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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:01
Annoncé un peu partout dans la ville à Paris, le meeting de François Bayrou a fait le plein du Zénith à la Villette ce 21 mars 2007.

Pour l’occasion, je m’y suis rendu. J’arrive juste à l’heure (19 heures), mais les portes viennent juste de se refermer, la salle est déjà pleine.

Je resterai donc dehors, devant un écran géant, pendant près de deux heures trente. Par chance, malgré des nuages noirs, pas de pluie, et parfois, la lune sourit en une fine lamelle de croissant brillant.

Je préfère le froid au trop chaud de la salle, mais le vent glacial avec le jour qui se couche me démentira.

À l’origine, le meeting était prévu au Palais des Congrès à la Porte Maillot, mais l’organisation a dû changer deux fois de salle afin de pouvoir accueillir tous les participants.

Hélas, le clip d’attente est infernal à mes oreilles. Le volume sonore est beaucoup trop élevé. Songent-ils à réveiller les automobilistes du périphérique embarqués dans les bouchons habituels ?

François Bayrou arrive avec du retard et met au moins un quart d’heure pour atteindre la tribune. Bain de foule, mais entouré d’une meute de photographes.




















Combien y avait-il de participants ? Toujours la question qui tue.

Bayrou en commençant parle de 6.700 à 7.000 dans la salle et 6.000 à 7.000 dehors (dont moi). Le lendemain, les médias évoquent un discret « plus de 6.500 » en oubliant les personnes dehors, et le site du candidat centriste (1) revendique 7.500 dans la salle et 7.000 dehors. En tout cas, assurément nettement plus de 10.000 au total.

Bayrou semble avoir la rage du conquérant, heureux de faire partie des grands candidats même si, dans les sondages, il diminue un peu. Il se croit déjà président, parle au futur et pas au conditionnel, dit souvent (comme Royal) « je veux ».

Je ne refais pas tout son discours, on pourra se reporter au texte initial (2) qui énumère les différents points de son projet.

Je retiens seulement quelques éléments.

1. Le rassemblement des Français.

1988, la France Unie de Mitterrand, 2002, Chirac réélu par 82% dans un grand élan républicain. 2007, Bayrou voudrait réussir ce qu’aucun des deux précédents Présidents n’a voulu réaliser, un grand rassemblement.

Pourquoi faire ? des grandes réformes (dont il évoque les principaux axes, mais mon propos ici n’est pas de redire le discours).

Rassembler aussi les gens, ne pas les diviser, ne pas attiser une catégorie de la population contre une autre.

Des grandes réformes qui doivent être approuvées de tous, acceptés par tous, et pas par seulement un camp, pour l’intérêt d’un camp. En cela, le fait de réunir des personnalités de bords différents pour des grandes réformes les pérenniserait. Et garantirait qu’elles seraient pour l’intérêt général.

La première mission du Président, ce doit donc être le respect du peuple, sa compréhension et son rassemblement.

2. Arrangeant/dérangeant.

Bayrou surfe là dans un pseudo-populisme : seul contre les deux grands partis, candidats des petits, des humbles, contre les candidats du CAC 40, du show-business. Contre les intérêts des grands groupes industriels. Pour déranger les arrangements depuis 25 ans. La politique à la politique, l’industrie à l’industrie et rien de plus. L’État doit protéger les faibles et pas les puissants.

Les postes de l’État doivent être pourvus en fonction des compétences et pas des allégeances (c’est ce que dit aussi Sarkozy, mais est-il crédible à ce sujet).

C’est la « révolution pacifique » du « Président du peuple ».

3. Favoriser la création.

Renforcer la création du savoir avec la recherche, fondamentale et appliquée (pas de recherche appliquée sans d’abord de recherche fondamentale).

Mais aussi la création d’entreprise, et pas seulement dans les services mais aussi dans l’industrie, porteuse d’innovations technologiques.

Et encore la création culturelle et artistique, en y incluant les droits d’auteur sur internet (il est contre la licence globale qui favoriserait les grands groupes du secteur et pénaliserait les logiciels libres).

4. Quelle majorité parlementaire ?

Bayrou a été souvent attaqué sur ce sujet. Il renvoie la question aux autres candidats.

En 2002, l’élu n’a obtenu que 19% au 1er tour, et l’élu de 2007 n’aura vraisemblablement qu’entre 20 et 25% au 1er tour aussi, pas de quoi faire une majorité. Par conséquent, la question se pose à tous les candidats.

Bayrou pose alors la question : Sarkozy va-t-il faire une majorité avec De Villiers voire Le Pen ? Et Royal, va-t-elle faire une majorité avec Buffet voire Besancenot ?

Par ailleurs, les majorités parlementaires sont généralement claires par la dynamique présidentielle. Chirac, représentant 19%, a obtenu 365 députés six semaines plus tard en 2002.

Conceptualisant le principe de la « majorité centrale », Bayrou déclare qu’elle est la seule à diminuer les extrêmes.

Car il est faux, selon lui, de dire que l’alternative ne resterait que pour les extrêmes si le projet d’union nationale approuvé par 65% des Français selon les sondages était appliqué. Déjà en 2002, il y avait déjà près de 40% pour les partis extrémistes, ce n’est donc pas le système bipolaire UMP-PS qui décourage le vote pour des extrêmes.

Une « majorité centrale » ne signifiera pas que seuls le FN et l’extrême gauche constitueront l’opposition. Bayrou imagine que Sarkozy sera le leader d’opposition de droite alors que Fabius sera le leader d’opposition de gauche, comme il semble vouloir le devenir dans la perspective de 2012 (eh oui !).


Je terminerai par une réflexion qui dévie vers les médias.

Dans aucun média je n’ai entendu en fait l’élément le plus important du discours de François Bayrou, une déclaration qui l’engage beaucoup. Je l’ai dit, les sondages se mettent à baisser, et il a besoin de relancer sa campagne.

Ce soir-là, Bayrou annonce qu’il va y avoir, avant le premier tour, le ralliement de personnalités de droite et de gauche en faveur de sa démarche. Il l’a répété deux fois, donc je n’ai pas rêvé.

C’est dangereux une telle annonce. Si les ralliements n’arrivent pas, annoncés comme une botte secret, cela peut être très contreproductif.

Pourtant, rien de cela n’a été rapporté.

Je lis le discours qui a été donné au début du meeting pour les journalistes (2), et je comprends tout : aucun mot n’a été écrit sur ce sujet. En effet, il n’avait pas dû avoir des garanties suffisantes, et par prudence, ne l’a pas mentionné dans le discours initial. Pourtant, ce papier indique clairement au début : « Seul le prononcé fait foi ».

Apparemment, la presse ne fait que lire ce qu’on lui donne, pas écouter la réalité du discours. Ne prend pas en compte les éléments improvisés, rajoutés.

Peut-être est-ce mieux pour lui, finalement ?


(1) Site du candidat centriste.

(2) Discours de Bayrou du 21 mars 2007 au Zénith de Paris.


La vidéo de François Bayrou au Zénith de Paris (21 mars 2007) :



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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 18:44
Depuis 17h30 ce 19 mars 2007, les candidats officiels à l’élection présidentielle sont connus. La liste a été rendue publique par Jean-Louis Debré, le nouveau Président du Conseil Constitutionnel.

