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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 23:47

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Discours de François Fillon le 8 mars 2017 à Paris

Parmi les nombreux échecs du quinquennat qui s’achève, les réformes institutionnelles tiennent une place de choix.

L’absence de vision et toujours plus de complexités ont caractérisé l’élaboration de la loi NOTRe et la réforme des régions. On peut y rajouter une recentralisation à rebours du processus de décentralisation dans lequel s’était inscrit notre pays.

Depuis cinq ans, des cures d’austérité sans précédent ont été imposées aux collectivités territoriales. Les dotations de l’Etat ont été baissées brutalement et aveuglement : 10 milliards d’euros de baisse de dotations en trois ans. Les départements ont été au cœur de cette baisse de ressources.

Le Gouvernement a trahi l’esprit de décentralisation en faisant de la réforme territoriale non pas un moment fondateur et constructif pour la France et ses collectivités mais une petite négociation entre amis.

La réforme des régions a été bâclée. Elle s’est faite sur un coin de table ; elle a été aussi brutale que dénuée de sens. Il ne pouvait pas en être autrement dès lors que les élus ont été écartés. Aucune réflexion de fond sur la coordination et la coopération n’a été menée.

La réforme des régions s’est traduite par d’immenses territoires dont on voit aujourd’hui les difficultés de gestion et dont on cherche toujours les économies qu’elle va susciter.

Concernant la loi NOTRe, les élus en voient tous les jours les limites et constatent les lourdeurs qu’elle a entraînée.

Les élus -comme les Français d’ailleurs- n’en peuvent plus de cette instabilité institutionnelle et juridique qui caractérise ces dernières années; ils n’en peuvent plus du mécano administratif imposé par le haut sans écouter ceux qui ont la charge de la gestion quotidienne.

Comme pour les entreprises : la liberté, la confiance, l’autonomie, la stabilité doivent être les lignes directrices de leur gestion quotidienne et de leurs relations avec l’Etat.

Dans ce contexte, compte tenu des défis que doit relever notre pays, je ne pense pas qu’un nouveau « big bang » soit la solution. Je n’engagerai pas une nouvelle réforme territoriale qui serait imposée aux territoires qui subissent depuis des années les soubresauts et les lubies technocratiques de l’Etat.

Je ne souhaite pas revenir autoritairement sur la réforme des régions. Non pas, comme je le disais, qu’elle soit parfaite, non pas qu’elle soit légitime et bien pensée mais parce que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le temps des élus en défaisant par principe ce que nos prédécesseurs ont construits.

Comme le monde économique, les collectivités ont besoin de stabilité.

La réforme du conseiller territorial engagée par mon gouvernement était une bonne réforme. Malheureusement elle a été abandonnée par le gouvernement socialiste ; elle s’avère désormais extrêmement difficile à mettre en œuvre avec la création des grandes régions.

Je propose qu’il n’y ait plus de réformes venues d’en haut et que nous nous inscrivions dans une logique de liberté, d’expérimentation donnant plus de souplesse et de marge de manœuvre à ceux qui représentent les citoyens.

Il faudra donc faire avec la carte des régions en laissant à tous la liberté de regroupement lorsque certains rapprochements pourraient avoir un sens.

Je souhaite faire vivre réellement la décentralisation.

La décentralisation ne devrait pas être une situation qui s’impose à l’acteur de terrain. Celui qui finance doit décider. Celui qui finance doit organiser comme il le souhaite le service dont il a la charge.

Je souhaite mettre en place un pacte Etat-Territoire sur la mandature. J’utilise à dessein le mot pacte car les relations entre l’Etat et les collectivités changeront de nature pour devenir partenariales.

Ce pacte doit révéler les deux principes fondamentaux notre action : la liberté et la responsabilité.

Pour doter les collectivités de plus d’autonomie, une clarification de leurs rôles est indispensable.

Pour garantir à chaque collectivité la stabilité dont elle a besoin, l’Etat s’engagera sur un contrat financier sur plusieurs années.

La baisse des dotations ne peut pas se poursuivre au rythme qu’a imposé François Hollande, ce serait insupportable pour les collectivités. Quant à Emmanuel Macron, sa proposition de quasi-suppression de taxe d’habitation serait catastrophique pour les finances locales. Nous proposerons une baisse à un rythme acceptable.

Les collectivités doivent pouvoir être libres et responsables de décider au plus près du terrain ce qui est pertinent pour le citoyen. Elles doivent maîtriser les règles qui s’imposent à elles, pour gérer dans le temps les mutualisations et engager les simplifications qu’elles jugent nécessaires au niveau local.

L’Etat, de son côté, doit s’engager à alléger fortement les contraintes qui pèsent sur les collectivités :

    –  en réduisant les normes imposées ainsi que toutes les politiques transférées inutilement et sans financement,
    –  en mettant en place un système de rescrit sécurisant les élus locaux.Nous pourrions d’ailleurs revoir le dispositif du contrôle de légalité. Faisons confiance aux élus. Il ne s’agit de mettre fin à la prérogative du représentant de l’Etat qui doit naturellement pouvoir saisir la justice lorsque c’est nécessaire. Mais le rôle de l’Etat et le contrôle de l’égalité ne doivent plus être un carcan. Nous devons passer d’une logique de défiance à une logique de confiance envers les élus.

Le souffle de liberté sur les collectivités doit être concret. L’Etat doit fournir un effort pour réduire les normes qui polluent le quotidien.

Je m’engage à une véritable décentralisation qui permet l’expérimentation et qui substitue au carcan la souplesse.

Les départements sont, à mes yeux, plus que jamais au cœur des besoins des territoires, notamment ruraux.

La réforme des régions a éloigné les citoyens des espaces des décisions.

Le département est une collectivité de proximité nécessaire, garante de la cohésion du pays. Sa mission première est de porter des politiques sociales. Son rôle est d’aider les français en difficulté et c’est l’échelon qui permet aux territoires ruraux de ne pas être désertés par les services publics.

Je propose, dans le domaine social, la mise en place d’une allocation sociale unique permettant tout à la fois la transparence et la lisibilité dans les aides attribuées à nos concitoyens et une parfaite adaptation de ces aides aux plus démunis. L’allocation unique sera conçue pour plus d’efficacité et d’équité dans la lutte contre la pauvreté.

Je souhaite que les départements soient les gestionnaires de cette nouvelle allocation sociale unique, confortant ainsi le cœur de leurs compétences.

Je suis convaincu également que le département est le socle sur lequel s’appuient les territoires ruraux. Les inégalités territoriales se sont creusées ces dernières années. Les départements sont les premiers acteurs de ce qu’il est convenu d’appeler les territoires perdus de la République. Ces territoires, je les connais : la métropolisation ne peut plus se faire à leur détriment. Un rééquilibrage des richesses s’impose au risque de voir se développer la fracture territoriale. Je ne laisserai pas les départements seuls face à la désertification rurale car je pense profondément que la ruralité est une chance pour notre pays.

Ce sont donc de nouvelles relations que je souhaite établir entre l’Etat et les collectivités territoriales ; relations assises sur la liberté et sur les responsabilités.

Je proposerai donc sur les bases que je viens d’évoquer un contrat de mandature qui prévoira à la fois les efforts d’économie qui s’imposent à nous mais aussi les contreparties qui permettront aux collectivités d’assumer pleinement leurs missions ; je pense à l’allongement du temps de travail et à la simplification. Je mettrai également en place des modalités de financement qui récompenseront ceux dont les efforts de gestion seront significatifs.

Ce contrat de mandature tournera le dos aux coups de rabot brutal dont les collectivités locales et en particulier les départements ont été l’objet ces dernières années.

Il se mettra en place selon un rythme négocié. L’Etat, jusqu’ici au travers notamment de transferts non financés, a chargé les budgets des collectivités. Je vous propose une méthode radicalement différente : l’Etat doit vous aider à mettre en œuvre un processus partagé d’économies.

Le temps est terminé où l’on pouvait organiser la France d’en haut, de manière uniforme et autoritaire, c’est ma conviction profonde. Je crois profondément à la République des territoires. C’est d’ailleurs tout le sens de mon engagement politique depuis l’origine.


François Fillon, le 8 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 23:37

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Discours de François Fillon le 7 mars 2017 à Orléans

Mes chers amis,

J’éprouve de l’émotion et du bonheur à être ce soir à Orléans !

Orléans, c’est une ville de combats, de courage, c’est une ville où l’épopée française s’est construite au cours des siècles.

Merci à mon ami, à mon compagnon, merci à l’indomptable et inflexible patriote, Serge Grouard !

Depuis quatre ans, Serge est à mes côtés, intrépide, créatif, chaleureux. De tout cœur, merci à toi Serge.

Merci à tous les élus présents, aux militants, aux sympathisants…

Merci pour votre énergie qui me porte !

A Orléans, le mot « soumission », cela fait des siècles qu’on l’ignore !

Moi non plus, je ne me soumets pas !

Je repense à cette réplique de Jeanne d’Arc face à ses juges : « passez outre, je vous prie ! ».

C’est à ces mots que je pense aujourd’hui : « passez outre » !

« Passez outre » les attaques dont je suis la cible.

« Passez outre » car, comme vous, des millions de Français refusent que leur vote soit préempté et confisqué.

Certains aiment à parler au nom du peuple ; certains s’érigent en candidat du peuple ; certains donnent des leçons de démocratie au peuple… Moi je ne prétends rien : mais avant-hier, au Trocadéro, le peuple était vraiment là, et ce soir, à Orléans, il est encore là !

Nous n’avions que trois jours pour organiser la manifestation du Trocadéro… Trois jours seulement lorsque normalement un tel évènement réclame des semaines de préparation.

Certains annonçaient et espéraient un flop ; d’autres prédisaient des tensions et des bagarres ; certains mêmes me soupçonnaient de vouloir attaquer nos institutions, comme si à 63 ans j’allais commencer une carrière de putschiste.

Rien de tout cela n’a eu lieu…

A mes côtés, les 200.000 Françaises et Français qui sont venus au Trocadéro n’étaient pas des extrémistes…

C’étaient des citoyens responsables, venus de partout, venus en famille, des électeurs de droite et du centre qui avaient quelque chose de sincère et de beau dans le cœur.

Cette foule est venue parce qu’elle voulait qu’on la respecte. Qu’on respecte sa voix, qu’on respecte son vote, qu’on respecte une certaine idée de la France que mon projet incarne.

Cette foule, je l’avoue, fut encore plus nombreuse que ce que j’imaginais.

Je vous dois une confidence : si les rangs avaient été clairsemés, si la place avait été vide, j’en aurais tiré les conclusions. Mais voilà, cette vague immense, cette vague tricolore, était là, prête à tout donner pour la victoire.

Et devant elle, devant sa combattivité, devant son espérance, j’ai des devoirs vis-à-vis de ces Français, vis à vis-à-vis de vous, vis-à-vis du projet que nous portons ensemble.

Depuis toujours, on dit que l’élection présidentielle est une rencontre entre un homme et son pays et non une affaire de parti. Dimanche, il y avait là tous les signes d’une rencontre puissante…

Maintenant, j’appelle au rassemblement, j’appelle à la mobilisation, j’appelle à l’action ; j’invite toutes les forces de ma famille politique à se reprendre et à foncer pour la France.

J’invite solennellement et amicalement nos partenaires centristes à rejoindre ma campagne. Nous avons les mêmes valeurs, les mêmes objectifs, et c’est ensemble que nous bâtirons la majorité gouvernementale qui redressera la France.

Nous sommes tous patriotes. Alors servons la patrie, elle qui attend le meilleur de nous !

Nous voulons ensemble tourner la page du quinquennat socialiste ? Alors allons-y !

Nous voulons faire de cette élection le point de départ d‘un pays qui se relance ? Alors allons-y !

Nous voulons enclencher une nouvelle politique pour le plein emploi et pour la croissance ? Alors allons-y !

Nous sommes poussés par la fierté d’une nation qui ne se laisse pas abattre ? Alors plus de divisions, pas d’hésitation, servons la France, main dans la main.

C’est notre combat, c’est notre devoir à l’égard de notre pays qui par sa bravoure et son travail a réussi à se placer parmi les cinq plus grandes puissances du monde.

Nous avons 2000 ans d’épopée derrière nous et nous allons faire en sorte, tous ensemble, que cette épopée ne s’arrête pas maintenant.

C’est mon combat et ce doit être celui de tous les républicains.

Le mot « fatalité » n’est pas dans notre dictionnaire.

Ensemble, nous allons faire en sorte que l’espoir de nos jeunes ne se brise plus sur le mur du chômage.

Nous irons à la conquête de la croissance en mettant le paquet sur la baisse des charges qui pèsent sur le travail.

