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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 16:20

« Le projet que je souhaite vous présenter  est le fruit d’une cohérence, il se nourrit des crises que nous avons traversées. » (Emmanuel Macron, le 17 mars 2022 à Aubervilliers).




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Le Président de la République Emmanuel Macron, reprenant son rôle de candidat, a tenu une très longue conférence de presse ce jeudi 17 mars 2022 après-midi à Aubervilliers (dont l'ancien maire communiste Pascal Beaudet vient de mourir) pour présenter les grandes lignes de son programme pour les cinq prochaines années. Je reviendrai sur le bilan de son premier quinquennat, mais ce qui compte le plus, et des candidats comme Édouard Balladur et Lionel Jospin s’en sont aperçus à leurs dépens, c’est le projet d’avenir que porte un candidat, certainement pas son bilan, aussi positif soit-il (et il l’est pour Emmanuel Macron).

En préambule, Emmanuel Macron a effectivement rappelé son bilan qu’il a défendu avec force et qui est très flatteur quand on compare aux bilans de ses prédécesseurs : l’emploi a progressé énormément malgré les crises successives, le chômage a diminué à un niveau d’il y a quinze ans, autour de 7% ; jamais le chômage des jeunes n’a été aussi bas depuis quarante ans ; malgré les crises, il a poursuivi la baisse des impôts et taxes de 50 milliards d’euros ; enfin, il a accéléré la baisse des émissions de CO2 de 12%. Ses perspectives futures prennent appui sur ce bilan pour faire mieux, puisque, évidemment, il s’agit de ne pas se contenter de la situation présente, notamment pour le chômage où l’objectif en 2027, c’est d’arriver au plein emploi (c’est-à-dire un chômage à 5%).

La première chose qu’on peut dire, c’est que son projet est costaud, globalisant, solide tant intellectuellement que politiquement, et l’ennui de ce genre d’exercice, c’est d’en dire trop, d’être trop détaillé, si bien qu’il y a plein de mesures importantes qui peuvent être oubliées, passées dans l’indifférence. Mais il y avait aussi une urgence, il ne pouvait pas distiller chaque chapitre de son projet chaque semaine car il ne reste plus que trois semaines avant le premier tour.

Indépendamment de sa position dominante de Président sortant, de favori des sondages d’intentions de vote (ce qui est toujours dangereux car cela peut démobiliser son cœur d’électorat), de Président "en guerre" ou plutôt capable de nous éviter une guerre thermonucléaire car, malgré toutes les ignominies du Kremlin en Ukraine, il garde un contact essentiel (et exclusif) avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a présenté un projet qui, à lui seul, pourrait le placer parmi les favoris. C’est sûr qu’en présidant la France depuis cinq ans, il connaît tous les dossiers, tous les sujets chauds, ce qui a loupé (il n’hésite pas à dire qu’il a raté la réforme des retraites et la réforme des institutions) et aussi la manière d’aborder des sujets, avec d’autres méthodes, bref, il a l’expérience précieuse d’un premier mandat et c’était d’ailleurs le principal argument de Jean-Pierre Raffarin et Éric Woerth pour leur ralliement, considérant qu’on ne peut pas tous les cinq ans élire un novice qui risquerait de rater son quinquennat par manque d’expérience.

Mais un projet cohérent et excellent n’est pas suffisant pour gagner, puisqu’en 2017, le candidat qui avait le projet le plus abouti, le plus cohérent, le plus construit, était François Fillon et qu’il n’a finalement pas gagné, éliminé dès le premier tour, et je pense qu’il l’aurait été même sans "son affaire", car il promettait trop de sang et de larmes et aucun rêve. On voit en tout cas tant la marque d’Emmanuel Macron (c’est un projet personnel) et de sa solidité intellectuelle et philosophique.

Car c’est bien de philosophie politique qu’il faut parler : on parle d’un effondrement des idéologies, et c’est heureux car les idéologies en question étaient mortifères, en particulier les deux grandes du XXe siècle, mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas avoir un "cadre" philosophique dans lequel les Français doivent se retrouver (comme : libéralisme, étatisme, etc.). Or, la grande faiblesse intellectuelle d’Emmanuel Macron, c’était d’avoir créé un parti politique ex nihilo, sans tradition politique, sans tradition historique, sans tradition philosophie (du reste comme De Gaulle).

Ainsi, ce 17 mars 2022, Emmanuel Macron a présenté le cadre philosophique de son projet présidentiel : les trois principes qui l’inspirent sont la souveraineté nationale, la foi dans le progrès (social, technologique, scientifique), et l’attachement à l’humanisme. Tout cela couplé avec trois axes : l’indépendance de la France dans une Europe plus forte, la solidarité et le pacte républicain.

Tout son discours était très structuré, très clair même si les nombreux sujets abordés trop vite pouvaient laisser un goût de frustration sinon d’inachevé. Il faut aussi noter une certaine humilité : à de nombreuses reprises, il a évoqué son programme, ce qu’il compte faire en précision la condition, qu’il soit réélu par les Français, ce qui change un peu de certains ministres qui évoquent des mesures après mai 2022 sans faire remarquer qu’il y aura entre-temps un bouleversement politique (même si la majorité gagne, il y aura un nouveau gouvernement, une nouvelle majorité parlementaire).

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Dans les mesures qu’il a proposées (ce n’est pas exhaustif et je conseille de se reporter au document écrit qui sera publié dans quelque temps), j’en expose quelques-unes.

Pour l’indépendance, d’abord, l’indépendance militaire qui montre bien son importance avec la guerre en Ukraine : la hausse du budget de programmation militaire (déjà réalisé en 2017 et renforcé par la remise à jour des besoins actuels), une mobilisation nationale, en particulier la généralisation du service national universel et une augmentation du nombre des réservistes dans l’armée. Mais Emmanuel Macron a décliné l’indépendance également dans le domaine de la production dans le secteur agricole, dans l’industrie (baisse ou suppression des impôts de production), un renforcement de la recherche et développement avec un nouveau plan de 25 milliards d’euros et une plus grande autonomie des universités pour en faire les acteurs majeurs des grands programmes de recherche (il cite de nombreux thèmes comme santé, numérique, quantique, etc.).

Ensuite, toujours dans l’indépendance, l’indépendance énergétique, il propose la renégociation des prix des énergies (qui ne doivent plus être indexés sur celui du gaz). Les conséquences de la guerre vont dans le même sens que la transition écologique avec trois points : le renforcement des énergies renouvelables (dix fois plus de solaire, de l’éolien marin), le redéploiement du parc nucléaire français avec six nouveaux réacteurs à court terme et huit autres à moyen terme (tout en justifiant la fermeture de la centrale de Fessenheim qui n’avait plus été entretenue depuis la décision de l’arrêter prise en 2012), enfin, les mesures pour réduire la consommation d’énergie, avec un renforcement des aides, avec pour objectif la rénovation thermique de 700 000 logements par an, des aides pour l’acquisition d’une automobile électrique, etc. Ce mix énergétique est la meilleure façon de réduire les émissions de carbone qui soit synonyme de la rapidité, l’efficacité et la souveraineté.

Enfin, une indépendance culturelle et informationnelle, il souhaite promouvoir une information indépendante et libre, propre à la France, la production de documentaires français, etc., un point stratégique quand on voit les nombreuses officines de désinformation en pleine guerre en Ukraine.

Sur le plan social, Emmanuel Macron propose de travailler plus, en plusieurs points : le plein emploi, il souhaite transformer Pôle Emploi par France Travail (à préciser, il ne faudrait pas que ce ne soit qu’un changement d’appellation), il souhaite comme prévu la retraite à 65 ans, à condition de prendre en compte aussi les carrières longues et les métiers manuels, il souhaite enfin la réforme du RSA en y mettant une véritable composante d’accompagnement pour le retour à l’emploi, en généralisant le contrat engagement jeune mis en place le 1er mars 2021. Il propose enfin d’assouplir le cumul emploi-retraite en permettant que l’emploi en question donne des droits supplémentaires pour la retraite.

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Dans la grande partie pour la société plus unie, Emmanuel Macron propose de prendre des mesures importantes contre le harcèlement des jeunes ados, et filtrer les écrans pour la jeunesse, il veut renforcer l’inclusivité dans les écoles, à l’image de son premier quinquennat où 400 000 enfants en situation de handicap ont été scolarisés, soit 85 000 de plus en cinq ans, grâce au recrutement d’un tiers de plus des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) et propose des contrats de 35 heures pour les AESH. Pour les femmes, il veut améliorer la santé féminine, renforcer l’aide aux familles monoparentales, etc.

Sur deux grands thèmes qui sont sources d’inégalité, malgré les gros efforts financiers déjà entrepris, Emmanuel Macron suggère des rounds de concertation pour améliorer l’école et la santé, tout en gardant une politique nationale, mais qu’elle puisse être adaptée au local selon les acteurs sur le terrain.

Le candidat Président propose aussi de réaliser la solidarité à la source, comme l’impôt à la source, ce qui est plus rapide et plus efficace pour lutter contre la fraude. Il annonce aussi le triplement (il me semble, à confirmer) de la prime d’activité, la réduction des droits de succession, avec une exonération de 150 000 euros au lieu de 100 000 euros, la suppression de la redevance de l’audiovisuel public (mesure qui était amenée à disparaître avec la taxe d’habitation, ce n’est donc pas nouveau), tout en réaffirmant sa volonté de soutenir l’indépendance de l’audiovisuel public.

Autres mesures de solidarité nationale parmi d’autres : la réforme du compte épargne temps en compte épargne temps universel qui puisse être récupérable d’un employeur à un autre et beaucoup plus souple ; le minimum vieillesse à 1 100 euros ; une réforme réelle pour la dépendance, l’aide aux aidants de personnes dépendantes, mais aussi rester le plus possible à domicile au lieu d’habiter en EHPAD (à mieux contrôler), avec une aide équivalente à la prime de rénovation thermique pour adapter le domicile à la dépendance (ce qui valorise le logement et qui évite de le quitter), ainsi qu’une aide de deux heures par semaine supplémentaire d’accompagnement.

Dans le cadre du pacte républicain, il a rappelé son discours des Mureaux contre le séparatisme, il a évoqué l’immigration et le droit d’asile (il souhaite qu’un refus d’asile soit équivalent à une expulsion), rappelant qu’il a réduit les délais de réponse aux demandeurs d’asile, une politique plus ferme des visas à l’égard des pays qui refusent une coopération avec la France à ce sujet. Il annonce le recrutement de plus de policiers et de juges. Il a réaffirmé la vocation de l’État d’être au service de la nation, il faut multiplier les simplifications, réduire les délais, etc. Il reprend la réforme de Nicolas Sarkozy qui avait créé les conseillers territoriaux en remplacement des conseilleurs départementaux (généraux) et régionaux (réforme remise en cause par son successeur).

