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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 06:52

« Des pudeurs de gazelles, dit tout d’un coup Mélenchon. Et cela résume ces trois heures d’évitement, où chacun des Cinq aura couru dans son couloir. Surtout, ne pas se frotter aux autres davantage que nécessaire pour faire croire à un match. (…) Chacun aura fait entendre sa note personnelle, bien connue désormais, comme si chacun se contentait finalement, chacun pour ses raisons, du destin que lui assignent aujourd’hui les sondages (…). Sauf que les prophètes ont la main qui tremble, ces temps-ci, et que la seule chose qui est certaine, c’est que rien n’est certain. » (Daniel Schneidermann, "Arrêt sur images", le 21 mars 2017). Première partie.



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Ce lundi 20 mars 2017 sur TF1 a eu lieu l’unique débat télévisé faisant participer pendant trois heures et demi les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Emmanuel Macron et François Fillon. Unique car la chaîne de télévision avait profité de la période d’équité (pas encore finie) pour ne pas faire jouer l’égalité des candidats dont la liste devait être officiellement connue le lendemain. François Fillon a commencé ce débat en exprimant son regret que les six autres "petits candidats" n’aient pas été invités, rappelant qu’avec ce critère des sondages (intentions de vote à plus de 10%), il n’aurait même pas été invité aux débats de la "primaire de la droite et du centre".

Ce débat a été regardé par 9,8 millions de téléspectateurs, soit presque la moitié de part d’audience (47,9%), ce qui est beaucoup si l’on compare avec l’audience du débat télévisé le plus vu de la "primaire de la droite et du centre", à savoir 5,6 millions de téléspectateurs.

Pour terminer avec des considérations télévisuelles, notons pour l’anecdote que sur d’autres chaînes, dans la même soirée, furent diffusés les films "La proie" (sur France 3), "Mort d’un pourri" (sur Arte) puis "L’insoumis" (sur Arte), "Braquage à l’italienne" (sur TMC), "Jamais sans ma fille" (sur 6ter), "La Belle et la Bête" (sur Gulli), "Qu’elle est belle la quarantaine" (sur Chérie 25), "Restons groupés" (sur France Ô), ainsi que l’émission "Cauchemar en cuisine" (sur M6).

Ce débat a été animé par les journalistes Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau. Chacun ne devait parler que brièvement à chaque thème. L’émission fut interminable parce que trop de thèmes ont été abordés (on ne peut pas parler de la prévention des attentats terroristes en soixante secondes !). Pourtant, ce sera le seul débat aussi "percutant", car les prochains avant le premier tour devront se faire avec les onze candidats, ce qui sera forcément beaucoup plus laborieux.

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Dans un premier temps, j’évoquerai les performances générales des cinq candidats, et dans un second temps, les propositions exposées selon les différents thèmes abordés.

Pour les médias, la seule chose qui compte, c’est : qui a gagné le débat ? Pourtant, ce n’était pas là l’enjeu. Il ne s’agit pas d’une course de petits cheveux mais d’une campagne présidentielle, et l’aspect le plus positif de ce débat, c’est justement que les cinq candidats ont réussi à présenter posément leur programme présidentiel sur de nombreux sujets. Enfin, la campagne aborde le fond ! C’est ce qu’attendent les électeurs avant de faire leur choix, pas plus indécis d’ailleurs que lors d’autres campagnes présidentielles (contrairement à ce que les sondeurs ne cessent de répéter sur les chaînes d’information continue).

Globalement, j’aurais tendance à dire que personne n’a véritablement gagné ce débat, mais que Benoît Hamon a fait plutôt une médiocre performance. Les sondages d’après-débat sont toujours influencés par les sondages d’intentions de vote : c’est naturellement "son poulain" qui a été le meilleur, pour les sondés. Chaque soutien n’hésite pas, donc, à dire, comme l’enfant qui dit que sa maman est la plus belle, que son candidat a été le meilleur. Mais cela n’apporte pas grand chose à l’information.

Je ne résiste d’ailleurs pas à montrer ce que Daniel Schneidermann a cité dans sa chronique du 21 mars 2017. La mémoire est toujours courte et il est utile de faire quelques rappels sains à propos des sondages.

Ainsi, le chroniqueur a cité un sondage de mars 2002 qui donnait des intentions de vote totalement en dehors des résultats du 21 avril 2002 : rappelons que Jean-Marie Le Pen a atteint le second tour avec plus de 16%, que Jean-Pierre Chevènement s’était effondré à 5% et que Jacques Chirac n’avait même pas atteint 20% (et Lionel Jospin, lui aussi, s’était effondré à 16%, derrière Jean-Marie Le Pen).

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Plus récemment, il cite un tweet de Guy Birenbaum qui a mis en parallèle un sondage réalisé en fin de soirée juste après le débat titrant : "Macron jugé le plus convaincant" avec le même type de sondage, en novembre 2016, à la fin d’un débat de la primaire LR, titrant de façon équivalente : "Alain Juppé jugé le plus convaincant". On a vu ce que cela a donné…

Prenons donc chaque candidat sans ordre précis.


Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a été égal à lui-même. Incontestablement, c’est lui qui est le meilleur orateur des cinq, mais il a mis un peu de temps à "se chauffer". Son introduction a été la seule mauvaise, bougeant dans tous les sens, mal à l’aise, préférant manifestement parler à une foule qu’à la télévision. Mais ce malaise a vite laissé place à une grande aisance de communication.

Disons d’ailleurs qu’il était le doyen de cette petite assemblée (pas doyen de tous les candidats, Jacques Cheminade le sera probablement). Ainsi, il s’est permis de parler vrai, de lancer quelques phrases ou expressions humoristiques, plutôt agréable dans son phrasé. Il s’est gardé de s’opposer à Benoît Hamon qui est pourtant le candidat concurrent (mais pas adversaire).


Marine Le Pen

Marine Le Pen, elle, y a gagné en respectabilité. Le seul fait de débattre l’a officiellement introduit dans le paysage politique, mais ce n’était pas nouveau, cela faisait déjà une bonne décennie qu’elle y était. Rappelons que Jacques Chirac avait refusé de débattre avec son père pour le second tour de 2002.

Si elle n’a pas été très combative, elle n’a cependant pas hésité à lancer des petites attaques, essentiellement contre Emmanuel Macron, mais elle n’a pas continué la polémique après la réaction de son adversaire. C’est très étonnant que Marine Le Pen se soit attaqué à Emmanuel Macron car d’une certaine manière, elle aurait tout intérêt à l’avoir face à elle au second tour, si elle-même parvenait au second tour : en s’attaquant à Emmanuel Macron, si ses attaques sont efficaces, elles l’affaibliront et avantageront François Fillon, or, François Fillon sera au second tour un adversaire bien plus redoutable pour elle.

Elle a bénéficié d’une certaine "impunité" (médiatique) quand elle a dit des choses particulièrement délirantes, parfois sans réaction de la part de ses contradicteurs. Emmanuel Macron et aussi François Fillon ont cependant réagi, surtout sur les "rasages gratis" qu’elle a proposés (environ 150 milliards d’euros pas financés !). Chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, une dizaine de milliards d’euros étaient distribués !

Ce débat fut la consécration de sa "dédiabolisation". On l’imagine mal "le couteau entre les dents" voulant "manger les petits enfants". En acceptant de débattre avec elle, ses adversaires l’ont d’ailleurs, en quelques sortes, introduite dans une certaine "présidentialité".


Benoît Hamon

Benoît Hamon, comme je l’ai écrit, n’a pas été véritablement convaincant. Il a déroulé son programme, répétant son revenu universel et ses perturbateurs endocriniens sans trop de conviction, sa guerre contre le diesel, mais ses thèmes n’ont pas monopolisés le débat contrairement à la campagne de la primaire socialiste.

D’ailleurs, il a jeté le trouble en disant malgré tout qu’il était aussi le candidat du travail et de fiche de paie, une expression qui ne veut rien dire mais utilisée d’abord par Arnaud Montebourg puis reprise par Manuel Valls. Il a "marqué à la culotte" Jean-Luc Mélenchon, sur la VIe République, sur l’environnement, sur l’euthanasie, sans beaucoup de valeur ajoutée. Très ampoulé, il a proposé un clivage un peu "niais" qui n’a rien de politique : entre le fraternel (lui) et le belliqueux (les autres), entre le bienveillant (lui) et l’autoritaire (les autres), entre la coopération (lui) et la concurrence (les autres), etc.

Benoît Hamon s’est risqué aussi à attaquer Emmanuel Macron qu’il considère comme son voleur d’intentions de vote : il a mis en doute le financement de la campagne de son concurrent, a parlé des lobbies, et Emmanuel Macron a su répondre assez bien à ce sujet. Ce qui me paraît curieux, c’est que le candidat qui prône la transparence et le refus de tous les lobbies industriels a oublié que sa compagne est, elle-même, la responsable du lobbying d’une très grand groupe industriel… Heureusement pour la tenue du débat, personne ne l’a attaqué à ce sujet, mais parfois, il vaut mieux être discret sur certains sujets qui peuvent revenir comme un boomerang.


Emmanuel Macron

Emmanuel Macron était l’inconnu de ce débat. Les quatre autres ont déjà eu l’occasion de participer à de nombreux débats contradictoires depuis des années, sont des animaux politiques chevronnés, et n’avaient rien à prouver dans cet exercice. Lui, si ! Et disons que cette épreuve du feu s’est plutôt bien passée pour lui. Certes, il a eu le ton un peu saccadé, le corps un peu raide, presque trop autoritaire, du moins trop sec, par rapport à un discours qui se voudrait bienveillant, sans doute trop scolaire, mais globalement, il s’en est bien sorti.

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Surtout dans ses interactions avec les autres candidats. Ainsi, il a su répondre aux attaques parfois voilées de Marine Le Pen (et de Benoît Hamon), n’hésitant pas, avec humour, de prendre la parole en disant : ah, je crois qu’il s’agit de moi, là ! Ses réponses étaient musclées, construites, d’une manière alerte et convaincante. On comprend qu’il n’est pas là par hasard, car il a prouvé un grand talent en communication politique.

Refusant de nourrir des vaines polémiques, il fut aussi l’un des rares candidats, dans l’histoire, à être d’accord avec certaines propositions de ses adversaires, au point de rendre troubles ses convictions. Par exemple, pour les 35 heures, il est contre mais il ne veut pas changer la loi. Cette ambiguïté, généralisée dans son programme, va être son principal talon d’Achille. C’est normal : c’était son seul moyen pour réunir droite et gauche derrière lui, mais ses soutiens sont-ils vraiment d’accord sur tout ?

Martelant tant à l’introduction qu’à son excellente conclusion que les Français avaient besoin de nouveaux visages et de nouveaux usages, Emmanuel Macron a fait dire à certains commentateurs qu’il n’avait pas parlé de …nouvelles idées, et il est vrai que peu d’idées nouvelles (à part sa réforme sur la taxe d’habitation qui conduirait à une nationalisation des communes) qui n’avaient pas été déjà exprimées depuis une quarantaine d’années déjà.


François Fillon

Enfin, François Fillon. Pour lui, la mission a été remplie : on n’a pas parlé d’affaire, mais de programme, là où il excelle. Il a refusé de polémiquer, comme lors de la primaire LR, se contentant de présenter son programme.

Il a toutefois réagi aux propos de Marine Le Pen particulièrement démagogiques et clientélistes, en soulignant que le programme économique ou social du FN était le même que celui de Jean-Luc Mélenchon. Notamment, les mesures sur les retraites de Marine Le Pen sont celles proposées par François Mitterrand en 1981 !

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François Fillon a été cependant trop peu combatif dans la première partie du débat, très effacé, ne s’exprimant pas toujours sur un thème abordé, souvent en retard de temps de parole. Mais lorsque les sujets économiques ont été abordés, il était très à l’aise et a montré une parfaite cohérence entre les objectifs fixés, les moyens pour les atteindre, leur financement, etc.

