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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 03:31
Un groupe de responsables politiques engagés aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan (à l'exception de l'historien Guy Bois) appelle désormais à voter pour François Bayrou et s'en explique dans un article publié dans Marianne et que nous reproduisons ci-dessous.


Pourquoi nous voterons Bayrou

Les 55 % de Français qui ont voté non au projet de constitution européenne ne sauraient se satisfaire d'une situation où les trois candidats en mesure de l'emporter à la prochaine élection présidentielle se trouvent dans le camp du « oui ». Encore moins les gaullistes et les républicains que nous sommes.

Comment ne pas voir dans cette situation paradoxale un succès de la nouvelle oligarchie des médias et de la finance, alliée à des forces internationales décidées à faire disparaître l'« exception française » ?

Comment ne pas y voir surtout la prise en otage de l'élection présidentielle par les grands partis, à l'inverse de ce qu'avait voulu le fondateur de la Ve République ?

Mais la politique ne consiste pas, au moment d'une grande échéance nationale, à se retirer sur l'Aventin. Désireux de peser malgré tout sur la future élection, nous avons décidé de voter et d'appeler à voter pour François Bayrou.

Sa culture politique d'origine est certes très différente de la nôtre. Mais l'histoire n'est-elle pas une recomposition permanente des sensibilités en fonction des événements et des enjeux ?

Les convictions européennes de François Bayrou, ne sont pas davantage les nôtres. Nous ne pensons pas pour notre part qu'il puisse y avoir de vraie démocratie hors du cadre national. Et même si l'on approuve le principe de politiques européennes communes, nous pensons que celles qui sont effectivement conduites aujourd'hui à l'initiative de la Commission de Bruxelles et de la BCE : euro fort, libre échange généralisé, refus des politique industrielles, destruction du service public, centralisme normatif, sont désastreuses pour les peuples d'Europe.

Même s'il n'existe pas de différence de fond entre les trois « grands candidats » quant au projet européen, nous pensons cependant que François Bayrou a, mieux que les autres, perçu l'ampleur de l'exaspération populaire qui s'exprime aujourd'hui et la profondeur de la crise de confiance qui sépare le peuple de France de ses élites politiques.

Son engagement de ne prendre aucune initiative européenne sans la soumettre à référendum montre qu'il a compris qu'il ne saurait être d'Europe qui vaille sans adhésion populaire légitimée par le suffrage universel.

De même, François Bayrou s'est déclaré opposé à l'abandon du siège de la France au Conseil de sécurité au profit de l'Union européenne : c'est une position que nous approuvons ; sans le droit de veto de la France à l'ONU, la France n'aurait pu peser comme elle l'a fait face à la guerre d'Irak.

Son projet d'introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives et de rétablir l'indépendance des grands médias est par ailleurs conforme à l'esprit de nos institutions.

La présence de François Bayrou au second tour, après le référendum de 2005, apparaîtrait, dans la crise que traverse notre pays, comme un salutaire électrochoc.

L'intéressé, sur la lancée de la campagne qu'il a mené jusqu'ici, doit cependant aller clairement à la rencontre des millions de Français qui ont rejeté en 2005 une certaine Europe : celle de la technocratie, de l'ultralibéralisme et de la désindustrialisation.

Ne s'appuyant pas sur une formation politique de premier plan, prenant à parti le système et proclamant son intention de rassembler les Français par-delà la droite et la gauche, François Bayrou s'inscrit dans la logique de l'élection du président de la République au suffrage universel.

Tous ceux qui ne veulent pas enfermer le débat politique français dans la fausse bipolarité UMP/PS, ni ne souhaitent un nouveau et stérile 21 avril, auront à cœur de favoriser son succès.

Signataires :
Elizabeth Altschull, enseignante, essayiste ; Guy Bois, historien ; François Gaudu, professeur de droit ; Patrick Guiol, politiste ; Roland Hureaux, haut fonctionnaire, essayiste ; Claude Rochet, professeur de gestion.

Mercredi 11 Avril 2007
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 19:14
Le Président guinéen Lansana Conté vient de nommer le 28 mars 2007 un gouvernement de consensus dirigé par le Premier Ministre Lansana Kouyaté (56 ans) en accord avec les syndicats qui réclamaient sa démission.

