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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 21:49

(verbatim)



Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier

Mes amis,

Merci, merci à vous toutes et à vous tous de foncer avec moi vers la victoire qui surprendra tout le microcosme.
Merci à tous les élus présents qui m’accompagnent et qui formeront, demain, la majorité nécessaire à l’action….

Chaque soir, comme ici, à Montpellier, je vois des foules de plus en plus nombreuses, des foules de Français courageux et libres qui veulent en finir avec l’échec, qui veulent l’alternance et qui ne veulent pas se laisser voler cette élection.

Cette élection n’est pas comme les autres.
Elle est sans équivalent par l’ampleur des enjeux sur lesquels les Français sont appelés à se prononcer.
Et elle est sans équivalent par l’ampleur des subterfuges déployés pour les occulter.
Tout est fait pour vous détourner de cette préoccupation qui est la plus essentielle au jour du scrutin suprême, celle du destin de votre pays.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous êtes conscients de ces enjeux et parce que vous n’êtes pas dupes de ces manœuvres.
Mais l’alternance n’est pas un but en soi !
Nous voulons l’alternance pour redresser notre pays.

L’état d’urgence est partout : dans ce fléau du chômage qui nous entraîne au bord de l’explosion sociale, dans nos finances publiques qui font peser sur nous le risque de la faillite, dans nos classes moyennes qui s’inquiètent de l’avenir de nos enfants, dans nos banlieues à la dérive, dans la France rurale qui se sent abandonnée, dans notre école qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, dans l’union européenne menacée de désintégration, dans cette guerre que le totalitarisme islamique a déclarée aux sociétés libres et en premier lieu à la France.

Que s’est-il passé pour que nous nous retrouvions dans cette situation déprimante qui a favorisé la montée des extrêmes à des niveaux jamais vus ?
Que s’est-il passé pour qu’un si grand nombre de Français aient les nerfs à vif au point de se tourner, dans un ultime geste de désespoir, vers les aventures les plus dangereuses ?
Pourquoi la France va-t-elle si mal et que devons-nous faire pour lui redonner confiance en elle-même ?
Voilà les questions fondamentales que nous devrions tous nous poser dans cette élection qui est l’une des plus cruciales de notre histoire.

Je suis venu pour vous apporter des réponses.
Je suis venu pour vous dire comment nous allons relever ces défis.
Je suis venu pour vous redonner espoir et pour vous montrer qu’avec de la volonté, en prenant des mesures énergiques, le renouveau est à portée de main.

Pour bien comprendre ce qui va mal, et pour bien comprendre le sens de mon programme, le sens de ma candidature, il faut se retourner un instant sur notre histoire récente.
Depuis 1981, nous avons laissé notre endettement croître dans des proportions irresponsables au lieu de réformer notre Etat.
Nous avons rigidifié notre marché du travail au lieu de lui insuffler la liberté nécessaire à une société de plein emploi.
Nous avons négocié à mots couverts notre modèle de laïcité au lieu de défendre ses valeurs qui sont au cœur de l’identité française.
Nous avons laissé l’Europe se transformer en technocratie au lieu d’en faire un instrument de progrès et de développement au service des nations.

Mais ce n’est pas tout.

A ces erreurs, on a superposé une idéologie qui les justifiait.

Depuis 1981, la gauche a placé ses pions sur le front de la culture et elle a verrouillé la pensée au point de rendre le débat impossible sur tous ces problèmes qui sont pourtant essentiels.

La liberté, l’autorité, l’identité, la souveraineté sont devenues des idées honteuses. Les gardiens du politiquement correct ont entrepris de les faire taire, par tous les moyens.
Cette situation atteint aujourd’hui son paroxysme, dans cette élection où aucun débat de fond n’a lieu, où tout est fait pour déplacer la confrontation sur le terrain des apparences et de la tactique, là où l’équipe sortante trouve son seul espoir de se maintenir, à la stupéfaction des Français qui en ont jugé le bilan désastreux.

Ce n’est pas tout encore.
A l’idéologie, s’est ajoutée la démagogie.
La gauche savait très bien que les caisses de l’Etat n’étaient pas infinies, mais peu importe, elle promettait toujours plus de dépenses, toujours plus de subventions, toujours plus de bonheur à coups de chèques en bois.
Mais la démagogie finit toujours par être sanctionnée par la défiance des citoyens et par l’incapacité à gouverner.
Au fil des ans, les désillusions se sont accumulées et sont devenues insoutenables, au point de briser le lien entre les Français et leurs représentants.

Alors, mes amis, quand j’ai décidé de me présenter à la présidence de la République, je me suis juré de le faire en ayant travaillé, en ayant étudié, consulté, écouté, en ayant bâti un programme précis, argumenté, cohérent, efficace, un programme sans démagogie, fondé sur le bon sens, fondé aussi sur l’exemple des pays qui vont mieux que nous.
Je me suis juré de ne pas jouer à l’illusionniste, de dire ce que je pense, même si cela ne doit pas plaire à tout le monde, et de proposer des choses que je ferai vraiment, et que je ferai rapidement.

Je n’ai pas passé ma vie à rêver que je serais président de la République, comme d’autres s’y voient dès le jardin d’enfants, mais j’ai consacré toute ma vie d’homme au service de mon pays.

Pendant toutes ces années, partout où j’étais, à tous les niveaux, les plus modestes et les plus élevés, je me suis battu, dans la mesure de mes responsabilités, pour donner une vie meilleure à mes administrés et pour faire progresser la France, pour la moderniser, pour la maintenir dans le peloton de tête des grandes nations du monde.
Je suis en colère quand je vois que nous sommes à la traîne, alors que les grands pays qui nous sont comparables sont au plein emploi, avec une croissance meilleure que la nôtre.
Je suis en colère quand je vois que la démagogie atteint des sommets dans cette campagne.
La démagogie de M. Macron qui dit oui à tout le monde et qui sera tout aussi incapable que M. Hollande de décider quoi que ce soit.
La démagogie de ceux qui inventent de nouvelles chimères, parce que les solutions concrètes ne rentrent pas dans le cadre de leur idéologie.
Les 32h. Le revenu universel. Le retour au franc. La fermeture des frontières. La VIème République…

Mais qui peut croire qu’on va créer des emplois, augmenter la croissance et le pouvoir d’achat, réduire notre dette, faire tourner nos usines en passant aux 32h ou en sortant de l’Europe ?
Comment est-il possible de prendre à ce point les problèmes à l’envers ?
Les maux de la France ne viennent pas de l’euro, ils ne viennent pas de l’Allemagne, ils viennent de nous, ils viennent de nos pesanteurs, de nos rigidités, de nos blocages idéologiques, et ils viennent des socialistes qui les ont aggravés !

Ayons le courage de nous comparer !
Ayons le courage de regarder ce que font les pays qui réussissent, et arrêtons de dire qu’à nous autres Français il serait impossible de faire la même chose !

Autrefois, l’on disait : impossible n’est pas français.

Aujourd’hui, on dirait que c’est l’inverse.

Diminuer la dette de l’Etat ? Impossible.

Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, qui sont celles de nos voisins mais qui sont aussi, tout simplement, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ? Impossible.

Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ? Impossible.

Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait une grande démocratie telle que le Canada? Impossible.

Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ? Impossible.

Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? Impossible.

Impossible, car M. Mitterrand l’avait dit : contre le chômage, on a tout essayé. Impossible, car M. Hollande, quant à lui, a dit plus récemment: on n’a pas eu de bol.
Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous !
Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !
Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ? Impossible.

Notre école dégringole dans tous les classements internationaux. En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant nous sommes loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête. D’année en année, nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences.
Bientôt, nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ? Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible…

Eh bien, moi je crois que nous sommes autant capables que n’importe quelle autre nation de renouer avec la croissance, de créer des emplois, de faire respecter l’autorité qui est nécessaire à toute vie en société, de résoudre nos problèmes sans regarder ailleurs, sans vendre des rêves et sans jouer aux apprentis sorciers qui veulent tout détruire parce qu’ils sont incapables de bâtir quoi que ce soit.

Je veux redonner à notre pays le sens du possible.
Mes solutions ne sont pas chimériques.
Elles sont concrètes et si je suis élu je les mettrai en place tout de suite, pour rattraper le temps perdu et pour donner le plus vite possible une impulsion décisive à notre économie.

Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement des capitaux français.


J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir et à créer des emplois, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je réformerai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.
Rien n’a changé.
Chaque année, nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser, nos dettes antérieures !
Notre dette atteint 2200 milliards d’euros, 100% du PIB.
La remontée des taux d’intérêt est un risque majeur que l’on sent poindre à l’horizon.
Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou considèrent que ce n’est pas grave.
Comment est-il possible que je sois le seul dans cette campagne à vouloir en finir avec le cercle vicieux de la dette publique, alors que c’est l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour restaurer sa crédibilité, pour redevenir une grande puissance européenne, et tout simplement pour assurer son avenir ?

Mon projet n’a rien à voir avec je ne sais quelle austérité.
L’austérité elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin malheureux de la Grèce.
Le jour où nous pourrons plus payer nos fonctionnaires. Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale.
Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire pour amadouer nos créanciers.

Mon projet je l’ai construit en pensant à tous les Français.
Je l’ai construit en pensant à ceux qui sont au chômage parce que les entreprises ont peur d’embaucher.
Je l’ai construit en pensant aux travailleurs dont les salaires sont écrasés par les charges.
Dès le 1er juillet 2017, je diminuerai les cotisations salariales, pour donner un gain de 700 euros par an à un couple qui travaille.
Je l’ai construit en pensant à ces ouvriers qui m’ont dit : les 35 heures, c’est bien beau mais on a toujours assez de temps pour dépenser l’argent qu’on gagne.
Je l’ai construit en pensant aux retraités dont les pensions sont si faibles alors qu’ils ont travaillé toute leur vie. M’augmenterai toutes les retraites inférieures à 1000 euros et les petites pensions de réversion.
Je l’ai construit en pensant aux artisans qui n’en peuvent plus du RSI. Je le réformerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.


Je l’ai construit en pensant aux professeurs qui n’arrivent plus à faire cours et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques fumeuses et inefficaces.
Je l’ai construit en pensant aux agents de nos fonctions publiques dans leur ensemble.
Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.
Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent des créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leurs salaires et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.

J’ai écouté les agriculteurs qui croulent sous les normes et qui ont le sentiment d’être traités avec suspicion alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.
Je leur simplifierai la vie.
J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.
Je ferai en sorte qu’ils soient reconnus comme des entrepreneurs à part entière.

J’ai écouté, partout dans notre pays, des Français de tous les métiers qui m’ont dit : laissez-nous libres, arrêtez de nous étouffer sous les normes et sous les taxes, et alors nous montrerons de quoi nous sommes capables !

Mais j’ai écouté aussi tous ceux qui m’ont dit à quel point leur confiance dans l’avenir était minée par le déclin de l’autorité.
C’est là encore tout un état d’esprit qu’il faut changer.
Des années de déconstruction idéologique ont conduit l’Etat à cesser de croire en sa légitimité et à cesser par conséquent d’exercer l’autorité qui lui revient.

Nous avons recruté des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, et pourtant jamais notre Etat n’a donné le sentiment d’être aussi impuissant à remplir ses missions régaliennes fondamentales.

A quoi sert-il de battre des records d’effectifs, si dans les banlieues toujours plus de quartiers sont inaccessibles aux policiers et aux pompiers, si dans les tribunaux toujours plus de jeunes délinquants ressortent libres, si dans les écoles toujours plus de professeurs entrent dans leurs classes avec la peur au ventre ?

C’est d’un même geste que l’Etat doit cesser d’empiéter sur la liberté des citoyens qui travaillent et qui entreprennent, et qu’il doit redevenir un pilier de l’ordre sans lequel la vie en commun est impossible.

L’Etat bureaucratique doit céder la place à l’Etat régalien.


Les forces de l’ordre doivent être entourées du respect de la nation et en premier lieu du président de la République.
J’ai écouté ce qu’elles m’ont dit.
Elles doivent pouvoir se consacrer à leur mission dans de meilleures conditions. Avec des outils technologiques performants, des locaux et des casernements qui soient dignes de l’importance de leur travail.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.

Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prisons interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.
Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.

Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.

Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.

Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires.
Je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Nous avons perdu le sens de l’autorité parce que nous avons cessé de croire en nos valeurs et en la nécessité de leur transmission.

Nous ne sommes pas seulement un pays, nous sommes une nation et nous sommes une civilisation.


La France qui a inspiré tant de pays partout dans le monde ne doit pas avoir honte chez elle.
Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.
L’immigration sans intégration, sans assimilation, doit être stoppée.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.
C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.

Ceux qui nous rejoignent le font souvent parce qu’ils ont entendu là-bas, dans leurs pays frappés par la misère et la dictature, des récits qui leur ont donné une haute idée de la France.
Mais ceux qui nous dénigrent le font trop souvent parce que des idéologues leur ont donné, ici, des raisons de le faire.
Ils se sont retrouvés dans un pays ouvert à tous les relativismes, incapable de dire qui il est, incapable d’être fier de tout ce qu’il a à transmettre.
Le défi de l’intégration ne sera gagné qu’avec l’autorité d’un Etat capable de défendre, d’affirmer les valeurs du progrès et de la raison.
Capable de définir, sans ambiguïté, ce qui est inacceptable.
Capable d’interdire les prêches emplis de haine.
Capable de rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.
Capable de dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est pour moi le sens premier de la laïcité.

Comme le fait le Talmud, chaque musulman de France doit pouvoir déclarer que « la loi du pays est ta loi ».
« La France, disait Emmanuel Levinas, est un pays auquel on peut s’attacher autant par le cœur, l’esprit que par les racines. »
Il y a de la place pour plusieurs amours dans un même cœur, mais une seule loyauté.
Nous avons tous un droit irrécusable à chérir nos origines, qu’elles soient languedociennes ou kabyles, mais notre seule fidélité doit être pour notre France.

Mes amis,
Il y a urgence à refonder notre école qui est au cœur de la transmission de nos valeurs.


Il faut remettre sur ses pieds tout un système qui marche sur la tête.
Ça veut dire mettre fin aux expérimentations hasardeuses des pédagogistes et redonner à l’école cette mission fondamentale qui est l’apprentissage des savoirs fondamentaux.
Ça veut dire en finir avec l’allègement permanent des programmes et des exigences, avec cette logique égalitariste qui détruit la vraie égalité des chances, car qu’est-ce que l’égalité des chances, sinon donner à tous les élèves, d’où qu’ils viennent, la possibilité de connaître et de comprendre ce que l’humanité a inventé, a découvert, a créé ?

Si nous continuons ainsi, où seront les ingénieurs, les scientifiques, et tout simplement les professionnels compétents de tous les secteurs dont a besoin une grande nation comme la France ?
On nous a tellement dit qu’il fallait remettre l’élève au centre du système.
Mais celui qui est au centre de la classe, c’est d’abord et avant tout le professeur !

Respecter l’élève, c’est faire qu’il sorte de l’école avec de vrais savoirs, avec un vrai bagage intellectuel, avec la capacité de choisir son métier quand il sera adulte.
Ce n’est pas lui faire croire qu’il peut construire tout seul son propre savoir et qu’il peut plaider la cause de ses fautes d’orthographe.
Ce n’est pas transformer les professeurs en animateurs dépourvus de toute autorité.

L’école sert à apprendre à lire, à écrire et à compter. Pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux, j’avancerai l’âge de la scolarité à cinq ans au lieu de six.


L’école doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.
L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.
Que dans certaines de nos écoles on s’interpelle suivant ses origines, c’est une régression de l’unité française, c’est une tribalisation de notre société !
Et cela je ne l’accepte pas car nous sommes d’abord tous français.
Je propose donc que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous égaux, tous Français. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

C’est une mesure de bon sens.
Là encore, regardons le monde autour de nous !
Je ne pense pas à seulement à tous ces pays anglo-saxons où vous savez bien que l’uniforme scolaire est la règle.

En Asie, en Afrique, en Amérique du sud, bref, dans tous ces pays pour qui le savoir est une conquête et l’école une chose sacrée, dans tous ces pays pour qui la discipline et le respect sont des valeurs nécessaires au développement, les élèves portent une tenue uniforme dans leurs établissements !
En France, la Guadeloupe, la Martinique et aussi la Guyane l’ont mis en place !
Cet uniforme scolaire, il reviendra à chaque établissement de le définir, comme il reviendra à chaque établissement d’inventer un état d’esprit, une communauté, un projet.

Au lieu d’une hiérarchie monolithique, trop souvent timorée, trop souvent éloignée des difficultés rencontrées sur le terrain, je veux qu’une plus grande liberté, une plus grande autonomie, une plus grande responsabilité soient laissées aux établissements scolaires et aux équipes qui les composent.
C’est cette liberté qui recréera les conditions de l’autorité dans l’enceinte des écoles.
Parce que les responsabilités seront plus directes, et pas diluées dans une chaîne infinie qui décourage la prise de décision.

C’est cette liberté qui redonnera du souffle à l’enseignement et à l’ambition de la réussite.

Il faut en finir avec ces grandes réformes pompeuses qui prétendent tout définir d’en haut, pour tout le monde, et qui ne satisfont jamais personne.
Pourquoi vouloir un jour que tout le monde fasse du grec et du latin, et le lendemain que plus personne ne puisse en faire ?
Il y a des élèves qui ont besoin d’un encadrement strict et d’autres qui en souffriront et ne s’épanouiront que dans une atmosphère plus libérale. Les cheminements de l’intelligence sont divers et il est normal que l’école respecte cette diversité.
Interrogez les grands mathématiciens, les grands physiciens, les grands chefs d’entreprise, les grands écrivains : il y a eu parmi eux des cancres et des premiers de la classe, des rêveurs et des bûcheurs.
Alors, je crois que les établissements doivent être libres de se choisir un style, une méthode, et les parents doivent être libres de choisir ce qui est le mieux adapté à leurs enfants.

Oui, je veux confier aux chefs d’établissement du second degré la possibilité de recruter une partie de leurs équipes.
Je veux valoriser les initiatives.
Je veux encourager les établissements publics et privés qui se battront pour la réussite avec des idées neuves, dans les zones urbaines sensibles et dans les territoires ruraux.

Je veux améliorer les traitements des enseignants, en maîtrisant les effectifs, en instaurant une part de rémunération au mérite, en donnant des possibilités de promotion accélérée aux professeurs des établissements difficiles, à ceux qui enseigneront une seconde matière et à ceux qui délivreront leurs cours dans une langue étrangère.

L’école qui devrait être le lieu par excellence de la reconnaissance des mérites et des efforts, est devenue celui du nivellement égalitariste par le bas aussi bien pour les élèves que pour les professeurs.
Et comment des professeurs qui souffrent de la dévalorisation de leur propre savoir peuvent-ils enseigner aux élèves qu’ils ont devant eux le goût de l’apprentissage et de l’effort intellectuel ?

Quel terrible paradoxe !

Il est urgent de remettre le système sur ses pieds en lui redonnant de la liberté, de l’autorité, c’est-à-dire en respectant l’intelligence de ceux qui se battent chaque jour pour transmettre notre patrimoine culturel et scientifique, et en réaffirmant bien haut la valeur de leur mission.

Mes amis,

Pendant des décennies, les Français ont pensé que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur. Aujourd’hui, ils pensent le contraire.
L’enjeu de cette élection, c’est de redonner des perspectives à la jeunesse.
Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.


Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.
Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a « pas de bol ».
Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça.
Et même si les voyages forment la jeunesse, je ne veux pas que l’expatriation soit pour vous le seul horizon de la réussite.
Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne. Mon ambition secrète n’était pas d’être président de la République, c’était de grimper tous les sommets de 4000 mètres d’Europe. Et je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.
Je n’ai pas fait de grande école, je n’avais pas de voie toute tracée, j’avais tout à inventer, tout à conquérir.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.

Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

L’avenir du travail c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.
Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde fait de révolutions en chaînes, dont celle du numérique.

Notre vie a déjà changé, elle va changer encore.
L’intelligence artificielle, l’impression 3D, la réalité augmentée, les nanotechnologies, la robotique, les progrès de la génétique, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente…

Saisissons-nous de ces progrès.
Ayons l’ambition d’être les premiers partout où nous pouvons l’être.
Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.

Je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.
Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.
Nous ne relèverons pas les défis de l’avenir en nous agrippant au statu quo.
Nous ne serons pas au rendez-vous du progrès avec nos vieux blocages, nos vieilles crispations, nos vieilles peurs.
Je veux porter l’audace du changement qui redonnera à la France sa grandeur et qui refera d’elle une force pour sa jeunesse.

Oui, la France doit renouer avec le sentiment de sa grandeur.
Je veux que la France fasse la course en tête.

Je veux que dans dix ans nous soyons la première puissance européenne.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.
La faiblesse n’est pas de mise.
Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.
Quelle est la mienne ?

C’est celle d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.
D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.
Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.
Le Président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.
Il n’est pas de domaine où la solitude du Président soit plus grande, pas de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requière autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.
Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Alignée sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du conseil de sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible mais la responsabilité de la France c’est de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.


J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdue en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralysent.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.
En un mot, mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis,
Nous sommes dans la dernière ligne droite.
Nous donnons tout.
C’est maintenant que tout se joue.
Les journées que nous allons vivre seront décisives et nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.
Cette bataille, nous pouvons la gagner et chaque jour qui passe, en voyant des foules toujours plus nombreuses, renforce ma conviction que nous allons la gagner !

J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.
Alors croyez-moi : la victoire vient à ceux qui y croient jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une conquête.

J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous avons un projet précis et puissant, un projet qui est le meilleur pour la France.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous aurons une majorité pour le mettre en œuvre.
Il faut que vous alliez partout pour dire que dans un mois, oui, dans un mois, notre pays peut se transformer enfin et qu’elle peut de nouveau étonner le monde.

Vous êtes des militants de la France.
Vous êtes le camp de la raison et de la nation.
Projet contre projet, argumentez, et vous verrez que le nôtre s’imposera comme une évidence.
Proclamez nos ambitions, affirmez vos valeurs, défendez vos convictions, brandissez-les comme un étendard.
La France debout, la France en tête, la France pour volonté et toutes nos volontés pour la France : voilà la devise de la victoire !
Vivre la République et vive la France !


François Fillon, le 14 avril 2017 à Montpellier.

Source : www.fillon2017.fr
 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 23:46

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Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse


Mes chers amis,

« Ô Toulouse », nous voici donc rassemblés pour dire à ceux qui en douteraient que la France est belle et qu’elle mérite que nous lui donnions autant qu’elle nous donne.

Merci à tous les élus ici présents qui m’accompagnent…

Merci à vous toutes et à vous tous pour votre fidélité et votre volonté de vaincre.

Cette volonté je l’ai aussi en moi et, tous ensemble, nous allons percuter les scénarios écrits par d’autres que nous.

Vous êtes la France libre, celle qu’on n’intimide pas, celle qui ne se résigne pas, celle qui ne se trompe pas d’enjeu : l’enjeu, c’est de redresser la France et plus de la gérer au fil de l’eau ; l’enjeu c’est de désigner un Chef d’Etat, et j’utilise ce terme de « Chef de l’Etat » à dessein, parce que la situation intérieure et internationale réclame de la force et du sang froid.

Au Moyen-Orient, la guerre fait rage et les Etats-Unis et la Russie ont engagé un bras de fer dangereux. Il revient à la France d’être la puissance qui parle à tous, la puissance qu’on respecte pour son indépendance et la sagesse de ses convictions.

Je suis prêt à assumer ce rôle.

Nous sommes 66 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants qui ont soif de réussite. 7 milliards d’habitants qui aspirent à bousculer la vieille hiérarchie des nations.

Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux.

Alors nous avons le choix : soit nous baissons les bras et dans dix ans nous ne serons plus qu’un musée de nos grandeurs anciennes, soit nous nous ressaisissons ensemble pour faire de notre pays le pays de l’action et de tous les succès.

Moi, j’ai choisi : mon objectif est de faire de la France la première puissance européenne d’ici à dix ans ! C’est-à-dire un pays qui produit, qui innove, qui donne du travail à tous ses citoyens.

Ici, à Toulouse, au cœur de notre industrie aéronautique et spatiale qui fait notre fierté, je dis que je crois à l’industrie !

Notre avenir n’est pas seulement dans une économie de services.

Il est aussi dans notre capacité à produire des satellites, des avions, des voitures, des trains, des bateaux, des matériels militaires, des biens de consommation, il est dans notre capacité à conserver notre indépendance énergétique, il est dans notre capacité à fabriquer français et à exporter français.

Ces dernières années, nous avons laissé l’industrie française s’affaiblir.

Nous avons toujours de grands leaders mondiaux mais ils produisent de plus en plus à l’étranger, pour éviter nos réglementations kafkaïennes et nos impôts paralysants.

Nous avons négligé l’honneur de l’industrie, l’honneur des travailleurs, l’honneur des ouvriers.

Je me bats pour les travailleurs de tous ces secteurs délaissés, qui refusent de voir le patrimoine industriel français s’éteindre ou passer sous la coupe des investisseurs internationaux.

Je me bats pour les travailleurs qui ont du courage face à l’adversité, qui sont fiers de leur métier. Pour ceux qui travaillent dur pour que leurs enfants vivent mieux qu’eux.

Ils ont droit au respect. Leur métier n’est pas moins noble qu’un autre.

On leur manque de respect quand on leur fait des promesses inconsidérées.

On leur manque de respect quand on renonce à défendre l’industrie française et européenne face aux règles bafouées du commerce international.

On leur manque de respect lorsqu’on prétend qu’avec la semaine à 32 heures on tiendra le choc de la compétition internationale.

