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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 05:57

« Une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal. » (Jérôme Bourdon, directeur du "Rivarol", selon "Libération" du 19 novembre 2010).


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On a l’impression que la France revient de loin. Les étrangers le pensent peut-être plus que nous, les Français. La surmédiatisation de Marine Le Pen et des "idées" du Front national depuis cinq ans a laissé un goût de révolution nationale à la campagne présidentielle de 2017. La séquence est terminée et le monde médiatique respire à nouveau et semble repartir vers d’autres sujets après avoir adoré se faire peur. Évidemment, Marine Le Pen et le Front national sont toujours là, et aucun "danger" ne sera encore jamais écarté tant que les problèmes nationaux demeurent.

Après beaucoup d’hésitations, Marine Le Pen a annoncé au journal de 20 heures de TF1, le 18 mai 2017, qu’elle serait candidate aux élections législatives dans la circonscription d’Hénin-Beaumont qui avait voté à 59% pour elle à l’élection présidentielle. Ayant raté l’élection de quelques dizaines de voix en juin 2012, Marine Le Pen a de sérieuses chances de réussir là où Jean-Luc Mélenchon avait lamentablement échoué il y a cinq ans.

Quelques jours auparavant, le 9 mai 2017, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, très populaire parmi les militants du FN (osais-je préciser : les militants hommes ?), qui a beaucoup bossé durant ces cinq dernières années (au contraire de sa tante), a annoncé son retrait de la vie politique, retrait probablement provisoire, voulant se consacrer à une (vraie) vie professionnelle (on aurait aimé la même chose pour Tata Le Pen), et à son enfant (rappelons néanmoins que suivre une carrière professionnelle et tenir son rôle de parent reste toujours très périlleux pour les femmes).

Elle avait attendu la fin de l’élection présidentielle pour éviter de provoquer des effets électoraux, mais il y en aura inévitablement un : députée sortante, élue à 22 ans (née le 10 décembre 1989, un mois après la chute du mur de Berlin), elle ne se représentera donc pas dans sa circonscription du Vaucluse où elle avait de grandes chances d’être réélue. Au-delà de l’aspect personnel, ce départ du FN est avant tout un désaveu contre Marine Le Pen et la ligne tenue par Florian Philippot d’une "extrême droite gauchiste", rejetant l’euro et l’Europe, voulant la retraite à 60 ans, les protections sociales et contre la libération de l’économie. Une ligne qui fonctionne assez bien dans l’électorat du Nord de la France, très ouvrier, mais diamétralement opposée aux idées extrémistes de la Côte d’Azur, plutôt bourgeoises, qui voudraient redroitiser le FN et surtout, conclure des alliances avec l’aile droitière de LR, cette partie wauquiézienne de la droite plus trop modérée.

Pour l’heure, le FN espère gagner aux élections législatives bien plus que les deux sièges du 17 juin 2012. Le scrutin étant ce qu’il est, ce n’est pas évident, malgré les scores parfois très élevés dans certaines circonscription, que le FN puisse avoir matière à se réjouir le soir du 18 juin 2017, ne serait-ce que parce qu’avant de gagner, un candidat doit déjà passer le cap du second tour, avec 12,5% des électeurs inscrits (cela signifie donc, avec le risque de forte abstention, au moins 20%).

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Il est auparavant intéressant d’analyser la performance électorale de Marine Le Pen à cette dernière élection présidentielle. Elle-même a reconnu une faute politique dans la manière d’aborder son débat télévisé avec Emmanuel Macron, car ce duel médiatisé a révélé deux choses : la première, c’est qu’elle ne travaillait aucun des sujets pour lesquels elle scandait des slogans (incompétence), et la seconde, c’est qu’elle n’avait aucune intention de devenir Présidente de la République (bluff). Au dernier moment, son ambition, comme tétanisée par l’hypothèse, s’est rebiffée.

J’avais analysé la performance électorale d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle et, contrairement à certains qui auraient rêvé qu’il fût mal élu, j’avais démontré que son élection avait été assez large et très ordinaire en comparaison de ses autres prédécesseurs, qui ont toujours été élus par défaut puisque élus seulement au second tour (y compris De Gaulle).

Cela dit, ceux qui rêveraient de dire que Marine Le Pen a fait un très mauvais score à l’élection présidentielle de 2017 ne me paraissent pas, non plus, vraiment convaincant. C’est vrai que comparativement aux sondages, Marine Le Pen a fait des scores beaucoup plus faibles que "prévus".

Ainsi, au premier tour, les sondages depuis plus d’un an l’avaient placée largement en tête de tous les candidats, souvent avec une confortable avance et largement au-dessus de 25%, entre 25% et 30%. Or, le résultat du premier tour a forcément été décevant pour elle : elle n’a pas eu la première place, seulement la deuxième, avec un score assez médiocre, 21,30% et surtout, avec presque 3% de retard avec son concurrent du second tour. Néanmoins, cela lui a suffi quand même à franchir la première étape (de justesse, François Fillon n’était pas loin !).

Au second tour, les sondages donnaient un échec avec un rapport de forces de l’ordre de 40%/60%. Certains commentateurs parlaient encore de "plafond de verre" supposé "infranchissable". Les consignes pour le moins ambiguës de Jean-Luc Mélenchon (qui lui vaut aujourd’hui un effondrement de la popularité dans les sondages) et le ralliement sans condition, stupéfiant et imprévisible, de Nicolas Dupont-Aignan pouvaient même lui faire espérer de frôler les 45%. En apprenant la réalité électorale le soir du dimanche 7 mai 2017, celle des 33,90% des suffrages exprimés (22,36% des inscrits), Marine Le Pen avait des raisons d’être déçue. Douche froide, assez prévisible après le débat du 3 mai 2017. La fièvre du dimanche soir n’était pas si élevée que cela… ou alors, est retombée.

Concrètement, elle a mis onze jours à encaisser son échec. Et surtout, l’entendre de nouveau publiquement semble être devenu anachronique. L’avènement (est-ce le bon mot ?) du Président Emmanuel Macron a ouvert une nouvelle ère de modernité et de renouvellement politique. Un état de grâce. Au premier tour, il y avait environ 56% électeurs qui ont choisi des candidats qui étaient soit contre la construction européenne soit qui niaient la réalité de la mondialisation qui n’attend pas le quitus des Français pour exister. Et maintenant, les sondages évalueraient à 70% des sondés (en gros) ceux qui seraient satisfaits par la nomination du gouvernement d’Édouard Philippe qui doit être le premier à n’être composé à 100% que de partisans de la construction européenne et de ministres réalistes qui veulent que la France soit gagnante et pas perdante dans cette mondialisation dont elle ne contrôle pas le développement. Ce paradoxe est très fréquent dans un peuple français qui est à la fois responsable et râleur, à la fois légitimiste et révolutionnaire. La sagesse, heureusement, l’emporte souvent, si l’on n’abuse pas d’eux.

Pourtant, je ne considère pas que l’échec de Marine Le Pen a été une défaite magistrale. Je ne considère pas non plus qu’elle est victime d’un plafond de verre qui, de toute manière, l’empêcherait définitivement d’être élue un jour, elle, ou une personne de sa famille (j’allais préciser de sa famille politique mais peut-être faut-il rester seulement dans la génétique).

Bien sûr, Marine Le Pen n’a pas été élue. Bien sûr, elle a fait un score inférieur à ce qui était imaginé par les sondages. Mais il ne faut pas faire les comparaisons avec des mythes, il faut rester avec la réalité historique. Or, le fait historique, c’est que le 7 mai 2017 à 20 heures, il n’y a jamais eu autant d’électeurs en France pour un candidat d’extrême droite, tant en pourcentages (34,90%) qu’en absolu : 10 638 475 suffrages.

Déjà, il faut faire les comparaisons avec les dernières élections générales. Elles furent régionales, en décembre 2015. Au premier tour, le 6 décembre 2015, les listes FN avaient recueilli 6 018 904 suffrages, soit 27,73% de suffrages exprimés, le record historique (en raison d’une forte abstention, 50,09%). Au second tour, le 13 décembre 2015, elles avaient réuni 6 829 477 électeurs, soit 27,10%. Remontons encore aux élections européennes du 25 mai 2014 qui fut déjà un coup de semonce car les listes FN s’étaient placées en première place, avec 24,86% des suffrages exprimés (4 712 461 voix).

Même au second tour, avec un rassemblement (plus de 800 000 électeurs de gains entre le premier et second tour aux régionales de décembre 2015), le record historique du nombre de voix avant 2017 a été largement dépassé dès le premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril 2017 avec 7 678 491 électeurs, soit un gain de 850 000 électeurs supplémentaires convaincus à la cause FN par rapport à décembre 2015.

Si les 21,30% ne sont pas un record pour le FN dans une élection, cela l’est dans une élection présidentielle, un scrutin plus difficile, plus concurrentiel et avec beaucoup de participation. Même par rapport aux inscrits, 16,14%, c’est un record pour une élection présidentielle. À l’époque de son père, Jean-Marie Le Pen, ce pourcentage par rapport aux inscrits étaient assez stable : 11,46% en 1988 ; 11,43% en 1995 ; 11,66% en 2002. La progression est venue de Marine Le Pen elle-même avec 13,95% en 2012. En gros, la progression par rapport aux inscrits se fait de 2% tous les cinq ans.

Entre 2012 et 2017, Marine Le Pen a gagné environ 1 250 000 électeurs. Ce qui est très important. Chaque fois, des centaines de milliers de nouveaux électeurs rejoignent un candidat du FN. Et cela en continu depuis l’élection de François Hollande.

Plus instructive est la capacité de rassembler au second tour.

Pour l’élection présidentielle, on a seulement deux élections présidentielles au cours desquelles le candidat FN s’est maintenu au second tour. Dans la première élection de ce type, en 2002, Jean-Marie Le Pen n’a engrangé quasiment aucun nouvel électeur. Au premier tour, il avait obtenu 4 804 713 voix et il faut rajouter aussi les voix de son concurrent FN dissident Bruno Mégret (qui était initialement son dauphin, un peu trop pressé), soit 667 026. Le total correspond à quelques dizaines de milliers d’électeurs près, au score de Jean-Marie Le Pen au second tour de 2002, soit 5 525 032 voix (53 293 voix supplémentaires, exactement, soit un gain de même pas 1%). En pourcentage, comme il y a eu une participation accrue entre le premier et le second tour (passage de 71,6% à 79,7%), au contraire de 2017, Jean-Marie Le Pen a fait moins au second tour (17,79%) que le total du FN et FN dissident du premier tour (19,20%). Ces 17,79% correspondent à peu près au score de sa fille au premier tour en 2012 : 17,90% (6 421 426 voix).

En revanche, en 2017, la situation a été complètement différente. D’une part, il y a eu une hausse de l’abstention et du vote blanc ou nul (donc, très loin d’une mobilisation d’un front anti-FN). D’autre part, Marine Le Pen a su rassembler beaucoup plus largement que son propre électorat. Elle est passée, en effet, entre les deux tours, de 7 678 491 voix à 10 638 475 voix, soit un gain de presque 3 millions de voix. Exactement 2 959 984 voix, soit un gain de 38,5% : on est loin du 1% de son père. Si l’on prenait pour base le total (erroné) des voix de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan au premier tour, soit 9 373 491 voix (erroné car selon certaines études, seulement 40% des électeurs de ce dernier auraient voté pour Marine Le Pen), on aurait encore un gain de plus d’un million d’électeurs, exactement 1 264 984 voix, soit encore 13,5% (plus de dix fois son père).

Faisons encore une comparaison en nombre de voix (en sachant que le corps électoral ne cesse de croître avec la démographie, bien sûr). 10 638 475 voix, c’est moins que le score de De Gaulle au premier tour de 1965 (10 828 523 voix), équivalent à celui de François Mitterrand au second tour de 1965 (10 619 735 voix) et au premier tour de 1988 (10 381 322 voix), et plus que celui de Georges Pompidou au premier tour de 1969 (10 051 816 voix) et de François Hollande au premier tour de 2012 (10 272 705 voix).

Cela signifie quoi ? Que Marine Le Pen, ou le FN, ou les deux, loin de susciter une réaction de barrage hostile, ont maintenant un pouvoir de rassemblement électoral entre les deux tours d’une élection présidentielle non négligeable. C’est nouveau, c’est menaçant. Ce pouvoir est resté encore trop faible pour pouvoir faire élire la présidente du FN dès 2017, mais il est croissant. Cela peut laisser entendre que si le quinquennat d’Emmanuel Macron échouait, Marine Le Pen aurait un boulevard. Je rappelle en effet les données : Marine Le Pen a eu au premier tour en 2012 ce que son père a eu au second tour de 2002, en pourcentage des suffrages exprimés. On peut imaginer que ceux qui ont voté pour Marine Le Pen au second tour de 2017 pourraient voter pour elle dès le premier tour en 2022, si leurs motivations de vote restaient valables. Dans ce cas, cela signifierait qu’en 2022, Marine Le Pen pourrait s’appuyer sur une base électorale de 33,90% ou, plus plutôt, de 10,6 millions d’électeurs, ce qui, pour un premier tour, est très élevé (seuls De Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand ont fait autant en pourcentage au premier tour).

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Je ne crois donc pas au concept de plafond de verre. Il n’y en a eu aucun depuis 2012. Au contraire, si l’on regarde précisément sur tout le territoire national, la situation est loin d’être homogène pour le second tour de l’élection présidentielle du 7 mai 2017. D’un côté, il y a eu les grandes villes qui ont voté à plus de 80% voire 90% pour Emmanuel Macron (un rapport très largement défavorable à l’extrême droite : 80%/20% voire 90%/10%), de l’autre côté, sur un territoire principalement rural ou rurbain, il y a eu un rapport de forces d’environ 50%/50%, ce qui a donné au niveau national un rapport de forces de 66%/34%. Cette capacité à rassembler hors des grandes villes donne au FN un potentiel de progression très élevé. Et une clef pour de futures démagogies.

Qu’en sera-t-il pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017 ?

On a pu voir aux élections législatives de juin 2012 que les deux seuls députés FN élus (Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard) l’ont été grâce au jeu des triangulaires et aucun candidat FN n’a réussi à réunir plus de 50% des suffrages exprimés (les deux cités ont réuni au second tour respectivement 42,1% et 42,8%). Cette incapacité à réunir une majorité absolue (ce qui n’empêche nullement l’élection de députés en raison de la possibilité de triangulaires voire quadrangulaires) a été la cause des échecs de toutes les élections législatives partielles entre 2012 et 2016. Pour la plupart (pas toutes), le candidat FN a pu se qualifier au second tour (souvent au détriment du candidat PS), mais a toujours été battu par son adversaire (souvent UMP/LR).

Néanmoins, il faut souligner que le candidat FN arrivé au second tour dans les élections partielles a pu rassembler énormément, passant souvent de 25% à 45% voire 48%, 49% des suffrages exprimés, en cas de duels au second tour. On est loin du "front républicain" qui plaçait le candidat FN en position de pestiféré. Au contraire, il est désormais capable de rassembler un grand nombre d’électeurs qui ne lui étaient pas acquis au premier tour, tant provenant de la droite parlementaire que de la gauche dure, selon l’étiquette de son adversaire.

Il sera donc très important d’observer les reports de voix du FN aux prochaines élections législatives, entre le premier et le second tour. En regardant le résultat de l’élection présidentielle, des dizaines de territoires correspondant à des circonscriptions législatives ont apporté une majorité absolue des suffrages exprimés à Marine Le Pen. C’est nouveau et cela donne un potentiel gigantesque.

Cette majorité se traduira-t-elle dans la réalité des urnes ? Ce n’est pas sûr, car traditionnellement, il y a une forte baisse de participation aux élections législatives consécutives à une élection présidentielle et seul, le camp qui a gagné l’élection présidentielle bénéficie d’une forte mobilisation électorale (donc ici La République En Marche). Gageons que les électeurs LR et UDI se mobiliseront également, soit parce qu’ils considèrent qu’avec l’échec de François Fillon, "on" leur a "volé" la victoire (mais une élection sert à cela, aucune élection ne doit jamais être considérée comme acquise), soit parce qu’ils se sentiront finalement dans le camp des vainqueurs, avec un gouvernement assez proche de leurs idées.

