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6 février 2023 1 06 /02 /février /2023 04:16

« Chez nous tout se discute ! C’est ce qui fait notre singularité, peut-être même notre charme. Nous pouvons passer des jours à débattre d’une orientation. Et ensuite passer des nuits à recoller la vaisselle brisée. (…) De ce fait, les journalistes viennent régulièrement assister à notre enterrement et chaque fois, nous les décevons. L’oraison funèbre reste au frigo. » (Olivier Faure, le 29 janvier 2023 à Marseille).



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Je reviens sur le 80e congrès du parti socialiste (si l'on numérote à partir de la fondation de la SFIO le 25 avril 1905), qui s'est tenu à Marseille du 27 au 29 janvier 2023. Officiellement, ce fut le congrès de la réconciliation, mais en fait, de réconciliation, il n'y en a eu que sur le papier.

Effectivement, comment réconcilier les partisans d'une alliance au sein de la Nupes, et donc, une allégeance totale de soumission aux insoumis de Jean-Luc Mélenchon (qui a gagné son pari de détruire le parti socialiste et de le remplacer par son propre parti créé en 2008 quand il a quitté ce PS qui l'a tant couvé depuis 1986) et les partisans du contraire, de retrait de la Nupes et de l'indépendance des socialistes ?

La maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, chef de file des partisans du retrait de la Nupes, a ainsi décidé de ne pas faire partie de la nouvelle direction, et ce n'est pas faute d'essayer de la séduire par l'appareil en place (Olivier Faure : « Merci Hélène de porter une contradiction utile depuis longtemps. Il y a beaucoup d’oiseaux migrateurs en politique. Tu portes tes convictions avec une cohérence et une constance que les socialistes apprennent à connaître. Tu as choisi d’assumer tes divergences stratégiques et de ne pas rejoindre la direction alors que tu en avais la possibilité. Je ne désespère pas complètement de te convaincre, mais je te dis mon respect. »).

Même si elle a reçu un lot de consolation, le poste de présidente du conseil national, le parlement du parti (en quelque sorte, elle est devenue l'animatrice des débats internes ; on avait déjà donné ce hochet à Ségolène Royal dans un temps ancien), elle restera dans la minorité, dans l'opposition à la direction du parti. La possibilité d'une scission n'est donc toujours pas écartée car l'enjeu à court terme sera certainement la manière dont le PS abordera les élections européennes de 2024 (uni ou pas uni avec Jean-Luc Mélenchon).

Il faut lire les termes de l'accord qui a été conclu après une semaine d'insultes mutuelles, une nuit d'épouvante et quelques heures d'une matinée de négociations. J'ai pu me le faire parvenir. Ce "pacte de gouvernance collective et de rassemblement des socialistes" (on se croirait encore à l'époque soviétique, avec ces grands mots), signé le 28 janvier 2023 et ratifié par les délégués du congrès le jour même, constate plutôt les désaccords.

Ainsi, sur le vote des adhérents : « Chacun regrette l’existence d’irrégularités au cours de ce congrès. Mais les parties reconnaissent la qualité du fonctionnement démocratique du parti socialiste, une des seules formations en France à faire trancher ses débats par ses militants. ». La langue de bois de la deuxième phrase citée n'occulte pas la réalité terrible de la première phrase : à quoi ça sert d'être une formation démocratique si les élections internes sont massivement soumises à la fraude ?

D'ailleurs, l'objet du litige n'est toujours pas réglé : « Considérant que la commission de récolement a arrêté le 22 janvier 2023 les résultats du vote du 19 janvier. Ils n’ont pas été reconnus par le TO1 et le TO3 » [TO = texte d'orientation, ce sont les motions]. Le pacte convient donc que personne ne reconnaît le résultat du vote interne sauf celui qui a gagné, c'est-à-dire Olivier Faure (soutenant la motion 2).

La moindre des choses, avec un constat pareil, c'est de refaire un vote avec une plus grande précaution et surveillance dans les opérations de vote. Mais non ! Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, le principal adversaire interne d'Olivier Faure et soutenu par les anciens éléphants (genre François Hollande) a renoncé à contester la légitimité d'Olivier Faure pour avoir un pied dans la porte et avoir un titre de "premier secrétaire délégué" qui, comme je l'ai expliqué précédemment, ne lui apportera aucune capacité de cogouvernance (on lui a flanqué à ses côtés une proche d'Olivier Faure, la maire de Nantes Johanna Rolland, également première secrétaire déléguée, afin de féminiser un peu la direction).

Dans ce pacte, c'est le quatrième point (sur les sept) qui est le plus important et qui donnera à Olivier Faure tout le pouvoir décisionnel voulu : « [Le premier secrétaire et les premiers secrétaires délégués] s’engagent à la confidentialité sur leurs échanges et à respecter et porter de manière solidaire les décisions prises en leur sein d’un commun accord ou prises par le bureau national ou par le conseil national. Chacun s’engage dans ses expressions à respecter la ligne politique définie pour préserver la cohérence et la solidarité. ». En effet, la "confidentialité" et la "manière solidaire" étoufferont tout débat, et comme Olivier Faure a la majorité absolue au sein de la direction nationale (et même entre eux trois), il pourra faire à sa guise et prendre les positions qu'il veut.

La position de Nicolas Mayer-Rossignol sur la Nupes est ambiguë. Comme Hélène Geoffroy, il refuse l'allégeance à Jean-Luc Mélenchon, mais ménageant la chèvre et le chou, il n'est pas contre des unions de la gauche au coup par coup, considérant que c'est le seul moyen de faire gagner ce qu'il croit encore être la gauche. Une position aussi inaudible que l'esprit de synthèse à la Hollande.

Pour autant, les deux opposants internes à la direction sortante n'ont pas assez analysé les résultats du premier tour du vote, celui du 12 janvier 2023, ceux-ci reconnus par tous les candidats : en obtenant seulement 49,2%, Olivier Faure a été désavoué par la majorité absolue des militants et donc, son option tout-pour-la-Nupes également (30,5% pour Nicolas Mayer-Rossignol et 20,3% pour Hélène Geoffroy). Du moins, ils n'en ont pas tiré les leçons qui s'imposaient : refuser tout accord qui ne ferait pas sortir le PS de la Nupes.

Évidemment, en plein débat sur la réforme des retraites, Olivier Faure a eu beau imposer sa volonté en raison de ce moment exceptionnel : « Considérant l'urgence sociale, et notamment la mobilisation à organiser en appui du mouvement syndical et avec les autres formations politiques de gauche et de l’écologie contre le projet de loi du gouvernement visant à porter l’âge de départ en retraite à 64 ans »... Bon, j'imagine toutefois que les manifestants qui protestent contre le projet d'Élisabeth Borne n'ont pas attendu le PS pour aller protester. En revanche, que le PS se raccroche au train et puisse en tirer quelques fruits, c'est l'objectif commun aux trois adversaires internes.

Le seul point du pacte qui envisage un projet commun est une affaire socialo-socialiste interne qui n'intéresse pas l'avenir de la France, une cuisine interne. Je le cite : « Ils conviennent de travailler à une réforme du mode d’élection au sein du parti socialiste, dans le cadre plus large du chantier de transformation du parti, afin d’établir des modalités de vote sécurisées, ainsi que les modalités de constitution et de fonctionnement des instances chargées d’organiser les processus électoraux, d’examiner les contentieux et de proclamer les résultats. Les propositions seront soumises à un referendum militant et entreront vigueur dès les prochains scrutins. ».

C'est clair pour un parti qui ne vaut plus que 1,7% des voix, les électeurs, même de gauche, se moquent complètement des problèmes d'organisation interne de ce parti et grâce à l'outrance et l'arrogance des mélenchonistes, qui font fuir les plus modérés, le centre gauche social-démocrate a encore de bonnes chances de s'accrocher au macronisme gouvernemental, même après 2027.

Olivier Faure ne reconquerra pas les électeurs sociaux-démocrates en s'en prenant à Emmanuel Macron de manière excessive et injustifiée comme il l'a fait dans son discours de clôture le 29 janvier 2023, reprenant simplement les éléments de langage du mélenchonisme outrancier : « Le parti présidentiel joue avec le feu en lui offrant [au RN] le costume de la République avec l’élection de deux vice-présidents à l’Assemblée Nationale. Alors qu’Emmanuel Macron a été élu à deux reprises grâce au barrage républicain, il a baissé le pont-levis et ouvert les portes du pouvoir au RN. ». Critique qui n'a pas lieu d'être, la répartition des vice-présidences de l'Assemblée Nationale a toujours été faite de manière proportionnelle et c'est même une tradition républicaine qu'Olivier Faure n'invoque que lorsque cela lui arrange ; de plus, il n'y a aucun "pouvoir" à présider quelques séances de nuit, même chahutées.

Dans son discours, Olivier Faure a donc annoncé ses fiançailles avec son principal opposant, Nicolas Mayer-Rossignol : « Mais, toi et moi, nous avons fait un choix. Celui de dépasser ces moments. De faire ensemble plutôt que les uns contre les autres. Et je veux te remercier de cet esprit de responsabilité, et à travers toi, toutes celles et ceux qui ont milité ou voté pour ton texte d’orientation. Ce n’est jamais un choix simple d’abandonner le confort de la critique pour se confronter aux décisions imparfaites. Tu es maire, tu sais cela mieux que quiconque. Merci d’avoir accepté d’intégrer la direction. Toi et moi pouvons faire mieux. à partir de demain, apportons-en la démonstration claire avec Johanna et l’ensemble de la future direction. Je crois en nous. ». Belle déclaration d'amour ! (C'est l'époque de la Saint-Valentin).

On connaît bien les motivations des uns et des autres. Olivier Faure voulait sauver son poste de premier secrétaire mais il ne voulait pas de scission ; il était donc prêt à faire des concessions sur les titres. Et Nicolas Mayer-Rossignol, il sait bien qu'il n'aura pas vraiment de pouvoir de codirection, mais l'idée est d'être maintenant à l'intérieur de la place et de devenir l'héritier naturel quand se présentera l'inévitable succession.

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Reprenant les 117 années de vie du parti socialiste, Olivier Faure a d'ailleurs cru manier l'humour en lâchant : « Nous ne sommes pas obligés de rejouer le grand frisson à chaque étape ! ». Parlons-en, justement, des étapes cruciales depuis 1969 ! Car à chaque étape cruciale, le PS est descendu d'un cran dans la stature de ses leaders.

Aujourd'hui, le débat qui se joue entre Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol et Hélène Rossignol est tellement insignifiant qu'il ne mériterait même pas d'en faire des articles. Mais la vie politique reste passionnante et le mort d'un grand parti, qui a eu tous les pouvoirs, à l'Élysée, à Matignon, dans les régions, les départements, les grandes villes, majoritaire jusqu'aux deux chambres du Parlement, même au Conseil Constitutionnel, est finalement trop rare et exceptionnelle pour ne pas parler.

Revenons à quelques dates clefs pour mettre cette insignifiance dans une perspective historique. Les % donnés correspondent soit au vote des délégués dans les congrès ou au vote des adhérents voire au vote des sympathisants dans les congrès ou les primaires plus ou moins ouvertes. Cela permet de prendre la mesure des enjeux des tendances et des personnes et leur poids interne respectif.

