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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 06:41

(dépêches)



 
La leçon de Ségolène

Dimanche 26 Octobre 2008
Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche
 
A un peu plus de deux semaines du congrès du PS à Reims, Ségolène Royal - après une période de creux - a de nouveau le vent en poupe. Epaulée dans son combat par des quadras ambitieux, elle sillonne les fédérations pour emporter les votes des militants. Un an et demi après l'élection présidentielle, Ségolène Royal a changé, fait ses deuils, s'est adoucie, mais n'a rien perdu de sa combativité.

C'était une féministe qui parlait au peuple, elle parcourait la France pour raconter l'économie aux prolétaires et leur dire de s'unir, et demain serait beau. Elle s'appelait Flora Tristan, une icône de la gauche, devenue héroïne de roman: contemporaine de Marx, femme de coeur moquée et morte à la tâche, martyre de la Révolution... Ségolène Royal ne sera pas martyre, même si elle en joue parfois, mais elle a désormais des accents de Flora. La voici racontant la crise aux enfants de France, investie d'une mission: expliquer leur malheur aux citoyens, victimes d'un chaos auquel ils ne comprennent rien. "On nous a embrouillés, on veut nous faire peur avec des mots compliqués. Mais ce qui arrive est très simple!" Et dans ses réunions, Ségolène raconte les traders irresponsables, les "sommes pharaoniques" qu'on offre pour sauver les banques, "l'argent des Français donné sans contrepartie", quand il suffirait "de prendre l'argent là où il est, chez Total, chez Areva, chez Elf"...

C'est Ségo. Pédago. Démago? Elle décrit les banquiers et les patrons "qui mangent tous ensemble", et que la droite nourrit. Elle dit "CAC40" et "Medef" comme on brandit le croquemitaine. "Elle a ce côté populaire de gauche en colère, en noir et blanc", dit son ami Jean-Pierre Mignard. Fille de province, bardée de décence. Détestant l'argent facile et dilapidé. Qu'importe si l'on s'étonne et si certains rient. Elle a l'habitude, ça ne cessera jamais. Dans la France d'en bas, on la photographie, sa présence électrise. Dans la France chic, on ne l'aime pas. Après sa performance au Zénith, fin septembre, on a glosé au PS sur "la folie de Ségolène". Mais Alain Touraine, pape de la sociologie de gauche, l'a comparée à Jaurès, que le peuple aimait...

Elle a traversé une étrange année, pour faire ses deuils

Jaurès? La mystique n'est pas morte, malgré les sondages en glissade. Même moins aimée, elle intéresse, quand ses rivaux indiffèrent. On la retrouve, dans ses classiques. Ségolène la pète-sec, vacharde au nom des principes. La seule à ne pas voler au secours du polisson Strauss-Kahn ; la seule à revendiquer "les victimes" de Petrella, l'ex-terroriste italienne graciée par Sarkozy ; la seule à gauche à se féliciter du retour de Jean-Marc Rouillan à la case prison. Royal, telle qu'en elle-même, requinquée dans la dernière ligne droite, à trois semaines du congrès socialiste de Reims ; cette ligne bleue de la Vosgienne, dont elle ne parle jamais, à laquelle elle pense sans cesse.

Reims, c'est le prix à payer pour une occasion manquée. Normalement, Royal aurait dû prendre le Parti juste après la présidentielle. Les 47% l'autorisaient à toutes les audaces? Elle n'a pas osé. Pas capable de tuer "François" Hollande. Trop de choses se dénouaient en même temps. Elle n'était pas d'attaque pour cette guerre. Hollande s'est arc-bouté. Les autres gagnaient du temps. Plus tard serait le congrès, moins la dame serait dangereuse... Ils ont failli avoir raison. Elle a traversé une étrange année, pour faire ses deuils. Elle sait qu'elle n'était pas prête à faire campagne, encore moins à présider. L'aveu ne viendra jamais. Le Zénith, cette version indoor de son glorieux Charléty, l'a peut-être guérie. Elle s'est réparée.

Un jour, le producteur de films Dominique Besnehard - un frère choisi, tendre et protecteur - lui a fait rencontrer une papesse de la com'politique, mais de droite: Anne Méaux, spin doctor de François Pinault et autres grands. Méaux a trouvé Ségolène belle, mais manquant de valeurs positives. "Souriez, détendez-vous, mettez de la rondeur", a dit Anne à Ségolène, de femme à femme. A-t-elle entendu? Elle grince moins dans l'adversité. Jadis, elle désespérait d'être reconnue, revendiquait sa compétence avec une insistance gênante, seule au monde à dire du bien d'elle-même. Aujourd'hui, elle se fait espiègle pour se tresser des louanges. "J'ai demandé qu'on interdise les investissements venus des paradis fiscaux, on me disait que c'était impossible, et maintenant, c'est un sujet majeur!" Le sourire change tout.

"On ne va pas être chapitrés par un joueur de rubgy"

A la sortie de l'été, éclipsée dans les sondages par Delanoë, dépassée en vitalité par Martine Aubry, Royal risquait gros. Elle a évité le pire. Elle a renoncé - un instant - à revendiquer la tête du PS pour forger une alliance disparate de rénovateurs, de quadras ambitieux, de barons de province. La cheftaine affiche désormais "une équipe". Jeanne d'Arc aussi avait ses soudards, les La Hire, Dubois, Xaintrailles. Ceux de Ségolène sont des guerriers de l'appareil. François Rebsamen, le maire de Dijon ; Jean-Noël Guérini, le patron des Bouches-du-Rhône ; Vincent Peillon, le philosophe qui abattra le vieux Parti pour reconstruire une vraie gauche, s'il en a l'occasion... Tous ensemble pour ouvrir le Parti aux masses, lancer les adhésions à 10 euros, abattre les murs?

Pour coacher ses tauliers, qu'elle épate parfois mais qu'elle ne domine pas, Ségolène invite, un jour, Serge Simon, vétéran du rugby, son ami depuis la présidentielle. "Il va vous apprendre à jouer collectif", explique-t-elle à ses leaders médusés. Un chevalier renverse la table ronde: "On ne va pas être chapitrés par un joueur de rubgy!" lance Manuel Valls, le maire d'Evry. Le Catalan surjoue l'affrontement pour rappeler qu'il est un allié, pas un féal. Ségolène le provoque. "Mais pourquoi te fâches-tu, Manuel?" L'espace d'un instant, on la retrouve, incorrigible, qui hystérise les rapports humains jusque dans son camp. Chacun sait que l'histoire n'est pas finie. Que Valls songe à Obama et à l'Elysée, pour une percée en rupture, avant 2012 ; que Peillon voudrait le Parti... Pendant la campagne de 2007, entre une équipe d'amateurs et une direction socialiste hostile, Ségolène était seule et mal accompagnée à la fois. Aujourd'hui, elle a trouvé des compagnons, mais elle se languit de redevenir la seule. 


 
Moscovici: "Garder son sang froid"

Vendredi 24 Octobre 2008
Propos recueillis par Vivien VERGNAUD
leJDD.fr
 
Bertrand Delanoë serait-il dans une mauvaise passe? Désigné comme le grand favori pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, la campagne du maire de Paris semble patiner à quelques jours du congrès de Reims (14-16 novembre). Pierre Moscovici, rallié de dernière minute à son camp, défend le candidat Delanoë et demande un peu de "flegme" à ses adversaires.

Comment prenez-vous les rumeurs faisant état dans les médias d'une avance certaine de Ségolène Royal, au détriment du candidat que vous soutenez, Bertrand Delanoë?
Je n'accorde aucune importance à ce genre d'informations. Il y a au parti des camarades qui croient tout savoir et qui en réalité font de l'intox. On est dans un moment de débat tendu avec des motions qui font valoir leurs idées, qui défendent chèrement leur peau. Mais certains arguments ne font pas honneur à ceux qui les portent. Je pense notamment au prétendu libéralisme de Bertrand Delanoë, qui est politique et non économique. J'entends certains dire aussi que notre motion reprend la ligne du Premier secrétaire sortant, François Hollande, alors qu'ils sont au secrétariat national depuis une dizaine d'années. Cela manque d'élégance. Cela n'apporte pas la stabilité dont le parti a besoin. Il faut garder un peu de discipline.

Le "libéralisme" de Bertrand Delanoë ne lui porte-t-il pas préjudice en ces moments de crise financière?
Je crois que l'expression dans sa bouche avait un sens bien précis. C'était plus la défense des libertés politiques et non de l'ultralibéralisme économique. Ces mots ont été détournés contre lui avec une grande mauvaise foi. Au fond, est-ce que nous reprochons à tel ou tel qui la joue 'à gauche toute' d'avoir fait alliance aux municipales avec le Modem? Ce n'est pas le type de débat qui grandit le Parti socialiste. Ce ne sont pas des attaques qui grandissent leurs auteurs. Il faut plutôt débattre sur de vrais clivages. Réformisme ou non? Engagement européen ou non? Quel type de gouvernance pour le parti socialiste? Quel rôle pour les militants? Je constate que l'on fait à la place de ce débat de faux procès avec une évidente mauvaise foi. Je trouve cela déplorable.

"Les attaques assez basses, les rumeurs, les intox"

Ne paye-t-il pas aussi sa position confuse sur le service minimum à Paris, qu'il a d'abord dit vouloir appliquer, puis qu'il a refusé?
Bertrand Delanoë a pris une position sur le service minimum qui est assez claire. C'est-à-dire qu'il refusait d'appliquer cette loi et tous ses adjoints, quelles que soient leurs tendances, l'ont soutenu. Encore une fois, arrêtons d'exploiter toutes les failles contre lui. Si on est à l'UMP on fait ça. Si on est au Parti socialiste, c'est indéfendable.

