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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 04:02

« Alors, face à ce retour du tragique dans l’Histoire, nous ne sommes pas, nous, de ceux qui attisent les peurs et recherchent des boucs émissaires, ça ne sert à rien. (…) Face à ceux qui tentent de semer le poison de la division, de fragmenter, de fracturer les hommes, il n’y a pas plus puissant que la force tranquille de la fraternité. » (Emmanuel Macron, le 2 avril 2022 à Paris La Défense).




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Certains partisans de Marine Le Pen veulent voir dans une sorte de front renversé (peu flatteur) du Tout sauf Macron une répétition non pas de l’élection présidentielle de 2002 mais de celle de 2012 : François Hollande, effectivement, avait principalement gagné par défaut, dans une sorte de front Tout sauf Sarkozy. Or, on sait bien qu’une telle essence de victoire est foncièrement mauvaise pour la France. Le quinquennat de François Hollande l’a prouvé et les socialistes paient encore le prix fort de cet échec.

Personne des opposants forcenés de Nicolas Sarkozy n’avait envisagé que son successeur serait encore pire que lui. L’un des précurseurs de cet échec, c’est que François Hollande n’avait jamais été ministre, donc, n’avait jamais pris des décisions au niveau national. Mais au moins, énarque, HEC, conseiller à l’Élysée et surtout, chef d’exécutifs locaux (Tulle, conseil général de Corrèze), il avait quelques notions de gestion d’une collectivité publique.

En 2022, nous nous enfonçons de l’incompétence et l’inexpérience, puisque Marine Le Pen, ne connaissant pas les rouages de l’État par la théorie (pas d’ENA), ne connaissant rien au monde de l’entreprise (aucune expérience ni formation théorique), n’a jamais été ministre, évidemment, mais pire, elle n’a jamais géré une seule collectivité publique, pas même un village de 500 âmes. Et c’est à elle qu’il faudrait donner les codes de l’arme nucléaire, les clefs de notre avenir économique, militaire, culturel, etc. ?

Les promoteurs du pseudo-front Tout sauf Macron seraient, si jamais ils gagnaient, les premiers à fustiger Marine Le Pen, son incompétence, ses inconséquences. Exactement comme en 2012. Pas la peine de faire le pari, ce serait gagné d’avance.

Alors, oui, certains, et bizarrement, ils semblent se situer plutôt à gauche, sont dans une politique typiquement russe (l’histoire s’est parfois répétée) de la terre brûlée. Leur raisonnement est celui-ci : puisque mon candidat n’a pas été élu, faisons élire celui ou celle qui mettra le plus la mouise. Et ils choisissent dans ce cas, très logiquement, Marine Le Pen. Ensuite, il faut habiller cette totale inconvenance politique, car ils ont un peu honte quand même. Ils disent alors deux choses : premièrement, cela ne peut pas être pire que le Président Emmanuel Macron ; deuxième, l’élection de Marine Le Pen n’est pas grave car on ne peut pas gouverner sans majorité à l’Assemblée Nationale et elle n’aura jamais de majorité à l’Assemblée Nationale.

Démontons les deux arguments.

Déjà, je considère que le quinquennat d’Emmanuel Macron est le meilleur depuis une vingtaine d’années au moins, disons, depuis l’institution du quinquennat. Le problème numéro un des Français depuis près de cinquante ans, il faut le rappeler, c’était le chômage, on semble presque l’oublier, et pourtant, il y a encore du chômage, mais ce chômage est à son plus bas niveau depuis quinze ans, un taux de 7,4%, à tel point que dans beaucoup de domaines, il y a une véritable tension du marché du travail. Et l’un des problèmes français, le chômage des jeunes, est au plus bas depuis quarante-deux ans, c’est historique !

C’est un grand mérite d’Emmanuel Macron d’avoir su enrayer le chômage par une politique pro-entreprises, et cela malgré la crise sanitaire qui a duré deux ans (il n’a pas été gâté par les circonstances). Aujourd’hui, Emmanuel Macron propose de continuer sur la lancée et s’engage sur le plein emploi à la fin de son second quinquennat, c’est-à-dire un taux de 5%, qui est tout à fait réalisable car la France du travail a de la ressource. Et il propose aussi, intelligemment, de moduler les mécanismes de l‘assurance-chômage en fonction de la conjoncture : quand le chômage est très fort, l’État doit être protecteur et préserver le niveau de vie des demandeurs d’emploi ; lorsqu’il y a le plein emploi, alors il faut encourager le retour à l’emploi en réduisant l’accès à l’assurance-chômage. Sur le principe, c’est correct, il faudra bien sûr en voir l’application, et les dispositions concrètes qui ne peuvent qu’être compliquées.

Alors, après un tel quinquennat, un autre qu’Emmanuel Macron ne peut être que pire car il aura du mal à faire mieux, déjà parce que son adversaire n’a jamais rien compris à l’économie et aux finances publiques (ce qui ne l’empêcherait pas d’être élue, la preuve par François Mitterrand !), ensuite parce qu’elle rase gratis, elle donne beaucoup par démagogie sans proposer un commencement de financement de ce qu’elle donne, sauf par l’impôt ou par l’austérité contrainte ultérieure (c’était le cheminement du premier septennat de François Mitterrand). Après tout, en période de Pâques, elle offre des œufs en chocolat… à moins qu’on parle de cloches.

2012 a montré qu’un vote par défaut est stupide et ne va pas dans le sens de l’intérêt de la France. Cela peut faire plaisir émotionnellement, car certains sont en colère et forcément, le responsable de leur colère ne peut être que le Président de la République (on lui reproche l’arrivée du virus, l’invasion de l’Ukraine, que sais-je encore ? on ne prête qu’aux riches), alors la colère est toujours tournée vers le chef, c’était clair avec les gilets jaunes qui, à l’origine, critiquaient une mesure prise par… François Hollande et pas Emmanuel Macron (la taxe carbone). Mais se faire vaguement plaisir (drôle de plaisir) en chargeant Emmanuel Macron fera-t-il avancer la France ? Certainement pas, on l’a vu avec l’antisarkozysme en 2012. C’est même le contraire, ça l’a fait reculer.

Le second argument est encore plus bidon : "vous pouvez voter pour Marine Le Pen à l’Élysée, elle ne sera pas dangereuse puisqu’elle n’aura pas de majorité parlementaire". Là, l’idée est doublement stupide, mais se base sur une hypothèse juste : oui, elle est dangereuse, son programme est dangereux pour la France et les Français. Alors, pourquoi voter pour une candidate dangereuse si ce n’est pas par goût immodéré du masochisme voire par tentation suicidaire ?

Ceux qui vous disent que Marine Le Pen n’aura pas de majorité vous mentent ou ne comprennent rien aux institutions de la Cinquième République. Si Marine Le Pen était élue, elle aurait réussi à réunir plus de 50% des suffrages exprimés au second tour. Donc, il faut regarder ce que cela signifie dans les 577 circonscriptions. Ce serait plus qu’il n’en faut pour avoir une vague aux élections législatives. Emmanuel Macron, avec un parti beaucoup moins constitué, beaucoup moins structuré, beaucoup moins expérimenté que le RN, a eu sa majorité absolue avec souvent des candidats élus qui étaient totalement inconnus de leurs électeurs au moment de leur candidature. Les candidats RN, les électeurs les connaissent depuis des décennies, ils sont souvent les losers des élections, mais dans cette configuration-là, le vent tournerait en leur faveur.

Aujourd’hui, entre les deux tours, la question est de savoir si on peut imaginer franchement Marine Le Pen aux commandes à l’Élysée. Ce n’est pas parce qu’elle a un sourire carnassier et qu’elle dit qu’elle est prête qu’elle l’est réellement. Elle n’a personne derrière elle, à part des militants et des apparatchiks, parfois venus des entrailles de l’extrême droite la plus puante. Emmanuel Macron, oui, certains s’y sont opposés, mais on sait ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, on a vu la manière dont il a su redresser l’image et la dignité de la France à l’extérieur, et aussi à l’intérieur, en remettant la France sur les rails de la prospérité, seul préalable avant de vouloir lutter contre le réchauffement climatique (qui est une préoccupation de nations riches, j’insiste lourdement sur cela).

Certains pourraient poser le clivage de ce second tour entre la colère et la peur, la colère des extrémistes, populistes, démagogues de tout poil qui tentent (sans succès) de reprendre toute sorte de colère (gilets jaunes, antivax, etc.), et la peur des politiquement corrects, des partisans du front républicain (qui n’a existé qu’en 2002 mais ni en 2017 ni en 2022, comme l’a rappelé Emmanuel Macron le 11 avril 2022). C’est une double erreur, un choix à une élection présidentielle engage la destinée de 67 millions de Français pendant 5 ans, il ne doit pas se faire sur un coup d’émotion : ni colère, ni peur, mais RAISON.

Du reste, ce n’est pas la peur que je ressens face à la diffusion des idées extrémistes, mais bien de la colère, de la colère qu’on disserte sur des mesures absolument affligeantes qui remettent en cause nos valeurs fondamentales, en particulier la liberté et l’égalité, et en cerise sur le gâteau, la fraternité en est vaporisée. Cette banalisation de ce type de mesures, largement amplifiée par Les Républicains (ce parti porte une responsabilité historique).

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Emmanuel Macron l’a très bien exprimée lors de son grand meeting du 2 avril 2022, en se permettant de citer Charles Péguy qui parlait d’une "âme habituée" : « Je n’écoute ni ceux qui ont déjà gagné ni les Cassandre ; non, mais il nous faut ensemble relever le défi du combat. Le pire, mes amis, est d’avoir une âme habituée, disait Péguy. Or, nous nous sommes habitués, le danger extrémiste aujourd’hui est d’autant plus grand que depuis plusieurs mois, plusieurs années, la haine, les vérités alternatives se sont banalisées dans le débat public. Nous nous sommes habitués, nous nous sommes habitués à voire défiler sur certains plateaux de télévision des auteurs antisémites, d’autres racistes (…). Nous nous sommes habitués à leurs contrevérités crasses, leurs théories nauséabondes ! Nous nous sommes habitués à voir des responsables politiques raconter n’importe quoi sur le covid, tenir les pires discours complotistes sur le vaccin, au risque de mettre la vie de nos compatriotes en danger ! Le lendemain, ils sont réinvités ! Ils peuvent un matin sortir de l’euro, le soir revenir dans l’Europe, personne jamais ne relève leur incohérence ! Leur programme pourtant ruinerait les petits épargnants, effondrerait leur pouvoir d’achat, amènerait à la faillite la retraite ; mais nul ne s’en émeut. Nous nous sommes habitués, oui, à laisser des candidats se dire patriotes tout en faisant financer leur projet et leur parti par l’étranger ! ».

L’attaque contre Marine Le Pen était implicite mais bien comprise, et c’est peut-être ce dernier point qui est le plus significatif : comment peut-on prétendre défendre au mieux les intérêts de la France alors qu’on s’est vendu aux intérêts russes ? Surtout maintenant qu’il y a une guerre qui montre clairement que Vladimir Poutine ne répond pas aux intérêts des Français considérés comme inamicaux (alors que la France a toujours considéré sa proximité avec le peuple russe).

Et Emmanuel Macron de poursuivre : « Nous nous sommes habitués à ce que l’extrême droite se réclame de Charles De Gaulle alors que tout dans son histoire, son parcours, l’éloigne du gaullisme ; alors qu’elle est précisément, l’extrême droite, l’héritière de ce qu’a combattu le Général ! Pendant des années, une pensée molle, celle du politiquement correct, a cru qu’on pouvait combattre l’extrême droite en faisant des leçons de morale à ses électeurs ; ça ne marche pas. Je n’ai d’ailleurs jamais été partisan du politiquement correct. Mais désormais, au prétexte d’y échapper, certains voudraient, parfois les mêmes, nous faire croire que les contrevérités, que les idées les plus choquantes, que les discours au fond légitimes le seraient parce qu’ils sont alternatifs, atroces… Eh bien non ! Non au politiquement correct, mais non au politiquement abject ! ».

Le discours de Marine Le Pen sur les immigrés est tellement abject d’ailleurs que même Robert Ménard, qui a eu une prise de conscience soudaine grâce à l’Ukraine, a annoncé le 15 avril 2022 se retirer de la campagne de la chef du RN car il ne voudrait pas que ses critiques soient décomptés de son temps de parole.

Dans le programme du RN, au-delà du flou de certaines mesures, les autres montrent leurs limités. La sortie de l’Union Européenne que ce programme prépare provoquera en masse du chômage des jeunes, la ruine des petits épargnants, etc.  Sur l’écologie, Marine Le Pen veut stopper tous les investissements des énergies renouvelables et même financer avec l’argent du contribuable le démantèlement des éoliennes. Elle veut comme Donald Trump se retirer des Accords de Paris. Elle veut en outre supprimer les investissements dans les quartiers populaires déjà, selon elle, trop aidés. Elle veut instituer une discrimination anticonstitutionnelle en imposant aux soignants de faire le trie des patients selon leurs origines pour savoir qui peut être soigné ou pas. Enfin, son modèle reste la Russie de Poutine qui, décidément, n’a pas les mêmes valeurs que celles des Français, pour qui la vie ne compte pas.

Le 10 avril 2022, Emmanuel Macron a rappelé : « Je veux une France qui s’inscrit dans une Europe forte qui continue de nouer des alliances avec les grandes démocraties pour se défendre, pas d’une France qui sortie d’Europe, n’aurait pour seuls alliées que l’internationale des populistes et des xénophobes ! Ce n’est pas nous ! ».

Assurément, il n’y a pas besoin d’un barrage moral pour combattre la candidature de Marine Le Pen. Son programme suffit à la combattre…


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (15 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Marine Le Pen : ne nous trompons pas de colère !
Programme 2022 de la candidate Marine Le Pen (à télécharger).
Philippe de Villiers.
Élysée 2022 (38) : Marine Le Pen et la Russie de Vladimir Poutine.
François Bayrou, le parrain de Marine Le Pen.
Robert Ménard.
Éric Zemmour et l’obsession de l’immigration.
Faut-il craindre un second tour Éric Zemmour vs Marine Le Pen ?
Jean-Marie Le Pen.
L’effet majoritaire.
Florian Philippot.
Bruno Mégret.
Jean-Frédéric Poisson.
Christine Boutin.
La création de Debout la Patrie.
Marion Maréchal.
Patrick Buisson.
Nicolas Dupont-Aignan.
Choisis ton camp, camarade !
Fais-moi peur !
Peuple et populismes.
Les valeurs de la République.
Être patriote.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220415-marine-le-pen.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/marine-le-pen-ne-nous-trompons-pas-240933

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/14/39434326.html





 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 03:37

« Faites confiance à Emmanuel Macron pour s’affranchir des influences. Il est intelligent. Il y a les faits. Et il décide. Emmanuel Macron fait l’objet d’un procès politique permanent que je ressens comme injuste. Et je n’aime pas l’injustice. Bien sûr, il a pu commettre quelques erreurs… » (Jean-Pierre Chevènement, le 8 avril 2022).




