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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 18:23

Dans un sondage TNS Sofres pour "Le Figaro Magazine" publié le 12 janvier 2012, la popularité de François Bayrou a fait un bond de 14% et se place en deuxième position avec 43% de cote d'avenir derrière François Hollande avec 54% (+7%) tandis que 29% seulement font confiance à Nicolas Sarkozy et 68% pas confiance. Marine Le Pen est à 26% de cote d'avenir (+2%).

Ce qui est intéressant, c'est que ce bond est général : +21% auprès des sympathisants du PS et +20% auprès des sympathisants de l'UMP.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète de TNS Sofres (fichier .pdf) :
http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2012.01.12-baro-figmag.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.

SR

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 10:58

Dans un sondage Vivavoice pour "Libération" publié le 10 janvier 2012, François Bayrou est à 26% de "souhait d'élection" (+6%), et se rapproche du score de Nicolas Sarkozy (31% soit +2%) mais reste loin derrière François Hollande (41% soit -5%). Cela ne constitue pas des intentions de vote mais uniquement la personne que le sondé désigne comme souhaitant être élue le 6 mai 2012.

 

SR



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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 06:16

Même s’il a quitté la scène politique nationale, le ralliement de l’ancien "premier numéro deux" de l’UMP à la candidature de François Bayrou est un nouveau signe de la capacité de rassemblement du candidat centriste.


yartiDouste01« L’UMP est-il encore un grand parti de centre droit, humaniste et libéral ? C’est parce que telle n’est plus ma conviction qu’il est temps pour moi de rompre le silence, de rappeler les valeurs qui sont les miennes et d’appeler à une union nationale autour de François Bayrou, candidat à l’élection présidentielle. »

Celui qui s’est exprimé ainsi dans "Le Monde" le 8 janvier 2012 n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit d’un des principaux fondateurs de l’UMP en 2002, celui qui a amené un grand nombre de parlementaires de l’UDF à rejoindre l’UMP initialement présidée par Alain Juppé et inspirée par Jacques Chirac à l’occasion du choc du 21 avril.


Douste-Blazy votera Bayrou

Philippe Douste-Blazy, 59 ans, ancien secrétaire général de l’UMP, ancien Ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et actuel secrétaire général adjoint de l’ONU, avait même été parmi les premiers-ministrables lors de la réélection de Jacques Chirac, en concurrence avec Nicole Fontaine et Jean-Pierre Raffarin qui fut finalement désigné à Matignon le 6 mai 2002.

« [François Bayrou] était persuadé que l’alliance des centres et des droites au sein de l’UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison. » a amèrement constaté Philippe Douste-Blazy qui s’était opposé à lui à l’époque.


Avoir raison

François Bayrou a eu raison depuis plus de dix ans et son grand atout a été de rester sur ses positions au risque parfois d’être très isolé. La focalisation de sa campagne présidentielle de 2007 sur la dette publique et la crise des dettes souveraines dans l’Union Européenne en 2011 ont montré à quel point François Bayrou avait eu raison avant l’heure.

Sur le plan intérieur, le refus obstiné en 2002 de celui qui était le président de l’UDF à se fondre dans un parti auberge espagnole, l’UMP, qui n’a jamais été en définitive que la suite logique du RPR, et la droitisation de plus en plus forte de l’UMP depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy aux commandes depuis 2004 ont été également une autre illustration de la pertinence des propos de François Bayrou.


L’UMP s’émiette

Aujourd’hui, c’est bien la cohésion de l’UMP dont il s’agit. Alors que 2011 a déjà vu les radicaux quitter le navire (initialement en vue d’une candidature de Jean-Louis Borloo), ce sont tous les élus ancienement UDF qui risquent aujourd’hui de prendre le large, constatant simplement que l’UMP n’a jamais correspondu à leur réelle philosophie politique et qu’ils ne veulent pas rester dans cette galère.

Philippe Douste-Blazy est même très dur contre l’UMP mais le discours de Grenoble peut le justifier : « L’UMP d’aujourd’hui s’est abîmée dans sa course permanente à l’urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine. ».


Solidarité, justice ...et indépendance

Et il a ajouté, pour éviter qu’on lui projette des arrière-pensées et des malentendus : « Je yartiDouste02ne demande rien, je n’attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n’est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d’une solidarité mondialisée. » pour finir sur cette profession de foi : « Je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l’économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice. C’est pourquoi, je voterai pour François Bayrou et j’invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l’indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays. ».


