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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 00:55

Bon, si on résume les premiers résultats locaux :

1. Pas de vainqueur au premier tour.
2. Royal en tête, c'est sûr. Elle fait plus que sa motion le 6 nov. Autour de 40% ?
3. Suspens entre Hamon et Aubry pour la 2e place avec avantage pour Aubry, mais Hamon fait parfois des très bons scores, premier dans certains lieux (comme Toulouse).
4. Les militants du PS ont clairement dit "zut" aux apparatchiks et éléphants qu'ils peuvent considérer comme la cause de destruction de leur parti à Reims. Pour preuve, les 53% pour Royal dans le 18e arrondissement, l'arrondissement fétiche de Jospin et Delanoë.
5. La plus forte mobilisation (5 à 15% de plus ?) a favorisé Royal et Hamon.

Maintenant, dans les supputations,
1. Si Hamon était en 2e place, Royal devrait l'emporter demain soir (je vois mal des strauss-kahniens et des hollandais voter Hamon).
2. Si c'était Aubry, l'arithmétique l'avantagerait encore (comme pour le 1er tour) mais une telle volonté de changement et de renouvellement pourrait la défavoriser, des "hamonistes" préférant Royal aux éléphants représentés par Aubry.

Une chose est sûre : ce vote est essentiel pour l'avenir politique du PS, et donc, forcément, vu le poids de ce parti dans le pays, pour l'avenir politique du pays. Demain, tout va se figer.

SR

 

 

 

 

http://www.lepost.fr/article/2008/11/21/1332728_dans-l-attente-des-resultats-une-petite-analyse.html

 

 

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 21:53
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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 17:20

La réalité est pire que la fiction : pouvait-on imaginer pareilles tourments chez les socialistes ?


Énième jour de vote au Parti socialiste. Faudra-t-il un treizième tour (comme pour Coty) pour connaître le nom du successeur de François Hollande ?

Ce 20 novembre 2008 ou probablement, ce 21 novembre 2008, les adhérents socialistes vont définitivement trancher pour désigner leur futur premier secrétaire.


Vote militant

L’étonnement est présent, car a priori, le choix se fait après le congrès qui n’a accouché d’aucun leader ni d’aucune ligne politique claire.

Pourtant, la "désignation" par les militants du premier secrétaire, mis en place en 1995 par Lionel Jospin, n’avait pas pour but de "choisir" le premier secrétaire parmi plusieurs candidats, mais seulement de ratifier le "choix" du congrès. Pour la première fois, ce choix n’a pas "abouti".

L’objectif de Lionel Jospin était à l’époque de donner au premier secrétaire (lui en l’occurrence) une véritable légitimité socialiste au moment où Philippe Séguin réclamait l’élection du président du RPR par tous les militants (finalement, il l’a obtenue pour lui-même en 1997 puis pour Michèle Alliot-Marie en 1999, élection où était d’ailleurs candidat François Fillon).

Ce choix du suffrage direct a finalement fait le jeu de Ségolène Royal : sans ce vote du 20 novembre 2008, il était fort probable que les mammouths du PS auraient mis un peu plus de bonne volonté pour se liguer contre elle et ce qu’elle représente.


Royal pansée contre Aubry collée

Même si Benoît Hamon est fort sympathique et deviendra un responsable socialiste qui comptera pour la ou les prochaines décennies (son ambition semble assez élevée), le combat actuel reste avant tout un combat de reines… Royal contre Aubry.

Les deux femmes se connaissent bien. Elles sont toutes les deux énarques et ont travaillé à l’Élysée sous la protection de François Mitterrand.

Une différence fondamentale, à mon sens, c’est que l’une est conquérante alors que l’autre est héritière. Un distinguo que j’avais expliqué ici.

Martine Aubry n’est évidemment pas sans mérite, mais fille de Jacques Delors et héritière de Pierre Mauroy à Lille, elle n’aurait jamais pu s’implanter dans le Nord sans l’aide précieuse de l’ancien Premier Ministre qui a dû sacrifier son dauphin pourtant attitré, Bernard Roman, delanoïste anti-fabiusien qui ne lui en porte pas rancune puisqu’il soutient maintenant Aubry.

Ségolène Royal, plutôt isolée dans le milieu socialiste, elle, est une conquérante. Elle a certes été très aidée par François Mitterrand pour se trouver une circonscription en juin 1988, mais elle n’a jamais manqué d’audace en cherchant à prendre à deux reprises la mairie de Niort (en 1995 et 2001) parfois contre un autre socialiste, puis en s’emparant de la présidence du Conseil régional du Poitou-Charentes en pleine période du gouvernement Raffarin (avril 2004).


Des ambitions présidentielles… plus tôt que chez Sarkozy

Ce qui est amusant, c’est que Ségolène Royal avait des ambitions présidentielles très tôt. Dès 1995, Royal avait déjà de l’appétit alors que Nicolas Sarkozy n’envisageait encore son avenir qu’au travers de l’élection d’Édouard Balladur.

Une fois connus le désistement de Laurent Fabius (à cause de l’affaire du sang contaminé) et l’abandon de Jacques Delors (en décembre 1994) pour manque d’ambition personnelle (car les raisons qu’il avait invoquées à l’époque ne tenaient pas vraiment la route), Ségolène Royal commença à s’inquiéter sérieusement de la primaire entre un Henri Emmanuelli premier secrétaire et un Lionel Jospin dépouillé de ses mandats en 1993 et disgracié par Mitterrand dès 1992.

D’autant plus que les sondages prédisaient un second tour présidentiel entre Balladur et Chirac. Pour Royal, c’était l’occasion ou jamais à saisir puisque le PS n’imaginait pas de gagner.

Elle l’avoua en 2004 au "Nouvel Observateur" : « Je pensais que la seule solution était de présenter un candidat de notre génération. Quand j’ai vu que François Hollande puis Martine Aubry se ralliaient bon gré mal gré à Lionel Jospin, je me suis dit pendant quelques jours que mon devoir était d’être candidate. J’ai consulté mes proches, je le regrette. Ils m’ont conseillée d’être raisonnable. Ils avaient tort. Dans cette aventure, je suis sûre que je n’aurais pas été ridicule. ».


Un poste avant tout !

Un peu plus tard, après la victoire législative de Lionel Jospin en 1997, Ségolène Royal revendiqua le perchoir mais elle y renonça à cause de Fabius, le principal concurrent de Jospin, qu’il devait bien caser quelque part et dont il ne voulait à aucun prix ministre. Royal se retrouva au gouvernement, mais au lieu du Ministère de la Justice qu’elle voulait, elle se retrouva recroquevillée dans un sous-ministère sous l’autorité du bouillonnant Claude Allègre.

Entre le 27 mars 2000 et le 18 octobre 2000, Ségolène Royal se retrouva même sous l’autorité de Martine Aubry, grande Ministre de l’Emploi et de la Solidarité du gouvernement Lionel Jospin, et renforça sa popularité sur les questions de famille et d’enfance.

Lors d’un congrès, alors qu’elle souhaitait prendre des responsabilités dans la direction nationale, on ne lui laissa qu’un poste de présidente de la convention nationale qui n’est qu’une fonction de modérateur dans les discussions sans beaucoup d’intérêt.

Au contraire, Martine Aubry a souvent renoncé à s’investir dans le Parti socialiste (c’est Hollande qui l’a rappelée à la direction nationale il y a quelques années) et dans la politique nationale (démission du gouvernement en 2000 pour préparer les municipales de Lille en 2002, absence d’implication dans la primaire de 2006 et dans l’élection présidentielle de 2007). Si elle refait surface aujourd’hui, ce n’est pas par sa grâce, mais par le syndic des éléphants battus (en l’occurrence, Strauss-Kahn et Fabius) rejoint par les dépités du jospinisme (et son chef, Delanoë).


Équipe ou jeu personnel ?

On dit que Martine Aubry joue un jeu collectif, mais la réalité, c’est que dans sa profession de foi, elle a employé dix fois "je" et seulement trois fois "nous" (alors que dans celle de Ségolène Royal respectivement trois et vingt-trois fois !) et au lieu de parler travail d’équipe (comme Royal avec Vincent Peillon), dans son dernier discours de Reims, elle n’a parlé que de "motions" suivies de lettre (A, C, D, etc.), ce qui fait très apparatchik (seuls les spécialistes parlent couramment ce langage, de quoi dégoûter les militants socialistes de base).

Sur le plan des équipes, il est intéressant de savoir avec qui dirigerait chaque candidat au poste :

1. Dans le sillage de Martine Aubry, c’est un véritable musée archéologique qu'on découvre : Fabius (qui deviendrait président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale), Jospin, Rocard, Mauroy, Jack Lang, Strauss-Kahn, Delanoë… et même André Laignel, député célèbre pour avoir dit le 13 octobre 1981 : « [Votre] débat bascule du juridique au politique. C'est [votre] droit. Mais dans ce cas, vous avez juridiquement tort, puisque vous êtes politiquement minoritaires. ». Heureusement, il y a les caciques plus jeunes : Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone (qui deviendrait numéro deux), Arnaud Montebourg (il est devenu cacique), Jean-Paul Huchon etc. dont on ne peut pas dire qu’ils représentent stricto sensu le renouvellement.

2. Chez Benoît Hamon, on retrouve aussi quelques vieux pachydermes : Paul Quilès (qui avait demandé à connaître le nom des têtes à couper au célèbre congrès de Valence le 23 octobre 1981, peu après l’élection de Mitterrand, voir note ci-dessous), Henri Emmanuelli (ancien premier secrétaire en 1994) etc. mais il peut compter sur d’anciens jeunes militants comme Isabelle Thomas et Bruno Julliard ou encore Philippe Darriulat…

3. Ségolène Royal a aussi son lot d’éléphants avec Louis Mermaz et Édith Cresson, mais elle se base sur une nouvelle génération : Manuel Valls, Vincent Peillon, Dray, Aurélie Filippetti, Delphine Batho etc.


Appareil contre base

Étrangement, sur LCI le 19 novembre 2008, François Bayrou a donné un coup de pouce à Ségolène Royal en disant clairement qu’il n’était pas question d’une alliance entre le PS et le MoDem (Bayrou n’est pas fou, il ne veut pas perdre son leadership et surtout, il ne veut pas faire entrer la confusion socialiste dans son mouvement).