Enfin, la dernière proposition, et cela ne semble pas le passionner et je pense qu’il a raison de ne pas y accorder une importance démente car il y a bien d’autres enjeux plus urgents et cruciaux et on ne sait jamais ce que signifie un changement de règles institutionnelles (on l’a vu pour le quinquennat), instruit par l’échec de sa réforme de 2018, Emmanuel Macron propose la mise en place d’une commission transpartisane pour rénover les institutions en gardant trois points à l’esprit : garder un exécutif fort sinon, il serait impossible de gouverner en période de crise, mais avoir aussi un Parlement fort avec plus de capacité de contrôle du gouvernement, et enfin, avoir une meilleure représentativité (ce point institutionnel a été présenté de manière suffisamment flou pour satisfaire les partisans et les opposants à des réformes de fond).

Pour conclure, ceux qui considèrent qu’il n’y a pas eu encore campagne ni débat pourront se rassurer : avec ce pavé très dense dans la mare électorale, Emmanuel Macron permet à tous ses concurrents de réagir et d’interargir, tant sur ses propositions que sur son bilan, quitte à en agacer certains qui promettaient déjà certaines de ces mesures. Cette conférence de presse aura sans doute l’effet de faire rebondir le débat public et de susciter diverses réactions voire polémique. Mais c’est ça, une campagne !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Présentation du projet présidentiel d’Emmanuel Macron le 17 mars 2022 à Aubervilliers (vidéo).
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Lettre du candidat Emmanuel Macron à tous les Français le 3 mars 2022 (texte intégral).
Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine le 2 mars 2022 (vidéo et texte intégral).
Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !
La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220317-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-35-le-projet-240220

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/17/39392130.html









 

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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 14:03

(vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220317-macron.html


Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse le 17 mars 2022 à Aubervilliers pour présenter son projet présidentiel à l'occasion de la campagne de l'élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022.




L'intégralité de son projet présidentiel peut être téléchargé à ce lien :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-projet-macron.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-conference-maccron-aubervilliers.html


 

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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 12:25

Présenté au cours de la conférence de presse du 17 mars 2022, le projet du candidat Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2022 a été publié sur son site Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le projet d'Emmanuel Macron (fichier .pdf) :
https://avecvous.fr/wp-content/uploads/2022/03/Emmanuel-Macron-Avec-Vous-24-pages.pdf

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220317-macron.html

La vidéo intégrale de la conférence de presse d'Emmanuel Macron du 17 mars 2022 :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-conference-maccron-aubervilliers.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-projet-macron.html


 

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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 03:49

« Il me semble qu’[Emmanuel Macron] a su faire face aux crises. Avec la crise que nous sommes en train de connaître, son expérience, sa hauteur de vue, ses capacités d’homme d’État le qualifient pour poursuivre ce travail. Face à cela, malgré les qualités des uns et des autres, je ne vois pas d’alternative qui permettrait de relever ces défis, à gauche ou à droite. » (Manuel Valls, le 7 mars 2022 sur RMC).




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La réponse à la question du titre peut sembler rapide, courte et facile : cela va être très très difficile pour lui. Son objectif : probablement le Quai d’Orsay. Parti vers une aventure électorale à Barcelone (qui, semble-t-il, n’était pas qu’une aventure politique), en abandonnant son mandat de député français (élu en juin 2017) et en quittant la vie politique française avec une certaine facilité, Manuel Valls est de nouveau présent à Paris depuis quelques mois.

Son objectif d’être élu maire de Barcelone en mai 2019 n’a pas été atteint, et de loin (sa liste est arrivée en quatrième place), ce qui n’est pas une honte, c’était très audacieux de vouloir poursuivre sa vie politique dans un autre pays, quasiment sans précédent sauf à l’époque de la décolonisation (par exemple, Félix Houphouët-Boigny), mais cela peut être mal perçu par les "opinions publiques" des deux pays en question. Il a officiellement démissionné de son mandat municipal catalan le 31 août 2021 après deux ans de vie politique espagnole. Il avait déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas aux municipales de Barcelone en 2023 et en juin 2021, il avait même apporté aux élections régionales françaises son soutien à …Valérie Pécresse !

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En septembre 2021, Manuel Valls a donc fait une rentrée politique plutôt remarquée, multipliant ses apparitions dans les médias pour vendre son petit livre qui combat les extrémismes, en particulier pour répondre à la montée dans les sondages du polémiste devenu candidat Éric Zemmour ("Zemmour l’antirépublicain").

Et lorsque Valérie Pécresse a été désignée comme candidate LR en décembre 2021, il s’est montré particulièrement précis : il veut retourner au gouvernement. Ses appels du pied étaient d’ailleurs tellement clairs, tellement gros comme des sabots, qu’ils en étaient devenus pitoyables, des sortes de supplique pour redevenir ministre, dans tous les cas, au point de faire la une du Gorafi dès le 13 décembre 2021 titrant : « Manuel Valls annonce son ralliement au futur Président de la République », précisant : « Manuel Valls a annoncé ce matin au micro de France Inter son ralliement "à celui ou celle qui sera élu(e) au mois d’avril prochain". ». Le journal parodique l’a ainsi cité : « J’ai regardé attentivement le programme de chaque candidat et cela s’est imposé comme une évidence : c’est avec le futur Président de la République que j’ai le plus d’affinités, c’est pourquoi je vous annonce aujourd’hui mon ralliement à celui ou celle qui sera élu(e) au mois d’avril prochain. (…) Autant de points communs, ça ne peut pas être uniquement le fruit du hasard, je partage au mot près sa vision du pays. Comme cela a toujours été le cas tout au long de ma carrière, ce n’est que par pure conviction que je m’engage. ».

Évidemment, c’est une plaisanterie d’un journal qui ne publie rien que des plaisanteries (je précise car je sais que la crédulité se répand vite sur le web), mais l’ancien Premier Ministre a cependant exprimé des paroles pas si éloignées (et là, ce n’est plus une parodie).

Par exemple, le 21 janvier 2022 sur TV5, Manuel Valls a déclaré : « Mais moi, je peux travailler avec Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse… (…) Je pense que l’expérience (…) d’un ancien Premier Ministre, d’un responsable politique, peut être utile. Mais peu importe la place. Elle peut être utile car moi, je suis convaincu que ce que je propose est le seul chemin possible pour cette renaissance et pour cette union, cette union sacrée, cette union nationale, ce compromis historique que j’appelle de mes vœux pour résoudre des problèmes qui ne sont pas traités ou mal traités depuis des années. ». En oubliant au passage qu’il fut le membre le plus influent du gouvernement pendant plus de quatre ans et demi (2012 à 2016).





Je compatis à sa recherche d’emploi, assurément, mais il ne se rend pas compte que c’est tellement gros qu’il en devient la risée du web et des réseaux sociaux. Pourtant, ancien Ministre de l’Intérieur de 2012 à 2014 et ancien Premier Ministre de 2014 à 2016, Manuel Valls a bien sûr beaucoup de choses encore à apporter aux Français, son expérience, son énergie, son dynamisme.

Mais je considère qu’il a tort lorsqu’il dit porter le "compromis historique". Il propose en 2022 ce que le candidat Emmanuel Macron avait proposé aux Français dès 2016. Il a deux trains de retard. C’est même pire : Manuel Valls aurait eu l’occasion de créer ce "compromis historique" dès sa nomination à Matignon en avril 2014. Il aurait eu l’occasion de s’affranchir d’un PS rongé par les frondeurs et les archaïsmes et de proposer aux formations de centre droit de participer à son gouvernement. En particulier, il aurait pu proposer à François Bayrou une alliance, lui qui avait annoncé voter François Hollande en 2012 et reconnaître dès 2011 qu’il était Valls-compatible.

Au lieu de cela, Manuel Valls a stupidement choisi la voie du sectarisme socialiste et la voie des autres éléphants du PS, croyant trouver dans la conquête du PS, un conquête du reste impossible car il y a toujours été ultraminoritaire, la clef de son ambition présidentielle. Il a beau jeu aujourd’hui de proposer le "compromis historique" alors que pendant des années, il était le premier à s’y opposer.

Alors, toujours dans une audace croissante, prenant acte du décrochage de Valérie Pécresse, Manuel Valls a courageusement annoncé le 2 mars 2022 sur Twitter son soutien au Président sortant : « Comme beaucoup de républicains de tous bords, je voterai pour Emmanuel Macron dès le 10 avril [2022]. ». Il a justifié son choix ainsi : « Jamais la France n’aura eu à affronter d’aussi grands défis mettant en cause, à l’intérieur, son indivisibilité, et, à l’extérieur, sa place singulière dans l’Europe et dans le monde. Face aux risques à l’horizon, faisons bloc derrière le seul choix possible. ».

Malgré le « respect » et « l’estime » qu’il a pour « Anne Hidalgo et Valérie Pécresse », Manuel Valls a également fustigé les deux grands partis de gouvernement LR et PS : « Enfermées dans une opposition systématique, avides de revanche, gauche et droite déboussolées par le dégagisme et l’implosion du système en 2017, n’ont pas su se renouveler. ».

Ainsi, il entend former un « pôle républicain puissant » au sein de la nouvelle majorité présidentielle, qui « devra émerger dans ce qui devra être une véritable recomposition afin de stabiliser notre système politique ». Ce qui ne manque pas de sel car c’est exactement ce que proposait Jean-Pierre Chevènement le 27 février 2022 : « C’est, pour moi, l’enjeu essentiel : permettre une recomposition de la vie politique française autour d’un pôle de refondation républicaine au sein même de la future majorité. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Manuel Valls peut-il revenir dans la vie politique française en 2022 ?
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Hommage des députés français à Manuel Valls (retranscription intégrale de la séance).
Enterrement républicain de première classe pour Manuel Valls.
Manuel Valls va-t-il manquer au paysage politique français ?
Manuel Valls s’en va à Barcelone.
Manuel Valls : les cinq raisons d’un échec.
Le vaccin anti-Macrobe.
Second tour de la primaire socialiste du 29 janvier 2017.
Quatrième débat de la primaire socialiste du 25 janvier 2017.
Premier tour de la primaire socialiste du 22 janvier 2017.
Troisième débat de la primaire socialiste du 19 janvier 2017.
Deuxième débat de la primaire socialiste du 15 janvier 2017.
Premier débat de la primaire socialiste du 12 janvier 2017.
La primaire socialiste de janvier 2017.
Programme de Manuel Valls (à télécharger).
Manuel Valls candidat à la primaire PS de janvier 2017.
La ville d’Évry.
Discours de Manuel Valls le 13 janvier 2015 au Palais-Bourbon (texte intégral).
Discours de Manuel Valls le 9 janvier 2016 au CRIF (texte intégral).
Manuel Valls et l’esprit républicain.
Manuel Valls vs François Fillon (24 septembre 2015).
La ville de Manuel Valls.
La confiance Valls, volet 2 (16 septembre 2014).
La confiance Valls, volet 1 (8 avril 2014).
Les relations entre l’Élysée et Matignon.
Nomination de Manuel Valls à Matignon (31 mars 2014).
Valls sera-t-il Premier Ministre ? (15 mars 2014).
Manuel Valls et son ambition présidentielle.
Manuel Valls à la primaire socialiste de 2011.
Manuel Valls et les institutions de la République.
Valls-Bayrou, même combat ?
Et la Corse dans tout cela ?
Et les gens du voyage ?

