de nos compatriotes qui vivent des minima sociaux et de la solidarité nationale, et pour beaucoup de femmes et d'hommes qui travaillent dur et qui, en raison de l'augmentation de tous, souffrent aujourd'hui de ne plus pouvoir finir le mois. Nous avons déjà apporté une réponse, et je le dis ici, qui est inédite par rapport à nos voisins. L'Espagne voisine a une inflation plus de deux fois supérieure à la nôtre, pourquoi ? Parce que nous, nous avons mis en place dès l'automne dernier un bouclier pour éviter au gaz de flamber, à l'électricité d'augmenter plus qu'elle n'avait déjà fait. Il faut le faire dans cette période, la plus intense. Mais c'est une inflation qu'on importe, c'est un impôt de l'étranger, si je puis dire, cette inflation que nous vivons. Et donc, on fait ça pour éviter qu'elle se diffuse. Mais il nous faudra dans les prochaines semaines, permettre, comme je m'y suis engagée, d'accompagner les travailleurs, les retraités, évidemment, les fonctionnaires, l'ensemble de celles et ceux aussi qui vivent des minima, pour que nous puissions avoir un accompagnement juste dès l'été. Cette réponse de court terme, elle a aussi une réponse plus profonde. Et tous ces mécanismes devront ensuite être, si je puis dire, concentrés sur celles et ceux qui en ont le plus besoin. C'est le travail la meilleure réponse au pouvoir d'achat, c'est de continuer de créer des emplois, de permettre à des gens qui n'ont pas d'emploi de mieux gagner leur vie par le travail, et pour celles et ceux qui travaillent, de mieux gagner leur vie dans le travail. C'est aussi pourquoi, dès cet été, je veux pouvoir faire voter une réforme sur laquelle je me suis engagé, celle du dividende salarié, c’est-à-dire d'un meilleur partage de la richesse qui, en même temps, est conciliable avec la compétitivité de notre économie, c’est-à-dire permettre aux entreprises, au moment où elles font des bénéfices et où l'activité est bonne de pouvoir mieux les partager, les unes par de la participation et de l'intéressement, les autres par la prime de pouvoir d'achat que nous porterons jusqu'à 6 000 euros sans charges ni impôts. Vous voyez donc qu'à travers ce mécanisme, on pourra davantage gagner par le travail, et répondre à ce défi du pouvoir d'achat. Ça, c'est l'urgence, et c'est dès cet été ce qu'il faut pouvoir enclencher. Mais dès cet été aussi, il faut pouvoir enclencher quelques autres chantiers d'envergure. C’est le travail que j’évoquais tout à l’heure. Combien d'entre vous ici, leur principale difficulté est de trouver des femmes et des hommes à embaucher. Qui dans leur restaurant ? Qui dans leur commerce, dans leur exploitation agricole, dans leur entreprise ? C'est une réalité du pays. Et donc, nous devons continuer les réformes pour avoir des forces vives et rendre évidemment le travail beaucoup plus incitatif, qu'il soit mieux payé, former mieux celles et ceux qui demandent l'emploi, regrouper l'ensemble de nos acteurs, collectivités locales, pôle emploi dans un acteur unique, mieux accompagner, aller beaucoup plus vite et permettre d'aller vers le plein emploi. Le faire en continuant d'adapter nos règles, en investissant sur la formation et en continuant ce que nous avons commencé sur l'apprentissage qui a été un formidable succès ces années. On a transformé notre apprentissage en l'adaptant aux besoins de la Nation. Nous devons continuer d'adapter nos formations tout au long de la vie, réformer notre lycée professionnel et continuer de mener le travail pour l'apprentissage en formant des jeunes et des moins jeunes dans les qualifications où il y a des débouchés. C'est indispensable. Ce chantier-là, il faut l’entreprendre dès cet été parce que c'est ça qui nous rendra plus forts. Dès cet été aussi, il nous faudra lancer le chantier de la retraite qui est à la fois celui qui nous permettra progressivement de travailler plus longtemps en s'adaptant aux cycles de vie, et comme le font nos voisins, en le faisant de manière juste, progressive et concertée, en accompagnant mieux celles et ceux qui ont eu des carrières plus difficiles, en préservant les carrières longues et en revalorisant les retraites de celles et ceux qui ont travaillé toute une vie, en portant cette retraite minimum à 1 100 euros. Il nous faudra aussi, dès l'été, lancer ces grands projets de planification écologique. Face au désordre que j'évoquais, nous avons beaucoup avancé ces dernières années. Mais si j'ai confié, comme je m'y étais engagé, ce rôle à la Première ministre avec deux ministres à ses côtés, c'est qu'il nous faut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Mais savoir marier les équilibres de nos territoires, le progrès et l'ambition économique avec la planification écologique et la lutte contre le dérèglement climatique et pour la biodiversité. Ceci va passer par une planification de notre politique énergétique inédite, reposant sur le renouvelable et le nucléaire et la sobriété énergétique et une planification avec nos territoires. Les régions, les départements, les communes et les intercommunalités auront un rôle clé pour les accompagner dans une véritable révolution de nos vies quotidiennes, sur la manière de nous déplacer, de nous loger, de nous organiser sur le territoire et les solutions sont diverses, c'est pour cela qu'elles doivent être territorialisées. L'objectif que nous devons nous donner à cet égard, c'est la neutralité carbone 2050 et donc accélérer cette transition.
Dès cet été aussi, nous devons relancer ce projet France 2030 qui, s'appuyant sur ce que France Relance a permis de bâtir, va de l'agriculture à l'industrie en passant par les industries culturelles et créatives nous permettent d'innover davantage sur notre sol dans tous les territoires, au plus proche de ces derniers, en accroissant l'effort de la nation pour l'innovation et la recherche, mais évidemment, l'aide à l'investissement. Nos agriculteurs ont besoin qu'on les aide à produire mieux, à résister à la concurrence internationale tout en respectant mieux le climat, on continuait à monter en qualité, ce qui est leur ambition. Notre agriculture est une force, nos industriels aussi, et donc nous devons continuer de réindustrialiser le pays. Et ce France 2030 est la clef de voûte de notre indépendance alimentaire, industrielle et énergétique. Nous l'avons vécu pendant la crise COVID, nous le revivons avec la guerre. Notre pays qu'on croyait si fort a des vulnérabilités. C'est que nous nous étions habitués à ce que beaucoup de choses qui paraissaient sans valeurs, très simples, nous en avions perdu le contrôle et les chaînes de valeur étaient au bout du monde. Il nous faut relocaliser certaines de ses productions et donc investir pour le faire. C'est bon pour le pays, c'est bon pour notre indépendance. Et cette indépendance est à bâtir à l'échelle de la France, mais évidemment, à celle de l'Europe. Et puis dès cet été, il nous faut lancer, entre autres, deux projets majeurs d'investissement : celui pour la santé et l'éducation. J'évoquais nos services régaliens, mais rebâtir et renforcer nos services publics, c'est acter que nous avons besoin d'un investissement, mais surtout d'un réengagement profond de toute la nation pour notre école et pour notre santé. Ce sont deux combats majeurs, deux investissements dans l'humain avec des fragilités que nous avons vécues ces dernières années, qui sont dues parfois à des choix que la Nation avait fait, il y a plusieurs décennies, de ne plus former assez de soignants, mais aussi à des tensions croissantes qui fait qu'au fond, toutes les contraintes de la société sont parfois venues se porter sur certains endroits et une difficulté à retrouver le sens de la mission, ce qu'on retrouve parfois à l'école. Et donc, le choix avec vous que je veux faire pour notre école, notre santé, c'est de réinvestir pour continuer, comme nous l'avons fait avec le Ségur, de revaloriser les carrières, d'améliorer les choses, d'investir aussi profondément pour moderniser nos hôpitaux, nos écoles, mais de le faire avec une méthode nouvelle. Nous voulons réussir cette bataille essentielle, lutter contre les déserts médicaux qui fait que dans beaucoup de nos territoires, on n'arrive plus à trouver certains spécialistes. Parfois, on n’arrive plus aujourd'hui à avoir de médecins traitants. Si nous voulons partout maintenir nos écoles et avoir des enfants et des adolescents formés, faits citoyens, comme aurait dit nos aïeux de la Troisième République, nous devons là aussi savoir réinvestir si nous voulons réparer nos urgences, qui vivent une crise profonde aujourd'hui. Il nous faut réinvestir et il nous faut pour ça décider d'investir budgétairement ce qui était dans le projet et ce qui demeure dans le projet que j'ai porté et que je défends devant vous. Mais il nous faut changer la méthode. Et donc, construire dans les semaines qui viennent le cadre d'une méthode, mais pouvoir la décliner localement dans les quelque 1 200 bassins de vie. Parce que la réalité est différente, parce que le défi que vous avez ici en matière santé n'a rien à voir avec celui de Cherbourg, où j'étais la semaine dernière. Là-bas, c'est un problème aux urgences. Ici, c'est un problème de difficultés d’accès à des médecins généralistes, à avoir une vraie continuité des soins. Et donc, il faut permettre en 3, 4 mois à chaque territoire d'exprimer clairement les besoins et de proposer des solutions pour affecter des médecins en fin de formation de manière privilégiée, pour permettre de déployer plus de moyens pour attirer des médecins venant d'être formés, pour accompagner et permettre de déléguer certaines missions à des paramédicaux et permettent d'avoir infirmier ou pharmacien de référence, pour permettre de dégager du temps de professionnels de santé et en mettre plus ici. Réorganiser notre offre de santé sur le terrain dépend que ces situations soient portées par des médecins, infirmiers, aides-soignants, pharmaciens, kinésithérapeutes, élus, associations de patients, de la même manière pour l'école, s'inspirant de ce que nous avons lancé comme expérimentation à Marseille. Répondre à nos défis, c'est mettre autour de la table nos enseignants, nos directrices et directeurs d'établissements, le périscolaire porté par des associations et les communes, nos élus, les parents d'élèves et de leur demander de bâtir des propositions, des solutions techniques très concrètes. Au fond, ce que je veux, ce n’est pas simplement investir, mais permettre de retrouver le fil de cette République des solutions et du concret au fond du pragmatisme. Parce que, fort des 5 années qui viennent de s'écouler, je peux vous dire qu'il y a des sujets où la solution est univoque et uniforme sur le terrain. Il en est où ce n'est pas du tout le cas. Nos concitoyens, sur ces sujets comme sur d'autres, ont besoin de capacité à innover, à bâtir des solutions, de moyens de faire. C'est donc ce que nous ferons dès les premiers mois. Cette méthode, c'est celle que j'ai voulu présenter à travers cette notion d'un Conseil national de la refondation qui consiste à dire, dès les prochaines semaines, nous réunirons toutes les forces politiques, économiques, sociales, associatives avec un Parlement, Assemblée et Sénat pour pouvoir construire le cadre national qui permette de partager le constat sur la situation du pays et les responsabilités, les grands mode d'organisation et puis localement ensuite, nous devrons descendre pour bâtir ces solutions au plus près du terrain dans les mois qui viennent. Au fond, savoir rénover notre démocratie dans sa pratique pour davantage associer, donner plus de liberté en assumant plus d'investissements. Pour faire tout cela, je vous l'ai dit en toute transparence, il va falloir investir massivement pour réindustrialiser, pour réussir la transition écologique et pour nos services publics. Pour le faire, je ne veux ni impôts ni dette. C'est l'engagement que j’ai pris et je le dis clairement devant vous aujourd'hui. Les impôts continueront de baisser conformément au projet que j'ai porté. Et la dette, nous devons commencer à la rembourser en 2026 et donc la stabiliser avant. Le seul moyen d’y répondre, c’est de créer davantage de richesses. Et donc le seul moyen de financer ce projet de réinvestissement dans la nation, et donc d’unité de la nation, c’est d’aller vers le plein emploi et de pouvoir aider au retour au travail de tous nos compatriotes qui n’y sont pas, et c’est de travailler plus longtemps progressivement, à mesure que l’espérance de vie en bonne santé s’allonge, parce que c’est le seul moyen de pouvoir financer la solidarité pour les plus jeunes et les plus âgés pour lesquels nous allons bâtir une politique d’autonomie. Et je vous le dis ici avec beaucoup de clarté : il n’y a pas d’argent magique. Et que les projets qui seront présentés dans quelques jours, et dès le 12, soient clairs ! Comment ils le financent ? Ils le financent par des impôts cachés ou par une dette qui nous fragilisera encore davantage. Et ceux ne le financent pas tout en supprimant de l’activité économique est un programme d’impôts massifs à venir. Il faut être clair et ferme sur tous ces sujets. Vous l’avez compris, j’ai avec vous, à vos côtés, beaucoup d’ambition, et d’ambition pour au fond rendre notre pays plus fort, plus indépendant, regarder lucidement ses fragilités qui ne sont pas une fatalité, mais retrouver la force de notre République pour tous ses territoires. Et je le dis ici au cœur de notre ruralité française, les réalités de notre territoire sont multiples. C’est une force, pas une faiblesse. J’ai souvent entendu là aussi durant ces derniers mois des parts de France être opposées l’une à l’autre. Il y avait une France qu’il était bon d’aimer, une autre qu’il fallait presque insulter. On vous a parfois expliqué que la ruralité était rétrograde et, de l’autre côté, les autres nous expliquaient que les métropoles étaient des monstres qui captaient toute l’énergie. Ni l’un ni l’autre, la France est faite de tous ses territoires qui sont une chance. Ce qu’il nous faut réussir à bâtir, ce sont des projets adaptés à nos territoires, comme nous l’avons fait avec “Petites villes de demain”, “Action cœur de ville”, ”l’Agenda pour la ruralité”, permettant de recréer ici un commerce, là un café avec le programme Mille cafés, ici une ligne de chemin de fer qui avait été fermée, là une route ou un projet d’autoroute comme le sud du département a pu en connaître et que nous avons décidé. Vous l’avez compris, la cohérence de la nation est dans la réconciliation de nos territoires, en bâtissant là aussi de nouvelles méthodes pour coopérer, pour mieux partager la richesse entre les métropoles et leurs périphéries, et pour permettre à nos ruralités de trouver de nouvelles perspectives, en aidant celles et ceux qui y entreprennent, dans le tourisme, dans l’agriculture, dans l’industrie ou le commerce, et de les accompagner au-delà de ce que nous avons fait pour la relance, mais de permettre aussi d’inventer des formes nouvelles de coopération entre nos territoires. L’expérience de la COVID nous a tous fait ressentir un changement de logique. Et je suis sûr d’ailleurs que dans vos communes vous le voyez déjà. Le temps de nos vies s'organise différemment. Beaucoup de gens travaillent à un endroit et maintenant, vivent dans un autre, veulent une qualité de vie là, font pour partie du télétravail, aménagent leur vie et de ce fait, notre territoire différemment. À nous de savoir y répondre par les politiques adaptées et les bons investissements. Voilà, Mesdames et Messieurs, dans ce département du Tarn et en commençant à parler de sécurité, les quelques mots que je voulais partager avec vous pour vous parler du pays, de la situation difficile d'aujourd'hui, mais surtout de notre avenir et de le faire avec ambition et lucidité. Je ne vous dis pas que tout sera simple. Ce serait impossible. Mais ne croyez pas celles et ceux qui disent que tout est impossible. Je vous dis que le désordre est partout, mais nous, nous avons la possibilité d'être solide et d'affronter ce qui nous attend. Dans ce département qui a vu grandir un grand républicain, Jean JAURÈS, je voulais citer une très belle phrase de celui-ci : « Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » Ce grand républicain, ce grand socialiste, ce grand Français qui a su avoir le courage aussi de ne pas céder à une Europe qui s'est divisée face à la guerre, qui est parfois convoquée par celles et ceux qui sont dans les hués fanatiques et le refus de la vérité, prodigue quelques citations de bon sens, parfois bonnes à rappeler. Je suis convaincu que nous sommes un peuple courageux. Les Français courageux et donc aimant la vérité et sachant qu'on ne bâtit aucun idéal sans partir du réel, les Français ne céderont rien à l'extrémisme, d'où qu'ils viennent. Rien à ceux qui, par leurs déclarations, leurs contestations parfois de la légitimité de l’élection s'éloignent du champ républicain. Je suis convaincu que face à ceux qui veulent opposer et diviser, cliver, les Français choisiront l'unité et le rassemblement, qu’ils choisiront ce dépassement des clivages que je défends depuis le premier jour et que je veux, en associant davantage les Françaises et les Français aux décisions, en associant davantage les élus locaux, l'ensemble des forces vives de la Nation rendre encore plus fort. Je vous invite à choisir le plein emploi, l'indépendance française, la France comme grande Nation écologique. Et donner une chance à tous nos enfants en transformant notre école et accompagner chacun face aux aléas de la vie en changeant notre système de santé. Je vous invite à choisir la protection de votre pouvoir d'achat, de vos économies autant que la projection du pays vers l'avenir. C'est pourquoi, à mes yeux, dès le 12 juin, il nous faut suivre la voie de la cohérence, de la compétence et de la confiance. Dès le 12 juin, faisons-en conscience le choix solide de la clarté républicaine sans concession, sans rien retrancher. Dès le 12 juin, faisons le choix de l'avenir, de la bienveillance et de l'ambition. Au fond, de l'espoir. Parce que la République qui nous protège et nous a tant protégés, aujourd’hui, c'est à nous de protéger et de la choisir.