Ensemble, nous sauverons l’Europe et nous assumerons le leadership politique qui lui fait défaut.

Ensemble, nous vaincrons les fanatiques qui menacent la République et les valeurs françaises.

Avec nous, l’immense et intense œuvre de redressement sera menée à bien.

Ma conviction est que la France peut redevenir la première puissance européenne.

Ceux qui pensent que les Français sont trop usés pour réagir se trompent.

Du fond de notre pays monte une révolte, une belle exigence qui peut tout changer : celle de la liberté !

Liberté d’être pleinement et fièrement Français.

Liberté contre l’insécurité. Liberté pour entreprendre, investir, embaucher, créer, oser. Liberté pour aller au bout de nos efforts et de nos rêves.



Aujourd’hui, où est passée cette liberté ?

A force de se méfier de tout, on a tout rendu suspect.

A force de vouloir tout orienter, tout réguler, tout contrôler, c’est tout un peuple, tout un pays, toute une économie qu’on a paralysés !

Comme le disait Georges Pompidou, qu’on « arrête d’emmerder les Français ! ».

Si l’économie est en berne, si le chômage de masse persiste, c’est parce que nous avons accepté l’accumulation délirante de normes, d’interdictions, de régulations, d’impôts, de charges et de taxes.

Inutile de chercher plus loin la cause de notre déclin. Inutile de se tordre les méninges pour comprendre que la France a besoin d’oxygène.

Je ferai tout pour libérer l’investissement et l’emploi.

Je supprimerai les 35 heures, je doublerai les seuils sociaux, je réformerai la fiscalité du capital pour libérer l’investissement; j’abaisserai la fiscalité qui pèsent sur nos entreprises, j’instaurerai le vrai référendum d’entreprise ; j’allégerai les contraintes qui éreintent nos agriculteurs, nos artisans…

Je diminuerai les charges de 40 milliards d’euros.

Je concentrerai le code du travail sur les principes fondamentaux, et je laisserai le reste à la négociation collective.

Je ferai de la France, la nation du numérique, des startups, des autoentrepreneurs…

Partout en Europe et dans le monde, il sera dit que la France est redevenue la patrie de l’innovation, de l’investissement, du travail, la patrie de la jeunesse qui y croit.

Personne ne sera laissé sur le bord du chemin.

Je veux diminuer les cotisations salariales, pour que le salaire net augmente et se rapproche du salaire brut.

J’engagerai un plan pluriannuel contre la grande pauvreté.

Je veux revaloriser les petites retraites et augmenter de 10 % les petites pensions de réversion. Et cela n’est possible que par l’augmentation progressive de l’âge de la retraite à 65 ans.

Tous les candidats qui prétendent le contraire sont dans le mensonge.



Nous écarterons le risque de la faillite.

Notre système public sera réformé en profondeur.

Aujourd’hui, il croule sous les déficits ; pour rembourser ses déficits le pays croule sous la dette ; pour rembourser cette dette les Français croule sous les impôts… Il faut rompre ce cycle infernal qui nous appauvrit.

Il faut stopper cette dérive de nos finances publiques qui nous place entre les mains des investisseurs étrangers et des spéculateurs.

On vend notre souveraineté nationale ! Et cela me révolte.

Il faut réagir en maitrisant nos finances publiques.

Nous avons plus de fonctionnaire et d’agents publics qu’en Allemagne, alors qu’elle a 15 millions d’habitants de plus que nous. Est-elle moins bien administrée que nous ? Evidemment non.

Je propose de réduire nos effectifs publics de 8 % sur l’ensemble du quinquennat. C’est raisonnable et c’est nécessaire si nous voulons remettre le budget de la France en ordre.

Je suis le seul dans cette campagne à dire cette vérité. Tous les autres prennent les fonctionnaires pour des clientèles électorales.

Nos agents publics sont dévoués et compétents. Ils savent parfaitement que la solution n’est pas dans toujours plus d’embauches.

Mieux vaut un Etat moderne qu’un Etat bureaucratisé et paupérisé.

Je veux que nos agents publics soient mieux rémunérés, plus motivés, mieux formés, avec de meilleures perspectives de carrière.

Pour cela, je propose que les fonctions publiques passent progressivement aux 39 heures et que nous profitions de la numérisation pour moderniser les structures et les méthodes de travail.

Notre économie et notre système social sont au bord de la saturation.

Mon diagnostic est lucide. Mes solutions sont réalistes.

Je n’en dirai pas autant de nos adversaires.

L’extrême gauche et l’extrême droite se rejoignent dans un autoritarisme et une démagogie économiques qui achèveraient définitivement notre pays.

Pensez-vous une seconde que le retour au franc renforcerait la France ?

En vérité ce serait le chaos économique avec une remontée brutale des taux d’intérêts qui se répercuteraient sur tous les Français.

Pensez-vous une seconde qu’en fermant nos frontières aux produits étrangers les consommateurs français y trouveraient leur compte ? Pensez-vous une seconde qu’en renonçant à la politique agricole commune notre agriculture, qui exporte largement ses produits en Europe, résisterait longtemps ?

Pensez-vous qu’en revenant à la retraite à 60 ans, les retraités français auront une pension correcte ?

En vérité, le programme du FN, c’est la faillite en 6 mois, et les premiers touchés seront les classes moyennes et populaires, les ouvriers, les agriculteurs et les petits épargnants.

Contre Mme Le Pen, je suis le rempart d’une France qui a du bon sens, une France qui veut se redresser et pas s’appauvrir derrière ses frontières.

Quant à la gauche de M. Hamon, avec ses 32 heures, son revenu universel, sa légalisation du cannabis, c’est le « Village dans les nuages ».

Reste M. Macron qui n’est rien d’autre que la poursuite du hollandisme avec pour « joker », M.Bayrou…. Macron/Bayrou, croyez-moi, ca n’est pas avec ce tandem qu’on va redresser le pays !

M.Macron a dit qu’il ne croyait pas à la culture française. C’est mal parti pour défendre l’identité de la France dans le monde.

Il suggère que notre pays fasse repentance. C’est mal parti pour rehausser notre fierté nationale.

Il nous a dit qu’il assumait son « immaturité politique » comme gage, parait-il, de sa sincérité. Cela doit faire sourire les présidents chinois, russe et américain.

Mes chers amis, la France n’a pas besoin d’immaturité présidentielle, elle a besoin d’autorité.

Des quartiers sont mis en coupes réglées par des gangs qui prétendent se substituer à la République.

Des intégristes prennent en otage nos concitoyens musulmans qui demandent à vivre en paix.

Dans le secret de nos banlieues, se fomentent de nouveaux attentats.

Assez d’angélisme !

Il faut retrouver cette autorité juste sans laquelle aucun lien social ne peut exister : l’autorité de la loi, l’autorité de l’Etat, l’autorité du professeur.

Je reprendrai les choses en main.

Les voyous doivent redécouvrir ce qu’est la Loi et la sanction. Je relancerai la construction de 16 000 places de prison.

Je supprimerai la quasi-automaticité des remises et aménagements des peines de prison.

Je rétablirai les peines-planchers automatiques car la récidive doit être plus lourdement condamnée.

Il est temps de prendre en compte les évolutions de la société. Si certains pensent que les délinquants attendent gentiment l’âge de 18 ans pour sévir, ils se trompent lourdement.

Je propose donc d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.



Plus de 10 000 policiers et gendarmes sont blessés et une dizaine trouvent la mort chaque année.

Respect ! Les forces de l’ordre ont droit à notre respect et à notre soutien. De ma part, il n’y aura pas d’ambiguïté.

Je veux moderniser leurs moyens et les décharger des tâches bureaucratiques qui les accaparent.

Je veux renforcer et généraliser les polices municipales.

Et puis, il y a la question de l’immigration.

Je le dis clairement, l’immigration sans intégration, sans assimilation, l’immigration non contrôlée, c’est de l’irresponsabilité, c’est la France en mille morceaux. Cela n’est pas ma France.

L’honneur de notre patrie est d’avoir toujours été une terre d’asile pour ceux qui fuient la guerre. Mais pour les autres, il faut limiter l’immigration à son strict minimum.

Je propose que notre politique d’immigration soit fixée par des quotas, établis chaque année au Parlement, en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques.

Je veux que la procédure d’examen des demandes d’asile soit plus rapide. Que ceux qui sont déboutés soient systématiquement expulsés.

Je veux que les étrangers présents sur notre territoire respectent leurs devoirs avant de profiter des droits. Ils devront attendre deux ans avant de prétendre à toute prestation sociale.

Dans cette campagne électorale, je persiste à dire que nous sommes toujours confrontés à une menace mortelle : celle du terrorisme et du totalitarisme islamique.

Nous sommes en état d’urgence mais il semble urgent de l’oublier ! Moi j’en parle et j’en parle clairement. J’affirme qu’une guerre nous a été déclarée et qu’il faut la gagner.

Les fanatiques ont choisi leur drapeau : il est noir comme la mort, le mien est tricolore est c’est celui de la liberté et de la vie.

Je serai inflexible.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée.

Tout étranger appartenant à la mouvance intégriste sera expulsé.

Le culte musulman fera l’objet d’un contrôle administratif serré, jusqu’à ce qu’il soit aussi fermement ancré dans la République que les autres religions.

Tous les mouvements se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans seront dissous.

Je refuse que, sur le territoire de la République, l’égalité homme femme soit remise en question et que progresse l’antisémitisme.

Je prendrai mes responsabilités, mais je demande aussi à nos compatriotes musulmans de nous aider à faire le ménage contre l’obscurantisme.

Nous devons refonder l’école républicaine, l’école de la France.

Elle n’est pas là pour distraire ou pour endoctriner mais pour apprendre à lire, écrire, compter, connaître l’histoire de notre pays et ses valeurs civiques.

Elle est aussi là pour apprendre un métier, notamment par l’alternance et l’apprentissage que je veux développer à fond.

Elle est là pour apprendre le respect, la fraternité, à travers des symboles comme l’uniforme scolaire, que je veux rétablir.

A la prochaine rentrée scolaire, tous les établissements seront invités, en relation avec les parents d’élèves, à choisir la tenue qui distinguera leur école ou leur collège.



Nous devons enfin défendre la famille.

C’est notre institution la plus ancienne, la plus naturelle et la plus respectable.

Des idéologues voudraient la casser. Nous ne les laisserons pas faire !

Nous protègerons le droit de l’enfant. Nous encouragerons la famille, nous relèverons le quotient familial, nous rétablirons l’universalité des allocations familiales.

Voilà, mes amis, mon projet pour la France.

Sa marque de fabrique, c’est qu’il est plus puissant et innovant que celui de Mr Macron et bien plus crédible que tous les autres programmes des extrémistes et des illusionnistes réunis.

La compétition des présidentielles va maintenant s’accélérer.

Plus que jamais, j’ai besoin de vous. Prenez les rennes. Ne vous laissez rien imposer. Parlez autour de vous, agissez là où vous le pouvez, transmettez votre ambition !

Le défi du redressement national, je le relèverai avec vous, je le gagnerai avec tous les courageux, tous les audacieux, tous ceux qui ont dans le cœur la fierté d’être français.

Dites-le autour de vous : vous voulez des élections qui soient vraiment les vôtres ?

Alors affirmez vos convictions, bravez la mitraille des attaques, soyez plus forts que les autres, ayez le cœur plus grand que les autres ; debout contre tous les vents, prenez la liberté pour étendard, tenez ferme le drapeau tricolore, le drapeau des rebelles, ayez pour devise gagnante celle de la victoire : Vive la République et vive la France !


François Fillon, Orléans le 7 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 06:36

« Pour pouvoir engager tous nos projets, l’État doit, en parallèle, faire des efforts d’organisation et de gestion. Il faut être plus rigoureux sur nos finances publiques afin de pouvoir investir pour les Français. Je veux restaurer une administration efficace et respectée. J’assume de vouloir réduire de 8% environ le nombre d’emplois publics sur le quinquennat. La France était-elle sous-administrée en 2002 ? Évidemment non ! C’est le niveau d’emplois que je propose d’atteindre en 2022. » (Poitiers, le 9 février 2017).


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Le psychodrame continue chez Les Républicains et la détermination ou obstination de François Fillon a rendu tout "plan B" impossible. Je reviens sur le fond des programmes en reprenant le second point qui a fait beaucoup discussion sur le projet présidentiel de François Fillon depuis sa victoire à la primaire LR. Le premier point concerne sa réforme de la sécurité sociale déjà abordée ici.

