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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 12:25

On peut lire le programme d'Anne Hidalgo, candidate du PS à l'élection présidentielle de 2022, sur son site Internet.

Cliquer sur ce lien pour télécharger le programme (fichier .pdf) :
https://assets.nationbuilder.com/2022avechidalgo/pages/208/attachments/original/1645795527/Anne_Hidalgo_Programme_officiel_en_A4_l%C3%A9ger.pdf?1645795527


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211208-anne-hidalgo.html
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220327-delors.html
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220320-bertrand-delanoe.html


SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220129-programme-anne-hidalgo.html


 

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 12:16

On ne peut pas lire le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat de FI à l'élection présidentielle de 2022, sur son site Internet, parce qu'il faut le payer. C'est le seul candidat qui ne permet pas de lire son programme de manière libre et gratuite.

Cliquer sur ce lien pour commander le programme (en version papier) :
https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782021482461-l-avenir-en-commun-le-programme-de-l-union-populaire-jean-luc-melenchon/

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220228-melenchon.html


SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220331-programme-melenchon.html


 

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19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 12:31

On peut lire le programme de Nathalie Arthaud, candidate de LO à l'élection présidentielle de 2022, sur son site Internet.

Cliquer sur ces liens pour télécharger les tracts (fichiers .pdf) :
https://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/CirculairePresidentielle2002.pdf
https://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/brochure-janvier_2022_bd.pdf
https://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/4pages_presidentielles_nathalie_arthaud.pdf

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170401-nathalie-arthaud.html


SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220331-programme-nathalie-arthaud.html




 

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 12:21

Présenté au cours de la conférence de presse du 17 mars 2022, le projet du candidat Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2022 a été publié sur son site Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le projet d'Emmanuel Macron (fichier .pdf) :
https://avecvous.fr/wp-content/uploads/2022/03/Emmanuel-Macron-Avec-Vous-24-pages.pdf

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220317-macron.html

La vidéo intégrale de la conférence de presse d'Emmanuel Macron du 17 mars 2022 :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-conference-maccron-aubervilliers.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220317-programme-maccron.html


 

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 16:32

« Le projet que je souhaite vous présenter  est le fruit d’une cohérence, il se nourrit des crises que nous avons traversées. » (Emmanuel Macron, le 17 mars 2022 à Aubervilliers).




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Le Président de la République Emmanuel Macron, reprenant son rôle de candidat, a tenu une très longue conférence de presse ce jeudi 17 mars 2022 après-midi à Aubervilliers (dont l'ancien maire communiste Pascal Beaudet vient de mourir) pour présenter les grandes lignes de son programme pour les cinq prochaines années. Je reviendrai sur le bilan de son premier quinquennat, mais ce qui compte le plus, et des candidats comme Édouard Balladur et Lionel Jospin s’en sont aperçus à leurs dépens, c’est le projet d’avenir que porte un candidat, certainement pas son bilan, aussi positif soit-il (et il l’est pour Emmanuel Macron).

En préambule, Emmanuel Macron a effectivement rappelé son bilan qu’il a défendu avec force et qui est très flatteur quand on compare aux bilans de ses prédécesseurs : l’emploi a progressé énormément malgré les crises successives, le chômage a diminué à un niveau d’il y a quinze ans, autour de 7% ; jamais le chômage des jeunes n’a été aussi bas depuis quarante ans ; malgré les crises, il a poursuivi la baisse des impôts et taxes de 50 milliards d’euros ; enfin, il a accéléré la baisse des émissions de CO2 de 12%. Ses perspectives futures prennent appui sur ce bilan pour faire mieux, puisque, évidemment, il s’agit de ne pas se contenter de la situation présente, notamment pour le chômage où l’objectif en 2027, c’est d’arriver au plein emploi (c’est-à-dire un chômage à 5%).

La première chose qu’on peut dire, c’est que son projet est costaud, globalisant, solide tant intellectuellement que politiquement, et l’ennui de ce genre d’exercice, c’est d’en dire trop, d’être trop détaillé, si bien qu’il y a plein de mesures importantes qui peuvent être oubliées, passées dans l’indifférence. Mais il y avait aussi une urgence, il ne pouvait pas distiller chaque chapitre de son projet chaque semaine car il ne reste plus que trois semaines avant le premier tour.

Indépendamment de sa position dominante de Président sortant, de favori des sondages d’intentions de vote (ce qui est toujours dangereux car cela peut démobiliser son cœur d’électorat), de Président "en guerre" ou plutôt capable de nous éviter une guerre thermonucléaire car, malgré toutes les ignominies du Kremlin en Ukraine, il garde un contact essentiel (et exclusif) avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a présenté un projet qui, à lui seul, pourrait le placer parmi les favoris. C’est sûr qu’en présidant la France depuis cinq ans, il connaît tous les dossiers, tous les sujets chauds, ce qui a loupé (il n’hésite pas à dire qu’il a raté la réforme des retraites et la réforme des institutions) et aussi la manière d’aborder des sujets, avec d’autres méthodes, bref, il a l’expérience précieuse d’un premier mandat et c’était d’ailleurs le principal argument de Jean-Pierre Raffarin et Éric Woerth pour leur ralliement, considérant qu’on ne peut pas tous les cinq ans élire un novice qui risquerait de rater son quinquennat par manque d’expérience.

Mais un projet cohérent et excellent n’est pas suffisant pour gagner, puisqu’en 2017, le candidat qui avait le projet le plus abouti, le plus cohérent, le plus construit, était François Fillon et qu’il n’a finalement pas gagné, éliminé dès le premier tour, et je pense qu’il l’aurait été même sans "son affaire", car il promettait trop de sang et de larmes et aucun rêve. On voit en tout cas tant la marque d’Emmanuel Macron (c’est un projet personnel) et de sa solidité intellectuelle et philosophique.

Car c’est bien de philosophie politique qu’il faut parler : on parle d’un effondrement des idéologies, et c’est heureux car les idéologies en question étaient mortifères, en particulier les deux grandes du XXe siècle, mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas avoir un "cadre" philosophique dans lequel les Français doivent se retrouver (comme : libéralisme, étatisme, etc.). Or, la grande faiblesse intellectuelle d’Emmanuel Macron, c’était d’avoir créé un parti politique ex nihilo, sans tradition politique, sans tradition historique, sans tradition philosophie (du reste comme De Gaulle).

Ainsi, ce 17 mars 2022, Emmanuel Macron a présenté le cadre philosophique de son projet présidentiel : les trois principes qui l’inspirent sont la souveraineté nationale, la foi dans le progrès (social, technologique, scientifique), et l’attachement à l’humanisme. Tout cela couplé avec trois axes : l’indépendance de la France dans une Europe plus forte, la solidarité et le pacte républicain.

Tout son discours était très structuré, très clair même si les nombreux sujets abordés trop vite pouvaient laisser un goût de frustration sinon d’inachevé. Il faut aussi noter une certaine humilité : à de nombreuses reprises, il a évoqué son programme, ce qu’il compte faire en précision la condition, qu’il soit réélu par les Français, ce qui change un peu de certains ministres qui évoquent des mesures après mai 2022 sans faire remarquer qu’il y aura entre-temps un bouleversement politique (même si la majorité gagne, il y aura un nouveau gouvernement, une nouvelle majorité parlementaire).

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Dans les mesures qu’il a proposées (ce n’est pas exhaustif et je conseille de se reporter au document écrit qui sera publié dans quelque temps), j’en expose quelques-unes.

Pour l’indépendance, d’abord, l’indépendance militaire qui montre bien son importance avec la guerre en Ukraine : la hausse du budget de programmation militaire (déjà réalisé en 2017 et renforcé par la remise à jour des besoins actuels), une mobilisation nationale, en particulier la généralisation du service national universel et une augmentation du nombre des réservistes dans l’armée. Mais Emmanuel Macron a décliné l’indépendance également dans le domaine de la production dans le secteur agricole, dans l’industrie (baisse ou suppression des impôts de production), un renforcement de la recherche et développement avec un nouveau plan de 25 milliards d’euros et une plus grande autonomie des universités pour en faire les acteurs majeurs des grands programmes de recherche (il cite de nombreux thèmes comme santé, numérique, quantique, etc.).

Ensuite, toujours dans l’indépendance, l’indépendance énergétique, il propose la renégociation des prix des énergies (qui ne doivent plus être indexés sur celui du gaz). Les conséquences de la guerre vont dans le même sens que la transition écologique avec trois points : le renforcement des énergies renouvelables (dix fois plus de solaire, de l’éolien marin), le redéploiement du parc nucléaire français avec six nouveaux réacteurs à court terme et huit autres à moyen terme (tout en justifiant la fermeture de la centrale de Fessenheim qui n’avait plus été entretenue depuis la décision de l’arrêter prise en 2012), enfin, les mesures pour réduire la consommation d’énergie, avec un renforcement des aides, avec pour objectif la rénovation thermique de 700 000 logements par an, des aides pour l’acquisition d’une automobile électrique, etc. Ce mix énergétique est la meilleure façon de réduire les émissions de carbone qui soit synonyme de la rapidité, l’efficacité et la souveraineté.

Enfin, une indépendance culturelle et informationnelle, il souhaite promouvoir une information indépendante et libre, propre à la France, la production de documentaires français, etc., un point stratégique quand on voit les nombreuses officines de désinformation en pleine guerre en Ukraine.

Sur le plan social, Emmanuel Macron propose de travailler plus, en plusieurs points : le plein emploi, il souhaite transformer Pôle Emploi par France Travail (à préciser, il ne faudrait pas que ce ne soit qu’un changement d’appellation), il souhaite comme prévu la retraite à 65 ans, à condition de prendre en compte aussi les carrières longues et les métiers manuels, il souhaite enfin la réforme du RSA en y mettant une véritable composante d’accompagnement pour le retour à l’emploi, en généralisant le contrat engagement jeune mis en place le 1er mars 2021. Il propose enfin d’assouplir le cumul emploi-retraite en permettant que l’emploi en question donne des droits supplémentaires pour la retraite.

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Dans la grande partie pour la société plus unie, Emmanuel Macron propose de prendre des mesures importantes contre le harcèlement des jeunes ados, et filtrer les écrans pour la jeunesse, il veut renforcer l’inclusivité dans les écoles, à l’image de son premier quinquennat où 400 000 enfants en situation de handicap ont été scolarisés, soit 85 000 de plus en cinq ans, grâce au recrutement d’un tiers de plus des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) et propose des contrats de 35 heures pour les AESH. Pour les femmes, il veut améliorer la santé féminine, renforcer l’aide aux familles monoparentales, etc.

Sur deux grands thèmes qui sont sources d’inégalité, malgré les gros efforts financiers déjà entrepris, Emmanuel Macron suggère des rounds de concertation pour améliorer l’école et la santé, tout en gardant une politique nationale, mais qu’elle puisse être adaptée au local selon les acteurs sur le terrain.

Le candidat Président propose aussi de réaliser la solidarité à la source, comme l’impôt à la source, ce qui est plus rapide et plus efficace pour lutter contre la fraude. Il annonce aussi le triplement (il me semble, à confirmer) de la prime d’activité, la réduction des droits de succession, avec une exonération de 150 000 euros au lieu de 100 000 euros, la suppression de la redevance de l’audiovisuel public (mesure qui était amenée à disparaître avec la taxe d’habitation, ce n’est donc pas nouveau), tout en réaffirmant sa volonté de soutenir l’indépendance de l’audiovisuel public.