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https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/manuel-valls-peut-il-revenir-dans-239825

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/09/39379841.html









 

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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 03:50

« Il y a incontestablement dans l’attitude russe une part d’auto-intoxication, un sentiment nationaliste obsidional, un sentiment d’être toujours assiégés, menacés, qui peut les conduire à des interprétations fausses. Je pense que c’est ce qui vient d’arriver. C’est une erreur colossale d’interprétation de la réalité qui part d’une anticipation noire de ce que peut être l’évolution des relations internationales et en même temps d’un mépris caricatural de l’Occident, celui-ci se retrouvant assimilé à des groupes de soutien aux LGBT, etc. » (Jean-Pierre Chevènement, le 1er mars 2022 sur France 5).




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De nombreux ralliements au Président de la République Emmanuel Macron ont lieu actuellement avec le début de la campagne officielle, qui viennent de droite comme de gauche. Un de ces ralliements mérite d’être étudié plus en détail : en effet, l’ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement, qui fête son 83e anniversaire ce mercredi 9 mars 2022, a rejoint la majorité présidentielle à l’occasion d’un entretien avec David Renault d’Allonnes publié dans le "Journal du dimanche" du 27 février 2022 : « J’apporte un soutien républicain à Emmanuel Macron. ».

Son ancien parti (MRC) avait, lui, pris position pour Arnaud Montebourg, qui aurait voulu capter l’héritage chevènementiste, mais la candidature de celui-ci n’a jamais décollé et son abandon le 19 janvier 2022 dans l’indifférence générale s’est accompagné d’une neutralité d’origine narcissique : pas question de rejoindre un autre candidat. Cependant, je ne pense pas que Jean-Pierre Chevènement soit aujourd’hui très lié par les positions du MRC, car il a quitté toute responsabilité partisane depuis longtemps.

Beaucoup pourraient être étonnés que celui qui fut le leader du souverainisme à la française soutienne le Président le plus volontariste en matière de construction européenne. Moi, je ne le suis pas, d’une part, parce que souverainisme et construction européenne ne sont pas antagonistes, au contraire, ils sont complémentaires et se renforcent l’un avec l’autre, d’autre part, parce qu’il y a une réelle fascination de Jean-Pierre Chevènement pour Emmanuel Macron.

Tout d’abord, on évitera les procès d’allégeance de l’ancien ministre de l’intérieur : Jean-Pierre Chevènement est l’un des hommes d’État les plus sérieux et les plus indépendants que la République ait connus, éléphant au PS, et ayant pris son indépendance en privilégiant ses convictions à sa carrière ministérielle. Il a démissionné trois fois du gouvernement, ce qui fait beaucoup (et qui est souvent très risqué pour une personnalité politique car rien ne dit qu’un jour, il reviendra au pouvoir). La guerre au Koweït, le peuple corse, etc. étaient des raisons suffisantes pour que cette personnalité majeure de la vie politique claquât la porte de François Mitterrand puis de Lionel Jospin. Depuis une quinzaine d’années, il continue son activité principalement intellectuelle au moyen de colloques à Paris sur différents sujets avec des intervenants d’origine politique très diversifiée.

Ensuite, il a une réelle admiration pour Emmanuel Macron, presque une affection personnelle. Lors du colloque du 11 décembre 2017 à la Maison de la Chimie, Jean-Pierre Chevènement exprimait son attente pour ce Président de la République nouveau, dynamique, volontaire, qui cassait le train-train habituel des baratins ordinaires. Il voyait déjà en lui, notamment avec le discours de la Sorbonne, un réel défenseur des intérêts français dans l’Europe et dans le monde.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les deux hommes sont des énarques, se sont côtoyés à diverses occasions, et que le premier acte politique d’Emmanuel Macron, ce fut de soutenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’élection présidentielle de 2002. Il a donc été à bonne école.

Emmanuel Macron, d’ailleurs, n’a cessé, depuis 2016, de parler de souveraineté française, comme il a repris aussi à son compte d’autres symboles de la République, comme Jeanne d’Arc (c’était son premier déplacement en 2016 après la fondation de son parti), souvent préemptés par l’extrême droite. Pour Emmanuel Macron, la souveraineté française doit s’exercer dans le cadre d’une Europe puissance, par la souveraineté européenne, et celle-ci est autant économique que politique. Il ne s’agit pas de "délégation de souveraineté" mais bien d’un exercice de la souveraine nationale dans le cadre européen.

Du reste, l’Europe est ce qui l’a fait hésiter à soutenir Emmanuel Macron : « La perspective d’une Europe fédérale inscrite dans la plateforme de la coalition allemande après l’accord entre SPD, Verts et FDP. Car si nous devions accepter un vote non plus à l’unanimité mais à la majorité qualifiée, au sein du Conseil Européen, sur les questions de politique étrangère et de sécurité commune, c’en serait fini du statut de la France comme membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est inenvisageable. Mon soutien n’est donc pas un blanc-seing : je n’abandonne pas mes convictions. Cela, le Président Macron le comprend. ».

En revanche, sur les autres sujets, il est tout à fait en accord avec Emmanuel Macron, en particulier sur la réindustrialisation (il a été ministre de l’industrie) : « Depuis 2017, et ce pour la première fois depuis des décennies, de nouveaux sites industriels s’ouvrent et de nouveaux emplois industriels se créent. Les investissements étrangers en France, notamment américains, sont plus nombreux. ». Même s’il n’oublie pas le déficit commercial, « mais l’hémorragie a pris fin ». C’est sans doute la meilleure expression du souverainisme nationale : « Dès le 13 avril 2020, Emmanuel Macron a fixé le cap : la reconquête de l’indépendance industrielle et technologique de la France. ». Il approuve avec force le plan France 2030.

Il applaudit la gestion de la crise du covid, tant sur l’aspect sanitaire (avec la vaccination massive) que sur l’aspect économique avec le "quoi qu’il en coûte" assumé qui a permis la chute du chômage (taux record à 7%) et le maintien de pans entiers de l’économie qui se seraient écroulés sans cela.

Jean-Pierre Chevènement invite ainsi les électeurs de gauche à ne pas choisir ni Jean-Luc Mélenchon qui a « un problème avec la République » ni les autres candidats de gauche qui sont tombés « dans le sillage du social-libéralisme » : « Quel choix peut donc faire un électeur de gauche entre ces reliques ? Beaucoup préféreront, je crois, cet alliage entre la tradition du progrès social et la culture de l’État, auquel tend Emmanuel Macron. ».

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L’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine a cependant mis en lumière que de nombreuses personnalités politiques avaient noué un lien de profond respect sinon d’amitié avec le Président de la Fédération de Russie, et c’est le cas de Jean-Pierre Chevènement, un peu gêné de ses prises de position anciennes avec l’actualité immédiate. Il s’en est plus longuement expliqué dans l’émission "C à vous" le 1er mars 2022 sur France 5.

Sa première réaction est d’abord la condamnation sans ambiguïté : « Il y a un fait massif : c’est l’invasion russe de l’Ukraine, violation caractérisée du droit international et de l’intégrité territoriale de ce pays. Le réflexe ne peut être que de la condamner avec la plus grande force, en prenant toutes les mesures appropriées. C’est ce qu’on appelle les sanctions. Ces sanctions sont contenues dans l’agression car l’agression entraîne une riposte qui est tout à fait légitime. ».

Mais le danger d’une guerre nucléaire est réelle, ce qui justifie et nourrit la volonté d’Emmanuel Macron de maintenir le contact : « La fermeté n’exclut pas, comme le Président de la République le montre, la recherche d’un dialogue ou, en tout cas, d’une voie diplomatique. Celle-ci doit permettre de trouver une issue à ce conflit qui ne peut être, bien entendu, que le cessez-le-feu d’abord et ensuite le retrait des troupes russes, avec peut-être des arrangements sur les questions qui préoccupent légitimement les Russes, à commencer par leur sécurité. ».

Revenant sur l’invasion russe de l’Ukraine dans une tribune intitulée "Comment éviter une Troisième Guerre mondiale ?" publiée le 8 mars 2022 dans l’hebdomadaire "Marianne", Jean-Pierre Chevènement a rejeté le prétexte de dénazification : « Lors de la Seconde Guerre mondiale, (…) l’immense majorité des Ukrainiens a combattu au sein de l’Armée rouge. Il est ridicule aujourd’hui de faire comme si quelques groupuscules néonazis, certes violents et influents, reflétaient une tendance significative de l’opinion publique ukrainienne. (…) D’un point de vue stratégique et politique, la décision d’envahir l’Ukraine prise par le Président Poutine est sidérante d’absurdité. Même si l’armée russe a l’avantage sur le plan militaire, ce qui s’annonce pour elle est une longue période d’enlisement. (…) Ne confondons pas un gouvernement russe qui passe et le peuple russe, dont l’apport à la littérature, à la civilisation et à l’histoire de l’humanité est majeur. ». Une distinction que le Président Emmanuel Macron avait aussi faite dans son allocution télévisée du 2 mars 2022 : « Nous ne sommes pas pour autant en guerre contre la Russie. Nous savons tout ce qui nous lie à ce grand peuple européen qu’est le peuple russe, qui a tant sacrifié durant la Seconde Guerre mondiale pour sauver l’Europe de l’abîme. ».

L’ancien ministre fait remonter la mésentente entre la Russie et le reste de l’Europe à l’an 1054 avec le grand schisme entre christianisme de Rome et christianisme de Byzance. Il est vrai que le primat (orthodoxe) de Moscou se montre plus un nationaliste va-t-en-guerre qu’un religieux prônant la paix et la concorde (avec les uniates ukrainiens).

Sur ses relations personnelles avec Vladimir Poutine (il a discuté quatre heures avec lui en 2014, par exemple), Jean-Pierre Chevènement se sauve comme il peut, comme les autres, en disant sur France 5 le 1er mars 2022 que le Poutine d’hier n’était pas le Poutine d’aujourd’hui, ce qui, à mon avis, est un manque d’anticipation. Pour faire avancer les accords de Minsk, il a rappelé qu’Emmanuel Macron l’avait envoyé en Russie et en Ukraine : « J’assume les efforts faits et je revendique d’avoir essayé d’empêcher cette situation qui est infiniment malheureuse pour les Ukrainiens, pour les Russes et pour nous-mêmes, Européens. Nous n’avons pas encore fini d’en payer le prix. ».

