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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 23:32

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Discours de François Fillon à Saint-Pierre (La Réunion)
Dimanche 12 février 2017



Mes chers amis,
Et, parce qu’ici ce mot a un retentissement tout particulier, mes chers compatriotes, Merci !
Merci d’être venus si nombreux !

Je retrouve toujours la Réunion et les Réunionnais avec un immense bonheur.
J’aime cette île qui est fière de son histoire, de sa culture, de ses valeurs, fière de sa diversité, qui est fière d’être elle-même et qui est fière d’être la France.
Nous sommes 66 millions de Français dans un monde de sept milliards d’habitants. Personne ne nous fera de cadeaux.
Notre seule marge de manœuvre réside dans notre capacité à nous rassembler, à travailler plus, à travailler tous.
Notre avenir est dans notre inflexible volonté d’être souverain, écouté et respecté de par le monde.
Etre debout ou à genoux : voilà la question. Ma réponse est claire : debout toujours, à genoux, jamais !
Je veux, avec vous, avec la Réunion, faire de la France une puissance gagnante.

La Réunion peut être fière. Elle a donné tellement de grandes figures à notre nation. Des héros et des combattants, comme Juliette Dodu, comme Roland Garros, comme Jean Joly, qui se battirent pour l’honneur de la France.
Des poètes et des intellectuels, de Lacaussade à Leconte de Lisle.

Des hommes politiques comme Raymond Barre à qui je pense parce qu’il disait la vérité.

Des sportifs qui font gagner la France, de Jackson Richardson et Daniel Narcisse à Dimitri Payet.
A la Réunion on sait ce que signifie résister, créer, gagner !

Oui je suis heureux de vous revoir, de revoir tous vos visages.
Didier Robert, Michel Fontaine, Nassimah Dindar, Jean-Paul Virapoullé et tant d’autres visages familiers.

J’ai toujours dans mon cœur ce voyage de 2009, lorsque j’étais Premier ministre et que nous avons ensemble inauguré la route des Tamarins, ce chantier ambitieux et spectaculaire, qui fait notre fierté.

Si j’avais l’honneur de présider notre pays, je serais très heureux de venir inaugurer la nouvelle route du littoral, cher Didier Robert, cet ouvrage d’art novateur et indispensable à la vie des Réunionnais, que nous avons lancé ensemble.

Didier, je garde aussi dans mon cœur ce meeting que nous avions organisé pour les élections Régionales. C’était déjà ici, à Saint-Pierre, grâce à Michel Fontaine. On s’était battu ensemble, pour la victoire !

Mes amis, c’était il n’y a pas si longtemps, et pourtant comme cela paraît loin !
Long et insipide fut le quinquennat de François Hollande, qui est aussi, il faut le rappeler, celui de son conseiller, Emmanuel Macron.
Cinq ans de perdus pour la France.
Cinq ans de perdus pour les Outre-mer !

Pourtant, de belles promesses vous avaient été faites.

Lui président, tout devait aller mieux. Le chômage allait reculer. Les prix allaient baisser. La sécurité serait assurée. Les enfants auraient un avenir radieux. Et tout le monde pourrait se loger décemment.

Que reste-t-il de ces promesses, après cinq années d’exercice du pouvoir par Hollande?

Le chômage, la pauvreté sont toujours beaucoup trop élevés. Rien de fort n’a été fait pour les faire reculer.
L’insécurité atteint des niveaux jamais connus partout Outre-mer, et notamment ici, à la Réunion.

L’Etat et la justice sont en difficulté. En grande difficulté. Il y a trop de délinquance et pas assez de sanctions.
L’échec scolaire est un fléau.
La construction de logements a pris un retard dramatique.

Et puis il y a l’immigration clandestine.
Il est temps de serrer les vis et de rappeler que la France est une nation, pas une passoire.
Sur l’île voisine de Mayotte, l’immigration clandestine est une menace pour la cohésion sociale.
Je veux le dire à nos amis mahorais qui sont parmi nous ou qui nous écoutent : ce que vous vivez au quotidien n’est plus acceptable.
La pression migratoire à Mayotte est insupportable.
Il faut réagir.
Je veux qu’à Mayotte et en Guyane, l’acquisition de la nationalité française soit subordonnée à la régularité du séjour des parents.
Un enfant né à Mayotte ou en Guyane de parents en situation irrégulière ne pourra plus devenir automatiquement Français à sa majorité.

Mes chers amis, le temps est venu d’agir pour l’ensemble des Outre-mer, d’agir maintenant, d’agir pour vous.

Et il faut le faire immédiatement, pas dans dix ou vingt ans comme le proposent les socialistes avec leur loi pour l’égalité réelle.
Avec eux, l’égalité, c’est toujours pour demain !

Vous voulez des actes rapides, et vous avez raison !
La première mesure que je prendrai pour les Outre-mer, si les Français me font confiance en mai prochain, c’est le retour de l’Etat dans le financement de la continuité territoriale.
Je considère en effet que le retrait de l’Etat de ce dispositif, voulu et organisé par le gouvernement socialiste, est une faute politique lourde. Didier Robert a eu raison de maintenir coûte que coûte ce dispositif pour tous les réunionnais

Où est l’égalité lorsque les Français d’Outre-mer sont empêchés de se rendre dans l’hexagone à cause du renchérissement du prix des billets d’avion provoqué par cette décision injuste ?

Où est l’égalité lorsque l’on prive des familles d’ici du bonheur simple de retrouver une fille ou un fils parti faire ses études en métropole ?
Avec le retour de l’Etat dans le financement de la continuité territoriale, je plaiderai aussi pour que l’Europe accompagne cette politique.

Mes chers compatriotes, vous êtes trop nombreux à connaître, dans votre famille, parmi vos amis, le drame du chômage.
25% de la population active au chômage, parfois plus de 50% des jeunes, c’est inacceptable.

Je refuse d’y voir une sorte de fatalité contre laquelle on aurait déjà tout essayé.
Je veux faire ce que nous n’osons pas faire depuis trop longtemps : faire confiance à l’énergie française.
Nous allons nous détacher de cette chape de plomb idéologique qui a piétiné le goût du travail, piétiné la récompense du mérite, piétiné ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté.
La liberté, c’est le carburant des sociétés vivantes.
Avec tous les Français qui veulent réussir, je fonce pour une France du plein emploi, une France productive.
C‘est ma priorité absolue !

Vous vous êtes engagés à La Réunion dans un nouveau modèle de développement qui doit conduire les Outre-mer à mieux s’affirmer dans leur bassin géographique, ici l’Océan Indien, là-bas l’Océan Atlantique ou Pacifique.
Je soutiens cette orientation.

Je baisserai massivement les charges qui pèsent sur le coût du travail et sur la feuille de paye des Français afin que chacun voit son pouvoir d’achat augmenter.

Je sortirai des 35 h, sans démagogie, sans diktat, puisque je donnerai aux entreprises la liberté de négocier avec leurs salariés.
Je généraliserai l’apprentissage, refonderai la formation professionnelle, créerai le statut de travailleur indépendant, développerai le statut d’auto-entrepreneur, je miserai à fond sur les technologies.

Je vais libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal : l’agriculture, l’industrie, les services, la construction.
Je veux agir pour les jeunes qui se cassent les dents sur la rigidité du code du travail. Agir pour les ouvriers qui préfèrent travailler un peu plus que de ne plus travailler du tout.

Et cette restauration de notre production permettra de distribuer, notamment aux plus modestes, les richesses créées au lieu d’égaliser la misère comme aujourd’hui.

Je veux agir sur tous les fronts, secteur public comme secteur privé, en tenant compte des spécificités des Outre-mer, que je connais bien.
L’insularité et l’éloignement, rendent les choses plus difficiles ici qu’ailleurs.
C’est pourquoi, tant que la situation de l’emploi ne sera pas meilleure, tant que le niveau du chômage sera aussi critique, les Outre-mer ne seront pas concernés par le plan de réduction des effectifs de la fonction publique que je mettrai en œuvre en métropole.

Cela vaut aussi pour les emplois aidés, cher Michel Fontaine, dont le volume sera stabilisé le temps de réamorcer la machine économique.

Mais il faut surtout donner les moyens aux entreprises d’Outre-mer de créer plus d’emplois !
Pour cette raison, je maintiendrai l’ensemble des exonérations fiscales et sociales à leur niveau actuel, pendant une période de 10 ans.

Et cela vaudra aussi pour la défiscalisation, qui sera donc prolongée en conséquence. Les entreprises et les acteurs économiques auront ainsi un environnement durablement sécurisé.

Mais je ne veux pas m’en tenir là.

Je propose que l’Etat consacre deux milliards d’euros par an en faveur de l’emploi Outre-mer.
En plus des baisses de charges qui seront engagées dans le cadre de mon programme national, un dispositif spécifique d’incitation à l’embauche dans les Outre-mer sera créé.

Ce dispositif sera ciblé sur les entreprises de moins de 10 salariés, et celles qui sont les plus exposées à la concurrence.

C’est un effort considérable, mais il est à la hauteur de ce qu’exige la situation.
En définitive, ce que je propose ici, c’est un nouveau cadre d’intervention : celui de « l’entreprise franche ».

Je soutiendrai aussi les activités agricoles, qui sont encore, et de loin, les premiers employeurs privés Outre-mer.
Je connais les inquiétudes de la filière canne, et notamment celle de ses milliers de petits planteurs, face à la perspective de la fin des quotas sucriers en Europe, le 1er octobre prochain.

Je veux les rassurer : avec moi ils auront un puissant soutien de la filière à la tête de l’Etat, comme je l’ai d’ailleurs démontré avec la revalorisation de la prime bagasse lorsque j’étais Premier ministre !

Je veux donc leur dire que je mettrai en place l’aide complémentaire de 38 millions d’euros pour compenser la fin des quotas.

Je mesure l’importance de la complémentarité entre la filière canne et les autres secteurs agricoles qui sont eux aussi fortement pourvoyeurs d’emplois.
Il faudra accompagner leur développement, en renforçant leur enveloppe budgétaire, pour la porter à 80 millions d’euros par an.

Il faut briser la fatalité du chômage.
Il faut donner aux entreprises les moyens de créer des emplois pour tous les Réunionnais.

Il faut aussi que l’Etat assume enfin clairement ses missions de solidarité et d’éducation dans les Outre-mer.

Je ferai de la santé dans les Outre-mer une véritable priorité de l’action de l’Etat en modernisant les hôpitaux, en soutenant l’installation de nouveaux médecins et en développant la télémédecine parce qu’il faut s’emparer de tout ce que le progrès nous apporte.

Plus de solidarité, c’est aussi améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées, Je sais, chère Nassimah Dindar, que c’est un de tes combats à la tête du Département de la Réunion.
Dans la tradition de notre famille politique, c’est aussi le mien.

On m’a fait le procès de vouloir mettre à mal notre assurance maladie et notre système de soins. C’est faux !
Ce que je dénonce, c’est la langue de bois de ceux qui se fichent des déserts médicaux, qui se fichent des pathologies non remboursées, qui se fichent des urgences débordées, qui se fichent de savoir que les personnels médicaux sont à bout, et puis qui se fichent de savoir que la médecine libérale ne supporte plus d’être maltraitée.

Les fossoyeurs de la sécurité sociale sont ceux qui s’opposent à toute réforme.
Je veux une santé de qualité pour tous, une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments.

J’ai créé le CHU en 2009. Je l’ai fait car je crois au rayonnement de l’excellence française en santé dans l’Océan Indien.
Je veux rendre hommage à l’ensemble de ses personnels et à ceux des hôpitaux de la Réunion qui font un travail remarquable dans des conditions souvent difficiles.

Le gouvernement a délaissé le CHU, n’a pas soutenu ses projets et n’a pas pris en compte la réalité de ses missions.
Je suis heureux qu’aujourd’hui le CHU fasse l’objet d’un consensus politique local et je ferai tout pour que cet état d’esprit se maintienne. Je veillerai à ce que le CHU ait les moyens nécessaires à l’exercice de ses missions.

Je veux aussi qu’on puisse vieillir dignement dans notre pays.
Mon gouvernement avait beaucoup fait pour les petites retraites pour les seniors de métropole, les « gramounes » de la Réunion.
Il n’est pas acceptable qu’après 30 ou 40 années de labeur, un agriculteur, un artisan, ne perçoive pas une retraite décente.
Je poursuivrai donc l’effort avec une revalorisation de plus de 300 euros pour les pensions de moins de 1000 euros et d’au moins 600 euros pour les petites pensions de réversion.

Je veux enfin miser sur les grands projets environnementaux et énergétiques.
Je me donne un objectif : zéro charbon et zéro fuel en 2025.
Ça veut dire une meilleure qualité de vie, ça veut dire aussi des techniques de pointe, de la compétitivité pour la France, de l’activité économique nouvelle, ça veut dire de l’emploi.
Ça veut dire aussi de l’attractivité, du tourisme. Ça veut dire la valorisation d’un patrimoine naturel exceptionnel.
Pour l’écologie, la protection de l’environnement, le développement durable, les énergies renouvelables, la Réunion est en pointe et cela fait longtemps. Je me souviens de l’avoir dit et de l’avoir vu de mes yeux dès 2009.
Pour moi l’écologie ce n’est pas la décroissance, c’est plus de progrès, plus de technologies innovantes, et à la clef de nouveaux emplois. Et la Réunion nous montre l’exemple.
 La Réunion donne l’exemple en se préparant à devenir la véritable porte maritime de l’Océan indien avec le Port Ouest aujourd’hui et demain avec ce grand projet de Port Est, pour lequel tu œuvres cher Jean-Paul Virapoullé avec la force de conviction qu’on te connait.

Mes chers amis, l’Etat doit se concentrer sur ses missions essentielles. Je veux que l’Etat protège tous les citoyens contre les violences et l’insécurité.

Je veux rétablir l’autorité. Il faut de l’ordre.
Il faut mettre les mots sur les actes.
Un délinquant n’est pas un mineur qui se cherche. C’est un délinquant!
Un criminel n’est pas une victime de la société. C’est un criminel !
La sécurité doit être partout et pour tous, avec des forces de l’ordre modernisées. Dans les Outre-mer, je veux augmenter dans les Outre-mer les moyens des forces de sécurité et de la justice. Et il faudra pour cela construire des prisons.
La gauche a refusé de le faire, ce fut une décision très grave, et nous allons devoir relancer un programme ambitieux de construction de prisons en métropole comme en Outre-mer.

Mes amis,
La voix des Outre-mer doit enfin être entendue, à Paris comme à Bruxelles.
Je défendrai les Outre-mer devant les instances européennes.
Quand il y a des politiques européennes qui ne correspondent pas aux Outre-mer, la France doit le dire, elle doit se faire entendre et taper du poing sur la table, si nécessaire.

L’Europe n’est pas notre ennemie ! Mais nous ne devons pas la subir. Nous devons l’orienter et mieux encore, la conduire.

Et pour la conduire il faut que nous soyons forts, il faut que nous soyons respectés. Il faut que notre économie fonctionne. Il faut que notre Etat se désendette.
Il faut que la France rayonne en montrant qu’elle a retrouvé la flamme de la création : création d’emplois, de richesses, création technologique, création culturelle.

Mon programme c’est faire que la France soit la première puissance en Europe dans 10 ans.
Je veux que la France fasse la course en tête.
Je veux que la France soit grande, et pas de grandeur sans les Outre mer !

Pour la grandeur, nous allons faire confiance aux talents, aux énergies de tous les Français.
Pour la grandeur, nous allons faire de la France le pays de l’audace et pas celui de la bureaucratie.