Deux grands atouts ont été présentés par François Fillon et qui resteront ses points forts : son programme est crédible et réalisable (si l’on propose des mesures trop coûteuses, cela veut dire qu’on ne les réalisera jamais), et il est le seul candidat à pouvoir entraîner derrière lui une véritable majorité parlementaire (cet argument surtout en direction d’Emmanuel Macron qui n’a pas de parti et dont les soutiens viennent de la droite et de la gauche pouvait l’être aussi en direction de… François Hollande !).


Entre les rêveurs hors-sol et les réformateurs

Au fil de la soirée, il est apparu une certaine ligne de démarcation entre les candidats qui vendent du rêve, certes sympathique mais irréalisable (ils sont quatre) et les candidats pragmatiques qui veulent proposer un changement concrètement possible car partant de la réalité (François Fillon et Emmanuel Macron). D’ailleurs, sur les questions économiques, malgré quelques différences, ces deux candidats ont admis une certaine proximité d’approche (Emmanuel Macron plus flou et moins clair que François Fillon) qui sera essentielle si l’un des deux parvient au second tour (et pas les deux en même temps) puisqu’il faudra bien ensuite prendre position l’un pour l’autre et peut-être même construire ensemble une majorité parlementaire.

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Dans la journée, un conseiller en communication expliquait doctement que lorsque la voix est aiguë, cela signifie que la personne est dans la posture et la représentation, et que lorsque la voix est grave, elle est dans la sincérité et la conviction. Avec ce guide très discutable (qui dépend quand même des cordes vocales des débatteurs), Emmanuel Macron et Benoît Hamon seraient plutôt dans la posture, alors que Jean-Luc Mélenchon et François Fillon inspireraient la sincérité. Quant à Marine Le Pen, bien que femme, elle a la chance d’avoir une voix assez grave pour, également, inspirer la sincérité.

Au-delà des performances des protagonistes, ce qui compte reste ce qu’ils proposent. Avec deux questions essentielles : ce qu’ils proposent réussira-t-il à réduire drastiquement le chômage ? et si oui, réussiront-ils alors à réaliser ce qu’ils proposent, dans le contexte économique, financier, social mais aussi institutionnel d’aujourd’hui ?

C’est donc sur les programmes que je poursuivrai le compte-rendu de ce débat unique dans les annales des élections présidentielles françaises.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170320-presidentielle2017-ao.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/presidentielle-2017-l-unique-debat-190958

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/21/35074780.html


 

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 00:04

Le Conseil Constitutionnel a publié le 18 mars 2017 la liste des 11 candidats à l'élection présidentielle qui ont obtenu les 500 parrainages nécessaires à leur présentation. Cette liste a été publiée dans le Journal Officiel de la République française du 21 mars 2017.

Cliquer sur le lien pour télécharger le décret (fichier .pdf) :
https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000034228036

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170318-presidentielle2017-an.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170321-liste-candidats.html


 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 05:11

« Pour être candidat, il faut d’abord réunir au moins 500 parrainages d’élus avant la fin de la période de réception. Ces 500 parrainages doivent provenir de 30 départements et collectivités d’outre-mer différents. Il n’est pas permis que plus de 10% des parrainages proviennent d’un même département. (…) Ces parrainages doivent être envoyés par voie postale au Conseil Constitutionnel. (…) Le Conseil Constitutionnel vérifie (…) que le candidat souhaite bien participer à l’élection présidentielle. Un candidat ne peut être désigné contre son gré, même s’il a reçu le nombre suffisant de parrainages. Le candidat doit signer deux documents concernant sa déclaration patrimoniale. (…) Une fois ces deux documents remis au Conseil Constitutionnel, la candidature est validée. » (site Internet du Conseil Constitutionnel).



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Lors du journal télévisé du samedi 18 mars 2017, le candidat Nicolas Dupont-Aignan a eu raison d’exprimer sa colère contre le principe du débat télévisé qui a lieu ce lundi 20 mars 2017 sur TF1, à partir de 21 heures.

En effet, seulement cinq candidats à l’élection présidentielle participent à ce débat : François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. On les appelle improprement les "grands candidats" par opposition aux "petits candidats" dont la première épreuve est la collecte des 500 parrainages.

Or, TF1 a voulu être fin : le calendrier officiel prévoit que le Conseil Constitutionnel publie la liste officielle des candidats à l’élection présidentielle le 21 mars 2017. En proposant un débat la veille, la chaîne de télévision pouvait montrer sa bonne foi qu’elle ne pouvait pas inviter tous les candidats, y compris les "petits", puisque la liste n’était pas encore connue.

Mais c’était compter sans la réforme des parrainages, qui a accentué la transparence du processus par la publication, deux fois par semaine, de la situation en cours des parrainages pour chaque candidat à la candidature. Le dernier délai de réception des parrainages validés, directement envoyés par les élus concernés (auparavant, les candidats pouvaient aussi les transmettre eux-mêmes), était vendredi 17 mars 2017 en fin d’après-midi et la dernière publication de mise à jour de samedi 18 mars 2017 dans la matinée ne donnait guère d’incertitude sur le nombre et l’identité des candidats retenus par le Conseil Constitutionnel, même s’il pouvait y avoir une "surprise" de dernier moment (une condition géographique qui n’a pas été remplie par exemple).

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Après le 21 mars 2017, les médias sont évidemment tenus à la stricte égalité de traitement. Le Conseil d’État avait d’ailleurs débouté Nicolas Dupont-Aignan car il n’était pas certain que TF1 ne lui proposerait pas plus tard un temps de parole qui compenserait son absence de lundi soir. Avec cette idée, on imaginerait la réaction des "petits candidats" si l’on leur proposait un débat …uniquement entre "petits candidats" !

Pourquoi choisir certains et pas d’autres candidats ? Parce qu’il y a les sondages ! Nicolas Dupont-Aignan est pourtant le seul des "petits candidats" à sortir du 1-2% pour être "positionné" entre 3 et 5%, ce qui n’est pas si négligeable que cela (rappelons François Bayrou qui était dans cette zone d’intentions de vote en 2002 et qui a fini à presque 7% le 21 avril 2002).

D’ailleurs, depuis deux à trois semaines, les sondages sont très stables, comme si chaque candidat était dans une guerre de position. En gros, Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient en tête, crédités d’environ 25% des intentions de vote, à peu près à égalité, viendrait ensuite François Fillon avec un retard de 5 à 7% environ (autour de 18%), puis les deux derniers "grands candidats", ceux de "gauche", Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, seraient en queue de peloton, autour de 11-14%. Les démonstrations de force de ces deux derniers le week-end dernier, l’un à Bercy (15 à 20 000 personnes) et l’autre à la Bastille (100 000 personnes) pourraient d’ailleurs faire évoluer les lignes.

Mais les lignes, forcément, évolueront, parce que les électeurs indécis ou désabusés seraient encore nombreux, parce que beaucoup de ceux qui expriment leur intention de vote ne seraient pas encore vraiment certains de leur vote (à part l’électorat de Marine Le Pen et de François Fillon). La candidature ovni d’Emmanuel Macron, véritable surprise de cette précampagne présidentielle qui finit, pourrait se révéler beaucoup plus fragile exposée à la confrontation avec les autres candidats.

Et c’est là où je veux en venir. Les sondages martèlent depuis deux mois que Marine Le Pen et Emmanuel Macron seraient forcément au second tour (Marine Le Pen depuis bien plus longtemps d’ailleurs). Pourtant, aucun des deux n’a encore participé à un débat contradictoire avec un concurrent direct, et il faut bien reconnaître que les interviews par des journalistes tournent souvent à l’avantage des candidats lorsque ceux-ci ont un peu le sens de la communication, en raison de la carence des journalistes sur le fond, leur incapacité à contester des contrevérités ou à revenir à la charge quand une question est contournée et laissée sans réponse.

Ce qui m’étonne, c’est que les journalistes n’ont pas encore été suffisamment douchés par les différents résultats d’élections ou de consultations récentes, qui ont contredit les sondages, pour ne pas être un peu plus prudents dans leurs analyses. Ainsi, le Brexit, l’élection de Donald Trump mais aussi la désignation de François Fillon et de Benoît Hamon aux deux "grandes" primaires de novembre 2016 et janvier 2017.

Comment François Fillon a-t-il gagné alors qu’on prédisait une victoire d’Alain Juppé sur Nicolas Sarkozy ? Comment Benoît Hamon a-t-il gagné alors qu’on prédisait une victoire d’Arnaud Montebourg sur Manuel Valls ? Grâce aux débats contradictoires.

Pas pour leur capacité à débattre, car tous les candidats impliqués, enfin, les "grands" (je ne parle pas des "clowns" comme Jean-Luc Bennahmias), sont des personnalités politiques aguerries et très fortes dans les débats contradictoires. Mais parce que ces deux candidats, François Fillon et Benoît Hamon, ont été les seuls à avoir travaillé réellement leur programme (qu’on soit d’accord avec celui-ci ou pas, c’est un autre histoire). Un débat contradictoire montre assez vite ceux qui ont bossé ou pas. Marine Le Pen, par exemple, a déjà été épinglée sur son incapacité à fournir des précisions chiffrées sur son programme alors qu’elle était en condition confortable (interview).

François Fillon a commencé l’élaboration de son programme dès février 2013 ! Il a mis quatre ans à le construire, écoutant sept mille personnalités qualifiées dans tous les domaines où l’action de l’État a une influence. Benoît Hamon a, lui aussi, commencé à travailler son programme tôt, en fin 2014, bien avant les autres candidats de la primaire socialiste. Les débats contradictoires n’ont été qu’un révélateur du sérieux dans leur démarche présidentielle. Manuel Valls, peu préparé à sa candidature, a bâclé en une semaine sa plaquette programmatique. Arnaud Montebourg ne croyait pas en lui. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont misé sur leur personnalité, leur notoriété, et pour Alain Juppé, sa popularité, pour se présenter. Pendant les débats de la primaire LR, François Fillon s’est gardé de toute interaction avec ses concurrents, évitant tout attaque et ne se concentrant que sur ses propositions d’une manière très constructive.

Paradoxalement, ceux qui sont hissés en tête des sondages n’ont pas eu à "subir" cette épreuve du feu du débat contradictoire car ils se sont autoproclamés candidats à l’élection présidentielle sans passer par une primaire. Ils ont eu donc un petit avantage, c’est qu’ils ont pu avancer avec un peu plus d’ambiguïté programmatique au cours de la précampagne présidentielle, tandis que le programme des candidats désignés par une primaire était contestable très tôt.

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C’est là l’enjeu de ce premier débat organisé par TF1 ce lundi 20 mars 2017. D’autres débats seront probablement organisés ultérieurement, France 2 prépare déjà un débat le 20 avril 2017, mais ils seront probablement moins percutants car tous les candidats devront y participer. On a vu qu’un débat à six ou sept était particulièrement laborieux et ennuyeux, alors à onze ?…

Car la liste des parrainages publiée par le Conseil Constitutionnel le 18 mars 2017 laisse entendre qu’il y aurait onze candidats retenus pour l’élection présidentielle de 2017 : François Fillon (3 635 parrainages), Benoît Hamon (2 039 parrainages), Emmanuel Macron (1 829 parrainages), Jean-Luc Mélenchon (805 parrainages), Jean Lassalle (708 parrainages), Nicolas Dupont-Aignan (707 parrainages), Nathalie Arthaud (637 parrainages), Marine Le Pen (627 parrainages), François Asselineau (587 parrainages), Philippe Poutou (573 parrainages) et Jacques Cheminade (528 parrainages).

Cette liste est d’ailleurs une pépite de transparence (bravo au gouvernement d’avoir réalisé cette réforme !). On peut ainsi voir que certains non-candidats ont recueilli malgré tout des parrainages, ainsi : Alain Juppé (313), François Baroin (45), Laurent Hénart (7), Yannick Jadot (5), Jean-Louis Borloo (3), même François Hollande (7) ! Et beaucoup avec un seul parrainage : Éric Besson, Bernard Cazeneuve, Daniel Cohn-Bendit, Lionel Jopsin (et pourquoi pas DSK ?!), Patrick Kanner, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Hervé Morin et Laurent Wauquiez. Les personnes citées issues du parti "Les Républicains", sauf Bruno Le Maire, ont pourtant parrainé la candidature de François Fillon (y compris Alain Juppé et François Baroin).

