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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:33

« J’ai besoin de dormir, de bayer aux corneilles. » (22 août 2014).


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Petit coup de projecteur sur Jean-Luc Mélenchon qui jouit d’un matelas électoral non négligeable dans les sondages (qui restent ce qu’ils sont). À 65 ans, Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une réputation contrastée : très bon orateur (l’un des rares, sinon le seul, à avoir une réelle éloquence dans les discours), il est dans les émissions de télévision ou de radio un peu "agressif" avec ses interlocuteurs.

Depuis une petite dizaine d’années, par une manœuvre exceptionnelle, Jean-Luc Mélenchon a réussi à faire croire aux communistes qu’il était communiste. C’était une opération gagnant/gagnant : le PCF n’avait pas de leader incontestable (et cela depuis Georges Marchais et Jacques Duclos !), et Jean-Luc Mélenchon n’avait pas d’appareil de parti, ni d’implantation territoriale, ni de militants à sa dévotion.

Cela s’était bien passé en 2012 et s’il a terminé plus faiblement que ce que laissaient entendre les sondages, il a eu la petite satisfaction de dépasser François Bayrou en recueillant 11,1% des suffrages exprimées (3,98 millions de voix).

Pour l’élection présidentielle de 2017, cela se passe un peu différemment. Certes, il conserve un fort niveau d’intentions de vote dans les sondages (autour de 12%), faisant jeu égal avec le candidat socialiste Benoît Hamon, mais il paraît beaucoup plus seul qu’en 2012. Annoncée le 5 juillet 2015, Jean-Luc Mélenchon a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle sur TF1 le 10 février 2016, en refusant le cadre de la primaire socialiste. Il a rejeté les appareils politiques (y compris le sien, le Parti de gauche) et a mis en place le mouvement "La France insoumise" (250 000 adhérents revendiqués au 17 février 2017, soit plus que les 192 179 adhérents revendiqués par le mouvement d’Emmanuel Macron au 15 février 2017).

La décision cruciale était celle des communistes. Sans l’appareil du PCF, la candidature de Jean-Luc Mélenchon aurait perdu en efficacité et en organisation. Mais comme il a refusé toute concertation, la direction du PCF (la "conférence nationale") a décidé le 5 novembre 2016, à 55%, de ne pas le soutenir, malgré l’appui de Pierre Laurent et de Marie-George Buffet. André Chassaigne, député communiste, se voyait bien candidat du PCF en 2017, il l’avait déjà souhaité en 2012. Finalement, consultés le 26 novembre 2016, les adhérents du PCF ont, au contraire, soutenu à 54% la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les relations entre le PCF et Jean-Luc Mélenchon restent encore ambiguës, car Jean-Luc Mélenchon veut investir des candidats de la France insoumise aux élections législatives contre des candidats communistes. Le PCF aurait intérêt à négocier directement avec le PS. Quant aux "discussions" entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ce fut un épisode assez pitoyable de caprices d'ego qui a occupé inutilement trois semaines. En réduisant l'écart avec le candidat socialiste dans les intentions de vote, l'ancien sénateur socialiste a relégitimé sa candidature.

Et pourtant, qui est vraiment Jean-Luc Mélenchon ?

Certes, il admire Fidel Castro et s’oppose au Tibet libre, considérant que la dalaï-lama est un dictateur en puissance, histoire de rougir un peu le trait, mais est-il vraiment si "rouge" que cela ?

Car à l’origine, le rouge était plutôt rose. Il était pendant un quart de siècle un apparatchik du Parti socialiste, très content de l’avoir été. D’ailleurs, comment peut-il se dire aussi violemment dans l’opposition à François Hollande alors qu’il l’a soutenu au second tour de l’élection présidentielle de 2012 dès le 22 avril 2012, dès 20 heures, et de manière inconditionnelle (pour faire barrage à Nicolas Sarkozy) ?

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Apparatchik socialiste ? Il a toujours vécu grâce à la politique. Une belle carrière typique des militants socialistes qu’on retrouve ensuite au gouvernement. La politique le nourrit depuis l’âge de 33 ans : conseiller général de l’Essonne de 1985 à 1992 et de 1998 à 2004 (vice-président du conseil général de 1998 à 2000), il était conseiller municipal de Massy à partir de 1983 (jusqu’en 2001), puis adjoint au maire de Massy de 1989 à 1995. Surtout, il fut élu sénateur de l’Essonne à l’âge de 35 ans (il a optimisé : à l'époque, on ne pouvait pas être plus jeune au Sénat).

Ce fut ce mandat de sénateur qui l’a propulsé dans la vie nationale, du 2 octobre 1986 au 27 avril 2000 et du 26 septembre 2004 au 7 janvier 2010. Après avoir souvent bataillé dans les congrès socialistes (aux côtés notamment de Julien Dray), il a atteint le sommet en étant nommé sous-ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin, chargé de l’Enseignement professionnel du 27 mars 2000 au 6 mai 2002. Enfin, depuis le 14 juillet 2009, il est député européen, élu le 7 juin 2009 et réélu le 25 mai 2014.

À cet égard, comme ancien ministre, il fait donc pleinement partie du "système", il en a même assumé les responsabilités parmi les plus hautes dans la hiérarchie de l’État. Et il est entièrement introduit dans les cercles politiques, hors clivages.

Par exemple, le 31 août 2008, il fêtait les 50 ans du polémiste Éric Zemmour au château de Malmaison, aux côtés d’Isabelle Balkany et de Paul-Marie Coûteaux ! Éric Zemmour, qui l’aurait aidé à déjeuner avec Henri Guaino, alors conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, en 2010, dans le restaurant de l’Institut du monde arabe (selon "Le Point" du 18 avril 2012). Ce fut Henri Guaino qui aurait payé l’addition. Devenus complices, ils se tutoieraient et auraient encore eu une longue discussion le 23 février 2012  (dans les coulisses d’une émission politique).

Petite anecdote : on a reproché à Jean-Luc Mélenchon d’être un ami proche de Bachar El-Assad, ce qui, en ces temps de guerre civile en Syrie, n’est pas très flatteur. Il y a notamment une photo, qui a circulé dans les réseaux sociaux en 2012, de lui aux côtés de Bachar El-Assad. En tant que ministre, il avait alors représenté Lionel Jospin le 21 juin 2001 pour accueillir le dictateur syrien à l’aéroport d’Orly, mais leurs relations se sont limitées à cette seule politesse protocolaire. Son conseiller en communication a en effet déclaré au journal "Le Parisien", le 18 avril 2012 : « Matignon l’a appelé à la dernière minute, pour lui demander de se rendre à Orly. Mais hormis à la descente de l’avion, Jean-Luc Mélenchon ne l’a pas rencontré. Il n’a pas dîné avec lui et il n’y a pas eu de réunion sur les questions éducatives. Les rendez-vous étaient prévus avec Jacques Chirac, Lionel Jospin ainsi que Raymond Forni, le Président de l’Assemblée Nationale. » (Arnauld Champremier-Trigano).

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En revanche, son amitié avec le sulfureux idéologue d’extrême droite Patrick Buisson n’est pas une fiction. Il a eu beau démentir, minimiser, il est moins convaincant que le livre d’Ariane Chemin et de Vanessa Schneider (journalistes au journal "Le Monde") sur ce conseiller occulte "Le mauvais génie de Nicolas Sarkozy" publié le 18 mars 2015 chez Fayard, qui met en exergue cette phrase de Patrick Buisson lui-même : « Il y a l’avant-scène qui constitue ce que voit le public, les empoignades politiques, et puis, il y a le théâtre d’ombres. » (novembre 1987).

Et dans le "théâtre d’ombres", il y a ces relations étonnantes, déconcertantes même, entre Jean-Luc Mélenchon et Patrick Buisson complètement séduit par l’homme, le philosophe, l’historien, l’orateur, le gauchiste. Le livre des deux journalistes fait remonter au début de l’année 1993 l’amitié qui lie Jean-Luc Mélenchon à Patrick Buisson qui disait alors du futur candidat : « Mélenchon est l’un des derniers socialistes à se référer à une grille d’interprétation marxiste de l’économie et de la société. Paradoxalement, ce n’est ni un brasseur de vulgate, ni un adepte de la langue de bois. » (1993).

Très vite, Patrick Buisson a introduit Jean-Luc Mélenchon parmi les protagonistes récurrents du talk-show de LCI ("Politiquement show").

Le livre essaie d’expliquer les liens qui les unissent : « Qui comprend mieux un marxiste qu’un ancien "facho", un ancien trotskiste qu’un ancien de "Minute" ? Un siècle de culture politique les lie. Ils connaissent les mêmes chansons, celles des rouges et celles de bruns. (…) Combattre l’adversaire passe toujours par la connaissance intime de ses groupuscules, de ses scissions et de ses soubresauts. Leur ennemi au fond est le même : la sociale-démocratie. (…) Le combat doit d’abord se mener sur le terrain culturel, meilleure manière de soustraire les classes populaires à l’idéologie dominante et de conquérir le pouvoir. » (18 mars 2015).

Résultat, ce fut très logique que Jean-Luc Mélechon fût présent le 24 septembre 2007 dans les salons dorés de l’Élysée lors de la remise de la Légion d’honneur à Patrick Buisson par le Président Nicolas Sarkozy. Il y avait également …Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Luc Mélenchon s’est justifié auprès de Marc-Olivier Fogiel le 17 février 2015 sur France 3 : « Aller à la Légion d’honneur de Patrick Buisson par Nicolas Sarkozy, c’est une gourmandise, un spectacle gratuit. J’y vais. Je vois le Président de la République qui dit remercier l’homme qui lui a permis d’être élu. C’est extraordinaire. ».

Si Patrick Buisson était le conseiller de Nicolas Sarkozy, il lui donnait aussi des conseils comme le raconte le livre : « Mélenchon a (…) pris l’habitude de consulter son nouvel ami avant chaque décision stratégique. Buisson met avec plaisir sa science des sondages à son service. Il est de ceux qui l’encouragent à quitter le Parti socialiste en 2008 [le 7 novembre 2008]. Les Français ne croient plus aux vieux partis, ces regroupements d’élus coupés de la base et de ses préoccupations, qui ne servent plus qu’à préserver places, postes et intérêts. "Toi, tu t’adresses au peuple", lui souffle-t-il. ».

Avant le livre d’Ariane Chemin et de Vanessa Schneider, la fuite sur l’amitié buissonnante avait été faite par "Le Nouvel Observateur" le 12 avril 2012, quelques jours avant le premier tour pour déstabiliser le candidat du Front de gauche. Sur BFM-TV et RMC, le 16 avril 2012, Jean-Luc Mélenchon a dû reprendre le contrôle de la situation face à Jean-Jacques Bourdin : « Nous nous sommes vus sur des plateaux de télévision sur LCI en 2007. Je ne suis pas ami avec monsieur Buisson, qu’est-ce que c’est que cette invention ? Et pourquoi vous me parlez de monsieur Buisson ? Après vous allez me parler de monsieur Dassault. Vous avez encore beaucoup de ragots comme ça ? Vous croyez que c’est intéressant de savoir si je suis ami de vos mondanités ? ». Ami de ses mondanités, plutôt !

Évidemment que cela pourrait intéresser ses électeurs potentiels, tout autant en 2017 qu’en 2012 ! Ce qui est d’ailleurs intéressant, ce ne sont pas les relations amicales en tant que telles, car après tout, chaque personnalité politique est une personne humaine avant tout et il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas de relations même en cas de divergences politiques, même profondes.

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Sur Facebook, Jean-Luc Mélenchon a lâché sa rancœur le 18 mars 2015 : « Pour stimuler la polémique et tâcher de faire des ventes, une histoire est inventée qui fait de moi l’ami personnel de monsieur Buisson et de lui mon confident et mon conseiller. Pure invention. (…) J’ai jouté de nombreuses fois contre monsieur Patrick Buisson sur des plateaux de télé et j’ai toujours apprécié son opposition à mes analyses. Je sais qu’il a apprécié mes réparties (…). Je n’ai aucune raison de dénigrer cet homme dont la distance politique avec moi n’a pas à être démontrée ni prouvée au motif que deux personnes mal intentionnées voudraient m’y contraindre. (…) Je dénonce le procédé utilisé pour conforter la thèse du PS selon laquelle nous serions des agents de la droite et de l’extrême droite (…). Telle est notre époque : certains médias aux abois que fuient les lecteurs n’ont imaginé d’autres recours contre leur déchéance que de fabriquer sans cesse du sensationnel à n’importe quel prix, y compris celui de la vérité et de la simple vraisemblance. ».

Ce qui serait plutôt instructif, c’est : pourquoi veut-il absolument les cacher, ces relations amicales ? Pourquoi refuse-t-il d’assumer des relations humaines qui s’établissent en dehors d’un plan de carrière et en dehors d’un plan de campagne, mais qui sont ce qu’elles sont. Certains y ont vu une collusion entre Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy pour empêcher François Hollande d’accéder au second tour en 2012.

Ancien militant mélenchoniste passé chez "l’ennemi" (le FN), Joël Locin a exprimé sa stupéfaction et sa colère le 19 mars 2015 sur "Riposte Laïque" : « Les bras m’en tombent, et la colère m’envahit. Non seulement mon ancienne idole était un cr@tin, ce que j’avais fini par comprendre, mais aussi un traître, utilisé par la droite pour mettre la pagaille à gauche. Et dire que j’ai consacré des années de ma vie, au détriment de ma famille, de mon travail, à militer pour ce guignol ! Comment Méluche a-t-il pu se laisser rouler ainsi dans la farine ? ».

Le journaliste Daniel Schneidermann, plutôt mélenchoniste, ne pouvait pas ne pas faire un parallèle historique : « Ah ! Il nous avait bien baladés, tous les gogos de la gauche, le Mitterrand (…). Il protégeait discrètement l’ignoble Bousquet de la justice, au nom de très anciennes solidarités, incompréhensibles pour quiconque n’avait pas connu la guerre. » (18 mars 2015).

Fustigeant le monde médiatique bobo, Jean-Luc Mélenchon s’est interrogé : « Au nom de quoi, quatre petits cire-pompes vont mettre en cause mon appartenance intellectuelle à cette gauche à laquelle je crois ? » (16 avril 2012).

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L’industriel Serge Dassault, Jean-Luc Mélenchon a sympathisé avec lui car tous les deux étaient sénateurs de l’Essonne, et cette sympathie a été révélée par deux autres journalistes, Stéphane Allies et Lilian Alemagna, dans "Mélenchon le plébéien" publié le 19 janvier 2012 chez Robert Laffont. Selon eux, Jean-Luc Mélenchon aurait aidé Serge Dassault (« grand industriel ») à se faire élire sénateur en 2004, puis aurait refusé de saisir le Conseil Constitutionnel sur une éventuelle incompatibilité de parlementaire comme gros fournisseur de l’État.

Même le tutoiement fait partie de ses reniements. Daniel Cohn-Bendit n’a pas compris sa réaction le soir du 27 novembre 2016 sur France 2 lorsqu’il l’a interpellé avec un enthousiasme juvénile à propos de la primaire socialiste : « Jean-Luc, si tu te présentes à la primaire, tu peux la gagner ! ». Très distant, Jean-Luc Mélenchon lui a froidement répondu ceci : « Monsieur Cohn-Bendit, est-ce que vous pouvez m’appeler par mon nom, et pas par mon prénom, s’il vous plaît. Nous ne sommes pas amis, ne jouons pas la comédie ! ». Vexé, Daniel Cohn-Bendit a refusé de poursuivre la conversation : « J’ai pas de question à lui poser. On s’est toujours tutoyés, s’il a pas envie, qu’il aille tutoyer Castro, et qu’il me f@ute la paix ! ».

L’ancien Premier Ministre Manuel Valls a basé sa candidature à l’élection présidentielle sur l’idée que la gauche ne devait pas être défaitiste et qu’elle pourrait atteindre le second tour en 2017. Paradoxalement, Benoît Hamon l'a emporté sur Manuel Valls le 29 janvier 2017. Jean-Luc Mélenchon serait-il plus apte à atteindre le second tour que Benoît Hamon ? Pas sûr, mais ce qui est sûr, c'est qu'aucun des deux n’y arrivera s’ils se considèrent d’abord comme des adversaires. Pendant ce temps, Marine Le Pen se frotte les mains…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-Luc Mélenchon, candidat autoproclamé aux amitiés mal assumées.
Débat Mélenchon vs Attali et Apparu (25 avril 2013).
Débat Mélenchon vs Cahuzac (7 janvier 2013).
Débat Mélenchon vs Copé (17 novembre 2011).
Débat Mélenchon vs Marine Le Pen (14 février 2011).
Mélenchon, allié objectif de Sarkozy (24 mars 2012).
Mélenchon sur TF1 (5 mars 2012).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161126-melenchon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-luc-melenchon-candidat-187349

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/22/34663835.html



 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 06:57

« Quand l’importance des processus quantiques pour le fonctionnement du cerveau sera reconnue et quand la physiologie du cerveau sera étudiée de ce point de vue, on arrivera certainement à découvrir l’importance de la réduction du paquet d’ondes. » (Henry Pierce Stapp, mathématicien américain de presque 89 ans, spécialiste en physique quantique).



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Le paquet d’ondes, je l’avais déjà évoqué lors de la campagne de l’élection présidentielle de 2007, juste après le premier tour, puis après le second tour. L’une des particularités d’une particule, comme l’électron, par exemple, c’est qu’il est impossible de connaître dans l’absolu sa position et sa quantité de mouvement. La position n’est décrite par les équations qu’au moyen d’une "fonction d’onde" qui est basée sur un calcul de probabilités.

Pour connaître précisément la position de l’électron, il faut alors l’observer. Mais le problème, c’est qu’en l’observant, on doit bousculer la réalité (comme si on regardait un jeu de billard en lançant dans le jeu une autre boule). On parle alors de "réduction du paquet d’ondes" lorsqu’on "lève l’indétermination d’Heisenberg" sur les caractéristiques de la particule.

Cette explication simplifiée à l’extrême d’un des principes essentiels de la physique quantique, qui a engendré historiquement un débat passionnant tant philosophique que scientifique entre Niels Bohr et Albert Einstein, propose une bonne image pour décrire les thèmes de campagne et surtout, le positionnement d’un candidat centriste "majeur" à l’élection présidentielle. Ce qui avait été valable pour François Bayrou en 2007 l’est également pour Emmanuel Macron en 2017, d’autant plus qu’au contraire de François Bayrou, "particule" déjà bien répertoriée, Emmanuel Macron est une "particule" non identifiée (ou nouvellement accessible sur le marché électoral).