Le FN espère remporter une centaine de sièges aux élections législatives. Cela me paraît très optimiste. Même si le FN échouait lamentablement, avec très peu de gains en siège, il ne faudrait pas songer à l’enterrer trop vite. Que ce soit un effondrement dû au mode de scrutin ou à de profondes divisions sur la stratégie politique (clivage entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot), le FN a toujours su se regénérer. Aujourd’hui, Marine Le Pen reste, malgré sa contre-performance télévisuelle du 3 mai 2017, une candidate qui a un pouvoir d’attraction encore très fort et elle le restera tant que le chômage et la pauvreté restent à des niveaux insupportables.

La réalité, c’est que le Président actuel devra absolument réussir ses réformes, réussir à redonner la fierté d’être français, la compréhension que tous forment un grand peuple et un grand pays qui est écouté dans le monde et qui permet à tous de prospérer. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire, d’autant plus que le pouvoir politique a de moins en moins de pouvoir, si ce n’est de régulation, face à des multinationales, qu’on devrait appeler transnationales, qui ont des chiffres d’affaire parfois plus élevés que le PIB de certains pays du monde.

Il est donc peu probable que la cote électorale de Marine Le Pen s’effondre à court terme, sauf accident, à moins que, comme le 3 mai 2017, soit mise à jour la réalité de cette probable future candidate, comme le disait le directeur du "Rivarol" (un journal qu’apprécie pourtant Papa Le Pen), à savoir : « Une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


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_yartiLePen2017050704



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170507-marine-le-pen.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/marine-le-pen-et-la-fievre-du-193386

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 19:51

« Le monde a besoin de ce que les Françaises et les Français lui ont toujours enseigné : l’audace de la liberté, l’exigence de l’égalité, la volonté de la fraternité. (…) Depuis des décennies, la France doute d’elle-même : elle se sent menacée dans sa culture, dans son modèle social, dans ses croyances profondes, elle doute de ce qui l’a faite. Voilà pourquoi mon mandat sera guidé par deux exigences. La première sera de rendre aux Français cette confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie. (…) Tout ce qui concourt à la vigueur de la France et à sa prospérité sera mis en œuvre. Le travail sera libéré, les entreprises seront soutenues, l’initiative sera encouragée. La culture et l’éducation, par lesquelles se construit l’émancipation, la création et l’innovation seront au cœur de mon action. » (Emmanuel Macron, le 14 mai 2017, Palais de l’Élysée).



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Le nouveau Président de la République française Emmanuel Macron  a pris ses fonctions ce dimanche 14 mai 2017 dans la matinée. Pour l’occasion, la cérémonie en plusieurs étapes montre un faste particulier, un faste républicain, pour l’investiture du chef des armées. Et encore, le protocole a été très réduit depuis Valéry Giscard d’Estaing ; avant, il fallait porter un costume de pingouin pour pouvoir porter sur soi le collier de Grand-Croix de la Légion d’honneur.

On pourrait imaginer qu’un jour, on délaisserait la cravate, et pourquoi pas, se faire investir en tongs ? On n’y est pas encore, même si des palmes (non académiques) et un tuba auraient eu leur utilité ce dimanche pendant les grosses averses qui, comme lors de l’investiture de François Hollande le 15 mai 2012, ont salué le nouveau monarque !

Eh oui, la Ve République a quelques tendances à la monarchie (du reste, les républiques précédentes aussi). Cette cour (j’allais écrire cette cour des miracles qui permet par le réseau des carrières accélérées), ces invités triés sur le volet (dis-moi qui tu invites à ton investiture et je te dirai qui tu es), ces vingt et un coups de canons (on précise bien qu’avant la République, c’était cent un coups de canons pour saluer le nouveau roi), tous ces petits signes qui montrent qu’on fait partie ou pas de cette élite républicaine, donnent un petit air d’aristocratie avec ses barons, ses courtisans, ses allégeants, ses obligés...

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L’Élysée est un palais national qui appartient à tous les Français. Peut-être que certains, qui ne font pas partie de l’élite, ont pu y être invités, mais cela reste cependant un univers très fermé. Le Président Jacques Chirac, probablement le Président le plus proche des Français, avait ouvert l’accès de ce palais lors de la garden party chaque année au 14 juillet en invitant quelques classes d’écoliers à venir en profiter aussi.

Emmanuel Macron a raccompagné son prédécesseur jusqu’à sa voiture, avant son départ définitif. François Hollande se la jouait à la François Mitterrand en allant directement rue de Solferino faire une visite de courtoisie à son ancien parti socialiste aux côtés de Jean-Christophe Cambadélis. L’objectif était clair : marteler qu’il laisserait, selon lui, une France en meilleur état à la fin de son quinquennat qu’au début. Décidément, il n’aura jamais réussi à lire correctement une "courbe du chômage"… Décidément, on ne le regrettera pas…

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Le protocole veut que le nouveau Président se fasse suivre par les principaux personnages de l’État : Gérard Larcher, Président du Sénat, Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, qui ne se présentera plus aux législatives, et Bernard Cazeneuve, Premier Ministre, qui, lui aussi, va se retirer de la vie politique après les législatives (il va quand même participer à quelques meetings pour la campagne qui s’annonce). Enfin, Brigitte, l’épouse, brillante dans son tailleur bleu clair (diable, on ne parle que des vêtements des dames, c’est vrai ; disons aussi que le costume du mari était fort coquet).

Celui qui fut le maître de cérémonie est le Président du Conseil Constitutionnel, c’est-à-dire, petite ironie du sort, Laurent Fabius, 70 ans, nommé en février 2016 à cette fonction pour neuf ans. Laurent Fabius, qui a parlé sans aucune note (au contraire de son interlocuteur), a proclamé formellement les résultats officiels déjà publiés le 9 mai 2017, et s’est permis un petit commentaire personnel.

Rappelons qu’au-delà de la courtoisie, il a dû s’y trouver, moins visible, une petite pointe de jalousie pour cet animal politique, lui aussi énarque, qui, depuis 1976, a labouré le terrain politique, avant même la naissance de son interlocuteur. Laurent Fabius, en 2016, avait rappelé avec un certain mépris qu’à son âge (l’âge d’Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Économie), il était déjà Premier Ministre. Eh bien, oui, si à 39 ans, Laurent Fabius quittait Matignon le 17 mars 1986, Emmanuel Macron, au même âge, entre à l’Élysée le 14 mai 2017. Que reste-t-il de la carrière de Fabius ? Pas grand chose. Que restera-t-il d’Emmanuel Macron ? Il est encore bien trop tôt, évidemment, pour le dire, mais il va devoir faire ses preuves, bien plus que Laurent Fabius à Matignon.

Après l’allocution assez longue d’Emmanuel Macron, ce fut les traditionnelles poignées de mains avec les invités. Les poignées de main, ou même, les accolades, voire, parce que le nouveau Président paraît très dactyle, le toucher d’oreille pour les plus proches. Il y avait une petite gêne à voir Emmanuel Macron toucher ainsi l’oreille (entre autres) de Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon qui, tellement ému, en pleura même, François Patriat, ancien président PS du conseil régional de Bourgogne, qui faillit mourir dans un accident de la route en automne dernier, ou encore son grand organisateur Richard Ferrand, député PS et secrétaire général de La République En Marche. Même François Bayrou, l’allié centriste un peu encombrant, a rougi de s’être fait triturer l’oreille par le nouveau Président, mais il savait goûter avec une certaine satisfaction la victoire de son combat pour rompre le clivage droite/gauche.

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Avec ce toucher d’oreille, ce n’est plus la République mais carrément l’Empire ! Emmanuel Macron a toujours montré, par son audace, sa jeunesse, son dynamisme, son intelligence et même ses nuits courtes, une certaine ressemblance avec Napoléon. Il ne lui reste plus qu’à choisir ses maréchaux avant d’amorcer sa révolution. Mais attention, Napoléon, c’est aussi Waterloo.

Parmi les invités, on peut citer en outre Lionel Jospin, probablement plus en qualité de membre du Conseil Constitutionnel que d’ancien Premier Ministre socialiste, Élisabeth Guigou, Marielle de Sarnez, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Thierry Solère, Pierre Gattaz (la poignée de main fut furtive), Jean-Claude Mailly, Jean-Paul Delevoye, Jacques Toubon (comme Défenseur des droits), Jean-Pierre Jouyet, Bruno Julliard, Benjamin Griveaux, Jacqueline Gourault, Didier Migaud (comme Premier Président de la Cour des Comptes), Hélène Carrère d’Encausse (comme secrétaire perpétuelle de l’Académie française), Christophe Castaner, Laurence Haïm, Sylvie Goulard, François de Rugy, Roger-Gérard Schwartzenberg, Leïla Bekhti, Valérie-Anne Giscard d’Estaing, Renaud Dutreil, Michel Bouquet (le vieil acteur), Catherine Barbaroux (la présidente par intérim de La République En Marche), etc. La famille (le frère, les deux belles-filles Laurence et Tiphaine, les parents du Président, etc.) a évidemment participé à la fête.

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Un militant particulier était également présent : Daniel Cordier, vieillard qui va avoir 97 ans dans quelques semaines, l’un des derniers compagnons de la Libération encore en vie, a eu droit, lui aussi, à la palpation présidentielle de l’oreille. Dans le futur, Daniel Cordier sera peut-être à Emmanuel Macron le Pierre Mendès France de François Mitterrand le 21 mai 1981 ou le Pierre Mauroy de François Hollande le 15 mai 2012, ou encore la Simone Veil de Nicolas Sarkozy le 16 mai 2007.

En revanche, n’étaient pas invités ni Jean-Yves Le Drian, ni Daniel Cohn-Bendit, ni Alain Minc, ni Jacques Attali, ni même Manuel Valls

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Alors qu’il a bénéficié d’un heureux soleil à l’Élysée, Emmanuel Macron a dû affronter, comme son prédécesseur, la grosse pluie Place de l’Étoile devant la tombe du soldat inconnu alors qu’une foule assez clairsemée l’avait longuement attendu aux Champs-Élysées.

Tout cela n’est que le rituel républicain, nécessaire mais dérisoire. L’important, c’est la suite, les premiers actes du nouveau Président. Et en particulier, les premières nominations. Alexis Kohler est le nouveau Secrétaire Général de l’Élysée. La nomination du prochain Premier Ministre est très attendue, car elle va donner un véritable sens à son quinquennat. La logique voudrait qu’il penche plus à droite qu’à gauche, pour sortir définitivement du piège d’Emmanuel Hollande. Dimanche 14 mai 2017, c’était la journée d’Emmanuel Macron. Ce lundi 15 mai 2017, c’est prévu d’être celle du nouveau Premier Ministre…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’investiture d’Emmanuel Macron (14 mai 2017).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
L’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.
Macronités.
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.

_yartiMacron2017051406


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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 06:26

« Je vous servirai avec amour ! » (7 mai 2017)


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Depuis quelques jours, fleurit une idée reçue : le nouveau Président Emmanuel Macron serait mal élu. La cause ? Malgré ses 66,1% des suffrages exprimés, Emmanuel Macron, en raison d’une supposée forte abstention et de nombreux votes blancs ou nuls, n’a pas recueilli l’assentiment de la moitié des électeurs inscrits. Effectivement, il n’a recueilli que 43,6% des inscrits au second tour.

Considérer que les abstentionnistes ou que ceux qui ont voté blanc ou nul sont des électeurs qui se sont prononcés contre le Président élu, c’est un abus de langage. C’est un sophisme. Qui peut déterminer la motivation profonde de ceux qui n’ont pas voulu prendre part, activement (en allant voter quand même) ou pas au clivage du second tour ? Comment faire la différence entre celui qui a dû partir en catastrophe pour des raisons personnelles, ou professionnelles, et qui n’a pas eu le temps de faire une procuration (sans compter celui qui est décédé le jour même de l’élection) et celui qui s’est abstenu volontairement pour marquer sa protestation contre un tel second tour ?

On a aussi parlé d’élection par défaut. J’aurais tendance à dire que les bulletins de vote n’ont pas d’odeur : comment peut-on différencier les votes par adhésion des votes par défaut ? Sinon par des sondages dont la signification prêterait à caution ?

Dire qu’Emmanuel Macron est mal élu ou élu par défaut, c’est ne rien avoir compris aux institutions et au principe de l’élection présidentielle à deux tours. Jusqu’à maintenant, depuis 1965, aucun Président de la République n’a été élu au suffrage universel direct dès le premier tour. Même De Gaulle n’a recueilli que 44,7% des suffrages exprimés au premier tour en 1965 (au point d’envisager son retrait définitif, piqué au vif dans son amour-propre).

C’est donc normal que le Président élu seulement au second tour n’ait pas été élu par adhésion, sinon, il aurait été élu dès le premier tour. C’est une évidence ! S’il a fallu un second tour, c’est qu’il a fallu que le candidat élu ait pu rassembler au second tour des électeurs qui ne l’avaient pas choisi au premier tour. Cela a été valable dans toutes les élections, y compris celle dans laquelle participait De Gaulle. Dans certains pays, l'élection présidentielle se fait au suffrage universel direct à un seul tour, ce qui peut poser quelques problèmes de représentativité. Ce n'est pas le cas en France.

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Reprenons donc les résultats et analysons-les précisément pour savoir si, comme certains le prétendent, Emmanuel Macron aurait été mal élu.

Prenons d’abord le score par rapport aux inscrits. Emmanuel Macron n’a réuni au second tour que 43,6%, pas la majorité absolue. C’est un fait déjà évoqué plus haut. Est-ce dire qu’il y a une majorité absolue contre lui ? Non, bien sûr, car tous les électeurs inscrits avaient la possibilité de s’exprimer. Encore une fois, les motivations de la non expression de ces électeurs sont très diverses et variées. Il est impossible de donner une signification politique sauf lorsqu’il y a des différences notables, ce que j’évoquerai un peu plus bas.

Comparons plutôt avec ses prédécesseurs. Emmanuel Macron n’a pas à rougir de son 43,6% des inscrits. De Gaulle n’avait fait que 45,3% des inscrits en 1965. Seuls quatre Présidents, dont De Gaulle, ont fait un meilleur score par rapport aux inscrits : Jacques Chirac, bien sûr, avec 62,0% des inscrits en 2002, François Mitterrand 43,8% des inscrits en 1988 et Valéry Giscard d’Estaing aussi 43,8% des inscrits, en 1974.

En revanche, Emmanuel Macron a fait mieux que François Mitterrand en 1981, qui avait obtenu 43,6% des inscrits, bien mieux que ses deux prédécesseurs directs, François Hollande, 39,1% des inscrits en 2012, et Nicolas Sarkozy, 42,7% des inscrits en 2007, et mieux aussi que Jacques Chirac en 1995, avec 39,4% des inscrits, et que Georges Pompidou, 37,5% des inscrits en 1969.

A-t-on dit que François Mitterrand avait été mal élu en 1981 ? Pourtant, il a été moins bien élu qu’Emmanuel Macron en 2017. C’est un fait.

Si l’on prend les suffrages recueillis dans l’absolu, en sachant que le corps électoral s’accroît au fil des élections bien sûr, Emmanuel Macron a fait le deuxième score historique de l’histoire républicaine, en dépassant la barre des 20 millions de voix : 20 743 128 exactement. Seul Jacques Chirac a fait mieux en 2002 avec 25 537 956 voix. Emmanuel Macron a recueilli plus de 2,7 millions de voix de plus que François Hollande en 2012, alors que le corps électoral n’avait grossi que de 1,5 million d’électeurs inscrits (et Nicolas Sarkozy avait gagné en 2007 avec près d’un millions d’électeurs supplémentaires que François Hollande en 2012, malgré un corps électoral ayant 1,5 million d’électeurs en moins).