Vive la République et vive la France !

Emmanuel Macron, le jeudi 9 juin 2022 à Puycelsi, dans le Tarn.

Source : www.elysee.fr

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220609-discours-macron-puycelsi.html


 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 02:35

« Faites confiance à Emmanuel Macron pour s’affranchir des influences. Il est intelligent. Il y a les faits. Et il décide. Emmanuel Macron fait l’objet d’un procès politique permanent que je ressens comme injuste. Et je n’aime pas l’injustice. Bien sûr, il a pu commettre quelques erreurs… » (Jean-Pierre Chevènement, le 8 avril 2022).




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La campagne du second tour est en pleine action : courte mais intense. Les deux candidats se battent, labourent, attaquent, se défendent, proposent, accusent… Mais il y a un argument particulièrement spécieux qui vise à dire : Tout sauf Macron. Vraiment ? Emmanuel Macron est-il si nul que ça au point n’importe qui devrait le remplacer ? Même l’extrême droite la plus inconséquente, la plus incompétente et la plus démagogique, prête à bafouer les libertés fondamentales inscrites dans la Constitution ou le bloc de constitutionnalité ?

Ce Macron bashing, on en a l’habitude. Rappelez-vous Jacques Chirac en mars 2002 et même encore en février 2007, juste avant d’annoncer qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle. On l’a attaqué sans arrêt, à le traiter de voyou, de voleur, de roi fainéant. Et pourtant, 82% des Français l’ont réélu en mai 2002. Cette impopularité intrinsèque à la fonction présidentielle, on l’a retrouvée aussi dès 2007, voire dès 2005, avec Nicolas Sarkozy, pourtant porté à la Présidence de la République en mai 2007 et en 2012, le Tout sauf Sarkozy a été l’un des slogans les plus stupides de la campagne présidentielle de 2012, mas aussi l'un des moteurs les plus efficaces. Il n’y a pas eu de Tout sauf Hollande car François Hollande a déclaré forfait trop tôt. Il était donc prévisible de le retrouver aussi pour Emmanuel Macron qui, en tant que Président de la République sortant, n’échapperait pas à la règle d’être tenu pour responsable de tout ce qui ne va pas dans ce beau et grand pays, sans être responsable de tout ce qui va bien (pour les rarissimes optimistes qui aiment leur pays et savent voir ses atouts autant que ses atours).

Il y a donc une réelle incohérence entre ceux qui élisent le Président de la République et ceux qui voudraient le "lyncher", car ce sont les mêmes. Ou pas. Car ce sont des extrémistes, évidemment. Cette haine pue l’extrémisme à plein nez. C’est un argument stupide car il ne relève plus de l’argumentation mais de l’émotion un peu puérile. Cette haine est une rancœur, celle en fait que certaines personnes ont pour tous les dirigeants, quels qu’ils soient et même s’ils les ont eux-mêmes choisis. Tout le monde disait que Nicolas Sarkozy était le pire de tous et puis on a eu François Hollande et ainsi de suite…

Euh, non, justement, pas ainsi de suite, car Emmanuel Macron, s’il suscite tant de haine, c’est parce qu’il est le meilleur d’entre tous, le meilleur acceptable et d’ailleurs, la majorité relative des Français l’a compris puisqu’elle l’a placé en tête du premier tour avec plus d’un millions d’électeurs en plus qu’en 2017. Ce n’est pas anodin.

Certains pensent que le bilan du quinquennat est un boulet, c’est leur avis, mais il n’est pas argumenté. Globalement, non seulement la France va mieux en 2022 qu’en 2017, mais heureusement qu’Emmanuel Macron était là pour gérer les nombreuses crises des temps présents, et d’autres viendront encore : gilets jaunes, crise du covid-19, guerre en Ukraine. Chaque crise a provoqué des conséquences sur l’économie, sur la société qui ont traumatisé le peuple, et Emmanuel Macron a su, par ses réactions opportunes, apporter les meilleures solutions, les solutions appropriées, les solutions adéquates, même si, comme l’explique Jean-Pierre Chevènement, il a commis des erreurs, comme tout le monde.

Le "quoi qu’il en coûte" a été salutaire pour les deux ans de pandémie, elle a sauvé des dizaines de milliers d’entreprises, des centaines de milliers d’emplois, par le financement du chômage partiel, par les prêts garantis par l’État, il a sauvé l’économie et il l’a fait dans une logique anti-libérale (on l’accuse tellement de libéralisme, qui n’est pas pourtant un gros mot), à tel point qu’il a reçu des félicitations sur sa gestion de crise.

Nous avons aussi la chance, nous Européens, d’avoir eu Emmanuel Macron, comme dirigeant d’un pays européen à grand charisme et comme Président du Conseil de l’Union Européenne, alors que la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine. Quelle aurait été la réaction européenne sans Emmanuel Macron ? Quelle aurait été la souveraineté de la France et de l’Europe sans la diplomatie volontariste d’Emmanuel Macron qui a sa propre ligne qui n’est pas calquée sur les États-Unis (on le voit par exemple sur l’emploi du mot "génocide"). Quand il a dit le 2 avril 2022 : « Nous sommes les vassaux de personne ! », c’est d’autant plus vrai qu’il faut en avoir le courage, et c’est son cas.

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Pour une fois, justement, après cinq ans où il a fait ses preuves, où il a "fait le job", les Français peuvent se permettre de réélire un Président compétent, courageux et acharné, c’est-à-dire bosseur, travailleur, qui potasse les dossiers, qui se remet en cause, qui revoit les mises à jour pour se refaire une nouvelle idée des sujets, qui est dans la permanente correction, adaptation aux temps d’un monde troublé qui évolue sans cesse.

Nous avons la grande chance d’avoir un candidat expérimenté, qui a connu toutes les vicissitudes de la fonction présidentielle, qui l’a respectée tout en la modernisant (nous ne sommes plus à l’époque de De Gaulle, né au XIXe siècle ; du reste, cet aspect "décontracté" a été inauguré dès 1974 par Valéry Giscard d’Estaing qui a été un révolutionnaire en la matière), qui a une vision globale de l’intérêt des Français et de la France.

Répondant aux questions de Natacha Polony, Franck Dedieu et Étienne Campion, dans un entretien publié dans "Marianne" à la veille du premier tour, le 8 avril 2022, l’ancien ministre souverainiste Jean-Pierre Chevènement a bien mesuré l’enjeu : « Je serai de toute façon mieux en mesure d'influer [en le soutenant] qu’en m’enfermant dans une abstention boudeuse, comme le font beaucoup d'hommes de gauche sincères, par manque d'imagination et aussi parce que la gauche n’a pas fait le travail intellectuel nécessaire à toute réorientation de fond. ».

Il ne soutient pas Emmanuel Macron par défaut mais par adhésion : « Je ne suis pas de ceux qui se larmoient sur la félonie supposée d'Emmanuel Macron. Il a fait le ménage. Je l'en félicite. Je considère qu'il a permis de tourner une page qui, enfin, nous autorise à imaginer autre chose. ». Quand il a parlé de "faire le ménage", il voulait insister sur le fait d’avoir fait imploser les partis de gouvernement qui n’étaient plus que des écuries présidentielles, sans vision, sans réflexion, sans travail sur le terrain, sans autre consensus qu’une soupe de libre concurrence européenne sans répondre aux besoins du peuple. Emmanuel Macron a créé un nouveau paysage politique et comme à chaque crise, ce changement a ses risques (qui ne proviennent pas d’Emmanuel Macron) mais aussi ses opportunités.