Le congrès d'Épinay-sur-Seine du 11 au 13 juin 1971 s'est disputé entre Alain Savary et Guy Mollet (32,3%), Pierre Mauroy et Gaston Defferre (31,8%), François Mitterrand et Louis Mermaz (15,3%), Jean Poperen (11,5%), Jean-Pierre Chevènement (8,3%) et Robert Buron (0,6%). Conclusion, François Mitterrand (qui venait d'adhérer) fut désigné premier secrétaire le 16 juin 1971. Il a mis dix ans ensuite pour prendre le pouvoir.

Le congrès de Metz du 6 au 8 avril 1979 fut le premier congrès d'importance après l'arrivée de Michel Rocard en 1975 : très populaire, l'ancien jeune candidat du PSU en 1969 représentait la deuxième gauche, la moderne, après la rupture de l'union de la gauche et l'échec du PS aux élections législatives de 1978. Cela s'est joué entre François Mitterrand (45,3%), Michel Rocard (20,5%), Pierre Mauroy et Alain Savary (16,2%), Jean-Pierre Chevènement (14,4%) et Christian Pierret (3,1%). Aidé de Laurent Fabius, François Mitterrand est parvenu à se maintenir à la tête du PS grâce à une alliance avec Jean-Pierre Chevènement (qui était jusque-là le seul opposant interne, représentant un quart du parti), face à l'alliance entre Pierre Mauroy et Michel Rocard. Ce congrès était crucial dans la perspective de l'élection présidentielle de 1981.

Le congrès de Rennes du 15 au 18 mars 1990 fut celui de la succession de François Mitterrand après sa réélection en 1988 (et donc, perdant toute autorité sur l'avenir de son propre parti). François Mitterrand n'est pas arrivé en 1988 à imposer Laurent Fabius à la tête du parti contre Lionel Jospin qui a fait finalement désigner Pierre Mauroy comme premier secrétaire (le bâton de maréchal du maire de Lille et ancien protégé de Guy Mollet). Les comptes se sont réglés à Rennes, dans la cacophonie la plus complète. Les forces en présence étaient celles-ci : Lionel Jospin, Pierre Mauroy et Louis Mermaz (28,9%), Laurent Fabius (28,8%), Michel Rocard (24,3%), Jean-Pierre Chevènement (8,5%), Jean Poperen et Jean-Marc Ayrault (7,2%), Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray (1,3%) et Marie-Noëlle Lienemann (0,7%). Grâce à une alliance Rocard-Jospin, Pierre Mauroy a ainsi été confirmé à la tête du PS. Laurent Fabius lui a finalement succédé le 9 janvier 1992 avec l'accord de tous les grands courants, avec l'idée implicite de laisser Michel Rocard se présenter à l'élection présidentielle de 1995.

Le congrès extraordinaire du 5 février 1995 a été organisé à la suite de l'abandon des candidatures de Michel Rocard (après l'échec des européennes du 12 juin 1994) et de Jacques Delors (11 décembre 1994 sur TF1) à l'élection présidentielle de 1995. Une primaire interne a été organisée entre Lionel Jospin (65,9%), désigné candidat, et Henri Emmanuelli (34,1%), alors premier secrétaire (après le renoncement de Jack Lang).

Une nouvelle primaire interne organisée le 16 novembre 2006 pour la candidature socialiste à l'élection présidentielle de 2007 a départagé Ségolène Royal (60,6%), désignée candidate, Dominique Strauss-Kahn (20,7%) et Laurent Fabius (18,7%).

Le congrès de Reims du 14 au 16 novembre 2008 a montré une nouvelle cacophonie socialiste à la suite de l'échec à l'élection présidentielle de 2007. Le vote du 6 novembre 2008 a apporté les rapports de force suivants : Ségolène Royal, Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, Aurélie Filippetti, Jean-Louis Bianco, Malek Boutih, Jean-Jack Queyranne, François Rebsamen, Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem, Julien Dray et Guillaume Garot (29,1%), Bertrand Delanoë, François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Michel Rocard, Lionel Jospin, Jean-Yves Le Drian, Élisabeth Guigou, Alain Rousset, Michel Sapin, Jean Glavany, Harlem Désir et Anne Hidalgo (25,2%), Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Marylise Lebranchu, Laurent Fabius, Claude Bartolone, Arnaud Montebourg, Didier Migaud et Pierre Mauroy (24,3%), Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann, Jacques Généreux, Olivier Dussopt et Jean Auroux (18,5%) et Christophe Caresche et Nicolas Bricq (1,2%). Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont quitté le parti socialiste le 7 novembre 2008 (et ont annoncé le 12 novembre 2008 la création du parti de gauche, ancêtre de France insoumise).

Un nouveau vote a eu lieu les 20 et 21 novembre 2008 pour désigner le premier secrétaire : Ségolène Royal (42,5%), Martine Aubry soutenue par Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn (34,7%) et Benoît Hamon (22;8%). Martine Aubry, soutenue aussi par Benoît Hamon au second tour, fut finalement élue à la tête du PS avec 50,02% (avec 42 voix d'avance sur 67 413 sur Ségolène Royal !). Il faut noter avec attention que l'actuel Ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion, Olivier Dussopt, en charge de l'actuelle réforme des retraites, était signataire de la motion de Benoît Hamon en novembre 2008.

La première primaire ouverte du PS pour désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2012, a eu lieu, pour le premier tour, le 9 octobre 2011 : François Hollande (39,2%), Martine Aubry soutenue par Dominique Strauss-Kahn (30,4%), Arnaud Montebourg (17,2%), Ségolène Royal (6,9%), Manuel Valls (5,6%) et Jean-Michel Baylet (0,6%). François Hollande fut finalement élu le 16 octobre 2011 au second tour avec 56,6% face à Martine Aubry, puis élu Président de la République le 6 mai 2012.

Deux autres primaires ont été organisées pour désigner le candidat PS aux deux élections présidentielles suivantes (2017 et 2022), sans que celui-ci (ou celle-ci) ne fût élu(e) ni même présent(e) au second tour de l'élection présidentielle.

La primaire du 22 janvier 2017 a fait participer Benoît Hamon (36,5%), Manuel Valls (31,9%), Arnaud Montebourg (17,7%), Vincent Peillon (6,9%), François de Rugy (3,9%), Sylvia Pinel (2,0%) et Jean-Luc Bennahmias (1,0%). Benoît Hamon, désigné candidat le 29 janvier 2017 avec 58;7% face à Manuel Valls, a fait, à l'élection présidentielle de 2017, un score à peine meilleur que Gaston Defferre en 1969, à savoir seulement 6,4%.

Enfin, la primaire du 14 octobre 2021 a départagé sans suspense dramatique Anne Hidalgo (72;6%) et Stéphane Le Foll (27,4%). Anne Hidalgo, désignée donc candidate, a fait le plus mauvais score du PS, le plus ridicule aussi, avec 1,7% le 10 avril 2022.

Pour terminer, donc, avec le congrès de Marseille du 27 au 29 janvier 2023, avec un vote des militants le 12 janvier 2023 qui a départagé, pour rappel, les trois courants : Olivier Faure (49,2%), Nicolas Mayer-Rossignol (30,5%) et Hélène Geoffroy (20,3%). Et la reconduction d'Olivier Faure à la tête du PS.

Quand on regarde toute l'histoire du PS, son importance électorale, la stature intellectuelle ou politique de ses leaders, on se sent pris de vertige avec ce dernier congrès de Marseille (il y en a eu deux autres, en 1924 et 1937). Le PS n'est toujours pas mort, mais les fantômes ne cessent de l'habiter.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (04 février 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
Nuit d'épouvante au PS.
Le laborieux destin d'Olivier Faure.

PS : ça bouge encore !
Éléphants vs Nupes, la confusion totale.
Le leadershit du plus faure.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Anne Hidalgo.
Le socialisme à Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230202-parti-socialiste.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/comment-peut-on-encore-etre-246336

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/02/04/39802022.html







 

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 19:30

« C’était un congrès tendu. Nous sommes parvenus à un accord de gouvernance globale qui intègre à la fois la majorité et la minorité. Nous avons prévu de nous voir une fois par semaine en recherchant le consensus. Chacun s’engage à respecter la ligne politique définie pour préserver et la cohérence et la solidarité. » (Olivier Faure, le 28 janvier 2023 à Marseille).



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Psychodrame chez les éléphanteaux en Provence. C'est terrible comme des tragédies pour les acteurs deviennent des comédies pour les observateurs. "Nuit d'épouvante au PS", c'est un film qu'on pourrait aussi titrer "Le laborieux destin d'Olivier Faure". Ce week-end, c'était la crise au parti socialiste à Marseille. Lors de son 80e congrès, les socialistes, comme d'habitude (voir Metz en 1979, Rennes en 1990, Reims en 2008), se chamaillent. Si au congrès de Metz, la bataille valait le coup (l'Élysée était à portée de main), aujourd'hui en 2023, avec un PS à la présidentielle complètement démonétisé (1,7% !), la bataille pour conquérir le PS paraît assez stérile et anachronique.

Le 19 janvier 2023 se jouait la bataille du second tour pour le poste de premier secrétaire. Les résultats, confirmés par la commission de récolement, ont proclamé Olivier Faure, le premier secrétaire sortant, vainqueur d'une courte tête face à son adversaire Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen.

Malheureusement pour la quiétude de l'appareil, le candidat battu, émanation rouennaise de Laurent Fabius, a refusé de s'incliner devant les quelques centaines de voix d'avance, alors qu'il sait que « les fraudes et irrégularités » sont en vogue dans ce parti depuis longtemps (avant lui, Ségolène Royal les avait dénoncées en 2008). Nicolas Mayer-Rossignol était même prêt à attaquer la direction socialiste en justice pour avoir gain de cause, ce qui rappelle le congrès de l'UMP en novembre 2012 avec la querelle entre Jean-François Copé et François Fillon.

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L'enjeu de ces querelles intestines était purement et simplement l'existence même du parti socialiste, car il ne survivrait pas à une éventuelle scission (1,7% divisé par deux...). Pendant la première nuit du congrès à Marseille, ce fut un échec total : les négociations n'ont pas abouti, si bien que l'hôte des lieux (cela se passait au Palais du Pharo), par ailleurs maire PS de Marseille, Benoît Payan, s'est bien gardé de prononcer son discours de bienvenue, ne sachant que dire devant un tel désastre.

L'agenda a été bouleversé pour laisser place à de nouvelles négociations dans la matinée de ce samedi 28 janvier 2023, jusqu'à l'accord dont le protocole a été rapidement validé par les 186 délégués du congrès, quasiment à l'unanimité (à bulletin secret, le vote par acclamation étant depuis longtemps proscrit pour éviter toute opposabilité). La réconciliation a eu lieu à 14 heures 30 dans un amphithéâtre pas vraiment rempli. Des journalistes ont parlé de fumée blanche, mais qui donc peut sérieusement comparer Olivier Faure à un pape ?

Résultat : tout le monde est chef, si bien que personne n'est chef. Plus une instance est nombreuse, moins elle décide (c'est une règle de management politique ; j'avais pu observer il y a une vingtaine d'années à quel point François Bayrou faisait grossir le bureau politique de l'UDF qu'il présidait, ce qui satisfaisait beaucoup de monde, et lui en premier car ce n'est évidemment pas dans un gros comité qu'on est opérationnel et qu'on prend des décisions).