Autre manière de regarder le niveau d’élection, c’est de regarder aussi les résultats du premier tour. Entre un De Gaulle qui avait obtenu 44,7% des suffrages exprimés au premier tour en 1965 et Jacques Chirac 19,9% des suffrages exprimés au premier tour en 2002, il y a évidemment une différence notable, même si au second tour de 2002, Jacques Chirac a finalement rassemblé 82,2% des suffrages exprimés.

Avec seulement 24,0% des suffrages exprimés au premier tour, Emmanuel Macron se situe dans cette perspective parmi les moins bien élus, avant-dernier devant Jacques Chirac qui a fait moins tant au premier tour de 2002 qu’au premier tour de 1995 où il avait obtenu seulement 20,8% des suffrages exprimés.

Allons donc plus loin, et prenons le score du premier tour par rapport à l’ensemble du corps électoral. Emmanuel Macron a obtenu 18,2% des inscrits. C’est faible certes, mais à peine plus faible que François Mitterrand au premier tour de 1981 qui avait obtenu 20,6% des inscrits. Seul, Jacques Chirac a fait pire qu’Emmanuel Macron : 15,9% des inscrits en 1995 et 13,8% des inscrits en 2002. A-t-on dit pour autant que Jacques Chirac avait été mal élu ?

De Gaulle, en ce sens, a eu le plus d’adhésion dès le premier tour : 37,5% des inscrits en 1965. Notons pour l’anecdote que Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et François Mitterrand en 1988, ont obtenu les mêmes scores par rapport aux inscrits pour les deux tours : 27,2% des inscrits au premier tour et 43,8% des inscrits au second tour.

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Laissons les comparaisons avec ses prédécesseurs et analysons encore les résultats de l’élection présidentielle de 2017.

En raison des consignes de vote blanc ou nul d’un (grand) candidat du premier tour, il était donc intéressant de regarder selon les votants. C’est-à-dire, j’insiste, en prenant en compte les votes blancs et les votes nuls. Donc, en prenant tous les votants. Et dans cette perspective, Emmanuel Macron n’a pas à rougir non plus : le 7 mai 2017, il a recueilli 58,5% des votants. Ce qui marque une élection claire et sans ambiguïté. Et cela en tenant compte de tous les votes blancs et nuls.

Regardons de plus près l’abstention. Là encore, on a dit que c’était une abstention record au second tour depuis 1969. En 2017, elle a été effectivement de 25,4% des inscrits (soit un quart). C’est important (12 millions d’inscrits), mais c’est encore assez faible (rappelons les sondages qui donnaient allègrement 35 voire 40% avant l’élection) et nettement inférieure à d’autres pays démocratiques (comme les États-Unis).

Mais en rester là ne donnerait pas une vision réellement correcte de la situation. Il est par exemple faux de dire que 12 millions d’électeurs ont refusé de prendre part au vote pour des raisons de refus du clivage proposé au second tour. Pourquoi ? Parce qu’il y a toujours eu une abstention résiduelle. Le meilleur moyen est de comparer avec le premier tour qui, avec onze candidats, offrait pourtant une large diversité dans les propositions politiques. Le 23 avril 2017, il y a eu 22,2% d’abstention, soit un peu plus de 10,5 millions d’inscrits. Ce n’était pas négligeable et ceux-là ne s’étaient pas abstenus parce qu’ils refusaient de départager Marine Le Pen et Emmanuel Macron, puisqu’il y avait d’autres offres électorales.

Le plus intéressant est donc de regarder la différence entre les deux tours, en considérant négligeable la différence du corps électoral entre les deux tours (environ 15 000 électeurs). Entre les deux tours, il y a eu un peu plus de 1,5 million d’abstentionnistes supplémentaires (exactement 1 522 811). Ceux-là sont, effectivement, significatifs du refus de prendre position au second tour. Rapportés aux inscrits du second tour, ils ont été 3,2%. C’est significatif, mais ce n’est pas énorme non plus.

Enfin, regardons de plus près les votes blancs et nuls du second tour. Ils ont été importants, avec un peu plus de 4 millions de personnes (votants qui ont refusé de s’exprimer). Notons pour information que la gestion de ces bulletins blancs et nuls est très longue au moment du dépouillement, car il faut répertorier chaque bulletin, l’agrafer à l’enveloppe, le faire parapher par tous les membres du bureau de vote et enfin, le conserver à la préfecture. Les bulletins nuls annotés pourraient faire l’objet d’une publication intéressante, à l’instar des perles du baccalauréat… Cette lenteur peut expliquer pourquoi la remontée des résultats du second tour a pu être aussi longue qu’au premier tour malgré un nombre très restreint de candidats.

Mais là encore, comme pour l’abstention, ces 4 millions ne sont pas les plus significatifs. Il faut aussi les comparer avec les blancs et nuls du premier tour. Le 23 avril 2017, il y a eu près d’un million de blancs et nuls (exactement 949 334), qui ne protestaient pas contre ce duel Le Pen vs Macron. C’est donc la différence entre ces deux tours qui est significative. Il en résulte qu’il y a eu un peu plus de 3 millions de votes blancs et nuls (exactement 3 136 390) supplémentaires entre les deux tours. Ces bulletins-là sont significatifs des consignes à voter blanc ou nul de Jean-Luc Mélenchon. Cela correspond à 8,8% des votants et à seulement 6,6% des inscrits. On est encore loin des 14,8% des inscrits qu’avait obtenus Jean-Luc Mélenchon au premier tour.

Alors, pour résumer : Emmanuel Macron a-t-il été mal élu ? Non. Il a été mieux élu que François Mitterrand en 1981 et Jacques Chirac en 1995, et un peu plus mal que De Gaulle en 1965. Bref, pas de quoi s’indigner.

Ceux qui diffusent ce genre de d’anathème (qui n’a aucun intérêt puisque seul compte de savoir qui a été élu) sont ceux qui refusent les règles démocratiques (ratifiées par référendum en 1958 et 1962) qui veulent que le Président élu le soit par la majorité absolue des suffrages exprimés. Ce sont donc des mauvais joueurs, et on peut aisément imaginer de quelle origine politique ils proviennent puisqu’à l’issue du premier tour, il y a eu un candidat qui avait montré une même mauvaise foi. Monsieur blanc et madame abstention n’étaient pas candidats à cette élection, donc même s’ils avaient recueilli la majorité absolue des inscrits, ils n’auraient pas été élus !

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J’en profite pour revenir aussi sur les premières heures et les premiers jours du Président Emmanuel Macron.

Ceux qui trouvent que c’était trop, deux cérémonies, le 8 mai 2017 pour fêter la victoire de 1945 et le 10 mai 2017 pour célébrer l’abolition de l’esclavage, où l’on a pu voir côte à côte François Hollande et son successeur, il faut bien aussi leur rappeler que le calendrier électoral des élections présidentielles font que les 8 mai et 10 mai se situent nécessairement entre la date du second tour et la date de la passation des pouvoirs. En 1995, François Mitterrand avait également honoré son successeur Jacques Chirac le lendemain de son élection le 8 mai 1995. Quant au 10 mai, cette date qui était alors symbolique pour la gauche (rappel de 1981) a été fixée par un autre gouvernement de gauche (Lionel Jospin) en 2001 (loi initiée par… Christiane Taubira).

Revenons aussi sur la soirée du 7 mai 2017. Contrairement au 23 avril 2017, Emmanuel Macron a su montrer la gravité qui, soudain, chargeait ses épaules. J’ai été ravi qu’il ait choisi le Louvre comme lieu symbolique pour fêter sa victoire. Musée le plus connu du monde, il a montré à quel point il était attaché à la culture française, mais aussi, à quel point il s’inscrivait dans une histoire française pas seulement républicaine, mais plus généralement nationale.

Sa marche silencieuse et solitaire dans la cour Napoléon a été sans doute un peu trop mise en scène et son discours devant la Pyramide du Louvre a laissé libre court à tous les délires sur Internet. Mais qu’importe ! J’ai goûté la joie d’écouter l’Hymne à la Joie de Beethoven (9e Symphonie) qui est l’hymne européen. C’est la première fois qu’au-delà des couleurs (les drapeaux), un Président de la République française avait également présenté un élément sonore de sa volonté de poursuivre la construction européenne. Elle n’est pas antinomique de l’amour de la France puisque la Marseillaise fut ensuite chantée à la fin de son discours. L’émotion était là, réelle, l’émotion nationale. Elle est rare, il faut la saluer.

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En revanche, j’ai déploré que des journalistes aient trouvé là une comparaison avec François Mitterrand et sa cérémonie d’investiture au Panthéon le 21 mai 1981, tout cela à cause de Beethoven et d’une pyramide en verre. Emmanuel Macron et François Mitterrand ne sont en effet absolument pas comparables : l’un a mis deux ans à se propulser au sommet de l’État, tandis que l’autre a mis quarante ans à arriver, avec des dizaines de milliers de journées de tractations, de réunions d’appareil, etc. François Mitterrand est justement le symbole de la vie politique qu’Emmanuel Macron voudrait renouveler.

La célébration au Louvre de la victoire pouvait plutôt être associée à Jacques Chirac (en 1995) et même à Valéry Giscard d’Estaing qui, comme Emmanuel Macron, a "cassé les codes" en 1974 comme en 2017, et qui a appris son élection en 1974 dans son bureau du Ministère de l’Économie et des Finances, qui se trouvait à l’époque au Louvre.

Et puisque nous en sommes aussi aux comparaisons, la comparaison avec John Kennedy ne me paraît pas non plus pertinente. L’arrivée au pouvoir de Kennedy, certes jeune, n’a rien à voir avec l’initiative éclair qui n’a duré qu’un ou deux ans chez Emmanuel Macron. La candidature de John Kennedy provient d’abord d’une volonté familiale, de son père, de peser sur le destin américain, elle est l’aboutissement d’une trentaine d’années d’implantation familiale. Rien à voir avec Emmanuel Macron qui n’a reçu aucun héritage politique de sa famille.

Ce qui est positif et qui montre que les Français ont une capacité de rénover leur propre démocratie, c’est qu’ils ont fait "mieux" que les citoyens des États-Unis. Lorsque Barack Obama a été élu Président des États-Unis, il était connu et reconnu nationalement seulement depuis quatre ans, mais il avait déjà derrière lui une carrière politique d’une douzaine d’années dans l’Illinois. Emmanuel Macron, lui, sans rajouter son âge (39 ans), a été deux ans Ministre des Finances, seulement connu du grand public depuis moins de trois ans, et jamais élu. Bravo l’artiste !

Qu’il reste vigilant, dans ses premiers actes, à prendre en considération l’ensemble de la communauté nationale pour qu’aucun citoyen ne se sente mis de côté, mis à l’écart du nouveau train qui va démarrer ce dimanche 14 mai 2017.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
L’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.
Macronités.
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 06:42

« J’adresse à tous ceux qui ont voté pour moi (…) un message d’amitié et de reconnaissance. (…) À l’occasion des élections législatives, ils auront la possibilité de faire entendre la voix de la droite et du centre. Ne vous dispersez pas. Restez unis. Restez déterminés. Croyez-moi, votre force va compter. La France en a besoin. En attendant, il nous faut choisir ce qu’il y a de préférable pour notre pays. Je ne le fais pas de gaîté de cœur, mais l’abstention n’est pas dans mes gènes, surtout lorsqu’un parti extrémiste s’approche du pouvoir. Le Front national, ce parti créé par Jean-Marie Le Pen, a une histoire qui est connue pour sa violence et pour son intolérance. Son programme économique et social mènerait notre pays à la faillite. Et à ce chaos, il faudrait ajouter le chaos européen avec la sortie de l’euro. Je vous l’assure, l’extrémisme ne peut qu’apporter malheurs et divisions à la France. Dès lors, il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise. Il vous revient maintenant en conscience de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. » (François Fillon, le 23 avril 2017).


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Le candidat malheureux à l'élection présidentielle François Fillon a réuni, le 2 mai 2017 à la Mutualité de Paris, les parlementaires qui l'avaient soutenu et leur a vivement demandé de voter et faire voter en faveur d'Emmanuel Macron :  « Je l'ai dit et je le redis, le programme économique du Front national appauvrirait la Nation de façon irrémédiable ; la violence idéologique de ce parti diviserait les Français ; son hostilité obsessionnelle à l'égard de l'Europe nous isolerait. ». Ses électeurs, selon lui, doivent faire  « preuve de bon sens » :  « Je sais leur amertume, leur colère, je la ressens aussi, mais notre devoir est de penser d'abord à l'avenir de notre pays. L'avenir, c'est d'éviter de voir la France présidée par l'extrémisme. ».

Tout le monde peut se tromper et personne n’est madame Soleil. Lors d’une interview au "Journal du dimanche" du 16 avril 2017, à une semaine du premier tour, François Fillon avait imprudemment confié : « J’ai une forme de sérénité, qui m’étonne moi-même. Je sais que je serai au second tour. J’ai cette conviction profonde. ». Cette conviction, il l’a nourrie avec son ascension phénoménale lors de la dernière semaine de la campagne du premier tour de la "primaire de la droite et du centre". Il était convaincu que ce phénomène se reproduirait à l’élection présidentielle. Il n’en a rien été. Il n’a jamais réussi à redécoller vraiment de son étiage à 18-20% depuis deux mois.

C’est donc un échec important, total, même, si l’on considère que cette élection était "imperdable" par Les Républicains. C’est vrai qu’à l’époque, lorsqu’on disait cela, on dissertait encore sur la rivalité entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

C’est un échec car l’objectif du premier tour, c’était d’atteindre le second tour, et cette mission n’a pas été remplie. Inutile de rappeler ce qui a plombé sa campagne : non seulement l’affaire judiciaire, mais aussi un mauvais dimensionnement de son programme (la suppression de 500 000 postes de fonctionnaire a terrorisé un pays très respectueux de la fonction publique), une attitude de campagne peu rassembleuse humainement (sans liant entre ses soutiens, sans encouragement, sans motivation de ses troupes, comme savent si bien le faire non seulement Nicolas Sarkozy mais aussi …Emmanuel Macron), enfin, une stratégie de campagne erronée.

En quoi la stratégie de campagne de François Fillon a-t-elle été erronée ? C’était de faire une confiance aveugle aux sondages depuis trois ans, ce qui est un comble pour celui qui, justement, a su démentir les sondages en novembre 2016. Comme tous les médias, il considérait comme acquise la présence de Marine Le Pen au second tour, et convenait même qu’elle obtiendrait la première place au premier tour, comme cela a été lors du dernier test grandeur nationale, à savoir les élections régionales de décembre 2015.

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La conséquence de cela, c’était que pour obtenir la qualification pour le second tour, il fallait prendre la deuxième place et le seul qui, au départ, pouvait le concurrencer, c’était Emmanuel Macron. On a vu un peu plus tard qu’un second challenger a surgi brutalement, avec la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon. En vertu de cette analyse erronée, François Fillon a principalement matraqué le candidat Emmanuel Macron, qui, pourtant, était le plus proche de tous les autres candidats, au point de l’appeler "Emmanuel Hollande", une expression récupérée par l’extrême droite entre les deux tours.

Or, la réalité électorale a montré que le concurrent direct de François Fillon au premier tour n’était pas Emmanuel Macron mais …Marine Le Pen elle-même ! Si François Fillon avait dépensé un peu plus d’énergie à combattre le programme dément de Marine Le Pen, il aurait peut-être pu concourir pour le second tour.

Car finalement, l’écart des voix est assez faible. Marine Le Pen a obtenu un résultat beaucoup plus faible que les sondages d’il y a plusieurs mois qui l’avaient placée entre 25% et 30%. Avec 21,3% des voix, Marine Le Pen n’a gagné que 3% par rapport à sa précédente candidature présidentielle le 22 avril 2012, et est très loin des 27,7% des élections régionales, même si elle a gagné 1,2 million de voix entre 2012 et 2017.