Autres mesures de solidarité nationale parmi d’autres : la réforme du compte épargne temps en compte épargne temps universel qui puisse être récupérable d’un employeur à un autre et beaucoup plus souple ; le minimum vieillesse à 1 100 euros ; une réforme réelle pour la dépendance, l’aide aux aidants de personnes dépendantes, mais aussi rester le plus possible à domicile au lieu d’habiter en EHPAD (à mieux contrôler), avec une aide équivalente à la prime de rénovation thermique pour adapter le domicile à la dépendance (ce qui valorise le logement et qui évite de le quitter), ainsi qu’une aide de deux heures par semaine supplémentaire d’accompagnement.

Dans le cadre du pacte républicain, il a rappelé son discours des Mureaux contre le séparatisme, il a évoqué l’immigration et le droit d’asile (il souhaite qu’un refus d’asile soit équivalent à une expulsion), rappelant qu’il a réduit les délais de réponse aux demandeurs d’asile, une politique plus ferme des visas à l’égard des pays qui refusent une coopération avec la France à ce sujet. Il annonce le recrutement de plus de policiers et de juges. Il a réaffirmé la vocation de l’État d’être au service de la nation, il faut multiplier les simplifications, réduire les délais, etc. Il reprend la réforme de Nicolas Sarkozy qui avait créé les conseillers territoriaux en remplacement des conseilleurs départementaux (généraux) et régionaux (réforme remise en cause par son successeur).

Enfin, la dernière proposition, et cela ne semble pas le passionner et je pense qu’il a raison de ne pas y accorder une importance démente car il y a bien d’autres enjeux plus urgents et cruciaux et on ne sait jamais ce que signifie un changement de règles institutionnelles (on l’a vu pour le quinquennat), instruit par l’échec de sa réforme de 2018, Emmanuel Macron propose la mise en place d’une commission transpartisane pour rénover les institutions en gardant trois points à l’esprit : garder un exécutif fort sinon, il serait impossible de gouverner en période de crise, mais avoir aussi un Parlement fort avec plus de capacité de contrôle du gouvernement, et enfin, avoir une meilleure représentativité (ce point institutionnel a été présenté de manière suffisamment flou pour satisfaire les partisans et les opposants à des réformes de fond).

Pour conclure, ceux qui considèrent qu’il n’y a pas eu encore campagne ni débat pourront se rassurer : avec ce pavé très dense dans la mare électorale, Emmanuel Macron permet à tous ses concurrents de réagir et d’interargir, tant sur ses propositions que sur son bilan, quitte à en agacer certains qui promettaient déjà certaines de ces mesures. Cette conférence de presse aura sans doute l’effet de faire rebondir le débat public et de susciter diverses réactions voire polémique. Mais c’est ça, une campagne !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (35) : le projet présidentiel du candidat Emmanuel Macron.
Présentation du projet présidentiel d’Emmanuel Macron le 17 mars 2022 à Aubervilliers (vidéo).
Projet du candidat Emmanuel Macron pour 2022 (à télécharger).
Élysée 2022 (33) : Emmanuel Macron à 30% ?
Élysée 2022 (32) : Emmanuel Macron candidat !
Lettre du candidat Emmanuel Macron à tous les Français le 3 mars 2022 (texte intégral).
Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine le 2 mars 2022 (vidéo et texte intégral).
Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !
La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220317-maccron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-35-le-projet-240220

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/18/39393368.html




 

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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 03:56

« Le beau, c’est la forme. Preuve étrange et inattendue que la forme, c’est le fond. Confondre forme avec surface est absurde. La forme est essentielle et absolue ; elle vient des entrailles mêmes de l’idée. Elle est le Beau ; et tout ce qui est beau manifeste le vrai. » (Victor Hugo, 1865).



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La candidate LR Valérie Pécresse était sous pression depuis une quinzaine de jours dans la perspective de son grand meeting de ce dimanche 13 février 2022 au Zénith de Paris. La cause, ce sont les sondages dangereusement immobiles : sa candidature fait du surplace et celle du polémiste Éric Zemmour progresse, au point qu’avec Marine Le Pen, les trois candidats seraient au coude à coude pour la qualification au second tour.

Disons-le clairement, un meeting n’est pas un match de football, et s’il y a des supporters, des commentateurs, etc., un meeting n’a jamais fait gagner des voix. En revanche, il peut en faire perdre. De plus, un bon orateur, charismatique, fait certainement un bon candidat, mais ce n’est pas une compétence pour en faire un bon Président de la République. C’est clair aussi que Valérie Pécresse n’est pas une bonne oratrice, mais Jacques Chirac et François Mitterrand non plus ne l’étaient pas vraiment à leurs débuts. Et celui qui a modernisé à l’époque les campagnes électorales, Valéry Giscard d’Estaing, était assommant de technocratie dans ses discours de campagne.

Autant le dire tout de suite, la prestation de Valérie Pécresse était plutôt médiocre. Certains participants (peu nombreux mais c’est généralement très rare car les participants sont déjà des très convaincus) sont même partis bien avant la fin à cause de l’ennui. Je ne jette pas la pierre, car j’imagine la difficulté de l’exercice. Dans les pressions, on parlait de "fendre l’armure" (expression déclinée ad nauseum par les éditorialistes, à tel point qu’une journaliste interrogeant un commentateur lui a demandé préventivement de ne plus lui sortir l’expression !). Les "gens" ne connaissent pas Valérie Pécresse. Les "gens" ne la voient pas en Présidente de la République. Alors, il fallait parler d’elle. Elle ne l’a fait que pendant les vingt dernières minutes, plutôt de manière réussie, d’ailleurs, même si on n’exprime pas sa pudeur revendiquée en le criant devant plus de 7 000 militants.

Alors, par charité chrétienne, je vais commencer par ce qui allait bien. Un meeting, c’est une grand-messe, c’est-à-dire surtout du théâtre, et quand c’est un "one-man-show", ou plutôt, "one-woman-show", on attend de l’acteur l’excellence. Donc, on ne s’étonnera pas si la forme compte autant que le fond.

La première chose, je suis désolé d’en parler mais ne pas en parler sous prétexte que c’est une femme serait un oubli. La tenue vestimentaire est peu importante pour les hommes car elle est souvent sans originalité, costume cravate. À la rigueur, la distinction se fait avec ou sans cravate. Pour une femme, le champ des possibles vestimentaires est beaucoup large, si bien qu’il y a plus à en dire. Valérie Pécresse a conquis le congrès LR avec son tailleur rouge vif. On n’imagine pas l’intérêt du rouge vif en politique. Ségolène Royal aussi l’a utilisé, mais pas seulement des femmes. Laurent Wauquiez aussi, l’hiver, portait à sa période de gloire un anorak rouge. Dans un groupe, c’est le premier personnage qu’on regarde. Mais cela ne fait pas trop "femme d’État". Le choix de Valérie Pécresse de se mettre en noir de bas en haut relève d’un grand classicisme, très adapté à sa personnalité, et à une sobriété qui rappelle la gravité de la fonction à laquelle elle postule, elle a eu raison.

Le meeting lui-même a été organisé selon les standards d’un grand parti comme LR a toujours su faire, sans originalité ni innovation, comme chez Jean-Luc Mélenchon, mais avec une bonne efficacité, une salle remplie (malgré le covid-19), des centaines de jeunes qui font la claque, les drapeaux tricolores agités désormais traditionnels dans tous les meetings, même chez les centristes à l’époque de François Bayrou, et une scène à la forme réfléchie. Pour ce Zénith, il y avait trois sortes de pistes de ski (c’est la saison des JO), chacune avec l’une des couleurs du drapeau national. Oubli à mon avis pas très pertinent, il n’y a aucune adresse Internet devant la tribune ou sur le fond bien en évidence pour "aller plus loin", ni aucun logo (elle avait pourtant à disposition un excellent portrait graphique tricolore l’assimilant à une nouvelle Marianne et un excellent logo en forme de V de la victoire). Chose peu habituelle, la tribune était transparente, on voyait ses jambes.

Valérie Pécresse était enfin seule, immensément seule à la tribune. Ni Éric Ciotti, ni Michel Barnier, ni d’autres n’étaient présents derrière ou à côté d’elle comme si elle n’était qu’une marionnette jusqu’à maintenant. C’est elle et elle seule la candidate. Il semble qu’elle ait même refusé la participation de Nicolas Sarkozy qu’elle avait rencontré le 11 février 2022.

Malheureusement, le discours était complètement décousu, sans structure, allant et revenant, mélangeant programme et confidences, et finalement, par sa diction trop lente, par ses répétitions de thème, par ses nombreux clichés, ses enfonçages de portes ouvertes, voire par l’emprunt à d’autres candidats, comme à Fabien Roussel pour sa défense du pavé charolais, j’avais l’impression que c’était une juxtaposition de lieux communs, d’extraits des programmes des autres, des phrases sans transition, sans queue ni tête, ce qui provoquait un profond ennui car rien de nouveau n’avait été émis pendant une heure. Quelle formule, quelle idée restera-t-il de ce Zénith ?

La seule chose qu’on pourrait réellement retenir, et qui visiblement ne sera pas retenu, c’était qu’elle voulait transférer Molière au Panthéon, comme si c’était pour cela qu’on élisait un Président de la République, et pire, comme si c’était implicitement pour comparer, contrebalancer avec le transfert de Joséphine Baker au Panthéon avec une arrière-pensée plutôt curieuse (et puante) : y aurait-il des Français plus français que les autres ?

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Pire encore, dès les premières phrases, Valérie Pécresse a évoqué le "grand remplacement" : « Il n’y a pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement ! ». Avec cette phrase particulièrement scandaleuse dans sa bouche, elle s’est disqualifiée car elle donnait raison aux théories complotistes les plus extrémistes et même les plus racistes. Elle donnait raison à Éric Zemmour qui a fait du "grand remplacement" son premier cheval de bataille, et dans ce registre, elle ne l’égalerait jamais, d’autant plus que ce n’est pas sa philosophie.

Qui a donc rédigé un discours si mauvais ? Sûrement pas la plume (les plumes) de François Fillon en 2017 qui était bien plus profond et qui montrait un véritable amour de la France (ses 20% malgré ses affaires n’étaient pas usurpés).

La plupart des phrases étaient des slogans à l’emporte-pièce. Au fil de ses paroles, Valérie Pécresse a esquissé les contours très flous et ambigus de sa "Nouvelle France", comme s’il fallait redéfinir une nation tous les cinq ans. Par nécessité, elle a attaqué nommément le Président Emmanuel Macron (elle ne l’a pas fait pour ses autres adversaires), mais de manière très mal. Tout ce qu’elle a reproché à Emmanuel Macron, elle aurait pu le dire à la campagne 2017 puisqu’il s’agissait de maladresses de campagne de 2017, bien avant son élection : le crime contre l’humanité pour l’Algérie (entre-temps, Emmanuel Macron a largement montré son évolution ou sa maturité), l’inexistence de la culture française (il est largement revenu sur cette expression malheureuse), etc. Bref, c’est très étrange de critiquer l’Emmanuel Macron d’avant le début de son quinquennat, comme si rien de ce qu’il a fait en tant que Président de la République n’était critiquable (ce qui est bien sûr faux). Étrange et passéiste. On dirait cru à un mauvais copier-coller de la campagne de François Fillon. Très mauvais même.