Le pays se trouve actuellement dans un chaos complet, pauvreté extrême, chômage généralisé, corruption importante, qui a engendré une grève générale lancée le 10 janvier 2007, cause de nombreux désordres sociaux et d’une répression très ferme de la police.

Dans ce nouveau gouvernement (1), Ousame Dore, représentant du FMI au Sénégal et en Guinée-Bissau, devient Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan et Ahmed Kante, haut responsable de la Banque centrale, Ministre des Mines et de la Géologie, alors que le pays possède le tiers des réserves mondiales de bauxite (le minerai pour fabriquer l’aluminium).

Il y a quatre mois, quelques semaines avant ce mouvement de contestation, le journal Le Monde (1er décembre 2006) interviewait le Président de la Guinée Conakry, Lansana Conté (2).

Cet homme est vieux (73 ans), il dirige son pays depuis vingt-deux ans, à la suite d’un coup d’État consécutif à la mort de Sékou Touré, et surtout, il est malade de la leucémie. Il ne vit pas dans la capitale, mais à deux heures de route, dans son petit village de Wawa. Il s’accroche à son mandat, déterminé à le finir jusqu’en fin 2010.

Toute son astuce consiste à se montrer au milieu de ses poules et de ses champs. Le pays est pourtant riche en ressources naturelles, mais plus de la moitié des habitants est très en dessous du seuil de pauvreté. La corruption gangrène le pays qui est véritablement coupé en deux, les pauvres et les voleurs. Voisine du Libéria, du Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire, la Guinée semble épargnée par la guerre mais jusqu’à quand ?

Des proches de Lansana Conté sont ainsi lâchés, pour mieux montrer la lutte contre la corruption.

Par exemple, Mamadou Sylla, patron d’une compagnie aérienne, d’un importateur de voitures, de munitions etc., s’est enrichi grâce à sa proximité du pouvoir, en échange de livraisons d’armes à l’armée guinéenne quand le pays était agressé par ses voisins.

Disgracié par son protecteur, ce dernier explique « Les dix premières tonnes de riz qu’il a vendues, c’est moi qui lui ai offertes. (...) Je lui ai dit : "Si tu as volé, tu rembourses" ». Sylla sera bientôt jugé, mais bien d’autres, anciens ministres, se font dorer la pilule en Europe, bénéficiant de la clémence présidentielle : « Je n’aime pas mettre les gens en prison. Les ministres qui volent, je les écarte ».

J’ai l’impression ainsi d’avoir affaire à un vieux sage pacifique qui, lui, n’écarte pas ses oligarques avec du polonium 210.

Et pourtant, Lansana Conté est un rétrograde qui fait tout pour ne pas enrichir sa population.

Il ne croit qu’à l’agriculture et qu’aux résultats de la récolte des terres. Il refuse l’exploitation des nombreux gisements miniers de la Guinée : aluminium, fer, or, diamant et même pétrole... avec cette philosophie complètement dépassée : « Les mines ne m’intéressent pas. Ce qu’on trouve par hasard ne m’intéresse pas. Personne ne peut profiter d’une mine comme on le fait avec un champs, ou alors cette personne vole son pays ».

Il estime en effet que les mines, ce sont plus les Guinéens qui volent le pays que les Occidentaux, en revanche, il est reconnaissant envers la présence des Chinois qui, eux, travaillent : « Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu’ils en ont fait ! Les Chinois sont incomparables. ».

Bref, un vieux dictateur malade et éloigné du pouvoir, incapable d’arrêter la corruption, refusant de s’appuyer sur les richesses du pays pour favoriser son développement, arc-bouté sur des pensées d’arrière-garde...

Le 19 janvier 2007, rencontrant des responsables syndicaux après dix jours de grève générale, Lansana Conté les menace ainsi : « Je vais vous tuer tous, tant que vous êtes. Je suis militaire, j'ai déjà tué des gens. » (3).

Le 24 janvier 2007, alors qu’il y avait déjà 59 morts par la répression, Conté accepte à transférer ses pouvoirs à un Premier Ministre qui nomme finalement le 26 février sous la pression de la rue (4).

Lansana Kouyaté, haut diplomate très apprécié de l’ONU et de la France entre autres, aura-t-il avec son gouvernement les mains libres pour redresser la Guinée et lui apporter une vision moderne de l’économie face à l’un des plus anciens tyrans du monde ?

Cette évolution semble donner un peu d’optimisme.



