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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 19:42

(verbatim)



Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170305-fillon.html



Discours de François Fillon le 5 mars 2017 au Trocadéro à Paris


Mes chers compatriotes,

Ils pensent que je suis seul. Ils veulent que je sois seul. Est-ce que nous sommes seuls ?

Mes chers amis, merci.

Oui, merci de tout cœur pour votre présence vous qui avez su braver les injonctions, les caricatures et parfois même les invectives en vous présentant ici, en cette place, si forte en symbole.

Merci, à vous qui ne baisserez jamais les bras.

A vous qui refuserez toujours d’entendre les sirènes du découragement.

Vous êtes une « certaine idée de la France », cette idée éternelle est plus grande que moi, plus grande même que cette élection, oui, c’est cette haute idée française que je voulais inviter, ici, à Paris, au Trocadéro.

Je voulais l’inviter car dans cette campagne présidentielle où je suis devenu la cible de tous, cette campagne où le dénigrement de ma personne sature l’information, on vous vous a oubliés, on a oublié ce que vous aviez sur le cœur, ce pour quoi vous vous battiez.

A cet égard, même si toute cette charge contre moi est injuste, révoltante, instrumentalisée, je vous dois des excuses, dont celle de devoir défendre mon honneur et celui de mon épouse alors que l’essentiel est pour vous comme pour moi de défendre notre pays.

Hommage devait être rendu aux militants de la France que vous êtes.

Vous êtes la France qui vient de loin, héritiers d’un passé toujours présent.

La France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans culottes, la France qui a brillé et qui continue de briller dans les arts, les sciences et les technologies, la France qui oppose aux terroristes et aux tyrans sa force morale et militaire.

Vous êtes la République, qui fait de chacun de nous le compagnon de l’autre.

La République est née de siècles de combat pour faire triompher l’intérêt général.

Elle est une révolte face aux facilités, face aux échecs.

Elle n’est que mouvement. Si elle tombe, elle se relève telle Gavroche sur sa barricade.

Elle se relève toujours et c’est la faute à Voltaire, à Rousseau, c’est aussi pour nous la faute à Victor Hugo, à Clémenceau, aux héros de 20 ans de la Résistance.

 » Vivre, c’est ne pas se résigner ! « , écrivait Camus.

Sans cesse dans son histoire, la France a cru au mouvement.

Jamais elle n’a fait bon ménage avec le statu quo et les arrangements à la petite semaine, ce que le Général de Gaulle qualifiait en son temps de  » petite soupe sur son petit feu, dans sa petite marmite « .

Oui, vous êtes libres, et avec vous je parle de la première valeur de notre devise, la Liberté, et j’en parle pour les courageux que le système décourage, les intrépides qu’il étouffe, les audacieux qu’il suspecte, bref, ceux pour qui la liberté est une opportunité de prendre leur destin à pleines mains.

Et celui, mes amis, qui la prend, s’engage pour réussir sa vie et pour prouver qu’il existe en lui une flamme ; et de fil en aiguille, de flamme en flamme, c’est tout un peuple qui se redresse et retrouve le goût du bonheur.

Oui, pacifiquement et patiemment, vous êtes ensemble le peuple qui tous les jours est au travail, qui croit à la famille, à l’ordre juste, qui respecte le drapeau tricolore, le peuple qui ne fait pas de bruit, qui a du bon sens.

Vous êtes les électeurs de la droite et du centre, bien décidés à faire de l’élection présidentielle le point de départ d’un pays qui renait, un pays dont vous et vos enfants seraient fiers, un pays qui affirme sa volonté d’être une puissance gagnante, la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans.

Vous êtes la preuve vivante que rien de grand ne peut se faire sans vous.

A vous mes amis, je dois la vérité.

On m’attaque de toutes parts et je dois en conscience vous écouter, écouter cette foule immense qui me pousse vers l’avant, mais je dois aussi m’interroger sur ceux qui doutent et fuient le navire. Leur responsabilité est immense et la mienne aussi…

Vous savez que je suis un homme pudique mais je dois vous faire une confidence. Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant : « Tiens, je vais être candidat à la présidence de la République ».

Je n’ai jamais été dans le schéma de ceux qui sont animés par une ambition personnelle dévorante et qui calculent le moindre de leurs actes, le plus anodin de leurs propos et qui tissent inlassablement, dès leur plus jeune âge, des réseaux en fonction de ce seul objectif.

A chaque étape de ma vie politique ce qui n’a cessé de m’animer, c’est, la possibilité de réaliser, d’être utile, de rendre service à mon pays.

Mes amis, vous savez mon diagnostic : je crois que notre pays décline et que l’heure est à un dépassement collectif.

Je comprends votre inquiétude.

Elle s’est amplifiée depuis cinq ans. Cinq longues années durant lesquelles notre République a été mise à mal.

Cinq ans pendant lesquels nous avons vu notre pays, petit à petit, descendre dans un long hiver historique, se replier sur lui-même, perdre son rang économique, sa place en Europe et notre tissu social se déliter à la vitesse d’une pelote.

Et pendant ce temps-là, qu’ont-ils fait tous ces socialistes qui auraient dû uniquement se consacrer à l’intérêt national ? Rien.

Ils étaient trop occupés par une seule obsession : mettre en place une série d’accommodements déraisonnables et de démissions camouflées, selon les vieilles règles de la   IVe République.  Des arrangements d’appareil. Toutes les décisions lourdes, importantes, reportées. La nomination des amis parce qu’ils sont des amis et non pour ce qu’ils valent. Le mépris de la vérité qui dérange. L’oubli des réalités qui fâchent. Tout cela nous l’avons vu, nous le voyons encore, alors que le monde se fait, autour de nous, plus dangereux, plus incertain chaque jour.

Au dehors c’était la guerre, et l’on réduisait le budget de nos armées. La dislocation de l’Europe, et l’on nommait Harlem désir pour s’en occuper.

Au-dedans c’était la crise, et l’on continuait à dériver comme un bâton au fil de l’eau.

Six millions de chômeurs, neuf millions de pauvres, une jeunesse en déshérence, un pays qui doute, des Français qui se divisent, la haine qui s’installe.

Une génération sacrifiant la suivante, abaissant son éducation, la condamnant a ployer  jusqu’à la fin sous le fardeau d’une dette insoutenable, au sein d’un pays déclassé, au milieu des ruines de notre industrie, de notre économie, sans rêves réalisables, sans argent, sans emploi, sans avenir.

Notre pays n’a pas été gouverné, il a été géré par le premier secrétaire du parti socialiste.

Dès le début, le hollandisme a montré son vrai visage : ces synthèses impossibles, cette alternance d’attentisme et d’activisme poussif et brouillon, cette crainte constante d’affirmer clairement un cap, préférant caboter le long de l’actualité.

Il paraît qu’il ne faut pas parler de cela, que le droit d’inventaire nous est refusé. Une élection chasse l’autre. Les commentateurs ne s’intéressent qu’à cette course d’obstacles des prétendants, qu’à la tactique. C’est un mauvais feuilleton. Dans ce récit effarant la France a comme disparu et les Francais aussi. Or moi, c’est de la France et des Français que j’ai voulu, que je voudrais toujours me soucier. Et je crois que les millions de voix qui se sont portées sur moi à la primaire veulent dire simplement ceci : nous autres Français n’en pouvons plus de vos calculs, de vos carrières, de vos histoires.

Je vais vous faire une confidence. Si par magie les Francais avaient pu assister a ce que j’ai vu ces dernières semaines, une vague de dégout les submergerait. La fuite en canard, d’un camp a l’autre, d’un hiérarque l’autre, vers la circonscription, le portefeuille. La désertion assumée, sans honte et aussi sans orgueil. Se sauver soi-même. Oui, là aussi, la France et les Français avaient disparu.

Mais je doublerai cette confidence par une autre. Je sais bien, croyez-le, quelle est ma part de responsabilité dans cette épreuve. Au delà des trahisons, du calendrier judiciaire, de la campagne de dénigrement, c’est bien par ma faute que ce projet que je porte, auquel je crois, auquel vous croyez, rencontre de si formidables obstacles. J’ai commis la première erreur autrefois, je vous l’ai dit, en demandant a ma femme de travailler pour moi, parce qu’elle connaissait le terrain, parce que c’était commode. Je n’aurais pas du le faire. Et j’ai commis la seconde en hésitant sur la manière d’en parler, de vous en parler, d’en parler aux Français. Je ne vous demanderai pas de vous mettre à ma place. Mais croyez-le, lorsqu’on est, ce que je crois être profondément, un honnête homme, lorsqu’on a passé sa vie au service de l’intérêt général, essayant, un jour après l’autre, de prendre les décisions qu’on croit justes, il est difficile de faire face à une telle campagne. Par un côté, par le désir de moralité qu’elle comporte, elle vous parait juste. Par tout un autre, par l’excès, par la disproportion, par la haine, elle vous parait injuste. J’ai fait ce que j’ai pu entre ces écueils. Je me suis souvent raffermi en me disant que le jour où je serai reconnu comme innocent par une justice dont je ne désespère pas, quelles qu’aient été mes réserves sur ses premiers actes, mes accusateurs trop rapides auraient honte à leur tour.

Le problème, voyez-vous, c’est que ce jour là il sera trop tard. L’élection aura été faussée. Elle n’aura pas permis de mettre un terme aux deux scandales qui défigurent le pays beaucoup plus sûrement, plus profondément que mes propres erreurs.

Quels sont ces scandales ?

Le premier scandale, c’est la manière, insidieuse, molle, hésitante mais terrible dans ses conséquences, dont François Hollande a œuvré au déclassement de notre pays.

Son terrible bilan n’a malheureusement pas été effacé comme par un coup d’ardoise magique. Il demeure, plombant notre croissance et hypothéquant l’avenir de nos enfants.

Et qu’importe si par un tour de joueur de bonneteau, c’est son ancien porte-serviette, M. Macron, qui prend maintenant le relais, adoptant son programme pour le plus grand bonheur des marchands d’illusions.

La faute est là et aucun artifice ne peut l’effacer.

Le second scandale, c’est celui de tous nos concurrents qui, indifférents à toutes les réalités économiques, ignorant tous les défis du monde, n’hésitent pas à promettre les 32 heures, le retour du franc, l’augmentation des dépenses publiques. Et qu’importe la faillite !