Elle a parlé d’écologie mais sans conviction alors que c’est un domaine, à droite, qu’elle pourrait largement valoriser, notamment comme élément qui la distingue, et qu’elle a montré comme présidente du conseil régional d’Île-de-France. Elle a mieux convaincu lorsqu’elle a parlé de la lutte contre le communautarisme et qu’elle a évoqué la chartre de la laïcité, une première du genre, qu’elle a fait signer à toutes les associations qui souhaitent recevoir des subventions du conseil régional.

Elle a parlé de sa France en y mettant un fourre-tout sans fil rouge, parlant de sa France de Péguy et de sa France de Marie Curie. Elle est même allée jusqu’à la France de Gergovie, oserais-je lui susurrer qu’elle a trop lu d’albums d’Astérix car les Français de nos jours ne sont pas vraiment les descendants de ces Gaulois… Elle a énuméré une succession de slogans comme : « La France de l’innovation et pas la France de la précaution », ça pour les écologistes, ou : « La France, ce n’est pas une nostalgie, c’est une énergie », ça pour les zemmouristes. On sent la prétention de la plume au service de la seule forme, mais qui tombe à plat car artificielle.

Plus concrètement, elle a confirmé qu’elle voulait la hausse des salaires de 10% en cinq ans, je n’ai pas entendu que c’était financé par l’État (pourtant, après le refus catégorique du Medef, c’est ce qui était prévu, ce qui n’augure rien de bon pour l’équilibre budgétaire dont elle se dit la championne), et elle a donné l’exemple d’un employé au salaire de 1 400 euros net par mois qui, à la fin de l’année, aura gagné 500 euros par an. Ce qui lui permet de faire sa première référence à Nicolas Sarkozy, avec son slogan travailler plus pour gagner plus (là encore, comme ses attaques contre Emmanuel Macron, comme sa référence au kärscher, pas ici mais en début de campagne, j’ai l’impression qu’elle vit toujours dans le passé, incapable d’inventer des nouvelles expressions, d’imprimer, comme on dit, de nouvelles formules).

Sa seconde référence à l’ancien Président, c’est lorsqu’elle s’est présentée et qu’elle s’est donnée trois références en politique : Jacques Chirac, qu’elle a rejoint en 1997 quand tout le monde l’avait quitté après l’échec de la dissolution, Simone Veil qui l’a parrainée lorsqu’elle s’est fait élire députée en 2002 (pourtant, Simone Veil n’était pas elle-même députée), enfin, Nicolas Sarkozy qui l’a nommée ministre (pour une réforme des universités très difficile qu’elle a réussie avec brio). Tout de même, citer dans le même discours Simone Veil et le "grand remplacement", il fallait oser. Simone doit se retourner au Panthéon.

Elle a aussi cité François Fillon quand elle a parlé de la dette publique, et que l’ancien Premier Ministre affirmait qu’il dirigeait un État en faillite. Là encore, de la part de Valérie Pécresse, c’est très maladroit de citer cette phrase qui avait vertu de boutade et pas de proclamation, devant des catégories professionnelles qui demandaient de l’argent et le chef du gouvernement répondait simplement que l’État n’avait plus d’argent à leur donner. Après cette déclaration, à cause de la crise de 2008, son gouvernement a pourtant fortement endetté le pays pour relancer l’économie nationale, et Emmanuel Macron a fait de même pendant la crise sanitaire. La référence est donc peu efficace.

Si en plus elle voulait se montrer antisociale, elle n’aurait pas fait autrement que proclamer que tout bénéficiaire du RSA soit dans l’obligation de fournir 15 heures par semaine à la collectivité : c’est le meilleur moyen d’enfermer les plus pauvres dans la précarité, comme si ces heures bénévoles devaient les aider à retrouver un emploi qui se recherche à plein temps (là encore, cette droite ne comprend rien à la solidarité nationale). Pour les retraités, la candidate LR a proposé que le minimum retraite soit égale au SMIC, lorsque toutes les annuités ont été acquises.

Quel crédit apporter à la présidente de la "région capitale" lorsqu’elle souhaite une "vraie décentralisation" basée sur la "simplification" et le "bon sens" ? Il faut toujours se méfier de la simplification et du bon sens. Le bon sens, c’est comme la "nature", chacun y met ce qu’il entend. Quant aux simplifications, cela fait une trentaine d’années qu’il y a des sous-ministres chargés de la simplification administrative ou de la réforme de l’État, et étrangement, cela a rendu les choses encore plus compliquées, car on n’enlève pas de la complexité, on rajoute un élément pour modifier la complexité en le rendant encore plus complexe (il y a de nombreux exemples depuis une trentaine d’années, comme le CICE).

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Intéressant a été le passage de Valérie Pécresse sur l’échec. Reprenant la philosophie anglo-saxonne qui veut qu’un échec, c’est d’abord une bonne expérience qui empêchera d’échouer une seconde fois de la même manière, elle a proclamé assez audacieusement : « Si vous avez échoué, c’est d’abord que vous avez tenté ! ». Crédible aussi son laïus sur les jeunes et leur richesse pour l’avenir : « Je veux donner sa part de chance à chaque enfant de France ! ».

En revanche, lorsqu’elle a dit qu’elle était "indomptable", c’était moins crédible car cela ne lui ressemblait pas. Comme lorsqu’elle a parlé de "réconciliation" qui était pourtant un thème important, elle a eu raison d’insister sur le besoin de réconciliation et surtout, sur la méthode pour réussir les réformes, mais pourquoi l’a-t-elle dit en criant avec agressivité ? Elle me faisait penser à Anne-Aymone Giscard d’Estaing, que son mari avait demandé d’accompagner pour les vœux aux Français de l’année 1975, et, timide, elle disait sur un ton glacial qu’elle souhaitait les vœux les plus chaleureux. On ne souhaite pas la réconciliation sur un ton agressif.

Et pour ceux qui avaient mal écouté pendant l’heure vingt de son discours, elle a résumé à la fin, aux micros qui l’attendaient "après-match", le contenu de son long et ennuyeux discours en trois verbes : elle veut « protéger, reconstruire et réinventer ». Protéger serait macronien, c’est un thème souvent utilisé par Emmanuel Macron pour justifier la construction européenne. Restaurer serait plus zemmourien.

Comme je l’ai expliqué, le fait de ne pas être une excellente oratrice n’est pas un problème, c’est une question d’entraînement et si elle s’améliore, on oubliera cela très vite, elle a deux mois encore. Certes, les commentaires qu’on lit à la suite des vidéos de sa prestation, sont sans pitié, évoquant un une vidéo qu’il a crue mise en ralenti, un autre un sketch digne des Inconnus, etc. mais je soupçonne que les militants zemmouriens ont envahi les réseaux sociaux pour rédiger massivement ce genre de commentaires peu flatteurs.

En revanche, ce qui me gêne énormément, c’est que Valérie Pécresse ne sort pas de sa stratégie complètement inefficace : en reprenant à son compte la théorie du "grand remplaçant" (que Michel Barnier a tenté le soir d’expliquer, complètement à côté de la plaque), elle signifie clairement qu’elle cherche à concurrencer Éric Zemmour, et pourtant, l’original est toujours meilleur que la copie (dirait l’autre), elle ne gagnera pas les électeurs tentés par l’extrême droite mais elle repoussera définitivement les anciens électeurs de François Fillon (ils seraient 26% selon un sondage) qui soutiennent désormais Emmanuel Macron, concluant qu’il n’y a plus que trois candidats d’extrême droite et le Président sortant.

Bref, aujourd’hui, Valérie Pécresse s’est ultradroitisée, pire que ce qui l’avait fait justement quitter LR il n’y a pas si longtemps. C’est un terrible gâchis, car Valérie Pécresse vaut bien plus que d’être mise sous tutelle par les ultradroitiers de son parti qui n’ont pas gagné la primaire. Oui, Valérie Pécresse a du mérite d’être candidate, oui, elle est crédible quand elle parle de sa ténacité, de sa force de caractère à une époque où il était impensable qu’une femme puisse être élue Présidente de la République, mais il faut bien l’avouer ce soir, sur le plan des idées, elle s’est complètement plantée, et je ne comprends pas qu’un seul centriste puisse encore aujourd’hui la soutenir… à moins de vouloir des ministères.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 février 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (30) : la Nouvelle Valérie Pécresse ?
Discours de Valérie Pécresse au meeting du 13 février 2022 au Zénith de Paris.
Programme 2022 de la candidate Valérie Pécresse.
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (mise à jour régulièrement).
Éric Woerth.
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Élysée 2022 (24) : Valérie Pécresse, entre savoir-faire et savoir-plaire.
Élysée 2022 (19) : l’effet Valérie Pécresse.
Élysée 2022 (18) : Valérie Pécresse, naissance d’une leader.
Second tour du congrès du parti Les Républicains le 4 décembre 2021.
Élysée 2022 (16) : ce sera le duel Ciotti-Pécresse.
Élysée 2022 (15) : le quatrième et ultime débat des candidats LR.
Élysée 2022 (14) : L’envol d’Éric Ciotti ?
Renaud Muselier.
Philippe Juvin.
Élysée 2022 (13) : troisième débat LR, bis repetita.
Élysée 2022 (12) : Surenchères désolantes pendant le deuxième débat LR.
Élysée 2022 (11) : Michel Barnier succédera-t-il à Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (10) : Éric Ciotti, gagnant inattendu du premier débat LR.
Élysée 2022 (7) : l’impossible candidature LR.
Les Républicains et la tentation populiste.
Jean-François Copé.
Yvon Bourges.
Christian Poncelet.
René Capitant.
Patrick Devedjian.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220213-pecresse.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-30-la-nouvelle-valerie-239378

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/02/12/39345502.html








 

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 03:51

« J’ai trouvé que ma formation politique, dont je suis membre depuis 1981, a dérivé. »




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C’est par cette petite phrase que l’ancien ministre LR Éric Woerth a expliqué le 9 février 2022 dans "Le Parisien" qu’il soutenait la candidature du Président Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2022. Un soutien qui n’a pas surpris, même s’il a déçu ses amis de LR, comme Gérard Larcher, le Président du Sénat. À l’Assemblée Nationale où il préside la stratégique commission des finances depuis juin 2017, il a quitté le groupe LR pour rejoindre, en tant que membre apparenté, le groupe LREM.

Ce choix d’un fidèle gaulliste qui a réussi à rester fidèle pendant les années 2000 tant à Jacques Chirac qu’à Nicolas Sarkozy, n’apportera peut-être pas beaucoup de voix, au niveau national à Emmanuel Macron (dans le département de l’Oise, en revanche, si), mais ce soutien est surtout un tremblement de terre interne aux Républicains.