Jean-Pierre Chevènement s’inquiétait déjà du second tour dont les intentions de vote restent toujours aussi serrées : « Le feu est à la maison. Ce matin [8 avril 2022], un sondage donne 47,5 % des voix à Marine le Pen au second tour. 2,5 %, c’est la marge d’erreur. Et pendant ce temps-là, vous cherchez des poux dans la tête d’Emmanuel Macron ! (…) Honnêtement, en politique, il faut faire des choix. Quel autre choix un citoyen responsable et épris de progrès peut-il faire que d’apporter un soutien résolu à Emmanuel Macron ? Le grand danger, face à Marine Le Pen, c’est la démobilisation et plus encore, l’aversion ressentimenteuse que suscite Emmanuel Macron chez une gauche que son sectarisme aveugle. ».

Mais alors, pourquoi se mobiliser ?

Pour son bilan et pour son projet. J’évoquerai ici son bilan. Oui, il a un bilan extraordinaire et s’il n’est pas parfait, déjà parce qu’il n’a pas eu beaucoup de temps (deux ans de crise sanitaire sur cinq ans de mandat, c’est beaucoup), il a su au moins mettre la France dans de bonnes rails.

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Le pouvoir d’achat ? Il a prouvé qu’il savait comprendre les besoins des Français. Il a permis les lunettes et les prothèses dentaires et auditives 100% remboursées. Il a supprimé la taxe d’habitation. Il a permis des petits-déjeuners scolaires gratuits et des déjeuners scolaires en cantine à 1 euro (plus de 2,5 millions de repas ont ainsi été servis depuis 2019) ainsi que les repas en restauration universitaire à 1 euro (20 millions de repas servis). En outre, le prix du gaz et de l’électricité a été bloqué, une indemnité inflation de 100 euros a été versée à tous les Français. L’allocation aux adultes handicapés (AAH) a été augmentée de 100 euros par mois. 1,3 automobilistes ont bénéficié d’une prime de conversion pour passer à un véhicule électrique ou hybride. Entre 2017 à 2021, le pouvoir d’achat a progressé de 5,5% tandis qu’entre 2007 et 2012, de 0,5% et de 2012 à 2017, de 0,2%. En particulier, un salarié au SMIC gagne 170 euros supplémentaires chaque mois, grâce à la baisse des charges et à la hausse de 100 euros de la prime d’activité, soit plus de 2 000 euros par an !

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Sur le front de l’emploi, le chômage a baissé malgré la crise sanitaire pour arriver à une situation jamais connue depuis 15 ans, à 7,4% en 2022 (ce taux était de 9,5% en 2017). Le chômage des jeunes n’a jamais été aussi bas depuis 1981. 700 000 contrats d’apprentissage ont été signés, qui ont doublé en cinq ans. Avec le plan "1 jeune, 1 solution", environ 4 millions de jeunes ont trouvé un emploi. En 2021, la situation a été inédite puisqu’il y a eu deux fois plus d’ouvertures d’usines que de fermetures.

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Sur l’école : 350 000 écoliers du primaire ont bénéficié d’un enseignement dans des classes dédoublés avec 12 élèves au maximum. Sur la culture : le Passe Culture de 300 euros pour les jeunes à 18 ans. Sur la lutte contre le climat : en cinq ans, les émissions de CO2 ont chuté de 12%, soit deux fois plus rapidement qu’entre 2012 et 2017. Sur la défense et la sécurité : le budget des armées a augmenté de 27% depuis 2017, une progression inédite. 10 000 nouveaux postes de policiers et de gendarmes ont été créés depuis 2017.

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Au-delà de la gestion de la crise sanitaire et de l’intense activité diplomatique du Président de la République sortant, on pourrait ainsi multiplier les exemples pour démontrer que le bilan est très honorable, mais c’est surtout qu’à l’élection présidentielle, il faut se tourner vers l’avenir et c’est le projet présidentiel qui influence une majorité d’électeurs sur lequel je reviendrai dans les prochains jours.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Tout sauf Macron : pourquoi tant de haine ?
Tout sauf Sarkozy.
Élysée 2022 (45) : le naufrage du parti Les Républicains.
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022 (Ministère de l’Intérieur).
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Emmanuel Macron et son rapport à l’imprévisible.
13 raisons de voter pour Emmanuel Macron : pouvoir d’achat, santé, école, écologie…
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (42) : Emmanuel Macron en danger !
Élysée 2022 (41) : Emmanuel Macron descend dans l’arène.
Élysée 2022 (37) : Emmanuel Macron n’est pas (encore) réélu !
Élysée 2022 (36) : pour qui votera Nicolas Sarkozy au premier tour ?
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Enfin, une vision européenne !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220414-bilan-quinquennat.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/15/39435632.html






 

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 03:57

« On peut s’émouvoir sur les formes d’expression qui paraissent familières que j’assume totalement ! » (Emmanuel Macron, le 7 janvier 2022).




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Oui, ce qu’a dit le Président de la République Emmanuel Macron le 4 janvier 2022 dans "Le Parisien" contre les personnes non-vaccinées était violent. En disant : "J’ai envie de les emmerder" et en leur retirant même la considération de citoyens par leur irresponsabilité collective face à la pandémie de covid-19, il a exprimé une colère, un ras-le-bol général, avant tout celui des soignants qui ont à assumer, eux, le flux énorme des malades du covid-19 parallèlement à la déprogrammation d’opérations pour les patients atteints d’autres pathologies qui pourrait leur être fatale. Beaucoup de Français en ont aussi marre de ces gens qui refusent la vaccination, qui sont égoïstes et qui ne comprennent pas leur responsabilité individuelle face à cette épidémie globale. Car cette violence, c’est aussi celle de la pandémie actuelle elle-même.

Entre 200 et 300 décès par jour et avec la montée fulgurante, cela va être en hausse pour les prochaines semaines. Il ne s’agit pas d’avoir peur, il s’agit de protéger au maximum les Français. 125 000 morts, c’est mille fois plus que les victimes du Bataclan, c’est la mortalité de 30 années sur les routes de France. La peur, elle est plutôt du côté des militants antivax, qui ont peur de se faire vacciner alors que des milliards de personnes avant eux se sont fait déjà vacciner sans problème et sans effet secondaire grave. Oui, ne pas se faire vacciner, c’est moralement plus grave que de voler une pomme : c’est prendre le risque de contaminer et peut-être de tuer ceux qu’on aime, les plus précieux des êtres.

L’épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherches à l’INSERM, a rappelé le 7 janvier 2022 sur BFM-TV que « la vague delta n’est pas du tout terminée ». Elle a ajouté en le déplorant : « Si on dit qu’il y a eu 400 000 cas lundi, ave 20% de delta, c’est 80 000 personnes infectées par delta (…)  avec tous les problèmes de prise en charge qu’il pose. ». En fait, il semblerait que le delta soit plus faibe. Le variant delta semble encore très présent dans le Sud-Est de la France, et ce variant est très virulent : « C’est ça qui explique que c’est la région [PACA] avec le plus de tensions en réanimation. ».

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Pour l’instant, rien n’indique que le variant omicron soit aussi virulent que delta (il semble plutôt moins virulent), mais avec le nombre de nouveaux cas, en absolu, le risque reste de saturer le système hospitalier. L’observation de ce qui se passe en Grande-Bretagne semblerait dire que la vague delta sature les réanimations et la vague omicron sature les hospitalisations conventionnelles. Mais pour Dominique Costagliola est restée très dubitative : « Ce n’est pas si clair de savoir si c’est lié au virus lui-même ou au fait que ça arrive sur des populations globalement extrêmement vaccinées. ». La chercheuse est restée très prudente : la baisse des hospitalisations « ne veut pas dire que c’est moins grave sur les non-vaccinés, sur les immunodéprimés ou même peut-être chez les enfants ».

Dominique Costagliola s’est aussi inquiétée du sort des enfants contaminées. Le 6 janvier 2022, il y avait 314 enfants de moins de 10 ans hospitalisés pour covid-19, dont 61 en soins intensifs, ce n’est pas négligeable : « Ce qui est le plus inquiétant (…), c’est le bond des hospitalisations et des hospitalisation en réanimation (…). On a explosé tous les pics qu’on avait eus auparavant (…). Laisser le virus circuler chez les enfants n’a pas l’air d’être du tout une bonne idée. ». Depuis la rentrée du 3 janvier, 9 202 classes ont été fermées, sur plus de 500 000, et 47 453 enfants ont été testés positif (sur 12 millions d’élèves).

Santé Publique France, à cause du nombre fulgurant des tests positifs, a eu des problèmes pour indiquer les statistiques le jeudi 6 janvier 2022. Les tests sur les prélèvements du lundi 3 janvier 2022, dont certains résultats n’ont été obtenus que trois jours plus tard, ont été positifs pour 409 370 d’entre eux, ce qui est un nouveau record. Pour ce 7 janvier 2022, Santé Public France a annoncé 328 214 nouveaux cas en une journée. Au 4 janvier 2022, le taux d’incidence était de 2 391,7 personnes contaminées en une semaine par 100 000 habitants (le seuil critique était de 50 !). Depuis le lundi 3 janvier 2022, il y a eu 1 661 428 nouveaux cas, soit plus de 332 000 par jour.

Cette violence, c’est aussi cette annonce, ce vendredi 7 janvier au soir, du décès du député du Pas-de-Calais José Évrard des suites du covid-19. Ancien communiste, élu avec l’étiquette FN en 2017, devenu membre de Debout la France après être passé chez Les Patriotes, José Évrard avait milité contre le passe sanitaire. Il fait malheureusement partie des plus de 125 000 victimes françaises de cette pandémie.

Au cours d’une conférence de presse commune avec Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne (avec qui il s’était auparavant au Panthéon devant la tombe de Jean Monnet et celle de Simone Veil), le vendredi 7 janvier 2022 au Palais de l’Élysée, le Président Emmanuel Macron a assumé ses propos : « Il fallait tirer la sonnette d’alarme pour que les choses avancent plus rapidement. ». Et il les a justifiés : « Ce mouvement, vous le voyez partout en Europe. Certains font l’obligation vaccinale au-dessus d’un certain âge, mais la plupart des pays mettent des contraintes de la vie sociale en disant "si vous n’êtes pas vaccinés, vous n’avez pas accès à ce lieu". ».

Il a également affirmé : « Être citoyen, c’est avoir des droits et des devoirs, et ce sont d’abord des devoirs. Le concept de liberté (…) s’arrête là où la liberté de l’autre est entravée, là où la vie de l’autre peut être en danger. ». Des devoirs moraux, puisque la vaccination n’est pas obligatoire, au contraire de pays comme l’Autriche ou l’Italie. L’Italie a pris la décision, il y a deux jours (5 janvier), de l’obligation vaccinale pour les plus de 50 ans à partir du 15 février 2022 et l’Autriche (dont le Chancelier Karl Nehammer vient d’être testé positif au covid-19, sans symptômes grâce à ses trois doses de vaccin) la met en œuvre dès le 1er février 2022 pour les personnes âgées de plus de 14 ans.

Sans compter des mesures beaucoup plus dures qu’en France dans d’autres pays du monde en cas de non-vaccination : la suspension des allocations-chômage au Canada à partir du 2 janvier 2022, le paiement des coûts en cas d’hospitalisation en soins intensifs à Singapour (soit 16 200 euros), le refus de délivrance du permis de conduire en Indonésie (dans certaines régions), l’isolement numérique (blocage de la carte SIM) dans le Pendjab au Pakistan depuis le 10 juin 2021, etc. (selon Vincent Geny dans "Marianne" le 6 janvier 2022).

À cause des cas contacts, du 31 décembre 2021 au 6 janvier 2022, près de 10 millions de tests ont été réalisés en France, soit 25% de plus que la semaine précédente et depuis le 3 janvier, plus d’un test sur quatre concerne les enfants.

Ce qui est clair, c’est que la vaccination réduit considérablement les risques d’être contaminés et surtout d’être hospitalisés comme malades de la forme grave. La vaccination est une cause nationale d’urgence. C’est la raison du passe vaccinal voté par les députés le 6 janvier 2022.

Les données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) sont sans ambiguïtés à ce sujet. Entre le 29 novembre et le 26 décembre 2021, 56% des personnes entrées à l’hôpital en soins critiques après avoir été testées positives n’étaient pas vaccinées, et 42% des décès (alors que les personnes non-vaccinées représentent seulement 8% de la population éligible à la vaccination).

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Actuellement, 21 605 personnes sont hospitalisées pour cause de covid-19, dont 3 815 en soins critiques (on se rapproche des 4 000, c’est énorme).