Il soutient donc à fond les initiatives d’Emmanuel Macron sur l’Ukraine : « Je pense que ce que fait le Président de la République est très adéquat à la situation. Il fait preuve d’une grande fermeté de langage, met en place des sanctions économiques et financières ciblées et très fortes et défend, par ailleurs, une voie ouverte au dialogue. Il échange par exemple par téléphone avec le Président Poutine presque tous les jours. Il y a quand même un canal de communication qui demeure. ».

Souhaitant établir un climat d’unité nationale en France pour cette période très difficile, Jean-Pierre Chevènement appuie la démarche du gouvernement : « J’observe avec satisfaction que le Premier ministre a réuni à Matignon l’ensemble des candidats et que cela s’est plutôt bien passé. Un échange d’informations sur différents sujets a pu avoir lieu : les réfugiés, leur accueil, etc. C’est comme cela qu’il faut procéder et j’approuve le président de la République d’avoir choisi cette voie raisonnable. (…) L’accueil des réfugiés ukrainiens n’est pas une épreuve mais un devoir. ».

Et je termine l’explication politique de Jean-Pierre Chevènement par cette reformulation pour France 5 : « Je voudrais dire pourquoi je soutiens Emmanuel Macron. Je pense qu’il a l’étoffe d’un Président capable de construire la France dans une période aussi troublée. N’oublions pas qu’il est responsable de la dissuasion nucléaire : 300 têtes nucléaires pour la France (…),.elles ne sont d’ailleurs pas faites pour être utilisées mais pour inspirer la crainte afin que l’adversaire recule. Emmanuel Macron est à mon sens parfaitement capable de gérer cette crise qui implique beaucoup de fermeté, d’intelligence et de finesse. Il faut se montrer souple et compréhensif pour se mettre dans la tête de l’autre, deviner comment il raisonne. C’est un travail éminemment difficile. ».

Dans "Marianne" également, Jean-Pierre Chevènement conclut sur le grand savoir-faire d’Emmanuel Macron : « Depuis le début de l’agression russe, Emmanuel Macron défend une position combinant fermeté et souci de maintenir la porte ouverte au dialogue et à la diplomatie. Cette approche est celle d’un homme d’État. Elle est à la hauteur d’une telle crise, dont la gestion demande intelligence et souplesse. Les troupes russes doivent quitter l’Ukraine. (…) Nous ne devons pas nous laisser entraîner vers une troisième guerre mondiale par des initiatives jusqu’au-boutistes. ».

Un sondage réalisé par Elabe sur un échantillon de1 580 personnes les 7 et 8 mars 2022 donne des résultats étonnants : non seulement les tendances se confirment, forte montée d’Emmanuel Macron à 33,5% et décrochage de Valérie Pécresse à 10,5% en cinquième position, mais Jean-Luc Mélenchon, bénéficiant aussi du décrochage du polémiste Éric Zemmour, se retrouve en troisième position à 13% derrière Marine Le Pen à 15%. Quant à la candidate socialiste, Anne Hidalgo stagne à 1,5% d’intentions de vote, comme une vulgaire candidate trotskiste, un microscore également obtenu par d’autres instituts.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pourquoi le souverainiste Jean-Pierre Chevènement soutient-il Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Jean-Pierre Chevènement, macronien ?
Daniel Cohn-Bendit, sur les traces de Jean-Pierre Chevènement.
Le Che, vainement ?
Les ambitions sénatoriales de Jean-Pierre Chevènement.
Hollande coincé entre Chevènement et Eva Joly.
Chevènement répond aux attaques parisiennes.
Chevènement battu à Belfort.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220309-chevenement.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pourquoi-le-souverainiste-jean-239764

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/01/39367462.html







 

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 03:51

« Nous étions douze à table. Du jour au lendemain, un plat de champignons me laissa seul au monde. » (Sacha Guitry).




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Ce lundi 7 mars 2022, le Conseil Constitutionnel a publié les parrainages des 13 427 élus qu’il a définitivement validés. Cela a abouti à la proclamation officielle de douze candidats à l’élection présidentielle du 10 avril 2022, ce qui est déjà beaucoup. La seule incertitude provenait de Philippe Poutou qui a réussi, en un jour, à obtenir 157 parrainages supplémentaires.

Valérie Pécresse (2 636 parrainages) 54 ans
Candidate soutenue par Les Républicains, l’UDI et Les Centristes, elle a été ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 (Universités puis Budget) et est présidente du conseil régional d’Île-de-France depuis 2015.

Emmanuel Macron (2 098 parrainages) 44 ans : 24,0% en 2017
Président de la République sortant, il sollicite le renouvellement de son mandat en pleine bourrasque diplomatique avec l’invasion russe en Ukraine. Il est soutenu par de nombreuses personnalités de gauche et de droite, ainsi que par le LREM, le MoDem, le Parti radical, Horizons, Agir, et quelques autres mouvements de la majorité.

Anne Hidalgo (1 440 parrainages) 62 ans
Candidate soutenue par le parti socialiste, elle est maire de Paris depuis 2014, après avoir été première adjointe de Bertrand Delanoë.

Jean-Luc Mélenchon (906 parrainages) 70 ans : 19,6% en 2017
Candidat soutenu par FI, il a été sous-ministre de Lionel Jospin puis candidat aux élections présidentielles de 2012 et 2017.

Éric Zemmour (741parrainages) 63 ans
Polémiste à succès éditorial, il s’est engagé dans la vie politique seulement en août 2021 et a créé le parti Reconquête en décembre 2021. Comme Emmanuel Macron en 2016 avec En Marche, il a créé ex nihilo un véritable courant politique basé sur sa personne et ses idées.

Yannick Jadot (712 parrainages) 54 ans
Candidat de EELV, il représente la branche réaliste des écologistes face à la branche idéaliste dont la meilleure représentante était son adversaire à la primaire Sandrine Rousseau.

Jean Lassalle (642 parrainages) 66 ans : 1,2% en 2017
Ancien membre du MoDem jusqu’en 2016, il est une sorte d’extraterrestre de la vie politique, représentant du terroir à la voix rocailleuse, fondateur du parti Résistons et déjà candidat à l’élection présidentielle de 2017.

Fabien Roussel (626 parrainages) 52 ans
Candidat du parti communiste français dont il est le secrétaire national depuis 2018, il porte à l’élection présidentielle les couleurs du PCF pour la première fois depuis quinze ans.

Marine Le Pen (622 parrainages dont celui de François Bayrou) 53 ans : 21,3% en 2017
Candidat du Rassemblement national (ex-FN) dont elle est la présidente de 2011 à 2021, elle était déjà candidate en 2012 et en 2017.

Nicolas Dupont-Aignan (600 parrainages) 61 ans : 4,7% en 2017
Candidat de Debout la France qu’il préside depuis 2008, il était déjà candidat aux deux précédentes échéances.

Philippe Poutou (596 parrainages) 55 ans : 1,1% en 2017
Candidat de NPA, il a été choisi par son parti en raison de sa notoriété après ses candidatures aux deux précédentes élections.

Nathalie Arthaud (576 parrainages) 52 ans : 0,6% en 2017
Candidate de Lutte ouvrière dont elle est la porte-parole depuis 2008, elle aussi s’est déjà portée candidate aux deux précédentes élections.

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Maintenons, parlons des recalés des parrainages

Les candidats potentiels avaient cinq ans pour chercher des élus qui pourraient les parrainer. Concrètement, c’est surtout à partir de mars ou juin 2020 qu’ils ont pu aller démarcher les maires nouvellement élus ou réélus qui seraient en exercice en 2022.

En tout, 65 personnalités ont bénéficié d’au moins un parrainage d’un élu, parfois pour d’autres raisons que politique ou électorale. Parmi les 53 personnalités "recalées", il y a trois anciens candidats à l’élection présidentielle (quatre en fait), François Asselineau, candidat en 2017, président de l’UPR, qui n’a obtenu que 293 parrainages, Christiane Taubira, candidate en 2002, issue de la primaire populaire (mouvement qui a finalement apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon), avec seulement 274 parrainages et Antoine Waechter, candidat en 1988, président du mouvement écologiste indépendant qui n’a eu que 7 parrainages (lui-même n’a pas dû se présenter formellement cette année).

Un troisième candidat trotskiste Anasse Kazib a été aussi empêché de se présenter avec 160 parrainages, ainsi que la coprésidente fondatrice du parti animaliste Hélène Thouy avec 139 parrainages, tête de liste aux élections européennes de 2019 ayant recueilli plus de 2% des voix. Enfin, pour les candidats politiques "sérieux", le libéral Gaspard Koenig, avec seulement 107 parrainages et Florian Philippot avec seulement 1 parrainage ! (alors qu’en 2017, il avait quitté le FN avec plusieurs députés européens et conseillers régionaux dont aucun n’a été réélu).

On peut aussi signaler la présence à chaque scrutin d’un candidat "farfelu" qui recherche surtout la notoriété médiatique par un marketing très maladroit et peu attrayant (les parisiens peuvent remarquer des affiches de ce candidat depuis une vingtaine d’années), Nicolas Miguet, ex-giscardien qui a mal tourné ! (d’un supposé mais inexistant parti du contribuable) et qui aujourd’hui n’a que 40 parrainages. À une époque bien moins transparente, il s’était pointé devant le Conseil Constitutionnel le dernier jour de dépôt des signatures en affirmant avoir obtenu les 500 signatures, ce qui lui a permis de bénéficier d’un article dans "Le Monde" tandis que le lendemain, on apprenait qu’il n’avait que de 2 parrainages !

Parmi les personnes qui ont bénéficié de parrainages, on peut aussi évoquer des personnalités politiques non candidates mais parrainées quand même, notamment : Michel Barnier (2), ancien ministre ; Jean-Louis Borloo (1), ancien ministre ; Édouard Philippe (1), ancien Premier Ministre ; Bernard Cazeneuve (1), ancien Premier Ministre ; Arnaud Montebourg (1), ancien ministre ; Carole Delga (1), présidente du conseil régional d’Occitanie ; Raphaël Glucksmann (1), député européen app. PS ; Emmanuelle Ménard (1), députée app. RN ; François Ruffin (1), député FI ; …et même François Hollande (1), ancien Président de la République !

Terminons avec le spationaute Thomas Pesquet, qui a reçu un parrainage (sans doute un maire distrait, toujours dans les étoiles), et l’humoriste belge Guillaume Meurice qui, au fil de ses chroniques sur France Inter (il était en vacances la dernière semaine), a pu atteindre la cote de 6 parrainages ! À l’origine, son spectacle "Meurice 2022" où il joue le rôle d’un candidat et à Cherbourg, il a demandé à la salle : « S’il y a des élus dans la salle, je recherche un parrainage ! ». Si bien qu’un maire présent dans la salle est allé le voir et s’est laissé convaincre de le parrainer. C’était sa première signature. Cinq autres l’ont suivi.