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La campagne du second tour est en pleine action : courte mais intense. Les deux candidats se battent, labourent, attaquent, se défendent, proposent, accusent… Mais il y a un argument particulièrement spécieux qui vise à dire : Tout sauf Macron. Vraiment ? Emmanuel Macron est-il si nul que ça au point n’importe qui devrait le remplacer ? Même l’extrême droite la plus inconséquente, la plus incompétente et la plus démagogique, prête à bafouer les libertés fondamentales inscrites dans la Constitution ou le bloc de constitutionnalité ?

Ce Macron bashing, on en a l’habitude. Rappelez-vous Jacques Chirac en mars 2002 et même encore en février 2007, juste avant d’annoncer qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle. On l’a attaqué sans arrêt, à le traiter de voyou, de voleur, de roi fainéant. Et pourtant, 82% des Français l’ont réélu en mai 2002. Cette impopularité intrinsèque à la fonction présidentielle, on l’a retrouvée aussi dès 2007, voire dès 2005, avec Nicolas Sarkozy, pourtant porté à la Présidence de la République en mai 2007 et en 2012, le Tout sauf Sarkozy a été l’un des slogans les plus stupides de la campagne présidentielle de 2012, mas aussi l'un des moteurs les plus efficaces. Il n’y a pas eu de Tout sauf Hollande car François Hollande a déclaré forfait trop tôt. Il était donc prévisible de le retrouver aussi pour Emmanuel Macron qui, en tant que Président de la République sortant, n’échapperait pas à la règle d’être tenu pour responsable de tout ce qui ne va pas dans ce beau et grand pays, sans être responsable de tout ce qui va bien (pour les rarissimes optimistes qui aiment leur pays et savent voir ses atouts autant que ses atours).

Il y a donc une réelle incohérence entre ceux qui élisent le Président de la République et ceux qui voudraient le "lyncher", car ce sont les mêmes. Ou pas. Car ce sont des extrémistes, évidemment. Cette haine pue l’extrémisme à plein nez. C’est un argument stupide car il ne relève plus de l’argumentation mais de l’émotion un peu puérile. Cette haine est une rancœur, celle en fait que certaines personnes ont pour tous les dirigeants, quels qu’ils soient et même s’ils les ont eux-mêmes choisis. Tout le monde disait que Nicolas Sarkozy était le pire de tous et puis on a eu François Hollande et ainsi de suite…

Euh, non, justement, pas ainsi de suite, car Emmanuel Macron, s’il suscite tant de haine, c’est parce qu’il est le meilleur d’entre tous, le meilleur acceptable et d’ailleurs, la majorité relative des Français l’a compris puisqu’elle l’a placé en tête du premier tour avec plus d’un millions d’électeurs en plus qu’en 2017. Ce n’est pas anodin.

Certains pensent que le bilan du quinquennat est un boulet, c’est leur avis, mais il n’est pas argumenté. Globalement, non seulement la France va mieux en 2022 qu’en 2017, mais heureusement qu’Emmanuel Macron était là pour gérer les nombreuses crises des temps présents, et d’autres viendront encore : gilets jaunes, crise du covid-19, guerre en Ukraine. Chaque crise a provoqué des conséquences sur l’économie, sur la société qui ont traumatisé le peuple, et Emmanuel Macron a su, par ses réactions opportunes, apporter les meilleures solutions, les solutions appropriées, les solutions adéquates, même si, comme l’explique Jean-Pierre Chevènement, il a commis des erreurs, comme tout le monde.

Le "quoi qu’il en coûte" a été salutaire pour les deux ans de pandémie, elle a sauvé des dizaines de milliers d’entreprises, des centaines de milliers d’emplois, par le financement du chômage partiel, par les prêts garantis par l’État, il a sauvé l’économie et il l’a fait dans une logique anti-libérale (on l’accuse tellement de libéralisme, qui n’est pas pourtant un gros mot), à tel point qu’il a reçu des félicitations sur sa gestion de crise.

Nous avons aussi la chance, nous Européens, d’avoir eu Emmanuel Macron, comme dirigeant d’un pays européen à grand charisme et comme Président du Conseil de l’Union Européenne, alors que la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine. Quelle aurait été la réaction européenne sans Emmanuel Macron ? Quelle aurait été la souveraineté de la France et de l’Europe sans la diplomatie volontariste d’Emmanuel Macron qui a sa propre ligne qui n’est pas calquée sur les États-Unis (on le voit par exemple sur l’emploi du mot "génocide"). Quand il a dit le 2 avril 2022 : « Nous sommes les vassaux de personne ! », c’est d’autant plus vrai qu’il faut en avoir le courage, et c’est son cas.

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Pour une fois, justement, après cinq ans où il a fait ses preuves, où il a "fait le job", les Français peuvent se permettre de réélire un Président compétent, courageux et acharné, c’est-à-dire bosseur, travailleur, qui potasse les dossiers, qui se remet en cause, qui revoit les mises à jour pour se refaire une nouvelle idée des sujets, qui est dans la permanente correction, adaptation aux temps d’un monde troublé qui évolue sans cesse.

Nous avons la grande chance d’avoir un candidat expérimenté, qui a connu toutes les vicissitudes de la fonction présidentielle, qui l’a respectée tout en la modernisant (nous ne sommes plus à l’époque de De Gaulle, né au XIXe siècle ; du reste, cet aspect "décontracté" a été inauguré dès 1974 par Valéry Giscard d’Estaing qui a été un révolutionnaire en la matière), qui a une vision globale de l’intérêt des Français et de la France.

Répondant aux questions de Natacha Polony, Franck Dedieu et Étienne Campion, dans un entretien publié dans "Marianne" à la veille du premier tour, le 8 avril 2022, l’ancien ministre souverainiste Jean-Pierre Chevènement a bien mesuré l’enjeu : « Je serai de toute façon mieux en mesure d'influer [en le soutenant] qu’en m’enfermant dans une abstention boudeuse, comme le font beaucoup d'hommes de gauche sincères, par manque d'imagination et aussi parce que la gauche n’a pas fait le travail intellectuel nécessaire à toute réorientation de fond. ».

Il ne soutient pas Emmanuel Macron par défaut mais par adhésion : « Je ne suis pas de ceux qui se larmoient sur la félonie supposée d'Emmanuel Macron. Il a fait le ménage. Je l'en félicite. Je considère qu'il a permis de tourner une page qui, enfin, nous autorise à imaginer autre chose. ». Quand il a parlé de "faire le ménage", il voulait insister sur le fait d’avoir fait imploser les partis de gouvernement qui n’étaient plus que des écuries présidentielles, sans vision, sans réflexion, sans travail sur le terrain, sans autre consensus qu’une soupe de libre concurrence européenne sans répondre aux besoins du peuple. Emmanuel Macron a créé un nouveau paysage politique et comme à chaque crise, ce changement a ses risques (qui ne proviennent pas d’Emmanuel Macron) mais aussi ses opportunités.

Jean-Pierre Chevènement s’inquiétait déjà du second tour dont les intentions de vote restent toujours aussi serrées : « Le feu est à la maison. Ce matin [8 avril 2022], un sondage donne 47,5 % des voix à Marine le Pen au second tour. 2,5 %, c’est la marge d’erreur. Et pendant ce temps-là, vous cherchez des poux dans la tête d’Emmanuel Macron ! (…) Honnêtement, en politique, il faut faire des choix. Quel autre choix un citoyen responsable et épris de progrès peut-il faire que d’apporter un soutien résolu à Emmanuel Macron ? Le grand danger, face à Marine Le Pen, c’est la démobilisation et plus encore, l’aversion ressentimenteuse que suscite Emmanuel Macron chez une gauche que son sectarisme aveugle. ».

Mais alors, pourquoi se mobiliser ?

Pour son bilan et pour son projet. J’évoquerai ici son bilan. Oui, il a un bilan extraordinaire et s’il n’est pas parfait, déjà parce qu’il n’a pas eu beaucoup de temps (deux ans de crise sanitaire sur cinq ans de mandat, c’est beaucoup), il a su au moins mettre la France dans de bonnes rails.

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Le pouvoir d’achat ? Il a prouvé qu’il savait comprendre les besoins des Français. Il a permis les lunettes et les prothèses dentaires et auditives 100% remboursées. Il a supprimé la taxe d’habitation. Il a permis des petits-déjeuners scolaires gratuits et des déjeuners scolaires en cantine à 1 euro (plus de 2,5 millions de repas ont ainsi été servis depuis 2019) ainsi que les repas en restauration universitaire à 1 euro (20 millions de repas servis). En outre, le prix du gaz et de l’électricité a été bloqué, une indemnité inflation de 100 euros a été versée à tous les Français. L’allocation aux adultes handicapés (AAH) a été augmentée de 100 euros par mois. 1,3 automobilistes ont bénéficié d’une prime de conversion pour passer à un véhicule électrique ou hybride. Entre 2017 à 2021, le pouvoir d’achat a progressé de 5,5% tandis qu’entre 2007 et 2012, de 0,5% et de 2012 à 2017, de 0,2%. En particulier, un salarié au SMIC gagne 170 euros supplémentaires chaque mois, grâce à la baisse des charges et à la hausse de 100 euros de la prime d’activité, soit plus de 2 000 euros par an !

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Sur le front de l’emploi, le chômage a baissé malgré la crise sanitaire pour arriver à une situation jamais connue depuis 15 ans, à 7,4% en 2022 (ce taux était de 9,5% en 2017). Le chômage des jeunes n’a jamais été aussi bas depuis 1981. 700 000 contrats d’apprentissage ont été signés, qui ont doublé en cinq ans. Avec le plan "1 jeune, 1 solution", environ 4 millions de jeunes ont trouvé un emploi. En 2021, la situation a été inédite puisqu’il y a eu deux fois plus d’ouvertures d’usines que de fermetures.

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Sur l’école : 350 000 écoliers du primaire ont bénéficié d’un enseignement dans des classes dédoublés avec 12 élèves au maximum. Sur la culture : le Passe Culture de 300 euros pour les jeunes à 18 ans. Sur la lutte contre le climat : en cinq ans, les émissions de CO2 ont chuté de 12%, soit deux fois plus rapidement qu’entre 2012 et 2017. Sur la défense et la sécurité : le budget des armées a augmenté de 27% depuis 2017, une progression inédite. 10 000 nouveaux postes de policiers et de gendarmes ont été créés depuis 2017.

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Au-delà de la gestion de la crise sanitaire et de l’intense activité diplomatique du Président de la République sortant, on pourrait ainsi multiplier les exemples pour démontrer que le bilan est très honorable, mais c’est surtout qu’à l’élection présidentielle, il faut se tourner vers l’avenir et c’est le projet présidentiel qui influence une majorité d’électeurs sur lequel je reviendrai dans les prochains jours.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Tout sauf Macron : pourquoi tant de haine ?
Tout sauf Sarkozy.
Élysée 2022 (45) : le naufrage du parti Les Républicains.
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022 (Ministère de l’Intérieur).
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Emmanuel Macron et son rapport à l’imprévisible.
13 raisons de voter pour Emmanuel Macron : pouvoir d’achat, santé, école, écologie…
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (42) : Emmanuel Macron en danger !
Élysée 2022 (41) : Emmanuel Macron descend dans l’arène.
Élysée 2022 (37) : Emmanuel Macron n’est pas (encore) réélu !
Élysée 2022 (36) : pour qui votera Nicolas Sarkozy au premier tour ?
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Enfin, une vision européenne !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220414-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/tout-sauf-macron-pourquoi-tant-de-240932

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 03:47

« Un parti qui n’a ni leader ni idée, ça ne sert à rien ! » (Éric Woerth, le 13 avril 2022 à Public Sénat).




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Avec moins d’un quart des voix de François Fillon en 2017, exactement 4,8% des suffrages exprimés, Valérie Pécresse, la candidate du parti Les Républicains, a sans doute été victime du "vote utile", mais elle restera comme celle qui a hamonisé cette grande idée inconséquente d'il y a vingt ans qui était de rassembler la droite et le centre droit, cette alliance UDF-RPR composée de trois mouvances politiques historiques : gaulliste, démocrate-chrétienne et libérale.

On débattra longtemps sur la part de responsabilité de Valérie Pécresse elle-même et celle de son parti dans ce désastre électoral qui n’a trouvé comme seul point d’honneur d’être juste devant, de quelques dizaines de milliers de voix, le candidat écologiste Yannick Jadot.

En particulier, sur le bon choix de la candidate LR à cette échéance. Après l’échec, certains se trouvent pertinents en estimant que Xavier Bertrand n’aurait pas provoqué une telle catastrophe électorale. Je pense, de mon côté, que malgré ce désastre, Valérie Pécresse était sans doute la meilleure candidate LR et que Xavier Bertrand aurait fait pire. C’est simple, la primaire est une sorte de sélection naturelle et ne venez pas me dire que les primaires avantagent toujours les plus "extrémistes". Pour LR, c’est factuellement faux puisque justement, Valérie Pécresse avait une image de modérée et de centro-compatible, elle était d’ailleurs soutenue à la primaire par l’UDI et Les Centristes (Hervé Morin) pourtant sans capacité à choisir le candidat car non adhérents de LR. On sait d’ailleurs que le candidat le plus "extrémiste" était Éric Ciotti.

Xavier Bertrand n’a même pas été capable de convaincre ceux qui auraient pu être les plus faciles à convaincre, comment aurait-il pu convaincre le peuple ? On croit qu’on ne peut jamais faire pire que la réalité présente, mais il suffit de voir le score de la candidat socialiste Anne Hidalgo, 1,7%, c’est-à-dire moins qu’un candidat radical de gauche (en 1981 ou en 2002, par exemple), pour comprendre que 4,8% n’est pas le minimum possible. Car le parti Les Républicains suit exactement la même pente que le PS, avec une élection de retard, je dirais grâce à François Fillon, pas à son affaire grâce à son projet présidentiel qui avait été particulièrement construit et cohérent (ce qui explique les 20% malgré son affaire). Assurément, Xavier Bertrand aurait fait encore moins que Valérie Pécresse car son argumentation électorale était ultrapauvre : je suis le seul capable de battre Emmanuel Macron. Valérie Pécresse, à 18% dans les sondages au début du mois de décembre 2021, avait commencé aussi sa campagne générale avec cet argument qu’elle a dû rapidement remiser dans la cave avec son kärscher : les projections de second tour contredisaient cette idée qu’on aurait pu adopter par bon sens. Mais le bon sens est souvent trompeur dans la tête des électeurs.

Pourtant, Valérie Pécresse n’a pas démérité, elle n’a pas été inerte dans sa campagne. Sans doute a-t-elle été la candidate qui a le plus labouré la France ces trois derniers mois, et c’est probablement la candidate la plus épuisée, laissant échapper quelques émotions spontanées comme sur le cinéma, elle n’a pas eu le temps de voir des films ces derniers temps mais elle espère qu’après l’élection, elle pourra en revoir plein, ce qui confirmait que dans son esprit, il n’était pas du tout envisageable qu’elle puisse être élue Présidente de la République.