Ce n’est pas anodin que la campagne d’Emmanuel Macron soit en train de patiner depuis une semaine, en ce milieu du mois de février 2017. Son objectif avait été de rester le plus flou possible pendant le plus longtemps possible afin d’attirer le plus de monde possible derrière sa propre personne (et seulement derrière sa propre personne), hors de tout parti, hors de tout programme (il a admis tardivement la nécessité d’un programme qu’il devrait présenter le 2 mars 2017), des personnes venant de tous les horizons, de droite, de gauche, du centre, de nulle part…

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La question du titre (Emmanuel Macron est-il de gauche ?) fera frémir évidemment tous ceux qui se sentiraient à sa gauche et qui le considéreraient comme "de droite", mais ce ne serait qu’un raisonnement de position relative qui n’a pas beaucoup d’intérêt. Sinon, à ce compte-là, pour un mélenchoniste, Benoît Hamon pourrait aussi être considéré comme un candidat de droite.

Souvent, d’ailleurs, pour quelqu’un qui se considère "de gauche", est "de droite" tous ceux qui ne défendent pas ses idées. Pourquoi pas ? Comme il y a plus d’identification à gauche (au point de parler de "peuple de gauche", ce qui est une hérésie républicaine) qu’à droite, cette "gauche" est à dans toutes les sauces, qui, parfois, comme l’huile et l’eau, ne se mélangent pas (ou ne le mélenchent pas).

Et pourtant, la meilleure façon d’identifier les candidats, au lieu de projeter des étiquettes artificielles sur eux (autant de projections que de projecteurs), c’est de connaître leurs propres revendications. François Hollande était un candidat de gauche, en 2012, qui avait même très habilement fait de la "finance internationale" son principal ennemi (le 22 janvier 2012 au Bourget). D’ailleurs, dès le 22 avril 2012 à 20 heures, Jean-Luc Mélenchon avait appelé à voter pour lui inconditionnellement. François Hollande était donc clairement identifié, qu’on le veuille ou pas, comme un "candidat de gauche", revendiqué comme tel (y compris par Jean-Luc Mélenchon, insistons !) et sa majorité fut tellement "de gauche" qu’elle a souvent été l’aiguillon des gouvernements depuis 2012 (mais sans jamais à censurer ces mêmes gouvernements, ce qui, au-delà des pseudo-états d’âme, est une position claire d’appartenance à la majorité).

Emmanuel Macron, en ce sens, n’est pas sans revendication. Il a clairement assumé qu’il était "de gauche" (il avait même soutenu la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002, du reste comme le numéro deux du FN Florian Philippot). Il a été "le" conseiller économique du candidat socialiste François Hollande en 2012, le secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014 qui a défini toute la politique économique du quinquennat Hollande et enfin, le Ministre de l’Économie de François Hollande de 2014 à 2016. Cerise sur le gâteau, en 2007, certaines indiscrétions auraient permis de savoir que François Fillon aurait proposé à Emmanuel Macron de venir travailler dans son cabinet à Matignon. Il a refusé, mais il a toutefois travaillé comme rapporteur à la commission de Jacques Attali mise en place par le Président Nicolas Sarkozy pour trouver des moyens de renforcer la croissance économique.

Quoi qu’il en dise, Emmanuel Macron est parti de la gauche, sa trajectoire le démontre assez facilement, il l’assume volontiers. En revanche, son discours, c’est de considérer que le clivage gauche/droite n’aurait aucun intérêt et ne structurerait plus la pensée politique des Français, ce que François Bayrou ne cesse pas de répéter depuis 2002. Sur France Inter le 1er février 2017, il a déclaré : « Il faut respecter les histoires et les identités de chacun, sans les travestir. ». Ce qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick !

S’il est difficile de parler de programme pour Emmanuel Macron, la philosophie générale de sa vision politique est relativement bien construite et cohérente : il est "libéral" dans tous les sens du terme. Libéral économiquement et libéral socialement et même "sociétalement". C’est inédit en France puisque généralement, le libéralisme économique serait défendu "à droite" (pragmatique) et le libéralisme "sociétal" serait défendu "à gauche" (libertaire).

Inédit aussi, c’est de faire agiter le drapeau européen en même temps que le drapeau français dans ses meetings. Son leitmotiv, c’est l’ouverture sur le monde. Il est clairement favorable aux traités commerciaux avec le Canada (CETA) ou avec les États-Unis. Certains le comparent même à Justin Trudeau, l’actuel (jeune) Premier Ministre canadien qui est venu prononcer un discours important au Parlement Européen le 16 février 2017 à Strasbourg.

Si l’on regarde ses soutiens, il n’y a pas trop photo : "à droite", quelques anciens ministres sans beaucoup de visibilité ni d’envergure (et oubliés), tandis que, "à gauche", de nombreux élus socialistes ou radicaux de gauche, paniqués par la tempête électorale qui se prépare sur leurs circonscriptions, sont venu rejoindre celui qui, grâce à un marketing médiatique efficacement orchestré, pourrait leur sauver leur petite carrière.

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Comme avec François Bayrou en 2007 se pose ainsi que récurrente question de la majorité parlementaire en cas d’élection à l’Élysée d’Emmanuel Macron : quelle serait sa majorité s’il était élu ? C’est essentiel et cela contribuera, évidemment, à "réduire le paquet d’ondes". Pour l’instant, dans l’hypothèse Macron, si jamais une majorité se précisait, elle ne serait ni LR ni centriste (trop soudés contre Emmanuel Macron), donc,elle serait forcément parmi les députés sortants PS ou les candidats socialistes. Un électeur qui se sentirait "de droite" pourrait donc être particulièrement surpris par la tournure d’un vote Macron quelques semaines plus tard…

Puisqu’il n’y a pas de programme, prenons surtout les "petites phrases" visant à positionner le candidat. C’est peut-être pour cela qu’il y a un ralentissement de sa campagne, car certains parlent d’incohérences, d’autres parlent de gaffes et de boulettes. En fait, à force de vouloir rassembler tous les camps, on dit n’importe quoi. Exactement comme François Hollande, à force de vouloir unifier la chèvre et le chou, on devient l’ennemi et du chou et de la chèvre.

Beaucoup d’exemples ont été fournis ce mois-ci par le candidat lui-même.

On peut citer le mariage gay : dans "L’Obs" le 14 février 2017, Emmanuel Macron a voulu caresser dans le sens de la Manif pour tous : « C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous. On a humilié cette France-là. ». Réaction immédiate des pro-mariage gay qui ont été choqués par ses propos, rapidement corrigés. Dans un tweet le 16 février 2017, Emmanuel Macron a rappelé ainsi sa position : « Le fait que la PMA ne soit pas ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules est une discrimination intolérable. ». Donc reprenons clairement les choses : pour des raisons électorales, Emmanuel Macron a voulu racoler auprès des opposants à la loi Taubira, mais en fait, il prône le renforcement de la loi Taubira, et même encourage les GPA à l’étranger !

Abordant un sujet de polémique totalement inutile car cela n’a rien à voir avec l’avenir de la France et des Français, Emmanuel Macron a déclaré à la télévision algérienne le 15 février 2017 que la colonisation était un « crime contre l’humanité ».  Une expression à connotation juridique bien précise. Propos particulièrement scandaleux qui veut mettre sur le même plan la colonisation et la Shoah. Valérie Pécresse sur BFM-TV le 20 février 2017 a carrément parlé d’une confusion entre Jules Ferry et Hitler… Lors de son meeting à Toulon, le 18 février 2017, peu fréquenté pour une fois (seulement 1 500 personnes), Emmanuel Macron est revenu en arrière en demandant pardon, en reconnaissant des aspects positifs de la colonisation, mais il a fait la boulette de dire "je vous ai compris" (« Parce que je veux être Président, je vous ai compris et je vous aime. Parce que la République, elle doit aimer chacun ! »). Ce n’était pas très habile de sa part de s’adresser aux Pieds-noirs avec une telle référence de De Gaulle

Sur la légalisation du cannabis, les évolutions macroniennes restent également incohérentes : d’abord favorable en décembre 2016, il semblerait plus réticent aujourd’hui. Emmanuel Macron est le roi de camouflage idéologique.

À son meeting à Lyon, le 4 février 2017, Emmanuel Macron a fait applaudir la figure de Valéry Giscard d’Estaing, mais à son meeting à Lille, le 14 janvier 2017, il a fait applaudir la figure du concurrent, François Mitterrand. Il s'est pris pour Jeanne d'Arc à Orléans au printemps dernier, puis est allé sympathiser avec Philippe de Villiers l'été dernier en Vendée.

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Bref, partout, dans tous les sens, ce qui est d’ailleurs fort sympathique, Emmanuel Macron clame à tous ses interlocuteurs qu’il les aime, qu’il a leurs idées, qu’il défend leurs  valeurs. Le problème, c’est qu’il se base sur des sondages grandeur nature, grâce à ses comités locaux (plusieurs milliers répartis dans les départements) qui lui permettent de tester des mesures et en fonction des retours, il les propose ou pas (c’était le cas, par exemple, de la vente des médicaments à l’unité pour réduire les pertes de la sécurité sociale). Cela, forcément, ne donne pas une cohérence interne globale.

En fait, ces inconsistances de fond, ces allers et retours (je vous dis ce que vous voudriez entendre), ont surtout montré l’absence de conviction forte du candidat Emmanuel Macron, et cela préfigure mal d’un éventuel quinquennat s’il était élu. Quelle serait, par exemple, sa position face à Donald Trump ? Face à Vladimir Poutine ? Face à Recep Tayyip Erdogan ? Devra-t-il sonder auparavant ses électeurs ?

À la Villette le 29 janvier 2017, François Fillon ne l’a pas "raté" : « Il fait croire qu’il est seul et qu’il vient de nulle part ; en réalité, il a fait le programme de monsieur Hollande, mais aussi une grande partie de sa politique… Il est parti pour une échappée en solitaire, mais ses équipiers ne sont pas loin. Qui sont-ils ? Eh bien, c’est toute l’équipe gouvernementale de monsieur Hollande… Bonjour la nouveauté ! Macron, c’est le sortant. Macron, c’est le bilan de Hollande. Macron, c’est surtout le prototype des élites qui ne connaissent rien à la réalité profonde de notre pays ! ».

Reprenant le "ni-ni" du candidat François Mitterrand, héritier réel de François Hollande et de son esprit supposé de synthèse, symbole, selon Valérie Pécresse de la « gauche caméléon » (BFM-TV le 20 février 2017), Emmanuel Macron va avoir du mal, dans les prochaines semaines, à prendre des engagements forts sans perdre une partie de son électorat. Il ne serait que le futur praticien d’un très mauvais hollandisme, celui qui ne décide rien, celui qui cherche l’approbation des contraires, ce que les électeurs ne veulent plus !

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Jean d’Ormesson avait déjà noté, le 20 janvier 2017 dans "Le Figaro" ce loup : « Macron, c’est le grand flou ! Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement. ».

Le 2 février 2017, le chroniqueur Jean-Baptiste de Montvallon a aussi constaté : « La "performance" de M. Macron consiste parfois à parler pour ne rien dire. Ce qui reste le plus sûr moyen de ne créer aucun remous. Pour ce faire, l’apôtre du renouvellement ne dédaigne pas les lieux communs piochés dans une antique langue de bois. » ("Le Monde").

Le cardinal de Retz avait déjà proposé une phrase qui collerait parfaitement à la candidature d’Emmanuel Macron, ce qui rappelle son "socle" très fragile : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. ». Eh bien, pour être crédible à une élection présidentielle, il va bien falloir sortir de l’ambiguïté …avant l’élection ! C’est même le moment.

De son côté, dans le même créneau qu’Emmanuel Macron, François Bayrou va faire une importante déclaration le 22 février 2017, pour donner sa position sur l’élection présidentielle et son éventuelle candidature.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
François Bayrou.
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

_yartiMacronJBC04



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170204-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-est-il-de-gauche-189962

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/21/34962876.html

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:35

« Accessoirement, se vérifie aussi la théorie bien connue de la "boule de neige des fautes". Si la faute initiale n’est pas rapidement circonscrite et réparée, elle agrège autour d’elle des fautes secondaires, qui finissent par former une monstrueuse boule de neige, impossible à arrêter. » (Daniel Schneidermann, 14 février 2017).



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Jamais une élection présidentielle française n’a été aussi ouverte que celle de 2017, à seulement deux mois du premier tour. À part, évidemment, les deux élections présidentielles organisées précipitamment à la suite de la démission de De Gaulle et de la mort de Georges Pompidou.

D’ailleurs, le système de la primaire, qui ne sera peut-être pas durable, serait matériellement impossible à organiser en cas de vacance présidentielle, sauf à réviser la Constitution pour prolonger l’intérim présidentiel à six mois, le temps de mettre en place une campagne présidentielle. On comprend tout l’intérêt d’un Vice-Président élu dans le système américain.

Généralement, quand il n’y a pas de sortant parmi les candidats (Président de la République ou/et Premier Ministre), l’élection présidentielle est déjà très ouverte, comme celles de 1969, 1974 et 2007, car il ne peut pas y avoir d’élection "par défaut", pour battre le gouvernement sortant (comme c’était le cas en 1981, en 1988, en 1995, en 2002 et en 2012).

Mais cette élection est d’autant plus ouverte que des affaires judiciaires planent sur la tête de deux candidats, et pas les moindres puisque c’étaient les deux principaux des sondages en janvier 2017. Ces deux candidats sont néanmoins tous les deux catégoriques : ils le resteront quoi qu’il arrive sur le plan judiciaire. Si cela n’étonne pas de la part de Marine Le Pen, cela rompt complètement l’image de François Fillon qui avait misé pendant plusieurs années sur la perception d’un responsable irréprochable.

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La dernière incertitude de candidature concerne François Bayrou, en pleine "irrésolution française". Il a envie de se lancer dans la bataille, mais les intentions de vote le concernant sont très basses. Dans "Questions d’info", sur LCP le 15 février 2017, François Bayrou a expliqué que sa décision dépendrait de ce qu’il serait bon pour son pays et pas pour lui. Le 21 avril 2002, François Bayrou a été le 4e homme de la présidentielle. Le 22 avril 2007, il a été le 3e homme. Le 22 avril 2012, il a été le 5e homme. Le 23 avril 2017, il aimerait être le 2e homme mais les sondages lui laisseraient entendre qu’il ne serait que le 6e homme…

Comme l’a fait remarquer Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, sur BFM-TV le 17 février 2017, la candidature de François Bayrou serait "neutre" en ce sens qu’il prendrait à peu près la même part aux principaux candidats et donc, elle ne changerait pas la donne, notamment l’ordre d’arrivée.

Le dernier délai pour le dépôt des présentations de candidature (les fameux "parrainages") est le vendredi 17 mars 2017 à 18 heures. La liste officielle des candidats à l’élection présidentielle sera publiée le mardi 21 mars 2017. Mais en fait, ce n’est pas cette date qui compte. Celle qui compte, en terme de candidature, c’est ce jeudi 23 février 2017. C’est en effet l’ouverture des envois de ces parrainages.

Depuis 1976, pour être candidat, il faut en effet convaincre 500 des actuels 42 000 élus (surtout, les maires, les membres des conseils départementaux et régionaux et les parlementaires). Or, lorsqu’un élu donne sa signature, il ne peut plus la reprendre. Cela veut dire qu’un parti, par exemple, ne peut pas changer de candidat pendant cette période de collecte des signatures sous peine de perdre beaucoup de parrainages et de temps.

La bataille est donc double dans cette fin de précampagne présidentielle : celle des "grands candidats" assurés d’obtenir leurs 500 signatures, qui doivent présenter leur programme, et celle des "petits candidats" qui n’ont pas l’objectif de gagner mais seulement de témoigner, considérant qu’une campagne présidentielle est une formidable caisse de résonance à l’expression publique.

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Quels sont les "grands candidats" ? On peut en citer cinq voire six. L’élu ne devrait provenir que de ce groupe restreint, à moins d’un (nouveau) coup de théâtre qui bouleverserait encore les choses : François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et éventuellement François Bayrou, s’il se présente.

Les deux premiers peuvent bénéficier d’un maillage local sans comparaison grâce à leur deux grands partis respectifs (LR et PS). En cas de retrait de François Fillon, on pourrait même imaginer que les signatures pour le nouveau candidat seraient obtenues assez rapidement pour que cette nouvelle candidature puisse être validée. On pourrait penser à Alain Juppé dont la notoriété et la modération pourraient convaincre de nombreux maires, mais aussi à François Baroin, régulièrement cité, qui est l’actuel président de la très influente Association des maires de France ; on peut donc imaginer que ce dernier n’aurait aucun mal non plus à convaincre 1,4% des maires.

Emmanuel Macron non plus n’aura aucun mal à obtenir ses signatures, parce qu’il a réussi à convaincre de nombreux élus locaux, essentiellement socialistes, à venir le rejoindre. Marine Le Pen ne pourra pas, comme la famille Le Pen a l’habitude de faire à chaque présidentielle, faire peser un supposé suspens car le nombre de ses élus régionaux lui apportera la plupart des signatures nécessaires. François Bayrou, déjà trois fois candidat, a suffisamment de relais locaux pour avoir également ses signatures.

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La seule réelle inconnue pourrait concerner Jean-Luc Mélenchon qui dépend surtout du bon maillage local du parti communiste français dont le soutien est donc indispensable. Il y a même une hypothèse qui pourrait germer dans certains cerveaux. Comme le total Hamon et Mélenchon pourrait atteindre 24-25%, et donc permettre la présence d’un candidat de l’ultra-gauche au second tour, l’idée d’une seule candidature paraît non seulement raisonnable mais stratégiquement très maligne. Le problème, c’est qu’il faut pour cela qu’un des deux candidats s’efface au profit de l’autre.

Benoît Hamon, choisi par 2 millions de votants lors de la primaire du PS, ne peut pas se désister sans se moquer de ses électeurs. Mais l’ego de Jean-Luc Mélenchon, son âge aussi (sa dernière présidentielle ?), sa propre dynamique (la "France insoumise") l’empêcherait de lâcher prise de lui-même… sauf si, par malchance, il ne réussissait pas à réunir ses 500 signatures. L’honneur serait alors sauf, il n’aurait pas perdu la face en se désistant et Benoît Hamon aurait alors carte blanche sans la reddition de son rival de gauche.

Cette stratégie d’effacement sans perdre la face a déjà été utilisée par un ancien Ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (Aménagement du territoire), trop futé et affûté politiquement pour ne pas pouvoir réunir les 500 signatures : ce fut pourtant ainsi que Charles Pasqua s’est effacé en 2002, avec la promesse salutaire d’être soutenu par l’UMP aux élections sénatoriales suivantes, celles du 26 septembre 2004 (notons qu’avec une candidature de Charles Pasqua, même ne recueillant que 3 ou 4%, aurait sans doute fait élire Lionel Jospin face à Jean-Marie Le Pen en mai 2002 ; le marchandage avec l’UMP a donc été gagnant/gagnant).