L’argument (qui d’ailleurs n’a pas "pris") sur le Président qui aurait "cramé" la caisse, utilisé par la candidate Valérie Pécresse, n’a plus beaucoup de sens à partir du moment où le meilleur représentant de l’orthodoxie budgétaire s’appelle justement Éric Woerth. Diplômé IEP Paris et HEC, il a commencé sa vie active comme consultant pour de l’optimisation fiscale. D’un point de vue professionnel, il a longtemps été le monsieur gros sous du RPR et de l’UMP, directeur administratif et financier du RPR en 1993, et de la campagne de Jacques Chirac en 1995, trésorier de l’UMP en novembre 2002, président de l’association du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Il a surtout été un ministre des comptes publics (voir plus loin) très rigoureux.

L’argument n’est pas financier, mais non plus affectif vis-à-vis de Valérie Pécresse dont il pouvait se sentir proche politiquement, à fois chiraquienne et sarkozyste. Et surtout, de "droite modérée". Or, depuis quelque temps, LR n’est plus de droite modérée mais en compétition permanente avec l’extrême droite. Éric Woerth avait cru que Valérie Pécresse serait candidate avec ses valeurs, elle-même avait quitté LR en 2019 parce qu’elle s’inquiétait de cette dérive droitière, et depuis décembre 2021, il y a cette impression que la candidate LR est prise en otage par les plus extrémistes de LR, chargés de faire de la surenchère avec le candidat Éric Zemmour, chargés de faire du populisme sans en avoir l'air.

En deux mois de campagne, c’est bien la nausée que ressent Éric Woerth : ce n’est plus son parti, plus ses valeurs, plus sa droite, et on pourrait même ajouter, ce n’est plus "sa" Valérie Pécresse. À quoi cela servirait-il de faire de la surenchère avec Éric Zemmour sinon pour l’aider idéologiquement à justifier ses nombreuses prises de position scandaleuses ?

Éric Woerth a d’ailleurs résumé assez bien lorsqu’il dit qu’il faut préparer la France de demain, celle de ses enfants, et pas revenir à la France d’hier, celle où il était enfant. Le problème de positionnement est d’ailleurs crucial pour Valérie Pécresse : si elle fait du Zemmour, on préférera voter Zemmour à elle ; si elle fait du Macron, autant aussi voter Macron. On ne votera donc pour Valérie Pécresse que si on sort des idéologies, des positionnements et des programmes et qu’on veut voter Pécresse pour Pécresse, comme on a voté Chirac pour Chirac ou Sarkozy pour Sarkozy.

Or, aujourd’hui, Valérie Pécresse s’efface politiquement derrière les idées de son ancien adversaire Éric Ciotti. Qu’en serait-il si, une fois élue Présidente, Valérie Pécresse serait toujours aussi influencée par différentes pressions politiques qu’elle ne manquerait pas de connaître ? Un chef doit cheffer, c’est valable aussi pour une candidate. Son programme doit être le sien et pas celui d’un autre.

C’est donc cette déception que constate Éric Woerth : ce que propose Valérie Pécresse n’est plus ses valeurs, plus sa vision de la France. Face à elle, un Président sortant qui a déjà l’expérience, qui a su bien gérer la crise sanitaire et qui est le plus adapté à relever les nombreux défis du prochain quinquennat : « Nous avons besoin de réformes et de stabilité. On ne peut pas avoir un Président débutant tous les cinq ans. ». C’est sûr que parmi les adversaires du futur candidat Président, personne ne peut démontrer son aptitude à parler pendant cinq heures seul avec Vladimir Poutine !

Éric Woerth a suivi une carrière politique assez classique. Conseiller régional de Picardie à 30 ans, de mars 1986 à juillet 2002, après s’être présenté aux municipales de mars 1983 à Creil, sa ville natale, dans l’Oise, il s’est présenté à Chantilly en mars 1989, puis a été élu maire de Chantilly de juin 1995 à juin 2017, suppléant du député RPR Arthur Dehaine (maire de Senlis) de 1997 à 2002, puis son successeur dans la circonscription, depuis juin 2002, élu et réélu député de l’Oise sans discontinuité sauf ses entrées au gouvernement.

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Homme de confiance de Nicolas Sarkozy, il a été trois fois ministre : Secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État du 31 mars 2004 au 31 mai 2005 dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, il a été nommé, dans les deux premiers gouvernements de François Fillon, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État du 18 mai 2007 au 22 mars 2010, puis Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique du 2 mars 2010 au 13 novembre 2010, chargé notamment de la très cruciale réforme des retraites.

En début 2010, on le disait même premier-ministrable. Néanmoins, en novembre 2010, il n’a pas été reconduit dans le gouvernement suivant en raison de ses implications dans des affaires judiciaires qui ont abouti, pour lui, à un non-lieu et à une double relaxe (il pourrait d'ailleurs y avoir une relation de cause à effet entre son importance pour la réforme des retraites et la possibilité de Matignon, et ces affaires qui ont surgi soudainement). Nicolas Sarkozy lui a redonné un gage de confiance lorsque l’ancien Président a fait son retour à la présidence de l’UMP/LR en étant son secrétaire général de LR du 15 décembre 2015 au 29 novembre 2016.

Il est peu probable qu’à 66 ans, le député de l’Oise entende faire fructifier son soutien en cas de second quinquennat, par exemple en revendiquant un ministère (celui des finances serait le plus adapté). Certes, il pourrait attendre son bâton de maréchal pour un retour au gouvernement, sorte de revanche après son obligation de quitter son ministère en 2010, mais il reste encore impliqué dans d’autres affaires qui ont trait au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Ces derniers jours, il n’était pas le seul à rejoindre Emmanuel Macron parmi les élus ou anciens ministres LR, parfois proches de Nicolas Sarkozy : la veille, le 8 février 2022, Catherine Vautrin, présidente de l’agglomération de Reims et ancienne sous-ministre, a elle aussi apporté son soutien à Emmanuel Macron, et également Caroline Cayeux, maire de Beauvais, le 9 février 2022, l’ancienne sous-ministre Nora Berra et la maire de Calais Natacha Bouchart le 11 février 2022. Cela commence à faire beaucoup de personnalités qui n’ont jamais été au centre mais à droite, et qui ne se retrouvent plus dans les positions hystérisées de leur (ancien) parti.

En suivant la ligne droitière des ultras de LR (dont certains ont d’ailleurs rallié Éric Zemmour), Valérie Pécresse est tombée dans un piège infernal en alimentant la campagne de ses adversaires d’extrême droite et en créant un écart entre sa nature modérée et son discours ultradroitier. En ne faisant pas campagne sur les thèmes qui la caractérisent le mieux, elle s’empêche d’être elle-même l’incarnation d’un projet présidentiel cohérent. Éric Woerth n’a fait que prendre acte de ce constat.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 février 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Éric Woerth.
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Élysée 2022 (24) : Valérie Pécresse, entre savoir-faire et savoir-plaire.
Élysée 2022 (19) : l’effet Valérie Pécresse.
Élysée 2022 (18) : Valérie Pécresse, naissance d’une leader.
Second tour du congrès du parti Les Républicains le 4 décembre 2021.
Élysée 2022 (16) : ce sera le duel Ciotti-Pécresse.
Élysée 2022 (15) : le quatrième et ultime débat des candidats LR.
Élysée 2022 (14) : L’envol d’Éric Ciotti ?
Renaud Muselier.
Philippe Juvin.
Élysée 2022 (13) : troisième débat LR, bis repetita.
Élysée 2022 (12) : Surenchères désolantes pendant le deuxième débat LR.
Élysée 2022 (11) : Michel Barnier succédera-t-il à Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (10) : Éric Ciotti, gagnant inattendu du premier débat LR.
Élysée 2022 (7) : l’impossible candidature LR.
Les Républicains et la tentation populiste.
Jean-François Copé.
Yvon Bourges.
Christian Poncelet.
René Capitant.
Patrick Devedjian.

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 03:41

« J’ai d’abord l’obsession que la phase aiguë de l’épidémie et le pic de la crise géopolitique actuelle soient derrière nous. Je ne peux pas raisonnablement expliquer aux Français que je vais m’adonner à ce temps démocratique important, alors que je leur ai dit que je serais Président jusqu’au bout et que nous avons une crise à la frontière ukrainienne qui menace notre sécurité collective. » (Emmanuel Macron, "La Voix du Nord", le 1er février 2022).




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Le Président de la République Emmanuel Macron se rend à Moscou ce lundi 7 février 2022 dans l’après-midi pour rencontrer le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et chercher à renouer les liens pour préserver la paix et la sécurité en Europe, puis il ira à Kiev le lendemain pour rencontrer son homologue ukrainien. Emmanuel Macron n’est toujours pas candidat à l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022, mais il est en tête de tous les sondages depuis des mois, il vient, le 3 février 2022, d’atteindre les 500 parrainages d’élus (on peut lire la situation au jour le jour ici), mais il n’a pas le temps de faire campagne car il doit d’abord sauver le monde, remettre l’Europe sur les rails, éradiquer le variant omicron et se donner une nouvelle stratégie au Mali. Ouf !

Le problème, c’est qu’avec cette logique, le Président sortant ne sera jamais candidat. D’un jour à l’autre, le nombre de tuiles qui peuvent tomber sur le nez est incommensurable : un attentat djihadiste, une crise financière, une inondation, un tremblement de terre… tout peut arriver et il arrivera bien un moment où il faudra quand même se déclarer. Ou alors, laisser son tour.

Ce qui est amusant, d’ailleurs, c’est que les autres candidats, tous déclarés (la dernière incertitude concernait Christian Taubira), attendent la venue dans l’arène d’Emmanuel Macron pour que la bataille présidentielle commence enfin. C’est là l’erreur des adversaires : une campagne présidentielle ne doit jamais se référencer aux autres, juste exposer son projet, suivre son fil, faire soi-même son agenda, ne rien attendre des autres et encore moins d’Emmanuel Macron. À moins, bien sûr, que toute sa campagne soit basée avant tout sur l’opposition au Président sortant. Mais avec François Hollande en 2012, on a vu ce que cela donnait de voter par défaut contre un Président sortant, Nicolas Sarkozy en l’occurrence.

Emmanuel Macron a déjà eu tous ses parrainages, et ce n’est pas une surprise, il suffisait que chaque député de la majorité lui trouvât un maire prêt à le parrainer pour dépasser largement le seuil imposé. Ce qui est plus surprenant, c’est que ses parrains l’ont parrainé dès le 3 février 2022 alors que les autres candidats dont l’implantation locale est suffisamment solide pour n’engendrer aucune inquiétude, ils n’en sont pas encore là : seulement 324 pour Valérie Pécresse, 266 pour Anne Hidalgo, 159 pour Fabien Roussel (les autres soutenus par un parti ayant moins d’implantation locale, l’arrivée de leurs parrainages au Conseil Constitutionnel se fait logiquement de manière plus aléatoire). Il y a donc un "désir fort" d’Emmanuel Macron, parmi les élus locaux !

