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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 00:35

« Je crois qu’avec l’avancée de l’extrême droite et de la droite dure de 1934, il y a un impérieux devoir de nous rassembler autour d’une candidature attractive et prometteuse qui unifiera enfin la classe ouvrière. » ("Paris Normandie", le 31 mars 2017).


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C’est par un simple tweet que la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a annoncé, au risque de décevoir ses 8 000 militants engagés et persévérants, son retrait de la course présidentielle : « Je me retire pour faire gagner la France insoumise. ». Cette décision est inattendue et surprenante de la part d’une organisation communiste qui a toujours refusé de se lier avec des partis "du système", y compris le parti communiste français. En 2002, Lutte ouvrière avait refusé d’ailleurs d’appeler à voter Jacques Chirac pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen.

En fait, cette évolution peut être compréhensible. Elle est surtout liée à la très bonne campagne du candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon dont la courbe d’intentions de vote dans les sondages grimpe à forte allure depuis deux semaines, surpassant de loin le candidat socialiste Benoît Hamon.

Dans le dernier sondage "rolling" réalisé quotidiennement par l’IFOP (sondés interrogé du 28 au 31 mars 2017) pour "Paris-Match", Sud Radio et CNews et publié le 31 mars 2017 (qu’on peut télécharger ici), Jean-Luc Mélenchon, avec 16,5%, est en train de rattraper François Fillon qui s’effrite à 17,0%, tandis que Benoît Hamon s’est effondré à 10,0%.

Le pari de Jean-Luc Mélenchon, c’est de se retrouver au second tour. Mais pas contre Marine Le Pen dont il prend chaque jour des électeurs potentiels. Ses partisans comptent prendre la seconde place pour affronter au second tour Emmanuel Macron, ce qui serait le clivage idéal pour, comme dit le leader charismatique, « remettre la France dans sa tradition humaniste ».

Par ailleurs, le renoncement de François Hollande avait particulièrement frustré Jean-Luc Mélenchon dont la stratégie de campagne était ciblée sur le Président sortant. En devenant le principal opposant de celui qui apparaît de plus en plus comme l’héritier de François Hollande (qui a avoué que le programme de son ancien ministre était pratiquement le sien de 2012), il réalise un vieux rêve depuis le début des années 2000, celui de donner une bonne leçon à François Hollande et à ses sbires arrogants de la rue de Solferino.

Lors de son meeting au Havre le 29 mars 2017, Jean-Luc Mélenchon, qui a su faire oublier son caractère bougon et colérique pour laisser apparaître une bonhomie et bienveillance très prisées chez ses militants, a répété son double objectif : éliminer le FN au premier tour, éliminer le hollandisme d’affaires au second tour.

Mais pour atteindre ce but, toutes les voix compteront et il lui faut éviter au maximum une déperdition de voix souvent traditionnelle au sein de l’extrême gauche française avec les multiples chapelles communistes et trotskistes. En marge de son déplacement au Havre, Jean-Luc Mélenchon a ainsi pu s’entretenir avec la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, elle aussi en déplacement en Normandie pour sa campagne.

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Et Nathalie Arthaud a été convaincue que la victoire du peuple sur les banquiers pourrait avoir lieu dès les semaines à venir. Certes, les sondages ne restent que les sondages, mais s’il y a bien un fort mouvement de progression actuellement, c’est bien celui de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Lutte ouvrière a l’habitude d’être présente à toutes les élections, mais sans attente particulière car ce mouvement croit plutôt à l’importance des périodes de grèves comme ce fut le cas lors des manifestations de 1968, ou de 1995 : « Ce qui est fondamental, c’est que le peuple descende dans la rue (…). Je me dis qu’un moment comme celui-là peut revenir vite. Et s’il fallait attendre longtemps, cela ne m’affecterait pas plus que cela. Je ne suis qu’un chaînon. » ("Le Monde" du 13 avril 2012).

Nathalie Arthaud a expliqué son désistement dans une interview à "Paris Normandie" (qu’on peut télécharger ici), pas loin d’ailleurs d’un article très racoleur : "Près de Rouen, il viole une poule sous les yeux de sa femme et de sa fille !" (sic).

« Si le Grand Soir arrive le mois prochain, pourquoi pas ? Nous y sommes préparés depuis des décennies ! » a-t-elle fait remarquer en insistant sur les qualités intellectuelles et politiques de Jean-Luc Mélenchon qui saura, selon elle, « aller jusqu’au bout de la logique démocratique ». Son désistement a donc valeur d’un pari, celui de faire gagner le plus tôt possible la cause des travailleurs : « On ne peut pas se permettre de prendre le risque d’un échec du candidat Mélenchon de quelques points par le maintien de ma candidature et de celle de Philippe Poutou. ». Voilà qui est clair.

Nathalie Arthaud a bien conscience que son retrait est "historique" en ce sens que ce sera la première fois, depuis 1969, qu’il n’y aura pas de candidat de Lutte ouvrière (fondée le 26 juin 1968 après la dissolution de Voix ouvrière par le décret du 12 juin 1968) à l’élection présidentielle : « Du reste, c’est aussi le cas chez les écologistes et cela ne veut pas dire que les thèmes écologistes ne sont pas abordés au cours de cette campagne. Au contraire. Je crois qu’avec l’avancée de l’extrême droite et de la droite dure de 1934, il y a un impérieux devoir de nous rassembler autour d’une candidature attractive et prometteuse qui unifiera enfin la classe ouvrière. ».

Peu avant, lors de son meeting à Rouen, Nathalie Arthaud avait reçu la visite d’une historique de son mouvement, chaleureusement accueillie : Arlette Laguiller, qui a eu 77 ans le 18 mars dernier, et qui fut la première femme candidate à l’élection présidentielle (à 34 ans) et la personne qui a été le plus souvent candidate, puisqu’elle a totalisé six élections présidentielles (1974, 1981, 1988, 1995, 2002 et 2007). Arlette Laguiller a reçu généralement autour de 2% des suffrages exprimés sauf en 1995 et en 2002 où elle fut "à la mode", dépassant le seuil des 5% (respectivement 5,3% et 5,7% où elle a dépassé Jean-Pierre Chevènement !), ce qui lui a permis d’être élue conseillère régionale en mars 1998, puis députée européenne en juin 1999.

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Nathalie Arthaud, agrégée d’économie de 47 ans dans un lycée d’Aubervilliers (elle continue de faire cours malgré sa campagne), fut la porte-parole de la candidate Arlette Laguiller en 2007 avant de devenir, le 8 décembre 2008, la porte-parole de Lutte ouvrière et sa représentante lors de l’élection présidentielle de 2012 où elle a obtenu seulement 0,8% des voix (bien moins qu’Arlette Laguiller dans le passé et que Philippe Poutou dans la même élection).

Ce n’est pas la première fois que Nathalie Arthaud a "transigé" avec d’autres formations de gauche puisqu’elle a été élue en mars 2008 conseillère municipale de Vaulx-en-Velin dans le cadre d’une liste commune avec le parti communiste français, ce qui lui a permis d’être responsable de la jeunesse pendant six ans dans cette municipalité de la banlieue lyonnaise avant d’être nommée dans un lycée de la région parisienne.

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Nathalie Arthaud avait été désignée de nouveau candidate à l’élection présidentielle lors du congrès de Lutte ouvrière le 13 mars 2016. Elle a reçu assez rapidement ses parrainages, récoltant d’ailleurs plus de signatures que Marine Le Pen (respectivement 637 et 627 parrainages). Elle avait calculé qu’elle aurait 67 ans à sa sixième élection présidentielle si elle participait systématiquement à ces compétitions présidentielles jusqu’en 2037, atteignant alors le record de sa prédécesseuse : « L’intérêt de la classe ouvrière doit l’emporter bien sûr sur la couverture médiatique de notre mouvement ! ».

Quant au candidat du NPA, Philippe Poutou, il a pour l’instant déclaré n’avoir rien décidé, se méfier des belles paroles de Jean-Luc Mélenchon, qui a passé sa vie de notable au parti socialiste, et qu’il participerait, dans tous les cas, au débat sur BFM-TV et CNews le mardi 4 avril 2017 à partir de 20 heures 30, sans pour autant exclure tout acte qui « sauverait la classe ouvrière des diktats des affairistes ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nathalie Arthaud.
Interview de Nathalie Arthaud dans "Paris Normandie" le 31 mars 2017 (à télécharger).
Philippe Poutou.
Jean-Luc Mélenchon.
Élection présidentielle 2017.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170401-nathalie-arthaud.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nathalie-arthaud-jette-l-eponge-191329

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/01/35118772.htmll


 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:09

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Alain Pompidou : « Pourquoi je voterai François Fillon »

Par lefigaro.fr
Publié le 31/03/2017 à 20:12


La France va mal. Notre économie se traîne. Le chômage persiste: il devient insupportable pour des jeunes sans perspective et pour leurs aînés sans illusions. Comme l'écrivait Georges Pompidou à la Libération: «Je me sentirais diminué de ne rien faire (…). Je ne demande rien de brillant ou d'important, mais d'utile. Que je n'apporte aucune gêne, mais de la bonne volonté et, je crois, du bon sens».

Aujourd'hui il faut, à nouveau, engager le redressement d'une France affaiblie par cinq années de laxisme et de tergiversations, minée par la mondialisation et une concurrence sans concession. La menace d'une hausse des taux d'intérêts rendrait la situation inextricable.

Ni la fuite en avant ni le repli sur soi ne sont des solutions tenables: une véritable alternance s'impose. Le retour à l'équilibre budgétaire, l'amélioration de l'emploi, du pouvoir d'achat et de la sécurité nécessitent de recourir à un choc salutaire.

Dans la fonction publique, c'est bien 100 milliards d'euros qu'il faut dégager sur cinq ans.

Chacun va devoir travailler plus régulièrement, sans rupture de charge. C'est le seul moyen d'éviter le gel des salaires. Un retour progressif et négocié aux trente neuf heures hebdomadaires est nécessaire en échange d'une meilleure rémunération, de perspectives de carrières et d'amélioration des conditions de travail. Il sera ainsi possible d'affecter 40 milliards d'euros à la compétitivité et 20 milliard d'euros en faveur du pouvoir d'achat, financées également par une hausse de deux points de la TVA. Le complément servira à combler une partie du déficit public.

De telles mesures nous permettrons d'occuper notre place dans la reconstruction d' un projet européen réaliste autour d'un axe franco - allemand solide et équilibré. Sachons parallèlement faire appel à l'exigence gaulliste de souveraineté grâce au renforcement de nos forces armées et de défense de l'ordre public.

Quant à la protection sociale, elle doit être revue afin de mieux l'adapter aux différentes formes de pathologies, aux progrès de la médecine et aux différences de revenus, en tenant compte des besoins des plus démunis et de ceux des handicapés de la vie.

Un tel programme nécessite de libérer les talents et la capacité d'entreprendre: il s'agit de réviser la formation professionnelle, de réduire les charges des entreprises et d'alléger le poids des mesures administratives: «Arrêtez d'emmerder les français!» lança Georges Pompidou , excédé par la multiplication des contraintes tatillonnes et excessives pesant sur la vie de chacun d'entre nous.

Il ne faut pas craindre de rappeler la période où la France prospère s'ouvrait sur le monde. C'est bien lui qui s'est alors attaché à maintenir en France le creuset culturel et la libre expression des milieux intellectuels attachés à notre pays.

Aujourd'hui, quels sont nos choix hormis François Fillon ? Marine Le Pen prépare un programme de dépenses supplémentaires, la sortie de l'euro, la fermeture des frontières et donc le rétrécissement du marché. L'effet néfaste sur l'économie sera immédiat, il conduira à l'aggravation du chômage et à une érosion monétaire touchant directement la capacité des ménages.

Emmanuel Macron, comptable du quinquennat de douleur qui s'achève, ne représente rien d'autre que la reconduction du «hollandisme» finissant, réactualisé par ceux qui rêvent des grands soirs… En dépit de quelques ralliements spectaculaires, l'auberge espagnole qui se prépare (d'Alain Madelin à Robert Hue…) risque de paralyser nos institutions en favorisant le retour à la IVème République dont nous avait affranchi le général De Gaulle.

Certains pourraient encore se laisser séduire par des propositions habillement relayées par des médias à la recherche d'un public plus avide de rebondissements que d'informations sur les programmes. Ils doivent prendre conscience du fait que le positionnement du candidat est marqué par l'immaturité d'une aventure toute personnelle dont les lignes ambiguës ne sauraient constituer une politique. Elle se situent entre élaboration participative et gestion manifestement personnelle. L'impression de renouveau prend le pas sur la réalité . Ne les laissons pas se brûler les ailes comme des papillons attirés par la lumière.