(1) Nouveau gouvernement de consensus.
(2) Interview de Lansana Conté.
(3) Lansana Conté sur wikipédia.
(4) Nomination de Lansana Kouyaté.
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 15:53
Étrange sentiment à la lecture du Monde du 1er décembre 2006, où le Président de la Guinée Conakry, Lansana Conté, est interviewé (1).

Cet homme est vieux (73 ans), il dirige son pays depuis vingt-deux ans, à la suite d’un coup d’État consécutif à la mort de Sékou Touré, et surtout, il est malade de la leucémie. Il ne vit pas dans la capitale, mais à deux heures de route, dans son petit village de Wawa. Il s’accroche à son mandat, déterminé à le finir jusqu’en fin 2010.

Toute son astuce consiste à se montrer au milieu de ses poules et de ses champs. Le pays est pourtant riche en ressources naturelles, mais plus de la moitié des habitants est très en dessous du seuil de pauvreté. La corruption gangrène le pays qui est véritablement coupé en deux, les pauvres et les voleurs. Voisine du Libéria, du Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire, la Guinée semble épargnée par la guerre mais jusqu’à quand ?

Des proches de Lansana Conté sont ainsi lâchés, pour mieux montrer la lutte contre la corruption.

Par exemple, Mamadou Sylla (2), patron d’une compagnie aérienne, d’un importateur de voitures, de munitions etc., s’est enrichi grâce à sa proximité du pouvoir, en échange de livraisons d’armes à l’armée guinéenne quand le pays était agressé par ses voisins.

Disgracié par son protecteur, ce dernier explique "Les dix premières tonnes de riz qu’il a vendues, c’est moi qui lui ai offertes. (...) Je lui ai dit : ‘Si tu as volé, tu rembourses’ ". Sylla sera bientôt jugé, mais bien d’autres, anciens ministres, se font dorer la pilule en Europe, bénéficiant de la clémence présidentielle : "Je n’aime pas mettre les gens en prison. Les ministres qui volent, je les écarte".

J’ai l’impression ainsi d’avoir affaire à un vieux sage pacifique qui, lui, n’écarte pas ses oligarques avec du polonium 210.

Et pourtant, Lansana Conté est un rétrograde qui fait tout pour ne pas enrichir sa population.

Il ne croit qu’à l’agriculture et qu’aux résultats de la récolte des terres. Il refuse l’exploitation des nombreux gisements miniers de la Guinée : aluminium, fer, or, diamant et même pétrole... avec cette philosophie complètement dépassée : "Les mines ne m’intéressent pas. Ce qu’on trouve par hasard ne m’intéresse pas. Personne ne peut profiter d’une mine comme on le fait avec un champs, ou alors cette personne vole son pays".

Il estime en effet que les mines, ce sont plus les Guinéens qui volent le pays que les Occidentaux, en revanche, il est reconnaissant envers la présence des Chinois qui, eux, travaillent : "Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu’ils en ont fait ! Les Chinois sont incomparables.".

Bref, un vieux dictateur malade et éloigné du pouvoir, incapable d’arrêter la corruption, refusant de s’appuyer sur les richesses du pays pour favoriser son développement, arc-bouté sur des pensées d’arrière-garde...

Brrrr... franchement, je suis content d’être en France.



(1) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-840337,0.html
(2) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-840338,0.html
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 15:45
Il n’habitait pas en Amérique latine comme le Manuel Pereira da Ponte Martins du roman de Daniel Pennac "Le Dictateur et le Hamac". Il ne recruta pas de sosie car lui, contrairement à Manuel Pereira da Ponte Martins, il aimait les foules.

En fait, il a mis en place l’un des cultes de la personnalité qui n’avait rien à envier à Enver Hodja, ni à Staline, ni à Mao, ni à Ceaucescu, ni Bokassa Ier...

Lui, c’est Saparmyrat Atayewic Nyyazow, le Président du Turkménistan, l’une des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (1), qui est mort d’une crise cardiaque le jeudi 21 décembre 2006, tôt le matin. Enfin, officiellement, car déjà, certains doutent de la date et estiment qu’il était déjà mort plus tôt (2).

Son site internet n’était pas encore au courant en soirée (3) alors que celui de ses opposants l’annonçait dès 8h30 (4).