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L'accord prend acte de la collégialité de la direction du PS. Olivier Faure sauve laborieusement son titre de premier secrétaire, mais se voit entourer de deux "premiers secrétaires délégués" (qui n'existent pas dans les statuts, mais qu'importe, les statuts ne les interdisent pas non plus !), qui ont les mêmes prérogatives que le premier secrétaire, qui sont Nicolas Mayer-Rossignol, son adversaire, et Johanna Rolland, la maire de Nantes, proche d'Olivier Faure. Trois premiers secrétaires, il va falloir réapprendre à compter !

On sait cependant ce que vaut un tel titre, "délégué", c'est-à-dire, pas grand-chose. Dans un autre parti et dans un autre temps, au Centre des démocrates sociaux (CDS), composante démocrate-chrétienne de l'UDF, le congrès d'Angoulême en octobre 1991 était promis à un quasi-putsh : Dominique Baudis allait renverser la table et prendre le pouvoir dans ce parti. Le président sortant Pierre Méhaignerie, très habile politique, a réussi à finalement éviter la confrontation et à l'intégrer à la direction comme "président délégué". Extrait du journal "Le Monde" le 13 octobre 1991 : « Par 448 contre 372, les militants du CDS tenant jusqu'à dimanche leur huitième congrès à Angoulême ont ratifié une motion instituant de fait une double présidence, "afin, précise ce texte, d'assurer au CDS sa pleine efficacité à la veille d'événements politiques majeurs et de donner concrètement l'exemple de l'union". Les centristes ont refusé l'affrontement entre M. Pierre Méhaignerie et M. Dominique Baudis. ». Rien n'a alors changé jusqu'à la conquête du CDS par François Bayrou en décembre 1994 à Vincennes.

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Johanna Rolland aurait dû montrer plus de neutralité et elle aurait pu être nommée unique première secrétaire, afin de désamorcer la bataille de coquelets entre Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol. Au lieu de cela, elle ne sera qu'une faire-valoir d'Olivier Faure et une caution féminine du PS.

Dans son discours de clôture du congrès, le dimanche 29 janvier 2023, Olivier Faure a déclaré, intimiste, à l'adresse de son rival : « Il y a eu des mots blessants, des désaccords surjoués, et une dernière semaine où de nombreux militants se sont sentis insultés, pas respectés (…). Mais, toi et moi, nous avons fait un choix. Celui de dépasser ces moments [et] faire ensemble plutôt que les uns contre les autres (…). Toi et moi, nous allons faire mieux. À partir de demain, apportons-en la démonstration claire. ».


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Tandis qu'Olivier Faure avait refusé initialement toute collégialité, Nicolas Mayer-Rossignol aurait voulu faire nommer trois premiers secrétaires délégués, la troisième aurait été Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin, farouchement opposée à l'intégration du PS dans la Nupes (le vrai sujet de divergence des protagonistes), concurrente des deux autres, qui a échoué dès le premier tour le 12 janvier 2023. Celle-ci, finalement, se retrouve présidente du conseil national (l'équivalent du parlement du parti), poste avait occupé bien avant elle une certaine... Ségolène Royal (pour la faire patienter).

Si Nicolas Mayer-Rossignol a réussi à mettre le pied dans la porte de la direction du PS, il n'a en revanche pas résolu le problème de gouvernance du PS. En rendant obligatoire le consensus dans les décisions, le protocole d'accord contraint le parti socialiste à l'immobilisme permanent. Celui qui se frotte les mains, bien entendu, c'est un ancien apparatchik du PS qui l'a quitté depuis quatorze ans, Jean-Luc Mélenchon. Nicolas Mayer-Rossignol, lui, ne cesse de répéter comme un mantra : « Il faut que le PS retrouve des couleurs, de l’énergie, de l’enthousiasme ! ». Pour cela, le PS devra d'abord quitter le service des soins intensifs (au risque d'être transféré au service des soins palliatifs).


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (29 janvier 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nuit d'épouvante au PS.
Le laborieux destin d'Olivier Faure.

PS : ça bouge encore !
Éléphants vs Nupes, la confusion totale.
Le leadershit du plus faure.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Anne Hidalgo.
Le socialisme à Dunkerque.
Pierre Moscovici.

_yartiPS2023E04






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230128-parti-socialiste.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nuit-d-epouvante-au-ps-246334

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/01/29/39795252.html








 

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26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 04:21

« Sans débat sur le fond, sans clarification politique, notre parti se divisera encore et, de départs en scissions, achèvera de se dessécher. (…) Notre tâche est de dégager un horizon réparateur et d’apporter des réponses à la colère, pas seulement de l’accompagner surtout quand elle est dévoyée et se trompe de cible. » (Motion de Nicolas Mayer-Rossignol).




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Gros pataquès en vue pour le congrès du parti socialiste qui aura lieu ce week-end du 27 au 29 juillet 2023 à Marseille : le candidat proclamé battu ne reconnaît pas sa défaite en raison du faible écart de voix. On se bat encore pour être le chef du PS, ce qui est assez étonnant vu sa très faible capacité à produire du rêve et de l'espérance.

C'est que le PS est devenu un consortium qui gère encore beaucoup de collectivités locales et il y reste encore des enjeux financiers locaux. Contrôler le parti permet de thésauriser et d'avoir un trésor de guerre pour 2027.

En raison de la contestation des premiers résultats émis dans la nuit du 19 au 20 janvier 2023, une commission de récolement a recompté les voix dans certaines fédérations. Avant de poursuivre, attardons-nous sur le nom, "commission de récolement". La dernière fois que la vie politique française a vu surgir cette expression auprès du grand public, c'était à l'occasion du congrès de l'UMP en novembre 2012. Là encore, le très faible écart de voix entre Jean-François Copé et François Fillon avait suscité des contestations durables au sein de l'ancien parti gouvernemental.

Quatre critères ont été retenus pour annuler (invalider) des voix : violence sur lieu de vote, pressions et intimidations, vote électronique non conforme et présence de bulletins dans l'urne avant l'arrivée de surveillants. Ambiance !

Cette commission, présidée par Corinne Narssiguin, a clos ses travaux le dimanche 22 janvier 2023 dans l'après-midi, faute que les représentants de l'un des deux protagonistes, Nicolas Mayer-Rossignol (le maire de Rouen), n'aient accepté de passer au vote.

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Résultat : non seulement la victoire du premier secrétaire sortant Olivier Faure est confirmée, mais elle est encore renforcée avec un meilleur pourcentage. En effet, sur 23 527 suffrages exprimés, 12 020 voix se sont portées sur Olivier Faure, soit 51,1% et 11 507 voix sur Nicolas Mayer-Rossignol, soit 48,9%. Un résultat que ne reconnaît pas, pour l'heure, les partisans de Nicolas Mayer-Rossignol, dénonçant un passage en force et la fraude beaucoup trop récurrente au PS. En outre, 18 606 adhérents n'ont pas pris part au vote, soit 43,9%, et 232 ont voté blanc ou nul, soit moins de 0,1% des 23 759 votants.

Cela doit donc cogiter dur, cette semaine, chez les éléphants, pour savoir quoi faire durant le congrès qui s'ouvre à Marseille ce week-end, congrès qui devait être la consécration d'Olivier Faure et de sa stratégie suicidaire de soumission totale à l'insoumise Nupes, dans une sorte de délire révélation. Nicolas Mayer-Rossignol a revendiqué une direction collégiale faute d'être vraiment départagés par les militants du PS. Mais nul doute qu'une autre option s'ouvre à tous ceux qui veulent quitter le train de la Nupes : la scission, avec le risque de l'extinction à très brève échéance. Car le PS reste encore une structure qui a une réputation (certes mauvaise mais il existe politiquement) alors qu'un schisme, nécessairement, enfouira les rebelles dans une oubliette médiatique.

L'ancien Président de la République François Hollande, qui peine à se convaincre qu'il ne sera définitivement l'homme providentiel de personne, espérait encore jouer un rôle de faiseur de congrès. Il risque juste d'être un faiseur d'anges, tant le silence risque de succéder à cette confusion mentale d'un groupuscule qui n'a pas su s'adapter à la marche du temps. Pendant que des nains jouent aux soldats de plomb, d'autres battent le pavé.


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Sylvain Rakotoarison (25 janvier 2023)
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Pour aller plus loin :
PS : ça bouge encore !
Éléphants vs Nupes, la confusion totale.
Olivier Faure.
Le leadershit du plus faure.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Anne Hidalgo.
Le socialisme à Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 04:38

« Les militants ont donc reconduit Olivier Faure à la tête du parti socialiste. Les résultats définitifs seront proclamés à l’issue du vote des délégués du congrès de Marseille. » (Communiqué du PS du 20 janvier 2023).




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Le congrès du PS à Marseille en janvier 2023 sera-t-il comme le congrès du PS à Reims en novembre 2008, lorsque Ségolène Royal revendiquait sa victoire face à Martine Aubry ? Probablement pas, car en 2008, il y avait un enjeu majeur, celui d'affronter en 2012 le Président sortant Nicolas Sarkozy avec des chances non négligeables de l'emporter au second tour (à l'époque, c'était Bertrand Delanoë qui avait le vent en poupe parmi les éléphants). En 2023, rien de tout cela, même si la confusion reste similaire. Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2023, les deux concurrents socialistes ont en effet revendiqué leur victoire.

La situation ne pouvait donc pas être pire au parti socialiste au lendemain du second tour du vote de la motion et du premier secrétaire qui y est associé. Les 42 365 adhérents du PS étaient appelés ce jeudi 19 janvier 2023, de 17 heures à 22 heures, à départager le premier secrétaire sortant Olivier Faure, par ailleurs député de Seine-et-Marne, et le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, proche de Laurent Fabius.

Au-delà des personnes, c'était bien une vision de l'avenir, plus morose que rose, du parti à la rose qui s'affrontait : d'un côté, la soumission totale au chef des insoumis Jean-Luc Mélenchon (qui a gagné provisoirement son OPA sur la gauche en 2022) ; de l'autre côté, le retour des éléphants dans l'indécision, l'immobilisme et l'absence d'horizon politique à moyen terme. Il est sûr que c'était difficile pour les rares socialistes qui étaient restés fidèles à leur parti après les tremblements de terre de 2017 et de 2022.

Ce second tour a mobilisé à peine plus d'adhérents qu'au premier tour du 12 janvier 2023, à savoir un peu plus de 800 suffrages exprimés de plus que la semaine précédente (je ne peux évoquer que les suffrages exprimés car d'après les résultats officiels publiés actuellement par le PS, il n'y aurait eu aucun vote blanc ou nul pour ce second tour, au contraire des 241 au premier tour, ce qui peut d'ailleurs intriguer). Cela reste très faible, à savoir seulement 56,1% des inscrits (à comparer aux 54,2% du premier tour).