Douze candidats se disputent donc les suffrages : les trois grands candidats, François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, représentant respectivement l’UDF, le PS et l’UMP, une candidate écologiste de gauche, Dominique Voynet, deux candidats de la droite extrême, Jean-Marie Le Pen et Philippe De Villiers, un candidat des chasseurs, Frédéric Nihous, et enfin, et cinq candidats d’extrême gauche, Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller et Gérard Schivardi.

Cela fait beaucoup, certes moins qu’en 2002 (où il y en avait seize), mais autant qu’en 1974.

1974. L’année où a été élu le candidat contre le système UDR, perturbant le duel entre le gaulliste et le socialiste, celui qui était favorable à la construction européenne, qui a voulu gouverner au centre en y intégrant des personnalités de droite et de gauche (comme Jean-Jacques Servan-Schreiber et François Giroud) et qui n’était soutenu que par un petit parti, les Républicains Indépendants.

À moins de cinq semaines du premier tour, les sondages ne semblent plus trop évoluer et laissent une grande incertitude sur l’identité du futur élu.

En effet, les trois candidats sont très proches même si l’ordre reste le même : Sarkozy en premier, Royal en seconde, Bayrou en troisième. Les écarts sont parfois de 1 ou 2%, nettement inférieur aux intervalles d’indétermination des méthodes statistiques.

Dans les hypothèses de second tour (1), Bayrou renforce sa suprématie tant sur Sarkozy que Royal, gagnant à chaque fois avec 57% d’intentions de vote (et Sarkozy confirme sa victoire sur Royal).

Ces sondages sont donc évidemment paradoxaux puisqu’ils laissent entendre que Bayrou ne serait pas qualifié pour le second tour et, en même temps, il battrait le cas échéant largement ses deux autres concurrents.

Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, François Bayrou a réussi à casser le système bipolaire que voulaient imposer l’UMP et le PS, puisque la situation politique actuelle, à l’issue très incertaine, est devenue tripolaire avec une force majeure naissante au centre de l’échiquier politique.

Bayrou se montre le candidat le plus rassembleur pour être l’élu de tous les Français, celui dont le vote sera le plus utile au premier tour.



(1) Dernier sondage réalisé les 16 et 17 mars 2007.
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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 10:19
Dans la valse des soutiens aux candidats désormais officiels, il y a toujours quelques nouveautés.

Pour se prémunir de toute course inutile aux notables, François Bayrou avait décidé de ne pas avoir de comité de soutien, et s’il est très heureux, sans doute du soutien de Corinne Lepage, il ne doit certainement pas revendiquer celui, par exemple, du sulfureux affairiste Nicolas Miguet mise en examen pour trafic de parrainages (on n’est pas responsable des soutiens qu’on a).

Parmi les soutiens à Bayrou, des noms comme Patrick Sébastien, Jean-François Probst et sans doute Antoine Waechter vont se côtoyer et le fait que Azouz Begag, Ministre actuel, rejoigne l’équipe de François Bayrou alors qu’il était censé être la "caution de la banlieue" de l’UMP montre à l’évidence les positions outrancières de Nicolas Sarkozy sur le thème de l’immigration.

Mais parmi les ralliements, le plus étonnant est sans doute celui de Simone Veil pour Nicolas Sarkozy, présidente de son comité de soutien. On les dit grands amis depuis le gouvernement Balladur.

Caution morale indéniable, figure historique à la fois du féminisme, de la lutte contre l’Occupation et l’antisémitisme, et de la construction européenne, Simone Veil, 79 ans, qui sort neuf ans de sa pseudo-réserve du Conseil Constitutionnel, a des positions bien étranges.

Il faut dire que le soir même de son ralliement à Nicolas Sarkozy, ce dernier proposait un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale aux relents passablement vichystes, approuvé semble-t-il par les sondages (ceci explique cela) mais qui associe de façon inacceptable immigration et menace de l’identité nationale alors qu’en France, celle-ci s’est toujours enrichie des différents flux migratoires.

Une confusion sciemment voulue, à objectif précis, récupérer l’électorat de Le Pen qui lui, avec Philippe De Villiers, n’hésite pas à associer délinquance et immigration. Hélas, dans cette course à la surenchère, sans doute Sarkozy donne plus de poids à l’argumentation des extrémistes qu’à sa propre candidature. Mais tout est bon pour gagner.

On aurait pensé que la place de Simone Veil était auprès de François Bayrou qui réussit seulement maintenant à faire surgir un Centre autonome qu’elle avait tenté elle-même de hisser du courant rénovateur du printemps 1989, avec le succès mitigé que l’on connaît.

Mais c’est oublier la rancœur que cette grande dame éprouve pour celui qui n’était alors qu’un jeune centriste au début des années 1980.

L’animosité affective a des origines inconnues (et personnelles), mais est bien réelle si on lit Le Monde du 16 mars 2007.

Considérer que « voter Bayrou, c’est pire que tout », c’est une affligeante insulte à la démocratie et ce serait sous-entendre que Bayrou serait pire que Le Pen.

L’excessif est insignifiant.

Cette haine personnelle (car il n’y a pas d’autre mot) contre François Bayrou lui fait donc préférer le candidat qui attise consciemment ce qu’il y a de plus vil dans l’électorat, cette détestation de la différence, ce refus de l’autre.

C’est une honte pour celle qui fut l’ancienne déportée ayant survécu aux camps d’extermination.

Après les propos douteux de Raymond Barre, Simone Veil montre à nouveau le naufrage de la vieillesse.

C’est dommage, j’avais beaucoup de respect pour cette grande dame, mais l’est-elle toujours, grande ? J’en doute grandement depuis quelques jours.



L’article du Monde :


LEMONDE.FR | 16.03.07 | 14h36  •  Mis à jour le 16.03.07 | 14h44

Atmosphère joviale, à l'Elysée, vendredi 16 mars, pour l'une des dernières fournées de décorations décernées par Jacques Chirac : quatorze récipiendaires, parmi lesquels Amélie Mauresmo émue et souriante, Jacqueline de Romilly, ou le grand rabbin Joseph Sitruk, qui a invité Simone Veil.

Cette dernière n'est pourtant pas d'humeur à sourire. Elle est assez contrariée par le "ministère de l'immigration et de l'identité nationale", proposé par le candidat qu'elle soutient, Nicolas Sarkozy. "Je crois qu'il ne le dit plus", avance-t-elle d'abord. "Immigration et intégration cela m'irait beaucoup mieux", ajoute l'ancienne ministre qui avait déjà jugé maladroit l'emploi des mots "racaille" et "Kärcher" par le ministre de l'intérieur, pour parler des banlieues.

"Bon, c'est comme ça", conclut-elle avec un brin de fatalisme, puis elle ajoute : "Il faut savoir choisir et Bayrou, c'est pire que tout". Il ne faut pas essayer de lui vendre un François Bayrou nouveau, qui arriverait sur la scène, tel le perdreau de l'année : "Je connais tout son passé et ses trahisons successives ", assène Mme Veil qui raconte comment, au lendemain même de la qualification de Jacques Chirac au premier tour, en 1995, le très balladurien Bayrou lui avait annoncé qu'il appelait sur le champ le vainqueur. "Tu pourrais attendre un peu", lui avait-elle rétorqué, jugeant indécent de se précipiter de la sorte "juste pour rester ministre de l'éducation nationale et continuer à ne rien faire."

