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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:22

« Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux. Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne. Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a "pas de bol". Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça. » (Porte de Versailles de Paris, le 9 avril 2017).



_yartiFillon2017012906

Le rythme de la campagne de François Fillon s’accélère. Il multiplie ainsi les meetings pour le sprint final. Après son grand rassemblement à la Porte de Versailles à Paris ce dimanche 9 avril 2017 (plus de 20 000 participants), le Parc Chanot à Marseille le 11 avril 2017, Eurexpo à Lyon le 12 avril 2017, le Zénith à Toulouse le 13 avril 2017, le Parc des Expositions à Montpellier le 14 avril 2017. Il faut dire que la campagne va "subir" un trou d’air, le week-end de Pâques de trois jours juste avant le dimanche électoral. Avec les vacances scolaires, cela risque de réduire la portée de la campagne électorale.

À moins de deux semaines du premier tour, les sondages parlent d’un resserrement des intentions de vote pour les quatre principaux candidats : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. La vérité, c’est qu’avec les intervalles d’erreur des méthodes de calcul, l’incertitude est totale sur l’identité des deux premiers candidats. Ces mêmes sondages laissent entendre qu’il y aurait deux tiers des électeurs qui resteraient indécis ou pas sûrs de leur vote, ce qui signifie que tout est possible. Dans les temps anciens d’avant Internet, les sondages étaient interdits pendant la campagne officielle, c’est-à-dire pendant les deux dernières semaines de la campagne. C’était particulièrement dérisoire puisque les instituts continuaient néanmoins à sonder et seules, "quelques" personnes bien informées en avaient connaissance, ce qui pouvait d’ailleurs engendrer des rumeurs plus ou moins manipulatrices.

Quatre personnalités, quatre visions de l’avenir, quatre projets de société. Et aussi quatre expériences, ou inexpériences. En ces temps troubles, où les attentats sur le sol européen côtoient les risques d’un conflit direct entre deux puissances militaires (la Russie et les États-Unis) sur le sol syrien, il paraît évident que les Français auront d’abord à se prononcer selon la raison et pas selon le rêve.

Le rêve, c’est de croire que l’État peut tout donner sans rien en échange. C’est un rêve particulièrement propre aux démagogues qui veulent raser gratis. Tous ceux qui promettent des milliards et des milliards sans s’occuper un instant de la manière de les financer sont des candidats qui trompent leurs électeurs : moins les mesures sont finançables, moins elles sont réalisables et plus le candidat propose l’impuissance et l’immobilisme dans les faits.

Le rêve, c’est aussi de considérer que les problèmes des Français proviennent d’éléments extérieurs (l’Europe, la mondialisation, la Chine, les immigrés, etc.). Cette analyse aboutit à une conclusion inéluctable : la France serait impuissante à résoudre ses problèmes puisqu’elle ne pourrait ni empêcher la mondialisation, ni changer la politique commerciale de la Chine, ni éviter les migrations depuis des zones trop difficiles à vivre. Resterait l’Europe avec son cortège de mauvaises solutions : quitter l’Europe pour se retrouver isolés, les 67 millions de Français, face aux 7 milliards d’habitants qui peuplent la planète. 

_yartiFillon2017022103

Emmanuel Macron n’est pas un candidat du rêve, sauf celui du rêve européen, mais il est le candidat de la "synthèse plastique" selon François Fillon qui a observé, à Clermont-Ferrand le 7 avril 2017 : « [Avec lui], pas de choc économique pour booster la croissance ; pas de vraie réforme du marché du travail pour baisser le chômage ; pas de vrais efforts pour réduire les déficits et la dette ; pas d’autorité affirmée pour faire reculer la délinquance ; pas d’urgence à protéger l’identité de la France… Bref, le projet de M. Macron est la poursuite du quinquennat qui s’achève. ».

Une semaine auparavant, à Ajaccio le 1er avril 2017, François Fillon avait été même beaucoup plus dur : « Emmanuel Hollande ou François Macron, peu importe. Nos compatriotes se moquent de ce bal masqué politique. Ils savent bien que sous un pavillon de complaisance différent, c’est bien la même marchandise frelatée qui se trouve dans les cales (…). Ne vous laissez pas imposer un scénario écrit d’avance par les plumitifs du pouvoir socialiste qui vous disent : "Après le monarque, c’est le tour du petit prince". ».


François Fillon, seul en mesure de tourner la page de manière constructive

Conscient de ses propres défauts, François Fillon n'a pas hésité à rappeler le 9 avrl 2017 à Paris ceci : « Je ne vous demande pas de m’aimer. Je vous demande de me soutenir, parce qu’il y va de l’intérêt de la France. Il ne s’agit pas de choisir un copain. Il s’agit de choisir un Président, et à travers lui, le destin que nous voulons nous ouvrir à la France. Dans la vie de notre pays, je veux redonner tout son sens à l’idée de responsabilité, sans laquelle rien ne sera possible. ».

On peut en effet ne pas aimer l’homme, on peut être déçu voire en colère contre son rapport à l’argent, et même si ce qu’il a fait est probablement légal et assez commun pour un parlementaire (la justice ne peut pas se prononcer sur le fond avant l’élection, mais n’a pourtant pas hésité à le mettre en examen deux jours avant la fin du dépôt des candidatures), il reste que François Fillon, dans la tradition du gaullisme dit social (l’expression "gaullisme social" est impropre et à prendre dans son sens habituel), est le seul candidat capable à la fois de proposer une alternance crédible et réelle, aidée d’une véritable majorité parlementaire d’alternance et d’une équipe de personnalités expérimentées tout de suite opérationnelles, et de redresser la France sur une base réaliste et donc réalisable.

Proposer une alternance réelle, pas comme Emmanuel Macron qui est soutenu essentiellement par les ministres ou anciens ministres du quinquennat actuel de François Hollande, au bilan désastreux pour la grandeur de la France.

Proposer un redressement réaliste et mesurable, pas comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dont la surenchère en milliards non financés est proportionnelle au niveau d’impuissance qui en résulterait.

_yartiFillon2017022102

C’est pourquoi, à mon sens, quelle que soit l’amertume que l’on peut avoir sur la personnalité, et je conçois qu’elle peut être grande pour certains, soucieux de l’éthique et de la moralisation de la vie politique, l’avenir de la France doit être le moteur exclusif des motivations de vote. Seul François Fillon peut proposer un avenir raisonnable et enthousiaste aux Français. Enthousiaste car il a su construire un projet ambitieux dont le but est de se retrouver la première puissance économique européenne dans dix ans. L’objectif, clairement affiché, c’est de ne plus avoir de chômage. C’est possible, l’Allemagne l’a fait il y a douze ans, et le résultat, c’est son taux de chômage à 3,9% en février 2017 (la France : 10,0%).

Pour arriver à ce résultat, François Fillon mise sur trois engagements majeurs :


1. Supprimer le déficit budgétaire et réduire la dette publique

La dette publique est le principal accroc à la souveraineté nationale (il suffit de voir ce qu’elle coûte à l’État), mais aussi qui laisse planer un énorme risque de crise financière majeure dans le cas où les taux augmenteraient. Cette réduction de la dépense publique donnera une plus grande marge de manœuvre aux entreprises pour augmenter leur compétitivité.

Pour cela, François Fillon donne cette feuille de route très claire : « Je suis le seul à proposer un plan réaliste et financé. M. Mélenchon, c’est 173 milliards de dépenses en plus ; Mme Le Pen, 150 milliards ; M. Hamon, 71 milliards ; M. Macron, c’est 60 milliards d’économies, mais 50 milliards de dépenses nouvelles. Moi, je propose 100 milliards de baisse de dépense publique, chiffre nécessaire pour atteindre l’équilibre des comptes au bout de cinq ans : 35 à 40 milliards pour l’administration publique de l’État ; les collectivités locales pour 15-20 milliards ; le secteur social avec la retraite à 65 ans (20 à 25 milliards), les dépenses de sécurité sociale (20 milliards), le retour à l’équilibre de l’Unedic (10 milliards). Cet effort résolu sur les dépenses de fonctionnement nous permettra de préserver l’investissement public et d’augmenter de 12 milliards les dépenses consacrées à la défense, la sécurité et la justice. Il nous permettra également de réduire de 40 milliards les impôts et les charges sur les entreprises pour rétablir leur compétitivité et augmenter les petites retraites. Grâce à l’augmentation modérée de la TVA, les importations participeront au financement de notre protection sociale permettant ainsi de réduire les cotisations sociales des salariés et donc, de préserver leur pouvoir d’achat. » (interview à "Ouest France", le 27 mars 2017).


2. Redonner foi en la France

En ne restant que sur une vision comptable de la France, les gouvernements depuis une vingtaine d’années ont trop laissé de côté une véritable perte de sens et d’identité de beaucoup de Français. Or, la réponse ne doit pas être un repli sur soi identitaire ni un protectionnisme qui ne punirait que les Français eux-mêmes. Il faut au contraire réaffirmer la foi en la capacité de la France à profiter de la mondialisation, à être à niveau pour concourir parmi les premières puissances mondiales (même si depuis cinq ans, elle a régressé de la cinquième à la sixième puissance mondiale). La France a de multiples atouts et l’État doit être là pour les encourager, les valoriser, les mettre en avant, les promouvoir.

C'était son message à Strasbourg : « Soyez fiers d’être français. Soyez fiers de votre culture. Soyez fiers de votre histoire. Soyez fiers d’aller vers l’avenir pour le conquérir, car rien n’est plus noble qu’un peuple qui se dresse pour tenir son destin. Oui, soyez fiers de votre drapeau tricolore et mêlez ses trois couleurs aux étoiles de l’Europe ! Faites, de votre fierté, l’étincelle de toutes les fiertés qui vous entourent ! » (6 avril 2017).

Redonner foi en la France, cela signifie aussi lutter efficacement contre l'islamisme de la terreur.


3. Relancer l’Europe

Avec le Brexit, la crise des réfugiés et la crise grecque qui couve encore plus ou moins, personne ne peut dire que l’Union Européenne est dans une phase d’ascension enthousiaste. Au contraire, depuis près de dix ans, l’Europe traverse une mauvaise passe et il y a une véritable absence de vision et de projet d’avenir et des risques "séparatistes" dans de nombreux pays (comme la Pologne, la Hongrie, etc.).

_yartiFillon2017022105

Deux candidats veulent poursuivre la construction européenne, François Fillon et Emmanuel Macron. Mais François Fillon n’est pas un Européen d’incantation, il est un Européen de réalisme. Il avait voté contre le Traité de Maastricht le 20 septembre 1992 mais il s’est aperçu que l’euro est devenu une monnaie très favorable à la France et aux Français (notamment parce que l’euro permet des taux très bas). Il est un pragmatique et veut l’Europe parce qu’il sait que l’intérêt de la France ne peut passer que par une Europe mutualisée qui fasse le poids face aux grands ensembles géopolitiques du monde.

À Strasbourg le 6 avril 2017, François Fillon a montré sa différence avec ses concurrents : « La priorité, c’est de remettre en route le moteur franco-allemand, en panne depuis cinq ans. La vérité, c’est que je suis le seul candidat de cette campagne à proposer de redémarrer l’Europe de façon réaliste. Il y a ceux pour qui l’Europe est la source de tous nos maux, le bouc émissaire idéal de nos impuissances et de nos échecs. Marine Le Pen, Mélenchon et bien d’autres rêvent d’en finir avec soixante années de coopération, mais pour quoi ? Pour revenir au chacun pour soi, face aux sept milliards d’habitants que compte notre monde ? Que proposent-ils au juste ? Le retour insensé au franc, les 32 heures, les déficits à n’en plus finir ? Prendre le bateau lorsque nos créanciers débarqueront pour réclamer leur dû ? La fin de l’Europe, c’est plus qu’une infidélité au projet de Jean Monnet et de Robert Schuman. C’est le saut dans le vide. C’est la tentation du pire. Ce n’est pas mon choix. ».

Mais François Fillon n’a pas fustigé seulement les anti-européens : « Je ne suis pas non plus de ceux qui se proclament pro-européens, mais ne veulent rien changer. M. Macron propose de continuer à rêver l’Europe. Il invite les Vingt-sept à rêver ensemble. Il les appelle à une grande "convention démocratique pour de nouvelles bases". Il espère qu’un jour, un projet sortira de cette grande méditation contemplative. Cela, je vous le dis : c’est l’attitude qui a conduit l’Europe dans le mur ! Cinq années d’immobilisme en plus, c’est condamner l’Europe de manière inéluctable. ».

Après avoir brossé le visage de ses adversaires, voici ce à quoi il s’est engagé : « Le monde attend un sursaut européen et c’est à la France de le porter. Je suis heureux d’assumer ce message ici, dans la capitale de l’Europe. (…) Nous devons stopper l’éclatement de l’Europe au plus vite. Je m’engage à être ce chef d’État déterminé dont l’Europe a besoin en France. Je m’engage à reprendre l’initiative qui incombe à la France et l’Allemagne depuis le Brexit. C’est un anniversaire un peu tendu pour le Traité de Rome. Pour ses soixante ans, l’Europe est face à un choix : réagir ou disparaître. ».

Sa priorité : « faire de la zone euro une véritable puissance économique mondiale, capable d’assurer sa souveraineté économique et sa prospérité » en dotant « la zone euro d’un vrai gouvernement économique qui réunira les chefs d’État et de gouvernement ». Avec cette profession de foi : « Je suis pour une Europe lucide sur ses intérêts économiques, qui ose pratiquer une préférence européenne pour défendre ses intérêts face à la Chine et aux États-Unis. (…) Il n’est pas acceptable que l’Europe ouvre ses marchés publics à 95% aux entreprises étrangères et que ce n’est le cas que de 30% aux États-Unis. ».

Autre profession de foi sur les valeurs européennes : « L’Europe, c’est (…) : un modèle d’économie de marché plus respectueux de la protection sociale des travailleurs et de l’environnement. (…) Nous sommes pour la liberté, mais dans un cadre qui serve le bien commun. ».

L’autre défi, c’est de bâtir une "nouvelle union de la sécurité" : « Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, l’ami américain est en train de replier son parapluie. Sommes-nous oui ou non des Européens prêts à nous défendre, ou sommes-nous simplement des vassaux, des consommateurs, des pacifistes naïfs incapables de protéger la paix ? (…) Les Européens doivent assurer leur autonomie stratégique, ce qui veut dire qu’il va falloir maintenir sur notre continent une industrie militaire de pointe, plutôt que d’acheter systématiquement américain ou russe. ».


D’abord redresser la France

La clef de la politique européenne de la France, François Fillon ne cesse de la réaffirmer durant sa campagne : « La nouvelle alliance militaire de défense qui permettra à l’Europe de rependre son destin en main, c’est à la France et à l’Allemagne de la construire. (…) Tout cela ne sera vraiment possible que si la France est forte chez elle. Pas de redressement européen sans redressement français ! Pas d’influence française sans une France puissante. ».

_yartiFillon2017022104

C’est cette raison qui a fait que François Hollande n’a jamais réussi à relancer l’Europe avec Angela Merkel, car l’Allemagne n’avait aucune considération sur les engagements du gouvernement socialiste représenté dans l’élection par les deux anciens ministres Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Faut-il parler du bonheur ? François Fillon y a répondu le 9 avril 2017 : « Je ne suis pas un idéologue. Je suis seulement un patriote. Je regarde l’avenir et, comme vous, je voudrais une France plus grande qu’elle ne l’est, une France unie, heureuse, confiante. Sincèrement, pouvons-nous atteindre cet idéal sans efforts et sans nous remettre en question ? Dans cette campagne présidentielle, je suis finalement le seul à dire que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de l’Histoire. Le seul à vous dire qu’on ne s’en sortira pas sans travailler un peu plus et dépenser un peu moins. ».

François Fillon montre qu’il est d’abord le candidat du concret et de la seule priorité qui vaille : que chacun puisse avoir un emploi, que la France retrouve sa prospérité économique et elle retrouvera sa place et son rôle dans l’histoire de l’Europe et du monde. Dommage qu’il soit le seul candidat à le proposer, et c’est aussi pour cette raison que l’enjeu du 23 avril 2017 est historique : les Français veulent-ils vivre dans une France de la grandeur, ou renonceront-ils à être une nation de premier plan ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon, le seul candidat de l’alternance et du redressement.
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
François Fillon et les fonctionnaires.
Propositions pour une meilleure santé.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaron" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris (texte intégral).
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
3 635 parrainages pour François Fillon.
Soutien de Nicolas Sarkozy (7 avril 2017).
Soutien d’Alain Pompidou (31 mars 2017).
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Discours de François Fillon le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand (texte intégral).
Discours de François Fillon le 6 avril 2017 à Strasbourg (texte intégral).
Discours de François Fillon le 31 mars 2017 à Toulon, au Mont Faron (texte intégral).
Discours de François Fillon le 30 mars 2017 à Quimper (texte intégral).
Discours de François Fillon le 27 mars 2017 à Nantes (texte intégral).
Discours de François Fillon le 21 mars 2017 à Courbevoie (texte intégral).
Discours de François Fillon le 16 mars 2017 à Caen (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 mars 2017 à Paris (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 mars 2017 à Besançon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 8 mars 2017 à l’Association des départements de France (texte intégral).
Discours de François Fillon le 7 mars 2017 à Orléans (texte intégral).
Discours de François Fillon le 6 mars 2017 aux entrepreneurs (texte intégral).
François Fillon l’obstiné.
Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro (texte intégral).
Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes (texte intégral).
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Assassinat politique ?
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Second tour de la primaire LR du 27 novembre 2016.
Quatrième débat de la primaire LR 2016 (24 novembre 2016).
Premier tour de la primaire LR du 20 novembre 2016.
Troisième débat de la primaire LR 2016 (17 novembre 2016).
Deuxième débat de la primaire LR 2016 (3 novembre 2016).
Premier débat de la primaire LR 2016 (13 octobre 2016).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017012901


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170409-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-le-seul-candidat-191644

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/10/35112772.html


 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:28

(verbatim)



Discours de François Fillon le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris

Mes chers amis,

Voici donc le grand, le beau peuple de France !

Il y a un mois, on vous croyait à genoux, mais non, dans la bourrasque et le soleil, une foule immense se tenait debout au Trocadéro.

Les coups redoublèrent alors d’intensité : « marchez à l’ombre », vous disait-on ! On vous croyait assommés, mais non, partout en province, les salles étaient pleines, traversées de fierté et de flamme.

Et voici ce printemps du 9 avril, voilà Paris, voilà la France, voilà la force d’un peuple qui se dresse pour exiger le respect, et mieux que cela, qui se dresse pour conquérir sa victoire.

Vous êtes un grand peuple : être parmi vous est un privilège ; être votre candidat est un honneur ; être votre président serait pour moi une mission sacrée qui commanderait tous les services, tous les sacrifices, tous les actes nécessaires à l’intérêt de la France.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous êtes le peuple libre et souverain, parce que vous refusez que l’on vous vole cette élection, parce que ce choix si fondamental, personne ne peut s’arroger le droit de l’exercer à votre place.

A Nantes, Quimper, Toulon, Ajaccio, Provins, Clermont-Ferrand, j’ai entendu cette foule qui veut en finir avec l’échec, je sens cette force qui va et qui s’accroît, qui monte en puissance et qui n’attend que de stupéfier les prétendus faiseurs d’opinion par sa détermination.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous voulez l’alternance.

J’ai vu qu’Emmanuel Macron se présentait comme le candidat de « l’alternance profonde ». Voilà bien une pensée de sous-marin.

Les quelques ralliés hétéroclites en seront les dupes, quand l’équipage socialiste refera surface.

Et la France sera la grande perdante. Encore 5 ans de demi-mesures. Encore 5 ans d’occasions manquées. 5 ans passés à chercher des majorités éphémères qui s’effondreront devant la moindre décision importante. 5 ans en marche arrière !

La France d’Emmanuel Macron, c’est la France de maintenant.