Le scrutin fut très serré, moins de 600 voix séparent les deux candidats. Olivier Faure a gagné avec 12 076 voix, soit 50,8% tandis que Nicolas Mayer-Rossignol, qui pensait être victorieux pendant le dépouillement nocturne, n'a obtenu que 11 683 voix, soit 49,2% des suffrages exprimés. C'est donc Jean-Luc Mélenchon qui doit se frotter les mains ce 20 janvier 2023 car son opération visant à phagocyter définitivement son ancien parti va pouvoir se poursuivre jusqu'à son achèvement. Ce n'est un secret pour personne de rappeler qu'Olivier Faure rêverait de succéder à Jean-Luc Mélenchon comme leader de la Nupes, mais il est bien le seul à rêver ainsi ; la dynamique présidentielle, c'est plutôt de faire un rêve collectif.

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Quant aux éléphants, très déçus, dont on devine la proximité avec l'ancien Président François Hollande qui, ces derniers jours, s'épanchait sur tout et sur rien dans les médias, ils ont raté leur opération visant à reconquérir le parti socialiste pour redonner sa place de parti gouvernemental et responsable dans la perspective d'une élection présidentielle en 2027 très ouverte par l'impossibilité de nouvelle candidature du Président actuel Emmanuel Macron.

Le congrès qui entérinera ce vote, quatre-vingtième du nom depuis la création de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) le 25 avril 1905 dans une salle du boulevard de Strasbourg, à Paris, par la fusion du parti de Jean Jaurès et de celui de Jules Guesde, aura lieu la semaine prochaine, du 27 au 29 janvier 2023 à Marseille, ville que le PS a reconquise en juin 2020 sur la droite républicaine après vingt-cinq ans d'échecs électoraux.

La motion soutenue par Nicolas Mayer-Rossignol reconnaissait avec lucidité l'avenir sombre de ce parti : « Sans débat sur le fond, sans clarification politique, notre parti se divisera encore et, de départs en scissions, achèvera de se dessécher. (…) Notre tâche est de dégager un horizon réparateur et d’apporter des réponses à la colère, pas seulement de l’accompagner surtout quand elle est dévoyée et se trompe de cible. ». Tout y était dit.


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Sylvain Rakotoarison (20 janvier 2023)
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Pour aller plus loin :
PS : Éléphants vs Nupes, la confusion totale.
Olivier Faure.
Le leadershit du plus faure.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Anne Hidalgo.
Le socialisme à Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 04:31

« Le parti socialiste dirigé par Olivier Faure est devenu une filiale de LFI (…). C’est désormais le cynisme qui prime. » (Motion 1 du 80e congrès du PS).



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42 365 adhérents du parti socialiste devaient départager ce jeudi 12 janvier 2023 trois personnalités candidates au poste de premier secrétaire ainsi que les trois motions qu'elles soutenaient respectivement. Les résultats montrent que le parti socialiste continue à s'acheminer progressivement vers son extinction définitive, une perspective qui ne devrait pas émouvoir beaucoup d'électeurs français puisqu'ils n'étaient que 616 478 (soit 1,7% des suffrages exprimés et 1,3% des électeurs inscrits !) à avoir voté pour la candidate socialiste au premier tour de l'élection présidentielle de 2022.

La première information, c'est la participation : seulement 54,8% des adhérents ont voté, dont 0,6% blanc ou nul. Cela donne une réalité politique de 23 185 adhérents réels, les autres, qui se sont abstenus, étant soit de réels abstentionnistes (pour des raisons volontaires ou involontaires), soit des adhérents fantômes (anciens adhérents qui n'ont pas renouveler leur cotisation et qui ont quitté le PS depuis quelque temps).

Olivier Faure (député de Seine-et-Marne) et Nicolas Mayer-Rossignol (maire de Rouen) sont en ballottage et les adhérents sont appelés à revoter pour les départager au cours d'un second tour qui aura lieu le jeudi 19 janvier 2023. Olivier Faure a obtenu 11 277 voix, soit 49,2% et Nicolas Mayer-Rossignol 7 001 voix, soit 30,5%. Quant à la troisième candidate, Hélène Geoffroy (maire de Vaulx-en-Velin), elle est arrivée en dernière position avec 4 666 voix, soit 20,3%.

Ces résultats donnent une très mauvaise image de l'avenir du PS pour plusieurs raisons.


La première est la très faible participation qui place le PS en deçà du Rassemblement national en tant qu'organisation militante (le RN est déjà largement supérieur au PS en sièges de député) : en effet, lors de son dernier congrès du 5 novembre 2022, sur 36 673 adhérents déclarés, le RN a observé 26 218 adhérents ayant pris part au vote (à comparer aux 23 185 du PS). La participation y était également supérieure avec 71,5%. Si on compare avec un autre parti qui a fait son congrès récemment, Les Républicains, la participation du premier tour le 4 décembre 2022 était de 72,7%, de même ordre de grandeur qu'au RN, et le nombre d'adhérents ayant pris part au vote était nettement supérieur, 66 216.

La deuxième raison est le faible nombre de voix (49,2%) qu'a obtenues Olivier Faure, le premier secrétaire sortant. En principe, seule personnalité un peu connue au niveau national parmi les candidats, Olivier Faure, qui était très largement favori, n'arrive même pas à atteindre la majorité absolue. Il faut dire que conduire son parti autant au casse-pipe relève de l'exploit.

La troisième raison est paradoxalement le grand nombre de voix (49,2%) qu'a obtenues la motion soutenue par Olivier Faure. Cette phrase semble être le contraire du précédent point, mais c'est un fait : qu'il y ait une petite majorité des adhérents qui souscrivent à la politique d'abandon total du PS au profit de la Nupes est étonnant (voire fascinant). Un suicide assisté voulu par les adhérents eux-mêmes en direct live.

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La quatrième raison est le faible nombre de voix recueillies par Hélène Geoffroy. C'est vrai qu'elle n'est pas une femme politique d'un grand charisme. Mais c'était la seule candidate à prôner le retrait immédiat de la Nupes et la reprise d'indépendance politique du PS.

Effectivement, la position de l'autre candidat opposant à la ligne d'Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol, est incompréhensible. En gros, selon lui, il faut que le PS quitte la Nupes tout en y restant. Je prédisais à tort une faible performance de cet entre-deux sans saveur. C'était sans compter sur le soutien des éléphants, à l'instar de David Assouline, Anne Hidalgo, Patrick Kanner, Jean-Pierre Sueur, etc., adeptes de l'insupportable "synthèse" (qui n'a rien à voir avec le concept du "en même temps"). Il s'agit ici d'un opportunisme trouillard qui ne tranche rien et qui laisse tout le monde dans l'indécision, c'est-à-dire un réel immobilisme politique (ce que le "en même temps" n'est pas car Emmanuel Macron, lui, tranche, la réforme des retraites en fait foi).

Même s'il y a une (petite) majorité absolue des voix qui s'est exprimée contre le premier secrétaire sortant Olivier Faure, ce dernier reste largement le favori de cette élection par l'absence d'offre alternative. Et ce n'est pas vraiment une surprise : depuis près de cinq ans qu'il est aux commandes, tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec sa tactique très lâche ont eu le temps de quitter le PS pour aller vers d'autres horizons.

La motion qui a obtenu le moins voix a été recalée probablement parce qu'elle était la plus lucide sur la situation actuelle du PS. Je ne résiste à citer, pour terminer cet article, un extrait du début de cette motion, signée par Hélène Goeffroy, qui est un constat impitoyable du PS d'aujourd'hui : « Depuis dix ans, nous n’avons plus réfléchi en profondeur. (…) La direction du PS a théorisé la fin du parti et a conduit une stratégie d’effacement derrière d’autres forces politiques, faisant de l’union de la gauche non pas une stratégie, mais une tactique désespérée. (…) Face au score de notre famille politique à l’élection présidentielle, la direction s’est ralliée à LFI, dans un accord "sauve qui peut", tentant de conserver quelques sièges à l’Assemblée Nationale, et ce, sans base programmatique et sans consultation des militants. (…) Le parti socialiste dirigé par Olivier Faure est devenu une filiale de LFI, la plupart des circonscriptions détenues par cette dernière étaient socialistes en 2012. (…) C’est désormais le cynisme qui prime, un populisme qui heurte nos valeurs, qui théorise l’apport des voix du RN lors des motions de censure votées récemment. ». C'est un diagnostic aussi sévère que celui d'une maladie incurable...



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Sylvain Rakotoarison (14 janvier 2023)
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Pour aller plus loin :
PS : le leadershit du plus faure.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Anne Hidalgo.
Le socialisme à Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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8 janvier 2023 7 08 /01 /janvier /2023 04:01

« Si nous ne montrons pas que nous pouvons à nouveau changer la vie [des Français], alors les Français se détourneront définitivement de nous. » (Olivier Faure, le 6 janvier 2023 sur franceinfo).



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Va-t-on enterrer le parti socialiste cette année ? La question se pose depuis au moins cinq ou six ans, depuis le quinquennat désastreux du dernier Président socialistes, François Hollande. Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle de 2022 sonne comme un couperet : 1,7% des suffrages exprimés !

Il est loin le temps où le parti socialiste (PS) et le parti Les Républicains (LR, auparavant, l'UMP) se partageaient les gouvernements entre 1958 et 2017. Les deux partis sont devenus des groupuscules, l'un est parvenu à préserver son indépendance, LR, avec un groupe charnière à l'Assemblée Nationale, un peu l'équivalent des groupes centristes sous la Quatrième République (un comble pour le descendant du parti gaulliste !) ; l'autre n'est plus qu'un fantôme, un supplétif du populisme mélenchonien en état de mort cérébral placé sous assistance artificielle.

Malgré cette situation électorale désastreuse pour ces partis, il existe encore un semblant de démocratie interne qui continue à vivre, probablement par déni de deuil, avec une surprise : le poste de chef de parti est convoité, pour l'un et pour l'autre, par trois candidats. Mais ces trois candidats, très peu connus du grand public, voire de leurs propres sympathisants, sont, c'est un euphémisme, loin d'être des pointures dans la classe politique : ils sont partis les Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, etc. ou Lionel Jospin, Laurent Fabius, etc. Place non pas aux seconds couteaux mais aux quatrièmes ou cinquièmes couteaux (en plastique pour ne pas se blesser).

Pour LR, l'affaire a été réglée avant la fin de l'année dernière : Éric Ciotti, désormais, est le président de LR, c'est-à-dire (car il faut quand même s'en rendre compte), le successeur de Jacques Chirac, d'Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy...

Pour le PS, c'est en cours. Un congrès est organisé du 27 au 29 janvier 2023 à Marseille pour finaliser la chose. Deux conseils nationaux ont eu lieu pour le préparer, les 8 et 26 novembre 2022 pour le dépôt des contributions générales et des textes d'orientation. C'est du jardon socialiste qu'il me paraît désormais inutile d'expliquer, vu son audience électorale (après tout, personne n'explique en détails les statuts du parti écologiste EELV ou des groupuscules trotskistes). Le 12 janvier 2023 aura lieu le vote sur les textes d'orientation. Du 13 au 15 janvier 2023, chaque fédération départementale sera amenée à organiser son congrès départemental. Le 19 janvier 2023 aura lieu le vote du prochain premier secrétaire du PS (du chef !). Ainsi, le congrès se tiendra avec la connaissance de ces votes.