Comme fidèle il ne vaut donc rien et comme ministre, il est pire, selon l'ancienne ministre UDF : "J'avais fait un dîner chez moi, avec des démocrates chrétiens, pour faire comprendre à Bayrou qu'il ne fallait pas toucher la loi Falloux. Nous lui avons tous dit qu'il allait rallumer la guerre scolaire. Il a répondu qu'il s'en fichait, qu'il voulait pouvoir mettre ses enfants dans le privé. Il a surtout mis un million de personnes dans la rue ", raconte-t-elle. L'ancienne "sage" du Conseil constitutionnel, évoque aussi le problème des filles musulmanes voilées à l'école, sur lequel elle a travaillé lorsque le ministre de l'éducation s'appelait Bayrou : "Là non plus il n'a rien voulu faire et il n'a rien réglé".

Quant à son projet présidentiel d'aujourd'hui, "ce n'est rien, sinon la cohabitation permanente", juge Mme Veil. Si elle évoque la grande coalition à l'allemande, c'est pour mieux souligner l'absence de projet du candidat de l'extrême-centre : "au moins, en Allemagne, on discute longtemps sur un projet politique, pas sur n'importe quoi". A quoi attribue-t-elle alors le succès de M. Bayou, porté par les sondages ? "Je crois que cela vient d'un rejet du politique". La vieille règle qui veut que l'on ne déchire jamais aussi bien qu'au sein de la même famille politique n'est en tous cas pas démentie. L'UDF n'a rien à envier à l'UMP qui n'a rien à envier au PS.

Béatrice Gurrey

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 20:59

J’ai écouté hier soir, 15 mars 2007, attentivement la prestation de Ségolène Royal sur France 2 dans l’émission d’Arlette Chabot.

Je suis toujours étonné de la voir se draper de deux héritages, somme toute très prétentieusement, ceux de Jeanne d’Arc et de François Mitterrand.
Mais pourquoi pas ?

Comme à chaque prestation télévisée, notamment sur TF1 le 19 février 2007, Royal ne cesse de répéter des termes aussi creux que répétitifs tels que « tout se tient » (comme pour s’en convaincre), « c’est gagnant-gagnant » (comme si elle venait d’apprendre en formation cette expression), puis, pour tempérer, « c’est donnant-donnant » et, pour bien montrer sa féminité (?) dont elle a rappelé l’atout « chevilles au corps », sans oublier, bien sûr, son « ordre juste » qu’elle met à toutes les sauces.

Toute sa prestation a reflété hélas trois caractéristiques qui, en ce qui me concerne, m’inquiéteraient si elle arrivait au pouvoir, que je pourrais appeler incompétence, magie, et désordre étatique.

Au début de l’émission, on l’interroge sur sa réputation d’incompétente, de personne qui n’est pas à la hauteur du poste. Elle répond en pirouette : ce n’est pas l’âge, puisqu’elle a dix ans de plus que Kennedy à son élection (toujours des analogies douteuses). Donc, dit-elle, c’est sans doute parce que je suis femme.

L’explication, pourtant, on pourra l’avoir au cours de l’émission.

En effet, Royal a montré une méconnaissance totale de ce qu’est une entreprise, de la manière dont l’économie fonctionne. Elle fait des propositions totalement inutiles car sans capacité de les tenir.

Quelques exemples ?

- reprendre les aides aux entreprises qui licencient ou qui délocalisent.

Elle a parlé du Poitou-Charentes alors qu’elle n’a aucune possibilité de faire cela. Mais sur le fond, une entreprise doit être très réactive, arrêter des activités qui sont déficitaires, démarrer d’autres activités ou développer celles qui sont bénéficiaires. La visibilité est très faible. Le monde est le seul espace économique possible pour les entreprises.

- stabiliser les règles fiscales, sociales et environnementales des entreprises pendant cinq ans.

C’est évidemment très tentant. Sauf que cela peut se faire au détriment des entreprises. Le monde évolue rapidement, c’est normal qu’il y ait adaptation. Ces changements peuvent introduire de la complexité, mais le blocage serait encore plus perturbant.

Au passage, Royal a systématiquement rajouté le mot « environnemental » sans rien dire de l’écologie ni de l’environnement, sans doute pour faire bien, pour faire celle qui s’y intéresse (il y a là tout un vivier électoral).

- le dialogue social dans les entreprises.

Pour Royal, le dialogue social doit tout résoudre dans les entreprises. Encore une fois, si l’entreprise n’a plus de commande, si elle n’a plus de client, si elle doit bouger, s’installer plus près de ses nouveaux clients ou de ses nouveaux fournisseurs, quel est l’apport d'un dialogue social renforcé pour éviter des plans sociaux ?

- la décentralisation.

Sur ce thème, elle paraît avoir oublié que ses propres amis avaient fait quelques pas importants. Alors, elle décentralise à tout va. J’ai noté notamment la construction des prisons, les aides économiques, l’éducation… sans rien dire de la déconcentration des services de l’État, sans rien dire de la répartition des dotations…


En fait, Ségolène Royal est une véritable fée. Elle manie la baguette magique comme la langue de bois. Sous un look évidemment nouveau et avenant, elle ne sait que faire de l’incantation, sans aucune idée sur les moyens pour y parvenir. Comment financer son programme ? à part la tarte à la crème de « c’est la croissance qui va aider, quand il n’y aura plus de chômeurs », rien, zéro.

Pour financer les six mois gratuits d’emploi de jeunes diplômés (mieux que le CPE pour les entreprises ?). En redéployant le budget de la formation professionnelle.

Quand Arlette Chabot a trop insisté pour lui faire préciser, elle a lâché qu’elle n’était pas candidate au Ministère des Finances. Piètre argument face au vide.

Incantation, mais aussi vieux relents étatiques. Visiblement, tout va venir de l’État, voire d’elle-même. Royal va renforcer l’étatisme monolithique, l’autocratie qui a gangrené notre république depuis plusieurs décennies.

Pour édulcorer cette volonté à tout diriger (commune à Nicolas Sarkozy), Ségolène Royal l’agrémente de « débats nationaux ». Dès l’été ou l’automne 2007.

J’ai ainsi comptabilisé pas moins de trois grands débats nationaux : les retraites, les 35 heures, l’éducation, où on met tout à plat…

Il faudrait peut-être se mettre au travail aussi, et ne pas laisser les acteurs économiques et sociaux dans l'inconnu total.

Bref, il est temps que s’apercevoir que cette candidate risque de mener le pays vers l’aventure. Elle aura beau séduire par sa personnalité, son look, sa nouveauté, elle ne fait que rester dans les chemins antagonistes (autoritarisme étatique, débats participatifs) de la langue de bois (incantations) et de la vacuité (absence de connaissance économique et financière).

Pour mieux comprendre le fonctionnement de Ségolène Royal, il est intéressant d’écouter ce qu’en dit son ex-conseiller économique, Éric Besson (1), qui a annoncé qu’il ne voterait pas pour elle.