Ce qui disculpe définitivement Ségolène Royal du crime de lèse socialisme, à savoir les soupçons de flirt avec les centristes (le courtisé a refusé, l’affaire est close).

Le choc Aubry/Royal, ce sera appareil contre volonté militante. Même si c’est très réducteur, c’est à peu près le symbole de l’enjeu.

Ségolène Royal le disait dès le 24 juin 2007 sur Canal Plus : « Le Parti socialiste n'appartient pas à un groupe ou à une minorité de personnes dirigeantes. Il appartient à tous les militants. Personne n'en est propriétaire, et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants, qui ont été si destructeurs. ».

Sans cacher ses réelles intentions un peu plus tard : « Le Parti socialiste n'est pas un objectif en soi. (...) Après une élection présidentielle, il y a deux solutions. Soit on dit : on arrête, comme l'avait fait Lionel Jospin. Ce n'est pas le choix que j'ai fait. (...) Soit on dit comme François Mitterrand après 1974 : "je continue". Pas pour moi. Ce n'est pas un itinéraire personnel mais parce qu'il y a eu une espérance qui s'est levée, un mouvement très fort qui s'est mis en mouvement lors de cette campagne. ».


Accouchement délicat

Je l’ai déjà dit ici, je reste persuadé que si Martine Aubry était désignée comme première secrétaire du PS (hypothèse la plus probable en raison du soutien de Bertrand Delanoë et du silence de François Hollande), le PS risquerait de sombrer dans une tempête qui pourrait lui coûter la victoire attendue aux élections européennes de juin 2009.

Martine Aubry est, de plus, la plus "mauvaise" présidentiable du PS dans les sondages actuels (mais ça peut encore changer en trois ans).


Ce qui est sûr, c’est que Fabius et Aubry n’élimineront pas Royal ces prochains jours. Même battue, elle se mettrait à l’affût de la moindre erreur et reviendrait en femme providentielle dès les prochains tourments.

Elle qui n’a aucun patriotisme de parti, oserait-elle alors fonder son propre parti avec son organisation de fans "Désir d'Avenir" ? Pas avec un Vincent Peillon assurément, mais peut-être avec des Gérard Collomb ou Manuel Valls qui supportent de plus en plus mal d’être appelés "socialistes".

Mais pourquoi donc François Hollande a-t-il quitté le poste de premier secrétaire ?

Les socialistes reconnaissants vont commencer à l’apprécier…

Comment ? Hollande ? le prochain candidat à la candidature des socialistes ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2008)


NB à propos de Paul Quilès et du congrès de Valence : Suite à un commentaire de Paul Quilès, je précise que le discours de Paul Quilès du 23 octobre 1981 faisait référence à Robespierre et avait abouti au but opposé à l'intention initiale qui était de modérer les partisans au sein du PS de la chasse aux sorcières contre la droite. Le ressenti et le ton du discours ont cependant choqué plus d'un démocrate, car c'était tout de même envisager des têtes qui tombent. Mais on était dans un climat où l'autre camp craignait des chars soviétiques au Champ de Mars.

Voici le lien sur l'explication de Paul Quilès qui aurait mieux convaincu en reproduisant l'intégralité de son discours que je n'ai pas retrouvé sur Internet. Je n'ai retrouvé que la citation suivante : « Il faut faire tomber des têtes, le faire rapidement et dire lesquelles » et qui, même dite dans la bouche d'un hypothétique Robespierre (c'est le fait de ne pas avoir nommé clairement le nom de ses prochains adversaires à exécuter qui l'a perdu), a donné une image déplorable de l'arrogance du nouveau pouvoir (a priori, même si c'est une injustice -et ce l'est ici- les hommes politiques sont responsables de l'image qu'ils laissent, même à leurs dépens).




Pour aller plus loin :

Les mensonges de Martine Aubry.

La guerre des roses.

Pire que Rennes !

Bayrou s’invite à Reims.

Tu veux ou tu veux pas ?

Géopolitique des crabes.

Analyses sur le PS.

Le congrès de Reims et ses motions en pratique.

Histoire du PS.





http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47503

http://www.agoravox.fr/edition_du_jour.php3?date_du_jour=2008-11-20

 

http://fr.news.yahoo.com/13/20081120/tot-y-aura-t-il-un-pilote-dans-l-avion-89f340e.html

 

http://fr.news.yahoo.com/63/20081120/tpl-y-aura-t-il-un-pilote-dans-lavion-5cc6428.html

http://www.lepost.fr/article/2008/11/20/1332039_y-aura-t-il-un-pilote-dans-l-avion.html

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 04:57

Le vote des motions du PS du 6 novembre 2008 a donné les résultats suivants :

 

Motion Royal : 29,08%
Motion Delanoë : 25,24%
Motion Aubry : 24,32%
Motion Hamon : 18,5%


Motion Pôle écologiste : 1,5%

Motion Utopia : 1,4%.

 

 

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 12:53

(dépêches)

 

 

 

Aubry-Royal : deux tempéraments, deux conceptions du rôle du Parti socialiste

LE MONDE | 17.11.08 | 13h37  •  Mis à jour le 17.11.08 | 13h37
REIMS ENVOYÉ SPÉCIAL

Entre Martine Aubry, 58 ans, et Ségolène Royal, 55 ans, le courant n'est jamais passé. Tout sépare ces deux femmes qui, ainsi que Benoît Hamon, aspirent à diriger le Parti socialiste à l'issue d'un congrès de Reims qui aura mis en évidence l'incapacité des socialistes à surmonter leurs divisions. Cette confrontation éclair n'oppose pas seulement deux tempéraments. Enarques et toutes deux anciennes ministres, la fille de Jacques Delors, issue d'un milieu "catho de gauche", et la fille d'un officier de droite ne partagent pas la même culture de l'action publique.

"Nous n'avons pas la même conception du PS, pas la même façon de faire de la politique", rappelle la maire de Lille. Mme Royal a fondé une partie de sa campagne sur la critique du "vieux PS", qu'elle juge recroquevillé sur lui-même, incapable d'attirer à lui les forces vives du pays, en particulier "les jeunes des quartiers populaires". Décidée à construire "un parti de masse", elle propose d'abaisser à un prix très modique la cotisation que paient les adhérents.

Mme Royal est favorable aux consultations directes des militants alors que sa concurrente préfère un vote au bureau national ou au congrès. Sa motion préconise qu'une primaire organisée auprès des sympathisants permette de désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012. Attachée à l'idée d'un "parti de militants", Mme Aubry redoute que Mme Royal ne transforme le PS en un "parti de supporteurs", simple machine électorale au service d'un leader, sur le modèle du Parti démocrate américain.

BATAILLE INCERTAINE

Ces divergences sur le fond rejaillissent sur la forme. La Fête de la fraternité, organisée en septembre au Zénith de Paris par Mme Royal, a fait bondir "Martine". Connue pour son franc-parler, Mme Aubry, qui taxe de "réacs" certaines attitudes de son adversaire, l'accuse aussi de caler ses choix sur les variations de l'opinion. "Il faut retrouver nos valeurs, renouer avec ce que nous n'aurions jamais dû quitter", insiste-t-elle.

A la tribune, Mme Aubry a joué sa partition de "bonne militante". Discours rodé, effets de tribunes calibrés et convivialité sans chichi. Mme Royal, qui admet son peu de goût pour les batailles d'appareil, a développé un mode d'expression qui reste largement exogène à l'univers socialiste.

A Reims, la question des alliances a constitué le principal point de friction. Face à Mme Royal, qui avait proposé un accord à François Bayrou entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007, Mme Aubry - comme M. Hamon - met en garde contre un retournement d'alliances. "On nous a fait un procès intellectuellement déloyal car notre motion est parfaitement claire : l'union de la gauche d'abord, la main tendue à tous les humanistes pour battre la droite, ensuite", proteste Mme Royal dans sa profession de foi, en soulignant que cette question fera l'objet d'une consultation directe des militants.

Dans son entourage, on fait valoir que l'addition des seules voix de gauche au premier tour ne permet plus de remporter un scrutin présidentiel. Sans oublier de glisser que lors des dernières élections municipales, Mme Aubry a conclu un accord au second tour avec le MoDem.

Entre les deux prétendantes, la bataille s'annonce incertaine. A priori, la maire de Lille paraît favorite face à Mme Royal, dont la motion a obtenu 29 % des voix mais qui paraît isolée. Mme Aubry (24,3 %) peut espérer recevoir l'appui, au second tour, de Benoît Hamon (18,5 %), à condition de l'avoir devancé au premier. La question principale porte sur l'attitude de ceux qui ont voté pour la motion défendue par Bertrand Delanoë (25,2 % des voix). Les amis de François Hollande, très hostiles à Mme Aubry, représentent près de la moitié de ce capital électoral. Dans le camp de Mme Royal, on annonce des ralliements de responsables de la motion Delanoë.

La personnalisation du scrutin et les conséquences de l'échec du congrès de Reims auront des conséquences difficiles à évaluer. En tout état de cause, sauf surprise qui verrait M. Hamon l'emporter, une femme va s'installer à la tête du PS.

Jean-Michel Normand


Le calendrier du PS : six jours pour constituer une majorité

Après avoir voté le 6 novembre pour départager les six motions en lice pour le congrès de Reims, les quelque 180 000 adhérents du Parti socialiste sont de nouveau appelés aux urnes, jeudi 20 novembre, pour départager les trois candidats au poste de premier secrétaire. Le scrutin sera ouvert de 17 heures à 22 heures dans les sections du PS. Si la majorité absolue n'est pas atteinte, un second tour sera organisé le lendemain. Le conseil national se réunira samedi 22 novembre. Le nouveau premier secrétaire tentera alors de constituer une nouvelle majorité autour de lui afin d'effacer l'échec du congrès.