Même si notre société est soumises à des changements rapides et prolongés nous avons besoin d'une période transitoire plus que d'une marche en avant dont l'objectif n'est pas encore clairement défini. Dans un tel contexte, François Fillon est le seul capable de maintenir le cap. Face aux flots envahissants d'une modernité inéluctable, en bon capitaine, il saura s'adapter et trouver les mesures nécessaires, après avoir consolidé le navire. Lui seul est capable de mener le changement indispensable en faisant appel à la réflexion et à la maturité plus qu'à une conduite risquée, source de dérapages incontrôlés.

Après 25 ans de collaboration étroite avec De Gaulle, Georges Pompidou avait réussi la rénovation d'un tissu social appuyé sur des infrastructures et une politique industrielle efficaces et reconnues. C'est désormais à François Fillon qu'il faut faire confiance. Il est entouré de fidèles solides et il bénéficie du soutien de son propre camp. Ceci laisse bien augurer du succès des élections législatives à venir dans lesquelles François Baroin et d'autres prendront toute leur part.

En son temps, Georges Pompidou eut à subir les pires calomnies. Elles étaient destinées à l'écarter de la course à la présidentielle en portant faussement atteinte à la moralité de sa femme. Les attaques successives et indignes dont François Fillon est l'objet ne doivent pas nous détourner de l'essentiel: nous avons besoin d'une politique et non d'une aventure. Sa force de caractère est indispensable à la conduite du pays: elle n'est plus à démontrer.

Nous devons recourir à celui qui a pour objectif le redressement national grâce à un effort sans précédent. Ainsi, nous répondrons ensemble aux attentes de celles et ceux qui refusent de basculer dans l'inconnu. Ils son prêts à s ‘engager dans la reconstruction d'une France forte par leur travail et leurs compétences , voir par le bénévolat , pour des seniors expérimentés. Le défi mérite d'être relevé d'autant que le pays est confronté à l ‘insécurité et menacé , dans sa cohésion nationale , par le terrorisme.

Envers et contre tout, je voterai François Fillon, dès le premier tour de l'élection présidentielle. C'est bien le seul qui engagera, avec l'expérience requise, un programme ambitieux mais réaliste destiné à permettre un redressement durable et son adaptation au défi de la modernité lié à la mondialisation et à l'explosion du numérique.

Sa détermination représente une raison suffisante pour l'accompagner sur ce chemin et lui apporter le soutien nécessaire. Ceci fait appel à l'effort de toutes les générations afin de retrouver la fierté abandonnée. C'est à ce prix que nous regagnerons la place que nous avons perdue en Europe et dans le monde. C'est unis derrière lui et grâce à sa ténacité que la France redeviendra la France pour le bien des Français.

Alain Pompidou, fils de Georges Pompidou, professeur émérite à la faculté de médecine, ancien parlementaire européen et président de l'Office européen des brevets.



 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 18:58

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Discours de François Fillon le 31 mars 2017 à Toulon

Mesdames et messieurs, mes chers compagnons,

Sur ce lieu symbolique du Mont Faron, j’exhorte la France à assumer pleinement son histoire et son devoir de mémoire. J’invite mes concitoyens, notamment les plus jeunes, à connaître leur passé, avec ses pages sombres mais aussi avec ses pages de bravoure dont nous sommes tous redevables.

Sur les côtes de Provence, en aout 1944, les troupes américaines et les forces françaises commandées par le général de Lattre de Tassigny ont écrit un chapitre de notre récit national.

Ici, il y a 73 ans, soldats et résistants français se sont battus pour délivrer la France du joug nazi.

Quatre ans après l’appel du Général de Gaulle, ils ouvraient enfin les chemins de la liberté.

Le courage et la fraternité guidaient les pas des combattants. Il faut se souvenir que parmi eux très nombreux étaient ceux qui étaient africains, maghrébins, pieds noirs aussi.

De toutes origines, de toutes confessions, ils venaient de loin et ils allèrent loin, percuter l’ennemi jusqu’au cœur du Reich allemand.

Le succès de la 1ère armée leur doit beaucoup, la France aussi.

Honneur doit être rendu à tous les braves, ceux qui portaient l’uniforme comme ceux qui résistaient dans l’ombre, contre l’occupant et contre son complice, le régime de Vichy.

A l’égard de nos combattants, plus qu’un devoir de mémoire, nous devons respect et gratitude. Si la République est là, si nous vivons debout et non à genoux, nous le devons à ceux qui ont défié la mort pour nous.

Soyons humbles devant leur exemple, mais soyons fiers d’être les héritiers de cette poignée d’hommes et de femmes qui ont changé le cours de l’histoire.

Dans l’épreuve, leur voix nous parle encore.

C’est la voix du courage, c’est la voix de l’indépendance nationale.

C’est la voix de la France libre.

Beaucoup sont tombés pour notre pays. Leur mort serait vaine si elle ne continuait pas de l’inspirer aujourd’hui.

La France que nous aimons, la France de la liberté nous oblige.

Elle nous oblige au rassemblement national lorsque l’essentiel est en jeu.

Elle nous oblige à défendre nos idéaux.

Elle nous oblige à soutenir nos armées car la paix a parfois besoin d’un glaive.

Elle nous oblige au souvenir, et pour cela réécoutons les mots du Général de Gaulle :

« Soldats tombés dans les déserts, les montagnes ou les plaines ; marins noyés que bercent pour toujours les vagues de l’océan; aviateurs précipités du ciel pour être brisés sur la terre; combattants de la Résistance tués aux maquis et aux poteaux d’exécution. Votre exemple est aujourd’hui la raison de notre fierté. Votre gloire sera, pour toujours, la compagne de notre espérance ».

C’est là, mesdames et messieurs, l’hommage du général de Gaulle rendu à tous ceux dont le dernier souffle se mêla au destin de la France.

François Fillon, le 31 mars 2017 à Toulon, au Mont Faron.

Source : www.fillon2017.fr
 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:30

« Sans se renier… il faut en finir avec les dogmes. » (30 mars 2017).


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Après plusieurs semaines de silence, l’ancien Premier Ministre Manuel Valls a finalement lâché le morceau : il votera pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Il l’a annoncé le matin du mercredi 29 mars 2017 sur BFM-TV après avoir réuni la veille ses troupes. Cette décision est un nouveau rebondissement dans une campagne présidentielle particulièrement inattendue.

Prenons les choses dans l’ordre.

D’abord, son engagement : en participant à la primaire socialiste de janvier 2017, Manuel Valls avait pris l’engagement de soutenir le candidat désigné par les urnes, un engagement à la fois écrit et oral devant des millions de téléspectateurs. En refusant de soutenir ce candidat, Benoît Hamon, il contrevient à cet engagement. Il n’est pas le premier, puisqu’un autre candidat à cette primaire, l’écologiste François de Rugy, s’était macronisé le 22 février 2017, le même jour que la macronisation de François Bayrou. Manuel Valls avait déjà refusé d’apporter son parrainage à un candidat, ce qui avait provoqué quelques émois et protestations de la part du PS et des hamonistes.

Pour autant, fallait-il qu’il apportât son soutien à Benoît Hamon alors que ce dernier, au lieu de faire un pas vers les 41% d’électeurs de Manuel Valls à la primaire, a préféré passer cinq semaines à amadouer Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ? Cela a marché pour le candidat écologiste qui, de toute façon, aurait connu de grandes difficultés à recueillir ses 500 parrainages de candidature, et c’était forcément voué à l’échec pour Jean-Luc Mélenchon dont la campagne débridée l’épanouit et qui n’a aucune raison de l’interrompre d’autant plus que ce sera probablement la dernière.

Benoît Hamon n’a visiblement toujours rien compris puisque sa première réaction, ce 29 mars 2017, a été de faire un appel à Jean-Luc Mélenchon pour venir le rejoindre ! Alors que ce dernier est désormais autour de 14% dans les intentions de vote face à 10% pour son concurrent socialiste, il y a une certaine candeur à se prendre pour …François Mitterrand (à la rigueur, on lui dira que les lunettes sont bien choisies).

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Ensuite, la cohérence politique de Manuel Valls : ce soutien était pourtant assez prévisible. Si l’ensemble des soutiens d’Emmanuel Macron ne correspond pas à une cohérence politique (le grand écart de Patrick Braouzec et Robert Hue à Alain Madelin et Dominique Perben, en passant par Pierre Bergé, Alain Minc, Daniel Cohn-Bendit et surtout Jean-Yves Le Drian), ce soutien particulier de Manuel Valls n’est pas incohérent d’un point de vue intellectuel. Emmanuel Macron a même réussi en un an ce que voulait entreprendre Manuel Valls depuis dix ans : amener le parti socialiste vers un social-libéralisme où la logique du réalisme économique l’emporterait sur les vieilles chimères du marxisme tendance XIXe siècle. Pire, quinze ans plus jeune, Emmanuel Macron lui a aspiré toute la popularité que Matignon lui a enlevée.

Enfin, sa stratégie personnelle : vu l’état psychologique des relations entre Manuel Valls et Emmanuel Macron, Manuel Valls a dû se forcer pour lui apporter son soutien. À l’évidence, Manuel Valls s’est trompé en se présentant à la primaire socialiste. Il n’avait pas imaginé que François Hollande l’aurait écouté jusqu’à renoncer à se représenter, si bien que Manuel Valls a dû improviser une candidature avec un programme bâclé et surtout, une stratégie totalement incohérente puisqu’il a voulu gauchir son image, ce qui l’a discrédité auprès de ses soutiens traditionnels (centre gauche) sans pour autant inspirer confiance à l’aile gauche des électeurs socialistes.

Évidemment, Manuel Valls pense à l’après-élection présidentielle. Il pense aux élections législatives, il voudrait avoir un poids parlementaire en se mettant à la tête d’un groupe charnière, étiqueté socialiste ou pas, d’ailleurs. Et en fonction des résultats, reconquérir le parti socialiste ou créer un nouveau parti entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Or, quel est l’intérêt politique de Manuel Valls ? Pas que Benoît Hamon gagne l’élection, mais personne n’y songe, pas même ce dernier. Mais pas plus qu’Emmanuel Macron gagne cette élection, car une telle élection signifierait que le mouvement En Marche dominerait au moins le temps d’une législature, empêchant tout développement d’un mouvement spécifiquement vallsiste, au sein du PS ou en dehors. Rappelons que Forza Italia existe depuis plus de vingt-trois ans en Italie et est, comme En Marche, un mouvement sorti de nulle part, sans tradition politique, historique ou philosophique et qui ne doit sa réalité qu’au seul talent de son fondateur.

C’est donc qu’il parie plutôt sur l’échec d’Emmanuel Macron. Cet échec éliminerait non seulement Emmanuel Macron mais également son mouvement du paysage politique aussi rapidement qu’ils sont apparus. Manuel Valls pourrait alors récupérer les ruines du macronisme avorté.

Comme il a placé son soutien à Emmanuel Macron non seulement dans un cadre de sa cohérence politique mais aussi dans le cadre de son opposition frontale au Front national et à Marine Le Pen (dont on ne peut douter de la sincérité mais dont l’efficacité prête quand même à discussion), Manuel Valls pourrait imaginer ce baiser qui tue, car le soutien du principal ancien Premier Ministre de François Hollande, après deux autres ministres et probablement avant Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault et d’autres ministres socialistes, risquerait de confirmer ce que François Fillon répète depuis trois mois, à savoir que la candidature d’Emmanuel Macron, c’est la continuation du quinquennat de François Hollande.

Et justement, Manuel Valls se complairait bien d’une victoire de François Fillon. Car il l’imagine face à Marine Le Pen avec la nécessité de rassembler non seulement les électeurs de droite et du centre mais aussi d’autres électeurs "républicains" (le terme est aussi vallsien) qui se situeraient au centre gauche, bref, les électeurs d’Emmanuel Macron qui, dans cette configuration, n’est plus présent au second tour de l’élection présidentielle.

Ainsi, Manuel Valls s’est appliqué à préparer cette configuration dès maintenant, même si les sondages la donnent encore improbable. Dans une interview à "L’Obs" le 30 mars 2017, il a déclaré : « En cas de victoire de François Fillon, il faudra aussi chercher à trouver des compromis avec la droite parlementaire. ».

Cette petite phrase est très limpide. Elle montre que l’adversaire principal reste le Front national et que pour s’y opposer, le rassemblement de toutes les forces républicaines sera nécessaire. C’est non seulement une bonne anticipation de la campagne du second tour (car si Marine Le Pen est présente au second tour, la question se posera quel que soit son adversaire, y compris Jean-Luc Mélenchon !), mais c’est aussi le moyen de prendre date et de devenir incontournable dans l’esquisse de la prochaine majorité gouvernementale.

