Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:10

« J’adresse à tous ceux qui ont voté pour moi (…) un message d’amitié et de reconnaissance. (…) À l’occasion des élections législatives, ils auront la possibilité de faire entendre la voix de la droite et du centre. Ne vous dispersez pas. Restez unis. Restez déterminés. Croyez-moi, votre force va compter. La France en a besoin. En attendant, il nous faut choisir ce qu’il y a de préférable pour notre pays. Je ne le fais pas de gaîté de cœur, mais l’abstention n’est pas dans mes gènes, surtout lorsqu’un parti extrémiste s’approche du pouvoir. Le Front national, ce parti créé par Jean-Marie Le Pen, a une histoire qui est connue pour sa violence et pour son intolérance. Son programme économique et social mènerait notre pays à la faillite. Et à ce chaos, il faudrait ajouter le chaos européen avec la sortie de l’euro. Je vous l’assure, l’extrémisme ne peut qu’apporter malheurs et divisions à la France. Dès lors, il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise. Il vous revient maintenant en conscience de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. » (François Fillon, le 23 avril 2017).


_yartiFillonSecondTour01

Tout le monde peut se tromper et personne n’est madame Soleil. Lors d’une interview au "Journal du dimanche" du 16 avril 2017, à une semaine du premier tour, le candidat François Fillon avait imprudemment confié : « J’ai une forme de sérénité, qui m’étonne moi-même. Je sais que je serai au second tour. J’ai cette conviction profonde. ». Cette conviction, il l’a nourrie avec son ascension phénoménale lors de la dernière semaine de la campagne du premier tour de la "primaire de la droite et du centre". Il était convaincu que ce phénomène se reproduirait à l’élection présidentielle. Il n’en a rien été. Il n’a jamais réussi à redécoller vraiment de son étiage à 18-20% depuis deux mois.

C’est donc un échec important, total, même, si l’on considère que cette élection était "imperdable" par Les Républicains. C’est vrai qu’à l’époque, lorsqu’on disait cela, on dissertait encore sur la rivalité entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

C’est un échec car l’objectif du premier tour, c’était d’atteindre le second tour, et cette mission n’a pas été remplie. Inutile de rappeler ce qui a plombé sa campagne : non seulement l’affaire judiciaire, mais aussi un mauvais dimensionnement de son programme (la suppression de 500 000 postes de fonctionnaire a terrorisé un pays très respectueux de la fonction publique), une attitude de campagne peu rassembleuse humainement (sans liant entre ses soutiens, sans encouragement, sans motivation de ses troupes, comme savent si bien le faire non seulement Nicolas Sarkozy mais aussi …Emmanuel Macron), enfin, une stratégie de campagne erronée.

En quoi la stratégie de campagne de François Fillon a-t-elle été erronée ? C’était de faire une confiance aveugle aux sondages depuis trois ans, ce qui est un comble pour celui qui, justement, a su démentir les sondages en novembre 2016. Comme tous les médias, il considérait comme acquise la présence de Marine Le Pen au second tour, et convenait même qu’elle obtiendrait la première place au premier tour, comme cela a été lors du dernier test grandeur nationale, à savoir les élections régionales de décembre 2015.

_yartiFillonSecondTour02

La conséquence de cela, c’était que pour obtenir la qualification pour le second tour, il fallait prendre la deuxième place et le seul qui, au départ, pouvait le concurrencer, c’était Emmanuel Macron. On a vu un peu plus tard qu’un second challenger a surgi brutalement, avec la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon. En vertu de cette analyse erronée, François Fillon a principalement matraqué le candidat Emmanuel Macron, qui, pourtant, était le plus proche de tous les autres candidats, au point de l’appeler "Emmanuel Hollande", une expression aujourd’hui récupérée par l’extrême droite.

Or, la réalité électorale a montré que le concurrent direct de François Fillon au premier tour n’était pas Emmanuel Macron mais …Marine Le Pen elle-même ! Si François Fillon avait dépensé un peu plus d’énergie à combattre le programme dément de Marine Le Pen, il aurait peut-être pu concourir pour le second tour.

Car finalement, l’écart des voix est assez faible. Marine Le Pen a obtenu un résultat beaucoup plus faible que les sondages d’il y a plusieurs mois qui l’avaient placée entre 25% et 30%. Avec 21,3% des voix, Marine Le Pen n’a gagné que 3% par rapport à sa précédente candidature présidentielle le 22 avril 2012, et est très loin des 27,7% des élections régionales, même si elle a gagné 1,2 million de voix entre 2012 et 2017.

Concrètement, l’écart entre François Fillon et Marine Le Pen n’a été que 1,3%, soit moins de 466 000 voix ! C’est très faible dans une campagne nationale. François Fillon aurait donc pu être qualifié au second tour, et il aurait probablement perdu face à Emmanuel Macron. Le résultat serait probablement revenu au même, sauf qu’il y aurait eu un véritable débat pendant deux semaines sur la nature des réformes réalistes à mettre en œuvre dans le pays.

Certains considèrent que la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, qui a obtenu 4,70% des voix, a empêché la qualification de François Fillon pour le second tour. Je pense qu’ils se trompent. Au même titre que les candidatures de Christiane Taubira et de Jean-Pierre Chevènement n’ont pas plombé celle de Lionel Jospin. Tous ceux qui voulaient voter pour François Fillon l’ont fait, d’autant plus que sa qualification n’était pas acquise. Alors, ceux qui ont voté pour un autre candidat se seraient probablement abstenus si ce candidat ne s’était pas présenté. Le premier tour est un vote d’adhésion, et s’il n’y a pas adhésion à la candidature (à la personne, au programme), alors il n’y a pas vote pour le candidat et le vote ira ailleurs.

_yartiFillon2017030506

Le 24 avril 2017 sur France 5, le politologue Pascal Perrineau a fait remarquer judicieusement que les 20,01% de François Fillon n’avait rien d’infâmant, en rappelant que Jacques Chirac avait obtenu ce niveau assez faible de voix au premier tour dans trois élections présidentielles (19,96% en 1988 ; 20,84% en 1995 ; 19,88% en 2002) et cela ne l’avait pas empêché d’être élu deux fois dans ces conditions.

Ce souvenir statistique ne doit pas évidemment masquer le fait qu’il a perdu dans une défaite historique puisque c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que le représentant du courant gaulliste qui est à l’origine de ces institutions et de ce mode d’élection n’est pas présent au second tour d’une élection présidentielle.

De plus, si "l’honneur" est sauf en étant arrivé en troisième position (comme les sondages l’avaient envisagé), ce fut d’extrême justesse, avec seulement 117 044 voix d’avance sur Jean-Luc Mélenchon et son programme de bouleversement généralisé (0,43% !).

François Fillon n’avait pas prévu initialement de participer à la réunion du comité politique de LR du 24 avril 2017 mais il est finalement venu dire aux responsables de son parti qu’il redeviendrait simple militant "de cœur" et qu’il ne mènerait évidemment pas ce parti pour la campagne des élections législatives. Il lui a fallu du courage à affronter tous ses collègues parfois en colère par cette défaite qu’on aurait pu imaginer évitable.

Mais son courage, il l’a prouvé aussi la veille, lors de la soirée du premier tour, quand il a reconnu son entière responsabilité (Lionel Jospin avait inauguré le rôle) et surtout, quand il a clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron qui était pourtant son adversaire. Les valeurs de François Fillon ne pouvaient pas se satisfaire d’une ambiguïté et sa déclaration a été moralement impeccable. C’est aussi une réponse à tous ses contradicteurs qui le soupçonnaient d’être proche d’une droite intégriste proche du FN. François Fillon n’a jamais failli dans les valeurs et il l’a prouvé, un peu à ses dépens, le 23 avril 2017 en acceptant sa défaite de manière "sportive".





D’autres responsables LR ont aussi clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron, notamment Alain Juppé, Christian Estrosi, Bruno Le Maire, François Baroin, Thierry Solère, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher, Xavier Bertrand, etc.

Même Nicolas Sarkozy a levé toute ambiguïté dans un message sur Facebook le 26 avril 2017 : « C’est un séisme politique. Je regrette profondément ce résultat (…). Je considère que l’élection de Marine Le Pen et la mise en œuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français. Je voterai donc au second tour de l’élection présidentielle pour Emmanuel Macron. C’est un choix de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet. ».

_yartiFillonSecondTour04

Certains, en revanche, à LR, ont refusé d’appeler explicitement à voter pour Emmanuel Macron, en particulier Laurent Wauquiez, Pierre Lellouche (qui a démissionné le 26 avril 2017), Nadine Morano, etc. sans compter Jean-Frédéric Poisson qui a annoncé qu’il voterait blanc. Il y a donc une coupure entre ceux qui refusent absolument l’hypothèse d’une élection de la présidente du parti d’extrême droite et ceux qui penseraient plus à leur intérêt clanique plutôt qu’à l’intérêt national et qui essaieraient au maximum d’affaiblir Emmanuel Macron, au risque de l’impensable. Rappelons ici que c’est la trop faible mobilisation des électeurs démocrates qui a permis l’élection de Donald Trump en novembre 2016 alors qu’il avait réuni moins de suffrages que le candidat républicain de 2012.

Les responsables LR ont encore l’objectif de gagner les élections législatives, mais la question de l’unité de LR est posée. En effet, en cas d’élection d’Emmanuel Macron et de proposition à s’engager à ses côtés, des personnalités comme Bruno Le Maire et Christian Estrosi ont déclaré qu’elles étaient prêtes, alors que les appareils LR et UDI ont verrouillé toute entente électorale avec En Marche (Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, l’a confirmé le 24 avril 2017).

_yartiFillon2017030502

Seule l’unité permettrait d’envisager une cohabitation entre un gouvernement LR-UDI et un Président Macron. Car si des élus LR sont prêts à se jeter dans les bras d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait facilement trouver une "majorité centrale" chère au cœur de François Bayrou. Pour l’instant, de manière assez curieuse, François Baroin s’est déclaré "disponible", le 26 avril 2017 sur CNews, pour devenir le Premier Ministre d’une cohabitation avec Emmanuel Macron : « Si les Français veulent une alternance sans équivoque, s’ils veulent tourner la page de Hollande et de Macron réunis (…), alors ils choisiront un gouvernement de droite et de centre droit et dans ce cas-là, je suis disponible pour le gouverner. ». En cas de majorité LR, ce serait alors un formidable retournement politique en moins de six mois, qui verrait ainsi l’ancien numéro deux du plan B de la candidature LR projeter à Matignon.

Le risque, en parlant trop vite des élections législatives, est cependant de mettre la charrue avant les bœufs. Il y a d’abord une autre bataille, plus urgente, dramatique, qui est loin d’être gagnée, celle du second tour de l’élection présidentielle, et il est nécessaire de répéter que malgré les sondages, rien, absolument rien ne permet d’assurer la certitude d’un échec de l’extrême droite le 7 mai 2017…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon et son courage.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Macron ou Fillon pour redresser la France ?
François Fillon, le seul candidat de l’alternance et du redressement.
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
La Ve République.
L’autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).


_yartiFillonSecondTour03


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170426-fillon.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/05/02/35242417.html


 

Repost 0
29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 06:24

« Rien n’est fait. Un vote, ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte. (…) Il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche. (…) L’enjeu est que le FN ait le score le plus faible possible. » (François Hollande, le 25 avril 2017 à Laval).


_yartiMacronS01

Le rappel à l’ordre du Président de la République sortant, responsable de l’état pitoyable de la démocratie française d’aujourd’hui, est justifié. La soirée du 23 avril 2017 fut pour Emmanuel Macron comme une soirée de victoire. Pourtant, rien n’est acquis, ce n’est pas parce que les sondages donnent un rapport 60/40 (ce qui est déjà serré pour un tel duel) que la victoire est dans la poche.

Amener son épouse sur la scène de la Porte de Versailles de Paris, crier la victoire alors que pour la seconde fois de son histoire, le peuple français venait de placer au second tour une représentante de l’extrême droite la plus dure en position de pouvoir être élue Présidente de la République ne relevait pas du sens des responsabilités. En plus, une représentante assez jeune (beaucoup moins que son adversaire) et une femme (la seconde à être à un second tour après Ségolène Royal en 2007).

Le dîner qui a suivi à La Rotonde avec de nombreuses célébrités dites "people" n’a rien arrangé non plus. Certes, ce n’était pas le Fouquet’s, mais Nicolas Sarkozy avait eu la décence d’attendre la fin du second tour avant de crier victoire. Car ce cri de victoire prématuré, Emmanuel Macron pourrait le faire sur le dos de toute la classe politique. Tel l’orchestre du Titanic. Cela donne une atmosphère d’arrogance et de narcissisme, sinon de légèreté, d’amateurisme au mieux, pour un événement à connotation pourtant tragique.

_yartiMacronS03

Je ne peux m’empêcher de proposer à la lecture ce texte dessiné d’un blog très fréquenté qui traduit bien l’état d’esprit du moment, de manière politiquement incorrecte (blog de l’odieuxc@nnard).