Le second point porte sur la réduction du nombre d’emplois publics. L’idée de François Fillon est assez simple : depuis une trentaine d’années, il y a eu une hausse vertigineuse des effectifs, due notamment à la décentralisation et aux transferts de compétences de l’État aux collectivités locales, et également aux doublons (socialement difficiles à supprimer au cas par cas) lorsqu’un service intercommunal est créé.

Il faut rappeler que l’objectif de réduire de 500 000 le nombre de postes est très ambitieux. En ne renouvelant qu’un départ à la retraite sur deux, Nicolas Sarkozy avait réduit de 150 000 postes la triple voilure de l’État (fonction publique, territoriale, hospitalière), ce qui a fait une économie de quelques milliards d’euros par an, ce qui reste assez faible en comparaison avec la dette publique (plus de 2 000 milliards d’euros).

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Parallèlement, c’est ce qui a rendu la proposition assez impopulaire, c’est que dans tous les domaines régaliens, il y a une véritable demande de nouveaux postes : armée, police, justice, santé et même éducation.

Comment François Fillon compte-il atteindre son objectif ? Dans son meeting à Poitiers, le 9 février 2017, François Fillon l’a expliqué : « Pour cela, il faudra passer aux 39 heures dans la fonction publique pour que l’État et nos services publics restent forts. Nous devrons retrouver l’équilibre des finances publiques d’ici cinq ans ; l’effort sera réparti sur l’ensemble de la sphère publique. Et nous devons rendre aux agents publics leur fierté blessée par le discrédit de l’État bureaucratique. Ils servent la collectivité avec dignité, avec professionnalisme, et souvent avec abnégation. Ils ont droit à un projet réaliste et ambitieux pour les services publics qu’ils animent. Mais rien de tout cela ne sera vraiment efficace si nous ne redressons pas les piliers de la République. ».

L’argumentaire de campagne de François Fillon sur la réduction du nombre de fonctionnaires tient en sept points :

1. Aucun fonctionnaire ne perdra son emploi (ce qui est une évidence mais qu’il faut rappeler face à la désinformation et à la caricature ambiantes). La réduction des emplois se fait à partir des départs à la retraite (bien plus nombreux dans la décennie prochaine que précédente en raison du baby-boom).

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2. Aucune suppression de poste n’interviendra dans la police, la justice et l’armée. Au contraire, dans ce domaine, 12 milliards d’euros supplémentaires seront consacrés pour augmenter les effectifs (ce que proposent beaucoup de candidats).

3. La qualité du service public sera maintenue par une augmentation du temps de travail (en particulier dans les hôpitaux où la mise en place des 35 heures a durablement désorganisé les équipes médicales).

4. Le nombre de 500 000 fonctionnaires (un demi million) peut paraître énorme. Pourtant, il faut le comparer aux 5,6 millions de fonctionnaires que compte la France au total. Cela fait une réduction de moins de 9% étalée sur cinq ans.

5. L’idée est aussi de comparer avec les autres pays. David Cameron a réduit de 5000 000 fonctionnaires au Royaume-Uni en moins de cinq ans, et pendant cette période, le chômage a baissé de 8,3% à 5,4% de la population active. Et le pays a retrouvé la croissance au contraire de la France.

6. La comparaison avec la plupart des pays voisins montre que la France compte beaucoup plus de fonctionnaires à population équivalente : 80 fonctionnaires pour 1 000 habitants en France au lieu de 50 ou 60 en moyenne chez nos voisins.

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7. Les fonctionnaires trouveront leur intérêt dans cette politique puisque leur rémunération sera augmentée et leur évolution de carrière accélérée.

Réduire le nombre d’agents publics est une mesure qui va dans le sens d’un assainissement des finances publiques : la souveraineté nationale dépend aussi de notre niveau d’endettement. L’absence de déficit public renforce la maîtrise de la destinée de notre pays.

C’est pourquoi François Fillon n’est pas le seul à proposer une telle mesure, le tout étant une question de "réglage" du "curseur" : Alain Juppé, pendant la campagne de la primaire LR, avait proposé une réduction de 300 000 emplois publics. Aujourd’hui, Emmanuel Macron a repris la mesure, d’une manière un peu plus timorée puisqu’il souhaite réduire de 120 000 fonctionnaires.

Le candidat du PS tendance Henri Emmanuelli (autre ancien cadre de chez Rothschild), Benoît Hamon, reste vague sur ses intentions à propos de la fonction publique mais selon sa tendance dépensière (qu’il faudra bien payer un jour), il propose, au contraire d’une réduction des effectifs, de créer un "service public de la petite enfance".

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Enfin, la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, qui cherchait à séduire l’électorat de la fonction publique, est retombée dans sa tendance naturelle à vouer aux gémonies les fonctionnaires.

En particulier, lors de son meeting à Nantes le 26 février 2017, Marine Le Pen a carrément menacé, de manière très claire, les fonctionnaires qui ne la ménageraient pendant la campagne électorale : « Je veux dire ici publiquement aux fonctionnaires à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’État pour surveiller les opposants ou organiser à leur égard des persécutions, des coups tordus ou des cabales d’État, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique qui n’a plus rien à perdre, ni de compte à rendre, aura été balayé par l’élection, mais ces fonctionnaires devront assumer eux le poids de ces méthodes illégales, car elles sont totalement illégales et mettent en jeu leur responsabilité personnelle. ».

François Fillon peut au moins être rassuré : il n’arrivera jamais à égaler Marine Le Pen dans l’outrance verbale et dans le populisme !

Notons pour terminer que François Hollande avait lancé une menace du même genre, un peu plus vague, à la même période de la campagne, lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2012.

En effet, le 19 février 2012 sur BFM-TV, François Hollande avait expliqué à la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette : « Aucun de ceux qui aujourd’hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n’ont à s’inquiéter, mais en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres. ». Dans l’esprit du futur Président de la République le plus impopulaire de l’histoire de France, il y avait deux catégories de fonctionnaires, les "bons" fonctionnaires et les "mauvais" fonctionnaires. Les "bons" devaient être évidemment honorés, comme il l’avait indiqué le 10 janvier 2012 : « Je sais que certains d’entre vous sont aussi là parce qu’ils cherchent des postes. Ils ont raison, car des postes, il y en aura. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon et les fonctionnaires.
Sondage IFOP du 28 février 2017 sur les fonctionnaires et la présidentielle (à télécharger).
François Hollande et les fonctionnaires (1er mars 2012).
Discours de François Fillon le 6 mars 2017 aux entrepreneurs (texte intégral).
François Fillon l’obstiné.
Programme présidentiel complété de François Fillon (à télécharger).
Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro (texte intégral).
Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes (texte intégral).
Le grand remplacement.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 3 mars 2017.
Sondage Odoxa du 3 mars 2017 : Juppé devant Macron et Le Pen éliminée !
Campagne en état d’urgence.
Assassinat politique ?
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Propositions pour une meilleure santé.
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Second tour de la primaire LR du 27 novembre 2016.
Quatrième débat de la primaire LR 2016 (24 novembre 2016).
Premier tour de la primaire LR du 20 novembre 2016.
Troisième débat de la primaire LR 2016 (17 novembre 2016).
Deuxième débat de la primaire LR 2016 (3 novembre 2016).
Premier débat de la primaire LR 2016 (13 octobre 2016).
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017022708



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170227-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-et-les-190443

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/07/35016166.html


 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 00:05

Le Conseil Constitutionnel a publié le 7 mars 2017 la nouvelle mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle. François Fillon en a reçu plus du triple de nécessaire, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan et Nathalie Arthaud sont également qualifiés. François Baroin a recueilli 5 parrainages et Alain Juppé 242.

Le tableau est ici :



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http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170307-parrainages-candidats.html

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 12:42

« L’aisance mentale, une fois de plus, est primordiale. Elle élimine la nécessité de se concentrer. Elle permet de jongler avec le problème. Elle permet de voir (…) des données lointaines qui se rapportent à lui. De plus, l’aisance évite la fatigue, puisqu’elle laisse ouvert un très large champ de conscience ! De très nombreux messages peuvent donc toucher un cerveau très éveillé, dont la lucidité s’étend parfois jusqu’à l’infini. » (Pierre Daco, "Les prodigieuses victoires de la psychologie").


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On pouvait s’y attendre, ce lundi 6 mars 2017 peu avant 10 heures 30, dès lors qu’il avait décidé de s’exprimer depuis Bordeaux et pas Paris. Le début de la déclaration fut cependant tellement à charge contre François Fillon qui avait un "boulevard" devant lui, qu’on pouvait aussi imaginer, sur le moment, que les hésitations l’avaient retourné : « Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre, et son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’ont conduit dans une impasse. ».

Non, pas de retournement. Alain Juppé a décidé qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle : « Je confirme ce matin, et une bonne fois pour toutes, que je ne serai pas candidat à la Présidence de la République. Je mesure la déception que provoquera cette décision chez beaucoup. Et les reproches qu’elle me vaudra sans doute. (…) Mais il est trop tard ! ».

Le refus d’Alain Juppé, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas son orgueil ni son arrogance agacée qui l’ont motivé, mais sa très grande lucidité, avec trois raisons essentielles.

La première, c’est qu’il est bien en peine de faire l’unité autour de son parti Les Républicains. Le problème, ce ne sont pas ses amis, mais l’obstination de François Fillon (il a employé ce mot très fort, "obstination"), et par conséquent, il ne se voyait pas batailler contre le candidat investi par la primaire sans autre légitimité que quelques fragiles sondages : « Je n’ai pas l’intention de m’engager dans des tractations partisanes ni des marchandages de postes. Pour un gaulliste, ce n’est pas l’esprit de l’élection présidentielle. ».

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La deuxième raison, c’est qu’il a senti, à juste titre, un réel besoin de renouvellement de la classe politique qui s’est illustré notamment par les candidatures de Benoît Hamon et Emmanuel Macron. C’est très lucide de sa part : « À l’évidence, je n’incarne pas ce renouvellement. Cette aspiration de l’opinion me semble plus forte que le besoin de solidité et d’expérience. ».

Enfin, la troisième raison relève d’une plus grande lucidité encore. Pourquoi serait-il candidat ? Pour remplacer François Fillon parce qu’il serait impliqué dans une affaire judiciaire. Quelle est sa légitimité à prôner la moralisation de la vie politique ? Aucune, puisqu’il a été déjà condamné lui-même : « Les récentes péripéties ont encore accrue l’exigence d’exemplarité des Français vis-à-vis de leurs femmes et hommes politiques. Ici encore, je ne peux répondre pleinement à cette exigence même si la justice qui m’a condamné m’a exonéré de tout enrichissement personnel. ».

Et il a poursuivi en donnant la clef de sa non-candidature : « Je ne veux pas livrer mon honneur et la paix de ma famille en pâture aux démolisseurs de réputation. ». Cette réflexion devra être étudiée avec profondeur : si les "meilleurs-d’entre-nous" renoncent à l’élection principale de notre République, il faudra songer à réviser quelques conditions de cette élection, sinon, ce qui semble le cas en 2017, on risque de n’avoir que des "moins disant politique"…

Alain Juppé a décrit les forces et faiblesses de la France : « Notre pays est malade. Rétif aux réformes qu’il sait nécessaires, en colère contre ses élites politiques, mais sensible aux promesses démagogiques, il vit aujourd’hui une terrible crise de confiance [il a buté sur le mot en prononçant d’abord "crise de conscience"]. Mais il a  aussi de formidables capacités de rebond. Ses jeunes, dont une partie est hélàs ! en grande souffrance, seront le ferment d’une renaissance française. ».

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L’élément très négatif de cette déclaration, c’est donc qu’Alain Juppé a eu beau dire : « Pour moi, il est trop tard. Il n’est évidemment pas trop tard pour la France. », il n’a donné aucune clef pour sortir de la crise, en annonçant simplement qu’il s’est mis en retrait à Bordeaux et qu’il se garderait le droit de distribuer des bonnes ou mauvaises notes : « Je ne me priverai pas d’exprimer mon point de vue sur les grandes questions d’avenir ». Mais un peu à la manière d’un sage dont la parole serait d’or et porterait, mais sans capacité d’agir.

Comparé ce 6 mars 2017 sur LCP à un « canard sans tête » par Patrick Appel-Muller, directeur de la rédaction de "L’Humanité", François Fillon peut évidemment se réjouir d’une telle décision qui lui supprime la principale concurrence de remplacement. Néanmoins, d’autres solutions pourraient voir le jour ces prochaiens heures ou journées, avec François Baroin ou encore Valérie Pécresse. Nicolas Sarkozy semble à la manœuvre et c’est ce qui a dû définitivement dégoûter Alain Juppé qui n’a pas oublié les centristes : « Une partie du centre que certains d’entre nous ont rudement stigmatisé nous a quittés. ».