En ce sens, ce n’est pas anodin que de nombreuses personnes se disant de gauche commencent à avoir peur elles-mêmes et déclarent qu’elles finiront par voter au premier tour François Bayrou (2,3,4), alors que ce dernier rattrape Ségolène Royal avec 23% chacun, 29% pour Sarkozy et 13% pour Le Pen dans le dernier sondage Ipsos Dell pour SFR et Le Point publié ce 16 mars et réalisé du 13 au 15 mars..



(1) Éric Besson ne votera pas pour Ségolène Royal.
(2) Je suis de un militant socialiste et je voterai Bayrou.
(3) Je suis à gauche du PS et je voterai Bayrou.
(4) Groupe Spartacus.
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 18:43
Un article du journal Le Monde daté du 16 mars 2007 qui évoque les doutes des militants socialistes.



A Paris, M. Bayrou fait douter les militants PS

LE MONDE | 15.03.07 | 15h00  •  Mis à jour le 15.03.07 | 15h00

La soirée était censée être à huis clos. Mardi 13 mars, rue Cabanis, à Paris (14e arrondissement), 250 adhérents et sympathisants socialistes parisiens et franciliens se sont retrouvés pour une réunion interne, organisée par le PS et les comités de soutien "Désirs d'avenir" de Ségolène Royal.

Initialement, il s'agissait de mobiliser les troupes. Mais, confrontés sur les marchés, dans leur permanence, au "tsunami" Bayrou, les militants ont, du coup, laissé librement s'exprimer leurs doutes sur l'efficacité de la campagne de la candidate socialiste.

Ouverture au centre version Dominique Strauss-Kahn qui compte de nombreux partisans à Paris ou cap à gauche, modèle Laurent Fabius ? Le débat tactique préoccupe nettement moins, à les entendre, les militants de base que l'état-major du PS. En revanche, ils s'interrogent plus franchement sur "la façon de répondre au déficit de crédibilité de Ségolène Royal".

"Il faut diffuser son programme qui n'est pas encore assez connu", ont répondu les organisateurs de la soirée qui, comme les participants, ont souhaité conserver l'anonymat. Aux yeux des militants, cela n'est pas suffisant. " Pour que les gens s'approprient le projet il faut que Ségolène Royal dégage une idée force", a fait valoir un habitant d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). "Il faut travailler sur une synthèse qui frappe davantage les Français, qui donne une cohérence et une perspective", a poursuivi un autre. ""L'ordre juste" qu'elle propose, les gens ont du mal à comprendre ce que cela veut dire", a illustré Jean-François, militant dans le 10e.

Aux simples regrets sur la clarté insuffisante du projet, se sont ajoutées des critiques plus sévères vis-à-vis des dirigeants du parti. "Le manque de crédibilité de Ségolène Royal vient du fait qu'elle n'est pas suffisamment perçue comme le leader au PS. Il manque le message du parti qui dise : "Le patron, c'est elle"", s'est exclamé un militant du 16e.

PARTI "FRILEUX"

Pour Sepideh, étudiante d'origine iranienne, "Ségolène est victime d'un PS frileux qui refuse de la suivre sur ses propositions audacieuses". Plusieurs intervenants ont souhaité que "sa personnalité soit davantage mise en valeur", par les dirigeants PS. "Si on veut l'emporter, Ségolène doit être pleinement elle-même, reprendre l'identité qui est la sienne, a conclu, Jean-Marie Le Guen, député (PS) de Paris, chargé des "argumentaires" dans la campagne. Si elle reprend le chemin de l'innovation, les autres candidats seront entraînés derrière elle", a-t-il estimé, fidèle à la stratégie préconisée par Dominique Strauss-Kahn. Tous les participants à la soirée sont repartis avec une feuille recto verso sur "les qualités, le parcours et les valeurs" de Mme Royal.

Rassérénés, la plupart se disaient clairement "regonflés" pour jouer les "ambassadeurs de Ségolène". Mais quelques-uns s'avouaient aussi "pessimistes" qu'à leur arrivée. "Je vais voter pour elle. Evidemment, avouait un ancien cadre bancaire. Mais je ne la trouve pas très bonne". "Si, le 20 avril, je vois que Ségo et Bayrou sont à touche-touche dans les sondages, je voterai Bayrou. Il serait le seul à pouvoir battre Sarko", avançait un autre militant parisien. Venue parce qu'elle habite le 14e, Danièle Jourdain-Menninger, candidate (PS) aux législatives dans la Manche constatait : "Ségolène Royal passe moins bien dans le microcosme parisien que sur le marché rural de Coutainville, dans ma circonscription."

"Quand je tracte aux Halles, les gens, dont beaucoup de banlieusards, sont très réceptifs. Rue Montorgueil, les bobos parisiens se demandent souvent ce qu'on leur veut", déplorait un militant du 3e arrondissement.
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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 11:29
Trois dépêches d’agences de presse qui racontent comment le candidat à l’élection présidentielle François Bayrou a été accueilli à Saint-Denis et à Drancy avec des acclamations.


1. SAINT-DENIS (AFP) - 13 mars 2007

Un mois après une visite de douze heures à Mantes-la-Jolie (Yvelines), François Bayrou s'est rendu mardi en Seine-Saint-Denis, occasion pour lui de tester sa popularité en banlieue et de se démarquer de Nicolas Sarkozy sur l'immigration.

François Bayrou a estimé mardi soir que "réunir et pas diviser, c'est aussi cela l'identité de la République française", lors d'une cérémonie avec plusieurs dizaines de nouveaux naturalisés à Drancy (Seine-Saint-Denis). Cette cérémonie à Drancy, dont le député-maire est l'UDF Jean-Christophe Lagarde, a conclu la journée de M. Bayrou en Seine-Saint-Denis.

Dans la ville communiste de Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, le candidat UDF à la présidentielle, qui est arrivé en RER, a été accueilli aux cris de "Bayrou président!".

La cohue a commencé gare du Nord à Paris où le candidat centriste, entouré de journalistes, dont de nombreux médias étrangers, est assailli de voyageurs lui souhaitant "bonne chance", ou lui lançant: "faut penser à nous, quand vous serez au pouvoir".

Dans le RER, le candidat discute avec des passagers, signe des autographes. A l'écart, un jeune homme, qui se dit partisan de Ségolène Royal, confie pourtant ses critiques à quelques journalistes: "Bayrou est de droite. C'est comme un renard qui met les plumes du coq pour rentrer dans le poulailler. C'est une grosse imposture".

Une fois à Saint-Denis, nouvelle bousculade autour du président de l'UDF, qui peine à avancer, encouragé, sollicité de toutes parts. L'un fait part de ses craintes d'être expulsé de son HLM avec des enfants en bas âge, une mère de quatre enfants lui raconte sa "galère" pour trouver un emploi à plein temps, des étudiants issus de l'immigration lui demandent de faire tomber les "barrières à l'embauche".

Devant la gare puis dans la rue commerçante de Saint-Denis, M. Bayrou serre des mains, pose des questions, rappelle avoir soutenu le CV anonyme et proposé une suppression des cautions pour la location de logements. Un bain de foule qui durera plus de deux heures.

"Il promet pas la lune mais c'est quelqu'un de droit", s'enthousiasme Yves, 23 ans, commerçant. "Sarkozy est trop violent, on a besoin de gens calmes comme Bayrou. Ségolène Royal, c'est une femme, elle a pas assez de niaque".