L’alternance, c’est nous !

Mais l’alternance n’est pas un but en soi.

Nous voulons la victoire, pour en finir avec le désenchantement, avec l’inefficacité ; pour en finir avec le déni de réalité qui caractérise nos adversaires ; pour en finir avec la dette immense qui écrasera nos enfants, avec un coût du travail qui les conduit au chômage, avec une éducation à la dérive, avec une jeunesse au désespoir.

Qu’est-ce que j’appelle « en finir » ?

Eh bien, ça n’est pas revenir à notre passé, c’est aller de l’avant !

Vers ce monde où de grands bouleversements sont à l’œuvre.

C’est le monde du numérique, des grandes découvertes, du renouvellement du travail.

Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire : la découverte du nouveau monde, la vapeur et l’électricité, l’atome, le nucléaire civil, internet, et les plus grandes découvertes de la médecine.

Nous sommes le pays des prix Nobel et des médailles Field, le pays des satellites et de la chirurgie cardiaque, le pays de Saint-Gobain, de Michelin, de tant d’autres réussites mondiales.

Le monde nous connaît par la puissance de notre esprit, la grandeur de nos réalisations, une littérature incomparable.

Nous avons triomphé des guerres, des défaites, des occupations.

Nous sommes toujours là, toujours debout, ayant gagné et perdu des empires, et parmi les cinq premières nations du monde depuis plus de mille ans.

Et l’on voudrait nous faire croire que notre place est au bord du chemin, à regarder mélancoliques les réussites des autres ?

Jamais ! Jamais ! C’est ce que vous êtes venus dire par votre présence.

Avec vous, je ne cours pas pour le pouvoir mais pour le pouvoir de redresser la France ; le pouvoir d’aller conquérir le plein emploi ; le pouvoir de faire de notre pays celui où tous les succès sont possibles, le pays de toutes les audaces, de toutes les chances, le pays fraternel qui ne laisse tomber personne, le pays de toutes les fiertés, celui qui s’affiche comme la première puissance européenne, celui dont la voix est entendue de par le monde.

Pour cela, il faut un cap : j’en ai un !

Il faut un projet : j’en ai un qui est plus précis et puissant que tous les autres !

Il faut une équipe rassemblant les talents et les compétences : je l’ai ! Elle est ici autour de moi.

Il faut une majorité parlementaire cohérente : je l’ai ! Avec l’union de la droite et du centre, je serai le seul à pouvoir agir sans avoir à mitonner des petites cuisines parlementaires aux relents de renoncement et d’impuissance !

Et puis, il ne faut pas raconter d’histoires aux Français.

L’état d’urgence est partout : dans ce fléau du chômage qui nous entraîne au bord de l’explosion sociale, dans nos finances publiques qui font peser sur nous le risque de la faillite, dans l’Union européenne menacée de désintégration, dans cette guerre que le totalitarisme islamique a déclarée aux sociétés libres et en premier lieu à la France et maintenant dans le retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Nous allons relever ces défis.

Et pour ce faire, nous allons nous appuyer sur le meilleur moteur de l’action : la fierté française.

Je dénonce cette idéologie du déni de soi, cette haine de nous, de la France. Ce discours pénitentiel qui fait douter les Français d’eux-mêmes, qui les fait douter de l’avenir de leur nation, je n’en veux plus.

Car comment vivre ensemble, avancer ensemble, tous solidaires, si l’âme de la France ne nous reliait pas ?

Peut-on s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture, pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

Ce discours est irresponsable.

Je veux porter la voix de ces millions de Français qui sont fiers de leur pays. Qui veulent former une nation rassemblée. Qui veulent réussir ensemble.

Chez Hamon, Mélenchon, Le Pen, la nation est une réalité hors-sol, qui vit en autarcie avec des règles utopiques.

Chez Emmanuel Macron, le concept national est démodé ; la France de demain, c’est un gigantesque espace de co-working où chacun vaque à ses occupations. L’histoire française est trop étroite. L’identité est un carcan. L’héritage est un frein.

En Marche, c’est l’idéologie du bougisme.

Moi, plutôt que le déni de soi, je propose la connaissance de soi.

Plutôt que la négation des racines, je propose la mémoire partagée !

Plutôt que le marketing du vide : je propose l’appropriation de la culture française.

J’invite les Français à l’aventure la plus passionnante qui nous soit donnée : nous plonger dans notre culture et nos savoirs.

Je les invite à vivre le projet de Charles Péguy, celui d’une culture « incorporée dans chaque citoyen français ».

Le général de Gaulle disait : « au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote ».

Les grands succès sont toujours nourris par une éducation, une mémoire et des valeurs qui guident les peuples.

Les grandes cultures sont d’abord issues du génie des peuples. Elles naissent là où la géographie et l’histoire leur ont permis de prendre racine, et où l’intelligence et la création ont élu leur terre promise.

La culture chinoise n’a rien à voir avec la culture turque ; la française ne ressemble pas à l’indienne, pas plus que l’anglaise à la russe. Chacune est une exception et vient du tréfonds d’un peuple.

La Culture est l’air que nous respirons. Elle est ce que nous sommes.

La Culture française est née de vingt siècles de recherche d’un équilibre singulier entre la passion et la raison, entre les racines et le ciel, entre la différence et l’universalité.

Qu’ont de commun Pascal et Voltaire, Hugo et Claudel, Poussin et Manet, Mansart et le Corbusier ?

Ils ont en partage cette certitude qu’il nous appartient, à nous Français, de parachever le monde en y mettant de la raison, de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Il existe une voix française qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre.

Sa survie nous concerne tous.

Nous devons transmettre la terre de Richelieu, la langue de Victor Hugo, la raison de Montesquieu, la vision de Claude Monet et de tous ceux qui ont vécu, aimé et défendu la vibration française.

Pour certains, la culture française n’existe pas : elle n’est au mieux qu’un rejeton de la culture mondiale. Que font-ils des talents français, de la langue française, du patrimoine français ?

Rien, fini, remplacés par la littérature des gares ; classés dans la catégorie « tourisme » ; remplacés par l’anglais des tours operators.

On connait la chanson. Notre indépendance, notre esprit frondeur, n’ont jamais été du goût des institutions mondiales.

Pourquoi ?

Parce que dans la tradition de notre pensée, avoir été français, être français et rester français, c’est être utile au monde.

Non, je ne ferai pas comme Emmanuel Macron. Je ne porterai pas en terre le cercueil de la culture française.

Soyons Français et fiers de l’être.

Je me souviens de cette vieille formule qu’on nous apprenait autrefois, non sans orgueil : « impossible n’est pas français ».

Aujourd’hui, il semble que ce soit l’inverse.

En vertu d’on ne sait quelle malédiction, tout ce qui est possible aux autres nations est décrété impossible aux seuls Français, par nos dirigeants socialistes et par les extrêmes.

Diminuer la dette de l’Etat ? Impossible.

Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ? Impossible.

Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ? Impossible.

Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait une grande démocratie telle que le Canada ? Impossible.

Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ? Impossible.

Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? Impossible.

Impossible, car François Mitterrand l’avait dit : « contre le chômage, on a tout essayé ». Impossible, car M. Hollande, quant à lui, a dit plus récemment : « on n’a pas eu de bol ».

Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous !

Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !

Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ? Impossible.

Notre école dégringole dans les classements internationaux.

En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant, nous sommes très loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête.

D’année en année, nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences. Bientôt nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ?

Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible…

Changeons de logiciel ! Passons de l’impossible au possible, et faisons ce qui doit être fait.

Mon objectif, ce n’est pas de faire de la France le premier pays au monde à passer aux 32h, ce n’est pas de nous faire descendre directement en deuxième division en fermant les frontières et en revenant au franc, et ce n’est pas de continuer la politique hollandaise de la dérive au fil de l’eau.

Mon objectif c’est de faire de la France la première puissance européenne en dix ans.

C’est-à-dire un pays qui donne du travail à tous ses citoyens.

C’est-à-dire un pays qui puisse orienter l’Europe au lieu de la subir.

Pour cela, nous devons transformer notre système en profondeur.

Pour cela, il faut libérer notre Etat de sa dette publique et il faut libérer notre économie de ses charges et de ses normes.

L’économie est le nerf de la guerre, et un pays économiquement faible ne peut pas être un pays politiquement fort.

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.

Rien n’a changé.

Chaque année, nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser nos dettes antérieures !

Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou dédaignent ce problème avec outrance, tel M. Mélenchon qui se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine, mais qui négociera la ferraille du Titanic.

Je suis le seul dans cette campagne à vouloir en finir avec le cercle vicieux de la dette publique.

C’est pourtant l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour renouer avec la confiance.

Le désendettement est la condition d’un Etat fort, respecté, maître de son destin.

C’est un enjeu politique, parce qu’à travers la dette c’est la souveraineté de la nation qui est en cause.

C’est un enjeu moral, parce que ce fardeau nous le faisons peser sur les générations futures.

C’est un enjeu social, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière.

Sur l’ensemble du quinquennat, je propose de réduire les effectifs de la fonction publique de 8%.

C’est une nécessité. C’est un objectif raisonnable.

Cela nous replacera dans la moyenne des grands pays qui nous entourent et qui ne sont pas moins bien administrés que nous.

Ceux qui parlent d’austérité ne connaissent pas le sens des mots.

L’austérité, elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin de la Grèce.

Le jour où nous ne pourrons plus payer nos fonctionnaires.

Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale.

Le jour où nous ne pourrons plus payer les retraites de nos anciens.

Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire.

Mon projet est fondé sur le bon sens, il est là pour propulser la France en tête !

Je l’ai construit en parcourant les routes de France pendant cinq ans, en allant à la rencontre des Français de toutes les professions.

J’ai écouté les entrepreneurs qui m’ont dit : j’aimerais embaucher quelqu’un en plus, mais ça me coûtera trop cher, et comment je m’en sortirai si mon volume d’activité diminue ?

Je diminuerai les charges sociales pour réduire le coût d’une embauche.

J’ai écouté les travailleurs.

Je diminuerai les cotisations salariales pour donner un gain de 700 euros à un couple qui travaille.

J’ai écouté les petits entrepreneurs, les artisans, qui m’ont dit : mon carnet de commandes est plein, je pourrais m’agrandir, avec des emplois à la clef, mais je ne veux pas franchir les seuils sociaux parce que c’est trop compliqué.

Je doublerai les seuils sociaux pour que les petites entreprises n’aient plus peur de se développer et d’embaucher.

Et je simplifierai le code du travail en le ramenant aux principes fondamentaux.

J’ai écouté les ouvriers qui sont prêts à se retrousser les manches pour sauver leurs industries et pour gagner un peu plus.

J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.

Je réformerai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises, pour les emplois français.

J’ai écouté les artisans qui n’en peuvent plus du RSI.

Je le changerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.

J’ai écouté les retraités qui m’ont dit : je n’arrive plus à joindre les deux bouts alors que j’ai travaillé toute ma vie.

J’augmenterai les petites retraites. Parce que c’est justice. Mon gouvernement l’avait fait. Je le referai.

Toutes les pensions du régime de base inférieures à 1000 euros augmenteront de plus de 300 euros par an.

Et j’augmenterai d’au moins 600 euros par an les petites pensions de réversion.

J’ai écouté les fonctionnaires.

Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.

Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent de créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leur salaire et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.

Je veux dire à nos agents publics que la réduction des effectifs ne se fera pas contre eux, bien au contraire.

Elle leur redonnera des responsabilités, l’augmentation du temps de travail se répercutera sur leur salaire, et ils cesseront de subir le discrédit de l’Etat bureaucratique.

J’ai aussi écouté les agriculteurs qui croulent sous les normes et qui ont le sentiment d’être traités avec suspicion alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Je leur simplifierai la vie.

J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.

Je ferai en sorte qu’ils soient reconnus comme des entrepreneurs à part entière.

J’ai écouté les chercheurs qui m’ont dit : j’aime mon pays, c’est ici que j’ai été formé, mais ailleurs on m’offre des laboratoires mieux équipés, plus de liberté, un meilleur salaire.

J’ai toujours soutenu la recherche française, même au plus fort de la crise de 2008. Pour moi, c’est fondamental.

Je réduirai la bureaucratie, je redonnerai de l’autonomie, je favoriserai l’excellence, avec un objectif en tête : en dix ans, faire de la recherche française la première en Europe.

Tous ces Français avaient une notion en tête : la liberté !

Ils m’ont tous dit la même chose : « qu’on nous laisse travailler, oser, qu’on arrête de nous emmerder » !

Lorsque je réclame plus d’espace pour négocier dans nos entreprises, plus de référendums pour écouter les salariés, plus d’autonomie pour ceux qui gèrent nos écoles, plus de facilités pour les auto-entrepreneurs, plus d’encouragements pour les fonctionnaires qui veulent prendre des initiatives, c’est parce que les corporatismes, les cloisons syndicales, les idéologies verticales ne résistent plus au désir d’action des Français.

Je veux porter la voix de tous ces Français qui sentent que la liberté leur redonnera du travail, de la prospérité, de l’espoir.

Mais je veux porter aussi la voix de tous ceux qui m’ont dit à quel point leur confiance dans l’avenir était minée par le déclin de l’autorité.

Je pense aux habitants de ces quartiers où les dealers et les salafistes ont imposé leurs lois contre celles de la République.

Je pense à ces Français qui vivent dans des zones rurales qui voient poindre une violence inédite dont ils redoutent l’augure.

Je pense à ces professeurs qui n’arrivent plus à transmettre des connaissances, et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques hasardeuses selon lesquelles l’élève construit tout seul propre savoir et peut plaider la cause de ses fautes d’orthographe.

C’est tout un état d’esprit qu’il faut changer.

Des années de déconstruction idéologique ont conduit l’Etat à cesser de croire en sa légitimité et à cesser par conséquent d’exercer l’autorité qui lui revient.

Nous avons recruté des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, et pourtant jamais notre Etat n’a donné le sentiment d’être aussi impuissant à remplir ses missions régaliennes fondamentales.

A quoi sert-il de battre des records d’effectifs, si dans les banlieues toujours plus de quartiers sont inaccessibles aux policiers et aux pompiers, si dans les tribunaux toujours plus de jeunes délinquants ressortent libres, si dans les écoles toujours plus de professeurs entrent dans leurs classes avec la peur au ventre ?

En même temps qu’il devenait pléthorique, notre Etat est devenu pleutre.

C’est d’un même geste qu’il doit cesser d’empiéter sur la liberté des citoyens qui travaillent et qui entreprennent, et qu’il doit redevenir un pilier de l’ordre sans lequel la vie en commun est impossible.

Bien sûr qu’il faudra redéployer des moyens là où c’est absolument nécessaire.

Mais des dizaines de milliers de postes créés à fonds perdus, sans vision, sans stratégie, ne changeront rien si nous ne changeons pas cet état d’esprit qui nous a conduits à démanteler l’idée même de l’autorité.

Il faut remettre au centre de la République ses piliers : l’école, la justice, les forces de sécurité, la famille.

Nous avons perdu le sens de l’autorité parce que nous avons cessé de croire en nos valeurs et en la nécessité de leur transmission.

Nous ne sommes pas seulement un pays, nous sommes une nation et nous sommes une civilisation.

La France qui a inspiré tant de pays partout dans le monde ne doit pas avoir honte chez elle.

Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.

L’immigration sans intégration, sans assimilation, doit être stoppée.

Ceux qui nous rejoignent le font souvent parce qu’ils ont entendu là-bas, dans leurs pays frappés par la misère et la dictature, des récits qui leur ont donné une haute idée de la France.

Mais ceux qui nous dénigrent le font trop souvent parce que des idéologues leur ont donné, ici, des raisons de le faire.

Ils se sont retrouvés dans un pays ouvert à tous les relativismes, incapable de dire qui il est, incapable d’être fier de tout ce qu’il a à transmettre.

C’est une faute morale de penser que notre société serait au fond responsable des attaques perpétrées par le terrorisme islamique, alors que tant de pays eux-mêmes musulmans, sur un arc qui s’étend du Bangladesh à l’Afrique occidentale, sont victimes de sa cruauté et de sa barbarie.

Ce n’est pas en reniant nos valeurs que nous réussirons cette mission historique que la France peut et doit réussir aux yeux du monde : la démonstration qu’un islam des Lumières, un islam de progrès, est possible.

Cette démonstration, cette grande mission, je suis sûr que nous allons la réussir.

Nous allons la réussir avec nos compatriotes musulmans qui doivent se soulever contre l’obscurantisme et nous aider à faire le ménage.

Il faudra du temps, comme il a fallu du temps pour que la laïcité cesse d’être une querelle entre la République et l’Eglise catholique.

Il faudra surtout l’autorité d’un Etat capable de défendre, d’affirmer les valeurs du progrès et de la raison.

Capable de définir, sans ambiguïté, ce qui est inacceptable.

Capable d’interdire les prêches emplis de haine.

Capable de rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.

Capable de dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est le sens premier de la laïcité.

Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.

La faiblesse n’est pas de mise.

Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.

Et quelle est la mienne ?

 

C’est celles d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.

D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.

Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.

Le président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.

Il n’est pas de domaine où la solitude du président soit plus grande, de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requièrent autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.

Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.

Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.

Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?

En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les Américains au Proche Orient.

Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.

Qu’en a fait François Hollande ?

Aligné sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.

Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible et on ne peut qu’y adhérer au nom de la révolte que nous inspire la cruauté du régime syrien. Mais la responsabilité de la France, c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec gravité poindre les nuages noirs de la guerre.

J’augmenterai les moyens de nos forces armées.

Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.

Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.

J’œuvrerai sans relâche pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.

Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.

Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.

Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.

Mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Nous sommes 67 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants qui ont soif de progrès et de réussite.

7 milliards d’habitants qui aspirent à bousculer la vieille hiérarchie des nations.

7 milliards d’habitants assoiffés de réussite.

Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux. Et si nous continuons de nous affaiblir, tant de pays pour qui nous étions un modèle finiront par détourner les yeux loin de nous.

Mais si nous nous relançons, une chance historique se présente à nous.

Avec une Amérique désarçonnée par les dernières élections, un Royaume-Uni accaparé et préoccupé par le Brexit, une France qui aura retrouvé sa crédibilité se replacera au centre du jeu.

Elle affirmera la liberté de sa voix et de ses choix.

C’est le moment ou jamais de rassembler nos forces pour donner un coup d’accélérateur et s’engouffrer dans l’ouverture.

L’Europe est à un tournant de son histoire et la responsabilité de la France est immense.

Après le Brexit, l’Europe vacille et le prochain coup peut être mortel.

Les questions qui nous sont posées sont cruciales.

L’Europe va-t-elle disparaître ?

Est-ce de la France que lui viendra le coup de grâce ?

N’aura-t-elle été qu’une parenthèse dans l’histoire de nos peuples ?

Je suis un souverainiste qui milite pour une Europe souveraine.

Je n’ai jamais fait partie des enthousiastes qui accueillaient avec un sourire béat tout ce qui était estampillé « Europe » sans jamais en examiner le contenu.

Mais je ne me résous pas à voir s’effacer dans l’indifférence une idée noble et unique au monde.

Je n’ai jamais cru au rêve d’une Europe fédérale qui se substituerait aux nations. Mais je crois à une Europe qui les rend plus fortes.

Une Europe politique, efficace, concentrée sur des priorités stratégiques.

Une Europe qui repart de l’avant en donnant à la zone euro les moyens d’être l’espace économique le plus performant au monde.

Une Europe qui protège ses habitants en défendant ses frontières.

Tout cela, nous le ferons en redonnant à la France un leadership en Europe.

Car lorsque la France est faible, elle subit l’Europe. Mais lorsqu’elle est puissante, elle la conduit !

C’est dire si l’enjeu du redressement français est immense.

Il l’est pour vous, pour vos familles, pour vos enfants, il l’est pour l’Europe, il l’est pour le monde aussi puisque la France est une puissance qui compte. Son absence est toujours notée, mais sa présence active est toujours soulignée.