Article paru dans l'édition du 18.11.08

 

Bertrand Delanoë appelle à voter pour Martine Aubry

LEMONDE.FR avec AFP | 17.11.08 | 13h14  •  Mis à jour le 17.11.08 | 18h41


Sorti défait du congrès du Parti socialiste à Reims, où contrairement à Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon, il ne s'est pas porté candidat à la direction du PS, Bertrand Delanoë a finalement décidé, lundi 17 novembre, d'appeler les militants à voter pour la maire de Lille jeudi, lors du scrutin visant à désigner le premier secrétaire du parti.

"Notre responsabilité est immense", souligne Bertrand Delanoë dans une lettre ouverte aux militants rendue publique lundi. Jugeant le vote de jeudi "décisif" pour "l'identité même du Parti socialiste", il appelle à voter "massivement" en faveur de Martine Aubry. Leader d'une motion arrivée deuxième lors du vote des militants le 6 novembre, le maire de Paris avait renoncé à briguer la succession de François Hollande. Le député François Lamy, bras droit de la maire de Lille, a salué un "geste fort", tandis que le député "aubryste" Jean-Christophe Cambadélis qualifiait cet appel de "déterminant pour l'unité du Parti socialiste".

Les partisans de Ségolène Royal ont riposté. François Rebsamen a ainsi dénoncé "une stratégie d'empêchement pour éviter aux socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le PS". Le maire de Dijon s'est voulu rassurant sur le sort de l'ex-candidate à la présidentielle, notant que "jusqu'à présent, les appels des grands élus n'ont pas été trop entendus" et que Martine Aubry, avec Laurent Fabius, "c'est presque le vieux parti". De leur côté, Vincent Peillon et Manuel Valls, deux des principaux lieutenants de Ségolène Royal, ont appelé les militants à élire la présidente de la région Poitou-Charentes dès le premier tour. Pour le premier, interrogé sur France 2, c'est la seule façon de "cesser de faire ricaner la droite" avec les divisions socialistes.

Benoît Hamon, le troisième candidat au poste de premier secrétaire du parti, a quant à lui jugé "décevant" l'appel de Bertrand Delanoë à voter pour Martine Aubry : "La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement", a déclaré le jeune eurodéputé lors d'une rencontre avec la presse.

PAS DE CONSIGNE POUR MOSCOVICI

D'autres hauts responsables du PS se refusent quant à eux à donner la moindre consigne de vote et se disent prêts à travailler avec le nouveau premier secrétaire quel qu'il soit. "Ni dévot, ni critique passionné", Pierre Moscovici a ainsi refusé lundi matin de prendre parti entre Ségolène Royal et Martine Aubry. "Si l'une des deux gagne, elle sera légitime et il faudra faire avec", a ajouté l'ancien ministre des affaires européennes, candidat déclaré au poste de premier secrétaire jusqu'à son ralliement au maire de Paris, fin septembre. Le patron des sénateurs socialistes, Jean-Pierre Bel, soutien de Bertrand Delanoë, observe la même prudence. "Je travaillerai demain avec le premier ou la première secrétaire quel qu'il ou quelle qu'elle soit et je suis fidèle à l'engagement pris hier devant les militants de ne pas donner de consigne de vote", a-t-il déclaré.

Alors que le rideau est à peine tombé sur le congrès de Reims, qui a renvoyé aux adhérents la mission de départager trois candidats à la direction socialiste, cet appel bouscule le jeu et brouille un peu plus l'horizon de Ségolène Royal. Un report strict des voix portées sur la motion Delanoë vers celle de Martine Aubry donnerait à la maire de Lille une très large avance sur ses concurrents : lors de la consultation des militants du 6 novembre sur les motions, les motions Aubry (24,32 %) et Delanoë (25,24 %) avaient en effet recueilli près de 50 % à elles deux, celle de Ségolène Royal 29,08 % des voix, et celle de Benoît Hamon 18,52 %.

Mme Royal mise de son côté sur les nombreux abstentionnistes du 6 novembre (44 %), ainsi que sur une partie des pro-Delanoë qui pourraient ne pas suivre la consigne de leur favori. Le député PS du Bas-Rhin, Armand Jung, qui soutenait la motion de Bertrand Delanoë, a par exemple déjà annoncé qu'il votera pour Ségolène Royal.

Les professions de foi des trois candidats encore en lice

Benoît Hamon se prononce pour "le renouvellement" et "l'ancrage a gauche", dans sa profession de foi diffusée lundi, en vue du vote des militants socialistes, jeudi. Il rappelle son refus de s'allier avec le MoDem "parce que son projet économique libéral est incompatible avec le nôtre". "Je milite aussi pour que notre parti ressemble à la France, qu'il soit l'expression de sa diversité, qu'il représente la mixité des âges et des origines", conclut-il.

Martine Aubry affirme elle aussi vouloir un parti "ancré a gauche", et s'engage à garantir "l'unité" du PS, dans sa profession de foi en vue du vote de jeudi. Elle évoque une équipe "avec de nouveaux visages, une nouvelle génération de militants aux couleurs de nos territoires et de toutes les cultures présentes en France". "Je veux défendre les alliances avec les seuls partis de gauche. Je veux garantir l'unité de notre Parti. J'y mettrai toute mon énergie et ma passion", assure-t-elle.

Ségolène Royal appelle à "bâtir ensemble le socialisme du XXIe siècle" et entend elle aussi "s'ouvrir à toutes les diversités". S'agissant de sa stratégie d'alliances, elle prône "l'union de la gauche d'abord, la main tendue à tous les humanistes pour battre la droite, ensuite".

 

 


PS : François Bayrou fait un rêve

17/11/2008 | Mise à jour : 23:24 | Commentaires  4 .

L'éditorial de Paul-Henri du Limbert du 18 novembre.
 
L'amicale des ennemis de Nicolas Sarkozy a besoin d'un chef. Président, premier secrétaire, secrétaire général, grand vizir, peu importe le titre. C'est une fonction ardue, qui réclame de l'habileté, des facultés d'adaptation, de l'art oratoire. Or, ce n'est pas faire injure à Ségolène Royal, Martine Aubry ou Benoît Hamon que de dire qu'en matière d'antisarkozysme ils ne sont pas les meilleurs. Il est vrai qu'en ce moment ils ont d'autres priorités. Non, dans ce domaine, le grand imprécateur, celui qu'on écoute quand il parle, c'est François Bayrou. Lui, le littéraire, cisèle ses formules mieux que les autres et lance ses traits mieux que les autres. Son problème, qui n'est pas mince, c'est qu'il est tout seul.

Prendre la tête du front antisarkozyste ? Oui, mais avec qui ? C'est tout le problème de François Bayrou, qui y réfléchit depuis mai 2007 et ne peut qu'échafauder des hypothèses. Entre toutes, celle qu'il affectionne, c'est évidemment l'éclatement du PS. Une grande scission, suivie par d'autres, une gauche divisée en courants et subdivisée en chapelles, qui consacrerait l'essentiel de son temps à se faire la guerre. Quelque chose comme la SFIO finissante. À paysage nouveau, possibilités nouvelles. On entend déjà le discours qu'il adresserait à des militants socialistes dégoûtés à tout jamais des querelles d'«éléphants» : «Vos chefs vous ont trompés, malheur à eux, suivez-moi !»

Mais la thèse de l'éclatement, même si elle n'est pas à exclure, n'est pas certaine. Le plus plausible, c'est un PS qui continuera de tirer à hue et à dia avec Martine Aubry ou Ségolène Royal à sa tête. Les aubrystes contre les royalistes, les royalistes contre les aubrystes, et la vie continue. Dans cette optique, François Bayrou aurait plutôt intérêt à une victoire de Martine Aubry, qui lui laisserait a priori un assez large espace au centre gauche. Fidèle à la thèse selon laquelle un congrès PS se gagne toujours à gauche, la maire de Lille a consacré une partie de son week-end rémois à condamner toute forme de rapprochement avec le MoDem. Bayrou aurait beau jeu de dénoncer un socialisme sectaire. Avec Ségolène Royal Rue de Solferino, la partie serait évidemment plus dure à jouer et l'espace du centre gauche plus difficile à labourer.

Que ce soit Aubry ou Royal, l'important, pour François Bayrou, c'est l'état dans lequel le PS abordera la présidentielle. Or, au train où vont les choses Rue de Solferino, on ne peut pas tout à fait exclure que le parti, ou ce qu'il en restera en 2012, réussisse l'exploit de présenter deux candidats. Ou, plus vraisemblablement, un seul, mais affaibli par quatre années de luttes internes.

C'est ce dont rêve le président du MoDem, qui n'a qu'un chiffre en tête : les 18 % recueillis au premier tour de 2007. Comme il ne doute de rien, il se dit qu'il n'y a aucune raison de ne pas faire mieux la prochaine fois et, pourquoi pas, de s'ouvrir la porte du second tour. Les antisarkozystes auraient alors trouvé leur chef. Il leur resterait à trouver une cohérence, et ce ne serait pas le plus simple.

 



PS: "la partie se complique" pour Royal

Par LEXPRESS.fr, publié le 18/11/2008 08:52 - mis à jour le 18/11/2008 09:13
Congrès de Reims

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Après le ralliement de Betrand Delanoë à Martine Aubry, Ségolène Royal a dénoncé "des manoeuvres d'appareil" dans un parti qui "a perdu le sens de l'honneur". Si arithmétiquement la présidente de Poitou-Charentes est en grande difficulté, elle compte toujours mobiliser les militants en sa faveur.
La campagne se poursuit au PS à trois jours de la désignation du nouveau chef du parti et Ségolène Royal risque d'avoir la partie rude jeudi lors du vote des militants , après le ralliement lundi de Bertrand Delanoë à sa rivale Martine Aubry.

Ségolène Royal a fustigé lundi soir ce ralliement, qui démontre selon elle que le PS a "perdu le sens de l'honneur (...) lorsque les dirigeants disent quelque chose et font le contraire". Mais elle s'est dite "déterminée", car "tout cela prouve que le Parti socialiste a besoin de changer et de mettre en avant une nouvelle équipe".

Mardi matin, sur France Inter, elle a poursuivi sa contre-attaque. "Je ne sais pas quelles sont les manoeuvres d'appareil qui sont derrière cette évolution", a-t-elle expliqué, notant que "ce n'est pas la première fois que le vote des militants n'est pas respecté".