Expérimenté et habile, François Fillon est d’ailleurs allé dans le sens de Manuel Valls dès le matin de ce 30 mars 2017, en disant sur RTL qu’il était tout à fait disposé, le cas échéant, à parler avec Manuel Valls ! En deux jours, vient de se créer non pas un axe présidentiel Macron-Valls, mais un axe législatif Fillon-Valls !

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Cette entente pourrait évidemment justifier la campagne récurrente du FN disant que le PS et LR soutiennent la même politique. Mais personne n’est dupe et la dispute entre Benoît Hamon et Manuel Valls, à la fois personnelle et intellectuelle, montre justement que ce n’est pas le cas.

Simplement, lorsqu’il faut choisir au second tour, il y a une logique de "discipline républicaine" qui a permis à Jacques Chirac d’être élu par 82% des électeurs, sans doute par plus d’électeurs de gauche que de droite, et massivement par les électeurs communistes ! (Se rappeler que pendant la campagne, les "Guignols de l’Info" l’avaient appelé "Supermenteur" !).

Comme Manuel Valls n’est pas bridé par une candidature personnelle, il peut se permettre de répondre à des questions qu’Emmanuel Macron refuserait de concevoir. En effet, c’est sans doute une erreur tactique d’Emmanuel Macron d’avoir voulu verrouiller toute majorité parlementaire le soutenant dans le cadre de son mouvement En Marche. Car il ne serait pas crédible d’imaginer qu’il ne se reposerait que sur "ses" propres députés, dont la moitié serait des novices de la chose politique (et de l’implantation locale).

En ce sens, François Fillon a montré une plus grande aptitude au rassemblement des forces de changement et de réforme qu’Emmanuel Macron lui-même qui, fort de ses succès dans les sondages et dans les meetings, veut le pouvoir à 100%, sans rien négocier, sans rien discuter. Comme je l’ai dit précédemment, l’auberge devenue catalane qu’il a créée a justement besoin de beaucoup plus de négociation qu’un parti classique à base programmatique homogène (je le répète, de Robert Hue à Alain Madelin !). À l’évidence, Manuel Valls vote déjà François Fillon !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le vaccin anti-Macrobe.
Benoît Hamon.
Emmanuel Macron.
François Fillon.
François Bayrou.
Second tour de la primaire socialiste du 29 janvier 2017.
Quatrième débat de la primaire socialiste du 25 janvier 2017.
Premier tour de la primaire socialiste du 22 janvier 2017.
Troisième débat de la primaire socialiste du 19 janvier 2017.
Deuxième débat de la primaire socialiste du 15 janvier 2017.
Premier débat de la primaire socialiste du 12 janvier 2017.
La primaire socialiste de janvier 2017.
Programme de Manuel Valls (à télécharger).
Manuel Valls candidat.
La ville d’Évry.
Discours de Manuel Valls le 13 janvier 2015 au Palais-Bourbon (texte intégral).
Discours de Manuel Valls le 9 janvier 2016 au CRIF (texte intégral).
Manuel Valls et l’esprit républicain.
Manuel Valls vs François Fillon (24 septembre 2015).
La ville de Manuel Valls.
La confiance Valls, volet 2 (16 septembre 2014).
La confiance Valls, volet 1 (8 avril 2014).
Les relations entre l’Élysée et Matignon.
Nomination de Manuel Valls à Matignon (31 mars 2014).
Valls sera-t-il Premier Ministre ? (15 mars 2014).
Manuel Valls et son ambition présidentielle.
Manuel Valls à la primaire socialiste.
Manuel Valls et les institutions de la République.
Valls-Bayrou, même combat ?
Et la Corse dans tout cela ?
Et les gens du voyage ?

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170330-valls.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/manuel-valls-le-vaccin-anti-191283

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/31/35114218.html


 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 23:38

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Discours de François Fillon le 30 mars 2017 à Quimper

Mes amis,

Merci, merci d’être là, merci d’être courageux, merci d’être fidèle à votre passion de la France.
Merci à tous nos élus. Il y en a parmi eux que je connais depuis tant d’années.

En vous voyant ici, à Quimper, si nombreux, je repense à ces mots de Michelet : « Le génie de la Bretagne, c’est un génie d’indomptable résistance et d’opposition intrépide… »

Mes amis, je résiste !
Je résiste et je m’oppose à ce pouvoir socialiste qui a tellement échoué, qui a perdu toutes ses batailles, mais qui a décidé par tous les moyens d’organiser sa succession et d’empêcher l’alternance, cette alternance à laquelle aspire toute une France silencieuse et qui n’en peut plus.

Qui n’en peut plus du chômage, de la paralysie économique, de la repentance, de l’insécurité, de la perte d’autorité dans tous les domaines.

Je suis venu vous parler du sens que je donne à ma candidature. Cette candidature que je prépare depuis longtemps. En allant à la rencontre des Français. En écoutant. En tirant les leçons de mon expérience.

Je n’ai pas passé ma vie à rêver d’être président de la République comme d’autres s’y voient depuis la maternelle, mais j’ai passé toute ma vie d’homme au service de la France, à tous les niveaux de responsabilité.

J’ai développé les équipements de ma commune, j’ai soutenu les agriculteurs de mon département, j’ai accompagné nos forces armées au Tchad et au Liban quand j’étais jeune député, j’ai été ministre de la Recherche quand Internet est apparu en France, j’ai réformé France Télécom, j’ai réformé nos retraites sous la présidence de Jacques Chirac, j’ai lutté contre la grande crise mondiale de 2008 aux côtés du président Sarkozy, avec des résultats dont nous n’avons pas eu à rougir en comparaison de tous les pays qui ont été touchés.

Tout cela je l’ai fait avec l’ambition de donner une vie meilleure à mes administrés et de maintenir la France au rang qui doit être le sien, dans le peloton de tête des grandes nations.

C’est avec cette ambition que je me suis présenté à la présidence de la République en élaborant un projet précis, sans ambiguïté, sans démagogie, fondé sur un diagnostic rigoureux des forces et des faiblesses de notre pays.

Je me souviens de la France quand j’avais vingt ans.
Trouver du travail n’était pas une angoisse. Le terrorisme islamiste n’avait pas encore semé la mort dans les rues du monde libre. Nous avions le sentiment d’être dans un pays qui comptait. Nous avions de la croissance et notre budget ne partait pas à vau l’eau.
Le monde était différent, et pourtant il n’était pas plus facile. Mais la France était plus forte et plus respectée.

Que s’est-il passé pour que nous nous retrouvions dans cette situation déprimante, dans ce marasme qui a favorisé la montée des extrêmes à des niveaux jamais vus ?
Pourquoi la France va-t-elle si mal et que devons-nous faire pour lui redonner confiance en elle-même ?

Voilà les questions fondamentales que nous devrions tous nous poser dans cette élection décisive.

J’ai mes réponses.

Depuis 1981 nous avons laissé notre endettement croître dans des proportions irresponsables au lieu de réformer notre Etat.
Nous avons rigidifié notre marché du travail au lieu de lui insuffler la liberté nécessaire à une société de plein-emploi.
Nous avons négocié à mots couverts notre modèle Républicain au lieu de défendre ses valeurs qui sont au cœur de l’identité française.
Nous avons laissé l’Europe se transformer en technocratie au lieu d’en faire un instrument de progrès et de développement au service des nations qui la composent.

Et depuis 1981 la gauche a verrouillé la pensée au point de rendre le débat impossible sur tous ces problèmes qui sont pourtant essentiels. Et cette situation atteint aujourd’hui son paroxysme, dans cette élection où aucun débat de fond n’a lieu, où tout est fait pour imposer la reconduction de l’équipe sortante, au prix d’attaques personnelles dont la mise en scène est sans équivalent dans notre histoire récente.

Vous êtes courageux d’être là, mes amis, alors que tout le monde vous explique que l’élection est déjà faite !
Ils voudraient sans doute que j’éteigne la lumière de cette salle et que je vous invite à rentrer chez vous.
Et puis à quoi bon organiser une élection ? A quoi bon demander son avis au peuple ? Le plébiscite médiatique n’est-il pas évident ?
Ils ont choisi pour vous : ce sera la même politique, ce seront les mêmes visages, agrémentés de quelques ralliements hétéroclites.

Et ce sera le même gâchis, le même attentisme.
Alors que nous avons tellement de grandes choses à faire pour étonner le monde.

La France se désespère parce qu’elle tourne en sous-régime.

Nous avons tellement de talents entre nos mains. Tellement d’atouts. Tellement de richesses culturelles, tellement de savoir-faire technologiques.

Notre pays a toujours fait la course en tête en brandissant le flambeau de la liberté, de l’innovation, de la création, de la justice, en un mot du progrès.

Nous ne devrions pas avoir peur de l’avenir.
Nous devrions tracer nos perspectives avec confiance.
Nous devrions regarder l’horizon en levant les yeux.
Nous devrions avoir envie de montrer la voie.

Le monde numérique est un monde de technologie et de culture : la France devrait s’emparer de cette révolution avec confiance parce qu’elle a toujours rayonné dans ces domaines.

Le monde est menacé dans sa liberté par le totalitarisme islamique : la France devrait être au premier rang sur la scène internationale pour défendre la liberté qui est son étendard.

Pourquoi sommes-nous en retrait ? Pourquoi sommes-nous à l’écart ?
Parce la fierté française s’est perdue dans les marais du relativisme.
Parce que notre économie est faible et qu’un pays économiquement faible ne peut pas être aujourd’hui un pays politiquement fort.

Je ne suis pas devenu subitement « ultralibéral », comme je l’ai entendu. Je ne suis pas socialiste, c’est un fait ! Gaulliste je suis, gaulliste je reste.
Je veux que le dynamisme de notre économie soit au service de notre souveraineté et de notre cohésion sociale minée par le chômage depuis tant d’années.

Je suis en colère quand je vois que tous les grands pays qui nous sont comparables se portent mieux que nous du point de vue de l’économie et de l’emploi.

Je me souviens de cette vieille formule qu’on nous apprenait autrefois, non sans fierté : « impossible n’est pas français ».

Aujourd’hui il semble que ce soit l’inverse.

En vertu d’on ne sait quelle malédiction, tout ce qui est possible aux autres nations est décrété impossible aux seuls Français, par nos dirigeants socialistes et par les extrêmes.

Diminuer la dette de l’Etat ?
Impossible.
Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, qui sont celles de nos voisins mais qui sont aussi, tout simplement, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ?
Impossible.
Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ?
Impossible.
Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait par exemple une grande démocratie telle que le Canada ?
Impossible.
Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ?
Impossible.
Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ?
Impossible.
Impossible, car M. Mitterrand l’avait dit : contre le chômage, on a tout essayé. Et M. Hollande, quant à lui, vous vous en souvenez, a dit plus récemment : on n’a pas eu de bol.
Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous.
Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !

Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ?
Impossible.

Notre école dégringole dans tous les classements internationaux. En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant nous sommes très loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête. D’année en année nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences. Bientôt nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ? Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible, c’est trop difficile…

Je suis le seul candidat à ne pas considérer que la France est une île, une île coupée du monde, où l’on peut faire tout ce qu’on veut, où l’on peut s’endetter tant et plus, travailler toujours moins, abaisser le niveau de notre école, et tout cela sans jamais en subir la moindre conséquence, tout cela en s’auto-congratulant sur nos services publics que l’on ne compare jamais aux autres, et en déplorant la fatalité du « pas de bol » pour expliquer au peuple pourquoi on coule au lieu de décoller.

Mon objectif, ce n’est pas de faire de la France le premier pays au monde à passer aux 32h, ce n’est pas de nous faire descendre directement en deuxième division en fermant les frontières et en revenant au franc, et ce n’est pas de continuer la politique hollandaise du « pas de bol » et du « pas de vague » comme le fera M. Macron qui en a été l’inspirateur.

Mon objectif c’est de faire de la France la première puissance européenne en dix ans.
C’est-à-dire un pays qui donne du travail à tous ses citoyens. C’est-à-dire un pays qui puisse orienter l’Europe au lieu de la subir.

Pour cela nous devons transformer notre système en profondeur.
Pour cela il faut libérer notre Etat de sa dette publique et il faut libérer notre économie de ses charges et de ses normes.

Et il faut le faire tout de suite pour rattraper le temps perdu.

Si je suis élu, je donnerai dès les premiers jours une impulsion décisive.

Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement des capitaux français.

J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
Je relèverai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je refonderai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.
Rien n’a changé.
Chaque année nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser nos dettes antérieures !

Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou considèrent étrangement que ce n’est pas grave.
Je suis le seul dans cette campagne à vouloir rompre résolument le cercle vicieux de la dette publique.
Et pourtant c’est l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour renouer avec la confiance.