On leur manque de respect lorsqu’on leur dit que le retour du franc sera favorable à notre outil industriel alors qu’il le privera des investissements nécessaires à sa survie et qu’il bouchera ses marchés européens.

On leur manque de respect lorsqu’on leur promet qu’aucune entreprise ne fermera, comme si l’Etat pouvait commander les carnets de commande.

Toutes ces balivernes ne sauveront pas notre industrie.

Ce qu’il faut faire, je vais vous le dire.

Il faut baisser les charges et les impôts qui grèvent le coût du travail pour le placer au même niveau que nos principaux concurrents européens, et pas seulement sur les bas salaires car nos ingénieurs doivent également être valorisés.

Je réduirai massivement les charges sociales et fiscales qui pèsent sur la compétitivité des entreprises françaises, et, parallèlement, je réduirai les charges payées par les salariés afin d’augmenter leur salaire net.

Il faut impérativement favoriser l’investissement qui est le nerf de la guerre pour que nos industries puissent innover et conquérir des marchés.

Je préfère un capitalisme français qui investit en France plutôt que de voir nos plus beaux fleurons rachetés par l’étranger.

Je réduirai l’impôt sur les sociétés, je supprimerai l’ISF, je permettrai la déduction de l’impôt sur le revenu jusqu’à 30 % des montants investis dans des PME et des start-up innovantes, j’orienterai 50 Md€ des encours des contrats d’assurance vie vers le capital des PME, et je favoriserai la transmission des entreprises familiales en suspendant tous les droits tant que l’entreprise reste dans la famille.

Si la France disposait d’un réseau de PME puissantes et exportatrices à l’égal de l’Allemagne, ce serait 1 million d’emplois de plus que nous pourrions offrir à nos jeunes.

Ce qu’il manque à nos PME c’est du capital, c’est de l’innovation, c’est de la souplesse, c’est des jeunes bien formés.

Le capital, je viens d’en parler.

L’innovation, c’est le crédit impôt recherche que mon gouvernement avait renforcé et qui s’est révélé être une réussite. Mais il faut aussi des liens beaucoup plus étroits avec les laboratoires de recherche et avec les universités.

Au sein de leur conseil d’administration, des entrepreneurs doivent pouvoir participer à la définition des cursus universitaires et des objectifs de recherche appliquée.

La souplesse, c’est le recentrage des 3.400 pages de notre code du travail sur les seules normes sociales fondamentales. Le reste doit être renvoyé à la négociation dans les entreprises, là où l’entrepreneur et les salariés savent de quoi ils parlent.

Il faut sortir des 35 heures, doubler les seuils sociaux, débureaucratiser la vie des entreprises.

Enfin, la formation de notre jeunesse est capitale pour nos industries. Le Bac pour tous c’est bien, mais un emploi pour tous c’est encore mieux.

Notre jeunesse, c’est un préalable, doit être réconciliée avec la valeur travail.

Franchement, est-on au rendez-vous de la jeunesse et de son énergie lorsqu’on vante les prétendus mérites du revenu universel ? Est-il enthousiasmant de lui proposer de travailler moins et de partir le plus tôt possible à la retraite ?

Le travail est une valeur d’émancipation, une valeur de liberté.

Le courage et le mérite sont des vertus qui appartiennent à chacun. Là où le travail est dévalorisé, ce sont les privilèges de la naissance qui commandent.

Je veux faire de l’apprentissage, de l’alternance, une voie d’excellence pour décrocher un travail. Il faut améliorer l’information des jeunes et des parents sur les formations et les métiers à l’échelle de chaque bassin d’emploi.

Il faut confier, non plus à l’Education nationale, mais aux Régions et aux branches professionnelles la gestion de l’enseignement professionnel. Et puis, il faut une exonération totale des charges patronales sur les contrats en alternance.

Mes amis,

Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire industrielle : la vapeur et l’électricité, l’atome, le nucléaire civil, la médecine, l’aéronautique, l’espace !

Je veux que la France soit à la pointe des industries du futur, et particulièrement dans la nouvelle révolution industrielle que représente le numérique.

Le pétrole du 21ème siècle est la data. Les drones, l’impression 3D et les objets connectés seront bientôt partout.
L’intelligence artificielle, la réalité augmentée, la blockchain, le data cloud, le machine learning nous font basculer dans une ère nouvelle.

Avec le numérique, les processus de création de valeur sont totalement transformés.

Le logiciel s’impose dans tous les business models.

L’économie s’organise en « plateformes ». La « disruption » est omniprésente.

Des centaines de millions de consommateurs connectés deviennent producteurs de données.

Des modèles d’affaires vieux de plusieurs décennies sont remplacés en quelques mois. De nouvelles activités et de nouveaux métiers surgissent à une vitesse époustouflante.

Les effets positifs de cette révolution en matière de santé, d’environnement, de qualité de vie dépassent notre imagination.

Avec le numérique, des centaines de milliers de nouveaux emplois apparaîtront.

Dans cette révolution, la France a des atouts exceptionnels : des entrepreneurs dynamiques, une recherche de niveau mondial, notamment en mathématiques et en informatique, des grands groupes solides et ouverts sur le monde.

Et pourtant nous sommes en retard, mais c’est rattrapable !

Il faut que le prochain Google naisse et se développe en France et en Europe ! Il faut que le CAC 40 des années 2050 soit peuplé de géants du numérique issus de nos start-up actuelles !

Tout cela est possible.

Nous avons un secteur culturel foisonnant, des artistes et des créateurs talentueux : devenons un leader mondial des industries culturelles numériques !

Nous avons l’agriculture la plus puissante d’Europe : soyons à la pointe en matière de numérisation des techniques agricoles !

Nous avons une santé et une médecine parmi les meilleures au monde : soyons à l’avant-garde de l’e-santé et de la télémédecine !

Nous sommes 26èmes sur 28 pays en Europe pour le déploiement du Très Haut Débit.

C’est inacceptable !

Je veux que, d’ici la fin du quinquennat, 100% du territoire soit couvert en Très Haut Débit fixe et mobile.

Nous lancerons la 5G dès 2020, conformément au calendrier européen. La France ne peut pas se permettre de retard sur cette technologie stratégique.

La formation au numérique tout au long de la vie est une nécessité absolue : Nous lui consacrerons un effort à tous les niveaux, au collège, au lycée, dans l’enseignement supérieur, dans la formation professionnelle.

Et je veux créer de nouvelles filières de formation, d’apprentissage et de recherche pour répondre aux besoins des entreprises dans les métiers du numérique, dans l’intelligence artificielle, la blockchain, la cyber sécurité, l’e-santé, le big data.

En France, nous ne manquons pas de start-up, nous manquons de « licornes » !

BlaBlaCar, OVH, SigFox, Talend, VentesPrivées sont de magnifiques réussites, mais restent des exceptions. Il nous en faut beaucoup plus !

Je veux créer un cadre juridique et fiscal qui permettra à nos entreprises de se développer chez nous. Elles ne doivent plus être contraintes d’aller chercher ailleurs les financements qu’elles ne trouvent pas chez nous.

Notre épargne ne doit pas rester stérile, elle doit fertiliser nos entreprises !

La sphère publique doit elle aussi s’engager dans la transformation digitale. Elle doit mieux accompagner les start-up et les entrepreneurs.

L’innovation ne naît pas dans les ministères mais dans les garages, les amphis des universités, dans les labos.

Bref, là où il y a un grain de folie et de rêve. Les entrepreneurs ont besoin de souplesse, ont besoin d’un droit à l’expérimentation. Et l’économie collaborative a besoin de liberté, d’initiative, de spontanéité. Il faut parfois savoir attendre avant de réguler.

En revanche, il nous faut aller plus loin dans la dématérialisation des procédures administratives.

Plus loin dans l’open data, dans « l’Etat plateforme ». Plus loin dans les partenariats entre sphère publique et start-up. Plus loin dans le rapprochement entre recherche publique et expertise industrielle.

Mais notre stratégie doit aussi être européenne.

Nous devons viser une véritable souveraineté numérique européenne.

Face aux risques de cyberattaques, je veux construire avec nos partenaires une véritable filière des infrastructures européennes du numérique, du microprocesseur jusqu’aux software.

Pour que nos start-up, avant de partir à la conquête du monde, aient accès à un vrai marché européen, comme leurs concurrentes américaines et chinoises, je prendrai des initiatives de coopération renforcée avec l’Allemagne pour doter nos deux pays et l’Union européenne d’une régulation unifiée et de normes et de standards communs, sans attendre que ceux des grands groupes américains s’imposent à nos entreprises.

Enfin, parce que nous n’avons pas vocation à devenir une colonie numérique, et que je crois à la concurrence loyale, j’agirai pour mieux prévenir l’optimisation fiscale des géants du numérique.

Il y a un domaine où toutes ces révolutions en chaînes produiront des progrès particulièrement décisifs : c’est le développement durable.

Le numérique, mais aussi les nanotechnologies, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente : à nous de nous saisir de ces avancées !

Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, les transports, les processus de production, le traitement des déchets.

Voilà les mesures essentielles au développement de l’industrie française. J’y ajoute la nécessité de se protéger contre la concurrence déloyale.

Assez de naïveté et d’angélisme en matière de commerce international.

Il n’y a pas de honte à utiliser nos droits de douane lorsque nos intérêts stratégiques l’exigent et lorsque la réciprocité des échanges n’est pas garantie.

Moi, je n’étais pas favorable et je ne suis pas favorable au projet d’accord de libre-échange avec les Etats Unis, du moins tant que les Etats-Unis continueront d’imposer la législation américaine sur toutes les entreprises européennes.

Il y a trois ans, une amende de 9 milliards de dollars est tombée sur une banque française pour avoir méconnu la législation américaine.

Des centaines d’entreprises européennes vivent sous la menace de sanctions similaires, complètement injustifiées au regard du droit international comme des règles européennes.

L’Europe doit s’organiser pour ne plus subir les règles du jeu américaines de façon unilatérale.

Faisons respecter nos lois fiscales par toutes les multinationales qui s’intéressent à notre marché intérieur !

Protégeons nos entreprises, nos PME, nos emplois.

Exigeons la réciprocité sur l’ouverture des marchés publics : l’Europe ouvre les siens à 95% aux entreprises étrangères, les Etats-Unis à 30% : c’est déséquilibré.

Enfin nous devons combattre le dumping social à l’intérieur de l’Union européenne en exigeant que le coût des travailleurs détachés soit strictement identique à celui des nationaux.

Voilà, mes chers amis, comment on doit agir pour notre industrie.

Je suis le seul à proposer cela.

Mes adversaires ont tous capitulé.

Ils ont renoncé à défendre l’idée de la production. Ils ont renoncé à l’industrie française.

Ils veulent accentuer la politique de réduction du temps de travail, alors que si aucun pays au monde ne l’a imitée, c’est bien la preuve qu’elle n’est en rien une solution.

Ils veulent fermer nos frontières sans se soucier des représailles ruineuses pour nos industries exportatrices.

Ils veulent alourdir notre droit du travail alors que c’est lui, par ses lourdeurs et sa complexité, qui dissuade les embauches.

Ils veulent taxer les robots, alors que nous en avons besoin pour être plus compétitifs face à l’armée immense des ouvriers asiatiques.

Ils veulent multiplier les dépenses et les aides publiques alors que nous sommes au bord d’une faillite financière qui seraient catastrophique pour notre pays, et en premier lieu pour les travailleurs.

Moi je veux réhabiliter le travail pour rendre possible la prospérité.

La France n’est pas devenue l’une des grandes puissances du monde par hasard.

Il a fallu des siècles d’acharnement au travail ; il a fallu le génie de nos entrepreneurs, de nos ingénieurs, de nos agriculteurs, mais aussi le courage de nos ouvriers.

Nous sommes les héritiers de ces générations de travailleurs. Nous sommes la somme de toutes leurs énergies qui se sont déployées pour aller chercher le progrès.

Rien ne nous autorise à penser que notre génération n’a pas, elle aussi, sa part d’effort à accomplir pour avoir sa place dans l’Histoire de France.

C’est cet effort collectif qui nous permettra de garantir notre solidarité sociale.

Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ?

Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2.200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social !

Moi, je me bats pour une France productive, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, se faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis.

Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et populaires et sur celles de nos enfants.

Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron…

Mais où est l’intérêt national dans tout cela, où sont les bases sérieuses de notre redressement économique et social ?

Nulle part ! Leur objectif est d’être élu quel qu’en soit le prix, ça n’est pas de redresser notre pays.

Mes amis,

Pour reconstruire la puissance française, nous devons consolider notre communauté nationale.

Et la première priorité, c’est de retrouver la fierté de notre histoire, de nos valeurs, de notre culture.

Je dénonce cette idéologie du déni de soi, ce discours pénitentiel qui fait douter les Français d’eux-mêmes.

Peut-on s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture, pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

Non, soyons fiers d’être français et redressons les piliers de la République !

Je veux mettre la France en ordre.

Dans trop de « quartiers », les dealers et les salafistes ont imposé leurs lois contre celles de la République.

Dans les zones rurales, on voit poindre une violence inédite.

La sécurité ne doit pas être luxe. Elle est un droit fondamental.

Pour nos policiers, gendarmes, militaires, je veux du respect. Du respect pour leur courage. Du respect pour leur uniforme.

Ils pourront compter sur moi. Je ferai voter une loi de programmation et de modernisation qui engagera les investissements, les effectifs et les équipements dans les domaines de la sécurité et de la justice.

Elle prévoira 1 milliard d’euros supplémentaires sur la durée du quinquennat. Cette somme importante permettra d’accroitre les moyens d’intervention.

Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.

Il faudra redéployer des moyens là où c’est absolument nécessaire mais il faut aussi changer cet état d’esprit qui nous a conduits à démanteler l’idée même de l’autorité.

Il faut le faire dans les familles qui doivent assumer leurs devoirs vis-à-vis de leurs adolescents qui partent à la dérive, si nécessaire en suspendant leurs allocations familiales.

Il faut le faire à l’école.

Beaucoup de nos professeurs n’arrivent plus à transmettre des connaissances, et se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques hasardeuses.

L’école, je veux la recentrer sur l’apprentissage des fondamentaux : apprendre à lire, écrire, compter, enseigner le récit national et les valeurs de la République.

L’école de la République, je veux la voir symbolisée par la tenue d’une tenue scolaire rappelant à tous les enfants de France qu’ils sont égaux, quelles que soient leurs origines et leurs conditions sociales.

Enfin, je veux que la République soit… française.

Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.

Autrefois, le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.

Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting-pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.

Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.

Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Ensuite, il faut rappeler que les valeurs de la République ne sont pas négociables.

Il faut prouver qu’un islam des Lumières, un islam de progrès, est possible. Nous allons le faire avec nos compatriotes musulmans qui doivent se soulever contre l’obscurantisme et nous aider à faire le ménage.

Je veux que l’Etat ait l’autorité nécessaire pour défendre les valeurs du progrès et de la raison.

Pour interdire les prêches emplis de haine.

Pour rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.

Pour dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est le sens premier de la laïcité.

Mes amis,

Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.

La faiblesse n’est pas de mise.

Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.

Quelle est la mienne ?

C’est celle d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.

D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.

Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le Président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.

Le Président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.

Il n’est pas de domaine où la solitude du Président soit plus grande, de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requière autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.

Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.

Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.

Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?

En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.

Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.

Qu’en a fait François Hollande ?

Aligné sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du conseil de sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.

Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible et on ne peut qu’y adhérer au nom de la révolte que nous inspire la cruauté du régime syrien. Mais la responsabilité de la France c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.

J’augmenterai les moyens de nos forces armées.

Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.

Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.

J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.

Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.

Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.

Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.

Mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes chers amis,

C’est maintenant que tout se joue. Nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.

Avant de partir au combat, les soldats de l’an II gravaient « Vive la Nation » sur l’acier de leurs sabres. Pensons à cette devise. Celle d’un peuple uni, toujours courageux quand il s’agit de surmonter les épreuves.

Je crois au souffle de la Nation qui pousse toujours nos voiles vers le large. Je crois à une Nation indivisible, fille de Jeanne d’Arc et de De Gaulle, souveraine par destin et universelle par vocation.

Nous voici donc, mes amis, non pas à la fin d’une campagne, mais au début d’une grande aventure !

Alors tous à l’action, regroupez vos forces, faire grandir votre fierté, libérez votre ardeur et faites de votre volonté l’étincelle de tous les volontés françaises.

Vive la République ! Vive la France !

François Fillon, le 13 avril 2017 à Toulouse.

Source : www.fillon2017.fr

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 06:57

« Il dit être réformateur ; a priori, il l’est moins que moi ! Il fait croire qu’il est seul et qu’il vient de nulle part ; en réalité, il a fait le programme de Monsieur Hollande, mais aussi une grande partie de sa politique… Il est parti pour une échappée en solitaire, mais ses équipiers ne sont pas loin. Qui sont-ils ? Eh bien, c’est toute l’équipe gouvernementale de Monsieur Hollande… Bonjour la nouveauté ! Macron, c’est le sortant. Macron, c’est le bilan de Hollande. Macron, c’est surtout le prototype des élites qui ne connaissent rien à la réalité profonde de notre pays. » (François Fillon, le 29 janvier 2017 à la Villette, à Paris).



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Il n’y a pas eu de bougie, mais le candidat et ancien ministre Emmanuel Macron a fêté le premier anniversaire de la création de son mouvement En Marche par sa participation à "L’émission politique" sur France 2 le jeudi 6 avril 2017, animée par Léa Salamé et David Pujadas. En un an, il est vrai, le trajet fut rapide pour cet inconnu de la classe politique il y a cinq ans qui a réussi à fédérer un nouveau parti politique de plus de 240 000 membres (242 730 revendiqués au 7 avril 2017) et surtout, qui est parvenu, au fil des semaines, à devenir le favori des sondages à l’élection présidentielle, une position pas forcément très confortable d’ailleurs.

Il était certes à l’aise car il a un réel talent dans la communication politique. Mais lorsqu’on essaie d’approfondir ses réflexions ou propositions, souvent, cela tombe en creux. C’est le cas de très nombreux sujets, et comme c’était l’actualité, le premier sujet était la Syrie.


Va-t-en-guerre en Syrie ?

La situation internationale est très tendue. L’armée syrienne de Bachar El-Assad aurait fait une attaque aux armes chimiques à Khan Cheickhoun le 4 avril 2017, ce qui aurait provoqué au moins 86 morts (dont 30 enfants). Lors de l’émission n’avait pas été connue l’intervention militaire américaine décidée par Donald Trump qui a fait envoyer 50 missiles sur une base aérienne syrienne tuant une dizaine de personnes (la Russie et par elle, la Syrie, ont été averties du raid, ce qui a permis de protéger leurs hommes et avions).

Qu’a dit Emmanuel Macron ? Qu’il fallait intervenir militairement contre Bachar El-Assad. Mais sans préciser où envoyer les bombes. Car aussitôt après, il a expliqué qu’il fallait que cela se fasse dans le cadre de l’ONU, donc, autant dire que cela ne se passera jamais puisque la Russie, alliée de la Syrie, y mettra son veto.

Les journalistes ont pourtant insisté pour faire clarifier la position d’Emmanuel Macron, mais sans succès. Pour le candidat, c’était un moyen de montrer sa fermeté régalienne à bon compte, puisque de toute façon, une intervention ne pourra jamais se faire dans le cadre de l’ONU.

Le lendemain, d’ailleurs, ses soutiens ont approuvé l’intervention américaine unilatérale, comme d’ailleurs des membres du gouvernement socialiste actuel (notamment Ségolène Royal). Pourtant, cette escalade de la violence, malgré l’émotion, n’est pas vraiment raisonnable et pourrait faire combattre directement des soldats américains contre des soldats russes, ce qui serait une première depuis plus de soixante-dix ans.

En cela, Emmanuel Macron ne se distingue pas beaucoup ni de François Hollande, ni de leur lointain prédécesseur socialiste, Guy Mollet, qui était un atlantiste notoire. Deux candidats défendent cette option très américaine de la guerre (imprudente) contre Bachar El-Assad, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Cela n’a pas empêché Emmanuel Macron d’insister sur les nuances, sur la complexité de la situation.


"Il faut être clair" + "mais en même temps"

C’est d’ailleurs une véritable marque de fabrique du "produit Macron" : la situation en tout domaine est si complexe que pendant les deux heures trente de l’émission, il disait systématiquement « Il faut être très clair en la matière. » comme si ce n’était jamais clair, ce qu’il disait (sinon, inutile de le préciser), et après un laïus, il lâchait un « mais en même temps » et il disait l’inverse.

Ce type de rhétorique, histoire de plaire à tout le monde, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, pourrait faire des sketchs hilarants à la Pierre Dac, mais là, ce n’est pas un spectacle comique, c’est une campagne présidentielle et l’histoire est grave, on le voit pour la Syrie ou les attentats (comme celui de Stockholm ce 7 avril 2017 après ceux de Saint-Pétersbourg et de Londres). Donc, cela ne fait pas rire.

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Je peux énumérer les sujets qui déclinent ce genre de réflexions qu’il veut considérer complexes mais qui sont surtout ambivalentes. C’est une sorte d’arnaque intellectuelle, certes assez habile, mais quand même un peu trop voyante (la chroniqueuse Charline Vanhoenacker l’a d’ailleurs dénoncé à la fin de l’émission).

La Syrie ? Il faut intervenir militairement contre Bachar El-Assad MAIS dans le cadre d’une résolution de l’ONU (donc impuissance : les Américains n’ont pas attendu l’ONU).

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Il faut le construire car les électeurs se sont prononcés par référendum MAIS je vais nommer un médiateur car les zadistes ne veulent pas évaluer les lieux et cela risque de provoquer des troubles à l’ordre public.

Les retraites ? Je veux réformer les retraites MAIS je ne touche pas à l’âge de la retraite ni au nombre d’annuités (ce qui a pour conséquence soit d’augmenter les cotisations sociales, soit de faire baisser les pensions).

Les 35 heures ? Je suis contre les 35 heures MAIS je ne fais aucune loi pour y toucher.

Le nucléaire ? Je suis pour l’énergie nucléaire, le meilleur moyen d’éviter l’énergie carbone MAIS je veux diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité et je suis pour la fermeture de la centrale de Fessenheim.

L’ISF ? Je suis contre et je le supprime pour les actionnaires MAIS je le maintiens pour les propriétaires de biens immobiliers (tant pis si l’on manque de logements et d’investisseurs locatifs).

Les finances publiques ? Je dis qu’il faut réduire la dette publique MAIS je dis aussi que c’est en ce moment la meilleure conjoncture pour emprunter à faible taux et pour investir (50 milliards d’euros).

Bref, pour plaire et racoler les électeurs, je dis tout MAIS je dis aussi son contraire (au cas où).


Le programme Macron et la dette publique

Sur la dette publique, justement, le journaliste économique François Lenglet a fait quelques estimations du programme d’Emmanuel Macron, et quand il avait un doute sur l’estimation de certains coûts, il a pris les estimations d’Emmanuel Macron lui-même pour ne pas lui être trop défavorables. Et il a fait un essai de budget pour l’année pleine 2018 (la vraie première année budgétaire du prochain quinquennat).

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Il a calculé 34,0 milliards d’euros de recettes nouvelles du programme d’Emmanuel Macron, dont 21,5 milliards d’euros de hausse de la CSG (on le dit peu), 2,5 milliards d’euros de fiscalité verte et 10,0 milliards d’économies budgétaires (dont la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires). Mais il y aurait 70,1 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, ce qui ferait un coût du programme de 36,1 milliards d’euros à rajouter au déficit courant de 70,0 milliards, ce qui ferait qu’en 2018, au lieu d’être réduite, la dette de la France augmenterait de 106,1 milliards d’euros (en une seule année !).

En clair, Emmanuel Macron n’est pas près de résorber le déficit budgétaire (tandis que François Fillon a tablé dans son programme sur un déficit zéro en 2022).


"J’assume" + "aller sur un camion"

Le reproche fait régulièrement par les opposants d’Emmanuel Macron, et en particulier par les fillonistes, c’est de le considérer comme l’héritier de François Hollande à qui il doit tout (de sa notoriété politique à ses responsabilités dans l’État). Cela signifie aussi qu’il est le comptable du bilan du quinquennat Hollande. D'ailleurs, François Hollande l'a confirmé ce jeudi 13 avril 2017 dans une interview au journal "Le Monde", en souhaitant la victoire du fils qu'il aurait voulu avoir.

Il faut dire que si l’on regarde ses soutiens, ceux qui sont encore "dans l’actualité", ce sont surtout des élus ou ministres proches de François Hollande : Manuel Valls, Jean-Yves Le Drian, Bertrand Delanoë, Gérard Collomb, François Patriat, François de Rugy, Nicole Bricq, Thierry Braillard, Barbara Pompili, Daniel Vaillant, Malek Boutih, Christophe Caresche, Frédéric Cuvillier, etc. Les personnalités "de droite" ou même communistes qui ont rallié Emmanuel Macron n’étaient plus en situation d’avoir une réelle influence dans leur propre parti, au contraire de ces responsables socialistes ralliés.

Emmanuel Macron n’a pas caché évidemment sa trajectoire, qui l’a amené à conseiller le candidat François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012 puis à devenir son secrétaire général adjoint à l’Élysée du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014 puis son Ministre de l’Économie du 26 août 2014 au 30 août 2016. "Mais en même temps", il lui aurait dit deux fois "non", une fois en quittant l’Élysée pour désaccord et une autre fois en quittant le gouvernement.

En fait, la question aurait été : si Emmanuel Macron avait été tant en désaccord avec François Hollande sur sa politique qu’il a quitté son poste de collaborateur auprès de lui, pourquoi a-t-il donc accepté de revenir par la grande porte d’un ministère quelques jours plus tard ?