_yartiMacronS05

Plus inquiétant, Emmanuel Macron a attendu trois jours avant de démarrer sa campagne du second tour (qui ne dure que treize jours, dont un jour férié, le 1er mai). Avec une image plutôt désastreuse en allant (courageusement) à la rencontre des salariés de Whirlpool à Amiens (sa ville natale), mais en se faisant voler la vedette par …Marine Le Pen venue lui couper l’herbe sous les pieds. Certains disent qu’une visite dans une usine qui risque de fermer ou de se délocaliser est un événement de premier tour, en début de campagne, pour éviter que l’image de protestation reste trop longtemps dans les mémoires. Elle avait plombé la candidature de Lionel Jospin en 2002.

_yartiMacronS08

Le meeting à Arras qu’il devait faire le 21 avril 2017, juste avant le premier tour, et qu’il a tenu finalement le 26 avril 2017, a été l’occasion pour lui de reprendre un peu pieds dans une campagne pas forcément facile.

Et pourquoi pas facile ?

Parce que, d’une part, il est un extraterrestre de la vie politique, héritier d’aventures individuelles centristes qui n’ont jamais abouti jusqu’à maintenant (Jean Lecanuet, Alain Poher, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Michel Jobert, Raymond Barre, François Bayrou) à l'exception de Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Et comme extraterrestre, il effarouche autant la gauche que la droite, alors qu’il voudrait rassembler et la gauche et la droite.

Parce que, d’autre part, il a une stratégie de second tour assez médiocre et contestable. Les lieutenants d’Emmanuel Macron ont insisté dans les médias pour dire qu’il leur restait deux semaines à convaincre les Français du bien-fondé du programme d’Emmanuel Macron. Erreur ! C’est une stratégie de premier tour, pas de second tour.

On peut dire que plus de trois électeurs sur quatre sont opposés au programme d’Emmanuel Macron puisqu’ils n’ont pas voté pour lui au premier tour. Vouloir insister, c’est se réduire à être ultraminoritaire alors que l’objectif serait de rassembler. Si beaucoup veulent ne pas choisir, c’est justement à cause d’un programme qu’ils jugent (à tort) ultralibéral.

_yartiMacronS06

Or, qui rassembler ? Inutile de vouloir rassembler les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, parce que le programme de Jean-Luc Mélenchon est beaucoup trop éloigné d’Emmanuel Macron qui devient, pour les mélenchonistes, pire que Marine Le Pen, pire que Nicolas Sarkozy, pire aussi que Jacques Chirac ("Supermenteur") pour qui Jean-Luc Mélenchon avait ardemment appelé à voter en 2002. Pourtant, dans son meeting à Arras du 26 avril 2017, Emmanuel Macron a clairement racolé du côté de la France insoumise, en parlant ainsi de Jean-Luc Mélenchon : « Ses électeurs méritent mieux que lui ! ». Quelle erreur de ciblage !

Inutile aussi de vouloir séduire les socialistes : trop heureux d’imaginer une reconversion sinon une possibilité de rebondissement dans leur effondrement, tous les socialistes voteront Emmanuel Macron comme un seul homme. Un tract du PS a même déjà été imprimé pour appeler à voter Emmanuel Macron. Plus la peine de faire sa "chochotte", le PS devient macroniste et la seule question qui se posera sera en termes d’appareil : le Parti socialiste sera-t-il dissout dans En Marche ou pas ? Mais c’est une question d’après-élection, prématurée maintenant.

Et donc, le seul effort qui devrait être fait chez Emmanuel Macron, c’est d’attirer les électeurs de François Fillon. Et il faut dire qu’il y a une raison politique à cela : Emmanuel Macron et François Fillon étaient les deux seuls candidats du réel, les seuls qui partaient de la situation actuelle, qui disaient que la mondialisation n’était pas une idéologie mais un fait qui devait faire réagir la France pour être gagnante et pas perdante dans la compétition mondiale. Compétition à laquelle la plupart des électeurs français contribuent en tant que consommateurs, en achetant leurs smartphones américains, leurs tablettes sud-coréennes, leurs voitures allemandes ou leurs chemises chinoises…

Mais François Fillon avait surtout tapé sur Emmanuel Macron pendant la campagne du premier tour, créant ainsi ce joli nom, "Emmanuel Hollande" qu’a bien sûr repris le FN pour faire l’équivalence entre Emmanuel Macron et François Hollande, toujours ultra-impopulaire. C’est donc essentiel pour Emmanuel Macron de se démarquer du PS et du hollandisme pour se rapprocher du centre droit et de la droite républicaine.

Pour cela, bien sûr, il ne faut pas imposer un programme qui a été désapprouvé par 76% des Français. Il faut juste rassurer. Rassurer et rassembler. Rassembler en faisant des gestes d’ouverture en direction de LR et de l’UDI, et rassurer en expliquant quelles seraient les contours politiques de sa future majorité présidentielle.

Car la différence avec 2002, c’est que Jacques Chirac était soutenu par l’UMP qui a pu devenir majoritaire à l’Assemblée Nationale quelques semaines plus tard. C’est très différent de 2017 dans la mesure où En Marche n’a encore jamais eu un seul élu parlementaire avec cette étiquette et la plupart de ses candidats risquent d’être peu implantés, et donc d’être battus sur le terrain local.

On a reproché à Jacques Chirac d’avoir nommé sous la houlette de Jean-Pierre Raffarin un gouvernement réduit à l’UMP alors qu’il avait reçu plus de voix de gauche que de droite au second tour. François Bayrou aurait voulu un gouvernement d’unité nationale qui retrouvât la majorité présidentielle du second tour. Cela ne s’est pas fait et peut-être tant mieux, car cela aurait pu donner un boulevard au FN. Remarque, le boulevard est quand même là et bien là, et le FN est au second tour quinze ans plus tard, avec beaucoup plus de voix que le paternel.

Emmanuel Macron veut-il donc ne gouverner qu’avec des députés En Marche ou voudrait-il ouvrir à d’autres organisations, le PS ? LR ? le PRG ? l’UDI ? etc. C’est cette capacité de rassembler politiquement et donc électoralement qui lui permettra de gagner. Sans cela, sa défaite est probable, malgré les sondages… car cela provoquerait une vague d’abstentions ou de votes blancs beaucoup trop forte face à la mobilisation du FN.

C’est toujours facile de se dire qu’on préfère quand même éviter Marine Le Pen, mais "sans moi", sans mon vote. Avec une telle philosophie, il ne faudra pas rouspéter dans le cas d’une victoire du FN au second tour. Il y a même pire : Christine Boutin voudrait empêcher Emmanuel Macron d’avoir une victoire large pour qu’il soit un Président sous surveillance, et pour cela, elle va voter …pour Marine Le Pen ! Si tout le monde fait comme elle, il ne restera plus que 24% à Emmanuel Macron.

L’autre erreur qu’Emmanuel Macron semble esquisser, à cause de ses soutiens très contreproductifs, comme Pierre Moscovici (commissaire européen) le 25 avril 2017 et Gérard Collomb (sénateur-maire de Lyon) le 26 avril 2017, c’est de vouloir faire du second tour un référendum sur l’Europe, pour ou contre l’Europe. Quelle bêtise ! quelle imprudence, quelle arrogance de croire qu’en amenant le débat sur l’Europe, Emmanuel Macron gagnerait avec certitude ! En 2005 aussi, les sondages donnaient le "oui" gagnant à 60%...

C’était exactement ce que voulait Marine Le Pen, réduire le débat à un débat sur l’Europe, qui ferait oublier son "origine" d’extrême droite.

_yartiMacronS02

Le blogueur chrétien KozToujours, soutien de François Fillon, a rappelé opportunément le 25 avril 2017 : « De fait, je ne crois pas à la modération du Front national, au contraire. Lorsque Louis Aliot affirme sur le plateau de France 2 qu’il n’est pas d’extrême droite et qu’il ne connaît pas de personne d’extrême droite au Front national, il ment. Évidemment. L’un des plus proches amis de sa compagne, Frédéric Chatillon, n’a rien renié de ses convictions gudardes. Un autre proche de Marine Le Pen et ancien du GUD, Axel Loustau, filmé casqué sur la tête et barre à la main à la fin d’une Manif pour Tous, provoquant les forces de l’ordre, frappant des organisateurs de la Manif, aujourd’hui conseiller régional d’Île-de-France, n’est pas simplement "de droite". La "dédiabolisation" du Front national n’est qu’un ripolinage. Certains, bien sûr, s’y laissent prendre de bonne foi (…). Le terme même de "dédiabolisation" lui-même est un travail d’artiste de la part du FN. Car non, décrire la réalité du Front national n’est pas le "diaboliser", mais ils sont parvenus à ce que ce néologisme militant soit largement repris, comme situation de fait. Pourtant, il n’y a pas un scrutin qui passe sans son cortège de retraits d’investiture et d’exclusions du parti, démontrant non seulement que c’est un puits sans fond, mais que le FN sanctionne moins les opinions professées que leur malencontreuse publicité. (…) Le Front national ne se modère pas, bien au contraire, il se durcit. Quand Marine Le Pen exclut son père, elle intègre Philippe Vardon [et son approche ethniciste]. (…) Le refus de se cantonner à une dénonciation morale du Front national ne doit pas conduire à une autocensure sur sa réalité profonde. ».

Mais au-delà de l’opération de diversion, un débat sur l’Europe ne se ferait pas forcément à l’avantage d’Emmanuel Macron, et c’est surtout là le danger. François Fillon, qui était favorable aussi à une relance de la construction européenne, du moins dans la zone euro, avait bien compris que ce thème devait être pris avec des pincettes et qu’il fallait rester à l’écoute des nombreux citoyens inquiets par les transferts de souveraineté dont on leur parle à longueurs de journées depuis plus d’une douzaine d’années. Il ne faut pas être un Européen honteux, mais il faut être conscient que ce thème de campagne, loin d’être porteur, peut plomber un candidat dans une eurobéatitude qui le ferait déconnecter du peuple.

En fait, j’ai eu l’impression que les proches d’Emmanuel Macron ont arboré la campagne du second tour la fleur au fusil, avec une certaine naïveté quand, en face, ils ont une redoutable candidate très politique et très habile. Il faut qu’ils rangent leur programme, il faut que leur candidat, Emmanuel Macron, prenne de la hauteur, parle de la France, parle aux Français, à tous, à ceux qui ont voté pour ses adversaires, et surtout, il faut qu’il prenne au sérieux et avec gravité la colère populaire qui s’est exprimée par au moins 40% du corps électoral. En clair, il faut qu’Emmanuel Macron rassure et s’ouvre à cette classe politique qu’il voulait haïr, car dans tous les cas, personne ne fera plus croire qu’il est le candidat contre le système. Il vaut mieux qu'il assume qu’il est d'abord le candidat du rassemblement et de la cohésion nationale.

Heureusement, Emmanuel Macron apprend vite et sait corriger rapidement ses erreurs. Son déplacement à Oradour-sur-Glane le 28 avril 2017 a relevé le niveau de cette drôle de campagne au moment où le FN pataugeait dans le rappel des déclarations très douteuses de son très furtif président par intérim. Toujours revenir aux fondamentaux, et c'est ce que tente Emmanuel Macron avec raison.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Macronités.
Choisis ton camp, camarade !
Premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril 2017.
Macron ou Fillon pour redresser la France ?
Emmanuel Macron, le clair-obscur.
Le soutien de Manuel Valls.
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
L’auberge macrospagnole.
Analyse du programme d’Emmanuel Macron.
Le programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Les onze candidats.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
L’héritier de François Hollande.
Autorité et liberté.
François Bayrou se maconise.
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

_yartiMacronS04



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170426-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/macronites-192459

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/29/35218953.html




 

Repost 0
28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:45

« J’ai honte pour ceux qui refusent de donner une consigne de vote. » (Jacques Attali, le 26 avril 2017 sur LCI).


_yartiPresidentielle2017AV01

Dès le 24 avril 2017, le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur Christian Estrosi avait proposé l'exclusion de tout responsable de son parti Les Républicains refusant de se prononcer clairement en faveur d'Emmanuel Macron pour le second tour. Valérie Pécresse a demandé ce 28 avril 2017 l'exclusion de Christine Boutin qui a carrément annoncé le 25 avril 2017 qu'elle voterait pour Marine Le Pen.

La phrase pleine d’amertume de Jacques Attali (citée en tête d'article) ne visait donc pas la droite ni le centre qui ont été globalement très clairs dans l’appel à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, mais …Jean-Luc Mélenchon qui a renoncé à dire ce qu’il ferait le 7 mai 2017. Un mystère un peu à la manière de François Bayrou en 2007 qui avait révélé bien plus tard qu’il avait voté blanc pour (ne pas) départager Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Et pourtant, lorsqu’on est un grand responsable politique, "grand" par son nouveau poids électoral (19,58%), il paraît complètement incohérent de refuser d’évoquer un second tour qui serait nécessairement imparfait en cas d’échec dès le premier tour. Dans la tête de Jean-Luc Mélenchon, si l’on reprend son comportement électoral de 2002 et de 2012, Emmanuel Macron équivaut à Marine Le Pen et est pire que Jacques Chirac, et Marine Le Pen est moins catastrophique que Nicolas Sarkozy.

La position de Jean-Luc Mélenchon (que l'intéressé devrait cependant clarifier ce 28 avril 2017 sur Youtube) non seulement n’est pas futée, mais elle est particulièrement honteuse. Le commandeur des croyants insoumis se voulait gourou et n’est même pas capable d’assumer son échec. Pourtant, il savait le faire, dans le passé, pas plus loin qu’il y a cinq ans, le 22 avril 2012, quand il a appelé sans condition à voter pour François Hollande. À l’époque, Mélenchon était déjà Mélenchon. Oserais-je dire qu’il était Méluche et il est devenu Marichon ?