Le rassemblement du centre

Le jour même sur France 5, François Bayrou a pu afficher sa joie, évidemment : « Cette famille du centre qui s’était séparée est en train de se regrouper et ceci est inéluctable si elle veut avoir un poids dans la vie politique française. ».

C’est d’ailleurs cela qu’il faut souligner : alors qu’en 2007, le "résidu" de l’UDF resté indépendant (l’UDF canal historique) s’était une nouvelle fois divisé en Nouveau centre et en MoDem, cette fois-ci, en 2012, François Bayrou réussit à rassembler des personnalités issues de l’UDF d’avant-l’UMP et qui s’étaient engagées clairement soit au sein de l’UMP soit au sein d’une alliance très serrée avec l’UMP, comme les anciens ministres de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy : Dominique Versini, Anne-Marie Idrac ou encore Alain Lambert, qui sera le candidat du MoDem dans la 2e circonscription de Paris face à François Fillon, Rachida Dati …et Axel Kahn (le célèbre généticien sera le candidat socialiste).

Le ralliement de deux anciens rivaux de François Bayrou au sein de la famille centriste est même très symbolique, avec Bernard Bosson (rival en 1994 pour la succession de Pierre Méhaignerie à la présidence du CDS) qui l’a rejoint l’été dernier, et maintenant Philippe Douste-Blazy (rival en 2002 pour le leadership des centristes au sein de la majorité de centre droit).

Le rassemblement va même au-delà des anciennes limites de l’UDF puisque des gaullistes proches de Dominique de Villepin ont annoncé récemment leur soutien à François Bayrou et il est maintenant de plus en plus probable que des petits candidats qui n’auraient pas les parrainages nécessaires pour se présenter se rallieraient naturellement à la candidature de rassemblement incarnée par François Bayrou : Corinne Lepage, Christine Boutin et peut-être même Nicolas Dupont-Aignan.


Un cercle vertueux ?

Ce phénomène de contre-centrifugeuse n’est pas sans rapport avec la montée de la candidature de François Bayrou dans les sondages (tant en popularité, personnalité qui a l’image la plus positive, qu’en intentions de vote, oscillant autour de 13%, et en probabilité d’élection, il se rapproche de Nicolas Sarkozy) et rend complètement dépassée la candidature sans objet de Hervé Morin, lâché par ses amis du Nouveau centre qui préfèrent se déterminer entre François Bayrou (comme le sénateur Yves Pozzo di Borgo) et Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, dès le 11 janvier 2012, les responsables locaux du Nouveau centre débattront de la pertinence de cette candidature.

Le 8 janvier 2012, François Bayrou commente d’ailleurs avec sourire cette situation : « Ces rassemblements clarifient le paysage. Au bout du compte, les Français auront deux choix, une solution classique avec Sarkozy ou Hollande, ou bien, ils voteront pour moi et le système sera changé. Il y aura un mouvement irrésistible de renouvellement de la vie politique de notre pays. ».

Reste à connaître la position cruciale mais probablement tardive de Jean-Louis Borloo sur la candidature de François Bayrou. Les radicaux devraient se prononcer officiellement fin janvier 2012 mais déjà, certains radicaux annoncent la couleur : l’ancien ministre Didier Bariani (président d’honneur du Parti radical) votera pour François Bayrou alors que Dominique Paillé, ancien sniper de l’UMP, pourtant pas en "grande" relation avec le candidat centriste, prédit que François Bayrou sera présent au second tour (dans son futur livre "Panique à l’Élysée", éd. Grasset 2012).


Bayrou, la solution entre Sarkozy et Hollande…

Alors que la personnalité de Nicolas Sarkozy reste encore très négative dans l’opinion publique et que la candidature de François Hollande convainc de moins en moins d’électeurs, François Bayrou peut miser sur ce refus du manichéisme inadapté à la France et bénéficier de cet "irrésistible" besoin de nouvelles méthodes de gouvernance pour reconstruire une République réellement exemplaire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 janvier 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La tribune de Philippe Douste-Blazy ("Le Monde", le 8 janvier 2012).
La famille centriste.
La percée de François Bayrou.
Bayrou et sa majorité courage.
La personne humaine avant tout.
Faut-il l’union nationale ?

