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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 19:45

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210318-covid-cv.html




À l'issue du conseil de défense présidé par le Président de la République le 17 mars 2021, le Premier Ministre a présenté en conférence de presse, ce jeudi 18 mars 2021, les nouvelles mesures prises contre le Covid-19.




Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 18 mars 2021 à  Matignon, sur la situation pandémique


Mes chers concitoyens, mesdames et messieurs,

Chaque semaine, chaque jeudi soir, nous partageons l’ensemble des informations en notre possession sur l’évolution de l’épidémie et les décisions qu’elle rend nécessaire pour en maîtriser la diffusion.

Il y a 15 jours, ici même, je vous ai fait part de mon inquiétude : nous observions un début de reprise de la circulation virale, avec quelques situations préoccupantes dans certains départements. Deux semaines plus tard, le constat que nous pouvons faire de la situation confirme nos craintes : la progression de l’épidémie s’accélère nettement. Nous avons enregistré 38 000 cas sur la seule journée de hier, 35 000 aujourd’hui. Le nombre de nouveaux cas a augmenté de 23,6 % en une semaine. Cette reprise dessine en réalité ce qui s’apparente de plus en plus clairement à une troisième vague, alors même que nous approchons du chiffre terrible des 100 000 morts.

Cette troisième vague s’observe d’ailleurs, à des degrés divers, dans plusieurs autres pays européens. Cette troisième vague, nous en connaissons la cause : l’arrivée du variant britannique qui représente maintenant près des trois quarts des contaminations. Ce variant britannique, nous savions – et je vous l’avais dit – qu’il était plus contagieux. Nous découvrons peu à peu qu’il est en réalité à la fois plus virulent et potentiellement plus grave. Et cela se vérifie dans les chiffres de nos services de réanimation.

Hier, 4269 malades de la Covid étaient hospitalisées en réanimation. Chaque jour, environ 330 nouveaux malades arrivent en réanimation : cela représente une personne toutes les 4 minutes !

Plus inquiétant encore, et Olivier VÉRAN y reviendra, ces arrivées en services de réanimation concernent des personnes plus jeunes et en meilleure santé que lors des vagues précédentes, et leur durée de séjours à l’hôpital est de plus en plus longue. Clairement, ces éléments sont plus préoccupants encore que ce que nous pouvions comprendre de l’évolution du virus il y a encore quelques semaines.

La situation se dégrade : notre responsabilité est maintenant qu’elle ne nous échappe pas. Au cours des semaines écoulées, nous étions parvenus à contenir le niveau de progression épidémique grâce aux mesures adoptées, mesures qui n’étaient pas des mesures légères et faciles. À savoir, depuis le 16 janvier, le couvre-feu à partir de 18 heures dans tout le pays, conjugué à la fermeture d’un certain nombre d’établissements recevant du public. Nous avons également accéléré la vaccination avec notamment des opérations très importantes le week-end, dont je félicite l’ensemble des acteurs. Nous avons également décidé de renforcer notre stratégie « tester, alerter, protéger » et pris des mesures supplémentaires de restriction dans les territoires les plus durement touchés, en mettant en place une stratégie territorialisée fondée sur le constat que l’épidémie, si elle progresse partout, demeure encore disparate selon les régions.

C’est ainsi que 23 départements ont été placés sous une surveillance renforcée et qu’un confinement le week-end a été mis en place dans les agglomérations de Dunkerque et de Nice le 25 février dernier, puis dans le département du Pas-de-Calais le 6 mars dernier.

Ces décisions ont été prises sur la bases de critères sanitaires : un taux d’incidence au-dessus de 400 cas pour 100 000 habitants, une pression hospitalière dans ces territoires atteignant déjà la cote d’alerte, une dynamique laissant entrevoir une nette dégradation si rien n’était fait pour l’enrayer.

Compte tenu des disparités régionales qui restent aujourd’hui encore importantes, cette stratégie territorialisée conserve son sens et sa pertinence. Elle appelle cependant des mesures beaucoup plus fortes dans un plus grand nombre de départements.

Au cours des tout derniers jours, deux régions ont franchi ou s’apprêtent à franchir ces seuils : l’Ile-de-France et les Hauts-de-France.

En Ile-de-France, l’incidence est aujourd’hui de 446, ce qui représente une hausse très forte de plus de 23 % en une semaine. Plus préoccupant encore : la pression hospitalière atteint aujourd’hui un niveau très élevé. Il y a ce soir près de 1 200 personnes admises en réanimation en Ile-de-France. C’est déjà plus que le niveau qui avait été atteint au pic de la deuxième vague au mois de novembre. Grâce aux efforts considérables de tous les établissements, publics comme privés, nous avons encore augmenté nos capacités d’accueil en soins intensifs et nous pouvons encore accueillir au moins 300 à 500 malades supplémentaires.

Dans la région Hauts-de-France, le taux d’incidence s’élève ce soir à 381. Si le seuil de 400 n’est pas encore atteint, il devrait l’être très rapidement au vu des rythmes de progression que nous enregistrons. Il est vrai que la situation épidémique n’est pas équivalente entre les différents départements mais la situation critique des services hospitaliers de cette région y est maintenant partout très préoccupante. Comme en Ile-de-France, le pic de la deuxième vague a également été atteint et dépassé.

Il en est de même des départements de la Seine–Maritime et de l’Eure où l’on observe des niveaux d’incidence moindres mais deux éléments critiques : une augmentation très forte et surtout, des capacités de réanimation déjà presque totalement saturées.

Dans tous ces territoires, de nouvelles mesures doivent donc intervenir sans délai.

Le confinement le week-end qui s’applique dans les Alpes-Maritimes et le Pas-de-Calais depuis quelques semaines, a eu un effet réel mais le bilan que l’on peut en faire est qu’il est insuffisant pour casser fortement la dynamique de l’épidémie, qui s’accélère. Dans le Pas-de-Calais, la situation s’est stabilisée mais peine à s’améliorer. Dans les Alpes-Maritimes, une réelle baisse observée dans un premier temps semble s’atténuer depuis quelques jours. Je voudrais saluer la mobilisation de la population et des élus de ces territoires qui s’arcboutent pour lutter face à l’épidémie.

Mais face à l’accélération du virus et la pression qui s’accentue sur nos services hospitaliers, nous devons aller plus loin et mettre en œuvre des mesures plus exigeantes dans les départements dont la situation est la plus critique.

Ces départements sont donc au nombre de 16. Il s’agit des 8 départements d’Ile-de-France, des 5 départements des Hauts-de-France, des Alpes-Maritimes, de la Seine-Maritime et de l’Eure. Le Gouvernement a procédé à des concertations avec leurs élus locaux et j’ai moi-même reçu hier les présidents des assemblées et des groupes parlementaires.

Dans ces 16 départements, de nouvelles mesures de freinage massives de l’épidémie interviendront à compter de ce vendredi soir minuit, et pour quatre semaines. C’est une troisième voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer. Ces mesures de confinement ne seront pas la reprise telle quelle de celles que nous avions mises en place en mars et en novembre dernier. Car depuis le début de l’épidémie, il y a exactement un an, le temps a passé, la crise a duré, mais nous avons appris.

En mars 2020, pris par la brutalité de la première vague, nous avons appliqué un confinement national particulièrement strict, incluant la fermeture des écoles et une présence au travail très réduite. En novembre, nos mesures ont permis de laisser les établissements scolaires ouverts et nous avons rapidement basculé à une logique de couvre-feu et d’ouverture encadrée.

Depuis le mois de janvier, nous avons opté pour une stratégie qui nous distingue des autres pays européens.

Contrairement à beaucoup de nos voisins, nous n’avons pas appliqué de confinement au long cours, à l’échelle de tout le pays. Nous avons même écarté cette option fin janvier dernier et c’était la bonne décision car si nous avions dû confiner alors, dans une logique d’anticipation, nous aurions alors infligé au pays un confinement de probablement 3 mois. Cela aurait été excessif et insupportable. Et nous avons bien fait de ne pas suivre les prévisions de certains modèles qui indiquaient un emballement de l’épidémie dès la mi-février, ce qui ne s’est pas produit grâce à notre mobilisation collective.

L’Allemagne par exemple applique un confinement strict depuis trois mois en fermant ses crèches et ses écoles, et en décale aujourd’hui la levée compte tenu des nouveaux effets du variant. L’Italie a déjà connu 3 confinements et vient d’en décider un quatrième, au moment où ce pays est atteint comme nous par cette nouvelle vague épidémique liée au variant anglais.

Avec le Président de la République, nous avons privilégié une approche pragmatique, proportionnée et territorialisée. Cette approche nous a permis de freiner pendant plusieurs semaines la circulation du virus, malgré l’apparition puis la progression du variant anglais.

Notre conviction est que si de nouvelles mesures s’avèrent aujourd’hui nécessaires, nous devons continuer dans la même cohérence : privilégier une approche pragmatique, proportionnée et territorialisée, ne pas appliquer mécaniquement les mêmes mesures qu’hier, prendre en compte ce que cette épidémie nous a appris.

Dans les 16 départements concernés par ces nouvelles mesures, nous maintiendrons le parti pris de laisser les écoles ouvertes. Préserver autant que possible, l’éducation de nos enfants, il s’agit d’un choix qui nous distingue de beaucoup de nos voisins et que nous entendons préserver aussi longtemps que cela sera possible. Les écoles maternelles, les écoles élémentaires, les collèges fonctionneront donc normalement. Pour les lycées qui sont déjà pour plus des deux tiers en demi-jauge, ils basculeront en totalité dans ce fonctionnement. Et les universités continueront à fonctionner selon le rythme actuellement en vigueur.

Pour tenir compte des besoins des élèves, nous assouplirons les conditions dans lesquelles l’activité sportive des mineurs pourra être pratiquée : l’éducation physique et sportive, sur le temps scolaire, pourra reprendre normalement et les activités sportives extra-scolaire en plein air des mineurs seront maintenues.

De même, dans ces territoires, les règles s’appliquant aux lieux de culte resteront inchangées. S’agissant des commerces, comme en mars et en novembre, seuls les commerces vendant des biens et des services de première nécessité seront autorisés à ouvrir. Cette notion de bien de première nécessité sera étendue aux livres et à la musique, ce qui permettra aux libraires et aux disquaires de rester ouverts. Par souci d’équité, les restrictions de vente s’appliqueront aux mêmes produits qu’ils soient vendus dans un rayon de grande surface, un commerce spécialisé ou un petit commerce de centre-ville.

Je sais que les commerces ont mis en place des protocoles sanitaires stricts. Mais pour ralentir l’épidémie, il faut réduire les risques de croiser le virus, et donc les occasions de contacts dans les lieux clos. Dès lors, la fermeture d’une partie des commerces doit y contribuer, indépendamment des risques spécifiques liés à leur fréquentation. C’est d’ailleurs ce que tous les pays autour de nous se sont résolus à faire.

S’agissant des déplacements hors du domicile, notamment pour pouvoir s’aérer, se promener, faire du sport, ils seront encadrés mais selon des règles plus souples qu’en mars et novembre dernier. Car on sait aujourd’hui qu’on se contamine infiniment moins quand on se promène en plein air qu’en étant regroupés, sans masque, en intérieur. Je sais également ce qu’est l’aspiration profonde de beaucoup d’entre vous de pouvoir profiter des espaces extérieurs alors que la crise dure depuis maintenant une année et que nous avançons vers le printemps.

Concrètement, il sera possible de sortir de chez soi pour se promener, s’aérer ou faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi. Pour les habitants des territoires concernés, les déplacements inter-régionaux seront par ailleurs interdits sauf motifs impérieux ou professionnels.

Le dispositif de couvre-feu sera maintenu selon les mêmes règles qu’aujourd’hui. Avec une différence cependant : l’heure de début passera de 18 heures à 19 heures, et cet ajustement lié à l’arrivée prochaine de l’heure d’été s’appliquera à compter de samedi prochain et concernera tous les départements et pas seulement ceux soumis à des mesures renforcées.

Ce choix de moins restreindre les possibilités de sortir de chez soi doit cependant s’accompagner d’une vraie vigilance : il s’agit clairement de rendre possible le fait d’être à l’extérieur, mais pas d’aller chez des amis pour y faire la fête ou s’y retrouver en nombre, sans distance ni masque. On sait je le répète que ce sont d’abord dans ce type de circonstances que le virus prospère.

De même, rendre plus facile les activités en extérieur ne doit pas être le prétexte à barbecues entre amis, à des regroupements dans l’espace public ou dans les parcs et jardins, ou encore des attroupements devant certains bars qui servent à boire ou à manger en vente à emporter. Des consignes strictes seront passées aux préfets pour interdire la fréquentation de certains espaces publics ou même les manifestations et regroupements quand leurs conditions d’organisation créent un vrai risque sanitaire.

La règle du jeu est claire. Elle s’appuie sur un principe de confiance et de responsabilité, je dirais même de bon sens et certainement pas d’infantilisation : profitons librement des espaces extérieurs mais soyons très rigoureux pour proscrire les regroupements privés ou dans l’espace public.

Au-delà de ces mesures régissant les déplacements personnels, nous devons également être très vigilants sur les risques de contamination sur les lieux de travail. La dernière étude réalisée par l’Institut Pasteur montre que ces lieux représentent 29 % des cas identifiés. Cela plaide pour que dans les prochaines semaines, toutes les entreprises, toutes les administrations qui le peuvent poussent au maximum le télétravail, tout en maintenant toujours une journée sur place pour les salariés qui le souhaitent. Au moins 4 jours sur 5 en télétravail, c’est l’objectif qu’il faut atteindre et, reconnaissons-le, beaucoup d’entreprises en sont encore loin aujourd’hui.

Cela plaide aussi pour être plus attentifs aux conditions dans lesquelles se font les déplacements entre le domicile et le travail. L’étude Pasteur que j’évoquais tout à l’heure montre que la fréquentation des transports en commun serait moins à risque que le co-voiturage. Pour une raison simple : le port du masque est bien mieux respecté dans les métros et les trains que dans les véhicules personnels. Il ne s’agit pas d’interdire le co-voiturage – ce serait totalement excessif – mais je veux rappeler à tous ceux qui le pratiquent, l’absolue nécessité de respecter les gestes barrières.

Cela plaide enfin pour que les salariés qui ont le moindre symptôme de la maladie ne se rendent pas au travail. Cela peut sembler évident mais nos données statistiques montrent que ce n’est pas toujours le cas : près de la moitié des contaminations en milieu professionnel sont causées par des personnes qui sont venues travailler alors qu’elles étaient déjà symptomatiques. De même, nous savons que le moment des repas sur les lieux de travail est forcément une source de risque.

J’ai donc demandé à la ministre du Travail et à la ministre de la Transformation et de la Fonction publique d’établir d’ici le début de la semaine prochaine, après concertation avec les partenaires sociaux, un protocole significativement renforcé pour la restauration collective en entreprise.

Les mesures que je vous annonce se traduiront dans les départements concernés, et toute la semaine – j’en ai bien conscience, par des contraintes supplémentaires pour nos concitoyens. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles et je sais la lassitude qui est la vôtre face à cette succession de mesures qui, à l’image du virus lui-même, vont et viennent, évoluent et s’adaptent à mesure que la crise dure.

Ces mesures, je les crois absolument indispensables et équilibrées. Elles visent à freiner le virus sans nous enfermer. Le virus a accéléré depuis maintenant 15 jours, la pression sur les services hospitaliers s’est accentuée depuis une bonne semaine ; le moment est venu d’en tirer les conséquences.

Cela signifie que ces mesures que nous prenons aujourd’hui dans les régions les plus impactées pourront être étendues, si nécessaire, à d’autres parties du territoire.

Cela signifie que les mesures que nous prenons aujourd’hui ont vocation à s’appliquer pendant au moins les 4 prochaines semaines, car c’est le temps nécessaire pour qu’elles produisent un effet suffisant sauf si bien entendu des résultats positifs significatifs étaient constatés dans l’intervalle. C’est aussi le temps qu’il nous faut par ailleurs pour atteindre un premier palier très important – mi-avril – dans la vaccination des plus vulnérables.

Pendant un an, nous avons lutté contre le virus par des mesures de restriction. L’enjeu des prochaines semaines, c’est de réduire ces mesures de restriction, de revenir progressivement à une vie normale, à mesure que nous vaccinerons de plus en plus de nos concitoyens.

Car c’est bien la campagne de vaccination qui va nous permettre de sortir de cette crise. Cette campagne progresse et s’accélère fortement. Nous avons ce soir près de 5,7 millions de personnes qui ont été vaccinées en première injection. Nous avons atteint un rythme de vaccination quotidienne parmi les plus élevés de l’Union européenne. J’insiste, aussi et encore, sur le fait qu’avec notre stratégie de priorisation, nous vaccinons les bonnes personnes, c’est-à-dire les personnes les plus fragiles.