Cette démagogie devrait se heurter à un mur de raison, mais non, le boulevard est ouvert à tous les illusionnistes et les extrémistes.

Ce qui se passe actuellement donnerait presque à croire que nous sommes dans une comédie si durant ces cinq années ne s’était pas dressé un des plus terribles dangers auquel la France n’a jamais été confrontée depuis des décennies.

Je veux parler du totalitarisme islamique.

Toulouse, Charlie, l’Hypercacher, le Bataclan, les terrasses parisiennes, Nice…

Nous sommes en état d’urgence mais à en écouter certains il est urgent de ne pas en faire état.

Moi j’en parle et j’en parle fort. Contrairement à ceux qui temporisent et qui hésitent, je suis d’une détermination totale.

Parce que je crois que toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi doit être condamnée ; parce que la France ne peut pas servir de sanctuaire, de base arrière à l’islamofascisme ; parce qu’il faut extirper de notre corps social cette tumeur qu’est l’antisémitisme. ; parce que nous ne pourrons jamais accepter que sur notre sol, comme partout dans le monde, les femmes soient assignées à résidence et traitées comme des citoyennes de seconde zone.

A votre inquiétude légitime s’est ajoutée la colère envers cette chasse à l’homme qui me vise et qui, au-delà de ma seule personne, cherche à briser la droite, à lui voler son vote.

Je ne parle pas seulement pour moi, mais parce que la démocratie vous appartient, à vous !

Mais mes amis, vous ne devez pas céder à l’inquiétude où à la colère. Vous devez les transformer en une formidable énergie pour célébrer et chérir cette France que nous aimons par-dessus tout.

Il n’y a pas de plus belle et de plus juste querelle que celle-ci.

Le meilleur service que nous puissions rendre à notre pays mais aussi au monde, c’est de nous engager résolument sur la voie du redressement, c’est de restaurer la cohésion nationale et l’autorité de l’État.

Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d’un côté, ceux qui tiennent la nation pour un simple marchepied à leurs ambitions et, de l’autre, ceux qui s’en font une certaine idée.

Je veux vous faire partager ce sentiment trop souvent caché, parfois moqué, un sentiment qui pourtant devrait tous nous habiter, ici et partout dans notre beau pays : la fierté.

A l’heure où certains histrions parlent de crimes contre l’humanité, je veux rappeler que la France est avant tout un pays de liberté, que les Français ont dans le monde répandu l’esprit des Lumières et que dans les pires heures de son Histoire elle a toujours su retrouver les voies exemplaires du courage et de la réconciliation.

La France est une terre d’accueil pour tous ceux qui en comprennent la richesse.

Venus d’horizons proches ou lointains, des groupes d’hommes et de femmes sont arrivés ici. Ils ont su renforcer sa cohérence et sa puissance.

La diversité est un bien précieux quand elle sait se conjuguer avec nos traditions. Car plus haut est l’arbre, plus profondes sont ses racines.

Alors ne nous laissons pas berner par ces modernes gourous qui sont revenus de tout sans être allés nulle part, ne nous laissons pas leurrer par les prophètes de la décadence qui prévoient la fin de notre monde quand c’est du leur qu’il s’agit.

Pendant ces années où j’ai préparé ma candidature j’ai sillonné le pays à votre rencontre et j’ai vu des hommes et des femmes qui n’acceptaient pas de se voir diluer dans une mondialisation vide de sens.

J’ai rencontré d’innombrables compatriotes qui se sentent français. Et comme tels, prêts à relever tous les défis qui se présentent à nous.

La France est belle de ses innovations.

Dans leur tour d’ivoire les commentateurs tournent en rond autour des mêmes constats négatifs, des mêmes renoncements, du même pessimisme tarifé, fasciné par la critique et le besoin de détruire, de salir.

Pendant ce temps-là, les initiatives fleurissent sur tout le territoire. Accompagnant la révolution numérique ou appuyés sur la richesse de notre patrimoine artisanal ou industriel des entrepreneurs inventent le monde de demain.

Non, messieurs les socialo-centristes, non, mesdames et messieurs les extrémistes de tous bords et de toutes obédiences, il n’y a pas de fatalité.

La France compte parmi ses citoyens des milliers et des milliers d’entrepreneurs, d’inventeurs, de volontaires pour entrer dans la nouvelle résistance.

Car résister c’est aussi résister à l’envie de dire « à quoi bon ».

Je sais mes amis que nous sommes là, ensemble, pour affirmer haut et fort notre conviction qu’un monde meilleur est à construire, pour nos enfants, pour les générations à venir.

Être fiers d’être français, être fiers de la France voilà un programme qui doit vous mobiliser, vers lequel vous devez tendre sans relâche.

Oui, l’entreprise doit pouvoir libérer ses forces, se sortir de la peur d’être laminée par la mondialisation, étranglée par la règlementation, privée de dialogue.

A Nîmes, comme à Lille, à Strasbourg comme à Rennes, à Paris comme à Toulouse,  mais aussi dans les bourgs, les villages il faut redonner l’envie de créer, l’envie d’être un acteur du redressement, chacun dans notre rôle.

Car contrairement à ce que certains observateurs voudraient nous faire croire nos concitoyens ont du cran et du talent.

Même si on leur rabâche trop souvent la litanie des mauvaises nouvelles et des plaintes, nos compatriotes se sentent appartenir à un pays dont le potentiel est immense.

C’est pour moi un point essentiel de cette élection : faire en sorte que les clivages absurdes soient dépassés, pour que revienne notre sentiment d’appartenance à un pays unique ou chacun est libre, avec ses envies, son besoin de se retrouver avec sa communauté, de protéger sa famille, mais aussi où chacun a conscience d’appartenir à une communauté nationale, un tout qui s’appelle la France, un pays dont nous sommes légataires et que nous laisserons à nos enfants, avec la même exigence et le même respect que ceux qui nous ont précédés lui ont témoigné.

Mes chers amis, la fierté est un bien précieux, un moteur pour la France.

Créons, imaginons, travaillons la main dans la main, innovons ensemble, faisons de la France un pays leader en Europe, une zone de développement et d’harmonie qui fasse de chacun de ses citoyens un porte-parole dont la fierté sera la plus belle des cartes de visite.

Nous vivons des temps difficiles.

Nous ne surmonterons les épreuves qu’à la condition de nous hisser à la hauteur des enjeux et non en nous égarant dans des affrontements dérisoires.

L’heure est au dépassement. Les plus grandes victoires ne sont pas seulement arrachées à l’adversité, elles le sont aussi sur nous-mêmes.

Notre pays a toutes les qualités pour se reprendre et surprendre le monde à condition que nous ouvrions en grand les portes de la liberté.

Fini le temps des dogmes, fini le temps des idéologies mortifères ; fini celui des illusionnistes.

Dites-vous bien que les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se fracasser sur la réalité.

Il ne faut jamais désespérer de la France parce qu’il ne faut jamais désespérer, je le sais, des Français.

La France se réveillera et elle se redressera.

C’est animé par cette conviction qui est aussi la vôtre que je veux a présent m’adresser, avec vous, aux responsables politiques de la droite et du centre.

Mon examen de conscience, je l’ai fait, et croyez-le je ne souhaite à personne d’avoir à le faire dans de telles circonstances. Aux hommes politiques de mon camp je dirai à présent ceci :  il vous revient maintenant de faire le vôtre. Laisserez-vous les passions du moment l’emporter sur les nécessités nationales ? Laisserez-vous  les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l’emporter sur la grandeur et la cohérence d’un projet adopté par plus de quatre millions d’électeurs ? Vous laisserez-vous dicter par l’écume des choses ce choix décisif qu’une part de notre peuple a remis entre vos mains, le désir profond d’un renouveau, d’une fierté nationale enfin retrouvée ?

Je continuerai à dire a mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas. Parce que ce choix est le vôtre, celui de vos suffrages et à travers eux de vos espérances. Il sera, j’en suis sûr, celui de la France toute entière si nous nous ressaisissons tous ensemble dans un ultime effort.

Vive la République et vive la France.

François Fillon, Paris le 5 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:30

« Je ne me défilerai pas. » aurait affirmé le 3 mars 2017 selon "Le Parisien" celui qui est maintenant prêt à remplacer le candidat François Fillon.



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Après la séquence judiciaire, voici la séquence psychologique. Ou plutôt, après le drame politique, voici le drame psychologique. Avant le drame judiciaire, car les retombées médiatiques du 15 mars 2017 auraient de très fâcheuses conséquences politiques, après une convocation chez un juge et éventuellement une mise en examen (imagine-t-on… ?). Hésitant entre le vaudeville et le policier, le film pourrait tourner dans la tragédie grecque.

Une sorte d’enfermement psychologique : « Abandonner une course, pour un pilote, ce n’est pas naturel. J’ai parlé avec [Nicolas Sarkozy et Alain Juppé] et avec tous ceux qui me soutiennent. J’ai écouté les prudents, j’ai senti le soutien des courageux. J’ai pris ma décision en conscience. Et je  m’y tiendrai avec le soutien de tous les Français qui ne veulent pas se laisser voler l’élection présidentielle. » ("Midi Libre", le 2 mars 2017). Il faut être particulièrement fort pour vouloir s’accrocher encore à une candidature qui emmène désormais inéluctablement son parti dans le mur alors que l’élection était réputée imperdable. Les jours sont désormais comptés. La nouveauté, ce sont les nombreuses défections de ses "amis" politiques (appelés "traîtres" pour l’occasion).

Comme il le disait lui-même au cours d’un débat de la primaire LR en novembre 2016, c’est injuste, mais il n’est plus politiquement tenable de poursuivre. Tous ses soutiens s’en vont depuis trois jours. Un candidat qui doit tenir un calendrier judiciaire ne peut plus ni faire campagne ni, dans le cas improbable d’élection, gouverner avec la sérénité nécessaire. La concomitance des dates entre les échéances judiciaires et l’élection présidentielle est trop forte, à propos des faits reprochés qui étaient connus de toute la classe politique depuis trente ans, en tout cas, de tous ceux qui avaient accès aux données fiscales et aux emplois de l’Assemblée Nationale, pour ne pas y voir un moyen d’empêcher un candidat de se présenter. La réalité, c’est que c’est devenu politiquement ingérable.