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Le choix du gouvernement était simple. Face à une telle violence de l’épidémie à partir de Noël, il n’y avait que deux choix possibles : ou tout fermer, tout confiner, l’économie et les écoles, comme ce fut le cas en mars 2020 avec les conséquences que l’on sait, psychologiques et financières, ou miser totalement sur la vaccination, qui réduit les dégâts humains et sanitaires. Mais pour cela, il ne faut pas laisser dans la nature 5 millions de personnes non-vaccinées, dont 500 000 personnes fragiles qui pourraient toutes se retrouver en réanimation (on ne pourrait alors soigner qu’une personne sur 100 !).

J’ai écrit que la vaccination "réduit" les risque de forme grave, mais pas supprime, car un vaccin n’est jamais efficace à 100%, il y a donc malheureusement des personnes qui font attention, qui ont achevé leur parcours vaccinal, et qui, parce qu’elles sont immunodéprimées, sont contaminées par la flambée épidémique et se retrouvent en réanimation voire à la morgue. C’est pour cela qu’il faut se faire vacciner. Il suffit de regarder le rapport entre nombre de décès ou nombre d’admissions en réanimation et le nombre de contamination, et comparer ce rapport en janvier 2021 et en janvier 2022, pour voir la différence éclatante due à la vaccination : la létalité est beaucoup moins forte parce que la vaccination protège.

Le choix d’imposer le passe vaccinal pour inciter fortement à se faire vacciner a déjà été efficace : le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a annoncé le 7 janvier 2022 que 230 000 primo-injections ont été réalisées en France depuis le lundi 3 janvier, soit un record depuis septembre 2021. Il a ajouté sur les réseaux sociaux : « N’hésitez pas à vous faire vacciner. Protégez-vous, protégez-nous, plus de 3 millions de créneaux vous attendent dans les centres, chez votre médecin, chez votre pharmacien. ».

Au 7 janvier 2022, il y avait 53 180 572 personnes qui ont reçu au moins une injection, 51 962 858 au moins deux injections et 27 641 313 au moins trois injections, soit déjà plus de la moitié des personnes primovaccinées.

Et d’ailleurs, avec le nouveau vaccin du laboratoire américain Novavax (6,4 millions de doses seront livrées à la France au début de février 2022), un vaccin à la technologie traditionnelle, les réfractaires aux vaccins à ARN messager (Pfizer, Moderna) ou à vecteurs viraux qui fonctionnent à peu près de la même manière (Astrazeneca, Janssen, Sputnik V) n’auront plus beaucoup d’arguments pour refuser de se faire vacciner. Autorisé par les autorités sanitaires européennes le 20 décembre 2021, ce vaccin constitue un grand espoir pour convaincre les derniers hésitants et se protéger tout en protégeant les autres.

Quant à l’aspect politique des choses, Emmanuel Macron a eu raison de choquer puisque cela a permis de se focaliser sur les services de réanimation et cela a permis d’augmenter significativement le nombre de primovaccinations. Peut-être aussi que la disparition des frères Bogdanoff a joué un rôle dans ce phénomène car ils étaient très populaires. En clair, les candidats de l’opposition sont tombés dans le piège du buzz : en faisant comme de vulgaires trolls sur Internet, ils ont alimenté la polémique, et ainsi, nourri pendant trois jours au moins le sujet qu’avait mis à l’ordre du jour le "maître des horloges", certainement pas pour des raisons électorales (les mesures restrictives, il s’en passerait bien volontiers en période électorale, il préférerait parler du rebond économique, de la baisse du chômage, etc.).

En fait, Emmanuel Macron est plutôt coincé entre un calendrier européen très chargé de la Présidence française, un calendrier sanitaire imposé par les deux variants delta et omicron qui pourrait se prolonger jusqu’en février au moins (et certainement au-delà de l’élection présidentielle), et bien sûr, le calendrier électoral qui se rétrécit. Quant à ses trois concurrents possibles du second tour, Éric Zemmour, Marine Le Pen et Valérie Pécresse, chacun a dans son propre électorat une proportion non négigleable des pro-vaccins et des antivax, et prendre une position claire est difficile et très délicat pour eux (sortir de l’ambiguïté ne se fait qu’à ses dépens, disait l’autre).

Avec une exception quand même, et c’est courageux de sa part : Valérie Pécresse n’a jamais hésité et a toujours soutenu l’idée du passe vaccinal. Son problème est que son propre parti est très divisé sur ce sujet (voir les votes du groupe LR). Quand Éric Zemmour dit qu’il ne veut pas parler de la crise sanitaire, ce n’est pas l’avis des Français touchés de plein fouet par cette double vague, d’autant plus s’ils sont parents ou salariés. Pour l’instant, Emmanuel Macron est bien celui qui s’occupe le plus de la sécurité des Français. Le vrai régalien, c’est bien lui. Concrètement. Et pécuniairement.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les Français en ont marre des antivax !
Emmanuel Macron dans "Le Parisien" le 5 janvier 2022.
Vœux d’Emmanuel Macron : protéger les Français et renforcer la France par l’Europe.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Introspectif et tourné vers l’avenir, Emmanuel Macron justifie (presque) tout.
Emmanuel Macron l’Européen, Président jusqu’au bout.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, l’homme qui valait 30 milliards.

_yartiMacron2022010703





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220107-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/les-francais-en-ont-marre-des-238540

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/06/39292898.html




 

 

 

 

 

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 12:41

« Vous n’avez pas le droit d’être violent contre les maires, les députés et le Président, aussi parce que vous pouvez les changer à chaque échéances. » (Emmanuel Macron, "Le Parisien", le 4 janvier 2022).




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Avertissement : dans cet article, j’userai d’un verbe et de ses dérivés dont on dit qu’ils sont vulgaires. Comme ils concernent maintenant un vocabulaire présidentiel préélectoral, je me permettrai d’en user également à tort et à travers (j’éviterai toutefois de recommencer !). Et ce verbe, c’est emmerder.

Il y a eu une seconde suspension de l’examen du projet de loi sur le passe vaccinal (j’y reviendrai) dans la nuit du 4 au 5 janvier 2022 à l’Assemblée Nationale : si la première suspension, la nuit précédente, a été la conséquence conjointe d’un amateurisme des députés de la majorité et d’une manœuvre politicienne des députés de l’opposition, cette suspension a été, elle, provoquée par des propos provocateurs du Président de la République Emmanuel Macron, interrogé par sept Français pour une longue interview publiée dans "Le Parisien", rendue publique sur Internet le mardi 4 janvier 2022 à 20 heures 46.

Le moins qu’on puisse dire, et je le regrette, comme semble le regretter l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe sur France 2 le lendemain, c’est que le naturel revient parfois au galop. Malgré son introspection du 15 décembre 2021 (sur TF1 et LCI) sur les mots qui ont fâché ou qui ont choqué, Emmanuel Macron s’est de nouveau lâché en toute conscience.

Pour quelle raison ? Je ne sais pas. Soit parce qu’il croit pertinent (pas moi) de parler un français vulgaire avec des citoyens de tout horizon qu’ils rencontrent (c’était le cas puisque ce n’étaient pas des journalistes qui l’interrogeaient), et dans ce cas, c’est une grande condescendance, même les gens du peuple peuvent comprendre un langage châtié. Soit parce qu’il veut exprimer de la colère, une colère froide et réfléchie, contre les personnes qui ne sont pas (encore) vaccinées. Soit enfin par provocation politique, au même titre que l’histoire du drapeau européen sous l’Arc de Triomphe à Paris au Nouvel an, incitant ses opposants à vociférer stérilement et plaçant le débat sur ses thèmes voulus (l’Europe, la vaccination). Ou alors, il y a un peu des trois.

Je pense que globalement, c’est une erreur à court terme, ne serait-ce que sur son effet sur le débat parlementaire, mais cela peut être électoralement payant sur du long terme, montrant qu’il est offensif, n’hésitant pas à montrer ses "envies" et ses "colères", renonçant à quémander le vote auprès des 5 millions de Français qui ne sont pas (encore) vaccinés et défendant ceux qui, en revanche, sont aussi en colère contre eux. Je pense que c’est regrettable car un Président de la République doit unir et pas diviser, qu’il doit rassembler tout le monde et même ceux qui vont dans le décor.

De plus, je pense que c’est une erreur de cibler toutes les personnes non-vaccinées, certaines ont été convaincues entre-temps (plusieurs dizaines de milliers par jour) et en les prenant à rebrousse-poil, il n’aide pas dans le travail lent de persuasion des proches ou des soignants. Par exemple, grands sportifs et sans comorbidité, les frères Bogdanoff avaient peur des effets secondaires du vaccin à ARN messager, mais ils n’étaient pas du tout antivax, ils voulaient attendre le vaccin classique développé par l’Institut Pasteur (qui n’arrive pas !). Le ciblage du Président aurait dû être plus fin, concentrer sa colère contre les seuls antivax, une ultraminorité qui a une grande influence parmi les personnes qui ne sont pas encore vaccinées et qui diffuse des mensonges et des fausses informations à longueur de messages sur les réseaux sociaux. Et pas contre les personnes non-vaccinées influençables qui sont plutôt leurs victimes (et dont beaucoup sont mortes de ne pas avoir été vaccinées).

Cela dit, en trois mois (car le premier tour de l’élection présidentielle est dans trois mois !), beaucoup d’eau et de déclarations auront eu le temps de passer sous les ponts, il ne faut donc pas surestimer l’importance de ces propos, d’autant plus qu’Emmanuel Macron n’a pas dit que cela dans une interview de deux heures et quart.

Ce propos introductif étant écrit, je voudrais quand même rappeler que le message principal d’Emmanuel Macron était plutôt le contraire de ce qu’on lui reproche, et le verbe emmerder a déjà été utilisé par un autre Président de la République, Georges Pompidou, qui disait qu’il fallait arrêter d’emmerder les Français, il s’exprimait néanmoins comme Premier Ministre (il me semble), à propos de la sécurité routière (et peut-être des démarches administratives). Emmanuel Macron a voulu dire d’abord ceci : je ne veux pas emmerder les Français avec la crise sanitaire.

Alors, reprenons exactement ses propos, car ils méritent d’être lus dans leur intégralité. Il répondait à une citoyenne inquiète de l’issue du nouveau conseil de défense sanitaire du 5 janvier 2022. La réponse présidentielle était la suivante : « On reste dans la direction qui est donnée en cette rentrée de prudence. Au fond, la ligne est simple : c’est vaccination, vaccination, vaccination, et passe vaccinal. (…) L’idée, c’est de mettre beaucoup de contrainte sur les non-vaccinés et, collectivement, de respecter les gestes barrières. ».

Et un peu plus tard, Emmanuel Macron a enfoncé le clou : « En démocratie, le pire ennemi, c’est le mensonge et la bêtise. Nous mettons une pression sur les non-vaccinés en limitant pour eux, autant que possible, l’accès aux activités de la vie sociale. (…) C’est une toute petite minorité qui est réfractaire. (…) On la réduit, pardon de le dire comme ça, en l’emmerdant encore davantage. Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. Je ne vais pas les mettre en prison, je ne vais pas les vacciner de force. Et donc, il faut leur dire : à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restau, vous ne pourrez pus prendre un canon, vous ne pourrez plus boire un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre, vous ne pourrez plus aller au ciné… ».

Puis, Emmanuel Macron s’est encore emporté encore contre les non-vaccinés en évoquant les places en réanimation, en insistant sur son refus de "tri des malades" : « Nous ne sommes pas aujourd’hui dans une situation où nos services d’urgence ne peuvent pas accueillir tous les patients. Moi, ma responsabilité, c’est que le pays ne se désunisse pas dans ces débats-là. Le fait même que l’on pose la question du refus de soin pour des gens non-vaccinés est un drôle de virus. Et ça, c’est l’immense faute morale des antivax : ils viennent saper ce qu’est la solidité d’une nation. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. ». On lui reprochera aussi cette dernière phrase qui n’a pas beaucoup de sens, sinon de la colère, mais pour des propos relus (selon Olivier Beaumont, l’un des journalistes en charge de ces entretiens, « l’interview a été relue par l’Élysée, mais il n’y a eu aucune retouche. »), les émotions ne sont pas en jeu.

Le message est donc clairement concentré sur le refus des personnes non-vaccinées à se faire vacciner. Ce n’est pas une lubie macronienne, c’est une réalité sanitaire. La France est plongée dans une double vague, celle du variant omicron (dont on parle beaucoup et qui explose) mais aussi, celle du variant delta qui n’est pas redescendue (on est au sommet du pic delta) et qui focalise toute l’attention dans les services de réanimation.