Sa démission du cabinet de François Hollane serait plutôt la conséquence soit de sa déception de ne pas avoir été nommé ministre dans le premier gouvernement de Manuel Valls, soit de ne pas avoir été nommé secrétaire général de l’Élysée lors du départ de Pierre-René Lemas qui a été remplacé par Jean-Pierre Jouyet, bon connaisseur des questions économiques et européennes et ancien ministre de François Fillon.

De même, sa démission de ministre ne provient pas d’un désaccord, sinon, il aurait dû démissionner au moins le 6 avril 2016 quand il a créé son parti En Marche. Sa démission le 30 août 2016 faisait partie de sa stratégie de campagne avant sa déclaration de candidature. Il avait d’abord besoin de savoir si sa candidature pouvait "prendre", ce qu’il a pu voir à la Mutualité le 12 juillet 2016. Pourquoi quitter le navire à quelques mois de la fin du quinquennat ? Pour les idées ? et c’était seulement à la fin du quinquennat qu’il s’en serait aperçu ?

Donc, sur sa proximité avec François Hollande, Emmanuel Macron dit : « J’assume ! » MAIS il n’a pas hésité à lui envoyer quand même un scud pour dire : « Que voulez vous que je fasse ? Je vais aller sur un camion et dire qu’avec moi, ça ne va pas fermer ?! » quand il a répondu au réalisateur François Ruffin sur son silence à propos de l’usine Whirlpool à Amiens (sa ville natale). Allusion peu courtoise à la campagne de François Hollande en 2012 à propos des salariés de Florange (rappelons qu’à l’époque, celui qui le conseillait dans sa campagne pour les affaires économiques s’appelait …Emmanuel Macron !).


Attaques contre François Fillon

Le meilleur moment de cette émission du 6 avril 2017 fut la confrontation avec Bruno Retailleau, proche de François Fillon, sur ses trajectoires en zigzags (Bruno Retailleau n’était d’ailleurs pas loin de comparer Emmanuel Macron à une bécasse !).

Emmanuel Macron a eu donc plusieurs fois l’occasion d’attaquer François Fillon, pas forcément de façon pertinente dans la mesure où les attaques arrivaient quand il avait du mal à s’expliquer sur le flou de ses intentions ou positions.

Ainsi, sur la Syrie, il a fustigé la supposée amitié de François Fillon avec Vladimir Poutine (en le mettant dans le même sac que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, montrant une communauté de vue avec Benoît Hamon), ou encore en évoquant ses costumes, et même en mettant en doute l’esprit républicain de son adversaire, lui reprochant à tort de remettre en cause la laïcité, d’être machiste, de vouloir revenir dans les années 1950, etc., typiquement ce qu’une "gauche qui se croit morale" reproche depuis des décennies à la droite quand elle est à court d’arguments.

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Emmanuel Macron a aussi reproché à François Fillon de ne pas avoir voté pour le Traité de Masstricht le 20 septembre 1992 (ce qui est vrai, François Fillon, proche de Philippe Séguin, avait suivi les positions de celui-ci, mais les deux ont été convaincus de l’intérêt de l’euro une fois mis en place). Ce qui fait doucement sourire, c’est qu’Emmanuel Macron non plus n’a pas voté pour le Traité de Maastricht. Parce qu’à l’époque, il n’avait pas encore le droit de vote, il n’avait que 14 ans !

Étrange aussi, cette phrase d’Emmanuel Macron qui se considère comme plus réformateur que François Fillon : « Fillon fait des petites réformes ! ». Un argument qui devrait rassurer ceux qui pensent que François Fillon bouleversera le système social français.


La "société civile"

Autre marotte d’Emmanuel Macron, la "société civile" par opposition à la "classe politique". Répétons une fois encore que je déteste cette expression qui laisse entendre que les personnalités politiques seraient soit des militaires, soit des membres d’un clergé. Non, la politique fait partie intégrante de la société civile (heureusement, pas de junte militaire au pouvoir ni de théocratie). Mais quelle en est la définition exacte ?

Lui-même, était-il de la "société civile" lorsqu’il est devenu conseiller du prince ? puis ministre ? Ou était-il dans le moule politique depuis suffisamment longtemps pour ne plus être "société civile" ? Christian Estrosi, Xavier Bertrand, Bernard Debré, Jean Leonetti, Bernard Accoyer ou même Jérôme Cahuzac sont-ils "société civile" ou seulement des élus voire ministres ordinaires ayant eu un métier ? Et Édouard Balladur ? Dominique de Villepin, jamais élu ? etc.

Emmanuel Macron, tout content de ses invités, a donc pu "montrer" aux téléspectateurs les 14 premiers candidats investis par lui aux élections législatives (là, on a bien un "centralisme démocratique", officiellement, c’est En Marche qui investit, mais Emmanuel Macron a plusieurs fois affirmé que c’était lui qui donnait les investitures). Son objectif est d’investir la moitié de candidats "issus de la société civile" et de nommer au gouvernement aussi la "société civile".

Et il a cité l’exemple de nommer un médecin au Ministère de la Santé. On lui a alors demandé s’il nommerait aussi un ouvrier au gouvernement. Alors, fidèle à sa politique du zigzag, il a fait deux pas de recul en disant qu’il ne faut pas non plus ne nommer que de la "société civile" et a montré un modeste agriculteur parmi ses candidats investis pour dire qu’il n’oubliait pas les ouvriers.

Nommer un médecin à la Santé ? Quelle innovation ! Sans revenir au temps de Clemenceau qui disait que la guerre était trop importante pour nommer un général au Ministère de la Guerre, cette idée de la "société civile" n’a rien de nouveau, elle date même, dans sa version moderne, de plus de quarante ans (si j’exclus l’épopée gaullienne un peu particulière).

Tous les Présidents de la Ve République ont usé de cette ficelle de la "société civile". De Gaulle s'en est servi pour utiliser les compétences de hauts fonctionnaires ou de grands ingénieurs. Valéry Giscard d'Estaing a été le premier à en faire un "usage" moderne, à savoir pour rendre le gouvernement à la fois plus représentatif (en le féminisant notamment) et plus populaire. Ses successeurs ont continué dans cette voie.

Charles De Gaulle : André Malraux, Maurice Couve de Murville, Edmond Michelet, Jean-Marcel Jeanneney, Pierre Messmer.
Georges Pompidou : Maurice Druon.
Valéry Giscard d’Estaing : Simone Veil, Françoise Giroud, Monique Pelletier, Lionel Stoléru, Raymond Barre, Marcel Bigeard, Jean-François Deniau, Louis de Guiringaud, Jean Mattéoli, Michel Debatisse, Jean Sauvagnargues.
François Mitterrand : Alain Bombard, Roger Bambuck, Hubert Curien, Haroun Tazieff, Alain Calmat, Bernard Tapie, Bernard Kouchner, Pierre Arpaillange, Roger Fauroux, Jacques Chérèque, Alain Decaux, Léon Schwartzenberg, Gérard Renon, Émile Biasini, Michel Gillibert, Kofi Yamgnane, Jean-Noël Jeanneney, René Teulade, Georges Kiejman, Nicole Questiaux, André Henry, Claude Cheysson, Pierre Dreyfus, Robert Badinter, Max Gallo.
Cohabitation Jacques Chirac : Jean-Bernard Raimond, François Guillaume, Georges Chavanes, Claude Malhuret,
Jacques Chirac : Guy Drut, Claudie Haigneré, Jean-François Lamour, Francis Mer, Dominique Versini, Thierry Breton, Azouz Begag, Corinne Lepage, Xavier Emmanuelli, Noëlle Lenoir, Luc Ferry, Christine Lagarde.
Cohabitation Lionel Jospin : Claude Allègre.
Nicolas Sarkozy : Frédéric Mitterrand, Bernard Laporte, David Douillet, Rama Yade, Chantal Jouanno, Jeannette Bougrab, Martin Hirsch, Fadela Amara.
François Hollande : Audrey Azoulay, Yamina Benguigui, Fleur Pellerin.

J’en ai probablement oublié, et en restant seulement de la période à partir de 1974, on constate qu’à part trois personnalités, aucun de ces ministres dits de la "société civile" n’est resté dans l’histoire des gouvernements et n'a beaucoup influené la vie politique. Ces trois personnalités d'exception sont Raymond Barre, Simone Veil et Robert Badinter.

Emmanuel Macron, recyclage de vieilles ficelles en même temps que des personnages politiques sur le déclin ?


Ambitieux dès l’âge de 20 ans

Emmanuel Macron a reconnu que dès le plus jeune âge, il avait voulu avoir un destin national et son ambition s’est plus aiguisée à partir de ses 20 ans. On ne doute pas que pour vouloir être candidat à l’élection présidentielle, il faut avoir une certaine dose d’ambition personnelle et de confiance en soi.

Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron était souvent en défensive, à se justifier souvent et à préférer prendre du temps pour expliquer son propre patrimoine (il a gagné beaucoup d’argent MAIS il a un patrimoine qui dépasse à peine celui de Philippe Poutou) à exposer comment il éviterait des délocalisations chez Whirlpool.

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Il n’y a aucun mal à cette dérive narcissique, tous les candidats sérieux à une élection présidentielle l’ont ou l’ont eue. Ce qui peut faire réfléchir, en revanche, c’est la capacité d’infantilisation et de condescendance qui peuvent apparaître dans les relations qu’il peut entretenir avec ses militants. Cela laisserait augurer qu’au-delà de l’apparence « atrocement sympathique » selon l’expression de Luc Ferry (ancien ministre "société civile") le 7 avril 2017 sur LCI, Emmanuel Macron pourrait se "giscardiser" pendant sa Présidence.

Car à part quelques conseillers en communication, quel est le véritable lien entre Emmanuel Macron et les Français ? C’est cela l’essentiel dans la désaffection des Français pour leur classe politique, le trop grand fossé entre les gouvernants et les gouvernés. En n’ayant jamais géré aucune mairie, conseil départemental ou régional, et en n’étant pas même élu en général, Emmanuel Macron n’a pas eu de contact ni d’histoire avec ses électeurs jusqu’à maintenant. Et à l’Élysée, ce sera trop tard, le contact sera forcément rompu à cause du protocole et de la sécurité.

Dans sa campagne, tout repose sur sa seule personnalité, rien sur son équipe de personnes sans doute très estimables mais soit inexpérimentées, soit provenant de la Hollandie, rien sur son programme en zigzag, sans tradition d’une philosophie politique, sans s’inscrire dans un mouvement historique, sans expérience du pouvoir (celle qui a déjà fait tant défaut à François Hollande et son premier Premier Ministre Jean-Marc Ayrault).

Emmanuel Macron est donc, en 2017, le représentant de ce mythe français de l’homme providentiel. Est-ce vraiment dans cette voie que les Français veulent avancer ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron, le clair-obscur.
Le soutien de Manuel Valls.
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
L’auberge macrospagnole.
Analyse du programme d’Emmanuel Macron.
Le programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Les onze candidats.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
L’héritier de François Hollande.
Autorité et liberté.
François Bayrou se maconise.
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

_yartiMacron2017040606



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170406-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-le-clair-obscur-du-191645

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/13/35148279.html

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 00:15

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Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Echos"


Le temps des simples « déclics » est malheureusement passé pour l’économie française : ce dont la France a besoin, c’est d’une transformation profonde, je dirais presque d’une révolution. Mon projet est le seul qui soit suffisamment radical pour nous sortir de l’ornière économique creusée par le quinquennat de François Hollande et de son inspirateur, Emmanuel Macron. Nous n’avons plus une minute à perdre. La conjoncture économique mondiale est favorable, nos voisins ont su en tirer profit – en 2016, la croissance allemande a atteint 1,9%, celle de l’Espagne devrait être de 3,2%, celle du Royaume-Uni de 1,8%. La France, elle, peine à atteindre 1,1%. Les socialistes vont laisser le pays dans une situation catastrophique. Le déficit public n’est pas maîtrisé, la dette s’envole à près de 2 200 Mds€ et le taux de chômage stagne autour de 10%. Les normes s’ajoutent aux normes, les taxes s’ajoutent aux taxes pour asphyxier petit à petit nos entreprises et décourager nos travailleurs. Sur le plan économique comme sur beaucoup d’autres, le quinquennat qui s’achève est un immense gâchis, une succession d’opportunités manquées et d’errements politiques coupables. Il n’y a jamais eu de cohérence au sommet de l’Etat, sinon celle d’une synthèse molle qui restera la marque de fabrique du hollandisme. Son héritier, Emmanuel Macron, a pour seule ambition de plaire à tout le monde. Cette politique de l’immobilisme paralysera le pays pour cinq années de plus. Nos concitoyens le ressentent, la France ne peut pas se permettre un quinquennat de plus pour rien : notre mode de vie lui-même est menacé par la concurrence internationale et l’attrition de notre tissu industriel. Quant aux autres candidats, ils ont des projets économiques plus fous les uns que les autres. Madame Le Pen souhaite une sortie de l’Euro, qui serait catastrophique pour le pouvoir d’achat des Français et appauvrirait considérablement le pays. Messieurs Hamon et Mélenchon se complaisent dans les rêveries irresponsables de la gauche française : toujours plus de dépense – donc plus de dette –, et toujours moins de travail.

Face à ces folies ou à ces renoncements annoncés, je me présente devant les Français avec le seul projet économique responsable et crédible pour redresser le pays. Ma priorité est de rendre à l’Etat des marges de manœuvre, pour remettre notre économie sur le chemin de la croissance et, surtout, rendre aux Français pouvoir d’achat et emplois.

Tous les pays qui réussissent le montrent : une réforme énergique de l’Etat et des finances publiques permet de baisser les impôts et de libérer les acteurs privés. Dès les premiers mois du quinquennat, j’engagerai la réduction du déficit public avec l’objectif d’atteindre l’équilibre en 2022 et de commencer à résorber une dette qui a atteint des niveaux insupportables. C’est une question de souveraineté : je ne supporte pas que notre pays soit à ce point à la merci des banques et des marchés. Pour sortir de cette situation intenable, je baisserai immédiatement les dépenses publiques et ordonnerai une revue complète du rôle et des missions de l’Etat et des administrations publiques.

Cette nécessaire refonte de l’Etat s’accompagnera d’une libération de nos travailleurs et de nos entreprises du carcan normatif qui les étouffent. Je ferai sauter les principaux verrous aux initiatives et aux embauches : fin des 35 heures, refonte du code du travail, relèvement des seuils sociaux, plafonnement des indemnités prudhommales, suppression du compte pénibilité, encouragement du dialogue social avec de nouvelles règles pour les élections professionnelles… Il faut donner de l’air à ceux qui créent de la richesse, remettre l’initiative privée au cœur de notre modèle économique, renouer avec le plein emploi.

Libérer les énergies c’est également alléger le poids de la fiscalité, qui n’a jamais été aussi lourd dans l’histoire récente de notre pays. Mon projet est aussi celui de la rupture fiscale. Pour les entreprises, d’abord, afin de leur rendre la compétitivité dont elles ont besoin pour croître et embaucher. Je baisserai les charges de 25 milliards d’euros et je ramènerai progressivement l’impôt sur les sociétés vers la moyenne de l’Union Européenne c’est-à-dire 25%. Je mettrai en place un taux unique d’imposition à 30% sur les revenus du patrimoine. Je supprimerai l’ISF, cet impôt qui n’existe dans aucun autre pays, car c’est un préalable indispensable pour rétablir l’attractivité de notre économie ! Pour les ménages ensuite, par la diminution des charges salariales qui redonnera du pouvoir d’achat aux salariés, par le développement de l’intéressement dans les petites entreprises, par le relèvement du plafond du quotient familial et par le rétablissement de l’universalité des allocations familiales.

Cette refondation fiscale de grande ampleur ne pourra être menée que si nous avons le courage de faire les réformes que toutes les grandes économies du monde ont faites il y a des années. Le passage à 65 ans de l’âge légal de la retraite est à la fois juste et indispensable pour maintenir la soutenabilité de notre modèle et le pouvoir d’achat des retraités. Le passage progressif aux 39 heures dans les fonctions publiques permettra de revoir leur organisation avec un seul objectif : une meilleure efficacité et un meilleur service public. Le redressement des comptes de l’assurance chômage et la maîtrise des dépenses de santé, enfin, assureront la pérennité de notre modèle social et une protection efficace pour tous les Français.

Mon projet pour la France est à la fois ambitieux et crédible. Il a fait l’objet d’une consultation large avec des professionnels de tous les secteurs. Et il est financé à l’euro près. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec un projet qui ne fera pas porter à nos enfants demain le fardeau intolérable de nos dépenses d’aujourd’hui. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec la détermination d’en finir avec une fiscalité punitive, qui étouffe les entreprises et les travailleurs. Je suis le seul, enfin, qui se présente devant les Français avec le courage de réformer vraiment, contre les outrances dangereuses des extrêmes et les demi-mesures du hollando-macronisme.


François Fillon, le 13 avril 2017 dans "Les Echos".

Source : www.fillon2017.fr
 

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 23:11

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Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon

Mes amis,

Merci de votre fidélité qui me porte. Merci de votre courage qui me renforce. Merci de votre enthousiasme qui percera tous les remparts qui ont été placés sur notre route.

Merci aux élus ici présents qui incarnent notre unité et notre volonté d’agir pour la France…

Soir après soir, de réunion publique en réunion publique, vous êtes nombreux, à venir témoigner votre désir de changement.

Comme moi, vous venez dire ce soir : ça suffit !

Ça suffit le déclin de la France sur la scène internationale.

Ça suffit l’Etat faible.

Ça suffit la bureaucratie qui tue l’activité.

Comme moi, vous savez que la France vaut tellement mieux que ça.

La France est ce pays de 66 millions d’habitants accroché au bout d’un continent immense, ce pays petit par sa taille, mais si grand par son histoire et son influence.

Ne l’oublions pas, nous restons aux yeux du monde cette terre de la liberté, cette nation fière qui, parmi les premières, a affranchi son peuple de l’arbitraire. Nous avons été le foyer où s’est forgée une nouvelle façon de considérer la dignité de l’homme et ses droits imprescriptibles.

Mais la France est bien plus qu’un passé glorieux et des trésors du patrimoine humain. C’est aussi un pays où, sous la cendre, couve une énergie immense.

Un pays où s’épanouissent les sciences, où naît la créativité, où jaillissent les initiatives pour peu qu’on ne les tue pas dans l’œuf.

La France a tant d’atouts.

Elle fourmille de tant de talents.

Elle impressionne encore et attire tant de gens dans le monde entier.

Alors comment en sommes-nous arrivés à « cette situation de quasi guerre-civile », pour reprendre l’expression du directeur général de la sécurité intérieure que j’avais citée il y a quelques semaine, au grand dam des autruches du landerneau médiatique ?

Comment en sommes-nous arrivés à cette économie malade, tirée vers le fond par 6 millions de chômeurs, incapable de créer des emplois ?

Comment en sommes-nous arrivés à cet Etat accumulant depuis 40 ans les déficits au point de supporter aujourd’hui une dette de 2200 milliards d’euros, soit la totalité de la richesse produite en un an par notre pays ?

Qu’avons-nous fait de nos talents ? Pourquoi avons-nous jeté nos atouts au ruisseau ?

Mon diagnostic est que la France s’est laissée prendre dans une redoutable cercle vicieux.

La première cause est la bureaucratie. La bureaucratie, c’est la conviction que l’Etat peut et doit tout faire. Que la main de l’administration est toujours préférable à la main du citoyen. Qu’une circulaire est toujours plus utile qu’une initiative privée.

Cet étatisme a gonflé l’action publique depuis quarante ans.

A mesure qu’il a accumulé les échecs, l’Etat a dû promettre plus et étendre le domaine de ses actions. Il a voulu s’occuper de tout, avoir un regard sur tout.

Plus l’Etat promet et se disperse, plus il déçoit et mécontente. Et finira par ne plus être utile à rien, à force de gaspillage.

Les services inutiles neutralisent les services indispensables.

L’autorité intempestive brise l’autorité nécessaire.

La conséquence de la manie interventionniste, c’est l’insatiable besoin de moyens nouveaux.

Nos dépenses ont explosé, jusqu’à engloutir plus la moitié de la richesse produite chaque année. Oui, en France, la moitié du pays administre l’autre moitié !

C’est aussi un Etat qui entrave au lieu de faciliter. Qui enfonce au lieu de soutenir. Qui crée des labyrinthes au lieu de tracer des chemins.

Si la dépense publique faisait la croissance économique et le bonheur des gens, la France serait le pays le plus riche et heureux du monde !

C’est loin d’être le cas.

Les classes moyennes ont été les premières victimes du laxisme budgétaire et de l’absence de réforme. Depuis trente ans, elles n’ont pas vu les bénéfices de cette mondialisation qu’on leur vantait et qui, c’est vrai, a d’abord profité aux plus aisés.

Les classes moyennes ont vu le logement devenir plus coûteux, leur pouvoir d’achat laminé par les hausses d’impôts incessantes, les perspectives d’emploi se raréfier.

Surtout, elles ont perdu l’espoir. L’espoir d’une vie meilleure pour elles et leurs enfants. L’espoir que leurs efforts seront récompensées, que le travail paie. L’espoir que leur condition s’améliorera s’ils sont courageux.

Rien n’est plus terrible pour les classes moyennes que ce constat : la France a laissé son ascenseur social bloqué entre deux étages.

Alors qu’elle n’a que l’égalité à la bouche, l’école de la République n’a jamais été aussi inégalitaire. A mesure que les moyens de l’éducation ont augmenté, ses résultats ont décliné.

Hier, c’était dans l’école que se forgeait le sentiment d’appartenance à la nation, que se reconnaissaient les mérites.

C’était par l’école que chacun, s’il en avait le talent et la volonté, pouvait s’élever au-dessus de sa condition et échapper à tous les déterminismes sociaux.

Désormais, l’école ne veut plus voir la réussite.

Elle s’est érigée en machine à niveler, à mettre en scène une illusoire uniformité entre tous.

A travers ces classes moyennes qui souffrent, c’est la France entière qui est malade.

Elle est devenue une société bloquée.

Elle empêche l’embauche par son droit du travail trop rigide.

Elle décourage le travail par sa fiscalité confiscatoire.

Elle stoppe l’entrepreneur par son excès de règles.

Elle stérilise notre dialogue social par refus de réformer des équilibres négociés il y a 60 ans.

Est-ce un hasard si cette société bloquée est aussi celle du déni d’elle-même, de la fatigue morale et du relativisme ?

Nous avons laissé se développer des communautarismes qui risquent de balkaniser la Nation.

Les armes de la tolérance ont été retournées contre elle-même. La liberté est aujourd’hui détournée pour servir de prétexte à tous les enfermements.

C’est en son nom que certains veulent rétablir des barrières entre les citoyens, et en particulier en finir avec l’égalité homme-femme. C’est au nom d’une liberté dévoyée que certains veulent placer les lois salafistes au-dessus des lois de la République.

La folie meurtrière des terroristes qui frappent en France, en Allemagne, en Suède ou au Caire n’est au fond que l’expression de cette rupture de quelque uns avec notre contrat de civilisation. Elle est l’une des plus grandes menaces auxquels nous devions aujourd’hui faire face.

Face à ces constats, il y a ceux qui proposent de continuer.

Albert Einstein a dit : « la folie, c’est de refaire sans cesse la même chose en s’attendant à un résultat différent ». Bien des candidats à cette élection ont-ils perdu la raison alors ?

Pour remettre l’éducation sur les rails, il suffirait, pour eux, de continuer à déverser toujours plus de moyens et centraliser de plus belle.

Pour résoudre les problèmes que des dépenses sans cesse plus grandes n’ont fait qu’aggraver, rien ne serait plus urgent pour eux que de multiplier les dépenses nouvelles !

Pour pacifier nos banlieues, il suffirait d’y déverser plus d’argent et d’ouvrir plus grand les bras, sans oublier de s’excuser car la France serait, à les entendre, la seule vraie coupable des violences qui la minent.

A les entendre, la solution, c’est évident, c’est toujours plus d’emplois aidés, alors que seuls les emplois marchands sont pérennes.

C’est toujours plus d’impôts et de taxes pour alimenter le tonneau des Danaïdes des dépenses publiques.

C’est toujours plus de clientélisme en tout genre, pour faire plaisir à ses amis, à son électorat, et à quelques groupes de pression qui veillent jalousement sur leurs privilèges.

Ce n’est pas ma conception de la politique.

Voilà 36 ans que je suis au service de mes compatriotes. Je n’en ai pas honte, et je ne crois pas que l’inexpérience soit une vertu. Surtout s’il s’agit d’occuper la magistrature suprême, qui exigera en cette période difficile de l’expérience et de la volonté.

J’ai connu la foule des grands meetings, comme ce soir, mais aussi les arrière-salles de restaurant et les salles communales. J’ai été invité tant de fois dans la cuisine de ces fermes où on me conviait sans façon à partager une tasse de café noire.

J’ai entendu ces paroles justes des agriculteurs qui n’en peuvent plus des normes et qui travaillent deux fois 35 h par semaine sans pouvoir se verser un salaire décent.

J’ai entendu ces retraités qui ont travaillé toutes leur vie et qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

J’ai entendu ces classes moyennes qui sont la colonne vertébrale de la France s’insurger contre ces responsables politiques qui ne sont pas assez courageux pour défendre les valeurs familiales, pas assez fermes pour dissuader la violence qui entoure leurs enfants, pas assez ambitieux pour leur offrir un travail, pas assez rigoureux pour leur permettre de s’enrichir sans être immédiatement surtaxées.

Ces classes moyennes, on ne les entend pas, elles ne manifestent pas, elles ne cassent pas, elles demandent honnêtement leur part.