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Et les "petits candidats" ? Aucun n’est assuré d’obtenir sa qualification de candidat, mais certains sont plus sereins que d’autres. Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud peuvent bénéficier de leur expérience de 2012, Jacques Cheminade aussi, de 1995 et 2012.

En revanche, Yannick Jadot semblerait ramer dans cet exercice difficile, ce qui expliquerait aussi son possible retrait en faveur de Benoît Hamon, déjà ratifié par avance le 16 février 2017 par les mêmes électeurs que la primaire EELV.

Parmi ceux qui labourent les territoires et les mairies, on peut citer en particulier Rama Yade, Michèle Alliot-Marie (surtout dans le but de faire pression sur LR pour avoir l’investiture aux législatives qu’elle avait perdues en 2012), Henri Guaino, Jean Lassalle (député et ancien vice-président du MoDem, soutenu par l’ancien candidat trotskiste Gérard Schivardi), Antoine Waechter (déjà candidat écologiste en 1988), mais aussi Carl Lang, Alexandre Jardin, Oscar Temaru, Bastien Faudot, Pierre Larrouturou, etc.

Comme d’autres instituts de sondages, l’IFOP-Fiducial réalise depuis le 1er février 2017 ce qu’on appelle un "rolling", c’est-à-dire un sondage en temps réel des intentions de vote. Chaque jour, un nouveau "rolling" est publié, reprenant les données des trois derniers jours. Chaque jour, environ 500 personnes sont sondées (différentes), ce qui constitue un échantillon d’environ 1 500 personnes. Encore une fois, répétons que les sondages ne sont intéressants que dans la tendance qu’ils observent, jamais dans l’absolu, et qu’ils ne restent de toute façon que de simples photos (ici, presque un film, une photo par jour) et n’ont donc aucune valeur prédictive.

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Dans le "rolling" du 17 février 2017 (téléchargeable ici), les intentions de vote pour François Fillon et pour Emmanuel Macron seraient à égalité, en raison d’une chute progressive d’Emmanuel Macron. Il serait évidemment trop tôt pour annoncer que la candidature d’Emmanuel Macron dévisserait mais apparemment, ses déclarations ambiguës ou contradictoires (sur le mariage gay, sur la colonisation, etc.) feraient douter certains de ses électeurs potentiels. Tandis que la chute de François Fillon semblerait enrayée. Cette tendance semble aussi se confirmer avec d’autres instituts de sondages (notamment OpinionWay).

Une autre tendance intéressante, c’est que l’écart des intentions de vote entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, se réduirait nettement, passant de 9% à 2,5% en deux semaines ! Actuellement, Benoît Hamon ne bénéficierait plus d’un état de grâce et serait rattrapé par son rival ex-socialiste.

Si le PenelopeGate a considérablement réduit les chances d’élection de François Fillon, il paraît aussi certain que cette affaire ne les a pas totalement supprimées. Le jeu reste très ouvert, et c’est très important de prendre en compte le "socle" électoral des intentions de vote. Par "socle", j’entends celles, des personnes sondées, qui sont certaines de voter pour le candidat indiqué.

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Or, le candidat qui a le meilleur "socle" est Marine Le Pen qui caracolerait en tête : avec 26%, elle bénéficierait d’un "socle" très confortable de 78% des personnes sûres de voter pour elle, soit une base minimale de 20% dans l’électorat. François Fillon, certes avec seulement 18,5% d’intentons de vote, aurait un "socle" de 61%, soit une base de 11%.

Emmanuel Macron, avec le même niveau d’intentions de vote, aurait un "socle" bien plus restreint, de seulement 44%, soit une base de seulement 8%. Il faut se rappeler en 2002 la candidature de Jean-Pierre Chevènement qui était monté jusqu’à environ 15% dans les intentions de vote avant d’atterrir médiocrement à seulement 5% ! Ces 8%, c’est à peine plus que les bases électorales de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, tous les deux à 7% (avec un "socle" respectivement de 50% et 60%).

C’est donc une situation très étrange à deux mois du premier tour : le candidat qui a le plus "cristallisé" est celle qui aurait le moins de chance de remporter un second tour (44% face à François Fillon et 38% face à Emmanuel Macron).

Mais il ne faudrait surtout pas croire à la "théorie du plafond de verre". Avec l’incertitude des mesures du sondage, 44% d’intentions de vote face à François Fillon pourraient être en fait environ 47% (exactement 46,6%), ce qui signifierait qu’en deux mois, le retard ne serait pas impossible à rattraper, d’autant plus qu’au second tour, Marine Le Pen jouirait d’une base électorale de 20% minimum, qui voteraient pour elle quels que soient le contexte, les affaires dans lesquelles elle serait impliquée et la campagne de ses concurrents.

De plus, Marine Le Pen jouit d’un avantage tactique formidable : personne ne la critique (ou alors, extrêmement mollement !), surtout pas les candidats susceptibles de se retrouver face à elle au second tour. Cela signifie que ses idées peuvent facilement être diffusées sans beaucoup de contre-attaque dans "l’opinion publique".

On peut comprendre l’intérêt de ces absences d’attaque : François Fillon gagnerait plus facilement face à Marine Le Pen que face à Emmanuel Macron et réciproquement pour Emmanuel Macron. Sauf qu’à oublier que Marine Le Pen est justement la principale adversaire de tous les autres candidats, elle voit sa légitimité renforcée, au point qu’elle se trouverait désormais en tête des "souhaits de victoire" avec 20%, devant Emmanuel Macron (18%) et François Fillon (17%).

Je reste toujours dubitatif sur la différence entre intentions de vote et "souhaits de victoire" (je croyais qu’on votait généralement pour le candidat qu’on souhaiterait voir gagner). Les faits sont là : Marine Le Pen est celle qui a le plus de chance de gagner car c’est elle qui a le moins d’obstacles sur la route de l’Élysée. Que les autres candidats s’en rendent compte assez tôt pour modifier leur campagne en conséquence, avant de venir pleurer le soir du 7 mai 2017…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sondages rolling IFOP de février 2017.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
François Bayrou.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170223-presidentielle2017-aj.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/presidentielle-2017-comptes-a-189899

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/20/34954707.html


 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 00:13

L'IFOP-Fiducial réalise pour i-Télé, Sud Radio et "Paris Match" un sondage d'intentions de vote pour l'élection présidentielle dit "rolling", mis à jour chaque jour sur les réponses des sondés des trois derniers jours représentant 500 personnes interrogées environ par jour. Cela donne une idée précise des évolution au cours de la campagne présidentielle depuis le 1er février 2017 : chute brutale de François Fillon en raison du PenelopeGate, maintien d'Emmanuel Macron, consolidation de Marine Le Pen malgré les affaires, tassement de Benoît Hamon et remontée de Jean-Luc Mélenchon.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'enquête (fichier .pdf).

Sondage IFOP des intentions de vote le 17 février 2017 :

http://www.ifop.com/media/poll/3656-1-study_file.pdf

http://www.ifop.com/media/poll/3656-1-annexe_file.pdf


Sondage IFOP des intentions de vote le 16 février 2017 :
http://www.ifop.com/media/poll/3655-1-study_file.pdf

Sondage IFOP de popularité le 16 février 2017 :
http://www.ifop.com/media/poll/3654-1-study_file.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170223-presidentielle2017-aj.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170217-sondage-ifop.html
 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 05:54

« Plus l’homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable. Ce qu’il doit le plus redouter, c’est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu’il disparaîtra avant d’avoir réalisé toutes ses ambitions. » (Cioran). La dynamite Macron, troisième et dernière partie.



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Après avoir évoqué les forces de la candidature d’Emmanuel Macron, voici les principales faiblesses qu’on pourrait observer dans sa démarche présidentielle.


6. Faiblesses

Il y a évidemment beaucoup de faiblesses qui sont parfois les revers des forces, comme la nouveauté, c’est du sang neuf, jeune, mais aussi de l’inexpérience, un manque de stature présidentielle et les électeurs sont assez soucieux de choisir quelqu’un qui sera capable de les représenter solidement aux sommets internationaux, face à Angela Merkel, à Theresa May, à Donald Trump, à Vladimir PoutineRecep Tayyip Erdogan… La légèreté de François Hollande a déçu beaucoup de ses électeurs : un bon candidat en meeting n’est pas forcément un bon Président de la République capable de défendre au mieux les intérêts de la France et de négocier efficacement les meilleurs accords avec les partenaires étrangers. Candeur ne rime pas avec grandeur. L'autorité fait perdre ce que la proximité fait gagner.

Le principal défaut du candidat Emmanuel Macron, c’est de ne pas convaincre sur l’aspect régalien de la fonction présidentielle. Ce n’est peut-être qu’une question d’entraînement en communication politique, car Benoît Hamon a réussi à convaincre sur ce registre lors de son débat du 25 janvier 2017 alors que ce n’était pas initialement "évident" pour lui.


6.1. La découverte d’une campagne électorale

Comme Dominique de Villepin (mais lui n’est pas candidat), Emmanuel Macron n’a jamais été élu et n’a jamais fait de campagne électorale, même locale. Cette inexpérience pourrait lui être fatale dans le déroulement d’une campagne. Néanmoins, c’est une faiblesse négligeable compensée largement par sa machine de guerre En Marche. Pour le moment, son parcours est sans faute, et est d’une redoutable efficacité sur le plan de la communication politique.


6.2. L’absence de programme

On a beau dire que tel ou tel document est un programme, n’est pas considéré réellement comme un programme politique n’importe quelle plaquette bien présentée et s’exprimant clairement. Il faut que le programme présente une vision originale, globale et cohérente de l’avenir de la France. En ce sens, François Fillon et Benoît Hamon sont, dans leur parti respectif (LR et PS), ceux qui ont le plus misé sur le programme, construit autour d’experts et de personnalités extérieures à la politique. Les "programmes" de Vincent Peillon, d’Arnaud Montebourg, etc. étaient plus des catalogues de mesures qu’un document cohérent de référence. Le comble, c’est bien sûr Jean-Luc Bennahmias, qui n’avait pas lu son propre programme quand il a participé au premier débat de la primaire PS (on susurre que l’Élysée avait oublié de le lui faire lire !).

C’est cependant faux de dire qu’Emmanuel Macron n’a pas de programme car il ne cesse, au cours de sa campagne, de présenter ses propositions, mais il est vrai de dire que ce programme manque de solidité et de globalité. Sa première plaquette publiée fin décembre 2016 pêche par exemple par naïveté ou plutôt, par les clichés et les poncifs qu’elle exprime et qui sont souvent des formules creuses.

Quelques exemples de formules creuses ? Le choix d’une économie sociale de marché : « Nous devons réunir la liberté et l’égalité, pour une société plus efficace et plus juste. ». Le chômage : « Le chômage n’est pas une fatalité, mais un combat que nous pouvons gagner grâce aux mesures justes qui donneront à tous les acteurs la capacité de faire face aux changements. ». Je pourrais citer des dizaines de phrases de ce type, qui ont dû déjà être exprimées mille fois lors des précédentes campagnes présidentielles. C’est évidemment la crédibilité de celui qui les exprime qui sera essentielle lors de l’élection.

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Les rares mesures qu’Emmanuel Macron a présentées jusqu’à maintenant n’étaient jamais accompagnées de leur financement. C’est donc assez facile de comprendre ce que cela signifie : soit on augmente les impôts (pour les financer), mais on ne le dit pas car ce n’est pas très porteur électoralement, soit on augmente encore le déficit public, et on évite aussi de le dire car cela pourrait créer quelques soucis avec nos partenaires européens. C’est un réflexe typiquement …"de gauche" !


6.3. Des propos parfois maladroits voire méprisants

C’est vrai que la fin du meeting de la Porte de Versailles le 10 décembre 2016 a été suivi d’un véritable buzz sur les réseaux sociaux, la manière un peu martiale mais sans voix a étonné, amusé ou choqué certaines personnes.

Dans son meeting à Lille le 14 janvier 2017, Emmanuel Macron n’a pas été très fair-play en évoquant l’absence de Martine Aubry (hospitalisée), laissant croire qu’elle le soutenait (elle qui avait "ras-le-bol" de lui le 23 septembre 2015). Cela ne l’a pas empêché de faire ovationner Jean-Louis Borloo, pas plus présent et pas plus soutien… Dans ce même meeting, Emmanuel Macron a aussi très maladroitement comparé la figure historique du Général De Gaulle à celle, moins glorieuse, du maréchal Patrice de MacMahon ! Je n’ai entendu aucun gaulliste dire qu’il était choqué par une telle comparaison, étrange ! pourtant, c’est assez choquant.

Lors de son déplacement à Berlin le 10 janvier 2017, devant des Français vivant en Allemagne, Emmanuel Macron s’est exprimé en …anglais ! Si je trouve pertinent que l’idéal est de s’exprimer dans la langue du pays où l’on se déplace lorsqu’on représente la France, il est étrange, d’une part, de ne pas parler en allemand en Allemagne (plus la langue allemande sera parlée par des Français, plus la langue française sera respectée hors de la France), d’autre part, pour une campagne présidentielle, de ne pas parler français à des citoyens français, même expatriés.

Autre déclaration qui n’est pas une maladresse mais qu’il va devoir assumer un jour devant ses électeurs : lors de sa venue à Berlin, Emmanuel Macron a rendu hommage à Angela Merkel pour avoir accueilli plus d’un million de réfugiés sur le territoire allemand (Benoît Hamon a fait de même sur BFM-TV le 13 janvier 2017). Si je ne doute pas qu’Emmanuel Macron est prêt à défendre ce point de vue, il n’a pourtant pas été beaucoup attaqué sur ce point malgré le fort courant opposé à tout accueil de réfugiés

Lors de son déplacement dans le Nord de la France, Emmanuel Macron a été plutôt désagréable en expliquant que cette région était caractérisée par un fort tabagisme et un fort alcoolisme (comme si une région ne pouvait se réduire qu’à une seule donnée). Des propos plutôt maladroits qui ont rappelé ceux sur les employées "illettrées" d’une entreprise en difficulté, etc.


6.4. Des propositions parfois très clivantes ou contestables

C’est sans doute la magie Macron dans les médias : on ne regarde que la communication sans regarder le contenu. Et pourtant, il y a du contenu. Et certaines propositions devraient même révolter certains syndicats, certaines beaucoup plus "violentes" que les propositions de François Fillon.

Ainsi pour l’assurance chômage : l’idée d’Emmanuel Macron, c’est de faire porter l’effort de l’assurance chômage sur l’État et pas sur les cotisations sociales. Cela signifierait une perte d’influence très grande des syndicats. J’imagine la réaction de Jean-Claude Mailly mais je ne l’ai pas entendu sur le sujet. Emmanuel Macron veut aussi baisser de 6% les charges sociales sur les salaires et compenser par une hausse de la CSG, gérée par l’État.

Emmanuel Macron a déclaré sur France Inter le 1er février 2017 vouloir supprimer l'ISF mais taxer massivement le patrimoine immobilier. Un réflexe... de gauche ?

Autre mesure clivante, ici inutilement, Emmanuel Macron, en bon représentant bobo (CSP++), est favorable à la dépénalisation du cannabis (comme le candidat socialiste du reste), comme si ce sujet était essentiel quand on se présente à l’élection présidentielle. C’est pourtant en contradiction avec la volonté de faire de la prévention sur le tabac et l’alcool (volonté affichée dans sa plaquette).

Beaucoup de propositions sont d’ailleurs du recyclage de vieilles propositions (comme la baisse des charges salariales). Henri de Castries, qui a annoncé son soutien à François Fillon, a estimé le 17 janvier 2017 que la potion Macron, c’était « de la vieille cuisine dans une casserole neuve ».


6.5. Emmanuel Macron, coresponsable du quinquennat Hollande

L’image d’homme neuf qu’il a réussi à donner ne doit pas faire oublier qu’Emmanuel Macron est parmi les premiers responsables du désastre économique du quinquennat de François Hollande. Conseiller économique pendant la campagne présidentielle de 2012, Emmanuel Macron fut secrétaire général adjoint de l’Élysée en charge de l’économie et des finances de 2012 à 2014, et à ce titre, fut le premier responsable du matraquage fiscal qu’a subi la classe moyenne pendant les deux premières années du quinquennat, ainsi que de l’inefficacité de la fameuse "boîte à outils" sur le front de l’emploi. Enfin, comme Ministre de l’Économie, il n’a pas brillé par des mesures révolutionnaires et il y a toujours une évidente hypocrisie intellectuelle à dire aujourd’hui qu’il voulait aller plus loin sans pour autant montrer ses désaccords en ne démissionnant pas.

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À la Villette le 29 janvier 2017, François Fillon ne l’a pas "raté" : « Il fait croire qu’il est seul et qu’il vient de nulle part ; en réalité, il a fait le programme de monsieur Hollande, mais aussi une grande partie de sa politique… Il est parti pour une échappée en solitaire, mais ses équipiers ne sont pas loin. Qui sont-ils ? Eh bien, c’est toute l’équipe gouvernementale de monsieur Hollande… Bonjour la nouveauté ! Macron, c’est le sortant. Macron, c’est le bilan de Hollande. Macron, c’est surtout le prototype des élites qui ne connaissent rien à la réalité profonde de notre pays ! ».


6.6. Il n’aura pas de majorité parlementaire

Cet argument est la tarte à la crème qu’a pu aussi susciter la candidature de François Bayrou en 2007 et très simplement résolue par Jean-Luc Mélenchon qui a très bien compris le principe des institutions : si Emmanuel Macron parvenait à se faire élire Président de la République, il n’aurait pas vraiment de problème pour construire le mois suivant une majorité parlementaire à ses contours. C’est d’autant plus facile qu’il est positionné au centre de l’échiquier politique et pas à l’un des extrêmes.

Cependant, une fois dit cela, la vraie difficulté d’Emmanuel Macron, c’est de rester le plus longtemps dans son ambiguïté "ni droite ni gauche". Cela signifie qu’il ne voudrait sans doute pas du soutien public de François Hollande et d’une grande partie de dirigeants socialistes. Tant que la candidature n’est pas polarisée gauche ou droite, elle pourra attirer autant des sympathisants de droite et de gauche.

L’échec d’Alain Juppé a déblayé le terrain sur son aile droite. L’échec de Manuel Valls a déblayé sur son aile gauche. Mais il faudra bien à un moment donné qu’Emmanuel Macron prenne certaines positions. Et donc, commence à faire des mécontents.