Au jeu "Dis-moi qui te parraine et je te dirai qui tu es", le plus instructif est bien sûr la candidature d'Emmanuel Macron qui est parrainée essentiellement par des élus de gauche, quasiment aucun élu de centre droit ou de droite ne l'a parrainée.

En tout, seulement 14 296 élus ont envoyé un parrainage, soit environ un tiers des élus ayant cette prérogative. Parmi les candidats qui ont échoué dans leur collecte de parrainages, notons Rama Yade (353), Alexandre Jardin (165), Charlotte Marchandise (135) et Oscar Temaru (109). Sans surprise, certains habitués à cette précourse pour une tribune n’ont toujours pas réussi leur recherche de signatures : Pierre Larrouturou (33), Nicolas Miguet (15), Jacques Nikonoff (6) et Antoine Waechter (11). À ces derniers, il faut aussi rajouter les échecs de Michèle Alliot-Marie (74), Bastien Faudot (29), Jean-Pierre Gorges (70), Henri Guaino (33), Jean-Claude Martinez (3), Didier Tauzin (84) et Christian Troadec (53).

Parmi les candidats qui ont obtenu suffisamment de signatures, en dehors des "grands" déjà connus, deux sont "nouveaux" sur la "scène nationale", François Asselineau, énarque et ancien collaborateur de Charles Pasqua, et Jean Lassalle, député et ancien proche de François Bayrou au MoDem, dont le tour de France à pieds lui a permis de rencontrer de nombreux maires ruraux. Six de ces onze candidats l’étaient déjà en 2012 : Jean-Luc Mélenchon (11,1%), Nicolas Dupont-Aignan (1,8%), Nathalie Arthaud (0,6%), Marine Le Pen (17,9%), Philippe Poutou (1,1%) et Jacques Cheminade (0,2%).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170318-presidentielle2017-an.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/20/35072386.html


 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:32

Le Conseil Constitutionnel a publié la derrnière mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle.


Le tableau est ici :



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170318-parrainages-candidats.html
 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 23:54

(verbatim)



Discours de François Fillon le 16 mars 2017 à Caen

Mes amis,

Merci, merci à vous les militants de la France, merci pour votre cran, votre fidélité, votre passion nationale.

Merci à tous nos élus…

A Caen, on sait ce que signifient le courage et la résistance.

A Caen, on sait ce que signifient la France et sa liberté.

Et l’on sait ce que veut dire lutter contre vents et marées.

Chaque jour, je reçois en pleine figure de nouvelles bourrasques.

Je fais front, j’avance, je garde mon cap et je trace ma route.

Je pense à cette phrase du général de Gaulle, qu’il avait dédiée à la mémoire des marins de la France libre : « La vague ne détruit pas le granit… »

Je suis là, toujours là, debout, avec vous, pour vous et pour la France.

Ce n’est pas ma seulement personne qu’on veut écarter.

C’est une volonté politique portée par des millions de Français qui ne veulent plus de la gauche qui a tellement échoué.

Ceux qui m’attaquent n’aiment la droite que lorsqu’elle marche à l’ombre.

A travers moi, c’est à vos convictions qu’ils en veulent.

Je me bats contre une coalition qui a perdu la bataille des idées mais qui a décidé, par tous les moyens, par toutes les tactiques, de maintenir coûte que coûte la gauche au pouvoir.

Un candidat qui veut libérer l’économie française pour la remettre sur le chemin de la prospérité ?

Un candidat qui veut remettre de l’ordre dans une société déchirée ?

Cela heurte leurs certitudes, leurs dogmes. Alors ils ne reculent devant rien.

Je me bats pour la France.

Je me bats pour une politique de prospérité et de puissance.

La France est un grand pays. Elle nous porte, elle nous exalte.

Mais elle se débat dans la torpeur, dans le marasme.

Elle a peur de l’avenir parce qu’elle ne sait pas utiliser ses forces.

Elle est menacée de descendre en deuxième division.

Les données objectives sont accablantes.

Les grands pays qui avaient été plus que nous frappés par la crise de 2008 se sont redressés en quelques années, alors que nous avons désespérément stagné sous le quinquennat de Hollande et de son inspirateur Emmanuel Macron.

Notre croissance peine à dépasser 1% alors que l’Allemagne est autour de 2%.

Les Etats-Unis au plein emploi avec un taux de chômage de 4,5%.

La France est absente d’une dynamique générale que d’autres ont su saisir.

Pendant cinq ans toutes les opportunités que nous avions de nous relancer nous sont passées sous le nez.

Faute de croissance, nous sommes englués dans le chômage de masse et nous sommes obligés de continuer à nous endetter pour financer notre modèle social.

Notre voix est de moins en moins entendue, parce qu’un pays économiquement faible ne peut pas être politiquement fort.

La France déçoit le monde par ses échecs, je veux qu’elle l’étonne à nouveau par ses succès !

Nous avons un potentiel immense, mais nous ne savons pas l’exploiter.

Parce que nous notre société est bloquée. Parce que sous des normes à ne plus savoir qu’en faire, nous avons étouffé la liberté qui donne l’élan à notre belle devise. Parce que notre système est décourageant. Décourageant pour l’embauche, décourageant pour l’investissement, décourageant pour l’initiative, décourageant pour la création.

Au cours de ces dernières années, j’ai rencontré des Français de tous les métiers, qui m’ont tous dit la même chose : laissez-nous respirer, laissez-nous libres, et nous pourrons montrer de quoi nous sommes capables !

Ensemble, si nous nous libérons de nos chaînes, nous pouvons faire de la France la première puissance européenne.

Nous pouvons renouer avec la croissance et le plein-emploi, comme tant d’autres nations qui vont de l’avant, qui balaient les obstacles au lieu de les multiplier, et qui ne s’encombrent pas de pesanteurs idéologiques surannées comme celles dont nous avons hélas le secret.

Et pour cela, mes amis, il faut se mettre dès maintenant au travail.

Il faut rattraper le temps perdu sans attendre un seul instant.

Si je suis élu je donnerai dès les premiers jours une impulsion puissante et décisive à notre économie.

En quelques semaines nous montrerons aux yeux du monde de quoi la France est capable.

Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement des capitaux français.

J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.

J’alignerai le taux d’IS sur celui des pays européens comparables.

Je supprimerai les taxes inutiles et complexes.

Je mettrai un terme à l’utopie désastreuse des 35 heures en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.

Notre code du travail fait 3400 pages.

C’est une citadelle, un labyrinthe qui décourage l’embauche et rigidifie notre marché du travail.

Je le réécrirai avec une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation.

Les seuils sociaux seront relevés pour aider les petites entreprises à grandir, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches complexes et fastidieuses !

La fiscalité du capital doit cesser d’être punitive. Au lieu de faire fuir les capitaux hors de nos frontières, je veux qu’ils soient investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !

Il est ridicule de faire fuir les fortunes françaises et de se plaindre ensuite que la France soit rachetée par des émirs du Golfe persique ou des fonds de pension américains ! Et tant pis pour les idéologues qui préfèrent la pauvreté pour tous au nom de l’égalitarisme.

Je supprimerai l’impôt sur la fortune qui a stupidement incité beaucoup de nos compatriotes à enrichir la Belgique, la Suisse ou le Royaume-Uni plutôt que notre propre pays.

Je mettrai en place une flat tax à 30% sur les revenus du capital qui replacera la France dans la moyenne européenne.

Je veux que tous les Français, à travers leur épargne, puissent devenir des investisseurs dans l’économie réelle, dans nos PME, dans nos ETI, car c’est là que se créent les emplois en priorité.

Je proposerai de réduire l’impôt sur le revenu de 30% du montant investi dans une PME dans la limite de 1 million d’euro.

Je favoriserai le financement participatif, je faciliterai la transmission des entreprises familiales.

J’aiderai nos agriculteurs qui sont étranglés de réglementations, en supprimant les normes superfétatoires que nos technocrates ont cru bon d’ajouter à celles qui sont fixées par l’Union européenne.

Notre Etat étouffe la liberté des Français et s’étrangle lui-même à force de gonfler au fil de l’eau depuis des années.

Nous sommes au bout d’un processus d’alourdissement de l’Etat qui a commencé en 1981 avec l’élection de François Mitterrand et qui n’est plus tenable.

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.

Cette inquiétude, je l’ai toujours.

Après 5 ans de Hollande, nous sommes plus que jamais menacés par notre dépendance à l’égard des marchés financiers.

Il suffirait que les taux d’intérêt remontent – et ils remonteront, hélas, soyez-en sûrs – pour que nous nous retrouvions dans une situation inextricable.

Chaque année nous empruntons sur les marchés financiers des sommes astronomiques pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser nos dettes antérieures !

Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou considèrent étrangement que ce n’est pas grave.

Je suis le seul dans cette campagne à vouloir rompre résolument le cercle vicieux de la dette publique.

Et pourtant c’est l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour renouer avec la confiance.

Le désendettement est la condition d’un Etat fort, respecté, maître de son destin.

C’est une exigence politique, parce qu’à travers la dette c’est la souveraineté de la nation qui est en cause.

C’est une exigence morale, parce qu’il n’est pas admissible de faire peser ce fardeau sur les générations futures.

C’est une exigence sociale, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière.

Notre sphère publique sera réformée en profondeur.

Sur l’ensemble du quinquennat je propose de réduire les effectifs de la fonction publique de 8%.

C’est une nécessité. C’est un objectif raisonnable.

Cela nous replacera dans la moyenne des grands pays qui nous entourent et qui ne sont pas moins bien administrés que nous.

Je veux un Etat moderne, pas un Etat bureaucratique, pas un Etat pléthorique qui a embauché tellement de fonctionnaires qu’il est incapable de leur proposer des perspectives de carrière et qu’il est contraint de geler leurs salaires depuis des années.

Je veux moins de fonctionnaires mais je veux qu’ils soient mieux rémunérés, mieux formés, mieux valorisés.

Il y a peu de tâches aussi nobles que celles du professeur, de l’infirmière, du magistrat, du soldat, du policier.

Je respecte infiniment ceux qui à vingt ans ont eu la vocation du service public.

Mais le discrédit de l’Etat bureaucratique rejaillit sur eux, et c’est injuste.

Je leur rendrai leur fierté !

Mon projet n’est pas un projet d’austérité.

C’est un projet de prospérité. Un projet d’activité.

Qui peut oser dire que mettre le cap sur le plein emploi c’est de l’austérité ?

L’austérité elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin malheureux de la Grèce. Le jour où nous pourrons plus payer nos fonctionnaires. Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire pour amadouer nos créanciers.

Je ne demande pas aux Français de se serrer la ceinture. Je dis simplement qu’en se retroussant les manches on peut réussir et gagner plus.

Dès le 1er juillet 2017 je diminuerai les cotisations salariales, pour donner un gain de 700 euros par an à un couple qui travaille.

Dans la fonction publique le passage aux 39h donnera lieu à des augmentations de salaires qui seront établies par une grande négociation, et la diminution des effectifs redonnera de vraies perspectives de carrière.

Personne ne sera laissé au bord de la route.

J’augmenterai les petites retraites. Parce que c’est justice. Mon gouvernement l’avait fait. Je le referai.

Toutes les pensions du régime de base inférieures à 1000 euros augmenteront de plus de 300 euros par an.

Et j’augmenterai d’au moins 600 euros par an les petites pensions de réversion.

Je lancerai un plan pluriannuel de lutte contre la grande pauvreté.

Je serai aux côtés de tous les Français qui sont touchés par le handicap ou par la perte d’autonomie de leurs proches.

On ne peut pas affronter l’avenir en continuant comme avant, avec nos pesanteurs, nos blocages, nos crispations.