Nous avons par exemple quasiment terminé la vaccination des résidents des EHPAD qui représentent 1% de la population française mais 30 % des décès dus à la Covid. Près de 45% de l’ensemble des personnes de plus de 75 ans ont reçu une première injection. C’est près de 1 personne sur 2 ! C’est absolument essentiel car ce sont elles que nous devons protéger en priorité si nous voulons relâcher la pression sur l’hôpital et lever les restrictions sanitaires.

Je veux insister sur un point : il faut aller le plus loin possible dans la vaccination des personnes de plus de 75 ans dans les centres de vaccination. De plus en plus de rendez-vous sont disponibles, et certains ont désormais du mal à trouver preneurs.

Je vous encourage très fortement à vous inscrire, avant que nous n’ouvrions la vaccination aux personnes plus jeunes, ce que je souhaite faire désormais.

La progression de notre campagne a été légèrement retardée du fait de la décision que nous avons prise lundi, avec le Président de la République, de suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca, dans l’attente de l’avis de l’agence européenne du médicament. Cette décision a été prise à titre de précaution, en France comme dans beaucoup d’autres pays européens, et quand bien même nous avions recensé un nombre très limité de cas suspects dans notre pays. Cette suspension de quelques jours devait ainsi permettre aux autorités scientifiques européennes d’examiner les cas suspects et de rendre un avis sur les conditions d’utilisation de ce vaccin. C’est une démarche prudente certes, mais indispensable en termes de confiance et de transparence.

L’agence européenne du médicament vient, il y a quelques minutes, de rendre l’avis que nous attendions. Il confirme que le vaccin AstraZeneca est un vaccin qui est non seulement très efficace pour lutter contre l’apparition de formes graves de la maladie, mais qui est aussi un vaccin sûr, sans danger.

Pour être plus précis : le vaccin AstraZeneca n'est pas associé à une augmentation du risque global de caillots sanguins chez les sujets qui le reçoivent. De même, contrairement aux suspicions qui ont pu avoir cours, il n'y a aucune preuve d'un problème lié à des lots spécifiques du vaccin ou à des sites de fabrication particuliers. Ce que signale l’agence européenne du médicament, ce sont des effets secondaires extrêmement rares, liés à un faible taux de plaquettes sanguines et apparaissant chez des personnes majoritairement âgées de moins de 55 ans. Mais, je le répète, l’agence dit très clairement que l’efficacité démontrée du vaccin AstraZeneca dans la prévention des hospitalisations et des décès liés au COVID l’emporte très largement sur la probabilité extrêmement faible de développer ces effets secondaires.

Dès demain matin, la Haute autorité de santé française, qui est chargée dans notre pays de formuler les indications de tel ou tel vaccin, actualisera sa recommandation s’agissant du vaccin AstraZeneca, afin que nous puissions reprendre immédiatement dans la foulée, dès demain après-midi, la campagne de vaccination.

Comme je l’ai déjà indiqué, je me ferai vacciner demain avec ce vaccin, pour montrer que nous pouvons avoir toute confiance. Je veux en profiter précisément pour dire toute ma confiance et tout mon soutien aux professionnels de santé de ville, médecins comme pharmaciens, qui pourront reprendre la vaccination dès demain après-midi et que je remercie pour leur engagement sans faille dans la course de vitesse que nous menons.

Grâce à cela et aux livraisons qui arrivent, nous tiendrons les objectifs que nous nous sommes fixés. Cet objectif peut se dire en 3 chiffres : « 10 – 20 – 30 ».

10 : nous voulons avoir vacciné, dès la mi-avril, au moins 10 millions de personnes, soit la totalité des personnes vulnérables volontaires aujourd’hui éligibles à la vaccination. Tous les plus de 75 ans et, parmi les personnes de plus de 50 ans, celles qui présentent risque face à la maladie.

20 : nous voulons avoir vacciné, d’ici mi-mai, au moins 20 millions de personnes, soit la totalité de la population volontaire de plus de 50 ans.

30 : nous voulons avoir vacciné, d’ici mi-juin, 30 millions de personnes, soit les deux tiers de la population de plus de 18 ans volontaires.

Concrètement, cela veut dire que ceux qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination vont bientôt pouvoir y accéder. Les personnes de plus de 65 ans, qui ne présentent pas de comorbidités, pourront ainsi se faire vacciner à partir de mi-avril. Pour les adultes de plus de 50 ans, la vaccination sera ouverte à partir de mi-mai.

La progression des livraisons va nous permettre de tenir ces objectifs, d’autant que nous recevrons à partir de mi-avril les doses du vaccin Janssen qui a été autorisé en Europe et en France. Et l’organisation que nous avons mise en place va nous permettre de répartir toutes ces doses sur le territoire national et de les utiliser le plus rapidement possible. Nous avons sonné la mobilisation générale pour que nous allions encore plus vite, pour multiplier les points de vaccination, pour vacciner sans relâche tous les jours de la semaine, y compris le week-end.

Vous pouvez désormais vous faire vacciner chez votre médecin ou votre pharmacien. Vous pouvez aussi vous rendre dans un centre de vaccination. Il y en a déjà environ 1 500 en France et nous allons en créer davantage, avec les maires et les élus locaux que je remercie pour leur engagement. Grâce aussi à la mobilisation admirable des hôpitaux, des médecins de ville, des pharmaciens, des pompiers et de tous ces acteurs que je croise à chaque fois que je me déplace sur le terrain : nous mettrons tout en œuvre pour vaincre le virus et nous allons y arriver.

J’ai parfaitement conscience, mes chers concitoyens, des efforts qu’à nouveau je vous demande ce soir. Tous les pays d’Europe sont confrontés aux mêmes souffrances et aux mêmes difficultés que nous. Le variant s’y développe, de manière certes inégale, mais de manière certaine.

Mais nous ne pouvons pas laisser ce virus, ou plutôt désormais ces variants, poursuivre sa route sans tout mettre en œuvre pour l’entraver, comme nous avons toujours tenté de le faire jusqu’à présent en prenant des mesures pragmatiques, proportionnées et territorialisées et en veillant à l’équité entre les territoires. Il nous faut donc encore et à nouveau faire face ensemble : nous avons devant nous des jours encore difficiles.

Nous devons être derrière nos soignants. Nous les applaudissions chaque soir à 20 heures lors du premier confinement. Ils le méritent encore aujourd’hui. Nous sommes confrontés à une troisième vague de cette pandémie, qui semble ne pas vouloir en finir, mais la grande différence avec les vagues précédentes c’est que nous avons aussi une perspective qui s’appelle la vaccination.

Cette perspective change tout et nous dit que non seulement ces efforts sont indispensables, mais qu’ils ne seront pas vains.

Je vous remercie.

Jean Castex, le jeudi 18 mars 2021 à 19 heures, à Matignon, Paris.


Source : gouvernement.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210318-conference-presse-castex.html



 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 20:06

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210129-castex.html




À l'issue du conseil de défense présidé par le Président de la République, le Premier Ministre a présenté en conférence de presse, ce 29 janvier 2021, les nouvelles mesures prises contre le Covid-19 pour éviter un troisième confinement.




Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à  l'Élysée, sur la situation pandémique

Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens,
 
Le Président de la République a réuni aujourd’hui en fin d’après-midi un Conseil de défense, au cours duquel ont été examinés l’état de la situation sanitaire ainsi que les projections les plus récentes sur la diffusion du virus, production réalisée sous l’égide du Conseil scientifique. J’ai conduit, hier et avant-hier, des concertations avec les représentants des groupes parlementaires et politiques, des associations d’élus locaux et des partenaires sociaux. Il apparaît que si la situation sanitaire reste mieux maîtrisée en France que chez beaucoup de nos voisins, elle est cependant préoccupante. Près de 27 000 de nos compatriotes sont hospitalisés pour Covid. Plus de 3 000 personnes sont en réanimation. Et je veux saluer une nouvelle fois l’engagement de nos soignants. La progression des variants dits anglais et sud-africains fait peser un fort risque d’accélération de l’épidémie. La question d’un confinement se pose légitimement compte tenu de ces données, mais nous en connaissons l’impact très lourd pour les Français sur tous les plans. Ce soir, nous considérons, au regard des chiffres des derniers jours, que nous pouvons encore nous donner une chance de l’éviter.
 
C’est pourquoi, en complément des mesures de couvre-feu qui ont produit des effets réels mais insuffisants, nous avons décidé de prendre sans délai les mesures complémentaires suivantes. Toute entrée en France et toute sortie de notre territoire à destination ou en provenance d’un pays extérieur à l’Union européenne sera interdite sauf motif impérieux. Cela s’appliquera à partir de dimanche, 00h. Toute entrée en France à partir d’un pays de l’Union européenne sera conditionnée à la réalisation d’un test PCR, à l’exception des travailleurs transfrontaliers. Tous les déplacements en provenance et en direction de tous nos territoires ultramarins seront également soumis désormais à la production de motifs impérieux. À compter de ce dimanche, les centres commerciaux non alimentaires d’une surface supérieure à 20 000 mètres carrés, c'est-à-dire ceux qui favorisent le plus de brassage des populations, seront fermés. Dès lundi, les jauges seront renforcées dans toutes les grandes surfaces.
 
Le quoi qu'il en coûte, prêts garantis par l'État, fonds de solidarité, chômage partiel, s'appliquera bien sûr pour tous les salariés et les entreprises concernées. Dans toutes les entreprises où cela est possible, le recours effectif au télétravail devra être renforcé. A cet effet, une concertation sera conduite lundi avec les partenaires sociaux pour en définir les modalités. Ce principe s'appliquera de la même manière dans les administrations publiques. Les policiers et les gendarmes seront mobilisés pour contrôler le non-respect du couvre-feu, l'organisation des fêtes clandestines et l'ouverture illégale de restaurants dans des proportions renforcées. Les dérives de quelques-uns ne sauraient ruiner les efforts de tous. Une consigne de particulière fermeté sera donc appliquée pour ceux qui fraudent les règles en vigueur.
 
Enfin, dès la semaine prochaine, notre stratégie “tester, alerter, protéger” sera amplifiée. Mes chers concitoyens, plus que jamais, nous devons tout faire pour respecter ces règles et celles qui nous permettent, au jour le jour, de lutter contre cette pandémie : respect des gestes barrières, port du masque, se tester et s'isoler au moindre doute. Nous avons fait ensemble nos meilleurs efforts pour accélérer la vaccination et ce soir, près d'un million et demi de Français ont reçu leur première injection. Notre devoir est de tout mettre en œuvre pour éviter un nouveau confinement et les prochains jours seront déterminants. Soyons très vigilants, mais ayons confiance, car à chaque étape, les efforts collectifs et individuels que nous avons faits ont été payants, et du fond du cœur, je vous en remercie.

Jean Castex, le 29 janvier 2021 à l'Élysée, Paris.


Source : gouvernement.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210129-conference-presse-castex.html



 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 03:05

« Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister. Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible. » (Emmanuel Macron, le 31 décembre 2020).




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Il y a moins d'un mois, il avait parlé des réformes nombreuses du Président Valéry Giscard d’Estaing. Peut-être est-ce l’obsession du Président Emmanuel Macron qui aura vécu, dans son quinquennat, deux crises majeures longues, celle des gilets jaunes pendant un an, et celle du covid-19 pendant un an et demi voire deux ans : arrivera-t-il à réformer la France comme il s’y était engagé en 2017 ?

L’allocution télévisée traditionnelle pour les vœux 2021 a été marquée par cette obsession, mais elle pourrait se montrer décevante. La vraie pirouette, cela aurait de se dire qu’il aurait du temps, avec un second quinquennat, pour pouvoir assumer la crise sanitaire et remettre dans les rails de la prospérité un pays qui a tous les atouts pour être prospère : excellence intellectuelle, innovation, puissance industrielle, modèle social à haute ambition, exemple de stabilité institutionnelle et politique.

Comment aborder les vœux 2021 et donc, le bilan 2020 sans évoquer la pandémie de covid-19 ? Il l’a fait à mon avis par le bon bout, à double titre : en rendant hommage aux victimes, car ceux qui polémiquent et pérorent sur le sujet oublient que cette pandémie tue, et tue beaucoup, tant en France que dans le reste du monde, et aussi, en rendant hommage à tous les Français, ceux qui ont montré un esprit civique hors du commun, peu prévisible même quand on connaît l’esprit gaulois si râleur, et c’est grâce à ce civisme qu’on a limité les dégâts humains, même si ceux déjà faits sont déjà bien trop nombreux.

Le civisme : « J’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eu à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés. Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie. ». À ma connaissance, c’est assez rare que le Président de la République remercie ainsi les Français. Jean Castex l’a fait souvent, Emmanuel Macron assez peu, c’est une bonne chose.

Les victimes : « En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quittés ces derniers mois. Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble, nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris. J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore. ».

Rappelons que Valéry Giscard d’Estaing, Jean-Louis Servan-Schreiber et Robert Hossein, mort près de Nancy le lendemain de son anniversaire, comptent parmi les victimes rien que pour le dernier mois, et leur âge n’empêche pas qu’ils ne sont pas mort de leur âge mais bien du covid-19 (ceux qui pensent que c’est normal devraient définir l’âge auquel il serait "normal" de mourir). Sans ce virus, chacun d’eux aurait continué à vivre, à penser, à projeter, à rêver, à aimer.

Il a aussi eu beaucoup de reconnaissance envers des Français qui ont montré courage et inventivité dans ces temps difficiles. Il a énuméré neuf Français, au risque de lasser (et c’était malheureusement lassant), au risque d’être démagogique, mais imaginons-nous ceux qu’il a cités, la fierté qu’ils pourraient avoir d’être reconnus dans leur courage, leur inventivité : « [L’épidémie] a aussi, à mes yeux, révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir. Notre plus grande fierté, en effet, ce sont les Françaises et les Français. Vous ! ».

Par ailleurs, Emmanuel Macron a rappelé que le traitement économique et social de la crise sanitaire a été sans égal dans le monde et c’est une chance : « Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce "quoi qu’il en coûte", je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures. ». Ceux qui demain voudront critiquer le déficit budgétaire sont les mêmes qui aujourd’hui trouvent que les aides de l’État restent insuffisantes pour les blessés de la guerre sanitaire.

Actant le départ du Royaume-Uni de l’Union Européenne, le Président de la République a réaffirmé fermement ses convictions européennes : « Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux, moi, vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe. Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020. ».

Emmanuel Macron a donc tenté d’énumérer ses réformes de 2020. Ce n’est pas la réforme des retraites, comme il l’avait imaginé le 31 décembre 2019, mais il a considéré que la liste n’était pas vide : « Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe. ». Un peu plus tard, il a réinsisté : « Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies. ».

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Après le bilan, le futur. C’est le plus important pour Emmanuel Macron et pour tous les Français. Un avenir proche pas forcément gai ni rose : « En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises, sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique, qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps, l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays. ».

Mais au-delà de la crise sanitaire, et malgré le faible temps qu’il lui reste avant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron compte relever trois grands défis : la transition écologique et la protection de la biodiversité ; la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité ; enfin, la poursuite de son engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations. Sa détermination reste intacte : « Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en est rien. ». Un peu plus tard, il a renforcé cette idée : « C’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction. ».

Il faut noter qu’Emmanuel Macron n’a pas évoqué la réforme des retraites ni aucune réforme institutionnelle. S’il devait continuer à réformer, c’est à l’évidence sur le plan écologique et sur le plan régalien qu’il souhaite marquer son temps et son quinquennat. C’est, à mon sens, un bon choix, et surtout, un choix plus consensuel que celui des retraites ou des institutions, thèmes boîtes de Pandore qui ne provoqueraient que désunion et divisions.

Parlant d’avenir, il n’a évidemment pas oublié d’évoquer la vaccination contre le covid-19. Saluant la prouesse scientifique de mettre au point, par « le génie humain », un vaccin moins d’un an après la découverte du virus, il a voulu faire preuve de fermeté dans sa volonté d’aller vite avec la vaccination : « Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant pas ceux qui présentent le plus de risques. ».

Ce petit laïus, somme toute court par rapport à la longueur de l’allocution, est sans doute le plus important de la soirée. Les journalistes l’ont interprété comme un désengagement présidentiel de l’action du gouvernement et même un reproche sur la manière dont la vaccination est organisée. C’est bien sûr erroné : lorsque Emmanuel Macron s’en prend à « une lenteur injustifiée », cela signifie au contraire que celle d’aujourd’hui est "justifiée".

