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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 09:00
(Dépêches)




PARIS (Reuters) - Sérieux et humilité pour l'un, sérénité et expérience pour l'autre : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal préparent leur duel télévisé, qui pourrait influer sur l'issue du second tour de l'élection présidentielle, tout en poursuivant leur entreprise de séduction envers l'électorat de François Bayrou.

"Toute ma vie a été faite de dialogue et de débat. Je n'en ai fui aucun. (...) Je suis prête par définition", a déclaré la candidate socialiste.

J'aborde le débat "avec beaucoup de sérieux, beaucoup d'humilité", a affirmé pour sa part Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion publique à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud.

Le débat entre les deux prétendants à l'Elysée se déroulera mercredi sur TF1 et France 2, à partir de 21h00.

Selon Eric Besson, transfuge du Parti socialiste rallié au candidat de l'UMP, Ségolène Royal tentera de donner de son rival l'image d'un candidat brutal et diviseur. "Il n'y a pas besoin de grand scoop pour voir ce qu'est sa stratégie".

De fait, les attaques socialistes se concentraient lundi, au lendemain du meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy, sur ses diatribes anti-Mai 68.

Discours "brutal" et "violent", affirme la candidate socialiste qui redit dans Le Monde vouloir "une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres".

"Régression" et "réaction" renchérit le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui prévient: "Ce n'est pas la société de demain que prépare Nicolas Sarkozy (...), c'est la société d'hier ou d'avant-hier".

"Mai 68 a été un moment où se sont affirmés des droits nouveaux dans tous les domaines. (...) Donner à penser que la gauche d'aujourd'hui serait une gauche qui détruirait les valeurs, qui serait favorable au désordre, c'est se moquer du monde, c'est jouer avec la réalité", a souligné Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal, sur France Info.

La conversion du candidat de l'UMP à la proportionnelle, signal tardif adressé à l'UDF mais aussi au Front national de Jean-Marie Le Pen, qui donnera mardi ses consignes de vote, est aussi dénoncée dans les rangs socialistes.

"L'HOMME DU PASSIF ET DU PASSE"

"C'est une perche tendue vers le Front national", a répliqué Ségolène Royal sur France 2.

"Nicolas Sarkozy en a déjà parlé notamment à propos du Sénat où elle existe et où on pourrait l'accroître, et il en a parlé dans la relation avec les centristes", a corrigé le député UMP des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian sur Canal+. "C'est un sujet de débat entre l'UMP et les centristes éventuellement, mais pas avec le FN, qui n'appartient pas à la majorité présidentielle".

Nicolas Sarkozy a voulu ouvrir le débat pour les élections de 2012, a précisé Luc Chatel, porte-parole de l'UMP, ajoutant que les législatives des 10 et 17 juin se dérouleraient au scrutin majoritaire.

"Lorsque Mme Royal évoque l'idée de la proportionnelle à l'Assemblée nationale, on nous explique que c'est une avancée, une modernisation démocratique. Quand c'est Nicolas Sarkozy qui le propose, on nous explique que c'est un appel du pied au Front national. Tout cela est absolument surréaliste", a-t-il dit.

"Il ne faut pas voir ou interpréter cette position comme un simple clin d'oeil électoraliste entre les deux tours", a assuré le chiraquien François Baroin sur Europe 1. Le ministre de l'Intérieur a toutefois souligné que la proportionnelle est "à manier avec prudence".

Ségolène Royal tente elle de courtiser les quelque 6,8 d'électeurs de François Bayrou en évoquant un possible accord de gouvernement avec les centristes, des désistements réciproques aux législatives ou encore la nomination... du futur président du "Parti démocrate" à Matignon.

Mais l'ancien ministre socialiste de l'Economie Dominique Strauss-Kahn, chef de file du pôle social-démocrate du PS, a aussi les faveurs de Ségolène Royal, qui juge qu'il ferait "un très bon Premier ministre".

Soucieuse de rassembler le plus largement au second tour, elle s'est entretenue lundi avec l'ex-candidat altermondialiste José Bové après avoir reçu la semaine dernière Dominique Voynet (Verts) et Arlette Laguiller (Lutte ouvrière).

En attendant le verdict des urnes, la candidate socialiste affûte ses arguments pour son grand meeting au stade Charléty, mardi à Paris, et le duel du 2 mai.

Nicolas Sarkozy, "c'est l'homme du passé et du passif", lance-t-elle dans Le Monde, associant dans une même formule deux répliques de Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand lors des débats d'entre-deux tours de 1974 et 1981.

Lundi 30 avril 2007, 18h05



Présidentielle : duel au sommet

PARIS (AP) - Ce sera l'événement de cette campagne présidentielle: Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les deux finalistes du second tour, s'affrontent mercredi soir dans un débat télévisé qui pourrait être décisif.

Retransmis à partir de 21h par TF1 et France-2, et repris en direct par de nombreuses chaînes et radios, "2007 - Le débat", arbitré par Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, battra probablement tous les records d'audience, tant l'attente est forte.

En 2002, le refus de Jacques Chirac de débattre avec Jean-Marie Le Pen avait privé les électeurs de ce cérémonial incontournable de toutes les campagnes présidentielles depuis 1974. En 1995, le débat entre Jacques Chirac et Lionel Jospin avait réuni 17,1 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie, mais s'était révélé bien fade.

Cette année, le face à face, qui mettra pour la première fois aux prises un candidat et une candidate, s'annonce capital. Même si Nicolas Sarkozy, favori des sondages et en position de force depuis ses 31,18% du premier tour, aura plus à perdre que Ségolène Royal à quatre jours du second tour.

Les deux candidats ont préparé avec un soin extrême ce duel au sommet. En déplacement en Corse lundi, Nicolas Sarkozy a multiplié les réunions de travail avec ses conseillers, dont quatre femmes et l'ancien secrétaire national à l'Economie du Parti socialiste Eric Besson. Il peaufinera sa préparation mercredi matin.

Le candidat de l'UMP va veiller à maîtriser ses nerfs et s'efforcera de mettre l'accent sur son projet et ses capacités de chef de l'Etat pour achever de convaincre la majorité des Français de voter pour lui. "J'exposerai mes différences avec Ségolène Royal tranquillement, sereinement, fortement", a confié mardi M. Sarkozy en marge d'un déplacement dans le Finistère.