Un étudiant de 28 ans, habitant de Clichy-sous-Bois, l'apprécie parce qu'il est "honnête, social, simple". "C'est pas tout le monde qui vient ici. Sarkozy il ose pas venir", affirme-t-il.

A plusieurs reprises, M. Bayrou réaffirme son opposition au "ministère de l'Immigration et de l'identité nationale" proposé par son rival UMP. "L'identité nationale, ce n'est pas une affaire de ministère", dit-il. "Quand on a un minimum de souvenirs de l'histoire de France, quand on veut un pays apaisé, on ne fait pas un amalgame de ces deux mots".

"La première chose à faire, c'est de ne pas dresser les gens les uns contre les autres en leur faisant croire que la Nation est menacée", ajoute-t-il. "Le devoir d'un président de la République, c'est de faire vivre les Français ensemble".

Ce que chacun veut, c'est "ne pas être discriminé, être regardé comme un citoyen français, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, la consonance de son nom, sa religion et son adresse".

Devant l'engouement qu'il suscite, M. Bayrou dit sentir "une charge lourde" sur ses épaules. "Ce n'est pas simplement une grande joie électorale, je ne dois pas les décevoir", dit-il.


2. BOBIGNY (AFP) – 13 mars 2007

Il existe un "engouement" pour François Bayrou en banlieue, affirment des responsables associatifs interrogés mardi par l'AFP selon lesquels de plus en plus d'électeurs des quartiers sensibles voient dans le président de l'UDF l'homme le plus à même de battre Nicolas Sarkozy.

"C'est lui qui bénéficie du capital sympathie. Les gens en ont soupé de la droite et de la gauche et il apparaît comme un homme neuf", affirme ainsi Stéphane Ouraoui, président de l'association Pas de quartiers, tous citoyens, présente dans toute la région parisienne.

Le candidat de l'UDF, en tournée en Seine-Saint-Denis mardi, a été bien accueilli par la population. En déplacement au Val-Fourré (Yvelines) le 9 février et à Nanterre (Hauts-de-Seine) le 30 janvier, il avait reçu un accueil bienveillant.

"Son côté anti-système plaît", confirme Mohamed Chirani, président de l'association Votez banlieue.

La tendance s'est accentuée au cours de la campagne: "Bayrou est en train de gagner la confiance de la banlieue: il bénéficie de la peur engendrée d'un côté par l'agressivité de Nicolas Sarkozy et de l'autre par les maladresses et l'inexpérience de Ségolène Royal", souligne Mohamed Chirani.

La réflexion de Nicolas Sarkozy, sur TF1, sur ces personnes qui ne respectent pas la France parce qu'elles "égorgent des moutons dans des baignoires", "en a choqué plus d'un", assure Stéphane Ouraoui. "J'étais récemment à une réunion de jeunes partisans du Parti radical de Jean-Louis Borloo à Mantes-la-Jolie. Pas un ne voulait voter pour Nicolas Sarkozy", témoigne-t-il.

A contrario, François Bayrou rassure la communauté musulmane. Sa brève apparition le 16 février au dîner de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis, où il s'est présenté comme "un croyant" qui "respecte les croyants", a été très appréciée, selon des participants.

Hafid Rahmouni, directeur de l'association Zyva à Nanterre, l'a trouvé "très humain" lors de son passage dans cette ville. "C'est lui qui nous a semblé le plus à l'aise. Il n'y avait pas cette distance que peut provoquer la position d'un homme comme lui. Ca a vraiment fait la différence".

Selon Stéphane Ouraoui, M. Bayrou bénéficie de l'image d'un homme "honnête" et "intègre".

La gifle donnée en 2002 lors d'une visite au quartier de la Meinau à Strasbourg à un jeune garçon qui lui faisait les poches ne lui porte pas préjudice. "Perçue comme une correction de père de famille", elle est oubliée, quand elle n'est pas saluée, selon M. Chirani.

Autre atout de François Bayrou en banlieue, et non des moindres: sa position dans les sondages qui le donnent gagnant face au candidat de l'UMP s'il était présent au second tour. "La banlieue cherche un vote pragmatique, l'objectif est de battre Sarkozy et ce n'est pas avec le vote Royal qu'on y parviendra", assure M. Chirani.

Pour certains, Bayrou apparait davantage comme un moindre mal que comme une vraie solution. "On essaie de prendre le moins mauvais pour nous, franchement, on se dit, "pourquoi pas ?". On paie pour voir, comme au poker", explique Hamza Bouguerra, président de l'association des jeunes des Tarterêts (Essonne).

Reste à savoir si le candidat tiendra la distance et s'il pourra apparaître jusqu'au bout comme un homme au centre. "Certains en banlieue pourraient se souvenir que M. Bayrou a été ministre dans un gouvernement de droite, a soutenu des gouvernements de droite et a voulu financer les écoles privées", prévient Stéphane Ouraoui.


3. SAINT-DENIS (AP) – 13 mars 2007

François Bayrou a savouré mardi l'accueil chaleureux qui lui a été réservé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), lors d'un nouveau déplacement en banlieue. A cette occasion, il a insisté sur ses différences avec Nicolas Sarkozy face à un électorat populaire, avec qui il a parlé social et immigration.

Entouré de très nombreux journalistes, le candidat centriste a arpenté pendant plus de deux heures la rue piétonne commerçante de la République, réservant une attention ou un geste pour chacun, s'enquérant de la situation professionnelle ou du pays d'origine des passants venus l'interpeller sur les questions sociales et, surtout, sur l'immigration.

Beaucoup, issus de l'immigration ou immigrés eux-mêmes, lui ont fait part de leur enthousiasme pour sa candidature. Et d'expliquer leur choix par la lassitude des alternances gauche-droite et par leur rejet de Nicolas Sarkozy.

François Bayrou a insisté sur ce qui le sépare du candidat de l'UMP, qui peine à organiser un déplacement en banlieue parisienne. Il a notamment répété son opposition de principe au fait de lier immigration et identité nationale dans l'intitulé du grand ministère souhaité par l'actuel ministre de l'Intérieur. Il a aussi insisté sur la "vision plus humaine" de l'immigration qu'il défend.

La plupart des immigrés, qu'ils aient ou non des papiers, "resteront pour un certain moment en France", a-t-il avancé. Interrogé par un immigré sur la situation des sans-papiers, il a expliqué que certains pourraient être régularisés, en raison de leur situation personnelle et professionnelle. "Mais je ne suis pas pour une régularisation massive", a-t-il rappelé.

A un étudiant qui l'interpellait à la sortie de la gare RER de Saint-Denis sur la discrimination à l'embauche, il a rappelé avoir "proposé le CV anonyme" pour permettre aux demandeurs d'emploi d'accéder aux entretiens de sélection. "En France, tout le monde est français", a-t-il ensuite appuyé. Dans la soirée, il devait rencontrer un groupe de Français nouvellement naturalisés.

François Bayrou a également abordé le volet social de son programme, se prononçant pour une accélération des constructions de logement ou expliquant à la patronne d'un salon de coiffure qu'elle pourrait embaucher deux salariés grâce à l'exonération des cotisations patronales correspondantes qu'il propose. En Seine-Saint-Denis, "il y a beaucoup de difficultés, mais il y a aussi beaucoup de vitalité", a-t-il affirmé.