Et la petite cerise sur le gâteau : Philippe Célestin Maréchal a également reçu un parrainage. Maire lui-même (de Balagny-sur-Thérain dans l’Oise), il s’est parrainé lui-même pour en finir avec les sollicitations de toutes sortes des chasseurs de signatures : « C’est quelque chose qui a été fait pour nos délester d’une très grosse charge de travail car les secrétaires de mairie étaient submergées par les appels e les demandes de parrainages. » (CNews). Inutile de dire que si cela fait du travail en plus, la plupart des maires voient dans ce phénomène une source de flatterie et un moyen de "valoriser" leur mandat. Ce seront eux qui devront, dans quelques semaines, organiser les opérations électorales et vérifier que tout se déroulera correctement : la démocratie ne vit pas sans serviteurs au plus près des citoyens.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (34) : la liste officielle des 12 candidats.
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Sondage Ipsos publié le 5 mars 2022 à télécharger.
François Bayrou, le parrain de Marine Le Pen.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (arrêtée au 7 mars 2022).
Le serpent de mer des parrainages pour la présidentielle.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220307-liste-candidats.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-34-la-liste-officielle-239949

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/07/39375911.html










 

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 16:07

Du jeudi 27 janvier 2022 à 08h00 au vendredi 4 mars 2022 à 18h00, les 42 000 élus locaux peuvent envoyer, au Conseil Constitutionnel, un parrainage de présentation en faveur d'un candidat. Régulièrement (deux fois par jour), le site du Conseil Constitutionnel remettra à jour la situation de chaque candidat.

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220109-presidentielle-parrainages.html

 

 

 





Le tableau ci-dessus énumère, par candidat, le nombre de parrainages jugés valables (au total, et par date de publication), à la suite d'une décision du Conseil constitutionnel.

ATTENTION : l'ensemble des chiffres affichés pour un candidat ne préjuge pas de la validité de sa candidature. Seule la décision finale du Conseil constitutionnel fait foi.

En effet, une candidature n'est retenue à la fin de la période de recueil des parrainages que si elle respecte plusieurs conditions cumulatives :

1. La candidature dispose au moins de 500 parrainages conformes et validés ;
2. Ces parrainages sont signés par des élus représentant au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer et moins d'un dixième des parrainages proviennent d'élus d'un même département ou d'une même collectivité d'outre-mer.

Les parrainages comptabilisés dans le tableau ci-dessus sont ceux dont la conformité a été vérifiée. Le décalage provisoire qui peut être observé entre les parrainages parvenus au Conseil constitutionnel et ceux publiés sur le site internet s’explique par les délais nécessaires à l’instruction et à la vérification de leur conformité. Tous les parrainages enregistrés au Conseil constitutionnel sont traités en continu, dans les meilleurs délais.




Point de presse de M. Laurent Fabius, Président du Conseil constitutionnel
du 25 janvier 2022
 


    Paris, Conseil constitutionnel
    25 janvier 2022
    Discours de M. Laurent Fabius,
    Président du Conseil constitutionnel


Mesdames et Messieurs,

Heureux de vous retrouver pour ce point de presse. Je débute en vous adressant mes vœux chaleureux pour cette année, intense puisque notamment au premier trimestre, nous aurons 26 QPC à notre calendrier de travail.

En 2022, le Conseil constitutionnel poursuivra, bien sûr, son activité juridictionnelle. Mais il se consacrera aussi - et c'est essentiel - aux élections, présidentielle et législatives, dont il est juge. S'agissant de la présidentielle, l'article 58 de la Constitution nous fixe en effet une mission générale : le Conseil « veille à la régularité de l'élection du Président de la République. Il examine les réclamations et proclame les résultats du scrutin ».

Notre rencontre est l’occasion d’évoquer le cadre juridique applicable au scrutin (1), les principales étapes du calendrier et, plus particulièrement, la phase de recueil et de contrôle des parrainages qui s’ouvre prochainement (2).

1. La prochaine élection présidentielle sera la onzième depuis l’intervention de la loi organique du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, adoptée à l’issue du référendum du 28 octobre 1962.

Le cadre juridique dans lequel elle s’organise a été modifié sur quelques points depuis l’élection de 2017. Je veux mentionner ici les principaux.

1.1. La loi organique du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique a prévu que, avant le terme de ses fonctions, le Président de la République dépose au Conseil constitutionnel une déclaration de situation patrimoniale qui est rendue publique et assortie d'un avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique appréciant la variation de sa situation patrimoniale au cours du mandat. La déclaration de situation patrimoniale de fin de mandat du Président MACRON a été publiée au Journal officiel du 9 décembre 2021. L’avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique est accessible sur son site.

La même loi organique du 15 septembre 2017 fait obligation aux candidats à l'élection présidentielle de remettre au Conseil constitutionnel, en plus d’une déclaration de situation patrimoniale, une déclaration d'intérêts et d'activités. Toutes ces déclarations sont rendues publiques au moins quinze jours avant le premier tour de l'élection présidentielle.

1.2. La loi organique du 29 mars 2021 portant diverses mesures relatives à l’élection du Président de la République a prévu, s’agissant de la campagne, que les candidats à l'élection présidentielle doivent veiller à l'accessibilité de leurs moyens de propagande électorale aux personnes en situation de handicap.

Elle a également fait obligation aux candidats d'éditer un reçu pour chaque don versé à un candidat au moyen d'un téléservice mis en œuvre par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Afin de garantir une information claire et transparente sur les sondages, elle a institué l’obligation d'accompagner leur publication ou diffusion de la mention des marges d'erreur des résultats.

Elle a enfin fixé les modalités selon lesquelles, pour la première fois, les personnes détenues, placées en détention provisoire ou exécutant une peine n'entraînant pas une incapacité électorale, pourront voter par correspondance au sein de leur établissement pénitentiaire, sous pli fermé. Leurs suffrages seront centralisés et recensés dans un bureau de vote national unique situé au ministère de la justice.

1.3. Plus récemment, le décret du 22 décembre 2021 relatif à l’élection du Président de la République a prévu des mesures propres à faciliter le vote par procuration. Il n’est plus nécessaire que le mandant et le mandataire soient inscrits sur la liste électorale de la même commune. La demande de procuration peut être établie sur internet par la téléprocédure « Maprocuration ».

2. Quelques mots du calendrier à venir. Nous sommes ce mardi 25 janvier 2022 à 75 jours du premier tour, qui aura lieu le dimanche 10 avril 2022, suivant l’annonce qui a été faite en fin d’année dernière par le Gouvernement et devra se traduire dans un décret en conseil des ministres avant la fin janvier. Trois phases-clés rythmeront l'activité du Conseil constitutionnel en lien avec la présidentielle : la phase des parrainages ; le scrutin et ses résultats ; le bilan de l'élection et le contentieux éventuel des comptes de campagne.

2.1. La première phase-clé, qui donnera le coup d'envoi de l'élection présidentielle, sera donc centrée sur le recueil des parrainages. Cette période s'ouvre le jour de la publication du décret de convocation des électeurs, que le Gouvernement a prévue le jeudi 27 janvier. Elle s'achèvera le vendredi 4 mars à 18 heures. Retenez ces deux dates : 27 janvier, 4 mars, soit une période d’un peu plus de cinq semaines, qui sera plus longue qu’en 2017, où elle avait été de trois semaines.

Au cours de cette période, tous les élus habilités à parrainer un candidat à l'élection présidentielle - environ 42 000 - pourront transmettre au Conseil constitutionnel leur parrainage, à l'aide du formulaire et de l'enveloppe officiels qui leur seront transmis par les services de l'Etat.

J'insiste sur ce point : cette année comme en 2017, les parrainages devront exclusivement nous être envoyés par voie postale. Le dépôt direct des formulaires au siège du Conseil ne sera pas autorisé. C'est la loi organique du 25 avril 2016 qui a fixé cette règle. Pour l'outre-mer et l'étranger, les formulaires de parrainage pourront être soit envoyés directement par la poste au Conseil constitutionnel, soit déposés auprès des services du représentant de l'Etat, ou de l'ambassadeur ou du chef de poste consulaire, jusqu'au vendredi 4 mars à 18 heures, heure locale. Pour la date et l'heure limites de réception des parrainages, nous avons jugé dans notre décision du 21 avril 2016 concernant la loi organique de modernisation des règles de l'élection présidentielle que le Conseil constitutionnel pourrait, le cas échéant, prendre en compte « des circonstances de force majeure ayant gravement affecté les conditions d'expédition et d'acheminement des parrainages dans les jours précédant l'expiration du délai de présentation des candidats ».

Outre la transmission des parrainages exclusivement par voie postale, leurs modalités de publication demeurent inchangées par rapport à 2017. Après vérification par les services du Conseil constitutionnel, les parrainages validés - par une décision du Conseil - seront désormais publiés intégralement et en continu, alors qu'avant 2017, seuls 500 parrainages tirés au sort étaient publiés, et cela après l'établissement de la liste définitive des candidats. Cette année, comme en 2017, nous mettrons donc en ligne - sur notre site « Présidentielle 2022 » qui vous sera présenté dans un instant - deux fois par semaine, le mardi et le jeudi en fin d'après-midi, la liste actualisée en temps réel des parrainages. A l'issue de cette période de recueil, de vérification et de publication des parrainages, le Conseil constitutionnel établira la liste définitive des candidats à l'élection présidentielle : je la proclamerai publiquement le lundi 7 mars 2022.

Les candidats auront également jusqu'au 4 mars à 18 heures pour déposer au Conseil constitutionnel leur déclaration de patrimoine. Nous les transmettrons ensuite à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, chargée de les publier avant le premier tour.

2.2. La deuxième phase-clé pour le Conseil constitutionnel aura lieu au moment du scrutin, puisque nous sommes chargés par l'article 58 de la Constitution de veiller à la régularité de l'élection, d'examiner les réclamations et de proclamer les résultats.

Afin de contrôler les opérations électorales dans les bureaux de vote, le Conseil constitutionnel disposera de près de 2 000 « délégués », qui seront des magistrats. Les deux dimanches du vote, le 10 avril et le 24 avril, une permanence sera bien sûr assurée au Conseil constitutionnel pour répondre aux questions de nos délégués, des préfectures ou des mairies.

Au lendemain du premier tour, du lundi 11 au mercredi 13 avril, nous procéderons ici à la centralisation et à la vérification des résultats, à l'examen des réclamations et à l'exploitation des rapports envoyés par les délégués. Le mercredi 13 avril, nous déclarerons les résultats du premier tour, puis nous établirons la liste officielle des deux candidats du second tour.

Au lendemain du second tour, qui aura lieu le 24 avril, nous procéderons aux mêmes opérations de vérification des résultats et d'examen des réclamations. A l'issue de ce travail, nous établirons les résultats officiels de l'élection présidentielle et je proclamerai élu le nouveau Président de la République, sans doute le mercredi 27 avril, dans ce Grand salon du Conseil constitutionnel. Un peu plus tard, lors de la cérémonie d'investiture du nouveau Président au Palais de l'Elysée, je procéderai à la lecture solennelle des résultats, comme je l’avais fait il y a cinq ans : cette cérémonie aura lieu au plus tard le vendredi 13 mai, qui correspond à la fin du mandat de l'actuel chef de l'Etat.