Il y aurait actuellement 10000 signatures pour la motion de Ségolène Royal et seulement 5000 pour votre motion, la motion A. Ceci donne-t-il une indication sur les forces en présence?
C'est un indicateur qui ne mesure que le type d'organisation de la campagne, de la mobilisation sur Internet. Dans le Doubs, mon département, j'ai 350 camarades qui ont signé la motion A. Si on multiplie 350 par 100 départements, on obtient 35000 signatures en France. Cela veut tout simplement dire que c'est absolument absurde. On est dans une phase du congrès qui est un peu dans l'entre-deux, où se multiplient les attaques assez basses, les rumeurs, les intox. Prenons-ça avec beaucoup de flegme. Moi je fais confiance aux militants pour ne pas se laisser influencer par tout ça. Au contraire, ils vont se rendre compte qui, dans cette situation, garde son sang froid.

Les militants "réfléchissent encore"

La crise économique n'a-t-elle pas mis le congrès socialiste au second plan médiatique?
Cela fait partie des choses que l'on doit accepter. Il est clair qu'il ne fallait pas reporter le congrès. Je n'ai jamais été partisan d'un report. Cela montre, qu'au-delà du congrès, il faut réfléchir en profondeur à la mutation du capitalisme, au monde qui évolue. Il faut un programme de travail solide, méthodique. Pour le Parti socialiste, c'est la difficulté. Quand le monde est ainsi secoué. On n'a pas besoin de protectionnisme, mais de réformes puissantes et cohérentes avec des socialistes et des démocrates en ordre de marche.

Quelle va être désormais la stratégie à venir du camp Delanoë?
D'abord convaincre, convaincre, convaincre. Faire en sorte qu'il y ait une motion, la notre, qui soit largement en tête pour que puisse se former un pôle de rassemblement. Sinon, encore une fois, le parti sera en désordre et incapable de se mettre au travail. Ne pensons pas aux multiples configurations qui pourraient advenir du vote des militants, pensons au vote des militants. Je crois que, contrairement à ce qu'on laisse dire aux adhérents ici ou là, ils réfléchissent encore. S'il y a une majorité au PS, c'est une majorité silencieuse, qui regarde les uns et les autres et qui jugent les comportements. Je crois qu'elle appréciera que dans la motion A, nous avons su garder notre dignité et que nous respectons la liberté des militants.

Que se passera-t-il si aucune majorité ne se dégage?
Franchement je crois que pour le PS ce serait une situation assez préoccupante et que le congrès sera ainsi dérobé aux militants. Pour que le congrès ait un sens, pour qu'il accouche d'une certaine clarté, il est impératif qu'une motion soit nettement en tête. 


 
PS: Faut-il arrêter le congrès?

Dimanche 12 Octobre 2008
Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche
 
Et si le congrès du PS, prévu mi-novembre, était reporté en raison de la crise financière? L'idée est notamment avancée par des proches de Ségolène Royal, Julien Dray et Malek Boutih en tête. Le contexte devrait peser sur le congrès d'un parti qui, après avoir avalisé officiellement le passage à l'économie de marché "régulée", voit son aile gauche reprendre du poil de la bête.

Juste l'inspiration d'un éternel insatisfait, ou l'expression du bon sens?Julien Dray, député de l'Essonne, veut geler le congrès du Parti socialiste, donc renoncer à la date des 14, 15, 16 novembre pour ne pas exposer le PS à un nouveau ridicule: celui d'un parti affichant ses luttes internes au coeur d'une crise planétaire. "On appuie sur le bouton pause, et on se met à réfléchir sur ce qui arrive, et on produit un discours sur la crise", enchaîne Malek Boutih, l'alter ego de Dray.

Dans les grilles de lecture internes au PS, la proposition de Dray est interprétée comme l'expression du désarroi d'un futur perdant... Mais elle renforce le malaise qui s'installe autour du parti: son inadéquation est soulignée par un de ses dirigeants les plus médiatiques, candidat au poste de premier secrétaire! La tentation de la pause rejoint le procès en inutilité fait au PS, alors même que la crise, soulignant l'échec du néolibéralisme, devrait le conforter. Mais, au contraire, la crise renforce ses divisions, utilisée par les courants de gauche dans les débats internes.

Ségolène parle "à gauche".

Lors de la présentation des motions à la Fédération de Paris, le député européen Benoît Hamon a invité ses camarades à choisir "entre Barak Obama et Pascal Lamy". Bertrand Delanoë était furieux: Lamy, patron de l'Organisation mondiale du commerce, tête de turc des antilibéraux, est un socialiste et un ami du maire de Paris, un de ses conseillers économiques! Face à la montée des discours de gauche - "le retour aux fondamentaux" en lingua socialista -, les sociaux-démocrates hésitent.

Ségolène Royal parle "à gauche": après avoir "rêvé" à l'interdiction des licenciements, elle a demandé sur RTL que les pays industrialisés refusent les investissements en provenance des paradis fiscaux. Mais un des cosignataires de sa motion, le député et maire d'Evry Manuel Valls relève le gant des "modernes". "Attention à la régression, dit-il. Il faut réguler, mais ne profitons pas de la crise pour renouer avec nos vieilles lunes: nous ne pouvons pas revenir à la logique du 'tout-Etat', aux nationalisations systématiques!" Valls prépare un texte de fond, pour réfuter la ligne du "tout à gauche". Une manière de prendre le congrès au sérieux.




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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 15:11

(dépêches)



Hollande balise-t-il le chemin pour son ex-compagne?

FRANCE |
Vibrante et insistante plaidoirie pour l’unité du PS par son futur ex-premier secrétaire.

AP |  Jean-Nöel Cuenod | 15.11.2008 | 00:00

On l’avait oublié, à force de ne parler que de Ségolène, Martine et des autres. Or, François Hollande s’est rappelé au bon souvenir des «éléphants», hier soir, au Congrès du Parti socialiste français, qui s’est ouvert à Reims.

Il a même eu droit à une ovation debout à l’issue d’un discours brillant et musclé qui ferait presque oublier son surnom flageolant: «Flamby».

Un discours qui ne sera pas sans conséquence sur le choix de son successeur – homme ou femme – à la tête du PS.

En effet, en décryptant ses propos, on en déduit qu’il est sans doute en train de baliser la route vers le premier secrétariat du parti pour son ex-compagne, Ségolène Royal.

En évoquant les six motions – c’est-à-dire les professions de foi de celles et ceux qui revendiquent la direction du PS – il souligne bien que celle qui est arrivée en tête détient toute la légitimité pour proposer une synthèse aux autres.

Or, c’est bien entendu de la motion de Ségolène Royal dont il est question. Et Hollande de marteler sous le regard intense de Ségolène Royal: «Il appartient aux signataires des autres motions de répondre loyalement sur toutes – je dis bien toutes – les propositions de la motion parvenue en tête. Il faut en finir avec les fragmentations!» s’exclame-t-il sous un tonnerre d’applaudissements.

Pour que les choses soient bien claires, François Hollande a peint le diable Sarkozy sur la muraille France: «Seul le Parti socialiste peut l’emporter sur la droite. Et seul un Parti socialiste uni peut gagner la présidentielle de 2012!»

Sondages éloquents

Certes, tous les responsables du PS en appellent à cette unité pour l’instant introuvable. Mais l’insistance oratoire de Hollande a valeur de signe.

Car tout le monde en convient, parfois à contrecœur: Ségolène Royal est la seule figure présidentiable du PS dans le contexte actuel.

C’est pourquoi elle a officiellement annoncé hier soir sa candidature à la succession de son «ex».

Deux sondages d’ailleurs viennent la conforter. Celui du Journal du Dimanche – IFOP estime qu’elle battrait Nicolas Sarkozy si l’élection devait se dérouler maintenant.

Celui du Figaro la désigne comme l’unique socialiste à pouvoir être présente au second tour de la présidentielle et à reléguer Bayrou à la troisième place.

Cela dit, le chemin du sacre de Reims se révèle encore long pour Mme Royal. Martine Aubry ne s’est pas (encore?) portée candidate. Mais elle s’active pour barrer le chemin à sa concurrente. Toutefois, le discours de François Hollande risque de lui couper l’herbe sous les pieds.

Le PS devra attendre la fin de son congrès, dimanche, pour sortir du brouillard.




Le dernier coup bas de Benoît Hamon à Ségolène Royal.

Samedi, 15. Nov, 2008 - 07:21:06

Tous les coups sont désormais permis au PS. Belle illustration ce vendredi matin sur BFM TV avec Benoît Hamon.

Le candidat au poste de premier secrétaire du PS, représentant de l'aile gauche du parti et opposant résolu à Ségolène Royal, glisse au détour de son interview par Jean Jacques Bourdin que la motion E (celle de Royal, donc) porte un projet de retraite par capitalisation. Hamon suggère perfidement que ce point du programme de Royal est désormais opportunément oublié, la crise ayant mis en faillite les systèmes dont il s'inspire, comme le "modèle Suédois".

Or, c'est faux, comme chacun peut s'en assurer en lisant le paragraphe 2.7 de la motion "incriminée".

http://www.fiersdetresocialistes.org/files/MotionFiersdetresocialistes.pdf

Sur le sujet des retraites, le texte propose la mise en place d'un système de retraite par compte individuels de cotisation qui reprend les travaux menés par les économistes Antoine Bozio et Thomas Piketty.

Le passage consacré aux retraites apparaît d'ailleurs comme une synthèse d'un article de Bozio et Piketty paru en avril dernier (Retraites : pour un système de comptes individuels de cotisations).

