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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 20:25

(dépêche)


Le courant DSK vole en éclats

David Revault d’Allonnes

QUOTIDIEN : vendredi 26 septembre 2008
      
Grosse coupure de courant chez les amis de DSK. La haute tension qui régnait, ces derniers mois, au sein de sa sensibilité, «socialisme et démocratie» (SD), tourne à la scission. Entre ses deux lieutenants, Pierre Moscovici, rangé derrière Bertrand Delanoë, et Jean-Christophe Cambadélis, artisan du rassemblement des «reconstructeurs» derrière Martine Aubry, la rupture est consommée.

Tension. En témoignent deux lettres envoyées aux militants. «SD n’a pas résisté aux coups de boutoir de ceux qui ont confondu reconstruction et combinaison, indique Moscovici. Cette aventure-là est finie, j’en prends acte avec tristesse.» Réplique de Cambadélis : «Un nouveau courant veut donc se constituer […] Je le regrette, cela m’attriste.»

Et le député de Paris d’estimer que ce «ralliement [de Moscovici, ndlr] de dernière minute, à Delanoë [constitue] une rupture avec Dominique Strauss-Kahn»…

«Restez groupés», avait lancé DSK à ses troupes, en juillet 2007, avant d’aller prendre la tête du FMI. Mais, comme le rappelle le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas, «quand le chat n’est pas là, les souris dansent». Très vite, les deux hommes divergent sur la stratégie.

Pierre Moscovici met en avant sa candidature à la succession Hollande. Jean-Christophe Cambadélis, lui, échafaude l’attelage des «reconstructeurs», qu’incarnera bientôt Aubry, mêlant, outre les amis de DSK, ceux d’Arnaud Montebourg et de Laurent Fabius. La tension atteint son paroxysme à la dernière université d’été de La Rochelle, avec «la mise en scène de la mise à l’écart de Moscovici», seul à une terrasse pendant que Cambadélis, Fabius, Montebourg et Aubry déjeunent juste à côté. Commentaire d’un strauss-kahnien : «On était au royaume de Florence, entre la dague et le poison des Médicis.»

Torts. La famille est bel et bien décomposée. Et dans les entourages des deux hommes, qui ne communiquent plus que par SMS, on se renvoie les torts du divorce. «Cambadélis a fait exploser le courant que lui avait confié DSK, accuse Michèle Sabban, proche de Mosco. C’est lui qui a tué SD en associant Fabius aux reconstructeurs.» Une allusion à l’aversion pour ce dernier qui aurait poussé les rocardiens du courant, comme le maire de Grenoble Michel Destot, le théoricien Alain Bergougnioux ou l’ancien ministre Alain Richard, à rejoindre le maire de Paris. Réplique des amis de «Camba» : «Moscovici a dans l’idée de créer sa propre boutique. Il ne fait plus une priorité du retour de DSK», estime Laurent Baumel. François Kalfon ajoute : «Certains se sont dit que c’était leur heure…»

«Intox, dénigrement, rumeur, désinformation. L’idée que je crée un nouveau courant à mon nom est un scandaleux mensonge», nie

Moscovici. Et, visant son camarade Cambadélis : «Je regrette cela de la part d’un homme que j’ai beaucoup aimé.» Mais alors, qui va garder les enfants ? «Pierre est à poil», jure un proche de «Camba». «Il faut arrêter de bluffer. La plupart des parlementaires et des fondateurs du courant sont derrière moi», répond Moscovici. Un élu strauss-kahnien tempère : «Chacun va faire les gros bras et aligner ses généraux chinois en terre cuite. Pas sûr que cela ait une capacité d’entraînement…»



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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 01:40

Le 6 novembre 2008, les adhérents du Parti socialiste vont choisir la motion parmi les six proposées qu'ils jugent la plus proche de leurs aspirations.


TOUT SUR LES MOTIONS DU PS AU CONGRES.


Le successeur du premier secrétaire François Hollande sera choisi après ce premier choix. Pour l'instant, seuls Benoît Hamon et Bertrand Delanoë sont candidats. Ségolène Royal (ou Julien Dray ou Vincent Peillon) et Martine Aubry seront probablement aussi candidates.

Si vous étiez adhérent du Parti socialiste, quelle motion choisiriez-vous ?


Pour faire le sondage, cliquer sur la photo.




























http://www.lepost.fr/sondage/2008/09/25/1272743_sondage-votez-pour-le-prochain-premier-secretaire-du-ps_1_0_1.html








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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 11:20

Confusion politique, luttes de pouvoir, carriérisme, impossible clarification idéologique…


Depuis le conseil national du PS réuni à la Mutualité ce 23 septembre 2008, on sait que six motions vont finalement s’affronter pour conquérir en novembre prochain la direction du Parti socialiste, puis la candidature à l’élection présidentielle d’avril 2012.

Les militants socialistes se prononceront le 6 novembre 2008 pour définir les nouveaux rapports de force.

Ce sont les motions de Ségolène Royal (motion E portée par Gérard Collomb), de Bertrand Delanoë (motion A), de Martine Aubry (motion D), de Benoît Hamon (motion C), de Christophe Caresche (motion B) et de Franck Pupunat (motion F).

Christophe Caresche porte une motion écologiste et Franck Pupunat celle du mouvement Utopia.


Pas de vie politique sans ambition personnelle

Dans le jeu politique, les luttes d’ambitions sont normales et saines.

Marine Le Pen et Bruno Gollnisch s’affronteront sans doute pour récupérer l’héritage du Front national abandonné par un Jean-Marie Le Pen vieillissant.

Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin s’affrontent ce 24 septembre 2008 après-midi pour la Présidence du Sénat.

Valérie Pécresse et Roger Karoutchi vont rivaliser plusieurs mois pour la candidature UMP à la présidence du Conseil régional d’Île-de-France. Etc.

Les exemples sont nombreux et logiques. Lorsqu’il y a un enjeu dans des fonctions, il y a forcément plusieurs candidats déterminés.


Paroxysme et quatrième-républicarisation

Mais ce qu’il se passe aujourd’hui au Parti socialiste semble atteindre le paroxysme de ces jeux d’ambition. Une sorte de vaudeville qui ferait bien rire si on ne savait pas qu’il est le deuxième parti de France, qu’il a quand même gouverné la France pendant quinze ans ces vingt-sept dernières années et qu’il a conquis la majorité des collectivités locales (municipalités, Conseils généraux, Conseils régionaux) jusqu’à même devenir susceptible d’être majoritaire au Sénat probablement en 2011.

On a reproché que le Parti socialiste était trop présidentialisé, histoire de dire que le futur premier secrétaire ne devait pas se sentir son candidat naturel à la prochaine élection présidentielle. Pourtant, j’ai plutôt l’impression qu’il ne le soit pas assez, présidentialisé.

En effet, si on observe bien son fonctionnement, le Parti socialiste est plus proche de la IVe République que de la Ve République. François Mitterrand avait réussi à l’adapter (par l’attrait de sa forte personnalité) aux institutions de la Ve République, mais visiblement, de façon temporaire.

Car le Parti socialiste vit en régime parlementaire intégral. Jusqu’au mode de scrutin proportionnel pour la désignation de sa direction. Ce qui oblige à une synthèse molle pour obtenir une majorité opérationnelle. François Hollande en était d’ailleurs l’exceptionnel artisan (rassembler les partisans et opposants du Traité Constitutionnel Européen par exemple).

Et il ne gagne principalement que les élections législatives (trois victoires en juin 1981, juin 1988 et juin 1997) et ses deux victoires présidentielles (mai 1981 et mai 1988) ne semblent dues qu’à la personnalité de François Mitterrand.


La nouvelle cartographie socialiste

Mais reprenons les nouveaux clivages au sein du PS pré-rémois (car il s’agit bien de nouveaux clivage par rapport à la fin août).

La première observation, c’est que la nouvelle génération d’élus socialistes, pourtant déterminée à conduire les éléphants vers la sortie, a pitoyablement raté son objectif.

Et chacun de cette génération a préféré choisir la motion de l’éléphant qui lui assurerait le plus d’avenir personnel. Sans rapport avec les idées qu’elle pourrait véhiculer.

L’exemple est frappant.

Jean-Marie Cambadélis, Claude Bartelone, Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, trois élus qui comptent à Paris, Lyon et Marseille, s’étaient d’abord alliés avec Pierre Moscovici avec la volonté de prendre d’assaut la direction du PS.

Résultat des courses : Jean-Marie Cambadélis et Claude Bartelone nouent un accord avec Martine Aubry pour rassembler strauss-kahniens et fabiusiens. Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini rejoignent finalement Ségolène Royal. Et que décide le strauss-kahnien Pierre Moscovici ? On aurait pu penser Martine Aubry ou Ségolène Royal. Non ! Il décide de soutenir Bertrand Delanoë. Allez comprendre !

Hilarante, la lettre d’Arnaud Montebourg, ancien soutien de Ségolène Royal, uni avec Pierre Moscovici et Martine Aubry, qui le 15 septembre 2008 demandait encore aux deux derniers de se réunir. Finalement, Moscovici part avec Delanoë et Montebourg avec Aubry.

Et encore, je ne parle pas de François Hollande, de Michel Rocard et de Michel Destot (maire de Grenoble) qui défendent Bertrand Delanoë.

Ni de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius qui défendent la même motion, celle de Martine Aubry, mais qui se crêpent le chignon malgré tout.

Laurent Fabius a ainsi déclaré le 23 septembre 2008 que « le Fonds monétaire international, qui aujourd’hui n’a pas un trop grand rôle, devrait avoir un rôle d’alerte sur les crises financières, car il est quand même absolument incroyable que nos grandes institutions ne soient quasiment pas intervenues [dans la crise financière internationale]. ». Rappelons que Dominique Strauss-Kahn est justement le directeur général du FMI depuis un an.

Julien Dray, qui avait aussi des velléités de candidature, rejoint plus logiquement Ségolène Royal qu’il avait soutenue à l’élection présidentielle (comme Gérard Collomb). Manuel Valls et Vincent Peillon aussi ont rejoint Ségolène Royal. Malek Boutih aussi, mais ce dernier vient hier de menacer de lui retirer son soutien.

Jean-Marc Ayrault, qui avait soutenu lui aussi Ségolène Royal à la primaire de 2006, la quitte pour miser sur Bertrand Delanoë. Un autre soutien déterminé de Ségolène Royal, Pierre Mauroy, soutient, quant à lui, Martine Aubry, par affinités lilloises.


Et Lionel Jospin dans tout cela ? À ma connaissance, il n’a pas voulu prendre position entre Bertrand Delanoë (son fidèle camarade du 18e arrondissement de Paris) et Martine Auby (l’une des deux dauphins du jopinisme triomphant avec Dominique Strauss-Kahn).

La motion la plus cohérente reste celle de l’aile gauche car elle rassemble des personnalités qui se sont toujours exprimé dans le même sens : Benoît Hamon (candidat au poste de premier secrétaire), Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann, Henri Emmanuelli et Gérard Filoche.