Je l’ai déjà affirmé et cela devient une évidence : à cause du candidat Éric Zemmour et du bon score de son rival interne Éric Ciotti, Valérie Pécresse s’est laissée entraîner dans une surenchère ultradroitière stupide. Elle ne pouvait pas égaler Éric Zemmour dans l’ignoble, et les électeurs de Marine Le Pen étaient très différents de son électorat traditionnel, elles n’étaient pas en concurrence. En revanche, en prenant des positions beaucoup trop droitières, elle choquait son électorat habituellement modéré qui l’a fuie pour Emmanuel Macron. Son problème, c’est qu’elle s’est trompée de cible. Si elle avait compris que son concurrent du premier tour, c’était Emmanuel Macron et pas l’extrême droite, elle aurait pu gagner en crédibilité. Au contraire, elle a fait pire ; elle a fustigé Emmanuel Macron en le traitant de voleur de programme, ce qui était bien la preuve qu’elle était plus proche d’Emmanuel Macron que d’Éric Zemmour. Mais c’était trop tard. L’original, c’était Emmanuel Macron. Cette injustice, les centristes l’ont subie des dizaines d’années par l’arrogance d’un grand parti qui s’appelait à l’époque… le RPR ! Comme la roue tourne.

Mais je pense que n’importe quel candidat LR aurait fait la même erreur stratégique de vouloir éviter l’hémorragie zemmourienne sans se soucier de l’hémorragie macronnienne. Et c’est cette erreur stratégique qui a fait ce moins de 5% comme ce fut l’erreur de Benoît Hamon de se positionner en 2017 comme un électron libre d’une gauche radicalisée qui lui a apporté 6% (ce qui, maintenant, peut être considéré comme un bon résultat pour le PS !).

Au soir du premier tour, le 10 avril 2022, Valérie Pécresse a été claire et je n’en doutais pas, elle votera pour Emmanuel Macron au second tour. Elle parlait de son comportement à titre personnel, pas d’une consigne.

La réunion du comité stratégique de LR le lendemain matin, 11 avril 2022, devait donc être très importante : d’une part, quelle consigne ou non-consigne à donner à ses électeurs pour le second tour (soyons clairs que le faible nombre d’électeurs rendait cette consigne peu influente, à part les consignes éventuelles de vote de Jean-Luc Mélenchon et d’Éric Zemmour, aucun autre candidat ne ferait bouger réellement les lignes) ; d’autre part, l’horizon du futur, élections législatives et même plus loin, avenir de LR et alliances.

Or, ce qui s’est passé a été absolument invraisemblable. En arrivant au siège national de LR, Valérie Pécresse, très attendue par les journalistes, a pris la parole sur le trottoir, mais pas pour parler de stratégie, des perspectives futures, de son sentiment pour l’avenir, non, pas du tout, seulement pour pleurnicher car elle n’aura effectivement pas de remboursement de ses frais de campagne par l’État car en dessous du seuil fatidique de 5%.

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Je ne nie pas que pour elle, la situation est très difficile. Elle s’est endettée personnellement à hauteur de 5 millions d’euros, et cette part du risque est très importante. Dans le pire des cauchemars, elle faisait entre 10% et 12%, jamais on aurait pu imaginer en dessous de 5%. C’est d’ailleurs un vrai problème démocratique, auquel François Bayrou avait proposé un début de solution, en création une banque de la démocratie spécifiquement réservée aux candidats à des élections politiques. De méchants plaisantins lui ont envoyé en masse des chèques de …zéro euro pour se moquer de ce Pécressethon.

Mais ce n’était pas le sujet ! L’intérêt de la France et la situation financière de la candidate sont deux choses très différentes. Observateur, Daniel Cohn-Bendit a d’ailleurs été très surpris de cette prise de parole qui n’avait rien d’une position politique. Il ne faut pas compter sur LR pour avoir une position politique, c’est en cela que ce parti, comme le parti socialiste, est un parti mort-vivant. Il a encore de nombreux élus locaux, mais il ne représente plus une offre électorale nationale cohérente et sérieuse. C’est un parti intellectuellement paresseux. C’est cela qui est terrible pour le parti de Jacques Chirac et même de De Gaulle et de Jean Lecanuet, si on remonte plus loin.

Certains, à LR, souhaiteraient même expulser la composante centriste de LR. Je ne sais pas s’il y a encore une composante centriste (il y a effectivement encore des adhérents issus de l’UDF d’avant 2002), mais les idées centristes ont fui ce parti depuis très longtemps déjà, je dirais, depuis Nicolas Sarkozy en 2007. Mais ce n’est pas cela qui est notable, ce qui est notable, c’est que des cadres de LR souhaitent encore se réduire alors que leur électorat est lilliputien. Comme s’ils étaient encore trop nombreux !

Quand on regarde les bureaux de vote où traditionnellement, l’électorat opte pour la droite modérée, et souvent LR, on s’aperçoit qu’ils ont tous été dominés par le vote Macron. Même la région Île-de-France dont elle est présidente, Valérie Pécresse n’a recueilli que 6,2% et dans sa ville dont elle est élue conseillère municipale, à Vélizy-Villacoublay, elle n’a eu que 11,3%, c’est Emmanuel Macron qui a pris la première place avec 32,2%. En clair, les territoires LR sont devenus des territoires macronisés (Emmanuel Macron a pris aussi sur le centre gauche, Dijon par exemple).

Cela signifie un enseignement terriblement déprimant pour Les Républicains : LR n’est plus utile puisqu’il est remplacé par Emmanuel Macron. Alors, c’est assez significatif que ce parti continue encore à se diviser alors qu’il est réduit à peau de chagrin. Il n’a même plus la considération d’un parti centriste de l’ancien monde (par exemple l’UDF autonome) qui faisait quand même autour de 10%. Les plus visionnaires avaient vu arriver le phénomène bien avant l’élection présidentielle : aux élections européennes, on avait considéré que les 8% de la liste menée par François-Xavier Bellamy étaient un accident de l’histoire alors qu’ils étaient la tendance cohérente et durable d’une disparition pure et simple de ce parti.

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La conclusion de cette réunion stratégique a été plus que décevante. Christian Jacob a annoncé que LR appelait à faire barrage à Marine Le Pen sans préciser que pour faire barrage, il ne fallait pas s’abstenir mais voter massivement pour Emmanuel Macron. En fin de compte, les dirigeants de LR ont pris la même résolution qu’il y a cinq ans avec le succès ultérieur qu’on lui connaît. Pourquoi ? Parce que certains dirigeants de LR ne souhaitent pas du tout voter pour Emmanuel Macron et encore moins appeler à voter pour Emmanuel Macron : entre autres, Laurent Wauquiez, Éric Ciotti, etc.

Au moins, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy a pris ses responsabilités le lendemain, 12 avril 2022, en annonçant clairement sur Twitter qu’il voterait pour Emmanuel Macron parce qu’il est la personnalité la plus capable des deux, celle qui défendra l’Europe. J’ai apprécié cette défense de l’Europe qu’Emmanuel Macron semble d’ailleurs mettre en avant : il veut faire du second tour un référendum pour ou contre l’Europe. En tout cas, la position de Nicolas Sarkozy pourrait choquer les militants de base de LR car il n’a pas soutenu leur candidate au premier tour. Je pense plutôt qu’il a voté pour Emmanuel Macron dès le premier tour mais s’est gardé de le dire pour ne pas tirer sur l’ambulance. La position d’un Éric Woerth, sarkozyste historique, était sans ambiguïté sur la position de l’ancien Président.

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Invité de LCI le mardi12 avril 2022, Jean-François Copé a donné une note plus personnelle sur tout ce bazar de LR. Il a développé sa position en deux points. Le premier point, j’y souscris : il est scandalisé que LR fasse comme Jean-Luc Mélenchon, c’est-à-dire ne pas appeler clairement à voter pour Emmanuel Macron. Il a insisté sur le risque réel de voir Marine Le Pen arriver au pouvoir. Ce serait la ruine économique, sans compter les risques sur l’État de droit, et la catastrophe diplomatique en pleine guerre en Ukraine. Je ne développe pas mais malgré ses critiques envers Emmanuel Macron, Jean-François Copé a mis une grande différence entre les deux candidats restés au second tour, rappelant qu’il avait lui-même corédigé la charte des valeurs de l’UMP avec Jean Leonetti qui rappelait les dangers de l’extrémisme. Il est stupéfait de la banalisation de Marine Le Pen, qu’on puisse disserter de son gouvernement comme si c’était une hypothèse normale et ordinaire.

En revanche, le second point de sa position me paraît inapproprié et hors sol. En effet, toujours perdu dans une surenchère ultradroitière, Jean-François Copé a encouragé Emmanuel Macron à durcir son programme sur le régalien, sur l’immigration, sur la sécurité etc. On dirait la même stratégie perdante que celle de Valérie Pécresse pour le premier tour. Jean-François Copé, qui est intelligent, lucide et franc (il a abandonné la langue de bois lorsqu’il a quitté la présidence de l’UMP en 2014 alors qu’il était impliqué à tort dans l’affaire Bygmalion), n’a pas fini le chemin de la lucidité : il n’y a quasiment plus d’électeurs LR, les électeurs LR ont déjà voté pour Emmanuel Macron au premier tour (voir les résultats dans les collectivités locales), donc, Emmanuel Macron n’a plus à convaincre les électeurs LR, et sur le plan sécuritaire, il ferait toujours moins bien que Marine Le Pen, ce serait donc électoralement tout à fait contreproductif car l’enjeu pour Emmanuel Macron de sa campagne de second tour, c’est au contraire d’aller labourer sur sa gauche pour dire qu’on peut voter pour lui sans se renier à gauche. Et c’est un enjeu d’une autre nature que l’obsession ultradroitière qui s’est emparée de toute la droite, même la plus modérée.

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En outre, beaucoup de voix chez LR (y compris Jean-François Copé) proposent un contrat de gouvernement avec Emmanuel Macron dans l’optique des prochaines élections législatives. Je suis bien incapable d’imaginer les mécanismes du vote aux prochaines élections législatives : les partis laminés à la présidentielle seront-ils laminés aussi aux législatives ou alors, au contraire, parce qu’ils sont bien implantés localement, résisteront-ils et auront-ils beaucoup de sièges dans les circonscriptions ? Toujours est-il que cette question est beaucoup trop en avance.

Aujourd’hui, il faut d’abord confirmer le sursaut républicain du premier tour par un vote clair et massif pour Emmanuel Macron. À lui de convaincre qu’il saura écouter tous ses électeurs potentiels. C’est seulement après le second tour de l’élection présidentielle que s’ouvrira la campagne des élections législatives, ainsi que la perspective de la formation d’un gouvernement intérimaire qui devra refléter au mieux la parole des électeurs.

Il est certes des réflexes qui restent naturels : Éric Woerth, qui a soutenu Emmanuel Macron dès le premier tour, en participant notamment au meeting de La Défense le 2 avril 2022, invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi 13 avril 2022, a dit avec raison que rien n’était joué, que la réélection d’Emmanuel Macron n’était pas acquise et qu’il fallait que les dirigeants LR fassent plus qu’un non-vote pour Marine Le Pen ou un soutien du bout de la souris sur Twitter (pensait-il à Nicolas Sarkozy ?). Et à la fin de l’entretien, la journaliste lui a demandé s’il serait candidat à nouveau aux élections législatives. Oui. Elle lui a alors demandé sous quelle étiquette. Il a répondu : celle de la majorité présidentielle, en oubliant qu’avant l’étiquette, il y a encore ce second tour de la présidentielle et que parler de majorité présidentielle semblait dire que l’élection était déjà jouée, au contraire de ce qu’il martelait précédemment.

De toute façon, la victoire éventuelle du RN précipiterait encore plus vite le parti LR dans les oubliettes électorales. Désormais, le meilleur défenseur des valeurs républicaines, c’est un fait incontournable depuis dimanche 10 avril 2022, c’est Emmanuel Macron. Qu’on le veuille ou pas, c’est ce que le peuple a décidé. Et cela, tant Nicolas Sarkozy que Lionel Jospin l’ont compris, tout éloignés politiquement qu’ils sont depuis toujours.

Et paradoxalement, puisque le sujet de cet article est LR, je le termine par un court extrait de l’entretien qu’a accordé l’ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement à l’hebdomadaire "Marianne" à la veille du premier tour, le 8 avril 2022. Il a justifié son soutien à Emmanuel Macron ainsi : « Je ne vois honnêtement pas qui je pourrais soutenir d'autre qu’Emmanuel Macron parmi les candidats en lice pour que la France puisse défendre, comme il se doit, ses intérêts et ses valeurs. Emmanuel Macron a, seul, l’étoffe d’un homme d’État. Son charisme est reconnu à l’étranger. Je ne vois rien de tel ni chez les deux candidats d'extrême droite qui font plutôt figure d’épouvantails, ni chez Madame Pécresse, encore que je connaisse ses qualités de Ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur que j'ai été moi aussi, ce qui a créé entre nous un lien cordial, mais qui ne va pas au-delà. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (45) : le naufrage du parti Les Républicains.
La création de l’UMP en février 2002 racontée par François Bayrou.
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022 (Ministère de l’Intérieur).
De Gaulle chef de parti.
François Baroin.
Dominique de Villepin.
Quai d’Orsay.
Nicolas Sarkozy.
Jean-Pierre Raffarin.
Valérie Pécresse.
Discours de Valérie Pécresse au meeting du 13 février 2022 au Zénith de Paris.
Programme 2022 de la candidate Valérie Pécresse.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (mise à jour régulièrement).
Éric Woerth.
Élysée 2022 (24) : Valérie Pécresse, entre savoir-faire et savoir-plaire.
Élysée 2022 (19) : l’effet Valérie Pécresse.
Élysée 2022 (18) : Valérie Pécresse, naissance d’une leader.
Second tour du congrès du parti Les Républicains le 4 décembre 2021.
Élysée 2022 (16) : ce sera le duel Ciotti-Pécresse.
Élysée 2022 (15) : le quatrième et ultime débat des candidats LR.
Élysée 2022 (14) : L’envol d’Éric Ciotti ?
Renaud Muselier.
Philippe Juvin.
Élysée 2022 (13) : troisième débat LR, bis repetita.
Élysée 2022 (12) : Surenchères désolantes pendant le deuxième débat LR.
Élysée 2022 (11) : Michel Barnier succédera-t-il à Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (10) : Éric Ciotti, gagnant inattendu du premier débat LR.
Élysée 2022 (7) : l’impossible candidature LR.
Les Républicains et la tentation populiste.
Jean-François Copé.
Yvon Bourges.
Christian Poncelet.
René Capitant.
Patrick Devedjian.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220413-les-republicains.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-45-le-naufrage-du-240843

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/11/39429785.html








 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 03:22

« Leur confiance, votre confiance, m’honore, m’oblige et m’engage. Vous pouvez tous compter sur moi pour mettre en œuvre ce projet de progrès, d’ouverture et d’indépendance française et européenne que nous avons défendu tout au long de cette campagne. (…) Dans ce moment décisif pour l’avenir de la Nation, plus rien ne doit être comme avant. C’est pourquoi je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France. Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre Nation pour les années qui viennent. C’est notre devoir. » (Emmanuel Macron, le 10 avril 2022 à la Porte de Versailles à Paris).