"Les militants ont voté déjà, ils m'ont placée devant", lors du vote sur les motions avant le congrès de Reims, a-t-elle souligné, tout en reconnaissant qu'avec le ralliement du maire de Paris à celle de Lille pour le poste de premier secrétaire, "effectivement ça se complique arithmétiquement".

Si je suis désignée par les militants c'est pour pousser en avant une nouvelle génération", a-t-elle affirmé, assurant qu'elle "retendrait à nouveau la main" à ses concurrents.

La déception de Benoît Hamon

"Notre responsabilité est immense", a déclaré le maire de Paris dans une lettre ouverte aux militants, appelant à voter "massivement" pour le maire de Lille car il y va de "l'identité même du Parti socialiste".Alors que le rideau était à peine tombé sur un "congrès pour rien" à Reims, qui a renvoyé aux adhérents la mission de départager trois candidats à la direction socialiste - Aubry, Royal et l'eurodéputé Benoît Hamon -, cet appel a bousculé le jeu.

Martine Aubry invitée de France 3 le 17 novembre 2008

La campagne se poursuit au PS à trois jours de la désignation du nouveau chef du parti et Ségolène Royal risque d'avoir la partie rude jeudi lors du vote des militants , après le ralliement lundi de Bertrand Delanoë à sa rivale Martine Aubry.

Martine Aubry s'est déclaré "heureuse" de ce soutien, y voyant le signe que "ceux qui pensent la même chose, ceux qui pensent d'abord aux Français, se sont retrouvés". Le maire de Lille a toutefois récusé le statut de favorite, rappelant que "c'est aux militants de choisir".

Lors de la consultation des militants du 6 novembre sur les motions, les textes de Mme Aubry (24,3%) et M. Delanoë (25,2%) avaient recueilli la moitié des suffrages à eux deux, celui de Ségolène Royal, 29%. Benoît Hamon avait rassemblé 18,5% des suffrages.

Benoît Hamon, a lui jugé "décevant" l'appel de M. Delanoë, estimant que "la vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement". A 41 ans, c'est justement sur ce "renouvellement" qu'il s'engage, et sur "l'ancrage à gauche".

Les rétices des "Hollandais"

Le maire de Paris n'avait pu s'entendre avec Mme Aubry lors du congrès, alors que tous deux sont opposés à Mme Royal. Il avait in fine renoncé à briguer la succession de François Hollande, sans donner de consigne de vote.

Son annonce créé donc la surprise, mais il est tout sauf certain que ses partisans le suivent en bloc, sa motion ayant été soutenue par une coalition hétéroclite. Le patron sortant du Parti, François Hollande, qui l'avait soutenu, a refusé de se prononcer. Un certain nombre des fidèles du premier secrétaire sortant, comme le secrétaire national aux fédérations Bruno Le Roux ou le patron des sénateurs PS Jean-Pierre Bel, ont estimé que le choix de Bertrand Delanoë était "une décision personnelle".

Mordant, un cadre socialiste jugeait le ralliement de M. Delanoë "logique": "il a l'air utile. Sinon il n'est plus au Frigidaire, il est au tombeau!"

Le maire de Paris, en tête des sondages courant novembre, est le grand perdant de cette course à la direction du PS, avec en ligne de mire l'élection présidentielle de 2012.

Présentation des trois candidats officiels au poste de Premier secrétaire

Ségolène Royal risque d'avoir la partie rude jeudi lors du vote des militants dans la bataille pour la direction du Parti socialiste, après le ralliement lundi de Bertrand Delanoë à sa rivale Martine Aubry.
A l'image de leur candidate, les partisans de Mme Royal ont adopté une stratégie offensive, avec pour objectif de lui éviter un deuxième tour risqué. "Il faut absolument que nous soyons dès le premier tour élus, de telle sorte que nous puissions dès le lendemain rassembler" et "donner au parti la possibilité de cesser de faire ricaner la droite", a lancé Vincent Peillon, promis au rôle de "premier secrétaire délégué" en cas de victoire.

Mme Royal table sur les abstentionnistes du 6 novembre (la participation avait été d'un peu plus de 56%), mais aussi sur une partie des pro-Delanoë.

Atout de la présidente de la région Poitou-Charentes: elle est en meilleure posture lorsqu'elle s'adresse directement aux militants.

Incapables de se doter d'une orientation et d'un dirigeant au congrès, les dirigeants socialistes ont confié aux militants le soin de le faire. Ils devront départager les trois postulants jeudi, avec un second tour le lendemain si aucun n'obtient la majorité absolue.


Royal : "J'ai un contact particulier avec le peuple, cela fait ma force"

à la une

PARIS (AFP) - 19/11/08 10:35Royal : "J'ai un contact particulier avec le peuple, cela fait ma force"

Ségolène Royal, candidate à la direction du PS, explique dans un entretien au Monde de mercredi, qu'elle a "un contact particulier avec le peuple" qui fait "sa force" et "intrigue certains".Evénement

Interrogée sur les vives déclarations de ses rivaux socialistes, Ségolène Royal avance "trois explications à cette violence" verbale.

"D'abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup alors que j'ai vingt-cinq ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j'incarne la légitimité que m'a donnée la campagne présidentielle. Enfin j'ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains", explique la présidente de la région Poitou-Charentes.

Selon Ségolène Royal, le congrès de Reims a été "un jeu de poker menteur". "En principe", dit-elle, "le rassemblement se fait autour de la motion arrivée en tête. C'est la règle. Mais parce que c'était moi et une nouvelle génération, ils ont refusé de s'y plier", précise-t-elle. "Ils ont fait de ce congrès une question de personnes", commente-t-elle.

"Il s'agissait d'un congrès d'obstruction à la motion arrivée en tête", insiste-t-elle. La motion de Mme Royal a recueilli 29% devant celles de Bertrand Delanoë (25,2%), Martine Aubry (24,3%) et Benoit Hamon (18,5%).

Ségolène Royal estime que le PS a "l'obligation de changer". "Aujourd'hui, le vrai risque c'est l'immobilisme", affirme-t-elle.

"Le PS est devant un choix crucial : se recroqueviller ou s'envoler, se refermer sur lui-même ou s'ouvrir au monde, s'étioler ou renaître en prenant le risque de créer un parti joyeux, métissé, créatif, constructif", explique-t-elle.

Si elle est nommée Premier secrétaire du PS, Mme Royal veut réformer les instances du parti. Elle se veut rassembleuse et entend "constituer une équipe ouverte aux autres motions, y compris celle de Benoit Hamon". Elle espère convaincre des personnalités de talent comme Pierre Moscovici ou Jean-Yves Le Drian, présidents PS de la région Bretagne qui avait apporté son soutien au maire de Paris.

Sa première décision sera de contacter immédiatement les responsables socialistes européens, puisque la France a la présidence de l'UE, pour organiser "un forum global avec les PS européens, le mouvement syndical et les ONG.

 

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 12:33

(dépêches)

 

 


Avis de poissons volants chez les socialistes


A l'heure de vérité du dépôt des motions, sur lesquelles voteront les militants au congrès de Reims, les pointeurs perdent la tête au PS. Personne ne sait trop combien pèsent les uns et les autres. La faute aux "poissons volants", ces responsables qui changent de position sans préavis.

« Vous avez une idée de ce que vous pesez ? » Juste avant le Conseil national de synthèse du PS, qui se déroule ce soir à la Mutualité, les journalistes posent et reposent la question – cruciale – à tous ceux qui comptent s’asseoir, l’hiver prochain, dans le siège du premier secrétaire. Jusqu’à la semaine dernière, les concurrents évaluaient volontiers le poids de leur soutien. Or, ce n’est plus le cas. L’exercice est devenu trop difficile. Et affreusement déprimant pour ceux qui osent encore s’y livrer.

« Les militants ne suivent plus un chef aveuglément. On les croit dans un courant, mais ils n’ont aucun scrupule à signer une motion adverse s’ils se sentent trahis », observe le fabiusien Fayçal Douhane, élu au conseil national du PS. Ce dernier refuse de céder à la panique, même à l’heure où les troupes de l’ex-premier ministre, engagé derrière la maire de Lille, semblent fondre… « Les fabiusiens ne se rangeront pas comme un seul homme derrière Martine, pronostique Benoît Hamon, qui se présentera ce soir au poste de premier secrétaire, à la tête d’une motion de la gauche du parti. Entre son alliance avec DSK et le fait qu’elle ait voté pour Bayrou aux présidentielles, ça fait beaucoup pour des militants de gauche… ». Le jeune député européen demeure persuadé que « beaucoup de fabiusiens seraient restés chez Aubry si elle avait passé alliance » avec son courant, le NPS. Ce n’est pas l’avis de Pierre Aïdenbaum, maire fabiusien du IIIème arrondissement de Paris. Lui, comme nombre de militants des fédérations de Gironde ou de Seine-Saint-Denis (le bastion de Claude Bartolone !) se rallieront au maire de Paris.

Martine Aubry, qui ne peut même plus compter sur le soutien plein et entier de ses amis du Nord depuis que Michel Delebarre, Bernard Roman et Bernard Derosier ont annoncé cet été qu’ils ne signeraient pas sa contribution, ne fait pas non plus le plein chez les amis de Dominique Strauss-Kahn. Jean-Christophe Cambadélis ne lui a apporté qu’une partie des troupes fédérées par le président du FMI. Le gros du bataillon semble se diriger, à l’instar de Pierre Moscovici, chez Bertrand Delanoë. Ce dernier vient également de faire des émules – et donc des désistements – chez les signataires de la Ligne Claire (les barons régionaux), désormais alliés à Ségolène Royal. La semaine dernière, Jean-Yves Le Drian et Alain Rousset ont officialisé la rupture à travers une tribune publiée dans Le Monde.

Même Arnaud Montebourg a du se résoudre à voir partir les siens, désormais éclatés entre la motion de Benoît Hamon (comme Séverine Teissier, ex-membre de la direction nationale de Rénover Maintenant), celle du pôle écologiste (à l’image d’Eric Loiselet, 1er fédéral de la Haute-Marne) et celle de Ségolène Royal et de la ligne claire (Yvette Roudy). Les lignes bougent vite au sein du PS.