Concrètement, l’écart entre François Fillon et Marine Le Pen n’est que 1,3%, soit moins de 466 000 voix ! C’est très faible dans une campagne nationale. François Fillon aurait donc pu être qualifié au second tour, et il aurait probablement perdu face à Emmanuel Macron. Le résultat serait probablement revenu au même, sauf qu’il y aurait eu un véritable débat pendant deux semaines sur la nature des réformes réalistes à mettre en œuvre dans le pays.

Certains considèrent que la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, qui a obtenu 4,70% des voix, a empêché la qualification de François Fillon pour le second tour. Je pense qu’ils se trompent. Au même titre que les candidatures de Christiane Taubira et de Jean-Pierre Chevènement n’ont pas plombé celle de Lionel Jospin. Tous ceux qui voulaient voter pour François Fillon l’ont fait, d’autant plus que sa qualification n’était pas acquise. Alors, ceux qui ont voté pour un autre candidat se seraient probablement abstenus si cet autre candidat ne s’était pas présenté. Le premier tour est un vote d’adhésion, et s’il n’y a pas adhésion à la candidature (à la personne, au programme), alors il n’y a pas vote pour le candidat et le vote ira ailleurs.

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Le 24 avril 2017 sur France 5, le politologue Pascal Perrineau a fait remarquer judicieusement que les 20,01% de François Fillon n’avait rien d’infâmant, en rappelant que Jacques Chirac avait obtenu ce niveau assez faible de voix au premier tour dans trois élections présidentielles (19,96% en 1988 ; 20,84% en 1995 ; 19,88% en 2002) et cela ne l’avait pas empêché d’être élu deux fois dans ces conditions.

Ce souvenir statistique ne doit pas évidemment masquer le fait qu’il a perdu dans une défaite historique puisque c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que le représentant du courant gaulliste qui est à l’origine de ces institutions et de ce mode d’élection n’est pas présent au second tour d’une élection présidentielle.

De plus, si "l’honneur" est sauf en étant arrivé en troisième position (comme les sondages l’avaient envisagé), ce fut d’extrême justesse, avec seulement 117 044 voix d’avance sur Jean-Luc Mélenchon et son programme de bouleversement généralisé (0,43% !).

François Fillon n’avait pas prévu initialement de participer à la réunion du comité politique de LR du 24 avril 2017 mais il est finalement venu dire aux responsables de son parti qu’il redeviendrait simple militant "de cœur" et qu’il ne mènerait évidemment pas ce parti pour la campagne des élections législatives. Il lui a fallu du courage à affronter tous ses collègues parfois en colère par cette défaite qu’on aurait pu imaginer évitable.

Son courage, il l’a prouvé aussi la veille, lors de la soirée du premier tour, quand il a reconnu son entière responsabilité (Lionel Jospin avait inauguré le rôle) et surtout, quand il a clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron qui était pourtant son adversaire. Les valeurs de François Fillon ne pouvaient pas se satisfaire d’une ambiguïté et sa déclaration a été moralement irréprochable, impeccable. C’est aussi une réponse à tous ses contradicteurs qui le soupçonnaient d’être proche d’une droite intégriste liée au FN. François Fillon n’a jamais failli dans les valeurs républicaines, et il l’a prouvé, un peu à ses dépens, le 23 avril 2017 en acceptant sa défaite de manière "sportive".





D’autres responsables LR ont aussi clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron, notamment Alain Juppé, Christian Estrosi, Bruno Le Maire, François Baroin, Thierry Solère, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher, Xavier Bertrand, etc.

Même Nicolas Sarkozy a levé toute ambiguïté dans un message sur Facebook le 26 avril 2017 : « C’est un séisme politique. Je regrette profondément ce résultat (…). Je considère que l’élection de Marine Le Pen et la mise en œuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français. Je voterai donc au second tour de l’élection présidentielle pour Emmanuel Macron. C’est un choix de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet. ».

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Certains, en revanche, à LR, ont refusé d’appeler explicitement à voter pour Emmanuel Macron, en particulier Laurent Wauquiez, Pierre Lellouche (qui a démissionné le 26 avril 2017), Nadine Morano, etc. sans compter Jean-Frédéric Poisson qui a annoncé qu’il voterait blanc. Il y a donc une coupure entre ceux qui refusent absolument l’hypothèse d’une élection de la présidente du parti d’extrême droite et ceux qui penseraient plus à leur intérêt clanique plutôt qu’à l’intérêt national et qui essaieraient au maximum d’affaiblir Emmanuel Macron, au risque de l’impensable. Rappelons ici que c’est la trop faible mobilisation des électeurs démocrates qui a permis l’élection de Donald Trump en novembre 2016 alors qu’il avait réuni moins de suffrages que le candidat républicain de 2012.

Les responsables LR ont encore l’objectif de gagner les élections législatives, mais la question de l’unité de LR est posée. En effet, en cas d’élection d’Emmanuel Macron et de proposition à s’engager à ses côtés, des personnalités comme Bruno Le Maire et Christian Estrosi ont déclaré qu’elles étaient prêtes, alors que les appareils LR et UDI ont exclu toute entente électorale avec La République En Marche (Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, l’a confirmé le 24 avril 2017).

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Seule l’unité permettrait d’envisager une cohabitation entre un gouvernement LR-UDI et un Président Macron. Car si des élus LR sont prêts à se jeter dans les bras d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait facilement trouver une "majorité centrale" chère au cœur de François Bayrou. Pour l’instant, de manière assez curieuse, François Baroin s’est déclaré "disponible", le 26 avril 2017 sur CNews, pour devenir le Premier Ministre d’une cohabitation avec Emmanuel Macron : « Si les Français veulent une alternance sans équivoque, s’ils veulent tourner la page de Hollande et de Macron réunis (…), alors ils choisiront un gouvernement de droite et de centre droit et dans ce cas-là, je suis disponible pour le gouverner. ». En cas de majorité LR, ce serait alors un formidable retournement politique en moins de six mois, qui verrait ainsi l’ancien numéro deux du plan B de la candidature LR propulser à Matignon. Le 2 mai 2017, le bureau politique de LR a confirmé à l'unanimité que François Baroin (bien que sénateur) serait le chef de file de la campagne des législatives pour LR.

Le risque, en parlant trop vite des élections législatives, avant le second tour présidentiel, c'était de mettre la charrue avant les bœufs. Il y avait en effet, d’abord, une autre bataille, plus urgente, dramatique, qui était loin d’être gagnée, celle du second tour de l’élection présidentielle, et il était nécessaire de répéter que malgré les sondages, rien, absolument rien ne permettait d’assurer la certitude d’un échec de l’extrême droite le 7 mai 2017. Emmanuel Macron doit sa grande victoire du second tour (à 66,1%) non seulement à son propre talent, exceptionnel, mais aussi, en partie, à l'appel clair et déterminé de François Fillon à ses électeurs.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon, artisan de la victoire du Président Macron.
L’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.
Matignon en mai et juin 2017.
François Fillon et son courage.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Macron ou Fillon pour redresser la France ?
François Fillon, le seul candidat de l’alternance et du redressement.
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
La Ve République.
L’autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).


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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170502-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-artisan-de-la-192497

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/10/35268099.html


 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 06:38

« Nous vivons en permanence dans l’illusion présidentialiste. Dès lors que les projecteurs sont braqués par le système médiatique sur des candidats à l’élection présidentielle, s’installe le sentiment que le Président de la République est un être tout puissant, omnipotent, pourvu de tous les pouvoirs. Or, cela est totalement faux. Le chef de l’État a relativement peu de pouvoirs propres en temps ordinaire. Son seul véritable pouvoir qu’il exerce seul en son nom est celui de dissoudre l’Assemblée Nationale. Il ne peut organiser un référendum que sur proposition du Premier Ministre ou conjointe des deux assemblées. Il ne dispose pas du pouvoir réglementaire (prendre des décrets) qui appartient au Premier Ministre, ni celui de déposer des projets de loi qui est celui du conseil des ministres, du gouvernement. Ses actes, par exemple, la nomination d’un haut fonctionnaire, doivent être cosignés par un ministre. Dès lors, le chef de l’État, s’il ne parvient pas à s’entourer d’une équipe ministérielle cohérente et stable, soutenue par l’Assemblée Nationale, sombre inévitablement dans l’impuissance. » (Maxime Tandonnet, historien, le 14 avril 2017 sur Atlantico).


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L’une des premières décisions qu’aura à prendre le nouveau Président de la République Emmanuel Macron, ce sera de nommer un nouveau Premier Ministre. Bernard Cazeneuve, intérimaire de la fonction depuis le 6 décembre 2016, sait qu’il devra quitter Matignon après l’élection présidentielle. Il aura peut-être à cœur de diriger la campagne du PS aux élections législatives. Je lui souhaite bon courage pour ce challenge !

L’identité du nouveau Premier Ministre va dépendre des objectifs qu’Emmanuel Macron va se donner à court terme. Et le premier, c’est de pouvoir obtenir une majorité relative sinon absolue à l’Assemblée Nationale aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017. Cette nomination ne sera pas connue avant la passation des pouvoirs qui aura lieu le dimanche 14 mai 2017.

Revenons à ce Premier Ministre. Pour la première fois, la nature de la majorité présidentielle est très incertaine. On imagine sans mal qu’elle pourrait englober le PS et le PRG, et Emmanuel Macron aimerait aussi intégrer des adhérents LR et UDI mais ces deux partis semblent solidement engagés à rester solidaires et à résister aux chants des sirènes d’En Marche. La "révolution" d’Emmanuel Macron, c’est de créer une nouvelle force politique à partir d’aucune base existante. C’est un pari fou, mais depuis un an, il est habitué à en faire et même à les gagner.

Il y a cependant quelque probabilité pour que le Premier Ministre qui sera nommé (sans doute) le 15 mai 2017 ne le reste pas après le 18 juin 2017. Si c’est le cas, Bernard Cazeneuve aura gardé très brièvement son record de brièveté à Matignon.

Prenons quelques caractéristiques qui, à mon avis, devraient définir ce Premier Ministre. Il devra être très expérimenté dans les relations entre le gouvernement et le parlement. Il devra être capable d’autorité auprès des différentes formations politiques. Il devra être bon négociateur. Il devra être en mesure de mener la campagne des législatives pour Emmanuel Macron. Donc, il devra être proche du nouveau Président.

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En termes d’origine politique, à mon sens, Emmanuel Macron aurait intérêt à nommer une personnalité politique (pas de la "société civile" qui ne connaît pas la procédure parlementaire) et pas du côté gauche de sa majorité. Pourquoi ? Parce que Emmanuel Macron sait que le PS et le PRG sont sans condition sous son influence, et que l’image du risque de recyclage des élus socialistes si discrédités pourrait écarter les électeurs potentiels. Cela signifie qu’Emmanuel Macron aurait intérêt à le trouver parmi ceux qui sont venus de la droite et du centre, pour séduire ces électeurs prêts aussi à lui imposer une cohabitation LR et UDI.

Enfin, il faudra que ce Premier Ministre incarne réellement le changement, non seulement des visages mais aussi des pratiques. C’est donc un véritable mouton à cinq pattes, car s’il veut gagner les élections législatives, il faudra bien être expérimenté dans les campagnes électorales. Enfin, il aimerait qu’il ne fût jamais ministre auparavant.

Bien sûr, de très nombreux noms sont possibles, et beaucoup ne correspondent pas à la totalité des caractéristiques énoncés.

Le meilleur moyen pour Emmanuel Macron serait de débaucher une personnalité d’envergure de LR. Bruno Le Maire, qui avait axé sa campagne de primaire très à droite, s’est déjà dit prêt à trahir ses amis politiques pour un poste auprès d’Emmanuel Macron, mais pas sûr que l’image d’un traître soit la meilleure manière d’attirer les électeurs. Quant à Christian Estrosi, redevenu maire de Nice (quittant la présidence du conseil régional de PACA), pas sûr qu’il ait l’étoffe d’un Premier Ministre.

Beaucoup de personnalités LR pourraient jouer ce rôle de Premier Ministre pivot, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, peut-être même Nathalie Kosciusko-Morizet ou Édouard Philippe, mais toutes devraient restées soudées pendant le temps de la campagne législative. Peu avant le second tour de l’élection présidentielle, le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer avait déjà indiqué que LR retirerait son investiture à tout candidat LR qui se rangerait sous la protection d’Emmanuel Macron, mais après les élections législatives, il n’exclut rien car cela dépendra de la configuration de l’Assemblée.

François Bayrou pourrait dans un premier temps inspirer confiance et apporter expérience pour cette mission très délicate de réunir les contraires. C’est sûr qu’il ne peut pas être le symbole du renouvellement. Il peut aussi agacer certains électeurs LR, et laisser croire qu’il prendrait un ascendant sur le Président. Son atout, c’est qu’il a longuement réfléchi à cette fameuse "majorité centrale" qu’il appelait de ses vœux dès 2002. Ce pourrait être un CDD de six semaines, juste le temps d’atteindre les élections législatives. D’autres noms équivalents peuvent être cités dans ce même registre : Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard, voire Jean Arthuis (pour ce dernier, on repassera également pour le renouveau). Jean-Louis Borloo avait également proposé le 30 avril 2017 ses services le cas échéant.

Parmi les possibles issus de la droite, il y a bien sûr d’abord Jean-Paul Delevoye, responsable des investitures d’En Marche. Là encore, pas de renouvellement réel, tout comme Renaud Dutreil, engagé très tôt derrière Emmanuel Macron. Parmi ceux qui ne se sont pas engagés auprès d’Emmanuel Macron explicitement, il y a aussi la directrice générale du FMI Christine Lagarde, assez populaire.

Dans la catégorie des apolitiques, on pourrait imaginer Nicolas Hulot (mais je pense qu’il n’est définitivement pas fait pour la politique), ou encore Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef, mais son nom avait circulé pour discréditer Emmanuel Macron qui a clairement indiqué qu’il ne la nommerait pas à Matignon lors du débat face à Marine Le Pen le 3 mai 2017.

Parmi les autres Premiers Ministres possibles, il y a bien sûr les fidèles de toujours d’Emmanuel Macron. Christophe Castaner, qui avait volontairement renoncé à se présenter au second tour des élections régionales en PACA (perdant toute possibilité d’avoir des élus) pour aider Christian Estrosi à gagner face à Marion Maréchal-Le Pen en décembre 2015. Mais l’homme le plus important de l’organisation, c’est Richard Ferrand, député PS qui est devenu le secrétaire général d’En Marche et en quelques sortes, le principal acteur de cette organisation qui a permis l’élection de son leader à l’Élysée en dehors d’un parti établi.

Enfin, si l’expérience et l’habileté politiques l’emportaient sur le renouvellement, aux côtés de François Bayrou et Jean-Louis Borloo, on pourrait aussi citer Jean-Yves Le Drian qui, bien qu’élu PS, bénéficie d’une popularité largement élargie vers l’électorat de la droite et du centre.

Dans tous ces noms, il y a peu de femmes, mais cela ne semble pas la principale priorité d’Emmanuel Macron pour choisir un Premier Ministre.

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L’autre nomination, ce sera après le 18 juin 2017 et le Premier Ministre devra être celui qui aura constitué une majorité cohérente. Si c’était une majorité En Marche, il est probable que le Premier Ministre nommé le 15 mai 2017 serait reconduit car cela signifierait qu’il aurait réussi à convaincre les électeurs de construire une majorité En Marche.

L’autre possibilité la plus probable, c’est que la coalition LR et UDI puisse contrôler le parlement, soit par une majorité absolue (peu probable), soit par une majorité relative. Dans ce cas, on s’acheminerait vers une cohabitation dite douce (selon Georges Fenech), et le seul Premier Ministre acceptable pour une telle majorité serait François Baroin.