Mes amis,

Je ne suis pas un idéologue. Je suis seulement un patriote.

Je regarde l’avenir et, comme vous, je voudrais une France plus grande qu’elle ne l’est, une France unie, heureuse, confiante.

Sincèrement, pouvons-nous atteindre cet idéal sans efforts et sans nous remettre en question ?

Dans cette campagne présidentielle, je suis finalement le seul à dire que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de l’Histoire.

Le seul à vous dire qu’on ne s’en sortira pas sans travailler un peu plus et dépenser un peu moins.

Le seul à vous dire qu’il vaut mieux sauver l’Europe que de la fuir.

Je ne cherche pas l’appui de M. Bayrou ou de M. Hue, j’ai celui de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, et j’ai surtout le vôtre.

Et puis, j’ai dans mon cœur trois mots : liberté, égalité, fraternité.

C’est le désir de liberté qui a fait tomber la Bastille, c’est la liberté prônée par les philosophes des Lumières qui a fait rayonner la France partout dans le monde.

Nous avons rompu l’équilibre entre la liberté et l’égalité : je veux le rétablir.

Je ne crois pas à l’égalité au cordeau, à l’égalité qui bride les initiatives, qui enferme chacun dans la même moyenne, loin de ses aspirations, loin de ses rêves.

Je crois à l’égalité active, à cette égalité qui dit à chacun : quelles que soient vos origines, quel que soit le lieu d’où vous venez, vous pourrez aller aussi loin que vous le souhaitez, rien n’arrêtera votre courage.

Et puis il y a la fraternité.

La fraternité qui unit les cœurs dans le respect des différences.

La fraternité qui nous rassemble en nous faisant ressentir notre appartenance à une même nation, dans les moments où elle réalise quelque chose de grand comme dans les moments où elle est menacée.

La fraternité, et la solidarité sociale, médicale, territoriale.

Personne n’est inutile à la France ; chaque Français et Française qui met un genou à terre doit trouver une main tendre pour le consoler et une main ferme pour l’aider à se relever.

J’ai en mémoire l’histoire des débuts d’Emmaüs, et la rencontre avec George, un clochard au fond de l’abîme, à qui l’abbé Pierre demande « Viens m’aider à aider ».

Nous devons faire face aux défis d’aujourd’hui : la grande pauvreté face à laquelle je veux engager un plan d’action pluriannuel, le très grand âge, la dépendance, le handicap, l’autisme que tant de familles gèrent avec dignité, les petites retraites que je veux revaloriser, la santé qui doit être accessible à tous, le logement dont il faut revoir les mécanismes économiques pour construire plus et pour tous.

Et puis, il y a ces territoires ruraux et péri-urbains qui se sentent à l’abandon.

Déclin des centres-villes, retrait des services publics, fermeture des commerces de proximité, enclavement numérique, détresse des agriculteurs, déserts médicaux : il y a une véritable fracture territoriale.

Je l’ai vécue en tant que maire de ma commune et président d’une communauté de communes rurale.

Cette ruralité française, j’y suis attaché. Car un pays sans racines, un pays sans agriculteurs, un pays sans villages, c’est un pays vide.

Ma ligne d’horizon ne s’arrête pas aux périphériques des métropoles. Je ne suis pas une plante hors-sol mise en pot dans les grandes écoles, accrochée à un tuteur puis arrosée à l’ombre des palais de la République.

Moi, j’ai « poussé en liberté », dans la ruralité.

Mon école, cela été la vie municipale à Sablé-sur-Sarthe. Mon tuteur, cela été mon enracinement, le point de départ de mon engagement.

Mes amis,

Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.

Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.

Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a « pas de bol ».

Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça.

Et même si les voyages forment la jeunesse, je ne veux pas que l’expatriation soit pour vous le seul horizon de la réussite.

Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans, si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne.

Mon ambition secrète n’était pas d’être président de la République, c’était de grimper tous les sommets de 4.000 mètres d’Europe. Et je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.

Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

L’avenir du travail, c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.

Il y a vingt ans; une enquête montrait que les jeunes Français aspiraient en majorité à entrer dans la fonction publique.

La même enquête montre aujourd’hui qu’ils aspirent en majorité à créer leur activité.

Que s’est-il passé entre-temps ?

Le numérique.

Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde fait de révolutions en chaînes.

Notre vie a déjà changé, elle va changer encore.

L’intelligence artificielle, l’impression 3D, la réalité augmentée, les nanotechnologies, la robotique, les progrès de la génétique, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente…

Saisissons-nous de ces progrès.

Ayons l’ambition d’être les premiers partout où nous pouvons l’être.

Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.

Je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.

Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.

Nous relèverons tous les défis de l’avenir en sortant du statu quo.

Nous serons au rendez-vous du progrès en balayant nos vieux blocages, nos vieilles crispations, nos vieilles peurs.

Je veux porter l’audace du changement qui redonnera à la France sa grandeur et qui refera d’elle une force pour sa jeunesse.

A vingt ans, on veut dévorer la vie et prouver sa valeur.

A vingt ans, aucune ambition n’est trop élevée.

Aux jeunes de France, je dis « aidez-moi à percuter toutes ces vieilles cloisons bureaucratiques qui cadenassent le marché de l’emploi ; aidez-moi à développer les nouveaux métiers de l’avenir, aidez-moi à faire triompher les valeurs de l’audace et de la réussite, aidez-moi à transformer notre modèle économique et social ».

Il y a tant de bastilles sur mon chemin, tant de barricades intellectuelles, tant de défenseurs du statu quo qui nous expliquent qu’il vaut mieux revenir en arrière, qu’il vaut mieux marcher à petits pas que de courir vers l’avenir.

A la jeunesse, je dis : ne doutez pas de vous et aimez la France !

Je me souviens, je n’avais pas trente ans, le jour où Ted Kennedy m’invita à déjeuner dans sa grande maison de famille.

J’étais jeune député sarthois, impressionné, je l’écoutais et c’était lui qui me parlait de la France.

Je me souviens, deux ans plus tard, j’avais trente et un ans, j’étais fier d’être français le jour où j’entrai dans le village de Jezzine au Liban pour porter aux chrétiens assiégés le message de solidarité de notre pays.

Le président de l’Assemblée libanaise m’avait autorisé à franchir les lignes de front pour une seule raison : parce que j’étais membre du parti gaulliste…

J’avais vu dans son bureau une immense photo de son père Salim al-Husseini avec le général de Gaulle, en 1943, dans la plaine de la Bekaa.

Que doit être la France pour que lorsqu’on a vingt ans ou trente ans aujourd’hui on puisse en être fier ?

Que ferons-nous pour que notre pays continue d’attirer les regards ?

Quelles seront nos épopées ?

Voilà des questions que nous devrions tous nous poser. Car elles sont parmi les plus nobles et elles exigent de nous le meilleur de nous-mêmes.

Mes amis,

Ce que j’ai pu mesurer depuis deux mois, c’est la violence de la conjuration des impuissants.

C’est la résistance acharnée de ceux qui veulent que rien ne change ; de ceux qui s’accommodent de deux mille milliards de dette, de six millions de chômeurs, des territoires perdus de la République, et qui s’en accommodent pourquoi ? Parce que pendant le désastre, les carrières continuent.

La conjuration des impuissants, c’est le hollandisme qui se continuera dans son jeune héritier, rallié chaque jour par ceux qui espèrent se survivre à l’abri des combinaisons nouvelles.

Je ne ferai pas siffler leurs noms. Leurs noms ne méritent même pas vos sifflets. Ils appellent simplement l’oubli.

Et, à l’autre bout du spectre politique, et jamais croyez-le ce mot de spectre n’a été plus approprié, la conjuration des impuissants, c’est la folle aventure que nous propose Mme Le Pen, avec son quarteron d’amateurs, prêts à sacrifier notre pays, sa place dans le monde, son image, son efficacité, ses emplois, à leurs lubies idéologiques, à ce rêve effarant d’une France albanaise protégée par des murs et cultivant son carré de salades.

Vous êtes venus nombreux, aujourd’hui, défier la conjuration des impuissants.

Vous entendez la défier en vous portant vers l’avant, au-delà de toutes les peurs, de toutes les inquiétudes, dans une démarche raisonnée, appuyée sur une volonté souveraine.

Et je sais, oui je sais que vous entraînerez le reste du pays, qu’il vous rejoindra dans cet optimisme, ce désir de réussite qui est au fond de l’âme de notre pays.

Mais laissez-moi vous dire ceci : ce mouvement que vous avez engagé, et que j’ai voulu porter, il ne faudra pas le laisser s’éteindre une fois l’élection acquise.

Une fois l’élection acquise, les choses sérieuses vont commencer. Les résistances ne disparaîtront pas comme par enchantement. J’aurai besoin de vous. Nous aurons besoin les uns des autres.

Après l’élection, il nous faudra une volonté sans faille.

Cette volonté je la possède. Je l’ai trempée, affermie dans mes épreuves récentes et dont je ne parlerai plus.

Personne ne doit s’y tromper. Rien ne me fera dévier de cette route que nous avons commencé d’ouvrir ensemble il y a plus de trois ans.

Il est là, pour moi, le devoir d’exemplarité du président.

Un président exemplaire, ce n’est pas un homme qui s’expose chaque jour au voyeurisme public dans l’espoir de séduire ou de se faire pardonner d’exercer le pouvoir.

Un président exemplaire, c’est un homme qui propose au peuple ce qu’il croit juste, et lorsqu’il est investi met tout en œuvre pour réaliser le projet sur lequel il a été élu.

Un président exemplaire, c’est un président qui ne troque pas le destin de la nation pour un peu de popularité éphémère.

Un président exemplaire, c’est un président qui n’a pas un regard pour les manœuvres d’appareil, ce que le général de Gaulle appelait les poisons et les délices du système.

Un président exemplaire, c’est un président que rien ne peut intimider, ni la calomnie, ni les pressions, ni même l’incompréhension, parce qu’il est devenu, après l’élection, comptable des espoirs de tout un peuple.

C’est ce président-là que je serai. Vous pouvez compter sur moi, et moi, je dois pouvoir compter sur vous.

Je ne vous demande pas de m’aimer. Je vous demande de me soutenir, parce qu’il y va de l’intérêt de la France.

Il ne s’agit pas de choisir un copain. Il s’agit de choisir un président, et à travers lui, le destin que nous voulons nous ouvrir à la France.

Dans la vie de notre pays, je veux redonner tout son sens à l’idée de responsabilité, sans laquelle rien ne sera possible.

Responsabilité, d’abord à l’égard du pays. Je ne serai pas le président de la purge ; je veux être celui du redressement.

Les efforts que je propose sont nécessaires, ils sont urgents, mais ils sont raisonnables. Et surtout, ils ont un but.

Un président de la République n’est pas un comptable.

Si je veux rétablir nos finances publiques, réduire la dette, ce n’est pas pour le plaisir esthétique de présenter des budgets en ordre.

C’est parce que je veux, comme vous, rendre aux Français les richesses qu’ils produisent, retrouver un niveau d’emploi comparable à celui de nos voisins, et, à la fin, faire de la France la première puissance du continent.

Parce que je veux que notre jeunesse retrouve, dans ce monde qui change, un autre avenir que celui du chômage ou des petits boulots ; parce que c’est seulement ainsi que la créativité de toute une nation reprendra ses droits, que notre industrie retrouvera la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre, notre Etat son efficacité, notre hôpital ses performances, nos fonctionnaires la fierté de servir une grande cause au lieu de réglementer le déclin.

Responsabilité, ensuite, à l’égard de tout notre peuple, dans toutes ses composantes. A l’égard de tous les Français sans distinction d’origine, de croyances, d’opinions.

Responsabilité à l’égard de notre jeunesse, que ma génération aura chargée d’un poids impossible à porter, celui du chômage et de la dette, dans une politique que les mots « après moi le déluge » résument très bien.

Je mesure l’ironie de cette campagne, où c’est à un ancien Premier ministre comme moi que revient de rendre tout son espoir à notre jeunesse, alors qu’un jeune politicien récent paraît s’être donné pour tâche de continuer le passé.

Mais laissons leurs impostures aux imposteurs.

Pour moi, je veux vous faire une confidence que vous ne répéterez pas. Je vais vous dire tout simplement, ce qui m’anime.

Ce qui m’anime, et soutient ma volonté sans faille, c’est une forme de remords.

Ma génération d’hommes politiques s’est laissée enliser.

Elle n’a pas fait, je le sais bien, tout ce qu’il fallait. Et quand j’ai quitté Matignon, j’ai pris la résolution de corriger ces erreurs qui ne sont pas seulement les miennes.

J’ai pris la résolution indépassable de ne pas achever ma vie politique sans avoir fait tout mon possible.

Je suis allé à votre rencontre, et ce que j’ai perçu de votre exigence, de votre colère aussi, a renforcé ma détermination. Aujourd’hui, cette détermination, croyez-le, rien ne peut l’atteindre.

Responsabilité à l’égard de notre grande histoire. Et cette histoire que nous devons transmettre, ce n’est pas une histoire fermée, mais une histoire ouverte. Elle est aussi éloignée, dans sa vérité profonde, des niaiseries multiculturelles que des rétractations xénophobes ; aussi éloignée de l’idée d’une France à l’identité fantasmée que d’une France réduite à une sorte d’agence des droits individuels.

Cette France qui est la nôtre, je la vois prête à surgir, à tout balayer, une nouvelle fois sur son passage : c’est la France de Chrétien de Troyes et de Rachi, la France de la Vendée bleue et de la Vendée blanche, la France de Balzac et celle de Kessel, celle des sans-culottes et des cathédrales, celle d’Apollinaire et Picasso, celle de Proust et celle de Saint-Exupéry, celle des tirailleurs du Mont-Cassin et celle de Pierre et Marie Curie ; cette France-là n’est pas seulement un héritage, c’est une promesse d’avenir.

Souvenons-nous que cette promesse française a fait rêver les peuples de la terre ! Ce que je veux, ce que je veux profondément, c’est refaire l’amitié des Français autour de ce pays mystérieux qui est le nôtre, réfractaire et raisonnable, ce pays qui nous est à la fois un foyer et un port où préparer de nouvelles aventures.

Je n’ai rien de plus précieux que ce sentiment-là, et parce que c’est le vôtre et celui de tous nos compatriotes, qu’ils le sachent ou non, nous y puiserons la force d’une résolution sans faille.

Mes amis,

C’est maintenant que tout se joue.

Les journées que nous allons vivre seront décisives et nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.

Partout où je me rends, je vois des foules de plus en plus nombreuses, je vois des Français qui ne se résignent pas, je vois des Français qui se lèvent pour clamer qu’ils sont libres et que personne ne leur subtilisera leur choix.

Cette bataille nous allons la gagner.

J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.

Alors croyez-moi si je vous dis que la victoire se donne rarement à ceux qui croient avoir déjà course gagnée.

La victoire vient à ceux qui donnent tout jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une conquête.

Je vais tout donner.

Comme j’ai tout donné dans ma vie pour la France.

J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.

Il faut que vous alliez partout pour dire que nous avons un projet précis et puissant, un projet qui est le meilleur pour la France.

Il faut que vous alliez partout pour dire que nous aurons une majorité pour le mettre en œuvre.

Il faut que vous alliez partout pour dire que la France peut se transformer et qu’elle peut de nouveau étonner le monde.

Le doute est l’ennemi de l’Histoire ; il n’a pas sa place dans le destin français.

Il faut l’effacer et passer à l’offensive.

La France a un formidable atout : elle n’est pas seulement un grand pays, pas seulement la 5ème puissance du monde, elle est une Nation.

Avant de partir au combat, les soldats de l’an II gravaient « Vive la Nation » sur l’acier de leurs sabres. Gardons-nous d’oublier cette devise. Celle d’un peuple uni, toujours courageux quand il s’agit de surmonter malheurs, éclipses, ou assauts du monde.

La Nation française, c’est vous !

La première génération du nouveau siècle, c’est vous !

L’avenir de la France dans ce monde mouvant, c’est encore vous !

Je crois à la Nation française !

Je crois que les objectifs, les plans, les prévisions, les programmes, ne comptent que pour autant que l’énergie de la Nation se mettent à leur service.

Je crois au souffle de la Nation qui pousse toujours nos voiles vers le large.

Je crois à une Nation indivisible, fille de Jeanne d’Arc et de De Gaulle, souveraine par destin et universelle par vocation.

Nous voici donc, mes amis, non pas à la fin d’une campagne, mais au début d’une grande aventure.

Saisissons la chance qui nous est offerte.

Remettons en ordre cette maison sur le port, battue par les vents, qui est la nôtre, et prenons enfin la mer, avec l’énergie de ceux qui n’ont jamais douté de leur vocation.

Il y aura des traverses, des tempêtes, des vents contraires, mais rien ne nous découragera, et nous nous souviendrons de ce jour où nous avons, tous ensemble et d’un seul cœur, décidé de redevenir nous-mêmes !

Vive la République et vive la France !


François Fillon, le 9 avril 2017 à la Porte de Versailles de Paris.

Source : www.fillon2017.fr
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 23:58

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Discours de François Fillon le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand

Mes chers amis,
Je voudrais ce soir vous faire une confidence. Tout au long de de cette intense campagne ; malgré la série noire de coups bas, jamais je ne me suis senti abandonné ou découragé.
Je vous ai toujours vu présents, déterminés à vous battre et à ne jamais céder aux intimidations. Ce que les sondeurs appellent « socle électoral », ce sont, en réalité, ces millions de français qui, comme vous, font bloc autour du même projet pour la France et militent avec moi pour l’alternance.
Honneur à vous mes valeureux amis !

Je sais, je sais, ce que vous avez vécu… Vous avez eu droit aux mêmes torrents de boue que moi, aux mêmes articles et émissions, injustes, infondés, blessants…
Plus que ma personne, c’était aussi vous et vos convictions qui étaient raillées par ceux qui n’acceptent la droite et le centre que lorsqu’ils marchent à l’ombre.
Mais rien n’y a fait et rien n’y fera. Nous sommes debout, déterminés, et de plus en plus nombreux sur la ligne droite de l’alternance.
Et puis, permettez-moi une seconde confidence : ce qui ne tue pas rend plus fort et cette force qui est en moi et en vous, la France en a besoin pour être dirigée et protégée durant les cinq années qui viennent.
Du fond du coeur, merci à vous tous et à vous toutes.
Merci à tous les élus qui m’accompagnent et qui sont ici présents.

Je suis heureux d’être avec vous, dans cette belle Auvergne, dont l’exceptionnelle chaîne volcanique mériterait bien d’être au patrimoine de l’UNESCO !
J’apprécie d’être à quelques kilomètres d’un lieu historique, le plateau de Gergovie. Là-bas, il y a quelques siècles, un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages !

On dit parfois que les Auvergnats sont un peuple de taiseux. Mais ce soir vous ne l’êtes pas !
Vous avez quelque chose à dire !
Vous ne laisserez personne vous voler votre message.
Vous ne laisserez personne décider de cette élection à votre place.
Vous aspirez à une véritable transformation de notre pays. C’est ce que je suis venu vous proposer.
Parmi mes concurrents, je suis le seul à vouloir un changement profond.
Et je suis le seul qui propose un changement fondé sur la liberté.

Je fais mienne cette phrase de ce grand Auvergnat que fut La Fayette: « aucun obstacle, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien-être de tous, et la liberté partout ».

De leurs côtés, mes concurrents font dans l’archaïque ou le faux-moderne.
M. Macron fait beaucoup d’effort pour paraître nouveau.
Mais quelle est la différence entre M. Macron et M. Hollande… à part l’apparence ?
IIs sont socialistes, Ils ont gouverné ensemble, ils sont tous deux le goût des synthèses plastiques.
Pas de vrai choc économique pour booster la croissance ; pas de vraie réforme du marché du travail pour baisser le chômage ; pas de vrais efforts pour réduire les déficits et la dette ; pas d’autorité affirmée pour faire reculer la délinquance ; pas d’urgence à protéger l’identité de la France… Bref, le projet de M.Macron est la poursuite du quinquennat qui s’achève.