En effet, que dirait-on si on vaccinait à tour de bras sans s’assurer du "consentement éclairé" des résidents en EHPAD ? On criait au scandale ! Le choix de la France, qui me paraît pertinent, c’est de vacciner d’abord tous les résidents en EHPAD qui le voudraient. Pourquoi ? Parce qu’âgés, ils sont parmi les plus vulnérables, et que cette vulnérabilité est accrue avec le fait que c’est un établissement collectif. Lorsqu’il y a contamination, elle n’est jamais isolée, elle l’est par dizaines de résidents. Dans le nombre de décès, un tiers représente des résidents en EHPAD, voilà pourquoi il est urgent de les vacciner. Et martelons : il ne s’agit pas d’en faire des cobayes ! Le vaccin a été déjà testé, il a montré son efficacité et son innocuité, ce n’est plus une phase de test, juste de pharmacovigilance, ce qui est très différent. Et il suffit d’observer d’autres pays pour s’en rendre compte, puisqu’ils ont pris un peu d’avance.

Les autres candidats à la vaccination, ceux qui sont totalement autonomes, leur vaccination sera beaucoup plus rapide, le recueillement de leur consentement éclairé plus aisé à obtenir. Des centres de vaccination seront d’ailleurs installés un peu partout en France, selon la bonne volonté des élus locaux. Rappelons-le, ce vaccin de Biontech/Pfizer, le seul possible actuellement, le seul autorisé en France, doit être stocké dans des congélateurs qui tiennent –80°C. Pas dans un simple réfrigérateur.

Cessons une nouvelle fois de polémiquer après seulement un ou deux jours de vaccination. Il était essentiel pour l’Europe de commencer sa campagne de vaccination avant la fin de l’année, c’était symbolique, mais on sait très bien qu’entre Noël et le Nouvel An, jusqu’au lundi 4 janvier 2021, beaucoup de Français sont en vacances, sont absents, et les soignants tout autant que les autres, et eux ont besoin plus que les autres de ces congés pour reprendre des forces et faire face probablement à un hiver et à un printemps très difficiles sur le front sanitaire. Attendons donc quelques semaines avant de faire des comparaisons oiseuses. Non, il n’y a pas de problème de fourniture, début janvier 2021, la France devrait avoir plus d’un demi-million de doses en sa possession.

On peut faire un parallèle avec les tests PCR. On a beaucoup critiqué la France d’en avoir fait trop peu il y a quelques mois. Petite question intéressante : qui de la France (67 millions d’habitants) ou de l’Allemagne (83 millions d’habitants) en a fait le plus au 31 décembre 2020 ? La réponse peut surprendre : la France en a fait plus de 35,4 millions et l’Allemagne seulement 34,8 millions, pour une population plus importante. Rapporté à la population, cela donne 542 000 tests par million d’habitants en France (plus de 54% !), et seulement 415 000 tests par million d’habitants en Allemagne.

Lorsque certains pays (comme Israël) vont si vite qu’ils n’auront pas assez de "secondes" doses pour faire le rappel un mois après la première dose, ou lorsqu’on décide (au Royaume-Uni) de prolonger de un à trois mois le temps entre les deux doses à injecter, on se demande quel pays est le plus sérieux, celui qui s’assure que le vaccin sera le plus efficace possible ou celui qui vaccine de manière visible et massive mais sans s’assurer que les patients seront effectivement bien protégés ? Rendez-vous donc dans quelques mois avant de psychoter inutilement !

Dans sa conclusion, Emmanuel Macron n’a pas hésité à donner un horizon lointain, ce que son prédécesseur direct a toujours été incapable de faire : « En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap. Alors, ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne ! ».

Et, disons-le, j’ai beaucoup apprécié sa presque dernière phrase car c’est la phrase d’un patriote, d’un Français qui aime son pays, sa Nation et son peuple, qui les aime vraiment, j’insiste, au contraire de beaucoup de ses contradicteurs qui ont été particulièrement pitoyables pendant cette crise sanitaire : « Soyons fiers ! Fiers d’être "nous", les Français, la France ! ».

Certains divisent les Français en opposant "moi" à "eux", Emmanuel Macron, lui, est pour l’unité, il dit "nous" sans condition d’appartenance. C’est cela l’esprit républicain. C’est cela l’esprit national. C’est aussi cela l’esprit de responsabilité. Français, si vous aimez votre pays, ne tombez pas dans l’aigrissement, ne crachez pas dans la soupe, ne dénigrez pas votre pays ; au contraire, soyez fiers, soyez positifs, soyez optimistes, soyez constructifs, et aidez à son amélioration, à sa progression ! Soyez la France de demain et pas celle d’hier !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron sera-t-il un Président réformateur ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron pour les vœux 2021, le 31 décembre 2020 à Paris (texte intégral et vidéo).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron en hommage à Valéry Giscard d’Estaing, le 3 décembre 2020 à Paris (texte intégral et vidéo).
Discours du Président Emmanuel Macron sur la lutte contre le séparatisme, le 2 octobre 2020 aux Mureaux (texte intégral).
Emmanuel Macron : 43 ans en quarantaine.
Écologie : un référendum, pourquoi pas ?
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.

 _yartiMacron2020123103



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201231-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-sera-t-il-un-229893

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/12/19/38714857.html







 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 19:10

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201231-macron.html







Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron pour les vœux 2021, le 31 décembre 2020 à 20 heures


Françaises, Français,
Mes chers compatriotes de l’hexagone, d’outre-mer et de l’étranger,

Ce soir, nous ne vivons pas un 31 décembre comme les autres.

Là où, dans nos villes et nos villages, l’heure est d’habitude aux grands rassemblements, ils sont cette année interdits par l’épidémie : les places de nos communes sont éteintes, nos foyers moins joyeux qu’à l’accoutumée.

L’année 2020 s’achève donc comme elle s’est déroulée : par des efforts et des restrictions. Et j’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eu à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés.

Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie.

En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quittés ces derniers mois.

Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris.

J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore.

Je veux dire notre reconnaissance à ceux qui se sont mobilisés pour soigner, nourrir, éduquer, protéger, à tous ceux qui par leur travail, leur engagement nous ont permis de tenir debout et ensemble durant ces mois difficiles. Et qui ce soir encore, le font pour la Nation.

A nos concitoyens œuvrant dans les secteurs de la culture, du sport, de la restauration, de l’hôtellerie, du tourisme, ou de l’évènementiel, aux étudiants qui ont souffert et souffrent encore davantage que les autres, je veux leur redire que nous serons là.

Evidemment pour réussir à sortir au plus vite de cette situation.

Et pour leur permettre de tenir dans cette période si dure et injuste pour eux où nous leur demandons de travailler autrement, et parfois même de renoncer à leur activité.

Cette épreuve historique a aussi révélé la solidité de notre Nation.

Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe.

Nos soignants ont non seulement tenu mais nous avons engagé une transformation en profondeur et des investissements historiques pour notre santé, dont les prochaines années révéleront la pertinence.

Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce « quoi qu’il en coûte », je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures.

Ce soir pour la première fois un pays, le Royaume-Uni, quittera l’Union Européenne. Nous avons scellé il y a quelques jours un accord pour organiser nos relations futures avec lui en défendant nos intérêts, nos industriels, nos pêcheurs et notre unité européenne. Le Royaume Uni demeure notre voisin mais aussi notre ami et notre allié. Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux moi vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe.

Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020.

Parce que nous avons su conduire les transformations nécessaires et renforcer notre crédibilité, nous avons su convaincre l’Allemagne puis les autres membres de l’Union Européenne de concevoir un plan de relance unique et massif et de décider d’un endettement commun et solidaire pour mieux préparer notre avenir en nous engageant dans la transition écologique et numérique et en créant autant d’emplois que nous le pouvons pour notre jeunesse.

Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies.

Elle a aussi à mes yeux révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir.

Notre plus grande fierté en effet ce sont les Françaises et les Français. Vous.

***

Marie-Corentine a 24 ans. Au printemps dernier, cette infirmière fraîchement diplômée originaire de Limoges n’a pas hésité à tout quitter pour prêter main forte aux équipes de l’hôpital de Créteil débordées par l’afflux des malades du virus.

Jean-Luc est chauffeur-éboueur en Guyane. Avec ses collègues Anthony et Maxime, ils n’ont jamais cessé de travailler depuis le début de la pandémie. Au plus fort du confinement, ils constituaient cette « deuxième ligne » qui a permis au pays de continuer à vivre, et à la vie de continuer.

Gérald est entrepreneur près d’Angers. Pour faire face à la demande de masques, il a, avec ses salariés, réussi la prouesse d’ouvrir ses usines 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et, plus récemment, d’en installer une autre en un temps record.

Lucas a 11 ans et habite Béthune. Lorsqu’il a découvert la situation d’isolement des personnes âgées atteintes de la COVID-19 dans l’hôpital de sa ville, il n’a pas hésité une seconde et a fait don de sa tablette pour leur permettre de communiquer avec leurs proches et de retrouver le sourire. Il a été suivi par de nombreux autres.

Rosalie est libraire à Bagnolet en Seine-Saint Denis. Comme tous ses confrères, elle a beaucoup souffert de la fermeture des commerces, malgré les aides, elle a su innover. Mettre en place un site internet pour permettre la vente à emporter lors des semaines les plus dures. Et les clients, à Noël, ont répondu présents.

Romain est gendarme à Tende, dans les Alpes-Maritimes. La nuit du 2 au 3 octobre, des inondations menacent d’emporter une maison de retraite. Au péril de sa vie, il parvient à évacuer plus de 70 résidents, leur sauvant la vie. Avec les policiers de Nice, qui ont mis fin à l’attentat de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption, avec Arno, Cyrille et Rémi, gendarmes tués alors qu’ils portaient secours à une femme battue dans le Puy de Dôme, avec Tanerii, Dorian et Quentin, militaires morts lundi dernier en opération au Mali, ils sont des héros de la Nation.

Medhi est professeur de sciences économiques et sociales dans les quartiers Nord de Marseille. Comme des milliers d’enseignants, il a eu, quelques jours après l’assassinat de Samuel PATY, à organiser un cours sur la laïcité. Pour cela, il a pris le temps de se former auprès d’autres professeurs et d’inspecteurs d’académie. Avec courage, il est alors revenu auprès de ses élèves sur nos valeurs, leur histoire. Assumant cette haute mission de notre école, de nos enseignants : faire des républicains.

Wendie est footballeuse. Comme tous les sportifs amateurs et professionnels, elle a vécu une saison difficile avec des entraînements impossibles, des compétitions décalées, des matchs sans public. Pourtant, elle a puisé en elle la force d’âme d’aller remporter avec son club de toujours une 7ème Ligue des champions, un record, et de nous faire rêver dans cette période grise.

Mauricette a 78 ans. Elle réside dans une maison de retraite de Sevran et il y a quelques jours, vous l’avez tous vu, comme moi, elle a été la première française à se vacciner contre la COVID 19, envoyant, contre l’obscurantisme et le complotisme, un magnifique message d’espoir pour l’année qui s’ouvre.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de votre sœur, de votre voisin, de vos amis, de ces milliers d’anonymes qui, engagés et solidaires, ont tenu notre pays dans l’épreuve.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de l’espérance. Ceux de France.

***

Mes chers compatriotes,

Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister.

Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible.

En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises – sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique – qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays.

En 2021, quoi qu’il arrive, parce que nous nous y sommes préparés, nous saurons aussi relever les défis à venir :
- la transition écologique et la protection de la biodiversité, avec la mise en œuvre des propositions de la convention citoyenne, et d’autres réformes.
- la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité.
- la poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations.

Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en n’est rien.

L’espoir est là dans ce vaccin que le génie humain a fait advenir en un an seulement. C’était impensable il y a encore quelques mois. Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant par ceux qui présentent le plus de risques.

L’espoir est là, et l’espoir grandit chaque jour dans cette relance qui déjà frémit en France plus qu’ailleurs et qui va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante, plus respectueuse du climat et de la biodiversité et plus solidaire. Et je sais le Premier ministre et le gouvernement pleinement mobilisés.

L’espoir vit dans la liberté que nous retrouverons, dans la force de notre culture, de notre art de vivre à la française, dans les leçons aussi que nous saurons tirer de cette crise pour plus de simplicité, d’efficacité, et parfois tout simplement, de bon sens.

L’espoir vit dans notre jeunesse. Nous lui avons tant demandé : des sacrifices, de renoncer aux rencontres qui sont à cet âge plus qu’à d’autres le sel de la vie. Nous lui avons tant demandé pour sauver des vies en particulier celles des plus fragiles de nos aînés. Nous sommes donc ses débiteurs pour nos choix à venir et je m’y engage : c’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction.

En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap.

Alors ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne.

Restons ce peuple uni, solidaire, fier de son histoire, de ses valeurs, de sa culture, confiant dans l’avenir et le progrès, sûr de son talent et de son énergie et ambitieux pour lui-même. Quoi qu’il arrive.

Soyons fiers. Fiers d’être « nous », les Français, la France.

Voilà mes chers compatriotes.
Bonne année à tous.

Que 2021 soit une année heureuse pour chacune et chacun et une année utile pour notre pays.

Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le 31 décembre 2020 à Paris.


Source : www.elysee.fr/

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201231-allocution-macron.html


 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 03:17

« Cendre de lune, petite bulle d’écume
Poussée par le vent, je brûle et je m’enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C’est nue que j’apprends la vertu. »
("Libertine" chanté par Mylène Farmer, 1986).



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Déjà la fin de l’année 2020 ! Terrible, nous entrons en 2021 avec la torpeur d’un virus de 2019. Jamais on ne saurait mieux souhaiter la bonne année et surtout la bonne santé qu’à ce nouvel an 2021 : la pandémie de covid-19 est là pour le rappeler. Plus de 1,8 million de décès dans le monde, dont 64 381 en France, plus de 14 000 décès dans le monde rien que pour la journée de ce mercredi 30 décembre 2020, bref, la crise est majeure, mondiale, durable, de quoi cauchemarder encore de nombreuses nuits d’hiver.

Paradoxalement, cette année 2020 qui vient de s’écouler a été l’occasion, à chaque occasion, pas seulement au nouvel an, de prendre réellement soin de ses proches. Même les formules de politesse ont changé avec "Prenez soin de vous" à côté d’un "Cordialement" ou d’un "À bientôt". Au-delà des formules de politesse, c’est bien les relations sociales qui ont été bouleversées par ce satané coronavirus SARS-CoV-2 avec les gestes barrières : finies les pudiques bisous à l’exaltante assistante du troisième, finies les poignées de main très fermes avec l’interlocuteur viril, finies les embrassades, finies les tapes à l’épaule, les gestes qui consolent, et l’amour qui commence, insouciant. À cause du sida, les années 80 avaient vu une remise en cause des relations sexuelles libérées la décennie précédente ; les années 20 voient un éloignement physique, une distanciation physique qui va nous rendre tous anglo-saxons ou nordiques ou même asiatiques…

Inutile de réfléchir très longtemps pour savoir comment résumer en un seul mot l’année 2020. Un résumé dans toutes les langues, mondial, globalisé : covid-19. Nom de code complètement inconnu il y a seulement un an. Le virus existait déjà, et certains médecins chinois avaient osé le signaler, mais l’annonce officielle du gouvernement chinois a été beaucoup plus tardive, encore deux ou trois semaines. En quelques semaines, comme un feu de paille, la planète s’est embrasée dans la maladie mortelle pour de nombreuses personnes.

Faisons un petit détour en France et sur le quinquennat du Président Emmanuel Macron. Franchement, qui veut gouverner la France aujourd’hui ? Quel niveau de masochisme doit-on avoir pour vouloir gérer une crise sanitaire et économique d’une telle nature ? Emmanuel Macron aurait-il été candidat s’il avait su, lui qui avait du temps, par son jeune âge, pour attendre son tour ? Mais a contrario, Alain Juppé aurait-il été à la hauteur ? François Fillon ? François Bayrou ? et les autres, tous plus nuls les uns que les autres ?