L'un des défis à relever sera de trouver le ton juste face à la première femme en situation d'accéder à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a promis de "respecter" son adversaire et de faire en sorte que le débat soit "digne de la fonction présidentielle".

A l'inverse, ce débat a des allures de quitte ou double pour Ségolène Royal, qui doit convaincre la majorité des 6,8 millions d'électeurs de François Bayrou du premier tour de voter pour elle afin de remonter ses cinq points de retard sur M. Sarkozy, sans s'aliéner les 11% d'électeurs ayant choisi un autre candidat de gauche.

A la veille du débat, le candidat UMP était crédité de 53% des intentions de vote contre 47% pour Mme Royal dans le baromètre Ipsos quotidien. Selon un sondage TNS-Sofres publié mardi par "Le Monde", 31% des électeurs de François Bayrou sont sûrs de voter Royal, 23%, Sarkozy, 7% prévoient de s'abstenir ou de voter blanc et 33% hésitent.

L'objectif de Ségolène Royal sera de convaincre ces hésitants. Pour y parvenir, la candidate socialiste veut mettre Nicolas Sarkozy "devant ses responsabilités, à savoir son bilan gouvernemental".

Tous les responsables socialistes insistent aussi sur la nécessité de porter le fer projet contre projet. Il faut "comparer les choix de société et les références de valeurs", expose la candidate.

Face à la "violence" et à la "brutalité" attribuées à son adversaire, Mme Royal veut promouvoir "une France apaisée". Mais elle devra éviter de tomber dans le piège du "Tout sauf Sarkozy" (TSS), que le candidat UMP ne manquerait pas de retourner à son avantage. Dernier défi, de taille, pour la candidate socialiste: lever l'hypothèque persistante sur sa crédibilité.

Dans ces conditions, les deux adversaires pourraient bien se neutraliser, comme en 1995, ce qui profiterait à Nicolas Sarkozy.

Le candidat UMP "va jouer et la montre et le 0-0", prédisait mardi François Hollande. "Il faut le faire marquer un but contre son camp, c'est toujours possible avec lui, et essayer de marquer des buts".

Mardi 1 mai 2007, 17h11



Un face-à-face présidentiel de deux heures mercredi soir

PARIS (Reuters) - Moment fort des élections présidentielles depuis 1974, dont ils avaient été privés en 2002, les Français seront probablement nombreux ce mercredi soir devant leur écran de télévision pour regarder sur TF1 et France 2 le face-à-face entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

A partir de 21h00, les finalistes du scrutin présidentiel vont s'affronter pendant deux heures dans un décor plus moderne que les débats précédents, ont souligné les deux journalistes qui animeront ce débat, Patrick Poivre d'Arvor, pour TF1, et Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2.

Un tirage au sort décidera qui des deux protagonistes interviendra le premier. Les deux candidats à l'Elysée seront assis face à face, à deux mètres l'un de l'autre. Selon un tirage au sort, Ségolène Royal apparaîtra dans la partie gauche de l'écran, Nicolas Sarkozy dans la partie droite.

Les deux journalistes seront assis face à l'écran, Patrick Poivre d'Arvor à gauche, Arlette Chabot à droite. Derrière eux s'affichera un écran représentant l'Elysée.

Jérôme Revon, réalisateur de télévision, sera le maître de cérémonie. Dans le car régie auront pris place deux "réalisateurs conseil", l'un pour le candidat, l'autre pour la candidate.

Tous les détails ont été fixés avec minutie lors de réunions avec les dirigeants de TF1 et de France 2, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et les représentants des candidats, Jack Lang pour Ségolène Royal, Claude Guéant pour Nicolas Sarkozy.

Une charte de bonne conduite a été élaborée. Il n'y aura pas de plans de coupe, c'est-à-dire que les téléspectateurs ne verront pas les réactions d'un candidat lorsque l'autre parle.

Les deux candidats, qui disposeront chacun d'un chronomètre, pourront s'interpeller voire s'interrompre sans devoir s'adresser aux journalistes. Différents thèmes ont été choisis ainsi que la durée du temps consacré à chacun d'entre eux.

Le débat sera sous-titré pour les sourds et malentendants. Il sera transmis en direct sur France Info et sur France 24, la "CNN à la française", où il sera diffusé non seulement en français mais également en anglais et en arabe.

Les images et le son seront mis gratuitement à disposition des autres chaînes de télévision et des radios qui pourront les utiliser directement ou en différé.

Mercredi 2 mai 2007, 7h26

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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 19:56
(Dépêche)




PARIS (Reuters) - L'idée de rassemblement chère à François Bayrou semble plaire aux Français s'agissant de la composition du prochain gouvernement, si l'on en croit un sondage d'opinion publié mardi.

À la question "le président de la République doit nommer un gouvernement comprenant des personnalités qui ne l'ont pas soutenu au premier tour", 54% des personnes interrogées disent se sentir proches d'une pareille idée.

Les sondés, dans cette enquête Ifop pour Acteurs publics, sont 45% à estimer, à l'inverse, que le chef de l'Etat doit gouverner avec des personnalités politiques l'ayant soutenu au premier tour de scrutin.

Dans ce même sondage, effectué du 31 mars au 2 avril auprès d'un échantillon de 954 personnes, 86% des Français sont par ailleurs favorables à une parité hommes-femmes dans le gouvernement.

[Attention : ce sondage semble avoir été réalisé AVANT le premier tour, mais publié un mois après.]

Mardi 1 mai 2007, 19h13


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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 19:02
(Dépêches)



Les cadres socialistes redoutent les conséquences, pour l'avenir du parti, du rapprochement avec Bayrou.
  
Avis de tempête sur la rue de Solferino. Précédé, comme le veut l'usage  par un calme annonciateur. «L'ambiance est bonne : il n'y a personne dans les couloirs», raille un socialiste. Officiellement, nul, ou presque, ne se risque à se montrer trop virulent sur la question du débat proposé par Ségolène Royal à François Bayrou. Mais les esprits socialistes s'échauffent singulièrement. Et les mots pas franchement doux, sous couvert d'anonymat, se bousculent. Un jospiniste : «Elle se fait balader. Bayrou n'a aucune intention de nous aider. Qu'elle l'interpelle, OK. Qu'elle négocie avec un parti de droite, c'est un renversement qui va provoquer une fracture au sein du PS.» Un fabiusien : «En 1988, quand Mitterrand prend des ministres centristes, il ne demande pas un débat avec Raymond Barre. La main tendue est la dernière étape avant le baiser.» Un cadre, tendance gauche du parti : «On fait campagne sur le thème "Bayrou est de droite", puis on s'en rapproche. Le PS est en train d'exploser. Plus personne ne contrôle rien.»

