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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 00:25

Vainqueur de la "primaire de la droite et du centre", François Fillon a complété son programme présenté en novembre 2016. Ce document de 110 pages est accessible sur Internet.

Cliquer sur le lien pour lire le programme 2017 de François Fillon :
http://fr.calameo.com/read/00491588244d1ca56f494

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170227-fillon.html


Note du 23 mars 2017 :

La version définitive du projet de François Fillon présentée le 13 mars 2017 est téléchargeable sous forme imprimée à ce lien :

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170313-projet-fillon.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170304-programme-fillon-2017.html

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 05:09

« Le moins qu’on puisse dire, c’est que rien, dans cette campagne, n’est "normal". Mais personne ne m’empêchera de faire campagne. Les Français, le moment venu, se concentreront sur l’essentiel : quel est le meilleur projet pour redresser la France et qui peut tenir les rênes du pays ? » (François Fillon, "Midi Libre" le 2 mars 2017).



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La campagne de l’élection présidentielle de 2017 est la première à se dérouler sous état d’urgence. Et pourtant, l’ordre ne semble pas forcément maintenu. L’état d’urgence, il y a le réel, et il y a le politique. Pour François Fillon, il ne cesse de vivre cette campagne sous un état d’urgence : celui d’essayer de préserver la cohésion de son propre parti.

Le délitement est manifeste dès lors que la parole donnée n’est plus tenue. Quelle parole ? Celle de se retirer en cas de mise en examen. Le fond de l’affaire n’a pas changé et François Fillon paie injustement des pratiques légales mais peu morales de la classe politique. Le fait est que l’image du candidat s’est logiquement détériorée et beaucoup d’élus ont du mal à défendre celui qui devait être le candidat de l’éthique et de la sobriété.

La ténacité incroyable de François Fillon a une origine : il a été "sacré" candidat par l’onction de la primaire et il a aussi hérité de son trésor de guerre (les finances, c’est un sujet très important qui peut expliquer beaucoup de comportements électoraux). De plus, jusqu’à maintenant (les prochains jours vont évidemment être cruciaux), il n’y a toujours pas eu de "décrochage" dans les sondages et un retard de 3% est loin d’être irrattrapable, sauf à ne parler que d’actualités judiciaires.

Ce qui a fait d’ailleurs écrire Henri Gibier, journaliste du journal "Les Échos", ceci le 2 mars 2017 : « La journée a été marquée par des défections en chaîne de notables juppéistes, sonnant comme autant d’appels au remplacement du vainqueur de la primaire par son vaincu. Les sondages à venir risquent de précipiter les choses à droite, s’ils sont mauvais pour le candidat actuel, ce qui serait pour les instituts une sorte de revanche sur des primaires imaginées aussi pour réduire leur rôle dans le choix des candidats par les partis. ».

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Dans les derniers épisodes concernant la campagne de François Fillon, on pourrait titrer un épisode : "La curée", puis le suivant par : "Le grand remplacement", étant donné que le seul candidat susceptible de remplacer au pied levé François Fillon serait Alain Juppé, que beaucoup imagineraient en "ticket" avec François Baroin (le principe de "ticket" va cependant à l’encontre de l’esprit des institutions).

D’un point de vue pratique, comme François Fillon a déjà ses parrainages (voir ici), la logique voudrait que les maires qui voudraient encore soutenir un candidat LR le fassent sur le nom d’Alain Juppé afin de laisser la possibilité de changer de candidat LR à l’issue de cette convocation chez le juge. Si François Fillon ne se laisserait sûrement pas influencer par les sondages (son expérience de la primaire ayant donné raison à sa ténacité), cela pourrait être différent pour Nicolas Sarkozy qui, refusant la candidature d’Alain Juppé, continuerait pour le moment encore de soutenir François Fillon.

Dans tous les cas, il y a urgence car il ne reste plus que sept petites semaines avant le premier tour. Le 2 mars 2017, François Fillon a réussi à remplir une salle de 3 500 personnes pour son meeting à Nîmes, ce qui reste une performance dans le contexte actuel, même si les salles remplies n’ont jamais fait gagner une élection présidentielle (Nicolas Sarkozy en sait quelque chose). On pourrait plutôt dire en négatif que si les salles n’étaient pas remplies, la victoire serait alors impossible.

Parce qu’il respecte les institutions, François Fillon va adopter une réponse totalement différente de celle de Marine Le Pen, puisque, lui, il se rendra chez les juges le 15 mars 2017. Tandis que Marine Le Pen, si elle n’a pas parlé d’assassinat, elle, parle de combat politique contre elle. Ce 2 mars 2017 encore, les parlementaires européens lui ont retiré son immunité parlementaire pour une nouvelle affaire judiciaire française (qui n’a rien à voir avec l’Europe).

Depuis plusieurs jours, François Fillon a adopté en fait une argumentation typiquement sarkozyenne : à savoir, attaquer les corps intermédiaires pour rester seul face au peuple. Dans le climat très sensible d’aujourd’hui, cela peut être particulièrement dangereux, et même le rassemblement populaire prévu au Trocadéro ce dimanche 5 mars 2017 pourrait être l’occasion de violences si celui-ci était mal encadré. Les provocations pourraient venir de toutes parts.

Avant d’attaquer très durement la justice, François Fillon avait déjà attaqué la police. Cette attaque n’a eu le temps de la polémique que pendant un seul jour, celui du 27 février 2017.

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En effet, la veille, le 26 février 2017, François Fillon a attaqué très durement le gouvernement de Bernard Cazeneuve pour son laxisme face aux violences suscitées par la venue de la candidate Marine Le Pen à Nantes le jour même, mais aussi par la venue de son concurrent Emmanuel Macron à Toulon le 18 février 2017 (certaines personnes avaient été empêchées d’atteindre la salle à cause de manifestants).

Dans un communiqué, il a en effet déclaré : « Aujourd’hui, en tant qu’ancien Premier Ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le Premier Ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes. La situation est grave. Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s’exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle. » (26 février 2017).

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Il l’a répété dans le "Midi Libre" : « Cette campagne électorale se déroule dans un climat de violence détestable et je ne suis pas le seul à le subir. Les manifestations violentes qui se sont déroulées (…) à Nantes (…) sont la conséquence directe du renoncement du gouvernement à faire évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Comme il avait laissé les manifestations dégénérer au moment du vote de la loi El Khomri. Comme il laisse des petits groupes bloquer des lycées parisiens, avec des actes de violence au cours desquels une proviseure a été blessée mardi. C’est la responsabilité du Premier Ministre et du gouvernement que d’assurer l’ordre public. Alors, oui, j’accuse le gouvernement de laisser prospérer cette violence qui ne peut que profiter aux extrêmes. » (2 mars 2017).

Hélas, l’emploi d’expressions outrancières, comme "quasi-guerre civile" et comme, trois jours plus tard, "assassinat politique", ne contribue pas non plus à l’apaisement du débat public et au contraire, hystérise la campagne présidentielle. C’est à partir de cette nouvelle polarisation qu’il faut comprendre les défections dans son propre camp.

On a l’impression que François Hollande a renoncé à gouverner. Il y a une sorte de vacance présidentielle. Un paysage politique de désolation, où toutes les semaines, un événement imprévisible surgit pour bouleverser le cours de la campagne présidentielle. Aucun candidat, d’ailleurs, n’ose reprendre le bilan de ce quinquennat politiquement désastreux, alors que Benoît Hamon et Emmanuel Macron furent deux de ses ministres éminents. C’est en cela que François Fillon se trompe d’adversaire et de cible. Son principal adversaire, c’est Marine Le Pen…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle de 2017 (à télécharger).
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Deux sondages du 24 février 2017 (à télécharger).
Sondages rolling IFOP du 17 février 2017.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
François Bayrou.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

_yartiPresidentielle2017AL04



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170228-presidentielle2017-al.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/campagne-en-etat-d-urgence-190323

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/03/35001756.html

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 01:01

Le Conseil Constitutionnel a publié le 3 mars 2017 la nouvelle mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle. François Fillon en a reçu plus du double de nécessaire, Emmanuel Macron n'est pas loin d'obtenir les 500 nécessaires et Alain Juppé en a reçu 1 spontanément.