Précisons que les candidats pour être premier secrétaire sont les premiers signataires de chaque texte d'orientation politique qui constitue ainsi une "motion" caractérisant le poids politique du courant associé chez les militants mais aussi son essence philosophique. Ne croyez pas que c'était moins compliqué du temps de François Mitterrand ; au contraire, ce dernier a excellé entre 1971 et 1981 à unifier des courants totalement divergents afin de constituer une majorité interne (la plupart du temps au détriment de son principal rival historique, Michel Rocard).

L'actuel premier secrétaire est Olivier Faure, à ce poste depuis le 29 mars 2018, élu au congrès d'Aubervilliers, et renouvelé le 18 septembre 2021 au congrès de Villeurbanne avec 73,5% des voix face à Hélène Geoffroy, 26,5%. Il est candidat à sa propre succession.

Comme écrit plus haut, trois personnalités sont candidates pour ce poste. Face à Olivier Faure (motion 2), soutenu par Boris Vallaud (président du groupe PS à l'Assemblée Nationale), Laurent Baumel (ex-député), Johanna Rolland (maire de Nantes), etc., deux grands élus locaux se sont présentés : Hélène Geoffroy (motion 1), soutenue par Stéphane Le Foll (maire du Mans et ancien ministre), Rachid Temal (sénateur), Jean-Christophe Cambadélis (ancien premier secrétaire), etc. et Nicolas Mayer-Rossignol (motion 3), soutenu par Anne Hidalgo (maire de Paris et candidate très malheureuse à l'élection présidentielle), Michaël Delafosse (maire de Montpellier), etc.

Au concours de celui qui a la plus grosse (je veux dire, la plus grosse motion, bien sûr), Olivier Faure, qui fait partie des meubles (en préfabriqués), a récolté le plus de signatures, 4 000, suivi de Nicolas Mayer-Rossignol, 2 000 signatures, et d'Hélène Geoffroy, 1 200.

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Mine de rien, malgré l'absence générale de charisme, cette confrontation a trois révèle toutefois un réel clivage politique qui donnera une indication sur l'avenir du PS (quel cimetière choisir). Mais avant la signification politique, intéressons-nous rapidement aux trois personnalités en présence.

Olivier Faure (54 ans) : né à Grenoble, il est un apparatchik du PS, responsable des jeunes rocardiens (succédant à Manuel Valls en 1991), étudiant partageant sa piaule avec... Benoît Hamon. Ensuite, il a bossé pour des hiérarques du PS : Gérard Gouzes, Martine Aubry, François Hollande, Jean-Marc Ayrault. Battu aux législatives en juin 2007, il a été élu député dans le même département, la Seine-et-Marne, en juin 2012, réélu en juin 2017 et juin 2022. À l'origine, proche de François Hollande et ami de Christophe Castaner, il a vite gravi les marches de l'ambition : porte-parole du PS en août 2014, président du groupe PS en décembre 2016 réélu en juin 2017, et premier secrétaire du PS en mars 2018. Au micro de France Inter le 17 janvier 2021, Olivier Faure a reconnu avoir eu des tentations macronistes en 2016 (pour un ancien jeune rocardien, c'était logique) ; il a en effet rencontré Emmanuel Macron pour négocier son ralliement qui, finalement, n'a pas eu lieu en raison de ses doutes qui « se sont approfondis ».

Hélène Geoffroy (52 ans) : d'une formation de docteure en mécanique dans un laboratoire de Polytechnique, elle est actuellement maire de Vaulx-en-Velin depuis avril 2014 et vice-présidente de la communauté urbaine puis de la métropole de Lyon depuis juillet 2014. Elle a commencé par se faire élire conseillère municipale de Vaulx-en-Velin en mars 2001, puis conseillère générale du Rhône de 2004 à 2012, puis députée du Rhône de juin 2012 à février 2016 dans l'ancienne circonscription de Jean-Jack Queyranne (elle n'a pas cherché à se faire réélire en juin 2017 comme beaucoup de proches de François Hollande). Elle a été nommée Secrétaire d'État chargée de la politique de la ville du 11 février 2016 au 17 mai 2017, mais n'a pas marqué de son empreinte ce ministère hautement symbolique dans cette banlieue lyonnaise.

Nicolas Mayer-Rossignol (45 ans) : normalien, ingénieur des Mines et agrégé des sciences de la vie et de la terre, il a travaillé pour la Commission Européenne dans le secteur pharmaceutique. Proche de Laurent Fabius à Rouen et au Quai d'Orsay, ancien militant d'Attac, il a été élu conseiller régional de Haute-Normandie et de Normandie de mars 2010 à juin 2021, président du conseil régional de Haute-Normandie d'octobre 2013 à janvier 2016, conseiller municipal de Rouen depuis 2014. Il est maire de Rouen depuis juin 2020 et président de la Métropole de Rouen depuis juillet 2020.

Le clivage politique entre ces trois candidats est assez clair et l'enjeu est donc clairement résumé par cette question : le PS restera-t-il dans la Nupes ? Pour Olivier Faure, initiateur de cette alliance contre-nature et très mal négociée avec Jean-Luc Mélenchon, contraire à toutes les valeurs du PS depuis une bonne trentaine d'années, il faut garder cette alliance (l'union faisant la force) avec cette espérance folle (et vaine) de devenir le remplaçant sinon l'héritier politique de Jean-Luc Mélenchon et d'être un jour le candidat de la Nupes (de la gauche unie) à l'élection présidentielle. Au contraire, Hélène Geoffroy, soutenue par tous les éléphants du PS (enfin, ceux qui n'ont pas encore atterri au cimetière), en particulier François Hollande, a annoncé que dès son élection à la tête du PS, elle ferait sortir le PS de la Nupes qui n'a rien à voir avec ses valeurs. Quant à Nicolas Mayer-Rossignol, adepte du "en même temps", il est contre la Nupes tout en étant pour (si c'est efficace électoralement). Une telle position médiane, totalement inaudible politiquement (et surtout incompréhensible) laisse augurer un très faible score.

Assurément, Olivier Faure, qui est soutenu par la plupart des cadres actuels de son parti, est le favori de cette désignation, mais le score d'Hélène Geoffroy sera un indicateur de la volonté des adhérents à rester indépendants ou pas. Car si le PS, qui vaut 1,7% de l'électorat, continue à rester dans la Nupes, et en particulier, s'il y a une liste unique de la Nupes aux élections européennes de 2024, alors le PS sera totalement fini, achevé par sa propre mort (une sorte de suicide assisté) car totalement fondu dans la France insoumise électoralement bien plus importante. « Nous nous sommes dissous dans le bruit et la fureur de LFI ! » avait martelé Hélène Goeffroy quelques jours auparavant. Rappelons aussi que le PS en 2022 compterait 20 000 adhérents (ou 41 000 ?) tandis qu'en 2012, il comptait 200 000 adhérents !

Ce vendredi 6 janvier 2023 de 21 heures à 23 heures 40, la chaîne franceinfo a organisé l'unique débat entre les trois concurrents. Hélène Geoffroy, farouchement opposée à la Nupes, a répété son argumentaire : « Tant que nous n'aurons pas rassemblé les socialistes, alors nous ne pourrons pas dire comment nous faisons l'unité de la gauche. ». Alors qu'Olivier Faure préférait insister sur l'efficacité électorale (vu qu'il n'a aucune conviction) : « Quand la gauche est divisée, elle perd (…). C'est la seule façon d'être présent au second tour et d'avoir une chance de l'emporter. » (mais pour quoi faire ?). Nicolas Mayer-Rossignol s'est voulu plus nuancé : « La Nupes, c'est un cadre utile à l'Assemblée Nationale pour que les différents groupes se parlent. C'est un intergroupe : pas plus, pas moins (…). Mais, est-ce que ça suffit pour gagner demain ? On l'a vu, non ! ».

Ce débat télévisé a montré qu'il n'y avait pas que l'appartenance à la Nupes comme point de divergence. Sur les retraites, la position du PS n'est pas claire non plus : Hélène Geoffroy souhaite conserver l'âge de 62 ans, alors qu'Olivier Faure, fort démagogiquement mais aussi fort hypocritement, défend « personnellement » l'âge de 60 ans... avec 43 annuités de cotisation ! (Faites le compte, cela fait commencer à 17 ans... pour des diplômés bac+5, ça restera toujours... à 66 ans !).

Les deux adversaires d'Olivier Faure ont dressé un bilan désastreux de la direction du PS depuis quatre ans. Hélène Geoffroy : « Depuis cinq ans, le PS n'a pas travaillé sous la houlette d'Olivier Faure. ». Nicolas Mayer-Rossignol : « Est-ce que le Parti socialiste va bien ? Honnêtement non, et depuis très longtemps ! ».

Dans le choix des militants du PS, y aura-t-il une incertitude ? Il est sûr que sur la forme, Olivier Faure part avec une longueur d'avance, ne serait-ce que parce qu'il est le sortant, parce qu'il est un élu national et que malgré son faible charisme, il est celui qui est le plus connu des trois. Néanmoins, l'accord de la Nupes aux élections législatives de juin 2022, qui a empêché beaucoup de candidats socialistes de se présenter au profit d'un candidat mélenchoniste, a profondément irrité de nombreux militants sur le terrain qui pourraient se retourner contre Olivier Faure. Mais il est aussi probable que les plus en colère s'abstiennent voire aient déjà quitté ce PS qui ne représente plus rien à leurs yeux, ni une auberge à idées, ni des convictions, ni une écurie à candidats.

Dans un meeting à Paris le 5 janvier 2023, Nicolas Mayer-Rossignol donnait la clef du redressement : « L'objectif, c'est d'ensemble remettre le PS au cœur de la gauche et la gauche au cœur de la France. ». Pour l'heure, aucun des candidats ne semble en mesure d'atteindre cet ultime objectif...


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Sylvain Rakotoarison (07 janvier 2023)
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Pour aller plus loin :
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Olivier Faure.
Roland Dumas.
Lionel Jospin.
Pour Jean-Louis Bourlanges, c’est la capitulation et la bérézina !
Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur PS.
Jean-Yves Le Drian.
Richard Ferrand.
Olivier Véran.
Christophe Castaner.
Gérard Collomb.
Benjamin Griveaux.
Nicole Bricq.
Marisol Touraine.
Anne-Christine Lang.
Didier Guillaume.
Le Programme commun de l’union de la gauche.
Jacques Julliard dans "Marianne" le 6 mai 2022 : "Oui à l’union, non à Mélenchon".
François Hollande : si j’étais Président…
Sous la NUPES de Mélenchon.
François Mitterrand et le tournant de la rigueur.
Julie Gayet.
Valérie Trierweiler.
"Merci pour le moment".
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Le socialisme à Dunkerque.
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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 03:41

« Avec ce nouveau coronavirus, dont l’émergence est liée à la prédation de l’homme à l’égard de la nature et la destruction des habitats sauvages et dont la propagation a été facilité par l’intensité des échanges liés à la mondialisation libérale, l’humanité redécouvre, avec stupéfaction, la fragilité de notre modèle de civilisation. Elle réalise que l’effondrement est possible. Retranchée, elle fait l’expérience d’un quotidien où se trouve modifié le rapport au temps, au collectif, à la consommation. » (Julien Bayou, au conseil fédéral de EELV du 4 avril 2020).