On parle d’elles de façon souvent péjorative en la qualifiant de « petite bourgeoisie ». Est-ce un crime d’avoir des valeurs, de chercher à protéger les siens, de vouloir développer son patrimoine, de respecter la loi, d’aimer tranquillement la France ?

Je suis l’interprète de ces classes moyennes, je suis leur candidat, je suis celui qui a le bon sens de vouloir valoriser le travail, l’autorité, la transmission de notre héritage culturel qui fonde notre maison commune, la France.

Mes amis, il y a une première condition au redressement de la France : c’est la volonté.

Quand tant d’autres sont les candidats du déni français, je veux être le candidat du génie français.

Car pour lutter contre le chômage, les remèdes existent.

Ils sont largement connus puisqu’ils ont été éprouvés par bon nombre des pays voisins. Non sans difficultés mais toujours avec succès. L’Allemagne, la Suède et tant d’autres ont réformé leurs politiques publiques durant ces quinze dernières années. Quelle idée nos dirigeants ont-ils des Français pour juger que la seule voie qu’il nous faut emprunter est désormais celle du renoncement ?

Car rien n’est fait. Rien.

Ni la baisse des impôts et des prélèvements sur le travail ; ni la flexibilité du marché et des contrats ; ni la création d’un statut de travailleur indépendant ; ni la sortie des 35 heures ; ni la libération de l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal comme l’agriculture, l’industrie, les services, la construction ; ni le basculement des crédits affectés aux emplois aidés vers l’alternance et l’apprentissage, ni la modernisation des fonctions publiques ; ni la refondation de notre système éducatif… Rien de tout cela n’est entrepris.

Au lieu de ça, ceux qui nous gouvernent nous rabâchent le fameux et fumeux « On a tout essayé » devenu à la sauce hollandaise cette incroyable excuse:  » On n’a pas eu de bol!  »

Avons-nous « tout essayé », vraiment ? En sommes-nous si sûrs ?

Et si pour une fois, juste une fois, on essayait autre chose, autrement, si on sortait du statu quo, si on évitait les envolées lyriques et les discours utopiques des siècles passés ?

C’est tout le sens de ma candidature que j’ai maintenue. Contre l’adversité, la calomnie, les intox.

Ma campagne, je n’ai pas attendu la présidentielle pour la conduire.

Mon projet a été établi non pas sur un coin de table en convoquant en catastrophe le dernier carré des experts mais en parcourant la France à votre rencontre.

J’ai vu tant d’entrepreneurs créatifs, tant de salariés et de fonctionnaires dévoués, tant de chercheurs étonnants !

Voilà pourquoi ce programme a été conçu, écrit, préparé avec vous, auprès de vous et donc, pour vous, pour la France.

Voilà pourquoi ma parole ne m’est pas soufflée par le microcosme, elle me vient de tous les Français qui m’ont fait partager leurs difficultés et leurs espoirs.

Et puis, en marge de ces belles rencontres qui nourrissent une vie politique, il y a eu une autre campagne tantôt souterraine, tantôt complaisamment étalé sur les tréteaux médiatiques où ma vie et celle de ceux qui me sont chers ont été étalés et disséqués. Une campagne qui a piétiné toute présomption d’innocence. Cette campagne-là, orchestrée par un système paniqué par l’idée que l’on puisse mettre en œuvre la révolution du bon sens, n’a fait que renforcer ma sereine détermination.

Oui, mes amis, j’ai chevillé au corps cette volonté de faire.

Parce qu’elle est la clé qui ouvrira la porte à l’espoir d’une France plus prospère. Parce que c’est elle qui guérira la France devenue l’homme malade d’une Europe elle-même menacée de désintégration.

Inutile de chercher d’autres responsables ou des boucs émissaires à notre renoncement. Faut-il que certains aient à ce point le mépris de la culture française pour oublier que c’est précisément cette volonté de faire qui, dans le passé, a sorti notre pays de la spirale du déclin et l’a hissé au premier rang des nations.

Cette volonté de faire qui a fait naître la France contre les empires.

Cette volonté de faire qui nous a donné la Renaissance, le Grand siècle, les Lumières, la Révolution française.

Cette volonté de faire qui nous a insufflé cet esprit de résistance et ce goût d’une France libre et cela, lorsque le totalitarisme nazi, comme le totalitarisme islamiste aujourd’hui, recherchait notre anéantissement.

C’est avec cette volonté de faire que je vous propose de renouer, ici et maintenant. Et tant pis si je vais faire ricaner ceux dont la profession est de ricaner. Ceux qui confondent esprit du temps et mode d’une époque. Ceux qui sont revenus de tout sans être allés nulle part. Ceux qui estiment normal le remplacement de la volonté de faire par la volonté de paraître comme si la politique était une question de casting et non de conviction, de marketing et non d’engagement.

Moi, je n’esquive pas. Je ne louvoie pas. Je ne finasse pas.

Nos compatriotes savent bien, vous savez bien mes chers amis que lorsqu’il s’agit de la volonté de faire, il n’y a pas un peuple de droite, d’un côté et un peuple de gauche, de l’autre.

Il n’y a qu’un peuple, le peuple français rassemblé dans les épreuves, capable de toutes les grandeurs dès lors qu’on lui fixe des objectifs précis et justes.

Alors oui, nous allons démontrer, tous ensemble, notre volonté de faire.

Nous allons nous détacher de ce corset de fer idéologique qui a mis à mal le goût du travail, le goût de la récompense du mérite, le goût de ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté.

Nous allons faire de notre pays celui de l’audace plutôt que celui de la bureaucratie, le pays qui investit dans l’avenir plutôt que celui qui est écrasé sous sa dette, le pays du dialogue social plutôt que celui des oukases, le pays des initiatives plutôt que celui des circulaires.

D’une société où tout est figé au nom d’un immobilisme mou qui saute sur son strapontin tous les matins en s’écriant « En Marche ! En Marche ! » pour ne pas avoir à avancer, nous passerons à une société de réformes, une société d’engagés et d’engagements.

Comment laisserions nous échapper cette chance historique qui se présente à nous aujourd’hui ?

Vous voyez, comme moi, formidable opportunité qui nous est offerte à nous autres Français d’affirmer la voix de la France avec une Amérique déboussolée par son président, une Grande-Bretagne en proie au Brexit et une Allemagne en pleine crise démographique et identitaire.

C’est une fenêtre historique qui s’ouvre pour la France.

C’est le moment où jamais de réunir toutes nos forces pour promouvoir, aider, accompagner le génie français parce que nos talents et nos inventeurs sont enviés partout dans le monde et pas assez dans notre pays.

Oui, je veux être le président d’une France qui respire à plein poumon, d’une France qui n’étouffe plus sous les injonctions, les réglementations, les prélèvements obligatoires, le politiquement correct.

Liberté de travailler, oser, innover, poursuivre ses rêves.

Telle doit être la feuille de route de tous ceux qui se mobilisent pour la défense du génie français contre les derniers défenseurs du déni français.

Je ne serai pas le président de l’austérité ou du sang et des larmes. Pour la simple raison que l’austérité, le sang et les larmes, les Français l’ont déjà aujourd’hui parce que nous n’avons pas su faire les réformes nécessaires.

Je serai le président de la liberté qui épanouit l’individu parce que les efforts de chacun seront payés de retour et que seule la liberté permet à une nation de rayonner.

La France n’est pas seulement un peuple ou une géographie, c’est aussi une civilisation.

J’ai de l’ambition pour mon pays parce que je suis ainsi fait que je vibre quand la France gagne, quand elle se surpasse, quand les Français donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Je veux être le président d’une France à nouveau maître de son destin, un destin choisi.

Si l’on suivait les politiques économiques des autres candidats, il ne faudrait pas attendre longtemps avant que le FMI se présente à notre porte et nous dicte ses conditions.

Si nous ne prenons pas un cap aujourd’hui, d’autres viendront demain tenir la barre à notre place.

Je veux être le président d’une France qui sera fière de l’héritage qu’elle laissera à ses enfants. Car c’est bien là l’ultime enjeu : la transmission.

Sans doute le plus beau mot qui existe avec celui de liberté. Car nous voulons transmettre davantage que des valeurs, bien davantage que notre expérience : ce que nous allons transmettre à nos enfants, c’est un pays d’avenir.

Nous pouvons faire de la France, dans dix ans, le premier pays européen.

Pour retrouver la prospérité, il faut libérer les formidables trésors d’énergie et les talents qui existent dans notre pays.

Je veux alléger les prélèvements amputent les salaires, pour qu’un même travail rapporte plus à la fin du mois.

Je veux baisser les charges pesant sur les entreprises pour qu’elles retrouvent de la compétitivité et puissent investir pour gagner des parts de marché à l’étranger et innover.

Je veux mettre un terme à l’utopie désastreuse des 35h qui sont une exception française que personne dans le monde n’a jamais songé à copier.

Je veux refonder le code du travail autour d’une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation.

Place au dialogue social, place au vrai référendum d’entreprise, place à la simplification des normes.

Je me souviens de cette rencontre avec un chef d’une petite entreprise qui me dit : « mon carnet de commande est plein, mais je préfère maintenant refuser des clients plutôt que d’embaucher, pour éviter de franchir le seuil fatidique des 50 salariés. »

Le gisement d’emplois qui est retenu par ces seuils est immense : je veux le libérer en doublant les seuils sociaux.

Redonner de la compétitivité à notre économie, c’est aussi revoir de fond en comble notre politique fiscale.

Cessons d’utiliser la fiscalité comme arme punitive et faisons-en au contraire un levier d’attraction des richesses. Faisons de la France une terre d’investissements, qui permettront à nos entreprises de grossir et de devenir des champions internationaux.

Il faut cesser d’opposer stupidement le capital et le travail.

Le capital doit être incité à financer l’économie.

Parce que des entreprises financées sont des entreprises qui ont les moyens de leur développement, et donc les moyens d’embaucher.

Plutôt que de les faire fuir en les surtaxant, nous voulons au contraire accueillir les capitaux et les talents du monde entier. Ils viendront à une condition : que la fiscalité cesse d’être confiscatoire et instable.

En mettant en place une fois pour toute une flat tax à 30% sur les revenus du capital, la France rejoindra la moyenne européenne.

Il faut enfin supprimer l’ISF, cet impôt le plus bête du monde dont nous avons l’exclusivité, par lequel la France croit punir les riches, alors qu’elle ne fait que se punir elle-même. Faut-il être fou pour préférer assommer les fortunes françaises que de ramper devant les fonds de pension étrangers.

Je veux un capitalisme français, qui investit en France, pour nos entreprises, pour nos start-up, pour nos emplois, et ce faisant, en disant cela, je me fais l’allié des ouvriers et des ingénieurs qui défendent leurs usines, l’allié des chercheurs en quête de financements pour faire vivre leurs laboratoires, l’allié des jeunes qui préfèreraient réussir à Lyon plutôt qu’à Londres.

La liberté refera aussi de notre école le creuset de l’excellence française et le levier de l’ascenseur social.

Il faut commencer par affranchir l’école des idéologues qui l’ont prise en otage.

Ces pédagogistes fumeux ont substitué leur novlangue à celle de la raison. Les parents eux-mêmes ne savent parfois plus comment épauler leurs enfants dans leurs devoirs.

Il faut réaffirmer l’objectif de l’école : transmettre des savoirs. Pas diffuser une idéologie.

Il faut la remettre au service de ceux pour qui elle existe : les enfants.

Et pour cela il faut la remettre entre les mains de ceux qui la font fonctionner : les enseignants, épaulés par les familles.

Je veux redonner de l’autonomie aux établissements et aux maîtres.

Car oui, j’ose ce mot de « maître » honni par les chantres d’une nouvelle éducation où le professeur ne devrait pas avoir l’air d’en savoir plus que ses élèves.

Un maître d’école n’est pas un tyran quand il s’affirme comme supérieur à ses élèves sur le plan du savoir, il est leur guide, ce que signifie d’ailleurs le mot pédagogue.

La vraie injustice, le pédagogue ne la commet que lorsqu’il fait croire aux enfants que le savoir et les notations sont relatifs.

La vraie iniquité, c’est de faire croire aux enfants que tous égaux veut dire tous identiques et de ne pas leur dire que le savoir libère. Car c’est alors, dans cette école égalitariste qui devient aveugle au mérite, que la reproduction sociale est la plus implacable.

Comment ne pas comprendre l’amertume de parents qui ont fait confiance à l’école et à l’université de la République, et dont l’enfant, une fois diplômé, ne trouve aucun travail car son diplôme est une récompense de complaisance ?

Quelle porte de sortie laissons-nous à ces classes moyennes si elles ne peuvent plus placer leur espoir dans l’éducation ?

L’excellence peut naître partout, dans toutes les écoles, toutes les familles, tous les milieux. Mais il faut se donner les moyens de la faire germer.

Il faut que cette formidable réussite républicaine par laquelle un enfant parvenait à s’élever socialement par le savoir par son travail soit à nouveau possible.

Et pour ce faire, il faut être exigeant sur la transmission des savoirs fondamentaux ; il faut protéger l’Ecole de la violence ; il faut le respect entre tous. C’est la raison pour laquelle je milite pour l’instauration d’un uniforme scolaire rappelant à chaque enfant qu’il est l’égal de l’autre.

Le logement est un autre grand motif d’inquiétude de beaucoup de Français. Les plus démunis ont de plus en plus de mal à avoir un toit. Les classes moyennes, quant à elles, voient leur souhait légitime de devenir propriétaire plus difficile à réaliser que jamais.

Pourtant, nous dépensons des milliards chaque année pour le logement. Avec quelle efficacité ? Le mal-logement s’étend, les listes d’attente pour l’accès au parc HLM s’allongent, le poids de l’habitat dans le budget des ménages s’alourdit, grevant un pouvoir d’achat qui n’avait pas besoin de ça.

Là encore, l’Etat fera mieux en simplifiant les normes, en raccourcissant les délais de procédure. Je donnerai un coup de fouet à l’investissement privé en soutien de l’investissement public, pour développer les logements intermédiaires.

La relation entre bailleur et locataire est devenue profondément déséquilibrée, ce qui éloigne les investisseurs de l’investissement locatif et accroît la pénurie de logements.

Ouvrons les yeux sur ces faits tout simples que Madame Duflot n’a jamais voulu voir : en surprotégeant le locataire, on nuit à tous les locataires. En baissant d’autorité les loyers, on aggrave la difficulté des locataires à trouver un logement et on favorise une sélection sans cesse plus drastique.

L’accès au logement social doit être plus juste. En baissant le plafond des ressources, en rendant obligatoire le surloyer en cas de revenus supérieurs au plafond, j’accroîtrai la mobilité des locataires du parc et je rendrai le logement social à ceux qui en ont le plus besoin.

Mes amis, l’autorité est un autre pilier fondamental du redressement.

Il n’y a pas de vie, pas de prospérité économique, pas de société apaisée possibles sans respect, sans sécurité.

Ce respect, il s’append d’abord au sein des familles qui doivent être défendues, soutenues, aimées car elles sont le cœur de la France. Pour les familles, pour les classes moyennes au premier chef, je restaurerai l’universalité des allocations familiales et je relèverai le quotient familial.

Quant à l’Etat, il doit cesser de trembler devant les bandes et les minorités violentes.

Sous ma présidence, 10 000 policiers et gendarmes de plus viendront assurer le maintien de l’ordre. Les zones de non-droit seront réinvestis afin que la loi de la république s’y applique comme partout ailleurs sur le territoire.

La justice sera aussi dotée de nouveaux moyens, afin que la délinquance quotidienne qui pourrit la vie de nos concitoyens soit sérieusement combattue.

Oui, je maintiens que les délinquants mineurs devraient, dès 16 ans, pouvoir être traduits en justice sans pouvoir bénéficier de l’excuse de minorité.

Le rétablissement de la sécurité en France passera aussi par une guerre sans merci contre le terrorisme islamique. Les sanctions que je propose seront exemplaires.

Tout Français qui aura retourné ses armes contre son pays sera déchu de sa nationalité et son retour sur le territoire sera interdit.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée à une peine pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison.

Toute personne appartenant à une mouvance intégriste sera expulsée.

Contre les ennemis de la République et de nos valeurs, ma main ne tremblera pas.

Elle ne flanchera pas non plus sur la question de l’immigration.

Nous sommes un vieux pays d’intégration. Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.

Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.

Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désuni alors que nous devrions tous nous serrer les coudes.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.

Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.

Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Mes amis, il est temps.

Il est temps de rompre avec l’immobilisme et les vieilles recettes.

Il est temps de libérer les Français des vieux carcans,

Il est temps de faire de notre économie un modèle envié par tous.

Il est temps que la France redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une Nation prospère et unie qui donne à tous les mêmes chances.

Cette France retrouvée est à notre portée. Mon projet est la clé qui nous la rendra.

Je sais qu’en politique la victoire n’est données qu’à celui qui donne tout, jusqu’au bout. J’y suis déterminé.

Mais j’ai besoin de vous.

Votre présence est une force.

Votre enthousiasme une promesse.

Soyez jusqu’au bout les ambassadeurs de notre projet.

Nous sommes ce grand peuple qui a toujours su se redresser pour conquérir un avenir nouveau ; ce grand peuple qui n’a jamais mis un genou à terre sans se relever plus fort et plus fier.

Si vous aussi vous croyez que la France vous a donné le meilleur de vous-mêmes, si vous aussi vous croyez qu’elle a un destin à accomplir, alors pas d’hésitation, engagez-vous pour elle !

Engagez toute votre âme, tout votre patriotisme, toute votre fierté.

Mes amis lyonnais, allumez toutes les feux de l’espérance, mettez la force de votre volonté au service de notre projet pour qu’elle devienne la volonté de la France.

Vive la République et vive la France !


François Fillon, le 12 avril 2017 à Lyon.

Source : www.fillon2017.fr
 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 23:17

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Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille

Mes chers amis,

Merci Marseille, merci à chacune et chacun de vous d’être là avec votre force qui décuple toutes les forces françaises.
Merci aux Bouches-du-Rhône, merci à la Provence pour leur soutien extraordinaire.

Dans vos voix j’entends le mot « liberté » et dans vos yeux, je vois le regard fier de ceux qui aiment la France
Je veux saluer tous les élus présents à mes côtés car c’est ensemble, droite et centre réunis, que nous l’emporterons…

Mes amis,
Nous sommes les héritiers d’une histoire millénaire que je vous propose de prolonger.
Une histoire de courage, de travail, d’audace scientifique et culturelle.
Une histoire de combattants, de résistants. Une histoire étonnante où nous avons rayonné dans l’humanité comme aucune autre nation.

Nos ancêtres ont parsemé notre pays de cathédrales et de châteaux. Nous sommes le pays qui a produit des chefs-d’œuvre de la littérature et de la peinture, admirés dans le monde entier.
Nous avons insufflé dans le cœur des peuples les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité.
Nous avons su devenir la 5ème puissance du monde.
Est-ce qu’un peuple qui a produit tout cela doit dépérir et finir en regardant vivre le monde par sa fenêtre ?
Tout ce passé n’est pas un lourd héritage, c’est un formidable encouragement.
Si nos ancêtres sont allés loin, nous pouvons aller loin aussi.
Si, à chaque moment crucial dans la vie de notre nation, ils ont su se redresser, nous nous redresserons aussi.
Pour cela, il faut retrouver la foi dans l’avenir et dans le progrès.
Le goût du progrès est un état d’esprit, c’est une dynamique de vie qui nous pousse en avant et nous conduit à inventer, à risquer, à oser.
Il est faux de penser que le passé était meilleur que le présent et plus confortable que ce qui sera demain.
Cette nostalgie française est trompeuse.
Nos grands-parents travaillaient 12 heures par jour ; tous les dix ans ils étaient arrachés de leur famille pour aller à la guerre ; l’espérance de vie ne dépassait pas 60 ans…
Et pourtant ces hommes et ces femmes regardaient l’avenir avec confiance.
Ils traçaient des routes, bâtissaient des barrages et des canaux pour maitriser la nature, ils découvraient dans le savoir des livres et l’instruction des écoles le pouvoir de la liberté, ils s’enthousiasmaient de voir la science et les technologies bouleverser leur existence.
Leur vie était dure, mais leur ardeur et leurs rêves d’amélioration les motivaient.
Aujourd’hui, nous sommes frileux, blasés.
Il est mortifère de trembler de tout, de penser que tout est fichu, que tout a été essayé, et au demeurant cela est viscéralement contraire à l’esprit français qui, tout au long de l’Histoire, s’est révélé exceptionnellement créatif et téméraire.

Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.
Souvenons-nous : en 1958, c’était la guerre d’’Algérie, les gouvernements valsaient ; la France était confrontée au déficit extérieur et budgétaire et se demandait comment « boucler ses fins de mois ».
Dès la première semaine de son mandat, le Général de Gaulle prend parti pour une « remise en ordre » sans laquelle, ce sont ses mots, « nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité ».
Le reste de l’histoire est connue : réduction drastique des dépenses, rétablissement spectaculaire de l’équilibre budgétaire, expansion sans précédent, âge d’or de l’industrie française.
Le progrès français est parfaitement possible et nous en avons tous les atouts.
Nous avons l’atout du nombre et de la jeunesse.
Nous avons l’atout de la productivité des salariés car malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.
Nous avons l’atout de l’éducation, de la formation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, nous tenons les premiers rangs : les Nobel français excellent dans la médecine, la physique, les mathématiques.
Nous avons l’atout des leaders économiques qui exportent et fédèrent autour d’eux les filières des PME.
Nous avons les atouts de la souveraineté nationale : l’agriculture qui assure notre indépendance alimentaire, l’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique, nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde, notre culture et la beauté de la France qui font de notre pays le foyer de toutes les admirations.
Avec tous ces atouts, comment ne pas croire dans l’avenir !
Pour renouer avec le progrès, il faut redonner à notre économie et notre société son carburant essentiel : la liberté.
Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.
Partout dans le pays, les Français m’ont dit la même chose : « on étouffe, laissez-nous travailler, oser, avancer, qu’on nous foute la paix ».

Oui, je veux être le président d’une France qui respire à pleins poumons, d’une France qui n’étouffe plus sous les injonctions, les règlementations, les interdits idéologiques.
Liberté de travailler, d’innover, de construire sa vie et conquérir ses rêves.

Pour cela, réformons l’Etat et invitons la société à s’investir ; allégeons le code du travail qui étouffe l’emploi ; ouvrons les champs du dialogue social dans l’entreprise ; célébrons le mérite de ceux qui se retroussent les manches et qui prennent des risques ; offrons à nos jeunesse le pouvoir de saisir sa chance ».
Aujourd’hui, au jeune qui veut se lancer, on rétorque « rempli le formulaire en trois exemplaires ».
A celui qui voudrait travailler plus on rétorque « va voir d’abord le syndicat !».
A celui qui voudrait ouvrir son commerce le dimanche, « analyse d’abord tous les articles de la loi, sans oublier les règlements annexes !».
Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé. Chez nous, mieux vaut en faire moins que prendre le risque d’en faire plus.
Cela, c’est la marque d’une société qui se méfie de tout, et surtout d’elle-même !  Comment voulez-vous que le progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?
Ici, à Marseille, il y a une énergie qui ne demande qu’à être délivrée.
Croyez-moi, ça n’est pas avec le programme communiste de M. Mélenchon et le retour au franc de Mme Le Pen que l’économie française va redémarrer.
Ces gens-là veulent nous faire croire que « c’est la sardine qui a bouché le port de Marseille ». Cela n’est pas sérieux.

Si je suis élu, je donnerai dès les premiers jours une impulsion décisive à la liberté, et je le ferai pour aller à la conquête de la croissance et du plein emploi. Oui, du plein emploi car contrairement à ce qui est dit on n’a pas tout essayé contre le chômage.
Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je favoriserai le référendum d’entreprise.
Je supprimerai pour nos agriculteurs et nos pêcheurs nos normes bureaucratiques qui se sont ajoutées aux normes européennes.
Je refonderai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !
Je suis un patriote : je préfère supprimer l’ISF et valoriser les capitaux français que de ramper devant les fonds de pensions étrangers.

Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ?

Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social !
Moi, je me bats pour une France productive, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, se faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis.
Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et populaires et sur celles de nos enfants.
Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron…
Mais où est l’intérêt national dans tout cela, où sont les bases sérieuses de notre redressement économique et social ?
Nulle part ! Leur objectif est d’être élu quel qu’en soit le prix, ça n’est pas de redresser notre pays.
Alors, oui, contre tous ces démagogues, j’oppose la vérité et la liberté.

Mais, mes amis, pas de liberté sans autorité.
L’ordre est un bouclier vital.

Lorsque les caïds font la loi, lorsque les citoyens honnêtes doivent baisser la tête devant eux, alors il n’y a plus de justice, plus de fraternité possible.
Lorsque l’argent de la drogue permet à certains d’exhiber en toute impunité des richesses crapuleuses au front de ceux qui triment pour gagner un SMIC, alors la valeur travail s’effondre.
Récemment, en région parisienne, des quartiers ont été saccagés par des bandes armées ; des voitures de police ont été incendiées avec des cocktails Molotov, ici à Marseille, on règle ses comptes à coups de Kalachnikov.
Pour en arriver là, il y a eu des renoncements.
L’idée même d’autorité a été démantelée. La tolérance est devenue laxisme, le laxisme est devenu impuissance, l’impuissance est devenue l’excuse.

Il faut le retour de l’ordre dans notre pays. Et pour cela, il faut défendre la sécurité.
C’est le premier des droits, celui qui conditionne nos libertés.
Je veux dire ici combien j’ai du respect pour l’ensemble des forces de sécurité, policiers, gendarmes, mais aussi sapeurs-pompiers.
J’ai du respect pour ces hommes et ces femmes qui assument fièrement leur vocation de servir leur nation.