Ceux qui ont trente ou quarante ans aujourd’hui n’ont connu qu’un pays frappé par le chômage, un pays déprimé par la crise, un pays miné par un sentiment de fatalité, un pays qui s’enfonce sans réagir dans son déclin. Un pays qui s’endette, qui vit à crédit sur le dos de ses enfants, qui leur laissera pour tout héritage des factures astronomiques.

Je veux reconstruire une France tournée vers l’avenir.

Une France du plein-emploi où trouver du travail quand on a 20 ou 25 ans ne sera plus un parcours du combattant.

Une France dont le système scolaire retrouvera sa grandeur, en cessant d’être un laboratoire pour des expérimentations pédagogiques de plus en plus hasardeuses.

Le niveau des jeunes Français chute dans toutes les disciplines et tous les classements internationaux.

Notre école n’est plus ce qu’elle était. Elle a perdu à la fois l’excellence et l’efficacité.

Je la remettrai sur ses pieds. Je lui rendrai son sérieux.

Je développerai l’apprentissage et je lui donnerai ses lettres de noblesse. C’est une des clefs pour faire baisser le chômage.

Pour notre jeunesse je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.

Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.

Le numérique change nos manières de vivre, de travailler.

Pour les générations qui viennent, le travail se fera de moins en moins dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

Je suis fier d’avoir lancé quand j’étais Premier ministre le statut d’auto-entrepreneur.

Parce qu’il correspond à l’esprit du monde nouveau.

La gauche engoncée dans son idéologie du passé s’est évertuée à le brider.

Nous le relancerons. Nous le rendrons encore meilleur.

Parce que l’avenir du travail c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.

Et nous irons plus loin, en créant un statut du travailleur indépendant, pour encourager l’initiative, la création d’activité, pour mettre nos institutions en accord avec ces nouvelles manières de vivre et de travailler.

Nous ne relèverons pas les défis de l’avenir en nous agrippant au statu quo. Nous ne serons pas au rendez-vous du nouveau monde avec une société bloquée.

L’un de ces grands défis de l’avenir, c’est le réchauffement climatique.

Comment y répondre ?

Pas en nous privant de l’énergie nucléaire, qui est l’un des atouts historiques de la France et qui rejette peu de carbone.

Il faut moderniser notre filière nucléaire pour la rendre encore plus efficace, encore plus sûre !

Il faut aussi mettre le paquet sur les nouvelles technologies.

Il faut miser sur la science, sur le progrès.

La France a tous les atouts en main pour être en pointe sur ces domaines.

Mon projet est de refaire de la France un pays d’avenir.

Un pays qui est fier de son passé mais qui regarde devant lui avec confiance.

Mes solutions sont ambitieuses, mais elles sont réalistes. Elles sont précises. Elles sont fondées sur un diagnostic rigoureux. Sur le bon sens. Et sur l’exemple de nombreux pays qui nous sont comparables et qui ont réussi, en quelques années, à redresser leurs finances en même temps qu’ils retrouvaient le chemin du plein emploi.

Ma bataille est celle des idées.

Elle l’a toujours été.

Je n’ai jamais hurlé avec les meutes.

Je n’ai jamais fouillé dans les poubelles de mes adversaires politiques.

Je me bats face à face, droit dans les yeux, programme contre programme.

En m’attaquant, on cherche à esquiver cette confrontation.

Je n’ai pas besoin d’attaquer mes adversaires sur des boutons de guêtre, il me suffit de regarder leurs programmes.

Quand je vois leurs programmes, je redoute pour la France de nouvelles années perdues, de nouvelles années de crise, de déception, de tension.

Les extrêmes, droite et gauche, se rejoignent dans la démagogie, dans l’inconscience d’un programme funeste qui achèverait de mettre la France à genoux.

Ils disent que le retour au franc sera la panacée. Mais qui peut le croire un instant ? Qui peut croire que la France redeviendra plus grande en se repliant derrière ses frontières ? Qui peut croire que l’argent public coulera à flots simplement parce que nous serons revenus au franc ? Et la retraite à 60 ans, est-ce le franc qui la financera ? Et tous ces services publics dont Mme Le Pen a récemment découvert les vertus ?

Le programme du FN c’est : fermons les frontières, rétablissons le franc, et nous abolirons le monde et l’arithmétique… Nous ferons tout ce que l’on veut et tous les vœux les plus fous seront exaucés.

Le programme du FN, c’est un peu comme ces publicités pour des magnétiseurs qui vous promettent la santé, la réussite aux examens, l’héritage de l’oncle d’Amérique et le retour de l’être aimé !

Il est facile de s’imaginer qu’on est les meilleurs quand on refuse de se comparer.

Les nationalistes donnent des coups de menton tout seuls devant leur miroir et peu leur importe le déclassement, l’appauvrissement des Français.

Les vrais patriotes veulent que la France tienne son rang dans la compétition du monde et suscite les éloges des autres nations.

Le programme du FN, c’est la faillite au bout de six mois, et les premiers touchés seront les classes moyennes et populaires, les ouvriers, les petits épargnants.

Quant à M. Hamon, l’endettement public est le cadet de ses soucis.

Il propose les 32h, le revenu universel, la légalisation du cannabis, et un nouvel impôt absurde sur les robots.

C’est la garantie pour la France de rester au bord de la route du progrès.

De quitter la compétition internationale.

Et d’être dépassé sans réagir par tous les pays émergents qui, aux quatre coins du monde, débordent d’énergie et de volontarisme.

Enfin il y a M. Macron.

La gauche hollandaise relookée. Le radeau de sauvetage des naufragés du quinquennat.

Vous avez aimé les « synthèses molles » de M. Hollande ?

Vous allez adorer les synthèses élastiques de M. Macron…

Le même jour, la semaine dernière je crois, M. Macron recevait le soutien d’Alain Madelin et celui d’un ancien communiste, M. Hue.

Ces gens ne sont d’accord sur rien, qu’importe !

Mais soyons sérieux. Car derrière le spot publicitaire œcuménique, se posent de vraies questions au sujet du gouvernement de la France.

Quelle cohérence intellectuelle peut se cacher derrière cette façade attrape-tout ?

Combien de temps, combien de semaines, combien de jours – combien d’heures ! – pourrait durer une majorité écartelée entre des idéologies aussi contradictoires ?

Quelle est la politique qui peut réunir des Français venant d’horizons aussi éloignés ?

Qui seront les dupes ? Qui seront les déçus ?

Ils seront nombreux, je le crains.

La politique de M. Macron n’est pas un mystère : ce sera la continuité du hollandisme.

Il a pour lui cette jeunesse qui vaut pour l’apparence du changement.

Mais sur le fond, c’est le refus et l’impossibilité organisée de prendre des mesures énergiques pour traiter en profondeur, à la racine, les maux dont souffre notre pays.

C’est du radical-socialisme à l’ancienne, c’est le retour de la IVe République incapable de gouverner la France avec une ligne politique claire et bien définie.

Si M. Macron succède à M. Hollande qui ne fait plus qu’inaugurer les chrysanthèmes et remettre des médailles depuis six mois, nous nous retrouverons comme au temps où René Coty succédait à Vincent Auriol : avec un président sans majorité, qui aura peut-être un gouvernement socialiste en hiver, puis un autre vaguement centriste au printemps, soutenus puis lâchés par des coalitions éphémères conclues par les opportunistes du moment, et ainsi de suite jusqu’à la paralysie générale…

M. Macron et moi avons beaucoup de différences.

Il ne croit pas à l’existence d’une culture française. Moi je suis fier de la culture française qui a écrit de grandes pages de l’histoire du monde.

Il a attendu le dernier moment pour sortir une esquisse de programme. Moi j’ai préparé le mien depuis des années.

Il se glorifie de son immaturité et montre beaucoup de dédain pour les élus. Moi j’ai donné près de quarante ans de ma vie au service de la France. A tous les niveaux. Et j’en ai tiré des leçons, des réflexions, des solutions.

Je ne crois pas, pour un président de la République française, aux vertus de cette inexpérience, de cette immaturité satisfaite de soi.

Ni pour la représenter dans un monde en pleine mutation, où les incertitudes sont nombreuses, où les rapports de force sont de plus en plus durs.

Ni pour lui apporter les réformes dont elle a besoin pour se relancer.

Ni pour rétablir l’autorité et la sécurité.

Hier et aujourd’hui, deux évènements nous rappellent à la vigilance et à l’action.

Le premier est un acte clairement terroriste.

Il s’agit de l’explosion d’un colis piégé qui a fait un blessé au siège du FMI à Paris.

Et dire qu’hier le ministre de la Justice, Jean Jacques Urvoas envisageait la fin de l’état d’urgence… Quel angélisme !

Et puis il y a cette fusillade dans ce lycée à Grasse qui a fait plusieurs blessés.

Certains ont essayé de nous présenter ce drame comme un différend entre lycéens ou relevant d’un problème d’ordre psychologique….
Comme si on avait fini par baisser la garde, comme si on avait fini par accepter l’inacceptable et trouver normal qu’un élève transporte avec lui des armes, s’introduisent dans un lycée pour tirer autour de lui !

 

J’ai une pensée pour les victimes et parmi elles pour ce proviseur qui s’est comporté de façon exemplaire et qui a été blessé. Une pensée aussi pour les policiers qui ont œuvré avec professionnalisme et notamment l’un d’entre eux qui, semble-t-il, n’était pas en service mais sur les lieux du drame.

Il y a quelque chose de brisé dans notre République.

La culture de la violence ronge les esprits et les cœurs.

Des quartiers sont mis en coupes réglées par des gangs qui font régner la loi du plus fort au lieu des lois de la République.

Il faut retrouver cette autorité juste sans laquelle aucun lien social ne peut exister : l’autorité de la loi, l’autorité de l’Etat, l’autorité du professeur.

Les voyous doivent se heurter à la sanction. Il faut mettre fin à leur sentiment d’impunité.

Je relancerai la construction de 16 000 places de prison.

Je supprimerai la quasi-automaticité des remises et aménagements des peines de prison.

Je rétablirai les peines-planchers automatiques car la récidive doit être plus lourdement condamnée.

Il est temps de prendre en compte les évolutions de la société.

Si certains pensent que les délinquants attendent gentiment d’avoir 18 ans pour sévir, ils se trompent lourdement.

Je proposerai d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.

Chaque année plus de 10.000 policiers et gendarmes sont blessés.

Je les soutiendrai sans réserve, sans ambiguïté.

Je moderniserai leurs moyens, je les libérerai des tâches administratives qui leur font perdre un temps précieux.

Je renforcerai les polices municipales et je les généraliserai.

Je le dis clairement, l’immigration sans intégration, sans assimilation, l’immigration non contrôlée, c’est de l’irresponsabilité, c’est la France en mille morceaux. Ce n’est pas ma France.

L’honneur de notre patrie est d’avoir toujours été une terre d’asile pour ceux qui fuient la guerre.

Mais pour les autres, il faut limiter l’immigration à son strict minimum.

Je propose que notre politique d’immigration soit fixée par des quotas, établis chaque année au Parlement, en fonction de nos capacités d’accueil et des besoins de notre économie.

Je veux que la procédure d’examen des demandes d’asile soit plus rapide. Et que ceux qui sont déboutés soient systématiquement expulsés.

Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.

Ce n’est pas à nous de nous adapter à ceux que nous recevons.

C’est à eux de respecter nos modes de vie, nos traditions philosophiques, nos lois républicaines.

Les étrangers présents sur notre territoire ont des devoirs et pas seulement des droits.

J’exigerai qu’un délai de deux ans s’impose avant toute obtention de prestations sociales.

 

Nous sommes toujours confrontés à une menace mortelle : celle du terrorisme et du totalitarisme islamique.

Et je n’ai pas peur, contrairement à d’autres, de nommer les choses par leur nom.

Les fanatiques ont choisi leur drapeau : il est noir comme la mort, comme la destruction, comme le néant, le mien est tricolore est c’est celui de la vie, de la liberté, de la résistance.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée.

