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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 17:16

(dépêches)




Le front anti-Royal en ordre de marche au PS

Samuel Potier (lefigaro.fr), avec agences
17/11/2008 | Mise à jour : 16:51 | Commentaires  166 .

Pourtant arrivée en tête du vote sur les motions, Ségolène Royal apparaît désormais très isolée.

MINUTE PAR MINUTE. Coup de théâtre : après avoir refusé pendant le congrès de Reims de soutenir un candidat au poste de premier secrétaire, le maire de Paris se range finalement derrière son homologue de Lille. Ségolène Royal se retrouve isolée.
 
15h25 : Hamon fustige les «règlements de comptes». Benoît Hamon juge «décevant» l'appel de Bertrand Delanoë à voter pour Martine Aubry. Selon lui, «le vieux parti va continuer à régler ses comptes, avec d'un côté la bande qui a peur de se faire prendre le parti, et de l'autre, Ségolène Royal, soutenue par les fédérations des Bouches-du-Rhône et de l'Hérault où Georges Frêche a annoncé sa prochaine réintégration au PS» en cas de victoire de la présidente du Poitou-Charentes. Le candidat a dénoncé «un esprit de revanche» qui prévaut tant chez Aubry et Delanoë que chez Royal. Hamon a précisé qu'en cas de 2e tour - la seule hypothèse crédible, selon lui - et s'il n'était pas l'un des deux finalistes, il «donnerai(t) une consigne de vote».

15h42 : Aubry veut un PS «ancré à gauche». La maire de Lille, candidate à la direction du PS, affirme vouloir un «parti de militants», «ancré a gauche», et s'engage à garantir «l'unité» du PS, dans sa profession de foi en vue du vote des militants socialistes jeudi. «Je veux, avec vous, écrire la page d'un socialisme renouvelé, crédible. La gauche qui assume la réforme et reste fidèle au mouvement ouvrier et aux idéaux des Lumières» en retrouvant «les missions des socialistes: émanciper chaque homme et chaque femme (...), faire une vraie civilisation porteuse de fraternité entre les hommes et les femmes quel que soit leur territoire ou leur culture».

15h18 : Benoît Hamon dévoile sa profession de foi. Le plus jeune des candidats au poste de premier secrétaire du PS se prononce pour «le renouvellement» et «l'ancrage a gauche», dans sa profession de foi diffusée lundi en vue du vote des militants socialistes jeudi. Sous le titre «le monde change, le PS doit changer», l'eurodéputé souligne qu'il ne fera jamais «d'alliance avec le MoDem, non par sectarisme mais parce que son projet économique libéral est incompatible avec le nôtre». «Nos défaites successives et notre incapacité à nous remettre sereinement en cause, l'insuffisance du travail collectif pour élaborer des idées nouvelles, les rivalités de personnes qui nous minent, la coupure avec le mouvement social... tout plaide pour que le PS change profondément», selon lui. «Mais encore faut-il que ce soit dans la bonne direction: celle qui rassemble les socialistes et la gauche».

14h58 : Le patron des sénateurs PS se veut neutre. Jean-Pierre Bel, soutien de Bertrand Delanoë, «ne donnera pas de consigne de vote», contrairement au maire de Paris. «Je travaillerai demain avec le premier ou la première secrétaire quel qu'il ou quelle qu'elle soit et je suis fidèle à l'engagement pris devant les militants de ne pas donner de consigne de vote. De plus, ma position de responsable de groupe m'impose des devoirs et le respect de tous ceux qui vont faire des choix différents».

13h57 : Cambadélis se réjouit de l'appel de Delanoë. Le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille, a salué l'appel de Bertrand Delanoë à voter Martine Aubry à la direction du PS, qui est, selon lui, «déterminant pour l'unité du Parti socialiste». De son côté, François Lamy, bras droit de Martine Aubry, a «remercié» le maire de Paris pour ce «geste politique fort». «Le fait que le premier signataire de la motion A lance cet appel» à voter pour la maire de Lille, «cela renforce la crédibilité de la candidature et de l'élection de Martine Aubry, ajoute-t-il. Cela crédibilise aussi le fait que nous allons travailler ensemble».

13h41 : Un député pro-Delanoë votera Royal. Le député PS du Bas-Rhin, Armand Jung, qui soutenait la motion de Bertrand Delanoë, a annoncé qu'il voterait pour Ségolène Royal. «L'alternative est la suivante : d'un côté le mouvement et la rénovation du PS et de l'autre l'immobilisme et le maintien de pratiques dépassées qui ont mené la gauche à l'échec», ajoute celui qui avait soutenu Royal pendant les primaires socialistes pour la présidentielle de 2007.

13h24 : Rebsamen dénonce «une stratégie d'empêchement». Le sénateur-maire de Dijon, partisan de l'ex-candidate à la présidentielle, a estimé sur BFM radio que cet appel est «une surprise puisque Bertrand Delanoë n'avait pas donné de consigne de vote». «Je vois bien qu'il y a là une stratégie d'empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste». Selon Rebsamen, face à cette stratégie d'obstruction, Royal «ne doit pas dévier de sa route». Martine Aubry avec Laurent Fabius «c'est presque le vieux parti», a-t-il jugé, notant que ceux qui sont «rassemblés autour» de la maire de Lille «sont ceux déjà qui étaient les acteurs du congrès de Rennes».

12h40 : Delanoë appelle à voter pour Martine Aubry. C'est un coup de tonnerre : dans une lettre aux militants rendue publique lundi, le maire de Paris annonce qu'il se range derrière son homologue de Lille dans la course au poste de premier secrétaire du PS. «Notre responsabilité est immense», souligne-t-il dans cette lettre ouverte. «Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l'identité même du Parti socialiste. Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur», ajoute-t-il. Ce choix constitue une surprise car Bertrand Delanoë avait indiqué au congrès de Reims qu'il ne donnerait pas de consigne de vote. A eux deux, Aubry et Delanoë pèsent un peu plus de 49% du parti, contre 29% pour l'ex-candidate à l'Elysée. Un front anti-Royal explicite commence à se constituer.

11h44 : Hamon rêve d'un duel face à Royal. Le candidat à la direction du PS représentant la gauche du parti a affirmé lundi sur France Inter qu'il pensait «être au 2e tour» de l'élection du nouveau premier secrétaire du parti, vendredi, et a appelé à sortir le parti du «poison présidentiel». Interrogé sur le meilleur cas de figure pour lui, il a dit sa préférence pour un duel avec Ségolène Royal plutôt qu'avec Martine Aubry, pour proposer «un vrai choix» aux militants. Hamon avoue certes avoir «des proximités évidentes» avec la maire de Lille, «mais ça ne suffit plus, je pense que celles et ceux qui ont été acteurs des querelles depuis 20 ans ne sont plus les mieux placés pour permettre au PS de se reconstruire».

10h52 : Valls fustige un congrès «fait écarter» Royal. Le député de l'Essonne a souligné lundi sur RTL «la grande surprise» qu'a constitué l'arrivée de Ségolène Royal en tête du vote des militants socialistes alors que «ce congrès était fait pour écarter Ségolène Royal». Et «patatras, personne ne l'avait prévu, les militants la placent en tête». «Et bien, il faut jeudi prochain que les militants, les adhérents du parti socialiste viennent voter massivement pour (l)'élire dès le premier tour, pour mettre fin à cette crise de leadership et pour accomplir cette transformation du PS dont nous avons besoin» (lire sa profession de foi), a ajouté celui qui pense que Reims était «sans doute un congrès de la dernière chance, il faut un sursaut». Questionné sur le style de l'ex-candidate à la présidentielle et sa rhétorique avec le recours à des termes comme «amour» «pardon», «guérison», il a reconnu qu'elle «change les codes» et qu'à ce titre «elle dérange, elle nous dérange» et même «quelquefois elle a pu me déranger».

10h28 : Peillon pour une élection de Royal dès le 1er tour. L'eurodéputé a appelé lundi les militants du PS à élire la présidente de Poitou-Charentes à la tête du parti «dès le premier tour», prenant «l'engagement du rassemblement et du changement» si tel était le cas. «Il faut absolument donner au parti la possibilité de cesser de faire ricaner la droite», a-t-il encore déclaré sur France 2. Il a estimé que le congrès de Reims avait été «un échec» et dénoncé ceux qui «depuis des années» se livrent au «jeu obsessionnel des personnes». Il a cité Laurent Fabius, qui s'est «glissé derrière Martine Aubry» ou Henri Emmanuelli, derrière Benoît Hamon. Ce sont des gens qui «ont comme principale obsession de se contredire, de s'empêcher, prenant en otage d'ailleurs pas seulement le PS qui collectivement n'a pas été à la hauteur ce week-end, mais toute la gauche française».

9h35 :Moscovici ne donne pas de consigne de vote. Le partisan de la motion de Bertrand Delanoë, qui s'est retiré de la course à la direction du PS, refuse à choisir entre Ségolène Royal et Martine Aubry pour l'élection au poste de premier secrétaire. «Je ne prends pas position, je ne donne pas de consigne de vote, chacun fera un peu ce qu'il veut», a déclaré le député du Doubs sur LCI.



Le fiasco du PS à REIMS: La voie Royal mise aux voix des militants       

Dimanche, 16 Novembre 2008 12:51 
DECRYPTAGE RELATIO par Jacques DEHAIRE

Echec. Constat de desamour généralisé au sommet.Pas de majorité. Trop de faux leaders. Pas d'orientation politique claire. La "nuit des résolutions" s'est soldée par une nuit de la dislocation et des élucubrations..Le 75e congrès du Parti socialiste aura été un Congrès pour rien..Sauf pour Ségolène Royal qui voit sa tactique couronnée par le scénario qu'elle espérait: les militants trancheront jeudi prochain. Pendant que le Palais  des congrès de Reims va accueillir un grand tournoi de poker... Cela ne s'invente pas.

Dans cette bataille d'après-Reims pour Solférino, un absent: Delanoë; Les amis du maire de Paris ont annoncé qu'ils ne présenteront pas de candidat et ne donneront pas de consigne pour le vote militant. La motion dirigée par le maire de Paris a décidé de "ne pas présenter de candidat et de respecter la liberté de conscience de chaque militant", a déclaré à Kader Arif, secrétaire national PS aux fédérations. "Il ne faut pas ajouter de la division à la division", a renchéri un proche du maire.Delanoê dans cette affaire a d'abord perdu une bataille d'image:lui qui n'a jamais été un homme d'appareil est apparu comme un "éléphant". Décidément, les éléphants, çà tompe énormément... on n'écoute jamais assez les chansons et les contes pour enfants...

Face à  Royal:  Aubry et Hamon.... Qui vont donc se disputer les 25% des militants qui espéraient en Delanoë. Une lutte inégale puisque les fédérations "lourdes" penchent pour Royal, en vertu des statuts du parti structurellement inadaptés aux exigences du XXI ième siècle. Puisque l'ex-candidate à l'Elysée sait mieux que d'autres briller dans les  jeux (trop souvent rentables) de la politique-spectacle. Et puisque qu'elle va sans doute bénéficier de l'effet négatif des desaccords entre les chefs de file des trois autres motions.

Même dans des rangs qui lui sont hostiles on n'excluait pas un vrai plébiscite: "Ségolène  va réunir 80% des votes"...

En attendant la suite, un seul vainqueur dans cette bataille de Reims pour un sacre raté: Sarkozy. Balladur se montre compatissant: "Il est de l'intérêt de la France que les socialistes sachent qui ils sont, ce qu'ils veulent, ce qu'ils proposent aux Français". Il est vrai qu'un parti de gouvernement qui ne sait pas se gouverner lui-même n'est  un signe ni de crédibilité ni d'esprit de responsabilité ni d'esprit démocratique...

Contraste entre les nombreuses réussites locales et régionales du PS et le zéro de conduite au  plan national! Signe non seulement de querelles d'egos exacerbés mais  d'une panne majeure: un déficit de projet, d'idée, de stratégie de gouvenement face aux défis d'aujourd'hui.

L'alternance possible est en panne parce qu'il n'y a pas de propositions alternatives claires... Le seul fait qu'aucune des motions en présence n'ait pas été réactualisée en fonction  de l'implosion de la bulle financière de l'hyper-capitalisme est un signe de pauvreté intellectuelle et de manque de courage politique. Le silence des leaders du PS face au G 20 est éloquent... Le mutisme des mêmes face aux vertus et aux vices de la présidence française du Conseil de l'Union aussi.

Le Congrès de Reims aurait  du, sur le fond, être dominé par la définition d'un programme socialiste clair pour les prochaines élections européennes. Car ces élections sont une occasion de définir une plate forme programmatique pour l'avenir de la France en europe et de l'Europe dans le monde. Mais quel est le parti français qui prend au sérieux cette échéance dite européenne?  Le PS avait l'occasion de jouer les fers de lance. Occasion gâchée... Parce qu'au-delà des querelles de personnes, le "ligne européenne" du PS n'est pas clarifiée.Or la question européenne, surtout dans ce monde en pleine révolution socio-financière est la question essentielle.

Jacques DEHAIRE


LE FILM INACHEVE: Dès 1h30 du matin, Ségolène Royal et ses amis ont claqué la porte du Congrès, disant prendre acte du refus de leurs concurrents d'accepter leur offre de rassemblement. "La main tendue que nous avions offerte à l'ensemble des autres partenaires (...) n'a pas été saisie", a déploré la présidente de la région Poitou-Charentes lors de cette sortie visiblement bien préparée. La rumeur de son départ courait depuis le début de la réunion à 22h30 à la cité des congrès, dans le centre de Reims.