Plus de 10 000 agents sont blessés chaque année et une dizaine d’entre eux trouvent la mort.
Ce sont pourtant des Français qui, comme nous tous, ont des familles, connaissent des joies personnelles… Ils ont tous quelque chose à perdre mais ils sont tous prêts à prendre des risques en s’engageant pour nous.
Cet engagement, ils le prennent parce qu’ils ont une haute idée de la France, comme tous nos militaires qui sont, eux aussi, prêts à défier le danger pour protéger nos vies.
En un mot, ils ont le sens de la nation.
Pourtant, ces femmes et ces hommes sont trop souvent critiqués, voire méprisés.
Contre eux, l’invective est toujours facile et il n’y a alors jamais d’excuse.
Je veux du respect pour eux.
Du respect pour leur courage.
Du respect pour leur uniforme.
Le 11 janvier 2015, les Français avaient rendu hommage aux forces de l’ordre pour leur action dans la lutte contre le terrorisme.
Certains s’étaient émus d’avoir embrassé des CRS.
Et puis la vie avait repris son cours avec ses caricatures manichéennes et ce discours anti forces de l’ordre qui fleurit dès que possible.
On ne peut avoir ainsi une conscience à éclipses.
C’est tous les jours que les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les soldats doivent être remerciés et respectés.

Sur le terrain – ils me l’ont dit lorsque je les ai rencontrés -, les agents des forces de l’ordre savent bien qu’il faut changer beaucoup de choses, à l’organisation de la sécurité et surtout à la conception de l’ordre dans notre société.
Trop souvent nos policiers et nos gendarmes n’ont pas les moyens concrets de mener à bien les missions pour lesquelles ils se dévouent.
Ils pourront compter sur moi. Je ferai voter une loi de programmation et de modernisation qui engagera les investissements, les effectifs et les équipements dans les domaines de la sécurité et de la justice.
Elle prévoira 1 milliard d’euros supplémentaires qui seront consacrés aux investissements destinés à accroître l’efficacité des forces de l’ordre, en leur donnant plus de moyens technologiques innovants, des outils informatiques performants, des locaux et des casernements dignes.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.
Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prison interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.

Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.
Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.
Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.
Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
Et je restreindrai les possibilités de libération conditionnelle, qui ne sera plus automatique, et ne pourra plus intervenir qu’aux trois quarts de l’exécution de la peine.
Restait, dans cet arsenal pénal, la question de l’excuse pénale de minorité à laquelle j’ai beaucoup réfléchi.
Est-ce que des mineurs de 16 ans et plus doivent bénéficier de la même clémence de la justice que les enfants au motif qu’ils n’ont pas encore atteint leurs 18 ans ?
La règle en vigueur a été prévue par l’ordonnance de 1945 à une époque où la délinquance des mineurs n’était pas celle d’aujourd’hui.
Cette règle est aujourd’hui bien connue, et les chefs de bande savent employer ceux qui n’ont pas 18 ans pour échapper aux poursuites les plus graves.
Et puis on rencontre sur le terrain beaucoup de délinquants chevronnés qui, ayant commencé très jeunes à sévir, sont déjà à 16 ans des multirécidivistes que l’impuissance de la justice ne peut qu’encourager à mépriser l’autorité de l’Etat.
C’est pourquoi, j’ai décidé de proposer la fin de cette excuse de minorité pour les jeunes de plus de 16 ans, afin de restaurer la crédibilité de notre système de peines.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires, cher Jean-Claude.
Ils doivent devenir les pivots de notre politique de tranquillité publique et de prévention : je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Mes amis, la principale menace contre notre sécurité vise aujourd’hui le cœur de notre civilisation européenne et en premier lieu la France. Je parle du totalitarisme islamique.

Il a encore frappé à Stockholm, après Saint-Pétersbourg et Londres.
Il a encore frappé, dans les églises coptes d’Egypte, dimanche, les chrétiens d’Orient, poursuivant là-bas son but génocidaire dans l’indifférence de l’Occident.
Cet arc de haine et d’obscurantisme s’étend du Bangladesh jusqu’à l’Afrique de l’ouest.
Il porte une menace directe sur notre territoire.
Je lutterai de manière implacable contre lui.
Les Français qui seront partis combattre à l’étranger contre nous seront déchus de leur nationalité, comme le permet déjà la loi, parce qu’ils auront renié leur patrie.
Les prêcheurs de haine étrangers seront expulsés.
Les associations s’inspirant du salafisme ou des Frères musulmans seront dissoutes.
L’immense majorité de nos compatriotes musulmans en ont plus qu’assez que des extrémistes sanguinaires viennent jeter l’opprobre sur leur religion, et répandre la mort dans notre nation.
A cette majorité silencieuse, je demanderai de l’aide pour extirper l’intégrisme de leurs rangs, je leur demanderai de nous aider à faire le ménage parmi les obscurantistes.

Le respect de l’ordre dépasse le cadre des enjeux de sécurité.
Il est aujourd’hui en question à l’école alors que s’y forment les futurs citoyens de notre pays.
L’école devrait être le lieu d’apprentissage des normes.
Les normes du savoir, pour apprendre à lire, à écrire et à compter, et pour connaître notre histoire de France.
Les normes de comportement, vis-à-vis de ses camarades, et vis-à-vis des enseignants.
L’école devrait être l’école du respect.

Assez de démission sur le contenu des savoirs, abaissé au plus petit dénominateur commun au mépris de l’ambition républicaine d’élever chacun à hauteur de ses mérites.
Assez de démission sur les exigences de comportement des élèves qui ne font plus la différence entre une salle de classe et la rue.
Les familles ne doivent pas démissionner de leurs devoirs.
Je rétablirai la loi qui permettait la suspension des allocations familiales si les familles n’assurent pas la présence de leurs enfants à l’école obligatoire, si, malgré les avertissements, elles ne réagissent pas devant les dérives de leurs adolescents.
Je demanderai aux établissements d’instaurer le port d’une tenue uniforme. Car, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs conditions sociales, je veux que tous les enfants de France se sentent égaux et solidaires.
Il est inacceptable de voir dans nos cours d’Ecole ressurgir les discours communautaristes et l’antisémitisme. Inacceptable de voir que le racisme s’étend, y compris le mépris anti-français.

Il retrouver les voies du rassemblement national et de la fierté française.
Il ne peut y avoir de rassemblement dans une société qui s’en prend sans arrêt à elle-même ; qui aime à se flageller et à s’abaisser au niveau de ceux qui l’accusent de tous les maux.
Je dénonce le discours de la culpabilisation qui veut saper l’histoire de la nation en antagonisant les mémoires.
M. Macron a commis une faute en présentant la colonisation comme un crime contre l’humanité. Entre Français et Algériens, on peut se parler franchement, lucidement, sans s’accuser du pire.
Il est temps de rappeler que le drapeau tricolore est suffisamment large pour envelopper tous ceux qui l’aiment, tous ceux qui sont prêts à le servir.
Nous sommes un vieux pays d’intégration. Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.
Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.
Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.
Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.
Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.
La France n’a pas pour autant vocation à être un pays fermé au reste du monde.
Nous continuerons de défendre notre tradition chrétienne de l’asile pour les victimes de persécutions, tout en réduisant les abus et les délais de traitement des demandes et en éloignant systématiquement les déboutés.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est dur, les menaces extérieures sont nombreuses.
Je protégerai la France.
Je protégerai les Français. Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par la force si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je lui ferai la guerre sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.
Le Président de la République doit avoir un cap.
Il doit savoir ménager ses alliés mais aussi construire des coalitions conformes à ces intérêts.
Il doit aussi savoir dire non.
Aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Aligné sur les Etats-Unis et sur une politique européenne convenue sans vision, la France manque à tous ses devoirs.
L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier du conseil de sécurité des nations unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.
La décision du président Trump de bombarder la Syrie est compréhensible mais la responsabilité de la France c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.
Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.
Président de la République je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.
J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion nucléaire.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.
Au Moyen Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis, la France est faite d’une seule communauté unie, rassemblée dans sa diversité : celle de la nation
Elle a une culture propre. Elle a une âme.
Elle n’est certainement pas un archipel de communautés qui voisineraient dans l’indifférence.

M. Macron est venu il y a peu ici à Marseille.
Lui qui n’aime guère que sa filiation à François Hollande soit mise dans la lumière a été jusqu’à s’inspirer d’un discours de campagne tenu par le candidat Hollande en 2012 à Marseille.
Comme lui, il a notamment cité une à une les nationalités qu’il estimait représentées dans la salle, dans la plus pure tradition du clientélisme du parti socialiste.

Eh bien moi je ne vous parle pas de vos origines, ni de votre religion, ni de votre passé : cela relève de votre histoire personnelle, de vos convictions intimes.
Seul compte ici ce qui nous rassemble et fait notre fierté commune : c’est notre qualité de citoyens français.
C’est en Français que nous vivons, c’est en Français que nous votons, et c’est en Français que nous réussirons à faire de notre nation la première puissance européenne, car tel est mon objectif.
Nous devons nous rappeler les mots que prononçait ici, à Marseille, le général de Gaulle, en 1958 : « Nous sommes un peuple qui s’est aperçu, au milieu du monde dur et difficile où il est, que ce qu’il avait de mieux à faire c’était de s’affirmer comme fort, comme uni, comme résolu et comme un peuple qui veut être respecté ».

Ces derniers jours, partout où je me rends, je vois des foules de plus en plus nombreuses : à Nantes, à Strasbourg, à Toulon, à Ajaccio, à Quimper, à Provins ; à Paris dimanche ; et ici à Marseille.
Les Français, partout, se lèvent pour dire leur fierté et leur volonté d’alternance.
L’avenir de notre nation est entre vos mains.
Les jours qui viennent sont cruciaux pour l’avenir de notre nation.

Il nous reste quelques jours pour terminer cette campagne à fond et pour passer devant ceux qui s’y croient déjà.
Jusqu’au dernier instant, on ne vous laissera pas de répit.
On cherchera à étouffer vos convictions sous les calomnies et les invectives.
On essaiera de vous dicter votre choix avec les sondages.
On vous intimera de renoncer comme si le vote était déjà fait.
Et jusqu’au dernier instant, vous vous battrez. Vous vous battrez parce que vous êtes les militants de la France.
Vous vous battrez parce que sans l’enthousiasme des Marseillais, jamais le chant de l’armée du Rhin ne se serait appelé « la Marseillaise ».
Alors Marseille, pas d’hésitation, pas d’indécision, maintenant, tous à l’action, tous vers la grandeur, tous vers la victoire et tous pour la France.

Vive la République et vive la France.

François Fillon, le 11 avril 2017 à Marseille.

Source : www.fillon2017.fr

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:22

« Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux. Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne. Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a "pas de bol". Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça. » (Porte de Versailles de Paris, le 9 avril 2017).



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Le rythme de la campagne de François Fillon s’accélère. Il multiplie ainsi les meetings pour le sprint final. Après son grand rassemblement à la Porte de Versailles à Paris ce dimanche 9 avril 2017 (plus de 20 000 participants), le Parc Chanot à Marseille le 11 avril 2017, Eurexpo à Lyon le 12 avril 2017, le Zénith à Toulouse le 13 avril 2017, le Parc des Expositions à Montpellier le 14 avril 2017. Il faut dire que la campagne va "subir" un trou d’air, le week-end de Pâques de trois jours juste avant le dimanche électoral. Avec les vacances scolaires, cela risque de réduire la portée de la campagne électorale.

À moins de deux semaines du premier tour, les sondages parlent d’un resserrement des intentions de vote pour les quatre principaux candidats : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. La vérité, c’est qu’avec les intervalles d’erreur des méthodes de calcul, l’incertitude est totale sur l’identité des deux premiers candidats. Ces mêmes sondages laissent entendre qu’il y aurait deux tiers des électeurs qui resteraient indécis ou pas sûrs de leur vote, ce qui signifie que tout est possible. Dans les temps anciens d’avant Internet, les sondages étaient interdits pendant la campagne officielle, c’est-à-dire pendant les deux dernières semaines de la campagne. C’était particulièrement dérisoire puisque les instituts continuaient néanmoins à sonder et seules, "quelques" personnes bien informées en avaient connaissance, ce qui pouvait d’ailleurs engendrer des rumeurs plus ou moins manipulatrices.

Quatre personnalités, quatre visions de l’avenir, quatre projets de société. Et aussi quatre expériences, ou inexpériences. En ces temps troubles, où les attentats sur le sol européen côtoient les risques d’un conflit direct entre deux puissances militaires (la Russie et les États-Unis) sur le sol syrien, il paraît évident que les Français auront d’abord à se prononcer selon la raison et pas selon le rêve.

Le rêve, c’est de croire que l’État peut tout donner sans rien en échange. C’est un rêve particulièrement propre aux démagogues qui veulent raser gratis. Tous ceux qui promettent des milliards et des milliards sans s’occuper un instant de la manière de les financer sont des candidats qui trompent leurs électeurs : moins les mesures sont finançables, moins elles sont réalisables et plus le candidat propose l’impuissance et l’immobilisme dans les faits.

Le rêve, c’est aussi de considérer que les problèmes des Français proviennent d’éléments extérieurs (l’Europe, la mondialisation, la Chine, les immigrés, etc.). Cette analyse aboutit à une conclusion inéluctable : la France serait impuissante à résoudre ses problèmes puisqu’elle ne pourrait ni empêcher la mondialisation, ni changer la politique commerciale de la Chine, ni éviter les migrations depuis des zones trop difficiles à vivre. Resterait l’Europe avec son cortège de mauvaises solutions : quitter l’Europe pour se retrouver isolés, les 67 millions de Français, face aux 7 milliards d’habitants qui peuplent la planète. 

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Emmanuel Macron n’est pas un candidat du rêve, sauf celui du rêve européen, mais il est le candidat de la "synthèse plastique" selon François Fillon qui a observé, à Clermont-Ferrand le 7 avril 2017 : « [Avec lui], pas de choc économique pour booster la croissance ; pas de vraie réforme du marché du travail pour baisser le chômage ; pas de vrais efforts pour réduire les déficits et la dette ; pas d’autorité affirmée pour faire reculer la délinquance ; pas d’urgence à protéger l’identité de la France… Bref, le projet de M. Macron est la poursuite du quinquennat qui s’achève. ».

Une semaine auparavant, à Ajaccio le 1er avril 2017, François Fillon avait été même beaucoup plus dur : « Emmanuel Hollande ou François Macron, peu importe. Nos compatriotes se moquent de ce bal masqué politique. Ils savent bien que sous un pavillon de complaisance différent, c’est bien la même marchandise frelatée qui se trouve dans les cales (…). Ne vous laissez pas imposer un scénario écrit d’avance par les plumitifs du pouvoir socialiste qui vous disent : "Après le monarque, c’est le tour du petit prince". ».


François Fillon, seul en mesure de tourner la page de manière constructive

Conscient de ses propres défauts, François Fillon n'a pas hésité à rappeler le 9 avrl 2017 à Paris ceci : « Je ne vous demande pas de m’aimer. Je vous demande de me soutenir, parce qu’il y va de l’intérêt de la France. Il ne s’agit pas de choisir un copain. Il s’agit de choisir un Président, et à travers lui, le destin que nous voulons nous ouvrir à la France. Dans la vie de notre pays, je veux redonner tout son sens à l’idée de responsabilité, sans laquelle rien ne sera possible. ».

On peut en effet ne pas aimer l’homme, on peut être déçu voire en colère contre son rapport à l’argent, et même si ce qu’il a fait est probablement légal et assez commun pour un parlementaire (la justice ne peut pas se prononcer sur le fond avant l’élection, mais n’a pourtant pas hésité à le mettre en examen deux jours avant la fin du dépôt des candidatures), il reste que François Fillon, dans la tradition du gaullisme dit social (l’expression "gaullisme social" est impropre et à prendre dans son sens habituel), est le seul candidat capable à la fois de proposer une alternance crédible et réelle, aidée d’une véritable majorité parlementaire d’alternance et d’une équipe de personnalités expérimentées tout de suite opérationnelles, et de redresser la France sur une base réaliste et donc réalisable.

Proposer une alternance réelle, pas comme Emmanuel Macron qui est soutenu essentiellement par les ministres ou anciens ministres du quinquennat actuel de François Hollande, au bilan désastreux pour la grandeur de la France.

Proposer un redressement réaliste et mesurable, pas comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dont la surenchère en milliards non financés est proportionnelle au niveau d’impuissance qui en résulterait.

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C’est pourquoi, à mon sens, quelle que soit l’amertume que l’on peut avoir sur la personnalité, et je conçois qu’elle peut être grande pour certains, soucieux de l’éthique et de la moralisation de la vie politique, l’avenir de la France doit être le moteur exclusif des motivations de vote. Seul François Fillon peut proposer un avenir raisonnable et enthousiaste aux Français. Enthousiaste car il a su construire un projet ambitieux dont le but est de se retrouver la première puissance économique européenne dans dix ans. L’objectif, clairement affiché, c’est de ne plus avoir de chômage. C’est possible, l’Allemagne l’a fait il y a douze ans, et le résultat, c’est son taux de chômage à 3,9% en février 2017 (la France : 10,0%).

Pour arriver à ce résultat, François Fillon mise sur trois engagements majeurs :


1. Supprimer le déficit budgétaire et réduire la dette publique

La dette publique est le principal accroc à la souveraineté nationale (il suffit de voir ce qu’elle coûte à l’État), mais aussi qui laisse planer un énorme risque de crise financière majeure dans le cas où les taux augmenteraient. Cette réduction de la dépense publique donnera une plus grande marge de manœuvre aux entreprises pour augmenter leur compétitivité.

Pour cela, François Fillon donne cette feuille de route très claire : « Je suis le seul à proposer un plan réaliste et financé. M. Mélenchon, c’est 173 milliards de dépenses en plus ; Mme Le Pen, 150 milliards ; M. Hamon, 71 milliards ; M. Macron, c’est 60 milliards d’économies, mais 50 milliards de dépenses nouvelles. Moi, je propose 100 milliards de baisse de dépense publique, chiffre nécessaire pour atteindre l’équilibre des comptes au bout de cinq ans : 35 à 40 milliards pour l’administration publique de l’État ; les collectivités locales pour 15-20 milliards ; le secteur social avec la retraite à 65 ans (20 à 25 milliards), les dépenses de sécurité sociale (20 milliards), le retour à l’équilibre de l’Unedic (10 milliards). Cet effort résolu sur les dépenses de fonctionnement nous permettra de préserver l’investissement public et d’augmenter de 12 milliards les dépenses consacrées à la défense, la sécurité et la justice. Il nous permettra également de réduire de 40 milliards les impôts et les charges sur les entreprises pour rétablir leur compétitivité et augmenter les petites retraites. Grâce à l’augmentation modérée de la TVA, les importations participeront au financement de notre protection sociale permettant ainsi de réduire les cotisations sociales des salariés et donc, de préserver leur pouvoir d’achat. » (interview à "Ouest France", le 27 mars 2017).


2. Redonner foi en la France

En ne restant que sur une vision comptable de la France, les gouvernements depuis une vingtaine d’années ont trop laissé de côté une véritable perte de sens et d’identité de beaucoup de Français. Or, la réponse ne doit pas être un repli sur soi identitaire ni un protectionnisme qui ne punirait que les Français eux-mêmes. Il faut au contraire réaffirmer la foi en la capacité de la France à profiter de la mondialisation, à être à niveau pour concourir parmi les premières puissances mondiales (même si depuis cinq ans, elle a régressé de la cinquième à la sixième puissance mondiale). La France a de multiples atouts et l’État doit être là pour les encourager, les valoriser, les mettre en avant, les promouvoir.

C'était son message à Strasbourg : « Soyez fiers d’être français. Soyez fiers de votre culture. Soyez fiers de votre histoire. Soyez fiers d’aller vers l’avenir pour le conquérir, car rien n’est plus noble qu’un peuple qui se dresse pour tenir son destin. Oui, soyez fiers de votre drapeau tricolore et mêlez ses trois couleurs aux étoiles de l’Europe ! Faites, de votre fierté, l’étincelle de toutes les fiertés qui vous entourent ! » (6 avril 2017).

Redonner foi en la France, cela signifie aussi lutter efficacement contre l'islamisme de la terreur.


3. Relancer l’Europe

Avec le Brexit, la crise des réfugiés et la crise grecque qui couve encore plus ou moins, personne ne peut dire que l’Union Européenne est dans une phase d’ascension enthousiaste. Au contraire, depuis près de dix ans, l’Europe traverse une mauvaise passe et il y a une véritable absence de vision et de projet d’avenir et des risques "séparatistes" dans de nombreux pays (comme la Pologne, la Hongrie, etc.).

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Deux candidats veulent poursuivre la construction européenne, François Fillon et Emmanuel Macron. Mais François Fillon n’est pas un Européen d’incantation, il est un Européen de réalisme. Il avait voté contre le Traité de Maastricht le 20 septembre 1992 mais il s’est aperçu que l’euro est devenu une monnaie très favorable à la France et aux Français (notamment parce que l’euro permet des taux très bas). Il est un pragmatique et veut l’Europe parce qu’il sait que l’intérêt de la France ne peut passer que par une Europe mutualisée qui fasse le poids face aux grands ensembles géopolitiques du monde.

À Strasbourg le 6 avril 2017, François Fillon a montré sa différence avec ses concurrents : « La priorité, c’est de remettre en route le moteur franco-allemand, en panne depuis cinq ans. La vérité, c’est que je suis le seul candidat de cette campagne à proposer de redémarrer l’Europe de façon réaliste. Il y a ceux pour qui l’Europe est la source de tous nos maux, le bouc émissaire idéal de nos impuissances et de nos échecs. Marine Le Pen, Mélenchon et bien d’autres rêvent d’en finir avec soixante années de coopération, mais pour quoi ? Pour revenir au chacun pour soi, face aux sept milliards d’habitants que compte notre monde ? Que proposent-ils au juste ? Le retour insensé au franc, les 32 heures, les déficits à n’en plus finir ? Prendre le bateau lorsque nos créanciers débarqueront pour réclamer leur dû ? La fin de l’Europe, c’est plus qu’une infidélité au projet de Jean Monnet et de Robert Schuman. C’est le saut dans le vide. C’est la tentation du pire. Ce n’est pas mon choix. ».

Mais François Fillon n’a pas fustigé seulement les anti-européens : « Je ne suis pas non plus de ceux qui se proclament pro-européens, mais ne veulent rien changer. M. Macron propose de continuer à rêver l’Europe. Il invite les Vingt-sept à rêver ensemble. Il les appelle à une grande "convention démocratique pour de nouvelles bases". Il espère qu’un jour, un projet sortira de cette grande méditation contemplative. Cela, je vous le dis : c’est l’attitude qui a conduit l’Europe dans le mur ! Cinq années d’immobilisme en plus, c’est condamner l’Europe de manière inéluctable. ».

Après avoir brossé le visage de ses adversaires, voici ce à quoi il s’est engagé : « Le monde attend un sursaut européen et c’est à la France de le porter. Je suis heureux d’assumer ce message ici, dans la capitale de l’Europe. (…) Nous devons stopper l’éclatement de l’Europe au plus vite. Je m’engage à être ce chef d’État déterminé dont l’Europe a besoin en France. Je m’engage à reprendre l’initiative qui incombe à la France et l’Allemagne depuis le Brexit. C’est un anniversaire un peu tendu pour le Traité de Rome. Pour ses soixante ans, l’Europe est face à un choix : réagir ou disparaître. ».

Sa priorité : « faire de la zone euro une véritable puissance économique mondiale, capable d’assurer sa souveraineté économique et sa prospérité » en dotant « la zone euro d’un vrai gouvernement économique qui réunira les chefs d’État et de gouvernement ». Avec cette profession de foi : « Je suis pour une Europe lucide sur ses intérêts économiques, qui ose pratiquer une préférence européenne pour défendre ses intérêts face à la Chine et aux États-Unis. (…) Il n’est pas acceptable que l’Europe ouvre ses marchés publics à 95% aux entreprises étrangères et que ce n’est le cas que de 30% aux États-Unis. ».

Autre profession de foi sur les valeurs européennes : « L’Europe, c’est (…) : un modèle d’économie de marché plus respectueux de la protection sociale des travailleurs et de l’environnement. (…) Nous sommes pour la liberté, mais dans un cadre qui serve le bien commun. ».

L’autre défi, c’est de bâtir une "nouvelle union de la sécurité" : « Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, l’ami américain est en train de replier son parapluie. Sommes-nous oui ou non des Européens prêts à nous défendre, ou sommes-nous simplement des vassaux, des consommateurs, des pacifistes naïfs incapables de protéger la paix ? (…) Les Européens doivent assurer leur autonomie stratégique, ce qui veut dire qu’il va falloir maintenir sur notre continent une industrie militaire de pointe, plutôt que d’acheter systématiquement américain ou russe. ».


D’abord redresser la France

La clef de la politique européenne de la France, François Fillon ne cesse de la réaffirmer durant sa campagne : « La nouvelle alliance militaire de défense qui permettra à l’Europe de rependre son destin en main, c’est à la France et à l’Allemagne de la construire. (…) Tout cela ne sera vraiment possible que si la France est forte chez elle. Pas de redressement européen sans redressement français ! Pas d’influence française sans une France puissante. ».

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C’est cette raison qui a fait que François Hollande n’a jamais réussi à relancer l’Europe avec Angela Merkel, car l’Allemagne n’avait aucune considération sur les engagements du gouvernement socialiste représenté dans l’élection par les deux anciens ministres Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Faut-il parler du bonheur ? François Fillon y a répondu le 9 avril 2017 : « Je ne suis pas un idéologue. Je suis seulement un patriote. Je regarde l’avenir et, comme vous, je voudrais une France plus grande qu’elle ne l’est, une France unie, heureuse, confiante. Sincèrement, pouvons-nous atteindre cet idéal sans efforts et sans nous remettre en question ? Dans cette campagne présidentielle, je suis finalement le seul à dire que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de l’Histoire. Le seul à vous dire qu’on ne s’en sortira pas sans travailler un peu plus et dépenser un peu moins. ».

