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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 22:22

Voici quelques infos pratiques pour mieux comprendre le soixante-quinzième congrès du Parti socialiste à Reims du 14 au 16 novembre 2008.


CALENDRIER

L'agenda ici.


LES MOTIONS

Motion E de Ségolène Royal.

Motion A de Bertrand Delanoë.

Motion D de Martine Aubry.

Motion C de Benoît Hamon.

Motion B du Pôle écologiste.

Motion F d’Utopia.

Motion finale du congrès du Mans (20 novembre 2005).


LES CONTRIBUTIONS

Toutes les contributions ici.


HISTOIRE

Histoire succinte du PS (1/2).

Histoire succinte du PS (2/2).

Le congrès de Rennes (1990).








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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 14:01

(dépêche-blog)



(suite)


1993-1998 : de la défaite au rebond

Après dix ans d'exercice du pouvoir le Parti socialiste traverse une crise dont il ressort après un cycle de réflexion et de changements. Etats généraux ou Assises de la transformation remettent le PS en phase avec le reste de la gauche. Les succès électoraux de 1995 et la dissolution manquée confirment le rebond des socialistes.
 
Le parti socialiste, bien que restant le premier parti à gauche, prend conscience de la nécessité de sa remise en cause et de sa reconstruction pour redresser son influence dans son électorat et notamment dans les milieux populaires. Lors du comité directeur du 3 avril 1993 qui suit la défaite aux élections législatives, une majorité des membres du comité directeur décide la démission collective de la direction et élit Michel Rocard Président du parti. Une direction provisoire se met en place et décide la réunion d'états généraux du parti. Quelques jours plus tard, le parti socialiste subit un deuil cruel lorsque le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy choisit de se donner la mort.
Aux états généraux de Lyon, en juillet 1993, la parole est donnée aux militants et sympathisants sur le bilan, le projet, la stratégie et le militantisme aujourd'hui. Les fédérations envoient 2358 délégués (militants et sympathisants) à Lyon. La procédure, inédite, est une réussite, et le rapport final est approuvé à la quasi-unanimité. Les états généraux confirment l'unité du parti remobilisé, sa stratégie de rassemblement à gauche et un redéploiement dans les réseaux associatifs et professionnels.

Au congrès du Bourget, en octobre 1993, trois textes sont soumis aux militants. La motion "Refonder" présentée par Michel Rocard, propose des options différentes sur cinq questions (réduction du temps de travail, commerce international, institutions européennes, institutions, mode de scrutin) sur lesquelles seuls les militants votant pour ce texte se prononcent. Elle obtient 83% des voix. Les deux autres motions défendues respectivement par Jean Poperen et Louis Mermaz obtiennent 11% et 6%. Le parti définit son programme sur trois thèmes principaux "réduction du temps de travail - nouvelle donne européenne - égalité continue des chances " et s'engage dans la préparation des Assises de la transformation sociale. Son Premier secrétaire est élu pour la première fois par les congressistes et non plus par le comité directeur. Michel Rocard, confirmé à la direction du Parti par 80,92 % des votes du congrès, annonce qu'il conduira la liste socialiste aux élections européennes, sur laquelle la parité "un homme - une femme" sera respectée. Le redressement marqué par les élections cantonales de mars 1994 ne se confirme pas aux élections européennes de juin. La liste conduite par Michel Rocard n'obtient que 14,6 % des voix, talonnée par la liste de Bernard Tapie. Au conseil national du 19 juin, Michel Rocard est mis en minorité et un nouveau Premier secrétaire, Henri Emmanuelli, est élu. Il est confirmé par le vote des délégués au congrès de Liévin en novembre 1994. La motion présentée par Henri Emmanuelli recueille 92,15 % des voix contre une motion défendue par de jeunes militants, qui regroupe 7,85 % des voix. Henri Emmanuelli met en avant une volonté d'opposition au libéralisme dominant. Mais ce même congrès de Liévin, marqué à gauche, est également dominé par la perspective d'une candidature de Jacques Delors, encore président de la Commission européenne. En marge du congrès, François Mitterrand fait en quelque sorte ses adieux au parti et l'engage à rester fidèle à la ligne de l'union de la gauche.

En décembre, le retrait de Jacques Delors ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l'histoire, deux candidats à la candidature s'affrontent : Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui sont départagés par un vote direct et secret des militants. Le vote avantage largement Lionel Jospin. Ce dernier se trouve investi lors d'une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Trouvant un ton juste, alliant volonté réformatrice et réalisme, réclamant un "droit d'inventaire" sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix et à regrouper 47,3 % des suffrages au second tour. Ce succès relatif permet de mettre en place les conditions d'un renouvellement pour le Parti socialiste. Quittant la Présidence de la République, François Mitterrand encourage les socialistes à affronter le cycle politique qui s'ouvre. Il meurt quelques mois plus tard, le 8 janvier 1996, salué par une imposante manifestation populaire, Place de la Bastille.

Sa période nouvelle est d'abord marquée par un changement de direction. En juin 1995, Henri Emmanuelli propose de s'effacer et de laisser à Lionel Jospin la responsabilité de conduire les socialistes. Celui-ci accepte à la double condition de réaliser l'unanimité des composantes du parti et pouvoir mener à bien une rénovation approfondie des idées et des structures. Une commission de rénovation se met en place et travaille tout l'été. Elle propose un programme de réformes. Celui-ci, comme l'élection de Lionel Jospin, Premier secrétaire, est soumis au vote direct et secret des militants lors de la Convention nationale du 14 octobre 1995. L'année 1996 voit le Parti socialiste tenir trois importantes conventions pour redéfinir son projet et préciser ses orientations programmatiques. Sa première s'est tenue les 30 et 31 mars sur "la mondialisation, Europe et la France", la seconde, les 29 et 30 juin, sur "les acteurs de la démocratie" et la troisième, les 14 et 15 décembre 1996, a élaboré "nos propositions économiques et sociales".

Le Parti ayant ainsi posé les bases d'un programme d'alternance politique pour les élections législatives de 1998, désigne ses candidats en mars 1997, avec une volonté de renouvellement et d'élargissement comme le montre la place faite aux femmes. Après la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac le 21 avril 199, le Parti socialiste est prêt pour faire face aux échéances. Après un premier tour favorable le 25 mai, la gauche obtient le 1er juin 1997 la majorité à l'Assemblée nationale avec les élus du Parti socialiste, du Parti communiste, des Radicaux de Gauche, des Verts et du Mouvement des Citoyens (la Gauche Plurielle)

Lionel Jospin est appelé par le Président de la République à former le Gouvernement, où toutes les composantes de la Gauche parlementaire sont représentées. Une nouvelle période de "cohabitation" commence. François Hollande succède à Lionel Jospin comme Premier secrétaire délégué du Parti. A la suite du Congrès de Brest en Novembre 1998, il est élu Premier secrétaire par les militants et un programme d'action est adopté pour les trois ans à venir, à la fois pour renouveler la doctrine socialiste et pour rénover ses pratiques et ses structures politiques.


Les congrès des années 70

De 1971 à 1981, le Parti socialiste, reconstruit, se prépare à la conquête du pouvoir. Ses congrès rythment cette marche par l'adoption de propositions qui constitueront le projet socialiste qui convainc une majorité de Français au printemps 1981.
 
Congrès d'Alfortville : 4 mai 1969

Le nouveau Parti socialiste succède à la SFIO lors du congrès constitutif d'Alfortville, le 4 mai 1969. Gaston Defferre est désigné comme candidat à l'élection présidentielle de 1969.

Congrès d'Issy-les-Moulineaux : 11-12 et 13 juillet 1969

Alain Savary devient le premier secrétaire du Nouveau Parti Socialiste. Dans un contexte marqué par la division de la gauche à l'élection présidentielle de 1969, la Convention des institutions républicaines (CIR) ne participe pas à ce congrès. Le nouveau Parti socialiste, tout en étant favorable à l'union de la gauche, n'est toutefois pas prêt à une discussion programmatique avec le PCF. Jean Poperen, qui avait été exclu du PSU, rejoint le nouveau PS.

Congrès d'Épinay : 11-12 et 13 juin 1971

Ce congrès est celui de l'unification des socialistes : NPS, Convention des institutions républicaines et un certain nombre de nouveaux adhérents comme l'ancien MRP Robert Buron. Une nouvelle majorité se dessine, d'abord sur le choix de la représentation proportionnelle quasi-intégrale (seuil à 5%), contre un système plus compliqué, avec prime majoritaire et élimination des petites motions, préconisé par la direction sortante. La coalition Mauroy- Defferre-Mitterrand-CERES (51,26 % des mandats) l'emporte à nouveau lors du vote final sur celle de Savary-Mollet-Poperen (48,73 % des mandats). Concernant l'union de la gauche, la première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l'élaboration d'un programme de gouvernement ; c'était aussi un choix tactique qui devait favoriser une dynamique politique au bénéfice des socialistes. La seconde coalition posait en préalable l'instauration d'un dialogue idéologique avec le PCF. François Mitterrand devient Premier secrétaire grâce au ralliement de la gauche du parti (CERES) et à l'appui de deux puissantes fédérations : les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF. La motion finale se réfère à la stratégie d'union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs. Epinay marque le véritable départ du PS et renoue avec la synthèse traditionnelle du socialisme français : anticapitalisme, confiance dans l'action réformatrice de l'Etat, humanisme…

Convention de Suresnes : 11 mars 1972

Le PS adopte son programme "changer la vie" qui renouvelle le projet socialiste et lui donne une dimension autogestionnaire (construction du socialisme par l'articulation entre le mouvement "d'en haut" et le mouvement "d'en bas"). Les débats sur les institutions, l'Europe, l'autogestion et le contrôle, le retrait de la France de l'OTAN… sont tranchés par le vote. Le Programme commun est signé le 27 juin 1972 entre le PS et le PCF est le premier du genre signé par les deux partis depuis le congrès de Tours. Il sera contresigné par le MRG peu de temps après.

Congrès de Grenoble : 22 au 24 juin 1973

La motion de François Mitterrand obtient à elle seule 65,35 % au vote indicatif (Mitterrand, Mauroy, Savary), le CERES obtenant 21,02 %, la motion Mollet 8 % et la motion Poperen 5 %. Les affrontements sont vifs mais la synthèse est réalisée. Le Premier secrétaire rallie la quasi- unanimité du parti, à l'exception des molletistes, lors du vote final : sa motion "Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable" obtient 92 % des mandats. La ligne d'Epinay est réaffirmée.

Convention extraordinaire de Bagnolet : 15 et 16 décembre 1973

Cette convention débat de la construction européenne. François Mitterrand doit mettre sa démission dans la balance pour obtenir gain de cause : le texte qu'il propose, favorable à la construction européenne, est adopté à l'unanimité.

Convention de Suresnes : 23 et 24 mars 1974

Cette convention est consacrée à la réforme des statuts : création des sections d'entreprises, mode d'élection des dirigeants à la proportionnelle, institution d'un quota féminin (10 %)...

Les assises du socialisme : 12 et 13 octobre 1974

Ces assises ont lieu dans la dynamique de l'élection présidentielle de mai 1974, où François Mitterrand a frôlé la victoire. Elles marquent l'ouverture du Parti socialiste à la majorité de la direction du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) et à des personnalités de la CFDT (Jacques Cherèque, Pierre Héritier) ainsi qu'à la "troisième composante" (vie nouvelle, GAM, Objectif socialiste...). Après le congrès d'Epinay, ces assises achèvent, pour l'essentiel, l'unification de la famille socialiste.

Le congrès de Pau : 31 janvier - 12 février 1975

Le PS se dit prêt à appliquer seul le programme commun, dans le cas d'une rupture de l'union de la gauche à l'initiative du PCF. Le CERES (25 % des mandats) entre dans la minorité. La majorité se regroupe ainsi : François Mitterrand, Gaston Defferre, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean Poperen, Alain Savary. La minorité est dirigée par Jean-Pierre Chevènement et les animateurs du CERES. Il y a donc rupture de la coalition d'Epinay. Le "courant des assises" (rocardiens) se compte à l'aide de "l'amendement Martinet" mais il fait le choix de l'intégration dans la majorité. Le comité directeur (CD) compte désormais 130 membres. Sont également créés des postes de délégués nationaux pour seconder les secrétaires nationaux.

Convention nationale sur l'autogestion : 3 et 4 mai 1975

Les Quinze thèses pour l'autogestion, élaborées au sein d'une commission de travail, sont adoptées à l'unanimité par la convention. La convention ne reprend pas l'amendement additionnel (Seizième thèse) présenté par le CERES sur "l'initiative autonome des masses". Ces Quinze thèses tournent autour de l'articulation du "mouvement d'en haut" et du "mouvement d'en bas".

Congrès extraordinaire de Dijon : 14 et 15 mai 1976

Ce congrès extraordinaire a pour objet les relations PS/PCF dans la perspective des élections municipales de mars 1977. Il prévoit le principe de l'union de la gauche, sauf dans quelques situations particulières et en cas d'exigences excessives du PCF. Il y a donc un rejet des alliances de "troisième force", encore en vigueur dans un bon tiers des villes lors des élections municipales de 1971.

Congrès de Nantes : 17 et 18 juin 1977

Le congrès a lieu au lendemain des élection municipales marquées par un vrai raz de marée en faveur des listes de gauche. L'alternance paraît proche et inévitable. Michel Rocard lance un débat sur les "deux cultures" qui traversent la gauche française. La majorité sort renforcée sur la ligne de la réaffirmation de l'union de la gauche. La motion Mitterrand obtient plus de 75 % des voix. Le CERES reste dans la minorité sur la base d'orientations radicales : rupture avec le capitalisme "en 100 jours", nationalisations étendues, hausse importante du SMIC... Les congressistes découvrent le premier hymne du parti, paromes d'Herbert Pagani et musique de Mikis Théodorakis, "Changer la vie".

Congrès de Metz : 6-8 avril 1979

L'enjeu de ce congrès est double : au delà du choix de la ligne politique se profile le choix à venir du candidat à la prochaine élection présidentielle. Parmi les points de débats : la conception de l'alliance avec les communistes après la rupture de 1977 : Pierre Mauroy et Michel Rocard souhaitent une démarche plus autonome pour le Parti socialiste, François Mitterrand estime que l'autonomie du PS, c'est de "tenir bon" et d'être "unitaire pour deux" même le le PC semble refuser l'union. Autres points de débat, l'évaluation du rôle du marché et des mécanismes de régulation économique, le degré de rupture avec l'ordre économique. Lors du vote final au congrès, la motion Mitterrand obtient 46,99 %, la motion Rocard 21,26 %, la motion Mauroy, 16,01 %, le CERES 14,4 %. Une première synthèse est réalisée au congrès entre les motions Mitterrand et Defferre qui atteignent presque la majorité absolue ; le CERES rejoint la synthèse après le congrès pour former avec Mitterrand la majorité du parti. Les courants Rocard et Mauroy constituent désormais les minorités du parti.

Convention nationale d'Alfortville : 12-13 janvier 1980

Elle procède à l'adoption du projet socialiste pour les années 80. Divisé en trois parties - comprendre, vouloir, agir - le projet socialiste doit orienter l'action des socialistes pour les années 80. Rupture avec le capitalisme et stratégie d'union de la gauche, volonté de s'affranchir de la logique du marché et des contraintes extérieures, affirmation de la souveraineté nationale face au processus d'intégration européenne et à la puissance américaine, le texte soumis aux militants est marqué par le volontarisme politique et économique ; il réunit 96 % des suffrages.


Les congrès des années 80

Dans les années 80, la question pour le Parti socialiste est son rapport au pouvoir. Un grand nombre des 110 propositions sont réalisées, élu en 1981, François Mitterrand est réélu et le Parti socialiste reste le premier parti de France.

Congrès extraordinaire de Créteil : 24 janvier 1981

François Mitterrand est désigné à l'unanimité comme candidat à l'élection présidentielle. Lionel Jospin devient Premier secrétaire du Parti socialiste. Ratification des 110 propositions du candidat, inspirées du projet socialiste.