 

yartiCourage04

 


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-contre-centrifugeuse-bayrou-se-107673

 

 



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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 12:35

(verbatim)


Philippe Douste-Blazy : "Pourquoi je rejoins aujourd'hui François Bayrou"

LEMONDE.FR | 08.01.12 | 11h55  •  Mis à jour le 08.01.12 | 11h57

Voilà dix ans, je contribuais avec d'autres à la création de l'Union en mouvement au congrès de Toulouse, devenue l'UMP. Voilà cinq ans que je regarde ce mouvement grandir en prenant des orientations qui ne me conviennent pas. Voilà deux ans que je m'interroge sur ma place à l'UMP face au tournant droitier désormais assumé par l'état-major du mouvement.

L'UMP est-il encore un grand parti de centre droit, humaniste et libéral ? C'est parce que telle n'est plus ma conviction qu'il est temps pour moi de rompre le silence, de rappeler les valeurs qui sont les miennes et d'appeler à une union nationale autour de François Bayrou, candidat à l'élection présidentielle.

Compagnon de route de François Bayrou, avant de prendre un autre chemin, je sais que cette prise de position surprendra. C'est pourquoi je tiens à rappeler ce qu'était l'UMP et ce qu'elle est devenue. En 2001, plus rien ne séparait les partis gaullistes, libéraux et centristes. Les vieilles querelles de la droite semblaient derrière nous : la division, les haines personnelles, les invectives, les divergences idéologiques. Depuis le discours à Berlin de Jacques Chirac, les gaullistes avaient achevé leur mue européenne. Il était enfin possible de ressouder le couple franco-allemand, moteur d'une Europe forte. Depuis le discours de Rodez, le RPR avait pris le tournant décentralisateur. Le choix de la confiance aux collectivités locales était désormais partagé. Nos positions, nos programmes, nos propositions étaient désormais les mêmes, y compris dans les domaines économique et social ou sociétal.

Partout en Europe, s'étaient construits des partis de centre droit proeuropéen, libéraux et humanistes, parfois alliés à un petit parti conservateur, affrontant un parti social-démocrate. La France faisait encore figure d'exception, avec son parti gaulliste, ayant survécu au charisme d'un héros rassembleur issu des heures sombres de la guerre, et son Parti socialiste, marqué par une culture marxiste désespérante. L'heure d'une vie politique française plus moderne et plus apaisée était venue.

D'un point de vue tactique, chacun sait que la bipolarisation créée par la Ve République condamne le centre à n'être qu'un supplétif des deux grands partis de droite ou de gauche. A cet égard, l'élection de Valéry Giscard d'Estaing n'avait été qu'une parenthèse dans notre histoire politique.

COURSE À L'URGENCE

J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement qui se construirait sur la base de nos idées et de nos valeurs. Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison. Premier secrétaire général de l'UMP au côté d'un homme aussi exceptionnel qu'Alain Juppé comme président, exemple de courage et de conviction, notre relation était équilibrée.

Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé. Si ce parti existe encore pour rassembler et construire des destins, je ne retrouve pas la volonté de créer un idéal dans la même idée collective que celle de 2001.

L'UMP d'aujourd'hui s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine.

C'est tout l'inverse de l'action que je mène depuis 2007 en tant que secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des financements innovants pour les pays en développement et président d'Unitaid, l'agence dédiée à la collecte des contributions de solidarité sur les billets d'avion pour lutter contre les risques sanitaires dans les pays en développement, tout particulièrement en Afrique. Avec des dirigeants mondiaux, tels Bill Clinton, Bill Gates, Lula ou Michèle Bachelet, nous sommes en charge au quotidien de la mondialisation de la solidarité. Pour autant, je ne me suis jamais désintéressé de l'avenir de mon pays.

Mais aujourd'hui, la vie politique nationale est derrière moi, je ne demande rien, je n'attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n'est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d'une solidarité mondialisée. Alors que nous traversons une des pires crises mondiales de l'histoire, je ne cherche pas à fragiliser mon camp. Mais je crois pouvoir le renforcer en adoptant la démarche de clarté qui est celle qui a toujours animé mon engagement politique.

En reconnaissant à Nicolas Sarkozy sa stature et son courage, je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l'économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice. C'est pourquoi, je voterai pour François Bayrou et j'invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l'indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays.