Avant cette déclaration, Dominique de Villepin, invité de BFM-TV chez Jean-Jacques Bourdin, a exprimé sa grande colère contre François Fillon : « On ne joue pas avec les institutions. On ne joue pas avec la rue ! » a-t-il tonné, se faisant le défenseur des institutions d’autant plus que le risque d’absence de majorité parlementaire du prochain Président de la République devient de plus en plus grand.

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Dominique de Villepin n’a d’ailleurs pas mâché ses mots : si François Fillon persistait dans sa candidature, il n’hésiterait pas à voter pour Emmanuel Macron, un ami, et aussi un « républicain ».

Seul, un « noyau des militants et sympathisants [qui] s’est radicalisé » resterait aux côtés de François Fillon pendant que les autres risqueraient de partir vers Marine Le Pen ou vers Emmanuel Macron. Un véritable désastre pour la famille politique qui devait gagner cette élection "imperdable" les mains dans les poches. Un véritable « gâchis », pour reprendre un terme juppéien.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alain Juppé l’utralucide.
Déclaration d’Alain Juppé le 6 mars 2017 à Bordeaux (texte intégral).
François Fillon l’obstiné.
Le grand remplacement.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 3 mars 2017.
Le programme d’Alain Juppé.
Alain Juppé peut-il encore gagner ?
Alain Juppé et le terrorisme.
L’envie d’Alain Juppé.
Alain Juppé, la solution pour 2017 ?
En débat avec François Hollande.
Au Sénat ?
Virginie Calmels.
Second tour de la primaire LR du 27 novembre 2016.
Quatrième débat de la primaire LR 2016 (24 novembre 2016).
Premier tour de la primaire LR du 20 novembre 2016.
Troisième débat de la primaire LR 2016 (17 novembre 2016).
Deuxième débat de la primaire LR 2016 (3 novembre 2016).
Premier débat de la primaire LR 2016 (13 octobre 2016).
L’élection présidentielle 2017.

_yartiJuppe2017A05



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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/alain-juppe-l-ultralucide-190433

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 11:00

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Discours de François Fillon aux chefs d'entreprises


Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Mon objectif : c’est faire que dans 10 ans la France soit la première puissance en Europe. Ce but est atteignable si on passe à la vitesse supérieure pour la croissance et pour le plein emploi.

Pour cela, il faut changer de logiciel : plutôt que de surcharger nos entreprises de normes et de charges, il faut oser la liberté ; plutôt que d’encadrer à l’extrême le travail, il faut oser le libérer.

Nous avons trop longtemps oublié qu’avant de dépenser, de prévoir de nouvelles aides, de lever encore et encore des impôts, avant de multiplier les directives, il fallait faire confiance aux individus, à leur énergie, aux entreprises.

Bref, on a oublié qu’il n’y a pas de progrès sans produire, travailler, innover, créer des richesses.

Ça n’est pas facile de défendre cette position de bon sens dans un pays si longtemps accoutumé à tout encadrer, comme s’il valait mieux l’uniformité que l’audace.

Mais avec 6 millions de personnes qui pointent à pôle emploi et 2200 milliards de dettes, on a maintenant pas d’autre choix que de nous réinventer.

Pour cela, j’aurai besoin de vous car il va falloir surmonter des conservatismes et des habitudes.

Ceux qui disent que c’est impossible ont tort.

Les Français sont formidables, c’est le système qui est à bout.

Il n’y a pas que les entrepreneurs, les artisans, les médecins, les chercheurs, qui appellent à des changements et à plus de liberté pour agir.

Les centaines de fonctionnaires que j’ai pu rencontrer ressentent  cette chape plomb qui bride leurs initiatives, leurs carrières. « De l’air » m’ont-ils dit !

Je n’ai pas rencontré un enseignant ou un chef d’établissement qui ne m’a pas  également confié qu’il en avait assez de ne pas pouvoir être plus autonome.

Pareil pour les personnels hospitaliers, pareil pour les policiers…

Les chômeurs n’ont pas peur de la liberté, ils ont peur du statu quo.

Les jeunes des quartiers qui rêvent de réussite n’ont pas peur de la liberté, non, ils n’ont que rage pour ce conservatisme qui les englue.

Tout cela commence à faire du monde pour changer le système…

Pour  tout dire, vous n’êtes pas seuls et je ne suis pas seul à vouloir bouger les choses.

Pour construire mon projet, j’ai rencontré énormément d’entrepreneurs de PME. Je ne leur ai pas dit que « je les aimais » car les mots non suivis d’effets ne sont que des mots…

Leur constat, c’est le vôtre.

Face au manque de visibilité du carnet de commande, face au fatras des normes administratives, face au poids des impôts et des cotisations, vous avez le  sentiment que vous ne jouez pas à armes égales avec vos concurrents étrangers.

Vous vous sentez coincés par des règles absurdes, empêtrés par des charges fiscalo-sociales, découragés par l’instabilité législative, règlementaire et fiscale.

Tout cela aboutit à brider le potentiel de croissance de nos PME.

Notre pays est champion en termes de créations d’entreprises mais elles grandissent peu.

C’est ça que nous devons changer ensemble !

Mon projet vise, par conséquent, à déverrouiller les principaux freins à leur croissance, afin de libérer leur capacité d’emploi et d’innovation. Nous pourrons ainsi atteindre en 10 ans une densité d’entreprises de taille moyenne à mi-chemin entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, et, pour cela, favoriser la création de 130 000 nouvelles PME de plus de 10 salariés, 20 000 de plus de 50 salariés, 5 000 de plus de 250 salariés, soit quasiment doubler leur nombre actuel.

Le contrat que je vous propose, c’est celui de la liberté, c’est celui de la responsabilité, bref c’est celui de la confiance réciproque.

C’est travailler ensemble ! Pour cela je vous propose trois objectifs.

Premier objectif, faciliter le financement de vos PME.

Cela veut dire mettre en œuvre les mesures suivantes :

Premièrement, orienter 50 Mds €, soit environ 3% des encours des contrats d’assurance-vie vers le capital des PME.

Deuxièmement, réduire l’impôt des particuliers de 30% du montant investi dans une PME, jusqu’à 1 M€ pour un couple, étalés sur 5 ans.

Troisièmement, multiplier les fonds privés d’amorçage, labélisés par BPI France et abondés par l’État.

Quatrièmement, faciliter l’ouverture du capital des PME à vos salariés sans risque de requalification en salaire ;.

Cinquièmement, surseoir aux droits de succession lors de la transmission familiale des PME, jusqu’à la cession effective de l’entreprise.

Deuxième objectif, réduire les contraintes qui pèsent sur vous.

Je parle d’abord des contraintes fiscales et sociales

Nous devons stabiliser et rendre lisible notre politique fiscale pendant cinq ans, après avoir annoncé les grandes mesures fiscales du quinquennat. Vous aurez ainsi la lisibilité nécessaire.

Je veux réduire massivement les charges sociales et fiscales qui pèsent sur vous en simplifiant et en boostant les allègements de charges.

Cela représente 35 milliards en faveur des entreprises et de la compétitivité : 25 milliards au travers d’une baisse des charges sociales et des impôts qui pèsent sur la production, et 10 milliards au travers d’une baisse de l’impôt sur les sociétés.

Par ailleurs, la suppression de l’ISF porte ces allégements à 40 milliards.

Cela représente plus que l’ensemble des dépenses de recherche et développement des entreprises (30 Md€) ou 15% de leurs dépenses d’investissement (260 Md€) : de quoi redonner un nouveau souffle à l’économie française !

Tout cela passe, soyons précis :

    par une transformation du CICE qui est un crédit d’impôt complexe, en une baisse des charges patronales pour un montant équivalent, durable, lisible, portant sur l’ensemble des salaires.
    par un renforcement des allègements existants avec un nouvel allègement de charges sociales et d’impôts de production, de 25 milliards d’euros, portant sur tous les salaires, pour redonner un nouveau souffle à l’économie française. Cet allègement montera progressivement en charge jusqu’en 2020.
    par un allègement de l’impôt sur les sociétés. Les contributions additionnelles à l’IS seront supprimées en 2018, et le taux d’IS sera diminué progressivement pour atteindre environ 25% au terme du quinquennat. Cette mesure permettra de tendre vers le taux moyen de l’Union européenne, et représente un effort de l’ordre de 10 Md€.
    par le prolongement jusqu’en 2019 du dispositif de suramortissement exceptionnel des investissements, pour favoriser l’investissement et la trésorerie des entreprises industrielles.

Cela passe également par une réforme de la fiscalité afin de favoriser la création d’emplois.

L’ISF, impôt absurde, sera supprimé dès 2018, pour garder en France des capitaux qui iront s’investir dans des entreprises françaises, et qui créeront des emplois en France.

Mieux vaut faciliter l’essor d’un capitalisme tricolore plutôt que de se rouler à terre pour séduire les capitaux étrangers. Je n’ai rien contre eux mais autant faire français si on le peut.

Les mécanismes de déduction existants qui financent les entreprises innovantes ou les fondations seront remplacés par des mécanismes de même nature sur l’impôt sur le revenu.

Je propose de mettre en place un taux unique d’imposition des revenus du patrimoine à 30% pour favoriser l’investissement dans les entreprises et donc la création d’emplois.

Parallèlement, je créerai une « TVA compétitivité » en augmentant de 2 points le taux normal, les taux réduits et super-réduits resteront inchangés, les produits de première nécessité et les services publics seront donc épargnés.

Cette TVA compétitivité permettra de financer la baisse des charges pesant sur les salaires les plus modestes.

Enfin, le plafond de versement dans un « PEA PME » sera doublé pour le porter à 150 000 euros, afin de favoriser le financement des PME et des ETI, et donc favoriser la création d’emplois.

Après les contraintes fiscales et sociales, j’en viens aux contraintes d’un droit du travail qui, aujourd’hui, est devenu illisible pour tous.

Le paradoxe, c’est que notre droit du travail actuel est à la fois un frein à l’embauche et de moins en moins protecteur des salariés.

Les entreprises ont peur d’embaucher ; les salariés peur d’être licenciés. La prudence et la défiance règnent à tous les étages.

Sortons de cette impasse !

Je m’engage à refonder et simplifier le Code du travail.

On distinguera clairement les normes sociales fondamentales qui relèvent du domaine de la loi et ce qui relève de l’accord collectif, en priorité d’entreprise ou, à défaut, je sais que vous y êtes attachés, de l’accord de branche.

Dès l’été, pour faciliter l’embauche dans les petites entreprises, je m’engage à doubler les seuils sociaux et à limiter l’impact financier du franchissement des seuils.

Il nous faut ensuite clarifier et sécuriser les règles qui régissent le contrat de travail et sa rupture.

Contraignantes pour l’employeur, peu protectrices pour les salariés, empreints d’une forte insécurité juridique, elles contribuent à rigidifier le marché du travail, à freiner les recrutements et à privilégier le recours aux CDD souvent très courts : 9 embauches sur 10 se font aujourd’hui en CDD.

La priorité doit être désormais de faciliter les recrutements dans le cadre de contrats stables.

Nous devons donc sécuriser la rupture du contrat en plafonnant, de façon impérative, les indemnités prud’homales.

Nous devons ensuite permettre aux entreprises de conforter leur compétitivité en clarifiant les règles du licenciement économiques car elles doivent s’adapter en permanence.

Nous faciliterons les recrutements dans les petites entreprises à travers une rénovation du contrat de travail. J

Je pense, en particulier, à un recours plus facile au contrat de mission ou à la mise en place d’un contrat à causes de rupture prédéfinies, ce que vous appelez le contrat de croissance.

Sur cette question du contrat de travail, je pense qu’un recours à la négociation interprofessionnelle, à partir des orientations que je viens de citer, permettra d’en fixer les contours.

J’en viens maintenant justement au dialogue social.

Je veux étendre la place accordée à la négociation collective, et cela d’abord au niveau de l’entreprise.

La règle qui sera fixée par la loi serait la suivante : une instance unique pour la représentation du personnel.

Cette instance regroupera les actuels Délégués du Personnel, Comité d’Entreprise et Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail.

Ses prérogatives et ses moyens seront croissants en fonction de l’effectif de l’entreprise. Par accord collectif, les entreprises qui le souhaitent pourront conserver des instances distinctes.

En, ce qui concerne l’adaptation des règles de la négociation collective, nous devons, comme vous le souhaitez, faire émerger une vraie démocratie sociale dans les TPE/PME.

Je vous rappelle ici mes propositions : ouvrir la possibilité du referendum, limiter les mandats syndicaux, faciliter la négociation avec les élus du personnel en l’absence de délégués syndicaux, donner la possibilité de se présenter librement au 1er tour des élections professionnelles.