Le désendettement est la condition d’un Etat fort, respecté, maître de son destin.
C’est une exigence politique, parce qu’à travers la dette c’est la souveraineté de la nation qui est en cause.
C’est une exigence morale, parce qu’il n’est pas admissible de faire peser ce fardeau sur les générations futures.
C’est une exigence sociale, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière.

Notre sphère publique sera réformée en profondeur.
Sur l’ensemble du quinquennat je propose de réduire les effectifs de la fonction publique de 8%.
C’est une nécessité. C’est un objectif raisonnable.
Cela nous replacera dans la moyenne des grands pays qui nous entourent et qui ne sont pas moins bien administrés que nous.

Je ne demande pas aux Français de se serrer la ceinture. Je dis simplement qu’en se retroussant les manches on peut réussir, on peut donner du travail à tout le monde, on peut créer de la richesse et redonner du pouvoir d’achat.

Mon projet n’a rien à voir avec je ne sais quelle austérité.
L’austérité elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin malheureux de la Grèce. Le jour où nous pourrons plus payer nos fonctionnaires. Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale. Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire pour amadouer nos créanciers.

Mon projet je l’ai construit en pensant à tous les Français.

Je l’ai construit en pensant à ceux qui sont au chômage parce que les entreprises ont peur d’embaucher.
Je l’ai construit en pensant aux travailleurs dont les salaires sont écrasés par les charges.
Dès le 1er juillet 2017 je diminuerai les cotisations salariales, pour donner un gain de 700 euros par an à un couple qui travaille.
Je l’ai construit en pensant à ces ouvriers qui préfèrent travailler un peu plus que de ne plus travailler du tout.
Je l’ai construit en pensant aux retraités dont les pensions sont si faibles alors qu’ils ont travaillé toute leur vie.
Je l’ai construit en pensant aux artisans qui n’en peuvent plus du RSI. Je le réformerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.
Je l’ai construit en pensant aux professeurs qui n’arrivent plus à faire cours et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques fumeuses et inefficaces.
Je l’ai construit en pensant aux agents de nos fonctions publiques dans leur ensemble.
Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.
Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent des créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leurs salaires, fractionnent leurs responsabilités et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.
Je veux qu’ils soient les agents d’un Etat modernisé, plus efficace, d’un Etat qui soit plus à l’écoute et moins suspicieux à l’égard des citoyens qu’il a à servir, à protéger, à encourager.

Je l’ai construit en pensant à la jeunesse.

Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.

Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.
J’ai besoin de vous parce que vous avez l’élan, parce que vous êtes l’avenir, parce que vous êtes le changement en acte.
Et je crois aussi que vous avez besoin de nous, de notre expérience, de ce que nous avons à vous transmettre.

Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne. Je grimpais les sommets des Pyrénées, je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.
Quand j’avais vingt-six ans l’homme politique pour qui je travaillais est mort sous mes yeux. J’ai repris le flambeau. Je me suis présenté à ma première élection, une élection cantonale. Au petit matin, je prenais ma voiture, je partais coller mes affiches et sonner aux portes des maisons.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.
Je n’ai pas fait de grande école, je n’avais pas de voie toute tracée, j’avais tout à inventer, tout à conquérir.
Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.
L’avenir du travail c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.
Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde.
Je veux une France qui soit en pointe dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie, du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.
De nouvelles révolutions sont en train d’apparaître dans notre horizon immédiat. La voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente… Saisissons-nous de ces progrès, soyons aux avant-postes. Ayons l’ambition d’être les premiers !

Pour vous qui avez vingt ans, je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.
Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.
Nous ne relèverons pas les défis de l’avenir en nous agrippant au statu quo. Nous ne serons pas au rendez-vous du progrès avec nos vieux blocages.

Tout à l’heure j’ai rencontré des agriculteurs.
Permettez-moi, ici d’avoir une pensée pour Xavier Beulin, dont le décès brutal, le mois dernier, fut un coup rude pour tous ceux qui connaissaient cet homme de cœur, ce syndicaliste qui défendait notre agriculture et la terre de France.
J’ai construit mon projet en pensant à nos agriculteurs.
Je les côtoie depuis toujours.
J’ai passé mon enfance dans un village rural qui comptait 1500 habitants.
A l’école communale, beaucoup de mes camarades étaient fils d’agriculteurs.
Mon père était notaire de campagne. Il connaissait les paysans des environs. Il était le gardien d’une mémoire ancestrale, celle des droits de passage et des limites entre les terrains dont l’origine était quelquefois enfouie sous les strates des générations.
Comme élu local, j’ai soutenu les agriculteurs de ma commune, de mon canton, de mon département, dans leurs difficultés et dans leurs combats.
Leur vocation, leur perfectionnisme, leur abnégation m’ont inspiré un respect sans limites.

Les agriculteurs ne sont pas les témoins d’un passé révolu.
Le monde a changé, mais l’agriculture est toujours un secteur stratégique pour une grande nation comme la France. C’est 2 millions d’emplois directs, mais tout autour, c’est 12 millions de Français dont la vie et le travail sont liés au monde agricole. C’est un secteur qui exporte et c’est aussi, ne l’oublions jamais, la garantie de notre souveraineté alimentaire.

J’ai souvent entendu les agriculteurs me dire ce qui va mal.
L’excès de charges. L’excès de normes. L’excès de contrôles. L’instabilité réglementaire. Les conditions de concurrence qui se dégradent. Le déséquilibre dans la négociation des prix. Le manque d’appui des pouvoirs publics. La faiblesse de la France dans les enceintes européennes. La gestion des crises au coup par coup.

J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.
Pour réduire les risques auxquels ils sont exposés, je créerai un compte épargne aléas climatiques et économiques.
Je défendrai une PAC 2020 fondée sur la gestion des risques et sur le soutien à l’investissement en maintenant à l’euro près le budget actuel.

Je veux que les agriculteurs soient reconnus et traités comme des entrepreneurs à part entière. Les baisses de charges et d’impôts pour les entreprises les concerneront aussi, par conséquent.
Je veux que leur statut soit simple. Je veux les libérer de tout ce fatras de démarches et de contraintes qui les empêche de se développer et qui leur donne le sentiment d’être traités avec suspicion, alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Je veux que l’agriculture soit un secteur d’innovation, de recherche, de progrès. C’est une des clefs pour surmonter bien des difficultés, pour les ancrer dans notre avenir, pour dissiper les inquiétudes qui assombrissent leur horizon.
Je pense à nos agriculteurs parce qu’ils sont un symbole de cette France qui s’est construite au long des siècles et qui s’interroge sur son avenir.
Parce qu’ils sont un de ces atouts de notre pays qui en a tellement mais qui n’arrive plus à les développer.

Il ne faut jamais oublier le but ultime des réformes que l’on propose : une France plus forte, un avenir meilleur, une société réconciliée.

Liberté, égalité, fraternité.
Notre devise est l’une des plus belles choses que la France ait données au monde.
Mais ce n’est pas un slogan. C’est une philosophie. C’est quelque chose qui appelle la réflexion, pour que ces idéaux ne soient pas vidés de leur sens, pour qu’ils se retrouvent dans la réalité qui est celle de la France d’aujourd’hui.

Les Français qui m’ont dit : arrêtez de nous étouffer sous les taxes, sous les réglementations tatillonnes, ont le sentiment que la liberté qui est pourtant le premier terme de la devise française a été oubliée de leurs dirigeants depuis des années.
C’est le désir de liberté qui a fait tomber la Bastille, c’est la liberté prônée par les philosophes des Lumières qui a fait rayonner la France au sein du monde.
Mais nous l’avons mise sous le boisseau, nous avons laissé croître un Etat surendetté, une société suradministrée, par peur de l’avenir, par peur du changement, par incapacité à hisser les voiles pour saisir les vents favorables.

Je veux rétablir l’équilibre entre la liberté et l’égalité.
Je ne crois pas à l’égalité au cordeau, à l’égalité qui bride les initiatives, qui empêche les énergies de se déployer, qui décourage la prise de responsabilité, qui enferme chacun dans la même moyenne, loin de ses aspirations, loin de ses rêves.
Je crois à l’égalité active, à l’égalité dynamique, à cette égalité qui dit à chacun : quelles que soient vos origines, quel que soit le lieu d’où vous venez, vous pourrez aller aussi loin que vous le souhaitez, rien n’arrêtera votre courage, vous serez les acteurs de votre vie, les maîtres de votre destinée.
Je crois à cette égalité qui accorde autant d’estime au travail manuel qu’au travail intellectuel, autant d’estime à l’artisan épris de perfection qu’au professeur dévoué à la science, autant d’estime à l’entrepreneur qui invente son activité à partir de rien qu’au fonctionnaire animé au plus profond de sa conscience par le sens de l’Etat et de l’intérêt général.
Je crois à cette égalité qui honore tous les métiers, cette égalité de tous les hommes et de toutes les femmes qui grandissent la France en accomplissant ce qui leur tient à cœur.
Je crois à cette égalité qui bouscule les vieilles hiérarchies, les complexes qui n’ont plus lieu d’être.
Je crois à cette égalité qui est l’esprit du monde nouveau, et notamment de cette société du numérique qui offrira de plus en plus de souplesse et d’inventivité aux parcours individuels.

Et puis il y a la fraternité.
La fraternité, c’est ce qui caractérise une société soudée, une société unie dans le respect de ses différences, dans le respect de son infinie variété, unie à travers sa géographie, sa langue, son histoire et son drapeau.
La fraternité, c’est ce qui nous rassemble en nous faisant ressentir notre appartenance à une même nation, dans les moments où elle réalise quelque chose de grand comme dans les moments où elle est menacée.
La fraternité, c’est aussi ce système de solidarité, sociale, médicale, territoriale, dont la France a raison d’être fier et qui doit être préservé, qui doit être préservé en retrouvant, par la croissance, les moyens de le financer d’une manière souveraine.
La fraternité, ce n’est pas le chômage pour tous financé par toujours plus de dette !
Nous ne devons pas abandonner notre modèle, nous devons le transformer pour que les générations futures ne soient pas submergées par nos dettes.
Nous devons le transformer pour qu’il ne soit pas le substitut des emplois que nous n’arrivons pas à créer, mais pour qu’il soit le complément efficace d’une société de liberté, de confiance et de plein-emploi.
Nous devons le transformer pour faire face aux défis d’aujourd’hui : le très grand âge, la dépendance, qui touche de plus en plus de familles, la grande pauvreté, mais aussi l’aménagement de notre territoire, frappé au cœur par de nouvelles inégalités, en particulier dans l’accès aux nouvelles technologies de l’information qui sont désormais vitales pour toute activité.

Oui, mes amis, dans la vision que je vous présente, tout se tient et tout fait écho à cette aspiration fondamentale à la liberté, à l’égalité, à la fraternité.

Et pour consolider ces grands principes, nous avons besoin de trois valeurs qui nous font aujourd’hui cruellement défaut.

Je veux parler de l’autorité, de la transmission, de la souveraineté.

Il n’y a pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité dans une société où l’Etat renonce à exercer l’autorité qui lui revient et laisse des gangs, des groupuscules imposer leurs lois qui ne sont pas celles de la République.

Des années de déconstruction idéologique initiée par la gauche ont abouti à ce résultat terrifiant : l’Etat a cessé de croire en sa légitimité, il a peur de son ombre, il tremble à l’idée de faire régner quelque ordre que ce soit.

Lorsqu’un territoire de la République, à Notre-Dame des Landes, est occupé depuis des années par des hors la loi en dépit des décisions de justice, des élections démocratiques et même du résultat d’un référendum, c’est l’autorité de l’Etat qui est bafouée.

Lorsqu’en Guyane, des individus cagoulés prétendent suppléer à l’Etat défaillant pour assurer la sécurité des citoyens, c’est la République qui est défiée.

Lorsque les professeurs ont peur devant leurs élèves, les forces de l’ordre devant les délinquants, la vie en commun devient impossible.

Lorsque la laïcité recule au nom des prétendus « accommodements raisonnables », lorsque l’égalité hommes-femmes est remise en question dans certains quartiers, lorsque l’antisémitisme progresse, la liberté, l’égalité et la fraternité ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes.

Il faut remettre au centre de la République les institutions qui sont les piliers de l’autorité : l’école, la justice, les forces de sécurité, et dans la sphère privée, la famille.

La transmission découle de l’autorité.
Car pour la recevoir, il faut que les élèves, les enfants, les citoyens se mettent en situation de recueillir ce qui leur est transmis.
Mais encore faut-il que, au début de la chaîne, on veuille transmettre un enseignement. Comment transmettre, à l’école quand on estime que l’élève peut seul juger du bien-fondé de ce qu’on va lui transmettre ? Comment transmettre quand certains pédagogues fumeux estiment que la connaissance des savoirs fondamentaux est facultative, que l’histoire de France est aléatoire au point de devenir illisible ?