Mardi 23 Septembre 2008 - 17:36
Stéphanie Marteau
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Aubry, ou la stratégie du TSS décomplexé


Interrogée par RTL lundi soir, Martine Aubry, candidate au poste de Premier secrétaire du PS, a déclenché les hostilités contre ses concurrents. A commencer par Ségolène Royal qui pense selon elle que « la France est devenue de droite et qu'il faut aller vers cela », ajoutant que le Congrès de Reims a permis de révéler les oppositions entre leurs deux projets. 

Ségolène Royal à la tribune du Congrès de Reims. Capture d'écran / vidéo de Virginie Roels pour Marianne2.fr.
« Ce qu'a apporté ce Congrès, c'est qu'il y avait une vraie opposition entre le projet que porte Ségolène Royal et qu'elle porte honnêtement avec ce qu'elle pense et c'est pourquoi il faut la respecter. » Quand une candidate au poste de premier secrétaire jette des roses à sa principale opposante, il faut toujours s'attendre à y trouver des épines... mais sur RTL lundi 17 novembre au soir , ce sont des lames de rasoir que la maire de Lille avait caché dans le bouquet lancé à la présidente de Poitou-Charentes : « Elle pense sur le fond que la France est devenue plus à droite et qu'il faut aller vers cela, a-t-elle expliqué d'un ton calme. Elle ne pense pas qu'il faut d'abord, comme nous le pensons, porter une autre distribution des richesses, aider chacun à réussir à l'école, aller vers le logement, aller vers la santé... » Et la candidate soutenue par Bertrand Delanoë de conclure par cette litote : « Donc nous avons un désaccord. »

Procès en règle des années Hollande

Le soutien du maire de Paris annoncé lundi aurait-il incité Martine Aubry à mettre fin à la paix armée ou bien est-ce pour forcer le duel apparu en une de tous les journaux qu'elle a lâché ses premiers coups ? Quoiqu'il en soit, elle a porté la bataille a un tout nouveau degré de violence, faisant en quelques phrases un procès cinglant à François Hollande et à sa gestion du PS : « Le PS a trop parlé en disant « je », a-t-elle déploré. Aujourd'hui, le siège du PS est vide : il faut y voir revenir les syndicalistes, les milieux associatifs, les artistes, les chercheurs, les intellectuels... »

A l'attention de Benoît Hamon, Aubry a fait valoir « les nouvelles têtes » qui l'entourent : « je n'ai jamais joué autrement que collectif », a-t-elle lancé comme une nouvelle pique à Royal. Martine Aubry a-t-elle inauguré une nouvelle stratégie dans la campagne interne au PS : le « Tout sauf Ségolène » décomplexé ? 

Mardi 18 Novembre 2008 - 08:15
Sylvain Lapoix
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Royal: contre le TSS, la détermination. Et c'est tout

 

Invitée du JT de France 3, Ségolène Royal a expliqué rester « déterminée » même si l'annonce du soutien de Bertrand Delanoë à Martine Aubry lui ferme probablement la porte de Solférino.

A la question d’Audrey Pulvar : « Est-ce que vous restez confiante ? » Ségolène Royal répond : « Je reste très déterminée ». Car c’est bien tout ce qui lui reste : sa détermination. Invitée sur le plateau du 19/20 de France 3 ce lundi, la candidate à la direction du Parti socialiste est revenu sur le (mauvais) tour que Bertrand lui a joué. Après s’être abstenu à Reims, le maire de Paris a finalement apporté son soutien à Martine Aubry . 

« Fraternité », qu’elle disait…

 

Et quand le piège des éléphants du PS se referme sur sa proie, ça a l’air plutôt douloureux : « Le Parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur (...) Si le Parti socialiste n’est pas plus fraternel que la société qu'il prétend transformer, comment va-t-il y parvenir ? », s’est interrogée Ségolène Royal. La fraternité est un joli slogan que l’on peut répéter lors des meetings politiques. Aubry et Delanoë viennent de lui rappeler que lorsqu'il s'agit d'élections, ce sont plutôt les (mauvais) coups qu’il convient de répéter. Ça paye beaucoup plus… 


Mardi 18 Novembre 2008 - 08:22
Gérald Andrieu
Lu 8249 fois
 


 
Fabius et les "deux lignes du PS"

 

Politique 14/11/2008 - 15:44

Arrivé juste avant Martine Aubry au congrès de Reims, Laurent Fabius a confirmé qu'il y aurait un affrontement entre "deux lignes" lors du congrès, celle défendue par Ségolène Royal et l'autre par Martine Aubry et Benoît Hamon. "Nous devrons choisir entre l'une des deux lignes lors de ce congrès", a-t-il dit au JDD.fr. "Il me paraît difficile que les deux puissent se rassembler ensemble", a-t-il conclu.

 

 

 

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 12:24

(dépêche)

 

 

Aubry et le Modem: une vidéo buzz?

martine aubry, segolene royal, modem, Congrès du PS, ps, video

Par La rédaction du Post
le 18/11/2008, vu 11200 fois, 37  

 

Aubry n'est "pas inquiète" qu'une vidéo rappelant qu'elle s'est alliée au Modem aux municipales, circule sur le web, notamment sur des sites pro-Royal.

S'allier ou ne pas s'allier avec le Modem? Telle est la question qui a agité le congrès du PS, le week-end dernier à Reims. Pas totalement opposée à une alliance avec François Bayrou, Ségolène Royal est critiquée par ses rivaux au PS.

Pourtant, Martine Aubry s'est alliée au MoDem lors des dernières élections municipales à Lille. Elle ne s'en est jamais caché et explique même ses motivations dans des vidéos tournées à l'époque de la campagne.

(vidéo mise en ligne par Chroniques de mars)

Depuis quelques jours, la vidéo circule de nouveau sur le web, notamment sur des blogs pro-Royal. Le document a par exemple été mis en ligne sur le blog de Mai, "un espace de libre expression et soutien à Ségolène Royal", sur celui de l'élu municipal parisien Philippe Mouricou et sur des blogs régionaux Desirs d'avenir.

Les partisans de Ségolène Royal incitent aussi à relayer le document. Sur le forum du site de soutien à Ségolène Royal, desirsdavenir.org, l'internaute "MNP" appelle ainsi les partisans "à diffuser" cette vidéo sur de nombreux sites. "Faut mettre ça sur tous les sites !!! Le Fig, Libé, Marianne, les forums, le Monde, etc...", répond un internaute. "Il faut inonder tous les sites de cette vidéo", renchérit un autre.

Joint par Le Post, le cabinet de Martine Aubry répond: "Cette vidéo ne nous inquiète pas. Les partisans de Ségolène Royal devraient éviter un tel parallèlle. Il y a une différence entre marchander des voix et travailler avec des gens qui nous le proposent et qui sont d'accord avec nos idées.  A Lille, le Modem est venu vers nous sans condition. Il y a donc une grosse différence. Martine Aubry n'a jamais été voir le Modem sous ses fenêtres pour se mettre avec lui. "

(Sources: Désirs d'avenir, Dailymotion, Le Post)
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 12:00

(dépêche)


 
Quand Martine Aubry flirtait avec le MoDem...
Ségolène et le sens de l'honneur...

Le Congrès de Reims est passé, mais la course à la tête du PS se poursuit jusqu'à jeudi, date du vote des militants. Trois candidats restent en lice: Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon. Retrouvez toutes les dernières infos, insolites ou essentielles, de ce combat de chefs...

Le sondage que ne lira pas Ségolène Royal
59 % des Français souhaitent une autre personnalité que Ségolène à la tête du Parti socialiste. Allez, c’est pas 20minutes.fr qui le dit, c’est un sondage BVA publié dans Les Echos dans leur édition de mardi. A la question «vous, personnellement, préféreriez-vous que ce soit Ségolène Royal ou une autre personnalité qui soit choisie comme Premier secrétaire du PS?», 59% des Français répondent «une autre personnalité», et 29% Ségolène Royal. 12% de savent pas. La même question a été posée aux sympathisants de gauche - 52% choisissent une autre personnalité, 41% Royal - et aux sympathisants socialistes qui choissent également, à 48%, une autre personnalité, et 46% Ségolène. Les autres sont sans opinion.

Vous vous perdez dans les chiffres? On en rajoute une couche: 42% des Français estiment néanmoins que Royal ferait un bon Premier secrétaire du PS (contre 50% qui pensent le contraire et 8% sans opinion). Sur cette question, c'est Bertrand Delanoë, pourtant pas candidat, qui obtient le meilleur pourcentage: 60% des Français pensent qu'il ferait un bon leader pour les socialistes (27 pensent le contraire, 13% ne savent pas). Vous êtes un peu perdus? Maudits sondages. Ah, on rappelle que ce sont les adhérents PS qui vont voter jeudi. Eux n'ont pas été interrogés.

Pour Ségolène Royal, «le parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur»
Invitée de France 3 et interrogée sur Bertrand Delanoë, qui a apporté son soutien à Martine Aubry, la madone du PS s’est émue: «le Parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur, et lorsque les dirigeants disent quelque chose et font le contraire, ça n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la politique». Il faut dire que le maire de Paris l’a vexée. Les partisans de Delanoë avaient décidé pendant le congrès de Reims de ne pas donner de consigne pour le vote des militants. «La politique a besoin de sincérité, de vérité, d'authenticité, et tout cela prouve que le Parti socialiste a besoin de changer et de mettre en avant une nouvelle équipe», a dit Ségolène.



Qui s’est permis d’ironiser: «On voit l'éternel retour, là, à l'oeuvre. Avec Martine Aubry, il y a Laurent Fabius, avec Bertrand Delanoë, il y a Lionel Jospin, donc c'est le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération». Interrogée sur les sifflets pendant son discours de samedi, Royal a reconnu que «ça fait mal... Mais ça prouve aussi que je suis dans le vrai.»

Le «oui mais» de Martine Aubry vis-à-vis du MoDem
Alors que la stratégie d'alliance de Ségolène Royal avec le centre est vivement critiquée, notamment par Martine Aubry qui ancre son discours à gauche, les royalistes commencent à faire circuler deux vidéos dans lesquelles on voit la maire de Lille justifier son alliance avec le MoDem pour le 2e tour des municipales à Lille...