Philippe Douste-Blazy, ancien ministre, ancien président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale
Tribune du journal "Le Monde" du 8 janvier 2012


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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:04

Dans le sondage CSA pour "Les Echos" publié le 5 janvier 2012, François Bayrou continue sa progression dans l'opinion des électeurs français en devenant la personnalité politique la plus populaire de France avec 51% de bonnes opinions, soit une hausse de 5% par rapport au mois précédent. Il dépasse François Hollande qui progresse de 2% à 48% mais qui a plus d'opinions négatives (49%) au contraire de François Bayrou (44%). Ce dernier est même celui qui obtient le moins d'image négative.

François Bayrou progresse chez les sympathisants de gauche avec 49% d'image positive (+6%), chez les sympathisants de droite avec 50% (+4%), chez les 25-34 ans à 55% (+19%), chez les 65 ans et plus à 54% (+9%), che les travailleurs indépendants à 52% (+8%), chez les CSP+ à 57% (+4%) et aussi chez les CSP- à 47% (+9%).

Ces résultats montrent que le potentiel de la candidature de François Bayrou est très grand et que les électeurs refusent, comme en 2007, d'être enfermé dans un duel Sarkozy/Hollande qui ne correspond pas à la sociologie française.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète de CSA (fichier .pdf) :
http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2012/opi20120104-l-observatoire-politique-csa-les-echos.pdf

 

Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.

SR

 







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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:15

Électron libre au "gaullisme indépendant", Dominique de Villepin vient de se déclarer candidat à l’élection présidentielle de 2012. Homme d’État incontestable mais solitaire comme Jean-Pierre Chevènement, d’expérience politique diamétralement opposée à son condisciple énarque François Hollande, il pourrait bien être comparable à Michel Debré, malheureux candidat gaulliste à l’élection présidentielle de 1981.


yartiddv20111202J’ai une grande estime pour Dominique de Villepin. Il a une personnalité exceptionnelle, celle des visionnaires et des bâtisseurs. Il a également une grande culture historique et un style très sympathique et emphatique. Il a le talent d’être vu sous l’aspect d’un "déplaceur" de montagnes. En revanche, je me demande toujours ce qu’il fait dans la vie politique. J’ai l’impression qu’il y a une sorte de mur de cristal entre lui et la classe politique.


Surprise sur prise

Sa déclaration de candidature sur TF1 le 11 décembre 2011, confirmée par sa conférence de presse du 13 décembre 2011, a surpris tout le monde, probablement même ses amis politiques : aucun parti, aucun soutien (ses proches ont été nommés au gouvernement, en particulier Bruno Le Maire et Marie-Anne Montchamp), pas d’argent (ou très peu), pas de cohérence politique (quelles forces représente-t-il dans le paysage politique ?), et un peu de passif qui pourrait revenir violemment à la face des médias (implication plus ou moins vagues dans certaines "affaires" après être sorti intact de l’affaire Clearstream ; CPE ; dissolution de 1997 ; rivalité avec Nicolas Sarkozy etc.).

Il commence sa campagne électorale avec 1% mais les sondages d’après-candidature montrent un léger frémissement autour de 3% alors qu’il avait navigué assez longtemps en 2010 autour de 7% (même 10% parfois).

Évidemment, il serait mal venu de comparer sa candidature avec celle d’Hervé Morin même si, concrètement, il existe toujours une incertitude sur leur détermination à la maintenir, en sachant que les deux ne devraient pas avoir trop de mal à recueillir les cinq cents parrainages de maires.


L’anti-Hollande

Dominique de Villepin est exactement le contraire de François Hollande dont il a été le camarade à l’ENA (promotion Voltaire). L’un a occupé de nombreux postes au sommet de l’État (Affaires étrangères, Intérieur, Matignon) tandis que l’autre n’a jamais été ministre (un véritable talon d’Achille pour le candidat socialiste en période de grave crise mondiale).

yartiddv20111207Mais inversement, l’un ne s’est jamais soumis au suffrage des électeurs, pas même dans un petit scrutin municipal, alors que l’autre a goûté quasiment à tous les scrutins (sauf sénatorial : élections municipales, législatives, cantonales, régionales, européennes…).

L’un rejette les partis à la manière prétendument gaullienne (dans les faits, De Gaulle a créé le RPF et a initié la création de l’UNR) tandis que l’autre a dirigé l’un des principaux partis de gouvernement pendant onze ans, dont la moitié, environ, en période de responsabilité gouvernementale.


Un Chevènement de droite ?

S’il faut faire des comparaisons, il serait plus judicieux probablement de comparer Dominique de Villepin avec Jean-Pierre Chevènement.