Plutôt que de rechercher une "synthèse molle" dont le PS a le secret, Ségolène Royal, persuadée de l'emporter jeudi du fait de sa légitimité d'ancienne candidate à la présidentielle et de sa majorité relative de 29% lors du vote des militants sur les motions, a préféré tout miser sur l'élection du Premier secrétaire. Les militants "vont avoir à choisir entre le retour aux méthodes d'un autre âge (...) et un nouveau Parti socialiste, tourné vers l'avenir avec une nouvelle génération, d'autres méthodes, d'autres façons de faire", a estimé la candidate.

Après ce départ bien mis en scène, les représentants des trois autres motions -Delanoë, Aubry et Hamon-, unis par leur refus commun non de Ségolène Royal mais de sa conception du socialisme et de la politique, ont tenté en vain de former une majorité alternative. Ces discussions n'ont pas abouti, faute d'un accord sur la ligne politique et sur le nom d'un candidat commun pour la direction du parti. "Martine Aubry et Benoît Hamon ont privilégié un accord entre eux", a expliqué Harlem Désir, bras droit de Bertrand Delanoë. En oubliant qu'un accord préalable entre Aubry et Delanoë auarit modifier toute la donne...

Surtout, un tel accord "tout sauf Ségolène" serait apparu comme une alliance de circonstance du "vieux parti" destinée à empêcher Ségolène Royal d'en prendre le contrôle. Toujours prompte à jouer de la victimisation, la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 en aurait profité. "On n'a pas voulu faire un accord pour un accord. Le but n'était justement pas de faire du tout sauf Ségolène", a expliqué Benoît Hamon. Mais Ségolène profité aussi  de cette issue qu'elle avait su prévoir, espérer et faciliter... Le "TSS", quand on y pense  sérieusement a d'abord été conceptualisé et popularisé par ses "fans".  

A leur sortie de la réunion, Ségolène Royal et ses partisans ont d'ailleurs commencé à jouer de ce ressort....Voilà qui promet!

SCENARIO EN JACHERE: L'échec de Reims risque de rendre ingouvernable le premier parti d'opposition, incapable de s'entendre sur une ligne politique du fait des querelles d'égos qui le minent depuis 2002. Le parti va inaugurer une cohabitation inédite entre un Premier secrétaire élu par les militants, et des instances sans majorité. "Le PS aujourd'hui est bloqué", se désolait Arnaud Montebourg. "Nous sortons du congrès comme on y est entré", a renchéri Michel Sapin. François Hollande jouait la méthode Coué: "le PS aura une majorité", voulait croire l'encore Premier secrétaire. une majorité de déçus?

 
Bayrou s'installe «dans l'opposition», avec le PS 

Rodolphe Geisler
16/11/2008 | Mise à jour : 20:27 | Commentaires  227 .

« Si on refuse de se rassembler, c'est Sarkozy pour dix ans », a prévenu François Bayrou.

Le président du MoDem, invité du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, compare à Pinocchio les socialistes qui refusent l'alliance avec son parti.
 
Et si le vainqueur du congrès de Reims, c'était tout simplement François Bayrou ? Alors que les socialistes se sont quittés dimanche sans parvenir à faire une synthèse, la question des alliances avec le MoDem était dans tous les esprits pour une éventuelle alternance en 2012. Officiellement, le troisième homme de la présidentielle refuse «de se laisser instrumentaliser» par le congrès du PS. «Je me suis fixé une règle : de ne pas commenter ce qui se passe au PS», répète le président du Mouvement démocrate.

Hypocrite, François Bayrou ? Les sondages parlent pour lui. Selon un sondage Ifop publié dans Dimanche Ouest France , près d'un Français sur deux (47 %) pensent que le Parti socialiste, à l'avenir, devrait passer en priorité des alliances avec le MoDem.

Invité dimanche soir du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», le député des Pyrénées-Atlantiques a réitéré sa proposition, formulée lors de l'université du MoDem en septembre, «d'un rassemblement le plus large possible» avec tous ceux qui souhaitent un changement en 2012. «Nous avons le droit et le devoir de parler avec tout le monde. Parce que dans dix ans, de l'irrémédiable aura été produit», a-t-il développé, citant le travail le dimanche ou encore les retraites à 70 ans.

Selon l'ancien candidat à la présidentielle, «en 2012, les Français auront le choix entre deux boutons : le bouton, on change ; et le bouton, on continue». «Moi, je suis pour que se rassemblent et se fédèrent tous ceux qui veulent appuyer sur le bouton, on change», a-t-il expliqué.

Il précise : «Je ne suis pas membre du PS et n'ai pas l'intention de le devenir. Mais qu'est-ce qu'on dit ? Si on refuse de se rassembler, c'est Sarkozy pour dix ans.» Pour lui, les socialistes qui expliquent qu'ils n'auront jamais de contacts avec le centre mentent. «On est dans le mensonge tactique. S'ils étaient comme Pinocchio, ils ne pourraient plus rentrer dans une pièce», dit-il.

« Le PS est au bout d'un cycle »

Il a alors rappelé que les mêmes ont «fait dans leurs élections locales alliance avec des responsables locaux du MoDem». Il faisait notamment allusion à Martine Aubry, qui avait des centristes du MoDem sur sa liste à Lille.

Pour autant le président du MoDem refuse l'idée d'un programme commun avec le PS. «Rien n'est plus éloigné de moi qu'un programme commun, type années 1970, avec le Parti socialiste et le Parti communiste. Mais il n'y a pas de victoire possible, si on n'accepte pas un rassemblement autour de principes, de projets», assure le député centriste. Le chef du Modem s'est en revanche gardé de donner sa préférence sur les trois candidats au poste de premier secrétaire du PS. «Je me garderai bien de me prononcer sur la compétition au PS. Ce n'est pas mon affaire», dit-il. Expliquant ne pas souhaiter apparaître en «donneur de leçons», il a tout même qualifié le congrès de Reims de «tragicomique» et «désespérant». «Je crois que le Parti socialiste est au bout d'un cycle», a-t-il estimé.

Interrogé sur le président de la République, François Bayrou a franchi un pas supplémentaire. «Je suis dans la confrontation à Nicolas Sarkozy», a-t-il affirmé avant de reconnaître se situer «dans l'opposition». «Je suis dans une opposition particulière, qui est capable de dire oui quand il le faut. Par exemple, j'ai voté pour le plan de sauvetage des banques, tandis que le PS, c'était ridicule, s'est abstenu», a-t-il fait valoir.




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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 10:27

(dépêches)




Vers un match Royal-Aubry pour trouver le chef d'un PS "sérieusement malade"
16 nov 2008 - 21h33 - Elahe MEREL et Michel SAILHAN

Incapables de convenir en congrès ce week-end d'une orientation et d'un leader, les ténors d'un PS "sérieusement malade" ont laissé aux militants le soin d'arbitrer par un vote un match qui opposera Ségolène Royal à Martine Aubry, avec Benoît Hamon en troisième postulant. Evénément.

A l'issue d'un congrès de Reims largement centré sur Ségolène Royal, Bertrand Delanoë a résumé dimanche le sentiment général, après trois jours de déchirements et un total désaccord: le Parti socialiste est "sérieusement malade".

"Nous n'ajouterons pas de la division à la division", a dit le maire de Paris, qui menait une des principales motions au congrès, mais ne brigue pas le poste de Premier secrétaire et ne donne pas de consigne pour le vote militant.

Son état-major a immédiatement ouvert le feu sur Martine Aubry qui venait d'annoncer son entrée en piste.

Les aubrystes "prennent la responsabilité historique de livrer le parti à Ségolène Royal, dont ils se comportent comme des alliés objectifs", a-t-on accusé dans l'entourage du maire. M. Delanoë, qui était en tête des sondages, est le grand perdant du congrès.

Le maire de Lille a affirmé vouloir un "parti ancré à gauche pour porter l'alternative au libéralisme", "au coeur de la gauche pour pouvoir gagner" et "fortement européen".

Benoît Hamon a sollicité "l'honneur d'être en première ligne" pour "faire naître une espérance" dans les couches populaires.

Aubry, Delanoë et Hamon ont tenté en vain à Reims de constituer un rassemblement face à l'ex-candidate à l'Elysée, dont ils rejettent la stratégie d'alliance possible avec François Bayrou.

Mais la présidente de la région Poitou-Charentes, dont la motion avait été placée en tête par les militants le 6 novembre (29%), face à Aubry (24,3), Delanoë (25,2) et Hamon (18,5%), les a pris de vitesse.

Elle part favorite pour le vote de jeudi, de l'aveu même de ses opposants.

Dès dimanche soir, elle publiait sa profession de foi, cosignée avec Vincent Peillon.

Elle avait provoqué la surprise en annonçant d'emblée sa candidature à la succession de François Hollande, qui, après onze ans, laisse un parti balkanisé.

Samedi, nouveau "coup": elle propose de consulter les militants directement sur les alliances" avec le centre. Cette ouverture au MoDem et son désir d'un parti de masse sont deux pommes de discorde avec ses rivaux qui s'en tiennent à un parti "de militants" et aux alliances historiques.

Entre applaudissements et sifflets, Mme Royal avait puisé samedi, dans son discours à la tribune, dans le registre moral, voire religieux, évoquant le pardon des offenses.

Dans la nuit de samedi à dimanche, elle a claqué la porte de la "Commission des résolutions" qui s'échinait sur une synthèse des motions.

"Tout le monde devra se ranger derrière celui qui sera désigné par le vote souverain des militants", a-t-elle prévenu plus tard, promettant de poursuivre "l'effort de rassemblement". Sa rivale Aubry a assuré de même que le PS "restera uni".

Raillant un congrès de "soustraction et division" (Alliot-Marie), l'UMP a posé la question d'une "disparition" ou "dissolution" du principal parti d'opposition.

François Bayrou, dont le MoDem a été au coeur des débats PS, a accusé ceux qui refusent tout contact avec lui de favoriser "dix ans" de Nicolas Sarkozy.

Le MRC Jean-Pierre Chevènement, grand soutien de Mme Royal pendant sa campagne présidentielle, a proposé la création "d'un grand parti de toute la gauche".



Bayrou au PS: refuser les alliances avec le Modem, c'est choisir 10 ans de Sarkozy
il y a 39 min

François Bayrou, président du MoDem, a estimé dimanche que ceux qui, au PS, refusent tout contact avec les "démocrates français" dont son propre parti, choisissent "dix ans" de Nicolas Sarkozy.

Commentant lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI les refus socialistes d'alliance avec le MoDem, longuement évoqués à la tribune du Congrès de Reims, le député a parlé d'"un choix partisan, sectaire, fermé, qui favorise le maintien au pouvoir de ceux qui y sont aujourd'hui autour de Nicolas Sarkozy".

"Qu'est-ce qu'on dit quand, comme un grand nombre de leaders du PS, on refuse d'avoir le moindre contact avec les démocrates français, le MoDem des intouchables ?", a-t-il demandé. "On dit: +je choisis que le pouvoir actuel Nicolas Sarkozy reste en fonction pendant dix ans+", a assuré l'ex-candidat à la présidentielle.

"Si vous refusez de rassembler, vous favorisez le maintien au pouvoir de ceux dont apparemment vous désapprouvez les choix", a-t-il insisté. "Dans dix ans, de l'irrémédiable aura été produit pour la société française (travail dimanche, retraite à 70 ans)", selon lui.

Le président du MoDem a admis qu'il est "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy", mais une "opposition particulière", capable de dire oui. Il a cité en exemple son vote du plan de sauvetage bancaire, "alors que le PS était incapable de faire autre chose que s'abstenir". François Bayrou a par ailleurs qualifié de "tragi-comique ou désespérant" le congrès du PS, un parti "égaré" et "au bout d'un cycle".

"Beaucoup de gens, qui y ont cru" découvrent "avec stupéfaction que l'organisation "en laquelle ils croyaient est égarée, et ne réussit pas à trouver son chemin", a poursuivi M. Bayrou. Ce "grand parti politique français" est "au bout d'un cycle", a-t-il analysé en observant que le PS a 37 ans, l'UMP 6 et son propre parti "pas tout à fait encore un an".

Enfin, le président du Modem a déclaré qu'il ne serait pas candidat lui-même aux élections européennes de juin, mais a l'intention d'apporter "toute l'aide nécessaire à tous ceux qui le seront" dans son parti. "Le mouvement des démocrates aura des listes dans toutes les régions", a-t-il affirmé. "Elles seront intéressantes et utiles pour les citoyens parce que nous proposerons un projet européen conséquent, construit et positif", a ajouté M. Bayrou.

"Dans la crise, les Français ont vu qu'il n'y avait que l'Europe qui pouvait répondre et qu'en même temps, ils sont souvent troublés par ce qu'ils entendent de l'Europe. Je pense qu'il est de notre responsabilité de lever ces malentendus et ces ambiguïtés", a poursuivi le président du MoDem.


PS: "quel que soit notre adversaire, il sera redoutable", prévient Patrick Devedjian
16 nov 2008 - 23h55

"Quel que soit notre adversaire" à la tête du Parti socialiste, "il sera redoutable", a prévenu dimanche Patrick Devedjian au sujet du congrès du PS.