J’ai demandé à Gérard Larcher dont vous connaissez le pragmatisme de me faire des propositions de mise en oeuvre afin que nous puissions rénover, ensemble, les règles du dialogue social.

Il ne s’agit pas pour moi d’opposer les uns aux autres mais je veux moderniser nos règles de représentation et de négociation.

Je veux enfin, vous le savez, lever le verrou des 35 heures.

Dans cette campagne présidentielle, il me semble être le seul à vouloir le faire vraiment et clairement.

Par pour des raisons idéologiques mais tout simplement parce qu’il est temps de donner aux entrepreneurs et aux salariés le pouvoir de négocier entre eux, ce qui est bon pour eux.

Pour renouer avec la compétitivité et pour remobiliser la force de travail, je donnerai la priorité à la négociation collective pour trouver, dans l’entreprise, ou comme vous le souhaitez dans la branche si cela est nécessaire, les moyens les plus efficaces pour augmenter la durée effective du travail et en définir les contreparties salariales.

Bref, je veux du gagnant-gagnant au service de l’entreprise, de l’emploi et de la feuille de paye !

Je sais que vous partagez ma volonté de favoriser l’association des salariés à la marche de l’entreprise.

Je suis d’accord pour voir ensemble comment développer l’intéressement et la participation dans les PME de moins de 50 employés et pour celles qui ne sont pas éligibles, mettre en place une « prime de partage » plafonnée à 2 000€ et exonérée de cotisations

Vous m’avez souvent interpellé sur la complexité des règles qui vous sont imposées. Même Kafka n’aurait pu imaginer certaines d’entre-elles.

Le compte pénibilité sera supprimé !

Mon troisième objectif, c’est de vous accompagner dans votre croissance.

Je vous propose un pacte de confiance destiné à réduire les incertitudes qui pèsent sur vous, en passant du « contrôle sanction » au « contrôle conseil ».

Le poids des normes et les contraintes seront allégés en les alignant sur les normes européennes, sans sur-transposition.

BPI France doit devenir l’outil stratégique national d’investissement industriel. Il aura les moyens d’un « fonds souverain » et aura les mêmes prérogatives que l’Agence des Participations de l’État.

Je m’engage à faire de l’État, en tant que client, un moteur de croissance de vos entreprises en augmentant la part des PME françaises dans les commandes publiques.

Cela veut dire également que nous devons libérer l’innovation.

Cela veut dire :

    autoriser les expérimentations à petite échelle, selon un « Principe d’Innovation » qui se substituerait au « Principe de Précaution ».
    regrouper localement les acteurs de la recherche, de l’enseignement, de l’incubation, de l’accompagnement et du financement de start-up dans des « clusters » pour développer les synergies.
    sanctuariser le Crédit d’Impôt Recherche en développant la délivrance de rescrits fiscaux en amont.
    enfin encourager la modernisation des équipements industriels en prolongeant jusqu’à 2019 le mécanisme de « suramortissement ».

Vous accompagner dans votre croissance, c’est aussi reconnaître votre rôle en matière d’alternance et de formation professionnelle des jeunes.

Après 5 années perdues pour rénover notre système d’alternance, il n’y a plus de temps à perdre pour sortir du statu quo et, comme vous le souhaitez, faire enfin de l’alternance la voie d’accès à l’emploi des jeunes.

Nous y arriverons grâce des incitations financières stables pour les entreprises, grâce à une meilleure implication des branches dans la politique de l’apprentissage et grâce à un rapprochement des CFA et des lycées professionnels.

Ce chantier de l’apprentissage et de la formation en alternance sera pour moi un chantier prioritaire sur lequel nous avancerons avec vous et avec les régions.

Et si nous voulons que ça marche, il faut partir des besoins des entreprises et de vos propositions.

Voilà, Mesdames et Messieurs, le projet que je porte et que je vous propose de réaliser ensemble.

Ne nous racontons pas d’histoire : dette, déficits, chômage de masse, croissance médiocre, notre pays est dans une situation très difficile, que seule la politique accommodante de la BCE permet d’atténuer mais cette politique ne durera pas éternellement.

Quant à l’environnement européen et international, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est plus qu’incertain.

A vrai dire, le sort de notre pays dépend de nous, de notre lucidité, de notre cran, de notre imagination, de notre fierté nationale aussi.

C’est là tout l’esprit de ma démarche pour redresser notre pays. Je suis prêt à agir mais tout ne viendra pas du sommet : le sursaut français sera aussi entre vos mains.

J’ai la conviction que les entrepreneurs de France seront au rendez-vous car l’audace fait partie de leur ADN.

Merci de votre écoute.


François Fillon, le 6 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 10:49

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170306-juppe.html



Déclaration d'Alain Juppé le 6 mars 2017 à Bordeaux


Mesdames, Messieurs les journalistes, merci d’avoir répondu à mon invitation.

A travers vous, c’est aux Françaises et aux Français que je veux m’adresser, à toutes les Françaises et à tous les Français.

Jamais, sous la Vème République, une élection présidentielle ne s’est présentée dans des conditions aussi confuses.

La gauche, déboussolée par l’échec du quinquennat de François Hollande, s’est fracturée en plusieurs sensibilités irréconciliables. Elle court le risque d’être éliminée dès le premier tout de scrutin.

Le Front National, empêtré dans les démêlés judiciaires de Madame Le Pen, en rajoute dans le fanatisme anti-européen qui conduirait notre pays au désastre.

Profitant du discrédit de l’établissement politique, Emmanuel Macron, pourtant inspirateur et acteur de la politique économique de François Hollande, tente d’incarner le renouveau. Mais son immaturité politique et la faiblesse de son projet ne feront pas toujours illusion.

Quant à nous, la droite et le centre, quel gâchis !

Au lendemain de notre primaire, dont le résultat a été incontestable et incontesté, François Fillon à qui j’avais immédiatement et loyalement apporté mon soutien, avait un boulevard devant lui. Je lui ai renouvelé ce soutien à plusieurs reprises.

Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre, et son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’ont conduit dans une impasse.

Tout au long de la semaine dernière, j’ai reçu de très nombreux appels me demandant de prendre la relève. Ils m’ont fait hésiter. J’ai réfléchi.

A mes yeux, la condition sine qua non du succès, c’est le rassemblement le plus large possible de la droite et du centre. Tel était mon objectif en me présentant à la primaire. Je n’ai pas réussi. Aujourd’hui, ce rassemblement est devenu plus difficile encore. Une partie du centre que certains d’entre nous ont rudement stigmatisé nous a quittés. Comme l’a montré la manifestation d’hier au Trocadéro, le noyau des militants et sympathisants LR s’est radicalisé.

François Fillon n’a cessé d’affirmer sa détermination, encore hier soir. Si les pressions qu’exercent sur lui certains de nos responsables le contraignaient à renoncer, le passage de témoin se ferait dans la douleur et ne manquerait pas de laisser des traces.

Je n’ai pas l’intention de m’engager dans des tractations partisanes ni des marchandages de postes. Pour un gaulliste, ce n’est pas l’esprit de l’élection présidentielle.

Je ne suis donc pas en mesure de réaliser le nécessaire rassemblement autour d’un projet fédérateur.

C’est pourquoi je confirme, ce matin et une bonne fois pour toutes, que je ne serai pas candidat à la Présidence de la République.

Je mesure la déception que provoquera cette décision chez beaucoup. Et les reproches qu’elle me vaudra sans doute.

Je redis ma reconnaissance, mon amitié à tous ceux qui, depuis des mois voire des années, m’ont accompagné, soutenu, encouragé.

Je remercie ceux qui, après avoir vivement critiqué ma ligne et mon projet, trouvent aujourd’hui en moi le recours qu’ils recherchent.

Mais il est trop tard.

J’ajoute deux arguments qui me tiennent à cœur :

les Français veulent un profond renouvellement de leurs dirigeants politiques, et à l’évidence, je n’incarne pas ce renouvellement. Cette aspiration de l’opinion me semble plus forte que le besoin de solidité et d’expérience.
Les récentes péripéties ont encore accrue l’exigence d’exemplarité des Français vis-à-vis de leurs femmes et hommes politiques. Ici encore, je ne peux répondre pleinement à cette exigence même si la justice qui m’a condamné m’a exonéré de tout enrichissement personnel. Je ne veux pas livrer mon honneur et la paix de ma famille en pâture aux démolisseurs de réputation.
Je le répète : pour moi, il est trop tard.

Il n’est évidemment pas trop tard pour la France. Il n’est jamais trop tard pour la France.

Notre pays est malade. Rétif aux réformes qu’il sait nécessaires, en colère contre ses élites politiques mais sensible aux promesses démagogiques, il vit aujourd’hui une terrible crise de confiance.

Mais il  a aussi de formidables capacités de rebond. Ses jeunes, dont une partie est hélas ! en grande souffrance, seront le ferment d’une renaissance française.

Pour ma part, je continuerai à servir mes concitoyens en travaillant avec eux dans notre belle ville de Bordeaux et sa métropole.

Je ne me priverai pas d’exprimer mon point de vue sur les grandes questions d’avenir : le relèvement de la France, de son économie, de ses finances publiques, de sa protection sociale ; le combat pour une nouvelle Europe, capable de défendre nos intérêts communs mais aussi de jouer son rôle de messager de paix dans un monde où les nationalismes et les protectionnismes font ressurgir des bruits de guerre ; et aussi la sauvegarde de la planète, la transformation numérique de nos économies, de nos sociétés, de notre humanité.

Voilà quelques-uns des défis que devra relever celui qui portera les couleurs de la droite et du centre dans quelques semaines et, je l’espère, durant le prochain quinquennat.

Vive la République. Et vive la France.

Alain Juppé, Bordeaux le 6 mars 2017.


Source : www.al1jup.com/
Vidéo :
www.francetvinfo.fr/politique/francois-fillon/affaires-fillon/direct-affaire-fillon-alain-juppe-va-s-exprimer-depuis-la-mairie-de-bordeaux_2083391.html

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 05:56

« On confond souvent ténacité (qui est puissance équilibrée) et obstination (qui est impuissance et faiblesse). » (Pierre Daco).


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Ce dimanche 5 mars 2017, même la météo a fait partie du "complot" ! Les grosses giboulées qui ont arrosé le peuple de Paris n’ont pourtant pas empêché 200 000 personnes, selon les organisateurs, ou 40 000 personnes, selon la police, de venir à la rescousse du candidat François Fillon au Trocadéro.

Ce dernier, fort de cette foule inespérée, mobilisée en si peu de temps, a confirmé son engagement dans l’élection présidentielle : « Même si toute cette charge contre moi est injuste, révoltante, instrumentalisée, je vous dois des excuses, dont celle de devoir défendre mon honneur est celui de mon épouse alors que l’essentiel est pour vous comme pour moi de défendre notre pays. ».

Cette phrase, qui paraît très lucide, lui donne pourtant la raison impérative de renoncer à l’élection présidentielle : en tant que candidat, il ne peut en effet pas passer son temps à défendre son honneur, alors que son boulot est de défendre son pays. En voulant rester candidat, François Fillon, justement, en fait une affaire personnelle et pense que son honneur sera lavé de tout soupçon par les urnes.

Or, ce sont bien deux choses différentes : quand bien même il serait élu, cela ne dirait rien sur son innocence (probable, insistons-le) ou sur sa culpabilité, puisque les électeurs ne sont pas les juges de sa conduite, mais seulement les juges de son projet politique.

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Pourtant, justement, son raisonnement est bien différent.

Certes, il a commis des erreurs qu’il a reconnues volontiers, tant sur le recrutement de son épouse que sur les hésitations « sur la manière d’en parler », mais il a rappelé que l’unité de temps était très particulière : « Au-delà des trahisons, du calendrier judiciaire, de la campagne de dénigrement, c’est bien par ma faute que ce projet que je porte, auquel je crois (…), rencontre de si formidables obstacles. (…) Lorsqu’on est, ce que je crois être profondément, un honnête homme, lorsqu’on a passé sa vie au service de l’intérêt général, essayant, un jour après l’autre, de prendre les décisions qu’on croit justes, il est difficile de faire face à une telle campagne. Par un côté, par le désir de moralité qu’elle comporte, elle vous paraît juste. Par tout un autre, par l’excès, par la disproportion, par la haine, elle vous paraît injuste. J’ai fait ce que j’ai pu entre ces écueils. Je me suis souvent raffermi en me disant que le jour où je serai reconnu comme innocent par une justice dont je ne désespère pas, quelles qu’aient été mes réserves sur ses premiers actes, mes accusateurs trop rapides auraient honte à leur tour. Le problème, voyez-vous, c’est que ce jour-là, il sera trop tard. L’élection aura été faussée. Elle n’aura pas permis de mettre un terme aux deux scandales qui défigurent le pays beaucoup plus sûrement, plus profondément que mes propres erreurs. ». Les deux scandales qui ont ruiné ou risque de ruiner la France, ce sont le bilan de François Hollande et le programme de Marine Le Pen.