Ces derniers s'inspirent effectivement du modèle suédois. Lequel, n'en déplaise à Benoît Hamon, "n'est pas un modèle par capitalisation, et n'a pas du tout été mis à mal par la crise financière", assure Antoine Bozio, économiste à l'Institute for fiscal studies, qui tente de comprendre la confusion du député européen : "peut-être qu'Hamon a été trompé par le fait que dans la réforme suédoise, qui avait été décidée par un large consensus politique, la droite a obtenu une petite concession avec la mise en place d'une petite part de retraite individuelle par capitalisation (2% des revenus). Ce point est tout à fait marginal par rapport à l'objet de la réforme. Il n'a d'ailleurs pas été repris dans nos travaux". Ni dans la motion E...

Le projet Piketty/Bozio, repris par la motion Royal propose, en restant dans le cadre d'une retraite par répartition, une ambitieuse refonte des systèmes de retraite prévalant aujourd'hui en France (privé/public confondus) en un système unifié et universel.

La réforme prévoit que les travailleurs accumulent tout au long de leur carrière professionnelle leurs cotisations retraites sur un compte individuel géré par l’assurance vieillesse qui leur offre une visibilité sur le montant de leurs droits, actualisés chaque année. L'objectif est qu'un lien plus direct soit établi entre les contributions des travailleurs et droits à pension. Le système permettrait au salarié de conserver exactement le même capital de cotisations et les mêmes droits à la retraite, quels que soient les aléas de sa carrière professionnelle ou ses changements de statut : public/privé, salarié/non-salarié, cadre/non-cadre, France/étranger.

C'est une simplification du modèle de retraite par répartition, mais à aucun moment sa remise en cause : il est prévu que les cotisations versées par les actifs soient utilisées pour financer les pensions, sans passer par la "case" des marchés financiers (ce qui est la définition de la retraite par capitalisation).

Source : Libération.fr



Face à Sarkozy en 2012, Royal reste la meilleure

Jean-Baptiste Garat
13/11/2008 | Mise à jour : 21:14 | Commentaires  139 .

En cas de «premier tour de l'élection présidentielle dimanche», Ségolène Royal ferait nettement mieux que Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

Le chef de l'État arriverait largement en tête au premier tour. Si elle se présentait, Martine Aubry serait devancée par François Bayrou.
 
Au congrès de Reims, ce week-end, les socialistes vont se chercher un leader. Mais ils pourraient déjà s'être trouvé un candidat pour la présidentielle de 2012. C'est en tout cas l'un des principaux enseignements du baromètre Politoscope Le Figaro-LCI réalisé par l'Institut OpinionWay. En cas de «premier tour de l'élection présidentielle dimanche», Ségolène Royal ferait nettement mieux que Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

L'ancienne candidate à l'Élysée réunirait en effet 24 % des suffrages, un score légèrement en retrait par rapport au 25,9 % qu'elle avait obtenu le 22 avril 2007. Si Bertrand Delanoë représentait le Parti socialiste, il n'obtiendrait que 18 % des voix selon OpinionWay. Quant à Martine Aubry, elle ne recueillerait que 16 % des intentions sur son nom.


Le spectre du premier tour

Quelle que soit l'hypothèse, le candidat PS serait nettement distancé par Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote : 33 % des personnes interrogées estiment qu'elles auraient le plus de chance de voter pour le président de la République si Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë se présentent ; 34 % s'il affronte Martine Aubry. Dans tous les cas, il progresse par rapport au premier tour de 2007 (il avait obtenu 31,2 % des suffrages) et conserve face à Ségolène Royal un niveau équivalent à celui de la précédente étude OpinionWay de mai.

À trois ans et demi de la présidentielle, un spectre ressurgit cependant dans le plan de bataille des socialistes, celui de l'élimination au premier tour, comme l'a connu Lionel Jospin en 2002 face à Jean-Marie Le Pen. Si le leader du Front national semble incapable de troubler à nouveau le jeu électoral (il recueille 7 % des intentions de vote selon OpinionWay), François Bayrou menace lui directement la qualification des potentiels candidats socialistes.

En recueillant 18 % des suffrages, le président du MoDem fait jeu égal avec Bertrand Delanoë et devance Martine Aubry de deux points. Seule Ségolène Royal semble aujourd'hui en mesure d'ouvrir les portes du second tour à la gauche, reléguant le centriste à la troisième place avec 16 %.

Plus surprenant encore, la présidente de Poitou-Charentes est la candidate socialiste la mieux à même de contenir l'extrême gauche. Face à elle, Olivier Besancenot recueille 10 %, alors qu'avec Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, le patron de la LCR atteint 12 %. En toute hypothèse, il domine largement les candidatures du PC, de Lutte ouvrière, du Parti des travailleurs ou de José Bové.

Ségolène la mieux placée

Ségolène Royal serait donc la mieux placée pour réunir l'ensemble de la gauche, obérant la stratégie interne au PS d'un positionnement plus à gauche, prônée par Martine Aubry et ses alliés, et celle d'un «réformisme assumé» défendue par Bertrand Delanoë. Signe que sa main tendue au MoDem ne lui aliène pas la sympathie de la gauche de la gauche. Ni que ses déclarations sur l'interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficières ne rebutent les électeurs du centre. Dernier indice, enfin, de l'audience que Ségolène Royal obtient au-delà des appareils politiques : un électeur sur cinq ayant voté pour elle au premier tour en 2007 se tournerait vers l'abstention, le vote blanc ou nul si le PS était représenté par Martine Aubry ou Bertrand Delanoë.




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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 12:11

(dépêches)



Changez !, par Eric Fottorino

Editorial
LE MONDE | 14.11.08 | 13h30

Au-delà des batailles de personnes et d'appareil au Parti socialiste, la question est posée : une gauche de gouvernement peut-elle émerger avec de véritables chances de victoire en 2012 ? Le défi dépasse le simple champ partisan. Il en va de la vigueur de notre démocratie. Une opposition puissante et crédible est un ressort essentiel de la vie publique. Or ce ressort est rouillé. A trois reprises depuis 1995, la gauche a perdu l'élection présidentielle. Lorsque Nicolas Sarkozy achèvera son mandat en 2012, cela fera dix-sept ans qu'un dirigeant de la droite française est à l'Elysée, et ce nonobstant la cohabitation avec le gouvernement de la gauche plurielle entre 1997 et 2002. Pareil constat fixe l'enjeu du congrès socialiste de Reims.
 
Les responsables du PS devraient entendre le cri de leurs militants : changez ! De ce point de vue, la deuxième victoire de Ségolène Royal dans son propre camp (d'abord comme candidate à l'élection présidentielle, maintenant avec les 29 % obtenus par sa motion) doit être prise au sérieux. Y compris par ceux qui ont le tournis devant ses positions idéologiques frisant le populisme, oscillant de la gauche radicale aux penchants conservateurs de l'ordre juste. Comme Nicolas Sarkozy créa la rupture dans l'imaginaire de la droite, Ségolène Royal veut incarner une rupture dans l'expression du socialisme. La démocratie participative ou la critique des 35 heures ont prouvé qu'elle savait s'affranchir des dogmes du PS.

Tirant les leçons de sa défaite de 2007, attirant auprès d'elle économistes et intellectuels pour réinventer le discours et la pratique de sa famille politique, exprimant son "envie" de gouverner le parti, Ségolène Royal tente de créer les conditions d'un renouveau. Le chemin est cahoteux, parfois obscur, incertain et risqué. Etre une femme ne facilite pas la tâche. Aux socialistes de décider s'ils veulent de ce renouveau-là. Ou de tout autre qui s'imposerait à Reims. Sans quoi ils construiront avec éclats les ruines de leur avenir.

Eric Fottorino
Article paru dans l'édition du 15.11.08



Le rénovateur caché du congrès de Reims, par Patrick Jarreau

Chronique
LE MONDE | 14.11.08 | 13h26  •  Mis à jour le 14.11.08 | 13h26

Elle a un mérite, parmi beaucoup d'autres assurément, c'est de ne pas se contrefaire. A la question de savoir si elle se portait candidate au poste de premier secrétaire du PS, elle a répondu, mercredi, sur TF1 : "C'est vrai que j'en ai envie." Tout Ségolène Royal était dans cette phrase. Là où une autre - un autre - aurait parlé de "conditions réunies", de "situation objective" ou d'"amicales pressions", elle a déclaré franchement son désir d'exercer cette fonction. Simplicité rafraîchissante, se réjouissent les uns ; attention toujours ramenée à soi, s'irritent les autres.

La question avait été posée dans les formes canoniques : un congrès, un poste à pourvoir, une candidature à déclarer. La réponse a ignoré les usages, rusé avec les règles, affirmé une subjectivité qui reléguait dans l'ombre statuts, procédures et calculs. L'aveu de "l'envie" fut suivi immédiatement de la prise à témoin de l'opinion, dont le truchement permettait à l'interviewée de quasiment parler d'elle-même à la troisième personne, pour observer qu'elle a la réputation de ne pas être "une femme d'appareil".

Cette femme, à laquelle le miroir de l'opinion dit qu'elle n'est pas une femme d'appareil - préservant ainsi sa différence par rapport au parti qu'elle souhaite diriger -, est donc prête non pas à occuper ce poste - pour elle, a-t-elle précisé, "ce n'est pas un poste" -, mais à accomplir une tâche que les militants, plaçant sa motion devant les autres, l'ont habilitée à briguer. C'était du beau travail, une fine dentelle brodée au micron près, une partition parfaitement maîtrisée par celle qui en est à la fois l'auteur et l'interprète. Pour qui douterait encore de la consistance de l'entreprise de Ségolène Royal depuis son entrée dans l'arène présidentielle, en 2005, l'épisode de TF1 était révélateur d'une démarche désormais reconnaissable entre toutes et qui embraye fortement sur la réalité politique.