Deux coups de grâce ce vendredi 3 mars 2017, parmi la centaine de "grands" élus (maires de grandes villes, parlementaires, etc.) qui ont retiré leur soutien à François Fillon : Thierry Solère, porte-parole du candidat qui fut l’organisateur de la primaire LR, et aussi Patrick Stefanini, son directeur de campagne, rapidement remplacé par Vincent Chriqui.

La candidature de François Fillon s’effondre comme dans l’éboulement d’une falaise. Quelques cailloux au début, des pans entiers à la fin. Comment rassembler les Français si l’on n’est plus capable de garder le soutien de ses plus proches amis politiques ? Pendant la matinée "dramatique" du 1er mars 2017, Gérard Larcher et Bernard Accoyer lui auraient conseillé de renoncer, tout en affichant leur fidélité à l’homme.

Le 3 mars 2017 est sans doute la date du début de la fin puisque même ses plus proches amis le quittent. Alain Juppé, qui était resté parfaitement loyal jusqu’à maintenant, a fait (enfin) savoir qu’il serait prêt si le candidat François Fillon lui demandait de le remplacer.

On peut imaginer aussi que ce délitement massif de la candidature de François Fillon a été provoqué par un sondage particulièrement cruel. Depuis le début de l’affaire, fin janvier 2017, s’il a réussi à préserver un "noyau dur" d’intentions de vote autour de 20% dans les sondages, François Fillon est maintenant systématiquement renvoyé en troisième position derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

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Et depuis le début de la semaine, Emmanuel Macron l’a même distancé, dans la plupart des sondages (certains diraient l’effet Bayrou, ce qui n’est pas le cas, c’est simplement que François Bayrou ne fait plus partie des candidats testés et donc, cela donne un effet mécanique de répartition de ses propres intentions de vote), au point que dans le sondage réalisé par Odoxa publié le 3 mars 2017 (réalisé les 1er et 2 mars 2017), Emmanuel Macron se hisserait en tête des intentions de vote avec 27%, devant Marine Le Pen qui aurait 25,5% et François Fillon 19%.

Ce ne sont que des sondages, mais il est intéressant de voir que les tendances ne sont plus favorables à François Fillon en raison d’un rebond d’Emmanuel Macron.

Le sondage a aussi testé la candidature d’Alain Juppé, et le résultat bouleverserait complètement la donne actuelle : Alain Juppé obtiendrait 26,5% et se classerait premier, devant Emmanuel Macron à 25% et Marine Le Pen à 24%. En clair, la candidature d’Alain Juppé pourrait éliminer dès le premier tour Marine Le Pen dont l’actualité judiciaire ne lui est pas non plus favorable dans la suite de la campagne (elle refuse toujours d’honorer la convocation d’un juge pour une mise en examen, mais ne peut pas être obligée de venir tant que son immunité parlementaire n’est pas levée pour cette affaire-là).

Il est aussi intéressant de constater qu’il y aurait à peu près le même "socle" d’électeurs d’Alain Juppé (68% des 26,5% sûrs de leur vote, soit 18%) que d’électeurs de François Fillon (84% des 19% sûrs de leur vote, soit 16%). On peut imaginer qu’en cas de candidature, Alain Juppé ferait sa campagne sur sa droite pour se confronter à Emmanuel Macron, d’autant plus que François Bayrou a précisé le 3 mars 2017 qu’il resterait allié à Emmanuel Macron quoi qu’il arrive.

C’est le seul sondage, à ce jour, qui donne cet ordre d’arrivée. La bonne campagne d’Emmanuel Macron pourrait donc être un danger pour Marine Le Pen. Encore une fois, répétons que rien n’est joué puisque finalement, ces trois candidats (Alain Juppé, Emmanuel Macron et Marine Le Pen) seraient dans un mouchoir de poche (rappelons que l’intervalle d’incertitude est d’environ 5%, ce qui est plus grand que les écarts entre ces trois candidats).

Quant à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, les frères Dupont de la gauche française, leur campagne patine tellement qu’à eux deux, ils ne feraient que 24% dans le cas Fillon et seulement 19% dans le cas Juppé. Leur éventuelle union n’aurait alors aucune conséquence sur leur capacité à atteindre le second tour.

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Au-delà de la prudence statistique, il faut évidemment rajouter la prudence politique : Alain Juppé n’a pas encore fait campagne et la manière de la faire pourrait influencer les électeurs dans un sens ou un autre. Quel programme ? quelle équipe ? On imagine mal qu’il reprenne ceux de François Fillon.

Un tel sondage confirmerait cependant que le remplacement de François Fillon par Alain Juppé renouvellerait considérablement le contexte politique. Comme l’a expliqué l’ancien ministre socialiste François Loncle, soutien d’Emmanuel Macron, le staff de ce dernier avait craint, dans la matinée du 1er mars 2017, un tel remplacement qui remettrait en cause la certitude de la présence du candidat marcheur au second tour.

À 71 ans, Alain Juppé n’a plus beaucoup à prouver. Il s’était préparé à cette campagne depuis plusieurs années et pourrait donc être "opérationnel" très rapidement. D’ailleurs, son âge l’aurait incité à faire une campagne courte, il n’aurait pas le choix de faire autrement maintenant. François Mitterrand avait aussi 71 ans lorsqu’il a décidé de solliciter un second septennat. Il a annoncé sa candidature le 22 mars 1988, pour un premier tour le 24 avril 1988.

Il y a évidemment deux obstacles techniques pour être candidat.

Le premier est de recueillir 500 parrainages avant le 17 mars 2017. À la mise à jour du 3 mars 2017, Alain Juppé a un seul parrainage valide mais il est probable que les jours prochains voient arriver des dizaines voire des centaines de parrainages pour Alain Juppé, d’autant plus facilement que François Fillon en a obtenu largement assez pour être candidat lui-même, avec 1 155 signatures (Emmanuel Macron en a obtenu 464, Benoît Hamon 334, Nathalie Arthaud 314, Nicolas Dupont-Aignan 205, Jacques Cheminade 163, Jean-Luc Mélenchon 136, Marine Le Pen 84).

Le second obstacle est financier. C’est François Fillon qui a collecté le financement de la campagne électorale. Alain Juppé ne peut concevoir sa candidature que dans le cadre d’un remplacement volontaire, avec l’accord de François Fillon, pas à l’arraché en l’obligeant.

La candidature d’Alain Juppé provoquerait à la fois un (nouveau) bouleversement politique mais aussi un soulagement pour une grande partie de l’électorat de la droite et du centre. La multiplication des erreurs de communication de François Fillon, sa solitude voulue pour gérer cette crise majeure pour lui et sa famille, mais mineure pour le pays, son manquement à la parole donnée (retrait en cas de mise en examen), et l’effondrement de son image de marque de probité et de sobriété, ont apporté de nombreux doutes sur son aptitude à diriger la France.

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Aussi injuste soit cette mise en cause, non seulement le PenelopeGate pollue la campagne de François Fillon mais l’affaire pollue toute la campagne présidentielle, y compris celle des autres candidats (Benoît Hamon a crié sur BFM-TV le 3 mars 2017 qu’il en avait assez de cette affaire !).

Si d’aventure Marine Le Pen finissait par être élue le 7 mai 2017, les livres d’histoire n’auraient aucun mal, dans quelques années, à présenter les choses comme une suite logique d’événements aboutissant à cette élection jugée ainsi "inéluctable". Mais ce serait toujours a posteriori, tellement l’histoire immédiate est difficilement analysable. L’élection de Donald Trump aux États-Unis s’est déroulée aussi dans le même genre de processus de scandales qui ont véritablement pourri la campagne d’Hillary Clinton.

Dans l’histoire récente, François Fillon ne serait pas le seul à être empêché d’être candidat à cause de la justice. En effet, Dominique Strauss-Kahn, chouchou des sondages, a été lui aussi empêché, à cause de l’affaire du Sofitel, et rappelons qu’après avoir été écroué puis placé en résidence surveillée par un procureur américain, Dominique Strauss-Kahn a quitté les États-Unis libre, sans condamnation. Son empêchement fut donc "judiciairement" injuste mais "moralement" justifié.

Cependant, l’état d’esprit de François Fillon semble tout autre qu’un renoncement. Sa candidature semble être en état de fin de vie où chaque minute compte, chaque jour qui passe est une petite victoire. Il voudrait pouvoir présenter son programme si bien préparé à Aubervilliers ce samedi 4 mars 2017, et enfin, connaître la portée de son combat devenu solitaire ce dimanche 5 mars 2017 sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro.

Le 3 mars 2017, il sollicitait ses soutiens au Trocadéro ainsi : « Avec la force calme et assurée de ceux qui respectent nos institutions démocratiques, vous ferez entendre votre voix. ». Il joue avec le feu, inutilement d’ailleurs, car que ce soit le nombre de participants à ce rassemblement (10 000 inscrits pour l’instant), ou même le nombre de ses électeurs à la primaire LR (2,9 millions de voix), ce sont des nombres très petits par rapport aux objectifs électoraux.

En effet, les 23 avril et 7 mai 2017, il devrait y avoir un corps électoral d’au moins 46 millions d’inscrits, le taux de participation n’aurait aucune raison d’être plus faible qu’en 2012 (malgré les sondages qui disent le contraire), soit de l’ordre de 80% (79,5% le 22 avril 2012 et 80,4% le 6 mai 2012). Donc, pour être élu au second tour, il lui faudrait convaincre au moins 17 voire 18 millions d’électeurs (Nicolas Sarkozy avait échoué le 6 mai 2012 avec 16,9 millions d’électeurs). On est loin des 3 millions de la primaire.

Cela me fait penser à l’extrait d’une bande dessinée de Peyo, l’auteur des célèbres Schtroumpfs, que j’avais déjà "utilisé" pour parodier François Hollande à la fin de 2016. La scène se situe à la fin de l’album "Le Schtroumpfissime" qui perd tous ses fidèles en raison d’une conduite aux responsabilités trop personnelle et pas assez empathique.