Le plus problématique, à mon sens, est le syndrome Bayrou : Emmanuel Macron dit vouloir rassembler tout le monde, et concrètement, il refuse toute discussion avec des éventuels ralliés, de droite ou de gauche. Cela signifie qu’il n’accepte des partisans que lorsqu’ils sont à poils, sans idée et sans conviction et qu’ils adoptent les siennes sans discussion. Ce n’est pas ainsi qu’on rassemble les Français ni qu’on bâtit une majorité au Palais-Bourbon…


6.7. Son électorat

L’électorat d’Emmanuel Macron serait très hétéroclite (il volerait même des électeurs de Marine Le Pen !) mais ses militants seraient très homogènes : ce seraient surtout des jeunes actifs de catégories socioprofessionnelles aisées vivant dans les grandes villes et qui sont peu touchés par la crise économique et sociale. L’un des défis de sa campagne sera donc d’élargir son audience auprès des populations socialement moins aisées, ou plus rurales que son cœur de cible initial.

Son "électorat" resterait très fragile car son parti est nouveau. Avant d'avoir besoin d'une majorité parlementaire, Emmanuel Macron aurait d'abord besoin d'une majorité présidentielle, et s'il se trouvait face à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, cela ne serait pas sûr qu'il puisse rassembler une telle majorité. Pourquoi ? Parce que contrairement à 2002 où Jacques Chirac avait déjà un "camp" et devait rassembler "l'autre", Emmanuel Macron partirait de "rien", ni du PS ni de LR, un peu comme un extra-terrestre, et le flou, l'inconnu, l'incertitude peuvent faire aussi peur qu'un programme bien connu, très idéologique placé à l'extrême droite. En d'autres termes, pour certains électeurs, la victoire d'Emmanuel Macron pourrait faire aussi peur que l'élection de celle que les sondages placeraient en face de lui, le cas échéant, au second tour.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
François Bayrou.
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

_yartiMacronJBC03




http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161210-macron-3.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-va-t-il-dynamiter-189213

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/16/34817656.html



 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:36

(verbatim)


Discours de François Fillon
Margny-lès-Compiègne – 15 février 2017



Mes chers compatriotes, Mes amis,

C’est avec une joie profonde que je m’adresse à vous, dans cette ville de Compiègne, si chère, depuis toujours, au cœur des Français.

Merci de votre présence !

Merci d’être inflexibles devant les attaques, déterminés à assumer la seule bataille qui vaille : celle du redressement de la France.

Au-delà de ma personne, c’est mon projet qui dérange.

Si mon projet était fade, les critiques seraient fades.

Si je n’avais pas de convictions mes adversaires ne chercheraient pas à me les faire ravaler.

On veut nous faire taire. Eh bien je persiste et je signe.

Je suis fier d’être Français.

Je suis un patriote. Je l’assume contre tous ceux qui ne croient plus à la France.

Je dis mon attachement à nos valeurs traditionnelles. Oui, j’assume avec vous d’avoir des racines solides contre ceux qui font l’apologie du vide.

Je défends la liberté. Oui, j’assume avec vous la 1ère valeur de notre devise contre ceux qui préfèrent tout niveler par le bas.

Je veux l’ordre et l’autorité de l’Etat. Oui, j’assume avec vous la République qui a la main ferme et qui protège.

Je veux combattre le totalitarisme islamique. Oui, j’assume la guerre qui nous a été déclarée.

J’affirme qu’avec sa montagne de dettes et de déficits notre pays est au bord de la faillite. Oui, j’assume les phrases qui réveillent plutôt que celles qui nous endorment devant le précipice.

Je dis qu’il faut nous moderniser à fond, qu’il faut se retrousser les manches, qu’il faut balayer toutes ces politiques filandreuses qui depuis trop longtemps nous empêchent d’être la patrie du travail, de l’audace et du progrès.

Oui j’ai mes convictions et je demande à ceux qui hésitent à deux mois de l’élection présidentielle : de quel côté êtes-vous ?

Du côté de la France qui se redresse ou du côté des illusionnistes ?

Dans cette salle, on est pour le redressement. Nos adversaires, eux, ils ont capitulé !

Mme Le Pen veut sortir de l’Europe car il est trop dur de se comparer à l’Allemagne. Mieux vaut la fuite que la compétition.

M.Hamon veut passer aux 32 heures par semaine : trop dur les 35 heures.

M.Mélenchon veut laisser filer les déficits : dur, trop dur de réduire nos dettes. Tant pis pour nos enfants.

Quant à M.Macron, le voici expliquant qu’il y a «des» cultures françaises et pas «une» culture française.

Dur, trop dur de défendre Descartes, Molière, Victor Hugo, Proust… Bien plus facile de mélanger toutes les cultures dans la marmite à fondre l’identité de la France.

Diluer notre identité en pensant que ça va nous permettre de mieux nous intégrer dans la mondialisation, cela relève d’une illusion naïve.

Nous ne pouvons pas tenir notre rang dans le monde en disant : « nous ne sommes personne ».

Nous ne pouvons pas intégrer les étrangers qui reçoivent la nationalité française en leur disant, « bienvenue nulle part ».

M.Macron, la France ce n’est pas une fiction sans traits et sans visage !

Il y a une culture française ; c’est un fleuve qui irrigue notre langue, nos arts, nos coutumes, notre imaginaire. D’autres sources existent, mais le fleuve central est là !

Tous les pays admirent notre civilisation, pourquoi pas nous ?

Oui, je le dis, ici, à Compiègne, la ville « la plus fidèle », comme le proclame votre devise : être français est un privilège. Pas question de le brader !

Hier en Algérie M. Macron a osé dire que la Colonisation était un crime contre l’humanité

Cette détestation de notre histoire,  cette repentance permanente est indigne d’un candidat à la présidence de la République.

Il y a quelques mois, Monsieur Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Cela veut dire que Emmanuel Macron n’a aucune colonne vertébrale, il dit simplement ce que ceux qui l’écoutent veulent entendre.

Ces jours-ci, mes amis, plusieurs de nos banlieues sont frappées par des émeutes. Il y a quelque chose de cassé dans notre République.

Certains parlent pudiquement de « quartiers » pour désigner les zones de non-droit…

Quand la guérilla urbaine menace, il faut poser des mots sur les choses.

Un casseur n’est pas un adolescent frustré. C’est un casseur !

Un délinquant n’est pas un mineur qui se cherche. C’est un délinquant !

Un dealer n’est pas un grand frère. C’est un dealer !

Les excités en cagoule qui caillassent les pompiers ne sont pas des rebelles : ce sont des voyous !

Les irresponsables qui tirent à balles réelles sur la police ne sont pas des sauvageons : ce sont des sauvages !

Je parle clair pour tous nos compatriotes qui vivent dans les cités et qui en ont marre d’être pris en otage par ces petites frappes qui tiennent leur immeuble ou leur cité.

Pour les gens honnêtes, pour ces familles modestes qui cherchent courageusement à s’en sortir, l’ordre n’est pas une option, c’est une nécessité pour vivre en paix.

Pour eux, la sécurité n’est pas un luxe : c’est un droit fondamental !

Tout a démarré à cause d’un jeune homme, Théo, dont l’arrestation est contestée. Toute la lumière doit être faite sur les conditions de cette arrestation.

La justice est saisie et elle devra sanctionner les policiers s’ils ont fauté.  Mais rien ne justifie ces émeutes, rien n’autorise les bandes à s’en prendre aux biens des habitants, rien ne les autorise à agresser les forces de l’ordre.

Nos policiers et nos gendarmes font un métier difficile.

Ils l’exercent avec une abnégation et un sens du devoir qui méritent nos éloges.

Ils font souvent face aux injures, aux agressions, parfois c’est leur vie qu’ils mettent en jeu pour nous tous.

Chaque année, près de 17.000 policiers et gendarmes sont blessés en mission et en service ; une dizaine d’entre eux trouvent la mort.

Alors, assez de sarcasmes, assez de suspicion…

Respect, oui respect pour ces femmes et ces hommes qui nous protègent ; respect pour leur courage et leur dévouement.

Moi, je leur dis « merci pour votre engagement » et je leur assure de mon soutien total.

Les casseurs disent qu’ils ont la « haine » ? Mais la haine de quoi ?

De vivre dans un pays démocratique, un pays qui offre une éducation gratuite, une santé pour tous, des prestations sociales pour ceux qui sont dans le besoin…

Franchement, la France ne mérite pas cette haine !

Bien sûr qu’il y a le chômage des jeunes et cette absence cruelle de perspectives d’avenir… C’est tout l’objet de mon projet économique qui est ciblé sur la libération du marché de l’emploi et sur la priorité donnée à l’alternance et l’apprentissage.

Mais rien, non rien, n’excuse la violence.

Visiblement, le laxisme a fait des ravages dans certaines têtes.

Il est temps de remettre les choses à l’endroit, de réarmer notre Justice et de lui donner les moyens de fonctionner.

Je mettrai fin à l’inexécution des peines, à cette situation inacceptable où près de 100 000 peines ne sont pas exécutées ou en attente d’exécution chaque année.

Je supprimerai le système des remises et des aménagements quasi-automatiques des peines de prison, pour que la sanction retrouve sa force.

Dès l’été 2017, nous ferons voter un dispositif pour lutter contre la récidive, en rétablissant les peines-planchers automatiques.

Et de façon cohérente, je relancerai la construction de 16 000 places de prison.

Il nous faudra également nous attaquer à la problématique des mineurs qui recoupe d’ailleurs pour partie celle des multirécidivistes.

Ouvrons les yeux.

Si les nouveaux délinquants mineurs se conduisent comme des adultes délinquants, il convient de les traiter comme tels en supprimant l’excuse de minorité et en abaissant la majorité pénale à seize ans, c’est-à-dire de modifier l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs.

Concrètement, il n’y aura donc plus d’excuse de minorité pour le délinquant de 16 ou 17 ans qui commettra un délit ou un crime. Il sera jugé pour ses actes, comme un adulte.

Dans certains de ces quartiers, tout le monde le sait, règne la loi des caïds et des chefs de bande. L’effet d’entraînement sur les plus jeunes est considérable. Tout doit être fait pour y mettre fin.

Nous devons éloigner des quartiers, les délinquants trafiquants de drogue qui sortent de prison.

Il faut empêcher systématiquement un délinquant chevronné de revenir sévir sur son territoire habituel, à sa sortie de prison.

Cette peine existe d’ores et déjà dans notre Code pénal, mais elle demeure facultative. J’appliquerai donc l’esprit des peines-plancher pour les rendre automatiques.

Enfin, je veux engager une nouvelle étape dans la modernisation et l’équipement de nos forces.

Il faudra mieux valoriser les parcours de carrière notamment dans les services d’enquête, aujourd’hui délaissés alors qu’ils sont le cœur de la lutte contre les trafics.

Je veillerai surtout à ce qu’un effort substantiel d’équipement pour la Police et la Gendarmerie soit lancé pour les mettre au meilleur niveau technologique.

Je pense à la vidéo protection à laquelle la gauche s’est longtemps opposée, à la géolocalisation des unités et des patrouilles, à un usage plus scientifique des fichiers appuyé sur des logiciels prédictifs du crime qui se développent à l’étranger.

Mais il nous faut encore aller plus loin. Je veux décharger nos policiers et gendarmes des lourdeurs bureaucratiques, des procédures judiciaires redondantes, des règles administratives devenues obsolètes.

En clair, je veux faire confiance aux forces de l’ordre dont l’action est bridée par ce carcan.

Et je veux fédérer toutes les structures qui concourent à la protection des Français : police, gendarmerie, polices municipales qui doivent être armées, entreprises privées de sécurité. Tout ce dispositif doit être coordonné et retendu.

Ce projet pour la sécurité des Français, je le porterai lors du débat présidentiel, et si je suis élu, la fermeté sera à l’Elysée.

Avec le terrorisme, notre pays a été frappé dans sa chair.

Nous sommes face à un nouveau totalitarisme : le totalitarisme islamique qui nous attaque et qui vampirise une partie de notre jeunesse.

Dans l’Hérault, des kamikazes de 20 ans ont été stoppés dans leur projet d’attentat.

Quand je vois certains de mes concurrents, je me demande pourquoi ils ne parlent pas de cette menace… Sur ce sujet capital, avez-vous entendu une fois M.Macron expliquer sa stratégie ?

Faut-il rappeler que le Président de la République est chef des armées ?

Nous devons être intransigeants face à l’islamisme radical. Je n’aurai aucune complaisance.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée.

Tout étranger appartenant à la mouvance intégriste sera expulsé.

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé, à l’exemple des autres religions.

J’exigerai la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du « salafisme » ou des Frères musulmans.

Nos concitoyens musulmans n’ont pas à devenir les otages des fanatiques et des intégristes. Je leur demande de nous aider à faire le ménage !

Mes amis,

Avec 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, avec tous les problèmes d’intégration que nous rencontrons, je veux une immigration réduite à son strict minimum.

Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes ou à des règles qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.

Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Notre droit d’asile est une tradition qui remonte à la chrétienté et qui nous honore. Mais il doit fonctionner correctement. Je veux que les procédures soient accélérées et que les déboutés soient systématiquement expulsés.

La République ne doit plus s’affaisser. Nous devons rétablir ses piliers et nous réunir autour d’eux.

La famille est un de ces piliers.

Je relèverai le quotient familial et favoriserai les donations aux enfants. Je protégerai les droits de l’enfant.

Notre école est à la dérive.

Avec leur jargon prétentieux et leurs méthodes ubuesques, les pédagogues ont saboté la plus belle institution de notre République !

Avec leur égalitarisme maniaque, les idéologues ont mis l’égalité des chances en danger.

Il est temps de retrouver un peu de bon sens.

L’école sert à apprendre à lire, à écrire et à compter. Pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux, j’avancerai l’âge de la scolarité à cinq ans au lieu de six.

L’Ecole doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.

L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.

Que dans certaines de nos écoles on s’interpelle suivant ses origines – « gaulois », black », « beur », « feuj » – c’est une régression de l’unité française, c’est une tribalisation de notre société !

Et cela je ne l’accepte pas car nous sommes d’abord tous français.

Je propose donc que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous ensemble, tous égaux. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

Mes chers amis,

Au cœur de tous nos problèmes, il y a notre moteur économique qui tourne au ralenti.

Il ne crée plus assez de richesses, plus assez d’emplois, mais par contre il produit toujours plus de misère, toujours plus d’impôts, toujours plus de dettes, toujours plus de bureaucratie.

Mon projet est le seul à pouvoir nous remettre sur la voie de la croissance et de l’emploi.

Nous n’avons rien à attendre des autres.

Ni de la croissance internationale qui reste faiblarde.

Ni des présidents américain, russe ou chinois qui ont d’autres chats à fouetter.

Rien à attendre, non plus, des marchands d’illusions de notre paysage politique.

A l’extrême gauche, on rabâche des sornettes crypto-marxistes.

A l’extrême droite, ce n’est pas mieux.

Retraite à 60 ans, hausse des salaires sans limites, embauches publiques à gogo, déluge de dépenses publiques, retour insensé au Franc… Tout cela nous mènerait immédiatement à la faillite !

Quant aux rêveries de M. Hamon, c’est le monde de oui-oui.

Temps de travail à 32 heures : pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi pas 30 heures ou 25 ?

Quant au revenu universel, pourquoi être si modeste lorsqu’on peut vendre le bonheur universel !

Et puis il y a l’autre gauche : celle du marketing et des paillettes. C’est la gauche branchée de M. Macron, la gauche des bonnes intentions, des mots doux qui cajolent, des « mots bleus qu’on dit avec les yeux ».

Cette gauche-là, elle ne s’encombre pas de programme. Elle nous dispense de détails inutiles…  Nous n’en sommes peut-être pas dignes à ses yeux.

Circulez, bon peuple, il n’y a rien à voir. Faites confiance aux énarques !

Moi, je n’esquive pas. Je ne louvoie pas. Je dis clairement ce que je vais faire.

Je propose une vraie transformation économique et sociale.

Je veux nous libérer des normes, des contrôles qui paralysent l’activité, tuent les initiatives, dissuadent l’investissement.

La meilleure politique sociale, c’est celle qui donne du boulot.

Et la seule politique qui donne du boulot, c’est celle qui mise sur la liberté.

C’est cette liberté qui va vous permettre de profiter de la révolution numérique ; c’est cette liberté qui va déverrouiller le marché de l’emploi ; c’est cette liberté qui va donner aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux artisans, aux jeunes qui ont le cœur vaillant, le goût de se battre pour réussir leur vie.

Je veux une France productive, une France réconciliée avec le travail et l’audace. Je ferai tout pour gagner la bataille du plein emploi.

Pour cela, il faut que nos entreprises puissent se déployer, investir, embaucher.

Il faut que nos startups puissent trouver des financements et se développer sans être freinées par un monceau de contraintes inutiles.

Je réduirai de 40 milliards les charges sociales des entreprises.

Je supprimerai définitivement les 35 heures.

J’alignerai la fiscalité du capital sur celle de nos voisins allemands car je préfère que les investisseurs français investissent en France plutôt qu’ailleurs ; et je n’aime pas que la France se prosterne devant les fonds de pensions étrangers.

Je veux réformer le RSI.

Non pas l’aligner sur le régime général, comme le propose M. Macron, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter de plus de 20% les charges des commerçants, des artisans et des indépendants : mais constituer une véritable caisse de protection des indépendants.

Je veux généraliser l’apprentissage, pour que les jeunes puissent apprendre au sein du monde du travail. Et je refonderai la formation professionnelle.

Notre sphère publique doit être réformée. Elle doit être un atout pour notre pays, pas un frein.

Nos agents publics sont compétents et dévoués. Mais ils sont les premiers à pâtir des lourdeurs de la bureaucratie.

Je préfère qu’ils soient moins nombreux, mieux payés et plus motivés.

Nous avons près de 6 millions d’agents publics.

C’est plus que l’Allemagne, qui compte pourtant plus d’habitants que nous, et qui n’est pas moins bien administrée que nous.

La baisse des effectifs que je propose sur l’ensemble du quinquennat représente 8% des agents publics. C’est raisonnable et cela est nécessaire si l’on veut remettre le budget de la France sur des rails solides.

Je passerai progressivement nos fonctions publiques à 39 heures pour qu’elles soient plus efficaces au service des Français.

Dans les entreprises comme au sein de l’Etat, c’est en travaillant un peu plus que les Français gagneront plus.

Mes réformes dynamiseront le pouvoir d’achat, que ce soit à travers la fin des 35 heures dans le privé, le passage aux 39 h dans le public, ou le relèvement du quotient familial.

Le gain engendré par la baisse des charges représentera, sur la feuille de paye, au moins 250 Euros par an, et 500 Euros pour les couples qui travaillent.

Je veux une retraite digne pour tous nos anciens. Pour cela, nous devons aller progressivement vers la retraite à 65 ans.

Nous vivrons tous plus longtemps – en moyenne au-delà de 80 ans. Il est donc raisonnable de cotiser un peu plus longtemps pour assurer nos vieux jours.

Mais il faut faire plus pour les petites retraites. Je revaloriserai de 300 Euros les pensions de moins de 1 000 Euros, et d’au moins 600 Euros les petites pensions de réversion.