...Avant de préciser qu'elle refuse un «accord national» avec eux




Mélenchon ricane dans son coin

Le bouillonnant Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte du PS la semaine dernière pour fonder le «Parti de gauche». Du coup, Reims lui a paru très loin: «Pas un instant je n’ai eu de regrets de ne plus en être, ni d’être à distance de la comédie du congrès à Reims. J’ai même réussi a rire en entendant tant d’entre eux parler gauchiste avec tant d’ardeur ou bien pomper mes tours de phrases, expressions et analyses hier encore qualifiées de marginales. Quels pitres!», écrit-il sur son blog.

«Yes we can foutre le bordel»
Alors que la référence glorieuse à Obama était sur toutes les lèvres ce week-end à Reims, le blogueur Ronald Van Assche, partisan de Ségolène Royal, a trouvé la formule qui résume le Congrès: «Yes we can foutre le bordel». Moins classe que Barack, quand même.

Ségolène Royal, la candidate en carton
Qui n'a jamais rêvé de parler à une Ségolène en carton sur un parking glauque de l'Est de la France? C'est l'exercice auquel se sont prêtés quelques militants à la sortie du Congrès de Reims. On y reconnaît notamment Dominique Besnehard, conseiller politico-culturel de Royal. Quant au chanteur à la fin, on ne peut que lui conseiller d'arrêter la chanson.


Le soutien de Delanoe à Aubry fait jaser
Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille, a salué ce lundi l'appel du maire de Paris à voter Martine Aubry à la direction du PS, qui est, selon lui, «déterminant pour l'unité du Parti socialiste». François Rebsamen ne le voit pas du même oeil. Il dénonce quant à lui «une stratégie d'empêchement» contre Ségolène Royal.

Delanoë appelle à voter Aubry

Grosse surprise. Dans une lettre aux militants rendue publique ce lundi, le maire PS de Paris appelle à voter Martine Aubry lors du vote interne des socialistes jeudi pour le poste de premier secrétaire. «Au nom de mes convictions politiques, j'ai décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur», écrit Bertrand Delanoë qui, leader d'une motion arrivée deuxième dans le premier vote des militants le 6 novembre, a finalement renoncé à briguer la succession de François Hollande.


Bernard Derosier aussi
Le président PS du conseil général du Nord appelle lui aussi à voter pour la maire de Lille, jugeant qu'elle était «la plus à même de créer les conditions d'une relance» du PS.

«La grande surprise» de Ségolène Royal

Manuel Valls a souligné ce lundi «la grande surprise» qu'a constitué l'arrivée de Ségolène Royal en tête du vote des militants socialistes alors que le congrès de Reims était «fait pour (l)'écarter».

Hamon se voit au 2e tour...
...face à Ségolène Royal. «Je pense que j'y serai», a répondu l'eurodéputé sur France Inter, ce lundi. Il a par ailleurs estimé qu'il fallait «incontestablement» revoir les règles de fonctionnement du PS. Le parti est atteint «par le poison présidentiel qui veut qu'aujourd'hui, on pourrait avoir une cohabitation à la tête du PS», c'est-à-dire «un premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité», a-t-il ajouté.


Peillon voit Royal dès le 1er tour
Il a appelé ce lundi les militants du PS à élire Ségolène Royal «dès le premier tour». Il a promis, si cette dernière était élue, de rassembler «tous les socialistes, pas dans un rassemblement mou et obscur mais sincèrement autour de l'exigence du changement et du travail», estimant que des partisans aussi bien de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou de Benoît Hamon devaient faire partie de la nouvelle équipe.

Pierre Moscovici ne donnera pas de consigne de vote
Le partisan de la motion de Bertrand Delanoë, qui s'est retiré de la course à la direction du PS, a indiqué ce lundi qu'il ne donnerait «pas de consigne de vote». «Comment faire pour que ce parti se remette au travail collectivement? C'est ça qui m'obsède, que ce soit Ségolène (Royal) ou Martine (Aubry), je travaillerai avec elle, l'une ou l'autre», a-t-il dit sans citer le troisième concurrent Benoît Hamon.

Christine Lagarde et Xavier Bertrand se moquent
La majorité n'en perd pas une miette. Les ministres UMP de Economie et du Travail ont critiqué ce lundi matin le déroulement et l'issue du Congrès du PS à Reims y voyant «éclatements» et «éloignement des Français». Comparant avant l'unité affichée au sommet du G20, Christine Lagarde s'est exclamée: «Ah oui, ça je dois dire que le spectacle du Parti socialiste était assez affligeant !» «Alors qu'en ce moment, dans une situation difficile, avec des Français inquiets, il faut avant tout parler aux Français, là c'était “les socialistes parlent aux socialistes”», quant à lui raillé Xavier Bertrand.


20Minutes.fr, éditions du 17/11/2008 - 12h25

dernière mise à jour : 17/11/2008 - 22h52

 

 

...Avant de préciser qu'elle refuse un «accord national» avec eux

Mélenchon ricane dans son coin
Le bouillonnant Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte du PS la semaine dernière pour fonder le «Parti de gauche». Du coup, Reims lui a paru très loin: «Pas un instant je n’ai eu de regrets de ne plus en être, ni d’être à distance de la comédie du congrès à Reims. J’ai même réussi a rire en entendant tant d’entre eux parler gauchiste avec tant d’ardeur ou bien pomper mes tours de phrases, expressions et analyses hier encore qualifiées de marginales. Quels pitres!», écrit-il sur son blog.

«Yes we can foutre le bordel»
Alors que la référence glorieuse à Obama était sur toutes les lèvres ce week-end à Reims, le blogueur Ronald Van Assche, partisan de Ségolène Royal, a trouvé la formule qui résume le Congrès: «Yes we can foutre le bordel». Moins classe que Barack, quand même.

Ségolène Royal, la candidate en carton
Qui n'a jamais rêvé de parler à une Ségolène en carton sur un parking glauque de l'Est de la France? C'est l'exercice auquel se sont prêtés quelques militants à la sortie du Congrès de Reims. On y reconnaît notamment Dominique Besnehard, conseiller politico-culturel de Royal. Quant au chanteur à la fin, on ne peut que lui conseiller d'arrêter la chanson.

Le soutien de Delanoe à Aubry fait jaser
Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille, a salué ce lundi l'appel du maire de Paris à voter Martine Aubry à la direction du PS, qui est, selon lui, «déterminant pour l'unité du Parti socialiste». François Rebsamen ne le voit pas du même oeil. Il dénonce quant à lui «une stratégie d'empêchement» contre Ségolène Royal.

Delanoë appelle à voter Aubry
Grosse surprise. Dans une lettre aux militants rendue publique ce lundi, le maire PS de Paris appelle à voter Martine Aubry lors du vote interne des socialistes jeudi pour le poste de premier secrétaire. «Au nom de mes convictions politiques, j'ai décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur», écrit Bertrand Delanoë qui, leader d'une motion arrivée deuxième dans le premier vote des militants le 6 novembre, a finalement renoncé à briguer la succession de François Hollande.

Bernard Derosier aussi
Le président PS du conseil général du Nord appelle lui aussi à voter pour la maire de Lille, jugeant qu'elle était «la plus à même de créer les conditions d'une relance» du PS.

«La grande surprise» de Ségolène Royal
Manuel Valls a souligné ce lundi «la grande surprise» qu'a constitué l'arrivée de Ségolène Royal en tête du vote des militants socialistes alors que le congrès de Reims était «fait pour (l)'écarter».

Hamon se voit au 2e tour...
...face à Ségolène Royal. «Je pense que j'y serai», a répondu l'eurodéputé sur France Inter, ce lundi. Il a par ailleurs estimé qu'il fallait «incontestablement» revoir les règles de fonctionnement du PS. Le parti est atteint «par le poison présidentiel qui veut qu'aujourd'hui, on pourrait avoir une cohabitation à la tête du PS», c'est-à-dire «un premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité», a-t-il ajouté.

Peillon voit Royal dès le 1er tour
Il a appelé ce lundi les militants du PS à élire Ségolène Royal «dès le premier tour». Il a promis, si cette dernière était élue, de rassembler «tous les socialistes, pas dans un rassemblement mou et obscur mais sincèrement autour de l'exigence du changement et du travail», estimant que des partisans aussi bien de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou de Benoît Hamon devaient faire partie de la nouvelle équipe.

Pierre Moscovici ne donnera pas de consigne de vote
Le partisan de la motion de Bertrand Delanoë, qui s'est retiré de la course à la direction du PS, a indiqué ce lundi qu'il ne donnerait «pas de consigne de vote». «Comment faire pour que ce parti se remette au travail collectivement? C'est ça qui m'obsède, que ce soit Ségolène (Royal) ou Martine (Aubry), je travaillerai avec elle, l'une ou l'autre», a-t-il dit sans citer le troisième concurrent Benoît Hamon.

Christine Lagarde et Xavier Bertrand se moquent
La majorité n'en perd pas une miette. Les ministres UMP de Economie et du Travail ont critiqué ce lundi matin le déroulement et l'issue du Congrès du PS à Reims y voyant «éclatements» et «éloignement des Français». Comparant avant l'unité affichée au sommet du G20, Christine Lagarde s'est exclamée: «Ah oui, ça je dois dire que le spectacle du Parti socialiste était assez affligeant !» «Alors qu'en ce moment, dans une situation difficile, avec des Français inquiets, il faut avant tout parler aux Français, là c'était “les socialistes parlent aux socialistes”», quant à lui raillé Xavier Bertrand.


Denis Charlet AFP ¦ Benoît Hamon embrasse Ségolène Royal, le 16 novembre 2008 au Congrès du PS à Reims

20Minutes.fr, éditions du 17/11/2008 - 12h25
dernière mise à jour : 17/11/2008 - 22h52

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 02:26

(dépêches)


 
Quand Martine Aubry flirtait avec le MoDem...
Ségolène et le sens de l'honneur...

Le Congrès de Reims est passé, mais la course à la tête du PS se poursuit jusqu'à jeudi, date du vote des militants. Trois candidats restent en lice: Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon. Retrouvez toutes les dernières infos, insolites ou essentielles, de ce combat de chefs...