Talent. A part, peut-être, la candidate. Hier soir, sur TF1, interrogée sur une éventuelle installation de Bayrou à Matignon si elle accédait à l'Elysée, Royal a soigneusement temporisé, esquivant le sujet qui fâche le vieux parti : «Nous n'en sommes pas là. De toute façon, le choix des ministres, je l'ai souvent dit, se fera sur des critères politiques.» Façon de laisser, tout de même, grande ouverte une porte de son édifice électoral : «Rassurez-vous, j'ai des idées, je suis prête. Je crois pouvoir rassembler une équipe très talentueuse autour de moi pour faire en sorte que la France aille mieux.» Où s'arrête le talent ? Le premier secrétaire, lui, ne semble pas en avoir une idée très précise, qui a incidemment été informé de la tenue du débat de samedi matin à Canal +  finalement annulé  alors qu'il partait pour Bordeaux. «Premier secrétaire, dernier informé», raille un élu...
Les patrons de la campagne Royal, eux, nient en bloc : «On laisse penser qu'il y a de l'intox, des négociations d'appareil. C'est un fantasme. C'est le mot UDF qui les a fait réagir. Ici, il n'y a pas de négociation. Ne seront dans la majorité présidentielle que ceux qui appellent à voter Royal dans la clarté et avant le deuxième tour.» Reste qu'une telle majorité se construit, aussi, à géométrie programmatique plus ou moins variable. «Dans ce qu'ont dit les autres candidats sur certains sujets, il y a peut-être des idées qui peuvent être mises sur la table», dit un proche. «On peut amender certains points. On n'est pas des notaires scrupuleux», dit un autre. Autant d'hypothèses qui font bondir ce parlementaire jospiniste : «Je ne fais pas campagne pour un accord PS-UDF. On ne peut pas ajouter au pacte des choses qui ne correspondent pas à nos idées.»

«Sanglant». Au-delà de la construction d'une majorité présidentielle, c'est le scrutin législatif qui préoccupe les socialistes. Avec de nettes divergences d'appréciation. Un proche de DSK résume : «Les 562 candidats aux législatives sur 577 circonscriptions qui ne sont pas assurés d'avoir 51 % des voix pensent que le temps du sectarisme est révolu et qu'on ne devrait pas s'enfermer dans un tête-à-tête avec Olivier Besancenot.» Les proches de Royal ont beau démentir à tour de bras rhétorique toute «négociation» d'appareil, d'insistantes rumeurs circulent, au parti, sur des accords avec l'UDF pour les législatives. Avec d'inquiétantes perspectives. Un socialiste résume : «Soit Bayrou appelle à voter pour nous, ce qui veut dire qu'il y a un deal sur les circonscriptions, et ça pète. Soit on perd, et le congrès va être sanglant...» .

Où va donc le Parti socialiste ? La candidate en faisait le constat il y a quelques semaines, en pleine flambée sondagière du candidat centriste : «L'émergence de Bayrou en est la preuve : si le PS ne se rénove pas, on assistera à la naissance d'une formation social-démocrate, sans aucune garantie de survie pour le parti.» Mardi, après un meeting à Montpellier, elle précisait sa pensée : «C'est autour d'une élection présidentielle qu'il peut y avoir une rénovation de la vie politique. C'est un moment que je ne veux pas laisser s'échapper.» «Tout le monde savait que ça se finirait comme ça», peste un élu, qui évoque une «affaire d'aventuriers». Reste que, pour ne pas porter l'encombrant chapeau d'une éventuelle défaite, peu de socialistes  hormis les fabiusiens Michel Charzat et Alain Vidalies qui ont évoqué l'un une «situation cocasse», l'autre une certaine «perplexité»  se risquent à dire tout haut ce que d'autres pensent tout aussi fort. «Il y en a qui veulent gagner, met en garde un conseiller de Royal. Il y en a d'autres qui ne veulent pas apparaître comme ne voulant pas faire ce qu'il faut...» Et ce proche de prôner une sortie rapide de la zone de turbulences : «Il faut clore cette séquence avant la fin de la semaine.» Question d'urgence partisane.

Par David REVAULT D'ALLONNES, le vendredi 27 avril 2007





Quasi affranchie du parti, Royal était la seule à pouvoir entamer des travaux d'approche avec l'UDF.
  
De Dominique Strauss-Kahn à Laurent Fabius, de Lionel Jospin à Françoi  Hollande, à des degrés divers, les poids lourds du PS subissent la campagn  de Ségolène Royal comme un calvaire. Beaucoup réfrènent difficilement leu  mauvaise humeur persistante. Froissé, DSK continue par exemple de s  plaindre des vexations que lui inflige la candidate. Les mêmes ne souffraien  pas de telles humeurs vis-à-vis de leur candidat en 2002 : à l'époque, aucu  ne quémandait la permission de Jospin pour aller dire dans les médias tou  le bien que leur inspirait leur champion. Cette fois, certains semblent joue  la défaite, parce qu'ils ont le même âge que Royal, et déjà en tête l'échéance élyséenne de 2012

Et voilà qu'elle amorce un virage stratégique qu'ils se forcent à endurer en silence, ou presque... Royal se soucie fort peu du devenir d'un parti... qui le lui rend bien. C'est à la fois la force et la faiblesse de la candidate. Aucun autre dirigeant PS n'aurait osé se lancer dans l'aventure que représentent les travaux d'approche entamés avec François Bayrou. Même les tenants d'une social-démocratie «moderne», partisans, à terme, d'une stratégie d'alliance au centre, ne se seraient pas risqués si loin entre les deux tours d'une présidentielle. Trop dangereux, trop de coups de trompe à prendre de la part des autres éléphants, trop de risques de déclencher la colère de la base. Royal n'est pas aussi corsetée. Peu lui chaut sans doute de faire imploser le PS au profit de Bayrou en cas d'échec. Mais c'est cette liberté qui lui autorise cette «audace stratégique» que loue Jean-Pierre Chevènement, pourtant cofondateur du PS d'Epinay, attaché depuis trente-cinq ans à l'union de la gauche.