_yartiPresidentielle2017AU03

Si Marine Le Pen venait par malheur à être élue, Jean-Luc Mélenchon et ses sbires de la France insoumise resoumise en porteraient la responsabilité historique qui les enverrait dans les oubliettes de l’archéo-communisme dont ils n’auraient jamais dû ressortir. Je parle d’archéo-communisme car les communistes, fidèles à une certaine éthique, sont clairs sur le front républicain (terme à bannir), comme en 2002, ils voteront pour l’adversaire du second tour de l’extrême droite, donc Emmanuel Macron. Un ancien secrétaire national, Robert Hue, l’avait d’ailleurs soutenu dès le premier tour (dès l’été 2016).

De Gaulle, qui a su prendre des ministres communistes et socialistes, lui aussi, savait faire la différence entre l’extrême droite et le reste de la classe politique. Jean-Luc Mélenchon, visiblement, non, au risque de décevoir les 45% de ses électeurs qui se reporteraient sur Emmanuel Macron (selon le sondage IFOP publié le 27 avril 2017). Notons qu’en comparaison, 55% des électeurs de François Fillon compteraient ne pas voter pour Emmanuel Macron (selon le même sondage, donc même proportion que des électeurs de Jean-Luc Mélenchon), mais cela n’a pas empêché François Fillon, Nicolas Sarkozy, François Baroin et la plupart des leaders LR (sauf Laurent Wauquiez) d’appeler clairement à voter pour Emmanuel Macron. Le courage politique, c’est quand les convictions l’emportent sur la cuisine d’appareil. Jean-Luc Mélenchon s’est complètement fourvoyé…

Peut-être que ces errements proviennent d’une colère sourde, exprimée par exemple par Gérard Filoche qui aurait voulu le retrait de Benoît Hamon qui serait devenu Premier Ministre de Jean-Luc Mélenchon. Il est un doux rêveur, le Gérard, car Jean-Luc Mélenchon veut la mort du PS, il ne voulait pas transiger avec Benoît Hamon, et il ne veut pas plus aider Emmanuel Macron car il a l’intuition que son mouvement En Marche serait la voie de reconversion des socialistes en déroute (et il n’aurait peut-être pas tort sur ce point).

Alors, répondons aussi à cette question : le maintien de Benoît Hamon a-t-elle empêché la qualification de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour ? Je pense que non, comme je pense que Nicolas Dupont-Aignan n’a pas eu beaucoup d’influence sur François Fillon, ni Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement sur Lionel Jospin en 2002.

Pourquoi ? Pour deux raisons. D’une part, le programme de Benoît Hamon était très différent de celui de Jean-Luc Mélenchon (sur l’Europe, sur la Syrie, sur les relations avec la Russie, sur le lien entre travail et fiscalité, etc.). D’autre part, parce qu’un électeur de Benoît Hamon, qui sait que son vote ne serait pas très "utile" (en se fiant aux sondages), savait que Jean-Luc Mélenchon était sur la ligne de crête, donc, s’il avait voulu le voir au second tour, il aurait voté pour lui dès le premier tour. Cela signifie que Jean-Luc Mélenchon, de toute façon, avait fait le plein de ses voix potentiel (comme François Fillon, du reste).

_yartiPresidentielle2017AU05

Parlons de Benoît Hamon : Manuel Valls est prêt à casser le Parti socialiste et verrait bien une formation sociale-démocrate alliée à la formation sociale-libérale En Marche. Benoît Hamon a fait à peine mieux que Gaston Defferre en 1969. Il a fallu cet effondrement politique pour une refondation du PS par François Mitterrand en 1971 au congrès d’Épinay et dix ans de traversée du désert… Autre comparaison qui fait mal : le score de Benoît Hamon n'est pas si éloigné de celui d'Arlette Laguiller, la candidate de Lutte ouvrière, en 2002 (5,72%).

Emmanuel Macron non seulement n’est pas assuré de sa victoire le 7 mai 2017, mais il n’a cessé, pendant les deux ou trois jours après le scrutin du premier tour, de commettre des maladresses qui pourraient lui être fatales. Il est faux de dire qu’il a commencé sa campagne du second tour en favori, dans un rapport 60/40 comme sembleraient l’indiquer les sondages. Car ce qu’il faudrait mettre en avant, ce sont les voix du premier tour. Et le rapport change. Si l’on ne reprenait en votants que les électeurs des deux candidats arrivés en tête, Emmanuel Macron aurait 53,0% et Marine Le Pen 47,0%. Tout consiste donc pour Marine Le Pen à encourager principalement l’abstention ou le vote blanc des électeurs des neuf autres candidats et de convaincre une partie infime de cet électorat pour atteindre la barre magique des 50%.

Par ailleurs, Marine Le Pen s’est sentie obligée de démissionner de la présidence du FN le 25 avril 2017 parce qu’elle était candidate à l’élection présidentielle (comme si elle n’avait pas été candidate auparavant, encore une posture imposture !). Et à qui a-t-elle laissé la présidence par intérim ? à son premier vice-président, Jean-François Jalkh, grand ami de feu Jean-Pierre Stirbois et de Bruno Gollnisch, l’un des trente-deux députés FN élus grâce à la proportionnelle en 1986 (le benjamin même, il n’avait que 28 ans), et député européen depuis 2014.

_yartiPresidentielle2017AV03

Jean-François Jalkh a la particularité de célébrer la mémoire de Pétain dans une église intégriste, et de considérer comme sérieux le révionniste Robert Faurisson. C’est ce qu’a retrouvé Laurent de Boissieu : l’apparatchik du FN avait répondu le 14 avril 2000 au siège même du FN à une interview enregistrée (dommage pour lui que la preuve existe !) à la demande de Magali Boumaza, doctorante en science politique : « Le problème des chambres à gaz, mais moi, je dis qu’on doit pouvoir discuter même de ce problème. (…) Dans les travaux d’un négationniste ou d’un révisionniste sérieux, ce qui justement m’a surpris, c’est le sérieux et la rigueur, je dirais, de l’argumentation. (…) Je crois qu’on ne peut pas avoir de position sur le sujet sans avoir lu le pour, le contre. ». Au moins, c’est clair. Le FN est dans de "bonnes" mains ! D'autant plus clair que Marine Le Pen a été honteuse de cette devanture pas très valorisante et elle a réagi en limogeant Jean-François Jalkh ce 28 avril 2017 au profit de son très proche Steeve Briois, confirmant que l'odeur était assez nauséabonde (c'était pourtant le numéro deux du FN depuis le 12 juillet 2012 et il le reste encore, d'ailleurs).

Beaucoup de journalistes qu’on pourrait qualifier de "gauchiste" sans être certains qu’ils le revendiqueraient (on resterait alors sur "journaliste de gauche"), et qui n’apprécient pas beaucoup Emmanuel Macron (pour le moins qu’on puisse dire), commencent à s’inquiéter de cet élan du "Sans moi", du genre : pas question de voter Macron, même si je ne veux pas de Le Pen !

Dans une tribune à Mediapart publiée le 26 avril 2017 et intitulée "Parce que le pire n’est plus exclu", Fabrice Arfi a insisté : « L’accident est désormais envisageable. Un mauvais alignement de planètes peut rendre possible l’inconcevable. C’est-à-dire l’avènement du post-fascisme au pays des Lumières. Il n’y a qu’une chose à faire, le 7 mai, pour étonner la catastrophe. ».

Et de rappeler la réalité du FN : « Quelque que puisse être la répulsion provoquée par le candidat Macron, l’urgence n’est pas là. L’extrême droite, héritière de l’anti-républicanisme et amie des haines, peut par la voie de la démocratie prendre le pouvoir. Ce simple énoncé (…) ne suffit plus à considérer que face à la catastrophe possible, l’unique façon de l’étonner est de voter pour son seul adversaire encore en lice, Emmanuel Macron. (…) Le FN demeure un parti, et sa candidate avec lui, profondément xénophobe, anti-démocratique, affairiste, cerné par la justice anti-corruption, anti-social, ami des dictatures. Un mouvement qui n’a rien coupé avec ses racines révisionnistes, violentes et factieuses. Voilà pourquoi derrière le masque de la respectabilité crypto-gaulliste brandi par Florian Philippot, s’ébroue la bête immonde des anciens du GUD, les Chatillon et les Loustau, qui n’ont rien renié de leurs sympathies pro-nazies passées et à qui Marine Le Pen a donné les clefs de son parti morbide. ». Et j’ajoute aussi la présidence nouvelle de Jean-François Jalkh.

Un "mauvais alignement des planètes" pourrait favoriser la victoire de l’extrême droite : « Aujourd’hui, l’accident n’est pas exclu. Un Macron mauvais comme un âne, une Le Pen roublarde et menteuse, un Mélenchon irresponsable et aigri (qui a le "dégagisme" sélectif), une abstention de gauche possible, des reports de voix de droite à l’extrême droite, une barbouzerie poutinienne, un attentat… ».

Et Frabrice Arfi de s’alarmer ainsi : « À gauche (…), j’entends depuis dimanche monter toutes sortes d’arguments funestes pour justifier l’abstention ou le vote blanc le 7 mai : "Je ne choisis pas mes bourreaux", "Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron", "Le libéralisme de Macron nourrit le fascisme de Le Pen"… ».

Daniel Schneidermann, de son côté, a lâché en conclusion de son éditorial du 27 avril 2017 ceci : « En ces instants de débâcle, la réaction de ceux d’entre nous, dans l’équipe, qui sont fermement décidés à s’abstenir le 7 mai, cette réaction instinctive et catastrophique fut celle-ci : "il est tellement mauvais qu’on va finalement être obligés de voter pour lui". De grâce, Macron, ne sois pas si mauvais que tu l’es depuis dimanche, avec ta Rotonde et ton anecdotique Attali ! De grâce, sois assez efficace, assez brillant, pour nous permettre de ne pas nous salir les mains avec un bulletin de vote à ton nom ! Ce n’est pas pour nous jeter des fleurs, mais dans l’ébouriffant paradoxe de ce réflexe, il y a tout le génie électoral du peuple français. ».

Ce à quoi répondrait parfaitement la conclusion de Fabrice Arfi qui a cité Jean-Luc Mélenchon, version 2002 : « Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l’essentiel parce que l’effort lui paraît indigne de soi ? ». À l’époque, Jean-Luc Mélenchon était un "vrai" républicain.

Jean-Marie Le Pen a dit le 25 avril 2017 qu’il avait de quoi être fier de sa fille. Cela donne une idée de la réalité de la brouille entre le père et la fille, qui a eu le mérite, pour elle, de se dire "modérée" face à un père à l’expression un peu trop exubérante.

_yartiPresidentielle2017AV02

C’est sûr que la situation actuelle, où les deux grands partis de gouvernement (LR et PS) ont été disqualifiés du second tour, est le résultat de deux quinquennats qui n’ont pas su prendre suffisamment au sérieux le besoin d’écoute d’une partie de la population inquiète ou en colère (Nicolas Sarkozy et François Hollande). Mais il est encore trop tôt pour établir correctement les responsabilités. Il y a un incendie à la République et il ne reste que quelques jours pour l’éteindre.

Cet incendie, on ne l’éteindra jamais avec l’indifférence, comme Ponce Pilate, en se lavant les mains, en s’abstenant ou en votant blanc. Il faut avant tout éviter l’inconcevable. Trop de monde croit encore à cette théorie fumeuse du plafond de verre. Le plafond de verre a déjà été franchi depuis très longtemps, depuis que les médias ne cessent d’inviter dans leurs émissions Marine Le Pen et Florian Philippot pour les rendre "normaux" aux yeux de leurs auditeurs. J’entends des gens dire : "Mais Marine Le Pen ne peut pas être élu par le peuple français". C’étaient les mêmes qui me disaient en fin octobre 2016 : "Mais Donald Trump ne peut pas être élu par le peuple américain".

L’objectif du 7 mai 2017 doit rester le même que l’objectif du 5 mai 2002 : non seulement, il faut empêcher la victoire de l’extrême droite, mais il faut que la victoire d’Emmanuel Macron s’approche le plus possible de l’ensemble des voix qui ne sont pas allées sur le FN au premier tour, c’est-à-dire 78,7%. Ce n’est pas pour Emmanuel Macron, c’est pour la France, pour l’image de la France dans le monde, pour sa réputation comme l’un des phares des libertés et de la démocratie pour de nombreux pays qui se cherchent encore une voie démocratique. En 2002, le peuple français avait réussi à étouffer cet incendie. Quinze ans plus tard, il faut qu’il réagisse avec la même vigueur pour défendre les valeurs républicaines qui n’ont rien à voir avec cette PME familiale de délitement de la cohésion sociale.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Choisis ton camp, camarade !
Pourquoi Mélenchon est-il si confus pour le second tour ?
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai et juin 2017 ?
La Ve République.
L'autorité et la liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.

_yartiPresidentielle2017AU01


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170424-presidentielle2017-av.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/choisis-ton-camp-camarade-192496

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/28/35221826.html


 

Repost 0
26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:27

« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte. » (François Hollande, le 13 avril 2017, "Le Monde").