Enfin, en cas de morcellement de l’Assemblée, il se pourrait qu’il faille recoller des morceaux peut-être hétéroclites et le Premier Ministre serait la personne la plus cohérente dans le contour majoritaire trouvé.

Autres noms possibles : Gérard Collomb (l’antirenouvellement mais jamais nommé ministre), Bertrand Delanoë (idem), Philippe Douste-Blazy, Serge Lepeltier, etc.

La bataille des élections législatives va se faire d’une manière très différente de la campagne présidentielle. Il est probable qu’il y aura une forte abstention (autour de 40%), comme ce fut le cas pour les élections législatives de juin 2012, juin 2007 et juin 2002. Les Français ont intégré que l’événement institutionnel majeur était l’élection du Président de la République. Généralement, ce sont les électeurs du gagnant qui vont se mobiliser et les électeurs des perdants, par déception, vont laisser le Président gouverner.

La différence historique, c’est que le mouvement présidentiel est un parti nouveau qui n’a donc qu’une implantation locale virtuelle dont les législatives seront l’épreuve du feu. En face, il aura LR et UDI, bien structurés, bien implantés, et en cohérence pour un programme politique qui sera présenté ce mercredi 10 mai 2017. Les autres partis pourraient avoir du mal à avoir beaucoup de sièges : le PS laminé et éclaté, le FN détesté et FI discréditée par les tergiversations de Jean-Luc Mélenchon entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Comme on le voit, il est très difficile de deviner le nom du futur Premier Ministre d’Emmanuel Macron. C’est une première dans l’histoire de la Ve République.

En effet, tous les Premiers Ministres issus des élections présidentielles étaient connus avant le résultat de l’élection jusqu’à présent : Georges Pompidou reconduit par De Gaulle en décembre 1965, Jacques Chaban-Delmas nommé par Georges Pompidou en juin 1969 (pour contrôler les barons UDR), Jacques Chirac nommé par Valéry Giscard d’Estaing en mai 1974 (en guise de remerciement pour son soutien et pour contrôler l’UDR), Pierre Mauroy nommé par François Mitterrand en mai 1981 (le dauphin de Guy Mollet), Michel Rocard nommé par François Mitterrand en mai 1988 (il avait hésité avec Pierre Bérégovoy), Alain Juppé nommé par Jacques Chirac en mai 1995 (l’un de ses derniers soutiens avec Philippe Séguin), Jean-Pierre Raffarin nommé par Jacques Chirac en mai 2002 (cité avant l’élection présidentielle et lot de consolation des anciens UDF pour faire accepter la phagocytose de l’UDF par le RPR au sein de l’UMP), François Fillon nommé par Nicolas Sarkozy en mai 2007 (responsable du programme), enfin Jean-Marc Ayrault par François Hollande en mai 2012 (son alter ego).

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Comme nous terminons le long processus de désignation du Président de la République, rappelons tout de même les premiers-ministrables des principaux concurrents d’Emmanuel Macron durant cette compétition présidentielle.

Marine Le Pen : le 29 avril 2017, elle a annoncé qu’elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan à Matignon. Elle aurait pu aussi nommer Florian Philippot, son homme indispensable.

Notons au passage qu’en cas d’élection de Marine Le Pen, le Premier Ministre sortant Bernard Cazeneuve aurait confié qu’il aurait fait résistance, à savoir, il n’aurait pas démissionné. En effet, selon les termes de la Constitution, le Président de la République nomme le Premier Ministre… mais il ne le révoque pas. Si bien que Bernard Cazeneuve et tout son gouvernement auraient pu se maintenir jusqu’aux élections législatives, ce qui aurait créé six semaines de bataille institutionnelle très dure (peut-être contreproductive pour les opposants au FN).

François Fillon : là encore, il y avait peu de suspens puisque depuis début mars 2017, François Baroin faisait figure de premier-ministrable. Néanmoins, François Fillon avait refusé de le désigner explicitement, estimant que le désigner avant l’élection serait une forme d’arrogance vis-à-vis des électeurs (considérer que l’élection était acquise). D’autres noms avaient pourtant circulé : Bruno Retailleau, Gérard Larcher, Valérie Pécresse, et même Xavier Bertrand.

Jean-Luc Mélenchon : comme avec le FN, et les extrêmes en général, la France insoumise n’avait pas beaucoup de personnalités d’envergure pour occuper Matignon, pas même Alexis Corbière pourtant très présent dans les médias.

Benoît Hamon : Christiane Taubira, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, voire Vincent Peillon.

Remarquons pour finir que s’il est parfois difficile d’imaginer le Premier Ministre d’un "grand candidat", il est complètement impossible de l’imaginer d’un "petit candidat" tant l’entourage politique fait défaut.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.
Matignon en mai et juin 2017.
Matignon en avril 2017.
Matignon en 2012.
Matignon en 2010.
Matignon en 2007.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170426-matignon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/qui-sera-nomme-a-matignon-le-15-192958

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/09/35264378.html

 

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 03:19

Résultats officiels du second tour de l'élection présidentielle du 7 mai 2017.


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170507-presidentielle2017-ay.html


Le Ministère de l'Intérieur a publié le lundi 8 mai 2017 les résultats officiels et définitifs du second tour de l'élection présidentielle française du 7 mai 2017.
 

Résultats au 2d tour

Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
M. Emmanuel MACRON20 753 79843,6366,10
Mme Marine LE PEN10 644 11822,3833,90


 

 Nombre% Inscrits% Votants
Inscrits47 568 588  
Abstentions12 101 41625,44 
Votants35 467 17274,56 
Blancs3 019 7246,358,51
Nuls1 049 5322,212,96
Exprimés31 397 91666,0188,53



Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-resultats-presidentielle.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170507-resultats-presidentielle.html


 

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 22:28

Chapeau l’artiste ! Ce dimanche 7 mai 2017 à 20 heures, le peuple français a découvert le nom du nouveau Président de la République française pour cinq ans : Emmanuel Macron, élu avec environ 65,8% des voix pour une participation d'environ 75%.


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Ce n’est pas une surprise car Emmanuel Macron était le favori depuis deux mois, mais les sondages ne décrivaient qu’une vague virtualité qui pouvait éclater comme une bulle de savon au contact de la réalité électorale. L’événement est donc que cette bulle n’a pas éclaté au soir du second tour et le voici donc sacré, consacré chef d’État, chef des armées, magistrat suprême, par le peuple français. Félicitation pour cette campagne sans précédent !

Quelle que fût l’issue de ce second tour de l’élection présidentielle, on savait que le résultat allait être historique. Historique parce que le rejet dès le premier tour des deux candidats issus des deux grands partis gouvernementaux, désignés chacun par une primaire qui fut pourtant l’occasion d’une forte participation populaire, était déjà historique. Historique parce que ce second tour, en quelques sortes, opposait deux aventures personnelles, ou deux aventures politiques, l’une sous le sceau de la nouveauté et de l’inconnu, l’autre sous le sceau du trop bien connu, celle d’une extrême droite agressive, arrogante, insultante, sans esprit constructif, mais tous ces qualificatifs sont inutiles puisque l’extrême droite n’a jamais été que cela dans toute l’histoire du monde.

La publication d’un faux grossier sur un pseudo-compte aux Bahamas à trois jours du scrutin, le piratage massif des données du candidat Macron la veille du scrutin, ainsi que la nullité intellectuelle couplée à une malhonnêteté qui n’aurait jamais dû surprendre, révélées lors du duel de second tour, ont montré, à ceux qui croyaient en la banalisation de l’extrême droite en France, que ce courant sectaire et xénophobe n’a jamais voulu jouer le jeu de la démocratie, a toujours adopté des procédés puants et nauséeux, à l’inverse du slogan de la France apaisée affiché pour mieux souligner son absence.

Laurent Joffrin, dans "Libération", avait décrit le 5 mai 2017 la nature de l’extrême droite française : « Voilà un angle d’attaque qui réunit tout le monde : comme le suggère son père, elle n’est pas dangereuse, elle est nulle. Ce n’est pas une fasciste, c’est une flûtiste. Ce n’est pas la candidate au bras tendu, c’est un bras cassé. Ce n’est pas un casque à pointe qui trône sur son crâne mais un bonnet d’âne. Marine Le Pen se défend en disant qu’elle exprime la colère du peuple. Pauvre peuple, dont la porte-parole supposée ne connaît pas ses dossiers après un an de campagne et vingt ans de vie politique. ».


L’honneur de la France

Parlons du score de l’extrême droite avant de parler du vainqueur. Si la victoire était nécessaire pour que la France puisse rester l’une des grandes démocraties du monde, à l’image de l’attente de tous nos partenaires internationaux, l’élection simplement au-dessus de 50% plus une voix ne suffisait pas à maintenir l’honneur de l’histoire de France. Le 5 mai 2002, l’élection à 82,2% du Président Jacques Chirac, avec 79,7% de participation, avait été une sorte de retour d’honneur face au déshonneur du 21 avril 2002. Jean-Marie Le Pen n’avait réussi qu’à rassembler ses électeurs du premier tour et ceux de Bruno Mégret (dissident du FN).

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Je m’étais donné trois clefs pour savoir si l’honneur était sauf ou pas. Ce n’est finalement pas tant le score d’Emmanuel Macron qui importait que plutôt celui de Marine Le Pen.

J’avais deux seuils, un absolu, un relatif, et un autre seuil absolu. Le premier seuil absolu était la barre des 10 millions de suffrages exprimés. Si Marine Le Pen pouvait rassembler plus de 10 millions de Français, je me disais que c’était quand même marquant indélébilement. L’autre seuil, relatif celui-ci, mais plutôt en raison des sondages donnés ici ou là entre les deux tours : en dessous de 60%, faible victoire d’Emmanuel Macron, au-dessus de 65%, grande victoire. Il faut se rappeler que Georges Pompidou a été élu par 58,2% face à Alain Poher le 15 juin 1960 (avec 31,2% d’abstention). Et malgré une forte abstention provenant des électeurs de gauche, la légitimité du Président Georges Pompidou n’a jamais été mise en doute pendant son mandat.

Mon troisième seuil, absolu lui aussi, c’était le total des électeurs de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan au premier tour (soit : 9 373 491 voix). Certes, des électeurs de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon ont pu voter pour Marine Le Pen au second tour et inversement, des électeurs de Nicolas Dupont-Aignan ont pu ne pas voter pour Marine Le Pen, mais les candidats eux-mêmes avaient donné leur consigne (ou non consigne) de vote, si bien que celles-ci pouvaient avoir un effet sur l’électorat. Le seuil de 9,4 millions (si j’arrondis) était donc pour Marine Le Pen le minimum qu’elle pouvait espérer pour le second tour, et toute voix supérieure devait donc correspondre à un électeur convaincu de voter pour elle en plus.

Sous réserve d'une meilleure précision des résultats, Marine Le Pen aurait donc rassemblé plus de 11 millions de suffrages, ce qui reste très fort (et historique), dans l'absolu, mais en relatif, avec près de deux tiers de électeurs, Emmanuel Macron réussit le deuxième meilleur score de l'histoire récente, après Jacques Chirac en 2002. Cela reste donc une grande victoire mais dans un pays divisé avec un tiers de colère et un dixième de tristesse (les blanc et nuls).


Un bilan sévère

Cette campagne présidentielle 2016-2017 fut éprouvante tant pour les citoyens que leur classe politique. Elle fut marquée par la mise hors-jeu définitive de nombreux responsables politiques qui furent des piliers de la classe politique depuis une vingtaine d’années : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Arnaud Montebourg, François Fillon, Benoît Hamon.

D’autres personnalités politiquement éliminées en 2016-2017 "bougent" encore, sont en cours de réanimation et reviendront forcément dans le débat public, je peux citer notamment : Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Manuel Valls, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen. Dans la colonne du renouveau, au-delà d’Emmanuel Macron, évidemment, je ne peux citer, pour l’instant, qu’un seul nom, François Baroin, désigné le 2 mai 2017 à l’unanimité par le bureau politique de Les Républicains chef de file de la campagne des législatives et à ce titre, candidat Premier Ministre en cas de victoire de LR le 18 juin 2017 (un anniversaire particulier).

Quel que fût le résultat du second tour, celui du premier tour était déjà marquant et plein de significations sur l’issue du quinquennat désastreux de François Hollande, désastreux pour l’image de la France et l’image de la classe politique en général. Rien que la qualification pour le second tour de Marine Le Pen, le déjà record du nombre de voix pour l’extrême droite en France (presque 7,7 millions de voix !) et l’effondrement du candidat officiel du Parti socialiste avaient montré le caractère très particulier de cette élection présidentielle.

D’une certaine manière, l’élection d’Emmanuel Macron, soutenu par le Président sortant, est un véritable pied de nez à "l’opinion publique" (au sens commun) de la part d’un François Hollande qui pourrait se dire qu’il a fini son mandat par une victoire, certes à la Pyrrhus, mais une victoire tout de même. D’une certaine manière, le peuple français est sorti de cette interminable campagne présidentielle, interminable et pestilentielle, par la haut, c’est-à-dire par un véritable message positif, d’espérance, d’optimisme, de foi en l’avenir et en la puissance de la France, de ses forces les plus vives, de son génie scientifique, créatif, artistique, culturel, économique et même, paradoxalement, politique.


Une personnalité exceptionnelle

Venons-en au vainqueur de 2017. Autant le dire, l’élection d’Emmanuel Macron est un événement politique de portée historique en France, en Europe et dans le monde. Il est le signal que le peuple français s’est ressaisi en croyant à nouveau en lui et en les autres, un gage d’ouverture et de coopération bienvenu dans le monde de Trump, de Poutine, d’Erdogan, du Brexit

Emmanuel Macron a défié toutes les lois de ma mécanique électorale depuis 1965 voire depuis deux siècles. À 39 ans, il a battu le record de jeune âge qu’avait détenu le premier Président de la République française, Louis-Napoléon Bonaparte, lui aussi élu au suffrage universel direct le 11 décembre 1848 (par 74,2% des voix). Il n’avait que 40 ans. Précisons néanmoins que le suffrage était universel dans le sens machiste de l’époque, c’est-à-dire uniquement masculin.

Pour retrouver un chef d’État français aussi jeune qu’Emmanuel Macron (la France a compté beaucoup de rois très jeunes, dont Louis XIV), il faut remonter à Napoléon Ier (encore un Bonaparte) qui avait 30 ans lorsqu’il s’installa comme Premier Consul de République le 10 novembre 1799, puis 34 ans lorsqu’il se proclama empereur des Français le 18 mai 1804. On arrêtera juste à l’âge cette double comparaison napoléonienne, car les deux règnes furent plus longs que le double quinquennat éventuel dont aura droit Emmanuel Macron le cas échéant, et leur fin en déroute n’est certainement pas la meilleure perspective pour le nouveau locataire de l’Élysée.

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Ceux qui ne l’ont pas déjà compris vont devoir l’accepter : Emmanuel Macron a une personnalité exceptionnelle et c’est un fait. Il a réussi en treize mois et un jour, avec 400 personnes réunies à Amiens le 6 avril 2016, à rassembler près de 9 millions d’électeurs au premier tour et bien plus au second tour, au point d’être élu Président de la République, le plus jeune de tous les temps !

Si j’avais remarqué sa brillante personnalité à l’occasion de sa prestation télévisée chez David Pujadas le 12 mars 2015, jamais je n’aurais imaginé qu’il aurait été capable, en si peu de temps de, comme on dit, casser les codes pour atteindre son ambitieux objectif : se faire élire Président de la République, but que de nombreuses personnalités politiques mettent parfois plus de trente ans voire quarante ans à ne pas atteindre !