Congrès de Valence : 23 au 25 octobre 1981

Motion unanime présentée par le nouveau Premier secrétaire. Débat autour du rôle du parti dans le changement, ainsi que sur la notion de compromis (compromis entre "le pouvoir économique et le pouvoir socialiste", compromis entre les "forces du changement et les forces de conservation"). L'adoption de cette notion marque le choix d'une transformation graduelle du système économique et de la société française.

Congrès de Bourg en Bresse : 28 au 30 octobre 1983

La motion Jospin obtient 77%, le CERES, 18% et la motion Richard- Lienemann, 5%. Les débats portent sur la politique économique suivie par le gouvernement depuis 1982 et surtout depuis mars 1983 : continuité, inflexion ou rupture par rapport à 1981 et au projet socialiste rédigé en 1980 ? Le CERES se bat pour une "autre politique" alors qu'Alain Richard et ses amis tentent de théoriser le virage de la rigueur ("du bon usage de la rigueur"). Le débat se termine par une synthèse générale et le parti apporte son soutien résolu à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy. A la fin du congrès, le Premier ministre annonce les lois sur l'enseignement privé et sur les concentrations dans la presse.

Convention nationale d'Evry : 15 et 16 décembre 1984

Cette convention nationale a pour thème : la "modernisation et le progrès social". Un certain nombre de débats sont ouverts : l'aménagement du temps de travail, le financement de la sécurité sociale… ainsi est avancée l'idée d'asseoir un prélèvement sur tous les revenus pour financer la sécurité sociale.

Congrès de Toulouse : 11 au 13 octobre 1985

La motion Jospin obtient 71,5% des mandats et la motion Rocard 28,5%. Ce congrès débat de la modernisation théorique du parti et de l'évolution de la pratique gouvernementale du PS après 4 ans de gouvernement de la gauche et le départ du parti communiste de ce gouvernement en 1984. La majorité conduite par Lionel Jospin et la minorité conduite par Michel Rocard parviennent à une synthèse. Le parti soutient l'effort mené par la politique de rigueur et de modernisation du gouvernement dirigé par Laurent Fabius. C'est lors de ce congrès qu'est présentée et retenue l'idée d'un revenu minimum garanti.

Congrès de Lille : 3 au 5 avril 1987

Motion unanime rassemblant tous les courants. Le parti rejette toute idée de dérive centriste. Les anciens premiers ministres, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, et les anciens ministres Pierre Bérégovoy, Jack Lang, Edith Cresson, Henri Emmanuelli ainsi que Louis Mermaz reviennent au secrétariat national. L'idée d'un crédit-formation, offrant une deuxième chance aux exclus du système scolaire, figure dans la motion finale.

Convention nationale de Paris : 16 et 17 janvier 1988

Adoption du texte intitulé "Propositions des socialistes" pour l'élection présidentielle qui recueille 90 % des suffrages ; après de longs débats sur l'opportunité de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de victoire du candidat de la gauche à la présidence de la République, il est décidé d'en laisser l'appréciation à celui-ci.


De 1997 à 2002 : Tenir nos engagements

Alors que le gouvernement de la Gauche plurielle met en œuvre avec succès le programme sur lequel il a été élu - emplois-jeunes, 35 heures, CMU, augmentation du pouvoir d’achat... -, le Parti assume résolument son rôle d’anticipation et de propositions..

Trois Conventions Nationales sont organisées. En novembre 1998, la Convention " Quelles entreprises pour quelle société " définit les contours d’un nouveau " pacte social " où la mobilisation de tous pour une croissance forte et durable aurait pour contrepartie le recul sensible du chômage, de la précarité et de l’exclusion. En mars 1999, la Convention " Nation et Europe " précise notre conception de la construction de l’Union Européenne dans la perspective de son élargissement. En juin 2000, la Convention " Territoires et Citoyens " traite de l’aménagement du territoire, de l’acte II de la décentralisation, des nouvelles formes de démocratie locale. Relancée en mars 1999, la " Revue Socialiste " se fait l’écho de ces débats.
Le Parti affronte victorieusement quatre scrutins majeurs : les élections régionales, cantonales, sénatoriales et européennes. Le référendum sur le Quinquennat du 24 septembre 2000 lui permet d’atteindre un de ses objectifs, dans la perspective d’une démocratisation de nos institutions.

Le Parti s’ouvre également à l’action internationale. Le 27 mai 1999, le 1er meeting des socialistes européens se tient à Paris en soutien à la liste conduite par François Hollande " Construisons notre Europe ". En novembre 1999, Paris accueille le Congrès de l’Internationale Socialiste et celui de l’Internationale Socialiste des femmes. Lionel Jospin à la tête d’une importante délégation française défend un " socialisme moderne " au " sommet des modernisateurs ", à Florence, puis à Berlin.

Le Congrès de Grenoble, « S’engager pour une France plus juste », en novembre 2000 permet de mesurer le chemin parcouru et de définir les objectifs de la nouvelle étape. La lutte pour le plein-emploi et contre le travail précaire demeure l’objectif n°1 des socialistes. Mais la croissance retrouvée pose le problème d’une plus juste répartition des richesses. Trois motions sont soumises au vote des militants. La première présentée par François Hollande et la grande majorité du Secrétariat national recueille 72,94 % des voix. La troisième présentée par Henri Emmanuelli et Alain Vidalies (ex-courant Poperen) obtient 13,78 % ; la seconde présentée par la « Gauche Socialiste » obtient 13,28 %.

François Hollande est réélu par tous les militants comme Premier Secrétaire du Parti.

Malgré l’absence de " synthèse ", les motions minoritaires intègrent le nouveau Secrétariat du Parti, tandis que Martine Aubry est chargée de l’élaboration du Projet socialiste pour 2002 et au-delà. Uni et en ordre de bataille, le Parti est prêt à affronter les grandes échéances électorales de 2001 et 2002.

Après le Congrès de Grenoble, le 7ème rassemblement des Secrétaires de section du 28 janvier 2001 porte sur le projet municipal et fixe clairement les enjeux afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des concitoyens.
« S’engager pour nos communes », tel est le slogan des élections municipales et cantonales pour une démocratie au quotidien.

Par le « Manifeste communal et départemental », à l’horizon 2007, le Parti socialiste souhaite une action pour la qualité de la vie de nos concitoyens en défendant nos valeurs : liberté, égalité, solidarité. Neuf engagements sont pris concernant : l’emploi et les nouvelles technologies, le logement, l’environnement et les transports, la culture et le patrimoine, la solidarité et la santé, la sécurité, le sport, l’éducation, la citoyenneté.

Les 11 et 18 Mars 2001, aux élections municipales, 58 villes de plus de 20 000 habitants ont changé de direction, avec un avantage indiscutable à la droite : 39 villes sont passées de gauche à droite et 19 de droite à gauche. Cette situation est compensée par trois succès de taille : les villes de Paris, Lyon et Dijon.
Pour les cantonales, dans le même temps, le Parti a remporté 6 présidences de Conseils généraux. Une progression de 20 % soit 37 départements dirigés par la gauche, 3 passent à droite.

- Le tremblement de terre du 21 avril 2002 -
La tragédie du 11 septembre 2001 qui est venue frapper les Etats-Unis, au cœur de leur territoire (le Pentagone, le World Trade Center), n’épargne pas la France et une vague de peur du terrorisme secoue la planète.
L’Internationale socialiste, réunie le 6 octobre 2001, consacre la majeure partie de son travail à la paix, à la sécurité dans le monde et à la lutte contre le terrorisme international.

Le 26 Janvier 2002, le texte du Projet des Socialistes « La vie en mieux, la vie ensemble » qui fait rimer liberté avec égalité est approuvé à 93,55 % des votants,.

Le 20 février 2002, Lionel Jospin est désigné candidat à l’élection présidentielle. « Présider autrement » sera le slogan de sa campagne. Malgré la fidélité à la parole donnée et un bilan positif, Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Avec 16,18 %, il passe derrière J-M Le Pen qui obtient 16,86 %, tandis que J. Chirac n’obtient que 19,88 %, et que 28,40 % des électeurs s’abstiennent. Cette élimination du candidat socialiste dès le 1er tour est un choc terrible pour les socialistes. Pour la première fois, il nous a fallu choisir de voter pour le candidat de la droite afin de réduire au minimum le score de l’extrême droite.

Aux Législatives sur le thème «  Choisissons le progrès, en avant la gauche » des 9 et 16 juin 2002, les candidats socialistes obtiennent, tout de même 25 % des suffrages exprimés et 149 députés, mais le taux d’abstentions est de 39,71 %. Dès lors, le Parti s’engage dans un travail de réflexion critique sur son action et s’organise pour être l’axe d’une reconstruction de la gauche, capable de reconquérir la confiance d’une majorité de Français, notamment les plus démunis, en redonnant l’espoir.

À la suite de ce séisme du 21 avril 2002, 25 000 nouveaux adhérents, dont 40 % de moins de 40 ans, viennent renforcer les rangs du Parti. Un grand « débat militant » s’engage dans les sections et les fédérations dont les « paroles militantes » sont recueillies, le dimanche 15 Décembre 2002, à Montreuil, en vue de la préparation du « Congrès de Dijon » des 16, 17, et 18 Mai 2003. La nature et l’ambition du Parti sont définies comme : un réformisme de gauche.



2003 - 2005 : Un nouveau départ
Jeudi 17 avril 2008

animé par Henri Weber et Alain Bergounioux, avec Guillaume Duval - Économiste - Rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques et Lionel Zinsou - Associé gérant de la banque Rothschild.

Au Congrès de Dijon cinq motions sont présentés au vote des militants :
La motion A, conduite par François Hollande : « Pour un grand parti socialiste : Clarifier, rénover, rassembler » obtient 61,37 %, la B « Utopia » : 1,05 %, la C « pour un nouveau Parti socialiste » : 16,88 %, la D : « la motion militante… pour que vive la gauche » : 4,38 % et la E : « Pour un nouveau monde, un autre chemin » : 16,33 %.
Il n’y a pas eu de synthèse avec les motions C, D, E, et les motions minoritaires n’intègrerons pas le Secrétariat national.

François Hollande est réélu Premier Secrétaire avec 84,76 % des suffrages exprimés.

Le Parti socialiste est parvenu à tourner la page du 21 avril 2002, en en tirant les leçons, et à se remettre en bon ordre de bataille. Il s’efforce de jouer pleinement son rôle de première force d’opposition à la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et du MEDEF. Il est reparti à la conquête de l’électorat populaire, qui lui a fait défaut, en soutenant la lutte des salariés : enseignants, fonctionnaires, chercheurs, salariés du privé victimes de licenciements collectifs, intermittents du spectacle, étudiants. Par ailleurs, dans une Europe, élargie à 25, le Parti oeuvre pour un espace privilégié de préservation de l’équilibre entre les objectifs économiques et sociaux. Il s’est porté à la tête de la lutte pour la laïcité, en exigeant, notamment, l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école.

Au Parlement et dans la rue, il a opposé ses propres propositions de réformes aux mesures de régression sociale voulue par la droite. Cette opposition frontale porte ses fruits :

- Aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004, le Parti socialiste obtient 36 % des suffrages exprimés au premier tour, 1152 des 1880 sièges de conseillers régionaux et emporte 20 régions sur 22 (taux d’abstentions : 34,32 %).
- Aux élections cantonales de mars 2004, il conquiert, pour la première fois, la majorité des présidences de Conseils généraux (56 contre 49 à la droite) et 839 sièges de Conseillers généraux (taux d’abstentions : 33,51 %).
- Aux élections européennes du 13 juin 2004, conduites dans 8 grandes circonscriptions, sous le mot d’ordre : « Et maintenant, l’Europe sociale ! », les socialistes recueillent 28,89 % des voix et 31 sièges au Parlement européen. Mais le taux d’abstention est de 57, 21 %.
- Les élections sénatoriales du 26 septembre 2004 voient 7 nouveaux sénateurs/trices socialistes de plus dans le groupe socialiste.


Du référendum du 29 mai 2005 au Congrès du Mans

À l’automne 2004 et tout au long de l’année 2005, la question de la ratification du Traité Constitutionnel européen divise profondément les Socialistes entre partisans du oui et partisans du non au Référendum annoncé par Jacques Chirac. Les premiers soulignent les avancées que comporte la Constitution en matière institutionnelle et sociale. Ils affirment que celle-ci n’induit aucun recul par rapport aux Traités antérieurs. Les partisans du non prétendent, au contraire, que le Traité constitutionnel pérennise et favorise la dérive libérale de l’Union européenne et prétendent qu’une réorientation de celui-ci vers une Europe plus sociale , plus démocratique, plus volontaire, passe par la victoire du non.

Le Référendum interne du Parti socialiste, organisé le 1er décembre 2005, voit la victoire des partisans du « oui » (58,62 % contre 41,38 % pour le « non »). Au terme d’une campagne électorale, que les Socialistes ont affronté dans la division, le résultat du Référendum du 29 mai 2005 donne une nette victoire au « non » (54,67 % contre 45,33 % pour le « oui ») avec un taux d’abstention de 30,63 %.
Le Conseil national réuni le 4 juin 2005 pour tirer les leçons du scrutin, remanie la Direction du Parti : Laurent Fabius et ses amis, qui ont défendu le « non », conjointement avec Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, sont écartés du Secrétariat national et un Congrès de clarification est décidé pour novembre 2005.

Ce Congrès se tient les 18, 19 et 20 novembre 2005 au Mans, aux lendemains des émeutes qui ont embrasé de nombreuses cités déshéritées de France. Cinq motions se disputent le vote des militants.

La motion 1, « Socialistes, pour réussir à gauche : Volonté-Vérité-Unité », conduite par François Hollande recueille 53,5 % des voix ; la 2 : « Rassembler à gauche », conduite par Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Alain Vidalies , obtient 21,2 % ; la 3 : « Utopia », conduite par Franck Pupunat, recueille 1,04 % ; la 4 : « Pour un socialisme libéral. Vérité et action », conduite par Jean-Marie Bockel 0,65 % ; la 5 : « Nouveau Pari socialiste, pour une alternative socialiste », conduite par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg rassemble 23,6 % des voix.

Chacun proclame sa volonté de tenir compte du message politique du Référendum du 29 mai 2005 et de rassembler les oui de gauche et les non de gauche.

Après de riches et d’âpres débats, le Congrès du Mans s’achève sur une synthèse générale (que refuse toutefois Arnaud Montebourg). Tous les courants du Parti socialiste se retrouvent à sa Direction pour préparer les batailles décisives de l’année 2007.
François HOLLANDE est réélu Premier Secrétaire avec 77,13 % des suffrages exprimés.

Une Commission du Projet est mise en place pour donner forme et force au programme socialiste. La désignation du candidat ou de la candidate socialiste à l’élection présidentielle est fixée à novembre 2006.

Dans une déclaration émouvante devant l’Université d’été du MJS, Lionel Jospin s’explique longuement sur son retrait de la vie politique le 21 avril 2002 mais renonce finalement à se porter candidat à l’élection présidentielle, fin septembre. Trois candidats se présentent au vote des militants : l’ancien Premier ministre et ministre des Finances, Laurent Fabius, l’ancien ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn et la seule femme présidente d’un Conseil régional, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Pour la première fois en France, un parti politique organise un débat entre ses candidats à la candidature. Le débat entre les présidentiables socialistes intéresse l’opinion, bien au delà du seul PS. Ségolène Royal l’emporte très largement dès le premier tour avec plus de 60% des voix devant Dominique Strauss-Kahn (plus de 20%) et Laurent Fabius (18%).






Histoire succinte du PS (1/2).

Histoire succinte du PS (2/2).

Le congrès de Rennes (1990).





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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 13:48

(dépêches-blogs)



Chronologie : de la SFIO au congrès de Reims

Voici une chronologie de la vie du parti socialiste de 1905 à 2008.

1905 - 1969 : LA SFIO

1905 - Création de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO), dont les figures sont Jean Jaurès, Jules Guesde ou encore Édouard Vaillant.

1922 - Congrès de Tours. Une majorité des membres de la SFIO réclame l'adhésion à la IIIe internationale communiste. Le parti se scinde en deux, donnant naissance au Parti communiste.

1924-1926 - Cartel des gauches. SFIO et radicaux ont la majorité à l'assemblée nationale. Pour la première fois, les socialistes apportent leur soutien sans participation au gouvernement, dirigé par Edouard Herriot.