Je veux une santé pour tous, de la meilleure qualité possible.

Ils sont irresponsables, ceux qui essayent de nous faire croire que tout va bien, alors que notre système de soins se dégrade et qu’il coûte de plus en plus cher, au détriment des plus faibles !

Je veux une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments.

Pour cela, j’agirai, en concertation avec les professionnels de la santé.

Plus nous serons productifs, plus nous pourrons dégager des moyens pour aider nos concitoyens en difficulté.

Je veux renforcer l’effort de la Nation en faveur des handicapés, notamment pour les familles qui ont du mal à scolariser leurs enfants.

Je veux engager un plan sans précédent d’action pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

J’ai discuté avec les associations, dont celle d’Emmaüs.

Toutes m’ont dit leur volonté d’avoir plus de liberté, plus de clarté et plus de continuité financière pour combattre l’exclusion.

Mes amis,

C’est en se redressant que la France retrouvera une influence dans le monde.

Je veux une France fière, indépendante, qui s’assume et qui rayonne.

Une France respectée, qui défende ses intérêts.

Une France avec des moyens militaires renforcés.

Face aux Etats-Unis, à la Russie, la Chine, nous devons tenir notre rang.  J’y suis prêt.

Je rappellerai à nos amis américains qu’être leurs alliés n’est pas être leurs vassaux.

Aux Russes, je proposerai avec franchise et fermeté un nouveau partenariat, pour sortir de cette guerre froide qui divise le continent européen et pour abattre ensemble l’Etat islamique.

A la Chine, je demanderai la réciprocité dans nos échanges commerciaux, et j’utiliserai pour cela l’Europe qui a le devoir de se défendre.

Notre intérêt n’est pas que l’Europe se défasse.

C’est qu’elle cesse de se préoccuper de la taille des radis et qu’elle ait une ambition économique, technologique, militaire, sécuritaire.

Pour moi, l’Europe est une civilisation et toute civilisation est un jour devant un choix suprême : disparaître ou renaître.

Si on ne fait rien, l’Europe deviendra le comptoir de la Chine et la France le musée du monde.

Notre pays doit se redresser et prendre la tête de la renaissance européenne.

Comme le disait le Général de Gaulle, ici, à Compiègne, en 1948, il faut, je le cite, « dissiper cette atmosphère de renoncement qui est la plus indigne et la plus dangereuse. Dans la situation du monde, ce sont les faiblesses des hommes libres qui excitent les ambitions mauvaises et découragent les justes résistances. Que la France fasse son devoir ! », s’écriait de Gaulle.

Alors oui, mes chers amis, que la France fasse son devoir !

Qu’elle se rassemble. Qu’elle libère sa force de travail. Qu’elle étonne le monde, une fois de plus !

J’appelle tous les courageux.

J’appelle tous ceux qui ont dans le cœur un idéal indestructible.

J’appelle tous ceux qui ont, chevillée au corps, l’âme française.

Rejoignez-moi pour l’action.

Rejoignez-moi pour le redressement national.

Soyons fiers de ce beau nom de « France ». Pour elle, nous serons fidèles, nous serons combattifs, solidaires nous serons invincibles.

Vive la République, vive la France !

François Fillon, le 15 février 2017 à Margny-lès-Compiègne


Source : www.fillon2017.fr





 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 05:39

« Plus l’homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable. Ce qu’il doit le plus redouter, c’est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu’il disparaîtra avant d’avoir réalisé toutes ses ambitions. » (Cioran). La dynamite Macron, deuxième partie.



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Je reviens sur mon article sur la "dynamite Macron". Entre-temps, Benoît Hamon a été désigné comme candidat du PS à l’élection présidentielle et de nombreux élus socialistes, proches de Manuel Valls, sont sur le point de rejoindre Emmanuel Macron. Les responsables d’En Marche ont même revendiqué 3 000 adhésions supplémentaires rien que pour la première journée qui a suivi la primaire socialiste. De son côté, Emmanuel Macron continue sa percée dans les sondages et serait même qualifié pour le second tour.


Passons maintenant la candidature d’Emmanuel Macron au peigne fin, selon ses forces et ses faiblesses, sans prétendre, bien sûr, à l’exhaustivité.


4. Forces

4.1. Un mouvement bien structuré

Son mouvement En Marche a revendiqué, au 8 février 2017, le nombre de 186 554 adhérents (130 149 au 1er janvier 2017 ; 173 364 au 1er février 2017) et la création, depuis plusieurs mois, d'environ 3 000 comités locaux, non seulement en France mais aussi à l’étranger (500 adhérents au Maroc, par exemple). Par comparaison, le PS aurait environ 80 000 adhérents à jour de cotisation. Il faut certes rappeler qu’une adhésion à En Marche, c’est juste un clic et c’est gratuit. Et c'est non exclusif, cela veut dire qu'on peut rester membre d'un autre parti.

Autre comparaison : plus de 10 000 personnes, parfois venues de loin (à leurs frais), étaient présentes au premier grand meeting de campagne d’Emmanuel Macron le 10 décembre 2016 à la Porte de Versailles de Paris (environ 12 000 personnes). C’est moins que le meeting de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017. Mais sept jours avant le meeting d’Emmanuel Macron, le PS avait réuni seulement environ 2 000 personnes à la convention de la Belle Alliance populaire, le 3 décembre 2016 à la Villette à Paris, pour un objectif de 5 000 personnes avec aide aux transports...

Les meetings à Lille le 14 janvier 2017 et à Quimper le 16 janvier 2017 ont réuni aussi beaucoup de monde, respectivement environ 4 500 et 2 500 personnes, là où certains grands candidats à la primaire socialiste ont eu du mal à réunir quelques centaines de personnes.

La mobilisation d’environ 2 millions de votants à la primaire socialiste du 29 janvier 2017 a apporté évidemment un bémol à ces comparaisons : "l’effet primaire" amplifie la capacité à se mobiliser, et la popularité de Benoît Hamon s'envole.


4.2. L’écoute

Le point fort du candidat Emmanuel Macron, c’est l’écoute. L’écoute de ses adhérents, au moyen de sondages, de questionnaires, d’encouragements à la réflexion, de réunions locales. C’est sans doute la raison principale de l’engouement pour sa candidature, l’écoute. Les Français ont besoin d’être écoutés. C’est la révolution numérique qui veut que tout ne vienne plus seulement d’en-haut. Il faut qu’il y ait un dialogue de la base vers les décideurs.

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Cela peut aboutir à quelques excès. Par exemple, à propos du meeting de la Porte de Versailles à Paris du 10 décembre 2016, il était plus facile de retrouver sur Internet le sondage auprès des participants sur leurs impressions (ce qui, politiquement, n’a aucun intérêt, seulement pour l’équipe de campagne), que le texte même du discours.

Le site Internet d’En Marche est très intéractif, et j’aurais presque tendance à dire, trop interactif. On l’a trop l’impression que la forme l’emporte sur le fond, que le contenant est plus important que le contenu. L’agence de communication recrutée est particulièrement efficace.

Le risque d’une trop grande écoute, c’est qu’elle comble un grand vide de contenu. Une absence de vision. Une absence de projet. En quelques sortes, Emmanuel Macron a joué avec les mêmes facilités que Jean-Marie Le Pen lors de sa première (grande) campagne présidentielle, en 1988, où l’on pouvait lire en gros sur des affiches : « Mon programme, c’est le vôtre ! ». Ainsi, il ne se foulait pas beaucoup et caressait dans le sens du poil par une forte imprécision et ambiguïté. Un flou qui peut créer des malentendus.


4.3. La pensée positive

Comme l’a fait remarquer Renaud Dély le 18 janvier 2017 sur LCI, les discours d’Emmanuel Macron sont positifs et optimistes. C’est réjouissant. Ils ne sont pas dans une sorte de déclinisme ambiant qu’on peut retrouver avec Manuel Valls (nous sommes en guerre), François Fillon (nous sommes en faillite) ou encore Marine Le Pen (nous ne sommes plus français). Les personnes positives sont toujours considérées avec sympathie.


4.4. Attrape-tout et usine de recyclage

Le contexte politique donne à Emmanuel Macron un véritable boulevard et il a su saisir l’opportunité de préempter le positionnement très ancien de François Bayrou. Certes, les vagues successives de ralliements peuvent avoir un arrière-goût de panique et d’opportunisme.

Il faut en distinguer deux origines.

La première est socialiste. C’est le sauve-qui-peut qui s’est amplifié avec la désignation de Benoît Hamon à la primaire socialiste. Emmanuel Macron reprend malgré lui le flambeau du hollandisme révolutionnaire ou du vallsisme combatif.

Dès le 11 décembre 2016, Ségolène Royal, dont l’inimitié avec Manuel Valls est assez connue, laissait entendre sa grande sympathie pour Emmanuel Macron. Même Jean-Marc Ayrault, le 15 janvier 2017, voyait en Emmanuel Macron un "homme de gauche" que les socialistes donc pourraient soutenir, le cas échéant.

Ce sont souvent des élus locaux, des adjoints au maire, des maires, des députés, des sénateurs, des conseillers départementaux, des conseillers régionaux "d’origine socialiste" qui petit à petit rejoignent la campagne d’Emmanuel Macron. Il y a là un véritable piège, celui d’être une machine de recyclage du socialisme désuet.

La seconde origine, c’est la droite ou la "société civile", expression assez détestable pour parler des personnalités non politiques mais ayant une influence dans le monde économique, culturel, médiatique. Parmi ces derniers, on peut évoquer Alain Minc, Pierre Bergé, mais aussi, pour les anciens ministres de "l'autre bord", Anne-Marie Idrac, Jean-Paul Delevoye, Renaud Dutreil, Serge Lepeltier, Jean Arthuis. Concrètement, et sans offenser aucune de ces personnalités, la plupart de ces personnes sont plutôt des "has been". Bref, à part quelques rares cas, leur avenir est derrière elles, et elles se raccrochent à un nouveau train en marche (grâce aux sondages).

Il suffit de voir qui décide réellement au sein d’En Marche et là, il n’y a pas d’ambiguïté : ce sont des parlementaires toujours socialistes. Avec une exception, puisque c'est Jean-Paul Delevoye qui est chargé de l'investiture des candidats En Marche aux élections législatives de juin 2017 (sous la houlette d'Emmanuel Macron lui-même).


4.5. Renouvellement

Avec Emmanuel Macron, Manuel Valls a vieilli de vingt ans ! L’ancien maire d’Évry qui voulait se montrer comme le jeune du renouvellement socialiste a pris non seulement des rides à cause d’Emmanuel Macron mais aussi à cause de ses autres concurrents de la primaire socialiste qui sont de la même génération, voire plus jeunes que lui.

La désignation de Benoît Hamon montre que le besoin de renouvellement est important. Le changement de génération. Les mélenchonistes parlent de "dégagisme" en oubliant que Jean-Luc Mélenchon a lui aussi l’âge de prendre sa retraite et de laisser à d’autres le soin de défendre ses idées (il m’a semblé qu’il ne voulait pas la retraite à 65 ans mais à 60 ans ! quel âge a-t-il ?).

Néanmoins, la réalité du renouvellement chez Emmanuel Macron prête à confusion. Lui, c’est sûr, est une tête nouvelle et il était quasiment inconnu des Français en été 2014, et quasiment inconnu du monde politique avant 2011. Les plus attentifs ont pu s’apercevoir qu’il avait travaillé pour Jacques Attali dans sa commission nommée par Nicolas Sarkozy pour renforcer la croissance économique.

La question est de savoir si une armée de bras cassés, d’anciens responsables politiques en mal de rebondissements et d’élus inquiets pour leur réélection correspond bien à la définition du renouvellement.

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À l’évidence, beaucoup des adhérents d’En Marche n’ont jamais fait de politique, comme ce fut le cas lors de la vague d’adhésions au MoDem en 2007 et 2008. Ceux qui n’étaient pas politiques sont repartis assez rapidement après y être venus, déçus par ce qu’est finalement la vie politique.

Car c’est bien de cela qu’il faut parler : Emmanuel Macron n’a rien innové en termes de démarche politique. Certes, il n’est pas dans un parti existant, il a créé son propre parti, mais avec les mêmes fonctionnements, ou dysfonctionnements. Les investitures aux élections législatives ne seront décidées que par le seul Emmanuel Macron tandis que les partis traditionnels (LR et PS) ont commencé à démocratiser leurs procédures de candidature (avec des mini-primaires localement).

Il n’y a rien de nouveau à redécouvrir le fonctionnement des partis politiques tel qu’il l’était dans les années 1970.


4.6. Sur l’école

À force d’écouter les gens, on peut faire quelques propositions intéressantes. Si les propositions économiques n’éblouissent pas par leur originalité et nouveauté, celles sur l’école sont plus volontaristes. En effet, Emmanuel Macron considère que les classes cruciales sont au début de l’école primaire où l’acquisition des bases est essentielle.

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Il propose donc que les classes soient dédoublées pour que les enseignants soient plus proches de leurs élèves, puissent mieux s’adapter à leur niveau, et mieux réagir à leurs difficultés : « Investir massivement dans les écoles maternelle et primaire, notamment dans les réseaux d’éducation prioritaire, par exemple en divisant par deux, dans ces zones, la taille des classes de CP. ».


5. L’extraction du sable de Lannion…

Emmanuel Macron n’a pas que des forces. Il a aussi quelques faiblesses qui passent étrangement inaperçues dans le filtre des médias (peut-être à la manière de Donald Trump). Avant de consacrer le prochain article sur les principales faiblesses de la candidature d’Emmanuel Macron, je présente ici une "inexactitude" (pour ne pas dire plus) sortie de la bouche d’Emmanuel Macron interviewé par France 3 Bretagne le 16 janvier 2017 dans le cadre de son déplacement à Quimper.

Interrogé sur le désastre écologique que représenterait l’extraction du sable de la baie de Lannion, l’ancien ministre a répondu : « Je ne l’ai pas autorisée. Si j’avais suivi strictement la loi quand j’étais arrivé ministre, j’aurais donné l’autorisation immédiatement. ». Or, ces paroles sont factuellement inexactes.

En effet, Emmanuel Macron, en tant que Ministre de l’Économie, a signé le 14 septembre 2015 un décret dont l’article 1 est très clair : « Il est accordé à la société Compagnie armoricaine de navigation la concession de sables calcaires coquilliers dite "concession de la Pointe d’Armor", portant sur les fonds marins du domaine public maritime au large des départements du Finistère et des Côtes-d’Armor. ».

Son article 3 donne la précision que cette concession dure quinze ans (à partir du 16 septembre 2015) et que le volume maximal d’extraction est de 250 000 mètres cube par an. Enfin, renforçant la responsabilité du ministre, l’article 8 déclare (banalement) : « Le Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. ».

Sans m’étendre ses les dégâts écologiques que provoquerait l’extraction de ce sable très particulier, l’ancien ministre Emmanuel Macron a refusé d’endosser la responsabilité qui était pourtant la sienne dans cette affaire… tout comme il refuse d’endosser la responsabilité du désastre économique qu’a représenté ce quinquennat alors qu’il fut le conseiller économique puis le propre ministre de François Hollande, et à ces titres, à l’origine de toutes les initiatives présidentielles sur le plan économique…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
François Bayrou.
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161210-macron-2.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-va-t-il-dynamiter-189212

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/15/34817653.html

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 23:32

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Discours de François Fillon à Saint-Pierre (La Réunion)
Dimanche 12 février 2017



Mes chers amis,
Et, parce qu’ici ce mot a un retentissement tout particulier, mes chers compatriotes, Merci !
Merci d’être venus si nombreux !

Je retrouve toujours la Réunion et les Réunionnais avec un immense bonheur.
J’aime cette île qui est fière de son histoire, de sa culture, de ses valeurs, fière de sa diversité, qui est fière d’être elle-même et qui est fière d’être la France.
Nous sommes 66 millions de Français dans un monde de sept milliards d’habitants. Personne ne nous fera de cadeaux.
Notre seule marge de manœuvre réside dans notre capacité à nous rassembler, à travailler plus, à travailler tous.
Notre avenir est dans notre inflexible volonté d’être souverain, écouté et respecté de par le monde.
Etre debout ou à genoux : voilà la question. Ma réponse est claire : debout toujours, à genoux, jamais !
Je veux, avec vous, avec la Réunion, faire de la France une puissance gagnante.

La Réunion peut être fière. Elle a donné tellement de grandes figures à notre nation. Des héros et des combattants, comme Juliette Dodu, comme Roland Garros, comme Jean Joly, qui se battirent pour l’honneur de la France.
Des poètes et des intellectuels, de Lacaussade à Leconte de Lisle.

Des hommes politiques comme Raymond Barre à qui je pense parce qu’il disait la vérité.

Des sportifs qui font gagner la France, de Jackson Richardson et Daniel Narcisse à Dimitri Payet.
A la Réunion on sait ce que signifie résister, créer, gagner !

Oui je suis heureux de vous revoir, de revoir tous vos visages.
Didier Robert, Michel Fontaine, Nassimah Dindar, Jean-Paul Virapoullé et tant d’autres visages familiers.

J’ai toujours dans mon cœur ce voyage de 2009, lorsque j’étais Premier ministre et que nous avons ensemble inauguré la route des Tamarins, ce chantier ambitieux et spectaculaire, qui fait notre fierté.

Si j’avais l’honneur de présider notre pays, je serais très heureux de venir inaugurer la nouvelle route du littoral, cher Didier Robert, cet ouvrage d’art novateur et indispensable à la vie des Réunionnais, que nous avons lancé ensemble.

Didier, je garde aussi dans mon cœur ce meeting que nous avions organisé pour les élections Régionales. C’était déjà ici, à Saint-Pierre, grâce à Michel Fontaine. On s’était battu ensemble, pour la victoire !

Mes amis, c’était il n’y a pas si longtemps, et pourtant comme cela paraît loin !
Long et insipide fut le quinquennat de François Hollande, qui est aussi, il faut le rappeler, celui de son conseiller, Emmanuel Macron.
Cinq ans de perdus pour la France.
Cinq ans de perdus pour les Outre-mer !

Pourtant, de belles promesses vous avaient été faites.

Lui président, tout devait aller mieux. Le chômage allait reculer. Les prix allaient baisser. La sécurité serait assurée. Les enfants auraient un avenir radieux. Et tout le monde pourrait se loger décemment.

Que reste-t-il de ces promesses, après cinq années d’exercice du pouvoir par Hollande?

Le chômage, la pauvreté sont toujours beaucoup trop élevés. Rien de fort n’a été fait pour les faire reculer.
L’insécurité atteint des niveaux jamais connus partout Outre-mer, et notamment ici, à la Réunion.