Le sondage que ne lira pas Ségolène Royal

59 % des Français souhaitent une autre personnalité que Ségolène à la tête du Parti socialiste. Allez, c’est pas 20minutes.fr qui le dit, c’est un sondage BVA publié dans Les Echos dans leur édition de mardi. A la question «vous, personnellement, préféreriez-vous que ce soit Ségolène Royal ou une autre personnalité qui soit choisie comme Premier secrétaire du PS?», 59% des Français répondent «une autre personnalité», et 29% Ségolène Royal. 12% de savent pas. La même question a été posée aux sympathisants de gauche - 52% choisissent une autre personnalité, 41% Royal - et aux sympathisants socialistes qui choissent également, à 48%, une autre personnalité, et 46% Ségolène. Les autres sont sans opinion.

Vous vous perdez dans les chiffres? On en rajoute une couche: 42% des Français estiment néanmoins que Royal ferait un bon Premier secrétaire du PS (contre 50% qui pensent le contraire et 8% sans opinion). Sur cette question, c'est Bertrand Delanoë, pourtant pas candidat, qui obtient le meilleur pourcentage: 60% des Français pensent qu'il ferait un bon leader pour les socialistes (27 pensent le contraire, 13% ne savent pas). Vous êtes un peu perdus? Maudits sondages. Ah, on rappelle que ce sont les adhérents PS qui vont voter jeudi. Eux n'ont pas été interrogés.

Pour Ségolène Royal, «le parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur»
Invitée de France 3 et interrogée sur Bertrand Delanoë, qui a apporté son soutien à Martine Aubry, la madone du PS s’est émue: «le Parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur, et lorsque les dirigeants disent quelque chose et font le contraire, ça n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la politique». Il faut dire que le maire de Paris l’a vexée. Les partisans de Delanoë avaient décidé pendant le congrès de Reims de ne pas donner de consigne pour le vote des militants. «La politique a besoin de sincérité, de vérité, d'authenticité, et tout cela prouve que le Parti socialiste a besoin de changer et de mettre en avant une nouvelle équipe», a dit Ségolène.



Qui s’est permis d’ironiser: «On voit l'éternel retour, là, à l'oeuvre. Avec Martine Aubry, il y a Laurent Fabius, avec Bertrand Delanoë, il y a Lionel Jospin, donc c'est le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération». Interrogée sur les sifflets pendant son discours de samedi, Royal a reconnu que «ça fait mal... Mais ça prouve aussi que je suis dans le vrai.»

Le «oui mais» de Martine Aubry vis-à-vis du MoDem
Alors que la stratégie d'alliance de Ségolène Royal avec le centre est vivement critiquée, notamment par Martine Aubry qui ancre son discours à gauche, les royalistes commencent à faire circuler deux vidéos dans lesquelles on voit la maire de Lille justifier son alliance avec le MoDem pour le 2e tour des municipales à Lille...







Mélenchon ricane dans son coin

Le bouillonnant Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte du PS la semaine dernière pour fonder le «Parti de gauche». Du coup, Reims lui a paru très loin: «Pas un instant je n’ai eu de regrets de ne plus en être, ni d’être à distance de la comédie du congrès à Reims. J’ai même réussi a rire en entendant tant d’entre eux parler gauchiste avec tant d’ardeur ou bien pomper mes tours de phrases, expressions et analyses hier encore qualifiées de marginales. Quels pitres!», écrit-il sur son blog.

«Yes we can foutre le bordel»
Alors que la référence glorieuse à Obama était sur toutes les lèvres ce week-end à Reims, le blogueur Ronald Van Assche, partisan de Ségolène Royal, a trouvé la formule qui résume le Congrès: «Yes we can foutre le bordel». Moins classe que Barack, quand même.

Ségolène Royal, la candidate en carton
Qui n'a jamais rêvé de parler à une Ségolène en carton sur un parking glauque de l'Est de la France? C'est l'exercice auquel se sont prêtés quelques militants à la sortie du Congrès de Reims. On y reconnaît notamment Dominique Besnehard, conseiller politico-culturel de Royal. Quant au chanteur à la fin, on ne peut que lui conseiller d'arrêter la chanson.


Le soutien de Delanoe à Aubry fait jaser
Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille, a salué ce lundi l'appel du maire de Paris à voter Martine Aubry à la direction du PS, qui est, selon lui, «déterminant pour l'unité du Parti socialiste». François Rebsamen ne le voit pas du même oeil. Il dénonce quant à lui «une stratégie d'empêchement» contre Ségolène Royal.

Delanoë appelle à voter Aubry

Grosse surprise. Dans une lettre aux militants rendue publique ce lundi, le maire PS de Paris appelle à voter Martine Aubry lors du vote interne des socialistes jeudi pour le poste de premier secrétaire. «Au nom de mes convictions politiques, j'ai décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur», écrit Bertrand Delanoë qui, leader d'une motion arrivée deuxième dans le premier vote des militants le 6 novembre, a finalement renoncé à briguer la succession de François Hollande.


Bernard Derosier aussi
Le président PS du conseil général du Nord appelle lui aussi à voter pour la maire de Lille, jugeant qu'elle était «la plus à même de créer les conditions d'une relance» du PS.

«La grande surprise» de Ségolène Royal

Manuel Valls a souligné ce lundi «la grande surprise» qu'a constitué l'arrivée de Ségolène Royal en tête du vote des militants socialistes alors que le congrès de Reims était «fait pour (l)'écarter».

Hamon se voit au 2e tour...
...face à Ségolène Royal. «Je pense que j'y serai», a répondu l'eurodéputé sur France Inter, ce lundi. Il a par ailleurs estimé qu'il fallait «incontestablement» revoir les règles de fonctionnement du PS. Le parti est atteint «par le poison présidentiel qui veut qu'aujourd'hui, on pourrait avoir une cohabitation à la tête du PS», c'est-à-dire «un premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité», a-t-il ajouté.


Peillon voit Royal dès le 1er tour
Il a appelé ce lundi les militants du PS à élire Ségolène Royal «dès le premier tour». Il a promis, si cette dernière était élue, de rassembler «tous les socialistes, pas dans un rassemblement mou et obscur mais sincèrement autour de l'exigence du changement et du travail», estimant que des partisans aussi bien de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou de Benoît Hamon devaient faire partie de la nouvelle équipe.

Pierre Moscovici ne donnera pas de consigne de vote
Le partisan de la motion de Bertrand Delanoë, qui s'est retiré de la course à la direction du PS, a indiqué ce lundi qu'il ne donnerait «pas de consigne de vote». «Comment faire pour que ce parti se remette au travail collectivement? C'est ça qui m'obsède, que ce soit Ségolène (Royal) ou Martine (Aubry), je travaillerai avec elle, l'une ou l'autre», a-t-il dit sans citer le troisième concurrent Benoît Hamon.

Christine Lagarde et Xavier Bertrand se moquent
La majorité n'en perd pas une miette. Les ministres UMP de Economie et du Travail ont critiqué ce lundi matin le déroulement et l'issue du Congrès du PS à Reims y voyant «éclatements» et «éloignement des Français». Comparant avant l'unité affichée au sommet du G20, Christine Lagarde s'est exclamée: «Ah oui, ça je dois dire que le spectacle du Parti socialiste était assez affligeant !» «Alors qu'en ce moment, dans une situation difficile, avec des Français inquiets, il faut avant tout parler aux Français, là c'était “les socialistes parlent aux socialistes”», quant à lui raillé Xavier Bertrand.

20minutes.fr
20Minutes.fr, éditions du 17/11/2008 - 12h25
dernière mise à jour : 17/11/2008 - 22h52

...Avant de préciser qu'elle refuse un «accord national» avec eux

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 22:00

Le congrès de Reims n’a servi à rien puisque aucune avancée n’a pu voir le jour dans un PS au bord de l’éclatement.


Il y aura donc trois candidats au poste de premier secrétaire du PS qui sera désigné par les militants socialistes le 20 novembre 2008.

Ce congrès de Reims 2008 est donc
pire que le congrès de Rennes 1990 qui avait quand même réussi à aboutir à la désignation unanime de Pierre Mauroy comme premier secrétaire (il l'était déjà depuis 1988).

Après un nuit de tractations (du 15 au 16 novembre 2008) qui n'ont pas pu conclure, la situation du PS est plus que confuse.

On se demanderait même pourquoi François Hollande ne reviendrait pas dans le jeu, tellement tout est confus et sa présence, certes molle, à la tête du PS serait un pis-aller.

Le congrès de Reims n’a donc servi à rien puisqu’il reste autant de divisions à la fin qu’au début. Les traditionnelles synthèses n’ont été d’aucun secours cette année.

Résultat, les militants seront amenés à départager les candidats au poste de premier secrétaire le 20 novembre 2008 et, le cas échéant, le 21 novembre 2008 en cas de second tour (si au premier, aucun candidat n’obtient la majorité absolue).

Une procédure qui ressemble à s’y méprendre à la primaire socialiste de novembre 2006 et qui avait avantagé Ségolène Royal.

Et surtout, une procédure plus "présidentielle" que "parlementaire", c’est-à-dire moins portée à la tradition du Parti socialiste mais plus adaptée au régime de la Ve République. Encore une fois, une procédure qui avantage la démarche de Ségolène Royal plus gaullienne ("moi et les militants") que politicienne ("moi et les apparatchiks").

Donc, reprenons les trois candidatures au poste de premier secrétaire :
Benoît Hamon, Martine Aubry et Ségolène Royal.


1. Benoît Hamon (19% dans l’échelle du PS).

Il a refusé de se désister en faveur d’un front uni tout sauf Royal (Sego delenda est). En ce sens, cela lui permettrait d’intégrer la nouvelle direction du PS quelle que soit l’issue du vote.

Atouts : Il est jeune (41 ans) et représente une nouvelle génération. Il a déjà de l’expérience politique (il est député européen) et il a une charisme sympathique qui montre un homme ouvert et pas enfermé dans un égocentrisme ravageur (rare parmi les éléphants). Il a donc un grand avenir devant lui (espérons qu’il n’ait pas un avenir de dinosaure). De plus, en n’étant pas "présidentiable" (si on est lucide), il pourrait remettre le PS au travail sans arrière-pensée électorale.