1936-1937 - Front populaire. Le socialiste Léon Blum devient président du conseil dans un gouvernement composé de socialistes et de radicaux et qui comporte pour la première fois des femmes, alors qu'elles n'ont pas le droit de vote. Les communistes soutiennent le gouvernement sans y participer.

1940 - La seconde guerre mondiale divise la SFIO. Une partie des députés socialistes votent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, d'autres rejoignent la Résistance. La SFIO est représentée au sein du Conseil national de la Résistance et se reconstitue à la Libération.

1945-1947 - La SFIO participe avec le PCF et le MRP au gouvernement d'union nationale, le "tripartisme".

1947 - Le socialiste Vincent Auriol devient le premier président de la IVe République.

1956 - Les socialistes reviennent au pouvoir avec le gouvernement de Guy Mollet, qui poursuit la guerre en Algérie. Nouvelles divisions et scissions.

1958 - Une majorité des socialistes votent la confiance au général de Gaulle.

1960 - Naissance du Parti socialiste unifié (PSU)


1969 - 1981 : LA NAISSANCE DU PARTI SOCIALISTE

1969 - La SFIO s'élargit et devient le Parti Socialiste (PS). Gaston Deferre fait 5% des voix à l'élection présidentielle. La gauche est absente du second tour.

1971 - Congrès d'Epinay, aussi appelé le "Congrès d'unification des socialistes". Elargissement du Parti socialiste à la Convention des Institutions Républicaines (CIR) de François Mitterrand, qui prend la tête du parti à la faveur d'une alliance avec Gaston Deferre, Pierre Mauroy et Jean-Pierre Chevènement (Résultats des motions : Savary-Mollet: 34%, Mauroy-Deferre: 30%, Mitterrand: 15%, Poperen: 12%, Chevènement: 8,5%).

1972 - Signature du programme commun avec le Parti communiste français.

1974 - François Mitterrand fait 43% au premier tour de l'élection présidentielle et et 49,2% au second.

1979 - Congrès de Metz: Mitterrand face à Rocard

1981 - Congrès de Créteil. Lionel Jospin succède à François Mitterrand.


1981 - 2002 : LA PRATIQUE DU POUVOIR

1981 - François Mitterrand est élu président de la République par 51,8% des voix (25,8% au premier tour).

1988 - François Mitterrand est réélu par 54,0% des voix (34,1% au premier tour). Pierre Mauroy devient premier secrétaire.

1990 - Congrès de Rennes : La motion Jospin-Mauroy-Mermaz fait 28,9%, la motion Fabius 26,4%, la motion Rocard 24,2%, la motion Poperen 7,2%, Chevènement 8,7%, Mélenchon 1,3%, Lienemann 1,2%. Aucune majorité ne parvient à se former. Ce congrès ouvre l'ère de l'après-Mitterrand, les leaders se livrant à une guerre de succession qui laissera le parti traumatisé. Aucune majorité ne parvient à se former. Pierre Mauroy, élu en 1988, est reconduit par un comité directeur la semaine suivant le congrès.

1993 - Michel Rocard propose un "big bang" avec la création d'un nouveau mouvement regroupant PS, centristes, écologistes et une partie des communistes.

1993 - Les chevènementistes quittent le PS et fondent le Mouvement des citoyens (MDC)

Octobre 1993 - Congrès du Bourget. Michel Rocard devient premier secrétaire.

1994 - Michel Rocard obtient 14,5% des voix aux élections européennes. Il doit quitter la direction du PS.

Novembre 1994 - Congrès de Liévin. Henri Emmanuelli devient premier secrétaire

Décembre 1994 - Jacques Delors annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle

Février 1995 - Lionel Jospin est désigné candidat à la présidentielle par les militants. Au printemps, il obtient 23,3% au premier tour et 47,4% au second. Lionel Jospin devient ensuite premier secrétaire du PS.

1997-2002 - Lionel Jospin premier ministre de cohabitation. Il dirige un gouvernement de "gauche plurielle" avec le PCF, les Verts, le MDC et le PRG. François Hollande devient premier secrétaire.

Novembre 2000 - Congrès de Grenoble. François Hollande reste premier secrétaire.

21 avril 2002 - Lionel Jospin est battu dès le premier tour de l'élection présidentielle (16,2% des voix) par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.


2002-2008 : L'APRES JOSPIN

Mai 2003 - Congrès de Dijon. Motion Hollande: 61,4%, motion Nouveau parti socialiste (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoît Hamon): 16,9%; motion Nouveau monde (Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon): 16,3%. François Hollande est réélu premier secrétaire.

Décembre 2004 - référendum interne sur le traité constitutionnel européen. Le oui l'emporte par 58,8% des voix.

2005 - Congrès du Mans. La motion Hollande obtient 53,6% des voix, devant le Nouveau parti socialiste et Henri Emmanuelli (23,5%) et la motion Fabius (21,2%). François Hollande reste premier secrétaire.

Avril-mai 2007 - Ségolène Royal obtient 25,9% des voix au premier tour de l'élection présidentielle et 46,9% au second.

Novembre 2008 - Congrès de Reims. Six motions sont en lice.


Le Parti socialiste depuis 1971

François Mitterrand d'Épinay à l'Élysée

En 1971 le congrès d'Epinay a fait, après quelques errements passés, le choix de l'union de la gauche. Premier Secrétaire de 1971 à 1981 François Mitterrand a méticuleusement construit un nouveau parti et l'a préparé à l'exercice des responsabilités gouvernementales. D'un parti largement dominé par le PC il a réussi à faire le le premier parti de la gauche et le premier parti de France.
 
1971 :
11 au 13 juin : congrès de l’unité des socialistes 16 juin : François Mitterrand est élu Premier secrétaire 7 juillet : première rencontre avec le PCF 20 juillet : participation du PS à la journée unitaire contre la guerre du Viet Nam 6 et 7 novembre : conférence nationale « Socialisme et Culture » avec Edmonde Charles-Roux, Paul Guimard, Claude Manceron … 11 et 12 novembre : François Mitterrand rencontre Fidel Castro et Salvador Allende au Chili 18 novembre : premier numéro de « Combat Socialiste » 18 et 19 décembre : le Comité Directeur examine le projet de programme du PS

1972 :
janvier : parution du premier numéro de « L’Unité » (hebdomadaire du parti, dirigé par Claude Estier) 11 et 12 mars : Convention Nationale de Suresnes ; adoption du Programme du PS : « Changer la vie » 16 mars : le PS propose au PCF d’ouvrir des négociations sur le Programme commun 26 mars : Convention Nationale de Suresnes, appel à l’abstention ou au vote nul lors du referendum du 23 avril sur l’Europe 24 juin : le Comité Directeur examine le projet de Programme commun 27 juin : accord au sommet sur le Programme commun 2 juillet : création de la Fédération des élus socialistes 9 juillet : la Convention Nationale approuve le Programme commun de gouvernement de la gauche 12 juillet : signature officielle par le PS, le PCF et la minorité du Parti Radical (futur MRG) octobre : parution du premier numéro du « Poing et la Rose » (bulletin interne adressé à l’ensemble des membres du parti) 14 octobre : création d’un comité permanent de liaison de la gauche 17 octobre : publication de la nouvelle édition de Programme du Parti, augmenté du Programme commun 31 octobre : première réunion du comité de liaison 1er décembre ; meeting unitaire pour le Programme Commun, à Paris, Porte de Versailles

1973 :
février : reparution de « La Revue Socialiste » sous la direction de Pierre Joxe 4 et 11 mars : élections législatives. L’UGSD (Union de la Gauche socialiste et démocrate, PS et MRG) dépasse le PCF 22 au 24 juin : Congrès de Grenoble (première session du Congrès ordinaire). Lionel Jospin entre au Secrétariat National 23 et 30 septembre : élections cantonales, poussée du PS 15 et 16 décembre : congrès national extraordinaire sur l’Europe, à Bagnolet

1974 :
23 et 24 mars : Congrès National sur la réforme des statuts à Suresnes (seconde session du Congrès ordinaire) avril : premier numéro de la Nouvelle Revue Socialiste (Maurice Benassayag, rédacteur en chef) 8 avril : Congrès extraordinaire : François Mitterrand désigné, à l’unanimité, candidat à l’élection présidentielle (suite à la mort du président Georges Pompidou) 5 et 19 mai : élections présidentielles ; élection de Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand obtient 49% des suffrages septembre : lancement de la souscription « pour acheter la maison du Parti » octobre : premier numéro du bulletin « Armée Nouvelle ». Elections législatives partielles favorables au PS. Début de la polémique du PCF contre le PS. 12 et 13 octobre : Assises nationales pour le socialisme » à Paris (adhésion de Michel Rocard et d’un certain nombre de militants PSU, associatifs ou syndicalistes, souvent proches de la CFDT) décembre : inauguration du nouveau siège, 7 bis, Place du Palais Bourbon

1975 :
janvier : premier numéro de « L’Unité Agricole » 31 janvier au 2 février : Congrès de Pau 3 et 4 mai : Convention Nationale sur les relations PS-PCF (rapport Jospin) 15 mai : premier numéro du bulletin de presse « PS info » 22 et 23 mai : rencontre des leaders des PS de l’Europe du sud 5 et 6 juin : entretiens sur l’économie à Suresnes (« Les réponses socialistes à la crise du capitalisme », avec Stephen A. Marglin et John Kenneth Galbraith, professeurs d’économie à Harvard, Oleg Bogomolev, directeur de l’Institut d’économie du système socialiste mondial, URSS, Wassily Léontieff, prix Nobel d’économie, François Perroux, professeur d’économie au Collège de France et Bronislaw Minc, universitaire polonais) 21 et 22 juin : Convention Nationale sur l’autogestion 23 juin : grand meeting socialiste à Paris 12 et 19 octobre : élection législative partielle de Châtellerault (candidature d’Edith cresson soutenue sur le terrain par les dirigeants et de nombreux parlementaires) 6 novembre : premiers « Entretiens du Jeudi » au siège du parti, destinés aux sympathisants et aux nouveaux adhérents 5 décembre : premier numéro du « Poing et la Rose-responsables » (bulletin interne destiné aux cadres du parti)

1976 :
10 janvier : première réunion des premiers secrétaires fédéraux 24 et 25 janvier : conférence des PS d’Europe du Sud , à Paris 14 et 15 février : conférence nationale du PS sur la santé 24 au 28 février : voyage de François Mitterrand en Algérie à l’invitation du FLN 7 et 14 mars : élections cantonales (le PS gagne 194 sièges, le PCF 75) 24 et 25 avril : conférence des sections et groupes d’entreprises à Massy (Essonne) 15 et 16 mai : Congrès national extraordinaire à Dijon (préparation des prochaines élections municipales) 3 juin : première édition du journal téléphoné « Allo PS » 5 au 8 juin : colloque PS-PC d’Union Soviétique, à Moscou, sur la crise économique 12 octobre : Forum de l’expansion sur « les socialistes face aux réalités économiques » 26 au 31 octobre : voyage de François Mitterrand en Israël 17 décembre : colloque sur « les femmes et le socialisme »

1977 :
13 et 21 mars : élections municipales ; l’opposition gagne 55 villes de plus de 30 000 habitants. La gauche dirige désormais 156 des principales villes de France (81 PS, 72 PCF) 21 avril : réunion des maires socialistes de grandes villes de France, à Dreux (dont Françoise Gaspard est devenue maire) 23 et 24 avril : séminaire de l’ISER (Institut de Recherche et d’Education Socialiste) sur « l’expérience suédoise », en présence d’Olof Palme 7 et 8 mai : 2e conférence des PS d’Europe du Sud, à Madrid 12 mai : face à face télévisé entre François Mitterrand et le Premier Ministre Raymond Barre, perturbé par la publication par le PCF de son chiffrage du Programme commun 17 mai : réunion au sommet PS-PCF-MRG et constitution du « groupe des quinze » pour actualiser le Programme commun 17 au 19 juin : Congrès de Nantes ; le PS accueille Felipe Gonzalez, vainqueur des récentes élections espagnoles ; présentation du nouvel hymne du PS « Changer la vie », en présence de son auteur Mikis Théodorakis 14 novembre : rencontre au sommet interrompue par le départ du MRG 21 au 23 novembre : échec et rupture des négociations sur l’actualisation du Programme commun

1978 :
6 janvier : entretien à Paris entre François Mitterrand et Jimmy Carter, président des Etats-Unis d’Amérique 7 et 8 janvier : Convention Nationale sur la défense 15 janvier : Convention Nationale sur les problèmes féminins 12 mars : premier tour des élections législatives ; le PS à lui seul devient le premier parti à gauche pour la première fois lors d’une élection nationale 13 mars : accord PS-PCF-MRG 19 mars : second tour des élections législatives ; échec de la gauche malgré le replâtrage tardif entre les 3 partis 28 mars : François Mitterrand est reçu à l’Elysée 30 mars : séminaire du Secrétariat National à Suresnes 5 juillet : François Mitterrand est reçu à l’Elysée (sur l’Europe) 8 juillet : le Comité Directeur unanime approuve une déclaration du Premier Secrétaire pour l’unité du parti 21 et 22 novembre : journées nationales du PS sur l’éducation et sur l’immigration. Adoption du manifeste européen par le Comité Directeur

1979 :
6 février : Convention Nationale sur le Projet Socialiste 18 et 25 mars : élections cantonales ; l’opposition obtient 54% des suffrages et gagne 189 sièges dont 154 pour le PS 6 au 8 avril : Congrès de Metz 25 mai : rassemblement à Paris des dirigeants socialistes européens, Fête du Printemps de l’Europe socialiste au Trocadéro (organisée par Jack Lang), avec notamment Willy Brandt, Mario Soares, Mélina Mercouri, Anker Jorgensen (premier ministre social-démocrate de Norvège) … 10 juin : premières élections européennes à la représentation proportionnelle nationale (le PS obtient 23, 55% des voix) 28 juin : intervention de la police 12 cité Malesherbes, à la suite de l’émission de la radio libre « Radio Riposte ». La police expulse les élus et les militants présents. François Mitterrand et d’autres parlementaires seront inculpés le 24 août 20 août : discours de François Mitterrand à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), appel au développement d’actions unitaires à la base

1980 :
12 et 13 janvier : Convention Nationale sur le Projet Socialiste, « Pour la France des années 80 » 26 et 27 avril : Convention Nationale sur la situation internationale 28 avril : rassemblement national pour les libertés organisé par lez PS contre le projet d’Alain Peyrefitte « Sécurité et liberté » 31 mai et 1er juin : Convention Nationale sur la jeunesse 8 novembre : Comité Directeur, annonce de la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles 23 et 30 novembre : 7 élections législatives partielles ; le PS conserve ses 2 sièges et en gagne 2 autres 8 au 12 décembre : voyage de François Mitterrand aux Etats-Unis

1981 :
24 janvier : Congrès extraordinaire de Créteil. François Mitterrand candidat du parti à l’élection présidentielle. Lionel Jospin devient le Premier secrétaire. Premier grand meeting du candidat, Porte de Versailles, à Paris, le soir même 8 au 17 février : Voyage en Chine de François Mitterrand avec Lionel Jospin et Gaston Defferre 7 mars : François Mitterrand commence sa campagne à Beauvais 24 avril : dernier meeting de François Mitterrand à Toulouse 26 avril : premier des élections présidentielles 5 mai : débat télévisé entre François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing 10 mai : second tour de l’élection présidentielle, François Mitterrand est élu Président de la République. Fêtes de rues et manifestations spontanées dans la plupart des villes de France, en particulier Place de la Bastille, à Paris, où se rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes.


La gauche au pouvoir - 1981-1986

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Le 16 mars 1986, la gauche perd les élections législatives. Pendant ces cinq années, les socialistes gouvernent la France.

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Le 16 mars 1986, la gauche perd les élections législatives. Pendant ces cinq années, les socialistes gouvernent la France.Le 10 mai 1981, l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l’histoire du socialisme français. C’est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour le PS : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.
Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, des mesures importantes conformes aux 110 propositions du candidat Mitterrand sont adoptées (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, etc.). Mais rapidement, la crise économique internationale et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de “rigueur économique”. Ces décisions découlent du choix fondamental de l’économie ouverte et de la construction européenne.