Parmi mes concurrents, aucun ne reconnaît la gravité de notre dette publique. Aucun ne propose de changement sérieux.
Aucun ne regarde ce qui marche chez nos voisins.
L’Allemagne, moins de 4% de chômeurs ; la France 10%. En une décennie, plus de 4 millions d’emplois ont été créés outre-rhin dans le secteur marchand ; ici, le nombre d’emploi est resté quasiment inchangé.
Devant ces chiffres, la gauche rétorque qu’il y a des travailleurs pauvres en Allemagne… Nous, on n’a pas de travail et on a la pauvreté qui augmente.
Tous mes concurrents promettent un déluge de nouvelles dépenses.
Nous avons 2.2000 milliards de dettes, qu’importe !
Le coût du service national d’un mois proposé par M.Macron, c’est 15 Mds€. 15 milliards pour organiser des colonies de vacances qui casseront l’outil militaire français.
Le coût du retour à la retraite à 60 ans voulu par Mme Le Pen, c’est 20 Mds€ qui casseront notre régime par répartition.
Le coût des 32 heures et du revenu universel de M.Hamon est tellement sidérant qu’il n’est même pas besoin de l’évaluer.
Quant à M.Melenchon, son projet est évalué à 173 Mds€… qui dit mieux ?.
C‘est parait-il ainsi qu’on achète le vote des Français, mais c’est aussi, à grands coups de démagogie, qu’on achèvera un jour la France.
Tous mes concurrents persistent dans les vieilles recettes qui n’ont jamais fonctionné.
Le partage du temps de travail ne fait que partager la pénurie.
L’embauche sans compter d’emplois publics finit toujours en déficits et les déficits en impôts.
La fermeture des frontières finit toujours par susciter des représailles qui plombent nos exportateurs et nos emplois.
Quant à la sortie de l’euro et le retour du franc, ce serait la faillite en 6 mois, avec une montée en flèche des taux d’intérêts qui viendrait appauvrir les ménages et étouffer nos entreprises.

Mes amis, tous ces projets ne feraient qu’accélérer notre déclin. Tous nous placeraient en situation d’être dominé par les puissances du monde.
La souveraineté : voilà l’enjeu réel de cette élection.

La souveraineté, c’est la capacité à rester maître de son destin.
Ne jamais laisser quiconque nous dicter notre conduite : voilà l’âme de la nation française !
La souveraineté au peuple, par le peuple, pour le peuple : voilà le sens de la République !
Mais que reste-t-il de notre souveraineté nationale quand notre dette publique record nous met à la merci d’une reprise en mains par le FMI ?
« Qui doit n’a rien à soi » : ce proverbe auvergnat nous rappelle que la souveraineté est aussi financière !
Que reste-t-il de cette souveraineté quand nous devons faire appel aux fonds de pension américains et aux monarchies du Golfe pour financer notre économie, parce que les capitaux français ont fui nos impôts délirants ?
Quand les Etats-Unis infligent, en toute insouciance, des amendes folles à nos grandes entreprises ?
Quand les règles du commerce international sont bafouées sans que nous ne puissions réagir ?
Quand les autres grandes puissances décident sur notre dos de l’avenir du Proche Orient ?

Que reste-t-il de la souveraineté populaire quand la bureaucratie prétend régler nos vies dans leurs moindres détails ?
Quand des lobbys et des groupes d’intérêts s’emparent de l’intérêt général ?
Quand la technocratie bruxelloise prétend tout piloter, tout en laissant l’Europe s’effondrer ?
Quand la police n’entre plus dans certains quartiers parce que la loi des caïds y a remplacé l’ordre républicain ?
Quand des intégristes religieux piétinent les principes de la République?
La souveraineté de la France et la souveraineté du peuple : voilà le sujet de cette élection. Et voilà le sens de mon engagement !

La première condition de la souveraineté, c’est le redressement économique.
Notre pays ne redeviendra vraiment indépendant et influent que lorsqu’il redeviendra prospère.
Pourquoi, avec les atouts extraordinaires dont elle dispose, la France n’est-elle pas déjà au plein emploi ?
Pourquoi n’a-t-elle pas une croissance vigoureuse ?
Nous figurons parmi les premiers au monde pour la qualité de nos infrastructures, de nos services publics, de notre enseignement supérieur, de nos chercheurs, de nos entrepreneurs, de nos grands groupes, de notre santé.
Chaque année, des millions de touristes viennent admirer notre culture, nos paysages, nos monuments.
Tous déclarent nous envier cette fameuse douceur de vivre française.
Avec ces avantages, nous devrions être une nation prospère, optimiste, confiante !
Au lieu de cela, la vie est toujours dure, l’avenir est gris, les rêves de succès et de bonheur sont toujours plus petits.
Nos atouts, nous les avons bridés par l’excès de normes, de contrôles, de taxes.
Nous avons laissé l’administratif prévaloir sur le productif.
Moi, je veux réactiver nos forces, rallumer le moteur de l’économie, redonner de l’espoir.

Rallumer l’économie, c’est ce qu’ont fait tous nos partenaires. Nous ne pouvons pas continuer à produire moins qu’eux et à dépenser plus qu’eux.
Comme l’Allemagne, le Canada, l’Australie, je propose d’arrêter de surcharger nos entreprises de règles et de charges excessives.
Je propose d’oser la liberté.
Libérons le travail, au lieu de l’encadrer à l’extrême.
Faisons confiance aux individus, à leur créativité.
Chacun a en soi l’envie de réaliser son idéal : chacun doit pouvoir le faire sans entrave.
C’est cela qui fait le dynamisme d’une nation, et non les cogitations de quelques bureaucrates.
Ce sont les entreprises qui créent les vrais emplois, personne d’autre. Encore faut-il qu’elles puissent investir et embaucher sans contraintes et sans risques inutiles.

Je propose donc de réduire massivement les prélèvements qui dissuadent l’activité et tuent l’emploi.
Je veux attirer les financements français et les talents vers les entreprises, notamment les PME.
Pour faire disparaître la peur d’embaucher, je veux refonder et simplifier le code du travail.
Je distinguerai clairement les normes sociales et ce qui relève de l’accord collectif.
Je moderniserai les instances de représentation du personnel. Je prône un dialogue social rénové.
Je supprimerai définitivement les 35 heures.
Je faciliterai les nouvelles façons de travailler qui répondent aux aspirations de nos concitoyens, notamment en créant un statut de travailleur indépendant.

Rallumer le moteur de l’économie, c’est aussi nous doter des outils indispensables dans l’économie de la connaissance.
Nous prenons du retard dans la compétition mondiale.
Ce n’est pas une question de moyens. Je veux donner plus d’autonomie aux établissements, mettre le paquet sur l’apprentissage, réformer en profondeur la formation professionnelle.

Je veux réformer notre sphère publique.

Il nous faut un Etat agile, un Etat stratège, un Etat moderne, qui protège quand c’est nécessaire, mais surtout qui accompagne, qui facilite.
Un Etat qui profite de la révolution numérique pour se réformer et rendre un meilleur service aux citoyens.
C’est aussi ce que veulent les fonctionnaires. C’est pour cet idéal qu’ils se sont engagés dans le service public, pas pour peupler des administrations sans moyens et démotivées.

Le rôle de l’administration n’est pas de se méfier des citoyens et des entreprises. L’efficacité de son action ne doit pas s’évaluer au nombre d’interdictions et de contrôles qu’elle édicte.
Son pouvoir ne doit pas se mesurer aux crédits budgétaires qu’elle obtient.
Je veux que notre sphère publique redevienne un atout pour la France.
Je veux que ses agents redeviennent fiers de leur mission car elle est éminemment noble !

L’enjeu de toutes ces mesures, c’est le redressement !

Je ne propose aucun sacrifice. Les sacrifices, c’est maintenant que les Français en souffrent.
C’est maintenant que les hôpitaux sont désorganisés par les 35 heures.
C’est maintenant que les chômeurs de longue durée ont perdu l’espoir.
C’est maintenant qu’une partie de notre jeunesse est rongée par le fatalisme.

Le redressement bénéficiera à tous !
Il permettra davantage de solidarité pour ceux qui en ont réellement besoin.
Il nous permettra de redonner du pouvoir d’achat.
Il nous permettra d’augmenter les petites retraites.
Il nous permettra d’agir plus efficacement en faveur des personnes handicapées.
Il nous permettra de dégager plus de ressources pour lutter contre la pauvreté.
Il offrira aux nouvelles générations un avenir de progrès.

Le redressement nous permettra aussi de réduire l’une des inégalités qui fracturent notre nation : l’inégalité territoriale.
Il y a, dans notre pays, des territoires qui se sentent oubliés par la République.
Ce sont tous ces territoires ruraux et péri-urbains qui n’intéressent pas beaucoup les médias ni les décideurs nationaux.

Tous ces territoires qui n’ont pas eu la chance de recevoir les milliards des zones dites « prioritaires ».
Tous ceux dont les prétendues « élites » parisiennes se gaussent parfois.
Tous ceux qui se sentent regardés avec dédain, ou, pire, ignorés.
Cette France, elle ne manifeste pas, elle ne casse pas, elle n’agresse pas. Et pourtant elle mérite d’être écoutée !
Cette France, elle en a assez qu’on décide à sa place.
Elle n’a pas apprécié la réforme des rythmes scolaires, quand le gouvernement a dit aux élus locaux : « débrouillez-vous pour que ça marche ».
Elle n’a pas apprécié non plus la réforme régionale et le redécoupage des cantons, imposée sans concertation et avec des résultats calamiteux.
C’est un sujet que l’on connaît bien à Clermont, qui n’est plus une capitale régionale. Je le dis clairement : Clermont doit continuer de devenir plus forte.
Une réforme des régions qui n’aurait pas pour but de rendre chaque partie plus forte qu’auparavant n’aurait aucun sens !

Paris décide, la Province exécute : voilà la devise de la gauche aujourd’hui.
Une gauche pour qui le chômage et la pauvreté n’existent que dans les « quartiers ».
Une gauche pour qui la création d’emplois, de richesses, l’innovation, le dynamisme culturel même, tout cela ne peut venir que des grandes agglomérations. Parce que « le socialisme, c’est la ville » comme disait François Mitterrand.
Ce n’est pas ma vision de la France.
Moi je ne vois pas la France comme une carte de l’INSEE, avec des grandes métropoles et juste du vide entre elles.
Moi je ne prétends pas, comme l’a dit la maire de Paris, que pour construire l’avenir, ce sont les villes qui doivent « donner le la ».
Je n’affirme pas que le destin de notre pays réside dans les « villes monde », comme disent les technocrates branchés.

Les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, je les connais.
Je sais qu’elles sont réelles.
Je les ai vues pendant mes cinq années de rencontres à travers la France.
Je les ai vécues en tant que maire de ma commune et président d’une petite intercommunalité rurale.
Ma ligne d’horizon ne s’arrête pas aux périphériques des métropoles. Je ne suis pas une plante hors sol mise en pot dans les grandes écoles, accrochée à un tuteur puis arrosée à l’ombre des palais de la République.
Moi j’ai « poussé en liberté », dans la ruralité. Mon école, cela été la vie municipale à Sablé-sur-Sarthe. Mon tuteur, cela été mon enracinement, le point de départ de mon engagement.

Nous devons en être conscients : depuis 20 ans, la désindustrialisation et la métropolisation ont profondément affaiblit les territoires périurbains et ruraux.
Un écart insupportable s’est installé entre des territoires urbains riches et dynamiques, qui captent l’essentiel des bienfaits de la mondialisation, et des territoires qui cumulent un nombre croissant de handicaps.
L’érosion démographique, le déclin des centres-villes, le retrait des services publics, la fermeture des commerces de proximité, le manque de transports, l’enclavement numérique, les déserts médicaux, la dégradation des logements : tout cela crée une véritable fracture territoriale.

C’est l’unité même de la France qui est menacée. Mieux que cela, c’est une certaine idée de la France qui est mise en péril.

Ces territoires composent les trois-quarts de notre pays et rassemblent plus du tiers de la population nationale, et même 60% si l’on y ajoute la population des villes moyennes.
Le redressement économique doit bénéficier à tous !
Il ne concerne pas que les villes et les métropoles.
La France est partout. Il n’y a pas de territoires qui méritent plus de prospérité que d’autres. Dans la République, chaque Français a droit aux mêmes opportunités.

Il y a du courage, dans ces territoires. Beaucoup de courage !
Et je veux rendre hommage à tous ces Français anonymes qui aiment leur terre, leur village, qui se battent avec courage.
Le courage de cet éleveur morbihannais qui travaille 70 heures par semaine sans être certain de se payer à la fin du mois.
Le courage de ce gérant d’un café dans le Gard qui a été braqué trois fois en une seule année, dont les recettes ne cessent de diminuer mais qui tant qu’il le pourra, ouvrira au petit matin.
Le courage de cette infirmière à domicile en Lozère, courant d’un patient à l’autre, parcourant son canton de long en large toute la semaine et trouvant quand même le temps d’entraîner les jeunes au foot le week-end.
Le courage de nos élus ruraux, toutes celles et ceux qui se démènent pour trouver des solutions, du centre périscolaire qu’il faut agrandir à la toiture de l’église qu’il faut entretenir, en passant par les réponses de l’administration qu’il faut obtenir.
Le courage des Clermontois, qui ne se résignent pas au départ des entreprises et qui restent combatifs. L’Auvergne est une région où on ne se résigne pas, où l’on entreprend depuis toujours, où l’on est prêt à aller très loin pour construire son avenir.

Je veux dire à ces Français courageux que nous ne les laisserons pas tomber.
Je veux faire de la lutte contre l’inégalité territoriale une grande cause nationale. Mais je ne vais pas promettre un monceau de subventions, et de l’argent que nous n’avons pas.

Et d’ailleurs, que demandent ces territoires ?
Ils ne demandent pas de la charité : ils demandent de la liberté !
Ils ont des atouts et veulent pouvoir les mettre en valeur.
Ils veulent pouvoir reprendre en mains leur destin.
Ils veulent être considérés, respectés.
Je propose donc une véritable libération des territoires. La « révolution du bon sens » qui inspire l’ensemble de mon projet, elle vaut en priorité pour eux.

Alors bien sûr, il y a des fondamentaux, sans lesquelles cette libération ne sera pas possible.

Le premier, c’est le désenclavement.
Désenclavement par les transports, tout d’abord, notamment le train. Et je sais que c’est un sujet crucial pour Clermont : à quoi sert d’avoir une gare neuve si les trains rapides ne s’y arrêtent pas ? Clermont a trop souffert de l’abandon des politiques d’infrastructures, à la différence de ses métropoles voisines de Lyon et Bordeaux.

Désenclavement par le numérique, également.
Il est indispensable que tous les territoires puissent profiter des opportunités de la tertiarisation de l’économie.
Il faut que davantage d’entreprises pérennes puissent se créer dans ces territoires, et que les entreprises métropolitaines puissent y délocaliser plus facilement certains de leurs services.
Pour cela, je veux réaliser le Très Haut Débit fixe et mobile d’ici à 2022, et lancer dès que possible un « Plan 5G ».
Je sais que l’écosystème numérique de Clermont est dynamique. Certaines de ses startups, comme EXOTIC SYSTEMS ou PILOTER SA FERME, sont en train de contribuer à la révolution numérique de l’agriculture. Voilà une manière exemplaire d’activer les atouts de la région !
Voilà ce que nous devons encourager et rendre accessible à tous les territoires !

Le deuxième axe fondamental, c’est l’accès aux soins.
Il n’est pas acceptable que, dans un pays qui dispose de l’une des meilleures médecines au monde, certains renoncent à se soigner parce que le médecin est trop loin, parce qu’après le départ à la retraite du dernier généraliste, c’est la pharmacie de la commune qui a tiré le rideau.
Je ferai de la lutte contre les déserts médicaux une priorité de mon quinquennat.
Nous adapterons le numerus clausus aux réalités régionales.
Nous intensifierons la création de maisons de santé pluridisciplinaires et des structures d’urgences pour les premiers soins.
Nous construirons une véritable offre de télémédecine sur tout le territoire.
Et puis bien sûr, nous simplifierons la vie des professionnels de santé.
Car ce n’est pas en continuant à bureaucratiser l’exercice de la médecine libérale que nous susciterons de nouvelles vocations. Et ce n’est pas en alourdissant le cahier des charges des maisons médicales que nous attirerons de nouveaux médecins dans nos petites communes.

Le troisième de ces fondamentaux, c’est l’accès aux services en général : l’accès à la Poste, à une boulangerie, à un bureau de tabac, la possibilité de recevoir une écoute, une aide aux démarches.
Pour cela, il faut notamment développer les maisons de services publics.
Mais il faut surtout éviter les grands plans nationaux uniformes, standardisés et souvent non financés : je veux, au contraire, faciliter les initiatives locales.
Car oui, des initiatives locales, il y en a ! Elles sont même incroyablement nombreuses, inventives. !
Mais elles se heurtent trop souvent à la rigidité des règles, des normes venues d’en haut, qui sont souvent inadaptées à la diversité des contextes.
On parle beaucoup de subsidiarité pour l’Europe mais pas assez pour les territoires de la République : laissons faire les acteurs locaux ce qu’ils savent mieux faire que les acteurs nationaux !

Nos artisans, nos commerçants, nos agriculteurs, nos entrepreneurs n’ont pas besoin qu’on les assiste : ils demandent qu’on baisse massivement les charges sur les entreprises.
C’est ce que je ferai, et cela bénéficiera directement au tissu de TPE et de PME qui constitue l’ossature économique de nos territoires.
Je veux libérer les énergies rurales en supprimant les contraintes inutiles, en assouplissant l’application des normes aux territoires ruraux grâce à un principe d’adaptabilité qui sera confié aux collectivités.
Je veux faciliter les financements, faciliter la créativité.
Liberté de créer, liberté d’innover, liberté de décider : c’est d’abord de liberté qu’a besoin notre ruralité !
Et je suis le seul, dans cette campagne électorale, à la défendre ainsi.

Que proposent mes principaux concurrents ?
De supprimer les régions et de revenir sur plus de trente ans de décentralisation comme le veut Madame Le Pen.
De supprimer la taxe d’habitation pour une majorité de Français, comme le promet Monsieur Macron, ce qui plomberait les budgets des petites communes et gèlerait leurs projets en les privant d’une de leurs principales ressources.
Faut-il être à ce point ignorant des réalités locales !
Et faut-il être à ce point désinvolte avec la situation des finances publiques. Où M. Macron ira-t-il chercher l’argent pour tenir cette promesse démagogique ? Pas dans les caisses de l’Etat, elles sont vides. Il ira les chercher là où vont toujours les socialistes : dans la poche du contribuable.

Entre le jacobinisme d’un Front national déconnecté et le parisianisme d’une gauche déracinée, il n’y a que nous pour défendre la ruralité.
Il n’y a que nous pour défendre ses libertés face à un Etat qui veut être partout, et que je suis le seul à vouloir réformer.
Il n’y a que nous qui puissions défendre la vitalité de notre espace rural face à cette écologie radicalisée qui veut tout interdire, tout vitrifier.
Je dis d’ailleurs à ceux qui se targuent de défendre la ruralité : cessez de ruser, sortez des fourrées de l’ambiguïté. Soit c’est la défense des agriculteurs, des éleveurs, des chasseurs et de nos territoires ruraux, soit c’est l’écologie radicale. Entre les deux, il faut choisir.
Moi je choisis une voie raisonnable qui concilie les hommes et la nature, et non l’un contre l’autre.