Le tableau est ici :
 

 
Candidat-eNombre de parrainages01/03/201703/03/201707/03/201710/03/201714/03/201718/03/2017
ALLIOT-MARIE Michèle8440000
ARTHAUD Nathalie3142011130000
ASSELINEAU François606000000
CHEMINADE Jacques163611020000
DUPONT-AIGNAN Nicolas205311740000
FAUDOT Bastien4310000
FESSARD DE FOUCAULT Bertrand1010000
FILLON François11557384170000
GORGES Jean-Pierre111100000
GUAINO Henri5230000
GUYOT Stéphane2020000
HAMON Benoît3341841500000
JADOT Yannick2110000
JARDIN Alexandre177100000
JUPPE Alain1010000
LARROUTUROU Pierre5140000
LASSALLE Jean7014560000
LE PEN Marine8425590000
MACRON Emmanuel4642292350000
MARCHANDISE Charlotte7430000
MARTINEZ Jean-Claude1010000
MELENCHON Jean-Luc13687490000
MIGUET Nicolas4130000
MUMBACH Paul2200000
POUTOU Philippe363510000
TAUZIN Didier8440000
TEMARU Oscar2110000
TONIUTTI Emmanuel2020000
TRAMBOUZE Bernard1010000
TROADEC Christian201280000
VERNIER Michel1010000
WAECHTER Antoine1100000
YADE Rama298210000



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170303-parrainages-candidats.html



 

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 00:36

L'institut Odoxa avec Dentsu a rendu public le 3 mars 2017 un sondage d'intentions de vote qui teste les candidatures de François Fillon et d'Alain Juppé (réalisé les 1er et 2 mars 2017). Il n'y a pas photo puisque François Fillon serait nettement éliminé au premier tour avec 19% tandis qu'Alain Juppé serait en têtre du premier tour avec 26,5% et éliminerait ...Marine Le Pen.

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage Odoxa :
http://www.odoxa.fr/sondage/intention-de-vote-fillon-serait-elimine-juppe-serait-1er/

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170303-fillon-juppe.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170303-sondage-odoxa.html
 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 23:55

(verbatim)



Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes

Mes chers amis,

Vous avez devant vous un combattant.

Que celles et ceux qui ont du cran se lèvent… !

Merci, merci de tout cœur pour votre présence à mes côtés. Merci à vous, les militants de la France.

Merci cher Jean-Paul de m’accueillir chez toi et chez vous.

Merci au gardois, merci aux élus du Gard et des départements voisins d’être là si nombreux.

Merci Nîmes, la ville des arènes, ville des huguenots, des camisards, ville de toutes les résistances, de toutes les libertés, ville fière de son identité.

Votre énergie est une force qui décuple ma volonté de vaincre car, sachez-le, je suis là pour percuter tous les scénarios que certains voudraient écrire à votre place.

On m’attaque depuis des semaines avec une violence sans commune mesure avec les faits qui me sont reprochés et sur lesquels j’ai répondu point par point.

7 jours sur7, 24 heures sur 24, la machine à broyer, la machine à scoops, la machine à rumeurs a été mise en marche.

Mais je n’ai pas l’intention de me coucher. Et je ne parle pas seulement pour moi, mais parce que la démocratie vous appartient, à vous !

Il est hors de question que soit fauché le vote des électeurs de la droite et du centre.

Hors de question que soit muselée la voix des millions de Français qui désirent une vraie alternance.

Hors de question que soit expulsé le projet du redressement national que je porte.

Croyez-moi, ces attaques ne seraient pas si vives si notre programme était de l’eau tiède.

Elles ne seraient pas si brutales si j’étais le candidat de ce microcosme qui n’aime la droite et le centre que lorsqu’elles marchent à l’ombre.

Mais voilà, je dénonce ouvertement le déclin, la faillite, la bureaucratie, le laxisme, les communautarismes, le totalitarisme islamique…

Mais voilà, je ne suis pas seul…

J’ai avec moi tous ces Français qui disent « qu’on nous laisse travailler, qu’on arrête de nous emmerder ».

J’ai avec moi ces entrepreneurs, ces agriculteurs, ces artisans qui sont découragés par tant de charges et de réglementations.

J’ai entendu la voix de ces jeunes qui se cassent les dents sur les rigidités de notre marché du travail ; et je suis le porte-parole de celles et ceux qui veulent affirmer les valeurs françaises.

 

Il y a dans ma candidature et dans votre soutien quelque chose qui crispe le politiquement correct.

Trop à droite, trop conservateur, trop churchillien, trop souverainiste, trop réformateur… Que sais-je encore ?

Tout cela vous l‘avez entendu ; tout ce monde qui nous est hostile s’est coagulé pour nous faire barrage.

N’ayez pas peur, ne vous excusez pas, nous avons vos convictions et il se trouve qu’elles sont aussi celles de tout un pays qui au fond son âme sent que l’heure est à des vrais choix.

 

Les défis du prochain quinquennat sont immenses.

Comment retrouver le plein emploi pour être enfin le pays qui donne sa chance à tous ?

Comment relancer la croissance pour endiguer la pauvreté ?

Comment réduire notre dette écrasante pour échapper à la tutelle des marchés financiers ?

Comment être à la pointe de la révolution numérique ?

Comment rétablir l’ordre ?

Comment sauver l’Europe ?

Comment répondre au basculement de l’économie mondiale vers l’Asie et aux improvisations de la diplomatie américaine ?

Comment vaincre le totalitarisme islamique ?

Voilà les véritables enjeux de notre époque. Et ces enjeux réclament de la franchise et des choix forts.

Mais non, ces sujets cruciaux sont passés sous silence. On est dans l’esquive, dans la tambouille.

Mes adversaires égrènent leurs promesses illusoires : hausses de salaire sans compter, nouvelles dépenses sans complexe, créations d’emplois publics à gogo, retraite à 60 ans, 32 heures, retour du franc : tout y passe.

Je parle du destin de la France et je n’entends parler que des petites opérations politiques.

Hamon a fait son pas de deux entre Mélenchon et les écologistes.

Et puis nous avons assisté à une très médiatique étreinte entre deux girouettes : Macron et Bayrou, les gondoliers de la politique.

C’est le retour de la IVème république dans ce qu’elle avait de plus tordue, et il n’est d’ailleurs pas étonnant que tous mes adversaires rêvent d’introduire la proportionnelle au Parlement.

Ils n’ont pas de gouvernail, c’est pourquoi la France ingouvernable leur va très bien.

 

Moi je trace mon sillon.

C’est une ligne droite tendue vers un seul cap : le redressement de la France.

Pour que la France se relève, il faut d’abord restaurer l’ordre et la sécurité.

Cinq ans de socialisme ont mis à mal les piliers de la république.

Il y a quelques jours, j’ai dit que notre pays donnait les signes d’un pays au bord de la guerre civile, provoquant les fureurs d’un gouvernement qui ne voit rien et n’entend rien !

Je persiste et je signe.

Quand dans plusieurs quartiers des gangs ont sous la main toutes les armes de guerre possibles, quand des intégristes imposent leurs règles aux habitants, quand des fanatiques français projettent des attentats kamikazes, ce ne sont pas des tristes fatalités, c’est une faille béante dans la République !

Quand des bandes cagoulées s’attaquent régulièrement à nos forces de l’ordre, ce ne sont pas des incidents, ce sont des affrontements !

Quand dans chacune de mes réunions publiques l’extrême gauche vient nous défier, lorsque ce week-end, à Nantes, des cars de militants du FN sont agressés, tagués, lorsque la ville est saccagée, ce ne sont pas des dérapages, c’est une atteinte à la démocratie.