Les effets positifs de cette politique qui privilégie le renforcement de notre économie se font peu à peu sentir, sauf sur le front du chômage (ce qui entraine une baisse de la popularité des socialistes). Ceux-ci enregistrent de sévères reculs lors des élections municipales de 1983 et européennes de 1984. Cette même année, les manifestations en faveur de l’école privée contribuent à affaiblir le gouvernement et le PS. Le PCF critique de plus en plus nettement la politique du gouvernement auquel il participe. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer. Il définit une politique qui allie la modernisation et la solidarité.

Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l’évolution idéologique et politique du parti. Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais réalisent un bon score (32 % des voix). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c’est la “cohabitation”. Le Parti socialiste est dans l’opposition … mais avec un président de la République qui reste à son poste et n’entend pas demeurer “inerte”.


La gauche au pouvoir après 1988

La cohabitation a tourné court. Le tournant libéral voulu par Chirac jette des millions de personnes dans la rue. Un printemps étudiant fleurit même en hiver avec le mouvement contre la loi Devaquet. A la première occasion, les Français sanctionnent le gouvernement Chirac.

La cohabitation a tourné court. Le tournant libéral voulu par Chirac jette des millions de personnes dans la rue. Un printemps étudiant fleurit même en hiver avec le mouvement contre la loi Devaquet. A la première occasion, les Français sanctionnent le gouvernement Chirac.En 1988, François Mitterrand, à l’issue d’une campagne offensive, est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la “France unie”, se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d’ouverture, issues de la ” société civile” et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu Premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s’opposer durement les partisans de la motion I (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l’unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l’ensemble des courants qui s’étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.

Pierre Mauroy mène à bien une double modernisation :

- Une modernisation statutaire et une réactualisation de la déclaration de principes au congrès de Rennes.
- Une modernisation idéologique avec le congrès de l’Arche consacré au projet socialiste.

Par ailleurs, le PS se dote de nouveaux outils : création de la Fondation Jean Jaurès, du Centre Condorcet et de l’hebdomadaire “Vendredi”.

Entre 1988 et 1992, le président de la République et les gouvernements de Michel Rocard (mai 1988 - juin 1991) puis d’Edith Cresson (juin 1991 - mars 1992) ont donné, à l’extérieur, la priorité à la construction européenne et à la définition d’un nouvel ordre international, après la fin de la guerre froide, l’effondrement du communisme en Europe et l’épreuve de la guerre du Golfe. A l’intérieur, les gouvernements se sont attachés à remplir les engagements pris par François Mitterrand en 1988 dans la “Lettre à tous les Français”.(cf chapitre consacré au Bilan).



Histoire succinte du PS (1/2).

Histoire succinte du PS (2/2).

Le congrès de Rennes (1990).







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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 11:55

(dépêche-blog)


Congrès de Rennes du PS en 1990


Article paru dans C.P.S. N° 31 du 27 janvier 1990

 PREPARATION DU CONGRES DU PARTI SOCIALISTE : UN PARTI EN CRISE

A l'issue du Comité Directeur du Parti Socialiste des 13 et 14 janvier 1990, sept motions sont soumises au vote des mili­tants dans la dernière phase de la préparation du Congrès de Rennes qui se tiendra du 15 au 18 mars prochain.

Il faut remonter au congrès de Metz, en 1979, pour retrouver un tel nombre de motions. Mais le congrès de Metz avait scellé l'unité du courant mitterrandiste, allié au CERES, sur la ligne politique de "l'Union de la gauche" comme seule voie possible pour conquérir le pouvoir lors de l'élection présidentielle de 1981. Pierre Mauroy, qui mettait comme préalable à un accord électoral avec le PCF la nécessité d'un accord sur un pro­gramme de gouvernement, et Michel Rocard, qui prônait le refus de toute alliance avec le PCF et la recherche d'un com­promis avec des forces issues des partis bourgeois au-delà des seuls Radicaux de Gauche (Michel Rocard s'opposait à la disso­lution de l'Assemblée Nationale en cas d'élection de François Mitterrand en 1981) étaient largement battus. Après l'éjection de François Mitterrand, le la mai 1981, Pierre Mauroy rejoignait dans les faits le courant mitterrandiste au congrès de Valence. Ce courant a dirigé sans crise décisive le Parti Socia­liste jusqu'en mai 1988.

Sa cohésion a permis à François Mitterrand d'obtenir un sou­tien sans faille du PS aux gouvernements Mitterrand-Mauroy­-Fiterman-Crépeau et Mitterrand-Fabius-Crépeau de 1981 à 1986 puis à sa candidature à l'élection présidentielle en 1988. Les congrès de Valence (1981), de Bourg-en-Bresse (1983), de Toulouse (1985) et de Lille (1987) se sont tous achevés sur une motion finale unique de "synthèse". L'unité du courant majoritaire autour de la personnalité de François Mitterrand était une condition nécessaire à cette unanimité et à la stabilité du PS dans son ensemble. Le dernier Comité Directeur a vu se concrétiser l'éclatement du courant mitterrandiste secoué par une profonde crise depuis la constitution du gouvernement Mitterrand-Rocard-Durafour-Soisson en mai 1988. Cette dislo­cation se matérialise par la présentation de quatre motions par des composantes issues de ce courant: les motions Jospin­-Mauroy-Mermaz, Fabius, Poperen et Dray-Mélanchon, cette dernière étant marginale. Cette situation permet d'envisager le développement à court terme d'une crise sans précédent au sein du PS.

DE LA "MAJORITÉ DE PROGRES" À L'"'OUVERTURE"

Au congrès de Lille, en avril 1987, Lionel Jospin a été l'artisan, au compte de François Mitterrand, de l'acceptation par J'ensemble du PS de la ligne de la "majorité présidentielle" consacrant l'abandon définitif de celle de l"'Union de la gauche". Il allait jusqu'à imposer, malgré une très timide résistance du courant Socialisme et République de Jean-Pierre Chevènement et de Jean Poperen, que le principe d'une disso­lution automatique de l'Assemblée Nationale, composée d'une majorité UDF-RPR élue en mars 1986, ne soit pas inscrit dans la motion finale adoptée par le congrès. Les formulations employées pour définir ce que serait le gouvernement en cas de victoire à l'élection présidentieIle étaient suffisamment floues pour être admises tant par les partisans d'une alliance ouverte avec des partis bourgeois, tel Rocard, que par ceux d'un gou­vernement constitué essentiellement autour du PS. En définiti­ve, tous les courants se sont rangés derrière François Mitterrand, seul capable de leur ouvrir la perspective d'un retour au pouvoir.

Au cours de la campagne électorale, François Mitterrand mul­tipliait les déclarations sur son intention de pratiquer, s'il était élu, une politique "d'ouverture" et refusait de se prononcer sur une dissolution éventuelle de l'Assemblée Nationale. Au sein du PS, il était abondamment relayé par Michel Rocard sur cette orientation. Mais dès le 8 mai 1988 au soir, devant l'ampleur dc la victoire électorale de leur candidat, de nombreux dirigeants du PS prenaient position pour une dissolution immédiate de l'Assemblée Nationale, subissant ainsi directement la volonté des masses d'en finir avec la majorité UDF-RPR après la défaite infligée à Raymond Barre et à Jacques Chirac. Sous la pression du PS, François Mitterrand ne pouvait plus s'opposer

à la dissolution. Il appelait Michel Rocard à constituer un gouvernement en mettant en pratique l'ouverture. La constitu­tion du gouvernement Mitterrand-Rocard-Durafour comprenant plusieurs ministres transfuges de l'UDF, mettait le PS en état de choc. Cela d'autant plus, qu'au cours de la campagne des élections législatives, François Mitterrand et Michel Rocard faisaient tout leur possible pour empêcher qu'une nouvelle fois une majorité PS-PCF soit élue à l'Assemblée Nationale. Ainsi, François Mitterrand déclarait le 21 mai 1988 :

"Il n'est pas sain qu'une seul parti gouverne. Cela ne correspond pas à la réalité française. Une majorité absolue de députés, ça ne veut pas dire une majorité absolue des suffrages».

Dans le même temps, il faisait pression pour que le PS in­vestisse un nombre significatif de candidats Radicaux de Gauche mais aussi "centristes", tel Lionel Stoléru, ou encore sensés représenter la "société civile", tels Bernard Kouchner ou Bernard Tapie. Dès le premier tour des élections législatives, les masses exprimaient leur rejet du gouvernement Mitterrand-­Rocard-Durafour en s'abstenant massivement. A l'issue du second tour, une majorité de députés du PS et du PCF était élue à l'Assemblée Nationale mais le PS n'obtenait pas, comme en 1981, la majorité absolue ; la plupart des candidats représentants de l'ouverture n'étaient pas élus, certains ayant même été balayés dès le premier tour. Après les élections, Michel Rocard remaniait son gouvernement en y intégrant sept ministres venus de l'UDF, dont Soisson

FABIUS BATTU PAR MAUROY

Dès le lendemain de l'élection présidentielle, le rejet par les masses de la tentative de François Mitterrand et de Michel Rocard de constituer un gouvernement de coalition avec la bourgeoisie s'est exprimée au sein de l'appareil du PS en provoquant l'ouverture d'une crise du courant mitterrandiste. Lionel Jospin ayant démissionné du poste de premier secré­taire, il revenait à ce courant d'élire son remplaçant. François Mitterrand propulsait ouvertement Laurent Fabius. En effet, ce dernier avait déjà fait ses preuves de soutien inconditionnel au Président de la République. Son ambition était certainement de devenir un jour son seul digne successeur déclaré. En 1984, il prenait la responsabilité de premier ministre alors que les ministres PCF quittaient le gouvernement.
 
La constitution du gouvernement Mitterrand- Fabius-Crépeau, suivie par le vote par la majorité PS, de l'élection des députés à l'Assemblée Nationale à la proportionnelle départementale, correspondait à la tentative de François Mitterrand d'aider à la constitution d'une "troisième force" permettant la mise en place d'un gouvernement de coalition avec la bourgeoisie. Cette tentative a échoué du fait de l'élection d'une majorité de députés UDF-RPR le 16 mars 1986. Mais il s'agissait déjà de la mise en œuvre de ce qui allait devenir l'"ouverture" en mai1988.

Par la suite, le bon élève Fabius a persévéré dans cette voie. En particulier, quelques mois avant l'élection présidentielle, il prenait l'initiative, avec Paul Quilès, de contribuer à la consti­tution de "clubs", par exemple Espace 89, qui engageaient, à l'extérieur du PS et indépendamment de lui, une campagne pour la candidature de François Mitterrand sur la ligne du rassemblement des "hommes de progrès". A l'intérieur du PS lui-même, Laurent Fabius développait la nécessité de "moderniser" le parti pour en finir avec l"'archaïsme". Cher­chant à résister à l'orientation Mitterrand-Rocard relayée par Fabius au sein du PS, une partie du courant mitterrandiste a suscité la candidature de Pierre Mauroy au poste de premier secrétaire. Le 13 mai 988, Pierre Mauroy, soutenu par Jospin, Emmanuelli, Mermaz, Estier était élu par 63 voix contre 54 à Laurent Fabius, soutenu par Lang, Béregovoy, Quilès, Joxe, Poperen. Il s'agissait d'un véritable acte de rébel­lion d'une fraction de courant majoritaire contre François Mitterrand. Ainsi s'engageait un processus qui allait conduire à l'éclatement de la composante qui a vertébré le PS en prenant en charge sa reconstruction depuis 1971. Cette crise majeure, sans comparaison avec les soubresauts qu’a connus le PS entre 1981 et 1988, est le produit des contradictions inhérentes au PS, parti ouvrier-bourgeois ; les masses veulent l'utiliser dans leur combat contre la bourgeoisie m,ais il applique une poli­tique prenant en charge la défense du capitalisme. Par ailleurs s’y développe une guerre de succession de Mitterrand.

LE P.S. PRIS DANS UN ÉTAU

La politique du gouvernement Mitterrand-Rocard-Soisson­Durafour, entièrement au compte des intérêts de la bourgeoisie française, est en totale contradiction avec les aspirations et les revendications les plus immédiates des masses. Dès les élec­tions législatives de juin 1988, la classe ouvrière a manifesté le rejet de cette politique par l'abstention. Depuis, cette ten­dance à l'abstention n'a cessé de s'affirmer à chaque élection nationale ou partielle, en particulier dans l'électorat du PS. En même temps, des luttes de grandes envergures susceptibles de déboucher sur une remise en cause directe du gouvernement se sont engagées. Ce fut le cas dès octobre 1988: grève des tra­vailleurs des hôpitaux; au cours de l'automne 1988 revendica­tions salariales de l'ensemble des travailleurs de la fonction publique et grève des travailleurs de la Sécurité Sociale. L'année 1989 a été marquée par l'effervescence dans l'enseignement public contre le projet de loi d'orientation et sur les revendications salariales jusqu'au mois de mai, puis par la grève des impôts et des finances qui a pris une grande ampleur à l'automne. Tous ces mouvements n'ont pas abouti du fait de la politique de dévision des dirigeants de la FEN, de la CGT, de FO et de la CFDT, qui, refusant de rompre avec le gouverne­ment, ont tout fait pour le protéger en refusant, alors que c'était possible à plusieurs occasion, d'appeler les travailleurs à manifester à l'Assemblée Nationale pour exiger de la majorité des députés du PCF et du PS qu'elle donne satisfaction aux revendications.

Quelques semaines après sa constitution, le gouvernement Mitterrand-Rocard-Soisson-Durafour était déjà en équilibre instable, totalement tributaire de la capacité des dirigeants des appareils syndicaux à prendre en charge par la participation sous toutes ses formes l'application de sa politique et à orga­niser le saccage des luttes. Cette situation précaire du gou­vernement est considérablement accentuée par l'agitation qui a secoué le PS dès mai 1988. De juin 1988 à juin, 1989, au fur et à mesure qu'à chaque consultation électorale s'est affirmé le rejet par les masses de la politique du gouvernement, dont le PS faisait les frais, une fraction croissante de l'appareil du PS, issue de tous les courants, à l'exception du courant rocardien, et jusqu'au plus haut sommet de l'appareil, na cessé de livrer une guerre sourde au gouvernement, notamment à l l'occasion des débats parlementaires sur les budgets, A 1 occasion des dif­férents mouvements de la classe ouvrière, les dirigeants et les députés du PS ont été jusqu'à interpeller publiquement le gou­vernement en se faisant l'écho, d'une manière certes très défor­mée mais réelle, des revendications des travailleurs.

De plus en plus, Michel Rocard a dû rappeler les dirigeants du PS à l'ordre. François Mitterrand lui-même, craignant que les limites étroites permises par la fragilité du gouvernement ne soient franchies, a été contraint de s'engager ouvertement à ses côtés d'une manière de plus en plus nette en multipliant les déclarations de confiance envers le premier ministre. Peu à peu, un fait nouveau s'est imposé:  une partie du courant mitterran­diste rassemblée surtout autour de Jospin-Mauroy-Emmanuelli­Mermaz, actuellement à la tête de l'appareil du PS, cherche à résister à l'orientation imprimée par Mitterrand et Rocard que concrétise la politique de "l'ouverture au 'centre", Malgré ses affirmations, renouvelées après chaque sermon de Rocard, de sa solidarité avec le gouvernement, l'actuelle direction du PS est un obstacle à ce que le PS se range inconditionnellement à la politique impulsée par Mitterrand et Rocard. Elle reste attachée au caractère ouvrier du PS el au maintien de son audience dans les masses dont dépend son existence en tant qu'appareil. Mitterrand, constatant que cette direction n'est pas en mesure d'imposer la mise en œuvre de ses projets politiques, en muse­lant le PS, a décidé, allié avec Rocard, et avec d'autres com­posantes du courant mitterrandiste autour de Fabius et de Poperen, de la déstabiliser et de la remplacer par une nouvelle direction. Dans ce but Mitterrand lui-même concentre au­jourd'hui ses coups contre le PS, qui se trouve ainsi pris comme dans un étau entre d'une part Mitterrand et le gou­vernement et de l'autre les masses.

OFFENSIVES CONTRE LE P.S.