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À propos du rassemblement du Trocadéro, il faut toutefois noter que pour éviter tout débordement et toute violence, un contrôle sévère sera opéré à l’arrivée des lieux. Les consignes sont notamment : « Afin de faciliter le passage des filtres de sécurité, évitez dans la mesure du possible de venir avec un sac à dos ou un sac à main. Évitez également tout objet pouvant être assimilé à un projectile. Enfin, seuls les drapeaux tricolores seront acceptés. Aucune banderole ni panneau ne sera autorisé. ».

Cela pour éviter un nouveau 6 février 1934 comme certains le craignent, notamment François Hollande lui-même qui a dit, le 2 mars 2017 en Corse : « Ce n’est plus acceptable. Je déplore profondément cette mise en cause insupportable de la vie démocratique de notre pays. ».

Cette centaine d’élus majeurs qui se sont désolidarisés de François Fillon seulement maintenant, mais qui piaffaient d’envie de le faire il y a déjà plus d’un mois sans l’avoir osé, reconnaît cependant que la seule décision appartient en conscience au candidat désigné par la primaire lui-même. Au-delà de sa logique de vouloir retrouver son honneur perdu par les urnes, le sens des responsabilités devrait primer, car l’issue de l’élection présidentielle ne concerne pas un seul homme mais une nation entière, actuellement gravement menacée avec ses plus de 2 000 milliards d’euros de dette publique, ses plus de 6 millions de demandeurs d’emploi et ses plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, sans compter la menace terroriste.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le grand remplacement.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 3 mars 2017.
Sondage Odoxa du 3 mars 2017 : Juppé devant Macron et Le Pen éliminée !
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Deux sondages du 24 février 2017 (à télécharger).
Sondages rolling IFOP du 17 février 2017.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
François Bayrou.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

_yartiPresidentielle2017AM05




http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170303-presidentielle2017-am.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-grand-remplacement-190355

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/04/35005624.html

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 00:25

Vainqueur de la "primaire de la droite et du centre", François Fillon a complété son programme présenté en novembre 2016. Ce document de 110 pages est accessible sur Internet.

Cliquer sur le lien pour lire le programme 2017 de François Fillon :
http://fr.calameo.com/read/00491588244d1ca56f494

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170227-fillon.html


Note du 23 mars 2017 :

La version définitive du projet de François Fillon présentée le 13 mars 2017 est téléchargeable sous forme imprimée à ce lien :

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170313-projet-fillon.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170304-programme-fillon-2017.html

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 05:09

« Le moins qu’on puisse dire, c’est que rien, dans cette campagne, n’est "normal". Mais personne ne m’empêchera de faire campagne. Les Français, le moment venu, se concentreront sur l’essentiel : quel est le meilleur projet pour redresser la France et qui peut tenir les rênes du pays ? » (François Fillon, "Midi Libre" le 2 mars 2017).



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La campagne de l’élection présidentielle de 2017 est la première à se dérouler sous état d’urgence. Et pourtant, l’ordre ne semble pas forcément maintenu. L’état d’urgence, il y a le réel, et il y a le politique. Pour François Fillon, il ne cesse de vivre cette campagne sous un état d’urgence : celui d’essayer de préserver la cohésion de son propre parti.

Le délitement est manifeste dès lors que la parole donnée n’est plus tenue. Quelle parole ? Celle de se retirer en cas de mise en examen. Le fond de l’affaire n’a pas changé et François Fillon paie injustement des pratiques légales mais peu morales de la classe politique. Le fait est que l’image du candidat s’est logiquement détériorée et beaucoup d’élus ont du mal à défendre celui qui devait être le candidat de l’éthique et de la sobriété.

La ténacité incroyable de François Fillon a une origine : il a été "sacré" candidat par l’onction de la primaire et il a aussi hérité de son trésor de guerre (les finances, c’est un sujet très important qui peut expliquer beaucoup de comportements électoraux). De plus, jusqu’à maintenant (les prochains jours vont évidemment être cruciaux), il n’y a toujours pas eu de "décrochage" dans les sondages et un retard de 3% est loin d’être irrattrapable, sauf à ne parler que d’actualités judiciaires.

Ce qui a fait d’ailleurs écrire Henri Gibier, journaliste du journal "Les Échos", ceci le 2 mars 2017 : « La journée a été marquée par des défections en chaîne de notables juppéistes, sonnant comme autant d’appels au remplacement du vainqueur de la primaire par son vaincu. Les sondages à venir risquent de précipiter les choses à droite, s’ils sont mauvais pour le candidat actuel, ce qui serait pour les instituts une sorte de revanche sur des primaires imaginées aussi pour réduire leur rôle dans le choix des candidats par les partis. ».

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Dans les derniers épisodes concernant la campagne de François Fillon, on pourrait titrer un épisode : "La curée", puis le suivant par : "Le grand remplacement", étant donné que le seul candidat susceptible de remplacer au pied levé François Fillon serait Alain Juppé, que beaucoup imagineraient en "ticket" avec François Baroin (le principe de "ticket" va cependant à l’encontre de l’esprit des institutions).

D’un point de vue pratique, comme François Fillon a déjà ses parrainages (voir ici), la logique voudrait que les maires qui voudraient encore soutenir un candidat LR le fassent sur le nom d’Alain Juppé afin de laisser la possibilité de changer de candidat LR à l’issue de cette convocation chez le juge. Si François Fillon ne se laisserait sûrement pas influencer par les sondages (son expérience de la primaire ayant donné raison à sa ténacité), cela pourrait être différent pour Nicolas Sarkozy qui, refusant la candidature d’Alain Juppé, continuerait pour le moment encore de soutenir François Fillon.

Dans tous les cas, il y a urgence car il ne reste plus que sept petites semaines avant le premier tour. Le 2 mars 2017, François Fillon a réussi à remplir une salle de 3 500 personnes pour son meeting à Nîmes, ce qui reste une performance dans le contexte actuel, même si les salles remplies n’ont jamais fait gagner une élection présidentielle (Nicolas Sarkozy en sait quelque chose). On pourrait plutôt dire en négatif que si les salles n’étaient pas remplies, la victoire serait alors impossible.

Parce qu’il respecte les institutions, François Fillon va adopter une réponse totalement différente de celle de Marine Le Pen, puisque, lui, il se rendra chez les juges le 15 mars 2017. Tandis que Marine Le Pen, si elle n’a pas parlé d’assassinat, elle, parle de combat politique contre elle. Ce 2 mars 2017 encore, les parlementaires européens lui ont retiré son immunité parlementaire pour une nouvelle affaire judiciaire française (qui n’a rien à voir avec l’Europe).

Depuis plusieurs jours, François Fillon a adopté en fait une argumentation typiquement sarkozyenne : à savoir, attaquer les corps intermédiaires pour rester seul face au peuple. Dans le climat très sensible d’aujourd’hui, cela peut être particulièrement dangereux, et même le rassemblement populaire prévu au Trocadéro ce dimanche 5 mars 2017 pourrait être l’occasion de violences si celui-ci était mal encadré. Les provocations pourraient venir de toutes parts.

Avant d’attaquer très durement la justice, François Fillon avait déjà attaqué la police. Cette attaque n’a eu le temps de la polémique que pendant un seul jour, celui du 27 février 2017.

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En effet, la veille, le 26 février 2017, François Fillon a attaqué très durement le gouvernement de Bernard Cazeneuve pour son laxisme face aux violences suscitées par la venue de la candidate Marine Le Pen à Nantes le jour même, mais aussi par la venue de son concurrent Emmanuel Macron à Toulon le 18 février 2017 (certaines personnes avaient été empêchées d’atteindre la salle à cause de manifestants).

Dans un communiqué, il a en effet déclaré : « Aujourd’hui, en tant qu’ancien Premier Ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le Premier Ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes. La situation est grave. Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s’exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle. » (26 février 2017).

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Il l’a répété dans le "Midi Libre" : « Cette campagne électorale se déroule dans un climat de violence détestable et je ne suis pas le seul à le subir. Les manifestations violentes qui se sont déroulées (…) à Nantes (…) sont la conséquence directe du renoncement du gouvernement à faire évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Comme il avait laissé les manifestations dégénérer au moment du vote de la loi El Khomri. Comme il laisse des petits groupes bloquer des lycées parisiens, avec des actes de violence au cours desquels une proviseure a été blessée mardi. C’est la responsabilité du Premier Ministre et du gouvernement que d’assurer l’ordre public. Alors, oui, j’accuse le gouvernement de laisser prospérer cette violence qui ne peut que profiter aux extrêmes. » (2 mars 2017).

Hélas, l’emploi d’expressions outrancières, comme "quasi-guerre civile" et comme, trois jours plus tard, "assassinat politique", ne contribue pas non plus à l’apaisement du débat public et au contraire, hystérise la campagne présidentielle. C’est à partir de cette nouvelle polarisation qu’il faut comprendre les défections dans son propre camp.

On a l’impression que François Hollande a renoncé à gouverner. Il y a une sorte de vacance présidentielle. Un paysage politique de désolation, où toutes les semaines, un événement imprévisible surgit pour bouleverser le cours de la campagne présidentielle. Aucun candidat, d’ailleurs, n’ose reprendre le bilan de ce quinquennat politiquement désastreux, alors que Benoît Hamon et Emmanuel Macron furent deux de ses ministres éminents. C’est en cela que François Fillon se trompe d’adversaire et de cible. Son principal adversaire, c’est Marine Le Pen…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle de 2017 (à télécharger).
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Deux sondages du 24 février 2017 (à télécharger).
Sondages rolling IFOP du 17 février 2017.
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
François Bayrou.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
François Hollande.
Manuel Valls.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170228-presidentielle2017-al.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/campagne-en-etat-d-urgence-190323

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/03/35001756.html

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 01:01

Le Conseil Constitutionnel a publié le 3 mars 2017 la nouvelle mise à jour de la situation des parrainages des candidats à l'élection présidentielle. François Fillon en a reçu plus du double de nécessaire, Emmanuel Macron n'est pas loin d'obtenir les 500 nécessaires et Alain Juppé en a reçu 1 spontanément.