François Fillon montre qu’il est d’abord le candidat du concret et de la seule priorité qui vaille : que chacun puisse avoir un emploi, que la France retrouve sa prospérité économique et elle retrouvera sa place et son rôle dans l’histoire de l’Europe et du monde. Dommage qu’il soit le seul candidat à le proposer, et c’est aussi pour cette raison que l’enjeu du 23 avril 2017 est historique : les Français veulent-ils vivre dans une France de la grandeur, ou renonceront-ils à être une nation de premier plan ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon, le seul candidat de l’alternance et du redressement.
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
François Fillon et les fonctionnaires.
Propositions pour une meilleure santé.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaron" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris (texte intégral).
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
3 635 parrainages pour François Fillon.
Soutien de Nicolas Sarkozy (7 avril 2017).
Soutien d’Alain Pompidou (31 mars 2017).
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Discours de François Fillon le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand (texte intégral).
Discours de François Fillon le 6 avril 2017 à Strasbourg (texte intégral).
Discours de François Fillon le 31 mars 2017 à Toulon, au Mont Faron (texte intégral).
Discours de François Fillon le 30 mars 2017 à Quimper (texte intégral).
Discours de François Fillon le 27 mars 2017 à Nantes (texte intégral).
Discours de François Fillon le 21 mars 2017 à Courbevoie (texte intégral).
Discours de François Fillon le 16 mars 2017 à Caen (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 mars 2017 à Paris (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 mars 2017 à Besançon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 8 mars 2017 à l’Association des départements de France (texte intégral).
Discours de François Fillon le 7 mars 2017 à Orléans (texte intégral).
Discours de François Fillon le 6 mars 2017 aux entrepreneurs (texte intégral).
François Fillon l’obstiné.
Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro (texte intégral).
Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes (texte intégral).
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Assassinat politique ?
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Second tour de la primaire LR du 27 novembre 2016.
Quatrième débat de la primaire LR 2016 (24 novembre 2016).
Premier tour de la primaire LR du 20 novembre 2016.
Troisième débat de la primaire LR 2016 (17 novembre 2016).
Deuxième débat de la primaire LR 2016 (3 novembre 2016).
Premier débat de la primaire LR 2016 (13 octobre 2016).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170409-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-le-seul-candidat-191644

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/10/35112772.html


 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:28

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Discours de François Fillon le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris

Mes chers amis,

Voici donc le grand, le beau peuple de France !

Il y a un mois, on vous croyait à genoux, mais non, dans la bourrasque et le soleil, une foule immense se tenait debout au Trocadéro.

Les coups redoublèrent alors d’intensité : « marchez à l’ombre », vous disait-on ! On vous croyait assommés, mais non, partout en province, les salles étaient pleines, traversées de fierté et de flamme.

Et voici ce printemps du 9 avril, voilà Paris, voilà la France, voilà la force d’un peuple qui se dresse pour exiger le respect, et mieux que cela, qui se dresse pour conquérir sa victoire.

Vous êtes un grand peuple : être parmi vous est un privilège ; être votre candidat est un honneur ; être votre président serait pour moi une mission sacrée qui commanderait tous les services, tous les sacrifices, tous les actes nécessaires à l’intérêt de la France.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous êtes le peuple libre et souverain, parce que vous refusez que l’on vous vole cette élection, parce que ce choix si fondamental, personne ne peut s’arroger le droit de l’exercer à votre place.

A Nantes, Quimper, Toulon, Ajaccio, Provins, Clermont-Ferrand, j’ai entendu cette foule qui veut en finir avec l’échec, je sens cette force qui va et qui s’accroît, qui monte en puissance et qui n’attend que de stupéfier les prétendus faiseurs d’opinion par sa détermination.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous voulez l’alternance.

J’ai vu qu’Emmanuel Macron se présentait comme le candidat de « l’alternance profonde ». Voilà bien une pensée de sous-marin.

Les quelques ralliés hétéroclites en seront les dupes, quand l’équipage socialiste refera surface.

Et la France sera la grande perdante. Encore 5 ans de demi-mesures. Encore 5 ans d’occasions manquées. 5 ans passés à chercher des majorités éphémères qui s’effondreront devant la moindre décision importante. 5 ans en marche arrière !

La France d’Emmanuel Macron, c’est la France de maintenant.

L’alternance, c’est nous !

Mais l’alternance n’est pas un but en soi.

Nous voulons la victoire, pour en finir avec le désenchantement, avec l’inefficacité ; pour en finir avec le déni de réalité qui caractérise nos adversaires ; pour en finir avec la dette immense qui écrasera nos enfants, avec un coût du travail qui les conduit au chômage, avec une éducation à la dérive, avec une jeunesse au désespoir.

Qu’est-ce que j’appelle « en finir » ?

Eh bien, ça n’est pas revenir à notre passé, c’est aller de l’avant !

Vers ce monde où de grands bouleversements sont à l’œuvre.

C’est le monde du numérique, des grandes découvertes, du renouvellement du travail.

Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire : la découverte du nouveau monde, la vapeur et l’électricité, l’atome, le nucléaire civil, internet, et les plus grandes découvertes de la médecine.

Nous sommes le pays des prix Nobel et des médailles Field, le pays des satellites et de la chirurgie cardiaque, le pays de Saint-Gobain, de Michelin, de tant d’autres réussites mondiales.

Le monde nous connaît par la puissance de notre esprit, la grandeur de nos réalisations, une littérature incomparable.

Nous avons triomphé des guerres, des défaites, des occupations.

Nous sommes toujours là, toujours debout, ayant gagné et perdu des empires, et parmi les cinq premières nations du monde depuis plus de mille ans.

Et l’on voudrait nous faire croire que notre place est au bord du chemin, à regarder mélancoliques les réussites des autres ?

Jamais ! Jamais ! C’est ce que vous êtes venus dire par votre présence.

Avec vous, je ne cours pas pour le pouvoir mais pour le pouvoir de redresser la France ; le pouvoir d’aller conquérir le plein emploi ; le pouvoir de faire de notre pays celui où tous les succès sont possibles, le pays de toutes les audaces, de toutes les chances, le pays fraternel qui ne laisse tomber personne, le pays de toutes les fiertés, celui qui s’affiche comme la première puissance européenne, celui dont la voix est entendue de par le monde.

Pour cela, il faut un cap : j’en ai un !

Il faut un projet : j’en ai un qui est plus précis et puissant que tous les autres !

Il faut une équipe rassemblant les talents et les compétences : je l’ai ! Elle est ici autour de moi.

Il faut une majorité parlementaire cohérente : je l’ai ! Avec l’union de la droite et du centre, je serai le seul à pouvoir agir sans avoir à mitonner des petites cuisines parlementaires aux relents de renoncement et d’impuissance !

Et puis, il ne faut pas raconter d’histoires aux Français.

L’état d’urgence est partout : dans ce fléau du chômage qui nous entraîne au bord de l’explosion sociale, dans nos finances publiques qui font peser sur nous le risque de la faillite, dans l’Union européenne menacée de désintégration, dans cette guerre que le totalitarisme islamique a déclarée aux sociétés libres et en premier lieu à la France et maintenant dans le retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Nous allons relever ces défis.

Et pour ce faire, nous allons nous appuyer sur le meilleur moteur de l’action : la fierté française.

Je dénonce cette idéologie du déni de soi, cette haine de nous, de la France. Ce discours pénitentiel qui fait douter les Français d’eux-mêmes, qui les fait douter de l’avenir de leur nation, je n’en veux plus.

Car comment vivre ensemble, avancer ensemble, tous solidaires, si l’âme de la France ne nous reliait pas ?

Peut-on s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture, pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

Ce discours est irresponsable.

Je veux porter la voix de ces millions de Français qui sont fiers de leur pays. Qui veulent former une nation rassemblée. Qui veulent réussir ensemble.

Chez Hamon, Mélenchon, Le Pen, la nation est une réalité hors-sol, qui vit en autarcie avec des règles utopiques.

Chez Emmanuel Macron, le concept national est démodé ; la France de demain, c’est un gigantesque espace de co-working où chacun vaque à ses occupations. L’histoire française est trop étroite. L’identité est un carcan. L’héritage est un frein.

En Marche, c’est l’idéologie du bougisme.

Moi, plutôt que le déni de soi, je propose la connaissance de soi.

Plutôt que la négation des racines, je propose la mémoire partagée !

Plutôt que le marketing du vide : je propose l’appropriation de la culture française.

J’invite les Français à l’aventure la plus passionnante qui nous soit donnée : nous plonger dans notre culture et nos savoirs.

Je les invite à vivre le projet de Charles Péguy, celui d’une culture « incorporée dans chaque citoyen français ».

Le général de Gaulle disait : « au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote ».

Les grands succès sont toujours nourris par une éducation, une mémoire et des valeurs qui guident les peuples.

Les grandes cultures sont d’abord issues du génie des peuples. Elles naissent là où la géographie et l’histoire leur ont permis de prendre racine, et où l’intelligence et la création ont élu leur terre promise.

La culture chinoise n’a rien à voir avec la culture turque ; la française ne ressemble pas à l’indienne, pas plus que l’anglaise à la russe. Chacune est une exception et vient du tréfonds d’un peuple.

La Culture est l’air que nous respirons. Elle est ce que nous sommes.

La Culture française est née de vingt siècles de recherche d’un équilibre singulier entre la passion et la raison, entre les racines et le ciel, entre la différence et l’universalité.

Qu’ont de commun Pascal et Voltaire, Hugo et Claudel, Poussin et Manet, Mansart et le Corbusier ?

Ils ont en partage cette certitude qu’il nous appartient, à nous Français, de parachever le monde en y mettant de la raison, de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Il existe une voix française qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre.

Sa survie nous concerne tous.

Nous devons transmettre la terre de Richelieu, la langue de Victor Hugo, la raison de Montesquieu, la vision de Claude Monet et de tous ceux qui ont vécu, aimé et défendu la vibration française.

Pour certains, la culture française n’existe pas : elle n’est au mieux qu’un rejeton de la culture mondiale. Que font-ils des talents français, de la langue française, du patrimoine français ?

Rien, fini, remplacés par la littérature des gares ; classés dans la catégorie « tourisme » ; remplacés par l’anglais des tours operators.

On connait la chanson. Notre indépendance, notre esprit frondeur, n’ont jamais été du goût des institutions mondiales.

Pourquoi ?

Parce que dans la tradition de notre pensée, avoir été français, être français et rester français, c’est être utile au monde.

Non, je ne ferai pas comme Emmanuel Macron. Je ne porterai pas en terre le cercueil de la culture française.

Soyons Français et fiers de l’être.

Je me souviens de cette vieille formule qu’on nous apprenait autrefois, non sans orgueil : « impossible n’est pas français ».

Aujourd’hui, il semble que ce soit l’inverse.

En vertu d’on ne sait quelle malédiction, tout ce qui est possible aux autres nations est décrété impossible aux seuls Français, par nos dirigeants socialistes et par les extrêmes.

Diminuer la dette de l’Etat ? Impossible.

Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ? Impossible.

Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ? Impossible.

Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait une grande démocratie telle que le Canada ? Impossible.

Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ? Impossible.

Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? Impossible.

Impossible, car François Mitterrand l’avait dit : « contre le chômage, on a tout essayé ». Impossible, car M. Hollande, quant à lui, a dit plus récemment : « on n’a pas eu de bol ».

Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous !

Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !

Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ? Impossible.

Notre école dégringole dans les classements internationaux.

En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant, nous sommes très loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête.

D’année en année, nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences. Bientôt nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ?

Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible…

Changeons de logiciel ! Passons de l’impossible au possible, et faisons ce qui doit être fait.

Mon objectif, ce n’est pas de faire de la France le premier pays au monde à passer aux 32h, ce n’est pas de nous faire descendre directement en deuxième division en fermant les frontières et en revenant au franc, et ce n’est pas de continuer la politique hollandaise de la dérive au fil de l’eau.

Mon objectif c’est de faire de la France la première puissance européenne en dix ans.

C’est-à-dire un pays qui donne du travail à tous ses citoyens.

C’est-à-dire un pays qui puisse orienter l’Europe au lieu de la subir.

Pour cela, nous devons transformer notre système en profondeur.

Pour cela, il faut libérer notre Etat de sa dette publique et il faut libérer notre économie de ses charges et de ses normes.

L’économie est le nerf de la guerre, et un pays économiquement faible ne peut pas être un pays politiquement fort.

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.

Rien n’a changé.

Chaque année, nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser nos dettes antérieures !

Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou dédaignent ce problème avec outrance, tel M. Mélenchon qui se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine, mais qui négociera la ferraille du Titanic.

Je suis le seul dans cette campagne à vouloir en finir avec le cercle vicieux de la dette publique.

C’est pourtant l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour renouer avec la confiance.

Le désendettement est la condition d’un Etat fort, respecté, maître de son destin.

C’est un enjeu politique, parce qu’à travers la dette c’est la souveraineté de la nation qui est en cause.

C’est un enjeu moral, parce que ce fardeau nous le faisons peser sur les générations futures.

C’est un enjeu social, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière.

Sur l’ensemble du quinquennat, je propose de réduire les effectifs de la fonction publique de 8%.

C’est une nécessité. C’est un objectif raisonnable.

Cela nous replacera dans la moyenne des grands pays qui nous entourent et qui ne sont pas moins bien administrés que nous.

Ceux qui parlent d’austérité ne connaissent pas le sens des mots.

L’austérité, elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin de la Grèce.

Le jour où nous ne pourrons plus payer nos fonctionnaires.

Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale.

Le jour où nous ne pourrons plus payer les retraites de nos anciens.

Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire.

Mon projet est fondé sur le bon sens, il est là pour propulser la France en tête !

Je l’ai construit en parcourant les routes de France pendant cinq ans, en allant à la rencontre des Français de toutes les professions.

J’ai écouté les entrepreneurs qui m’ont dit : j’aimerais embaucher quelqu’un en plus, mais ça me coûtera trop cher, et comment je m’en sortirai si mon volume d’activité diminue ?

Je diminuerai les charges sociales pour réduire le coût d’une embauche.

J’ai écouté les travailleurs.

Je diminuerai les cotisations salariales pour donner un gain de 700 euros à un couple qui travaille.

J’ai écouté les petits entrepreneurs, les artisans, qui m’ont dit : mon carnet de commandes est plein, je pourrais m’agrandir, avec des emplois à la clef, mais je ne veux pas franchir les seuils sociaux parce que c’est trop compliqué.

Je doublerai les seuils sociaux pour que les petites entreprises n’aient plus peur de se développer et d’embaucher.

Et je simplifierai le code du travail en le ramenant aux principes fondamentaux.

J’ai écouté les ouvriers qui sont prêts à se retrousser les manches pour sauver leurs industries et pour gagner un peu plus.

J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.

Je réformerai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises, pour les emplois français.

J’ai écouté les artisans qui n’en peuvent plus du RSI.

Je le changerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.

J’ai écouté les retraités qui m’ont dit : je n’arrive plus à joindre les deux bouts alors que j’ai travaillé toute ma vie.

J’augmenterai les petites retraites. Parce que c’est justice. Mon gouvernement l’avait fait. Je le referai.

Toutes les pensions du régime de base inférieures à 1000 euros augmenteront de plus de 300 euros par an.

Et j’augmenterai d’au moins 600 euros par an les petites pensions de réversion.

J’ai écouté les fonctionnaires.

Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.

Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent de créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leur salaire et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.

Je veux dire à nos agents publics que la réduction des effectifs ne se fera pas contre eux, bien au contraire.

Elle leur redonnera des responsabilités, l’augmentation du temps de travail se répercutera sur leur salaire, et ils cesseront de subir le discrédit de l’Etat bureaucratique.

J’ai aussi écouté les agriculteurs qui croulent sous les normes et qui ont le sentiment d’être traités avec suspicion alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Je leur simplifierai la vie.

J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.

Je ferai en sorte qu’ils soient reconnus comme des entrepreneurs à part entière.

J’ai écouté les chercheurs qui m’ont dit : j’aime mon pays, c’est ici que j’ai été formé, mais ailleurs on m’offre des laboratoires mieux équipés, plus de liberté, un meilleur salaire.

J’ai toujours soutenu la recherche française, même au plus fort de la crise de 2008. Pour moi, c’est fondamental.

Je réduirai la bureaucratie, je redonnerai de l’autonomie, je favoriserai l’excellence, avec un objectif en tête : en dix ans, faire de la recherche française la première en Europe.

Tous ces Français avaient une notion en tête : la liberté !

Ils m’ont tous dit la même chose : « qu’on nous laisse travailler, oser, qu’on arrête de nous emmerder » !

Lorsque je réclame plus d’espace pour négocier dans nos entreprises, plus de référendums pour écouter les salariés, plus d’autonomie pour ceux qui gèrent nos écoles, plus de facilités pour les auto-entrepreneurs, plus d’encouragements pour les fonctionnaires qui veulent prendre des initiatives, c’est parce que les corporatismes, les cloisons syndicales, les idéologies verticales ne résistent plus au désir d’action des Français.

Je veux porter la voix de tous ces Français qui sentent que la liberté leur redonnera du travail, de la prospérité, de l’espoir.

Mais je veux porter aussi la voix de tous ceux qui m’ont dit à quel point leur confiance dans l’avenir était minée par le déclin de l’autorité.

Je pense aux habitants de ces quartiers où les dealers et les salafistes ont imposé leurs lois contre celles de la République.

Je pense à ces Français qui vivent dans des zones rurales qui voient poindre une violence inédite dont ils redoutent l’augure.

Je pense à ces professeurs qui n’arrivent plus à transmettre des connaissances, et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques hasardeuses selon lesquelles l’élève construit tout seul propre savoir et peut plaider la cause de ses fautes d’orthographe.

C’est tout un état d’esprit qu’il faut changer.

Des années de déconstruction idéologique ont conduit l’Etat à cesser de croire en sa légitimité et à cesser par conséquent d’exercer l’autorité qui lui revient.

Nous avons recruté des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, et pourtant jamais notre Etat n’a donné le sentiment d’être aussi impuissant à remplir ses missions régaliennes fondamentales.

A quoi sert-il de battre des records d’effectifs, si dans les banlieues toujours plus de quartiers sont inaccessibles aux policiers et aux pompiers, si dans les tribunaux toujours plus de jeunes délinquants ressortent libres, si dans les écoles toujours plus de professeurs entrent dans leurs classes avec la peur au ventre ?

En même temps qu’il devenait pléthorique, notre Etat est devenu pleutre.

C’est d’un même geste qu’il doit cesser d’empiéter sur la liberté des citoyens qui travaillent et qui entreprennent, et qu’il doit redevenir un pilier de l’ordre sans lequel la vie en commun est impossible.

Bien sûr qu’il faudra redéployer des moyens là où c’est absolument nécessaire.

Mais des dizaines de milliers de postes créés à fonds perdus, sans vision, sans stratégie, ne changeront rien si nous ne changeons pas cet état d’esprit qui nous a conduits à démanteler l’idée même de l’autorité.

Il faut remettre au centre de la République ses piliers : l’école, la justice, les forces de sécurité, la famille.

Nous avons perdu le sens de l’autorité parce que nous avons cessé de croire en nos valeurs et en la nécessité de leur transmission.

Nous ne sommes pas seulement un pays, nous sommes une nation et nous sommes une civilisation.

La France qui a inspiré tant de pays partout dans le monde ne doit pas avoir honte chez elle.

Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.

L’immigration sans intégration, sans assimilation, doit être stoppée.

Ceux qui nous rejoignent le font souvent parce qu’ils ont entendu là-bas, dans leurs pays frappés par la misère et la dictature, des récits qui leur ont donné une haute idée de la France.

Mais ceux qui nous dénigrent le font trop souvent parce que des idéologues leur ont donné, ici, des raisons de le faire.

Ils se sont retrouvés dans un pays ouvert à tous les relativismes, incapable de dire qui il est, incapable d’être fier de tout ce qu’il a à transmettre.

C’est une faute morale de penser que notre société serait au fond responsable des attaques perpétrées par le terrorisme islamique, alors que tant de pays eux-mêmes musulmans, sur un arc qui s’étend du Bangladesh à l’Afrique occidentale, sont victimes de sa cruauté et de sa barbarie.

Ce n’est pas en reniant nos valeurs que nous réussirons cette mission historique que la France peut et doit réussir aux yeux du monde : la démonstration qu’un islam des Lumières, un islam de progrès, est possible.

Cette démonstration, cette grande mission, je suis sûr que nous allons la réussir.

Nous allons la réussir avec nos compatriotes musulmans qui doivent se soulever contre l’obscurantisme et nous aider à faire le ménage.

Il faudra du temps, comme il a fallu du temps pour que la laïcité cesse d’être une querelle entre la République et l’Eglise catholique.

Il faudra surtout l’autorité d’un Etat capable de défendre, d’affirmer les valeurs du progrès et de la raison.

Capable de définir, sans ambiguïté, ce qui est inacceptable.

Capable d’interdire les prêches emplis de haine.

Capable de rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.

Capable de dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est le sens premier de la laïcité.

Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.

La faiblesse n’est pas de mise.

Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.

Et quelle est la mienne ?

 

C’est celles d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.

D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.

Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.

Le président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.

Il n’est pas de domaine où la solitude du président soit plus grande, de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requièrent autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.

Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.

Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.

Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?

En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les Américains au Proche Orient.

Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.

Qu’en a fait François Hollande ?

Aligné sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.

Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible et on ne peut qu’y adhérer au nom de la révolte que nous inspire la cruauté du régime syrien. Mais la responsabilité de la France, c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec gravité poindre les nuages noirs de la guerre.

J’augmenterai les moyens de nos forces armées.

Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.

Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.

J’œuvrerai sans relâche pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.

Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.

Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.

Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.

Mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Nous sommes 67 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants qui ont soif de progrès et de réussite.

7 milliards d’habitants qui aspirent à bousculer la vieille hiérarchie des nations.

7 milliards d’habitants assoiffés de réussite.

Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux. Et si nous continuons de nous affaiblir, tant de pays pour qui nous étions un modèle finiront par détourner les yeux loin de nous.

Mais si nous nous relançons, une chance historique se présente à nous.

Avec une Amérique désarçonnée par les dernières élections, un Royaume-Uni accaparé et préoccupé par le Brexit, une France qui aura retrouvé sa crédibilité se replacera au centre du jeu.

Elle affirmera la liberté de sa voix et de ses choix.

C’est le moment ou jamais de rassembler nos forces pour donner un coup d’accélérateur et s’engouffrer dans l’ouverture.

L’Europe est à un tournant de son histoire et la responsabilité de la France est immense.

Après le Brexit, l’Europe vacille et le prochain coup peut être mortel.

Les questions qui nous sont posées sont cruciales.

L’Europe va-t-elle disparaître ?

Est-ce de la France que lui viendra le coup de grâce ?

N’aura-t-elle été qu’une parenthèse dans l’histoire de nos peuples ?

Je suis un souverainiste qui milite pour une Europe souveraine.

Je n’ai jamais fait partie des enthousiastes qui accueillaient avec un sourire béat tout ce qui était estampillé « Europe » sans jamais en examiner le contenu.

Mais je ne me résous pas à voir s’effacer dans l’indifférence une idée noble et unique au monde.

Je n’ai jamais cru au rêve d’une Europe fédérale qui se substituerait aux nations. Mais je crois à une Europe qui les rend plus fortes.

Une Europe politique, efficace, concentrée sur des priorités stratégiques.

Une Europe qui repart de l’avant en donnant à la zone euro les moyens d’être l’espace économique le plus performant au monde.

Une Europe qui protège ses habitants en défendant ses frontières.

Tout cela, nous le ferons en redonnant à la France un leadership en Europe.

Car lorsque la France est faible, elle subit l’Europe. Mais lorsqu’elle est puissante, elle la conduit !

C’est dire si l’enjeu du redressement français est immense.

Il l’est pour vous, pour vos familles, pour vos enfants, il l’est pour l’Europe, il l’est pour le monde aussi puisque la France est une puissance qui compte. Son absence est toujours notée, mais sa présence active est toujours soulignée.

Mes amis,

Je ne suis pas un idéologue. Je suis seulement un patriote.

Je regarde l’avenir et, comme vous, je voudrais une France plus grande qu’elle ne l’est, une France unie, heureuse, confiante.

Sincèrement, pouvons-nous atteindre cet idéal sans efforts et sans nous remettre en question ?

Dans cette campagne présidentielle, je suis finalement le seul à dire que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de l’Histoire.

Le seul à vous dire qu’on ne s’en sortira pas sans travailler un peu plus et dépenser un peu moins.

Le seul à vous dire qu’il vaut mieux sauver l’Europe que de la fuir.

Je ne cherche pas l’appui de M. Bayrou ou de M. Hue, j’ai celui de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, et j’ai surtout le vôtre.

Et puis, j’ai dans mon cœur trois mots : liberté, égalité, fraternité.

C’est le désir de liberté qui a fait tomber la Bastille, c’est la liberté prônée par les philosophes des Lumières qui a fait rayonner la France partout dans le monde.

Nous avons rompu l’équilibre entre la liberté et l’égalité : je veux le rétablir.

Je ne crois pas à l’égalité au cordeau, à l’égalité qui bride les initiatives, qui enferme chacun dans la même moyenne, loin de ses aspirations, loin de ses rêves.

Je crois à l’égalité active, à cette égalité qui dit à chacun : quelles que soient vos origines, quel que soit le lieu d’où vous venez, vous pourrez aller aussi loin que vous le souhaitez, rien n’arrêtera votre courage.