Lors de la préparation des élections municipales de mars 1989, Mitterrand a cherché à accomplir un nouveau pas dans la voie de "l'ouverture" en cautionnant la constitution de listes d'alliance entre le PS et des transfuges des partis bourgeois. Ainsi, à Marseille, il apportait presque ouvertement son sou­tien à Robert Vigouroux qui était à la tête d'une liste com­prenant de nombreux notables locaux "centristes" ou issus du RPR, cela contre la liste d'Union de la gauche dirigée par Michel Pezet, candidat investi par la direction du PS, laquelle était conduite à exclure Vigouroux et ses partisans dans la fédération du PS des Bouches-du-Rhône. Alors que Pierre Mauroy cherchait à négocier un accord électoral avec la direc­tion du PCF pour reconduire les listes d'Union de la gauche constituées en 1983, Michel Rocard multipliait les déclarations contre le PCF et ses partisans engagés dans de nombreuses initiatives locales pour constituer des listes "d'ouverture". A Auxerre et à Metz, les sections du PS, forcées d'apporter leur soutien aux listes conduites par Soisson et Rausch. se dislo­quaient. Les résultats des élections municipales ont signifié un nouvel échec électoral pour le PS. Il n'a pas tourné à la catas­trophe du fait de l'incapacité de l'UDF, du RPR et du Front National de conclure des accords au second tour.

A l'intérieur du PS, Fabius relayait l'action entreprise par Mitterrand en critiquant les conditions de négociation de l'accord avec le PCF par Pierre Mauroy. A l'issue des élections municipales, de nombreuses sections étaient réduites à la por­tion congrue, des centaines de militants étaient exclus, au moins momentanément, et certaines fédérations, telles celles des Bouches-du-Rhône ou de l'Yonne, connaissaient des crises destructrices. S'appuyant sur le résultat de J'élection de Marseille, Fabius, Poperen et Joxe prenaient position pour la réintégration de Vigouroux. Fabius reprenait l'offensive. En mettant en avant la défaite de Pezet face à Vigouroux, il affir­mait qu'il était nécessaire de "moderniser" le parti et de trouver des formes d'organisations permettant aux "sympathisants", aux représentants "du monde associatif' et de la "société civile" de participer à la désignation des candidats du PS aux élections.

Dans la foulée des élections municipales, la préparation des élections européennes donnait lieu à l'exacerbation des conflits entre les différentes composantes du courant mitterrandiste. Ces conflits prenaient l'allure d'une véritable guerre de tranchée. Fabius d'un côté, Mauroy et Jospin de l'autre, s'affrontaient une nouvelle fois sur le nombre de candidats "d'ouverture" à placer sur la liste du PS et sur le rang occupé par leurs parti­sans respectifs. A la suite du nouvel échec subi par le PS lors de l'élection du 18 juin 1989, chaque clan s'efforçait d'en faire porter la responsabilité sur l'autre. La déchirure du courant mitterrandiste devenait inéluctable.

"PLUIE DE FER ET DE MITRAILLE"

Le résultat de l'élection européenne du 18 juin 1989 a constitué un nouvel échec cuisant pour le gouvernement. En même temps il n'a pas marqué un ressaisisse ment du côté des partis bourgeois. A l'issue de celte élection, la seule solution pour la bourgeoisie restait le gouvernement Mitterrand-Rocard-­Soisson-Durafour. Les dirigeants du PS, Pierre Mauroy en premier, ont estimé qu'il leur était possible de desserrer l'étau qui écrase le PS. Le vendredi 30 juin, Mauroy déclarait dans une interview à "Libération" :

«L'électorat de gauche qui n'a pas voté pour les socia­listes aux élections européennes, est l'électorat de base du P S, celui qui demeure le plus sensible à une trans­formation de la société... Ce sont là ses unités d'élite qui ne veulent pas d'un socialisme d'accompagnement, mais d'un socialisme de transformation. Si le PS perd cet électorat, il risque de ne plus être un vrai parti socialiste, mais un parti qui accompagne l'évolution de la société libérale et s'en contente... On piétine en ce qui concerne la politique sociale... L'ouverture était nécessaire, nous l'avons acceptée, mais on peut s'interroger».

Sans remettre en cause directement le gouvernement, P. Mauroy prononçait une véritable condamnation de sa politique. Il tirait le signal d'alarme quant à l'avenir du PS en déclarant aussi:

«Le PS doit être un parti de transformation par la réforme. L'autre option est celle d'un parti socialiste d'accompagnement, c'est-à-dire la petite musique qui accompagne le marché... Et celte option conduirait le PS à devenir un parti démocrate».

Il donnait ainsi le ton en incitant les militants à s'exprimer. Lors du Comité Directeur du 1er juillet, Lionel Jospin constatait que "l'ouverture" pratiquée au plan gouvernemental ne s'est pas traduite électoralement pour la "majorité présiden­tielle" et soulignait l'absence de "centre" mis en évidence par l'échec de la liste de Simone Veil. Face à l'état d'esprit d'une large majorité des militants du PS, l'ensemble des leaders des courants, à l'exception des rocardiens, étaient contraints d'emboîter plus ou moins le pas à Pierre Mauroy. A l'issue du Comité Directeur, "Le Monde" du 4 juillet, titrait, poussant ainsi un soupir de soulagement: «les dirigeants du PS laissent la voie libre à Miche! Rocard», Il indiquait justement que lors du Comité Directeur, si les dirigeants du PS n'avait pas jusqu'ici remis en cause l'existence du gouvernement, ce dernier restait tout de.même à leur merci.

Dès l'approche de la rentrée politique, les "universités d'été" du PS et de ses différents courants ont donné lieu à de nouvelles sérieuses escarmouches avec le gouvernement et entre les courants. Lionel Jospin "conseillait" au gouvernement et à son ministre des PTT, Paul Quilès, partisan de Fabius, "la pru­dence" dans la mise en œuvre du rapport Prévost. De nombreux dirigeants du PS exprimaient leur scepticisme devant le "pacte de croissance" annoncé par Michel Rocard. En même temps que Jospin face à Quilès, d'autres ministres socialistes mon­taient au créneau à coup de "petites phrases" contre Michel Rocard: Michel Delebarre dénonçait le "déficit social" de sa politique, JP Chevènement s'inquiétait de la "parenthèse libérale"- Le 6 septembre M. Rocard rappelait à l'ordre les membres de son gouvernement en ayant "recours à une procé­dure rare et solennelle" ("Le Monde" du 8 septembre 1989). Une nouvelle fois, F. Mitterrand devait intervenir publique­ment pour conforter son premier ministre. "Le Monde" com­mentait alors ainsi les rapports entre le PS et Michel Rocard:

«Vu la manière dont il est traité en période relativement calme, vu l'impitoyable résolution qui pousse certains dirigeants du PS à se démarquer de lui en permanence, on n'ose imaginer la pluie de fer et de mitraille qui s'abattra sans doute sur son bastion au cas ou, par exemple, l'explosion sociale, redoutée par certains, attendue par d'autres, viendrait à se produire».

LES PAROLES ET LES ACTES

Lors du Comité directeur des 7 et 8 octobre 1989, neuf contri­butions aux débats étaient déposées. Parmi elles cinq étaient présentées par des composantes issues de l'ancien courant mit­terrandiste: les contributions Jospin, Fabius, Poperen, Mermaz et Dray. Les quatre autres avaient pour initiateurs le courant de JP Chevènement "Socialisme et République", le courant néo-rocardien de M. Lienemann, le courant rocardien et Olivier Stirn.

Aucune des contributions ne propose réellement une alternative à la politique actuelle du gouvernement et ne remet en cause son existence. Toutes se situent dans le cadre du maintien du capitalisme.

La contribution rocardienne est un véritable plaidoyer de "l'action" du gouvernement. La contribution de M. Lienemann aiguillonne le gouvernement pour qu'il aille plus vite dans la mise en œuvre de mesures réactionnaires telle la fiscalisation de la Sécurité Sociale... Celle d'Olivier Stirn, qui ne représente que lui-même, fait l'apologie de l'ouverture. J.P. Chevènement persévère dans l'orientation néo-corporatiste et nationaliste qui caractérise son courant.

Parmi les contributions issues du courant mitterrandiste, si toutes affirment vouloir "rassembler à gauche", Jean Poperen se distingue par le renouvellement de sa proposition d'une "commission générale du partage du revenu national qui réuni­rait les partenaires sociaux et l'Etat, chaque année en deux ren­dez-vous..." qui n'est qu'une autre forme, colorée en rose, de la participation chère à Chaban-Delmas et rejoint l'idée du pacte social proposé par Rocard. De l'aveu même de leurs initiateurs, il est difficile de distinguer les nuances entre les contributions présentées par Lionel Jospin, Louis Mermaz et Laurent Fabius qui toutes revendiquent un "meilleur partage", plus d'égalité et refusent l'idée d'une alliance parlementaire avec le "centre".

Dès l'ouverture du débat préparatoire, P. Mauroy et les dirigeants des principaux courants ont souhaité calmer le jeu en appelant de tous leurs vœux à la "synthèse" au congrès. En paroles, ils ont réaffirmé leur solidarité avec le gouvernement. Lionel Jospin a indiqué que le congrès ne "sera pas décisif' ; Laurent Fabius a donné le ton de sa contribution en précisant d'entrée qu'il ne s'agissait pas de faire un congrès «Pour ou contre le gouvernement», Jean Poperen lui emboîtant immédi­atement le pas dans cette direction. En paroles aussi, tous les prétendants potentiels à la succession de F. Mitterrand, tels Fabius ou Jospin, ont clamé que cette question était hors congrès.

Mais dans les faits, une bataille interne sans merci s'est engagée pour le contrôle de la direction du parti, condition nécessaire pour pouvoir prétendre un jour être le candidat du PS à l'élection présidentielle. La guerre de succession à François Mitterrand est ouverte et elle provoque des fractures dans l'appareil propices au développement des contradictions procé­dant de la nature du PS, parti ouvrier-bourgeois.

Ainsi, plus que la discussion sur les contributions, depuis le début du mois d'octobre 1989, le véritable débat préparatoire du congrès tourne autour des rapports entre la direction du PS et le gouvernement. La session parlementaire d'automne a été mar­quée par une guérilla incessante du groupe parlementaire sur les différents budgets. En pratique, le gouvernement n'a cédé que des miettes mais politiquement cette situation lui a consi­dérablement compliqué la tâche. Il est significatif que le 3 décembre Michel Rocard ait dû avoir recours à l'article 49 ter contre le PS, qui a refusé de voter un projet de loi portant sur «diverses mesures d'ordre social». Au plus fort de la grève des impôts, le 3 octobre, le groupe parlementaire PS a convoqué Michel Bérégovoy pour l'inciter à lâcher du lest, Pierre Mauroy menaçant de se rendre en manifestation au ministère des Finances. Enfin, fin décembre, le gouvernement se refusant à prendre en compte une proposition de la loi du PS sur le tra­vail intérimaire, Emmanuelli menaçait au bureau exécutif d'engager une campagne massive de pétition.

De leur côté, Mitterrand et Rocard ont cherché à rendre coup pour coup. Mitterrand a chargé Jospin de monter en première ligne sur la question du port du foulard, le conduisant ainsi à s'affronter durement à ses propres troupes tandis que Fabius gardait une position neutre et que Poperen et Chevènement chevauchaient le mouvement de nombreux militants du PS en défense de l'école laïque. Lors des élections législatives par­tielles de Dreux et de Marseille, Mitterrand et Rocard provo­quaient une nouvelle crise en faisant adopter par Mauroy, au nom de la constitution d'un "front républicain" contre le Front National, l'appel à voter pour les candidats du RPR et de l'UDF, appel suicidaire pour le PS. Les dirigeants du PS se déchirent dans une bataille pour ou contre le gouvernement dont l'un des enjeux immédiats est le combat pour gagner la direction du Parti Socialiste.

A NOUVEAU SUR LA DÉCLARATION DE PRINCIPE

Lors du Comité Directeur des 13 et 14 janvier 1990, les chefs de file de toutes les motions qui sont présentées aux militants pour le prochain congrès ont été unanimes pour réviser la déclaration de principe introduisant les statuts du PS. En parti­culier le passage de cette "déclaration de principe" qui affirme:

«Parce qu'ils sont des démocrates conséquents, les socialistes estiment qu 'il ne peut exister de démocratie réelle dans la société capitaliste. C'est en ce sens que le Parti Socialiste est un parti révolutionnaire».

La nouvelle proposition adoptée à l'unanimité s'inspire largement des propositions faites par Rocard au con­grès de Toulouse d'octobre 1985 et que Jospin, soutenu par le bureau exécutif sortant déjà unanime sur cette question avait à nouveau tenté de faire adopter sans succès au congrès de Lille d'avril 1987. Son contenu d'ensemble peut être résumé par le passage suivant:

«Le Parti Socialiste est un parti de transformation sociale. La faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inéga­lités, accentue les déséquilibres mondiaux, exploite les richesses du Tiers-Monde et maintient dans de nom­breux pays chômage et exclusions. Les socialistes sont donc favorables à une société d'économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournira à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l'intérêt général».

Certes, pas plus que l'abandon de la référence de la dictature dl prolétariat n'a changé la nature du PCF en tant que part ouvrier-bourgeois stalinien, le nouveau préambule des statuts ne modifiera la nature du PS. Mais la nouvelle rédaction proposée, abandonnant toute référence à la disparition du capitalisme, prend un caractère très politique au regard de la nouvelle orientation adoptée par les dirigeants du PS à la suite de F Mitterrand au congrès de Lille. Elle illustre aujourd'hui 1a pression exercée sur le PS par F. Mitterrand et ses dirigeants les plus droitiers, tel Michel Rocard. Pour justifier aujourd'hui que la politique du gouvernement Mitterrand-Rocard-Soisson­-Durafour est la seule possible, ils utilisent les derniers événe­ments survenus dans les pays de l'est: ils identifient la crise des régimes bureaucratiques staliniens à celle du communisme. Les dirigeants du PS relayent ainsi directement la campagne actuelle de l'impérialisme mondial et de toutes les bourgeoisies qui vise à désorienter politiquement les masses et à fermer la perspective du socialisme.

UN COURANT QUI N'A PAS TENU SES PROMESSES

Lors de la préparation du congrès de Lille, en avril 1987, une contribution présentée par J.L. Mélanchon, J. Dray, des mili­tants du CERES ayant rompu avec Chevènement lorsque celui­ci a transformé le CERES en club "Socialisme et République" et des dirigeants de la grève générale des étudiants de novembre-­décembre 1986, telle Isabelle Thomas, s'était opposée à la modification de la déclaration de principe en situant leur initia­tive dans le but de "rassembler à gauche" au sein du PS. Jean Poperen cherchait à régler ses comptes personnels avec Lionel Jospin qui l'écartait de la direction du PS. Au congrès il avait soutenu celte position. La direction du PS, pourtant unanime avant la tenue du congrès, avait dû renoncer à sa proposition. A la veille de l'élection présidentielle de mai 1988, ces mili­tants ont constitué au sein du PS un regroupement, la Nouvelle Ecole Socialiste, avec l'intention affichée d'aller vers la construction d'un courant "gauche".

Lors du dernier Comité Directeur, la Nouvelle Ecole Socialiste a abandonné la position qu'elle défendait au congrès de Lille en approuvant la nouvelle rédaction de la déclaration de principe. Le fait est significatif du parcours accompli par les dirigeants actuels de la Nouvelle Ecole Socialiste. Ils n'ont pas tenu leurs promesses. A son début, leur initiative a obtenu un réel écho chez de nombreux militants. Mais très rapidement le caractère opportuniste et sans principes de leur orientation, leur recherche d'une place au sein de l'appareil du PS, sont apparus. Sur un fond de dénonciation verbale, de moins en moins net, de « l'ouverture » et sans proposer réellement d'orientation poli­tique alternative à celle de la direction du PS, les dirigeants de la NES ont soutenu Fabius contre Mauroy, puis ont constamment cou vert les différentes offensives de Mitterrand contre le PS en soutenant, par exemple, Vigouroux contre Pezet, ou Lionel Jospin dans J'affaire du foulard. Mitterrand a su renvoyer l'ascenseur : Julicn Dray est devenu député avec le consentement de Fabius tandis qu'Isabelle Thomas et Harlem Désir trouvaient une place au Conseil Economique et Social... Lors du dernier Comité Directeur, ils ont envisagé successive­ment de présenter une motion au congrès avec Mermaz, Poperen, Chevènement et même... Marie-Noelle Lienemann. En conséquence, la Nouvelle Ecole Socialiste n'a pas connu le développement qu'elle aurait pu avoir étant donné les brèches ouvertes par la crise actuelle du PS et la recherche par de nom­breux militants d'une véritable orientation à gauche: son opportunisme latent, teinté de gauchisme, a été un repoussoir.