Le pays qui investit dans l’avenir et pas celui qui est étranglé par ses dettes. Le pays du dialogue social et pas celui des cadenas syndicaux.
Le pays des initiatives et pas celui des circulaires.

On me décrit, mes amis, comme le représentant d’une France traditionnelle.
J’ai des racines et des valeurs. J’en suis fier.
Comme vous êtes fiers de l’histoire qui vous porte, qui fait partie de notre histoire, de l’histoire de la France.
Vous êtes ici européens, africains, indiens, chinois. Vous êtes tout cela à la fois, français de l’Océan indien et vous êtes une part infiniment précieuse de la France dans son étonnante diversité qui s’est construite au sein de notre République.

Oui, soyez fiers de vos ancêtres comme je le suis aussi des miens.
Perpétuez leur mémoire assumons ensemble le passé, avec ses heures les plus indignes, celle de l’esclavagisme, avec aussi ses heures les plus lumineuses qui nous fraternisent et nous poussent à aller de l’avant, ensemble, sous le drapeau tricolore. Une seule chose compte pour moi, sans considération d’origine, d’opinion, de religion : le désir de servir la France et de rendre à la France ce que nous avons reçu d’elle.

Alors je ne cesserai pas de vous parler de la France, de cette France que tous peuvent aimer.
Une France entière et fraternelle, universelle et particulière, mais toujours à reprendre, à inventer, à sauver.

Mes amis, depuis deux semaines, je suis attaqué, 24h/24.
Mais je reçois aussi d’innombrables soutiens. J’en reçois énormément.

Je me battrai jusqu’au bout car mon programme est le seul capable de relancer la France.
Ma bataille est celle des projets ! Ma bataille est celle des idées.
Elle l’a toujours été.

Je porte la responsabilité d’une ambition politique qui est celle des millions de Français qui refusent le déclin de leur pays.

Je me bats contre la gauche.
Celle de M. Hamon qui rêve l’impossible parce qu’elle est incapable de construire le possible, qui rêve de subventions universelles parce qu’elle est incapable de créer de la croissance.
Celle de M. Macron qui est le radeau de sauvetage de tous les naufragés du hollandisme.
 Je me bats contre l’extrême-droite qui mettrait la France en faillite au bout de six mois.

Mes amis, maintenant je vais relever avec vous le défi du redressement national.
Ce défi, je le gagnerai si toutes celles et tous ceux qui en ont assez de la torpeur et des mensonges se lèvent à mes côtés.
Je donne rendez-vous aux réunionnais, à toutes celles et tous ceux qui ont la tête sur les épaules.
J’appelle à la Réunion tous ceux qui ont des valeurs solides.
J’appelle tous ceux qui ont dans le cœur la fierté d’être français et la fierté d’être réunionnais.
J’ai besoin de vous tous !
Ensemble nous allons libérer les forces de notre pays !
Ensemble nous allons le replacer au premier rang !
Ensemble nous allons traverser les tempêtes, franchir tous les ponts qui mènent à la victoire.
Vive la Réunion ! Vive les Outre-mer ! Vive la République et vive la France !

François Fillon, le 12 février 2017 à Saint-Pierre de la Réunion


Source : www.fillon2017.fr




 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 23:29

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Discours de François Fillon à Poitiers
Jeudi 9 février 2017




Mes amis,

Merci de tout cœur pour votre présence, merci Jean-Pierre pour ton accueil, pour ton amitié, pour ta force qui me donne plus de force encore.

Mes amis, je vous demande de m’aider à résister au choc.

Durant 36 ans de vie politique, 36 ans sans aucun problème d’ordre judiciaire, je suis la cible d’une attaque impitoyable, partiale, 7 jours sur 7, 24/24h, et tout ceci pour des faits anciens, connus, légaux.

Est-ce juste ? Est-ce équitable ? C’est à vous de répondre et non au tribunal médiatique.

Je fais appel à votre bon sens, à votre liberté de jugement.

Je n’ai pas fauté au regard de la loi, mais je sais vos interrogations, votre émotion. Vous attendez le meilleur de moi, de vos élus.

Je dois prouver ma droiture, je dois m’expliquer, car oui, j’ai travaillé avec mes proches, parce que j’avais confiance en eux, confiance dans leurs capacités, parce qu’ils partageaient avec moi une vie d’engagement total qui ne comptait pas les week-ends et les soirées.

Ceci dit, je n’évacue pas mes responsabilités car beaucoup de Français se posent des questions.

Candidat à l’élection présidentielle, on scrute ma vie au laser, cherchant la moindre erreur, la moindre faille, le moindre scoop. On voudrait dans les médias que je sois un « saint », je ne suis, mes amis, qu’un homme, un homme qui n’a pas enfreint la loi, un patriote qui aime son pays et qui lui a donné le maximum de ce qu’il avait dans les tripes.

Je n’ai rien à cacher. Lundi, j’ai tenu une conférence de presse destinée à répondre point par point, à l’aide des faits et des faits seuls, aux accusations.

J’ai porté à la connaissance du public l’intégralité de mon patrimoine.

La transparence ne me fait pas peur, et j’attends maintenant que mes concurrents à la présidentielle se montrent aussi clair que moi.

Nul doute que la presse exigera d’eux des informations, et si elle ne le fait pas, alors nous verrons qu’il y a bien deux poids deux mesures.

En vérité, au-delà de cette histoire de contrats parlementaires, il y a une entreprise de démolition qui nous ramène à la politique.

Si la violence est si rude, si je suis à ce point l’homme qu’il faut mettre à genoux, c’est parce que je suis porteur d’un projet qui bouscule le système.

Je suis plus qu’un adversaire politique, je suis un adversaire idéologique !
Le système n’aime la droite que lorsqu’elle marche à l’ombre, lorsqu’elle se tait sur la liberté économique, lorsqu’elle se tait sur l’autorité, lorsqu’elle se tait sur les valeurs traditionnelles de notre pays, lorsqu’elle ne met pas des mots crus sur la réalité comme celle du totalitarisme islamique, lorsqu’elle ne remet pas en cause les arrangements conformistes de notre politique étrangère…

Si mon projet était flou et banal, croyez-moi, les attaques ne seraient pas aussi rudes.

On veut nous chasser de la présidentielle au profit d’un duel dont rêve le système : d’un côté la caricature de l’extrême droite, de l’autre le macronisme light et branché.

Il est hors de question de laisser l’avenir de notre pays tomber dans les mains de ces gens-là.

Hors de question que la droite et le centre se laissent intimider par des scénarios qui excluent les Français qui veulent un changement puissant et crédible.

Ça n’est pas une question partisane, c’est une question d’intérêt national !

Avec ce tourbillon d’attaques, on veut détourner l’attention du vrai scandale : le scandale du déclin de notre pays et le scandale du quinquennat de François Hollande, l’un des plus désastreux de la Vème république. Nous avons oublié jusqu’au goût de la prospérité collective et du plein emploi.

Nous serions condamnés au chômage.

Nous serions condamnés à une croissance faiblarde et de plus en plus réduite, qui met en péril nos entreprises et nos emplois.

Nous serions condamnés au délitement de notre société, affaiblie par un Etat sans autorité et par les revendications communautaristes.

Devant cette situation, les Français ne doivent plus baisser les yeux en murmurant : « tant pis ».

Face à nous dans cette campagne, on trouve ce front du « tant pis » : c’est la fratrie des marchands de sable.

Il y a la gauche de Jean-Luc Mélenchon : c’est rouge total.

Ses admirations nous éclairent suffisamment : elles vont à Fidel Castro et Hugo Chavez, deux figures bien connues pour leur grand respect des libertés et la flagrante réussite économique de leur pays.

De l’autre côté, il y a sa jumelle, Mme Le Pen et son programme économique de faillite : la retraite à 60 ans, la hausse des salaires sans compter, l’emploi public qui grimpe en flèche, le retour insensé du franc…

Et puis il y a M. Hamon : c’est la tradition utopiste dans toute sa splendeur, avec les 32 heures, la taxe sur les robots et le revenu universel auquel même ses camarades ne croient pas.

Et puis, à côté de cette fratrie du refus, il y a la gauche souriante dans ses nouveaux vêtements, la bouche pleine de phrases creuses et sirupeuses.

C’est Macron, ce cas d’école de l’illusionnisme politique, cette nouvelle forme de populisme mondain qui a inventé la campagne présidentielle sans programme présidentiel.

A deux mois de l’élection, il faut tout de même un sacré mépris pour les électeurs pour estimer qu’ils n’ont pas besoin de connaitre le projet.

Avec votre soutien, avec votre force, je veux mettre un terme à ce scandale français. Je veux redresser notre pays.

Le mot « redresser le pays » est-il trop fort ? Oui, il l’est pour tous ceux qui nagent tranquillement dans le statu quo. Mais il ne l’est pas pour les Français !

6 millions de Français inscrits à Pôle Emploi.

9 millions de Français sous le seuil de pauvreté.

2 millions de jeunes qui ne sont ni à l’école, ni dans une formation, ni dans un emploi.

Des quartiers dévastés par la délinquance, des campagnes qui se vident.

2200 milliards de dette que nos enfants devront un jour rembourser.

Croyez-moi, ce ne sont pas les présidents américains, russes ou chinois qui vont nous sauver.

Tout dépend de nous.

Nous avons 2000 ans d’histoire, 2000 ans de bravoure ; des générations et des générations de Français se sont battues pour que nous soyons une nation forte et libre.

Nous sommes leurs héritiers ; notre devoir est d’être fidèles au patrimoine qui nous a été légué et que nous transmettrons à nos enfants.

Il faut réagir fort et maintenant.

Pour notre redressement économique, je propose la liberté.

C’est une réponse simple à un constat simple : les talents, l’énergie, les idées, les Français les ont. Mais la bureaucratie les empêche de les développer.

Je veux libérer les entreprises en réduisant de 40 milliards le fardeau de leurs charges sociales, pour qu’elles puissent se développer, embaucher et investir sur notre territoire.

Je veux supprimer les normes françaises qui se surajoutent aux normes européennes pour que notre agriculture redevienne la première en Europe.

Je veux libérer la durée du travail en supprimant définitivement les 35 heures et leur uniformité écrasante.

Je veux que nous ayons en France des investisseurs français, qui puissent investir de l’argent français dans nos entreprises ; et pour cela, je supprimerai l’ISF pour nous éviter d’aller nous prosterner  devant les fonds de pensions étrangers.

Je veux mettre fin au cauchemar qu’est devenu le RSI qui sera réformé pour constituer une caisse de protection des indépendants et non pas aligné sur le régime général comme le propose monsieur Macron ce qui aurait pour conséquence d’augmenter de plus de 20% les charges des commerçants, des artisans et des indépendants.

Je veux rapprocher le régime fiscal des commerçants, artisans et indépendants et celui des auto-entrepreneurs.

Je veux généraliser l’apprentissage pour que les jeunes puissent avoir un pied à l’étrier et apprendre au sein du monde du travail.

Ce souffle de liberté, je veux qu’il bénéfice à tous les Français et à leur pouvoir d’achat.

12 milliards d’euros seront rendus aux Français.

Pour les familles, qui sont le creuset de la France, je veux relever le plafond du quotient familial et rétablir l’universalité des allocations familiales.

Pour les travailleurs, je veux une baisse de leurs cotisations salariales de 6 milliards d’euros directement visible sur la feuille de paie.

Pour les plus vulnérables, je veux revaloriser les petites retraites, de 5% pour 4 millions de retraités, et augmenter de 10 % les petites pensions de réversion.

C’est la justice sociale que je veux porter pendant que nous repasserons progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Vous savez qu’on m’a fait le procès de vouloir mettre à mal notre assurance maladie et notre système de soins.

C’était la précédente polémique qu’on m’avait infligée.

Eh bien je dénonce avec force ceux qui disent que tout va bien et qui se fichent des déserts médicaux, qui se fichent des pathologies non remboursées, qui se fichent des urgences débordées, qui se fichent de savoir que les personnels médicaux sont à bout et que la médecine libérale en a marre d’être maltraitée, et qui se fichent des déficits.

Ceux qui menacent la sécurité sociale sont ceux qui veulent rester les bras ballants et qui tournent les talons si on propose des solutions.

Je veux une santé pour tous, et de qualité, une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments.

Et pour cela, j’agirai, en concertation avec les professionnels de la santé.

Le redressement de notre pays doit se faire sans oublier les plus fragiles.

Contre l’exclusion et la grande pauvreté, je prévois un plan d’action sur cinq ans qui s’appuiera sur les grandes associations qui font honneur à la fraternité française, comme celle de l’Abbé Pierre.

Je pense aussi à ceux qui vivent avec l’autisme et le handicap.

8 millions de Français sont frappés par le handicap.

Je veux défendre pour eux une société plus inclusive, qui accueille toujours mieux à l’école les enfants en situation de handicap, qui leur donne des perspectives de formation et d’insertion professionnelle notamment par l’alternance.

Mais pour pouvoir engager tous nos projets, l’Etat doit, en parallèle, faire des efforts d’organisation et de gestion. Il faut être plus rigoureux sur nos finances publiques afin de pouvoir investir pour les Français.

Je veux restaurer une administration efficace et respectée.

J’assume de vouloir réduire de 8 % environ le nombre d’emplois publics sur le quinquennat.

La France était-elle sous-administrée en 2002 ? Evidemment non ! C’est le niveau d’emplois publics que je propose d’atteindre en 2022.

Pour cela, il faudra passer aux 39 heures dans la fonction publique pour que l’Etat et nos services publics restent forts.

Nous devrons retrouver l’équilibre des finances publiques d’ici 5 ans ; l’effort sera réparti sur l’ensemble de la sphère publique.

Et nous devons rendre aux agents publics leur fierté blessée par le discrédit de l’Etat bureaucratique.

Ils servent la collectivité avec dignité, avec professionnalisme, et souvent avec abnégation.

Ils ont droit à un projet réaliste et ambitieux pour les services publics qu’ils animent.

Mais rien de tout cela ne sera vraiment efficace si nous ne redressons pas les piliers de la République.

Je veux le retour du bon sens à l’école.

Il est temps de mettre fin aux folies expérimentales des pédagogistes qui cassent l’école pour mettre en musique leur idéologie.

A l’école, on doit apprendre à lire, à écrire et à compter, et pour cela j’avancerai l’âge de la scolarité à 5 ans au lieu de 6 pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux.

Je propose que les enfants portent un uniforme à l’école, parce qu’ils feront ainsi l’apprentissage de l’égalité et de l’appartenance à un groupe, qui préfigure l’appartenance à la nation.

Nous devons rétablir l’autorité de l’Etat.

J’accorderai d’importants moyens supplémentaires à cette priorité, avec 12 milliards d’euros de plus dans la sécurité, la défense et la justice,

Je veux créer 16 000 places de prison, afin de reprendre le programme de construction interrompu par Mme Taubira, car je veux que les condamnations soient exécutées.

Il ne doit pas y avoir une once de complaisance avec les terroristes, qu’ils soient français ou étrangers.

Nous devons interdire le retour sur le territoire national des Français partis combattre à l’étranger dans les rangs terroristes, nous devons condamner les personnes coupables d’intelligence avec l’ennemi et nous devons expulser les étrangers appartenant à la mouvance intégriste.

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé, à l’exemple des autres religions.

Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du « salafisme » ou des Frères musulmans.

Rétablir l’autorité de l’Etat implique aussi de choisir ceux qui rejoignent notre territoire et leur faire respecter nos lois.

Nous devons bâtir une véritable politique d’immigration et la réduire au strict minimum pour l’adapter à nos capacités d’intégration.

Cette politique sera fixée par des quotas au Parlement, chaque année en fonction de nos capacités d’accueil, comme c’est le cas au Canada.