Une vitalité qui s'est exprimée par un très bon accueil, dès le train de banlieue qu'il a emprunté puis dans les rues de Saint-Denis. Il les a arpentées à très petite vitesse pour écouter les difficultés personnelles de ses interlocuteurs et pouvoir s'arrêter dans plusieurs boutiques. Son cheminement a aussi été marqué à plusieurs reprises par des salves d'applaudissement ou des cris de "Bayrou président!", repris par les passants.

"Pour vous, c'est peut-être une surprise, pour moi pas", a commenté le candidat, manifestement satisfait, à l'adresse des journalistes. "Je sentais depuis longtemps le besoin de millions de gens", a-t-il expliqué.

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 21:19
Hier soir, 11 mars 2007, à 20 heures, Jacques Chirac annonce sans surprise dans une allocution qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle. Il faut dire que cela faisait depuis un certain temps qu’il avait laisser filer la campagne.

L’émotion est-elle réelle ou pas ? Sans doute faudra-t-il la comparer avec les vœux de François Mitterrand du 31 décembre 1994 où il évoquait les forces de l’esprit…

Mitterrand avait parlé de mort prochaine, Chirac a parlé de son amour.

Certes, cela fait à la fois bizarre et un peu ridicule, et pourtant… si on regardait un peu mieux, la question de l’élection présidentielle pourrait se résumer simplement à : qui aime mieux les Français ? pas la France, mais les gens, la peuple.

En 1995, c’est par cet amour des gens que Chirac a pu lutter contre Balladur qui croyait pourtant que l’élection ne serait qu’une simple formalité.

En 2007, c’est possible que la ‘formalité’ de l’élection tant attendue de Sarkozy se balladurise en pleine campagne !

Car qui aime le mieux les gens ? les sondages ont donné quelques indications : François Bayrou. Son sourire en coin, parfois pris en ridicule pour de la niaiserie, c’est d’abord le signe d’une véritable gentillesse qui est évidemment loin d’être une mollesse.

Bayrou a l’avantage, sur Royal et Sarkozy, de savoir ce qu’est une campagne présidentielle. La sienne de 2002 a tourné au vinaigre avec les attentats du 11 septembre 2001. Il a donc observé très précisément la méthode Chirac de l’élection de 1995 et l’a adoptée : aller voir les gens, les écouter (à la différence de Sarkozy qui n’écoute que son ambition), mais aussi leur proposer des idées (à la différence de Royal qui n’en a pas). Et croire en son destin.

Apparemment, sa campagne semble prendre de l’ampleur, si j’en juge par la confirmation dans les sondages de la forte hausse de sa popularité.

C’est même amusant que ses deux principaux rivaux lui envoient actuellement des scuds : Simone Veil à droite et Dominique Strauss-Kahn à gauche.

Simone Veil est une femme très respectable. Sa vie, ses idées, son courage politique sont incontestables. Mais que va-t-elle faire dans cette galère ? Elle se discrédite dès le départ en estimant que François Bayrou ne représente que lui. L’excessif est malheureusement insignifiant, et quand on représente entre 20 et 25% d’intentions de vote, c’est un peu plus que sa propre personne. Mais au-delà de ces rancœurs de langage, Simone Veil avait-elle été consultée quand Sarkozy, reniflant du côté du FN, proposait la création d’un grand Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, idée nauséabonde qui ressemble à des vieilles sauces d’un passé pas très lointain ?…

Dominique Strauss-Kahn, éminent membre du parti socialiste, pouvait-il faire autrement que de donner son soutien à Royal ? Ce qui a amusé d’ailleurs Bayrou, c’est la réponse à une question qui ne lui avait pas été posée sur Matignon.

Alors que Royal attend un soutien fort d’autres éléphants, comme Emmanuelli ou Jospin, Sarkozy lui, attend aussi ceux de Giscard d’Estaing et de Chirac. Dominique De Villepin vient de lui apporter, faute de troupes pour s’opposer à lui.

Mais ces soutiens sont-ils si productifs que cela ? Pas sûr.

Mais dans le message très consensuel de Jacques Chirac, quelles sont les leçons à tirer ?

La première, la seule, la plus importante, c’est de s’opposer aux extrémismes, au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie, à la détestation de l’autre. C’est sans doute la seule véritable conviction de Jacques Chirac, et c’était bien de la répéter devant un Sarkozy qui semble se lepéniser à outrance.

Saluons donc le départ volontaire d’un homme ambitieux, qui est entré dans le cercle restreint du pouvoir dès 1962, qui n’a connu comme exercices physiques que les campagnes électorales soutenues par un rythme de marathonien, et qui reste, malgré quelques petits soucis, en pleine santé à 74 ans.

Sans précédent dans notre histoire, tant le pouvoir se lâche difficilement.

François Bayrou semble désormais bien placé pour être cet héritier de moralité et de réconciliation d’un Président élu par 82% et qui a lamentablement échoué dans la concrétisation de sa volonté de rassemblement de la France.

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 18:10
Depuis aujourd’hui, il n’y a plus deux grands candidats, mais trois. Depuis que Bayrou a atteint 24% dans le dernier sondage CSA, soit un pourcent de moins que Royal et deux de moins que Sarkozy. Bref, avec les intervalles d’indétermination, ces trois candidats sont au même niveau.

Cela pour les valeurs absolues. Pour les tendances, c’est différent : Royal chute, Sarkozy chute presque autant, et Bayrou, depuis deux mois, progresse inexorablement, pensez qu’en 2006, il oscillait entre 5 et 9% alors que les deux autres étaient entre 30 et 35% !

Cette tendance virtuelle dans les sondages traduit-elle la réalité ?
Apparemment, oui, puisque sur le terrain, l’adhésion à la campagne de François Bayrou est très forte. Une adhésion multilatérale.

Pourquoi une telle montée alors qu’elle est très rare lors d’une campagne présidentielle ?

On peut lister différentes raisons :

1. Bayrou se montre simple et proche des gens. J’ai eu l’occasion de lire sur des blogs comment l’homme était accessible. Je l’ai expérimenté personnellement évidemment depuis plusieurs années, mais c’est aussi l’expérience de nombreuses personnes qui ont voulu l’écouter. Aux voeux par exemple, mais aussi au Salon de l’Agriculture où, devenu plus ‘important’ pour les médias, Bayrou a dû demander aux photographes de ne pas l’éloigner des gens qu’il croise, de ne pas en faire un rempart si souvent visible avec Sarkozy et Royal.

2. Bayrou a montré aussi une très forte détermination et courage. Tant dans son engagement politique (son refus de parti unique, sa candidature de 2002 contre Chirac, son vote de la censure) que dans sa vie personnelle où il a dû vaincre un handicap très fort (le bégaiement) alors qu’il exerçait trois fonctions qui nécessitent une grande capacité à parler : enseignant, journaliste, homme politique.