"Je ne vais pas faire le malin", car "les Français ont besoin d'une opposition crédible", a dit le secrétaire général de l'UMP, invité de l'émission "Dimanche soir politique" France Inter/i>Télé/Le Monde. "Malheureusement, elle ne l'est pas", mais "ça ne veut pas dire pour autant qu'elle ne gagnera pas les élections".

"Imaginez quand même si Ségolène Royal était devenue présidente de la République face à la crise internationale que nous vivons maintenant (...) Est-ce que vous pensez qu'elle aurait été à la hauteur de la situation dans cette tempête?", a-t-il remarqué au passage.

"Je suis comme tous les Français, c'est-à-dire que je n'y comprends rien, en réalité", a ironisé le secrétaire général de l'UMP au sujet des querelles internes au PS.

Patrick Devedjian a vu dans l'échec du congrès du Parti socialiste la "démonstration évidente du caractère complètement délétère et totalement artificiel de la notion de courants" qui "sont en réalité des écuries", alors que certains avaient réclamé la constitution de tels courants à l'UMP.

Concernant le PS, il a jugé "pas compatible d'avoir une alliance qui allait de l'extrême gauche (...) jusqu'à ce qui reste des centristes de François Bayrou". Et "tant que le Parti socialiste n'aura pas clarifié sa position par rapport à l'extrême gauche et à l'économie de marché, il ne pourra pas avoir une politique d'alliance cohérente".

Quant à "l'idée (du président du MoDem) François Bayrou de faire une alliance avec le Parti socialiste, c'est une idée qui date à peu près de la Libération" et "ça n'a jamais marché depuis 50 ans", a-t-il souligné. "On n'a jamais réussi à marier l'extrême gauche et le centrisme. Personne n'a jamais réussi cette opération".

Et puis, "c'est quand même devenu la portion congrue. C'est tout petit le centrisme d'opposition", a déclaré M. Devedjian.


Moscovici se refuse à choisir entre Royal et Aubry
il y a 2 heures 7 min

Pierre Moscovici, partisan de la motion de Bertrand Delanoë, qui s'est retiré de la course à la direction du PS, a indiqué lundi qu'il ne donnerait "pas de consigne de vote" pour l'élection du premier secrétaire, se refusant à choisir entre Ségolène Royal et Martine Aubry.

"Pour l'élection du premier secrétaire, je ne prends pas position, je ne donne pas de consigne de vote, chacun fera un peu ce qu'il veut", a déclaré le député du Doubs sur LCI.

"Comment faire pour que ce parti se remette au travail collectivement? C'est ça qui m'obsède, que ce soit Ségolène (Royal) ou Martine (Aubry), je travaillerai avec elle, l'une ou l'autre", a-t-il dit sans citer le troisième concurrent Benoît Hamon. "Si l'une des deux gagne, elle sera légitime et il faudra faire avec", a ajouté l'ex-ministre. "Je ne suis ni un dévot, ni un critique passionné".

Il a rappelé avoir "toujours été hostile au Tout Sauf Ségolène" et, a-t-il ajouté: "j'ai détesté ceux qui ont sifflé Ségolène Royal à Reims" même si "je n'ai pas aimé son discours".

Si Mme Royal est élue - jeudi ou vendredi en cas de second tour - "ce sera elle le chef du parti" et pas celui qu'elle a cité comme son premier secrétaire délégué Vincent Peillon. Elle ne sera pas "sur une étagère", il faut que "les militants le sachent", a insisté M. Moscovici.

Selon lui, "la motion Delanoë sera utile pour stabiliser le parti et pour participer au rassemblement". "Il faudra bien que le premier secrétaire élu forme une majorité et dans cette majorité, il faudra qu'il s'efforce de mettre sur place les amis de Bertrand Delanoë", a-t-il dit.


Peillon et Valls appellent les militants à élire Ségolène Royal dès le 1er tour
il y a 44 min

Vincent Peillon a appelé lundi les militants du PS à élire Ségolène Royal à la tête du parti "dès le premier tour", prenant "l'engagement du rassemblement et du changement" si tel était le cas.

"Il faut absolument que nous soyons dès le premier tour élus de telle sorte que nous puissions dès le lendemain rassembler" et "donner au parti la possibilité de cesser de faire ricaner la droite", a déclaré M. Peillon sur France 2.

Il a estimé que le congrès de Reims avait été "un échec" et dénoncé ceux qui "depuis des années" se livrent au "jeu obsessionnel des personnes". Il a cité Laurent Fabius, qui s'est "glissé derrière Martine Aubry" ou Henri Emmanuelli, derrière Benoît Hamon.

Ce sont des gens qui "ont comme principale obsession de se contredire, de s'empêcher, prenant en otage d'ailleurs pas seulement le PS qui collectivement n'a pas été à la hauteur ce week-end, mais toute la gauche française", a-t-il dit.

Il a promis, si Mme Royal était élue, de rassembler "tous les socialistes, pas dans un rassemblement mou et obscur mais sincèrement autour de l'exigence du changement et du travail". Il a estimé que des partisans aussi bien de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou de Benoît Hamon devaient faire partie de la nouvelle équipe.

"Toute cette génération doit se mettre au travail ensemble", a-t-il jugé. Après le vote, il faudra "un petit peu de temps" et le conseil national aura lieu "la semaine après le vote" au lieu de samedi, a par ailleurs indiqué M. Peillon.

Par ailleurs, le député de l'Essonne Manuel Valls a souligné lundi "la grande surprise" qu'a constitué l'arrivée de Ségolène Royal en tête du vote des militants socialistes alors que le congrès de Reims était "fait pour (l)'écarter". "C'est la grande surprise (...) ce congrès était fait pour écarter Ségolène Royal" et "patatras, personne ne l'avait prévu, les militants la placent en tête", a déclaré M. Valls sur RTL.

"Et bien, il faut jeudi prochain que les militants, les adhérents du parti socialiste viennent voter massivement pour (l)'élire dès le premier tour, pour mettre fin à cette crise de leadership et pour accomplir cette transformation du PS dont nous avons besoin", a-t-il ajouté. Selon M. Valls, Reims "est sans doute un congrès de la dernière chance, il faut un sursaut" et "aujourd'hui, Ségolène Royal "représente cette mutation, cette transformation et ce changement indispensables" au PS.

Interrogé sur le style de l'ex-candidate à la présidentielle et sa rhétorique avec le recours à des termes comme "amour" "pardon" "guérison", il a reconnu qu'elle "change les codes" et qu'à ce titre "elle dérange, elle nous dérange" et même "quelquefois elle a pu me déranger".

Mais, a-t-il ajouté, Ségolène Royal a "compris qu'il faut s'adresser de la même manière aux Français, aux électeurs socialistes et aux militants".


Après un congrès douloureux, le PS tente de reprendre ses esprits
il y a 2 heures 43 min - Elahe MEREL et Michel SAILHAN

Après un congrès douloureux, le PS tente de reprendre ses esprits et prépare le vote militant du 20 novembre --et éventuellement du 21-- qui désignera son futur patron entre trois candidats: Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal. Evénément.

Incapables de convenir en congrès ce week-end d'une orientation et d'un leader, les ténors d'un PS "sérieusement malade" ont laissé aux militants le soin d'arbitrer par un vote un match qui opposera Ségolène Royal à Martine Aubry, avec Benoît Hamon en troisième postulant.

A l'issue d'un congrès de Reims largement centré sur Ségolène Royal, Bertrand Delanoë a résumé dimanche le sentiment général, après trois jours de déchirements et un total désaccord: le Parti socialiste est "sérieusement malade". "Nous n'ajouterons pas de la division à la division", a dit le maire de Paris, qui menait une des principales motions au congrès, mais ne brigue pas le poste de Premier secrétaire et ne donne pas de consigne pour le vote militant.

Son état-major a immédiatement ouvert le feu sur Martine Aubry qui venait d'annoncer son entrée en piste. Les aubrystes "prennent la responsabilité historique de livrer le parti à Ségolène Royal, dont ils se comportent comme des alliés objectifs", a-t-on accusé dans l'entourage du maire. M. Delanoë, qui était en tête des sondages, est le grand perdant du congrès.

Le maire de Lille a affirmé vouloir un "parti ancré à gauche pour porter l'alternative au libéralisme", "au coeur de la gauche pour pouvoir gagner" et "fortement européen".

Benoît Hamon a sollicité "l'honneur d'être en première ligne" pour "faire naître une espérance" dans les couches populaires.

Aubry, Delanoë et Hamon ont tenté en vain à Reims de constituer un rassemblement face à l'ex-candidate à l'Elysée, dont ils rejettent la stratégie d'alliance possible avec François Bayrou.

Mais la présidente de la région Poitou-Charentes, dont la motion avait été placée en tête par les militants le 6 novembre (29%), face à Aubry (24,3), Delanoë (25,2) et Hamon (18,5%), les a pris de vitesse. Elle part favorite pour le vote de jeudi, de l'aveu même de ses opposants. Dès dimanche soir, elle publiait sa profession de foi, cosignée avec Vincent Peillon.

Elle avait provoqué la surprise en annonçant d'emblée sa candidature à la succession de François Hollande, qui, après onze ans, laisse un parti balkanisé.

Samedi, nouveau "coup": elle propose de consulter les militants directement sur les alliances" avec le centre. Cette ouverture au MoDem et son désir d'un parti de masse sont deux pommes de discorde avec ses rivaux qui s'en tiennent à un parti "de militants" et aux alliances historiques.

Entre applaudissements et sifflets, Mme Royal avait puisé samedi, dans son discours à la tribune, dans le registre moral, voire religieux, évoquant le pardon des offenses. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle a claqué la porte de la "Commission des résolutions" qui s'échinait sur une synthèse des motions.

"Tout le monde devra se ranger derrière celui qui sera désigné par le vote souverain des militants", a-t-elle prévenu plus tard, promettant de poursuivre "l'effort de rassemblement". Sa rivale Aubry a assuré de même que le PS "restera uni". Raillant un congrès de "soustraction et division" (Alliot-Marie), l'UMP a posé la question d'une "disparition" ou "dissolution" du principal parti d'opposition.

François Bayrou, dont le MoDem a été au coeur des débats PS, a accusé ceux qui refusent tout contact avec lui de favoriser "dix ans" de Nicolas Sarkozy.

Le MRC Jean-Pierre Chevènement, grand soutien de Mme Royal pendant sa campagne présidentielle, a proposé la création "d'un grand parti de toute la gauche".



L'UMP raille un congrès d'"échec" et évoque une disparition du PS
16 nov 2008 - 18h20

L'UMP a raillé dimanche le Congrès du PS à Reims, y voyant un étalage de confusion, un "constat d'échec" et évoquant une possible disparition du Parti socialiste.

Ainsi, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a parlé d'un "Congrès de la soustraction, de la division". "Est-ce que ce serait le Congrès de la disparition?", s'est-elle demandé sur Radio J.

Roger Karoutchi (UMP, relations avec le Parlement) a comparé ce Congrès socialiste à un "piètre remake" de "Règlement de comptes à OK Corral" et "Les tontons flingueurs". Ce qui, selon lui, "a dû finir de désespérer les adhérents socialistes qui y croyaient encore".

"Comme tous les Français je n'y comprends rien", a commenté Patrick Devedjian, numéro un de l'UMP lors de "Dimanche soir politique" (I-télé, France Inter, Le Monde).

"C'est une lutte de pouvoir, ce qui écoeure tout le monde", a-t-il poursuivi, en se demandant pourquoi le PS français était le "seul de son espèce dans toute l'Europe", car demeurant "sous l'influence intellectuelle de l'extrême gauche".

Le "grand enseignement" de ces deux jours, c'est "la confirmation que ce parti n'a pas de projet pour la France", et "est incapable de nourrir un autre débat que celui de ses éventuelles alliances", selon Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP. "Le PS admet désormais ne plus pouvoir être le vrai moteur de l'opposition", ajoute-t-il, épinglant un "constat d'échec".

Autre porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre écrit que le "PS vient de préparer sa dissolution en reconnaissant son incapacité à être une alternative et trouver une voie commune". "Comment être capable de rassembler un pays quand on est incapable de réunir ses propres amis?", se demande-t-il dans un communiqué.

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP) a expliqué sur Canal+ que "pour gouverner, il faut avoir des idées claires, savoir qui on est et ce qu'on veut". Or le PS "ne sait pas qui il est, ni ce qu'il veut, ni à qui il veut confier le soin de le diriger". M. Balladur s'est déclaré "un peu consterné du spectacle que donne le PS", parce que "c'est l'un des deux grands partis gouvernementaux qu'a la France, qui a vocation à gouverner un jour".


Buffet: après le congrès de Reims, "je ne sais pas quel est le programme du PS"
il y a 2 heures 2 min

Marie-George Buffet a déploré qu'à la sortie du congrès de Reims, on ne sache pas quel est "le programme que présente le Parti socialiste".

"Je sors de ce congrès, j'ai écouté les différents discours, je ne sais pas quel est le projet, quel est le programme que présente le Parti socialiste", a déclaré la secrétaire nationale du Parti communiste français, sur Canal+.

Marie-George Buffet a considéré que face à la "crise du système capitaliste, (...) il faut une réponse des forces progressistes. "Et je ne la vois pas à la sortie de ce congrès", a-t-elle déploré.

"Le Parti socialiste est en crise, comme est en crise la gauche française", a ajouté la secrétaire nationale du PCF, pour qui "la gauche française n'a pas été capable toutes ces dernières années de dégager un projet fort et surtout de le mettre en oeuvre lorsqu'elle a été en responsabilité".