Cà n’est pas un hasard si cela s’est déroulé à Nantes, où le gouvernement a laissé une zone de non droit s’installer à Notre-Dame-des-Landes, en refusant de faire évacuer les zadistes, malgré toutes les décisions de justice et un referendum local.

Oui, j’affirme qu’il y a dans notre pays un climat de violence dangereux, et il serait temps qu’un Gouvernement tape du poing sur la table !

Il faut rompre avec cette culture de la violence qui casse toute fraternité, qui oblige nos concitoyens à baisser les yeux en rentrant chez eux.

Il n’y a pas de liberté sans sécurité.

Les voyous doivent être sanctionnés. Les peines doivent être exécutées.

Pour cela, je relancerai la construction de 16 000 places de prison.

Je supprimerai la quasi-automaticité des remises et aménagements des peines de prison.

Je rétablirai les peines-planchers automatiques, afin que la récidive soit plus lourdement condamnée.

Et parce que trop de délinquants chevronnés tirent excuse de ne pas avoir encore 18 ans pour narguer la justice, je propose d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.

Il faut soutenir les forces de l’ordre dans leur travail, au quotidien et pas seulement dans les cérémonies.

Elles sont engagées dans un travail extrêmement difficile, et paient jusque dans leur chair le prix des fonctions exercées pour nous protéger.

Plus de 10 000 policiers, gendarmes, pompiers aussi, sont blessés chaque année et une dizaine d’entre eux trouvent la mort.

Respect. Je veux du respect pour ces hommes et ces femmes qui font leur devoir.

Je les soutiendrai dans leurs missions, en les déchargeant des tâches bureaucratiques qui les accaparent, en modernisant les moyens qui sont mis à leur disposition, en remettant ainsi sur le terrain 5000 policiers et gendarmes, en renforçant et en généralisant les polices municipales.

 

A Nîmes, qui ne connait le 2ème régiment d’infanterie, la légion étrangère et sa maxime de toujours : « Français, non par le sang reçu mais par le sang versé » ?

C’est ainsi que tant d’étrangers ont servi et aimé la France, parfois jusqu’au sacrifice suprême.

Tous Français et tous pour la France, c’est ma devise !

Notre patrie fut longtemps une terre d’accueil et elle reste une terre d’asile pour celles et ceux qui fuient la guerre. C’est notre honneur.

Mais la France sans intégration et sans assimilation, c’est la France en mille morceaux.

Cela n’est pas ma conception de la France !

Notre nation a toujours tiré sa force de son unité, au-delà de nos différences, de nos origines.

Mais pour la solidité de notre pacte national, nous devons limiter l’immigration à son strict minimum.

Je veux que notre politique d’immigration soit fixée par des quotas stricts, établis chaque année au Parlement en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques.

La procédure d’examen des demandes d’asile doit être plus rapide, et ceux qui sont déboutés doivent systématiquement être expulsés.

Les étrangers présents sur notre territoire devront respecter leurs devoirs avant de profiter des droits. Ils devront attendre deux ans avant de prétendre à toute prestation sociale.

 

Il y a un sujet totalement laissé de côté pendant cette campagne présidentielle : c’est le terrorisme.

Ce week-end, François Hollande a cru bon de se vanter auprès du président américain en affirmant que personne, chez nous, ne prenait d’armes pour tirer dans la foule.

Toulouse, Charlie, l’Hypercacher, le Bataclan, les terrasses parisiennes, Nice… Nous sommes en état d’urgence mais à en écouter certains il est urgent de ne pas en faire état.

Moi j’en parle et j’en parle fort en affirmant que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique, c’est-à-dire une idéologie radicale, structurée et expansionniste.

Contrairement à ceux qui temporisent et qui hésitent, je serai d’une détermination totale.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée.

Tout étranger appartenant à la mouvance intégriste sera expulsé.

Le culte musulman fera l’objet d’un contrôle administratif serré jusqu’à ce qu’il soit aussi fermement ancré dans la République que les autres religions.

Les musulmans de France, dans leur majorité, veulent vivre leur foi en paix. Mais tous les mouvements se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans les placent sous pression.

Ces mouvements seront dissous.

Aucun imam ne pourra proférer un prêche contraire aux valeurs de la République sans être interdit s’il est Français, et reconduit à la frontière s’il est étranger.

L’égalité homme femme, notamment, ne peut plus un instant être mise en cause.

Il y a en certains lieux de notre pays une montée de l’antisémitisme et de la misogynie qui sont inacceptables.

Il y a des cafés dont les femmes sont exclues, et n’en déplaise à Benoît Hamon et ses explications complices, cela n’a rien à voir avec une prétendue tradition ouvrière.

 

Face à tout cela, l’école républicaine doit être renforcée.

Il faut mettre un terme aux idéologies fumeuses.

Je veux une école qui transmet les connaissances fondamentales : lire, écrire, compter, connaître l’histoire de France.

Je veux une école où le mérite et l’excellence sont valorisés.

Une école où parents et enseignants marchent main dans la main.

Je veux, pour les adolescents qui veulent mettre la main à la pâte, une école qui apprend un métier, par l’alternance et l’apprentissage qui doivent devenir des voies royales vers l’emploi.

Je veux une Ecole de la discipline et du respect, par le port d’une tenue uniforme rappelant à chaque enfant qu’il est l’égal de l’autre, qu’il est dans un lieu particulier qui n’est pas celui de la rue mais du savoir.

 

La famille doit être défendue et respectée.

La famille est le premier cercle de solidarité et d’affection. Elle est le chaînon qui relie les générations, les mémoires, les espoirs.

Pour la famille, je veux qu’on protège le droit de l’enfant, et non le droit à l’enfant.

La famille doit être encouragée, aidée, c’est pourquoi je veux relever le quotient familial et rétablir l’universalité des allocations familiales.

 

Mes amis,

C’est dans un pays aux structures solides que notre économie pourra se développer.

Aujourd’hui, tout est fait pour brider les énergies. Tout s’est enrayé : les classes moyennes deviennent classes populaires et les classes populaires frisent le seuil de pauvreté…

C’est la conséquence d’un pays bloqué qui ne crée plus assez de richesses et d’emplois. Si nous respirons encore c’est parce que nous nous sommes endettés comme jamais.

Ceux qui prétendent qu’on peut s’en sortir sans remise en cause, au rythme des 35H, en augmentant encore les impôts, en creusant un peu plus les déficits, sont dans le mensonge.

Mon projet a, vous le savez, un fil rouge : celui de la vérité et de la liberté.

La vérité, c’est qu’on ne peut viser le plein emploi, on ne peut avoir la meilleure santé du monde, l’Ecole gratuite, des retraites pour tous, une protection sociale pour chacun, sans réformer radicalement notre système et sans se retrousser les manches !

Il faut réagir et pour moi, la liberté, première valeur de notre devise, est la plus belle et la plus efficace de nos armes pour conquérir le développement économique et social.

La plus belle, parce qu’elle éveille en l’homme cette part d’audace qui le grandit face à la fatalité. La plus efficace, parce que la liberté est une rupture qui pousse les frontières du progrès.

Mon objectif est clair : l’emploi, l’emploi et l’emploi ! Et pour cela, je prendrai tous les risques.

Je supprimerai les 35 heures.

Je concentrerai le code du travail sur les principes fondamentaux et je laisserai le reste à la négociation collective.

Je diminuerai les charges sur les entreprises de 40 milliards d’euros.

Je défendrai nos industries, je me battrai pour l’agriculture française.

J’ai grandi dans la Sarthe.

Je connais la vie des agriculteurs, des éleveurs, et j’ai entendu le témoignage de vos viticulteurs. C’est  une vie faite de sacrifices et d’un amour pudique pour la nature ; j’ai vu leur monde se transformer au cours des dernières décennies.

On ne peut pas fermer les yeux sur le drame vécu aujourd’hui dans le monde agricole, où l’on travaille deux fois 35 heures par semaine sans arriver à se verser un salaire à la fin du mois.