_yartiPenlenchon04

Le soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon a failli et déçu de nombreux électeurs du 23 avril 2017 en refusant de faire efficacement barrage au FN pour le second tour, c'est-à-dire appeler clairement à voter pour Emmanuel Macron. Pire, il a montré son côté mauvais joueur en refusant de reconnaître la parole du peuple qui l'a placé en seulement quatrième position. Alors qu'en 2002, sous-ministre sortant, il avait même eu une dépression après le premier tour du 21 avril 2002 plaçant Jean-Marie Le Pen au second tour, et à cette époque, il avait appelé très clairement à voter pour Jacques Chirac. Tout comme il avait appelé à voter pour François Hollande dès 20 heures le 22 avril 2012, pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, aucune barrage contre Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce qu'il sait bien qu'il navigue dans des eaux similaires et qu'il veut encore pouvoir exploiter ses 19% aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Mise en tête d'article, la petite phrase de François Hollande, à dix jours du premier tour, visait spécifiquement deux candidats dits populistes parce qu'employant sans arrêt le mot "peuple" dans leur slogan, sans pour autant mieux le représenter que d'autres candidats (le vote populaire du 23 avril 2017 est là pour le rappeler).

En effet, deux des quatre candidats qui auraient eu la possibilité de gagner l’élection présidentielle, ont proposé, avec des idéologies très différentes, le même type de programme : sortie de l’Europe et de la zone euro, dépenses publiques massives, relance supposée par la demande sans comprendre qu’aujourd’hui, la France n’est pas seule au monde et que les Français veulent garder leur liberté de vivre, de consommer ce qu’ils veulent, de circuler où ils veulent. Ces candidats, ce sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. On dit que les extrêmes se rejoignent, cela paraît une évidence pour cette élection présidentielle de 2017.

Comment faire comprendre que l’injection massive d’argent public dans la consommation intérieure va d’abord enrichir les économies étrangères, et en premier lieu les économies allemande et chinoise ?

Tous les deux veulent tuer une construction certes largement perfectible mais qui est unique au monde, l’union des pays européens sur la base de la liberté et de la paix, librement consentie par les peuples, pour épauler chacun des pays d’une souveraineté européenne capable d’égaler les grandes puissances mondiales. L’un de ses meilleurs outils est l’euro, adopté démocratiquement par les Français lors du référendum du 20 septembre 1992. Ces deux candidats veulent remettre en cause soixante années d’histoire de l’Europe.

Les conséquences pour le monde et pour l’Europe seraient graves, mais les conséquences sur la France et les Français seraient dramatiques : perte du pouvoir d’achat (1 500 euros au moins par an), augmentation de la dette publique par l’effet de la dévaluation monétaire, et protectionnisme qui aboutirait à la fermeture des frontières pour nos nombreuses entreprises qui exportent. Ce serait alors ruine et désolation industrielle. Bien pire qu’aujourd’hui.

Au contraire, la France a le génie, les moyens, les compétences pour se mesurer aux autres puissances mondiales. Elle est l’excellence dans le domaine de la recherche scientifique, de l’innovation, des grands projets industriels. Il lui faut juste libérer les énergies pour relancer la machine.

Avec eux deux, on raserait gratis. On prendrait la retraite plus tôt alors que l’espérance de vie continue sa progression. On travaillerait moins alors que les entreprises ont besoin d’une plus grande compétitivité. On donnerait tout gratuitement. La note se compterait par centaine de milliards d’euros ! Ce serait forcément les impôts, donc les ménages, et les générations futures par la dette colossale qui seraient les premières victimes de cette folie budgétaire. C’est faux de dire que les riches paieraient : il n’y en aurait jamais assez pour assurer le financement de tous ces cadeaux clientélistes proposés par pure démagogie électorale. Et en plus, à condition qu’ils ne quittent pas le navire !

_yartiPenlenchon02

Chacun prône une révolution, veut changer radicalement un système dont ils sont pourtant les meilleurs représentants, ne serait-ce que par leur seconde candidature à l’élection présidentielle, ils sont déjà des personnages récurrents des campagnes présidentielles et n’ont aucune légitimité à représenter un renouvellement qu’ils ne peuvent symboliser eux-mêmes.

Marine Le Pen a profité des largesses de son mandat européen alors qu’elle combat l’Europe. Qu’a-t-elle réalisé de concret comme élue depuis sa quinzaine d’années d’engagement politique ? Rien ! Et Jean-Luc Mélenchon, qui a de si belles paroles pour faire du "dégagisme", ne se rend-il pas compte qu’il est le meilleur représentant, à cette élection, de l’apparatchik socialiste typique qui n’a jamais vécu que par la politique, grâce à un système dont il a profité très tôt, trentenaire, en étant plusieurs décennies sénateur, adjoint, vice-président de conseil général (un de ses anciens collègues en a parlé aussi, le 12 mars 2017), et que son départ du PS, encouragé par Patrick Buisson dont l’amitié montre à quel point les extrêmes se retrouvent, n’est que le résultat d’une haine contre François Hollande, ancien premier secrétaire du PS qu’il aurait voulu combattre personnellement en 2017 ?

Toutes ces postures sont des impostures.

Marine Le Pen veut mettre la préférence nationale dans la Constitution alors que les étrangers ont peu d’influence sur l’économie d’un pays aussi grand que la France. Elle reste sur le discours communiste de Georges Marchais : le 6 janvier 1981, Georges Marchais avait expliqué dans "L'Humanité" : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration pose aujourd'hui de graves problèmes. Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. ». Le 23 décembre 1980, le maire communiste de Vitry-sur-Seine avait délogé à coup de bulldozer des travailleurs immigrés maliens. Quelques semaines plus tard, le maire communiste de Montigny-les-Cormeilles (qui n'était autre que ...Robert Hue) mettait en cause une famille marocaine.

_yartiPenlenchon05

Jean-Luc Mélenchon veut bouleverser les institutions de la République alors qu’il y a beaucoup d’autres urgences en France : la lutte contre le chômage et la lutte contre le terrorisme (l'assassinat du capitaine Xavier Jugelé le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées l'a rappelé cruellement), dans une situation internationale très grave où, pour la première fois depuis la crise de Cuba, un conflit nucléaire pourrait se produire réellement. Comment la France peut-elle à ce point se replier sur elle-même sans voir toutes les menaces qu’elle voudrait ignorer ? Les Français peuvent-ils être des autruches ?

Lorsque Marine Le Pen, le 9 avril 2017, a déclaré vouloir remettre en cause la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel’ d’hiv’, s’opposant ainsi à la déclaration du Président Jacques Chirac le 16 juillet 1995, l’un de ses discours les plus importants, elle a montré son vrai visage : le naturel revient toujours au galop. Malgré une décennie pour se dédiaboliser, Marine Le Pen montre à quel point elle est issue d’un mouvement d’extrême droite dont les ressorts restent toujours les mêmes : la haine de l’autre. Personne, du reste, ne l’avait obligée à revenir sur ce sujet, comme si dans la famille Le Pen, il y avait toujours un besoin irrésistible de faire des embardées sur cette période sombre de l’histoire de France.

Et Jean-Luc Mélenchon ? Il s'est présenté en bon père de famille, en patriarche cultivé qui sait parler et c’est vrai, cela fait plaisir d’entendre un homme qui sait si bien jouer sur les émotions. C’est si rare, un vrai homme politique, avec une telle éloquence. Mais le naturel est revenu au galop dès le soir du 23 avril 2017. Il veut prendre sa revanche en juin. Faudrait-il accepter la remise en cause du génie français ? Faire perdre vingt ans encore à l’économie française en reprenant pour argent plus que comptant ses vieilles lubies trotskistes ?

Jean-Luc Mélenchon veut bouffer du riche, prêt à instituer un impôt confiscatoire (il voulait un taux d’imposition de 100% pour les plus riches mais dans sa grande magnanimité, il a accepté de le réduire à 90% dans son programme pour que ce soit juridiquement valide). Et pourtant, lui-même est le candidat le plus riche des cinq ! En effet, le patrimoine qu’il a déclaré pour se présenter (la déclaration est obligatoire et publique) flirte avec le million (965 5000 euros), inférieur à celui de deux "petits candidats", Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau (il n’y a qu’à Emmanuel Macron que l’ENA ne rapporte pas beaucoup), mais supérieur à celui de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Lors de son meeting à Lille le 12 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon faisait déjà le mauvais joueur en proclamant de façon péremptoire, dévoilant son vrai visage : « Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang ! ». On ne sait plus trop qui a le couteau entre les dents, lui, l’adorateur de fantômes Hugo Chavez et Fidel Castro, qui voudrait faire quitter la France de l’Europe, de l’OMC et de l’OTAN et l’intégrer à l’Alliance bolivarienne ! Le modèle vénézuelien a pourtant du plomb dans l’aile alors que le Venezuela possède l’une des principales réserves de pétrole du monde et devrait, par conséquent, être très riche. Jean-Luc Mélenchon voudrait même remettre en cause les frontières européennes pour réattribuer les pays baltes à la Russie. On marche sur la tête.

_yartiPenlenchon03

L’hôpital qui se moque de la charité, c’est lorsqu’un sbire de Marine Le Pen, Nicolas Bay, le 13 avril 2017 sur Public-Sénat, dénonçait l’hyperfiscalité de Jean-Luc Mélenchon. Car la présidente du FN n’est pas en reste pour plomber les finances publiques, avec au moins 100 milliards d’euros de dépenses annoncées (dont 20 pour racheter les autoroutes, soit l’équivalent de 1 000 collèges !). Les critiques des responsables FN contre Jean-Luc Mélenchon se sont pourtant tues après le premier tour. Florian Philippot a même trouvé une communauté de vue entre les deux programmes pour racoler les électeurs de Jean-Luc Mélenchon que ce dernier voudrait quand même fidéliser pendant encore huit semaines.

Marine Le Pen ne voudrait pas adhérer à l’Alliance bolivarienne, mais remettrait en cause gravement la cohésion nationale en refusant par exemple la gratuité de l’école aux enfants d’immigrés. Or, on sait bien que l’instruction est le meilleur rempart contre les risques de violence.

Quoi que ces candidats en disent, leur programme respectif aboutirait, malgré une idéologie très différente, au même résultat : la destruction massive d’une France forte, puissance européenne, capable de se comparer aux autres puissances mondiales, prête à se frotter à la compétition grâce à son génie culturel, scientifique, industriel, artistique, au profit d’une France qui se replierait sur elle-même, qui se ruinerait car elle dépend aujourd’hui tellement des économies extérieures qu’elle ne s’en relèverait pas, "autiste", refusant de comprendre que la France n’est pas seule au monde et que les puissances étrangères seraient ravies de constater qu’il y aurait un concurrent de moins sur la scène internationale…

Avant le 23 avril 2017, Le Pen et Mélenchon, c’était bonnet noir et noir bonnet.
Et aujourd'hui, c'est Le Pen seule qui porte ce noir projet de déclassement.
Normal que Mélenchon hésite à vouloir lui faire barrage...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pourquoi Mélenchon est-il si confus pour le second tour ?
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai 2017 ?
Macron ou Fillon ?
Le Pen et Mélenchon ?
La Ve République.
Autorité et liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.



_yartiPenlenchon01



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170425-marichon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pourquoi-melenchon-est-il-si-191953

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/26/35211925.html


 

Repost 0
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 06:53

« Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, il ne saurait y avoir une minute d’hésitation. Arrivé en tête, un candidat inédit dans notre histoire contemporaine fait face à une vague populiste qui n’a de cesse de grandir. Pour défendre la République et faire barrage à Marine Le Pen, comme avant à Jean-Marie Le Pen, je fais le choix de voter pour Emmanuel Macron (…). Pendant la campagne de l’entre-deux tours, [je défendrai ma] vision de la France. La France qui aime l’Europe, convaincu qu’en sortir et abandonner l’euro signerait l’arrêt de mort de notre compétitivité et affaiblirait dramatiquement le pouvoir d’achat des plus modestes. La France, pays du respect de la personne et de l’ouverture au monde, qui n’imagine pas vivre hors planète comme on cultive les OGM hors sol. La France de la jeunesse qui innove, aime l’entreprise, libère les énergies plutôt que d’appeler à se recroqueviller sur un passé qui n’a jamais existé tel que les nostalgiques le dépeignent. » (Laurent Hénart, président du Parti radical, le 23 avril 2017).


_yartiPresidentielle2017AU01

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril 2017 ont été une surprise par rapport aux sondages. Et cette surprise, c’était justement qu’il n’y avait pas de surprise. Finalement, les préposés aux sondages, très stressés ces dernières semaines, ont pu respirer durant cette soirée électorale. À part la surestimation de l’abstention, les résultats et surtout, l’ordre des différents candidats correspondent à ce que les derniers sondages avaient indiqué.

Je me base ici sur les résultats partiels fournis par le Ministère de l’Intérieur de 97% des électeurs inscrits (les résultats définitifs seront indiqués ici). Les estimations ont annoncé dès 20 heures la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen pour le second tour, alors que certaines rumeurs, un quart d’heure auparavant, laissaient entendre l’éviction de Marine Le Pen.