Reprenons les "nouvels ans" de son quinquennat. 2018 ? C’était encore l’état de grâce. La réforme du code du travail passée comme une formalité devant la sidération des syndicats (je n’ai pas compris pourquoi ce fut si simple, Jean-Luc Mélenchon non plus, lui qui rêve tous les quarts d’heure du grand soir). 2019 ? C’était fini. En pleine crise des gilets jaunes. Réformes déjà enrayées. L’affaire Benalla pour corser le tout (après tout, quel Président n’aurait-il pas eu d’affaire ?). 2020 ? Idem. En pleine crise, mais pas la même. Les gilets jaunes ? Résolu avec le grand débat. Et les élections européennes ont montré que les gilets jaunes, décidément, n’étaient pas faits pour la politique (on ne peut pas vouloir plus de services de l’État et moins d’impôts et de taxes). Non, la crise-là était plus traditionnelle, sociale, grandes manifestations et grèves contre la réforme des retraites. J’ai déjà dit ce que j’en pensais. Nous étions encore dans un autre monde. Alors, 2021 ? Rien de tout cela. Comme si le destin s’amusait sans arrêt à zapper et à changer de film. Pandémie de covid-19. Production en mondovision, avec son armada de complotistes

Alors, terminons-en très rapidement sur le plan politique. La prochaine élection présidentielle a lieu au printemps 2022. Autant dire demain. Tout le monde espère qu’elle aura lieu ou plutôt, que la pandémie permettra le déroulement régulier de la campagne électorale. Cela signifie que 2021 est l’année des candidatures. Nécessairement. Déjà, c’est bien tard. Aucun candidat à une élection présidentielle n’était inconnu quinze mois avant une élection présidentielle. Cela veut dire que tous les acteurs de 2022 seraient en principe déjà en place. Pour info, le record, à mon sens, dans l’histoire, c’était Emmanuel Macron, en piste dès mars 2015, soit deux ans avant l’élection. Certains candidats étaient en piste pendant trente ans, chez nous. Mais tout s’accélère…

Sur le plan européen, 2020 était un peu comme la succession de confinement/déconfinement, en gros, un jour sans fin ou une année sans fin : après avoir adopté l’accord sur le Brexit en janvier 2020, voici in extremis l’accord de partenariat entre Union Européenne et Royaume-Uni ratifié ce 30 décembre 2020. Il fallait finaliser avant le 31 décembre 2020, c’était moins une.

Revenons à l’origine, à l’idée principale. 2021, le seul souhait que tout le monde émet, c’est évidemment la santé, la résolution de la pandémie. Manifestement, complotistes et mandarins égocentriques ont dit n’importe quoi pendant un an. Ils continueront à dire n’importe quoi dans l’année qui vient, évidemment, puisque plus on s’enfonce intellectuellement, plus on y prend goût.

On peut critiquer le gouvernement, mais le gouvernement français est comme les autres gouvernements étrangers : le coronavirus était inconnu il y a un an. On ne savait rien ! On ne l’imaginait même pas ! L’impréparation, les responsables, c’étaient les gouvernements antérieurs, pas actuels ! Jean Castex a dit deux ou trois fois une chose à la fois étonnante de bon sens et pourtant, qu’il faut marteler : l’ennemi, ce n’est pas le gouvernement, c’est le virus ! Tout monde veut contrôler l’épidémie, mais le virus a ses propres lois dont on en ignore quelques-unes encore.

Entre faire et ne pas faire, et quoi faire si faire, il y a toujours sujet à critique. Pas de masque ? On critique. Trop de masques ? On critique. Pas de test PCR ? On critique. Trop de tests PCR ? On critique. Et on aura la même chose avec les vaccins. Trop lent. Trop rapide. Jamais comme il faut, toujours mieux chez les voisins, l’herbe y est toujours plus verte… que de dépréciation antipatriotique chez les Français !

Pourtant, chez les voisins, cette seconde vague, ce n’est pas fameux. La France fait partie de ceux qui s’en tirent le mieux, ou plutôt, le moins mal. Allemagne ce 30 décembre 2020 : +752 décès ; Royaume-Uni : +981 décès ; Italie : +545 ; France : +303. Ce ne sont pas des moyennes (surtout à l’époque de Noël, il faut faire des moyennes sur une semaine), mais ces données sont assez représentatives depuis plusieurs semaines. La France a confiné plus tôt que ses voisins, résultat : les voisins ont dû reconfiner brutalement juste avant Noël. La France a su préserver la fête de Noël. Qui remerciera le gouvernement français pour ce Noël sauvé ? Sûrement pas les Français. En revanche, en Allemagne en décembre, on ne cessait de dire depuis des semaines : il faut faire comme la France, il faut reconfiner !

Oui, ce sentiment de ne rien maîtriser, de ne rien contrôler, de devoir faire d’immenses concessions, les réformes mais aussi l’économie, pour sauver des vies, pour sauver NOS vies, oui, nos vies, aujourd’hui 300 à 400 décès par jour en France, il faut le répéter, chaque jour qui passe, ce sont des centaines d’êtres chers qui disparaissent avec cette saleté de maladie. Ce n’est pas un rhume. Cela continue à tuer. Sans arrêt. 14 000 hier, comme je l’ai indiqué plus haut.

Pourquoi faut-il pourtant être optimiste ? Parce que les vaccins sont déjà là, et c’est unique dans l’histoire des sciences. Jamais on est allé aussi vite. C’est une incroyable lueur dans le cauchemar des deuils et du chômage. Il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de soigner cette maladie. Elle est très contagieuse (beaucoup plus que la grippe), ce qui nécessite effectivement des mesures drastiques de restriction sanitaire. Mais le meilleur moyen d’en venir à bout, ce sont les vaccins.

Or, le vaccin à ARN messager non seulement est prometteur, mais il est là, déjà là ! Décembre 2020 aura été le mois de la vaccination. Là encore, on pourra toujours critiquer le gouvernement français pour sa timidité, son enthousiaste pour le moins fade, mais la France aura autant de vaccins que les autres pays européens, en proportion de la population. Comme dans tout acte d’innovation, il y a les avant-gardistes et les suiveurs. Qu’importe le doute : les suiveurs suivront, ils verront bien, en juin 2021, lorsque les premières personnes vaccinées auront déjà un an d’ancienneté (et même plus, les premiers tests sur l’humain ont eu lieu le 24 avril 2020).

C’est le vaccin qui est la perspective la plus optimiste. Les complotistes pourront toujours rouspéter, ils s’enferreront dans leurs contradictions. Comment ? Les gouvernements auraient créé une pandémie pour ruiner les peuples ? (pourquoi ? quel intérêt ? je l’ignore). Et maintenant, ils vaccinent. Pourtant, en vaccinant, ils vont justement mettre fin à la pandémie. Pourquoi l’auraient-ils créée pour y mettre fin ? Bref, chaque élucubration de complotiste est une incohérence majeure, est un défi à la raison, est une insulte à la science.

Non seulement je me réjouis du début des campagnes de vaccination, mais je considère qu’elle est un point d’inflexion dans l’histoire des sciences. Le vaccin à ARN messager a un avantage majeur que les complotistes anti-vaccin (que je ne convaincrais pas puisqu’ils sont du registre de la secte) n’ont pas bien considéré : il n’a aucun moyen d’être combattu avec les arguments classiques. Pas d’adjuvant. Pas de virus inactif, donc pas de risque d’avoir la maladie. Le seul pitoyable argument, c’est l’ignorance de ce qu’est l’ARN messager, une molécule instable qui se détruit après avoir fait ce qu’on lui a demandé de faire, sans aucune possibilité de modifier l’ADN de l’humain parce qu’elle est incapable d’entrer dans le noyau de la cellule.

La vaccination par l’exemple ? Des centaines de maires ont proposé de se faire vacciner pour participer à l’acceptabilité. C’est une erreur, à mon sens, qu’il n’y a pas de volonté d’exemplarité au plus haut niveau de l’État, sous prétexte de préserver la hiérarchie des priorités. Personne ne dira qu’être gouvernant ne demande pas d’être protégé de tout événement mettant en danger la santé. À l’étranger, beaucoup de dirigeants se sont faits vacciner, notamment Joe Biden et Mike Pence.

Toujours est-il que cette année 2020, avec la pandémie, on a pu voir l’humanisme ou la manque d’humanisme de certains. Ce fut très instructif. Cela permet, parfois, d’en dire beaucoup sur les personnes. Espérons que 2021 sera l’année du triomphe de la raison et de la science, que les nombreux échos sur Internet ont salies massivement cette année.

Et puis, puisqu’il est l’heure : bonne année et bonne santé à tous pour 2021 !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
2021.
2020.
2019.
2018.
2017.
2016.
2015.
2014.
2012.
2010.

_yartiNouvelAn202102




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210101-nouvel-an.html

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/2021-bonne-sante-a-tous-229855

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/12/19/38714836.html










 

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 09:58

Les mesures prises par Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 instaurent un allégement du reconfinement à partir du samedi 28 novembre 2020 matin. Pour se déplacer, il faut une nouvelle attestation de déplacement sans laquelle on peut être verbalisé pour une amende de 135 euros. Voici les nouvelles attestations en téléchargement.

Cliquer sur le lien pour télécharger la nouvelle attestation correspondante (fichier .pdf).


Attestation de déplacement dérogatoire numérique :
https://media.interieur.gouv.fr/deplacement-covid-19/


NOUVELLE attestation de déplacement dérogatoire (à partir du 28 novembre 2020)

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/125282/1002680/file/28-11-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.pdf?#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/125281/1002674/file/28-11-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.docx?#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/125283/1002685/file/28-11-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.txt?#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124832/999561/file/30-10-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire-falc.pdf?#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/125284/1002690/file/28-11-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire-anglais.docx?#xtor=AD-323



Justificatif de déplacement professionnel à faire remplir par l'employeur :

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124827/999536/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.pdf#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124826/999531/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.docx#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124825/999526/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.txt#xtor=AD-324



Justificatif de déplacement scolaire à faire remplir par l'établissement scolaire :

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124824/999521/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.pdf#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124823/999516/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.docx#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124822/999511/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.txt#xtor=AD-324



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201124-macron.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201128-attestations-deplacement.html

 

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 19:34

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201124-macron.html






Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur les mesures sanitaires, le 24 novembre 2020 à 20 heures


Françaises, Français,
Mes chers compatriotes,

Quand, le 28 octobre, je me suis adressé à vous, je m’étais engagé à vous rendre compte de l’évolution de l’épidémie et des décisions qui pouvaient être prises en conséquence.

Un mois plus tard, où en sommes-nous ?

Le nombre de cas positifs journaliers à la COVID-19 a fortement reculé. Il a été supérieur à 60 000, il s’est établi la semaine dernière à 20 000 cas par jour en moyenne.

Après avoir atteint 33 500 patients hospitalisés le 16 novembre, soit plus que lors de la première vague, nous avons aussi commencé une lente décrue. Le nombre de personnes en réanimation du fait de la COVID-19 est passé de 4 900 le 16 novembre à 4 300 aujourd’hui. De ces données, il ressort que le pic de la seconde vague de l’épidémie est passé. 

Lors de ma dernière intervention, nous redoutions des chiffres bien pires encore. Et nous les avons évités.  D’une part car nos efforts, vos efforts, ont payé. L’esprit civique dont vous avez fait preuve a été efficace. Et d’autre part, parce que nous avons appris à mieux prendre en charge et traiter les patients atteints pour éviter certaines formes graves qui auraient frappé nos concitoyens et pesé encore plus sur nos services de réanimation.

Je veux ici saluer le dévouement des soignants qui, en ville comme à l’hôpital, ont tenu, coopéré, innové, malgré la fatigue et la lassitude. Je salue tous les professionnels, les associatifs, les bénévoles qui ont aussi ici aidé.

C’est tous ensemble que nous avons obtenu ces résultats.
C’est tous ensemble que nous avons sauvé des vies.

Si nous avons réussi à ralentir la circulation du virus, nous ne devons pas perdre de vue nos autres préoccupations sanitaires. Il nous faut d’abord continuer de traiter, parfois de reprendre les soins pour les autres patients. Il nous faut aussi nous préparer à faire face aux conséquences de long terme liées au virus.

Des scientifiques et des experts, travaillent d’ores et déjà, avec l’Assurance maladie à un suivi de long terme des malades de la COVID-19.

Je demande aussi au Gouvernement de préparer une stratégie pour prendre en compte les conséquences psychologiques de la pandémie et des différents confinements. Je sais en particulier combien les personnes âgées, à domicile comme dans les maisons de retraite, combien les personnes en situation de handicap, ont souffert et souffrent encore de leur isolement et combien nous devons les accompagner dans la durée.

Il nous faut enfin redoubler de vigilance pour prévenir et répondre aux violences faites aux femmes et aux enfants durant cette période de confinement.

Certes, donc, nous avons freiné la circulation du virus. Mais il demeure très présent, en France comme dans tout l’hémisphère Nord, en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Russie, où il circule encore très fortement.

Aujourd’hui, nous avons atteint 50 000 décès dus à l’épidémie. Et si la situation s’améliore globalement dans l’hexagone et nos Outre-mer, dans certaines régions, elle demeure très préoccupante.

Et nous avons encore devant nous plusieurs semaines pour atteindre les objectifs que j’avais fixés qui permettent de contrôler l’épidémie et donc de stabiliser le nombre de contaminations autour de 5000 personnes par jour et d’avoir entre 2500 à 3000 personnes en lits de réanimation.

Aussi, je m’adresse à vous ce soir pour vous dire qu’il nous faut poursuivre nos efforts.

Quels sont nos objectifs ?

Sauver des vies au maximum, maîtriser l’épidémie, tout en prenant en compte à chaque fois, au mieux, les autres malades, l’isolement de certains, notre économie, et ce qui fait la vie : l’éducation, la culture, le sport, notre art de vivre.

Adapter la réponse aux territoires, en particulier pour nos Outre-mer où des plans spécifiques par territoire seront prévus.

Pour ce faire, il nous faut continuer pendant plusieurs semaines à éviter nombre d’activités dans des lieux clos qui accélèrent la diffusion du virus, et limiter au maximum les rassemblements.

A partir de là, je veux pouvoir ce soir pouvoir nous fixer un cap, un calendrier et esquisser des perspectives.
 
Une nouvelle étape s’ouvrira à partir du samedi 28 novembre matin.

Il y a d’abord ce qui ne va pas changer.

Le confinement adapté et donc le système de l’attestation resteront en vigueur car c’est ce qui nous a permis d’obtenir ces bons résultats.

Il faudra donc continuer à rester chez soi, à télétravailler quand cela est possible, à renoncer aux réunions privées, aux rassemblements familiaux, à tous les déplacements non nécessaires.

Mais dès samedi prochain matin, plusieurs changements seront réalités.

- D’abord les déplacements pour motif de promenade ou activité physique en extérieur seront désormais permis dans un rayon de 20 kilomètres et pour trois heures.
- Les activités extra-scolaires en plein air seront à nouveau autorisées.
- Pour les cultes, les offices seront à nouveau permis dans la stricte limite de 30 personnes.
- Enfin – et je sais combien l’attente est grande et combien cela participe à notre quotidien, à la vie de nos centres-villes, de nos centre-bourgs, enfin donc, tous les commerces pourront rouvrir et les services à domicile reprendre, mais dans le cadre d’un protocole sanitaire strict, qui a été négocié avec l’ensemble des professionnels que je veux ici remercier.
- Les commerces et les services pourront donc réouvrir, selon ces règles, jusqu’à 21 heures au plus tard. Les librairies, les disquaires, les bibliothèques et archives pourront aussi réouvrir dans ces conditions.

La deuxième étape, ce sera le 15 décembre.

Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation, nous pourrons alors franchir un nouveau cap. Alors le confinement pourra être levé.

Nous pourrons donc à nouveau nous déplacer, sans autorisation, y compris entre régions, et passer Noël en famille. Il faudra au maximum limiter les déplacements inutiles. Souffler et se retrouver, oui. Mais j’en appelle à votre sens des responsabilités : il ne s’agira pas, à coup sûr, de vacances de Noël comme les autres.

Les activités extrascolaires en salle, pour l’accueil des enfants durant les fêtes, seront à nouveau autorisées avec des règles strictes.

Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront reprendre leur activité, toujours dans le cadre des protocoles sanitaires qui ont été négociés et un système d’horodatage permettra d’organiser les représentations en fin de journée. Je veux ici dire combien je remercie et combien nous soutenons tous les acteurs de la culture, à qui, je le sais, nous avons tant demandé, mais qui ont tenu, qui ont créé, innové, su trouver de nouveaux publics dans ce contexte si difficile. Nous avons besoin d’eux. Nos concitoyens ont besoin en effet de pouvoir avoir une vie, si je puis dire, et des activités au maximum, mais la culture est essentielle à notre vie de citoyennes et de citoyens libres.

Des contraintes fortes demeureront toutefois durant cette période : les grands rassemblements seront interdits ainsi que tous les événements festifs dans les salles à louer ; tous les lieux, qui comme les parcs d’attraction, les parcs d’expositions, sont susceptibles de rassembler un grand nombre de personnes venant de régions différentes resteront fermés. De même, les bars, les restaurants, les discothèques, ne pourront réouvrir leurs portes malheureusement, durant cette période.

Concernant les stations de sports d’hiver, une concertation a été engagée par le Gouvernement avec les élus locaux et les professionnels : les décisions seront finalisées très prochainement. Mais il me semble toutefois impossible d’envisager une ouverture pour les fêtes et bien préférable de privilégier une réouverture courant janvier dans de bonnes conditions. Nous nous coordonnerons sur ce point avec nos voisins européens.

La logique de toutes ces décisions est la même : au maximum, limiter toutes les activités qui multiplient les rassemblements, conduisent les gens à se rassembler sans protection dans des lieux clos et permettre progressivement de réouvrir les activités où l’on peut se protéger et où les distances, les gestes barrières sont possibles.