Royal renoue ainsi avec ce qui a fait son succès : à l'automne, c'est l'opinion qui l'a imposée au parti et à un appareil qui a tenté beaucoup pour lui faire barrage. C'est parce que les sympathisants la plébiscitaient dans les sondages qu'elle est devenue le choix naturel des militants.Avec un Bayrou à 19 %, l'opinion pourrait être tentée par une entente entre le PS et l'UDF pour battre Sarkozy. Un sondage Sofres publié aujourd'hui par le Figaro Magazine fait même de Bayrou son Premier ministre préféré en cas d'élection de Royal : il n'en fallait pas plus pour qu'elle se tourne vers le centre afin d'entamer un dialogue inédit. Sans illusion sur le fait de récupérer le tiers d'électeurs UDF ancrés à droite, elle espère ainsi convaincre ceux tentés par l'abstention le 6 mai que son esprit d' «ouverture» est sans rapport avec les pressions exercées par Sarkozy sur les parlementaires UDF.

Par Renaud DELY, le vendredi 27 avril 2007




Gérard Grunberg, du Cevipof, revient sur la fin du tabou de l'alliance du PS avec le centre.
  
Gérard Grunberg, directeur de recherches au Centre d'études de la vie  politique française (Cevipof), est l'un des meilleurs spécialistes de l'histoir  du PS (1). Avec Alain Bergounioux, il a publié l'Ambition et le Remords. Les socialistes français et le pouvoir 1905-2005 (Fayard, 2005).

L'ouverture au centre tentée par Ségolène Royal marque-t-elle un tournant dans l'histoire du PS ?

Oui, c'est un tournant. Même si l'on ne sait pas encore sur quoi cela va déboucher. Mais nous sommes à la fin d'une histoire. C'est la fin du tabou de l'alliance des socialistes avec le centre ou la droite.

D'où venait ce tabou ?

Du congrès d'Epinay en 1971, lorsque François Mitterrand a pris la tête du PS, sur la base d'alliances à gauche. Cette page est aujourd'hui tournée, pour deux raisons. Parce qu'il n'y a plus de partenaires à la gauche du PS et parce que Ségolène Royal est dans une stratégie d'autonomie par rapport au PS.

Mais en 1971, comment s'était imposé ce tabou ?

L'époque était à la gauche, c'était l'après-68. La défaite [du centriste, ndlr] Alain Poher, en 1969, avait calmé les ardeurs des socialo-centristes... Mitterrand a eu une approche tactique d'alliance avec le PCF, dans une logique d'affrontement droite-gauche. Il voulait un PS de gauche, qui reniait ses alliances de type «troisième force» avec le centre.

La «troisième force» ?

Sous la IVe République, entre 1946 et 1958, il s'agissait d'accords entre les socialistes et d'autres forces, comme les démocrates-chrétiens du MRP, pour défendre les institutions contestées à la fois par les communistes et les gaullistes. Mais il n'y a jamais eu de véritable alliance politique. A l'époque, les socialistes n'avaient guère le choix. N'oublions pas qu'à partir de 1947, c'était la guerre froide et que les socialistes avaient choisi le «monde libre».

Ce fut une parenthèse dans leur histoire ?

Entre les deux guerres, de 1918 à 1940, les socialistes  y compris Léon Blum  étaient réticents à conclure des alliances sur leur droite, par exemple avec les radicaux. Il faudra attendre 1936 et le Front populaire pour que cela se fasse, parce que la SFIO [l'ancêtre du PS, ndlr] était majoritaire. Les socialistes ont toujours eu peur de ne pas être assez à gauche.

D'où vient cette crainte ?

De la Révolution française. Avec l'idée que la réforme n'est pas un moyen de changer les choses. Dès sa fondation, en 1905, la SFIO a opté pour une ligne classe contre classe. Et malgré la scission avec les communistes au congrès de Tours en 1920, la SFIO est restée tournée vers la gauche.

Ce que vient de proposer Ségolène Royal serait une première...

D'abord parce que les socialistes n'ont, pour l'instant, plus rien sur leur gauche. Elle l'a imposé sans débat à son parti et même à François Hollande. Cela ne pouvait d'ailleurs pas se faire autrement, tant les tabous pèsent sur le PS.

Ils ont donc tous été levés ?

Pendant longtemps, le principal obstacle à une alliance entre les socialistes et les démocrates-chrétiens était la question de l'école libre et de la laïcité. Cette question est devenue désormais beaucoup moins importante.

Quels sont aujourd'hui les choix du PS ?

Il y a trois stratégies possibles. Un, des accords à gauche, mais on ne voit pas avec qui. Deux, un grand parti socialiste seul. Trois, une alliance avec le centre. Mais, dans ce cas, ce qui compte ce ne sont pas les voix de Bayrou mais le nombre de siège de députés. Tout dépend donc du résultat des législatives .

(1) Il vient de publier l'UMP, le PS et l'élection présidentielle, vers un bipartisme en France ? avec Florence Haegel, aux Presses de Sciences Po.

Par Jean-Dominique MERCHET, le vendredi 27 avril 2007




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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 18:47
(Dépêche)


Des avances inconvenantes

Les propositions de Ségolène Royal à François Bayrou sont obscènes et donc maladroites. Au point d’être sans doute contre-productives en termes électoraux.

D’abord pour des raisons de forme. Comment peut-on aujourd’hui proposer un débat, des ministres, demain Matignon peut-être, à quelqu’un dont on disait hier qu’ “il n’était pas le troisième homme”, qu’il était un “homme de droite” (citations de François Hollande), qu’il n’avait “pas de programme” (Ségolène Royal). L’affolement de la direction socialiste est-il si grand (et la peur de perdre) qu’elle envisage officiellement de s’allier avec qui était jusqu’à présent récusé ?

Ensuite pour des raisons de fond. L’ “ouverture” de Ségolène Royal constitue une double erreur de diagnostic.

Sur François Bayrou en premier lieu. Son objectif n’est pas de devenir ministre de qui que ce soit, mais de construire une force nouvelle et centrale capable de rénover la vie politique française. Il a déjà permis au centre, longtemps supplétif de la droite, de devenir autonome. Ce n’est pas pour être demain, à l’issue d’une discussion bâclée entre les deux tours de l’élection et contrainte par le pacte présidentiel, sans queue ni tête de Ségolène, le supplétif de la gauche.