Autant le dire clairement, le 23 avril 2017 est un nouveau choc démocratique après celui du 21 avril 2002. Un double ou triple choc : non seulement le candidat socialiste n’est pas qualifié pour le second tour, depuis janvier 2017, c’était envisagé d’avance, mais le candidat de l’opposition républicaine (LR et UDI) non plus, alors qu’il y a encore six mois, cette élection était réputée imbattable pour le candidat LR. Les deux partis gouvernementaux qui se sont alternés équitablement au pouvoir depuis vingt ans seront absents du second tour. Le choc, c’est aussi l’assurance que le futur Président de la République sera mal élu, car les deux candidats du second tour ne représentent même pas, à eux deux, 50% des suffrages exprimés.

Ce choc démocratique a une cause essentielle, le quinquennat désastreux de François Hollande qui laisse une France en très mauvais état, non seulement minée par le chômage (6,5 millions de demandeurs d’emploi) et plombée par sa dette publique (2 200 milliards d’euros), mais aussi atteinte par une crise morale très profonde qui remet en cause la parole du politique en raison des engagements non tenus et des affaires. D’ailleurs, il faut bien observer ceci : depuis vingt ans, chaque fois qu’il y a eu un gouvernement socialiste, cela s’est terminé par un candidat d’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle.

Ayant soutenu la candidature de François Fillon, je suis bien évidemment déçu par son résultat, directement attribuable aux conséquences des affaires sur l’électorat. Déçu parce que je considère que François Fillon était celui qui proposait le programme le plus réaliste et le plus efficace pour redresser la France tant économiquement que moralement. Déçu aussi parce que dans le contexte international très tendu où une guerre nucléaire n’est maintenant plus à exclure avec l’irresponsabilité des autorités de la Corée du Nord, François Fillon aurait été un Président de la République immédiatement opérationnel, expérimenté et déjà éprouvé dans sa capacité à affirmer la volonté de la France avec détermination.

Une fois exprimé cela, ces résultats sont paradoxalement un soulagement, celui d’éviter un second tour de cauchemar entre les deux extrêmes, entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui aurait rendu fous des dizaines de millions de Français. Soulagé aussi parce que la qualification de Marine Le Pen pour le second tour n’était pas une évidence, contrairement à ce que racontaient les médias depuis trois ans, la plaçant presque systématiquement en tête de tous les sondages. Elle n’est pas en tête, et c’est en quelques sortes un petit honneur dans le déshonneur.


Le taux de participation (78,2%)

Je n’étais pas inquiet des sondages qui laissaient entrevoir environ 30% d’abstention. Elle est de 21,8%, ce qui correspond à une participation tout à fait normale pour le scrutin majeur de la vie démocratique française. À cet égard, ce taux de participation très satisfaisant est un désaveu de la volonté de Jean-Luc Mélenchon mais aussi de Benoît Hamon de changer nos institutions : l’élection présidentielle est plébiscitée par le peuple, la remettre en cause serait un véritable acte antidémocratique.


Emmanuel Macron (23,9%)

Alors qu’Emmanuel Macron craignait de ne pas être qualifié pour le second tour, il a été assez imprudent cette soirée du premier tour, en s’affichant avec son épouse, en remerciant sa famille, et en rappelant de façon très narcissique le chemin parcouru depuis le 6 avril 2016 et la création de son parti En Marche. Pourtant, la bataille n’est pas terminée. Il s’est comporté comme s’il avait déjà remporté l’élection. Même Jean-Claude Juncker et Angela Merkel l’ont félicité alors qu’il n’a pas encore gagné. C’est très imprudent de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

_yartiPresidentielle2017AU06

Son vrai challenge va être de convaincre les Français qu’il est capable de gouverner, et c’est une autre paire de manches que de montrer ses dents brillantes. Il suffit d’écouter Gérard Collomb parler sur France 2 pour se dire qu’il lui faudrait faire taire certains de ses soutiens qui vont lui faire perdre des milliers de voix à chaque minute de temps de parole.

La déclaration publique d’Emmanuel Macron n’a pas été meilleure. Il veut rester sur son programme alors qu’il a besoin d’élargir son assise (son programme, seulement 23% des Français y souscrivent), et il ne doit surtout pas évoquer sa majorité parlementaire. Toute personnalité politique qui évoque les élections législatives (c’est valable encore plus du côté de LR) signifie qu’elle fait l’impasse sur le second tour.

C’est donc l’erreur à ne pas commettre, croire que le second tour est déjà gagné et passer à autre chose. En revanche, cela ne l’exonère pas de rassurer les Français sur les choix de son futur gouvernement : imagine-t-on un Gérard Collomb Premier Ministre ? ou un Richard Ferrand ? Personne n’est vraiment rassuré, surtout quand on entend Philippe Poutou appuyer là où cela fait mal, avec son style inimitable : « Macron a récupéré tous les toquards de la politique ! ».

Enfin, terminons en disant que la première place au premier tour n’a jamais garanti l’élection au second tour : François Mitterrand en 1974, Valéry Giscard d’Estaing en 1981, Lionel Jospin en 1995, furent en tête du premier tour et battus au second tour.


Marine Le Pen (21,4%)

Marine Le Pen a réussi son pari du premier tour, celui d’être qualifiée pour le second tour, malgré les affaires. On ne peut donc pas ne pas lui reconnaître cette réussite, mais il faut reconnaître que cette réussite est assez faible. Depuis deux ou trois ans, on la prédisait toujours en tête du premier tour et plus proche des 30% que des 20%.

Si Marine Le Pen, incontestablement, a obtenu dans l’absolu le plus grand nombre de voix dans toute l’histoire du FN, il faut aussi admettre qu’elle n’a finalement fait que 3% de plus qu’en 2012, ce qui reste faible et ne lui donnait aucune garantie automatique de se retrouver au second tour. Surtout, on est loin des 28% obtenus au niveau national lors des dernières élections générales, les élections régionales de décembre 2015.

_yartiPresidentielle2017AU03

Comme certains socialistes qui avaient effacé la rose et le logo du PS lors d’élections passées, Marine Le Pen avait soigneusement enlevé toute mauvaise connotation (la mention du FN par exemple) jusqu’à son patronyme (dans la propagande officielle, "Le Pen" ne figurait même pas en première page qui se contentait de "Marine", le patronyme était cité une seule fois, de manière discrète, avec la signature).

D’un point de vue programmatique, Marine Le Pen a obtenu ce qu’elle voulait, le débat surréaliste entre la France qui veut l’Europe et la France qui veut se replier sur elle-même. Alors que le débat présidentiel devrait porter sur quelles réformes proposer pour redresser la France.


François Fillon (19,9%)

Grosse déception chez François Fillon qui croyait sans doute se redresser spectaculairement comme il l’avait fait la dernière semaine avant le premier tour de la "primaire de la droite et du centre". Les affaires ont définitivement plombé sa campagne. Il a fait sa déclaration dans l’honneur, de manière très claire, en appelant à voter pour Emmanuel Macron. Pas d’hésitation chez lui : ceux qui doutaient de ses valeurs morales devraient donc avoir honte de leurs critiques à ce sujet. Il ne pouvait y avoir aucune ambiguïté, son long parcours l’avait largement déjà prouvé. Bravo à lui pour cette clarté.

_yartiPresidentielle2017AU02

L’autre élément qu’on peut évoquer, c’est qu’il est resté sur le fil des 20%, comme dans les sondages. Cela reste bas, très bas même, mais il n’y a finalement eu que 2% entre lui et Marine Le Pen (à peine 550 000 voix !). Et Christian Estrosi avait raison lorsqu’il a dit sur France 2 que ce faible retard aurait pu être rattrapé si François Fillon avait plutôt ciblé Marine Le Pen et pas Emmanuel Macron dans sa campagne de premier tour. Trop persuadé que la présence de Marine Le Pen au second tour était inéluctable, il a cru que son adversaire du premier tour était Emmanuel Macron. La réalité est le contraire. L’absence d’attaque contre Marine Le Pen a permis à celle-ci, au contraire, de prospérer d’un point de vue intellectuel et programmatique sur des mesures complètement loufoques.

Le déballage va nécessairement avoir lieu chez les responsables LR. Ainsi, Christian Estrosi, sur France 2, a fustigé Sens commun qui avait pris beaucoup trop d’importance dans la campagne de François Fillon et qui aujourd’hui, refuse de prendre position entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Ayant renoncé à la langue de bois, Jean-François Copé n’a, de son côté, pas hésité à dénoncer Nicolas Sarkozy qui a empêché tout plan B dans la candidature LR. Selon lui, François Fillon était prêt à s’effacer en début mars 2017, quand sa future mise en examen devenait certaine, et il n’y avait qu’un seul candidat possible, Alain Juppé, mais Nicolas Sarkozy aurait tout fait pour empêcher cette candidature de rassemblement. Faute de consensus sur un remplaçant, François Fillon a bien dû poursuivre la campagne. Sa détermination était donc forcée.

Beaucoup de responsables LR lorgnent maintenant au-delà du second tour, ce qui, à mon sens, est une erreur. Le second tour sera difficile. Ils imaginent qu’ils pourront gagner les élections législatives et imposer une cohabitation avec Emmanuel Macron à l’Élysée. Sauf que toute l’habileté d’Emmanuel Macron a été de s’attirer le concours de personnalités de droite et de gauche et il serait bien curieux qu’il ne puisse pas réussir à trouver une majorité dans la future Assemblée Nationale élue les 11 et 18 juin 2017. À condition d’avoir déjà été élu le 7 mai 2017.


Jean-Luc Mélenchon (19,6%)

La réaction de Jean-Luc Mélenchon et des mélenchonistes est à l’opposé de l’image qu’ils auraient souhaité montrer : mauvais joueurs, maniant la mauvaise foi. Refusant d’admettre leur défaite avant minuit, alors qu’ils étaient en quatrième position, ils ont refusé de dire ce qu’ils feraient le second tour. Pourtant, le 22 avril 2012, dès les premières minutes de la connaissance des premiers résultats, Jean-Luc Mélenchon avait appelé à voter pour François Hollande inconditionnellement. Il faisait moins le difficile face à Nicolas Sarkozy qu'aujourd'hui face à Marine Le Pen...

_yartiPresidentielle2017AU04

Paradoxement, les mélenchonistes devraient être heureux : ce résultat est historique, flirtant les 20% (seul Jacques Duclos a fait pareille performance en 1969) et à seulement 120 000 voix de François Fillon !


Benoît Hamon (6,3%)

Est-il encore un "grand candidat" ? Tout le monde l’a dit, il a très mal mené sa campagne alors qu’il avait la possibilité, en tant qu’ancien jeune rocardien, de rassembler sa famille politique. Il a continué à être frondeur, à la marge d’un PS paniqué par un tel cheminement, si bien qu’il finit avec un honorable score de candidat écologiste. Manuel Valls est désormais prêt à ramasser à la petite cuillère les derniers morceaux d’un PS vieillissant et sans âme. Dommage, car Benoît Hamon avait apporté une certaine fraîcheur dans le débat politique.


Nicolas Dupont-Aignan (4,7%)

Je me réjouirai si la barre de 5% n’est pas atteinte, car Nicolas Dupont-Aignan, élu classique ayant bien géré sa ville et d’une intelligence et d’un talent largement au-dessus de la moyenne, a utilisé durant sa campagne des ficelles démagogiques particulièrement grossières avec des arguments épouvantablement mauvais. Il a compris, comme Philippe Poutou, qu’il fallait faire des "coups" pour se distinguer des autres candidats.

Sa candidature a-t-elle été la cause de la défaite de François Fillon ? Je pense que non, même s’il est très tentant de vouloir additionner les deux résultats, ce qui aurait hissé François Fillon à la première place (vers 24%). Comme pour Lionel Jospin en 2002, l’échec de François Fillon en 2017 est sur sa propre personne. Les électeurs de Nicolas Dupont-Aignan savaient que la qualification de François Fillon était incertaine. Donc, s’ils avaient voulu voir François Fillon qualifié, ils auraient voté pour lui. S’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils ne l’auraient de toute façon pas fait, même sans la candidature de Nicolas Dupont-Aignan.

Nicolas Dupont-Aignan a refusé de dire ce qu’il ferait au second tour, se revendiquant d’un patriotisme humaniste et humain, histoire de dire que celui de Marine Le Pen ne le serait pas. Se rangerait-il derrière Emmanuel Macron ? Ce serait assez curieux. D’autres, comme Christine Boutin ou Jean-Frédéric Poisson, ont décidé de ne pas voter pour Emmanuel Macron.


Autres petits candidats

Seuls Jean Lassalle et Philippe Poutou dépassent le 1% selon les résultats partiels. Il y a probablement un résultat injuste pour Nathalie Arthaud qui a toujours respecté ses interlocuteurs (au contraire de Philippe Poutou qui fait près de deux fois plus), mais qui n’a pas de caisse de résonance suffisamment puissante. La participation de François Asselineau (ancien membre de cabinets ministériels dont celui de Françoise de Panafieu) n’a pas plombé la candidate du FN.


Positions pour le second tour

Comme beaucoup d’autres, j’estime qu’il n’y a pas une minute d’hésitation à avoir, il faut voter et faire voter pour Emmanuel Macron afin d’éviter l’élection de Marine Le Pen. Qu’on ne s’y trompe pas : l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas une simple formalité. Rien n’est joué, rien n’est acquis. Il n’a recueilli que 23-24%, ce qui signifie que 76% des Français n’ont pas été convaincus par lui et restent au mieux sceptiques sur son discours creux et ses belles phrases de communicant.