Partout sur le territoire, durant cette période donc, à partir du 15 décembre, un couvre-feu de 21 heures à 7 heures du matin sera mis en place. Nous pourrons circuler librement les soirs des 24 et 31 décembre, pour partager ces moments en famille, mais les rassemblements sur voie publique ne seront pas tolérés. 

Durant toute cette période, vous aurez un rôle central pour notre réussite collective : les réunions privées doivent au maximum limiter le nombre d’adultes ensemble dans une même pièce à un même moment et nous devons tous veiller à respecter les règles sanitaires entre nous pour protéger chacun.

L’étape suivante sera pour le 20 janvier.

En effet, à cette date, nous aurons le recul suffisant au retour des fêtes de fin d’année. Vous le savez, il nous faut toujours une quinzaine de jours pour voir exactement les conséquences de la modification de nos comportements. Et donc ; c’est autour du 20 janvier que nous pourrons alors prendre, si cela est possible, de nouvelles décisions d’ouverture.

Si le nombre de contaminations demeure en-dessous de 5000 cas par jour, les salles de sport et les restaurants pourront réouvrir et le couvre-feu pourra être décalé.

Les lycées, qui bien souvent aujourd’hui fonctionnent par demi-classe, pourront à ce moment-là être pleinement réouverts avec la totalité des élèves présents durant les cours. Quinze jours plus tard, ce sont les universités qui pourront reprendre les cours avec, là aussi, une présence physique de tous les élèves.

Nous ferons ainsi le point tous les 15 jours sur la situation sanitaire et déciderons alors, si nous pouvons prendre des mesures supplémentaires d’ouverture ou si, au contraire, il nous faut revenir en arrière pour prévenir tout nouvel emballement de la propagation du virus.

Car nous devons tout faire pour éviter une troisième vague, tout faire pour éviter un troisième confinement. Pour cela et durant les mois qui viennent nous avons trois outils entre nos mains.

Le premier c’est l’esprit de responsabilité de tous.

Nous ne sommes pas, vous n’êtes pas passifs durant cette crise. Nous avons tous un rôle à jouer. Durant les congés de fin d’année, nous allons tous retrouver nos proches. Nous nous en réjouissons évidemment et tous, dans ces moments-là, nous sommes tentés de baisser la garde, de relâcher la pression. Mais, si nous ne voulons pas subir demain un troisième confinement, nous devons redoubler de vigilance.

Protégeons nos proches, en particulier les plus vulnérables. Portons le masque, y compris à la maison lorsque nous sommes avec des amis ou avec des parents qui n’habitent pas au quotidien avec nous. Veillons à ne pas être trop nombreux à table. Appliquons scrupuleusement tous les gestes barrière - se laver les mains, respecter les distances, aérer toutes les heures les pièces.

C’est du bon sens et de l’exigence mais chacun de nous a entre ses mains une part de la solution.

Notre second outil, c’est la stratégie « tester, alerter, protéger, soigner » que nous sommes en train de réorganiser pour la rendre beaucoup plus efficace. C’est à mes yeux l’outil le plus important dans les semaines et les mois qui viennent pour contrôler le virus.

Tester. Nous sommes comme vous le savez l’un des pays européens qui teste le plus. Début janvier, aucun test ne devra mettre plus de 24 heures entre la demande de test et son résultat. Ce sera vrai des tests PCR, que nous continuerons de déployer. Quant aux tests antigéniques, qui permettent d’obtenir un résultat en moins de 30 minutes, ils seront utilisés massivement en particulier pour les personnes qui ont des symptômes ou lorsqu’il faut dépister rapidement, par exemple dans une école ou dans une maison de retraite. En la matière, les innovations continuent de se poursuivre et permettront je l’espère de faire encore mieux et plus simplement.

Alerter. Nous devons dans les prochaines semaines améliorer notre organisation afin de casser beaucoup plus rapidement les chaînes de contamination à la racine en identifiant plus complètement l’ensemble de ce qu’on appelle les « cas contact ». C’est-à-dire toutes celles et ceux qui ont été exposés à quelqu’un qui a la Covid-19.

L’application TousAntiCovid, que vous êtes près de 10 millions à avoir téléchargé – et il faut continuer, est essentielle pour les identifier : utilisons-là au maximum dans les commerces et, lorsqu’ils ouvriront, dans les restaurants et les lieux de culture. Partout où nous nous rassemblons.

Elle est une aide précieuse pour appuyer l’Assurance Maladie : d’ores et déjà plus de 10 000 personnes appellent chaque jour les cas contact. Et nous allons continuer de former, d’engager de nouveaux volontaires pour encore nous améliorer.

Protéger. Je souhaite que le Gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante. Un vrai débat démocratique doit se tenir. Mais si nous voulons éviter un confinement, nous devons être plus contraignants à l’égard de celles et ceux qui ont le virus. Ces personnes seront accompagnées sur le plan matériel, sanitaire et psychologique. Cette nouvelle stratégie associera, outre les services de l’Etat, les maires leurs services, comme les associations concernées.

Soigner, traiter. Beaucoup de progrès ont été faits et nous pouvons nous féliciter de la mobilisation de nos soignants. Nous devons continuer d’améliorer la prise en charge et le traitement dès le diagnostic en médecine de ville et à l’hôpital pour réduire encore davantage les formes graves.

Le troisième outil, enfin, qui nous permettra de faire face au virus durant les prochaines semaines et les prochains mois et pour nous tous une formidable lueur d’espoir c’est le vaccin.

Notre stratégie repose sur plusieurs vaccins. Certains seront disponibles dès la fin décembre – début janvier et une seconde génération arrivera au printemps.

Notre plan en la matière est clair.

D’abord, sécuriser le nombre de doses. Nous l’avons fait avec l’Union Européenne et la Commission, en achetant auprès des producteurs, en nous mettant en capacité d’en produire au maximum en Europe et le nombre de doses étant réparti en fonction de la population de chaque Etat membre. Les premiers vaccins, sous réserve des résultats des essais cliniques, pourront être administrés dès la validation des autorités sanitaires compétentes.

Ensuite, garantir la sécurité sanitaire. Un comité scientifique sera chargé du suivi de la vaccination. Un collectif de citoyens sera aussi mis en place pour associer plus largement la population. Je tiens à ce que celle-ci se fasse dans un cadre totalement transparent. La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas.  Je veux aussi être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire.

Enfin, nous allons organiser une campagne de vaccination rapide et massive au plus près des personnes. La Haute Autorité de Santé présentera dès les jours à venir ses recommandations. Les autorités sanitaires, avec l’Etat, les collectivités locales, définiront les modalités pratiques du déploiement des vaccins, avec les hôpitaux, les maisons de retraite et l’ensemble des médecins de ville. Nous commencerons vraisemblablement, dès fin-décembre-début janvier, sous réserve des validations par les autorités sanitaires, par vacciner les personnes les plus fragiles et donc les plus âgées. Des étapes successives seront présentées afin, progressivement, de permettre la vaccination du plus grand nombre.

Vous le voyez, le retour à la normale ne sera donc pas pour demain.

Mais nous pouvons, j’en ai la conviction, maîtriser l’épidémie dans la durée. Nous avons les moyens, collectivement, de réussir à maîtriser puis vaincre ce virus. Chacun a un rôle à jouer, chacun a une responsabilité à tenir.

Nous avons dans le même temps à faire face à une crise économique et sociale inédite. Elle est la conséquence du premier confinement et de ce que nous sommes en train de vivre. Je vous l’annonçais dès le mois de juillet dernier : la crise va vraisemblablement encore s’aggraver, mais nous avons une réponse à apporter. Nous l’avons fait dès le début.

En effet, depuis le premier jour, nous agissons.
Pour les salariés, avec le chômage partiel.
Pour les plus précaires, avec des aides ponctuelles et la prolongation des droits, en particulier pour les chômeurs.

Pour les entreprises et les indépendants, avec notamment les prêts garantis par l’Etat, les annulations et reports de charge, le fonds de solidarité.

« Quoiqu’il en coûte » n’a pas seulement été une formule mais bien des actes et une réalité.
Nous avons renforcé cette réponse lors de la deuxième vague, et je veux ici remercier le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement qui en concertant, en travaillant, ont permis de compléter les choses.

De nouvelles aides sociales ont été décidées : 150 euros seront versés en fin de semaine aux bénéficiaires du RSA et de l’allocation de solidarité spécifique, aux étudiants boursiers et aux jeunes de moins de 25 ans non-étudiants touchant les allocations logement. 100 euros par enfant seront versés pour les familles bénéficiant des APL. Au total, 4 millions de familles et 1 300 000 jeunes seront aidés.

Les aides aux entreprises ont été significativement renforcées en décalant les échéances des prêts garantis par l’Etat, en exonérant à nouveau des charges, en augmentant à 10 000 euros le fonds de solidarité notamment pour ceux à qui, indépendants, commerçants, entreprises, nous avons demandé – j’en ai conscience – beaucoup d’efforts, beaucoup de sacrifices, alors même qu’ils craignaient de perdre le fruit d’une vie de travail.
Ils sont tous essentiels, tous, à la vie de notre Nation.

Dès les prochains jours, nous allons encore compléter ces aides.

En plus des dispositifs déjà existants, les restaurants, les bars, les salles de sport, les discothèques, tous les établissements qui resteront fermés administrativement, se verront verser quelle que soit leur taille, 20% de leur chiffre d’affaires de l’année 2019 si cette option est préférable pour eux aux 10 000 euros du fonds de solidarité.

Je sais les sacrifices que nous avons demandés à beaucoup de ces entrepreneurs.

Je sais combien nos restaurateurs, les entrepreneurs que nous avons fermés administrativement, veulent surtout travailler. Ils ne veulent pas être aidés ils veulent pouvoir continuer à se lever tôt le matin et à faire ce qui est leur travail et en même temps leur passion.

J’ai conscience du sacrifie que nous leur demandons. C’est pourquoi nous allons apporter encore cette aide exceptionnelle jusqu’au 20 janvier prochain, je l’espère, date à laquelle nous pourrons rouvrir.

Les saisonniers, les extras qui n’ont plus d’engagements depuis des mois, les précaires qui travaillaient les années précédentes mais ne retrouvent plus d’emploi, les jeunes qui n’arrivent à trouver ni emploi étudiant, ni premier emploi trouveront une réponse exceptionnelle à leur situation.

Le Gouvernement présentera cette réponse dans les prochains jours. Le plan « un jeune, une solution » fera l’objet de moyens accrus et j’invite tous les jeunes à se renseigner sur la plateforme prévue à cet effet.

Toutes ces décisions sont le fruit de larges consultations menées par le Premier ministre et son Gouvernement avec les partenaires sociaux, les élus locaux et les forces politiques. Elles sont éclairées par la science. Il y a certes beaucoup de choses que nous ne maîtrisons pas mais j’assume pleinement les décisions que je vous expose aujourd’hui et j’assume de les prendre pour vous protéger au maximum dans ce contexte exceptionnel.

Mes chers compatriotes,

J’ai conscience de vous avoir donné beaucoup de détails ce soir mais je pense que c’était nécessaire pour vous permettre de vous figurer dans les prochaines semaines comment nous allons nous organiser si, chacun, nous tenons notre rôle.

Il y a toujours beaucoup d’incertitudes et il nous faut garder en la matière beaucoup d’humilité, ce virus nous l’a appris.

Mais je ferai tout ce que je peux pour me battre à vos côtés, pour vous protéger et réussir à maîtriser cette épidémie.

Cette épreuve qui dure depuis bientôt un an est difficile pour chacun de nous. Et nous ne sommes pas au bout. Et je ne veux pas que nous nous laissions aller ni à la résignation, ni à la colère.

Je suis optimiste car toute crise comporte une part de progrès, une part d’espérance.

Regardez comme ces neuf derniers mois nous ont permis aussi de réussir ce que longtemps nous avions pensé impossible. Nous avons su rendre notre Etat plus efficace pour faire face à l’urgence, sanitaire comme économique. Nous avons collectivement transformé l’hôpital, notre système de soin, nous nous sommes appuyés sur le numérique pour rapprocher les commerçants des citoyens dans les territoires, pour continuer à travailler, à apprendre, à soigner. Nous avons fait preuve d’une capacité d’innovation, d’un sens de l’inventivité, qui seront décisifs pour construire le futur et affronter les crises qui viennent. Nous avons été solidaires comme jamais. Nous avons aussi identifié certaines de nos faiblesses : une organisation imparfaite, trop de bureaucratie, parfois un sens des responsabilité inégale, un manque de souveraineté parfois aussi pour certaines de nos productions.

Dans les prochains mois, il nous faudra consolider ces forces que parfois nous ne soupçonnions pas et corriger ces vulnérabilités que parfois nous ne voulions pas voir.

Pour ce faire, nous devrons nous en remettre au savoir et à la science. Ne jamais céder au complotisme, à l’obscurantisme, au relativisme.

Nous devrons continuer à innover, à créer, à entreprendre. C’est la force de l’esprit français.
Nous aurons à redresser notre économie tout à la fois en investissant, en travaillant et en étant solidaires. A ce titre le plan de relance de 100 milliards d’euros permet de préparer l’avenir de notre économie en créant des emplois dans les secteurs nouveaux, en les développant.

Mais pour les semaines à venir nous devons chacune, chacun, à la Nation, l’esprit de responsabilité. Nous nous devons les uns aux autres aussi beaucoup de bienveillance.

Les esprits sont parfois fatigués, les débats s’échauffent.
Et dans cette période, nous ne devons pas nous laisser nous emporter.

Tenons-nous ensemble autour de nos valeurs, autour de notre Histoire, dans cet attachement à notre démocratie, à notre humanisme qui demeurent, aujourd’hui comme hier, nos plus sûrs atouts.

Alors, nous pourrons inventer un nouvel avenir français.

Mes chers compatriotes, une nouvelle fois nous serons, j’en ai la certitude, au rendez-vous des défis des semaines et des mois qui viennent.

Notre génération a ensemble à vaincre cette épidémie, à affronter le terrorisme, à affronter la crise climatique et celle des inégalités.

Aujourd’hui, nous tenons ensemble.
Demain, nous vaincrons ensemble.

Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le 24 novembre 2020 à Paris.


Source : www.elysee.fr/

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201124-allocution-macron.html



 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 21:03

Parallèlement à sa conférence de presse du 29 octobre 2020,.le Premier Ministre Jean Castex a publié son rapport sur l'application du reconfinement prévu du 30 octobre 2020 au 1er décembre 2020.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (fichier .pdf) :
https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2020/10/presentation_du_premier_ministre_sur_les_mesures_contre_la_covid-19_-_29.10.2020.pdf

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201028-macron.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201029-rapport-castex-reconfinement.html

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 18:00

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201028-macron.html



Accompagné de plusieurs ministres, le Premier Ministre a présenté en conférence de presse, ce 29 octobre 2020, le détail des nouvelles mesures prises la veille par le Président de la République contre le Covid-19 (reconfinement).

 

 

 


Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 à Paris, sur le reconfinement contre le covid-19

Mesdames et Messieurs,

Ce matin, en la Basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice aux alentours de 9 h, trois de nos compatriotes ont été assassinés à l’arme blanche dans des circonstances abjectes. En ces moments tragiques, nos premières pensées vont à leurs familles, à leurs proches, aux paroissiens de Nice mais aussi plus largement à tous les catholiques qui ont été frappés en plein cœur à quelques jours de la fête de la Toussaint. Je veux leur dire ici que la Nation partage leur douleur et leur immense émotion.

Cette attaque aussi lâche que barbare endeuille le pays tout entier. Permettez-moi de saluer devant vous l’intervention immédiate de nos forces de sécurité intérieure : la police nationale, le RAID et tout particulièrement les policiers municipaux de Nice qui ont procédé à la neutralisation très rapide du terroriste.

Le procureur national antiterroriste est saisi. La réponse du Gouvernement sera ferme, implacable et immédiate. J’ai d’ores et déjà décidé de porter le plan Vigipirate à son niveau le plus élevé, c’est-à-dire le niveau « Urgence attentat » sur l’ensemble du territoire national. À ce titre, la protection des bâtiments publics, des services publics et des lieux de culte sera renforcée et la mobilisation des forces de sécurité en sera accrue. Le dispositif Sentinelle va passer de 3000 à 7000 militaires. Demain, un Conseil de défense sera convoqué par le Président de la République et prendra de nouvelles mesures.

Cette attaque ignoble vient nous frapper alors que nous sommes par ailleurs confrontés à une crise sanitaire sans précédent. Cette lutte contre le terrorisme, nous la menons de front avec la lutte contre l’épidémie qui frappe, elle-aussi, très durement notre pays.