Sur le parti socialiste en second lieu. Celui-ci n’a plus beaucoup de réserves à gauche. Le Parti Communiste a disparu. Les voix de l’extrême gauche sont divisées, marginales, incohérentes, purement protestataires : les récupérer durablement nécessitera un grand effort pour un maigre résultat. Cet éclatement de la gauche en chapelles inconciliables est à la fois cause et conséquence de l’impéritie intellectuelle du PS. Ce dernier n’a plus de ligne directrice dominante. Qu’y a-t-il de commun entre Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ? Divisé entre social-démocratie et gauche protestataire, entre économie de marché et étatisme, entre pro-européens et anti-mondialistes, le Parti Socialiste n’est plus en état de gouverner durablement le pays.

Il lui faudrait d’abord surmonter sa crise et se réformer. A terme, l’alliance de sa composante sociale-démocrate et du centre est la seule chance pour la gauche de gouvernement de revenir au pouvoir. Mais cela nécessite du soin, du temps, un long mûrissement et ne se fait pas à l’arraché, dans l’humiliation du partenaire hier vilipendé. D’autant qu’à mon sens ce sont le centre et François Bayrou qui seront en fait le vrai moteur, les vrais pivots du changement, pas le PS lui même qui risque, au lendemain de l’élection présidentielle, de se déchirer encore plus.

Voilà pourquoi, entre autres raisons, François Bayrou n’a pas répondu (et ne répondra pas) à des avances inconvenantes.

Jean Peyrelevade

25/04/2007 - 12h27




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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 13:02
(Dépêche)



Elle affirme que DSK "pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix". Mais elle n'exclut pas non plus de choisir François Bayrou : "je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien"

Pour le choix de son Premier ministre, la candidate PS répète : "je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien".

Si elle est élue dimanche prochain à la présidence de la République, qui sera le Premier ministre ? Tout le monde parie sur un membre de son équipe, Ségolène Royal, elle, prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Et surtout à montrer aux électeurs centristes qu'elle pourrait choisir l'un de leurs chouchous.

Ainis, ce lundi, dans une interview au Monde, elle affirme à propos de Dominique Strauss-Kahn dit DSK, son ex concurrent comme candidat PS à la présidentielle : "Dominique est présent à mes côtés, à sa demande, et je m'en félicite, c'est un homme talentueux et imaginatif, il pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix".

Mais elle pourrait même choisir François Bayrou, le candidat UDF, arrivé en troisième position lors du premier tour : "je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien". (...) Il faut respecter les étapes. Maintenant c'est à François Bayrou de se définir (...) S'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi".

Evoquant les législatives de juin, elle précise que "si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en oeuvre le pacte présidentiel". De sorte que des accords entre le PS et l'UDF pourraient intervenir à ces élections législatives en cas de présence de François Bayrou à Matignon, ce qui serait un coup de tonnerre dans le monde politique français.

La Tribune.fr - 30/04/07 à 13:03

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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 12:43
(Dépêche)


Jacques Séguéla votera Sarkozy

Le publicitaire Jacques Séguéla, qui avait fait les campagnes de François Mitterrand et qui affirme voter à gauche depuis 50 ans, a annoncé mardi sur RTL qu'après avoir voté Ségolène Royal au premier, il voterait Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle dimanche prochain.

"J'ai voté Ségolène, j'ai voté Mitterrand en fait. J'ai voté Ségolène, je suis content de l'avoir fait. J'ai attendu jusqu'à la dernière seconde. Ségo m'a fait rêver, et Sarko l'a fait", a dit Séguéla qui déclare avoir fait un choix "humain, économique et sociétal".

"Je pense que François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe quand je vois qu'à une semaine de l'élection (Henri) Emmanuelli est en train de lancer un parti progressiste. Alors que tout le monde devrait se mobiliser parmi les gens de gauche pour essayer de faire réussir leur candidate, ils sont en train de se diviser eux-mêmes. Et vous voulez qu'avec ce parti de branquignoles on arrive à relancer la France? (...). Je pense simplement que celui qui a le plus de chances de nous remettre sur les rails, c'est pas le tracteur de Bayrou, c'est pas la charrette de Ségolène Royal, c'est la Formule-1 de Nicolas Sarkozy", souligne Séguéla.

Interrogé sur la possible accusation de traîtrise dont il pourrait faire l'objet, Séguéla répond: "dans une élection présidentielle on est toujours le traître d'un Français sur deux. (...) La France va avoir un sursaut (...). Je ne veux pas être dans l'opposition au moment où ce coup de rein va être donné (...), je veux (...) aider celui qui me semble a le plus de chances pour faire avancer la France. Je veux l'aider à ce que la France réussisse. Moi je ne vote pas Sarkozy, je vote France", déclare encore le père de la "Force tranquille".

The Associated Press - 01/05/07 à 11:35:36


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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 12:34
(Dépêche)


Nicolas Sarkozy ne se voit pas en homme de la droite dure

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy se définit comme le candidat d'une "droite républicaine enfin décomplexée" et récuse l'image d'homme de la droite dure, atlantiste, et à la fois pro-israélien et pro-américain.

"Cette perception n'est évidemment ni fidèle ni juste", déclare le candidat de l'UMP dans une interview au quotidien israélien Jerusalem Post.

"J'ai voulu être le candidat d'une droite républicaine enfin décomplexée de ne pas être la gauche, d'une droite sûre de ses valeurs: le travail, l'autorité, la primauté de la victime sur les délinquants, l'effort, le mérite, le rejet de l'assistanat, de l'égalitarisme et du nivellement par le bas. Cela fait-il de moi un homme de la droite dure ?", demande-t-il.

Nicolas Sarkozy souligne s'être efforcé de faire reculer une insécurité "qui avait littéralement explosé sous le gouvernement de gauche" de Lionel Jospin et affirme avoir obtenu "des résultats significatifs."

En matière économique, le président de l'UMP se présente avant tout comme "un adepte du pragmatisme."

"Je crois aux libertés économiques. Je crois à l'économie de marché. Mais je sais aussi que le marché ne dit pas tout et ne peut pas tout. Je crois au volontarisme politique en matière industrielle et technologique", dit-il.

Nicolas Sarkozy se dit "viscéralement attaché à l'indépendance de la France et de l'Europe vis-à-vis de quelque puissance que ce soit."