La ruralité est une chance.
Cette ruralité qui a façonné les Auvergnats que vous êtes, comme le Sarthois que je suis.
Cette ruralité qui a fondé le peuple que nous sommes.
Oui, je suis fier d’être un enfant de la ruralité !
Je suis fier de ce qu’elle m’a transmis : une culture, des traditions, des racines, tous ces liens du sol qui, loin de nous emprisonner, nous relient à ces générations de paysans limousins, provençaux ou vendéens qui ont fait la France à la sueur de leur front, en suivant leur sillon.

La ruralité à laquelle je crois, celle qui m’a vu grandir, celle que j’ai toujours servie dans ma commune, mon département puis ma région, cette ruralité n’est pas une ruralité fantasmée, une image d’Epinal, le vestige d’un passé qui n’a jamais existé.
Ce n’est pas non plus une ruralité sacrifiée sur l’autel d’une fausse modernité.
Pour moi, la ruralité est un réservoir de vie, celui dans lequel la France a toujours puisé pour avancer, des grandes révolutions agricoles aux nouvelles opportunités énergétiques et économiques qu’offrent nos territoires ruraux, en passant par le développement des premières usines à la campagne, la diversification et la modernisation de notre économie rurale.

Cette économie rurale, j’y suis particulièrement attaché. Car c’est une économie enracinée. Un pays sans racines, un pays sans identité, c’est un pays où il n’y a plus rien à partager, où il n’y a plus rien à aimer.
Alors soyons fiers de notre ruralité. Elle est ce que notre pays a en plus : une incroyable diversité de terroirs et de territoires, une somme d’enracinements personnels qui est indissociable de notre attachement commun pour la France.

Mais il y a un sujet dont oublie trop souvent, lorsqu’on parle de ruralité : c’est la sécurité.
Là non plus, on ne dit pas les choses. On tente de cacher la réalité derrière des mots ou des statistiques qui ne veulent rien dire.
Dans une petite ville, l’augmentation des faits de délinquance de 2% peut paraitre faible pour un expert qui regarde cela de loin. Mais sur le terrain, pour les habitants, c’est parfois un choc.
Lorsque des gens du voyage arrivent dans une petite commune, qu’ils s’installent sur le terrain de football, alors qu’il existe une aire d’accueil à quelques centaines de mètres, qu’ils dégradent des équipements financés par le contribuable, ce n’est pas un problème de vivre-ensemble : c’est de la délinquance, et la délinquance, on la sanctionne !
Je veux une politique ferme qui s’appliquera sur tous les territoires.
La République est partout chez elle.
Et pour faire respecter ses lois dans nos communes rurales, nous renforcerons les moyens nécessaires, en mobilisant, par exemple, dans chaque intercommunalité, des réservistes de la Gendarmerie Nationale, placés sous l’autorité opérationnelle du commandant de brigade.
Pour nos villes moyennes, je veux le développement des polices municipales qui doivent être armées, qui doivent pouvoir procéder à des contrôles d’identité, qui doivent être mieux coordonnées avec nos forces de police ou de gendarmerie.

Durant cette présidentielle certains oublient un peu rapidement que nous sommes en état d’urgence.
Je l’ai dit et je le répète, nous sommes face à un nouveau totalitarisme : le totalitarisme islamique qui s’appuie sur une idéologie, sur une armée, sur des réseaux…
Désormais, c’est presque chaque jour qu’un attentat a lieu ou est déjoué en Europe. A partir de quel stade de chaos nos dirigeants et mes concurrents prendront-ils conscience de la gravité de la situation ?
L’état d’urgence doit être maintenu. Et nous devons être intransigeants avec ceux qui se rendent coupables d’intelligence avec l’ennemi ou de complaisance avec des mouvances intégristes.
Ils doivent être condamnés et déchus de leur nationalité s’ils sont français.
Nous devons lutter contre cette idéologie qui gangrène l’islam en France et nuit à la majorité de nos concitoyens musulmans qui veulent vivre en paix.
C’est pourquoi je veux que le culte musulman soit soumis à un contrôle administratif serré le temps qui sera nécessaire pour qu’il s’ancre fermement dans la République comme toutes les autres religions.

Nous voyons bien qu’actuellement quelques chose craque dans notre société, dans notre République.
Des repères se sont perdus. Je veux les restaurer.
Je veux protéger la famille, je veux qu’elle soit respectée.
Je défendrai le droit de l’enfant, et non le droit à l’enfant.
Je veux que les familles accueillant le handicap et l’autisme soient épaulées.
La famille doit être encouragée : je rétablirai l’universalité des allocations familiales et je relèverai le plafond du quotient familial à 3000 euros.

Il y aussi l’école. L’Ecole de la République française.
Avec leur jargon prétentieux et leurs méthodes ubuesques, les pédagogues ont saboté la plus belle institution de notre République !
Il est temps de retrouver un peu de bon sens.
L’école sert à apprendre à lire, à écrire, à compter. Il faut la recentrer sur les savoirs fondamentaux.
L’Ecole doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.
L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.
Je propose que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous ensemble, tous égaux. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

Pas de République sans intégration.
Avec 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, je veux une immigration réduite à son strict minimum.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.
C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.
Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits. Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Mes chers amis,
Dans la dernière ligne droite, j’ai besoin de vous !
Assumez vos convictions. Ne vous laissez pas intimider.
Aidez-moi à faire triompher la liberté, l’optimisme et la fierté d’être français !
Aidez-moi à contrer les mensonges. Aidez-moi à convaincre ceux qui hésitent encore.
Agissez, parlez. A vos amis, dans vos familles, sur les réseaux sociaux dites autour de vous que le redressement national est possible, qu’il est urgent, qu’il sera porteur de progrès et d’espoir !
Foncez dans la bataille des convictions, soyez les porte-paroles de la France qui résiste, soyez les fers de lance de la nation qui se rassemble et qui s’élance vers la liberté et la grandeur.

Vive la République, vive la France !


François Fillon, le 7 avril 2017 à Clermont-Ferrand.

Source : www.fillon2017.fr
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 06:43

« L’extrême gauche et l’extrême droite se rejoignent dans un autoritarisme et une démagogie économiques qui achèveraient définitivement le pays. Pensez-vous une seconde que le retour au franc renforcerait la France ? En vérité, ce serait le chaos économique avec une remontée brutale des taux d’intérêts qui se répercuteraient sur tous les Français. » (François Fillon, le 7 mars 2017).


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Le premier point des cent quarante-quatre propositions de la candidate Marine Le Pen à l’élection présidentielle présentées le 1er février 2017 (lisibles ici) remet en cause l’appartenance de la France à l’Union Européenne et à la zone euro. Quitter l’Europe provoquerait pourtant une véritable catastrophe économique et sociale pour les Français.

Marine Le Pen voudrait faire un référendum sur cette question alors qu’elle a été déjà tranchée le 20 septembre 1992 par 26 696 626 Français votants avec 51,0% de "oui".

La sortie de la zone euro aurait en effet des conséquences désastreuses sur le pouvoir d’achat des Français, notamment des salariés et des épargnants. C’est ce qu’en pense son concurrent François Fillon.

La valeur de la nouvelle monnaie serait dévaluée de 20% par rapport à l’euro que la France abandonnerait. Cela signifierait que les 100 francs ressuscités ne vaudraient plus que 80 euros. De nombreux prix augmenteraient automatiquement dépendant de l’euro ou du dollar : le litre d’essence passerait de 1,50 euro à 1,80 euro, beaucoup de biens d’importation (ordinateurs, smartphones) augmenteraient très fortement. La perte du pouvoir d’achat due à une sortie de la zone euro a été estimée à environ 2 000 euros par an et par Français.

La dette publique, actuellement de 2 200 milliards d’euros, exploserait en cas de sortie de la zone euro et de dévaluation de la nouvelle monnaie. Ce seraient les ménages français qui devraient alors payer l’augmentation car la France ne pourrait plus emprunter de l’argent sans auparavant avoir réduit drastiquement ses dépenses publiques ou augmenter massivement ses impôts et taxes pour financer les services publics.

Les taux d’intérêts s’enflammeraient en France en cas de sortie de la zone euro car de moins en moins d’organismes ne voudraient prêter à une France qui laisserait courir sa dette publique. Un crédit immobilier de 150 000 euros sur 15 ans coûterait 44 000 euros au lieu de 25 000 euros.

De même, les épargnants verraient leur épargne diminuer de 20%, soit une perte de 2 000 euros pour un livret d’épargne de 10 000 euros.

Les forts taux d’intérêts pénaliseraient également les entreprises qui ne pourraient plus emprunter et donc, ne pourraient plus investir ni créer des emplois, ce qui augmenterait le nombre de faillites. Il a été estimé à 500 000 emplois les pertes dues à une sortie de la zone euro.

Marine Le Pen laisse entendre que la sortie de l’Europe et de la zone euro rendrait la souveraineté à la France. C’est faux. C’est une illusion. Invité de France Inter le 30 mars 2017, le spécialiste des questions européennes Jean Quatremer a évalué à 3 secondes la durée de la souveraineté nationale : c’est le temps que mettait la Banque de France, avant la création de l’euro, pour augmenter ses taux directeurs quand la Deutsche Bank venait d’augmenter les siens… Une guerre commerciale dans laquelle la France serait seule et isolée est vouée à être perdue.

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François Fillon, lors de son meeting le 7 mars 2017 à Orléans, a commenté ainsi le programme de Marine Le Pen : « Pensez-vous une seconde qu’en fermant nos frontières aux produits étrangers, les consommateurs français y trouveraient leur compte ? Pensez-vous une seconde qu’en renonçant à la politique agricole commune, notre agriculture, qui exporte largement ses produits en Europe, résisterait longtemps ? Pensez-vous qu’en revenant à la retraite à 60 ans, les retraités français auront une pension correcte ? La vérité, le programme du FN, c’est la faillite en six mois, et les premiers touchés seront les classes moyennes et populaires, les ouvriers, les agriculteurs et les petits épargnants. ».

François Fillon a d’ailleurs évalué à 150 milliards d’euros les dépenses publiques supplémentaires que proposent Marine Le Pen dans son programme.

Il l’avait déjà constaté le 29 janvier 2017 à la Villette à Paris : « Sortie de l’euro, abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, augmentation du salaire minimum, recrutement illimité de fonctionnaires : le programme du FN, c’est de la dépense publique à n’en plus finir, c’est le programme du parti communiste des années 70 ou celui du front de gauche ! (…) C’est une vieille politique de l’endettement irresponsable, des chèques en bois. C’est une politique de la ruine, ruine pour la France et pour les Français, pour les petits épargnants qui verront leurs économies partir en poussière, pour les petits patrons qui verront leurs charges sociales monter en flèche, pour toute notre économie qui sera attaquée de toutes parts par les nations du monde entier qui n’attendent que notre abaissement pour prendre notre place. ».

Lors de ce grand rassemblement, François Fillon avait rappelé quelques évidences : « Être une grande nation, ce n’est pas être isolé du monde, c’est avoir une position éminente dans la hiérarchie des puissances planétaires. C’est être capable de soutenir la comparaison. Le FN refuse toute comparaison et toute compétition, mais l’histoire du monde est un combat et faire cavalier seul, c’est la garantie de descendre en deuxième division. (…) Je veux une France qui fasse la course en tête. » (29 janvier 2017).

Il avait insisté sur le besoin de redonner de la liberté aux citoyens : « La vérité, vous la connaissez. Le parti du mouvement, c’est nous. Les conservateurs, c’est eux ! Ne nous laissons pas arrêter par la grande conjuration des impuissants. La France n’est pas à leur image. Elle n’a pas besoin de béquilles. Pas besoin de ceintures et de bretelles. Elle a l’énergie qu’il faut pour réussir seule. Nous avons besoin à la fois d’ordre et de mouvement. L’ordre, c’est l’attachement à nos valeurs, à nos principes, à ce qui nous constitue comme national comparable à nulle autre. Le mouvement, c’est l’opportunité de créer, de jouir des fruits de son travail, d’innover, d’inventer des façons d’agir et de s’organiser. Je veux une société de nouvelles libertés où chacun dans son entreprise, son administration, son association, se sent davantage maître de sa vie et plus utile aux autres. » (29 janvier 2017).

Et François Fillon d’en conclure : « Notre économie et notre système social sont au bord de la saturation. Mon diagnostic est lucide. Mes solutions sont réalistes. (…) Contre Madame Le Pen, je suis le rempart d’une France qui a du bon sens, une France qui veut se redresser et pas s’appauvrir derrière ses frontières. » (7 mars 2017).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le nationalisme anti-européen de Marine Le Pen coûtera cher aux Français.
Marine Le Pen, est-elle si clean que ça ?
Que propose Marine Le Pen pour 2017 ?
Le programme de Marine Le Pen pour 2017 (à télécharger).
Fais-moi peur !
Peuple et populismes.
Les valeurs de la République.
Être patriote.
Le débat qui n’a pas eu lieu.
Marine Le Pen en Égypte.
Marine Le Pen contre les droits de l’Homme.
Jean-Marie Le Pen et ses jeux de mots vaseux.
Marion Maréchal-Le Pen.
Marine Le Pen et la faiblesse de ses arguments économiques.
Changement de paradigme.
Piège républicain.
Syndrome bleu marine.
Démagogie 2.0.
Le FN et son idéologie.
Les élections législatives partielles de 2013.
Le choc du 21 avril 2002.
Marine Le Pen candidate.
Le monde des bisounours.
Tout est possible en 2017…
Mathématiques militantes.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170406-marine-le-pen.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/marine-le-pen-et-son-nationalisme-191549

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/07/35141594.htmll

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 00:45

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Message de Nicolas Sarkozy aux Français

Au moment où prend fin un quinquennat marqué par l'échec économique, la perte d'autorité de l'Etat et l’affaiblissement de la France dans le monde, notre pays et l'Europe font face à des risques majeurs pour leur avenir. L’ampleur des défis qui nous attendent est considérable. Pour les relever, nous avons besoin d’un plan de redressement puissant, cohérent et juste qui apporte des solutions au décrochage de la France et aux angoisses de millions de nos concitoyens.

A l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, chaque voix comptera. Tout doit être mis en œuvre pour éviter aux Français de n’avoir le choix au second tour qu’entre deux aventures sans issue : celle d’une nouvelle illusion portée par un candidat dont la responsabilité dans les échecs économiques de l’actuel quinquennat est clairement établie ; l’autre alimentée par l’irresponsabilité et la démagogie qui conduirait à des conséquences catastrophiques pour le niveau de vie des Français et pour l’avenir de l’Europe.

Dans ce contexte, le rassemblement au service d’une alternance franche et crédible est un devoir pour chacun de ceux qui partagent nos valeurs. C’est la condition d’un retour de la confiance. Il n’y a plus de place pour les hésitations ou les états d’âme. François Fillon est le seul parmi les candidats à avoir l’expérience qui lui permettra d’incarner et de réussir l’alternance dont la France a tant besoin.

J'appelle donc tous les Français à se mobiliser pour la victoire des idées de la droite républicaine et du centre, les seules en mesure de permettre le redressement de la France.

Nicolas Sarkozy, le 7 avril 2017.


 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 23:54

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Discours de François Fillon le 6 avril 2017 à Strasbourg

Mes amis,
Je retrouve Strasbourg et les militants de la France avec la détermination de vaincre.
Je suis la cible d’un acharnement impitoyable. Mais ce qui ne tue pas rend plus fort, et cette force je vous la donne et je la mettrai au service des Français qui ont bien besoin d’un Chef d’Etat après la présidence hésitante de François Hollande.
Merci pour votre résistance et pour votre fidélité. On voudrait vous faire taire, vous voir marcher à l’ombre. Mais partout dans notre pays, je vois grandir cette volonté d’être respecté et de percuter les prétendus scénarios écrits d’avance.
Vous verrez, le peuple français est libre et le moment venu son verdict en surprendra plus d’un.
Du fond du cœur, merci à vous tous, merci aux élus qui m’accompagnent…

A l’hôtel de ville de Strasbourg, Rouget de L’Isle chanta la Marseillaise pour la première fois.
Je suis venu à Strasbourg vous parler de la culture que nous avons en partage, de nos racines, de notre histoire et des liens qui tissent notre sentiment national.
La place Kléber rappelle qu’au lendemain de la Révolution française, l’Alsace a donné à la jeune République française ses officiers les plus intrépides à la tête des armées de Moselle ou du Rhin.
A Valmy, Longwy, Mayence, elles ont combattu pour les frontières de la nation.
Ici, c’est dans le creuset de la République que s’est fondue la réconciliation des communautés juives, protestantes et catholiques.
La nation française vient de loin, soutenue par l’ardeur et la bravoure d’une longue lignée de paysans, de héros, de scientifiques, d’artistes…
Il y a un étrange tabou dans notre pays.
On n’ose plus prononcer les mots « nation », « patrie », « racines », « culture ».
Ceux qui devraient être les plus beaux mots de la langue française sont devenus des mots qu’on prononce à voix basse.
On est priés de se faire discrets.

Comment en sommes-nous arrivés là ?
Par quelle faiblesse de l’esprit peut-on en arriver à dire « je ne connais
pas d’art français !», et « il n’y a pas de culture française » ? Quel somnifère idéologique peut bien aveugler M.Macron lorsqu’il dit des choses pareilles ?
Ne nous trompons pas de combat. Je ne vous parle pas, comme Marine le Pen, de mondialisation.
La mondialisation n’est pas une idéologie, c’est une réalité.
Qu’elle ait des conséquences, oui. Qu’elle nous oblige à nous transformer pour rester dans la compétition, oui ! Je ne suis pas naïf. Mais la solution, ça ne sera jamais de se retrancher derrière sa ligne Maginot et de renoncer à se battre en attendant la prochaine défaite ! Je crois profondément que la France est un acteur majeur du monde d’aujourd’hui, qu’elle a son mot à dire et des armes pour se défendre.

L’idéologie que je combats est plus pernicieuse. Elle prône le déni de soi et, pour certains, la haine de soi. Elle voit dans notre culture un accessoire honteux, dangereux.
Elle a pour nom « multiculturalisme », qui est en réalité un aplatissement culturel.

Depuis 35 ans, cette idéologie nous mine de l’intérieur.
Elle a culpabilisé ceux qui se sentaient patriotes.
Elle leur a fait croire qu’aimer leur pays, c’était exercer une forme de rejet des autres. Que ce sentiment était honteux. Et qu’un pays, ce n’était rien d’autre qu’un agrégat d’individus.
Ce discours pénitentiel, je n’en veux plus !
Il fait douter les Français d’eux-mêmes. Il les fait douter de l’avenir de leur nation.
Je dénonce cette idéologie, ce nihilisme qui ne porte aucun progrès collectif, qui tue les âmes.
Comment peut-on s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture et pas d’identité ?
Comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a
rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

Ce type de discours qui condamne notre héritage commun est irresponsable.
Pire, il a fait de nous la proie idéale de l’islamisme radical, qui a bien compris que c’était le talon d’Achille de l’occident.
Il mise sur les droits consentis par les sociétés occidentales pour les retourner contre elles.
Il instrumentalise nos valeurs humanistes pour mieux les nier.
Si nous esquissons la moindre réaction, il crie à la victimisation et la discrimination.
Cette aberration, c’est notre lâcheté qui l’a rendue possible.
Lorsque nous avons reculé devant des revendications communautaires au nom d’un prétendu droit à la différence, nous avons été infidèles à nous-mêmes, infidèles à la citoyenneté, infidèles à l’égalité, à la fraternité. Car par-delà nos origines, nos religions, nos régions, nous sommes d’abord et avant tout, français.
Je veux porter la voix de ces millions de Français qui sont fiers de leur pays. Qui veulent former une nation rassemblée. Qui veulent réussir ensemble.
Nous devons nous réveiller et protéger notre civilisation.