Le Président de la République s’est exprimé hier devant la Nation pour annoncer aux Français les mesures décidées afin de faire face à la violence de la deuxième vague épidémique. Il m’appartient désormais de vous en préciser, avec les ministres concernés, les modalités de fonctionnement et de déploiement.

L’accélération de la circulation du virus frappe, avec la même brutalité, toute l’Europe. Tout le monde avait intégré le risque d’une deuxième vague, mais personne n’avait prévu une flambée si violente et si rapide. Et d’ailleurs, la plupart des pays européens sont aussi conduits à prendre, comme nous, des mesures de restriction. En France, contrairement à la première vague, toutes nos régions, et toutes les catégories d’âge sont touchées.

Puisque le virus accélère, alors nous devons accélérer également. L’objectif est simple : protéger la santé de nos concitoyens en cassant, par tous moyens, la spirale épidémique. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’imposer un confinement adapté, à l’échelle du pays entier, à partir de ce soir minuit et jusqu’au 1er décembre. Je le dis clairement, : il n’y a pas d’autre solution.

Pour autant, les modalités et le contour de ce nouveau confinement ne seront pas ceux de mars. Car nous avons appris de la 1ère vague et nous en tirons les enseignements. Nous veillerons en particulier à mieux préserver l’essentiel : notre droit à se soigner, travailler, s’éduquer, se former.

À compter de ce soir minuit, le confinement sera décrété sur l’ensemble du territoire français, et jusqu’au 1er décembre a minima. Seule exception : pour les départements et territoires d’Outre-mer, où le virus circule moins vite, ce dispositif ne sera appliqué qu’à la Martinique. Des tests seront en revanche exigés au départ ou à l’arrivée de ces territoires, afin d’éviter tout risque de diffusion du virus.

Beaucoup des règles que vous avez connues en mars et en avril seront reconduites à partir de demain. La première chose est que vous ne pourrez quitter votre domicile que pour certaines raisons, et munies d’une attestation pour le prouver.

Comme pendant le confinement, vous pourrez ainsi sortir :

    Pour faire vos courses alimentaires ;
    Pour vous rendre ou revenir de votre lieu de travail, et exercer votre activité professionnelle si vous n’êtes pas en capacité de le faire en télétravail ;
    Pour des motifs médicaux : vous rendre à l’hôpital, chez un professionnel de santé, ou dans une pharmacie ;
    Pour les motifs familiaux impérieux, pour l'assistance aux personnes vulnérables et précaires, notamment aux personnes handicapées
    Pour une convocation judiciaire ou administrative ;
    Pour la participation à des missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative. Cela concerne par exemple les maraudes des associations de lutte contre la pauvreté, ou les distributions d’aide alimentaire à domicile.
    Pour un déplacement d’une heure maximum, pour faire de l’activité physique, pour prendre l’air et pour promener vos animaux domestiques. Ces déplacements ne pourront pas se faire au-delà d’un rayon d’1km du domicile.

Je rappelle que pour l’activité physique, seules les pratiques individuelles et de plein air comme le jogging sont autorisées. Les salles de sport et les gymnases seront fermés, et les sports collectifs de plein air – le foot, le basket, le rugby, etc. – interdits. En revanche, contrairement au printemps, les parcs, jardins, forêts, plages, resteront ouverts.

Comme je l’indiquais tout à l’heure, des autorisations de déplacement supplémentaires sont prévues par rapport au confinement de mars :

    Pour accompagner un enfant à l’école ou aller le chercher ;
    Pour se rendre dans un service public ou chez un opérateur assurant une mission de service public : Caisses d’allocation familiales, Assurance Maladie, Pôle Emploi, protection maternelle et infantile, Maisons départementales pour les personnes handicapées, rendez-vous à la Mairie ou à la Préfecture ; déplacement à la Poste pour retirer un colis ou accéder à son compte en banque. Je rappelle à ce titre que les guichets de banque seront également ouverts ;
    Pour aller vous former, quand cela n’est pas possible à distance ;
    Pour vous présenter à un examen ou un concours, par exemple les examens du permis de conduire.

Par différence, tous les autres déplacements ne sont pas autorisés :

    Aussi, il ne vous est pas possible d’aller chez des amis ou de recevoir de la famille à la maison, dans la journée, comme le soir, la semaine et le week-end ;
    Il ne vous est a fortiori pas possible de vous déplacer au-delà d’un kilomètre de chez vous en dehors des motifs prévus. Il ne sera ainsi pas possible de voyager au sein du territoire national, y compris d’une résidence principale vers une résidence secondaire. Il y aura néanmoins une tolérance ce week-end pour le retour des vacances de la Toussaint.
    Pour chaque sortie, vous devrez vous munir d’une attestation, comme au printemps, que vous trouverez dès ce soir sur le site du Gouvernement et sur l’application Tous Anti-Covid. Afin de faciliter la vie quotidienne des Français, deux attestations permanentes pourront également être délivrées :
    Par votre employeur, pour les déplacements domicile – travail ;
    Par l’établissement scolaire de vos enfants, pour les déplacements domicile – école ;

Les fonctionnaires et les indépendants pourront présenter leur carte professionnelle ou tout autre justificatif d’activité professionnelle.

Une amende forfaitaire de 135€ sera appliquée en cas de non-respect du confinement et si vous ne pouvez pas présenter de justificatif alors que vous êtes contrôlé en dehors de votre domicile.

Enfin, concernant nos frontières : les frontières intérieures à l’espace européen demeureront ouvertes. Sauf exception, les frontières extérieures seront fermées, sauf pour les déplacements des ressortissants Français et des résidents en France. Toute personne arrivant sur le territoire devra faire la preuve d'un test négatif réalisé 72h à l’avance. Pour ceux qui ne disposeraient pas du résultat d’un test, un test à l’arrivée sera imposé.

Comme au printemps, l’essentiel des établissements recevant du public seront fermés : les bars et les restaurants, les commerces, les salles polyvalentes, les salles de conférence, les salles de spectacle et les cinémas, les salles de sport, les parcs d’attraction, les salons, foires et expositions. Vous trouverez la liste complète de ces établissements sur le site du Gouvernement.

Les dérogations qui avaient été établies au printemps seront maintenues :

    Les commerces alimentaires essentiels ;
    Les stations-services et les garages ;
    Les laveries et blanchisseries ;
    Les magasins de journaux et les tabacs ;
    Les opticiens ;
    Certains magasins spécialisés : équipement informatique, télécommunications, location de voitures et d’équipement.

De surcroît, resteront ouverts par rapport au confinement de mars :

    Tous les commerces de gros, les magasins et les jardineries, afin que les professionnels puissent continuer de s’approvisionner ;
    Les crèches et les établissements scolaires jusqu’aux lycées inclus ;
    Les établissements périscolaires, lorsqu’ils assurent la garde d’enfant le soir après l’école, et les centres de loisir le mercredi. En revanche, les établissements qui proposent des activités extrasolaires – sportives ou artistiques, comme les conservatoires ou les clubs de sport – sont fermés ;
    Les hôtels, qui peuvent garder une petite activité pour les déplacements professionnels indispensables par exemple, mais dont les restaurants seront fermés (seul le room-service pourra fonctionner) ;

Tous les services de transports en commun dont le niveau de service doit être maintenu.

J’ajoute quelques précisions :

    L’ensemble de ces établissements autorisés à ouvrir devront appliquer les protocoles sanitaires en vigueur, notamment la mise en place de jauges ;
    Les commerces fermés, de même que les restaurants, ne pourront pas accueillir du public, mais pourront continuer de fonctionner pour les activités de livraison et de retrait de commande ;

Tous les rassemblements sont interdits sur la voie publique, à l’exception des manifestations revendicatives déclarées auprès de la préfecture.

En ce qui concerne les lieux de culte, ils resteront ouverts. En revanche, les cérémonies religieuses seront interdites, sauf pour les enterrements, dans la limite de 30 personnes, et pour les mariages, dans la limite de 6 personnes. Une tolérance sera appliquée pour les cérémonies prévues ce week-end la Toussaint ainsi que pour des déplacements dans les cimetières et les commerces de fleurs. Je vous invite à vous rendre sur le site du Gouvernement pour retrouver la liste exhaustive des établissements pouvant rester ouverts
Parce que nous avons appris de la première vague, ce confinement sera adapté sur deux points essentiels : l’école et le travail.

En ce qui concerne l’enseignement, les crèches, écoles, collèges et lycées resteront ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés, notamment le port du masque dès 6 ans, afin de ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin tout en protégeant nos enseignants.

Je laisse Jean-Michel BLANQUER vous apporter les précisions nécessaires.

***
Pour les universités et établissements d’enseignement supérieur, la règle sera le distanciel :

    Dans les universités et dans tous les établissements du supérieur, les cours devront être assurés en ligne ;
    Seuls les travaux pratiques et enseignements professionnels nécessitant du matériel spécialisé pourront se poursuivre en présentiel
    Les examens et les concours pourront se tenir, avec un protocole renforcé ;
    Les restaurants universitaires pourront continuer à fonctionner, mais uniquement pour des repas à emporter ;
    Les bibliothèques universitaires seront ouvertes sur rendez-vous, et dans le respect d’une jauge ;
    Les activités de recherche doivent également se poursuivre, en télétravail quand c’est possible, mais également en présentiel quand cela ne l’est pas.

Dans le milieu professionnel, le principe est que les activités se poursuivent. Toutes les entreprises qui ne sont pas fermées administrativement doivent pouvoir continuer à fonctionner normalement ; je pense aux activités de services, aux bureaux d’étude, à l’industrie, au BTP, aux activités agricoles.

Il en sera évidemment de même pour tous les professionnels du soin, ceux du service à la personne, notamment de l’aide à domicile ou de la garde d’enfant, pourront poursuivre leur activité. Il sera possible pour les professionnels de la culture et du sport de continuer le travail préparatoire aux spectacles, les répétitions, les entraînements, les enregistrements et les tournages.

Partout où cela sera possible, le télétravail devra être la règle, dans des conditions que la ministre vous présentera dans un instant.

Ainsi, tous les fonctionnaires travailleront : en télétravail, pour toutes les activités qui le permettent, en présentiel pour le reste. Je pense ici bien sûr aux soignants, aux enseignants et aux forces de l’ordre ; mais plus généralement à l’ensemble des agents publics qui sont en première ligne dans les services publics.

Pour les entreprises fermées ou qui rencontrent des difficultés, le recours au chômage partiel sera maintenu dans des conditions exceptionnelles qui prévalaient jusqu’à présent. Je laisse la parole à Elisabeth BORNE pour préciser tous ces éléments.

***

Je l’ai dit, nous sommes parfaitement conscients des conséquences économiques et sociales de la mise en œuvre d’une telle mesure. Je comprends la difficulté immense, le sentiment d’injustice, et parfois la détresse, qui touchent ceux que l’on empêche de travailler. Les restaurateurs, un grand nombre de commerçants, les patrons de cafés et de bars. Je pense aussi à ceux dont l’activité qui, sans être interdite, subit de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire: le tourisme, l’hôtellerie, l’aéronautique et l’automobile, les chauffeurs de taxi.

L’État a déployé depuis le début de la crise des mesures de soutien exceptionnelles, en renforçant le fonds de solidarité, les dispositifs d’activité partielle, les exonérations de charge renforcée et les prêts garantis par l’État.

Ces aides ont déjà été renforcées à la suite des dernières mesures prises sur le couvre-feu. Le passage à une nouvelle étape va nous conduire à, non seulement, les pérenniser, mais également à les compléter, comme va vous le présenter Bruno LE MAIRE.

***
Un secteur sera malheureusement et fortement impacté par les mesures prises pour endiguer l’épidémie, c’est celui de la Culture.
Voilà pourquoi nous allons aussi le soutenir.

***

Mes chers concitoyens, ce nouveau confinement a pour objectif prioritaire de protéger nos concitoyens et de préserver notre système sanitaire, soumis à une immense pression.
Nous nous fixons un objectif absolu : accueillir tous les malades, soigner tous ceux qui en ont besoin, ne laisser personne sans prise en charge. Cela passe par un effort exceptionnel de mobilisation des professionnels de santé et d’organisation de nos établissements, dans des conditions que va vous présenter Olivier VÉRAN.

***

Le confinement, comme le Président de la République l’a indiqué, est imposé jusqu’au 1er décembre. Je dis bien 1er décembre. Nous referons un point dans deux semaines pour évaluer la situation.

Mesdames et messieurs, nous vivons une situation hors du commun. Je ne cesserai de le répéter : la solution est entre les mains de chacun d’entre nous. Adaptons nos comportements, limitons nos contacts, respectons les gestes barrières, portons le masque, même chez nous, protégeons-nous, protégeons les autres.

La situation sera très dure dans les semaines à venir, nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve. Dans la gestion de cette crise comme de toutes les autres crises qui nous frappent, le Gouvernement et les services de l’État sont totalement mobilisés. Je tiens à remercier les élus locaux et les collectivités locales qui sont également pleinement mobilisés aux cotés de l’État Nous devons plus que jamais être soudés dans cette épreuve, et c’est ensemble que, j’en suis persuadé, nous la surmonterons.

Je vous remercie.

Jean Castex, le 29 octobre 2020 à Matignon, Paris.


Source : gouvernement.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201029-conference-presse-castex.html
 

 

 

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 14:43

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201028-macron.html






Discours du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 (matin) à l'Assemblée Nationale

 

 

 




Assemblée nationale
XVe législature
Session ordinaire de 2020-2021

Compte rendu
intégral
Première séance du jeudi 29 octobre 2020


Présidence de M. Richard Ferrand

1. Déclaration du Gouvernement relative à l’évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre, suivie d’un débat et d’un vote

M. Jean Castex, Premier ministre

2. Attentat à Nice

M. le président

Suspension et reprise de la séance

M. Jean Castex, Premier ministre


Présidence de M. Richard Ferrand

M. le président. La séance est ouverte.

(La séance est ouverte à neuf heures quinze.)


Déclaration du Gouvernement relative à l’évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre, suivie d’un débat et d’un vote

M. le président. L’ordre du jour appelle la déclaration du Gouvernement relative à l’évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre, suivie d’un débat et d’un vote, en application de l’article 50-1 de la Constitution.

La parole est à M. le Premier ministre. (Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe LaREM.)

M. Jean Castex, Premier ministre. Jamais depuis un siècle et les vagues épidémiques de la grippe espagnole,…

M. Pierre Cordier. Il y a eu la grippe asiatique !

M. Jean Castex, Premier ministre. …la France, l’Europe et le monde n’avaient été confrontés à une crise sanitaire aussi grave et aussi dévastatrice que celle que nous traversons depuis près de dix mois désormais.

Hier soir, le Président de la République s’est exprimé devant la nation pour annoncer aux Français les mesures rendues nécessaires par les circonstances présentes. Aujourd’hui, il m’appartient, dans le cadre fixé par l’article 50-1 de la Constitution, de préciser devant vous tout à la fois les raisons et les modalités de ces nouvelles mesures de lutte contre la pandémie, d’en débattre et de vous demander de vous prononcer.

Je veux d’abord dire à la représentation nationale que j’ai parfaitement conscience que les efforts et les sacrifices à nouveau demandés au pays tout entier vont peser sur la vie de chacune et de chacun d’entre nous.

Depuis six mois, le gouvernement qui m’a précédé comme le mien ont tout fait pour ralentir la circulation du virus…

M. Thibault Bazin. Non, ce n’est pas vrai !

M. Jean Castex, Premier ministre. …et protéger la santé des Françaises et des Français. Mais ce virus, convenons-en tous ensemble, doit appeler chacune et chacun à la plus grande humilité. Le caractère totalement inédit de cette crise et les difficultés à y faire face tiennent d’abord à ce que ce virus n’existait pas il y a encore un an et, surtout, à ce qu’il reste très imprévisible.

Certes, nous savions, ici comme ailleurs, qu’une deuxième vague était possible voire probable,…

M. Pierre Cordier. Il fallait l’anticiper !

M. Jean Castex, Premier ministre. …et nous l’avons anticipée. (Protestations sur les bancs des groupes LR et GDR  – Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

Mme Bénédicte Taurine. Non !

M. Jean Castex, Premier ministre. Mais le fait est qu’aucun pays – regardez autour de nous !–…

M. Erwan Balanant. Parfaitement !

M. Raphaël Schellenberger. Gouverner, c’est prévoir.

M. Michel Herbillon. Aucun n’a d’aussi mauvais résultats que la France.

M. Jean Castex, Premier ministre. …n’avait prévu qu’elle s’accélérerait de manière aussi soudaine et brutale : aucun pays !

Un député du groupe LR. Totalement faux !

M. Jean Castex, Premier ministre. Nous y sommes.

La France, à l’instar de ses voisins,…

M. Sébastien Jumel. Nul ne peut se prévaloir des turpitudes d’autrui !

M. Jean Castex, Premier ministre. …a déconfiné de manière progressive et territorialisée à partir du 11 mai.

Un député du groupe LR. Vous ne parlez pas de vos échecs !