Cette colère, elle est aussi la conséquence du nouveau record de la journée du mardi 4 janvier 2022 : 271 686 nouveaux cas pour cette seule journée, avec un record du taux de positivité (16,8% au 1er janvier 2022 ; ce n’est donc pas l’augmentation du nombre de tests qui explique l’augmentation exponentiel du nombre de cas détectés, mais bien la réalité épidémique), un taux d’incidence de 1 930 personnes contaminées en sept jours pour 100 000 habitants (soit 1,3 million de Français contaminés cette dernière semaine !). C’est aussi 20 186 personnes hospitalisées (soit 2 881 de plus en un jour) dont 3 665 admis en réanimation (soit 460 de plus en un jour), autant de place dont les patients atteints d’autres pathologies, parfois graves, ne pourront pas bénéficier, et aussi 297 décès à l’hôpital rien que pour la journée d’hier (351 en comptant aussi les décès dans les EHPAD et assimilés). Et ce sont très majoritairement des personnes non-vaccinées qui occupent ces lits de réanimation (j’y reviendrai), c’est-à-dire que ces tragédies humaines et sanitaires pourraient être évitées par la vaccination.

C’est cette colère que véhicule le Président de la République, fort du soutien de plus de 91% des personnes de plus de 12 ans qui ont accepté la vaccination. D’ailleurs, les réactions à ses déclarations polémiques sont partagées. Pour les oppositions politiques, c’est un scandale, posture prévisible et qui peut être confortable à quelques semaines de l’élection (même lorsqu’on est d’accord avec la politique du gouvernement, c’est le cas de Valérie Pécresse : « J’ai été indignée par ses propos (…). Ce n’est pas au Président de choisir les Français, il faut arrêter ce quinquennat du mépris. »). Mais pour les professionnels de la santé, ses déclarations sont complètement compréhensibles et reflètent même le sentiment de bien des médecins hospitaliers. Ainsi, le professeur Éric Caumes a déclaré sur BFM-TV le 5 janvier 2022 : « Le médecin comprend ce dérapage, probablement contrôlé. ».

Emmanuel Macron a pour autant confirmé qu’il n’était pas question de rendre la vaccination obligatoire, qu’il n’y aurait évidemment aucun tri de malades et certainement pas entre vaccinés et non-vaccinés, et qu’il n’y aurait pas de nouvelles mesures supplémentaires de restriction prévues à ce jour. À ceux qui veulent l’obligation vaccinale (dont les socialistes), Emmanuel Macron a répondu : « Comment on le contrôle et quelle est la sanction ? C’est ça, le vrai sujet. Je vais forcer des gens à aller se faire vacciner ? Les emprisonner et puis les vacciner ? Vous allez me dire : "vous êtes quelqu’un de bizarre, vous…". On ne fera pas ça. Leur mettre des amendes ? Si j’ai des gens très modestes qui ne sont pas vaccinés, je vais leur mettre 1 000 euros, 2 000 euros, d’amende ? ».

Pour être mieux compris, au lieu de dire : "J’emmerde les non-vaccinés", Emmanuel Macron aurait plutôt dû dire : "Les non-vaccinés m’emmerdent, en tant que chef de la Nation et garant de la protection de la santé des Français". Dans son compte-rendu du conseil des ministres du 5 janvier 2022, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dit exactement la même chose : « Le Président veut aller au bout de notre travail, pour que les Français soient tous vaccinés. ». Il a ajouté : « Les propos du Président me semblent très en deçà de la colère de la majorité des Français. ». Et de poser la question crûment : « On va se parler franchement. Qui emmerde la vie de qui aujourd’hui, qui empêche la vie de reprendre ? ». En approuvant les propos présidentiels sur l’irresponsabilité et le citoyen : « S’opposer à la vaccination, c’est s’écarter de la citoyenneté. ».

Gabriel Attal a répété une fois de plus la raison de cette volonté de vacciner tout le monde : « La dose de rappel du vaccin prévient près de 90% des formes graves, y compris vis-à-vis d’omicron. ». Et il a expliqué pourquoi il n’y a pas d’obligation vaccinale : le but est d’arriver à avoir la plus large couverture vaccinale. Or, dans les pays qui ont décidé d'appliquer l’obligation vaccinale, il n’y a pas eu d’augmentation des vaccinations. Au contraire, en France, après l’annonce du passe sanitaire (le 12 juillet 2021) et l’annonce du passe vaccinal (le 17 décembre 2021), il y a eu une forte augmentation des primovaccinations. C’est donc efficace. C’est le seul souci du gouvernement.

Emmanuel Macron est aussi revenu sur la polémique du drapeau européen en évoquant la réaction d’indignation de l’opposition de droite et d’extrême droite : « Cette réaction était disproportionnée et malvenue. Si nous avions retiré le drapeau français, j’aurais pu comprendre. Or le drapeau français est présent lors des cérémonies patriotiques, comme le 8 Mai, le 11 Novembre, le 14 Juillet. Mais si vous passez un jour comme aujourd’hui sous l’Arc de Triomphe, il n’y a pas de drapeau. Ce qui a été fait le 31 décembre au soir et le 1er janvier a été de marquer cette entrée dans la Présidence française de l’Union, en inscrivant notre drapeau européen, car il est aussi le nôtre. Là où il n’y avait rien, nous avons mis le drapeau européen. Donc, c’était une mauvaise polémique. Ce drapeau européen, j’en suis fier. Il faut l’assumer car c’est un symbole de paix. (…) Nos générations n’ont jamais connu la guerre. J’aime l’Europe parce que c’est un projet de paix. ».

Le Président de la République a d’ailleurs évoqué les perspectives de la construction européenne (sur la Santé, sur les réfugiés, sur l’imposition des GAFA, sur une industrie de défense européenne, sur le nucléaire, etc.) et a confirmé son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Europe : « Mais je souhaite qu’elle ait des liens avec notre Europe parce que c’est ce qui l’arrime à nos valeurs et ce qui évite qu’elle dérive encore plus. ».

Sur le plan économique, Emmanuel Macron a fermement défendu sa politique d’aide à l’activité économique en période de crise sanitaire : « Le quoi qu’il en coûte, c’est 15% du PIB. Le coût sur l’ensemble de l’économie, si on ne l’avait pas fait, serait monté à 45% du PIB. Grâce à nos mesures, on ressort avec un chômage qu a baissé et une croissance historique, donc c’était un bon choix. ». Il a par ailleurs exclu toute augmentation des impôts (« tant que je serai dans mes fonctions »).

Après beaucoup d’autres sujets (dont le glyphosate, la drogue et la laïcité), Emmanuel Macron a été bien sûr interrogé sur son éventuelle candidature : « Si je m’exprime aujourd’hui, quelle va être ma capacité à gérer le pic d’une crise sanitaire ? En tout cas, est-ce que je continue à avoir des ambitions, des rêves et des volontés pour mon pays ? Oui. (…) Cette décision se consolide en mon for intérieur. J’ai besoin d’être sûr d’être en capacité d’aller aussi loin que ce que je veux. ». Pour finir par lâcher : « Il n’y a pas de faux suspense. J’ai envie. (…) J’ai toujours été libre, c’est ce qui m’a permis de faire. ».

Au moins, c’est clair, certaines personnes bien informées veulent même croire que le Président ne souhaite pas que sa déclaration de candidature soit un événement mais une évidence qui, chaque jour, s’accroît. Pourtant, à force de faire dépendre son calendrier politique du calendrier sanitaire, le maître des horloges pourrait prendre beaucoup de retard, car avec un tel pic qui devrait être au sommet vers la troisième semaine de janvier dans le meilleur des cas (Gabriel Attal a confirmé ce midi : « La lutte contre l’épidémie est loin d’être terminée. (…) La hausse supersonique des contaminations va se poursuivre plusieurs semaines. »), il ne lui restera plus beaucoup de temps pour faire campagne. Le premier tour de l’élection présidentielle est le 10 avril 2022. L’an dernier à la même époque, nous étions encore en pleine troisième vague.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La loi de l’emmerdement maximal et Emmanuel Macron.
Vœux d’Emmanuel Macron : protéger les Français et renforcer la France par l’Europe.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Introspectif et tourné vers l’avenir, Emmanuel Macron justifie (presque) tout.
Emmanuel Macron l’Européen, Président jusqu’au bout.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, l’homme qui valait 30 milliards.

_yartiMacron2022010402





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220104-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-loi-de-l-emmerdement-maximal-et-238443

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/05/39290546.html












 

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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 21:44

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Pour en savoir plus : 
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211231-macron.html










Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2021


Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de métropole, d’outre-mer et de l’étranger,

À nouveau, cette dernière soirée de l’année est marquée par l’épidémie et les contraintes renforcées qui pèsent sur notre quotidien. Alors en ce moment, j’ai avant tout une pensée pour nos 123 000 compatriotes à qui le virus a enlevé la vie. Une pensée pour tous ceux qui traversent ce moment dans le deuil, la peine ou la solitude.

Je n’oublie pas non plus ceux d’entre vous qui sont touchés par le COVID long comme ceux qui subissent les conséquences psychologiques de la crise sanitaire.

Je veux ce soir, une fois encore, en votre nom à tous, témoigner notre reconnaissance pour nos personnels soignants, nos armées, nos forces de l’ordre, nos sapeurs-pompiers, nos auxiliaires de vie, nos aides à domicile et tant d’autres professions, tous engagés ce 31 décembre comme chaque jour pour nous protéger, pour prendre soin de nous.

Les semaines à venir seront difficiles, nous le savons tous : le virus circule et circulera de plus en plus, des mesures ont été prises par le gouvernement pour y faire face et je vous demande à tous et toute d’y veiller, des secteurs comme la culture, le sport, la restauration, l’hôtellerie, le tourisme, ou l’événementiel vont à nouveau subir les conséquences économiques de cette situation. Nous les aiderons comme il se doit et comme nous le faisons depuis le début de cette pandémie.

Il y aura aussi nombre de nos activités désorganisées en raison de ce nouveau variant si contagieux. Nous veillerons dans ce contexte à assurer la continuité des services publics et de la vie de la Nation. Mais par rapport au même moment l’année dernière où les contraintes étaient beaucoup plus fortes, nous avons pour nous l’arme du vaccin, et les acquis de notre expérience collective. Et donc de vraies raisons d’espérer.

Nous sommes ce soir au moment où je vous parle plus de 53 millions à être totalement vaccinés, ce qui place notre pays dans le peloton de tête mondial. Nous sommes 24 millions à avoir reçu une dose de rappel et notre objectif est de permettre à chacun d’être vacciné et de faire son rappel.

Nous pourrons ainsi surmonter cette vague en limitant au maximum les restrictions. En continuant comme nous l’avons fait depuis le début, de tout faire pour préserver l’activité et ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire l’école, l’éducation de nos enfants.

Alors ce soir, je veux le redire avec beaucoup de force et de conviction : la vaccination est notre plus sûr atout. Elle réduit fortement la transmission, elle divise par 10 le nombre des formes graves. C’est pour cela qu’une nouvelle fois, j’en appelle aux 5 millions de non-vaccinés. Faites ce geste simple. Pour vous. Pour vos compatriotes. Pour notre pays. Toute la France compte sur vous.

La vaccination est-elle seule suffisante ? Non. C’est pour cela que le respect des gestes barrières contre le virus demeure essentiel, en particulier le port du masque.

Tous ensemble, nous allons donc traverser cette nouvelle épreuve en suivant les mêmes principes que depuis le premier jour.

D’abord nous protéger. Protéger les plus vulnérables, protéger nos hôpitaux et nos soignants, qui sont sous forte pression alors même qu’il faut soigner les autres maladies. Protéger aussi notre économie, et nos emplois, comme nous l’avons fait avec le « quoi qu’il en coûte ».

Ensuite nous attacher, sur la base des faits et de la science, à prendre des mesures proportionnées. C’est exactement ce que le Premier ministre et les ministres ont fait ces derniers jours. Tout faire pour éviter de prendre des restrictions qui pèsent sur nos libertés et veiller à respecter tous nos principes démocratiques.

Enfin, nous appuyer sur la responsabilité de chacun, principalement en se faisant vacciner, pour soi et pour les autres. Être un citoyen libre est toujours être un citoyen responsable pour soi et pour autrui ; les devoirs valent avant les droits.

Un autre motif d’espoir est que, malgré l’épreuve sanitaire, malgré la fatigue, la lassitude, notre pays continue à avancer. Nous n’avons cessé d’œuvrer pour attirer des entreprises et des investissements, ouvrir des usines, créer des emplois. Jamais depuis quinze ans, le chômage n’avait été aussi bas. La réindustrialisation de notre pays est bien une réalité.