Nous devrons défendre et protéger de véritables frontières européennes avec des contrôles systématiques aux portes de l’espace Schengen comme c’est le cas aux portes des Etats-Unis.

Les étrangers que nous accueillons sur notre territoire devront respecter leurs devoirs avant de réclamer des droits.

L’intégration sera exigée de ceux qui arrivent, et l’assimilation de ceux qui restent.

Les étrangers en situation régulière devront attendre 2 ans avant de pouvoir bénéficier des prestations sociales.

Et nous continuerons d’affirmer notre tradition du droit d’asile qui remonte à la chrétienté, mais nous accélérerons les procédures et nous expulserons systématiquement les déboutés.

Mes amis,

Il faut redresser le rang de la France dans l’Europe et dans le monde.

Pour cela, il faut que la France s’assume, car elle ne peut pas envisager l’avenir si elle ne sait pas d’où elle vient et ce qu’elle est.

Il n’y a pas de honte à se dire Français. Nous sommes un peuple courageux, qui sait se lever pour dire non, et qui se sent toujours appelé dans les circonstances exceptionnelles.

Nous aimons plus que tout la liberté de pensée et la liberté d’expression.

Nous sommes un peuple frondeur mais nous savons nous rassembler pour célébrer nos morts, pour saluer notre drapeau, pour dire notre fierté d’être français.

Nous avons des valeurs françaises..

Nous avons une culture française, contrairement à ce qu’a osé dire M. Macron ce week-end, et il est sans doute le seul au monde à l’ignorer. Pour lui, exit, Descartes, Molière, Chateaubriand, Proust ; exit les professeurs de la IIIème République et ceux d’aujourd’hui qui apprennent à nos enfants à parler le langage de la France plutôt que celui de la rue …

Si n’y a pas de culture française, alors pourquoi la France ?

Nous avons une langue, une histoire, des coutumes, un drapeau. Si tout ceci n’a pas d’importance, alors pourquoi M. Macron est-il candidat à la présidence française ?

Nous sommes la nation française.

Et il n’y a rien de honteux à dire que la France n’est pas un pays mosaïque ; nous n’accepterons jamais de devenir une société qui multiplie les foyers de communautarisme et nous préférerons toujours notre unité à la division.

La France accueille la diversité, mais la diversité se rassemble dans la France, car la seule communauté qui vaille est la communauté nationale.

Une France qui ne doute pas, qui est fière et qui s’assume, est une France souveraine dont la voix peut porter parmi les nations du monde.

Notre politique étrangère doit être commandée par notre seul intérêt national.

Etats-Unis, Russie, Chine, Brésil, Afrique: le monde n’attend pas que la France se réveille pour vivre et se développer ; si nous ne nous redressons pas, il continuera sans nous.

Il nous manque une voix claire et ferme, une voix qui porte et qui soit respectée ; il nous manque une vision et une stratégie ; il nous manque un représentant qui porte haut la France et ses couleurs ; il nous manque en somme un vrai président de la République.

Croyez-moi face à M. Trump, à M. Poutine, face au président chinois, ce n’est pas Hamon, Macron ou Le Pen qui vont tenir le rang de la France. Moi, j’y suis prêt.

Et puis, il y a l’Europe.

Ça n’est pas en cassant l’Europe qu’on va sauver la France.

Je veux la France en tête, la France qui entraine ses partenaires.

Je ne parle pas d’une Europe bureaucratique qui règlemente, qui décrète et qui classe sans suite les défis du XXIème siècle.

Je parle de l’Europe des nations, unies pour défendre la civilisation européenne.

Je parle d’une Europe politique concentrée sur ses priorités stratégiques.

Je veux une Europe de la sécurité et des frontières, qui nous protège.

Je veux une Europe de l’énergie et du numérique, qui garantit notre indépendance face aux appétits des grandes puissances mondiales.

Je veux une Europe qui ose défendre nos industries et nos emplois contre les assauts de la concurrence mondiale.

Et pour tout ceci, je veux que la France devienne la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans.

Voilà, mes amis, mon ambition pour la France.

Ces dernières semaines, nous avons eu droit à un grand feuilleton d’attaques en règle, avec ses épisodes quotidiens et ses petites manœuvres.

Ils ne s’arrêteront sans doute pas là.

Ce n’est pas ma personne qu’on attaque ; c’est mon projet.

Parce que je ne cède devant aucun groupe de pression, parce que je dénonce la démagogie et le renoncement, on tente de m’abattre.

Mais cette obsession de me mettre à terre commence à se voir.

Je reçois énormément de témoignages de soutien.

En réponse à cet acharnement, je sens monter une rage de vaincre, une rage d’exprimer ses convictions avec fierté.

Cette campagne ne m’appartient pas : je porte l’espérance de millions de Français qui se sont manifestés à la primaire, et de millions d’autres qui nous soutiennent.

Ne vous laissez pas voler cette élection.

Ne vous laissez pas souffler la flamme du redressement national.

On veut nous faire rentrer dans le rang. Mais on ne marche pas ainsi sur nos têtes.

Ne ménagez pas vos efforts, car je ne ménagerai pas les miens.

Ne vous résignez jamais, ne cédez jamais

Faites parler vos convictions avec force et générosité.

Faites entendre votre voix qui compte.

Soyez vaillants !

Soyons libres !

Vive la République et vive la France.


François Fillon, le 9 février 2017 à Poitiers


Source : www.fillon2017.fr




 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 05:38

« La gauche n’a-t-elle donc plus de bilan à assumer, comme si le retrait de François Hollande avait tout effacé comme une ardoise magique ? La France n’a-t-elle plus de problème avec le terrorisme islamiste, alors que celui-ci maintient une pression et une menace permanente sur notre pays ? N’y a-t-il plus de problème de chômage, de sécurité, de surendettement, d’excès de fiscalité et de charges, de pouvoir d’achat, d’éducation ? Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette élection présidentielle. » (Conférence de presse du 6 février 2017).



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Pendant trois quarts d’heure, le candidat LR à l’élection présidentielle François Fillon a tenu une conférence de presse à Paris ce lundi 6 février 2017 vers 16 heures. Il a accepté de répondre aux questions de ce qu’il a cru être une "meute" de journalistes pendant deux semaines. Il a fallu en effet attendre treize jours pour que sa réponse fût au niveau de l’attaque dont il est l’objet depuis le 24 janvier 2017.

Il y a eu comme un échange croisé d’images au cours de cette précampagne présidentielle entre les deux champions du parti Les Républicains : Alain Juppé, connu pour son autoritarisme entêté "droit dans ses bottes" a perdu la "primaire de la droite et du centre" à cause de son image trop laxiste et trop consensuelle, tandis que François Fillon, considéré comme un second permanent sans colonne vertébrale, a gagné la même primaire par sa solidité intellectuelle et une ténacité en acier inoxydable déjà éprouvée lors de la bataille pour la présidence de l’UMP en novembre 2012.


La reconnaissance que cela choque les Français

Sans parler immédiatement du fond, la communication du candidat pendant une dizaine de jours pendant lesquels l’affaire "PenelopeGate" inondait les médias a été plus que déplorable. D’ailleurs, il l’a reconnu, tant dans sa conférence de presse que dans sa lettre aux Français qu’il vient de publier ce mercredi 8 février 2017 : « C’est vrai, pendant quelques jours, la fureur de forces qui se sont déchaînées contre moi m’a laissé abasourdi. Pourtant, j’ai décidé de ne rien céder aux intimidations et aux pressions. J’ai choisi de me tenir debout face aux Français, face à leur jugement. ».

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Si l’on prend le fond qu’on lui reproche, ce n’est pas sur la légalité mais sur la moralité. Son silence sur ce qui a choqué les Français a été interprété au mieux comme un mépris et au pire comme un aveu. Cette semaine, François Fillon a enfin réagi correctement, en prenant la pleine mesure du choc : « Je le sais, les accusations qui ont été portées contre moi vous ont profondément troublés. Ce trouble, je le comprends parfaitement. J’ai donc souhaité clarifier les choses lundi dernier car je n’ai rien à vous cacher. » (8 février 2017).


La présentation de ses excuses

Pendant sa conférence de presse lundi, François Fillon a en effet présenté ses excuses : « Mesdames et Messieurs, je veux vous le rappeler, tout cela était légal. Mais suis-je pour autant quitte sur le plan moral ? Cette question éthique est si élevée, si essentielle, qu’elle me place face à ma conscience et face aux Français, et à eux seuls. Cela n’est pas au système médiatique de me juger, c’est aux Français de décider. Le premier courage en politique, c’est de reconnaître ses erreurs. Collaborer avec sa famille en politique est une pratique désormais rejetée par les Français. Ce qui était acceptable hier, à défaut d’être accepté, ne l’est plus aujourd’hui. En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. ».

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Et d’ajouter, le moment le plus fort de sa conférence de presse : « C’était une erreur. Je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français. ». Ceux qui négligeraient d’un revers de mains cette présentation d’excuses seraient de mauvaise foi. Dans le passé, il n’y a pas eu beaucoup de responsables politiques qui ont présenté leurs excuses pour une affaire qui les ont mis en cause. C’est beaucoup plus fort qu’un remboursement qui, au contraire, aurait fait reconnaître que les sommes n’auraient pas dû être perçues (même si le remboursement aurait été une décision visant à calmer les critiques).


La transparence et une proposition

Alors qu’il s’était opposé à la publication du patrimoine des ministres en 2013, après l’affaire Cahuzac, François Fillon a voulu montrer une totale transparence sur son patrimoine et sur les salaires de son épouse comme collaboratrice parlementaire. Il a publié ainsi sa déclaration de patrimoine déposée le 16 décembre 2016 (lui n’est pas assujetti à l’ISF, au contraire d’autres candidats), qu’on peut lire ici.

Il va même plus loin puisqu’il a repris sa proposition de réduire le nombre de députés qui serait ainsi confortée par cette polémique : « Comme beaucoup d’autres parlementaires, j’ai agi selon un usage certes légal, mais dont il est clair que nos concitoyens ne veulent plus. J’en ai tiré moi-même les conclusions, il y a plus de trois ans, en cessant toute collaboration avec des membres de ma famille, contrairement à beaucoup de ceux qui, dans le théâtre politique actuel, me font la leçon. S’il faut réformer le système, alors réformons-le dans son ensemble en ouvrant le débat sur les conditions d’exercice du mandat de parlementaire et sur le fonctionnement de ses équipes. Je rappelle au passage que j’ai clairement indiqué, y compris en résistant à de fortes pressions de ma famille politique, que je ne rétablirais pas le cumul des mandats et que je soumettrais à un référendum la réduction du nombre des parlementaires pour leur donner en contrepartie, enfin, un vrai statut. On réclame la transparence ! Je n’ai rien à cacher. » (6 février 2017).

Pour information, il y a actuellement au moins une centaine de parlementaires qui salarieraient un membre de leur famille, sans compter les amis proches et éventuels amants ou maîtresses au patronyme forcément différent. Depuis l’éclatement de "l’affaire", une quinzaine de parlementaires ont d’ailleurs immédiatement mis fin à la collaboration d’un membre de leur famille…


Revenons sur le fond

Un jour après cette conférence de presse, "Le Canard enchaîné", dans le cadre de son auto-promotion, a poursuivi son acharnement contre François Fillon. Cette semaine, il s’agissait des indemnités de licenciement qu’aurait reçues Pénélope Fillon. Peine perdue, ces sommes faisaient déjà partie de la communication de transparence de son mari la veille (visible ici).

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Reprenons néanmoins certaines affirmations évoquées depuis le début de cette "affaire".

La meilleure réflexion provient d’un jeune député LR, Julien Aubert, élu en juin 2012 de justesse à Carpentras, qui, énarque, a commencé sa carrière de haut fonctionnaire comme conseiller référendaire à la première chambre de la Cour des Comptes, chargé des affaires économiques et du contrôle du Ministère des Finances. Conseiller à l’Élysée en 2009, il fut également commissaire aux comptes de l’ONU en 2004 et élu en décembre 2015 vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur chargé des finances et de la rationalisation des dépenses. En outre, il a été attaché parlementaire d’un député RPR lorsqu’il avait 20 ans (pendant ses études).

Ce qu’a écrit Julien Aubert dès le 27 janvier 2017 est donc une parole avisée : « À l’époque des faits, la non-consommation de l’enveloppe collaborateurs revenait de droit au député employeur. Dès lors, si l’idée était d’augmenter son revenu, nul besoin de passer par sa femme : il suffisait de n’employer personne ! C’était tout aussi légal, et encore plus simple, il économisait au passage le coût des cotisations sociales prélevées sur la même enveloppe. En revanche, vu les horaires et la vie particulière que les députés mènent, certains salarient des membres de leur famille tout simplement pour pouvoir les voir. ». Et de constater les "deux poids deux mesures" que peuvent avoir beaucoup de citoyens : « À l’ère du soupçon, un député qui emploie sa femme est forcément coupable, alors que celui qui vous donne un coup de pouce pour placer la vôtre est un mec bien. ».

De son côté, Régis Desmarais, un blogueur du site Mediapart, a fait état de cet argument le 4 février 2017 : « Si madame Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant vingt-quatre ans, alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout, qui a travaillé pendant vingt-quatre ans pour les beaux yeux de François Fillon, c’est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de monsieur Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien. ».

Dans un entretien au quotidien "Le Courrier de l’Ouest" le 8 février 2017, une adjointe UDI d’Angers, qui fut en 2005 une attachée parlementaire à la fois du suppléant de François Fillon et d’un sénateur de la Sarthe, a déclaré avoir aussi travaillé pour François Fillon à qui étaient adressées toutes les demandes : « Je travaillais pour ces deux-là, plus François Fillon. Parce que de toute façon, le territoire, c’est François Fillon. Et les demandes, elles arrivaient chez lui. (…) Directement, je n’ai pas travaillé avec elle [Pénélope Fillon], mais ça ne veut pas dire qu’elle ne travaillait pas. Je l’ai côtoyée sur des réceptions, quand j’emmenais des groupes à Paris. En même temps, vu mes fonctions, je n’avais pas à travailler avec elle non plus. ».

Une autre tentative de réponse à cette question (qui aurait donc travaillé à la place de Pénélope Fillon ?) pourrait se lire dans le blog d’un ancien député UMP, Christian Vanneste, qui soutient François Fillon depuis plusieurs mois : « Depuis sa lointaine entrée en politique, [François Fillon] a détenu de multiples mandats dont le foyer était la mairie de Sablé-sur-Sarthe. Ceux-ci lui ont permis de disposer d’un secrétariat, de le dispenser d’une permanence parlementaire. Il a donc pu utiliser le surplus des sommes légalement mises à sa disposition, comme il l’entendait, et notamment au profit des membres de sa famille qui ont accompagné son parcours politique. On peut contester le système qui permet cela. Mais on ne peut transformer en délit ce qui est une pratique tellement courante qu’elle n’induit aucun sentiment de culpabilité chez celui qui en bénéficie. » (7 février 2017).


Un complot contre François Fillon ?

Le complotisme a toujours bon dos. Pourtant, il faut parfois se poser quelques questions. Comment est-il possible, par exemple, que le journal "Le Monde" du 6 février 2017 ait eu connaissance (et ait même publié) les déclarations de Pénélope Fillon faites aux enquêteurs alors que la procédure voudrait que même les avocats n’aient pas accès à cette information.