La candidate inattendue de 2007 était guettée au tournant du congrès socialiste. D'accord, elle avait su gagner la primaire, à la faveur des circonstances et grâce à son aura médiatique. Mais primaire, médias, tout cela, au fond, est étranger au parti, à ses sections, ses fédérations, ses contributions, motions et courants. Quand les socialistes se retrouveraient entre eux et avec leurs rites, les vrais compteurs homologués donneraient la mesure de la densité spécifique du "ségolénisme". Or la démonstration a été faite que, dans ce parti affaibli en tant que parti, cette offre-là apparaît comme la moins faible.

Ses chances de l'emporter sont d'autant plus grandes que la logique institutionnelle, au sein du PS, est inverse de ce qu'elle fut. Ce n'est plus obligatoirement au congrès, dans la commission des résolutions de sa dernière nuit, que se forme une majorité soutenant un premier secrétaire. Comme celui-ci est élu ensuite par les militants, les contours de la majorité peuvent êtres définis plus tard, quand se négociera la composition du secrétariat national. La présidentialisation, devant laquelle les adversaires de Ségolène Royal font mine de se récrier, est acquise, et l'avance que lui ont donnée les militants montre qu'ils en ont pris acte.

Cette évolution a sa raison principale non pas dans les réformes statutaires, mais dans l'histoire des dix dernières années, au cours desquelles le PS a perdu l'assurance de désigner un des deux candidats au second tour de l'élection présidentielle. L'alternative à la droite ne lui appartient plus en propre. Il doit la disputer, dans le meilleur des cas, au centrisme, avec lequel l'affrontement et le dialogue sont devenus inévitables.

La rénovation du Parti socialiste devra beaucoup à François Bayrou. Lequel a tout à y gagner et tout à y perdre.

Courriel : jarreau@lemonde.fr.

Patrick Jarreau
Article paru dans l'édition du 15.11.08


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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 11:37

(dépêche)



Ségolène Royal candidate à la direction du PS, ses concurrents cherchent un accord 

France
REIMS (AFP) - 15/11/08 00:17

Ségolène Royal s'est portée candidate vendredi à la direction du PS, se situant d'emblée au dessus de la mêlée en déléguant, en cas d'élection jeudi prochain par les militants, la gestion quotidienne du parti à Vincent Peillon, une posture idéale pour 2012.

Evénément

A la recherche d'une alliance commune et majoritaire, les autres leaders du congrès, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon sont pour l'instant divisés: le maire de Paris a exclu dans la soirée de soutenir l'une ou l'autre au poste de premier secrétaire.

Un regroupement Delanoë-Aubry-Hamon (près de 70% lors du vote des militants le 6 novembre) est encore possible, à condition qu'il soit conduit par un responsable du courant Delanoë, selon des soutiens du maire de Paris.

L'annonce de la candidature de Ségolène Royal, qui avait pris l'avantage sur ses concurrents le 6 novembre, a été faite en son nom à la presse par le député Manuel Valls.

"Avec beaucoup d'émotion, avec beaucoup de gravité, parce que ce qui se joue à l'occasion de ce congrès est important, Ségolène Royal a accepté cet engagement", a déclaré M. Valls.

C'est le numéro deux du parti, François Rebsamen, qui a proposé aux délégués de la motion la candidature de la présidente du Poitou-Charentes. "Des applaudissements longs ont soutenu et confirmé cette candidature", a ajouté M. Valls.

Si Ségolène Royal est élue par l'ensemble des militants jeudi, comme le prévoient les statuts du PS, une fonction de premier secrétaire délégué sera créée, qui sera confiée à l'eurodéputé Vincent Peillon, a précisé M. Valls.

Mme Royal entend en effet diriger le parti sans entrer dans sa gestion au quotidien, ce qui confirmerait son statut à part.

Lors de l'assemblée générale des militants de sa motion, Bertrand Delanoë et ses partisans ont décidé de ne soutenir ni Benoît Hamon ni Martine Aubry comme candidat au poste de premier secrétaire.

M. Delanoë n'a pas exclu un accord avec eux sur un texte commun, mais "à condition que ce candidat de rassemblement soit issu de la motion A", la sienne, soutenue notamment par François Hollande.

Le maire de Paris, qui fait valoir que sa motion est arrivée en deuxième position, attend "une réponse d'ici demain matin" de Mme Aubry et de M. Hamon, a-t-il précisé.

Cette position permet de sauvegarder l'unité du courant, entre une frange de jospinistes qui pourraient se résoudre à une candidature Aubry, Pierre Moscovici, et enfin les partisans de François Hollande, résolument hostiles à un soutien à la maire de Lille, selon des responsables de la motion Delanoë.

Avec des précautions de langage, le maire de Paris s'est dit prêt à renoncer officiellement à sa candidature au poste de premier secrétaire. Cela va dans le sens souhaité notamment par le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, pour qui le prochain patron du PS "ne doit pas être un présidentiable". Une position longtemps défendue par Pierre Moscovici, dont la cote est soudain remontée.

Partisan de Mme Aubry, Jean-Christophe Cambadélis retient surtout que Aubry, Delanoë et Hamon "sont d'accord pour discuter ensemble" d'un texte et d'une candidature commune à la tête du PS.

Selon lui, l'annonce dans la soirée de la candidature de Ségolène Royal "ne change pas la donne". "La difficulté pour le Parti socialiste" est que "Ségolène n'a pas rassemblé au-delà de ses 29%", malgré les discussions avec les autres courants.

Benoît Hamon, 41 ans, continue de défendre sa candidature au nom d'"une ligne politique, l'ancrage à gauche" et d'"une aspiration profonde au renouvellement". "Il l'annoncera formellement dimanche", selon ses proches.



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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:09

(dépêche)




Ségolène Royal officiellement candidate à la tête du PS
il y a 29 min

Ségolène Royal a officialisé sa candidature à la tête du Parti socialiste au premier soir du congrès de Reims, mettant fin à une semaine de vrai-faux suspense.

L'ancienne candidate à l'Elysée fait candidature commune avec l'un des plus proches lieutenants, le député européen Vincent Peillon, qui sera appelé, si elle est élue par les militants jeudi prochain, à devenir "premier secrétaire délégué".

L'annonce a été faite par Manuel Valls à l'issue d'une réunion des délégués départementaux de la motion défendue par Ségolène Royal, qui ont voté pour qu'elle soit candidate sur son nom à la succession de François Hollande.

"La responsabilité qui pèse sur nos épaules et tout particulièrement sur celles de Ségolène Royal est une responsabilité historique: rassembler et créer les conditions d'une alternance en 2012", lors de la prochaine présidentielle, a-t-il souligné devant les caméras.

Et puis, a-t-il ajouté, une femme à la tête du PS serait "un événement considérable".

Alors qu'un front du refus tente de se former au PS contre Ségolène Royal, ses partisans ont soigné le moindre détail de cette première journée de congrès, où les courants internes doivent tenter de former une majorité pour prendre les rênes du PS.

"LES NOMS QUI VOLTIGENT"

Dans la cohue qui accompagne chacune de ses apparitions, la présidente de Poitou-Charentes est arrivée en fin d'après-midi entourée de toute son équipe alors que les débats avaient déjà commencé au Parc des expositions.

"Ce que je souhaite, c'est que lundi, lorsque les Français vont aller au travail, ils puissent se dire: 'Les socialistes sont au travail'", a-t-elle déclaré devant les caméras avant de pénétrer dans la salle du Parc des expositions.

Des "Ségolène" et quelques applaudissements fusant dans les rangs, certains de ses proches ont réclamé le silence, jouant la carte de la discrétion face à ceux qui les accusent de bâtir un "parti de supporters".

Vendredi matin, après huit jours de discussions intenses, les rivaux de la présidente de Poitou-Charentes - Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon - se sont à nouveau rencontrés à Paris pour tenter de trouver un "accord politique" et présenter un candidat commun au poste de premier secrétaire.

"Nous, nous sommes dans la transparence, nous disons ce que nous faisons", a fait valoir Vincent Peillon, appelant au rassemblement.

L'équipe qu'il incarnera derrière Ségolène Royal n'est pas fermée, quand les autres "auront fait leur choix, ils seront les bienvenus", a dit le député européen.

Il faut que les socialistes "donnent aux Français autre chose que le spectacle des conciliabules, des alliances à géométries variables et des noms qui voltigent que nous entendons ici", a-t-il souligné.

Laure Bretton, édité par Nicole Dupont

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:06

(dépêche)



Cinq enjeux pour un congrès

LE MONDE | 14.11.08 | 13h46  •  Mis à jour le 14.11.08 | 15h07

1. Peut-il se doter d'un leader ?

Depuis le retrait de Lionel Jospin, en 2002, le Parti socialiste (PS) ne parvient pas à se choisir un leader incontesté. François Hollande ne s'est jamais imposé dans l'opinion et Ségolène Royal a porté les espoirs de la gauche à l'élection présidentielle de 2007 sans entraîner tout le PS derrière elle. Cette crise de leadership (et son corollaire, la bataille des chefs) nuit à l'image que les socialistes donnent d'eux-mêmes. Et empêche le parti de s'inscrire dans le jeu des institutions de la Ve République qui ont installé l'élection présidentielle au centre de la vie politique.
 
Le mode de désignation du premier secrétaire - élu par l'ensemble des adhérents le 20 novembre - plaide pour des candidatures de personnalités emblématiques. Ségolène Royal, qui porte l'idée d'une modernisation du parti, dispose d'une aura dont les autres dirigeants socialistes sont privés. Elle bénéficie, en outre, de l'acquis de sa campagne présidentielle. Sa motion est arrivée en tête mais sa personnalité reste controversée. Elle est considérée par certains comme un élément extérieur au PS, ce qui rend plus ardue sa capacité à réaliser une synthèse.