Nous avons protégé les travailleurs, aidé les plus modestes d’entre nous, nous avons investi pour défendre la dignité de nos compatriotes en situation de handicap, pris des mesures et des décisions claires pour mieux protéger nos enfants, accompagner nos aînés.

Nous avons formé notre jeunesse. En effet, qui aurait pensé que nous serions capables en cinq ans de doubler le nombre de nos apprentis : près de 700 000 apprentis ces douze derniers mois. Que nous saurions inventer un programme, « 1 jeune 1 solution », qui a accompagné en un an et demi plus de 3 millions de Français vers l’emploi ou la formation.
 
Là où nous aurions pu tout reporter, nous n’avons jamais renoncé à notre ambition collective.

Le travail avec la réforme de l’assurance chômage, le contrat d’engagement jeunes qui sera mis en œuvre au début du mois de mars prochain ; le pouvoir d’achat avec l’indemnité inflation, le chèque énergie, l’augmentation des salaires des fonctionnaires les plus modestes ;  l’urgence écologique et climatique avec le renouvellement de notre parc automobile, le développement des énergies renouvelables, les rénovations thermiques de logements et au 1er janvier la fin des emballages plastique comme de nouvelles mesures inédites pour le bien-être de nos animaux. Notre agriculture avec l’assurance récolte, la retraite minimale à 1000 euros ; le déploiement de 2000 maisons France services, le versement automatique des pensions alimentaires qui bénéficiera notamment aux mères seules ; la gratuité de la contraception pour les femmes jusqu’à 25 ans  ; et la réforme de l’Etat, de notre Haute Fonction publique avec entre autres la création de l’Institut National du Service Public, rien que ces dernières semaines et dans les prochains mois, des décisions dont on parlait parfois depuis des décennies, que je viens à la cavalcade ici d’essayer de rassembler ont été prises et seront prises qui changeront la vie.
 
La France, malgré les épreuves est donc plus forte aujourd’hui qu’il y a deux ans.

Tout cela, c’est grâce à vous, grâce à nous tous, grâce à notre esprit de résistance, notre solidarité, notre civisme, notre engagement et notre esprit d’entreprendre.

Alors au moment où je m’exprime devant vous ce soir, je veux vous dire que je suis résolument optimiste pour l’année qui vient. Optimiste pour notre Nation pas simplement pour 2022, mais pour les années qui viennent. Car l’ambition et la solidarité dont nous n’avons cessé de faire preuve nous autorisent tous les espoirs.

2022 peut être, sera l’année de sortie de l’épidémie, je veux le croire avec vous ; l’année où nous pouvons voir l’issue de ce jour sans fin.

Dans notre pays, en déployant ces campagnes de rappel et en nous organisant comme il se doit pour domestiquer le virus et écraser sa diffusion. Et au niveau mondial en agissant pour vacciner l’humanité. La France qui, dès avril 2020, a été à l’initiative des dons de doses aux pays pauvres, et nous seront au rendez-vous pour amplifier l’effort et ainsi permettre d’entrevoir la fin de ce virus sous sa forme aiguë.

2022 doit être l’année d’un tournant européen.

Notre continent a été tant décrié ces dernières années. On l’a dit divisé, incapable de projets collectifs, en train de sortir de l’Histoire.

Alors même que nous célébrons les 20 ans de la mise en circulation de l’euro notre monnaie commune qui nous aura donné une stabilité monétaire, une place internationale inédites, la crise a démontré qu’unie, notre Europe pouvait être non seulement utile, mais porteuse d’espérance pour tous.

Sans l’Europe, nous n’aurions pas aujourd’hui de vaccin disponible en nombre, y compris pour organiser des campagnes de rappel.

Sans l’Europe, nous n’aurions pas pu bâtir partout à travers notre continent des plans de relance parmi les plus ambitieux au monde et connaître les résultats économiques – croissance, créations d’emplois que nous connaissons.

Alors à partir de minuit, la France prendra la Présidence de l’Union Européenne et vous pouvez compter sur mon engagement total pour faire de ce moment, qui ne survient qu’une fois tous les 13 ans, un temps de progrès pour vous. Un temps de progrès pour la maîtrise de nos frontières, notre défense, la transition climatique, l’égalité entre les femmes et les hommes, la construction d’une alliance nouvelle avec le continent africain, le meilleur encadrement des grandes plateformes de l’internet, et la culture en Europe.

Oui les valeurs que porte notre Union - la démocratie, l’équilibre entre liberté et solidarité, une certaine idée de l’Homme – sont, j’en suis convaincu, celles qui permettront de relever nos défis contemporains. Et notre Europe est bien le seul chemin par lequel la France sera plus forte face aux fracas du monde et des grandes puissances.

2022 sera pour la France une année décisive.

Une année d’action, encore et toujours. Fort de votre confiance, j’agirai jusqu’au dernier jour du mandat pour lequel vous m’avez élu. Bien sûr pour tenir le cap et prendre toutes les décisions nécessaires face à l’épidémie. Et nous aurons aussi à préparer l’avenir, en déployant le plan d’investissement France 2030 qui vise à la fois à faire de nous une Nation forte sur les technologies du futur et à nous rendre plus indépendants. Nous aurons à investir plus fortement encore que nous ne l’avons fait dans l’éducation, la recherche publique, la santé, la culture et l’inclusion de tous les Français.

Nous aurons à prendre de nouvelles décisions pour lutter contre l’islamisme radical, renforcer l’ordre, la sécurité et la tranquillité de tous, pour mieux vous protéger.

Nous aurons à prendre de nouveaux choix industriels en particulier en matière d’énergie, inédit, afin de tenir nos engagements climatiques.

2022 sera une année d’élection, enfin.

Nous aurons à élire au printemps prochain le Président de la République, puis à désigner nos représentants à l’Assemblée nationale. Malgré la pandémie, ces scrutins essentiels devront se dérouler dans les meilleures conditions possibles et toutes les sensibilités politiques du pays doivent y œuvrer. J’y veillerai tout particulièrement.

Nous aurons donc cette année des choix majeurs à faire pour notre Nation. Ces choix, nous les ferons avec la conviction que la France a un chemin singulier, unique, à poursuivre. Nous les ferons, je le sais, en étant fidèles à l’esprit de résistance, l’esprit de tolérance et le choix de notre avenir commun qui nous ont toujours inspirés. Pour ma part, quelles que soient ma place et les circonstances, je continuerai à vous servir. Et de la France, notre patrie, nul ne saura déraciner mon cœur.

Mes chers compatriotes,

J’ai travaillé et nous avons travaillé sans relâche depuis bientôt cinq ans afin que la France soit écoutée et respectée en Europe et dans le concert des Nations. Elle l’est.

À faire progresser notre pays dans l’unité aussi. Chemin bien difficile car il est si aisé d’opposer les générations, les catégories sociales, les origines, les territoires. Mais chemin nécessaire car lorsqu’il est rassemblé, rien ne peut résister au peuple français.

En vous souhaitant ce soir une année pleine de bonheur et d’accomplissements personnels, je forme donc pour nous tous ce vœu : continuons à respecter nos différences, à avoir confiance en ce que nous sommes, à regarder avec courage, audace et lucidité notre avenir pour agir. Décidons pour nous-mêmes d’être tout à la fois enracinés dans notre langue, notre culture, notre laïcité. Et épris de liberté, d’universel, de créativité.

Restons unis, bienveillants, solidaires. Restons du côté de la vie. C’est là, ce que nous nous devons à nous-mêmes.

Alors, 2022 sera l’année de tous les possibles.

Vive notre Europe.
Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le vendredi 31 décembre 2021 à Paris.



Source : www.elysee.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20211231-allocution-macron.html




 

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 03:06

« On ne transforme pas un pays en cinq ans, je continue de me projeter. » (Emmanuel Macron, le 15 décembre 2021).




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Enregistrée à l’Élysée le 12 décembre 2021 pour des raisons d’agenda, l’émission "Où va la France ?", la longue interview qu’a accordée le Président de la République Emmanuel Macron à Audrey Crespo-Mara et Darius Rochebin, a été diffusée ce mercredi 15 décembre 2021 à 21 heures sur TF1 et LCI et a été commentée longuement avant même de connaître les propos présidentiels.

Il y a bien sûr le permanent débat sur le Président et le candidat qui a concerné tous les Présidents susceptibles de se représenter, y compris De Gaulle, utilisant les médias en tant que chef de l’État mais qui ferait une campagne souterraine. C’est récurrent : Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy (sauf François Hollande qui a renoncé le 1er décembre 2016).

La palme de la mauvaise foi, dans ce concours sans saveurs, revient malheureusement (je dois le dire) à Valérie Pécresse qui, non seulement, a protesté contre une émission de télévision pour lui tout seul, mais a cru savoir qu’elle obsédait Emmanuel Macron car il aurait fait diffuser cette émission le même soir qu’une autre émission sur BFM-TV où elle était invitée, et refusant d’être en concurrence déloyale (reconnaissant que sa parole vaut moins que celle d’Emmanuel Macron), elle a abandonné cette émission. Sacha Houlié (député LREM) a répondu qu’il fallait une grande immodestie pour penser qu’Emmanuel Macron pensait à elle, il fallait surtout caler son agenda alors qu’il terminait un tour d’Europe avant le début de la Présidence française (il était le 13 décembre 2021 à Budapest pour rencontrer Viktor Orban). Du reste, avec une douzaine de candidats à l’élection présidentielle et une vingtaine de stations de radio ou chaînes de télévision, s’il fallait faire attention à ne pas télescoper les émissions politiques, il faudrait plusieurs années de campagne électorale. C’est vrai que Valérie Pécresse n’a pas eu de chance le 23 septembre 2021 où elle était l’invitée de l’émission politique de France 2 tandis que BFM-TV a tenu un débat contradictoire entre Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, avec plus d’audience.

Au-delà de l’égocentrisme de la candidate LR (qu’on ne reprochera pas, tous les candidats à l’élection présidentielle doivent être égocentriques), il faut rappeler qu’elle avait été la porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy à sa réélection et elle justifiait le 31 janvier 2012 la diffusion de l’émission, également à l’Élysée, de Nicolas Sarkozy le 29 janvier 2012 sur toutes les chaînes (ici, seulement TF1), émission présidentielle dont la programmation n’avait rien de scandaleux, pas plus, en tout cas, que l’émission du 15 décembre 2021. En outre, Emmanuel Macron a bien le droit d’occuper du temps d’antenne alors que Valérie Pécresse a eu, ces dernières semaines, quatre débats et de nombreuses interviews seule dans les médias. On ne peut pas dire qu’elle ait été limitée dans son expression.

Enfin, pour terminer sur la mousse médiatique avant ou après, l’égocentrisme s’est retrouvé également chez Éric Zemmour dans une réaction à l’émission qui aurait pu être faite avant qu’il ne visionnât l’émission, tant le discours était convenu, croyant qu’Emmanuel Macron s’adressait à lui alors qu’il s’adressait à tous les Français (bon, c’est vrai, il y a eu quelques réponses subliminale à Éric Zemmour !).

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Venons-en à l’émission, d’abord sur la forme : Emmanuel Macron a été très à l’aise. Il était chez lui, et il est toujours excellent dans les échanges avec des interlocuteurs, toujours meilleur que de lire sur un prompteur un discours parfois long et ennuyeux. Là, malgré les deux heures d’émission, aucun ennui. Et aussi aucune note, sauf lorsqu’il a lu une lettre d’enfants aux prénoms diversifiés lui dire ce qu’ils ont appris de Joséphine Baker et de la République. Emmanuel Macron est un homme qui travaille et aussi un homme qui apprend vite. Ses émissions sont presque parfaites sur la forme, peut-être même trop parfaites car le temps de silence avant de répondre sur la crise sanitaire pourrait être perçu comme le jeu d’un acteur. La scène politique n’est-elle pas du théâtre ? Peut-être, mais pas seulement.

Sur le fond, l’émission a donc commencé avec la crise sanitaire. Avec 65 713 nouveaux cas (le 15 décembre mais l’émission a été enregistrée en 12), nous sommes en plein sommet de la cinquième vague et la perspective d’une nouvelle lame de fond du variant omicron, provenant du Royaume-Uni (depuis le 27 novembre 2021, ce variant occupe désormais la moitié des cas de ce pays), il y a peut-être des mesures fortes à prendre (la prochaine réunion du conseil de défense sanitaire est prévue le 17 décembre 2021).

Quand le journaliste lui a dit que c’était difficile pour lui, Emmanuel Macron a répondu que c’était surtout "pas facile pour nous tous", y compris les soignants. Et il a rappelé les trois piliers de la lutte contre la pandémie : la vaccination, le passe sanitaire et les gestes barrières. Avec cette crise, il s’est transformé : « La crise sanitaire m’a fait toucher les inégalités insupportables qui peuvent exister. ».