Pour les agriculteurs, je veux aussi la baisse des charges des entreprises, car oui, ils sont des entrepreneurs et pas seulement des paysagistes.

Il faut aussi la vérité sur les prix afin que leurs marges ne soient plus accaparées en silence par d’autres : c’est pourquoi je veux « l’éthique à l’étiquette », c’est-à-dire la transparence du prix d’achat aux agriculteurs sur les prix de vente des produits frais.

Je veux libérer les agriculteurs des règlementations sanitaires et environnementales qui se surajoutent en France aux règlementations européennes.

Je veux créer un compte épargne aléa climatique, très simple, alimenté pendant les années de bonne récolte et utilisable en cas de pertes d’exploitation.

Et puis, il faudra avec la Russie négocier, franchement, sérieusement, et lever cet embargo qui brise notre agriculture.

 

Notre bataille pour la croissance et pour l’emploi doit être juste.

Je veux diminuer les cotisations salariales pour que le salaire net augmente et se rapproche du salaire brut.

Je veux revaloriser les petites retraites pour 4 millions de retraités.

Je veux augmenter de 10 % les petites pensions de réversion.

Cela sera rendu possible par l’augmentation progressive de l’âge de la retraite à 65 ans.

 

On ne luttera pas contre la dette et les déficits sans moderniser notre système public.

Nous avons près de 6 millions d’agents public : c’est plus qu’en Allemagne qui compte pourtant 15 millions d’habitants de plus que nous.

Je propose de réduire ces effectifs de 8 % sur l’ensemble du quinquennat : c’est raisonnable, c’est nécessaire.

Soyons clairs : mes adversaires, c’est la bureaucratie, ce sont les déficits, ce ne sont pas les fonctionnaires qui sont souvent dévoués et compétents.

Il faut profiter des opportunités qu’offre la numérisation pour moderniser les structures et les méthodes de travail.

Je passerai progressivement les fonctions publiques aux 39 heures pour améliorer la productivité et le service rendu aux citoyens ; et simultanément, je redonnerai aux fonctionnaires des nouvelles perspectives de carrière.

 

Mes amis,

Si nous sommes réunis ensemble, c’est parce que nous sommes fiers d’être français.

Avec émotion, nous pensons aux héros qui sont tombés pour maintenir notre pays debout.

Nous aimons notre patrie, son histoire, ses valeurs, sa culture.

M. Macron a dit qu’il n’y avait pas de culture française, montrant qu’il n’avait rien compris à ce qui fait la France.

Qu’est-ce qui nous réunit s’il n’y a pas une culture française ?

Qu’est-ce qui fait que nous sommes des Français ?

La France n’est pas un hôtel international sans âme où cohabitent des individus anonymes et des communautés étrangères les unes aux autres.

Nous ne sommes pas une aire d’autoroute où des citoyens du monde se croisent par hasard avant de reprendre leur course.

Oui il y a une culture française !

Il y a un art français, il y a une manière de penser française : nous les recevons en héritage de tous ceux qui nous ont précédés, et nous les conservons comme une part essentielle de nous-mêmes à transmettre aux générations qui nous succéderont.

Nous sommes les héritiers d’une lignée de Français qui ont su, au fil des siècles, par leur bravoure et leur génie, hisser notre pays parmi les plus grandes nations du monde.

A Alger, M. Macron a rayé d’un trait au feutre noir 130 ans d’histoire commune avec l’Algérie en y substituant les mots de « crime contre l’humanité ».

On peut regarder notre passé avec lucidité sans insulter des générations entières, près de 1 million de rapatriés, des dizaines de milliers de harkis, et les descendants de tous ces hommes et femmes, dont nombreux vivent ici à Nîmes.

Ces hommes et ces femmes ont vécu dans leur chair l’histoire passionnée et douloureuse qui lia la France et l’Algérie.

Je veux du respect pour les mémoires, pour les douleurs, et non de l’instrumentalisation.

 

Mes amis,

L’élection présidentielle est une rencontre entre un homme et son pays.

Ces dernières semaines, on a mis à l’épreuve ma vie.

On la décortique, on cherche le moindre faux pas, le moindre scoop.

Je dis aux Français : jugez -moi sur mon parcours.

Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier, j’ai donné 36 ans de vie publique à ma ville, à mon département, à ma région, à la France ; 36 ans à parcourir nos villages et nos villes ; 36 ans de rencontres avec les Français, face à leurs espoirs et leurs colères ; 36 ans de projets, d’idées, d’affrontements intellectuels.

36 ans de combat, avec des victoires, avec des défaites. J’ai connu les salles pleines et la solitude des préaux d’Ecole, en compagnie d’une poignée de militants.

J’ai assumé les plus hautes fonctions, croisé les grands de ce monde, mais je sais aussi la détresse de mes compatriotes qui me sollicitaient et que j’aidais au mieux que je le pouvais.

Je viens de loin, je suis un patriote qui a donné le meilleur de lui-même, je suis comme ces combattants balafrés qui n’ont pas appris la vie dans des livres.

J’ai pu faire des erreurs, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides.

On ne devient pas président sans avoir été attaqué, injurié, écorché par ses adversaires : de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous furent des cibles mais ce qui ne tue pas rend plus fort.

Et c’est grâce à cette force intérieure qu’ils purent assumer la conduite de la France, la 5ème puissance du monde. Cette force, je l’ai en moi et je suis plus que prêt à l’utiliser au service de mon pays.

J’entendais M.Macron invoquer son « immaturité politique » comme un gage de sa sincérité.

Il n’y a pas de place pour l’immaturité présidentielle. La présidence normale, ça n’existe pas. La présidence branchée est une illusion naïve. Le Chef de l’Etat conduit la nation, il est comptable de sa sécurité et de sa prospérité.

On ne dirige pas la France sans avoir conscience de tenir entre ses mains quelque chose de sacrée.

Je ne marche pas pour le pouvoir mais pour le pouvoir de redresser la France.

Si je nous exhorte à nous moderniser comme jamais, si je nous invite à nous rassembler autour de nos valeurs éternelles, c’est que je ne connais pas d’autre moyen pour être une nation forte, une nation respectée, une nation soudée qui crée des richesses, qui protège ses enfants et leur offre le gout de croire au bonheur.

L’heure est importante pour la France.

J’invite tous les Français qui veulent une France libre et une France forte à venir me rejoindre.

Je donne et je donnerai tout dans cette campagne, toute ma volonté, tout mon courage, toutes mes forces.

Alors aidez-moi, donnez-moi votre énergie, donnez-moi votre force, donnez-moi votre fierté, et tous ensemble, nous gagnerons pour la République et pour la France.


François Fillon, Nîmes le 2 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 05:48

« François Fillon propose un programme énergique de redressement national. Le trio du déclin est à l’œuvre pour l’empêcher de le mettre en œuvre, non pas en en discutant point par point les mesures, mais (...) en le poussant à ne pas se présenter. C’est manqué, et cela révèle d’ailleurs un candidat dont le courage et la fermeté sont des atouts pour un futur Président de la République. Ce trio, tout le monde le connaît. Il se compose de l’entourage du lamentable chef d’État actuel, de son secrétariat général, plus habile à monter des coups qu’à servir l’intérêt supérieur du pays. Il comprend un certain nombre de magistrats politisés, nommés par l’actuel pouvoir et qui attendent de son maintien, à travers d’autres personnes, le couronnement de leurs ambitions de carrière. L’étonnante rapidité des procédures en dehors de tout élément irréfutable et la volonté manifeste de perturber le calendrier électoral, au mépris de la séparation des pouvoirs et de l’autorité judiciaire, de la part de ces fonctionnaires dénués de la moindre légitimité populaire sont des atteintes violentes à la démocratie. On aimerait que la justice fonctionne plus vite et avec plus de fermeté face à la délinquance et au crime que pour obéir aux commandes politiques du pouvoir. Enfin, il y a les médias, ce chœur hypocrite qui a préféré à la campagne en vue de l’élection du Chef de l’État, à partir de l’analyse et de la comparaison des programmes, la démolition systématique du candidat Fillon et l’appui stipendié à Macron. (...) C’est le Peuple qui doit décider, et non les fonctionnaires de justice, notamment ceux qui ont montré leur partialité avec le "mur des c@ns" sur lequel j’ai eu l’honneur de figurer. » (Christian Vanneste, ancien député UMP, le 1er mars 2017).