Christian Vanneste a précisé ce point : « C’est (…), semble-t-il, une violation du secret de l’enquête de la part du personnel de la justice, et un recel de cette violation par les journalistes. Il est assez étonnant de voir le parquet justifier cette dérive en s’appuyant sur l’article 11 du code de procédure pénale. La possibilité de divulguer des informations répond au risque d’informations parcellaires, de trouble à l’ordre public, et ne doit pas nuire aux personnes mises en cause. Manifestement, le journaliste du Monde qui en a bénéficié les utilise pourtant au détriment de François Fillon. Celui qui affirme que les nouvelles révélations ne sont pas favorables à François Fillon et parle d’un "scandale politique majeur" peut-il passer pour neutre ? Le prétendu scandale n’est, en effet, majeur que grâce à ceux qui détiennent le pouvoir de lui donner de l’importance. » (7 février 2017).

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Le blogueur Régis Desmarais y a vu donc une volonté délibrérée d’empêcher un candidat de s’exprimer au cours de la campagne présidentielle : « En clair, François Fillon est une "horreur" pour le système qui, depuis des décennies, est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au diktat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. » (4 février 2017).


Et les autres candidats ?

Non seulement François Fillon s’est défendu clairement, mais il aimerait que ses concurrents à l’élection présidentielle soient aussi transparents que lui sur leurs relations avec l’argent : « Maintenant, la transparence doit s’appliquer à tous. Tout le monde doit être logé à la même enseigne et faire l’objet d’un traitement médiatique identique. » (6 février 2017). Dans sa lettre aux Français, il a répété la même chose : « J’ai souhaité que tout soit mis sur la table, que tout soit vérifiable et consultable. Évidemment, j’attends désormais la même attitude de la part de mes concurrents. Que ceux qui donnent des leçons de démocratie se plient au même exercice de transparence ! » (8 février 2017). Cette contre-attaque pourrait en effrayer plus d’un.

À propos du "traitement médiatique", il serait intéressant de savoir auprès du CSA, puisque la comptabilisation du temps de parole et de sujet commence ce 1er février 2017, dans quelle case serait porté le temps de parole sur "l’affaire" concernant François Fillon : sera-t-il compté dans son propre temps de parole ?

Oui, les autres, sont-ils si irréprochables que cela en aurait l’air ? Je vais citer principalement Wikipédia pour rester dans le factuel (sauf indication contraire).

Ayant prévenu qu’une mise en examen ne la ferait pas renoncer à se présenter, Marine Le Pen « devait rembourser près de 300 000 euros avant le 31 janvier 2017 [au Parlement Européen], indûment perçus par elle pour avoir "rémunérer des cadres du Front national avec l’argent public". L’Office européen de lutte antifraude considère qu’elle a en effet rémunéré deux emplois d’assistants parlementaires fictifs. ». Notons que ce constat d’emplois fictifs n’est pas l’affirmation d’un journal mais provient d’un organe anti-fraude très officiel. Elle a refusé de payer et veut faire de sa bataille contre le Parlement Européen une bataille contre l’Europe alors qu’elle et ses amis du FN se "gavent" sur le dos des contribuables européens et de l’Europe qu’elle prétend combattre. Par ailleurs, elle « est suspectée d’avoir sous-évalué de deux tiers la valeur de ses parts dans la société civile immobilière qui détient [la] demeure familiale (…) lors de sa déclaration de patrimoine de députée européen remise en 2014 ».

Comme députée européenne, Marine Le Pen a recruté son propre compagnon comme attaché parlementaire avant que celui-ci ne soit élu lui-même député européen. Son compagnon fut ainsi « [attaché] parlementaire en circonscription Nord-Ouest (alors qu’il était par ailleurs élu local à Perpignan). [Il] percevait 5 006 euros par mois pour un mi-temps. Le Parlement Européen interdit de salarier des conjoints de députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux. Marine Le Pen refusant de [le] considérer comme un "conjoint" ou "partenaire stable non matrimonial", a procédé à ce recrutement en juillet 2011, malgré les interrogations des services du Parlement Européen. ».

Emmanuel Macron aurait dépensé de l’argent public du ministère en frais de bouches assez élevés : « Dans leur ouvrage intitulé "Dans l’enfer de Bercy", les journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says relèvent qu’Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80% de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère, soit plus de 120 000 euros en huit mois. (…) S’il confirme les dépenses, son successeur au Ministère de l’Économie Michel Sapin n’y voit quant à lui rien d’illégal (…). ». Cela ferait en moyenne tous les soirs, un dîner à 500 euros ! Si l’on voulait comparer l’ordre de grandeur avec la polémique contre François Fillon, sur une période de seulement dix ans, cela atteindrait près de 2 millions d’euros !

Benoît Hamon, lui non plus, n’est pas un nouveau dans la vie politique. Cela fait plus de vingt ans qu’il vit au crochet de la politique, d’abord comme attaché parlementaire d’un député rocardien : « Il entre ensuite au cabinet de Martine Aubry (…), comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Il est directeur du planning stratégique de l’institut de sondages Ipsos de 2001 à 2004. » etc. On pourrait être tenté de vouloir connaître la nature réelle de ces emplois. Sa compagne est « major de sa promotion de l’IEP de Paris et diplômée du Collège de Bruges, responsable des affaires publiques chez LVMH depuis 2014 (…). Elle [travaillait] pour la Commission Européenne comme spécialiste des réglementations culturelles. ». En langage plus simple, elle est donc chargée de faire du "lobbying" au profit du groupe leader mondial du luxe. On comprendrait donc mieux pourquoi Benoît Hamon voulait préserver sa vie privée auprès du grand public. Ronan Tésorière, du journal "Le Parisien", a évoqué le 29 janvier 2017 le refus de participer à l’émission "Une ambition intime" : « Karine Le Marchand avait même décrié cette décision sur l’autel des fonctions chez LVMH pour l’animatrice. "Insinuation scandaleuse", avait alors précisé l’équipe de campagne du candidat socialiste. ».

Jean-Luc Mélenchon, lui, a été élu sénateur socialiste dès septembre 1986 et constamment réélu grâce aux élus socialistes de l’Essonne, jusqu’en janvier 2010. Il a donné sa démission du PS en novembre 2008 et a été élu et réélu sur son nom (hors du PS) député européen en juin 2009 et mai 2014. Il a par ailleurs été ministre délégué de mars 2000 à mai 2002 dans le gouvernement de Lionel Jospin. Lui aussi non seulement fait partie du système, mais en a profité abondamment pendant plus de trente ans (également comme conseiller général pendant treize ans), même s’il a fait la proposition (sans lendemain) de réduire l’indemnité parlementaire. Comme François Fillon, il s’est opposé à la publication des déclarations de patrimoine des parlementaires.

Comme on le voit, chacun a sa part d’ombres et de lumières, et sur le terrain de la probité, on pourrait toujours trouver à y redire, en termes de "morale publique". Le déversement d’arguments trash concernant la candidature de François Fillon pourrait donc se poursuivre contre d’autres candidats (déjà certains médias russes sembleraient maintenant cibler Emmanuel Macron). Ce ne serait pas un avantage pour un débat démocratique sain.


L’enjeu présidentiel

Car là est l’essentiel. La campagne présidentielle s’est comme arrêtée pendant quinze jours, certes, en partie à cause de François Fillon lui-même qui n’a pas su couper court la polémique dans l’œuf, dès le début, et qui a donc laissé se propager rumeurs et désinformations. Mais il est temps que la campagne reprenne son cours pour qu’il y ait un véritable débat projet contre projet. Ou contre non-projet.

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François Fillon a ainsi conclu sa conférence de presse : « Maintenant, le débat doit porter sur mon action politique et sur le projet que je porte. Tout le reste est une opération destinée à détourner l’attention de nos concitoyens des véritables enjeux. Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire qui se sont affranchis du système en me plaçant en tête parce que je porte un programme de rupture et que je suis le seul à pouvoir le mettre en œuvre. Je voudrais dire aux millions de Français qui m’ont choisi, au terme d’une campagne loyale, qu’on ne pourra pas voler leur choix. On ne les fera pas taire. Le système veut, comme pendant la primaire, décider du résultat à la place des électeurs. Mon programme dérange le désordre établi. Il est qualifié de conservateur, alors qu’il est le seul en rupture ; on parle de casse sociale, alors qu’il est le seul à pouvoir redresser la France et redonner fierté aux Français. » (6 février 2017).

Et de donner les autres voies possibles : « Le vrai danger est de voir confier notre avenir aux dérives d’une extrême droite portée par cette famille d’intouchables du domaine de Montretout, ou à l’aventure d’une politique sans programme depuis des mois, composée d’un agrégat de personnalités fascinées par un gourou issu du système qu’il dénonce aujourd’hui. Ce que nous vivons aujourd’hui est une tentative désespérée d’organiser un face-à-face entre ces deux forces en présence. (…) Rien ne me détournera de ma volonté de redonner son rang à la France, et aux Français, des raisons d’espérer. Rien ne me détournera de mon devoir d’être candidat à l’élection présidentielle. J’ai été choisi par des millions de Français. Je ne suis pas le candidat d’un parti. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire. ».

Dans sa lettre aux Français, il a fait le même diagnostic : « Trois voies s’offrent à [la France]. Les deux premières ne sont en réalité que deux impasses. C’est l’impasse du déclassement économique et de la désunion nationale dans laquelle Marine Le Pen entraînerait le peuple français. Mais c’est aussi l’impasse du vide programmatique, celle qu’a choisie Emmanuel Macron. Ce dernier vient d’affirmer qu’il n’existe pas de culture française. Eh bien, moi, je considère qu’il existe une culture française. (…) C’est la voie de cet avenir que je vous propose d’emprunter ensemble. La voie de la liberté pour lutter contre le chômage de masse, pour redresser une économie asphyxiée par le poids des taxes et des normes. La voie de la fierté également, pour rassembler le peuple français et réaffirmer ce que nous sommes face aux grandes puissances du monde, face au totalitarisme islamique. » (8 février 2017).


Conséquences pratiques

Quelques minutes après sa conférence de presse, François Fillon a réuni pour la première fois son nouveau comité stratégique de campagne composé de vingt-trois membres (certains ont fait remarquer avec raison que la composition était très peu féminisée avec seulement 2 femmes sur 23), dans l’ordre alphabétique : Bernard Accoyer, François Baroin, Xavier Bertrand, Dominique Buissereau, Jérôme Chartier, Luc Chatel, Éric Ciotti, Jean-François Copé, Gérald Darmanin, Brice Hortefeux, Christian Jacob, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Christophe Lagarde, Gérard Larcher, Bruno Le Maire, Gérard Longuet, Hervé Mariton, Valérie Pécresse, Jean-Pierre Raffarin, Bruno Retailleau, Thierry Solère, Laurent Wauquiez et Éric Woerth (dont 8 sarkozystes, 4 juppéistes et 5 fillonistes).

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Le premier effet de cette conférence de presse, immédiat, fut que plus personne, au sein de LR, n’a continué à contester la candidature de François Fillon. Cela a expliqué aussi pourquoi, le matin même, malgré des rumeurs contradictoires, Alain Juppé avait fermement démenti toutes les hypothèses le remettant candidat. Même le député Georges Fenech, le premier à avoir demandé à François Fillon de se retirer, est rentré dans le rang.

C’était un premier effet essentiel : s’il n’avait plus le soutien de sa base, parfois ébranlée au cours des jours précédents, François Fillon ne pouvait plus continuer à faire campagne. Non seulement cette communication lui a permis de ressouder ses soutiens, mais cela lui a dynamisé sa campagne. Il voulait faire une campagne minimaliste, juste quelques déplacements (ce qui aurait été une erreur), et finalement, il a décidé d’être très présent sur le terrain tous les jours : le 7 février 2017 avec François Baroin à Romilly-sur-Seine et à Troyes, le 8 février 2017, à Juvisy-sur-Orge, le 9 février 2017 avec Jean-Pierre Raffarin à Poitiers, le 10 février 2017, à la Réunion, puis à Limoges la semaine suivante, etc.

Même dans les médias, parmi les journalistes, cela s’est divisé en deux parties : ceux qui, plutôt de droite, sont plutôt soulagés et veulent passer à autre chose, et ceux qui, plutôt de gauche, ne sont pas convaincus et veulent continuer l’acharnement dans cette polémique, au risque de lasser leur lectorat et de faire monter l’antiparlementarisme et le populisme.

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Est-ce que l’effet sera plus important ? Pour l’instant, il n’est plus le favori dans les sondages, il serait troisième dans les intentions de vote derrière "l’intouchable" et "le gourou". Mais il a reconquis son droit de faire campagne, et les évolutions peuvent être très rapides. Il a conservé son socle électoral.

De son côté, François Bayrou s’est encore un peu plus éloigné de la candidature de François Fillon en l’accusant le 8 février 2017 d’être à la solde du grand capital, après avoir déclaré sur BFM-TV le 5 février 2017 que François Fillon n’avait d’autre solution que se retirer. François Bayrou, qui n’a pour l’instant ni troupes, ni programme ni trésor de guerre, est pourtant bien tenté par une quatrième aventure présidentielle. Et paradoxalement, elle ferait probablement le jeu de …François Fillon en minant la candidature d’Emmanuel Macron.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017012906



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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-meme-pas-mal-189545

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 00:59


Pour en savoir plus :
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Lettre aux Français de François Fillon
8 février 2017

Au terme d’une campagne médiatique et politique d’une violence inouïe, j’ai choisi de m’adresser directement à vous pour vous dire ma vérité. C’est vrai, pendant quelques jours, la fureur des forces qui se sont déchaînées contre moi m’a laissé abasourdi. Pourtant, j’ai décidé de ne rien céder aux intimidations et aux pressions. J’ai choisi de me tenir debout face aux Français, face à leur jugement.

Je le sais, les accusations qui ont été portées contre moi vous ont profondément troublés. Ce trouble, je le comprends parfaitement. J’ai donc souhaité clarifier les choses lundi dernier car je n’ai rien à vous cacher : ni le travail de mon épouse dont j’ai détaillé les tâches qu’elle a effectué pendant quinze années à mes côtés ; ni sa rémunération qui ne correspond pas aux montants spectaculaires qui ont été jetés sur la place publique ; ni le rôle à mes côtés de nos deux enfants qui m’ont pendant plusieurs mois épaulé ; ni les activités de conseil que j’ai été amené à réaliser et qui n’ont évidemment jamais concerné un quelconque gouvernement étranger ! Tout est légal. Les sommes perçues ont été strictement déclarées aux impôts, les revenus en découlant strictement imposés. J’ai souhaité que tout soit mis sur la table, que tout soit vérifiable et consultable. Evidemment, j’attends désormais la même attitude de la part de mes concurrents. Que ceux qui donnent des leçons de démocratie se plient au même exercice de transparence !

En trente-deux ans de vie politique, je n’ai jamais été mis en cause dans une affaire. J’ai toujours agi dans la stricte légalité et dans la plus parfaite honnêteté. Mais j’ai commis une erreur : en travaillant avec mes proches, j’ai privilégié une collaboration de confiance qui aujourd’hui, suscite la défiance. Le temps, l’époque, a changé. J’ai décidé de mon propre chef d’interrompre cette collaboration en 2013. J’aurai sans doute dû le faire avant. Je vous dois donc des excuses.

Désormais, c’est à vous de décider et à vous seuls. Faites-le en conscience et faites-le avec exigence. Exigez ce droit que personne ne saurait vous confisquer : le droit à une campagne loyale, sans coups bas ni coups montés, à l’issue de laquelle vous serez amenés à faire un choix crucial, sans doute le plus important de ces trente dernières années. Car la France est à un carrefour de son histoire. Trois voies s’offrent à elle. Les deux premières ne sont en réalité que deux impasses. C’est l’impasse du déclassement économique et de la désunion nationale dans laquelle Marine Le Pen entraînerait le peuple français. Mais c’est aussi l’impasse du vide programmatique, celle qu’a choisie Emmanuel Macron. Ce dernier vient d’affirmer qu’il n’existe pas de culture française. Eh bien moi, je considère qu’il existe une culture française. Une culture que nous devons défendre parce que nous sommes fiers de ce qu’elle a fait de nous, mais plus encore parce que c’est d’elle que dépend notre avenir.