Et puis il y a la fraternité.

La fraternité qui unit les cœurs dans le respect des différences.

La fraternité qui nous rassemble en nous faisant ressentir notre appartenance à une même nation, dans les moments où elle réalise quelque chose de grand comme dans les moments où elle est menacée.

La fraternité, et la solidarité sociale, médicale, territoriale.

Personne n’est inutile à la France ; chaque Français et Française qui met un genou à terre doit trouver une main tendre pour le consoler et une main ferme pour l’aider à se relever.

J’ai en mémoire l’histoire des débuts d’Emmaüs, et la rencontre avec George, un clochard au fond de l’abîme, à qui l’abbé Pierre demande « Viens m’aider à aider ».

Nous devons faire face aux défis d’aujourd’hui : la grande pauvreté face à laquelle je veux engager un plan d’action pluriannuel, le très grand âge, la dépendance, le handicap, l’autisme que tant de familles gèrent avec dignité, les petites retraites que je veux revaloriser, la santé qui doit être accessible à tous, le logement dont il faut revoir les mécanismes économiques pour construire plus et pour tous.

Et puis, il y a ces territoires ruraux et péri-urbains qui se sentent à l’abandon.

Déclin des centres-villes, retrait des services publics, fermeture des commerces de proximité, enclavement numérique, détresse des agriculteurs, déserts médicaux : il y a une véritable fracture territoriale.

Je l’ai vécue en tant que maire de ma commune et président d’une communauté de communes rurale.

Cette ruralité française, j’y suis attaché. Car un pays sans racines, un pays sans agriculteurs, un pays sans villages, c’est un pays vide.

Ma ligne d’horizon ne s’arrête pas aux périphériques des métropoles. Je ne suis pas une plante hors-sol mise en pot dans les grandes écoles, accrochée à un tuteur puis arrosée à l’ombre des palais de la République.

Moi, j’ai « poussé en liberté », dans la ruralité.

Mon école, cela été la vie municipale à Sablé-sur-Sarthe. Mon tuteur, cela été mon enracinement, le point de départ de mon engagement.

Mes amis,

Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.

Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.

Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a « pas de bol ».

Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça.

Et même si les voyages forment la jeunesse, je ne veux pas que l’expatriation soit pour vous le seul horizon de la réussite.

Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans, si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne.

Mon ambition secrète n’était pas d’être président de la République, c’était de grimper tous les sommets de 4.000 mètres d’Europe. Et je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.

Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

L’avenir du travail, c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.

Il y a vingt ans; une enquête montrait que les jeunes Français aspiraient en majorité à entrer dans la fonction publique.

La même enquête montre aujourd’hui qu’ils aspirent en majorité à créer leur activité.

Que s’est-il passé entre-temps ?

Le numérique.

Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde fait de révolutions en chaînes.

Notre vie a déjà changé, elle va changer encore.

L’intelligence artificielle, l’impression 3D, la réalité augmentée, les nanotechnologies, la robotique, les progrès de la génétique, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente…

Saisissons-nous de ces progrès.

Ayons l’ambition d’être les premiers partout où nous pouvons l’être.

Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.

Je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.

Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.

Nous relèverons tous les défis de l’avenir en sortant du statu quo.

Nous serons au rendez-vous du progrès en balayant nos vieux blocages, nos vieilles crispations, nos vieilles peurs.

Je veux porter l’audace du changement qui redonnera à la France sa grandeur et qui refera d’elle une force pour sa jeunesse.

A vingt ans, on veut dévorer la vie et prouver sa valeur.

A vingt ans, aucune ambition n’est trop élevée.

Aux jeunes de France, je dis « aidez-moi à percuter toutes ces vieilles cloisons bureaucratiques qui cadenassent le marché de l’emploi ; aidez-moi à développer les nouveaux métiers de l’avenir, aidez-moi à faire triompher les valeurs de l’audace et de la réussite, aidez-moi à transformer notre modèle économique et social ».

Il y a tant de bastilles sur mon chemin, tant de barricades intellectuelles, tant de défenseurs du statu quo qui nous expliquent qu’il vaut mieux revenir en arrière, qu’il vaut mieux marcher à petits pas que de courir vers l’avenir.

A la jeunesse, je dis : ne doutez pas de vous et aimez la France !

Je me souviens, je n’avais pas trente ans, le jour où Ted Kennedy m’invita à déjeuner dans sa grande maison de famille.

J’étais jeune député sarthois, impressionné, je l’écoutais et c’était lui qui me parlait de la France.

Je me souviens, deux ans plus tard, j’avais trente et un ans, j’étais fier d’être français le jour où j’entrai dans le village de Jezzine au Liban pour porter aux chrétiens assiégés le message de solidarité de notre pays.

Le président de l’Assemblée libanaise m’avait autorisé à franchir les lignes de front pour une seule raison : parce que j’étais membre du parti gaulliste…

J’avais vu dans son bureau une immense photo de son père Salim al-Husseini avec le général de Gaulle, en 1943, dans la plaine de la Bekaa.

Que doit être la France pour que lorsqu’on a vingt ans ou trente ans aujourd’hui on puisse en être fier ?

Que ferons-nous pour que notre pays continue d’attirer les regards ?

Quelles seront nos épopées ?

Voilà des questions que nous devrions tous nous poser. Car elles sont parmi les plus nobles et elles exigent de nous le meilleur de nous-mêmes.

Mes amis,

Ce que j’ai pu mesurer depuis deux mois, c’est la violence de la conjuration des impuissants.

C’est la résistance acharnée de ceux qui veulent que rien ne change ; de ceux qui s’accommodent de deux mille milliards de dette, de six millions de chômeurs, des territoires perdus de la République, et qui s’en accommodent pourquoi ? Parce que pendant le désastre, les carrières continuent.

La conjuration des impuissants, c’est le hollandisme qui se continuera dans son jeune héritier, rallié chaque jour par ceux qui espèrent se survivre à l’abri des combinaisons nouvelles.

Je ne ferai pas siffler leurs noms. Leurs noms ne méritent même pas vos sifflets. Ils appellent simplement l’oubli.

Et, à l’autre bout du spectre politique, et jamais croyez-le ce mot de spectre n’a été plus approprié, la conjuration des impuissants, c’est la folle aventure que nous propose Mme Le Pen, avec son quarteron d’amateurs, prêts à sacrifier notre pays, sa place dans le monde, son image, son efficacité, ses emplois, à leurs lubies idéologiques, à ce rêve effarant d’une France albanaise protégée par des murs et cultivant son carré de salades.

Vous êtes venus nombreux, aujourd’hui, défier la conjuration des impuissants.

Vous entendez la défier en vous portant vers l’avant, au-delà de toutes les peurs, de toutes les inquiétudes, dans une démarche raisonnée, appuyée sur une volonté souveraine.

Et je sais, oui je sais que vous entraînerez le reste du pays, qu’il vous rejoindra dans cet optimisme, ce désir de réussite qui est au fond de l’âme de notre pays.

Mais laissez-moi vous dire ceci : ce mouvement que vous avez engagé, et que j’ai voulu porter, il ne faudra pas le laisser s’éteindre une fois l’élection acquise.

Une fois l’élection acquise, les choses sérieuses vont commencer. Les résistances ne disparaîtront pas comme par enchantement. J’aurai besoin de vous. Nous aurons besoin les uns des autres.

Après l’élection, il nous faudra une volonté sans faille.

Cette volonté je la possède. Je l’ai trempée, affermie dans mes épreuves récentes et dont je ne parlerai plus.

Personne ne doit s’y tromper. Rien ne me fera dévier de cette route que nous avons commencé d’ouvrir ensemble il y a plus de trois ans.

Il est là, pour moi, le devoir d’exemplarité du président.

Un président exemplaire, ce n’est pas un homme qui s’expose chaque jour au voyeurisme public dans l’espoir de séduire ou de se faire pardonner d’exercer le pouvoir.

Un président exemplaire, c’est un homme qui propose au peuple ce qu’il croit juste, et lorsqu’il est investi met tout en œuvre pour réaliser le projet sur lequel il a été élu.

Un président exemplaire, c’est un président qui ne troque pas le destin de la nation pour un peu de popularité éphémère.

Un président exemplaire, c’est un président qui n’a pas un regard pour les manœuvres d’appareil, ce que le général de Gaulle appelait les poisons et les délices du système.

Un président exemplaire, c’est un président que rien ne peut intimider, ni la calomnie, ni les pressions, ni même l’incompréhension, parce qu’il est devenu, après l’élection, comptable des espoirs de tout un peuple.

C’est ce président-là que je serai. Vous pouvez compter sur moi, et moi, je dois pouvoir compter sur vous.

Je ne vous demande pas de m’aimer. Je vous demande de me soutenir, parce qu’il y va de l’intérêt de la France.

Il ne s’agit pas de choisir un copain. Il s’agit de choisir un président, et à travers lui, le destin que nous voulons nous ouvrir à la France.

Dans la vie de notre pays, je veux redonner tout son sens à l’idée de responsabilité, sans laquelle rien ne sera possible.

Responsabilité, d’abord à l’égard du pays. Je ne serai pas le président de la purge ; je veux être celui du redressement.

Les efforts que je propose sont nécessaires, ils sont urgents, mais ils sont raisonnables. Et surtout, ils ont un but.

Un président de la République n’est pas un comptable.

Si je veux rétablir nos finances publiques, réduire la dette, ce n’est pas pour le plaisir esthétique de présenter des budgets en ordre.

C’est parce que je veux, comme vous, rendre aux Français les richesses qu’ils produisent, retrouver un niveau d’emploi comparable à celui de nos voisins, et, à la fin, faire de la France la première puissance du continent.

Parce que je veux que notre jeunesse retrouve, dans ce monde qui change, un autre avenir que celui du chômage ou des petits boulots ; parce que c’est seulement ainsi que la créativité de toute une nation reprendra ses droits, que notre industrie retrouvera la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre, notre Etat son efficacité, notre hôpital ses performances, nos fonctionnaires la fierté de servir une grande cause au lieu de réglementer le déclin.

Responsabilité, ensuite, à l’égard de tout notre peuple, dans toutes ses composantes. A l’égard de tous les Français sans distinction d’origine, de croyances, d’opinions.

Responsabilité à l’égard de notre jeunesse, que ma génération aura chargée d’un poids impossible à porter, celui du chômage et de la dette, dans une politique que les mots « après moi le déluge » résument très bien.

Je mesure l’ironie de cette campagne, où c’est à un ancien Premier ministre comme moi que revient de rendre tout son espoir à notre jeunesse, alors qu’un jeune politicien récent paraît s’être donné pour tâche de continuer le passé.

Mais laissons leurs impostures aux imposteurs.

Pour moi, je veux vous faire une confidence que vous ne répéterez pas. Je vais vous dire tout simplement, ce qui m’anime.

Ce qui m’anime, et soutient ma volonté sans faille, c’est une forme de remords.

Ma génération d’hommes politiques s’est laissée enliser.

Elle n’a pas fait, je le sais bien, tout ce qu’il fallait. Et quand j’ai quitté Matignon, j’ai pris la résolution de corriger ces erreurs qui ne sont pas seulement les miennes.

J’ai pris la résolution indépassable de ne pas achever ma vie politique sans avoir fait tout mon possible.

Je suis allé à votre rencontre, et ce que j’ai perçu de votre exigence, de votre colère aussi, a renforcé ma détermination. Aujourd’hui, cette détermination, croyez-le, rien ne peut l’atteindre.

Responsabilité à l’égard de notre grande histoire. Et cette histoire que nous devons transmettre, ce n’est pas une histoire fermée, mais une histoire ouverte. Elle est aussi éloignée, dans sa vérité profonde, des niaiseries multiculturelles que des rétractations xénophobes ; aussi éloignée de l’idée d’une France à l’identité fantasmée que d’une France réduite à une sorte d’agence des droits individuels.

Cette France qui est la nôtre, je la vois prête à surgir, à tout balayer, une nouvelle fois sur son passage : c’est la France de Chrétien de Troyes et de Rachi, la France de la Vendée bleue et de la Vendée blanche, la France de Balzac et celle de Kessel, celle des sans-culottes et des cathédrales, celle d’Apollinaire et Picasso, celle de Proust et celle de Saint-Exupéry, celle des tirailleurs du Mont-Cassin et celle de Pierre et Marie Curie ; cette France-là n’est pas seulement un héritage, c’est une promesse d’avenir.

Souvenons-nous que cette promesse française a fait rêver les peuples de la terre ! Ce que je veux, ce que je veux profondément, c’est refaire l’amitié des Français autour de ce pays mystérieux qui est le nôtre, réfractaire et raisonnable, ce pays qui nous est à la fois un foyer et un port où préparer de nouvelles aventures.

Je n’ai rien de plus précieux que ce sentiment-là, et parce que c’est le vôtre et celui de tous nos compatriotes, qu’ils le sachent ou non, nous y puiserons la force d’une résolution sans faille.

Mes amis,

C’est maintenant que tout se joue.

Les journées que nous allons vivre seront décisives et nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.

Partout où je me rends, je vois des foules de plus en plus nombreuses, je vois des Français qui ne se résignent pas, je vois des Français qui se lèvent pour clamer qu’ils sont libres et que personne ne leur subtilisera leur choix.

Cette bataille nous allons la gagner.

J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.

Alors croyez-moi si je vous dis que la victoire se donne rarement à ceux qui croient avoir déjà course gagnée.

La victoire vient à ceux qui donnent tout jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une conquête.

Je vais tout donner.

Comme j’ai tout donné dans ma vie pour la France.

J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.

Il faut que vous alliez partout pour dire que nous avons un projet précis et puissant, un projet qui est le meilleur pour la France.

Il faut que vous alliez partout pour dire que nous aurons une majorité pour le mettre en œuvre.

Il faut que vous alliez partout pour dire que la France peut se transformer et qu’elle peut de nouveau étonner le monde.

Le doute est l’ennemi de l’Histoire ; il n’a pas sa place dans le destin français.

Il faut l’effacer et passer à l’offensive.

La France a un formidable atout : elle n’est pas seulement un grand pays, pas seulement la 5ème puissance du monde, elle est une Nation.

Avant de partir au combat, les soldats de l’an II gravaient « Vive la Nation » sur l’acier de leurs sabres. Gardons-nous d’oublier cette devise. Celle d’un peuple uni, toujours courageux quand il s’agit de surmonter malheurs, éclipses, ou assauts du monde.

La Nation française, c’est vous !

La première génération du nouveau siècle, c’est vous !

L’avenir de la France dans ce monde mouvant, c’est encore vous !

Je crois à la Nation française !

Je crois que les objectifs, les plans, les prévisions, les programmes, ne comptent que pour autant que l’énergie de la Nation se mettent à leur service.

Je crois au souffle de la Nation qui pousse toujours nos voiles vers le large.

Je crois à une Nation indivisible, fille de Jeanne d’Arc et de De Gaulle, souveraine par destin et universelle par vocation.

Nous voici donc, mes amis, non pas à la fin d’une campagne, mais au début d’une grande aventure.

Saisissons la chance qui nous est offerte.

Remettons en ordre cette maison sur le port, battue par les vents, qui est la nôtre, et prenons enfin la mer, avec l’énergie de ceux qui n’ont jamais douté de leur vocation.

Il y aura des traverses, des tempêtes, des vents contraires, mais rien ne nous découragera, et nous nous souviendrons de ce jour où nous avons, tous ensemble et d’un seul cœur, décidé de redevenir nous-mêmes !

Vive la République et vive la France !


François Fillon, le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris.

Source : www.fillon2017.fr
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 23:58

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Discours de François Fillon le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand

Mes chers amis,
Je voudrais ce soir vous faire une confidence. Tout au long de de cette intense campagne ; malgré la série noire de coups bas, jamais je ne me suis senti abandonné ou découragé.
Je vous ai toujours vu présents, déterminés à vous battre et à ne jamais céder aux intimidations. Ce que les sondeurs appellent « socle électoral », ce sont, en réalité, ces millions de français qui, comme vous, font bloc autour du même projet pour la France et militent avec moi pour l’alternance.
Honneur à vous mes valeureux amis !

Je sais, je sais, ce que vous avez vécu… Vous avez eu droit aux mêmes torrents de boue que moi, aux mêmes articles et émissions, injustes, infondés, blessants…
Plus que ma personne, c’était aussi vous et vos convictions qui étaient raillées par ceux qui n’acceptent la droite et le centre que lorsqu’ils marchent à l’ombre.
Mais rien n’y a fait et rien n’y fera. Nous sommes debout, déterminés, et de plus en plus nombreux sur la ligne droite de l’alternance.
Et puis, permettez-moi une seconde confidence : ce qui ne tue pas rend plus fort et cette force qui est en moi et en vous, la France en a besoin pour être dirigée et protégée durant les cinq années qui viennent.
Du fond du coeur, merci à vous tous et à vous toutes.
Merci à tous les élus qui m’accompagnent et qui sont ici présents.

Je suis heureux d’être avec vous, dans cette belle Auvergne, dont l’exceptionnelle chaîne volcanique mériterait bien d’être au patrimoine de l’UNESCO !
J’apprécie d’être à quelques kilomètres d’un lieu historique, le plateau de Gergovie. Là-bas, il y a quelques siècles, un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages !

On dit parfois que les Auvergnats sont un peuple de taiseux. Mais ce soir vous ne l’êtes pas !
Vous avez quelque chose à dire !
Vous ne laisserez personne vous voler votre message.
Vous ne laisserez personne décider de cette élection à votre place.
Vous aspirez à une véritable transformation de notre pays. C’est ce que je suis venu vous proposer.
Parmi mes concurrents, je suis le seul à vouloir un changement profond.
Et je suis le seul qui propose un changement fondé sur la liberté.

Je fais mienne cette phrase de ce grand Auvergnat que fut La Fayette: « aucun obstacle, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien-être de tous, et la liberté partout ».

De leurs côtés, mes concurrents font dans l’archaïque ou le faux-moderne.
M. Macron fait beaucoup d’effort pour paraître nouveau.
Mais quelle est la différence entre M. Macron et M. Hollande… à part l’apparence ?
IIs sont socialistes, Ils ont gouverné ensemble, ils sont tous deux le goût des synthèses plastiques.
Pas de vrai choc économique pour booster la croissance ; pas de vraie réforme du marché du travail pour baisser le chômage ; pas de vrais efforts pour réduire les déficits et la dette ; pas d’autorité affirmée pour faire reculer la délinquance ; pas d’urgence à protéger l’identité de la France… Bref, le projet de M.Macron est la poursuite du quinquennat qui s’achève.

Parmi mes concurrents, aucun ne reconnaît la gravité de notre dette publique. Aucun ne propose de changement sérieux.
Aucun ne regarde ce qui marche chez nos voisins.
L’Allemagne, moins de 4% de chômeurs ; la France 10%. En une décennie, plus de 4 millions d’emplois ont été créés outre-rhin dans le secteur marchand ; ici, le nombre d’emploi est resté quasiment inchangé.
Devant ces chiffres, la gauche rétorque qu’il y a des travailleurs pauvres en Allemagne… Nous, on n’a pas de travail et on a la pauvreté qui augmente.
Tous mes concurrents promettent un déluge de nouvelles dépenses.
Nous avons 2.2000 milliards de dettes, qu’importe !
Le coût du service national d’un mois proposé par M.Macron, c’est 15 Mds€. 15 milliards pour organiser des colonies de vacances qui casseront l’outil militaire français.
Le coût du retour à la retraite à 60 ans voulu par Mme Le Pen, c’est 20 Mds€ qui casseront notre régime par répartition.
Le coût des 32 heures et du revenu universel de M.Hamon est tellement sidérant qu’il n’est même pas besoin de l’évaluer.
Quant à M.Melenchon, son projet est évalué à 173 Mds€… qui dit mieux ?.
C‘est parait-il ainsi qu’on achète le vote des Français, mais c’est aussi, à grands coups de démagogie, qu’on achèvera un jour la France.
Tous mes concurrents persistent dans les vieilles recettes qui n’ont jamais fonctionné.
Le partage du temps de travail ne fait que partager la pénurie.
L’embauche sans compter d’emplois publics finit toujours en déficits et les déficits en impôts.
La fermeture des frontières finit toujours par susciter des représailles qui plombent nos exportateurs et nos emplois.
Quant à la sortie de l’euro et le retour du franc, ce serait la faillite en 6 mois, avec une montée en flèche des taux d’intérêts qui viendrait appauvrir les ménages et étouffer nos entreprises.

Mes amis, tous ces projets ne feraient qu’accélérer notre déclin. Tous nous placeraient en situation d’être dominé par les puissances du monde.
La souveraineté : voilà l’enjeu réel de cette élection.

La souveraineté, c’est la capacité à rester maître de son destin.
Ne jamais laisser quiconque nous dicter notre conduite : voilà l’âme de la nation française !
La souveraineté au peuple, par le peuple, pour le peuple : voilà le sens de la République !
Mais que reste-t-il de notre souveraineté nationale quand notre dette publique record nous met à la merci d’une reprise en mains par le FMI ?
« Qui doit n’a rien à soi » : ce proverbe auvergnat nous rappelle que la souveraineté est aussi financière !
Que reste-t-il de cette souveraineté quand nous devons faire appel aux fonds de pension américains et aux monarchies du Golfe pour financer notre économie, parce que les capitaux français ont fui nos impôts délirants ?
Quand les Etats-Unis infligent, en toute insouciance, des amendes folles à nos grandes entreprises ?
Quand les règles du commerce international sont bafouées sans que nous ne puissions réagir ?
Quand les autres grandes puissances décident sur notre dos de l’avenir du Proche Orient ?

Que reste-t-il de la souveraineté populaire quand la bureaucratie prétend régler nos vies dans leurs moindres détails ?
Quand des lobbys et des groupes d’intérêts s’emparent de l’intérêt général ?
Quand la technocratie bruxelloise prétend tout piloter, tout en laissant l’Europe s’effondrer ?
Quand la police n’entre plus dans certains quartiers parce que la loi des caïds y a remplacé l’ordre républicain ?
Quand des intégristes religieux piétinent les principes de la République?
La souveraineté de la France et la souveraineté du peuple : voilà le sujet de cette élection. Et voilà le sens de mon engagement !

La première condition de la souveraineté, c’est le redressement économique.
Notre pays ne redeviendra vraiment indépendant et influent que lorsqu’il redeviendra prospère.
Pourquoi, avec les atouts extraordinaires dont elle dispose, la France n’est-elle pas déjà au plein emploi ?
Pourquoi n’a-t-elle pas une croissance vigoureuse ?
Nous figurons parmi les premiers au monde pour la qualité de nos infrastructures, de nos services publics, de notre enseignement supérieur, de nos chercheurs, de nos entrepreneurs, de nos grands groupes, de notre santé.
Chaque année, des millions de touristes viennent admirer notre culture, nos paysages, nos monuments.
Tous déclarent nous envier cette fameuse douceur de vivre française.
Avec ces avantages, nous devrions être une nation prospère, optimiste, confiante !
Au lieu de cela, la vie est toujours dure, l’avenir est gris, les rêves de succès et de bonheur sont toujours plus petits.
Nos atouts, nous les avons bridés par l’excès de normes, de contrôles, de taxes.
Nous avons laissé l’administratif prévaloir sur le productif.
Moi, je veux réactiver nos forces, rallumer le moteur de l’économie, redonner de l’espoir.

Rallumer l’économie, c’est ce qu’ont fait tous nos partenaires. Nous ne pouvons pas continuer à produire moins qu’eux et à dépenser plus qu’eux.
Comme l’Allemagne, le Canada, l’Australie, je propose d’arrêter de surcharger nos entreprises de règles et de charges excessives.
Je propose d’oser la liberté.
Libérons le travail, au lieu de l’encadrer à l’extrême.
Faisons confiance aux individus, à leur créativité.
Chacun a en soi l’envie de réaliser son idéal : chacun doit pouvoir le faire sans entrave.
C’est cela qui fait le dynamisme d’une nation, et non les cogitations de quelques bureaucrates.
Ce sont les entreprises qui créent les vrais emplois, personne d’autre. Encore faut-il qu’elles puissent investir et embaucher sans contraintes et sans risques inutiles.

Je propose donc de réduire massivement les prélèvements qui dissuadent l’activité et tuent l’emploi.
Je veux attirer les financements français et les talents vers les entreprises, notamment les PME.
Pour faire disparaître la peur d’embaucher, je veux refonder et simplifier le code du travail.
Je distinguerai clairement les normes sociales et ce qui relève de l’accord collectif.
Je moderniserai les instances de représentation du personnel. Je prône un dialogue social rénové.
Je supprimerai définitivement les 35 heures.
Je faciliterai les nouvelles façons de travailler qui répondent aux aspirations de nos concitoyens, notamment en créant un statut de travailleur indépendant.

Rallumer le moteur de l’économie, c’est aussi nous doter des outils indispensables dans l’économie de la connaissance.
Nous prenons du retard dans la compétition mondiale.
Ce n’est pas une question de moyens. Je veux donner plus d’autonomie aux établissements, mettre le paquet sur l’apprentissage, réformer en profondeur la formation professionnelle.

Je veux réformer notre sphère publique.

Il nous faut un Etat agile, un Etat stratège, un Etat moderne, qui protège quand c’est nécessaire, mais surtout qui accompagne, qui facilite.
Un Etat qui profite de la révolution numérique pour se réformer et rendre un meilleur service aux citoyens.
C’est aussi ce que veulent les fonctionnaires. C’est pour cet idéal qu’ils se sont engagés dans le service public, pas pour peupler des administrations sans moyens et démotivées.