Mme Buffet a par ailleurs annoncé que le Parti communiste entamerait dès mardi des discussions avec Jean-Luc Mélenchon pour la formation de listes communes aux élections européennes. "Nous avons lancé il y a quelques semaines un appel à constituer des listes d'union aux élections européennes. (...) Jean-Luc Mélenchon et son parti répondent 'on est partants', donc nous allons nous rencontrer demain pour essayer de construire (...) ces listes de rassemblement aux élections européennes", a dit Marie-George Buffet.

La secrétaire nationale du PCF a enfin rappelé que "ce serait un problème que le PS soit sur une ligne d'alliance avec le MoDem".



Benoît Hamon appelle à un "vrai renouvellement" à la tête du Parti socialiste
il y a 21 min

Au lendemain du congrès de Reims, Benoît Hamon a plaidé pour un "vrai renouvellement" au Parti socialiste et agité la menace d'un éclatement plus grand du PS si Ségolène Royal était élue au poste de premier secrétaire, sans la citer.

Le candidat de la motion C au poste de premier secrétaire du Parti socialiste a plaidé lundi pour un "vrai renouvellement" à la tête du PS. "Pas le renouvellement sur papier. C'est-à-dire qu'on présente une jolie jeune équipe de porte-parole mais derrière, rien ne change. Ou devant, rien ne change, surtout", a-t-il déclaré sur France-Inter, appelant à "faire table rase" de "cette même génération qui d'une manière ou d'une autre depuis vingt ans aujourd'hui à la tête du parti socialiste (...) nous empêche de parler aux Français".

"Il est des changements aujourd'hui à la tête du PS qui pourraient dresser les socialistes les uns contre les autres et surtout dresser le Parti socialiste un peu plus encore contre une partie de la gauche", a-t-il également déclaré, ajoutant que lui voulait "jeter des ponts" entre les socialistes et le reste de la gauche.

A propos de Martine Aubry, il a admis "des proximités évidentes avec elle sur des points politiques, comme les services publics et la question des salaires". "Mais je pense que ça ne suffit plus", a-t-il ajouté, plaidant une nouvelle fois pour un changement de génération. "Celles et ceux qui ont été acteurs des querelles depuis vingt ans ne sont aujourd'hui (...) plus les mieux placés pour permettre au Parti socialiste de se reconstruire", a-t-il martelé.

Concernant le congrès de Reims, enfin, Benoît Hamon a reconnu "un spectacle désolant". "Il y a des hommes qui débattent et ils ne sont pas obligés de s'aimer entre eux. Et ça donne parfois un spectacle qui est un spectacle désolant", a-t-il dit.


La droite raille la confusion au Parti socialiste
16 nov 2008 - 18h33

Des dirigeants de l'UMP raillent les divisions et la confusion régnant au Parti socialiste à l'issue du congrès de Reims.

Michèle Alliot-Marie, ministre UMP de l'Intérieur, a estimé sur Radio J que ce congrès avait été celui "de la soustraction, de la division".

"Est-ce que ce serait le congrès de la disparition ?", a-t-elle ajouté en évoquant le récent départ du Parti socialiste de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez.

"Bertrand Delanoë, qui représente un quart du parti, refuse de soutenir un candidat", elle a ajouté. "C'est le congrès de la division (...) et sans même le plus petit dénominateur commun parce que les partisans de M. Hamon trouvent que le parti n'est pas assez à gauche".

"Comme tous les Français, je n'y comprends rien", a ironisé le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian dans "Dimanche soir politique" (I-télé, France Inter, le Monde).

Il a ainsi jugé que les motions avaient quelque chose "d'obscur" et qu'il était très difficile de distinguer leurs différences.

Néanmoins, Patrick Devedjian a estimé que le futur leader socialiste, quel qu'il soit, sera "redoutable" pour la majorité aux prochaines élections car "les Français sont attachés au principe de l'alternance."

Après trois jours d'âpres débats, les socialistes sont repartis dimanche de Reims plus divisés que jamais, trois candidats briguant finalement la tête du PS - une première dans l'histoire du parti.

Ségolène Royal affrontera jeudi soir au suffrage direct des militants Martine Aubry et Benoît Hamon pour le poste de premier secrétaire.

Gérard Bon, édité par Pascal Liétout



Bayrou: refuser les alliances avec le Modem, c'est choisir 10 ans de Sarkozy
16 nov 2008 - 20h35

François Bayrou, président du MoDem, a estimé dimanche que ceux qui, au PS, refusent tout contact avec les "démocrates français" dont son propre parti, choisissent "dix ans" de Nicolas Sarkozy.

Commentant lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI les refus socialistes d'alliance avec le MoDem, longuement évoqués à la tribune du Congrès de Reims, le député a parlé d'"un choix partisan, sectaire, fermé, qui favorise le maintien au pouvoir de ceux qui y sont aujourd'hui autour de Nicolas Sarkozy".

"Qu'est-ce qu'on dit quand, comme un grand nombre de leaders du PS, on refuse d'avoir le moindre contact avec les démocrates français, le MoDem des intouchables ?", a-t-il demandé. "On dit: +je choisis que le pouvoir actuel Nicolas Sarkozy reste en fonction pendant dix ans+", a assuré l'ex-candidat à la présidentielle.

"Si vous refusez de rassembler, vous favorisez le maintien au pouvoir de ceux dont apparemment vous désapprouvez les choix", a-t-il insisté.

"Dans dix ans, de l'irrémédiable aura été produit pour la société française (travail dimanche, retraite à 70 ans)", selon lui.

Le président du MoDem a admis qu'il est "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy", mais une "opposition particulière", capable de dire oui.

Il a cité en exemple son vote du plan de sauvetage bancaire, "alors que le PS était incapable de faire autre chose que s'abstenir".

François Bayrou a par ailleurs qualifié de "tragi-comique ou désespérant" le congrès du PS, un parti "égaré" et "au bout d'un cycle".

"Beaucoup de gens, qui y ont cru" découvrent "avec stupéfaction que l'organisation "en laquelle ils croyaient est égarée, et ne réussit pas à trouver son chemin", a poursuivi M. Bayrou.

Ce "grand parti politique français" est "au bout d'un cycle", a-t-il analysé en observant que le PS a 37 ans, l'UMP 6 et son propre parti "pas tout à fait encore un an".

Enfin, le président du Modem a déclaré qu'il ne serait pas candidat lui-même aux élections européennes de juin, mais a l'intention d'apporter "toute l'aide nécessaire à tous ceux qui le seront" dans son parti.

"Le mouvement des démocrates aura des listes dans toutes les régions", a-t-il affirmé. "Elles seront intéressantes et utiles pour les citoyens parce que nous proposerons un projet européen conséquent, construit et positif", a ajouté M. Bayrou.

"Dans la crise, les Français ont vu qu'il n'y avait que l'Europe qui pouvait répondre et qu'en même temps, ils sont souvent troublés par ce qu'ils entendent de l'Europe. Je pense qu'il est de notre responsabilité de lever ces malentendus et ces ambiguïtés", a poursuivi le président du MoDem.



François Bayrou moque les "Pinocchio" du Parti socialiste
16 nov 2008 - 19h44

François Bayrou a qualifié de "Pinocchio" les leaders socialistes affirmant refuser toute alliance avec le centre, jugeant qu'il n'y aurait pas d'alternance en 2012 sans un large rassemblement.

Invité au Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, le président du MoDem a estimé que refuser tout accord avec son parti reviendrait à faire en sorte "que Nicolas Sarkozy reste en fonction pendant dix ans."

"Quand ils disent 'nous n'aurons jamais de contact avec le centre', s'ils étaient comme Pinocchio, avec le nez qui s'allonge chaque fois qu'on ment, ils ne pourraient plus entrer dans une pièce parce que le nez toucherait les murs de quelque côté qu'ils se tournent", a ironisé François Bayrou.

Il a dit être "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy", mais une "opposition particulière", capable de "dire oui quand ça va bien."

Les trois prétendants à la direction du Parti socialiste, Ségolène Royal, Martine Aubry ou Benoît Hamon, se sont notamment opposés lors du congrès de Reims sur la question d'une alliance avec le MoDem.

Pour répondre aux inquiétudes exprimées par Bertrand Delanoë sur une alliance possible avec le parti de François Bayrou, l'ex-candidate à la présidentielle s'est engagée à mettre en place une consultation des militants.

"Si vous refusez de rassembler, alors vous choisissez de favoriser ceux dont, apparemment, vous désapprouvez les choix", a insisté François Bayrou, évoquant le "mensonge tactique" de certains dirigeants PS.

Il a souligné que pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, des dommages "irrémédiables" auront été produits dans la société française, raison pour laquelle il fallait réunir "tous ceux qui veulent que ça change."

Gérard Bon



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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 10:19

(dépêche)




Congrès PS - Delanoë rallie Aubry
 
Delanoë rallie Aubry

Bertrand Delanoë appelle les militants à choisir Martine Aubry jeudi, lors du vote interne des socialistes pour la désignation du Premier secrétaire du PS.

De source proche de la motion Aubry, on explique que "Bertrand a compris que sa motion était progressivement en train de rallier Martine, et qu'il ne pouvait rester dans sa neutralité".

Renaud PILA, avec F.L. - le 17/11/2008 - 13h48

A Reims, il n'avait pas voulu donner de consigne de vote. Mais Bertrand Delanoë a désormais changé d'avis. Dans une lettre aux militants, rendue publique ce lundi, le maire de Paris appelle ses partisans à choisir Martine Aubry lors du vote interne des socialistes qui doit désigner, jeudi, le successeur de François Hollande à la tête du Parti socialiste. 

"Notre responsabilité est immense", souligne Bertrand Delanoë dans cette lettre ouverte. "Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l'identité même du Parti socialiste", poursuit-il. "Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur".

Les raisons du revirement

De source proche de la motion Aubry, on explique ce revirement par le fait que "Bertrand a compris que sa motion était progressivement en train de rallier Martine, et qu'il ne pouvait rester dans sa neutralité. Si Martine gagnait, il resterait à l'écart, et si Ségolène gagnait, certains le lui en feraient porter la responsabilité".

Selon nos informations, Bertrand Delanoë et Martine Aubry se sont téléphoné lundi matin. La maire de Lille a également passé de nombreux coups de fil à des partisans de la motion A ; ainsi, l'adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, lui a affirmé qu'il lui apportait son soutien. Le président socialiste du conseil général du Nord, Bernard Derosier, qui n'avait jusque-là pas clairement annoncé sa préférence entre Martine Aubry ou de Bertrand Delanoë, a appelé lundi à voter pour la maire de Lille.

Lundi en milieu de journée, la coalition contre Ségolène Royal semblait donc se concrétiser. "Je vois bien qu'il y a là une stratégie d'empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste", a estimé sur BFM François Rebsamen, proche de Ségolène Royal. Tout l'enjeu pour la présidente de la région Poitou-Charente est maintenant de mobiliser les militants abstentionnistes de la semaine dernière, et ceux qui n'ont toujours pas renouvelé leur cotisation. Leur nombre est estimé à 70.000, et ils pourraient faire basculer, dans un sens ou dans l'autre, l'élection du futur patron du PS.



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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 08:51

(e-courrier)


Changer a gauche pour changer la france

Profession de foi

Cher-e-s camarades,

Les Français vont mal. Ils sont inquiets pour l'avenir alors que notre pays s'enfonce dans la récession, le chômage et les inégalités. Ils savent que Nicolas Sarkozy les a floués.

C'est en pensant à eux que je me suis engagée dans ce congrès.

Parce que face à une droite dure, il faut une gauche forte. Parce que face à un monde que le capitalisme financier emmène droit dans le mur, nous devons être porteurs d'un nouveau modèle dans lequel la question sociale est au cœur, où l'économie réelle reprend le pas sur la finance et où l'écologie sort des discours pour entrer dans les faits. Il nous faudra défendre les services publics attaqués actuellement par la droite, l'hôpital public et bien sûr la poste, mais il nous faudra en créer de nouveaux comme le service public de la petite enfance ou la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Je n'oublie pas le combat pour la laïcité au moment où le président de la République en appelle aux religions avant de qualifier la laïcité de positive pour mieux la disqualifier.

Parce que le 6 novembre, vous avez choisi d'exprimer une double demande d'un Parti fermement ancré à gauche et décidé à ce renouveler. Je regrette avec vous que nous n'ayons pas réussi à nous rassembler à Reims autour d'une orientation. Mais je suis confiante parce que la décision est de nouveau dans vos mains.

J'ai décidé d'être candidate pour être votre première secrétaire, au cœur d'une équipe soudée, engagée, avec de nouveaux visages, une nouvelle génération de militants aux couleurs de nos territoires et de toutes les cultures présentes en France.

Je veux, avec vous, écrire la page d'un socialisme renouvelé, ancré dans la gauche efficace, crédible. La gauche qui assume la réforme et reste fidèle au mouvement ouvrier et aux idéaux des Lumières en retrouvant tout simplement les missions des socialistes : émanciper chaque homme et chaque femme, maîtriser notre présent et préparer l'avenir et faire une vraie civilisation porteuse de fraternité entre les hommes et les femmes quel que soit leur territoire ou leur culture.

Je veux, avec vous, un Parti Socialiste profondément européen.

Je veux, avec vous, rassembler le plus largement autour de cette ligne et de ces objectifs pour notre parti, pour la France et pour l'Europe.

Je veux garder un parti de militants, je veux défendre les alliances avec les seuls partis de gauche.