Le tableau est ici :
 

 
Candidat-eNombre de parrainages01/03/201703/03/201707/03/201710/03/201714/03/201718/03/2017
ALLIOT-MARIE Michèle8440000
ARTHAUD Nathalie3142011130000
ASSELINEAU François606000000
CHEMINADE Jacques163611020000
DUPONT-AIGNAN Nicolas205311740000
FAUDOT Bastien4310000
FESSARD DE FOUCAULT Bertrand1010000
FILLON François11557384170000
GORGES Jean-Pierre111100000
GUAINO Henri5230000
GUYOT Stéphane2020000
HAMON Benoît3341841500000
JADOT Yannick2110000
JARDIN Alexandre177100000
JUPPE Alain1010000
LARROUTUROU Pierre5140000
LASSALLE Jean7014560000
LE PEN Marine8425590000
MACRON Emmanuel4642292350000
MARCHANDISE Charlotte7430000
MARTINEZ Jean-Claude1010000
MELENCHON Jean-Luc13687490000
MIGUET Nicolas4130000
MUMBACH Paul2200000
POUTOU Philippe363510000
TAUZIN Didier8440000
TEMARU Oscar2110000
TONIUTTI Emmanuel2020000
TRAMBOUZE Bernard1010000
TROADEC Christian201280000
VERNIER Michel1010000
WAECHTER Antoine1100000
YADE Rama298210000



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170303-parrainages-candidats.html



 

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 00:36

L'institut Odoxa avec Dentsu a rendu public le 3 mars 2017 un sondage d'intentions de vote qui teste les candidatures de François Fillon et d'Alain Juppé (réalisé les 1er et 2 mars 2017). Il n'y a pas photo puisque François Fillon serait nettement éliminé au premier tour avec 19% tandis qu'Alain Juppé serait en têtre du premier tour avec 26,5% et éliminerait ...Marine Le Pen.

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage Odoxa :
http://www.odoxa.fr/sondage/intention-de-vote-fillon-serait-elimine-juppe-serait-1er/

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170303-fillon-juppe.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170303-sondage-odoxa.html
 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 23:55

(verbatim)



Discours de François Fillon le 2 mars 2017 à Nîmes

Mes chers amis,

Vous avez devant vous un combattant.

Que celles et ceux qui ont du cran se lèvent… !

Merci, merci de tout cœur pour votre présence à mes côtés. Merci à vous, les militants de la France.

Merci cher Jean-Paul de m’accueillir chez toi et chez vous.

Merci au gardois, merci aux élus du Gard et des départements voisins d’être là si nombreux.

Merci Nîmes, la ville des arènes, ville des huguenots, des camisards, ville de toutes les résistances, de toutes les libertés, ville fière de son identité.

Votre énergie est une force qui décuple ma volonté de vaincre car, sachez-le, je suis là pour percuter tous les scénarios que certains voudraient écrire à votre place.

On m’attaque depuis des semaines avec une violence sans commune mesure avec les faits qui me sont reprochés et sur lesquels j’ai répondu point par point.

7 jours sur7, 24 heures sur 24, la machine à broyer, la machine à scoops, la machine à rumeurs a été mise en marche.

Mais je n’ai pas l’intention de me coucher. Et je ne parle pas seulement pour moi, mais parce que la démocratie vous appartient, à vous !

Il est hors de question que soit fauché le vote des électeurs de la droite et du centre.

Hors de question que soit muselée la voix des millions de Français qui désirent une vraie alternance.

Hors de question que soit expulsé le projet du redressement national que je porte.

Croyez-moi, ces attaques ne seraient pas si vives si notre programme était de l’eau tiède.

Elles ne seraient pas si brutales si j’étais le candidat de ce microcosme qui n’aime la droite et le centre que lorsqu’elles marchent à l’ombre.

Mais voilà, je dénonce ouvertement le déclin, la faillite, la bureaucratie, le laxisme, les communautarismes, le totalitarisme islamique…

Mais voilà, je ne suis pas seul…

J’ai avec moi tous ces Français qui disent « qu’on nous laisse travailler, qu’on arrête de nous emmerder ».

J’ai avec moi ces entrepreneurs, ces agriculteurs, ces artisans qui sont découragés par tant de charges et de réglementations.

J’ai entendu la voix de ces jeunes qui se cassent les dents sur les rigidités de notre marché du travail ; et je suis le porte-parole de celles et ceux qui veulent affirmer les valeurs françaises.

 

Il y a dans ma candidature et dans votre soutien quelque chose qui crispe le politiquement correct.

Trop à droite, trop conservateur, trop churchillien, trop souverainiste, trop réformateur… Que sais-je encore ?

Tout cela vous l‘avez entendu ; tout ce monde qui nous est hostile s’est coagulé pour nous faire barrage.

N’ayez pas peur, ne vous excusez pas, nous avons vos convictions et il se trouve qu’elles sont aussi celles de tout un pays qui au fond son âme sent que l’heure est à des vrais choix.

 

Les défis du prochain quinquennat sont immenses.

Comment retrouver le plein emploi pour être enfin le pays qui donne sa chance à tous ?

Comment relancer la croissance pour endiguer la pauvreté ?

Comment réduire notre dette écrasante pour échapper à la tutelle des marchés financiers ?

Comment être à la pointe de la révolution numérique ?

Comment rétablir l’ordre ?

Comment sauver l’Europe ?

Comment répondre au basculement de l’économie mondiale vers l’Asie et aux improvisations de la diplomatie américaine ?

Comment vaincre le totalitarisme islamique ?

Voilà les véritables enjeux de notre époque. Et ces enjeux réclament de la franchise et des choix forts.

Mais non, ces sujets cruciaux sont passés sous silence. On est dans l’esquive, dans la tambouille.

Mes adversaires égrènent leurs promesses illusoires : hausses de salaire sans compter, nouvelles dépenses sans complexe, créations d’emplois publics à gogo, retraite à 60 ans, 32 heures, retour du franc : tout y passe.

Je parle du destin de la France et je n’entends parler que des petites opérations politiques.

Hamon a fait son pas de deux entre Mélenchon et les écologistes.

Et puis nous avons assisté à une très médiatique étreinte entre deux girouettes : Macron et Bayrou, les gondoliers de la politique.

C’est le retour de la IVème république dans ce qu’elle avait de plus tordue, et il n’est d’ailleurs pas étonnant que tous mes adversaires rêvent d’introduire la proportionnelle au Parlement.

Ils n’ont pas de gouvernail, c’est pourquoi la France ingouvernable leur va très bien.

 

Moi je trace mon sillon.

C’est une ligne droite tendue vers un seul cap : le redressement de la France.

Pour que la France se relève, il faut d’abord restaurer l’ordre et la sécurité.

Cinq ans de socialisme ont mis à mal les piliers de la république.

Il y a quelques jours, j’ai dit que notre pays donnait les signes d’un pays au bord de la guerre civile, provoquant les fureurs d’un gouvernement qui ne voit rien et n’entend rien !

Je persiste et je signe.

Quand dans plusieurs quartiers des gangs ont sous la main toutes les armes de guerre possibles, quand des intégristes imposent leurs règles aux habitants, quand des fanatiques français projettent des attentats kamikazes, ce ne sont pas des tristes fatalités, c’est une faille béante dans la République !

Quand des bandes cagoulées s’attaquent régulièrement à nos forces de l’ordre, ce ne sont pas des incidents, ce sont des affrontements !

Quand dans chacune de mes réunions publiques l’extrême gauche vient nous défier, lorsque ce week-end, à Nantes, des cars de militants du FN sont agressés, tagués, lorsque la ville est saccagée, ce ne sont pas des dérapages, c’est une atteinte à la démocratie.

Cà n’est pas un hasard si cela s’est déroulé à Nantes, où le gouvernement a laissé une zone de non droit s’installer à Notre-Dame-des-Landes, en refusant de faire évacuer les zadistes, malgré toutes les décisions de justice et un referendum local.

Oui, j’affirme qu’il y a dans notre pays un climat de violence dangereux, et il serait temps qu’un Gouvernement tape du poing sur la table !

Il faut rompre avec cette culture de la violence qui casse toute fraternité, qui oblige nos concitoyens à baisser les yeux en rentrant chez eux.

Il n’y a pas de liberté sans sécurité.

Les voyous doivent être sanctionnés. Les peines doivent être exécutées.

Pour cela, je relancerai la construction de 16 000 places de prison.

Je supprimerai la quasi-automaticité des remises et aménagements des peines de prison.

Je rétablirai les peines-planchers automatiques, afin que la récidive soit plus lourdement condamnée.

Et parce que trop de délinquants chevronnés tirent excuse de ne pas avoir encore 18 ans pour narguer la justice, je propose d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.

Il faut soutenir les forces de l’ordre dans leur travail, au quotidien et pas seulement dans les cérémonies.

Elles sont engagées dans un travail extrêmement difficile, et paient jusque dans leur chair le prix des fonctions exercées pour nous protéger.

Plus de 10 000 policiers, gendarmes, pompiers aussi, sont blessés chaque année et une dizaine d’entre eux trouvent la mort.

Respect. Je veux du respect pour ces hommes et ces femmes qui font leur devoir.

Je les soutiendrai dans leurs missions, en les déchargeant des tâches bureaucratiques qui les accaparent, en modernisant les moyens qui sont mis à leur disposition, en remettant ainsi sur le terrain 5000 policiers et gendarmes, en renforçant et en généralisant les polices municipales.

 

A Nîmes, qui ne connait le 2ème régiment d’infanterie, la légion étrangère et sa maxime de toujours : « Français, non par le sang reçu mais par le sang versé » ?

C’est ainsi que tant d’étrangers ont servi et aimé la France, parfois jusqu’au sacrifice suprême.

Tous Français et tous pour la France, c’est ma devise !

Notre patrie fut longtemps une terre d’accueil et elle reste une terre d’asile pour celles et ceux qui fuient la guerre. C’est notre honneur.

Mais la France sans intégration et sans assimilation, c’est la France en mille morceaux.

Cela n’est pas ma conception de la France !

Notre nation a toujours tiré sa force de son unité, au-delà de nos différences, de nos origines.

Mais pour la solidité de notre pacte national, nous devons limiter l’immigration à son strict minimum.

Je veux que notre politique d’immigration soit fixée par des quotas stricts, établis chaque année au Parlement en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques.

La procédure d’examen des demandes d’asile doit être plus rapide, et ceux qui sont déboutés doivent systématiquement être expulsés.