C’est la voie de cet avenir que je vous propose d’emprunter ensemble. La voie de la liberté pour lutter contre le chômage de masse, pour redresser une économie asphyxiée par le poids des taxes et des normes. La voie de la fierté également, pour rassembler le peuple français et réaffirmer ce que nous sommes face aux grandes puissances du monde, face au totalitarisme islamique. Un peuple fier dans une France libre, c’est ce projet que je vais continuer à porter. Rien n’ébranlera ma volonté. Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette campagne présidentielle : le redressement de la France et le rassemblement des Français.

François Fillon, le 8 février 2017


Source : fillon2017.fr


 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 23:18

Le candidat LR à l'élection présidentielle a rendu publiques le 6 février 2017 toutes les données concernant son patrimoine et les rémunérations de son épouse comme collaboratrice parlementaire. On peut donc en prendre connaissance.

Cliquer sur ces deux liens pour télécharger les deux fichiers .pdf.

Déclaration de situation patrimoniale de François Fillon déposée le 16 décembre 2016 à 14h02 :
https://www.fillon2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/d%C3%A9claration_de_situation_patrimoniale.pdf

Salaires nets moyens perçus au titre de son emploi comme collaboratrice parlementaire par Pénélope Fillon entre 1986 et 2013 :
https://www.fillon2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/PF_revenus.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170206-fillon.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170206-transparence-finances-fillon.html


 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 17:00



Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170206-fillon.html


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Conférence de presse de François Fillon du 6 février 2017 (texte intégral)


Mesdames et Messieurs,

Je m’adresse aujourd’hui à vous, et par-delà vous à toutes les Françaises et à tous les Français, parce qu’une émotion légitime monte du pays.

Je comprends les interrogations.

Je comprends le besoin de me voir clarifier les choses.

Et je vais le faire.

Parce que je n’ai rien à cacher.

Je vais le faire parce que je ne peux pas accepter les accusations infondées qui me prennent pour cible après 32 ans de vie politique, 32 ans sans aucun problème d’ordre judiciaire, 32 ans d’éthique irréprochable.

Je veux dire à tous mes compatriotes que pendant toutes ces années, j’ai œuvré pour mon pays sans jamais enfreindre la loi et sans jamais déroger aux valeurs qui sont les miennes.

Aujourd’hui, candidat à l’élection présidentielle, je fais face à une attaque d’une violence inouïe, à ma connaissance du jamais vu sous la Ve République.

Autant le dire avec force et d’entrée de jeu : c’est le candidat à la Présidentielle de la droite et du centre qui est visé aujourd’hui et j’assume toutes mes responsabilités.

Tous les faits évoqués sont légaux et transparents.

J’ai été entendu pendant 4h par la Police, Penelope pendant 5h. Nous leur avons tout dit. Nous avons répondu à toutes leurs questions.

La réalité des faits ? La voici :

Oui, j’ai employé mon épouse comme collaboratrice.

Elle a ensuite été la collaboratrice de mon suppléant. Elle est encore redevenue ma collaboratrice par la suite.

Elle a donc occupé ce poste pendant quinze ans et ceci pour un montant moyen de rémunération mensuelle de 3677 euros nets. Salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres.

Alors, on brandit un montant proche d’un million d’euros annoncé d’un seul tenant. Pour faire sensation. En oubliant de préciser que la somme est en euros bruts.

Avons-nous déjà vu une rémunération présentée comme un cumul sur quinze ans ? N’importe quel montant brut présenté de la sorte peut devenir spectaculaire.

Il n’y a que pour la famille Fillon que l’on se livre à ce genre d’exercice.

De même, on qualifie cet emploi de fictif.

Je vois et j’entends aujourd’hui tous les prétendus experts décréter ce que doit ou ne doit pas faire un collaborateur parlementaire.

Tous les élus savent bien que ce métier recouvre les tâches les plus diverses. Ils savent qu’il ne s’est jamais limité, et qu’il ne peut pas s’arrêter, à l’élaboration des lois dans des bureaux à l’Assemblée Nationale, à Paris.

Surtout, ils savent que ce métier est fait de tout un tas d’actions modestes, souvent accomplies par le collaborateur parlementaire dans l’ombre, parfois seul, et qui peuvent paraître anodines à certains, mais qui sont indispensables à la démocratie locale.

Pendant toutes ces années, mon épouse a pris en charge des tâches simples mais essentielles.

C’est elle, avec ma secrétaire, Sylvie Fourmont, qui a géré le courrier que l’on m’adressait. C’est elle aussi qui a tenu mon agenda.

Pour les événements locaux, les inaugurations, les manifestations sportives et culturelles, les remises de décorations, c’est elle qui a travaillé sur mes interventions dans la Sarthe.

Elle m’a représenté dans des manifestations culturelles locales.

C’est encore elle qui a reçu et renvoyé vers les entreprises de la région les CV et les demandes d’emplois que les Sarthois m’adressaient.

C’est toujours elle qui a traité les réclamations de ces derniers lorsqu’ils rencontraient des difficultés administratives.

Et la liste de ce qu’elle a fait ne s’arrête pas là.

Son salaire était parfaitement justifié parce que son travail était indispensable à mes activités d’élu.

Ce travail, elle l’a poursuivi auprès de mon suppléant quand, après avoir été élu, je suis devenu ministre. C’est moi qui l’ai voulu.

J’ai absolument voulu conserver un lien avec ma circonscription. Et c’est mon épouse qui a tenu ce rôle essentiel.

On dit, pas de badge d’entrée à l’Assemblée Nationale, égal pas de travail… C’est pourtant le cas d’un très grand nombre de collaborateurs qui travaillent en circonscription.

J’ai lu, pas d’adresse mail personnelle, égal pas de travail… C’est méconnaître la réalité du travail des collaborateurs qui écrivent le plus souvent sur le mail de leur député, et a fortiori quand c’est leur conjoint.

Je sais aussi que l’on a beaucoup commenté la phrase de mon épouse soulignant qu’elle n’avait jamais fait de politique.

Je rappelle qu’un collaborateur parlementaire travaille dans le domaine politique mais que c’est le député qui fait de la politique parce que c’est lui qui est engagé.

Ce n’est qu’aux dernières élections, par goût de la vie publique locale, et non pas de la politique nationale, que Penelope a décidé de devenir conseillère municipale de Solesmes.

On s’appuie sur une ancienne interview en anglais, là aussi sortie de son contexte, dans laquelle elle explique qu’elle n’a « jamais été mon assistante ».

Oui, elle n’a jamais été ma subordonnée.

Elle a toujours été, d’abord et avant tout, ma compagne de travail, ma collaboratrice.

Pénélope n’a jamais revendiqué de rôle dans la lumière.

Elle a exercé dans la discrétion, refusant de parler à ma place comme l’ont fait certaines épouses d’hommes politiques.

Et aujourd’hui, on retourne cette discrétion contre elle et contre moi.

Eh bien moi je vous le dis, sa façon de faire était digne.

Alors ne tirons pas d’une interview toute en pudeur un jugement qui détruit trente ans d’engagement à mes côtés.

Les faits encore ?

J’ai employé mes enfants, Marie et Charles, qui ont travaillé pendant 15 mois en 2005 et 2006 pour Marie et 6 mois en 2007 pour Charles, comme collaborateurs parlementaires, pour un salaire mensuel net de 3.000 euros en moyenne pour chacun.

Rien n’était dissimulé.

Tous les contrats de travail dont je parle sont strictement légaux.

Les sommes perçues ont été strictement déclarées aux impôts, les revenus en découlant strictement imposés, et les montants des rémunérations strictement respectueux du crédit alloué à chaque parlementaire.

Ce crédit lui permet de travailler avec qui est le plus à même de réunir à la fois les compétences et la confiance nécessaires.

Mesdames et Messieurs, je veux vous le rappeler, tout cela était légal. Mais suis-je pour autant quitte sur le plan moral ?

Cette question éthique est si élevée, si essentielle, qu’elle me place face à ma conscience et face aux Français, et à eux seuls.

Cela n’est pas au système médiatique de me juger, c’est aux Français de décider.

Le premier courage en politique, c’est de reconnaître ses erreurs.

Collaborer avec sa famille en politique est une pratique désormais rejetée par les Français.

Ce qui était acceptable hier, à défaut d’être accepté, ne l’est plus aujourd’hui.

En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance.

C’était une erreur. Je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français.

Comme beaucoup d’autres parlementaires, j’ai agi selon un usage, certes légal, mais dont il est clair que nos concitoyens ne veulent plus.

J’en ai tiré moi-même les conclusions, il y a plus de trois ans, en cessant toute collaboration avec des membres de ma famille, contrairement à beaucoup de ceux qui, dans le théâtre politique actuel, me font la leçon.

S’il faut réformer le système, alors réformons-le dans son ensemble en ouvrant le débat sur les conditions d’exercice du mandat de parlementaire et sur le fonctionnement de ses équipes.

Je rappelle au passage que j’ai clairement indiqué, y compris en résistant à de fortes pressions de ma famille politique, que je ne rétablirai pas le cumul des mandats et que je soumettrai à un référendum la réduction du nombre des parlementaires pour leur donner en contrepartie, enfin, un vrai statut.

On réclame la transparence ! Je n’ai rien à cacher.

Je vais publier sur  internet, dans la soirée un tableau des rémunérations perçues par mon épouse ainsi que ma déclaration telle que je l’ai transmise à la Haute autorité pour la transparence de la vie politique en décembre.

Mon patrimoine, se résume ma maison dans la Sarthe, évaluée à 750.000 euros.

Je possède en outre 44% de la nue-propriété de la maison de mon père au Pays Basque pour un montant de 134.000 euros et un tiers de la nue-propriété de sa maison de la Sarthe, soit 41.300 euros.

Je ne suis pas assujetti à l’ISF.

Certains se sont amusés sur mes comptes en banque.

Voyons donc cela dans le détail : mon épouse et moi-même sommes mariés sous le régime de la communauté.

Nous possédons deux PEA, deux comptes titres, deux assurances-vie, deux PEL, deux CEL, 3 comptes courants – un compte-joint, un pour moi-même et un pour mon épouse –, un compte espèces, un LDD, un Livret A.

Et comme je l’ai déjà dit, tous ces comptes sont au Crédit Agricole Anjou Maine, agence de Sablé-sur-Sarthe. Je le dis pour ceux qui perdraient leur temps à chercher ailleurs.

Venons-en à ma société de conseil.

J’ai exercé de 2012 à 2016 cette activité en toute légalité.

J’ai donné des conférences dans de nombreux pays et j’ai conseillé des entreprises. Parmi elles, il y a l’assureur AXA, la société Fimalac et la banque ODDO.

J’ai fait partie du conseil de surveillance du cabinet Ricol et Lasteyrie, puis j’y ai exercé en tant que senior adviser.

La liste de mes clients ne comprend aucune entreprise russe, ni le gouvernement russe, ni aucun organisme de ce pays et toutes les conférences que j’ai données en Russie l’ont été à titre gratuit.

J’ai toujours fait de la transparence une exigence.

Lorsque j’étais Premier ministre, je n’ai cessé de resserrer les règles de transparence et de déontologie appliquées aux membres du gouvernement.

J’ai encadré l’utilisation des avions de l’Etat. J’ai renforcé les règles sur les appartements de fonction des ministres. J’ai instauré la déclaration d’intérêt publique pour les ministres. J’ai sanctionné des ministres pour des dépenses indues.

Déjà injustement attaqué par le Canard Enchaîné sur la taille de l’appartement de fonction que j’occupais à Matignon, j’ai fait visiter cet appartement par le député socialiste René Dosière, autorité reconnue sur les questions d’éthique, et il a témoigné de ma bonne foi, démentant ainsi les mensonges du Canard Enchaîné.

Voilà, mesdames et messieurs, tout est sur la table.

Maintenant la transparence devrait s’appliquer à tous.

Tout le monde doit être logé à la même enseigne et faire l’objet d’un traitement médiatique identique.

Maintenant, le débat doit porter sur mon action politique et sur le projet que je porte.

Tout le reste est une opération destinée à détourner l’attention de nos concitoyens des véritables enjeux.

Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la Primaire qui se sont affranchis du système en me plaçant en tête parce que je porte un programme de rupture et que je suis le seul à pouvoir le mettre en œuvre.

Je voudrais dire aux millions de Français qui m’ont choisi, au terme d’une campagne loyale, qu’on ne pourra pas voler leur choix. On ne les fera pas taire.

Le système veut, comme pendant les primaires, décider du résultat à la place des électeurs.

Mon programme dérange le désordre établi.

Il est qualifié de conservateur, alors qu’il est le seul en rupture ; on parle  de casse sociale, alors qu’il est le seul à pouvoir redresser la France et redonner fierté aux Français.

Le vrai danger est de voir confier notre avenir aux dérives d’une extrême droite portée par cette famille d’intouchables du domaine de Montretout ou à l’aventure d’une politique sans programme depuis des mois, composée d’un agrégat de personnalités fascinées par un gourou issu du système qu’il dénonce aujourd’hui.

Ce que nous vivons actuellement est la tentative désespérée d’organiser un face à face entre ces deux forces en présence.

La gauche n’a-t-elle donc plus de bilan à assumer, comme si le retrait de François Hollande avait tout effacé comme une ardoise magique ?

La France n’a-t-elle plus de problèmes avec le terrorisme islamiste, alors que celui-ci maintient une pression et une menace permanentes sur notre pays ?

N’y-a-t-il plus de problèmes de chômage, de sécurité, de surendettement, d’excès de fiscalité et de charges, de pouvoir d’achat, d’éducation ?

Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette élection présidentielle.

Rien ne me détournera de ma volonté de redonner son rang à la France, et aux Français, des raisons d’espérer.

Rien ne me détournera de mon devoir d’être candidat à l’élection présidentielle.

J’ai été choisi par des millions de Français. Je ne suis pas le candidat d’un parti. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la Primaire.

Voilà pourquoi, dès ce soir, j’annonce ici même que c’est une nouvelle campagne qui commence.

Dès ce soir, je réunirai mon comité de campagne.

Dès demain, je réunirai les parlementaires.

Dès demain, je serai à Troyes avec François Baroin et jeudi avec Jean-Pierre Raffarin à Poitiers.

Mesdames et Messieurs, c’est donc avec une énergie décuplée et une détermination farouche que j’aborde les prochaines semaines de cette campagne où la France ne joue pas autre chose que son destin.

François Fillon, Paris, le 6 février.

Source : fillon2017.fr


Tribune publiée le 2 février 2017 dans le journal "Le Figaro"
signée par 302 parlementaires et présidents de conseil régional.


Pour l’honneur d’un homme et l’avenir d’un pays
2 février 2017

Depuis une semaine, François Fillon est cloué au pilori médiatique et politique. Pour y parvenir, tous les coups sont permis : on jette aux loups un homme, sa femme, ses enfants, ses collaborateurs, sans attendre leurs arguments ni entendre leur défense. Tous les jours sont déversées sur la place publique rumeurs, approximations, calomnies.