Je veux en tout état de cause garantir l'unité de notre Parti.
J'y mettrai toute mon énergie et ma passion.
Pour notre réussite.
Pour retrouver un avenir à notre Parti.
Pour redonner l'espoir aux Français.

Martine Aubry

Retrouvez le site de Martine Aubry.






Martine Aubry présente sa candidature au poste de Premier secrétaire.

Mes chers camarades, j’aimerais commencer par dire que tous ceux qui se sont exprimés depuis le début de ce congrès l’ont fait comme militants avec des valeurs communes, celle du socialisme, nous l’avons toujours dit, avec aujourd’hui des convictions de priorité, des convictions sur le parti, des convictions sur les alliances qui peuvent être différentes, mais je crois que chacun l’a fait avec au cœur l’idée qu’il était un militant du Parti socialiste.

J’aimerais que l’on retienne d’abord cela de ce congrès

Je le dis très simplement, nous ne sommes pas ici dans un congrès d’opposition de personnes, nous sommes peut-être, et c’est cela la grandeur de la politique, et c’est cela la grandeur de la défense des convictions que chacun a fait ici dans le respect de ce à quoi il croit, et je respecte chacun qui s’est exprimé ici, mais la grandeur de la politique, c’est d’aller jusqu’au bout pour défendre à un moment donné ce que l’on croit bien pour son parti, quand on croit que son parti est le seul à même de redonner un espoir à la France, et peut-être même de relancer cette Europe qui fait intrinsèquement partie du projet des socialistes.

Je dis cela car pour moi, j’ai entendu chaque camarade de cette manière-là. J’aimerais oublier les quelques mots qui viennent d’être dits citant tel ou tel. Je veux garder à l’esprit que j’ai entendu des militants du Parti socialiste défendre chacun ses convictions, ses engagements, et je les respecte, chacun, comme je respecterai toujours, que je sois demain dans une majorité ou une minorité, je serai dans un parti uni, pour défendre des valeurs qui depuis Jaurès, nous portent aujourd’hui ici.

Nous l’avons tous dit, les militants se sont exprimés le 6 novembre, et très majoritairement, ils nous ont dit, c’est en tout cas notre analyse, et chacun a le droit de faire la sienne. Cette analyse, nous la partageons avec les camarades de la motion A et de la motion C, et je me demande si nous ne la partageons pas aussi avec les camarades de la motion E.

L’analyse de ce que nous ont dit les militants, et ensuite, nous y apportons chacun les réponses que nous croyons utiles au Parti et à la France.

L’analyse de ce que nous ont dit les militants, et donc les Français, car les militants, je l’ai dit hier, eux, ont rarement oublié les valeurs qui étaient les nôtres. Ils sont au contact tous les jours avec les Français qui ne nous regardent pas et qui voudraient aujourd’hui pouvoir à nouveau se dire : l’espoir revient de la gauche et revient de ce grand parti qu’est le Parti socialiste.

Ils nous ont dit, nous voulons un parti ancré à gauche, un vrai parti qui refait de la politique, qui redonne une vision, un parti qui sait et qui dit : non, Monsieur Sarkozy, il n’y a pas de liberté sans égalité. Non, Monsieur Sarkozy, ce ne sont pas quelques règles financières qui changeront le système, il faut remettre l’économie réelle devant la finance, il faut une autre redistribution des revenus dans notre pays et dans le monde.

Nous disons aussi que seule la gauche, et seule la gauche, peut permettre effectivement de porter cette espérance et cet espoir. Et puis les militants nous ont dit : il faut rénover, il faut changer.

Je l’ai bien entendu, nous pouvons avoir des convictions différentes sur la rénovation, mais là aussi, comme tu l’as dit Vincent, faisons confiance aux militants. Ils choisiront et nous les respecteront en tout état de cause.

Je voudrais m’adresser à Ségolène et à la motion E, pour qu’à partir de ce soir, nous soyons dans notre rôle de militants, c’est-à-dire que nous défendions ce à quoi nous croyons.

Il y a une petite araignée là, je ne sais pas si c’est un signe de malheur…décidément, Adeline, franchement, le ménage aurait pu être fait cette nuit !

Je suis sérieuse, très sérieuse. Je souhaiterais vivement, et ce serait peut-être l’honneur de notre parti, que chacun défende à partir de maintenant ce à quoi il croit, ce à quoi il croit comme réponse à apporter à ce que nous ont dit les militants. Si nous parlons de cela, si nous parlons des idées, je crois que la France nous regardera déjà autrement.

En tout cas moi, c’est ce que je vais faire, et je pense que nous serons nombreux à faire cela. Nous avons discuté avec la motion E et avec Ségolène. Je lui en ai rendu acte hier. Nous avons hier soir avec les motions C et D, nous avons dit que nous pouvions accepter globalement l’offre qui nous était faite parce qu’il y avait au moins quatre questions qui nous posaient problème. La première, c’est la force de la question sociale mise au cœur de ce nouveau modèle que nous voulons créer face au libéralisme et à la crise financière telle qu’elle est aujourd’hui.

Au cœur de cela, le pouvoir d’achat et le SMIC qui reste le seul outil aujourd’hui direct qu’ont les pouvoirs publics pour pouvoir augmenter les salaires, ce que nous demandent non seulement les Français, mais ce qui est une condition pour relancer l’économie dans cette période de crise.

Nous avons dit aussi la force de l’Europe. La force de l’Europe ne nous est pas parue suffisante dans une volonté de réarmer cette puissance publique dont l’Europe fait partie.

Nous avons, et c’est un accord entre les motions A, C et D, et ce n’était pas évident vu nos histoires récentes, nous avons dit qu’il fallait réarmer l’Europe, qu’il fallait donner une directive générale sur les services publics, qu’il fallait un euro au service de la croissance et de l’emploi, qu’il ne fallait pas hésiter à ce qu’il y ait une politique de coordination économique et des fonds souverains, et même qu’il fallait nous battre. Nous battre pour un juste échange et non de ce libre-échange sans aucune règle qui apporte la loi du plus fort. Là-dessus nous l’avons dit, nous sommes en plein accord.

Et puis il y a cette question des alliances, mais rien ne serait pire que de réduire à cette question essentielle des désaccords sur la ligne que nous voulons soutenir. C’est bien autour de ces quatre questions que nous n’avons pas pu nous rassembler autour de la motion E.

J’ai dit hier qu’il me semblait qu’il y avait une base d’une ligne politique et d’un rassemblement entre les motions A, C et D. Nous avons construit le texte, il existe aujourd’hui. Ce texte est très clair, Bertrand en avait donné les principaux éléments dès hier matin, nous les avons rappelés : la volonté d’un parti à gauche avec la question sociale au cœur de tout, un parti profondément européen, un parti de militants. C’est vrai qu’aujourd’hui, la question se pose de la façon dont nous voulons faire avancer notre parti, un parti qui reste un parti politique, un parti de militants. Oui, c’est ce que nous souhaitons avec les motions A, C et D.

C’est pourquoi nous avions inscrit dans ce texte que nous avons tenté d’élaborer cet élément majeur. Bien sûr, ces alliances à gauche dont nous avons déjà parlé.

Je l’ai dit hier, je souhaitais pleinement le rassemblement autour de ce texte qui existe aujourd’hui, que nous n’avons pas signé, qui n’a pas donné lieu au rassemblement. J’aurais souhaité que nous puissions effectivement nous rassembler sur ce texte. Cela n’a pas été possible sur le dispositif humain. Moi, personnellement, je respecte chacun. Nous sommes un grand parti, la preuve, nous avons quatre grandes motions qui ont recueilli dans le fond, des scores assez proches chez les militants.

Il faut le dire ! Il faut que chacun soit capable de respecter les autres, y compris les deux autres motions qui ont fait le choix de rejoindre une des autres motions.

Nous avons quatre grandes motions, nous avons des militants qui se sont répartis entre ces quatre motions. On peut comprendre à un moment donné, que dans la crise qui est la nôtre, celle du libéralisme, dans la crise et la souffrance des Français, chacun ait voulu jusqu’au bout défendre absolument le texte qui était le sien et laisse de côté les nuances, celles qui auraient pu nous faire passer outre.

Comme Marylise l’a dit tout à l’heure, dans ce que nous avons tenté pour nous rassembler sur le dispositif humain, la motion D n’a mis aucun préalable. J’ai quant à moi soutenu des candidats des autres motions, mais il n’a pas été possible de nous mettre d’accord sur cela.

Je retiens l’essentiel. Je retiens ce qui a fait que, depuis maintenant deux mois, nous travaillons avec les militants, je retiens le message qu’ils nous ont apporté. Je retiens les quatre points clés de cette ligne politique que je défendrai pendant ces quelques jours.

Je voudrais le dire à Bertrand comme à Benoît, je défendrai avec la même énergie, la même passion ces quatre lignes force qui, certes, comportent des nuances mais nous réunissent, comme je l’aurais fait si le candidat commun, avait été un membre de la motion C ou de la motion A.

 


Congrès PS : profession de foi de Martine Aubry
par LCP




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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 08:45

(e-courrier)



Le monde change, le PS doit changer

Catégorie Actu - Posté le 17 novembre 2008

La profession de foi de Benoît Hamon

Cher-e-s camarades,

Lors de notre congrès, le vote des militants n’a pas réussi à départager nettement les quatre principales motions. Pourtant, les militants ont nettement exprimé leur envie de renouvellement et d’ancrage à gauche. Ce sont deux exigences qui s’imposent à nous si l’on veut en finir avec le statu quo politique, et si l’on veut sortir de l’ambiguïté stratégique.

L’ancrage à gauche implique que nous lancions le Parti socialiste à la reconquête.

Une reconquête qui assume d’abord pleinement les valeurs qui sont les nôtres, indispensables pour faire vivre une gauche décomplexée, fière de ses valeurs, et pour contrer l’offensive idéologique de la droite que nous subissons depuis trop longtemps.

La reconquête des Français ensuite, et prioritairement celle des classes moyennes et des milieux populaires, que nous avons le devoir de protéger des conséquences de la crise économique et sociale, ainsi que de la politique d’une droite brutale et arrogante.

La question sociale doit donc être au cœur de notre projet politique : hausse des salaires, interdiction des licenciements « boursiers », combat pour le maintien des services publics, renforcement de la protection sociale, accès au logement, moyens pour l’école…

Sur tous ces sujets, l’ancrage est gauche est incontournable et dicte notre stratégie.

Pour faire avancer notre projet, je travaillerai inlassablement au rassemblement de toute la gauche. Mais je refuserai l’alliance avec le Modem, non par sectarisme mais parce que son projet économique libéral est incompatible avec le nôtre.

Le renouvellement et la rénovation sont nécessaires pour relever notre parti.

Nos défaites successives et notre incapacité à nous remettre sereinement en cause, l’insuffisance du travail collectif pour élaborer des idées nouvelles, les rivalités de personnes qui nous minent, la coupure avec le mouvement social… tout plaide pour que le PS change profondément.

Mais encore faut-il que ce soit dans la bonne direction : celle qui rassemble les socialistes et la gauche.

Je milite aussi pour que notre parti ressemble à la France, qu’il soit l’expression de sa diversité, qu’il représente la mixité des âges et des origines, pas seulement à sa base et dans ses sections, mais aussi parmi ses élus et ses dirigeants.



Benoît Hamon présente sa candidature au poste de Premier secrétaire.

Mes chers camarades, je vais essayer en quinze minutes de vous dire comment je conçois l’avenir de notre parti et vous parler un petit peu de ma candidature et de ce qui la motive et la justifie.

Au préalable, je voudrais saluer Eric Hénard qui va être candidat pour notre parti aux élections législatives à Reims dimanche prochain, lui souhaiter bon vent. Je voudrais remercier les militants de la fédération et remercier tout particulièrement, même si on les sort généralement du lot, remercier les camarades du service d’ordre.

Je mesure la responsabilité qui est la nôtre aujourd’hui. Je la mesure parce que nous sommes regardés, je la mesure parce que nous sommes regardés par des hommes et des femmes qui, de plus en plus distraitement, observent le bal des socialistes, la scène que nous jouons inlassablement depuis plusieurs mois.

Je mesure notre responsabilité parce qu’il y a besoin de nous, et je sais que cette responsabilité est à la fois collective, celle de tous les militants, de tous les dirigeants, mais aussi celle, individuelle, de celle ou celui qui dirigera ce parti.

Il n’y a pas eu de synthèse hier, ni partielle ni générale, et c’est regrettable qu’il ne se soit pas dégagé une majorité, mais en même temps, ce n’est pas grave, il y a plus grave. Et notre congrès a d’ores et déjà tranché deux débats : les militants ont indiqué clairement leur souhait que le Parti socialiste soit ancré à gauche, et ils ont aussi clairement indiqué leur volonté de renouveler le parti et de le rénover.

Le vote du 20 novembre viendra dire quelle sera la nature du changement qui s’opérera dans le parti. Nous savons d’ores et déjà que tout changera, ou que beaucoup changera, mais nous ne savons pas encore dire quelle est la direction que prendra ce changement. Comme vous, moi, j’aime ce parti, mais l’aimer ne suffit pas. Nous devons reconnaître qu’il traverse aujourd’hui une crise politique sérieuse.

Il mue, se transforme et hésite, hésite sur l’essentiel : le projet, son utilité, son identité et sa stratégie d’alliance. Ces quatre sujets sont liés, j’essaierai d’en dire un mot tout à l’heure et de le démontrer.