2.3. Troisième et dernière phase, celle de l'après-élection.

Nous procéderons au bilan de la présidentielle 2022 en publiant des observations qui contiendront à la fois un diagnostic sur l'élection qui se sera déroulée et des recommandations en vue de la prochaine. Si j'en juge par ce qui s'est produit en vue de l'élection de 2022, ces observations sont utiles : l'essentiel des réformes contenues dans la loi organique du 29 mars 2021 portant diverses mesures relatives à l’élection du Président de la République ont en effet été inspirées par les observations du Conseil constitutionnel sur l'élection présidentielle de 2017.

Plus tard, viendra le temps de l'éventuel contentieux des comptes de campagne que les candidats devront déposer auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, présidée par M. Jean-Philippe Vachia. La Commission disposera de six mois pour rendre ses décisions d'approbation, de réformation ou de rejet des comptes. Chaque candidat dont le compte aurait été réformé ou rejeté pourra ensuite, dans un délai d'un mois, contester la décision devant le Conseil constitutionnel, juge de premier et dernier ressort.

Je précise enfin que, contrairement à ce qu’on lit ou entend parfois, le Conseil constitutionnel ne donne pas d’« avis », il prend des « décisions » et ces décisions, conformément à l’article 62 de la Constitution, s’imposent à tous.

Avant de répondre à vos questions, je laisse au Secrétaire général du Conseil constitutionnel le soin de vous présenter brièvement le site internet « Présidentielle 2022 » du Conseil constitutionnel que nous avons spécialement mis au point et qui fonctionne dès aujourd’hui.

Laurent Fabius, le 25 janvier 2022 à Paris.




Situation au 3 février 2022 :
 





Source : Conseil Constitutionnel.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220206-parrainages-valides.html



 

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 03:54

« Si je me suis porté candidat, c’est pour une raison simple : j’ai la conviction que je peux être utile dans les cinq ans à venir. (…) Ce qui se joue avec cette élection présidentielle n’est pas la victoire d’un camp ou d’un parti. C’est le destin d’un pays qui, dans ces temps troubles, doit continuer de renforcer son indépendance et d’agir pour bâtir une Europe-puissance, capable de peser sur le cours du monde. C’est l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants et c’est pour cela que nous donnerons la priorité à l’éducation. » (Emmanuel Macron, le 4 mars 2022).


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Les sondages d’intentions de vote vont et viennent et il est vrai que ce ne sont que des photographies, des instantanés de la situation des rapports de force entre les différents candidats. Le premier tour de l’élection présidentielle a lieu dans moins de 35 jours. Les "opinions" commencent à se cristalliser. À ce début de campagne officielle (le 6 mars 2022 devrait être publiée la liste définitive des parrainages et par conséquent, la liste des candidats qui sera officiellement annoncée le lendemain ou surlendemain par le Conseil Constitutionnel), il était tentant de faire un état des lieux de ces rapports de force, en sachant bien sûr qu’une campagne sert justement à faire bouger les lignes. Ce qui a caractérisé cette précampagne qui s’achève (septembre 2021 à mars 2022), c’est que les lignes ont peu bougé, c’était plus une "guerre" de position qu’une "guerre" de mouvement. Y aura-t-il en mars 2022 des changements majeurs ?

Beaucoup d’instituts de sondage proposent ainsi des études pour saisir cette situation. La plus récente avant le début de la campagne officielle est celle d’Ipsos pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et le journal "Le Monde", publiée le 5 mars 2022. C’est la sixième vague de cet institut, basée sur une enquête réalisée du 24 au 27 février 2022 auprès d’un très grand échantillon, 13 651 répondants, ce qui correspond au début de la guerre en Ukraine. Toutefois, cette étude a été complétée par une étude plus rapide sur un échantillon de 3 599 personnes interrogées du 2 mars 2022 à 20h30 (après l’allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine) au 3 mars 2022 à 20h30 (avant la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron). On peut lire le dossier complet à ce lien.

Insistons que ce n’est qu’un sondage, avec son caractère volatil et sa marge d’erreur, ce qu’Ipsos indique très clairement pour les intentions de vote (au même niveau que les résultats eux-mêmes). Ce sondage est important car, à ma connaissance, c’est le premier sondage qui place Emmanuel Macron au-delà du seuil symbolique des 30% d’intentions de vote (30,5% exactement). Dans son rolling, l’IFOP enregistre également une montée du Président sortant, à 29%, au 4 mars 2022, et peut être en retard en raison du principe du rolling (seulement un tiers de l’échantillon se prononce chaque jour et le week-end est sans enquête).

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Quand on compare avec d’autres instituts de sondage, on s’aperçoit que Yannick Jadot est aussi en position plus élevée (7,5% alors que généralement il tourne autour de 5%), mais c’est l’ordre des premiers candidats qui reste plongé dans une grande incertitude. Cette hausse du Président sortant, si elle est exceptionnelle hors contexte à un mois du premier tour de l’élection présidentielle, était prévisible lorsqu’un événement aussi majeur que la guerre en Ukraine vient percuter la campagne et qu’une menace de déflagration nucléaire vient angoisser la plupart des Français (90% des sondés) et des Européens. Ce cauchemar a pour effet mécanique de rassembler les Français derrière le chef de l’État, phénomène qu’on avait vu déjà lors des attentats.

Ce mouvement de légitimisme se fait donc en faveur d’Emmanuel Macron, le Président de la République en exercice, au détriment des autres candidats, en particulier de Valérie Pécresse qui dévisse complètement. J’avais déjà remarqué dans le rolling de l’IFOP ce phénomène très marquant pour les intentions de vote au second tour. L’étude d’Ipsos confirme ce décrochage dès le premier tour.

La montée d’Emmanuel Macron peut s’interpréter de diverses manières. Certes, il y a ce mouvement d’unité nationale, mais aussi un effet mécanique de l’abandon de Christiane Taubira : ses électeurs potentiels (assez faibles, même pas 2% d’intentions de vote) ne semblent pas s’être reportés sur Anne Hidalgo mais plutôt sur Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon qui, lui, garde une base solide.

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En effet, si Marine Le Pen et Éric Zemmour chutent à respectivement 14,5% (1 point en moins) et 13% (2 points en moins) d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon est en très légère ascension à 12% d’intentions de vote. Et même, il "double" Valérie Pécresse qui s’est effondrée à 11,5% (une baisse de 1 point). Cette donnée montre que le scrutin est encore largement ouvert et la possibilité de qualification au second tour du leader de la France insoumise n’est pas non plus dénuée de toute probabilité. Quand on regarde l’historique depuis octobre 2021 de ces vagues Ipsos, on constate que Jean-Luc Mélenchon était à l’origine à 8% d’intentions de vote, en dessous de Yannick Jadot à 9,5%, et qu’il a constamment progressé.

Les autres candidats n’enregistrent aucune variation, y compris Anne Hidalgo qui, désespérément, reste dans l’étiage, très largement en dessous de 5% (2,5% d’intentions de vote), au point qu’il faudrait vraiment organiser un Hidalgothon.

La question reste de savoir si ces mouvements notables depuis la guerre en Ukraine vont se poursuivre ou au contraire s’arrêter et revenir à la situation précédente, une fois l’actualité, plus distante de l’Ukraine, sera plus préoccupée par la campagne présidentielle.


Premier fait notable : le décrochage de Valérie Pécresse

Le principal enseignement n’est peut-être pas celui qu’on voit en premier, à savoir les 30% d’Emmanuel Macron. Pour moi, le fait le plus notable, c’est le dévissage de Valérie Pécresse, et mes analyses à son sujet depuis le début du mois de décembre 2021 s’en trouvent validées. Je reprochais à Valérie Pécresse de faire une campagne beaucoup trop marquée par l’ultradroite, d’une part, montrant sa faiblesse à résister aux pressions de cette aile ultradroitière, d’autre part, confirmant que sa stratégie de campagne va dans la mauvaise direction.

Effectivement, toute la surenchère droitière de Valérie Pécresse avait pour but d’attirer des électeurs, issus ou pas de LR, attirés par Éric Zemmour, et j’estimais qu’en agissant ainsi, elle repoussait tous les électeurs traditionnels du centre droit qui iraient chez Emmanuel Macron. L’analyse fine de l’enquête d’Ipsos confirme cette idée.

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Quand on regarde par exemple les transferts des votes de 2017 sur les intentions de 2022, il est clairement visible que les électeurs de François Fillon, qui sont 38% à choisir encore Valérie Pécresse, sont 32% à rejoindre le camp d’Emmanuel Macron et seulement 21% celui d’Éric Zemmour (et 5% celui de Marine Le Pen qui n’a pas du tout le même électorat). En courant après les 21% (l’ordre de grandeur) des électeurs LR attirés par Éric Zemmour, elle a perdu les 32% des électeurs du même électorat passés chez Emmanuel Macron principalement par rejet de sa campagne ultradroitière.

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D’un point de vue plus dynamique, lorsqu’on regarde cette répartition dans le temps depuis sa désignation comme candidate LR, au début du mois de décembre 2021, c’est encore plus flagrant : à l’origine, 52% des électeurs de François Fillon se portaient sur Valérie Pécresse, 24% sur Emmanuel Macron et 17% sur Éric Zemmour. En trois mois, elle n’a pas convaincu un seul électeur de François Fillon zemmourcompatible (au contraire, 4% sont encore partis) et elle a perdu 8% des macroncompatibles. Résultat, elle est passée de 52% à 38% d’électeurs de François Fillon convaincus.

Les intentions de vote au second tour sont encore plus cruelles pour Valérie Pécresse alors qu’elle en avait fait son principal argument de campagne. Elle n’est pas la mieux placée pour battre Emmanuel Macron (c’est Marine Le Pen la mieux placée), et un éventuel duel la donnerait largement perdante avec seulement 36% contre 64% à Emmanuel Macron. C’est pire que dans le rolling de l’IFOP qui a trouvé le 3 mars 2022 quand même 39% contre 61% au Président sortant. Dans l’enquête d’Ipsos, on lit même que 6% des sondés qui choisissent Valérie Pécresse au premier tour iraient chez Emmanuel Macron au second tour ! En janvier 2022, le rapport de force était très différents, 46% pour Valérie Pécresse et 54% pour Emmanuel Macron.

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Bref, cette campagne LR est une véritable bérézina et c’est triste à dire, mais prévisible. En voulant cibler les électeurs d’extrême droite, Valérie Pécresse a perdu tout son socle du centre droit, et on se demande pourquoi des partis centristes comme l’UDI et Les Centristes restent dans cette étrange alliance ultradroitière. Que font-ils dans cette galère à part une quête d’investitures aux élections législatives suivantes ?