Le combat sera difficile et n’a rien à voir avec le duel de 2002. Si Jacques Chirac était parti de plus bas au premier tour (à peine 20%), il était le Président de la République sortant, avec déjà une quarantaine d’années de vie publique derrière lui : tout le monde le connaissait, savait ce qu’il faisait de bien, ses handicaps aussi, et il n’y avait aucune aventure à voter pour Jacques Chirac. Au contraire, voter pour Emmanuel Macron, avec sa maigre expérience, relève d’un grand pari, celui de croire à ce qu’il dit.

La présence d’une candidate issue de l’extrême droite, pour la seconde fois de l’histoire politique, est donc aussi un bon moyen de tester les valeurs des personnalités politiques qui ont soutenu d’autres candidats et doivent faire un choix.

Si le vote blanc de Nathalie Arthaud n’est pas une surprise (Arlette Laguiller avait fait de même en 2002), le refus de s’engager de Philippe Poutou est différent du choix d’Olivier Besancenot en 2002. Pire : le refus de prendre position de Jean-Luc Melenchon, ainsi que ses plus proches (et rares) lieutenants montre une évidence. Pour ces extrémistes de gauche-là, il était plus facile de voter pour Jacques Chirac et pour François Hollande que pour Emmanuel Macron. Comprenne qui pourra.

L’une des taches indélébiles de la carrière politique de Lionel Jospin a été justement de se taire et de refuser de prendre publiquement position pour le second tour en 2002. Au contraire, par exemple, d’un Dominique Strauss-Kahn très clair dès la première heure de la soirée électorale du premier tour, ou même, car il faut les saluer, des communistes en 2002. Pierre Laurent, l’actuel secrétaire général du PCF, au contraire, a été très flou sur ses intentions du second tour.

Car le clivage, dans la classe politique, ne passe pas vraiment entre le vote Le Pen et le vote Macron, ou encore l’abstention ou vote blanc. Mais entre ceux qui appellent à voter clairement pour Emmanuel Macron, en citant le nom du candidat, et ceux qui appellent à voter contre Marine Le Pen …sans dire explicitement de voter pour Emmanuel Macron.

François Fillon, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Thierry Solère, Christian Estrosi, Luc Chatel et Rachida Dati ont été très clairs dans leur appel à voter explicitement pour Emmanuel Macron, tout comme, à gauche, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Bernard Cazeneuve, Aurélie Filippetti, et Cécile Duflot.

Au contraire, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont refusé d’appeler à voter pour Macron, seulement contre Le Pen, tout comme, à gauche, Pierre Laurent, Benoît Hamon, et aussi Martine Aubry. Pierre Clément et Clémentine Autain ont finalement appelé à voter pour Emmanuel Macron le lendemain.

La France va donc vivre deux semaines de sueurs froides. Aucune manifestation ne sera probablement organisée, contrairement à 2002. Le candidat dit de rassemblement républicain aura donc intérêt de garder humilité et ouverture pour consolider sa position, et racoler avec un peu plus de finesse que de féliciter tous les candidats, sans exception, qui n’ont pas été retenus pour le second tour, de François Asselineau à Philippe Poutou…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Résultats officiels du premier tour du 23 avril 2017.
Premier tour de l'élection présidentielle du 23 avril 2017.
Les derniers sondages avant les urnes depuis 1965.
Qui sera nommé Premier Ministre en mai 2017 ?
Macron ou Fillon ?
Le Pen et Mélenchon ?
La Ve République.
Autorité et liberté.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.

_yartiPresidentielle2017AU05



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170423-presidentielle2017-au.html

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/article/macron-vs-le-pen-rien-n-est-joue-192257

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/24/35201910.html

 

Repost 0
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 01:05

Résultats officiels du premier tour de l'élection présidentielle française du 23 avril 2017


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170423-presidentielle2017-au.html
 



Résultats définitifs du 24/04/2017 à 18 heures.

 

Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
M. Emmanuel MACRON8 657 32618,1924,01
Mme Marine LE PEN7 679 49316,1421,30
M. François FILLON7 213 79715,1620,01
M. Jean-Luc MÉLENCHON7 060 88514,8419,58
M. Benoît HAMON2 291 5654,826,36
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN1 695 1863,564,70
M. Jean LASSALLE435 3650,911,21
M. Philippe POUTOU394 5820,831,09
M. François ASSELINEAU332 5880,700,92
Mme Nathalie ARTHAUD232 4280,490,64
M. Jacques CHEMINADE65 5980,140,18


 

 Nombre% Inscrits% Votants
Inscrits47 581 118  
Abstentions10 577 57222,23 
Votants37 003 54677,77 
Blancs659 3021,391,78
Nuls285 4310,600,77
Exprimés36 058 81375,7897,45


 




Résultats partiels du 24/04/2017 à 01 heures.

France Entière


Résultats incomplets calculés sur la base de 97% des inscrits reçus

résultats au 1er tour

Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 8 528 585 18,19 23,86
Mme Marine LE PEN 7 658 990 16,33 21,43
M. François FILLON 7 126 632 15,20 19,94
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 011 856 14,95 19,62
M. Benoît HAMON 2 268 838 4,84 6,35
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 1 689 686 3,60 4,73
M. Jean LASSALLE 433 996 0,93 1,21
M. Philippe POUTOU 392 454 0,84 1,10
M. François ASSELINEAU 329 951 0,70 0,92
Mme Nathalie ARTHAUD 231 660 0,49 0,65
M. Jacques CHEMINADE 65 076 0,14 0,18


Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 46 891 594  
Abstentions 10 210 481 21,77 
Votants 36 681 113 78,23 
Blancs 651 407 1,39 1,78
Nuls 291 982 0,62 0,80
Exprimés 35 737 724 76,21 97,43


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-resultats-presidentielle.html

Source : elections.interieur.gouv.fr/
 

Repost 0
23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 23:28

Présidentielle 2017 : vers un duel Emmanuel Macron vs Marine Le Pen

Estimations sur France 2 le 23 avril 2017 vers 23h

Emmanuel Macron : 23,9%
Marine Le Pen : 21,7%
François Fillon : 20,0
Jean-Luc Mélenchon : 19,2%
Benoît Hamon : 6,2%
Nicolas Dupont-Aignan : 4,8%
Jean Lassalle : 1,2%
Philippe Poutou : 1,1%
François Asselineau : 0,9%
Nathalie Arthaud : 0,7%
Jacques Cheminade : 0,2%

Abstention : 22%.

Résultats électoraux définitifs à lire bientôt ici :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-resultats-presidentielle.html

Pour aller plus loin :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170423-presidentielle2017-au.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-estimations-presidentielle.html

 

Repost 0
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:10

« Nous vivons en permanence dans l’illusion présidentialiste. Dès lors que les projecteurs sont braqués par le système médiatique sur des candidats à l’élection présidentielle, s’installe le sentiment que le Président de la République est un être tout puissant, omnipotent, pourvu de tous les pouvoirs. Or, cela est totalement faux. Le chef de l’État a relativement peu de pouvoirs propres en temps ordinaire. Son seul véritable pouvoir qu’il exerce seul en son nom est celui de dissoudre l’Assemblée Nationale. Il ne peut organiser un référendum que sur proposition du Premier Ministre ou conjointe des deux assemblées. Il ne dispose pas du pouvoir réglementaire (prendre des décrets) qui appartient au Premier Ministre, ni celui de déposer des projets de loi qui est celui du conseil des ministres, du gouvernement. Ses actes, par exemple, la nomination d’un haut fonctionnaire, doivent être cosignés par un ministre. Dès lors, le chef de l’État, s’il ne parvient pas à s’entourer d’une équipe ministérielle cohérente et stable, soutenue par l’Assemblée Nationale, sombre inévitablement dans l’impuissance. » (Maxime Tandonnet, historien, le 14 avril 2017 sur Atlantico).


_yartiMatignon2017A01

L’une des premières décisions qu’aura à prendre le nouveau Président de la République élu le 7 mai 2017, ce sera de nommer un nouveau Premier Ministre. Bernard Cazeneuve, intérimaire de la fonction depuis le 6 décembre 2016, sait qu’il doit quitter Matignon après l’élection présidentielle. Il aura à cœur de diriger la campagne du PS aux élections législatives. Je lui souhaite bon courage pour ce challenge !

L’identité du nouveau Premier Ministre dépend bien sûr de celle du nouveau locataire de l’Élysée, et étant donné la grande incertitude dans les sondages, l’incertitude sur le futur gouvernement est encore plus grande.

On peut juste évoquer quelques lignes directrices pour le choix d’un Premier Ministre : une bonne connaissance de la vie parlementaire serait un plus, certains candidats voudraient une femme mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi cette capacité à organiser la majorité parlementaire : à part pour François Fillon, tout reste à faire dans les autres hypothèses, et surtout, ce Premier Ministre doit avoir le potentiel de transformer cette majorité en réalité parlementaire, à savoir, de gagner les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Le 13 avril 2017, le journal "Ouest France" s’était prêté à ce petit jeu, je mettrai par conséquent une parenthèse pour les hypothèses suggérées exclusivement par ce journal.

Je me concentrerai sur les cinq principaux candidats. Deux d’entre eux, issus soit de partis gouvernementaux, soit d’une nébuleuse d’anciens de partis gouvernementaux, ne devraient pas avoir trop de problème pour trouver une personnalité compétente qui leur convienne, ce serait plutôt le trop plein.

_yartiMatignon2017A03

En revanche, pour deux autres candidats, issus des extrêmes, leur isolement relatif a engendré un vide de compétences qui serait leur première difficulté s’ils arrivaient au pouvoir. L’historien Maxime Tandonnet notait ainsi sur Atlantico le 14 avril 2017 : « Dans un cas comme dans l’autre [Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon], nous avons deux personnalités qui jouent sur une mise en scène de leur personnage, mais qui ne disposent probablement pas de la ressource humaine en compétences et en fidélités, en expérience de l’État pour former un gouvernement et des cabinets ministériels qui assurent l’interface entre les ministres et les administrations. ».


Hypothèse François Fillon

Fort d’une alliance entre Les Républicains et l’UDI, François Fillon pourrait bénéficier d’une majorité parlementaire solide à l’Assemblée Nationale, comme cela a été le cas en 2007, 2002, 1993 et 1986. Cette majorité est donc fortement crédible, la plus crédible de toute l’offre électorale actuelle. Une telle coalition est composée de personnalités ayant une forte expérience et compétence pour diriger le gouvernement.

Parmi les premiers-ministrables récurrents de François Fillon, François Baroin, sénateur-maire de Troyes et président de l’Association des maires de France, ancien Ministre de l’Économie et des Finances et ancien Ministre de l’Intérieur, serait sans doute le plus apte à succéder à Bernard Cazeneuve. Sa position de modéré, tout en ayant le soutien de Nicolas Sarkozy, lui apporterait une forte capacité de rassemblement de toute la droite et du centre.

Parmi les autres noms qui circulent, il y a Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui est un très proche de François Fillon, mais aussi des parlementaires qui furent le noyau dur de ses soutiens en 2012 lors de la bataille de l’UMP, en particulier Valérie Pécresse, Gérard Larcher (qui serait plutôt candidat à sa succession à la Présidence du Sénat), ou encore Xavier Bertrand.


Hypothèse Benoît Hamon

L’un des principaux candidats qui a sans doute le moins de probabilité d’être élu, Benoît Hamon n’en a pas moins beaucoup de personnalités potentielles pour Matignon. La première serait Christiane Taubira, très populaire et très combative pendant la campagne en faveur de Benoît Hamon. Son expérience, sa charge symbolique lorsqu’elle était ministre (une des rares bonnes surprises du casting de François Hollande avec Bernard Cazeneuve), lui donneraient tous les atouts pour mobiliser derrière elle une nouvelle majorité, plus à gauche que l’actuelle.

Les autres noms qui peuvent circuler seraient Vincent Peillon ("Ouest France") qui est resté loyal au PS malgré son échec à la primaire de janvier 2017, Aurélie Filippetti ("Ouest France"). J’ajouterais aussi Martine Aubry qui, promise à Matignon dès l’arrivée au pouvoir de Lionel Jospin en 1997 (il y a vingt ans !), pourrait faire un rééquilibrage institutionnelle en faveur de Matignon comme le souhaiterait Benoît Hamon. Mais aujourd’hui, malgré son implication personnelle dans la campagne, Martine Aubry en aurait-elle seulement l’envie sinon l’énergie ?


Hypothèse Emmanuel Macron

Quoi qu’on en dise, Emmanuel Macron reste le favori de l’élection présidentielle. Son arrivée dans le paysage politique reste totalement inattendue et ses soutiens sont très disparates et hétéroclites. Il lui serait donc très difficile de bâtir une majorité parlementaire qui lui soit cohérente car il ne s’agirait pas seulement d’élire des candidats étiquetés En Marche, encore faudrait-il que ces candidats aillent dans la même direction, ce qui est encore moins probable que la majorité socialiste sortante avec ses frondeurs. De plus, la volonté de renouvellement voulu par Emmanuel Macron pourrait lui ôter le concours de personnalités indispensables.