Mais si nous vivons une crise politique sérieuse, et nous devons le reconnaître, reconnaissons aussi que cette crise est européenne. C’est toute la social-démocratie européenne qui s’interroge aujourd’hui. Elle s’interroge sur sa fonction, son rôle, là où dans chacun de nos Etats membres, nos partis frères sont confrontés à l’échec ou aux difficultés de leur propre modèle social, des capacités de leur propre Etat à intervenir et à assurer les solidarités élémentaires.

Cette crise de la social-démocratie européenne, qui renvoie à la crise du socialisme français, est une crise sérieuse car elle s’inscrit dans un moment politique particulier, ce moment que nous vivons, celui d’un renversement de cycle. Nous vivons un moment extraordinaire, et on peut avoir vécu toute une vie de militant et ne pas connaître un moment comme nous le vivons aujourd’hui, et selon les réponses que nous formulerons à l’occasion de ce congrès et dans les mois qui viennent, nous saurons, et ils sauront, ceux qui nous regardent, ceux qui attendent de nous encore quelque chose, si nous compterons au rang des bâtisseurs et des architectes du monde nouveau ou si nous compterons au rang de celles et ceux qui assisteront passifs au lent déclin de nos idées.

Alors, mes chers camarades, cette crise, ne la voyons pas négativement, elle offre des opportunités, et ces opportunités sont belles. Partout dans le monde aujourd’hui on rappelle la régulation contre le marché tout-puissant, on rappelle l’Etat, la maîtrise des échanges, l’intervention publique, contre un modèle économique libéral qui a failli.
Mais ne soyons pas dupes que dans un moment comme celui-là, là où un monde s’effondre et que bientôt arrivera dans ce pays comme dans l’Europe l’onde sociale de ce séisme, qu’elle sera brutale et implacable, qu’elle aura des conséquences terribles pour nos concitoyens et notamment les plus vulnérables, ne soyons pas dupes de ce que sera leur colère, leur exaspération, et que peut-être cette exaspération pourra se tourner contre nous si nous ne sommes pas à la hauteur des questions qui nous sont posées.

Nous sommes dans cet intervalle, mes chers camarades, ce clair obscur, je l’ai dit tout au long du congrès et je le maintien : nous savons ce qui n’est plus, nous ne savons pas exactement ce qui va naître. Dans un moment comme celui-là, quand nous regardons les nôtres, ceux qui n’en peuvent plus, ceux qui s’inquiètent pour leur sort et pour celui de leurs enfants, qui pensent que leur avenir est bouché, qui pensent qu’il n’y a pas de futur pour eux, que même leur bulletin de vote ne change pas les conditions dans lesquelles ils vivent, ayons conscience qu’il n’est pas naturel pour eux de considérer que l’amélioration de leur sort, ce soit le retour du Parti socialiste.

Ce n’est pas naturel, et d’autres offriront un débouché politique à cette crise : nationaliste, xénophobe, communautaire, obscurantiste. Ces solutions aussi seront dans le débat politique. C’est pour ça sue nous avons une grande responsabilité, c’est pour ça que j’accueille avec beaucoup de gravité le moment que nous venons de vivre. Cela aurait été mieux d’ailleurs d’avoir une majorité, de sortir forts, plus forts, avec des débats réellement tranchés. Ce n’était pas possible, soit, eh bien poursuivons ce travail, essayons de faire en sorte que le 20 novembre nous facilite la tâche et aide à la clarification de ces choix.

Nous avons aussi la responsabilité de formuler des réponses concrètes face à l’urgence sociale, il faudra parler du fait qu’aujourd’hui, on continue de licencier dans des entreprises profitables, et que c’est inacceptable.

Il faudra dire que l’on ne peut plus supporter que des entreprises qui sont des entreprises qui dégagent des bénéfices en bourse délocalisent pour dégager encore plus de bénéfices. Il faudra plaider pour un pôle financier public, il faudra plaider pour une réorientation de la construction européenne qui permette demain de mieux protéger les citoyens européens, de faire en sorte qu’ils ne soient pas toujours plus exposés à la mondialisation libérale, mais que l’Europe leur offre enfin ces protections auxquelles ils aspirent.

Sur ces terrains-là, nous devrons formuler des réponses exigeantes. Nous devrons aussi, et je pense que c’est une tâche importante, dès lors que nous disons nos réponses à la crise financière, faire le lien avec la question des alliances. Et j’en dis un mot. Ne jouons pas une fausse partition entre nous, il y a des désaccords sur cette question et les faits récents l’illustrent, les préférences des uns et des autres l’illustrent.

Pourquoi je considère aujourd’hui que l’alliance avec le MoDem est dangereuse ? La crise financière, quelle est la réponse de François Bayrou ? Prendre cinq points du PIB des ménages et les transférer sur les entreprises. Que dit encore François Bayrou ?

Il veut interdire les déficits publics et l’inscrire dans la Constitution, c’est-à-dire interdire toute forme de politique de relance économique au niveau national alors que nous sommes déjà sévèrement encadrés par le pacte de stabilité de croissance au niveau européen, qui vient d’être suspendu, justement pour pouvoir répondre à la crise financière.
Nous voyons que leurs options économiques fondamentales sont libérales et incompatibles avec le projet que nous avons tous défendu à cette tribune.

C’est pour cela, et je le dis simplement sans fétichisme à l’égard du rassemblement de la gauche : nous ne pourrons pas gouverner demain avec des ministres libéraux et un Premier ministre libéral si nous défendons un projet de gauche.
Je pense cette clarification nécessaire parce qu’elle participe de la lutte contre cette forme d’indifférenciation dans le débat politique, qui est le mal de la période. On prétend qu’il n’y a qu’une seule voix possible, un seul chemin, et que la gauche et la droite se différencieraient sur le dosage des réformes, sur le tempo, le calendrier. On entend ça tout le temps, et on a même vu ce spectacle désolant de certains d’entre nous passer dans le camp d’en face au nom de l’intérêt général, ou ce spectacle toujours désolant, je le dis, de Nicolas Sarkozy qui se moque et qui rit de nos divisions.

Le principal contre-pouvoir qu’il a affaibli dans la société française, ce n’est pas les médias, ce n’est pas les syndicats, ce n’est pas le pouvoir judiciaire, c’est le Parti socialiste. En tout cas, Nicolas Sarkozy trouve à chacune de ces réformes l’un d’entre nous pour lui apporter son soutien.

Je veux un parti musclé, un parti décomplexé en capacité, face à cette droite liberticide, cette droite qui restreint le champ d’intervention de l’Etat, cette droite qui limite les droits des salariés et des citoyens, je veux une gauche qui soit une gauche parfaitement décomplexée.

Je veux aussi une gauche renouvelée. Et là, je voudrais souligner le fascinant paradoxe, ou contraste, que l’élection de Barack Obama nous permet de saisir avec la scène politique européenne et française. L’élection de Barack Obama aurait été impossible selon les règles qui président ç la sélection des élites dans notre pays.

Pour commencer, si Barack Obama avait été Français, il lui aurait fallu vieillir une bonne quinzaine d’années, perdre si possible quelques scrutins pour se faire le cuir, et être jugé apte à concourir à l’élection suprême. On ne fait pas irruption comme cela en cinq ans le paysage politique français, on doit montrer patte blanche, au sens propre comme au sens figuré.

Notre paysage politique est désespérément blanc, si uniforme qu’il passe une injure supplémentaire qui passe pudiquement par la diversité car les processus de sélection des élites sont au diapason de la en son sens, de père en mère, ou de fils en fille, on occupe toujours la même place dans la hiérarchie sociale, l’ascenseur social est en panne, quand il fonctionne, en général, ce n’est pas pour monter, mais c’est pour des cendre.
S’ajoutent donc des mécanismes et l’égalité des droits. Le drame, je le dis pour nous, parfois, c’est que nous prenons des prétextes complètement fallacieux

Mais tout le monde n’est pas éligible. Je prétends que sur ce point, notre parti doit changer et que la société est bien plus mûre nous devons donc être exemplaires, promouvoir la on peut et on doit même s’en émouvoir. Le symbole est trop frappant pour qu’on ne regarde pas cette réalité en face.

Ou serait-ce la conséquence de l’échec des politiques publiques depuis vingt ans incapable d’assurer l’égalité des droits. C’est là qu’il faut chercher la réponse. Pas seulement dans ces sections, mais surtout demain dans ses groupes parlementaires.

Alors, mes chers camarades, j’en viens à ma conclusion. Je suis donc aujourd’hui candidat devant vous, et je dis devant tous les militants socialistes, je mesure la difficulté d’incarner ici concrètement devant vous cette fonction et ce rôle. Vous vous dites sans doute, celui qui est devant nous peut-il être votre Premier secrétaire ? Ce n’est pas facile d’appréhender

Ceux qui ont parlé et qui vont parler aujourd’hui, devant vous, possèderons et incarneront cette responsabilité.
Le premier réflexe, la première clé consiste à les comparer avec celui qui occupait la fonction juste avant, François.
Tout au long de ces mandats à notre tête, vous le savez, j’ai connu quelques sérieux désaccords politiques avec lui. C’est pourtant vers lui, qu’avec d’autres, après la synthèse du Mans, je m’étais tourné pour lui dire qu’il lui revenait de prendre la tête du combat présidentiel. Il a fait un autre choix. J’ai aussi été son secrétaire national à l’Europe quelques mois. À ce moment-là nous avons démontré que nos accords stratégiques sur l’Europe, n’empêchait pas le Parti de défendre une vision exigeante du projet européen en France comme chez nos partenaires.

Je ne retiens pas de lui et de son mandat, un discours en particulier, un moment politique gai ou triste ou un trait de caractère. Je retiens et je lui dis, sa volonté de servir l’intérêt général du Parti, celui qui dépasse nos petites personnes, celui qui suggère l’effacement, l’intérêt qui appelle d’accepter parfois de renoncer à la lumière, l’intérêt du Parti qui appelle la rigueur, la constance et le travail.

Vous disposez dans nos parcours, dans nos chemins, dans nos actes, d’indices qui dessinent je l’espère, non pas un profil, un style de candidat, mais le projet politique que chacun d’entre nous servira.

Je tire, sans doute de mes origines provinciales et modestes, une morale qui accorde une place particulière à la persévérance, à la constance et à l’effort.

De cette morale, je veux dire que je la mettrai au service de notre parti. Nous allons vivre une épreuve ensemble et nous allons la traverser ensemble parce que celles et ceux qui nous voulons représenter dans l’espace public vont vivre de plein fouet les conséquences de cette crise sociale.

Ce qui commence, et cela peut être exaltant, c’est un authentique combat politique et de ce combat peut naître une espérance, et de cette épreuve peut naître le désespoir. Mais je suis venu vous dire aussi, mes chers camarades, que dans ce combat que nous allons mettre ensemble, j’ai l’honneur de vous demander d’être en première ligne.



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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 04:15

(e-courrier)



Au lendemain du congrès de Reims, Bertrand Delanoë écrit aux militants
 

Lettre aux militants

Paris, le 17 novembre 2008.


Cher-e camarade,

Le congrès de Reims n’a pas permis à notre Parti de s’unir autour d’une ligne politique majoritaire. Je le regrette profondément tout comme je regrette l’image que nous avons offerte aux Français. Pour notre part, membres de la motion A, nous souhaitions un rassemblement avec les motions D et C dont nous aurions voulu déduire une candidature. En dépit de nos efforts réels et sincères, cela n’a malheureusement pas pu aboutir.

Plus que jamais, nous considérons que les Français ont besoin d’un instrument capable de proposer des réponses opérationnelles à leurs souffrances sociales, à leur perte de confiance et de repères, et à ce qu’ils éprouvent face à une politique gouvernementale brutale et injuste.

Notre responsabilité est donc immense. Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s’exprimer, par son vote, sur ce qui est l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l’identité même du Parti socialiste.

Au nom de mes convictions politiques, j’ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.

J’entends, à l’avenir, défendre plus que jamais, les principes qui fondent mon engagement, au service d’une efficacité de gauche : un projet progressiste, écologiste, dédié à la justice sociale ; un idéal européen assumé, qui nous conduise à travailler, vraiment, avec nos amis sociaux démocrates afin de trouver ensemble un débouché de gauche à la crise actuelle ; une stratégie d’alliances claire, qui implique de s’ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l’ambiguïté d’alliances avec un parti qui se refuse à différencier la droite de la gauche.

Dans les circonstances graves qu’affrontent notre parti et notre pays, il faut choisir.

De ce vote dépend manifestement l’avenir et la conception même du Parti socialiste.

En toute amitié, mais avec l’intensité liée à ce moment, je souhaite te convaincre de voter au nom d’une certaine idée du socialisme.

Bertrand Delanoë



http://www.clarte-courage-creativite.com/Nouvelles/le-discours-de-bertrand-delanoe-de-dimanche-au-congres-reims-video/


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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 03:59

(dépêche)


Les vrais vainqueurs du Congrès socialiste

Politiques 17 nov. 2008 - 6h51 - 50 réactions
Par PAUL QUINIO 
 
Une déléguée socialiste vote, dimanche, au congrès pour le rapport de la commission des résolutions. Un vote très symbolique et sans conséquence. (AFP) 
 
Le PS a payé ce week-end à Reims une tournée générale de champagne à tous ses adversaires ! Les vainqueurs du congrès ? Il ne faut pas les chercher dans les rangs socialistes, mais du côté de l’Elysée, au Modem, à gauche et à l’extrême gauche. Nicolas Sarkozy a conquis la présidence à la tête d’une droite réunifiée. Il a poursuivi son œuvre en pratiquant l’ouverture. Il a désormais un allié pour continuer le travail de sape de l’opposition : le PS lui-même. Sarkozy n’a peut-être pas gagné la présidentielle de 2012 ce week-end, mais il sait d’ores et déjà qu’il a en face de lui un PS ingouvernable, sans ligne politique claire, sans stratégie, sans leader incontesté. Et ce, quel que soit le résultat du vote des militants jeudi ou vendredi.