Certains ont comparé Emmanuel Macron au jeune Premier Ministre canadien Justin Trudeau. Pourtant, il y a une différence de taille : Emmanuel Macron n’était pas le fils de Premier Ministre ! On pourrait aussi le comparer à Matteo Renzi ou à Alexis Tsipras. Même si, selon bien des perspectives, Emmanuel Macron pourrait être considéré l’héritier politique de François Hollande, il est avant tout un conquérant. Un conquérant que personne n’a vu venir. Pas Manuel Valls qui avait souhaité l’intégrer dès son premier gouvernement. Pas François Hollande qui croyait en sa loyauté. Pas non plus François Fillon qui l’avait sous-estimé (Emmanuel Macron avait repris la philosophie générale du programme économique de François Fillon).


Un savoir-faire nouveau

2017 sera l’année de la faillite du PS qui n’a pas su profiter de la personnalité d’Emmanuel Macron. Au lieu de cela, il a sécrété, par sa primaire, un candidat écolosocialiste de niche, sans envergure, tout juste capable d’être apparatchik.

On avait dit qu’Emmanuel Macron n’avait pas de grand parti structuré et qu’il ne pourrait jamais percer sans être soutenu par le PS par exemple. Valéry Giscard d’Estaing aussi était un petit artisan avec son petit parti RI (républicains indépendants) face aux industries de la politique que furent l’UDR, le PCF et le PS. En 1974, VGE avait gagné par une campagne éclair (imprévue), par un contact avec les Français, sur le terrain, par la jeunesse, et en quelques sortes, par le même paradigme (non affiché) qu’Emmanuel Macron : le changement dans la continuité.

En quelques mois, Emmanuel Macron a su créer, avec En Marche, un véritable parti implanté localement partout non seulement sur tout le territoire national mais également dans de nombreux pays étrangers où résident des expatriés. Ce parti a su créer de nombreuses sous-structures locales, à l’échelle des communes ou des départements, qui ont su faire vivre la démarche politique d’Emmanuel Macron. Il a su reprendre les réussites politiques et numériques de Ségolène Royal (Désirs d’avenir en 2006), François Bayrou (MoDem en 2007), et de Barack Obama (2008), en y rajoutant un liant technologique qui a permis cette très efficace force de proposition et surtout d’action.

En Marche est donc la belle réussite d’un militantisme politique créé ex nihilo, totalement repensé, mais il faudra voir ce que cela donne aux élections législatives, car ce mouvement a deux handicaps pour le long terme : il est basé sur la seule personnalité de son leader (même problème que pour Désirs d’avenir et le MoDem), et il n’a aucune racine historique, ne provient d’aucun courant politique identifiable et donc, peut sembler intellectuellement artificiel ou, du moins, fragile.

La première singularité qu’Emmanuel Macron a intégrée dans la pratique politique, ce fut l’écoute. Je ne dis pas cela pour expliquer que les responsables politiques n’écoutent pas les Français, on a pu voir durant cette campagne que la plupart des grands candidats avaient largement écouté le peuple pour établir leur programme (tous les grands candidats sauf l’extrême droite, bien sûr). Une écoute pourtant partielle qui a abouti a des programmes très différents. La construction du programme d’Emmanuel Macron était un peu différente : Emmanuel Macron n’avait aucun préjugé, aucun préconçu, aucun prérequis avant de consulter sa base (d’où les critiques parfois justifiées de "creux", de "vide" programmatique), si bien que son programme s’est élaboré réellement à partir de la base.

Au-delà de l’écoute, l’un des atouts d’Emmanuel Macron est son indépendance : indépendance politique (il a court-circuité tous les partis existants et a même créé le sien), et indépendance intellectuelle (il n’est pas sous influence comme trop souvent les politiques sont). Cela signifie qu’il n’aura pas ces mauvaises habitudes de conserver des clivages anachroniques et qu’il saura proposer, par pragmatisme, des réformes sans a priori et sans esprit politicien ni dogmatique (ce qui avait miné le quinquennat de François Hollande).


Défis majeurs

Emmanuel Macron, par sa nouveauté (il n’existait pas dans la classe politique il y a moins de trois ans, il n’est arrivé qu’en août 2014 sur la scène politique), sa jeunesse, son intelligence j’oserais dire foudroyante (il a foudroyé le PS et voudrait foudroyer LR), son sens du marketing politique, sa capacité à rectifier ses erreurs, son humilité (couplée paradoxalement avec une forte idée de lui), et aussi son écoute, va créer un séisme majeur dans l’histoire politique de la France, nécessairement.

Le premier défi sera de redonner espoir et optimisme aux Français et c’est un ressort psychologique dont il sera le premier responsable. Dans ce premier défi, il devra aussi apporter la preuve qu’il veut redresser l’économie et apporter le plein emploi, mais cela va dépendre du résultat des élections législatives. Une cohabitation avec LR, si cette hypothèse ne le satisferait pas, permettrait au moins d’apaiser ces millions d’électeurs de droite et du centre qui se sont sentis floués par l’affaire Fillon.

Le second défi, et on s’en arrêtera là, est international. Son arrivée au pouvoir avec toutes les attentes que la nouveauté créera donne une opportunité historique pour relancer la construction européenne, dans un sens plus social mais aussi dans une meilleure coopération pour la défense et pour la gouvernance de l’euro. Son élection va créer un choc international nouveau. Entre curiosité et adhésion de la part de nos amis étrangers. Rien ne se fera en Europe sans l’Allemagne, donc il faudra aussi attendre les élections législatives allemandes en septembre prochain.


Réconciliation

La clef du quinquennat d’Emmanuel Macron qui s’annonce, elle était intégrée dans son discours lors de son dernier meeting le 4 mai 2017 à Albi : « La France ne sera forte et juste que si elle est réconciliée. ». Ce sera donc la première tâche du nouveau Président de la République, savoir réconcilier les Français, tous les Français. Il a été élu par le rassemblement des citoyens autour des valeurs républicaines et de la démocratie. Il devra montrer, rapidement mais aussi en permanence, son attention à ne laisser personne sur le bord de son chemin.

Ce ne sera pas facile mais avant la critique, laissons-lui le bénéfice du doute. Il pourrait n’être qu’un médiocre politicien, avec beaucoup de condescendance, d’arrogance et d’éloignement avec le peuple. Mais il pourrait être aussi un grand Président de la République, celui qui redonnerait la fierté à tous les Français et qui redonnerait à la France son influence dans le monde. Sans supputer sur les élections législatives qui pourraient apporter de la confusion, le devoir d’un vrai patriote, c’est d’être légitimiste et de faire confiance au nouveau Président de la République pour porter le destin de notre nation dans cet élan de renouveau et d’espérance.

Je suis d’ailleurs convaincu qu’en raison de la forte attente, la popularité d’Emmanuel Macron, dans les prochaines semaines, va dépasser son propre score au second tour de l’élection présidentielle : à lui de ne pas décevoir, non seulement ses électeurs, mais aussi ceux qui ne lui ont pas fait confiance dans les urnes, par colère, par angoisse, par inquiétude. Qu’il soit un grand Président, qui se préoccupe avant tout de réconcilier son pays ! Et qu’il soit le symbole du renouveau de la France et de l’Europe !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Résultats officiels du second tour du 7 mai 2017.
Second tour de l’élection présidentielle du 7 mai 2017.
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.
Choisis ton camp, camarade !
Pourquoi Mélenchon est-il si confus pour le second tour ?
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
La Ve République.
L'autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.

_yartiPresidentielle2017AY02



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170507-presidentielle2017-ay.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-sacre-roi-par-le-192874

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/07/35245337.html

 


 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 05:06

« Je suis parti à Londres en 1940, je n’avais pas 20 ans. Quand j’imagine Marine Le Pen représenter la France, quand je réalise le risque qu’elle soit élue, je trouve cela monstrueux. Le Pen, je dis non. Le Pen, dans la vie politique française, représente la négation de tout ce pourquoi nous nous sommes battus. Le Pen, c’est la France de la réaction (…). Ce retour est effrayant. La France d’aujourd’hui n’est plus du tout celle de ma jeunesse. Malheureusement, la constante, c’est la réaction. Elle a traversé l’histoire. » (Daniel Cordier, le 30 avril 2017).


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C’est la première fois que je vote moi-même à un second tour avec l’extrême droite. La dernière fois que j’ai fait une procuration à une élection, c’était justement en 2002, pour le second tour de l’élection présidentielle. J’étais en Russie et j’étais inquiet. J’avais quitté la France dans un état de déliquescence avancée, peu après le premier tour, qui avait qualifié Jean-Marie Le Pen pour le second tour, à la grande surprise et presque agacement de ce dernier.

J’avais beau me dire qu’il ne pouvait pas gagner, et à l’époque, toutes les forces vives s’étaient remuées pour éteindre le feu extrémiste, avec des manifestations spontanées de lycéens, de syndicalistes, etc., j’avais un peu peur. Je me disais que tout restait possible, que Jacques Chirac n’avait même pas obtenu 20% des voix au premier tour, qu’il était très impopulaire, qu’on le traitait à l’époque de "supermenteur" (rien à voir avec François Fillon), et qu’il était déjà âgé, 69 ans (mais plus jeune qu’Alain Juppé en 2017).

Jacques Chirac et Alain Juppé avaient profité de la stupeur et de la sidération du 21 avril 2002 pour verrouiller leur dispositif quelques jours plus tard, fonder l’UMP et phagocyter l’UDF qui a pu rester uniquement par la persévérance souvent solitaire de François Bayrou, déjà opposant à ce système bipartisan (et candidat au premier tour, flirtant avec les 7%).

Dans ce drôle d’entre-deux-tours, quinze ans plus tard, rien de toute cela. Certes, Emmanuel Macron est populaire, certes, il est jeune et peut aussi prétendre, d’une certaine manière, bouleverser le système, du moins le système des partis traditionnels, mais aucune mobilisation dans la rue, et aucune conscience de l’histoire qui se joue en ce moment pour beaucoup d’électeurs se sentant trahis, se sentant pas assez écoutés, se sentant exclus du jeu politique.

Alors, on entend un peu n’importe quoi. Que l’extrême droite, c’est très mal et il ne la faut absolument pas au pouvoir, mais pas question de voter pour son concurrent présidentiel. Pourtant, dans une démocratie, je ne vois pas comment on peut refuser la victoire de l’une sans voter pour l’autre : l’abstention et le vote blanc ne peuvent faire que le jeu de l’extrême droite qui veut provoquer l’indifférence et la banalisation alors que ce duel est d’une extrême gravité. Dormez tranquille, je m’occupe de tout, pourrait dire la présidente en congé du FN.

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Jean-Louis Borloo a même dû sortir de sa réserve pour exprimer ce sentiment d’angoisse le 30 avril 2017 sur France 2 : « [Je suis] terrorisé [par les atermoiements de responsabilités politiques à voter en faveur d’Emmanuel Macron]. (…) Je pense que l’hypothèse d’une victoire du Front national, à la fois de Marine Le Pen et ensuite aux législatives, par l’effet mécanique de la Ve République, est parfaitement imaginable. (…) Les Français sont complètement désemparés [et peuvent être tentés par] des solutions simples de type bouc émissaire : "c’est la faute de l’autre, de l’Europe ou du monde". ».

Au "Journal du dimanche", Jean-Louis Borloo avait déclaré le 27 avril 2017 : « Je me suis tu jusqu’à présent. Aujourd’hui, j’ai décidé de parler car la situation est grave et le vote de dimanche engagera les Français sur un chemin irréversible pour une génération. (…) Je vois quelqu’un qui rassemble, qui défend un monde ouvert et solidaire, qui est transgressif, déterminé et courageux. S’il est élu, Emmanuel Macron sera un des plus jeunes chefs d’État, il est de la génération des Trudeau, Renzi… C’est une bonne nouvelle, n’ayons pas peur de notre jeunesse, de notre audace. La France est un vieux pays, mais c’est le peuple le plus jeune d’Europe. Modernité et tradition, c’est la France. (…) Face au danger, il faut sonner le tocsin. (…) Cette élection doit être un nouveau départ. On ne va pas quand même passer à côté de cet espoir-là ! ».

Conscience morale avec l’abolition de la peine de mort, l’ancien ministre Robert Badinter a pointé du doigt le 30 avril 2017 dans le "Journal du dimanche" une mesure désastreuse pour les valeurs républicaines : « Parmi tant de propositions critiquables, je considère comme la plus dangereuse l’instauration d’un principe constitutionnel de "préférence nationale". Elle ouvrirait la voie à des mesures humainement détestables, qu’il s’agisse notamment de l’école, des services de santé, des logements sociaux ou de l’emploi. Ce n’est pas en ajoutant la misère à la défiance qu’on pourra intégrer les étrangers établis légalement sur notre sol. ». Quant au silence de Jean-Luc Mélenchon, Robert Badinter l’a jugé très sévèrement : « S’abstenir aujourd’hui, c’est favoriser l’élection de Mme Le Pen. Si c’est un choix tactique, c’est une erreur politique. Si c’est l’expression d’une conviction, c’est plus grave encore. ».

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Le 29 avril 2017 sur son blog, Alain Juppé a mis en garde : « Ce qui paraissait impossible il y a peu de temps encore n’est plus aujourd’hui improbable : Mme Le Pen peut devenir la Présidente de la République française ; à tout le moins, le score du Front national au second tour peut dépasser la barre des 40%, voire des 45%, ce qui serait déjà un coup de tonnerre politique. (…) La victoire de l’extrême droite en France constituerait un séisme géopolitique. L’Union Européenne qui peut résister au Brexit, et même en tirer profit, ne survivrait pas à un "Frexit". Je ne sous-estime pas le désamour de nos concitoyens pour l’Europe ; je mesure l’ampleur des changements qui seront nécessaires pour la remettre sur la bonne voie. Mais liquider la construction européenne que nous avons patiemment édifiée serait une aberration. Car l’Europe a réussi. Elle nous a apporté 70 ans de paix, ce que notre continent n’avait jamais connu depuis des siècles. Elle est aujourd’hui un espace de liberté et de prospérité comme il en existe peu au monde. (…) Ce n’est pas sans raison qu’elle attire de si puissants flux migratoires. (…) C’est la preuve d’une réussite. Comparons-nous ! ».

Et il a conclu ainsi : «  Françaises et Français, je vous appelle solennellement à résister à la tentation de tout casser (..). Quand, dans une élection à deux candidats, on veut éliminer l’un, il n’y a pas d’autre solution que de voter pour l’autre. L’abstention ou le vote blanc, c’est un coup de pouce à Mme Le Pen. Je ne vous demande pas pour autant d’adhérer à la personne ou au programme d’E. Macron. (…) Il faut choisir. Après le scrutin présidentiel viendront d’autres échéances, à commencer par les élections législatives. Nous devrons alors reconstruire une proposition politique (…). Je vous adjure donc, mes chers compatriotes, de voter pour E. Macron parce qu’il est le seul, le 7 mai, à pouvoir éviter à la France le malheur du FN. (…) Je ne me lasserai donc pas de vous dire : Peuple de France, ressaisis-toi, reste fidèle à ton génie, aie confiance ! ».

C’est le message essentiel : voter pour Emmanuel Macron, ce n’est pas adhérer à son programme ni à ce qu’on peut penser de ce qu’il représente, c’est avant tout sauver la République sans exclure la possibilité de s’opposer à lui quelques semaines plus tard, lors des élections législatives.

D’ailleurs, plus le score d’Emmanuel Macron sera élevé, moins la victoire n’aura été la sienne mais plutôt celle des républicains. D’une certaine manière, l’intérêt stratégique d’Emmanuel Macron serait que Marine Le Pen obtienne au moins 45% pour ne laisser plus aucun espace politique entre elle et lui et recomposer entièrement le paysage politique sans les électeurs de François Fillon et sans ceux de Jean-Luc Mélenchon.

Sachant donner la réplique avec une pointe d’humour, Emmanuel Macron, lors de son meeting à la Villette le 1er mai 2017, n’a pas oublié de répondre mots pour mots aux attaques infamantes de sa concurrente quelques heures plus tôt à Villepinte : « Madame Le Pen a dit : c’est En Marche ou crève. Elle a raison. En Marche, c’est nous ! ».