3. Et curieusement, cette grande détermination, qu’on peut constater aussi chez Sarkozy et Royal, n’a pas déteint en ambition voire en arrivisme, alors pourquoi ? car François Bayrou a toujours montré sa grande ambition. Je me souviens par exemple d’une discussion avec lui en avril 1990 dans les Pyrénées. Il rejetait l’idée que l’ambition salissait l’idéal politique. Mais que l’ambition devait être nourrie de convictions fortes. Sans conviction, l’ambition ne sert à rien (Chirac est un bon exemple), mais sans ambition, les convictions ne débouchent sur aucune réalisation concrète.

4. L’idée selon laquelle il faut arrêter de jouer avec le déficit de l’État. Étrangement, ce thème devrait être repris par tous les partis gouvernementaux, mais non, les deux grands partis (UMP et PS) surenchérissent dans les promesses budgétairement inconsidérées. Cet argument de limiter la dette de l’État séduit les personnes âgées qui savent bien qu’on ne peut dépenser plus qu’on ne gagne, mais devrait aussi séduire les jeunes générations qui ne devraient pas payer pour le confort des précédentes époques.

5. L’argument de la réconciliation nationale entre la droite et la gauche est sans doute à manier avec les pincettes, car elle peut être le pendant pro-européen et gouvernementale de l’argumentation anti-système habituellement déployés par Le Pen. L’échec du référendum du 29 mai 2007 a sans doute mis en colère tous les partisans de la construction européenne et mis dans l’esprit l’idée que tous les responsables politiques pourraient se rassembler pour travailler ensemble et relancer non seulement l’Europe, mais l’économie et le modèle social français. En ce sens, cet argument est une marque exclusive de Bayrou, puisque ni Sarkozy (et son hégémonique UMP), ni Royal (et un PS encore dirigé par des éléphants) ne sont en mesure de constituer ce gouvernement de salut national.

6. On pourrait aussi citer l’origine géographique de Bayrou, la province contre Paris (Royal faisant évidemment partie du monde parisien), et on reprend l’argument de la simplicité et de la disponibilité. Agriculteur quand les nécessités familiales l’exigeaient, Bayrou manie mieux le tracteur que les formulaires de l’ISF des autres grands candidats.

7. Mais à mon avis, la vraie cause de la montée fulgurante de Bayrou, c’est sa sympathie et son absence de rejet. Il serait intéressant de sonder dans l’électorat le taux de rejet ou de répulsion des différents candidats. Si Le Pen arrive évidemment en tête, Sarkozy et Royal subissent sans doute un taux notable de rejet parallèlement à la forte adhésion qu’ils ont pu susciter. Bayrou semble alors le candidat idéal pour ne choisir ni l’arrivisme imbu de pouvoir de Sarkozy ni la légèreté à paillette de Royal.


François Bayrou aide tous les hésitants à gauche comme à droite en affirmant qu’il respecterait de toute façon chacun de ces camps.

Aujourd’hui, le vote utile est plus que jamais en faveur de Bayrou. Utile pour la France. Utile pour éviter de mettre au plus haut des personnalités qui ont misé sur leur démagogie et leur visibilité.


(1) http://www.csa-fr.com/dataset/data2007/opi20070307-intentions-de-vote-a-l
-election-presidentielle-de-2007-vague-18.pdf
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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 15:44
À neuf jours du dépôt des candidatures, certains candidats à l’élection présidentielle ont du mal à collecter leurs 500 signatures. Or, leur présence au premier tour semble faire le jeu de certains grands candidats. Mais réformer ce système de parrainage enlèverait un filtre démocratique.


Le 3 mars 2007 sur France 3, Nicolas Sarkozy a exprimé son soutien pour que Jean-Marie Le Pen et Olivier Besancenot puissent collecter les 500 signatures de parrainages nécessaires pour être candidat à l’élection présidentielle.

Besancenot, l’alibi gauchiste pour une stratégie douteuse ?

En effet, tout le monde a compris que la présence de Jean-Marie Le Pen parmi les candidats du premier tour fait son jeu pour secouer le chiffon rouge, éviter le vote Bayrou et récupérer au second tour les voix de Le Pen.

Certains socialistes avaient aussi envisagé d’aider Jean-Marie Le Pen, puisque la peur d’un Le Pen au second tour ramènerait le centre gauche tenté par François Bayrou vers Ségolène Royal. Mais François Hollande a donné des instructions très strictes aux élus locaux socialistes pour refuser tout parrainage en dehors de celui en faveur de sa compagne, le triste souvenir du 21 avril 2002 étant encore trop présent dans les esprits.

Il y a dans cette déclaration trois sujets que je vais aborder.


LE PEN, ALLIÉ OBJECTIF DE SARKOZY

Le Pen l’a déjà dit il y a plusieurs mois que Sarkozy, contrairement à Chirac qu’il déteste, pourrait bénéficier de son soutien au second tour. Le calcul de Sarkozy est très clair, trop clair.

L’immense potentiel de parrainages de l’UMP et les réseaux classiques qu’un Ministre de l’Intérieur peu avoir avec les élus locaux sont tels que Sarkozy a toutes les possibilités d’aider Le Pen de façon décisive.

Si je peux louer la transparence de ses propos (alors qu’il y a eu, dans le passé, de nombreuses consignes secrètes pour aider un petit candidat dans le camp d’en face), je ne peux que m’insurger contre cette tendance de plus en plus hégémonique de Sarkozy à s’occuper de TOUT : de politique étrangère quand on est Ministre de l’Intérieur, de justice quand on est responsable de la police, et maintenant, on s’occupe de savoir qui doit être candidat à l’élection présidentielle... ou pas, car pourquoi Le Pen et Besancenot et pas José Bové ou ...Nicolas Dupont-Aignan, dont le discours est beaucoup plus proche du sien ?

Il est vrai que le 21 avril 2002 au soir, le seul à s’être réjoui fut Nicolas Sarkozy, alors que Chirac, pourtant désormais sûr de sa réélection, était attristé par cette surprise.


LE PEN DOIT-IL ÊTRE CANDIDAT ?

L’argument évoqué est de se baser sur les sondages, ou sur un score de précédentes élections pour dire que Jean-Marie Le Pen doit être présent au premier tour de l’élection présidentielle de 2007.

Il est évident que le caractère démocratique d’un pays qui ne permet pas à un homme représentant 18% de l’électorat il y a cinq ans peut être remis en cause.

Mais la France est d’abord un État de droit, et jusqu’à maintenant, les règles n’ont pas à être changées neuf jours avant le dépôt des candidatures. Le respect des règles de notre constitution est un élément majeur de notre démocratie.

Les bafouer, c’est ouvrir la brèche aux coups d’État.

Chacun doit respecter les règles. Si José Bové n’a pas ses signatures, c’est avant tout par paresse, et par ignorance de ce qu’est une candidature, pas seulement une allégorie de sa personne, aussi du travail de terrain.

Personnellement, m’opposant depuis toujours aux idéologies sous-tendant la démarche politique de Jean-Marie Le Pen, je me réjouirais de son absence de l’élection présidentielle le cas échéant. Car cela réduirait le risque de le voir au second tour. Et ça éviterait une image déplorable vis à vis de nos partenaires étrangers.


FAUT-IL MODIFIER LA RÈGLE DES PARRAINAGES ?

Comme chaque fois, beaucoup de hommes (ou de femmes) politiques veulent modifier les règles quand celles-ci gênent la démarche de certains.