Une catastrophe médiatique en prévision

Dans la course aux petits chevaux, les trois motions (Royal, Delanoë et Aubry) ont beaucoup d’atouts et d’handicaps, mais franchement, je n’arrive pas à sérieusement les différencier d’un point de vue idéologique ni même politique.

Les trois savent que le PS doit se réformer, doit chercher de nouvelles alliances, autres que la sacro-sainte union de la gauche.

François Rebsamen (proche de Ségolène Royal) a même plaidé pour une alliance avec le MoDem : « Nous devons accueillir les démocrates qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy. ».

Royal peut se targuer d’avoir une des plus grandes fédérations, les Bouches-du-Rhône. Aubry aussi avec le Pas-de-Calais (selon Christophe Borgel, un secrétaire national du PS, Aubry entraînerait 60% des militants). Delanoë a de beaux sondages parmi les sympathisants (c’est-à-dire, ceux qui ne voteront pas au congrès).


Mais sont-ils vraiment conscients de l’image déplorable qu’ils montrent aux Français ?

Une image d’ambitions, de carriérisme, de confusion, de personnalisation à outrance de la vie politique…


Qu’importe, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Olivier Besancenot s’en frottent déjà les mains…



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 septembre 2008)


Pour aller plus loin :

Reims, la version 2 de Rennes (3 septembre 2008).

Éléphants ou crabes ? (22 mai 2008).

Présentation vidéo des six motions socialistes.

Texte complet des 21 contributions socialistes.

Les militants socialistes ont voté (dessin humoristique provenant d’un site de la droite nationaliste).




























http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44834





http://www.lepost.fr/article/2008/09/24/1272138_ps-reims-c-est-mal-parti_1_0_1.html



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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 09:38

Le rocardisme a-t-il encore un avenir ? Quelques parlementaires se réclament encore de l’ancien Premier Ministre Michel Rocard et comptent encore influer sur l’avenir du Parti socialiste.


Parmi les mammouths du Parti socialiste, à soixante-dix-huit ans, Michel Rocard constitue avec Lionel Jospin, Jean-Pierre Chevènement et Laurent Fabius, sans doute l’espèce la plus ancienne, la plus oubliée de toutes les espèces encore vivantes parce qu’elle date de l’époque mitterrandienne.


Rocard ?

Michel Rocard ? Vous vous souvenez ?

L’un des Premiers Ministres de la Ve République les plus populaires à sa sortie de Matignon. De quoi rendre jaloux Alain Juppé, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin ou feu Raymond Barre.

Depuis son échec aux élections européennes de juin 1994, il avait réussi à se libérer définitivement de son ambition présidentielle pourtant coriace et s’était retiré un peu lâchement au Sénat et au Parlement européen (où il accomplit un travail remarquable).

On l’avait aperçu quasi-chauve en Inde en début juillet 2007 lors d’un accident cérébral très grave. On s’était inquiété alors de sa santé, de son âge.

Intellectuel, en dehors des jeux politiques depuis bien longtemps, Michel Rocard faisait encore parler de lui de temps en temps sur quelques vérités historiques.

Comme par exemple la réalité de la fin de la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa en mai 1988 ou encore sa terrible crise de colique néphrétique le jour même où il fit rencontrer Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou pour amorcer le dialogue et la réconciliation en Nouvelle-Calédonie (il le raconte ouvertement dans le dernier livre de Raphaëlle Bacqué qui sort aujourd’hui).

Aujourd’hui, qui connaît encore Rocard ? Je ne le dis pas par ironie mais par étonnement.

Ma génération ne peut pas ne pas le connaître : éternel rival de François Mitterrand pendant deux voire décennies, chef du gouvernement, jeune candidat à l’élection présidentielle etc.

Mais prenez un jeune de trente ans ou moins, qui ne s’intéresse que très modérément à la vie politique. Eh bien, il ne sait généralement pas qui il est. Pas plus que Pierre Messmer, Maurice Couve de Murville ou Antoine Pinay. Tous des inconnus. Interrogez quelques uns, vous serez surpris.


Encore une place dans la politique ?

Depuis une dizaine d’années, celui qui tient le rôle de Rocard dans le paysage politique français, c’est Dominique Strauss-Kahn. Encore qu’aujourd’hui, directeur général du Fonds monétaire international, il ne soit plus vraiment en France…

Et pourtant, Michel Rocard, initiateur de la Deuxième Gauche, celle qui se veut réformiste, pragmatique, libérale, social-démocrate, consciente des réalités économiques et sociales, celle qui pourfendait le cynisme mitterrandien et le protectionnisme gauchisant, entend toujours peser sur la vie politique française.

Il l’a fait pendant la campagne de la dernière élection présidentielle.


Oui à l’ouverture et non au sectarisme

Pas vraiment enthousiaste pour la candidature de Ségolène Royal, Michel Rocard l’avait quasiment poignardée dans le dos le 13 avril 2007 (dix jours avant le premier tour !) en mettant de l’eau au moulin de François Bayrou et en approuvant le concept d’ouverture politique proposé par le futur leader du MoDem.

Cela n’avait pas suffi à François Bayrou pour se hisser au second tour, mais cela avait montré la pertinence de son analyse (notons également que Bernard Kouchner, soutien de Ségolène Royal, avait, deux jours plus tard, également approuvé la démarche d’ouverture de François Bayrou pour finalement, un mois plus tard, se retrouver ministre de… Nicolas Sarkozy !).


Grain de sel dans la cuisine rémoise

Rocard semble vouloir se remuer aussi dans la perspective calamiteuse du congrès socialiste de Reims en novembre prochain.