Lorsqu’une société renonce à transmettre, c’est le signe qu’elle est menacée de déclin. Un peuple coupé de ses racines ne peut qu’avoir le destin des feuilles au vent.

Qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose, cette ardente obligation de transmettre un patrimoine culturel, spirituel, historique ? Transmettre et partager, et notamment partager avec ceux des étrangers qui vivent parmi nous car celui qui est accueilli dans la maison respecte la maison.

Enfin, si l’autorité fonde la vie en commun sans laquelle il n’y a pas de nation, et si la transmission inscrit la nation dans la durée, la souveraineté la sauvegarde face aux périls.

Nul n’a le droit de décréter que poser la question de la souveraineté de notre pays ferait le jeu du nationalisme pour la simple raison que tout patriote sincère se la pose.

Défendre notre souveraineté, c’est défendre l’idée que l’indépendance du peuple français est aussi indispensable à nos concitoyens qu’elle l’est au monde. Qu’elle n’est jamais si grande, comme le disait Malraux, que lorsqu’elle est la France pour tous les hommes.

Parce qu’il existe un pacte plusieurs fois séculaire entre la France et la liberté des peuples. Loin de nous restreindre et de nous replier, la souveraineté nous enrichit et nous grandit, elle redonne à notre nation cette capacité d’initiative, en Europe et au sein du monde.

Mes amis,

C’est maintenant que tout se joue.
Cette bataille, nous pouvons la gagner et nous allons la gagner.
J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.
Alors croyez-moi si je vous dis que la victoire se donne rarement à ceux qui croient avoir déjà course gagnée…
La victoire vient à ceux qui donnent tout jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une lutte.
J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.
Ne vous laissez pas faire. Ne vous laissez pas intimider.
Tout est fait dans cette élection pour favoriser le désarroi, le renoncement.
Tout est fait pour masquer les véritables enjeux et détourner les Français de cette préoccupation qui est la plus essentielle au jour du scrutin suprême, celle du destin de leur pays.
Mes amis. Vous n’êtes pas dupes. Vous êtes révoltés par cette aberration. Vous êtes déterminés car vous êtes des militants de la France.
Alors prenez les choses en main ; bousculez les scénarios écrits par d’autre vous ; montrez-leur qui vous êtes.
Allez partout avec la France pour étendard.
Allez partout pour dire que nous avons un projet qui est le meilleur et qui est le seul en mesure de relancer notre pays.
Un projet précis et conquérant. Un projet qui est le seul à pouvoir être mis en œuvre dès maintenant par une majorité politique cohérente.
De tous les candidats je suis le seul qui ait autre chose à proposer à la France qu’un saut dans l’inconnu, un écran de fumée ou un statu quo déplorable.
Je suis le seul qui ait un cap.

Je ne suis pas un produit marketing, ma parole ne m’est pas soufflée par le microcosme. Elle me vient de tous les Français qui m’ont fait partager leurs difficultés et leurs espoirs.
Je suis porté par leur énergie, je suis porté par leur désir de liberté et de réussite.
Je veux incarner la fierté d’une nation qui ne se laissera jamais abattre.
Je m’adresse à tous les Français.
Il n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche.
Il n’y a qu’un peuple, le peuple français capable de toutes les grandeurs dès lors qu’on lui fixe des buts clairs et justes.
Je veux convaincre la jeunesse que l’audace du changement est en nous.
Je veux encourager les entrepreneurs, redonner confiance aux agriculteurs et au monde rural qui ne sont pas les derniers vestiges d’une France disparue.
Je veux entendre la voix des Outre-Mer qui réclament respect et progrès.
Je veux convaincre les ouvriers que la productivité est la clé de leurs emplois et de leur pouvoir d’achat.
Je veux réveiller la vocation des fonctionnaires, des policiers, des enseignants, des infirmières qui servent le bien public.
Je veux être aux côtés des familles qui sont le creuset de la France qui veut de l’éducation, de l’autorité, du travail pour ses enfants.
Je veux parler pour les chômeurs, les sans grade, les courageux, tous ceux pour qui le changement est une opportunité de prendre leur destin à pleines mains.
La France a plus de 1500 ans d’histoire mais la France a toujours 20 ans pour les cœurs vaillants.
Nous sommes un grand peuple. Nous réussirons, oui, ensemble nous réussirons, car rien n’arrête un pays qui se dresse pour son avenir.
Vive la République et vive la France !


François Fillon, le 30 mars 2017 à Quimper.

Source : www.fillon2017.fr
 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 01:14

Le candidat socialiste Benoît Hamon a présenté le jeudi 30 mars 2017 son programme pour l'élection présidentielle du 23 avril 2017. On peut le télécharger.

Cliquer sur le lien pour télécharger le programme de Benoît Hamon (fichier .pdf) :
https://www.benoithamon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/projet-web1.pdf

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170330-programme-hamon-2017.html
 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:31

« J’avoue que j’ai participé à un certain nombre d’élections, mais je n’en ai jamais vu où l’exécutif, et ce à quelques jours du scrutin, accroché à ses privilèges, mobilisait autant d’énergie pour demeurer en place. » (François Fillon, le 27 mars 2017 à Nantes).


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Le candidat Emmanuel Macron a dû improviser une conférence de presse ce mardi 28 mars 2017 pour prévenir et se prémunir de l’éventuel soutien de l’ancien Premier Ministre socialiste Manuel Valls et de ses amis. Le texte fut lu assez laborieusement et avait pour but de rappeler qu’un soutien ne valait pas une investiture ni une modification de son programme. En d’autres termes, qu’il n’était pas dépendant de ses soutiens.

On voit à quel point l’accolade portée à François Bayrou le mois dernier fut exceptionnelle puisqu’à l’exception du président du MoDem, tous les ralliements à sa candidature furent faits inconditionnellement, en laissant armes, idées et bagages à l’entrée de la maison En Marche.

Emmanuel Macron s’est d’ailleurs plu à préciser qu’il était à la tête du premier mouvement militant de France, fort de ses 230 000 adhérents (234 354 au 28 mars 2017), avec 8 000 "événements" (comprendre réunions "tupperware") depuis le début du mois de mars 2017. Pour un mouvement qui a été créé le 6 avril 2016, il y a moins d’un an, le résultat est éclatant : selon le dernier sondage de l’IFOP (publié le 28 mars 2017), 41% des sondés pensent qu’Emmanuel Macron sera élu Président de la République. Avec 25% en moyenne d’intentions de vote dans les sondages depuis plusieurs semaines, devançant parfois Marine Le Pen, l’héritier de François Hollande a réussi une ascension improbable et imprévisible.

Néanmoins, s’il a franchi une étape supplémentaire à la campagne de François Bayrou en 2007 qui avait régressé dès le début de mars 2007, Emmanuel Macron a encore plus de trois semaines à tenir, trois semaines de sprint électoral très incertain.

Le programme qu’il a présenté le 2 mars 2017 (j’y reviendrai plus tard) a montré, certes, un certain réalisme, mais aussi un flou intellectuel sur beaucoup de sujets concrets (les 35 heures par exemple), sauf sur son hymne clair à la construction européenne (il faut revenir à juin 2009 et à la campagne écologiste de Daniel Cohn-Bendit aux élections européennes de juin 2009 pour retrouver un tel enthousiasme, courageux par les temps qui courent).

Le voyage à Berlin effectué le 16 mars 2017 a pu montrer d’ailleurs sa capacité, comme pour François Fillon, à être un interlocuteur de la Chancelière Angela Merkel, même si son seul soutien reste l’ancien président du SPD (sociaux-démocrates allemands) et actuel Vice-Chancelier Sigmar Gabriel qui a renoncé à se présenter face à la Chancelière (l’opposant de la Chancelière, Martin Schulz, a apporté ce 28 mars 2017 son soutien à …Benoît Hamon !).

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L’étape du programme a été très importante pour Emmanuel Macron puisqu’elle a répondu à une question récurrente sur son absence de programme. Il a un programme, certes fade, certes très "hollandien", mais il existe et est incontestable. Un programme que François Fillon a décrit le 27 mars 2017 à Nantes ainsi : « Vite fait sur un coin de table après avoir regardé par-dessus l’épaule des autres candidats. Un programme qui a tout d’un manteau d’Arlequin et pas grand-chose à voir avec un projet pour redresser la France. Comme si la politique pouvait se résumer à un questionnaire à choix multiple ! ».

La candidature d’Emmanuel Macron a encore deux talons d’Achille, plus un point critique. Passons d’abord sur le point critique.


Le vote utile face à l’extrême droite

Aujourd’hui, Emmanuel Macron bénéficie d’une vague à gauche sur le "vote utile". On ne sait pas trop bien ce que cela signifie et c’est un concept particulièrement vaseux qui ne peut se comprendre qu’en se shootant avec les sondages d’intentions de vote.

Jacques Chirac avait déjà utilisé ce concept contre Raymond Barre en avril 1988 pour s’opposer à François Mitterrand alors que paradoxalement, Raymond Barre avait bien plus de chances que lui de battre François Mitterrand au second tour.

Le vote utile pour Emmanuel Macron doit se comprendre à deux niveaux.

Au niveau du premier tour, d’abord, pour des électeurs dits de gauche : Emmanuel Macron serait alors le candidat inespéré pour éviter le second tour tant redouté par eux et annoncé depuis quatre ans FN vs LR. Cela ne pourrait fonctionner que si l’électeur dit de gauche ne mettait pas Emmanuel Macron dans le même "sac" que François Fillon lui-même. Ce pari n’est pas gagné. Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à aider Les Républicains en plaçant Emmanuel Macron dans la droite libérale.

L’autre niveau, c’est le second tour, avec l’hypothèse (pourtant pas encore acquise) de la présence de Marine Le Pen. Et la question qui se pose est alors : quel candidat serait le plus capable de l’emporter face à Marine Le Pen au second tour ?

Répétons-le ! Insistons ! Crions-le ! La présence de Marine Le Pen au second tour n’est pas encore une certitude, mais son échec dans un second tour éventuel non plus, n’est pas certain. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’elle est actuellement dans un rapport 40%/60% dans les sondages qu’elle ne gagnerait pas finalement ce second tour. Ce rapport de force est un faible écart pour de tels sondages. Rappelons qu’en 2002, face au FN, Jacques Chirac avait obtenu (en voix, pas en intentions de vote) 82% ! On en est très loin.

Rappelons aussi que certains sondages d’intentions de vote pour un second tour François Hollande vs Nicolas Sarkozy donnaient des rapports similaires, 59%/41% (BVA le 5 mars 2012), ou 58%/42% (Sofres le 13 mars 2012) alors que le résultat final le 6 mai 2012 fut seulement 51,6%/48,4%.

Le sondeur Jérôme Sainte-Marie, dans un article du journal "Le Figaro" du 27 mars 2017 ("Macron : révélateur du vote de classe"), a rappelé que le vote Macron, aussi élevé soit-il en ce moment, serait surtout voulu par les cadres, les diplômés, les entrepreneurs, les catégories privilégiées, parmi lesquelles il pourrait obtenir 40%, tandis que dans les classes populaires ou défavorisées, les intentions de vote chuteraient à 15%.

Marine Le Pen pourrait donc plus facilement l’emporter face à Emmanuel Macron si elle misait sur les classes populaires (ce qu’elle cherche à faire avec un programme économiquement très à gauche) que face à François Fillon qui cible, comme elle, un électorat sensible aux thèmes régaliens et à la grandeur de la nation.

Ce point critique est donc un pari : qui de François Fillon ou d’Emmanuel Macron serait le meilleur compétiteur face à Marine Le Pen ? Avec autant d’indécision dans l’électorat, personne ne peut raisonnablement répondre avec certitude à cette question, mais on peut avoir un début de réponse en regardant les ciblages dans les programmes.

Les deux critiques récurrentes qu’Emmanuel Macron continue de subir durant cette campagne restent elles aussi cruciales pour sa crédibilité.


Sa présidentialité

L’inexpérience ne serait-ce qu’électorale et militante d’Emmanuel Macron est un véritable handicap. Non pas pour être élu, car rien n’empêcherait son élection (il a su tisser un bon réseau local de militants), mais pour présider correctement un pays aussi complexe que la France. La plupart des vieux "animaux politiques" connaissent comme leur poche la carte électorale, la carte économique, les territoires, les problèmes spécifiques, industriels.

C’est peu de dire qu’Emmanuel Macron a encore tout à découvrir, et il le fera nécessairement plus sous le regard d’un technocrate que d’un homme de terrain. Quelques déclarations très maladroites montrent cette inexpérience, comme situer Villeurbanne en banlieue lilloise, ou encore évoquer l’insularité de la Guyane. Plus que les territoires, ce sont les habitants qu’il connaît mal ou qu’il préfère étiqueter, comme parler d’illettrées pour des salariées d’une entreprise en difficulté, ou d’alcooliques pour les habitants d’une grande région française (comme si une population se résumait à un seul trait aussi caricatural).