Sur le "quoi qu’il en coûte" qui n’apparaît pas comme une mesure "de droite" mais plutôt "de gauche", étatiste, Emmanuel Macron a expliqué que c’était justement parce qu’il avait déjà réformé, en particulier le droit du travail, qu’il a pu faire cette politique du "quoi qu’il en coûte", en bénéficiant de la confiance des investisseurs internationaux, sinon, il n’aurait pas trouvé de quoi la financer. Il a dit plus tard que le plan de relance européen qu’il a conçu avec Angela Merlel en mai 2020 était révolutionnaire, portant sur 700 milliards d’euros.

Dans une première partie, il y avait une certaine envie de solder tous les reproches de communication qu’on lui a faits au début de son quinquennat. Emmanuel Macron reconnaît qu’il ne redirait plus les mêmes choses aujourd’hui et qu’il a pu blesser certaines Français. Il voulait parler crûment, bousculer le système et en réalité, il a plutôt manqué de respect aux Français. Il s’en est aperçu au bout de dix-huit mois. On pourrait dire qu’il a appris, qu’il était victime de son inexpérience d’élu (il suffit d’être élu municipal pour voir à quel point des déclarations blessantes peuvent peser sur la gestion d’une commune), il était plein de fougue, mais il y avait peut-être une certaine forme d’autisme, comme une personne qui ne ressentait pas d’émotion, c’est pour cela d’ailleurs qu’il a souvent dit, au cours de l’émission, qu’il avait appris à aimer les gens, qu’il avait eu beaucoup d’émotion, que dans tous les cas, ce quinquennat a été une fabuleuse expérience, hors du commun.

Parmi les petites phrases qui ont choqué, le fait de traverser la rue pour trouver à un emploi, le fait qu’il y a dans les gares des chefs d’entreprises et des personnes qui ne sont rien, le fait qu’on dépense un pognon de dingue et les pauvres restent des pauvres, etc. Les journalistes ont fait un petit montage et on voyait Emmanuel Macron s’écouter les dire. Grand exercice d’introspection. Peut-être nécessaire pour tourner la page, peut-être trop tardif.

Pour expliquer ces petites phrases (il a dit les regretter et qu’il ne les redirait pas aujourd’hui), il a cité trois choses : la décontextualisation des petites phrases, mais avec les smartphones qui enregistrent tout, les réseaux sociaux, tout est possiblement connu immédiatement par tout le monde 24 heurs sur 24 ; il a compris aussi qu’il y a des mots qui peuvent blesser, et que c’est manquer de respect de ne pas les prendre en compte ; enfin, il voulait bousculer le système, refuser la langue de bois, mais on ne fait rien bouger si on n’a pas du respect. Il a reconnu donc qu’il a blessé des gens, qu’il n’a pas mesuré d’avoir blessé les gens. Mais il a souhaité préserver sa capacité à avoir un idéal, sa capacité à s’indigner, sa ténacité à agir pour transformer la société.

De même, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le "président des riches" qu’on lui ressort souvent, ajouté à Rothschild. Déjà, il voudrait ne pas être enfermé dans sa propre caricature qu’il n’est pas, mais il a admis qu’il n’était pas assez sensible à la détresse des autres, qu’il n’avait pas assez mesuré le sentiment d’angoisse (ou d’urgence). Un peu plus tard, il est revenu sur ce sujet en insistant sur le fait que les pauvres ont gagné en pouvoir d’achat (avec des augmentations du minimum vieillesse, de l’allocation adulte handicapé etc.), que les riches ont beaucoup gagné en pouvoir d’achat car il a incité à investir dans l’économie, et que les grands gagnants étaient la classe moyenne avec la suppression de la taxe d’habitation, la réduction de l’impôt sur le revenu, etc.

Emmanuel Macron a aussi estimé qu’il voulait célébrer les réussites économiques comme on célèbre les réussites artistiques ou sportives. Personne n’a fait remarquer que l’étiquette "président des riches" avait été aussi collée à Nicolas Sarkozy dès l’été 2007 avec son bouclier fiscal (qui a bénéficié en fait beaucoup plus aux salariés à bas revenus avec la défiscalisation des heures supplémentaires qu’aux plus riches). C’est un truc d’opposant de gauche, traiter de président des riches, ça marchera toujours. Sur le plan personnel, il faut rappeler (il ne l’a pas fait) que justement, il a quitté la banque Rothschild au sein de laquelle il aurait pu faire une grande carrière très profitable pécuniairement, mais qu’il s’y était ennuyé et avait voulu connaître d’autres expériences.

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Autre image qui a choqué, lorsqu’il a visité Saint-Martin, il s’est fait photographier par deux jeunes torse nu qui ont fait un doigt d’honneur : Emmanuel Macron a expliqué que ces jeunes qu’il a croisés dans la rue lui ont parlé de leur mère, il a décidé d’aller la voir au quatrième étage d’un immeuble. « Par tempérament, je ne me protège pas ». Donc, il y est allé comme cela, et « ils ont fait les imbéciles », il n’a pas tout de suite était conscient du selfie ni non plus qu’ils ont dégradé la fonction présidentielle. Emmanuel Macron a donc expliqué qu’il avait appris et qu’il fallait protéger la fonction même s’il ne voulait pas se protéger lui-même. En ce sens, c’est l’anti-Giscard : Valéry Giscard d’Estaing était tellement respectueux de la fonction présidentielle qu’il en devenait goujat, voulant absolument être servi en premier, prenant la meilleure place au lieu de la laisser à son épouse (comme De Gaulle), etc.

Emmanuel Macron a convenu qu’il était peu connu des Français quand il a été élu, « jeune homme de 39 ans », venu sur la place publique seulement depuis sept ans (2014), quand d’autres ont plusieurs décennies d’ancienneté et donc, à la longue, sont connus des Français.

Puis est venu le sujet de la crise des gilets jaunes et c’est intéressant à connaître les deux versions sur sa visite de la préfecture du Puy-en-Velay qui avait été incendiée. Certains ont dit que le Président avait eu très peur, que le retour était angoissant, craignant que la piste d’atterrissage fût occupée par les gilets jaunes, et imaginant une invasion de l’Élysée et un départ en hélicoptère (version de Louis de Raguenel). Cependant, une autre version dit exactement l’inverse, qu’au Puy-en-Velay, Emmanuel Macron ne se serait pas rendu compte du danger qu’il courait (version de Maurice Szafran). La version d’Emmanuel Macron, c’était de dire qu’il avait eu peur pour les Français. Et qu’il n’avait pas fui les manifestants puisqu’il se rendait vers les policiers pour les saluer et remercier.

Il a raconté ainsi sa rencontre avec le personnel de la préfecture. Une femme qui était à un mètre du point de chute d’un cocktail Molotov dans l’escalier, qui connaissait celui qui l’avait envoyé car c’était le père d’une camarade de classe de sa fille, et ce dernier lui a dit qu’ils allaient rôtir. Si cette histoire était fausse, j’imagine qu’elle serait vite démentie par les intéressés. Emmanuel Macron a commenté en disant que « la foule devient folle » et a cité Victor Hugo (« la foule trahit le peuple »). En ajoutant : « J’ai vu les esprits se dissoudre. ». Car tout était possible, il a entendu des leaders politiques justifier la violence.

Emmanuel Macron en a profité pour faire une réflexion à propos de la crise des gilets jaunes et de la crise sanitaire : « toutes les paroles ne se valent pas ! ». Tout le monde est respectable, mais la parole d’un député, qui représente la nation, a une plus grande portée que quelqu’un qui ne représente que lui. Au même titre, un scientifique qui a fait une dizaine d’années d’études est plus pertinent pour parler du virus qu’une personne qui n’a aucune qualification technique. Cela paraît une évidence qu’on a oubliée avec les réseaux sociaux où tout se vaut, et cela ne s’oppose pas au respect qu’il doit à toutes les personnes.

Les journalistes lui ont fait passer un passage de "micro-trottoir" sur la ou les réformes qui resteront de ce quinquennat, et en fait, personne n’était capable de dire quelque chose de concret. Emmanuel Macron lui-même n’a pas voulu jouer à ce jeu. Il n’a pas évoqué de "réforme symbolique" même s’il pouvait en citer quelques-unes. En fait, il a plutôt donner des résultats intéressants (chômage, réindustrialisation, croissance, etc.) qui montrent que la France est mieux outillée qu’en 2017 pour retrouver sa prospérité. Emmanuel Macron a dit plus tard que c’est une véritable crise, transformation, un monde qui meurt et un monde qui naît. Il est persuadé que la France, dans cette décennie, retrouvera son dynamisme économique et que cela ne fait que commencer.

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Évidemment, on lui a parlé de la réforme qu’il n’a pas faite et qui était une réforme importante de son programme électoral en 2017 : la réforme des retraites. À ceux qui s’offusquent qu’il ne l’a pas faite, il a répondu simplement qu’il ne pouvait pas la faire en période covid ; cet automne, tous les partenaires sociaux lui ont demandé de les laisser respirer pour rebondir après le covid-19. Emmanuel Macron a rappelé d’ailleurs que la réforme avait été votée en mars 2020 avec l’article 49 alinéa 3 et que sans crise sanitaire, il l’aurait définitivement fait adopter (avant l’été).

Emmanuel Macron a expliqué aussi que le comité des experts n’évoquait pas en 2017 la perspective d’un déficit, alors que maintenant si, ce qui justifie, selon lui, un prolongement de l’âge légal du départ à la retraite qu’il faudra donc prévoir après l’élection. De plus, il a indiqué vouloir travailler sur deux sujets : la pénibilité (qui n’est pas la même quand on prolonge l’âge de la retraite) et le problème de l’emploi des seniors. Au-delà de l’âge légal, Emmanuel Macron voudrait aussi réformer les régimes spéciaux, abandonnant la réduction à un seul régime mais à trois régimes : pour le privé, pour le public et pour l’armée. Il a surtout donné l’idée qu’il fallait produire plus.

Autre point de tension palpable, la dette publique. Emmanuel Macron a énuméré les trois réactions possibles face à la dette : 1° le "après moi le déluge", les générations suivantes paieront… c’est un comportement de gauche, typiquement irresponsable car on ne pourra plus emprunter ensuite ; 2° le "père fouettard" qui fait des coupures budgétaires sur tout, c’est la droite, mais ce n’est pas plus efficace car cela casse la croissance et à la fin, on augmente les impôts ; 3° son option : oui, on rembourse la dette, mais on ne casse pas la croissance, pas d’austérité pour maintenir la croissance et rembourser avec les fruits de la croissance (ce qu’a fait l’Allemagne).

Y a-t-il trop de fonctionnaires ? À cette question, Emmanuel Macron a refusé de répondre, donnant des gages à la gauche. Il a dit que les objectifs de réduire le nombre de fonctionnaires (200 000 pour Valérie Pécresse) était prendre le problème à l’envers. Son objectif, c’est de faire des services publics plus efficaces, et sur ces résultats, réaffecter le cas échéant des fonctionnaires qui ne sont pas de simples pions sur un échiquier. Et puis, lorsqu’on dit qu’on supprime les fonctionnaires, il faut qu’on dise lesquels exactement, car partout, on réclame plus de postes : armée, enseignement, santé, justice, police, etc. Bref, il n’y a pas un endroit où ils sont en sureffectif (sauf peut-être certaines fonctions territoriales, mais aujourd’hui, cela ne me paraît même pas sûr).

Emmanuel Macron a parlé rapidement de l’éducation, de l’obligation d’aller à l’école dès 3 ans, des allégements de classe, de la réforme du baccalauréat, des universités, des réformes qui engagent la France pour les dix prochaines années. Il a également évoqué le contrat industriel avec l’Australie dont le gouvernement n’a pas été correct avec la France et cela pèsera durablement sur nos relations. Il a aussi été interrogé sur les violences faites aux femmes (l’une des priorités de son mandat : Emmanuel Macron a rappelé que lorsqu’il a fait sa grande marche avec les adhérents de LREM pour écouter le peuple, le premier sujet de préoccupation était la violence faite aux femmes, il a ainsi beaucoup agi en ce sens, depuis les commissariats qui doivent prendre les dépôts de plainte jusqu’à la disposition de logements de secours pour les femmes violentées, etc.). Il a parlé aussi des accusations contre Nicolas Hulot, de l’affaire Benalla, etc. Il en est venu à parler de l’assassinat de Samuel Paty (il a eu beaucoup d’émotion en en parlant) et du terrorisme plus généralement et ne veut pas confondre l’islamisme radical et l’islam, comme certains veulent le faire.