On se rappelle que c’était lorsqu’il était à Matignon que les socialistes s’étaient le plus férocement entredéchirés, à Rennes en 1990, entre les factions jospinistes, rocardiennes, mauroyistes et fabiusiennes. Rocard avait alors gagné la partie en s’alliant avec Jospin et Mauroy pour battre Fabius.

En 2008, on aurait pu imaginer que les préférences de Michel Rocard allaient se tourner vers des hommes qui représentent surtout l’avenir et la modernité, comme (par exemple) Pierre Moscovici qui est le seul, de sa génération, à avoir postulé officiellement au poste de premier secrétaire du PS.

Mais le combat des chefs semble bien parti pour se faire entre trois poids lourds du Parti socialiste (dont deux femmes, bravo pour le progrès) : Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry.


Soutien inconditionnel à Delanoë

Hier, dans une tribune dans le journal "Le Monde", Michel Rocard a décidé de passer à l’attaque : il annonce son soutien à Bertrand Delanoë, le représentant sans doute de la part la plus archaïque du Parti socialiste (refusant par exemple une alliance avec le MoDem aux municipales à Paris, contrairement à Martine Aubry à Lille ou à Ségolène Royal sur le plan national).

Il l’a écrit avec quelques rares personnalités restées fidèles à sa trajectoire, dont Michel Destot, le député-maire de Grenoble, qui ne rejoint donc pas ces grands élus (comme le maire de Lyon Gérard Collomb) favorables à Pierre Moscovici.

Pourquoi soutenir Delanoë ?

Ce n’est pas très clair. Michel Rocard répond : « besoin, simplement, d’une partition et d’un chef d’orchestre ».

Il évoque bien quelques thèmes : « l’engagement pour l’Europe, le lien indissociable entre la compétitivité économique et la justice sociale, la lutte pour l’égalité réelle, la volonté de faire vivre un parti de militant qui ait une parole forte » mais ce sont des idées bien générales que ne renieraient pas même certains barons de l’UMP (comme Pierre Méhaignerie).

La vraie raison du soutien de Michel Rocard à Bertrand Delanoë, c’est visiblement la popularité très élevée de Delanoë au sein des militants socialistes et cette nécessité, pour le 23 septembre 2008, jour du conseil national du PS qui recueillera les différentes motions socialistes, qu’une seule puisse apparaître comme largement majoritaire « Nous avons besoin que se dégage (…) une motion claire et homogène ayant vocation à arriver en tête du vote militant et à constituer le pôle majoritaire. ».

Bref, Rocard a décidé de soutenir celui qui est en tête des sondages, qu’importe les idées et la démarche.


Devenir du rocardisme

Le rocardisme a-t-il encore un avenir ? Eh bien, tout compte fait… cela fait depuis juin 1994 que le rocardisme n’est plus qu’un archaïsme, qu’un vestige inanimé du passé.

Cela peut être désolant, mais ce n’est que la réalité politique. Et Pierre Moscovici, comme bien d’autres, l’avait déjà compris depuis longtemps…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 septembre 2008)


Pour aller plus loin :

Tribune de Michel Rocard sur son soutien à Bertrand Delanoë (Le Monde du 11 septembre 2008).

"L’Enfer de Matignon" (extraits du livre de Raphaëlle Bacqué qui sort le 12 septembre 2008).


Reims, le congrès de Rennes II (3 septembre 2008).



http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44376

http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080912/tot-ps-delanoe-boit-du-rocard-comme-du-p-89f340e.html



http://www.lepost.fr/article/2008/09/12/1263605_ps-delanoe-boit-du-rocard-comme-du-petit-lait.html


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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 09:37

Voici deux tribunes du journal "Le Monde" intéressantes dans la perspective du congrès du Parti socialiste.


Point de vue

LE MONDE | 10.09.08 | 09h07  •  Mis à jour le 10.09.08 | 13h59


Dans une tribune publiée par "Le Monde", l'ancien premier ministre Michel Rocard, et certains de ses proches estiment que le Parti socialiste a "besoin, simplement, d'une partition et d'un chef d'orchestre". Ils appellent à soutenir "la démarche entreprise" par le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

 

"De retour de La Rochelle, nous éprouvons des sentiments mêlés. D'abord, la tristesse d'avoir vu les participants à l'université d'été du PS dépossédés de leurs travaux, souvent remarquables, au profit de quelques photos de déjeuners ou de conciliabules, en ville.

Ensuite, l'envie de relire Oh, les beaux jours, de Beckett, pour se rappeler Winnie, progressivement absorbée par la terre et qui feint d'ignorer son ensablement. Douloureuse comparaison!

Et puis, comme toujours, lutter. Parce que nous sommes profondément attachés à ce parti. Parce que nous savons que s'offre, aujourd'hui, une chance historique de faire entendre au sein de la gauche française, la grande voix de la social-démocratie, celle d'un réformisme assumé et assuré, celle de Jaurès. Parce qu'aujourd'hui aussi, admettons-le, les socialistes sont inaudibles et que si nous voulons ne pas seulement être le plus "grand parti local" de France, il nous faut à la fois nous opposer fermement au président de la République, mais aussi travailler et proposer.

En 2012, les Français ne choisiront pas le plus habile manœuvrier d'entre nous, mais se détermineront sur le contrat économique et social que nous leur proposerons, et sur l'authenticité de notre comportement.