Le centriste Bayrou, lui, a été au centre des débats socialistes. Il a trouvé à Reims une tribune inespérée en devenant, lui, l’opposant sans troupes, le principal sujet de controverse de son grand voisin. A l’arrivée, il a été instrumentalisé par tout le monde, non sans hypocrisie, puisque beaucoup de ceux qui récusent l’alliance nationale avec le Modem la pratiquent au niveau local. A quelques mois des élections européennes, le PS a aussi fait monter la mayonnaise de Cohn-Bendit et de ses amis verts. Le scrutin européen, jamais facile, s’annonce déjà comme une épreuve pour le prochain premier secrétaire. Enfin, le PS a envoyé à ses électeurs un message de confusion que le facteur Besancenot se fera un plaisir de distribuer largement. Au miel de la crise sociale qui profitera au NPA, les socialistes ont rajouté ce week-end la fleur de leurs divisions. Champagne pour tous !
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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 15:50




















Reims, ce n'est pas le congrès de Rennes, c'est PIRE !!

La nuit dernière, aucune négociation n'a abouti. C'est la confusion la plus totale. Une catastrophe sinon politique au moins médiatique. Les "factions" sont restées dans leur tranchée sans espoir de réconciliation.

Après la nuit de la commission des résolutions, les éléphants de 1990 (Rocard, Fabius, Jospin, Mauroy, Mermaz, Poperen etc.) avaient réussi, malgré leurs grandes antipathies mutuelles, à se mettre d'accord sur une synthèse (molle) et sur un premier secrétaire, Pierre Mauroy, sortant, désigné en 1988 contre Fabius et contre la volonté de Mitterrand.

Rappelez-vous :

Le congrès de Rennes.


Sylvain Rakotoarison



Pour en savoir plus sur le PS...






http://www.lepost.fr/article/2008/11/16/1327437_reims-pire-que-rennes.html





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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 06:41

(dépêches)



 
La leçon de Ségolène

Dimanche 26 Octobre 2008
Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche
 
A un peu plus de deux semaines du congrès du PS à Reims, Ségolène Royal - après une période de creux - a de nouveau le vent en poupe. Epaulée dans son combat par des quadras ambitieux, elle sillonne les fédérations pour emporter les votes des militants. Un an et demi après l'élection présidentielle, Ségolène Royal a changé, fait ses deuils, s'est adoucie, mais n'a rien perdu de sa combativité.

C'était une féministe qui parlait au peuple, elle parcourait la France pour raconter l'économie aux prolétaires et leur dire de s'unir, et demain serait beau. Elle s'appelait Flora Tristan, une icône de la gauche, devenue héroïne de roman: contemporaine de Marx, femme de coeur moquée et morte à la tâche, martyre de la Révolution... Ségolène Royal ne sera pas martyre, même si elle en joue parfois, mais elle a désormais des accents de Flora. La voici racontant la crise aux enfants de France, investie d'une mission: expliquer leur malheur aux citoyens, victimes d'un chaos auquel ils ne comprennent rien. "On nous a embrouillés, on veut nous faire peur avec des mots compliqués. Mais ce qui arrive est très simple!" Et dans ses réunions, Ségolène raconte les traders irresponsables, les "sommes pharaoniques" qu'on offre pour sauver les banques, "l'argent des Français donné sans contrepartie", quand il suffirait "de prendre l'argent là où il est, chez Total, chez Areva, chez Elf"...

C'est Ségo. Pédago. Démago? Elle décrit les banquiers et les patrons "qui mangent tous ensemble", et que la droite nourrit. Elle dit "CAC40" et "Medef" comme on brandit le croquemitaine. "Elle a ce côté populaire de gauche en colère, en noir et blanc", dit son ami Jean-Pierre Mignard. Fille de province, bardée de décence. Détestant l'argent facile et dilapidé. Qu'importe si l'on s'étonne et si certains rient. Elle a l'habitude, ça ne cessera jamais. Dans la France d'en bas, on la photographie, sa présence électrise. Dans la France chic, on ne l'aime pas. Après sa performance au Zénith, fin septembre, on a glosé au PS sur "la folie de Ségolène". Mais Alain Touraine, pape de la sociologie de gauche, l'a comparée à Jaurès, que le peuple aimait...

Elle a traversé une étrange année, pour faire ses deuils

Jaurès? La mystique n'est pas morte, malgré les sondages en glissade. Même moins aimée, elle intéresse, quand ses rivaux indiffèrent. On la retrouve, dans ses classiques. Ségolène la pète-sec, vacharde au nom des principes. La seule à ne pas voler au secours du polisson Strauss-Kahn ; la seule à revendiquer "les victimes" de Petrella, l'ex-terroriste italienne graciée par Sarkozy ; la seule à gauche à se féliciter du retour de Jean-Marc Rouillan à la case prison. Royal, telle qu'en elle-même, requinquée dans la dernière ligne droite, à trois semaines du congrès socialiste de Reims ; cette ligne bleue de la Vosgienne, dont elle ne parle jamais, à laquelle elle pense sans cesse.

Reims, c'est le prix à payer pour une occasion manquée. Normalement, Royal aurait dû prendre le Parti juste après la présidentielle. Les 47% l'autorisaient à toutes les audaces? Elle n'a pas osé. Pas capable de tuer "François" Hollande. Trop de choses se dénouaient en même temps. Elle n'était pas d'attaque pour cette guerre. Hollande s'est arc-bouté. Les autres gagnaient du temps. Plus tard serait le congrès, moins la dame serait dangereuse... Ils ont failli avoir raison. Elle a traversé une étrange année, pour faire ses deuils. Elle sait qu'elle n'était pas prête à faire campagne, encore moins à présider. L'aveu ne viendra jamais. Le Zénith, cette version indoor de son glorieux Charléty, l'a peut-être guérie. Elle s'est réparée.

Un jour, le producteur de films Dominique Besnehard - un frère choisi, tendre et protecteur - lui a fait rencontrer une papesse de la com'politique, mais de droite: Anne Méaux, spin doctor de François Pinault et autres grands. Méaux a trouvé Ségolène belle, mais manquant de valeurs positives. "Souriez, détendez-vous, mettez de la rondeur", a dit Anne à Ségolène, de femme à femme. A-t-elle entendu? Elle grince moins dans l'adversité. Jadis, elle désespérait d'être reconnue, revendiquait sa compétence avec une insistance gênante, seule au monde à dire du bien d'elle-même. Aujourd'hui, elle se fait espiègle pour se tresser des louanges. "J'ai demandé qu'on interdise les investissements venus des paradis fiscaux, on me disait que c'était impossible, et maintenant, c'est un sujet majeur!" Le sourire change tout.

"On ne va pas être chapitrés par un joueur de rubgy"

A la sortie de l'été, éclipsée dans les sondages par Delanoë, dépassée en vitalité par Martine Aubry, Royal risquait gros. Elle a évité le pire. Elle a renoncé - un instant - à revendiquer la tête du PS pour forger une alliance disparate de rénovateurs, de quadras ambitieux, de barons de province. La cheftaine affiche désormais "une équipe". Jeanne d'Arc aussi avait ses soudards, les La Hire, Dubois, Xaintrailles. Ceux de Ségolène sont des guerriers de l'appareil. François Rebsamen, le maire de Dijon ; Jean-Noël Guérini, le patron des Bouches-du-Rhône ; Vincent Peillon, le philosophe qui abattra le vieux Parti pour reconstruire une vraie gauche, s'il en a l'occasion... Tous ensemble pour ouvrir le Parti aux masses, lancer les adhésions à 10 euros, abattre les murs?

Pour coacher ses tauliers, qu'elle épate parfois mais qu'elle ne domine pas, Ségolène invite, un jour, Serge Simon, vétéran du rugby, son ami depuis la présidentielle. "Il va vous apprendre à jouer collectif", explique-t-elle à ses leaders médusés. Un chevalier renverse la table ronde: "On ne va pas être chapitrés par un joueur de rubgy!" lance Manuel Valls, le maire d'Evry. Le Catalan surjoue l'affrontement pour rappeler qu'il est un allié, pas un féal. Ségolène le provoque. "Mais pourquoi te fâches-tu, Manuel?" L'espace d'un instant, on la retrouve, incorrigible, qui hystérise les rapports humains jusque dans son camp. Chacun sait que l'histoire n'est pas finie. Que Valls songe à Obama et à l'Elysée, pour une percée en rupture, avant 2012 ; que Peillon voudrait le Parti... Pendant la campagne de 2007, entre une équipe d'amateurs et une direction socialiste hostile, Ségolène était seule et mal accompagnée à la fois. Aujourd'hui, elle a trouvé des compagnons, mais elle se languit de redevenir la seule. 


 
Moscovici: "Garder son sang froid"

Vendredi 24 Octobre 2008
Propos recueillis par Vivien VERGNAUD
leJDD.fr
 
Bertrand Delanoë serait-il dans une mauvaise passe? Désigné comme le grand favori pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, la campagne du maire de Paris semble patiner à quelques jours du congrès de Reims (14-16 novembre). Pierre Moscovici, rallié de dernière minute à son camp, défend le candidat Delanoë et demande un peu de "flegme" à ses adversaires.

Comment prenez-vous les rumeurs faisant état dans les médias d'une avance certaine de Ségolène Royal, au détriment du candidat que vous soutenez, Bertrand Delanoë?
Je n'accorde aucune importance à ce genre d'informations. Il y a au parti des camarades qui croient tout savoir et qui en réalité font de l'intox. On est dans un moment de débat tendu avec des motions qui font valoir leurs idées, qui défendent chèrement leur peau. Mais certains arguments ne font pas honneur à ceux qui les portent. Je pense notamment au prétendu libéralisme de Bertrand Delanoë, qui est politique et non économique. J'entends certains dire aussi que notre motion reprend la ligne du Premier secrétaire sortant, François Hollande, alors qu'ils sont au secrétariat national depuis une dizaine d'années. Cela manque d'élégance. Cela n'apporte pas la stabilité dont le parti a besoin. Il faut garder un peu de discipline.

Le "libéralisme" de Bertrand Delanoë ne lui porte-t-il pas préjudice en ces moments de crise financière?
Je crois que l'expression dans sa bouche avait un sens bien précis. C'était plus la défense des libertés politiques et non de l'ultralibéralisme économique. Ces mots ont été détournés contre lui avec une grande mauvaise foi. Au fond, est-ce que nous reprochons à tel ou tel qui la joue 'à gauche toute' d'avoir fait alliance aux municipales avec le Modem? Ce n'est pas le type de débat qui grandit le Parti socialiste. Ce ne sont pas des attaques qui grandissent leurs auteurs. Il faut plutôt débattre sur de vrais clivages. Réformisme ou non? Engagement européen ou non? Quel type de gouvernance pour le parti socialiste? Quel rôle pour les militants? Je constate que l'on fait à la place de ce débat de faux procès avec une évidente mauvaise foi. Je trouve cela déplorable.

"Les attaques assez basses, les rumeurs, les intox"

Ne paye-t-il pas aussi sa position confuse sur le service minimum à Paris, qu'il a d'abord dit vouloir appliquer, puis qu'il a refusé?
Bertrand Delanoë a pris une position sur le service minimum qui est assez claire. C'est-à-dire qu'il refusait d'appliquer cette loi et tous ses adjoints, quelles que soient leurs tendances, l'ont soutenu. Encore une fois, arrêtons d'exploiter toutes les failles contre lui. Si on est à l'UMP on fait ça. Si on est au Parti socialiste, c'est indéfendable.

Il y aurait actuellement 10000 signatures pour la motion de Ségolène Royal et seulement 5000 pour votre motion, la motion A. Ceci donne-t-il une indication sur les forces en présence?
C'est un indicateur qui ne mesure que le type d'organisation de la campagne, de la mobilisation sur Internet. Dans le Doubs, mon département, j'ai 350 camarades qui ont signé la motion A. Si on multiplie 350 par 100 départements, on obtient 35000 signatures en France. Cela veut tout simplement dire que c'est absolument absurde. On est dans une phase du congrès qui est un peu dans l'entre-deux, où se multiplient les attaques assez basses, les rumeurs, les intox. Prenons-ça avec beaucoup de flegme. Moi je fais confiance aux militants pour ne pas se laisser influencer par tout ça. Au contraire, ils vont se rendre compte qui, dans cette situation, garde son sang froid.

Les militants "réfléchissent encore"

La crise économique n'a-t-elle pas mis le congrès socialiste au second plan médiatique?
Cela fait partie des choses que l'on doit accepter. Il est clair qu'il ne fallait pas reporter le congrès. Je n'ai jamais été partisan d'un report. Cela montre, qu'au-delà du congrès, il faut réfléchir en profondeur à la mutation du capitalisme, au monde qui évolue. Il faut un programme de travail solide, méthodique. Pour le Parti socialiste, c'est la difficulté. Quand le monde est ainsi secoué. On n'a pas besoin de protectionnisme, mais de réformes puissantes et cohérentes avec des socialistes et des démocrates en ordre de marche.