La situation d’un Président sortant à la veille d’une élection où il sollicitera sa reconduction est inédite dans l’histoire de la Cinquième République (et dans l’histoire tout court). Jusqu’à maintenant, jamais un Président sortant n’a été aussi populaire et surtout (car ce sont deux éléments distincts), jamais un Président sortant n'a bénéficié d’un niveau aussi important d’intentions de vote, en gros, autour du quart de l’électorat, et cette base a été stable pendant tous les soubresauts de la précampagne présidentielle depuis l’été dernier.

Je prends en compte, bien sûr, les Présidents sortants qui ont été effectivement en charge du pouvoir au moment de l’élection présidentielle, pas ceux qui, bénéficiant d’une cohabitation qui a rendu impopulaire le gouvernement en exercice, et donc, qui a rendu leur passivité populaire, pouvaient imaginer une réélection sans bilan, à savoir François Mitterrand et Jacques Chirac (pour ce dernier, la réélection était toutefois hautement improbable). Finalement, deux prédécesseurs seulement ont été dans ce cas de 2022 (j’exclus volontairement De Gaulle qui n’avait pas été élu au suffrage universel direct en décembre 1958).

Valéry Giscard d’Estaing était donné largement favori à sa réélection, d’autant plus que François Mitterrand, représentant de la vieille gauche, avait su faire taire les ambitions velléitaires de son rival moderne Michel Rocard. À partir du début du mois de février 1981, il a décroché dans les sondages. L’affaire stupide des diamants l’a complètement plombé (le 27 janvier 1981, interview sur Antenne 2), j’écris stupide car au début, il avait refusé de se défendre sur le sujet, ce qui était pris pour une marque de mépris. Il a déclaré sa candidature très tardivement, le 2 mars 1981 (qui est l’équivalent du 15 février 2022 par rapport au premier tour) et le "citoyen candidat" n’a pas pu rattraper son retard sur son concurrent socialiste.

Nicolas Sarkozy, dans une situation plus comparable et plus proche des moyens de campagne actuels (réseaux sociaux, chaînes d’information continue, web permettant de vérifier facilement et rapidement des données factuelles, etc.), s’est déclaré, lui aussi, tardivement, le 15 février 2012, mais il avait avancé de deux semaines sa déclaration car il avait décroché dans les sondages. En fait, il n’avait jamais été en tête face à François Hollande et restait dans la position de challenger (ce qui était nouveau). Selon lui, il lui aurait manqué quinze jours pour remonter dans "l’opinion publique" et prendre l’avantage. C’est son interprétation, et sans même évoquer la tonalité ultradroitière de sa campagne, il n’était pas nécessaire d’être devin pour imaginer la destinée d’un candidat qui annonçait la hausse de la TVA à moins de trois mois du premier tour !

Le seul élément de comparaison qu’on pourrait faire dans cette précampagne, ce serait en 1988, avec François Mitterrand, qui a annoncé encore plus tardivement que les autres sa candidature (le 22 mars 1988) et qui s’est trouvé assez soutenu par une vague de fond, mais il ne conduisait plus la politique de la nation depuis deux ans (il est d’ailleurs amusant de voir que les premières affiches favorables à Emmanuel Macron reprennent son profil comme les affiches de précampagne qui louaient la génération Mitterrand).

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Il ne faut pas cependant considérer que tout est joué. Comme dans chaque élection, jamais rien n’est joué d’avance, sinon, la succession des Présidents de la République aurait été très différente : Édouard Balladur en 1995, Lionel Jospin en 2002, Ségolène Royal en 2007, Dominique Strauss-Kahn en 2012 et Alain Juppé en 2017. Depuis près de trente ans, il y a donc une sorte de malédiction qui s’abat sur le candidat favori. Méfiance, donc !

Jamais aucun candidat n’a gagné une élection présidentielle sur son bilan de sortant. Il peut bien sûr la perdre à cause de son bilan, mais lorsque le bilan est considéré comme positif (c’était le cas pour Édouard Balladur et Lionel Jospin, je parle de la perception, pas forcément de la réalité qui sera jugée par les historiens), ce n’est pas suffisant : il faut proposer aux Français une vision originale et séduisante de l’avenir de la France, une vision qui les fasse rêver, ou du moins, qui les enchante (ce qu’avait réussi à faire François Hollande dont la duplicité était pourtant évidente, mais ça a marché).

Depuis De Gaulle exclu (il y a eu la guerre d’Algérie), je crois qu’on peut raisonnablement dire qu’Emmanuel Macron a eu la Présidence la plus difficile qu’un Président n’ait jamais eu à exercer : non seulement il y a eu la crise des gilets jaunes qui était plus qu’un simple mouvement social, mais surtout, il y a eu la pandémie de covid-19, d’une gravité mondiale exceptionnelle depuis plus d’un siècle. Et la moindre des choses qu’on puisse dire (et j’y reviendrai), c’est qu’Emmanuel Macron a plutôt bien gére la crise sanitaire, malgré sa durée et sa complexité. La décrue maintenant très rapide de l’épidémie du variant omicron (une descente de plus de 26% des nouveaux cas quotidiens en une semaine), venue à ce moment de la campagne, pourrait nourrir (stupidement) le complotisme, comme si le virus s’arrêtait juste avant l’élection.

Je pense qu’il n’y a pas un Français, hors du gouvernement, qui n’aurait pas un mot à dire, d’énervement, de contrariété, d’opposition, d’incompréhension, d’ironie, de lassitude, face aux décisions sanitaires du gouvernement depuis le début de cette crise (moi y compris, en particulier le refus de confinement en janvier 2021), mais la principale vision d’Emmanuel Macron fut de vacciner vacciner vacciner, et l’outil efficace qu’est le passe sanitaire transformé ensuite en passe vaccinal a permis d’avoir l’un des taux de couverture vaccinale les plus élevés du monde (plus de 93,7% des Français de 12 ans et plus ont reçu au moins une dose). Et cette vision a sauvé énormément de vies humaines, d’autant plus de vies qu’on ne savait pas quel serait l’avenir de l’épidémie avec les variants delta et omicron. Les gens ne voteront pas pour cette raison (sinon, le Président sortant aurait un score de dictateur communiste, 93,7% !), mais ils lui en savent gré, et surtout, ils attendent toujours ce qu’auraient fait les autres candidats.

La campagne donc courte d’Emmanuel Macron devra avoir deux objectifs : défendre le bilan du quinquennat qui est loin d’être négatif, et proposer sa vision de la France dans dix, vingt ans. En fait, si l’on veut bien comprendre, cette vision est déjà largement connue, il a parlé de l’horizon 2030 pour la France des technologies, et il a aussi présenté sa vision de l’Europe de demain. Reste à la présenter clairement aux Français pendant ce moment privilégié de dialogues et d’échanges (qui ne doit pas nécessairement passer par un débat télévisé avant le premier tour, dans la mesure où il y aurait l’inégalité d’être un candidat contre tous les autres, mais Emmanuel Macron a toujours apprécié les défis, et il n’a jamais reculé devant une confrontation d’idées).

Le premier risque d’Emmanuel Macron, c’est de croire, ou pire, de faire croire que la réélection est dans la poche. Jusqu’au dépouillement du dernier bulletin de vote, jamais rien ne sera dans la poche en démocratie. La course largement en tête dans les sondages laisse croire, à ses électeurs potentiels, qu’il n’y aurait pas besoin de se mobiliser, ou pire, qu’ils pourraient aider des petits candidats au premier tour en se laissant le second tour pour faire le choix sérieux. L’expérience de 2002 montre que l’éviction dès le premier tour des dirigeants sortants n’est jamais impossible et peut se produire par manque de mobilisation.

Mais il n’y a pas que le risque de démobilisation, il y a aussi le risque d’arrogance en considérant la réélection comme une formalité. Invité à répondre aux questions des téléspectateurs de BFM-TV sur le covid-19 dans la soirée du 2 février 2022, le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a affirmé que le passe vaccinal pourrait être supprimé avant juillet 2022, sans dire que d’ici à cette date, il y aurait deux élections majeures (l’élection présidentielle et les élections législatives) et la nomination probable de deux nouveaux gouvernements différents.

Du reste, depuis le début de septembre 2021, la plupart des grands candidats ont monopolisé les médias, sauf Emmanuel Macron qui, lui, lorsqu’il est présent dans les médias, ne le fait pas pour promouvoir sa candidature mais pour continuer à diriger la France. Laisser la parole aux oppositions sans répliques frontales peut aussi amener à influencer l’électorat, à laisser survivre des idées fausses, surtout lorsqu’on entend les nombreuses inexactitudes pour ne pas dire mensonges. La coalition macronienne Ensemble Citoyen ! a pourtant organisé quatre tables rondes ce dimanche 6 février 2022 dans lesquelles ont participé Édouard Philippe, Olivier Dussopt, Étienne Klein, Richard Ferrand, Laurent Hénart, François Bayrou, Frank Riester, Barbara Pompili, Nicole Notat et Stanislas Guérini. Mais, en absence de candidat, cette convention n’a eu aucun écho médiatique.

La tentation est évidemment très grande de vouloir se frotter à la réalité électorale le plus tard possible. Tant qu’il est en tête dans les intentions de vote, effectivement, il garde une avance qui est toujours acquise jusqu’à la déclaration. Mais ensuite ? Parce qu’il faudra quand même bien se déclarer un jour. À moins de faire la non-déclaration intégrale : remplir toutes les formalités pour être candidat sans communiquer sur le sujet en disant à un moment donné, juste avant la publication de la liste officielle des candidats : "vous en doutiez ?".

François Mitterrand a fait un peu cela en répondant simplement "oui" à la question du journaliste dans le journal télévisé de 20 heures sur Antenne 2, tout comme Jacques Chirac a répondu pareillement à la question de son amie maire RPR d’Avignon le 11 février 2002. S’il y a un conseil à donner à Emmanuel Macron, c’est de ne surtout pas faire comme Lionel Jospin, alors Premier Ministre à la candidature évidente et favorite, le 20 février 2002 : le faire par un fax (déjà un tantinet passéiste et très administratif) !

Pour moi, il y a un risque majeur de se présenter trop tardivement : l’incapacité du candidat à pouvoir rattraper si d’aventure il dévissait à la suite soit d’une boulette personnelle (et on sait qu’il est capable d’en faire, la dernière sur l’envie d’emm@rder les non-vaccinés), soit, moins maîtrisable, d’un événement de politique intérieure, voire de politique étrangère.

Depuis que sa rencontre avec Vladimir Poutine est connue, c’est-à-dire le 4 février 2022, les journalistes dissertent sur les possibilités de réussite de la désescalade. Il est peu probable que Vladimir Poutine aide Emmanuel Macron dans une élection qu’il scrute très attentivement au point de vouloir y influer (au même titre qu’aux États-Unis). On peut donc imaginer qu’Emmanuel Macron n’obtiendra pas grand-chose ou alors un point symbolique pour garder contenance. Le pire, c’est que ces mêmes journalistes vont s’étonner du manque de résultats. Le Président français pourra simplement dire qu’il a essayé, et effectivement, il faut essayer, toute tentative de maintenir la paix est bonne à prendre (rappelons-nous les efforts de la diplomatie avant la première guerre du Golfe en 1990 et avant la guerre en Irak en 2003). Après tout, Nicolas Sarkozy a réussi son initiative diplomatique sur la Géorgie en 2008.