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Invité au journal de 20 heures sur France 2 le même 5 mars 2017, François Fillon a donc réaffirmé sa volonté de rester candidat, insistant sur le fait qu’il avait les signatures (plus de 1 500), la légitimité populaire (avec la primaire LR) et aussi, sans trop le dire, le trésor de guerre.

À part quelques fidèles, qui ne sont pas forcément ceux qu’on aurait imaginés (François Baroin, Jean-Christophe Fromentin, Luc Chatel, etc.), la plupart des "barons" du parti Les Républicains ont lâché François Fillon et vont tenter de persuader le candidat de revenir au raisonnable dans les heures ou jours qui viennent.

Le raisonnable, ce serait de renoncer. L’argument principal, c’est l’engagement renié en moins d’un mois sur le retrait de candidature en cas de mise en examen, mais aussi, bien sûr, les sondages. Le dernier de Kantar-Sofres pour "Le Figaro" et LCI (publié le 5 mars 2017) est terrible pour François Fillon qui chuterait à 17% intentions de vote, talonné par Benoît Hamon à 16%.

Le candidat de remplacement serait d’ailleurs tout trouvé puisque dans les mêmes sondages, Alain Juppé reprendrait un avantage sur Emmanuel Macron. Mais d’autres hypothèses font leur chemin, comme …Jean-Louis Borloo. Comment sortir de la crise en toute dignité ? Car c’est de cela qu’il s’agit, permettre à François Fillon de renoncer sans avoir l’air d’abdiquer.

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Dans son célèbre livre "Les prodigieuses victoires de la psychologie", le psychanalyste Pierre Daco a évoqué justement le cas de personnes particulièrement entêtées.

Il les décrit ainsi : « L’entêtement et l’obstination sont semblables à l’idée fixe. La personne est possédée par une opinion exclusive, par une prévention, par un préjugé, qui deviennent un clou planté dans le mental. Cet entêtement est donc un "message" unique, qui suit les mêmes lois nerveuses que la concentration et l’idée fixe (…). Je crois inutile de dire qu’un obstiné manque absolument de lucidité, par le rétrécissement du champ de conscience. ».

Et de continuer : « [Les gens obstinés] tournent en rond, bloqués sur des opinions-crampons, comme des écureuils en cage… et se croyant lucides. Mais comme toute obstination bloque une grande partie de leur cerveau, aucun autre message ne peut les atteindre. Avez-vous déjà désespérément tenté de convaincre un obstiné ? ».

Parmi les définitions de l’obstination, il y a celles-ci : « Un homme qui tourne sans cesse sur le même problème intérieur est un obstiné. Un homme qui se crispe intérieurement est un obstiné. Un homme qui est incapable de voir autre chose que son "moi-je" est un obstiné ! ».

Selon Pierre Daco : « [L’entêté, l’obstiné et celui qui se crispe sur des opinions] ne pensent rien du tout. Bien qu’ils maintiennent leurs points de vue "à travers vents et marées", il n’est nullement question de volonté. Ils ne raisonnent jamais leur comportement : ils en sont incapables. ».

C’est ce genre de difficulté à laquelle les amis politiques d’un "obstiné" sont confrontés : « Son entourage lui demande parfois : "mais pourquoi es-tu aussi entêté ?". Il ne répond rien, parce qu’il est dans l’impossibilité de fournir une explication quelconque. Alors, que voulez-vous qu’il fasse ? Il se fige davantage et se crispe sur ses positions. Il se cantonne dans une attitude souverainement impériale, essayant de dominer "par sa volonté" tous ceux qu’il sent supérieurs à lui. Quant aux autres, que peuvent-ils faire devant ce mur de béton, sinon de tenter de passer à côté, se révolter ou se soumettre, avec toutes les conséquences que cela suppose ? ».

_yartiFillon2017030503

Pourquoi s’obstine-t-il ? Parce qu’il croit qu’on veut le faire taire. À Nîmes le 2 mars 2017, François Fillon a ainsi déclaré : « Croyez-moi, ces attaques ne seraient pas si vives si notre programme était de l’eau tiède. (…) Mais voilà, je dénonce ouvertement le déclin, la faillite, la bureaucratie, le laxisme, les communautarismes, le totalitarisme islamique. (…) Il y a dans ma candidature et dans votre soutien quelque chose qui crispe le  politiquement correct. Trop à droite, trop conservateur, trop churchillien, trop souverainiste, trop réformateur… Que sais-je encore ? (…) Tout ce monde qui nous est hostile s’est coagulé pour nous faire barrage. ».

Même s’il a dit sur France 2 qu’il n’est pas "autiste", il y a quand même un petit peu de ce que la caricature de cette maladie peut évoquer quand il se dit attaqué à cause de son programme : les électeurs semblent ne plus le suivre, même si ses sympathisants sont plus que jamais derrière lui. Rappelons-lui : pour gagner l’élection présidentielle de 2017, il lui faudra convaincre au moins 17 millions de Français. Au Trocadéro ce 5 mars 2017, on était encore loin du compte…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon l’obstiné.
Programme présidentiel complété de François Fillon (à télécharger).
Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro (texte intégral).
Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes (texte intégral).
Le grand remplacement.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 3 mars 2017.
Sondage Odoxa du 3 mars 2017 : Juppé devant Macron et Le Pen éliminée !
Campagne en état d’urgence.
Assassinat politique ?
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Propositions pour une meilleure santé.
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

_yartiFillon2017030505



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170305-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-l-obstine-190417

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/06/35014558.html


 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 19:42

(verbatim)



Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170305-fillon.html



Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro à Paris


Mes chers compatriotes,

Ils pensent que je suis seul. Ils veulent que je sois seul. Est-ce que nous sommes seuls ?

Mes chers amis, merci.

Oui, merci de tout cœur pour votre présence vous qui avez su braver les injonctions, les caricatures et parfois même les invectives en vous présentant ici, en cette place, si forte en symbole.

Merci, à vous qui ne baisserez jamais les bras.

A vous qui refuserez toujours d’entendre les sirènes du découragement.

Vous êtes une « certaine idée de la France », cette idée éternelle est plus grande que moi, plus grande même que cette élection, oui, c’est cette haute idée française que je voulais inviter, ici, à Paris, au Trocadéro.

Je voulais l’inviter car dans cette campagne présidentielle où je suis devenu la cible de tous, cette campagne où le dénigrement de ma personne sature l’information, on vous vous a oubliés, on a oublié ce que vous aviez sur le cœur, ce pour quoi vous vous battiez.

A cet égard, même si toute cette charge contre moi est injuste, révoltante, instrumentalisée, je vous dois des excuses, dont celle de devoir défendre mon honneur et celui de mon épouse alors que l’essentiel est pour vous comme pour moi de défendre notre pays.

Hommage devait être rendu aux militants de la France que vous êtes.

Vous êtes la France qui vient de loin, héritiers d’un passé toujours présent.

La France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans culottes, la France qui a brillé et qui continue de briller dans les arts, les sciences et les technologies, la France qui oppose aux terroristes et aux tyrans sa force morale et militaire.

Vous êtes la République, qui fait de chacun de nous le compagnon de l’autre.

La République est née de siècles de combat pour faire triompher l’intérêt général.

Elle est une révolte face aux facilités, face aux échecs.

Elle n’est que mouvement. Si elle tombe, elle se relève telle Gavroche sur sa barricade.

Elle se relève toujours et c’est la faute à Voltaire, à Rousseau, c’est aussi pour nous la faute à Victor Hugo, à Clémenceau, aux héros de 20 ans de la Résistance.

 » Vivre, c’est ne pas se résigner ! « , écrivait Camus.

Sans cesse dans son histoire, la France a cru au mouvement.

Jamais elle n’a fait bon ménage avec le statu quo et les arrangements à la petite semaine, ce que le Général de Gaulle qualifiait en son temps de  » petite soupe sur son petit feu, dans sa petite marmite « .

Oui, vous êtes libres, et avec vous je parle de la première valeur de notre devise, la Liberté, et j’en parle pour les courageux que le système décourage, les intrépides qu’il étouffe, les audacieux qu’il suspecte, bref, ceux pour qui la liberté est une opportunité de prendre leur destin à pleines mains.

Et celui, mes amis, qui la prend, s’engage pour réussir sa vie et pour prouver qu’il existe en lui une flamme ; et de fil en aiguille, de flamme en flamme, c’est tout un peuple qui se redresse et retrouve le goût du bonheur.

Oui, pacifiquement et patiemment, vous êtes ensemble le peuple qui tous les jours est au travail, qui croit à la famille, à l’ordre juste, qui respecte le drapeau tricolore, le peuple qui ne fait pas de bruit, qui a du bon sens.

Vous êtes les électeurs de la droite et du centre, bien décidés à faire de l’élection présidentielle le point de départ d’un pays qui renait, un pays dont vous et vos enfants seraient fiers, un pays qui affirme sa volonté d’être une puissance gagnante, la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans.

Vous êtes la preuve vivante que rien de grand ne peut se faire sans vous.

A vous mes amis, je dois la vérité.

On m’attaque de toutes parts et je dois en conscience vous écouter, écouter cette foule immense qui me pousse vers l’avant, mais je dois aussi m’interroger sur ceux qui doutent et fuient le navire. Leur responsabilité est immense et la mienne aussi…

Vous savez que je suis un homme pudique mais je dois vous faire une confidence. Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant : « Tiens, je vais être candidat à la présidence de la République ».

Je n’ai jamais été dans le schéma de ceux qui sont animés par une ambition personnelle dévorante et qui calculent le moindre de leurs actes, le plus anodin de leurs propos et qui tissent inlassablement, dès leur plus jeune âge, des réseaux en fonction de ce seul objectif.

A chaque étape de ma vie politique ce qui n’a cessé de m’animer, c’est, la possibilité de réaliser, d’être utile, de rendre service à mon pays.

Mes amis, vous savez mon diagnostic : je crois que notre pays décline et que l’heure est à un dépassement collectif.

Je comprends votre inquiétude.

Elle s’est amplifiée depuis cinq ans. Cinq longues années durant lesquelles notre République a été mise à mal.

Cinq ans pendant lesquels nous avons vu notre pays, petit à petit, descendre dans un long hiver historique, se replier sur lui-même, perdre son rang économique, sa place en Europe et notre tissu social se déliter à la vitesse d’une pelote.

Et pendant ce temps-là, qu’ont-ils fait tous ces socialistes qui auraient dû uniquement se consacrer à l’intérêt national ? Rien.

Ils étaient trop occupés par une seule obsession : mettre en place une série d’accommodements déraisonnables et de démissions camouflées, selon les vieilles règles de la   IVe République.  Des arrangements d’appareil. Toutes les décisions lourdes, importantes, reportées. La nomination des amis parce qu’ils sont des amis et non pour ce qu’ils valent. Le mépris de la vérité qui dérange. L’oubli des réalités qui fâchent. Tout cela nous l’avons vu, nous le voyons encore, alors que le monde se fait, autour de nous, plus dangereux, plus incertain chaque jour.

Au dehors c’était la guerre, et l’on réduisait le budget de nos armées. La dislocation de l’Europe, et l’on nommait Harlem désir pour s’en occuper.

Au-dedans c’était la crise, et l’on continuait à dériver comme un bâton au fil de l’eau.

Six millions de chômeurs, neuf millions de pauvres, une jeunesse en déshérence, un pays qui doute, des Français qui se divisent, la haine qui s’installe.

Une génération sacrifiant la suivante, abaissant son éducation, la condamnant a ployer  jusqu’à la fin sous le fardeau d’une dette insoutenable, au sein d’un pays déclassé, au milieu des ruines de notre industrie, de notre économie, sans rêves réalisables, sans argent, sans emploi, sans avenir.

Notre pays n’a pas été gouverné, il a été géré par le premier secrétaire du parti socialiste.

Dès le début, le hollandisme a montré son vrai visage : ces synthèses impossibles, cette alternance d’attentisme et d’activisme poussif et brouillon, cette crainte constante d’affirmer clairement un cap, préférant caboter le long de l’actualité.