C’est bien de cela qu’il s’agit : tout électeur qui ne glissera pas dans l’urne un bulletin Emmanuel Macron participera à l’éventualité du désastre français, à cette hypothèse folle d’un chef d’État d’extrême droite, d’un gouvernement d’extrême droite qui ferait renier au moins deux siècles sinon trois de son histoire.

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C’est bien Marine Le Pen, la candidate du système, un système dont elle et sa famille, son clan, ont profité depuis quarante-cinq ans, qui ont occupé de nombreux sièges parlementaires pendant trente-trois ans mais n’ont rien fait de concret. Quel bilan ? Quel apport à la France ? Quelle contribution pour la rédaction de nouvelle loi ? Quelle proposition constructive ? Rien !

Juste la démagogie clientéliste et le rôle de pompier pyromane. Elle veut atteindre la magistrature suprême et elle n’est même pas allée à la convocation d’un juge. Elle veut du patriotisme industriel et elle fait fabriquer les T-shirts à sa dévotion …au Bengladesh ! À son meeting du 1er mai 2017 à Villepinte, elle a même plagié, mots à mots, plusieurs pages du discours de François Fillon prononcé au Puy-en-Velay le 15 avril 2017, et ce n’est pas un clin d’œil qui aurait nécessairement imposé d’indiquer la source de ce plagiat ! Ce n’est pas l’honnêteté intellectuelle de cette candidate qui va l’étouffer.

Depuis le premier tour, son père Jean-Marie Le Pen a eu le temps de sortir deux horreurs bourrées d’intolérance et d’irrespect. La première en fustigeant la sexualité du policier assassiné le 20 avril 2017 aux Champs-Élysées, rompant l’unité nationale qui devait se faire en hommage à toutes les victimes du terrorisme (hommage au capitaine Xavier Jugelé le 25 avril 2017 à la préfecture de police de Paris). La seconde en évoquant, le 1er mai 2017 sur la place des pyramides, la « tournée des cimetières » d’Emmanuel Macron qui était venu se recueillir au Mémorial de la Shoah à Paris, après Brahim Bouarram (assassiné par des militants d’extrême droite à Paris le 1er mai 1995) et Oradour-sur-Glane (le 28 avril 2017).

Marine Le Pen, c’est sa famille, son père, son compagnon, sa nièce, elle-même qui vivent confortablement des rentes que lui offre généreusement le système politique actuel, tandis qu’Emmanuel Macron, jamais élu, a même démissionné de la haute fonction publique pour être complètement indépendant.

Lors du duel télévisé du 3 mai 2017 (d'un niveau lamentablement bas), Marine Le Pen a montré son vrai visage, celui d'une punaise qui n'avait aucun programme pour les Français et qui ne savait que mentir et insulter son adversaire. Elle a montré son incompétence sur tous les dossiers économiques au point de consterner ses propres partisans et même son père. Le plus grave fut son accusation du supposé compte caché aux Bahamas : la rumeur avait pourtant démarré sur Internet seulement deux heures avant le début du débat et si elle n'en était pas à l'origine, elle n'aurait jamais pu être au courant à temps. Emmanuel Macron a eu raison de déposer plainte dès le lendemain pour mettre à jour les liens avec des médias russes.

Face aux valeurs, les 243 128 militants hystérisés de Jean-Luc Mélenchon ont répondu ce 2 mai 2017 de manière très disparate à la consultation sur leur comportement au second tour : 34,83% voteront Macron, 36,12% voteront blanc ou nul et 29,05% s’abstiendront. Quelle grave erreur pour 65% d’entre eux !

Comme disait Jean-Louis Borloo le 2 mai 2017 sur France Inter, monsieur blanc et madame abstention ne sont pas candidats au second tour de l’élection présidentielle. C’est pourtant simple et répétons-le : le seul moyen d’éviter l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, c’est de voter pour son adversaire. C’est le seul moyen. C’est le principe d’une élection à deux tours. Le discours sur le vote blanc ou l’abstention, c’est un discours de premier tour, pas de second tour.

Il ne s’agit pas de culpabiliser (chacun est libre de faire ce qu’il veut, c’est le principe heureux de la démocratie) mais de responsabiliser. Il s’agit de voir la réalité électorale en face. C’est aberrant de vouloir "doser" le score d’Emmanuel Macron : si tous les opposants à Marine Le Pen votaient blanc ou s’abstenaient, Marine Le Pen serait largement élue. Cela veut dire que ceux qui votent blanc ou s’abstiennent espèrent quand même que certains voteront Emmanuel Macron. C’est très hypocrite, comme posture.

Si l’urgence, c’est d’éviter l’arrivée de Marine Le Pen, qui serait un événement irréversible, il n’y a qu’un seul choix possible. Ensuite, il y a les élections législatives pour soutenir un programme politique, et il y aura probablement un choix large et diversifié. Les communistes n’avaient pas hésité en 2002 ; ils avaient voté massivement pour Jacques Chirac et personne n’a pu penser que 82% des électeurs avaient adhéré et à la personne et au programme de Jacques Chirac.

Il est incompréhensible qu’un électeur qui ne veut absolument pas de Marine Le Pen à l’Élysée s’abstienne ou vote blanc. C’est non seulement incompréhensible, mais c’est complètement illogique. Si Marine Le Pen était élue, cet électeur aurait bien le temps de se mordre les doigts en se disant : ah, si j’avais su…

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Bien malgré lui, Emmanuel Macron se retrouve donc en ultime sauveur de la République. Ce symbole lui donnera la gravité et la hauteur pour, je l’espère, la présider dans quelques jours avec dignité et rassemblement. Le peuple français ne veut plus des discours de haine ; il veut des actes concrets pour retrouver sa prospérité et sa croissance. Ce second tour de l’élection présidentielle devra laisser provisoirement de côté les préoccupations politiques pour ne se recentrer que sur les valeurs. La politique, ce sera le tour des élections législatives.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mai 2017)
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Pour aller plus loin :
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.
Choisis ton camp, camarade !
Pourquoi Mélenchon est-il si confus pour le second tour ?
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
La Ve République.
L'autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
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Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
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Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:36

Oubliant le slogan de son affiche ("La France apaisée"), Marine Le Pen, par ses invectives continuelles et redondantes, a fait du Jean-Marie Le Pen au cours de ce débat présidentiel historique face à Emmanuel Macron.


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Ce mercredi 3 mai 2017 a eu lieu en direct sur TF1 et France 2 le débat de second tour de l’élection présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Qu’on ne s’y trompe pas : on peut imaginer que ce type de débat politique est ancré dans les mœurs depuis 1974, mais une élection n’avait pas eu ce débat, c’était en 2002, justement quand Jean-Marie Le Pen était le candidat opposé à Jacques Chirac au second tour.

Ce débat de second tour avec l’extrême droite est donc sans précédent, comme le fut le débat faisant intervenir les onze candidats du premier tour le 4 avril 2017. Rien que cela, ce fut une grande victoire de Marine Le Pen dans la banalisation de son parti et de ses idées. Refuser un tel débat de la part d’Emmanuel Macron, dans le contexte politique et social actuel, aurait été considéré comme une véritable lâcheté. Or, s’il y a bien un point sur lequel tout le monde peut se mettre d’accord, c’est qu’Emmanuel Macron n’est pas un lâche et n’a jamais hésité à rencontrer des personnes connues pour leur opposition à lui, comme à Whirlpool le 26 avril 2017 à Amiens.

Pourtant, après ce débat, on peut se demander légitimement si Emmanuel Macron a eu raison de débattre. Alors que le duel entre Jacques Chirac et Lionel Jospin en 1995 fut le plus courtois et le plus intellectuel, on peut dire sans risque qu’à l’inverse, ce débat de 2017 fut le pire de tous les duels de second tour. En raison de la posture Marine-la-peste, le débat, qui a rassemblé 16,5 millions de téléspectateurs (c'est faible), était d'un niveau encore plus nul que les débats entre Donald Trump et Hillary Clinton ! Rétrospectivement, ce n’était pas étonnant et cela pouvait même être prévisible avec la présence de la représentante de l’extrême droite.

Marine Le Pen n’a jamais abordé le fond et, souvent avec un sourire insolent, celui du faible contre le fort, n’a cessé d’interrompre son interlocuteur, n’a cessé de proférer des invectives, des outrances souvent déplacées, de se placer sur le plan de l’émotion et de l’anathème. Aucun raisonnement, aucun aspect de fond, la vacuité complète.

Malheureusement, Emmanuel Macron l’a suivi dans cette crevasse du débat politique. Il aurait pu surfer et refuser de répondre aux nombreux mensonges répétés pendant tout le débat, mais Emmanuel Macron, peut-être parce que novice, a préféré répondre et se justifier, s’enfonçant ainsi de ce puits sans intérêt. Il s’est mis à son niveau très bas, lui a donné ainsi une place honorable, et heureusement pour lui, au milieu du débat, il a compris qu’il fallait baisser le ton, reprendre le souffle, mettre des silences et reprendre le fil sans se préoccuper des incessantes interruptions.

Ce débat stressant a même mis mal à l’aise les téléspectateurs pour la simple raison que la tension était contaminante. À la fin, il n’en est rien ressorti. Il sera à l’image de cette campagne présidentielle, de caniveau, où les enjeux politiques ont laissé place à des thèmes complètement abjects.

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Le comportement de Marine Le Pen a été très étonnant. On prédisait qu’elle aurait une face apaisée, voulant rassurer. C’est le contraire. Sans arrêt en train de harceler son contradicteur, elle n’a jamais eu une posture présidentielle. Elle était plus en commentatrice qu’en actrice. Elle a montré qu’elle a atteint son niveau d’incompétence. Elle avait une tribune essentielle, la plus importante en France tous les cinq ans, et elle en était visiblement réjouie, mais à aucun moment, elle ne s’est sentie en mesure de gagner cette élection. Pire, son comportement, particulièrement contreproductif, laisse même entendre qu’elle ne voudrait pas être élue, surtout pas. À la dernière partie du débat, Marine Le Pen était carrément dans le délire, parlant de choses sans relations entre elles, à tort et à travers, gardant un sourire narquois qui pouvait même laisser entendre qu’elle pouvait avoir un léger dérangement mental.

Sur le fond, Marine Le Pen était incapable de parler de son supposé programme, incapable de s’y retrouver avec ses nombreuses notes qu’elle ne savait pas lire. Elle a montré une incroyable impréparation, comme si elle n’avait fait confiance qu’en sa spontanéité et son esprit de répartie. Elle n’a jamais parlé que sur le plan de l’émotion, jamais sur le plan de la raison, du raisonnement, de l’explication ou de la pédagogie. Toujours sur le plan de la critique, de la peur, de la colère.

Son incompétence technique était formidablement illustrée à plusieurs reprises, la plus marquante sans doute fut que lorsqu’elle a parlé de SFR à Emmanuel Macron, elle a voulu préciser en regardant ses notes, et a continué à parler de …Alstom !

À d’autres moments, il était visible qu’elle ne comprenait pas ce qu’elle proposait, qui restait très confus, comme sa position sur l’euro, elle veut rétablir le franc sans supprimer l’euro et croyait que l’euro existait avant la mise en place de la monnaie unique, confondant une monnaie avec le principe du serpent monétaire européen (SME) dont les taux d’échange n’étaient pas fixes ! Emmanuel Macron a facilement désarçonné ce type de proposition en prenant l’exemple d’une entreprise qui reçoit des euros en échange de la vente de ses produits et qui devraient payer ses salariés en francs !

La vacuité du programme de Marine Le Pen a pu être ressentie tout au long du débat puisque lorsqu’elle devait par exemple présenter sa position sur un sujet, elle prenait tout son temps de parole à démolir son adversaire de manière péremptoire et sans argumentation. C’était le cas aussi de la "carte blanche", un sujet que chaque candidat avait la liberté d’aborder hors des questions abordées par les journalistes. Tandis qu’Emmanuel Macron a parlé de l’important thème du handicap, qui sera une priorité de son quinquennat, Marine Le Pen a avoué ne pas en avoir, passant simplement son temps à insulter ou à mentir à propos de son contradicteur.

Enfin, Marine Le Pen a montré qu’elle regrettait en fait de ne pas avoir François Hollande en face d’elle. Elle n’a cessé de fustiger les socialistes, les gouvernements socialistes, et a voulu coller cette étiquette socialiste à Emmanuel Macron qui ne l’a jamais acceptée puisqu’il rejette lui aussi le PS.

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Ce n’était donc pas très facile pour Emmanuel Macron de pouvoir s’exprimer dans ces conditions et il a montré une certaine combativité et dynamisme qui, pourtant, ont montré qu’il descendait au niveau de la candidate de l’extrême droite. Il a cependant réussi à exposer certains pans de son programme, mais avec une grande difficulté car il était tout le temps coupé.

Au début, il a même montré un peu d’arrogance, celui du sachant face à l’ignorante, qui aurait pu lui porter préjudice s’il avait persévéré dans cette voie. Notamment lorsqu’il a expliqué doctement la différence de produits proposés par SFR et par Alstom.

Il n’a pas pourtant voulu montrer sa culture littéraire, évitant de citer des textes d’auteur (alors qu’il était attaqué sur la "culture française") et il n’a cité qu’un seul livre, le sien ! Probablement qu’Emmanuel Macron est allé trop loin, à la fin, quand il a dit que Marine Le Pen était un « parasite du système », car le mot "parasite" ou "vermine" a des connotations dans l’histoire française particulièrement fâcheuses (associé à l’antisémitisme).

Emmanuel Macron a dû répéter plusieurs fois que sa contradictrice disait n’importe quoi ou mentait, ou disait des choses fausses, ou floues, transformées, etc. Parmi les formules précises : « Vous avez un rapport avec la vérité qui n’est pas le bon ! ». Ou encore : « Je le regrette, Madame Le Pen, la France mérite mieux que vous ! ».

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Les deux journalistes choisis ne furent pas des lumières, je dois le dire, incapables de faire correctement la discipline pour laisser chacun parler seul (il semblerait que Léa Salamé aurait été rejetée par Marine Le Pen dans le choix des animateurs). La journaliste retenue a même demandé à Emmanuel Macron s’il comptait réduire le nombre de parlementaires « par ordonnance », montrant une inculture institutionnelle incroyable (le nombre de parlementaires fait partie des dispositions constitutionnelles et donc, il faut réviser la Constitution, ce qui ne se fait évidemment pas par ordonnance !).

Parmi les mots employés au cours de ce débat, il y a ce clivage proposé dès l’introduction par Emmanuel Macron : Marine Le Pen est « l’esprit de défaite », considérant que le mondialisme est trop dur pour la France, et lui, il est « l’esprit de conquête » pour rendre la France dans sa plénitude de sa puissance.

Marine Le Pen s’est prétendue être « la candidate du pouvoir d’achat » et a considéré son concurrent comme « le candidat du pouvoir d’acheter ».

À Marine Le Pen qui lui reprochait de susciter la peur en cas de sortie de l’euro, Emmanuel Macron a rappelé que le FN était d’abord le parti qui exploitait la peur des électeurs, proclamant : « La grande prêtresse de la peur, elle est en face de moi ! ».

Sur le fond, j’ai trouvé qu’Emmanuel Macron aurait pu utiliser certains arguments évidents, notamment sur l’Europe.

Par exemple, il aurait dû dire que toutes les directives européennes de Bruxelles ont été d’abord décidées par les conseils européens et la France a pris part à ces décisions. Ce ne sont donc pas des directives imposées par Bruxelles, mais des textes voulus initialement par la France dont l’avis est essentiel dans les conseils européens puis déclinés en directives européennes.

De la même manière, Marine Le Pen a dit que depuis le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni a une économie qui ne se porte pas mal. Sauf que justement : le Royaume-Uni n’est pas encore sorti de l’Europe, et n’était de toute façon pas dans la zone euro (Emmanuel Macron a juste rappelé que le Brexit allait coûter 80 milliards d’euros aux Britanniques).