On oublie que cela peut donner aussi une mauvaise image au Président de la République. On peut se souvenir de Valéry Giscard d’Estaing qui était allé rencontrer Léonid Brejnev le 18 mai 1980 à Varsovie (cinq heures d’entretiens) pour tenter de revenir sur l’invasion de l’Afghanistan. Le candidat François Mitterrand n’avait rien trouvé de mieux que fustiger son rival le mois suivant décrit en "petit télégraphiste" (au sommet du G7 à Venise, VGE avait annoncé le retrait d’une partie des troupes soviétiques d’Afghanistan).

VGE a d’ailleurs dit, le 23 mai 1980 de retour de Pologne : « Dans la vie internationale, il y a deux actions différentes : les négociations, qui ont pour objet d’aboutir à des résultats, et des conversations, qui ont pour objet d’échanger des points de vue et des réflexions. (…) Le résultat essentiel, c’est que nous avons maintenant une meilleure connaissance de nos réactions sur la situation actuelle et sur ses développements possibles. ». À cet égard, la conférence de presse d’Emmanuel Macron de ce lundi 7 février 2022 vers 19 heures à Moscou sera instructive.

La Russie ne complique les affaires de l’Europe et de la France pas seulement sur l’Ukraine, c’est le cas aussi du Mali dont le gouvernement est à la fois odieux et ingrat vis-à-vis de la France qui a perdu des dizaines de soldats venus combattre pour protéger le pays du djihadisme, et seulement du djihadisme, justement parce que la France ne veut pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Mali. Les milices russes semblent bien plus dociles sur les "souhaits" des dirigeants maliens actuels (issus d’un double coup d’État).

C’est sûr que plongés dans la politique internationale, dans un monde si tendu, la plupart des candidats ne font pas l’affaire. Même Valérie Pécresse, elle a beau parler en russe sur France 5, cela faisait surtout gadget. Elle n’apparaît pas avec une vision personnelle originale et solide, construite depuis des années, des relations internationales et en particulier, des relations avec la Russie de Poutine, comme l’avait développée le candidat François Fillon. Même la reprise par la candidate LR de son combat pour défendre les chrétiens d’Orient n’a paru qu’une surenchère artificielle vis-à-vis du candidat Éric Zemmour alors que François Fillon en avait fait un combat personnel de longue date.

Des éditorialistes ne se privent pas de dire qu’en cas de débat avant le premier tour, on imaginerait bien Emmanuel Macron dire à Philippe Poutou ou à Anne Hidalgo : hier, j’ai téléphoné à Vladimir Poutine et demain, je m’entretiendrai avec Joe Biden. Pas la même catégorie. C’est le principe du Président sortant d’avoir l’avantage de l’expérience même s’il est le plus jeune de tous les candidats.

La véritable leçon des expériences électorales, c’est qu’aucune élection n’est acquise, ni à deux mois, ni la veille de l’échéance (des déplacements de voix peuvent survenir même pendant le samedi de réflexion). L’oublier, c’est se condamner à l’arrogance. Se la rappeler, en guise de leçon d’humilité, c’est être respectueux tant des électeurs que de la démocratie et c’est proposer une autre vision de la France que celles qu’on a entendues et vues trop souvent ces cinq derniers mois avec nausée et écœurement. Il est temps que la campagne commence vraiment, et celle-ci sur des notes positives, optimistes et chargées d’histoire et d’espérance !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 février 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (29) : Emmanuel Macron sera-t-il candidat un jour ?
Situation des parrainages pour les candidats de la présidentielle de 2022 (mise à jour régulièrement).
Enfin, une vision européenne !
Discours du Président Emmanuel Macron au Parlement Européen le 19 janvier 2022 à Strasbourg (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron assume sur les antivax.
Emmanuel Macron dans "Le Parisien" le 5 janvier 2022.
Vœux d’Emmanuel Macron : protéger les Français et renforcer la France par l’Europe.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Introspectif et tourné vers l’avenir, Emmanuel Macron justifie (presque) tout.
Emmanuel Macron l’Européen, Président jusqu’au bout.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, l’homme qui valait 30 milliards.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220206-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-29-emmanuel-macron-239185

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/02/06/39336788.html











 

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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 03:05

« Avec la France des Jours heureux, je vous propose un pacte pour une République nouvelle qui en finira avec le chômage et redonnera son sens au travail. Qui fera des biens communs sa propriété, en commençant par la santé et l’éducation. Qui proclamera que la jeunesse est une grande cause nationale. Etc. » (Programme de Fabien Roussel en 2022).




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Le jeu de mots est facile avec le candidat communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel. Tombé dans la marmite du parti communiste français quand il était petit (ses parents sont communistes et le choix du prénom Fabien procédait bien de la volonté d’honorer le colonel Fabien, résistant communiste, dont la place à Paris est le siège très fonctionnel du PCF.

Fabien Roussel est un nouveau venu de la scène politique nationale depuis cinq ans, et sa détermination à se présenter en candidature autonome de tout autre considération commence à porter ses fruits. Il faut revenir rapidement à son parcours.

Il est un pur produit de PCF comme il sait en faire, un apparatchik : son père était adjoint de Jacques Mellick à Béthune et travaillait pour "L’Humanité", "l’organe" du parti. Journaliste lui-même (cadreur), Fabien Roussel a collaboré avec FR3 Champagne-Ardenne jusqu’en juin 1997 où il a intégré le cabinet ministériel de la sous-ministre communiste Michelle Demessine (Tourisme), adjointe de Martine Aubry à Lille en mars 2001. En octobre 2001, Fabien Roussel a rejoint le député communiste du Nord Alain Bocquet, également président du groupe communiste à l’Assemblée Nationale, comme attaché parlementaire.

Engagé en politique sous l’étiquette du PCF, Fabien Roussel s’est présenté aux cantonales en mars 2004 à Lille, puis aux municipales de mars 2014 et mars 2020, il a été élu conseiller municipal de Saint-Amand-les-Eaux, sur la liste du maire sortant qui n’était autre qu’Alain Bocquet. Candidat aux régionales de décembre 2015, il a vu sa liste battue dès le premier tour aux Hauts-de-France. Pressenti pour mener la liste communiste aux régionales de juin 2021, il a finalement renoncé au profit d’une liste d’union de la gauche dirigée par l’écologiste Karima Delli.

Touché par le cumul des mandats, Alain Bocquet a renoncé à son siège de député en juin 2017 pour privilégier celui de maire et Fabien Roussel s’est présenté dans cette circonscription (20e Nord) en gardant le député sortant comme suppléant, et est élu au second tour avec 64% contre son adversaire FN.

En octobre 2018, au sein du PCF, la motion d’orientation de Fabien Roussel et André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée Nationale, est arrivée en tête, devant celle du secrétaire national sortant Pierre Laurent. Au 38e congrès du PCF, Fabien Roussel a ainsi été élu secrétaire national le 25 novembre 2018, et a profité de cette nouvelle tribune pour soutenir le mouvement des gilets jaunes.

Comme on le voit, la ligne de Fabien Roussel semble être un repli sur les fondamentaux du PCF car l’approche de l’élection présidentielle de 2022 a provoqué un clivage entre ceux qui souhaitaient poursuivre leur soutien à Jean-Luc Mélenchon comme en 2012 et en 2017 et ceux qui souhaitaient reprendre leur liberté et se recompter, chose qui n’a pas été faite depuis quinze ans. La ligne Roussel l’a emporté sur la ligne Buffet. Fabien Roussel a déclaré officiellement sa candidature le 13 mars 2021 et elle fut ratifiée par les adhérents quelques semaines plus tard.

La candidature de Fabien Roussel est donc une nouveauté dans le paysage politique. Et il n’y a aucune raison pour qu’il se retire car Fabien Roussel n’a rien à perdre. En effet, depuis 1995, aucun candidat n’a obtenu au moins 1 million de voix. Les deux dernières participations furent désastreuses : Marie-George Buffet n’a obtenu que 1,9% en 2007 et Robert Hue 3,4% en 2002 (il avait eu 8,6% en 1995). C’est très loin du score historique de Jacques Duclos en 1969 (21,3%) et du score qu’on disait à l’époque désastreux de Georges Marchais en 1981 (15,4%).

Mine de rien, la candidature de Fabien Roussel, avec de faibles moyens, semble "prendre", certes modestement mais pas de manière ridicule. En tout cas, beaucoup moins que celle de l’ancien ministre et clown Arnaud Montebourg qui a finalement déclaré forfait. Malgré sa faible notoriété, Fabien Roussel est maintenant crédité dans les sondages autour de 3%-4%, avec cette humiliation pour Anne Hidalgo de faire jeu égal avec elle, voire de bientôt la dépasser.

Le patron du PCF n’aura, semble-t-il, aucun problème pour collecter les 500 parrainages, car ce parti est localement très structuré et bien implanté. Le risque, plutôt, c’est que Jean-Luc Mélenchon, qui a jusqu’alors toujours bénéficié du soutien du PCF, ne puisse pas atteindre ces 500 parrainages.

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Pourquoi Fabien Roussel commence-t-il à plaire ? Son franc-parler ? Peut-être parce qu’il a supprimé sur ses affiches électorales toute mention du parti communiste français. Le slogan de janvier 2022 est même "Pas besoin d’être communiste pour voter Fabien Roussel", c’est dire.

À bientôt 53 ans (il les aura entre les deux tours), Fabien Roussel a effectivement une personnalité intéressante, car il fait campagne "à l’ancienne", rencontrant les gens, faisant des meetings, suivant son bonhomme de chemin sans se préoccuper des hystéries médiatique du moment et pas du tout impliqué, même involontairement, dans la "primaire populaire".

Mais surtout, il se fait apprécier par la volonté de rester dans la vieille gauche, celle qui ne s’est pas noyée dans une sorte de communautarisme, dans le wokisme, etc. (il faudra cependant bien lire le programme pour en être certain). Il refuse en effet tous les thèmes de campagne à la mode à gauche (et en particulier chez FI), comme tout ce qui est "sociétal", récusant même les slogans anti-police des militants gauchistes (au contraire, il a étonné en manifestant aux côtés des syndicats policiers le 19 mai 2021). Il y a conforté d’ailleurs un clivage interne qu’on retrouvait sur le soutien à Jean-Luc Mélenchon ou à une candidature autonome.

De même, défendant le "droit au blasphème", il a rejeté tout communautarisme, soulignant : « Je pense que les réunions segmentées selon la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe, ça divise le combat. ». Il a rendu hommage à "Charlie Hebdo" le 7 janvier 2022, ce qui a, là aussi, troublé une certaine islamo-gauche (dans une candidature locale, le dessinateur Charb l’avait autorisé à utiliser un de ses dessins sur une des affiches). Et toujours en opposition avec les mélenchonistes, Fabien Roussel a redit son attachement à l’énergie nucléaire (« construction de six EPR supplémentaires au minimum »), notamment parce que cette énergie est bon marché et n’émet pas de carbone (ce qui n’est pas nouveau au PCF, il y a toujours eu une forte opposition entre communistes et écologistes sur le nucléaire).

Toutes ces prises de position, en particulier ses positions régaliennes sur la sécurité, très rares à gauche où les candidats sont quasiment tous tombés dans le sociétal ou dans la vacuité, font que Fabien Roussel serait le candidat de gauche préféré de la droite selon certains éditorialistes !