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Inutile de tergiverser et restons franc, j’ai accueilli les premiers résultats du premier tour de l’élection présidentielle de ce dimanche 10 avril 2022 avec une réelle joie, un évident soulagement mais en nourrissant malgré tout une inquiétude diffuse pour le second tour. Ce qui suit prend en compte les résultats partiels du Ministère de l’Intérieur sur la base de 97% des électeurs inscrits.

Une réelle joie car Emmanuel Macron, à 27,6% des voix, améliore largement sa performance de 2017, et cela après cinq ans de pouvoir, ce qui est relativement rare (il faut remonter à plus de trente ans pour cela, en 1988). Plus de 20,2% des inscrits, c’est remarquable pour un candidat qui a concentré autant de haine aussi odieuse qu’injustifiée. Il existe donc une certaine "justice électorale" même si celle-ci reste sujette à caution.

Un évident soulagement car la possibilité qu’Emmanuel Macron fût éliminé dès le premier tour était réelle et le scénario du 21 avril 2002 pouvait survenir à nouveau : en effet, les tendances de la dernière semaine de campagne étaient à la baisse pour Emmanuel Macron et à la hausse tant pour Marine Le Pen que pour Jean-Luc Mélenchon avec le cauchemar d’un second tour entre ces deux derniers candidats extrémistes.

Par exemple, le sondage BVA pour Orange et RTL réalisé les 6 et 7 avril 2022 ont donné les intentions de vote des trois premiers candidats ainsi : 26% pour Emmanuel Macon, 23% pour Marine Le Pen et 17,5% pour Jean-Luc Mélenchon. Mais le sondage a aussi évalué, en tenant compte des hésitations et des seconds choix, les intentions minimales et maximales envisageables, et là, l’incertitude était plus grande : Emmanuel Macron entre 20,5% et 28,5%, Marine Le Pen entre 19% et 28% et Jean-Luc Mélenchon entre 14,5% et 22%. Autrement dit, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen pouvaient dépasser Emmanuel Macron.

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Paradoxalement, c’est l’un des moins flatteurs instituts de sondage qui m’a laissé un certain espoir. En effet, Harris Interactive – Toluna pour "Challenges" avait publié le 4 avril 2022 un sondage dévastateur pour Emmanuel Macron avec des tendances très fortes à la baisse et un second tour très incertain. Harris Interactve – Toluna a publié un ultime sondage le 8 avril 2022 avec un léger frémissement pour Emmanuel Macron et un tassement ou plafonnement pour Marine Le Pen, ce qui, soit dit en passant, a donné les bons chiffres des deux premiers candidats.

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Enfin, une inquiétude diffuse non seulement sur la situation politique du pays caractérisée par un très fort niveau de vote extrémiste et anti-système (56% des suffrages exprimés !) mais aussi par un second tour qui va être très serré, au contraire de 2017 (certains sondages d’après premier tour évoquent 51% vs 49%, ce qui est dans la marge d’erreur).

Mais venons-en à une analyse succincte du scrutin.

Avant tout, parlons de l’enjeu et de l’issue : Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont qualifiés pour le second tour. Tout le reste est décoratif. Emmanuel Macron, finalement, domine largement ce premier tour avec 27,6% tandis que la deuxième place a été disputée tant par Marine Le Pen à 23,4% que par Jean-Luc Mélenchon à 22,0%. À un moment de la soirée, l’écart entre les deux candidats extrémistes était même inférieur à 1 point. Paradoxalement, Jean-Luc Mélenchon a reconnu sa défaite immédiatement au contraire de 2017 où il était placé en quatrième position et par conséquent, était beaucoup plus loin du second tour que cette année. Jean-Luc Mélenchon a même été assez clair sur sa position pour le second tour (pas une seule voix pour Marine Le Pen), alors qu’en 2017, c’était plus que confus.

D’ailleurs, le second tour se jouera probablement sur les reports de voix de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon entre haine de Marine Le Pen et haine d’Emmanuel Macron. Pourquoi une telle clarté si rapide ? Parce que Jean-Luc Mélenchon part en beauté, il a fait un meilleur score qu’en 2017, il a réussi, malgré tout ce qui pouvait le plomber (principalement lui-même), à rassembler autour de son nom la gauche tétanisée par l’extinction, et, cerise sur le gâteau, rancœur et objectif depuis son départ du PS en 2008, il a cassé définitivement le PS avec une Anne Hidalgo qui se retrouve au niveau des deux candidats trotskistes (à 1,7% !). Plus exactement, le PS n’a pas eu besoin de Jean-Luc Mélenchon pour s’autodétruire tout seul.

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J’ai évoqué un score d’Emmanuel Macron meilleur qu’en 2017, mais c’est aussi le cas de Marine Le Pen avec 23,4%, beaucoup plus élevé qu’en 2017 et cela malgré la présence d’un autre candidat d’extrême droite, Éric Zemmour, mais j’aurais tendance à affirmer qu’Éric Zemmour n’a rien pris du vote Le Pen mais tout du vote LR. Du reste, il a banalisé Marine Le Pen en défendant des positions beaucoup plus extrémistes qu’elle (remigration, législation sur les prénoms, confusion entre islam et islamisme, refus de solidarité envers les enfants en situation de handicap, etc.). À côté d’Éric Zemmour, Marine Le Pen fait figure d’une enfant de chœur !

Comme tout le monde l’a vu, il y a eu un évident effet du vote utile dans les derniers jours qui a bénéficié aux trois premiers candidats au détriment de tous les autres. C’est très rare d’avoir des candidats à plus de 20% et rien à 10%, le suivant à 7,1% (Éric Zemmour), puis les autres en dessous de 5%. Seul Yannick Jadot, en se maintenant à 4,6% qui était sa cote dans les sondages pendant les deux derniers mois, a évité d’être phagocyté par les trois grands candidats.

En revanche, s’il y a une grande surprise, au-delà de la remarquable performance de Jean-Luc Mélenchon, c’est bien le naufrage désastreux de Valérie Pécresse remisée en petite candidate. J’imaginais un naufrage autour de 10%, ce qui était déjà grave, mais à 4,8%, à la déroute électorale s’ajoute la banqueroute de son parti. On peut aisément imaginer qu’environ la moitié de son électorat encore fidèle la dernière semaine s’est inquiétée des risques d’un duel Mélenchon vs Le Pen et a préféré se rassurer en votant finalement pour Emmanuel Macron.

Cela dit, il ne faut pas considérer que le paysage serait plus éclaté qu’en 2017, car on retrouve des invariants. Par exemple, si on considérait qu’Éric Zemmour n’a pris que sur l’électorat LR, une frange particulièrement ultradroitière sur l’immigration et l’islam, on pourrait dire que LR vaudrait finalement plutôt autour de 12% (en additionnant les votes Zemmour et Pécresse), et la différence avec les 20% de François Fillon, on peut les imaginer pour moitié chez Emmanuel Macron et pour moitié chez Marine Le Pen.

Quant à la disparition du PS, il ne faut pas sous-estimer une certaine stabilité : en effet, Benoît Hamon avait fait 6% des voix en 2017, mais ce qu’on oublie généralement de dire, c’est qu’il représentait non seulement le PS, mais aussi EELV, car Yannick Jadot s’était désisté à son profit. Or, si on ajoute les votes Jadot et Hidalgo, on s’aperçoit qu’on retrouve le vote Hamon : 6,3%. Bien sûr, on ne finira pas de parler de l’humiliation d’Anne Hidalgo, qui a été dépassée par Jean Lassalle (qui a presque le double du PS) et par Fabien Roussel. Il faut remonter à 1969 pour retrouver un candidat communiste devant un candidat socialiste.

Il faut revenir aussi sur un élément qu’on oublie souvent une fois les premiers résultats arrivés alors qu’on en parle sans cesse toute la journée électorale faute de pouvoir parler d’autre chose : la participation. Les sondages laissaient entendre qu’elle serait autour de 30%, pire qu’en 2002. La réalité est plus heureuse, elle est de 25,1%. J’ai même dû faire la queue pendant un quart d’heure pour pouvoir voter, et pendant l’attente, par l’indiscrétion de ma position, j’ai pu entendre une jeune femme d’environ 20 à 25 ans, juste derrière moi, qui téléphonait à un ami et lui disait qu’elle n’avait pas encore fait le choix qui se ferait probablement dans l’isoloir, très étonnant.

Un autre fait très significatif que j’ai pu observer au dépouillement, c’est l’absence quasi-totale de bulletin nuls, aucun message, aucune insulte, aucun double bulletin. Les seuls bulletins qui n’ont pas été comptés parmi les exprimés ont été les quelques enveloppes vides (considérées comme votes blanc). À l’échelle nationale, en résultats partiels, seulement 0,7% de nuls et 1,5% de blancs (par rapport aux votants), encore moins qu’au premier tour de 2017. Dans les autres scrutins, il y avait beaucoup plus de diversité d’expression, voire de créativité. Là, rien de tout cela, un vote vraiment utile, on va à l’essentiel, l’un des trois grands candidats qui ont totalisé près des trois quarts des suffrages (73%). Le vote ne s’est pas dispersé ; sans doute une leçon de 2002.

Jean-Luc Mélenchon aurait pu se retrouver au second tour face à Emmanuel Macron, et évidemment, la structure de la campagne du second tour en aurait été totalement bouleversée. Là, quasiment tous les candidats de gauche ont appelé plus ou moins clairement à voter pour Emmanuel Macron, même si son nom écorche quelques bouches : Anne Hidalgo, Fabien Roussel, Yannick Roussel et même Jean-Luc Mélenchon (sans prononcer le nom du Président de la République). Quant à Éric Zemmour, qui n’est pas à une incohérence près, après son score très décevant (il fait figure du Jean-Pierre Chevènement de 2002), il a finalement appelé à voter pour Marine Le Pen.

La situation du parti Les Républicains est autrement préoccupante : si Valérie Pécresse a annoncé qu’elle voterait pour Emmanuel Macron, son rival de la primaire LR Éric Ciotti a annoncé exactement l’inverse, qu’il ne voterait jamais pour Emmanuel Macron sans dire clairement ce qu’il ferait. Au moins, Nicolas Sarkozy va enfin pouvoir dire ouvertement qu’il soutiendrait Emmanuel Macron. Jean-François Copé a déjà mis en garde ses compagnons de LR qu’en ne combattant pas l’extrême droite, ceux-ci iraient contre la charte des valeurs de LR. En perspective, profondes divisions sur la stratégie, effondrement financier, soulagement d’une candidate jugée la plus épuisée de tous les candidats par certains journalistes. Inutile de dire que la destinée de LR est sur la même voie de garage que le PS, avec cinq ans de retard. Faute de renouvellement…

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Ce lundi 11 avril 2022, une nouvelle campagne commence. Emmanuel Macron a bien compris le coup de semonce du premier tour, il a bien compris, malgré son fort score, qu’il fallait faire campagne et surtout, rester humble et rassembler. Pour preuve, dès le soir du premier tour à la Porte de Versailles, il a fait applaudir ses concurrents du premier tour, presque tous : « Je veux saluer l’ensemble des candidats présents au premier tour : Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Jean Lassalle, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Philippe Poutou, Fabien Roussel, Éric Zemmour. Merci à toutes et tous ce soir une fois encore de les applaudir. Merci beaucoup. Parce que depuis le début et depuis toujours, nous défendons des convictions avec force mais en respectant chacune et chacun. Merci pour cela. (…) Et je remercie Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Valérie Pécresse et Fabien Roussel qui m’ont dès ce soir apporté leur soutien. J’invite solennellement nos concitoyens, quelles que soient leurs sensibilités et quel qu’ait été leur choix au premier tour, à nous rejoindre. Certains le feront pour faire barrage à l’extrême droite et je suis pleinement conscient que cela ne vaudra pas soutien du projet que je porte, et je le respecte. Je sais que c’est le choix fait par exemple par Jean-Luc Mélenchon. Mais je veux ici saluer leur clarté à l’égard de l’extrême droite et pour faire barrage à l’extrême droite. ».

Il a bien compris qu’il fallait repartir en campagne dès maintenant, dès le lundi alors qu’en 2017, il avait attendu le mercredi. Car il y a une vérité factuelle : si Marine Le Pen reste la même, extrémiste dans la philosophie comme dans le programme, aussi légère en économie qu’en diplomatie (comment peut-on défendre les intérêts de la France en se faisant financer par des puissances étrangères ?), elle a su faire campagne, montrer un sourire (que je trouve carnassier et artificiel) et une passion des chats (dont le contact me paraît cependant plutôt rude), et surtout, elle a rencontré les Français, elle est allée partout, longtemps, minutieusement, depuis septembre 2021, elle a labouré la France, alors qu’Emmanuel Macron a complètement négligé la campagne jusqu’au 2 avril 2022 (pour de bonnes ou mauvaises raisons). Il a donc un retard à rattraper dans cette campagne du second tour.

Rien n’est joué, rien n’a jamais été joué, sa mission, ce sera de convaincre des électeurs tiers de venir voter pour lui, car ceux-ci ne peuvent déléguer le vote anti-Le Pen à d’autres électeurs, sans eux, ce sera Marine Le Pen qui sera élue. À Emmanuel Macron de se montrer le plus rassembleur possible. Intellectuellement, il est dans cette disposition mais convaincra-t-il ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022 (Ministère de l’Intérieur).
Derniers sondages avant les urnes.
Emmanuel Macron et son rapport à l’imprévisible.
Élysée 2022 (42) : Emmanuel Macron en danger !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Relevé du temps de parole des douze candidats de 2022 dans l’audiovisuel, par l’Arcom.
Élysée 2022 (39) : programme minimum pour la campagne présidentielle ?
Emmanuel Macron.
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Marine Le Pen.
Programme 2022 de la candidate Marine Le Pen (à télécharger).
Jean-Luc Mélenchon.
Programme 2022 du candidat Jean-Luc Mélenchon.
Valérie Pécresse.
Programme 2022 de la candidate Valérie Pécresse (à télécharger).
Éric Zemmour.
Programme 2022 du candidat Éric Zemmour (à télécharger).
Yannick Jadot.
Programme 2022 du candidat Yannick Jadot (à télécharger).
Fabien Roussel.
Programme 2022 du candidat Fabien Roussel (à télécharger).
Jean Lassalle.
Programme 2022 du candidat Jean Lassalle (à télécharger).
Nicolas Dupont-Aignan.
Programme 2022 du candidat Nicolas Dupont-Aignan (à télécharger).
Anne Hidalgo.
Programme 2022 de la candidate Anne Hidalgo (à télécharger).
Philippe Poutou.
Programme 2022 du candidat Philippe Poutou (à télécharger).
Nathalie Arthaud.
Programme 2022 de la candidate Nathalie Arthaud (à télécharger).
Petits candidats et grands candidats.
L'abstention, c'est grave, docteur ?
Élysée 2022 (34) : la liste officielle des 12 candidats.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Sondage Ipsos publié le 5 mars 2022 à télécharger.
François Bayrou, le parrain de Marine Le Pen.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (arrêtée au 7 mars 2022).
Le serpent de mer des parrainages pour la présidentielle.









https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220410-presidentielle-premier-tour.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-43-le-sursaut-240808

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/09/39426476.html











 

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 20:13

(verbatim et vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220410-presidentielle-premier-tour.html







Discours du candidat Emmanuel Macron le 10 avril 2022 à Paris


EMMANUEL MACRON

Merci beaucoup !