Il faut, pour cela, qu'un certain nombre de conditions soient réunies, et vite. D'abord, parler vrai. Ne pas cacher la gravité de notre situation économique et sociale, regarder le monde tel qu'il est, de plus en plus dangereux et instable, y compris à nos portes. Prendre conscience de l'immense fracture qui continue d'exister entre ceux qui s'appauvrissent et ceux qui s'enrichissent au sein de chaque nation et entre les nations.

Ne pas, pour des hommes et des femmes de gauche, se voiler la face devant un capitalisme en mutation, en permanente dilatation, de moins en moins industriel, de plus en plus financier. Bref, un capitalisme qui crée les conditions d'une très grave crise économique, écologique et humaine.

Ne pas, non plus, se payer de mots et ignorer l'état dans lequel l'Europe est plongée à la suite des non français et néerlandais puis irlandais. Bref, dire aux Français que ces réalités demandent autre chose que la répétition des recettes d'hier.

PRÉSENTER DES OPTIONS QUI NE RECULENT PAS DEVANT LES RÉFORMES STRUCTURELLES

Il faut ensuite être cohérents. Si nous croyons que pour peser dans la mondialisation, pour assurer une régulation mondiale, il faut s'arc-bouter sur l'Union européenne, alors, malgré les difficultés, nous devons réaffirmer clairement que l'avenir de la France est indissolublement lié à l'avenir de l'Europe.

Il nous faudra inlassablement et modestement reprendre contact avec tous nos partenaires pour relancer une dynamique européenne, plus proche des réalités des citoyens mais aussi plus ambitieuse en terme de justice, de démocratie et de politiques communes d'avenir.

Si nous souhaitons rappeler notre attachement à un modèle de développement qui assure une croissance régulière, durable, fondée sur l'économie de la connaissance et respectueuse de notre environnement, alors, il nous faudra présenter des options qui ne reculent pas devant les réformes structurelles. Ne pas semer l'illusion qu'on peut distribuer ce qu'on n' a pas produit.

Ne pas cacher que nous devons prendre à bras-le-corps les problèmes de la désindustrialisation, de la maîtrise de nos déficits et proposer les indispensables investissements pour la petite enfance, pour les familles pauvres, pour les étudiants, les chercheurs, les milliers de jeunes oubliés sur la route et nos territoires urbains ou ruraux marginalisés.

C'est donc avec courage qu'il faut prendre parti sur des sujets difficiles, s'engager, notamment, sur la maîtrise de toutes les formes d'énergie non liées aux hydrocarbures y compris le nucléaire, et sur la réforme de l'Etat et des services publics.

Enfin, être fidèle à soi-même. Sur tous ces points, nous avons travaillé au sein du courant Socialisme et démocratie que nous avons cofondé; nous avons régulièrement avancé des propositions, notamment au moment de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, dont les grandes orientations intellectuelles sont toujours les nôtres. Nous pensons toujours qu'il est impossible de séparer les propositions et les idées de la démarche à suivre.

C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas accepté de nous diluer dans des ensembles indistincts où se gommeraient, comme par miracle, les vrais clivages de fond et de pratique politique. Comment être compris des militants et des Français quand on varie au gré de ses seuls intérêts tactiques ? Pour reconstruire le PS, nous avons besoin de la présence à sa tête d'une autorité incontestable, qui certes, écoute et débat, mais aussi tranche.

Nous avons besoin d'une seule voix qui porte nos convictions, pas de dix porte-parole qui organisent la cacophonie. Nous avons besoin que se dégage, dès le 23 septembre, lors du conseil national une motion claire et homogène ayant vocation à arriver en tête du vote militant et à constituer le pôle majoritaire. Besoin, simplement, d'une partition et d'un chef d'orchestre.

Pour cela, nous appelons tous ceux qui se sont reconnus dans les idées de Socialisme et démocratie, à apporter, dès maintenant, sans se disperser dans une solution de transition, leur soutien à la démarche entreprise par Bertrand Delanoë.

Parce qu'on retrouve déjà dans sa contribution les points qui sont pour nous les plus importants : l'engagement pour l'Europe, le lien indissociable entre la compétitivité économique et la justice sociale, la lutte pour l'égalité réelle, la volonté de faire vivre un parti de militant qui ait une parole forte.

Ce choix, nous l'avons assumé. Après La Rochelle, ses pensées et ses arrière-pensées, nous pensons que beaucoup comprendront qu'eux aussi doivent faire ce même choix."


Michel Rocard, ancien premier ministre, député européen; Alain Bergounioux, secrétaire national du PS; Dominique de Nayves, avocat; Michel Destot, député et maire de Grenoble; Catherine Tasca, sénatrice des Yvelines.


Point de vue

"Camarades, encore un effort pour être socialistes !"

LE MONDE | 10.09.08 | 09h07  •  Mis à jour le 10.09.08 | 13h59

 

Deux proches de Martine Aubry et Laurent Fabius, Marylise Lebranchu, députée du Finistère, et Didier Migaud, député de l'Isère, plaident pour le dépassement des vieux clivages.

"Comme ministre de Lionel Jospin ou comme rapporteur général, nous n'oublions pas que nous avons travaillé ensemble, pour l'intérêt général, entre 1997 et 2002. Nous souhaitons, avec d'autres, reproduire cette expérience au sein même du Parti socialiste, comme nous n'avons jamais cessé de le faire à l'Assemblée nationale.

 

 

Nous avons, c'est notamment ce qui nous différencie d'autres militants socialistes, la conviction qu'il faut éviter la présidentialisation du PS et ne pas changer sa nature et son rôle irremplaçable pour l'action collective. Nous avons en revanche la certitude que c'est en travaillant sur le fond que le PS redeviendra la première force politique de France.