Il a réussi à surmonter son déficit de notoriété par un déclaration qui n’est pas passée inaperçue, prononcée le dimanche 9 janvier 2022 : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. ».

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Ces propos (qui font penser à l’apéro saucisson pinard d’une certaine droite) ont créé la polémique chez les écologistes et les militants végans, mais ces militants l’ont plutôt rendu sympathique car il montre un homme simple, qui ne s’ennuie pas par de considérations tordues et qui reconnaît apprécier les bons côtés de la vie. Il pourrait être la surprise à gauche de la présidentielle, siphonner les voix de Jean-Luc Mélenchon.

Son programme, Fabien Roussel l’a titré "La France des Jours heureux", ce qui est une expression reprise à Emmanuel Macron au cours d’une allocution télévisée lors de la première vague de covid-19 le 13 avril 2020. Écrit en illisible inclusif, il contient 180 points répartis sur 67 pages !

C’est donc long et compliqué à lire, mais peut-être que la plus importante proposition est au fond en contradiction avec le principe même de la candidature de Fabien Roussel : « Le Président de la République n’aura plus qu’un rôle de représentation de la nation et, pour en finir avec sa prééminence, son élection au suffrage universel sera supprimée. ». C’est assez étrange de se dire démocrate et de refuser l’élection du Président de la République par le peuple, d’autant plus que le texte, à mon sens, contient une erreur de rédaction, cela voulait dire : « son élection au suffrage universel direct sera supprimée », car même les Présidents de la Troisième et Quatrième Républiques étaient élus au suffrage universel, mais indirect, par les parlementaires eux-mêmes dépositaires du suffrage universel.

Mais au-delà du fond et de la signification de la démocratie, c’est bien un autre point qui est remis en cause avec cette proposition (numéro132), et qui se retrouve dans beaucoup d’autres propositions : son réalisme. L’élection présidentielle est l’élection reine en France, et personne n’acceptera qu’on leur vole ce rendez-vous si important. Fabien Roussel lui-même a admis que sa candidature avait pour objectif une meilleure visibilité politique du PCF (on voit qu’avec cette philosophie, l’union de la gauche est bel et bien un leurre).

Toujours dans la rubrique réalisme, la proposition 29, qui a le mérite d’être en totale contradiction avec les programmes de réduction des effectifs d’autres concurrents : « Il sera créé 500 000 emplois dans la fonction publique et les services publics. ».

D’autres propositions indiquent des réalisations déjà faites par le gouvernement actuel, comme la numéro 23, qui redécouvre le réseau France Services : « L’aménagement du territoire permettra que l’usager trouve, près de chez lui, un bouquet de services publics de proximité. Ceux-ci répondront aux besoins de la vie quotidienne, avec des horaires adaptés aux attentes de chacune et de chacun. Il sera reconnu aux élus locaux et nationaux un pouvoir de contrôle et d’analyse de la couverture des besoins de la population par les services publics. ».

En fait, dans ce petit jeu présidentiel-ci, l’enjeu n’est évidemment pas l’élection présidentielle elle-même ; il est les élections législatives. Actuellement, il y a deux groupes, un mélenchoniste et un communiste. L’objectif est la survie au moins d’un groupe, avec une domination du PCF. Cette année est donc un baroud d’honneur du parti communiste français. Reste à savoir si c’est le dernier.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Fabien Roussel.
Programme 2022 du candidat Fabien Roussel.
Robert Hue.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220202-fabien-roussel.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-28-cadet-roussel-place-239106

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 18:37

« S’il se dégage que c’est à moi qu’il reviendra de tenir le gouvernail, de prendre les rênes, de me bander les muscles (…) et de tenir pour qu’on avance ensemble (…), oui, je serai là. » (Christiane Taubira, le 26 septembre 2021 sur France Inter).



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Il y a de l’ego dans la phrase citée, surtout qu’elle est mise en valeur sur son site Internet, mais quel candidat n’a pas d’ego démesuré pour vouloir diriger un pays de 67 millions de Français, toujours en crise et jamais contents ? On peut dire que la dite "primaire populaire" a fait un chouette cadeau d’anniversaire à Christiane Taubira qui fête ce mercredi 2 février 2022 ses 70 ans, âge symbolique, peut-être un tantinet trop avancé pour une aventure présidentielle, mais elle a encore une forme suffisamment dynamique pour porter un projet national.

Parlons d’abord de cette étrange "primaire populaire". Une sorte d’OVNI de la vie politique. Il faut souligner que lorsqu’on se donne un adjectif, c’est toujours que celui-ci n’est pas évident. Populaire, qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est une initiative privée provenant d’un groupe non (médiatiquement) identifié (un collectif ? qui se veut transparent) dont certains membres sont d’origines politiques diverses mais tous "de gauche", et si l’on suit l’idée de départ, ils voulaient organiser une véritable primaire avec tous les candidats de gauche avant l’été 2021 puis à l’automne 2021. C’est une sorte de start-up politique avec deux horizons, un horizon technique, construire un outil de choix d’un candidat (c’est à la fois de l’informatique et de la politique, voire de la philosophie), et un horizon politique, faire parvenir un candidat de gauche au second tour, étant donné que dans les sondages, le total des candidats de gauche ferait autour de 25%, faible, mais suffisant pour franchir l’obstacle du premier tour.


L’objectif politique est confondant de naïveté, mais qui dit que la naïveté n’est pas efficace ? La naïveté, c’est de croire qu’on peut rassembler Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo autour d’un même programme politique alors qu’ils ne sont d’accord sur rien. Mais cette naïveté politique résulte d’une forte colère politique, que peuvent aussi ressentir des personnes comme moi, placées au centre droit et qui supportent peu la phraséologie de gauche, et qui sont écœurées d’entendre depuis quatre jours l’hésitation de la nièce entre sa tante et l’homme qui exprime le mieux ses propres idées, avant qu’on les farcît de semaines et de semaines de l’épopée zemmourienne.

Comme si le débat public devait être préempté par la guéguerre entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. À eux deux, selon les sondages actuels, ils ne représenteraient même pas un tiers de l’électorat : laissons la place aux autres ! Ce sont pourtant bien les médias qui mettent artificiellement en scène ce débat factice, qui, je le pense, va profiter à Marine Le Pen, devenue gentille éleveuse de minous, victime du méchant Zemmour prêt à lui débaucher ses meilleurs cadres pour des illusions postprésidentielles.

L’objectif technique prête aussi à discussion. J’ai cru comprendre, dans une interview, que l’inscrit qui voudrait voter devenait décliner sa carte bancaire, pas pour payer quelque chose mais pour être sûr de son identité. Cela a refroidi quelques participants potentiels. Je sais que les organisateurs ont assuré qu’ils ne conservaient pas les données bancaires, mais voter en présentant en guise de carte d’électeur sa carte bancaire me fait toujours froid dans le dos. Mais avec une telle exposition médiatique, je doute toutefois de l’hypothèse d’escroquerie financière.

En revanche, je ne doute pas du biais du mot "primaire" et de la règle de vote (le jugement majoritaire) qui empêche un recomptage. En effet, dans une élection ordinaire, les suffrages exprimés sont le total des suffrages de chaque candidat, un moyen simple de retrouver ses petits et certains assesseurs se sont arraché les cheveux à retrouver les bons chiffres (au même titre qu’on fait ses comptes : le passif doit être égal à l’actif au centime près). Ici, impossible de faire ces vérifications élémentaires (qu’on pourrait dire inutiles puisque le vote est électronique), parce que l’électeur a plusieurs droits de vote. Effectivement, le total des voix de tous les candidats ne fait pas 100% mais beaucoup plus. Cette complexité rend douteuse la conclusion du vote.

En somme, l’électeur ne vote pas, il annote, il pondère, il qualifie : il donne à chaque candidat une note de 1 à 5 et c’est celui qui a le plus de bonnes notes qui gagne. Cette méthode, qui permet d’éliminer un candidat très clivant et détesté mais qui serait le meilleur relativement aux autres moins clivants, reste douteuse dans sa philosophie : à la fin, on vote pour un homme ou une femme à l’élection présidentielle, et on sait bien que les personnes ne sont jamais interchangeables.

Alors, la "primaire populaire", c’est l’idée que si les appareils sont incapables de se rassembler, alors cela doit venir de la base, d’où l’adjectif "populaire". Le problème, c’est que la base, c’est n’importe qui et que le peuple, c’est tout le monde. Bref, tous les candidats, dès lors qu’ils représentent au moins un certain nombre d’électeurs (des centaines de milliers ? le seuil à définir), peuvent se revendiquer "populaires". Heureusement d’ailleurs.

Deux ou trois innovateurs politiques sont-ils "le peuple" ? Certainement pas, mais depuis novembre 2021, il faut bien constater qu’il y a eu une forte mobilisation jusqu’à 466 895 inscriptions (en peu plus en fait, mais il y a eu des suppressions), c’est-à-dire quasiment un demi million. C’est très important si l’on compare aux inscrits de la primaire écologiste de septembre 2021 ou au congrès LR de décembre 2021. Mais cela reste faible en part électorale. Insistons : cette "primaire" est née d’une manière plus que douteuse, sans savoir s’il y a une véritable sincérité (très naïve) ou simplement une manipulation politicienne classique (et il faudra alors en définir l’intérêt).

J’ai écrit "start-up" volontairement, car les créateurs de l’initiative ont réussi à lever des fonds, plusieurs centaines de milliers d’euros, ce qui leur a permis de salarier des personnes dans cette aventure (au 21 janvier 2022, ils ont collecté 1 000 344 euros par les dons de 22 535 personnes).

On pourrait presque dire, finalement, qu’ils ont créé un parti ex nihilo, basé sur la technique et sur la colère de l’absence d’unité de la gauche. C’est clair que c’est original, inédit et surtout, il est difficile d’en penser quelque chose avant encore trois ou quatre jours. En effet, jusqu’en novembre 2021, on pouvait soit se moquer de cette démarche soit en être indifférent, mais maintenant que des centaines de milliers de Français ont participé, c’est moins évident de faire comme s’il ne s’était rien passé. Reste donc les sondages, toujours ces sondages, pour savoir si cela va faire bouger les lignes.

Les cadres de cette primaire ont cherché à faire converger aussi les programmes de gauche, ce qui reste mission impossible, mais je constate que le slogan de cette primaire est la même double priorité que celle de Yannick Jadot : l’écologie et la justice sociale. Déjà utilisée par Anne Hidalgo pour la mairie de Paris, cette formule bientôt ne voudra rien dire. Même à la droite extrême, on serait d’accord avec ces deux préoccupations. Bref, ça ne mange pas de pain, mais n’a rien d’un "délimitateur" de la gauche.

Quatrième et dernier vice d’origine, après l’origine de la démarche (sincérité ou manipulation), le choix douteux du mode de scrutin et l’absence réelle de synthèse programmatique (dont quasiment tout le monde se moque pour aller voter à l’élection présidentielle), c’est le choix des candidats à cette primaire.