_yartiMatignon2017A02

Je les compterais au nombre de trois au moins, qui seraient loin d’être des symboles de renouvellement : François Bayrou, le seul avec qui Emmanuel Macron a eu des égards pour son soutien, Jean-Yves Le Drian, mais il aurait déjà refusé Matignon en avril 2014, et Bertrand Delanoë. On pourrait rajouter, pour les vieux routards : Gérard Collomb (sénateur-maire de Lyon), Serge Lepeltier (ancien Ministre de l’Environnement), Jean Arthuis (ancien Ministre des Finances) et Jean-Paul Delevoye (ancien Président du Conseil Économique, Social et Environnemental, ancien Médiateur de la République). Parmi les plus "opérationnels" plus "renouvelés", on pourrait aussi imaginer Richard Ferrand, député socialiste qui est le secrétaire général d’En Marche, ou encore Philipe Douste-Blazy (ancien Ministre des Affaires étrangères), Renaud Dutreil (ancien ministre) et même l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot ("Ouest France")…


Hypothèse Marine Le Pen

L’isolement du FN dans les compétences gouvernementales laisserait un boulevard à Florian Philippot, unique énarque lepeniste grâce à qui Marine Le Pen a réussi sa dédiabolisation. Néanmoins, personnalité contestée à l’intérieur même du FN, Florian Philippot ne ferait probablement pas l’unanimité au sein des dirigeants du FN et se satisferait plutôt d’un grand ministère (Intérieur, Éducation, etc.).

Le choix de Marine Le Pen donnerait le choix du rassemblement qu’elle souhaiterait aux législatives : soit elle chercherait à obtenir une majorité purement FN, et dans ce cas, l’hypothèse Philippot serait malgré tout pertinente ; soit, par réalisme, elle considérerait qu’une majorité FN serait impossible à conquérir face à la conjugaison des oppositions LR et PS, et dans ce cas, elle opterait pour tenter la scission de LR en proposant à certains élus LR proches des thèses du FN de venir la rejoindre.

Dans une telle configuration, le Premier Ministre devrait être la passerelle entre FN et la droite dure. "Ouest France" a proposé Nicolas Dupont-Aignan, ce qui serait peu crédible dans la mesure où ce dernier visait l’Élysée et pas Matignon (rappelons que le 10 mars 2012 dans "Le Figaro Magazine", Nicolas Dupont-Aignan avait envisagé de nommer Marine Le Pen à Matignon !). D’autres personnalités pourraient se retrouver dans ce rôle de passerelle, et la plus connue et ambitieuse est probablement Laurent Wauquiez qui n’avait pas hésité, il y a quelques années, à reconnaître qu’il avait les mêmes positions que Marion Maréchal-Le Pen sur certains sujets majeurs.


Hypothèse Jean-Luc Mélenchon

Là encore, comme pour le cas précédent, le contour de la majorité parlementaire serait très incertain. Voudrait-il rassembler toute la gauche ou tenter une OPA de la France insoumise sur toute la gauche ? Toujours est-il que les communistes seraient sans doute peu servis dans l’hypothèse d’une victoire de Jean-Luc Mélenchon.

"Ouest France" cite deux personnalités possibles. L’une en raison de sa fidélité, Alexis Corbière, mais peu connu du grand public et surtout, sans expérience parlementaire, et l’autre, Arnaud Montebourg, dans le rôle de passeur entre France insoumise et PS dont l’appareil resterait essentiel dans l’organisation d’une future majorité. L’hypothèse Christiane Taubira ne serait pas non plus à écarter d’emblée. Selon la vision institutionnelle de Jean-Luc Mélenchon, il serait clair que son futur Premier Ministre serait une personnalité cruciale dans la définition de la politique nationale. On imaginerait mal par ailleurs que ce soit …Benoît Hamon.


L’incertitude dans l’incertitude

Comme on le voit, le flou entoure chaque candidat sur ses perspectives de formation du futur gouvernement. Seul, François Fillon a défini très clairement le contour de la majorité parlementaire sur laquelle il voudrait faire reposer l’action de son gouvernement, et le choix de son Premier Ministre serait sans doute le moins inattendu. Pour les autres, ce serait la grande inconnue.

Un gouvernement français pleinement opérationnel est d’autant plus nécessaire que la situation internationale est très tendue : au-delà de la guerre en Syrie, Donald Trump serait prêt à faire une guerre avec la Corée du Nord devenue puissance nucléaire…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Matignon en 2017.
Matignon en 2012.
Matignon en 2010.
Matignon en 2007.
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

_yartiMatignon2017A04


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170413-matignon.html


http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/21/35179849.html
 

Repost 0
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:09

« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte. » (François Hollande, le 13 avril 2017, "Le Monde").


_yartiPenlenchon04

Deux des quatre candidats qui auraient la possibilité de gagner l’élection présidentielle, proposent, avec des idéologies très différentes, le même type de programme : sortie de l’Europe et de la zone euro, dépenses publiques massives, relance supposée par la demande sans comprendre qu’aujourd’hui, la France n’est pas seule au monde et que les Français veulent garder leur liberté de vivre, de consommer ce qu’ils veulent, de circuler où ils veulent. Ces candidats, ce sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. On dit que les extrêmes se rejoignent, cela paraît une évidence pour l’élection présidentielle de 2017.

Comment faire comprendre que l’injection massive d’argent public dans la consommation intérieure va d’abord enrichir les économies étrangères, et en premier lieu les économies allemande et chinoise ?

Tous les deux veulent tuer une construction certes largement perfectible mais qui est unique au monde, l’union des pays européens sur la base de la liberté et de la paix, librement consentie par les peuples, pour épauler chacun des pays d’une souveraineté européenne capable d’égaler les grandes puissances mondiales. L’un de ses meilleurs outils est l’euro, adopté démocratiquement par les Français lors du référendum du 20 septembre 1992. Ces deux candidats veulent remettre en cause soixante années d’histoire de l’Europe.

Les conséquences pour le monde et pour l’Europe seraient graves, mais les conséquences sur la France et les Français seraient dramatiques : perte du pouvoir d’achat (1 500 euros au moins par an), augmentation de la dette publique par l’effet de la dévaluation monétaire, et protectionnisme qui aboutirait à la fermeture des frontières pour nos nombreuses entreprises qui exportent. Ce serait alors ruine et désolation industrielle. Bien pire qu’aujourd’hui.

Au contraire, la France a le génie, les moyens, les compétences pour se mesurer aux autres puissances mondiales. Elle est l’excellence dans le domaine de la recherche scientifique, de l’innovation, des grands projets industriels. Il lui faut juste libérer les énergies pour relancer la machine.

Avec eux deux, on raserait gratis. On prendrait la retraite plus tôt alors que l’espérance de vie continue sa progression. On travaillerait moins alors que les entreprises ont besoin d’une plus grande compétitivité. On donnerait tout gratuitement. La note se compterait par centaine de milliards d’euros ! Ce serait forcément les impôts, donc les ménages, et les générations futures par la dette colossale qui seraient les premières victimes de cette folie budgétaire. C’est faux de dire que les riches paieraient : il n’y en aurait jamais assez pour assurer le financement de tous ces cadeaux clientélistes proposés par pure démagogie électorale. Et en plus, à condition qu’ils ne quittent pas le navire !

_yartiPenlenchon02

Chacun prône une révolution, veut changer radicalement un système dont ils sont pourtant les meilleurs représentants, ne serait-ce que par leur seconde candidature à l’élection présidentielle, ils sont déjà des personnages récurrents des campagnes présidentielles et n’ont aucune légitimité à représenter un renouvellement qu’ils ne peuvent symboliser eux-mêmes.

Marine Le Pen a profité des largesses de son mandat européen alors qu’elle combat l’Europe. Qu’a-t-elle réalisé de concret comme élue depuis sa quinzaine d’années d’engagement politique ? Rien ! Et Jean-Luc Mélenchon, qui a de si belles paroles pour faire du "dégagisme", ne se rend-il pas compte qu’il est le meilleur représentant, à cette élection, de l’apparatchik socialiste typique qui n’a jamais vécu que par la politique, grâce à un système dont il a profité très tôt, trentenaire, en étant plusieurs décennies sénateur, adjoint, vice-président de conseil général (un de ses anciens collègues en a parlé aussi, le 12 mars 2017), et que son départ du PS, encouragé par Patrick Buisson dont l’amitié montre à quel point les extrêmes se retrouvent, n’est que le résultat d’une haine contre François Hollande, ancien premier secrétaire du PS qu’il aurait voulu combattre personnellement en 2017 ?

Toutes ces postures sont des impostures.

Marine Le Pen veut mettre la préférence nationale dans la Constitution alors que les étrangers ont peu d’influence sur l’économie d’un pays aussi grand que la France. Elle reste sur le discours communiste de Georges Marchais : le 6 janvier 1981, Georges Marchais avait expliqué dans "L'Humanité" : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration pose aujourd'hui de graves problèmes. Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. ». Le 23 décembre 1980, le maire communiste de Vitry-sur-Seine avait délogé à coup de bulldozer des travailleurs immigrés maliens. Quelques semaines plus tard, le maire communiste de Montigny-les-Cormeilles (qui n'était autre que ...Robert Hue) mettait en cause une famille marocaine.

_yartiPenlenchon05

Jean-Luc Mélenchon veut bouleverser les institutions de la République alors qu’il y a beaucoup d’urgences en France : la lutte contre le chômage et la lutte contre le terrorisme, dans une situation internationale très grave où, pour la première fois depuis la crise de Cuba, un conflit nucléaire pourrait se produire réellement. Comment la France peut-elle à ce point se replier sur elle-même sans voir toutes les menaces qu’elle voudrait ignorer ? Les Français peuvent-ils être des autruches ?

Lorsque Marine Le Pen, le 9 avril 2017, a déclaré vouloir remettre en cause la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel’ d’hiv’, s’opposant ainsi à la déclaration du Président Jacques Chirac le 16 juillet 1995, l’un de ses discours les plus importants, elle a montré son vrai visage : le naturel revient toujours au galop. Malgré une décennie pour se dédiaboliser, Marine Le Pen montre à quel point elle est issue d’un mouvement d’extrême droite dont les ressorts restent toujours les mêmes : la haine de l’autre. Personne, du reste, ne l’avait obligée à revenir sur ce sujet, comme si dans la famille Le Pen, il y avait toujours un besoin irrésistible de faire des embardées sur cette période sombre de l’histoire de France.

Et Jean-Luc Mélenchon ? Il se présente en bon père de famille, en patriarche cultivé qui sait parler et c’est vrai, cela fait plaisir d’entendre un homme qui sait si bien jouer sur les émotions. C’est si rare, un vrai homme politique, avec une telle éloquence. Mais est-ce suffisant pour voter pour lui ? Sans lire ce qu’il propose ? La remise en cause du génie français ? Faire perdre vingt ans encore à l’économie française en reprenant pour argent plus que comptant ses vieilles lubies trotskistes ?

Jean-Luc Mélenchon veut bouffer du riche, prêt à instituer un impôt confiscatoire (il voulait un taux d’imposition de 100% pour les plus riches mais dans sa grande magnanimité, il a accepté de le réduire à 90% pour que ce soit juridiquement valide). Et pourtant, lui-même est le candidat le plus riche des cinq ! En effet, le patrimoine qu’il a déclaré pour se présenter (la déclaration est obligatoire et publique) flirte avec le million (965 5000 euros), inférieur à celui de deux "petits candidats", Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau (il n’y a qu’à Emmanuel Macron que l’ENA ne rapporte pas beaucoup), mais supérieur à celui de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Lors de son meeting à Lille le 12 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon faisait le mauvais joueur en proclamant de façon péremptoire, dévoilant son vrai visage : « Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang ! ». On ne sait plus trop qui a le couteau entre les dents, lui, l’adorateur de fantômes Hugo Chavez et Fidel Castro, qui voudrait faire quitter la France de l’Europe, de l’OMC et de l’OTAN et l’intégrer à l’Alliance bolivarienne ! Le modèle vénézuelien a pourtant du plomb dans l’aile alors que le Venezuela possède l’une des principales réserves de pétrole du monde et devrait, par conséquent, être très riche. Jean-Luc Mélenchon voudrait même remettre en cause les frontières européennes pour réattribuer les pays baltes à la Russie. On marche sur la tête.

_yartiPenlenchon03

L’hôpital qui se moque de la charité, c’est lorsqu’un sbire de Marine Le Pen, Nicolas Bay, le 13 avril 2017 sur Public-Sénat, dénonçait l’hyperfiscalité de Jean-Luc Mélenchon. Car la présidente du FN n’est pas en reste pour plomber les finances publiques, avec au moins 100 milliards d’euros de dépenses annoncées (dont 20 pour racheter les autoroutes, soit l’équivalent de 1 000 collèges !).

Marine Le Pen ne voudrait pas adhérer à l’Alliance bolivarienne, mais remettrait en cause gravement la cohésion nationale en refusant par exemple la gratuité de l’école aux enfants d’immigrés. Or, on sait bien que l’instruction est le meilleur rempart contre les risques de violence.