Martine Aubry, qui symbolise une pratique et un discours plus traditionnels, peut, elle aussi, prétendre concourir. Tout comme Benoît Hamon, nouvelle figure de l'aile gauche. Mais il leur faudrait, pour être élus, parvenir à construire une alliance alternative sur un projet qui serait forcément en opposition avec la motion qui a été placée en tête par les militants.

Le ou la futur(e) premier(e) secrétaire ne portera pas forcément les couleurs du PS à l'élection présidentielle de 2012. Parmi les partisans de Mme Royal, mais aussi chez certains de ceux qui soutiennent Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, l'idée d'organiser des "primaires ouvertes" aux sympathisants fait son chemin.

2. Peut-il avancer des idées neuves ?

Jusqu'à présent, le PS est apparu comme un parti en fin de cycle. Faute d'avoir su renouveler son logiciel, il s'est retrouvé distancé par une droite qui a refait synthèse derrière Nicolas Sarkozy. Néanmoins la réflexion a avancé sur plusieurs points.

Inspiré des pays sociaux-démocrates d'Europe du Nord, le concept d'un "Etat préventif", capable de s'attaquer en amont aux inégalités sociales (notamment en matière d'éducation et de santé), est évoqué. Alors que l'allergie à l'impôt se développe, il permet de dépasser la question de l'Etat-providence. L'idée du donnant-donnant fait son chemin : le PS suggère de n'accorder que sous conditions (conclusion d'un accord salarial, actions de reclassement, entreprises exportatrices) les allégements de charges dont bénéficient les entreprises.

Ségolène Royal va plus loin et demande que les entreprises bénéficiaires qui délocalisent remboursent les aides publiques qu'elles ont pu recevoir. Le thème du développement durable est mieux pris en compte que par le passé. En revanche, la réflexion du PS sur des sujets comme la protection sociale, l'immigration, les nouvelles technologies mérite d'être approfondie.

3. Peut-il retrouver un discours européen ?

Il est loin le temps où les échanges entre Lionel Jospin, tenant du "réformisme de gauche", et Tony Blair ou Gerhard Schröder, artisans du social-libéralisme, dominaient les débats au sein d'une social-démocratie européenne en plein renouveau. Presque partout, la gauche a quitté le pouvoir et le PS ne joue plus qu'un rôle secondaire au sein du Parti des socialistes européens (PSE), en raison principalement des profondes divisions nées du référendum constitutionnel de 2005.

Dans cette période économique troublée, sa faible audience internationale est d'autant plus curieuse que deux de ses proches occupent des fonctions importantes : Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international (FMI) et Pascal Lamy à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). A priori, les élections européennes de juin 2009 s'annoncent délicates pour le PS, qui avait réalisé, en 2004, un score élevé (28,9 %). Face à la crise économique, le PS va bâtir sa campagne autour d'une plate-forme commune avec le PSE. Le message sera centré sur la nécessité d'instaurer une puissance publique européenne et des instruments de régulation efficaces de la sphère financière.

4. Peut-il se rénover ?

Vieux, usé, fatigué : ces qualificatifs, adressés par Lionel Jospin à Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 2002, pourraient parfaitement s'appliquer aujourd'hui au PS, au moins dans la perception qu'en ont l'opinion et de nombreux adhérents. La rénovation du parti sera un enjeu central du congrès, avec une ligne de partage entre la motion de Bertrand Delanoë et celle de Ségolène Royal. Martine Aubry reste, elle, dans une réserve prudente sur la question. Forte du mouvement d'adhésion - large mais éphémère - qu'elle avait suscité avant les primaires socialistes à l'automne 2006, Mme Royal défend l'idée d'un "parti de masse". Une orientation qui vise à "ringardiser" ceux qu'elle appelle les tenants du "vieux parti", à commencer par le maire de Paris qui reste arc-bouté sur le principe d'un "parti de militants" dans la tradition jospinienne.

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle veut changer, pour sa part, la nature du parti et repousser ses limites. Le PS façonné par François Mitterrand est un parti d'élus et une machine électorale qui a n'a jamais dépassé 220 000 adhérents. C'est le parti "d'une avant-garde", selon l'expression de Lionel Jospin, pas un parti de masse. Mme Royal souhaite modifier tout cela. Elle plaide pour "un grand parti, démocratique, populaire et de mobilisation sociale", avec des responsabilités "décentralisées aux fédérations", et qui développe "de nouvelles formes de militantisme" en direction des salariés et de la société civile. Pour recruter de nouveaux adhérents, elle envisage, en outre, un montant de cotisation symbolique.

La question des primaires reste à régler même si Mme Royal l'a mise, provisoirement, au "Frigidaire". L'ancienne candidate n'a jamais caché qu'elle entendait poursuivre dans la voie ouverte en 2006, même si elle n'a jamais précisé ses intentions - primaires ouvertes aux autres partis de gauche ou aux seuls sympathisants socialistes -, les fameux "adhérents à 20 euros revisités" ? M. Delanoë est, pour sa part, hostile à tout dispositif de désignation du candidat à l'élection présidentielle qui déborderait le cadre strict des "militants" dûment estampillés.

5. Peut-il faire alliance avec le centre ?

Son nom est rarement prononcé mais l'ombre du président du MoDem, François Bayrou, plane sur le congrès. Faux procès ou vrai clivage ? La question des alliances avec le centre a pesé lourd dans la campagne du congrès de Reims. Bertrand Delanoë qui a pu sans difficulté, pour sa réélection à la Mairie de Paris en mars, se passer d'une alliance avec le MoDem, en a fait un sujet de divergence affiché avec Ségolène Royal. Cette dernière avait, en vain, tendu la main à François Bayrou entre les deux tours de l'élection présidentielle.

Par ailleurs, les élections municipales ont été l'occasion d'alliances locales avec le MoDem, à Lyon, Dijon, Lille, Grenoble ou Marseille. Elles ont concerné des élus signataires de la motion de M. Delanoë comme de celle de Mme Aubry, ainsi que Mme Aubry elle-même. En septembre, le bras droit de Mme Royal, le député européen Vincent Peillon, avait déclaré à Libération : "Si l'on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère avec les centristes qui pourrait déboucher à terme sur un contrat de gouvernement."

Depuis, Mme Royal s'efforce de désamorcer ce débat. Dans le document de travail "ouvert" qu'elle a remis aux tenants des autres motions, lundi 10 novembre, elle souligne qu'il faut "fédérer la gauche". "La stratégie des socialistes a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement, stipule le texte (...). C'est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s'adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite."

Christine Garin et Jean Michel Normand
Article paru dans l'édition du 15.11.08

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:03

(dépêches)




Reims, un remake pour le PS?

Casse tête au PS pour la succession de François Hollande...

Le congrès socialiste
Politiques 14 nov. 2008 - 6h51

POUR MEMOIRE
Retour sur les grands congrès qui ont construit le parti.

4 réactions

PASCAL VIROT

A quoi Reims pourrait bien ressembler ? A Rennes, congrès des déchirures ? A Metz, congrès du vrai clivage ? Rappel de précédents congrès socialistes historiques et de la permanence des polémiques.

Rennes, le cauchemar

C’est le cauchemar des socialistes. Quand ils se réunissent à Rennes, en mars 1990, François Mitterrand est à l’Elysée, Michel Rocard à Matignon et Pierre Mauroy rue de Solférino. La préparation du congrès est tendue, des affaires de fausses cartes, de débauchages écornent l’image d’un parti traditionnellement versé dans le débat d’idées. Le conflit se noue dans la famille mitterrandiste, déchirée entre les deux héritiers, Laurent Fabius, le «fils préféré» et Lionel Jospin, le «fils rebelle».

Le premier plaide pour la «rénovation du PS». Le second soupçonne son concurrent de vouloir construire un parti de «supporteurs» pour assouvir ses ambitions présidentielles au détriment d’un parti de «militants», ancré à gauche. De Rennes à Reims, la même controverse…

Dans la capitale de la Bretagne, l’atmosphère délétère se transforme en un climat haineux. La motion Fabius arrive en tête, talonnée par celle de Jospin-Mauroy alors que les amis de Rocard se trouvent en position d’arbitre. La recherche d’une improbable synthèse se poursuit de longues heures.

Puis survient ce que tout le monde socialiste redoutait : l’éclatement au grand jour de la famille mitterrandiste. Lionel Jospin refuse de discuter avec Laurent Fabius qui a «voulu déstabiliser la direction de [son] propre parti». Jean-Pierre Chevènement dénonce «les mœurs insupportables» de Fabius…

Un «TSF» («Tout sauf Fabius») se met en place. Celui-ci entend que le parti se rassemble autour de lui, puisqu’arrivé en tête. Le clan mitterrandiste se déchire. Lionel Jospin : «On ne peut réduire [le PS] à une machine électorale.» Quand Laurent Fabius évoque François Mitterrand, la salle le hue. Henri Emmanuelli lui lance depuis la tribune : «On n’hérite pas du parti comme d’une Aston Martin…»«Arrêtez les magouilles !» hurlent les congressistes qui redoutent un accord en coulisses. Le constat d’échec est dressé. L’accord sera trouvé quelques jours après, à Paris : Pierre Mauroy est reconduit au poste de premier secrétaire, celui de numéro 2 du parti est confié à un fabiusien.

Metz, l’affrontement

Ce compromis sera-t-il réédité à Reims ? Ou Reims sera-t-il assimilé à Metz ? Car en Lorraine, c’est un vrai congrès de fond qui s’ouvre en avril 1979.

Deux lignes s’affrontent: celle du premier secrétaire sortant, François Mitterrand, et celle de son rival, Michel Rocard. Le second pointe «l’archaïsme» du premier qui dénonce, en retour, par alliés interposés, une «gauche américaine», une «deuxième gauche» sans épine dorsale.