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À l’évidence, le mot "assassinat" est fort, trop fort pour celui qui, quelques minutes après l’avoir prononcé, mangeait un steak frites dans une brasserie en rigolant devant des journalistes qui n’étaient pas les bienvenus, avant d’aller visiter le Salon de l’Agriculture, acclamé par des militants venus massivement le réconforter.

On pourrait parler de "bizutage" mais c’est beaucoup trop faible dans un contexte trop léger, ou de "mauvais procès" pour certains avocats, ou encore de "complot" pour les ultras, ou de "suicide collectif" pour les réalistes. En fait, on pourrait adopter l’expression "chemin de croix" pour qualifier ce que les médias appellent le "PenelopeGate" depuis cinq semaines. Cela tombait bien puisque ce 1er mars 2017, c’était le mercredi des Cendres, le premier jour du Carême (qui s’en soucie encore alors que la période du Ramadan est souvent rappelée ?).

Dramatisation pendant une matinée où les journalistes des chaînes d’information continue ont été scandalisés de ne pas savoir à quoi s’en tenir (parler pour ne rien dire pendant quatre heures et demi n’est pas à la portée de tout le monde !). Dans une très courte conférence de presse (texte ici), huit minutes, François Fillon a annoncé qu’il venait de recevoir une convocation pour se rendre chez le juge le 15 mars 2017 en vue d’une mise en examen.

Il a passé la matinée à confirmer ses soutiens au sein de sa famille politique. Il a vu Alain Juppé de passage à Paris, il a téléphoné à Nicolas Sarkozy, il s’est entretenu avec les barons du parti Les Républicains pour être sûr qu’on le soutiendrait encore (à l’exception de Bruno Le Maire et de Catherine Vautrin). Le 26 janvier 2017, il avait dit sur TF1 qu’il renoncerait à être candidat seulement dans le cas d’une mise en examen qu’il imaginait improbable, qu’il imaginait… inimaginable !

Un piège dans lequel il s’est lui-même enfermé. François Fillon peut maintenant dire que la situation est très différente : il n’est plus possible de changer de candidat à l’élection présidentielle à moins de cinquante jours du premier tour. Ce changement de ton, il l’a adopté il y a une quinzaine de jours en disant qu’il s’en remettrait au suffrage populaire.

Mais sa fameuse phrase du 28 août 2016 lui collera toujours à la peau : «  Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. Qui imagine le Général De Gaule mis en examen ? Être gaulliste, c’est une conception de l’exercice du pouvoir et singulièrement de la fonction présidentielle. ».

Malgré l’immunité parlementaire, rien n’empêche a priori une mise en examen si elle n’est pas suivie d’une détention provisoire. De même, rien n’empêche le calendrier judiciaire de télescoper le calendrier électoral. Mais il faut bien avouer que pour des faits qui remontent parfois de trente ans, des faits qui n’ont jamais été cachés puisque les salaires ont été normalement déclarés au fisc chaque année, et ont été versés par l’organisme chargé de le faire de l’Assemblée Nationale, c’est dire que c’était connu du tout politique, il est vraiment étonnant que la justice soit si rapide, si étrangement rapide et n’attende pas les deux ou trois mois que demande le déroulement de la campagne présidentielle.

Pour une fois, François Fillon a réagi très vite et de manière très offensive, presque en victime, en complotiste (il y a des questions qui peuvent se poser), voire en David contre Goliath, le Goliath des médias tous macronisés. Il n’a pas voulu laisser la primeur de l’annonce de l’information (cette convocation chez le juge) à d’autres que lui. C’était peut-être la première bonne réaction depuis le 24 janvier 2017.

François Fillon a été très dur dans son expression : « L’État de droit a été systématiquement violé ». Ou encore : « Nombre de mes amis politiques (…) parlent d’un assassinat politique. C’est un assassinat, en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle. ».

Et malgré cette dureté des mots, au contraire de Marine Le Pen, il a dit respecter la justice : « Je veux qu’il ne subsiste aucun doute à cet égard : je me rendrai à la convocation des juges. Je suis respectueux de nos institutions. Je ne désespère pas de la justice (…). Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité. ».

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Sur ce qu’on lui reproche, il faut séparer, à mon sens, quatre éléments.


1. Sur le plan politique

François Fillon présente l’offre politique la plus cohérente, la plus construite, pour redresser la France, et pas par un coup de baguette magique mais parce qu’il a travaillé pendant plus de quatre ans et demi avec des milliers de personnalités qualifiées pour comprendre les grands problèmes du pays. Il est le seul en France à avoir fait ce travail de préparation. Le programme des autres (grands) candidats ont été bâclés, voire inexistants.

Ses propositions ont trouvé un écho d’adhésion très forte lors de la "primaire de la droite et du centre", et si elles rencontrent des oppositions, c’est normal et c’est dans le cadre normal du débat politique et électoral.


2. Sur le fond du PenelopeGate

François Fillon est convaincu qu’il n’a rien fait de "mal". Beaucoup d’avocats pensent comme lui, mais la question est de savoir ce que veut dire "mal". Ce qu’il a fait n’est probablement pas illégal puisque près d’un tiers des députés français travaillent encore aujourd’hui avec des proches familiaux (lui a arrêté depuis quatre ans cette pratique).

Le Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone a publié (enfin) le 21 février 2017 la liste des milliers de collaborateurs parlementaires des députés actuels (qu’on peut télécharger ici). Au-delà des patronymes ressemblants, il y a beaucoup de gendres, amis, ou membres de la famille d’un autre député qui sont employés.

On peut se poser la question sur la raison qui fait que seul François Fillon devrait payer pour les autres à propos d’une pratique qui n’est pas illégale. Pourquoi aucune enquête judiciaire sur les centaines de députés qui travaillent encore aujourd’hui avec un membre de leur famille ? On peut répondre que c’est parce que François Fillon est candidat à l’élection présidentielle. Mais on peut aussi rétorquer que la justice doit être égale pour tout le monde : « Depuis l’origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas été traité comme un justiciable comme les autres. ».


3. Sur le plan moral qui rejaillit forcément sur le plan électoral

C’est sans doute la principale erreur de François Fillon dès le début de l’affaire. Il n’a pas compris que les montants en cause, les niveaux de rémunération évoqués, ont choqué de nombreux Français, parmi aussi ses électeurs, et qu’il aurait dû faire amende honorable dès le lendemain et pas attendre deux longues semaines, ce qui en a fait grossir l’écho médiatique.

Il lui aurait probablement suffi de présenter ses excuses (ce qu’il a fait le 6 février 2017), mais aussi de proposer le remboursement de toutes les sommes en jeu dans le cas où le bureau de l’Assemblée Nationale le lui demanderait. Cela n’aurait pas été preuve d’aveu, mais simplement pour être irréprochable sur le plan moral. De plus, il ne risquait pas beaucoup de devoir rembourser car le bureau de l’Assemblée Nationale ne pourrait pas traiter le seul cas Fillon et exiger de lui seul des remboursements sur des sommes qui ont été, de plus, imposées et soumises aux charges sociales classiques des salaires…

Je pense qu’il a très mal géré sa communication à ce sujet car il est resté volontairement seul, pour une affaire qui concerne principalement sa famille. Il a mis beaucoup de temps à prendre la mesure de cette affaire, comme il l’a d’ailleurs reconnu un peu plus tard.

Par ailleurs, il a probablement cru que l’affaire se dégonflerait comme elle aurait pu se dégonfler dans les années 1980, mais c’était sans compter avec l’Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue qui n’ont cessé de marteler cette affaire à longueur d’antennes. Il valait mieux étaler soi-même que laisser les autres étaler.