UN PARTI INGOUVERNABLE

Comme le montre l'unanimité de tous ses dirigeants sur la nouvelle déclaration de principe, l'ensemble des membres de l'appareil du PS se situent sur le terrain de la défense de l'ordre bourgeois et du capitalisme. A l'heure actuelle, il n'y a pas de "courant gauche" dans le PS. Ce n'est pas pour autant que l'ensemble des dirigeants du PS se situent tous sur le même plan. Michel Rocard représente la pointe avancée d'une aile ouvertement destructrice du PS en tant que parti ouvrier, agis­sant constamment directement au compte des besoins poli­tiques immédiats de la bourgeoisie. Laurent Fabius regroupe autour de lui ceux qui sont aujourd'hui prêt à servir incondi­tionnellement F. Mitterrand; Jean-Pierre Chevènement et Jean Popercn occupent une position intermédiaire sur la base d'une orientation plus ou moins néo-corporatiste teintée de mots socialisants. Enfin l'aile Mauroy-Jospin, qui rassemble ceux qui se rattachent à l'ancienne SFIO et une génération qui a construit le PS autour de F. Mitterrand sur la ligne de "l'Union de la gauche", reste l'aile la plus attachée à la défense du PS comme parti ouvrier.

Ainsi le PS en tant que tel, après avoir été l'instrument de la réélection de François Mitterrand en 1988 à la présidence de la République, est un obstacle à la mise en œuvre de sa poli­tique: un gouvernement où entreraient d'importantes com­posantes de partis bourgeois. Mais tant qu'un tel gouvernement n'est pas réalisable, le PS reste l'épine dorsale indispensable d'un gouvernement du style Rocard, tout en étant un danger permanent, parce que son appareil doit tenir compte des réac­tions de la population laborieuse, couche sociale dont dépend son existence politique. Pour progresser vers son objectif, Mitterrand, allié avec Rocard, s'efforce d'affaiblir politiquement le PS dont il n'a plus besoin en vue d'une prochaine réélection. Pour cela, il doit maintenant affronter ceux qui, hier, ont reconstruit avec lui le PS en tant que parti ouvrier. Ce sont ces contradictions qui ont abouti à l'éclatement de l'ancien courant mitterrandiste. Dans les semaines qui ont précédé le dernier Comité Directeur, les appels à la "synthèse" de Michel Rocard sur une ligne de soutien inconditionnel au gouvernement sont restés vains. Il en est de même pour ceux de Mauroy, Mermaz et Jospin en faveur de la réunification du courant mitterran­diste. Dans ces conditions, F. Mitterrand a décidé de relancer Laurent Fabius et ses partisans à la conquête de la direction du PS.

Dans une interview à l'hebdomadaire du PS "Vendredi" du 12 janvier, à la veille du Comité Directeur, F. Mitterrand déclarait:

« J'ai connu un temps où j'en étais le premier respon­sable, un parti dont les rapports internes étaient déter­minés par les suffrages obtenus lors des congrès... Cela n'a rien de choquant...»

En précisant tout de même, à l'encontre des dirigeants socia­listes, ministres du gouvernement:

« S'ils ont le droit d'avoir une opinion et de s'exprimer au sein de leur famille politique, les ministres ont pour premier devoir de veiller à la cohérence et à l'unité de vue du gouvernement auquel ils appartiennent. J'espère n'avoir pas à le rappeler».

Il apportait ainsi son soutien à Laurent Fabius. Dans le même temps, il intervenait auprès de ministres comme Dumas et Cresson pour qu'ils ne signent pas la contribution de Jospin-­Mauroy-Mermaz. La manœuvre tentée par F. Mitterrand réus­sira-t-elle? Elle semble fortement intéresser Jean Poperen et Jean-Pierre Chevènement, mais il n'est pas possible de répon­dre à cette question dans l'immédiat. En tout état de cause, même si le prochain congrès du PS aboutit à une synthèse de façade en mars 1990, rien ne peut plus empêcher le développement des contradictions à la base de la crise la plus importante que le PS ait connue depuis 1971.

Le 18/11/90


L'HISTOIRE DU PS ICI


Histoire succinte du PS (1/2).

Histoire succinte du PS (2/2).

Le congrès de Rennes (1990).








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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 13:19

(dépêches)



PS: au lendemain de sa victoire, Ségolène Royal se pose en rassembleuse
il y a 2 heures 35 min

Stéphane ORJOLLET
 
Quelques heures après sa victoire surprise lors du vote des militants socialistes pour le congrès de Reims, Ségolène Royal s'est posée vendredi en rassembleuse du parti, tout en demandant que le vote des militants soit respecté par une direction qui a minimisé son succès.

"Il va falloir que le vote soit respecté", a lancé l'ex-candidate à la présidentielle sur France Inter, après que les militants ont voté à 29% pour sa motion, reléguant à distance Bertrand Delanoë, favori des sondages et de la direction sortante, et Martine Aubry, tous deux autour de 25%, et Benoît Hamon, représentant l'aile gauche du parti, crédité d'un bon score de 19%.

Mme Royal a indiqué qu'elle téléphonerait dès vendredi à ses rivaux, pour entamer des discussions "avec tout le monde, sans exclusive".

Elle a estimé que son résultat lui "donnait une légitimité" pour diriger le Parti socialiste, mais a souligné qu'elle ne faisait pas "acte de candidature" pour l'instant.

La présidente de Poitou-Charentes avait pendant la campagne mis sa candidature au poste de premier secrétaire "au Frigidaire", ce qui lui avait permis de nouer des alliances. Elle a réitéré vendredi qu'elle "n'en faisait pas un préalable".

Le congrès de Reims se tiendra du 14 au 16 novembre, et le prochain premier secrétaire sera élu par un vote des militants le 20 novembre.

En invoquant le respect du choix des quelque 130.000 militants ayant voté (55% de participation), Mme Royal répliquait à François Hollande, qui avait estimé peu avant sur RTL que le score de son ex-compagne "ne lui permettait pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste".

"Le problème ce n'est pas cet ordre d'arrivée, c'est comment on donne au parti (...) une majorité stable capable de le conduire", a souligné M. Hollande, qui avait soutenu le maire de Paris. Il a appelé les quatre principales motions à "chercher ensemble les voies d'un rassemblement", après un résultat qui sonne comme un désaveu pour la direction du parti.

Mme Royal, reconnaissant que sa majorité était "relative", s'est fixé comme objectif de "mettre en mouvement la cohésion et l'unité des socialistes" pour "rassembler tous les talents".

La tâche ne sera pas aisée, son avance n'étant pas décisive. Dès sa défaite connue, M. Delanoë, qui n'a pas réagi de vive voix, a souligné dans un communiqué qu'il n'était pas question pour lui de rejoindre un bloc qui, comme Mme Royal, s'accomoderait d'une alliance avec un parti "qui ne s'assumerait pas clairement de gauche", sous-entendu le MoDem de François Bayrou.

"Nous ne voulons pas de contrat de gouvernement avec le MoDem", a renchéri M. Hamon sur i-Télé. Et de maintenir sa candidature à la succession de M. Hollande, pour "réancrer le Parti socialiste à gauche".

Mme Royal s'est quoi qu'il en soit dite vendredi prête à poursuivre cette stratégie controversée, qu'elle avait déjà tentée entre les deux tours de la présidentielle.

La maire de Lille n'a pas réagi elle-même, mais ses partisans avaient dans la nuit indiqué qu'ils ne renonçaient pas à constituer un rassemblement majoritaire "sur une ligne de changement et d'ancrage à gauche".

Interrogée sur la possibilité d'une alliance "tout sauf Ségolène", Mme Royal a en tout cas répondu: "Je n'ai peur de rien". Et en a appelé chacun au "sens des responsabilités".

Première conséquence choc de sa victoire, deux parlementaires de l'aile gauche du parti, le sénateur Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, député du Nord, ont claqué vendredi matin la porte du PS pour créer un nouveau mouvement "sans concession face à la droite".



Pour Henri Emmanuelli, Ségolène Royal a subi un "retrait massif" des voix des militants
il y a 1 heure 27 min

Le député socialiste des Landes Henri Emmanuelli a tenu vendredi à "relativiser" le résultat de la motion de Ségolène Royal lors du vote des militants du PS jeudi, estimant que "c'est un plutôt un retrait massif" subi par l'ancienne candidate à la présidentielle.

"On peut faire deux lectures, on peut dire 'elle est en tête', ou bien on peut dire 'elle a perdu plus de la moitié des voix depuis la désignation à la présidentielle'", a noté Henri Emmanuelli. "Moi qui ai un certain recul, je n'ai jamais vu un candidat à la présidence de la République faire moins de 30% au congrès suivant".

Pour lui, il faut "relativiser cette poussée": "c'est plutôt un retrait massif", a-t-il expliqué, jugeant que "c'est pas un bon résultat" non plus pour Bertrand Delanoë.

M. Emmanuelli qui soutenait la motion de Benoît Hamon a jugé que son candidat avait fait "une belle percée". "Les anciennes combinaisons ne fonctionnent plus. Les militants en ont assez, (...) cette fois-ci il faut oser le changement", a-t-il conclu. "Il faut remettre une équipe jeune au travail".



PS: le grand marchandage commence
il y a 51 min

Emmanuel Georges Picot

Objectif: constituer une majorité. Les grandes manoeuvres ont commencé vendredi pour le congrès du Parti socialiste, au lendemain du vote des militants qui a placé en tête la motion de Ségolène Royal avec une majorité relative de 29%.

Forte de ses quatre points d'avance sur Bertrand Delanoë et Martine Aubry, la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 a estimé que le scrutin lui donne une "légitimité" pour le poste de Premier secrétaire. Elle a annoncé son intention de contacter rapidement les responsables des cinq autres motions afin de former une majorité pour gouverner le parti.

Vainqueur-surprise du scrutin de jeudi soir, Ségolène Royal n'a pas tardé à lancer l'offensive, en posant en rassembleuse. "Ce que les militants ont voulu traduire dans ce vote, c'est une volonté profonde de changement. (...) Il va falloir que cette volonté soit respectée", a-t-elle dit vendredi matin sur France-Inter.

La présidente de la région Poitou-Charentes a entrouvert le "frigidaire" dans lequel elle avait mis en septembre sa candidature au poste de Premier secrétaire. "Ce résultat me donne une légitimité", a-t-elle convenu.

Mme Royal avance cependant avec prudence. Elle a précisé qu'elle ne ferait pas acte de candidature avant d'avoir appelé les responsables des autres motions. Elle comptait joindre dès vendredi matin Bertrand Delanoë et Martine Aubry, arrivés ex-aequo avec 25% du vote des militants, Benoît Hamon, autre surprise avec 19%, sans oublier les deux "petits", Utopia et le Pôle écologique, 1,5% à 2% chacun selon les résultats, encore provisoires vendredi matin. La participation était de 55,38% des 233.000 militants susceptibles de voter.

Jouant collectif, la présidente de Poitou-Charentes a affiché sa volonté de "rassembler tous les talents", dans un esprit d'"unité" et "sans exclusive". "On n'est pas dans une revanche", a confié Julien Dray.

Mais la tâche de Mme Royal s'annonce ardue, tant la situation est complexe au PS. S'il lui a donné une majorité relative, le vote de jeudi consacre aussi la balkanisation d'un parti en crise, éclaté en quatre grands courants et une multitude de sous-courants. En outre, le "TSR" (tout sauf Royal) est encore vivace au sein du parti 18 mois après la présidentielle, perdue en partie du fait des tensions entre le parti et sa candidate.

Dès vendredi matin, François Hollande, Premier secrétaire sortant et soutien de Bertrand Delanoë, n'a pas caché ses réticences à voir son ex-compagne lui succéder. Les idées de Ségolène Royal "sont premières dans l'ordre des motions mais elles ne sont pas majoritaires", a-t-il minimisé sur RTL.

Soucieux de ne pas donner aux Français l'image d'un congrès de Rennes-bis, le député de Corrèze n'en a pas moins affiché lui aussi son souhait d'un "rassemblement" des quatre principales motions avant le congrès du 14 au 16 novembre "ou au plus tard au soir du congrès". Sinon, "le PS aura des jours difficiles", a-t-il prédit.

Les autres courants faisaient monter les enchères vendredi matin. Un accord semble d'ores et déjà difficile avec Bertrand Delanoë, dont la conception du parti est aux antipodes de celle de Mme Royal. Dans son unique réaction après sa défaite, le maire de Paris a exclu "toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche", en clair, avec le MoDem de François Bayrou.

Candidat déclaré au poste de Premier secrétaire, Benoît Hamon souhaite lui aussi que Mme Royal clarifie la question d'une alliance avec le centre et réclame un changement de ligne politique et d'équipe.

Une alliance entre Mme Royal et le leader de l'aile gauche du PS pourrait paradoxalement être facilitée par la décision de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, signataires de la motion Hamon, de quitter le PS. Les deux parlementaires, qui incarnaient l'extrême gauche du parti, ont annoncé vendredi matin leur départ, en voyant dans les résultats du scrutin la victoire de la "social-démocratie européenne".

Si elle renonce à être candidate, Mme Royal pourrait se retrancher derrière un Premier secrétaire plus consensuel issu de sa motion. Les noms de Vincent Peillon, François Rebsamen et Julien Dray sont avancés. Ce dernier a confirmé à l'Associated Press qu'il serait candidat si Mme Royal ne l'est pas. Le successeur de François Hollande sera élu le 20 novembre par un nouveau vote des militants.



PS: Delanoë exclut toute alliance avec un parti "pas clairement de gauche"
il y a 4 heures 11 min

Bertrand Delanoë, candidat au poste de Premier secrétaire du PS, battu lors du vote des militants jeudi soir, a immédiatement exclu "toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche".

Le maire de Paris, dans un communiqué distribué dans la nuit de jeudi à vendredi, après l'annonce des résultats qui le placent en deuxième position "autour de 25%", affirme : "Le PS doit être un vrai parti de militants, fidèle à son histoire, ouvert sur la société et suffisamment fort pour s'imposer comme le pôle central d'un rassemblement de toutes les forces progressistes".

"Cela exclut toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche", poursuit-il. Ségolène Royal, arrivée en tête de la compétition, est favorable à un élargissement au MoDem de François Bayrou, auquel elle avait proposé une alliance entre les deux tours de la présidentielle de 2007.

M. Delanoë croit "plus que jamais indispensable de servir l'ambition d'un grand parti socialiste, authentiquement de gauche, doté d'un projet crédible pour construire enfin une alternative politique gagnante dans notre pays".

Pour lui, "face à la politique brutale et inconséquente de la droite, notre pays a besoin d'un PS déterminé à proposer un autre chemin à nos concitoyens".

Il salue également "tous les militants qui se sont exprimés, quelle que soit la motion qu'ils ont choisie" et remercie "tout particulièrement" ceux qui ont soutenu la sienne.



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 12:23

(dépêche)



Bayrou: "Un vaincu et pas de vainqueur" au PS après le vote des militants
il y a 22 min

François Bayrou a estimé vendredi qu'"une période trouble s'ouvre au PS" après le vote des militants marqué, selon lui, par "un vaincu et pas de vainqueur", jugeant que les perdants sont ceux qui refusaient "tout contact" avec son parti, le Mouvement Démocrate.

"On voit bien qui a perdu: ce sont ceux qui soutenaient que tout contact était à proscrire avec le Mouvement démocrate", a affirmé à l'AFP le président du MoDem, en allusion à Bertrand Delanoë, qui, crédité de quelque 25% des voix, est arrivé derrière Ségolène Royal (29%).

Pour lui, "cette ligne a été sèchement écartée, et c'est le principal enseignement de ce vote".