L’Etat et la justice sont en difficulté. En grande difficulté. Il y a trop de délinquance et pas assez de sanctions.
L’échec scolaire est un fléau.
La construction de logements a pris un retard dramatique.

Et puis il y a l’immigration clandestine.
Il est temps de serrer les vis et de rappeler que la France est une nation, pas une passoire.
Sur l’île voisine de Mayotte, l’immigration clandestine est une menace pour la cohésion sociale.
Je veux le dire à nos amis mahorais qui sont parmi nous ou qui nous écoutent : ce que vous vivez au quotidien n’est plus acceptable.
La pression migratoire à Mayotte est insupportable.
Il faut réagir.
Je veux qu’à Mayotte et en Guyane, l’acquisition de la nationalité française soit subordonnée à la régularité du séjour des parents.
Un enfant né à Mayotte ou en Guyane de parents en situation irrégulière ne pourra plus devenir automatiquement Français à sa majorité.

Mes chers amis, le temps est venu d’agir pour l’ensemble des Outre-mer, d’agir maintenant, d’agir pour vous.

Et il faut le faire immédiatement, pas dans dix ou vingt ans comme le proposent les socialistes avec leur loi pour l’égalité réelle.
Avec eux, l’égalité, c’est toujours pour demain !

Vous voulez des actes rapides, et vous avez raison !
La première mesure que je prendrai pour les Outre-mer, si les Français me font confiance en mai prochain, c’est le retour de l’Etat dans le financement de la continuité territoriale.
Je considère en effet que le retrait de l’Etat de ce dispositif, voulu et organisé par le gouvernement socialiste, est une faute politique lourde. Didier Robert a eu raison de maintenir coûte que coûte ce dispositif pour tous les réunionnais

Où est l’égalité lorsque les Français d’Outre-mer sont empêchés de se rendre dans l’hexagone à cause du renchérissement du prix des billets d’avion provoqué par cette décision injuste ?

Où est l’égalité lorsque l’on prive des familles d’ici du bonheur simple de retrouver une fille ou un fils parti faire ses études en métropole ?
Avec le retour de l’Etat dans le financement de la continuité territoriale, je plaiderai aussi pour que l’Europe accompagne cette politique.

Mes chers compatriotes, vous êtes trop nombreux à connaître, dans votre famille, parmi vos amis, le drame du chômage.
25% de la population active au chômage, parfois plus de 50% des jeunes, c’est inacceptable.

Je refuse d’y voir une sorte de fatalité contre laquelle on aurait déjà tout essayé.
Je veux faire ce que nous n’osons pas faire depuis trop longtemps : faire confiance à l’énergie française.
Nous allons nous détacher de cette chape de plomb idéologique qui a piétiné le goût du travail, piétiné la récompense du mérite, piétiné ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté.
La liberté, c’est le carburant des sociétés vivantes.
Avec tous les Français qui veulent réussir, je fonce pour une France du plein emploi, une France productive.
C‘est ma priorité absolue !

Vous vous êtes engagés à La Réunion dans un nouveau modèle de développement qui doit conduire les Outre-mer à mieux s’affirmer dans leur bassin géographique, ici l’Océan Indien, là-bas l’Océan Atlantique ou Pacifique.
Je soutiens cette orientation.

Je baisserai massivement les charges qui pèsent sur le coût du travail et sur la feuille de paye des Français afin que chacun voit son pouvoir d’achat augmenter.

Je sortirai des 35 h, sans démagogie, sans diktat, puisque je donnerai aux entreprises la liberté de négocier avec leurs salariés.
Je généraliserai l’apprentissage, refonderai la formation professionnelle, créerai le statut de travailleur indépendant, développerai le statut d’auto-entrepreneur, je miserai à fond sur les technologies.

Je vais libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal : l’agriculture, l’industrie, les services, la construction.
Je veux agir pour les jeunes qui se cassent les dents sur la rigidité du code du travail. Agir pour les ouvriers qui préfèrent travailler un peu plus que de ne plus travailler du tout.

Et cette restauration de notre production permettra de distribuer, notamment aux plus modestes, les richesses créées au lieu d’égaliser la misère comme aujourd’hui.

Je veux agir sur tous les fronts, secteur public comme secteur privé, en tenant compte des spécificités des Outre-mer, que je connais bien.
L’insularité et l’éloignement, rendent les choses plus difficiles ici qu’ailleurs.
C’est pourquoi, tant que la situation de l’emploi ne sera pas meilleure, tant que le niveau du chômage sera aussi critique, les Outre-mer ne seront pas concernés par le plan de réduction des effectifs de la fonction publique que je mettrai en œuvre en métropole.

Cela vaut aussi pour les emplois aidés, cher Michel Fontaine, dont le volume sera stabilisé le temps de réamorcer la machine économique.

Mais il faut surtout donner les moyens aux entreprises d’Outre-mer de créer plus d’emplois !
Pour cette raison, je maintiendrai l’ensemble des exonérations fiscales et sociales à leur niveau actuel, pendant une période de 10 ans.

Et cela vaudra aussi pour la défiscalisation, qui sera donc prolongée en conséquence. Les entreprises et les acteurs économiques auront ainsi un environnement durablement sécurisé.

Mais je ne veux pas m’en tenir là.

Je propose que l’Etat consacre deux milliards d’euros par an en faveur de l’emploi Outre-mer.
En plus des baisses de charges qui seront engagées dans le cadre de mon programme national, un dispositif spécifique d’incitation à l’embauche dans les Outre-mer sera créé.

Ce dispositif sera ciblé sur les entreprises de moins de 10 salariés, et celles qui sont les plus exposées à la concurrence.

C’est un effort considérable, mais il est à la hauteur de ce qu’exige la situation.
En définitive, ce que je propose ici, c’est un nouveau cadre d’intervention : celui de « l’entreprise franche ».

Je soutiendrai aussi les activités agricoles, qui sont encore, et de loin, les premiers employeurs privés Outre-mer.
Je connais les inquiétudes de la filière canne, et notamment celle de ses milliers de petits planteurs, face à la perspective de la fin des quotas sucriers en Europe, le 1er octobre prochain.

Je veux les rassurer : avec moi ils auront un puissant soutien de la filière à la tête de l’Etat, comme je l’ai d’ailleurs démontré avec la revalorisation de la prime bagasse lorsque j’étais Premier ministre !

Je veux donc leur dire que je mettrai en place l’aide complémentaire de 38 millions d’euros pour compenser la fin des quotas.

Je mesure l’importance de la complémentarité entre la filière canne et les autres secteurs agricoles qui sont eux aussi fortement pourvoyeurs d’emplois.
Il faudra accompagner leur développement, en renforçant leur enveloppe budgétaire, pour la porter à 80 millions d’euros par an.

Il faut briser la fatalité du chômage.
Il faut donner aux entreprises les moyens de créer des emplois pour tous les Réunionnais.

Il faut aussi que l’Etat assume enfin clairement ses missions de solidarité et d’éducation dans les Outre-mer.

Je ferai de la santé dans les Outre-mer une véritable priorité de l’action de l’Etat en modernisant les hôpitaux, en soutenant l’installation de nouveaux médecins et en développant la télémédecine parce qu’il faut s’emparer de tout ce que le progrès nous apporte.

Plus de solidarité, c’est aussi améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées, Je sais, chère Nassimah Dindar, que c’est un de tes combats à la tête du Département de la Réunion.
Dans la tradition de notre famille politique, c’est aussi le mien.

On m’a fait le procès de vouloir mettre à mal notre assurance maladie et notre système de soins. C’est faux !
Ce que je dénonce, c’est la langue de bois de ceux qui se fichent des déserts médicaux, qui se fichent des pathologies non remboursées, qui se fichent des urgences débordées, qui se fichent de savoir que les personnels médicaux sont à bout, et puis qui se fichent de savoir que la médecine libérale ne supporte plus d’être maltraitée.

Les fossoyeurs de la sécurité sociale sont ceux qui s’opposent à toute réforme.
Je veux une santé de qualité pour tous, une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments.

J’ai créé le CHU en 2009. Je l’ai fait car je crois au rayonnement de l’excellence française en santé dans l’Océan Indien.
Je veux rendre hommage à l’ensemble de ses personnels et à ceux des hôpitaux de la Réunion qui font un travail remarquable dans des conditions souvent difficiles.

Le gouvernement a délaissé le CHU, n’a pas soutenu ses projets et n’a pas pris en compte la réalité de ses missions.
Je suis heureux qu’aujourd’hui le CHU fasse l’objet d’un consensus politique local et je ferai tout pour que cet état d’esprit se maintienne. Je veillerai à ce que le CHU ait les moyens nécessaires à l’exercice de ses missions.

Je veux aussi qu’on puisse vieillir dignement dans notre pays.
Mon gouvernement avait beaucoup fait pour les petites retraites pour les seniors de métropole, les « gramounes » de la Réunion.
Il n’est pas acceptable qu’après 30 ou 40 années de labeur, un agriculteur, un artisan, ne perçoive pas une retraite décente.
Je poursuivrai donc l’effort avec une revalorisation de plus de 300 euros pour les pensions de moins de 1000 euros et d’au moins 600 euros pour les petites pensions de réversion.

Je veux enfin miser sur les grands projets environnementaux et énergétiques.
Je me donne un objectif : zéro charbon et zéro fuel en 2025.
Ça veut dire une meilleure qualité de vie, ça veut dire aussi des techniques de pointe, de la compétitivité pour la France, de l’activité économique nouvelle, ça veut dire de l’emploi.
Ça veut dire aussi de l’attractivité, du tourisme. Ça veut dire la valorisation d’un patrimoine naturel exceptionnel.
Pour l’écologie, la protection de l’environnement, le développement durable, les énergies renouvelables, la Réunion est en pointe et cela fait longtemps. Je me souviens de l’avoir dit et de l’avoir vu de mes yeux dès 2009.
Pour moi l’écologie ce n’est pas la décroissance, c’est plus de progrès, plus de technologies innovantes, et à la clef de nouveaux emplois. Et la Réunion nous montre l’exemple.
 La Réunion donne l’exemple en se préparant à devenir la véritable porte maritime de l’Océan indien avec le Port Ouest aujourd’hui et demain avec ce grand projet de Port Est, pour lequel tu œuvres cher Jean-Paul Virapoullé avec la force de conviction qu’on te connait.

Mes chers amis, l’Etat doit se concentrer sur ses missions essentielles. Je veux que l’Etat protège tous les citoyens contre les violences et l’insécurité.

Je veux rétablir l’autorité. Il faut de l’ordre.
Il faut mettre les mots sur les actes.
Un délinquant n’est pas un mineur qui se cherche. C’est un délinquant!
Un criminel n’est pas une victime de la société. C’est un criminel !
La sécurité doit être partout et pour tous, avec des forces de l’ordre modernisées. Dans les Outre-mer, je veux augmenter dans les Outre-mer les moyens des forces de sécurité et de la justice. Et il faudra pour cela construire des prisons.
La gauche a refusé de le faire, ce fut une décision très grave, et nous allons devoir relancer un programme ambitieux de construction de prisons en métropole comme en Outre-mer.

Mes amis,
La voix des Outre-mer doit enfin être entendue, à Paris comme à Bruxelles.
Je défendrai les Outre-mer devant les instances européennes.
Quand il y a des politiques européennes qui ne correspondent pas aux Outre-mer, la France doit le dire, elle doit se faire entendre et taper du poing sur la table, si nécessaire.

L’Europe n’est pas notre ennemie ! Mais nous ne devons pas la subir. Nous devons l’orienter et mieux encore, la conduire.

Et pour la conduire il faut que nous soyons forts, il faut que nous soyons respectés. Il faut que notre économie fonctionne. Il faut que notre Etat se désendette.
Il faut que la France rayonne en montrant qu’elle a retrouvé la flamme de la création : création d’emplois, de richesses, création technologique, création culturelle.

Mon programme c’est faire que la France soit la première puissance en Europe dans 10 ans.
Je veux que la France fasse la course en tête.
Je veux que la France soit grande, et pas de grandeur sans les Outre mer !

Pour la grandeur, nous allons faire confiance aux talents, aux énergies de tous les Français.
Pour la grandeur, nous allons faire de la France le pays de l’audace et pas celui de la bureaucratie.

Le pays qui investit dans l’avenir et pas celui qui est étranglé par ses dettes. Le pays du dialogue social et pas celui des cadenas syndicaux.
Le pays des initiatives et pas celui des circulaires.

On me décrit, mes amis, comme le représentant d’une France traditionnelle.
J’ai des racines et des valeurs. J’en suis fier.
Comme vous êtes fiers de l’histoire qui vous porte, qui fait partie de notre histoire, de l’histoire de la France.
Vous êtes ici européens, africains, indiens, chinois. Vous êtes tout cela à la fois, français de l’Océan indien et vous êtes une part infiniment précieuse de la France dans son étonnante diversité qui s’est construite au sein de notre République.

Oui, soyez fiers de vos ancêtres comme je le suis aussi des miens.
Perpétuez leur mémoire assumons ensemble le passé, avec ses heures les plus indignes, celle de l’esclavagisme, avec aussi ses heures les plus lumineuses qui nous fraternisent et nous poussent à aller de l’avant, ensemble, sous le drapeau tricolore. Une seule chose compte pour moi, sans considération d’origine, d’opinion, de religion : le désir de servir la France et de rendre à la France ce que nous avons reçu d’elle.

Alors je ne cesserai pas de vous parler de la France, de cette France que tous peuvent aimer.
Une France entière et fraternelle, universelle et particulière, mais toujours à reprendre, à inventer, à sauver.

Mes amis, depuis deux semaines, je suis attaqué, 24h/24.
Mais je reçois aussi d’innombrables soutiens. J’en reçois énormément.

Je me battrai jusqu’au bout car mon programme est le seul capable de relancer la France.
Ma bataille est celle des projets ! Ma bataille est celle des idées.
Elle l’a toujours été.

Je porte la responsabilité d’une ambition politique qui est celle des millions de Français qui refusent le déclin de leur pays.

Je me bats contre la gauche.
Celle de M. Hamon qui rêve l’impossible parce qu’elle est incapable de construire le possible, qui rêve de subventions universelles parce qu’elle est incapable de créer de la croissance.
Celle de M. Macron qui est le radeau de sauvetage de tous les naufragés du hollandisme.
 Je me bats contre l’extrême-droite qui mettrait la France en faillite au bout de six mois.

Mes amis, maintenant je vais relever avec vous le défi du redressement national.
Ce défi, je le gagnerai si toutes celles et tous ceux qui en ont assez de la torpeur et des mensonges se lèvent à mes côtés.
Je donne rendez-vous aux réunionnais, à toutes celles et tous ceux qui ont la tête sur les épaules.
J’appelle à la Réunion tous ceux qui ont des valeurs solides.
J’appelle tous ceux qui ont dans le cœur la fierté d’être français et la fierté d’être réunionnais.
J’ai besoin de vous tous !
Ensemble nous allons libérer les forces de notre pays !
Ensemble nous allons le replacer au premier rang !
Ensemble nous allons traverser les tempêtes, franchir tous les ponts qui mènent à la victoire.
Vive la Réunion ! Vive les Outre-mer ! Vive la République et vive la France !

François Fillon, le 12 février 2017 à Saint-Pierre de la Réunion


Source : www.fillon2017.fr




 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 23:29

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Discours de François Fillon à Poitiers
Jeudi 9 février 2017




Mes amis,

Merci de tout cœur pour votre présence, merci Jean-Pierre pour ton accueil, pour ton amitié, pour ta force qui me donne plus de force encore.

Mes amis, je vous demande de m’aider à résister au choc.

Durant 36 ans de vie politique, 36 ans sans aucun problème d’ordre judiciaire, je suis la cible d’une attaque impitoyable, partiale, 7 jours sur 7, 24/24h, et tout ceci pour des faits anciens, connus, légaux.

Est-ce juste ? Est-ce équitable ? C’est à vous de répondre et non au tribunal médiatique.

Je fais appel à votre bon sens, à votre liberté de jugement.

Je n’ai pas fauté au regard de la loi, mais je sais vos interrogations, votre émotion. Vous attendez le meilleur de moi, de vos élus.

Je dois prouver ma droiture, je dois m’expliquer, car oui, j’ai travaillé avec mes proches, parce que j’avais confiance en eux, confiance dans leurs capacités, parce qu’ils partageaient avec moi une vie d’engagement total qui ne comptait pas les week-ends et les soirées.

Ceci dit, je n’évacue pas mes responsabilités car beaucoup de Français se posent des questions.

Candidat à l’élection présidentielle, on scrute ma vie au laser, cherchant la moindre erreur, la moindre faille, le moindre scoop. On voudrait dans les médias que je sois un « saint », je ne suis, mes amis, qu’un homme, un homme qui n’a pas enfreint la loi, un patriote qui aime son pays et qui lui a donné le maximum de ce qu’il avait dans les tripes.

Je n’ai rien à cacher. Lundi, j’ai tenu une conférence de presse destinée à répondre point par point, à l’aide des faits et des faits seuls, aux accusations.

J’ai porté à la connaissance du public l’intégralité de mon patrimoine.

La transparence ne me fait pas peur, et j’attends maintenant que mes concurrents à la présidentielle se montrent aussi clair que moi.

Nul doute que la presse exigera d’eux des informations, et si elle ne le fait pas, alors nous verrons qu’il y a bien deux poids deux mesures.

En vérité, au-delà de cette histoire de contrats parlementaires, il y a une entreprise de démolition qui nous ramène à la politique.

Si la violence est si rude, si je suis à ce point l’homme qu’il faut mettre à genoux, c’est parce que je suis porteur d’un projet qui bouscule le système.

Je suis plus qu’un adversaire politique, je suis un adversaire idéologique !
Le système n’aime la droite que lorsqu’elle marche à l’ombre, lorsqu’elle se tait sur la liberté économique, lorsqu’elle se tait sur l’autorité, lorsqu’elle se tait sur les valeurs traditionnelles de notre pays, lorsqu’elle ne met pas des mots crus sur la réalité comme celle du totalitarisme islamique, lorsqu’elle ne remet pas en cause les arrangements conformistes de notre politique étrangère…

Si mon projet était flou et banal, croyez-moi, les attaques ne seraient pas aussi rudes.

On veut nous chasser de la présidentielle au profit d’un duel dont rêve le système : d’un côté la caricature de l’extrême droite, de l’autre le macronisme light et branché.

Il est hors de question de laisser l’avenir de notre pays tomber dans les mains de ces gens-là.

Hors de question que la droite et le centre se laissent intimider par des scénarios qui excluent les Français qui veulent un changement puissant et crédible.

Ça n’est pas une question partisane, c’est une question d’intérêt national !

Avec ce tourbillon d’attaques, on veut détourner l’attention du vrai scandale : le scandale du déclin de notre pays et le scandale du quinquennat de François Hollande, l’un des plus désastreux de la Vème république. Nous avons oublié jusqu’au goût de la prospérité collective et du plein emploi.