4. Sur le plan judiciaire

Le timing judiciaire est complètement aberrant. La réactivité de la justice est ici exceptionnelle. Enfin une justice "efficace" et rapide !

Une enquête préliminaire quelques heures après la publication du "Canard enchaîné". Alors qu’il a fallu trois mois pour ouvrir une enquête préliminaire sur l’affaire Cahuzac dont l’enjeu financier n’avait rien à voir ! Trois mois, l’élection présidentielle aurait déjà été passée !

Les fuites dans un journal comme "Le Monde" sont une violation manifeste du secret des enquêtes, et ne peut provenir que d’une institution (police ou justice) puisque les avocats n’avaient pas accès à l’enquête. Le Ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a refusé de mener une enquête pour savoir qui avait violé ce secret. Pourquoi ?

L’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire s’est fait, comme par coïncidence, exactement le vendredi 24 février 2017 à 20 heures, juste au début de son grand meeting qui a réuni 2 000 personnes à Maisons-Alfort (pourquoi une telle urgence en fin de semaine ?). Juste aussi au début de la collecte des parrainages de candidature.

La convocation a été envoyée le jour même de la très importante visite au Salon de l’Agriculture, là encore coïncidence. Plus fâcheux : cette convocation se base sur un rapport à charge sans avoir pris le temps d’écouter la défense, sans avoir complété l’enquête.

Enfin, la date même de la convocation, le 15 mars 2017, soit deux avant la fin de l’envoi des parrainages. Toute la procédure judiciaire (depuis le 24 février 2017) se déroule pendant la période très particulière, critique, tous les cinq ans, d’envoi de parrainages pour valider les candidatures à l’élection présidentielle.

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Comme les juges sont au courant du calendrier électoral, comme chaque citoyen, il est clair, sans vouloir parler de complot (les juges seraient-ils manipulés par un pouvoir politique, et lequel ?) que tout ce qui se déroule sur le plan judiciaire, extrêmement rapide et uniquement à charge, a pour objectif d’empêcher la présence de François Fillon à l’élection présidentielle, mais aussi, carrément, la présence d’un représentant "de la droite et du centre" pour lesquels l’élection était réputée "imperdable".

Rien n’empêchait d’attendre trois mois pour des faits qui remontent à trente ans ! Même si François Fillon est élu Président de la République, l’affaire ne sera pas enterrée. D’une part, son épouse et ses enfants ne seront pas protégés, et lui non plus après son mandat, en 2022 ou 2027, en cas de second mandat. Jacques Chirac est la preuve vivante que la justice ne l’oubliera pas, même quinze ans plus tard.

Comme dit Christian Vanneste (voir en début d’article), l’objectif a échoué : François Fillon compte bien rester candidat et rien ne l’y empêchera, sinon lui-même, fort de la légitimité des 4,5 millions de votants de la "primaire de la droite et du centre".


« Je ne me retirerai pas »

Avec un accent qui pourrait faire penser à De Gaulle après son escapade à Baden-Baden, François Fillon a confirmé son refus de renoncer à l’élection : « C’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais. À ceux qui me suivent comme à ceux qui me combattent. C’est au peuple français que je m’en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain Président de la République française. Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas. J’irai jusqu’au bout parce qu’au-delà de ma personne, c’est la démocratie qui est défiée. ».

De Gaulle avait dit dans son allocution du 30 mai 1968 : « J’ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de maintenir [la légitimité nationale et républicaine]. J’ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai. (…) Non ! La République n’abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté ! ». Évidemment, toute proportion gardée. Mais la mobilisation pour un rassemblement populaire au Trocadéro n’est pas sans faire le parallèle avec la grande manifestation aux Champs-Élysées qui a clos la révolte étudiante de mai 1968.

Gérard Longuet, qui soutient François Fillon, peut comprendre ce qu’endure le candidat LR car, Ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, il a dû démissionner du gouvernement d’Édouard Balladur le 14 octobre 1994 en raison d’une mise en examen qui a été notifiée le 23 décembre 1994 et qui finalement, a abouti à un non-lieu le 8 mars 2010 ! Il a dû attendre le 27 février 2011 pour redevenir ministre, après seize ans de traversée du désert !

Gérard Longuet, partisan du maintien de la candidature, a observé : « Il a le caractère des plus grands en résistant à cette épreuve. » (LCI le 1er mars 2017). C’est incontestable qu’un caractère aussi trempé dans l’acier inoxydable sera redoutable dans les négociations internationales face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Cela nous changera de François Hollande.

En revanche, il est faux de considérer qu’élu, François Fillon ne pourra pas faire de réforme ni gouverner, comme le croit Henri Guaino, car dans ce cas, les Français auront choisi en connaissance de cause. Car ils auront su faire la part des choses entre l’important pour la France et les Français, et le reste.

François Fillon a conclu sa déclaration du 1er mars 2017 ainsi : « Je ne permettrai pas que le seul choix qui nous soit collectivement donné soit celui de la folle aventure de l’extrême droite ou de la continuation du hollandisme. Je n’accepte pas que tout s’organise pour nous amener, un pas après l’autre, dans la voie du renoncement, du déclin, de l’oubli de ce qui fait notre grandeur nationale. La France est plus grande (…) que mes erreurs. Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse. (…) Je vous le dis avec gravité : ne vous laissez pas abuser. Ne laisser personne vous priver de votre choix. (…) Parce que ma volonté de servir est plus grande que les accusations qui sont portées contre moi, je vous demande de résister. ».


En tête dans la chasse aux parrainages

Cette journée du 1er mars 2017, François Fillon aura quand même pu trouver deux satisfactions : d’une part, sa visite au Salon de l’Agriculture, préparée depuis un mois, s’est bien passée, sans incident qu’il pouvait craindre ; et d’autre part, la première liste des parrainages validés des candidats vient d’être publiée ce 1er mars 2017 par le Conseil Constitutionnel (la liste est lisible ici). Il ressort que François Fillon est le seul à avoir déjà atteint le nombre nécessaire avec 738 parrainages, loin devant Emmanuel Macron (229), Nathalie Arthaud (201), Benoît Hamon (184), Jean-Luc Mélenchon (87), Jacques Cheminade (61), François Asselineau (60), Philippe Poutou (35), Nicolas Dupont-Aignan (31) et Marine Le Pen (25).

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Il y a fort à parier que s’il est élu, François Fillon sera sous surveillance accrue et devra être irréprochable, non pas sur sa situation personnelle, mais dans la manière de gouverner et de mettre en œuvre ses réformes. Il devra par nécessité faire plus de zèle dans l’éthique que d’autres candidats.

C’est ce refus que la justice s’immisce dans le débat présidentiel qui a motivé l’organisation d’un grand rassemblement de soutien à François Fillon ce dimanche 5 mars 2017 à 15 heures sur le parvis du Trocadéro à Paris : son seul salut de reconquête ne peut passer que par le peuple, en dehors de tout intermédiaire, comme le veut l’esprit de nos institutions.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Assassinat politique ?
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle de 2017 (à télécharger).
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Propositions pour une meilleure santé.
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170301-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/assassinat-politique-190297

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/02/34996806.html

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 03:12

Au cours d'une conférence de presse, le 2 mars 2017, le candidat Emmanuel Macron a présenté son (véritable) programme pour l'élection présidentielle 2017. La plaquette est disponible à la lecture sur Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le programme d'Emmanuel Macron (fichier .pdf) :
https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170302-macron.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170302-programme-macron-2017.html


 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 18:21

Le Conseil Constitutionnel, à partir du 1er mars 2017, publiera une mise à jour des parrainages reçus et validés de tous les candidats à l'élection présidentielle de 2017, tous les mardi après-midi et vendredi matin, jusqu'au 17 mars 2017.