Nous avons également la conviction qu'il faut sortir des alliances ou des "haines" du passé, ne pas refaire éternellement les anciens congrès alors que depuis vingt ans bien d'autres militants nous ont rejoints et refusent de vivre en regardant le passé.

Il faut trouver une majorité. Elle sera de toute façon nouvelle puisque les uns et les autres semblent déterminés à créer des regroupements d'idées entre les différentes contributions, afin de bâtir des motions fortes qui structureront le débat du congrès. Cette nouvelle majorité, quelle qu'elle soit, aura l'obligation de rassembler le Parti socialiste, car nous gagnerons ou nous perdrons les élections ensemble !

Aujourd'hui, alors que notre démarche de faire table rase interroge, intéresse et rassemble de plus en plus de militants, nous ne comprenons pas le procès en sorcellerie que certains voudraient instruire contre elle, ou contre certains militants socialistes. Il n'y a pas au PS ceux qui ont raison de passer des alliances pour faire taire les conflits passés et ceux qui n'en auraient pas le droit.

Nous avons tous eu des divergences d'appréciation par le passé, sur la politique fiscale, l'approche néo- libérale des partis sociaux-démocrates ou l'attitude à avoir face aux institutions européennes. Mais ce qui nous rassemble n'est-il pas plus important que ce qui nous divise ? Ne sommes-nous pas tous socialistes ? Pourquoi s'offusquer que l'on souhaite réfléchir et travailler ensemble ? Nous le faisons tous les jours quand il faut batailler à l'Assemblée contre les projets du gouvernement !

Nous pensons que le rassemblement des socialistes est un préalable au rassemblement de la gauche, indispensable pour gagner les élections nationales. N'est-ce pas incohérent et dangereux de prétendre retrouver la confiance du peuple de gauche et de commencer par ostraciser une partie conséquente des militants du PS ?

Beaucoup d'entre nous ont travaillé dans la transparence, au vu et au su de tout le monde depuis de nombreux mois, plusieurs réunions publiques et tribunes libres ayant permis à chacun de prendre conscience de la fertilité de nos échanges. Pourquoi dès lors brandir le spectre d'obscures tractations ?

SE CONCENTRER SUR LE TRAVAIL DE FOND

Si l'un et l'autre n'avons pas signé la même contribution, il nous a semblé, au mois de juillet, que nous avions souvent partagé les mêmes analyses au cours des débats parlementaires, que ce soit sur la politique fiscale, la réforme de l'Etat ou le scandale de la révision du droit du travail, en passant par la critique de la politique étrangère et de défense du président de la République.

Nous avons confronté nos différences et surmonté nos divergences, qui avaient porté essentiellement sur l'appréciation que nous faisions des possibilités de refuser le projet de Constitution européenne. Pourquoi vouloir artificiellement faire perdurer un débat qui a été tranché ? Pourquoi d'ailleurs revenir sur un clivage que le congrès du Mans en 2006 a permis de dépasser ? Faudrait-il condamner pour cela définitivement notre premier secrétaire sortant ? Faudrait-il nous condamner à rendre inéluctable une scission entre les tenants du oui et ceux du non ?

Personne ne le veut au PS, alors stop ! Nous avons la conviction que le Parti socialiste ne pourra jamais retrouver la confiance du peuple s'il n'est pas capable de dépasser ses clivages.

Nous avons enrichi notre réflexion et nos propositions grâce à nos échanges constructifs. Pourquoi dès lors disqualifier notre rassemblement en le qualifiant d'attelage brinquebalant ? Ne croit-on plus aux vertus de la délibération collective au sein du Parti socialiste ? N'est-ce pas paradoxal après avoir, par exemple, fait sien le projet fiscal que Dominique Strauss-Kahn, Didier Migaud et François Marc ont élaboré et proposé à Ségolène Royal pour lui permettre de se forger une doctrine en la matière ?

En ce qui nous concerne, nous considérons qu'il est essentiel que le Parti socialiste et ses responsables se concentrent sur le travail de fond et s'abstiennent de s'exprimer publiquement autrement que pour faire leur travail d'opposition et de proposition. L'heure est grave, le Parti socialiste et ses militants doivent en prendre la mesure.

Au terme de onze années, notre parti change de cycle, de période, mais ne doit pas changer de nature. Au contraire, chacun doit se ressaisir. Sinon pour rejoindre notre démarche, du moins pour s'abstenir de la disqualifier par sectarisme, mauvaise foi ou peur de perdre la direction.

Ce qu'attendent de nous les Français, c'est un débat de fond sur la vision de la société que nous voulons pour la France et pour l'Europe, pas une reconstitution de "clans".

Nous voulons travailler ensemble, et que ce congrès ait de la tenue, que les Français entendent des propositions, comprennent notre souci du débat politique et nous rejoignent ensuite. Ce que nous voulons, c'est que chaque militant soit fier d'appartenir à un grand parti démocratique qui sait confronter ses divergences pour enrichir sa vision du monde. Ce que nous voulons, comme des milliers de militants de toute la gauche, c'est gagner en 2012 !"

 


Marylise Lebranchu, députée du Finistère, ancienne ministre; Didier Migaud, député de l'Isère, président de la commission des finances de l'Assemblée









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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 06:16

Face aux disciplinés Romains de l’UMP, le petit village des irréductibles Gaulois du PS continue de s’enfoncer, encore et toujours, dans ses divisions internes. À la recherche de son nouvel Astérix…


Du 28 au 31 août 2008, passage obligé pour tout mouvement politique à la rentrée, le PS était d’université d’été. À La Rochelle. Seul rassemblement socialiste d’envergure nationale avant le congrès de Reims qui aura lieu du 14 au 16 novembre 2008.