Pire : le bûcher a été dressé sans que l’on s’interroge sur ceux qui avaient intérêt à l’allumer. Et pourtant, à quatre-vingt jours de l’élection présidentielle, la manœuvre est grossière : empêcher par tous les moyens l’alternance que veulent les Français. C’est ce choix qu’ont fait nos adversaires. Au risque de provoquer le pire. Car dans cette affaire, un homme joue son honneur. C’est beaucoup. Mais dans cette affaire, un pays joue son avenir. C’est essentiel. Or, si le sort de François Fillon nous importe, le sort de la France nous inquiète, tant cette tentative de mise à mort vise à installer un face à face mortel: celui entre la gauche et le front national, entre l’imposture et l’aventure, entre ceux qui ont échoué et ceux qui échoueront.

Mais que les comploteurs et les manipulateurs en soient avertis : jamais nous ne laisserons prendre en otage ni la démocratie ni le destin de notre pays. Notre soutien à François Fillon est total parce que son engagement pour la France est vital. Rien ne nous arrêtera : nous ne baisserons pas les yeux alors que la France s’apprête à redresser la tête.

Les 302 cosignataires :

DAMIEN ABAD, ELIE ABOUD, BERNARD ACCOYER, YVES ALBARELLO, PASCAL ALLIZARD, NICOLE AMELINE, BENOIST APPARU, LAURENCE ARRIBAGE, JULIEN AUBERT, OLIVIER AUDIBERT-TROIN, FRANCOIS BAROIN, PHILIPPE BAS, JACQUES-ALAIN BENISTI, SYLVAIN BERRIOS, XAVIER BERTRAND, JEROME BIGNON, ANNICK BILLON, JEAN BIZET, JEAN-MARIE BOCKEL, FRANCOIS BONHOMME, MARCEL BONNOT, GILBERT BOUCHET, VALERIE BOYER, XAVIER BRETON, PHILIPPE BRIAND, BERNARD BROCHAND, FRANCOIS-NOEL BUFFET, DOMINIQUE BUSSEREAU, ALAIN CADEC, FRANCOIS CALVET, CHRISTIAN CAMBON, AGNES CANAYER, JEAN- PIERRE CANTEGRIT, JEAN-NOEL CARDOUX, JEAN-CLAUDE CARLE, OLIVIER CARRE, GILLES CARREZ, CAROLINE CAYEUX, YVES CENSI, ANNE CHAIN-LARCHE, PATRICK CHAIZE, PIERRE CHARON, JEROME CHARTIER, DANIEL CHASSEING, LUC CHATEL, ALAIN CHATILLON, GUILLAUME CHEVROLLIER, ALAIN CHRETIEN, DINO CINIERI, ERIC CIOTTI, PHILIPPE COCHET, FRANCOIS COMMEINHES, JEAN-FRANCOIS COPE, GERARD CORNU, FRANCOIS CORNUT-GENTILLE, JEAN-LOUIS COSTES, JEAN-MICHEL COUVE, PIERRE CUYPERS, PHILIPPE DALLIER, MARIE- CHRISTINE DALLOZ, MICHEL DANTIN, MATHIEU DARNAUD, SERGE DASSAULT, OLIVIER DASSAULT, MARC- PHILIPPE DAUBRESSE, CHARLES DE COURSON, CLAUDE DE GANAY, LAURE DE LA RAUDIERE, CHARLES DE LA VERPILLIERE, DOMINIQUE DE LEGGE, FRANCOIS DE MAZIERES, ALBERIC DE MONTGOLFIER, LOUIS-JEAN DE NICOLAY, HENRI DE RAINCOURT, CAMILLE DE ROCCA SERRA, MARIE-FRANCE DE ROSE, ISABELLE DEBRE, BERNARD DEBRE, BERNARD DEFLESSELLES, LUCIEN DEGAUCHY, ROBERT DEL PICCHIA, VINCENT DELAHAYE, ANGELIQUE DELAHAYE, REMI DELATTE, FRANCIS DELATTRE, GERARD DERIOT, CATHERINE DEROCHE, JACKY DEROMEDI, MARIE-HELENE DES ESGAULX, CHANTAL DESEYNE, PATRICK DEVEDJIAN, NICOLAS DHUICQ, CATHERINE DI FOLCO, SOPHIE DION, JULIEN DIVE, ERIC DOLIGE, PHILIPPE DOMINATI, JEAN-PIERRE DOOR, DOMINIQUE DORD, DAVID DOUILLET, MARIANNE DUBOIS, ALAIN DUFAUT, JEAN-LEONCE DUPONT, LOUIS DUVERNOIS, JEAN-PAUL EMORINE, DOMINIQUE ESTROSI-SASSONE, HUBERT FALCO, DANIEL FASQUELLE, FRANCOISE FERAT, PHILIPPE FOLLIOT, MICHEL FONTAINE, MICHEL FORISSIER, ALAIN FOUCHE, YVES FOULON, JEAN-PAUL FOURNIER, BERNARD FOURNIER, MARC FRANCINA, CHRISTOPHE-ANDRE FRASSA, PIERRE FROGIER, YVES FROMION, JOELLE GARRIAUD-MAYLAM, FRANCOISE GATEL, HERVE GAYMARD, ANNIE GENEVARD, GUY GEOFFROY, BERNARD GERARD, FREDERIQUE GERBAUD, ALAIN GEST, DANIEL GIBBES, BRUNO GILLES, GEORGES GINESTA, CHARLES-ANGE GINESY, JEAN PIERRE GIRAN, COLETTE GIUDICELLI, CLAUDE GOASGUEN, PHILIPPE GOUJON, ALAIN GOURNAC, CLAUDE GREFF, FRANCOIS GROSDIDIER, JACQUES GROSPERRIN, FRANÇOISE GROSSETÊTE, SERGE GROUARD, PASCALE GRUNY, CHARLES GUENE, JOEL GUERRIAU, JEAN-CLAUDE GUIBAL, JEAN-JACQUES GUILLET, MEYER HABIB, MICHEL HEINRICH, MICHEL HERBILLON, ANTOINE HERTH, PATRICK HETZEL, BRICE HORTEFEUX, PHILIPPE HOUILLON, GUENHAEL HUET, CHRISTIANE HUMMEL, BENOIT HURE, CORINNE IMBERT, CHRISTIAN JACOB, DENIS JACQUAT, SOPHIE JOISSAINS, MARC JOULAUD, ALAIN JOYANDET, PHILIPPE JUVIN, CHRISTIANE KAMMERMANN, ROGER KAROUTCHI, NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET, JACQUES KOSSOWSKI, MARC LAFFINEUR, ALAIN LAMASSOURE, JACQUES LAMBLIN, MARC LAMENIE, JEAN-FRANCOIS LAMOUR, ELISABETH LAMURE, GERARD LARCHER, GUILLAUME LARRIVE, DANIEL LAURENT, NUIHAU LAUREY, THIERRY LAZARO, ISABELLE LE CALLENNEC, MARC LE FUR, CONSTANCE LE GRIP, BRUNO LE MAIRE, DOMINIQUE LE MENER, ALAIN LEBOEUF, VINCENT LEDOUX, FREDERIC LEFEBVRE, JACQUES LEGENDRE, JEAN-PIERRE LELEUX, PIERRE LELLOUCHE, JEAN-CLAUDE LENOIR, JEAN LEONETTI, PIERRE LEQUILLER, MAURICE LEROY, PHILIPPE LEROY, CELESTE LETT, GENEVIEVE LEVY, GERARD LONGUET, VIVETTE LOPEZ, VERONIQUE LOUWAGIE, LIONNEL LUCA, GILLES LURTON, MICHEL MAGRAS, JEAN-FRANCOIS MANCEL, DIDIER MANDELLI, LAURENT MARCANGELI, HERVE MARITON, ALAIN MARLEIX, FRANCK MARLIN, ALAIN MARSAUD, HERVE MARSEILLE, PHILIPPE ARMAND MARTIN, ALAIN MARTY, PATRICK MASCLET, JEAN-CLAUDE MATHIS, HERVE MAUREY, PIERRE MEDEVIELLE, COLETTE MELOT, GERARD MENUEL, DAMIEN MESLOT, BRIGITTE MICOULEAU, JEAN-CLAUDE MIGNON, ALAIN MILON, YANNICK MOREAU, PIERRE MOREL A L’HUISSIER, PATRICIA MORHET-RICHAUD, HERVE MORIN, ELISABETH MORIN-CHARTIER, PHILIPPE MOUILLER, JACQUES MYARD, LOUIS NEGRE, YVES NICOLIN, CLAUDE NOUGEIN, PHILIPPE PAUL, VALERIE PECRESSE, CYRIL PELLEVAT, STEPHANIE PERNOD-BEAUDON, CEDRIC PERRIN, BERNARD PERRUT, EDOUARD PHILIPPE, JACKIE PIERRE, FRANCOIS PILLET, REMY POINTEREAU, BERENGERE POLETTI, MAURICE PONGA, LADISLAS PONIATOWSKI, AXEL PONIATOWSKI, JOSETTE PONS, HUGUES PORTELLI, SOPHIE PRIMAS, CHRISTOPHE PRIOU, CATHERINE PROCACCIA, FRANCK PROUST, DIDIER QUENTIN, JEAN-PIERRE RAFFARIN, JEAN-FRANCOIS RAPIN, FREDERIC REISS, JEAN-LUC REITZER, BRUNO RETAILLEAU, CHARLES REVET, BERNARD REYNES, FRANCK RIESTER, DIDIER ROBERT, ARNAUD ROBINET, SOPHIE ROHFRITSCH, TOKIA SAÏFI, RUDY SALLES, ANNE SANDER, RENE-PAUL SAVARY, MICHEL SAVIN, ANDRE SCHNEIDER, JEAN-MARIE SERMIER, BRUNO SIDO, FERNAND SIRE, ABDOURAHAMANE SOILIHI, THIERRY SOLERE, MICHEL SORDI, ERIC STRAUMANN, CLAUDE STURNI, ALAIN SUGUENOT, LIONEL TARDY, GUY TEISSIER, MICHEL TERROT, JEAN-MARIE TETART, LANA TETUANUI, PASCAL THEVENOT, ANDRE TRILLARD, MICHEL VASPART, ALAIN VASSELLE, HILARION VENDEGOU, FRANCIS VERCAMER, ARNAUD VIALA, JEAN-SEBASTIEN VIALATTE, PHILIPPE VIGIER, JEAN-PIERRE VIGIER, JEAN-PIERRE VOGEL, MICHEL VOISIN, LAURENT WAUQUIEZ, PATRICK WEITEN, ERIC WOERTH, FRANCOIS ZOCCHETTO et MICHEL ZUMKELLER.

Source : fillon2017.fr

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 23:29

Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017, je propose le moyen de lire le programme ou ce qui est revendiqué comme tel des candidats à l'élection présidentielle ou à la primaire socialiste de janvier 2017.

La présidente du FN Marine Le Pen a publié son programme pour l'élection présidentielle. Il peut être lu sur Internet.

Cliquer sur les deux liens pour télécharger les deux parties du programme (fichiers .pdf) :

http://storage.canalblog.com/26/57/1344545/114579908.pdf

http://storage.canalblog.com/63/56/1344545/114579919.pdf


Analyse du programme 2017 (ultérieurement) :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170406-marine-le-pen.html

Analyse du programme du Front national en juillet 2010 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-54094055.html

Programme de Marine Le Pen en 2012 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170102-programme-marine-le-pen.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170201-programme-marine-le-pen-2017.html

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:46

« Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme (…) au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. » (François Mitterrand, le 4 mai 1993 à Nevers).


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Il est toujours assez déplorable d’observer ceux qui, dès qu’on leur donne le signal de départ, s’acharnent, enragés, à lyncher les hommes à terre. Cela donne une certaine notion de leur courage. Pour François Fillon et le "PenelopeGate", comme on appelle "l’affaire" qui le préoccupe depuis dix jours, la présomption d’innocence a été désintégrée, éclatée, foudroyée par un canard déchaîné. La moindre accusation d’une presse servant de petit télégraphiste entre responsables politiques diversement intéressés fait office, pour ces "courageux" lyncheurs, de condamnation définitive.

Cette attaque en dessous de la ceinture donne une idée de la rudesse, pendant ces quelques semaines, de la campagne présidentielle. Tout est possible, donc tout est permis. C’est aussi le signe que le programme national de François Fillon a peu de prise sur ses opposants qui préfèrent s’occuper d’affaires périphériques.

Un internaute a laissé sur le site du journal "Le Parisien" le 2 février 2017 son exaspération : « Prendre dix ou vingt ans plus tard des faits se rapportant à des actes légaux non dissimulés déclarés au fisc qui plus est également accomplis par 20 à 30% des autres collègues, pour amalgamer, déformer artificiellement et grossir ces faits pour faire croire à une faute ne constitue pas de l’information mais un acte politique ! Honte à ceux qui y recourent et pour cela, méritent le plus profond mépris ! La même presse qui est à la manœuvre avait fait élire Hollande. Cette fois, ce sera Le Pen ! Il devient raisonnable de quitter un pays qui tombe aussi bas ! ».

À deux mois  et demi de l’élection présidentielle, passer autant de temps à étaler des informations dérisoires et sans intérêt au regard de l’histoire, quand le pays est un champ de ruines, quand il y a 6 millions de demandeurs d’emploi, plus de 2 000 milliards d’euros de dette publique, plusieurs centaines de victimes assassinées par des terroristes islamistes…

Cela donne le vertige. Comprenez-moi bien : demander la transparence, connaître la probité des candidats à la magistrature suprême n’est pas inutile, c’est même très sain etécessaire, bien sûr, mais pas dans une sorte de chasse à l’homme absolument odieuse. L’homme lui-même aurait sans doute pu en réduire les conséquences s’il avait compris qu’on avait lâché les loups. Ou les chiens, pour reprendre la formule de François Mitterrand qui avait poursuivi ainsi : « L'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire (...) lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy. ».

Dans cette situation, il n’y a pas forcément "un" responsable à cela. Il y a surtout des personnes suiveuses qui aiment mettre de l’huile sur le feu pour exprimer leur colère et exorciser leurs peurs, mais qui vont ensuite se demander pourquoi, dans quelques semaines, il y aura un incendie.

Benoît Georges, du journal "Les Échos", a cité ce 1er février 2017 la fameuse petite phrase de celui qui était alors Premier Ministre, Alain Juppé, en 1995, après le début de la contestation sociale : « On lèche, on lâche, on lynche ! ».

La lèche, c’était juste après la victoire inattendue et très large de François Fillon à la "primaire de la droite et du centre" le 27 novembre 2016. Inattendue car les "médias" s’attendaient à un duel entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, et très large doublement, car avec la légitimité des deux tiers des votants contre un tiers, et une grande participation de 4,4 millions de votants. On pouvait voir ainsi les contorsions d’un de ses plus célèbres adversaires, Jean-François Copé, se déclarer disponible pour aider François Fillon dans sa campagne.

Le lâchage, cela a l’air d’être en cours depuis ce 1er février 2017. François Fillon a réuni dans la matinée les parlementaires LR complètement effondrés (les échos dans leur circonscription sont désastreux) et leur a demandé un peu de temps: « Je vous demande de tenir quinze jours et d’être solidaires ! ».

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Quinze jours ! Mais c’est un siècle, quand le candidat dévisse. Le sondage d’Elabe publié le 1er février 2017 est catastrophique pour François Fillon, réalisé pourtant avant le deuxième article du "Canard enchaîné" : François Fillon s’effondrerait de 6% en intentions de vote, le ramenant loin derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et Benoît Hamon commencerait même à le talonner !

Chaque jour qui passe est un désastre pour François Fillon, un épisode de plus dans cette séquence cauchemar, et attendre passivement le déroulement de l’enquête préliminaire serait politiquement une catastrophe. Il faut que François Fillon réagisse plus efficacement.