Emmanuel Macron ne devait pas non plus être au courant que les T-shirts utilisés ans le meeting du FN à Villepinte le 1er mai 2017 (à l’effigie de Marine Le Pen) avaient été fabriqués …au Bangladesh, bonjour le patriotisme industriel !

Sur l’augmentation de la CSG, plus faible que la baisse de charges salariales, Emmanuel Macron aurait dû rappeler que la CSG était aussi payée par les revenus des capitaux, et pas seulement par les salariés et les retraités.

Quand Marine Le Pen a parlé (plusieurs fois) de soumission de Emmanuel Macron (« à plat ventre ») à Angela Merkel, il aurait pu lui dire qu’il était aussi allé à la rencontre du Premier Ministre grec Alexis Tsipras. Marine Le Pen a d’ailleurs trouvé une formule qu’elle a préparée avant de venir : « De toute façon, la France sera dirigée par une femme : ce sera ou moi, ou Madame Merkel ! ».

Marine Le Pen n’a pas évoqué sa proposition de constitutionnaliser la préférence nationale (a-t-elle peur que cela effraie le chaland électeur ?), et était bien en difficulté lorsqu’il fallait convaincre sur le financement de ses 150 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, sociaux, etc.

Deux thèmes importants n’ont pas été abordés : l’immigration (pourtant thème de prédilection du FN), et un sujet qui pouvait mettre en difficulté les deux candidats, quelle majorité parlementaire en cas d’élection ?

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La nature revient donc vite au galop. Marine Le Pen reste une Le Pen. Elle était donc intellectuellement mauvaise durant ce débat, mais cela n’empêcherait peut-être pas qu’elle ait pu être efficace électoralement.

On peut imaginer que plus les protagonistes d’un tel duel sont jeunes, plus leurs échanges seraient forcément vifs, rudes, virulents. Cela crée un spectacle mais en aucun cas cela aide l’électeur hésitant à être éclairé sur les intentions des deux candidats. Un spectacle très peu constructif.

C’est clair que ce duel avec l’extrême droite est sans doute celui qui a mis en jeu les deux visions les plus éloignées de la société. Les risques sont donc grands que l’histoire de la France soit singulièrement affectée par une victoire de l’extrême droite, même si celle-ci, ce débat l’a confirmé, n’a jamais prétendu gouverner le pays. Emmanuel Macron a conclu le débat télévisé par sa volonté de mener une France réconciliée. C’était le mot qu’il fallait employer, réconciliation des Français, alors que le FN fait tout pour les diviser, même pour des sujets qui mériteraient l’unité nationale, à savoir la lutte contre le terrorisme.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Ensemble pour sauver la République.
Débat du second tour du 3 mai 2017.
Choisis ton camp, camarade !
Pourquoi Mélenchon est-il si confus pour le second tour ?
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
La Ve République.
L'autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170503-presidentielle2017-aw.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/duel-macron-vs-le-pen-l-elysee-192759

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/04/35245335.html

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:06

« Quelles que soient, ces derniers temps, les tentatives de "dédiabolisation" des dirigeants du FN ou leurs danses du ventre à l’intention de l’extrême gauche (ce qui est là une constante historique), la vérité est criante : l’histoire, l’idéologie, les hommes et les femmes qui ont fondé ou animent ce parti, bref, le monde FN est depuis toujours aux antipodes du nôtre ; son antigaullisme a été constant depuis 1940. De façon récurrente, les déclarations de ses chefs nous rappellent que nos valeurs n’ont rien à voir avec sa vulgate. » (Alain Juppé, le 29 avril 2017).


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Qui a pu être déçu par Nicolas Dupont-Aignan ? Dominique Jamet, Éric Anceau, et un autre, "ses" trois vice-présidents (de Debout la France) qui viennent de démissionner ? Ceux qui ont suivi un peu la carrière de Nicolas Dupont-Aignan avaient déjà renoncé depuis longtemps à tout espoir sur cet homme pourtant bien comme il fallait.

Contre toute attente, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé sur France 2 le 28 avril 2017 son ralliement à la candidature de Marine Le Pen. Le lendemain, le 29 avril 2017, ils ont tenu une conférence de presse commune. Peu respectueuse des électeurs qui n’ont encore rien décidé et de l’esprit des institutions qui veut que le Président de la République reste libre de toutes ses décisions souveraines, Marine Le Pen a affirmé que si elle était élue, elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan à Matignon. Faire-valoir, assurément, Nicolas Dupont-Aignan l’a été pour Marine Le Pen en participant à son meeting à Villepinte le 1er mai 2017.

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Petit rappel de l’élection précédente : dans "Le Figaro Magazine", Nicolas Dupont-Aignan avait envisagé, lui-même, le 10 mars 2012, de nommer Marine Le Pen Premier Ministre en cas d’élection. Il avait amèrement regretté cet excès de sincérité.

Ce renvoi d’ascenseur n’est donc pas seulement que le député-maire de Yerres va à la soupe, puisqu’il a trouvé un bel intérêt à son ralliement (à chacun son prix), mais il voudrait donner le signal fort que Marine Le Pen est en capacité de rassembler un électorat plus large que le sien.

Pourtant, il y a aussi une forme de suicide de la part de cet homme, car en cas d’échec au second tour, Nicolas Dupont-Aignan aura tout perdu, et d’abord la morale. Il sait qu’il a franchi un Rubicon sans retour. Tous ceux qui ont fait comme lui dans le passé sont tombés dans les oubliettes du paysage politique : Charles Million, Jean-Pierre Soisson, Jean-Marie Rausch, Charles Baur, etc.

Car c’est bien beau d’avoir voulu, avant le premier tour, racoler les voix des électeurs de François Fillon (à mon avis sans beaucoup d’effet) sur des thèmes de la moralisation de vie publique quand soi-même, on emploie son épouse comme collaboratrice parlementaire (depuis vingt ans) et surtout, quand soi-même, on s’allie à une candidate et à un parti qui ont créé un véritable système de récupération d’argent public (notamment européen) doublé d'un népotisme de boutiquier.

Mais on pourrait peut-être comprendre les motivations par une autre facette. Le président de Debout la France avait un véritable problème financier : il lui manquait 300 000 euros pour solder le coût de sa campagne présidentielle, pas remboursée car il n’a pas atteint le seuil des 5%. Probablement que dans l’accord avec le FN, une petite aide serait la bienvenue pour renflouer les caisses. Rappelons aussi que lors d’une ancienne campagne nationale, Philippe de Villiers avait eu, lui aussi, de graves soucis financiers pour payer sa campagne.

Nicolas Dupont-Aignan, c’est l’histoire d’un naufrage. Du naufrage d’un grand talent de la politique. C’est en quelques sortes un des échecs de la méritocratie républicaine. Ce genre d’énarques qui crachent contre l’ENA, ces HEC-ENA qui crachent contre le "système" dont ils sont les meilleurs représentants (je pense à Jacques Cheminade et François Asselineau).

Nicolas Dupont-Aignan est relativement jeune. C’est une façon de penser car 56 ans, c’est plus que senior dans la vraie vie, celle de vie économique d’une entreprise. Mais en France, cela peut être considéré comme jeune pour l’Élysée.

Au départ, ce fut un brillant démarrage : une passion dès l’adolescence pour la vie politique nationale (il a même collé des affiches pour Jacques Chaban-Delmas en 1974, à l’âge de 13 ans !), puis de belles études à l’IEP de Paris, un DESS à Dauphine et bien sûr l’ENA (dans sa promo, on peut retrouver Jean-François Copé, Renaud Dutreil, Sylvie Goulard, Dominique Méda et David Kessler).

De là, la voie royale du haut fonctionnaire, directeur adjoint du préfet Christian Sautter (futur ministre socialiste), puis chef de cabinet de François Bayrou, Ministre de l’Éducation nationale (comme l’a rappelé François Fillon le 4 avril 2017), puis conseiller technique de Michel Barnier, Ministre de l’Environnement.

Contrairement à ce qu’il clame à longueur de tribunes, Nicolas Dupont-Aignan a été biberonné à l’Europe : ses patrons sont de fervents partisans de la construction européenne, plutôt du centre droit ou centre gauche, et lorsqu’il était à l’ENA, il hésitait même à rejoindre dans l'Essonne le camp de Michel Rocard ou celui de Laurent Fabius. Le supposé gaullisme souverainiste n’est venu que bien plus tard.

Ce fut en 1995 que Nicolas Dupont-Aignan s’engagea dans la vie politique au sein du RPR. Comme son ancien camarade de promo, Jean-François Copé à Meaux, lui s’est implanté à Yerres, commune socialiste ultra-endettée qu’il a sauvée et dont il fut élu et réélu maire très largement depuis vingt-deux ans. Ceux qui ont un peu visité la ville ne peuvent qu’approuver ce choix des électeurs locaux car il a fait de sa ville un agréable lieu de qualité de vie, notamment en rouvrant au public le domaine de l’exceptionnel peintre Caillebotte.

À partir de juin 1997, il fut également élu sans arrêt député de l’Essonne, bénéficiant d’une bienveillance de son parti d’origine (devenu l’UMP) malgré le choix de l’autonomie qu’il a fait le 31 mars 2007 en créant Debout le France (initialement son courant Debout la République depuis le 13 juin 1999). Auparavant, il s’était présenté sans succès au sein de l’UMP d’abord à la présidence de l’UMP le 17 novembre 2002 (contre Alain Juppé) et le 28 novembre 2004 (contre Nicolas Sarkozy), puis à la candidature présidentielle contre Nicolas Sarkozy auquel il s’opposa à cause du Traité de Lisbonne (comme Charles Pasqua, il s’était aussi opposé au Traité d’Amsterdam).

Il y a une dizaine d’années, il était donc un député-maire francilien classique, de grand talent, "de droite", ayant un avenir probable au sein d’un gouvernement. Tout ce capital, il l’a dilapidé en quelques heures en raison d’une voie soit narcissique soit paranoïaque. En fait, il avait réussi à trouver une voie pour le souverainiste qui ne fût pas entachée par les excès de l’extrême droite. C’était un pari difficile. Jean-Pierre Chevènement et quelques autres souverainistes ont pu, à une époque, lui donner crédit de ce choix (Nicolas Dupont-Aignan s’était rapproché de Jean-Pierre Chevènement lors de la candidature de ce dernier dans "Le Figaro" le 24 octobre 2001). En termes de tradition politique, il reprenait les flambeaux de Philippe de Villiers, mais avec moins d’outrance. En 2007, il a même choisi de soutenir son ancien patron François Bayrou.

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Après son échec à l’élection présidentielle de 2012 (il n’a eu que 1,8%), il a présenté des listes aux élections européennes de mai 2014 qui ont obtenu 3,8% sur le plan national, score amplifié par la forte abstention (57,6%). Enfin, durant cette campagne de premier tour de l’élection présidentielle de 2017, Nicolas Dupont-Aignan n’a cessé de sortir des outrances démagogiques, s’en prenant aux médias (le 18 mars 2017, il a même quitté brutalement le plateau de TF1, la vidéo a fait le buzz), mais aussi à ceux qu’il a appelé des "assistés" (« Il mettra aussi fin aux abus de l’assistanat et réclamera un travail d’intérêt général pour toute aide perçue de l’État. »), à l’élite bien sûr (« Il (…) mettra un terme aux privilèges de l’oligarchie et à l’impunité de certaines élites. ») et à la construction (« Il renégociera un nouveau traité. »).

Cette campagne lui a permis de convaincre presque 1,7 million d’électeurs, soit 4,7%. C’est insuffisant pour être remboursé par l’État mais c’est déjà important pour avoir une certaine audience dans les médias. Ce qui fait que sa parole est évidemment bien plus forte que deux autres recrues du Front national, également anciennes candidates à l’élection présidentielle, à savoir Marie-France Garaud (1,3% en 1981) et Christine Boutin (1,2%).

Durant toute sa campagne, Nicolas Dupont-Aignan avait insisté sur l’humanisme qui le guidait et surtout, sur le gaullisme dont il se référait.

C’est sur ces deux bases (humanisme et gaullisme) que son ralliement à l’extrême droite et à un parti qui a historiquement contesté systématiquement l’action du Général De Gaulle a déclenché une vague d’indignations justifiées. Beaucoup de ses électeurs se sont sentis trahis par celui qui, jusqu’à maintenant, n’avait jamais été ambigu avec l’extrême droite. Ses électeurs de Yerres risquent d’ailleurs de lui faire payer cher ce retournement dans l’antigaullisme historique. Parmi les réactions, il y a eu aussi des outrances scandaleuses, comme ce soi-disant humoriste cherchant le buzz pour sa petite personne, Stéphane Guillon, qui n'a pas hésité à salir la mémoire de la mère de Nicolas Dupont-Aignan qui venait de mourir la veille du ralliement après une très douloureuse maladie : une manière détournée finalement d'aider un peu Marine Le Pen.

Sans doute que la réaction la plus vive et la plus forte est celle de Daniel Cordier. Je l’avais présenté il y a déjà quelque temps. Il va bientôt avoir 97 ans, cet été. Il est l’un des rares compagnons de la Libération encore en vie (Alain Gayet, le grand-père de Julie Gayet, lui aussi compagnon de la Libération, est mort récemment, le 20 avril 2017, à 94 ans). Il s’était engagé à 19 ans auprès de De Gaulle, à Londres, sans beaucoup réfléchir sinon à l’idée qu’il s’était faite de la nation. D’ailleurs, à l’époque, il était maurassien, nationaliste, mais il avait été écœuré par le collaborationnisme de Charles Maurras qui préférait l’Allemagne nazie et antisémite à la France indépendante. Il a réagi à cette conférence de presse commune de Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen et à leurs allusions au gaullisme : « Dans leur bouche, ce ne sont que des mots. De simples mots creux qui ne disent rien. Ces gens-là parlent sans savoir ce qu’a été le gaullisme de 40. Quand je les entends revendiquer cet héritage, je le ressens comme une imposture. » ("Journal du dimanche", le 30 avril 2017).

Alain Juppé, lui aussi, est inquiet et l’a exprimé sur son blog le 29 avril 2017 : « La trahison de M. Dupont-Aignan, l’attitude ambiguë de J.-L. Mélenchon, l’effondrement du PS, les finasseries de certains de mes propres "amis" politiques ajoutent à la confusion générale sur laquelle prospère le FN. ». Et d’ajouter : « Certains invoquent les mânes du Général De Gaulle pour conforter leur europhobie. Quelle falsification historique ! C’est De Gaulle qui a voulu nous faire entrer dans la Communauté Européenne en 1958, en activant le Traité de Rome qui n’était encore qu’un papier ; c’est De Gaulle qui a imposé la politique agricole commune ; c’est De  Gaulle qui a fait de l’entente franco-allemande la pierre angulaire de la construction européenne et du redressement français. Je suis gaulliste et européen et j’en suis fier ! ».

L’imposture, c’est d’opérer cet inversement des valeurs qui fait que les nationalistes seraient des gaullistes alors qu’ils étaient ses derniers opposants. Le premier qui a fait justement un front républicain contre l’ennemi national-socialiste, ce fut De Gaulle qui rassembla toutes les tendances politiques jusqu’aux communistes. À l’époque du CNR, il n’était pas question d’abstention ni de vote blanc, il était question de combattre les nazis au péril de sa propre vie. En opérant ce ralliement honteux, Nicolas Dupont-Aignan est devenu le grand prêtre de cette imposture. La famille Le Pen se frotte les mains, le père, la fille, et surtout, la nièce


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 mai 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nicolas Dupont-Aignan en 2017.
Nicolas Dupont-Aignan en 2012.
Ensemble pour sauver la République.
Le patriotisme.
Marine Le Pen.
Stéphane Guillon.

_yartiNDA2017042902



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170429-dupont-aignan.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dupont-aignan-plonge-dans-la-soupe-192718

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/03/35241680.html

 

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