Quelle va être désormais la stratégie à venir du camp Delanoë?
D'abord convaincre, convaincre, convaincre. Faire en sorte qu'il y ait une motion, la notre, qui soit largement en tête pour que puisse se former un pôle de rassemblement. Sinon, encore une fois, le parti sera en désordre et incapable de se mettre au travail. Ne pensons pas aux multiples configurations qui pourraient advenir du vote des militants, pensons au vote des militants. Je crois que, contrairement à ce qu'on laisse dire aux adhérents ici ou là, ils réfléchissent encore. S'il y a une majorité au PS, c'est une majorité silencieuse, qui regarde les uns et les autres et qui jugent les comportements. Je crois qu'elle appréciera que dans la motion A, nous avons su garder notre dignité et que nous respectons la liberté des militants.

Que se passera-t-il si aucune majorité ne se dégage?
Franchement je crois que pour le PS ce serait une situation assez préoccupante et que le congrès sera ainsi dérobé aux militants. Pour que le congrès ait un sens, pour qu'il accouche d'une certaine clarté, il est impératif qu'une motion soit nettement en tête. 


 
PS: Faut-il arrêter le congrès?

Dimanche 12 Octobre 2008
Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche
 
Et si le congrès du PS, prévu mi-novembre, était reporté en raison de la crise financière? L'idée est notamment avancée par des proches de Ségolène Royal, Julien Dray et Malek Boutih en tête. Le contexte devrait peser sur le congrès d'un parti qui, après avoir avalisé officiellement le passage à l'économie de marché "régulée", voit son aile gauche reprendre du poil de la bête.

Juste l'inspiration d'un éternel insatisfait, ou l'expression du bon sens?Julien Dray, député de l'Essonne, veut geler le congrès du Parti socialiste, donc renoncer à la date des 14, 15, 16 novembre pour ne pas exposer le PS à un nouveau ridicule: celui d'un parti affichant ses luttes internes au coeur d'une crise planétaire. "On appuie sur le bouton pause, et on se met à réfléchir sur ce qui arrive, et on produit un discours sur la crise", enchaîne Malek Boutih, l'alter ego de Dray.

Dans les grilles de lecture internes au PS, la proposition de Dray est interprétée comme l'expression du désarroi d'un futur perdant... Mais elle renforce le malaise qui s'installe autour du parti: son inadéquation est soulignée par un de ses dirigeants les plus médiatiques, candidat au poste de premier secrétaire! La tentation de la pause rejoint le procès en inutilité fait au PS, alors même que la crise, soulignant l'échec du néolibéralisme, devrait le conforter. Mais, au contraire, la crise renforce ses divisions, utilisée par les courants de gauche dans les débats internes.

Ségolène parle "à gauche".

Lors de la présentation des motions à la Fédération de Paris, le député européen Benoît Hamon a invité ses camarades à choisir "entre Barak Obama et Pascal Lamy". Bertrand Delanoë était furieux: Lamy, patron de l'Organisation mondiale du commerce, tête de turc des antilibéraux, est un socialiste et un ami du maire de Paris, un de ses conseillers économiques! Face à la montée des discours de gauche - "le retour aux fondamentaux" en lingua socialista -, les sociaux-démocrates hésitent.

Ségolène Royal parle "à gauche": après avoir "rêvé" à l'interdiction des licenciements, elle a demandé sur RTL que les pays industrialisés refusent les investissements en provenance des paradis fiscaux. Mais un des cosignataires de sa motion, le député et maire d'Evry Manuel Valls relève le gant des "modernes". "Attention à la régression, dit-il. Il faut réguler, mais ne profitons pas de la crise pour renouer avec nos vieilles lunes: nous ne pouvons pas revenir à la logique du 'tout-Etat', aux nationalisations systématiques!" Valls prépare un texte de fond, pour réfuter la ligne du "tout à gauche". Une manière de prendre le congrès au sérieux.




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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 15:11

(dépêches)



Hollande balise-t-il le chemin pour son ex-compagne?

FRANCE |
Vibrante et insistante plaidoirie pour l’unité du PS par son futur ex-premier secrétaire.

AP |  Jean-Nöel Cuenod | 15.11.2008 | 00:00

On l’avait oublié, à force de ne parler que de Ségolène, Martine et des autres. Or, François Hollande s’est rappelé au bon souvenir des «éléphants», hier soir, au Congrès du Parti socialiste français, qui s’est ouvert à Reims.

Il a même eu droit à une ovation debout à l’issue d’un discours brillant et musclé qui ferait presque oublier son surnom flageolant: «Flamby».

Un discours qui ne sera pas sans conséquence sur le choix de son successeur – homme ou femme – à la tête du PS.

En effet, en décryptant ses propos, on en déduit qu’il est sans doute en train de baliser la route vers le premier secrétariat du parti pour son ex-compagne, Ségolène Royal.

En évoquant les six motions – c’est-à-dire les professions de foi de celles et ceux qui revendiquent la direction du PS – il souligne bien que celle qui est arrivée en tête détient toute la légitimité pour proposer une synthèse aux autres.

Or, c’est bien entendu de la motion de Ségolène Royal dont il est question. Et Hollande de marteler sous le regard intense de Ségolène Royal: «Il appartient aux signataires des autres motions de répondre loyalement sur toutes – je dis bien toutes – les propositions de la motion parvenue en tête. Il faut en finir avec les fragmentations!» s’exclame-t-il sous un tonnerre d’applaudissements.

Pour que les choses soient bien claires, François Hollande a peint le diable Sarkozy sur la muraille France: «Seul le Parti socialiste peut l’emporter sur la droite. Et seul un Parti socialiste uni peut gagner la présidentielle de 2012!»

Sondages éloquents

Certes, tous les responsables du PS en appellent à cette unité pour l’instant introuvable. Mais l’insistance oratoire de Hollande a valeur de signe.

Car tout le monde en convient, parfois à contrecœur: Ségolène Royal est la seule figure présidentiable du PS dans le contexte actuel.

C’est pourquoi elle a officiellement annoncé hier soir sa candidature à la succession de son «ex».

Deux sondages d’ailleurs viennent la conforter. Celui du Journal du Dimanche – IFOP estime qu’elle battrait Nicolas Sarkozy si l’élection devait se dérouler maintenant.

Celui du Figaro la désigne comme l’unique socialiste à pouvoir être présente au second tour de la présidentielle et à reléguer Bayrou à la troisième place.

Cela dit, le chemin du sacre de Reims se révèle encore long pour Mme Royal. Martine Aubry ne s’est pas (encore?) portée candidate. Mais elle s’active pour barrer le chemin à sa concurrente. Toutefois, le discours de François Hollande risque de lui couper l’herbe sous les pieds.

Le PS devra attendre la fin de son congrès, dimanche, pour sortir du brouillard.




Le dernier coup bas de Benoît Hamon à Ségolène Royal.

Samedi, 15. Nov, 2008 - 07:21:06

Tous les coups sont désormais permis au PS. Belle illustration ce vendredi matin sur BFM TV avec Benoît Hamon.

Le candidat au poste de premier secrétaire du PS, représentant de l'aile gauche du parti et opposant résolu à Ségolène Royal, glisse au détour de son interview par Jean Jacques Bourdin que la motion E (celle de Royal, donc) porte un projet de retraite par capitalisation. Hamon suggère perfidement que ce point du programme de Royal est désormais opportunément oublié, la crise ayant mis en faillite les systèmes dont il s'inspire, comme le "modèle Suédois".

Or, c'est faux, comme chacun peut s'en assurer en lisant le paragraphe 2.7 de la motion "incriminée".

http://www.fiersdetresocialistes.org/files/MotionFiersdetresocialistes.pdf

Sur le sujet des retraites, le texte propose la mise en place d'un système de retraite par compte individuels de cotisation qui reprend les travaux menés par les économistes Antoine Bozio et Thomas Piketty.

Le passage consacré aux retraites apparaît d'ailleurs comme une synthèse d'un article de Bozio et Piketty paru en avril dernier (Retraites : pour un système de comptes individuels de cotisations).

Ces derniers s'inspirent effectivement du modèle suédois. Lequel, n'en déplaise à Benoît Hamon, "n'est pas un modèle par capitalisation, et n'a pas du tout été mis à mal par la crise financière", assure Antoine Bozio, économiste à l'Institute for fiscal studies, qui tente de comprendre la confusion du député européen : "peut-être qu'Hamon a été trompé par le fait que dans la réforme suédoise, qui avait été décidée par un large consensus politique, la droite a obtenu une petite concession avec la mise en place d'une petite part de retraite individuelle par capitalisation (2% des revenus). Ce point est tout à fait marginal par rapport à l'objet de la réforme. Il n'a d'ailleurs pas été repris dans nos travaux". Ni dans la motion E...

Le projet Piketty/Bozio, repris par la motion Royal propose, en restant dans le cadre d'une retraite par répartition, une ambitieuse refonte des systèmes de retraite prévalant aujourd'hui en France (privé/public confondus) en un système unifié et universel.

La réforme prévoit que les travailleurs accumulent tout au long de leur carrière professionnelle leurs cotisations retraites sur un compte individuel géré par l’assurance vieillesse qui leur offre une visibilité sur le montant de leurs droits, actualisés chaque année. L'objectif est qu'un lien plus direct soit établi entre les contributions des travailleurs et droits à pension. Le système permettrait au salarié de conserver exactement le même capital de cotisations et les mêmes droits à la retraite, quels que soient les aléas de sa carrière professionnelle ou ses changements de statut : public/privé, salarié/non-salarié, cadre/non-cadre, France/étranger.

C'est une simplification du modèle de retraite par répartition, mais à aucun moment sa remise en cause : il est prévu que les cotisations versées par les actifs soient utilisées pour financer les pensions, sans passer par la "case" des marchés financiers (ce qui est la définition de la retraite par capitalisation).

Source : Libération.fr



Face à Sarkozy en 2012, Royal reste la meilleure

Jean-Baptiste Garat
13/11/2008 | Mise à jour : 21:14 | Commentaires  139 .

En cas de «premier tour de l'élection présidentielle dimanche», Ségolène Royal ferait nettement mieux que Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

Le chef de l'État arriverait largement en tête au premier tour. Si elle se présentait, Martine Aubry serait devancée par François Bayrou.
 
Au congrès de Reims, ce week-end, les socialistes vont se chercher un leader. Mais ils pourraient déjà s'être trouvé un candidat pour la présidentielle de 2012. C'est en tout cas l'un des principaux enseignements du baromètre Politoscope Le Figaro-LCI réalisé par l'Institut OpinionWay. En cas de «premier tour de l'élection présidentielle dimanche», Ségolène Royal ferait nettement mieux que Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

L'ancienne candidate à l'Élysée réunirait en effet 24 % des suffrages, un score légèrement en retrait par rapport au 25,9 % qu'elle avait obtenu le 22 avril 2007. Si Bertrand Delanoë représentait le Parti socialiste, il n'obtiendrait que 18 % des voix selon OpinionWay. Quant à Martine Aubry, elle ne recueillerait que 16 % des intentions sur son nom.


Le spectre du premier tour

Quelle que soit l'hypothèse, le candidat PS serait nettement distancé par Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote : 33 % des personnes interrogées estiment qu'elles auraient le plus de chance de voter pour le président de la République si Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë se présentent ; 34 % s'il affronte Martine Aubry. Dans tous les cas, il progresse par rapport au premier tour de 2007 (il avait obtenu 31,2 % des suffrages) et conserve face à Ségolène Royal un niveau équivalent à celui de la précédente étude OpinionWay de mai.

À trois ans et demi de la présidentielle, un spectre ressurgit cependant dans le plan de bataille des socialistes, celui de l'élimination au premier tour, comme l'a connu Lionel Jospin en 2002 face à Jean-Marie Le Pen. Si le leader du Front national semble incapable de troubler à nouveau le jeu électoral (il recueille 7 % des intentions de vote selon OpinionWay), François Bayrou menace lui directement la qualification des potentiels candidats socialistes.

En recueillant 18 % des suffrages, le président du MoDem fait jeu égal avec Bertrand Delanoë et devance Martine Aubry de deux points. Seule Ségolène Royal semble aujourd'hui en mesure d'ouvrir les portes du second tour à la gauche, reléguant le centriste à la troisième place avec 16 %.

Plus surprenant encore, la présidente de Poitou-Charentes est la candidate socialiste la mieux à même de contenir l'extrême gauche. Face à elle, Olivier Besancenot recueille 10 %, alors qu'avec Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, le patron de la LCR atteint 12 %. En toute hypothèse, il domine largement les candidatures du PC, de Lutte ouvrière, du Parti des travailleurs ou de José Bové.

Ségolène la mieux placée

Ségolène Royal serait donc la mieux placée pour réunir l'ensemble de la gauche, obérant la stratégie interne au PS d'un positionnement plus à gauche, prônée par Martine Aubry et ses alliés, et celle d'un «réformisme assumé» défendue par Bertrand Delanoë. Signe que sa main tendue au MoDem ne lui aliène pas la sympathie de la gauche de la gauche. Ni que ses déclarations sur l'interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficières ne rebutent les électeurs du centre. Dernier indice, enfin, de l'audience que Ségolène Royal obtient au-delà des appareils politiques : un électeur sur cinq ayant voté pour elle au premier tour en 2007 se tournerait vers l'abstention, le vote blanc ou nul si le PS était représenté par Martine Aubry ou Bertrand Delanoë.




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Résultats officiels
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