Nous serions condamnés au chômage.

Nous serions condamnés à une croissance faiblarde et de plus en plus réduite, qui met en péril nos entreprises et nos emplois.

Nous serions condamnés au délitement de notre société, affaiblie par un Etat sans autorité et par les revendications communautaristes.

Devant cette situation, les Français ne doivent plus baisser les yeux en murmurant : « tant pis ».

Face à nous dans cette campagne, on trouve ce front du « tant pis » : c’est la fratrie des marchands de sable.

Il y a la gauche de Jean-Luc Mélenchon : c’est rouge total.

Ses admirations nous éclairent suffisamment : elles vont à Fidel Castro et Hugo Chavez, deux figures bien connues pour leur grand respect des libertés et la flagrante réussite économique de leur pays.

De l’autre côté, il y a sa jumelle, Mme Le Pen et son programme économique de faillite : la retraite à 60 ans, la hausse des salaires sans compter, l’emploi public qui grimpe en flèche, le retour insensé du franc…

Et puis il y a M. Hamon : c’est la tradition utopiste dans toute sa splendeur, avec les 32 heures, la taxe sur les robots et le revenu universel auquel même ses camarades ne croient pas.

Et puis, à côté de cette fratrie du refus, il y a la gauche souriante dans ses nouveaux vêtements, la bouche pleine de phrases creuses et sirupeuses.

C’est Macron, ce cas d’école de l’illusionnisme politique, cette nouvelle forme de populisme mondain qui a inventé la campagne présidentielle sans programme présidentiel.

A deux mois de l’élection, il faut tout de même un sacré mépris pour les électeurs pour estimer qu’ils n’ont pas besoin de connaitre le projet.

Avec votre soutien, avec votre force, je veux mettre un terme à ce scandale français. Je veux redresser notre pays.

Le mot « redresser le pays » est-il trop fort ? Oui, il l’est pour tous ceux qui nagent tranquillement dans le statu quo. Mais il ne l’est pas pour les Français !

6 millions de Français inscrits à Pôle Emploi.

9 millions de Français sous le seuil de pauvreté.

2 millions de jeunes qui ne sont ni à l’école, ni dans une formation, ni dans un emploi.

Des quartiers dévastés par la délinquance, des campagnes qui se vident.

2200 milliards de dette que nos enfants devront un jour rembourser.

Croyez-moi, ce ne sont pas les présidents américains, russes ou chinois qui vont nous sauver.

Tout dépend de nous.

Nous avons 2000 ans d’histoire, 2000 ans de bravoure ; des générations et des générations de Français se sont battues pour que nous soyons une nation forte et libre.

Nous sommes leurs héritiers ; notre devoir est d’être fidèles au patrimoine qui nous a été légué et que nous transmettrons à nos enfants.

Il faut réagir fort et maintenant.

Pour notre redressement économique, je propose la liberté.

C’est une réponse simple à un constat simple : les talents, l’énergie, les idées, les Français les ont. Mais la bureaucratie les empêche de les développer.

Je veux libérer les entreprises en réduisant de 40 milliards le fardeau de leurs charges sociales, pour qu’elles puissent se développer, embaucher et investir sur notre territoire.

Je veux supprimer les normes françaises qui se surajoutent aux normes européennes pour que notre agriculture redevienne la première en Europe.

Je veux libérer la durée du travail en supprimant définitivement les 35 heures et leur uniformité écrasante.

Je veux que nous ayons en France des investisseurs français, qui puissent investir de l’argent français dans nos entreprises ; et pour cela, je supprimerai l’ISF pour nous éviter d’aller nous prosterner  devant les fonds de pensions étrangers.

Je veux mettre fin au cauchemar qu’est devenu le RSI qui sera réformé pour constituer une caisse de protection des indépendants et non pas aligné sur le régime général comme le propose monsieur Macron ce qui aurait pour conséquence d’augmenter de plus de 20% les charges des commerçants, des artisans et des indépendants.

Je veux rapprocher le régime fiscal des commerçants, artisans et indépendants et celui des auto-entrepreneurs.

Je veux généraliser l’apprentissage pour que les jeunes puissent avoir un pied à l’étrier et apprendre au sein du monde du travail.

Ce souffle de liberté, je veux qu’il bénéfice à tous les Français et à leur pouvoir d’achat.

12 milliards d’euros seront rendus aux Français.

Pour les familles, qui sont le creuset de la France, je veux relever le plafond du quotient familial et rétablir l’universalité des allocations familiales.

Pour les travailleurs, je veux une baisse de leurs cotisations salariales de 6 milliards d’euros directement visible sur la feuille de paie.

Pour les plus vulnérables, je veux revaloriser les petites retraites, de 5% pour 4 millions de retraités, et augmenter de 10 % les petites pensions de réversion.

C’est la justice sociale que je veux porter pendant que nous repasserons progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Vous savez qu’on m’a fait le procès de vouloir mettre à mal notre assurance maladie et notre système de soins.

C’était la précédente polémique qu’on m’avait infligée.

Eh bien je dénonce avec force ceux qui disent que tout va bien et qui se fichent des déserts médicaux, qui se fichent des pathologies non remboursées, qui se fichent des urgences débordées, qui se fichent de savoir que les personnels médicaux sont à bout et que la médecine libérale en a marre d’être maltraitée, et qui se fichent des déficits.

Ceux qui menacent la sécurité sociale sont ceux qui veulent rester les bras ballants et qui tournent les talons si on propose des solutions.

Je veux une santé pour tous, et de qualité, une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments.

Et pour cela, j’agirai, en concertation avec les professionnels de la santé.

Le redressement de notre pays doit se faire sans oublier les plus fragiles.

Contre l’exclusion et la grande pauvreté, je prévois un plan d’action sur cinq ans qui s’appuiera sur les grandes associations qui font honneur à la fraternité française, comme celle de l’Abbé Pierre.

Je pense aussi à ceux qui vivent avec l’autisme et le handicap.

8 millions de Français sont frappés par le handicap.

Je veux défendre pour eux une société plus inclusive, qui accueille toujours mieux à l’école les enfants en situation de handicap, qui leur donne des perspectives de formation et d’insertion professionnelle notamment par l’alternance.

Mais pour pouvoir engager tous nos projets, l’Etat doit, en parallèle, faire des efforts d’organisation et de gestion. Il faut être plus rigoureux sur nos finances publiques afin de pouvoir investir pour les Français.

Je veux restaurer une administration efficace et respectée.

J’assume de vouloir réduire de 8 % environ le nombre d’emplois publics sur le quinquennat.

La France était-elle sous-administrée en 2002 ? Evidemment non ! C’est le niveau d’emplois publics que je propose d’atteindre en 2022.

Pour cela, il faudra passer aux 39 heures dans la fonction publique pour que l’Etat et nos services publics restent forts.

Nous devrons retrouver l’équilibre des finances publiques d’ici 5 ans ; l’effort sera réparti sur l’ensemble de la sphère publique.

Et nous devons rendre aux agents publics leur fierté blessée par le discrédit de l’Etat bureaucratique.

Ils servent la collectivité avec dignité, avec professionnalisme, et souvent avec abnégation.

Ils ont droit à un projet réaliste et ambitieux pour les services publics qu’ils animent.

Mais rien de tout cela ne sera vraiment efficace si nous ne redressons pas les piliers de la République.

Je veux le retour du bon sens à l’école.

Il est temps de mettre fin aux folies expérimentales des pédagogistes qui cassent l’école pour mettre en musique leur idéologie.

A l’école, on doit apprendre à lire, à écrire et à compter, et pour cela j’avancerai l’âge de la scolarité à 5 ans au lieu de 6 pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux.

Je propose que les enfants portent un uniforme à l’école, parce qu’ils feront ainsi l’apprentissage de l’égalité et de l’appartenance à un groupe, qui préfigure l’appartenance à la nation.

Nous devons rétablir l’autorité de l’Etat.

J’accorderai d’importants moyens supplémentaires à cette priorité, avec 12 milliards d’euros de plus dans la sécurité, la défense et la justice,

Je veux créer 16 000 places de prison, afin de reprendre le programme de construction interrompu par Mme Taubira, car je veux que les condamnations soient exécutées.

Il ne doit pas y avoir une once de complaisance avec les terroristes, qu’ils soient français ou étrangers.

Nous devons interdire le retour sur le territoire national des Français partis combattre à l’étranger dans les rangs terroristes, nous devons condamner les personnes coupables d’intelligence avec l’ennemi et nous devons expulser les étrangers appartenant à la mouvance intégriste.

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé, à l’exemple des autres religions.

Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du « salafisme » ou des Frères musulmans.

Rétablir l’autorité de l’Etat implique aussi de choisir ceux qui rejoignent notre territoire et leur faire respecter nos lois.

Nous devons bâtir une véritable politique d’immigration et la réduire au strict minimum pour l’adapter à nos capacités d’intégration.

Cette politique sera fixée par des quotas au Parlement, chaque année en fonction de nos capacités d’accueil, comme c’est le cas au Canada.

Nous devrons défendre et protéger de véritables frontières européennes avec des contrôles systématiques aux portes de l’espace Schengen comme c’est le cas aux portes des Etats-Unis.

Les étrangers que nous accueillons sur notre territoire devront respecter leurs devoirs avant de réclamer des droits.

L’intégration sera exigée de ceux qui arrivent, et l’assimilation de ceux qui restent.

Les étrangers en situation régulière devront attendre 2 ans avant de pouvoir bénéficier des prestations sociales.

Et nous continuerons d’affirmer notre tradition du droit d’asile qui remonte à la chrétienté, mais nous accélérerons les procédures et nous expulserons systématiquement les déboutés.

Mes amis,

Il faut redresser le rang de la France dans l’Europe et dans le monde.

Pour cela, il faut que la France s’assume, car elle ne peut pas envisager l’avenir si elle ne sait pas d’où elle vient et ce qu’elle est.

Il n’y a pas de honte à se dire Français. Nous sommes un peuple courageux, qui sait se lever pour dire non, et qui se sent toujours appelé dans les circonstances exceptionnelles.

Nous aimons plus que tout la liberté de pensée et la liberté d’expression.

Nous sommes un peuple frondeur mais nous savons nous rassembler pour célébrer nos morts, pour saluer notre drapeau, pour dire notre fierté d’être français.

Nous avons des valeurs françaises..

Nous avons une culture française, contrairement à ce qu’a osé dire M. Macron ce week-end, et il est sans doute le seul au monde à l’ignorer. Pour lui, exit, Descartes, Molière, Chateaubriand, Proust ; exit les professeurs de la IIIème République et ceux d’aujourd’hui qui apprennent à nos enfants à parler le langage de la France plutôt que celui de la rue …

Si n’y a pas de culture française, alors pourquoi la France ?

Nous avons une langue, une histoire, des coutumes, un drapeau. Si tout ceci n’a pas d’importance, alors pourquoi M. Macron est-il candidat à la présidence française ?

Nous sommes la nation française.

Et il n’y a rien de honteux à dire que la France n’est pas un pays mosaïque ; nous n’accepterons jamais de devenir une société qui multiplie les foyers de communautarisme et nous préférerons toujours notre unité à la division.

La France accueille la diversité, mais la diversité se rassemble dans la France, car la seule communauté qui vaille est la communauté nationale.

Une France qui ne doute pas, qui est fière et qui s’assume, est une France souveraine dont la voix peut porter parmi les nations du monde.

Notre politique étrangère doit être commandée par notre seul intérêt national.

Etats-Unis, Russie, Chine, Brésil, Afrique: le monde n’attend pas que la France se réveille pour vivre et se développer ; si nous ne nous redressons pas, il continuera sans nous.

Il nous manque une voix claire et ferme, une voix qui porte et qui soit respectée ; il nous manque une vision et une stratégie ; il nous manque un représentant qui porte haut la France et ses couleurs ; il nous manque en somme un vrai président de la République.

Croyez-moi face à M. Trump, à M. Poutine, face au président chinois, ce n’est pas Hamon, Macron ou Le Pen qui vont tenir le rang de la France. Moi, j’y suis prêt.

Et puis, il y a l’Europe.

Ça n’est pas en cassant l’Europe qu’on va sauver la France.

Je veux la France en tête, la France qui entraine ses partenaires.

Je ne parle pas d’une Europe bureaucratique qui règlemente, qui décrète et qui classe sans suite les défis du XXIème siècle.

Je parle de l’Europe des nations, unies pour défendre la civilisation européenne.

Je parle d’une Europe politique concentrée sur ses priorités stratégiques.

Je veux une Europe de la sécurité et des frontières, qui nous protège.

Je veux une Europe de l’énergie et du numérique, qui garantit notre indépendance face aux appétits des grandes puissances mondiales.

Je veux une Europe qui ose défendre nos industries et nos emplois contre les assauts de la concurrence mondiale.

Et pour tout ceci, je veux que la France devienne la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans.

Voilà, mes amis, mon ambition pour la France.

Ces dernières semaines, nous avons eu droit à un grand feuilleton d’attaques en règle, avec ses épisodes quotidiens et ses petites manœuvres.

Ils ne s’arrêteront sans doute pas là.

Ce n’est pas ma personne qu’on attaque ; c’est mon projet.

Parce que je ne cède devant aucun groupe de pression, parce que je dénonce la démagogie et le renoncement, on tente de m’abattre.

Mais cette obsession de me mettre à terre commence à se voir.

Je reçois énormément de témoignages de soutien.

En réponse à cet acharnement, je sens monter une rage de vaincre, une rage d’exprimer ses convictions avec fierté.

Cette campagne ne m’appartient pas : je porte l’espérance de millions de Français qui se sont manifestés à la primaire, et de millions d’autres qui nous soutiennent.

Ne vous laissez pas voler cette élection.

Ne vous laissez pas souffler la flamme du redressement national.

On veut nous faire rentrer dans le rang. Mais on ne marche pas ainsi sur nos têtes.

Ne ménagez pas vos efforts, car je ne ménagerai pas les miens.

Ne vous résignez jamais, ne cédez jamais

Faites parler vos convictions avec force et générosité.

Faites entendre votre voix qui compte.

Soyez vaillants !

Soyons libres !

Vive la République et vive la France.


François Fillon, le 9 février 2017 à Poitiers


Source : www.fillon2017.fr




 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 05:38

« La gauche n’a-t-elle donc plus de bilan à assumer, comme si le retrait de François Hollande avait tout effacé comme une ardoise magique ? La France n’a-t-elle plus de problème avec le terrorisme islamiste, alors que celui-ci maintient une pression et une menace permanente sur notre pays ? N’y a-t-il plus de problème de chômage, de sécurité, de surendettement, d’excès de fiscalité et de charges, de pouvoir d’achat, d’éducation ? Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette élection présidentielle. » (Conférence de presse du 6 février 2017).



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Pendant trois quarts d’heure, le candidat LR à l’élection présidentielle François Fillon a tenu une conférence de presse à Paris ce lundi 6 février 2017 vers 16 heures. Il a accepté de répondre aux questions de ce qu’il a cru être une "meute" de journalistes pendant deux semaines. Il a fallu en effet attendre treize jours pour que sa réponse fût au niveau de l’attaque dont il est l’objet depuis le 24 janvier 2017.

Il y a eu comme un échange croisé d’images au cours de cette précampagne présidentielle entre les deux champions du parti Les Républicains : Alain Juppé, connu pour son autoritarisme entêté "droit dans ses bottes" a perdu la "primaire de la droite et du centre" à cause de son image trop laxiste et trop consensuelle, tandis que François Fillon, considéré comme un second permanent sans colonne vertébrale, a gagné la même primaire par sa solidité intellectuelle et une ténacité en acier inoxydable déjà éprouvée lors de la bataille pour la présidence de l’UMP en novembre 2012.


La reconnaissance que cela choque les Français

Sans parler immédiatement du fond, la communication du candidat pendant une dizaine de jours pendant lesquels l’affaire "PenelopeGate" inondait les médias a été plus que déplorable. D’ailleurs, il l’a reconnu, tant dans sa conférence de presse que dans sa lettre aux Français qu’il vient de publier ce mercredi 8 février 2017 : « C’est vrai, pendant quelques jours, la fureur de forces qui se sont déchaînées contre moi m’a laissé abasourdi. Pourtant, j’ai décidé de ne rien céder aux intimidations et aux pressions. J’ai choisi de me tenir debout face aux Français, face à leur jugement. ».

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Si l’on prend le fond qu’on lui reproche, ce n’est pas sur la légalité mais sur la moralité. Son silence sur ce qui a choqué les Français a été interprété au mieux comme un mépris et au pire comme un aveu. Cette semaine, François Fillon a enfin réagi correctement, en prenant la pleine mesure du choc : « Je le sais, les accusations qui ont été portées contre moi vous ont profondément troublés. Ce trouble, je le comprends parfaitement. J’ai donc souhaité clarifier les choses lundi dernier car je n’ai rien à vous cacher. » (8 février 2017).


La présentation de ses excuses

Pendant sa conférence de presse lundi, François Fillon a en effet présenté ses excuses : « Mesdames et Messieurs, je veux vous le rappeler, tout cela était légal. Mais suis-je pour autant quitte sur le plan moral ? Cette question éthique est si élevée, si essentielle, qu’elle me place face à ma conscience et face aux Français, et à eux seuls. Cela n’est pas au système médiatique de me juger, c’est aux Français de décider. Le premier courage en politique, c’est de reconnaître ses erreurs. Collaborer avec sa famille en politique est une pratique désormais rejetée par les Français. Ce qui était acceptable hier, à défaut d’être accepté, ne l’est plus aujourd’hui. En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. ».

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Et d’ajouter, le moment le plus fort de sa conférence de presse : « C’était une erreur. Je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français. ». Ceux qui négligeraient d’un revers de mains cette présentation d’excuses seraient de mauvaise foi. Dans le passé, il n’y a pas eu beaucoup de responsables politiques qui ont présenté leurs excuses pour une affaire qui les ont mis en cause. C’est beaucoup plus fort qu’un remboursement qui, au contraire, aurait fait reconnaître que les sommes n’auraient pas dû être perçues (même si le remboursement aurait été une décision visant à calmer les critiques).


La transparence et une proposition

Alors qu’il s’était opposé à la publication du patrimoine des ministres en 2013, après l’affaire Cahuzac, François Fillon a voulu montrer une totale transparence sur son patrimoine et sur les salaires de son épouse comme collaboratrice parlementaire. Il a publié ainsi sa déclaration de patrimoine déposée le 16 décembre 2016 (lui n’est pas assujetti à l’ISF, au contraire d’autres candidats), qu’on peut lire ici.