Tout étranger appartenant à la mouvance intégriste sera expulsé.

Le culte musulman fera l’objet d’un contrôle administratif serré, jusqu’à ce qu’il soit aussi fermement ancré dans la République que les autres religions.

Tous les mouvements se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans seront dissous.

Je refuse que, sur le territoire de la République, l’égalité entre les hommes et les femmes soit remise en question.

Je dénonce la progression de l’antisémitisme.

J’exècre tous les racismes, dont le racisme anti-français.

Nous formons tous ensemble le peuple de France.

Je prendrai mes responsabilités, et je demande à nos compatriotes musulmans de nous aider à faire le ménage contre l’obscurantisme.

 

Enfin je défendrai la famille.

C’est la base de l’éducation, de l’apprentissage du respect, de l’insertion dans la vie sociale.

C’est notre institution la plus ancienne, la plus naturelle.

Certains voudraient la casser. Nous ne les laisserons pas faire !

Nous protègerons le droit de l’enfant.

Nous relèverons le quotient familial, nous rétablirons l’universalité des allocations familiales.

Mes amis !

Maintenant, tous à l’action !

Ne vous laissez pas intimider. Soyez les plus courageux. Soyez les plus forts. Soyez les plus volontaires.

J’en ai connu, des campagnes électorales.

J’en ai affronté, des vents contraires.

Alors, faites-moi confiance si je vous dis que la victoire vient rarement aux tièdes, aux immobiles, aux satisfaits…

La victoire vient à ceux qui donnent tout jusqu’au dernier jour !

Je donne et je donnerai tout dans cette campagne, toute ma volonté, tout mon courage, toutes mes forces.

Vous le verrez, avec vous, je battrai tous les scénarios soi-disant écrits d’avance.

Vous verrez que le peuple Français est, dans ses profondeurs, à nos côtés.

Il rejettera les rêveries des socialistes, il se détournera des faux-fuyants du macronisme, il écartera la faillite des extrémistes.

Nous avons des idées claires.

Nous avons un programme précis.

Nous avons avec nous une force politique qui a une histoire et une cohérence.

Et nous aurons une majorité pour gouverner.

Pour tout dire, nous sommes le camp de la raison et de la nation.

Alors, pas d’hésitation.

Aux invectives, opposez vos arguments.

Aux indécis, montrez vos convictions.

Aux sceptiques, exprimez vos idéaux.

Aux résignés, faites entendre votre espérance !

Proclamez nos ambitions, brandissez-les comme un étendard : la France fière d’elle-même, la France debout, la France en tête ! Et ensemble, nous irons chercher la victoire !

Vive la France et vive la République.



François Fillon, le 16 mars 2017 à Caen.

Source : www.fillon2017.fr

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:28

Le Conseil Constitutionnel a publié la nouvelle mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle.


Le tableau est ici :



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170314-parrainages-candidats.html

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 23:37

(verbatim)



Discours de François Fillon le 13 mars 2017 à Paris

Mesdames, Messieurs,

Le projet que je publie aujourd’hui est le fruit d’un dialogue intense, engagé il y a plus de trois ans, avec les Français, avec la société civile, avec des centaines d’experts et d’élus engagés dans plusieurs dizaines de groupes de travail.

Je veux les remercier pour leur dévouement.

Ceux qui décrivent ce projet comme une purge ont tout faux. Ils sont soit aveuglés par la mauvaise foi et l’idéologie, soit empêtrés dans leur propre manque de volontarisme.

Ce projet est un projet de croissance. Il est porté par l’ambition de refaire de la France une grande puissance économique et politique.

C’est un projet pour les jeunes. La génération précédente n’a connu que le chômage de masse. Je veux que l’avenir de notre jeunesse, ce soit une société de plein emploi, des finances publiques remises en ordre, des Français réconciliés avec eux-mêmes, et un pays influent et capable de se défendre.

La purge, la détresse sociale, le manque de perspectives, c’est maintenant que nous les avons ! Elles sont le résultat d’années de démagogie et d’atermoiements. Penser que nous pouvons continuer sans réformes profondes relève de l’illusion la plus complète.

Je ne demande pas non plus des « efforts » aux Français. Je leur propose de renouer avec la prospérité. Les efforts, c’est maintenant qu’ils les fournissent ! Les 6 millions de chômeurs et les 9 millions de pauvres qui luttent chaque jour contre le déclassement ne sont pas loin de perdre l’espoir.

Je pense que, contrairement à une large partie de l’élite parisienne, les Français ont compris cela.

Ils sont conscients de la gravité de la situation. Ils sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Ils aspirent au sursaut. Ils veulent retrouver la fierté d’une nation prospère, apaisée et influente. Ils attendent qu’on leur propose un chemin clair et déterminé.

C’est tout le sens mon projet. C’est le seul qui se fonde sur un diagnostic sans concessions. Et c’est le seul qui présente un ensemble de mesures à la fois ambitieuses, réalistes et justes.

Ces mesures sont reliées par une cohérence technique, évidemment, mais aussi philosophique. Les Français assument leur histoire, ils chérissent leur culture. Ils sont fiers des valeurs de la République. On ne redressera pas notre nation en trahissant ces valeurs.

C’est cette cohérence que je souhaite maintenant vous présenter. Je vous décrirai aussi la méthode que j’entends suivre, car elle fait partie des innovations que je propose aux Français.

 

Mon programme tient en trois objectifs : libérer, protéger, réconcilier.

Qu’est-ce que j’entends par « libérer » ?

Mon projet valorise la liberté économique mais il va très haut-delà de l’économie. Je propose aux Français un nouveau cadre de vie en commun. Nous devons fermement assurer leur sécurité. Nous devons défendre les valeurs auxquelles ils sont attachés. Et nous devons les rendre à nouveau fiers de leur pays.

Mais rien de tout cela ne sera possible si nous ne retrouvons pas d’abord notre puissance économique.

C’est pour cela que mon projet se distingue radicalement de celui de mes concurrents. En s’attaquant enfin aux vrais verrous qui paralysent notre économie, il ramènera la France vers des niveaux de croissance de 2% et plus, pour permettre une réduction durable du chômage et de véritables créations de richesses.

Par prudence, nous avons bâti notre trajectoire budgétaire sur la base d’hypothèses plus conservatrices. Mais la mise en œuvre de notre projet nous permettra d’aller beaucoup plus loin.

Contrairement aux caricatures, dont certains d’entre vous peinent à se défaire, je ne propose donc pas de libérer les forces déchaînées d’un « capitalisme sauvage », obsédé par le profit. Je propose de permettre à chacun de déployer ses talents, de créer, d’innover sans être paralysé par des freins inutiles ou excessifs.

Pour cela, il faut rétablir la liberté d’entreprendre et la liberté de réussir, en faisant sauter les verrous à la reprise de l’activité économique et de l’emploi.

C’est le sens de mes propositions en matière d’entreprenariat. Elles visent à atteindre, en 10 ans, une densité d’entreprises de taille moyenne à mi-chemin entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, soit quasiment doubler leur nombre actuel. Cela permettrait de créer 3,5 millions d’emplois.

Pour parvenir à cet objectif, nous allons agir en profondeur sur l’environnement juridique et administratif des entreprises et de ceux qui entreprennent.

D’abord je propose d’alléger massivement les normes et contraintes, en les alignant sur les normes européennes, sans ajouter d’obligations nouvelles.

Je veux aussi faciliter le recours à l’auto-entrepreneuriat, et créer le statut de prestataire indépendant, pour que notre croissance soit beaucoup plus riche en emplois qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Promouvoir la réussite et l’activité, c’est aussi simplifier le droit du travail, mettre fin aux 35 heures, et réformer le dialogue social. Je veux notamment refonder le code du travail autour d’une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation.

Et c’est rendre la fiscalité du capital moins punitive, pour encourager l’investissement, notamment en mettant en place une flat tax à 30% sur les revenus du capital, qui remettra la France dans la moyenne européenne.

Je veux enfin baisser massivement les impôts et les charges sur les entreprises. Je propose un effort de 40 milliards d’euros, qui entraînera un véritable choc de compétitivité et leur redonnera les moyens de se mesurer à la concurrence internationale et de se développer.

Pour financer ces baisses de charges, et pour libérer notre économie, il faut aussi réformer notre sphère publique. Elle doit être un atout, non un frein.

Je compte augmenter le temps de travail de la fonction publique jusqu’à 39 heures, en relançant le dialogue social qui est au point mort depuis cinq ans, et en mettant en place de véritables contreparties en termes de revenus, de perspectives de carrière et de motivation des agents publics.

Les français doivent pouvoir compter sur un Etat fort, qui ne croule pas sous les déficits, qui offre à ses agents publics de réelles perspectives de carrière.

Je veux faire 100 milliards d’Euros d’économies de dépenses publiques sur cinq ans et réduire de 500 000 le nombre d’emplois publics, par le non remplacement d’un départ sur deux. Cela représente une baisse de moins de 10 % sur le quinquennat, ce qui est tout à fait raisonnable. Là encore, il s’agit de revenir vers la moyenne de nos voisins, qui ne sont pas moins bien administrés que nous !

Je veux inventer un « nouvel Etat » qui sera guidé par un principe de simplification : pour chaque information, un seul canal ; pour chaque finalité, une seule procédure ; pour chaque politique, un seul interlocuteur. Je veux, au sein de l’Etat, engager une véritable révolution du bon sens, au service des citoyens comme des fonctionnaires.

 

Mais notre monde est complexe, mouvant, incroyablement créatif et instable. Et beaucoup de nos compatriotes se sentent fragilisés, voire menacés par cette globalisation et ces transformations incessantes.

Mon projet vise donc aussi à assurer une meilleure protection des français et des atouts de notre pays dans la compétition internationale.

Sans cette protection, la liberté ne peut être ni juste ni efficace.

La première priorité, c’est garantir aux Français leur droit fondamental à la sécurité. C’est le sens de mes propositions consistant à recentrer l’Etat sur la sécurité, la justice, la lutte contre le terrorisme et la défense.

Le rétablissement de notre outil de défense est une urgence absolue.

Immédiatement après l’élection présidentielle, nous lancerons une revue stratégique en vue d’une nouvelle loi de programmation militaire qui sera adoptée au premier semestre 2018. Le budget de défense augmentera dès 2018 avec, pour priorité, le renforcement des capacités opérationnelles. Et notre objectif est que le budget de défense atteigne 2 % du PIB à la fin de la prochaine loi de programmation.

En faisant de la défense une priorité d’action immédiate, nous permettrons à nos armées de retrouver tout de suite les moyens opérationnels nécessaires à l’exécution de leurs missions. Et nous améliorerons la condition sociale des militaires : elle a été injustement négligée, alors qu’elle doit exprimer la reconnaissance et l’appui de la Nation à nos armées.

 

Je souhaite aussi mettre fin au laxisme en matière de sécurité et d’autorité.

Ce laxisme nuit en priorité aux plus démunis, aux habitants de ce qu’on appelle les « quartiers », à tous ceux qui ont moins de moyens et moins de marges de manœuvre personnelles. L’ordre, le respect de la loi, l’autorité de l’Etat sont des valeurs sociales, des valeurs de la République. J’ai bien l’intention de les réhabiliter, sans avoir à m’en excuser.

Je veux notamment moderniser les moyens des forces de l’ordre, et les décharger de leurs tâches bureaucratiques. Je compte renforcer et généraliser les polices municipales, moderniser notre justice, et relancer la construction de 16 000 places de prison.

Je lutterai sans relâche contre le totalitarisme islamique.

J’ai prévu des mesures fortes pour nous protéger du terrorisme et pour stopper la radicalisation de certains milieux sur notre territoire. Et je propose une relance volontariste de notre politique étrangère, pour que la France retrouve une influence sur ces sujets à l’échelle internationale.

 

Protéger les Français, c’est aussi leur redonner tout de suite du pouvoir d’achat.