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C’était il y a deux ans, en plein premier confinement. Aujourd’hui, on ne connaît pas plus l’origine du SARS-CoV-2, mais cela ne gênait pas le patron de EELV pour qui tout argument était bon à vendre contre le méchant libéralisme, la méchante mondialisation, et finalement, le méchant humain libre (c’est vrai quoi, si les gens avaient été enfermés au préalable, s’ils n’avaient pas tant voyagé pour les loisirs, leur travail ou leur famille, le virus ne se serait sans doute pas autant propagé). En France, depuis trente ans et la chute du communisme, l’idéologie gauchiste est souvent recyclée dans un écologisme plus rouge que vert. C’est la raison de ses échecs électoraux.

Dans la nuit du 1er au 2 mai 2022 (il est des fêtes du travail bien laborieuses), Julien Bayou (41 ans), secrétaire national du parti écologiste EELV depuis le 30 novembre 2019 et conseiller régional d’Île-de-France depuis mas 2010, a signé un accord de coalition avec le parti FI de Jean-Luc Mélenchon pour partir unis aux élections législatives de juin 2022, dès le premier tour.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon attend désormais de phagocyter deux autres (ex-grands) partis de gauche, le PS et le PCF, avec lesquels les négociations semblent en bonne voie (ils ont repris les négociations ce lundi 2 mai 2022).

Au-delà du petit air de Quatrième République (on notera pour le mauvais jeu de mot que malgré sa proximité sémantique avec le fondateur du MoDem, le patron des écolos ne manque pas d’air), il y a un parfum de programme commun (il y a presque cinquante ans à quelques jours près !), et une sorte de méthode Coué selon laquelle 22 + 4 + 2 + 1 ferait 51 et pas 29 (en pourcentages de bulletins de vote).

Jean-Luc Mélenchon Premier Ministre, qui y croit à part quelques électeurs déboussolés ? Peut-être des jeunes qui n’ont pas encore compris ou expérimenté comment les institutions fonctionnent ? En tout cas, certainement pas Jean-Luc Mélenchon qui avouait le 19 avril 2022 qu’il était déjà trop fatigué pour faire le trajet entre Paris et sa circonscription de Marseille. Alors, Matignon…

L’avantage de cette agitation politique alors que le RN a déjà déclaré forfait, c’est que cette tentative de mobilisation électorale pourra peut-être réduire l’abstention massive attendue. Elle pourra même faire gagner quelques sièges à la gauche (au détriment de qui ?). Mais de là à gagner la majorité des sièges…

En écoutant les uns et les autres, on comprend plutôt l’objectif caché : permettre à ces quatre partis (FI, EELV, PS, PCF) d’avoir chacun un groupe à l’Assemblée Nationale. En d’autres termes, garantir sur le papier au moins quinze députés à chacun d’eux, c’est-à-dire, soixante circonscriptions de gauche, gagnables, sans concurrence au premier tour (merci aux électeurs pour leur choix). Et tant pis si on n’est d’accord avec presque rien, en particulier sur le nucléaire et sur l'Europe, qui ne sont pas juste des détails !

Vu ainsi, on peut mieux comprendre pourquoi les écologistes étaient pressés de conclure un tel accord avec les mélenchonistes : eux-mêmes n’ont plus de groupe à l’Assemblée Nationale depuis longtemps (depuis 2016) et ont tout à gagner de négocier des accords d’union dès le premier tour. Il n’y a plus de Martine Aubry qui était en 2011, à l’époque première secrétaire du PS, très généreuse avec les écologistes pour les élections législatives de juin 2012. Du reste, le PS ne valant plus que 1,7% des voix, a, malgré son implantation locale, plus grand-chose à négocier dans les rapports de forces.

Comme toujours, les écologistes sont très bons dans les combinaisons politiciennes et si Julien Bayou donne le modèle allemand pour conclure un accord de gouvernement, il oublie de rappeler que les Verts allemands, contrairement à ceux français, sont politiquement indépendants alors qu’ici, ils sont plus gauchistes et anticapitalistes que réellement écologistes.

C’est d’ailleurs leur droit, mais ils ont fait à l’évidence beaucoup d’erreurs de casting. En ne franchissant pas le seuil de 5% au premier tour de l’élection présidentielle, Yannick Jadot a montré les limites de son charisme-frimeur (la grosse tête depuis les élections européennes), et Julien Bayou a beau avoir troqué les cheveux longs contre une cravate (que porte aussi l’ancien candidat), cela ne suffit pas pour se dire prêts à gouverner.

Ils auraient au contraire eu intérêt à présenter la candidature de Sandrine Rousseau, plus capable de mobiliser les âmes écologistes face aux autres forces en présence, à montrer la valeur ajoutée des écologistes, quitte à se montrer utopistes, liberticides et irresponsables, mais au moins, ils auraient franchi les 5%, peut-être même 10% et seraient en meilleure posture pour négocier. Et dans une meilleure santé financière, car la perte de l’aide de l’État pour cause de nombre de voix insuffisant a plombé la caisse de 3 millions d’euros avec une échéance bancaire dans quelques jours.

Julien Bayou n’a pas su expliquer pourquoi ses troupes acceptent de s’unir avec FI au premier tour des législatives alors qu’il y a à peine quelques semaines, ils avaient refusé de s’unir au premier tour de l’élection présidentielle, stratégie qu’ils avaient pourtant suivie avec le PS en 2017 pour éviter un éparpillement de la gauche. La seule raison est politicienne et partisane : permettre à leur parti d’avoir les moyens matériels d’évoluer dans la prochaine législature avec la reconnaissance d’un groupe politique.

Ce qui est terrible, c’est que les écologistes ne veulent pas changer une stratégie qui a échoué : aux élections régionales de juin 2021, dans deux régions, ils ont effectivement mené des listes d’union EELV-FI-PS-PCF (Julien Bayou au second tour en Île-de-France et Karima Delli dès le premier tour dans les Hauts-de-France) et face aux trois autres listes LR et alliés, LREM et alliés et RN, elles n’ont pas fait le poids, reléguées en troisième position.

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Dans les Hauts-de-France, situation se rapprochant de l’union dès le premier tour aux législatives mais dans un scrutin beaucoup plus favorable, la liste de gauche de Karima Delli n’a fait que 19,0% au premier tour et 22,0% au second tour, en troisième position aux deux tours. En Île-de-France, l’union ne s’est faite qu’au second tour, mais elle n’a même pas été l’addition du premier tour (en pourcentages). Ainsi, au premier tour, EELV mené par Julien Bayou a eu 13,1%, le PS mené par Audrey Pulvar 11,1% et FI-PCF menés par Clémentine Autain 10,3% et la liste d’union EELV-PS-FI-PCF au second tour n’a obtenu que 33,7%, faisant perdre à ces partis 13 sièges par rapport aux sortants élus en décembre 2015.

Car l’union de partis aussi divergents dans les convictions ne peut que provoquer une dynamique répulsive et pas attractive, surtout pour des élections nationales où les désaccords sur la politique extérieure sont cruciaux, en particulier l’analyse sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie : Jean-Luc Mélenchon voudrait la neutralité de la France tandis que les écologistes veulent soutenir à fond les Ukrainiens. Que feraient-ils si jamais ils arrivaient au pouvoir ? Qui serait le Ministre des Affaires étrangères ?

En Allemagne, puisque Julien Bayou évoquait la comparaison avec notre voisin, les écologistes ont toujours pris leurs responsabilités politiques, on se rappelle Joshka Fischer à la tête de la diplomatie allemande, et ils ont surtout adopté une politique réaliste pour réduire les causes du réchauffement climatique.

Au lieu de cela, en France, on a des "écolo-totalitaires", qui veulent imposer une décroissance et une idéologie anti-progressiste, une sorte de retour en arrière social en créant des polémiques complètement inutiles dans une société déjà fragilisée et divisée. Les maires écologistes des grandes villes élus en juin 2020 l’ont hélas prouvé, certains en voulant "interdir" leurs jeunes administrés de rêver d'avion, et les Français ne souhaitent pas avoir ce "niveau d’écolo-totalitarisme" à l’échelle nationale.

En tout cas, quels que soient les résultats des écologistes aux élections législatives, suivez bien Julien Bayou, il est de la graine à devenir le prochain candidat écologiste à l’élection présidentielle …jusqu'au prochain échec.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Julien Bayou.
Élysée 2022 (49) : vers une quatrième cohabitation ?
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Yannick Jadot.
Sandrine Rousseau.
Élysée 2022 (5) : profondes divisions chez les écologistes.
Grégory Doucet.
René Dumont.

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https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/legislatives-2022-1-le-pari-ecolo-241329

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 03:02

« Nous voulons faire élire des députés dans une majorité de circonscriptions, pour empêcher Emmanuel Macron de poursuivre sa politique injuste et brutale (RSA sous condition de travail gratuit et retraite à 65 ans) et battre l’extrême droite. (…) Le Premier Ministre serait issu du plus grand groupe à l’Assemblée, soit Jean-Luc Mélenchon. » (FI et le PS, le 4 mai 2022).



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On croit rêver ! Jusqu’à nouvel ordre, c’est Emmanuel Macron qui a battu l’extrême droite le 24 avril 2022, ce n’est pas le PS de sa candidate Anne Hidalgo ni FI de Jean-Luc Mélenchon.

Après un accord avec les écologistes le 2 mai 2022, un accord avec les communistes le 3 mai 2022 (un accord sur un autre programme que la veille !), les apparatchiks de France insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, ont signé un accord avec les socialistes du PS ce mercredi 4 mai 2022. Sur encore un autre programme ? L’accord devra être ratifié au conseil national du PS qui aura lieu le 5 mai 2022 à 19 heures. Au conseil national du 20 avril 2022, le PS avait donné mandat à ses négociateurs de préparer un accord avec FI par 160 voix pour, 75 contre et 10 abstentions.

Pour dire clairement, on sent le parfum de la puanteur des combinaisons politiciennes de l’époque révolue de la Quatrième République, une atmosphère opaque de cuisine électorale qui ne fait pas honneur à la politique et encore moins à FI, mais c’est probablement un avant-goût du programme sur les institutions que ce parti voudrait mettre en place sous la dénomination "sixième république". On croit rêver car FI continue encore la fuite en avant en engageant des négociations maintenant avec… les dirigeants du NPA, le parti de Philippe Poutou.

Autant dire que le PS n’est plus le PS. D’ailleurs, dès le 3 mai 2022, l’ancien (et dernier) Premier Ministre socialiste Bernard Cazeneuve avait mis en garde ses camarades du PS : si le PS conclut un accord avec FI, alors, ce sera sans lui, il quittera le PS.

C’est aussi ce que vient de dire l’ancien Ministre de l’Agriculture, actuel maire du Mans, Stéphane Le Foll le 3 mai 2022 aux "4 Vérités" sur France 2 : il envisage sérieusement de quitter le PS si cet accord esit ratifié, insistant sur le fait que la perspective d’une victoire de la gauche aux élections législatives « est une fable, un leurre ». Il est prêt à prendre la tête des dissidents qui resteraient en lice dans certaines circonscriptions malgré l’accord. Ancien premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a aussi appelé à refuser cet accord.