C’était évidemment l’occasion de réfléchir sur le projet socialiste pour quelques milliers de militants socialistes, mais les médias guettaient surtout la guerre de positions des différents ‘premiers secrétairables’ déclarés, et ils n’ont pas été déçus.


Mitterrand et Jospin, seuls leaders reconnus depuis la fin de la SFIO

Il y avait pendant plusieurs décennies François Mitterrand qui a réussit à enlever l’image socialiste terne de Guy Mollet.

Sa victoire du 10 mai 1981 a permis aux socialistes de s’installer au pouvoir, et depuis 1981, ils y sont restés trois législatures de cinq ans : de 1981 à 1986, de 1988 à 1993 et de 1997 à 2002. De quoi se donner une bonne expérience gouvernementale.

François Mitterrand avait, dit-on, deux dauphins : Laurent Fabius et Lionel Jospin. Ils ont donc commencé à se ‘battre’ dès 1986 pour assurer l’héritage.


Déjà un congrès d'épineux à Rennes

Dès la réélection de François Mitterrand, les dissensions se sont exprimées au grand jour. Rennes fut en 1990 le théâtre bouleversant d’un congrès d'épineux. Le successeur putatif Laurent Fabius était rejeté manu militari, et Lionel Jospin et Michel Rocard s’alliaient à Pierre Mauroy pour prendre la tête du PS.

Les échecs électoraux successifs du PS de 1991à 1995 ont assaini la situation post-mitterrandienne : Rocard tué à bout portant par les européennes de 1994, Fabius atteint en plein cœur par le sang contaminé… il ne restait plus que Jospin.

Et Lionel Jospin a redynamisé le PS de façon inattendue : arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle de 1995 dont l’enjeu se dessinait uniquement entre Jacques Chirac et Édouard Balladur, Lionel Jospin réussit, après son échec attendu de 1995, à obtenir une majorité absolue de députés socialistes en juin 1997.

Il sera l’un des Premiers Ministres les plus stables de la Ve République avec Georges Pompidou et Raymond Barre.


Abandon moral

Grâce à Lionel Jospin, le PS avait réussi à traverser la dure succession de François Mitterrand. Hélas, tout le potentiel politique du PS fut mis à plat par Jospin lui-même le 21 avril 2002 lorsqu’il a annoncé son retrait de la vie politique.

Retrait, abandon, trahison même pour certains… et j’ajouterai, lâcheté orgueilleuse également pour n’avoir pas soutenu Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen le 5 mai 2002. Pour avoir pris les mêmes positions qu’Arlette Laguiller. Relents de son trotskisme juvénile ? Amour propre démesurément gonflé ?

Toujours est-il qu’après ce grand abandon plus moral que politique, le PS est de nouveau en jachère.


Hollande gère la jachère

Certes, François Hollande n’a pas démérité en maintenant coûte que coûte l’intégrité du PS malgré les nombreuses forces centrifuges (notamment celles du référendum du 29 mai 2005).

Son idée, c’était qu’en étant le rassembleur du PS, il serait nécessairement désigné comme le candidat des socialistes pour 2007. À cause de son ex-compagne, il a raté 2007 mais il espère secrètement encore pour 2012.

Un François Hollande à la Guy Mollet, assez fade pour ne pas susciter trop de répulsion interne.


Photographie du terrain de bataille

Depuis La Rochelle, la situation semble se clarifier un petit peu.

Déjà, il y a les deux grands candidats déclarés, évoqués en long et en large depuis un an par les médias, le choc des titans : Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

Notons au passage que la victoire de Bertrand Delanoë (qui, aujourd’hui, semble le plus populaire parmi les militants) constituerait un retour par la petite porte du jospinisme.

Le pari de Ségolène Royal est aujourd’hui très risqué puisqu’elle est sure de ne pas avoir de majorité dans un premier temps.

Puis, il y a les ‘gauchistes’ du PS, rassemblés autour de Benoît Hamon, qui savent qu’ils ne conquerront pas la direction du PS mais qui cherchent à peser sur la future majorité interne.

Et enfin, il y a tous ceux qui refusent l’alternative Royal-Delanoë, et il y en a beaucoup : les fabiusiens, les strauss-kahniens, les partisans de Martine Aubry entre autres.

Quant à Julien Dray et Manuel Valls, on ne sait plus très bien leurs intentions concrètes d’ici quelques semaines, sinon leur ambition personnelle.


Création d’un front anti-titans

Avant La Rochelle, les partisans de Dominique Strauss-Kahn, ceux de Laurent Fabius et ceux de Martine Aubry étaient donc tombés d’accord pour avoir une démarche commune face aux deux titans. Une sorte d’amicale des retraités du jospinisme.

Mais c’était sans compter avec l’ambition d’un stauss-kahnien, ancien ministre, Pierre Moscovici. Ce dernier en effet a décidé de tenter sa chance. Avec l’idée que s’il était élu premier secrétaire du PS avec la garantie de ne pas être le candidat socialiste en 2012, il aurait plus de facilité à remettre de l’ordre dans la maison.

Hélas pour lui, Dominique Strauss-Kahn a dénoncé la démarche. Ce qui est logique, car la candidature déclarée (à la direction du PS) de Moscovici renvoyait définitivement les ambitions présidentielles de Strauss-Kahn aux oubliettes de l’Histoire.

Par conséquent, Pierre Moscovici s’est retrouvé très isolé à La Rochelle. Il est encore soutenu par Gérard Collomb, le maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, le candidat malheureux à la mairie de Marseille et encore président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.