La règle des 500 signatures n’est pas venue spontanément. À l’origine, il suffisait de 100 signatures et pas de 500. C’est Valéry Giscard d’Estaing qui augmenta le nombre nécessaire après l’élection de 1974 qui a vu douze candidats s’affronter, dont certains qui ne représentaient rien.

Beaucoup proposent la possibilité de pétition, cinq cent mille ou un million de signataires favorables à une candidature.

Je passe sous silence les problèmes techniques pour vérifier la réalité de ces pétitionnaires (le risque de fraude est fort) et aussi la question sur la publication de la liste des signataires qui pourrait poser problème pour ces signataires dans leurs lieux sociaux (de travail notamment), car la créativité juridique réussit toujours à trouver de belles solutions.

Je me recentre uniquement sur l’aspect politique et électoral.

Prenons les très petits candidats. Ils devraient alors recueillir plus de signataires que le nombre d’électeurs qu’ils rassembleraient péniblement. Or, certains peuvent représenter de véritables courants d’idée, qui méritent une audience nationale.

Et prenons l’exemple de Le Pen, qui n’aurait alors aucun mal à recueillir tous les signataires voulus. Serait-ce un bien ?

Je prétends que non. Je prétends que le filtre des élus locaux, de leur responsabilité vis à vis de leurs propres administrés, est un filtre démocratique essentiel.

Que si Le Pen, avec 18% de voix en 2002, et crédité dans les sondages aujourd’hui entre 9 et 14%, ne parvient pas à recueillir cinq cents des quelques quarante mille signatures potentielles d’élus locaux, c’est qu’il y a un problème, mais pas celui qu’on peut croire.

Pas un problème démocratique. Mais un problème vis à vis de ce candidat et de l’idéologie qu’il véhicule. Que le taux de rejet, de répulsion est si fort que les élus locaux (pour la plupart apolitiques) ne veulent ou n’osent pas le parrainer.

Et je prétends donc que ce filtre est sain. Que si la République de Weimar avait eu ce type de filtre, peut-être (peut-être pas) Hitler n’aurait pu parvenir au pouvoir.

Pour la même raison qu’il n’est pas pertinent de faire un référendum sur la peine de mort, le filtre des élus locaux, qu’il soit présidentiel avec le système de parrainages ou législatif avec la représentation des collectivités locales par le Sénat, évite à notre démocratie les dérives populistes.

Mais ce n’est pas un hasard que les deux principaux candidats, qui usent eux aussi de populisme, souhaitent réformer ce type de filtre.


Article également publié à Agoravox.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-parrainera-t-il-le-pen-20345

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 14:31
BAYROU MONTE DANS LES SONDAGES À 24%, À 1 POINT DE ROYAL

Les sondages ne sont que ce qu’ils sont, un indicateur à prendre avec beaucoup de précaution. Mais un nouveau palier a été atteint par François Bayrou en confirmant dans tous les sondages un niveau entre 18 et 20% d’intentions de vote. Son ancien ami politique (sarkozyste) Dominique Paillé a même dû lui offrir un carton de champagnes à la suite d’un pari stupide.

Le dernier sondage BVA va paraître demain, 8 mars 2007, dans L'Est Républicain et le reste de la presse régionale,  donne Sarkozy à 29%, Royal à 24% et Bayrou à 21%, et pour le second tour, Bayrou gagnerait largement.

Le dernier sondage CSA, quant à lui, qui paraîtra également lle 8 mars, dans Le Parisien, rapproche Bayrou des deux autres candidats avec 24% (bond de 7% !) alors que Sarkozy descend à 26% et Royal à 25%.

Même si l'électorat de Bayrou est encore hésitant, la tendance reste toujours à la croissance.

Plus intéressants sont les baromètres de sympathie ou de popularité. La semaine dernière, avec 58%, Bayrou progressait au-dessus de Sarkozy et Royal. Cette semaine, cette cote de sympathie, dans un autre sondage, le hisse à 75%, au-dessus de Sarkozy et de Royal, mais en troisième position derrière Simone Veil et Nicolas Hulot.

Il n’empêche qu’aujourd’hui, Royal et Sarkozy sont encore à des scores élevés (entre 25 et 30%) ce qui disqualifie Bayrou au second tour même s’il est donné gagnant dans le cas de duels face aux deux autres candidats.


BUG AVEC RAYMOND BARRE

J’ai écouté Raymond Barre sur France Culture le 1er mars 2007. Toujours le ton professoral mais souvent des propos pertinents faits de bon sens. Il sort un bouquin de dialogue. À la question sur l’absence de vraies mémoires, Raymond Barre a l’humilité de dire que cela nécessitait un travail soutenu de documentation qu’il ne se sentait pas en mesure d’accomplir à sa fin vie (il va bientôt avoir 83 ans).

Comment dire l’émotion chaque fois que j’écoute Raymond Barre ? C’est sa démarche qui m’a fait apprécier la classe politique, sa fermeté, sa grandeur d’esprit qui m’ont entraîné dans sa campagne en 1988. C’est un peu le père politique de François Bayrou, l’un des trois (nouveaux) candidats imposés par Raymond Barre aux partis lors des élections législatives de mars 1986 (avec Christine Boutin, passée à l’UMP, et Bruno Durieux devenu Ministre de Michel Rocard).

Hélas, les propos entendus à propos de Maurice Papon en disant qu’un fonctionnaire ne démissionne pas sauf en cas de force majeure de son poste, sont évidemment condamnables, car l’Occupation allemande, n’est-ce pas une force majeure. François Bayrou a réagi sur RTL dans le journal de 12h30 du 7 mars 2007 en exprimant son malaise et en expliquant que Raymond Barre a gardé beaucoup de rancoeur contre les réactions de sa déclaration à la suite d’un attentat antisémite, et qu’il en parlait souvent lorsqu’il souffrait suite à des traitements thérapeutiques très difficiles.

Mon admiration pour l’homme ne peut compenser ma révulsion contre ces propos-là, dommage.


APPARAT ET POLITIQUE

J’en ai marre d’entendre ce matin ces propos antiparlementaristes sur les frais de représentation de la Présidence de l’Assemblée Nationale et sur les privilèges acquis à vie pour les Présidents de l’Assemblée National (une voiture et un chauffeur).

Mais quel ridicule cette dispute depuis quelques jours, finies ce matin, pour succéder symboliquement à Jean-Louis Debré au perchoir alors qu’aucune séance, sinon celle de cette après-midi pour l’élection, n’est prévue avant la fin de la législature. Pas moins de trois candidats : Yves Bur, premier vice-président et méhaigneriste (Pierre Méhaignerie voudrait le perchoir en juin), Patrick Ollier (compagnon de Michèle Alliot-Marie qui, elle aussi, voudrait le perchoir en juin) et Claude Gaillard, député de Nancy qui ne se représentera pas en juin.

Heureux donc que ces avantages soient supprimés pour cet intérimaire pour couper court à ces critiques fondées quand il y a autant de démunis dans notre pays. Cela ne veut pas dire qu’il faut supprimer les frais de représentation, car il y a beaucoup de visites officielles et il est nécessaire de recevoir avec les honneurs nos hôtes, quand même, c’est une question de respect. Et les frais de représentation font aussi travailler des salariés, ce n’est pas un budget qui sort de l’économie.

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