"Et je déplore que l'Union européenne ne fasse pas preuve de davantage d'unité, de réalisme et d'autonomie dans ses relations économiques et commerciales avec les autres régions du monde, comme dans sa politique étrangère et de défense", ajoute-t-il.

Néanmoins, Nicolas Sarkozy ne voit pas là "d'incompatibilité avec le fait de considérer les Etats-Unis comme une grande démocratie avec laquelle nous avons beaucoup de valeurs communes et des liens historiques indéfectibles".

De même, il ne voit d'incompatibilité "entre la reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer d'un Etat viable et le fait de considérer la sécurité d'Israël comme non négociable."

"Cela fait-il de moi un 'atlantiste', un 'pro-israélien' et un 'pro-américain' ? C'est une lecture qui à tout le moins manque de la plus élémentaire subtilité. La vérité, c'est que ceux qui disent cela sont des anti-Israéliens et des anti-Américains", ajoute Nicolas Sarkozy.

Lundi 30 avril 2007, 19h36




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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 18:33
(Dépêche)


Bourlanges : "Pourquoi je vote pour Nicolas Sarkozy"

Le député européen UDF prend ses distances avec la stratégie de François Bayrou
et critique l’ouverture au centre de Ségolène Royal.

LE FIGARO. – Vous aviez dit au Figaro, il y a un an, que la stratégie de François Bayrou était chimérique. Finalement, vous l’avez soutenu au premier tour, pourquoi ?

Jean-Louis BOURLANGES. – J’ai toujours été hostile à la stratégie du ni droite ni gauche, et j’avais en décembre dernier écrit à François Bayrou que cette stratégie le condamnerait à l’issue du 1er tour à choisir entre « Canossa et le temple solaire », l’humiliation ou l’explosion. Si je me suis finalement résolu à soutenir le président de mon parti, c’est parce qu’il m’avait alors assuré qu’il n’arbitrerait pas en faveur de Ségolène Royal. La situation a peu à peu évolué : le ni droite ni gauche s’est révélé beaucoup plus porteur électoralement que je ne le pensais, tandis que les attaques contre le candidat de l’UMP rendaient chaque jour plus hypothétique un accord de second tour. Dès lors, sans la victoire totale, on ne voyait plus très bien l’avenir du centre.

Que pensez-vous de la future création, annoncée par François Bayrou, du «Parti démocrate» ?

L’intensité de la ferveur qui a conduit sept millions d’électeurs à voter Bayrou garantit-elle sa pérennité ? Le noyau dur des « antisystème » ne représente sans doute que la moitié environ de cet électorat, le reste étant constitué de gens qui, dans le cadre d’un système majoritaire, seront tentés de rejoindre leurs camps respectifs : chiraquiens antisarkozystes à droite, allergiques au ségolénisme à gauche. Tant que la proportionnelle n’aura pas été instituée, un parti indépendant de la droite et de la gauche aura du mal à disposer de la masse critique nécessaire à sa survie électorale. Le centre a besoin d’alliés, qu’ils soient de droite ou de gauche. Le système majoritaire à deux tours permet de faire échec au bipartisme, pas à la bipolarisation.

Une alliance avec la gauche réformiste est-elle possible ?

Une majorité de centristes et de sociaux-démocrates constituerait un formidable instrument de déblocage de la société française. À ce jour, cependant, le Parti socialiste ne me semble pas prêt à en payer le prix, en termes de clarification idéologique comme de solidarité électorale. Mme Royal nous demande de nous rallier à des gens qui nous expliquaient il y a huit jours que nous n’étions pas dignes d’être leurs alliés. La candidate prétend ouvrir le jeu mais l’appareil du parti veille au grain électoral, et n’imagine pas un instant de ne pas s’opposer à nos candidats aux législatives.

François Bayrou n’a pas donné de consigne de vote. Est-ce également votre ligne ?

J’avoue ne pas bien comprendre. François Bayrou refuse d’apporter son soutien à M. Sarkozy, dans lequel il voit une menace de première grandeur contre la démocratie. Mais, en même temps, il laisse à ses électeurs et à ses élus la liberté de voter Sarkozy. Les députés disent benoîtement préférer le candidat de l’UMP contre lequel leur chef sonne le tocsin. On ne peut pas à la fois dénoncer la grande menace et s’y résigner.

Nicolas Sarkozy est-il donc, selon vous, une menace pour la démocratie ?

Je crois, sur la base de ce qu’on observe dans les Hauts-de-Seine et en Poitou-Charentes, qu’aucun des deux finalistes ne peut prétendre au titre de champion de l’État impartial. D’où l’intérêt de ne pas donner tous les pouvoirs au parti du président, et de constituer au Parlement une majorité plurielle. La violence des attaques concentrées sur le seul Nicolas Sarkozy me paraît trahir en revanche les contradictions d’une gauche qui a viscéralement besoin d’un diable pour tenir debout et masquer sa crise identitaire.

Voterez-vous Nicolas Sarkozy ?

J’ai l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy. Pour deux raisons. D’abord parce que je crois, comme François Bayrou, que le projet économique de Ségolène Royal serait absolument calamiteux pour le pays. Et la France ne peut pas se payer le luxe de cinq nouvelles années d’erreurs ou d’immobilisme. Je pense ensuite que seule une nouvelle défaite de la gauche permettra de faire éclater la contradiction du PS et de rendre demain possible cette convergence entre sociaux-démocrates et sociaux-libéraux, qui n’est à ce jour qu’un piège à centristes.

CHARLES JAIGU (Figaro), le 27 avril 2007, 22h28






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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 18:14
(Dépêches)

Royal persiste au centre, le PS gronde

La candidate PS était vendredi en meeting à Lyon, alors qu'au sein du parti beaucoup dénoncent son plan d'ouverture vers l'UDF.

QUEL meilleur endroit que Lyon, ville de tradition centriste, dirigée par le socialiste Gérard Collomb, pour mettre en scène une main tendue à l'UDF ? Hier, dans la capitale des Gaules, Ségolène Royal devait recevoir le soutien du président du Conseil italien, Romano Prodi. Royal avait annoncé il y a quelques jours la présence de Prodi à ce meeting, mais le porte-parole du dirigeant italien avait rapidement fait savoir que son emploi du temps ne prévoyait pas de déplacement. C'est donc par vidéo que l'homme de l'Olivier (la fédération de partis politiques transalpins, créée en 2005, dont Prodi est président) a déclaré son soutien à la candidate socialiste, comme l'avait fait son homologue espagnol José Luis Zapatero à Toulouse avant le premier tour.