Il paraît qu’il ne faut pas parler de cela, que le droit d’inventaire nous est refusé. Une élection chasse l’autre. Les commentateurs ne s’intéressent qu’à cette course d’obstacles des prétendants, qu’à la tactique. C’est un mauvais feuilleton. Dans ce récit effarant la France a comme disparu et les Francais aussi. Or moi, c’est de la France et des Français que j’ai voulu, que je voudrais toujours me soucier. Et je crois que les millions de voix qui se sont portées sur moi à la primaire veulent dire simplement ceci : nous autres Français n’en pouvons plus de vos calculs, de vos carrières, de vos histoires.

Je vais vous faire une confidence. Si par magie les Francais avaient pu assister a ce que j’ai vu ces dernières semaines, une vague de dégout les submergerait. La fuite en canard, d’un camp a l’autre, d’un hiérarque l’autre, vers la circonscription, le portefeuille. La désertion assumée, sans honte et aussi sans orgueil. Se sauver soi-même. Oui, là aussi, la France et les Français avaient disparu.

Mais je doublerai cette confidence par une autre. Je sais bien, croyez-le, quelle est ma part de responsabilité dans cette épreuve. Au delà des trahisons, du calendrier judiciaire, de la campagne de dénigrement, c’est bien par ma faute que ce projet que je porte, auquel je crois, auquel vous croyez, rencontre de si formidables obstacles. J’ai commis la première erreur autrefois, je vous l’ai dit, en demandant a ma femme de travailler pour moi, parce qu’elle connaissait le terrain, parce que c’était commode. Je n’aurais pas du le faire. Et j’ai commis la seconde en hésitant sur la manière d’en parler, de vous en parler, d’en parler aux Français. Je ne vous demanderai pas de vous mettre à ma place. Mais croyez-le, lorsqu’on est, ce que je crois être profondément, un honnête homme, lorsqu’on a passé sa vie au service de l’intérêt général, essayant, un jour après l’autre, de prendre les décisions qu’on croit justes, il est difficile de faire face à une telle campagne. Par un côté, par le désir de moralité qu’elle comporte, elle vous parait juste. Par tout un autre, par l’excès, par la disproportion, par la haine, elle vous parait injuste. J’ai fait ce que j’ai pu entre ces écueils. Je me suis souvent raffermi en me disant que le jour où je serai reconnu comme innocent par une justice dont je ne désespère pas, quelles qu’aient été mes réserves sur ses premiers actes, mes accusateurs trop rapides auraient honte à leur tour.

Le problème, voyez-vous, c’est que ce jour là il sera trop tard. L’élection aura été faussée. Elle n’aura pas permis de mettre un terme aux deux scandales qui défigurent le pays beaucoup plus sûrement, plus profondément que mes propres erreurs.

Quels sont ces scandales ?

Le premier scandale, c’est la manière, insidieuse, molle, hésitante mais terrible dans ses conséquences, dont François Hollande a œuvré au déclassement de notre pays.

Son terrible bilan n’a malheureusement pas été effacé comme par un coup d’ardoise magique. Il demeure, plombant notre croissance et hypothéquant l’avenir de nos enfants.

Et qu’importe si par un tour de joueur de bonneteau, c’est son ancien porte-serviette, M. Macron, qui prend maintenant le relais, adoptant son programme pour le plus grand bonheur des marchands d’illusions.

La faute est là et aucun artifice ne peut l’effacer.

Le second scandale, c’est celui de tous nos concurrents qui, indifférents à toutes les réalités économiques, ignorant tous les défis du monde, n’hésitent pas à promettre les 32 heures, le retour du franc, l’augmentation des dépenses publiques. Et qu’importe la faillite !

Cette démagogie devrait se heurter à un mur de raison, mais non, le boulevard est ouvert à tous les illusionnistes et les extrémistes.

Ce qui se passe actuellement donnerait presque à croire que nous sommes dans une comédie si durant ces cinq années ne s’était pas dressé un des plus terribles dangers auquel la France n’a jamais été confrontée depuis des décennies.

Je veux parler du totalitarisme islamique.

Toulouse, Charlie, l’Hypercacher, le Bataclan, les terrasses parisiennes, Nice…

Nous sommes en état d’urgence mais à en écouter certains il est urgent de ne pas en faire état.

Moi j’en parle et j’en parle fort. Contrairement à ceux qui temporisent et qui hésitent, je suis d’une détermination totale.

Parce que je crois que toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi doit être condamnée ; parce que la France ne peut pas servir de sanctuaire, de base arrière à l’islamofascisme ; parce qu’il faut extirper de notre corps social cette tumeur qu’est l’antisémitisme. ; parce que nous ne pourrons jamais accepter que sur notre sol, comme partout dans le monde, les femmes soient assignées à résidence et traitées comme des citoyennes de seconde zone.

A votre inquiétude légitime s’est ajoutée la colère envers cette chasse à l’homme qui me vise et qui, au-delà de ma seule personne, cherche à briser la droite, à lui voler son vote.

Je ne parle pas seulement pour moi, mais parce que la démocratie vous appartient, à vous !

Mais mes amis, vous ne devez pas céder à l’inquiétude où à la colère. Vous devez les transformer en une formidable énergie pour célébrer et chérir cette France que nous aimons par-dessus tout.

Il n’y a pas de plus belle et de plus juste querelle que celle-ci.

Le meilleur service que nous puissions rendre à notre pays mais aussi au monde, c’est de nous engager résolument sur la voie du redressement, c’est de restaurer la cohésion nationale et l’autorité de l’État.

Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d’un côté, ceux qui tiennent la nation pour un simple marchepied à leurs ambitions et, de l’autre, ceux qui s’en font une certaine idée.

Je veux vous faire partager ce sentiment trop souvent caché, parfois moqué, un sentiment qui pourtant devrait tous nous habiter, ici et partout dans notre beau pays : la fierté.

A l’heure où certains histrions parlent de crimes contre l’humanité, je veux rappeler que la France est avant tout un pays de liberté, que les Français ont dans le monde répandu l’esprit des Lumières et que dans les pires heures de son Histoire elle a toujours su retrouver les voies exemplaires du courage et de la réconciliation.

La France est une terre d’accueil pour tous ceux qui en comprennent la richesse.

Venus d’horizons proches ou lointains, des groupes d’hommes et de femmes sont arrivés ici. Ils ont su renforcer sa cohérence et sa puissance.

La diversité est un bien précieux quand elle sait se conjuguer avec nos traditions. Car plus haut est l’arbre, plus profondes sont ses racines.

Alors ne nous laissons pas berner par ces modernes gourous qui sont revenus de tout sans être allés nulle part, ne nous laissons pas leurrer par les prophètes de la décadence qui prévoient la fin de notre monde quand c’est du leur qu’il s’agit.

Pendant ces années où j’ai préparé ma candidature j’ai sillonné le pays à votre rencontre et j’ai vu des hommes et des femmes qui n’acceptaient pas de se voir diluer dans une mondialisation vide de sens.

J’ai rencontré d’innombrables compatriotes qui se sentent français. Et comme tels, prêts à relever tous les défis qui se présentent à nous.

La France est belle de ses innovations.

Dans leur tour d’ivoire les commentateurs tournent en rond autour des mêmes constats négatifs, des mêmes renoncements, du même pessimisme tarifé, fasciné par la critique et le besoin de détruire, de salir.

Pendant ce temps-là, les initiatives fleurissent sur tout le territoire. Accompagnant la révolution numérique ou appuyés sur la richesse de notre patrimoine artisanal ou industriel des entrepreneurs inventent le monde de demain.

Non, messieurs les socialo-centristes, non, mesdames et messieurs les extrémistes de tous bords et de toutes obédiences, il n’y a pas de fatalité.

La France compte parmi ses citoyens des milliers et des milliers d’entrepreneurs, d’inventeurs, de volontaires pour entrer dans la nouvelle résistance.

Car résister c’est aussi résister à l’envie de dire « à quoi bon ».

Je sais mes amis que nous sommes là, ensemble, pour affirmer haut et fort notre conviction qu’un monde meilleur est à construire, pour nos enfants, pour les générations à venir.

Être fiers d’être français, être fiers de la France voilà un programme qui doit vous mobiliser, vers lequel vous devez tendre sans relâche.

Oui, l’entreprise doit pouvoir libérer ses forces, se sortir de la peur d’être laminée par la mondialisation, étranglée par la règlementation, privée de dialogue.

A Nîmes, comme à Lille, à Strasbourg comme à Rennes, à Paris comme à Toulouse,  mais aussi dans les bourgs, les villages il faut redonner l’envie de créer, l’envie d’être un acteur du redressement, chacun dans notre rôle.

Car contrairement à ce que certains observateurs voudraient nous faire croire nos concitoyens ont du cran et du talent.

Même si on leur rabâche trop souvent la litanie des mauvaises nouvelles et des plaintes, nos compatriotes se sentent appartenir à un pays dont le potentiel est immense.

C’est pour moi un point essentiel de cette élection : faire en sorte que les clivages absurdes soient dépassés, pour que revienne notre sentiment d’appartenance à un pays unique ou chacun est libre, avec ses envies, son besoin de se retrouver avec sa communauté, de protéger sa famille, mais aussi où chacun a conscience d’appartenir à une communauté nationale, un tout qui s’appelle la France, un pays dont nous sommes légataires et que nous laisserons à nos enfants, avec la même exigence et le même respect que ceux qui nous ont précédés lui ont témoigné.

Mes chers amis, la fierté est un bien précieux, un moteur pour la France.

Créons, imaginons, travaillons la main dans la main, innovons ensemble, faisons de la France un pays leader en Europe, une zone de développement et d’harmonie qui fasse de chacun de ses citoyens un porte-parole dont la fierté sera la plus belle des cartes de visite.

Nous vivons des temps difficiles.

Nous ne surmonterons les épreuves qu’à la condition de nous hisser à la hauteur des enjeux et non en nous égarant dans des affrontements dérisoires.

L’heure est au dépassement. Les plus grandes victoires ne sont pas seulement arrachées à l’adversité, elles le sont aussi sur nous-mêmes.

Notre pays a toutes les qualités pour se reprendre et surprendre le monde à condition que nous ouvrions en grand les portes de la liberté.

Fini le temps des dogmes, fini le temps des idéologies mortifères ; fini celui des illusionnistes.

Dites-vous bien que les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se fracasser sur la réalité.

Il ne faut jamais désespérer de la France parce qu’il ne faut jamais désespérer, je le sais, des Français.

La France se réveillera et elle se redressera.

C’est animé par cette conviction qui est aussi la vôtre que je veux a présent m’adresser, avec vous, aux responsables politiques de la droite et du centre.

Mon examen de conscience, je l’ai fait, et croyez-le je ne souhaite à personne d’avoir à le faire dans de telles circonstances. Aux hommes politiques de mon camp je dirai à présent ceci :  il vous revient maintenant de faire le vôtre. Laisserez-vous les passions du moment l’emporter sur les nécessités nationales ? Laisserez-vous  les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l’emporter sur la grandeur et la cohérence d’un projet adopté par plus de quatre millions d’électeurs ? Vous laisserez-vous dicter par l’écume des choses ce choix décisif qu’une part de notre peuple a remis entre vos mains, le désir profond d’un renouveau, d’une fierté nationale enfin retrouvée ?

Je continuerai à dire a mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas. Parce que ce choix est le vôtre, celui de vos suffrages et à travers eux de vos espérances. Il sera, j’en suis sûr, celui de la France toute entière si nous nous ressaisissons tous ensemble dans un ultime effort.

Vive la République et vive la France.

François Fillon, Paris le 5 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:30

« Je ne me défilerai pas. » aurait affirmé le 3 mars 2017 selon "Le Parisien" celui qui est maintenant prêt à remplacer le candidat François Fillon.



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Après la séquence judiciaire, voici la séquence psychologique. Ou plutôt, après le drame politique, voici le drame psychologique. Avant le drame judiciaire, car les retombées médiatiques du 15 mars 2017 auraient de très fâcheuses conséquences politiques, après une convocation chez un juge et éventuellement une mise en examen (imagine-t-on… ?). Hésitant entre le vaudeville et le policier, le film pourrait tourner dans la tragédie grecque.

Une sorte d’enfermement psychologique : « Abandonner une course, pour un pilote, ce n’est pas naturel. J’ai parlé avec [Nicolas Sarkozy et Alain Juppé] et avec tous ceux qui me soutiennent. J’ai écouté les prudents, j’ai senti le soutien des courageux. J’ai pris ma décision en conscience. Et je  m’y tiendrai avec le soutien de tous les Français qui ne veulent pas se laisser voler l’élection présidentielle. » ("Midi Libre", le 2 mars 2017). Il faut être particulièrement fort pour vouloir s’accrocher encore à une candidature qui emmène désormais inéluctablement son parti dans le mur alors que l’élection était réputée imperdable. Les jours sont désormais comptés. La nouveauté, ce sont les nombreuses défections de ses "amis" politiques (appelés "traîtres" pour l’occasion).