« Plutôt la barbarie que l’ennui », le mot de Théophile Gautier, résonne dangereusement à nos oreilles. Il nous met en garde contre les deux dérives qui guettent notre civilisation :
– celle de la barbarie d’un Islam dévoyé qui a juré notre ruine
les joyaux de sa propre culture, ses monuments, ses bibliothèques, son héritage millénaire ;
et détruit
– celle de l’ennui, « qui dans un bâillement, avalerait le monde » selon Baudelaire.
Aujourd’hui, la situation nous commande d’être fermes contre la barbarie et de rester éveiller face aux sirènes des extrémismes, ceux de l’extrême droite, de l’extrême gauche, ou la démagogie de l’extrême- centre.
Il n’y a pas de nation aux mouvements aussi imprévisibles que la nôtre, capable de faire alterner aussi rapidement les « cimes et les abîmes ». Nous sommes à une de ces heures de vérité : plutôt que les frissons éphémères, je vous propose de redresser la France !
Depuis le début de cette campagne, je suis le seul à dire combien il est urgent de parler de transmission, d’histoire, de patrimoine et de culture. Qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose, l’incarnation d’une transmission ?

La transmission est un fil d’or qui court de générations en générations. La transmission c’est passer le flambeau de main en main et préserver notre humanité de l’obscurantisme.
Quand une société se dit « à quoi bon transmettre », c’est le signe qu’elle se résout à sa fin.
Qu’elle s’enferme dans un égoïsme de court terme qui sacrifie le devenir des générations futures.
Comment réchauffer l’âme française, comment la partager, la faire aimer ? C’est l’une des questions centrales de cette élection.
J’y réponds en refondant notre République à partir de l’école, de la famille, de la culture.
Je propose d’incarner la Nation dans un récit national.
Parce que « Liberté Egalite Fraternité », ce ne sont pas des règles de management que l’on grave sur le fronton des mairies!
La liberté, c’est Jeanne d’Arc, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, le Général de Gaulle !
L’égalité, c’est Olympe de Gouges, Rousseau, Jules Ferry !
La fraternité, c’est l’abbé Pierre, ce sont les médecins sans frontière ! La nation, ce sont ses héros et ses héroïnes.
Nous avons perdu le fil de notre histoire en oubliant qu’elle a été
incarnée et que nous sommes les héritiers d’hommes et de femmes qui ont auréolé la France de leur courage.
Je suis le seul à dénoncer les failles de notre système éducatif.
Les 12 millions d’élèves français, on leur apprend l’Histoire à l’envers, l’histoire parcellaire !

Pendant ce temps, les enfants chinois apprennent par cœur la liste des dynasties qui ont régné sur leur pays durant trois mille ans et ressentent la fierté d’appartenir à une grande civilisation.
Nous devons redécouvrir notre héritage historique.
Je veux sauvegarder, d’urgence, l’apprentissage de la langue, de la syntaxe, de l’orthographe, de la littérature.

Je veux revoir l’enseignement de l’Histoire à l’école primaire afin que l’on n’apprenne pas aux enfants à douter en premier, à comprendre le passé ensuite.
Si on veut former des citoyens capables de prendre avec recul une thèse révisionniste lue sur Internet, capables aussi d’adhérer à des projets politiques de long terme, l’école ne doit pas renoncer à faire le récit de la nation.
Que proposent mes adversaires ?
Chez Hamon, Mélenchon, Le Pen, la nation est une réalité hors sol, qui vit en autarcie avec des règles utopiques.
Chez Emmanuel Macron, le concept national est démodé ; la France de
demain, c’est un gigantesque espace de co-working où chacun vaque à ses occupations. L’histoire française est trop étroite. L’identité est un carcan. L’héritage est un frein.
En Marche, c’est l’idéologie du bougisme, qui se déclare ennemie de toute forme de permanence.

Contre le passé, contre l’expérience partagée, contre l’idée même d’une culture française, il propose la circulation, la pluralité, la fascination d’une mobilité universelle.
Moi, plutôt que le déni de soi, je propose la connaissance de soi. Plutôt que la négation des racines, je propose la mémoire partagée !
Plutôt que le marketing du vide : je propose l’appropriation d’une vérité dans les cœurs.
Mes amis,
Avec cette campagne présidentielle, retissons le fil rompu.
J’invite les Français à l’aventure la plus passionnante qui nous soit donnée : nous plonger dans notre culture et nos savoirs.
Je les invite à vivre le projet de Charles Péguy, celui d’une culture « incorporée dans chaque citoyen français»
Pour cela, je veux que l’on aborde la culture française avec la largeur de vue d’un Malraux, la curiosité de Michel Leiris, la passion militante d’Albert Camus !
Où commence, où s’arrête la culture ? Elle commence quand les superstitions, les mythes, les coutumes sortent de la nuit pour devenir littérature, religion, peinture, art, spectacle.
Cette alchimie accompagne les aléas de l’Histoire.
Les cultures vivent, prospèrent ou meurent ; c’est une longue marche vers l’inconnu.

Elles peuvent disparaître sous les sables, couler au fond des mers, périr par les flammes.
Mais elles meurent surtout de barbarie et d’indifférence. Comme Palmyre en 2016.
Tous les islamistes du monde pourront toujours détruire le grand arc triomphal et le lion d’Athéna, jamais ils ne détruiront ce que cette civilisation a apporté d’original et d’unique.
C’est en étant le plus unique que l’on devient le plus universel, parce qu’irremplaçable.
Je ne crois pas aux génies apatrides.
Le général de Gaulle disait qu’« au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote ». Les grands succès sont toujours nourris par une éducation, une mémoire et des valeurs qui guident les peuples. Les grandes cultures sont d’abord issues du génie des peuples. Elles naissent là où la géographie et l’histoire leur ont permis de prendre racine, et où l’intelligence et la création ont élu leur terre promise.
La culture chinoise n’a rien à voir avec la culture turque ; la française ne ressemble pas à l’indienne; pas plus que l’anglaise à la russe. Chacune est une exception et vient du tréfonds d’un peuple.
La Culture est l’air que nous respirons. Elle est ce que nous sommes.
La Culture française est née de vingt siècles de recherche d’un équilibre singulier entre la passion et la raison, entre les racines et le ciel, entre la différence et l’universalité.

Qu’ont de commun Pascal et Voltaire, Hugo et Claudel, Poussin et Manet, Mansart et le Corbusier?
Ils ont en partage cette certitude qu’il nous appartient, à nous Français, de parachever le monde en y mettant de la raison, de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
Le progrès a toujours pour origine un patrimoine, une somme de connaissances, un savoir-faire, sur lesquels les siècles à venir viennent prendre racine.
Qui n’aime pas sa culture, ou y est indifférent, ne pourra jamais se dire moderne.
Il existe une voie française de la Culture qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre.
Sa survie nous concerne tous.
Nous devons transmettre la terre de Richelieu, la langue de Victor Hugo, la raison de Montesquieu, la vision de Claude Monet et de tous ceux qui ont vécu, aimé et défendu la vibration française.
Tant de peuples nous envient !
Avec nos 1000 musées, qui accueillent
deux fois plus de visiteurs que
le reste de l’Europe.
Avec notre patrimoine de 40 000 églises, romanes, gothiques, baroques, classiques, modernistes !
Avec nos châteaux de la Loire, de Versailles, de Fontainebleau, du Haut-Koenigsbourg !

Avec nos rendez-vous mondiaux, de Cannes à Deauville, d’Avignon à Montpellier, de Arles à Angoulême.
83 millions de visiteurs étrangers sont venus l’an dernier voir notre patrimoine et jouir de notre art de vivre. Eux ne doutent pas de ce que nous sommes.
Cette attention nous oblige.
Ne cédons pas un pouce de notre rang et de notre influence intellectuelle.
Le monde nous envie notre culture brillante.
Mais le modèle culturel français, c’est plus que cela : c’est la conviction que la culture doit être un service public, qu’elle se diffuse et s’apprend, et pour être légitime, qu’elle doit être partout accessible à tout un peuple. Je veux refonder notre politique culturelle
Via l’éducation, d’abord.
En intégrant mieux l’enseignement des arts aux cursus éducatifs dès l’école maternelle.
En articulant mieux l’histoire de l’art et l’histoire générale au collège et au lycée.
Donnons-nous les moyens de protéger notre patrimoine.
Je propose un engagement fort de l’État, de 400 millions d’euros par an sur 5 ans pour restaurer et mettre fin à la dégradation des monuments et objets d’art.

Enfin, aidons le ministère de la Culture à rester le moteur de notre modèle culturel.
Depuis Malraux, le travail accompli a été considérable. Il a servi d’exemple à d’autres pays.
Il y eu des défis, comme l’irruption des collectivités locales et des industries culturelles.
L’irruption du mécénat, aussi, qui s’est imposé comme une pratique complémentaire de l’action de l’Etat. Recourir au mécénat est stratégique pour pouvoir conserver le patrimoine historique français en bon état.
Trop de préventions et de distorsions entre public et privé l’empêchent encore de trouver toute sa place. Ayons le courage de conduire un vrai travail d’harmonisation, et de définir comment le secteur culturel privé peut trouver sa place.
Dans ce pays qui a vu naître la figure de l’intellectuel, ce serait être infidèles à notre histoire que de penser que nous n’avons plus besoin d’éclaireurs ni de beaux esprits.
Si je suis élu, je souhaite que les intellectuels retrouvent le chemin de l’Elysée, pour que ceux qui sont engagés dans l’action puissent s’appuyer sur ceux qui l’observent et la pensent.
Faire la différence entre la pensée et l’information, la séquence et la permanence : les intellectuels ont toujours joué ce rôle en France.

Enfin, défendons notre langue française, voyageuse, subtile et combattante.
En 2030, il y aura 600 millions de francophones sur notre planète. Y a- t-il plus large horizon pour notre culture ?
Tout notre Projet est là, sur nos étagères, dans nos dictionnaires d’une langue française, portée depuis des siècles par des aventuriers, savants, coopérants, religieux ou militaires.
Elle est notre plus grand atout. Contre l’ensauvagement du monde, les migrations aveugles, les sectarismes communautaires, elle est à la fois une muraille et un phare, une citadelle et un forum.
Cet apprentissage du français qu’en tant que ministre de l’éducation nationale j’avais fait inscrire aux nombres des fondamentaux de l’école primaire, il faut le marteler, l’imposer, le défendre, et toujours et encore le diffuser.
Vous le savez : j’ai proposé à Angela Merkel de bâtir ici, à Strasbourg, une fondation franco-allemande qui rappellera au monde que la Renaissance, la Réforme, l’Humanisme, les Lumières, sont nés de convergences d’esprits et d’artistes continentaux.
Je veux que ce musée célèbre cette saga multi-séculaire.
Je veux qu’il soit vivant, que les œuvres circulent depuis les grands musées européens.
Je veux que le message de l’humanisme européen soit porté par les chefs d’œuvre eux-mêmes car ils sont les plus éloquents.

Et je souhaite que ce soit ici à Strasbourg, capitale de l’Europe, et héritière de la République des Lettres des humanistes, que ce message rayonne.
Notre continent a toujours été un prodigieux foyer de création et de savoir.
Des universités millénaires comme Bologne, la Sorbonne ou Heidelberg ont, au travers de leurs réseaux d’intellectuels, d’artistes et de scientifiques voyageurs, fondé une terre d’éternels pionniers qui relie toutes nos cultures nationales.
Je suis aujourd’hui convaincu que le redressement de l’Union Européenne passe par une prise de conscience culturelle.
Nous avons un patrimoine commun qui forge l’âme de l’Europe. Honorer nos racines, c’est célébrer notre héritage européen, grec, romain, antique, médiéval, chrétien, tout un héritage humaniste qui a illuminé le monde.
Après les atrocités de la première guerre mondiale, il a fallu repenser cet humanisme qu’on avait cru inébranlable.
Le choc de la 2e guerre mondiale fut pire encore.
Après la barbarie incommensurable d’Auschwitz et du Goulag, comment se dire encore humanistes ?
Cet humanisme a été mis à rude épreuve. A deux reprises au XXème siècle, il a bien failli disparaître et l’Europe avec lui.
Et pourtant, l’humanisme européen a survécu aux camps de la mort, là où tant d’artistes de toute l’Europe ont perdu la vie.

Je ne connais pas de message d’espoir plus grand que ce rebond dont la civilisation européenne s’est montrée capable.
Sur les ruines de l’après-guerre, les européens ont accepté, ensemble, de recommencer à écrire de la poésie, à jouer de la musique, et à créer après avoir connu l’abîme.
Cet héritage nous confère une immense responsabilité.
L’Europe est aujourd’hui menacée d’éclatement et de division.
Elle a connu une grave crise économique.
Elle connaît maintenant une grave crise politique.
Si nous nous voulons que la génération suivante voie dans le drapeau bleu étoilé autre chose qu’une parenthèse éphémère, il faut agir vite.
Voici 60 ans que la France construit l’Europe aux côtés des nations européennes.
Cette construction a produit des succès immenses mais aussi révélé des insuffisances criantes.
A sa suite, je propose un constat simple : la construction européenne, c’est l’œuvre des Etats et d’abord l’œuvre de la France et de l’Allemagne.
La réalité de l’Europe, ce sont des Etats, ce sont des Nations.
Le général de Gaulle nous avait pourtant prévenus : « Chaque peuple est différent, avec sa personnalité incomparable. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. »

La priorité, c’est de remettre en route le moteur franco-allemand, en panne depuis 5 ans.
La vérité, c’est que suis le seul candidat de cette campagne à proposer de redémarrer l’Europe de façon réaliste.

Il y a ceux pour qui l’Europe est la source de tous nos maux, le bouc- émissaire idéal de nos impuissances et de nos échecs.
Marine Le Pen, Mélenchon et bien d’autres rêvent d’en finir avec 60 années de coopération, mais pour quoi ? Pour revenir au chacun pour soi face aux sept milliards d’habitants que compte notre monde ?
Que proposent-ils au juste ? Le retour insensé du franc, les 32 heures, les déficits à n’en plus finir ? Prendre le bateau lorsque nos créanciers débarqueront pour réclamer leur dû ?
La fin de l’Europe, c’est plus qu’une infidélité au projet de Jean Monnet et de Robert Schumann. C’est le saut dans le vide. C’est la tentation du pire. Ce n’est pas mon choix.
Je ne suis pas non plus de ceux qui se proclament pro-Européens mais ne veulent rien changer.
M. Macron propose de continuer à rêver l’Europe. Il invite les 27 à rêver ensemble.
Il les appelle à une grande « convention démocratique pour de nouvelles bases ». Il espère qu’un jour, un projet sortira de cette grande méditation contemplative.
Ça, je vous le dit : c’est l’attitude qui a conduit l’Europe dans le mur !

Cinq années d’immobilisme en plus, c’est condamner l’Europe de manière inéluctable.
Le monde attend un sursaut européen et c’est à la France de le porter. Je suis heureux d’assumer ce message ici, dans la capitale de l’Europe. Ici, il y a 70 ans, il n’y avait plus de passerelles au-dessus du Rhin. Puis on a construit le Pont de l’Europe.
Dans quelques jours, on verra le premier tramway enjamber la frontière jusqu’à la gare de Kehl.
Ici plus que partout ailleurs, vous savez tout ce que l’Europe nous a apporté et nous apporte.
La semaine dernière, Theresa May a lancé le Brexit.
Deux jours après, on a vu resurgir des conflits bilatéraux qui avaient disparus au sein de l’Union européenne -sur Gibraltar, sur l’Ecosse… Récemment, le Premier ministre Hongrois, M.Orban, a adressé un questionnaire à ses concitoyens qui n’est rien d’autre qu’un pamphlet officiel contre l’Union européenne…
Nous devons stopper l’éclatement de l’Europe au plus vite.
Je m’engage à être ce chef d’Etat déterminé dont l’Europe a besoin en France. Je m’engage à reprendre l’initiative qui incombe à la France et l’Allemagne depuis le Brexit.
C’est un anniversaire un peu tendu pour le traité de Rome . Pour ses 60 ans, l’Europe est face un choix : réagir ou disparaître.

L’Europe de demain doit être politique et concentrée sur ses priorités stratégiques.
Ma priorité, c’est de faire de la zone euro une véritable puissance économique mondiale, capable d’assurer sa souveraineté économique et sa prospérité.
Pour cela, nous devons doter la zone euro d’un vrai gouvernement économique qui réunira les chefs d’Etat et de gouvernement.
La zone euro renforcée devra se fixer pour objectifs ambitieux d’assurer la convergence fiscale entre ses membres d’ici 2025.
Dans dix ans, je souhaite que nous ayons fait de notre monnaie commune une monnaie de réserve et de règlement, comme la monnaie américaine.
Euro et Dollar doivent avoir la même crédibilité sur la scène financière internationale.
Je suis pour une Europe lucide sur ses intérêts économiques, qui ose pratiquer une préférence européenne pour défendre ses intérêts face àla Chine et aux Etats Unis.

Le commerce est le nouveau champ de bataille de la mondialisation. Prenons-en acte et donnons-nous de nouvelles règles fondées sur un principe de stricte réciprocité. !
La voie européenne, ce n’est pas de se barricader… Mais ce n’est pas non plus de céder à un libre-échange sauvage, sans règles ni contrôles !

Nous devons protéger nos entreprises, nos PME, nos emplois et nos agricultures.
Nous devons cesser de faire des concessions dans les négociations commerciales.
Nous devons refuser les accords de libre-échange qui ne sont pas dans l’intérêt de nos économies et de nos emplois.
Nous devons être aussi rigoureux vis-à-vis des multinationales étrangères qui opèrent sur notre marché que les Américains le sont vis- à-vis de nos entreprises.
Des centaines d’entreprises européennes sont sous la menace de sanctions américaines totalement injustifiées au regard du droit international et des règles européennes. On se souvient de l’amende de 9 milliards de dollars infligée à une banque française pour avoir méconnu la législation américaine. Cela doit cesser.
Nous devons rapidement nous doter des outils nécessaires pour faire respecter nos procédures, nos règles, nos exigences, nos lois fiscales par toutes les multinationales qui veulent opérer sur notre marché intérieur.
En matière de marchés publics, nous devons exiger de nos partenaires une stricte réciprocité.
Il n’est pas acceptable que l’Europe ouvre ses marchés publics à 95 % aux entreprises étrangères alors que ce n’est le cas que de 30% aux Etats-Unis.

Ce n’est pas ici, à Strasbourg, que je vous apprendrai qu’il existe en Europe un capitalisme rhénan, qui a ses singularités et se distingue du néolibéralisme économique qui a cours ailleurs dans le monde ! L’Europe, c’est aussi ça : un modèle d’économie de marché plus respectueux de la protection sociale des travailleurs et de l’environnement.
Oui, il existe bien un modèle économique spécifique à l’Europe. Un modèle fondé sur l’économie de marché, mais qui ne voue pas pour autant une confiance aveugle au marché.
Nous sommes pour la liberté, mais dans un cadre qui serve le bien commun.
En matière économique, soyons aussi exigeants entre nous.
La directive sur les travailleurs détachés a progressivement installé un véritable dumping social entre nos nations.
A l’intérieur de chaque état membre pour un travail égal, le salaire doit être égal et les cotisations sociales aussi. Il faudra renégocier intégralement la directive sur les travailleurs détachés pour faire
respecter ce principe.
Si la négociation n’aboutit pas, nous suspendrons son application sur le territoire national.

J’ai appelé à bâtir en Europe une nouvelle Union de la Sécurité.
Pour répondre à ce défi, nous devons profondément réorganiser Schengen.