L’ancien Président François Hollande, un peu responsable de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui son parti et qui avait prévu de relancer le PS après les législatives sous sa bannière, va être obligé benoîtement de quitter aussi le PS qui lui est devenu complètement étranger. Pourtant, c’était encore récent, il y a juste dix ans, c’était le hollandisme triomphant, avec un PS qui n’avait jamais été aussi fort de toute l’histoire de la République depuis que le courant socialiste existe, y compris à l’époque faste de François Mitterrand : à l’époque, le PS détenait ou contrôlait la majorité des grandes villes, la majorité des départements, la majorité des régions, la majorité absolue au Sénat depuis septembre 2011 (une première historique, qui ne s’est pas renouvelée en 2014), et avec l’élection de François Hollande au printemps 2012, l’Élysée, Matignon, la grande partie du gouvernement et la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Il est invraisemblable d’avoir dilapidé ce si fort capital institutionnel en quelques années au point de ne même pas avoir osé se représenter à sa réélection en 2017.

Qui est Olivier Faure ? Serait-ce un cheval de Troie du trotskisme le plus archaïque ? Premier secrétaire du PS depuis le 29  mars 2018, réélu à la tête du PS le 18 septembre 2021 à Villeurbanne, il dirige un parti qui vient d’accepter de revenir sur les lois qu’il avait lui-même présentées, défendues et adoptées, et, le pire, c’est qu’il a accepté de faire du Viktor Orban sur la scène européenne, à savoir de refuser des directives européennes si cela ne lui convenait pas !

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Le PS est un parti qu’on fui depuis 2017 : certains vers le macronisme (Jean-Yves Le Drian par exemple, et bien d’autres encore jusqu’à maintenant) ; certains comme Benoît Hamon, pourtant représentant officiel du PS à l’élection présidentielle de 2017, vers un parti nouvellement créé qui se moque du monde par son nom inclusivé, Générations (qui a aussi eu un accord aux législatives avec FI) ; d’autres vers les écologistes (comme Delphine Batho, la ministre renvoyée, qui a récupéré une coquille vide, Génération Écologie) ; et maintenant, le dernier carré des fidèles se fond dans le mélenchonisme.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron essaie de ramasser à la petite cuillère quelques bonnes cavalières, comme Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée Nationale, qui a annoncé qu’elle avait été contactée pour Matignon et qu’elle avait refusé. Mélenchon à Matignon n’est finalement plus si invraisemblable que ça !!

En tout cas, Jean-Luc Mélenchon a atteint l’objectif qu’il s’était fixé quand il a quitté le PS en 2008, alors qu’il doit tout au PS, son mandat de sénateur de 1986 à 2009, ses mandats locaux, en particulier de numéro deux du conseil général de l’Essonne. Cet objectif, c’était de tuer le PS, et le PS, toujours aussi vaillamment, l’a devancé ! Il s’est suicidé ce 4 mai 2022.

Car sur le plan du programme, c’est une reddition complète, une déroute idéologique : SMIC à 1 400 euros nets, blocage des prix de première nécessité, abrogation de la loi El-Khomri, planification écologique, abrogation des lois contre le séparatisme, "sixième république", retraite à 60 ans pour tous (« avec une attention particulière pour les carrières longues, discontinues et les métiers pénibles »). Objectif également a été fixé de « mettre fin a cours libéral et productiviste de l’Union Européenne et construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique et solidaire ». Bref, le PS, l’ex-énorme parti gouvernemental hégémonique, se range dans la case d’un groupuscule gauchiste anticapitaliste et irresponsable. À 1,7%, c’est son destin !

Quand Olivier Faure avait fait le déménagement de la rue de Solferino à Ivry, pour des raisons financières, il avait argumenté sur le fait qu’il fallait se rapprocher de ses électeurs. Conclusion, les journalistes ne se déplacent même plus à ce siège décidément trop éloigné de la vie parisienne, et maintenant, le premier secrétaire songe à redéménager pour revenir à Paris intra muros. Le problème, c’est qu’il ne peut plus se rapprocher de ses électeurs, ils seront maintenant introuvables.

Quand on parle de Paris, on se dit alors : mais qu’en pense Anne Hidalgo, la stoïque candidate du PS ? Eh bien, rien, et elle a bien insisté, enfin, son entourage : elle n’a pas l’intention d’avoir une seule chose à dire sur le sujet, elle n’a « pas l’intention de sortir de son silence » et préfère « se concentrer sur Paris ». On sait cependant qu’elle n’est pas contente du tout que sa protégée Lamia El Aaraje (ex-députée invalidée) ne soit pas retenue pour l’investiture dans la 15e circonscription de Paris qui sera dévolue à… la militante FI Danielle Simonnet. Se braquer toute la fédération du PS de Paris n’est peut-être pas productif, mais en 2022, combien encore de batillons parisiens dans le parti ? Climat de faillite.

Et cela donne une idée de la nature des accords que négocie FI : en fait de programme, ce parti s’en moque. Si c’était si long, c’était parce qu’il fallait discuter des 577 circonscriptions. En fait, les discussions, qui ont duré deux jours et deux nuits, n’ont porté que sur 70 circonscriptions. Rappelons que le PS est le parti de gauche qui a le plus de députés sortants (28) mais qui a fait le score le plus faible (excepté le NPA quasi-équivalent).

C’est ni plus ni moins de la cuisine électorale, ce qu’il y a de plus nauséeux dans la pratique politique et qui encourage l’abstention. Et c’est là, la contradiction : le principal adversaire de FI, c’est l’abstention. Parce que arrivé en troisième position au premier tour de l’élection présidentielle, le parti de Jean-Luc Mélenchon risque de se retrouver aussi, dans la plupart des circonscriptions, en troisième position. Or, pour atteindre le second tour, en troisième position, il faut au moins 12,5% des inscrits, soit, avec une abstention équivalente à 2017, entre 25% et 30% des suffrages exprimés. Autant dire qu’à l’exception de quelques dizaines de circonscriptions bien ancrées à gauche, l’alliance appelée NUPES : Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale a peu de chance d’arriver au second tour.

Une grande cérémonie d’investiture aura lieu à Aubervilliers le 7 mai 2022, pour acter l’absence de candidat FI dans 100 circonscriptions au profit de EELV (dont 30 gagnables), 70 au profit du PS et 50 au profit du PCF (dont 16 gagnables). Les négociateurs du PS ont estimé que leur parti avait été bien servi au regard des 1,7% de la présidentielle, sans pourtant prendre en compte que le PS est un parti très bien implanté qui a su encore être victorieux dans beaucoup de municipalités en 2020 et de conseils régionaux en 2021. Ces négociateurs du PS ont oublié de comprendre que les 22% de Jean-Luc Mélenchon sont venu d'un vote utile et que le vrai mélenchonisme électoral ne valait que 10% à 12%.

Comme disait Stéphane Le Foll, c’est un leurre d’imaginer un gouvernement Mélenchon, c’est un ballet des Nupes (c’est facile, j’ai déjà lu ce jeu de mots), mais Jean-Luc Mélenchon s’en fiche, son truc, c’était de tuer le PS, qu’il ait capitulé sans condition à ses pieds, et l’avenir de la gauche ne pourra ainsi plus passer par le PS, car il n’existera plus, tout le monde l’a fui, d’une manière ou d’une autre. De là à construire un nouveau mouvement avec plein d’espérance pour les années 2030, on peut légitimement en douter quand on le voit discutailler avec le PCF et NPA, symboles résiduels d’un siècle qui n’en finit plus de se consumer en France…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Olivier Faure, le fossoyeur du PS ?
Législatives 2022 (3) : Valérie Pécresse mènera-t-elle Les Républicains aux législatives ?
Législatives 2022 (2) : la mort du parti socialiste ?
Législatives 2022 (1) : le pari écolo-gauchiste de Julien Bayou.
Élysée 2022 (49) : vers une quatrième cohabitation ?
Élysée 2022 (44) : la consécration du mélenchonisme électoral.
Élysée 2022 (43) : le sursaut républicain !
Michel Delebarre.
Jean-Pierre Bel.
Bernard Tapie.
Daniel Mayer.
Léon Blum.
Jacques Delors.
Bertrand Delanoë.
Manuel Valls.
Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Luc Mélenchon.
Christiane Taubira.
François Hollande.
Anne Hidalgo.
Le technotable de Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 03:47

« C’est la génération Mauroy qui tire sa révérence. (…) Delebarre à Dunkerque aura copié et reproduit la machine électorale qu’il avait réglée pour son maître lillois, capable de compenser par sa manière pateline et paternelle. (…) Volontiers autoritaire, Delebarre ne compense pas comme Mauroy. » (Marc Prévost, le 3 avril 2014 dans le "Daily Nord").




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Le jugement de ce journaliste du Nord en forme d’éloge funèbre était sévère pour commenter l’échec surprenant de Michel Delebarre en 2014, détrôné de son siège de maire de Dunkerque qu’il occupait depuis un quart de siècle (1989). Malade depuis quelque temps, Michel Delebarre a quitté cette terre à quelques jours de ses 76 ans ce samedi 9 avril 2022 à Lille. Il aura été un symbole de ce socialisme de gouvernement qui a fait les beaux jours de la Mitterrandie des années 1980 et 1990 et qui a probablement précipité le parti socialiste trente année plus tard dans l’impasse de l’élection qui allait se dérouler le lendemain, avec même pas 2% des voix au niveau national.

Protégé de Pierre Mauroy, maire de Lille et premier Premier Ministre de François Mitterrand, Michel Delebarre fut le technocrate qui a construit le "système Mauroy" à Lille, basé sur du clientélisme politique intense. À son départ de Matignon, Pierre Mauroy, au-delà de l’avoir nommé préfet, l’a imposé dans la composition du gouvernement suivant, dirigé par Laurent Fabius. De collaborateur, il est devenu acteur de la vie politique : Michel Delebarre, ami des patrons, s’est transmuté en collectionneur de mandats pendant trente ans, ministre pendant sept ans, maire de Dunkerque pendant vingt-cinq ans, parlementaire du Nord, président du conseil régional et président de nombreuses structures annexes qui en ont fait un champion de France du cumul des mandats.

Apprécié par l’ancien Premier Ministre Raymond Barre pour sa rigueur et sa compréhension des milieux économiques, Michel Delebarre a été, pendant le second septennat de François Mitterrand, un socialiste très en vue, jeune, dynamique, l’image que voulaient laisser les vieux éléphants après l’insupportable guerre interne du congrès de Renne en 1990. On projetait sur Michel Delebarre toute sorte de destin, en particulier celui de diriger le gouvernement (cité régulièrement parmi les premiers ministrables comme Michel Charasse ou encore Louis Mermaz) et celui de diriger le parti socialiste. Son potentiel était d’être un éléphant au plus haut niveau : « On m’a vu Premier Ministre, premier secrétaire du PS, cela fait plaisir… C’est à Mitterrand et Mauroy que je le dois. ». Mais les circonstances ne sont pas allées dans ce sens : en 1993, il a été battu aux législatives et il n’a finalement été qu’un seigneur féodal de grande influence locale, politique mais aussi économique.