Le rôle de l’administration n’est pas de se méfier des citoyens et des entreprises. L’efficacité de son action ne doit pas s’évaluer au nombre d’interdictions et de contrôles qu’elle édicte.
Son pouvoir ne doit pas se mesurer aux crédits budgétaires qu’elle obtient.
Je veux que notre sphère publique redevienne un atout pour la France.
Je veux que ses agents redeviennent fiers de leur mission car elle est éminemment noble !

L’enjeu de toutes ces mesures, c’est le redressement !

Je ne propose aucun sacrifice. Les sacrifices, c’est maintenant que les Français en souffrent.
C’est maintenant que les hôpitaux sont désorganisés par les 35 heures.
C’est maintenant que les chômeurs de longue durée ont perdu l’espoir.
C’est maintenant qu’une partie de notre jeunesse est rongée par le fatalisme.

Le redressement bénéficiera à tous !
Il permettra davantage de solidarité pour ceux qui en ont réellement besoin.
Il nous permettra de redonner du pouvoir d’achat.
Il nous permettra d’augmenter les petites retraites.
Il nous permettra d’agir plus efficacement en faveur des personnes handicapées.
Il nous permettra de dégager plus de ressources pour lutter contre la pauvreté.
Il offrira aux nouvelles générations un avenir de progrès.

Le redressement nous permettra aussi de réduire l’une des inégalités qui fracturent notre nation : l’inégalité territoriale.
Il y a, dans notre pays, des territoires qui se sentent oubliés par la République.
Ce sont tous ces territoires ruraux et péri-urbains qui n’intéressent pas beaucoup les médias ni les décideurs nationaux.

Tous ces territoires qui n’ont pas eu la chance de recevoir les milliards des zones dites « prioritaires ».
Tous ceux dont les prétendues « élites » parisiennes se gaussent parfois.
Tous ceux qui se sentent regardés avec dédain, ou, pire, ignorés.
Cette France, elle ne manifeste pas, elle ne casse pas, elle n’agresse pas. Et pourtant elle mérite d’être écoutée !
Cette France, elle en a assez qu’on décide à sa place.
Elle n’a pas apprécié la réforme des rythmes scolaires, quand le gouvernement a dit aux élus locaux : « débrouillez-vous pour que ça marche ».
Elle n’a pas apprécié non plus la réforme régionale et le redécoupage des cantons, imposée sans concertation et avec des résultats calamiteux.
C’est un sujet que l’on connaît bien à Clermont, qui n’est plus une capitale régionale. Je le dis clairement : Clermont doit continuer de devenir plus forte.
Une réforme des régions qui n’aurait pas pour but de rendre chaque partie plus forte qu’auparavant n’aurait aucun sens !

Paris décide, la Province exécute : voilà la devise de la gauche aujourd’hui.
Une gauche pour qui le chômage et la pauvreté n’existent que dans les « quartiers ».
Une gauche pour qui la création d’emplois, de richesses, l’innovation, le dynamisme culturel même, tout cela ne peut venir que des grandes agglomérations. Parce que « le socialisme, c’est la ville » comme disait François Mitterrand.
Ce n’est pas ma vision de la France.
Moi je ne vois pas la France comme une carte de l’INSEE, avec des grandes métropoles et juste du vide entre elles.
Moi je ne prétends pas, comme l’a dit la maire de Paris, que pour construire l’avenir, ce sont les villes qui doivent « donner le la ».
Je n’affirme pas que le destin de notre pays réside dans les « villes monde », comme disent les technocrates branchés.

Les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, je les connais.
Je sais qu’elles sont réelles.
Je les ai vues pendant mes cinq années de rencontres à travers la France.
Je les ai vécues en tant que maire de ma commune et président d’une petite intercommunalité rurale.
Ma ligne d’horizon ne s’arrête pas aux périphériques des métropoles. Je ne suis pas une plante hors sol mise en pot dans les grandes écoles, accrochée à un tuteur puis arrosée à l’ombre des palais de la République.
Moi j’ai « poussé en liberté », dans la ruralité. Mon école, cela été la vie municipale à Sablé-sur-Sarthe. Mon tuteur, cela été mon enracinement, le point de départ de mon engagement.

Nous devons en être conscients : depuis 20 ans, la désindustrialisation et la métropolisation ont profondément affaiblit les territoires périurbains et ruraux.
Un écart insupportable s’est installé entre des territoires urbains riches et dynamiques, qui captent l’essentiel des bienfaits de la mondialisation, et des territoires qui cumulent un nombre croissant de handicaps.
L’érosion démographique, le déclin des centres-villes, le retrait des services publics, la fermeture des commerces de proximité, le manque de transports, l’enclavement numérique, les déserts médicaux, la dégradation des logements : tout cela crée une véritable fracture territoriale.

C’est l’unité même de la France qui est menacée. Mieux que cela, c’est une certaine idée de la France qui est mise en péril.

Ces territoires composent les trois-quarts de notre pays et rassemblent plus du tiers de la population nationale, et même 60% si l’on y ajoute la population des villes moyennes.
Le redressement économique doit bénéficier à tous !
Il ne concerne pas que les villes et les métropoles.
La France est partout. Il n’y a pas de territoires qui méritent plus de prospérité que d’autres. Dans la République, chaque Français a droit aux mêmes opportunités.

Il y a du courage, dans ces territoires. Beaucoup de courage !
Et je veux rendre hommage à tous ces Français anonymes qui aiment leur terre, leur village, qui se battent avec courage.
Le courage de cet éleveur morbihannais qui travaille 70 heures par semaine sans être certain de se payer à la fin du mois.
Le courage de ce gérant d’un café dans le Gard qui a été braqué trois fois en une seule année, dont les recettes ne cessent de diminuer mais qui tant qu’il le pourra, ouvrira au petit matin.
Le courage de cette infirmière à domicile en Lozère, courant d’un patient à l’autre, parcourant son canton de long en large toute la semaine et trouvant quand même le temps d’entraîner les jeunes au foot le week-end.
Le courage de nos élus ruraux, toutes celles et ceux qui se démènent pour trouver des solutions, du centre périscolaire qu’il faut agrandir à la toiture de l’église qu’il faut entretenir, en passant par les réponses de l’administration qu’il faut obtenir.
Le courage des Clermontois, qui ne se résignent pas au départ des entreprises et qui restent combatifs. L’Auvergne est une région où on ne se résigne pas, où l’on entreprend depuis toujours, où l’on est prêt à aller très loin pour construire son avenir.

Je veux dire à ces Français courageux que nous ne les laisserons pas tomber.
Je veux faire de la lutte contre l’inégalité territoriale une grande cause nationale. Mais je ne vais pas promettre un monceau de subventions, et de l’argent que nous n’avons pas.

Et d’ailleurs, que demandent ces territoires ?
Ils ne demandent pas de la charité : ils demandent de la liberté !
Ils ont des atouts et veulent pouvoir les mettre en valeur.
Ils veulent pouvoir reprendre en mains leur destin.
Ils veulent être considérés, respectés.
Je propose donc une véritable libération des territoires. La « révolution du bon sens » qui inspire l’ensemble de mon projet, elle vaut en priorité pour eux.

Alors bien sûr, il y a des fondamentaux, sans lesquelles cette libération ne sera pas possible.

Le premier, c’est le désenclavement.
Désenclavement par les transports, tout d’abord, notamment le train. Et je sais que c’est un sujet crucial pour Clermont : à quoi sert d’avoir une gare neuve si les trains rapides ne s’y arrêtent pas ? Clermont a trop souffert de l’abandon des politiques d’infrastructures, à la différence de ses métropoles voisines de Lyon et Bordeaux.

Désenclavement par le numérique, également.
Il est indispensable que tous les territoires puissent profiter des opportunités de la tertiarisation de l’économie.
Il faut que davantage d’entreprises pérennes puissent se créer dans ces territoires, et que les entreprises métropolitaines puissent y délocaliser plus facilement certains de leurs services.
Pour cela, je veux réaliser le Très Haut Débit fixe et mobile d’ici à 2022, et lancer dès que possible un « Plan 5G ».
Je sais que l’écosystème numérique de Clermont est dynamique. Certaines de ses startups, comme EXOTIC SYSTEMS ou PILOTER SA FERME, sont en train de contribuer à la révolution numérique de l’agriculture. Voilà une manière exemplaire d’activer les atouts de la région !
Voilà ce que nous devons encourager et rendre accessible à tous les territoires !

Le deuxième axe fondamental, c’est l’accès aux soins.
Il n’est pas acceptable que, dans un pays qui dispose de l’une des meilleures médecines au monde, certains renoncent à se soigner parce que le médecin est trop loin, parce qu’après le départ à la retraite du dernier généraliste, c’est la pharmacie de la commune qui a tiré le rideau.
Je ferai de la lutte contre les déserts médicaux une priorité de mon quinquennat.
Nous adapterons le numerus clausus aux réalités régionales.
Nous intensifierons la création de maisons de santé pluridisciplinaires et des structures d’urgences pour les premiers soins.
Nous construirons une véritable offre de télémédecine sur tout le territoire.
Et puis bien sûr, nous simplifierons la vie des professionnels de santé.
Car ce n’est pas en continuant à bureaucratiser l’exercice de la médecine libérale que nous susciterons de nouvelles vocations. Et ce n’est pas en alourdissant le cahier des charges des maisons médicales que nous attirerons de nouveaux médecins dans nos petites communes.

Le troisième de ces fondamentaux, c’est l’accès aux services en général : l’accès à la Poste, à une boulangerie, à un bureau de tabac, la possibilité de recevoir une écoute, une aide aux démarches.
Pour cela, il faut notamment développer les maisons de services publics.
Mais il faut surtout éviter les grands plans nationaux uniformes, standardisés et souvent non financés : je veux, au contraire, faciliter les initiatives locales.
Car oui, des initiatives locales, il y en a ! Elles sont même incroyablement nombreuses, inventives. !
Mais elles se heurtent trop souvent à la rigidité des règles, des normes venues d’en haut, qui sont souvent inadaptées à la diversité des contextes.
On parle beaucoup de subsidiarité pour l’Europe mais pas assez pour les territoires de la République : laissons faire les acteurs locaux ce qu’ils savent mieux faire que les acteurs nationaux !

Nos artisans, nos commerçants, nos agriculteurs, nos entrepreneurs n’ont pas besoin qu’on les assiste : ils demandent qu’on baisse massivement les charges sur les entreprises.
C’est ce que je ferai, et cela bénéficiera directement au tissu de TPE et de PME qui constitue l’ossature économique de nos territoires.
Je veux libérer les énergies rurales en supprimant les contraintes inutiles, en assouplissant l’application des normes aux territoires ruraux grâce à un principe d’adaptabilité qui sera confié aux collectivités.
Je veux faciliter les financements, faciliter la créativité.
Liberté de créer, liberté d’innover, liberté de décider : c’est d’abord de liberté qu’a besoin notre ruralité !
Et je suis le seul, dans cette campagne électorale, à la défendre ainsi.

Que proposent mes principaux concurrents ?
De supprimer les régions et de revenir sur plus de trente ans de décentralisation comme le veut Madame Le Pen.
De supprimer la taxe d’habitation pour une majorité de Français, comme le promet Monsieur Macron, ce qui plomberait les budgets des petites communes et gèlerait leurs projets en les privant d’une de leurs principales ressources.
Faut-il être à ce point ignorant des réalités locales !
Et faut-il être à ce point désinvolte avec la situation des finances publiques. Où M. Macron ira-t-il chercher l’argent pour tenir cette promesse démagogique ? Pas dans les caisses de l’Etat, elles sont vides. Il ira les chercher là où vont toujours les socialistes : dans la poche du contribuable.

Entre le jacobinisme d’un Front national déconnecté et le parisianisme d’une gauche déracinée, il n’y a que nous pour défendre la ruralité.
Il n’y a que nous pour défendre ses libertés face à un Etat qui veut être partout, et que je suis le seul à vouloir réformer.
Il n’y a que nous qui puissions défendre la vitalité de notre espace rural face à cette écologie radicalisée qui veut tout interdire, tout vitrifier.
Je dis d’ailleurs à ceux qui se targuent de défendre la ruralité : cessez de ruser, sortez des fourrées de l’ambiguïté. Soit c’est la défense des agriculteurs, des éleveurs, des chasseurs et de nos territoires ruraux, soit c’est l’écologie radicale. Entre les deux, il faut choisir.
Moi je choisis une voie raisonnable qui concilie les hommes et la nature, et non l’un contre l’autre.

La ruralité est une chance.
Cette ruralité qui a façonné les Auvergnats que vous êtes, comme le Sarthois que je suis.
Cette ruralité qui a fondé le peuple que nous sommes.
Oui, je suis fier d’être un enfant de la ruralité !
Je suis fier de ce qu’elle m’a transmis : une culture, des traditions, des racines, tous ces liens du sol qui, loin de nous emprisonner, nous relient à ces générations de paysans limousins, provençaux ou vendéens qui ont fait la France à la sueur de leur front, en suivant leur sillon.

La ruralité à laquelle je crois, celle qui m’a vu grandir, celle que j’ai toujours servie dans ma commune, mon département puis ma région, cette ruralité n’est pas une ruralité fantasmée, une image d’Epinal, le vestige d’un passé qui n’a jamais existé.
Ce n’est pas non plus une ruralité sacrifiée sur l’autel d’une fausse modernité.
Pour moi, la ruralité est un réservoir de vie, celui dans lequel la France a toujours puisé pour avancer, des grandes révolutions agricoles aux nouvelles opportunités énergétiques et économiques qu’offrent nos territoires ruraux, en passant par le développement des premières usines à la campagne, la diversification et la modernisation de notre économie rurale.

Cette économie rurale, j’y suis particulièrement attaché. Car c’est une économie enracinée. Un pays sans racines, un pays sans identité, c’est un pays où il n’y a plus rien à partager, où il n’y a plus rien à aimer.
Alors soyons fiers de notre ruralité. Elle est ce que notre pays a en plus : une incroyable diversité de terroirs et de territoires, une somme d’enracinements personnels qui est indissociable de notre attachement commun pour la France.

Mais il y a un sujet dont oublie trop souvent, lorsqu’on parle de ruralité : c’est la sécurité.
Là non plus, on ne dit pas les choses. On tente de cacher la réalité derrière des mots ou des statistiques qui ne veulent rien dire.
Dans une petite ville, l’augmentation des faits de délinquance de 2% peut paraitre faible pour un expert qui regarde cela de loin. Mais sur le terrain, pour les habitants, c’est parfois un choc.
Lorsque des gens du voyage arrivent dans une petite commune, qu’ils s’installent sur le terrain de football, alors qu’il existe une aire d’accueil à quelques centaines de mètres, qu’ils dégradent des équipements financés par le contribuable, ce n’est pas un problème de vivre-ensemble : c’est de la délinquance, et la délinquance, on la sanctionne !
Je veux une politique ferme qui s’appliquera sur tous les territoires.
La République est partout chez elle.
Et pour faire respecter ses lois dans nos communes rurales, nous renforcerons les moyens nécessaires, en mobilisant, par exemple, dans chaque intercommunalité, des réservistes de la Gendarmerie Nationale, placés sous l’autorité opérationnelle du commandant de brigade.
Pour nos villes moyennes, je veux le développement des polices municipales qui doivent être armées, qui doivent pouvoir procéder à des contrôles d’identité, qui doivent être mieux coordonnées avec nos forces de police ou de gendarmerie.

Durant cette présidentielle certains oublient un peu rapidement que nous sommes en état d’urgence.
Je l’ai dit et je le répète, nous sommes face à un nouveau totalitarisme : le totalitarisme islamique qui s’appuie sur une idéologie, sur une armée, sur des réseaux…
Désormais, c’est presque chaque jour qu’un attentat a lieu ou est déjoué en Europe. A partir de quel stade de chaos nos dirigeants et mes concurrents prendront-ils conscience de la gravité de la situation ?
L’état d’urgence doit être maintenu. Et nous devons être intransigeants avec ceux qui se rendent coupables d’intelligence avec l’ennemi ou de complaisance avec des mouvances intégristes.
Ils doivent être condamnés et déchus de leur nationalité s’ils sont français.
Nous devons lutter contre cette idéologie qui gangrène l’islam en France et nuit à la majorité de nos concitoyens musulmans qui veulent vivre en paix.
C’est pourquoi je veux que le culte musulman soit soumis à un contrôle administratif serré le temps qui sera nécessaire pour qu’il s’ancre fermement dans la République comme toutes les autres religions.

Nous voyons bien qu’actuellement quelques chose craque dans notre société, dans notre République.
Des repères se sont perdus. Je veux les restaurer.
Je veux protéger la famille, je veux qu’elle soit respectée.
Je défendrai le droit de l’enfant, et non le droit à l’enfant.
Je veux que les familles accueillant le handicap et l’autisme soient épaulées.
La famille doit être encouragée : je rétablirai l’universalité des allocations familiales et je relèverai le plafond du quotient familial à 3000 euros.

Il y aussi l’école. L’Ecole de la République française.
Avec leur jargon prétentieux et leurs méthodes ubuesques, les pédagogues ont saboté la plus belle institution de notre République !
Il est temps de retrouver un peu de bon sens.
L’école sert à apprendre à lire, à écrire, à compter. Il faut la recentrer sur les savoirs fondamentaux.
L’Ecole doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.
L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.
Je propose que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous ensemble, tous égaux. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

Pas de République sans intégration.
Avec 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, je veux une immigration réduite à son strict minimum.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.
C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.
Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits. Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Mes chers amis,
Dans la dernière ligne droite, j’ai besoin de vous !
Assumez vos convictions. Ne vous laissez pas intimider.
Aidez-moi à faire triompher la liberté, l’optimisme et la fierté d’être français !
Aidez-moi à contrer les mensonges. Aidez-moi à convaincre ceux qui hésitent encore.
Agissez, parlez. A vos amis, dans vos familles, sur les réseaux sociaux dites autour de vous que le redressement national est possible, qu’il est urgent, qu’il sera porteur de progrès et d’espoir !
Foncez dans la bataille des convictions, soyez les porte-paroles de la France qui résiste, soyez les fers de lance de la nation qui se rassemble et qui s’élance vers la liberté et la grandeur.

Vive la République, vive la France !


François Fillon, le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand.

Source : www.fillon2017.fr
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 06:43

« L’extrême gauche et l’extrême droite se rejoignent dans un autoritarisme et une démagogie économiques qui achèveraient définitivement le pays. Pensez-vous une seconde que le retour au franc renforcerait la France ? En vérité, ce serait le chaos économique avec une remontée brutale des taux d’intérêts qui se répercuteraient sur tous les Français. » (François Fillon, le 7 mars 2017).


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Le premier point des cent quarante-quatre propositions de la candidate Marine Le Pen à l’élection présidentielle présentées le 1er février 2017 (lisibles ici) remet en cause l’appartenance de la France à l’Union Européenne et à la zone euro. Quitter l’Europe provoquerait pourtant une véritable catastrophe économique et sociale pour les Français.

Marine Le Pen voudrait faire un référendum sur cette question alors qu’elle a été déjà tranchée le 20 septembre 1992 par 26 696 626 Français votants avec 51,0% de "oui".

La sortie de la zone euro aurait en effet des conséquences désastreuses sur le pouvoir d’achat des Français, notamment des salariés et des épargnants. C’est ce qu’en pense son concurrent François Fillon.

La valeur de la nouvelle monnaie serait dévaluée de 20% par rapport à l’euro que la France abandonnerait. Cela signifierait que les 100 francs ressuscités ne vaudraient plus que 80 euros. De nombreux prix augmenteraient automatiquement dépendant de l’euro ou du dollar : le litre d’essence passerait de 1,50 euro à 1,80 euro, beaucoup de biens d’importation (ordinateurs, smartphones) augmenteraient très fortement. La perte du pouvoir d’achat due à une sortie de la zone euro a été estimée à environ 2 000 euros par an et par Français.

La dette publique, actuellement de 2 200 milliards d’euros, exploserait en cas de sortie de la zone euro et de dévaluation de la nouvelle monnaie. Ce seraient les ménages français qui devraient alors payer l’augmentation car la France ne pourrait plus emprunter de l’argent sans auparavant avoir réduit drastiquement ses dépenses publiques ou augmenter massivement ses impôts et taxes pour financer les services publics.

Les taux d’intérêts s’enflammeraient en France en cas de sortie de la zone euro car de moins en moins d’organismes ne voudraient prêter à une France qui laisserait courir sa dette publique. Un crédit immobilier de 150 000 euros sur 15 ans coûterait 44 000 euros au lieu de 25 000 euros.

De même, les épargnants verraient leur épargne diminuer de 20%, soit une perte de 2 000 euros pour un livret d’épargne de 10 000 euros.

Les forts taux d’intérêts pénaliseraient également les entreprises qui ne pourraient plus emprunter et donc, ne pourraient plus investir ni créer des emplois, ce qui augmenterait le nombre de faillites. Il a été estimé à 500 000 emplois les pertes dues à une sortie de la zone euro.

Marine Le Pen laisse entendre que la sortie de l’Europe et de la zone euro rendrait la souveraineté à la France. C’est faux. C’est une illusion. Invité de France Inter le 30 mars 2017, le spécialiste des questions européennes Jean Quatremer a évalué à 3 secondes la durée de la souveraineté nationale : c’est le temps que mettait la Banque de France, avant la création de l’euro, pour augmenter ses taux directeurs quand la Deutsche Bank venait d’augmenter les siens… Une guerre commerciale dans laquelle la France serait seule et isolée est vouée à être perdue.

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François Fillon, lors de son meeting le 7 mars 2017 à Orléans, a commenté ainsi le programme de Marine Le Pen : « Pensez-vous une seconde qu’en fermant nos frontières aux produits étrangers, les consommateurs français y trouveraient leur compte ? Pensez-vous une seconde qu’en renonçant à la politique agricole commune, notre agriculture, qui exporte largement ses produits en Europe, résisterait longtemps ? Pensez-vous qu’en revenant à la retraite à 60 ans, les retraités français auront une pension correcte ? La vérité, le programme du FN, c’est la faillite en six mois, et les premiers touchés seront les classes moyennes et populaires, les ouvriers, les agriculteurs et les petits épargnants. ».

François Fillon a d’ailleurs évalué à 150 milliards d’euros les dépenses publiques supplémentaires que proposent Marine Le Pen dans son programme.

Il l’avait déjà constaté le 29 janvier 2017 à la Villette à Paris : « Sortie de l’euro, abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, augmentation du salaire minimum, recrutement illimité de fonctionnaires : le programme du FN, c’est de la dépense publique à n’en plus finir, c’est le programme du parti communiste des années 70 ou celui du front de gauche ! (…) C’est une vieille politique de l’endettement irresponsable, des chèques en bois. C’est une politique de la ruine, ruine pour la France et pour les Français, pour les petits épargnants qui verront leurs économies partir en poussière, pour les petits patrons qui verront leurs charges sociales monter en flèche, pour toute notre économie qui sera attaquée de toutes parts par les nations du monde entier qui n’attendent que notre abaissement pour prendre notre place. ».

Lors de ce grand rassemblement, François Fillon avait rappelé quelques évidences : « Être une grande nation, ce n’est pas être isolé du monde, c’est avoir une position éminente dans la hiérarchie des puissances planétaires. C’est être capable de soutenir la comparaison. Le FN refuse toute comparaison et toute compétition, mais l’histoire du monde est un combat et faire cavalier seul, c’est la garantie de descendre en deuxième division. (…) Je veux une France qui fasse la course en tête. » (29 janvier 2017).

Il avait insisté sur le besoin de redonner de la liberté aux citoyens : « La vérité, vous la connaissez. Le parti du mouvement, c’est nous. Les conservateurs, c’est eux ! Ne nous laissons pas arrêter par la grande conjuration des impuissants. La France n’est pas à leur image. Elle n’a pas besoin de béquilles. Pas besoin de ceintures et de bretelles. Elle a l’énergie qu’il faut pour réussir seule. Nous avons besoin à la fois d’ordre et de mouvement. L’ordre, c’est l’attachement à nos valeurs, à nos principes, à ce qui nous constitue comme national comparable à nulle autre. Le mouvement, c’est l’opportunité de créer, de jouir des fruits de son travail, d’innover, d’inventer des façons d’agir et de s’organiser. Je veux une société de nouvelles libertés où chacun dans son entreprise, son administration, son association, se sent davantage maître de sa vie et plus utile aux autres. » (29 janvier 2017).

Et François Fillon d’en conclure : « Notre économie et notre système social sont au bord de la saturation. Mon diagnostic est lucide. Mes solutions sont réalistes. (…) Contre Madame Le Pen, je suis le rempart d’une France qui a du bon sens, une France qui veut se redresser et pas s’appauvrir derrière ses frontières. » (7 mars 2017).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le nationalisme anti-européen de Marine Le Pen coûtera cher aux Français.
Marine Le Pen, est-elle si clean que ça ?
Que propose Marine Le Pen pour 2017 ?
Le programme de Marine Le Pen pour 2017 (à télécharger).
Fais-moi peur !
Peuple et populismes.
Les valeurs de la République.
Être patriote.
Le débat qui n’a pas eu lieu.
Marine Le Pen en Égypte.
Marine Le Pen contre les droits de l’Homme.
Jean-Marie Le Pen et ses jeux de mots vaseux.
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Marine Le Pen et la faiblesse de ses arguments économiques.
Changement de paradigme.
Piège républicain.
Syndrome bleu marine.
Démagogie 2.0.
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Les élections législatives partielles de 2013.
Le choc du 21 avril 2002.
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Le monde des bisounours.
Tout est possible en 2017…
Mathématiques militantes.

_yartMLP2016A03

http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170406-marine-le-pen.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/marine-le-pen-et-son-nationalisme-191549

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/07/35141594.htmll

 

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