Prodi ne peut voir que d'un bon oeil les appels du pied de Royal à Bayrou, lui qui dirige une coalition allant de l'extrême gauche au centre droit. En début de semaine, il affirmait d'ailleurs déjà qu'une alliance entre Royal et Bayrou apporterait « clarté et ordre » dans le paysage politique français. Sans compter que, le jour même du premier tour de la présidentielle française, les Démocrates de gauche italiens et la Marguerite, parti de Prodi, annonçaient leur fusion dans un grand « Parti démocrate », le nom que Bayrou veut donner lui aussi à son nouveau parti.

« Le geste de trop »

Ségolène Royal avait aussi invité Dominique Strauss-Kahn à s'exprimer au cours de son meeting. Finie l'époque où la candidate - comme le 16 mars, en meeting à Charleville-Mézières - le snobait littéralement, refusant même de le rejoindre sur scène. Après avoir déjeuné, bien en vue avec lui mercredi à la terrasse d'un restaurant parisien, elle l'a emmené hier à Lyon dans son avion privé.

Un proche de DSK s'amusait que son mentor soit désormais mis en scène dans le rôle de « l'aspirateur à voix centristes ». Alors qu'il y a encore une semaine, Michel Rocard était vilipendé pour avoir appelé à l'union PS-UDF ! À une semaine du premier tour, Royal joue donc le tout pour le tout pour amener à elle un maximum d'électeurs de Bayrou, faisant le forcing pour organiser un débat avec lui.

L'affaire fait plus que grincer des dents au sein du PS, dont les responsables apprécient peu de voir la ligne stratégique du parti bouleversée entre les deux tours par la can didate et quelque proches, sans la moindre discussion ou même consultation de ses instances élues. Pour un proche de Laurent Fabius, la proposition de Royal de faire entrer des ministres centristes dans son gouvernement constitue « le geste de trop ».

Sur son blog, Pascal Cherki, conseiller de Paris et proche d'Henri Emmanuelli, laisse transparaître sa colère. « Ségolène Royal doit arrêter de courir derrière Bayrou qui refuse le débat droite-gauche. Cet homme est un imposteur ! », affir me-t-il. Il dénonce « le numéro de curée magistralement exécuté » de Bayrou qui, pour « aspirer la gauche, doit faire semblant de moins aimer Sarkozy que Royal ». « Face à un Sarkozy qui avance sur une ligne bonapartiste revendiquant un État fort économiquement et qui de ce fait s'adresse à la France du non au référendum, Ségolène Royal ne doit pas tomber dans la sarabande du oui comme MM. Bayrou, Delors, Rocard, Cohn-Bendit et consorts l'y invitent », implore-t-il.

Jean-Pierre Chevènement, très en cour auprès de la candidate au point que certains le voient premier ministre en cas de victoire de la candidate PS, a aussi créé de l'émoi mercredi, notamment chez les candidats aux législatives. L'ancien ministre de la Défense affirmait, sur France Info, que la gauche « peut trouver des accords de désistement mutuel » entre candidats socialistes et UDF.

« On a déjà donné des circonscriptions à Chevènement alors qu'il n'est plus rien, et maintenant il brade les nôtres aux UDF et nous serions priés de nous sacrifier. Mais on se moque du monde ! », s'insurgeait hier un responsable socialiste.

MYRIAM LÉVY (Figaro), le 28 avril 2007, 12h26




Sarkozy s'affiche avec VGE

Le fondateur de l'UDF était vendredi au côté du candidat UMP qui tenait un meeting en Auvergne.

C'EST DU PUR Sarkozy. Dans une petite entreprise de la ville de Châteldon, dans le Puy-de-Dôme, le candidat fait le tour des machines-outils qui fabriquent des chariots de distribution de repas pour les hôpitaux. Puis, après un discours devant une trentaine d'ouvriers, il se tourne vers quelques journalistes et ne peut s'empêcher de commenter sa prestation lors de l'émission « À vous de juger », sur France 2 : « 5,4 millions, c'est tout de même pas mal ! Elle n'avait fait que 4 millions. Et je fais ça juste après TF1, la veille, où j'étais déjà à plus de 10 millions ! » Autre record de la journée : hier soir, à Clermont-Ferrand, son équipe annonçait plus de douze mille personnes venues voir Nicolas Sarkozy. Selon son entourage, la « plus forte mobilisation politique jamais vue dans ces terres de gauche » où Nicolas Sarkozy, avec 26,28 % des voix, est arrivé juste derrière Ségolène Royal (29,32 %), dans le Puy-de-Dôme.

Autre record, ces dernières heures, fait pour rassurer Nicolas Sarkozy : le nombre de centristes qui désormais le rejoignent. Plus de 23 parlementaires UDF, dont 19 députés, auraient déjà annoncé qu'ils votent Sarkozy. Hier, le député UDF Charles de Courson, pourtant militant du centrisme intransigeant voulu par François Bayrou, avait accepté l'invitation de Brice Hortefeux, régional de l'étape et ami de trente ans du candidat, à accompagner Nicolas Sarkozy dans son déplacement. Ce comptable pointilleux s'est dit déterminé à « expliquer pourquoi il vote Sarkozy » devant les militants UMP, renvoyant à plus tard la question de savoir s'il appartiendrait ou non à la « majorité présidentielle » de Nicolas Sarkozy s'il est élu. Toujours dans son rôle d'intercesseur, Brice Hortefeux avait également organisé une « rencontre républicaine » avec le sénateur socialiste Michel Charasse, lequel a voulu montrer son amitié pour le candidat de la droite, lui qui n'a jamais caché qu'il était allergique à Royal.

Un rare privilège

Mais le record du jour, pour Nicolas Sarkozy, était d'être reçu par Valéry Giscard d'Estaing, dans la maison de famille des Giscard, à la sortie du petit village de Chanonat. Un privilège très rare que Jacques Chirac n'a pas connu. L'ancien président de la République a d'ailleurs accompagné ensuite Nicolas Sarkozy au meeting qui se tenait dans le Parc des expositions de Clermont-Ferrand. Tenu par le devoir de réserve, en tant que membre du Conseil constitutionnel, le fondateur de l'UDF ne s'est pas exprimé publiquement. Il a déjà reçu une lettre de Jean-Louis Debré dans laquelle ce dernier, président du Conseil constitutionnel depuis peu, s'émouvait de ce « manquement ». Les amis de VGE confient néanmoins que le fondateur de l'UDF « bougonne » beaucoup contre les embardées de François Bayrou.