Les étrangers présents sur notre territoire devront respecter leurs devoirs avant de profiter des droits. Ils devront attendre deux ans avant de prétendre à toute prestation sociale.

 

Il y a un sujet totalement laissé de côté pendant cette campagne présidentielle : c’est le terrorisme.

Ce week-end, François Hollande a cru bon de se vanter auprès du président américain en affirmant que personne, chez nous, ne prenait d’armes pour tirer dans la foule.

Toulouse, Charlie, l’Hypercacher, le Bataclan, les terrasses parisiennes, Nice… Nous sommes en état d’urgence mais à en écouter certains il est urgent de ne pas en faire état.

Moi j’en parle et j’en parle fort en affirmant que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique, c’est-à-dire une idéologie radicale, structurée et expansionniste.

Contrairement à ceux qui temporisent et qui hésitent, je serai d’une détermination totale.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée.

Tout étranger appartenant à la mouvance intégriste sera expulsé.

Le culte musulman fera l’objet d’un contrôle administratif serré jusqu’à ce qu’il soit aussi fermement ancré dans la République que les autres religions.

Les musulmans de France, dans leur majorité, veulent vivre leur foi en paix. Mais tous les mouvements se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans les placent sous pression.

Ces mouvements seront dissous.

Aucun imam ne pourra proférer un prêche contraire aux valeurs de la République sans être interdit s’il est Français, et reconduit à la frontière s’il est étranger.

L’égalité homme femme, notamment, ne peut plus un instant être mise en cause.

Il y a en certains lieux de notre pays une montée de l’antisémitisme et de la misogynie qui sont inacceptables.

Il y a des cafés dont les femmes sont exclues, et n’en déplaise à Benoît Hamon et ses explications complices, cela n’a rien à voir avec une prétendue tradition ouvrière.

 

Face à tout cela, l’école républicaine doit être renforcée.

Il faut mettre un terme aux idéologies fumeuses.

Je veux une école qui transmet les connaissances fondamentales : lire, écrire, compter, connaître l’histoire de France.

Je veux une école où le mérite et l’excellence sont valorisés.

Une école où parents et enseignants marchent main dans la main.

Je veux, pour les adolescents qui veulent mettre la main à la pâte, une école qui apprend un métier, par l’alternance et l’apprentissage qui doivent devenir des voies royales vers l’emploi.

Je veux une Ecole de la discipline et du respect, par le port d’une tenue uniforme rappelant à chaque enfant qu’il est l’égal de l’autre, qu’il est dans un lieu particulier qui n’est pas celui de la rue mais du savoir.

 

La famille doit être défendue et respectée.

La famille est le premier cercle de solidarité et d’affection. Elle est le chaînon qui relie les générations, les mémoires, les espoirs.

Pour la famille, je veux qu’on protège le droit de l’enfant, et non le droit à l’enfant.

La famille doit être encouragée, aidée, c’est pourquoi je veux relever le quotient familial et rétablir l’universalité des allocations familiales.

 

Mes amis,

C’est dans un pays aux structures solides que notre économie pourra se développer.

Aujourd’hui, tout est fait pour brider les énergies. Tout s’est enrayé : les classes moyennes deviennent classes populaires et les classes populaires frisent le seuil de pauvreté…

C’est la conséquence d’un pays bloqué qui ne crée plus assez de richesses et d’emplois. Si nous respirons encore c’est parce que nous nous sommes endettés comme jamais.

Ceux qui prétendent qu’on peut s’en sortir sans remise en cause, au rythme des 35H, en augmentant encore les impôts, en creusant un peu plus les déficits, sont dans le mensonge.

Mon projet a, vous le savez, un fil rouge : celui de la vérité et de la liberté.

La vérité, c’est qu’on ne peut viser le plein emploi, on ne peut avoir la meilleure santé du monde, l’Ecole gratuite, des retraites pour tous, une protection sociale pour chacun, sans réformer radicalement notre système et sans se retrousser les manches !

Il faut réagir et pour moi, la liberté, première valeur de notre devise, est la plus belle et la plus efficace de nos armes pour conquérir le développement économique et social.

La plus belle, parce qu’elle éveille en l’homme cette part d’audace qui le grandit face à la fatalité. La plus efficace, parce que la liberté est une rupture qui pousse les frontières du progrès.

Mon objectif est clair : l’emploi, l’emploi et l’emploi ! Et pour cela, je prendrai tous les risques.

Je supprimerai les 35 heures.

Je concentrerai le code du travail sur les principes fondamentaux et je laisserai le reste à la négociation collective.

Je diminuerai les charges sur les entreprises de 40 milliards d’euros.

Je défendrai nos industries, je me battrai pour l’agriculture française.

J’ai grandi dans la Sarthe.

Je connais la vie des agriculteurs, des éleveurs, et j’ai entendu le témoignage de vos viticulteurs. C’est  une vie faite de sacrifices et d’un amour pudique pour la nature ; j’ai vu leur monde se transformer au cours des dernières décennies.

On ne peut pas fermer les yeux sur le drame vécu aujourd’hui dans le monde agricole, où l’on travaille deux fois 35 heures par semaine sans arriver à se verser un salaire à la fin du mois.

Pour les agriculteurs, je veux aussi la baisse des charges des entreprises, car oui, ils sont des entrepreneurs et pas seulement des paysagistes.

Il faut aussi la vérité sur les prix afin que leurs marges ne soient plus accaparées en silence par d’autres : c’est pourquoi je veux « l’éthique à l’étiquette », c’est-à-dire la transparence du prix d’achat aux agriculteurs sur les prix de vente des produits frais.

Je veux libérer les agriculteurs des règlementations sanitaires et environnementales qui se surajoutent en France aux règlementations européennes.

Je veux créer un compte épargne aléa climatique, très simple, alimenté pendant les années de bonne récolte et utilisable en cas de pertes d’exploitation.

Et puis, il faudra avec la Russie négocier, franchement, sérieusement, et lever cet embargo qui brise notre agriculture.

 

Notre bataille pour la croissance et pour l’emploi doit être juste.

Je veux diminuer les cotisations salariales pour que le salaire net augmente et se rapproche du salaire brut.

Je veux revaloriser les petites retraites pour 4 millions de retraités.

Je veux augmenter de 10 % les petites pensions de réversion.

Cela sera rendu possible par l’augmentation progressive de l’âge de la retraite à 65 ans.

 

On ne luttera pas contre la dette et les déficits sans moderniser notre système public.

Nous avons près de 6 millions d’agents public : c’est plus qu’en Allemagne qui compte pourtant 15 millions d’habitants de plus que nous.

Je propose de réduire ces effectifs de 8 % sur l’ensemble du quinquennat : c’est raisonnable, c’est nécessaire.

Soyons clairs : mes adversaires, c’est la bureaucratie, ce sont les déficits, ce ne sont pas les fonctionnaires qui sont souvent dévoués et compétents.

Il faut profiter des opportunités qu’offre la numérisation pour moderniser les structures et les méthodes de travail.

Je passerai progressivement les fonctions publiques aux 39 heures pour améliorer la productivité et le service rendu aux citoyens ; et simultanément, je redonnerai aux fonctionnaires des nouvelles perspectives de carrière.

 

Mes amis,

Si nous sommes réunis ensemble, c’est parce que nous sommes fiers d’être français.

Avec émotion, nous pensons aux héros qui sont tombés pour maintenir notre pays debout.

Nous aimons notre patrie, son histoire, ses valeurs, sa culture.

M. Macron a dit qu’il n’y avait pas de culture française, montrant qu’il n’avait rien compris à ce qui fait la France.

Qu’est-ce qui nous réunit s’il n’y a pas une culture française ?

Qu’est-ce qui fait que nous sommes des Français ?

La France n’est pas un hôtel international sans âme où cohabitent des individus anonymes et des communautés étrangères les unes aux autres.

Nous ne sommes pas une aire d’autoroute où des citoyens du monde se croisent par hasard avant de reprendre leur course.

Oui il y a une culture française !

Il y a un art français, il y a une manière de penser française : nous les recevons en héritage de tous ceux qui nous ont précédés, et nous les conservons comme une part essentielle de nous-mêmes à transmettre aux générations qui nous succéderont.

Nous sommes les héritiers d’une lignée de Français qui ont su, au fil des siècles, par leur bravoure et leur génie, hisser notre pays parmi les plus grandes nations du monde.

A Alger, M. Macron a rayé d’un trait au feutre noir 130 ans d’histoire commune avec l’Algérie en y substituant les mots de « crime contre l’humanité ».

On peut regarder notre passé avec lucidité sans insulter des générations entières, près de 1 million de rapatriés, des dizaines de milliers de harkis, et les descendants de tous ces hommes et femmes, dont nombreux vivent ici à Nîmes.

Ces hommes et ces femmes ont vécu dans leur chair l’histoire passionnée et douloureuse qui lia la France et l’Algérie.

Je veux du respect pour les mémoires, pour les douleurs, et non de l’instrumentalisation.

 

Mes amis,

L’élection présidentielle est une rencontre entre un homme et son pays.

Ces dernières semaines, on a mis à l’épreuve ma vie.

On la décortique, on cherche le moindre faux pas, le moindre scoop.

Je dis aux Français : jugez -moi sur mon parcours.

Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier, j’ai donné 36 ans de vie publique à ma ville, à mon département, à ma région, à la France ; 36 ans à parcourir nos villages et nos villes ; 36 ans de rencontres avec les Français, face à leurs espoirs et leurs colères ; 36 ans de projets, d’idées, d’affrontements intellectuels.

36 ans de combat, avec des victoires, avec des défaites. J’ai connu les salles pleines et la solitude des préaux d’Ecole, en compagnie d’une poignée de militants.

J’ai assumé les plus hautes fonctions, croisé les grands de ce monde, mais je sais aussi la détresse de mes compatriotes qui me sollicitaient et que j’aidais au mieux que je le pouvais.

Je viens de loin, je suis un patriote qui a donné le meilleur de lui-même, je suis comme ces combattants balafrés qui n’ont pas appris la vie dans des livres.

J’ai pu faire des erreurs, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides.

On ne devient pas président sans avoir été attaqué, injurié, écorché par ses adversaires : de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous furent des cibles mais ce qui ne tue pas rend plus fort.