Mon projet intègre un choc fiscal immédiat de plus de dix milliards d’Euros pour les ménages. Tous les salariés bénéficieront immédiatement d’un allègement de charges sociales qui leur procurera un gain de 350 Euros, et donc 700 Euros pour les couples qui travaillent.

Nous allons améliorer la situation financière des familles qui investissent pour notre avenir, avec le relèvement du quotient familial et le rétablissement de l’universalité des prestations.

Nous allons porter une attention particulière aux retraités les plus modestes. Je veux revaloriser les petites retraites et augmenter de 10 % les petites pensions de réversion. Ce sera rendu possible par l’augmentation progressive de l’âge de la retraite à 65 ans.

Nous devons enfin veiller au sort des plus faibles et garantir que personne ne sera laissé sur le bord du chemin. C’est avec cette volonté que j’engagerai un plan pluriannuel contre la grande pauvreté.

 

Au-delà de ces politiques nationales, la protection des intérêts français passe aussi par une relance du projet européen, en le recentrant sur des missions prioritaires.

Je souhaite que la France reprenne l’initiative pour que l’Europe se défende efficacement dans la guerre économique et assure une protection efficace contre toutes les menaces à nos frontières.

La relance de l’Europe se fera par un nouvel élan donné à la relation franco-allemande. Je proposerai des actions concrètes pour donner une nouvelle vie à notre couple, après les années d’atermoiements de François Hollande.

 

Mais, je veux aussi engager une véritable stratégie industrielle pour permettre à la France de rester une puissance économique et industrielle de premier rang, notamment dans les domaines d’avenir.

J’assume ainsi une forme de « patriotisme économique » renouvelé, et modernisé. Il ne s’agit pas de protectionnisme mais de défense et de promotion de nos intérêts, dans le respect de la réciprocité.

Toutes les grandes puissances ont cette volonté. J’estime que nous devons lutter à armes égales.

Il n’est pas normal que dans certains de nos secteurs d’excellence industrielle comme la défense ou les équipements de transport, le marché européen soit ouvert à tous, alors que les grands marchés nord-américains ou asiatiques sont fermés à nos entreprises.

Je me battrai donc pour que l’Europe s’attaque enfin à ces déséquilibres, avec la volonté politique dont elle a souvent manqué jusqu’à présent.

 

Ma politique industrielle ne se limitera pas à la baisse des impôts et à la libération du droit du travail. Je veux que notre pays se donne les moyens de protéger sa souveraineté économique et qu’il assume des objectifs de puissance.

Il n’y a pas de grande puissance dans le monde qui ne soit industrielle.

Or nous vivons une nouvelle révolution industrielle avec le numérique, dont les effets exponentiels se diffusent dans tous les secteurs de l’économie et de la vie sociale. A nous d’entrer pleinement dans cette révolution car nous sommes capables d’en être un leader !

Mon programme contient un ensemble de mesures fortes pour développer les filières de demain.

Nous devons éviter de nous faire imposer des normes ou des acteurs extérieurs. Et nous devons tout faire pour garder nos talents, nos idées et nos technologies, au lieu de les laisser fuir à l’étranger. Je pense à des sujets comme le véhicule électrique, les énergies vertes, l’intelligence artificielle, le big data, l’open data, la blockchain, les objets connectés, l’e-santé.

Dans tous ces secteurs, la France a des atouts considérables. Il n’y a aucune raison de les négliger ou de les brader. Je veux qu’ils puissent se déployer efficacement : ils contribueront au redressement et à l’avenir de notre pays. Je veux qu’ainsi nous préparions les « Airbus » de demain dans les nouvelles technologies !

Le troisième axe de mon projet est la réconciliation.

Nous sentons tous que quelque chose est train de se briser dans le lien social, dans notre solidarité nationale. Les Français ont besoin d’être réconciliés avec eux-mêmes.

Mes propositions vont dans ce sens. Dans tous les domaines, elles introduisent plus de solidarité, de dialogue et de coopération entre les acteurs. Partout, je veux recréer du lien social. Je veux substituer, aux rapports de tension, des logiques partenariales.

C’est le cas, par exemple entre le monde éducatif et le monde de l’entreprise. La relance massive de l’apprentissage et de l’alternance que je propose permettra de retisser ce lien rompu entre institutions qui ont tout à gagner à travailler ensemble.

De même, en voulant refonder l’école, j’ai l’intention de réconcilier les Français avec cette institution qui est la plus noble de la République, et qui a été négligée ces dernières années. Je souhaite la refocaliser sur ses missions fondamentales : apprendre à lire, écrire, compter, connaître l’histoire de notre pays et ses valeurs civiques, apprendre un métier, apprendre le respect et la fraternité.

La laïcité est un autre pilier de notre République, autour duquel les Français doivent se rassembler.

Elle est aujourd’hui affaiblie alors qu’elle est fondamentalement une valeur de réconciliation. Je serai intraitable avec l’Islam radical et l’antisémitisme. Mon projet comprend des actions fortes, comme le strict contrôle administratif du culte musulman tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé.

Réconcilier, c’est aussi une nécessité entre le monde agricole et la grande distribution, avec un dialogue qui doit être plus équilibré et plus équitable.

Réconcilier et relancer le dialogue, c’est aussi ce que je propose entre les pouvoirs publics et le monde associatif, sur les domaines de priorité nationale comme le handicap ou la grande pauvreté. Les pouvoirs publics n’ont pas la science infuse, ils doivent mieux prendre en compte la voix des acteurs de terrains, de ceux qui s’engagent au service de causes qu’ils connaissent mieux que quiconque.

Je veux aussi rassembler les acteurs locaux, les entreprises et le monde de la recherche en matière de valorisation de nos atouts naturels, d’économie verte, de développement des territoires.

Si nous voulons réconcilier les Français avec eux-mêmes et avec leur avenir, il faut que la préservation de l’environnent et le développement durable soient au centre de nos priorités.

Un exemple parmi beaucoup d’autres, en matière d’économie maritime : je souhaite créer une « Alliance pour la Croissance Bleue » sur le modèle de « l’Alliance Industrie du Futur ». Elle réunira les représentants des secteurs économiques, les acteurs scientifiques et académiques et les collectivités territoriales. Elle sera chargée de construire, avec l’Etat, la stratégie de croissance bleue et d’assurer son déploiement en consolidant les secteurs économiques maritimes traditionnels.

 

La dépendance est un autre sujet sur lequel la coopération entre les acteurs doit être encouragée.

Ce sera le cas entre les familles et les personnes âgées et dépendantes, avec la généralisation des services à la personne. Pour en faire un nouveau modèle économique, j’ai prévu plusieurs mesures qui favoriseront la prévention et le maintien à domicile.

Je propose de créer des « moniteurs de services », sur le modèle des care management japonais, suédois ou canadien, chargés d’informer les personnes âgées et leurs familles, de coordonner la prise en charge, et de contrôler la qualité des services.

Je propose aussi de lancer un plan de professionnalisation des aides à domicile, intégrant le développement des nouvelles technologies et la recherche d’une efficacité accrue des services.

 

Mesdames et Messieurs,

Libérer, protéger, réconcilier : ces trois objectifs forment un projet ambitieux. Il ne pourra réussir que s’il est mis en œuvre avec méthode et détermination.

Les premières semaines et les premiers mois seront cruciaux. Je ne perdrai pas de temps. Je mettrai en œuvre ce que les Français auront choisi. Je ne laisserai pas les lobbys, les intérêts catégoriels, les corporatismes et les conservatismes freiner ce mouvement qui aura été décidé de manière démocratique et incontestable.

Dans la foulée de l’élection présidentielle, la vie publique sera profondément réformée. Nous la mettrons au niveau des meilleurs standards internationaux.

Je constituerai un gouvernement restreint, avec quinze membres au total et des secrétaires d’Etat collaborateurs des ministres et sans attribution particulière.

Les ministres seront choisis sur un critère exclusif : celui de la compétence.

Les effectifs des cabinets seront limités à dix personnes.

Les ministres signeront un code de conduite des membres du gouvernement. Ce code garantira notamment la collégialité et la solidarité gouvernementale, la prévention des conflits d’intérêt et la bonne utilisation des moyens publics.

Les ministres auront des objectifs précis à remplir, avec des échéances à respecter. Leur action fera l’objet d’un suivi qui sera publié. Les ministres qui n’atteindront pas leurs objectifs ne resteront pas au gouvernement. L’Etat n’est pas une entreprise mais il n’est pas interdit de s’inspirer des techniques managériales qui ont fait la preuve de leur efficacité dans le monde entier.

Nous engagerons aussi, dans le respect de la séparation des pouvoirs, un processus associant étroitement les parlementaires, en vue de la modernisation de leur statut et de celui de leurs collaborateurs.

Dans les trois mois suivant l’élection, nous adopterons les grandes réformes économiques autour de quatre axes principaux.

Premièrement, nous engagerons un vaste plan pour alléger les contraintes et lever les freins à l’embauche et à l’activité. Il intègrera notamment la réforme du droit du travail, la suppression des 35 heures et du compte pénibilité.

Deuxièmement, nous rétablirons la compétitivité des entreprises par la baisse des charges, la réforme de la fiscalité du capital et la réforme des retraites.

Troisièmement, nous stimulerons le pouvoir d’achat des français, notamment par le forfait des charges salariales, l’augmentation des petites retraites et le relèvement du quotient familial.

Quatrièmement, nous lancerons un grand mouvement de baisse des dépenses publiques et de simplification des procédures administratives.

 

Au-delà de ces initiatives de court terme, nous aurons engagé, avant la fin de l’année 2017, trois démarches de fond.

Nous aurons lancé un ensemble de grands programmes prioritaires en matière de handicap et de grande pauvreté.

Nous aurons adopté des plans d’action en matière de justice et de sécurité ainsi que la revue stratégique en matière de défense.

Et nous aurons activé une initiative européenne globale pour consolider la zone euro, pour rétablir une réciprocité véritable en matière commerciale, et pour renforcer la sécurité aux frontières communautaires.

 

Mesdames, Messieurs,

Avant la fin de l’année, la France sera entrée dans une nouvelle époque.

Notre action sera massive, puissante, méthodique. Dans tous les domaines, j’irai plus loin que ce que proposent les autres candidats à la présidentielle toujours séduits par les demi-mesures ou les propositions folles. Notre action permettra de rétablir de manière immédiate la confiance qui s’est évaporée au fil des ans.

Dès les premières semaines, chaque Français verra que quelque chose d’inédit est en train de se produire. Chaque observateur étranger comprendra que le redressement de la France est enfin enclenché.

Je vous remercie et suis maintenant disponible pour répondre à vos questions.


François Fillon, le 13 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 23:14

Le lundi 13 mars 2017, le candidat François Fillon a présenté la version définitive de son projet présidentiel pour l'élection de 23 avril et 7 mai 2017, légèrement modifié pour obtenir l'adhésion des centristes de l'UDI.

Cliquer sur lien pour télécharger le projet de François Fillon (fichier .pdf) :
https://www.fillon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/PROJET_FRAN%C3%87OIS_FILLON_2017.pdf

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170313-projet-fillon.html

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 15:25

Le Conseil Constitutionnel a publié la nouvelle mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle.


Le tableau est ici :



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170310-parrainages-candidats.html
 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 23:58

(verbatim)



Discours de François Fillon le 9 mars 2017 à Besançon
 

Mes chers amis

Merci de votre fidélité. Merci à Besançon pour son accueil, merci à vous tous, les militants de la France.

Merci aux élus républicains mais aussi centristes, car maintenant on va tous au combat ensemble.

On a cru m’intimider, me faire reculer.

Certains espéraient me briser et au passage espéraient briser votre voix, mais vous êtes là, et c’est vous et seulement vous qui êtes le peuple souverain, les gardiens de la démocratie.

Au Trocadéro, ils étaient 200.000 ; avant-hier, à Orléans, ils étaient 4000 ; et ce soir celle salle est bondée. Et elle l’est parce qu’il y en vous une révolte, il y a en vous une fierté et il y a chez les Français une liberté indomptable.