De fait, le débat tourne autour des «deux cultures» qui cohabitent au PS: l’une, incarnée par Mitterrand, jacobine et centralisatrice, l’autre, celle de Rocard, autogestionnaire et rétive aux «structures pyramidales» de la société. Mitterrand plaide pour la planification. Michel Rocard rétorque : «Entre le Plan et le marché, il n’y a rien !» Du haut de la tribune, Laurent Fabius lui jette : «Entre le Plan et le marché, Michel, il y a le socialisme !» Les différences sont patentes entre les tenants d’un volontarisme politique et ceux qui prennent en compte les contraintes économiques. Ils auront gain de cause en 1983, lors du tournant de la rigueur…

Epinay, l’unification

Mais il reste, peut-être une option pour les socialistes : un nouveau congrès d’Epinay (juin 1971), celui de la refondation et de l’unification du PS, celui qui a vu émerger le triptyque magique pour un parti : un projet («bâtir le socialisme»), une stratégie (l’union de la gauche) et un leader charismatique et incontesté : François Mitterrand. Un chef qui, lorsqu’il monte à la tribune, n’a même pas la carte du parti qu’il s’apprête à diriger.


 
Le PS à Reims: sacrée embrouille

Le congrès socialiste

Casse tête au PS pour la succession de François Hollande...

Politiques 14 nov. 2008 - 6h51

Le congrès du PS s'ouvre aujourd'hui alors que les ténors du PS continuent à se disputer la succession de François Hollande.

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MATTHIEU ECOIFFIER et DAVID REVAULT D’ALLONNES

Ségolène sortira-t-elle à temps du «Frigidaire» dont elle a entrebâillé la porte ? Le jeune Benoît concrétisera-t-il avec Martine ? Et Bertrand ? Réussira-t-il, au congrès de Reims qui s’ouvre cet après-midi, à accepter enfin sa défaite et à se joindre à eux pour «empêcher que Ségolène prenne le parti, car ce ne sera plus le même parti», selon un de ses proches ? Pas sûr que le dénouement du congrès, dimanche matin, apporte une réponse à ces angoissantes questions, posées lors des épisodes précédents. «C’est l’un des congrès les plus atypiques qu’on ait eu à gérer, assure un jospiniste. Rennes, à côté c’était presque facile. A l’époque les schismes étaient solubles…»

Seule certitude dans ce feuilleton, les socialistes pilotent à vue, et ce dans un épais brouillard politique. «Rien ne se fera avant dimanche matin», estimaient hier plusieurs vieux briscards du parti. «Ça change toutes les minutes», ajoutait un ami de Hollande. Tout pronostic relève donc de la mission impossible. En témoigne ce florilège de SMS reçus au service politique de Libération : «Désolé, déjeuner annulé pour causes de réunions incessantes à la recherche d’une synthèse improbable» ; «Bertrand aurait proposé à Aubry que Harlem Désir soit notre candidat commun» ; «On a constaté ke Sego n’arrivait ni à se présenter, ni à faire une majorité… c’est au Congrès sam, que ça sdénoue».

«Bidouillage». Dans une partie d’échecs où la gestion du temps s’avère décisive, les adversaires de Royal, qui temporise, ont bien tenté, ces derniers jours, d’échafauder un conglomérat «A-C-D» contre la «E», du nom des motions Delanoë, Hamon, et Aubry, d’une part, et de celle de Royal, d’autre part. Pour l’heure, sans succès. Un petit-déjeuner tripartite «de la dernière chance avant le congrès», selon un jospiniste, a été proposé par Hamon, ce matin à Paris. Au point que Vincent Peillon, associé de Royal, a jugé bon de fustiger «les conciliabules d’arrière-boutique», et de pousser un cri : «Halte au feu !»

Mais si les trois camps sont d’accord pour calmer «l’envie», exprimée par Royal, de prendre le parti, ils peinent à se mettre d’accord sur l’essentiel : un candidat. Hamon l’est toujours, Aubry «n’est ni candidate ni pas candidate», selon ses proches. Mais la position de la motion A associant, outre Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici et François Hollande, est sans doute la plus délicate. Alors qu’on voit mal la garde rapprochée du maire de Paris convoler avec Ségolène Royal, les rocardiens, dont le député du Doubs, ne s’allieront jamais, pour leur part, avec l’aile gauche du parti. Et les amis du premier secrétaire sortant ? «Je ne m’associerai pas au bidouillage», a pour sa part indiqué Stéphane Le Foll, hier à quelques proches. Quant à François Hollande, il réapparaît ce matin, dans plusieurs quotidiens régionaux, pour expliquer que Ségolène Royal doit «faire la preuve qu’elle peut rassembler le parti», mais que Bertrand Delanoë, dont il a soutenu la motion, devra, à défaut, «prendre l’initiative».

«Par-dessus». La confusion, à l’arrivée, est extrême. Avec une hypothèse : «On constate que rien ne bouge, et on remet tout à l’élection du premier secrétaire au suffrage direct des militants, le 20 novembre.» Un nouveau scrutin, à la fois deuxième tour et match retour, sur lequel mise ouvertement Ségolène Royal : «Il y aura le vote des militants», menace-t-elle, à la fois par certitude de disposer d’atouts électoraux dans une compétition «d’homme à homme», mais aussi pour dissuader ses compétiteurs potentiels. «La tentation de Ségolène Royal est de passer par-dessus le congrès», estime Francis Chouat, proche de Delanoë. Un vieux routier du parti résume la situation : «On arrive en ordre dispersé au congrès. On va aller au vote, et je suis bien incapable de faire un pronostic. Ça va se jouer au couteau.»



 
Valls n'en doute pas, Royal «sera candidate»

Le congrès socialiste
Casse tête au PS pour la succession de François Hollande...

Politiques 14 nov. 2008 - 9h54

Alors que le congrès du PS s'ouvre cet après-midi à Reims, l'ex-candidate à la présidentielle n'a toujours pas officialisé sa candidature au poste de Premier secrétaire.

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Manuel Valls, bras droit de Ségolène Royal, a déclaré ce matin sur France info qu'il ne «doutait pas un instant qu'elle soit candidate dans les heures qui viennent».

«Sa motion est arrivée nettement en tête, (...) pourquoi empêcherait-on Ségolène Royal d'être Premier secrétaire, à partir du moment où elle tend la main à tout le monde, où elle veut composer une direction où chacun doit trouver la place, mais avec une volonté de faire émerger une nouvelle génération?»


Vincent Peillon, autre bras droit de Royal, s'exprimait de son côté sur France Inter. «Il me semble que maintenant, nous devons collectivement appeler à sa candidature et c'est ce que, avec mes amis Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-Noël Guérini (patron de la fédération des Bouches-du-Rhône), et François Rebsamen (numéro 2 du parti) nous allons faire dans la journée devant les militants», a-t-il dit.

Liberation.fr

 
La règle du jeu des désignations

Le congrès socialiste
Casse tête au PS pour la succession de François Hollande...
Politiques 14 nov. 2008 - 6h51

DECRYPTAGEMode d’emploi du congrès national du parti et de ses élections.

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M. E.

Au PS, le congrès national a lieu tous les trois ans. Il est convoqué par le conseil national (CN). Les membres de ce «parlement» du parti, qui se réunit tous les trois mois, sont désignés par les délégués au congrès, proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions le 6 novembre. Il est composé de 204 membres élus par le congrès national et de 102 premiers secrétaires fédéraux. Seuls les signataires des quatre motions qui ont obtenu plus de 5 % - Delanoë, Hamon, Aubry et Royal - pourront y siéger. Les 630 délégués envoyés à Reims ont été désignés le week-end dernier lors des congrès fédéraux, en fonction des résultats obtenus par les motions dans chaque département. Sont aussi présents à Reims les membres de droit : parlementaires socialistes et membres du CN sortant. Ils peuvent s’exprimer mais pas voter.

Samedi après-midi sera un moment crucial du congrès puisqu’il s’agit de la désignation, toujours en fonction des résultats du 6 novembre, des 102 délégués qui vont composer la commission des résolutions. «Sa vocation est de proposer un texte d’orientation pour le parti, avec une majorité politique pour le soutenir et un (ou une) candidat(e) au poste de premier secrétaire pour l’incarner. Elle peut y arriver ou pas», rappelle-t-on rue de Solférino. La commission des résolutions pourrait siéger, comme souvent, jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche. Le dépôt des candidatures au poste de premier secrétaire sera ouvert samedi après-midi et se refermera après le verdict de la commission.

Les militants éliront le jeudi 20 novembre le premier secrétaire national - mais aussi leur premier secrétaire fédéral - au suffrage direct, comme l’a institué la réforme voulue par Lionel Jospin en 1995.

Le 22 novembre, le CN désignera le nouveau bureau national (BN). Composé de 54 membres et des 18 premiers secrétaires fédéraux à la proportionnelle des motions, il se réunit toutes les semaines pour «assurer la direction du parti». Le CN élit aussi le secrétariat national parmi les membres du BN. Sorte d’exécutif du parti, il est à la fois chargé de mettre en œuvre les décisions du BN et de proposer des orientations.



Congrès PS de Reims: affrontement en vue, dès le premier jour


Le congrès du Parti socialiste s'annonçait vendredi, jour de son ouverture, comme un affrontement sur la prise du pouvoir ou non de Ségolène Royal dans le parti, avec la volonté déclarée de ses partisans d'appeler à son accession au poste de premier secrétaire.

Presqu'au même moment, les leaders des autres motions - Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon - tenaient leur toute première réunion commune à l'Assemblée nationale pour tenter de trouver un terrain d'entente "sur le fond", ce que le camp Royal a immédiatement qualifié de ligue "Tous contre Ségolène".