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Au-delà de cette inexpérience du terrain, il y a cette inexpérience internationale : comment se comporterait un Président Emmanuel Macron face à Trump ? face à Erdogan ? face à Poutine ? Serait-il en mesure d’imposer les intérêts de la France d’une voix forte et claire ? Pas sûr.

Pas sûr, mais pas sûr du contraire non plus. Après tout, Napoléon Ier n’a pas attendu de vieillir pour imposer au monde sa vision de l’Europe. On peut imaginer que pour le cadre diplomatique et militaire, aussi rude soit le contexte international actuel (lutte contre le terrorisme en priorité et protection de l’Union Européenne), la fonction présidentielle créerait l’organe et Emmanuel Macron apprendrait la stature sur le tas, comme, du reste, tous les Présidents de la République après De Gaulle, et en commençant par François Hollande lui-même.


Sa majorité parlementaire

L’autre critique récurrente, c’est le serpent de mer de sa majorité parlementaire introuvable. Je pense qu’il y a une erreur de faire porter la critique sur la capacité d’obtenir une majorité parlementaire aux élections législatives qui se dérouleront un mois après l’élection présidentielle.

La logique des institutions et l’histoire politique sont, depuis 1958, assez claires à ce sujet : il n’y a aucune raison pour que les Français, qui auraient été plus de 50% à voter pour Emmanuel Macron en mai, ne voteraient pas pour un candidat de sa majorité présidentielle en juin. Les Français sont inconstants, certes, mais pas illogiques.

C’est d’ailleurs ce qu’Emmanuel Macron a dit lors de sa conférence de presse du 28 mars 2017, en donnant plus de précision sur les contours de sa majorité. Depuis quelques semaines, il a reçu 14 000 propositions de candidatures aux élections législatives, pour 577 circonscriptions. Y compris des députés (socialistes) sortants.

Dans sa propre logique, il veut 50% de candidates femmes, et 50% de candidats venant de la "société civile" (expression très mauvaise désignant des personnalités non issues du milieu politique) et parmi les 50% autres, de candidats issus des écologistes, du parti socialiste, des radicaux, des centristes et des Républicains. Bref, c’est le grand écart.

Pour avoir une certaine cohérence, il voudrait que "ses" candidats soient tous estampillés "En Marche" et ne revendiquent pas leur ancienne appartenance éventuelle. S’il y a beaucoup de novices parmi les candidats, pas sûr qu’ils sauraient faire écouter leur voix sans implantation locale, mais là encore, tout est possible, il suffit de voir comment le FN a pu s’implanter localement depuis 2014 sans avoir eu beaucoup de compétences locales à proposer à l’origine.


Fronde généralisée

L’idée qu’une majorité parlementaire "En Marche" soit élue dans la foulée d’une élection de son leader ne paraît donc pas déraisonnable. Ce que je trouve en revanche très déraisonnable, c’est l’idée que cette majorité parlementaire puisse gouverner avec stabilité et efficacité pendant toute la législature.

On a vu à quel point François Hollande a eu du mal à gouverner en étant incapable de préserver l’unité de son parti pendant ces cinq dernières années, et ce n’était pas faute d’avoir donné des compensations aux "frondeurs" (beaucoup de ministères prestigieux comme l’Économie, l’Éducation nationale, la Culture, la Justice, etc.).

Mais pour Emmanuel Macron, ce serait bien pire. Certes, il a dit que chacun des candidats s’engagerait à soutenir son programme présidentiel, mais c’était aussi le cas avec les candidats socialistes en 2012, rien de nouveau.

Ce qui est "enivrant", c’est de savoir QUI soutient la candidature d’Emmanuel Macron, et là, on s’aperçoit qu’il ne peut pas y avoir de politique commune parmi ceux soit élus socialistes classiques paniqués à l’idée de leur réélection et parmi les personnalités d’autres horizons politiques qui, à l’exception de François Bayrou et de ses proches dont la cohérence politique ne peut être mise en défaut, sont essentiellement des "has been" sans avenir politique dans leur horizon respectif.

Le gros de la troupe est d’abord socialiste. 80% des parrainages de la candidature d’Emmanuel Macron proviennent d’élus socialistes. Mais voici une petite liste non exhaustive de soutiens qui pourrait presque faire croire que le mouvement En Marche serait un parti "unique", tant elle s’étale sur un large spectre politique dont, pour l’instant, seuls les extrêmes sont (heureusement) exclus : Pierre Bergé, Robert Hue, Alain Madelin, Bertrand Delanoë, Gérard Collomb, Corinne Lepage, Dominique Perben, Jean-Yves Le Drian, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Jacques Attali, Nicole Bricq, Michel Mercier, Christophe Masse, Jean-Pierre Masseret, Jacques Mézard, Alain Tourret, François de Rugy, Barbara Pompili, Thierry Braillard, Frédéric Cuvillier, Bernard Poignant, Jean-Baptiste Lemoyne, Éric Jalton, Patrick Braouzec, Xavière Tibéri, Dominique Tibéri, Serge Lepeltier, Renaud Dutreil, Noëlle Lenoir, Philippe Douste-Blazy, Jean-Paul Delevoye, Marie-Anne Montchamp (villepiniste devenue sarkozyste !), Jean-Marie Cavada, Christine de Veyrac, Jean-Louis Bourlanges, Leila Aïchi, Jean Peyrelevade, Marc Simoncini, Bernard Kouchner, Gilles Finchelstein, Jean-Pierre Mignard, Laurence Haïm, Jean Pisani-Ferry, etc.

Sans compter ceux qui n’osent pas ou n’osent pas encore déclarer leur flamme à Emmanuel Macron (ou plutôt rejeter Benoît Hamon) : Manuel Valls, Ségolène Royal et même François Hollande lui-même ? Dominique de Villepin ? Connexion de la promotion Voltaire à l’ENA ?

Toutes ces personnalités se sont combattu les unes les autres pendant plusieurs dizaines d’années et se retrouveraient miraculeusement, maintenant, dans une sorte de synthèse politique qui les réunirait ? Ce n’est plus du renouvellement mais du recyclage. Certains élus locaux étaient des rivaux lors des dernières municipales et se retrouvent dans le même comité de soutien. Quel point commun entre la famille Tibéri et Bertrand Delanoë ? Entre Alain Madelin et Robert Hue ? Entre Daniel Cohn-Bendit et Dominique Perben ?

C’est cette hétérogénéité de fond qui serait, à mon sens, le principal danger d’une Présidence Macron : forcément, parce qu’il y aurait eu malentendu au départ, il y aurait inefficacité à l’arrivée. Pire qu’avec le quinquennat Hollande où le discours du Bourget a trompé des parlementaires et des ministres socialistes qui n’ont pas compris la politique suivie par le Président de la République quelques mois plus tard.

Avoir une majorité macroniste ne me paraîtrait donc pas hors de portée d’un Président Macron, mais je douterais de son efficacité, si cette majorité était constituée soit de parlementaires inexpérimentés et novices de la politique (pour 50%), soit de vieux briscards qui ne seraient d’accord entre eux sur rien sinon d’aller à la soupe (pour les autres 50%).

En ce sens, François Fillon a raison quand il explique qu’il est le seul à apporter une vision de la France, une capacité à la réformer pour retrouver le plein emploi en cinq ans, grâce à une majorité parlementaire crédible qui sera tournée vers l’efficacité et la compétence.

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C’est assez prétentieux voire narcissique de la part d’Emmanuel Macron de croire et faire croire qu’avec lui, tout serait nouveau et qu’il renouvellerait toute la vie politique à lui seul. Il n’est pas le seul à le croire, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, chacun dans son rayon, le croient aussi. N’oublions pas que le PS laminé par les élections législatives de mars 1993 et européennes de juin 1994 est revenu au pouvoir par la grande porte et pour cinq ans en juin 1997, avec Lionel Jospin. Il faut éviter d’enterrer un paysage politique plus durable qu’on pourrait le croire.

Mais le renouvellement peut difficilement se baser sur des "politiciens" (comme il le dit) en attente de repêchage. Emmanuel Macron est principalement devenu le syndic de ceux qui contestent, à droite comme à gauche, la radicalisation programmatique provenant du principe même de la primaire ouverte.

Et avant le premier tour de l’élection présidentielle, il faudra bien qu’Emmanuel Macron réponde à une question qu’on ne lui a encore jamais posée : que fera-t-il s’il échoue dans quelques semaines ? Retournera-t-il pantoufler à la banque Rothschild ou continuera-t-il encore à consacrer ses meilleures années de vie active au service de son pays en s’implantant durablement dans le paysage politique français, avec le risque de devenir lui aussi un …"politicien" ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’auberge macrospagnole.
Analyse du programme d’Emmanuel Macron.
Le programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Les onze candidats.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
L’héritier de François Hollande.
Autorité et liberté.
François Bayrou se maconise.
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170328-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-auberge-macrospagnole-191234

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/29/35107379.html
 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 01:28

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a publié le 22 mars 2017 la déclaration de patrimoine des onze candidats à l'élection présidentielle du 23 avril 2017. Cette déclaration a été établie conformément au décret n°2016-1819 du 22 décembre 2016. Seules, les mentions comportant des éléments de la vie privée ont été supprimées.

Cliquer sur les liens suivants pour télécharger la déclaration de patrimoine correspondant au candidat souhaité (fichier .pdf). L'ordre donné ici est selon la valeur décroissante du patrimoine déclaré.


Nicolas Dupont-Aignan :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Dupont-Aignan.pdf

François Asselineau :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Asselineau.pdf

Jean-Luc Mélenchon :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Melenchon.pdf

François Fillon :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Fillon.pdf

Marine Le Pen :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Le-Pen.pdf

Jean Lassalle :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Lassalle.pdf

Jacques Cheminade :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Cheminade.pdf

Benoît Hamon :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Hamon.pdf

Nathalie Arthaud :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Arthaud.pdf

Emmanuel Macron :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Macron.pdf

Philippe Poutou :
http://www.hatvp.fr/wordpress/wp-content/uploads/2017/03/HATVP_dec_pres_2017_Poutou.pdf


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170322-declaration-patrimoine-candidats.html


 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:46

(verbatim)



Discours de François Fillon le 27 mars 2017 à Nantes

Mes amis, mes chers compatriotes

Quel plaisir d’être avec vous, à Nantes au milieu de ceux qui me connaissent depuis si longtemps.

Merci aux élus…

Cela me fait chaud au cœur de vous sentir à mes côtés alors que nos adversaires redoublent d’effort pour multiplier jusqu’à la caricature les manœuvres, les intox, les bassesses et les coups bas.

Sans doute, espèrent-ils ainsi nous faire taire.

Allons-nous les laisser faire ?

Allons-nous les laisser vous voler cette élection ?

Certainement pas !

Ils nous veulent à genoux nous sommes et nous serons toujours debout.

Aucune intimidation ne fera plier notre volonté alors que depuis plus de deux mois, le plus incroyable système de dénigrement mis en place sous le Ve République tourne à plein rendement.

En dépit de la situation économique, en dépit de la montée des périls extérieurs et alors même que des attentats continuent de se perpétuer sur notre territoire.

C’est bien d’ailleurs la seule chose qui les intéresse encore, qui parvient à les sortir de leur long sommeil.

Car rien, oui rien, apparemment ne leur paraît plus important, plus urgent que de me briser et du même coup, briser votre légitime espérance en une alternative franche et claire, oubliant que vous êtes le peuple souverain. Et que vous, et vous seuls, êtes maîtres de vos choix.

Faut-il, au passage, que le système soit peu convaincu des performances de son champion qui n’a pas terminé sa mue politique.

Faut-il que ce dernier soit fragile en dépit du tapis rouge qui lui est quotidiennement déroulé et avec quelle complaisance !

Faut-il qu’ils doutent de son programme, vite fait sur un coin de table après avoir regardé par-dessus l’épaule des autres candidats. Un programme qui a tout d’un manteau d’Arlequin et pas grand-chose à voir avec un projet pour redresser la France. Comme si la politique pouvait se résumer à un questionnaire à choix multiple !

Faut-il que l’inquiétude monte dans leurs rangs pour se livrer à cette débauche de propagande, à cette ivresse de calomnie !

J’avoue que j’ai participé à un certain nombre d’élections mais je n’en ai jamais vu où l’exécutif, et ce à quelques jours du scrutin, accroché à ses privilèges, mobilisait autant d’énergie pour demeurer en place.

Mes chers amis, je vous le demande non sans une certaine solennité : pouvait-on en effet imaginer un jour que des responsables politiques et ce – au plus haut niveau de l’Etat – réclamerait, à corps et à cris, le retrait pur et simple à cette élection présidentielle du candidat portant les valeurs de la droite et du centre, de votre candidat ? Et à quel titre si ce n’est celui du bon plaisir ?