Je l’appellerai par la suite Niazov, selon la phonétique cyrillique et russe. J’aurais même pu l’appeler Niazov Ier tant le ridicule ne le tuait pas, en revanche, le ridicule-là pouvait tuer bien de ses concitoyens.

Il n’avait pourtant que soixante et un ans. Mais le coeur a éclaté... Trop gros de narcissisme et de caprice.

Il entra en 1962 au parti communiste de l’Union Soviétique, et y grimpa fort rapidement puisqu’en 1985, il devint son chef suprême, et accéda à la Présidence du Conseil des Ministres de la République socialiste soviétique de Turkménistan, la seconde des républiques d’Asie centrale (quatrième de l’ex-URSS) en superficie.

À partir de cette date, il dirigea d’une main de fer le pays. Le 13 janvier 1990, il devint le Président du Soviet Suprême de cette république, et en août 1991, il participa au putsch contre Gorbatchev à Moscou (5).

Malgré l’échec du coup d’État russe et après l’effondrement de l’Union Soviétique, Niazov parvint à conserver son pouvoir en devenant le premier président turkmène.

Ce qui lui permit d’établir une véritable tyrannie (6).

C’est à partir de ce moment-là que l’esprit vacilla. De simple et obéissant apparatchik au service du pouvoir central, le voici aux commandes d’un État impensable, seul à bord.

Les lubies arrivèrent (6).

Le 22 octobre 1993, il se fit appeler Türkmenbasy, père du peuple turkmène, pour copier Mustafa Kemal se faisant appeler Atatürk.

Le 29 décembre 1999, il se proclama président à vie avec une parodie de formalisme constitutionnel. Pour vous faire une idée, vous pouvez consulter la Constitution du Turkménistan en anglais (7).

Parmi les hérésies institutionnelles, voici quelques piquants exemples :

- Il a rebaptisé des villes.
- Il a donné son nom et celui de ses proches à des aéroports, rues, hôpitaux, et même, à une météorite.
- Il a changé les noms des mois et des jours, les remplaçant par le sien et ceux de ses proches.
- Il a mis son visage partout, sur les billets de banque, et même sur les bouteilles de vodka.
- Il a dressé sa propre statue en plein désert du Karakoum (8,9) ainsi qu’un immense palais à sa dévotion dans la capitale à Achgabat.
- Il a changé l’alphabet cyrillique en alphabet latin proche du turc.
- Il a interdit tous les livres antérieurs à l’indépendance (1991), si bien que dans les bibliothèques, il ne reste que des livres du dictateur lui-même, qui servent de base pour le système éducatif (en 2004, il a même fermé toutes les bibliothèques rurales car les villageois turkmènes ne lisaient pas, selon lui).
- Dans son village natal, il a construit un complexe comprenant une mosquée à la dévotion de sa maman pour cent millions de dollars.

Le pays a fait l’objet de nombreuses remontrances d’organisations non gouvernementales car il ne respectait pas les droits de l’homme (10). Trente mille prisonniers politiques ont été comptabilisés (soit près de 1% de la population totale !). Des caméras ont été installées partout.

La situation sanitaire est déplorable (réapparition de la tuberculose, du choléra et de la dysenterie). La situation économique est misérable, avec plus de la moitié de la population active au chômage, et trente euros comme salaire mensuel moyen. Le pays est pourtant riche, puisqu’il fournit en gaz le géant russe Gazprom, mais l’argent semblait bien se mouvoir dans la poche des proches de Niazov (6)).

Le Turkménistan est aussi l’un des rares treize pays ennemis d’internet (11).

Wikipédia (5) cite également quelques caprices présidentiels :

- Il a interdit le maquillage des présentateurs de télévision, afin de bien distinguer les hommes des femmes (qu’il confondait en raison de sa myopie).
- Il a interdit les spectacles de danse et les opéras (inutiles selon lui).
- Il a interdit de fumer en public en 1997 après son opération au coeur qui lui interdisait de fumer encore.
- Il a interdit le playback des chanteurs (ce qui risque d’avoir empêché Michel Sardou de se produire en Turkménistan) ainsi que la diffusion publique de musiques enregistrée (même dans les mariages !).
- Il a interdit aux hommes les cheveux longs, les moustaches et les barbes, les couronnes dentaires (« y a que moi qui peux être couronné ! » aurait-il dit, mais là, j’invente), en leur recommandant de ronger des os (comme les chiens ?).
- Il a réduit les études médicales à trois ans et a fermé tous les hôpitaux sauf celui de la capitale, licenciant ainsi quinze milles employés médicaux en 2004 (« Pourquoi gâcherions-nous de bons médecins spécialistes en les laissant dans des villages, alors qu'ils pourraient travailler dans la capitale ? » disait-il le 28 février 2005).