En dépit du refus exprimé de tous côtés de ne pas faire de Reims "une bataille de personnes", le Congrès tournait avant même son coup d'envoi autour d'une question-clé: faut-il en faire une pré-désignation du candidat socialiste à la présidentielle de 2012, et porter à la direction du PS un présidentiable ?

Le premier secrétaire est en effet le candidat naturel à ce scrutin, surtout s'il s'agit d'une personnalité de tout premier plan comme Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë.

Arrivée en tête du vote des militants avec 29% des voix, Ségolène Royal n'a toujours pas déclaré sa candidature. Mais celle-ci ne fait guère de doute: son bras droit Vincent Peillon a annoncé que ses partisans allaient appeler à sa candidature au poste de Premier secrétaire "devant les militants", dès vendredi.

Le thème de la présidentialisation ou non risque d'être d'autant plus présent que Mme Royal souhaite installer un Premier secrétaire délégué, chargé de faire "tourner la boutique" au quotidien, selon des proches. Mme Royal pourrait ainsi se préserver des joutes internes et garder un statut à part, si elle parvient à ses fins.

La responsable socialiste continue de travailler au "rassemblement" du PS autour d'un accord programmatique, malgré les réserves exprimées par M. Delanoë et Mme Aubry sur ses propositions de compromis. C'est à elle de
"faire la preuve qu'elle peut rassembler le parti", a déclaré François Hollande, allié de M. Delanoë.

Mais les proches de Mme Royal considèrent que sa candidature n'est pas négociable puisque les militants lui ont donné cinq points d'avance sur Bertrand Delanoë et Martine Aubry (tous deux autour de 25%).
Accord ou pas accord, "le suffrage universel" des militants tranchera, a déclaré mercredi Mme Royal, ne cachant pas son "envie" de s'asseoir dans le fauteuil de François Hollande.

A la questure de l'Assemblée, MM. Delanoë, Hamon et Mme Aubry se sont réunis pendant une heure et demie, assistés respectivement de Harlem Désir et Pierre Moscovici, Henri Emmanuelli et Jean-Christophe Cambadélis.
"Nous essayons de rassembler ceux qui semblent proches sur la conception du PS, l'ancrage à gauche, les alliances", a déclaré Harlem Désir.

Le maire de Paris se juge le mieux placé. "La motion Delanoë doit être celle qui donne la cohérence, la stabilité. Je souhaite qu'elle prenne l'initiative et fasse entendre sa voix", a déclaré M. Hollande.
Seul candidat officiellement déclaré à cette succession, Benoît Hamon ne l'entend pas de cette oreille. Il devait tenir ce langage à ses interlocuteurs: "Aujourd'hui, il n'y a qu'un candidat déclaré et un seul. Le soutenez-vous ou pas ?".

"On voit tout le monde vouloir se liguer pour essayer d'empêcher Ségolène Royal d'accomplir sa tâche", a lancé pour sa part M. Peillon. "On essaie d'une certaine façon de voler" son succès.

Une bataille à l'issue très incertaine vient donc de s'ouvrir.

M. Hollande en est conscient, n'excluant pas un échec. Si les socialistes, emportés par "le démon de l'ambition personnelle", ne parviennent pas à un accord à Reims, le "suffrage universel des militants" tranchera jeudi prochain, a-t-il déclaré à l'AFP.

Dernière mise à jour le: Vendredi 14 Novembre 2008, 16:17


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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:00

(dépêches)

 

Ségolène et les vieillards

Nº2297SEMAINE DU JEUDI 13 Novembre 2008
 
À la Une < Le Nouvel Observateur < Ségolène et les vieillards
     
12 reaction(s)

Il ne faudrait pas que l'aveuglement conduise les socialistes à un suicide collectif

A l'évidence, Ségolène Royal les rend fous. Pis que cela : elle les rend bêtes. Supérieur à la moyenne, le quotient intellectuel des dirigeants socialistes s'effondre brusquement, à la limite de la débilité, dès que l'on prononce le nom de Ségolène. Leurs boussoles s'affolent, leurs logiciels se détraquent; elle est à elle seule leur triangle des Bermudes. On se souvient de Laurent Fabius : «Qui gardera les enfants ?» De Martine Aubry : «Ce n'est pas un concours de beauté !» De Lionel Jospin : un livre entier contre l'ex-candidate ! Michel Rocard veut s'en aller; Jean-Luc Mélenchon est déjà en fuite. Le social-libéral Delanoë s'inquiète d'une alliance possible avec le MoDem.

François Hollande, son ex-compagnon, bégaie à l'annonce du résultat, se contredit, sème des pièges, allume des contre-feux. Tous la détestent. La plupart, qui rêvent en secret d'un rapprochement avec le centre et ne laissent pas d'ourdir des désistements avec les centristes; tous, qui pensent comme des bourgeois, qui vivent comme des bourgeois, qui thésaurisent comme des bourgeois, affichent leur terreur : «L'an dernier, on a échappé de peu à François Bayrou comme Premier ministre !» Commedianti ! Tragedianti ! En bon français : faux-culs !
Une perte d'intelligence aussi subite et aussi collective ne relève pas des sciences cognitives, mais bien de la psychanalyse. Comment expliquer ce mélange de haine rabique et de sottise avérée ?

C'est en vérité bien simple : Ségolène Royal n'accepte pas la règle du jeu; par son comportement, elle la détruit. Qu'est-ce que le Parti socialiste ? Un cercle fermé, à l'image d'un club anglais, où de vieux machos, le teint couperosé, le tweed fatigué, la pochette agressive, veulent pouvoir siroter en paix leur porto à l'abri de leur femme, de leurs fournisseurs - et du peuple. Ce n'est pas une question de droite ou de gauche : Jean-Luc Mélenchon et Jean- Marie Bockel ont longtemps coexisté au PS et, du reste, Ségolène Royal y est conjointement accusée de tendances droitières et de démagogie gauchiste. C'est une question d'endogamie politique. On veut rester entre soi : le PS, c'est le Jockey Club à la portée des instituteurs. 

Alors, quand Ségolène préconise la démocratie participative, qu'elle surfe sur les 20 euros et dénonce dans la cotisation une taxe sur la militance, toute la basse-cour se met à caqueter : on n'est plus chez soi ! Quand elle décrit la social-démocratie comme une recette du passé qui s'efforce de réparer les dégâts du capitalisme alors qu'il s'agit de les prévenir, elle pose le bon diagnostic mais elle dérange : on s'était à peine installé dans les habits de Bernstein, dans les recettes suédoises et dans les meubles Ikea qu'il faudrait déjà décaniller ? Impossible, ma chère ! C'est comme ses te nues : il paraît qu'elle est passée chez son coiffeur et qu'elle a changé de robe avant d'aller au Zénith ! Ce n'est pas Rocard ou Jospin qui feraient des choses pareilles. Ils se contentent de scier des planches à la télé ou d'y chanter «les Feuilles mortes»... Mais le Zénith ! Il y avait là de la musique comme à la Fête de l'Huma. Ou comme à la messe, oui, mon cher, comme à la messe !

A propos, les centaines de milliers de militants qui dans l'Ohio, en Floride, en Virginie et ailleurs ont assuré la victoire d'Obama, étaient-ils à jour dans leurs cotisations ? Ce n'est pas sûr, camarades, il faudrait aller vérifier ça avant de se réjouir.

Alors, vous êtes donc un inconditionnel de Ségolène ? - Pas si vite, mon ami, pas si vite. Elle a encore des progrès à faire et beaucoup à travailler d'ici à 2012. Elle est souvent trop arrogante et pas assez fiable. Mais elle est l'un des principaux atouts du parti. Et puis, Ségolène Royal est un symptôme. De ces bonzes inoxydables, vieux dans leur tête, vieux dans leurs moeurs politiques, les Français de gauche ne veulent plus : «Encore vos combines ? Alors, encore Ségolène !» disent-ils. La marginaliser, ce serait vouloir tuer le symptôme plutôt que la tumeur. Il ne faudrait pas que la mesquinerie, le ressentiment, l'aveuglement conduisent les socialistes à un suicide collectif, comme un troupeau de baleines déboussolées qui viennent s'échouer sur la grève.
 
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur




La haine

Nº2282SEMAINE DU JEUDI 31 Juillet 2008
 
À la Une < Le Nouvel Observateur < La haine

20 reaction(s)

«Continuez comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée...» C'est la conclusion de cette lettre ouverte aux socialistes

Chers socialistes, vous ne vous aimez pas. Voilà pour moi le fait majeur; celui qui, plus que la panne d'électricité intellectuelle, plus même que le défaut d'un leader incontesté, explique le doute qui plane aujourd'hui sur le PS et la difficulté qu'il a d'exister comme parti.

J'ai failli commencer cette lettre en vous donnant du «chers camarades». Et puis, non. Je ne puis vous appeler camarades puisque vous n'arrivez même pas à vous conduire en camarades. Je connais quelques-uns d'entre vous personnellement. Chacun a des qualités, des défauts, des manies, des amours, un musicien favori, des souvenirs d'enfance; parfois même un idéal. Un être humain en somme. Que l'on vous voie réunis et le cauchemar commence. Ce ne sont que coups tordus, allusions perfides, manoeuvres d'arrière-salle de bistrot. Et surtout la haine. Oui, la haine entre vous.

L'ambition aussi bien sûr, et cela est normal. Mais la haine ? Je scrute les visages, car c'est la chose la plus intéressante du monde. J'ai vu l'autre jour l'arrivée en groupe, à je ne sais quelle réunion fractionnelle, de ceux qui s'appellent, Dieu sait pourquoi, les reconstructeurs, puisqu'ils passent leur temps à démolir. Mais qu'importe ! Cela, c'est de la politique politicienne. Ce qui m'importe, c'est le reste. Les mimiques faussement détachées, les rictus derrière des airs d'impénétrable sérénité. Les plis du visage, ceux qu'impriment sans retour les nuits blanches des commissions de résolution, le scepticisme de bon ton, le cynisme, le mépris de l'autre, l'envie de tuer. Mais comment des êtres humains normaux peuvent-ils respirer et accepter volontairement de vivre dans des atmosphères aussi empoisonnées ? C'est pour moi un mystère.
 