Nous devons unir nos forces pour assurer la protection de nos frontières extérieures ; pour traiter ensemble les demandes d’asile et reconduire chez eux ceux qui n’en relèvent pas.
Nous devons aller plus loin, et faire une priorité de la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine.
Réclamer de bénéficier de l’aide européenne d’un côté, et refuser de coopérer avec l’Europe pour lutter contre l’immigration illégale de l’autre, ce n’est plus possible !
L’Europe ne doit pas être une passoire et la France non plus, d’où la nécessité pour nous de développer une politique d’immigration par quotas, une politique qui conditionne les prestations sociales à deux années de présence en France.
Enfin, il reste à construire l’Europe de la défense.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, l’ami américain est en train de replier son parapluie.
Sommes-nous oui ou non des européens prêts à nous défendre, ou sommes-nous simplement des vassaux, des consommateurs, des pacifistes naïfs incapables de protéger la paix ?
Les Européens doivent consacrer à leur Défense les moyens qu’elle mérite : 2% du PIB, la règle est la même pour tous, elle doit être respectée !
Les Européens doivent assurer leur autonomie stratégique, ce qui veut dire qu’il va falloir maintenir sur notre continent une industrie militaire de pointe plutôt que d’acheter systématiquement américain ou russe.

Enfin, il faut que les Européens opèrent ensemble quand leurs intérêts convergent, comme au Sahel.
La France ne peut pas se battre tout le temps toute seule lorsqu’elle défend en réalité les intérêts de tous les européens. Sur ces sujets, clairement, les coopérations bilatérales sont plus réalistes que les grands projets à 27.
C’est la raison pour laquelle nous avons signé le traité de Lancaster House avec les Britanniques en 2010. Il faudra en signer d’autres, avec d’autres pays incontournables, et je pense évidemment à l’Allemagne. Le Brexit, en amputant l’Europe d’un tiers de ses capacités militaires, a renforcé cette évidence : la nouvelle alliance militaire de défense qui permettra à l’Europe de reprendre son destin en main, c’est à la France et l’Allemagne de la construire !
Mais mes amis, tout cela ne sera vraiment possible que si la France est forte chez elle.
Pas de redressement européen sans redressement français !
Pas d’influence française, sans une France puissante.
Une France qui a remis ses finances en ordre. Mon objectif est de réduire de 100 milliards d’euros en 5 ans nos dépenses publiques pour éviter la faillite.
Un France qui a libéré son économie et libéré l’emploi. Je baisserai massivement les charges sur les entreprises ; je sortirai des 35 heures et assouplirai le marché du travail pour conquérir le plein emploi.

Une France qui a restauré l’autorité de la République.
Je rétablirai les peines planchers, je moderniserai nos forces de police et de gendarmerie et je les soutiendrai car elles méritent le respect. Pour l’Europe, je veux une France debout, une France qui a rallumé le meilleur moteur de l’action : je veux parler de ce qu’il y a dans votre cœur, je veux parler de la fierté nationale !

Soyez fiers mes amis d’être français.
Soyez fiers de votre culture, soyez fiers de votre histoire, soyez fiers d’aller vers l’avenir pour le conquérir car rien n’est plus noble qu’un peuple qui se dresse pour tenir son destin.
Oui, soyez fiers de votre drapeau tricolore et mêlez ses trois couleurs aux étoiles de l’Europe…
Faites, mes amis, de votre fierté l’étincelle de toutes les fiertés qui vous entourent : rallumez-les, rassemblez-les, entrainez-les, et tous ensemble, tous volontaires pour l’action, tous pour faire grandir les feux de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, nous gagnerons !

Vive la République, vive la France !

François Fillon, le 6 avril 2017 à Strasbourg.

Source : www.fillon2017.fr

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 06:30

« Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas, plus rationnel et plus démocratique. » (Guy Debord, "La Société du spectacle"). Débat à onze : seconde partie.


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Le mardi 4 avril 2017 a eu lieu sur BFM-TV et CNews le débat sans précédent faisant intervenir les onze candidats du premier tour de l’élection présidentielle. Ce sera le seul puisque le lendemain, malgré la forte audience (6,3 millions de téléspectateurs), la chaîne France 2, qui avait initialement prévu un second débat le jeudi 20 avril 2017, y a finalement renoncé après le refus de Jean-Luc Mélenchon puis d’Emmanuel Macron.

Peut-être finalement n’est-ce pas très grave car un débat à onze, c’est particulièrement difficile de s’y retrouver entre les multiples candidats, petits ou grands, et c’est laborieux de comprendre ce qu’ils proposent, de ne pas sombrer dans les invectives, les postures, les interpellations, etc.

C’était, en tout cas, l’occasion rare des "petits candidats" de se faire connaître. Les plus spontanés furent Philippe Poutou et Jacques Cheminade. Le moins spontané François Asselineau qui récitait ses homélies à en endormir l’auditoire le plus concentré. C’était aussi difficile pour les "grands candidats" puisque, par exemple, Emmanuel Macron s’est trompé en appelant François Asselineau "Philippe Poutou" !

Au-delà de la forme, j’ai cependant tenté de mettre en lumière quelques réflexions sur le fond. Tout ce qui va suivre va donc sembler sans ordre précis, un peu décousu, pourtant, il l’est d’un point de vue chronologique, mais c’est le résultat du débat lui-même confus.

Dans l’introduction, Emmanuel Macron répète ses fameux "nouveaux visages" et "nouveaux usages" qu’il avait déjà posés au débat précédent. La formule est d’autant plus creuse qu’elle sert de paravent répétitif. Marine Le Pen, dans son introduction, y va carrément : cette élection aurait un "enjeu de civilisation".

François Fillon démarre assez vite, dès les premiers sujets, sur le chômage et sur la grande différence entre le taux en Allemagne et celui en France, les taux de la zone euro de février 2017 venant d’être publiés le 3 avril 2017 par l’office européen des statistiques Eurostat : 3,9% en Allemagne et 10,0% en France, soit au-dessus de la moyenne de la zone euro (9,5%). C’est cette différence que François Fillon dénonce et il souhaite donc mettre en œuvre les mêmes réformes que celles que l’Allemagne a mises en œuvre en 2003-2004 pour aboutir à cette réussite économique (on peut télécharger le rapport original ici).

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C’est en fin de compte la seule chose qui explique la détermination de François Fillon : son programme et sa capacité de réunir une majorité au parlement sont ses grands atouts pour se présenter comme le seul candidat capable de réduire efficacement le chômage en cinq ans et de faire une véritable alternance.

Jean-Luc Mélenchon propose de réduire le temps de travail et de revenir à la retraite à 60 ans avec 40 annuités pour un taux plein. Tout cela financé par un redressement de la conjoncture.

Philippe Poutou veut carrément interdire les licenciements. Et quand l’entreprise est en faillite, on fait quoi ?

Jacques Cheminade propose de dépenser 100 milliards d’euros chaque année pendant cinq ans pour financer des projets de recherche et développement dans plein de domaines et créer 5 millions d’empois. Qui dit mieux ?

Benoît Hamon est moins ambitieux puisqu’il veut créer un million d’emplois sur cinq ans (il ne dit pas comment il s’y prendrait) et veut augmenter le pouvoir d’achat de 19 millions de français grâce à son revenu universel pour un coût de 35 milliards d’euros. Il veut que le burn out soit reconnu comme maladie professionnelle (ce qui est déjà le cas : il répète ce qu’il avait dit au premier débat).

Jean Lassalle expose quelques statistiques effrayantes, comme le fait que la dette publique augmente à raison de 300 000 euros par minutes ! ou encore qu’il y a 30 suicides par jour, et 254 tentatives de suicide (Jacques Cheminade et François Asselineau aussi parlent du suicide des agriculteurs). Trois heures plus tard, François Fillon dit : « Il est 23 heures 45 et on n’a toujours pas abordé une question qui est pourtant fondamentale : 2 200 milliards d’euros de dette. ».

Benoît Hamon s’emmêle les paroles en disant qu’il faut contrôler les inspecteurs du travail. Il veut dire en fait qu’il faut en recruter plus pour qu’ils contrôlent plus.

Emmanuel Macron emploie le seul bon argument contre le protectionnisme de Marine Le Pen : comment faire pour exporter les produits français si la France met des barrières douanières à ses importations ?

Nathalie Arthaud insiste plusieurs fois (en boucle) sur le fait que taper sur l’Europe est une diversion car le problème, ce sont les patrons qui exploitent les ouvriers pour augmenter leurs profits : « Dans les entreprises, ce n’est pas l’Europe qui force le grand patronat à augmenter le temps de travail. C’est un choix politique pour verser plus aux actionnaires. En faisant de l’Europe la "source de tous les maux", les candidats eurosceptiques trompent les travailleurs et servent le patronat car il peut écraser la condition ouvrière. ».

Je ne sais plus si c’est elle ou Philippe Poutou qui a lu le dernier classement des personnes les plus riches et de l’évolution du patrimoine de ces milliardaires (+18% en un an). Cela fait toujours son petit effet, celui de l’envie plus que de la réflexion efficace.

Jean-Luc Mélenchon dit une chose fausse sur le fait que les traités européens interdisent l’harmonisation sociale. C’est faux, c’est simplement que ce n’est pas dans les prérogatives communes. Rien n’empêche de proposer un nouveau traité pour harmoniser les règles sociales (afin d’harmoniser le coût du travail). Quand Jean-Luc Mélenchon parle du seuil de 48 heures par semaine de l’Europe, il oublie que les règles nationales s’appliquent avant tout, sous réserve qu’elles respectent cette règle européenne de ne pas dépasser les 48 heures, c’est donc un maximum, pas un minimum ! Un argument fallacieux déjà servi lors de la campagne référendaire de 2005. Et cette règle n’a pas été rédigée pour la France beaucoup très privilégié dans ce domaine-là mais pour des pays comme la Pologne, la Roumanie ou même le Royaume-Uni.
Benoît Hamon veut investir 1 000 milliards d’euros dans la transition énergétique et propose une nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire. François Fillon n’est pas loin de penser aussi qu’il faut effectivement nationaliser temporairement ces chantiers navals.

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Philippe Poutou veut exproprier toutes les banques en Europe.

Nicolas Dupont-Aignan interpelle François Fillon sur l’Europe et le Traité de Lisbonne (annoncé lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy), et François Fillon discrédite son ancien camarade de l’UMP en disant que la première fois qu’il l’avait rencontré, il était le chef de cabinet du ministre François Bayrou.

Incontestablement, François Asselineau et Jacques Cheminade, par leurs positions profondément europhobes, renvoient du coup de Marine Le Pen une image de modération ! C’est un comble pour la présidente du FN. Ou alors, c’est concerté ?

Emmanuel Macron parle de l’Europe qui a construit la paix, ce qui est vrai, mais il évoque, pour convaincre en bon démagogue, je dirais presque qu’il convoque les milliers de morts des cimetières militaires qui peuplent sa région d’origine (autour d’Amiens). Cette évocation ne le grandit pas car c’est de la récupération assez pitoyable. Cela me fait penser à cette tirade prononcée par Jean Gabin (Président du Conseil en train de se faire renverser) dans l’excellent film "Le Président" d’Henri Verneuil : « Messieurs, Monsieur le Député Chalamont vient d’évoquer en termes émouvants les victimes de la guerre. Je m’associe d’autant plus volontiers à cet hommage qu’il s’adresse à ceux qui furent les meilleurs de mes compagnons. Au moment de Verdun, Monsieur Chalamont avait 10 ans… Ce qui lui donne, par conséquent, le droit d’en parler. Étant présent sur le théâtre des opérations, je ne saurais prétendre à la même objectivité. On a, c’est bien connu, une mauvaise vue d’ensemble lorsqu’on voit les choses de trop près ! Monsieur Chalamont parle d’un million cinq cent mille morts, personnellement  je ne pourrais en citer qu’une poignée, tombés tout près de moi. J’ai honte, Messieurs… Je voulais montrer à Monsieur Chalamont que je peux, moi aussi, faire voter les morts. Le procédé est assez méprisable, croyez-moi ! ».

Jean Lassale veut créer une quatrième armée (j’aurais dit cinquième puisqu’il y a déjà la gendarmerie), à savoir une armée cybernétique pour lutter contre les attaques sur Internet.

Je ne sais plus si c’est François Asselineau ou Jacques Cheminade qui conteste le fait que des banques prêtent à des partis politiques (il cite notamment Les Républicains et le FN). François Fillon ne se sent pas visé puisqu’il n’a jamais géré l’UMP ou LR (et ce n’est pas faute d’avoir essayé !).

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Nicolas Dupont-Aignan interpelle Emmanuel Macron sur un directeur du trésor qui aurait négocié le rachat d’Alstom par une banque qui l’aurait recruté ensuite (il s’avère qu’il y a une erreur dans ce qu’il dit, Emmanuel Macron n’était pas encore ministre).

Vient ensuite la fameuse tirade de Philippe Poutou, sans doute la seule qui restera de ce très long débat, d’abord contre François Fillon : « Plus on sent la corruption, plus on sent la triche ! » et ensuite, contre Marine Le Pen, qui n’est pas anti-système et qui n’est pas anti-Europe puisqu’elle se sert de l’Europe pour récupérer de l’argent et du système pour ne pas se rendre aux convocations de juges. Là, Marine Le Pen a la mauvaise intuition de lui répondre en disant que pour une fois, il est du côté de la police, et Philippe Poutou sort alors son fameux (et préparé) : « Nous, quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière, on y va ! ». Au point de se faire applaudir par la salle, dont Jean-Luc Mélenchon.

François Fillon fait une longue tirade, un peu à l’instar du "Moi Président de la République, je…", la célèbre anaphore de François Hollande du 2 mai 2012, en disant plusieurs phrases commençant par "Un Président exemplaire, c’est un Président qui…" : « Un Président exemplaire est un Président qui dit la vérité aux Français sur la réalité de la France et la réalité du monde. Un Président exemplaire, c’est un Président qui met en œuvre les engagements qu’il a pris devant le peuple, quelles que soient les difficultés. Un Président exemplaire, c’est un Président qui respecte son Premier Ministre, qui respecte le gouvernement et qui respecte l’équilibre des pouvoirs prévus par la Constitution. Un Président exemplaire, c’est un Président qui ne se sert pas des moyens de l’État pour affaiblir ses adversaires. Et un Président exemplaire, c’est un Président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Pour finir, un Président exemplaire, c’est un Président qui, au bout de cinq ans, peut dire qu’il a amélioré la situation et la vie des Français. ».

François Fillon retourne ainsi assez habilement cette partie consacrée à l’exemplarité du Président de la République et à la moralisation de la vie politique : François Fillon propose concrètement sur ce sujet de nommer trois magistrats incontestables pour qu’ils formulent les meilleures recommandations en la matière.

Jean Lassalle (maire rural) veut garder les communes et les départements, et supprimer les intercommunalités et les régions, exactement comme …Marine Le Pen.

François Asselineau, lorsqu’il explique que la sortie de la France de l’Union Européenne n’en ferait pas un pays isolé, il cite la Suisse en disant notamment que c’est le pays qui a reçu le plus de conférences ! Un peu auparavant, Emmanuel Macron dit justement à Marine Le Pen : « Ce que vous proposez, c’est la guerre économique. Et nous ne sommes ni la Suisse, ni la Corée du Sud, Madame Le Pen ! ».

Sur le plus des idées, François Fillon cherche peu le combat avec les autres candidats et ne fait que présenter ses propositions. Par exemple, il explique que c’est uniquement par son programme que les fonctionnaires pourront voir leur salaire augmenter notablement, par l’augmentation du temps de travail et l’amélioration de leurs conditions de travail.

Sur l’Europe, Emmanuel Macron essaie de répondre à l’armée d’europhobes qui peuplent le plateau de télévision. Ainsi, il défend la directive des travailleurs détachés, rappelant qu’il y a 300 000 Français qui sont travailleurs détachés et que ceux-ci comptent aussi. Sur les travailleurs détachés, François Fillon propose un assouplissement : « Les travailleurs détachés doivent payer des charges équivalentes à celles des travailleurs nationaux. ».

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Tout au long de ce débat, il était clair qu’à l’exception de Nicolas Dupont-Aignan, énarque et homme politique classique (député-maire), tous les "petits candidats" ont montré qu’il n’avait pas la hauteur de vue d’être un jour Président de la République, restant souvent sur des marottes obsessionnelles et des lubies personnelles (ou collectives lorsqu’elles sont trotskistes). En revanche, par leur "fraîcheur" et leur "crudité" (je ne dis pas "cruauté" !), ces "petits candidats" ont été des aiguillons et les "grands candidats" ont dû ainsi se défendre, répondre, argumenter.

Le problème, c’est que même en suivant le débat avec attention, ici, j’ai eu à deux reprises un doute sur l’identité de l’auteur d’une remarque ou réflexion, tant le nombre de protagoniste est grand et la durée des interventions est faible.

Ce débat, sans doute éprouvant tant pour les animatrices que pour les protagonistes, risque de ne plus se renouveler, pour cette élection, c’est sûr, mais peut-être aussi pour les élections présidentielles à venir, car rien de très constructif n’en est finalement sorti, si ce n’est le "spectacle" en tant que tel.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

_yartiPresidentielle2017AR05


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170404-presidentielle2017-as.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/debat-a-onze-entre-confusion-et-191506

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/06/35138798.html

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:22

« Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas, plus rationnel et plus démocratique. » (Guy Debord, "La Société du spectacle"). Débat à onze : première partie.


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Faire débattre onze candidats à l’élection présidentielle en distribuant le même temps de parole n’était pas facile. Et c’était une première historique. Ce mardi 4 avril 2017 sur BFM-TV et CNews, pour la première fois, tous les candidats au premier tour d’une élection présidentielle ont pu débattre devant 6,3 millions de Français. Résultat, près de quatre heures de débat pour environ dix-huit minutes de temps de parole chacun. Animée par Laurence Ferrari et Ruth Elkrief, cette émission a connu quelques ratés, confusions, et surtout quelques passes d’armes très recherchées par les médias.

La soirée a donc été forcément très positive pour les "petits candidats", ceux qu’on voit peu dans les médias car considérés comme part négligeable du gâteau électoral. Les "grands candidats", eux, qui avaient déjà débattu le 20 mars 2017, avaient sans doute plus à perdre car il est difficile d’être certain de savoir, à dix-huit jours de l’élection, qui, de ces cinq, pourra finalement atteindre le second tour.

Plébiscité par les sondages d’après-débat, Jean-Luc Mélenchon a été considéré comme ayant fait la meilleure prestation. Il y a maintenant une "mode" Mélenchon. Le personnage est intéressant, son éloquence exceptionnelle (par rapport à ses concurrents), et il est parvenu, comme dans le précédent débat, d’éviter toute poussée de colère pour tenter la bienveillance, et cela le réussit.

Sur le fond, c’est-à-dire, sur ce que les candidats proposent, il n’y a eu que deux candidats qui se sont distingués nettement des neuf autres sur leur sérieux, leur réalisme et aussi leur motivation (leur argumentaire), François Fillon et Emmanuel Macron.

François Fillon, égal à lui-même, s’est montré peu combatif, comme dans tous les débats auxquels il a participé, sans se refuser quelques répliques néanmoins (voir plus loin), pour se concentrer sur le fond, pour présenter clairement et en quelques mots, son programme sur différents sujets, et à l’occasion, en rouspétant contre l’une des journalistes qui l’interrompait sans cesse. Refuser justement que ce débat fût un spectacle, ce n’était pas facile mais son objectif en ce qui le concernait.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’ont pas été au mieux de leur forme respective. Ils étaient les favoris des sondages et avaient donc beaucoup à perdre. Emmanuel Macron réagissait au quart de tour à la moindre provocation contre lui, ce qui a révélé un manque d’autorité ou d’expérience dans cet exercice de communication très particulier.

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Marine Le Pen, contrairement au précédent débat à cinq, n’a pas eu beaucoup d’altercations avec d’autres candidats qui, pourtant, ne se sont pas privés de la mettre en cause. Elle a en revanche estimé que la soirée était une victoire idéologique du FN puisque le débat a longtemps porté sur la sortie de la France de l’Europe ou sur la préférence nationale. En cela, elle a raison, et quand on voit ensuite les journalistes affectés au lieu où se réunissaient les sbires du FN après le débat, sympathiser avec les lieutenants de Marine Le Pen, on se dit que non seulement elle fait partie complètement du système, mais aussi que les médias ont été complètement lepénisés.