Durant les primaires, j’étais le candidat du redressement national. Je le suis toujours mais je suis aussi devenu le rebelle que le système n’arrêtera pas.

Ensemble, nous allons foncer vers la bataille et pour la victoire.

Ce qui nous pousse, c’est la France et c’est ce drapeau tricolore qui nous parle d’honneur, de grandeur !

Lorsque nous regardons le passé, nous voyons nos héros, nous voyons des générations d’hommes et de femmes qui ont travaillé dur, qui se sont battues pour la liberté et pour la gloire. Lorsque nous regardons l’avenir, nous voyons, à leur image, la France en tête, la France au sommet car, que voulez-vous, les Français ont l’instinct de la grandeur.

Nous sommes un peuple fier et nous avons de quoi l’’être.

D’un pays de quelques millions d’habitants, nous avons fait la 5ème puissance du monde, l’une des plus créatives, l’une des plus admirées.

Nos atouts restent immenses.

L’excellence de nos infrastructures, la productivité de nos habitants, la richesse de notre histoire, le rayonnement de notre culture, notre savoir-faire agricole, technologique, industriel, notre diplomatie et notre force militaire…

Nous avons entre les mains un trésor qui ne demande qu’à briller mais qu’avons-nous-fait de ces atouts ?

Notre pays est grevé par une dette abyssale, étouffé par la bureaucratie, incapable de financer sa protection sociale, déprimé par le chômage de masse, déchiré par l’insécurité, menacé par le totalitarisme islamique.

Voyons-la, cette France des entreprises qui ferment, des industries qui périclitent, des entrepreneurs et des cerveaux qui s’exilent, des agriculteurs qui peinent deux fois 35 heures par semaine sans pouvoir gagner un revenu décent.

Dans ce monde de progrès technologiques et scientifiques fulgurants, nous devrions être les premiers innovateurs.

Dans ce monde où de nouvelles entreprises peuvent naître et conquérir la planète en quelques années, nous devrions être des leaders.

Pourquoi sommes-nous en dessous de notre immense potentiel ? Parce que notre société est bloquée.

Elle décourage le travail par sa fiscalité confiscatoire.

Elle empêche l’embauche par son droit du travail trop rigide.

Elle stoppe l’entrepreneur par ses règles innombrables.

Elle brise l’ascenseur social en sapant l’école par dogmatisme égalitariste.

Je veux que la France se libère de ses chaînes.

Je suis persuadé que nous pouvons le faire et je suis convaincu que nous pouvons devenir la première puissance européenne d’ici 10 ans.

 

Pour cette présidentielle, les électeurs ont le choix entre quatre options, dont trois sont des impasses…

La première impasse est celle du repli sur soi et du retour en arrière.

Ce que proposent Mme Le Pen et M. Mélenchon, c’est de fermer les portes et les fenêtres, et de rallumer la bougie.

Ils déversent la litanie de leurs promesses illusoires : nouvelles dépenses à gogo, création d’emplois publics en pagaille, retraite à 60 ans, 32 heures, retour au franc.

Des promesses qui reposent toujours sur des solutions simplistes :

« Les riches paieront ». Ils omettent seulement de préciser que « les riches », ce sont plus ou moins tous les Français !

« L’Etat paiera » : mais l’Etat n’a pas d’autre ressource que celle de vos impôts !

« La dette y pourvoira » : mais la dette ce sont les impôts de nos enfants !

Avec Le Pen et Mélenchon, la France deviendra la Grèce en quelques mois.

M. Hamon nous vend quant à lui une France du farniente et de l’irresponsabilité.

Tous aux 32h et tous au revenu universel.

Et tant pis si pendant ce temps le monde entier se lève chaque matin, la rage au ventre, avec le désir de conquérir nos richesses, nos parts de marché.

Et puis il y a l’option du socialisme masqué que nous propose Emmanuel Macron. De moins en moins masqué puisque beaucoup de ses anciens camarades le rejoignent. S’ils le rejoignent, c’est qu’ils sont à l’aise avec lui et s’ils le sont c’est qu’ils se retrouvent dans son projet.

Ce projet aurait pu être écrit par François Hollande. Il n’y a là rien de surprenant puisque Macron a largement écrit celui de Hollande.

Les sujets qui nécessitent du courage et une colonne vertébrale, sont soigneusement mis sous le tapis.

Macron a les allures d’un golden boy rêvant d’une France hors sol.

Il ne croit pas, dit-il, qui il y ait une culture française, mais des cultures en France.

S’il n’y a pas de culture française alors qu’est ce qui nous relie, qu’est-ce qui nous rassemble, qu’est-ce qui transcende nos origines, nos religions, nos différences ? Comment éduquer nos enfants, comment intégrer les étrangers qui nous rejoignent s’il n’y a plus de culture française et si le passé est une repentance ?

Je discerne dans le projet d’Emmanuel Macron le souhait d’une société d’individus et non plus de citoyens, une société plastique, une société liquide.

La République, ca n’est pas cela !

La République c’est le résultat d’une volonté d’unir les différences, c’est la nécessité d’élever les individus au rang de citoyen, c’est la conviction que l’intérêt national est supérieur aux intérêts privés ou personnels.

Ma conception de la République, c’est celle de Clémenceau, de De Gaulle, de Philippe Séguin, mais aussi celle d’un homme comme Jean-Pierre Chevènement.

 

Mon projet est clair : c’est le redressement national.

Mon objectif économique reste le même: l’emploi, l’emploi et le plein emploi.

Contre le chômage, on a tout essayé, sauf ce qui marche.

Le travail en France est trop taxé. C’est le principal verrou à l’embauche et au développement économique de nos entreprises.

Si je suis élu, je baisserai dès le 1er juillet 2017 les cotisations salariales, ce qui augmentera le salaire.

J’allègerai les charges pesant sur les entreprises,

J’alignerai le taux d’IS sur celui des pays européens comparables,

Je supprimerai les taxes inutiles et complexes,

J’exonèrerai de charges sociales l’embauche d’un jeune en alternance,

Je mettrai un terme à l’utopie désastreuse des 35 heures en donnant aux salariés et aux entrepreneurs le pouvoir de négocier ce qui est bon pour eux.

Je repasserai nos fonctions publiques aux 39 heures pour pouvoir compter sur un Etat fort, un Etat qui ne croule pas sous les déficits, un Etat qui offre à ses agents publics des perspectives de carrière.

Notre code du travail est une barrière de 3400 pages.

Je veux refonder le code du travail autour d’une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation.

Le recours à l’auto-entrepreneuriat doit être facilité et le statut juridique de prestataire indépendant renforcé.

Il faut relever les seuils sociaux qui multiplient tant les contraintes pesant sur l’entreprise qu’elle préfère ne pas se développer plutôt que de franchir ces stades.

Sous ma présidence, les seuils sociaux aujourd’hui fixés à 10 salariés passeront à 20, ceux prévus à 50 passeront à 100 salariés.

Place au dialogue social, place au vrai référendum d’entreprise, place à la simplification des normes et des seuils : voilà ma logique qui est celle de la liberté et de l’efficacité.

La fiscalité du capital doit cesser d’être punitive.

Le capital doit être incité à financer l’économie.

Plutôt que faire des courbettes devant les fonds de pensions étrangers, je veux des fortunes françaises qui investissent en France, pour nos entreprises, pour nos emplois.

En mettant en place une flat tax à 30% sur les revenus du capital, la France rejoindra la moyenne européenne.

Tous les Français, à travers leur épargne, peuvent et doivent devenir investisseurs dans l’économie réelle. Cette épargne doit en particulier être consacrée à financer les PME et ETI. Ce sont elles qui créent des emplois en priorité.

C’est pourquoi je propose de réduire l’impôt sur le revenu de 30% du montant investi dans une PME dans la limite de 1 million d’euro, de favoriser le financement participatif, de faciliter la transmission des entreprises familiales.

Pour venir en aide aux agriculteurs qui sont étranglés de réglementations, je veux supprimer les normes supplémentaires que nos technocrates ont cru bon d’ajouter à celles qui sont d’origine européenne.

Voilà le sens de ma bataille pour l’emploi et la croissance !

 

Mes chers amis,

Pour que notre nation soit unie et forte, l’éducation nationale est une priorité.

Les évaluations internationales montrent que le niveau des jeunes Français chute ; notre système éducatif est dans le monde considéré comme moyen.

François Hollande s’était pourtant engagé sur la priorité à l’école. Qu’en reste-t-il, sinon l’échec de trois ministres successifs ?

Le premier, Vincent Peillon, a prétendu « refonder » l’école mais n’a su qu’imposer sans discussion la calamiteuse réforme des rythmes scolaires.

Le deuxième, Benoit Hamon, nommé au printemps 2014, a décroché avant la rentrée.

La troisième, Najat Vallaud Belkacem, n’a eu de cesse de mettre en cause le mérite et l’excellence dans le système éducatif.

Certes tous les trois ont invoqué « l’école de la République », mais ils ont en réalité systématiquement affaibli et cherché à déconstruire ce qui, dans le système éducatif français, fonctionnait convenablement.

Cette entreprise n’a épargné aucun domaine : les programmes de l’enseignement obligatoire ont été « allégés » et leur simple lecture est incompréhensible pour les parents, et même parfois pour les professeurs.

Les nouveaux programmes d’histoire négligent la chronologie et font l’impasse sur le « récit national » : ils ne permettent pas à nos enfants de se reconnaître dans une histoire et un destin commun.

La nouvelle grammaire désoriente les maîtres et les parents : une phrase se compose d’un sujet et d’un prédicat ! Savez-vous ce qu’est un prédicat ? Pas moi !

Alors que les élèves ont besoin de repères les encourageant à progresser, les ministres, hostiles par idéologie aux notes, ont supprimé les évaluations nationales de CE1 et CM2 qui permettaient aux parents de connaître la progression de leurs enfants et aux professeurs d’adapter leur pédagogie aux aptitudes des élèves.

Aujourd’hui professeurs, chefs d’établissement, inspecteurs qui ont choisi leur métier parce qu’il incarnait une haute idée du savoir sont découragés.

Découragés de recevoir des instructions fabriquées par une caste de pédagogues déconnectés.

Découragés de voir que les objectifs de mérite et d’excellence sont bannis de l’école.

Découragés de constater que le ministère leur impose une uniformité et une complexité administrative que l’on observe dans aucun autre pays d’Europe.

 

J’ai pour objectif de refaire du système éducatif français l’un des meilleurs du monde.

Dans notre Ecole, 20% des élèves sortent de CM2 sans avoir acquis les bases.

Est-il normal que les enfants de CM2 fassent en moyenne 18 fautes dans une dictée d’une dizaine de lignes ?

Est-il admissible que les résultats en mathématiques des élèves de CM1 classent la France vingt-huitième sur vingt-huit des Etats de l’Union européenne ?

Nous savons tous qu’un enfant qui ne sait pas lire en quittant l’école primaire est un enfant qui deviendra un adulte marginalisé et nous ne devons plus l’accepter.

 

C’est pourquoi je veux restituer à l’école maternelle son rôle de préparation à l’apprentissage de la lecture en lui donnant un objectif fort : celui de l’acquisition par les enfants d’un important vocabulaire.

Je veux faire commencer la scolarité obligatoire à cinq ans au lieu de six, de sorte que l’apprentissage de la lecture, avec des méthodes efficaces, débute plus tôt.

 

Je veux concentrer les trois quarts du temps de l’enseignement élémentaire sur le socle de connaissances : lecture, calcul, écriture, grandes dates et grands personnages de l’histoire de la Nation, géographie de la France et de ses régions.

Je veux supprimer les enseignements de langue et de culture d’origine qui différencient les enfants issus de l’immigration.

Je veux laisser aux collectivités territoriales la liberté de décider de l’organisation du temps scolaire.

A ce titre, elles pourront, si elles le souhaitent, revenir sur la réforme des rythmes scolaires.

 

Pour le collège, je veux abroger la réforme de Mme Vallaud-Belkacem, faire du brevet un diplôme sérieux certifiant l’acquisition du socle de connaissances.