Tous les deux ont occupé de très hauts postes gouvernementaux et personne ne leur refuse leur stature d’homme d’État (ce qui manque le plus à François Hollande). Comme Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement a occupé quelques hautes fonctions régaliennes (Défense, Intérieur) sans se désintéresser des questions économiques et sociales (Industrie, Recherche, Éducation nationale).

Mais tous les deux n’oscillent actuellement qu’entre 1 et 3% dans les sondages et donc, si tous les deux ont la qualité pour occuper la magistrature suprême (personne ne le conteste), ils ne peuvent cependant qu’assumer une candidature de témoignage pour cette élection présidentielle de 2012.

Eh oui, car si la présence de Jean-Pierre Chevènement est assez facile à comprendre (essayer d’influencer sur la campagne du PS), celle de Dominique de Villepin est la grande inconnue. Pourquoi veut-il témoigner ?


Quelles motivations le guident ?

Car si l’homme est riche en verbe, il n’a pas de message politique particulier à adresser aux Français. À part le CPE et les émeutes, quelles sont les décisions qui ont marqué son passage à Matignon ? Aucune. Idem place Beauvau. C’est au quai d’Orsay qu’il a acquis une belle notoriété avec son fameux discours au Conseil de sécurité de l’ONU le 14 février 2003 contre la guerre en Irak. Mais si c’est un joli fait d’armes, c’est du passé, ce n’est en rien un projet d’avenir.

Or, une campagne présidentielle, ce n’est pas un retour vers l’arrière, ni bilan ni passé, c’est une projection vers l’avenir, un projet, une vision. Et le projet de Dominique de Villepin est bien court. Quelques mesures assez révolutionnaires, sans doute intéressantes à étudier, mais pas essentielles dans les enjeux d’aujourd’hui.


Assurancetourix ?

Wikpédia précise à propos d’Assurancetourix (personnage de la célèbre bande dessinée des aventures d’Astérix conçue par René Goscinny et Albert Uderzo) : « Assez grand, blond et solitaire, il aime vivre dans sa hutte perchée en haut d’un arbre pour composer des chansons que lui seul apprécie. (…) Quand il ne chante pas, Assurancetourix est un personnage très apprécié des habitants du village. Il est très sympathique et c’est un gai compagnon. ».

Pour la journaliste Raphaëlle Bacqué, qui est assez dure avec lui, Dominique de Villepin ne serait candidat que pour avoir une sorte d’assurance anti-affaires. Les dernières boules puantes envoyées par ses anciens amis de l’UMP quelques jours avant sa candidature ont pu en effet infléchir sa position au dernier moment (un effet miroir à la décision de Jean-Louis Borloo, ce dernier qui doit être bien soulagé de ne pas avoir à participer à cette rude épreuve).

yartiddv20111205Après tout, même si la justice française, forte de son indépendance, est capable de condamner un ancien Président de la République (à la santé très diminuée) à deux ans de prison avec sursis, on imagine quand même mal un juge faire intervenir dans une procédure judiciaire l’un des candidats à l’élection présidentielle durant le temps de la campagne. Même si, juridiquement, tout l’autoriserait, le juge pourrait convenir qu’il porterait atteinte tant à l’égalité entre les candidats dans une période cruciale de la vie démocratique qu’à la simple présomption d’innocence.

Sa candidature devrait-elle donc être comprise comme une assurance tout risque ?

En tout cas, Dominique de Villepin paraît déterminé, a réaffirmé qu’il ne renoncerait pas et qu’il ne se rallierait à personne. Une sorte de jusqu’auboutisme assez étrange quand on pèse aussi peu dans l’opinion publique.


À qui profite le "crime" ?

Si le pourquoi reste donc très énigmatique, le comment serait plus intéressant à anticiper. En d’autres termes, qui va être favorisé et qui va être défavorisé par la candidature de Dominique de Villepin ?

La gauche a évidemment des raisons de se réjouir de la multiplicité de candidatures à droite, dispersant ainsi le même électorat. Cette multitude confirmerait d’ailleurs que le candidat supposé de l’UMP ne serait pas incontesté.

D’autres insistent sur le "centriste" De Villepin.

Je m’étonne toujours de cette volonté journalistique à vouloir simplifier un échiquier politique : jamais Dominique de Villepin n’a revendiqué une "appartenance" au "centre". Il se réclame d’un gaullisme passé par les fourches caudines du pompidolisme et du chiraquisme dont il est, avec Alain Juppé, l’un des héritiers politiques.