Et c’est grâce à cette force intérieure qu’ils purent assumer la conduite de la France, la 5ème puissance du monde. Cette force, je l’ai en moi et je suis plus que prêt à l’utiliser au service de mon pays.

J’entendais M.Macron invoquer son « immaturité politique » comme un gage de sa sincérité.

Il n’y a pas de place pour l’immaturité présidentielle. La présidence normale, ça n’existe pas. La présidence branchée est une illusion naïve. Le Chef de l’Etat conduit la nation, il est comptable de sa sécurité et de sa prospérité.

On ne dirige pas la France sans avoir conscience de tenir entre ses mains quelque chose de sacrée.

Je ne marche pas pour le pouvoir mais pour le pouvoir de redresser la France.

Si je nous exhorte à nous moderniser comme jamais, si je nous invite à nous rassembler autour de nos valeurs éternelles, c’est que je ne connais pas d’autre moyen pour être une nation forte, une nation respectée, une nation soudée qui crée des richesses, qui protège ses enfants et leur offre le gout de croire au bonheur.

L’heure est importante pour la France.

J’invite tous les Français qui veulent une France libre et une France forte à venir me rejoindre.

Je donne et je donnerai tout dans cette campagne, toute ma volonté, tout mon courage, toutes mes forces.

Alors aidez-moi, donnez-moi votre énergie, donnez-moi votre force, donnez-moi votre fierté, et tous ensemble, nous gagnerons pour la République et pour la France.


François Fillon, Nîmes le 2 mars 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 05:48

« François Fillon propose un programme énergique de redressement national. Le trio du déclin est à l’œuvre pour l’empêcher de le mettre en œuvre, non pas en en discutant point par point les mesures, mais (...) en le poussant à ne pas se présenter. C’est manqué, et cela révèle d’ailleurs un candidat dont le courage et la fermeté sont des atouts pour un futur Président de la République. Ce trio, tout le monde le connaît. Il se compose de l’entourage du lamentable chef d’État actuel, de son secrétariat général, plus habile à monter des coups qu’à servir l’intérêt supérieur du pays. Il comprend un certain nombre de magistrats politisés, nommés par l’actuel pouvoir et qui attendent de son maintien, à travers d’autres personnes, le couronnement de leurs ambitions de carrière. L’étonnante rapidité des procédures en dehors de tout élément irréfutable et la volonté manifeste de perturber le calendrier électoral, au mépris de la séparation des pouvoirs et de l’autorité judiciaire, de la part de ces fonctionnaires dénués de la moindre légitimité populaire sont des atteintes violentes à la démocratie. On aimerait que la justice fonctionne plus vite et avec plus de fermeté face à la délinquance et au crime que pour obéir aux commandes politiques du pouvoir. Enfin, il y a les médias, ce chœur hypocrite qui a préféré à la campagne en vue de l’élection du Chef de l’État, à partir de l’analyse et de la comparaison des programmes, la démolition systématique du candidat Fillon et l’appui stipendié à Macron. (...) C’est le Peuple qui doit décider, et non les fonctionnaires de justice, notamment ceux qui ont montré leur partialité avec le "mur des c@ns" sur lequel j’ai eu l’honneur de figurer. » (Christian Vanneste, ancien député UMP, le 1er mars 2017).



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À l’évidence, le mot "assassinat" est fort, trop fort pour celui qui, quelques minutes après l’avoir prononcé, mangeait un steak frites dans une brasserie en rigolant devant des journalistes qui n’étaient pas les bienvenus, avant d’aller visiter le Salon de l’Agriculture, acclamé par des militants venus massivement le réconforter.

On pourrait parler de "bizutage" mais c’est beaucoup trop faible dans un contexte trop léger, ou de "mauvais procès" pour certains avocats, ou encore de "complot" pour les ultras, ou de "suicide collectif" pour les réalistes. En fait, on pourrait adopter l’expression "chemin de croix" pour qualifier ce que les médias appellent le "PenelopeGate" depuis cinq semaines. Cela tombait bien puisque ce 1er mars 2017, c’était le mercredi des Cendres, le premier jour du Carême (qui s’en soucie encore alors que la période du Ramadan est souvent rappelée ?).

Dramatisation pendant une matinée où les journalistes des chaînes d’information continue ont été scandalisés de ne pas savoir à quoi s’en tenir (parler pour ne rien dire pendant quatre heures et demi n’est pas à la portée de tout le monde !). Dans une très courte conférence de presse (texte ici), huit minutes, François Fillon a annoncé qu’il venait de recevoir une convocation pour se rendre chez le juge le 15 mars 2017 en vue d’une mise en examen.

Il a passé la matinée à confirmer ses soutiens au sein de sa famille politique. Il a vu Alain Juppé de passage à Paris, il a téléphoné à Nicolas Sarkozy, il s’est entretenu avec les barons du parti Les Républicains pour être sûr qu’on le soutiendrait encore (à l’exception de Bruno Le Maire et de Catherine Vautrin). Le 26 janvier 2017, il avait dit sur TF1 qu’il renoncerait à être candidat seulement dans le cas d’une mise en examen qu’il imaginait improbable, qu’il imaginait… inimaginable !

Un piège dans lequel il s’est lui-même enfermé. François Fillon peut maintenant dire que la situation est très différente : il n’est plus possible de changer de candidat à l’élection présidentielle à moins de cinquante jours du premier tour. Ce changement de ton, il l’a adopté il y a une quinzaine de jours en disant qu’il s’en remettrait au suffrage populaire.

Mais sa fameuse phrase du 28 août 2016 lui collera toujours à la peau : «  Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. Qui imagine le Général De Gaule mis en examen ? Être gaulliste, c’est une conception de l’exercice du pouvoir et singulièrement de la fonction présidentielle. ».

Malgré l’immunité parlementaire, rien n’empêche a priori une mise en examen si elle n’est pas suivie d’une détention provisoire. De même, rien n’empêche le calendrier judiciaire de télescoper le calendrier électoral. Mais il faut bien avouer que pour des faits qui remontent parfois de trente ans, des faits qui n’ont jamais été cachés puisque les salaires ont été normalement déclarés au fisc chaque année, et ont été versés par l’organisme chargé de le faire de l’Assemblée Nationale, c’est dire que c’était connu du tout politique, il est vraiment étonnant que la justice soit si rapide, si étrangement rapide et n’attende pas les deux ou trois mois que demande le déroulement de la campagne présidentielle.

Pour une fois, François Fillon a réagi très vite et de manière très offensive, presque en victime, en complotiste (il y a des questions qui peuvent se poser), voire en David contre Goliath, le Goliath des médias tous macronisés. Il n’a pas voulu laisser la primeur de l’annonce de l’information (cette convocation chez le juge) à d’autres que lui. C’était peut-être la première bonne réaction depuis le 24 janvier 2017.

François Fillon a été très dur dans son expression : « L’État de droit a été systématiquement violé ». Ou encore : « Nombre de mes amis politiques (…) parlent d’un assassinat politique. C’est un assassinat, en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle. ».

Et malgré cette dureté des mots, au contraire de Marine Le Pen, il a dit respecter la justice : « Je veux qu’il ne subsiste aucun doute à cet égard : je me rendrai à la convocation des juges. Je suis respectueux de nos institutions. Je ne désespère pas de la justice (…). Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité. ».

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Sur ce qu’on lui reproche, il faut séparer, à mon sens, quatre éléments.


1. Sur le plan politique

François Fillon présente l’offre politique la plus cohérente, la plus construite, pour redresser la France, et pas par un coup de baguette magique mais parce qu’il a travaillé pendant plus de quatre ans et demi avec des milliers de personnalités qualifiées pour comprendre les grands problèmes du pays. Il est le seul en France à avoir fait ce travail de préparation. Le programme des autres (grands) candidats ont été bâclés, voire inexistants.

Ses propositions ont trouvé un écho d’adhésion très forte lors de la "primaire de la droite et du centre", et si elles rencontrent des oppositions, c’est normal et c’est dans le cadre normal du débat politique et électoral.


2. Sur le fond du PenelopeGate

François Fillon est convaincu qu’il n’a rien fait de "mal". Beaucoup d’avocats pensent comme lui, mais la question est de savoir ce que veut dire "mal". Ce qu’il a fait n’est probablement pas illégal puisque près d’un tiers des députés français travaillent encore aujourd’hui avec des proches familiaux (lui a arrêté depuis quatre ans cette pratique).

Le Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone a publié (enfin) le 21 février 2017 la liste des milliers de collaborateurs parlementaires des députés actuels (qu’on peut télécharger ici). Au-delà des patronymes ressemblants, il y a beaucoup de gendres, amis, ou membres de la famille d’un autre député qui sont employés.

On peut se poser la question sur la raison qui fait que seul François Fillon devrait payer pour les autres à propos d’une pratique qui n’est pas illégale. Pourquoi aucune enquête judiciaire sur les centaines de députés qui travaillent encore aujourd’hui avec un membre de leur famille ? On peut répondre que c’est parce que François Fillon est candidat à l’élection présidentielle. Mais on peut aussi rétorquer que la justice doit être égale pour tout le monde : « Depuis l’origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas été traité comme un justiciable comme les autres. ».


3. Sur le plan moral qui rejaillit forcément sur le plan électoral

C’est sans doute la principale erreur de François Fillon dès le début de l’affaire. Il n’a pas compris que les montants en cause, les niveaux de rémunération évoqués, ont choqué de nombreux Français, parmi aussi ses électeurs, et qu’il aurait dû faire amende honorable dès le lendemain et pas attendre deux longues semaines, ce qui en a fait grossir l’écho médiatique.

Il lui aurait probablement suffi de présenter ses excuses (ce qu’il a fait le 6 février 2017), mais aussi de proposer le remboursement de toutes les sommes en jeu dans le cas où le bureau de l’Assemblée Nationale le lui demanderait. Cela n’aurait pas été preuve d’aveu, mais simplement pour être irréprochable sur le plan moral. De plus, il ne risquait pas beaucoup de devoir rembourser car le bureau de l’Assemblée Nationale ne pourrait pas traiter le seul cas Fillon et exiger de lui seul des remboursements sur des sommes qui ont été, de plus, imposées et soumises aux charges sociales classiques des salaires…

Je pense qu’il a très mal géré sa communication à ce sujet car il est resté volontairement seul, pour une affaire qui concerne principalement sa famille. Il a mis beaucoup de temps à prendre la mesure de cette affaire, comme il l’a d’ailleurs reconnu un peu plus tard.