Je veux organiser pendant la scolarité au collège trois séquences d’une semaine chacune de découverte des métiers et de l’apprentissage.

Parce que les élèves ne doivent pas se distinguer par leur tenue vestimentaire, parce qu’ils forment une communauté, je veux que les conseils d’école et les conseils d’administration des collèges définissent une tenue vestimentaire propre à l’établissement, un uniforme scolaire, comme cela se fait dans nombre de nos collèges d’outre-mer.

 

Ces jours-ci, des violences inadmissibles se sont déclenchées dans certains collèges et lycées.

Je dis aux chefs d’établissements et aux enseignants mon plein soutien. Ils sont en première ligne face à l’incivisme et à la brutalité de certains élèves qui se prennent pour des caïds.

A l’époque, nous avions pris des mesures pour la sécurité des établissements, mais ce gouvernement a tout balayé d’un revers de main. Il faudra y revenir.

La sécurisation des entrées des lycées, avec sas d’entrée et vidéo-protection.

La responsabilisation des parents par la suspension des allocations, si nécessaire. Cela fonctionnait. La gauche y a renoncé.

La mise en place d’établissements de réinsertion scolaire pour les élèves les plus perturbateurs. Ça marchait, mais la gauche, par idéologie, les a supprimés.

Je veux que les élèves qui sont exclus définitivement par le conseil de discipline, soient inscrits dans des établissements adaptés afin qu’ils modifient leur comportement et se remettent sur la voie des apprentissages scolaires fondamentaux.

Parce que l’instruction est gratuite et obligatoire, les familles qui s’opposent à l’instruction obligatoire, celles qui ne veillent pas à la fréquentation régulière et assidue des cours par leurs enfants, seront sanctionnées.

La loi prévoira, à nouveau, pour elles la suspension des allocations de rentrée, des allocations familiales ou des bourses.

 

Au lycée, je veux que les élèves préparent dans les meilleures conditions possibles la transition vers l’enseignement supérieur et vers l’avenir professionnel.

Il faut donner une qualification aux jeunes et lutter contre le décrochage.

Il faut aussi mettre un terme au gâchis constitué par l’échec en première année d’université de 50% des étudiants, largement en raison d’un processus d’orientation non maîtrisé.

C’est pourquoi il faut permettre à chaque élève de première et de terminale de se concentrer davantage sur les matières qui le prépareront le mieux à la suite de son parcours.

Je veux revaloriser le baccalauréat en réduisant à 4 le nombre d’épreuves et en renforçant les exigences de chacune d’entre elles pour permettre une bonne orientation et la réussite dans l’enseignement supérieur.

Les universités devront faire connaître aux lycéens, pour leurs différents parcours de licence, les épreuves qu’elles recommandent de choisir au baccalauréat.

Je veux qu’elles communiquent aux familles, lorsque les jeunes s’inscrivent en faculté, les taux d’insertion professionnelle de chaque filière qu’elles proposent.

Les universités pourront alors dans les filières dites en tension, où se présente un très grand nombre de candidats, non pas recevoir des élèves tirés au sort par les ordinateurs de l’application « APB », mais retenir ceux qui se sont préparés dès le lycée à la voie d’enseignement supérieur pour laquelle ils postulent et qui ont l’envie et le talent nécessaires pour réussir.

 

Je souhaite aussi revoir l’organisation de l’Education nationale.

Je veux moins de hiérarchies, moins de bureaucratie, moins de directives pour tout et n’importe quoi.

Les enseignants connaissent leur métier et leurs élèves.

Je supprimerai le Conseil supérieur des programmes créé par la gauche, parce que ses choix et son idéologie ont contribué à l’affaiblissement de notre système éducatif.

Je revaloriserai les traitements des enseignants en tenant compte de leur mérite et en leur demandant d’être plus présents dans l’établissement.

Je veux que l’on fasse enfin confiance au dynamisme, à la compétence des équipes d’établissement qui doivent être motivées par un projet ambitieux pour leurs élèves.

Je confierai progressivement aux chefs d’établissement du second degré le choix de de leurs personnels.

Pour mieux écouter les parents, je ferai élire au sein du conseil d’administration des établissements scolaires un vice-président parent d’élève.

 

Parallèlement, j’encouragerai la création d’une nouvelle catégorie d’établissements scolaires.

Dans les zones de revitalisation rurale et les zones urbaines sensibles, l’Etat soutiendra la création d’établissements publics ou privés indépendants et innovants.

J’ai visité en novembre une école d’« Espérance banlieue » à Asnières, et j’ai constaté l’aide apportée aux familles le plus en difficulté par des établissements fondés sur la liberté, la discipline et l’attention extrême portée aux élèves.

Ces écoles permettent de scolariser des enfants qui étaient harcelés, des enfants ayant un trouble de l’attention, des enfants issus de l’immigration et qui croient au mérite, des enfants en total échec scolaire dans le système traditionnel.

Ces écoles ne sont aujourd’hui pas aidées. Eh bien, l’Etat ne devra plus s’opposer à cette nouvelle offre éducative issue de la société civile ; il devra leur faciliter la tâche et les aider

 

Enfin, notre système éducatif doit relever le défi du chômage des jeunes.

Il faut une mobilisation nationale des parents, des entreprises, des professeurs et des régions pour revaloriser et développer l’apprentissage dès l’âge de 15 ans.

En Allemagne 16% des jeunes de 16 à 24 ans sont apprentis, en France 5%. En Allemagne, 7% des jeunes sont au chômage, en France 25%.

Je veux aussi faire de l’enseignement professionnel une vraie voie d’excellence. C’est pourquoi j’ai prévu de le confier aux régions.

Les régions sauront organiser une plus grande cohérence entre les lieux de formation (lycées professionnels, agricoles, maritimes et centres d’apprentissage) et les bassins d’emploi.

Les régions sont plus qualifiées que les rectorats pour adapter rapidement le système de formation aux débouchés professionnels et mieux préparer les jeunes à s’insérer dans la vie active.

Les diplômes de l’enseignement professionnel resteront nationaux mais les régions auront la possibilité, pour une part de 20% du diplôme, de définir des adaptations en corrélation avec les besoins économiques.

Voilà notre ambition pour notre éducation nationale.

 

Et puis, il y a le pilier de la famille, que la gauche et ses élites ont si longtemps ridiculisé et jugé démodé.

La famille, nous la défendrons !

Je relèverai le quotient familial qui permet d’alléger l’impôt de tous ceux qui ont charge d’enfant. J’entends favoriser les donations aux enfants pour développer la solidarité intergénérationnelle et donner aux jeunes les moyens de se lancer dans la vie.

Pour les familles qui ont un enfant handicapé, tout doit être fait pour assumer une scolarisation normale, parmi les autres enfants.

 

Mes amis,

J’avais parlé du risque de guerre civile il y a quelques jours, pour décrire les scènes de violences dans certains quartiers de France.

Le chœur des gardiens du politiquement correct s’est immédiatement déchaîné. Il devrait mettre la même énergie à s’indigner de l’insécurité imposée à ceux de nos concitoyens qui vivent dans les quartiers.

Le vrai scandale n’est pas de parler de risque de guerre civile, c’est de voir ces vitrines brisées, ces commerces saccagés, ces équipements publics ravagés, ces affrontements entre des voyous cagoulés et les forces de l’ordre.

Le scandale, c’est de voir la pression salafiste s’étendre dans nos banlieues, remettant en cause l’égalité homme-femme, développant l’antisémitisme.

Disons les choses, l’Islam radical est en train de gangréner une partie de nos concitoyens musulmans. Cet Islam radical nous défie, il défie nos valeurs communes. Je ne laisserai pas faire !

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé.

Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du « salafisme » ou des frères musulmans.

Restaurer l’ordre et la sécurité, c’est une question de justice et d’unité nationale.

Je veux que les voyous soient sanctionnés et les peines exécutées. Pour cela, je relancerai la construction de 16.000 places de prison.

Je mettrai fin à la quasi-automaticité des remises et aménagements des peines de prison.

Les peines-planchers automatiques doivent être rétablies afin que la récidive soit plus lourdement condamnée.

Il est temps aussi de réaliser que la délinquance a changé de forme, et que la majorité pénale à 18 ans permet à trop de délinquants de narguer la justice. C’est pourquoi nous abaisserons la majorité pénale à 16 ans.

Nous devons honneur et respect à ces 10 000 policiers, gendarmes, pompiers aussi, qui sont blessés chaque année et à la dizaine d’entre eux qui trouvent la mort.

Nous devons faire plus encore, en les aidant à accomplir leur mission au quotidien : je veux renforcer et moderniser leurs moyens, les décharger de leurs tâches administratives, remettre sur le terrain policiers et gendarmes, renforcer et généraliser les polices municipales.

 

Le redressement national passera aussi par la renaissance du projet européen. Car dans un monde de 7 milliards d’habitants, nous avons besoin d’une Europe unie pour défendre au mieux nos intérêts.

Ne soyons pas naïfs, la Chine, les Etats-Unis, la Russie jouent d’abord et avant tout leur propre partition. Ils présentent d’immenses blocs œuvrant dans l’intérêt de leurs populations.

La France est grande, mais elle ne représente que 1% de la population mondiale. Mieux vaut ajouter nos forces à celles des autres 440 millions d’Européens.

Mais pour que l’Europe soit forte, il faut la réorganiser. Assez de technocratie, assez de consensus mou. Il faut lui fixer des priorités stratégiques et renvoyer le reste aux nations.

Pour faire cela, il faut un leadership français ; et pour que ce leadership soit respecté, il faut une France puissante et un président de la République qui est capable de tenir les rênes.

Moi, j’y suis prêt.

 

Mes amis, l’élection présidentielle est une rencontre entre un homme et son pays.

Ces dernières semaines, on a mis à l’épreuve ma vie.

On la décortique, on cherche le moindre faux pas, le moindre scoop.

Je dis aux Français : jugez -moi sur mon parcours.

Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier, j’ai donné 36 ans de vie publique à ma ville, à mon département, à ma région, à la France ; 36 ans à parcourir nos villages et nos villes ; 36 ans de rencontres avec les Français, face à leurs espoirs et leurs colères ; 36 ans de projets, d’idées, d’affrontements intellectuels.

36 ans de combat, avec des victoires, avec des défaites. J’ai connu les salles pleines et la solitude des préaux d’Ecole, en compagnie d’une poignée de militants.

J’ai assumé les plus hautes fonctions, croisé les grands de ce monde, mais je sais aussi la détresse de mes compatriotes qui me sollicitaient et que j’aidais au mieux que je le pouvais.

Je viens de loin, je suis un patriote qui a donné le meilleur de lui-même, je suis comme ces combattants balafrés qui n’ont pas appris la vie dans des livres.

J’ai pu faire des erreurs, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides.

On ne devient pas président sans avoir été attaqué, injurié, écorché par ses adversaires : de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous furent des cibles mais, je l’ai dit, ce qui ne tue pas rend plus fort.

Et c’est grâce à cette force intérieure qu’ils purent assumer la conduite de la France, la 5ème puissance du monde. Cette force, je l’ai en moi et je suis plus que prêt à l’utiliser au service de mon pays.

L’heure est importante pour la France.

J’invite tous les Français qui veulent une France libre à me rejoindre.

Je donne et je donnerai tout dans cette campagne, toute ma volonté, tout mon courage, toutes mes forces.

Vous le verrez, avec vous, je battrai tous les scénarios que certains prétendent écrits d’avance. Vous verrez que le peuple Français est, dans ses profondeurs, à nos côtés.

Il rejettera l’immobilisme des socialistes, il repoussera les zigzags du macronisme, il écartera la faillite des extrémistes.

Ce jour-là, on se souviendra de Besançon, on se souviendra de vous, de votre courage, de votre détermination ; ils se souviendront que, tous ensemble, nous avions cette incroyable volonté de vaincre, pour la République et pour la France.
 


François Fillon, le 9 mars 2017 à Besançon.

Source : www.fillon2017.fr


 

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