Merci beaucoup mes amis, mes chers compatriotes, merci !

Mes chers compatriotes, de métropole, d’Outre-mer et de l’étranger, ce dimanche 10 avril, vous avez été plus de 36 millions à faire valoir ce droit, ce droit conquis par les générations précédentes qui est le droit de vote et je remercie tous nos compatriotes qui, dès le premier tour, ont porté leurs suffrages sur ma candidature. Merci !

Leur confiance, votre confiance m’honore, m’oblige ; vous pouvez toutes et tous compter sur moi pour mettre en œuvre ce projet de progrès, d’ouverture et d’indépendance française et européenne que nous avons défendu tout au long de cette campagne.

Je veux aussi remercier toutes celles et ceux – quelques-uns sont là ici ce soir à mes côtés -, qui durant ces dernières années ont tant donné, partout sur le territoire, vous avez donné votre énergie, votre travail, vos jours et vos nuits ; je sais ce que je vous dois. Merci !

LE PUBLIC

MACRON Président !

EMMANUEL MACRON

Et j’appelle tous ceux qui depuis six ans et jusqu’à ce soir se sont engagés pour travailler à mes côtés à transcender leurs différences pour se rassembler en un grand mouvement politique d’unité et d’action pour notre pays. Je veux saluer l’ensemble des candidats présents au premier tour : Nathalie ARTHAUD, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Anne HIDALGO, Yannick JADOT, Jean LASSALLE, Jean-Luc MELENCHON, Valérie PECRESSE, Philippe POUTOU, Fabien ROUSSEL et Eric ZEMMOUR. Merci à toutes et tous ce soir une fois encore de les applaudir, merci beaucoup.

(Applaudissements du public)

Parce que depuis le début et depuis toujours nous défendons des convictions avec force mais en respectant chacune et chacun, merci pour cela. Je sais la déception des candidates et des candidats dont je viens d’évoquer le nom et celle de leurs soutiens comme de leurs électeurs. Notre démocratie, en effet, est riche de tous les engagés qui défendent leurs idées avec force et passion. Merci à eux !

Et je remercie Anne HIDALGO, Yannick JADOT, Valérie PECRESSE et Fabien ROUSSEL qui m’ont, dès ce soir, apporté leur soutien. J’invite solennellement nos concitoyens, quelle que soit leur sensibilité et quel qu’ait été leur choix au premier tour, à nous rejoindre. Certains le feront pour faire barrage à l’extrême-droite. Et je suis pleinement conscient que cela ne vaudra pas soutien du projet que je porte et je le respecte ; je sais que c’est le choix fait, par exemple, par Jean-Luc MELENCHON. Et je veux ici saluer leur clarté à l’égard de l’extrême-droite et pour faire barrage à l’extrême droite.

Mais dans ce moment décisif pour l’avenir de la Nation, plus rien ne doit être comme avant. C’est pourquoi je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France ; je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre Nation pour les années qui viennent, c’est notre devoir.

À tous nos compatriotes qui se sont tournés vers l’abstention ou le vote extrême, soit parce qu’ils sont en colère face aux inégalités qui perdurent, aux désordres écologiques, à l’insécurité du quotidien, à la difficulté de vivre dignement, même quand on travaille dur, soit parce qu’ils se sentent insuffisamment représentés, écoutés, associés, je veux les convaincre dans les jours à venir que notre projet répond bien plus solidement que celui de l’extrême-droite à leurs peurs et aux défis du temps. Comptez sur moi !

Car ne nous trompons pas, rien n’est joué et le débat que nous aurons dans les quinze jours à venir, est décisif pour notre pays et pour l’Europe.

Voulons-nous d’une France indépendante parce que forte sur le plan scientifique,  technologique, économique et militaire, agricole et culturel ?

Voulons-nous une France qui par le plein emploi et par le sérieux est capable de financer son Etat-providence, nos retraites, notre école, notre hôpital et nos services publics ?

Voulons-nous d’une France qui relève le défi climatique et écologique par le nucléaire, les énergies renouvelables, la sobriété énergétique et la planification écologique ? D’une France où par l’écologie, les factures de chauffage se réduiront et la voiture électrique pour tous viendra remplacer les coûteux pleins d’essence ?

Voulons-nous d’une France plus juste pour nos Outre-mer,  pour tout le territoire,   pour notre Hexagone ?

Voulons-nous d’une France qui face aux crises en cours et à venir, continue à faire confiance à la science, à la raison, à la compétence comme nous l’avons fait ces derniers mois et ces dernières années ?

Je veux une France qui lutte résolument contre le séparatisme islamiste mais qui par la laïcité, permet à chacun de croire ou de ne pas croire, d’exercer son culte, et pas une France qui empêche les musulmans ou les juifs de manger comme le prescrit leur religion ! Ce n’est pas nous !

Je veux une France qui porte des progrès pour chacun, pour nos aînés, pour nos enfants, pour les travailleurs, pour les familles, pour les femmes et notamment les mères seules, pour les précaires ; pas une France de la régression pour tous ! Ce n’est pas nous !

Je veux une France qui s’inscrit dans une Europe forte qui continue de nouer des alliances avec les grandes démocraties pour se défendre, pas d’une France qui sortie de l’Europe, n’aurait pour seuls alliés que l’international des populistes et des xénophobes ! Ce n’est pas nous !

Je veux une France fidèle à l’humanisme, à l’esprit des Lumières, au souffle de 1789.

Tels sont, mes chers compatriotes, mes chers amis, les enjeux du 24 avril. Ce sont les choix que par votre vote, vous aurez à faire dans quinze jours. Et je veux vous dire ce soir que je mettrai toutes mes forces pour convaincre chacun que le seul procès pour le pouvoir d’achat, c’est le nôtre ! Que le seul projet crédible contre la vie chère, c’est le nôtre ! Que le seul projet des travailleurs, de tous ceux qui sont au bord du chemin, c’est le nôtre ! Que le seul projet de la France et de l’Europe, c’est le nôtre !

Je crois en nous, en nous tous, quels que soient nos parcours, nos milieux, nous tous ! Quels que soient nos origines, nos territoires, nous tous ! Quelles que soient nos opinions et nos croyances, nous tous ! C’est cela la France !

Alors durant les quinze jours à venir, ne ménageons aucun effort car rien n’est fait ; soyons humbles, déterminés, allons convaincre chacune et chacun. Le 24 avril prochain, nous pouvons faire le choix d’une nouvelle époque française et  européenne. Le 24 avril, nous pouvons faire le choix de l’espoir ! Le 24 avril, nous pouvons faire le choix de la France et de l’Europe ensemble.

Vive la République !  Et vive la France !

Je compte sur vous !

Emmnanuel Macron, le dimanche 10 avril 2022 à Paris, Porte de Versailles.

Source : site du candidat AvecVous.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220410-meeting-macron.html



 

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 19:09

Les résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle du 10 avril 2022 en France sont les suivants après validation par le Conseil Constitutionnel le 12 avril 2022 :
 

10 et 24 avril 2022
France Entière
 
Résultats au 1er tour
Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 9 783 058 20,07 27,85
Mme Marine LE PEN 8 133 828 16,69 23,15
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 712 520 15,82 21,95
M. Éric ZEMMOUR 2 485 226 5,10 7,07
Mme Valérie PÉCRESSE 1 679 001 3,44 4,78
M. Yannick JADOT 1 627 853 3,34 4,63
M. Jean LASSALLE 1 101 387 2,26 3,13
M. Fabien ROUSSEL 802 422 1,65 2,28
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 725 176 1,49 2,06
Mme Anne HIDALGO 616 478 1,26 1,75
M. Philippe POUTOU 268 904 0,55 0,77
Mme Nathalie ARTHAUD 197 094 0,40 0,56
 
  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 48 747 876    
Abstentions 12 824 169 26,31  
Votants 35 923 707 73,69  
Blancs 543 609 1,12 1,51
Nuls 247 151 0,51 0,69
Exprimés 35 132 947 72,07 97,80

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des pourcentages peut ne pas être égale à 100%.










Ci-dessous, résultats définitifs du 11 avril 2022 avant validation.

10 et 24 avril 2022
France Entière
Résultats au 1er tour
Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 9 785 578 20,07 27,84
Mme Marine LE PEN 8 136 369 16,69 23,15
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 714 949 15,83 21,95
M. Éric ZEMMOUR 2 485 935 5,10 7,07
Mme Valérie PÉCRESSE 1 679 470 3,45 4,78
M. Yannick JADOT 1 628 337 3,34 4,63
M. Jean LASSALLE 1 101 690 2,26 3,13
M. Fabien ROUSSEL 802 615 1,65 2,28
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 725 356 1,49 2,06
Mme Anne HIDALGO 616 651 1,26 1,75
M. Philippe POUTOU 268 984 0,55 0,77
Mme Nathalie ARTHAUD 197 184 0,40 0,56
 
  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 48 747 914    
Abstentions 12 824 135 26,31  
Votants 35 923 779 73,69  
Blancs 543 638 1,12 1,51
Nuls 237 023 0,49 0,66
Exprimés 35 143 118 72,09 97,83

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des pourcentages peut ne pas être égale à 100%.






Ci-dessous, résultats partiels de la nuit du 10 au 11 avril 2022.
Résultats incomplets calculés sur la base de 97% des électeurs inscrits
Résultats au 1er tour
Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 9 560 545 20,21 27,60
Mme Marine LE PEN 8 109 857 17,14 23,41
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 605 225 16,07 21,95
M. Éric ZEMMOUR 2 442 624 5,16 7,05
Mme Valérie PÉCRESSE 1 658 386 3,51 4,79
M. Yannick JADOT 1 587 534 3,36 4,58
M. Jean LASSALLE 1 095 700 2,32 3,16
M. Fabien ROUSSEL 799 334 1,69 2,31
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 718 242 1,52 2,07
Mme Anne HIDALGO 604 217 1,28 1,74
M. Philippe POUTOU 265 834 0,56 0,77
Mme Nathalie ARTHAUD 195 884 0,41 0,57
 
  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 47 311 917    
Abstentions 11 892 970 25,14  
Votants 35 418 947 74,86  
Blancs 538 495 1,14 1,52
Nuls 237 070 0,50 0,67
Exprimés 34 643 382 73,22 97,81

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des pourcentages peut ne pas être égale à 100%.
 
 
 


Source : Ministère de l'Intérieur


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220410-presidentielle-premier-tour.html


SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220410-resultat-presidentielle.html


 

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 03:29

« Je vous propose un nouveau contrat social en forme de pacte entre les générations. (…) Je vous propose un pacte productif qui nous permette de gagner encore en force et en indépendance économique. (…) Je vous propose enfin un pacte républicain renouvelé : faire Nation. (…) Reprendre le contrôle de notre destin comme Nation et de nos vies comme citoyens : telle est l’ambition de ces trois pactes. Pour réussir, il nous faudra inventer une méthode démocratique fondée sur la participation et le rassemblement. (…) Chacun doit pouvoir prendre sa part. » (Emmanuel Macron, le 17 mars 2022).



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Le Président Emmanuel Macron est redevenu candidat comme en 2017 mais avec une chose supplémentaire : il a de l’expérience. Or, depuis quinze ans, les Français n’ont jamais élu que des candidats inexpérimentés. En avril 2022, ils ont la possibilité de réélire un Président de la République en parfaite compétence et immédiatement opérationnel, ce qui n’est pas un luxe dans ce monde de crises et de guerre.

Mais l’expérience a aussi un autre avantage : faire de réformes dans un climat d’apaisement et de rassemblement. Certes, tout nouvel élu se croit investi d’une mission quasi-divine et pense que sa légitimité suffit pour faire passer les réformes à l’arraché. La réalité, c’est qu’il faut que les Français s’approprient les réformes si on veut qu’elles réussissent. Pour une fois, un candidat a compris les embûches et les difficultés de réformer la France et propose une méthode participative.

Mais pour faire quoi ? Depuis la présentation du projet présidentiel d’Emmanuel Macron, deux mesures phares ont eu beaucoup de publicité, la retraite à 65 ans (sauf pour les carrières commencées jeune) et la réforme du RSA qui propose un travail rémunéré. Je propose de rappeler et d’exposer quelques autres mesures et perspectives que le candidat Macron souhaite honorer pour le quinquennat à venir, mais jamais seul, toujours "Avec Vous", comme son slogan l’y invite.


1. Pour faire la solidarité à la source

L’idée est géniale, il faudrait voir comment elle se réalise concrètement. Aujourd’hui, plus de 10 milliards d’euros d’aides sociales ne sont pas réclamées chaque année par des personnes qui y ont pourtant droit. Le dispositif permettra de verser automatiquement ces aides sociales (APL, RSA, allocations familiales, etc.) pour simplifier la vie et réduire la précarité.


2. Pour renforcer l’autonomie à domicile

Pour permettre aux personnes âgées de rester chez elles, il faut parfois adapter leur logement (baignoire, escalier). Un dispositif de l’État financera 70% des coûts de ces travaux d’adaptation (Ma Prime Adapt’).

Des aides à domicile réduiront la solitude des personnes âgées en assurant 2 heures de convivialité par semaine à domicile.


3. Pour renforcer l’accompagnement des soins dans les EHPAD

50 000 infirmiers et aides-soignants seront recrutés en cinq ans pour accompagner les résidents des EHPAD.


4. Pour préserver la santé en renforçant les politiques de prévention

L’idée est de diagnostiquer le plus tôt possible les maladies par la prévention. Un bilan de santé complet aura lieu gratuitement à l’âge de 25 ans, à l’âge de 45 ans et à l’âge de 60 ans. C’est aussi développer les relations entre la médecine de ville et l’hôpital et en finir avec les déserts médicaux.

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5. Pour concilier vie familiale et vie professionnelle

La difficulté de s’occuper des enfants et de poursuivre une carrière professionnelle, elle est souvent du côté des femmes mais plus généralement du côté des parents, père compris. L’idée est de donner un droit de garde pour les enfants de moins de 3 ans, soit par des places en crèche, soit par un réseau d’assistantes maternelles, en aidant les communes pour cela.


6. Pour aider les familles monoparentales

La pension alimentaire minimale et l’allocation de soutien familial seront revalorisées de 50% passant de 116 à 174 euros par mois et par enfant. De même, l’aide à la garde sera prolongée jusqu’au douzième anniversaire de l’enfant (actuellement, sixième).


7. Pour aider les retraités à faibles revenus

Le minimum vieillesse sera relevé à 1 100 euros par mois pour les carrières complètes. Les pensions seront indexées à l’inflation dès cet été.


8. Pour soutenir les élèves en améliorant l’école

L’enseignement du français et des mathématiques sera renforcé dans les programmes scolaires et les mathématiques feront partie du tronc commun au lycée. Par ailleurs, chaque écolier aura en primaire une demi-heure de sport chaque jour et au collège, les élèves auront deux heures de sport de plus chaque semaine.