Oui, ils ont osé demander l’élimination, avant même le vote, de la principale famille politique de ce pays. Qui plus est, la seule à pouvoir assurer une majorité stable pour conduire les réformes dont ce pays a si urgemment besoin !

Décidemment Monsieur Hollande et son dauphin Monsieur Macron ont une conception bien singulière de l’intérêt général.

Quel culot ! Quelle extravagance !

Pouvait-on imaginer pareille forfaiture, pareil manquement au respect de la démocratie il y a encore un an ? Un tel mépris pour ces primaires où se sont exprimés des millions de nos compatriotes !

Il est vrai que lorsqu’on voit le sort qu’ils ont réservé à leur ancien ami, Monsieur Hamon, qui a remporté de haute lutte les primaires de cette gauche plurielle devenue une gauche plus rien, on voit qu’ils sont prêts à tout pour que d’une manière ou d’une autre, le fantôme de l’Elysée puisse jouer les prolongations.

C’est que rien d’autre ne compte à leurs yeux, tout gêneur doit être écarté, comme tant d’autres, comme le PS, lui-même, qui a servi de marchepied au chef de l’Etat avant d’être repoussé d’un coup de talon.

Faut-il qu’ils se croient tous puissants ces importants impotents qui n’ont même pas eu le courage de se présenter directement à cette élection, qui n’ont même pas eu le courage de laisser les Françaises et les Français juger un quinquennat qui a abaissé la France et appauvrit nos concitoyens. Il est vrai qu’ils connaissaient d’avance quel serait le verdict.

Et on se demande jusqu’où ira leur audace. Peut-être jusqu’à mettre en pratique la fameuse boutade de Brecht. Parvenu à ce stade, ne serait-il pas plus simple pour eux de dissoudre carrément le peuple et d’en élire un autre ?

Voilà qui aiderait, peut-être, je dis bien peut être, leur candidat. Mais ce serait une illusion de plus car, ce soir, quand j’entends et je vois votre force, votre détermination, je suis plus que jamais persuadé de notre victoire.

Mes chers amis, je puise ici une formidable énergie.

Et je ne peux pas être à Nantes et oublier combien cette ville est liée pour toujours à une des plus belles pages de notre Histoire, de ce grand récit national qui existe bel et bien, n’en déplaise à ses détracteurs, à ceux qui veulent déconstruire l’histoire pour déconstruire la nation.

Je veux parler de l’édit de Nantes, symbole de la tolérance, de la paix entre catholiques et protestants mais surtout symbole de la concorde entre tous les Français.

Plusieurs enseignements sont à tirer de cet événement qui a marqué notre conscience collective.

Le premier enseignement est qu’il ne faut jamais laisser revenir le spectre des guerres de religion dans notre pays. Jamais !

Nous avons trop souffert dans notre histoire de ces conflits aussi vains que sanglants qui ont dressé des Français contre d’autres Français pour permettre aux fauteurs de troubles d’introduire la discorde parmi nous.

J’adresse un avertissement à tous ceux qui, pour des enjeux politiques dérisoires, veulent laisser sciemment s’installer ici une atmosphère de guerre civile tout en niant attiser les braises de la dissension. Ils me trouveront sur leur chemin.

Je l’ai toujours affirmé : Ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas, ont toute leur place dans la France que nous voulons, dans la nation que nous aimons.

Dans la France que nous voulons, il ne peut pas y avoir de citoyen de seconde zone

Mais dans la France que nous chérissons, il ne peut y avoir non plus de droits autres que ceux issus des lois de la République. La laïcité que certains s’empressent de vouloir recouvrir d’un adjectif qui dénature son sens véritable n’est pas une religion, c’est un cadre qui délimite et garantit précisément cette vie en commun.

Le second enseignement est que ceux qui dirigent le destin de notre pays doivent précisément veiller à être les gardiens de cette vie en commun.

Ils doivent se hisser au-dessus des intérêts particuliers, des partis, des lobbys et des communautarismes et être les garants de cette précieuse unité nationale.

Vous le savez, cet édit de Nantes, ce traité de tolérance, fut l’œuvre d’Henri IV, une des plus hautes et des plus belles figures de notre Histoire qui durant plus de vingt ans guerroya contre les fanatismes de son temps et refusa la division du royaume.

On ne devient pas responsable d’un grand pays comme la France sans avoir été attaqué, injurié, écorché par ses adversaires. Plus près de nous, de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous furent des cibles mais les qualités requises pour exercer le pouvoir diffèrent selon que l’on se trouve dans une période de crise ou une période de prospérité.

Aujourd’hui, on n’hésite pas à mettre ma vie à l’épreuve. On la décortique dans tous les sens, on l’étale, on la dissèque, sans aucune pudeur, sans aucun respect pour ce qui jadis s’appelait la présomption d’innocence.

Des belles âmes se sont émues parce que j’ai évoqué le souvenir de Pierre Bérégovoy lors de l’émission politique sur France2. Alors je le redis calmement et fermement : Bérégovoy n’était pas du sérail et il fut bien « livré aux chiens » pour reprendre l’expression du président de la République de l’époque.

Et parmi ceux qui s’émeuvent de cette référence combien participèrent à cette curée politique et médiatique !

Alors aujourd’hui, je dis aux Français : ne me jugez pas d’après les actes d’accusation de ces nouveaux inquisiteurs mais jugez-moi sur mon parcours.

Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier, j’ai donné 36 ans de vie publique à ma ville, à mon département, à ma région, à la France ; 36 ans à parcourir nos villages et nos villes ; 36 ans de rencontres avec les Français, face à leurs espoirs et leurs colères ; 36 ans de projets, d’idées, d’affrontements intellectuels. 36 ans de combat, avec des victoires, avec des défaites. J’ai connu les salles pleines et la solitude des préaux d’école, en compagnie d’une poignée de militants.

J’ai assumé les plus hautes fonctions, croisé les grands de ce monde, mais je sais aussi plus que d’autres qui trouvent « dépassé » la fonction de député et le suffrage universel, la détresse de mes compatriotes qui me sollicitaient et que j’aidais au mieux que je le pouvais.

Je viens de loin, je suis un patriote.

J’ai pu faire des erreurs, je le reconnais volontiers, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes ni les plus solides.

L’Histoire nous apprend que les peuples se plaignent rarement dans les temps difficiles d’un excès de courage, de clarté ou de volonté.

Durant les périodes de paix et de prospérité, un homme comme Churchill était, au mieux oublié, au pire déconsidéré.

Or, comme nous le rappelle les attaques sur notre sol et l’attentat de Londres, frappant le premier Parlement, dans l’histoire européenne, nous sommes entrés dans des temps sombres.

Voilà pourquoi cette élection n’est pas une question de casting, comme on s’acharne à vouloir vous le faire croire. Jugez-moi sur mon parcours et jugez-moi sur mon programme.

 

Ce programme, il a été conçu avec vous et non avec des notes de ces experts en antichambre coresponsables de l’état de faillite dans lequel se trouve notre pays.

Pendant trois ans, j’ai sillonné la France à la rencontre de vos espoirs et de vos colères, de vos joies et de vos déceptions. De ce nouveau cahier de doléance, de ces états généraux, j’ai tiré une feuille de route avec une obligation en tête : faire, enfin !

Convaincu qu’aucune réforme ne peut être menée à bien si l’on ne donne pas clairement le but à atteindre.

J’ai bien conscience, mes chers amis, qu’à chaque échéance les responsables politiques demandent aux Françaises et aux Français de nouveaux sacrifices et qu’en dépit de tous les efforts produits, ces derniers n’ont jamais l’impression d’avancer.

La France a été victime depuis des décennies d’une double trahison. Celle provenant de tous ceux qui se sont servi de la dette publique pour masquer leur manque de courage et celle des élites financières qui ont refusé de réguler les crédits privés parce qu’ils étaient préoccupés de leurs seuls profits.

Or, je suis le seul candidat à m’engager sur un double objectif : Retrouver le chemin du plein emploi et faire de la France d’ici dix ans, la première puissance européenne.

Mes amis, le chômage structurel qui mine notre pays est un sujet trop grave pour être abandonné aux joueurs de flûte ou aux apprentis sorciers.

Moi, je n’esquive pas. Je ne louvoie pas. Je propose une vraie transformation économique et sociale rendue de plus en plus difficile par cette dette insoutenable que nous traînons comme un boulet.

Je veux nous libérer des normes, des contrôles qui paralysent l’activité, tuent les initiatives, dissuadent l’investissement.

La meilleure politique sociale, c’est celle qui donne du travail.

Et la seule politique qui donne du travail, c’est celle qui mise sur la liberté.

Car la liberté n’est pas seulement moralement juste, elle est aussi, économiquement efficace. C’est en libérant tout le potentiel de la créativité humaine que nous parviendrons à inventer, innover, nous dépasser. Nous n’avons pas de leçon à recevoir des américains. Je rappellerai juste que de ce point de vue : « Entrepreneur » est un mot d’origine française !

C’est cette liberté qui va vous permettre de profiter de la révolution numérique, une révolution qu’il ne faudra pas subir comme le propose Monsieur Macron mais maîtriser pour qu’elle œuvre au profit de tous et non d’un tout petit monde de privilégiés parisiens.

C’est cette liberté qui va déverrouiller le marché de l’emploi ; c’est cette liberté qui va donner aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux artisans, aux jeunes qui ont le cœur vaillant, le goût de se battre pour réussir leur vie.

Je veux une France productive, une France réconciliée avec le travail et l’audace. Je ferai tout pour gagner la bataille ce combat du plein emploi.

Pour cela, il faut que nos entreprises puissent se déployer, investir, embaucher.

Il faut que nos startups puissent trouver des financements et se développer sans être freinées par un monceau de contraintes inutiles. Je veux libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal : l’agriculture, l’industrie, les services, la construction.

Je réduirai de 40 milliards les charges sociales des entreprises qui pèsent sur le coût du travail et sur la feuille de paye des Français.

Je supprimerai définitivement les 35 heures avant d’éviter que s’installent un peu partout des usines à gaz sources d’injustice comme nous le propose le candidat du Sur Place !

J’alignerai la fiscalité du capital sur celle de nos voisins allemands car je préfère que les investisseurs français investissent en France plutôt qu’ailleurs. Parce que la France est un pays souverain et je n’aime pas que notre nation se prosterne devant les fonds de pensions étrangers.

Je veux réformer le RSI.

Non pas l’aligner sur le régime général, comme le propose M. Macron, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter de plus de 30% les charges des commerçants, des artisans et des indépendants : mais constituer une véritable caisse de protection des indépendants.

Je veux généraliser l’apprentissage, pour que les jeunes puissent apprendre au sein du monde du travail. De même je veux créer le statut de travailleur indépendant, développer le statut d’autoentrepreneur et refonder la formation professionnelle.

Libérer nos potentiels, simplifier, alléger, moderniser : voilà comment nous allons relancer l’économie et ranimer l’espoir.

Cette vision que j’ai pour la France, elle s’applique aussi à la mer, à l’économie maritime. Je veux en dire quelques mots, ici, à Nantes, cette ville qui est tournée vers l’océan depuis des siècles.

Quel extraordinaire atout que notre domaine maritime !

Quel courage et quelle force il a fallu à ces générations de marins, de pêcheurs, d’ingénieurs, d’explorateurs pour édifier cette grande nation maritime qu’est la France ! !

Nous pouvons être fiers de notre économie maritime, de nos métiers, de nos technologies, de notre culture de la mer.

Ils sont le fruit de plusieurs siècles de passion et de dialogue intense avec l’océan. Ils nous ont été légués par des hommes qui n’avaient pas froid aux yeux et qui ont toujours repoussé les limites du possible.

Cet héritage n’est pas un vestige du passé. C’est une réalité plus vivante que jamais. La France s’est aussi construite par la mer, et son avenir passe aussi par la mer !

L’économie de l’océan est en pleine croissance. Elle crée de multiples emplois, avec des activités dynamiques comme l’aquaculture marine, la transformation du poisson, la construction et la réparation navales.

Elle connaît une mutation technologique qui fait émerger de nouvelles filières industrielles prometteuses, notamment en matière de ressources minérales marines, d’algoculture, de biotechnologies marines, d’éoliennes offshore.

Je veux faire de la France un leader de l’exploitation des ressources marines biologiques.

Dès l’été prochain, nous lancerons des états généraux pour refonder les politiques de la pêche et de l’aquaculture, en réduisant les contraintes administratives, pour que les professionnels puissent réellement vivre de leur activité.

Nous devrons aussi relever le défi majeur du Brexit qui remet en cause l’équilibre fragile des droits de pêche entre les différents partenaires européens.