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Bien que les deux hommes étaient "complices", Pierre Mauroy ne l’a pas choisi comme dauphin à la mairie de Lille : « [En 1989,] la logique voulait que je devienne adjoint au maire de Lille. Mais Pierre Mauroy s’est dit que, lui maire, s’il me faisait son adjoint, les gens penseraient immédiatement à sa succession. C’était un peu tôt. ». De plus, Bernard Roman comptait prendre cette succession. Finalement, Martine Aubry a préempté l’héritage, à l’élection suivante, en juin 1995, en se faisant parachuter comme première adjointe au maire de Lille. Quand il s’est attaqué à la mairie de Dunkerque en 1989, tenue par l’inamovible maire indépendant Claude Prouvoyeur, Michel Delebarre ne pensait pas gagner. Daniel Percheron, ancien président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, disait qu’il avait « une chance sur cent de l’emporter ». Il a gagné en deux coups, la première fois avec 115 voix d’avance qui a abouti à une invalidation à cause du trop faible écart de voix, mais la nouvelle élection a confirmé le premier résultat. Le début d’une grande histoire d’amour avec la ville portuaire qui s’acheva sur un divorce, un premier adjoint qui l’a emporté sur le maire sortant en 2014 en pleine Hollandie triomphante (Michel Delabarre avait apporté son soutien à François Hollande bien avant la "chute" de Dominique Strauss-Kahn dans une chambre du Sofitel).

Longtemps collaborateur de Pierre Mauroy, en particulier secrétaire général de la mairie de Lille puis, dircab à Matignon entre 1982 et 1984, fonction qui l’a conduit à se faire condamner le 9 novembre 2005 par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des écoutes téléphoniques contre Jean-Edern Hallier, Michel Delebarre était un dingue de travail. Une appréciation de Pierre Mauroy interrogé par Florence Muracciole dans "Le Point" le 27 janvier 2011 : « Michel Delebarre, c’est un ami. Il a été un collaborateur formidable, doté d’une force de travail incroyable. Je n’ai jamais vu un homme aussi amoureux de ses dossiers. Il n’est jamais aussi heureux que quand il en a une pile devant lui : il les caresse… ».

De 1984 à 1986, il est devenu Ministre du Travail de Laurent Fabius puis il a multiplié les ministères de 1988 à 1993 dans les gouvernements de Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. Il a été le premier Ministre de la Ville en 1990, pendant deux ans (transmettant son portefeuille à Bernard Tapie), avec le rang prestigieux de Ministre d’État. Si en 1997, il n’a pas été membre du gouvernement de Lionel Jospin, c’était probablement parce qu’il avait misé sur Henri Emmanuelli pour la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 1995.

Marc-Philippe Daubresse (à l’époque UMP), ancien Secrétaire d’État au Logement sous Nicolas Sarkozy, aimait bien Michel Delebarre, son voisin de circonscription : « Le Delebarre national est un homme cordial, avec qui je me suis très bien en entendu quand j’étais au Logement et lui président de l’Office HLM. À côté, le Delebarre maire est autoritaire. Certes, il a réussi un bel aménagement du territoire dans son secteur, mais sa gestion est très centralisée et l’opposition peu considérée. Décentralisateur à Paris, il est centralisateur à Dunkerque. ». Ce qu’admettait dans le même hebdomadaire Michel Delebarre, qui se disait « Je suis flamand, un Flamand rose ! » : « Ici, je suis le patron et je m’assume comme tel. Je travaille avec des copains, et ce n’est pas l’armée ni la dictature. Même si je suis exigeant, ça ne nous empêche pas de bouffer ensemble. Il n’y a pas de système Delebarre, c’est une façon de vivre. ».

L’apparatchik socialiste Daniel Percheron voyait même en Michel Delebarre un futur Président du Sénat, aux élections sénatoriales de 2011 (où la gauche allait remporter la majorité sénatoriale) : « De Gérard Larcher il aurait la convivialité, de René Monory l’intelligence territoriale, et de Pierre Mauroy la dimension nationale. ». Finalement, le socialiste Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste, fut élu Président du Sénat en octobre 2011 pour le temps d’un seul mandat de trois ans.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 avril 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Portrait de Florence Muracciole dans "Le Point" du 27 janvier 2011 : "Un Flamand rose à la barre".

Michel Delebarre.
Jean-Pierre Bel.
Bernard Tapie.
Daniel Mayer.
Léon Blum.
Jacques Delors.
Bertrand Delanoë.
Manuel Valls.
Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Luc Mélenchon.
Christiane Taubira.
François Hollande.
Anne Hidalgo.
Le technotable de Dunkerque.
Pierre Moscovici.

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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 03:31

« À côté d’eux [des militants EELV], Yannick Jadot, rationnel, démocrate, réformiste et républicain, paraît une sorte de colonel sobre à la tête d’une armée folle. L’un des charmes de l’écologie française est que le groupuscule est moins raisonnable que son leader. Onirophobes, inclusivistes, incompétents, antivax (pour certains), intersectionnels, victimistes, terrorisables, rééducables et ardemment soumis à tous les vents, les Verts sont une sorte de secte accidentellement gouvernée par un homme raisonnable. » (Raphaël Enthoven, le 8 septembre 2021 dans "L’Express").


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Étrange époque où les déclarations ne valent que si on est vainqueur. Xavier Bertrand est prêt à rassembler …autour de lui ! Et Sandrine Rousseau était prête à soutenir le candidat désigné par la primaire EELV… seulement dans le cas où c’était elle.

C’est sûr que la désignation du candidat écologiste Yannick Jadot a étonné dans l’histoire du mouvement écologiste qui préfère généralement les candidats les plus extrémistes et les moins capables de rassembler les électeurs. Sandrine Rousseau a eu le blues du perdant, c’est-à-dire qu’elle a exprimé son amertume et sa conviction (qui n’est pas prouvée) que si le vote avait eu lieu une ou deux semaines plus tard, elle aurait gagnée car les votes se seraient croisés. Si elle le dit.

C’est vrai qu’à 2% près, c’est assez rageant. Mais valait-il mieux une courte défaite ou une large défaite ? Pour elle, c’était un peu comme Ségolène Royal (j’y reviendrai) le soir de sa défaite face à Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 : en avant vers de nouvelles victoires ! En effet, Sandrine Rousseau a déclaré : « Ce n’est que le début de quelque chose ! ». Pourtant, son aventure présidentielle s’arrêtait là.

Pendant trois jours, ce fut tergiversations. Le coup de semonce, le lendemain de sa défaite, le 29 septembre 2021 à la matinale de RTL, la candidate a laissé exprimer toute son acidité : « Je n’ai pas l’impression que Yannick Jadot ait perçu l’ensemble de la dynamique. (…) Je n’ai pas senti qu’il ait entendu l’importance de porter la radicalité comme étant une transformation de notre société, de notre économie, et de la structure du pouvoir. ».

Le surlendemain, en Savoie, Julien Bayou (patron de EELV) a recadré l’ancienne candidate. Alors, il y a eu beaucoup de rumeurs, que Sandrine Rousseau créerait son propre mouvement politique, qu’elle se présenterait quand même à l’élection présidentielle, qu’elle soutiendrait un autre candidat que celui de EELV.

Se frottant les mains, les partisans de Jean-Luc Mélenchon (qui remonte dans les sondages) n’hésitaient pas à aller à la pêche aux voix, un peu comme Éric Zemmour chez LR. Ainsi, la députée FI Danièle Obono le 28 septembre 2021 sur franceinfo : « Les clarifications vont pouvoir se faire sur quelle écologie nous voulons mettre œuvre, entre une écologie de bifurcation et une écologie d’accommodement. (…) [Les électeurs qui] ont porté cette candidature [celle de Sandrine Rousseau] auront désormais un candidat en 2022 : Jean-Luc Mélenchon ! ».

Reprenant les mêmes éléments de langage (ce qui est un peu trop visible), le député européen FI Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, a lancé un appel à Sandrine Rousseau le 1er octobre 2021 : « Les électrices et les électeurs de cette primaire qui se sont retrouvés derrière la candidature de Sandrine Rousseau ont aujourd’hui un candidat en la personne de Jean-Luc Mélenchon. (…) Si c’est le choix qu’elle fait, elle est bien évidemment la bienvenue [à FI] (…). C’est elle qui en tirera les conclusions. ».

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Dans un des débats du premier tour de la primaire EELV, Jean-Marc Governatori avait mis en garde : il ne se voyait pas faire la campagne de Sandrine Rousseau et il ne la voyait pas faire sa campagne, tant les positions politiques étaient très différentes.

Il faut bien comprendre que le principe des primaires est très cruel quand on perd : on doit faire ensuite la campagne d’un adversaire qu’on a combattu pendant des mois. En ce sens, la primaire du PS en janvier 2017 avait été terrible et sans doute est-ce la cause du délitement continu du courant socialiste en France. En principe, tous les participants à une primaire s’engagent à soutenir le candidat désigné à l’issue de celle-ci.

Au PS en 2017, ce ne fut pas du tout le cas. D’abord, celui qui a été désigné était un ultraminoritaire dans l’appareil, Benoît Hamon, au point qu’après son lamentable échec, il a quitté lui-même le PS (et a créé un parti qui s’est amouraché avec EELV). Ses adversaires n’étaient pas mieux. Ainsi, Manuel Valls a soutenu Emmanuel Macron, tout comme François de Rugy (qui, bien qu’écologiste, était de la primaire PS). Le vote de Sylvia Pinel, autre belligérante, était probablement macronien aussi (mais j’ai un doute à ce sujet). Beaucoup de hiérarques du PS ont aussi préféré Emmanuel Macron : Ségolène Royal, Michel Rocard, Jean-Yves Le Drian, Pierre Moscovici… (non, pas Michel Rocard, il avait déjà quitté ce monde, mais c’était pour voir si vous suiviez).

Finalement, Sandrine Rousseau a lâché les mots doux tant attendus, le 1er octobre 2021 sur France Bleu : « Évidemment, c’est Yannick Jadot qui portera les couleurs de écologie, je me mets complètement à son service. Je le suivrai sans aucun état d’âme. ». Nous voici rassurés, la morale est sauve.

Je doute néanmoins que ce couple Sandrine Rousseau/Yannick Jadot, ce soit un long fleuve tranquille jusqu’à l’élection. Je ne vois pas comment l’une peut soutenir l’autre sauf si ce dernier reniait ce qu’il penserait. Mais Yannick Jadot a montré une forte élasticité dans ses convictions, peut-être est-ce le secret d’un bon responsable politique, l’habileté à dire tout et son contraire devant des publics différents sans que la contradiction, plus facilement détectable maintenant avec l’Internet, puisse lui causer du tort ?

Pour l’heure, le candidat EELV est comme la candidate PS, inconsistant dans les sondages d’intentions de vote. Peut-être faudrait-il que, pour se faire entendre, Sandrine Rousseau se tourne vers Éric Zemmour, malgré l’aversion que nourrit ce dernier contre l’engagement des femmes en politique ? Ça promet d’être passionnant…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 octobre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Yannick Jadot.
Sandrine Rousseau.
Élysée 2022 (5) : profondes divisions chez les écologistes.
Grégory Doucet.
René Dumont.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210928-sandrine-rousseau.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/sandrine-rousseau-mauvaise-236156

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/30/39157734.html







 

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