Dans cette "affaire", probablement un cas d’école dans l’histoire des élections présidentielles pour le futur, François Fillon a réagi très mal dès le début. Il a mis plus de deux jours avant de s’exprimer lui-même, et ceux qui voulaient le défendre, sans le faire exprès, l’ont enfoncé encore un peu plus (la réaction de Valérie Boyer, par exemple).

Au lieu de se défendre, François Fillon a accumulé les fautes de communication. Au lieu d’être transparent, il a multiplié le flou qui a alimenté la suspicion. Sa seule ligne de défense, finalement, c’est la victimisation. Victime d’un complot, même. Le 1er février 2017, il l’a clairement déclaré : ce serait un "coup d’État institutionnel" organisé par la "gauche". Il a conforté cette victimisation lors de son meeting à Charleville-Mézières le 2 février 2017. Peu d’électeurs croiront au complot politique (même si c’était vrai) car c’est une réponse beaucoup trop égocentrée. Il n’existe pas que lui sur Terre. En fait, il existe des millions de gens qui ont des rémunérations très faibles. Ce sont eux, les électeurs. Pas les juges.

Cela fait dix jours que "l’affaire" a éclaté et François Fillon est resté enfermé dans une sorte de déni de réalité. Il ne se considère pas en faute, il n’aurait rien fait d’illégal, et il refuse toute concession. Une attitude, sans doute dictée par l’orgueil, qui n’est pas loin de faire penser au mépris de Valéry Giscard d’Estaing exprimé lors de l’affaire des diamants : cela lui a donné une très mauvaise image en partie responsable de son échec du 10 mai 1981 (on peut se rappeler que sur ses affiches, des malicieux avaient collé des diamants à la place des yeux). Pire, son agenda serait quasi-vide. Pour une campagne présidentielle, c'est dément ! On imaginerait bien Nicolas Sarkozy faire au minimum deux déplacements par jour. Pour présenter son projet, passer ses messages, se défendre, attaquer, riposter. François Fillon, ce serait un déplacement par semaine, c'est du délire !

Les faits, c’est que, même si la justice le blanchit complètement (ces pratiques sont d’ailleurs assez courantes chez les parlementaires), les montants en jeu choquent les électeurs, tous les électeurs, les siens comme ses opposants. N’avoir aucun mot pour dire qu’il comprenait que cela pouvait choquer est une faute politique qui lui sera très difficile à rattraper. Ce qui choque, c’est qu’il ne se rende pas compte que cela puisse choquer.

C’est faire preuve d’un certain "autisme" que ne rien dire à ce sujet. Un déni qui n’est pas sans évoquer Jérôme Cahuzac, même si la "faute" est très différente et bien moindre (on ne l’accuse pas de comptes non déclarés à l’étranger ni de fraude fiscale).

Le 1er février 2017, un de ses soutiens encore très solidaires, Jacques Myard (député LR qui voulait se présenter à la primaire LR), a au contraire trouvé que cette épreuve était un nouvel argument électoral. S’il réchappe à cette tempête, François Fillon aura alors montré sa forte endurance, un cuir à toute épreuve et il en ressortira renforcé par sa crédibilité lorsqu’il s’agira de négocier avec Donald Trump ou Vladimir Poutine.

Le problème, c’est que tout laisse croire qu’il n’en réchapperait pas, de cette "affaire". François Fillon a eu une communication extrêmement défaillante. Thierry Saussez, grand spécialiste de la communication politique, n’en revient pas d’un tel amateurisme ! Surtout qu'au même moment, le 2 février 2017, le sénateur LR Serge Dassault (91 ans) s'est fait condamner notamment à cinq ans d'inéligibilité... 

Il y avait deux éléments que François Fillon devait absolument présenter le plus tôt possible pour désamorcer cette "affaire". D’une part, puisque cela choque les gens, même si ce n’est pas illégal, François Fillon devrait dire qu’il rembourserait les sommes en question si le bureau de l’Assemblée Nationale et celui du Sénat le lui demandaient. La faute réparée serait alors à moitié pardonnée (à moitié seulement). D’autre part, il ne peut pas rester, comme le 26 janvier 2017 sur TF1, sur son seul cas individuel. Il devait prendre de la hauteur et reprendre l’initiative en proposant de faire une loi qui réglementerait avec plus de transparence les emplois de collaborateur parlementaire (sans d’ailleurs forcément interdire les emplois familiaux, mais en fixant des plafonds plus réalistes). Ces deux propositions, c’était le minimum indispensable pour tenter de se sortir de cette "affaire" par le haut.

Au contraire, le 1er février 2017 au Salon des Entrepreneurs à la Porte Maillot, au Palais des Congrès de Paris, François Fillon a persisté et signé : il irait jusqu’au bout, pas question de ne pas être candidat, et de revendiquer la légitimité des 4,4 millions de votants à la primaire LR. La démocratie n’est jamais caduque, a-t-il dit pour répondre à l’un des deux députés qui ont commencé à douter publiquement.

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En effet, dès le 1er février 2017 après-midi, l’ancien juge Georges Fenech, député LR proche de Nicolas Sarkozy, a sorti le bazooka : « Je l’appelle à prendre une initiative forte. » après avoir déclaré : « Nous sommes en train de tous couler ! » et il a exprimé sa volonté : « Je souhaite la réunion rapide d’un conseil national extraordinaire. ». Il faut rappeler que ce fut devant ce conseil national de "Les Républicains" que le candidat François Fillon fut officiellement investi le 14 janvier 2017 à la Mutualité de Paris. C’est une instance très majoritairement sarkozyste.

Un autre député LR est sorti, lui aussi, du bois, en se disant porte-parole de plusieurs autres parlementaires moins audacieux. Philippe Gosselin a demandé à Alain Juppé de réfléchir à être un recours, malgré son refus (« clairement et définitivement ») de la semaine précédente. Encore le 1er février 2017, pour ne pas apparaître comme un traître, Alain Juppé a fait part de sa loyauté totale : « Quoi qu’il arrive, je ne serai jamais un plan B ! ».

Concrètement, il y a un réel problème démocratique : comment demander à un candidat vainqueur d’une primaire de 4,4 millions de votants de s’effacer derrière un candidat qui serait choisi un peu n’importe comment, par un appareil de parti. D'autant plus que le candidat désigné était celui qui avait le meilleur programme, le mieux construit, le plus cohérent, le plus réfléchi.

Le processus des primaires est un processus avant tout d’élimination. Il est même troublant de voir que le plateau d’un débat d’une primaire ressemble à peu près à celui d’un jeu télévisé comme "Le maillon faible". À chaque tour, on élimine. Le hic, c’est qu’il y a quatre tours avec le principe d’une primaire. Pire, il peut y avoir des épreuves éliminatoires entre les tours, ou avant le premier tour.

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En novembre 2016, la primaire LR a "dégommé" Nicolas Sarkozy. En décembre 2016, ce fut François Hollande lui-même qui s’est "dégommé" tout seul. En janvier 2017, Manuel Valls a été "dégommé". Et en février 2017, François Fillon est en train de se faire "dégommer". Il ne faut pas se leurrer : en mars 2017, s’il est toujours aussi haut dans les sondages, ce sera le tour d’Emmanuel Macron de se faire "dégommer". Cela promet de bien grandes incertitudes pour le vainqueur de l’élection présidentielle. À cet égard, c’est sans précédent, même si deux élections présidentielles, en 1969 et en 1974, ont eu un déroulement très rapide (deux mois).

La seule possibilité pour changer de candidat de la manière la plus efficace, c’est que ce changement soit unanime et sans contestation ultérieure. Cela veut dire que cela vienne de François Fillon lui-même (on ne peut imaginer François Fillon, qui s’accrocherait, se retrouvant face à un candidat LR de remplacement sans se mettre d’accord auparavant). Qu’il y ait une sorte de désignation par acclamations du nouveau candidat, pour qu’il n’y ait pas de risque de divisions au cours de sa (courte) campagne.

C’est la valse des François : après François Hollande, François Fillon et François Bayrou, le nom de François Baroin serait souvent cité à partir du 31 janvier 2017 : il aurait le vent en poupe. Il a fait un discours très combatif et mobilisateur à la Villette lors du meeting de François Fillon le 29 janvier 2017, montrant une parfaite loyauté alors qu’il était devenu un sarkozyste inattendu pendant la primaire. Il est juppéo-compatible et un "ancien bébé" sous protection de Jacques Chirac.

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François Baroin (51 ans) s’était engagé personnellement pour apaiser le discours de l’UMP à l’époque où Jean-François Copé, prenant la suite de Nicolas Sarkozy, avait voulu focaliser le débat national sur les thèmes identitaires et sécuritaires.

Évidemment, l’hypothèse d’un recours auprès d’Alain Juppé ne peut être exclu, mais outre le refus de ce dernier de se retrouver dans le rôle ingrat de suppléant (rôle qu’avait eu Martine Aubry en 2011 après l’explosion de la candidature de Dominique Strauss-Kahn), c’est aussi l’âge qui peut faire obstacle. À part Jean-Luc Mélenchon (65 ans), les autres protagonistes de l’élection présidentielle sont tous âgés de 39 à 56 ans : Emmanuel Macron (39 ans), Marine Le Pen (48 ans), Yannick Jadot (49 ans), Benoît Hamon (49 ans), Nicolas Dupont-Aignan (56 ans), même Nathalie Arthaud (47 ans) et Philippe Poutou (50 ans).

D’autres noms circulent aussi depuis plusieurs jours, comme Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, et même Gérard Larcher qui ferait un excellent Président d’une …IVe République. Les hypothèses deviennent folkloriques, on n’en sait pas l’origine, des journalistes qui ont découvert que les noms de domaine baroin2017.fr, bertrand2017.fr et wauquiez2017.fr venaient d’être réservés (le 27 janvier 2017 pour le premier, le 31 janvier 2017 pour les deux autres), ou de vilains camarades de parti voulant définitivement les "griller" ?…

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Ce qui est sûr, c’est qu’on ne s’improvise pas en deux mois candidat à l’élection présidentielle et encore moins Président de la République de la 6e puissance mondiale. On l’a vu notamment pour Vincent Peillon. Il paraît donc pertinent d’estimer que le remplacement ne peut provenir que d’une personne qui s’est déjà préparée de longue date, et donc, au moins, d’un candidat à la "primaire de la droite et du centre".

En ce sens, quoi qu’il en dise, et malgré son âge, Alain Juppé reste quand même la valeur la plus sûre pour ne pas laisser l’Élysée à une gauche plus ou moins molle, ou même à une extrême droite revancharde qui détruirait toute la cohésion sociale, à un moment de l’histoire du monde où le peuple français a besoin d’être uni face aux menaces extérieures. À moins que François Fillon parvienne non seulement à sortir de cette tornade médiatique, mais aussi à interrompre le dévissage dans les sondages…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170202-penelopegate.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-degagisme-un-nouveau-sport-189298

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/03/34885511.html


 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 06:25

« Je ne suis pas un produit marketing, ma parole ne m’est pas soufflée par le microcosme, elle me vient de tous les Français qui m’ont fait partager leurs difficultés et leurs espoirs. J’ai ressenti leur peur du déclassement. Je suis porté par leur énergie, leur désir de justice. Je veux incarner la fierté d’une nation qui ne se laisse pas abattre. Je m’adresse à tous les Français. Il n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche. Il n’y a qu’un peuple, le peuple français, capable de toutes les grandeurs dès lors qu’on lui dit la vérité et qu’on lui fixe des buts clairs et justes. » (François Fillon, le 29 janvier 2017, à la Villette, Paris).



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Le candidat à l’élection présidentielle François Fillon a tenu son premier grand meeting à la grande halle de la Villette, à Paris, le dimanche 29 janvier 2017 après-midi. Le succès a été très important puisque le jour même du second tour de la primaire socialiste, plus de quinze mille personnes sont venus assister à ce grand discours de François Fillon. En ce sens, l’événement a dépassé le meeting de son concurrent Emmanuel Macron à la Porte de Versailles de Paris le 10 décembre 2016.

Cette initiative, prévue pour relancer la campagne de François Fillon, est intervenue à un moment charnière de l’actualité politique : depuis cinq jours, critiqué sur l’emploi de collaboratrice parlementaire accordé à son épouse, François Fillon est apparu avec Pénélope au premier rang, déclarant sa flamme en public malgré la pudeur qui l’a toujours caractérisée. Toujours au premier rang, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Bernard Accoyer, Gérard Larcher, Bruno Retailleau, etc.

Avait-il raison d’évoquer ou pas cette "affaire" qui risquerait de lui miner chaque jour de campagne ? Pour Gérard Grunberg, il ne pouvait pas faire autrement, comme s’il n’y avait pas eu cette "affaire", sinon, il y aurait un trop gros décalage avec "l’opinion publique". Sur LCI le 30 janvier 2017, Thierry Saussez, ancien conseiller en communication de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, a estimé au contraire que François Fillon n’aurait pas dû réalimenter de lui-même cette "affaire", d’autant plus qu’il a donné des éléments très imprécis (tant sur l’emploi de ses enfants, ou encore son unique compte bancaire alors que les parlementaires sont obligés d’avoir un autre compte spécifique pour leurs dépenses durant leur mandat).

Sur l'emploi de Pénélope, l'ancien député (UMP) Christian Vanneste a considéré le 30 janvier 2017 ceci : « L’ombre portée sur la candidature de François Fillon n’entame pas mon soutien. Qu’il ait considéré comme légitime un accroissement de son revenu familial par le biais d’une épouse qui a partagé sa vie politique est un manque de rigueur assez représentatif du laisser-aller de nos mœurs parlementaires. N’y ayant nullement participé, je crois avoir le droit de dire que cette faille est sans proportion avec l’enjeu, le redressement du pays. Ni Richelieu, ni Mazarin n’ont négligé leurs intérêts propres, mais ils ont fait la grandeur et la fierté de la France. ».

Le meeting a commencé à 15 heures en présence de François Fillon (il n’est pas seulement venu pour parler mais aussi pour écouter). Avant son discours de plus d’une heure qui a commencé vers 16 heures 30, il a en effet écouté les orateurs qui l’ont précédé, dont Virginie Calmels (première adjointe au maire de Bordeaux), François Baroin (sénateur-maire de Troyes), dont les propos furent très combatifs et mobilisateurs, Valérie Pécresse (présidente du conseil régional d’Île-de-France) et enfin Jean-Christophe Lagarde (député-maire de Drancy), président de l’UDI, qui est venu apporter la caution des centristes de l’UDI à la candidature de François Fillon.

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J’ai trouvé excellent le discours de François Fillon de la Villette (texte intégral ici), et je ne suis apparemment pas le seul puisque même Laurent Joffrin, de "Libération", l’a écrit le 30 janvier 2017 : « Le bon discours de François Fillon à la Villette pourra-t-il le sauver ? Le candidat LR a multiplié les formules bienvenues, les envolées électrisantes et les confessions tout en retenue vibrante. ».

Si le discours a ressemblé un peu à un catalogue à la Prévert, où François Fillon a abordé tous les thèmes politiques, y compris ce qui concernait sa propre épouse, il a donné un aperçu très large de ses thèmes de campagne. Il est le seul à proposer une telle cohérence dans l’offre présidentielle actuelle. Il veut encourager la France de l’excellence, sans renier son passé et sans insulter son avenir. Il considère qu’il faut être fier de la France pour pouvoir faire encore de grandes choses. Il faut redonner le sens des valeurs.