Quoi que ces candidats en disent, leur programme respectif aboutirait, malgré une idéologie très différente, au même résultat : la destruction massive d’une France forte, puissance européenne, capable de se comparer aux autres puissances mondiales, prête à se frotter à la compétition grâce à son génie culturel, scientifique, industriel, artistique, au profit d’une France qui se replierait sur elle-même, qui se ruinerait car elle dépend aujourd’hui tellement des économies extérieures qu’elle ne s’en relèverait pas, "autiste", refusant de comprendre que la France n’est pas seule au monde et que les puissances étrangères seraient ravies de constater qu’il y aurait un concurrent de moins sur la scène internationale…

Le Pen et Mélenchon, c’est bonnet noir et noir bonnet.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

_yartiPenlenchon01



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170413-penlenchon.html



http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/20/35179881.html

 

Repost 0
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 00:07

(verbatim)



Interview de François Fillon le 20 avril 2017 au journal "Le Figaro"

Dans un entretien exclusif à trois jours du premier tour, l’ancien premier ministre dénonce le programme du leader d’En marche ! et met en garde les électeurs de droite : « S’ils votent Le Pen, ils auront Macron ! »

LE FIGARO.- Étiez-vous spécifiquement visé par la menace d’attentat révélée mardi ?

François FILLON. – Le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, m’a prévenu jeudi dernier en me disant qu’on avait intercepté un message me désignant comme une cible. Les services ont mis en place un dispositif de sécurité mais nous, nous n’avons rien changé à notre programme de campagne.

À quoi devez-vous d’être une cible, plus que Marine Le Pen par exemple ?

Il n’est pas impossible que le candidat qui a le projet le plus radical contre le totalitarisme islamique soit visé. Les terroristes choisissent leur cible en fonction du retentissement qu’ils espèrent donner à leurs actes. Mais en réalité, c’est toute la société française qui est visée.

Ces menaces, inédites dans une campagne présidentielle, vous incitent-elles à renforcer l’arsenal que vous prévoyez ?

La seule stratégie possible et efficace contre cette menace est celle que je défends, c’est-à-dire une stratégie globale, à l’extérieur de nos frontières et à l’intérieur. Il faut notamment durcir les mesures contre ceux qui sont susceptibles de devenir des terroristes sur le territoire, avec la déchéance de nationalité pour ceux qui sont partis combattre en Syrie et en Irak, y compris quand ils sont français. Des textes existent, appliquons-les ! On peut très bien rester dans l’État de droit sans laisser dans la nature des gens qui sont fichés S.

Faut-il signaler aux maires les fichés S qui résident dans leur commune ?

Valérie Pécresse le réclame, et je l’approuve. Une vérification a été faite à l’occasion de l’un de mes déplacements : sur sept salariés, quatre étaient fichés S ! Quand il y a vraiment un doute sur un individu, les maires et les autorités compétentes dans les secteurs sensibles – je pense notamment aux transports – doivent être avertis.

Emmanuel Macron préconise lui aussi des « mesures fortes contre le terrorisme ». En quoi vous distinguez-vous de lui ?

Sur la lutte contre l’islamisme comme sur tout le reste, Emmanuel Macron est flou. On ne sent chez lui aucune détermination à lutter efficacement contre ce danger, qu’il n’a même pas diagnostiqué. Pour Macron, l’islamisme n’est pas un risque totalitaire qui menace la paix mondiale. Il reste sur le discours antiterroriste classique, en ménageant en permanence ce qu’il pense être un électorat musulman. Il se garde bien d’affirmer, comme je le fais, l’existence d’un mouvement intégriste au sein de la religion musulmane, mouvement qui doit être combattu. On ne l’entend jamais dire non plus qu’il faut expulser ceux qui tiennent des discours antirépublicains, ou dissoudre les mouvements salafistes ou se réclamant des Frères musulmans, qui sont clairement dans la mouvance djihadiste.

Incluez-vous l’UOIF dans les mouvements à dissoudre ?

C’est la justice qui tranchera, après enquête.

Emmanuel Macron a jugé les déclarations sur les attentats de Mohamed Saou, l’un de ses référents, « un peu radicales », mais a refusé de l’exclure. Comment interprétez-vous sa position ?

Il a même mis du temps à le suspendre ! C’est très révélateur de son ambiguïté sur toutes ces questions. Emmanuel Macron donne par son discours le sentiment de ne pas défendre l’identité nationale, le récit historique, l’enracinement culturel… Comme si tout cela était démodé. Comme si nous étions dans une société où seul l’individu compte, un individu qui n’a pas d’histoire, pas d’identité.

Et à l’extérieur de nos frontières, quelle sera la philosophie de votre politique ?

Notre stratégie d’alignement sur les États-Unis et sur l’Europe n’est pas bonne. On ne pourra pas éradiquer le totalitarisme islamique avec les seules forces occidentales. L’erreur, c’est de refuser la coalition que je réclame depuis quatre ans avec la Russie, l’Iran et l’ensemble des pays qui sont engagés dans ce combat. L’Allemagne a commencé à évoluer sur cette question pour une raison simple : elle est désormais menacée.

Peut-on encore envisager l’avenir avec Bachar el-Assad après l’attaque aux armes chimiques en Syrie ?

On ne peut pas non plus combattre le totalitarisme islamique en Syrie sans ses forces et sans son régime. Considérer que la présence de Bachar el-Assad nous empêche de travailler avec la Russie et l’Iran à l’éradication du totalitarisme islamique est une impasse. Ce qu’ils veulent, c’est un accord qui ménage leurs intérêts dans la région. Pour les Russes, la Syrie est l’un des sujets symboliques de la renaissance de leur pouvoir.

Donald Trump a-t-il eu raison d’ordonner des frappes ?

Son attitude est imprévisible. Il change d’avis de façon inattendue et sa stratégie est dangereuse. Mais on ne peut pas dire que Barack Obama ait été extrêmement fort ni clairvoyant non plus en matière de politique étrangère. Avec Donald Trump, ce qui est préoccupant pour l’instant, c’est le côté émotionnel de ses revirements. Il faut prendre un peu de recul. Il faut se souvenir que c’est souvent avec des enchaînements comme ceux-là que les guerres commencent. Il faut se demander ce qui se passera le jour où aura lieu une confrontation directe entre Russes et Américains. La Russie est instable, elle doit être maniée avec précaution.

Peut-on lever les sanctions contre la Russie sans progrès en Crimée ?

Il faut respecter deux principes fondamentaux et contradictoires : le respect des frontières et du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Personne ne peut nier que la Crimée est un territoire historiquement, culturellement, linguistiquement russe. Cela ne sert à rien de s’entêter à dire que la Russie doit quitter la Crimée, ça n’arrivera jamais.
La seule façon de sortir de cette crise, c’est d’organiser une conférence sur l’avenir de la Crimée pilotée par les Nations unies et qui permette de trouver une solution.

Quelles peuvent être les conséquences du référendum turc ?

Il risque d’accélérer la dérive de Recep Tayyip Erdogan vers un régime de type impérialiste.

Pourriez-vous proposer à vos partenaires européens d’arrêter une fois pour toutes le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE et de dire qu’elle n’y a pas sa place ?

Je m’oppose à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. On doit proposer aux Turcs de discuter d’un partenariat économique et de sécurité renforcé. Je crois que cette affaire d’adhésion de la Turquie à l’UE est une bombe à retardement très dangereuse. Plus on attend, plus le moment où il apparaîtra que cette adhésion n’est pas possible, notamment en raison de l’opposition de certains pays comme la France, plus la confrontation avec la Turquie sera brutale. On ne peut pas au nom d’un accord ponctuel sur les réfugiés prendre le risque d’une confrontation.

Quelles relations souhaitez-vous établir avec Angela Merkel ?

Dans les jours qui suivront mon investiture, je proposerai à Mme Merkel de nous rencontrer, à Strasbourg, pour parler de l’avenir de l’Europe. Je lui proposerai un effort commun de redressement économique et financier. La priorité, c’est une zone euro organisée avec un gouvernement économique, avec un secrétariat général et un agenda d’harmonisation fiscale. Et avec un objectif de souveraineté. C’est la meilleure façon de nous défendre contre l’hégémonie du dollar et de la monnaie chinoise.

Faut-il un ministre des Finances de la zone euro ?

Le plus important, c’est que les chefs d’État et de gouvernement se réunissent tous les trois mois pour piloter la zone euro, avec un secrétariat indépendant de la Commission européenne.

Une meilleure intégration en matière militaire est-elle souhaitable ?

Parallèlement à l’Alliance atlantique, il faut une alliance européenne de défense, une alliance militaire dans laquelle chaque pays garde la totalité de son autonomie et de son indépendance. Nous devons par ailleurs faire émerger progressivement une véritable industrie européenne de défense et mettre en œuvre un fonds pour assurer le financement des opérations extérieures. Ce n’est pas à la Commission, ni aux Vingt-Sept, d’en décider. Cela ne fonctionnera jamais. Il suffit d’un traité entre les États européens qui le souhaitent. Les Allemands y sont beaucoup plus ouverts qu’il y a quelques mois. Ils découvrent que la protection américaine n’est pas aussi solide qu’ils le pensaient et qu’un nouveau danger, le totalitarisme islamique, menace l’Allemagne, alors qu’ils pensaient être à l’abri.

Vous avez annulé mercredi un déplacement à l’École 42 qui risquait d’être perturbé. Cela ne donne-t-il pas l’image d’un candidat qui fuit toute forme d’opposition ?

Les oppositions, je les affronte tous les matins depuis près de trois mois avec une violence inouïe.

Vous avez dit avoir des preuves des interventions du pouvoir dans les procédures judiciaires qui vous visent. Pourquoi ne pas les avoir révélées ?

C’est à la justice de mener son enquête.

Que dites-vous aux électeurs de droite tentés de voter Marine Le Pen ?

S’ils votent Le Pen, ils auront Macron ! Toute voix de la droite républicaine qui se porte sur le FN ou sur Nicolas Dupont-Aignan augmente le risque d’une élection de M. Macron.

Vous ne semblez pas attirer les jeunes électeurs. Comment l’expliquez-vous ?

Vous vous appuyez encore sur les sondages ! J’entends toujours le commentaire classique du système médiatique : « Il n’y a pas beaucoup de jeunes dans les meetings. » Honnêtement, ça a toujours été le problème des partis classiques, à gauche comme à droite. C’est dans la nature des jeunes d’être tentés par les solutions extrémistes et révolutionnaires. Je ne vais pas dire que je l’ai été à leur âge, mais presque… Je suis le seul candidat qui propose aux jeunes un avenir, un travail, la liberté et l’indépendance. Je suis le seul à proposer de retirer de leurs épaules le fardeau de la dette créée par les générations précédentes. Je suis le seul candidat qui leur propose une réforme profonde du système éducatif et d’en finir avec les inégalités insupportables de l’école de la République, devenue la plus inégalitaire des grands pays européens.

Que pensez-vous de la polémique au sein des Républicains à propos de Sens commun ?

C’est une forme d’intolérance que je trouve regrettable, et c’est l’expression de ce politiquement correct que je combats par ailleurs. Je me souviens du gouvernement que j’avais composé avec Nicolas Sarkozy. Il y avait Alain Juppé, mais il y avait aussi Christine Boutin et Bernard Kouchner ! Je n’ai pas le souvenir que cela ait choqué qui que ce soit. Je n’adhère pas à toutes les positions de Sens commun, mais ils le savent et me soutiennent parce qu’ils pensent que j’ai le meilleur projet, ce qui prouve qu’ils ne sont pas sectaires. Ils ont leur place dans une majorité et ils ont fait preuve d’une très grande solidité dans cette campagne. Ce qui n’a pas été le cas de tout le monde. Pour construire, il faut rassembler. En excluant certains au motif qu’ils ne seraient pas dans « le sens de l’histoire », on contribue à créer les conditions de tensions, d’affrontements et de communautarisme.

Sur l’IVG, vous avez dit avoir l’intention d’abroger le délit d’entrave. Projetez-vous de restreindre l’accès à l’IVG ?

Arrêtez ! Je ne supporte pas ce procès d’intention. Jamais je ne restreindrai l’accès à l’IVG. Et les gens de Sens commun le savent parfaitement.

Pour faire les changements radicaux dont vous avez parlé, une majorité de 51% suffit-elle ?

La question, c’est d’avoir une majorité législative forte, ce que, à mon sens, je suis le seul candidat à pouvoir obtenir. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudra pas être ouvert et attentif à la diversité des opinions. C’est pour cela que je préconise l’ouverture du gouvernement à des personnalités extérieures pour aller chercher des talents et des visions différentes.

Vous ne vous lancerez pas dans l’ouverture, comme en 2007 ?

Non, car c’était une ouverture partisane qui ne fonctionne pas. Ce ne sont pas nos institutions, ce n’est pas notre culture. Ce serait un cadeau formidable au Front national. C’est pour ça que le projet d’Emmanuel Macron n’est pas réaliste. C’est un projet qui s’appuie sur une idée séduisante utilisée plein de fois dans l’histoire de la France, selon laquelle il n’y aurait plus ni gauche ni droite. Et qu’on pourrait naviguer entre l’une et l’autre. En réalité, cela débouche sur la montée des extrêmes.

Était-il nécessaire que Nicolas Sarkozy vous renouvelle son soutien ?

Nicolas Sarkozy me soutient sans réserves. Il l’a dit à plusieurs reprises et encore mardi. Je tiens ici à l’en remercier chaleureusement.

Quel est votre pronostic pour dimanche ?

Je serai au second tour.

Contre qui ?

Je ne sais pas.

Avez-vous une préférence ?

Non, je n’ai pas de préférence, je ne choisis pas, ce sont les Français qui choisissent.



François Fillon, le 20 avril 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

Repost 0

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
Print






Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).