François Fillon est le seul à avoir obtenu dès ce 1er mars 2017 les parrainages nécessaires. Viennent ensuite Emmanuel Macron, puis Benoît Hamon.

Voici le tableau remis à jour régulièrement :



Nombre de parrainages par candidats déclarés :
http://presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr/les-parrainages/parrainages-par-candidat/

Le tableau de tous les parrainages (nom des élus) est lisible à ce lien :
http://presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr/les-parrainages/tous-les-parrainages/

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170301-presidentielle2017-parrainages-publication.html
 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 12:38

(verbatim)


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170301-fillon.html



Conférence de presse de François Fillon du 1er mars 2017


Mesdames et messieurs,

Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen.

Il est sans exemple, dans une affaire de cette importance, qu’une convocation aux fins de mise en examen soit lancée quelques jours à peine après la désignation des juges, sans qu’ils aient pris connaissance du dossier ni procédé à des investigations supplémentaires, sur la simple base d’un rapport de police manifestement à charge, c’est-à-dire pour condamner.

Les seuls cas que l’on connaisse sont ceux où les personnes reconnaissaient les faits et demandaient leur mise en examen pour avoir accès au dossier.

Mais je ne reconnais pas les faits.

Je n’ai pas détourné d’argent public.

J’ai confié, comme près du tiers des parlementaires, des travaux à mes proches parce que je savais pouvoir compter sur leur confiance et leurs compétences.

Ils m’ont effectivement assisté et je le démontrerai.

Cette convocation s’inscrit dans la ligne d’une enquête menée dès le début exclusivement à charge.

Depuis l’origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas été traité comme un justiciable comme les autres.

L’enquête préliminaire a été ouverte en quelques heures.

Les procès-verbaux, contrairement à la Loi, ont été immédiatement communiqués à la presse sans qu’à aucun moment le Garde des Sceaux ne s’en émeuve.

L’Etat de droit a été systématiquement violé.

La presse s’est fait l’écho des convictions des enquêteurs et d’elles seules.

Les arguments de fait que j’ai présentés n’ont pas été entendus, ni relayés.

Les arguments de droit, partagés par des grands professeurs de droit et par un ancien secrétaire général du conseil constitutionnel, ont été écartés d’un revers de la main. La présomption d’innocence a complètement et entièrement disparu.

Que je ne sois pas un justiciable comme les autres, on le voit au simple choix de cette date du 15 mars, deux jours avant la clôture des parrainages, entièrement calculée pour m’empêcher d’être candidat à la présidentielle, et, au-delà, pour empêcher que la droite et le centre disposent d’un tel candidat.

Les avocats ont demandé que la chambre de l’instruction de la cour d’appel statue immédiatement sur les irrégularités nombreuses et graves de la procédure.

Cela leur a été refusé.

Nombre de mes amis politiques, et de ceux qui m’ont soutenu à la primaire et ses 4 millions de voix, parlent d’un assassinat politique.

C’est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle.

C’est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché.

C’est la voix des millions de Français qui désirent une vraie alternance qui est muselée.

C’est le projet du redressement national que je porte qui est expulsé du débat.

C’est la liberté du suffrage et c’est la démocratie politique elle-même qui sont violemment percutées.

.Je veux qu’il ne subsiste aucun doute à cet égard : je me rendrai à la convocation des juges.

Je suis respectueux de nos institutions, je ne désespère pas de la justice, même si ce que nous venons d’en voir n’est pas de nature à nous rassurer.

Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité.

Mais aujourd’hui, c’est à vous mes compatriotes que je m’adresse d’abord.

Au-delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais. À ceux qui me suivent comme à ceux qui me combattent.

C’est au peuple français que je m’en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la république française.

Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas. J’irai jusqu’au bout parce qu’au-delà de ma personne, c’est la démocratie qui est défiée.

Je vous demande de me suivre.

Ce n’est pas de moi qu’il s’agit, de mes droits, ou de la présomption d’innocence. C’est de vous, dont la volonté souveraine ne peut être annulée, annihilée, détruite.

Je serai au rendez-vous que la démocratie, et elle seule, nous donne, pour choisir notre avenir collectif.

J’y serai avec une détermination redoublée.

Je ne permettrai pas que le seul choix qui nous soit collectivement donné soit celui de la folle aventure de l’extrême droite ou de la continuation du hollandisme.

Je n’accepte pas que tout s’organise pour nous amener, un pas après l’autre, dans la voie du renoncement, du déclin, de l’oubli de ce qui fait notre grandeur nationale.

La France est plus grande que nous.

Elle est plus grande que mes erreurs.

Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse.

Elle est plus grande que les emballements de l’opinion elle-même.

Et c’est parce que je suis totalement décidé à servir cette France là que je m’opposerai, de toutes mes forces, à ce que le hasard ou le calcul décident de son sort et de l’avenir des Français au moment d’une consultation décisive.

Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser.

Ne laissez personne vous priver de votre choix.

Parce que votre voix seule doit décider de notre avenir commun, et parce que ma volonté de servir est plus grande que les accusations qui sont portées contre moi, je vous demande de résister.

Je le fais. Ma famille le fait malgré tous les tourments. Ma famille politique le fera, et au-delà d’elle, tous ceux qui croient qu’à la fin, seul le peuple peut décider.

Oui, je serai candidat à la présidence de la république, et nous tirerons de ces épreuves, avec tout ce qu’elles comportent de juste et d’injuste, le surcroît de force qu’il nous faut pour l’emporter et redresser notre pays.


François Fillon, Paris le 1er mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 05:28

« Et puis, il y a l’homme qui veut sauver le socialisme sans le dire. J’ai nommé Emmanuel Macron. Pour Emmanuel Macron, il n’existe pas de culture française. (…) Pas d’identité, mais aussi complice de crime contre l’humanité ! (…) Visiblement, monsieur Macron dit ce que son auditoire veut entendre. (…) Tout cela dénote un sérieux problème de colonne vertébrale. Emmanuel Macron vient de dévoiler les lignes de son programme économique (…). François Hollande aurait pu le signer. C’est de la soupe tiède alors que la France a besoin de transformation économique. » (François Fillon, le 24 février 2017 à Maisons-Alfort).


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Il y a quelques jours, je posais la question de l’appartenance d’Emmanuel Macron à la gauche. Si lui-même se revendique de la gauche et a été un ministre d’un gouvernement qui s’est positionné à gauche, Emmanuel Macron a cependant voulu s’extraire de la prison des étiquettes, comme l’avait fait François Bayrou de 2002 à 2017, mais avec une différence.

Le mot d’ordre de François Bayrou était : ni droite ni gauche, ce qui lui a valu une traversée du désert (dont il n’est pas sorti) et une solitude particulièrement prononcée dans un système dirigé par un second tour de l’élection présidentielle. Tandis qu’Emmanuel Macron s’est cru plus malin en prônant : et la droite, et la gauche !

Si c’est plus efficace d’un point de vue électoral (si l’on en croit les intentions de vote), cela ne clarifie pas pour autant son positionnement. Pourtant, comme Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont été incapables, comme prévu, de s’unir, il est peu probable que l’un des deux soit présent au second tour.

Cela signifie que si jamais Emmanuel Macron franchissait la qualification du second tour, il serait forcément opposé soit à Marine Le Pen (le plus probable), soit à François Fillon (hypothèse hautement improbable si l’on en croit les sondages actuels). Concrètement, cela signifierait qu’il serait mécaniquement positionné à gauche de l’échiquier politique.

Et ce n’est pas vraiment étonnant, puisque Emmanuel Macron fait du François Hollande, mais avec la traduction politique de ses convictions. À savoir, au lieu de chercher coûte que coûte à préserver l’intérêt du parti socialiste, il a préféré le faire éclater et aller jusqu’au bout de la démarche, en assumant pleinement son social-libéralisme (chose que n’a même pas osé faire Manuel Valls lui-même).