Mise en selle de Martine Aubry malgré Moscovici

Mais d’anciens amis l’ont quitté, comme le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis qui a suivi Laurent Fabius dans son soutien à Martine Aubry.

Car La Rochelle, c’est le retour de Martine Aubry, la dame des 35 heures. Figure militante du socialisme, à la fois réaliste et appréciée de l’aile gauche du PS, elle a nettement plus d’expérience gouvernementale que Ségolène Royal… et elle est aussi la fille de son père, Jacques Delors, une sorte de caution morale et européenne du PS.

Même Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, semble la préférer aux autres lorsqu’il déclare le 31 août 2008 sur RTL : « Quel est le candidat le plus dangereux pour nous : moi, je crois que c’est Martine Aubry. » en expliquant : « Je pense que sur l’échiquier de la gauche, elle est à la fois modérée et en mesure de rassembler la partie la plus à gauche. Elle a une personnalité assez inattaquable et elle a une très grande conviction militante qui force parfois le respect. ».

Fabius a tout de suite trouvé l’intérêt de remettre en piste Martine Aubry. Sa stature est suffisamment importante pour concurrencer Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Dominique Strauss-Kahn doit sans doute faire le même calcul. Fabius impopulaire pour l’instant (pour toujours ?), Strauss-Kahn occupé au FMI, Martine Aubry gère le PS et empêche la préparation trop tôt d’une candidature pour l’élection présidentielle de 2012.


Répétition du même vaudeville ?

Un scénario qui est déjà bien connu, puisque c’était celui de 2007 !

François Hollande voudrait bien contribuer encore une fois à un pôle majoritaire au sein de la direction socialiste.

Et Arnaud Montebourg, on ne sait plus trop bien, pour certains, il est encore auprès de Pierre Moscovici (Montebourg l'aurait confirmé), pour d’autres, il est parti avec Martine Aubry (il aurait préféré dîner avec elle, laissant Moscovici seul à table). Il est élu d’une région peu éloignée de la terre électorale du promoteur de la girouette, Edgar Faure.


À qui profitent ces querelles d’écuries ?

À qui profitent de telles incuries ?

À Nicolas Sarkozy et à l’UMP en général, bien sûr, qui doivent se frotter les mains.


Mais aussi à François Bayrou et au MoDem qui, eux, ont su vraiment s’opposer sur des points importants (privatisation des sociétés d’autoroute, fichier Edvige, indemnité pour Bernard Tapie, etc.) alors qu’empêtré dans son combat des chefs, le PS poursuit son aphonie.


À Reims, beaucoup de socialistes vont donc prier pour que ce prévisible nouveau congrès de Rennes se métamorphose en un improbable congrès de Lourdes.


Un miracle est si vite arrivé, avec Ségolène Royal !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 septembre 2008)


Pour aller plus loin :

Quand les éléphants pondent dans un nid de crabes (22 mai 2008).

Dernières dépêches de presse sur la situation au PS.





http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43976

http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080903/tot-ps-reims-2008-le-congres-de-rennes-i-89f340e.html



http://www.lepost.fr/article/2008/09/09/1261453_ps-reims-2008-le-congres-de-rennes-ii.html

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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 22:23
Voici la plupart des analyses que j'ai rédigées sur le Parti socialiste.


Martine Aubry pense aussi à la présidentielle de 2012.

Lionel Jospin est le meilleur !

François Hollande pense à la présidentielle de 2012.

Lionel Jospin, ruminant préhistorique.

Dominique Strauss-Kahn, futur locataire de l'Elysée ?


Le monde d'Astérix ?...

 
Sang dessus dessous.

La nouvelle direction du PS.

Depuis des semaines, il est à nu. 

Victoire à la Pyrrhus ?

Lapsus ou intention royaliste ?


Vers la scission du PS ?


Royal sur TF1 le 22 novembre 2008.


18 voix d'écart au second tour du 21 novembre 2008.


Une petite culotte... très serrée ?


Mathématiques pas si amusantes.


Résultats du premier tour du 20 novembre 2008.

Y aura-t-il un pilote dans l'avion ?

La guerre des roses.


Pire que Rennes !

Bayrou s’invite à Reims.

Tu veux ou tu veux pas ?

Résultats du vote du 6 novembre 2008 au PS.

Géopolitique des crabes.


La dislocation du strauss-kahnisme.

Michel Rocard va chez Delanoë.


Reims 2008 ou Rennes version 2.


Reims, ça commence mal.


Bipolarisation et union de la gauche (1).

Bipolarisation et union de la gauche (2).

La halle des éléphants (1).


La halle des éléphants (2).


La halle des éléphants (3).

Le congrès de Metz en 1979 (1).

Le congrès de Metz en 1979 (2).

Pas d'accord avec la "démocratie participative".

Le bon vieux temps de Georges Marchais.

La disparition de Raymon Forni.

Daniel Mayer, un socialiste oublié ?

Le congrès de Reims et ses motions en pratique.



Sarcologie et salpicon socialistes.



Et aussi :

Histoire du PS.

Histoire succinte du PS (1/2).

Histoire succinte du PS (2/2).

Le congrès de Rennes (1990).

Le duel Mitterrand-Rocard dans les années 1970.

Les nouveaux premiers secrétaires du PS.

Magouilles et fraudes au PS.

La chronologie navrante de la désignation de Martine Aubry.

Cuisine puante du PS.

Infos pratiques sur le congrès du PS.  

Les magouilles de Martine Aubru en 2008.



 









 

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