Et Nicolas Sarkozy, qui sera demain à Valenciennes avec Jean-Louis Borloo, à la demande de celui-ci, entend bien afficher que tout le centre droit fait mouvement vers lui quand François Bayrou « discute » avec Ségolène Royal. Hier, Nicolas Sarkozy a aussi revu de près avec son équipe le grand meeting qui se tiendra dimanche à Bercy. « Rassemblement » et « Renouveau » seront au programme. Bien sûr, quelques personnalités devraient être présentes dans la foule. Mais la « surprise » de la journée devrait être la présence de l'amiral Philippe de Gaulle. De Giscard à de Gaulle, les sarkozystes s'enthousiasment : il ne sera pas dit que le sarkozysme « ne rassemble pas ».

HARLES JAIGU (Figaro), le 28 avril 2007,  08h57



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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 14:16
Vide ou trop plein ?

Il faut parfois prendre ses responsabilités. Et ne pas choisir, ce n’est pas faire preuve de responsabilité. Quel candidat choisir pour le second tour ?


Il est clair que prôner la fin du clivage droite-gauche et avoir à choisir entre la droite et la gauche n’est pas satisfaisant. Mais il faut revenir aux fondamentaux.

En effet, ceux qui considèrent que se rallier à Nicolas Sarkozy casse cette logique en se remettant à droite oublient que voter pour Ségolène Royal est aussi un ralliement à gauche et casse cette même logique… et quelle gauche ! la plus archaïque, celle d’un parti socialiste qui n’a jamais su départager ses propres lignes de front : libéralisme et gauchisme, européanisme et protectionnisme… un gauche qui reçoit le soutien des communistes, des altermondialistes et de l’extrême gauche.

Jean Peyrelevade a alors cru trouver la solution pour ne pas lever le refus du clivage droite-gauche : le vote blanc. Mais ce principe m’insupporte beaucoup puisqu’on sait que le 6 mai 2007, sera élu l’un des deux candidats restés en liste. Donc, ne pas voter, ou voter blanc, c’est fuir ses responsabilités de citoyen. Par conséquent, peu acceptable.

En revenant aux fondamentaux, j’en viens aux projets. C’est pour cette raison que je suis enclin à choisir Nicolas Sarkozy.

Sur le plan économique, le projet de Nicolas Sarkozy est clairement axé sur l’encouragement à la création de nouvelles activités économiques et pas sur le partage de la pénurie qui reste dans la logique de la réduction du temps de travail.

Je ne crois certes pas au slogan très simpliste et démagogique « travailler plus pour gagner plus » car le problème depuis vingt ans est justement l’adéquation entre l’offre et la demande d’emploi, et nombreux sont ceux qui veulent travailler ou veulent travailler plus et ne peuvent pas.

Mais les principales mesures tendent à assainir la situation financière, et sont loin des promesses sociales coûteuses et démagogiques que prône Ségolène Royal qui envisage concrètement de renforcer soit les déficits publics, soit les impôts.

Sur le plan institutionnel, le pacte présidentiel de Ségolène Royal me fait peur avec sa volonté de court-circuiter les corps intermédiaires par la mise en place de jurys citoyens (alors que les élus sont élus pour une durée donnée) et ce qui lui donnera ensuite toute liberté pour donner l’interprétation du désir de la population (pas forcément experte en tout domaine). Je combats le principe de la démocratie participative (j’en ai déjà parlé ici) qui réduit à néant nos deux siècles de tradition démocratique et semble remettre au goût du jour les tentations bonapartistes.

De plus, la volonté de faire une VIe République ne me paraît pas pertinente, nos institutions ont montré leurs preuves depuis près de cinquante ans, et j’ai toujours considéré que si problème il y avait, c’était à cause de la pratique institutionnelle et pas à cause des institutions.

Enfin, mon troisième point, qui n’est pas sur les projets mais sur les caractères : on élit une personnalité, et les attaques incessantes contre Sarkozy sur sa capacité à réduire la démocratie me paraissent d’autant plus disproportionnées (je l’ai aussi déjà dit ici) que j’ai souvenir aussi des critiques contre « Chirac facho » qui ont bien montré leur ridicule après 4 ans de mandat de Premier Ministre et 12 ans de Président de la République de Chirac.

La réalité est que Nicolas Sarkozy est un homme ambitieux et volontariste (tout comme Ségolène Royal et François Bayrou) et qu’il est normal d’être incisif quand tant de réformes sont à réaliser. Et si élire une femme avenante à l’Élysée est évidemment tentant pour moderniser la vie politique, la personnalité autocrate de Ségolène Royal ne me paraît convenir à la fonction.

Par ailleurs, en voulant réaliser une ouverture que même Jacques Delors (dont la solidité politique était tout autre) se sentait incapable de réaliser en 1995, Ségolène Royal s’est totalement décrédibilisée politiquement, en soulignant qu’elle n’a aucune ligne directrice : Bayrou est un imposteur le 20 avril, Bayrou est proche de moi le 24 avril… Et si dans les grandes affaires de l’État, Ségolène Royal avait autant de légèreté ? Impossible de l’imaginer confrontée à une crise nucléaire majeure.

Le 26 avril 2007, sur TF1, on demandait à Ségolène Royal quelle était la principale qualité de Sarkozy. Elle répondit : il a réponse à tout, il sait tout. Quel défaut ? Idem. Cela aurait pu être bien répondu de sa part. Mais quelques minutes plus tard, sur France 2, répondant à ce reproche, Sarkozy dit avec pertinence qu’à l’Élysée, il vaut mieux avoir réponse à tout que réponse à rien, et ne rien savoir.

Il ne reste que six jours. En ce qui me concerne, le choix est clair, je ne vois pas pourquoi je contribuerais à une aventure institutionnelle et économique périlleuse, il n’y a pas de temps à perdre, Nicolas Sarkozy me paraît, des deux candidats, la personne qui fera le moins de dégât au pays et qui s’est donné le plus d’atouts pour redresser la France.

Sylvain Rakotoarison, le 30 avril 2007.

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