L’Europe

La minute d’émotion fut lorsqu’il évoqua les tragédies de l’histoire européenne : « Il y a  eu sur mon chemin, des instants qui ne s’oublient jamais. Jamais ! Le camp d’Auschwitz, au côté de Simone Veil. Nous étions tous les deux et Simone me murmurait ce qu’elle avait vécu à 16 ans, dans cet enfer. Cette visite aussi du cimetière de Verdun, parmi ces milliers de croix blanches. Chaque croix porte un nom, chaque nom parle d’une vie donnée à la France. ».

Proche de Philippe Séguin, François Fillon, dans son passé, n’a jamais montré qu’il était un adepte enthousiaste de la construction européenne. Par ailleurs, il a toujours cultivé sa différence en prônant des relations de respect avec la Russie de Vladimir Poutine.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche à Washington bouscule complètement les idées reçues. En France, ce sont ceux qui étaient les plus anti-américains (notamment l’extrême droite) qui étaient favorables à l’élection de Donald Trump. Il y a donc une sorte de front renversé où il va être assez facile, aujourd’hui, d’être anti-américain s’il s’agit de s’opposer aux décisions d’un Président visiblement sans nuance et sans concession. Ce fut cette même incohérence à laquelle s’est heurté le futur résistant Daniel Cordier, alors maurrassien enthousiaste parce que nationaliste : il n’a pas compris pourquoi le chef des nationalistes français avait accepté la collaboration avec l’ennemi.

Donald Trump, qui a reçu Theresa May, la Premier Ministre britannique, le 27 janvier 2017, a applaudi le référendum sur le Brexit et voudrait le délitement complet de l’Union Européenne pour ne pas avoir affaire à une puissance européenne face aux États-Unis. Peu portée à la nuance et à la subtilité, cette stratégie est assez transparente. Aux Européens, donc, de réagir et de mieux s’organiser, notamment sur le plan militaire.

C’est cette idée qu’a voulu développer François Fillon. Si c’est pertinent sur le fond, c’est aussi assez habile sur le positionnement : il se place avec un regard critique sur l’Europe actuelle, mais affirme haut et fort la nécessité de poursuivre la construction européenne. Cela peut donc rassembler dans les deux camps, les eurosceptiques comme les partisans de la construction européenne.

François Fillon a constaté : « Et puis, il y a l’Amérique de monsieur Trump, qui semble-t-il, a décidé de faire céder quiconque ne se plierait pas à ses intérêts. Les Américains sont nos alliés et nos amis, mais la France n’est vassale de personne et il est temps que l’Europe se réveille. ».

Première raison de renforcer la construction européenne : « Nous sommes 66 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants. Personne ne nous fera de cadeaux. Notre seule marge de manœuvre réside dans notre capacité à nous rassembler, à travailler plus, à travailler tous, à nous saisir de toutes les potentialités scientifiques et technologiques dont l’esprit français est capable. ».

Autre raison, la souveraineté de la France (oui, la France préservera mieux sa souveraineté au sein de l’Europe qu’isolée) : « Notre marge de manœuvre est dans notre inflexible volonté d’être souverain, écouté et respecté de par le monde. Être debout ou à genoux : voilà la question. Ma réponse est claire : debout toujours, à genoux, jamais ! Je veux, avec vous, faire de la France une puissance gagnante. ».

Son programme européen est ambitieux : « L’Europe doit être pour la France un amplificateur de souveraineté. Je ne parle pas de l’Europe technocratique avec ses normes byzantines. Je parle de l’Europe des nations, unies pour défendre la civilisation européenne. Je me bats pour une Europe politique concentrée sur ses priorités stratégiques. Une Europe appuyée sur l’euro, qui doit devenir un atout entre les mains d’u gouvernement économique européen. Je milite pour une Europe qui tient ses frontières (…). Une Europe de l’innovation et du numérique qui ferait des Européens la première puissance technologique du monde. (…) Dans les échanges commerciaux, je suis pour la réciprocité, pas pour la naïveté. Y compris entre nous, Européens. (…) Si je suis élu, je renégocierai de fond en comble la directive sur les travailleurs détachés (…). Donnons force à une Europe de la culture. J’ai lancé l’idée d’un grand musée à Strasbourg, exposant les chefs d’œuvre européens. La culture irrigue la vie, l’Europe a besoin de vie ! Je veux une Europe de la défense, dans laquelle chaque État, y compris l’Allemagne, prendra sa part du fardeau de l’effort militaire. ».


La libération des énergies

S’il devait n’y avoir qu’un seul slogan, François Fillon, qui a toujours été très réticent aux slogans simplistes habituellement utilisés durant les campagnes présidentielles, a concédé que ce serait celui-ci : la France libre !

Une tirade que n’aurait pas reniée Nathalie Kosciusko-Morizet : « Nous allons faire ce que nous n’osons pas faire depuis trop longtemps : faire confiance à l’énergie française. Nous allons nous détacher de cette chape de plomb idéologique qui a piétiné le goût du travail, piétiné la récompense du mérite, piétiné ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté. La liberté, c’est le carburant des sociétés vivantes. (…) Le devoir de l’État, c’est aujourd’hui de rendre les choses  possibles (…). Le monde vertical d’autrefois disparaît sous nos yeux. Un monde nouveau se dessine, fait de mille initiatives, un monde où d’autres solidarités apparaissent, où la créativité est décisive. (…) Nous allons faire de notre pays celui de l’audace, plutôt que celui de la bureaucratie, le pays qui investit dans l’avenir plutôt que d’étouffer sous sa dette, le pays du dialogue social plutôt que celui des oukases syndicaux, le pays des initiatives plutôt que celui des circulaires. D’une société où tout est nivelé, figé au nom d’un misérabilisme mou, nous passerons à une société d’engagés et d’engagements. ».

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Le financement de l’innovation est aussi une préoccupation cruciale du candidat LR : « Nous effectuerons une marche de fond pour améliorer tous les facteurs de production, du travail à l’innovation en passant par le financement. Je veux plus de confiance pour ceux qui font tourner les moteurs de l’économie française. Je préfère valoriser les investisseurs français plutôt que de ramper devant les fonds de pensions étrangers et ceux de pays soupçonnés d’aider les totalitarismes islamiques. ».


La fracture sociale

Un thème essentiel pour le candidat contesté pour les efforts qu’il voudrait demander aux Français. Le but de ses réformes, c’est de permettre à tous les Français d’avoir un emploi, la seule voie pour éradiquer la pauvreté et la précarité. Il ne faut donc pas travailler moins, comme le propose la gauche, notamment Benoît Hamon, mais travailler plus. C’est avec des activités nouvelles que la France renouera avec la croissance et la prospérité, pas en partageant la pénurie.

C’est en fait la clef du programme de François Fillon, le but général, l’obsession même : « La meilleure politique sociale, c’est celle qui donne du boulot ! ».

François Fillon a ainsi présenté quelques mesures pour renforcer le pouvoir d’achat des Français. Une baisse des charges salariales qui ferait augmenter mécaniquement les salaires de 250 euros par an (500 euros pour un ménage). Une revalorisation de plus de 300 euros par an pour les pensions de retraite inférieures  à 1 000 euros, d’au moins 600 euros par an pour les "petites pensions de réversion". Ce sont certes des mesures d’assez faible portée pécuniaire.

François Fillon est l’un des rares candidats à se soucier de la vie des personnes en situation de handicap ou de dépendance. Cela concerne pourtant 8 millions de personnes en France : « Je pense à ces familles qui doivent être soutenues à domicile, à ces enfants qui doivent pouvoir être scolarisés comme les autres, qui doivent pouvoir être pleinement respectés. J’aime la phrase de Saint-Exupéry : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis". ».

À cet égard, il a rendu un hommage très appuyé à Jacques Chirac qu’il a fait ovationné pour avoir mis le handicap le 14 juillet 2002 parmi les priorités de son dernier mandat.

Je rappelle aussi que sa visite d'un centre Emmaüs (créé par l’abbé Pierre) le 3 janvier 2017 a montré l’importance de sa préoccupation sociale dans sa campagne : « J’ai rencontré plusieurs fois ces dernières semaines des membres d’Emmaüs. Mes parents en étaient. La générosité et l’humilité de ces bénévoles est une leçon. ».

Il est le seul à vouloir se battre réellement contre la pauvreté et propose le même long terme qu’une programmation militaire : « Il y aura une loi de programmation pour la guerre contre la pauvreté. ».


Contre deux caricatures de son programme

François Fillon a voulu aussi corriger toutes les caricatures qu’on a pu faire de lui sur la fonction publique : « Mon but, ce n’est pas de réduire des postes pour le plaisir. Mon but, c’est de rendre efficaces nos structures publiques souvent vieilles, empilées les unes sur les autres… Je suis l’ennemi de la bureaucratie, mais je ne suis pas celui des fonctionnaires ! Il y a peu de tâches aussi nobles que celles du professeur, de l’infirmière, du magistrat, du soldat, du policier. Je respecte ceux qui ont voulu, lorsqu’ils étaient jeunes, que l’intérêt public leur serve de boussole. C’est à eux aussi que je pense. Le discrédit de l’État bureaucratique rejaillit sur eux et c’est profondément injuste. Je leur rendrai leur fierté. ».

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L’autre mise au point a concerné son projet sur la sécurité sociale : « On m’a fait le procès de vouloir mettre à mal notre assurance maladie et notre système de soins. C’est faux ! Je veux une santé de qualité accessible à tous. Ce que je dénonce, c’est la langue de bois de ceux qui se fichent des déserts médicaux, qui se fichent des pathologies non remboursées, qui se fichent des urgences débordées, qui se fichent de savoir que les personnels médicaux sont à bout, qui se fichent de savoir que la médecine libérale en a marre d’être maltraitée, et puis, qui se fichent des déficits. Les fossoyeurs de la sécurité sociale sont ceux qui s’opposent à toute réforme. (…) Je veux une santé pour tous, une santé capable de répondre au vieillissement de la population et au prix croissant des nouveaux médicaments. Et pour cela, j’agirai, en concertation avec les professionnels de la santé. ».


L’éducation

La colère sur la situation actuelle catastrophique de l’école : « Je suis en colère quand j’entends la gauche et les pédagogues qui persévèrent dans l’erreur et l’autosatisfaction. Pour l’apprentissage des mathématiques, nous étions les premiers il y a vingt ans. (…) Nous sommes en queue de peloton de l’Europe. Où seront nos ingénieurs, et quel sera leur niveau ? Et quel sera le rang de la France ? La gauche a fait passer l’idéologie avant le savoir. Elle a fait passer l’endoctrinement avant l’intelligence. Elle s’est attaquée à tout ce qui était synonyme d’excellence. Je comprends les enseignants qui ne se reconnaissent plus dans ce système opaque qui les traite comme des rouages d’une idéologie fumeuse. ».

François Fillon supprimera la réforme des rythmes scolaires imposée aux familles, aux écoles et aux municipalités, et laissera les communes libres de s’organiser.

Je ne suis pas convaincu, en revanche, par le port de l’uniforme qui sera forcément vécu comme un retour à soixante ans en arrière : « L’école de la République, symbolisée par le port d’un uniforme scolaire donnant à tous les élèves, quelles que soient leurs origines, le goût d’être ensemble, tous égaux. ».


Enfin, ses adversaires politiques

Pour François Fillon, aidé du grand écrivain gaulliste, ses adversaires sont les gauches : « André Malraux disait : il y a quatre gauches, dont l’extrême droite. Il avait raison. Nous y sommes. ».

La première gauche : « la gauche pure et dure, rouge de chez rouge », c’est « Mélenchon, le Fidel Castro de YouTube ! ».

La deuxième gauche : « c’est la gauche socialiste, c’est tout l’équipage des naufragés du Titanic hollandais qui viennent de s’entredévorer sur le radeau de la Méduse des primaires. (…) Plus la réalité les met en déroute, plus ils ont foi dans leurs dogmes. Ils promettent des milliards de dépenses. Ils proposent de travailler moins et de rêver plus. Ils n’ont rien compris. Ils n’ont rien appris. ».

La troisième gauche : « C’est Macron. (…) Il fait croire qu’il est seul et qu’il vient de nulle part ; en réalité, il a fait le programme de monsieur Hollande, mais aussi une grande partie de sa politique…. (…) Macron, c’est le sortant, Macron, c’est le bilan de Hollande. Macron, c’est surtout le prototype des élites qui ne connaissent rien à la réalité profonde de notre pays ! ».

Enfin, la quatrième gauche : « C’est le Front national. Sortie de l’euro, abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, augmentation du salaire minimum, recrutement illimité de fonctionnaires : le programme du FN, c’est de la dépense publique à n’en plus finir, c’est le programme du parti communiste des années 70 ou celui du front de gauche ! ».

Poursuivant son attaque  contre l’extrême droite : « Pendant des années, le FN a dit qu’il fallait préférer l’original à la copie. Eh bien, aujourd’hui, l’original, c’est Jean-Luc Mélenchon, et la copie, c’est Marine Le Pen ! C’est la vieille politique de l’endettement irresponsable, des chèques en bois. C’est une politique de la ruine (…). Le FN refuse toute comparaison et toute compétition, mais l’histoire du monde est un combat et faire cavalier seul, c’est la garantie de descendre en deuxième division. ».


Ordre et chaos

Lors du discours au Bourget le 22 janvier 2012, François Hollande avait laissé dans les mémoires son combat contre la "finance internationale". Il avait auparavant déclaré vouloir "réenchanter le rêve français". La phrase sans doute qui restera du discours de la Villette de François Fillon sera celle-ci : « Eh bien, moi, je veux remettre de l’ordre dans le chaos français ! ».

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Remettre de l’ordre pour refaire de la France un pays d’excellence et de mérite : « Être une grande nation, ce n’est pas être isolé du monde, c’est avoir une position éminente dans la hiérarchie des puissances planétaires. C’est être capable de soutenir la comparaison. ».

C’est cela, être patriote et aimer son pays, c’est vouloir le meilleur pour lui, et c’est lui en donner les moyens. François Fillon, touché par une si forte mobilisation à son meeting, avait d’ailleurs proclamé : « À vous, je fais le serment de donner tout ce qu’un patriote peut donner à son pays. Je vous donnerai tout : ma détermination, ma vaillance, ma volonté de vaincre. ». L’utilisation du mot "patriote" était délibérée. Les responsables politiques auraient intérêt à se réapproprier ce mot et à ne pas le laisser à l’usage exclusif du Front national.

Rejetant le terme de conservateur (le contraire du réformiste), François Fillon, enfin, s’est estimé avant tout un partisan du mouvement : « La France qui nous a été léguée, celle que nous avons le devoir de transmettre, ce n’est ni un musée de l’histoire, ni une agence des droits. C’est une tradition du mouvement, de la conquête. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017012906



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170129-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-le-seul-candidat-189170

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/01/34873446.html
 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 00:09

Dans le sondage réalisé par Elabe les 30 et 31 janvier 2017 pour "Les Echos" et Radio Classique et publié le 1er février 2017, les évolutions des intentions de vote sont très importantes. D'une part, Benoît Hamon aurait un gain de 10 à 11%, reprenant le ledadership de la gauche radicale sur Jean-Luc Mélenchon, grâce à l'effet primaire. François Bayrou s'effondrerait à 4% et François Fillon aussi s'effondrerait, perdant 5 à 6%, et réduisant ses chances d'atteindre le second tour en se faisant talonner par Benoît Hamon. C'est l'effet PenelopeGate. Malgré l'effet Hamon, Emmanuel Macron maintiendrait bien ses positions, sans doute en perdant du côté du PS mais en gagnant du côté de LR.

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage (fichier .pdf) :
http://elabe.fr/wp-content/uploads/2017/02/01022017_les_echos_radio_classique_intentions-de-vote-presidentielles_vague_6.pdf

Pour en savour plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170129-fillon.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170201-sondage-presidentielle.html
 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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