À la question : qu’a-t-il le plus appris de ce quinquennat ? Emmanuel Macron a répondu : « J’ai appris à mieux les aimer », "les" signifiant les Français. Il a évoqué ses conversations avec Hubert Germain qui lui racontait que De Gaulle demandait toujours de la bienveillance dans les rapports sociaux, cette bienveillance était l’un de ses thèmes de campagne en 2017.

À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a voulu montrer l’actualité de son "en même temps" : il est pour une France "efficace" mais aussi une France "juste", ne pas laisser de côté ceux qui ne sont pas dans la réussite. C’est finalement le slogan habituel des centristes qui résumaient leur philosophie par "l’efficacité économique et la justice sociale", d’où le mélange de droite et de gauche.

Toujours pour répondre à cette question, il a ajouté : « Au début de mon mandat, j’aimais la France, maintenant, j’aime la France, follement, et j’aime les Françaises et les Français. ». Pour conclure enthousiaste : « Nous sommes le pays de tous les possibles ! ».

Alors, non, il n’a pas de regret, mais : « Est-ce que j’ai fait des erreurs ? Oui, beaucoup ! Est-ce que j’ai répété ces erreurs ? Non, je crois. ». Effectivement, c’est dans la culture anglo-saxonne de ne pas se formaliser d’avoir fait des erreurs, à condition de ne refaire jamais la même erreur et d’apprendre de ses erreurs. Emmanuel Macron a probablement tendance à faire plus de maladresses par son inexpérience et sa jeunesse, mais il apprend vite et se corrige vite et volontiers, ce qui est très rare chez les Présidents de la République à l’ego en général bouffi.

C’est la transcription que j’ai essayé d’être la plus fidèle de cette émission. Tout est en place pour l’année prochaine. Bien entendu qu’Emmanuel Macron sera candidat même s’il laisse une petite incertitude sincère car la crise sanitaire pourrait l’amener peut-être à prendre des mesures très impopulaires, il en a en tout cas envie en disant que cinq ans, c’est trop court pour réformer. En tout cas, tous les arguments sur son bilan et sa vision de l’avenir ont été posés, aussi un argumentaire pour répondre aux arguments tant de Valérie Pécresse ("il a cramé la caisse") qu’Éric Zemmour (deux visions de la France s’opposent).

Bref, cette émission est du grand art de la communication politique. Introspection et esquisse de programme, mais concrètement, aucune annonce formelle. Probablement que ses oppositions se contenteront de dire : tout ça pour ça ? Je constate que cette émission était indispensable dans le débat public : après l’épisode Zemmour, puis l’épisode Pécresse, la voix de la majorité était inaudible malgré les nombreux arguments bidons des oppositions. À quelques jours de Noël, Emmanuel Macron a remis quelques pendules à l’heure, puis, en janvier, il y aura la grande séquence européenne (le 19 janvier 2022, visite cruciale au Parlement Européen à Strasbourg) et sans doute en février 2022, sa candidature. Nicolas Sarkozy avait regretté d’être parti si tard en campagne, Emmanuel Macron semble avoir la même assurance. Et peut-être regret futur.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Introspectif et tourné vers l’avenir, Emmanuel Macron justifie (presque) tout.
Emmanuel Macron l’Européen, Président jusqu’au bout.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, l’homme qui valait 30 milliards.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211215-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/introspectif-et-tourne-vers-l-237984

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/12/14/39261726.html







 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 03:45

« L’avenir, c’est la dernière étape de l’Accord de Nouméa. Un troisième référendum est possible. C’est à vos élus du Congrès de le décider. L’État, fidèle à sa parole, se tient prêt à l’organiser si c’était leur choix. » (Emmanuel Macron, le 4 octobre 2020).



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Pour la troisième et dernière fois, la Nouvelle-Calédonie va voter ce dimanche 12 décembre 2021. Il s’agit d’un dernier référendum pour l’indépendance. Le processus est long et la pandémie de covid-19 n’a pas facilité les choses.

Selon l’Accord de Nouméa signé le 5 mai 1998 et initié par le Premier Ministre Lionel Jospin (inscrit dans les articles 76 et 77 de la Constitution), trois référendums étaient prévus sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Plus exactement, un référendum d’autodétermination était prévu entre 2014 et 2018, suivi éventuellement de deux autres.

La question, négociée âprement le 28 mars 2018 par le Premier Ministre Édouard Philippe et les différents groupes politiques néo-calédoniens, est : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?".

Le corps électoral est particulier puisque ne peuvent voter que les habitants de Nouvelle-Calédonie installés depuis au moins 1994 (et leurs descendants). Par conséquent, ceux installés il y a moins de 27 ans sont hors du cadre électoral (sont ainsi exclus environ 36 000 électeurs potentiels).

Deux référendums ont déjà eu lieu : le 4 novembre 2018, le "non" l’a nettement emporté avec 56,7% et une forte mobilisation (81,0% de participation) et le 4 octobre 2020, le "non" l’a aussi emporté, mais de manière plus serrée, avec 53,3% et avec une plus forte participation, 85,7%. Les groupes indépendantistes du Congrès (assemblée délibérative de la Nouvelle-Calédonie) ont alors demandé le 8 avril 2021 au gouvernement français l’organisation d’un troisième référendum.

Le Premier Ministre Jean Castex a réuni les dirigeants néo-calédoniens du 25 mai au 3 juin 2021 à Paris pour évoquer cette nouvelle échéance. Le gouvernement a fixé au 12 décembre 2021 la tenue de ce nouveau référendum. L’Accord de Nouméa convient que tout doit être terminé avant fin 2022 (avenir, statuts). Les indépendantistes voulaient la tenue de ce référendum après l’été 2022, pour éviter un télescopage avec les élections nationales françaises du printemps 2022. Au contraire, les loyalistes voulaient son organisation le plus tôt possible afin de clore cette période d’incertitude institutionnelle.

En effet, ces référendums à répétition ont particulièrement freiné l’activité économique de l’archipel en plongeant tous les acteurs économiques dans l’incertitude depuis quatre ans. La situation économique est à l’attentisme, les conséquences étant très différentes selon que la Nouvelle-Calédonie reste française ou pas. Les investisseurs attendent donc.

Mais la crise du covid-19 est également arrivée en septembre-octobre 2021. Alors que la Nouvelle-Calédonie avait été plutôt épargnée jusque-là (les Néo-calédoniens font très attention aux épidémies par culture historique, à la suite d’une épidémie dans les années 1920, et ils ont même voté l’obligation vaccinale le 3 septembre 2021), le bureau politique du FLNKS a pris la décision, le 6 octobre 2021, de demander le report du référendum en raison de la crise sanitaire : « Si , aujourd’hui, le bureau politique du FLNKS demande le report de cette date, c’est surtout parce qu’il nous semble malvenu de faire campagne au sein d’une Calédonie qui sortira meurtrie et divisée de cette crise sanitaire. » (Jean Creugnet le 7 octobre 2021). Le FLNKS a évoqué le risque de participation faible à cause du covid-19 et donc, la possibilité d’un scrutin contestable, et l’impossibilité de faire campagne.

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La situation s’est radicalisée en quelques jours. Alors que le Ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu venait de rencontrer tous les protagonistes politiques en Nouvelle-Calédonie, à son retour à Paris, il a découvert le 20 octobre 2021 que le FLNKS a finalement appelé à boycotter le scrutin. La raison, le mois de confinement (depuis le 7 septembre 2021) et les 260 décès dus au covid-19 (pour une population estimée en 2019 à 271 000 habitants, soit environ 0,1%). Les indépendantistes ont aussi menacé de ne pas participer aux négociations après le référendum. Le 9 novembre 2021, ils ont affirmé qu’ils ne respecteraient pas le résultat du référendum s’il était maintenu.

Mais la crise sanitaire a bon dos : elle ne fait que rappeler que la Nouvelle-Calédonie sans la France ne serait pas capable de lutter efficacement contre la pandémie (tests, vaccins, médecins, etc.), ce qui désavantagerait évidemment les partisans de l’indépendance. Beaucoup parlent ainsi d’instrumentation du covid-19 pour reporter le référendum pour des raisons politiques, car le contexte leur est défavorable.

Le 12 novembre 2021, le gouvernement français a maintenu la date du 12 décembre 2021 en raison de l’amélioration de la situation épidémique. La situation a été confirmée le 30 novembre 2021 avec la poursuite de la baisse du taux d’incidence, l’absence de décès depuis le 21 novembre 2021 et parallèlement, une couverture vaccinale très large.

Ce maintien du référendum ravit donc les loyalistes qui veulent en terminer avec ce cycle de trois référendums qui paralyse toute l’économie néo-calédonienne. La participation va donc être le principal critère de succès du référendum dont l’issue paraît peu incertaine (en faveur du maintien dans la République). L’observation dans les différentes provinces donnera aussi une indication cruciale sur la nature et l’ampleur de l’abstention : est-elle due à la crise sanitaire ou au boycott des indépendantistes ? Cette analyse par province devrait permettre de répondre à la question.

Dans les arguments, le choix ne serait pas la France ou l’indépendance, mais plutôt la France ou la Chine qui viendrait reprendre l’influence française (du reste comme Madagascar aujourd’hui). Pendant la campagne du congrès de LR, Xavier Bertrand avait été scandalisé par la neutralité du gouvernement français dans ce référendum, considérant que l’intérêt stratégique de la France était de garder une présence et une influence dans le Pacifique. Mais cette neutralité institutionnelle, voulue pour rendre incontestables les résultats du référendum, n’empêche pas l’engagement de la majorité actuelle dans le camp du "non" à l’indépendance, en particulier de François Bayrou. D’autres personnalités comme Bruno Retailleau (LR) et Jean-Christophe Lagarde (UDI) ont fait également la campagne contre l’indépendance. Probablement qu’on posera une question sur le sujet au Président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du jeudi 9 décembre 2021. Dans son allocution télévisée du 4 octobre 2020, le chef de l’État disait : « Il nous revient tous ensemble de préparer cet avenir. Le moment est en effet venu de répondre et d’appréhender les conséquences concrètes de tous les scénarios. Et l’État, sans se départir de son impartialité, garantie par les Accords de Matignon, s’engagera dans cette voie. ».

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Dans tous les cas, une longue période de discussions et concertations aura lieu après le référendum, soit le "oui" à l’indépendance, et sera rédigée une Constitution qui sera ensuite approuvée par référendum, soit le "non" et dans ce cas, un nouveau statut institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie sera négocié puis ratifié par référendum. Entre autres réformes, le corps électoral qui est beaucoup trop restreint que les droits élémentaires des nationaux (non seulement un citoyen installé après 1994 ne peut voter au référendum, mais aujourd’hui, il ne peut même pas choisir ses représentants au Congrès).

Le risque est donc que tout ce processus de résolution pacifique qui a commencé avec les Accords de Matignon du 26 juin 1988 (il y a trente-trois ans) soit remis en cause par le boycott injustifié des indépendantistes. De toute façon, la crise sanitaire a montré l’importance de la présence française et ce qui était valable en 2021 le sera en 2022, cela ne changera pas vraiment, en quelques mois, la Nouvelle-Calédonie qui ne se transformera pas de manière à ne plus avoir besoin de la France. La mauvaise foi des indépendantistes peut donc révéler tout simplement que la Nouvelle-Calédonie se sent beaucoup mieux dans le cadre de la République française que toute seule au milieu du Pacifique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie : jamais deux sans trois !
Bernard Pons.
Nouvelle-Calédonie : le vent du boulet ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 4 octobre 2020 sur la Nouvelle-Calédonie.
Résultats du référendum du 4 octobre 2020 en Nouvelle-Calédonie.
Nouvelle-Calédonie : bis repetita ?
Jean-Marie Tjibaou fut-il un martyr de la cause kanake ?
Nouvelle-Calédonie : un timide oui pour la France.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 4 novembre 2018 sur la Nouvelle-Calédonie.
Résultats du référendum du 4 novembre 2018 en Nouvelle-Calédonie.
Paris à l’écoute de la Nouvelle-Calédonie.
Discours du Président Emmanuel Macron le 5 mai 2018 à Nouméa.
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le 5 décembre 2017 à Nouméa.
L’assaut de la grotte d’Ouvéa selon Michel Rocard.
Jacques Lafleur.
Dick Ukeiwé.
Edgard Pisani.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211205-nouvelle-caledonie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nouvelle-caledonie-jamais-deux-237821

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/12/07/39251658.html











 

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