M. Jean Castex, Premier ministre. Dès que les signes de reprise épidémique se sont manifestés cet été, elle a adopté, également à l’instar de ses voisins, une réponse progressive et territorialisée.

Dès ma prise de fonction, j’ai édicté trois décrets rendant le port du masque obligatoire dans l’espace public, les commerces et les entreprises.

M. Raphaël Schellenberger. Enfin !

M. Jean Castex, Premier ministre. Je n’ai cessé d’appeler à la vigilance (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LR),…

M. Raphaël Schellenberger. Avec ce genre de déclarations…

M. Jean Castex, Premier ministre. …déclarant à plusieurs reprises que le virus n’avait pas pris de vacances. Début août, j’ai invité tous les présidents de grande métropole à adopter des plans d’information et de prévention, notamment en direction des publics les plus vulnérables. Dès juillet, nous avons préparé différents scénarios sanitaires pour une rentrée scolaire réussie, et elle l’a globalement été. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur plusieurs bancs du groupe Dem.)

Nous avons couvert l’ensemble des activités professionnelles, sociales, culturelles et sportives de protocoles sanitaires stricts. Nous avons déployé, avec des difficultés logistiques réelles mais que nous avons surmontées, une politique de dépistage parmi les plus massives d’Europe. Cette semaine, 1,8 million de tests seront effectués, dont les résultats seront transmis en moins de quarante-huit heures dans 92 % des cas.

M. Pierre Cordier. Vous avez été tellement bons qu’il faut reconfiner.

M. Erwan Balanant. Vous êtes insupportables, écoutez !

M. Jean Castex, Premier ministre. Lorsque la montée des taux d’incidence a commencé à se traduire par des hospitalisations, nous avons pris, chacun s’en souvient, dans les agglomérations concernées, des dispositions plus contraignantes, notamment la fermeture des bars et des restaurants, puis, plus récemment, le couvre-feu.

M. Sébastien Jumel. Sans évaluation !

M. Jean Castex, Premier ministre. Ces mesures doivent respecter les exigences de l’État de droit, suivant lesquelles des dispositions privatives de liberté doivent être fondées sur des motifs sanitaires suffisamment avérés. Elles doivent également, pour être pleinement efficaces, recueillir l’acceptation des élus et de la population. Vous savez que cela n’a pas toujours été simple.

Certains, qui nous disent aujourd’hui que nous aurions dû agir plus fort ou que nous n’en faisons pas assez, prétendaient à l’époque que nous en faisions trop. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur plusieurs bancs du groupe Dem.)

M. Sébastien Jumel. Humilité et modestie…

M. Raphaël Schellenberger. C’est un discours minable ! Où est l’unité nationale dans vos polémiques ?

Mme Émilie Bonnivard. Cela ne suffira pas !

M. Jean Castex, Premier ministre. À ce stade de mon propos, je veux saluer les élus locaux, avec lesquels je suis en relation permanente, pour leur grand sens des responsabilités. Dans la gestion de cette crise, le couple formé du maire et du préfet, dont je me suis toujours fait l’ardent promoteur,…

M. Sébastien Jumel. Les pauvres !

M. Jean Castex, Premier ministre. …fonctionne bien. Je remercie également les régions et les départements pour leur mobilisation constante. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

M. Maxime Minot. Il serait temps !

M. Jean Castex, Premier ministre. Cette stratégie se heurte aujourd’hui à l’emballement de l’épidémie, qui frappe le continent européen et notre pays. Aucun pays d’Europe n’est épargné : le nombre de nouveaux cas a été multiplié par dix en dix-huit jours en Italie, il a triplé en Allemagne en une semaine,…

M. Pierre Cordier. Ce ne sont pas les cas qu’il faut regarder, mais les hospitalisations et les admissions en rénimation.

M. Jean Castex, Premier ministre. …la situation est critique en Suisse, pourtant relativement épargnée lors de la première vague, où les capacités hospitalières sont proches de la saturation, et vous connaissez la situation très préoccupante de l’Espagne et de la Belgique. En France, chaque semaine, ce sont plus de 700 000 nouvelles personnes qui sont atteintes de la covid-19, porteuses du virus et susceptibles de le transmettre.

Si la mortalité affecte principalement des personnes très âgées, la maladie touche toutes les générations, avec des formes graves et des séquelles parfois lourdes et durables.

M. Jacques Cattin. Surtout en politique !

M. Jean Castex, Premier ministre. Aujourd’hui, 60 % des lits de réanimation sont occupés par des patients souffrant de la covid-19, soit deux fois plus qu’il y a quinze jours. Nous allons devoir gérer, au mois de novembre, un pic d’hospitalisations plus élevé qu’au mois d’avril dernier. Parce que le virus accélère, nous devons accélérer aussi.

La situation évolue et nous nous adaptons aux circonstances nouvelles créées par cette accélération brutale. Le but, lui, ne change pas : sauver les vies de nos concitoyens. Il nous faut pour cela casser par tous les moyens la spirale épidémique. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’instaurer un nouveau confinement à l’échelle du pays tout entier jusqu’au 1er décembre, avec des adaptations pour les seuls départements et territoires d’outre-mer.

M. Sébastien Jumel. Alternative !

M. Jean Castex, Premier ministre. Cette perspective est la même pour la plupart de nos voisins européens où la situation s’aggrave hélas.

Je le dis clairement : il n’y a pas d’autre solution. J’entends dire que, pour répondre à l’épidémie, il suffirait d’ouvrir davantage de lits de réanimation. (Protestations sur les bancs du groupe LR.)

Mme Coralie Dubost. C’est bon !

M. Jean-Paul Mattei. Idiot.

M. Jean Castex, Premier ministre. C’est refuser de comprendre que les murs et les lits ne suffisent pas, car on ne forme pas un médecin réanimateur ou une infirmière spécialisée en six mois.

Un député du groupe LR. Il faut tester !

M. Jean Castex, Premier ministre. Plus grave encore, à supposer que nous puissions augmenter nos capacités sans limite, ce qui n’est pas le cas, ce raisonnement supposerait que nous puissions accepter de voir le nombre de morts et de personnes intubées s’envoler. Nous devons faire exactement le contraire. La seule, la vraie solution est de couper les chaînes de contamination pour éviter les hospitalisations et l’engorgement des réanimations : prévenir plutôt que guérir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM – Protestations sur quelques bancs du groupe LR.)

M. Sylvain Maillard. Eh oui, bien sûr !

M. Jean Castex, Premier ministre. Toutefois, nous avons évidemment renforcé au cours des derniers mois nos services hospitaliers :…

M. Jean-Paul Lecoq. Comment ?

M. Raphaël Schellenberger. Les Français n’en peuvent plus de ce manque d’humilité.

M. Jean Castex, Premier ministre. …en six mois, nous nous sommes mis en position d’armer plus de 10 000 lits de réanimation, alors que notre capacité initiale était de 5 000 lits. Nous avons formé, autant que possible durant cette courte période.

M. Christian Jacob. Il n’y avait pas de masques ! (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.)

M. Maxime Minot. La vérité fait mal !

M. Jean Castex, Premier ministre. En six mois, nous avons reconstitué et entièrement sécurisé les stocks nationaux de respirateurs, médicaments anesthésiques et masques pour pouvoir prendre en charge plus de 30 000 malades en réanimation, quand nous en avions traité 17 000 lors de la première vague. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe Dem.)

M. Michel Herbillon. Comment est-ce possible ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Deuxième idée fausse : j’entends dire ici ou là que nous ne devrions confiner que nos concitoyens les plus vulnérables, à commencer par les personnes âgées. Il n’est pas possible de dresser un mur étanche entre nos aînés et le reste de la population.

M. Sylvain Maillard. Bien sûr !

M. Jean Castex, Premier ministre. Il est illusoire de penser que l’on pourrait laisser galoper impunément l’épidémie dans toute la population sans qu’elle ne finisse par atteindre ceux que nous cherchons à protéger.

Nous assumons le choix, qui n’a cessé d’être le nôtre depuis le début, d’accorder la priorité à la protection sanitaire de tous nos concitoyens. Ce choix, là encore, mesdames et messieurs les députés, j’observe que tous les autres pays européens le font. Mais nous savons d’expérience que cette priorité, lorsqu’elle se traduit par un confinement, n’est pas exempte de conséquences économiques, psychologiques et sociales qui peuvent être graves.

 

C’est pourquoi les modalités et les contours de ce nouveau confinement ne seront pas les mêmes qu’au mois de mars, car nous avons appris et tiré les conséquences de la première vague. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LR.)

M. Pierre Cordier. Un peu de modestie !

M. Jean Castex, Premier ministre. D’abord, et c’est une différence majeure, les établissements scolaires resteront ouverts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Le confinement du printemps dernier a fortement accru le risque de décrochage scolaire pour les enfants, en particulier les plus défavorisés.

Le Gouvernement fait totalement sien le diagnostic de la Société française de pédiatrie : les bénéfices éducatifs et sociaux apportés par l’école sont très supérieurs au risque d’une éventuelle contamination par le covid-19 de l’enfant en milieu scolaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM et quelques bancs du groupe Dem.)

Je sais que les enseignants ont été affectés au printemps dernier d’être séparés de leurs élèves et que nous pouvons compter sur leur dévouement et leur attachement à l’école de la République. Comme tous les grands services publics, l’éducation nationale doit continuer à fonctionner. Les crèches (Mme Danielle Brulebois applaudit), les écoles, les collèges et les lycées resteront ouverts ; il en va de même du secteur périscolaire. Je sais que le corps enseignant et l’ensemble du personnel éducatif seront au rendez-vous. Dès la rentrée de lundi, le protocole sanitaire sera adapté et renforcé pour assurer la protection de tous : enfants, enseignants et parents d’élèves. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)

M. Fabien Di Filippo. Quand vont-ils le recevoir ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Conformément à l’avis que nous a transmis hier le Haut conseil de la santé publique, le port du masque sera étendu aux enfants du primaire, dès l’âge de 6 ans. (Exclamations sur divers bancs.)

M. Sébastien Jumel. Ouh là là !

M. Jean Castex, Premier ministre. À l’université et dans les établissements d’enseignement supérieur, tous les cours magistraux et les travaux dirigés se feront à distance ; seuls les travaux pratiques pourront, dans des conditions spécifiques, être maintenus dans les établissements. (M. Bruno Studer applaudit.)

Nous devons tout faire pour éviter de connaître une chute de l’activité économique aussi brutale qu’au printemps dernier.

M. Thibault Bazin. Vous mettez sous cloche l’activité !

M. Fabien Di Filippo. Il faut surtout se mettre au travail !

Mme Nathalie Porte. Les commerçants, ce n’est pas l’économie ?

M. Jean Castex, Premier ministre. La France avait alors connu une récession parmi les plus fortes d’Europe. Nous ne pouvons à nouveau mettre l’économie sous cloche et nous devons continuer à travailler autant que possible, dans des conditions sanitaires protectrices bien entendu, tout en stoppant la circulation virale, car le chômage et la pauvreté peuvent aussi tuer. Maintenir une activité économique la plus soutenue possible est un impératif pour limiter les effets désastreux de la crise économique qui nous frappe déjà durement. Le recours au télétravail doit être le plus massif possible. Dans le secteur privé, toutes les fonctions qui le peuvent doivent faire l’objet de télétravail, cinq jours sur cinq ; cela sera inscrit dans le protocole national en entreprise, qui sera mis en ligne ce soir dans le cadre d’un dialogue social…

M. Raphaël Schellenberger. Ah !

M. Jean Castex, Premier ministre. …dont je salue le haut sens des responsabilités. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. M. Erwan Balanant applaudit également.)

Dans les administrations publiques, pour tous les agents dont les missions peuvent être totalement ou principalement exercées à distance, le télétravail se fera également cinq jours sur cinq.

Un député du groupe LR. Et à l’Assemblée nationale ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Pour les autres, pour qui le télétravail n’est pas possible et dont les activités resteront autorisées, des attestations dérogatoires permettront de les poursuivre. Le secteur du BTP doit continuer à travailler, les usines doivent fonctionner, les agriculteurs doivent poursuivre leur activité. Nous maintiendrons les bureaux de poste et les guichets de services publics ouverts. Pour le sport, les entraînements et les compétitions professionnelles pourront se poursuivre.

M. Sébastien Jumel. Et les amateurs ?

M. Pierre Cordier. Et les petits clubs ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Pour la culture, nous autorisons le travail préparatoire aux spectacles : les répétitions, les enregistrements et les tournages, afin de préparer les activités de demain.

Nous le savons, ce confinement aura des conséquences sociales et économiques lourdes, en particulier pour les secteurs déjà fragilisés qui vont à nouveau faire l’objet d’une fermeture administrative.

Mme Frédérique Meunier. Ils ne s’en remettront pas !

M. Jean Castex, Premier ministre. Nous devons aussi relever ce défi considérable.

M. Thibault Bazin. Vous faites le lit d’Amazon !

M. Jean Castex, Premier ministre. Je comprends la difficulté immense et parfois la détresse, qui touchent celles et ceux qu’on empêche de travailler. Comme lors de la première vague, les commerces, à l’exception de ceux de première nécessité, seront fermés…

M. Sébastien Jumel. Et Amazon ? Et la grande distribution ?

M. Jean Castex, Premier ministre. …tout comme les bars et les restaurants.

M. Pierre Cordier. Ils ont pourtant fait beaucoup d’efforts !

M. Jean Castex, Premier ministre. En revanche, les marchés alimentaires resteront ouverts, sauf décision contraire des préfets ; seront également fermées, les entreprises de l’événementiel, du sport et des secteurs du cinéma et du spectacle vivant. Suspendre temporairement ces activités est très douloureux, mais nécessaire pour assurer l’effectivité des mesures.

M. Raphaël Schellenberger. Il n’y a plus rien à suspendre !

M. Jean Castex, Premier ministre. Je pense aussi à ceux qui, bien que leur activité ne soit pas formellement interdite, subissent de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire : le tourisme, l’hôtellerie, l’aéronautique et l’automobile, les chauffeurs de taxi, etc.

Mme Frédérique Meunier. Et les professions libérales ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Comme au printemps dernier, nous ferons tout pour accompagner ces entreprises, leurs salariés et tous les indépendants…

M. Michel Herbillon. Ils sont en train de mourir !

M. Jean Castex, Premier ministre. …afin de repousser le risque de faillite. Au cours de la première phase, l’État a déployé des mesures de soutien exceptionnelles – cela est reconnu partout. Nous reconduirons et nous amplifierons ces mesures, parce que nous savons que le tissu économique a été fragilisé et qu’évidemment, ces entreprises ont les reins moins solides qu’au printemps dernier.

Mme Émilie Bonnivard. Elles vont mourir !

M. Jean Castex, Premier ministre. Tous les secteurs faisant l’objet d’une fermeture administrative bénéficieront d’aides pouvant aller jusqu’à 10 000 euros par mois par le biais du fonds de solidarité. Pour tous les secteurs faisant l’objet d’une fermeture administrative, nous mettrons en place l’activité partielle avec zéro à charge pour l’employeur.

M. Sébastien Jumel et M. Stéphane Peu. Et pour les salariés ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Pour les autres secteurs, le dispositif d’activité partielle en vigueur, qui devait être réduit au 1er novembre, sera maintenu et prolongé pour les salariés, aux conditions actuelles.

M. Jean-Paul Lecoq. Ça n’a pas changé : même avec le covid-19, il n’y en a que pour les actionnaires !

M. Jean Castex, Premier ministre. Les PME qui connaissent des difficultés pourront bénéficier d’un renforcement des exonérations de charges et nous prolongerons de six mois les prêts garantis par l’État.

Mme Émilie Bonnivard. Il faudra bien les rembourser !

M. Jean Castex, Premier ministre. Mercredi, le conseil des ministres adoptera un nouveau projet de loi de finances rectificative, prévoyant une enveloppe de 20 milliards supplémentaires pour financer ces mesures de soutien et d’accompagnement.

M. Pierre Cordier. Il va les chercher où ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Nous devons collectivement assumer ces dépenses…

M. Sébastien Jumel. Et les riches alors ?

M. Jean Castex, Premier ministre. …car ne rien faire aurait un coût économique, financier et surtout humain encore plus considérable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

M. Pierre Cordier. On n’a pas dit qu’il ne fallait rien faire !

M. Jean Castex, Premier ministre. Dans les jours à venir, l’attention du Gouvernement se concentrera sur ceux de nos concitoyens qui souffrent déjà le plus depuis le début de la pandémie et qui souffriront encore de ce nouveau confinement : les jeunes, les indépendants, les travailleurs dits de la deuxième ligne, les publics fragiles et précaires.