Quant à Benoît Hamon, contrairement au précédent débat, il a montré sa combativité et n’a pas hésité à attaquer… François Fillon et Marine Le Pen, comme s’il était le second couteau venant au secours de Jean-Luc Mélenchon. En l’écoutant, j’avais l’impression de me retrouver en 2012 quand François Hollande refusait d’admettre qu’il y ait eu en 2008 la plus grave crise financière mondiale depuis 1929 pour critiquer l’aggravation de la dette publique alors que les socialistes à l’époque avaient eux-mêmes critiqué Nicolas Sarkozy de ne pas avoir mis assez d’argent public pour compenser la crise !

Décidément, Benoît Hamon, pourtant ministre de François Hollande, n’aura rien appris et se trompe de film. L’idée, pour cette élection de 2017, c’est de donner sa vision de la France des années 2020, pas de parler des années 2000 ! C’est ce qu’a fait très clairement François Fillon en se donnant pour objectif que la France devienne la première puissance économique de l’Europe dans dix ans, et donc, par ce redressement, qu’elle puisse retrouver toute sa souveraineté nationale par son influence européenne et internationale.

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Et les autres candidats ? On voyait souvent qu’ils s’opposaient aux "grands candidats" qui étaient dans leur cœur de cible. Ainsi, François Asselineau s’en prenait à Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan à François Fillon et Marine Le Pen, Nathalie Arthaud à Jean-Luc Mélenchon, etc.

Nicolas Dupont-Aignan et Nathalie Arthaud furent sans doute les plus percutants des "petits candidats". Nicolas Dupont-Aignan avait beaucoup à gagner car il serait le seul "petit" à pouvoir "grandir" dans les sondages. Il a surtout attaqué François Fillon, notamment sur le Traité de Lisbonne, mais François Fillon, au-delà de l’argument factuel (en 2007, Nicolas Sarkozy a fait campagne en faveur du futur Traité de Lisbonne et il a été élu en connaissance de cause), il a rappelé malicieusement que la première fois qu’il avait rencontré le jeune Nicolas Dupont-Aignan (énarque), c’était comme chef de cabinet du ministre …François Bayrou, largement connu pour son adhésion à la construction européenne !

Des deux candidats trotskistes, Nathalie Arthaud était sans doute la plus intellectuelle mais aussi la plus respectueuse des électeurs. Elle s’était habillée convenablement et si elle parlait avec un certain ton des faubourgs, elle le faisait poliment et correctement, préférant se focaliser sur les idées (ou non idées) plutôt que sur les personnes. Elle a par exemple répété que les ennemis des ouvriers, c’étaient avant tout les méchants patrons.

Philippe Poutou, au contraire, a laissé un sentiment contrasté. Certes, sa spontanéité et son sourire sonnaient comme une fraîcheur de personnes normales au milieu de "politiciens" aguerris, mais ses vêtements particulièrement négligés et surtout, son langage vulgaire et malpoli, non seulement en utilisant des "gros mots" à chaque phrase, mais aussi en interpellant très cavalièrement certains candidats, n’étaient pas forcément très respectueux des téléspectateurs sinon des électeurs.

Pour interpeller Marine Le Pen qui avait refusé de se rendre à la convocation d’un juge, chose qu’elle pouvait faire puisqu’elle bénéficiait de l’immunité parlementaire (on ne pouvait donc pas la forcer à aller chez le juge tant que son immunité n’était pas levée), Philippe Poutou avait ainsi fait applaudir tout le plateau (au grand dam des deux journalistes) en disant que les ouvriers qui se faisaient convoquer par un juge, n’avaient pas, eux, d’immunité ouvrière. Marine Le Pen lui a répondu que les salariés ayant un mandat social étaient cependant protégés. Philippe Poutou a dû papoter avec ses proches derrière lui pour lui rétorquer que ce type de protection ne leur empêchait pas de pouvoir être licenciés (il faut une autorisation administrative de licenciement par l’inspecteur du travail).

Philippe Poutou était l’un des deux candidats qui étaient venus avec ce qu’ils avaient à dire sans se préoccuper des questions ou des thèmes abordés (Philippe Poutou ne cessant de dire : "On pense que" au lieu de parler à la première personne).

L’autre candidat, c’est ce qu’on penserait être un "illuminé", Jean Lassalle, député (anciennement MoDem) et maire d’une petite commune depuis l’âge de 21 ans. Il a l’accent rocailleux des champs mais l’enthousiasme souriant des prêcheurs aux belles paroles. Lui était un "petit joueur" : là où un Benoît Hamon promettait un million d’emplois nouveaux, lui, il proposait plus modestement 15 000 emplois pour l’été ; là où un Jacques Cheminade promettait 100 milliards d’euros par an, lui, il proposait plus modestement de dégager 4 milliards d’euros avec l’électricité que la France vend à l’Allemagne.

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Enfin, deux autres "petits candidats" improbables : Jacques Cheminade dont les envolées lyriques (il a fait beaucoup de citations littéraires) laissaient craindre une crise cardiaque (il a un certain âge, c’est le doyen), habitué des élections présidentielles (1995 et 2012), et François Asselineau qui affichait une "tête de vieux" alors qu’il est à peine plus âgé que Nicolas Dupont-Aignan, énarques l’un comme l’autre.

François Asselineau était durant cette soirée une sorte de grand prêtre qui chantait plus qu’il ne parlait. Comme s’il avait appris par cœur ou comme s’il faisait la voix off d’un documentaire vidéo. Le moins souriant des candidats, le moins engageant aussi, François Asselineau n’a cessé de répéter la même chose, à savoir qu’il fallait quitter l’Europe comme les Britanniques, sans consultation référendaire, au contraire de ce que proposait Marine Le Pen. Chaque intervention commençait par un article d’un traité ou de la Constitution, ce qui n’avait pas beaucoup d’intérêt puisqu’il revenait en boucle à son obsession. Je pense qu’il pourrait être caricaturé comme un huissier : "En vertu de l’article 106 du Traité de…" etc.

La présence de "petits candidats" comme François Asselineau était très précieuse pour Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce qu’avec les stupidités qu’on a pu entendre, Marine Le Pen était hissée au rang de candidate modérée, de candidate raisonnable, ce qu’elle n’est pourtant pas malgré ses expressions comme "protectionnisme intelligent" (qui ne veut rien dire) ou encore "solidarité nationale" (La France ne l’a pas attendue pour mettre "nationale" à côté de la "solidarité" et François Mitterrand en a même fait un grand ministère d’État en mai 1981 sous la houlette de Nicole Questiaux). C’était aussi le but de son éloignement de son père Jean-Marie Le Pen ou de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, se mettre en position quasi-centriste (on croit rêver !). Cette stratégie Florian Philippot lui vaut un quart de l’électorat dans les sondages.

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De plus, la position de Marine Le Pen sur le plateau était la meilleure (était-ce le hasard ou a-t-on aidé ce hasard ?), car elle se retrouvait juste en dessous de l'indication "Élysée 2017".

Qu’en est-il resté de ce débat ? Beaucoup de confusion. Sans doute y a-t-il eu beaucoup de téléspectateurs attirés par le spectacle, et c’en était un, effectivement, sans précédent pour une élection présidentielle (le premier débat à plusieurs candidats eut lieu lors de la campagne des élections européennes en juin 1999 où toutes les têtes de liste, nationale, furent invités).

Il en reste, à mon sens, que les cinq "grands candidats" ont tous une chance d’atteindre le second tour. Les deux favoris ont été médiocres et peuvent toujours dévisser en cours de route ; François Fillon, qui jouit de sa réputation d’homme expérimenté et sérieux pour le programme, a rappelé les fondamentaux en disant qu’un Président exemplaire, c’était d’abord un Président qui donnait du travail à tous les Français ; Jean-Luc Mélenchon a séduit de plus en plus d’électeurs par son empathie et son éloquence ; Benoît Hamon a montré qu’il restait encore dans la course et qu’il ne s’avouait pas perdu.

Dans le prochain article, je reprendrai plus précisément quelques propositions ou réflexions des candidats durant ce très long débat.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170404-presidentielle2017-ar.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/debat-a-onze-entre-confusion-et-191484

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/05/35122177.html

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 06:32

« Des pudeurs de gazelles, dit tout d’un coup Mélenchon. Et cela résume ces trois heures d’évitement, où chacun des Cinq aura couru dans son couloir. Surtout, ne pas se frotter aux autres davantage que nécessaire pour faire croire à un match. (…) Chacun aura fait entendre sa note personnelle, bien connue désormais, comme si chacun se contentait finalement, chacun pour ses raisons, du destin que lui assignent aujourd’hui les sondages (…). Sauf que les prophètes ont la main qui tremble, ces temps-ci, et que la seule chose qui est certaine, c’est que rien n’est certain. » (Daniel Schneidermann, "Arrêt sur images", le 21 mars 2017). Seconde et dernière partie.


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Le lundi 20 mars 2017 sur TF1 a eu lieu le seul débat télévisé faisant intervenir les cinq "grands candidats", à savoir François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, alors qu’étaient déjà connus les six autres candidats. J’ai déjà évoqué la posture et la forme des prestations, je propose ici de revenir sur le fond de chaque intervention selon différents thèmes. Deux autres débats télévisés à onze sont prévus au cours de cette campagne présidentielle, le mardi 4 avril 2017 à 20 heures 30 sur BFM-TV et le jeudi 20 avril 2017 à 20 heures 30 sur France 2.

Pour chaque point, je donnerai quelques remarques sur les prestations, essentiellement sur le fond des propositions. Je ne reprendrai toutefois pas toutes les réflexions exposées, je n’aspire pas à l’exhaustivité.


Introduction

François Fillon (FF) est le premier orateur à s’exprimer et en profite pour protester contre l’absence des six autres candidats. La présentation est très lisse et montre une incontestable l’autorité.

Jean-Luc Mélenchon (JLM), au contraire du restant de l’émission, est mal à l’aise au début et se balance beaucoup (sans doute l’espace est trop étroit). Il annonce qu’il n’aurait pas de successeur car il veut la VIe République, mais dire qu’on aurait pas de successeur relève d’une immense prétention qu’on peut retrouver dans l’histoire des dictatures communistes ou des révolutions…

Emmanuel Macron (EM) est un peu raide et sec et parle de renouvellement des visages et des usages (le répétera dans sa conclusion).

Marine Le Pen (MLP) est plutôt bonne et joue avec les mots d’indignation. Elle se définit par la négative, ce qu’elle n’est pas.

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Benoît Hamon (BH) est très ampoulé et définit tout de suite ses clivages qui, en fait, n’en sont pas et sont de la grande manipulation sinon de la naïveté : belliqueux/fraternel, autoritaire/bienveillant, concurrence/coopération et il voudrait être un Président honnête et juste.


1. Éducation

FF présente son programme sur l’école clairement.
EM est très décevant sur ce thème.
JLM veut créer de nombreux nouveaux lycées professionnels, veut rendre gratuites les cantines scolaires. Avec lui, on rase gratis.
BH veut plus de mixité sociale et une redistribution de la carte scolaire.


2. Sécurité

MLP est longue sur le sujet sans proposer d’idée nouvelle.
FF parle d’efficacité, de clarté, de crédibilité.
BH veut redévelopper une police de proximité.
JLM est dans le hors sujet en parlant de la fraude fiscale qu’il faut d’abord combattre. Comme s’il fallait mettre sur le même plan l’insécurité physique (attentats terroristes ou crimes) et le vol financier.


3. Immigration

EM veut réduire la durée de traitement des demandes d’asile.
FF propose des quotas sur l’immigration votés chaque année par les parlementaires.
BH fait une bonne présentation de la situation mondiale des migrations, rappelant que l’Europe ne reçoit que 4% des migrants dans le monde, et que parmi ces 4%, l’Allemagne en prend la charge de la moitié, et la France pourrait faire plus, elle n’est qu’au troisième rang après la Suède. Il propose l’instauration d’un visa humanitaire.
JLM dit que l’immigration, c’est un exil forcé.
MLP veut supprimer le droit du sol.

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4. Laïcité

EM considère que la laïcité est un bouclier.
JLM se proclame pour la laïcité mais insiste pour ne pas discriminer les musulmans.
BH veut garder la loi de 1905 sans la modifier.
MLP considère que la laïcité est attaquée de toute part par des revendications vestimentaires et alimentaires. Elle attaque EM sur le burkini qui lui répond très brillamment en disant qu’il faut être pragmatique et que le burkini n’est pas un problème en rapport avec le culte mais avec l’ordre public, ce qu’a rappelé le Conseil d’État.


5. Institutions

JLM veut abolir la monarchie présidentielle et veut instituer des référendums révocatoires, veut rendre le vote obligatoire et abaisser l’âge du vote à 16 ans.
MLP dit qu’elle aime bien la Ve République mais veut instituer un référendum d’initiative populaire avec 500 000 signatures sur tout sujet possible, elle veut supprimer les structures intercommunales et les conseils régionaux (la région, au FN, est considérée comme un cheval de Troie de l’Europe contre les nations).
BH veut instituer un 49-3 citoyen avec 450 00 signatures et s’attaquer aux lobbies et financiers. BH attaque EM sur ceux qui financent sa campagne et EM lui répond brillamment en le sommant de dire en quoi il aurait fait quelque chose d’illicite.
FF dit que la Ve République permet la stabilité et que c’est une bonne chose sans laquelle d’ailleurs François Hollande n’aurait pu durer cinq ans.

Petit commentaire : c’es clair que Benoît Hamon court après Jean-Luc Mélenchon sur ce thème de cette "VIe République". Les deux proposent des référendums négatifs (pour abroger une loi) alors que ce serait bien plus pertinent si c’était pour construire, comme le propose d’ailleurs Marine Le Pen.


6. Moralisation de la vie politique

BH répète ses attaques contre les lobbies qui visent EM.
EM parle de la loi de moralisation (inspirée par François Bayrou) qu’il veut adopter contre les conflits d’intérêt.
JLM est le seul à évoquer les "affaires" en parlant de pudeurs de gazelle.
MLP veut lutter contre le pantouflage pour attaquer EM qui lui répond en disant qu’il a démissionné de la fonction publique.


7. Environnement

BH propose la fin du nucléaire en vingt-cinq ans et parle d’un coût de 100 milliards d’euros pour maintenir le parc de réacteurs nucléaires (sans préciser à quoi correspondent ces 100 milliards).
FF veut respecter l’accord COP21 et considère qu’au contraire, le nucléaire est le seul moyen de respecter nos engagements en matière d’énergie. Il veut faire payer 30 euros la tonne de carbone produite dans l’industrie.
EM est contre les voitures diesel et propose une prime pour les propriétaires de vieux véhicules diesel. Il propose aussi une aide à la rénovation des logements pour supprimer les passoires thermiques.
MLP s’oppose à la répression contre le diesel et veut favoriser les circuits courts, ce qui est en cohérence avec son obsession protectionniste.
JLM veut passer de l’agriculture chimique à l’agriculture paysanne (sans dire ce que ces belles expressions recouvrent).


8. Économie

FF rappelle que chaque heure travaillée contribue à l’augmentation de la richesse.
EM veut abaisser à 25% l’impôt sur les sociétés.
BH propose le revenu universel et veut faire reconnaître le burn out comme maladie professionnelle (mais c’est déjà le cas !).
JLM propose le droit opposable à l’emploi et considère que sur le temps de travail, FF et EM sont associés.
EM dit à JLM : vous avez de beaux principes, mais ces beaux principes ne protègent plus.
MLP parle de patriotisme économique et veut créer une taxe d’entrée de 3%.

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9. Pouvoir d’achat

BH reparle de son revenu universel.
FF veut surtout relancer l’investissement et éviter que l’économie française soit contrôlée par des fonds de pension étrangers.
EM propose la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.
MLP est assez nulle en rappelant sa détestation de l’Europe et en terminant en disant : moi, je le crois.


10. Retraites

BH veut prendre en compte la pénibilité dans l’âge de la retraite.
JLM veut le retour de la retraite à 60 ans.
MLP veut, elle aussi, le retour de la retraite à 60 ans.
FF considère que MLP a le programme de François Mitterrand de 1981 et que cela ne sert à rien de parler d’âge à 60 ans alors que les carrières commencent tardivement et que les annuités seront insuffisantes à cet âge-là. Par ailleurs, FF dit que s’il fallait prendre en compte l’espérance de vie en fonction des professions, alors, comme ceux qui durent le plus longtemps sont les curés et les enseignants, il faudrait donc augmenter l’âge de leur retraite par rapport aux autres (c’est déjà le cas pour les prêtres qui sont à la retraite à 75 ans).


11. Santé

JLM préconise que tout doit être remboursé à 100% par la sécurité sociale (toujours le : on rase gratis).
FF dit qu’il faut augmenter le salaire des médecins, créer des maisons de santé mais sans la bureaucratie associée, et reconnaît que l’ARS (agence régionale de la santé), dont il fut le créateur lorsqu’il était ministre, n’est pas une bonne chose.
BH se borne à parler de la perte d’autonomie et de l’euthanasie. Raccourcis qui en disent long : comme si l’euthanasie devenait une solution aux problèmes financiers de la sécurité sociale…


12. International

Ce sujet est abordé bien trop rapidement. Il ne me paraît pas utile de reprendre les réflexions lapidaires des uns et des autres sur certains sujets internationaux.


Conclusion du débat télévisé

FF se considère le seul candidat capable de faire le changement de majorité y compris à l’Assemblée Nationale.
BH veut une république bienveillante.
MLP revient sur l’idée de référendum et dit : vous pouvez dire oui ou non… mais sans dire quelle est la question !
JLM dit, sur le ton d’un vieux patriarche ou de Philippus dans "L’Étoile mystérieuse" de Tintin, que le monde entre dans la saison des tempêtes.
Enfin, EM conclut de façon très synthétique en rappelant de nouveau qu’il y a un désir de changement des visages et des usages, sans parler vraiment du fond qu’il propose.


Sur ce premier débat…

Les cinq ont été plutôt bons : Jean-Luc Mélenchon a dominé par sa verve, son ton gouailleur et son âge (le plus âgé des invités) ; Marine Le Pen était à l’aise, heureuse d’être clairement intégrée dans le système médiatique, mais n’approfondissant pas les questions ; François Fillon, s’il a manqué de combativité dans la première partie, a été excellent dans la seconde, en exposant son programme économique et en critiquant la folie dépensière de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon (il rappelle que si une mesure n’est pas financée, cela veut dire que la promesse ne sera jamais tenue !) ; Emmanuel Macron s’est montré percutant, a su bien répondre aux attaques multiples (provenant surtout de Benoît Hamon et Marine Le Pen), mais s’est montré aussi assez flou dans le contenu et assez scolaire ; enfin, Benoît Hamon a su revenir sur ses thèmes favoris, mais a trop attaqué Emmanuel Macron sur les lobbies (inutilement) et n’a pas répondu à la question : pourquoi voterait-on pour lui alors qu’il y a déjà la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

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Deux autres débats auront lieu, les 4 et 20 avril 2017, mais seront probablement plus confus et laborieux que celui-ci car à onze et pas à cinq. Ce débat du 20 mars 2017 a permis aux candidats invités à présenter leur programme, à la fois à exposer à leur philosopher et à répondre aux critiques éventuelles de leurs concurrents. Il fut sans précédent dans une campagne présidentielle de premier tour et fut suivi par 9,8 millions de téléspectateurs, soit un peu moins du quart des électeurs inscrits.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 00:58


La nouvelle version de synthèse du programme de Jean-Luc Mélenchon a été publié le 4 avril 2017 sur son site Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le programme de Jean-Luc Mélenchon (fichier .pdf) :
https://avenirencommun.fr/app/uploads/2017/04/170404_programmeCourt_final.pdf

Lien pour la version audio (fichier .mp3 de 166 Mo) :
https://fichiers.jlm2017.fr/owncloud/index.php/s/BK1YTblc0HxxwR3/download


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161126-melenchon.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170404-programme-melenchon-2017.html

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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