"Comme si les Français ne savaient pas que quand il s'agit de redresser un pays, rien n'est plus légitime que de faire travailler ensemble, dans le respect mutuel, des responsables même s'ils n'ont pas la même étiquette politique", s'est exclamé l'ex-candidat à la présidentielle.

Jugeant que le scrutin s'est soldé par "un vaincu et pas de vainqueur", le député a pronostiqué pour le Parti socialiste "une période de grande confusion, où toutes les combinaisons apparaissent possibles, et dont on ne voit pas quelle clarté pourrait surgir".

"La période qui s'ouvre paraît trouble, d'autant plus que la scission de l'aile gauche accroît le sentiment d'incertitude et de doute", a-t-il jugé.




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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 11:51

(dépêches)


Jean-Luc Mélenchon quitte le PS
LEMONDE.FR avec AFP | 07.11.08 | 10h20  •  Mis à jour le 07.11.08 | 11h26

Le choix des militants socialistes, qui ont placé en tête la motion de Ségolène Royal lors du vote jeudi soir, a visiblement secoué au sein du parti : le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord, Marc Dolez, situés à gauche du parti, ont annoncé, vendredi matin 7 novembre, dans un communiqué, qu'ils quittaient le Parti socialiste pour créer un nouveau mouvement "sans concession face à la droite".
 
"Par fidélité à nos engagements, nous prenons notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste", ont déclaré les deux élus, partisans de la motion de Benoît Hamon, qui a obtenu jeudi soir autour de 19 %. Ils ont annoncé "la construction d'un nouveau parti de gauche" et appelé "à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes".

Ancien ministre délégué à l'enseignement professionnel du gouvernement Jospin entre 2000 et 2002, Jean-Luc Mélenchon a animé la gauche du PS depuis le début des années 1990. Il dénonce depuis la "dérive libérale" du parti. Le sénateur de l'Essonne avait participé en 2006 à la tentative de candidature unitaire de la gauche de la gauche, aux côtés de communistes, d'écologistes et d'altermondialistes.

"UN FRONT DE GAUCHE POUR LES EUROPÉENNES"

Très critique envers la campagne présidentielle de Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon l'est tout autant du bilan de François Hollande à la tête du parti. Depuis plusieurs mois, il prône un rassemblement à gauche du PS du même type que Die Linke en Allemagne. Un parti qui rassemble des ex-communistes et des anciens sociaux-démocrates. "Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche", écrivent Mélenchon et Dolez.

Marc Dolez, député du Nord depuis 1988, est le seul député socialiste à avoir voté non à la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès de Versailles. Situé à gauche du PS, il avait refusé la synthèse du congrès socialiste du Mans en 2005.


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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 20:13

(dépêches)


Cotisations: Royal lance un pavé dans la mare avant le vote des adhérents
il y a 3 heures 49 min

Elahe MEREL et Christine POUGET

Ségolène Royal a replacé in extremis la question des cotisations dans le débat, s'attirant des critiques parmi ses rivaux, alors que les militants PS votent pour le Congrès de Reims.

L'ex-candidate à la présidentielle, qui défend l'une des six motions en lice en vue du Congrès, a promis mercredi aux adhérents désargentés qui veulent voter, mais n'ont pas les moyens de payer leur cotisation, de faire en sorte de les "rembourser, en tout cas de trouver une solution".

Un "brûlot" qui resurgit régulièrement depuis le congrès de Rennes en 1990, selon un cadre socialiste.

Parti de gauche, le PS a choisi un système progressif pour fixer le niveau des cotisations, variant en fonction du revenu, chaque fédération décidant in fine du montant.

Chaque adhérent du PS verse, en moyenne, entre 50 et 60 euros par an à sa fédération, dont 16 -part nationale unique- sont obligatoirement reversés Rue de Solférino.

Les primo-adhérents bénéficient d'un tarif unique de 20 euros, formule instituée début 2006 pour permettre une large participation à la primaire présidentielle de 2007.

Arguant d'un parti qui "doit se reconnecter au peuple", Mme Royal veut abaisser la cotisation des militants à un tarif unique "très modique", de 10 à 20 euros. Si 70.000 militants ont été perdus en deux ans, c'est, à ses yeux, en raison du coût de l'adhésion. Le PS reçoit 20 millions d'euros de financements publics, ajoute-t-elle.

"La cotisation ne doit pas être un frein à l'adhésion, surtout dans les milieux populaires", souligne le numéro deux du parti François Rebsamen, soutien de Mme Royal.

Il rappelle toutefois que déjà, les chômeurs ne versent qu'une participation symbolique.

Kader Arif, secrétaire national aux Fédérations, souligne aussi "les mécanismes de solidarité" existant au sein des Fédérations en faveur des moins nantis.

La proposition de la présidente de Poitou-Charentes a suscité des critiques du côté des partisans du maire de Paris, favorables à un "parti de militants". "Il y a un mécanisme de progressivité et il ne faut pas prendre le risque d'entacher l'image de ce vote et de la démocratie interne au parti", a affirmé à l'AFP l'eurodéputé Harlem Désir, qui défend la motion de Bertrand Delanoë.

"Les adhérents paient leurs cotisations selon des règles qui sont les mêmes pour tous et indépendamment du vote qu'ils font!", s'exclame M. Désir. "C'est comme si un candidat proposait de rembourser leurs impôts aux électeurs qui votent pour lui".

La droite a aussitôt ironisé: Ségolène Royal a inventé "la prime au vote Ségolène", a persiflé Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

Dans les partis de droite et du centre, les cotisations tournent autour de 20 euros.

A l'UMP, le tarif plein est de 25 euros, 35 pour un couple, 10 pour les demandeurs d'emplois. Au MoDem, les moins de 21 ans paient 10 ou 20 euros, les autres 20 euros, les étudiants et demandeurs d'emploi 5. Au Nouveau Centre, le tarif plein est 20 euros, pour les jeunes 10 et les couples 30.




Les socialistes aux urnes
il y a 2 heures 30 min

Emmanuel Georges Picot

Les militants socialistes ont commencé à voter jeudi en fin d'après-midi pour départager les six motions en lice pour le congrès du 14 au 16 novembre à Reims.

Le scrutin, qui déterminera les rapports de force entre courants, s'annonce serré entre les trois principales motions, celles de Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry, avec Benoît Hamon en embuscade. Le successeur de François Hollande, à la tête du PS depuis 11 ans, sera élu le 20 novembre par les militants.

Environ 233.000 militants, dont 167.953 à jour de cotisation, peuvent voter en se rendant dans les 3.200 sections, selon la direction du PS. Les militants qui ont adhéré depuis 2006 sans reprendre leur carte devront régler leurs arriérés de cotisation pour pouvoir participer.

Ouvert à 17h, le scrutin sera clos à 22h. Les résultats ne sont pas attendus avant 1h du matin. Ils remonteront des 102 fédérations vers le siège de la rue de Solférino, où six ordinateurs ont été installés pour les scrutateurs des différentes motions.

Avant le vote, les pointages prédisaient toujours un résultat dans un mouchoir de poche entre Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry, et la tension est montée d'un cran.

Considéré jusque-là comme le favori, Bertrand Delanoë a joué la carte de la dramatisation dans les derniers jours de campagne, multipliant les appels à la mobilisation afin de sortir nettement en tête du scrutin et pouvoir ensuite rassembler "dans la clarté". "Si tout le monde est dans un mouchoir de poche, ce sera la 'combinazione', la magouille au congrès", a averti jeudi matin un de ses soutiens, le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault.

Mais Ségolène Royal, qui a marqué des points à la faveur de la crise financière, pense elle aussi pouvoir arriver en tête. La finaliste de l'élection présidentielle de 2007 a abattu une dernière carte mercredi soir lors de son dernier meeting en proposant de rembourser les militants que des difficultés financières empêcheraient de régulariser leur cotisation, et donc de participer au vote. Ses proches n'hésitaient pas à mettre en garde sur les risques de fraude dans des fédérations tenues par leurs adversaires.

Troisième protagoniste, Martine Aubry espère elle aussi créer la surprise. La maire de Lille bénéficie du soutien des amis de Laurent Fabius et d'Arnaud Montebourg et d'une partie des strauss-kahniens, ainsi que des grosses fédérations du Nord et du Pas-de-Calais.

Si les trois "gros" semblaient dans un mouchoir de poche, Benoît Hamon pourrait jouer les arbitres. Le jeune député européen (41 ans), dont la motion fédère la gauche du parti, pourrait profiter de la crise, qui valide selon lui son discours "pour une gauche décomplexée".

La participation s'annonce comme la clé du scrutin. La campagne, éclipsée par la crise et l'élection de Barack Obama, n'a pas passionné. Selon la direction, entre 135.000 et 140.000 militants devraient voter, soit environ 60% du corps électoral potentiel.

"Les Français s'étonnent sans doute de ce vote. Ils se disent que c'est un petit vote par rapport au grand vote qui vient d'avoir lieu aux Etats-Unis d'Amérique, mais je crois que les grands changements commencent par les petits changements", a souhaité Ségolène Royal, venue voter vers 18h30 à Melle (Deux-Sèvres), avant de partager un casse-croute et un verre de vin rouge avec les militants.

Une chose est sûre: aucune motion n'atteindra la majorité absolue, pour la première fois depuis le fameux congrès de Rennes de 1990. Tout se jouera donc dans les négociations entre les différents courants pour rechercher une synthèse susceptible de réunir la majorité des voix à Reims.

Avant le scrutin, beaucoup de dirigeants socialistes souhaitaient un accord avant le début du congrès, afin d'éviter un marchandage qui serait désastreux pour l'image d'un parti déjà déconsidéré par ses trois défaites successives à l'élection présidentielle. Martine Aubry a proposé mercredi une réunion "le plus tôt possible" des responsables des motions si aucun vainqueur ne se dégage du vote des militants. Ce "camp du drap d'or socialiste" est écarté pour l'instant par M. Hollande.



Congrès du PS: les militants socialistes ont commencé à voter
il y a 4 heures 40 min

Christine POUGET 

L'"obamania" légèrement retombée, d'autres élections, hexagonales, mobilisent le PS et au-delà: 233.000 militants socialistes ont commencé à voterà 17H00 jeudi dans leurs sections pour départager six motions en lice en vue du congrès de Reims à la mi-novembre.

Mis le nom du successeur de François Hollande - patron du PS pendant 11 ans - ne sera pas connu dans la foulée: ce scrutin déterminera les rapports de force entre courants socialistes, tandis que le premier secrétaire sera élu directement le 20 novembre par la base militante, après le 75ème Congrès (14 au 16 novembre).

Tous les états-majors prévoient un résultat "très" ou "plutôt" serré entre la maire de Lille, le maire de Paris et la présidente de Poitou-Charentes. Tous peuvent prétendre à 26-30% des suffrages.

Ce sera dans un "mouchoir de poche", jugent les "pointeurs" du PS.

Pour ce vote prévu de 17H00 à 22H00 dans plus de 3.000 sections, les responsables socialistes s'attendent à une participation de 130.000 à 140.000 votants. 233.000 personnes, qui ont fait partie du PS ces deux dernières années, sont inscrits sur les listes électorales. Seuls celles qui se seront mises à jour, avant le vote, de leur arriéré de cotisation pourront participer au scrutin.

Lors d'un dernier meeting mercredi soir à Paris, Ségolène Royal a lancé un pavé dans la mare, promettant aux adhérents qui veulent voter mais n'ont pas les moyens de payer leur cotisation, de faire en sorte de les "rembourser, en tout cas de trouver une solution".

Selon les statuts, seuls peuvent voter les adhérents à jour de cotisation.

Demandant aux militants d'être "les ouvriers de la profonde transformation" du PS, elle a lancé: "Nous, nous ne voulons pas que le PS disparaisse". Alors, "osons, pour que nos idées l'emportent !".

A Strasbourg mercredi, Bertrand Delanoë avait exhorté à donner une majorité forte à l'une des motions, pour éviter "combinaisons" et "alliances tactiques".

Dans son camp, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, a prévenu: "si tout le monde arrive dans un mouchoir de poche, ce sera la +combinazione+, la magouille au Congrès".

Martine Aubry dédramatise et juge que si aucune des motions n'arrive clairement en tête, les responsables de chaque camp devraient se réunir "le plus tôt possible" pour tenter de dégager une ligne majoritaire. Un "camp du drap rose", a ironisé sur son blog François Hollande, qui milite pour un choix net.

Pour la première fois depuis une quinzaine d'années, aucune motion ne devrait obtenir la majorité absolue, la majorité sortante de M. Hollande s'étant brisée en trois (Aubry, Delanoë, Royal).

Le maire de Paris fait figure de favori, mais les partisans d'Aubry et de Royal assurent que leurs championnes peuvent arriver en tête.

Les six motions tiennent en 162 pages serrées dans une brochure frappée de la rose et du poing: outre les trois "grandes", est en course l'eurodéputé Benoît Hamon qui fédère l'aile gauche du parti et pourrait, avec la crise, faire un joli score. Il y a encore deux "petites" motions: le pôle écologiste et Utopia (écolo-altermondialiste).

233.000 adhérents sont inscrits sur les listes électorales, dont 65.000 ne pourront voter qu'en sortant leur carnet de chèque pour se mettre à jour de cotisation.

Au siège du PS, rue de Solferino, on se prépare à une longue soirée -les résultats sont attendus après minuit.

A l'entresol, six ordinateurs sont disposés, un par motion. Trois scrutateurs par camp recenseront les remontées des 102 fédérations, qui doivent transmettre les résultats "au plus tard à 01H00 du matin".

En 2005, pour le vote préalable au Congrès du Mans, il y avait eu contestations, notamment des fabiusiens et des résultats provisoires n'avaient été publiés que le lendemain du vote... dans l'après-midi.



Congrès PS: Aubry et Royal parlent aux militants avant leur vote
il y a 3 heures 57 min

Martine Aubry et Ségolène Royal se sont adressées jeudi aux militants PS qui devaient voter dans la soirée sur les motions en lice pour le 75e congrès du PS en appelant de leurs voeux, la première "un parti qui retrouve la joie d'être à gauche", la seconde "un parti imaginatif".

Dans une vidéo postée sur le site internet de la motion qu'elle conduit ("Changer à gauche pour changer la France"), Mme Aubry plaide pour "un parti qui débat du haut en bas, un parti qui retrouve la joie d'être à gauche, qui porte avec fierté les valeurs qui sont les siennes. Voilà ce dont je rêve aujourd'hui".

Selon Martine Aubry, parce qu'ils "souffrent du libéralisme et de la crise qu'a apportée la politique de Sarkozy (...), les Français ont besoin du Parti socialiste (...)" et "d'un Parti socialiste à gauche, à gauche".

"Nous nous battons pour (...) un parti qui change, parce qu'il n'y a pas un Français qui ne nous le dise pas". "Nous voulons un parti avec la génération du changement, de nouvelles têtes, mixte bien sûr, aux couleurs de la France mais surtout qui rouvre les portes et les fenêtres", assure-t-elle encore.

Dans un message plus bref, sur le site de sa motion ("Fier(e)s d'être socialistes), Ségolène Royal fait valoir que "dans un contexte de crise économique et sociale très profonde, les Français ont besoin d'une gauche audible et d'un Parti socialiste fort et renouvelé".

"C'est ce Parti socialiste que nous voulons construire, énergique, imaginatif, fraternel", ajoute la présidente de la région Poitou-Charentes, qui demande aux militants "de venir voter très nombreux, pour faire vraiment le choix de l'avenir et de la transformation très profonde".

Mme Royal affirme encore qu'elle fera "tout pour rassembler" les socialistes.



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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 13:37

(dépêche)



PS : histoires de premiers secrétaires, par Michel Noblecourt
LE MONDE | 06.11.08 | 12h50  •  Mis à jour le 06.11.08 | 18h36

Analyse

Il y a eu parfois des duels. Mais dans l'histoire du Parti socialiste, depuis qu'il a pris, en 1969, la suite de la SFIO, c'est la première fois que plus de deux candidats vont se disputer le poste de premier secrétaire. Le vote des militants, jeudi 6 novembre, pèsera fortement sur les candidatures, selon qu'une motion se détachera ou non nettement en tête. Mais d'ores et déjà, il y a trois candidats déclarés à la succession de François Hollande : Bertrand Delanoë, le maire de Paris, Benoît Hamon, porte-parole de l'aile gauche, et Julien Dray, député de l'Essonne. Martine Aubry, la maire de Lille, est dans les starting-blocks. Et à défaut d'y aller elle-même, Ségolène Royal devrait laisser Vincent Peillon, député européen, défendre ses couleurs. Le scrutin aura lieu le 20 novembre, après le congrès de Reims, qui se déroulera du 14 au 16 novembre.