Second fait notable : la solidité de l’adhésion à Emmanuel Macron

Pour mieux comprendre les intentions de vote pour Emmanuel Macron, il faut analyser plus finement les motivations des sondés, et l’enquête d’Ipsos le permet. Ainsi, une question a été posée sur la motivation du choix selon l’intention de vote au premier tour. L’institut propose trois motivations : les idées (candidat le plus proche de leurs idées), la personnalité (confiance au candidat) ; et la troisième motivation est du calcul : "pour barrer la route à un autre candidat (pour empêcher un autre candidat d’être qualifié au second tour)".

Et ce qui est très significatif, seuls les électeurs potentiels d’Emmanuel Macron choisissent à une grande majorité (55%) la personnalité d’Emmanuel Macron et pas ses idées, en somme, sa manière de gouverner, d’agir, et pas son idéologie, car il n’en a pas. Les trois candidats de droite ou d’extrême droite se retrouvent à peu près dans les mêmes motivations de leurs électeurs potentiels, principalement les idées (autour de 55-60%) et la personnalité ne vient que pour 25-30% (en somme, le choix est politique avec une réticence sur la personnalité). Pour les candidats de gauche, c’est principalement la motivation de la proximité des idées (de 70 à 85%) alors que la personnalité semble plutôt un handicap (c’est très palpable avec Anne Hidalgo ou Yannick Jadot).

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Autre facteur de solidité, la sûreté du choix au premier tour, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Éric Zemmour ont les bases les plus solides puisque respectivement 72%, 70% et 67% de leurs électeurs potentiels sont sûrs de leur choix, ce qui n’est pas le cas de Valérie Pécresse (seulement 48%) et des candidats de gauche. Là aussi cela confirme la grande faiblesse de Valérie Pécresse dont la moitié de son électorat potentiel pourrait fuir d’ici à la fin de la campagne.

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Si on reprend le tableau sur le transfert des votes 2017-2022, on voit aussi qu’Emmanuel Macron est le candidat qui a subi le moins d’érosion électorale en cinq ans, ce qui est une performance d’autant plus remarquable qu’il a été élu et donc soumis aux critiques inhérentes aux mille et une décisions de ses gouvernements.

Enfin, je termine mon analyse sur le second choix des électeurs hésitants : ils hésitent entre qui et qui ? Et là aussi, c’est très instructif, avec toujours la prudence de rappeler que c’est un sondage et que cela peut évoluer.

Les électeurs potentiels hésitants de Valérie Pécresse hésitent principalement entre elle et… Emmanuel Macron ! Pourquoi donc fait-elle de la surenchère zemmourienne alors qu’elle devrait chasser dans les zones macronniennes ? 40% des hésitants pour Valérie Pécresse placent en effet Emmanuel Macron comme second choix. Alors qu’ils ne sont que 14% à placer Marine Le Pen et 15% Éric Zemmour comme second choix. Si l’on tient en compte les 15% qui hésitent entre elle et l’abstention (ou le vote nul), ce sont bien 55% qui rejettent a priori la tournure ultradroitière de la campagne de Valérie Pécresse.

Et réciproquement, les électeurs hésitants d’Emmanuel Macron hésitent principalement (pour 35% d’entre eux) avec Valérie Pécresse (ils ne sont que 20% des électeurs hésitants de Marine Le Pen et 15% des électeurs hésitants d’Éric Zemmour). Bref, Valérie Pécresse aurait dû faire une campagne de centre droit, qui d’ailleurs aurait été en harmonie avec sa propre histoire que de faire une campagne artificielle sur des positions auxquelles elle n’adhère pas (et ça se voit).

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Quand on regarde le reste du tableau, on comprend que des électeurs indécis hésitent entre Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, entre Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, entre Yannick Jadot et Emmanuel Macron, entre Anne Hidalgo et Yannick Jadot, bref, les électeurs de gauche hésitent beaucoup sur le bon "cheval" parce qu’aucun ne leur convient. Quant aux deux candidats d’extrême droite, il y a une certaine réciprocité d’hésitation entre les deux.

Pour résumer les enseignements de cette enquête Ipsos, il en a trois : 1/ le décrochage de Valérie Pécresse en raison de l’orientation de sa campagne beaucoup trop vers l’extrême droite ; 2/ la solidité des intentions de vote pour Emmanuel Macron en cours de cristallisation, tant au premier tour qu’au second tour ; 3/ l’incertitude sur l’identité du candidat qui serait qualifié au second tour face à Emmanuel Macron, entre quatre candidats et plus entre trois candidats, entre Marine Le Pen, Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse.

Mais ces tendances peuvent évoluer voire être balayées au cours de la campagne officielle, soit en raison d’un événement extérieur, soit en raison d’une erreur de l’un ou l’autre des "grands" candidats (c’est-à-dire ceux qui ont plus de 10% d’intention de vote).


Faire campagne pour préparer le prochain mandat

L’erreur d’Emmanuel Macron, ce serait de ne pas faire campagne. Il le dit d’ailleurs à ses partisans : « Le contexte international, marqué par la guerre en Europe, ne me permettra pas hélas, de faire campagne comme je l’aurais souhaité. ». Eh bien, si, il a intérêt à faire campagne, à s’adresser aux Français dans leurs yeux, à présenter ce qu’il compte faire dans les cinq années à venir, car même s’il est réélu, c’est l’exercice de son second mandat qui dépendra de cette mise en lumière de ces perspectives. Le pire serait de faire un second mandat comme celui de François Mitterrand, rester pour rester, ne rien faire, prôner la politique du ni-ni et se payer en plus le luxe de ne pas bénéficier d’une majorité absolue à l’Assemblée Nationale.

Fort de sa base électorale, Emmanuel Macron peut au contraire marquer de son empreinte la campagne, parler des thèmes les plus importants, l’éducation, la réindustrialisation, l’innovation, la transition écologique, la souveraineté de la France et de l’Europe. Il faut qu’il impose ses thèmes de campagne sans quoi, l’élection lui échappera, peut-être pas dans les urnes tant la situation lui semble favorable (mais rien n’est sûr), mais certainement dans la rue quelques mois plus tard.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Sondage Ipsos publié le 5 mars 2022 à télécharger.
François Bayrou, le parrain de Marine Le Pen.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (mise à jour régulièrement).
Le serpent de mer des parrainages pour la présidentielle.
Faut-il craindre un second tour Éric Zemmour vs Marine Le Pen ?
Marine Le Pen et l’effet majoritaire.
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Élysée 2022 (31) : Jean-Luc Mélenchon peut-il atteindre le second tour ?
Élysée 2022 (30) : la Nouvelle Valérie Pécresse ?
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Élysée 2022 (28) : Cadet Roussel place du colonel Fabien et la gauche vin viande fromage.
Élysée 2022 (27) : le sacre (éphémère ?) de Christiane Taubira.
Élysée 2022 (26) : François Hollande candidat ?
Élysée 2022 (25) : Christiane Taubira se lance !
Élysée 2022 (24) : Valérie Pécresse, entre savoir-faire et savoir-plaire.
Élysée 2022 (23) : les morts s’invitent dans la campagne présidentielle.
Élysée 2022 (22) : la santé est la première des libertés !
Élysée 2022 (21) : Christiane Taubira ira ou n’ira pas ?
Élysée 2022 (20) : Anne Hidalgo rime avec fiasco …et rigolo !
Élysée 2022 (19) : l’effet Valérie Pécresse.
Élysée 2022 (18) : Valérie Pécresse, naissance d’une leader.
Élysée 2022 (17) : Éric Zemmour, l’adolescent retardé.
Élysée 2022 (16) : ce sera le duel Ciotti-Pécresse.
Élysée 2022 (15) : le quatrième et ultime débat des candidats LR.
Élysée 2022 (14) : L’envol d’Éric Ciotti ?
Élysée 2022 (13) : troisième débat LR, bis repetita.
Élysée 2022 (12) : Surenchères désolantes pendant le deuxième débat LR.
Élysée 2022 (11) : Michel Barnier succédera-t-il à Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (10) : Éric Ciotti, gagnant inattendu du premier débat LR.
Élysée 2022 (9) : Ségolène Royal, candidate de l’écologie intégrale en 2022 ?
Élysée 2022 (8) : Florian Philippot et le syndrome Bruno Mégret.
Élysée 2022 (7) : l’impossible candidature LR.
Élysée 2022 (6) : Yannick Jadot désigné de justesse candidat des écologistes.
Élysée 2022 (5) : profondes divisions chez les écologistes.
Élysée 2022 (4) : Anne Hidalgo, candidate PS, faute de mieux.
Élysée 2022 (3) : le virus Zemmour.
Élysée 2022 (2) : et Arnaud Montebourg entra dans la course !
Élysée 2022 (1) : un peuple d’ingouvernables ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220305-sondages.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-33-emmanuel-macron-a-239911

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/05/39373333.html










 

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 03:39

« Merci à François Bayrou de m’accorder son parrainage pour l’élection présidentielle. » (Marine Le Pen, le 27 février 2022 sur Twitter).




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Ça y est, la date est passée, le vendredi 4 mars 2022 à 18 heures, pour se présenter à l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022. Le Conseil Constitutionnel devrait annoncer la liste officielle des candidats le 8 mars 2022, mais on peut déjà dire qui seront les candidats, avec quelques incertitudes.

Dans le dernier communiqué du Conseil Constitutionnel, le 3 mars 2022, onze candidats devraient être certains de pouvoir se présenter, dans l’ordre décroissant des parrainages : Valérie Pécresse (2 556), Emmanuel Macron (1 974, presque son année de naissance !), Anne Hidalgo (1 387), Jean-Luc Mélenchon (873), Éric Zemmour (721), Yannick Jadot (689), Jean Lassalle (620), Fabien Roussel (619), Marine Le Pen (603), Nicolas Dupont-Aignan (582) et Nathalie Arthaud (570).

Une incertitude réelle plane sur Philippe Poutou et sera levée la semaine prochaine, puisqu’il a pour l’instant seulement 439 parrainages, mais de nouveaux parrainages arrivés entre le 3 et le 4 mars 2022 pourraient être pris en compte (apparemment, dans la soirée du 4 mars, il a été annoncé qu’il aurait eu tous ses parrainages). En revanche, il y a peu d’espoir pour François Asselineau (279) et Christiane Taubira (241) qui sont encore trop loin du compte pour envisager un sursaut surprise. Il est à noter que ces deux dernières personnalités ont déjà été candidate, le premier en 2017 et la seconde en 2002 et auraient donc pu, comme Jean Lassalle, renouveler avec succès leur quête de parrainages.

Personnellement, je regrette que Hélène Thouy, du parti animaliste, qui n’a obtenu que 124 parrainages, ne puisse pas concourir. Non que je voterais pour elle (mon vote ira pour Emmanuel Macron, je n’en ai jamais fait mystère), mais parce qu’elle propose une véritable nouvelle alternative, une véritable nouvelle offre politique. Cette avocate paraît posée et modérée, soucieuse d’installer dans le débat public le bien-être animal, ce qui, à mon avis, est un point essentiel dans la vie quotidienne des gens. Les mentalités évoluent, mais ce concept impose aussi des révisions importantes de nos modes de vie, et c’est difficile de promouvoir la vie animale tout en acceptant de manger des animaux. Ce paradoxe est un nœud gordien sociétal et un débat public sur le sujet ne ferait pas de mal. Du reste, aux élections européennes de 2019, sa liste avait fait un score plus qu’honorable (2,2%) malgré l’anonymat et le manque de publicité qu’elle a subis.