Il va même plus loin puisqu’il a repris sa proposition de réduire le nombre de députés qui serait ainsi confortée par cette polémique : « Comme beaucoup d’autres parlementaires, j’ai agi selon un usage certes légal, mais dont il est clair que nos concitoyens ne veulent plus. J’en ai tiré moi-même les conclusions, il y a plus de trois ans, en cessant toute collaboration avec des membres de ma famille, contrairement à beaucoup de ceux qui, dans le théâtre politique actuel, me font la leçon. S’il faut réformer le système, alors réformons-le dans son ensemble en ouvrant le débat sur les conditions d’exercice du mandat de parlementaire et sur le fonctionnement de ses équipes. Je rappelle au passage que j’ai clairement indiqué, y compris en résistant à de fortes pressions de ma famille politique, que je ne rétablirais pas le cumul des mandats et que je soumettrais à un référendum la réduction du nombre des parlementaires pour leur donner en contrepartie, enfin, un vrai statut. On réclame la transparence ! Je n’ai rien à cacher. » (6 février 2017).

Pour information, il y a actuellement au moins une centaine de parlementaires qui salarieraient un membre de leur famille, sans compter les amis proches et éventuels amants ou maîtresses au patronyme forcément différent. Depuis l’éclatement de "l’affaire", une quinzaine de parlementaires ont d’ailleurs immédiatement mis fin à la collaboration d’un membre de leur famille…


Revenons sur le fond

Un jour après cette conférence de presse, "Le Canard enchaîné", dans le cadre de son auto-promotion, a poursuivi son acharnement contre François Fillon. Cette semaine, il s’agissait des indemnités de licenciement qu’aurait reçues Pénélope Fillon. Peine perdue, ces sommes faisaient déjà partie de la communication de transparence de son mari la veille (visible ici).

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Reprenons néanmoins certaines affirmations évoquées depuis le début de cette "affaire".

La meilleure réflexion provient d’un jeune député LR, Julien Aubert, élu en juin 2012 de justesse à Carpentras, qui, énarque, a commencé sa carrière de haut fonctionnaire comme conseiller référendaire à la première chambre de la Cour des Comptes, chargé des affaires économiques et du contrôle du Ministère des Finances. Conseiller à l’Élysée en 2009, il fut également commissaire aux comptes de l’ONU en 2004 et élu en décembre 2015 vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur chargé des finances et de la rationalisation des dépenses. En outre, il a été attaché parlementaire d’un député RPR lorsqu’il avait 20 ans (pendant ses études).

Ce qu’a écrit Julien Aubert dès le 27 janvier 2017 est donc une parole avisée : « À l’époque des faits, la non-consommation de l’enveloppe collaborateurs revenait de droit au député employeur. Dès lors, si l’idée était d’augmenter son revenu, nul besoin de passer par sa femme : il suffisait de n’employer personne ! C’était tout aussi légal, et encore plus simple, il économisait au passage le coût des cotisations sociales prélevées sur la même enveloppe. En revanche, vu les horaires et la vie particulière que les députés mènent, certains salarient des membres de leur famille tout simplement pour pouvoir les voir. ». Et de constater les "deux poids deux mesures" que peuvent avoir beaucoup de citoyens : « À l’ère du soupçon, un député qui emploie sa femme est forcément coupable, alors que celui qui vous donne un coup de pouce pour placer la vôtre est un mec bien. ».

De son côté, Régis Desmarais, un blogueur du site Mediapart, a fait état de cet argument le 4 février 2017 : « Si madame Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant vingt-quatre ans, alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout, qui a travaillé pendant vingt-quatre ans pour les beaux yeux de François Fillon, c’est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de monsieur Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien. ».

Dans un entretien au quotidien "Le Courrier de l’Ouest" le 8 février 2017, une adjointe UDI d’Angers, qui fut en 2005 une attachée parlementaire à la fois du suppléant de François Fillon et d’un sénateur de la Sarthe, a déclaré avoir aussi travaillé pour François Fillon à qui étaient adressées toutes les demandes : « Je travaillais pour ces deux-là, plus François Fillon. Parce que de toute façon, le territoire, c’est François Fillon. Et les demandes, elles arrivaient chez lui. (…) Directement, je n’ai pas travaillé avec elle [Pénélope Fillon], mais ça ne veut pas dire qu’elle ne travaillait pas. Je l’ai côtoyée sur des réceptions, quand j’emmenais des groupes à Paris. En même temps, vu mes fonctions, je n’avais pas à travailler avec elle non plus. ».

Une autre tentative de réponse à cette question (qui aurait donc travaillé à la place de Pénélope Fillon ?) pourrait se lire dans le blog d’un ancien député UMP, Christian Vanneste, qui soutient François Fillon depuis plusieurs mois : « Depuis sa lointaine entrée en politique, [François Fillon] a détenu de multiples mandats dont le foyer était la mairie de Sablé-sur-Sarthe. Ceux-ci lui ont permis de disposer d’un secrétariat, de le dispenser d’une permanence parlementaire. Il a donc pu utiliser le surplus des sommes légalement mises à sa disposition, comme il l’entendait, et notamment au profit des membres de sa famille qui ont accompagné son parcours politique. On peut contester le système qui permet cela. Mais on ne peut transformer en délit ce qui est une pratique tellement courante qu’elle n’induit aucun sentiment de culpabilité chez celui qui en bénéficie. » (7 février 2017).


Un complot contre François Fillon ?

Le complotisme a toujours bon dos. Pourtant, il faut parfois se poser quelques questions. Comment est-il possible, par exemple, que le journal "Le Monde" du 6 février 2017 ait eu connaissance (et ait même publié) les déclarations de Pénélope Fillon faites aux enquêteurs alors que la procédure voudrait que même les avocats n’aient pas accès à cette information.

Christian Vanneste a précisé ce point : « C’est (…), semble-t-il, une violation du secret de l’enquête de la part du personnel de la justice, et un recel de cette violation par les journalistes. Il est assez étonnant de voir le parquet justifier cette dérive en s’appuyant sur l’article 11 du code de procédure pénale. La possibilité de divulguer des informations répond au risque d’informations parcellaires, de trouble à l’ordre public, et ne doit pas nuire aux personnes mises en cause. Manifestement, le journaliste du Monde qui en a bénéficié les utilise pourtant au détriment de François Fillon. Celui qui affirme que les nouvelles révélations ne sont pas favorables à François Fillon et parle d’un "scandale politique majeur" peut-il passer pour neutre ? Le prétendu scandale n’est, en effet, majeur que grâce à ceux qui détiennent le pouvoir de lui donner de l’importance. » (7 février 2017).

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Le blogueur Régis Desmarais y a vu donc une volonté délibrérée d’empêcher un candidat de s’exprimer au cours de la campagne présidentielle : « En clair, François Fillon est une "horreur" pour le système qui, depuis des décennies, est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au diktat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. » (4 février 2017).


Et les autres candidats ?

Non seulement François Fillon s’est défendu clairement, mais il aimerait que ses concurrents à l’élection présidentielle soient aussi transparents que lui sur leurs relations avec l’argent : « Maintenant, la transparence doit s’appliquer à tous. Tout le monde doit être logé à la même enseigne et faire l’objet d’un traitement médiatique identique. » (6 février 2017). Dans sa lettre aux Français, il a répété la même chose : « J’ai souhaité que tout soit mis sur la table, que tout soit vérifiable et consultable. Évidemment, j’attends désormais la même attitude de la part de mes concurrents. Que ceux qui donnent des leçons de démocratie se plient au même exercice de transparence ! » (8 février 2017). Cette contre-attaque pourrait en effrayer plus d’un.

À propos du "traitement médiatique", il serait intéressant de savoir auprès du CSA, puisque la comptabilisation du temps de parole et de sujet commence ce 1er février 2017, dans quelle case serait porté le temps de parole sur "l’affaire" concernant François Fillon : sera-t-il compté dans son propre temps de parole ?

Oui, les autres, sont-ils si irréprochables que cela en aurait l’air ? Je vais citer principalement Wikipédia pour rester dans le factuel (sauf indication contraire).

Ayant prévenu qu’une mise en examen ne la ferait pas renoncer à se présenter, Marine Le Pen « devait rembourser près de 300 000 euros avant le 31 janvier 2017 [au Parlement Européen], indûment perçus par elle pour avoir "rémunérer des cadres du Front national avec l’argent public". L’Office européen de lutte antifraude considère qu’elle a en effet rémunéré deux emplois d’assistants parlementaires fictifs. ». Notons que ce constat d’emplois fictifs n’est pas l’affirmation d’un journal mais provient d’un organe anti-fraude très officiel. Elle a refusé de payer et veut faire de sa bataille contre le Parlement Européen une bataille contre l’Europe alors qu’elle et ses amis du FN se "gavent" sur le dos des contribuables européens et de l’Europe qu’elle prétend combattre. Par ailleurs, elle « est suspectée d’avoir sous-évalué de deux tiers la valeur de ses parts dans la société civile immobilière qui détient [la] demeure familiale (…) lors de sa déclaration de patrimoine de députée européen remise en 2014 ».

Comme députée européenne, Marine Le Pen a recruté son propre compagnon comme attaché parlementaire avant que celui-ci ne soit élu lui-même député européen. Son compagnon fut ainsi « [attaché] parlementaire en circonscription Nord-Ouest (alors qu’il était par ailleurs élu local à Perpignan). [Il] percevait 5 006 euros par mois pour un mi-temps. Le Parlement Européen interdit de salarier des conjoints de députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux. Marine Le Pen refusant de [le] considérer comme un "conjoint" ou "partenaire stable non matrimonial", a procédé à ce recrutement en juillet 2011, malgré les interrogations des services du Parlement Européen. ».

Emmanuel Macron aurait dépensé de l’argent public du ministère en frais de bouches assez élevés : « Dans leur ouvrage intitulé "Dans l’enfer de Bercy", les journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says relèvent qu’Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80% de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère, soit plus de 120 000 euros en huit mois. (…) S’il confirme les dépenses, son successeur au Ministère de l’Économie Michel Sapin n’y voit quant à lui rien d’illégal (…). ». Cela ferait en moyenne tous les soirs, un dîner à 500 euros ! Si l’on voulait comparer l’ordre de grandeur avec la polémique contre François Fillon, sur une période de seulement dix ans, cela atteindrait près de 2 millions d’euros !

Benoît Hamon, lui non plus, n’est pas un nouveau dans la vie politique. Cela fait plus de vingt ans qu’il vit au crochet de la politique, d’abord comme attaché parlementaire d’un député rocardien : « Il entre ensuite au cabinet de Martine Aubry (…), comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Il est directeur du planning stratégique de l’institut de sondages Ipsos de 2001 à 2004. » etc. On pourrait être tenté de vouloir connaître la nature réelle de ces emplois. Sa compagne est « major de sa promotion de l’IEP de Paris et diplômée du Collège de Bruges, responsable des affaires publiques chez LVMH depuis 2014 (…). Elle [travaillait] pour la Commission Européenne comme spécialiste des réglementations culturelles. ». En langage plus simple, elle est donc chargée de faire du "lobbying" au profit du groupe leader mondial du luxe. On comprendrait donc mieux pourquoi Benoît Hamon voulait préserver sa vie privée auprès du grand public. Ronan Tésorière, du journal "Le Parisien", a évoqué le 29 janvier 2017 le refus de participer à l’émission "Une ambition intime" : « Karine Le Marchand avait même décrié cette décision sur l’autel des fonctions chez LVMH pour l’animatrice. "Insinuation scandaleuse", avait alors précisé l’équipe de campagne du candidat socialiste. ».

Jean-Luc Mélenchon, lui, a été élu sénateur socialiste dès septembre 1986 et constamment réélu grâce aux élus socialistes de l’Essonne, jusqu’en janvier 2010. Il a donné sa démission du PS en novembre 2008 et a été élu et réélu sur son nom (hors du PS) député européen en juin 2009 et mai 2014. Il a par ailleurs été ministre délégué de mars 2000 à mai 2002 dans le gouvernement de Lionel Jospin. Lui aussi non seulement fait partie du système, mais en a profité abondamment pendant plus de trente ans (également comme conseiller général pendant treize ans), même s’il a fait la proposition (sans lendemain) de réduire l’indemnité parlementaire. Comme François Fillon, il s’est opposé à la publication des déclarations de patrimoine des parlementaires.

Comme on le voit, chacun a sa part d’ombres et de lumières, et sur le terrain de la probité, on pourrait toujours trouver à y redire, en termes de "morale publique". Le déversement d’arguments trash concernant la candidature de François Fillon pourrait donc se poursuivre contre d’autres candidats (déjà certains médias russes sembleraient maintenant cibler Emmanuel Macron). Ce ne serait pas un avantage pour un débat démocratique sain.


L’enjeu présidentiel

Car là est l’essentiel. La campagne présidentielle s’est comme arrêtée pendant quinze jours, certes, en partie à cause de François Fillon lui-même qui n’a pas su couper court la polémique dans l’œuf, dès le début, et qui a donc laissé se propager rumeurs et désinformations. Mais il est temps que la campagne reprenne son cours pour qu’il y ait un véritable débat projet contre projet. Ou contre non-projet.

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François Fillon a ainsi conclu sa conférence de presse : « Maintenant, le débat doit porter sur mon action politique et sur le projet que je porte. Tout le reste est une opération destinée à détourner l’attention de nos concitoyens des véritables enjeux. Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire qui se sont affranchis du système en me plaçant en tête parce que je porte un programme de rupture et que je suis le seul à pouvoir le mettre en œuvre. Je voudrais dire aux millions de Français qui m’ont choisi, au terme d’une campagne loyale, qu’on ne pourra pas voler leur choix. On ne les fera pas taire. Le système veut, comme pendant la primaire, décider du résultat à la place des électeurs. Mon programme dérange le désordre établi. Il est qualifié de conservateur, alors qu’il est le seul en rupture ; on parle de casse sociale, alors qu’il est le seul à pouvoir redresser la France et redonner fierté aux Français. » (6 février 2017).

Et de donner les autres voies possibles : « Le vrai danger est de voir confier notre avenir aux dérives d’une extrême droite portée par cette famille d’intouchables du domaine de Montretout, ou à l’aventure d’une politique sans programme depuis des mois, composée d’un agrégat de personnalités fascinées par un gourou issu du système qu’il dénonce aujourd’hui. Ce que nous vivons aujourd’hui est une tentative désespérée d’organiser un face-à-face entre ces deux forces en présence. (…) Rien ne me détournera de ma volonté de redonner son rang à la France, et aux Français, des raisons d’espérer. Rien ne me détournera de mon devoir d’être candidat à l’élection présidentielle. J’ai été choisi par des millions de Français. Je ne suis pas le candidat d’un parti. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire. ».

Dans sa lettre aux Français, il a fait le même diagnostic : « Trois voies s’offrent à [la France]. Les deux premières ne sont en réalité que deux impasses. C’est l’impasse du déclassement économique et de la désunion nationale dans laquelle Marine Le Pen entraînerait le peuple français. Mais c’est aussi l’impasse du vide programmatique, celle qu’a choisie Emmanuel Macron. Ce dernier vient d’affirmer qu’il n’existe pas de culture française. Eh bien, moi, je considère qu’il existe une culture française. (…) C’est la voie de cet avenir que je vous propose d’emprunter ensemble. La voie de la liberté pour lutter contre le chômage de masse, pour redresser une économie asphyxiée par le poids des taxes et des normes. La voie de la fierté également, pour rassembler le peuple français et réaffirmer ce que nous sommes face aux grandes puissances du monde, face au totalitarisme islamique. » (8 février 2017).


Conséquences pratiques

Quelques minutes après sa conférence de presse, François Fillon a réuni pour la première fois son nouveau comité stratégique de campagne composé de vingt-trois membres (certains ont fait remarquer avec raison que la composition était très peu féminisée avec seulement 2 femmes sur 23), dans l’ordre alphabétique : Bernard Accoyer, François Baroin, Xavier Bertrand, Dominique Buissereau, Jérôme Chartier, Luc Chatel, Éric Ciotti, Jean-François Copé, Gérald Darmanin, Brice Hortefeux, Christian Jacob, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Christophe Lagarde, Gérard Larcher, Bruno Le Maire, Gérard Longuet, Hervé Mariton, Valérie Pécresse, Jean-Pierre Raffarin, Bruno Retailleau, Thierry Solère, Laurent Wauquiez et Éric Woerth (dont 8 sarkozystes, 4 juppéistes et 5 fillonistes).

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Le premier effet de cette conférence de presse, immédiat, fut que plus personne, au sein de LR, n’a continué à contester la candidature de François Fillon. Cela a expliqué aussi pourquoi, le matin même, malgré des rumeurs contradictoires, Alain Juppé avait fermement démenti toutes les hypothèses le remettant candidat. Même le député Georges Fenech, le premier à avoir demandé à François Fillon de se retirer, est rentré dans le rang.

C’était un premier effet essentiel : s’il n’avait plus le soutien de sa base, parfois ébranlée au cours des jours précédents, François Fillon ne pouvait plus continuer à faire campagne. Non seulement cette communication lui a permis de ressouder ses soutiens, mais cela lui a dynamisé sa campagne. Il voulait faire une campagne minimaliste, juste quelques déplacements (ce qui aurait été une erreur), et finalement, il a décidé d’être très présent sur le terrain tous les jours : le 7 février 2017 avec François Baroin à Romilly-sur-Seine et à Troyes, le 8 février 2017, à Juvisy-sur-Orge, le 9 février 2017 avec Jean-Pierre Raffarin à Poitiers, le 10 février 2017, à la Réunion, puis à Limoges la semaine suivante, etc.

Même dans les médias, parmi les journalistes, cela s’est divisé en deux parties : ceux qui, plutôt de droite, sont plutôt soulagés et veulent passer à autre chose, et ceux qui, plutôt de gauche, ne sont pas convaincus et veulent continuer l’acharnement dans cette polémique, au risque de lasser leur lectorat et de faire monter l’antiparlementarisme et le populisme.

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Est-ce que l’effet sera plus important ? Pour l’instant, il n’est plus le favori dans les sondages, il serait troisième dans les intentions de vote derrière "l’intouchable" et "le gourou". Mais il a reconquis son droit de faire campagne, et les évolutions peuvent être très rapides. Il a conservé son socle électoral.

De son côté, François Bayrou s’est encore un peu plus éloigné de la candidature de François Fillon en l’accusant le 8 février 2017 d’être à la solde du grand capital, après avoir déclaré sur BFM-TV le 5 février 2017 que François Fillon n’avait d’autre solution que se retirer. François Bayrou, qui n’a pour l’instant ni troupes, ni programme ni trésor de guerre, est pourtant bien tenté par une quatrième aventure présidentielle. Et paradoxalement, elle ferait probablement le jeu de …François Fillon en minant la candidature d’Emmanuel Macron.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017012906



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170206-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-meme-pas-mal-189545

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/09/34910392.html


 

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