40% des prises des pêcheurs français sont effectuées dans les eaux britanniques, il est donc absolument vital que la France pèse de tout son poids dans les négociations, pour préserver nos activités de pêche.

Nous avons la chance d’avoir, dans le domaine de la construction navale, des fleurons nationaux comme les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, dont l’avenir suscite des inquiétudes.

Je demande au gouvernement de trouver rapidement un accord qui permette de sécuriser un poids suffisant de l’Etat au capital, et qui garantisse sa capacité à participer à toutes les décisions importantes en termes d’investissement et de localisation de l’activité.

S’il n’était pas possible de parvenir à un tel accord dans les délais contraints auxquels nous sommes soumis, j’estime que l’Etat ne devrait pas s’interdire d’exercer son droit de préemption, le temps de définir avec plus de sérénité une stratégie industrielle adaptée.

Ce gouvernement a aussi laissé s’accumuler un retard inacceptable en matière d’infrastructures portuaires. Il est temps de moderniser nos ports !

Je veux leur donner une dimension plus commerciale, diversifier les trafics, mettre en place un véritable guichet unique portuaire, généraliser l’auto-liquidation de la TVA, dématérialiser les procédures douanières. Bref, tout l’inverse de l’immobilisme des années Hollande !

Ces exemples nous rappellent qu’en matière de politique maritime, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat a souvent du mal à fixer des priorités et à les mettre en œuvre.

Notre gouvernance maritime n’est pas à la hauteur des enjeux. Elle est illisible, déséquilibrée, bloquée.

Nous allons mettre de l’ordre dans ce fouillis.

Je propose de créer une « Alliance pour la Croissance Bleue » sur le modèle de « l’Alliance Industrie du Futur », qui a fait la preuve de son efficacité.

Elle construira, avec l’Etat, une stratégie pour l’économie maritime de notre pays. Et elle en assurera le déploiement, pour que les choses progressent enfin.

Mais nous devons aussi mieux protéger cet immense domaine maritime et les personnes qui en ont la charge.

Je souhaite développer la recherche scientifique pour améliorer notre connaissance des milieux marins et de leur infinie fragilité. Nous devons lutter de manière déterminée contre toutes les pollutions, et mieux concilier économie maritime et environnement marin. Rappelons-nous toujours que nous dépendons de la santé des mers et des océans.

Je souhaite que l’Etat se dote de moyens de surveillance plus modernes pour protéger nos espaces maritimes et nos ressources, particulièrement en Outre-mer.

Et je veux assurer un financement pérenne de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) dont l’engagement sans faille des 7 000 bénévoles sauve chaque année des milliers de personnes.

Je souhaite enfin que nous soyons davantage à la hauteur du rôle mondial que nous confère notre exceptionnel domaine maritime.

Pourquoi la Chine, la Russie, le Canada, la Norvège, l’Inde et les Etats-Unis ont-ils une vraie stratégie de diplomatie maritime et pas nous ? Je renforcerai notre capacité d’influence dans les organisations internationales, au service de nos intérêts maritimes.

Au plan européen, nous prendrons le leadership pour reconstruire une politique maritime européenne ambitieuse tout en protégeant mieux nos intérêts nationaux.

La mer est un secteur économique et un patrimoine environnemental. Mais elle est aussi une magnifique culture, un ensemble de traditions et de valeurs. Elle est un héritage symbolique, le socle d’une communauté humaine.

Mes amis,

C’est d’abord en réformant en profondeur notre pays que nous lui donneront les moyens de son ambition.

Et j’affirme que celle-ci est grande.

Je ne dis pas seulement cela en raison de ma volonté de redonner aux Français la fierté de ce qu’ils sont, même si la confiance en soi est une nécessité absolue, mais aussi parce que l’Europe a besoin de notre puissance et de notre capacité d’initiative pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Et parce que le monde a besoin aussi de nous. Je n’ai pas peur de l’affirmer.

La France, aujourd’hui plus que jamais en ces temps troublés, manque cruellement au monde et le monde a besoin de la France.

Il a besoin de notre capacité à brandir au plus haut le flambeau de la liberté et à dissiper les ténèbres du fanatisme et de la barbarie, à montrer qu’il existe une autre voie possible qui nous permette d’échapper à cette malédiction du chiffre 2, à cet affrontement binaire entre le populisme démocratique des uns et le repli identitaire des autres.

Ces derniers temps, il a été beaucoup question de l’identité de notre pays. Je le comprends. Je ne sais pas si notre identité est heureuse ou malheureuse, ce que je sais, en revanche, c’est qu’elle est menacée.

Je le comprends d’autant plus nous sommes entourés de pêcheurs en eau trouble, qui s’emploient à entretenir le flou et l’ambigüité, à naviguer au gré des courants et des vents, reprenant d’un côté ce qu’ils donnent de l’autre.

Et pendant ce temps, s’étend une insécurité pesant sur les personnes physiques ou découlant de la situation économique, mais aussi une véritable insécurité culturelle dans notre pays.

Cette insécurité culturelle qui touche tous ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui se sentent abandonnés, qui se sentent délaissés, mis sur le bas-côté de la route par la mondialisation, par l’Europe ou par le système.

Parce qu’ils ont le sentiment légitime que ce dernier ne crée plus assez de richesses, plus assez d’emplois, mais que par contre il produit toujours plus de misère, toujours plus d’impôts, toujours plus de dettes, toujours plus de bureaucratie.

A tous ces Françaises et ces Français je leur dis : nous allons redonner à la France un rang qui lui permettra de réorienter l’Europe mais aussi de peser sur une scène internationale de plus en plus instable.

Mais pour que notre pays fasse à nouveau entendre sa voix : il faut qu’il retrouve sa puissance économique. C’est l’urgence absolue. Tout le reste est mensonge.

Avez-vous remarqué combien, en dépit de sa présence de plus en plus grande sur des théâtres d’opération militaire, notre pays est le parent pauvre des grandes conférences internationales ? Parfois invité en bout de table et le plus souvent oublié ?

Je ne sais pas si Monsieur Hollande a été un président normal mais il a fait de notre pays une nation « normale », c’est à dire excessivement moyenne.

Cette question essentielle du redressement économique, on la retrouve également dans la lutte que nous avons à mener contre le totalitarisme islamique, la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs décennies.

Pour retrouver les moyens de la combattre, on ne peut plus se contenter de dire « l’intendance suivra ».

Une économie saine et solide est le nerf de cette guerre.

Qu’il s’agisse de redresser notre économie, de retrouver le plein emploi, de redonner aux Français des raisons d’être fiers de leur pays, de refonder l’Europe, de réguler la mondialisation ou d’éradiquer l’islamisme, tout se tient, c’est une vision globale que je défends.

Une vision qui reprend au plus près la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.

Cette devise nous l’enrichissons de trois valeurs : l’autorité, la transmission et la souveraineté.

L’autorité parce qu’elle nait naturellement de la rencontre de la volonté, du courage, de la clarté, de la cohérence de notre engagement.

L’autorité parce que nos compatriotes sont épuisés de tant de laxisme, de démissions et d’accommodements déraisonnables avec ce qui entreprend depuis des décennies un travail de sape à l’encontre de nos institutions et plus largement de notre République.

Au risque de paraître politiquement incorrect, j’affirme que lorsqu’un Etat exerce son autorité, il a toute légitimité pour le faire puisqu’il intervient pour protéger ce qui constitue les fondements même de nos sociétés. Aussi pour tous les citoyens, cet exercice devrait « aller de soi ».

C’est une question de simple bon sens.

Le contraire de l’autorité n’est pas le laxisme, c’est la violence qui s’oppose à la force publique.

Lorsqu’un territoire de la République à deux pas d’ici est occupé depuis des années par des hors la loi en dépit des décisions de justice, des élections démocratiques et même du résultat d’un référendum, c’est l’autorité de l’Etat, partout en France, qui est bafouée.

Lorsqu’en Guyane, des individus cagoulés prétendent suppléer à l’Etat défaillant pour assurer la sécurité des citoyens, c’est la république qui est mise en cause.

Lorsque les professeurs tremblent devant leurs élèves, les forces de l’ordre devant les délinquants, les politiques devant les démagogues, à ce moment-là, la vie en commun devient impossible.

Il y a une phrase du grand poète Saint John Perse que j’aime beaucoup : « la démocratie, plus qu’aucun autre régime, exige l’exercice d’autorité ».

Comment restaurer cette déperdition d’autorité impulsée il y a une cinquantaine d’années ? En refondant notre République à partir de l’école, de la famille et de tous ceux qui, plus largement, assurent la sécurité publique.

A côté de l’autorité, je place la transmission.

La transmission est l’acte essentiel qui inscrit tout acte politique dans la durée, qui en conçoit les conséquences à court, moyen et long terme.

La transmission nous apprend que nous avons une dette par rapport à ceux qui nous ont précédé et un devoir à l’égard de ceux qui vont nous succéder. C’est l’image du relais que l’on se passe de main en main et qui permet à notre pays de rester dans la course.

La transmission découle tout naturellement de l’autorité. Car pour la recevoir, il faut que les élèves, les enfants, les citoyens se mettent en situation de recueillir ce qui va leur être transmis. Mais encore faut-il que, au début de la chaîne, on veuille transmettre un enseignement. Comment transmettre, par exemple, à l’école quand on estime que l’élève peut seul juger du bienfondé de ce que l’on va lui transmettre et qu’il faut s’adapter à la tyrannie de son intérêt ? Comment transmettre quand l’émetteur, lui-même, estime que la connaissance des fondamentaux est facultative ?

Quand une société se dit « à quoi bon transmettre », c’est le signe qu’elle est menacée de déclin. Qu’elle s’enferme dans l’égoïsme que l’on peut, par exemple, relever en politique durant ces dernières décennies où l’on a gonflé la dette publique au risque de sacrifier le devenir des générations futures.

La transmission est la négation de la phrase « après moi le déluge ». Nous avons des enfants, nous avons des héritiers, faisons-en sorte de ne pas dilapider l’héritage. Qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose,  cette ardente obligation d’une transmission ?

Enfin, si l’autorité fonde la vie en commun sans laquelle il n’y a pas de nation. Et si la transmission inscrit la nation dans la durée. La souveraineté la sauvegarde face aux périls.

Nul n’a le droit de décréter que poser la question de la souveraineté de notre pays ferait le jeu du nationalisme pour la simple raison que tout patriote sincère se la pose.

Certains m’ont fait parfois grief dans le passé de parler beaucoup d’économie. Mais comme je vous l’ai dit, sans une France économiquement redressée, on ne peut pas exercer une souveraineté, on ne peut pas combattre la nouvelle barbarie sinon par des discours creux, des incantations et au final des replis puis des lâches abandons.

Défendre notre souveraineté, c’est défendre l’idée que l’indépendance du peuple français est aussi indispensable à nos concitoyens qu’elle l’est au monde.

Parce qu’il existe un pacte plusieurs fois séculaire entre la France qui s’est construite contre les empires et la liberté des peuples. Loin de nous restreindre et de nous replier, la souveraineté nous enrichit et nous grandit, elle redonne à notre nation cette capacité d’initiative, d’abord, en Europe puis plus généralement au sein du monde libre.

 

Mes amis, maintenant, c’est aussi à vous de jouer.

Si vous partagez cette espérance d’une France conquérante, d’une France que nous voulons hisser vers le meilleur d’elle même, alors engagez-vous dans cette bataille avec en tête l’esprit de conquête et au cœur l’espoir du renouveau ! Dites-le !

Si vous voulez que les choses changent, bougent.

Faites le savoir !

Si vous voulez définitivement tourner la page du déclin français. Si vous voulez ranger ce pouvoir et ces jeux de masques aux rayons des accessoires historiques, criez-le !

Personne n’est en mesure de vous faire taire. Nul n’est susceptible de vous impressionner parce que vous êtes le grand peuple de France dans son infinie variété et dans son absolue singularité.

Alors, soyez partout les acteurs de ce changement ! Si au fond de votre cœur bat la fierté d’être français, alors soyez fiers, soyez forts, soyez plus volontaires que tous les obstacles qui se dressent sur notre chemin, que toutes les volontés adverses.

Tous à l’action, mes amis !

Engagez-vous, osez, foncez, brandissez avec moi l’étendard de la France, ce drapeau des hommes et des femmes debout, ce drapeau libre deviendra demain celui de notre victoire !

Vive la France et vive la République.



François Fillon, le 27 mars 2017 à Nantes

Source : www.fillon2017.fr


 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 23:25

Le candidat François Fillon a été l'invité de "L'émission politique" animée par David Pujadas le jeudi 23 mars 2017 sur France 2.





SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170323-video-fillon-pujadas.html

 

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