Comme il le disait lui-même au cours d’un débat de la primaire LR en novembre 2016, c’est injuste, mais il n’est plus politiquement tenable de poursuivre. Tous ses soutiens s’en vont depuis trois jours. Un candidat qui doit tenir un calendrier judiciaire ne peut plus ni faire campagne ni, dans le cas improbable d’élection, gouverner avec la sérénité nécessaire. La concomitance des dates entre les échéances judiciaires et l’élection présidentielle est trop forte, à propos des faits reprochés qui étaient connus de toute la classe politique depuis trente ans, en tout cas, de tous ceux qui avaient accès aux données fiscales et aux emplois de l’Assemblée Nationale, pour ne pas y voir un moyen d’empêcher un candidat de se présenter. La réalité, c’est que c’est devenu politiquement ingérable.

Deux coups de grâce ce vendredi 3 mars 2017, parmi la centaine de "grands" élus (maires de grandes villes, parlementaires, etc.) qui ont retiré leur soutien à François Fillon : Thierry Solère, porte-parole du candidat qui fut l’organisateur de la primaire LR, et aussi Patrick Stefanini, son directeur de campagne, rapidement remplacé par Vincent Chriqui.

La candidature de François Fillon s’effondre comme dans l’éboulement d’une falaise. Quelques cailloux au début, des pans entiers à la fin. Comment rassembler les Français si l’on n’est plus capable de garder le soutien de ses plus proches amis politiques ? Pendant la matinée "dramatique" du 1er mars 2017, Gérard Larcher et Bernard Accoyer lui auraient conseillé de renoncer, tout en affichant leur fidélité à l’homme.

Le 3 mars 2017 est sans doute la date du début de la fin puisque même ses plus proches amis le quittent. Alain Juppé, qui était resté parfaitement loyal jusqu’à maintenant, a fait (enfin) savoir qu’il serait prêt si le candidat François Fillon lui demandait de le remplacer.

On peut imaginer aussi que ce délitement massif de la candidature de François Fillon a été provoqué par un sondage particulièrement cruel. Depuis le début de l’affaire, fin janvier 2017, s’il a réussi à préserver un "noyau dur" d’intentions de vote autour de 20% dans les sondages, François Fillon est maintenant systématiquement renvoyé en troisième position derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

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Et depuis le début de la semaine, Emmanuel Macron l’a même distancé, dans la plupart des sondages (certains diraient l’effet Bayrou, ce qui n’est pas le cas, c’est simplement que François Bayrou ne fait plus partie des candidats testés et donc, cela donne un effet mécanique de répartition de ses propres intentions de vote), au point que dans le sondage réalisé par Odoxa publié le 3 mars 2017 (réalisé les 1er et 2 mars 2017), Emmanuel Macron se hisserait en tête des intentions de vote avec 27%, devant Marine Le Pen qui aurait 25,5% et François Fillon 19%.

Ce ne sont que des sondages, mais il est intéressant de voir que les tendances ne sont plus favorables à François Fillon en raison d’un rebond d’Emmanuel Macron.

Le sondage a aussi testé la candidature d’Alain Juppé, et le résultat bouleverserait complètement la donne actuelle : Alain Juppé obtiendrait 26,5% et se classerait premier, devant Emmanuel Macron à 25% et Marine Le Pen à 24%. En clair, la candidature d’Alain Juppé pourrait éliminer dès le premier tour Marine Le Pen dont l’actualité judiciaire ne lui est pas non plus favorable dans la suite de la campagne (elle refuse toujours d’honorer la convocation d’un juge pour une mise en examen, mais ne peut pas être obligée de venir tant que son immunité parlementaire n’est pas levée pour cette affaire-là).

Il est aussi intéressant de constater qu’il y aurait à peu près le même "socle" d’électeurs d’Alain Juppé (68% des 26,5% sûrs de leur vote, soit 18%) que d’électeurs de François Fillon (84% des 19% sûrs de leur vote, soit 16%). On peut imaginer qu’en cas de candidature, Alain Juppé ferait sa campagne sur sa droite pour se confronter à Emmanuel Macron, d’autant plus que François Bayrou a précisé le 3 mars 2017 qu’il resterait allié à Emmanuel Macron quoi qu’il arrive.

C’est le seul sondage, à ce jour, qui donne cet ordre d’arrivée. La bonne campagne d’Emmanuel Macron pourrait donc être un danger pour Marine Le Pen. Encore une fois, répétons que rien n’est joué puisque finalement, ces trois candidats (Alain Juppé, Emmanuel Macron et Marine Le Pen) seraient dans un mouchoir de poche (rappelons que l’intervalle d’incertitude est d’environ 5%, ce qui est plus grand que les écarts entre ces trois candidats).

Quant à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, les frères Dupont de la gauche française, leur campagne patine tellement qu’à eux deux, ils ne feraient que 24% dans le cas Fillon et seulement 19% dans le cas Juppé. Leur éventuelle union n’aurait alors aucune conséquence sur leur capacité à atteindre le second tour.

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Au-delà de la prudence statistique, il faut évidemment rajouter la prudence politique : Alain Juppé n’a pas encore fait campagne et la manière de la faire pourrait influencer les électeurs dans un sens ou un autre. Quel programme ? quelle équipe ? On imagine mal qu’il reprenne ceux de François Fillon.

Un tel sondage confirmerait cependant que le remplacement de François Fillon par Alain Juppé renouvellerait considérablement le contexte politique. Comme l’a expliqué l’ancien ministre socialiste François Loncle, soutien d’Emmanuel Macron, le staff de ce dernier avait craint, dans la matinée du 1er mars 2017, un tel remplacement qui remettrait en cause la certitude de la présence du candidat marcheur au second tour.

À 71 ans, Alain Juppé n’a plus beaucoup à prouver. Il s’était préparé à cette campagne depuis plusieurs années et pourrait donc être "opérationnel" très rapidement. D’ailleurs, son âge l’aurait incité à faire une campagne courte, il n’aurait pas le choix de faire autrement maintenant. François Mitterrand avait aussi 71 ans lorsqu’il a décidé de solliciter un second septennat. Il a annoncé sa candidature le 22 mars 1988, pour un premier tour le 24 avril 1988.

Il y a évidemment deux obstacles techniques pour être candidat.

Le premier est de recueillir 500 parrainages avant le 17 mars 2017. À la mise à jour du 3 mars 2017, Alain Juppé a un seul parrainage valide mais il est probable que les jours prochains voient arriver des dizaines voire des centaines de parrainages pour Alain Juppé, d’autant plus facilement que François Fillon en a obtenu largement assez pour être candidat lui-même, avec 1 155 signatures (Emmanuel Macron en a obtenu 464, Benoît Hamon 334, Nathalie Arthaud 314, Nicolas Dupont-Aignan 205, Jacques Cheminade 163, Jean-Luc Mélenchon 136, Marine Le Pen 84).

Le second obstacle est financier. C’est François Fillon qui a collecté le financement de la campagne électorale. Alain Juppé ne peut concevoir sa candidature que dans le cadre d’un remplacement volontaire, avec l’accord de François Fillon, pas à l’arraché en l’obligeant.

La candidature d’Alain Juppé provoquerait à la fois un (nouveau) bouleversement politique mais aussi un soulagement pour une grande partie de l’électorat de la droite et du centre. La multiplication des erreurs de communication de François Fillon, sa solitude voulue pour gérer cette crise majeure pour lui et sa famille, mais mineure pour le pays, son manquement à la parole donnée (retrait en cas de mise en examen), et l’effondrement de son image de marque de probité et de sobriété, ont apporté de nombreux doutes sur son aptitude à diriger la France.

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Aussi injuste soit cette mise en cause, non seulement le PenelopeGate pollue la campagne de François Fillon mais l’affaire pollue toute la campagne présidentielle, y compris celle des autres candidats (Benoît Hamon a crié sur BFM-TV le 3 mars 2017 qu’il en avait assez de cette affaire !).

Si d’aventure Marine Le Pen finissait par être élue le 7 mai 2017, les livres d’histoire n’auraient aucun mal, dans quelques années, à présenter les choses comme une suite logique d’événements aboutissant à cette élection jugée ainsi "inéluctable". Mais ce serait toujours a posteriori, tellement l’histoire immédiate est difficilement analysable. L’élection de Donald Trump aux États-Unis s’est déroulée aussi dans le même genre de processus de scandales qui ont véritablement pourri la campagne d’Hillary Clinton.

Dans l’histoire récente, François Fillon ne serait pas le seul à être empêché d’être candidat à cause de la justice. En effet, Dominique Strauss-Kahn, chouchou des sondages, a été lui aussi empêché, à cause de l’affaire du Sofitel, et rappelons qu’après avoir été écroué puis placé en résidence surveillée par un procureur américain, Dominique Strauss-Kahn a quitté les États-Unis libre, sans condamnation. Son empêchement fut donc "judiciairement" injuste mais "moralement" justifié.

Cependant, l’état d’esprit de François Fillon semble tout autre qu’un renoncement. Sa candidature semble être en état de fin de vie où chaque minute compte, chaque jour qui passe est une petite victoire. Il voudrait pouvoir présenter son programme si bien préparé à Aubervilliers ce samedi 4 mars 2017, et enfin, connaître la portée de son combat devenu solitaire ce dimanche 5 mars 2017 sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro.

Le 3 mars 2017, il sollicitait ses soutiens au Trocadéro ainsi : « Avec la force calme et assurée de ceux qui respectent nos institutions démocratiques, vous ferez entendre votre voix. ». Il joue avec le feu, inutilement d’ailleurs, car que ce soit le nombre de participants à ce rassemblement (10 000 inscrits pour l’instant), ou même le nombre de ses électeurs à la primaire LR (2,9 millions de voix), ce sont des nombres très petits par rapport aux objectifs électoraux.

En effet, les 23 avril et 7 mai 2017, il devrait y avoir un corps électoral d’au moins 46 millions d’inscrits, le taux de participation n’aurait aucune raison d’être plus faible qu’en 2012 (malgré les sondages qui disent le contraire), soit de l’ordre de 80% (79,5% le 22 avril 2012 et 80,4% le 6 mai 2012). Donc, pour être élu au second tour, il lui faudrait convaincre au moins 17 voire 18 millions d’électeurs (Nicolas Sarkozy avait échoué le 6 mai 2012 avec 16,9 millions d’électeurs). On est loin des 3 millions de la primaire.

Cela me fait penser à l’extrait d’une bande dessinée de Peyo, l’auteur des célèbres Schtroumpfs, que j’avais déjà "utilisé" pour parodier François Hollande à la fin de 2016. La scène se situe à la fin de l’album "Le Schtroumpfissime" qui perd tous ses fidèles en raison d’une conduite aux responsabilités trop personnelle et pas assez empathique.

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À propos du rassemblement du Trocadéro, il faut toutefois noter que pour éviter tout débordement et toute violence, un contrôle sévère sera opéré à l’arrivée des lieux. Les consignes sont notamment : « Afin de faciliter le passage des filtres de sécurité, évitez dans la mesure du possible de venir avec un sac à dos ou un sac à main. Évitez également tout objet pouvant être assimilé à un projectile. Enfin, seuls les drapeaux tricolores seront acceptés. Aucune banderole ni panneau ne sera autorisé. ».

Cela pour éviter un nouveau 6 février 1934 comme certains le craignent, notamment François Hollande lui-même qui a dit, le 2 mars 2017 en Corse : « Ce n’est plus acceptable. Je déplore profondément cette mise en cause insupportable de la vie démocratique de notre pays. ».

Cette centaine d’élus majeurs qui se sont désolidarisés de François Fillon seulement maintenant, mais qui piaffaient d’envie de le faire il y a déjà plus d’un mois sans l’avoir osé, reconnaît cependant que la seule décision appartient en conscience au candidat désigné par la primaire lui-même. Au-delà de sa logique de vouloir retrouver son honneur perdu par les urnes, le sens des responsabilités devrait primer, car l’issue de l’élection présidentielle ne concerne pas un seul homme mais une nation entière, actuellement gravement menacée avec ses plus de 2 000 milliards d’euros de dette publique, ses plus de 6 millions de demandeurs d’emploi et ses plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, sans compter la menace terroriste.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le grand remplacement.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 3 mars 2017.
Sondage Odoxa du 3 mars 2017 : Juppé devant Macron et Le Pen éliminée !
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Deux sondages du 24 février 2017 (à télécharger).
Sondages rolling IFOP du 17 février 2017.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
François Bayrou.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

_yartiPresidentielle2017AM05




http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170303-presidentielle2017-am.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-grand-remplacement-190355

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/04/35005624.html

 

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