Il semblerait qu’il eût fallu des parrainages pour être en situation de postuler. C’était probablement trop tard, mais hier, j’ai tenté ma chance (a posteriori) chez Christiane Taubira et, sans le vouloir en fait, en mettant une adresse email qui n’a même pas été validée, j’ai fait incrémenter le nombre de "parrains" (son site affiche fièrement ce dimanche : "72 429 signatures". Parmi lesquelles la mienne, sans le savoir (heureusement en anonyme). Je crois cependant savoir (là encore, cela ne m’intéresse pas assez pour rechercher plus loin) que les initiateurs ont finalement abandonné l’obligation d’un seuil de parrainages.

Ainsi, plusieurs candidatures se sont présentées : Christiane Taubira (assez tardivement, le 15 janvier 2022), mais aussi, toujours prêt à partir, le candidat permanent à tous les râteliers, Pierre Larrouturou, qui a réussi à se faire élire (enfin) député européen sur la liste du PS, après être allé un temps chez EELV, et encore avant il était à l’UDF et au RPR (dans les années 1990) pour faire du lobbying sur la durée du temps de travail, il a, depuis deux ou trois élections présidentielles, cherché à obtenir les fameux parrainages des maires pour se présenter ; une ancienne adjointe socialiste de la ville de Rennes, Charlotte Marchandise ; et une étudiante quasi-anonyme qui est devenue la "cancre" utile de cette consultation. On voit, l’offre était réduite et l’issue évidente. Depuis 1848, et quoi qu’en dise Lamartine, c’est la notoriété qui l’emporte sur l’adhésion populaire dans une élection uninominale : on ne vote jamais pour un inconnu, on vote toujours si on a des arguments en faveur du candidat ; ce serait le véritable défi de Valérie Pécresse si d’aventure elle se retrouvait au second tour face à Emmanuel Macron.

Pour que cette primaire ait une signification politique, les organisateurs ont donc fait leur "marché" de candidats et ont rajouté Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, François Ruffin, Clémentine Autain et Gaël Giraud (jésuite et économiste, une personnalité hors du commun). Ils ont renoncé à inscrire sur la liste des candidats les trois derniers cités dans la mesure où ils n’ont jamais eu l’intention d’être candidats à l’élection présidentielle de 2022. En revanche, ils ont maintenu les trois premiers candidats sous prétexte qu’ils le sont effectivement.

Le problème, c’est que ces trois candidats ont refusé catégoriquement de participer à cette primaire, eux-mêmes, pour certains, désignés déjà par une (autre) primaire. En obligeant des personnalités à être candidates contre leur volonté, la question se pose sérieusement sur la sincérité du scrutin. Un avocat a même affirmé l’illégalité de cette primaire (dans une tribune au JDD le 15 janvier 2022) car cette primaire ne serait pas une primaire mais un sondage, puisqu’il y a un choix non voulu entre plusieurs personnalités. Or, les sondages sont très strictement encadrés par une réglementation rigoureuse sur le choix de la méthodologie.

Les organisateurs rejettent cette notion de sondage (leur avocat a fait lui aussi une tribune au JDD le 17 janvier 2022) car ceux qui ont voté n’ont rien d’un échantillon représentatif (et de quoi ? puisqu’il n’y a pas que des candidats de gauche, dans la vraie vie). Je ne sais pas s’il y aura une tournure judiciaire dans la suite posthume de cette primaire, mais il est certain que la nature de ces presque 500 000 inscrits pose question, au moins par curiosité : ne sont-ils que des cadres CSP+ un peu bobo sur les bords, ou certains viennent-il vraiment des milieux "populaires", ici au sens "défavorisés" ?

De plus, la candidature de Fabien Roussel (j’y reviendrai) n’a pas été retenue, ce qui ne l’a pas beaucoup ému puisqu’il n’y prêtait aucune attention, mais cela reste étonnant. Dans son FAQ, les organisateurs ont indiqué qu’entre le 11 juillet et le 11 octobre 2021, ils ont fait sélectionner dix candidats, cinq hommes et cinq femmes, par les 130 000 premiers inscrits (les signataires à leur appel). Comme il en restait au final seulement sept, son absence ne s’explique pas plus, si ce n’est sur un point de son programme : le candidat communiste est favorable à l’énergie nucléaire.

Comme je l’exprime dès le début de cette article, rien ne concourt à rendre les résultats de cette primaire, solides et sérieux pour la suite. Mais on peut croire à un effet magique. La politique, c’est souvent de la magie. Comment expliquer une cristallisation sur un thème ou un candidat et une indifférence sur un autre ? C’est souvent les caprices du temps, effet de mode, ou au contraire, précurseur, ou encore plein d’autres éléments absolument impossibles à déterminer exactement (quand on achète le véhicule le plus innovant techniquement seulement pour sa belle carrosserie, cela peut désarmer les plus compétents des raisonneurs).

Car Christiane Taubira est un "animal politique", et il n’y en a plus beaucoup sur la place publique. Jean-Luc Mélenchon en est un aussi, bien sûr.

Le scrutin a eu lieu du jeudi 27 janvier 2022 à 10 heures au dimanche 30 janvier 2022 à 17 heures 05, pendant lequel 392 738 inscrits ont pris part au vote, soit 84,1% (entre nous, il ne faut pas chercher à comprendre pourquoi 15% de personnes qui ont fait la démarche de s’inscrire n’ont finalement pas voté : elles n’avaient peut-être pas de carte bancaire ?).

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Donc, ce dimanche 30 janvier 2022 à 19 heures 12, ce qui devait arriver arriva. Après une introduction longue et laborieuse des organisateurs, la "présidente de la haute autorité de contrôle du vote de la primaire populaire" (ouf), Clara Gérard-Rodriguez est venue à la tribune dévoiler les résultats, et là, terreur ! j’avais l’impression de me retrouver en école primaire dans une distribution des bulletins. Chaque candidat avec un qualitatif "passable", "assez bien". Il manquait juste pour Anne Hidalgo "peut mieux faire".

Impossible, pour le coup, de donner un "chiffre" (élu à 66% par exemple) puisque les totaux dépasseraient les 100%. C’est donc sur un drôle de tableau d’honneur que les résultats ont été "déployés". Et vraiment sans surprise, Christiane Taubira est la première en ligne, avec la mention Bien+ (elle rate de peu le Très Bien, pourtant voulu par 49,4% des votants). Il est communiqué : « 67% des votants et des votantes ont jugé sa candidature au moins "Bien" pour faire gagner l’écologie et la justice sociale". ».

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Au-delà de cette infantilisation à ne pas connaître la réalité des adhésions des candidats, il y a quand même une surprise, ou plutôt une humiliation, puisque Pierre Larrouturou a réussi à obtenir une meilleure "note" que la candidate socialiste Anne Hidalgo. En revanche, le fait que Yannick Jadot soit arrivé devant Jean-Luc Mélenchon est logique puisque beaucoup de militants écologistes croyaient au principe de cette primaire (rappelons que Sandrine Rousseau s’était engagée à être candidate à cette primaire-là aussi).

Comme prévu, donc, Christiane Taubira a gagné le droit de faire le rassemblement à gauche et pas le droit d’être candidate en plus des autres. Mais sans doute que là est l’incompréhension entre cette initiative (dont je ne sais que penser) et l’ambition de Christiane Taubira qui s’est servie de cette primaire comme d’un simple tremplin pour "légitimer" sa candidature, et vu le nombre de ses "électeurs", elle est bien plus "légitimée" que ses désormais rivaux de gauche.

Dans sa réaction dans la soirée, Christiane Taubira a fait de l’humour involontaire en disant, comme si elle avait réellement gagné contre ses rivaux de gauche : « Je prendrai l’initiative d’appeler les autres candidats. » et elle les a cités : Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel. Cela fait résonner une autre démarche, celle de l’ancien candidat Arnaud Montebourg qui s’est filmé en train de téléphoner aux autres candidats de gauche pour faire l’union et il tombait systématiquement sur un répondeur…





Écoutez le discours de Christiane Taubira du 30 janvier 2022 ! Elle savait qu’elle allait gagner, bien sûr, mais son discours montre qu’elle est une candidate beaucoup plus talentueuse qu’Annie Hidalgo et que Yannick Jadot. Dans la forme, d’abord, puisque non seulement elle a une éloquence indiscutable (ce qu’elle partage avec Jean-Luc Mélenchon), aussi sur l’expression, elle utilise des subjonctifs imparfaits (à ma connaissance, il n’y avait que Raymond Barre et Jean-Marie Le Pen à le faire), et elle utilise de nombreuses références littéraires ou historiques.

Nous en arrivons au fond. On peut croire que c’est de la mégalomanie, mais elle a situé son action dans la lignée de Jean Jaurès mais aussi de Léon Gambetta, de Léon Blum, de Pierre Mendès France et de François Mitterrand (elle ne cite pas les deux autres socialistes qui sont arrivés par eux-mêmes au pouvoir Lionel Jospin et François Hollande). C’est curieux d’y inclure Gambetta qui, aujourd’hui, serait placé à droite même si à l’époque, il faisait partie de la "gauche républicaine". Il n’est pas une référence habituelle à gauche depuis un siècle et demi. Dans le discours, il y a eu beaucoup d’autres références plus nombreuses, en particulier Gisèle Halimi et Robert Badinter.

Christiane Taubira n’a rien dit de très particulier mais elle l’a bien dit et même mieux, elle a montré qu’elle pouvait redonner de la fierté et du rêve à une gauche déboussolée. Comme en 2002 (il est faux de dire qu’elle a fait échouer Lionel Jospin, j’ai déjà évoqué ce sujet ici), Christiane Taubira ne prendra probablement pas de voix aux autres candidats de gauche, mais trouvera plus concrètement ses soutiens parmi les abstentionnistes de gauche et aussi, dans une moindre mesure, chez certains électeurs de "gauche morale" qui étaient acquis à Emmanuel Macron.

D’ailleurs, depuis un mois et demi qu’elle se retrouve dans les sondages, elle n’a pas vraiment fait baisser Anne Hidalgo, et à peine les deux autres. Selon les sondages, son capital de voix est proche soit d’Anne Hidalgo (autour de 3%-4%) soit de Yannick Jadot (autour de 5%-6%). Je serai très curieux des semaines prochaines sur ses intentions de voix mais, aussi étonnant et "magique" (!) que cela puisse paraître, je pense qu’elle va bénéficier d’une montée dans les sondages. On sous-estime beaucoup que de nombreux électeurs de gauche nourrissent une véritable "dévotion" pour l’ancienne garde des sceaux. Son discours me paraît très efficace, même s’il reste creux, aussi creux que les principes mis en avant par les organisateurs de la "primaire populaire", écologie et justice sociale, et une troisième pour la route : démocratie renouvelée. Bienvenue en année 2022 !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Christiane Taubira a 70 ans.
Élysée 2022 (27) : Christiane Taubira choisie par la primaire populaire.
Christiane Taubira se lance !
Christiane Taubira candidate ?
Entre gauche morale et gauche sécuritaire.
Christiane Taubira en pleine sortie...
Christiane Taubira, ministre météore ?
La déchéance de la nationalité.
Le mariage pour tous.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220130-taubira.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-27-le-sacre-ephemere-239043

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/08/39296243.html










 

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