Même si aujourd’hui, il pourrait y avoir une certaine proximité de vue entre Dominique de Villepin et François Bayrou, il ne faut pas oublier par exemple que le second avait voté la censure au gouvernement du premier à l’Assemblée Nationale le 16 mai 2006 pour protester contre l’affaire Clearstream.


Quelques scénarios alambiqués

La presse a envisagé plusieurs scénarios parfois antagonistes : par exemple, que Dominique de Villepin puisse accroître son petit capital d’intentions de vote pendant quelques mois (en en prenant au passage chez les sympathisants de François Bayrou) puis renoncer au dernier moment à la candidature (avec une raison honorable, intérêt national, manque improbable des parrainage etc.) pour le léguer (ce petit capital) au candidat officiel de l’UMP.

Mais cela pourrait être l’inverse : après un plafonnement rapide, Dominique de Villepin se désisterait… en faveur de François Bayrou qui ont le même discours sur le rassemblement des Français et l’union nationale (et François Bayrou est doublement plus crédible à ce sujet : candidat plus porteur électoralement et discours constant depuis au moins dix ans, ce qui n’est pas le cas de Dominique de Villepin).

Le plus probable reste pourtant son maintien comme candidat, quel que soit le niveau que les sondages lui donneraient dans les prochaines semaines. Parce que lorsqu’on croit avoir raison et qu’on est déjà à un certain niveau, rien ne peut décourager l’homme providentiel. Ni Don Quichotte.


La candidature de Michel Debré en 1981

C’était peut-être pour cette raison que me vient à l’esprit, selon moi, la meilleure analogie : la candidature de Dominique de Villepin en 2012 ressemble beaucoup à celle de Michel Debré (le père de Bernard et Jean-Louis Debré) le 26 avril 1981.

yartiDebreMichel01Rappelez-vous. Michel Debré fut le premier Premier Ministre de De Gaulle et c’est lui qui fut le Garde des Sceaux lors de la promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958. Donc, l’un des gaullistes les plus fidèles, les plus historiques, qui inspirent le plus respect. En particulier des autres gaullistes…

Comme Dominique de Villepin, Michel Debré a occupé Matignon et des ministères régaliens (Justice, Défense, Affaires étrangères) et également l’Économie et les finances. Il a eu la même fidélité pour De Gaulle que Dominique de Villepin pour Jacques Chirac.

La rédaction de la Constitution de la Ve République est l’équivalent du discours de l’ONU. Son comportement très contestable en faveur de l’Algérie française en 1962 est l’équivalent de l’entêtement de Dominique de Villepin en faveur du CPE au printemps 2006.

Le 30 juin 1980, Michel Debré, fort de son expérience et très déçu du comportement qu’il jugeait peu gaulliste de celui qui a repris le mouvement gaulliste, Jacques Chirac (en fondant un RPR dans un but uniquement antigiscardien), avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 1981. Sa candidature n’avait pas été prise très au sérieux par Jacques Chirac qui avait déjà réussi à lui faire renoncer à la tête de liste aux élections européennes du 7 juin 1979.

À 69 ans pour l’élection, Michel Debré, à un an près comme De Gaulle quand il est devenu Président de la République, pouvait malgré son âge afficher son grand atout, un brevet inattaquable de gaullisme authentique qui aurait pu séduire beaucoup de Français (nostalgiques).

Soutenu par Jacques Chaban-Delmas, Jean Foyer, Maurice Druon, Olivier Guichard et par quelques autres parlementaires du RPR (vingt et un députés et quatre sénateurs), Michel Debré espérait même convaincre Jacques Chirac de renoncer à sa candidature (pourtant inéluctable) et proposait déjà un « gouvernement de salut public dépassant les combinaisons partisanes » qui aurait pu plaire non seulement aux giscardiens mais aussi à des proches de Jean-Pierre Chevènement et de Michel Rocard.

Sa candidature avait été fortement encouragée par Valéry Giscard d’Estaing pour polluer celle de son rival Jacques Chirac. Au final, il y a même eu trois candidats gaullistes en 1981, en rajoutant la candidature de Marie-France Garaud (47 ans), ancienne proche collaboratrice de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, déclarée le 3 février 1981, le même jour que l’annonce de candidature de Jacques Chirac.