M. Hubert Wulfranc. Combien va-t-on leur donner ?

M. Jean Castex, Premier ministre. En concertation avec les partenaires sociaux, les associations et les organisations professionnelles, nous allons renforcer les solutions adaptées à leur situation. À eux, je veux dire que la solidarité nationale continuera à se déployer pleinement, plus que dans les autres pays ! Soyons-en fiers.

M. Hubert Wulfranc. Des chiffres !

M. Jean Castex, Premier ministre. Comme l’a indiqué le Président de la République, nous évaluerons tous les quinze jours la possibilité d’ajuster le dispositif. Dès aujourd’hui, nous sommes à pied d’œuvre pour anticiper l’échéance du 1er décembre, pour améliorer encore nos outils de prévention…

Mme Émilie Bonnivard. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

M. Jean Castex, Premier ministre. …pour tester mieux et plus, pour alerter plus vite, pour protéger de manière plus efficace encore, pour vivre avec ce virus jusqu’à ce que la science nous permette d’en venir à bout.

Mesdames et messieurs les députés, nous vivons un moment douloureux. Nos concitoyens sont inquiets, beaucoup souffrent, tous sont concernés par cette maladie et tous sont menacés par la crise économique. C’est un rendez-vous avec nous-mêmes, car la vie avec le virus et la maîtrise de l’épidémie reposent avant tout sur notre responsabilité individuelle et collective. (Exclamations de Mme Anne-Laure Blin et de M. Christian Jacob.) La solution est entre les mains de chacune et chacun d’entre nous, je n’ai cessé de le dire. Adoptons nos comportements, respectons les gestes barrières, protégeons-nous et protégeons les autres, y compris chez nous.

Évidemment, le Gouvernement est en première ligne et j’entends bien assumer, sous l’autorité du Président de la République, l’intégralité de mes responsabilités devant le pays. Ma présence devant vous est le témoignage de cet engagement, autant qu’une marque de profond respect à l’endroit de la représentation nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

M. François Ruffin. Et vous présenterez votre démission après ! (Vives protestations sur les bancs du groupe LaREM.)

M. Alexis Corbière. M. Ruffin a raison !

M. Jean Castex, Premier ministre. Le débat démocratique est libre. Veillons à ne pas donner au pays le spectacle d’une division permanente et de polémiques incessantes. (De nombreux députés du groupe LaREM se lèvent. Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem et sur quelques bancs du groupe Agir ens.) Nous devons toutes et tous nous hisser à la hauteur des circonstances. L’épreuve qui nous frappe est inédite : nous devons faire corps. Nous faisons le choix de la vie…

M. Raphaël Schellenberger. Vous êtes un irresponsable !

M. Jean Castex, Premier ministre. …et de la solidarité, car c’est le seul qui s’impose. (Les députés des groupes LaREM, Dem et Agir ens se lèvent et applaudissent. Protestations sur les bancs du groupe LR.)

Mme Danielle Brulebois. Un peu de respect !

M. Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Soyez décents !

M. Marc Fesneau, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne. Vous devriez vous taire !

Attentat à Nice

M. le président. Nous avons appris à l’instant, pendant que M. le Premier ministre s’exprimait, qu’un attentat d’une gravité extrême s’est produit à Nice. D’après les informations parcellaires dont je dispose, une personne au moins aurait été assassinée et d’autres seraient blessées. Je parle au conditionnel ; je n’ai pas davantage d’informations. (Murmures sur les bancs du groupe LR.)

M. Pascal Brindeau. Des sauvages !

Plusieurs députés du groupe LaREM. Chut !

M. le président. Dans ces circonstances tragiques, je vous demande d’observer une minute de silence, en solidarité avec la victime ou les victimes et avec l’ensemble de leurs proches. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et observent une minute de silence.)
Suspension et reprise de la séance

M. le président. La séance est suspendue.

(La séance, suspendue à neuf heures quarante-cinq, est reprise à dix heures.)

M. le président. La séance est reprise.

La parole est à M. le Premier ministre.

M. Jean Castex, Premier ministre. Je ne dispose pas encore d’éléments suffisamment précis sur ce nouvel attentat pour les porter à votre connaissance ; il s’agit incontestablement  d’une épreuve très grave qui frappe une nouvelle fois notre pays. En raison des circonstances exceptionnelles, je suis tenu d’assister à la cellule interministérielle de crise place Beauvau – je vous demande de bien vouloir le comprendre. Je ferai tout mon possible pour revenir écouter vos interventions et y répondre, avant que vous ne vous prononciez.

Dans les épreuves que notre pays subit, je ne peux qu’appeler encore une fois l’ensemble de la représentation nationale à l’unité et à la cohésion. (Mmes et MM. les membres du Gouvernement et les députés des groupes LaREM, Dem, AE, LT, UDI,  se lèvent et applaudissent – Les députés des groupes SOC, FI et GDR applaudissent également.)

Jean Castex, le 29 octobre 2020 au Palais-Bourbon, Paris.



Discours du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 (après-midi) au Sénat

 

 

 

 

 

 




SÉANCE

du jeudi 29 octobre 2020

13e séance de la session ordinaire 2020-2021

La séance est suspendue à 13 heures.

présidence de M. Gérard Larcher

La séance reprend à 14 h 30.

Hommage aux victimes de l'attentat de Nice

M. Gérard Larcher, président du Sénat . - (Mmes et MM. les sénateurs se lèvent ; MM. les ministres se lèvent également.)

Attentats après attentats, la France des Lumières s'assombrit. Après l'abominable assassinat contre Samuel Paty, le terrorisme islamique a à nouveau frappé, ce matin, à Notre-Dame de l'Assomption à Nice, ville tellement meurtrie déjà ! Je tiens, au nom du Sénat, à exprimer ma compassion et mon soutien aux familles et aux proches des victimes.

J'ai aussi une pensée émue pour les catholiques de France, durement éprouvés à la veille de la Toussaint. Je pense aussi au Père Hamel lâchement assassiné en son église de Saint-Étienne-du-Rouvray en juillet 2016. Je pense aux Niçoises et Niçois encore une fois frappés.

L'islamisme radical a déclenché une offensive de grande ampleur contre notre pays, notre peuple, notre identité et, j'ose le dire, notre civilisation et nos valeurs. S'attaquer à une église, à un temple, à une synagogue, à une mosquée, c'est s'attaquer à la République tout entière.

Aristide Briand disait que la loi doit protéger la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi. Nous sommes à la croisée des chemins. Faiblir, c'est renoncer. Renoncer, c'est abdiquer sur les valeurs qui ont construit notre Nation et notre République. Aujourd'hui, notre combat est celui de l'esprit des Lumières contre l'obscurantisme.

L'esprit de la Résistance doit nous animer : c'est une Nation solidaire et unie face à ce qui est un ennemi, j'ose le mot, clairement désigné.

Le Sénat sera à la hauteur de ses responsabilités dans toutes les composantes de sa diversité.

Je vous invite à observer, non pas comme une répétition ou une forme de litanie, un moment de recueillement mais aussi d'engagement à la mémoire des victimes de cet attentat à qui nous devons d'être une République debout. (Mmes et MM. les sénateurs observent un moment de recueillement.)

Déclaration du Gouvernement relative à l'évolution de la situation sanitaire

M. le président. - L'ordre du jour appelle une déclaration du Gouvernement, suivie d'un débat et d'un vote, en application de l'article 50-1 de la Constitution, relative à l'évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre.

M. Jean Castex, Premier ministre . - C'est dans un contexte particulièrement dramatique de l'attentat atroce de Nice que je m'adresse à vous. Le Président de la République s'est rendu sur place. Il est de mon devoir d'être ici, au Sénat, dans mes fonctions.

La vie démocratique que certains souhaitent abattre doit, plus que jamais, suivre son cours. La France subit une nouvelle fois une attaque sanglante. La République doit rester debout. Je prononcerai donc le discours prévu.

Le vendredi 16 octobre, avec le meurtre de Samuel Paty, la liberté d'expression et la liberté d'enseigner étaient prises pour cible. Aujourd'hui, c'est la liberté de culte et de conscience qui est attaquée.

Dans ce moment d'une gravité exceptionnelle, où l'émotion du pays est à son comble, j'adresse au nom du Gouvernement mes plus sincères condoléances aux familles et proches des victimes et un message de soutien aux catholiques de notre pays, frappés au coeur dans une église à la veille des fêtes de la Toussaint.

Le Président de la République a convoqué demain un Conseil de défense et de sécurité nationale et j'ai activé le plan Vigipirate urgence attentat sur l'ensemble du territoire national.

Vous avez raison, monsieur le Président, la République ne faiblira pas, elle n'abdiquera pas.

Il faut remonter à près d'un siècle dans l'histoire de la France et du monde pour trouver une crise sanitaire comparable à celle que nous vivons. Hier soir, le Président de la République s'est adressé aux Français pour leur faire part des décisions prises pour affronter l'épidémie. Aujourd'hui, il me revient de vous présenter les raisons et les modalités de ces nouvelles mesures. Nous en débattrons et vous vous prononcerez.

J'ai parfaitement conscience que nous demandons à nos concitoyens de nouveaux efforts et sacrifices, mais ils sont rendus nécessaires par cette nouvelle flambée de l'épidémie, qui ne concerne pas que la France mais tous les pays européens.

L'accélération brutale et soudaine, en large partie imprévue dans son intensité y compris par la communauté scientifique, nous oblige à agir plus fort.

Ce virus doit appeler chacune et chacun à la plus grande humilité. Le caractère inédit de la crise et des difficultés qu'elle provoque tient en partie à la nouveauté du virus ; il n'existait pas il y a encore un an et reste encore largement imprévisible.

La France, comme ses voisins, a déconfiné progressivement et de manière territorialisée à partir du 11 mai. Dès que les signes de reprise de l'épidémie se sont manifestés pendant l'été, nous avons mis en place une réponse progressive et territorialisée, là encore comme nos voisins.

Devant cette assemblée dont je connais l'attachement aux territoires, au dialogue et à la proximité, je tiens à saluer les élus locaux avec lesquels je suis en lien permanent depuis des semaines.

Je tiens à saluer leur grand sens des responsabilités. Le couple préfet-maire, dont je me suis toujours fait l'ardent promoteur, fonctionne très bien. Je remercie aussi les départements et les régions pour leur mobilisation.

Cette stratégie se heurte hélas à la flambée de l'épidémie et j'insiste sur ce mot. Aucun pays européen n'est épargné. Je discute régulièrement avec mes homologues de la situation dans leur pays et des mesures mises en place.

En France, l'épidémie sévit désormais sur tous les territoires. Si, comme lors de la première vague, la mortalité affecte principalement des personnes très âgées, la maladie frappe toutes les générations avec des formes graves et parfois des séquelles lourdes et durables.

Aujourd'hui, 60 % des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid, soit deux fois plus qu'il y a quinze jours. Au mois de novembre, le pic d'hospitalisation sera vraisemblablement plus élevé qu'en avril dernier. Cette situation nous oblige à accélérer la mise en oeuvre de nouvelles mesures.

Le Président de la République a décidé d'instaurer un nouveau confinement sur l'ensemble du pays jusqu'au 1er décembre, avec des modalités adaptées pour l'outre-mer. Nos voisins sont ou seront contraints à des mesures similaires, car c'est la seule solution pour sauver des vies.

Certains soutiennent que multiplier les lits de réanimation suffirait à endiguer l'épidémie. Mais on ne peut pousser les murs des hôpitaux ni former un médecin-réanimateur ou une infirmière spécialisée en six mois. Quand bien même nous augmenterions sans limite nos capacités, ce raisonnement suppose que l'on accepte que le nombre d'intubations et de morts s'envole. C'est le contraire que nous devons faire : mieux vaut prévenir que guérir.

Seconde idée fausse : certains proposent de confiner les plus vulnérables de nos concitoyens, à commencer par les personnes âgées. Mais qui peut croire que l'on pourrait ériger un mur étanche entre elles et le reste de la population ? Tout aussi fausse est l'idée selon laquelle nous pourrions laisser galoper l'épidémie parmi la population sans qu'elle ne touche les plus âgés.

Nous savons que le confinement n'est pas exempt de graves conséquences économiques, psychologiques et sociales. Ce nouveau confinement sera différent de celui mis en oeuvre au printemps ; nous avons tiré les leçons de la première vague.

D'abord, les établissements scolaires resteront ouverts, car le risque de décrochage scolaire a été accru au printemps dernier, notamment pour les élèves les plus défavorisés. Les enseignants ont aussi souffert d'être séparés de leurs élèves. Je sais pouvoir compter sur leur dévouement et sur leur attachement à la République.

Nos grands services publics - La Poste, les guichets des administrations - doivent aussi continuer à fonctionner dans cette nouvelle phase.

Les crèches, les écoles, les collèges et les lycées resteront ouverts, ainsi que le secteur périscolaire. Dès lundi, le protocole sanitaire sera renforcé. Conformément à l'avis de la Société française de pédiatrie et du Haut Conseil de la santé publique, le port du masque sera étendu aux enfants du primaire dès l'âge de 6 ans.

La France a été l'un des pays les plus touchés par la récession lors du premier confinement. Aussi, tout doit être fait pour éviter une chute brutale de l'activité économique. Ne mettons pas notre économie sous cloche. La plus grande majorité d'entre nous doit continuer à travailler tout en limitant au maximum la circulation du virus : le recours au télétravail doit être utilisé de manière la plus massive possible. Ceux qui ne peuvent y recourir et dont l'activité est autorisée bénéficieront d'une attestation pour aller travailler.

Les activités du bâtiment et des travaux publics (BTP), les usines, les agriculteurs doivent continuer. Pour autant, malgré notre volonté d'adaptation, le confinement aura des conséquences économiques et sociales lourdes, notamment pour les secteurs déjà fragilisés qui seront fermés administrativement. C'est un défi considérable à relever.

Je comprends la détresse de ceux que l'on empêche ainsi de travailler. Les commerces - hors ceux de première nécessité -, les bars, les restaurants, les entreprises de l'événementiel, du sport, du cinéma, du spectacle vivant seront fermés. C'est douloureux car ils participent de l'esprit français, mais nous devons aux Français une ligne claire et des décisions lisibles.

Je pense aussi au tourisme, à l'hôtellerie, à l'aéronautique et à l'automobile. Nous ferons tout pour les accompagner, ainsi que les indépendants, pour éviter les risques de faillite.

L'État a déployé lors de la première vague des mesures exceptionnelles de soutien, parmi les plus ambitieuses d'Europe. Elles seront reconduites et amplifiées, car notre tissu économique est fragilisé depuis le printemps.

Mercredi, le Conseil des ministres adoptera un nouveau projet de loi de finances rectificative pour 2020 avec 20 milliards d'euros supplémentaires pour financer ces mesures exceptionnelles. Ces dépenses sont d'abord un investissement pour limiter le coût économique, financier, humain de la pandémie.

Certains ont souffert plus que d'autres depuis le début de cette crise et seront également affectés par le second confinement : les jeunes, les indépendants, les travailleurs de la deuxième ligne, les personnes fragiles et précaires. En concertation avec les partenaires sociaux que j'ai reçus en début de semaine et dont je salue le sens des responsabilités, les associations et les organisations professionnelles, nous allons renforcer les mesures qui leur sont destinées. La solidarité nationale continuera à se déployer pleinement.

Les mesures prises sont particulièrement difficiles à accepter après le confinement du printemps. Aussi, la situation sera réévaluée au bout de quinze jours pour d'éventuels ajustements. Nous sommes déjà à pied d'oeuvre pour préparer l'après-1er décembre, pour tester mieux et plus vite, pour alerter plus rapidement et pour mieux protéger, afin de vivre avec ce virus jusqu'à ce que la science nous permette d'en venir à bout.

Nos concitoyens sont inquiets et en souffrance. Tous sont menacés par la maladie et par la crise qui en découle.

Cette crise, c'est un rendez-vous avec nous-mêmes, car la vie avec le virus repose sur notre responsabilité individuelle et collective. Une part de la solution est entre les mains de chacune et chacun d'entre nous : adaptons nos comportements, adoptons les gestes barrières, protégeons-nous et protégeons les autres. Hissons-nous à la hauteur des événements exceptionnels que traverse la France.

Nous vivons un moment particulièrement difficile. Nous affrontons un ennemi sans stratégie ni volonté, mais qui tue.

Si la France est de nouveau endeuillée, la République tient debout. La double épreuve qui nous frappe est inédite. Nous devons faire corps, faire le choix de la vie et de la solidarité. C'est le seul qui s'impose. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI)

La séance, suspendue à 15 heures, reprend à 15 h 15.


Jean Castex, le 29 octobre 2020 au Palais du Luxembourg, Paris.




Sources : assemblee-nationale.fr et senat.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201029-discours-castex.html

 

 

 

 

 

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