Malgré toutes ces ubuesques turpitudes, le régime de Niazov bénéficiait de la bienveillance gazophile de la Russie, des États-Unis et de la Chine, puisque le dictature n’avait aucune visée territoriale.

Étrange bonhomme dont la folie paraissait patente, surtout à la fin de sa vie, et qui malgré son autoritarisme, avait promis il y a un an qu’il y aurait des élections libres et équitables en 2009, alors qu’il était pourtant "président à vie".

À mon humble avis, elles vont avoir lieu plus rapidement que prévues, ces élections. Ouf. Reste à savoir si le processus démocratique sera bien enclenché.



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(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Turkménistan
(2) http://www.lenta.ru/story/turkmenistan/
(3) http://www.turkmenbashi.org/
(4) http://www.gundogar.org/
(5) http://www.minilien.com/?WNa3ke4hGs
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_du_Turkménistan
(7) Allez dans le lien (3), cliquez ‘Business & Economy’ et ensuite, ‘The Turkmenistan Constitution’.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Désert_du_Karakoum
(9) http://www.pagetour.narod.ru/uzb/Qyzylqum_1.htm
(10) http://web.amnesty.org/report2004/tkm-summary-fra/
(11) http://www.rsf.org/article.php3?id_article=19601
 
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 15:41
Mercredi 10 janvier 2007 au soir, sur Arte, j’ai enfin réussi à ne pas rater l’excellente émission de Jean-Christophe Victor "Le Dessous des Cartes".

Ce soir-là, elle avait pour thème : l’Organisation de Coopération de Shanghai, ou OCS (en français). Ce qui va suivre n’est pas le résumé de l’émission mais ma petite analyse personnelle (qui a donc toutes les chances de ne pas être forcément très pertinente, et en petits caractères : "analyse non contractuelle").

Je dois bien avouer que je ne connaissais même pas l’existence de l’Organisatin de Coopération de Shanghai. Mais pourtant, elle pourrait devenir l’un des pôles mondiaux essentiels pour les prochaines décennies.

En gros, face à l’OTAN qui a démesurément gagné la partie de la guerre froide en intégrant récemment les pays d’Europe centrale et orientale, la Russie se pose la perpétuelle question de son identité : occidentale ou orientale, européenne ou asiatique.

Issu de réunions informelles dès 1996, puis, un peu mieux structuré depuis 2001 (je vous passe les détails, tout se trouve sur les sites internet mis en référence plus bas), ce groupe de pays est d’abord une alliance hétéroclite.

Il s’agit de la Russie et de la Chine pour faire front face à la toute puissance américaine. Puis se sont agglutinés quelques pays de l’Asie centrale, ex-républiques soviétiques, et aujourd’hui, cette organisation (qui a fait quelques fusions avec d’autres organisations économiques locales, là encore je vous passe les détails, mais on peut en discuter aussi : en 2005 avec l’OCCA et la CEEA) commence à faire les yeux doux à l’Inde, au Pakistan et surtout, à l’Iran.

L’objectif est donc de créer un bloc suffisamment solide pour contrer l’OTAN actuelle. Une sorte de nouvel axe de pays non-alignés...

Aujourd’hui, l’Inde est surtout courtisée par les États-Unis qui souhaitent une alliance face à la Chine, et donc si l’Inde se montrait séduite par l’OCS, c’est cette géostratégie qui serait remise en cause.

Certains chercheurs (cf les liens sur l’IFRI) estiment que cette organisation n’a d’intérêt que pour les gros, et que les petits, ou les moyens, comme le Kazakhstan, n’ont aucun intérêt à une telle alliance. Et que pour l’instant, elle n’a pas de réelle action (nulle par exemple en Afghanistan).

Personnellement, je vois cependant un triple intérêt à l’éclosion d’un tel axe.

D’une part, la structuration d’un nouvel espace stratégique qui va se développer économiquement de façon rapide, ce qui permettra des négociations commerciales de meilleures tenues et, pourquoi pas (on peut encore rêver), contraindre les Chinois à respecter les règles internationales (notamment les protections par brevets).