Nicolas Dupont-Aignan, qui a déclaré le 21 novembre 2011 sa ferme intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, pourrait par ailleurs être mis en parallèle avec la candidature très gaullo-souverainiste de Marie-France Garaud.

Jusqu’en fin janvier 1981, Michel Debré jouissait d’une cote d’intentions de vote dans les sondages similaires à celle de Jacques Chirac, autour de 8%, mais lorsque Jacques Chirac s’est déclaré, ce dernier lui a aspiré presque toutes ses intentions de vote.

C’est probablement le même effet que pourrait subir Dominique de Villepin (en partant de bien plus bas que Michel Debré) en février 2012, lorsque Nicolas Sarkozy partira explicitement en campagne.


Même les "grands" trébuchent…

Le résultat des courses fut catastrophique pour Michel Debré, pour ce qu’il a représenté dans l’histoire du gaullisme : le 26 avril 1981, il n’a même pas obtenu un demi million de suffrages exprimés, avec seulement 1,7%, relégué au huitième rang sur les dix candidats (Marie-France Garaud a terminé avant-dernière avec 1,3% tandis que Jacques Chirac a réussi à dépasser Georges Marchais en se hissant à la troisième position à 18,0%).

Une élection présidentielle est sans complaisance pour l’amour-propre des personnalités politiques. C’est l’amère expérience que pourrait en faire Dominique de Villepin dans quelques mois, à l’instar de l’un de ses prestigieux prédécesseurs, Michel Debré.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 décembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
République solidaire et le revenu universel.
Les moulins de l’UMP.
Sondage OpinionWay du 16 décembre 2011.
Sondage Ifop du 17 décembre 2011.
Sondage Harris du 17 décembre 2011.
Sondage OpinionWay du 21 décembre 2011.
Michel Debré (bientôt).
Le gaullisme politique.

yartiddv20111209
 

 

  http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dominique-de-villepin-le-don-106446

 

 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:32

Dans un sondage OpinionWay Fudicial pour "Les Echos" et Radio Classique publié le 21 décembre 2011, François Bayrou poursuit sa percée (sixième sondage consécutif) en grimpant à 14% des intentions de vote (soit +3%) et en se rapprochant de Marine Le Pen à 16% (-1%). Nicolas Sarkozy est à 24% (-1%) et François Hollande à 27% (-2%), leur écart se resserre. Réalisée entre le 16 et le 19 décembre 2011, cette enquête montre également que la candidature de Dominique de Villepin ne démarre pas avec 2% (-1%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :

http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway_fiducial_pour_radio_classique_les_echos_-_decembre_2011.pdf



SR

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 13:08

Dans un sondage Harris pour LCP publié le 17 décembre 2011, François Bayrou est à 11% des intentions de voix et confirme sa percée. En revanche, il est toujours loin des trois premiers candidats Marine Le Pen (19%), Nicolas Sarkozy (25%) et François Hollande (28%). Dominique de Villepin, quant à lui, arrive à 3% et se rapproche d'Eva Joly (4%) et de Jean-Luc Mélenchon (6%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/results_HIFR_elecpres2012_16122011.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.

SR

 

 

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 11:22

Dans un sondage Ifop pour "Le Journal du Dimanche" du 17 décembre 2011, François Bayrou se hisse à 11% des intentions de voix, soit +2,5% et confirme sa percée. En revanche, il est encore loin des trois premiers candidats Marine Le Pen (20%), Nicolas Sarkozy (24%) et François Hollande (27,5%). Dominique de Villepin, quant à lui, gagne 2% et arrive à 3,5%, rognant surtout l'électorat de Nicolas Sarkozy (en baisse de 2%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.ifop.com/media/poll/1711-1-study_file.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.


SR

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:34

Dans un sondage OpinionWay Fiducial pour "Le Figaro" et LCI publié le 16 décembre 2011, François Bayrou poursuit sa percée avec 11% soit +4% mais ne dépasse pas encore ni Marine Le Pen (17%), ni Nicolas Sarkozy (25%), ni François Hollande (29%) qui subissent chacun une baisse de 1%. Dominique de Villepin, quant à lui, gagne 2% et arrive à 3%.

Preuve également que François Bayrou a réussi à bien se différencier tant de la gauche que de la droite puisque 50% pensent que François Bayrou est proche de François Hollande et 47% pensent qu'il est proche de Nicolas Sarkozy, soit environ 50-50.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/111216-sondage.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.


SR

 

 

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