Handicaps : Revers de la médaille, en n’étant pas présidentiable, sa présence à la tête du PS rendrait plus difficile le succès d’un candidat socialiste à la prochaine élection présidentielle, répétant
l’erreur de 2007 (un candidat avec un appareil partisan qui ne vont pas dans le même sens, une chose impensable tant à l’UMP qu’au MoDem). Par ailleurs, représentant l’aile gauche, Benoît Hamon est le moins à même de convaincre les électeurs hésitants sur la capacité du PS à revenir au pouvoir. Il rassemblerait mieux les militants mais il y aurait risque d’érosion électorale de l’aile droite vers le MoDem. Et il ne représente que 19%.


2. Martine Aubry (24% dans l’échelle du PS).

Ses hésitations pour se présenter au PS ont été nombreuses : elle refusait de le faire le samedi 15 mais a changé d’avis dans la nuit qui suivit.

Atouts : Elle est une vraie militante socialiste et a un véritable ancrage à gauche malgré sa gestion centriste de Lille. Fille de Jacques Delors, plusieurs fois ministre d’importance, dauphine de Lionel Jospin, elle a une stature nationale indéniable. Elle sait travailler de façon collective et ne pas miser que sur l’apparence.

Handicaps : Les 35 heures est son principal passif (malgré elle d’ailleurs). Elle cultive de l’ambition personnelle mais n’est soutenue par Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius que de façon ponctuelle pour faire barrage à Ségolène Royal. En cas de succès (Royal éliminée), fabisuiens et
strauss-kahniens risquent fort de se chamailler et de faire défaut à Martine Aubry. Autre handicap : Martine Aubry ne dispose pas d'une équipe issue de l'appareil (contrairement à Bertrand Delanoë) et elle est soutenue dans sa candidature par de véritables dinosaures du PS : Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Michel Rocard... qui ne semblent pas être le signe d'un renouvellement de génération.


3. Ségolène Royal (29% dans l’échelle du PS).

Elle l’avait joué le suspens pendant toute la semaine qui a précédé le congrès et s’est finalement engagée au début du week-end.

Atouts : Depuis quelques mois, Ségolène Royal a décidé de prendre d’assaut la direction du parti dont l’appareil lui est étranger (comme Mitterrand en 1971 toujours au PS, Chirac en 1974 à l’UDR ou encore Bayrou en 1994 au CDS). Elle a su très habilement manœuvrer pour rassembler des élus locaux (Collomb, Guérini) qui lui assurèrent la première place dans le vote du 6 novembre 2008 (alors que Delanoë était donné favori). Elle représente une véritable "révolution culturelle" dans les pratiques politiques au sein du PS, une meilleure écoute de la base et un court-circuitage des instances intermédiaires. Une sorte de coup de pied dans la fourmilière ou plutôt, dans l’éléphantière ! Enfin, c’est sans doute la seule candidate qui pourrait conduire de nombreux électeurs du MoDem à reporter leur vote sur elle lors d’un second tour présidentiel. Autre atout : Ségolène Royal mettrait en avant Vincent Peillon, de la nouvelle génération, et encouragerait la prise de responsabilité d’autres "jeunes" (en fait, pas si jeunes que ça si on songe que Fabius est devenu Premier Ministre à 37 ans !) comme Manuel Valls ou Julien Dray. Par ailleurs,
depuis quelques semaines, elle jouit de la sympathie de la presse qui apprécie peu les lynchages collectifs.

Handicaps : Ses idées sont assez creuses. Son concept de "
démocratie participative" est assez hypocrite. Elle irrite beaucoup de militants socialistes avec ses grands shows paillettes à l’américaine. Son ambition terrible la rend très condescendante et travailler avec elle est un véritable sacrifice personnel (il suffit d’interroger le premier vice-président du Conseil régional du Poitou-Charentes Jean-François Fountaine pour se faire une idée).


Et Bertrand Delanoë dans tout ça ?

Son échec du 6 novembre 2008 a été une catastrophe pour son ego. Bertrand Delanoë qui était sûr de devenir premier secrétaire à Reims
avec l’appui de tout l’appareil sortant (dont François Hollande) tombe de haut. Au début du congrès, il a songé encourager la candidature d’un de ses représentants, Harlem Désir (ancien président fondateur de SOS-Racisme) ou encore Pierre Moscovici.

Le problème, c’est que
son camp est très divisé lui-même, car il a rassemblé beaucoup d’ambitieux sûrs d’avoir choisi la motion gagnante (dommage pour eux) et ils se partagent entre des partisans du front anti-royal (rocardiens, jospinistes) et des delanoïstes de circonstance, pragmatiques, comme François Hollande, qui préfèrent Ségolène Royal à l’aile gauche.

Bertrand Delanoë ne concevait un front Delanoë-Aubry-Hamon que sous son propre panache car il était arrivé en deuxième position après Ségolène Royal.

En ne s’impliquant plus, il croit préserver ses chances pour l’élection présidentielle de 2012. Je pense qu’il fait là une grossière erreur.


Pas de "second couteau"

Aucun second couteau ne sera donc invité à participer aux olympiades du 20 novembre 2008. Et pourtant, les talents ne manquaient pas : Vincent Peillon (il serait l’adjoint de Ségolène Royal en cas de succès), Manuel Valls, Pierre Moscovici, Julien Dray, Arnaud Montebourg…

C’est à la fois un inconvénient (pas de renouvellement au sein du PS) mais aussi un avantage (l’enjeu du poste est trop important pour le laisser à un non-présidentiable).


Qui a gagné à Reims ?

Vu l’échec total, on serait tenté de dire : personne, et en aucun cas les militants socialistes qui doivent être meurtris de l’image que donne leur parti dans les médias.

Mais concrètement, deux personnalités à l’évidence ont gagné par rapport à leur situation il y a quelques mois.

D’une part, Ségolène Royal est revenue la course en tête et même si elle fait l’objet de nombreuses attaques, elle a évité à Reims la constitution d’un front anti-royaliste qui aurait pu lui être fatal. Elle a montré une réelle habileté dans les obscures procédures du Parti socialiste et s’est présentée comme ouverte et envieuse de rassemblement. Malgré son échec d’union, elle reste la favorite du scrutin du 20 novembre 2008 (au grand dam des jospinistes, des fabiusiens et des rocardiens) et elle a fait preuve d’un véritable courage politique traduit par de l’audace et de la détermination.

D’autre part, Benoît Hamon qui, avant novembre, ne bénéficiait pas de la notoriété nationale des vieux éléphants et qui, désormais, joue dans la cour des grands. Il a évité l’érosion de son courant après le départ inopiné de Jean-Luc Mélenchon. Dans tous les cas, ce poulain de Henri Emmanuelli va devoir compter au sein de la prochaine direction du PS et devient un espoir réel pour les tenants de l’aile gauche.


Qui a perdu ?

Le premier perdant est évidemment Bertrand Delanoë qui a tellement eu peur qu’il a abandonné toute velléité (même par procuration) de diriger le PS. Son amour-propre a dû en prendre un sacré coup, se voyant peu aimé au niveau national mais aussi au niveau parisien avec moins de 40% d’adhésion à sa motion. En refusant de faire concourir sa motion le 20 novembre 2008, il perd toute capacité de rapport de forces dans la direction du PS. Cela révèle aussi une
véritable hétérogénéité de son courant (entre hollandais, moscovicistes, delanoïstes, rocardiens, jospinistes etc.) pourtant basé sur l’appareil sortant du PS et les nombreux élus locaux victorieux dans des collectivités UMP sortantes en 2004 et 2008.

L’autre perdant, c’est bien sûr François Hollande qui, après onze ans de règne (un record de longévité depuis 1969), laisse un PS en quasi-coma profond, en pleine tempête d'egos et sous les fourires de ses adversaires, à tel point qu'il a annulé son discours de clôture.


Rendez-vous le 20 novembre 2008… et après

On pourrait croire que les militants statueront définitivement en fin de semaine sur la future direction socialiste. Il n’en est rien.

Effectivement, un premier secrétaire sera élu à l’issue de ce second vote des militants, mais il devra gérer un PS dont la direction sera complètement divisée car ses membres sont désignés à la représentation proportionnelle intégrale (une aberration dans le fonctionnement d’un parti politique).

De deux choses l’une : ou le futur premier secrétaire élu (je devrais mettre au féminin puisque c’est la plus forte probabilité, deux sur trois) réussira à trouver une majorité stable à la direction du PS le 22 novembre 2008… ou le risque d’éclatement est très grand (en cas d’échec, Royal continuerait sa marche vers 2012 ; en cas de succès, Royal pourrait faire fuir les Rocard, Jospin etc. vers la sortie à l’instar de Mélenchon).

Et un PS éclaté en deux entités, l’une moderne et aile centriste, l’autre traditionnelle et aile gauche, ne serait pas bien grave si ce n’est qu’il serait aussi divisé géographiquement (la plupart des fédérations sont complètement royalistes ou anti-royalistes) et serait en 2012 bien incapable de mettre en branle une machine de guerre efficace contre les candidatures de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou à l’élection présidentielle.


Socialiste ?
Vous avez dit socialiste ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 novembre 2008)



Pour aller plus loin :

Pire que Rennes !

Bayrou s’invite à Reims.

Tu veux ou tu veux pas ?

Géopolitique des crabes.

Analyses sur le PS.

Le congrès de Reims et ses motions en pratique.

Histoire du PS.

Le congrès de Rennes.

Ségomania dans le presse (défense de la veuve et l’orphelin ?).

Seule Royal pourrait rénover ?

Profession de fois de Ségolène Royal (17 novembre 2008).

Profession de foi de Martine Aubry (17 novembre 2008).

Profession de foi de Benoît Hamon (17 novembre 2008).

Sego delenda est.

Le film catastrophe de Reims.

Vidéo : un beau cadeau pour… François Bayou.





http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47350

http://fr.news.yahoo.com/13/20081117/tot-la-guerre-des-roses-89f340e.html

http://fr.news.yahoo.com/63/20081117/tpl-ps-la-guerre-des-roses-5cc6428.html




http://www.lepost.fr/article/2008/11/17/1328220_la-guerre-des-roses.html




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