Tenez, le cas Ségolène. Je n'avais pas d'affinités particulières avec elle, et pour la candidature présidentielle, j'inclinais au départ pour François Hollande. Mais après que vous l'ayez désignée, je me suis mis à la soutenir sans arrière-pensées. Pas vous ! Vous devriez avoir honte de la façon dont vous avez traité et dont vous traitez encore votre candidate. Avez- vous fait assez de gorges chaudes à propos de ses positions hostiles au nucléaire iranien, fût-il civil ? Lequel d'entre vous a-t-il reconnu qu'elle avait raison ? Quand elle déclare justement que la libération d'Ingrid Betancourt ne doit rien à la diplomatie française, vous faites cause commune avec toute la droite : décidément, cette effrontée ne sait pas se tenir. Quand elle dénonce en Nicolas Sarkozy le parti de l'argent, vous toussotez et regardez ailleurs. Quand, victime de trois effractions et mises à sac très suspectes, elle finit par s'interroger publiquement sur la mansuétude de la police, votre souci est de l'enfoncer. Des preuves ! On veut des preuves ! Avec des camarades comme vous, les aboyeurs professionnels de l'UMP peuvent partir en vacances.

Il faut croire qu'il y a dans ce bouillon de culture délétère de la Rue-de-Solferino quelque chose de contagieux, quand on voit à son tour Ségolène se déchaîner contre Jack Lang, coupable d'avoir voté selon ses convictions au Congrès de Versailles. Comment une femme comme elle, qui n'a pas craint de défier l'orthodoxie et la discipline de son parti à la veille du second tour de la présidentielle, en prenant langue avec François Bayrou, peut-elle se laisser aller à traiter Jack Lang de «traître», pour quelque chose d'infiniment moins grave ? Quelle imprudence ! Quelle inconséquence ! Quel alignement moral sur ses pires ennemis !

Continuez tous comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée. Car enfin, s'il n'y a pas entre militants socialistes un minimum d'amitié, d'estime, de solidarité; s'il n'y a pas un peu de cette fibre fraternelle qui nous rend proches d'Eugène Varlin, de Jean Jaurès, de Pierre Mauroy, alors Manuel Valls a raison : il faut vite changer de nom; ce parti ne mérite plus de s'appeler socialiste. Au fait, je connais le jour où Ségolène Royal vous est devenue définitivement insupportable. C'était à Charléty, à la veille du premier tour de la présidentielle. Elle s'était écriée : «Aimons-nous les uns les autres !» Décidément, cette femme est folle, on vous l'avait dit.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur



Front anti-Royal: «Prendre acte des différences»

Politiques 14 nov. 2008 - 10h47

Bertrand Delanoë, Benoît Hamon et Martine Aubry, les principaux concurrents de Ségolène Royal, se sont réunis ce matin, à quelques heures de l'ouverture du congrès de Reims.

295 réactions

Liberation.fr (avec source AFP)
 
Martine Aubry et Benoit Hamon le 16 octobre 2008. 

Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Benoît Hamon et leurs lieutenants se sont réunis sans Ségolène Royal pendant une heure et demie ce matin à Paris juste avant de prendre le train pour Reims où s’ouvre dans l’après-midi le congrès du PS.

Il s’agissait d’«essayer de rassembler ceux qui semblent proches sur la conception du PS, de son ancrage à gauche, de ses alliances, de ses orientations», a déclaré un proche de Bertrand Delanoë, Harlem Désir, à l’issue de cette réunion dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

«Il faut que là où il y a des différences on en prenne acte», a ajouté M. Désir, évoquant notamment la question «des alliances avec le MoDem» ou «l’attachement à un parti de militants pas un parti de supporteurs».

Il s’agissait aussi de «faire en sorte que ce congrès ne soit pas un congrès de divisions, mais qu’il en sorte une majorité», a ajouté M. Désir après la rencontre, qui a eu lieu dans l’appartement de fonction de Marylise Lebranchu, une des trois questeurs de l’Assemblée, proche de Martine Aubry.

Les autres participants ont tenté de dissiper le spectre d’une réunion anti-Royal.

«Je vais discuter avec des amis sur le fond pour voir comment on aborde ce congrès», avait déclaré M. Delanoë à son arrivée.

Alors qu’on lui demandait s’il pourrait être candidat à la tête du PS face à Mme Royal, le maire de Paris a répondu: «Je ne sais pas. Je me détermine par rapport à la ligne politique».

Martine Aubry a affirmé de son côté qu’elle avait «discuté avec des amis comme nous l’avons fait avec Ségolène» pour «répondre aux Français qui actuellement crèvent de la baisse du pouvoir d’achat».

«Nous avons discuté ensemble de cette ligne politique qui doit être forte», a ajouté la maire de Lille avant de lancer aux journalistes: «Vous passez votre temps à dire que nous avons des haines. Ce n’est pas le sujet. Nous sommes des gens responsables».

Pour sa part, M. Hamon s’est éclipsé sans un mot, escorté par Henri Emmanuelli.





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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 11:42

(dépêches)

 

 

L'accord politique de Martine Aubry avec le Modem ...

Benoît Hamon, martine aubry, segolene royal, Congrès du PS, ps, Bertrand DELANOE
Par RichardTrois - le 13/11/2008, vu 4208 fois, 41  

 

L'accord politique de Martine Aubry avec le Modem... c'était à peine il y 7 mois lors des municipales à Lille.
Or ce matin Benoît Hamon déclarait sur RTL :
"Je suis proche d'un accord avec Martine Aubry"
, en expliquant que pour lui, il ne pouvait y avoir de soutien à Ségolène Royal et son équipe justement parce qu'il rejette par avance toute éventuelle alliance nationale avec le MoDem.

Benoît Hamon a donc déjà oublié les déclarations qu'il faisait à Marianne en septembre :
« Entre son alliance avec DSK et le fait qu’elle ait voté pour Bayrou aux présidentielles, ça fait beaucoup pour des militants de gauche… »

Et il semble bien vouloir oublier ces déclarations de Martine Aubry lors de la campagne des municipales et donc son accord politique avec le modem :

Ou encore cette déclaration à la Voix du Nord où Martine Aubry présente ses alliés modem :

Sans vouloir mettre mes amis et camarades à l'index, il est utile de montrer que la contradiction à laquelle fait face Benoît Hamon n'épargne aucune des motions au PS. Ce qui revient à dire l'ineptie de cette qestion du modem.

Dans la Motion A de Bertrand Delanoë, Michel Rocard soutenait une alliance avec le MoDem dès le 1er tour des présidentielles et Michel Destot à Grenoble a fait liste commune avec le MoDem, en excluant les Verts et une partie du PCF !

Dans la Motion C, celle de Benoît Hamon, Olivier Dussopt, député-maire d'Annonay et l'un des quinze titulaires du "Pack de la Rose" constitués par Benoît Hamon, a fait liste commune, dès le premier tour, aux municipales avec le MoDem.

Dans la Motion D de Martine Aubry, outre la première signataire elle-même à Lille, on trouve Christian Pierret ancien ministre qui a fait alliance avec le Modem à Saint Dié dans les Vosges.
Pour la motion D de Martine Aubry, on peut faire remarquer que Claude Bartolone qui ne jure que par l'alliance à gauche avec le PCF n'a eu de cesse d'évincer le PCF en Seine-St-Denis. Des duels PS/PCF ont même eu lieu aux cantonales et aux municipales (Aubervilliers par exemple), avec la bénédiction du futur président du Conseil général. Le même Claude Bartolone explique ensuite doctement que seules les alliances avec les alliés traditionnels du PS nous permettront de gagner. Chercher l'erreur.

Ces contradictions montrent donc bien quelle ineptie il peut y avoir à ramener le débat au sein du principal part d'opposition en France à la seule question du modem !
Le PS ne va quand même pas, à trois ans des présidentielles, se définir uniquement par son rapport à un parti quel qu'il soit. C'était bien le sens de la déclaration de Ségolène Royal hier soir sur TF1 lorsqu'elle déclarait que la question n'était pas d'actualité.

 

EDIT 15h45 - Comparatif des motions
Suite aux très nombreux commentaires, je souhaite partager avec vous un comparatif entre la motion C de Martine Aubry et la motion E de Ségolène Royal à propos des alliances :

Motion C de Martine Aubry :
"Pour nous c’est clair, le rassemblement de la gauche est prioritaire. Il n’exclut pas que le PS agisse avec d’autres démocrates."

Motion E de Ségolène Royal :
"Deuxième principe : nous gardons bien sûr la stratégie d’alliance née à Épinay. Elle consiste d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche. C’est à partir de cette stratégie que nous ferons appel, lors des élections, à ceux qui se reconnaîtront dans notre projet et dans ce rassemblement de la gauche ouvert à tous ceux qui veulent offrir à la France des perspectives nouvelles."

Si vous voyez une différence entre les 2 textes, expliquez-moi, vite :-))

 

 

 

 

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 08:39

Les socialistes qui se réuniront à Reims pour leur 75e congrès du 14 au 16 novembre 2008 seront logés à l'Hôtel de la Paix.

Une étrange dénomination pour un parti éclaté entre quatre motions qui peinent à se mettre d'accord pour un axe majoritaire (Bertrand Delanoë et Martine Aubry ont refusé la main tendue de Ségolène Royal).


SR


http://www.lepost.fr/article/2008/11/14/1325113_la-paix-des-braves.html

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