D’autre part, l’obligation faite aux États-Unis de considérer que le monde ne leur est pas acquis. Une sorte de rééquilibrage dans le nouvel ordre mondial consécutif à la chute du communisme international.

Enfin, c’est l’occasion aussi de maintenir dans les pays d’Asie centrale une maîtrise de l’islamisme extrémiste qui pourrait se développer (comme il s’est développé en Afghanistan avec les talibans ou se développe aussi au Pakistan et au Cachemire).

L’Iran a-t-il un intérêt dans cette affaire ?

Bien sûr. Le premier est de se montrer comme un partenaire international avec qui on peut négocier. Je rappelle les soutiens à peine voilés de la Russie et dans une moindre mesure, de la Chine sur le dossier nucléaire (cf encore quelques liens mis plus loin).

L’organisation veut ainsi rassembler tous les producteurs des matières premières de l’énergie : gaz, et pétrole, et adopter ainsi une politique indépendante face à l’OPEP et face aux Occidentaux.

L’une des premières revendications de l’OCS, c’est le départ des troupes américaines d’Ouzbékistan et du Kirghizistan. Les États-Unis avaient installés quelques bases militaires à la suite des attentats du 11 septembre 2001 pour avoir une base logistique dans la guerre en Afghanistan, puis pour faire la chasse aux terroristes dans les vallées d’Asie centrale.

Cependant, les quelques mouvements militaires communs dus à l’OCS n’ont pas montré une très grande efficacité dans la lutte contre le terrorisme.

Outre les six pays membres (Russie, Chine, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizistan et Ouzbékistan), la Mongolie est devenue en 2004 un membre observateur alors que les États-Unis, demandeurs, n’ont pas obtenu ce rôle. En 2005, l’Inde, le Pakistan et l’Iran deviennent membres observateurs. Et d’autres États sont convoités, comme la Birmanie, l’Indonésie et la Malaisie.

On parle de stratégie ou de diplomatie, mais l’aspect commercial est, à mon avis, la priorité, avec un axe énergétique de tout premier ordre. Tout se construit maintenant : gazoducs, oléoducs, exclusivités, monopoles...

Et l’Europe dans tout ça ? Cela va peut-être apporter un peu d’oxygène dans ses relations avec les États-Unis. Et lui permettre d’avoir d’autres interlocuteurs.

Le jeu de Vladimir Poutine est cependant très trouble : pro-américain un jour (suite aux attentats de 2001), puis pro-européen un autre jour (contre la guerre en Irak), pro-chinois, pro-iranien de fait... cela fait beaucoup de casquettes peu compatibles.

Or aujourd’hui, la Chine semble avoir une très grande clarté dans sa stratégie : nourrir sa croissance économique galopante avec des matières premières et de l’énergie qui lui font défaut en grande quantité. Son leadership pourrait ramener la Russie dans un rôle subalterne qu’elle ne saurait accepter.

Et alors, la Russie reviendrait parmi les Européens. Et l’OCS, qui n’est pour l’instant qu’une coquille vide, aurait vécu.

Observez bien. Cela se passe maintenant, et sous nos yeux.
Le monde bouge. Anticipons-le.


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Pour en savoir plus...

* sur l’émission d’Arte :

(1) http://www.artevod.com/programDetails.do;jsessionid=BF77159F7F5290AB135CE7C23293
8F79?emissionId=1903

* sur l’OCS :

(2) http://college.interarmees.defense.gouv.fr/IMG/pdf/DE_L_ESTOILE_CES_D3_article_T
ribune_v4.pdf
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coopération_de_Shanghai
(4) http://french.people.com.cn/french/200308/06/fra20030806_62307.html
(5) http://www.ifri.org/files/Russie/laumullin_francais.pdf
(6) http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1712
(7) http://www.sectsco.org/home.asp?LanguageID=2

* sur les relations Russie-Iran :

(8) http://www.ifri.org/files/Russie/figaro_310806.pdf
(9) http://www.wsws.org/francais/News/2006/mai06/020506_Iran.shtml


* sur le nouvel ordre mondial (pax americana) :

(10) http://www.unites.uqam.ca/grri/documents/NouveauxMoteursMilitaire.pdf
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