9. Pour revaloriser l’image du lycée professionnel

L’idée est de faire de l’enseignement dans un lycée professionnel une voie d’excellence, en particulier grâce aux stages d’apprentissage, qui seront plus nombreux et rémunérés.


10. Pour réduire la facture énergétique de chaque Français

La rénovation thermique des logements sera accélérée au rythme de 700 000 logements par an avec des solutions financières pour chacun, voire sans avance de frais.


11. Pour développer les énergies renouvelables

L’objectif est de décupler notre production d’énergie solaire, de créer 50 parcs éoliens en mer d’ici à 2050, et de renouveler notre parc nucléaire. L’ambition est de devenir le leader mondial de l’hydrogène vert, de produire des millions d’automobiles électriques et hybrides, et de construire le premier avion bas carbone.


12. Pour généraliser l’utilisation de véhicule électrique ou hybride

Un forfait de base de location de longue durée d’un tel véhicule de 100 euros par mois sera proposé à chaque Français.


13. Pour augmenter le pouvoir d’achat

La redevance audiovisuelle sera supprimée (parallèlement à la taxe d’habitation) et l’indépendance de l’audiovisuel public sera garantie.

La prime de pouvoir d’achat dite "prime Macron" est versée par l’entreprise et est exonérée pour les salaires inférieurs à trois fois le SMIC. Son plafond sera triplé en 2022, à savoir passera de 2 000 à 6 000 euros.

Les droits de succession seront allégés : aucun impôt jusqu’à 150 000 euros par enfants et 100 000 euros transmis aux autres membres de la famille (petits-enfants, neveux, etc.).


Toutes ces mesures, immédiatement applicables, viennent en complément de ce qui a déjà été fait entre 2017 et 2022, en autre le Ségur de la santé, et qui ont notamment abouti à une France au taux de chômage faible (7,4%) et en pleine réindustrialisation (c’est la première fois qu’il y a plus de création d’emplois industriels que de suppression).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
13 raisons de voter pour Emmanuel Macron : pouvoir d’achat, santé, école, écologie…
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (42) : Emmanuel Macron en danger !
Élysée 2022 (41) : Emmanuel Macron descend dans l’arène.
Élysée 2022 (37) : Emmanuel Macron n’est pas (encore) réélu !
Élysée 2022 (36) : pour qui votera Nicolas Sarkozy au premier tour ?
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Enfin, une vision européenne !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220406-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/13-raisons-de-voter-pour-emmanuel-240739

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/06/39422032.html








 

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 03:44

« On pense que c’est difficile de travailler lorsque l’on est sur deux rives différentes, lorsque cela structure des engagements militants. Alors oui, ce n’est pas si facile, mais ce n’est pas si difficile non plus. Je pense que nous nous sommes efforcés, à la hauteur des responsabilités qui étaient les nôtres, de le faire avec le sens de l’intérêt général, la passion de la République et la conscience de l’État, aux côtés de l’État et avec l’État. » (François Baroin, le 21 novembre 2019 au 102e congrès des maires de France).




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Depuis plusieurs semaines, c’est la catastrophe pour Les Républicains et leur candidate à l’élection présidentielle Valérie Pécresse dans les sondages : elle coule. La question n’est plus si elle sera qualifiée pour le second tour et si elle pourra rassembler une majorité de suffrages face au Président sortant Emmanuel Macron, à supposer qu'il soit lui aussi au second tour.

La question aujourd’hui est moins ambitieuse, elle est de savoir si elle se retrouvera en cinquième position ou avant, et si elle aura un score à deux chiffres ou à un chiffre, ce qui serait définitivement une catastrophe. Les intentions de vote dans les sondages peuvent être trompeuses, l’inconnue de la participation, la difficulté d’estimer correctement un candidat nouveau venu (Éric Zemmour), etc. font qu’il peut y avoir des surprises, mais elles peuvent aussi être pires que les prévisions. Un autre candidat pourrait-il faire mieux ?

La question du titre n’a pas vraiment lieu d’être posée puisque l’un n’est pas candidat et l’autre est candidate. Mais si l’autre est candidate, c’est aussi parce qu’il a fallu trouver un moyen pour désigner un candidat LR dans les meilleures conditions. À l’élection précédente, c’était le trop plein avec une pléthore de grands et bons candidats, d’où la primaire ouverte de novembre 2016. Mais en automne 2021, c’était plutôt le trop vide : Nicolas Sarkozy dans les affaires judiciaires, François Fillon dans les affaires tout court, Alain Juppé au Conseil Constitutionnel, Nathalie Kosciusko-Morizet disparue de la vie politique après son échec aux élections législatives de juin 2017, Bruno Le Maire nommé parmi les plus importants ministres du quinquennat s’achevant, etc. Même des ténors ont refusé de s’engager, comme Gérard Larcher, Christian Jacob, Jean-François Copé, Laurent Wauquiez ou encore Bruno Retailleau.

Finalement, avec cette primaire très fermée de 2021, des carrières se sont achevées et d’autres ont commencé : Xavier Bertrand et Michel Barnier vont se retirer sur les rives nostalgiques des ambitions au futur antérieur tandis que Valérie Pécresse et Éric Ciotti ont gagné leur médaille de futurs gérants du parti LR, en espérant qu’ils ne deviennent pas des syndics de faillite.

Et François Baroin dans tout cela ? Comme Valérie Pécresse, François Baroin était un "bébé Chirac", donc, à la bonne école de la politique. Incontestablement, il aurait été, en mars 2017, en capacité, le cas échéant, à reprendre la candidature LR à l’élection présidentielle de 2017 si François Fillon y avait renoncé ainsi qu’Alain Juppé. C’est lui qui a mené Les Républicains aux élections législatives de juin 2017, et le groupe LR est devenu le principal groupe d’opposition. En cas de victoire LR en juin 2017, François Baroin aurait été candidat à Matignon.

Député à 27 ans, d’une grande expérience ministérielle, Ministre de l’Intérieur sous Jacques Chirac et Ministre de l’Économie et des Finances sous Nicolas Sarkozy qui ne l’a rappelé au gouvernement qu’en 2010, François Baroin était en 2021 encore assez jeune, très à l’aise avec les médias (il a commencé sa carrière comme journaliste de radio), une sorte de Harry Potter de la politique française, et il avait toutes les qualités pour être le candidat incontestable de LR en 2022. Depuis le début de 2020, tout le monde l’attendait, l’attendait… et il n’est pas venu. Probablement que s’il avait voulu être candidat, une procédure expéditive de désignation aurait eu lieu, comme c’était l’habitude dans la formation gaulliste, par acclamations.

Mais les temps ont changé, les ambitions ont aussi changé de nature. François Baroin n’avait pas envie, ne voulait pas être candidat, s’exposer à la vindicte populaire, peut-être même publier son patrimoine (il me semble que pour les parlementaires, la déclaration de patrimoine reste confidentielle, à vérifier). Alors que pendant un demi-siècle, les Français avaient affaire à des forcenés de l’ambition politique, prêts à se représenter après trois, quatre échecs, voici maintenant l’époque des dilettantes de la politique, je m’aménage une vie, je choisie la voie privée (présidence de la banque Barclays France depuis le 20 janvier 2022), je choisis mes mandats… François Baroin a choisi le seul mandat à garder, son mandat de maire de Troyes depuis sa première élection en juin 1995, bombardé héritier de l’historique Robert Galley. Réélu pour un cinquième mandat en 2020, à l’évidence, il aime sa ville et la soigne.

Parmi les responsabilités nationales d’après la fin de la droite au pouvoir, c’est-à-dire en 2012, François Baroin est devenu l’un des hommes essentiels des territoires, comme on dit, en se faisant élire président de l’Association des maires de France du 27 novembre 2014 au 17 novembre 2021. Il a quitté sa présidence dans un climat de bataille intestine, puisque pour la première fois, la présidence était convoitée par deux personnalités compétentes et poids lourds de l’association.

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Sur la capacité à mener la campagne présidentielle, Valérie Pécresse, même si on peut lui reprocher quelques erreurs, a montré un talent que beaucoup ne soupçonnaient pas. Le fait d’être une femme est aussi, aujourd’hui, un atout, la vie politique crève de délaisser les femmes aux plus hautes responsabilités malgré toutes les belles règles de parité qu’on peut faire : lorsqu’il ne reste qu’un seul fauteuil, à moins d’imaginer une procédure quantique qui indéterminerait le titulaire, il reste pour l’instant toujours à un homme : l’Élysée, Matignon (une exception dans l’histoire), une présidence d’assemblées parlementaire nationale ou de l’instance constitutionnelle suprême, etc.

Sur la forme, Valérie Pécresse, mine de rien, a su montrer son envie, son ambition, et elle a toujours étonné par sa détermination, aux élections régionales franciliennes également, son esprit combatif avait surpris et séduit. Vu les dispositions de François Baroin, s’il avait accepté d’être candidat LR, il l’aurait été par volonté de servir son parti, voire son pays, mais sans une envie folle, et les électeurs l’auraient ressenti comme ils ressentent ceux qui vont délibérément au casse-pipe.

Pourtant, il y a un point pour lequel Valérie Pécresse a été très mauvaise et qu’elle paiera encore longtemps et pour lequel le professionnel de la politique et de la communication qu’est François Baroin aurait sans doute été excellent. C’est la capacité à rassembler son camp, mais pas le parti, je pense à l’électorat traditionnel de LR. Or, celui-ci a deux ailes, a toujours eu deux ailes, une dure et droitière, et une humaniste et démocrate.

Les grands candidats du passé ont toujours marché sur les deux jambes : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, en particulier, ont su rassembler tant des Simone Veil que des Charles Pasqua. Cette capacité à faire des synthèses est la clef pour gagner. Sans rassembler les deux rives, impossible de convaincre plus de 50% de l’électorat. Le dernier à l’avoir fait, avec talent, c’est Emmanuel Macron bien sûr, en 2017, rassemblant de Philippe de Villiers à Robert Hue !

Valérie Pécresse a été incapable de faire cela. Elle s’est engouffrée dans la brèche extrémiste avec une rapidité qui a éloigné tous les modérés de la droite écœurés par la surenchère avec Éric Zemmour. Pourquoi, alors qu’elle était elle-même modérée et qu’elle avait quitté LR justement à cause de sa dérive extrémiste ? L’histoire gardera la question en suspens. Incapacité à résister aux pressions internes très fortes ? Incapacité à écouter les bons conseils de Nicolas Sarkozy ? Car François Baroin, il faut aussi le rappeler, était le dauphin désigné de Nicolas Sarkozy depuis 2017, et ils se voient régulièrement (un déjeuner le 12 mars 2021 par exemple).

Les deux, François Baroin et Valérie Pécresse, ont un potentiel pour Matignon. François Baroin a quitté la politique nationale tandis que Valérie Pécresse se bat pour garder LR hors de l’eau. Car après l’élection présidentielle, il y a les élections législatives, et si elle n’était pas élue, elle serait la mieux placée pour conduire son parti aux législatives voire jusqu’à la victoire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Baroin ferait-il mieux que Valérie Pécresse à l’élection présidentielle ?
Discours de François Baroin le 19 novembre 2019 au 102e congrès des maires de France à Paris (texte intégral).
En attendant François Baroin.
François Baroin, Premier Ministre très très virtuel (mai 2017).
UMP : François Baroin veut enterrer définitivement la ligne Buisson.
Le petit-fils spirituel de Jacques Chirac (mars 2007).
Retour au gouvernement (mars 2010).
Colère à Bercy (juin 2011).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220327-baroin.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-baroin-ferait-il-mieux-240508

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/02/08/39339540.html







 

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5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 03:03

« Cela peut advenir. Ne croyez pas les sondages ou les commentateurs, qui seraient formels, qui vous disent que c’est impossible. (...) Mobilisation générale ! » (Emmanuel Macron, le 2 avril 2022 à La Défense).




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Cette semaine est cruciale pour l’élection présidentielle puisque ce sont les derniers jours de campagne avant le premier tour le 10 avril 2022. C’est à ce moment que les choix se cristallisent, tandis que certaines chaînes d’information continuent encore à ne diffuser que presque exclusivement des informations en provenance d’Ukraine. Il y a une sorte d’autisme présidentiel dans certaines rédactions, peut-être parce qu’ils considèrent que l’élection est une formalité et pliée d’avance. Il n’en est rien, évidemment, et toutes les élections présidentielles ont apporté son lot de surprises.

Un des derniers sondages d’intentions de vote, celui réalisé du 1er au 4 avril 2022 par Harris Interactive – Toluna pour "Challenges" et publié ce lundi 4 avril 2022, a de quoi inquiéter le Président sortant Emmanuel Macron et ses soutiens. En effet, il montre qu’à l’évidence, rien n’est joué, ni au premier tour, ni au second tour.

Les sondages sont ce qu’ils sont et les instituts de sondage insistent lourdement : « Les intentions de vote mesurent un rapport de force à un moment donné. Elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme étant prédictives des résultats du scrutin. ». Donc, comme toujours, il faut les prendre pour ce qu’ils sont, une indication parmi d’autres. Toutefois, parce que nous sommes un pays de libertés, plusieurs instituts proposent des sondages en concurrence, et si les résultats absolus (les pourcentages) varient en fonction des calculs et des redressements, il y a une belle cohérence sur leurs évolutions : les tendances sont les mêmes pour tous les instituts de sondage.

Et quelles sont les tendances depuis deux semaines ? Une perte de vitesse des intentions de vote pour Emmanuel Macron, une montée très forte pour Marine Le Pen, également pour Jean-Luc Mélenchon, et un tassement pour Valérie Pécresse et Éric Zemmour. Et cela autant au premier tour qu’au second tour, et c’est cela qui est très important de comprendre.

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Dans le sondage Harris Interactive, la situation pour la majorité est très préoccupante car Marine Le Pen, avec 23% d’intentions de vote, talonne désormais Emmanuel Macron, 26,5%, tandis que Jean-Luc Mélenchon suit honorablement avec 17% d’intentions de vote. Viennent ensuite Valérie Pécresse et Éric Zemmour à 9,5% chacun, Yannick Jadot à 5%, Fabien Roussel à 2,5%, Jean Lassalle et Anne Hidalgo à 2%, etc.

Il y a manifestement une dynamique inquiétante pour Marine Le Pen, mais aussi pour Jean-Luc Mélenchon : il a phagocyté les intentions de vote pour Fabien Roussel (qui était monté jusqu’à 5%), pour Yannick Jadot (qui était monté jusqu’à 10%) et pour Anne Hidalgo (qui était montée jusqu’à 7%).

Je l’ai écrit et répété depuis longtemps : l’élection n’a jamais été jouée, y compris le premier tour. Si l’on regarde les tendances, la qualification d’Emmanuel Macron pour le second tour n’est pas d’une certitude absolue, il faut en être conscient. On peut se retrouver avec un face-à-face entre nos deux extrêmes récurrents depuis quinze ans.