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Emmanuel Macron a prévu de présenter son (vrai ?) "programme" ce jeudi 2 mars 2017. Mais il avait déjà esquissé quelques grandes lignes dans "Les Échos" du 24 février 2017. C’est la raison de la critique très acerbe de François Fillon lors de son meeting à Maisons-Alfort le 24 février 2017.

L’une des erreurs que François Fillon a pointée du doigt, c’est qu’Emmanuel Macron a pris pour argent comptant les prévisions budgétaires du gouvernement actuel. Or, la réalité est que les gouvernements ont toujours été trop optimistes sur leurs prévisions, plus encore quand il s’agit de bâtir un programme électoral.

Ainsi, François Fillon lui a reproché la tiédeur : Emmanuel Macron voulait d’abord réduire la dépense publique de 100 milliards d’euros, et finalement, cela évolue à 60 milliards d’euros : « En quelques jours, 40 milliards ont disparu du programme. C’est ce qu’on appelle avoir des convictions. ». Pire : Emmanuel Macron a proposé 50 milliards d’euros d’investissements (qui ne seraient que pour financer des dépenses courantes, selon François Fillon), cela signifie qu’il n’y aurait que 10 milliards d’euros de réduction en réalité : « Par ailleurs, on voit mal comment il pourrait réussir à mettre en œuvre 50 milliards d’investissements publics, alors qu’il a été incapable d’en mettre 10 en œuvre quand il était conseiller puis ministre de François Hollande. ».

Même tiédeur sur l’assurance-maladie : Emmanuel Macron veut limiter les dépenses de 2,3%, alors que c’était déjà 1,8% en 2016 : « Emmanuel Macron réussit l’exploit de faire pire que François Hollande ! ».

Idem pour la réduction du nombre de fonctionnaires : « Emmanuel Macron propose la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, sur 6 millions d’agents publics, soit moins de 2% des effectifs actuels. C’est inférieur aux 150 000 postes que nous avons supprimés entre 2007 et 2012. ».

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La mesure la plus inconséquente révélée le 24 février 2017 fut sans doute la volonté d’Emmanuel Macron d’exonérer 80% des Français de la taxe d’habitation en 2020. C’est une taxe qui est souvent très coûteuse pour les ménages. Une telle mesure est donc "foncièrement" démagogique et électoraliste (il ne dit rien sur la taxe foncière, elle aussi très coûteuse).

Visiblement, c’est une mesure hors sol qui prouve bien qu’Emmanuel Macron ne connaît pas grand chose à la réalité de la France. La taxe d’habitation est l’une des premières ressources directes des communes. Sa mesure vise à réduire de 10 milliards d’euros, soit 36% de l’ensemble de leurs ressources propres, dans une période déjà de baisse des dotations de l’État et de surendettement de beaucoup de collectivités locales.

Cela a même engendré dès le lendemain un communiqué très inquiet de l’Association des maires de France, par la voix de son président, François Baroin (LR) et de son vice-président André Laignel (PS), qui « mettent solennellement en garde contre toute mesure démagogique, non financée et attentatoire aux libertés locales ».

Emmanuel Macron a beau prévoir une compensation par l’État, la réalité est que c’est forcément toujours par une augmentation de l’impôt et des taxes de ceux qui en paient encore que sera compensé le manque à gagner. Comme toujours, la classe moyenne paiera les frais des mesures démagogiques des candidats à l’élection présidentielle.

C’est inconséquent car ce n’est pas la première mesure qui montre qu’Emmanuel Macron voudrait étatiser ce qui n’était pas du ressort de l’État. En supprimant la taxe d’habitation, Emmanuel Macron mettrait une croix sur plus de deux siècles d’autonomie financière des communes et redonnerait à la gestion des communes un ascendant désastreux de l’État. C’est le contraire de la conception d’un François Bayrou qui a toujours prôné le renforcement de la décentralisation.

Cette étatisation se constate aussi dans la volonté d’Emmanuel Macron de redonner à l’État la compétence de l’assurance-chômage, en réduisant les cotisations des salaires mais en augmentant la CSG.

Par ailleurs, mais cela a dû lui échapper, c’est aussi remettre en cause le financement de l’audiovisuel public (à savoir France Télévisions, Radio France et France Monde), dont la redevance est payée en même temps que la taxe d’habitation. Étonnant que son ami Matthieu Gallet (et pas "amant" comme il l’a précisé le 6 février 2017 au Théâtre Bobino à Paris, pour répondre aux rumeurs provenant de la Russie), président de Radio France, ne lui ait pas expliqué cette petite subtilité.

En fait, on peut comprendre l’inconséquence des mesures prônées par Emmanuel Macron par sa manière de construire son programme. François Fillon a construit son projet présidentiel d’une manière très professionnelle, en rencontrant pendant quatre ans environ 7 000 professionnels des sujets abordés, et en discutant avec eux, François Fillon a pu comprendre les problèmes, les atouts, les réformes des secteurs auditionnés. Emmanuel Macron, lui, ne construit son programme que pour sa communication.

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Grâce à ses maintenant 200 000 adhérents d’En Marche (200 477 exactement revendiqués au 24 février 2017), et à ses 4 000 comités locaux, Emmanuel Macron bénéficie d’une force de frappe de lecture d’opinions inégalée. En effet, chaque réunion de comité local ne signifie pas l’écoute réelle de la base, mais le test d’opinions de mesures proposées "d’en haut". Ainsi, il a un outil très efficace, et gratuit aussi, pour hiérarchiser, prioritiser les propositions qui rencontreraient, dans ces comités, la plus forte adhésion.

Le problème, c’est que ce sont des mesures "inconséquentes", c’est-à-dire, dont les conséquences n’ont pas été étudiées ni anticipées, car ce ne sont pas des professionnels des secteurs qui bâtissent ce programme, mais une agence de communication. C’est cela qui fait peur, quand on sait que maintenant, les candidats, une fois élus, n’osent plus ne pas appliquer leur programme : je suis au contraire pour qu’ils n’appliquent pas ce qu’il y a de plus inconséquent dans leur programme, et la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des habitants en fait partie.

Lorsqu’en voyage à l’île de la Réunion, François Fillon a expliqué le 12 février 2017 que la candidature d’Emmanuel Macron, c’était « le radeau de sauvetage de tous les naufragés du hollandisme », il ne pouvait avoir que raison. Le Président du Sénat, Gérard Larcher, invité du "Grand Jury" de RTL, LCI et "Le Figaro", le 26 février 2017, a aussi lâché que « Macron, c’est François Hollande relooké ! ».

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Une opinion également partagée par l’ancien collègue socialiste du gouvernement, Michel Sapin, qui lui a succédé à Bercy, qui a convenu le 27 février 2017, avec malice, qu’il y avait une évidente « cohérence » entre le quinquennat de François Hollande et le projet d’Emmanuel Macron : « [Il] veut poursuivre la réduction du déficit, je ne peux qu’être d’accord avec quelque chose que nous faisons depuis des années. (…) Il prévoit de baisser les dépenses de 12 milliards d’euros par an, c’est un rythme qui me dit quelque chose. (…) Quant à la baisse d’impôt de 10 milliards pour les ménages, là aussi, cela me rappelle quelque chose. ». Ce qui a fait titrer "Le Figaro" le même jour : « Le baiser de la mort de Sapin à Macron sur sa stratégie économique » !

Emmanuel Macron est d’autant plus l’héritier de François Hollande qu’il n’aurait jamais existé politiquement sans ce dernier. Imaginer qu’il puisse devenir Président de la République alors que son mentor reste le plus impopulaire de tous les Présidents de la République française de l’histoire de l’après-guerre (le sondage IFOP pour le "Journal du dimanche" publié le 19 février 2017 a encore confirmé les seulement 19% de satisfaction, mais il y a eu pire puisque cela a dégringolé en novembre 2014 jusqu’à 13% !), cela paraît à la fois paradoxal et complètement surréaliste...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’héritier de François Hollande.
Autorité et liberté.
François Bayrou se maconise.
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170224-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-le-dauphin-190247

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/01/34986779.html


 

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