Un précandidat trotskiste a obtenu plus signatures que Hélène Thouy, à savoir Anasse Kazib, avec 149 parrainages, il est issu d’une branche minoritaire du NPA qu’il a quitté l’an dernier et se dit victime d’une omerta médiatique. Le nombre de parrainages est néanmoins remarquable pour un "inconnu". Il y a eu manifestement un travail militant de fond mais insuffisant encore. Quant à Florian Philippot, c’est presque le zéro pointé puisqu’il n’a su obtenir qu’un seul parrainage, ce qui l’a conduit à déclarer forfait dès le 18 février 2022.

Pour Christiane Taubira, qui a finalement abandonné la partie avant la fin de la collecte, le 2 mars 2022, on peut parler de gâchis démocratique. C’est le résultat d’un dilettantisme pour ne pas dire d’une paresse politique. Une impréparation étonnante de la part d’une vraie "animal" politique. Elle le savait pourtant, qu’une candidature se prépare en amont, elle aurait dû se déclarer dès l’été 2021, faire une recherche de parrainages active (les signatures n’arrivent pas sur un plateau d’argent sans rien faire), non seulement on ne s’improvise pas Président de la République mais on ne s’improvise pas candidat. Nathalie Arthaud a toujours eu ses signatures alors qu’elle n’a jamais représenté que le quart de l’électorat de Christiane Taubira au mieux, mais elle a travaillé, milité, elle s’est organisée pour les obtenir, bien avant d’ailleurs que les trois candidats populistes.

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Mais alors, que fait donc François Bayrou dans cette histoire ? C’est le dimanche 27 février 2022, dans l’émission politique "Le Grand Jury" sur LCI, RTL et "Le Figaro", qu’il a annoncé qu’il avait parrainé la candidature de Marine Le Pen en tant que maire de Pau. Bayrou qui parraine Le Pen ! L’idée, le concept même, fait mal et étonne. Il aurait normalement dû parrainer la candidature d’Emmanuel Macron qui, pour le coup, n’a pas obtenu le maximum des parrainages qu’il pouvait espérer, ce qui le fait très largement devancer par la candidature de Valérie Pécresse. Mais il faut voir dans cet acte un aspect plus administratif que politique.

En fait, François Bayrou s’est inquiété dès le 10 février 2022 du risque pour la démocratie que des candidats ayant plus de 10% d’intentions de vote dans les sondages (ce seuil est parfaitement arbitraire) ne puissent pas aller jusqu’au bout de leur candidature à cause de cette contrainte des parrainages.

Rappelons-le : cette contrainte avait été placée par le législateur pour empêcher les candidatures fantaisistes, au départ, le seuil était à 100 mais les douze candidatures de l’élection présidentielle de 1974 ont convaincu Valéry Giscard d’Estaing de relever à 500 le nombre de signataires pour limiter le nombre de candidats. Ce qui n’a pas empêché seize candidatures en 2002 et au moins onze candidats en 2022. Un moyen simple de garder ce filtre tout en redonnant plus de facilité, ce serait que tous les élus de la République puissent parrainer, c’est-à-dire même les simples élus municipaux, il y en a environ 500 à 600 000 (au lieu des 40 à 44 000 actuels), ce qui donnerait une base plus large mais nécessitera le même sérieux, puisque il faudra quand même chercher ces élus qui auront eux aussi fait la démarche pour se faire élire, donc qui sont aussi engagés dans la vie sociale ou politique.

Trois candidats auraient été aux abois ces dernières semaines : Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon. Ce sont d’ailleurs sur ces trois candidatures que les principaux nouveaux parrainages se sont portés cette semaine afin de leur venir en aide. L’opération est un succès puisque tous les trois ont largement leurs signatures.

François Bayrou a effectivement annoncé le 10 février 2022 sur BFM-TV qu’il venait de créer le site Internet, notredemocratie.fr pour réunir un collectif d’élus (principalement de maires) qui apporteraient leur signature à des candidats majeurs de cette élection susceptibles de ne pas pouvoir recueillir assez de parrainages. Le site explique : « Il est ainsi possible (pas certain, mais possible) que certains candidats, représentant des courants majeurs dans la campagne électorale, se trouvent empêchés de se présenter faute du nombre de signatures nécessaire. Nous croyons que cela ferait naître une crise morale d’une particulière gravité au moment où tant de courants d’opinion mettent en cause le contrat démocratique qui est une des clés de la cohésion de la nation. La grave crise de défiance qui en découlerait rendrait notre société plus divisée encore qu’elle ne l’est. ». En d’autres termes, c’est une « banque de parrainages démocratiques » qu’il a mise en place pour aider les grands candidats en mal de parrainages, insistant bien sûr sur le fait que parrainer ne signifie pas soutenir. Selon lui, près de 400 élus se seraient inscrits (des élus qui n’avaient encore parrainé personne, bien sûr !).

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François Bayrou a ainsi martelé : « Je ne suis pas de l’avis politique de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Éric Zemmour, mais je trouverais anormal, et même scandaleux, qu’ils ne puissent pas se présenter (…). Je ne peux pas supporter que la démocratie soit ainsi déséquilibrée, déstabilisée. » tout en réaffirmant vouloir « soutenir le Président de la République » même s’il ne lui a pas (encore) apporté son parrainage.

Ainsi, le leader centriste a mis en application sa théorie en parrainant lui-même la candidature de Marine Le Pen (annoncé donc le 27 février 2022) : « Je ne peux pas défendre devant mes concitoyens de toutes opinions, l’idée que le Président de la République serait élu dans une élection à laquelle les principaux candidats seraient exclus. ».

Et de confier : « C’est pour sauver la démocratie, mais notre signature ne vaut pas soutien (…). J’ai décidé de prendre ma part de cette charge et, cela ne correspond pas exactement au rêve que j’ai de l’engagement politique, je donnerai ma signature à Madame Le Pen. ». À ce moment-là, il manquait entre 80 et 90 signatures à Marine Le Pen qui l’a chaleureusement remercié par un tweet : « Malgré nos désaccords politiques, sa démarche vise à faire vivre notre démocratie : j’invite les maires de France à parrainer l’ensemble des candidats en difficulté. ».

Ce n’est donc pas une lune de miel entre deux personnalités qui ont des idées diamétralement opposées, mais l’initiative de François Bayrou a quand même de quoi poser des questions. Par exemple, se sentirait-il coupable si jamais Marine Le Pen venait à être élue ? Probablement pas car elle devrait son élection plus à sa propre candidature qu’à un simple parrainage, d’autant plus qu’en supprimant celui de François Bayrou, elle en aurait eu encore assez. Ce qui peut apporter un malaise, c’est que le maire de Pau l’a inclus dans la grande famille républicaine, ce qui aurait probablement été impossible à l’époque du père, Jean-Marie Le Pen.

Dans l’opposition de gauche, on ne se prive pas d’ironiser sur cette démarche pour le moins étrange. Paru dans Mediapart le 28 février 2022, ce dessin de Thibaut Soulcié résume assez bien une certaine incohérence.

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Cette initiative de François Bayrou a aussi suscité un certain malaise au sein même de la majorité, certains du côté de LREM ont expliqué qu’Emmanuel Macron était au courant mais qu’il était difficile de dire non à François Bayrou (selon "L’Opinion" le 1er mars 2022). Après tout, les candidats ont eu cinq ans pour se préparer à l’échéance et s’ils n’y arrivent pas, c’est aussi de leur faute, celle de leur impréparation (c’est clairement le cas de Christiane Taubira).

Bien sûr, les mauvaises langues pourraient faire croire que c’est de l’intérêt d’Emmanuel Macron d’avoir des opposants à sa convenance. Ainsi, si Marine Le Pen et Éric Zemmour avaient été empêchés, Emmanuel Macron aurait dû se confronter principalement à Valérie Pécresse (mais là encore, les médisances ont des limites : dans le cas d’un second tour Macron vs Pécresse, la tendance actuelle est largement gagnante en faveur du Président sortant 60%-40%). En d’autres termes, Emmanuel Macron ne craint personne, aucun candidat.

On avait d’ailleurs pensé la même chose de Valérie Pécresse : qu’elle avait intérêt à parrainer Éric Zemmour pour mettre la clef du second tour à sa portée (en baissant le seuil d’atteinte). Quand on voit le niveau très élevé de parrainages de Valérie Pécresse, il est peu crédible que beaucoup d’élus LR aient parrainé Éric Zemmour. De plus, je reste convaincu que l’intérêt de Valérie Pécresse serait l’absence du polémiste de cette élection, car Éric Zemmour prend probablement plus de voix à Valérie Pécresse qu’à Marine Le Pen.

L’incertitude sur Philippe Poutou et l’absence probable de François Asselineau ne constituent pas un "déni de démocratie" dans la mesure où leur audience électorale respective était lilliputienne. Bref, les principaux concurrents sont en place, la "bataille" peut commencer.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Bayrou, le parrain de Marine Le Pen.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (mise à jour régulièrement).
Le serpent de mer des parrainages pour la présidentielle.
François Bayrou a 70 ans.
Note de synthèse du 17 mai 2021 du haut-commissaire au Plan sur la relance de la démographie (à télécharger).
François Bayrou et la préservation du modèle sociale français.
Note de synthèse du 23 mars 2021 du haut-commissaire au Plan sur le programme nucléaire français (à télécharger).
François Bayrou relance le programme nucléaire français.
François Bayrou et l'obsession de la proportionnelle.
Marielle de Sarnez.
François Bayrou sera-t-il le Jean Monnet du XXIsiècle ?
Vive la Cinquième République !

_yartiBayrou2022A08




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220227-bayrou.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-bayrou-le-parrain-de-239786

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/02/39368878.html





 

 

 

 

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 01:27

Le sondage réalisé par Ipsos Sopra Stera pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès et "Le Monde" publié le 5 mars 2022 donne un aperçu intéressant des rapports de force en intentions de vote entre les différents candidats à la veille de la campagne officielle. L'échantillon comptait 33 599 personnes interrogées du 2 au 3 mars 2022, c'est-à-dire après l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine (2 mars 2022 à 20h15) et avant la publication de sa déclaration de candidature (3 mars 2022 à 20h30).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'ensemble de l'étude d'Ipsos (fichier .pdf) :
https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2022-03/Ipsos%20-%20Enque%CC%82te%20Electorale%20-%20Vague%206%20-%205%20mars%202022.pdf

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220305-sondages.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220305-sondage-ipsos.html



 

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