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D’autant plus qu’il pourrait y avoir des calculs tordus de certains électeurs d’Emmanuel Macron. Ainsi, l’humoriste Alex Vizorek, dans sa chronique du 5 avril 2022 sur France Inter, a fait part de la discussion de ses voisines de tablée dans un restaurant parisien : l’une disait à son interlocutrice qu’elle était favorable à Emmanuel Macron mais qu’elle allait voter pour Jean-Luc Mélenchon car un second tour entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon serait plus facile pour le candidat Président ! Or, ce qu’on constate avec ce sondage, c’est qu’une telle tactique (stupide) fait descendre Emmanuel Macron et monter Jean-Luc Mélenchon, mais certainement pas descendre Marine Le Pen. C’est un petit jeu très dangereux.

Et effectivement, il peut y avoir des mauvaises surprises. Prenons "l’indice de participation au premier tour" mesuré par Harris Interactive, qui cherche à déterminer le taux de participation. Il serait de l’ordre de 70%, ce qui est faible à moins d’une semaine du premier tour, même s’il est en hausse (de nombreux électeurs se décident au dernier moment).

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Au premier tour du 21 avril 2002, il y a vingt ans, il y avait aussi une faible participation, 71,6% alors que le niveau "normal" se situe plutôt un peu en dessous de 80%. Ce faible niveau a fait le jeu des extrêmes, si bien que Lionel Jospin n’a pas pu participer au second tour. Le risque est le même pour Emmanuel Macron s’il ne parvient pas à mobiliser massivement son électorat dimanche prochain. Il est le seul représentant du gouvernement sortant et à ce titre, il attire toutes les oppositions, ce qui est commun dans ce genre d’élection (en 1981, la plupart des candidats faisaient le concours du meilleur "candidat anti-Giscard" !).

En ne faisant campagne qu’à une semaine du premier tour, Emmanuel Macron a oublié un effet important : faire campagne mobilise et fait évoluer l’élection. Toutefois, Emmanuel Macron a encore fait très peu de déplacements, et il est piégé par la stricte égalité du temps de parole qui l’empêche d’expliquer précisément tant son bilan que ses propositions, c’était le cas le 4 avril 2022 à la matinale de France Inter où il n’a même pas eu une demi-heure pour s’expliquer. Ses concurrents ont bénéficié pendant plusieurs mois d’un temps de parole illimité pendant la précampagne, de meetings retransmis en direct dans leur intégralité, etc. C’est comme si dans un banquet, les serveurs vous apportent tous les plats en même temps et vous disent : vous avez cinq minutes pour tout manger et tout digérer !

Ainsi, malgré son excellence tant sur la forme que sur le fond, tant sur le bilan, les valeurs que sur le projet, la couverture médiatique du grand meeting d’Emmanuel Macron à l’Arena de La Défense a été très mal assurée pour des raisons constitutionnelles, entre deux comptes-rendus de meeting de concurrents. Pour se faire entendre, il faut marteler, et je le répète, même De Gaulle a dû faire campagne, il a été lessivé par le premier tour en 1965 parce qu’il n’avait pas voulu faire campagne.

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Les intentions de vote pour le second tour, plus hasardeuses puisque les résultats du premier tour ne sont pas connus, montrent cependant la même tendance : Valérie Pécresse et Éric Zemmour ne sont plus dans la compétition, et les écarts se réduisent dans les duels entre Emmanuel Macron et respectivement Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. J’insiste aussi : même face à Jean-Luc Mélenchon, certes, il  a encore 16 points d’écart, mais c’est en nette diminution (c’était 34 points il y a moins d’un mois !).

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Là où il y a une réelle menace pour le Président de la République, c’est face à Marine Le Pen dont l’écart est insignifiant : un duel à 51,5% vs 48,5% quand la "marge d’erreur" est de 2,3, cela signifie que le candidat à qui on a attribué 51,5% d’intentions de vote peut avoir entre 49,2% et 52,8% (ce que Harris Interactive appelle "marge d’erreur" ou "intervalle de confiance" est pour moi en fait le demi-intervalle ou demi-marge). En clair, une victoire de Marine Le Pen est possible, d’autant plus qu’elle est en évolution ascendante.

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L’une des raisons de cette ascension de Marine Le Pen (et qui explique aussi l’effondrement d’Éric Zemmour qui n’a cessé de s’obséder sur l’immigration), c’est que le thème majeur des électeurs, on le dit depuis l’été dernier, c’est le pouvoir d’achat à un moment où la guerre en Ukraine provoque de l’inflation supplémentaire. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle, le pouvoir d’achat : ce n’est pas l’emploi, c’est le pouvoir d’achat. C’est-à-dire qu’on a enfin un emploi, mais on reste encore dans une situation économique dégradée. C’est un signe positif du bilan d’Emmanuel Macron : le chômage est redescendu à 7,4% de la population active, c’est le plus bas depuis quinze ans, et le thème marquant du projet d’Emmanuel Macron, c’est le plein emploi dans cinq ans (plein emploi, cela signifie un taux de 5% ou moins).

C’est ce qu’a mesuré aussi Harris Interactif : la thématique qui compte le plus, à 59% des sondés, est le pouvoir d’achat, suivi de la santé 36%, les retraites 35% et l’immigration 34%. L’environnement et l’emploi n’arrivent qu’en sixième et huitième position, respectivement, à 23% et 21%. De manière incompréhensible si l’on regarde précisément son programme et son financement, Marine La Pen apparaît plus crédible qu’Emmanuel Macron sur la garantie du pouvoir d’achat, respectivement 47% et 42% des sondés (et c’est très nouveau, il y a deux semaines, c’était 38% et 44%). Donc, Emmanuel Macron doit continuer à rappeler que le pouvoir d’achat des Français a augmenté durant les cinq dernières années, qu’il a supprimé la taxe d’habitation, augmenté la prime d’activité etc. et que, en particulier, il compte amener le minimum vieillesse à 1 100 euros et tripler la "prime Macron".

L’enseignement de ce sondage parmi d’autres qui montrent la même tendance, c’est que rien n’est joué, mais on le savait déjà. Plus important, ceux des électeurs qui ne veulent absolument pas voir arriver à l’Élysée, au cœur du pouvoir, en responsabilité jusqu’à devoir utiliser ou pas une arme nucléaire en cas d’agression majeure, ceux qui ne veulent absolument pas ni de Marine Le Pen dont on a excessivement banalisé l’extrémisme d’exclusion, ni de Jean-Luc Mélenchon dont le communautarisme ferait de la France un pays profondément divisé, n’ont, dès le premier tour, qu’un seul choix, celui du candidat Emmanuel Macron, car tout autre choix sera un vote perdu, que ce soient Valérie Pécresse, Yannick Jadot, Anne Hidalgo ou d’autres.

Beaucoup d’électeurs du 21 avril 2002 ont été traumatisés par les résultats de ce premier tour et par leur comportement électoral un peu léger. Je sais que la mémoire est courte, mais ici, l’enjeu est très grave, il ne s’agit pas de se retrouver le 24 avril 2022 avec un face-à-face entre deux imposteurs professionnels Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le choix d’Emmanuel Macron s’impose donc dès le premier tour et je souhaite que Nicolas Sarkozy prenne la parole cette semaine pour le dire clairement.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Les graphiques proviennent du baromètre d’intentons de vote à l’élection présidentielle de 2022, vague 40, réalisé par Harris Interactive – Toluna pour "Challenges", publié le lundi 4 avril 2022, réalisé en ligne du 1er au 4 avril 2022 auprès d’un échantillon de 2 531 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 200 personnes inscrites sur les listes électorales.


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (42) : Emmanuel Macron en danger !
Élysée 2022 (41) : Emmanuel Macron descend dans l’arène.
Élysée 2022 (37) : Emmanuel Macron n’est pas (encore) réélu !
Élysée 2022 (36) : pour qui votera Nicolas Sarkozy au premier tour ?
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Enfin, une vision européenne !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220404-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-42-emmanuel-macron-en-240666

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/04/04/39420233.html







 

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 03:30

« La France, c’est un bloc. On ne trie pas. On ne choisit pas. On l’aime tout entière et on la prend comme elle est. » (Emmanuel Macron, le 2 avril 2022 à La Défense).




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S’il fallait garder une seule formule, ce serait peut-être celle-ci, la France, c’est un bloc, reprenant la célèbre formule de Clemenceau sur la Révolution. Une manière de rappeler que les extrémismes qui professent l’exclusion d’une catégorie de personnes ne correspond pas à la tradition française ni aux valeurs républicaines.

C’était impressionnant de voir l’Arena de La Défense à Paris, ce samedi 2 avril 2022 après-midi, quasi-complètement remplie, seulement quelques travées étaient vides. Cette salle, inaugurée le 16 octobre 2017 et utilisée principalement pour des compétitions sportives et pour des concerts, est la plus grande d’Europe, mais les 30 000 participants n’étaient pas venus pour un match ni pour un spectacle, ou alors, si, pour un match particulier, l’élection présidentielle, et pour un spectacle particulier, celui du Président candidat Emmanuel Macron venu faire son unique grand meeting de la campagne avant le premier tour. 600 journalistes y étaient attendus.

Il faut le répéter : Emmanuel Macron adore faire campagne, il adore débattre, il adore confronter les arguments, démonter ceux de ses opposants et proposer les siens, défendre son bilan dont il n’a vraiment pas à rougir, au contraire, et exposer ses perspectives, son projet. Et face à une salle convaincue, bien sûr, il adore encore plus. Résultat, certains journalistes ont regretté cette endurance car la candidat a parlé pendant 2 heures 15 et il aurait pu continuer encore, et comme le temps de parole est désormais (depuis le 28 mars) strictement décompté à égalité des candidats, aucune chaîne de télévision n’a diffusé en direct et dans son intégralité son pourtant unique meeting, alors que ses concurrents ont eu l’occasion, pendant la précampagne de bénéficier d’une belle couverture médiatique à la télévision.

Qu’importe, car le candidat n’avait pas trop le temps. Pourtant, il reste une semaine et pendant le meeting, il a insisté lourdement : rien n’est joué, l’impossible que disent les journalistes est possible, en clair, sans le préciser explicitement, l’élection de Marine Le Pen est possible : « Cela peut advenir. Ne croyez pas les sondages ou les commentateurs, qui seraient formels, qui vous disent que c’est impossible. ». L’impossible s’est réalisé plusieurs fois : le Brexit, l’élection de Donald Trump… et même sa propre élection en 2017, personne chez les journalistes n’imaginait qu’il serait élu. Alors, méfiance des sondages, du statut de candidat favori. Il a martelé auprès de ses troupes : aucune arrogance, et durant cette après-midi, il a rappelé trois fois, aucun sifflet, aucune manifestation désagréable pour les adversaires : « Ne les sifflez pas, combattez-les par les idées, avec respect ! ».

C’était un véritable spectacle. On pouvait dire aussi une grand-messe où tout le monde est en communion. Avec sa liturgie, son clergé, et ses chants (son chant, la Marseillaise, bien sûr, chantée à la fin, mais aussi au milieu, spontanément, par la salle, quand Emmanuel Macron a évoqué les soldats morts au combat). On pourrait presque croire qu’il y avait un culte de personnalité, mais en fait, il a renoué avec ce qui fait fondamentalement la Cinquième République, à savoir la rencontre d’un homme (ou d’une femme) et d’un peuple.

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Se mettre en avant impose d’ailleurs un travail sur soi pour certains (comme Pierre Mendès France, Jacques Delors, Lionel Jospin, etc.), ou c’est totalement naturel pour d’autres (comme Jacques Chirac, François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, etc.). Emmanuel Macron est à l’évidence dans la seconde catégorie et il a été excellent doublement, sur le fond et sur la forme.

C’est parce qu’il est jeune et qu’il réussit qui suscite autant d’opposition, et même de haine (j’y reviendrai peut-être), au-delà d’être "le punching ball" institutionnel des râleurs ; il suffit de voir, dans un but électoral très précis, ceux qui n’ont que pour slogan : "Tout sauf Macron", slogan ridicule qui rappelle en 2012 "Tout sauf Sarkozy", François Hollande n’a pas eu cette chance car il a déclaré forfait trop vite, mais la réalité, c’est que ce serait plutôt : "Tout sauf le Président que j’ai élu la fois dernière". Les candidats opposants sentent tellement que leur proposition est légère qu’ils misent seulement sur le rejet du Président sortant. Comme on le rend responsable de toutes les misères du monde, c’est plus facile. Mais cela a donné des catastrophes, justement le quinquennat de François Hollande, par exemple. Le vote par défaut a toujours été stupide, il faut adhérer à un candidat, pas s’en remettre aveuglément au candidat opposé à celui qu’on rejette, car cela risque de faire pire.

Rappel : Emmanuel Macron a été très largement élu Président de la République par le peuple français le 7 mai 2017. Il a été élu par 43,6% des électeurs inscrits (je précise, par rapport aux électeurs inscrits, donc, ce chiffre tient compte de l’abstention et du vote blanc), ce qui est très honorable : De Gaulle a été (ré)élu par 45,3% des inscrits en 1965, à peine mieux et c’était De Gaulle, et François Mitterrand, pour ne prendre que lui, a été élu par 43,1% des inscrits en 1981 et réélu par 43,8% des inscrits en 1988.

Mais il y a aussi une autre raison pour susciter tant de haine, complètement injustifiée car il a redressé la France comme aucun autre depuis quarante ans. Il "en a", je veux dire, il est martial, il a de l’autorité et est capable de prononcer un discours martial, qui porte, or, jusqu’à maintenant, ceux qui sont à discours martial, ce sont des extrémistes, ce ne sont pas des raisonnables et des modérés. Emmanuel Macron est singulier : il ose défendre une politique réaliste et non démagogique haut et fort.

Comment ne pas avoir été ému quand il a crié dans la salle pleine à craquer : « Je suis fier d’être Européen ! ». De porter haut le projet européen : « Nous ne lâcherons rien de notre combat pour l’idéal européen ! ». Ne rien lâcher « face au dérèglement du vivant avec le virus, au dérèglement écologique, au réchauffement climatique, l’érosion du vivant, le dérèglement du capitalisme avec des inégalités insupportables, le dérèglement géopolitique avec le retour des empires, des guerres avec le spectre d’un conflit mondial. ». Et en même temps, il a insisté très fermement, à l’adresse de tous les poutinolâtres de bistrot qui usent et abusent d’un antiaméricanisme primaire idéologique pour justifier les massacres des Ukrainiens : « Nous ne sommes les vassaux de personne ! ».

Pendant trente ans, les rares poids lourds de la politique française favorables à la construction européenne étaient des Européens honteux sinon faibles. C’est ce que je reproche à François Bayrou, pourtant ni honteux ni faible, de ne pas avoir fait en juin 2009 une campagne ouvertement proeuropéenne et de s’être contenté de faire de l’antisarkozysme primaire. Il faut avoir le courage d’exprimer haut et fort ses convictions européennes. L’Europe a longtemps agonisé de ne pas avoir trouvé de leader, de promoteur à la hauteur de l’enjeu historique.