Au congrès d'Alfortville, le 4 mai 1969, qui voit la création du nouveau Parti socialiste, Guy Mollet pousse Pierre Mauroy, ancien secrétaire général adjoint de la SFIO - parti dont il a prononcé la dissolution au congrès extraordinaire de Puteaux, en décembre 1968 -, à prendre les manettes. Il hérite du titre de "secrétaire à la coordination". Deux mois après, au congrès d'Issy-les-Moulineaux, du 11 au 13 juillet 1969, au lendemain de l'humiliante défaite de Gaston Defferre à l'élection présidentielle, Guy Mollet choisit Pierre Mauroy comme successeur à condition qu'il prenne un de ses proches comme numéro deux. Le refus du futur maire de Lille conduit Mollet à soutenir Alain Savary, qui n'était pourtant pas de ses amis. Battant d'une voix M. Mauroy, Alain Savary devient le premier secrétaire du nouveau PS, élu par le comité directeur composé à la proportionnelle des courants.

En près de quarante ans, les successions ne se sont pas toujours déroulées selon les scénarios écrits à l'avance. En juin 1971, au congrès refondateur d'Epinay, François Mitterrand rejoint le PS avec ses amis de la Convention des institutions républicaines. L'ancien ministre de la IVe République, regardé avec suspicion par certains socialistes, ne veut pas d'Alain Savary, derrière lequel il voit l'ombre de Guy Mollet, comme premier secrétaire. Il soutient la candidature de M. Mauroy. Plutôt partant, celui-ci se heurte au veto du maire de Lille, Augustin Laurent. Et Mitterrand, qui n'avait pas sa carte du PS en arrivant à Epinay, est élu premier secrétaire.

Réélu quatre fois, sans affronter de rival, François Mitterrand abandonne ce mandat de premier secrétaire - dont il ne voulait pas à l'origine - lors du congrès extraordinaire de Créteil, le 24 janvier 1981, qui le plébiscite comme candidat à l'élection présidentielle. Le député de la Nièvre propose comme successeur Lionel Jospin, alors de facto numéro deux, en précisant que sa tâche ne relève pas d'un "intérim". "C'est un homme capable de remplir les plus hautes fonctions", ajoute-t-il. Le comité directeur l'élit à l'unanimité. M. Jospin est réélu ensuite à chaque congrès, sans concurrent.

En mai 1988, après la réélection de Mitterrand, M. Jospin entre dans le gouvernement Rocard comme ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale. Pour lui succéder, le président de la République choisit son candidat : son ancien premier ministre Laurent Fabius. M. Jospin s'y oppose, jugeant préférable que le premier secrétaire n'ait pas d'ambition présidentielle... Une primaire est organisée au sein du courant majoritaire A-B (mitterrandiste-mauroyiste). Elle oppose M. Fabius à M. Mauroy. Pierre Joxe tente d'éviter l'affrontement en proposant la candidature de Louis Mermaz. Peine perdue. M. Mauroy l'emporte par 63 voix contre 54 à M. Fabius. Le candidat du président obtient la présidence de l'Assemblée nationale comme lot de consolation. Il tente de prendre sa revanche au congrès de Rennes, en mars 1990, mais échoue. La préparation de l'après-mitterrandisme s'ouvre sur fond d'exacerbation des querelles internes.

"SORTI DE SES DÉCHIREMENTS"

Après Rennes, M. Mauroy prépare sa succession. Le maire de Lille échafaude un scénario à tiroirs. Il propose à M. Fabius d'être premier secrétaire et lui demande en échange de soutenir Michel Rocard comme candidat "virtuel" à l'élection présidentielle de 1995. Cerise sur le gâteau, le "jospiniste" Henri Emmanuelli sera président de l'Assemblée nationale. Le 9 janvier 1992, le comité directeur élit à l'unanimité, moins 11 abstentions, M. Fabius. M. Jospin reste à l'écart de ce "fait acquis". M. Mauroy se réjouit de voir le PS "définitivement sorti de ses déchirements". Et M. Fabius assure à M. Rocard "combien pour les grandes élections à venir, il porte l'espoir des nôtres et plus largement celui de très nombreux Français, et qu'il peut compter sur (sa) loyauté".

La paix, ou plutôt la trêve armée, sera de courte durée. Au lendemain de la Berezina socialiste aux élections législatives de mars 1993, M. Fabius, mis en minorité au conseil national du 3 avril, est contraint de démissionner. M. Rocard devient "président de la direction nationale provisoire" du PS. Le premier secrétaire étant désormais élu par les congrès, c'est celui du Bourget, en octobre 1993, qui le plébiscite (80,91 %). "En troquant le statut de "candidat virtuel" contre celui de premier secrétaire, en prétendant cumuler les deux, il incitait au retour des antagonismes de Rennes", commentera M. Mauroy dans ses Mémoires (Plon, 2003).

La valse des premiers secrétaires ne fait qu'une pause. Aux élections européennes de juin 1994, la liste conduite par M. Rocard n'obtient que 14,6 %. Malgré cet échec cuisant, l'ancien premier ministre essaie de sauver son poste. Lâché par les fabiusiens et une partie des jospinistes, il sollicite, le 19 juin, la confiance du conseil national. Le verdict est sans appel : 88 pour, 129 contre, 48 abstentions. M. Rocard est congédié. Fustigeant les "inconvenantes révolutions de palais", M. Jospin s'abstient et laisse ses amis se diviser sur le choix d'un nouveau premier secrétaire. Henri Emmanuelli bat Dominique Strauss-Kahn, par 140 voix contre 64. Le député des Landes est confirmé au congrès de Liévin, en novembre 1994, obtenant plus de 87 %.

Après la présidentielle de 1995, M. Emmanuelli cède sa place à l'ex-candidat Jospin, auréolé par ses 47,3 %. Il fait voter par les militants l'élection du premier secrétaire au suffrage direct des adhérents et l'expérimente. Le 14 octobre 1995, il est élu (94,16 %). Premier ministre le 2 juin 1997, M. Jospin reste le patron du PS jusqu'au moment où le premier secrétaire délégué qu'il a choisi, M. Hollande, lui succède. Le 27 novembre, il obtient 91 %, contre 9 % à Jean-Luc Mélenchon, porte-parole de la Gauche socialiste. Pour ses trois réélections, M. Hollande sera candidat unique. Mais l'accession à la tête du PS a rarement été un long fleuve tranquille. 

Courriel : noblecourt@lemonde.fr.
 
Michel Noblecourt (Editorialiste, chef de service)
Article paru dans l'édition du 07.11.08

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 22:05

Le fantôme de Dominique Strauss-Kahn hantait la préparation du congrès du Parti socialiste à Reims depuis des semaines. Pour ses adversaires, il ne devrait plus y avoir de résurrection. Surtout depuis l’éclatement de la famille strauss-kahnienne.


Dominique Strauss-Kahn est devenu une personnalité politique à part dans le microcosme français. J’aurais pu dire macrocosme mondial, avec le FMI, mais justement, il restait aussi un repère dans la politique franco-française.

Toutes les supputations qui tombent depuis quelques jours sur Dominique Strauss-Kahn à propos de sa vie privée sont non seulement nauséabondes pour la politique, mais aussi pour les valeurs élémentaires comme le respect de la personne, la présomption d’innocence etc. Un bon moyen de vendre ses canards.

Si Dominique Strauss-Kahn a maintenant beaucoup de personnes qui veulent lui nuire au niveau international, il y a encore quelques éléphants socialistes, plus ou moins vieux, qui ne seraient pas si mécontents de lever l’hypothèque DSK, et ce sentiment pourrait même déborder jusqu’aux rives de l’UMP voire du MoDem.

Laissons de côté donc toute cette actualité inutile et futile qui le vise sur des considérations qui, comme pour Rachida Dati, ne concernent que lui et ses proches.

Et tournons-nous vers un sujet qui ne doit pas plus réjouir Dominique Strauss-Kahn : la bataille sans merci de ses indignes héritiers.


Le "strauss-kahnisme"

Même si, à l’origine, Dominique Strauss-Kahn faisait partie du jospinisme le plus orthodoxe, branche du mitterrandisme officiel parallèlement au fabiusisme, depuis presque dix ans, il représente aussi le rocardisme.

Le rocardisme, c’est la Deuxième gauche, la Nouvelle gauche, la gauche moderne. Qui date des années 1970. En 2006, Dominique Strauss-Kahn avait enfin osé donner un nom nouveau, ordinaire en Europe mais si difficile à porter en France : la gauche sociale-démocrate.

Jusqu’alors, il n’y avait pas de "sociaux-démocrates" en France mais seulement des "démocrates sociaux" réunis dans le Centre des démocrates sociaux (CDS) créé sous Valéry Giscard d’Estaing pour réunifier les centristes pro- et anti-pompidoliens (CDP et CD), mouvement devenu Force démocrate en 1995 puis fondu à l’UDF et transformé après bien des vicissitudes (UMP, Nouveau centre etc.) en MoDem.

Depuis 2001, la social-démocratie de gauche s’était organisée sous le nom de "Socialisme et démocratie". Il regroupait les jospinistes et les rocardiens dans le but de soutenir l’optique réformiste qui était à la base du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002). Enfin, une partie des jospinistes, car à ma connaissance, Martine Aubry, l’autre dauphine de Lionel Jospin, n’en faisait pas partie.

Ce courant est très proche des réseaux sociaux-démocrates européens, dans la mesure où il pense que les réformes ne peuvent passer que dans un cadre européen. Et qu’elles doivent agir sur les causes des difficiles sociales, pas venir juste traiter leurs conséquences.

C’est d’ailleurs de cette manière que Dominique Strauss-Kahn a réussi à se faire désigner en 2007 comme directeur général du FMI, grâce à l’entregent des principaux leaders sociaux-démocrates de l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy y voyant aussi une bonne opportunité à sa politique d’ouverture a même réussi à en capter l’initiative.

Mais aujourd’hui, que reste-t-il du strauss-kahnisme ? S’est-il fait cannibaliser ?


Quand papa DSK est absent

Éloigné fonctionnellement de la France et du Parti socialiste, Strauss-Kahn restait cependant très présent dans les coulisses. Même si son mandat au FMI devait se terminer après la date de la prochaine élection présidentielle en 2012, il gardait encore un œil sur cette perspective. Et espérait compter au congrès crucial de Reims.

J’ai mis au passé la phrase sur la fin de son mandat, car je doute qu’il ne soit pas contraint à la démission (injustifiée à mon avis) comme avait dû démissionner Édith Cresson de la Commission Européenne (pour des affaires beaucoup plus sérieuses).

Son aura devait d’autant plus influer Reims que les sondages lui étaient encore favorables (mais feu Raymond Barre, Édouard Balladur et Lionel Jospin pourraient toujours rappeler que les sondages ne sont pas des élections), et dans une confrontation avec Nicolas Sarkozy au second tour, Dominique Strauss-Kahn avait encore quelques chances.

Mais peut-il partir dans une bataille sans troupe ?

Car là est maintenant la question.

Depuis 2007, le strauss-kahnisme officiel était animé par deux députés, Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis. Animé, mais j’allais écrire laminé.


Guerres cambadélo-moscoviciennes

On aurait pu penser que la stratégie de Pierre Moscovici aurait été la bonne : à Moscovici le poste de premier secrétaire pour succéder à François Hollande, laissant au congélateur la candidature à l’élection présidentielle pour 2012, freinant les ardeurs de Bertrand Delanoë et de Ségolène Royal. Et laissant DSK arriver en sauveur en 2011.

Ce qui aurait été la même erreur qu’en 2007, à savoir l’impréparation du candidat socialiste face à un candidat UMP connu depuis cinq ans (idem pour le candidat centriste).

D’ailleurs, Strauss-Kahn ne semblait pas vraiment d’accord avec ce type de stratégie et devait juger que l’ambition de Moscovici pourrait aller bien plus loin que rue de Solferino. Après tout, ce dernier n’est plus non plus un petit jeunot de la politique.

Du coup, les autres compères, derrière Cambadélis, décidèrent de soutenir Martine Aubry. La rivale de Dominique Strauss-Kahn dans l’héritage du jospinisme. Elle ne parle jamais d’ambition présidentielle, mais c’est une femme politique très à l’aise avec les arcanes du PS. Et c’est la fille de Jacques Delors.

Moscovici renonça alors à présenter une motion (ce qui montre les limites du personnage) et… rejoignit in extremis Bertrand Delanoë donné comme favori dans les sondages. Comme Michel Rocard et ses derniers amis (Michel Destot, Alain Richard, Catherine Tasca…).

La famille s’est officiellement éclatée à La Rochelle il y a près de deux mois et le litige porta sur l’alliance ou pas avec Laurent Fabius. « On était au royaume de Florence, entre la dague et le poison des Médicis ».

Jugez-en par les mots doux échangés ces dernières semaines entre les disciples de DSK.


Les pro-Cambadélis disent de Moscovici :

« Ce ralliement de dernière minute à Delanoë est une rupture avec Dominique Strauss-Khan. »

« Moscovici a dans l’idée de créer sa propre boutique. Il ne fait plus une priorité du retour de DSK. »

« Certains se sont dit que c’était leur heure. »


Les pro-Moscovici rétorquent :

« Cambadélis a fait exploser le courant que lui avait confié DSK. C’est lui qui a tué Socialisme et démocratie en associant Fabius aux reconstructeurs. »

« Intox, dénigrement, rumeur, désinformation. L’idée que je crée un nouveau courant à mon nom est un scandaleux mensonge. »


Arrêt de l’aventure

Pourtant, Strauss-Kahn, en leur confiant les clefs de sa "boutique", leur avait bien dit : « Restez groupés » en juillet 2007.

Aujourd’hui, on dépose le bilan : « Cette aventure-là est finie, j’en prends acte avec tristesse » dit Moscovici.

Un autre de la famille déplore : « Chacun va faire les gros bras et aligner ses généraux chinois en terre cuite. Pas sûr que cela ait une capacité d’entraînement. ».


DSK, ancien espoir en perdition

Dominique Strauss-Kahn était sans doute la seule parade du Parti socialiste pour contrecarrer le discours d’opposition centriste de François Bayrou.


Ou mieux, la clef pour la mise en place, face à l’UMP, d’un réel courant démocrate, moderne, social, libéral et européen, en scellant une alliance historique entre Dominique Strauss-Kahn et François Bayrou. Strauss-Kahn apporterait un appareil et des réseaux, Bayrou un leadership et une (meilleure) popularité.

Une alliance complètement irréaliste, en raison de la trop grande fidélité au PS de Strauss-Kahn (et de sa désertion depuis 2007, on ne peut pas construire une opposition crédible à 5 000 kilomètres du peuple) et de la volonté de Bayrou à en être l’unique leader.


Levée d’une incertitude

En avril 2012, Dominique Strauss-Kahn aurait eu tout juste 63 ans. À une ou deux années près, l’âge qu’avaient Jacques Chirac et François Mitterrand à leur première élection, et Lionel Jospin à son dernier échec.

Cela aurait pu être sa dernière chance. Mais en fait, depuis 2006, Dominique Strauss-Kahn s’est rocardisé. Et il n’a pas su rebondir, ni après la défaite de Lionel Jospin en 2002, ni après celle de Ségolène Royal en 2007.

Michel Rocard, Jacques Delors, Dominique Strauss-Kahn ? des graines de Présidents de la République, sans doute capables de belles réformes, qui n’ont jamais réussi à éclore et à atteindre la maturité.

Et depuis 1993, le Parti socialiste meurt de cela.

Qui sera le suivant ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 octobre 2008)


Pour aller plus loin :

Reims, ça commence mal.

DSK a raté le coche après 2002.

Le courant DSK vole en éclat.

 


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=46243





http://www.lepost.fr/article/2008/10/30/1302108_y-a-t-il-encore-un-strauss-kahnien-dans-la-salle.html




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