Par ailleurs, il a probablement cru que l’affaire se dégonflerait comme elle aurait pu se dégonfler dans les années 1980, mais c’était sans compter avec l’Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue qui n’ont cessé de marteler cette affaire à longueur d’antennes. Il valait mieux étaler soi-même que laisser les autres étaler.


4. Sur le plan judiciaire

Le timing judiciaire est complètement aberrant. La réactivité de la justice est ici exceptionnelle. Enfin une justice "efficace" et rapide !

Une enquête préliminaire quelques heures après la publication du "Canard enchaîné". Alors qu’il a fallu trois mois pour ouvrir une enquête préliminaire sur l’affaire Cahuzac dont l’enjeu financier n’avait rien à voir ! Trois mois, l’élection présidentielle aurait déjà été passée !

Les fuites dans un journal comme "Le Monde" sont une violation manifeste du secret des enquêtes, et ne peut provenir que d’une institution (police ou justice) puisque les avocats n’avaient pas accès à l’enquête. Le Ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a refusé de mener une enquête pour savoir qui avait violé ce secret. Pourquoi ?

L’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire s’est fait, comme par coïncidence, exactement le vendredi 24 février 2017 à 20 heures, juste au début de son grand meeting qui a réuni 2 000 personnes à Maisons-Alfort (pourquoi une telle urgence en fin de semaine ?). Juste aussi au début de la collecte des parrainages de candidature.

La convocation a été envoyée le jour même de la très importante visite au Salon de l’Agriculture, là encore coïncidence. Plus fâcheux : cette convocation se base sur un rapport à charge sans avoir pris le temps d’écouter la défense, sans avoir complété l’enquête.

Enfin, la date même de la convocation, le 15 mars 2017, soit deux avant la fin de l’envoi des parrainages. Toute la procédure judiciaire (depuis le 24 février 2017) se déroule pendant la période très particulière, critique, tous les cinq ans, d’envoi de parrainages pour valider les candidatures à l’élection présidentielle.

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Comme les juges sont au courant du calendrier électoral, comme chaque citoyen, il est clair, sans vouloir parler de complot (les juges seraient-ils manipulés par un pouvoir politique, et lequel ?) que tout ce qui se déroule sur le plan judiciaire, extrêmement rapide et uniquement à charge, a pour objectif d’empêcher la présence de François Fillon à l’élection présidentielle, mais aussi, carrément, la présence d’un représentant "de la droite et du centre" pour lesquels l’élection était réputée "imperdable".

Rien n’empêchait d’attendre trois mois pour des faits qui remontent à trente ans ! Même si François Fillon est élu Président de la République, l’affaire ne sera pas enterrée. D’une part, son épouse et ses enfants ne seront pas protégés, et lui non plus après son mandat, en 2022 ou 2027, en cas de second mandat. Jacques Chirac est la preuve vivante que la justice ne l’oubliera pas, même quinze ans plus tard.

Comme dit Christian Vanneste (voir en début d’article), l’objectif a échoué : François Fillon compte bien rester candidat et rien ne l’y empêchera, sinon lui-même, fort de la légitimité des 4,5 millions de votants de la "primaire de la droite et du centre".


« Je ne me retirerai pas »

Avec un accent qui pourrait faire penser à De Gaulle après son escapade à Baden-Baden, François Fillon a confirmé son refus de renoncer à l’élection : « C’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais. À ceux qui me suivent comme à ceux qui me combattent. C’est au peuple français que je m’en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain Président de la République française. Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas. J’irai jusqu’au bout parce qu’au-delà de ma personne, c’est la démocratie qui est défiée. ».

De Gaulle avait dit dans son allocution du 30 mai 1968 : « J’ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de maintenir [la légitimité nationale et républicaine]. J’ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai. (…) Non ! La République n’abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté ! ». Évidemment, toute proportion gardée. Mais la mobilisation pour un rassemblement populaire au Trocadéro n’est pas sans faire le parallèle avec la grande manifestation aux Champs-Élysées qui a clos la révolte étudiante de mai 1968.

Gérard Longuet, qui soutient François Fillon, peut comprendre ce qu’endure le candidat LR car, Ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, il a dû démissionner du gouvernement d’Édouard Balladur le 14 octobre 1994 en raison d’une mise en examen qui a été notifiée le 23 décembre 1994 et qui finalement, a abouti à un non-lieu le 8 mars 2010 ! Il a dû attendre le 27 février 2011 pour redevenir ministre, après seize ans de traversée du désert !

Gérard Longuet, partisan du maintien de la candidature, a observé : « Il a le caractère des plus grands en résistant à cette épreuve. » (LCI le 1er mars 2017). C’est incontestable qu’un caractère aussi trempé dans l’acier inoxydable sera redoutable dans les négociations internationales face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Cela nous changera de François Hollande.

En revanche, il est faux de considérer qu’élu, François Fillon ne pourra pas faire de réforme ni gouverner, comme le croit Henri Guaino, car dans ce cas, les Français auront choisi en connaissance de cause. Car ils auront su faire la part des choses entre l’important pour la France et les Français, et le reste.

François Fillon a conclu sa déclaration du 1er mars 2017 ainsi : « Je ne permettrai pas que le seul choix qui nous soit collectivement donné soit celui de la folle aventure de l’extrême droite ou de la continuation du hollandisme. Je n’accepte pas que tout s’organise pour nous amener, un pas après l’autre, dans la voie du renoncement, du déclin, de l’oubli de ce qui fait notre grandeur nationale. La France est plus grande (…) que mes erreurs. Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse. (…) Je vous le dis avec gravité : ne vous laissez pas abuser. Ne laisser personne vous priver de votre choix. (…) Parce que ma volonté de servir est plus grande que les accusations qui sont portées contre moi, je vous demande de résister. ».


En tête dans la chasse aux parrainages

Cette journée du 1er mars 2017, François Fillon aura quand même pu trouver deux satisfactions : d’une part, sa visite au Salon de l’Agriculture, préparée depuis un mois, s’est bien passée, sans incident qu’il pouvait craindre ; et d’autre part, la première liste des parrainages validés des candidats vient d’être publiée ce 1er mars 2017 par le Conseil Constitutionnel (la liste est lisible ici). Il ressort que François Fillon est le seul à avoir déjà atteint le nombre nécessaire avec 738 parrainages, loin devant Emmanuel Macron (229), Nathalie Arthaud (201), Benoît Hamon (184), Jean-Luc Mélenchon (87), Jacques Cheminade (61), François Asselineau (60), Philippe Poutou (35), Nicolas Dupont-Aignan (31) et Marine Le Pen (25).

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Il y a fort à parier que s’il est élu, François Fillon sera sous surveillance accrue et devra être irréprochable, non pas sur sa situation personnelle, mais dans la manière de gouverner et de mettre en œuvre ses réformes. Il devra par nécessité faire plus de zèle dans l’éthique que d’autres candidats.

C’est ce refus que la justice s’immisce dans le débat présidentiel qui a motivé l’organisation d’un grand rassemblement de soutien à François Fillon ce dimanche 5 mars 2017 à 15 heures sur le parvis du Trocadéro à Paris : son seul salut de reconquête ne peut passer que par le peuple, en dehors de tout intermédiaire, comme le veut l’esprit de nos institutions.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 mars 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Assassinat politique ?
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle de 2017 (à télécharger).
Liste des collaborateurs parlementaires des députés français (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 1er mars 2017 (texte intégral).
Propositions pour une meilleure santé.
Discours de François Fillon sur la santé le 21 février 2017 à Paris (texte intégral).
Communiqué de François Fillon le 26 février 2017 inquiet des violences électorales (texte intégral).
Discours de François Fillon le 24 février 2017 à Maisons-Alfort (texte intégral).
Tribune de l’avocat Arno Klarsfeld le 20 février 2017 dans "L’Express" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 février 2017 à Compiègne (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 février 2017 à Saint-Pierre de La Réunion (texte intégral).
Discours de François Fillon le 9 février 2017 à Potiers (texte intégral).
Comptes à débours.
Même pas mal ?
Lettre aux Français de François Fillon le 8 février 2017 (texte intégral).
François Fillon se met à nu : transparence des données financières (à télécharger).
Conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (texte intégral).
Sondage Elabe du 1er février 2017 (à télécharger).
PenelopeGate : la valse des François.
Discours de François Fillon à la Villette le 29 janvier 2017 (texte intégral).
François Fillon combatif.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Boule puante.
François Fillon, gaulliste et chrétien.
Qu'est-ce que le fillonisme ?
Programme de François Fillon pour 2017 (à télécharger).
Discours de François Fillon à Sablé le 28 août 2016 (texte intégral).
Discours de François Fillon à Paris le 18 novembre 2016 (texte intégral).
François Fillon, pourquoi est-il (encore) candidat en 2016 ?
Débat avec Manuel Valls.
Force républicaine.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Philippe Séguin.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170301-fillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/assassinat-politique-190297

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/03/02/34996806.html

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 03:12

Au cours d'une conférence de presse, le 2 mars 2017, le candidat Emmanuel Macron a présenté son (véritable) programme pour l'élection présidentielle 2017. La plaquette est disponible à la lecture sur Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger le programme d'Emmanuel Macron (fichier .pdf) :
https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170302-macron.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170302-programme-macron-2017.html


 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 18:21

Le Conseil Constitutionnel, à partir du 1er mars 2017, publiera une mise à jour des parrainages reçus et validés de tous les candidats à l'élection présidentielle de 2017, tous les mardi après-midi et vendredi matin, jusqu'au 17 mars 2017.

François Fillon est le seul à avoir obtenu dès ce 1er mars 2017 les parrainages nécessaires. Viennent ensuite Emmanuel Macron, puis Benoît Hamon.

Voici le tableau remis à jour régulièrement :



Nombre de parrainages par candidats déclarés :
http://presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr/les-parrainages/parrainages-par-candidat/

Le tableau de tous les parrainages (nom des élus) est lisible à ce lien :
http://presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr/les-parrainages/tous-les-parrainages/

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170301-presidentielle2017-parrainages-publication.html
 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


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