C’est en refusant de l’exprimer, cette conviction européenne, tout en la mettant en pratique quand même, que pendant un quart de siècle, on a diffusé ce lourd passif, ce sentiment d’europhobie, jusqu’au rejet de 2005. Heureusement, "l’opinion publique" s’est tellement retournée qu’aucun candidat n’ose affronter ouvertement l’Union Européenne, même Marine Le Pen dont on ne comprend pas les positions successives (lire plus loin)) et avec la guerre en Ukraine, comme l’a redit samedi Emmanuel Macron, sans l’Europe, avec seulement la France, je voudrais bien vous y voir, de négocier avec Vladimir Poutine : « Bon courage à ceux qui, face à la Russie, prônent le grand repli et bon courage à ceux qui, face au retour des empires et aux défis des temps, défendent le grand rabougrissement ! ». La guerre donne toujours des prises de conscience. Dommage qu’elles sont tardives.

Alors, évidemment, c’est à la fois un meeting et un spectacle. La salle était chauffée à blanc, alors que toute la Macronie était présente, au point que certains députés LREM ont rouspété de ne pas avoir été placés au quartier VIP réservé aux ministres et aussi, aux ralliés tardifs. Il y avait même un chauffeur de salle, ce qui est un peu ridicule (tout comme le concours pour amener le plus de participants possible), mais l’animateur a réussi à faire faire la ola au premier rang, celui des anciens Premiers Ministres et ministres actuels du gouvernement. Après tout, c’est aussi une réunion familiale, et à cette occasion, on peut faire la fête même si le visage d’Emmanuel Macron était plus grave que joyeux à cause des troubles des temps nouveaux. Ce meeting était sa pause détente entre deux coups de fil pour l’Ukraine.

Néanmoins, le candidat Président n’a pas négligé la préparation de son intervention. La veille, il avait même fait une répétition, car il a innové, pas autant que Jean-Luc Mélenchon avec ses hologrammes et ses odeurs, mais un peu quand même. La tribune était au centre de la salle, avec des participants tout autour, ce qui est maintenant classique. La tribune, de forme hexagonale et tricolore, avait trois pupitres installés avec des prompteurs (il n’a pas beaucoup utilisé les prompteurs car il sortait souvent du cadre de son discours prévu initialement d’une heure), répartis à 120° chaque fois. Il allait de l’un à l’autre régulièrement, pour n’oublier personne, marchait au centre, parlait avec une constance dans la voix puissance. On pouvait comprendre l’amateur de théâtre. C’est plus facile de parler d’Europe puissance quand on a la voix puissante, et Valérie Pécresse a même fait sa Caliméro le 3 avril 2022 à la Porte de Versailles (où Nicolas Sarkozy a été sifflé à cause de son silence assourdissant) en disant en substance qu’un bon Président n’est pas un bon orateur mais un bon faiseur. Elle n’a pas compris le rôle du politique : bien sûr que si, un Président doit savoir représenter la France, et le talent du verbe est indispensable. C’est le verbe fait action, la politique.

Innovation aussi car le meeting était retransmis sur Minecraft, un jeu virtuel sur Internet, mais l’intérêt de l’exercice restait très limité car il reprenait simplement la retransmission réelle de l’Arena de La Défense, sans valeur ajoutée pour les joueurs virtuels du Web généralement déçus par cette innovation.

J’évoquais la Macronie, et effectivement, il y a eu beaucoup de beau monde à ce meeting. On peut même ressentir une certaine émotion avec la présence de Jean-Pierre Chevènement qui ne s’est pas contenté d’apporter son soutien verbalement, mais il était là, en chair et en os, à 83 ans, il a accepté de se prêter au jeu du militantisme, se lever quand il le fallait, applaudir aussi, sauf quand il s’agissait d’Europe, car son soutien n’était pas inconditionnel. Il était le rédacteur du programme commun de la gauche au début des années 1970. Avec lui, c’est carrément plus de cinquante années de vie politique qui défilent. Dommage qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas remercié personnellement dans son discours (à ma connaissance). Il était peut-être le plus âgé présent dans la salle des responsables politiques ou anciens responsables politiques.

Jean-Pierre Chevènement avait été chaleureusement salué, avant le début du meeting, par l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe, également présent, ainsi que Jean Castex, Jean-Pierre Raffarin et Manuel Valls. C’est la magie d’Emmanuel Macron d’avoir su réunir dans un même meeting politique à moins de deux mètres pendant trois heures, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Pierre Raffarin. Manuel Valls était le bon élève, très présent à l’écoute, pas de smartphone, juste bon participant, comme si tout devait être fait pour ne pas rater un futur ministère qu’il n’aura probablement jamais.

Parmi les nombreuses personnalités présentes à ce meeting, je peux citer en outre, et sans être exhaustif : Gabriel Attal (et un petit garçon sur ses genoux, qui est son demi-frère), François Bayrou, Richard Ferrand, Brigitte Macron, Roselyne Bachelot (la quasi-seule à avoir porté un masque), Stanislas Guérini, Jean-Yves Le Drian, Élisabeth Borne, Fabienne Keller, Marlène Schiappa, Jean-Michel Blanquer, Jean-Louis Bourlanges, Laurent Hénart, Olivier Véran, Amélie de Montchalin, Alain Richard, Gérald Darmanin, Christophe Castaner, Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu, Agnès Buzyn, Éric Dupond-Moretti, Élisabeth Guigou, Renaud Muselier, Hubert Falco, Christian Estrosi, Olivier Dussopt, Éric Woerth, Geneviève Darrieussecq, Florence Parly, Barbara Pompili, Claude Malhuret, Patrick Mignola, Franck Riester, François Patriat, Karl Olive, Emmanuelle Wargon, Carole Bouquet, Claude Lelouch, Bernard Montiel, etc.

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Emmanuel Macron a eu un mot pour ses parents, ses enfants (ceux de Brigitte Macron), petits-enfants, tous présents, et surtout pour Brigitte à qui il a lancé un baiser avec la main : « l’évidence, la présence de celle qui m’importe le plus, qui m’apporte le plus dans cette singulière aventure de vie ».

Dans l’expression, Emmanuel Macron a parfois fait dans la facilité oratoire, il a usé à plusieurs reprises d’anaphores (la plus célèbre en politique a été prononcée par François Hollande le 2 mai 2012 : « Moi, Président de la République, je… »). Là, il en a fait une pour dire ce qu’était la France, et il l’a illustrée par de nombreuses personnalités décédées durant son quinquennat : la France, c’est Simone Veil ; la France, c’est Daniel Cordier ; la France, c’est Hubert Germain ; la France, c’est Arnaud Beltrame ; la France, c'est Samuel Paty  ; la France, c’est Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, soldats morts en Afrique pour sauver des otages (il a eu une véritable larme d’émotion et la Marseillaise a été chantée dans la salle spontanément en réaction) ; la France, c’est…

Une autre anaphore a été utilisée de façon appuyée pour rassembler les Français du style : vous voulez réduire les émissions de carbone ? Venez nous rejoindre ! Vous voulez retrouver une souveraineté industrielle ? Venez nous rejoindre ! etc. Le demi-frère de Gabriel Attal a participé avec joie à cet exercice de style. Une autre anaphore encore lorsqu’il lançait une série sur : « Je ne me résoudrai jamais. Je me battrai toujours. Comme je me suis battu sans relâche depuis cinq ans. » (voir plus loin).

Pendant ce long discours, Emmanuel Macron a passé tous les sujets en revue. Il a d’abord dressé un bilan de son action, rappelé la baisse du chômage, la réindustrialisation de la France, la hausse du pouvoir d’achat, l’accélération de la réduction des émissions de carbone (« Nous avons doublé le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre ces cinq dernières années »), la gestion des crises qui ont été nombreuses et graves : « C’était notre projet, et c’est maintenant notre bilan, nous l’avons fait (…). Malgré les crises, nous avons tenus nos promesses. (…) Le taux de chômage est au plus bas depuis quinze ans. ».

Mais il n’est pas resté seulement sur cette défense du bilan, même si certains mots ont eu pour but de répondre à certaines critiques, notamment celle de l’accompagnement par le cabinet McKinsey. Il a en particulier critiqué ceux qui utilisaient ce mauvais argument alors qu’eux-mêmes utilisent dans les collectivités qu’ils gèrent ou ont gérées le même genre de cabinet (il y aurait beaucoup à dire sur le sujet et je trouve que sur cette critique, il n’a pas apporté une réponse efficace) : « Je voulais rappeler à tous ceux qui s’en indignent, qu’ils les ont à chaque fois utilisés dans leur collectivité ou au gouvernement. ».

Ensuite, il a parlé des principes qui guident son action et aussi qui guident celle de tous ceux qui l’ont rejoint. En particulier, l’humanisme et le progrès. Il a rappelé que les Premiers Ministres de son quinquennat ne l’avaient pas soutenu en 2017 et pourtant, il a su les rassembler autour de principes forts. Il a appelé les gaullistes, les sociaux-démocrates et les écologistes à venir le rejoindre. Il a assuré porter un projet de dépassement : « Car depuis le début, nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays ! ». Il a aussi fustigé les extrêmes : « Il n’y a pas plus puissant que la force tranquille de la fraternité. » et a loué le rassemblement : « La France unie, c’est celle qui se regarde en face, dans sa pluralité. ». Il a appelé à la « mobilisation générale ». Bien sûr, le clin d'œil avec les slogans de François Mitterrand est clair (force tranquille en 1981, France unie en 1988).

Il a attaqué l’extrême droite en disant qu’il faut rappeler ce qu’est l’extrême droite, ne pas s’habituer aux discours de haine et d’exclusion. Il a aussi dit que la France était un tout, voir au début de l’article. Au-delà de l’obsession du repli sur soi et du « grand rabougrissement », Emmanuel Macron a taclé fort : « Nous nous sommes habitués à voir des responsables politiques raconter n’importe quoi sur le covid, tenir les pires discours complotistes sur le vaccin, au risque de mettre la vie de nos compatriotes en danger, ils peuvent le matin sortir de l’euro, le soir venir dans l’Europe, personne jamais ne relève leur incohérence. Le programme, pourtant, ruinerait les petits épargnants, effondrerait leur pouvoir d’achat, amènerait à la faillite leurs retraites. ».

Aussi en parlant de l’Histoire de France : « quelques moments de bravoure et quelques mots d’amour ». Ou encore en s’interrogeant avec force sur la nature d’un pseudo-patriotisme : « Nous nous sommes habitués à laisser des candidats se dire patriotes, tout en faisant financer leur projet et leur parti par l’étranger. ». Le "nous" est une fait une critique des médias, des journalistes qui laissent dire des énormités sans rien à y redire.

La menace extrémiste est bien réelle : « Le danger extrémiste aujourd’hui est d’autant plus grand que depuis plusieurs années, la haine, les vérités alternatives, se sont banalisées dans le débat public. Nous nous sommes habitués à voir défiler, sur certains plateaux de télévision, des auteurs antisémites, d’autres racistes (…). Non au politiquement correct, non au politiquement abject. ».

Une attaque aussi pour l’extrême gauche, en martelant la devise de la République et en y incluant un quatrième principe : liberté, égalité, fraternité, laïcité, et il a condamné ceux qui, à gauche, sont tombés dans la logique communautariste, ceux « qui se réclament de Jaurès ou de Clemenceau qui cessent de défendre la laïcité et versent dans le communautarisme ».

Cela n’a pas empêché le Président de noter que le Ramadan commençait le jour même, il a été très vivement applaudi. On peut être pour un État neutre et vouloir que les citoyens pratiquent leur culte en toute liberté selon leur foi.

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Puis est venue la partie des perspectives d’avenir, très dense également, je n'insiste pas trop car j'y reviendrai. Emmanuel Macron a voulu miser sur l’école et sur la santé : il a proposé de recruter 50 000 infirmières pour accompagner les personnes âgées dans les EHPAD. Sur la maltraitance des personnes âgées dans les EHPAD, il a repris un slogan du NPA : « Leurs vies valent plus que tous les profits (…). Je ne me résoudrai jamais à ce qu’on puisse faire des économies sur les Français les plus précaires, les plus modestes. ». Sur le climat, son ambition est d’être la « première grande nation à sortir des énergies fossiles » en s’appuyant sur l’énergie nucléaire. Il a aussi développé son ambition européenne. Il veut faire la rénovation thermique de 700 000 logements tous les ans.

Emmanuel Macron a bien sûr évoqué les deux seuls points de son projet qui ont été médiatisés, pour être critiqués. La retraite à 65 ans, qui est le moyen de ne pas augmenter les impôts ni augmenter la dette, qui répond à une logique sociale, celle de préserver le modèle social français qui ne sera préservé que si son financement est pérennisé. Et il a rappelé que dans son projet, il a proposé le minimum retraité à 1 100 euros. Son courage, il vient de cette conviction : « Il n’y a pas d’État social, il n’y a pas d’État providence, s’il n’y a pas un État productif (…). Alors, j’assume, oui, de vous dire qu’il faudra travailler plus. ». Sur le RSA, Emmanuel Macron a rejeté le procès d’être antisocial : « Il s’agit tout simplement de tendre la main et d’offrir à tous les bénéficiaires des perspectives. ».

Il n’a pas non plus été sans écoute sur le pouvoir d’achat : « Je ne me résoudrai jamais à ce que des Français qui travaillent voient tous leurs salaires partir en pleins d’essence, en factures, en loyers, et renoncent finalement à offrir un cadeau à leurs enfants, c’est injuste ! ». D’où ses propositions de tripler la "prime Macron" et de revaloriser à 550 euros de plus au niveau du SMIC pour les travailleurs indépendants (et la revalorisation du minimum vieillesse indiquée plus haut).

Comme le discours a été très long, il est difficile, pour les journalistes, tenus à la rigoureuse égalité de traitement des candidats, de pouvoir détailler tout ce qui a été dit à l’Arena de La Défense, mais ce discours, unique en son genre, aura marqué et si, comme je l’espère, Emmanuel Macron est réélu le 24 avril 2022, il servira de base référence pour son second quinquennat, un peu comme le discours du Bourget pour le quinquennat de François Hollande, avec, à mon sens, s’il fallait le réduire, trois formules chocs qui feront date.

1. « Nous ne sommes les vassaux de personne ! ».
2. « Nous ne lâcherons rien de notre combat pour l’idéal européen ! ».
3. « La France, c’est un bloc. On ne trie pas. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (41) : Emmanuel Macron descend dans l’arène.
Meeting d’Emmanuel Macron à Arena à La Défense le 2 avril 2022 (vidéo et texte intégral).
Jacques Delors.
Dominique de Villepin.
Élysée 2022 (37) : Emmanuel Macron n’est pas (encore) réélu !
François Léotard.
Bertrand Delanoë.
Manuel Valls.
Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Pierre Raffarin.
Éric Woerth.
Élysée 2022 (36) : pour qui votera Nicolas Sarkozy au premier tour ?
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Présentation du projet présidentiel d’Emmanuel Macron le 17 mars 2022 à Aubervilliers (vidéo).
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (34) : la liste officielle des 12 candidats.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Lettre du candidat Emmanuel Macron à tous les Français le 3 mars 2022 (texte intégral).
Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine le 2 mars 2022 (vidéo et texte intégral).
Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !
La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Enfin, une vision européenne !








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220402-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-41-emmanuel-macron-240621

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/29/39410475.html








 

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